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White Moon (PV Gwayne Corbray)

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Message Dim 20 Mai 2012 - 1:47





White Moon
...

Le jeu est dans la nature de l'homme comme dans celle de tous les animaux, il façonne son esprit et son corps et le prépare à ce qu'il sera plus tard. Reste à savoir pourquoi nos vies sont trop souvent si éloignées de nos jeux d'antan.





Gwayne & Noreen






Quatrième Lune de l’An 212


Port-Réal. La capitale.
L’endroit même où débarqua Aegon le Conquérant.
L’endroit d’où commença la conquête plus de 200 ans auparavant.
Et dire qu’elle allait bientôt fouler les rues de cette ville qu’elle n’aurait jamais imaginé, même en rêve, voir un jour.

En arrivant de la route Royale, on voyait très nettement les trois collines sur lesquelles la ville avait été construite, et d’ici déjà on en percevait la rumeur grondante et bouillante, l’âme mouvante et battante de la ville la plus importante des Sept-Couronne. On voyait aussi se dresser au sommet de la colline d’Aegon les sept tours de grès rouge du Donjon Rouge, et sur celle de Visenya, les sept tours de cristal du Grand Septuaire de Baelor. Enfin sur celle de Rhaenys, les ruines de Fossedragon, presque encore fumantes et hurlantes des milliers de cadavres brûlés ici pour mettre fin au Fléau de printemps. Noreen regardait la ville approcher au pas des chevaux avec des yeux immenses, pleins d’admiration et d’étonnement, pensant qu’elle enverrait une lettre à père pour lui raconter tout ça et pensant aussi que finalement cela avait du bon d’avoir été envoyée aux Eyrié. Après tout, si elle n’avait pas été la suivante de Maeve elle n’aurait jamais fait ce voyage, et probablement jamais eut l’occasion de voir Port-Réal et encore moins d’avoir la chance de séjourner dans le Donjon Rouge ! Elle en avait les larmes aux yeux et plein de petits papillons dans le ventre, mais elle essuya vite ses larmes pour mieux voir et pouvoir observer tout, avide de découvertes. Bien sûr elle préférait la forêt et la nature, bien sur elle aurait adoré qu’une chasse soit organisée dans le Bois du Roi, mais la ville, le plus grande ville de Westeros, ça n’était pas rien, et elle comptait bien profiter d’y être pour y voir un maximum de choses, et ce que Maeve veuille ou non la suivre. C’était une occasion trop rare pour une simple fille de chevalier pour passer à côté. Elle ferma un instant les yeux et respira profondément, un sourire se dessina sur ses lèvres, elle allait voir Port-Réal, le Grand Septuaire, le Donjon Rouge, elle était la plus chanceuse des jouvencelles de sa condition !

Le chevalier de tête appela et un garde apparut à la poterne, on annonça le Seigneur des Eyrié, Suzerain du Val, Gouverneur de l’Est, Lord Jasper Arryn et quelques minutes plus tard, la herse se soulevait avec lenteur et la porte de bronze s’ouvrait. La file s’engouffra petit à petit dans la cour et rapidement les palefreniers s’afférèrent pour récupérer les chevaux, évidement Incandescent fit des sienne se pointant alors qu’un gamin approchait, mais il se calma après quelques caresses et Noreen put suivre les domestiques qui portaient sa malle et celle de Maeve jusqu’à leurs appartements. Une grande chambre pour Maeve et une plus petite pour elle, dont une porte donnait sur le couloir et une autre sur la chambre de sa maitresse. En tout cas, toute petite qu’elle soit par rapport à celle de Maeve, elle n’en avait jamais eut de plus grande. Les filles purent prendre un bain et se changer avant d’aller diner, mais la visite de cette forteresse à la fois magnifique, majestueuse et mystérieuse ne serait pas pour aujourd’hui. Dommage ! Enfin, la rouquine était extenuée et après avoir lu un peu, elle se coucha et dormi sagement jusqu’au matin. Ses rêves furent tout de même hantés par des dragons, des espions, des passages secrets, des geôles sombres, et tout un tas d’histoires que Fiona lui avait raconté quand elle était petite.

Malgré l’envie grandissante de découvrir le Donjon Rouge sous un autre angle que celui de la visite officielle, il fallait se tenir au mieux, elle était une jeune fille de bonne famille, elle devait tenir son rang et surtout celui de sa maitresse, et ne pas gâcher la chance qu’elle avait de se trouver là. Noreen ne fit pas un pli et suivit sa maitresse comme une sage jouvencelle elle avait même mit sa belle robe pour faire honneur à la petite Arryn et à leurs hôtes. La robe était de velours bleu ciel ourlée de fourrure blanche et dont l’avant s’ouvrait sur une doublure de brocard blanc herminé d’or tout comme l’envers des larges manches, avec un décolleté digne d’une femme à marier et une coupe digne d’une femme de haute naissance. Quand elles croisaient des Gardes Royaux ou des Manteaux d’Or, la rouquine s’inclinait en gracieuses révérences, et Maeve se contentait d’un mouvement de tête, mais en dehors de ça, on aurait presque pu les croire de même rang. Plus elle observait, plus elle trouvait qu’elle en voyait à la fois trop et pas assez. Elle avait envie de parcourir les couloirs à sa guise, et de découvrir les fameux passages secrets qui avaient coutés la vie aux constructeurs de la citadelle. Problème, elle était là en accompagnement de Lord Jasper et de sa sœur, elle ne pouvait pas faire n’importe quoi où leur propre réputation pourrait en pâtir, et elle le paierait probablement très cher. Elle jouait un peu avec Maeve, mais la petite aussi s’était assagi, probablement un peu écrasée elle aussi par le lieu et ses habitants.

Elle était arrive à Port-Réal avec sa robe verte à la coupe toute simple aux manches ajustées et au décolleté sage avec pour seules fioritures des hermines brodées de fil d’or sur les ourlets et une longue ceinture de satin blanc avec une large boucle en cuivre. En effet la robe qu’elle mettait d’habitude pour monter à cheval était pleine du sang de l’homme des clans des montagnes de la lune qui l’avait attaquée dans la roulotte, et la chemise blanche qu’elle mettait avec était devenue rouge sang. Quand à son autre robe, la plus belle de toutes, elle la gardait précieusement pour le mariage et pour les grandes occasions comme la visite du Donjon Rouge. Heureusement, depuis, elle avait eut le temps de nettoyer la robe et la chemise, même si celle-ci gardait les stigmates de la bataille sous forme d’une couleur plus beige que blanche et de tâches marronnasses et jaunâtres. En fait de robe, il s’agissait d’un surcot de coton noir sans manche, aux ourlets brodés d’hermine, lacé devant, qu’elle enfilait par-dessus une chemise de coton blanc et qui allait avec deux jupes de coton noir, une très longue et très large pour monter à cheval et l’autre d’une longueur plus raisonnable avec des ourlets brodés d’hermine d’or eux aussi. Elle ne pourrait plus la remettre en société, pas avant d’avoir acheté une nouvelle chemise, mais pour ce qu’elle faisait la luit, c’était parfait. En effet depuis son arrivée, découvrir l’immensité et les secrets du Donjon rouge la démangeait beaucoup trop pour qu’elle ne s’y adonne pas, hors, la journée, elle était tenue de tenir compagnie à Maeve et ses moments de liberté étaient rares. Aussi profitait-elle des soirées et des nuits pour parcourir les couloirs et les cour, les remparts et les tours, les salles, les galeries, les baraquements. bref partout où elle pouvait entrer sans se faire remarquer ou sans que personne n’y prête attention, ce qui arrivait assez souvent vu qu’elle avait l’air de ce qu’elle était, une innocente pucelle, ni une voleuse à virer, ni une princesse à protéger.

Mais ce soir là, elle avait décidé de faire autre chose que de simplement déambuler, ce soir là, elle ferait du Donjon Rouge, le plus grand terrain de jeu urbain qu’elle n’ait jamais connu. La forteresse en bois des Ruthermont était petite et quand elle vivant encore chez son père, elle préférait jouer dans la foret. Elle pouvait y chasser, jouer à l’espionne ou à la guerre avec Duncan, Gorian et ses frères et même parfois s’exercer à l’épée avec son père qui était un grand guerrier, un chevalier qui avait combattu à l’avant-garde avec Jon Arryn lors de la bataille d’Herberouge. Quand aux Eyrié, ça n’était pas aussi grand et elle ne pouvait pas s’y promener avec son arc car les cachettes y étaient trop rares pour qu’elle puisse jouer sans qu’on la remarque à un moment ou à une autre, c’était beaucoup moins amusant. Mais là, c’était grand, la nuit tombée il n’y avait plus trop de monde, juste des gardes qui étaient plus concentrés sur ce qui pouvait venir de l’extérieur que de l’intérieur, plein de cours extérieures pour se prendre pour une chasseuses et des passages secrets pour faire l’espionne. C’était parfait !

Elle alla tout d’abord dans le Bois Sacré pour s’exercer à tirer sur les arbres, c’était le début de soirée, il y avait encore trop de monde dans la cour, mais ici, personne, personne pour prier les anciens Dieux, à la grande joie de la rouquine. Une fois le soleil couché et la lune levée, elle put quitter le Bois pour prendre possession du reste de la forteresse. Son arc à la main, son carquois dans le dos, elle était fin prête à faire de cette nuit une nuit pleine de magie et de mystère, de batailles contre des moulins, de victoire sur les méchantes ombres et de course poursuite contre le vent. Elle courait, grimpait, se cachait se couchait, rampait, sautait, marchait furtivement, passait un coin et visait avec son arc bandé et une flèche encochée les espions fantômes qu’elle poursuivait. Elle faisait le moins de bruit possible et elle était assez douée pour ça, après tout, c’était ce qui faisait d’elle une bonne chausseuse, discrète, rapide, agile et légère, et lorsqu’un garde était près de la repérer, elle s’esquivait promptement ou tapie dans l’ombre attendait en silence et il finissait par se dire que ça devait être un chat ou le vent. Et elle recommençait sa course folle. Elle parcourut le labitynthe de couloirs sombres et voutés, de ponts couverts, de magasins, de petites et grandes salles, de caves, de passages plus ou moins secrets. Elle resta sans voix devant les crânes des Dragons qui avaient fait des Targaryen les Rois incontestés des Sept Couronnes, elle s’attarda un peu devant eux et comprit pourquoi tous les rois avaient pliés le genoux et pourquoi ceux qui ne l’avaient pas fait étaient morts. Elle ressortit ensuite et parcourut les différentes cours, restant à couvert derrière les murs des bâtiments jusqu’à s’assurer que le terrain était dégagé et courant le plus vite possible vers une nouvelle cachette. Avec les chausses qu’elle avait enfilées sur ses bottes, elle ne faisait presque pas de bruit. Elle grimpait sur les murets, les remparts intérieurs, les toits, passant d’un bâtiment à l’autre de toutes les manières possibles et imaginables.

Après un bon moment passé à courir et à se cacher dans les marches serpentines elle finit par se retrouver dans la cour inférieure, elle se rendit dans les écuries pour voir les cheveux même si le sien n’était pas dans celles-là, puis elle grimpa sur le toit du bâtiment et se reposa un moment avant de se remettre à l’affut. Elle encocha une flèche, banda son arc et visa une proie ou un ennemi imaginaire. C’est alors qu’elle aperçut une silhouette blanche qui ressortait de l’obscurité sous la lumière de la pleine lune. Pour jouer, s’imaginant être en plein affut d’un espion ou autre ennemi de la couronne, elle visa la silhouette. A ce moment là, le hululement d’une chouette la fit légèrement sursauter, toute tendue qu’elle était par son jeu. La tuile sous son pied gauche se déroba et elle lâcha la flèche pour se rattraper tant bien que mal au toit où elle était perchée. La flèche aux plumes noires et jaunes arriva à pleine vitesse et passa tout près de l’homme tout vêtu de blanc pendant que la tuile s’écrasait au sol dans un grand fracas de porcelaine brisée. Heureusement, si elle n’avait pas débandé en perdant l’équilibre, elle avait néanmoins dévié sa visée. Passé le risque de tomber du toit, elle se rendit compte de ce qu’elle venait de faire et resta comme elle avait atterrit sans bouger, allongée sur le toit, son arc à la main, elle s’aplatissait le plus possible et arrêta même de respirer…


Dernière édition par Noreen Ruthermont le Dim 20 Mai 2012 - 23:10, édité 1 fois
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Message Dim 20 Mai 2012 - 5:11

Port-Réal. La capitale du Royaume de Westeros, emblème vivant de la force de la lignée Targaryen au travers du Donjon Rouge, symbole vivant de la marque que les descendants d'Aegon Ier ont imposés, comme une marque au fer rouge sur la terre à vif du royaume de Westeros.

Depuis les hauteurs de la barbacane principale du château, Gwayne pouvait contempler l'ensemble de la ville portuaire se dérouler sous ces pieds comme une sorte de carte,pouvait étendre son regard jusque sur les docks, apercevoir les noria de dockers charger et décharger les cargaisons, voir les bazars de Culpucier s'engorger à mesure que le soleil montait à l'horizon, illuminant pour une nouvelle journée encore le quotidien des milliers d'âmes que comptait la ville.
Pour lui, au service des Rois de Westeros depuis maintenant presque vingt ans, le panorama de Port-Réal était devenu une habitude, un paysage familier comme le furent en leurs temps les hauteurs des Eryés et des grandes cimes du Val qu'il parcourut par le passé jusque plus soif. Aussi familier que les hauteurs de Cordial, Port-Réal et plus sûrement encore le Donjon Rouge était devenu sa seconde maison. Non, se morigéna-t-il : sa seule et unique demeure. Mais que voulez-vous, un homme loin de sa terre peut-il seulement l'oublier vraiment, et ce malgré tout les serments prêtés ?

Perché sur la barbacane, penché en avant, il regardait au loin venir les étendards qu'il guettait depuis l'aurore, comme une pointe de mélancolie mais aussi de fierté lorsqu'il vit venir à lui, monter le long de la Route Royale, les bannerets du Val, portant haut les couleurs des Eryés qu'il avait lui-même servi avec toute la force de son cœur plus de vingt années durant, du jour de sa naissance dans la maison Corbray au jour de son serment dans le Grand Septuaire et ce n'est pas sans une légère larme au coin de l’œil qu'il gonfla sa poitrine à mesure que la Maison Arryn défilait à présent au travers de la herse et des portes ouvertes, appréciant avec grand attrait l'apanage du Lord se déployer dans les cours et s'ordonner selon les règles et traditions. De son œil de faucon, il percevait chacun des détails, s'attachant particulièrement aux postures et gestuels des soldats du Val, s'enorgueillissait de l'ensemble avec lequel ils menaient hommes et chevaux, fier de savoir son ancien suzerain ainsi entre de bonnes mains. Gwayne assista à ce spectacle depuis les hauteurs avant de se retirer de la barbacane pour longer les murailles du château afin de rejoindre le Hall de la Salle Royale afin de faire comme se devait bon accueil aux arrivants parmi les membres de la Cour, posté près du trône comme le voulait la mission des Frères Jurés, Dame Affliction au fourreau mais la main sur le pommeau sans se départir de l'air grave qui était de mise pour les garants de la sécurité du Roi.

Et comme souvent, la journée passa pour Gwayne en longues et interminables attentes, revers de la médaille de la joie d'une arrivée si prestigieuse. Certes l'idée de revoir certains très vieux frères d'armes le ravissait de même que d'entendre de vive voix chaude de montagnards des nouvelles fraîches de Cordial et des hauteurs du Val le réjouissait en diable mais pour cela il lui faudrait attendre, d'abord cantonné à ce rôle sévère de Frère Juré, Ser Gwayne Corbray de la Garde, sanglé dans son armure d'acier lustré, polie chaque matin tel un miroir par ces pages, son manteau blanc de laine immaculé sur l'épaule gauche, révélant à son point droit ganté d'acier poli le pommeau lourd et imposant de Dame Affliction, un air grave en toutes circonstances avant de pouvoir enfin se dérider par saccades lorsque vint l'heure du dîner en compagnie de quelques hommes du Val, un long temps passé avec eux à boire et manger, mais surtout chanter et rire, chanter de vieilles rengaines parlant des aigles et des faucons, de ceux du Val et des autres humbles pigeons, à compter milles nouvelles de personnes aujourd'hui sortie de sa vie, retrouver un peu de ce monde qu'il avait quitté autrefois.

Mais lorsqu'il est passé en trop bonne compagnie, il est de communes mesures que le temps passe trop vite et il est des nécessités que même un Frère Jurés ou plutôt que surtout un Frère Juré ne saurait négliger à commencer par la sécurité du roi lui-même. Certes l'on aurait pût rétorquer que milles épées se dresseraient sur l'heure pour empêcher quiconque de l'atteindre, que cent gardes patrouillaient nuits et jours les remparts du Donjon Rouge et qu'il était donc parfaitement inutile de faire cette tournée d'inspection ce soir-là comme chaque soir mais dire cela n'aurait pas été s'adresser à Ser Gwayne Corbray de la Garde, l'homme qui avait renoncé au titre de Lord pour veiller sur la vie des Rois. Quittant à contrecœur ces compagnons d'un soir, il prit la direction de la Tour de l’Épée Blanche et la quitta au cœur de la nuit, apprêté. Il avait abandonné armures et ferraillages inutiles au profit de chausses et d'une tunique rembourrée de laine pour les nuits fraîches de couleurs vert sombre aux broderies fines sur le col en carré, avait passé par-dessus son lourd manteau blanc et mis ces brassières et jambières d'acier terni, plus appropriés à son service avant de prendre ces gants de cuir épais et de ceindre Dame Affliction. Paré, il amorça son tour de veille, inspectant comme chaque soir les murailles du Donjon Rouge, faisant sa tournée des sentinelles et des postes de gardes, s'assurant que tout était conformes aux plans tels qu'édictés par les Frères. Il marchait de son pas tranquille, portant attention aux contrebas des murailles et parfois aux lointaines silhouettes des maisons de Port-Réal la nuit et à la simili-quiétude qui en sourdait hormis peut être le port et ces tavernes à marins ou encore les ruelles de Culpucier. Gwayne avançait d'un pas lourd et sûr, plongée dans une sorte de langueur propre a celle de l'homme de garde lorsqu'il entendit soudain le vrombissement de la flèche siffler à son oreille, un bruit net et reconnaissable d'une corde qui claque, et, sans réfléchir, par de purs réflexes conditionnés depuis sa prime jeunesse, se retourna sur sa droite, du côté opposé à la flèche, faisant jaillir en un éclair de lune Dame Affliction, sa longue épée d'acier valyrien qui voleta entre ces doigts, fidèle et discrète amie avec laquelle il fendit l'air, repoussant son blanc manteau sur sa gauche pour ne pas être gêné, les sens aux aguets, les yeux exorbités à la recherche de l'assaillant, le pouls a cent à l'heure.

Puis il ne vit rien, pas d'archers ou d'assassins, juste le silence de la cour après le fracas de la tuile sur le parvis. Plongeant son regard, il remonta le cheminement de la tuile, en alerte, terrifié à l'idée qu'un assassin ait pût s'introduire dans le Donjon Rouge, qu'il puisse s'en prendre à la Reine ou au Roi. Cela était impossible et pourtant... Puis, il approche par le chemin de ronde du toit des écuries, parle d'une voix assez forte mais pas retentissante, l'épée à son poing prête à se détendre pour planter quiconque attaquerait, les genoux pliés, légèrement courbé en avant, dans une posture de combat à même d'affronter le plus large éventail de menaces possibles.


-"Qui est là ? Montre-toi faraud. Montre-toi sur l'heure et mon poing sera clément, tu ne souffrira pas. Ne me force pas à sonner la garde car tu regretterais alors jusqu'à ta naissance... Les Targaryen n'ont pas pour réputation d'être des anges avec les assassins."


Il espérait provoquer ainsi chez qui que ce fut une réaction, même minime, qui lui aurait permis de localiser avec plus de précision, tentait d’accommoder encore d'avantage sa vision à la nuit ambiante, tenaillé par le désir de sonner l'alarme et celui de régler lui-même son compte à l'impudent.
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Message Dim 20 Mai 2012 - 18:12

Noreen avait grandit à Penn Irin sur les côtes de la baie des crabes, plus exactement sur la petite péninsule en forme de cap située en face de Dyre Den sur la presqu’île de Claquepince. C’était un endroit battu par les vents en toute saison, d’un côté la falaise tombait à pique dans les flots démontés et de l’autre la terre descendait en pente douce à grand renfort de dunes jusqu’à être submergée par ma mer. L’air du large, les vents salés et les embruns desséchait la terre, et faisait griller la plupart des choses qu’on essayait d’y faire pousser. En fait d’un cadeau, ça n’était pas le meilleur dont on puisse rêver dans le Val, à peine mieux que les doigts à vrai dire, à peine plus abrité. Une petite forteresse de bois entourée de palissades et un hameau de quatre maisons pour accueillir les familles des paysans chargés de faire quelque chose des quelques dizaines d’acres cultivables de cette terre entre les montagnes, les bois les dunes et les vagues. Pourtant c’était sans nul doute ce que Jon Arryn avait de mieux à offrir à son fidèle vassal, car il était certain que le Lord n’avait pas voulut flouer le chevalier, et le chevalier ainsi récompensé n’aurait jamais pensé à se plaindre, honoré par le simple fait d’être fieffé après la bataille d’Herberouge. Aussi, Valloise, la rouquine l’était, mais plus habituée à l’eau qu’au roc. Son déménagement forcé aux Eyrié l’avait plus que dépaysée, mais depuis près d’un an qu’elle y était, elle avait accepté son sort et y trouvait même quelques avantages dans les voyages qu’elle n’aurait jamais pu faire en tant que simple fille de chevalier. Mais sa famille lui manquait, et la terre où elle avait grandit aussi. Les tempêtes impétueuses de l’océan, l’air humide et salé, le sable entre ses doigts de pieds, les baignades dans l’eau glaciale, les cabanes et les chasses dans les bois, les jeux à l’épée de bois dans les dunes, tout cela l’habitait pour toujours, et continuait à la hanter malgré ses rêves de midinette, malgré son désir de se marier avec un preux chevalier et de fonder une famille et de donner à son ainé un titre plus glorieux que celui de Ronan. Quand à la promesse faite à son père de bien se tenir et de devenir une Dame, elle n’avait pas estompé son besoin de liberté et d’action, elle faisait de son mieux pour faire semblant d’en être digne, mais ça n’était pas vraiment elle, et elle ne pouvait pas nier ce qu’elle était éternellement.

Le Roi n’était pas présent pour acceuillir les Vallois, seul la main avait fait le déplacement et encore, les présentations furent brèves, mais Noreen n’en était pas moins impressionnée. Brynden Rivers l’était, impressionnant, avec son œil en moins surtout, d’ailleurs si elle n’avait su qu’il était du même côté qu’eux, il l’aurait effrayé, et heureusement elle n’eut pas trop à s’approcher. Mais ce qui attirait le plus son regard c’était les manteaux d’or et les gardes royaux tout de blanc vêtus, elle essaya d’être discrète mais elle ne pouvait en détacher le regard, cet ensemble d’hommes au garde-à-vous vêtus comme des princes était majestueux et bouleversant. Ainsi la petite Ruthermont, qui aurait bien pu naître roturière était face à la main du roi, à la reine accompagnée de presque toute la famille royale et aux magnifiques et courageux chevaliers chargés de les protéger, qui aurait pu croire ça, qui aurait pu le prédire seize ans auparavant. Elle se confondit en révérences révérencieuses, mais elle n’était qu’un grain de sable dans le grand sablier du temps, la famille royale ne prêtait pas vraiment attention à elle, ils étaient là pour saluer Jasper et sa cadette, et c’était heureux car elle puait le cheval et était accoutrée comme une paysanne par rapport à toutes les personnes de très haut rang ici présentes. Quoi qu’il en soit elle avait surtout hâte de se débarbouiller et lorsqu’il fut enfin temps de gagner les appartements qu’on leur avait prêté elle ne demanda pas son reste et quitta la Salle du Trône aussi vite et discrètement qu’elle le pouvait, soulagée de n’avoir pas fait de gaffe devant la Main ou la Reine et contente qu’il lui ai été épargné de les approcher et de devoir leur parler d'avantage que pour leur présenter ses respects. Elle aurait bégayé à n’en pas douter et ça aurait été une catastrophe, de toute façon à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche elle finissait tôt ou tard par dire une bêtise, enfin de moins en moins, mais qu’est que ça pouvait être dure et demander de la concentration de ne pas dire n’importe quoi ! Les Lords et les Laies avaient tendance à tout prendre comme un affront à leur honneur, même la plus insignifiante des approximations de langage, et pour elle qui avait toujours été habituée à parler franchement et librement avec son père, sa nourrice et sa septa, c’était une épreuve à chaque fois.

Les deux jeunes filles ainsi que Lord Edwyn Tully venu rendre visite à jasper aux Eyrié et redescendu avec la famille Arryn pour se rendre lui aussi au mariage de Tristan Tyrell et Lady Aliénor, mangèrent tout trois à la table de Jasper. Mais ils furent rapidement invités à aller se coucher. Les paupières du petit Lord et de la cadette des Arryn se fermaient déjà et à vrai dire, Noreen ne menait pas large non plus. Après cette longue chevauchée et toute les aventures qu’ils avaient rencontré sur le chemin, le combat contre les Clans des Montagnes de la Lune en premier, ils étaient tous épuisés, et les trois benjamins de l’assemblé avaient moins de raison que quiconque de lutter contre le sommeil pour évoquer les souvenirs d’un passé auquel ils n’appartenaient pas.

***

Noreen, tapie sur le toit, face contre les tuiles, avec son manteau et son capuchon noir rabattu sur sa tête, était presque invisible, si ce n’étaient les hermines dorées sur les bords de la robe et de la cape qui ressortaient claires sur obscure, dans la pleine lune. Mais elle n’en était pas moins morte de peur, son cœur battait la chamade, déjà parce qu’elle avait faillit tomber, mais surtout parce qu’elle était passé à deux doigts de tuer quelqu’un. D’ailleurs le fait d’entendre les pas de ce quelqu'un approcher de plus en plus n’était pas pour la rassurer, même si elle ignorait combien les réflexes du Garde Royal étaient bons car au moment ou lui essayait d’éviter la flèche, elle essayait de ne pas finir par terre. Il était juste de l’autre côté, à quelques mètres seulement, elle le sut à l’instant où il commença à parler, et la seule chose qui l’empêchait de la voir déjà était qu’elle était sur le versant opposé du toit, sa fine silhouette cachée par le faitage. Allait-elle vraiment devoir sortir de là ? Allait-elle devoir se laisser attraper ? Non seulement elle craignait pour sa tête, mais encore plus pour celle de son père et pour la vie et la réputation de Jasper et Maeve si on découvrait qui avait fait ça. Et pourtant le risque d’être tuée ou attrapée par la garde après un branle-bas de combat générale n’était pas avantageux dans sa situation, au contraire. Elle mit quelques instants à se décider, enfin elle n’était pas franchement décidée mais il fallait faire quelque chose. Ainsi, tout en parlant, elle se leva doucement en montrant la paume de ses mains, arc pendant de son pouce, le capuchon toujours sur ses cheveux rouges et la tête baissée pour ne pas montrer son visage.

« J… J… Je… » Et voila que ça la reprenait, pourtant dans sa tête ce qu’elle voulait dire était assez clair, mais les mots ne voulaient pas sortir. Elle prit une grande inspiration avant de reprendre en détachant les syllabes et en prenant du temps pour chaque mot. « Je ne voulais pas vous faire de mal Ser, je n’ai jamais voulut tuer personne, je… » Elle avait un peu honte de le dire, mais c’était toujours mieux que d’être prise pour une traitre. « Je m’amusais et j’ai perdu l’équilibre. » Elle commença à marcher en crabe vers l’homme, enfin plus exactement vers le chemin de ronde et le bord du toit et en prenant soin de ne pas se mettre à portée d’épée. « Je vous jure sur mon honneur que je ne suis ni un assassin ni un espion et que ma loyauté est toute acquise à la couronne. » Le cœur serré, elle leva une seconde des yeux implorants vers l’homme. « Je vous en supplie n’appelez pas la garde, ne le dite à personne, je ne recommencerais pas, je vous en donne ma parole. »

Elle était arrivée au bord du toit, elle regarda en bas, c’était vraiment trop haut, plus de cinq mètres, la hauteur de l’écurie et des appartements des palefreniers au dessus, impossible de passer par là, elle était obligée de sauter sur le chemin de ronde. Pourtant, à l’allée, elle était passée par les murs, grâce aux rebords des fenêtres elle avait réussit à se hisser jusqu’à la gouttière, mais ça prendrait trop de temps à faire dans l’autre sens et le Garde aurait tout le temps de redescendre et de l’attendre en bas. Elle bondit sur le chemin de garde aussi loin qu’elle pouvait du chevalier sans risquer de manquer son coup et de se retrouver dans la cour un peu plus vite que prévu, puis elle se mit à courir aussi vite que possible vers la Promenade du Traître. Arc dans la main, carquois au dos, rapide et sans armure, mais c’était une enfant apeurée qui cherchait une issue sans savoir où la trouver, il ne tarderait pas à la rattraper…
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Message Dim 20 Mai 2012 - 21:58

Gwayne peinait à percevoir l'étranger qu'il savait pourtant tapis parmi les ombres, forçait ces yeux dans la nuit à la recherche de la moindre bribe de couleurs, le moindre mouvement qui aurait pût trahir la présence de l'archer, sentit le sang sourdre dans ces veines, battre ces tempes alors que son propre cœur battait la chamade, tellement d'ailleurs qu'il devait résonner au travers de tout le château. Il avançait lentement sur le chemin de rondes, aux aguets, des pas courts, assurés pour ne pas trébucher au plus mauvais moment, sentait la fermeté de l'acier sous sa poigne gainée de cuir alors qu'il cherchait quelque chose sur le toit des écuries, savait que quelque chose s'y trouvait au vu des tuiles écrasées en contrebas. Puis il vit enfin un mouvement, un capuchon sombre, une paire de bras levés paumes ouvertes, une silhouette assez menue encore que les vêtements dissimulaient bien des choses, il vit du pouce de la main droite pendre un arc d'une facture qu'il lui était impossible de reconnaître mais au moins pouvait-il déjà percevoir l'objet du délit sans fléchés encochées encore que rien n'indiquait qu'il n'y eût pas un second tireur en embuscade. Gwayne s'approcha toujours plus, détaillant à mesure que s'élevait la silhouette, les pennes des flèches dans le petit carquois, les dehors de coureurs de nuit encore qu'il estima la mise trop ouvragée pour un simple assassin, écoutant avec attention les paroles de cette voix fluette, faible et menue en rapport au baryton du chevalier de la Garde Royale. Une voix de femme ou plus sûrement celle d'un très jeune homme car quelle femme aurait pût se lancer dans pareilles folies ?
Une voix chevrotante, hésitante qui tente de s'expliquer, d'expliquer son geste qui se voulait jeu et qui, a quelques centimètres prés eût pût se transformer en drame.Selon ces dires, un piètre accident, tout juste une dérobade du destin sous ces pieds, et en l’occurrence pour le Ser Corbray, c'était une chance assurément sinon, qui sait où cette mystérieuse flèche aurait pût atterrir.

Suspicieux, le Blanc Manteau regardait évoluer la silhouette sur le toit de l'écurie, une démarche en crabe peu assurée en direction du chemin de ronde, loin du pas preste et athlétique que l'on était en droit d'attendre d'un véritable coureur de nuit, d'un assassin patenté encore qu'il doutait là d'une quelconque ruse. La voix quand à elle se faisait implorante, des mots choisis, un ton de voix éloquent, marque d'une personne d'un minimum d'éducation, ce qui faisait penser à Gwayne qu'il ne s'agissait peut-être pas de n'importe quel clampin un peu vénal de Culpucier mais de quelqu'un d'un peu mieux placé. Lorsque soudain la forme sauta sur le rempart, il eût la confirmation qu'il s'agissait d'un gabarit plutôt petit, faible poids et très agile, un monte-en-l'air ou quelque autre voleurs de haut-vol plutôt qu'un assassin, ce qui n'expliquait toujours pas la flèche et l'arc bandé.

Toujours est-il que lorsque la silhouette se mit à courir en direction de la Promenade du Traître, rempart surplombant tant la Néra que le Bois Sacré, Gwayne lui emboîta le pas autant que possible d'un pas un peu plus pesant, rejetant par-dessus son épaule son manteau et partit à sa poursuite lame au poing.


-"Arrête-toi où il t'en cuira marouflet !"

Gwayne était présent bien décidé à s'occuper lui-même de ce morveux plutôt que de se rendre ridicule à lancer le branle-bas de combat pour tout au plus un cambrioleur sans expérience (mais qui, notons-le avait tout de même eût assez de dextérité pour parvenir jusque dans l'enceinte fortifiée du château). Gwayne courût le long du rempart, prêt à s'adapter aux moindres tactiques de l'adversaire qui pouvait tenter un coup de folie en sautant dans le Bois, comptant sur les feuillages pour se réceptionner ou bien atteindre la tour sud-ouest d'où elle pourrait descendre dans les bois ou fuir dans la Cour extérieure menant notamment aux cuisines et aux quartiers des serviteurs ou encore, si elle était assez discrète, atteindre la Poterne de l'Allée de Sombrenoir pour rejoindre la ville de Port-Réal. Le Garde Royal la rattrapait à mesure, des jambes plus longues, une force musculaire plus déployée que la cible compensait par une apparente légèreté et une belle agilité.


-"Arrête-toi et montre ton visage ! Rend-toi à l'évidence, tu n'as pas d'issue alors montre donc ton visage et viens t'expliquer freluquet..."

Gwayne préférait encore le prendre vif et capable de parler, tenter de comprendre ce qu'il venait faire là plutôt que de l’exécuter séance tenante.
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Message Lun 21 Mai 2012 - 1:41

Le soir de la fête, avant d'aller se coucher, elle écouta tout de même la première chanson et chanta même doucement de sa voix claire cette chanson qu’elle connaissait par cœur et qu’elle adorait. Chanson qui avait bercé ses nuits et les longues semaines à attendre son père, chanson qu’elle chantait à tue-tête dans les bois avec ses amis et ses frères ou qu’elle se murmurait avant de s’endormir. Chanson qu’elle avait chanté en riant le jour des noces de Ronan et Maëlle et en pleurant du haut de son balcon face à la mer lorsque son père lui avait annoncé qu’elle partait pour les Eyrié. « Plus Haut que L’honneur. »

    Je vais te conter à toi, toi qui viens d’ailleurs
    L’histoire de tous ses vallois, de tous mes amis
    Passe par la Porte Sanglante, et de nos valeurs
    Tu comprendras qu’elles ne mentent, jamais d’infamie
    Nous sommes comme nos montagnes, Solides comme le roc
    Et c’est pour ça qu’elles gagnent, les cœurs et les corps
    Chez nous les hommes deviennent, fort comme des aurochs
    Et les femmes sont plus gracieuses, que des roses d’or

    Nous depuis la nuit des temps, quand cogne à nos portes
    Même le danger le plus grand, ennemi du sire
    Tous les vassaux se rassemblent, leurs fierté est forte
    Et on charge épées au poing, pour vaincre ou mourir
    Mais pour oser s’attaquer, au faucon perçant
    Pour traverser nos montagnes, faut avoir du cran
    Beaucoup s’y sont essayé, mais sur l’autre versant
    Restés sans pouvoir passer, morts en mécréants

    Nous naissons depuis toujours, Plus haut que l’honneur !
    Et marchons depuis toujours, Plus haut que l’honneur !
    Nous vivons depuis toujours, Plus haut que l’honneur !
    Combattons depuis toujours, Plus haut que l’honneur !

    Sang des premiers hommes mêlé, au sang des Andales
    Le Val sous l’œil du faucon, enfin unifié
    S’enrichissait le royaume, noblesse féodal
    Grace aux Rois de la Montagne, 6000 ans de paix
    Hélas Valyria détruite, exilés vers l’ouest
    L’ennemi avait trois têtes, noires et écarlates
    Aegon le Conquérant, danserait sur nos restes
    Même Quand tout fut au plus sombre, tous prêts à nous battre

    La lumière dans les ténèbres, fut encore l’honneur
    Celui de notre seigneur, pour nous épargner
    Une bataille perdue d’avance, et le grand malheur
    De voir les Arryn tomber, et le val plier
    Il avait vu que le mieux, contre les dragons
    Pouvant voler jusqu’aux cimes, était de s’allier
    Ployant genoux et échine, du Val fit le don
    Conquis mais jamais soumis, pour mieux prospérer

    Nous naissons encore maintenant, Plus haut que l’honneur !
    Et marchons encore maintenant, Plus haut que l’honneur !
    Nous vivons encore maintenant, Plus haut que l’honneur !
    Combattons encore maintenant, Plus haut que l’honneur !

    Nos suzerains sont vaillants, ils sont notre gloire
    Ils sont fiers et majestueux, nous les soutenons
    Ils savent que le droit prévaut, même sur leur pouvoir
    Ils sont justes et clairvoyants, nous nous souvenons
    Les Eyriés sont imprenables, mais s’il faut y’aller
    Combattre comme un seul homme, repousser l’ennemi
    Les Vallois S’ront pas derniers, et se s’ra salé
    Car faut-il le rappeler, jamais envahis

    Nous partirons au combat, encore vigilants
    Puis retournerons chez nous, trouver l’équilibre
    D’un doux foyer chaleureux, acier rutilant
    Nous survivrons bien des siècles, toujours nobles et libres
    Vivrons à jamais heureux, de jour comme de nuit
    A l’abri de la montagne, sur nos terres fertiles
    Et nos femmes belles comme le Val, attendront sans bruit
    Nous donn’ront de nombreux fils, et de gracieuses filles

    Nous naitrons encore longtemps, Plus haut que l’honneur !
    Marcherons encore longtemps, Plus haut que l’honneur !
    Nous vivrons encore longtemps, Plus haut que l’honneur !
    Combattrons encore longtemps, Plus haut que l’honneur !


***

L’arc de Noreen était un arc de chasse banal à simple courbure avec pour seul et unique signe distinctif une pièce de cuir marron clair sur la poignée, mais tout de même en if, ce qui prouvait l’expérience de celui qui l’avait fabriqué ainsi que son désir d’offrir à la gamine une arme qui tienne la route. En effet, c’était un présent de Dorian, et le fidèle serviteur de Ronan Ruthermont qui avait été son écuyer avant de laisser la place à son fils Gorian l’avait fabriqué lui-même tout comme il avait fait le sien et celui de son fils, un très beau cadeau, car il ne possédait rien de plus précieux que son savoir faire. Dans le carquois de cuir souple marron foncé, une vingtaine de flèches en bois avec des pointes en fer, trois plumes, deux noires et une jaune. Bref, Noreen était bien équipée, mais sans grand luxe, la seule chose qui lui manquait c’était de quoi protéger ses doigts de tir, résultat elle se blessait régulièrement les mains, mais elle n’était pas femme à se plaindre. Pas plus qu’elle n’était femme à se rendre si facilement ! Cela dit elle était réellement désolée pour ce qu’elle venait de faire et soulagée de constater qu’elle avait manqué sa cible et qu’il n’avait rien, non seulement elle n’aurait pas apprécié de devoir payer les conséquences du meurtre d’un Garde Royale. Encore qu’elle aurait peut-être pu s’enfuir et balancer le tout du haut du rempart en priant pour que l’arc et les flèches soient emportés par les eaux, et ainsi avec un peu de chance s’en sortir. Mais surtout, elle s’en serait voulut à mort d’avoir tué un chevalier et qui plus est un de ceux chargés de protéger le Roi. Elle qui avait tant de respect pour la profession de son père et pour tout ce qu’elle représentait, elle qui appréciait plus le courage et le fait de savoir manier une épée plus que tout autre qualité, la richesse en premier. Elle qui faisait naturellement confiance à quiconque était investit de cette mission de protéger et de servir, tout ceux qui avaient été oint et qui avaient prêté serment. Elle n’aurait pas pu se pardonner ce geste qui se voulait innocent, en tout cas, plus jamais elle ne viserait quelqu’un pour s’amuser, c’était bien trop dangereux !

Noreen était petite, plus petite que la plupart des autres filles même, elle avait été un bébé vigoureux, mais frêle et petit, et elle avait continué à grandir de cette manière. Cela avait pour se battre, des avantages et des inconvénients, d’un coté la souplesse et l’agilité, et de l’autre un manque patent de force et d’allonge. Mais la gamine s’en accommodait, d’autant plus qu’à l’arc, ses faiblesses s’estompaient, et qu’en dehors des faces brûlées qu’elle avait tuées dans les montagnes, elle ne s’était jamais battue qu’avec des amis qui ne comptaient pas la tuer. Hélas, avec cette fois-ci avec le Garde Royal, c’était une autre pair de manche, ça n’était plus un jeu, et si elle n’avait pas déjà connu la peur mourir, elle se serait probablement pissé dessus comme elle l’avait fait la première fois – une autre raison pour laquelle elle n’avait pas remis cette robe avant de l’avoir lavée. Heureusement elle parvint à sauter assez loin de lui pour ne pas se prendre un coup de lame ou une main gantée et put fuir sur le rempart en espérant trouver par là un moyen de redescendre et de disparaître dans l’ombre. Noreen priait la mère pour qu’il n’appelle pas la Garde, si non elle serait capturée et mise au fer, là, elle avait encore une chance de s’échapper et ainsi d’échapper au jugement de ceux qui lui avaient fait confiance. Vous n’avez pas idée, il m’en cuira jusqu’à la fin de mes jours à moins que vous ne me tuiez tout de suite, car après vous, il y aura Jasper et Maeve, et aussi Maura, et si je survis à ça, il y aura père, qui après ça m’exilera très certainement, alors oui, il m’en cuira, j’en ai bien peur !

En voyant apparaitre le Bois, elle y vit son salut, elle allait courir et sauter sur une branche, ça devait être possible, il fallait que se soit possible ! Elle s’approcha donc du bord et chercha un arbre assez haut, une branche assez proche, hélas rien de tout ça, pas de prise facile, il allait falloir qu’elle saute le plus loin possible en visant un des arbres les plus proche et en espérant attraper une branche avant d’atteindre le sol. Elle doutait fort de la capacité de la couche de feuilles morte et d’humus à amortir suffisamment sa chute pour qu’elle puisse reprendre sa course folle au plus vite. Mais quelque soit le risque, elle allait sauter, car elle ignorait tout des autres issues possibles et elle craignait de se retrouver coincée contre la tour en arrivant au bout de la promenade. Elle recula jusqu’au parapet pour prendre de l’élan tout en passant son arc au dessus de sa tête pour dégager sa deuxième main dont elle allait avoir besoin pour saisir la branche qu’elle visait. Elle commença à courir en direction du bord. Mais voila, dans sa course folle, dans l’espoir fou de s’en sortir qu’elle avait ressentit en appréciant le Bois Sacré, elle n’avait pas pris le temps de regarder derrière elle pour voir où son poursuivant se situait. Si elle l’avait fait, elle aurait constaté qu’il gagnait du terrain et que le temps qu’elle prépare son saut, il l’avait complètement rattrapée. Tout à sa cascade qui pourrait s’avérer mortelle, elle ne remarqua pas qu’il était tout à fait en mesure de l’attraper… ou de la frapper avec son épée…
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Message Mar 22 Mai 2012 - 1:12

Le duo courait le long du rempart, Gwayne cherchant à attraper cet archer mystérieux tout en prenant garde à ne pas finir écrasé en bas, ce qui limitait leur vitesse à tout deux. Ce faisant il tentait encore et toujours de comprendre à qui il pouvait bien avoir affaire, malheureusement, impossible d'en distinguer plus que de vagues traits ni d'obtenir des informations sur sa vêture du fait de la forte obscurité. En lieu et place, Gwayne tentait avant tout de penser avant son adversaire, tentait d'obtenir un coup d'avance dans le but de l'attraper vivant et désormais aussi de lui éviter un accident qui lui serait fatal car après tout un prétendu assassin mort d'un accident est beaucoup moins à même de parler et de révéler ce qu'il sait. Car Gwayne comptait bien le passer à la question, non pas par sadisme mais tout bonnement pour des raisons d'état, savoir comment il était arrivé ici et quand bien même il n'y avait pas d'intention de meurtre, Gwayne apprécierait de connaître les failles dans les plans de la Garde et de toute manière il ne pouvait laisser un tel personnage fuir en connaissance du peut-être seul point faible du Donjon Rouge.

Alors qu'ils arrivait en surplomb des plus hauts arbres du Bois Sacré, Gwayne vit la silhouette se rapprocher du bord du rempart et comme dans un rêve, il voyait le temps se détendre, se distordre, se ralentir, ressentant chaque battements de son coeur, pouvait presque saisir chaque secondes du bout des doigts, l'espion allait sauter, le fou, le con, il allait sauter dans le Bois pour échapper à la poigne du Garde Royal, un saut mortel où il se briserait le cou, les genoux, le bassin ou quoique ce soit d'autres qui lui réduirait drastiquement sa durée de vie. Gwayne se met alors à courir à perdre haleine, se jette littéralement en avant pour l'attraper au col alors même qu'elle va pour s'élancer dans le vide, tirant violemment en arrière plus par peur qu'avec la volonté de faire du mal physiquement et surtout pour ne pas basculer avec elle mais plutôtl'inverse, écartant au passage son épée pour la lever le temps ensuite de l'abaisser pour en faire peser légèrement la pointe sur la poitrine de la silhouette au bord du chemin de ronde. Essoufflé, il parle d'une voix sourde comme si il était lui-même en faute, serrant les dents pour ne pas lui coller son poing dans la figure et l'assommer pour le compte.


-"Qui es-tu ? Et quel est ce secret pour lequel tu es prêt à mourir ?"

Il fit courir la lame de Dame Affliction le long du torse de la silhouette pour monter lentement jusque sur la gorge pour le forcer à relever la tête et ainsi délaisser sa capuche.


-"Montre ton visage l'ombre ou par les Sept il t'en cuira... et dit moi qui t'envoie et pour quelle raison ?"

Sur la fin, sa voix se faisait plus dur mais aussi plus grave à présent qu'il avait retrouvé son souffle, parfaitement rassuré dans l'idée de l'avoir enfin rattrapée. Il se tenait au-dessus d'elle, épée scintillante sous le reflet de la lune qui venait la baigner, pointée vers sa gorge tandis que son autre main se tenait au rebord du rempart. Gwayne se voulait terrible,terrifiant,son visage de marbre n'arborant ni sourire ni fureur, se contenant même pour ne pas exprimer son essoufflement comme son soulagement de n'avoir pas eût à descendre au coeur de la nuit dans le Bois pour y retrouver un corps désarticulé au pire et au mieux un pauvre jeune garçon aux os et à la vie brisée par une connerie.
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Message Mar 22 Mai 2012 - 2:40

Au moment où elle était prête à prendre son envol, elle sentit une main s’abattre sur son cou et la projeter en arrière si fort qu’elle perdit l’équilibre et se prit de plein fouet arc et carquois dans le dos en tombant avant de se redresser légèrement pour se retrouver assise, les mains en arrière pour se retenir et devant, une lame sur la poitrine et le chevalier au dessus d’elle. Elle loucha sur Dame Afflicion, elle n’avait jamais rien vu de tel, un acier noir et flamboyant, veiné, magnifique, et dont les arrêtes brillaient d’un éclat qui laissait percevoir leur tranchant sans mansuétude. Elle était coincée cette fois-ci, aucune échappatoire possible, et puis, au fond, non, elle ne voulait pas mourir, elle avait encore tellement de choses à voir, tellement à faire. Elle frissonnait de peur sous la menace, mais aussi à cause du contre coup de ce qu’elle prévoyait de faire. D’ailleurs elle ressentait un étrange sentiment de soulagement. Elle n’aurait pas à sauter dans le Bois Sacré, elle ne l’avait pas, fait, il l’en avait empêché. Elle prenait enfin conscience qu’elle avait toutes les chances de se tuer dans ce saut pour s’échapper, elle ne voulait vraiment pas mourir. A vrai dire, il valait mieux qu’elle vive pour s’expliquer, car sans ça, son cadavre n’aurait pas pu mettre les Arryn hors de cause, et le Garde aurait pu s’imaginer n’importe quoi, mettant en péril la souverainement du faucon sur le Val, chose qu’elle voulait éviter à tout prix.

Au moment où la lame froide atteignait sa gorge chaude et battante, Noreen fut forcer de lever la tête et déjà il pouvait apercevoir ses traits fins et ses lèvres pleines, ainsi que sa peau si blanche dans la clarté de la lune, tout sauf ses yeux encore dissimulé sous le tissu. Il lui ordonna de montrer son visage, et, peut-être parce qu’il en avait appelé aux Dieux, ou peut-être parce qu’elle aussi en appelait aux Sept en priant en silence pour son salut, avant qu’elle n’ait pu parler ou bouger, une bourrasque de vent fit tomber son capuchon jusqu’à entièrement dégager son visage et ses cheveux. Les mèches flamboyantes qui n’étaient pas prises dans sa longue tresse encore cachée sous la cape se mirent à voltiger comme des flammes. Il était vrai qu’avec le manteau fermé, elle pouvait passer pour un garçon, la rouquine n’était pas connue pour sa poitrine généreuse et entre plus son surcot ne la mettait pas vraiment en valeur. Mais cette fois-ci aucun doute n’était plus possible, ni sur son sexe ni sur son identité, à moins que le chevalier n’ait pas remarqué les cheveux rouge de la suivante de Maeve, ni aux présentations, ni au repas. C’était possible après tout, elle n’était pas grand-chose si ce n’est la fille d’un chevalier fieffé grâce à son courage lors de la bataille d’Herberouge, Ronan Ruthermont, un des plus fidèles vassaux de Jon Arryn. Un homme issu de la roture mais qui n’avait eut de cesse de démontrer sa vaillance, un homme qui avait un grand sens du devoir et de l’honneur, un homme qui avait choisi pour devise « Vaincre ou Mourir » parce qu’il ne voyait d’autre façon de combattre.

« Personne ça n’était qu’un jeu Ser. Je ne voulais pas… »

Cette fois-ci sa voix de brisa dans le flot de peur et de chagrin et de honte qui la submergeait et elle ne put d’avantage retenir ses pleurs, elle continua tant bien que mal, entre deux sanglots, en essayant de garder malgré tout un peu de dignité.

« Je suis désolée, tellement désolée. Je vous en supplie, ne dites rien à Jasper. Maura m’écartèlerait si elle apprenait. Et si elle me renvoie chez mon père, alors c’est lui qui me tuera pour avoir déshonoré notre famille. »

Morte de peur et soulagée à la fois, son cœur battait plus fort qu’il n’était permis et elle sentait son corps perdre pied et chanceler sous le poids de la contradiction, mais elle tint bon, serrant les dents pour reprendre courage, mais si elle n’avait pas été déjà sur son séant, elle serait certainement tombée, d’ailleurs ses mains tremblaient et ses bras faiblissaient à vue d’œil, mais elle regardait Ser Gwayne dans les yeux, sans défi dans le regard, juste un grand désarroi.
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Message Mar 22 Mai 2012 - 16:49

A cet instant, la vision que l'on aurait pût avoir de Gwayne était tout simplement terrible, drapé de sa large cape blanche de Garde Royale, du haut de toute son imposante stature de guerrier du Val d'Arryn, le bras tendu tout en pointant Dame Affliction sur la gorge de la forme allongée à ces pieds, silhouette menue et apeurée écrasée par cette ombre terrifiante. En cet instant, Gwayne incarnait toute cette présence que l'on attendait d'un membre de la Garde Royale dans ce cadre, un homme imposant et effrayant, incarnation vivante de la justice royale au-dessus du criminel.
Son visage était figé par une expression fermée, dure, que rien ne semblait pour autant attendrir et pourtant ces yeux s’embrasèrent au diapason de la nuit lorsque flamboya la chevelure de la jeune femme. L'espace de quelques secondes, Gwayne resta interdit devant les traits fins de Noreen, les examina sous la lumière lunaire comme pour les graver dans son esprit et chercher à la retrouver dans sa mémoire qui voyait bien du monde défiler depuis son service auprès des Targaryen dans Port-Réal.

Alors qu'il scrutait son visage, il écoutait dans le même temps avec la plus grande attention ce que la jeune femme pouvait bien avoir à dire pour sa défense car somme toute elle avait eut cette chance de tomber sur le Ser Corbray et non n'importe quel homme de la Maison du Roi, Gwayne étant reconnu tant pour sa patience légendaire que pour son éminent sens de la moral et de la justice aussi ne frapperait-il pas sans remords du froid de l'acier une jeune femme au sol quand bien même elle eût tentée de l'assassiner. Surtout qu'elle osait affirmer et soutenir son innocence,renvoyant l'acte à un malheureux incident nés d'un déséquilibre. Gwayne outre la flamboyante rousseur de ces cheveux porta son regard sur la finesse de sa mâchoire et son nez busqué, deux yeux gris qu'il peinait à distinguer dans la nuit et sous l'éclat de la lune. Il ne parvenait pas à se remémorer ce visage mais la finesse et la délicatesse des traits interdisait déjà toute possible origine des bas-fonds de Port-Réal ni même des villages côtiers environnants. Une voix fluette, apeurée, effrayée, celle d'une jeune femme en proie à des tourments. Il l'entendit nommer des noms qu'il connaissait trop bien, à commencer par celui du Lord Arryn des Eyrié, Seigneur du Val dont il fut vassal de feu le père au temps où il était communément admis qu'il deviendrait le prochain Lord Corbray de Cordial, avant que le Bon Roi Daeron II n'en décide autrement et l'appel à la haute fonction de Frère Juré de la Garde Royal. Il y a pus de quinze ans à présent...

Gwayne Corbray, dans un long et lent mouvement leva haute Dame Affliction, par-dessus sa tête comme pour frapper de toute la force de son bras, prêt à percer de part en part le corps de la jeune femme, toujours un visage neutre avant de ranger l'épée d'acier valyrien au fourreau et de se pencher vers Noreen pour l'attraper par le col et la soulever sans guère de ménagement et la remettre sur ces pieds en grognant légèrement sous l'effort (bien qu'elle ne pesa pas plus qu'une plume c'était aussi un moyen pour lui de conserver cet air frustre que l'on s'attendait à trouver chez un homme de guerre).


-"Alors debout, Aussi Haut que l'Honneur et jamais à genoux..."

La voix restait bourrue mais désormais bien plus calme, presque le ton de la conversation alors qu'il dépassait la jeune demoiselle de plus d'une tête en hauteur comme en stature.

-"Et maintenant, dit moi qui tu es et quelle folie t'a prise d'ainsi jouer les coureurs nocturnes au risque d'assassiner un Frère Juré ?"


Sa voix se voulait moins impressionnante, moins dure mais aussi curieuse comme lorsque l'on demande à un enfant d'expliquer ce en quoi il aura fait une bêtise avec une légère pointe moralisatrice.
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Message Mar 22 Mai 2012 - 22:50

Elle ne remarqua pas le changement d’expression de Gwayne, trop effrayée par sa stature, sa position et par la suite qu’allait prendre les événements pour y prendre garde. Elle le fixait pourtant, mais elle ne voyait en lui que l’homme, le guerrier, le frère juré de la garde royale, grand et fort, qui pourrait lui briser le cou d’une seule main ou lui broyer les doigts sans effort sous son pied. S’il avait été un ennemi, tout aurait été plus simple, elle aurait encore pu tenter de s’enfuir, d’une manière ou d’une autre, elle ne payait pas de mine, haute come trois pommes et aussi épaisse d’un pinçon. Elle aurait sortit son couteau de sa botte et le lui aurait planté dans le pied ou dans la jambe pour avoir le temps de se relever, et ensuite la carotide, comme le barbare dans le chariot, ou encore le cœur, ou plutôt l’aisselle, comme il était en armure. Mais là, c’était un garde royale elle n’avait aucune envie de le tuer ni même de lui faire mal, surtout après ce qui avait déjà faillir arriver. Elle restait assise, immobile, prête à s’en prendre une et à encaisser sans broncher, des yeux qu’elle ne pouvait empêcher d’être suppliant rivés sur lui et les dents serrées pour ne plus pleurer. Mais elle n’avait pas prévu qu’il veuille la tuer sans qu’elle ait eut l’occasion de s’expliquer, aussi eut elle un léger mouvement de recule lorsqu’il leva la lame. Elle le regarda avec des yeux gris-verts plus grands que jamais et ouvrit la bouche en prenant une inspiration effrayée, la dernière peut-être. Elle n’essaya pourtant pas de se soustraire, passé ce réflexe, elle murmura une prière.

« Père d’En-Haut, puisses tu me juger en toute équité. »

Elle était prête à accepter le châtiment. Elle ferma la bouche, même si son cœur continuait à battre à cent à l’heure et que sa respiration se faisait de plus en plus saccadée, regardant un instant la lame qui allait s’abattre sur elle, puis, replongeant son regard dans celui du chevalier. C’est alors qu’elle le vit ranger son épée. Elle resta interdite jusqu’au moment où, la saisissant par le col, il la remit sur ses pieds. Tout avait été si vite qu’elle n’avait pas eut le temps de réagir, pas même celui d’être soulagée en voyant la lame rentrer dans son fourreau ou d’avoir peur de nouveau quand elle avait vu les grosses mains du chevalier s’approcher de sa gorge. Une fois debout, elle hoqueta et prononça un merci dont le son ne passa pas la barrière de ses lèvres, encore sous le choc, mais le gros des émotions enfin passées.

« Aussi haut que l’honneur. »

La gamine avait répondu du tac au tac comme un reflexe, comme un mot de passe, une voix encore un peu chevrotante malgré ses efforts pour scander la devise des Arryn comme il se doit, à savoir d’une voie forte et assurée trahissait la peur qu’elle avait eut jusqu’ici, elle n’était pas tirée d’affaire, mais plus le temps passait, moins le chevalier semblait décidé à la tuer. En réalité, le garde devait faire pas loin de trente centimètres de plus que la rouquine et probablement plus du double de son poids, les deux silhouettes se découpant dans l’ombre donnaient à Gwayne des airs de géant et à la jeune fille des airs d’enfant.

« Noreen, fille de Ronan Ruthermont de Penn Irin, je suis une suivante de Maeve Arryn et… heu… je… je ne viserais plus jamais quelqu’un pour rire, je ne viserais plus jamais un ami… chevalier… garde blanc… Pardon un frère juré. Seulement les ennemis, surtout les faces brûlées… Je le jure sur mon honneur ! »

Elle avait parlé, cette fois-ci, d’une voix relativement assurée et assez forte même si son timbre n’avait rien à voir avec celui du Corbray, nettement plus aigu et clair et moins puissant évidement. La peur était encore bien présente, mais elle essayait de faire bonne figure, de paraître courageux et sûr d’elle et à vrai dire, la devise prononcée par l’homme l’y avait aidé. Elle avait reprit confiance et se souvenait du courage de son père et du sien lors de l’attaque des clans dans les Montagnes de la Lune, lorsqu’elle avait tué l’homme qui était sur le point de la violenter alors qu’elle était allée chercher son arc dans la carriole. Elle se alors rendit compte qu’elle n’avait pas mis les formes qu’aurait dû mettre une jouvencelle de bonne famille face à un Garde Royale et rattrapa le coup avec une révérence un peu précipitée et qui venait certainement un peu tard.

Il lui avait demandé de s’expliquer sur sa balade nocturne et elle n’avait pas oublié, juste évincé la question, pas qu’elle ne veuille pas répondre mais elle hésitait, elle ne savait pas trop comment lui expliquer son jeu. Il ne jouait pas lui, il ne comprendrait jamais. Ni d’ailleurs comment justifier sa folle escapade. Elle savait que c’était une folie, enfin en tout cas elle s’en rendait compte maintenant même si lorsqu’elle avait décidé de jouer à l’espionne elle n’avait absolument pas saisi le risque qu’elle prenait en se déplaçant furtivement et armée d’un arc. Elle aurait pu aussi bien se faire tuer sans autre forme de procès par un garde ou se prendre un carreau d’arbalète à travers le corps, mais elle n’en avait pas conscience avant de se faire débusquer par Gwayne. Et pourtant quelque chose en elle, quelque chose qui la brulait de l’intérieure, qui s’agitait dans ses entrailles quelque chose lui disait que c’était pour ce genre de folie qu’elle était faite. Elle le savait au fond, et la preuve était qu’elle ne s’était pas pissée dessus, mais il était certain que son père ne voudrait pas ça pour elle. Evidement, elle songeait aussi au prince charmant enfin dans son cas au preux chevalier, elle croyait encore en la possibilité de se marier et de faire des enfants, tout en gardant la liberté d’exercer ses passions pas très féminines, elle rêvait très probablement. Elle avait trop besoin d’action, trop besoin de chevauchées sauvages et de chasses pour rester sagement assise dans un confortable fauteuil et broder, d’ailleurs elle ne savait pas broder, enfin si, en théorie, mais en pratique ses créations s’avéraient être des croutes bonnes à brûler. Elle baissa les yeux, honteuse et parla d’une voie à peine audible.

« Je… j’aime bien jouer à l’espionne ou à la guerrière, je faisais ça quand j’étais petite, et… ça faisait longtemps alors je me suis dit qu’ici se serait amusant. Je ne me suis pas rendue compte du danger. » Elle fit un courte pause le temps de ravaler des larmes, larmes de chagrin pourtant déjà versées pour ceux qui étaient tombés dans les montagnes de la Lune. « Et puis… je me sentais en sécurité pour m’entrainer… j’ai besoin d’entrainement ! » Elle fit une pause avant de murmurer entre ses dents. « La dernière fois je n’ai pas réussit à en tuer assez. » Elle se souvenait que nombreux étaient les hommes du val morts pour les protéger, qu’elle avait fait tout son possible pour les aider, mais qu’en dehors de se sauver la vie dans la carriole, elle n’était pas parvenue à en tuer tant que ça, pas assez en tout cas, et cela avait couté la vie à Dedrick venu à la rescousse…

Elle releva la tête doucement, les yeux de nouveau mouillants, avec dans la tête le souvenir du chevalier dont elle était tombée amoureuse pendant les quelques jours qu’elle avait passé à son chevet. Il lui avait sauvé la vie, il avait aussi sauvé la vie de sa septa la première fois qu’ils s’étaient rencontrés, au péril de la sienne déjà, il avait été blessé. Et là il s’était interposé entre les Faces Brûlées et les enfants, Noreen en première ligne mais aussi Maeve et Edwyn ainsi que la Septa du petit Lord. Une charge des cavaliers avait fait fuir ce qui restait de barbares, mais c’était trop tard, il avait bien sauvé les enfants, la religieuse et la jouvencelle, mais il avait une lance en travers du ventre et se vidait de son sang. Il était mort dans les bras de la gamine en pleurs alors que chacun cherchait les siens, les uns soignant les blessés, les autres pleurant déjà les morts. Cela n’avait pas arrangé l’état de sa robe mais elle s’en fichait, elle était restée jusqu’à son dernier souffle avant de se rendre auprès de sa maitresse pour laquelle elle ne serait pas d’un grand secours ce soir là…
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Message Jeu 24 Mai 2012 - 18:56

La voix faiblarde et hoquetante de la jeune femme lorsqu'il l'a remis sur ces pieds arracha un léger sourire à Gwayne, surtout lorsqu'elle repris une dernière fois en écho la devise du Val. Il la regardait face à lui, tremblante sous la peur résiduelle, l'émotion, les flots d'adrénaline qui devaient couler dans ces veines comme c'était le cas également pour lui, car après tout, il devait bien avouer que sous des airs bravaches, il avait frôlé la trépanation accidentelle et cela ne le mettait pas particulièrement en joie. Disons pour faire court qu'il tremblait encore intérieurement à cette fugace pensée. Reste qu'il écouta dés lors la jeune femme avec la plus grande attention, activant sa mémoire à la mention de l'arrivée des hommes et femmes du Val et de la procession qui avait guidée Lord Arryn et ces vassaux jusque la Salle du Trône où la Main du Roi, Ser Brynden Rivers les avaient accueillis comme se doit encore que Gwayne avait toujours cette légère pointe d'amertume causée par l'attitude actuelle du Roi mais c'était là une toute autre histoire. Comme le voulait la coutume, il s'était trouvé derrière le trône, c'est à dire en retrait par rapport à ce dernier de manière à pouvoir embrasser toute l'assemblée autant que chacun d'entre eux mais malheureusement, quand bien même il se rappelait avoir notifié la présence de la rouquine dans l'apanage de Lady Maeve Arryn, mais ne représentant ni une menace directe pour le Trône ni ne relevant de la haute noblesse, il devait bien avouer a sa grande honte avoir fait l'impasse sur la jeune femme encore que le nom de Ruthermont ne lui était pas inconnu car ayant lui-même combattu à Herbesrouges, il savait tout de cette bataille et comment l'avant-garde de Lord Arryn fut défaite par celle de Feunoyr, comment l'ennemi plongea en plein coeur des hommes du Val et comment des vassaux comme Ruthermont avait tenu le choc, encaissant la rudesse de la charge pour laisser le temps aux centre de l'armée loyaliste,à commencer par la chevalerie lourde de Gwayne qui avait par la suite enferrée les rebelles et permis aux Dents de Freux de prendre la colline et d'inverser le cours de la bataille avec l'arrivée des Dorniens.

-"Je suis un Frère Juré en effet, et vous ne devriez jamais recommencer car cette fois les Sept ne seront peut-être pas de notre côté. Et vous avez raison, il faut garder ces flèches pour ces vrais ennemis et ne point en user sur ces frères. Certains feraient mieux de le prendre pour sagesse"

N'allant pas plus loin avec cette remarque peut-être un peu déplacée et hors propos, Gwayne écouta la suite des explications de la jeune femme, souriait là encore intérieurement à ces actes de garçons manqués qui étaient relativement fréquents dans le Val, la vie de montagnards offrant plus d'opportunités aux femmes d'agir en hommes, que ce soit avec la hache, l'arc ou l'épieu, les ours, les chats sauvages et les brigands ne pratiquant aucun sexisme quand à leurs proies. Et ils se moquaient largement qu'une femme sût faire ou non une révérence convenable. Lui-même comprenait que trop bien les passions de jeunesse de la jeune femme, n'avait-il pas subit lui-même les mêmes désirs d'aventures de même que son jeune frère Kaeril ? Encore que Gwayne avait eût son compte de faits d'armes, bien plus même que nombre de petits nobles de cour et sans vouloir les offenser, les deux derniers rois de la lignée Targaryen. Somme toute, jeune chevalier, nommé à la Garde Royale après des années de lutte contre les marauds, bataillant contre les Feunoyr sous l'étendard avant de parcourir Westeros au nom de Sa Majesté, Gwayne avait été blanchi sous le harnais de l'héroïsme au-delà même de ce que l'enfant aurait jamais espéré. Après tout, il se revoyait déjà petit à combattre dans la Garde de Nuit contre les Autres et autres monstruosités mythologiques d'Au-Delà du Mur.

-"Croyez-moi jeune fille, on en tue toujours bien assez quelque soit notre âge. Ne souhaitez point tant côtoyer la mort elle est déjà suffisamment désireuse comme ça de vous approcher. J'ai appris par les gardes que vous aviez eût maille à partir sur la route et vous avez fait ce que vous pouviez comme chacun dans la colonne et même plus que ce qui était attendu de vous. Vous êtes arrivés à Port-Réal et le Lord et les Dames étaient sauf, le devoir a été accompli avec honneur, de ça vous pouvez être fière. Soyez toujours fière des vies sauvées, jamais de celles que vous avez prises car sinon, vous ne seriez rien d'autres qu'un brigand comme il y en à tant."

Gwayne restait fondamentalement attaché à l'honneur et aux grands principes de la chevalerie sans pour autant en oublier les réalités de la guerre mais la morale ne s'apprend pas sur un champ de bataille, aussi pouvait-il se montrer bien souvent sentencieux envers les jeunes gardes et écuyers et il avait décidé d'autorité de la traiter comme telle puisqu'elle en avait les jeux et il aurait été ridicule de la renvoyer ce coucher sur ces entrefaites. Il lui fit signe de le suivre en appuyant légèrement sur son épaule et prit la direction de la tour dans laquelle il pénétra en silence, commençant à descendre les marches avec grand calme.

-"Suivez-moi, nous allons en un endroit plus calme que les remparts, un endroit où nous serons bien plus à l'aise pour discuter."


Lorsqu'ils arrivèrent au rez-de-chaussé, Gwayne sortit un trousseau de clés de son surcot et s'en servit pour ouvrir la vieille porte de bois renforcée de fer, délivrant l’accès au Bois Sacré.

-"Passez devant, nous serons plus à l'aise ici pour parler."

Puis il lui emboîta le pas et fit quelques mètres dans l'herbe fraîchement entretenue avant de s'arrêter et de se tourner vers elle.

-"Et maintenant dîtes-moi, Noreen Ruthermont de Penn Irin, quelles leçons avez-vous retirée de ce voyage et de cette épopée qui est la vôtre jusqu'ici ?"

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Message Ven 25 Mai 2012 - 15:22

Comme beaucoup, Ronan avait été blessé pendant la bataille d’herbe rouge, grièvement, et s’il s’en était fallut de peu que la victoire ne soit finalement remporté par les traitres, il s’en était aussi fallut de peu qu’il ne revienne jamais. Mais heureusement, grâce au courage de certains et à l’ingéniosité de la Main du Roi, les loyalistes avaient gagnés. Et grâce aux Sept, son avait survécu et c’était battu en brave jusqu’au bout malgré une pointe de lance enfoncée dans le torse et de nombreuses entailles, sans quoi elle aurait été orpheline pour de bon. Noreen savait tout de cette bataille ou presque, comme si elle y avait participé, car son père la lui relatait souvent. Comme on invente des contes aux enfants pour les endormir, lui c’est sa propre histoire qu’il lui répétait sans jamais se lasser et sans non plus lasser la gamine, comment voulez vous, après ça, qu’elle devienne une jouvencelle comme les autres. Elle avait ce récit gravé dans son esprit, vivant dans ses entrailles, celui là et d’autres, mais celui là en tout premier lieu, et pour elle, c’était ce qu’il fallait faire, se battre jusqu’au bout, vaincre ou mourir, la devise des Ruthermont. Et si, en tant que femme elle aurait pu se défaire de ce devoir pour d’autres, non moins importants. Elle devait avouer que celui-là lui semblait nettement plus intéressant que de pondre des héritiers si tant est qu’elle épouse un jour quelqu’un qui avait quelque chose à transmettre, ce qui était assez peu probable en réalité.

Elle acquiesça précipitamment de la tête, pour sûr elle ne recommencerait pas, et même si elle ne saisissait pas très bien la réflexion de Gwayne par rapport à la sagesse, elle continua à faire oui de la tête pendant tout le temps où il parlait sans pour autant trouver quelque chose, à répondre, mais était ce nécessaire ? Elle se rendait compte désormais du risque qu’elle avait fait courir au chevalier et du risque qu’elle aurait courut si elle était tombée sur n’importe qui d’un peu moins patient. Quoi qu’il en soit, les paroles du guerrier étaient sages, tout comme celles de son cher père pouvaient l’être, elle écouta donc attentivement la suite. Elle n’avait rien demandé, elle n’avait pas demandé la mort, mais elle était venue à elle, et déjà trop de fois pour sa courte vie, deux, c’était bien assez. La première fois sa septa avait faillit se faire violer et le seconde ça aurait pu être son tour si elle n’avait pas eut la présence d’esprit de garder son calme pour frapper de plus près avec la pointe de flèche qu’elle avait caché dans son dos. Elle se rappelait parfaitement et avec encore quelques sueurs froides, les quelques secondes qui lui avaient parut des heures entre le moment où le barbare était entrée dans le chariot et le moment où il avait essayé de l’embrasser, instant fatidique qu’elle avait choisi pour lui enfoncer l’arme improvisée dans le cou, pile à l’endroit ou battait la carotide. La suite était plus floue, elle était sortie et avait tiré pour faire reculer les assaillants, mais dans la pagaille, elle n’avait pas gravé à l’esprit les visages de ceux qu’elle avait touchés, mais celui là, son premier, il la hantait encore si souvent qu’elle passait ses nuits à le tuer encore et encore et qu’elle avait l’impression que cela ne finirait jamais. Mais ça n’était pas ça qui la faisait pleurer, les larmes qui coulaient à présent sur ses joues et qui coulaient un peu trop souvent à son gout, étaient pour Dedrick, jeune chevalier qu’elle considérait comme le plus courageux de tous et dont elle aurait bien aimé qu’il devienne plus qu’un ami. D’ailleurs son vœu de tuer plus était pour lui aussi, pas qu’elle ait envie de sang, mais elle se disait souvent que si elle avait été plus rapide, meilleure tireuse, il ne serait pas mort. Hélas, la sagesse des paroles du vallois ne pouvait pas atténuer son chagrin, quoi qu’il dise elle avait perdu son chevalier charmant et c’était une bien triste fin pour une première amourette. Elle répondit des larmes plein les yeux, mais sans sangloter.

« Oui Ser, je sais, j’aurais préféré n’avoir pas à tuer, croyez le bien. Et je sais aussi que j’ai fait bien plus que ce qu’on attendait de moi, d’aucun me l’ont même reproché. Mais peu importe, car même si j’ignore si cela aurait changé le cours des choses, je n’aurais jamais laissé les faces brulées s’emparer de Maeve sans rien faire, et je suis heureuse d’avoir eut à leur opposer un peu plus que mes pieds et mes poings. Jusqu’ici je n’avais tué que des lapins et des faisans, tuer un homme est une sensation étrange. Mais… » Elle baissa les yeux et écrasa du bout du pied les larmes qui tombaient sur le sol, son chagrin la prenant aux tripes, elle ne pouvait plus parler. Elle finit par demander, d’une voix brisée et faiblarde : « Comment s’accommode-t-on des vies qu’on n’a pas pu sauver, des amis qu’on a perdu ? » Un combattant de la stature du Garde Royale devait avoir des tuyaux en la matière non ?

Elle le suivit ensuite dans le Bois Sacré en totale confiance. Mais lorsqu’il posa sa question, elle fut surprise et resta coi quelques secondes. Qu’avait-elle appris de tout ça ? Que l’enfance était bien trop courte, qu’elle était belle et bien terminée pour elle et qu’elle en aurait pleuré toutes les larmes de son corps mais que ça n’aurait rien changé et qu’elle allait donc s’abstenir… Elle ne savait pas quoi répondre, se rendant compte que ses réflexions de gamine manquaient franchement d’intérêt pour Gwayne, elle désespérait de trouver quelque chose à dire lorsqu’un flot de réponse lui vint d’un coup, qu’elle déversa sur le chevalier sans vraiment prendre garde à la forme.

« Que la vie est fragile Ser, trop fragile pour être mise en péril inutilement. Que les hommes du Val son courageux, qu’ils se battront toujours jusqu’à la mort pour sauver leur suzerain et pour protéger les femmes et les enfants. Qu’il faut que je m’entraine d’avantage encore. Je m’étais entrainé après la première attaque lors de la venue aux Eyrié, mais je dois encore pratiquer pour être utile. J’ai appris que Jasper… pardon, Lord Jasper est tout aussi courageux que ses hommes, et qu’Edwyn n’est pas en reste. Que même à seize ans on peut avoir connu la peur, le sang et la perte d’un être cher mais que tant qu’on n’a pas connu la mort on doit se battre. J’ai appris que les Dieux rappellent autant les preux que les barbares. » Elle se remit à pleurer mais continua avec sérieux, reprenant de plus belle avec une pointe d’enthousiasme dans la voix. « Mais aussi qu’une bonne unité de manœuvre doublée d’un bon commandement font souvent la différence sur un champ de bataille. Même face à un nombre élevé d’attaquants, la discipline et l’organisation des chevaliers, de la cavalerie et aussi des hommes à pieds les rends supérieurs en efficacité aux clans ou à tout autre armée moins structurée. C’est du moins ce que je pense. » Elle fronça les sourcils, cherchant quelque souvenir dans sa mémoire. « Papa… père… Ser Ronan… dit que le courage n’était rien sans discipline et sans travail et que ça n’est pas en fonçant tête baissé qu’on gagne les guerres. Il dit aussi qu’un bon commandant est à la fois un bon stratège et un bon meneur d’homme, car il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées pour les faire comprendre et accepter par les autres, or il suffit d’une dissension dans les troupes pour qu’une bonne manœuvre se transforme en débandade. Il dit aussi que la première des qualités d’un chef est de savoir motiver les troupes, car il trouvera toujours des gens pour lui dicter la bonne marche à suivre, mais la tâche de préparer les hommes à mourir revient à lui seul. Papa dit pleins de trucs comme ça, je comprends pas toujours tout, mais je crois qu’il a raison, pour réveiller le courage des soldats, il faut leur donner une bonne raison de mourir car personne n’a envie de mourir pour rien. » Elle hocha la tête. « En tout cas, la peur, la deuxième fois, est aussi tenace que la première, simplement on l’écoute moins. Mais moi je n’ai plus très envie de traverser les montagnes de la Lune, mais il va falloir le refaire au retour… Est qu’elle disparaît un jour ? »
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Message Jeu 31 Mai 2012 - 3:34

Hommes, femmes, jeunes ou vieux, tout le monde est en proie à de multiples interrogations lorsqu'il se doit de faire face à la mort et certainement plus lorsque l'on se retrouve confronté comme la jeune demoiselle à une telle mort violente, injuste sous un certain angle pour quelques unes des victimes, horriblement douloureuse pour d'autre, bref, la mort et le sang des champs de batailles avec cette peur qui vous vrille les tripes, cet adrénaline qui vus brûle les veines, bref toutes ces petites choses qui peuvent vous meurtrir l'esprit encore longtemps et qui tourmenterons ce jeune esprit pour encore de longues nuits. Pour sa part, Gwayne se souvenait parfaitement de son premier assaut aux côtés du vieil oncle Galbart, une attaque de nuit, il avait alors tout juste 16 ans et encadré par quatre hommes d'armes massif, il avait assisté au massacre d'une bande de brigands de montagne par les soldats de son père, avait bien achevé quelques-uns sous le regard dur et sévère de son oncle afin, comme il le disait, de lui "endurcir le coeur autant que la rétine". ce genre de premières expériences avait toujours laissés des traces chez ceux qui les vivaient.
Et ce n'était rien comparé à ces propres premiers vrais combats là encore contre des pillards des routiers en maraude. Cette fois-là, c'était à lui de mener l'assaut, de porter le premier coup qui cueillit un jeune garçon de son âge en pleine poitrine, de voir l'un de ces hommes d'armes tomber le crâne fracassé d'un bec de corbin, l'arcade littéralement explosée et l'oeil manquant. Une vision d'horreur qui se répéta inlassablement depuis d'années en années jusque le paroxysme d'Herbesrouge.

Il la laissa écraser ces larmes, elles étaient à elle et elle seule pouvait en venir à bout, tout au plus pouvait-il apporter l'éclairage que conférait l'aînesse et l'expérience d'un meurtrier patenté de longue date, car il avait eût plus que sa part de combat et cela continuerais jusqu'aux derniers jours de sa vie mais si cela pouvait au moins servir à guider les jeunes ce serait déjà ça. En quelques sortes il faisait avec autrui ce que son oncle avait fait avec lui. La boucle était bouclée.


-"Tuer un autre être humain est un acte grave non dénuée de sens, quelque soit la mort un motif se dessine toujours derrière celle-ci, parfois évident souvent obscur, mais pourtant la question fondamentale à se poser lorsque l'on tue un autre homme et plus sûrement en combat, c'est la question du pourquoi, du pourquoi l'as-t-on fait, de la motivation. Le simple fait de pouvoir y répondre, quelle que soit la réponse, est en soit encourageant, cela prouve que nous ne sommes pas fou. Maintenant, souvenez-vous que vous avez tuée pour protéger, pour vous protégez mais aussi des personnes qui vous sont chères. Une vie pour une vie."

Disant cela, Gwayne regardait la jeune femme dans les yeux d'un air neutre, ne portait nul jugement, ne faisant qu'évoquer une sagesse de guerrier vieille déjà de plusieurs millénaires.

-"Maintenant, aussi féroce soit le combattant, il demeure impossible de protéger tout le monde et tu trouvera toujours sur ta route des personnes que tu ne pourra ou ne saura protéger. Mais il faut alors dans ce cas se rappeler sans honte que l'on a fait tout ce qui est en notre pouvoir pour y arriver mais nous ne sommes que des hommes, nous ne réalisons pas de miracles. Nous pouvons juste donner le meilleur de nous-même et chercher à nous dépasser pour les protéger. Il y aura toujours des remords et des doutes mais cela s'efface avec le temps lorsque l'on comprend qu'il était matériellement impossible de faire plus."


Il l'écouta ensuite déverser son flot de paroles, un épanchement verbal, comme cathartique, l'écoute les bras croisés et l'oeil attentif, imperturbable tout au long de son récit, méditant sur les réponses à lui apporter, prenant la mesure de ce qu'elle avait bien pût apprendre et retenir de cette expérience, de cette première véritable aventure. La chose rassurante était finalement qu'elle avait encore eût envie de jouer aux espionnes imaginaires après tout cela, preuve d'un moral fort et d'une volonté en acier trempé quoiqu'encore bien jeune. Lorsqu'elle eût terminé, Gwayne hochât la tête avec lenteur avant de se rapprocher d'elle.

-"Parceque la vie est fragile, il revient aux chevaliers de la protéger,à commencer par celle de ceux qui ne peuvent le faire seul. Monsieur votre père comme beaucoup le sait, le premier devoir d'un chevalier est d'assurer la défense des sujets de son suzerain mais aussi celle de ce dernier et vous avez agi en digne fille d'un chevalier en brandissant votre arc. Vous avez fait ce que l'on attendait de vous."

Il la considéra des pieds à la tête,esquissa un demi sourire à ces paroles naïves, oui, l'on pouvait considérer qu'une troupe organisée pouvait vaincre une horde, mais cela dépendait d'un nombre de facteurs assez élevés et en partie aléatoire, allant tant de la nature du terrain, de l'équipement, mais aussi de la volonté. Les vieux clans de montagnes regorgeaient de guerriers rusés et vicieux autrement plus dangereux et capable d'engendrer des plans qu'eux seuls pouvaient mettre en pratique. Mais il n'était pas l'heure de discuter de ce sujet mais de rasséréner la jeune demoiselle aussi Gwayne lui épargna son ton docte pour en lieu et place prendre une voix plus chaleureuse.


-"Oui, une vie est chose fragile et une bonne tactique permet d'en préserver le plus possible. Rappelez-vous cela lorsque vous deviendrez Lady Ruthermont, lorsqu'il vous faudra gérer votre maisonnée avec autant d'assurance que les officiers de votre colonne ce jour-là. N'imaginez pas que ce sera exempt de danger, bien au contraire, il vous faudra vous aussi vous montrez stratège et les serviteurs, tout comme les soldats, ne servent pas qui ne le mérite pas. Méditez là-dessus Norreen. Visiblement votre père est sage et de bons conseils, suivez-les et montrez-vous prudente. L'homme a le coeur fragile, il peut aisément avoir peur, douter, se méprendre et il est de notre devoir, nous nobles de Westeros, de lui désigner la bonne voie, de donner l'exemple, de commander au peuple en toute sagesse pour lui apporter paix et prospérité. Nonobstant je ne suis pas d'accord avec Ser votre père, nous ne les préparons pas à la mort,nous leur donnons une véritable raison de combattre pour qu'ils puissent voir au-delà du simple but de la vie, un but plus grand que notre existence à tous, celui de préserver l'ordre et la prospérité du pays. Il faut en effet prendre garde aux dissensions qui peuvent animer une famille, un pays, une Maisonnée autant qu'une armée. En tant que Dame il vous faudra veiller à ce subtil équilibre chez les vôtres et profitez de vos voyages pour également vous en rendre compte chez les autres. Apprenez que l'observation et la tempérance sont deux grandes forces sur lesquelles vous devrez vous appuyer dans l'avenir et faire partager à votre futur époux."

Puis il prend une longue inspiration suivie d'un long soupir alors qu'il la regarde droit dans les yeux.

-"La peur ne disparaît jamais et vous apprendrez bien vite que c'est la meilleure des choses. Car la peur est avant tout salvatrice, retenez-le bien. Vous la ressentirez chaque fois, elle vous aiguillonnera, vous rappellera à l'ordre, elle sera toujours là mais la différence c'est que vous allez apprendre à la surpasser, lui faire face, la maîtriser et enfin, la dépasser. La peur n'est pas votre ennemie, mais votre alliée, vous devez entendre ces conseils et les appliquer lorsque se doit. Elle vous sauvera la vie plus d'une fois, elle saura également protéger les plus faibles parfois, il vous faudra juste trouver le bon moment pour la laisser parler. J'ai déjà vu de grands guerriers sans peur charger un ennemi trop fort et mourir pour rien. Des hommes braves mais con et dont la mort ne profita en rien ni n'apporta de bienfaits. Si ils avaient écoutés la peur, ils seraient restés en formation au lieu de terminer de manières ridicules. Vous comprenez Noreen ? La peur est votre alliée apprenez juste à l'écouter"

Puis il se saisit de l'une des flèches de la jeune femme, en examine la pointe qu'il teste sur le bout de son doigt avant de lisser l'empennage.

-"Voyez cette flèche ? Lorsqu'elle a sifflée à mon oreille, mon cœur s'est serré, ce bruit signifiait que l'on me prenait pour cible, qu'un quelconque assassin avait réussi à se faufiler dans mon dos et surtout qu'une seconde flèche ne tarderait pas à m'atteindre. Si j'avais laissé la peur me gagner, elle m'aurait tétanisée et vous m'auriez tuée aussi sûrement. Ou alors j'aurais sauté au sol et vous n'auriez alors plus eût qu'à m'achever. Mais j'ai décidé de me retourner, vous auriez alors pût m'abattre tout autant. Mais pas m'empêcher d'alerter la garde. J'ai eût peur. Mais elle ne m'a pas menée, juste offert un conseil que j'ai sciemment choisi d'ignorer pour le bien de la Couronne."

Puis il lui mit la flèche dans les mains d'autorité.

-"Et à présent Lady Ruthermont, encochez cette flèche et montrez-moi que vous pouvez ne pas rater une cible. Brisons-là avec les pleurs et les commisérations, ni vous ni moi n'avons le pouvoir de revenir sur ce qui est passé. Nous pouvons cependant anticiper sur l'avenir et pour cela, montrez-moi ce à quoi vos ennemis feront face."

Puis, lentement, il désigna la porte de la tour éclairée par la Lune et s'en approcha, tendant le bras pour indiquer un point précis.

-"Frappez ici. Montrez-moi que vous auriez pût me tuer sans me laisser aucune chance."

Il était sincère dans son ton de voix et son regard franc d'un gris acier sous le reflet de la lune, le bras tendu avec visiblement aucune intention de le retirer comme pour imposer une difficulté supplémentaire à la jeune fille.


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Message Lun 18 Juin 2012 - 18:25

Si son père avait été à ses côtés comme à chaque fois qu’elle avait une question, elle aurait pu la lui poser, elle aurait même pur, et ça n’était pas le cas ici, pleurer dans ses bras et s’endormir ainsi devant le feu de la grande salle qui n’avait rien de la grande salle du trône ou même de celle des Eiryé. Il l’aurait rassurée il lui aurait expliqué que chacun doit mourir un jour et que c’est pourquoi il vaut mieux avoir l’honneur de mourir pour défendre le faible et l’innocent que de toute autre manière. Il lui aurait dit ce que lui disait Gwayne en substance, peut-être avec d’autres mots, mais ils avaient le même esprit, et Noreen était contente de l’avoir trouvé pour qu’il lui montre la voie. Elle aurait aimé rester avec lui puisque son père ne voulait plus d’elle, mais elle savait qu’il faudrait qu’elle parte, qu’elle suive Maeve et qu’elle le quitte, et après lui, qui pourrait lui venir en aide ?

« Une vie pour une vie » répéta-t-elle comme s’il s’était agit d’une prière.

Elle se posa la question sus dite, pourquoi avait-elle tuer, pour protéger Maeve, pour protéger Edwyn, pour se protéger elle-même, oui, cela devait être une juste cause. Les petits Arryn et Tully étaient encore en vie et elle n’y était peut-être pas étrangère, et c’était une bonne chose, mais alors pourquoi certains des gardes le regardaient comme une pestiférée ? Pourquoi depuis qu’elle avait montré ses talents à l’arc, depuis qu’elle le portait accroché à sa selle et non caché dans ses affaires, le comportement de certains hommes avait changé ? Elle le regardait dans les yeux mais finit par les baisser, n’osant poser ses questions à un homme qu’elle appréciait mais qu’elle connaissait à peine après tout. Quand aux regrets de ne pas avoir pu sauver Dedrick, elle savait au fond qu’elle n’aurait rien pu faire de plus à moins de se sacrifier elle-même, et que le jeune chevalier ne l’aurait jamais souhaité, car elle en était presque certaine, il l’aimait bien. Non les regrets étaient plus dus au fait de ne jamais savoir s’il l’aurait demandé en mariage ou si ils se seraient aimés et comment, les regrets étaient qu’avant même de connaître l’amour il était mort, son sang coulant entre ses doigts et de mêlant à ses larmes, elle trouvait cela tellement cruel de la part des Dieux, même si elle savait que la mort était dans l’ordre des choses. Mais elle n’en mourrait pas et ce qu’elle connaisse de nouveau l’amour ou non, elle vivrait car son père avait survécu à la mort de sa mère, il l’avait fait pour elle alors si elle ne le faisait pas pour elle, elle le ferait pour lui. Mais elle était bien décidée à le faire pour elle, car le monde renfermait encore trop de secrets et de beautés pour qu’elle l’abandonne avant de les avoir vues, parce qu’ils allaient assistés à Hautjardin à un mariage presque royale. Parce qu’il y avait Maeve et que la petite avait besoin d’elle aussi, elle aussi avait perdu des serviteurs, des amis, elle aussi était triste et devait faire des cauchemars. Elle devait vivre car même si la vie ne s’annonçait pas facile, elle s’annonçait aussi pleine de promesses et que malgré les mauvais rêve qui la hantaient, cela valait le coup de continuer, continuer à jouer, à s’amuser, à vivre, à aimer, à se battre.

« Mais je ne peux pas être chevalier ! Je ne suis même pas un homme… » Murmura-t-elle en baissant la tête.

Et portant oui, elle avait eut cet instinct, celui de protéger Maeve, mais elle ne porterait pas d’armure, jamais, pas d’épée, elle ne jouterait pas, elle ne serait pas ointe, elle ne pouvait pas, elle était une femme, juste une femme, destinée à enfanter et à obéir, pourquoi était elle née ainsi, femme, sans queue pour pouvoir suivre son cœur. Elle avait entendu parler de femmes guerrières, mais à chaque fois qu’elle en parlait à quelqu’un d’autre que père, on se moquait d’elle et de son idée saugrenue de suivre leurs traces. Etait-ce pour cette même raison que les chevaliers du Val qui accompagnaient Jasper l’évitaient et la mettaient à l’écart ? C’était peut-être ce qu’on attendait d’elle, mais cela ne semblait pas plaire à tout le monde.

Alors qu’il parlait des officiers de la colonne, elle se souvint du cri de Lord Jasper : Aux Armes. Cri de ralliement, cri prononcé sans peur et qui pourtant en elle avait provoqué des sœurs froides et des tremblements avant qu’elle ne parvienne enfin à se ressaisir. Elle se souviendrait longtemps de ce cri, il résonnait encore en elle comme si Jasper était juste à côté d’elle à l’instant. Elle eut un sourire, voila donc ce qu’était l’assurance, mais les hommes y avaient droit, les femmes non, si ? Elle ne savait pas, elle aurait aimé, et si elle prenait exemple sur Maura, effectivement, les femmes avaient droit à autant d’assurance que les hommes, mais dans une autre registre, registre qu’elle maitrisait nettement moins que le tire à l’arc. Finalement le mariage n’était peut-être pas si nul que ça, gérer sa maisonnée d’une main de fer dans un gant de velours, tout comme elle avait dressé certains des chevaux de son père. Apprendre à se faire respecter, obéir, commander au peuple car oui, elle en savait plus que la plupart des roturiers, ne serait-ce parce qu’elle savait lire et écrire et quoi qu’on en dise elle n’était pas une paysanne, quoi que Maura en dise. Elle était éduquée et en savait plus long que beaucoup de femmes en matière militaire, pourquoi n’arriverait-elle pas à se servir de ces connaissances pour servir un but plus grand que ses jeux inutiles bien qu’amusants ? Servir et faire grandir sa maison, comme elle se l’était promis en ce jour de son arrivée aux Eiryé.

Donner une véritable raison de combattre, leur apporter sagesse, paix et prospérité, donner l’exemple. Mais si tel était le rôle des nobles pourquoi tant de nobles se battaient pour le pouvoir sans se soucier du nombre de morts tombés pour leurs batailles à leur seul profit ? En tant que Dame elle pouvait veiller à l’équilibre qui assurait l’unité d’une maison, et elle le ferait si un jour elle se mariait ce qu’elle ignorait encore, car non seulement il fallait trouver un mari, pas une mince affaire, mais surtout, le voulait-elle au fond ? Mais le roi ne devait-il pas le faire lui aussi concernant son pays ? On disait qu’il ne touchait pas la reine, si tel était le cas alors il attirait la dissension dans sa propre famille, comment ferait-il pour garder le pays en paix, d’ailleurs, pourquoi n’aidaient ils pas ses vassaux pour vaincre les Fer-Nés ? Elle se garda bien d’émettre ses réserves à haute voix, et pourtant, tout cela éveillait sa curiosité. Observation et tempérance, observation et tempérance, elle se répéta ses mots longuement pour bien les retenir, avant de relever la tête et de dire, un peu attristée.

« Mais qui voudra de moi ? Je ne suis pas jolie, je n’ai pas de belles robes comme les autres Dames, je n’ai ni titre ni terres ni argent, mon père n’a pas assez de revenus pour m’offrir une dote assez conséquente pour épouser un Lord, et quel chevalier voudrait d’une femme qui sait mieux tirer à l’arc que coudre et broder ? »

Questions rhétoriques s’il en est, elle était certaine que personne ne voudrait, que Dedrick était l’exception à la règle, et que personne ne demanderait jamais sa main et que Jasper avait d’autres choses à faire que de lui trouver un époux et évidement, son père n’y pensait même pas, il ne se rendait pas compte qu’elle avait déjà seize ans et qu’elle n’était toujours promise à personne, elle finirait certainement vieille fille et alors elle pourrait devenir chasseuse, renoncer au mariage, à l’amour et aux enfants, et suivre son cœur de combattante. Les enfants parlons en, sa mère morte en couche, elle était morte de peur à l’idée de devoir mettre un enfant au monde et de ne jamais le voir grandir. Trop de questions se bousculaient dans sa tête, devenait-elle folle ? La peur apparut sur son visage et la colère dans ses mains qui se resserrèrent sur son arc, l’espace d’un instant elle voulut partir sur le champ, prendre son cheval et quitter Port-Réal, Maeve et tout le monde, aller à Dorne ou au Nord, loin de tout et surtout loin des mariages arrangés et de l’or pour seule valeur de tout.

Mais elle se calma et écouta Gwayne une nouvelle fois. La peur était peut-être son alliée, mais elle avait bien faillit la figer lorsque ils avaient été attaqués et encore une fois lorsqu’elle avait vu le Face-Brulé dans la caravane. Mais c’était elle aussi qui lui avait dit qu’il ne servait à rien de se jeter sur lui, de le laisser avancer et lui faire croire qu’elle était désarmée jusqu’à être certaine de toucher son but, la carotide, comme père disais, tête, cœur, cou aisselle, cuisse. Elle ecoua la tpete alors qu’il disait que s’il ne s’était pas esquivé elle l’aurait tué, bien sur que non elle ne l’aurait pas tué ! Non il dit cela pour me donner un exemple, inutile de le couper pour lui assurer de mes bonnes intentions, s‘il en avait douté il m’aurait déjà tuée.

Elle chassait à l’arc depuis qu’elle pouvait tenir sur ses pieds, et les lapins étaient des proies petites et rapides qui savaient se cacher, alors passé la peur primaire d’une véritable bataille et le regard de l’homme en face que vous vous apprêtez à tuer, elle visait très bien. En tout cas lorsqu’elle avait les deux pieds sur terre, après à cheval, elle s’y était essayé et les premières fois avaient été un fiasco, cela s’améliorait, elle essayait de s’entrainer, mais c’était encore loin d’être gagné. Quoi qu’il en soit, elle eut un sursaut lorsque Gwayne lui tendit la flèche mais elle s’en saisit tout de même, et une petite hésitation lorsqu’il lui désigna la porte. Elle n’était plus trop sûr de vouloir tirer sur une cible tant elle avait peur que celle-ci ne cache un véritable être humain. Et le fait qu’il dise qu’elle aurait pu le tuer sans lui laisser aucune chance n’était pas pour la rassurer, et encore moins le fait qu’il pointe du doigt l’endroit à seulement quelques centimètres de là où elle devait tirer. Mais avec l’aval d’un frère juré de l’a garde, elle ne pouvait qu’être honorée de faire démonstration de ses talents, aussi se devait-elle d’obéir, et elle avait plutôt intérêt à viser juste si non il se pourrait bien qu’elle ne le rate pas cette fois-ci. Elle encocha et banda l’arc se servant de tout son bras et de son épaule pour un étirement maximum de l’arme légère dans ses mouvements et ferme dans ses doigts le coude bien à l’horizontal, l’alignement parfait entre l’avant bras et la flèche. Sentant son cœur s’accélérer Elle prit une grande inspiration pour se calmer et se concentrer elle visa avec soin, et lorsqu’elle eut fini d’expirer, elle relâcha la corde, la flèche siffla et alla se planter à l’endroit indiqué. En réalité, à part la peur de rater et de tuer Gwayne, la cible n’était pas très éloignée et bien en face, ne présentant aucune difficulté, mais elle avait tout de même le cœur qui battait à cent à l’heure avec le contre coup de la pression qui avait été mise sur ses frêles épaules. Elle avait réussit et pourtant elle n’en tirait aucune satisfaction à part celle de n’avoir pas blessé le chevalier, elle le regarda sans bouger en baissant son arc. Son visage était triste, avec une certaine froideur dans son regard, voila, elle était capable de tuer, de ne laisser aucune chance à son adversaire, elle avait seize ans et elle avait déjà tué, tout comme Dedrick avait tué, pour se protéger et pour protéger les plus faibles qu’elle. Mais malgré le fait que ça ait été son devoir, elle ressentait un grand vide en elle, un gouffre ténébreux dont le vide sentait la colère et l’amertume. Et elle ne savait plus où aller…
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Message Ven 6 Juil 2012 - 12:07

Dans le jardin éclairé par la lune, tout ce que pouvait distinguer Gwayne de sa jeune protégée, c'était une forme droite, tendue à l'image de son arc, concentrée. Pourtant, il ne sous-estimait pas la pensée qui devait tempêter sous ce crâne, milles interrogations, milles images qu'elle devait encore ressasser au diapason des enseignements du Manteau Blanc. Lu se tenait droit, ferme dans son geste, ne cillait pas pour éviter de la déconcentrer. Il voulait qu'elle prouve qu'elle aurait bien pût le tuer, qu'elle pouvait réellement se défendre et assumer sa posture pour ce qui allait suivre car contrairement à un homme, on ne lui pardonnerait jamais la moindre erreur.

-"Qui vous à dit de devenir chevalier Noreen ? Vous ne serez jamais ointe ni adoubé mais ce n'est pas là votre destin. Jamais les Septs n'ont dit que protéger les êtres chers était le ressort exclusif de la chevalerie, mais de ceux qui les aiment de tout ce qui leur est possible. Non, vous ne porterez pas d'armure ni de lames d'acier valyrien. Croyez-moi, vous aurez bien plus belle vie si vous ne courrez pas la guerre. Laissez là au loin et apprenez seulement à défendre votre Maisonnée. D'abord comme je vous l'ai dit, en étant une grande dame avec le coeur ouvert à vos sujets. Mais aussi avec cet arc. Croyez-moi, le jour où les bandes de maraudeurs fourragerons vos terres l'hiver venu, que votre mari sera au loin à combattre pour la Couronne, nul n'osera redire à l'idée que vous sachiez enfichée une flèche dans la gorge du premier malveillant. Croyez-moi, du haut d'un rempart, chevaliers comme soldats ne deviennent que des cibles. Vos cibles"

Oui, lorsque l'on prend de l'amplitude, lorsque l'on regarde de très haut, n'importe qui ressemble à un clou pour peu que l'on ait en main un solide marteau, voilà bien une sagesse du Val. Qu'importe la grandeur de votre ennemi, vu d'en haut, il restera toujours plus petit que vous. Il lui fallait comprendre que si le destin n'avait pas fait d'elle un chevalier c'était qu'il y avait une raison mais pour autant il ne s'était pas trompé de nature en lui offrant l'oeil et la main sûre de l'archer c'était que le Soldat désirait la voir brandir cette arme un jour où l'autre. Pour un bien ou un mal mais gageons que ce soit pour un bien. Déjà, elle avait fait preuve d'un bon courage sur cette route et d'une main ferme à l'en croire énoncer les victimes potentiels. Et en son âme de guerrier, Gwayne refusait également de voir ce potentiel gâché et certainement que le Val d'Arryn serait de son avis, il s'agissait là de terres frustes et nombres de jeunettes paysannes apprenaient à s'y servir au minimum de l'arc de chasse, de la cognée et du bâton pour savoir se tenir lorsque descendent les montagnards aux moeurs plus sauvages. Certes, cela ne s'affirmait pas en société mais lors des temps de crise, la société s'efface au profit de la survie du groupe.
Gwayne la couvait d'un regard d'un bleu presque gris, scintillant sous les éclats de lune qui parfois venait frapper directement son visage.


-"Milady Ruthermont, ne vous préoccupez pas de votre mise. Jolie vous le serez bien assez lorsque viendra l'heure croyez-moi. Votre mariage ne sera peut-être pas d'amour avec un de ces fleuris du Bief et les beaux atours ne tiendrons pas galerie dans votre salon mais rappelez-vous de garder le front haut. Votre noblesse fut acquise dans le sang, ne donnez pas à cette victoire un goût amer aujourd'hui. Vous avez un titre, celui de Lady Ruthermont si mince sot-il, votre premier titre, votre première richesse, c'est le nom que vous lègue votre père. A ce nom s'associe le courage et la fidélité d'un homme, à ce nom s'associe celui des Arryn qui vous font cet honneur et celui des Targaryens qui acceptent votre service en ces terres de Westeros. Je comprend votre amertume jeune Noreen, l'argent plaît beaucoup aux Grands de notre pays mais n'ayez pas la langue aussi pendante que celle des Lannister et battez-vous avec vos armes. Votre père, pour peu qu'il soit aidé et conseillé justement trouvera à vous marier, trouvera à conserver son nom à travers vous. Certes vous ne serez jamais l'épouse de grands féodaux mais il est quantité de chevaliers et errants et de fils de bonnes et belles maisonnées qu'un tel mariage ravirait. Peut-être même pourriez-vous l'appréciez, ce mari pétrit de voyage qu'il aurait à vous faire partager. Sans argent et sans titre lui aussi, il n'aurait de dot à vous réclamer mais des bras et un homme de votre convenance à vous offrir. Voyez plus loin Noreen. Vous avez un oeil d'aigle, servez-vous en. Sachez enfin que les hommes apprécient bien des qualités chez une femme et l'arc non des moindres. Combien de belles dames pourraient l'accompagner à la chasse lors des beaux jours ? Autrement que pour servir de bibelots s'entend ? Votre arc n'est pas qu'arme de guerre, il fait aussi de vous une Dame de Cour bien à part et je n'ose douter que votre seigneur ne l'aura pas remarqué. Peut-être est-ce même là une part de son choix. Et quand à votre méconnaissance de la couture et de la broderie, c'est là votre erreur. Ce sont là des compétences fort prisés surtout par un soldat. Apprenez à reprisez les chaussettes, cela vous servira le moment venu pour recoudre ces plaies. Et les broderies, avec patiences, deviennent tapisseries de grands prix qui embellissent une dot et font des cadeaux très prisés. Alors cessez de dire des bêtises et faites ce qu'il faut. Apprenez ces arts et rattrapez le temps perdu, mais n'oubliez jamais l'assurance de votre arc. Votre faible rang, voir insignifiant vous rend cette grâce de pouvoir le faire, pourquoi vous en priveriez-vous ?"


Le ton de voix s'était fait plus fort, plus autoritaire, presque paternel, caractère renforcé par la haute stature musculeuse de Ser Gwayne Corbray. Le bras toujours tendu d'autorité il désignait un point qu'il voulait la voir atteindre, la regarde se concentrer sur sa cible, consciente du risque, du danger dans lequel il plaçait son propre bras, sa propre main.

-"Montrez-moi votre valeur Noreen, montrez-moi que je ne vous fait pas confiance pour du vent. Frappez-le en plein cœur cet adversaire invisible. Frappez au cœur de votre peur, de toutes vos forces."


Il retient lui-même son souffle, tend son bras sans pour autant confiner à l'extrême, garder suffisamment de souplesse pour ne pas trembler. Il doit certes indiquer un pont précis en se mettant en danger mais tout autant se maîtriser pour ne pas provoquer de lui-même la faute, ce serait tout de même ridicule. Il attend, patient, écoute le souffle du vent dans les arbres du Bois Sacré, la douceur envoutante de la nuit les enrober et surtout la solennité de l'instant. Il la sent tendu puis, un souffle, un instant, une simple seconde et c'est le bruit sec du claquement d'une corde d'archer dans la nuit, un bruit retentissant dans le calme du Bois puis enfin le scintillement métallique de la pointe du trait qui s'élance comme l'oiseau de proie de son perchoir. Une telle vitesse que le projectile en devient invisible, rapide et mortelle, juste un souffle de vent et enfin un bruit sourd, mat lorsque la pointe vient s'enfoncer dans le vantail de bois avec toute la force d'un tir bien ajusté. Il ressent dans le bout de ces doigts la vibration qui anime la porte et cela lui tire un large sourire. Preste, Gwayne retira la flèche et passa sa main sur le bois à l'emplacement de l'entaille avant de se diriger vers Noreen, lui tendant la flèche par l'empennage.

-"Bravo Noreen, à présent je sais que vous saurez défendre votre Maisonnée comme ce doit. Et que vous auriez pût sans peine me faire passer de l'autre côté. Vous devriez profiter de cet atout lors des chasses à cour, bien des hommes y trouveraient un intérêt. Et vous verrez, lorsque la guerre viendra à vos portes tous seront bienheureux de venir vous trouvez. Et maintenant que votre habileté à l'arc est démontrée et que vous vous morfondez au sujet des prétendants, je vais vous donner un conseil. Vous avez cette chance d'avoir été placée parmi les suivantes de la Maison Arryn, c'est là toute l'occasion pour vous de rattraper ce que la naissance ne vous a offert. Apprenez auprès d'eux tout ce qu'il vous manque pour devenir une femme accomplie. Broderie et couture sont essentiel pour tenir une maison et rafistoler une plaie, les bonnes manières enchanterons votre père et les grands récits que vous pourrez tirer de vos voyages vous vaudront l'oreille de tous. Vous vous plaignez de ne pas être courtisée mais faites-vous seulement l'effort de donner à l'être ? Soyez une bonne épouse pour un chevalier et il se moquera de savoir que vous êtes bonne archère, bien au contraire cela ne pourra qu'ajouter à votre valeur. Apprenez la minauderie et ils tomberons tous Norren. Vous prenez votre problème à l'envers jeune fille, vous voyez le problème et non la solution. Votre père anobli, c'est désormais le monde qui vous tend les bras. Contrairement à lui, vous ne laisserez pas votre sang sur le champ de bataille mais récompensez-le de vos sacrifices en lui offrant à voir une belle jeune femme qui tiens ce rang chèrement payé."

Gwayne marche ensuite un peu entre les arbres et lève de temps à autre les yeux vers la lune mais aussi les remparts pour tenter d'apercevoir une éventuelle sentinelle qui aurait entendue le bruit afin de la rassurer si besoin était avant de se reporter sur Noreen et de la regarder avec un sourire paternel au visage.

-"Comprenez-vous ce que j'essaye de vous dire Lady Ruthermont ?"
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Message Mer 11 Juil 2012 - 17:03

Noreen fut touchée par les paroles du chevalier, elle prenait conscience peu à peu que tout ce qu’elle aimait pourrait finalement être compatible, et qu’elle avait un rôle à jouer en tant que femme et même en tant que Dame, et que cela n’avait rien de déshonorant. Elle saisissait les mots au vol et ils la faisaient grandir, elle était trop concentrée sur ce qu’il disait pour sourire, mais elle el regardait malgré le fait qu’il lui fallait pour cela se tordre le cou. Elle écoutait mais ne répondit pas, pas tout de suite, car il lui fallait digérer toutes ses informations avant d’arriver à formuler une réponse. Un tas de choses lui venaient en tête, et les pièces du puzzle de sa jeune vie commençaient à s’assembler de plus en plus plaisamment. Il fallait de toute façon qu’elle tire…

Une fois la cible atteinte, elle ne dit encore rien car Gwayne prit la parole en premier.

« Oui je crois… » Elle se redressa et reprit d’une voix plus assurée. « Oui, je comprends Ser Corbray. »

Personne ne lui avait demandé d’être chevalier, mais son père était chevalier et elle aurait aimé prendre la relève honorablement dans les rangs de Lord Arryn, en dehors même du fait de porter son nom, et de garder son fief. Elle savait qu’il l’aimait comme elle était, mais elle pensait qu’il aurait préféré avoir un fils et elle aurait préféré naitre homme. Si elle avait été un garçon, il n’aurait pas eut besoin de se remarier et elle n’aurait pas été renvoyée de Penn Irin parce que sa belle mère n’aimait pas ses manières… Mais alors elle n’aurait jamais été là où elle était désormais, elle n’aurait jamais fait cette rencontre extraordinaire et elle n’aurait pas non plus rencontré Maeve et Maura, ni voyagé aussi loin. Avant de rencontrer Gwayne elle n’avait jamais vu les choses sous cet angle, elle n’avait jamais pensé pouvoir faire de son arc un atout en tant que Dame. Les jeunes filles qu’elle connaissait ne parlaient que de robes, de bijoux et de coiffures, elle n’y entendait pas grand-chose et savait qu’elle n’aurait jamais les moyens de s’en payer d’aussi somptueuses, ni plus que d’obtenir une dote qui pourrait intéresser un seigneur. Elles savaient broder et coudre, elles savaient parler avec de belles tournures, elles savaient tout de l’histoire de Westeros et des grandes familles, elles avaient du talent pour le chant ou le luth, elles étaient belles et féminines. La rouquine n’était rien de tout cela, elle n’avait jamais chanté qu’avec les oiseaux de la forêt et possédait plus de talent pour siffler ou imiter les cris des animaux que pour les belles chansons. Elle connaissait d’avantage les habitudes des lapins et des faisans que les blasons des maisons des Sept Couronnes. Elle n’était pas douée pour la couture et la broderie car elle passait plus de temps à chasser et à galoper sur la plage avec une chemise et une paire de braies qu’à s’exercer sagement vêtue d’une robe. Et ni son nom ni sa verve ne lui permettaient une once de fierté en société, elle osait à peine ouvrir la bouche tant elle se sentait idiote à côté de Maura Lannister. Le souvenir de son arrivée aux Eyrié était encore cuisant, et pourtant c’était le genre de Lady à laquelle elle aimerait ressembler, elle a la force et la droiture du chevalier et la beauté d’une reine. C’était ce jour là qu’elle avait pris conscience de son insignifiance et du fait qu’elle ne voulait plus subir cette insignifiance. Elle soupira, consciente qu’elle ne pourrait jamais ressembler un tant soi peu à la Dame du Val par le simple fait qu’elle ne serait jamais d’un rang assez important pour rivaliser avec elle.

« J’avais deux rêves qui semblaient s’opposer jusque là, celui d’épouser un chevalier, et celui de défendre le faible et l’innocent avec pour seules lois la loyauté, la vertu et le courage. Je ne voulais pas d’un Lord, je ne voulais pas d’un fief, je ne voulais ni richesses ni gloire, simplement suivre mon cœur et les enseignements de père. Mais désormais je sais que pour servir au mieux les intérêts de ma famille, que se soit ceux de mon père ou de mes futurs enfants, il me faudrait d’avantage que ce que je peux obtenir. Je ne veux plus avoir à baisser la tête devant les autres Dames et les seigneurs, je ne veux plus à avoir honte de les robes et de mon nom, je ne veux plus qu’on se moque de moi et de mon père Messer. Ma septa disait toujours que la fierté n’est pas une qualité pour une Lady, mais je ne parviens pas à me défaire de ce sentiment d’injustice lorsqu’on méprise mon nom malgré la valeur qui lui est associé. Je crains que le courage et la loyauté ne soient pas grand-chose face à l’argent. Mais vous venez de me faire prendre conscience que je dois devenir une véritable Lady pour être considérée comme telle et que mon arc n’est pas un obstacle pour cela. Je vais m’employer à rattraper mon retard dans toutes les choses que doit savoir faire une Dame. »

Elle jeta un regard plein de reconnaissance à celui qu’elle considérait désormais comme son mentor. Ce qu’elle pouvait être heureuse de l’avoir rencontré, pourtant cette relation était bien mal engagée. Quelques dizaines de minutes plus tôt, il avait encore toutes les raisons de la tuer sans échanger un seul mot, et le voila qui lui dénouait toutes les questions qu’elle se posait depuis son arrivée aux Eyrié.

« Je n’ignore pas le cadeau qui m’a été fait par mon père de m’envoyer aux Eyrié en tant que suivante de Maeve, j’ai déjà tellement appris depuis que je suis à son service, et vu tellement de choses. Cette chance qui m’est offerte je ne compte pas la gâcher, et si je n’ai pas d’or à offrir je suis au moins riche de toute cette expérience. Et puis, je vous ai rencontré, de cela, je ne voudrais me défaire pour rien au monde, même si pour arriver jusqu’ici j’ai dû me séparer de mon père de mes frères et de ma terre que j’aime tant et combattre dans les montagnes avant de voir tomber l’homme que j’aimais. Car je voulais un mariage d’amour, peut-être n’est-ce pas compatible avec mon ambition de ne pas voir mes enfants dédaignés comme je le suis, mais j’espère simplement pouvoir aimer et être aimé de l’homme qu’il me sera donné d’épouser. »

Ah l’amour, elle y croyait tellement, elle voulait tellement que son époux l’aime comme son père avait aimé sa mère et qu’elle l’aime de tout son cœur, elle voulait un époux aussi courageux que Ronan. C’était, avant son départ de Penn Irin, la seule de ses préoccupations, le rang ou l’aisance ne rentrait pas en compte dans son calcul, mais les choses avaient changé.

« Cependant, vous devez comprendre une chose, mon père a épousé ma mère avant d’être anobli, et il l’aimait de tout son cœur et ne s’est jamais préoccupé de me trouver un parti quel qu’il soit. Il ne s’occupe pas de ce genre de considérations, c’est un guerrier, il ne pense à rien d’autre qu’à servir la Maison Arryn, et si c’est Maele, ma belle mère qui s’en occupe je crains pour mon avenir, elle me déteste. Maeve m’a proposé son aide, mais je crains qu’elle soit un peu jeune pour cela et qu’elle ait bien d’autres préoccupations et je n’ose demander à Jasper, quand à Maura elle est désormais dans l’ouest. Comprenez aussi que j’ai longtemps grandit sans mère et sans Lady pour m’enseigner la façon de se tenir pour être courtisée, j’ignore tout de l’art de charmer un homme par des mots comme par des minauderies. Je dois vous avouer Ser Gwayne que je me sens un peu perdue entre toutes ses belles Dames et que je ne sais pas comment attirer l’attention d’un jeune homme. »

La gamine suivait le chevalier en trottinant gauchement au début, mais peu à peu ses gestes se firent plus assurées, elle se mit à marcher plus lentement, ses épaules et sa tête se redressèrent et une dignité toute féminine l’envahit. Elle se sentait tellement bien après tout ce que venait de lui dire le Manteau Blanc, comme si elle n’avait jamais eut besoin que de ces paroles pour éclore enfin et devenir une Dame. Il avait réunit toutes ses facettes, celle de chasseuse et de romantique, celle de courageuse archère et de jeune fille en fleur, celle de gamine qui avait grandit presque exclusivement avec des roturiers et de Lady Ruthermont. Une Dame juste qui savait combien la vie pouvait être dure pour ceux qui n’avaient pas de terres et qui défendaient ceux qu’elle devait protéger avec courage, une Dame dont la dignité et la droiture transparaissaient dans tous ses actes et dans les mots qu’elle adressait aux riches seigneurs comme aux manants. Noreen souriait paisiblement à présent, son visage était serein et ses gestes calmes et assurés, elle leva les yeux vers la lune et une larme coula sur sa joue, c’était une larme de joie avec une once de mélancolie, car elle venait de comprendre qu’elle était désormais une femme, une Lady à part entière, et qu’elle devait laisser derrière elle une part de sa liberté et de ses folies d’enfant. C’était une bonne chose, car le chemin s’éclairait grâce à la grande sagesse du chevalier et il semblait bien moins hasardeux que ce qu’elle avait craint avant qu’il ne réponde à ses questions. Mais cela signifiait aussi laisser Penn Irin pour toujours, et s’éloigner de son père et de ses frères, prendre son envole et devenir aussi indépendante que responsable. Grandir et se redire compte que son côté rebelle était rattaché à son enfance, à ses cavalcades joyeuses sur ses terres battues par les vents marins et salés. Tout cela était ce qu’elle connaissait, signifiait pour elle les jours les plus heureux qu’elle avait connu et le reste, la suite, lui était inconnu et effrayant. Tendre et douce enfance malgré une terre dure comme le roc, enfance qui en avait pris un coup pendant la bataille mais qu’elle savait depuis longtemps devoir quitter et qu’aujourd’hui, rassérénée par le Garde Royale, elle quittait, enfin apaisée.
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Message Lun 23 Juil 2012 - 17:21

Ser Gwayne de la Garde Royale fit signe très discrètement à la jeune femme de le suivre sans pour autant lui couper la parole et passa la porte de la tour qu'il referma derrière elle le plus silencieusement possible avant de reprendre la direction des remparts sous la lumière des torchères. Reprendre lentement et calmement après tant d'émotions la direction du château et de sa vie nocturne, revenir peu à peu dans un temps présent après cet intermède, cette parenthèse, assez rassuré de l'état d'esprit de la jeune femme, heureux de la voir venir au fait de la réalité et de cesser de se tourmenter pour des choses qu'elle peut parvenir à maîtriser pour peu qu'elle s'en donne la peine. Bien entendu, ce qu'il lui avait exposé ne serait jamais une chose facile, bien au contraire, elle allait devoir se battre bien plus. Mais il savait que la jeune noble était une femme combative et qu'elle saurait faire honneur à son père.

-"Vous prenez une sage décision Lady Ruthermont. Comprenez que quoique l'on puisse vous dire, l'on ne naît pas d'une noblesse intrinsèque mais c'est avant tout par les actes que l'on prouve cet état de fait. Vous vous êtes élevée au-dessus de votre père grâce à son courage, faites preuve de la moitié seulement et vous montrerez que cet anoblissement était amplement justifié. Vous pouvez forcer le destin, donnez-vous de la peine à apprendre les minauderies et vous verrez qu'elles vous conféreront un pouvoir supplémentaire. Vous êtes une chasseuse Noreen aussi vous savez qu'un bon chasseur ou un bon braconnier ne se passe jamais de l'occasion d'obtenir une nouvelle corde pour son arc ou un nouveau collet. D'autant que ce dernier vous permettrais de faire tomber sous vos charmes un possible bon parti. Et pour autant ne négligez pas non plus qu'un beau minois et une éducation consommée peuvent vous obtenir l'amitié d'autres Dames et ouvrir à votre père l'oreille de leurs Lords. Voyez cette vie comme une grande aventure, une grande chasse avec ces pièges et ces belles opportunités. Vous avez la chance de vivre le rêve de nombreuses roturières, n'insultez pas les Septs du cadeau qu'ils vous font."

Ser Gwayne Corbray progressait avec lenteur pour ne pas la distancer de trop encore que ces grandes enjambées fassent la différence. Sa longue cape blanche doublée ajoutant à sa carrure imposante, il garde toujours une main sur ou autour du pommeau de son épée afin d'éviter que celle-ci ne se prenne dans ses pieds, montant les marches à pas mesurés avant de rejoindre l'étage du chemin de ronde, venant s'accouder au créneau pour se laisser le temps de reprendre son souffle.

-"Il est normal de vous sentir écrasée par toutes ces Dames mais vous devez vous rappelez que vous êtes encore jeune et que vous pouvez encore apprendre beaucoup. Commencez par observer. Suivez votre suzeraine, regardez, observez, comprenez et vous progresserez. Et acceptez l'aide de Maeve, une proposition faite avec sincérité vous sera toujours d'un grand secours et même jeune elle a déjà plus d'expérience que vous. Et profitez-en pour lui demander une faveur, celle de vous aider à choisir une future servante, une demoiselle de moyenne condition qui rejoindra votre Maisonnée dans l'avenir lorsque vous serez en âge d'avoir votre propre suite. Certes elle sera très réduite dans votre cas mais je vous conseille alors de trouver une vieille femme d'expérience, volontaire et capable qui vous apprendra ce que Maeve ne peut faire. Et pour le reste, fréquentez les Cours aux côtés de la Maison Arryn, ce sont ces voyages et ces séjours qui feront le sel de votre éducation et non de simples enseignements. Comme pour la chasse, l'usage empirique de l'arc vous en apprend plus que de simples discours"

Lui-même repensait à son propre cas. Fils aîné, héritier en devenir, tout lui fut inculqué en ce sens et seule la volonté d'un Roi lui ouvrit de nouvelles portes. C'est au contact de deux rois sages et d'une grande culture qu'il dépassa sa propre condition pour forger sa culture et ces connaissances, c'est par leur exemple qu'il pût former son esprit à devenir le brillant stratège et tacticien qu'il est devenu aujourd'hui, l'homme intéressé par les artisanats et l'art de l'enluminure bien qu'il soit encore très très loin de seulement pouvoir s'y exercer avec un minimum de résultat.

-"Et quand à l'amour, vous apprendrez malheureusement que les grandes histoires sont ce qu'elles sont de simples histoires mais pour autant cela ne vous empêchera pas d'apprécier celui qui sera un jour votre époux. Peut-être même qu'avec le temps et en tenant compte de ces qualités vous éprouverez de beaux et grands sentiments. Vous ne seriez pas la première et de très nombreuses grandes Lady n'ont découvert de l'amour pour leur Lord que bien des années après leur mariage. Et songez à vos enfants. Eux, aucun doute que vous les aimerez et que vous leur offrirez ce que votre belle-mère ne saurait vous offrir. Et ce sera aussi à vous de les éduquer, de leur apprendre ce que vous savez, ce que vous allez acquérir et tout ce que vous jugerez bon. Cela aussi fera partie de vos attributions en tant que Dame, quelque chose que personne ne saurait remettre en cause."

Ser Gwayne se remit en route, comptant allégrement sur le fait que la jeune fille allait le suivre et prit la direction des appartements des invités, toujours d'un pas lent, jetant à intervalles réguliers des coups d’œils par-delà le rempart dans sa garde vigilante.

-"Maintenant, n'abandonnez pas pour autant vos rêves, au contraire, servez-vous en pour réaliser tout le reste et sautez le moment venu sur l'occasion de leur donner corps. Et pendant que je vous raccompagne à vos appartements, racontez-moi, dîtes-moi tout des dernières nouvelles du Val ... Parlez moi de Maeve et de la Cour du Val parlez-moi des Eryé"

Le ton de sa voix était soudain plus chaud, moins emprunt de cette attitude paternaliste, juste celle d'un homme curieux, et impatient d'en savoir plus sur la terre et les montagnes qui le virent naître, aimer et tuer.
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Message Lun 30 Juil 2012 - 3:11

Noreen suivit Gwayne dans la tour, elle écoutait en hochant la tête, même si elle voyait s’élever devant elle une montagne de difficultés, elle ne baisserait pas les bras, ça n’était pas dans sa nature ni dans tout ce en quoi elle croyait. Non seulement Ronan ne l’aurait pas voulut, mais elle-même ne le souhaitait pas, elle avait à cœur de prouver sa valeur et de se prouver à elle-même qu’elle pouvait y arriver. Enfin, le fait qu’un chevalier de la Garde Royale s’intéresse à elle et la conseille lui donnait d’avantage encore de courage pour vivre cette aventure comme une Dame se doit de faire face. Son père lui avait toujours dit que la naissance n’était rien face aux actes et que même si aucune reconnaissance ne venait jamais, il fallait agir selon son cœur et ses vœux. Pour lui la reconnaissance était venue, il fallait donc toujours garder espoir, et puis quoi qu’il en soit, quoi que pensaient les autres, elle ne saurait se trahir, ni elle, ni surtout son père qui avait risqué sa vie pour ce titre sans même penser en obtenir un. L’abnégation, mais l’abnégation intelligemment pensée, car elle n’était pas son père, plus, elle avait trop appris aux Eyrié pour rester aussi effacée que lui, et plus fière aussi.

« Connaissez-vous Dame Maura ? J’ai eut la chance de la rencontrer et je dois avouer que si sur le moment j’ai été très impressionnée, trop pour en tirer les bons enseignements, c’est le genre de femme que j’aimerais devenir. Evidement je n’épouserais jamais un Lannister, je ne suis pas une Arryn et je ne saurais apporter en dote une armée de 7000 hommes, mais elle est à la fois belle, forte et intelligente. Elle dit ce qu’elle pense et en même temps elle le dit tellement bien et avec tant d’assurance que personne ne la contredit. Elle ne minaude pas et pourtant elle a épousé le plus riche des jeunes suzerains de Westeros. J’aimerais être aussi sûre de moi… »

Noreen soupira, pensive, espérant pouvoir aller au Roc après le mariage de Tristan, elle pourrait peut-être y voir son père, se serait tellement bien de pouvoir lui parler et le serrer dans ses bras après tout ce temps passé loin de lui. Mais elle espérait aussi pouvoir rester quelques temps auprès de Maura ce qui contenterait beaucoup Maeve à qui sa sœur manquait terriblement et aussi la petite suivante aux cheveux de feu qui voulait observer la Dame dans ses tâches quotidiennes. Bien plus petite que son mentor, la jouvencelle devait forcer le pas pour rester à sa hauteur, mais consciente du fait qu’il fallait qu’elle s’entraine, elle tachait de garder un pas mesuré et digne. Ce ne fut donc qu’une fois sur le rempart qu’elle pour véritablement se porter à sa hauteur.

« Vous pensez ? Vous pensez que je peux avoir une suivante ? Moi ? Mais alors pas une noble, si ? Il n’y a pas moins noble que moi, à moins que je prenne une Dame d’une maison de chevalier sans terres… Vous pensez que je pourrais demander à Maeve de m’accompagner pour discuter avec Jasper d’un éventuel mariage ? Ou devrais-je demander à Maura ? Je crois qu’elle apprécie beaucoup mon père et j’ignore si Lord Jasper fait autant de cas de notre famille. Je sais que j’ai gagné la confiance et l’amitié de la maitresse en lui montrant que, contrairement à la plupart des autres jeunes filles de sa suite, je ne m’intéressais pas à son frère… enfin… pas que je ne m’y intéresse pas… Enfin si… enfin, non… Disons que… il est… séduisant et un chevalier hors pair malgré son jeune âge. Mais… C’est un Arryn et je suis une Ruthermont, je ne me fais pas d’illusion, je préfère garder le cœur de Maeve plutôt que d’obtenir un regard du Suzerain du Val. »

Elle pensait que les regards de Jasper ne seraient bons qu’à lui attirer des ennuis, l’inimitié de Maeve, celle de Maura très certainement et aussi la jalousie et les foudres de toutes les jeune filles du château et de bien d’autres dont celle qui deviendrait un jour son épouse légitime. Ainsi, en dehors même du fait que son charme, sa bravoure et son rang réunis dans la même personne l’impressionnait beaucoup, elle tâchait de garder ses distances pour éviter de passer pour une pauvresse intéressée. Et sans honneur, ce contre quoi sa Septa l’avait mise en garde au moins un millier de fois, les jeunes hommes et leurs ardeurs, tout ça, elle n’y comprenait strictement rien, enfin si, elle avait vu certains regards qui ne laissaient pas place au doute. Et puis, sa nourrice, Fiona, était une grosse dame de basse naissance qui était bien plus explicite que la religieuse lorsqu’elle expliquait ce qu’était la virginité et pourquoi une jeune fille comme Noreen devait la garder à tout prix.

« Je le sais, mais j’imaginais que cela était possible. J’ai déjà été amoureuse… Enfin je crois. J’espère que j’apprécierais assez mon époux pour que ce genre de sentiments naisse, quelque soit le temps que cela met. Quand aux enfants, je n’en sais rien, j’imagine que oui, que je les aimerais, mais, je n’ai point connu l’amour d’une mère. J’ai connu l’amour de ma nourrice et l’affection de ma Septa qui m’ont élevées, et j’ai vu la manière dont Maelle regarde ses fils, mais je ne sais pas ce qu’il en sera de moi, si je serais une bonne mère, je m’y emploierais en tout cas. »

Elle continua à suivre le chevalier sans vraiment faire attention au fait qu’il la ramenait vers les appartements des invités.

« Lady Maura à épousé Lord Lannister, elle manque à tout le monde aux Eyrié mais j’ai dis à Maeve que c’était ainsi que notre vie était faite, que nous étions destinées, nous les femmes. Quitter la demeure de notre famille pour embrasser une autre et lui donner une pérennité par les héritiers qui naîtront de cette union. Et que donc au final, même si c’est triste de quitter les gens qu’on aime, c’est un mal pour un bien. Septa Marianna est morte peu après notre départ des Eyrié pour l’installation aux Portes de la Lune pour l’hiver. Deux des hommes liges de ma maitresse ont été tués lors de l’attaque dans les montagnes en la défendant alors qu’elle s’était éloignée du groupe. Lord Jasper s’y est battu avec courage et a dirigé ses troupes comme s’il avait fait ça toute sa vie. Lord Edwyn Tully nous accompagne et il s’entend très bien avec Ma Lady. Les 7000 sont toujours dans les Terres de l’ouest, ils ont subit des pertes après la bataille de Port Lannis, mais pas autant que la flotte du Lion. Jasper semble ne pas apprécier beaucoup son beau frère et j’ai entendu dire qu’il projetait un rapprochement avec son oncle, Lord Leo Tyrell. Voila, c’est tout ce que je sais, et encore, je ne suis pas certaine de ce que j’avance concernant le Faucon, le Lion et la Rose, se sont des bruits de couloir, rien de plus. »

Noreen s’arrêta net et ouvrir de grands yeux, Corbray, cela lui disait quelque chose, et pas n’importe quoi, elle se souvenait maintenant qu’elle avait entendu Jasper pester contre un certain Kaeril Corbray.

« Heu… une chose aussi. Kaeril Corbray envoyé à Port Lannis avec les 7000 a commis des crimes graves pendant la bataille contre les Fer-Nés. J’ignore de quoi il s’agit exactement, mais il semblerait que se soit là aussi un des points sur lesquels Lord Jasper et Lord Tybolt s’opposent. Lorsque notre suzerain a reçu le corbeau il était très remonté, mais je n’en sais pas plus. »

La rouquine avait dit ça très vite au début, puis elle avait ralentis, sentant que son attitude n’était ni digne d’une dame ni compréhensible. Elle craignait que le chevalier ne réagisse mal à cette nouvelle, elle aurait aimé en savoir plus, mais elle n’avait eut l’occasion de saisir que quelques bribes d’informations.
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Message Lun 20 Aoû 2012 - 16:29

Gwayne en avait terminé avec la leçon de vie et à présent c'était à lui d'écouter avec la plus ferme attention la douce et jeune voix de Noreen, elle était pour lui en cet instant inestimable, l'une des trop rares personnes à qui il lui était permis de demander des nouvelles de la terre qui l'avait vu naître, des montagnes sur lesquelles il aurait dût régner. En tant que membre de la Garde Royale, il avait prêté serment devant feu le Roi précédent le serment le plus contraignant de Westeros avec celui de la Garde de Nuit, celui de la Garde Royal par lequel il reniait sa légitimité sur sa lignée, celle des Corbray de Cordial, serment qui faisait de lui le frère juré du Roi, le protecteur de sa famille et son bras armé aussi loin que la vie se prolongerait dans ces veines. Mais pour autant et malgré toute la force qu'il mettait à respecter son serment, il n'avait jamais réussi à oublier les montagnes vertigineuses entourant Cordial, le vent frais sur son visage et la force de la terre sous ces pieds. Personne ne pouvait oublier la terre qui l'avait vu naître et faire ces premiers pas. Aussi il faisait toujours en sorte de savoir, d'apprendre ce qui pouvait bien se passer là-bas quand bien même il ne reverrait plus le Val d'Arryn de son vivant. Il reste difficile d'oublier les vingt premières années de sa vie...

Alors qu'il marche en sa compagnie, il se fait attentif, de bref signes de tête pour donner son assentiment, marque qu'il écoute, s'abreuve de ces paroles. Alors ainsi les 7000 lames du Val seraient prêtes à se lever pour l'or des Lannister ? comme le jeu des trônes est pervers, vicieux, l'or du lion achète ce qu'il trouve à portée de ces pattes, signes que le bien aimé roi de Westeros mène parfois bien mal sa politique ou plutôt sa folie, pour une fois éloignée des habitudes des Targaryens le rend aveugle et sourd aux réalités du Royaume. Mais que peut un Frère si son Roi ne prête l'oreille à quiconque ? Ainsi en est-il du jeu des Trônes et à présent Lannister et Arryn combattrons sous une même bannière si affrontement il devait y avoir lieu et le vieux guerrier en lui ne souhaitait dés lors qu'une seule chose, qu'affrontement il n'y ait pas car rien de plus triste ne saurait saigner son coeur que de prendre la tête de son précédent suzerain de la froide morsure de Dame Affliction.

-"Vous êtes noble quoique l'on en dise et votre servante n'a nulle besoin de l'être dans un premier temps. Vous avez le choix, il vous appartiens, en effet les familles de chevaliers sans terre ne seraient que trop heureux de confier l'une de leurs filles à votre père, ce serait pour elle une opportunité qui ne se refuse que difficilement ou autrement, prenez à vous une femme de la bourgeoisie bien née elle ne sera pas de la noblesse mais son expérience de la vie, des hommes et d'une maisonnée bien ordonnée ne serait qu'un plus pour votre futur service au nom de votre maison. Et tout mariage peut s'envisager il suffit d'en discuter. Maura et votre suzerain seront les meilleurs conseils mais comprenez bien qu'un mariage d'amour n'existe pas mais ne vous dispense pas d'un mariage heureux. Même un chevalier sans terres serait le plus heureux des hommes de voir proposer votre main. Et Maura aura pour vous bien plus de valeur dans l'avenir qu'une oeillade du Suzerain du Val. Faîtes en votre amie, votre alliée, elle vous sera d'un grand secours et d'un grand soutien et votre simple présence avec elle vous fera remarquer et hésiter bien des mauvaises langues. Comprenez qu'en devenant noble, la moindre de vos amitiés découlera d'une stratégie d'ensemble. Demande à votre père de vous en enseigner les rudiments militaires, vous comprendrez bien vite que les principes de base pourront parfaitement s'appliquer à la vie de Cour."

Et le vieux Gwayne parlait en connaissance de cause, lui qui était l'un des meilleurs stratèges de tout Westeros avait très vite vu la vie de Cour au Donjon et la réalité politique du Jeu des Trônes et surtout la grande similarité avec un champ de bataille qui serait de toutes les manières l'inévitable conclusion de ce jeu, les modalités étant influées par le jeu de chacune des pièces y compris les plus mineures. Il discourait tout en progressant vers les appartements dévolus à Noreen dans l’aile du château réservée aux invités, se munissant d'une torchère pour y voir plus clair, saluant d'un mouvement de tête les soldats qui croisaient leur chemin et qui ne pipaient mots devant l'un des Frères Jurès de la Garde Royale.

-"Mon frère aurait dût l'apprendre de notre père et de notre oncle, mais Kaeril a toujours été trop jeune d'esprit et idiot. Je me demande parfois si mon défunt père ne regrette pas notre choix de servir l'Honneur plutôt que le devenir de notre propre famille. Je suppose que mon frère à son habitude à encore dût se lancer tête la première et se rendre compte une fois la bataille terminée qu'il avait chargée la suite d'un quelconque seigneurs de Westeros, incapable de différencier un Fer-Nés d'un homme d'armes. Cela me pèse sur le coeur mais mon devoir de Frère du Roi m'interdit désormais d'intervenir. Parfois je regrette ce choix quand je vois l'attitude de notre bon roi, mais je sais qu'à la fin de toute chose, les Sept œuvreront pour le bien de notre Royaume."

Puis Gwayne s'arrêta soudain, enfin parvenu aux quartiers de la Maison Aryn et des ces affiliés, un homme d'armes de la Maison Arryn montant la garde aux côtés des hommes de la Maison Targaryen.


-"Et bien Lady Ruthermont, je pense que nous voici enfin rendu. Voici les appartements de la Maison Arryn, je gage qu'une jeune femme aussi débrouillarde que vous saura de là retrouver son chemin. Cela fut pour moi un véritable plaisir que de faire votre rencontre et j'ose espérer que vous aurez autant appris que moi ce soir sur le Jeu des Trônes et que vous avancerez à présent l'esprit plus éclairé sur votre avenir. Rappelez-vous l'essentiel, que l'on ne finit jamais d'apprendre dans la vie, qu'il est toujours temps d'acquérir ce qu'il nous manque et que l'on peut retirer le bonheur des plus incertaines situations. Ayez confiance en ceux que vous choisissez pour amis et bien des choses s'arrangeront. Ah... et à l'avenir, utilisez des flèches à tête plate, vous serez sûr de ne tuer personne par erreur..."

Sur ce il lui fit un léger clin d'oeil avant de lui laisser la torche dans la main et de s'en retourner, se dirigeant vers les garde pour prendre leur rapport et d'autres nouvelles du Val et surtout cacher Noreen de s stature imposante et lui permettre de rejoindre sa chambre sans que l'on ne pose de questions sur son accoutrement et la présence d'un arc dans son dos.
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