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Le Lion, le Faucon, la Rose.

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Message Mer 9 Mai 2012 - 17:14

Lannister, Baratheon, Arryn, Tully. Leo s'estimait satisfait du séjour de tout ce beau monde à Hautjardin, qui touchait bientôt à sa fin. Il voyait déjà le moment des départs arriver avec une certaine nostalgie, car malgré les quelques incidents qui clairsemèrent cette fraîche période, il s'était plu à croire qu'un sentiment d'union était vraiment né entre toutes les familles assemblées. Mais ce sentiment, qu'il surévaluait sans doute, ne suffirait point et Leo le savait. À présent que les noces avaient pris fin, qu'il était venu le temps de faire de cette journée un souvenir heureux, d'autres affaires l'attendaient, plus graves, plus sérieuses. C'est pourquoi, quand il se coucha et s'endormit ce soir-là, ce fut avec le sourire aux lèvres. Le lendemain, tard dans la journée, avant le repas du soir qu'il prendrait comme une récompense méritée après leur réunion, les trois seigneurs suzerains se réuniraient. Y participerait également son héritier Tristan, qui avait reçu la consigne de s'y taire et d'y écouter, d'y observer, d'y apprendre. Peu avant, Leo Tyrell avait accompagné sa mère et son frère jusqu'aux écuries où tout un attirail avait été préparé pour eux : une monture pour le chevalier, une voiture pour la veuve. Avec lady Amelia qui s'installait dans le véhicule de bois, il échangea ces quelques mots :

 « Fais bon voyage. » La vieille dame posa une main desséchée sur la joue de son fils. « Ne te soucie pas de moi. Un petit séjour dans le château qui m'a vu naître me fera du bien. Je reviendrai à point nommer pour m'entretenir avec lady Aliénor, mais je veux lui laisser le temps de prendre ses marques à Hautjardin. La famille s'agrandit et je dois bien m'y faire. Embrasse ta mère, et laisse moi partir. » Avec plaisir, Leo s'exécuta, et contempla la fuite du carrosse loin des écuries, loin de Hautjardin. La demeure des Oldflowers n'était pas très loin de celle des Tyrell, mais il lui était toujours pénible de voir s'éloigner les blancs cheveux de sa génitrice. Il savait qu'elle ne craignait rien dans le château de son enfance, d'autant plus que son deuxième fils l'accompagnait et que Leo avait toute confiance en son frère pour protéger leur mère. Plein d'une mélancolie comme seule la vieillesse sait les produire, Leo revint vers le château et dirigea ses pas directement vers ses appartements où, après avoir rafraîchie son visage en l'aspergeant d'eau froide, il s'habilla d'une tenue légère et confortable sans être trop négligée pour le conseil qu'il tiendrait en compagnie de Tybolt Lannister et Jasper Arryn. Il voulait être à l'aise, sans être grossier. Il avait déjà prévu le lieu et les circonstances. Les trois suzerains se réuniraient dans la pièce la plus étonnante du château. Étonnante, elle l'était pour au moins trois raisons. D'abord, elle n'était percée d'aucune fenêtre, ce qui contrastait avec la plupart de toutes les autres pièces de la citadelle caractérisaient par leurs très nombreuses ouvertures qui faisait la réputation assumée de mauvaise place défensive dont jouissait Hautjardin. Ensuite, elle n'était que chichement meublée selon les occasions ; pour cette fois, on y trouverait trois fauteuil, un cabinet d'écriture avec tout le matériel nécessaire, une table ronde où étaient disposés plusieurs cartes, quelques livres et un jeu de pions figurant les forces du royaume et enfin un guéridon sur lequel on trouvait une dizaine de timbales, une cruche d'eau claire et une cruche de vin. Il n'y avait rien de plus, rien de moins. Enfin, et c'était sans doute l'élément incontournable pour distinguer cette pièce de tous les autres, les murs, d'une grande épaisseur, étaient d'une blancheur et d'une nudité intactes. Il n'y avait aucune aspérité, aucune tapisserie, aucun meuble pour en dissimuler une partie. Aucune torche ne venait crever la paroi, l'éclairage était assuré par un alignement de hauts candélabres de fer-forgé. La seule ouverture était la double porte, et c'était sans doute pour cela que depuis les rois Jardinier, les maîtres de Hautjardin se servaient de cette salle pour ouvrir les conseils qu'ils souhaitaient tenir à l'écart des regards indiscrets et des oreilles furtives et ce d'autant plus que l'entrée de la pièce était précédée d'une antichambre aux portes de laquelle nul autre que son propre fils, ser Mathias Tyrell, qui était le portrait craché de son père, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, s'assurerait que personne ne vienne déranger les trois sommités.

Leo espérait que ces conditions-là conviendraient à Tybolt Lannister, car après tout c'était lui qui était à l'initiative de cette réunion et il était bien normal que celle-ci se tienne de la façon qu'il jugerait la meilleure. Le Long Dard y arriva naturellement le premier, accompagné de son fils Tristan et de son fils Mathias afin de s'assurer que tout y était en ordre. Une fois l'inspection résolue, il s'en alla, avec ses fils, quérir les seigneurs Lannister et Arryn pour les conduire jusqu'à cette pièce qui n'était pas vraiment facile d'accès. Le hasard voulut qu'il rencontre d'abord le suzerain du Val, qu'il pria de le suivre en lui précisant que la réunion prévue avec ses deux pairs était sur le point de commencer. Ils atteignirent Tybolt Lannister et Leo se fit fort de les conduire jusqu'à la salle en question. Sa nièce les accompagnait.
 « Ce n'est pas la pièce la plus agréable du château mais elle conviendra parfaitement à notre entrevue, car nous sommes sûrs de n'y être ni vus ni entendus par quiconque. Voyez, c'est ici. » Il les fit entrer dans l'antichambre et Mathias ferma la porte derrière eux après les avoir salués. Il se posta, comme son père le lui avait ordonné, en gardien devant la porte, et il ne quitterait pas son poste avant la fin de la réunion. Leo et son fils aîné introduisirent les suzerains dans la pièce, espérant qu'elle leur conviendrait. « Prenons place, et s'il vous faut quoi que ce soit, je vous en prie, faîtes le savoir. » Ce disant, il s'approcha du guéridon, saisit l'une après l'autre les carafes, et versa du vin dans plusieurs timbales, et de l'eau dans plusieurs autres. « Autant commencer tout de suite. Je propose, lord Tybolt, que vous preniez l'initiative. Vous disiez dans vos corbeaux vouloir vous entretenir avec messire Jasper et moi-même d'un sujet qui vous tient à cœur. »
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Message Ven 11 Mai 2012 - 15:33

Tout, absolument tout ce que Tybolt avait fait, dis et mis en place depuis des mois n'avait pour but que d'en arriver à ce jour. La manière dont il avait mené la politique de la maison Lannister, à l'exception des évènements imprévisibles comme l'attaque de Port-Lannis ou la tentative d'enlèvement de Maura, tout la politique Lannister voulait précipiter les évènements pour que ce jour advienne. Dès lors et même si cela pouvait ne pas être le cas pour les autres, la journée avait une importance autrement plus grande pour Tybolt que le mariage lui même. La nuit fut donc courte pour le jeune Lion dans l'attente de l'entretien qu'il avait demandé à Lord Leo d'organiser. Ce dernier lui avait annoncé la veille vouloir y faire assister Tristan et Tybolt n'avait pu refuser, dès lors il avait lui même assumer que Maura prendrait aussi part à la réunion, ainsi il y aurait deux membres par maison, Maura servant à la fois de conseillère et soutien à son mari comme à son frère. Cependant et malgré ce point de départ bienveillant envers Lord Jasper, le jeune Lion espérait bien que son aimée trouverait plus d'arguments pour soutenir la cause Lannister que celle Arryn. Bien avant l'aube, le seigneur de l'Ouest avait les yeux grands ouverts et fixait le plafond des appartements qui avaient été dévolue à Maura et lui. Un bras passé derrière sa tête il écoutait la respiration calme et profonde de son épouse à coté de lui, alors même que son esprit n'était que tempête d'idées et d'arguments. Il n'aurait certainement qu'une seule chance pour convaincre et c'était celle là. Nul doute que s'il essuyait un refus catégorique des deux autres suzerains, jamais il ne pourrait espérer réitérer l'entreprise plus tard, et Tybolt avait un besoin vital de l'armée du Bief s'il voulait rendre la triple alliance prégnante d'un point de vu diplomatique. Tout reposerait sur la puissance militaire du Bief et celle financière de l'Ouest. Le jeune Lord se tourna alors sur sa gauche pour observer son aimée prendre du repos. La voir ainsi rappela au jeune Lion ce par quoi il avait dû la faire passer pour en arriver à ce jour, les sacrifices qu'il lui avait demandés sinon imposés et sa détermination se fit plus forte.

Le levé se fit aux premières lueurs de l'aube pour Lord Lannister qui devait rejoindre Gerold pour prendre le premier repas de la journée mais aussi et surtout parler encore une fois de ce qu'il serait bon de faire durant la réunion. Si le cadet Lannister ressentait la moindre contrariété à ce que ce soit Lady Maura qui accompagne Tybolt durant les négociations il n'en montrait rien. Le Lord Lannister soupçonnait du reste son jeune frère de préférer agir à l'insu de tous plutôt qu'apparaitre en lumière et agir aux vues et sues des autres grandes maisons. Ainsi donc Maura et lui se partageaient le rôle de conseiller, elle dans la lumière et à la face du monde, tandis que Gerold œuvrait plus en retrait dans les coulisses et par des moyens détournés. Cependant le jeune seigneur de l'Ouest savait avoir un besoin vital des deux et ne dénigrait jamais l'un au profit de l'autre. Le déjeuner fut donc frugal et relativement court. Chaque frère sachant pertinemment que le temps leur était compté. Ils s'isolèrent donc le restant de la journée pour débattre ensemble et argumenter. Gerold savait son seigneur de frère prompt à l'emportement et pas forcément le plus à même de considérer les avis contradictoires. Mais il avait confiance en Lady Maura pour apporter sérénité et bons conseils à Tybolt pendant l'entretien, sur ce point au moins le cadet Lannister reconnaissait sans mal l'avantage de sa belle sœur sur lui, elle savait calmer et faire entendre raison au Lion mieux que quiconque. Ils évaluèrent l'opportunité de se servir des informations délivrées par Tya à Tybolt la veille concernant l'état de l'Orage mais s'entendirent sur le fait que la lettre de Lord Beron Stark devait pouvoir suffire et n’abattre la carte Baratheon qu'en cas de besoin et non de manière pro active. Ce n'est qu'en quittant Gerold sur les derniers conseils et souhaits de réussite de ce dernier qu'il retrouva Maura dans leurs appartements. Ils n'eurent cependant pas le temps de s'entretenir réellement de ce que les deux frères avaient décidé qu'il leur fut signalé que Lord Leo et Lord Jasper les attendaient pour se rendre dans le lieu prévu pour l'entretien. Tybolt tourna donc un regard résolu vers Maura et après lui avoir baiser la main et s'être emplit de nouveau de cette résolution que son épouse savait lui apporter simplement par le fait d'être là, le jeune Lion prit la suite de Lord Arryn et Tyrell pour les suivre.

La pièce choisie par Lord Leo fut tout ce que Tybolt espérait. Il n'aurait en réalité imaginé pouvoir trouver dans la citadelle Tyrell une pièce qui lui rappel autant son Roc. Rien ici n'était fait pour séduire ou se reposer, il ne s'agissait que d'être effectif et de répondre à un besoin. Il s'y sentit d'emblée tout à fait à l'aise et détendu. Cela avait au moins eu l'intérêt de faire disparaitre la crainte partagée par Gerold que Lord Leo les mène vers un autre lieu de détente et de jouissance ou l'évocation même de la guerre et des impératifs dictés par celle-ci puissent passer pour incongrus et déplacés. Le Long-Dard avait donc conscience que le temps de la réjouissance était venu à son terme et qu'il était désormais temps de parler sérieusement et sans faux semblants. Tybolt se réjouit intérieurement de cela. Voyant le nombre de sièges, le jeune Lion, laissa naturellement le sien à son épouse qui pu y prendre place. Lui même resterait debout, il avait beaucoup à dire et pouvoir se déplacer et marcher avait toujours été quelque chose lui permettant d'architecturer ses pensées et d'évacuer la pression si besoin était.
Je vous remercie Lord Leo dit-il en préambule. Et de fait votre choix pour ce lieu ne pouvait mieux me convenir. Il marqua un temps d'arrêt le temps de laisser chacun prendre place avant de poursuivre. Comme vous l'avez dit et comme chacun le sait, il est un sujet dont je souhaite m'entretenir avec vous. Mais avant d'en venir à ce dernier, je souhaiterai tout d'abord présenter mes excuses à vous Lord Leo pour vous avoir cacher mes épousailles avec Lady Maura. Tout comme à vous Lord Jasper, pour vous avoir contraint au secret alors même que cela pouvait aller à l'encontre de votre devise. Observant Lord Arryn il continua. Cela n'a fait du reste que me montrer si ce n'est au royaume, que vous placiez plus haut encore la valeur de la parole donnée qu'un texte jouxté à un nom, aussi honorable soit-il. Et pour cela vous avez tout mon respect et ma gratitude.

Repensant à l'ordre des arguments Tybolt posa une main sur l'épaule de Maura avant de lui sourire. En reprenant la parole cependant son visage se fit plus fermé et déterminé. Cependant, ce secret et le voile qu'il jeta sur les actions de l'Ouest fut un mal nécessaire. Ce n'est pas par plaisir ou goût pour l'intrigue que j'ai fait subir à mon épouse ici présente le poids d'une telle manigance. Si je l'ai fait c'est avant tout pour permettre les épousailles de ma sœur, désormais Lady Aliénor Tyrell et de Ser Tristan.
Ce faisant il observa un moment son nouveau beau frère avant de revenir aux deux Lords Suzerains. Je ne voyais pas d'autre manière de m'assurer sans aucun doute possible que notre bon ami et fidèle allié, Lord Rivers ne voit d'un mauvais œil l'alliance effective et pérenne de trois des plus grandes maisons des Sept Couronnes. Ne pouvant prendre le risque que face à une telle alliance Freuxsanglant n'agisse pour l'en empêcher et nous garder tous cloisonnés dans nos fiefs respectifs. J'ai alors prit unilatéralement la décision de taire mes épousailles. "Ne t’appesantit pas sur le bâtard albinos" lui avait dit Gerold et de fait Tybolt enchaina. J'ose de ce fait espérer que vous saurez pardonner mes actes passés ainsi qu'oublier si besoin était les désagréments qu'ils auront pu provoquer. Le jeune Lion fit quelques pas pour saisir un coupe d'eau qu'il porta à ses lèvre afin d'humidifier sa gorge. Mais ce n'est pas pour vous présenter des excuses que je souhaitais vous voir en aparté l'un comme l'autre. Il revint vers la table. Un sujet plus pressant m'occupe. La guerre... Elle couve à nos portes et tous ici avons eu à en subir les affres. Certains plus que d'autres. Je ne saurai trop me souvenir des hommes du Val tombés pour protéger mon épouse et faire honneur à leur suzerain. Tout comme je sais le Bief constamment harcelé par les raids et razzias de nos ennemis. Il tut volontairement l'attaque de Port-Lannis ne voulant mettre en avant la maison Lannister, mais il savait que cet épisode des affrontements devait être dans tous les esprits. Après un moment de silence il reprit. Mais nous ne sommes pas les seuls à devoir y faire face. Si nous en sommes les premières victimes la rébellion Fer-Nés frappe quiconque se trouve sur son chemin. Le Conflans en a fait les frais avant nous, tout comme le Nord aujourd'hui. Il sortit alors la lettre de Lord Beron qu'il posa avec fermeté sur la table au milieu des cartes, libre à chacun de la prendre pour en connaitre la teneur. Aucun fief, aucun petit seigneur ou puissant suzerain ne peut aujourd'hui dire ne pas subir le poids de cette rébellion. Le royaume entier panse encore ses plaies suite au Fléau et à la sécheresse qui l'a suivit et aujourd'hui c'est la guerre et la mort qu'il lui faut affronter alors même que nos gens devraient être dans les champs et les vergers pour préparer l'hiver à venir. C'est grand péril que de laisser les choses en l'état !

Il but une nouvelle fois, ses yeux allant d'un seigneur à l'autre sans oublier ser Tristan. Le royaume a besoin d'actes forts, de prises de décisions pour lui venir en aide. Il fit un geste de la main pour parer à toute objection. Je ne dis pas que le Trône ne fait pas ce qu'il faut, mais les Targaryen ont des problèmes autrement plus urgents sur les bras. La rébellion Feunoyr reste encore présente aux esprits de tous j'en suis certain. Seulement les Sept Couronnes ne peuvent se permettre d'attendre. Comme dirait Lord Stark, l'hiver vient ! Et il risque d'être sur nous avant même que les milles et un yeux de Lord Rivers ne daignent se tourner vers les côtes de l'ouest du royaume. Il esquissa un sourire las avant de continuer. Vous l'aurez donc compris voici donc la raison qui a guidé mes actes depuis plusieurs mois. Et voilà tout autant la raison pour laquelle je voulais vous voir en cette occasion. Nous sommes tout trois liés par des alliances fortes. Le Val et le Bief avant même que je n'organise les mariage de ma sœur et le mien. C'était là le moment le plus risqué de l'entreprise, celui que Tybolt avait craint durant des semaines avant ce jour. Présenter la triple alliance sans pour autant faire penser à un acte de rébellion envers le Trône et les Targaryen. Il prit donc le temps de boire une nouvelle fois et d'ordonner son esprit. Il est, à mon sens, de notre devoir en tant que maisons suzeraines, d'assurer la continuité de la paix du roi en l'absence d'actes venant de Port-Réal. Nous le devons à nos gens, nos bannerets et aux autres suzerains qui aujourd'hui combattent chacun seuls pour assurer la sécurité des leurs. Une triple alliance assez forte pour frapper avec la dureté du Guerrier, assez riche pour s'assurer que chacun sera traité équitablement et non parce qu'il aura les moyens de nous faire agir ici plutôt qu'ailleurs et chargée d'honneur pour assurer à chacun le bien fondé de ses actes et la noblesse de son entreprise. Je ne vous propose pas de renverser le Trône mais bel et bien d'assurer la continuité de la paix du roi en attendant que le Trône soit en mesure de reprendre les choses en main, ce qui ne saurait être encore très long. Tybolt se redressa enfin, la proposition était sur la table, peut être n'était-elle pas aussi complète qu'il l'aurait espéré, il n'avait nullement fait mention d'un trium virat capable de peser sur les décisions futures de Port-Réal, mais pour le moment il pensait et Gerold comme Maura l'en avait convaincu, qu'il valait mieux insister sur le royaume quitte par la suite à voir ce trium virat prendre forme de par les faits.
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Message Sam 12 Mai 2012 - 0:30

La rencontre qu'il attendait avec impatience s'ouvrait devant lui dans tout ce qu'elle avait de simple et de complexe. Simple était désormais son point de vue sur les Lions qui, d'une certaine manière, tiendraient la main dans leurs débats et discussions, puisqu'il avait trouvé la force d'apaiser ses colères et ses rancœurs pour n'en garder plus qu'un souvenir indifférent et dénué de tout ressentiment. Il n'ignorait pas, il l'avait deviné, qu'il ne devait sa présence à cette réunion qu'au mariage heureux de sa sœur aînée mais à vrai dire, cela n'était pas pour le gêner. Il s'était fait à l'idée qu'il ne pourrait être considéré autrement par son beau-frère et que son oncle, parce qu'il était son oncle, aurait toujours de lui une opinion amène et bienveillante. Quelle importance, finalement, qu'il soit apprécié de l'un comme de l'autre ? Tybolt Lannister avait requis la présence de Jasper, il n'avait pas offert d'épouser lady Maura contre son gré, il n'y avait donc aucune raison pour le jeune homme d'être mécontent de quoi que ce soit. Peut-être plus encore aujourd'hui qu'hier, Jasper s'était résolu de croire que même le temps ne changerait à cette situation : quoi qu'il puisse faire ou entreprendre, il resterait toujours le même à leurs yeux, alors il ne revêtirait pas à cette réunion le rôle de celui qui cherche dans le cœur d'autrui l'approbation ou la clémence. Il se contenterait d'écouter, d'observer et de n'émettre son avis que lorsqu'il serait demandé. Un point de morgue en lui, mu par les paroles échangées auparavant dans les jardins avec sa sœur lui hurlait que sa présence n'avait rien d'innocent, qu'il était après tout le suzerain des sept mille hommes du Val qui, à l'Ouest, ajoutaient à la réponse que le Lion opposait à la seiche, mais ce point s'éteignit rapidement car il ne trouva aucune prise à l'esprit de Jasper qui s'était résolu. Sa patience devenue aussi inébranlable que les montagnes de la Lune, il avait pénétré dans la salle choisie comme lieu de réunion à la suite de son oncle et de son cousin, découvrant avec étonnement qu'il existait à Hautjardin une pièce à la décoration minimale, pour ne pas dire impécunieuse. Il ne put s'empêcher d'adresser à sa sœur aînée un sourire à la fois amusé et curieux de découvrir ce nouvel endroit qu'il ne connaissait pas. Son oncle avait-il d'autres secrets en réserve ? On aurait pu se croire en un tout autre endroit, mais la présence de lord Tyrell et de son fils rappelait sans peine qu'ils n'avaient pas quitté la demeure des Roses. Tous s'installèrent, et après une brève hésitation, Jasper prit place sur un fauteuil. Tristan Tyrell s'était placé derrière le fauteuil où serait assis très certainement son père, et Tybolt avait cédé son fauteuil à Maura.

Son oncle ouvrit la réunion de quelques phrases préliminaires, mais le véritable propos introductif revint à son beau-frère qui n'hésita point, pour expliquer les motifs de cette réunion, à discourir longuement, avec force d'arguments et d'exemples pour en venir au point précis qu'était la vraie raison de sa présence ici devant eux. Tout le temps qu'il parla, Jasper ne s’intéressa pas vraiment aux réactions de sa sœur, de son cousin ou de son oncle, il avait joint ses mains et posé son regard sur l'orateur et ne l'avait pas quitté des yeux. À vrai dire, il avait même négligé de s'approprier une timbale pour boire, trop sérieux qu'il était pour se détourner du monologue léonin. Tybolt Lannister, après avoir complimenté le choix du lieu, présenta ses excuses à Leo Tyrell pour lui avoir caché ses épousailles avec sa sœur aînée, et à lui-même pour l'avoir contraint au secret, fût-ce au mépris du sens de la devise Arryn. Avec un sourire qu'il n'afficha point, Jasper se demanda ce le Lion savait vraiment de sa devise, mais il balaya rapidement cette réflexion pour mieux se concentrer. Mais il lui était difficile encore de taire tout à fait ces pensées qui n'étaient que des résurgences des postures d'autrefois qu'il avait abandonnées. Il ne sut cependant comment prendre le respect et la gratitude que prétendait lui offrir son beau-frère. D'une part Jasper ne s'y attendait guère, ce qui le fit froncer les sourcils, d'autre part il chercha le piège sans le trouver alors, s'appuyant sur les paroles d'un plus sage que lui, il opina du chef, accordant à son aîné le bénéfice du doute. Vint ensuite une partie qui l'intéressa davantage, quand furent expliquées les véritables raisons du secret que le Lion qualifia de « mal nécessaire ». Pour y avoir longuement et douloureusement réfléchir, Jasper était tout à fait disposé voire même secrètement désireux de souscrire à cette présentation, mais il se demanda aussitôt si ces mots s'appuieraient sur davantage et si le Lion justifierait enfin et efficacement son choix. Quand il évoqua la nécessité du secret pour permettre les noces de sa sœur et donc le rapprochement des maisons Lannister et Tyrell, Jasper entrevit presque immédiatement l'opportunité d'un contre-argument qu'il garda pour lui au moins le temps de se le formuler. Si le Trône de Fer avait tant d'intérêts à garder séparées les progénitures des grandes maisons suzeraines, que n'était-il plutôt intervenu dans les générations précédentes pour empêcher les mariages entre Stark, Baratheon, Tully, Arryn et Tyrell ? De ce qu'il savait, il n'y avait bien que les Lannister pour n'être point liés à une autre maison suzeraine dans la génération du lord précédent. Malgré tout, Jasper, considérant qu'il n'était pas dans l'intérêt présent de Tybolt de falsifier l'évidence des faits et qu'il semblait probable que ses arguments soient dénués de fondement, chercha les raisonnements qui avaient conduit le Lion à ses conclusions et il découvrit quelques pistes, quelques éléments de réponse qui lui suggèrent de donner foi, pour l'instant, aux propos tenus dans le monologue. On ne pouvait ignorer les liens tissés entre les autres grandes maisons, mais aucune entre elles n'étaient aussi proches que l'étaient aujourd'hui les Arryn, les Lannister et les Tyrell et considérant l'influence combinée des maisons Lannister et Tyrell, il y avait de quoi intéresser sinon inquiéter Port-Réal, car le rapprochement était inédit. Jasper était très lucide sur la situation de sa propre maison qui n'avait rien de plus à offrir, dans l'affaire, qu'une terre et une armée épargnée par le Fléau du printemps. Il n'avait ni la puissance financière de l'Ouest, ni la puissance militaire du Bief. Ce fait, tous ici l'avaient à l'esprit.

Une fois le temps des excuses passés, Tybolt Lannister poursuivit son discours sans appeler de commentaires, et parla de la guerre et, chose étrange, il évoqua le dévouement des hommes du Val et leur sacrifice. Après avoir entendu parlé des razzias et des raids portés constamment contre les côtes du Bief, Jasper s'attendait à entendre parler de l'attaque de Port-Lannis, mais il n'en fut rien. Après un coup d’œil interrogateur vers son oncle, Jasper observa Maura qui ne disait rien. Tout cela lui paraissait étrange, mais après tout chacun était bien libre de dire ce qu'il voulait, d'autant que cette ellipse avait permis au Lion de faire intervenir dans son monologue les situations du Conflans et du Nord. En voyant le parchemin que Tybolt posait sur la table, Jasper ne put s'empêcher de penser à Edwyn Tully, qu'il aurait peut-être dû amener avec lui. Le discours continua et Jasper convint facilement et silencieusement avec Tybolt Lannister qu'il y avait péril en la demeure et qu'à défaut « d'actes forts », de « prises de décisions », les dangers étaient grands. Il ne put s'empêcher d'éprouver une fierté très personnelle et très égoïste, qu'il ne partagea point cependant et qu'il intériorisa, car après tout, lui-même avait ressenti ce besoin et pour y répondre, il s'était présenté à Port-Réal et, sous couvert d'y porter son épée, il avait exprimé le besoin d'actions décisives tant partagé dans le royaume. Jasper s'étonna de constater qu'il partageait ce point commun avec Tybolt, quand bien même leurs méthodes divergeaient. S'il avait bien compris, c'était ce besoin d'agir et d'agir vite qui avait donc motivé ses actes de ces derniers mois. Toujours avec patience, Jasper écouta le Lion qui poursuivait sans faiblir, qui expliquait ce qu'il pensait être leur devoir et, à nouveau avec surprise, Jasper concéda qu'il partageait son point de vue sur le rôle des suzerains dans le maintien de la paix du roi. Mais à la surprise succéda les interrogations en pagaille que suscitèrent les propos de Tybolt Lannister. C'est pourquoi, quand il en eut fini de ses explications, Jasper, après un court silence qui pesa lourdement sur ses épaules, se décida à prendre la parole.


« J'ai peur que mon inexpérience n'exige de vous un surcroît de précisions. Vous parlez de la création d'une triple alliance pour assurer la continuité de la paix du roi. Or dans les faits, à cause de la rupture de cette paix par la rébellion fer-née, l'alliance de nos trois maisons s'est déjà plus ou moins réalisée avec l'Ouest en point de mire. Vous avez épousé ma sœur contre sept mille de mes hommes et de ce que j'ai cru comprendre, le rapprochement de Hautjardin et de Castral Roc par mariage a lieu pour répondre à la menace de l'ennemi commun. Tous nous sommes déjà mobilisés alors dans les faits, l'alliance qui ne porte pas encore son nom est déjà appelée à répondre à ces objectifs... Je croyais la rébellion fer-née être la clef de voûte de la raison à notre présence ici, mais vous semblez en détacher votre projet... Alors, je ne dis pas que vous l'oubliez ou que vous souhaitez l'ignorer, à vrai dire je crois que ce serait difficile et que vous êtes le mieux placé aujourd'hui pour en parler... Est-ce donc que cette triple alliance serait appelée à dépasser le seul problème de la rébellion fer-née, à lui survivre ? Est-ce que dans votre esprit, cette alliance doit perdurer après la guerre et se maintenir dans les objectifs que vous décrivez ? Je veux être sûr de comprendre, cette fois. » Il désirait comprendre, autant qu'il désirait ne plus commettre les erreurs qui lui coûtèrent si cher par le passé.
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Message Sam 12 Mai 2012 - 2:03

Tybolt observa le jeune seigneur avec intérêt lorsque ce dernier prit la parole. Il avait depuis le départ craint que ce soit du Val que viennent les principales objections. Il savait son beau frère courroucé par leur échange épistolaire et de fait il pensait que ce dernier en avait toujours après lui, à tort ou à raison cela lui importait peu. De plus il tenait pour certain que le jeune seigneur du Val avait été quémander l'approbation et la caresse expiatrice de Lord Rivers quelques mois plus tôt, il craignait dès lors de se trouver face à un Jasper tout acquis à la cause du bâtard albinos. Il écouta donc avec intention et ce même s'il quitta la table un moment pour aller chercher une coupe de vin ainsi qu'une autre d'eau qu'il déposa sur la table devant son épouse. Lui même bu de nouveau à la sienne. A son étonnement, Lord Jasper n'avait pas parlé à l'encontre de l'idée de la triple alliance mais demandait simplement plus d'information, une idée plus précise de ce que la triple alliance serait dans les faits. Accessoirement il semblait aussi entrevoir les projets de Tybolt sur un plus long terme. Le tout jeune Faucon du Val avait donc un esprit plus analytique que ce que Lord Lannister avait pensé. C'était une bonne chose, il en aurait besoin car personne ne lui ferait jamais de cadeau, il en était toujours ainsi lorsque vous deviez assumer la charge de Lord suzerain. Personne ne se souciait de votre âge ou de votre expérience, on attendait de vous de gouverner justement et avec sagesse, de protéger et préserver vos gens quoi qu'il arrive et contre n'importe quelle menace. D'autant plus que Jasper sortait du Val que beaucoup encore considéraient comme avoir littéralement fermé sa porte aux problèmes des Sept Couronnes. Reposant sa coupe sur la table. Le Bouclier de Port-Lannis sourit à son beau-frère. Votre question est légitime Lord Jasper... Elle est légitime et quelque part nécessaire. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et de toute évidence je n'ai pas su expliciter au mieux ma vision de la chose. Aussi vais-je tenter de vous apporter les réponses que vous me demandez.

Tybolt prit quelques secondes pour réfléchir à la meilleure manière d'exposer son propos pour le rendre plus accessible et claire. Pensant avoir trouvé le bon angle il commença. Vous avez raison sur un point Lord Jasper, nos maisons sont liées par une triple alliance. C'est un fait qui ne peut plus dès lors être remis en cause par les actes et manigances d'un tiers extérieur à notre entente. Tybolt pensait très fortement à Lord Brynden Rivers et au fait qu'il était persuadé que ce dernier n'aurait jamais laissé passer une telle alliance s'il avait pu l'éviter. Seulement ce dont vous parlez, n'est dans les faits qu'engagements réciproques entre nos trois maisons, engagement de soutien militaire, financier et plus pragmatiquement de se venir en aide si l'un d'entre nous en a besoin. Alors que ce dont je vous parle n'est rien d'autre qu'un engagement similaire envers le royaume. Car comme la lettre de Lord Stark que vous pouvez consulter à votre guise dit-il en indiquant de la main le parchemin au centre de la table. nous le révèle nous ne sommes pas seuls dans cette situation, nous ne pouvons dès lors ne nous engager qu'envers nos partenaires privilégiés. Ce dont je parle ce n'est plus seulement d'assurer et de respecter nos engagements les uns par rapport aux autres. Nos sommes tous des hommes d'honneur et je ne doute pas un seul instant que tel sera le cas. Non ce que j'ai tenté de vous expliquer c'est d'agir, de prendre à notre compte le soutien des Sept Couronnes, d'apporter aide et main forte à quiconque en aurait besoin. D'assumer d'une certaine manière le rôle laissé malheureusement vacant par le Trône. Après un temps d'arrêt pour s'assurer que Lord Arryn suivait bien son explication, Tybolt reprit. Et je ne parle pas simplement dans le cadre militaire, mais bel et bien à tout niveau. Financier si besoin est et plus probablement à l'approche de l'hiver, un rôle de soutien réel pour aider les seigneurs dans le besoin. Combien seront-ils à ne pouvoir nourrir leurs gens lorsque l'hiver adviendra ? Combien de fiefs, combien de seigneurs petits comme grands se tournent jours après jours vers Port-Réal dans l'attente d'un geste ? Et qui le leur reprocherait ? Ils n'ont personne d'autre vers qui se tourner. Il y a bien évidement leur suzerain, s'ils en ont un, mais ces dernier tout autant que leurs vassaux souffrent à la fois de la sécheresse tout comme de la guerre. Voilà ceux à qui est destiné la Triple Alliance. Non pas à nous assurer nous même d'une gloire ou d'une richesse hypothétique mais bel et bien à assurer aux autres un véritable soutien et une réponse effective à leur demandes. Il pointa du doigt le Nord sur la carte disposée devant eux. Si j'ai prit l'exemple du Nord, c'est bien évidemment car c'est la que se trouve l'urgence à l'heure actuelle. Si Lord Stark m'écrit en me demandant de l'aide, que puis-je faire seul ? Si je réunis mes bannerets derrière l'oriflamme Lannister et que je marche vers le Nord pour soutenir l'effort de guerre Stark, que laisserai-je derrière moi ? Un fief à l'abandon et des victimes faciles pour les forces Greyjoy ? Et quand bien même je n'enverrai que la Flotte du Lion pour protéger les côtes nordiennes, qui dès lors défendra les miennes ? Avec la Triple Alliance ce n'est plus simplement à l'Ouest que Lord Stark se serait adressé mais aux trois d'entre nous. Trois grandes maisons pour lui venir en aide comme un seul homme, agissant de conserve pour que chacun ne soit pas pour autant laissé sans défense. La nature a horreur du vide savez vous Lord Jasper, il est donc de notre devoir de remplir ce vide jusqu'à ce que le Trône puisse l'occuper de nouveau. Car si ce n'est pas nous qui agissons aujourd'hui ce sera un autre demain qui lèvera des armées en jouant sur l'abandon supposé du royaume et c'est une autre rébellion qu'il nous faudra mater sur le continent cette fois. Il n'est plus de dragons pour insuffler la peur, faisons alors du faucon, de la rose et du lion ces dragons afin qu'aucun partisan Feunoyr ou autre et ils ont beau rôle en ce moment, ne puisse prendre la tête de mécontents et agir contre le Trône.
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Message Lun 14 Mai 2012 - 20:13

Leo s'était assis dès les commencements du discours de Tybolt Lannister, une coupe de vin à la main. Son fils Tristan se tenait droit sur ses jambes, derrière lui, les mains jointes dans le dos. Ce dernier se souvenant des consignes de son père, il savait ne devoir parler qu'à l'invitation des autres participants à la réunion. Le fils aîné de Leo avait appris avec grand étonnement que son père le conviait à la réunion, mais ce dernier avait à cœur d'intéresser son fils aux affaires du Bief, afin de prendre en main son éducation à grands renforts d'une pratique austère du pouvoir. Le jeune homme écouta donc son désormais beau-frère avec attention, tout comme son père qui ne souhaitait rien perdre des propos qui se répercutaient sur les murs sans jamais les traverser. C'était donc là tout le projet de Tybolt Lannister que ce dernier livrait avec foi et grand renfort d'arguments. Combien de temps avait-il pris pour préparer ce discours ? Combien d'hypothèses, combien de suppositions, combien de théories, combien de conditions, combien d'éventualités avaient-ils considérées, examinées, élaborées, préparées et compilées pour parvenir à ce propos construit avec cohérence et conviction ? Un grand nombre, assurément, et pourtant seul le résultat importait. Leo écouta donc, avec patience, avec intérêt, sans intervenir ni interrompre son homologue de l'Ouest qui exposait ses plans à long terme. Quand ce dernier présenta la missive envoyée par lord Stark pour appuyer son argumentaire, Leo se saisit du parchemin et en lut le contenu d'un œil distrait, car toute son attention était acquis au discours de Tybolt. Ainsi donc, tel était son projet, une alliance forte et durable entre les trois maisons dont les chefs étaient ici présents, une alliance capable de répondre aux maux du royaume avec efficacité, rapidité et pertinence. Une alliance fondée sur la puissance combinée de l'Ouest, du Val d'Arryn et du Bief qui existerait pour pallier les carences du Trône de fer, le projet était ambitieux. Il y avait cependant des écueils dans la présentation, des vides, des points d'ombres que Leo était désireux de voir s'éclairer, c'est pourquoi il s'arma de patience et prépara ses questions avec minutie, pour permettre à ses partenaires de comprendre le sens et les fondements de ses interrogations. Mais son neveu, le premier, émit une question que Leo écouta avec attention. Elle n'était pas dénuée de raison, quoiqu'elle fût peut-être mal formulée mais malgré cela, elle n'était pas inintelligible. Immédiatement, mais non sans certainement y réfléchir, Tybolt formula une réponse et Leo y trouva des éléments pour répondre aux propres questions que lui-même se posait. Malgré tout, les indécisions demeuraient, et comme il n'était pas là pour jouer à deviner ce que pensait et préparait le Lion, le Long Dard se décida enfin à prendre la parole à la suite de celui-ci. Il ne quitta pas sa chaise, demeura assis, usant davantage des modulations de sa voix que de sa gestuelle pour faire comprendre à ses auditeurs que les questions qu'il posait n'avaient rien d'anodin et qu'à défaut d'obtenir une réponse précise, Leo demeurerait toujours dans l'indécision.

 « Admettons que votre projet se concrétise. Comment l'imposerez-vous au royaume ? Lord Beron Stark demande votre aide, et je ne doute pas qu'il accepte et vous sache gré de toute l'aide que vous pourrez lui apporter, mais qu'en est-il de tous ceux qui n'auront pas l'initiative de faire appel à la triple alliance ? Le Trône de Fer, le royaume n'a-t-il pas son mot à dire ? C'est à vous que Winterfell fait appel, mais verrait-il d'un bon œil les épées du Bief, portées par nos navires, s'invitent sur son territoire pour régler son problème à sa place ? Je comptais ordonner qu'une trentaine de nos navires quittent nos eaux pour venir se placer sous le commandement de vos capitaines afin d'ajouter à la sécurité de vos côtes, qui sont les plus exposées dans cette guerre contre les Fer-nés. Mais pour autant, je ne le ferais jamais qu'avec votre accord et parce que je crois que nous sommes tous ici conscients qu'il est plus que temps de réagir. Mais si nous pouvons tous ici nous entendre, qu'en sera-t-il des autres ? »

Présenté comme il l'était, Leo estimait le projet ambitieux et peut-être un peu trop, car il ne voyait pas encore comment les trois suzerains pouvaient ordonner la chose sans qu'elle n'apparaisse comme une menace pour la relative indépendance de tous ceux entrant dans la sphère d'action de la triple alliance. Leo voyait tout l'intérêt d'un tel projet et la perspective d’œuvrer plus librement et plus efficacement pour régler les problèmes affectant le royaume ne pouvait que le séduire, seulement il se heurtait à un obstacle très répandu sur le continent : le petites susceptibilités de la noblesse ne viendraient-elle pas entraver l’œuvre de la triple alliance ? Si un révolte venait à meurtrir les terres du Nord, lord Stark verrait-il d'un bon œil l'immobilisme du roi son suzerain et l'intervention de trois autres suzerains qui, sous le couvert de la triple alliance, viendraient mater la révolte et pacifier ses terres ? Quel lord accepterait une telle ingérence sans de sérieuses garanties que la triple alliance ne cherche pas à en profiter pour faire main basse sur quelque profit au passage?

 « Comprenez-moi bien, je souscris à ce projet et si je peux parler franchement, il était temps que quelqu'un vienne à Hautjardin avec une idée plutôt qu'avec une excuse pour ne rien faire. Mais j'aimerais en entendre davantage, et savoir comment vous pensez que cette triple alliance devrait fonctionner, pour qu'elle soit plus qu'une vague idée dans nos têtes. »

Leo se doutait bien que c'était là sans doute où Tybolt Lannister souhaitait en venir. Car s'il était vraiment un homme d'action, il ne faisait aucun doute qu'entre ses mains l'alliance n'avait pas vocation à demeurer lettres mortes. Leo était heureux qu'il en soit ainsi, et il regrettait que le Lion ne soit pas davantage imité à Port-Réal où malgré tous leurs efforts, ses vassaux n'avaient pas su motiver le Trône à intervenir rapidement. Tout au plus avaient-ils réussi à faire entendre les cris de l'Ouest et du Bief auprès du Conseil, mais c'était insuffisant et c'était pour cette raison qu'ils étaient tous deux revenus dans le Bief où ils gardaient une marge de manœuvre plus importante, à un moindre niveau. Les ordres pour mobiliser une part de la flotte du Bief n'attendaient d'ailleurs plus que l'accord du Lion, mais chaque chose viendrait en son temps.
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Message Mar 15 Mai 2012 - 9:07

Les premières lueurs de l’aube avaient vu son époux se lever pour quitter leur couche encore chaude pour aller prendre son sempiternel petit-déjeuner aux côtés de son frère puîné. Si d’ordinaire, la jeune femme parvenait à se rendormir paisiblement après quelques minutes, elle n’avait pu retrouver le sommeil ce matin-là. Au contraire même, elle avait crié à ses servantes de lui apporter une bassine et avait longuement vomi le repas de la veille qui, même léger, lui était resté sur son estomac de femme enceinte. Fatiguée, dégoûtée et en larmes, elle avait failli faire déranger Tybolt et son frère pour le faire revenir auprès d’elle simplement pour lui tenir la main. Il avait fallu toute la patience de ses suivantes pour l’aider à se relever et à prendre - ô effort surhumain - une légère collation afin de se rincer la bouche et surtout de calmer les aigreurs d’un ventre tourmenté par les affres de la grossesse. Si ses femmes trouvaient le comportement de la future mère somme tout normal, il n’en allait pas moins que cet état de faiblesse désespérait littéralement une Maura habituée à contrôler son environnement et surtout ses propres attitudes. Après un repas silencieux, elle était passée à des ablutions moroses regrettant étrangement d’être loin du Roc et de la salle du Bassin où elle aurait pu se prélasser tout son saoul dans le confort de sa demeure. Elle s’était aussi longuement plainte de la trop riche nourriture qui ne l’aidait pas à éviter renvois et nausées que ce soit à Hautjardin ou à Castral Roc. Pour bien faire, elle pensait qu’elle aurait été beaucoup mieux installée dans des fourrures au sommet de ses chers Eyrié. Sans compter qu’au malheur d’être fébrile et malade s’ajoutaient les tensions nées de l’entretien auquel elle devait assister à côté de ses époux, frère, cousin et oncle. La nuit avait été agitée et son mari, énervé par la veille et l’anxiété, aurait été bien en peine de remarquer que ses mouvements brusques en cherchant le sommeil avaient tenu éveillée sa jeune épouse qui, abandonnant finalement l’espoir de dormir calmement, avait fini par profiter des instants où il sombrait dans les rêves pour ouvrir les yeux et le contempler enfin endormi. Et même si Tybolt était la douceur même pour la jeune femme, il n’en restait pas moins qu’elle aimait le voir ainsi, assoupi et vulnérable, les traits détendus et non assombris par quelques nouvelles idées sur la guerre ou la meilleure protection à donner à son fief.

Finalement, en sortant de son bain, elle se sentit mieux. Enfin, toute position différente de celle courbée au dessus d’une bassine à renvoyer son dîner était appréciable et ne pouvait que la faire se sentir de meilleure humeur. De même, le petit train-train matinal et habituel autour d’elle la détendait. Les robes que l’on défroissait, les bijoux que l’on admirait, les conseils que l’on échangeait dans une ambiance feutrée lui convenait finalement mieux que les exhortations d’un mari amoureux à se sentir mieux. Non pas que Tybolt ne fut pas d’une grande aide mais, à propos de la grossesse de son épouse, il demeurait impuissant. La robe que lady Lannister finit par choisir n’avait rien en commun avec la magnificence de la maison Lannister mais était toute à fait dans les habitudes des nobles du Val d’Arryn. Simple mais bien coupée, elle la couvrait d’une élégance certes précieuse mais néanmoins sobre. Ses lourds cheveux bruns aux reflets auburn furent également nattés et enroulés en un lourd chignon bas avant d’être, seul excentricité de sa tenue, piqués d’épingles précieuses faites d’argent pur et de diamants pris dans les joyaux de la dame du Roc avant son départ. Elle se força ensuite à manger encore un peu afin de ne pas être prise de faiblesse durant l’entretien, elle avait après tout un rang à tenir et même la grossesse n’y changeait rien. La dame de Castral Roc ne s’évanouissait pas au milieu d’une discussion sur l’avenir des trois fiefs les plus puissants de la couronne Targaryen. Finalement, tous ces menus préparatifs mis bout à bout avaient eu raison de la mâtinée et, quand Tybolt apparut, la jeune femme se relevait juste pour vérifier qu’elle était prête et parfaite. Son oncle les attendait déjà et ils n’eurent à proprement parler que le temps d’échanger un bref et dévorant regard et un baisemain plein de la promesse de félicités futures. Gardant sienne la main de son mari, elle l’accompagna au devant de son oncle, de son frère et, ô surprise, de son cousin Tristan. Fallait-il y voir un regain d’intérêt du cousinet pour tout ce qui ne portait pas jupons ? Malgré un fin sourire, elle salua tout un chacun avant de suivre la marche jusqu’à la curieuse salle aveugle et ronde que lord Tyrell leur présenta. Elle répondit au sourire amusé avec une certaine indulgence qu’elle étendit immédiatement à son époux. Fallait-il qu’ils soient des hommes pour s’émerveiller d’une salle où seuls compteraient les propos échangés…Elle s’installa dans le fauteuil à l’invitation de son mari riant intérieurement à la simple idée qu’on ait pu penser une seconde qu’elle resterait debout. Ne lui restait plus qu’à écouter ce qui allait se dire dans cette discussion tout en gardant ses réserves pour elle. Elle écouta les réponses et les questions jusqu’à ce que son oncle donne à son tour son point de vue, intéressant à plus d’un titre, qui lui donna l’occasion d’intervenir pour sinon éclaircir mais au moins préciser les idées du Lannister.


 « Vu la lettre du Stark, je doute qu’il s’attache vraiment à la couleur de la main qui tiendra l’épée du moment qu’elle éventre la Seiche. Et, je ne crois pas me tromper en pensant que vous préfèreriez tous combattre contre des rebelles sous la bannière du Dragon. En l’absence de réaction de sa part, nous devons toutefois nous organiser. Mais cela ne suppose pas de s’ériger en concurrent ou en successeur des Targaryen, il va sans dire que l’avis d’un suzerain voire même celui de l’avis du dernier de ses vassaux, si tant est que cela ait de l’importance, devra être entendu. Le contraire supposerait que de défenseurs, nous devenions des envahisseurs. Aucune de nos trois maisons ne voudrait de cela, j’en suis certaine. Nous sommes tous les fidèles serviteurs du roi Aerys. Et en l’occurrence, même si les attaques des fer-nés ne sont qu’un problème après tout local, elles n’en demeurent pas moins une remise en cause sans précédent du pouvoir du trône de Fer depuis la rébellion du prétendant Feunoyr. Et tandis que son regard se porte en permanence sur le Détroit, il est du devoir des maisons suzeraines de maintenir la Paix d’un roi dont nous sommes, après tout, les premiers vassaux. »

Et, après tout, les habitants de leurs contrées pouvaient bien regarder les Targaryen comme des dieux ayant transformé la flamme en chair mais s’ils cherchaient un homme, un dirigeant, lequel d’entre eux tournait le regard vers Port-Réal et son sorcier bâtard ? Aucun et avec raison. Ils attendaient de personnes comme les trois hommes présents dans la pièce, leurs seigneurs et maîtres. A partir de là, tant d’espoirs étant placés en eux, existait-il une autre attitude honorable que celle de protéger les populations d’hommes qui vivaient là, comme eux, avant l’arrivée des Dragons ? D’autant plus qu’à l’accroc fait à la paix du roi s’ajoutait l’horreur suprême de la religion fausse et fallacieuse des habitants des îles de Fer. C’était bien là la véritable horreur. Non content de les laisser aux prises avec des pillards, le trône les laissait subir les assauts d’infidèles. Pour assurer le repos et la sérénité des milliers d’âmes vivant sur le continent, il fallait porter le fer directement dans les îles. Elle prit un verre d‘eau qu‘elle goûta pour s‘éclaircir la gorge.

 « L’alliance des maisons Arryn, Lannister et Tyrell ne peut se concevoir qu’entre égaux. Plus qu’une triple alliance, ce serait un triumvirat en quelque sorte, n‘est-ce pas Tybolt ? Destiné à s’entraider de manière pérenne et à soutenir la couronne. Mais plutôt que de commencer à établir des plans de fonctionnement, pourquoi ne pas essayer de faire de notre combat contre les fer-nés une expérience dans laquelle puiser ? La collaboration militaire dans un premier temps, comme en témoigne votre proposition mon oncle, mais pourquoi pas également une collaboration plus diplomatique…? » proposa-t-elle calmement considérant que rien ne valait mieux qu’un test afin de déterminer la valeur d’une proposition.  « Ainsi vous pourriez ensuite convenir de faire de cette entraide une habitude pour peu qu’elle ait été satisfaisante. Par exemple, toutes les démarches auprès de la Main du Roi ont été faites séparément, les unes après les autres. N’auraient-elles pas plus de poids si elles étaient transmises à lord Brynden Rivers d’une seule voix, sous la forme d’une lettre signée par les suzerains du Val, de l’Ouest et du Bief peut-être ? Sans oublier, d’user peut-être de l’influence indirecte que vous pouvez tous exercer sur le trône par des vassaux bien placés, un oncle en charge des armées ou le poids que l’or peut donner à lui seul ? Peut-être cela motiverait peut-être l’accélération de préparatifs militaires qui semblent s’enliser au fur et à mesure que le printemps s’est effacé et que l’automne a avancé. Vous détromperez si je fais erreur mais cela fait bientôt plus d’une année que les ravages des pillards fer-nés ont commencé. Sans compter qu’avoir les mains libres du côté des Iles nous permettraient de jeter toutes nos forces, absolument non négligeables pour les Targaryen, dans un abattement d’une nouvelle rébellion dont j’entends de plus en plus souvent les bruits vicieux arriver jusqu’à mon oreille. »
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Message Dim 20 Mai 2012 - 2:21

Désireux de savoir comment fonctionnerait l'alliance, son oncle avait posé sa question. Toutefois, si celle-ci s'adressait au Bouclier de Port-Lannis et non à son épouse, ce fut bien cette dernière qui prit la parole et l'initiative de répondre à l'interrogation. Jasper ne regrettait pas l'intervention de sa sœur aînée, mais il déplora cependant qu'elle s'impose et prive ainsi la réponse que Tybolt apporterait à la question de son oncle de toute la spontanéité qu'elle requérait. Mais Maura apportait quelques précisions sans pour autant traiter du gros de l'affaire, et peut-être l'approche prudente qu'elle suggérait était-elle le meilleur des chemins à suivre pour voir naître, croître et s'accomplir ce projet qui semblait cher au cœur de Tybolt Lannister. Toutefois, quelque chose l'interpella dans la fin de sa déclaration. En effet, nul ne doutait de la fidélité des trois seigneurs suzerains envers le roi Aerys, mais malgré toute sa bonne volonté, qui irait nier que les vassaux loyaux et fidèles du Trône de Fer s'impatientaient quelque peu de voir ce dernier répondre à leur appel ? Personne, pas eux, pas ici. L'alliance des Lannister, Tyrell et Arryn ne pouvait se concevoir qu'entre égaux, c'était là les mots de sa sœur, et malheureusement ce n'était pas encore le cas. Le temps y pourvoirait sans doute, mais en attendant Jasper ne pouvait que réagir avec tout le recul dont il était capable, autrement dit, c'était fort peu et, très faiblement, les dernières phrases de sa sœur le laissèrent franchement perplexe, perplexité qui fut très visible comme son nez au milieu d'un visage pourpré par le scepticisme qui l'animait. De ce qu'il entendait, il épousait les projets qui lui étaient présentés. Agir plutôt qu'attendre, il y était naturellement favorable. Frapper plutôt qu'endurer, il y aspirait. Le chevalier qu'il était ne pouvait que répondre positivement, donc, aux propositions de son beau-frère, mais pourquoi avait-il encore l'impression désagréable que tout n'était pas dit et qu'en dépit des précisions de Maura, sa question et celle de son oncle demeurait sans réponse ? Cette sensation de flou et de mystère, il se souvenait l'avoir déjà éprouvé quelques temps auparavant, lors d'un événement non moins important que celui qu'il vivait ici à Hautjardin. En effet, lors de sa première rencontre avec Brynden Rivers, la Main du Roi, cette dernière s'était montrée très évasive et très mystérieuse, comme Jasper s'y était plus ou moins attendue. Les derniers mots de Maura lui rappelèrent d'ailleurs ce qu'il avait appris lors de cette entrevue. Il était venu jusqu'à Port-Réal en espérant très naïvement que ce geste pousserait le Trône de fer à l'action, mais il n'avait rien obtenu que des palabres et des prétextes et, dans sa conversation sibylline, il avait appris de Brynden Rivers que si le Roi venait sans tarder au secours de l'Ouest et du Bief, il s'exposait « sur d'autres aspects » et ouvrait la voie à des « ennemis bien plus dangereux ». La Main n'avait pas été très claire, elle n'avait jamais mentionné ces ennemis, leur identité, leur nombre, leur force, mais elle avait su faire que le jeune homme saisisse des bribes de ce que pouvait être cette autre menace planant à l'ombre du Trône de fer. Naturellement, le jeune suzerain avait compris que des impératifs plus grands s'imposaient au Roi qui reléguaient donc la question Fer-née au second plan, mais pour autant Jasper le déplorait amèrement, car c'était à cause de cette négligence que les plages de l'Ouest saignait du sang des hommes de l'Ouest, mais aussi des hommes du Val partis combattre là-bas un ennemi qui ne les menaçait pas directement. Le déplacement de l'ost Arryn avait été déjà une grande démonstration, mais à quoi servirait-il s'il s'enlisait dans une posture défensive qui ne servait à rien contre les seiches de Dagon Greyjoy ?

« Si vous me permettez de prendre la parole, j'aimerais dire un mot, ou peut-être deux. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, alors je vais demeurer prudent, mais ces bruits que tu entends ne sont pas juste des rumeurs colportés par des exaltés nostalgiques du dragon noir. » Son regard se posa sur sa sœur, puis sur son beau-frère qu'il fixa avec grand sérieux. « Ma visite à Port-Réal a été très décevante, mais elle m'a au moins permis d'apprendre qu'effectivement, une menace plus grande que celle des Fer-nés préoccupent lord Brynden Rivers. S'agit-il des Feunoyr ? Lèvent-ils une armée dans les Cités-libres ? Se sont-ils rassemblés sur le continent et préparent-ils le retour des héritiers de Daemon ? Il n'a su me le dire, ni me le prouver, mais c'est en tout cas ce qu'il croit ou prétend croire. Un ennemi dans l'ombre dispense-t-il de répliquer à l'ennemi qui, dans la lumière, saccage nos côtes et massacrent nos gens ? Pas à mon sens, mais qui suis-je pour discuter les décisions du Trône de fer ? Il n'a pas été en mon pouvoir d'infléchir sa position en faveur d'une intervention plus rapide et quand bien-même nous nous rendrions tous trois à Port-Réal sur nos genoux, je ne crois pas que nous aurions plus de succès. Quant à chercher l'appui de notre oncle Maekar... à vrai dire j'ai peur que son soutien nous desservirait plus qu'autre chose. Il a peut-être la tête des armées, mais il ne s'intéresse pas au sort de l'Ouest et du Bief, sa querelle avec la Main du Roi concentre bien toute son attention. » Jasper avait lui-même le souvenir douloureux de la tentative de son oncle de gagner le cœur du jeune suzerain du Val à une cause toute orientée dans le but de faire chuter lord Brynden Rivers. Il tourna son regard vers les Tyrell et croisa le regard de son oncle. « J'ai voyagé depuis la capitale en compagnie de votre vassal, mon oncle, et lord Redwyne m'a confié qu'en dépit de sa place au Conseil restreint, il n'avait pu obtenir ce que j'ai moi-même été cherché jusqu'à Port-Réal, malgré toutes les tentatives qu'il diligenta avec l'appui de messire Hightower. Je ne veux pas paraître obtus, mais s'agissant du poids de l'or, il va sans dire que je désapprouve. L'Ouest, le Bief, le Conflans, le Nord, aucun de nous n'avons à monnayer la protection que le Trône de fer se doit de nous assurer. »

Son ton s'était durci quelque peu, mais sans doute était-ce parce que Jasper avait un mépris compassée pour ces compromissions vénéneuses et toxiques. Les vassaux du roi lui doivent obéissance et loyauté, et ce dernier doit assurer leur protection. Ce n'était ni négociable, ni monnayable, il ne s'agissait pas là d'un bien qu'on discute en place de grève comme un boisseau de blé ou une caisse de viande séchées. Si l'un des vassaux du Val d'Arryn subissait une agression, jamais Jasper n'exigerait de contrepartie au devoir de protection qu'il devait à ses liges, et il s'attendait donc, avec sévérité, à ce qu'il en aille de même pour le roi à son égard. Mais il se rendit bien compte que ces paroles pourraient sembler naïves et futiles, car bien souvent, et il le regrettait beaucoup, ce qui lui apparaissait comme un devoir indiscutable était l'objet de négociations et de tractations, chose qu'il réprouvait autant qu'il les vomissait.
« C'est certainement pessimiste de ma part, mais je ne crois pas qu'il nous soit possible d'obliger la Main du Roi à agir plus rapidement concernant la rébellion des Îles de Fer. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Si le Val disposait d'une flotte capable d'aller fracasser les boutres fer-nés contre les remparts de Pyke, nous y serions déjà allés. Mais hélas le Val n'a rien de tel à offrir, et fort heureusement d'ailleurs car je n'ai absolument pas le pied marin. » Il s'interrompit d'un soupir. Il était bien conscient qu'il faudrait une puissance navale conséquente pour écraser la flotte fer-née. Alors dans ce cas, que pouvait-il faire, lui qui n'était que le suzerain du Val d'Arryn ? Il n'ignorait pas le mépris que nourrissait envers lui ceux qui l'observaient depuis qu'il avait pris la tête des Eyrié et de son fief. C'est un peu pour eux qu'il poursuivit sans s'interrompre cette fois. « Longue tirade que celle-ci, mais nous tenons tous à ce que les choses soient claires. L'alliance ne peut se concevoir qu'entre égaux, comme a dit Maura. J'y souscris, mais puis-je être vraiment votre égal ? Votre nom seul, mon oncle, impose le respect, et bientôt, lord Tybolt, tout le monde vous connaîtra comme celui qui a tenu les Fer-nés et leur amiral à distance de votre cité. Mais dîtes moi plutôt, qu'ai-je fait ? Qu'ai-je accompli qui me propulse à vos côtés comme un égal ? »» Il ménagea un silence. L'inconfort de sa posture assise le motiva pourtant à reprendre rapidement. Il s'étonnait lui-même de parler avec le calme des vieux sages, alors qu'au fond de lui son cœur tremblait. « Je n'ai rien fait, et je sais bien que c'est ce qui m'est reproché. Je me souviens de votre dernier corbeau. J'ai entendu les ronds-de-cuir à Port-Réal. J'ai entendu mes propres hommes. Ils sont tous si prompts à me prêter une intarissable soif d'applaudissement qu'ils en oublient que j'ai moi-même des yeux et des oreilles en plus d'une bouche pour avaler le miel des félicitations des plus grands, comme ils disent. Permettez moi cette franchise, je ne suis pas ici pour vos caresses, ni pour votre approbation. Je n'ai rien fait d'héroïque ou de remarquable, mais le Val a déjà fait plus qu'il ne devait pour l'Ouest et pour vous-même. Était-ce là, déjà, une tentative désespérée pour obtenir je ne sais quoi d'approbation ? Je suis un Arryn, et je ne mendie l'agrément de personne. Vous et moi, lord Tybolt, nous nous ressemblons au moins sur ce point : nous n'apprécions pas de perdre notre temps. Si vous ne me faîtes pas confiance, alors je ne vous ferai pas perdre un temps précieux et je quitterai cette salle. De mon côté, je veux bien faire confiance à ce projet et lui donner les moyens de la réussite, mais pour cela il me faut la réponse à la question posée par vous, mon oncle : comment voyez-vous cette alliance fonctionner, dans les faits ? Voulez-vous trois têtes à cette alliance ? Trois têtes pour discuter et prendre les décisions ? Quelle place aura chacun de nous ? Qu'attendez-vous de mon oncle, de moi et nous-même qu'avons-nous à attendre de vous ? En somme, une fois l'alliance décidée, comment s'organise-t-on ? » Jasper, peut-être trop sérieux, s'était ouvert un peu plus qu'il ne l'avait souhaité, mais considérant le peu d'expérience qu'il avait de ces situations, il s'estima plutôt satisfait : le pire avait été évité. Il se moquait bien de savoir ce que penseraient son oncle et même son beau-frère, car si eux lui refusaient cette stature, lui assumait pleinement d'être ici leur égal. Jasper, pénétré peut-être de l'orgueil propre aux héritiers des plus vieilles lignées Andals de ce continent, avait bien compris qu'il n'avait à s'avilir devant personne. Tant qu À présent, il appartenait à ses interlocuteurs de réagir et, au fond de lui, il espérant qu'une réponse claire viendrait éclairer ses interrogations, car il ne souhaitait pas voir se reproduire l'épisode de Port-Réal, et quitter cette réunion avec des doutes et des incertitudes. Il ne souhaitait pas non plus que demeurent encore des malentendus qui viendraient pourrir cette alliance de l'intérieur : soit Jasper s'y engageait avec au cœur la conviction de sa viabilité, soit il la refusait. Le jeune homme avait malgré tout fait l'effort d'éclaircir son propos pour terminer, car il avait bien conscience de manquer du bagage nécessaire pour parler peu et bien. C'était pour cela sans doute qu'il s'exprimait le plus souvent sans chercher à déguiser sa pensée, car ainsi ses mots ne trahissaient rien et transmettaient le plus fidèlement son état d'esprit et ses opinions. Le temps lui apprendrait certainement à mieux feindre, mais pour l'heure, il acceptait d'être en position de faiblesse aux côtés de ces trois autres certainement passés maîtres dans l'art de la dissimulation. Jasper était un chevalier et il maniait les idées comme il maniait son épée : avec transparence et loyauté.
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Message Mer 23 Mai 2012 - 12:08

Le jeune seigneur suzerain de l'Ouest écouta les questionnements de ses pairs avec gravités. Il avait attendu ce moment depuis tellement longtemps qu'il n'espérait pas que tout se passe sans la moindre anicroche ou interrogation. Lord Leo semblait concerné par la manière dont les autres maisons prendraient un prise de position des trois gouverneurs ici présents. Le Long-Dard paraissait ouvert à l'idée et même reconnaissant d'une certaine manière de l'évocation de celle-ci mais peut être appréhendait-il les réactions des autres seigneurs du royaume. Le jeune Lion comprenait les réticences de son aîné même s'il ne les partageait plus. Il allait, de fait, prendre la parole pour apporter réponses et compléments aux interrogations de Lord Tyrell lorsque Maura le fit à sa place. Il sourit lorsqu'elle mit en avant le devoir des "premiers vassaux" du Trône et opina du chef lorsque son épouse demanda son approbation sur la notion de Trium Virat. Les observations de son aimée avaient tout le pragmatisme propre à la maison Lannister et cela réjouissait Tybolt bien qu'il n'en montra pas de signe extérieur. La partie diplomatique dont faisait mention Maura avait été amener de main de maitre et Tybolt devait avouer en son for intérieur qu'il n'aurait certainement pas mieux fait. La Dame du Roc avait l'art et la manière d'insinuer les idées comme les convictions aux cœurs de hommes. Il mesura en cet instant une nouvelle fois la chance qu'il avait eu en prenant la jeune Lady Arryn pour épouse quelques mois plus tôt et plus encore la force qu'elle savait lui apporter ainsi que le soutien dont il bénéficiait de par ses conseils et appuis. Quelle reine aurait-elle fait se fit-il la réflexion même si très vite un sentiment jaloux le prit et se disant que jamais il ne supporterait perdre son aimée et ce même pour la voir trôner à Port-Réal. Même en pensées il n'appréciait guère l'idée de ne pas avoir Maura à ses cotés, il repoussa donc la simple évocation de cette idée comme on pourrait le faire d'un insecte gênant.

Convaincu par la prise de parole de son épouse Tybolt allait donc apporter ses propres arguments, certainement moins globaux et plus terre à terre, marqués du sceau de sa propre expérience récente lorsque Lord Jasper prit à son tour la parole. Si Lord Leo s'inquiétait de la manière dont les autres maisons allaient prendre l'action de la Triple Alliance, Lord Jasper quant à lui semblait plus inquiet des rapports interne à la dite alliance, ou peut être les question de son oncle avaient-elles couverte ses propres interrogations. Le jeune Lion ne s'était de fait pas attendu à une telle sincérité dans les propos de son beau frère et le voir ainsi se dévaloriser même s'il devait admettre partager une partie de ses craintes lui fit mal pour son épouse. Il connaissait la fierté assumée et revendiquée de Maura et il se doutait bien que voir son jeune frère ainsi remettre en cause sa propre expérience et sa valeur devait être tout sauf ce qui plaisait à l'ancienne Dame du Val de voir. Posant une main sur l'épaule de la jeune femme, à qui il adressa un regard complice, le Bouclier de Port-Lannis laissa ainsi finir le jeune Faucon. Les informations quant à son entretien avec Lord Rivers révélaient tout ce que Tybolt avait craint à savoir le total abandon du royaume par le bâtard albinos au profit ou dans la crainte d'une menace fantôme qui ne viendrait peut être jamais, alors même que par milliers mourraient les honnêtes hommes et femmes de l'Ouest, du Bief, du Nord, du Val ainsi que du Conflans. Sans compter les pertes commerciales et l'atteinte portait aux Sept Couronnes dans son honneur. Après une courte réflexion visant à ré organiser sa pensée Tybolt finit par prendre la parole pour à la fois répondre à Lord Leo et Lord Jasper ainsi qu'apporter des compléments aux dires de son épouse.


Comme l'a si bien dit Lady Maura, notre rôle et notre devoir même réside dans la défense des Sept-Couronnes. Nous sommes tous ici présent les gouverneurs militaire du Royaume. Qui du Sud. Il fit un signe en direction de Lord Leo. Qui de l'Est, nouveau signe vers Lord Jasper ou encore de l'Ouest. Il nous revient par serment d'assurer la défense des gens du communs. Ce même serment qui engage notre bon roi comme nous le sommes. Son visage se fit plus fermé avant qu'il ne poursuive. Mais vos interrogations sont plus pragmatiques que ces vagues idées de devoir et d'honneur. Il me faut donc leur apporter des réponses tout aussi pragmatiques. Se tournant vers Lord Leo. La question que vous vous posez Lord Tyrell, je me las suis moi même posé bien des nuits durant, mais elle ne fait plus partie de mes soucis désormais. Et ce depuis que mon propre fief et mes propres gens se sont vus menacer par Dagon Greyjoy et ses chiens. Mais plus encore lorsque Lady Maura ici présente fut la victime de l'infamie Fer-Nés. Les muscles de la mâchoire de Tybolt commencèrent à se contracter, la simple pensée de l'attaque dont avait été victime Maura réveillait les sentiments les plus furieux de son époux. C'est à ces occasions que je compris, pour ma part tout le moins et comme Maura l'a dit plus tôt, qu'importe la main tenant l'épée du moment qu'il plonge cette dernière dans le ventre de mon ennemi. Dès lors Lord Stark comme les autres selon moi ne chercheront pas à savoir d'où vient l'aide apporté du moment qu'elle les préserve de la menace Fer-Née. Bien évidemment nous ne saurions intervenir sans l'accord préalable du seigneur concerné. Il reprit son souffle un instant tout en cherchant le calme dans les yeux de son épouse. Nous n'aurons pas pour but d'imposer notre intervention mais bel et bien de répondre aux demandes laissées pour compte par le Trône. Dès lors et avertis par nous de la teneur de notre intervention, les autres seigneurs ne pourront voir en nous une menace mais bel et bien une réponse à un besoin urgent et impérieux.

Il se tourna alors vers Lord Jasper. J'entends bien vos doutes et les incertitudes qui vous habitent Lord Arryn et je regrette d'en être moi même une des causes de par nos échanges épistolaires. Croyez moi bien lorsque je vous dis que je n'étais alors qu'un jeune Lord trop sûr de lui et méprisant envers ses pairs. Ce Tybolt Lannister là n'est plus depuis qu'il a épousé votre sœur et apprit que noms et titres ne signifient rien tant qu'on en a pas éprouvé la véritable signification. Je n'avais alors rien d'un bouclier pour Port-Lannis avant d'en avoir remplit réellement la fonction. Ne soyez donc pas trop dur avec vous même mon beau-frère, nul ne peut vous reprocher de ne pas avoir dû subir les affres de la guerre car fou serait celui qui le souhaiterait à quiconque. Je ne l'ai apprit que trop durement. Tybolt prit dans la sienne la main de son aimée sur laquelle il déposa un baiser en même temps qu'un sourire qu'il lui adressa. Comme l'a précisé ma douce, et pour répondre à vos questions, il s'agirait dans l'organisation elle même d'un triumvirat. Ainsi chaque décision se ferait à la majorité nécessaire de deux voix contre une. Bien entendu le mieux serait de n'avoir que des décisions unanimes mais nous ne pouvons non plus nous permettre de répéter les erreurs du Trône et rester nous même inactifs si nous venions à ne pas tous tomber d'accord. Seulement si nous prenons l'engagement ici même de nous plier à l'avis de la majorité alors nous pourrons être plus efficaces. Son regard allait de l'un à l'autre, du Val au Bief et du Bief au Val. Il est évident que nous n'en sommes là qu'au début de nos négociations, dès lors et si cette idée de majorité peut vous poser un problème nous pouvons penser à la possibilité d'un veto valable pour chacun de nous.
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Message Sam 26 Mai 2012 - 12:47

Leo Tyrell ne voyait pas très bien où le frère de sa bru voulait en venir en mettant sur le tapis l'agression dont lady Maura avait été la victime, mais à la lumière de son discours, la pensée de Leo s'éclaira. Effectivement, nécessité fait toujours loi, et du cheval donné on ne regarde pas les dents, mais ces proverbes, bien qu'ils fussent porteurs de bon sens, n'étaient pas à prendre au pied de la lettre. Ainsi des déclarations honorables et de pur principe, il s'en méfiait mais dès lors que le Lion ajoutait des exemples très concrets à son discours, la question de l'ingérence se posa en d'autres termes. Ce qui préoccupait le plus le Long dard, c'était justement la réaction des seigneurs concernés par les interventions de la triple alliance, car si tout le monde voit ce qu'un autre semble être, que sait-il vraiment de ses réelles intentions ? La feinte est si courante, si répandue et si généralisée qu'elle reléguait l'acte sincère au rang des événements ponctuels et invisibles, dissimulé dans le brouillard des mensonges et des tromperies les plus nébuleuses. Mais de savoir que Tybolt n'envisageait pas que l'alliance puisse prendre l'initiative d'interventions outrepassant l'accord des seigneurs ou autorités concernés par elle le rassurait car, en effet, en donnant son accord ponctuel à l'intervention de l'alliance, le seigneur dans la panade lui reconnaît toute légitimité à agir et ainsi, accepte l'ingérence temporaire en s'élevant sur elle pour mieux s'y reposer. Ainsi l'accord devrait certainement déterminer l'étendue et la durée de l'action de l'alliance, mais ces questions n'avaient pas lieu d'être abordées lors de la présente réunion, car elles touchaient aux faits et chaque cas étant différent, chaque situation demanderait une approche distincte des précédentes et des suivantes. Présentée ainsi dans son fonctionnement, l'alliance avait perdu aux yeux de Leo l'ombre du conquérant et de l'envahisseur qu'elle avait revêtue dans les premiers temps du discours de Tybolt, bien que le seigneur de Hautjardin n'ait jamais vraiment considéré que le Bouclier de Port-Lannis se posait devant eux comme un frondeur belliqueux et véhément. Au contraire, il y avait chez lui ce soupçon de suffisance réfléchie qui montrait très clairement que l'homme à la blonde chevelure avait réfléchi son sujet depuis des lustres et qu'il ne le présentait pas en dilettante, ce qui tranchait l'herbe sous le pieds de ceux qui lui prêtaient autant d'arrogance que de déraison. Mais Leo n'était pas là pour applaudir, ni pour flatter l'orgueil du frère de sa belle-fille, et deux alliés, s'ils sont sincères, se passent de ces formalités croulantes. La triple alliance aurait peut-être à agir dans le Nord, mais à l'Ouest elle aurait l'occasion de faire ses premières preuves, et si les négociations aboutissaient à ce que soit retenue sa proposition, alors en plus d'être satisfait, Leo aurait la preuve qu'effectivement l'alliance était viable et pouvait proposer dans les faits de quoi suppléer les carences du Trône. Cependant, Tybolt répondit aux interrogations très personnelles de Jasper, son neveu qui n'avait pas hésité à parler avec une franchise presque brutale, mais il ne sembla pas faire cas de la proposition de Leo. Certes, sa nièce l'avait relevée sans pour autant la commenter ni la discuter, mais qu'en était-il du Lion lui-même ? Peut-être la gardait-il pour après, quand les débats auraient progressé, et c'est pourquoi Leo entendit les dernières propositions de Tybolt sans intervenir.

 « L'unanimité ne me paraît pas la solution la plus viable s'il faut l'imposer, alors que de s'en tenir à la majorité de deux voix contre une permet de nous préserver de l'immobilité que nous tous avons cherché à combattre ces derniers temps. De plus, si nous discutons chaque intervention ensemble il n'est pas improbable de voir l'unanimité se manifester dans les faits alors même qu'elle ne nous oblige point. Je suis prêt à prendre cet engagement devant vous et devant les Sept. »

S'ils avaient été plus de trois, Leo aurait eu plus de réticence à accepter ces modalités, car à multiplier le nombre des décideurs, on fragilise le processus autant qu'on sème le grain des futures dissensions, or la triple alliance n'avait pas pour vocation d'être le foyer des discordes futures entre les grands du royaume. Il y avait déjà suffisamment de sujets de tensions entre les trois suzerains présents dans cette pièce aveugle, il semblait donc inutile d'en ajouter davantage. Entre le Lion et le Faucon d'abord, et malgré les bonnes intentions affichées de l'un et de l'autre, Leo se doutait bien qu'il n'y aurait que les faits pour, dans l'avenir, apporter la preuve d'une vraie réconciliation et d'une vraie complémentarité de vue entre les deux jeunes suzerains. Ils ne seraient probablement jamais les meilleurs amis du monde, mais peut-être était-ce l'époque qui se prêtait mal à l'éclosion de pareilles sympathies ? Lui-même était déjà un homme d'âge avancé, et la référence à son ami l'Orage moqueur n'avait aucun intérêt, même pour la comparaison, car Lyonel Baratheon appartenait comme lui déjà aux mirages du passé. Une chance pour lui, en quelque sorte, puisqu'il pouvait tout à loisir jouer de cette dualité pour asseoir les intérêts de sa maison en profitant du prestige que son nom et sa renommée pouvait inspirer. Mais s'agissant de Tybolt Lannister, les prédictions de sa mères avaient vu juste et jusque là il se trouvait d'accord avec les propositions amenées à la table des négociations. La triple alliance verrait donc le jour si son neveu y souscrivait également, mais Leo préféra éviter de chercher à convaincre ce dernier, car le risque était trop grand de le braquer en donnant à croire que la décision lui échappait. Peut-être ainsi parviendraient-ils à bouger les choses, et peut-être l'initiative de Tybolt Lannister susciterait à Port-Réal un regain d'intérêt pour la question Fer-née et d'énergie pour y répondre. Mais il y avait dans les paroles de son neveu un soupçon d'avertissement qui n'avait échappé à personne, et qui avait provoqué chez Leo un froncement de sourcils inquiets : si après Port-Réal, Hautjardin se révélait être pour Jasper une nouvelle déception, vers qui se tournerait-il ? Aurait-il la patience d'attendre après le roi ? Ce qui amena la deuxième partie de la réponse de Leo aux propositions du Bouclier de Port-Lannis.

 « Quelle sera la réaction du Trône, cependant ? Verra-t-il d'un bon œil notre alliance ? Nous nous rapprochons pour mieux le suppléer et donc en quelque sorte le protéger, mais la Main, louée soit-elle, est réputée très suspicieuse, d'autant que la position de notre bon roi Aerys est très fragile, et elle le restera tant que les Sept n'auront pas fait rondir le ventre de la reine... » Un roi sans héritier est un homme fragile et qu'un assassinat soit mené à bien contre lui pour voir son règne achevé, tout comme son œuvre. Or la nomination du grand bâtard Brynden Rivers au poste de Main du roi était l’œuvre d'Aerys et de nul autre : le prince Maekar, une fois roi, maintiendrait-il l'oncle qu'il déteste au rang de Main ? C'était aussi probable que de voir le mur fondre avec l'hiver qui arrive. Leo lui-même savait très bien comment il réagirait s'il entendait un jour parler d'un rapprochement de ses vassaux sous l'égide Florent dont le but affiché serait de suppléer les carences de Hautjardin. Il y verrait immédiatement une tentative des Renards de Rubriant de faire valoir leurs prétentions sur la Couronne fleurie. Mais les Lions, les Faucons et les Roses n'étaient pas point les Renards et ne nourrissaient pas les mêmes prétentions et cela, personne ne le discutait. Il tourna son regard vers Jasper, et les yeux bruns de l'aîné croisèrent les prunelles ténébreuses du jeune homme. « Vous êtes allé à Port-Réal. Qu'en est-il là-bas ? Vous en avez déjà beaucoup parlé, mais vous pouvez certainement nous en dire davantage ? »
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Message Dim 27 Mai 2012 - 0:38

Mais le Tybolt Lannister était déjà l'époux de la sœur aînée de Jasper quand ces échanges épistolaires eurent lieu. Il était inutile d'y revenir, Jasper en convint, et c'est pourquoi aux remarques de son beau-frère et à la bonne volonté qu'il lui reconnaissait sans effort, le jeune suzerain du Val opposa un simple hochement de la tête. Qu'aurait-il pu dire, de toute façon ? Il était vain de chercher dans ce passé-là des réponses à leur avenir en tant qu'alliés. Bientôt les troupes du Val seraient de retour au pays, bientôt sa sœur donnerait naissance à un héritier blond, bientôt lui-même aurait d'autres sujets de préoccupation que l'Ouest et les Fer-nés, et sa patience se verrait sans nul doute récompensée en définitive : il sortirait grandi, plus fort et plus sage de cette tempête où l'avaient précipité autrefois les vents d'une folle et trompeuse nécessité. Quand il quitta son siège pour s'en aller prendre une coupe de vin, il sentit un long bruissement lui parcourir l'échine car sa position assise avait, à défaut de lui endormir la cervelle, quelque peu engourdi ses membres. Il avait entendu la question de son oncle, et à vrai dire, il s'attendait un peu à ce que les regards se tournent vers lui car des trois seigneurs suzerains ici présents, il était le seul à avoir eu un contact rapproché avec la Main du roi récemment. Pour autant, il ne s'en était pas réellement rapproché, il n'avait pas même pu sonder tout à fait les intentions du Grand bâtard car malheureusement ce dernier était bien trop sibyllin et bien trop habile pour se dévoiler à lui sans y procéder de son plein gré et en toute conscience. Il ne pouvait pas non plus dire que la Main du roi l'avait pris de haut en l'écartant brusquement des discussions que Jasper avait initié. À vrai dire, d'une certaine manière, même si leur rencontre n'avait guère produit d'effets, Brynden Rivers avait été le premier à le prendre au sérieux. Au moins avait-il donné le change et donné à croire qu'il comprenait la démarche du seigneur suzerain du Val dont les épées liges s'étaient engagés, à l'appui d'un mariage, dans une guerre qui n'était pas vraiment la leur puisque le roi n'avait pas convoqué ses vassaux pour se lancer à l'attaque de la Seiche rebelle. D'une certaine manière, en agissant comme ils l'avaient fait, Tybolt et Jasper n'avaient-ils pas déjà pris les devants et agi comme l'aurait fait l'alliance ? Malgré les tensions et conflits nés de ce premier mouvement, qui n'étaient à la vérité que le fruit d'inexpériences fâcheuses, les résultats étaient là et le Lion semblait reconnaître la valeur de l'ost Arryn qui, sur ses terres, participaient à la défense de ses côtes. S'ils y étaient parvenus auparavant, quand la triple alliance n'était qu'une idée dans l'esprit de Tybolt qui ne l'avait pas encore partagée, peut-être était-ce alors le moment de donner corps et relief à cette idée pour enfin que les titres, les serments et les promesses soient plus que des mots sans substance.

Jasper brûlait d'agir, et son beau-frère l'avait acquis à son projet en leur promettant que la triple alliance tel qu'il la voyait n'était pas qu'une vue de l'esprit pour caresser et flatter l'orgueil et l'échine des trois suzerains réunis à Hautjardin. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'effectivement leur rapprochement serait la pierre angulaire d'actions futures promptes et décisives. Jasper craignait à ce titre d'être déçu, mais cela, il l'avait déjà dit. Il s'était déjà longuement entretenu avec son oncle et ce dernier savait ce qu'il adviendrait des positions de son neveu quand ce dernier se verrait mécontenté par quiconque Toutefois, même le Long Dard ignorait un fait crucial : Jasper, qui palpait presque les lacunes de sa position, se sentait le devoir et l'obligation de fournir un surcroît d'efforts, non parce qu'il souhaitait s'élever à la hauteur de ses interlocuteurs, mais parce qu'il ne s'estimait pas capable de supporter ici les compromissions ou les demi-mesures insuffisantes. Il était prêt à faire des concessions, à mener des négociations, à engager le Val sur le fondement de cette triple alliance. Mais il ne suivrait pas ses aînées sur les chemins obscurs de l'hypocrisie, car ces derniers n'ont qu'une destination, la trahison. Sans doute est-ce la raison pour laquelle il sauta sur l'occasion que lui donnait son oncle d'évoquer plus en détail le résultat de son séjour à Port-Réal. Il en avait parlé avec son oncle, avec sa sœur, avec sa grand-mère, avec Edwyn Tully, et même avec Jace Redwyne durant le voyage, mais jamais il n'avait pris la peine d'exposer à aucun de ses interlocuteurs ses impressions profondes. Il avait bien sûr exposé le fruit de son entrevue avec la Main du roi, mais elle n'était pas la seule personnalité qu'il avait rencontrée à Port-Réal.


« Pour tout dire, je ne crois pas que nous, grands vassaux, intéressons au premier chef le Trône de fer et son premier fonctionnaire, du moins pour l'instant. La menace fantôme, plus ou moins, que j'évoquais tout à l'heure est la source de préoccupations du moment. Ce n'est pas la seule, et quand bien même le Trône déplore les ravages causés par la rébellion de Dagon Greyjoy, je crains une fois de plus que nous nous effacions loin derrière une autre source de tracas pour la Main du roi, son propre neveu, le prince Maekar, qui est également notre oncle. » Jasper inclina la tête en direction de sa sœur Maura. « Ils n'ont que cela pour se divertir, les gratte-papier du Donjon Rouge, et l'on y raconte que ceux qui ont l'audace de se demander quand donc Maekar succédera à son frère, privé d'héritier mâle par une Reine tardant à lui donner un enfant, finissent par voir leur tête orner des bouts de piques le long de la route royale. Personne n'échappe à ce châtiment, et j'ai ouï dire que même des septons ont été arrêtés et châtiés pour avoir prêché contre Brynden Rivers. Cela peut paraître bien sévère, mais j'imagine que la Main ne peut se permettre de laisser empirer une situation déjà fort critique, car sa popularité ne cesse de décroître. Et naturellement, le prince Maekar ne fait rien pour arranger les choses, et l'on dit, toujours au Donjon Rouge, qu'il aurait gagné l'Orage Moqueur à sa cause en s'entourant notamment de son fils Gowen, qui nous honore de sa présence. Alors pour vous donner mon avis... nos intentions ici me paraissent louables et parfaitement honorables. Si nos actions s'inscrivent dans ces impératifs d'honneur et de loyauté, le Trône n'y verra jamais qu'une énième preuve de notre bonne volonté. Peut-être même nos actions seront-elles bien vues dans ce contexte où un prince de la maison Targaryen offre au roi et à sa main mille raisons d'être suspicieux. Mais c'est là céder à un idéalisme qui n'est pas le mien. Mais très naïvement... qui nous reprocherait d’œuvrer à la guérison des maux du royaume ?» Bien que son enthousiasme ne fût pas tout à faut aussi que l'honneur à cet instant, Jasper pensait tout ce qu'il venait de dire et plus encore il savait que personnellement, à la moindre suspicion de déloyauté de l'un des acteurs de cette triple alliance, il n'hésiterait pas une seconde à taper du point sur la table pour rappeler ses deux pairs à l'ordre. Il s'en fit la promesse, car s'il était désireux d'inscrire son nom dans l'Histoire du Val, il ne voulait qu'on retienne de lui qu'il s'associa un jour à des traîtres et à des félons, fussent-ils ses proches parents. Il avait prêté serment auprès du roi et en bon et brave chevalier, il ne comptait pas le rompre, d'autant plus que s'il y réfléchissait avec attention, il n'aurait vu que des inconvénients à déterrer la couronne du royaume de la Montagne et du Val. « J'accepte la prise de décision à la majorité. Nous nous réunissons pour agir et c'est la seule façon. Si cette question est maintenant résolue, peut-être pouvons-nous enchaîner sur la suite des négociations ? »
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Message Mar 29 Mai 2012 - 21:47

Tybolt aurait pu, de fait il aurait, sourit en voyant les deux autres accepter la Triple Alliance, s'il n'y avait tant à faire pour la rendre réelle. Tout cela pour le moment n'était que mots échangés et paroles données. Certes il savait les deux hommes aussi honorable que possible et ne doutait pas qu'ils n'auraient pas changé d'avis le matin venu, seulement dans une telle entreprise mieux valait raison garder et ne point trop se laisser aller à la satisfaction. Le Lion Gris disait que la parole d'un homme est la seule chose qu'il possède en naissant et emporte dans sa tombe, mais qu'en était-il de ces deux là...? Comment réagiraient-ils lorsque les problèmes surviendraient, et ils allaient survenir aussi sûr que le jour succède à la nuit. Seraient-ils toujours prompts à s'engager si d'aventure une intervention votée ne servait pas leurs intérêts ? Mais plus important encore comment ses deux alliés allaient-ils se comporter le jour où Lord Brynden Rivers allait apprendre l'existence de la Triple Alliance ? Car chose certaine, le bâtard albinos n'aimera pas cette idée et encore moins celle de voir ces trois gouverneurs militaires agir de concert, d'autant plus lorsque l'un des trois était le neveu du Prince Maekar et un autre l'époux de sa nièce. Il écouta donc avec une attention tout particulière les dires de Lord Jasper, lui seul avait été en présence de la Main du roi ces derniers temps, Tybolt n'ayant lui même pas encore put se rendre à Port-Réal pour y prêter serment d'allégeance. Et le récit que fit son beau-frère n'apaisa pas ses craintes, le danger porté par Maekar était bien au centre des attentions du Donjon Rouge... Nul doute alors que Lord Brynden Rivers tentera de faire naitre la discorde entre eux lorsqu'il apprendra pour la Triple Alliance et ses liens de sang avec le Prince. Laissant le seigneur du Val terminer, Tybolt consulta son épouse du regard, il savait que l'esprit de cette dernière devait avoir accompli le même cheminement que le sien propre, il n'y avait pas deux âmes plus en harmonie que les leurs, elle même avait mentionné la possibilité d'en appeler à Maekar, aujourd'hui mais aussi à plusieurs reprises auparavant et toujours Tybolt avait rejeté son offre, pensant qu'il valait mieux un roi absent, quitte à devoir prendre les choses en main, plutôt qu'un autre trop présent qui n'hésiterait pas à vouloir influencer les politiques menées par les maisons suzeraines. Le jeune seigneur de l'Ouest ne craignait pas la colère de Freuxsanglant, il connaissait les faits ainsi que la répartition des forces dans le royaume. Le grand bâtard n'avait tout simplement pas la puissance militaire ou financière suffisante pour tenter quoi que ce soit contre les trois fiefs unis. Sa crainte résidait très directement dans ses alliés, accepteraient-ils une offre venant du Trône pour se tourner contre celui qu'ils avaient autrefois et aujourd'hui même considéré comme de leur famille et leur allié. Car dès lors l'Ouest seul ne pourrait tenir face aux armées combinées du Bief, du Conflans et des autres fiefs venus en renfort.

Considérant que le sujet valait la peine d'être soulevé il laissa quelques instants le silence emplir la salle. Puis après un dernier regard pour sa douce.
C'est en effet un risque... Vous, Lord Jasper, êtes lié au Prince Maekar par le sang. Et depuis que j'ai épousé votre sœur je le suis désormais par mariage. Nul doute à mes yeux que Lord Rivers pourra prendre cela comme un risque majeur considérant la stabilité toute relative de sa position. Son visage avait prit un air grave et réfléchis, le moment était des plus importants. Je suis ravi que nous ayons trouvé un terrain sur lequel nous entendre par rapport à cette alliance triple, seulement et afin d'assurer chaque protagoniste ici présent. Il me semble nécessaire de nous accorder tous autant que nous sommes sur nos engagements. Il ne s'agirait pas le moment venu de nous retourner les uns contre les autres pour plaire à un tiers. Se tournant vers Lord Leo et après un temps d'arrêt pour organiser sa pensée Tybolt continua. A mon sens notre premier soucis devra être de s'assurer que notre alliance ne puisse pas être considérée comme un soutien au Prince Maekar, les affaires entre les Targaryen ne nous regarde pas plus que les nôtres les regardent eux. Nous avons tous été informé que deux de vos vassaux Lord Tyrell sont désormais membres à part entière du Conseil Restreint... Peut être pourriez vous voir avec ces derniers pour s'assurer que le message que notre initiative n'est en rien une scission par rapport au pouvoir actuellement en place parvienne jusqu'à Port-Réal. Ayant rencontré Lord Hightower, Tybolt pensait ce dernier tout à fait capable de faire comprendre la chose à quiconque même à la main et au Prince Maekar. L'homme lui avait semblé à la fois digne de confiance mais aussi posé et serein dans sa manière de s'exprimer et ce même au cœur de l'attaque de Port-Lannis. Il ne connaissait Lord Redwyne que de nom mais l'homme avait somme toute bonne réputation et nul doute que les voix des deux réunis devraient porter leurs fruits. Enfin cela regarderait plus certainement Lord Tyrell que lui même, néanmoins l'idée lui semblait bonne ou tout le moins pas foncièrement mauvaise. Au delà de cette notion de soutien à l'un ou à l'autre, je pense qu'il serait bon que nous nous accordions sur le fait que, même en étant liés par cette alliance, nous garderons bien évidemment nos prérogatives habituelles de suzerains. Ainsi chacun d'entre nous pourra agir à sa guise dans les affaires qui le concerneront. Du moment que nous nous engageons à agir de concert lorsque la triple alliance sera sollicitée ou lorsque cela pourrait avoir un avantage comme lors de négociation avec un tiers pour peser plus au profit de l'un d'entre nous. Il amenait désormais la notion de politique diplomatique que Maura avait introduit un peu plus tôt dans la discussion. Désormais que chacun semblait d'accord sur le principe, Tybolt estimait pouvoir pousser plus avant l'idée d'une union plus pérenne que simplement durant la guerre contre les Fer-Nés.
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Message Mer 30 Mai 2012 - 14:03

Leo Tyrell émit un sourire entendu. Il avait toute confiance en le duo que formaient messire Hightower et Redwyne au Conseil Restreint, et en combinant leurs efforts ces derniers pourraient certainement convaincre Dagon Greyjoy s’abandonnant sa couronne et sa foi impie pour embrasser la religion des Sept. Plaisanterie mise à part, Tybolt avait vu juste, et même si Leo ne pouvait pas répondre aveuglément de l'attitude qu'adopterait ses deux vassaux les plus influents, il avait confiance en eux tout comme il avait confiance en Tybolt quand ce dernier lui assurait que la triple alliance qui venait de voir le jour n'avait pas pour objet la création d'une force d'opposition destinée à agréger autour d'elle tous ceux que le Trône de fer aurait mécontenté dans le but de l'évincer. C'était à ses yeux le plus important, car outre le fait que les Tyrell devaient bien plus aux dragons qu'ils ne devaient aux lions ou aux autres, Leo n'imaginait pas une seconde prendre les armes pour aller saper l'autorité de Port-Réal à travers le royaume, car c'était risquer de grandes pertes pour courir après bien peu de gains. Peut-être était-ce dû au sang d'intendant qui coulait dans ses veines depuis sa naissance et à raison de ses origines, mais il avait à cœur de respecter le bon sens des gens du commun et des paysans : tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise, et jamais Leo n'emplirait la vieille jarre qui lui servait de tête du vin d'une telle ambition. De ce qu'il entendait, ce n'était pas ce que Tybolt Lannister leur proposait, et cela lui convenait, même s'il restait encore de nombreux sujets à aborder et à clarifier. Effectivement, faire accepter la triple alliance aux yeux du Trône de fer serait la première difficulté, mais une idée fit promptement son chemin dans l'esprit du Long Dard qui se demandait alors : pourquoi la triple alliance devrait-elle être déjà annoncée, quand tous trois pouvaient attendre que la crise Fer-née leur donne l'occasion d'éprouver leur rapprochement afin de lui donner le poids et le crédit qui faciliteraient sûrement, à l'issue du conflit, son acceptation par l'ensemble du royaume ? Ainsi, une fois la paix du roi parfaitement restaurée, peut-être le « message » passerait mieux. Leo cependant n'en fit point par sur le moment, préférant laisser à leur interlocuteur le soin d'achever ce qu'il avait à dire. Et ce qu'il dit donna donc à Leo l'occasion d'intervenir. Il avait saisit sa mâchoire entre ses doigts et en frottait les arrêtes avec un air pensif.

 « De toute façon, cette alliance n'a pas pour but de s'élever au-dessus de chacun de nous, n'est-ce pas ? Nous restons des égaux et des voisins qui, pour intervenir au nom de l'alliance, devront discuter et prendre à la majorité des décisions que nous nous engageons à respecter, c'est bien ce que vous nous avez proposé ? S'agissant de Beron Stark, par exemple. » D'un doigt, il désigna le parchemin amené sur la table des négociations par Tybolt. « Admettons qu'à l'issue de notre discussion, nous parlerons de sa requête. Aux termes d'un échange à trois voix, il faudra prendre une décision. Si je me pose en faveur d'une intervention mais que vous deux en refusez le principe même, je respecterai cette décision. Il n'en irait pas autrement dans le cas inverse, si vous deux pensez qu'il faut intervenir alors que je désapprouve, je me plierai au choix de la majorité. Si c'est ainsi que doit fonctionner cette triple alliance, alors j'approuve et j'engage le Bief derrière moi. Et si je puis me permettre, vu qu'il est fort probable que les Sept me rappellent à eux avant vous, je pense qu'il n'est pas inutile que mon fils s'engage lui aussi. Pour le bien du royaume et l'avenir de cette alliance. » Et ser Tristan d'intervenir et de dire : « Bien sûr, père. » Leo lui accorda un regard satisfait, mais sans sourire. Il ne serait plus là pour veiller à ce que son fils tienne cet engagement. Il ne serait plus là non plus pour veiller à ce qu'il n'y voit pas avec ses pairs un moyen de prétendre à plus de pouvoirs. Mais considérant qu'il dormirait parmi les roses, il n'aurait alors d'autre chose à penser que son propre repos. Mais pour l'heure, il était bien vivant et espérait que la décision que les trois seigneurs prenaient à l'initiative de Tybolt Lannister porterait de beaux fruits dont le Trône de Fer lui-même profiterait. S'ils parvenaient à s'entendre pour agir contre les Fer-nés, cela soulagerait le Trône et le guérirait de l'énorme épine qui rougissait son pied. Peut-être même pourraient-ils placer l'action de l'alliance sous l'égide du roi afin d'en mieux légitimer son but ?  « S'agissant de la coopération dans les affaires avec les tiers, j'imagine que c'est le pendant classique de toute alliance, mais pour qu'il fonctionne, il faudra le mettre à l'épreuve, et peut-être aussi le soumettre à la discussion chaque fois, car je doute d'obtenir de bon gré votre soutien s'il me venait l'idée d'aller négocier la paix seul avec Dagon Greyjoy, par exemple. L'idée est caricaturale, mais vous comprenez ce que je veux dire. » En effet, Leo n'estimait pas tout devoir à cette alliance, et s'il prenait aux deux jeunes hommes de l'entraîner sur le terrain glissant d'une diplomatie hasardeuse, le Long Dard souhaitait conserver au moins un mot à dire. Mais si la discussion était là encore possible et son issue respectée par les trois lords, alors il ne voyait aucun inconvénient à accepter le principe d'une coopération diplomatique même très avancée, au contraire, et d'ailleurs c'était dans cette même disposition qu'il avait appris chaque fois la nomination d'un de ses vassaux à un siège au Conseil Restreint, car le Long Dard était de ceux qui préféraient de loin l'influence réelle au pouvoir supposé. Il ne désirait plus qu'une chose désormais : voir si, dans les faits, l'alliance se révélait aussi efficace que la parole qu'ils venaient de se donner semblait sincère.
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Message Jeu 7 Juin 2012 - 15:28

« Je partage ce point de vue, mon oncle, mais j'émets malgré tout une petite réserve. Nous discutons pour le moment du fonctionnement de l'alliance, mais c'est en l'éprouvant comme le fer sur l'enclume que nous pourrons juger de sa réelle viabilité. Attendons de voir ce qu'elle donne s'agissant des fer-nés avant de croire à son existence comme à son efficacité. Cela dit, je reste d'accord avec le principe d'une décision prise à la majorité concertée, pourvu que des discussions préalables à chaque intervention soient toujours réalisées. Il ne s'agirait pas que l'un d'entre nous soit par principe écarté des décisions qui pourraient susciter ses questionnements... » Il y a bien une chose que le jeune homme redoutait : son isolement dans le Val pouvait tout à fait devenir un prétexte tout trouvé pour ses deux homologues qui étaient susceptibles d'en profiter pour l'écarter et prendre des décisions qui l'engageraient alors même qu'il n'avait pu les discuter librement et honorablement. Cette prudence était sans doute injuste, car après tout ne formaient-ils pas tous une belle et grande famille ? Mais comme le lui avait dit sa grand-mère dès son arrivée à Hautjardin, il ne devait accorder sa confiance à personne qu'avec modération et mesure, car dans le cas contraire, c'était s'exposer à d'inutiles tourments et tracas. Avec le temps, si l'alliance survivait à la crise Fer-née, il aurait tout le loisir de la voir évoluer et il serait de fait le premier à constater l'attitude de ses pairs à son égard, et aux premières vagues il verrait le cap pris par leur navire. Il avait retenu la leçon de la Cinquième lune de l'an de grâce 211, et s'était juré d'en tirer toute la sagesse possible. « Et vous avez raison, cher frère, quand vous dîtes que notre priorité est de nous assurer d'être bien compris de Port-Réal dans notre démarche. À vrai dire, nous ne le pourrons qu'à la condition de bien nous comprendre nous-même et pour cela, je me dois d'insister sur un point. Je suis le neveu de Maekar, et j'ai pour lui tout le respect qu'imposent les liens du sang et qu'on doit à un prince de la maison Targaryen. Cependant, jamais le Val ne soutiendra une rébellion qu'il mènerait contre son frère Aerys. Il a déjà tué l'un de ses frères par accident, alors je ne me rendrai pas complice du pire des crimes, fût-ce pour chasser Freuxsanglant, lui-même fratricide, de Port-Réal. » Jasper était très sérieux, peut-être un peu trop, et sans doute ses excès de foi étaient risibles pour qui n'avait point, comme lui, un rapport si intime à la religion. Toutefois, il mesurait ses paroles et ne disaient rien qu'il ne pensait guère : jamais il ne prêterait son épée au prince Maekar, car quand bien même l'événement du tournoi de Cendregué n'était qu'un accident, c'était à cause de lui qu'à la place du bon et brave Baelor, le Trône de Fer avait échu au cadet Aerys, le rat de bibliothèque, roi fantoche qui avait plus de désir pour la sécheresse des parchemins que pour les moiteurs de son épouse Aelinor, d'après la rumeur qu'il avait entendu à Port-Réal. « Je pense... »

Jasper s'interrompit. Il n'était pas tout à fait sûr de ce qu'il allait dire, il saisissait l'idée parfaitement mais pour ce qui était de la formulation, il craignait de ne pas trouver ses mots. Mais comme l'avait fait remarquer son beau-frère, les premières craintes de Port-Réal seraient de voir l'alliance échoir sous la coupe du prince Maekar, puis de la voir se constituer en une entité hostile au Trône de fer lui-même. Or s'agissant de ce dernier point, tous trois semblaient s'accorder à dire qu'ils demeuraient les loyaux vassaux de Port-Réal, si bien que le roi n'avait point à les craindre et tant qu'ils agiraient dans le respect de cet engagement, ils demeureraient irréprochables. En revanche, s'agissant du premier point, s'ils ne faisaient rien pour détromper la Main du roi, celle-ci serait prompte à considérer la menace, d'autant plus qu'ils ne seraient pas en reste du côté de Lestival, d'où Maekar chercherait sans doute à profiter de la situation pour accroître son influence et diminuer la distance entre lui et le trône. N'avait-il pas cherché à se rapprocher de son neveu, ce prince à la masse ? Jasper n'était pas dupe, il avait fini par comprendre : si pendant plus de vingt ans les liens familiaux ne suffisent pas à motiver des rapprochements, alors il n'y a que l'intérêt politique pour y parvenir. Mais de son point de vue de jeune homme inexpérimenté, il n'y avait guère à discuter : le Val ne deviendrait pas un pion dans le jeu de pouvoirs où se disputent l'oncle et le neveu fratricides. « Je pense qu'un choix s'offre à nous en cette matière. Nous pourrions faire vivre l'alliance sans la nommer pour ne pas créer des tensions inutiles et délétères. Comme vous l'avez dit, Port-Réal se désintéresse de nos affaires et même de nos problèmes, en dépit des serments qui nous lient. Je pense que nous savons tous ici tenir notre langue et après tout, n'est-ce pas dans les faits que nous voulons voir vivre notre entente, plutôt que dans les mots ? Mais nous pourrions tout aussi bien nous annoncer pour afficher qu'il demeure dans le royaume un peu de cette cohésion qui lui manque, et pourquoi mander un émissaire à Port-Réal pour préciser les raisons d'être de cette alliance auprès de la Main du roi. Vos vassaux, mon oncle, pourraient ainsi la rassurer de nos bonnes intentions lors de la prochaine session du Conseil restreint, et moi-même je pourrais la rencontrer à nouveau quand je me rendrai à Port-Réal. Je n'en ferai rien sans votre accord, ceci dit. » Jasper n'avait guère apprécié son séjour au Donjon Rouge, citadelle des ronds-de-cuir et des gratte-papier, mais il était prêt à se soumettre à nouveau à l'épreuve pour le bien de leur alliance. Il n'était pas sûr d'avoir été tout à fait clair dans ses propositions, mais en tant que benjamin du groupe, il faisait déjà beaucoup d'efforts. Son grand sérieux payait, en fin de compte.
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Message Mer 13 Juin 2012 - 6:45

Tybolt écouta ses deux alliés s'exprimer sur leur vision de cette alliance et son rapport au Trône et plus précisément à l'endroit de la Main du roi et du Prince Maekar. Le jeune seigneur se demanda l'espace d'un court instant si ces deux hommes, d'expérience s'il en était, se rendaient compte que leurs petits conflits pouvaient plonger le royaume entier et les sept couronnes dans le chaos le plus total tout cela pour des histoires d'égo et de sentiment de supériorité l'un sur l'autre. Tournant son attention de nouveau vers Lord Jasper il fut quelque peu amusé, si on pouvait appeler cela de la sorte, par cette impression sous-jacente toujours présente chez son beau frère d'un manque flagrant de confiance en lui. Il aurait tout aussi bien pu le leur crier au visage que le message ne serait pas plus clair. Seulement Tybolt ne se sentait pas l'âme d'un mentor ou même d'un grand frère rassurant qui prendrait sous son aile un seigneur plus jeune et moins expérimenté. De fait il n'était tout simplement pas assez expérimenté lui même mais qui plus est il ne pensait pas qu'à terme Lord Arryn lui en soit redevable bien au contraire. Il avait fut un temps noté cette même insécurité latente chez Maura. Elle avait finalement avoué ses craintes peu de temps avant qu'ils ne quitte le Roc en lui exprimant les peurs qui étaient les siennes de le voir s'éloigner d'elle ou simplement moins la considérer. Il n'aurait simplement pas pensé qu'il en serait de même pour Lord Jasper, toute proportion gardée cela dit, il espérait sincèrement que son beau frère n’espérait pas le voir le prendre dans ses bras pour lui faire l'amour dans la paille pour le rassurer. Il secoua un instant la tête sous le choc de l'image qui s'était présentée à lui. La suite des propos du seigneur du Val fut néanmoins marquée par celle-ci. Lorsqu'il eut terminé, Tybolt pensait que Maura voudrait prendre la parole mais cette dernière n'en fit rien. De fait il se passa machinalement une main sur le menton faisant crisser sa barbe naissante. Nous sommes bien d'accord Lord Jasper, il n'est aucunement question de voir l'un de nous isoler ou servir de bouc émissaire lorsque les temps seront plus orageux. Il reprit en main la lettre de Lord Stark avant de poursuivre.

Je suis particulièrement ravi croyez moi bien que nous soyons d'accord sur ces points. Que ce soit sur le fait de ne pas devenir une force qui devrait prendre partit pour l'un ou l'autre des Targaryen ainsi que sur le soutien réciproque qui nous engagerait autant sur le plan politique que militaire et dans tout ce que chacun de nous pourrez avoir besoin. Toujours debout il prit appui sur ses deux poings fermés contre la table. Tybolt avait bien noté le fait que Lord Jasper avait reprit son idée voulant que les deux vassaux de Lord Tyrell servent leur intérêt en portant leur parole jusqu'au Conseil Restreint mais plus encore c'est bien l'absence de réponse sur ce point venant du seigneur du Bief qu'il avait remarqué. Se pourrait-il que ce dernier veuille garder ses influence à Port-réal dans son giron propre et ne pas en faire profiter l'alliance pour laquelle il semble pourtant ouvert...? Tybolt n'y croyait pas, un simple oubli certainement. Cependant Lord Tyrell je crains que vous ne nous ayez pas donné de réponse concernant la possibilité de faire passer notre message vers le Conseil Restreint via les Lord Redwyne et Hightower... Il n'avait certes pas répondu à cette question mais celle qu'il avait fait sur la possibilité de voir l'alliance se pérenniser dans le temps et la voir devenir une force politique importante suffisait à Tybolt. On était encore loin, très loin même du projet à terme de Tybolt voulant que la Triple Alliance devienne un véritable contre pouvoir à Port-Réal mais au moins le Long-Dard n'avait pas fermé définitivement cette porte. Seulement et avant même de penser à calmer les craintes venues de la capitale. Je pense en effet Lord Tyrell que la situation de Lord Stark est bien plus pressante. Il baissa les yeux vers son épouse, et surtout le ventre de cette dernière. Il savait que ses prochains mots pourraient être soumis à des adaptations selon l'avancement de la grossesse de sa douce. Il était tout à fait hors de question à son sens qu'il ne soit pas présent pour la naissance de son enfant. Le Nord attendrait alors si cela était nécessaire. Relevant les yeux vers ses alliés il poursuivit. Je compte donc très vite après avoir rejoint Castral Roc prendre contacte physiquement ou par corbeau avec Lord Beron pour lui assurer mon soutien et lui offrir une aide militaire et stratégique immédiate. Cela dit j'aimerai pouvoir lui offrir bien plus et peut être même d'ores et déjà lui assurer que ces soutiens et aides lui viennent tout à la fois de l'Ouest mais aussi du Bief et du Val. Tybolt fit une pause. Si par exemple je venais à faire partir la Flotte du Lion pour assurer la sécurité des côtes du Nord, qu'en sera-t-il des côtes de l'Ouest, puis-je donc compter comme vous me le proposiez plus tôt que la flotte Redwyne voguerait plus au nord pour défendre mes gens contre une attaque possible ? Se tournant ensuite vers Lord Jasper. D'un autre coté Lord Arryn, connaissant vos liens privilégiés avec la maison Tully, peut être pouvez vous intercéder en notre faveur pour que nous puissions faire traverser des troupes conjointes vers le Nord. Son regard allant de l'un à l'autre avec un air des plus sérieux Voici, mes seigneurs, des applications pratiques et immédiates de cette Triple Alliance. L'usage concret à l'aune duquel nous serons jugé par nos pairs, cet usage concret que vous appelez de vos vœux. Une fois sa prise de parole terminée, il prit le temps de se redresser et de boire longuement. Ses attentes envers cette alliance étaient grandes et bien que ses deux alliés semblent tendre en son sens, il ne savait comment prendre le manque d'initiative qui semblait les caractériser. Depuis le début de cet entretien il avait exposé des idées et des projets mais les deux Lord n'avaient fait qu'y répondre favorablement ou non sans pour autant émettre de nouvelles idées ou tenter de se projeter plus avant.
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Message Mer 13 Juin 2012 - 16:38

« J'attendais le moment opportun pour y venir. Je ne participerai pas aux séances du Conseil restreint pour les y surveiller, mais je ne pense pas me tromper s'agissant de la loyauté de mes vassaux Redwyne et Hightower. Ils feront comme je le leur dirai. » Naturellement, Leo n'avait aucun moyen absolu ou définitif de s'en assurer, mais messires Jace et Clarence avaient tous deux donnés depuis quelques années déjà suffisamment de preuves de leur allégeance pour inspirer la confiance durable de Hautjardin. Un jour viendrait peut-être le temps de la déception, de la traîtrise et du déshonneur, Leo savait que cette éventualité n'était jamais vraiment écartée, mais il était un homme de sens et de raison et aucun de ses deux vassaux siégeant au Conseil restreint comme Grand Amiral et Grand Argentier ne lui avaient donné de raisons d'être plus méfiant que la normal. Au contraire, ils avaient même abondé dans le sens de l'effacement de cette défiance naturelle qu'il faut avoir pour quiconque doit répondre de ses actions devant vous. Leo Tyrell avait, depuis l’avènement d'Aerys Ier et la nomination au titre de Main du Roi de Freuxsanglant, pressenti que s'ouvrait pour le royaume une période sombre et mauvaise, si bien qu'il avait œuvré depuis à semer dans le Bief les graines de la cohésion et de la solidarité entre Hautjardin et ses vassaux, pour opposer à tous les ennemis des vertes contrées un front uni. Il avait le sentiment d'y avoir réussi, et même les Florent participaient de cette harmonie dont le centre de gravité étaient les Tyrell. Il n'y avait cependant qu'une chose à regretter : le premier véritable ennemi qu'ils confrontaient n'étaient de ceux qu'une union des forces suffisait à vaincre, car les Fer-nés présentaient une menace... hors du commun. Leurs méthodes, leurs objectifs, leurs buts, leurs forces... tout cela était bien loin des standards continentaux. Les Fer-nés ne se battent pas pour le pouvoir, pour la conquête, pour la gloire ou pour les titres... Ils sont des guerriers et des marins, ils attaquent, massacrent, pillent, et fuient. Il n'y a là aucune stratégie à long terme, et c'est peut-être ce qui rend leurs mouvements et leurs manœuvres si chaotiques, si difficilement prévisibles. Patiemment, Leo écouta le plaidoyer du frère de sa belle-fille en faveur d'une première intervention de l'alliance dans le Nord, pour soutenir l'effort de Beron Stark et approuva de la tête quand Tybolt Lannister s'adressa à lui s'agissant d'un mouvement de la flotte Redwyne que le Long Dard envisageait déjà. Et bien sûr, l'usage concret était ce que Leo désirait pour cette alliance, mais cependant, devaient-ils tous trois faire feu de tout bois au mépris de toute raison ? Chaque chose venait en son temps, et il pouvait d'ores et déjà régler la question de la protection de Port-Lannis.

« À l'heure où je vous parle, près d'une quarantaine des navires de guerre de la flotte Redwyne n'attendent que mon ordre pour gagner les environs de Port-Lannis. Un corbeau peut s'envoler pour les Îles Boucliers tout de suite et d'ici peu, les voiles Redwyne seront en vues de vos ports. De ce que m'en a dit lord Jace Redwyne, leurs capitaines sont compétents et ont été instruits spécifiquement pour connaître l'ennemi venu des Îles de fer. » Très sérieux, Leo n'attendait qu'un mot de Tybolt Lannister pour envoyer Tristan courir à la rookerie s'assurer que la missive était bien envoyée. Il ne pouvait prendre cette initiative sans son accord préalable. D'un certain côté, il regrettait presque l'absence à Hautjardin de lord Redwyne, dont la science et l'expertise leur aurait été très utile à tous trois. Il n'était pas Grand Amiral pour rien et nul doute que si la Main du roi ne bridait point ses mouvements, il aurait déjà infligé en mer aux Fer-nés la cuisante défaite qui mettrait fin à leur pitoyable rébellion contre le Trône de fer. « Vous parlez d'un soutien militaire au sol, mais pensez-vous que ce soit la solution la plus adaptée aux demandes de Beron Stark ? Contre une invasion venu de l'extrême nord, je ne dis pas, mais contre les Fer-nés, je doute que l'expédition d'un ost à triple bannière soit pertinent. Cependant, si au soutien naval que vous proposez de lui apporter j'ajoutais un autre détachement de la flotte du Bief, cela aurait plus de sens, qu'en pensez-vous ? Là encore, un mot de moi et ces navires seront bien chez vous. Ils pourraient même temporairement intégrer la Flotte du Lion et se placer sous vos ordres pour plus d'efficacité. » En effet Leo Tyrell ne voyait point l'intérêt d'envoyer une ou plusieurs armées dans le Nord alors qu'il fallait économiser les hommes pour concentrer l'ensemble de leurs forces sur l'assaut qui viendrait un jour sur les Îles de fer, soit que ce dernier soit conduit sous la bannière du roi, soit que ce dernier soit conduit sous la triple bannière de leur alliance. En revanche, d'autres soutiens pouvaient être apportés au secours de Beron Stark, pour peu que ce dernier en ait besoin. « Mais nous pouvons également venir en aide à lord Stark en ajoutant sa voix à la nôtre dans notre dialogue avec le Trône de fer... Cela précipiterait peut-être son action contre les Fer-nés. En effet, il n'a pour le moment reçu que les doléances des terres de l'Ouest et du Bief, mais si à celles-ci s'ajoutaient celles du Conflans et du Nord... Je suis un peu las d'entretenir ce dialogue, pour tout dire, mais enfin en tant que vassaux du trône, c'est un peu notre devoir...» Et ainsi, cela rendrait service par la même occasion à chacun des membres de l'alliance. Mais dans sa voix, la lassitude était évidente. Leo ne s'attendait point à ce que cette proposition rencontre l'adhésion de ses deux pairs, pas plus qu'il ne s'attendait à ce que le Trône soit plus sensible aux cris de Winterfell qu'aux cris de ses autres vassaux... Toutefois, il ne voyait pas vraiment en l'état ce qu'ils pouvaient faire d'autre pour soutenir Beron Stark en plus de l'appui naval. « Je reste pour le moment convaincu qu'un soutien militaire au sol est inutile. Cependant, si vous envisagez un usage particulier qui ferait d'un ost battant triple bannière une arme contre les Fer-nés dans le Nord, je veux bien que vous développiez. Car pour l'heure, si nous voulions former un rideau de fer sur les très longues et très découpées côtes du Nord, il nous faudrait user de tous les hommes disponibles et donc dégarnir de ses troupes l'Ouest, le Val et le Bief... »
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Message Mer 13 Juin 2012 - 16:48

Il ne le regardait pas, mais en écoutant son beau-frère parler de bouc émissaire, Jasper ne sut retenir le sourire fugace qui déforma quelques instants son visage, mais ce dernier retrouva bien vite l'expression de sérieux et de patience qu'il s'était composée à mesure que la conversation progressait. Jasper remarquait que ni son cousin, ni sa sœur n'intervenait très souvent. S'agissant de ser Tristan, il en saisissait aisément les raisons : en disgrâce, ce dernier n'avait rien à dire qui ne soit déjà la parole de son père. S'agissant de lady Maura, en revanche, il s'étonnait de la voir presque effacée derrière son mari, elle qu'il connaissait si prompte à oublier quelle est sa place... Mais comme toutes choses, cela avait peut-être changé et qui sait, son séjour à Castral Roc lui avait peut-être enseigné cette vertu toute féminine qu'est la docilité. D'un certain côté, Jasper ne pouvait pas dire qu'il le regrettait, car étant donné la teneur de la dernière discussion sérieuse qu'il avait eue avec sa sœur aînée dans les jardins du château, non loin d'une potence désœuvrée, il était presque sûr qu'un trop-plein d'interventions de la part de celle-là aurait conduit à une situation stérile et noueuse comme les racines ancestrales d'un de ces gros arbres à visage que vénèrent les hommes et les femmes des terres placées sous la suzeraineté de Winterfell. C'est d'ailleurs le sujet qui revint sur la table, et Jasper, tout en écoutant son beau-frère, essaya de se remémorer ce qu'il savait de Beron Stark. Très peu, trop peu pour avoir une opinion très éclairée sur lui. Sa grand-mère était une Stark, mais elle n'était jamais qu'une grande-tante du seigneur suzerain du Nord, ce qui faisait de lui un vague cousin du seigneur suzerain du Val d'Arryn, ce qui était trop peu pour parler de liens forts de parenté. Il se souvenait en revanche très bien, car la mémoire de Jasper était aussi claire que l'eau des Larmes d'Alyssa, de la missive reçue de ce dernier, que le jeune homme, sans doute trop inexpérimenté, avait jugé trop formelle et trop cérémonieuse. Jasper avait apprécié l'initiative de Beron qui proposait pour lui une épouse parmi ses sœurs, mais il avait moins apprécié de voir le Loup de Winterfell considérer sa petite sœur digne de ses cadets et non de lui-même, ce qui constituait aux yeux d'un Jasper têtu et maussade une marque d'honnêteté condescendante qu'il ne goûtait que très peu. Il avait cependant pris la décision de proposer à Beron Stark de le rejoindre à Winterfell pour discuter de ces questions, mais là encore la déception avait été au rendez-vous : plus un seul corbeau venu du Nord n'avait été vue dans la volière des Eyrié. À croire que l'initiative de Jasper avait peut-être déplu à son lointain cousin Stark. Ces considérations devaient-elles entrer pour autant en ligne de compte concernant une intervention de l'alliance en faveur de Beron Stark ? Plus immédiatement, ce qui l'étonnait, c'était l'empressement de son beau-frère à répondre à l'appel à l'aide de ce dernier. Les terres de l'Ouest étaient les premières à souffrir des raids fer-nés et Port-Lannis elle-même n'avait point été épargnée, comme se plaisait à le rappeler lord Lannister. Ainsi on aurait pu s'attendre à ce que les Lions se regroupent et pansent leur plaie avant de se lancer dans une nouvelle aventure, qui plus est si loin au nord.

« Je vais être franc avec vous, je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi vous êtes si prompt à vous porter au secours de lord Beron alors que vous essuyiez il y a encore peu de temps une attaque fer-née au seuil même de votre forteresse, à Port-Lannis, cité probablement la mieux défendue des Terres de l'Ouest et donc que l'on aurait pu croire à l'abri. Avant de considérer les actions concrètes, il faut peut-être en mesurer toutes les données. Quand bien même nous mettrions toute notre diligence à former un ost triple pour lui faire gagner Winterfell, il ne faut pas oublier que l'Hiver sera bientôt sur nous, mais qu'il doit déjà se faire sentir dans le Nord. Rassembler un nouvel ost dans le Val prendra du temps, mais le voyage sera plus long encore jusqu'au cœur du territoire Stark. Je n'imagine même pas le temps qu'il faudrait pour convoquer et rassembler des troupes depuis l'Ouest ou depuis le Bief, pour ensuite les conduire jusqu'à Winterfell où nous perdrons encore du temps à discuter de l'usage de cet ost qu'il faudra répartir sur les côtés, car les Fer-nés n'attaquent pas à l'appui d'une armée rangée en lignes de bataille dans les champs ou les plaines... Bref, malgré toute notre célérité, tout cela serait très lent, et d'ici là l'Hiver sera devenu, dans le Nord, le premier ennemi de nos troupes qui y resteront. Et pour tout dire, une fois l'Hiver venu, je ne vois pas ce qui convaincrait les Fer-nés d'y rester, dans le Nord... mais bien sûr je ne suis pas Dagon Greyjoy pour connaître ses projets. » Pour autant, Jasper imaginait mal le révolté des Îles de Fer nourrir des projets élaborés... et le caractère très erratique de ses mouvements jusqu'à présent abondait en ce sens. « Edwyn Tully ne s'opposerait pas à un tel mouvement de troupes pourvu que soit payé aux Jumeaux le prix fixé par lord Frey. Mais de vous à moi... nous ne vaincrons pas les Fer-nés dans le Nord, et ce n'est pas en y gaspillant la vie et le temps de nos guerriers que nous servons notre cause. Mettre une épée entre les mains de Beron Stark lui sera inutile : puisqu'il ne sait marcher sur l'eau, ses coups n'atteindront jamais la Seiche qui trouvera toujours une retraite sûre aux larges des côtes du continent. Si nous voulons inquiéter les Fer-nés et espérer mater leur rébellion, c'est d'abord en mer qu'il faut les vaincre. Je suis de votre avis sur ce point, mon oncle, dépêcher des troupes dans le Nord n'est a priori pas la meilleure solution. Il faut vaincre la seiche dans son trou et l'y abattre pour toujours. En attendant, nous ne pouvons que protéger et préserver ce qui peut l'être et malgré tout le respect que j'ai pour Beron Stark, il n'y a rien sur les côtes occidentales de son territoire qu'il ne peut défendre lui-même. Aucun port d'importance, aucune cité commerciale...Je me demande même ce que les Fer-nés y cherchent. Que les vassaux de Winterfell garnissent les forts côtiers de troupes supplémentaires et organisent des patrouilles le long des plages en attendant que l'Hiver s'il veut se défendre au mieux. L'Ouest est autrement plus vulnérable, et même le Bief. Port-Lannis a déjà été attaquée. Blancport est de l'autre côté. »
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Message Sam 16 Juin 2012 - 20:41

 « Je ne pense pas que Port-Lannis ait beaucoup à craindre d’une nouvelle attaque, Falaise ou Castamere peut-être plus. Ils ont déjà essayé et s’y sont cassés les dents tout simplement. Quand on pense que les boutres et leurs capitaines tant loués n’ont même pas passé la rade du port…Ils sont venus pour brûler des chantiers, ont réussi. Bien. Tout cela se reconstruit et d’autant plus vite avec les ressources du Roc et si ils tentent de revenir, ils y laisseront à nouveau des boutres. Ce qu’ils vont faire, c’est razzier, razzier et razzier encore. Que ce soit dans l’Ouest, le Bief ou le Nord parce que, comme pour nous, l’Hiver vient sur eux et que leurs nécessités sont plus impérieuses que les nôtres. Ne clament-ils pas ne rien semer si ce n’est leurs bâtards ? Les terres des vassaux de la maison Stark sont simplement moins bien défendues que les nôtres, c’est aussi simple que cela. Nous sommes prêts et ceux du Nord le sont moins. » Elle haussa légèrement les épaules avec autant d’entrain que si elle avait en train de discourir sur son prochain déjeuner. Elle s’était retenue de lever les yeux au ciel en écoutant parler d’intervention militaire dans le Nord comme d’une possible bataille navale dont lord Arryn semblait vouloir être partie prenante. Après avoir fait faire le tour du continent à la flotte des Grafton ou bien avoir jeté un morceau de son trône de barral blanc dans la mer en espérant le voir flotter pour s’y embarquer ? Ses lèvres se pincèrent légèrement formant un pli amer au coin de ses lèvres alors qu’elle écoutait son frère démontrer par le détail quelles étaient les raisons qui poussaient à refuser d’apporter une aide quelconque à lord Stark. Et dire qu’il avait agité l’honneur d’un chevalier prêt à défendre veuve, orphelin, enfants et autres chiots abandonnés quelques heures auparavant pour justifier son envie de courir vers les îles de Fer pourfendre du Fer-né et, surtout, risquer de périr là-bas, loin de son Val. Toutefois, si elle appréciait l’ironie de son propos, elle n’en déferait pas moins à la justesse de l’analyse et était plus ou moins en accord avec les raisons avancées par son frère. Elle répondit toutefois à la question rhétorique de son frère sur les buts recherchés des Fer-nés.  « De quoi passer l’hiver à l’abri de la faim tout simplement, Jasper. De cet impératif découle tout le reste. Les villes fortifiées et les forteresses trop puissamment remparées sont tout simplement hors de leur portée lors d’une attaque frontale, l’épisode de Port-Lannis l’a prouvé par ailleurs. Ils cherchaient simplement à assurer leur supériorité maritime séculaire afin que la voie soit libre pour leurs pillages. Et le Nord est plus vulnérable, plus grand et moins préparé. Une cible tentante d’autant plus alors que l’automne est déjà sur nous. » Pour elle, si l’Antique Voie était sans doute un facteur important, elle n’en était pour autant pas la raison des pillages. Encore que la tradition pousse sans doute certains éléments fer-nées, le besoin élémentaire de se nourrir était tout simplement la roue qui poussait aux pillages.  « Je suis d’accord avec Jasper. Tactiquement, une intervention dans le Nord serait une réussite et les tentatives fer-nées seraient sans doute repoussées avec plus de vigueur mais je pense que ce serait une grave erreur stratégique qui consisterait à camper sur une position de repli et défense qui, à terme, nous sera préjudiciable. Sans compter l’éparpillement de forces qui, un jour ou l’autre, devront passer la mer pour porter le fer contre Greyjoy et ses affidés. » lâcha-t-elle, semblant sous-entendre que l’aide à apporter au seigneur du Nord n’était pas forcément parmi les priorités à mettre en place. Elle se tut quelques secondes avant de continuer à donner le résultat de ses réflexions aux trois seigneurs présents.

 « Toutefois, compte tenu des positions prises, nos trois maisons assurent de facto le leadership de la lutte contre les Fer-nés et ne pas montrer à ce Beron en quel estime nous tenons la maison Stark pourrait être une hypothèque dommageable sur l’avenir. Peut-être aurons-nous besoin de ses troupes contre la Seiche après tout ? Sa demande me donne plus l’impression qu’il souhaite ne pas être oublié derrière le Neck plutôt qu’une demande de soutien militaire précise. Lui assurer le soutien moral des trois maisons à la tête de la réplique à Greyjoy et ses barbares ne mange pas de pain après tout. Ni même de faire un geste en lui envoyant une centaine d’hommes menée par lord Lannister pour défendre Winterfell en déplorant que les exactions fer-nées nous empêchent de nous défaire de troupes supplémentaires par exemple. » C’était après tout la plus stricte vérité pour le Bief et l’Ouest bien que le Val ait sans doute pu se priver de quelques troupes si besoin avait été. Même si la présence de milliers de vassaux des seigneurs des Eyrié dans les forteresses vassales de la maison Lannister privait déjà le Val de forces importantes pour le contrôle des clans des montagnes de la Lune.  « Je suis certaine que lord Stark sera sensible au fait de pouvoir déverser ses craintes aux oreilles d’une personne connaissant les mêmes troubles. Etant donné que lord Lannister s’y rendra bientôt, sans doute l’ajout de pensées, de conseils, d’un soutien même verbal des lords Arryn et Tyrell, sera à même de l’épauler dans ce qu’il traverse. » Après tout, si la Triple Alliance ou quel que soit le nom par lequel cette association diverse serait connue dans l’avenir voulait se poser en soutien du Trône quitte à remplir certains de ses plus impérieux devoirs, elle se devait également de donner à ses objectifs la stature morale et honorable qu’un tel rôle obligeait à tenir. Tout compte fait, à part des accords de défenses ponctuels, cela n’allait pas plus loin à part une vague promesse d’intervention de Redwyne et Hightower qui ne représentaient que deux voix au sein du Conseil Restreint.  « N’y a-t-il personne d’autres que nous pourrions gagner au soutien de notre cause à part vos deux vassaux, mon Oncle ? Je pensais au prince de Dorne puisque vous semblez vouloir écarter Oncle Maekar de nos affaires. Les Martell pourraient-ils être acquis à l’intérêt d’une intervention royale contre les Iles à votre avis ? Ou même le Commandant de la Garde ou le Grand Mestre même si cela me semble plus délicat ? »
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Message Sam 16 Juin 2012 - 22:26

L'ironie des Sept savait se faire mordante, et il avait suffi qu'il se fasse quelque réflexion sur le silence de sa sœur aînée pour que cette dernière trouve à prendre la parole. Il goûta peu le ton employé, mais cependant il dut reconnaître la grande sagesse de ses paroles, ou du moins de certaines d'entre elles, qui contrastait fortement avec l'aberration que représentait certaines autres. Si, comme Jasper croyait l'avoir lu dans le parchemin diffusé par son beau-frère aux débuts de leur petite réunion à huis clos, Beron Stark était en quête d'une alliance forte contre la menace que représentaient les Fer-nés sur ses côtés, il n'attendait pas de l'Ouest ou de quiconque que cent hommes se massent à Winterfell en attendant que les boutres de l'ennemi glisse dans les allées enneigées du Bois-aux-loups... Il attendait une réponse bien plus efficace à ses attentes, et Jasper n'en démordait point, l'intervention d'une flotte pour dissuader les Fer-nés de lorgner les côtes occidentales de l'immense royaume du Nord lui semblait être la réponse la plus honnête et la plus honorable à donner à la requête du Loup de Winterfell. Toutefois, ce n'était pas à sa sœur qu'appartenait le suffrage de l'Ouest et quand bien même Jasper présageait que Tybolt parlerait avec Maura d'une même voix, il espérait malgré tout que ce dernier discute avec l'oncle et le neveu de cette question. Toutefois, si comme il le lisait sur le visage de sa sœur, celle-ci commençait à s'ennuyer de cette conversation, Jasper ne souhaitait guère que se poursuive une discussion qui n'avait pas lieu d'être ici. Alors contre mauvaise fortune bon cœur, il sur qu'une concession devait être faite sur le champ et d'ailleurs, il ne voyait pas pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt. Puisque Castral Roc tournait son regard vers le Nord alors qu'il aurait dû peut-être se concentrer sur les Îles de Fer, la triple alliance devait faire preuve d'un pragmatisme rapide et réactif. Jasper avait cependant dans sa manche un atout à faire valoir : aucunes troupes du Bief et de l'Ouest ne pourraient gagner le Nord sans passer par le Conflans, sauf à emprunter la voie des mers, et l'on savait tous les dangers qu'elle représentait, surtout de ce côté-là des océans ces derniers temps. Or de son côté, le Val profitait d'un accès direct au Nord par la route royale ou par la voie maritime de Goëlville jusqu'à Blancport. De fait, il était plus simple pour tout le monde que le Val s'occupe d'envoyer des renforts à Winterfell pendant qu'aucune des épées de l'Ouest et du Bief ne quittait son poste et sa destination. Le seul souci, c'était bien la lettre de Beron Stark qu'il avait adressé Tybolt Lannister, et non à Leo Tyrell ou Jasper Arryn. C'était donc effectivement l'occasion de permettre à l'alliance de fonctionner comme l'avait souligné son beau-frère. Le jeune homme n'était pas persuadé que la solution qui semblait avoir la faveur des époux Lannister serait d'un grand secours pour le loup dans sa tanière, mais il y avait malgré tout un coup, même faible, à jouer en faveur de leur entente et même si Jasper n'aimait pas gaspiller la vie de ses hommes, il pouvait toutefois consentir un compromis qui, au final, arrangerait tout le monde. « Admettons que nous ayons tous de l'estime pour Beron Stark, et considérons de lui prêter quelques épées. » Jasper avait du mal à s'exécuter à l'égard de qui vénérait les faux dieux, mais il ferait cet effort particulier. « Il me serait plus facile de lui venir en aide qu'aucun de vous, car vous êtes soumis à la double décision des Tully et des Frey, ce qui n'est pas mon cas. Une centaine d'hommes du Val irait plus promptement jusqu'à Wintervell ou Blancport. Qu'en pensez-vous ? Je continue de croire que c'est stratégiquement un coup dans l'eau, mais d'un point de vue diplomatique... Enfin, c'est moi le néophyte en matière de stratégie, après tout. » Certes, ils allaient donner à croire au seigneur suzerain du Nord que les seigneurs du sud ne l'oubliaient pas et qu'il y avait quelqu'un là-bas pour l'écouter. Ce n'était pas ce que Jasper préférait, car ce faisant, ne se moqueraient-ils pas de lui par la même occasion ? N'était-ce pas lui mentir d'une certaine manière ? Ce qu'il fallait à Beron Stark, c'est l'appui d'une flotte pour mener les armées du Nord au cœur des Îles de Fer et y écraser les ambitions de Dagon Greyjoy. Or cela ne semblait point être dans les options du couple Lannister, et Jasper pensait comprendre pourquoi à présent. C'était bien ce qu'il craignait.

S'agissant de la dernière intervention de Maura, il ne voyait guère où elle voulait en venir, puisqu'il avait exprimé auparavant ce qu'il en était de l'attitude des autres membres du Conseil restreint que messires Hightower et Redwyne. Il crut cependant bon d'intervenir, car après tout c'était pour cela qu'il était ici. Et il n'allait pas mettre en défaut la parole de Tybolt qui avait bien dit que personne ne serait laissé en retrait dans les débats. À ce titre, Jasper désapprouvait la réserve prudente de son oncle, qui était sans doute imputable à la sagesse et l'expérience de ces choses qu'il avait acquises avec l'âge et les épreuves. Il aurait aimé que ce dernier aille plus loin dans ses raisonnements mais il n'était pas maître du Long Dard pour lui dicter sa conduite. « De ce que j'ai vu au Donjon Rouge, je doute que nous puissions intéresser les autres membres du Conseil Restreint qui n'ont pas l'air de trop se sentir concernés. Nous pourrions intéresser Maekar au problème Fer-né, mais je refuse de l'associer à cette alliance qui doit être un trio et non un quattuor, Maura. J'ai d'ailleurs envie d'émettre cette réserve : intéressons Maekar à cette alliance, et la Main saisira la moindre occasion pour la défaire ; faites de cette alliance le fer de Lance de Maekar, et je quitte la pièce à l'instant, quitte à me retrouver seul pour agir contre les Fer-nés. Je suis déjà le vassal du Trône de fer, je ne veux pas en plus être le chien de guerre de son héritier. »
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Message Dim 17 Juin 2012 - 0:09

Si elle avait eu l’âme d’une joueuse, elle aurait pu parier que son propre frère prendrait immédiatement la parole à sa suite ne serait-ce que pour ne pas laisser à sa sœur pouvoir avoir le dernier mot ou simplement sembler avoir raison. Enfin, elle ne pouvait lui en vouloir de souhaiter sortir de l’ombre même en mettant en péril leur relation si particulière. Prévisible en quelque sorte. Elle haussa un sourcil amusé en entendant parler d’estime pour Beron Stark imaginant assez bien toute l’affection que son frère pouvait porter à un adorateur de buissons. Si elle partageait cet à priori, la maison Stark, dont lord Arryn et lady Lannister descendaient après tout, restait la plus ancienne des maisons de Westeros et sans doute l’une des plus respectées. Oublier cela en revenait presque à oublier que les héritiers des Andals, glorieux défenseurs de la Foi, étaient les Arryn. Elle aurait pu répondre aux propos sur l’idée d’envoyer le jeune homme dans le Nord mais la suite, la visant particulièrement, la prit presque de court. Elle dévisagea son frère d’un air dubitatif. Qu’avait-il encore compris comme sous-entendu dans ses propos ? Parfois la paranoïa de son frère cadet avait quelque chose d’inquiétant et elle se demandait si il n‘avait pas hériter de l‘instabilité de certains ancêtres Arryn. Était-elle en train de proposer d’aller prêter directement serment d’allégeance à Maekar Targaryen ? Il lui avait pourtant bien semblé avoir été en train de poser des questions à son oncle Léo sur ce qu’il connaissait des intentions et intérêts de la famille Martell. Était-il en train de s’imaginer que les Lannister souhaitaient manger dans la main d’un héritier à peine présomptif autrement plus dangereux et intransigeant que ne pouvaient l’être la Main et le faible Aerys ? Quelle drôle d’idée. Encore plus amusante si elle repensait à tous les propos que Tybolt avait jadis tenu sur le dragon tricéphale.

 « Enfin Jasper…Mais… De quoi parles-tu ? Je demande des précisions à Oncle Léo sur Maron Martell, je ne fais pas l’apologie du mari de Tante Alanna. J’ai entendu ce que tu as dit toute à l’heure à son sujet. Vous semblez être d’accord tous les trois donc la question ne se pose même pas. Ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat à chaque fois que je le cite. » lui répondit-elle presque doucereuse et d’un ton quelque peu inquiet. Quelle était la raison pour qu’il s’emporte ainsi contre le propre père de leurs cousins ? Piètres cousins certes, mais cousins tout de même, fils et fille de la sœur de leur père. Elle ajouta :  « Rassure-toi. Toute à l’heure, je n’ai pas évoqué Maekar pour en faire un étendard ou une cause…Tout ce que j’ai voulu souligner est que ce prince, compte tenu de sa position, peut être utile. Tout simplement. Pas comme allié. Mais comme outil, comme pion. Je pense que ses passions, son tempérament, sa position peuvent en faire quelqu‘un prompt à s‘enticher d‘une cause qui le mette en valeur. Ce n’était qu’une idée pour faire feu de tous bois, il ne faut pas la prendre tant à cœur. Nous ne faisions qu’échanger et proposer. » termina-t-elle en adressant un sourire presque maternel au seigneur du Val avant d’adresser un regard vif et inquiet à son époux en tournant légèrement la tête vers ce dernier. Puisqu’il fallait tout expliquer au petit faucon du début à la fin elle l’avait fait mais elle avait vraiment cru que les jours où elle devait lui expliciter les raisons de ses paroles et de ses actes étaient révolus depuis bien longtemps. Si tant est que cela eût jamais été le cas. Et elle se demandait si la proposition d’accompagner Tybolt avait vraiment été sérieuse. Elle sourit à son oncle. «Vous souhaitez vous y rendre également Oncle Leo ?» Histoire que quelqu'un vienne empêcher son frère et son mari de s'égorger si jamais cette drôle d'idée allait au bout.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 13:02

L'intervention de sa sœur ôta tout sourire sur les lèvres de Jasper qui vit d'un très mauvais œil qu'elle prenne ce même ton maternel qu'elle prenait avec lui autrefois et qui n'avait plus aucune chance de l'adoucir en aucune façon et ce d'autant plus qu'il y vit encore une fois une ruse de celle qui, il le comprenait enfin, ne devait pas tant que cela se soucier de savoir s'il vivrait ou mourrait tantôt. Fort de cette prise de conscience violente comme un orage d'été, il se remémora leur entrevue d'un peu plus tôt dans la journée et se fit cette remarque : sa sœur aînée savait être une excellente comédienne. Sa douceur hypocrite était empoisonnée en plus d'être désagréable à son oreille, mais au moins comprit-il qu'elle ne voulait point de ce qu'il proposait s'agissant de la relation qu'ils entretiendraient à l'avenir. Mais ne lui en déplaise, elle ne serait pas à Castral Roc l'assurance d'un Jasper docile et obéissant et à vrai dire, si pendant quelques instants il songea à se lever, à saluer et à partir, il ne resta que par respect et estime pour son beau-frère qu'il ne voulait plus mêler à ces histoires douloureuses. Il remit à plus tard les décisions à prendre concernant le Val et Maeve, et demeura donc assis, à regarder d'un air las sa sœur qui parlait encore avec cette même voix douceâtre qu'elle réservait à ceux pour lesquels elle faisait la leçon. Elle semblait oublier qu'au Conseil restreint, Maekar n'était qu'un conseiller parmi les autres et que la Main seule décidait au final, et c'était d'ailleurs pour cela que durant leur voyage entre Port-Réal et Hautjardin, messire Redwyne avait déploré de ne pas avoir reçu l'ordre d'agir en mer contre les Fer-nés. Il fallait faire feu de tout bois, certes, mais à nourrir l'alliance du soutien de Maekar, ils risquaient tous l'indigestion. Cependant, ils n'étaient plus aux Eyrié, ils n'étaient plus dans les jardins du château en tête à tête, et d'aucuns auraient pu croire qu'à l'occasion de cette entrevue très sérieuse et très importante pour l'avenir des trois régions considérées, Jasper aurait répliqué avec colère et véhémence pour le bien de cette triple alliance, mais il n'en fit rien. Il préféra ignorer le ton même de sa soeur aînée. Il l'avait déjà fait une première fois, dans le temps, et tous ici savaient, sauf peut-être le cousin Tristan, où cela avait conduit le jeune homme. « Je suis heureux de te l'entendre dire, mais tu sais très bien que je manque de patience. Il faut parfois m'expliquer longuement et je finis toujours par comprendre. Et maintenant je comprends pourquoi notre mère, qui n'avait pas ton expérience, n'a jamais pris part aux conseils de guerre de notre père. » Alors certes, l'expérience de Maura dans le Val donnait de la substance à sa participation à leur réunion, mais il n'en demeurait pas moins qu'elle était la femme et l'épouse de Tybolt Lannister et que, de fait, elle aurait peut-être tout à gagner à observer la même attitude que leur cousin Tristan qui demeurait silencieux et se contenter d'être le spectateur de la réunion. En revanche, sa sœur ne comprendrait jamais, semblait-il, que son goût pour le contrôle absolu de tout et toutes choses ne prendrait plus sur lui. Tout comme elle ne semblait pas avoir compris ce qu'il avait pourtant bien dit : si les trois lords intéressaient Maekar aux affaires de l'alliance, fût-ce pour s'en servir en lui faisant miroiter quelque gain en valeur ou en prestige, ces trois lords pouvaient être sûrs que la Main du roi se ferait un plaisir de leur mettre des bâtons dans les roues, et Jasper ne tenait pas à courir le risque de voir sa tête placée sur une pique pour avoir essayé de se servir de la position d'un prince fratricide. Dans tous les cas, fort heureusement peut-être, il n'appartenait pas à Maura de prendre une décision qui les lierait tous. De son côté, il ne gagnerait rien à laisser prospérer à nouveau la rancœur qu'il avait crue éteinte.

« Je vais donc expliciter. J'ai déjà fait savoir à Beron Stark, par corbeau, que je me rendrai après la guerre et sur son invitation à Winterfell. Pour l'heure, je ne compte pas m'y rendre moi-même, mais je peux très bien rebondir sur la lettre envoyée par lui à Castral Roc pour lui envoyer un corbeau en lui proposant le soutien immédiat d'une centaine d'hommes du Val pour garnir Winterfell d'un renfort militaire pendant que vous, cher beau-frère, vous seriez libre de visiter le Loup sans pour autant déplacer vos troupes que le devoir impose de maintenir à l'Ouest. » Une fois de plus le Val aurait à offrir plus qu'il n'était demandé de lui, pour participer à une guerre qui n'était devenue la sienne qu'à la suite d'un mariage que Jasper regrettait toujours, mais au moins il prenait l'initiative d'une proposition qui épargnait à ses pairs les tracas d'une logistique infernale pour déplacer des troupes depuis l'Ouest ou le Bief jusque dans le Nord. Jasper s'enfonça dans son fauteuil. Il n'irait pas plus loin, cela dit, et si son beau-frère insistait pour se déplacer à la tête d'un ost Lannister jusque dans le Nord, il approuverait car après tout, il avait émis ses réserves, donné ses arguments et avait donc fait tout ce que sa conscience lui dictait. Quant à la dernière intervention de Maura, il préféra l'ignorer. Celle-ci souhaitait-elle agacer son frère et le pousser à la colère ? Ses propos étaient clairs, elle le considérait toujours comme le petit frère qu'il fallait aiguiller et conduire comme on mène l'éléphant sur le plateau de cyvosse. Toutefois, si sa sœur aînée n'était point capable de respecter désormais sa place d'épouse de lord Lannister, alors le futur de cette alliance semblait déjà compromis, car jamais Jasper ne serait la créature docile que Maura croyait peut-être avoir laissé aux Eyrié. Il y avait d'ailleurs fort à parier que c'était là encore un des subterfuges de sa sœur aînée, une nouvelle comédie après celle de la journée : en versant de l'huile sur le feu brûlant du cœur de Jasper, elle espérait que le brasier emporte dans les flammes la dépouille de cette alliance qu'elle voyait déjà morte-née. C'était bien typique de sa sœur aînée, d'une certaine façon, et même si une fois de plus, il songeait fortement à se lever, à saluer et à partir, il n'eut guère besoin de trop d'efforts pour rester sur son siège, par respect pour Tybolt, par respect pour son oncle, mais aussi parce que sa conviction épousait le projet de son beau-frère et qu'il était hors de question pour Jasper d'agir et d'abonder dans le sens des ambitions de sa sœur qu'il ne comprendrait décidément jamais.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 13:06

 « Me rendre dans le Nord ? Je crains que non. Le voyage serait bien trop long de Hautjardin jusqu'à Winterfell et d'ici là qu'apparaissent à mes yeux fatigués par la route les murs de la forteresse des Stark, je compte bien que le Conseil restreint ait tenu sa promesse d'intervenir contre les Fer-nés. Une séance du Conseil se tiendra très bientôt et y sera abordée ce problème, si j'en crois les dires de messire Hightower lors de son dernier passage à Hautjardin. Y sera abordé notamment la gestion de la milice, le ravitaillement et le cas Baratheon, le commandement de l'armée royale par le Prince Maekar. Autant d'éléments qui prêtent à croire qu'une intervention prochaine est en marche. Je pèche peut-être par excès de prudence, mais je ne voudrais pas me trouver coincé par l'Hiver à Winterfell alors qu'enfin la Main du roi se décide à nous prêter main forte pour écraser une bonne fois pour toutes la rébellion des Fer-nés. À cette occasion, j'imagine que nous découvrirons d'ailleurs la position des autres membres du Conseil, et je vous assure que messire Hightower et Redwyne ne manqueront pas de ressource pour les gagner à la cause d'une intervention forte et rapide du Trône de fer contre son vassal séditieux. La Main seule possède le pouvoir de décider en définitive, mais je veux croire qu'elle sera sensible à tous leurs arguments. Du moins faut-il l'espérer.  » Tout comme ses aïeux, Leo érigeait la prudence en vertu et n'en déplût à ses pairs, il ne voyait toujours pas l'intérêt de se précipiter pour atténuer les aigreurs d'un symptôme alors que se préparait ailleurs le remède à la maladie elle-même. Quelle serait la décision du Conseil restreint à cette séance s'agissant du cas Fer-né ? S'il en croyait son cœur et sa raison, toutes les chances étaient de son côté car même si deux voix comptaient peu pour faire une majorité, il se reposait sur les personnalités et aptitudes oratoires de ses deux éminents vassaux pour gagner à leur cause la Main du roi qui, en définitive, prendrait la décision finale. Pour en revenir au cas Beron Stark, Leo accueillit avec un certain soulagement l'intervention de son neveu qui, lui-même, ne considérait pas de se rendre en personne jusque dans le Nord. En revanche, il avait eu raison également quand il avait précisé qu'il serait plus facile à une centaine d'hommes du Val d'Arryn de gagner Winterfell qu'à une centaine d'hommes de l'Ouest ou du Bief, et ce d'autant plus que le Conflans séparait ces deux territoires du géant septentrional. Leo, à ce sujet, s'inquiétait de voir que Tybolt Lannister n'avait toujours pas donné son avis alors même qu'il semblait porté par l'idée qu'une première intervention de la triple alliance dans le Nord était indispensable. Le Long Dard se doutait bien que ses réserves, ajoutées à celles plus virulentes de son neveu, allait donner du grain à moudre au moulin de leur discussion, mais après tout n'était-ce pas le cœur même de leur alliance que d'offrir cette possibilité et cette facilité de négociation des questions importantes ? Il n'y avait là rien d'anormal, en définitive, mais Leo craignait que la rivalité que Maura et Jasper semblaient désireux d'entretenir ne vienne parasiter la qualité et la pertinence de leur entretien car comme il fallait s'y attendre, à sa dernière intervention répondit un Jasper plus déterminé que jamais à faire comprendre à sa sœur aînée qu'il n'avait pas besoin qu'elle le rassure, qu'il n'avait pas besoin en fait qu'elle lui parle comme elle le faisait et d'un certain côté, il n'avait pas tort, car étant donné les responsabilités de Maura dans les écueils et les choix de son petit frère... mais d'un autre côté, le ton courtois mais très intransigeant de Jasper laissait présager que ses prédispositions pour une réconciliation de la fratrie Arryn s'étaient envolées avec leur retrouvailles. En revanche, Leo salua le ton plus calme qu'il choisit pour sa dernière phrase qui vint expliciter son propos et dissiper les derniers doute de l'homme dans la force de cet âge mûr qu'on sous-estime trop souvent. Mais il voyait toujours d'un mauvais œil la sourde antipathie que le frère et la sœur nourrissait l'un à l'égard de l'autre. Ce n'était cependant pas à lui d'intervenir, fût-il le plus âgé de tous, pour aplanir la situation entre le frère et la sœur, et peut-être même entre le frère et le beau-frère au besoin, car après tout qui pouvait dire quelle position tenait l'un et l'autre en fin de compte ?

Il n'y avait plus qu'à espérer que ces affaires de famille ne viennent polluer les affaires de l'alliance. Un véritable huis clos entre les trois suzerains auraient peut-être été préférable en fin de compte, mais il était désormais trop tard pour en changer.
 « En effet, cent hommes du Val auraient plus tôt fait de gagner Winterfell. Cent des nôtres n'y arriveront pas avant un certain temps et d'ici là les Seiches auront peut-être tourné leurs tentacules vers d'autres proies non moins faciles. Pendant ce temps, les navires Redwyne pourraient protéger vos côtes, messire Tybolt, si vous prenez la route de Winterfell. » Sa nièce lui avait adressé une question sans la nommer un peu plus tôt et pour ne pas laisser croire qu'il l'avait ignorée, Leo se tourna à nouveau vers elle pour lui répondre : « Quant à Maron Martell, je ne saurais dire ce qu'il pense de nos problèmes. Je n'ai pas le moindre contact avec lui pour le moment. » En effet, Leo n'entretenait avec le prince de Dorne aucun rapport particulier, puisqu'il régnait encore entre les contrées verdoyantes et la péninsule une inimitié que seul le temps dans toute sa longueur saurait éteindre. Il n'avait certes pas perdu de vue, avec la paix, cet ennemi ancestral et aujourd'hui, des projets avaient germé dans sa tête concernant Lancehélion et sa famille princière, mais il n'avait pour l'heure encore rien entamé ni rien débuté. Il avait souhaité s'en ouvrir à son épouse, mais la réaction de celle-ci l'avait grandement déçu et il avait dû, à la hâte, revoir ses plans et depuis, il ne souhaitait guère s'en ouvrir à quiconque avant d'être bien sûr de la teneur de ces projets.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 14:24

Tybolt ne s'était pas attendu à ce que les choses prennent cette tournure. de fait il était resté silencieux durant tout l'échange tentant de comprendre pourquoi donc les deux Arryn jouaient la défiance fraternelle en un tel moment. Le jeune Lord avait passé des mois et plus encore, hypothéquant sa vie pour pouvoir enfin parvenir à ce jour et son épouse taquinait son frère en le traitant avec une condescendance comme seules les grandes sœurs peuvent le faire. Il se morigéna silencieusement de ne pas avoir plutôt emmené Gerold pour l'accompagné. Il avait acceptait la proposition de Maura perdant de vue ses anciens griefs à l'encontre de Jasper et ne voyant en elle que Lady Lannister... il devait bien reconnaitre que le sang Arryn battait encore fort dans les veines de son épouse et son état ne devait pas rendre la chose plus aisée. Ainsi sentant que la moindre maladresse pouvait donner naissance à une catastrophe il s’apprêtait à intervenir lorsque Leo s'en chargea. Seulement et bien que le seigneur de HautJardin coupa court aux échanges entre les Arryn, les mots qu'il prononça ne furent pas pour plaire à Tybolt. De fait tout ce qui se disait depuis qu'il s'était tu ne lui plaisait pas. Que cela vienne de Jasper, Leo ou même Maura ce qui était peut être le plus habituel au sein du couple Lannister. Lorsque tous furent enfin silencieux, Tybolt ménagea encore quelques secondes pour ajouter à l'effet de sa prise de parole. Son père lui avait dit un jour de réduire ses prises de parole au strict nécessaire afin que chacun de ses mots en gagne ainsi plus de poids. C'était là un conseil que le jeune Lion avait du mal à suivre tant il lui arrivait de s'emporter et de parler avec conviction mais cette fois il en fit bon usage. Posant une main sur l'épaule de Maura avec qui il échangea un regard signifiant de cesser d'ennuyer son frère il finit par parler. J'ai bien écouté vos arguments à tous et si je pense qu'il faille garder notre calme pour ne pas que nos mots dépassent nos pensées ou ne les égalent simplement aurait-il pu ajouter connaissant son épouse. Il me faut néanmoins recentrer le débat. Si je semble si prompt à vouloir aider le Nord et Lord Beron plus particulièrement c'est pour la simple et bonne raison qu'il en a fait la demande. Son regard prit un éclat plus convaincu encore, plus passionné. Quels chevaliers serions nous si nous ne répondions pas à une telle demande ? ! Car c'est bien là que se situe notre essence, notre raison d'être ! A l'inverse du Conseil Restreint nous sommes ici tous chevaliers, c'est notre force et ce qui fait de nous qui nous sommes ! Nous avons prêté serment, venir en aide à ceux dans le besoin, qu'ils soient riches ou pauvres. Puissants ou faibles. Nous combattons et œuvrons uniquement en ce sens. Si le Trône juge une intervention à l'aune de critères politiques et financiers, nous le faisons à l'aune de notre serment, de nos engagements. Il fit une très courte pause. Alors bien sur nous sommes aussi des suzerains et il nous faut compter, prévoir et faire en sorte que les nôtres soient en sécurité avant de nous jeter dans la bataille mais jamais ô grand jamais nous ne pourrions simplement faire la sourde oreille quand notre aide est demandée !

Il se redressa en regardant les deux autres seigneurs. C'est du moins comme cela que je vois mon rôle. Mais je ne peux parler que pour moi. Bien sur cent hommes à Winterfell pourraient être suffisant... mais cela serait-il très différent de ce que fait le Trône et ce pour quoi nous sommes là ? ! A quoi donc serviront des hommes à Winterfell alors même que le peuple de Lord Stark meurt par dizaine si ce n'est plus ? ! En quoi cela serait-il différent d'un émissaire et son escorte comme le Conseil Restreint nous en envoie chaque mois pour nous dire combien il est conscient de nos difficultés et nous soutient dans notre combat ? ! Les muscles de ses mâchoires commençaient à se contracter en cadence alors qu'il ménageait un nouveau moment de silence. Je dois me rendre à Winterfell dès après avoir rendu mon jugement dans l'affaire de Lord Corbray et je préfère vous dire dès à présent que ce n'est pas pour lui taper amicalement dans le dos en lui souhaitant bonne chance que je compte m'y rendre. Ni même simplement pour consolider mes relations avec le Nord. Ce que je voudrai c'est pouvoir annoncer à Lord Beron que la flotte du Lion fait route en ce moment même vers ses côtes et que sur un simple corbeau c'est une force composée de troupes du Val, du Bief et de l'Ouest qui franchirait les limites de son fief pour sécuriser ses places fortes le long de sa côte. Il fit une nouvelle pause pour se calmer et reprendre plus sereinement. Bien sur je comprends votre point de vue et je me soumettrai à l'avis générale comme nous l'avons prévu. Cependant ce que je vous propose c'est tout comme un jour les hommes du Val sont venus en aide à l'Ouest, d'en faire tout autant avec le Nord. Pour cela une force militaire sous nos trois bannières me semble le plus efficace par rapport à notre engagement. Deux mille hommes chacun devraient nous fournir cette force, et permettre à Lord Beron de sécuriser durablement ses côtes. Lord Tybolt avait parlé avec conviction de la seule manière qu'il pouvait concevoir une intervention pour aider le Nord, la seule à son sens qui aide véritablement la maison Stark et ses gens. Il avait imaginé que s'allier avec deux chevaliers dont l'un avait été son modèle alors même qu'il n'était qu'un adolescent rêvant de joutes aurait permis cela mais il commençait à en douter. Se pouvait-il que la charge de Lord ait prit le pas sur les vœux prononcés par ses hommes... il ne le pensait pas mais rien ne laissait penser que ce n'était pas le cas.
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Message Mer 20 Juin 2012 - 9:57

Toutes ces questions exclamatives commençaient sérieusement à l'ennuyer. Leo sentait bien qu'un climat de défiance s'était installé entre eux tous et d'une certaine façon, il savait sur qui et quoi jeter l'anathème. Cependant si le seigneur suzerain des terres de l'Ouest faisait encore une fois la preuve de son caractère très exalté de jeune chevalier, ce que le Long Dard ne pouvait que saluer en définitive, il n'en demeurait pas moins qu'il semblait également s'asseoir sur certains détails cruciaux qui pourraient d'un coup d'un seul ruiner son beau projet. Beron Stark accepterait-il cet ost de six mille hommes battant triple bannière ? Plus tôt dans la conversation, il avait été assuré que le suzerain du Nord ne regarderait pas l'identité de la main tendue vers lui. Or, tout cela n'était que du vent et tant qu'aucun n'aurait par écrit l'accord de Beron Stark pour cette entreprise, tous les préparatifs qu'ils diligenteraient à l'issue de leur réunion pourrait tout à fait se heurter au refus net et catégorique de Winterfell. De la même façon, en dépit des « liens privilégiés » tissés par son neveu entre Vivesaigues et les Eyrié et qu'avaient relevé lord Lannister, aucun d'eux n'étaient assurés de la franche coopération des Tully et des Frey, d'autant plus que Leo imaginait mal Jasper user à dessein de son influence sur le jeune lord Tully pour le conduire à accepter un déplacement de troupes auquel il n'était pas lui-même favorable a priori. Ainsi le projet du frère de sa belle-fille ne manquait ni d'audace ni de cachet, mais il ne s'en heurtait pas moins à deux écueils considérables et d'un certain côté, Leo craignait qu'en l'appuyant à son tour, leur majorité ne conduise la triple alliance à un premier échec, voire à un premier fiasco si les seules troupes à atteindre Winterfell étaient celles du Val, celles de l'Ouest et du Bief se trouvant coincées derrière le pont des Jumeaux, voire aux frontières du Conflans. Malgré tout, et c'était bien là ce qui le gênait peut-être le plus, Tybolt Lannister faisait preuve d'une telle véhémence dans son propos qu'il était difficile de croire qu'il s'en tiendrait à un refus de ses deux alliés et très certainement il irait lui-même à la tête de deux mille de ses hommes jusqu'à Winterfell. Une alternative se posait donc : Winterfell deviendrait redevable de la Triple Alliance, ou du Lion, et il ne faisait aucun doute qu'en cas de refus des Tyrell d'intervenir en faveur de ce seigneur si lointain, celui qui se porterait au secours du Loup ne manquerait pas d'en colporter la rumeur. La Rose ne devait rien à quiconque, et pourtant cette pensée parasite lui fit prendre conscience que le climat de défiance qu'il avait déjà remarqué commençait à sérieusement nuire à leur conversation. Ne restait plus qu'une chose à faire alors : accorder prudemment sa confiance et voir ce qu'il adviendrait par la suite ; ainsi serait-il dans les prochains mois fixés sur les intentions réelles du seigneur du Roc.

 « Très bien, vous avez mon accord. Deux milles des épées du Bief partiront sous le commandement de mon frère pour Winterfell dès que Beron Stark aura donné son accord exprès et dès que les droits de passage nous aurons été accordés. J'imagine que la jonction avec les troupes de l'Ouest et du Val se fera aux Jumeaux ? »

Leo venait de donner son accord et il ne reviendrait pas dessus. En revanche, il n'oublierait pas non plus quelles avaient été ses réticences et pourquoi ils les avaient finalement tues. Il échangea un regard avec son neveu qui le lui rendit. Lord Arryn pensait-il comme lui ? C'était peu probable. Le Val avait déjà offert à l'Ouest plusieurs milliers de ses hommes, et voilà qu'on lui en demandait encore, voilà qu'une fois de plus il allait se retrouver pris dans cette guerre qui ne le concernait pas vraiment. Il était désormais plus qu'évident que cette alliance ne profitait qu'à l'Ouest et au Nord pour le moment, et c'est bien ce qui chagrinait le Long Dard, mais l'homme était assez patient pour attendre son heure de réclamer lui aussi ce qui serait dû à la Rose quand le temps des rétributions viendrait. Si l'alliance devait être ce que Tybolt Lannister voulait qu'elle soit, à savoir un bras armé prêt à intervenir dans tout le royaume partout où un ennemi de celui-ci se manifesterait, pourquoi ne se concentreraient-ils pas sur l'Ouest et le Bief, premières victimes des raids fer-nés ? Et pour aller encore plus loin, que n'était-il question des clans des montagnes de la lune, des pillards dorniens ou des pirates dans le Détroit ? C'est bien pour cela que les propos exaltés du suzerain du Roc n'eurent aucune prise sur les épaules du Long Dard, car tout comme ses interlocuteurs, il savait la frontière entre l'idéalisme et le pragmatisme, et ce n'était certes pas Castral Roc qui allait se poser en défenseur de toutes les causes. Lann le Futé était peut-être un héros, mais il n'en demeurait pas moins un voleur. Winterfell recevrait l'aide de l'alliance, mais celle-ci serait conduite par lord Lannister, et n'est-ce pas vers lui seul que la gratitude de Beron Stark irait ? Leo était presque tenté dès lors d'aller lui-même dans le Nord pour s'assurer que la gratitude du Loup serait bien partagée entre le Lion, la Rose et le Faucon. Mais il y avait plus intéressant à faire, et demeurer à Hautjardin pendant que d'autres allaient jusqu'à Winterfell lui donnait une opportunité d'observer ce que ferait, à la tête d'un ost, celui qui se présenterait là-bas comme l'émissaire de l'alliance. En quelque sorte, lord Tyrell faisait à cet instant le pari suivant : si l'alliance se révélait vraiment utile et multilatérale, alors il s'y maintiendrait ; si l'alliance ne devait servir jamais que les mêmes intérêts, ceux du Lion, alors il s'en détacherait.

 « Comme vous l'avez dit, ce sera là la première intervention concrète de la triple alliance. Nous aurions tort de la gâcher ou de la dénaturer d'une manière ou d'une autre. »
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Message Sam 23 Juin 2012 - 21:14

En écoutant les propos de Tybolt Lannister, son beau-frère, Jasper crut qu'il allait manquer d'air l'espace d'un instant. L'entendre leur donner des leçons de vertu chevaleresque prêtait à sourire, considérant qu'il était, des trois suzerains présents dans cette pièce aveugle, celui dont l'attitude avait été ces dernières lunes la moins honorable et la moins en accord avec les codes de la chevalerie. En vérité, toutes ces questions rhétoriques et toutes ces grandes phrases l'agaçaient férocement autant qu'elles l'indifféraient, ce qui produisait chez lui cette impression contradictoire et désagréable. À parler ainsi d'honneur, le Lion risquait de s'en émousser les griffes, au point qu'il n'emporta guère l'adhésion de ce beau-frère peut-être encore trop jeune pour se laisser prendre à ce jeu puéril et délétère. Mais déjà son oncle promettait deux mille épées du Bief pour appuyer la proposition de Tybolt Lannister. « La majorité a parlé. » Jasper avait pris son temps pour répondre, mais il avait déjà pris conscience de ce que serait sa réponse après le rapide regard que le Long Dard et lui-même avait échangé. Il craignait de ne pas tout saisir de cette folle aventure qui conduirait six mille de leurs hommes loin dans le Nord alors que leurs lames auraient fort à faire dans le sud, mais il y avait bien quelque vertu à cette expédition de secours pour le Loup hérétique de Winterfell. Il ne les voyait pas pour le moment, et c'était bien ce qui l'agaçait. Tout ce qu'il voyait, c'était qu'une fois de plus, le Val allait être mis à contribution. D'un certain côté, cela ferait peut-être taire une bonne fois pour toutes ces voix calomnieuses qui crachaient sur le Val et son isolement. D'un autre côté, cette rhétorique n'en finissait plus de l'excéder et de l'exaspérer et il n'était pas contre l'idée d'en finir avec elle. « Il est inutile de perdre trop de temps dans les environs des Jumeaux, mon oncle. Deux milles hommes quitteront le Val pour se rendre à Winterfell où ils attendront votre arrivée. » Jasper avait songé à prendre ces deux mille hommes sur l'ost Arryn en position à l'Ouest, pour les soustraire à l'influence néfaste du commandement de sa sœur aînée, mais c'eût été donné du relief à l'inimitié creusée entre eux que Jasper souhaitait museler à tout jamais. Il se contenterait de la tenir à bonne distance, et vu qu'il ne comptait pas demeurer dans l'entourage des Lannister en dehors du strict nécessaire pour la bonne tenue de l'alliance... Un instant, Jasper imagina que les choses auraient pu certainement mieux se passer s'il s'était marié lui-même à une Lannister plutôt que d'ériger sa sœur au sommet de Castral Roc d'où il était vain d'espérer qu'elle oublierait ses folles et prétentieuses ambitions sur le Val d'Arryn. « Si le Val disposait d'une flotte, elle se joindrait à celle du Lion, mais comme vous le savez, nous n'avons rien de tel, pas même à Goëlville. » Jasper contempla son oncle avec insistance. Il saisissait peut-être une partie du cheminement qui avait conduit le frère de sa défunte mère à abandonner ses réticences pour accepter, comme lui, la proposition de Tybolt Lannister.

D'ailleurs, Jasper craignait un peu que ce dernier ne se trouve pétri de sa propre importance d'avoir ainsi rallié à son projet concret les deux autres membres de la triple alliance alors même que ceux-ci avaient pourtant donné des signes de leur scepticisme.
« La clef de l'efficacité de cette intervention, c'est bien la vitesse, non ? Et la route est longue, jusqu'à Winterfell... Il y a là tout ce qu'il faut pour écrire les missives pour Beron Stark, pourquoi ne les écririons-nous pas toutes ici même, à l'abri des regards indiscrets ? »Mais sous l’œil témoin et vertueux de chacun, afin de mieux renforcer les liens entre les membres de l'alliance. De plus, s'il lui était évident que les Lannister n'avaient guère confiance en lui, il était bien vrai que la réciproque valait aussi : plus il écoutait sa sœur et son beau-frère, plus il était enclin à la défiance. Mais comme il l'avait appris, deux alliés n'ont pas besoin d'être amis pour que leur entente soit fructueuse et de ce qu'il en savait, jamais son beau-frère ne le regarderait autrement que de très haut, poussé sans doute dans cette voie par les murmures à son oreille d'une épouse vénéneuse et rancunière. Le temps dirait cependant quelle tournure prendrait les relations entre les Eyrié et Castral Roc, mais Jasper ne s'attendait à rien en particulier. En effet, il avait depuis longtemps assimilé l'idée que l'alliance primitive entre l'Ouest et le Val était à sens unique et que celui-ci n'obtiendrait rien de celui-là qui l'avait dérobé. « Bien joué ! » aurait-il eu envie de dire à l'héritier de Lann le Futé si Jasper avait été moins austère et plus enjoué. Au fond de lui, Jasper savait pourtant qu'un jour, sa patience serait récompensé, quand bien même les bonnes nouvelles ne venaient pas de Castral Roc. Peu lui importait, finalement, que son beau-frère se soit servi de lui : Jasper avait appris, et grandi. Il resterait aussi haut que l'honneur, désormais. Il ne serait d'ailleurs probablement pas celui qui porterait au cœur de la triple alliance les méfaits de la déception ou de la trahison, car sa parole était ce qu'il avait de plus précieux après son honneur et, avec Maura aux côtés du Lion et mère de ses enfants... il était prêt à s'attendre à tout, voire même à ce qu'elle use de la grande richesse de Castral Roc pour payer plusieurs assassins, plusieurs Sans-Visages pour lui nuire et faire échoir le sommet des Eyrié entre les mains d'une personne plus aisément manipulable, comme sa petite sœur, par exemple, ou un cousin fort éloigné qui n'y était pas destiné. Il veillerait toujours à ce que cela n'arrive jamais. « Je suis d'accord avec vous, mon oncle. Cette unanimité est une preuve de confiance entre nous, tâchons de la conserver et de ne pas la... détourner. »
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Message Lun 25 Juin 2012 - 1:10

Une vague de soulagement submergea Tybolt lorsque les deux autres finirent par sembler retrouver le chemin qu'ils avaient prit en prêtant serment le jour où ils étaient devenu chevalier. Il n'avait à aucun moment imaginé que Lord Jasper et encore plus Lord Leo aient pu renier leurs vœux. Mais il ne fut pas loin de le penser l'espace d'un instant lorsqu'ils avaient semblé considérer qu'intervenir pour aider le Nord pouvait ne consister qu'en l'envoie d'une centaine d'hommes dans une capitale qui avait autant besoin de troupes que lui même d'un deuxième trou du cul au milieu du coude. Les termes employés par Lord Arryn cependant, le poussèrent à ne voir dans cet accord qu'une façade et non pas une adhésion profonde et convaincue. Il donnait l'impression de se soumettre à la majorité mais pas d'y adhérer complètement. Les propos de Lord Leo lui apparurent dès lors sous un éclairage différent. En effet il n'y avait pas fait attention de premier abord se concentrant sur les 2.000 hommes promis, mais le seigneur de Haut-Jardin avait parlé d’acceptation de Lord Stark et de Lord Tully. Ce pouvait-il que Tybolt n'ait pas semblé soumettre une intervention conjointe à ces même facteurs...? Il lui semblait bien pourtant avoir simplement parlé de se rendre lui même dans le Nord comme convenu avec Lord Beron et qu'alors il pourrait lui dire que sur envoi d'un corbeau la force armée du Bief, du Val et de l'Ouest pourrait avancer vers son fief. Tout comme pour la traversée du Conflans cela était bien entendu soumis à l'acceptation de Lord Tully, d'où la demande promulguée à Lord Jasper. Ces prises de consciences sur les mots de ses alliés douchèrent rapidement les espoirs du jeune suzerain. Comme pour la première fois depuis le début de l'entretien il se rendit compte qu'il n'était pas en présence d'alliés véritable mais simplement de seigneurs trouvant un intérêt commun dans une entreprise. Le lion Gris aurait été encore en vie qu'il lui aurait asséné la plus sévère des taloches sur son crâne de naïf petit lion à peine sevré. Chacun ici jouait sa propre partition, par chance, ou non selon le point de vue, ces partitions comportaient des similitudes pour le moment mais aucun doute qu'à la première fausse note cette triple alliance, n'en ayant que le nom, volerait en éclat et chacun serait prompt à se tourner contre celui qu'il appelait alors son allié. Maura l'avait pourtant prévenu, bien avant ce jour, que son oncle et son frère ne pouvaient être des alliés véritables sur qui compter, mais il avait fait le choix de ne pas la croire, aveuglé qu'il était par sa volonté de bâtir une grande alliance pour accomplir ce que le Trône ne semblait pas vouloir faire. Quoi dire et quoi faire dès lors ?

Lord Jasper semblait n'accepter l'idée de cette intervention que par dépit et proposait désormais de faire partir les troupes du Val sans attendre les deux autres Ost, foulant ainsi au pied la raison même d'une intervention sous les trois bannières. Lord Leo quant à lui semblait ne pas vouloir prendre en compte les mots de Tybolt pour, peut être, s'allouer un rôle de doyen qui saurait mieux que ses deux alliés comment agir en respect des seigneurs à qui ils viendraient en aide... La tempête faisait rage dans l'esprit de Tybolt. Il avait été si proche de réussir à mettre en place cette alliance et voilà que chacun tirait la couverture à lui en opposition complète avec le principe même et la fonction première de cette alliance, à savoir intervenir en commun et sur un pied d'égalité. Avait-il été bien trop naïf de croire que cela pouvait être la solution qu'il fallait mettre en place ? Tout avait pourtant eu l'air de bien fonctionner jusqu'à présent. Il eut un sourire désabusé. C'était donc là ce que devait affronter chaque jour Lord Rivers dans la gouvernance du royaume tout entier. Deux solutions s'offraient à lui en définitive. Voir la coupe à moitié pleine ou à moitié vide. La naïveté eut été de croire que ce serait facile se dit-il en prenant le parti de voir la situation comme au moins sur le bon chemin. Peut être rechignait-il aussi à renoncer et ainsi jeter au rebut plusieurs mois de travail. Il afficha donc un air satisfait de circonstance.
Merci Lord Leo et vous aussi Lord Jasper, je suis certain que le Nord, son peuple et Lord Stark ne pourront que voir dans ce geste la signification d'une véritable volonté commune. Il finit par se détendre à mesure que son esprit concevait la nouvelle situation comme un passage obligé. C'est en effet aux Jumeaux que j'imaginais la jonction, si jonction il devait y avoir. Il est bien entendu impératif d'intervenir prestement mais, et cela ne représente que ma vision de la chose, l'intervention doit se faire sous les trois bannières pour que cela ait le sens que nous souhaitons lui apporter. Les trois Ost n'en formant plus qu'un. C'est aussi pour cette raison que je ne dirigerai pas les forces de l'Ouest moi même, afin de ne pas laisser à penser que la maison Lannister serait plus impliquée que celle Arryn ou Tyrell. Il fit alors les quelques pas pour emplir de nouveau sa coupe d'eau. Pour les missives, si cela vous parait nécessaire je ne vois pas de raison pour ne pas au moins en définir le contenu ici même alors que nous sommes tous réunis. Voir même de les rédiger si c'est ce que vous désirez. Il but une gorgée avant de poursuivre. Comme je l'ai dis plus tôt je me rendrai à Winterfell dès mon retour dans l'Ouest puisque je l'ai promis à Lord Stark. Des corbeaux auront certainement déjà eut le temps de faire plusieurs aller-retours avant que je n'ai le temps de rejoindre le Nord. Scrutant ses partenaires au dessus de sa coupe, Tybolt n'avait cette fois aucune attente sur leurs réactions, chat échaudé craignant l'eau froide, il s'attendait à tout. Défiance... remise en question de son propre séjour dans le Nord, voir même une prise de décision pour voir l'un des deux seigneurs présents vouloir prendre la tête de l'Ost tout entier.
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