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Avant de te préoccuper de la route, inquiète toi du compagnon. [PV Jeyne Brax]

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Message Mer 9 Mai 2012 - 12:55



     Finalement, c'était bien sa veine.

     Le reître avait pris la route quelques jours plus tôt depuis Castral Roc, marchant d'un bon pas vers Port-Réal, avec la ferme intention de rejoindre la milice qui, d'après les racontars populaire, avait commencé à s'établir aux portes de la capitale. Pour cela, il avait avancé d'auberge et auberge, s'arrêtant l'espace d'une nuit dans ce qu'on aurait volontiers qualifié de bouge minable plutôt que d'hôtel particulier.
     Mais au final, peu lui importait ; tant qu'il pouvait s'y payer le gîte et le couvert, il n'allait pas y regarder trop loin. D'autant plus qu'il est un met de choix en ces lieux ; les informations. D'une manière ou d'une autre, carrefours des voyageurs et des rumeurs, ces tavernes ne manquaient jamais de se tenir au courant de toute l'actualité des Sept Couronnes.
     Il avait eu le plaisir d'y entendre parler du mariage prochain de deux pontes, Ambrose Beurpuits et Lady Frey. Apparemment, la moitié de Westeros ne parlait que de l'évènement, qui devait s'accompagner d'un tournoi sans précédent, rassemblant les meilleurs chevaliers de la Couronne. Un évènement à ne pas manquer s'il en était ; mais s'il y avait une chose à tenir certaine, c'était que la milice de Port-Réal ne partirait pas sans que quelque noble ne soit là pour superviser l'opération. Et Owayn soupçonnait qu'ils se rendent tous à cette fête. Frey était tout de même un nom réputé, et les rumeurs les plus folles avaient couru sur le prix du tournoi. Une armure en or massif d'après l'un, un château entier aux dires de l'autre, ou même un œuf de dragon.
     Un œuf de dragon, sérieusement. La populace était d'une imagination, c'en devenait ridicule.

     L'homme n'avait pas eu trop de mal par la suite à faire le lien entre cette agitation politique et lui-même. Vu que la milice ne partirait pas avant la fin des évènements, s'il se rendait à Port-Réal, il serait bon pour patienter quelques mois dans les bas-fonds de la capitale en attendant que tous les organisateurs soient présents.. Et vu que les lieux seraient bourrés jusqu'à la gueule de mercenaires comme lui, il ne trouverait assurément aucun gagne-pain. Ou du moins, pas sans se contenter de quelques sous en guise de salaire.
     Dès lors, il avait du prendre une décision. Et celle-ci, aussi folle soit-elle, fut de se rendre à ce mariage.
     Après tout, il lui faudrait bien s'imprégner des coutumes nobles, s'il voulait en faire partie un jour. Ce serait la première fois qu'il assisterait à un tournoi, et il se devait au moins de se faire une idée de ce que c'était. Une telle expérience était toujours bonne à prendre, même sans avoir une place formidable, noyé au milieu de ses pairs en une foule compacte et assistant de loin au spectacle.
     Mais encore fallait-il s'y rendre ; il comptait pour cela faire demi-tour, revenir à Castral Roc, puis emprunter la Route de la Rivière vers Villesaigues. De là, une route serpentait vers l'est, vers Herpivoie et la forteresse de Murs-Blancs, lieu du mariage. Owayn n'avait aucune idée de s'il s'agissait véritablement du chemin le plus court ; c'était toutefois celui que lui avait conseillé un aubergiste au profil de fouine dans un établissement miteux portant le doux nom de l'Araignée enragée. Et, faute de mieux, c'est le chemin qu'il avait décidé d'emprunter, revenant donc sur ses pas en direction de la forteresse de Castral Roc. Il avait marché quelques jours, et ne s'estimait plus qu'à une journée ou deux de sa destination.

     Owayn suivait donc la route d'un pas vif, décidé, avalant à franches coudées le chemin qui le séparait de la forteresse rocheuse, berceau des Lannister, et tête des Terres de l'Ouest. Il s'était mis en route tôt dans la journée, impatient d'arriver à destination, quittant l'auberge qui l'avait abrité pour la nuit, sans regrets aucun. Le soleil avait à peine dardé ses premiers rayons que déjà il marchait, matinal.
     Il n'avait qu'à suivre la route ; un chemin des plus aisés. Aussi s'était-il autorisé cette marche à la fraîche ; mais il ne voyagerait jamais de nuit pour autant. Une heure ou deux étaient passé depuis son départ, mais il n'aurait pu le dire avec précision ; le ciel s'était couvert, et s'il ne risquait pas de pouvoir, le soleil était timide derrière son châle de nuage.
     Il avait quelque peu relâché les liens en cuir de son gorgerin, dont la partie avant se balançait, libre, contre sa poitrine. Ses gantelets étaient glissés dans sa ceinture, et sa salade avait vu sa lanière passer autour de son poignet. Sa main gauche était posée sur le pommeau de son épée usée par le sel de sa sueur, le tout clinquant et cliquetant à chaque pas.
     C'est donc cheminant avec détermination que le reître aperçut un embranchement. Il sifflotait gaiement une chanson populaire qui s'intitulait La jolie fleur qu'elle vous avait. Et, croyez-le ou non, il n'était pas question de botanique dans les paroles. Enfin, il s'agissait uniquement de siffler l'air, pas de crier des insanités à pleins poumons.

     Et il semblait que fort bien lui en prit. En effet, la route se séparait en deux, l'un des deux chemins filant droit vers le Nord. D'après ses souvenirs, il menait à Corval, demeure d'un vassal des Lannister dont il avait oublié le nom. On le lui avait mentionné la veille à sa dernière pause aubergiale. Il lui fallut tout de même une bonne minute pour se figurer quel sentier menait à Castral Roc, et lequel remontait vers ce domaine inconnu.
     Après un minimum de réflexion, il finit par se faire une idée relativement correcte. Mais avant, il décida de s'accorder une petite pause, histoire de reposer un peu ses pieds. Aussi, il s'enfonça dans les fourrés, releva son haubergeon, délaça ses braies et vida sa vessie contre un arbre avec un soupir d'aise. Il revint ensuite sur la route, s'adossa à un pilier qui supportait des indications écrites sur les directions des routes. Une plaie qu'il ne sache pas lire. Il se lissa doucement glisser au sol, posant son fondement dans l'herbe sèche de ce début d'automne, et étira ses orteils dans ses bottes.
     Il se trouvait encore dans cette position lorsqu'une sacrée cacophonie retentit le long du chemin qui remontait vers Corval. De curiosité, il se releva, pour voir approcher un cortège qu'il identifia comme une suite. Quelques hommes en armes ouvraient la voie, mais il ne pouvait pas voir encore la véritable figure de ce petit groupe, le ou la noble qui se faisait ainsi escorter. Il décida donc de rester debout au pied de son poteau en regardant s'approcher le groupe, sans s'interposer ou quoi que ce soit, bien sûr.

     Owayn était peut-être pauvre, il n'en était néanmoins pas fou.



Dernière édition par Owayn le Mer 30 Mai 2012 - 23:45, édité 8 fois
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Message Dim 13 Mai 2012 - 14:07

Quelle joie pour Jeyne, elle était invitée à Vivesaigues dans le Conflans par son amie Morag Tully. Enfin, elle était invité par les Tully mais elle savait exactement comment les choses allaient finir : Elle serait plus ou moins toujours en compagnie de Morag et c’était cela qui l’emballait le plus ! Toutes deux étaient plus ou moins semblables bien que deux années les séparent en âge. Jeyne était toujours une petite fille ou bien était-ce Morag qui murissait plus vite que les autres jeunes filles nobles ? Elle s’en fichait, tout ce qu’elle savait c’était qu’elles allaient s’amuser, se raconter des histoires de princes charmants, parler mariage, poneys, arc-en-ciel… Chevaliers, chevaliers… Et, évidemment, ragots. Jeyne connaissait maintenant suffisamment bien Morag pour savoir que celle-ci aurait forcément tout un tas d’histoires dérangeantes ou non, à lui raconter.
Quand elle avait reçu l’invitation elle avait donc demandé à son père si cela était possible de la laisser partir un peu dans le Conflans. Elle avait réquisitionné Colleen pour qu’elle l’aide à convaincre son père puis sa mère. Elle savait que Lord Brax serait réticent uniquement à cause de la longue route qui séparait Corval de Vivesaigues. Le dernier voyage que Jeyne avait fait avait terminé par une bagarre suivit d’une incendie dans une auberge… L’erreur ne serait donc pas reproduite. Si Jeyne devait partir, et elle allait partir, elle l’avait décidé, ce serait sous bonne escorte. Gardes, carrosse, arrêts dans des auberges vérifiées au préalable. Tout devrait être contrôlé et organisé à l’avance. Elle avait donc eu du mal à convaincre son père et trépignait d’impatience à ‘l’idée de pouvoir envoyer un corbeau aux Tully pour leur annoncer son arrivée. Après plus d’une semaine son père avait finalement accepté l’invitation : Jeyne, Colleen et Robert iraient donc à Vivesaigues rendre visite aux Tully. Tous les enfants Brax n’iraient pas pour la simple et bonne raison que certains étaient encore trop jeune pour voyager sans leurs parents mais les aînés pourraient y aller. Jeyne n’avait donc pas attendu une seconde de plus pour prévenir Morag de son arrivée pas tout à fait éminente. Robb Brax était nerveux, et s’inquiétait réellement pour la sécurité de ses héritiers. Les problèmes avec les Fer-nés et les attaques fréquentes sur les routes l’angoissaient énormément. Oui, il avait confiance en ses gardes, en Robert pour protéger ses sœurs et lui-même mais avant d’être un seigneur de l’Ouest, Robb Brax était un père de famille aimant et quelque peu papa-gâteaux. Mais bon… Jeyne savait que les Tully étaient invités à un mariage, mariage pour lequel beaucoup de nobles se déplaceraient dont les Arryn, Jasper Arryn à qui il espérait fortement marier Jeyne. Elle avait donc reçu quelques informations et recommandations avant de partir afin de ne pas commettre de bêtise si elle venait à rencontrer le jeune seigneur du Val. Maintenant, c’était elle qui angoissait. Elle avait demandé à son père de venir avec eux mais il ne pouvait pas et Robert devrait représenter la famille et éventuellement prendre la place de son père si des présentations devaient être faites. Jeyne était ravie que Robert les accompagne mais aurait tout de même préféré partir avec son père. Enfin… Elle était excitée comme une puce et n’avait pas pu manger avant de monter sur Sparkle afin de prendre la route. Elle avait décidé de monter à cheval pour le début du voyage, voir un peu le paysage, prendre l’air… Whisper lui aussi était de la partie. Installé sur le devant de la selle, Jeyne ne sachant pas bien comment il tenait mais il semblait ravi d’être là.

Ils n’étaient pas encore loin de la forteresse quand le chat décida de se dégourdir les pattes et de sauter à terre.
    Whispi tu vas te perdre !
Surement pas, elle avait déjà fait des voyages en sa compagnie et il semblait que son chat était suffisamment intelligent et attaché à sa maîtresse pour toujours la retrouver. Il s’était donc précipité vers un arbre où se trouvait un homme que Jeyne n’avait pas encore vu.
L’un des gardes vint se mettre à côté de la fratrie Brax et bientôt une barrière de gardes les séparèrent de l’inconnu et de Whisper. Autant vous dire que cela ne rassura pas sa jeune maîtresse.
      ▬ Déclinez votre identité ! Que faites-vous ici, êtes vous seul ?
Jeyne regarda son frère, se demandant pourquoi il ne disait rien mais en réalité il n’avait pas même eu le temps de réellement comprendre ce qu’il se passait. Tout avait été très vite sans qu’il n’y ait pour autant de réel danger, excepté pour ce pauvre Whisper qui était de toute façon tout à fait capable de se défendre seul.
    Whisper? ... Hum... Nous sommes : Jeyne, Colleen et Robert Brax de la maison Brax. Vous êtes sur la route menant à notre forteresse, Corval. Peut être êtes-vous perdu ?
Ils avaient évidemment des visiteurs de temps à autres mais jamais de façon imprévue ou très rarement. Jeyne ne voulait pas paraître menaçante comme pouvait l’être ses gardes pour la simple et bonne raison que l’homme se trouvait trop près de son chat et que si il le décidait, il pourrait lui faire mal. C’était surement idiot mais elle n’aimait pas spécialement prendre les gens de haut, tout le monde n’était pas un sauvage prêt à en découdre et à tuer chaque personne rencontrée, si ça se trouve cet homme était tout à fait charmant et de bonne compagnie.
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Message Lun 14 Mai 2012 - 21:39



     Le reître s'était relevé, toujours contre son poteau, et observait la troupe qui descendait le long de la route au nord. Quelque peu hétéroclite, Owayn l'identifia sans mal comme une suite. Quelques hommes en armes allaient à cheval, accompagner d'autres à pied ; ils devaient être une dizaine tout au plus. Ils encadraient étroitement deux jeunes filles et quelqu'un que le roturier identifia comme leur frère, de par sa ressemblance étroite avec elles, en particulier la plus petite des deux. Quoiqu'il en soit, le trio ne devait pas avoir plus de dix-sept ans ; leurs vêtements criaient toutefois leur origine noble.
     Derrière eux cahotaient une voiture, vide vue la façon dont elle bondissait à chaque nid-de-poule dans la route inégale.
     Un animal de petite taille sauta d'un des chevaux et s'élança, trottinant, vers l'ancien mineur, alors que le reste de l'escorte ne semblait pas avoir remarqué l'individu debout à l'embranchement. Le chat — puisqu'il s'agissait bel et bien d'un petit félin — s'approcha avec circonspection d'une de ses bottes et la renifla prudemment. Owayn n'eut toutefois pas le temps de voir ce que la bête comptait faire de sa pauvre jambe puisqu'un quatuor de gardes à cheval se détacha du groupe et vint se placer autour du reître, lances abaissées dans une posture éminemment hostile. Un seul geste mal placé et il se retrouverait percé de part en part plus sûrement qu'un tricot entre les mains d'une aïeule maladroite.

     ▬ Déclinez votre identité ! Que faîtes-vous ici, êtes-vous seul ?

     Pour sûr, Owayn ne s'attendait pas à cela. Il leva les deux mains à hauteur de sa tête, paumes en avant, exprimant dans le langage universel corporel qu'il n'était pas dangereux. Était-il tombé sur une bande de brigands qui s'en allaient le détrousser et le laisser pour mort ? Non, c'était ridicule, voyons. Aucun tire-bourse ne lui aurait demandé son nom, et de tels hommes ne porteraient pas armures et armoiries.Ces réflexions n'empêchèrent toutefois pas un filet de sueur de couler désagréablement au creux de ses reins, sous les différentes couches de vêtements. Eût-il eu son épée au poing, gantelets aux mains et salade sur le crâne, nul doute qu'il aurait pu en emmener un avec lui s'il devait tomber. Mais là, toute possibilité d'affrontement semblait à proscrire, vu qu'il était dans la position du sanglier attendant la broche pour le cuire.
     Ce fut l'héraldique des cavaliers qui attira son attention. Le blason représentait une unicorne ruant sur un fond gris. Rien qui ne lui inspire quelque chose, mais au moins il savait qu'il avait à faire à une noble maisonnée. Il était déjà plus en confiance que s'il s'était agi d'une simple bande de voyageurs.

     Mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, la plus grande des deux jeunes filles prit la parole. À peine une femme, elle n'en pas moins formée de façon généreuse, pour autant que pouvait laisser entrevoir ses vêtements de voyage. Sa monture fit donc un pas en avant, restant tout de même à bonne distance, et ô surprise, la jeune femme s'adressa directement à lui.

     ▬ Whisper ? ... Hum... Nous sommes : Jeyne, Colleen et Robert Brax de la maison Brax. Vous êtes sur la route menant à notre forteresse, Corval. Peut-être êtes-vous perdu ?

     Owayn baissa les yeux sur le dénommé Whisper. Le félin était couvert de fourrure noire, ce qui conforta le reître. Sa mère avait l'habitude de considérer les animaux blancs comme un mauvais présage, annonçant l'hiver et le froid, comme d'autres habitants de Westeros. Inconsciemment, l'homme avait adopté cette superstition au fond fort idiote. Quoique... N'étaient-ce pas les corbeaux blancs qui, du haut des roukeries des mestres, annonçaient la venue de l'hiver tant redouté ?
     Mais s'il avait orienté son regard vers ses petons bottés, ce n'était pas tant pour admirer la bête que par confusion. La jeune lady venait en effet de s'adresser directement à lui. Et pour déterminé qu'il fût de gravir l'échelle sociale des Sept Couronnes, il ne s'attendait certainement pas à ce qu'on l'interpelle ainsi. Il se serait plus vu à négocier sa vie avec le chef de sa garde, actuellement.
     Mais non, il semblait que la lady avait autre chose de prévu pour lui. Allait-elle l'humilier en public ? Réclamer une joute contre l'un de ses gardes ? Rien ne l'aurait étonné, étrangement. Il savait que les nobles pouvaient se montrer terriblement condescendants. Mais nulle animosité ne transparaissait sur son visage, juste une certaine anxiété. De l'anxiété ? Mais voyons, c'était absurde. Comment pouvait-elle être inquiète d'un homme tenu en respect par quatre fers de lance ? Réfléchit un instant Owayn, et tu réaliseras que tu as du mal lire l'expression de son visage.

     Toutes ces réflexions étaient certes fort intéressantes, mais la noble lui avait posé une question, et son petit doigt lui disait qu'il ferait mieux d'y répondre. Autrement, elle risquerai de se vexer, ce qui ne serait certainement pas de très bon augure. En relevant la tête, il croisa le regard des deux autres nobles, et si leur ressemblance physique le frappa, leurs expressions étaient des plus opposés. Là où la fille semblait presque effrayée par le roturier, le visage du garçon n'exprimait que l'indifférence la plus totale. Étrangement, il ne savait lequel redouter le plus. Là où l'une pouvait à tout instant paniquer et donner un ordre regrettable pour le reître, l'autre ne le considèrerait que comme une fourmi, bonne à écraser si l'envie lui en prenait.
     Non, véritablement, son seul espoir de se tirer de ce mauvais pas résidait en trouver une réponse convenable à la question posée par la lady. Et bien, peut-être faudrait-il commencer par la vérité, ce ne serait pas si mal. C'est pourquoi il rassembla son assurance, chassa au mieux toute intonation paysanne, et ouvrit finalement la bouche.

     ▬ Lady Brax, j'étais parti pour aller à Castral Roc, v'voyez, mais j'me suis com' on dirait égaré sur la route, et puis j'sais pas quel embranchement prendre... Si vous pouviez m'en indiquer un, je serais vot' serviteur, pour sûr, baffouilla-t-il.

     Ce n'est qu'alors qu'il réalisa qu'il devait passer pour le premier des rustres, ce qui n'était pas loin d'être le cas, puisqu'il ne s'était pas lui même présenté. Il courba alors l'échine dans un pastiche de salut, ignorant tout de l'étiquette, et ne sachant pas si mettre genou à terre serait sage alors que les pointes d'acier des cavaliers se tenaient prêt à lui caresser le torse.

     ▬ Oh, et pis, j'suis des plus navré, je suis Owayn, pour vous servir, ma lady, ajouta finalement le reître, guettant une quelconque réaction de la part de la jeune noble montée.



Dernière édition par Owayn le Jeu 21 Juin 2012 - 7:31, édité 6 fois
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Message Mar 15 Mai 2012 - 17:44

Il ne lui semblait pas vraiment dangereux cet homme, mais le fait qu’il se trouve si près de Whipser l’inquiétait fortement. Ses gardes étaient là pour veiller à la sécurité des jeunes lords mais pas de leurs animaux de compagnie. Elle le savait bien et puis leurs armes tendues vers l’inconnu auraient pu blesser le chat. Elle était donc quelque peu anxieuse mais elle avait appris que les personnes de basse condition pouvaient parfois être très utiles, comme Jehan par exemple qui, avec l’aide de Lord Hightower, l’avait sauvée. Robert lui avait aussi dit qu’il l’aurait bien laissée brûler vive si il en avait eu l’occasion mais Jeyne avait pris le parti de ne pas le croire. Elle avait même fini, comme souvent, par traiter son frère d’idiot ! Comment Jehan aurait-il pu laisser une jeune fille comme elle mourir dans d’atroces souffrances ? Non, non, non mais elle admettait qu’il la regardait parfois d’une drôle de façon, comme si… Comme si il cherchait à savoir ce qu’elle avait sous sa robe. Quel drôle de comportement. Elle avait exactement la même chose que toutes les ladies à savoir des jupons et autres bas. Mais là n’était pas la question, la question aujourd’hui était de savoir quoi faire avec cet homme et Whisper qui lui sentait les bottes. Bottes luisantes à certains endroits… Serait-ce… ? Non, elle ne saurait penser une telle chose ! Son cher Whisper n’était pas le genre à renifler de l’urine tout en se délectant presque de cela. Impossible. Quoi qu’il aimait les pieds de Robert…

L’homme semblait effrayer Colleen alors que Robert, lui, n’aspirait qu’à une chose, repartir. Père leur avait bien dit de ne pas s’arrêter et de faire très attention mais la vie du chat était en jeu ! Son frère faisait donc des mouvements d’impatience, perché sur son cheval qui lui aussi ne semblait pas apprécier cette halte.
    Whisper ! Ici!
Elle avait tapoté le devant de sa selle pour montrer au chat qu’il était vivement attendu et… Ô miracle, cela marcha, il se détourna de l’individu sans plus lui jeter de regard ou de coup de museau et avança en direction de sa petite maîtresse. Il sauta, s’accrocha à sa botte tout en la griffant encore un peu plus et s’installa comme précédemment, devant Jeyne. Elle était la seule de la famille à toujours avoir des vêtements abîmés à certains endroits. Son chat ayant l’habitude de grimper le long de ses robes, capes ou encore ses bottes quand elle montait à cheval. Enfin, voilà, elle était rassurée, Whisper ne craignait plus rien, il était maintenant en sécurité. Jeyne pu se concentrer sur cet homme qui n’avait pas bougé d’un poil alors que leurs gardes avaient décidé qu’il était un potentiel danger sans même s’en assurer vraiment avant. Après tout, il ne faisait rien d’autre que les regarder passer. Tout cela était nouveau, cette nervosité constante était une conséquence de la guerre déclenchée par les fer-nés et les suites de la bagarre de l’auberge quelques temps auparavant. Les gardes s’étaient fait taper sur les doigts par Lord Brax et de sévères consignes avaient été données. Ne pas quitter les enfants des yeux, ne laisser personne s’en approcher. Jeyne en avait presque décidé autrement. Elle était le genre de noble plutôt sympathique en fait. Elle était de haute condition oui mais estimait qu’elle pouvait apprendre de tout le monde finalement puis même si elle pouvait se montrer timorée face à des lords, avec des roturiers, elle était plus détendue.
Les gardes avaient donc exigé qu’il décline son identité et finalement, il s’adressait directement à Jeyne qui oui, lui avait aussi adressé la parole donc. Pourquoi pas ? Colleen semblait offusquée et Robert toujours aussi agacé si ce n’était plus.
      En route Jeyne ! J’informerais père de ton comportement d’enfant! Tu te dis prête à épouser un grand seigneur… Aucun seigneur ne voudrait d’une épouse qui se met à parler ainsi à n’importe qui ! En route!
Il se mit à avancer, sa jumelle le suivit évidemment ainsi que quelques gardes mais Jeyne elle, ne bougea pas.
    Je devais m’assurer que…
      Oui oui, que ton horrible chat ne risquait rien ! Tout ce qu’il risque c’est d’attraper des puces ! Tout comme toi d’ailleurs ! A force de vouloir venir en aide à tous les chats errants, c’est tout ce que tu récolteras ! Des puces et encore, dans le meilleur des cas.
Il n’aimait pas Whisper parce que Whipser ne l’aimait pas et adorait uriner sur le bout de son lit… Ca puait les pieds, il allait où ça ne sentait pas bon. Et voilà, il s’était remis en marche. Jeyne n’avait toujours pas bougé et trois gardes étaient restés avec elle, toujours entre elle et le pauvre Owayn, tel était donc son nom. Elle était fortement agacée par ce que son frère lui disait mais… Il était le premier mâle de la famille et avec seulement un an de moins qu’elle, elle savait que quand il lui donnait un ordre ou la réprimandait, elle devait se taire et accepter. Hier elle obéissait à son père, aujourd’hui c’était son frère qui la dirigeait et demain il s’agirait de son époux.
Cependant, son frère n’avait peut être pas tord, si ça se trouve cet homme avait des puces ou des poux voire pire. Mais elle était loin de lui, lui adresser la parole n’allait pas lui faire de mal si ? Normalement non. Sauf si les puces avaient envahi Whisper, au quel cas il était trop tard. Elle eut un léger frisson. Elle ne savait plus trop quoi faire, l’abandonner là sans plus s’occuper de lui et suivre Robert, Colleen et le reste de la troupe ou lui répondre ? Il aurait été mal venu de ne pas continuer la conversation non ? Elle qui avait commencé à lui parler ne pouvait décemment pas lui tourner le dos et le laisser là, perdu. Seul souci pour notre petite Brax, elle n’avait pas bien compris tout ce qu’il lui avait dit. Avouons qu’elle ne parlait pas non plus tous les jours à des « gueux » comme Colleen avait l’habitude d’appeler les gens comme Owayn. Jeyne aussi le faisait, bien sûr, elle en rigolait même. Elle fit comme si de rien n’était. Elle avait retenu son prénom et l’endroit où il désirait se rendre, informations les plus importantes finalement. Le reste n’était que firiture.
    Castral Rock ? C’est aussi l’endroit où nous nous rendons. Pourquoi ne nous suivriez vous pas mon brave ? Ainsi, vous ne vous perdriez plus.
Elle vit ses gardes échanger des regards. Elle n’était pas cruche à ce point et savait bien qu’elle embêtait tout le monde à vouloir accepter un nouveau compagnon de route mais et alors ? C’était elle la Lady de la troupe ! La plus âgée ! Robert ne lui avait pas interdit de dire à Owayn qu’il pouvait les accompagner, elle ne faisait donc rien de vraiment mal. Les gardes restant se mirent eux aussi en mouvement.
      ▬ Tu veilleras à ne pas trop t’approcher des jeunes Lords Owayn le voyageur qui ne sait pas trouver son chemin tout seul!
C’était l’un de ses gardes qui lui avait rappelé les règles. Il lui avait parlé de façon si condescendante. Plus encore que Jeyne aurait pu le faire et pourtant elle en avait le « droit » elle qui était une Brax. Parfois les gardes oubliaient d’où ils venaient…
    Alors Owayn, dites moi tout, qu’est-ce qui vous appelle au Rock ?
Etait-elle curieuse ? Parfaitement mais si il faisait un bout de chemin avec eux, il allait bien falloir lui parler à ce pauvre homme.
    Vous savez, par les temps qui court il n’est pas raisonnable de rester seul, surtout sur les routes, vous pourriez tomber sur une troupe bien moins amicale que la notre.
« Troupe amicale », c’était ainsi qu’elle le voyait alors que Robert avait été exécrable, Colleen inexistante mais presque stressante et ses gardes menaçants… Gentille Jeyne mais c’était bien elle ça, toujours en train de conseiller aux gens de faire attention à eux et à préférer voir le bien plutôt que le mal. Elle serait une excellente mère, surement trop poule, mais elle prendrait soin des siens, de tous les siens d’ailleurs puisqu’elle n’aimait pas voir souffrir les gens, surtout ceux qui ne le méritaient pas ou du moins dans ce cas, ne semblait pas le mériter.
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Message Sam 19 Mai 2012 - 19:53

HRP:
 

     La jeune fille appela son animal, qui se décolla enfin de la botte d'Owayn pour venir la rejoindre, escaladant une robe passablement en lambeaux. Apparemment, le félin avait l'habitude d'emprunter ce chemin, au grand dam du noble, le dénommé Robert ; un échange de mot acide et cassant s'engagea alors entre la sœur et le frère, et si c'était le chat qui en faisait l'objet, le reître se sentait indirectement visé à travers ce qualificatif. Un vieux matou mité, lui ? Si peu...
     Durant la discussion animée, le félin le regardait avec un drôle d'air sur le visage. Ses deux yeux ne semblaient pas ciller, et étaient rivés sur Owayn, qui était quelque peu désarçonné par la situation. Ce n'était pas tous les jours qu'il se retrouvait en compagnie d'une suite noble, tout ça à cause d'un chat qui était venu se frotter à sa botte.
     C'est alors que le garçonnet, vexé, se remettait en route, que la dénommée Jeyne — puisque c'était manifestement son nom — s'adressa de nouveau au reître, l'invitant à les accompagner sur la route.

     ▬ Castral Roc ? C’est aussi l’endroit où nous nous rendons. Pourquoi ne nous suivriez vous pas mon brave ? Ainsi, vous ne vous perdriez plus.

     Sans surprise, elle attira tous les regards, y compris un franchement belliqueux de la part de son frère. Elle ne le faisait certainement pas par bonté de cœur, mais plutôt histoire d'agacer le jeune homme. Et force était de croire que cela fonctionnait, vu l'expression qui s'était peinte sur son visage. Comme à regret, les gardes levèrent leur barrière de lances et se rangèrent près de la jeune fille, sur le qui-vive. Comme s'il allait dégainer son épée et lui sauter à la gorge, bien sûr.
     Non, il était bien trop médusé pour faire cela. Passablement surpris par la réaction de la jeune fille, il entendit néanmoins clairement l'un des gardes en armure lui énoncer avec un mépris non-feint quelques règles de prudence élémentaire. Eût-il été dans d'autres conditions qu'Owayn se serait peut-être plu à engager une lutte d'insultes avec soldat ; mais là, cela ne semblait pas très sage s'il tenait à rester en vie.
     Ils se mirent donc en route, lui marchant à grandes enjambées afin de compenser le pas long des chevaux, son équipement clinquant à chaque fois que son talon heurtait le sol compact de la route. Ils firent une bonne vingtaine de mètres avant que la noblette ne rouvre la bouche, ayant décidé de pousser à bout son frère en devisant paisiblement avec un roturier trouvé sur le bord de la route.

     ▬ Alors Owayn, dites moi tout, qu’est-ce qui vous appelle au Roc ? Vous savez, par les temps qui court il n’est pas raisonnable de rester seul, surtout sur les routes, vous pourriez tomber sur une troupe bien moins amicale que la notre.

     Dire qu'Owayn était embarrassé eût été bien loin de la vérité. À vrai dire, il ne savait pas quoi faire ; le mépris teinté de condescendance du jeune Robert brûlait d'une flamme haute et vive, et il craignait s'il ouvrait la bouche que ce dernier ne saute à terre avec la ferme intention de lui passer une longueur d'acier dans le ventre. Non pas que le reître craignait un nobliau ; il se savait parfaitement capable de le défaire dans un combat à l'épée. Il était une large différence entre l'escrime que l'on vous enseignait dans la cour d'un château, sous l'égide d'un maître d'arme, et le combat à mort, où tous les coups étaient permis. Frappes basses, sable au visage, feintes et railleries étaient plus acérées qu'une lame en acier forgé château.
     Mais il savait parfaitement que les soldats qui l'entouraient l'empaleraient au moindre geste suspect. Aussi, il ne craignait pas tant le jeune homme que ses larbins.
     Quoiqu'il en soit, lady Brax lui avait posé une question, et il apparaîtrait comme rustre de ne pas y répondre. Mais quoi de plus normal pour un rustre de se comporter en rustre, après tout ? Surtout que le fameux Robert n'avait pas véritablement envie qu'il taille une bavette avec sa précieuse sœur, au point de vouloir tailler le mercenaire lui-même. Et dans un moment pareil, Owayn ne pensait qu'à ce genre de jeux de mots idiots.
     Mais qu'il aille au diable, ce Robert. On lui avait posé une question, et il comptait bien y répondre ; il avait assez tergiversé.

     ▬ Et ben lady Brax, j'tais parti pour Port-Réal, v'voyez ? Mais j'ai com' qui dirait ouï que l'mariage allait avoir lieu, là, à Murs-Blancs, si j'm'égare point. Alors je m'suis dit, sauf vot' respect, qu'voir des nobles gens ça pouvait prouver intéressant, donc j'ai fait d'mi-tour histoire d'aller j'ter un œil tout innocent, s'épandit-il, toujours en essayant de paraître respectueux et un tant soit peu contrit.

     Cela avait beau être la vérité et rien que la vérité, son explication n'en semblait pas moins bancale. Il avait volontairement omis de préciser la raison de son voyage à la capitale ; au moins ne l'avait-elle pas interrogé sur son habillement, alors qu'il se déplaçait en armes. Il réalisa alors qu'il avait également passé la seconde partie de la question ; même si elle ne l'écoutait certainement pas, se servant certainement de lui pour agacer son frère, il ferait mieux de lui répondre quand même, au cas où elle laissait traîner une oreille.
     Et si il la vexait elle, il aurait alors de la chance de ne pas se faire piétiner par les chevaux.

     ▬ Oh, et pis sinon, vous savez, lady, c'est pas ben dangereux par ici, la grand-route est plutôt sûre avec tous les voyageurs qu'y passent. C'est p'têt plutôt vous qui devriez y faire 'tention à voyager par ces affaires-ty, com' les Fers-Nés qui tumultent sur la côte.

     À peine eût-il fini sa phrase qu'il en regretta amèrement les paroles. Il venait d'exprimer ouvertement qu'il considérait sa garde comme une bande d'incapables, ou pire, de la traiter d'imprudente. Voilà qui devrait alors faciliter les relations déjà tendues avec les cavaliers ; il se raidit, continuant de marcher de façon mécanique, prêt à bondir dans les fourrés sur le bord de la route, tout en guettant une quelconque réaction de ladite Jeyne.



Dernière édition par Owayn le Mer 30 Mai 2012 - 23:50, édité 3 fois
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Message Mar 29 Mai 2012 - 11:30

Il fallait avouer que ce n’était pas du meilleur gout que Jeyne et Robert se disputant ainsi devant un inconnu… Fort heureusement, il ne s’agissait pas d’un noble, au quel cas Robert se serait abstenu de faire une réflexion à sa sœur, mais il en aurait très certainement fait une à leur interlocuteur histoire de la rabaisser un peu… Là, elle n’aurait rien pu dire pour se défendre puisqu’on lui avait toujours appris à ne pas se faire remarquer. Quand Robert avait décidé d’être désagréable avec son ainée, il le faisait et savait toujours quoi dire pour la mettre hors d’elle. Au sein de la forteresse, elle avait vite fait de le courser et de finir par lui balancer des fruits à la figure mais là… Elle n’avait que les mots pour se défendre. Puis… Même à Corval, elle évitait de se conduire comme une sauvageonne mais ici, elle pouvait se permettre de rétorquer. Le gueux ne devait pas penser que la petite noble se laissait marcher sur les pieds par un frère qui n’était même pas plus âge qu’elle. Elle avait aussi décidé de lui parler, pas forcément pour énerver Robert, enfin… Au départ un petit peu mais elle était dans une joie telle de se rendre chez les Tully puis ensuite au mariage dans le Conflans qu’elle se sentait pousser des ailes. Aujourd’hui son blason n’aurait plus dû être une licorne mais plutôt Pégase. Jeyne était, pour l’époque, une jeune fille de 16 ans bien immature et irréfléchie concernant certains sujets. Elle arrivait parfois à se comporter convenablement mais il fallait avouer que ce n’était pas tous les jours. Ils avaient été élevés comme de vrais petits nobles, depuis qu’il avait neuf ans Robert criait partout qu’il était un homme, un vrai… Il était plus mûr que Jeyne, c’était certain mais c’était uniquement car leur père l’avait élevé dans l’espoir qu’il soit un parfait héritier. Jeyne et ses sœurs avaient été élevées comme des petites princesses et à seize ans la plus âgée des enfants Brax était très en retard par rapport à d’autres jeunes nobles du royaume. La preuve en était : Elle s’entait extrêmement bien avec Morag Tully qui avait tout de même treize ans, à savoir beaucoup trop d’années de moins que Jeyne. Et pourtant… Elles s’entendaient comme larrons en foire… Jeyne était un bébé qui voulait se marier mais elle n’avait aucune idée de ce que cela pouvait réellement représenter. Elle savait qu’elle devrait quitter sa famille, rejoindre de nouvelles terre mais pour le reste… Il faudrait faire des héritiers, savait elle seulement comme cela se passait ?
Voilà pourquoi elle se comportait comme elle le faisait maintenant, défiant son frère, invitant un parfait inconnu à faire le chemin avec eux. Colleen était elle aussi agacée par tout cela et sa sœur n’aimant personne n’ayant pas le sang bleu, elle restait collée à la croupe de la monture de Robert et ne décollait plus de là. Mais peu importait à notre jeune intrépide. Elle faisait ce qu’elle voulait, elle était libre entourée de ses gardes. Elle se sentait forte. Oubliée cette histoire d’auberge! Elle ne commettrait pas deux fois de suite la même erreur et puis elle était certaine qu’un beau chevalier la sauverait… Comme la dernière fois. Ah… Dragon d’Or… Enfin, elle avait décidé de prendre cet homme sous son aile… Comme si il avait vraiment besoin de Jeyne pour s’en sortir. Le pauvre était surement plus en sécurité seul qu’avec une troupe de nobles qui pouvaient attirer bien plus facilement les regards envieux, voire pire que lui, seul, en partance pour Castral Roc.
Suivant ce qu’il lui disait, elle aurait dû le trouver louche. Les nobles étaient ils des bêtes curieuses que les roturiers pouvaient venir observer ? C’était bien ce qu’il était en train de lui dire non ? Du moins en gros. Etrange idée, mais d’un autre côté, c’était flatteur. Ils étaient en effet bien différents des petites gens et leur vie les faisait surement rêver. Ils avaient raison, Jeyne avait la vie de rêve. Etre une jeune noble était finalement assez simple. Il y avait effectivement beaucoup de choses à apprendre jour après jour mais quand on était docile comme elle l’était, cela ne représentait pas une corvée. Pour Sasha, sa petite sœur, c’était néanmoins une toute autre histoire mais peu importait, elle n’était pas du voyage. Trop turbulente.
Elle écouta donc Owayn lui parler avec la plus grande attention tout en rêvassant au mariage et à son séjour hors de Corval.
    En voilà une idée qui est excellente! Ce mariage arrive à point nommé dans une période difficile pour nous tous. Je suis certaine que vous vous y amuserez beaucoup.
Comment les gueux s’amusaient ils à ce genre d’évènement? Ils devaient boire plus que de raison? Danser aussi? Savaient ils danser? Oui, très certainement, mais sans classe à n’en pas douter. Ils étaient bien souvent laissés dans la cour des châteaux alors que tous les nobles festoyaient à l’intérieur. L’important pour Jeyne étant de toute façon que chacun soient séparés. Les mondes ne devaient pas trop se mélanger, cela ne se faisait pas. Elle le savait bien. Ce n’était pas parce qu’elle se sentait l’âme secourable envers cette pauvre âme égarée qu’elle allait en faire un ami. Grand diable non!
    Les Fer-nés sont un réels fléau pour nos contrées. J’espère que toute cette histoire sera bientôt derrière nous. C’est très aimable à vous de vous inquiéter pour nous mais nos gardes sont là, nous ne craignons rien.
Elle lui envoya un charmant sourire, persuade que quoi qu’il arrive et même attaqués par une horde de sauvages, ses gardes sauraient les protéger. Sans parler de Robert qui était courageux et vaillant! Très énervant avec elle et d’ailleurs toujours en train de râler sur le fait que Jeyne lui désobéissait, mais tout à fait capable de défendre à la perfection ses deux soeurs et lui même, évidemment.
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Message Lun 11 Juin 2012 - 20:56

Spoiler:
 

     Jeyne lui répondit sans animosité aucune, à sa grande surprise. Toutefois, le regard supplémentaire que lança Robert à Owayn fut sans équivoque : s'il avait pu supporter le caprice de sa sœur jusqu'à présent, sa patience était à bout. Le reître le soutint quelques instants, paupières plissées, avant de détourner les yeux, se rappelant de la présence des gardes. Autrement, le petit nobliau n'aurait certainement pas été aussi pédant, sans une cohorte de cavaliers pour protéger son précieux postérieur tout drapé de soie.
     Sans mot dire, l'ancien mineur ralentit la marche, afin de se retrouver en fin de cortège : là il adopta de nouveau un rythme normal. Il avait décidé qu'il valait mieux pour lui se tenir à l'écart du reste du groupe. Si voyager ainsi lui offrait donc la relative sécurité de la présence de l'escorte des enfants Brax, il préférait ne pas trop engager la conversation avec la dénommée Jeyne. Owayn était donc parti pour les suivre, une dizaine de mètres derrière.

     Et c'est ainsi que se passerait la plupart du voyage : dans les quelques jours qui les séparaient de Castral Roc, Owayn allait être comme leur ombre, s'arrêtant aux mêmes auberges, et repartant grosso modo au même moment. Le tout se déroula sans encombre, le reître adoptant une attitude fermée et taciturne pour éviter toute altercation avec la garde ; ou discussion supplémentaire avec lady Jeyne, ce qui se serait soldé au final par la même chose, vue l'attitude de Robert.
     Ils firent halte dans différentes auberges au bord de la route, même s'ils passaient parfois à côté de plusieurs avant d'en trouver une qui corresponde aux goûts de lord Robert. Véritablement, Owayn commençait à l'apprécier, voire même à le porter dans son cœur. Chose amusante, après une journée de marche, les gardes qui n'étaient pas juchés sur leurs chevaux ne semblaient pas non plus avoir vraiment envie de crapahuter une heure de plus juste parce que l'établissement présent n'était pas au goût du jeune homme. Cependant, eux n'avaient pas le choix, et le reître les suivait en se délectant à chaque fois qu'ils râlaient à voix basse.

     Mais s'il fut tranquille, le déplacement ne fut pas agréable pour autant. Il avait bien entonné quelque chanson de route afin de se donner du cœur aux pieds, mais un cavalier avait reculé dans sa direction, le faisant vite changer d'avis. Au final, la seule raison pour laquelle il collait au cortège, outre la relative sécurité que cela lui offrait, était sans aucun doute d'agacer le jeune lord Robert : et force était de croire que cela était efficace, aux vues des discussions entre le frère et la sœur. Enfin, Owayn n'entendait rien, alors ils auraient aussi bien pu deviser d'autre chose. Mais à chaque fois que le ton montait imperceptiblement, il ne pouvait s'empêcher d'afficher un rictus satisfait.
     Ce calvaire ne fut pas long à endurer, heureusement. Une semaine après la rencontre au croisement de la route de Corval avec la Route de l'Or, Castral-Roc était en vue ; et c'est là qu'Owayn faussa compagnie à l'escorte, bifurquant en direction de Port-Lannis afin de chercher une taverne où se reposer. Il en trouva une qui portait un nom vraiment charmant, mais qu'il ne serait pas convenable de nommer ici ; une fois installé, il se procura nourriture et boisson douteuses, avant de reposer ses pieds fourbus par le voyage.

     Mais il était loin de s'imaginer qu'il aurait l'occasion de revoir son vieil ami Kerran "La Chiffe", et de s'embarquer par la même occasion pour un voyage plein de surprises vers le Conflans, où, à l'occasion d'une négociation pour le compte de Tybolt Lannister, il assisterait à un mariage pour le moins agité.
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Avant de te préoccuper de la route, inquiète toi du compagnon. [PV Jeyne Brax]

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