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Le Lion, le Faucon, la Rose.

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Message Lun 25 Juin 2012 - 9:32

« Une telle abnégation m'étonne. » Jasper ne put s'empêcher d'adopter une mine renfrognée, comme s'il venait de goûter à nouveau à la tartine de sel qu'il avait avalé durant le banquet du mariage. Ce souvenir ajouta au froncement de ses sourcils. « Un instant s'il vous plaît. Vous parlez d'une volonté commune, lord Lannister, mais je n'en vois pas l'ombre d'une seule. Je vais vous dire ce que je vois. » Jasper s'interrompit, déglutit lentement et reprit la parole d'une voix qu'il espéra point trop énervée. « Je vous vois vous, fer de lance de notre rapprochement, discourir des vœux de chevalier avec la passion et la fougue de l'écuyer qui se voit adouber après des années d'entraînement et de préparation. Je regrette, mais à aucun moment je ne puis croire à ces bonnes intentions. » Par précaution, il leva la main pour inviter quiconque à le laisser terminer. « Je ne vois pas d'entente, je ne vois pas d'amitié, je ne vois pas d'affinité entre chacun de nous. Je ne vois que trois seigneurs non comme des alliés mais comme des voisins concernés par un même ennemi, et dans mon cas, en voisin bien lointain. La faute m'en incombe, d'une certaine manière, et je devrais sans doute faire un effort pour m’impliquer davantage et devenir l'allié que vous appelez de vos vœux. Pourtant vous ne me demandez même pas pourquoi je suis réticent, voire hostile à l'idée d'une jonction aux Jumeaux. » Un bref soupir vint précéder la suite qui s'annonçait déjà pénible. « Je suis bien plus jeune que vous, cher beau-frère et cher oncle, mais je sais ce qu'est d'avoir un ost entier sous le commandement d'un autre. J'en ai fait la dure expérience. » Et surtout il ne comptait pas faire les mêmes erreurs deux fois. Ne dit-on pas « qui me trompe une fois, honte à lui et qui me trompe deux fois, honte à moi » ? « Vous justifiez la teneur de notre intervention dans le Nord en vous appuyant sur les vœux de chevalier que nous avons tous ici prononcés. Or ces mêmes vœux, combinés à vos manœuvres, m'ont poussé à des choix que vous avez désapprouvés. Et ces mêmes vœux, où étaient-ils quand vous avez négocié le mariage de votre sœur Aliénor sans révéler le vôtre, privant ainsi la maison Tyrell de tous les éléments d'informations qui lui étaient dus ? Vous êtes un chevalier, cela ne fait aucun doute, vos prouesses lors de la Bataille de Port-Lannis parlent pour vous. Mais hors cela, je ne peux me résoudre à me satisfaire de ces seuls vœux que nous partageons pour vous faire pleinement confiance. Pour être des alliés, il n'est pas besoin d'être amis, mais il faut être honnêtes. » Jasper regarda son beau-frère dans les yeux. Il n'était pas sûr de l'impact qu'aurait sa prochaine phrase, il se doutait qu'elle glisserait sans doute sur Tybolt comme la pluie sur les toitures, mais Jasper en avait plus qu'assez de faire semblant alors que le projet de son beau-frère, auquel il souscrivait sincèrement, mourait déjà noyée dans les flots noirs de la discorde. « Je me méfie de vous, lord Lannister.»

Ses yeux de jais ne quittaient pas ceux d'azur du jeune Lion. Il n'en avait pas terminé. « Pour l'heure, je ne veux pas d'une jonction aux Jumeaux sous votre commandement. Allez dans le Nord si cela vous chante, conduisez vos troupes à Winterfell, mais n'attendez pas qu'une seule épée du Val y réponde de vos ordres. Car ce que je crains, et il faut me pardonner cet excès de paranoïa, c'est que vous usiez de cet ost triple dans votre propre intérêt au détriment des nôtres. J'ai entendu vos excuses au début de notre réunion, j'ai entendu votre discours depuis quelques instants. Mais je regrette, rien de tout cela ne m'a convaincu. » Jasper était bien conscient qu'un tel étalage de franchise et de vérité ne serait guère bien vu de son beau-frère, qui saisirait sans doute une fois de plus l'occasion de le rabrouer et de le rabaisser, mais il ne comptait toujours pas s'arrêter. La chute en piquée du faucon ne s'arrête qu'une fois la proie capturée et cette dernière était encore loin devant. Il devait aller jusqu'au bout. « Soyons clairs, je souscris à votre projet, et je crois qu'il faut donner à la triple-alliance une chance d'exister dans les faits. J'insiste sur ce point. Mais à l'instant, à nous de voir si nous voulons l'épurer des griefs passés ou la condamner à n'être qu'un fantôme d'alliance attaché aux chaînes de nos différends.» Jasper quitta son siège sans lenteur ni hâte. Il ne quittait toujours pas des yeux son beau-frère et s'il cillait quelques fois, ce n'était que trop rarement. « Vous voulez faire de moi un allié ? Jurez sur votre honneur que vous n'utiliserez pas cette alliance afin de vous surélever. Jurez sur votre honneur que vous serez à Winterfell le porte-étendard non de Castral Roc mais celui de l'alliance. Si vous consentez ce serment, alors dans l'heure j'obtiendrai pour nous l'accord d'Edwyn Tully. Si vous consentez ce serment, deux milles hommes du Val vous attendront aux Jumeaux où ils joindront leurs bannières aux vôtres. » Jasper était bien trop pénétré de ses sentiments à cet instant pour considérer que ce sursaut à cet instant de la conversation pourrait prêter à sourire ou à rire, mais il avait la si nette impression que quelque chose se jouait-là qu'il n'aurait fait autrement pour rien au monde. « Les épines de la rose arment déjà les griffes du Lion. Il ne tient qu'à nous de greffer les ailes du faucon à ses flancs. » Jasper se souvenait non sans émotion de la quiche dont la surface figurait un lion dévorant une sèche, lion dont les griffes s'ornaient de roses épineuses. Il tendit le bras en direction de son beau-frère, trop exalté cependant pour attendre quoi que ce soit. « Que dîtes-vous, mon frère ? » Jasper n'avait guère pensé ajouter ces deux derniers mots, mais ils ne surent demeurer dans sa gorge d'où ils jaillirent presque inopinément.
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Message Sam 21 Juil 2012 - 20:10

Tybolt esquissa un sourire sardonique lorsque Jasper "explosa" enfin, cela devait faire tellement de temps que ce dernier rongeait son frein de pouvoir asséner à son beau frère ses quatre vérités. Quel triomphe il devait ressentir désormais qu'il avait enfin fait connaitre au monde que lui aussi en avait une paire et qu'il ne comptait pas se laisser faire par un horrible Lannister manipulateur et si peu digne de confiance... Seulement l'effet aurait été nettement plus impressionnant et pertinent si le Lord du Val ne s'enlisait pas une nouvelle fois dans des récriminations sans fondements et dénuées de toute bases réelles. D'autant que sur certains points, soit le grand air de la plaine avait abîmé les méninges du jeune Lord montagnard soit il n'avait rien écouté de ce qui s'était dit jusque lors et c'était peut être cette hypothèse qui inquiétait le plus Tybolt. Il attendit donc patiemment que son beau-frère en ait terminé de vider son sac, bien que le fait qu'il l'appel son frère en toute fin de pamphlet fut d'un effet des plus comiques, Tybolt ne s'en amusa pourtant pas. De fait le jeune seigneur des montagnes commençait sérieusement à lui faire regretter d'avoir pensé à lui pour une alliance si importante. Ainsi donc il remettait tout en cause, à la fois l'honneur et la fiabilité de la maison Lannister, l'attachement de son seigneur au code de la chevalerie mais aussi sa parole lorsqu'il leur avait expliqué les raisons de ses agissements durant les mois passés. Pis encore il le sommait de prêter serment devant lui, envers lui d'une certaine manière d'agir comme il l'exigeait pour pouvoir emporter son adhésion à l'alliance, adhésion qu'au demeurant le jeune Lord Jasper avait d'ores et déjà donné quelques minutes plus tôt. Cette homme est-il simplement simple d'esprit se demanda Tybolt l'espace d'un instant... en tout cas il n'est certainement pas sain d'esprit conclue-t-il intérieurement. Lorsque le frère de Maura, il ne fallait pas oublier ce point, Jasper était le frère de son aimée et cela faisait toute la différence... lorsque ce dernier eut finalement terminé le seigneur de l'Ouest se redressa. J'en dis que cela a dû vous meurtrir longuement de retenir toute ce fiel envers moi. Je suis heureux pour vous que vous ayez finalement trouvé le courage de le faire sortir.

Vous dites vous méfier de moi et c'est là une chose qu'il ne vous faudra pas oublier car dans le grand jeu des trônes c'est une qualité rare que de savoir ne pas offrir sa confiance au premier venu simplement car il est devenu votre beau frère ou même vous permet d'accéder à un projet comme celui de la triple alliance. Vous êtes un jeune seigneur fort avisé.
Le visage du Bouclier de Port-Lannis exprima comme une gêne alors qu'il semblait tenter de se rappeler des mots qu'il avait pourtant très présent à l'esprit. Cependant et pour redevenir sérieux, il me semble avoir pas plus tard qu'il y a simplement quelques minutes explicitement dis ne pas vouloir mener les troupes de l'Ouest dans le Nord. Peut être ai-je confondu avec une autre réunion avec vous deux mais je suis à peu près certain de ne jamais avoir prétendu vouloir diriger l'Ost, qu'il soit originaire de l'Ouest seulement ou de nos trois fiefs assemblés. Son regard se fie alors plus dur car le temps des jeux et de rassurer les enfants craintifs avant l'arrivée de la nuit était depuis longtemps passé. Néanmoins je peux comprendre votre défiance Lord Jasper et bien que vous m'en verriez désolé, je tiens à ce que vous sachiez que je n'oblige personne à participer à cette alliance. Je parle sous le contrôle de notre hôte mais il ne me semble pas que la porte soit scellée, vous êtes donc bien sur libre de partir à tout moment... Il avait prononcé la dernière partie de sa phrase en se tournant alternativement vers Lord Tyrell puis Lord Jasper. Mais n'espérez pas un seul instant que je prêterai un quelconque serment que vous pourriez exiger de moi ou de mon peuple. Ceci n'est pas un jeu d'enfant où l'on se promet une amitié pour la vie. Soit vous adhérez au projet que je vous expose, soit non et auquel cas je ne vous retiendrai pas et ne vous en blâmerai pas plus. Si j'ai échoué à vous convaincre de ma bonne foi alors j'en suis désolé mais je pense que mes actes précédents, le temps que j'ai mis à la préparation de cette réunion et les efforts que j'ai fait depuis plusieurs mois parlent en ma faveur au moins pour ce qui est de ma plus entière franchise en ce qui concerne la triple alliance. Quelle autre raison que celle-ci mes actes pourraient bien expliquer selon vous qui semblez si certain de ma duplicité dans cette affaire ? Et dire qu'il avait pensé durant les premiers temps de cette réunion offrir à Lord Jasper de faire revenir ses hommes exilé dans l'Ouest du fait de l'accord passé pour le mariage de sa sœur... Il continua cependant. Vous parlez de griefs passés, mais je ne vois pas en ce qui me concerne de griefs à votre encontre. Je dirai que vous êtes celui qui en a accumulé à mon encontre pour des raisons qui vous sont propres et je ne parlerai pas ici de leur bien fondés ou non. Mais ne pensez pas un instant que de mon coté je vous tiens rigueur de quoi que ce soit. J'ajouterai que si la courte correspondance que nous avons entretenu à une époque est la cause de votre défiance envers moi et bien je m'en excuse mais à l'époque comme aujourd'hui je n'avais à l'esprit que l'aboutissement de ce projet et nul autre soucis. Si mes mots vous ont blessé alors je vous présente mes excuses seulement je ne les présenterai qu'une seule fois, acceptez les ou partez, mais cessez donc de ruminer votre rancœur alors qu'il ne s'agit au final que d'une broutille comme vous en rencontrerez maintes fois durant votre règne. Je me suis engagé lors de mes épousailles avec votre sœur à vous faire accéder au premier plan de la politique du royaume et c'est exactement ce que je m'efforce de faire.

Toute cette histoire avait de moins en moins de sens aux yeux de Tybolt si véritablement Lord Jasper ne pouvait supporter le fait de se lier avec lui pourquoi avait-il seulement accepté le principe même de la triple alliance et s'il se voulait si inquiet et volontaire pour aider le royaume que n'avait-il pas lui même fomenté ce plan plutôt que d'aller se faire grattouiller derrière l'oreille par la Main de qui il n'avait finalement rien reçut si ce n'était une nouvelle fin de non recevoir. Il finit par dire en souriant. Quant à ma façon d'être chevalier, et mon engagement envers mes vœux, vous pouvez bien les remettre en cause tant qu'il vous plait. Seulement veillez à avoir vous même accomplit et prouvé plus que celui de qui vous remettez les valeurs en question, cela vous évitera bien des écueils... d'autre que moi pourraient prendre de très mauvaise manière de telles accusations infondées et malvenues. Tybolt en avait finalement terminé. Que Lord Jasper parte ou reste cela ne tenait qu'à lui mais s'il venait à rester, le jeune seigneur de l'Ouest espérait bien qu'il montrerait plus de bonne volonté et oublierait son orgueil blessé pour qu'ils puissent faire avancer les choses. Pas le moins du monde énervé il se servit une nouvelle coupe d'eau dont il but le contenu à petites gorgées.
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Message Sam 21 Juil 2012 - 23:48

Jasper observa son beau-frère avec un sourire. Encore une fois, il donnait une démonstration de l'homme insipide et calculateur qu'il était. Espérait-il vraiment l'adoucir avec ces belles paroles qui dissimulaient mal les pires menaces qui fussent ? Il devait certainement s'attendre à ce que le petit baronnet du Val s'écrase et approuve bêtement, ou s'égosille en mille reproches avant de quitter la salle en claquant la porte. D'une certaine façon, c'est tout ce qu'il méritait, cet égotiste forcené pétri de certitude et d'amour pour lui-même. Il cherchait à noyer le poisson et esquivait très soigneusement la question de la jonction aux Jumeaux, seul véritable point d'achoppement focalisé par son beau-frère, et à l'effort de ce dernier pour être clair et efficace, lord Lannister s'évertuait à enrober de mille tournures sibyllines et de mille mots très nébuleux. Pourtant, tout était très clair malgré le méli-mélo du discours de son interlocuteur. « Vous parlez de jeu des trônes, mais je tiens à vous rappeler qu'il n'y a qu'un trône pour le royaume, et aux dernières nouvelles, celui-ci est déjà occupé. » Jasper saisissait tout ce qui lui était dit avec distance et recul, mais sans prendre le temps d'en digérer les saveurs, il recevait les coups et les blessures sans broncher. Il était trop jeune pour ne pas être impulsif, mais fort heureusement pour lui, il n'y avait pas trente-six niveaux de lectures pour le discours de Tybolt ; ce dernier était monochrome et très orienté, mais il cachait derrière une façade d'honnêteté les insinuations les plus viles. Quelque peu partagé, Jasper aurait volontiers cédé au fou rire qui se précipitait dans sa gorge si le grand sérieux de la situation ne lui imposait point ce silence grave et ordonné qu'il s'imposait. Il s'abstint cependant de tout commentaire dans un premier temps, laissant à son beau-frère le soin d'achever son allocution comme s'il chantait quelque couplet lugubre qui s'achevait en une pathétique mélopée funèbre. Contourner les questions et s'inventer les réponses semblaient être les spécialités de cet homme qui avait épousé sa sœur. Mais Jasper n'avait pas de temps à perdre. Il ne tenait pas à rester là et à gaspiller le temps de son oncle et de son beau-frère. Ce dernier avait imaginé tout seul ce projet de triple alliance, il l'avait sans doute mûrement travaillé des lunes durant, peut-être même des années durant... mais cela ne changeait rien : la présentation était mauvaise, et alors qu'il avait acquis l'accord sur le principe des trois protagonistes et que la question se posait sur les détails de la première application concrète de l'alliance, il s'enlisait dans un discours menaçant et subversif, comme s'il craignait justement d'aborder les détails pratiques et concrets de son propre projet. Avait-il donc si peu de respect pour lui-même ? Jasper, de son côté, faisait peut-être preuve d'orgueil, mais il ne comptait pas se laisser marcher sur les pieds. Depuis bien longtemps il avait laissé de côté les griefs qu'il retenait contre lord Lannister, et s'il les avait encore à l'esprit, c'était pour ne point oublier combien il est aisé de berner un homme. Depuis bien longtemps la méfiance qu'il avait pour son beau-frère s'était mue en une simple défiance sourde et superficielle, qu'un simple effort de sa part aurait certainement relégué au rang des souvenirs les plus lointains et les plus insignifiants. Qu'importait à présent qu'il avait confirmation des craintes qui étaient les siennes ? Qu'importait à présent la place qu'occupait sa sœur dans sa vie ? Il venait d'avoir la preuve irréfutable que Tybolt Lannister et lui ne jouait pas dans la même cour ; le lion se complaisait manifestement, à l'entendre, dans la jungle des manigances absconses tandis que le faucon préférait planer à la lumière de l'honneur et de la loyauté. Jasper concentrait son regard sur cet interlocuteur décidément peu aisé à suivre. À vrai dire, il en avait peu vu jusqu'à présent, mais il ne comprenait rien de la personnalité très énigmatique de son beau-frère. Cet homme lui était trop impénétrable, trop incompréhensible et à vrai dire... Jasper se demandait s'il le faisait exprès ou s'il était vraiment comme il présentait. Comme il n'avait pas la lucidité nécessaire pour analyser une telle personnalité, Jasper prit la ferme décision de ne pas laisser davantage planer d’ambiguïté quant à l'opinion qu'il se faisait du projet présenté par son beau-frère.

« Ce n'était pas la triple-alliance que je plaçais sous la condition d'un serment, mais son application lors de la jonction aux Jumeaux que vous appeliez de vos vœux. C'est également vous qui avez dit vouloir vous rendre à Winterfell et si ce n'est pas pour y conduire les troupes de l'Ouest... mais sans doute vous ai-je mal compris. Je remarque d'ailleurs que vous avez très adroitement oublié de répondre à la question de la jonction et à vrai dire, votre réaction m'en dit long. Vous me prenez sans doute pour un imbécile, à me servir ainsi le couplet de l'expérience que vous prétendez avoir gagnée. Quoi qu'il en soit, je vous remercie pour cette leçon dûment apprise. » Jasper croyait entendre ces jeunes sots qui n'ont de cesse de claironner à toutes les sauces « avant d'adresser des reproches à ton prochain, soit irréprochable ! » C'était proprement inepte, et lui-même n'aurait pas hésité à adresser des remontrances à Aemon Chevalier-Dragon en personne si ce dernier avait eu, fût-ce un instant, un comportement en dehors du cadre strict des vertus chevaleresques. Et Tybolt Lannister était bien celui qui, à son égard, avait eu un comportement abject et manipulateur, très loin des sentiers pieux de la chevalerie. « Je ne sais pas ce que vous cherchez. Je ne vous comprends pas. Il faut se rendre à l'évidence, nous ne parlons pas le même langage. Cette triple alliance se fera sans moi. » Il inspira fortement et poursuivit d'un ton tout à fait neutre. Il n'avait aucune raison de s'emporter puisque tout était clair à ses yeux à présent, et ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. « Je ne veux y prendre part en aucune façon. Vous vous arrangerez avec lord Tully sans moi pour passer le Conflans. Dès la fin du procès, l'ost du Val présent sur vos terres prendra la route du retour au pays. Et ne me parlez pas d'un quelconque contrat de mariage, nous n'avons plus le temps de plaisanter. »
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Message Dim 22 Juil 2012 - 1:01

Tybolt observa Lord Jasper non sans une certaine déception, il s'était préparé mentalement à ce que ce dernier se retire du projet d'alliance, il ne pouvait en être autrement. Quand on emmène avec soi autant de fiel et de rancune rien de bon ne peut advenir mais il avait néanmoins espéré qu'il n'en fasse rien et retrouve le sens commun. Il avait mésestimé l'orgueil de son beau-frère et l'avoir ainsi foulé au pied lors de leur échange de corbeau avait dès lors été une grave erreur. L'orgueil était un sentiment bien plus fort qu'on pouvait le penser, Plus Haut que l'Honneur n'avait de fait pas de sens réel, seul la vanité et l'orgueil de Lord Arryn signifiait l'honneur comme on le concevait dans le Val de toute évidence. La dernière phrase pourtant étonna particulièrement le jeune seigneur. S'il s'était attendu à ce que Lord Jasper ne désire pas prendre part à la triple alliance il n'avait pas anticipé la rupture unilatérale du contrat qui les liait depuis son mariage avec Maura. Il avait toujours considéré ces deux points comme totalement séparés l'un de l'autre et voilà que celui là même qui lui reprochait sa duplicité et son manque d'honneur rompait ainsi emporté sans doute par une lubie juvénile un pacte passé entre deux grandes maisons. L'effort pour ne pas perdre son calme fut grand mais Tybolt parvint néanmoins à n'en rien montrer. Seulement les alternatives et les possibilités fusaient dans son esprit comme des éclairs par un soir particulièrement orageux alors que la mer déchainée vient se briser contre le pied de Castral Roc.La première, aurait été d'en appeler à l'arbitrage du roi, mais le fait même du secret autour du mariage pour permettre celui de Aliénor empêchait cela et de toutes manières un Lannister n'était pas homme à se tourner vers le trône pour régler ses problèmes. Non les autres possibilités auraient tout aussi bien pu sortir de l’esprit tortueux de son frère cadet Gerold. Offrant son plus franc sourire à son beau frère il prit finalement la parole. Je n'ai qu'un parole à laquelle je ne déroge jamais lorsque je la donne Lord Jasper. Comme dis vous me voyez fort désolé de votre retrait, mais c'est là un choix qui vous incombe et que je ne saurai juger en bien comme en mal. Pour la question relative à la jonction aux jumeaux, j'ai simplement dû ne pas l'avoir retenu au milieu du flot d'insultes et de griefs que vous avez déversé. C'est une faute de ma part. Cependant il me semble bien avoir dis plus tôt qu'une jonction aux Jumeaux était en effet la meilleure solution à mes yeux pour que les trois ost n'en fassent plus qu'un sous trois bannières au moment de son entrée dans le Nord. Quant à savoir ce que je cherche ou me comprendre... il me semblait pourtant l'avoir exposé durant plusieurs minutes dès le début de cet entretien. C'est bien là le drame... vous semblez vouloir chercher quelque chose qui n'existe pas... une raison cachée, une duplicité ou un but obscur que je poursuivrais depuis les lointaines régions de l'Ouest... Je suis désolé si le fait d'avoir annoncé clairement et simplement mes intentions dépareille par rapport à l'image que vous auriez voulu que j'incarne mais c'est là la bien triste vérité. Point de manigances ou de quête de pouvoir de ma part beau-frère, simplement la réponse à un besoin du royaume...

Il marqua un temps d'arrêt cependant réfléchissant encore à la meilleure manière de régler le problème des sept milles hommes du Val présents sur ses terres et celles de ses vassaux. Choisissant soigneusement ses mots il poursuivit donc. Plus de sourire ou de ton complaisant mais un regard dur et la froide détermination propre aux hommes de pouvoir. Seulement lorsque j'ai dis que je ne vous tiendrez pas rigueur de votre retrait de ce projet je ne parlais certainement pas de rompre un pacte qui nous lie depuis les épousailles de votre sœur. Vous dites de ne pas vous faire rire mais c'est faire bien peu de cas de l'honneur dont vous vous enorgueillissez. On ne rompt pas impunément ce type d'accord Lord Jasper, tout seigneur suzerain que l'on soit ou toute fierté froissée que l'on ait. De plus ces hommes que vous voulez retirer de leur obligations ont pour une grande partie commis des crimes durant leur séjour... on a parlé de viol et de vol, de meurtre même pour l'un de vos seigneurs vassaux... Celui là même dont vous deviez assister au procès en tant qu'invité d'honneur, nul besoin de préciser du reste que cela n'est plus d'actualité. Il regarda très directement Lord Jasper avant de poursuivre. Ayant cependant toujours supputé que l'honneur de votre famille n'était rien de plus qu'une phrase accolée à un blason, j'ai prit la précaution de scinder cet ost en de nombreuses petites compagnies ne dépassant pas les cinq cent hommes. On pourrait de fait facilement les prendre pour ces bandits qui semblent profiter de la guerre pour piller l'arrière pays. Souriant cette fois sans la moindre amitié pour son interlocuteur Tybolt poursuivit. Qu'avez vous donc cru ? ! Qu'un simple caprice d'enfant vexé pouvait prévaloir sur un accord signé engageant nos deux fiefs ? ! Soyons sérieux je vous prie. Toute l'inimitié que vous pouvez avoir pour moi ne vous exempte pas de vos obligations et des engagements pris. Peut être avait-il été trop loin, peut être ces menaces étaient-elles de trop dans cette joute verbale mais Tybolt ne pouvait laisser passer l'offense que ce petit poussin valois imbus de sa propre personne et bouffis d'orgueil voulait lui imposer, n'en déplaise à Maura, n'en déplaise à Lord Tyrell ou à quiconque. Cette alliance était morte dès le moment où il avait voulu intégrer le seigneur du Val dans l'affaire. Depuis l'origine il ne l'avait pas sentit et n'avait accepté de le faire que parce qu'il était le frère de son aimée, aujourd'hui il comprenait que ça avait été la plus grande erreur de sa courte période de règne sur l'Ouest. Jamais plus il ne compterait sur un homme si peu certain de lui qu'il lui faut chercher l'approbation de toutes les figures paternelles du royaume. Sur un ton plus calme et détendu il poursuivit donc. Vos hommes retrouveront le Val dès que la guerre sera terminée, comme le précise notre contrat, ou plus tôt à condition d'un accord commun entre les deux partis. Demandez donc à ceux qui vous conseillent je suis certain qu'ils sauront vous expliquer comment fonctionne ce type d'accord et les engagements qui en incombent. A moins bien sur que vous ne vouliez créer un incident diplomatique assez conséquent afin de prouver qu'on ne transige pas chez les Arryn... auquel cas c'est sur un tout autre plan que nous devrions nous revoir... et cette fois pensez à ne pas laisser vos muscles ainsi que votre capacité d'analyse dans le Val parce que vous en aurez certainement besoin faillit-il ajouter mais il n'en fit rien.
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Message Dim 22 Juil 2012 - 18:22

 « Assez ! Avez-vous perdu l‘esprit tous les deux ?!»

La future parturiente murée dans un silence de marbre avait cette fois haussé le ton retrouvant les intonations coupantes et impérieuses qui étaient son apanage et qu’elle n’avait remisées que pour le bon plaisir de ces messieurs. Elle jeta un regard indigné à son époux qui avait osé mettre dans la balance la liberté voire la vie même de ses fidèles hommes qui avaient tout quitté pour protéger sa patrie d’adoption avant de se tourner, consternée, vers son frère qui se montrait plus intransigeant que jamais. Etaient-ce donc l’idée qu’ils se faisaient de négociations familiales ? Que devait penser leur oncle installé, silencieux, dans son fauteuil ? Lui qui avait travaillé si dur pour faire de ces noces un intermède de calme et de retrouvailles familiales. Et quel exemple pour Tristan ! C’était bien ce qui chagrinait et consternait le plus la jeune femme : son mari et son frère échangeant insultes et menaces à peine voilées pour satisfaire leurs mâles egos.

 « Les Sept Couronnes vont à vau-l’eau, le trône fait la sourde oreille, on parle d’anciens fidèles de Daemon Feunoyr s‘agitant, on voit les Fer-nés pillant et débarquant partout du Nord au Bief ! Personne n’a le luxe de se montrer défiant, insultant ou menaçant. Ceci n’est pas un jeu, la maison Farman a été presque entièrement décimée, la fille de lord Belmore enlevée et violée si ce n’est pire, Port-Lannis, Salvemer attaquée…ainsi que ma propre personne ! Si nous ne présentons pas un front uni alors que le Trône continue de tarder à lancer une opération d’envergure, qui sait ce qui pourrait advenir ? Quelle ville pourrait tomber ? Port-Lannis, Villevieille, Salvemer… Est-ce qu’ils iront remonter la Mander ou contourner le Bras Cassé pour s’attaquer aux ports dorniens ? Chacun des coups portés au continent nous affecte tous, même les régions de l’Est. Ils ont rompu la Paix du Roi par les Sept ! Et ces attaques sont une bénédiction pour les traîtres aux Targaryen ! »

Que pouvait-il bien y avoir de chevaleresque ou d’honorable à se rejeter ainsi la pierre, à douter de chaque parole ou à jouer les têtus pour le simple plaisir de penser avoir gagné à la fin de cette journée ? Entre un frère qui crachait sur l’honneur de son époux et un époux qui menaçait ni plus ni moins de passer les soldats l’ayant accompagnée depuis le Val au fil de l’épée, elle était décidément tombée tout droit dans un nid de guêpes. Pour tout dire, après l’échange houleux qu’elle avait eu avec son frère, elle s’était attendue à tout sauf à le voir refuser de continuer d’aider l’Ouest contre les Fer-nés qu’il souhaitait lui-même combattre. Et que dire de son mari si fier qui venait de prononcer des mots qui marqueraient sans doute à jamais la jeune femme qui se trouvait désormais bien sotte d’avoir cru le faire évoluer sur la question des troupes venues de sa patrie. A vrai dire, que l’alliance prévue entre les trois régions ne voit pas le jour ne lui faisait ni chaud ni froid, elle n’en avait jamais été une fervente supportrice mais voir ainsi se déchirer deux hommes que sa propre personne liait à jamais la dégoutait. Finalement, elle aurait mieux fait d’accepter la demande du cadet de Medgar Tully, ce clan savait au moins ce que voulait dire le mot famille. Elle jeta un coup d’œil vers son oncle espérant y trouver un quelconque soutien. Rien que l‘idée de voir ses fidèles et courageux compatriotes risquer leur vie pour l‘avoir accompagnée lui faisait monter les larmes aux yeux. Ses pauvres et si braves gens ! Et c‘était bien le pire dans toute cette histoire.

 « Et même si l’incompréhension règne entre vous, nous sommes entre parents et alliés. Qu’importe si cette triple alliance ne peut pas voir le jour parce que ses modalités sont trop délicates à mettre en place maintenant pour aller aider le Stark. La priorité doit être à l’action de vos trois fiefs pour maintenir la Paix du Roi, rien d’autre ne compte et c’est pour cela que nos ancêtres ont ployé le genou. En finir avec les tensions entre des royaumes différents qui ne peuvent mener qu’à la guerre et à la ruine des Sept Couronnes. Il n’y a qu’au travers du respect de vos serments que vos fiefs en sortiront grandis et reconnus tout comme vos personnes. Qui ira dire la même chose d’un seigneur qui retire l’aide accordée dans un temps de besoins ou d’un autre qui utilise la menace sur la vie d’hommes ayant traversé un continent pour lui venir en aide ? Qui respecterait ces hommes-là ? C’est indigne de vous-même de vous laisser aller à de tels propos. »

Elle n’ajouta pas qu’elle était finalement heureuse que les parents des deux hommes soient morts et enterrés depuis des années. Qu’auraient ressenti un Damon Lannister ou un Jon Arryn à entendre ces mots dans la bouche de leurs fils aînés ? Qui plus est devenus, par la grâce des Sept, beaux-frères. Des hommes qui avaient vus leurs armées décimées pour le service des Targaryen et le maintien de la Paix du Roi dans les Sept Couronnes. Des hommes dépourvus d’orgueil mal placé mais emplis d’honneur et dont Maura ne doutait pas qu’ils vouaient aux gémonies l’indignité de leur progéniture en cet instant. Et comment son frère pouvait-il oublier à ce point le déshonneur qu’il y avait à reprendre ainsi la parole donnée ? Et quant à son époux, il pouvait rêver désormais pour obtenir plus qu’un regard de la part de son épouse ! Oser ainsi remettre en question l’honneur des Arryn devant elle ! Elle inspira profondément avant d’ajouter sur un ton calme et plutôt conciliant :

 « De grâce, tempérez vos propos. Des suzerains de votre envergure ne peuvent laisser l’escalade des mots l’emporter sur la raison. Cette discussion a pour objet le bien et la défense du royaume, l’action à entreprendre envers le Trône de Fer, l’aide à apporter aux Stark et les déplacements de la flotte du Bief. Je suis certaine que ces impératifs vous feront oublier toute intention de querelles. Du reste, qui peut, sans mentir, accuser nos trois familles de déloyauté ou d’intentions mauvaises ? Plus que cette guerre, c’est notre loyauté au Trône qui nous rassemble ici et notre volonté d’agir pour le bien du royaume même sans être concerné directement comme peut l’être le Val d’Arryn qui a souhaité apporter honorablement son aide à l‘Ouest. Sûrement pouvez-vous, pouvons-nous même, oublier nos désaccords quelques instants afin de réfléchir ensemble aux solutions à apporter à ces problèmes.»

Elle se tut espérant avoir au moins réussi à toucher quelque peu la raison des deux hommes. Certes, elle n’oubliait sa colère et son appréhension à l’encontre du projet du le suzerain du Val craignant bien trop pour la vie de son petit frère pour se satisfaire d’une quête certes honorable mais terriblement risquée et potentiellement tragique. Tout comme elle gardait dans l’idée de revenir sur les paroles de son époux une fois closes les portes des appartements qui leur étaient alloués par son oncle. Rien ne les empêcherait de régler plus tard leurs querelles et sans doute serait-ce la meilleure chose à faire pour l’heure. Nulle personne dans la position des deux suzerains du Val et de l’Ouest ne pouvait se permettre de se comporter en simple particulier sujet aux passions les plus terribles.
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Message Dim 22 Juil 2012 - 19:44

Comme il y allait ! Et voilà qu'il parlait d'honneur et se dissimulait derrière le contrat de mariage qui le liait à sa sœur... Jasper s'étonnait d'avoir su prévoir la réaction de ce beau-frère qui se présentait si volontiers en expert des choses politiques. Il s'étonnait également d'être insensible à ces remarques haineuses et méchantes. « Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas d'humeur à plaisanter. Nous avons d'ailleurs perdu bien trop de notre temps à bavarder. » Toujours très confortablement assis, Jasper ne tremblait plus, à vrai dire il se sentait bien et maintenant qu'il savait n'avoir rien à craindre de personne, maintenant qu'il comprenait la dynamique si particulière des règles du jeu auquel Tybolt Lannister prétendait savoir jouer comme personne, il saisissait toute l'importance du sang-froid et de la maîtrise de soi. Il n'était plus question de se laisser déborder par les sentiments contraires et corrosifs que lui inspiraient autrefois son beau-frère. Le froid et les ténèbres de ses paroles d'ailleurs n'avaient plus aucune espèce d'effet sur lui, tout était très clair : lord Lannister voyait sous ses yeux bleus mourir ce qui semblait être l’œuvre de sa vie et, impuissant, il n'y pouvait rien faire et s'attacher aux dernières branches d'un arbre mort. Quelle tristesse qu'il ne sache point s'arrêter quand les efforts deviennent vain. « Inutile d'élever la voix. Vous ne me ferez pas changer d'avis. Vos cris sont vains. Croyez ce que bon vous semble. » Il n'allait pas disserter des heures durant avec lui pour savoir quel sens il fallait donner à la signification de la devise de sa famille. Jasper n'avait pas besoin de son approbation ou de son aval, il manquait peut-être de confiance en lui, mais à l'épreuve du feu il s'était endurci, bien assez pour résister au venin fielleux des paroles de son beau-frère qui n'étaient plus que du petit lait dans ses oreilles. Il pouvait l'incendier que cela lui était égal, et à vrai dire, des deux hommes, qui était celui qui cherchait l'approbation des autres ? Lord Arryn qui traçait son chemin depuis les Eyrié sans tirer gloire de ses accomplissements, ou lord Lannister qui n'avait à la bouche que l'écho d'une expérience falsifiée et truquée ? Que les Sept lui pardonnent, mais Jasper ne comprenait tout simplement pas l'entêtement de son beau-frère. Ce dernier ne saisissait-il pas qu'aucun des arguments qu'il lui présenterait n'aurait prise sur lui ? Les « obligations et les engagements pris » n'avaient plus aucune valeur désormais qu'était révélée la duplicité du Lion, désormais qu'était révélée leur incompatibilité. Ils ne s'entendraient jamais, il était donc inutile de forcer quoi que ce soit en ce sens. Que ne le voyait-il, lui qui se targuait d'un grand sens politique ? Il est honorable de tenir ses promesses, mais il est déshonorant de respecter un engagement inique. Le déshonneur n'était pas de faire rentrer les vassaux du Val au pays, le déshonneur était bien de les y avoir envoyé. Le déshonneur était d'avoir envoyé ces sept mille hommes pour faciliter le mariage du siècle pour sa sœur aînée ! Il avait accepté cette comédie bien assez longtemps et à présent que tout était très clair à ses yeux, il prenait tout simplement la décision qui s'imposait, et si jamais lord Lannister était incapable d'en reconnaître le bon fondement... Jasper se passerait de son approbation.

« Inutile d'être grossier ou insultant. Ne me menacez pas à la légère. Ma décision est prise. Et puisque vous m'épargnez un voyage jusqu'à Castral Roc, mes vassaux seront donc plus tôt de retour dans nos montagnes. Allez-vous m'interdire de les contacter pour leur faire connaître cet ordre ? » La demande était simple et pourtant, tout se jouerait là. Si lord Lannister s'abaissait à couper les troupes du Val d'Arryn stationnées sur ses terres de tout lien avec leur suzerain, alors lord Arryn n'aurait d'autre choix que de porter l'affaire jusqu'au devant du souverain des Sept couronnes pour requérir son arbitrage. Il n'en avait pas peur, et avait toute confiance en la décision que prendrait la plus haute autorité du royaume, car il se savait dans son droit. Ce contrat de mariage n'était qu'une fiction destinée à matérialiser des engagements pris autrefois qui n'avaient plus cours aujourd'hui du fait de la détérioration des relations entre la maison Lannister et la maison Arryn. Mais dans l'absolu, il était si peu probable que Tybolt Lannister prenne ce risque... comment le Lion têtu justifierait-il cela auprès des vassaux constituant l'ost alors même que son beau-frère se rendrait à Port-Réal pour faire valoir ses droits sacrés de suzerain ? Irait-il jusqu'à s'enfermer dans le déni le plus idiot dans le seul but de fermer les yeux sur l'échec des relations entre la maison Arryn et la maison Lannister ? Un tel entêtement lui ressemblerait bien, après tout ! Mais Jasper était prêt à courir ce risque. Rompre le contrat ne serait pas chose facile, mais une fois ses vassaux de retour chez eux, l'Ouest et le Val serait libre de suivre chacun leur chemin. Naïvement peut-être, il le croyait, mais qu'avait-il à craindre de lord Lannister ? Ce dernier ne pouvait rien. Toujours très calme, car il ne souhaitait pas ajouter à la tension ambiante qu'avait élevée seul son beau-frère, Jasper songeait avec soulagement qu'en fin de compte, la décision inopinée de Tybolt de lui interdire le séjour à Castral Roc lui rendait service : sa décision concernant Kaeril Corbray était prise. Cet homme serait condamné à mourir ou à prendre le Noir, il était donc inutile de faire le déplacement jusqu'à la citadelle des Lions pour le lui notifier. Il était également vain d'en faire part à cet homme qui, de toute évidence, n'aurait jamais compris les raisons d'une telle décision : comme Jasper l'avait compris, le Lion et le Faucon ne parlait point la même langue. Par chance, Maura n'ajoutait rien à l'harmonie douceâtre qui naissait de leur cacophonie. Ses paroles n'étaient pas dénuées d'un certain sens, mais à l'aune du tournant qu'avait pris la discussion, elles sonnaient creux. Mais quand bien même elle aurait usé d'un de ses bons mots humiliants pour lui... cela n'aurait rien changé. Il y était insensible, désormais, et d'un certain côté, c'est à lord Lannister qu'il le devait. « J'ai accepté l'envoi des troupes pour aider les Terres de l'Ouest à se défendre contre les Fer-nés, mais comme nous avons pu le voir, vous n'en avez pas fait le meilleur des usages. Vous avez dit avoir éparpillé l'ost le long de vos côtes, dégarnissant ainsi votre capitale qui fut la cible d'une attaque menée par la flotte Fer-née. Vous avez emporté une victoire ce jour-là, mais à quel prix ? Que ressent-on, lord Lannister, quand on donne l'ordre qui condamne au bûcher les équipages de ses propres navires qu'on fait brûler devant la rade ? Ces hommes sont mes vassaux, j'en suis le suzerain et vous n'avez pas le pouvoir d'y changer quoi que ce soit. Ces hommes rentreront dans le Val où ils seront plus utiles. En contrepartie, un nouvel ost sera rassemblé dans le Val qui ira rejoindre en temps voulu l'armée royale et ainsi, de cette manière, j'honorerai toujours ma part du contrat en continuant de défendre l'Ouest. Vous n'avez de toute façon pas assez de navires pour les transporter. La flotte royale et la flotte du Bief, en revanche, dispose du nombre adéquat de navires à cette fin. »
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Message Dim 22 Juil 2012 - 19:52

 « Je regrette, lord Tybolt, mais aucun contrat d'aucune sorte ne pourra démunir un seigneur suzerain de son pouvoir militaire effectif. Si lord Jasper ordonne à ses vassaux de rentrer dans le Val d'Arryn, ceux-ci doivent rentrer dans le Val d'Arryn, que l'ost se présente en un seul morceau ou en plusieurs n'y change rien et si vous désirez obtenir un dédommagement en vertu du contrat de mariage dont vous parlez, c'est devant le roi qu'il faut porter votre requête, car lui seul est habilité à arbitrer cette querelle... Et d'après ce que j'entends, la décision de lord Arryn n'a rien d'un caprice d'enfant. L'alternative qu'il propose m'a l'air tout à fait de nature à emporter votre adhésion. » Vaine querelle que celle-ci. Vaine discussion que la leur ! Leo ne pouvait qu'être mécontent de l’intransigeance et de la détermination de son neveu, qui venaient de jeter d'un coup d'un seul un grand froid sur leur réunion à huis clos. Mais plus encore il déplorait l'attitude du frère de sa chère belle-fille qui ne manquait pas d'air de ramener sur le tapis un contrat de mariage signé en catimini dans quelque obscur citadelle des Terres de l'Ouest.  « Quant aux crimes que vous supposez, ce sont là les risques et les périls engendrés par le stationnement d'une armée qui n'est guère en campagne. »C'était en partie pour cela qu'il s'était d'abord opposé au déplacement d'un grand ost vers les lointaines contrées du Nord où, sans surveillance, la soldatesque pouvait se révéler être un fléau pire que la peste. Leo ne désirait pas ménager la chèvre et le chou, il était encore maître chez lui et ne tolérerait point que la discussion dégénère plus encore qu'elle ne le faisait présentement. « Quant aux criminels identifiés, ceux-là doivent être jugés et punis d'après la gravité de leurs crimes, c'est évident, dans le respect des juridictions de chacun. Ce Kaeril Corbray, il me semble, attend d'ailleurs sa sanction. » Leo jeta un coup d'oeil discret à l'attention de son fils Tristan, espérant secrètement que celui-ci profiterait de l'occasion pour tirer tous les enseignements qu'offraient cette scène à la vérité fort instructive. D'un côté, il y avait Tybolt Lannister, manifestement contrarié. De l'autre, il y avait Jasper Arryn, fébrile mais déterminé. Aucun des deux ne lâcherait rien à l'autre, aucun des deux ne céderait une once de terrain. Le compromis n'était guère possible, puisque ni le lion ni le faucon ne semblaient disposer à concéder aucune concession. Entouré de tels individus, il était difficile pour le Long Dard d'imaginer un seul instant que l'objet même de leur réunion était encore viable ou même valable. La triple alliance se profilait davantage comme l'ouverture des hostilités entre le Val et l'Ouest et à la vérité, c'était là une chose que les augures auraient pu prévoir, et d'une certaine façon, le frère de sa bru récoltait les fruits semés quelques instants plus tôt par son épouse qui n'avait su se taire. Il aurait très bien pu réussir à emporter l'adhésion de son beau-frère s'il avait consenti à quelques concessions, mais il avait préféré jouer la carte du « tout ou rien », ce qui desservait grandement son projet. Triste constat, mais sans doute la leçon lui serait-elle utile pour l'avenir : bien mal acquis ne profite jamais.

Leo but quelques gorgées de vin tout en s'affaissant dans son fauteuil. Il se sentait las et en même temps, il ne savait pour le moment quoi penser de tout ceci. Les deux « frères » allaient-ils devenir des ennemis à leur départ de Hautjardin ? Cette pensée était proprement ridicule, car le véritable ennemi était Dagon Greyjoy, qui aurait bien ri d'eux s'il avait pu les voir à se chamailler comme deux enfants sans éducation. Au moins son neveu restait-il calme et digne... Mais malgré tout... Il avait l'intime conviction qu'en dépit des apparences, une chose merveilleuse était née à l'instant même où le seigneur suzerain des terres de l'Ouest avait abattu sur la table la carte des hostilités à l'égard du Val d'Arryn. Revenir sur sa décision d'accepter Jasper comme invité au procès du vassal de ce dernier était très puéril, mais il ne lui appartenait pas de faire la leçon au Bouclier de Port-Lannis. Quelle était la prochaine étape ? Allait-il lui refuser le droit d'informer les vassaux des Eyrié stationnés dans l'Ouest de l'ordre de retour au pays, comme l'avait dit son neveu ? Leo devinait jusqu'où cela irait, et à cette énième provocation, Jasper répondrait sans doute par la plus sage des décisions qui étaient à prendre, à savoir celle de faire appel à l'arbitrage du roi. C'était ce qui pendait au nez de lord Lannister, celui-là même qui avait souhaité dissimuler son mariage aux mille yeux et à l’œil unique de la Main du roi, lord Brynden Rivers... Et à Port-Réal, son expérience lui intimait la conviction que jamais un contrat fût-il de mariage ne l'emporterait sur les droits séculaires d'un seigneur suzerain. Tout au plus lord Arryn serait-il invité à payer une somme en argent pour dédommager lord Lannister, et encore, c'était bien peu probable. Cet événement avait-il un précédent ? Aussi loin qu'il s'en souvienne, Leo n'avait encore jamais entendu parler de rien de tel et pourtant, il comprenait les raisons de l'intransigeance de son neveu et la dureté de ses paroles qui n'en étaient pas moins polies. Tybolt Lannister avait beau se gargariser de belles paroles et de mielleuses insultes pour celui qui était beau-frère, ce dernier n'en demeurait pas moins dans son droit et surtout, dans son devoir. « Notre réunion s'achève donc ainsi, n'est-ce pas ? C'est fort regrettable. Lord Lannister, comme ma nièce je crois que vos paroles ont dépassé votre pensée, d'autant plus que vos menaces à peine voilées sont intolérables sous ce toit. » Leo n'oublierait rien de tout ce qui était arrivé durant ces derniers instants. Une fois de plus il n'en revenait pas de l'obstination de l'époux de sa nièce. Ne pouvait-il accepter l'inévitable ? Au contraire même, il commençait à en avoir assez du dirigisme de celui qui s'était présenté en maître de cérémonie, tout comme il en avait eu assez des interventions venimeuses de sa nièce, tout comme il en avait eu assez de l'inébranlable honneur de son neveu. Un beau projet était mort sous leurs yeux impuissants à tous, durant leur entrevue. Point le projet né des lunes auparavant dans l'esprit de Tybolt Lannister, mais ce qu'ils auraient pu tous les trois en faire, si ses deux pairs avaient eu l'audace de consentir à quelques minimes concessions. Tant pis, il ferait une croix sur le grand repas de famille qu'il avait pensé donner pour honorer le départ de tout ce beau monde et leur souhaiter bon voyage. Quel dommage !
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Message Dim 22 Juil 2012 - 23:22

Tybolt prit trop tard conscience de l'issue irrémédiable de cette réunion. C'est pour ainsi dire la voix de sa femme qui le lui fit réaliser. La jeune femme avait parlé avec justesse et tempérance, deux qualités dont il n'avait su faire preuve en se laissant emmener par son beau-frère dans un combat de coq qui n'avait pas lieu d'être. Laissant retomber la tension il écouta silencieusement les remontrances de son épouse, remontrances dont il ne pouvait dénier le bien fondé. La fille de Jon Arryn avait résumé en quelques phrases l'absurdité de tout ce qui avait été dis précédemment. Le seigneur de l'Ouest demeurait intimement persuadé de son bon droit et de l'absolue stupidité des prises de position intransigeantes de son beau-frère mais ses réactions face à cette adversité n'avaient pas été les bonnes. Loin de là... Il n'avait su prendre le recul nécessaire à une juste réponse envers les accusations de Lord Arryn. "Je Rugis" n'était pas la devise familiale pour rien, finalement et Tybolt n'avait pas dérogé à la règle en laissant le caractère de son emblème influencer le sien. Seulement comment tenir face à tant de défiance et de remontrances injustifiées. Il ne savait pas. Qu'aurait dit son père Lord Damon, il ne pouvait que l'imaginer, stoïque et tempéré face aux accusations. Au lieu de ça le jeune seigneur, lui, avait prit trop à cœur les atteintes faites à son honneur et au nom de sa famille, une erreur de jeunesse certainement même si à l'heure actuelle il ne pouvait s'imaginer agir autrement si la situation venait à se répéter. Qu'importe la manière dont il tournait la chose il ne se voyait simplement rester là impassible alors même qu'on l'accusait sans preuves ni fondements. La voix de la raison émanait de son épouse et alors que Tybolt pensait que cela calmerait les choses, sa stupéfaction fut totale lorsque ni son beau-frère, ni même le ô combien patient et respecté Lord Tyrell n'en tinrent compte. Les deux hommes auraient tout aussi bien pu dire sans détour aucun à Lady Lannister que sa voix n'avait aucun poids ni même aucune consistance ici même que ça n'aurait pas été plus claire... Deux possibilités apparaissaient alors aux yeux du jeune Lannister. Soit les deux hommes, se disant seigneurs, voulaient ainsi montrer le peu de cas qu'ils faisaient de la parole d'une femme en une telle situation. Chose qui semblait particulièrement malvenue à Tybolt qui ne concevait la gouvernance de la maison Lannister qu'associé à son épouse. Soit, pire encore, les mots de son épouse étant trop emprunt de bon sens, les deux Lords avaient sciemment prit la décision de les ignorer car de ce fait il leur était possible de rejeter la faute de l'échec de cette réunion sur la seule maison au Lion. Il sourit alors de dépit, posant une main sur l'épaule de son aimée. Que n'avait-il été naïf de penser que le simple fait de venir ici emprunt de bonne volonté et d'un projet cohérent, réfléchie et franc, pouvait suffire à emporter l'adhésion de ses paires... Il aurait dû écouter son épouse, cette dernière l'avait prévenu bien des mois plus tôt alors qu'il partageaient un bain dans la salle du Bassin que jamais ni Lord Jasper ni Lord Leo n'accepteraient de le suivre sur le chemin de la triple alliance. Baissant les yeux vers son aimée, il lui adressa un léger sourire désolé accompagnant un haussement d'épaule. "J'aurais dû t'écouter" aurait-il dit s'ils avaient été seuls.

Les mots de Lord Jasper furent de fait comme un bruit de fond dans la tempête qui rugissait au sein même de son esprit alors qu'il tentait de voir les possibilités s'offrant à lui. Une seule toutefois semblait pouvoir lui être bénéfique dans la situation actuelle. Maekar... il restait cette possibilité, jouer sur la position de Lord Rivers. Puisque le secret de son mariage le desservait dans un arbitrage de la Main, il lui fallait jouer sur la crainte de Lord Rivers de voir la maison Lannister rejoindre les soutiens du Prince Makar dans la guerre d'influence qui les opposait. Ainsi il ne pourrait léser aucun des deux partis mais serait obliger d'arbitrer de manière éclairée et de ce fait Tybolt savait ne pouvoir perdre la face en se voyant annoncer que le retrait unilatérale de la maison Arryn de ce contrat se ferait sans contre partie. Et Lord Leo qui le suivait sur le fait que les hommes coupables d'actes criminels aurait dû lui arracher un autre sourire mais il garda une attitude impassible, il ne savait se contenir lorsqu'on l'attaquait mais feindre alors même qu'un adversaire vous offrez un soutien inattendu il savait faire. Il trouverait toujours une paysanne prête à témoigner qu'un soldat l'avait violé ou un marchand prêt à jurer sur l'honneur que des hommes du Val avaient ravager sa boutique. l'or avait ce pouvoir... En plus des véritables criminels cela ferait du nombre. Quant à Lord Corbray et ses hommes, eux serviront d'exemple. Il reconnaissait cependant une chose à Lord Tyrell, sa raison dans le fait que lui Lord Lannister n'aurait pas dû menacer ainsi Lord Arryn sous le toit de son hôte, même si le fait qu'il ne fasse aucune remarque à son neveu quant à son comportement en disait long sur la partit prit du dit hôte... Tybolt s'inclina donc face à Lord Tyrell.
Vous avez raison Lord Leo, jamais je n'aurai dû outre passer mes droits sous votre toit. Je vous pries de bien vouloir accepter mes plus sincères excuses. Sachez néanmoins qu'à aucun moment il ne m'est venu à l'idée de vous manquer de respect à vous ou votre maison.

Il se redressa regardant Lord Jasper droit dans les yeux, la position assise de ce dernier permettait à ce que Tybolt n'ait qu'à baisser les yeux pour croiser le regard du Lord du Val. Notre différent se verra donc réglé par la Main, qui j'en suis certain saura juger de manière éclairée cette affaire si cette dernière estime que vous n'avez aucun engagement à honorer et qu'elle juge que l'ost peut quitter l'Ouest sans contre partie je ne m'y opposerai pas. Cela me laissera le temps nécessaire, si d'aventure Lord Rivers m'était défavorable, de lever des troupes supplémentaires afin de remplacer les valois. Seulement pour ne plus avoir a débattre de quelque manière que ce soit et embarrasser plus avant notre hôte et montrer de trop votre ignorance, je préférerai que vous ne parliez pas de choses qui vous sont inconnues. Il marqua un temps d'arrêt. Ces hommes dont vous moquez le sacrifice, sont morts pour que des milliers survivent et ne subissent pas un débarquement Fer-Nés. Sa main se crispa un instant sur l'épaule de son épouse. Croyez moi lorsque je vous dis que chaque jour je regrette d'avoir dû prendre ces décisions mais c'est ainsi que nous sommes nés. Ainsi qu'il nous faut agir pour préserver nos gens, la guerre n'est pas un conte, les hommes y meurent contrairement à ce que vous semblez croire et c'est à nous, nobles, de les y guider du mieux que nous le pouvons. Lorsque vous aussi vous aurez eut à faire la guerre, lorsque vous aurez vous aussi la mort de vos hommes sur la conscience alors peut être vous comprendrez enfin ce que c'est qu'être Lord et ce que je peux ressentir face à moi même lorsque cette bataille me revient. Mais jusqu'à ce que ce jour parvienne, et je ne vous le souhaite pas malgré ce que vous pouvez penser de moi, ne parlez jamais de ces décisions comme vous venez de le faire car vous n'y comprenez pas la moindre chose. Tybolt ne comprenait décidément pas ce Lord du Val qui parlait de l'honneur et de devoir alors même qu'il pouvait par la suite ainsi dénigrer ce qui fait la guerre. Combien de fois le seigneur de l'Ouest avait-il pensé sa stratégie afin d'éviter d'agir comme il l'avait fait pour sauver la ville et ses habitants... il n'en avait pas tenu le compte mais nombreuses étaient les nuits où, Maura endormie à ses cotés, le Lion de Port-Lannis revivait cette bataille dont il ne tirait aucune gloire. Il était facile après coup de se dire qu'il aurait fallu faire autrement, mais sur le moment et du fait de la surprise de voir les boutres Fer-Nés au large de sa ville le jeune seigneur avait prit les décisions les plus difficiles qu'il ait jamais eu à prendre pour sauver les gens du commun qui avait trouvé refuge à l’abri des remparts de la cité. Seule son épouse en réalité savait qu'il s'en voulait d'avoir ainsi envoyé des hommes à la mort en sacrifiant ses propres navires afin d'assurer la victoire. On l'avait loué pour ça, le bas peuple parlait de lui en des termes élogieux et la ville elle même lui était redevable... mais lui savait que les vrais héros, ceux sans qui tout cela n’aurait pu avoir lieu gisaient par plusieurs pieds de fond au large de la digue du port.
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Message Lun 23 Juil 2012 - 1:30

Il était tout simplement trop tard pour rattraper les querelles entre son frère et son époux et sans doute était-ce de sa faute, elle qui n’avait pas su jouer suffisamment les traits d’union entre le Val et l’Ouest. Pourtant, même si la situation la peinait, la jeune femme avait conscience que, cette fois, les choses étaient clairement établies. Maura n’avait plus rien à attendre de son frère qui n’avait même pas pris la peine de penser à son sort, elle qui resterait la dernière des gens du Val à demeurer dans l’Ouest. Il lui faudrait remercier la Mère de la clairvoyance qui l’avait faite tomber sous le charme de son époux et plus encore pour les tendres sentiments qu’il lui manifestait en retour. Il s’agirait bien là de sa seule planche de salut une fois qu’elle aurait délivré l’enfant tant attendu si cette dispute annonçait une ouverture des hostilités entre le Val et l’Ouest. Elle le savait d’avance, sa relation avec Tybolt de franche et libérée se craquellerait bientôt de mille et uns calculs pour continuer d’assurer sa place au sein de leur maisonnée. Si le Lannister venait à moins l’aimer, elle ne donnait pas cher de sa peau. Enfin, tel était le fardeau du sexe prétendu faible aussi se consacrerait-elle uniquement à son enfant à naître désormais, cela, au moins, lui éviterait des tracas à n’en plus finir. Elle n’avait pas choisi mais, de toutes évidences, les hommes avaient fait ce choix pour elle. Elle n’avait plus qu’à boire le calice jusqu’à la lie.

En un geste de soutien évident, elle posa sa main sur celle de son époux alors que celui-ci évoquait la mort de ses hommes sur les dromons brûlés sur ses ordres. Elle n’irait pas jusqu’à dire qu’elle avait parfois veillé sur le sommeil agité de lord Lannister mais se doutait de ce qu’un tel sacrifice pouvait faire peser sur l’âme. Rien, toutefois, qu’un profond examen de conscience en saurait résoudre. Elle lui jeta un regard inquiet mais sourcilleux. Pourquoi se justifiait-il ainsi ? Il n’avait pas à le faire après tout. Que pouvait bien lui importer le regard de lord Arryn sur la façon dont Port-Lannis avait été défendue ? D’autant que la piété et la soudaine prise de conscience de son frère se transformaient pour l’occasion en une propension nouvelle à jouer les saintes-nitouche qui, il fallait bien l’avouer, ne seyait guère à son caractère. Difficile de passer pour honorable et digne d’exemple lorsque l’on laissait sa propre sœur aux prises avec un pays étranger en la coupant de tout soutien familial du moins dans l‘esprit de celle-ci. Toutefois, comme lui, elle avait son devoir à accomplir qui ne s’arrêtait pas à monter sur ses ergots. Après tout, il suffisait d’agir, elle l’avait appris au contact des Fer-nés.

A la suite des paroles de son oncle, elle se leva tranquillement pour lui répondre. Rien ne servait en effet de poursuivre ce qui s’était avéré être un supplice pour les quatre partis en présence. Elle lui aurait bien dit qu’elle trouvait effectivement cette scène plus lamentable que regrettable mais elle se contenta d’un sourire mondain à l’attention du frère de sa défunte mère dont le souvenir avait été remué quelques instants plus tôt.


 « Je n’aurai su dire mieux mon oncle. Ces paroles étaient toutes aussi regrettables que les insinuations soupçonneuses ou malencontreuses lancées auparavant. L’honneur convient de toujours savoir partager équitablement les torts et de les accepter tout autant. Il est bien malheureux de voir que le bien commun ne peut toujours triompher des passions personnelles. Ce fut en tous cas un fort beau et plaisant mariage et véritablement un plaisir de voir ainsi nos familles rassemblées. »

De toutes façons, les dés avaient été pipés depuis le départ même si il était dommage de renoncer à un si grand projet pour de petites querelles qui n’auraient pas déparé dans le cloître d’un septistère réservé aux femmes. Mais bon, même déçue voire écœurée, son éducation l’aidait à garder une élégance certaine ou, du moins, une contenance appréciable. Ce qui l’ennuyait le plus, mis à part bien entendu de ne pouvoir recevoir son frère et sa sœur au Roc, serait de ne pouvoir faire découvrir à son époux les splendeurs des Eyrié avant bien longtemps, elle le craignait. Elle qui s’était faite une joie de le voir verdir sur le sentier entre Neige et Ciel. Quant à imaginer ses fiers soldats du Val d’Arryn la quitter, elle ne pouvait seulement imaginer ce malheur une seconde tant cette éventualité risquait de la jeter dans les abîmes d’un profond désespoir. Eux qui avaient été pour elle l’image constante du souvenir des terres de son enfance seraient plus que pleurés et regrettés par celle qu’ils appelaient encore la dame du Val. Sans doute, si, par une extraordinaire aventure, le Bâtard donnait raison à lord Arryn, seraient-ils heureux de regagner leurs pénates et leurs tendres épouses. En tous cas, la jeune femme ne pouvait que le leur souhaiter. D’aucuns même regretteraient peut-être d’abandonner ainsi l’aînée des enfants de Jon Arryn à son lointain et nouvel avenir. Cette simple pensée lui faisait plaisir d’autant qu’elle ne pouvait comprendre la bassesse des sentiments d’un époux qui n’avait jamais su saisir la profondeur de l’engagement des soldats venus de l’Est. Elle saurait bien lui faire entendre raison à ce sujet et sans doute lui chanter pis que pouilles au sujet de l’honneur de la maison Arryn dont elle demeurait, n’en déplaise à certains, la plus éminente représentante de ce côté-ci du continent.

Enfin, les jeux étaient faits aussi tendit-elle sereinement sa main à son époux attendant qu’il glisse son point sous celle-ci afin de l’escorter jusqu’à leurs appartements où, il y avait peu de doutes à cela, les deux époux allaient déverser reproches et invectives l’un envers l’autre pour finir par se réconcilier en une tendre étreinte après avoir donner des ordres pour sceller leur départ du palais floral des Tyrell. Nul doute qu’une fois les derniers adieux aux membres de leurs familles respectives, son époux souhaiterait rentrer au plus vite au Roc digérer sa déception. Elle salua les deux suzerains à l’aune de leur importance avant d’adresser un signe de tête et un sourire à son cousin.


 « Cette intéressante discussion ayant été prévue pour être le dernier temps fort des festivités, j’ai bien peur que nos chemins ne se séparent bientôt. Jusqu’aux temps des adieux, je souhaite que les Sept vous conservent en Leur sainte garde tous les trois. »

Elle aurait souhaité les étreindre, du moins son frère, d’autant qu’elle ne savait guère quand elle le reverrait mais l’ambiance et les tensions qui zébraient la pièce ne s’y prêtaient pas si tant est que Jasper ait accepté tel geste de la part de son aînée. Laissant Tybolt saluer courtoisement à son tour les trois hommes et remercier lord Tyrell d'avoir bien voulu apprêter une salle pour leurs discussions, elle attendit qu’il eût terminé pour qu’enfin il l’entraîne hors de cette salle sans ouvertures.
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Message Lun 23 Juil 2012 - 18:54

« Nous avons finalement un accord. » Il avait prononcé ces paroles avec une courtoisie neutre. Contrairement à son beau-frère, il n'avait pas le temps de s'égosiller en menaces et en insultes. Tant de vulgarité l'étonnait d'ailleurs de la part d'un fils d'une si noble et prestigieuse lignée. Toutefois, puisque lord Lannister ne se privait pas de l'insulter copieusement, pourquoi lui-même n'en ferait-il pas autant ? Parce qu'il était un chevalier dans le cœur et parce que le venin fielleux et l'acide verbal n'entraient pas dans le code des vertus chevaleresques. S'il avait souhaité s'attaquer à son beau-frère, il l'aurait fait l'épée à la main, et certainement pas la merde à la bouche. Mais finalement, le bon sens n'avait pas totalement déserté la cervelle de son beau-frère et ce dernier, même s'il n'acceptait toujours pas le retrait des troupes du Val, s'entêtant ainsi sur un drôle de chemin qui ne le conduirait nulle part, ouvrait la voie sur une solution appropriée et à laquelle Jasper n'était pas hostile. Il s'estimait et se savait dans son droit, et ne doutait pas une seconde que la Main du roi saurait le reconnaître et lui accorder le retrait des troupes du Val, fût-ce au prix d'un dédommagement colossal ; Jasper était prêt à vider le Val d'Arryn de son or pour soustraire son ost à l'influence délétère et perfide de son beau-frère, et nul doute qu'il aurait perdu patience s'il avait eu ne serait-ce qu'une toute petite idée des fourberies que ce dernier imaginait déjà pour contrecarrer les décision de lord Arryn. Mais à ainsi s'échiner contre l'inéluctable, ce dernier devenait ridicule. L'illégalité et l'iniquité du contrat étaient à ce point énormes qu'elle ne pourrait échapper à l’œil averti de l'homme que lord Lannister avait choisi pour juger de leur désaccord. « La Main du roi arbitrera ce différend et nous respecterons sa décision. » Il n'ajouta rien sur les dernières paroles de son beau-frère, car il n'était pas dans son intention d'alimenter plus encore un débat stérile et sans intérêt : lord Lannister avait décidé de lui refuser tout honneur et de lui dénigrer tout crédit, il n'avait qu'à s'incliner devant ce jugement péremptoire et qu'il n'avait nulle envie de discuter. Autrefois, il aurait pu considérer l'époux de sa sœur aînée comme l'exemple à suivre et donc l'homme à impressionner ou à agréer, mais il n'en était plus rien aujourd'hui et à vrai dire, l'opinion mesquine que lord Lannister avait pour lui et qu'il ne se privait pas de distribuer lui importait fort peu. Il se souciait davantage d'impératifs plus urgents et la présence absurde de son ost sur les terres de l'Ouest en était le chef de file. Sans sourire, il songea que l'entretien qu'il avait eu avec sa sœur un peu plus tôt dans la journée aurait déjà dû lui apparaître comme le plus clair des avertissements : il y avait à Castral Roc un vent mauvais qui ruinait toutes ses tentatives d'explication. Toujours stoïque malgré les insultes, car il avait bien compris qu'un des passe-temps favoris du Lion était de seriner sans cesse des couplets vantant l'inexpérience et la fraîcheur de son beau-frère, Jasper resta assis quelques instants de plus avant de se redresser sur son siège. Il voulut se lever mais n'en fit rien. Il n'avait plus rien à faire ici et de plus, il ne souhaitait pas risquer de voir s'éterniser une joute verbale sans queue ni-tête qui devait bien gêner les spectateurs contraints et infortunés. Il s'adressa donc à tous et surtout à ceux qui n'étaient pas concernés directement par la froideur des relations qu'il ne voulait plus entretenir avec aucun des membres de la maison Lannister. Si les Sept s'étaient penchés sur lui à cet instant, ils l'auraient très certainement entendu qui formulait le vœu qu'aucun des Lions n'approchât plus jamais aucun des Faucons.

« Et ce seront mes derniers mots. »Du reste, il ne voyait aucune raison d'en rajouter, d'autant plus qu'à la gorge il sentait se nouer un regret, celui d'avoir terni les noces de son cousin par ce pénible événement. Il n'attendait plus rien de cette discussion, et quand bien même il avait au début cru sincèrement au projet présenté par lord Tybolt Lannister, il se rendait bien compte à présent que ce dernier n'avait jamais été qu'un tremplin pour sa propre gloire, et son oncle comme lui-même n'auraient jamais été que les deux faire-valoir d'un Lion plus excité que jamais à l'idée de poser ses pattes sur un prestigieux piédestal. Il reconnaissait bien là une façon de faire qui n'était pas la sienne, et sans doute était-ce ce qui expliquait l'échec de leur tentative. L'alliance entre le Val d'Arryn et l'Ouest était bien morte, noyée dans le flot des menaces et des insultes de son beau-frère, alors Jasper préférait encore tirer immédiatement sa révérence et, plongé dans le silence, il demeura là, assis, attendant avec patience une intervention nouvelle, conscient que leur petite réunion touchait à sa morne fin. Morne ? Il ne l'était pas, puisqu'il n'accueillait qu'avec indifférence tout ce qui provenait de ceux qui n'étaient plus pour lui que des parents imposés par une erreur de jeunesse qu'il n'oublierait jamais afin de ne pas la reproduire. Sa sœur avait déjà précédemment agité devant lui ses belles paroles, mais elle n'avait pu et ne pourrait jamais altérer sa détermination à se détacher de leur influence néfaste à ce couple de mauvais drôles qui parlaient d'honneur et de franchise comme on s'en va pisser aux latrines. Il n'attendait plus qu'une chose à présent, et il avait hâte d'être libéré de la proximité des Lions afin de pouvoir informer en toute tranquillité les membres de sa famille et de sa suite des derniers changements dans la situation géopolitique des Sept couronnes. Il lui serait très pénible d'annoncer la situation à sa petite sœur Maeve, et il se demandait si cette dernière pourrait comprendre la complexité de la situation... mais il n'était pas homme à reculer devant qui ou quoi que ce soit. À vrai dire, le pire était déjà passé puisqu'il avait survécu aux déclarations d'hostilité du Lion en personne. Il sourit enfin. Que craignait-il à présent ? Il les observa qui partaient. Bon débarras. Il salua son oncle et son cousin avant de partir à son tour.
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Message Lun 23 Juil 2012 - 21:04

Finalement, tout espoir n'était pas perdu et ils allaient pouvoir s'éloigner du bourbier que semblait être devenu la discussion houleuse qu'alimentaient son neveu et le frère de sa belle-fille. Leo regrettait d'ailleurs que les paroles de ce dernier ne soient pas plus tempérées car après tout, toutes ces insinuations injurieuses desservaient plus qu'elles ne servaient son discours et à vrai dire, le Long Dard commençait à se demander si lord Lannister avait vraiment eu, fût-ce une seconde, l'intention de convaincre lord Arryn d'accepter de maintenir les troupes du Val stationnées sur les terres de l'Ouest dans son fief. À l'entendre parler, il ne lui semblait pas écouter le discours d'un homme qui souhaite emporter l'adhésion de son interlocuteur par la persuasion, la conviction ou la suggestion. Il ne savait pas trop qualifier ce qu'il entendait mais en tout cas, depuis plusieurs instants la discussion ne lui disait rien qui vaille et il la voyait se diriger droit dans un mûr dont le ciment eût été l'intransigeance de son neveu et le mortier l'entêtement du beau-frère de ce dernier. Qu'avait donc espéré lord Tybolt ? Avait-il sincèrement cru pouvoir imposer son projet sans se heurter aux conséquences de ses actes passés ? Malheureusement pour lui, son beau-frère semblait avoir la rancune tenace, mais cette seule rancœur n'était pas responsable de son fiasco. Qu'avait-il cru ? Son comportement, ses mots, ses phrases, ses intonations, tout cela était plus révélateur qu'aucune de ses promesses, et à vrai dire, depuis qu'il était à Hautjardin, Leo avait eu tout le loisir d'observer avec quelle arrogance et quel mépris des choses il traitait le reste du monde. Preuve avait été donnée sous ses yeux quelques instants plus tôt, quand il n'avait pas hésité à s'emporter avec son neveu. Un tel comportement ne menait nulle part, et à vrai dire Leo commençait à douter de son intention de temporiser entre les deux autres. Sa nièce l'avait dit, ils étaient tous « parents » ici, mais il ne fallait pas être un archimestre pour saisir toute la limite du mot en une telle occasion. Les relations personnelles primaient sur tout le reste, et il n'y a véritablement qu'au sein d'un même clan que le mot revêt toute la force que lui prêtait lady Maura dans sa dernière intervention, vaine tentative pour recentrer la discussion sur le sujet initial qui n'était plus, force était de l'admettre, qu'un vague souvenir dans l'esprit des trois suzerains, sauf peut-être dans le sien, et à bien y réfléchir, Leo conservait à l'esprit un vif intérêt pour ce projet, même s'il le savait mort-né du fait de l'impossible entente entre un Faucon trop implacable et un Lion trop autoritaire. Et les nouvelles paroles de sa nièce n'y changeaient rien : ils pouvaient parler d'honneur, ces jeunes gens n'y entendaient bien que ce qu'ils voulaient bien comprendre. Il n'y répondit que d'un vague sourire, que pouvait-il dire de toute façon ? Il n'avait pas de leçons à leur donner et de toute façon, il semblait clair qu'aucun d'eux n'avait besoin de ses conseils. Quel « bien commun » ? Cela n'existait pas, et aucune des personnes présentes ici n'avaient la personnalité d'une septa pour prétendre y croire. Tout cela l'agaçait et à vrai dire, il regrettait fortement ses neveu et nièce de la correspondance, quand une réconciliation entre eux était encore possible, parce qu'ils n'étaient pas encore trop éloignés par les feux de Castal Roc.

Mais il fallait se rendre à l'évidence : Maura était désormais l'épouse d'un seigneur hostile à celui des Eyrié. Étaient-ils ennemis ? Qu'était-ce à présent que la triple-alliance ? Il était inutile de se précipiter à jeter des mots et des étiquettes sur des situations que la nuit clarifierait plus qu'aucune des paroles qu'ils pouvaient encore échanger. Ainsi les rapports entre les Arryn et les Lannister étaient désormais plus froids que les neiges éternelles d'au-delà du Mur, le nier était stupide. Cela dit, qu'en était-il désormais des rapports entre les Tyrell et tout ce beau monde ? C'était là la seule question qui l'intéressait vraiment à présent qu'aider Beron Stark n'était plus une priorité pour personne. Quel dommage que lady Amelia n'ait pas été présente pour assister à cette déconfiture... elle aurait certainement su mieux tenir sa langue que d'autres et aurait sans doute gardé ses remarques et ses conclusions pour les coulisses de ce théâtre de dupes. Quand il lui ferait le récit de cette aventure, les Sept seuls savaient ce qu'elle trouverait à dire... Il observa les Lannister qui s'en allaient, bientôt suivis par lord Arryn, même si ce dernier ne suivait guère le même chemin. Leo, pour sa part, demeura encore dans la salle en compagnie de son fils Tristan et de son fils Mathias, qu'il convia à boire avec lui un peu du vin qu'il avait fait servir mais qui ne fut finalement d'aucune utilité pour adoucir les esprits. Ce sommet à Hautjardin était un échec, l'évidence était là, mais en discutant avec ses deux fils, il parvint à leur expliquer les raisons d'une telle débâcle. L'ambition est autant le terreau que le dernier refuge de l'échec. Rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme et manifestement, s'il avait dans un premier temps su susciter chez ses pairs l'enthousiasme nécessaire à son projet, Tybolt Lannister, en quelques phrases, avaient jeté aux abysses des sept enfers cet entrain là et ce dernier disparu, que restait-il sinon trois hommes seulement liés par trois mariages dont deux étaient à peine consommés et déjà vérolés ? Puis les trois Tyrell quittèrent la salle aveugle avant de regagner chacun leur quartier. Leo ne voulait pas rater le départ de son neveu qui, il le devinait, serait avancé. Resterait-il seulement une nuit de plus à Hautjardin ? Leo avait bien senti et perçu dans les paroles sans réplique de son neveu que le temps des adieux arriverait plus tôt que prévu. Et les Lions, partiraient-ils plus tôt que prévu eux aussi ? Leo sachant pertinemment qu'il n'avait point le pouvoir de retenir à Hautjardin tout ce beau monde que la citadelle florale oppressait décida donc de ne plus se poser trop de question et d'attendre la suite des événements, avec patience et observation.
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