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Missive de Lord Cendregué à Lord Leo Tyrell, son suzerain

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Message Sam 19 Mai 2012 - 12:36

Levé aux aurores comme à l’ordinaire, Lord Arthur Cendregué déambulait dans son bureau, seul, trois grandes rides profondes barrant son front dégarni. Il aimait profondément cette pièce à l’atmosphère si familière et pourtant étrangement nue, avec son âtre en pierres vieillies, sculptées pour exposer fièrement les armoiries de sa Maison à tous, dont seules les formes harmonieuses réussissaient à lui réchauffer le cœur lorsqu’il était ainsi préoccupé. Car malgré les apparences qu’il s’ingéniait à garder tout le jour, désirant non seulement s’épargner la trop grande curiosité de ses enfants mais aussi faire croire à tout le monde que tout allait parfaitement bien dans le meilleur des mondes, l’actuel dirigeant de la maisonnée Cendregué avait nombres de sujets sur lequel il était plus qu’inquiet.
Tout d’abord venait en tête de liste la situation politique de son domaine. Bien que la ville principale soit prospère, le tournoi organisé trois années plus tôt avait pratiquement vidé ses coffres, et il avait eu un mal fou à remettre les comptes à leur niveau initial. Les rumeurs de stérilité de son enfant chérie qui, bien que parfaitement innocente de cet état de fait puisqu’elle n’y pouvait pas grand-chose à cette décision des Sept, avaient également mises à mal une partie de la position de prestige qu’il avait pu acquérir pendant l’évènement. Plutôt mignonne, ce petit brin de femme qui s’était conduit pour l’occasion parfaitement bien et qui avait récolté quelques louanges mérités – même une amourette de la part d’un cadet des Hightower à laquelle il avait dû mettre un terme aux lettres passionnées – avait été une grande source de fierté, mais aussi d’espoir d’ascension sociale dans la hiérarchie des maisons nobles du Bief. Et pendant trois ans, il avait beaucoup souffert du désordre que les caprices féminins engendrés par la santé fragile d’Ashlee avaient provoqués dans ses projets d’alliance. Et lorsque la situation s’était enfin rétablie, peu de jours auparavant, et que sa fille cadette était enfin devenue femme, il n’avait eu alors de cesse de louer les dieux de leur mansuétude, mais aussi de leur humour féroce.

Car après trois ans d’attentes, il était à peu près certain que tout le monde avait dû oublier sa jolie fille, atout majeur dans les plans d’élévation de sa maison. Bien sûr, il la désirait heureuse avec l’époux avec qui elle partagerait sa vie ; mais comment établir désormais un lien si avantageux lorsque l’on avait atteint seize années sans même avoir de fiancé ? Cela allait prodigieusement le desservir, bien qu’il lui restât encore un atout : le moment présent. Avec le tournoi organisé par les Beurpuits (aussi traitres soient-ils, il y aurait toujours des relations intéressantes attirées par les joutes) et le mariage du fils Tyrell, son suzerain, Arthur Cendregué avait deux voies à exploiter. Il était un peu tard pour venir au mariage, mais il restait toujours la ressource de leur envoyer un parchemin. Il était toujours temps d’entretenir des bonnes relations, de toute façon… Sans compter que son suzerain se souviendrait peut-être que ses deux fils, à la tête d’une toute petite troupe, étaient partis défendre le Bief contre les Fers-Nés, alors qu’ils n’avaient aucune réelle obligation.

Le vieil homme déroula un parchemin, s’empara d’une plume et de tout son nécessaire d’écriture – il aimait écrire ses missives lui-même, partant du principe que si on désirait que les choses soient bien faites, il fallait les faire soi-même – lorsqu’il s’interrompit. Sa fille. Ashlee, désormais femme, serait le soutien de son époux, non seulement en lui donnant de beaux mâles, mais aussi par ses conseils avisés. C’était là la place d’une femme ; et il était temps qu’elle apprenne ses futurs devoirs. Aussi le vieux lord s’en alla-t-il en grimaçant sous la goutte qui le faisait souffrir quérir le garde à sa porte, en lui demandant d’aller chercher sa fille céans. Un signe de tête martial, et ce fut en souriant doucement qu’il se rassit en attendant la petite personne qui charmait sa vie, probablement en pleine séance d’essayage de robes spécialement commandées en hâte à l’occasion du voyage qui se préparait. Et malgré l’air de sévérité destiné à impressionner cette jeune tête de linotte lorsqu’elle arriverait, le père ne put s’empêcher d’adoucir sa physionomie devant les dents blanches de la jeune fille. Qu’il était bête… le travail, c’était le travail. Ce n’était pas à prendre à la légère. Surtout s’il devait en superviser celui de son enfant, qui était de celle à n’avoir jamais vu aucune responsabilité peser sur ses épaules ! Avec des mots soigneusement choisis, il expliqua à Ashlee ce qu’il attendait d’elle ; et prenant soin d’ignorer son air surpris, il lui tendit la plume, avec ordre de soumettre toutes idées à voix haute avant d’écrire.


Citation :

A l’intention de Lord Leo Tyrrel, seigneur de Hautjardin, Gouverneur du Sud, Défenseur des Marches et Haut Maréchal du Bief.

Lord Tyrell,

Pour commencer, permettez-moi de vous présenter mes respects de la part de la Maison Cendregué. Bien que mes obligations ne m’aient malheureusement contraint à rester à Cendregué, je tenais tout d’abord à vous féliciter personnellement pour le mariage prochain de votre fils, Ser Tristan, avec la charmante Aliénor Lannister de Castral-Roc, dont la vertu et la réputation de beauté ont traversé les frontières pour parvenir enfin dans mon humble demeure. Une rose de plus dans votre somptueux jardin, à n’en pas douter ; tout comme votre épouse dont la courtoisie et la dignité font encore figure de modèle à ma fille qui, même femme, rêve encore de sa dernière rencontre avec votre famille, Lord Tyrell. Je suis intimement convaincu que cette union entre le Bief et les Terres de l’Ouest ne saura être autrement que profitable, notamment en cette période troublée où la Paix du Roi a été rompue par ces barbares de Fers-Nés. J’ajoute également avoir été proprement scandalisé par leur impudence et leur sauvagerie ; mais leur défaite n’en sera que plus spectaculaire et plus réjouissante, lorsque nos forces unies sous la bannière conjuguée des Tyrell et Lannister leurs auront démontré la puissance de nos chevaliers et de nos guerriers. Mes deux fils eux-mêmes se joindront par ailleurs à vos forces : vous connaissez la fougue de la jeunesse, et ne songeant qu’à en découdre contre nos ennemis sous votre égide, ils ont même sacrifié le plaisir que promet le prochain tournoi à la préservation du Bief à laquelle vous et moi tenons tant, à l’instar de nos ancêtres.
Mais assez parlé de ce sujet sinistre, vous dont le cœur heureux de père ne devrait ressentir que de la liesse en voyant comment les Sept comble votre ainé. Pour présent de la maison Cendregué à ces épousailles et en l’honneur de cette union cruciale au Bief, j’ai pris la liberté de vous faire parvenir par messager un sac de graines d’un genre tout à fait singulier. Il s’agit de fleurs uniques d’une résistance toute particulière à la sécheresse estivale, qui, j’espère, sauront illuminer de leur éclat ensoleillé votre jardin dont la réputation n’est plus à faire. Si elles vous plaisent, j’aurais peut-être d’autres espèces à vous proposer en même temps qu’un projet d’une nature tout à fait originale. Mais peut-être aurons-nous l’occasion d’en discuter plus avant au tournoi organisé prochainement par la Maison Beurpuits, si vous n’y êtes pas trop occupé avec vos nouveaux alliés ?
Ce serait avec grand plaisir que je recevrai de vos nouvelles.

Jusque-là, que les Sept vous accorde leur bénédiction et que vos affaires se portent bien,

Lord Arthur Cendregué


La jeune fille posa sa plume, les joues très rouges. Elle ne comprenait pas vraiment où son père désirait en venir ; après tout, elle n’était qu’une fille. La politique n’était pas de son ressort, mais elle avait l’impression confuse que le lord voulait qu’elle en apprenne quelque chose. Peut-être la diplomatie ? Il était vrai qu’elle s’était disputé avec sa septa de vilaine manière, pas plus tard que trois jours auparavant. Peut-être en avait-il eu vent et qu’il voulait lui montrer qu’on ne pouvait agir de même avec ses pairs et ses supérieurs. Sans doute. Sans doute… Le cœur battant que son géniteur trouvât que son écriture laissait à désirer, Ashlee le regarda attentivement relire le parchemin. Un grand soupir de soulagement s’échappa de sa poitrine menue en le voyant plier la missive en deux, la sceller avec le cachet de cire à leurs armes, se lever enfin, avec un sourire tendre et une caresse sur sa coiffe de coton simplement posée sur ses cheveux blonds.

- « Je vais faire envoyer cela. Vous pouvez retourner à vos essayages, ma fille… nous reparlerons de tout cela plus tard, lorsque nous aurons plus de temps. »

Un baiser pudique déposé avec respect sur le front du seigneur, et elle était retournée au plus vite à son boudoir tout raconter à sa septa. L’aventure valait d’être rapportée !
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Message Mar 22 Mai 2012 - 15:33

Depuis le départ de sa mère et le départ des Lannister, Leo n'avait guère eu une minute à lui. Il n'avait pas été très occupé par le coup de balai nécessaire qu'il fallut donner à Hautjardin pour emporter le souvenir heureux du mariage de son fils aîné et de lady Aliénor, anciennement Lannister et devenue Tyrell. Il avait laissé cela à son intendant, à ses gens, à sa femme et à ses enfants, pendant que lui se souciait et traitait de problèmes plus urgents. En effet, le mariage, les noces, la réunion des trois seigneurs suzerains avaient résolu certains de ses problèmes, mais d'autres étaient nés de ces événements, et il lui échoyait d'y trouver les meilleures solutions, car il avait pris des engagements, car il avait mis son nom sur l'enclume de la confiance, et si le marteau de la promesse tenue ne venait pas promptement l'y frapper, alors une première fracture viendrait fragiliser les liens nés du mariage, puis d'autres plus dangereuses et plus mortelles encore. Ces préoccupations n'eurent cependant point raison de lui, mais en revanche une pièce de viande trop amère lui retourna un soir l'estomac, et son fils Mathias eut une plaisanterie que Leo trouva très à propos et qui fit naître en lui une idée qu'il potassa longuement avant de convenir de sa pertinence. Le matin suivant, son mestre le vint quérir, car un corbeau en provenance de la forteresse de Cendregué leur était parvenu la veille, mais le vieil homme était trop occupé et le message trop peu urgent à ses yeux pour nécessiter d'être transmis promptement. Face à ce manque évident de diligence et de sérieux, Leo Tyrell pesta contre ce mestre trop loyal et trop paresseux avant de prendre connaissance de la missive écrit de la main même de Lord Arthur Cendregué. Il ne sut cacher le plaisir qu'il eut à lire les mots de son vassal et ne perdit pas un instant de plus pour lui répondre. Attablé à un cabinet d'écriture, il apposa lui-même ces quelques mots sur le parchemin par égard pour l'initiative de lord Arthur dont il avait reconnu l'écriture pleine et déliée par des années de pratique d'une calligraphie presque parfaite.

~Lord Arthur,

Il est toujours agréable de recevoir des nouvelles de ses voisins et de ses vassaux, mais ça l'est plus encore quand les nouvelles viennent d'un homme aussi respectable que vous. En ces temps de trouble et de malheur, le réconfort est grand de se savoir entouré d'hommes fidèles à leur terre et respectueux de leur serment. Je loue votre attention et mon fils Tristan remercie vos égards qui font honneur à votre nom. Votre présent a su conquérir le cœur des deux jeunes mariés comme celui de toute ma maisonnée, car il nous enseigne ce principe fondamental : si la sécheresse a été la punition du Père pour nos péchés comme semblent le croire mains septons et frères mendiants, les prouesses de la nature pour s'y adapter sont une largesse de la Mère, et l'homme sage sait et doit s'en inspirer. Nous ferons le meilleur des usages de ce présent, et quand vous viendrez à Hautjardin voir ces semis en fleur, vous verrez qu'elles auront épanoui leur corolle comme cette noce que nous attendions tous avec empressement. Comme vous, je suis persuadé que ce mariage sera la pierre angulaire d'une coalition qui viendra à bout de l'impudence de Dagon Greyjoy, et je vous assure qu'une fois les Fer-nés écrasés aux pieds des remparts de ces huttes qu'ils appellent des châteaux sur leurs îles, personne ne sera oublié pour festoyer sur les bienfaits de la victoire. Par la grâce des Sept, vos deux fils combattront vaillamment et feront honneur à la terre qui les a vus naître, et je sais que ser Androw et ser Robert seront sur nos côtes d'un grand secours auprès de lord Leslyn Tarly qui, pour en assurer une défense solide et durable, ne doit rien négliger de l'aide que les braves enfants du Bief peuvent apporter. Il y aura pour eux d'autres tournois, d'autres reines d'amour et de beauté, d'autres occasions de faire la démonstration de leurs vertus chevaleresques au monde entier. Que ne sommes-nous encore des hommes jeunes et plein de vie ! Mais au moins l'âge nous comble de la sagesse qui permet seule de supporter les tracas du vieil âge, encore que nos ennemis seront surpris de voir ce que les hommes au front ride par l'âge sont capables de faire.

Les membres de la maison Cendregué seront toujours les bienvenues à Hautjardin, et un Tyrell saura toujours confier aux projets de ses vassaux une oreille attentive et scrupuleuse. Je ne puis toutefois vous assurer d'être présent au tournoi de Murs-Blancs, car je crains qu'une fâcheuse maladie ne m'ait pris et vous connaissez l'opiniâtreté des mestres de l'ancienne école. Je regrette de ne pouvoir participer à ce tournoi, car c'est pour tout chevalier l'occasion d'y éprouver ses talents, d'y montrer ses prouesses et de céder aux feux de la vanité sans craindre les foudres des Sept. Cependant ce n'est pas encore que le Long Dard reprendra la selle et la lance. Il m'a été suggéré de ne point quitter les environs de Hautjardin, et si j'avais cédé à toutes les alarmes qu'on a sonnées autour de moi, je serais encore au lit pour vous écrire. Mais il faudra bien plus qu'une vilaine fièvre pour me tenir entre moi et mes vassaux, et tant qu'il y aura de la vie dans ces vieux os qui m'ont porté autrefois jusqu'au tournoi donné en l'honneur de votre fille, la délicieuse lady Ashlee, alors vous serez toujours le bienvenu à Hautjardin pour me rencontrer et m'exposer votre projet. Il y a par ailleurs quelques sujets que j'aimerais traiter avec vous et qu'il m'est impossible d'aborder sur ce parchemin sans alourdir le vol du malheureux corbeau qui portera ce parchemin.

Que le voyage jusqu'à Murs-Blancs soit sauf, et que les Sept vous gardent en leur sainte protection.

Lord Leo Tyrell
~


Cette lettre, un peu formelle au goût de son auteur, privait Leo de la possibilité d'informer son vassal en profondeur de certains de ses projets, mais il espérait au fond de lui que lord Arthur comprendrait la nécessité d'une rencontre prochaine afin que les deux hommes puissent s'entretenir de sujets importants. De plus, la curiosité du Long Dard s'était éveillée à l'évocation d'un « projet d'une nature tout à fait originale ». Il attendait déjà avec impatience la venue de son vassal et même s'il savait que celle-ci n'aurait pas lieu avant la fin des événements de Murs-Blancs, son enthousiasme promettait de ne point tarir. Une fois le corbeau expédié, Leo rejoignit son mestre pour une séance de médication où ses pieds le conduisirent contre son gré : il détestait se soumettre aux mains guérisseuses de mestre Tipsel et à ses décoctions puantes mais garantes de la bonne santé. Un mauvais moment qu'il se résignait à passer...
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