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Aller de mal en pis

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Message Dim 13 Mai 2012 - 1:09

Elle marchait d'un bout à l'autre de la toute petite maison en bordure de mer, une petite concentration de guerrier fer-né, sans le sous, ni la réputaiton de vivre dans la demeure de leur capitaine. C'était la minuscule, toute petite, insignifiante maison de Wayn, son mari. Elle se secoua, rien qu'en pensant à ce titre qu'il portait vis-à-vis d'elle. C'était fait, certes trop vieille pour le mariage, elle se voyait trop rapidement enchainée à un homme et cela l'horripilait, surtout avec un homme comme lui. Elle ne le connaissait pas assez, il est vrai, mais elle ne l'aimait pas : par principe ! Elle rassemblait quelques unes de ses affaires, alors que Wayn était dans un coin de la pièce, affutant sa lame, la dévisageant. Perwyn, il était cloitrée dans un coin sombre. Il sentait tellement la tension qui animait les deux personnes. Il n'osait ni bouger ni dire quoi que ce soit. Wayn finit par lui demander ce qu'elle faisait. Elle finissait d'enfiler son châle dans son baluchon avec son fendoir. Elle leva un sourcil avec une désinvolture nullement cachée.

- Comment ça ? Je retourne chez Damon...
- Tu pars déjà ? Ai-je autoriser cela ?
- Tu vas vite laisser la prétention de ton titre se réduire. Je te le somme fortement-
- Sinon quoi, la coupa t-il. Tu vas me faire quoi ? Tu pleurais encore y'a deux jours en me suppliant de t’épargner.

Le regard de la jeune femme s'affûta. Si elle avait pu le tuer de ses yeux clairs, elle l'aurait fait sur le champ. Il avait dit la stricte vérité, mais elle n'aimait pas qu'on le lui rappelle cette humiliation. Elle était allée trop loin, s'étant jetée sur lui avec une arme, prête à lui arracher sa langue, ses yeux, tout. Il lui avait fait regretter cet affront et pas gentiment. Il ne l'avait pas ménagé. Elle jeta un regard furtif au bandage à sa main, maintenu de deux branches de bois. Il lui avait brisé son poignet dans les ébats. Elle jeta son sac à Perwyn et l'intima à sortir, la voix sombre. Il le fit sans qu'on ne le lui demande deux fois, se précipitant à l'extérieur. C'est alors que le petit voleur à la charge de Deirdre vit une deuxième immense silhouette, mais cette fois-ci dehors. C'était Lakdahr. Il s'approchait vivement de la bicoque, mais le jeune homme, serrant le sac de Deirdre lui fit un signe de tête apeuré et qui l'informait de ne pas entrer. On entendit subitement Deirdre crier après Wayn, lui faire des reproches. En suivit la grosse voix de son mari. Une parole s'échappa de la petite maison, volant à travers les fenêtres.

- De quoi tu as peur ? C'est mon travail je te le répète ! Je dois retourner là-bas ! On en reparlera quand je t'empêcherai de prendre la mer, fils de manant ! Sargon reste ici ! Idiot ! Par la verge du Dieu Tornade, j'm'rend avec un deuxième pleutre aussi crétin que toi ! Tu vas pas me faire une scène pour ça !
- Encore une chance que Lakdahr soit là pour veiller sur toi ! Enfin une bonne personne !
- Qui te dis que je couche pas avec lui hein ! J'ai abordé tous les vits de ces îles !

Elle l'assena ensuite d'insulte, tous plus horribles les unes que les autres. Ensuite, un gros bruit de fracas. La petite voix de Deirdre brisa l'air d'un couinement. Encore des insultes, Wayn braille, puis un craquement, on voit un bout du toit s'effondrer. Il n'avait simplement que taper du poing dans la vieille poutre. Un tabouret vola à travers la porte, là il voulait frapper Deirdre. On la vit subitement sortir par la fenêtre, plongeant la tête la première et attérrissant dans une petite roulade. L'imposante carrure de Wayn apparut enfin dehors. Deirdre, déjà sur pied se précipita vers Lakdahr, se cachant derrière lui, et attrapant Perwyn en passant, pour le protéger ici. Le guerrier la somma de venir lui faire face, mais elle restait cloitrée derrière le demi-frère de Dagon. Wayn finit par soupirer. Ce qu'elle pouvait être buté et il était trop fatigué pour finir son dressage. Il verra cela avec elle plus tard. Mieux valait y aller doucement. Elle n'aurait plus beaucoup d'os à briser à cette vitesse. Le mari de Deirdre fixa longuement Lakdahr, repensant à ce qu'avait dit Deirdre. Est-ce qu'elle couchait avec lui. Il ne voulait pas savoir. Il jeta sa main en l'air en signe d'abandon.

- N'hésitez point à la châtier comme il se doit. Il y a eu des coups qui se sont perdus depuis sa tendre enfance, croyez moi.

Wayn rentra dans sa demeure, se préparant déjà à réparer les dégats qu'il avait fait. Deirdre recula doucement, Lakdahr lui faisant face. Elle leva toujours son sourcil d'un air hautain et avant même qu'il ne la regarde, elle cracha à son attention :

- Ne me parle même pas ! Dis rien ! Et si tu rigoles, je te jure que j'aurais assez de force pour te tuer !

Elle s'éloigna subitement, arrachant son baluchon à Perwyn. Le jeune homme d'une quinzaine d'année ne perdit pas de temps pour emboiter le pas de la demoiselle. Quand il arriva à sa hauteur, malgré les humeurs de la bâtarde, elle passa un bras autour de ses épaules, marchant collée à lui. Ce jeune homme était si privilégié auprès de la belle, tout comme Gabriel. Les deux personnes en qui elle avait une totale confiance. Même son père, elle ne lui disait pas tout. Sauf que Perwyn savait vraiment tout sur tout. Sa relation avec Sargon, sa naissance, son mal être, ses envies, ses horreurs.

Arrivée en bordure d'eau, un bateau de marchand, un extirpé sans autorisation, mais qui servait grandement aux fer-nés pour déplacer des armes, de gros chargements, récolté des biens sur les autres terres, ou encore, passer inaperçu, quand Deirdre faisait le voyage entre l'Ouest et les Îles de Fer. Le sang bouillait en elle, de colère, bon aussi car elle avait eu aussi peur qu'il la brise comme la poutre. Mais c'était surtout une humeur non rejetée, retenue et elle était frustrée. Elle était totalement puérile et inconsciente, car alors qu'elle faisait grimper Perwyn sur le bateau, elle trouva rapidement de quoi se détendre en jetant un coup d'oeil par dessus son épaule. Elle aida le faut marchand à pousser le bâteau bien dans l'eau et en vitesse. Elle sauta sur le pont aidé par les hommes et alors on tendant la main vers Lakdahr. Non, point du tout. Elle était folle... Elle para l'aide du fer-né sous couverture et le bateau s'éloignait doucement, on le stabilisa un peu plus loin. Le fils légitime Greyjoy était encore sur le bord. Il devait nager un peu et se mouiller pour monter. Deirdre le jaugeait avec tellement de dédain et de provocation, là les bras croisé, sur l'arrière du navire.

- Qu'est-ce que tu attends, dépêche toi, tu te fais tant demander !

Elle avait tellement besoin de passer ses nerfs et malheureusement, pour elle comme pour Lakdahr, cela tombait sur lui. Elle savait dans le fond qu'il ne la tuerait pas, alors qu'elle en doutait avec Wayn. Quoi que ... Perwyn lui, était persuadé que quelque soit la masse imposante que pouvait être un homme, même sans vouloir faire mal, il vous tuait sur le coup. Il était derrière Deirdre, secouant la tête, las de son attitude. Elle allait finir par être totalement neutralisée si elle continuait. Oui, il avait presque dix ans de moins et il la trouvait enfantine, irresponsable.

- Tu vas t'attirer des ennuis.
- Lui ? Même pas sûr qu'il sache nager. La preuve, n'est-il point réduit au titre de suivante de Lady Pyke ? dit-elle en criant bien fort.

Elle était toujours droite, prête à affronter le rocher. Elle le provoquait intentionnellement. Est-ce qu'elle allait le regretter ?
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Lakdahr l'Edenteur
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♦ Missives : 1389
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♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
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Message Lun 14 Mai 2012 - 21:38

Il maugréait dans sa barbe d'ébène, le pas lourd, délaissant une kyrielle de sillons creusés dans l'étendue sablonneuse. Sac lâchement jeté sur son trapèze, quelques affaires subsidiaires à l'intérieur, il se préparait à quitter l'archipel bien malgré lui. Prétendre qu'il était aussi zélé pour les îles de rocaille que pour l'Antique Voie n'aurait été – dans tout le paradoxe de la chose – que mensonge. S'échapper de la monotonie de leurs mornes rivages était une marotte à laquelle il aimait céder, dans la mesure où il était le seul à décider de son départ, et donc, de sa destination. Ce qui aurait donc pu s'apparenter à une attrayante pérégrination n'en était, en réalité, rien. Le voyage uniquement fardé du goût de l'aventure se révélerait promptement autant insipide que son quotidien sur les îlots de fer, à son plus grand dam. Chaperonner une bambine aussi éhontée qu'inconsciente n'avait rien d'une odyssée digne de ce nom, ni même d'une sinécure. Alors, pourquoi lui ? Une interrogation universelle qui ne cessait de lapider l'esprit de Lakdahr, pauvre bougon qui rejoignait le gîte d'infortune où il se devait de récupérer une certaine sylphide. Plus il s'approchait des pénates de ce vieux Wayn, plus le désir de rebrousser chemin le prenait au gosier. Dire que cette coercition le rendait acariâtre aurait été un doux euphémisme, il doutait être enclin à endurer les brimades de Deirdre qui ne l'épargnerait inexorablement pas. Il ne parvenait à comprendre les raisons de ses agissements, et à dire vrai, il lui était impossible de la comprendre tout simplement. Il était au fait de ses conditions génétiques comme de presque l'ensemble des détails qui chamarraient son existence, pour autant, il la trouvait particulièrement irresponsable. Sa récente appartenance à l'un des hommes d'armes de la caste Greyjoy n'apporterait aucune accalmie, bien au contraire, la recrudescence d'ineptie était remarquable. Il concevait qu'être sous le joug d'un futur époux n'était pas chose aisée lorsque l'on avait toujours joui d'une ample liberté, mais les bravades de la belle envers le guerrier ne seraient que sources de nouveaux ennuis. De ce qu'il en savait, son homologue marin n'avait pas la réputation la plus immaculée de leur peuplade et il s'interrogeait sur les desseins de Dagon concernant cet impromptu mariage. Son demi-frère avait parfois des idées des plus saugrenues, néanmoins, ce n'était point à lui de le lui faire remarquer. Etre accablé de ses requêtes était amplement suffisant, il n'avait pas en plus besoin de son courroux. Mais pour l'heure, ce n'était pas la vendetta du lord Ravage qu'il allait subir.

Parvenu aux abords de la bicoque, il fut accueilli par Perwyn, un freluquet à la botte de la fer-née qui lui fit un résumé de la situation d'une simple lorgnade. Vraisemblablement, leur intrigue commençait à merveille. Les éclats de voix le renseignèrent plus encore sur ce qui s'orchestrait à l'abri des regards, une énième algarade dont ne résultait généralement pas la réconciliation. Et s'il ne prit pas la peine de tendre l'oreille pour mieux suivre l'altercation, une tirade le fit pourtant tiquer. Une parfaite illustration de ce qu'il abhorrait : être cité dans les querelles d'autrui, surtout lorsqu'il était question de calomnie ! Lui qui s'évertuait à faire preuve d'une neutralité manifeste dans les affaires intestines à l'archipel n'appréciait que peu de voir son nom souillé de la sorte, certes pour des frivolités qui n'auraient certainement aucune conséquence, mais les faits étaient là. Une opportunité de plus de la houspiller dès lors qu'il le pourrait, car il refusait ardemment qu'elle le mêle à ses revers conjugaux, ou même à ses revers tout court. Soudain, la principale concernée fit une apparition des plus inopinées, plongeant comme le plus habiles des saltimbanques pour retomber sans mal sur ses pieds – un numéro que lui était bien incapable de réaliser, soit dit en passant. Une fois debout, la jeune femme s'amusa à le prendre pour une égide alors que son mari sortit à son tour. Sceptique face à la scène qui se jouait devant lui, le colosse ne mouva pas d'un pouce, alternant les oeillades entre les promis qui avaient manqué de s'entretuer. Bien qu'il eut envie d'adhérer aux propos lancés par Wayn, il n'en n'eut pas l'occasion puisque le ton lui fut aussitôt donné par la furie censée être sous sa surveillance. Surpris de se faire assaillir de la sorte, il tenta de répliquer.

« J'ai encore rien d-- » Deirdre s'en était déjà allée. Harassé, il grommela en prenant sa suite. « Maudite femelle... Humpf... Pourquoi moi... »

La question revenait encore sans qu'il ne parvienne à y trouver réponse. Il ignorait ce qu'il avait bien pu faire pour offenser le Dieu Noyé, mais celui-ci lui en tenait gravement rancoeur. Peut-être qu'en lui édifiant un autel entièrement fait de dentitions spoliées, cela lui permettrait d'être absous de ses bévues ? Ou peut-être n'avait-il pas occis assez de continentaux dans ce qu'il avait déjà d'années derrière lui ? Toutes les conjectures étaient à soulever si cela pouvait lui permettre de mettre la main sur la solution. Tordre le cou à cette harpie qui aimait à le malmener de ses galéjades était une éventualité parmi d'autres, elle pouvait s'estimer heureux d'être dans les « bonnes grâce » d'influentes personnalités. Celles-même qui le contraignaient à la suivre comme un vulgaire animal de compagnie, ce qu'il fit non sans préserver une longue distance avec le binôme qui le précédait. Ce fut alors qu'un quidam l'interpella et s'en vint le saluer, entamant une furtive discussion qui n'en fut pas moins importante. Le sujet soulevait la sollicitation de son forgeage, une alliance avec un capitaine qui avait besoin de ses talents de mestre fêvre pour quelques éléments de son équipage. Une offre que le dit forgeron laisserait en suspens jusqu'à son retour à défaut de pouvoir en connaître la date exacte, mais les affaires restaient les affaires. L'échange fut preste, pourtant, déjà trop long pour ne pas être la cible de la première raillerie de la journée. Car lorsqu'il rejoignit la bordure de plage où leur embarcation patientait, celle-ci n'était plus à portée de main. Quelle était donc cette pantalonnade très loin de le faire rire ? Une oeuvre de sa jeune amie, bien entendu, qui ne se priva pas d'en revêtir toute la responsabilité en le provocant d'avantage. La fourbe !

« Espèce de coureuse de remparts mal harponnée !! J'vais t'étriper et me faire un collier de tes viscères ! » Il pointa le sol du doigt, furibond. « Reviens ici tout de suite ! »

Certes, ce n'était pas en proférant de telles menaces qu'il encouragerait la nymphe à faire demi-tour pour lui permettre de rejoindre le bateau. Au mieux, elle pourrait encore appréhender le moment où il exercerait sa vengeance courroucée, mais ne lui ferait inextricablement pas l'honneur de lui obéir. La perfidie était une notion immanente à Deirdre, il la maudissait pour cela et c'était bien là l'une des raisons qui l'empêchait d'apprécier leurs fréquentes retrouvailles. Pourtant, il savait qu'elle n'était pas aussi sournoise qu'elle ne le faisait croire, et outre la crainte qu'il lui inspirait, ils parvenaient parfois à s'entendre. Par une obscure volonté, elle aimait simplement à le lyncher d'embûches qui avaient le don de le faire sortir de ses gonds. Que toutes les déités existantes de Westeros lui en soient témoin, il ne laisserait pas cet acte impuni ! Mais sa préoccupation première était de faire lustrer ses méninges pour trouver comment rallier l'embarcation qui le narguait. Ses prunelles de jaspe sombre scrutèrent les sinuosités de l'eau qui clapotaient non loin de ses pieds, l'appelant de leur mélodie hypnotique à l'instar d'une sirène. Problème, Lakdahr n'était diamétralement point charmé par l'étendue diaphane dans laquelle il n'avait d'autre choix que de se jeter. Bien que marin parmi d'autres, il n'était pas de ceux qui aimaient barboter dans leur mer natale par simple plaisir. Qui plus est, l'humidité ambiante le condamnerait à demeurer humide jusqu'à ce qu'ils aient atteint les reliefs côtiers des Terres de l'Ouest et par extension, la demeure du sieur Tarbeck. D'autres diraient que cela ne changerait pas de ses habitudes, son épiderme et ses habits étaient presque toujours saupoudrés d'une fine membrane de sel ou de ferraille, il n'était pas un apôtre des minauderies continentales qui consistaient à s'affubler de soins en tout genre. Il était un Homme. Un guerrier. Un Fer-né. Qui s'apprêtait bien malgré lui à se mouiller pour le plus grand amusement de la harpie qui se gaussait. Tant pis, il ne pouvait plus se permettre de retarder leur départ au risque que cela ne se répercute sur leur emploi du temps. Fulminant intérieurement, le forgeron pénétra finalement les flots pour s'y enfoncer et rejoindre les abords du bateau qui l'attendait. La froidure de l'afflux aquatique lui ankylosa presque les muscles, le rendant encore plus acerbe qu'il ne l'était déjà et précipitant sa traversée. Fort heureusement que sa taille jouait en sa faveur, là où un quidam lambda aurait été obligé d'user de ses bras pour nager, lui pouvait encore tâter le fond de sable. Ainsi, sans qu'il n'ait besoin de démontrer tous ses talents en matière de brasse, il put s'accrocher à l'esquif qui manqua d'ailleurs de chavirer sous son poids dantesque. Les matelots durent se rendre à l'opposé pour réhabiliter un certain équilibre qui permit au jeune homme de se hisser totalement. Une fois sur le pont, il prit le temps d'examiner l'étendue des dégâts sur sa personne, dégoulinant du liquide salé duquel il venait de s'extirper. A cet instant, son regard embrasé se posa sur le galbe de la fautive, prompt à immédiatement en découdre. Ce qu'il fit après avoir bassement jeté le sac qu'il portait encore : il se saisit de la belle sans délicatesse aucune et la souleva comme si elle n'eut rien pesé. Puis, sous l'attention de tous, il l'envoya par-dessus bord, rejoindre les quelques poissons qui bécotaient la coque de l'embarcation.

« Ca t'apprendra à te foutre de moi ! Et espère pas que j't'aide à remonter, débrouille toi toute seule, morue ! »

Pesta t-il en l'observant barboter, satisfait de ce revers de situation qui lui permettait de remettre les jeux à égalité. Elle avait voulu se jouer de lui, il venait de lui rendre la monnaie de son pécule, en toute légitimité. Nul doute que leur voyage serait emprunt de tumultes, comme tous ceux qu'ils avaient menés ensemble. Au moins, pour l'occasion, ils seraient deux à être mouillés.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Message Mer 16 Mai 2012 - 0:32

Les bras croisé, à l'arrière du bateau, son air horriblement dédaigneux sur le visage et pis encore, fier, elle toisait Lakdahr qui était encore sur la baie. Pauvre petit, pensait-elle, alors que son sourcil arqué ne faisait qu'appuyé toute l’insolence qu'elle lui portait à cet instant. Perwyn à côté d'elle, qui ne cessait de faire sauter ses yeux sur le géant, puis sa tutrice, un coup l'un, puis l'autre et l'un et encore l'autre, avait froid dans le dos. Il prévoyait tellement la suite des événements et cela lui faisait peur. Il avait cette affreuse image de Lakdahr qui attrapait la pauvre Deirdre et lui brisait la nuque, la tuant sur le coup, comme un vulgaire lapin qu'on venait d'attraper. Il secoua ses frêles épaules et sursauta, quand enfin le géant se mit à beugler, de l'autre côté de l'eau forte en sel. Il la somma de venir ici, le chercher.

Perwyn sursauta de nouveau quand Deirdre rit à gorge déployée, d'une sonorité qui rappelait la moquerie ou le cynisme. Oui, elle se raillait de lui. Le jeune garçon se frappa violemment le front du plat de la main.

- Moi je m'en vais, ça va dégénérer.

Il s'éloigna vers la proue, ou l'équipage composé de deux guerriers fer-né, s'arrangeait pour préparer le navire, attendaient patiemment et curieux, les deux autres protagonistes qui se cherchaient. Ils les connaissaient bien, sachant qu'entre eux deux, c'était toujours tendu, un bras de fer incessant. Enfin là, la demoiselle allait bien loin. Ils espéraient qu'elle continuerait, ainsi Lakdahr ne pourrait s'empêcher de la remettre à sa place. Cela ne lui ferait vraiment pas de mal. Ils n'en pouvaient plus de la supporter elle et son sale caractère. L'un était appuyé contre la petite cabine muni de poutre en bois et de bâche en peau épaisse et huiler de graisse de baleine, appréciant le spectacle.

Deirdre était toujours à l'arrière du bateau, elle le guettait, le visage transpirant d'amusement. Pour le provoquer toujours un peu plus, elle s'était même assise au bord, battant des pieds dans l'air. Non, vraiment, elle allait venir, risque de se faire frapper, manger le sable et le laisser gagner. Le laisser gagner : jamais ! Puis, non, elle ne viendrait même pas le chercher. Puis quoi encore.

Il finit par abdiquer, mais follement noyée dans sa colère retenue, elle ne voyait pas ce qui allait arriver, une fois que le mastodonte se retrouverait sur le navire. Ce n'était pas trop tôt. Il se mouillait enfin. Elle souriait, contente d'elle. Les marins derrière aussi souriaient, mais voyant déjà le règlement de compte. Ils appréciaient le fils légitime et non héritier de Balon Greyjoy. Ils savaient d'avance que le ton qu'il avait utilisé tantôt, promettait rien de bon. Deirdre était une belle petite inconsciente. A croire qu'elle était trop belle pour être intelligente. La pauvre demoiselle, toujours comme une sirène sur son rocher, ainsi assise sur le bord du bateau, tomba à la renverse, alors que l'immense main de Lakdhar avait attrapé la chaloupe et l'avait fait tangué. Elle s'était protégée l'arrière de la tête dans sa chute.

Elle s'était relevée, riant bêtement.'Elle levait la tête vers le ciel qui s'était assombri... Non, ce n'était que Lakdahr qui se tenait droit devant elle, couvrant toute la lumière du jour, la plongeant dans les ténèbres qui allaient bientôt la happer. Elle s'était tu subitement, écarquillant grand les yeux. Là, elle était bien consciente de la vase dans laquelle elle venait de s'emprisonner seule. Elle ne pouvait plus fuir, là sur le bateau. Finalement, elle aurait peut-être du le rejoindre sur les îles, ayant la chance de courir.

Elle recula, pour aller à l'autre bout du navire, voulant gagner quelques secondes de répits et se nourrir d'espoir. Elle n'eut point le temps de faire un pas en arrière, qu'elle se sentit embarquer. La voilà plaqué contre la masse musculaire qu'était Lakdahr et la seconde d'après, elle battait à nouveau des jambes dans l'air. Or, elle était moins gracile, et déjà plus paniqué. Des airs, elle se sentit totalement avalé par l'eau de mer, étant lâchée par dessus bord. Un gros fracas dans les vagues arracha des rires des marins, dont l'un d'eux, vint tapoter le dos de l'homme colossal.

- S'bien ! D'l'eau frai' pour c'te sirène d'Tornades !

Ils en pleuraient presque de rire. Même Perwyn, qui avait eu plus que peur de ce qui allait arrivé, se retenait de sourire. Cela ne lui avait pas fait de mal, et aurait calmé son irresponsabilité à provoquer un monstre tel que son chaperon.

Deirdre s'était débattu dans l'eau, s'enfonçant vers le fond et remontant lentement. Sa tête sortit si subitement des remouds des vagues, cherchant de l'air. Elle avait un peu but la tasse, ayant poussé un cri lorsqu'elle chut. La bouche ouverte, elle s'était emplie de cette eau salée et collante. Elle frappa des bras une fois l'air retrouvé et rapidement, la colère et la panique évanoui, elle se concentra pour nager jusqu'au bateau. Tirant sur ses petits bras, mais qui ne manquaient point de muscle, relativement forte en escalade. Elle se laissa glisser sur le pont, harassée, le corps trempée, ses vêtements doublant de poids. Elle resta allongée un moment sur le pont, trempant le parquet sec de sa silhouette langoureuse. Son énergie et son souffle était vainement retrouvé, elle se dressa, le regard noir.

D'un pas léger et agile, elle se mit à courir, se jetant sur Lakdahr, projetant ses jambes en avant. Il était si monumental, qu'elle fut coupé net dans son élan, lorsqu'elle l'atteignit, or, il tomba quand même. Enfin, ce ne fut pas du gâteau. Elle avait bien fait de ne pas le sous estimer. Retombée en arrière après son cou, elle roula rapidement sur son dos et se précipita de nouveau sur lui, allongé sur le bateau. A cheval sur Lakdahr, ayant l'impression de monter un cheval de trait, elle lui frappa le torse de ses petits poings, à une vitesse folle. Elle l'insultait, ses cheveux humides qui gouttaient sur l'homme. La rage s'était emparée d'elle. Puis dans ses remontrances, ses insultes, une chose lui échappa :

- Pourquoi vouloir pourrir ma vie et me brider !

Elle avait les yeux humides, de colère ou de tristesse, de fatigue. Elle ne savait pas. L'homme qui devait supporter ses tout petits et adorables coups, pouvaient comprendre que ce qu'elle pensait ne le visait pas lui, mais bien Wayn, qui s'était imposé dans sa vie.

- Va crever, je te hais ! Je ne suis pas une catin qu'on jette, une domestique qu'on traite comme on le souhaite ! Tu te prends pour qui hein !!! Jette moi encore dans l'eau et je t’émascule !

Elle avait sortit son poignard de sa poitrine volumineuse et le planta sur le plancher près de son visage. Elle leva haut ses sourcils et croisa les bras, laissant son arme plantée.

- Et là, on dit quoi hein ! "Pardon", c'est cela ! Je t'attends !
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Lakdahr l'Edenteur
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Message Jeu 17 Mai 2012 - 0:21

Consumé par une furia qu'on lui connaissait parfaitement, Lakdahr n'osait imaginer la kyrielle de galéjades qu'il serait contraint de subir jusqu'à ce qu'ils aient posé pied à terre, et même bien après. Il était d'ores et déjà impatient de la délivrer aux mains de ce continental qui favorisait les insulaires à son propre peuple. Si sa délégation ne prendrait officiellement fin qu'une fois qu'ils seraient revenus sur les îles de rocaille – et qu'il aurait trainé la jeune femme jusqu'aux pattes de Dagon pour un rapport dans les règles de l'art – il savait néanmoins que sa besogne serait partiellement soulagée dès lors qu'ils atteindraient la demeure du sieur Tarbeck. Elle pourrait alors musarder à son bon gré sans qu'il ne soit nécessairement derrière son séant à fureter la prochaine incartade qu'elle s'octroierait. Plus souvent s'enfermait-elle en la bonne – ou pas – compagnie de Damon, plus il avait l'opportunité de vaquer à ses propres préoccupations, et il ne réclamait rien de mieux. Sa quiétude était sacrée, et Deirdre avait le talent d'ébranler son monde avec une amplitude sismique encore jamais notifiée. Il abhorrait son comportement, ce qu'elle savait et ce dont elle profitait sans remord aucun. Cette facétie en avait été le parfait exemple, elle rivalisait de fertilité en la matière et il avouait volontiers que s'il fallait élire une souveraine d'idiotie, son vote lui reviendrait de droit. Le forgeron n'était point le seul à nourrir de tels jugements la concernant, les rires qui éclatèrent à l'unisson témoignaient du désir réprouvé de la plupart des fer-nés d'agir comme le colosse venait de le faire. Sans doute était-il – avec Wayn – l'un des seuls à ne pas la ménager en dépit de sa vénusté et de sa frêle carrure de donzelle – donzelle cependant et amplement encline à se défendre d'elle-même si la situation l'exigeait. Tous s'étonnaient encore de sa survie avec la hardiesse dont elle faisait quotidiennement preuve, ce à quoi il était toujours possible de remédier dans la pire des supputations. Ainsi porté au nu par ses homologues îliens pour son acte, le jeune homme commençait à croire que maltraiter la pauvre inconsciente était devenu une source de liesse nationale. Si la congratulation de l'un des marins le conforta dans son choix de vengeance, cela ne le rendit pas plus amène et il continua d'observer la nymphette se mouvoir à la surface de l'eau. Il admettait que l'admirer ainsi barboter avait sa part de ridicule, mais il était encore bien trop aigre pour s'en gausser.

Il feula une dernière fois en décidant de jouer la carte de l'indifférence. Il était plus que temps qu'ils prennent le large, leur traversée serait longue jusqu'au littoral et il espérait que le climat leur serait clément. Ainsi, échine tournée, il ramassa le sac qu'il avait abandonné un peu plus avant, sans manifester une quelconque prudence. Grave erreur, subodorer que dame Pyke resterait sur cette humiliation était bien mal l'estimer, et elle ne se priva pas de lui remémorer à qui il avait affaire. Concentré sur bien autre chose, le fer-né n'entendit pas la course se précipiter en sa direction et, sans être en mesure de comprendre ce qui était en train de lui arriver, quelque chose le heurta de plein fouet. Etre un guerrier avéré ne l'empêcha pas de faillir dans son équilibre et de lourdement culbuter au sol, faisant trembler l'esquif sous son poids par la même occasion. La plus que modeste taille de l'embarcation risquait de compromettre leurs chances de naviguer si elle s'amusait à chahuter avec lui de la sorte, et il doutait que l'un d'entre eux ait l'envie de rejoindre les Terres de l'Ouest à la brasse. Cependant trop désarçonné pour songer à ce détail, il se contenta de retrouver le nord et de basculer sur le dos, pour être aussitôt attaqué derechef. Son poitrail se fit marteler de coups qui se seraient voulu plus dévastateurs qu'ils ne l'étaient réellement, et ce fut d'avantage un scepticisme marqué qui apparut sur le faciès du géant qu'un témoignage de douleur. Qu'espérait-elle faire, au juste ? Dans la meilleure des perspectives, elle ne ferait que l'agacer plus encore, d'autant plus qu'elle ne liarda pas sur les invectives et injures en tout genre. Là, c'était le mort qui se foutait de l'égorgé ! Elle l'accusait de ses propres frasques et osait encore se confondre en lamentations. Folle, elle l'était certainement. Si furtivement pensé, une lame vint se planter non loin de sa tempe. Ce fut la bévue de trop.

Son énorme paluche alla s'aplatir en plein coeur du visage de la demoiselle, lui saisissant le faciès, il la fit basculer sur le côté et la maintint d'une intraitable poigne. Joue agglutinée au plancher corrodé par l'eau saumâtre, au moins parviendrait-il à la faire taire quelques secondes. Par intuition masculine, il prit également le soin de bloquer les mouvements de son bassin – et plus généralement du bas de son corps – par le sien, se protégeant ainsi de tout heurt mal – ou trop bien – placé.

« Etouffe toi avec ton Pardon et crève en silence ! Tu penses que Wayn te frappe fort ?! J'vais te montrer qu'il existe pire et te remettre définitivement à ta place ! »

Suintant de colère, Lakdahr était prompt à la briser comme un vulgaire rameau pour ne plus avoir à endurer sa compagnie. Elle ne méritait absolument pas tout le labeur qu'il s'infligeait pour sa seule protection, une ingratitude qu'il ne parvenait plus à supporter alors qu'elle se gouaillait ouvertement de lui. Il haïssait être pris pour un imbécile alors qu'il mettait toutes ses affaires en suspens pour faire acte de présence. Il était temps que Deirdre paie pour son irrévérence et sa propension à attirer des ennuis à tout ceux qu'elle côtoyait, lui inclus. Illustrant donc ses paroles, il se redressa, l'emportant avec lui pour l'extirper du par terre aussi aisément qu'il l'eut antérieurement fait. Avec une brusquerie éloquente, il l'envoya embrasser le mât du bateau sans crainte de grièvement la blesser. Ce qui aurait inéluctablement été le cas si, par une bonne fortune, la sylphide n'eut pas été réceptionnée par les épais cordages amassés au pied du mâtereau et dans lesquels elle s'enchevêtra. Bien que cela ne l'empêcha pas de sentir son ossature cogner contre le pylône – du moins, ce fut ce que tous pensèrent en entendant l'écho du choc -, elle ne souffrirait que d'un bel hématome dans le pire des cas. Toujours aveuglé par sa rage, le mestre fêvre la rejoignit avec l'intention de lui porter l'estocade, de lui fracasser le crâne pour maculer le bois de son hémoglobine et se complaire sur son macchabée. Pourtant, il s'immobilisa dans son élan lorsqu'il fut proche d'elle, frappé par les consignes du lord Ravage sur le bon déroulement de sa mission. Maltraiter sa chaperonnée n'était sûrement pas le meilleur moyen de lui attester sa « bienveillance », quand bien même elle ne méritait que cela, son demi-frère lui ferait plus que certainement regretter de l'avoir tuée pour de telles futilités. Le colosse tenait à sa vie, ses relations avec Dagon étaient déjà suffisamment chancelantes pour qu'il se mette à désobéir aux peu d'ordres qu'il lui donnait. La bâtarde était donc immunisée contre tout préjudice létal, à la plus grande frustration de son gardien. Contraint de réprimer la fièvre qui le calcinait, le quidam se crispa entièrement, avant d'asséner un violent coup dans le pilier qui soutenait les voiles.

« J'en ai ma claque de t'entendre beugler comme une génisse ! Tu as cherché tout ce qui t'arrive ! Ta vie, tu te l'es pourrie toute seule ! Tu m'agresses pour ça et tu oses te présenter en victime ! » Il se pencha sur elle et rugit. « J'suis pas ton passe-nerfs, ni ton esclave et encore moins ton ami !! »

La rudesse de ses propos n'était destinée qu'à la meurtrir d'avantage, une pure méchanceté qui palliait à son interdiction d'user de ses poings. Lakdahr était un fruste de la pire espèce, pudique dans ses bons sentiments mais expressif dans sa haine la plus profonde. Pourtant, ses proches accointances – dont Deirdre faisait même partie – savaient qu'il n'était pas totalement dénué d'obligeance, qu'il répugnait cependant à montrer. Elle le rendait fou d'exaspération, le faisait littéralement sortir de ses gonds et frôlait la mort à chaque rencontre, pourtant, il n'oubliait pas qu'ils avaient aussi des terrains d'entente. Mais en cet instant, il la trouvait inique, injuste dans le traitement qu'elle lui infligeait alors qu'il n'y était diamétralement pour rien dans ses malheurs. Avait-elle le même comportement envers Sargon ? Alors qu'il était, principalement, la cause de ses affres ? Il ne comprendrait jamais les femmes et leur fâcheuse habitude de ne jamais s'en prendre au responsable, mais à celui qui se trouvait à côté d'elles. Qui plus est, même s'il aurait été pleinement capable de lui démettre les vertèbres, elle restait en position de force dû à sa préciosité aux yeux de l'héritier de la Seiche d'Or. Cela le rendait malade, car s'il refusait catégoriquement de se l'admettre, il était en quelque sorte son larbin. Une vérité qui le fit à nouveau imploser.

« Ca suffit ! Dix minutes que je suis avec toi et j'en peux déjà plus ! Plante-toi ton coutelas dans la panse, pend-toi par les pieds ou saute par-dessus bord si ça t'amuse ! Fais ce que tu veux ! » Il recula. « Mais ne m'adresse plus la parole jusqu'à Port-Lannis ! » Il fit volteface et s'adressa à Perwyn. « Occupe-toi d'elle ! »

Lakdahr pressa le pas pour s'éloigner le plus possible de celle qui le mettait hors de lui, il lui semblait impossible de la supporter tout le voyage sans lui faire connaître son courroux. Peut-être y était-il allé fort, mais en cet instant, c'était bien le cadet de ses préoccupations. Il se rendit à l'opposé de l'embarcation où il s'installa tel un piquet, bras croisés et regard fixé sur le rivage des Iles-de-Fer qui s'éloignait graduellement. A son plus grand regret.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Message Ven 18 Mai 2012 - 2:36

A califourchon sur la bête, elle le dardait de son regard clair, fière et folle, oui, totalement inconsciente. Elle attendait là, mais quoi ? Quand même pas des excuses. Elle était tellement noyé dans sa rage qu'elle ne se rendait pas des risques qu'elle prenait et surtout du ridicule de la situation. Une crevette assise sur un cachalot et qui pensait s'en sortir avec des lauriers, l'avoir effrayé, ou même amener à ce qu'il se montre plus doux. Non jamais ! Qui a vu ça depuis la disparition des Dragons ?

Elle sentit la masse musculaire de Lakdahr bouger entre ses cuisses. La panique se marqua sur ses yeux écarquillés. Elle n'eut pas le temps de réagir, ni même de comprendre ce qui se passait, qu'elle bascula sur le côté. Le choc violent de sa main s'était percuté contre son visage et elle se renversa toute entière, déjà sonnée. Elle le fut que mille fois plus, alors que sa joue se collait douloureusement sur le planché humide et salée du navire. Elle gémit grandement, avant de geindre. Elle se débattit, mais malheureusement pas longtemps, déjà neutralisé par le poids affolant de Lakdahr. Elle gesticulait, tel une anguille fraîchement pêchée et lâché dans la paille, ne pouvant plus vraiment s'exciter, coincé. Elle était plus qu'énervée et ses gémissements se rapprochèrent plus de grognements. Elle puisait sur toutes ses forces, dans l'espoir de se dégager où de lui mettre un coup, là où il ne pouvait que crier de douleur et la libérer. Elle ne supportait pas vraiment qu'on la violente, mais pire encore fut qu'on l'immobilise, qu'on la bloque, on l'emprisonne, quelque soit la façon avec laquelle on le faisait. Elle abhorrait ce genre de situation, et elle préférait se tuer elle même que supporter cela une seconde de plus. Enfin, c'était ce qu'elle pensait. N'était-elle pas prisonnière de son statue de femme, et elle n'avait pas tenté de se donner la mort.

Ne perdant pas d'énergie, c'est alors qu'il se mit à lui hurler littéralement dessus. Elle avait tant prier pour que les derniers mots qu'elle entendit, ne soit pas la fin de son discours et surtout pas l'entrée à une démonstration. Elle le croyait, même bien avant qu'il ne le lui dise, il n'avait pas besoin de lui montrer des preuves.

Il la libéra, sans lui laisser le temps de reprendre son souffle. Elle se serait bien relevée, même échappée, mais ses muscles étaient encore trop tendu par l'effort, ayant un peu trop poussé dessus. Il la décolla du planché, alors qu'il l'y avait enraciné. Elle ne sentait plus le bout de ses pieds toucher le planché. Elle était horrifiée. Ses petites mains crapahutaient sur le bras monumental de Lakdahr, y enfonçant ses ongles, quand elle devina rapidement la suite. Le mouvement qu'il fit, ses doigts qui se déliaient d'elle et bien un mètre plus loin, elle atterrit. Elle avait littéralement volé. Son corps fut projeté sur le bateau, son frêle et petit corps heurta avec une violence intense, le mât du bateau. Le bruit sourd de son corps résonna sur l'horizon bleu. Elle retomba dans les cordages, son poignet s'y perdit et elle poussa un cri plus grand encore, de sa pauvre hanche qui avait rencontré le bois de la poutre. Si elle n'avait qu'une entorse, elle n'avait qu’aggraver la situation de son articulation. Son souffle était coincé au fin fond de sa poitrine. Elle n'eut même pas le courage de se soulever, juste roula sur le dos, se massant le poignet, les yeux clos. Ses dents grinçaient les unes contres les autres. Perwyn était non loin, la main sur la bouche, s'étant retenu de hurler, lorsqu'il vit sa protectrice traverser le bateau dans les airs. Il avait presque eu peur de ne pas la voir se relever. Il était fou, si jamais il la tuait ? Si cela aurait été le cas, il s'était promis d'au moins tenter de lui faire regretter son geste.

Elle sursauta alors qu'il était encore venu faire preuve de sa puissance et sa violence. Son petit corps trop maigre se recroquevilla sur lui même, cherchant du réconfort, de la sureté et surtout à se protéger. Ses mots... Ils étaient si durs. Le pire, c'est qu'il avait raison. Elle ne dit rien, relevant ses mains devant son visage, alors qu'elle était allongée sur le côté, emmêlée dans les cordes. Elle ne s'était pas lâché son poignet, le massant encore. Les cheveux devant le visage, elle ne bougeait plus, ne disait plus rien. Ca oui, des amis, elle en avait aucun. Elle ne se doutait pas qu'il n'en faisait pas parti. Les larmes perlaient silencieusement et timidement sur son visage. Elle ne souhaitait point qu'on puisse la voir ainsi. Après, pour le reste, il avait tout aussi sûrement raison, mais jusqu'à maintenant, on ne le lui avait jamais dit aussi clairement. L'éventuelle vérité qu'il venait de lui cracher était comme un coup de couteau en plein coeur. Il l'avait tué et ça Perwyn le savait. Il ne l'avait jamais vu ainsi, mais il comprit qu'elle était mal et qu'il était allé trop loin. Il pesta contre tous les dieux de Westeros, de ne pas l'avoir muni d'une plus grande force. S'il avait pu, il lui aurait donné un poing en plein visage.

Perwyn fit un bond magistrale alors que Lakdahr s'adressait à lui. Il recula de plusieurs pas, et lui jeta un regard meurtrier, alors qu'enfin, il lui tournait le dos. Il se précipita ensuite sur Deirdre. Elle n'avait pas bouger. Il tâta de sa petite main rêche et noircie, l'épaule de la belle. Elle ne bougeait pas. Il dégagea lentement ses mèches devant son visage et elle le repoussa sèchement. Il avait bien vu ses larmes et venant d'une demoiselle qui aimait crier, faire des scènes, tout briser et casser, montrer sa colère et son mécontentement, il était ému. Il ne l'avait jamais vu aussi triste et silencieuse, calme. Elle était abattue. Il s'osa de venir étreindre la jeune femme. C'était une mauvaise idée. Les bras halés de Deirdre vint serrer si fort Perwyn contre lui et son épaule fut bientôt noyé de sa détresse.

Plusieurs heures plus tard, elle était assise, adossé contre le mât, jouant avec les cordes, les enroulant d'un air absent, autour de ses chevilles. Elle était pensive. Il était allé loin, même si elle aussi. Il ne pouvait la violenter physiquement, il était légitime qu'il s'en prenne à elle avec les mots. Le calme avait prit posséssion du bateau marchands. Les deux autres guerriers étaient trop occupé à boire où veiller de la direction qu'il prenait, Perwyn dormait, la tête sur les cuisses de la belle, alors que ses cheveux étaient tendrement caressée par cette dernière.

Elle finit par se lever délicatement, posant doucement la tête du jeune homme et s'approcha de la silhouette immense et noire, à contre jour de Lakdahr. Il était à son total opposé sur le navire. A pas de loup, elle le gagna et glissa doucement ses mains dans son dos, se frayant un chemin sur ses hanches et gardant position sur son poitrail. Elle resta un moment ainsi, l'étreignant, la joue contre son dos chaud et imposant. Puis, doucement, elle glissa une tête sous son bras, pour chercher son visage. Elle fit une petite moue, coupable et des yeux doux, qui voulaient se faire pardonner. Elle n'était plus la même. Plus timide, plus modeste, plus gentille et douce. Elle lui fit un petit sourire en coin, alors que ses joues était encore rouge de larme.

- Je suis désolée... Mais dis moi, si tu n'es pas mon esclave, ni mon passe-nerf et encore moins mon ami, tu es quoi ? Hein, dit-elle, la voix tremblante, se rappelant qu'elle était seule, sûrement de sa faute, mais le résultat était le même : seule. Et ne dis rien, j'ai bien le droit de te parler, on est presque arrivé.

Elle se glissa sous son bras pour lui faire face et s'assit sur le bord du bateau en face de lui. Ses yeux bleus ne quittaient pas les siens, attendant une réponse. Elle respira profondément, pour écarter un sanglot.

- Je ne suis vraiment pas ton amie ? Si je t'ennuie tant, je n'ai qu'à disparaitre sur les terres et Dagon t'en voudra pas si tu ne peux plus t'occuper de moi. Il sait que je suis rusée. J'aurais pu facilement te semer.

Elle haussa les épaules. Après tout, quitter Wayn, ces îles qui ne l'acceptaient pas, même pas son père, toujours déçu... Sargon serait quelqu'un de regretté, il est vrai, mais comme disait Gabriel, il serait bien venu le temps où elle découvrirait que le monde offre bien plus qu'un arrogant Harloi pour réchauffer le cœur. Belle comme un coeur, elle trouverait facilement toutes sortes d'homme. Oh, elle n'était pas sérieuse, mais il était vrai qu'au moment où Lakdahr l'avait assené de vérité non avouée, elle était motivée à quitter son ancienne vie.

- Est-ce que au moins, tu me pardonnes ? Sinon, je dirais à Dagon que t'as failli me tuer. T'aurais pu et tu te serais mis dans une belle mouise ! Tu te rends pas compte. J'en vaut pas le coup !

Elle croisa les bras, lui faisant quelque chose qui s'approchait du sermon. Elle détourna son regard, pour regarder les terres de l'Ouest qui de dessinaient à peine sur le paysage, comme une âme. Puis continuant de regarder le continent du quel ils s'approchaient, elle ajouta l'air de rien.

- Il faudra bien que tu me pardonne et me supporte. Je dors avec toi une fois chez Damon... J'ai pas la tête à être gentille avec lui, j'ai assez donné je crois...

Oui, Lakdahr pouvait largement comprendre ce qu'elle disait sous silence. Il soupçonnait déjà que Damon Tarbeck aimait passer du temps avec elle et non pas pour discuter. Elle n'était vraiment pas d'humeur à jouer les dociles fer-née qui se laissait manipuler par un homme se sentant puissant, alors qu'il était minable. Assez de jouer les femmes dociles et intéressées pour gagner sa confiance. Au moins, si elle se trouvait avec Lakdahr, il ne viendrait pas l'embêter, cela non. Il fallait qu'elle se repose et qu'elle se change les idées. Quitter son mari et les îles, pour aller faire des acrobaties avec Damon ne lui plaisait point du tout. Puis, Lakdahr l'avait tellement malmenée, qu'elle était souffrante. Est-ce qu'il comprendrait son appel à l'aide.


Dernière édition par Deirdre Pyke le Lun 21 Mai 2012 - 2:22, édité 1 fois
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Lakdahr l'Edenteur
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♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
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Message Dim 20 Mai 2012 - 21:56

Les sinuosités de la mer parvinrent graduellement à le pacifier, dans la mesure où la harpie responsable de son aigreur n'était plus à ses abords. Mais que faisait-il sur cet esquif ? S'il avait pu, Lakdahr aurait sauté par dessus bord pour rejoindre l'archipel de rocaille à la nage, même en apnée si cela avait permis de se débarrasser de celle qui lui putréfiait l'existence. Il ne s'étonnait guère plus que touts les insulaires ou presque ne témoignaient que trop peu d'estime à son égard, son statut natal n'arrangeant en rien sa notoriété. Lui, n'était pas le fruit d'une bâtardise, du moins, pas aux yeux de la société fer-née. Les choses auraient été différentes s'il avait vu le jour sur le continent, une réalité saugrenue et futile à laquelle il songeait pourtant parfois en repensant aux origines de sa génitrice. Si Deirdre avait été glorifiée d'une éloquente vénusté par leurs déités sacrées, sa condition d'illégitime venait se suppléer à cette dite beauté, car porter le patronyme de Pyke était un handicap duquel on ne se détachait jamais. Leurs histoires n'étaient point les mêmes, mais au fond, il comprenait l'irascibilité qui, constamment, l'animait. Elle en voulait à la contingence, elle en voulait au monde, à l'univers tout entier d'être ce qu'elle était. Puis, là où lui avait préféré la discrétion et une certaine forme d'autarcie sentimentale, elle, ne perdait jamais une opportunité d'exprimer son spleen à qui se situait à proximité. Elle jugeait que tous, d'une façon ou d'une autre, la méprisaient ou ne couvaient que le désir de lui nuire, par conséquent, elle en faisait de même. C'était, en partie, la raison pour laquelle lui-même était l'une de ses sempiternelles victimes. Aussi avenant aurait-il pu être envers elle, que la jeune femme trouverait toujours une allégation pour agir comme elle le faisait. Il l'avait compris et avait également appris à s'y faire, ce qui ne l'encourageait pas à fournir de quelconques efforts pour se faire plus obligeant qu'il ne l'était. Il avouait ne pas être un modèle de déférence ou d'altruisme, mais au moins avait-il l'intelligence de ne pas s'attirer la rancoeur de la majorité de ceux qu'il rencontrait. Paradoxalement, si sa carrure dantesque et son caractère acrimonieux dissuadaient les gens de l'approcher, il comptait bien plus d'alliés que d'antagonistes dans sa palette d'accointances.

De longues heures avaient flué simultanément au bateau à travers l'étendue maritime. N'en fallut-il pas moins pour que le forgeron ait chassé l'amertume avec laquelle ils avaient débuté leur traversée. Le calme s'était répandu sur l'embarcation, seulement importuné par les gloussements hilares des marins au gouvernail ou installés où ils le pouvaient pour pocharder. Lakdahr lui-même n'était pas resté inerte depuis son agression sur la sylphide des îles, alternant les voyages dans les cabines étriquées – dans lesquelles il avait bien du mal à passer soit dit en passant – où ses affaires séchaient et les succinctes discussions avec ses homologues fer-nés. Il avait consciencieusement veillé à ne surtout pas passer aux abords de Deirdre qui, elle, n'avait presque pas bougé de sa place depuis qu'il l'y avait envoyée avec intention de la meurtrir. Et à dire vrai, il n'était pas mécontent qu'elle préfère la compagnie d'un Perwyn assoupi plutôt que la sienne, tous deux avaient eu besoin de réfléchir sur leur altercation et les propos qu'ils avaient tenus l'un envers l'autre. Le jeune homme s'en était retourné à l'extrémité de l'esquif, ses prunelles d'onyx rivées sur le paysage redondant duquel l'on percevait à peine des terres. Egaré dans les méandres de son esprit, il n'entendit pas la gazelle arriver à pas feutrés dans le but de rétablir le dialogue. Il fut presque surpris de sentir un étau se refermer sur lui avec une sensualité qui ne laissait aucun doute sur l'identité de celle qui se congloméra à son échine. Gardant position, il aperçut l'intruse du coin de l'oeil, celle-ci cherchant à se faufiler sous son bras pour mieux attirer son attention. Après une furtive lorgnade, le géant feignit de s'intéresser à l'écume provoquée par les vagues alors que le clairon cristallin de la demoiselle s'adressa à lui. A ses premières tirades, il ne répondit qu'un bref râle, puis fut contraint de lui faire face alors qu'elle s'était assise sur le rebord. Elle l'assomma de logorrhées susceptibles de le contrarier une fois encore et qu'il réprouva en tiquant violemment. Lorsqu'elle le houspilla comme un enfant en faut, il crut rêver, et se serait inexorablement insurgé si elle ne le prit pas, derechef, au dépourvu.

« Quoi ?! En quel honneur je partagerais ma couche avec toi ! » Là où d'autres quidams auraient vu une occasion de profiter de cette anatomie tout en convexité, lui ne percevait qu'une manière de l'agacer plus encore. Elle ne reculait devant rien pour être au centre de l'attention, bien que cette fois, il crut entrevoir une certaine détresse dans sa phonation. Pour autant, il fustigea. « D'habitude écarter les cuisses pour le premier j'en-foutre qui passe te dérange pas ! Ah, tu sais l'ouvrir pour satisfaire les sottards, mais pas pour simplement refuser de te donner comme une catin, hein ! » La foudroyant du regard, il prit conscience qu'il lui tenait encore rancoeur pour sa brimade précédente et que, peut-être, ses mots dépassaient sa pensée. Il ne doutait pas que Damon chercherait le stupre auprès d'elle, il avait pris marotte à les voir disparaître plusieurs heures durant pour ne les retrouver que plus tard, le mâle satisfait. Lui, n'avait aucune envie d'avoir à la supporter la nuitée en plus de la journée, mais il estimait qu'elle n'avait pas fui son époux pour subir les désirs grivois d'un autre. Son rôle était de veiller sur elle, en tout point, il se rétracta donc plus ou moins explicitement, en détournant la tête. « Humpf... On verra quand on arrivera, p't'être qu'il sera même pas là pour nous accueillir, ce serait pas la première fois. »

Accoudé au rebord, il reposa ses calots sur la jeune femme, qu'il toisa tout en réfléchissant. Elle était une sacrée bougresse, qui prenait un plaisir malsain à s'embourber dans les pires situations pour ensuite se lamenter des conséquences. Il s'était toujours demandé pourquoi elle s'était offerte au sieur Tarbeck, ce simple freluquet qui trouvait son épanouissement dans la rhétorique de la politique plutôt qu'au maniement des armes. Le concernant, il ne trouvait rien d'élogieux au refus de guerroyer, n'était-ce point la charge de tous les hommes ? Les fer-nés étaient, par définition, des guerriers, et il trouvait en la civilité de la majeure partie des continentaux une indicible source de mépris. Qui ne pouvait défendre sa vie en combat n'avait aucun honneur, et sans dignité, la survie n'avait aucune préciosité. Des dogmes erronés par son quotidien sur les Iles-de-Fer et l'Antique Voie qui, malgré tout, trouvait écho en lui. Jamais les raisons ne seraient-elles trop nombreuses pour justifier la haine ancestrale des insulaires envers les Ouestriens, mais tout bien considéré, il s'agissait de la croupe de Deirdre et non de la sienne. Damon était un personnage avec lequel il pouvait converser sans le menacer du poing, si ce n'était ses étranges moeurs, il n'avait rien à lui reprocher. Et elle, dans tout cela, trouvait-elle réellement sa place ? Il l'avait désarçonnée en mettant en doute ce qu'il était pour elle, d'ailleurs, il n'avait nullement l'intention de l'éclairer d'avantage. Présentement, dans cette délégation, il était son cerbère, sur ordre du lord Ravages et c'était tout ce qui importait. Soudain, il se rendit compte qu'il rêvassait sur une courbe anatomique certes mise en valeur, mais sur laquelle il était fort malvenu de s'attarder. Les mirettes plongées dans l'abondant décolleté de l'indocile, il les replaça sur l'horizon comme si rien ne s'était produit, jugeant qu'elle n'avait point à dévoiler tous ses atouts si elle ne désirait pas que d'autres en profitent. Cependant, s'il en avait éhontément apprécié la vision, cela ne l'avait pas submergé d'envies libidineuses qu'il chercherait fatalement à assouvir. Déjà, son esprit vagabondait au-delà des mers, il soupira avec lassitude.

« Contente toi de faire ce pour quoi t'as été envoyée. Moi, j'suis là en cas de problème, j'viens pas te tenir la main par simple plaisir de t'accompagner, mets-toi ça dans le crâne. » Ce qu'il voulait ? Qu'elle cesse de lui manquer de respect et qu'elle se tienne tranquille jusqu'à leur retour à l'archipel. « J'serai aimable quand t'auras décidé de l'être. »

Des preuves, et moins de paroles faussées. Lakdahr ne croyait que ce qu'il voyait et, tout comme elle, il était particulièrement buté. Son discours pouvait donner l'impression qu'il n'appréciait guère la jeune femme, cinglant et appuyé, pourtant, ce n'était pas le cas. Il n'était simplement pas homme à avouer ses bons sentiments facilement, il préférait se camoufler au revers d'injures et autres scélératesses gratuites. Deirdre n'échappait pas à cette règle qu'il infligeait à ses acolytes les plus proches, dont Gabriel. Il n'était pas celui chez lequel elle pourrait se réfugier pour trouver de la tendresse, pour cela, encore avait-elle le fils Harloi dans l'hypothèse où celui-ci voudrait toujours de sa chaleur. Wayn n'était inextricablement pas une source de réconfort non plus et il savait que la demoiselle ne vivait pas au mieux sa récente union avec l'homme d'arme, la démonstration lui avait été faite aujourd'hui encore. L'évocation du fer-né lui rappela un détail qui lui avait échappé, les propos que la sylphide avait avancés concernant un éventuel adultère avec lui. Il était temps de s'en aller en quête d'explication, ce qu'il fit en se redressant, l'index pointé en sa direction.

« Au fait, toi ! » Ses sourcils se froncèrent. « Qu'est ce qui te prend de dire à Wayn qu'on couche ensemble ! J'dois être le seul que tu te sois pas encore fait sur l'ensemble des îles et j'tiens pas à être impliqué dans tes histoires ! T'étonne pas si tu te reçois des coups, après ça. » Il désigna le poignet blessé de la dryade. « D'ailleurs, c'est lui qui t'a fait ça ? »

Il avait remarqué son bandage depuis qu'ils avaient quitté le rivage sur lequel ils s'étaient rejoints, sans avoir l'opportunité de l'interroger sur son origine. Cependant, après la scène de violence dont il avait été témoin entre les deux jeunes époux, il était intimement persuadé qu'il était le responsable de cette blessure que Lakdahr n'avait, en passant, certainement pas arrangée.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Message Lun 21 Mai 2012 - 17:12

Elle avait décidé la première de rétablir le contact, sans manquer d'être douce et peut-être lascive. La sensualité faisait partie d'elle à force d'en user avec quiconque elle rencontrait. Presque pas une seule fois, elle n'avait pas joué de ses formes ou de son art pour séduire. Or, elle était venue avec humilité, timide. Elle avait pudiquement cherché les yeux de Lakdahr, son attention et lui demandait s'ils pouvaient mettre un terme à leur petite guerre de la journée. Elle finissait toujours pas venir lui demander pardon quand ils se disputaient ainsi, ou sinon, le temps sans se voir ni se parler le faisait. Il avait râlé, comme à son habitude. A croire que les hommes aussi imposant et costaud, de tel mastodonte n'arrivaient à s'exprimer qu'en grognement et autre bruit primaire. Elle s'assit sur le bord, l'obligeant à lui faire face. Enfin, il pouvait bien lui tourner le dos et aller plus loin, mais ce serait comme perdre devant elle. Puis, il était bien moins enfantin qu'elle. Il s'énervait, était en colère, mais ne boudait pas comme un nourrisson de noble. Elle lui exposa plusieurs arguments sur les bienfaits d'accepter ses excuses et de la pardonner. C'est alors quand elle l'informa qu'elle viendrait partager sa chambre, pas spécialement la même couche, qu'il s'enflamma. Enfin une réaction, Deirdre retenait un petit sourire. Or elle le perdit vite. "Catin" était encore un mot qui revenait dans les phrases à son encontre.

Elle le laissa à peine finir sa phrase, serrant ses mains sur le bord collant et humide du bateau, les jointures de ses phalanges blanchissant d'aigreur.

- Car je ne suis pas une catin ! Je t'ai déjà dis de ne jamais me comparer de loin ou de près à ça ! s'égosilla t-elle.

Elle avait légèrement levé le poing et le reposa sur l'ourlet. Elle détourna les yeux. Oui, ça elle le lui avait dit. Voulant la taquiner brièvement en la nommant catin, elle était entrée si subitement dans une rage folle, lui sauta dessus et se montra bien plus violente et hors d'elle qu'il y avait quelques heures. Sargon l'utilisait déjà bien trop à son goût, tout le monde même. Elle ne le supportait plus. Elle oublia vite. Elle laissa couler. Pas besoin de finir de nouveau par dessus bord. Une fois suffirait pour la journée. Oui, elle se vendait, gratuitement ou contre parfois juste de l'attention, une confiance, un toit. Mais comment faire autre chose ? Depuis qu'elle était bonne à être mariée, elle était ravissante : une pépite d'or sur les îles rocheuses. Même son père le lui faisait comprendre "tu sais bien peux t'servir de ta tête, sers donc toi de ton cul, y'a que ça chez toi !" Comment être une autre, quand tout le monde vous voyait ainsi. Elle finissait par s'en convaincre. Elle n'était pas si forte dans l'ensemble, pas réellement, elle avait juste sale caractère et pouvait vivre sans manger pendant plusieurs jours, mais après, mentalement, c'était une autre affaire. La preuve, n'était-elle pas amoureuse de Sargon. Il est vrai qu'elle aurait pu faire un pied de nez à tout le monde, en se trouvant une autre particularité que d'être simplement belle et de savoir séduire les hommes ... Dagon aurait aimé. Deirdre avait tellement de potentiel, mais elle s'était ancré dans un récif et restait immobile, bloquée, voir s'enfonçait de jour en jour. Elle se persuadait elle même de maux qui pourraient facilement disparaitre : sa naissance, ses capacités, son actuelle situation. Elle pouvait toujours tiré le meilleur de chaque, avancé, faire oublier ses lacunes, ses défauts. Non, elle se noyait dedans et se réduisait. Elle aurait pu faire des fureur. A croire, comme Harlon le Rouge le répétait souvent "Un telle beauté, elle va rendre des comptes au Dieu Noyé". Etait-ce lui qui la forçait à n'être qu'un beau trésor, qu'on oubliait dans une salle du Donjon ? Harlon aurait approuvé, Dagon infirmer, sa phrase maîtresse étant qu'on était le seul maître de son esprit. Il n'y avait que Deirdre pour se sortir de là, mais elle était bien trop puérile. La première chose qui arriverait à lui faciliter la vie, étant d'arriver à se détacher de Sargon, mais à ce jour, c'était encore impossible. Elle était trop amoureuse et parce que bêtement, on le lui interdisait, alors elle le voulait et là encore plus désormais mariée.

Elle répliqua à ce qu'il disait de l'attitude un peu impoli de Damon. Il ne s'étonnait plus, et pareille pour elle, de l'aspect désinvolte que pouvait avoir ce qui n'était même point un Lord. Un traitre, pourri de l'intérieur jusqu'à l'extérieur. Elle haussa les épaules.

- Bah, tu seras libre s'il n'est pas là, c'est tout.

Elle était sincère. Elle lui demandait vraiment de la garder auprès de lui, pour éviter Damon et non pas dans l'idée de l'embêter. Oh, elle savait bien qu'il réagirait aussi impulsivement et négativement, mais elle essayait quand même. Elle avait des envies de meurtre rien qu'à l'idée de passer une nuit avec ce Tarbeck. Ses lèvres pleines s'élevaient d'un côté en un adorable rictus. Il lui laissait l'espoir d'un accord pour qu'elle puisse rester auprès de lui. Ce n'était pas gagné, mais c'était déjà une grande victoire et un repos pour son âme.

Il était loin, très loin dans le beau paysage infini de la mer qui les entouraient. Il avait l'air pensif. Ses yeux étaient totalement perdu dans la vague, non pas de la mer finalement, mais des formes de la demoiselle. Deirdre qui attendait qu'il parle, ou une attitude, un sermon, le fixait. Elle fronça les sourcils et suivait la ligne de ses yeux, voyant qu'il s'était perdu sur elle. Penchant doucement la tête, sceptique, étonnée. Lakdahr n'était pas un homme qui cherchait à la séduire, ou l'avoir, ou même la désirait. Une chose qu'elle appréciait grandement chez lui. Peut-être était-ce aussi pour cela qu'elle le supportait plus qu'elle ne le laissait paraitre. Sinon, elle l'aurait rapidement semé et oublié. Elle savait se débarrasser de qui elle voulait, reine de la fuite. Elle n'avait pas simplement peur de lui, car la crainte l'aurait aussi pousser à s'échapper. Non, juste il était un homme estimable, elle devait bien l'avouer et différent. Il ne la voyait pas comme une belle sirène, plus une idiote et même si c'était comme une idiote, elle appréciait. Cela changeait. C'était bien ce qu'elle pensait, lorsque enfin, Lakdahr daigna donner un signe de vie. Il s'était perdu dans les limbes. Elle regarda dans la même direction que lui, un petit sourire amusée sur les lèvres.

Il lui demanda de se tenir à carreau et peut-être qu'il serait apte à bien vouloir la protéger, même de l'homme pour lequel elle avait été envoyé sur Westeros. Elle le regarda un long moment.

- J'essaierai, si t'arrête de baigner tes yeux sur moi, le taquina t-il. Tu ne vas pas t'y mettre à ton tour.

Elle leva les yeux vers le ciel, appréciant les bourrasques de vent qui couraient sur l'océan et venait les fouetter, plus violent parfois. Les cheveux au vent, elle ne faisait plus qu'un avec la nature. C'était si agréable. Non, elle ne pourrait quitter le bord de l'eau, même si elle souhaitait s'enfuir des îles.

A nouveau, elle faillit quitter le bord du bateau. Mais quel homme sans aucun tact. Etait-il obligé de hausser le ton aussi subitement, alors qu'elle s'était laissée portée comme un aigle planant dans le ciel. La jeune femme lui lançait des yeux bleus plein de provocation. Elle faisait ce qu'elle voulait avec son mari, non ? Elle regarda le vulgaire bandage qu'elle avait au poignet. Elle n'avait osé l'enlever après l'altercation avec Lakdahr, de peur que cela se soit aggravé. Son visage perdu sur son entorse, elle resta un moment silencieuse et montra fièrement sa blessure.

- D'après toi ! Wayn a voulu me montrer qui décidait et qu'à aucun moment, il n'hésiterait à me brisé. Il m'a montré qu'il n'avait pas peur de me faire mal, qu'il n'avait aucune implication envers moi, mais que c'était moi qui en avait... Tout ça, parce que je n'ai pas voulu de sa verge, soupira t-elle. Et ne t'inquiètes pas, grand guerrier qui a résister à la sirène que je suis ! Il ne me croyait pas, et ne me croira jamais. On pourrait bien se tripoter en toute sécurité. La preuve, il t'a parlé quand il est sortit, sinon, il t'aurais déjà émasculé. Il a beaucoup trop confiance en toi et à même trop d'estime pour ta personne à mon goût. J'étais énervée, j'ai sorti ça sans réfléchir, voulant cassé l'image parfaite qu'il avait de toi. Mais je ne le referait plus. Enfin, j'essaierai. C'était une défense comme une autre, vous êtes tous contre moi ! Faut pas vous étonner après si je deviens vicieuse ! rétorqua t-elle comme une adolescente.

Elle quitta le bord du bateau et resta un moment devant Lakdahr. elle regarda l'eau que la proue fendait avec hardeur. On voyait l'ombre des côtes de l'Ouest se marquer de plus en plus dans le camaïeu de bleu qu'offrait le ciel et l'eau. Elle se laissa doucement glisser contre le planché pour s'asseoir et être un peu plus à l'ombre d'un soleil trop pudique. L'histoire d'une heure et ils arrivaient.

- Je vais être aimable jusqu'à ce qu'on arrive, pour cela, je vais sûrement me taire, dit-elle, accompagnant le geste à la parole, comme si elle cousait sa bouche, un sourire espiègle.

Elle se laissa balloter sur le navire, observant Perwyn qui dormait toujours, mais entre temps, s'étant couvert le visage de sa chemise, pour ne pas brûler derrière un soleil traite, caché derrière de fin nuage. Elle avança secrètement et discrètement son pieds vers le mollet musclé de Lakdahr, avant de l'aguicher gentiment.

- Tu ne m'as pas dis jusqu'où je dois être aimable, lui chuchota t-elle, d'une voix mielleuse, une posture qui mettait ses courbes en valeurs, alors que son pied continuait toujours de le flatter.

Elle adorait l'enquiquiner en jouant les petites femmes mutines. Il était si froid à son égard, comme Yoren et s'en était plus que ludique. Il savait parfaitement qu'elle se jouait de lui.
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Lakdahr l'Edenteur
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♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
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♦ Lieu : Les Iles de Fer
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Message Mer 23 Mai 2012 - 22:58

Si son phonème s'était fait plus grondant, son soubresaut aurait suffit à ce qu'elle retourne marivauder avec la poissonnaille. Etait-elle si peu sereine d'esprit pour s'effrayer de si peu de choses ? Il n'était point réputé pour ses bonnes manières, bien peu de fer-nés pouvaient se targuer d'être des parangons de bienséance et Wayn n'était pas l'exception à la règle. Tout comme lui, il n'était qu'un fruste de plus qui n'avait d'intérêt que pour la ripaille et la guerre, trouvant ses aises dans les jupons du lord Ravage et sur le pont de la Sirène Noire. Par plusieurs fois, ils avaient navigué ensemble, s'étaient entraidés lors des rapines sur le continent et s'étaient même surpris à quelques accès de camaraderie. Il n'était qu'un homme d'arme à l'instar de tous leurs semblables, aussi, ses épousailles avec la bâtarde Harloi en avait stupéfait plus d'un, Lakdahr le premier. La surprise passée, il comprit promptement les desseins de l'héritier Greyjoy quant à une tentative d'assagissement sur une demoiselle bien trop pugnace. Puis, il y avait Sargon et l'incestueuse relation qu'ils entretenaient, ce mariage était également une façon de dissuader le capitaine de la Veuve Salée de poursuivre cette outrageante promiscuité dont il n'avait pas même conscience des réelles répercussions. Le forgeron ignorait lequel de cette triade amoureuse était le plus à plaindre : Deirdre et ses sentiments tourmentés, Wayn et son supplice conjugal ou Sargon et son impéritie de la vérité ? Il en jurerait, toute cette histoire n'aboutirait pas à la plus heureuse fin qui soit et son intuition lui sommait de ne surtout pas faire ingérence parmi le trio. Déjà trop impliqué à son goût, essentiellement par ses diverses délégations de surveillance, il ne tenait pas à s'attirer les foudres d'un époux jaloux quand bien même il n'aurait nullement peur d'en découdre en cas de provocations. Son harmonie de vie, il y tenait, et se contentait parfaitement des quelques remous amicaux que ses plus proches accointances lui infligeaient. Une attitude égoïste, il l'admettait sans mal, mais la plus individualiste du binôme était encore la jeune femme, qui ne semblait pas jauger de l'impact que pouvaient avoir de tels propos, ceci même si elle ne les eut pas sérieusement pensés. Elle était pire que lui, puérile à n'en plus pouvoir, une jouvencelle bégueule enfermée dans une enveloppe corporelle digne d'une muse. Il fut tant accablé par la redondance de ses geigneries qu'il obtempéra en faveur d'un mutisme à l'orée du désespoir. Ses vitupérations seraient vaines face à une telle tête de pioche, mieux valait qu'il fasse fi de cette anicroche au risque que la belle n'en subisse également les conséquences. Car s'il s'écoutait, ce serait lui qui l'enverrait retrouver la poiscaille, par dessus bord !

Le Dieu Noyé soit loué, elle sembla omettre cette contrariété sans qu'il n'ait besoin d'en faire la réclamation. La tête du mestre fêvre suivit la descente de la sylphide en se baissant simultanément à elle, le faciès subitement ébauché d'une méfiance sans équivoque quant à l'annonce d'un effort de sa part. Sa risette lutine lui confirma qu'il n'était question que d'une simple accalmie par laquelle elle lénifierait les esprits échauffés, avant de revenir à l'offensive avec encore plus d'ampleur. Bien incrédule donc, le colosse opina négativement du chef en chassant une houppette qui lui taquinait l'oeil sous l'influence du vent. S'il savait que le retour des facéties était inéluctable, il ne pouvait que conjecturer quant au moment fatidique où ses nerfs seraient remis à rude épreuve. Si elle se faisait véritablement discrète jusqu'à Port-Lannis – voire jusqu'au château Tarbeck ? - il aurait alors tout loisir de prendre du repos et de se préparer pour ce séjour qu'il augurait long et monotone Maudits Ouestriens.

« La meilleure initiative que t'aies jamais prise, j'en pleurerais presque. » Il cala son bassin contre le rebord pour y trouver appui, puis croisa les bras. « T'as qu'à piquer un somme avec Perwyn. A peu de choses prés il téterait son pouce celui-là. »

Il lorgna le principal concerné, encore assoupi sous son habit pour ne pas prendre plus de couleurs qu'il n'en avait. Ses prunelles de jaspe obscur se levèrent en direction de l'astre diurne, les mirettes à moitié closes tant les rayons solaires furent ardents. Les heures seraient encore nombreuses avant d'atteindre le littoral, aussi songeait-il à se trouver une occupation autre que d'affubler Deirdre de ses quatre vérités. Il avait emporté avec lui une poignée de dents fraîchement extirpées de sa collection délaissée à la forteresse de Pyk et qu'il pourrait bien se délasser à joindre ensemble, dans le but de les préparer à être incrustées dans ses prochaines oeuvres. Pour cela, encore devait-il se résigner à rallier ses affaires délaissées un peu plus tôt et présentement, il n'en avait pas le courage. Certainement touchée par sa détresse, l'indocile estima judicieux de lui apporter son aide dans sa décision en l'importunant sournoisement. Interloqué par ce qui pouvait bien lui flatter la cheville de la sorte, le fer-né se pencha aussitôt pour distinguer le responsable : une jambe gracile qui se plaisait à le peloter et dont, à l'autre bout, l'observait un minois des plus fourbes. Il ne toisa qu'un furtif instant tout ce déploiement de volupté qui, bien qu'il l'appréciai derechef, n'eut été source d'aucun émoi si ce ne fut de l'agacement.

« Arrête ça... » Elle fit la sourde oreille. « J't'ai dit d'arrêter ! » La bougresse sembla prendre un malin plaisir à continuer et il dut brusquement chasser son pied. « Réessaie et j'te fiste avec le mât jusqu'à ce qu'il te ressorte par la bouche, t'es prévenue ! » Il s'écarta d'elle. « Que la mer t'emporte ! Moi j'vais boire un coup. »

Il signa sa reddition d'un ample geste du bras avant de s'éloigner de l'indocile, rejoignant ses homologues marins pour partager une chope de leur gueuze. Le voyage était loin de toucher à sa fin, les reliefs côtiers n'étaient encore que des formes indistinctes sur l'horizon et leur périple ne se terminerait pas une fois arrivés à quai. Le soleil eut amplement le temps de poursuivre sa course dans les cieux avant que le prestige de Port-Lannis ne soit réellement visible. Aux abords du littoral des Terres de l'Ouest, même les eaux paraissaient différentes, moins enclines aux tumultes, presque nobles, à l'image des protagonistes qui les sillonnaient. Il était plus qu'évident que les matelots du continent seraient bien inaptes à naviguer dans les flots qui embrassaient les îles de rocaille et de sel. Une emphase qui flânait dans l'esprit du titan des forges alors que leur esquif s'approchait de l'appontement pour y être amarré, fièrement positionné au plus proche de la proue dans un silence quasi religieux. La foule était telle que nul ne prêterait attention à eux dans la mesure où ils s'évertuaient à ne point attirer les oeillades sur eux. Son demi-frère n'avait cessé de le lui répéter : il lui fallait faire preuve d'une extrême prudence, se méfier du moindre galbe, de la moindre résonance et surtout... Ne jamais quitter sa protégée des yeux. Par ailleurs, où était-elle ? Le jeune homme se hâta de la chercher de son sombre regard jusqu'à l'apercevoir aux côtés de son fidèle Perwyn, éveillé depuis longtemps maintenant. Dès lors qu'ils furent enclin à toucher terre, la donzelle fut priée – au risque de se voir assommer d'un bon revers – de rester à ses côtés en toutes circonstances. Puis, il lui recouvrit les épaules d'une pèlerine noirâtre qui lui servirait tant à se prémunir de la froidure de sorgue qu'à accentuer leur discrétion. Il fit de même avec une autre bribe de tissu perforée par endroits, puis, après avoir salué leurs semblables insulaires qu'ils ne retrouveraient que pour le retour, entamèrent leur propre chemin. Damon s'était tout de même donné la peine de leur envoyer une cohorte de sentinelles pour mieux les guider à travers la contrée. Puis, ainsi accompagnés de quidams aux armures ornementées de la figure héraldique de la maison Tarbeck, personne ne serait à même de soupçonner leurs origines. Car en effet, leur pérégrination n'était pas encore finie.

Si d'ordinaire leur embarcation amarrait dans l'une des bourgades mitoyennes à la demeure du seigneur qui les accueillait, les hommes de main de la Seiche d'Or s'étaient vus investi d'une mission les contraignant à naviguer jusqu'à Port-Lannis. Dagon ne s'était guère ennuyé à lui apporter plus d'explications, condamnant ainsi le binôme à emprunter la voie terrestre pour parvenir à leur destination. Fort heureusement, une journée serait amplement suffisante pour qu'ils atteignent le bastion, la plus délicate des perspectives étant de préserver la sauvageonne de s'attirer le moindre revers de fortune durant le chemin.

Ce ne fut – par miracle – pas le cas, et le duo de fer-nés longea le rivage vingt quatre heures durant jusqu'à apercevoir les remparts tant espérés. Escortés par les gardes avec lesquels Lakdahr n'eut pas une fois conversé durant le trajet, ils pénétrèrent dans l'illustre bâtisse alors que la nuit recouvrait Westeros. Dans la cour, quelques flux de soldats flânaient de part et d'autre, lorgnant leur arrivée avec intérêt jusqu'à ce que celui qui s'apparentait le plus à leur supérieur hiérarchique vint à leur rencontre, leur délivrant un renseignement qui ne stupéfia nullement le géant.

« Tsssah... Je t'avais dit qu'il serait pas là, on va devoir attendre que sa seigneurie daigne revenir. » L'entendant, le capitaine de la garde leur fit savoir que le sieur serait rentré aux premières nitescences de l'aurore prochain, appelé par une affaire de féodalité qui requérait sa présence. Puis, il indiqua à la jeune femme qu'il souhaitait converser avec elle en privé pour lui remettre – disait-il- des recommandations de son suzerain. Rien de surprenant à cela, après tout, la belle était encore la principale interlocutrice dans cette connivence entre le continental et l'archipel de fer – en apparence, tout du moins. Il ne se fit pas d'illusions sur les hypothétiques intentions du quidam qui invitait Deirdre à le suivre, tous avait – sous ordres directs de Damon – interdiction de porter la main sur elle. De plus, le regard assassin dont le gratifia le colosse suffirait à estomper le peu d'espoir qui demeurait si espoir il avait véritablement eu. « Vas-y, toute façon, t'as rien à craindre. On s'revoit plus tard. »

Il l'encouragea d'un signe de tête, la laissant disparaître en compagnie de la sentinelle avant de s'en aller de son côté. Ce n'était guère la première fois qu'il arpentait les corridors de cette demeure et il parvenait désormais à s'y orienter sans aide particulière, jugeant que de toute façon, rien ne pouvait être pire que le dédale de la forteresse de Pyk dans laquelle il naquit. Ses appartements étaient toujours les mêmes – raison pour laquelle il en connaissait la localisation – et il s'y engouffra instinctivement lorsqu'il les atteignit. Le faste qui le reçut le laissa impassible, prétendre que le velouté des soieries lui était déplaisant aurait été mentir, mais il ne parvenait à comprendre tout ce déploiement ostentatoire dont la préciosité aurait été utile à tant d'autres choses. Il doutait qu'être vêtu d'habits sertis de gemmes et brodés de tissus importés de l'antipode du continent avait une quelconque utilité. Ce monde n'était pas le sien et ne le deviendrait jamais en dépit de ses quelques origines maternelles. Quand bien même, le jeune homme s'installa à sa guise, se surprenant même à manquer de sombrer dans la narcose lorsqu'il s'installa un bref instant sur les couvertures. Cependant, ne désirant point se reposer séance tenante – du moins pas avant de s'assurer que Deirdre était en sécurité – il décida de s'improviser badaud dans les forges du bastion, rattrapé par son instinct de mestre fêvre. Combien de temps resta t-il à examiner les ressources présentes dans cet antre qu'il aimait tant ? Une heure, tout au plus, en se promettant de s'y attarder plus longuement dès le lendemain. Puis, il regagna sa chambre, la physionomie tiraillée par la fatigue du voyage et de ses accès de colère. Mais alors, quelle ne fut pas sa surprise en mirant une masse emmaillotée dans ce qui était encore SA couche. L'identité de la personne ne lui légua aucun doute.

« Mais... Qu'est ce que tu fous ?! Deirdre, sors de là ! »




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Message Jeu 24 Mai 2012 - 14:43

Elle lui avait promis d'être sage et oui, Lakdahr aurait bien du se méfier de son petit sourire narquois sur ses lèvres pleines. Elle ne pouvait rester totalement sage et silencieuse, à moins qu'il ne la brise à nouveau, autant physiquement que moralement. Mais voyons le résultat, quelques heures et elle était revenue à la charge, même si c'était pour s'excuser. Elle restait toujours acide et ironique, agaçante. A peine avait-il cru qu'elle avait pris de bonnes résolutions qu'elle était venu doucement titiller sa cheville musclé, de son pied fin et aux mouvements souples et sensuels. Elle sourit en serrant les dents, espiègle, lorsqu'il lui demanda fortement d'arrêter ses bêtises. Elle était comme une enfant. Elle continua de plus belle, remontant un peu plus sa jambes fuselée, pour que le bout de son pieds s'attaque au creux de son genoux. Il réitéra son mécontentement, mais cette fois-ci, sans oublier de se pencher pour jeter brutalement son pieds, hors de lui. Deirdre fit une petite moue puis se pinça fortement les lèvres l'une contre l'autre pour ne pas rire. Elle était si sobre, imaginez avec un peu d'alcool dans le sang ... La canine qui perçait presque sa lèvre, concentrée pour ramener son pieds vers le géant, ce dernier se retourna et la menaça d'un horrible sort si elle retentait ses enfantillages.

Il s'en alla, la laissant contre le bord du bateau seul. Elle avait toujours son sourire qui lui tirait la bouche d'un bout à l'autre de son visage. Elle ramena doucement ses jambes sous son menton et observait Lakdahr qui vaqua à la recherche de boisson, toujours aussi amusée. Elle était contente qu'il soit plus "doux" ? Non, plus calme du moins, et de le voir si froid avec elle, ne lui donnait que plus envie de jouer avec ses limites. Elle ne voulait pas forcément aller trop loin, juste le titiller, pour l'énerver, le travailler. Juste assez pour éveiller quelque chose, mais pas trop fort, pas trop puissant. Le mettre en colère fasse à ses réactions d'homme.

Elle s'était assoupie et quand elle s'était réveillée, elle retrouva Perwyn, la tête contre son épaule. On arrivait. Elle reconnaissait, rien qu'à l'odeur, l'arrivée du port. Elle regarda le jeune homme, pensant à ce que disait Lakdahr : ouais, malgré son âge, il avait tout d'un enfant. Deirdre le maternait sûrement trop. Enfin cela n'était pas pour déplaire au jeune garçon. Elle passa ses doigts fins dans la chevelure grasse et noire comme les roches de Pyk, afin qu'il sorte de son repos. Il finit par se lever mollement, la bouche grande ouverte pour bailler. Il dandinait d'un pied sur l'autre, pas encore maître de ses muscles. Il dormait encore. Il sauta par-dessus le bord, atterrissant durement sur le ponton en bois, s'écroulant presque. Il grimaça, toujours la bouche pâteuse. Il n'était pas si accoutumé à naviguer comme Deirdre et il avait la tête qui tournait souvent, nauséeux. C'était en partie pour cela qu'il dormait. Il était quand même bien heureux d'avoir mis un pied sur un navire, se retrouver tant assiégée par l'océan qu'il n'avait qu'elle sur quoi poser les yeux. Mieux encore, il était allé sur les îles de fer ! Il avait rencontré ses habitants : des monstres. Pas totalement enfaite, maintenant qu'il les connaissait. Zachery, le fils de Dagon en resterait un par contre. Quel calvaire d'avoir passé ses journées avec ce fou muni d'une épée en bois. Encore fut-il chanceux qu'il avait celle en bois.

Il leva légèrement la tête vers le bateau, ou Deirdre arriva, toujours aussi agile. Même si ce fut sa main gauche qu'elle posa sur le bord, pour balancer ses jambes au dehors et se réceptionner comme un félin, elle le faisait toujours avec autant de facilité. Ouais, les bateau, ça la connaissait bien. Il avait vu certain boutre, d'une hauteur affolante et elle s'en vantait d'y avoir navigué. Quelle chanceuse ! Il aurait tant aimé être au cœur de ce genre de navire, les tambours, les guerriers effrayant qui tiraient tout leur muscle pour ramer.

Lakdahr était devant. Deirdre passa doucement son bras autour des épaules de Perwyn, qui s'empressa de s'appuyer sur elle, enlaçant sa douce main qui reposait sur son poitrail. Le géant se tourna vers eux, elle ne dit rien, ni ne fit de travers. Elle lui fit un petit sourire fatigué. Elle avait un mal de dos affreux. Il lui passa doucement son châle crocheté sur les épaules. Elle le releva sur ses cheveux, et suivit Lakdahr. A eux trois, ils avaient l'air d'une petite famille. Elle rit sans bruit, intérieurement à cette idée. Elle l'entendait déjà râler si elle lui partageait sa pensée, ce qui la fit sourire bien plus. Ils marchèrent une journée, facilement, la meublant de quelques pauses. Perwyn était encore jeune, même s'il avait gagné en endurance avec Deirdre, à force de parcourir les terres, et ses pieds s'étaient endurci. Elle était restée silencieuse. Elle était trop fatiguée. Cette petite sieste avant d'arriver ne lui fit pas tant de bien, ses muscles ayant le temps de refroidir pour laisser place à la douleur. A chaque pas, son dos lui tirait. Elle lui en voulait, à ce rustre fils de Greyjoy ! Quant à Lakdahr, il dut être bien ravi de ne pas entendre, ni ne sentir la jeune femme. Elle ne l'approcha pas, ne l'attaqua pas de sa verve, ni même tenta de jouer les aguicheuses petites catins, comme quelques heures plus tôt.

Le chemin prit enfin fin, alors qu'ils pensaient ne jamais y arriver. Bénédiction. On pénétra dans la forteresse de Damon Tarbeck. La voix du forgeron retentit pour la prévenir que, comme il l'avait prédit, le chef des lieux n'étaient même pas là pour les accueillir. Deirdre, éreinté, ne put retenir un sarcasme :

- Ah tu t'attendais à quoi ? On a eu une escorte, c'est déjà bien. J'en ai pas souvent. Tu aurais aimé qu'on t'annonce et qu'il t'offre le diner. On est des parasites pour lui. Je suis pas que là pour lui flatter sa soif de chair, je dois le surveiller et toi me surveiller moi, alors t'es encore plus insignifiant, se fit-elle froide, le regardant avec une rancœur non feinte pour Damon, son sourcil levé de contrariété.

On la quémanda pour discuter, de quelques affaires, que soit disant Damon voulait mettre au clair. Vraiment ? Deirdre baissa la tête, pour ne pas soupirer et fixa longuement Lakdahr, laissant le second dans son silence. Il lui dit d'y aller. Puis enfaite, pourquoi ? Elle faisait ce qu'elle voulait non ? Il était complètement extérieur à tout cela. Elle tapota la tête de Perwyn qui s'en alla dans la minuscule chambre de Deirdre au fin fond de la demeure. Elle suivit l'homme pour écouter les recommandations du contact de Sargon. Dans une petite salle du fort, elle du supporter de longue tirades sur son rôle, et ce qu'elle devait faire, changer ceci, ou cela, se concentrer désormais sur autre chose et qu'il avait aussi besoin d'elle pour une mission privée. Elle l'écouta sans rien dire, ni même hocher la tête. Pensant qu'il eut fini, elle se dirigea vers la porte pour chasser le lit qui lui offrirait du repos. L'homme l'arrêta un instant, pou lui partager son point de vu. Elle se retourna, le regard plein de suspicion. Il ne lui fit que des éloges sur son art pour corrompre l'âme de Tarbeck de par ses beaux sourires, ses avances et elle le déconcentrait, le détournait du chemin qu'il devait prendre. Elle le perdait dans leurs jeux sensuels. Elle était là, les yeux grands ouverts. Elle n'y croyait pas. C'était elle la fautive. Il finit par dire qu'ils n'avaient pas besoin de catin ici. Elle sera si fort la poignée de la porte que son poignet la tiraillait. Elle souffla lentement, pour ne pas s'en prendre à lui. Si elle pouvait, elle lui décollerait une gifle. Il était si petit et mesquin, qu'il aurait pu l'abattre, où elle le faire plutôt et tout les échanges entre Tarbeck et le Harloi seraient fichus, plus aucun contrat. Elle l'insulta avant de fermer violemment la porte, lui ayant dit qu'il était simplement envieux que sa virilité n'avait pas trouvé plus chaleureux qu'elle pour calmer ses ardeurs.

Bon maintenant, étant meurtrie, que ce soit par Wayn ou Lakdahr, attristé de son mariage, elle était plus qu'en colère. Quel mois laborieux ! Et rien que cette journée lui ressortait par les yeux. Si seulement elle avait eu un repas à rendre, elle l'aurait fait. Le géant l'avait déjà bien déprimé, mais alors là, on la mettait en colère. Forcément, qui allait payer sa mauvaise humeur ? Pourquoi changer, elle l'avait sous la main.

Elle traversa les couloirs, volant un bout de pain en cuisine, et alors qu'elle émiettait son repas sur les pierres froides du fort, elle longeait les corridor et ouvrit une porte. Il n'y avait pas Perwyn, normal, c'était la couche de Lakdahr. Mais lui non plus n'était pas là. Bon, déjà une chance que Damon ne soit pas présent et ne les ait point accueilli, sinon l'entrevu se serait fait avec lui et elle y serait passé, ses genoux s'endurcissant sur la pierre, la mâchoire endolorie. Non merci. Elle tourna un instant dans la chambre de fortune, bien pauvre en décoration, en chaleur ou même en mobilier. Il y avait bien un tonneau qui était reconverti en table, une chaise, une couche pas très grande et dans un mauvais état, si proche du sol, puis un coffre. Il y avait quelques bougies pour éclairer la pièce sombre. Ses doigts effleurèrent la table sommaire du bout des doigts, puis elle caressa ensuite le baluchon de Lakdahr, sans regarder dedans. Elle avait déjà tenté de le voler et ses vertèbres en avaient trembler d'effroi. Ca suffira.

Elle finit par se laisser tomber dans le lit, poussant un soupir d'aise et de douleur. Elle en avait presque oublier son dos, puis la paille, les plumes, tout ce qui constituait la bourre, avait un creux à un endroit. Elle l'avait senti passer. Chopant la couverture avec le pied, la ramenant sur elle, elle s'y blottit, regardant le plafond pensive. La porte grinça. Elle se tourna sur le côté, pour voir la monstrueuse silhouette pénétrer dans ses quartiers minuscules. En l'identifiant rapidement, encore une fois, il poussa sa voix. C'était devenu une habitude. A croire qu'il ne lui parlait jamais avec un volume approprié.

- Non, dit-elle d'une petite voix se cacha t-elle entièrement sous le draps miteux. Il sera là demain matin et je ne veux pas avoir son foutre dans la bouche dès mon réveil ! Et l'autre bougre, m'a traité de créature de mauvais augure qui a dispersé son maître de son droit chemin. Bah bien sûr ! C'est moi qui lui ai baissé ses braies la première pour dire comme sa verge était majestueuse, se plaignit t-elle avec ironie. Alors qu'elle est comme ça, ajouta t-elle, sortant une main des draps pour montrer son auriculaire.

Elle se mit un peu plus en boule dans le lit, et on l'entendait fortement bailler. Elle leva juste un petit pan, pour regarder où il se trouvait dans la pièce, au cas où, il foncerait sur elle, pour lui faire du mal.

- Je te laisse le lit si tu veux, je dormirai par terre, ou alors, sur la caisse là. Mais laisse moi dans ta chambre. Tu m'as dis, si je serai sage, je l'ai été !

Elle se releva en poussant la couette et le froid de la pièce la mordit violemment. Elle se frotta les épaules en se recroquevillant sur elle même. Elle balaya la salle des yeux. Même pas une petite cheminée pour réchauffer la pièce, où un poêle, à disposer sous le lit. Elle se rallongea en repassant la couette sur elle.

- Finalement, je reste là, à toi tout le loisir de prendre le sol où la chaise... Sinon, tu sais je ne prends pas de place.

Un petit sourire en coin. Elle le fixait.

- Après, c'est pas de ma faute si tu as peur de ne pouvoir te tenir. Je sais que je suis irrésistible.

Elle rit, se moquant gentiment de lui, de part sa boutade, roulant dans les draps, comme une enfant. Elle était si détendue de savoir qu'elle aurait un peu de répit avant de voir Damon, son attention et surtout lui rendre service pour sa mission personnelle. Elle ne savait de quoi il était question, mais vu son état, elle n'avait pas envie de parcourir les terres pour sa petite personne.

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Lakdahr l'Edenteur
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♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
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Message Sam 26 Mai 2012 - 14:54

Qu'il avait été sot de nourrir le vain espoir qu'elle l'oublierait jusqu'à l'aube du lendemain, au moins ! La surprendre à même ses draps sans qu'il ne l'y ait autorisée l'étonnait moins qu'il ne le manifestait, elle n'était pas de ces jouvencelles qui revenaient sur leurs propos par simple appréhension des conséquences. S'il eut pensé que l'absence de Damon serait une panacée à ses problèmes, il comprenait s'être fourvoyé et que la belle arborait la première excuse venue pour s'ingérer jusque dans sa couche. Un conciliabule libidineux en compagnie du sieur Tarbeck n'était qu'une question de temps, si ce n'était guère le matin suivant, cela se produirait plus tard dans la journée où à la nuit tombante. Le seigneur finirait par réclamer son instant de stupre, ce qu'il avait toujours fait et ce séjour ne ferait pas exception à la règle. La fuite de Deirdre était donc vaine, se cacher derrière lui ne servirait à rien à moins qu'elle ne le quitte pas même une seconde jusqu'au jour de leur retour, un cas improbable dans la mesure où elle était contrainte de traiter affaire avec leur hôte. Tant frustrée par ce penchant concupiscent, elle exprima sa vendetta en illustrant de ses phalanges ce à quoi s'apparentait la virilité du nobliaux. Face à cette injure, le fer-né ne fit qu'expirer un soupir accablé, ne prêtant absolument aucune importance à ce détail anatomique qui ne le concernait nullement et il n'avait guère l'intention d'aller vérifier l'information. Puis, alors qu'elle manifesta son éreintement à travers de bruyants bâillements, il alla fermer l'huis et fit quelques pas dans la pièce en ébouriffant sa sombre crinière déjà échevelée. Il était vrai qu'elle s'était montrée particulièrement discrète lors des dernières vingt quatre heures, il ne l'avait que peu entendue, si bien qu'il s'était par plusieurs fois demandé s'il ne l'avait pas juste oubliée à bord de l'esquif. Cet assagissement n'avait peut-être été que pour préparer le terrain concernant cette cohabitation nocturne, à laquelle elle ne supporterait vraisemblablement aucun refus. Malgré que la décision revenait encore au propriétaire de la chambre – c'est-à-dire à Lakdahr – elle joua de sa sempiternelle facétie et le condamna même à se trouver un autre lit s'il n'était pas disposé à supporter sa compagnie. Le mécontentement s'ébaucha instantanément sur la faciès du forgeron, qui fut aussitôt affublé d'une oeillade mielleuse destinée à l'amadouer – ou simplement à se gausser, il ne savait plus réellement. Prétendre que la sylphide était gonflée d'un toupet démesuré était un euphémisme, heureusement pour lui, il avait pris marotte de son attitude, ce qui le dissuadait de lui tordre le cou à chaque brimade. Cependant, lui non plus n'avait pas délaissé sa répartie en dépit de sa fatigue manifeste, et il n'était pas dit que la demoiselle aurait le dernier mot – en apparence, tout du moins.

« Tes miches de drôlesse m'intéressent pas ! Tu rêves si tu penses que j'vais un jour te mettre la main au cul, surtout avec toutes celles qui y ont trainé avant ! » Réaction emphatique de mâle écorché dans son orgueil, le jeune homme n'était pas convaincu qu'il serait enclin à repousser un trop plein d'avances si Deirdre se faisait réellement entreprenante. Le faire abdiquer en faveur de la luxure serait un exercice ardu bien que réalisable, ce qu'il ne lui confesserait sûrement pas. De lui-même, jamais ne s'essayerait-il à avoir plus que ses attentions amicales, elle n'avait donc rien à craindre de sa part. Prêt à le lui confirmer une nouvelle fois, le feulement de son estomac désespérément vide l'arrêta dans son élan. Sa main massa sa ceinture abdominale, comprenant que la famine l'épuisait plus qu'il ne l'était véritablement. Les paupières alourdies, muscles affaiblies, il se résigna sans grande résolution. « Dors là si ça te fait plaisir, j'm'en cogne. Si tu ronfles, j'te fous en bas du lit. »

L'avertissement lancé, il marcha instinctivement jusqu'à ses affaires pour défaire les attaches de son haut. Une profonde nuit de sommeil, et dès lors que le jour pointerait, il ne se priverait pas de rapiner toute la nourriture plausible dans les cuisines du bastion pour soulager sa pauvre panse. La colère estompée, le colosse semblait presque s'assoupir debout, luttant pour ne point s'effondrer au sol au risque de devoir y passer la nuitée. Son habit glissa sur ses épaules et fut abandonné sur la première surface venue, puis, ainsi poitrail dénudé, il rejoignit la couche dans laquelle il avait grande peine à rentrer. Trouver un lit proportionnel à sa taille – soit 2 mètres de hauteur – était une mission tout bonnement impossible à moins que des artisans n'y travaillent spécialement. Ce qui n'était pas un problème sur l'archipel de fer où ses employeurs veillaient à ce détail par diverses improvisations, l'était en revanche sur le continent. Un fait d'autant plus véridique lorsqu'un second corps le spoliait du peu de place dont il disposait à l'origine, ce que la dryade semble promptement comprendre. Car à peine s'était-il allongé que déjà, elle lui grimpa dessus pour – entre autre – une économie d'espace. Interloqué en la voyant se lover contre son torse, il l'observa sans mot dire alors qu'elle lui souhaita le meilleur sommeil qui soit. Son unique motivation était donc de sommeiller sans tenter de l'importuner ? Une situation presque trop belle pour être tangible, mais qui ne lui permit aucun doute alors que les mirettes de Deirdre étaient d'ores et déjà closes. Une eurythmie harmonieuse, preuve que la présence protectrice de son cerbère attitré la rassurait inéluctablement. Après un succinct et discret soupir, Lakdahr laissa son crâne s'enfoncer sur le traversin, prompt à flâner avec ses chimères. L'une de ses mains se logea innocemment dans l'échine de la demoiselle qu'il ne chasserait pas malgré lui, quel aurait été l'intérêt d'agir de la sorte ? Comme toujours, il savait que ceci n'était qu'une accalmie avant que l'ouragan ne se réveille, il ne doutait par ailleurs pas qu'elle le tirerait de ses songes à sa manière. En attendant cela, ils auraient tous deux loisir de récupérer de leur longue et éreintante pérégrination.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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