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Un bon mariage commence par un banquet réussi.

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Message Mar 29 Mai 2012 - 8:51

 « Tu n’es décidemment qu’un vil flatteur, Lannister… » Un léger rosissement avait envahi joues et décolleté alors qu’elle buvait évidemment ce compliment comme du petit lait. Tybolt savait parfois trouver les mots la rendant unique au détour d’une phrase maladroite. Alors qu’il la serrait d’un peu plus près, elle posa légèrement ses lèvres sur les siennes sans cesser de sourire. Elle ne dédaignerait sans doute jamais le plaisir d’avoir le Lion à ses pieds. Elle retînt son rire à le voir si précautionneux pour ne pas risquer de poser un pied trop lourd sur sa robe de damas bleuté mais s’écarta légèrement pour éviter la catastrophe. Elle se mordit la lèvre en voyant son air penaud. Dire que cet homme pouvait charger l’épée nue sans une seconde d’hésitation mais qu’il avait besoin de réfléchir et de compter ses pas le temps d’une danse. Mais, ce qu’elle aimait par-dessus tout était que jamais il ne tentait de se donner l’air de maîtriser ce dont il n’avait pas connaissance. Elle le pinça pour qu’il la fasse tourner à temps puis se rapprocha à nouveau pour continuer leurs échanges de messes basses.  « Parce que tu comptes me partager ? Je risque de te décevoir…Je n’aurai guère le cœur à changer. Même si ne plus jouer les filles de l’air me manquera, je t’avoue que je ne déteste pas pouvoir être pendue à ton bras autant que possible et pouvoir assassiner du regard la première qui viendra te voler une danse. » Elle mentait. Subrepticement mais elle mentait. Malgré les cris et les scènes, elle avait aimé cette période bénie où la peur d’être découverts ajoutait à la passion des moments arrachés à la vie quotidienne du Roc. Comme cette fois où, ne pouvant attendre, ils s’étaient retrouvés dans un bureau durant une pause de l’assemblée militaire à laquelle tous deux assistaient. Et elle se demandait si ce qui avait été possible pour Tybolt et Maura le serait encore pour lord et lady Lannister. Particulière par les conditions dans laquelle elle s’était développée, la passion des débuts résisterait-elle à la vie commune et à leurs devoirs de représentation ? Si ils continuaient ainsi, peut-être. Elle l’espérait en tous cas.

Elle le pinça à nouveau avec cette fois-ci un peu de retard mais il tourna suffisamment vite pour les faire rentrer dans le rang sans tapage. La jeune femme n’affichait plus qu’un sourire très simple, contente de pouvoir se contenter de danser entre les bras de son époux. Certes, il fallait avouer qu’il était meilleur amant que danseur mais elle s’en contenterait pour l’instant. Peut-être ferait-elle venir un maître à danser jusqu’au Roc pour combler cette lacune, elle rafraîchirait ses connaissances et lui permettrait de ne plus avoir l’air de porter son armure sur la piste de danse. Elle glissa un regard vers ce pauvre Gerold, cible de leurs plaisanteries, avec un petit sourire narquois.
 « J’espère que tu ne comptes pas m’associer à tes envies d’insomnie parce que, pour ma part, je compte ronfler à loisir. » lança-t-elle moqueuse. Elle avait bien envie de lui annoncer de but en blanc qu’il devrait faire ceinture pour le mariage de sa jeune sœur. Quand il la saisit pour la soulever, elle ne put retenir un petit cri de surprise qui ressemblait plus à un piaillement de poule effrayée et épileptique qu’à l’étonnement toujours gracieux de la dame du Val. Elle battit des pieds alors qu’ils voltaient de concert, lui au sol et elle dans les airs.  « Mais repose-moi, idiot, tu vas me faire tomber ! » commença-t-elle avant d’éclater de rire tout à trac devant la stupidité de sa proposition. Elle s’en serait presque arrêtée de danser si il n’avait continué à l’attirer vers lui au gré des pas tant elle en riait, la tête renversée en arrière. Lui demander de lui monter sur les pieds pour sauvegarder sa robe. Elle le pinça à nouveau, plus pour qu’il la lâche, doucement cela allait sans dire, que pour le faire tourner.  « Ce n’est pas toi que j’ai entendu comparer l’entrainement à l’épée à celui à la danse…? Laisse tomber, si tu déchires les broderies, ce n’est pas grave. Je ne suis pas une pauvresse, j’ai d’autres robes. Je ne serai sans doute pas obligée de me promener toute nue dans les couloirs de Hautjardin. » Elle l’embrassa à nouveau continuant de danser.  « Invite donc une de tes sœurs ou ma tante Jeanne après, elles seront contentes. Tu pourras exercer tes ravages avec leurs robes plutôt qu’avec la mienne. »


Dernière édition par Maura Lannister le Mer 30 Mai 2012 - 12:32, édité 1 fois
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Message Mer 30 Mai 2012 - 1:43

Pas de réponse, aucune réponse de la part de son époux, y avait-il encore quiconque qui l’écoutait ici ? Les Dieux restaient sourds à ses prières, son seigneur et maitre aussi, Maura la haïssait tout comme Amélia, elle ignorait encore ce qu’il en était de Jasper, mais ne se faisait pas d’illusion. Elle fut prise d’un grand désespoir et dû mettre toute son énergie au service d’un sourire à Mathias, adorable, qui l’invitait à danser. Après tout cela ne pouvait pas lui faire de mal, cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas dansé et elle avait grandement besoin de se changer les idées. Elle écouta la musique, le rythme, y imprimant son pas, Mathias était bon danseur, il avait bien appris, au moins ce fils là n’était pas une éternelle déception. Enfin, Tristan se décida enfin à inviter son épouse, alors finalement peut-être que cette histoire finirait bien, qui sait. Tourner, tourner, piquer du pied, révérence, effectivement, lorsqu’elle dansait elle était assez concentrée sur les pas pour ne penser à rien d’autre, comme elle l’avait espéré, cela lui remonta quelque peu le moral.

Jeanne termina la danse avec l’un de ses derniers nés et retrouva à sa place aux cotés de son mari qu’elle avait tant aimé et qui, ne cessant de s’éloigner d’elle lui brisait le cœur, mettant son courage, sa détermination et même son amour à rude épreuve. Elle avait envie de pleurer, elle ne le pouvait pas et se contentait de serrer les dents en regardant l’assemblée d’un air sévère. Elle avait envie de fuir, de sortir de cette salle où elle étouffait de chagrin et de colère mêlées, mais sa sortie ne passerait pas inaperçu et s serait manquer de respect aux invités, à la mariée, à l’union, et à son époux. Pourquoi n’était elle pas morte en mettant au monde ce dernier enfant ? Pourquoi ! La danse n’avait fait que placer un voile sur ses souffrances, rien de plus, et à peine eut-elle reposé ses fesses sur le fauteuil confortable qui était le sien à cette table d’honneur où les maisons les plus prestigieuses conversaient que ses sentiments terribles la submergèrent à nouveau. Peut-être finalement qu’Amélia avait raison, qu’elle n’avait pas sa place ici, pas plus à Hautjardin qu’aux cotés du Long Dard, et pourtant elle l’aimait, elle ferait n’importe quoi pour lui et elle voulait, tout comme eux deux, si complices et si heureux, le meilleur pour le Bief.

Elle soupira avec langueur et revêtit de nouveau un léger sourire. Si ! Elle avait sa place ici, et plus que cette vieille bique qui avait déjà un pied dans la tombe ! Elle était née Hightower, et même si c’était d’une branche cadette, elle avait ce sang en elle, le sang de l’esprit, du pouvoir et de l’histoire, elle avait la force d’affronter ça ! Elle avait affronté la guerre contre Drone et aussi la paix, le fléau, pendant lequel elle avait eut la chance de pouvoir épargner ses enfants et son époux grâce à des consignes drastiques sur les échanges entre le château et l’extérieur. Elle avait affronté cette année la sécheresse et la guerre, pas aussi bien qu’elle l’aurait voulut, mais elle avait soutenu son époux comme elle avait l’habitude de le faire sur toutes ses prises de décision concernant les greniers que faire de plus, elle étai d’accord avec lui, faudrait-il qu’elle le conseil ? Elle ne l’avait jamais fait, estimant qu’il y avait des personnes mieux placées, de véritables conseillers qui avaient une vision plus juste des choses en matière économique et agraire, mais peut-être était-ce ce qu’il attendait après tout, il faudrait qu’elle s’y essaye. Quand à la guerre, elle craignait alors trop pour ses hommes pour rester objective et même si elle adorait étudier les stratégies martiales, lorsque venait le temps de la bataille, elle ne pouvait prétendre à parler en lieu et place des hommes qui combattaient. Elle était née Hightower et elle voulait croire que son cher et tendre n’avait pas choisi de l’épouser que parce qu’il l’avait déflorée, qu’il n’était pas tombé amoureux d’elle que pour sa beauté, et surtout qu’elle ne lui avait pas donné des raisons de regretter ce choix. Elle ferait tout pour lui prouver qu’il n’avait pas à finir sa vie avec ce doute. Elle était Jeanne Tyrell, Dame de Hautjardin et Suzeraine du Bief et que personne ne vienne lui dire qu’elle ne méritait pas ce titre, elle le portait, chaque jours, sur ses épaules, et avait entreprit sa vie durant d’en être digne, alors elle le méritait et peut-être même d’autant plus que sa naissance n’était pas pour l’aider. Commençons simple...

Elle se tourna vers son époux et sa belle mère.

« Ne trouvez vous pas que Lady Maura rayonne ? Elle semble très éprise de Lord Tybolt… »

Elle sourit et pris sa main.

« Cela me rappelle nos jeunes années, lorsque j’attendais vos enfants tout particulièrement. Vous étiez un jeune Lord en devenir et pourtant déjà plein de sagesse, et un héros vous aussi, sur les champs de bataille comme sur la lice ! »

Elle fronça légèrement les sourcils et parla légèrement plus bas.

« J’ignore pourquoi, mais Tristan ne me semble pas fait de cette étoffe là, et il faut y remédier, je sais que vous avez prévu de le faire, vous prévoyez toujours tout. Mais si je peux vous y aider en quoi que se soit, sachez que vous aurez en moi une alliée pour le faire entrer dans le droit chemin de gré ou de force. Je suis une mère certes, mais pas n’importe quelle mère, je suis la mère de l’héritier de la Rose d’Or et je ne saurais tolérer que mon ainé n’honore pas son nom. »

Elle se pencha légèrement pour capter le regard d’Amélia.

« Je pense que nous aurons besoin de vous, après tout, vous avez fait de Leo ce qu’il est, en tout cas en partie, c’est très certainement grâce à vous qu’il est devenu un homme aussi avisé. Qu’en pensez-vous ? »
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Aliénor Tyrell
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❖ Dame de la Maison Tyrell ❖

♦ Missives : 1477
♦ Missives Aventure : 180
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 16/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 20/12/2010
♦ Célébrité : Annabelle Wallis
♦ Copyright : Gritsou
♦ Doublons : Aaricia Bonfrère, Maeve Arryn, Maureen Bolton, Rebecca Staedmon
♦ Age du Personnage : 18 ans
♦ Mariage : Tristan Tyrell
♦ Lieu : Hautjardin
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Message Mer 30 Mai 2012 - 2:23

Aliénor avait accordé sa première danse à son beau-père plutôt qu’à son époux. Elle regardait toujours d’un œil distrait les deux plus jeunes enfants. Elle trouvait cela amusant et très adorable. Elle s'était reconcentrée sur son beau-père, lui offrant un sourire. Elle était heureuse d’être enfin dans sa nouvelle demeure. Même si elle sentait toujours des tensions avec sa famille, elle les ignorait pendant ce moment qui n’était qu'à elle. Lorsque Tristan prit la peine de venir prendre sa main, elle eut un sourire. Leo s’attendait à ce que son fils le fasse. Elle inclina légèrement la tête lorsque son beau-père la quitta. Elle avait toujours eu de l’affection pour cet homme qui se montrait digne de sa maison, même si d’autres préféraient juger les Tyrell qu’à titre d’intendant. Elle se demandait si elle avait fait ses preuves auprès de la famille. La seulement personne dont elle doutait était bien la grand-mère de son mari. Une sacrée bonne femme celle-là.

Le jeune homme prit la main de son épouse et Aliénor sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Ils ne s’aimaient pas et Aliénor faisait avec. Un mariage purement et simplement politique. Ils avaient du temps devant eux. Aliénor mettrait de l’eau dans son vin, mais elle voulait que l’héritier en fasse tout autant. Tristan baissa la tête murmurant aux oreilles de son épouse. Elle ne savait pas si elle pouvait le faire. Elle voulait être aimée. Elle ne voulait pas qu’il la déteste. Elle avait seulement envie que leur relation change. Jeanne avait compris que sa bru n’avait aucun sentiment pour lui. Elle avait assez bu la veille pour oublier ses soucis à venir. Elle était prête à faire des concessions. Tristan en ferait-il autant qu’elle?

Vous êtes resplendissantes, comme toujours, mais encore plus avec cette couleur.

La petite lionne du Roc eut un sourire. Si le jeune héritier de la rose de Hautjardin n’avait pas le don de parler à une femme, il était très bon cavalier. Il glissa encore une phrase aux oreilles de son épouse et Aliénor se retint de rire, préférant soupirer intérieurement. Par chance, il savait la faire sourire par ses paroles. Peut-être qu’il arriverait à gagner son cœur et racheter ses fautes. Son cœur se sentait déjà moins compressé. Réalisait-il l’ampleur de la chose? Elle lui répliqua à voix basse un secret avant de lui faire un clin d’œil. Pourquoi avait-il été si désagréable avec elle au tout début et maintenant si gentil avec elle.

Vous êtes chez vous, ici. Peut-être ne pardonnerez-vous jamais mes actes, mais je ferais de mon mieux pour me racheter à vos jolis yeux et faire de Hautjardin votre demeure.


Et celle de nos enfants.


Elle notait des progrès, mais préférait se laisser guider par son mari dans les pas de danse. Elle préférait prendre par encore du bon temps, avant de rester près de lui. Non, elle n’avait pas peur, mais elle voulait profiter des danses et certainement de voir que tout le monde pouvait s’entendre pour elle. Port-Lannis avait été une grande épreuve et son mariage en était une aussi. Surtout pour elle. Quitter le foyer de son enfance et ses souvenirs. Encore quelques pas et elle laissa Tristan à sa sœur. Elle salua Emilia d’un radieux sourire et s'éloigna quelques peu de la piste. Elle voulait graver les sourires. Enfin, graver un moment où les fer-nés n’accaparaient pas la discussion. Elle dansa par la suite avec un des frères de Tristan et se trouva sans cavalier. Elle observait avec plaisir le jeune Lord qui avait tenu place à son mariage.



 
 
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Message Mer 30 Mai 2012 - 12:18

 « En effet, c'est grâce à moi, et certainement pas grâce à vous. Je vous sais gré de me reconnaître ce succès-là. Peut-être devrais-je aussi me féliciter de lui avoir arrangé un beau mariage ? » Mais lady Amelia se ravisa en feignant un sourire, dévoilant ses dents grisâtres comme autant de poignards acérés. « Mais j'en perds la mémoire, c'est à vous seule que nous le devons celui-là. Leo, je t'ai demandé la tourte. Es-tu sourd comme ta mère ? » Leo s'exécuta avec plaisir et après avoir présenté d'un regard ses excuses à son neveu, il posa ses yeux bruns dans ceux de son épouse. Le Mur lui-même n'aurait pu être plus glacé que les prunelles brunes du Long Dard qui, malgré tous les efforts qu'il était prêt à consentir, estimait que son épouse n'avait pas à parler ici et à cet instant d'un sujet qu'il fallait réserver à l'intimité et au secret d'un lieu plus approprié. Tribouly s'était rapproché d'Amelia et entonnait déjà le premier couplet de la chanson demandée. Leo se pencha en direction de son épouse, et poussa vers elle l'un des plats.

 « Vos humeurs sont louables, ma chère et tendre, mais veuillez les garder pour vous. Ne vous ridiculisez pas en accablant notre fils à ses propres noces, où je me verrai contraint de vous conduire plus tôt jusqu'à votre chambre. Souvenez-vous donc de nos propres noces, et de tous ceux qui ont su retenir leur langue pour vous éviter honte et embarras. »

Leo repoussa ce qu'il avait devant lui et se tassa sur son siège, fronts plissés et lèvres retroussées, comme s'il ruminait quelque mécontentement sourd et funèbre. L'heure était au banquet, aux réjouissances et à la fête. Leo s'était échiné à créer l'événement de telle sorte que tous puissent y trouver un répit avant le retour à la triste et morne réalité qui les attendait. Tristan, Aliénor, Tybolt, Maura, Tya, Jasper, Edwyn, tous faisaient l'effort, avec plus ou moins de facilité et d'aisance, de profiter de l'instant présent sous son regard bienveillant. Mais il y en avait une pour ne rien comprendre et s'entêter sur les chemins de la sottise. Son épouse, décidément, semblait décidée à le contrarier une fois de plus. C'en était trop. Puisqu'elle était décidée à toujours le mettre en défaut, à toujours aller à contre-courant de ses positions et à toujours prendre le contre-pied de ses mouvements, le Long Dard ne ferait plus d'efforts. Il en avait assez d'espérer après les bonnes intentions de son épouse, et les Sept savent combien les sept enfers en sont pavés ! Puisqu'elle était incapable d'avoir autres choses que de bons sentiments et que par ailleurs elle agissait en totale contradiction avec ce qu'elle prétendait être et faire, alors lui-même cesserait de donner à croire qu'il approuvait et qu'il tolérait. Car c'était bien là tout ce qui arrivait à Hautjardin depuis quelques lunes : la tendresse et l'amour que lui inspirait Jeanne ne pouvait plus dissimuler la grossièreté de son comportement. Bien sûr, il lui reconnaissait le raffinement, l'élégance, l'éducation, la culture et tout ce qui faisait d'elle une grande et noble dame, la digne mère de toutes les fleurs de leurs jardins. Mais par les Sept, si lady Jeanne n'était pas capable de savoir où et quand il est bon de parler et de se taire, alors par le front chauve du père, qu'elle se taise ! Leo se leva donc sans même la regarder, et gratifia son neveu d'un sourire aimable et d'un geste de la tête, l'invita à lui-même se lever.

 « Il est temps pour moi de faire danser ma fille, avant qu'un mari ne vienne l'arracher d'à mes côtés. »»

Le Long Dard s'éloignèrent de la table, et Tribouly allait entamer le deuxième couplet de la chanson mais lady Amelia l'interrompit et le chassa d'un geste de la main, car elle en avait assez et déjà les paroles lui étaient toutes revenues. Sans la regarder, elle se pencha vers Jeanne et lui dit comme en passant : « Souvenez-vous de l'âne qui n'a su porter les reliques où et quand il le fallait, lady Jeanne. Souvenez-vous de l'âne. » De son côté, Leo se dirigea vers la piste de danse en évitant les danseurs qui y virevoltaient avec plus ou moins de grâce selon l'étendue de leurs talents, et il s'en alla prendre Emilia des bras du danseur qui l'accompagnait. Très volontiers, elle se laissa porter par les bras de son père qui en plus d'être un jouteur excellent, était un danseur de grand talent.

 « Tu es radieuse, le sais-tu ? Il me tue de savoir que bientôt toi aussi tu te marieras.» Les yeux de Leo, l'espace d'un court instant, parurent aussi luisant que la flamme d'une des chandelles qui éclairaient la salle. Il n'était pas homme à se laisser gagner par l'émotion, mais dès qu'il s'agissait de ses enfants, il était la proie facile des passions qui étreignent le cœur des hommes. Leo avait déjà en tête l'époux qu'il voulait pour sa fille, mais il se doutait bien qu'elle aurait un peu de mal à l'accepter, quand bien même il la savait aimante, docile et toute entière dévouée à la volonté de son père. La voir partir au loin serait une déchirure, et de savoir qu'il ne la reverrait probablement plus jamais après son mariage marquait son cœur d'une flétrissure amère et brûlante. Elle ne le lui pardonnerait sans doute jamais. « Qu'avez-vous père ?»La question d'Emilia le tira de ses mornes pensées alors qu'il tournait autour d'elle, leurs deux mains jointes, le père et la fille unie peut-être pour la dernière fois. « Je suis simplement fatigué.» Leo n'en rajouta point. Il se sentait si las, de savoir qu'il avait pris une décision qui lui vaudrait certainement l'antipathie d'une grande partie des membres de sa famille. Un espoir aigre-doux demeurait cependant, car peut-être que sa proposition ne serait pas acceptée, et alors il y aurait toujours la possibilité de marier Emilia à un brave jeune homme qui ne vivrait pas bien loin de Hautjardin. Mais en dépit de toute la tristesse que lui inspirait son premier choix, Leo savait qu'en tant que suzerain du Bief, des sacrifices devaient être faits, quitte à se démunir de la chair de sa chair, et du sang de son sang.
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Message Mer 30 Mai 2012 - 16:49

Amélia était tellement prévisible que Jeanne eut un sourire narquois dessiné sur les lèvres dès l’instant où elle ouvrit la bouche pour cracher son venin. Evidement, elle prenait au vol la perche que lui avait entendu sa bru avec ses : « je ne sais pas pourquoi » et autre compliments sur la façon dont elle avait élevé Leo. Comme c’était amusant de lui faire jouer son jeu, en était-elle seulement consciente ? Et alors que la vieille bique l’attaquait, elle s’attendait à ce que Leo calme le jeu et veuille finalement se rabibocher avec elle mais hélas, le plan n’eut pas l’effet escompté, au contraire, mais cela n’empêcha pas la Dame de Hautjardin de répondre avec un immense sourire amusé.

« S’il vous plait Lady Amélia, ne vous blâmez pas pour vos erreurs, nous faisons tous ce que nous pouvons. » Ho oui ma chère à moi seule, car il est bien connu qu’une jouvencelle de la branche cadette des Hightower a le pouvoir de faire plier les Tyrell par l’envoutement de son joli minois !

Jeanne ravala bien vite ses sarcasmes en voyant le regard glacial de son époux. Pourquoi croyait-il qu’elle avait parlé tout bas ! Bah, elle avalerait cette couleuvre là comme elle avalait les autres. Elle lui sourit avec douceur et répondit en hochant la tête.

« Bien, nous verrons ça plus tard s’il vous sied. » Je ne l’accable en rien, si j’avais dû le faire c’est à lui que j’aurais dis ce que je viens de dire et non à vous et avec un soufflet en prime ! Quand à ceux qui ont su retenir leur langue à notre propre mariage, ils ne se sont pas gênés pour parler avant et après et même d’ailleurs pendant pour certains, mais pas devant vous non, ils se sont contenté de m’humilier lorsque j’étais seule... Mais ça comme tous le reste, je le garde pour moi car je ne veux pas vous accabler… Alors qui accable qui ? Lorsque je vous donne raison, vous ne prenez même pas la peine de me répondre et lorsque j’aborde les sujets importants, il faut que je me taise...

Elle soupira alors que Leo s’éloignait et qu’Amélia lui glissait quelques mots à l’oreille.

« Vous avez raison, je manque parfois de discernement. Au fait, je ne vous ai pas remerciée pour ce conseil, j’ai du mal à le mettre en pratique comme vous pouvez le constater, mais il m’a néanmoins été d’un grand secours. »

Elle sourit à sa vieille bique de belle mère qui malgré une certaine impudence doublée d’une grossièreté hautaine restait une femme d’une intelligence remarquable et dont elle était certaine qu’elle avait les mêmes objectifs qu’elle au final. D’un petit geste de la main, elle désigna sa fille dansant avec son père.

« N’est-elle pas magnifique ? J’aurais au moins réussit celle-là, réussit à faire d’elle une véritable Dame... Avec vous une idée pour son mariage ? Leo m’avait dit vouloir la marier à un de nos vassaux, et il est vrai que dans les grandes maisons suzeraine, cela manque de prétendants de son âge encore disponibles, cependant, il est toujours bon de s’allier le soutient d’autres contrées, surtout en ces temps incertains de guerre et de famine à venir. »

Elle porta ensuite son regard sur Tristan et Aliénor qui dansaient toujours. La jeune femme souriait ? Elle riait même ? Jeanne en aurait mit sa main à couper ! C’était bon signe, peut-être étaient ils en train de se rabibocher ? Cette idée mit Jeanne en joie et lui arracha un sourire aux yeux pleins d’émotion. Jeanne se leva et s’approcha doucement de la mariée, reine de la fête elle-même si peu à la fête depuis qu’elle était arrivée malgré ses sourires polis. Peut-être que c’était parce qu’elle aussi était prise d’un grand désarroi que la Dame du Bief sentait que quelque chose n’allait pas, mais en tout cas, elle le savait et vu le comportement de Tristan, elle ne pouvait qu’en comprendre la cause et qu’en craindre les conséquences.

« Ma très chère Lady Aliénor, vous n’imaginez pas comme je suis heureuse que vous soyez enfin officiellement ma belle fille ! Vous êtes magnifique, et si vous voulez mon avis, le vert vous va à ravir ! » Elle lui fit un clin d’œil complice. « Si vous voulez bien me suivre, je vais vous présenter quelqu’un. Vous la connaissez déjà, mais vous n’avez pas encore pu gouter son humour. »

Après tout, trois générations étaient présentes et trois générations de Dame de Hautjardin se devaient de se réunir pour faire plus ample connaissance. De plus, si Jeanne n’était plus dans les petits papiers de son époux, il fallait absolument qu’Aliénor le reste et pour cela, rien de mieux que de faire d’Amélia ne alliée, or, la brune ne doutait pas que la blonde saurait charmer la rose épineuse.
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Aliénor Tyrell
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Message Jeu 31 Mai 2012 - 20:20

Aliénor n’avait plus le cœur à la fête. Elle était fatiguée et aurait bien voulu disparaitre dans un voile de fumée. Tristan l’avait certainement compris quand il l’avait regardé. D’un regard qu’elle s’était autorisée elle lui avait intimé de continuer et de ne pas se soucier d’elle. Elle était bien, c'était la nostalgie qui lui faisait un peu mal, mais elle s’en sortirait indemne. Elle était faite forte. Elle préférait regarder les deux gamins de la soirée danser et offrir un sourire à son beau père qui ne l’avait certainement pas vu alors qu’il invitait sa propre fille à danser. Ce la faisait du bien de pouvoir oublier que demain tout reviendrait comme avant. Du moins, en quelques sortes puisque les fer-nés deviendraient de nouveau l’unique sujet de conversation entre les Lord. La terre ne s’arrêtait de tournée que pour quelques heures. Quelques heures où l’on pouvait encore rire et s’amuser.

Aliénor pensait que désormais plus rien de l’ouest n’était à elle. Elle n’avait même plus ses protecteurs. Elle ne savait encore moins quel destin son frère leur avait réservé. Elle arrivait encore à penser à cela, même si c’était sa fête. Depuis la veille elle ruminait la question dans sa tête. Elle ne parlait presque plus à son frère, ne lui pardonnant pas ses derniers jours à Castral Roc. Sa prison rouge était devenue verte et la petite lionne regardait toujours en direction du lion. Elle préféra oublier et le laisser au soin de Maura. Elle n’avait pas envie de faire une histoire aujourd’hui. Il y avait même beaucoup de chance qu’elle ne revoit pas Tybolt d’ici son départ. Quand bien même, elle avait assez fait de bêtises pour tenter de retrouver sa confiance perdue. Elle n’avait pas envie de gâcher encore plus la réception.

Elle tentait de se décider de sortir un peu à l’extérieur. Prendre l’air. Alors qu’elle y allait, Jeanne l’avait sorti de ses rêveries. Elle aimait bien sa belle-mère. Enfin ceux qu’elle n’aimait pas étaient un peu rares. Elle était ainsi. Quand elle avait l’honneur de détester quelqu’un, elle ne se privait pas d’être entièrement désagréable avec. Reprenant sur elle-même, elle se tourna entièrement devant jeanne et lui offrit un charmant sourire. Elle prit le temps de regarder vers Tristan et sourit de nouveau avant de répondre à sa belle-mère.


Il me fait plaisir d’être à Hautjardin désormais et ce même si ma relation avec Tristan est pour le moment tendue. Me présenter?


Elle regarda sa belle-mère d’un regard suspect surtout que celle-ci se dirigea vers la mère du Lord actuel de Hautjardin. Lady Amélia. .. On lui avait dit bien des choses sur cette femme. Un lion n’avait pas peur des roses et encore moins une rose avec des épines. Elle s’inclina légèrement devant Lady Amélia. Elle aurait tôt ou tard à faire avec la vielle dame. Autant commencer à connaitre celle-ci pour mieux se faire apprécier et aimer. Quoiqu’elle avait un certain don pour se faire aimer. La petite lionne n’avait jamais rencontré la doyenne de la maison Tyrell. Même lors de son bref passage à Hautjardin, il y a quelques mois.

Lady Amélia enfin heureuse de pouvoir vous rencontrer.

La petite lionne prit place près de sa belle mère et offrit un sourire à la charmante mère de Leo. Le mot "charmante" était un peu tiré par les cheveux, mais Aliénor avait tendance à ne rien accorder aux rumeurs. Les servantes pouvaient dire leur ragot, la petite lionne de Hautjardin n’était pas intéressée à les connaitre.




 
 
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Message Sam 2 Juin 2012 - 21:17

 « Si j'avais une idée pour son mariage, vous seriez la dernière avec qui je m'en entretiendrais ma chère Jeanne. À vrai dire je crois que même s'agissant de broderie, je me méfierais de vos conseils. » Lady Amelia ne regarda même pas sa belle-fille pour lui répondre, et fut soulagée quand cette dernière se leva pour aller ailleurs y ennuyer quelqu'un d'autre. C'est que la sotte était pénible à toujours venir polluer ses environs de sa ridicule présence, à lui faire la conversation alors que la pauvre vieille dame ne demandait rien qu'un peu d'indifférence ! Cela semblait trop difficile pour l'épouse de son fils et chaque fois lady Jeanne revenait à la charge pour l'accabler d'une conversation aussi fatigante qu'importune. L'animosité orageuse qui faisait toute la réalité du lien qu'elles entretenaient depuis le mariage de son fils avec cette bécasse triviale était connue de tous à Hautjardin, alors qu'avait-elle besoin de venir l'embêter pour en donner le spectacle à tous les invités présents au banquet ? Ne pouvait-elle aller jouer les matrones ailleurs ? C'était bien là ce que jamais lady Amelia ne comprendrait chez sa bru : elle ne savait pas rester à sa place et semblait faire mille efforts pour lui rendre la vie plus pénible encore. Il était déjà insupportable de voir qu'une voleuse effrontée occupait le siège qu'elle occupait elle-même autrefois à Hautjardin, il fallait qu'en plus elle subisse malgré son vieil âge les fantaisies stupides de cette belle-fille qui sautait sur toutes les opportunités pour venir l'ennuyer ! Lady Amelia était toutefois décidée à profiter de cette agréable fête, alors elle se tourna vers son neveu que sa grande sœur avait abandonné. « Il semble que nous n'ayons tous deux personne pour danser. Mais j'ai mieux pour nous occuper, tenez, cette petite énigme est fort savoureuse. Un prisonnier est enfermé dans une tour qui comporte deux portes. L'une d'elles donne sur la sortie et sur la liberté, l'autre les oubliettes et la mort. Un geôlier garde chaque porte, l'un qui ne sait mentir, l'autre qui ne sait dire la vérité. Quelle seule et unique question le prisonnier doit-il poser à l'un de ces deux geôliers pour être certain de trouver la porte de la liberté ? » La vieille dame ménagea quelques instants de silence pour que son petit-fils puisse réfléchir, mais malheureusement avant que ce dernier ait pu lui proposer une réponse, lady Jeanne interrompit leurs réjouissances en s'interposant entre eux avec ses gros sabots. Mais elle n'était pas venue seule, elle traînait avec elle la lionne qui avait coiffé le diadème floral en épousant son petit-fils Tristan. Un sourire pincé accueillit donc l'initiative de l'épouse du Long Dard, mais si cette dernière croyait qu'il serait si facile de venir agacer sa belle-mère sans que cette dernière ne réagisse... Quiconque essaie de cueillir une rose à pleine main se souviendra pour toujours des épines. Lady Amelia tendit la joue pour Aliénor.  « Embrassez-moi, mon enfant. Je suis heureuse aussi, et d'ici quelques temps je le serai bien davantage quand vous donnerez la vie à mes arrière-petits-enfants. Je compte vivre assez longtemps pour les voir devenir de beaux et vaillants chevaliers, alors ne tardez pas à vous montrer docile avec Tristan. » La vieille dame décharnée regarda un instant lady Jeanne, puis se tourna vers son petit-fils Jasper. « J'ai besoin d'air, soyez un preux et faites-moi danser. Mes vieux os peuvent encore se remuer, il me semble, et il vous faut apprendre les pas en vogue si vous voulez impressionner celle que vous épouserez. »

Le jeune seigneur et la vieille dame s'esquivèrent donc pour aller rejoindre les autres danseurs sur la piste alors que la musique devenait plus entraînante. Lady Amelia désapprouvait franchement le geste de lady Jeanne et ne l'oublierait pas de si tôt, mais pour l'heure elle n'avait qu'un désir, s'éloigner d'elle et de la laideur de ses agissements pour danser avec Jasper et obtenir ainsi l'occasion de lui glisser un mot ou deux de sujets importants. De son côté, Leo Tyrell dansait encore avec sa fille qu'il chérissait plus que tout au monde. Vint alors un changement de cavalière que réussirent l'oncle et le neveu et la mère et le fils se retrouvèrent pour quelques pas d'une danse qu'il maîtrisait comme jamais. C'était bien là toute l'expression de la profondeur de l'union qui faisait d'eux ce duo inséparablement solidaire. Après quelques instants d'échanges lestes et aériens, lady Amelia réclama qu'ils s'arrêtent et s'écartent de la piste avant de revenir à table. Sur ce chemin, elle lui intima ces paroles pleines d'une fausse lassitude : « Des questions circulent au sujet de l'avenir de tes autres enfants, Leo. De ta fille, surtout. D'aucuns s'interrogent. Ta femme, entre autres. » Ce dernier sourit de toutes ses dents. « D'aucuns resteront sans réponse aussi longtemps que je me soucierai de l'avenir de mes enfants. Viens, n'as-tu pas faim ? » Il conduisit sa mère jusqu'à son siège et fit le tour de la table pour reprendre place sur le sien. Naturellement, il savait que l'avenir d'Emilia était au cœur de certaines préoccupations et notamment de celles de Jeanne. Mais après leur dernière discussion sérieuse dans leur chambre, elle était la dernière personne à qui Leo souhaitait confier quoi que ce soit de ses projets de noces concernant sa fille chérie. Il était loin le temps où la tendresse que Leo avait pour son épouse suffisait à éloigner ses réticences à la mêler aux affaires du Bief. Il était loin le temps où les deux époux s'aimaient avec passion. Le présent n'était certes pas dramatique, mais il n'était pas aussi douceâtre et gai que le temps d'autrefois, et le contexte ne se prêtait guère à la clémence des humeurs ou à la tempérance des opinions. Pourtant, l'homme d'âge mûr qu'il était n'en éprouvait pas moins des sentiments contradictoires, qui venaient peut-être obscurcir son jugement. Mais en temps de guerre, peu de place doit être faite au doute, chez soi comme ailleurs, et la main qui tient l'épée doit pouvoir se reposer sur un cœur libéré de toute confusion. Ces derniers temps, avec la préparation de ce mariage et la venue à Hautjardin des Lannister, preuve que l'Histoire était en marche et que le temps avançait inlassablement, le Long Dard se rendait compte des changements opérés en lui par les derniers événements de ces quelques années passées. En vieillissant, Leo découvrait l'amertume, le regret et, d'une certaine façon, la rancune.
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Message Dim 3 Juin 2012 - 2:37

Pas une once de doute n'embrumait l'esprit du jeune seigneur de l'Ouest lorsqu'il regardait son épouse, d'autant plus lorsqu'elle riait de la sorte. Si une seule chose parmi toutes était certaine à ses yeux c'était bien son affection pour Maura et l'intime conviction qu'il n'y aurait pu y en avoir une autre pour mieux le compléter. Bien que ravi de la voir ainsi de bonne humeur, Tybolt finit par reposer la jeune femme au sol. D'accord, d'accord. Je te repose... cela dit je suis certain que ma technique n'était pas mauvaise. Il dégagea une mèche qui avait quitté le chignon de Maura pour venir barrer son visage. Délicatement il la passa derrière l'oreille de son aimée. Et puis sérieusement imaginer ne serait-ce qu'un instant que je pourrai te faire tomber relève de l'imaginaire le plus débordant. Veillant à ne pas se rater en reposant Maura au sol, Tybolt l'écouta lui rappeler ses propres dires quant à l'entrainement à l'épée. Il ne put retenir un large sourire. Il s'était en effet fortement avancé et peut être même avait-il été un peu plus présomptueux qu'à son habitude. Regardant toujours ses pieds il tenta de répondre en gardant le rythme. J'aimerai bien t'y voir, avec vos robes trop longues et mes pieds trop grands, sans parler des autres tout autour qui tournent sans se soucier de nous. J'ai jamais vu quelque chose d'aussi peu instinctif que la danse. Rien dans ce truc n'est naturel... au moins quand je me bats je ne risque pas de te blesser ou de déchirer ta toilette. Le jeune seigneur se morigéna de ne pas avoir été plus attentif lorsque son précepteur avait vainement tenté de l'instruire sur l'art de la danse, mais alors il n'était qu'un jeune garçon dont les rêves et les jours n'étaient occupés que par les joutes et les histoires de chevaliers grandioses. Dès lors la danse et l'apparat qui allaient avec la fonction de Lord Suzerain revêtaient aussi peu d'intérêt que la poésie ou le chant. Encore que te voir nue ne serait pas pour ma déplaire... dit-il pour répondre à sa douce, puis il intégra plus globalement la phrase de son aimée, "toute nue dans les couloir de HautJardin..." il se reprit donc très vite. Oui non... non pas dans les couloirs non, on va tâcher de ne pas déchirer cette robe. Je suis fier de la beauté de mon épouse mais il ne faut rien exagérer, je n'ai pas le cœur partageur à ce point. Il en était de fait très loin, car même si jamais il n'avait eu à surprendre un autre regarder avec envie son épouse, Tybolt savait d'instinct que cela ne lui plairait pas. Qu'il apprenne seulement que son épouse aurait dû être promise à Gowen Baratheon et ce dernier serait directement devenu un ennemi pour le jeune Lion, qu'il soit l'époux de sa sœur ou non. Car et même s'il aurait été bien plus grand et noble de ne point le montrer, de jouer les indifférents et les détachés en ne pas montrant sa jalousie, Tybolt savait ne pas le pouvoir. Lorsqu'il s'agissait de Maura tout chez lui ne faisait qu'un et il ne savait tricher ou faire semblant.

Serrant son épouse un peu contre lui, comme mue par un besoin nouveau, le Bouclier de Port-Lannis finit par trouver le rythme de la musique lus entrainant et plus simple à suivre. Son oreille finissait par s'y habituer et au bout de quelques minutes il n'était plus besoin des indications de Maura pour qu'il tourne en cadence avec le reste des convives. Tout cela n'avait pas grand chose de la grâce qu'on pouvait attendre d'un danseur aguerris mais c'était tout de même bien mieux que ses premiers pas. Au fur et à mesure des pas, il se prit même à apprécier de danser. Très certainement cela tenait plus à sa douce qu'il avait dans les bras et leur proximité mais néanmoins, Tybolt commençait à prendre plaisir à déambuler au milieu des autres invités. Plus que le fait d'être proche de son épouse c'était surtout le fait de pouvoir lui faire plaisir en la faisant danser qui importait pour le jeune seigneur. Les musiciens finirent par s'arrêter et à son propre étonnement Tybolt en fut presque désolé. Il ne se fit cependant pas prier pour saluer sa douce d'une révérence, peut être un peu plus appuyée que nécessaire avant de l’embrasser comme il l'aurait fait chez eux. Le simple fait de pouvoir montrer son affection envers Maura sans avoir à se soucier de savoir si un espion du bâtard n'était pas prostré derrière une porte était en soit un véritable bonheur.
Je ne te promets pas de te faire danser comme ça à chaque bal donné mais si les Sept me prêtent vie, je tâcherai de toujours m'améliorer pour qu'un jour tu puisses avoir un époux digne de son rang et surtout de toi en ce qui concerne cet art obscure qu'est la danse. dit alors le jeune suzerain avec un large sourire. Mais pour le moment je vais aller boire un peu d'eau, toute cette concentration m'a éreinté. son sourire avait désormais fait place à un rire presque enfantin. En retrouvant sa place à la table, Tybolt se servit une coupe pleine d'eau. Il s'assit sur son siège le temps d'en boire le contenu. Se faisant il ne put faire autrement que percevoir les conversations autour de lui. Chacun y allait de son petit commentaire ou continuait de manger et boire avec plaisir. Son attention fut tout naturellement attirée par sa jeune sœur accompagnant Lady Jeanne. Le seigneur du Roc était heureux de voir ainsi la toute nouvelle Lady Tyrell ainsi ainsi prise en charge par celle déjà bien établis, du moins de ce qu'il en savait, au sein de la maison suzeraine du Bief. Cependant ses impressions furent vite douchées par le comportement passablement froid et pour le moins méprisant tout autant que dédaigneux de la vieille bonne femme qui servait de mère au Lord Tyrell. Il faillit du reste en recracher le contenu de sa coupe. S'agissait-il d'une vue de l'esprit ou la fleur fanée nommée Amélia venait juste de traiter sa sœur comme un simple ventre qu'il fallait remplir avant de la laisser en plan pour partir danser. Et que dire des propos tenus envers Lady Jeanne elle même. Était-ce ainsi que les Tyrell traitaient les leurs ? ! Tybolt ne pouvait y croire, il s'agissait de la maison du Long-Dard, le chevalier qu'il avait admiré dans sa jeunesse, une maison sous la direction de cet homme ne pouvait être tombée si bas qu'elle se plaisait à dénigrer les siens... Il finit donc sa coupe avant de se lever de nouveau. Ses pas le menèrent vers Lady Jeanne. Avec pour idée de se rendre compte par lui même de l'endroit où il venait de demander à sa sœur de vivre il se pencha vers la Dame de HautJardin, une main offerte pour l'inviter à danser. Ma dame... me ferez vous le plaisir de quelques pas de danse ? Je ne vous promets pas un cavalier émérite mais tout le moins tâcherai-je d'être de bonne compagnie. Le visage du jeune seigneur affichait un sourire charmeur, celui là même qu'il réservait lorsqu'il devait négocier avec des seigneurs d'un statut social sensiblement équivalent au sien.
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Message Lun 4 Juin 2012 - 8:42

Après bien des efforts de part et d’autre, l’un pour suivre les pas et l’autre pour s’empêcher de rire, les musiciens terminèrent le mouvement sur lequel lord Lannister et son épouse s’étaient essayés à la danse pour la première fois. Si, d’un point de vue technique, il était difficile de qualifier cette parade de succès, il n’en demeurait pas moins que la jeune femme prenait à plaisir à évoluer ainsi dans les bras d’un époux même maladroit. D’autant plus que Tybolt s’était mis en peine pour la faire sourire, rire et prendre finalement du bon temps alors qu’elle s’était plainte durant tout le voyage du manque d’attrait qu’exerçait sur elle des réjouissances en temps de guerre. Et, pour ceci comme pour les extraordinaires attentions dont il n’était jamais pingre à son égard, elle ne pouvait qu’être reconnaissante. D’un mariage d’intérêts dicté par les impératifs de leur temps, ils avaient peut-être réussi à faire une union solide sinon sereine et elle savait, sans avoir à regarder autour d’eux, qu’ils étaient chanceux. Et surtout que ce simple fait était à mettre entièrement au crédit de son mari. Alors qu’il s’inclinait devant elle, elle saisit un pan de sa robe azure pour s’incliner à son tour en pliant le genou élégamment devant lui. Elle lui rendit son baiser étreignant fugacement l’impression qu’ils étaient seuls au monde comme ils l’avaient toujours été au Roc. Qu’étaient donc quelques roses alors qu’ils étaient ensemble ? Peu de choses alors qu’ils effleuraient sans doute l’essence même de ce que pouvait être le bonheur. Il pouvait y avoir la guerre, les alliances en coulisse et même les dissensions au sein de sa propre famille, elle savait et était intimement persuadée qu’ensemble il n’y avait rien qu’ils n’auraient pu accomplir. Alors que leurs lèvres s’éloignaient - à son grand regret - elle laissa sa main sur la joue glabre de son époux en un geste intime et tendre qui, à proprement parlé, n’était guère dans ses habitudes. Elle peinait à briser le charme de ces quelques danses et, à vrai dire, n’aurait pas détesté garder son époux pour elle jusqu’à la fin de cette nuit de fêtes. Elle soupira en souriant avant de lui répondre tranquillement.  « Je n’ai pas besoin de cela. Juste de savoir qu’il y aura encore de nombreux bals au fil des années…Je n’ai pas épousé un maître à danser, je le sais, mais un homme digne de moi. Entrechats ou pas. » Elle posa une dernière fois ses lèvres sur les siennes en un baiser fugace et léger avant qu’il ne la raccompagne jusqu’à la table pour la laisser aux bons soins d’un Gerold qui, diligemment, oublia son hanap de vin pour l’aider à s’installer. Sans doute ne l’appréciait-elle que peu et gardait encore une certaine réserve à son égard n’appréciant guère sa réputation d’Universelle Aragne mais, en cette nuit de festivités où la maison Lannister donnait à marier sa dernière fille, les différences et les craintes semblaient s’être envolées pour quelques heures entre le cadet et sa belle-sœur. Ne pas être à l’origine de cet apaisement ponctuel n’empêchait guère Maura de s’en satisfaire et de savourer l’unité de la maison du Lion. Plus loin que l’alliance avec Hautjardin n’était-ce pas précisément le but de ces festivités ? En oubliant guerre, craintes et dissensions, il convenait de réaffirmer la mystique entourant la famille et sceller dans le vin et le pain partagés l’union des membres d’un même clan.

Alors qu’elle levait elle-même son verre à l’intention de son beau-frère, elle vit grand-mère et frère s’enfuirent bras dessus bras dessous vers la piste de danse délaissant leur conversation avec sa tante et sa belle-sœur. Si elle avait toujours approuvé le dédain de sa grand-mère pour lady Jeanne, elle eût tout de même à comprendre la raison d’un tel affront devant un parterre d’invités venus de loin. Elle fronça légèrement les sourcils n’ayant pas saisi les tenants et les aboutissants de la querelle larvée entre les deux. Quel dommage qu’elles ne se soient pas mises en tête de suivre les bons conseils de son oncle sur l’unité familiale et l’importance des liens du sang et du mariage…Surtout en cette occasion après tout festive. Elle eût une petite moue et haussa les épaules avant de retourner au découpage minutieux de la cuisse de cochon joufflu et gras qui trônait délicieusement dans son écuelle dorée à la tranche. Il n’y avait pas à dire, ce met était tout à plein délicieux et, durant quelques minutes, elle ne fut plus occupée qu’à satisfaire les aiguillons de sa gourmandise. Ou de celle du fils qu’elle portait en son sein. Quoiqu’à y réfléchir de plus près, il ne lui fut jamais besoin d’aide pour faire un sort à la délicatesse d’un cuissot de porcelet rôti. Elle hésita à faire couler sa bouchée d’une franche et gouleyante lampée d’un rouge profond de La Treille mais, se vouant bien qu’avec désespoir à la modération, elle préféra s’en tenir à l’eau de peur de finir par rouler sous la table au milieu des détritus. Vraiment ne pas pouvoir profiter des mérites loués de l’alcool pour égayer les fêtes était un prix bien lourd à payer en une telle occasion. Et que dire de ce satané beau-frère qui, à ses côtés, ne se privait pas pour vider à lui seul les réserves de lord Tyrell en l’honneur de l’hyménée de sa jeune sœur.

Son assiette finit d’attirer sa pleine et entière attention lorsqu’elle remarqua le déplacement stratégique de son époux aux côtés de lady Jeanne. Allons bon, voilà qu’il se mettait à suivre ses recommandations ! Il y avait de quoi être finalement satisfaite. Elle masqua son sourire derrière la tranche ruisselante de graisse qu’elle avait piqué sur son couteau avant de l’enfourner avec satisfaction entre ses dents avides des plaisirs de la table. En face d’elle se trouvait lady Tya, bien silencieuse depuis les toasts lancés à l’attention des convives, à qui elle adressa un sourire amical. Après tout, cela ne mangeait pas de pain que d’essayer d’arborer une attitude ouverte à l’égard de l’aînée des sœurs Lannister. D’autant qu’aimant assez la petite Aliénor, la dame du Roc supposait qu’il ne pouvait en être autrement de cette lady Tya dont sa jeune belle-sœur lui avait rabattu les oreilles. Alors que son regard se portait sur Gowen, son sourire s’élargit se faisant presque moqueur. Sans doute ne se sentait-il pas à l’aise au milieu des roses délicates chez qui l’art de vivre et la douceur d’être avaient été élevés au pinacle des vertus et peut-être lui manquait-il la rude franchise emplie de paillardises diverses et variées d’Accalmie ? Du reste, elle se souvenait encore d’un écuyer à peine plus âgé qu’elle qui ne boudait pas son plaisir dès lors qu’il s’agissait de guincher et de se donner corps et âme à la fête. En espérant que la mort de Baelor n’ait pas non plus ôté cette esprit festif des habitudes du Cerfcœur.
 « Dîtes-moi, lady Tya, ser Gowen, comment se porte lady Neassa ? J’ai l’impression de ne pas l’avoir vue depuis un siècle. D’ailleurs, avez-vous vu prévu de passer par Accalmie avant de rentrer à Port-Réal ? Il vous faudra absolument la saluer pour moi dès que vous la verrez. » demanda-t-elle pour engager la conversation sous un vernis de bon ton. Après tout, même éloignée, la mère venue du Nord des Baratheon était la cousine de feu lord Arryn et savoir qu’elle se portait bien malgré son âge avançant intéressait d’autant plus la jeune femme.
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Message Lun 4 Juin 2012 - 12:10

          Jasper avait bien compris, depuis son arrivée à Hautjardin, que lady Amelia ne portait pas sa bru dans son cœur, il avait eu tout le loisir de voir à l’œuvre l'hostilité froide et silencieuse et s'il aurait aimé en apprendre davantage sur les causes profondes du conflit opposant l'épouse et la belle-mère, il n'alla pas jusqu'à poser des questions autour de lui, car il n'était pas dans son tempérament de s'occuper des affaires d'autrui et surtout de ses affaires de famille. Il n'avait pu observer qu'une chose à Hautjardin, on y récolte toujours ce qu'on sème, mais ce soir, le jeune suzerain du Val oubliait volontiers ces aspérités creuses pour ne s'occuper que du banquet. Sa sœur l'avait quitté pour aller danser avec son époux et d'un certain côté, Jasper s'en contenta bien volontiers, car il avait bien davantage faim qu'envie de continuer une conversation qui touchait à sa toute fin. Il put donc manger et boire à loisir tout en jetant, de temps à autres, quelques coups d’œil satisfaits du côté de sa petite sœur Maeve et du petit suzerain du Conflans qui dansait toujours avec beaucoup de gaieté. Tout allait pour le mieux du monde de ce côté-là, et aidé par la bonne ambiance qui régnait finalement à ce banquet, Jasper se laissait aller à l'optimisme de croire qu'avant la fin de l'Hiver, des fiançailles seraient arrangées entre Edwyn et Maeve, assurant pour longtemps de bonnes relations d'amitié entre les Eyrié et Vivesaigues. Une bonne chose de faite ! Jasper venait d'avaler les derniers morceaux d'une copieuse tranche de lard quand sa grand-mère lui fit remarquer qu'ils n'avaient tous deux personne avec qui danser. S'il n'avait eu la bouche pleine, le jeune homme lui aurait fait remarquer en riant presque qu'il y en avait d'autres qui ne dansaient point, notamment à la table d'honneur. Toutefois, alors qu'il avalait avec plaisir les derniers bouts qu'il avait en bouche, Jasper écouta avec attention et sérieux l'énigme que lui soumettait sa grand-mère, une énigme qu'il n'avait jamais entendu encore et qu'il était impatient d'élucider même s'il n'était guère habile à ces jeux-là. Il fit beaucoup d'efforts, tourna l'énigme dans tous les sens, inversa les mots, compta les lettres, intervertit les virgules, imagina plusieurs anagrammes, fit appel à maints souvenirs, en vain. Il allait s'avouer vaincu quand sa tante et la mariée les interrompirent. Jasper se contenta de leur sourire et d'approuver silencieusement les paroles d'Amelia avant d'ajouter, un sourire engageant sur les lèvres, ce qui équivalait chez lui à un pincement : « Ce qui fera je l'espère au moins quatre ou cinq beaux chevaliers pour défendre partout la renommée de Hautjardin... gloire et honneur ! Mais que la mariée se repose entre-temps malgré tout, elle restera ainsi radieuse comme elle l'est ce soir. Un hourra pour lady Aliénor ! » Jasper n'avait pourtant pas trop bu mais le jeune homme, poussé par une euphorie grandissante et qui menaçait de le gagner, saisit délicatement la main de lady Aliénor pour y déposer un baiser, puis sa grand-mère lui demanda ou plutôt lui ordonna de le faire danser. Il se plia à la directive, à vrai dire il avait lui-même grande envie de dégourdir ses jambes paresseuses. « Avec plaisir, mais il faudra me pardonner pour vos orteils broyés. » Lady Amelia se contenta de rire, un rire inaudible.

          Jasper n'était point à l'aise avec la danse, alors il redoubla d'attention pour ne pas écraser de ses gros pieds ceux plus délicats de la vieille dame. Elle était bien plus à l'aise que lui, et cela devait se voir, et ce qui devait arriver arriva, il manqua de trébucher pour éviter d'écraser les vieux orteils, ce qui le fit sourire copieusement. Entre deux détours, il trouva le souffle de glisser : « Je n'ai pas trouvé de réponse à l'énigme. » Il avait beau l'avoir tournée dans tous les sens possibles, il n'avait su découvrir quelle question le prisonnier doit poser pour être assuré de la liberté et se prémunir d'une mort lente et douloureuse. Sa grand-mère lui dit alors, faussement sévère : « Vous la trouverez. Tôt ou tard, il vous faudra la poser, cette question. » Il y avait une part de mystère dans ces paroles, et Jasper ne sut quoi en penser. Il demeura muet et contrit jusqu'au changement de partenaire et, aux bras de sa cousine, il n'avait pas décroché son expression d’hébétude soucieuse. Emilia, qui devinait ce qui lui arrivait, riait presque aux éclats ; elle était trop distinguée et sage pour se le permettre tout à fait. Elle lui confia alors que c'était là la spécialité de leur grand-mère, et qu'il ne fallait pas trop y prêter attention, du moins pas ce soir et qu'il aurait très certainement les réponses à ses interrogations par la suite, quand le bon moment serait venu, quelles qu'elles fussent. Elle ajouta également que c'était la façon qu'avait leur grand-mère de se divertir et que vu son âge, il était vain d'essayer d'y comprendre quoi que ce soit. C'est le privilège de la vieillesse que de pouvoir se montrer sous ce jour mutin et espiègle sans risquer la leçon du septon. Jasper prit alors le parti de s'avouer vaincu par l'énigme et la laissa de côté pour profiter de la danse en compagnie de sa cousine, qu'il trouva fort belle. Puis il s'en alla se rasseoir et continuer à manger. Il n'avait pas le désir de danser encore, il n'avait plus faim mais souhaitait malgré tout manger encore et céder, pour une fois, aux charmes des conversations badines qu'en définitive, il détestait. Il arriva pour reprendre sa place peu après que Tybolt ait invité sa tante à danser. Il prendrait le prochain tour, peut-être, ou pas car de la sorte son beau-frère le dispensait d'agir. Il aurait peut-être dû inviter sa sœur aînée, ou même lady Tya. Il n'en avait pas envie et d'autres pouvaient le faire à sa place, comme le Baratheon ou l'autre Lannister.
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Aliénor Tyrell
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❖ Dame de la Maison Tyrell ❖

♦ Missives : 1477
♦ Missives Aventure : 180
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 16/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 20/12/2010
♦ Célébrité : Annabelle Wallis
♦ Copyright : Gritsou
♦ Doublons : Aaricia Bonfrère, Maeve Arryn, Maureen Bolton, Rebecca Staedmon
♦ Age du Personnage : 18 ans
♦ Mariage : Tristan Tyrell
♦ Lieu : Hautjardin
♦ Liens Utiles :
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1643/2000  (1643/2000)


Message Lun 4 Juin 2012 - 17:58

Aliénor n’était pas une enfant comme les autres. Elle était lunatique par moment. Que Jeanne l’amène près de la grand-mère de son mari l’inquiéta. Elle n’était pas en état de s’amuser avec l’ironie et encore moins pour gouter à l’humour particulière de la mère du Lord. Elle finit par soupirer intérieurement exécutant la demande de la vieille dame à son égard. Elle se baissa et embrassa Lady Amelia sur la joue avant d’écouter son discours sur son époux. Elle eut un sourire forcée lorsqu’elle lui parla de ses futurs enfants et de la docilité qu’elle devrait avoir envers son époux. Tout d’abord, elle fut indignée et surprise par après. Il n’y avait pas plus docile que la petite lionne. Elle était un peu écervelée, mais l’âge et le temps feraient le travail. Pour le reste, il fallait tout d’abord dompter le chevalier Bieffois, qui semblait pire qu’elle. Quel drôle de couple lorsque l’on y pensait. Avalant le sarcasme de Lady Amélia, elle préféra répondre avec douceur. Elle devait tout d’abord trouver sa place dans la nouvelle maison et dans cette nouvelle famille.

Je suis certaine que les Sept vous laisseront cette chance de voir vos petits enfants grandirent Lady Amélia.

Contre toute attente, elle aurait cru que son frère ferait pas vers elle, mais fut gravement déçue qu’il fasse halte devant sa belle-mère. Elle revint à sa place et s'enferma dans sa coupe une fois de plus. Depuis la veille s’était devenue une obsession en somme. Elle fut tout d’abord interrompue par Tristan qui vint vers elle. Lui faisant face, elle lui offrit un sourire fatiguée, mais n’avait aucune envie de se plaindre à la base. Elle était heureuse que tout soit enfin fini. Elle se demandait même si son mari tentait de jouer les gentils et chevaleresques chevaliers ou simple un jeu, pour ne pas la mettre mal à l’aise.

« Vous semblez fatiguée Aliénor. Si vous voulez nous pouvons … »

« Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Je voudrais encore voir les visages sourires pour quelques heures parce que demain sera un autre jour comme les autres et que tout le monde retrouvera sa guerre »

« Alors accordez-moi cette autre danse »

Aliénor allait répliquer, mais Lady Amélia lui fit signe de s’approcher d’elle. Elle regarda Tristan et soupira de nouveau intérieurement. Elle posa sa main sur la sienne et lui offrit un sourire.

« Malheureusement je vais devoir refuser votre offre, votre grand-mère semble vouloir me parler. Je n’oserais pas la faire attendre. Regardez du coté de votre cousine. Peut-être que Maura voudra danser avec son charmant cousin ou bien Maeve »

Elle prit la direction de la vieille femme que sa belle mère ne semblait pas très apprécier et regarda son frère et Lord Tyrell Tout le monde semblait occupé à danser ou bien parler. La Dame de Hautjardin lui intima de se rendre avec elle dans la cour. Celle-ci l’ayant choisi pour l’Accompagner. Elle voyait assez bien la relation que tenait la dame avec sa bru, elle n’avait pas envie d’avoir la même. Elle ne supportait pas les gens qui ne l’aimaient pas. Autant bien faire et d'être dans les grâces de la terrible Amélia Tyrell. Sinon elle n’aurait jamais de réelle chance de montrer sa valeur. Sous le regard interrogateur de son époux, elle quitta la salle au bras de la grand-mère de Tristan. Elle n’avait pas peur.

Vous vouliez m’entretenir su un sujet en particulier Lady Amelia?

Aliénor était loin d’être sotte. Elle avouait aussi que de sortir enfin de la grande salle lui faisait du bien.




 
 
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Message Mer 6 Juin 2012 - 19:31

Dans la cour qui jouxtait la salle du banquet, toutes deux n'étaient pas à l'abri d'être entendues des oreilles indiscrètes, mais ce n'était pas ce qui dérangeait Amelia. À vrai dire, quand la vieille chèvre acariâtre avait dit manqué d'air, elle n'avait point menti, et la proximité envahissante de sa belle-fille lui avait été très pénible. Mais maintenant qu'elle se trouvait à l'écart et en bonne compagnie, il n'y avait plus aucune raison pour elle de souffrir : elle pouvait respirer à loisir. La question très formelle de lady Aliénor, qui était désormais l'épouse de son petit-fils, la fit sourire. « Non, mon enfant, j'ai la stupidité de vous avoir fait venir avec moi pour me promener. » Elle alla s'asseoir sur un banc de pierre et invita la mariée à l'y suivre. « Venez, nous y serons plus à l'aise pendant que tout le monde se brise les pieds sur la piste de danse. Je n'irai pas par quatre chemins, je suis plutôt vieille et je n'ai jamais aimé prendre mon temps. Je n'ai pas du tout apprécié la façon dont lady Jeanne vous a menée auprès de moi, c'est pourquoi je vous ai fait venir ici : c'est ainsi que nous devons apprendre à nous connaître, dans le calme et la sérénité, loin des frasques de ces fêtes qu'on donne en votre honneur. Je vais parler sans fard, après tout c'est là-bas qu'il faut se dissimuler, et si mon fils a prévu cet espace près de la salle où se tient le banquet, ce n'est pas pour rien. » D'une main experte, elle réajusta ses cheveux où, clairsemées dans le flot blanc et grisâtre, on pouvait voir des perles liées entre elles par un filet de fils dorés. Elle était très sûre d'elle, et cela s'entendait dans sa voix, une voix rêche et sèche, une voix de grand-mère dénuée d'affection et de tendresse. « Lady Jeanne et moi-même ne nous aimons guère, c'est un fait et j'ai la faiblesse de croire que rien n'y changera jamais. Vous l'avez deviné, j'en suis sûre, vous semblez intelligente et vous avez des yeux pour voir. Mais ces griefs-là ne sont qu'entre elle et moi et de la même façon que je n'y mêlerai jamais personne, je ne vous y mêlerai pas. Je ne peux en dire autant d'elle, cela dit, elle a toujours su se plaindre et se faire plaindre. C'est un peu l'histoire de sa triste vie. Mais je ne vous ai pas fait venir ici pour vous imposer les élucubrations stériles d'une vieille dame. » Amelia jeta un œil distrait à la ronde avant de reporter son attention sur Aliénor, qu'elle fixa de ses yeux vieillis par des années passées à froncer les sourcils. Un sourire irriguait sa mâchoire. « Vous êtes une Tyrell, désormais, mais il y aura toujours un peu du Lion en vous. Cela se voit dans votre façon d'être, notamment avec Tristan, qui ne l'a pas volé, cet idiot. Mais dîtes-moi, comment pensez-vous que sera votre nouvelle vie ici ? » La question était ouverte, comme le visage d'Amelia dans une certaine mesure, même s'il était difficile d'y lire quoi que ce soit sous les rides et l'amertume.

Revenu à sa place, Leo mangeait tranquillement quand son fils et héritier Tristan s'approcha pour s'asseoir à ses côtés. Leo le gratifia d'un sourire poli, mais dans ses yeux l'on pouvait lire qu'il demeurait encore entre eux de la rancœur. Mais chaque chose viendrait en son temps, et ce soir il n'y avait pas lieu d'étaler plus encore les fractures familiales. C'était bien assez que tout le monde ici soit au courant de la rupture entre le chef du clan Tyrell et son successeur, c'était bien assez à jaser pour les mauvaises langues, il était inutile d'en rajouter. Le père et le fils mangèrent donc ensemble, l'un aux côtés de l'autre, discutant avec tranquillité et sérénité de la cérémonie, du discours du septon, des festivités du lendemain et des réjouissances à venir. La cérémonie du coucher semblait préoccuper son fils mais Leo sut trouver les mots pour apaiser ses craintes, avec une certaine méfiance, car ce n'est pas comme si Tristan était à son premier coup d'essai en la matière. Un frisson parcourut la nuque du Long Dard à l'idée que son fils ait pu déflorer de si nombreuses jouvencelles. Les Sept sont prompts à donner autant qu'ils sont prompts à reprendre, et Leo vivait vraiment comme une malédiction ce fils indigne, mais il y avait tant d'autres choses qui le préoccupaient, tant d'autres problèmes qu'il lui faudrait régler une fois tout ce beau monde parti de Hautjardin. Tristan abandonna son père pour contourner la table et proposer à sa cousine Maura de danser avec lui. De son côté, Leo se pencha sur la table pour glisser à l'attention de son neveu :

 « Vous semblez distrait, cher neveu... est-ce de savoir que vous êtes « le prochain » sur la liste ? »

En effet, à présent, en dehors d'Edwyn Tully qui n'était pas encore en âge d'épouser qui que ce soit, il ne restait plus que le seigneur du Val parmi les suzerains à ne point avoir déjà convolé. Leo ignorait volontairement Beron Stark, car il n'avait avec lui aucun lien particulier et à vrai dire, l'identité de l'épouse du seigneur suzerain du Nord importait peu pour l'avenir des seigneurs qui vivaient au sud. Le souvenir de la lettre reçue de Winterfell le fit sourire. Il l'avait encore, ce parchemin si spécial. L'hilarité le gagna presque et il dut se contraindre de ne plus y penser avant de poursuivre. Il ajouta avant de rire et de boire un peu :

 « Un beau et bon mariage, voilà ce qui vous attend. Votre sang Arryn vous y prédestine, et votre sang Tyrell aussi, au moins un peu. » La plaisanterie était assez peu compréhensible pour quiconque n'était pas né dans les environs de Hautjardin, mais Leo n'avait guère envie d'ajuster son humour. Il était en famille, après tout.
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Message Jeu 7 Juin 2012 - 15:57

Même si la jeune lionne de l'ouest redoutait un peu la mère de Léo Tyrell, elle en appréciait la franchise. Autant en profiter pour faire bonne impression. Elle n’aurait peut-être pas cette chance par après. Aliénor anticipait beaucoup de chose, même si le comportement de Tristan était douteux. Enfin Amelia ne voulait certainement pas lui parler de Tristan. Une honte familiale que la petite lionne tenterait au mieux de remettre dans le droit chemin. Heureusement, Tristan ne semblait pas encore au stade de cas désespérément désespéré. Elle avait plus qu'un plan dans sa tête et tenterait au mieux qu’elle pouvait. Elle ne niait pas que le comportement de son époux fût très différent de ce qu’elle avait connu lors de sa dernière visite. Prendre l’air lui fit plus de bien qu’elle croyait. Elle aurait préféré être seule, mais bon. Elle ferait avec. Tant qu’elle était loin de tous ces visages qui n’avaient qu’envie de médire, elle préférait la compagnie de la vieille dame de Hautjardin. Elle avait feint la fatigue devant son mari pour ne pas qu’il s’inquiète des mauvaises humeurs de sa nouvelle femme. Une chose que le Tyrell ne savait pas encore. Aliénor n’était pas une femme particulièrement patiente et elle était très exigeante. Le Tyrell s’en rendrait compte avec le temps. Mais tout d’abord, elle devait aider Tristan à retrouver la grâce comme héritier de la maison de Hautjardin, sinon elle en paierait aussi le prix cher. Lady Amélia ne la surprit pas lorsqu’elle lui lança qu’elle n’avait pas envie de perdre son temps et que sa relation avec Lady Jeanne n’était pas la meilleure. Enfin, elle s’en était rendu compte. La petite lionne prit donc place auprès de la vieille femme et l'écouta parler. Elle-même n’avait pas compris l’initiative de la femme de Lord Tyrell. Elle aurait tout le temps de rencontrer La doyenne de Hautjardin. Elle était certaine d’une chose, elle savait faire bonne impression. Écoutant toujours le discours avec attention, elle regardait la dame dans les yeux. Elle ne fut pas surprise de la question. Elle-même avait longtemps réfléchis à ce genre de question avant de venir habité permanent la maison de Hautjardin. Une maison qui lui convenait certainement mieux que celle de Castral Roc, ou elle se cachait en permanence pour ne pas se faire voir. Elle était comme un fantôme, mais elle s’était résignée à cela. Enfin, elle n’Avait pas eu le choix avec sa personnalité.

Un peu plus facile que celle que j’Avais à Castral Roc. En revanche, celle avec Tristan sera certainement plus difficile, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il veuille de moi. J’ai bien l’intention de le remettre dans le droit chemin. Hautjardin ne sera certainement pas aussi apaisant que le Roc, mais je m’y ferais sans difficulté. Je n'aurais pas besoin de faire office de fantôme dans ma nouvelle demeure.

Elle n’avait pas l’intention de disparaitre comme elle le faisait chaque fois, avec ses frères. Ses paroles laissaient facilement entendre, qu’elle n’avait pas peur de remettre Tristan à sa place. Elle n’avait plus envie d’être la dernière à toujours savoir. Elle n’avait pas envie de faire comme à Castral Roc, ou elle n’avait jamais pu s’impliquer. Elle portait ce malheureux fardeau qu’elle ne voulait pas faire ici, dans sa nouvelle demeure. La sienne et celle de ses enfants à venir. Elle s’était faite la promesse de ne jamais se laisser faire. Elle n’avait pas peur de rien. Elle était prête à affronter le pire. Elle était prête à ramener Tristan dans les faveurs de son père. Cela demanderait certainement beaucoup de travail, mais c’était une de ses responsabilités en tant qu’épouse. Aliénor ne s’avouerait vaincu que lorsque les sept ne voudraient plus d’elle sur le continent.

Vous avez du entendre bien des choses sur moi, Lady Amélia. Certaines sont vraies, d’autres non. Je n’ai pas l’intention de me laisser marcher sur les pieds comme je me laissais faire quand j’étais à Castral Roc.

Il suffisait de voir comment elle avait toujours agis. Elle n’avait pas envie de fuir devant ses futures responsabilités. Tristan aurait affaire à une lionne coloré. Il devait faire attention à ce qu’il disait et faisait, car la petite lionne avait beaucoup changé depuis



 
 
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Message Sam 9 Juin 2012 - 18:21

 « C'est en quelque sorte ce qui est attendu de vous. »Ses yeux grisâtres s'assombrirent un instant alors que les rides creusant des sillons sur son front s'allongeaient sur la pensée que c'était là plus le rôle de la mère que de l'épouse, mais l'opinion qu'elle se faisait de lady Jeanne lui intimait de ne point trop en attendre de sa bru. Après tout, n'avait-elle point été dans l'ignorance des pires comportements de son propre fils alors même que tous étaient au parfum depuis fort longtemps ? Tant de naïveté de la part d'une femme d'un certain âge avait de quoi surprendre, mais Amelia ne s'étonnait plus de rien dès qu'il s'agissait de sa belle-fille. « Mais vous apprendrez bien vite qu'à Hautjardin, nous avons nos méthodes pour régler ce genre de problèmes. Tristan ne sera plus un souci bien longtemps. » Elle savait que son fils y veillerait, car Leo mettait toujours beaucoup de soin dans ses affaires quand il avait en tête d'éliminer les problèmes et s'agissant d'un problème si proche de lui, nul doute qu'il redoublerait de diligence et d'efficacité. Ce mariage était la dernière marche de l'escalier séparant une période très pénible pour les Tyrell dans leur propre maison de la période plus acceptable qui s'ouvrait pour eux. Elle vivrait bien assez longtemps pour s'assurer que rien de trop dangereux ne vienne encore menacer la cohésion de sa famille. Son fils, ses petits-enfants, et même lady Jeanne qu'elle n'aimait pas, ils étaient tous de son clan et de ce fait, la vieille dame ne vivrait jusqu'à son dernier souffle que pour les voir à l'abri du danger. Elle n'avait plus rien d'autre à faire de son temps libre, après tout, et pleurer les « chers disparus » n'était point sa tasse de thé ; elle préférait de loin s'ennuyer tout le jour, et donner l'air de n'être qu'amertume et venin aux visiteurs qui la fréquentaient encore. Ils étaient moins nombreux à mesure que passaient les années, et moins nombreux encore étaient ceux qui savaient lire sous la surface ridée de lady Amelia, dont les vieux os ne se remuaient encore que pour préserver les membres de sa famille. Pour cette raison, les derniers propos d'Aliénor lui arrachèrent un petit rire mutin. « Mais ma chère, personne ici ne cherchera à vous marcher sur les pieds. Vous verrez, il y a bien assez de couloirs à Hautjardin pour que chacun suive son chemin sans croiser celui d'un autre. N'ayez pas d'inquiétudes, vos orteils sont à l'abri. Quant à ce que j'ai pu entendre de vous... » Elle s'interrompit dans un soupir. Elle se souvenait sans peine du séjour de lady Aliénor à Hautjardin, séjour durant lequel son fils et l'émissaire de lord Lannister avait discuté et négocié le mariage en question, et au contact de la demoiselle, même en l'observant de loin, elle en avait plus appris sur elle qu'elle ne l'aurait pu au prix d'une longue et méticuleuse recherche. Elle se pencha vers Aliénor, pour lui parler sur le ton de la confidence.

 « On entend tous des choses sur tout le monde, et vous en avez certainement entendu sur moi. Je vous conterai cette histoire qui est la mienne un jour, et vous y apprendrez que la plupart des rumeurs qui courent à mon sujet sont toutes fondées, à quelques exceptions près. Je ne sais qui a dit un jour que je fais punir les médisants en trouant leur langue à l'aide d'une épine de rose, mais il avait bien peu d'imagination... Mais ne parlons pas de ces choses déplaisantes. Vous savez, je n'ai jamais eu l'occasion de me rendre à Castral Roc et je n'ai jamais eu l'occasion d'entendre les témoignages de ceux qui ont eu cette chance. Comment est-ce ? Ce doit être bien différent de nos châteaux dans le Bief, ils doivent vous paraître bien trop peu... pierreux. Y étiez-vous heureuse ? J'ai moi-même grandi dans un trou, mais il s'agissait d'un trou à rats plutôt qu'à lions si vous voulez mon avis. » La curiosité de lady Amelia n'était pas feinte, au contraire elle était très désireuse d'en apprendre davantage sur l'épouse de son premier petit-fils, car elle souhaitait mieux la comprendre et, en définitive, lui ménager l'aide et l'espace qui lui seraient nécessaires pour qu'elle s'intègre bien au microcosme qu'était Hautjardin. Elle était également très curieuse de mieux saisir l'itinéraire suivi par la jeune lionne, depuis qu'elle avait quitté le sein de sa génitrice jusqu'à ce jour où elle entrait dans une nouvelle famille. L'avenir d'Aliénor ne serait pas décidé ce jour, ce soir, ou même à l'occasion de cette plaisante conversation mais la relation qu'entretiendrait à l'avenir l'ancienne et la future premières dames de Hautjardin seraient certainement définie par la tournure qu'elle prendrait et l'issue qu'elle connaîtrait. Lady Amelia jeta un coup d’œil en direction de la salle du banquet. Elle n'avait guère envie d'y retourner, mais il le faudrait bien, à un moment ou à un autre, elle ne pouvait retenir pour elle-même la jeune mariée et privait de sa charmante compagnie les autres invités. Elle n'en était cependant plus à sa première excentricité et c'était bien là tout ce qui faisait, peut-être, son charme de vieille dame.  « Dans mon jeune âge, je croyais que toutes les générations de seigneurs de Hautjardin qu'il me serait donné de connaître choisiraient leur épouse parmi nos vassaux. Mais regardez-nous, Tyrell et Lannister, main dans la main, n'est-ce pas formidable ?» D'une main distraite, elle réajusta sa coiffure et posa sur Aliénor un regard enthousiaste. Malgré tout ce qu'elle avait pu entendre, Aliénor n'était peut-être pas si inintéressante, et comme en témoignaient ses premiers mots, elle semblait désireuse de faire ses preuves. Au moins n'était-elle pas de ces biches qui se haussent du col à tout propos, qui se prennent stupidement d'affection pour un animal et qui singent leurs aînées dans le seul but d'impressionner alors qu'elles n'impressionneront jamais nul autre que les domestiques. C'était là quelque chose que lady Amelia appréciait.
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Message Jeu 14 Juin 2012 - 2:29

Pour certainement la première fois, lorsqu’elle avait le droit d’exprimer ses points de vue sans que l’on la gronde, elle le faisait avec aisance. Peut-être que dans son fort intérieur, elle espérait trouver en Lady Amélia, un allié plutôt qu’une amie. Elle sentait qu’elle ne vivrait pas loin des fracas de l’Ouest. La jeune lionne fronça des sourcils lorsque la vieille dame de Hautjardin lui signifia que dans la famille, on avait une méthode pour ce genre de problème. Elle espérait seulement qu’elle ne serait pas impliquée dans cela. Elle avait tournée la page sur les idioties de Tristan. Elle ne pouvait faire autrement. Insulte ou pas, elle n’avait pas cherché à remettre tout le débat sur la table. Elle préférait ne pas entendre aucun point de vue Lannister sur son mariage. Elle était bien dans les jardins. Loin de ses frères et sa sœur. Loin de leur regard et des commentaires. Plusieurs avaient œuvré à lui rendre ses derniers temps à Castral Roc plus joyeux, mais elle leur avait simplement claqué la porte aux nez. Maura avait certainement fait tout ce qu’elle pouvait pour la distraire, mais elle avait toujours ce gout amer dans la bouche. Même si elle avalait d’une traite chaque coupe de vin qui passait près d’elle, elle était toujours de mauvaises humeurs. Heureusement, la vieille mère de Lord Tyrell, arrivait à la faire sourire, sans problème. Elle n’avait pas envie de répondre à la question. Elle ne voulait pas se rappeler de Castral Roc. Elle était venue ici dans l’espoir de tout oublier ce qu’elle laissait derrière elle.

Castral Roc est un endroit pierreux certes. Parfois un peu froide. Elle est taillée dans la pierre sur le coté de la mer d’été. Malgré les événements, Port-Lannis est très vivant comme port. Les marchands et les amuseurs y sont souvent. L’ouest est beaucoup plus austère comparé aux champs verdoyants du Bief. Un endroit qui me convient certainement plus que ma maison d’origine.

La question à savoir si elle était heureuse à Castral Roc l’étonna. Malgré tout, il y avait une réponse bien différente que l’on pouvait croire. Les choses avaient beaucoup changé avec les années. Malheureusement pas toujours pour le bon compte. Soupirant intérieurement et réfléchissant surtout à sa réponse, elle finit par ouvrir sa bouche.

Castral Roc, m’a vu grandir, malgré la maladie, dont j’ai été atteinte, et la mort de ma mère. Mon père m’a laissé bâtir mon propre monde comme je le voulais. J’étais la petite poupée de ma sœur et la princesse de mon père. Sans mensonge, j'étais heureuse jusqu’à la mort de mon père. Après j’ai compris que rien n’arrêterait mes frères à faire de moi un pion politique et ce n’Est qu’une fois mariée que le jeu commence.

Malgré un léger vent frais, elle n’avait pas envie de retourner à l’intérieur. Elle aimait bien la compagnie de la vieille dame de Hautjardin. Elle ne savait pas encore sur quel pied danser, mais elle savait faire bonne impression et la garder. Lorsque Lady Amelia lui parla des générations futurs, mais surtout antérieur de la famille du Bief, Aliénor se surprit à penser qu’elle ferait ainsi.

Construire des liens plus solides entre ses vassaux. Une bonne idée en soi. Peut-être, mais il faut faire attention avec les Lannister. Du moins certains. Tristan avait-il été promis, avant que l’ouest fasse parvenir son émissaire?

Aliénor se posait moult question sur le jeune homme du Bief. Il n’était pas méchant en soi, quelques peu arrogant, mais le temps ferait les choses. Si Lady Amélia lui répondait que oui, la petite lionne comprendrait peut-être le comportement qu’il avait eu envers elle. Décidément, elle n’avait plus envie de rentrer. Elle était bien avec seule compagnie, la mère de Lord Tyrell.



 
 
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Message Ven 15 Juin 2012 - 5:59

Il avait mis le temps, mais Gowen était enfin entré de plein pied dans le moment d’un mariage qu’il préférait.

Il aurait pu être au Mur, à Villevieille ou à Assaï, il était à toute fête comme chez lui. Déambulant au bras de son épouse, il était entré dans la salle de banquet le nez en l’air, à contempler toutes les armoiries sur les teintures que Lord Tyrell avait eu le beau geste de faire installer. Il avait eu un sourire en coin en s’imaginant ce qu’il adviendrait d’un si bel effort de décoration si la traditionnelle flopée d’oiseaux divers devait s’envoler du gâteau. Les roses jaunes et dessins chamarrés projetés par les vitraux auraient malheureusement du mal à embellir les crottes de pigeon.

Alors qu’il en était à espérer qu’aucune volaille ne vienne saccager le décorum, Ty’ s’était penchée à son oreille.
« Je trouve ça un peu indécent, tout cet or gaspillé en fanfreluches aurait été plus utiles dans l’effort de guerre contre les fer-nés »
Gowen avait reculé la tête en jetant à son épouse un œil espiègle, chapeauté d’un sourcil en circonflexe. Il n’avait jamais pensé qu’une Lannister en vienne un jour à parler de faire des économies. Il aurait aimé pouvoir se dire que c’était l’esprit Barathéon qui détenait sur elle, mais la Maison du Cerf n’était pas vraiment connue pour sa pingrerie. Il avait rétorqué en murmurant sur un ton rassurant, recouvrant la main de Ty’ à son bras de la sienne.
« Ma mie, s’il ne fallait que de l’or pour gagner une guerre, ta famille serait sur le Trône. Et le faste des Tyrell ne les empêcherait pas de lever un ban.»
Quand le plan de table eût été révélé, Gowen avait apparemment été le seul surpris de voir les mariés séparés aux antipodes. Il était plutôt habitué à voir les jeunes époux assis côte à côte, au centre, leurs visages virant à l’écarlate aux premiers toasts leur demandant de s’embrasser. Mais une fois que tous les invités avaient pris place, spectacle d’assez fière allure quand autant de maisons d’importance son représentée, les avantages de la disposition étaient apparus : les couples ainsi séparés étaient obligés de se mêler au reste des invités…
…sauf pour Gowen, que l’on avait placé à côté de son épouse.

Il était probable que l’hôte avait jugé préférable de ne pas isoler le seul Barathéon à la table plus que nécessaire. Pourtant le chevalier aimait suffisamment le contact humain pour parfaitement s’accommoder d’être entouré d’inconnus, qui d’ailleurs ne le restaient pas bien longtemps, d’habitude. Enfin, ce n’est pas non plus comme s’il avait boudé d’être assis à côté de Ty’. C’était l’occasion de jouer à un jeu qu’il aimait beaucoup. Il s’agissait de lui glisser quelques métaphores licencieuses à l’oreille et de voir combien de temps et de coupes ils tiendraient avant de s’éclipser dans leur chambre.
Et de tout façon, il y avait un certain honneur à être assis à la droite de la reine du moment.

Le Long Dard avait ensuite procédé à un toast fort bien mené, suivi de ce qui semblait être la tradition familiale pour placer les invités sous les droits de l’hospitalité. Gowen avait pris inconsciemment une gorgée de vin pour faire passer la bouffée de sel imaginaire qu’il avait sur la langue rien qu’en regardant les Tyrell s’exécuter avec aplomb.
Si le banquet avait alors paru déjà bien lancé, il entra définitivement dans le vif des festivités quand le saltimbanque avait fait son entrée. Les rires avaient fusés, l’atmosphère s’était incroyablement détendue, et les pitreries annonçaient des réjouissances de bon augure pour un mariage que l’on murmurait déjà houleux. Toutefois quand le-dit Tribouli s’approcha de la mariée et déclencha son explosion, juste à côté de Gowen, ce dernier pris de plein fouet les fumées qui déclenchèrent chez lui une toux vive, couplée à des éclats de rire tant pour la qualité du tour de passe passe -et qui valait mieux qu'un vol de pigeon- que pour l’état presque comique dans lequel il se retrouvait. L’irritation qui lui prenait la gorge empirant avec chaque toux, Gowen attrapa un jeune porte-coupe par la manche, et vida coup sur coup trois cornets de vin sans pour autant vraiment retrouver l’usage de la parole. C’est alors que Ty’ fit un commentaire sur la beauté de sa sœur en évoquant feu son père, qui eût la maladresse d’en offenser plus d’un. Gowen avait mal choisit son moment pour perdre l’usage de la parole, mais il en valait surement mieux ainsi ; il avait parfois le verbe trop railleur pour son propre bien. En particulier, quand Maura avait lancé une pique sur le fait que «les mariages en petit comités conviennent mieux à ses humeurs, et qu’elle n’avait jamais eu la patience d’Aliénor pour les troubles fêtes » , le chevalier avait dû se contenter de la regarder par-dessus sa coupe, regard pétillant, en rétorquant uniquement dans sa tête "qu’il était on ne peut plus d’accord : quand les invités étaient trop nombreux il y’en avait toujours un pour prendre bêtement la mouche et des mots de travers". Tout en buvant d’une main il avait placé l’autre dans le dos de son épouse pour la soutenir silencieusement quand elle avait dû s’excuser publiquement.

Puis de l’eau avait été mise sur ce feu et l’incident diplomatique vite oublié. Et Gowen avait dans le temps retrouvé l’usage de la parole, à point nommé. Il s'était alors levé pour porter un bref toast: en sa qualité de seul représentant de sa Maison, et si son nom devait bientôt être associé à celui du prince Maekar, Gowen conçevait que ce genre de choses étaient attendues de lui. Aussi avait-il mieux valu le faire quand il était encore sobre. Il avait fait court, sincère, mais non sans se départir de sa bonhommie habituelle. « En mon nom et celui de mon père je félicite nos jeunes mariés, que la Mère leur donne une longue et heureuse vie ensemble! Je tiens aussi à remercier notre hôte, Lord Léo, et tous les membres de sa Maison pour l'amabilité de leur accueil, et rends hommage au légendaire raffinement Biefois pour une cérémonie organisée de main de maitre!» Il s'était ensuite tourné vers l'autre bout de la table,« Tristan, je te souhaite en connaissance de cause bon courage.» Son ton plaisantin propre à ce genre d'événement s'était ensuite fait plus sérieux. « Mais je t'offre aussi ce conseil. Tout l'or de Castral Roc ne vaut la chance d'avoir à ses côté une femme qui y ait née.» Il s'était tourné vers Alinéor, puis avait posé une main sur l'épaule de son épouse et un regard aimant sur son visage. «Puisses-tu avoir la sagesse de découvrir ce trésor.» Il avait terminé en levant sa coupe, à l'attention de tous: ensuite à l'attention de tous,. «Un toast aux mariés et à la santé de tous les Tyrell!»

Un peu plus tard, son neveu surprit autant qu’il charma par sa candide intrépidité, ouvrant littéralement le bal sans même se soucier du protocole, ce qui acheva de classer Edwyn parmi les membres de sa famille que le Barathéon appréciait le plus. Il se tourna vers son épouse pour l’inviter du regard à faire quelque pas, mais Ty’ avait le regard dans son assiette et semblait encore digérer le petit incident. Il eût un regard chargé d’affection avant de le tourner complètement vers le spectacle des quelques couples dansant avec plus ou moins de maîtrise. Quand la musique se tût, une Maura souriant s’approcha alors d’eux. « Dîtes-moi, lady Tya, ser Gowen, comment se porte lady Neassa ? J’ai l’impression de ne pas l’avoir vue depuis un siècle. D’ailleurs, avez-vous vu prévu de passer par Accalmie avant de rentrer à Port-Réal ? Il vous faudra absolument la saluer pour moi dès que vous la verrez. »
Gowen eût un sourire poli. Gowen devait parler proche et fort pour se faire entendre alors que la musique repartait et que le volume de vin disparu dans la panse des invités se retrouvait dans celui de leurs rires et de leurs conversations.

« Ma mère se porte bien, c’est aimable de vous en enquérir. Nous retournons à Port-Réal peu après le mariage, mais je compte faire parvenir un corbeau à Accalmie une fois arrivé. Je ne manquerai pas de faire part de vos salutations. » Il désigna du menton Edwyn aux bras de Maeve Arryn avec un air taquin, « Mais si vous en avez la patience, une occasion de la retrouver devrait arriver avant trop long temps.»

Les yeux du chevalier décrochèrent brièvement du joli visage de la Dame du Roc pour passer à celui de sa compagne, puis à Lord Tybolt. Le Barathéon n’hésitait qu’à de rares occasions, et celle-ci n’en était pas une. Il se leva. « Le rythme de cette danse semble un peu trop soutenu pour mon épouse dans son état. Me feriez-vous l’honneur ? »

Gowen était surement loin d'être le meilleur danseur que ces murs aient jamais vu, mais il avait suffisamment de pratique et d'engoûment pour la chose pour y prendre un vrai plaisir. Et il était possible que sept ans de cela, il ait promis une autre valse à sa prochaine rencontre avec une certaine demoiselle du Val...
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Message Sam 16 Juin 2012 - 1:52

Évidement pourquoi attendre de la gentillesse ou même une once de politesse de cette mégère, même à un banquet elle était la compagnie la plus désagréable qui soit, sauf qu'elle au moins, Jeanne pouvait lui répondre, son époux, elle devait accepter ses remarques sans broncher. Elle n'avait voulut jouer à ce jeu, mais puisque la vie l'avait mise sur l’échiquier, elle allait jouer, et cesser d’espérer que les autres changent.

« En broderie comme en politique, la courtoisie est le maître mot Dame Amélia, vous n'êtes pas sans le savoir. »

Et en broderie comme en politique, la vieille devrait peut-être d'avantage écouter sa belle fille tout comme Leo sa femme. Amusant que ni l'un ni l'autre ne veuille se donner la peine de le comprendre et de la comprendre, ils ne devaient pas parler le même langage, et pour filer la métaphore, il y a des tours sur l’échiquier, pas de roses...

Jeanne avait bien fait de choisir ce moment pour aller voir sa bru, la marié qui s'esquive de sa propre fête, si elle même ne pouvait pas le faire malgré l'envie brûlante d'envoyer tout balader dès ce soir. Elle l’ignorait, mais se serait une déception de moins à avaler, et ainsi les présentations se passèrent... comme elle s'y attendait, tout initiative de sa part étant prise comme une insulte. Mais on ne brise pas les hautes tours avec des mots et des regards, Amélia essayait depuis tant d'années, pourquoi s'acharnait-elle encore, ne comprenait-elle pas que son insolence coulait sur Jeanne sans même la mouiller ? Et tout ça pour enfoncer des portes ouvertes et donner des leçons à Aliénor alors même que cette dernière connaissait parfaitement son rôle. Suite à départ de la rose à grosses épines si visibles qu'on sait par où l'attraper pour ne pas qu'elle nous pique, Jeanne attendit d'être certaine que personne ne les observe et se pencha vers Aliénor.

« Ne vous inquiétez pas ma chère, je ne doute que cette attitude soit contre vous, mon époux vous aime autant que moi, et je suis certaine que si elle ne vous apprécie pas déjà, elle apprendra à la faire. Il n'y a aucune raison que ça ne soit pas le cas, elle sait que Tristan n'est pas facile à vivre et vous, vous avez toutes les qualités pour vous faire aimer d'elle. Je ferais tout pour que Tristan soit un bon époux pour vous et serais toujours là pour vous soutenir, comme je vous l'ai déjà dit, mais surtout, surtout, ne me soutenez jamais devant elle. Peu importe l'affection que je vous porte et celle que, j'espère vous me portez, vous avez bien d'avantage besoin du soutient de Leo et d'Amélia que du mien. Ils tiennent à eux deux Hautjardin et le Bief, moi je ne suis rien, et je ne souhaite qu'une chose, que vous preniez non ma place mais la place que j'aurais dû avoir ici, quoi que vous deviez faire pour y arriver j’essayerais de vous conseiller au mieux et de vous aider, mais eux seuls ont le pouvoir de vois rendre la vie agréable. Aussi, soyez assurée que je ne vous en voudrais jamais si vous devez médire de moi avec elle. »

Jeanne se prit à observer Maura et Tybolt, et se remit enfin à sourire, cela faisait plaisir à voir, elle aurait cru se voir avec Leo quelques années encore auparavant. Elle pria une seconde pour que les Dieux leurs épargnent les ombres de sa propre relation avant de poser le regard sur Leo et Amélia. En les voyant danser tous deux, mère et fils elle sut que tant que cette vieille bique serait en vie, elle n'aurait jamais la place qu'elle méritait à Hautjardin, vivement que l'hiver vienne, avec un peu de chance il aurait raison d'elle et de son grand âge. Elle détourna les yeux et et soupira en voyant son époux revenir à table avec sa mère. Heureusement Tybolt vint à la rescousse, sauvée par a dernière personne qu'elle aurait attendu dans ce rôle et elle n'aurait pu qu’acquiescer ses pensées si elle les avait entendu. Mais elle n'avait pas ce pouvoir point d'avantage qu'elle n'ait eut celui de se faire aimé de sa marâtre et désormais elle perdait l'amour du Long Dard.

« Avec plaisir Lord Tybolt » Se contenta-t-elle de répondre tout en inclinant légèrement la tête. Elle lui aurait fait un clin d’œil pour sa remarque sur la bonne compagnie, mais évidement, cela ne se pouvait, intérieurement seulement, elle en riait aux éclats.

Sans même accorder un regard à ce dernier, tant elle n'avait que faire de son assentiment, elle tendit sa main au blond jeune homme et se leva avec un sourire, le laissant la mener sur la piste. Cela lui ferait le plus grand bien de s'éloigner quelques minutes de ses tortionnaires quotidiens. Mais si elle s'était attendu ! Un Lannister qui invite une Tyrell ! C'était à en tomber à la renverse ! Avait-il, comme elle l'avait décelé dans sa demande, entendu des bribes de la conversation ? Avait-il entendu la manière dont Amélia avait traité Aliénor, si c'était le cas, cela expliquait bien des choses, il devait être furieux. Pauvre petite lionne, elle qui faisait tout pour se faire aimer, si parfaite déjà malgré son jeune âge et qui avait hérité d'un époux qui n'arrivait hélas pas à la cheville de Leo. Espérons que la suite soit plus réjouissante et que leurs vieux jours soient plus apaisés que ceux de leurs parents. Elle était trop vieille pour succomber aux charmes de Tybolt, mais elle comprenait aisément pourquoi Lady Maura semblait aussi éprise de lui. Et une fois sur la piste, elle mit sa main gauche sur son épaule, la droite étant déjà dans la sienne et entreprit de danser avec son cavalier.

« Je n'ai pas encore eut l'occasion de vous dire à quel point Aliénor est une jeune femme charmante en tout point, je crois que vous et votre sœur n'y êtes pas étrangers, je dois donc vous féliciter pour son éducation parfaite et son caractère qui se révélera un atout non négligeable en tant que future suzeraine du Bief. »
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Message Dim 17 Juin 2012 - 16:05

Toujours souriant, Tybolt fit de son mieux pour paraitre moins gauche qu'avec son épouse. Il pouvait se permettre de montrer certaines faiblesse avec sa douce mais pas en compagnie de l'épouse de Lord Tyrell. Ainsi il commença à suivre la musique pour danser tout en accordant une oreille attentive à sa nouvelle cavalière. Un, deux, trois, tourne, un, deux, trois, tourne... Il inclina la tête en signe de remerciement face aux éloges faites sur le compte de sa sœur et l'éducation que lui même et Tya durent lui prodiguer. Sachez que vos compliments me vont droit au coeur ma Dame. Mieux valait qu'ils le prennent ainsi avant de découvrir le pendant moins appréciable de Aliénor, son coté fugueur et insoumis faisait craindre à Tybolt que la chanson tenue par Lady Tyrell à l'heure actuelle pouvait bien changer sous peu. Mais c'est au défunt Lion Gris que revient la plus grande part des éloges. Nous même n'avons fait que suivre le chemin qu'il avait d'ores et déjà tracé comme je peux le faire depuis dans la gouvernance de l'Ouest. Un, deux, trois, tourne... Mais puisque nous en sommes aux compliments, je tiens à vous féliciter pour ces épousailles et leur organisation Lady Jeanne, nul doute que cela ne fut pas chose aisée que d'organiser autant en si peu de temps. Un nouveau sourire vînt naitre sur les lèvres du chevalier. Comme je le faisais remarquer à Lady Maura, pour un peu nous pourrions nous croire dans un autre fief loin de la guerre et ses turpitudes. Et c'est là un tour de force dont il me semble qu'il faille vous reconnaitre les bienfaits pour nous tous qui avons trop souvent le tort de trop nous laisser dévorer par les impératifs du quotidien. Un, trois, tourne... prit dans sa discussion, Tybolt en avait oublié de compter les temps avec attention si bien qu'il venait de les décaler par rapport au reste des danseurs. Il eut un sourire contrit pour Lady Jeanne. Désolé je ne suis pas vraiment tout à fait à l'aise avec la danse et ses secrets...

Le jeune seigneur fit en sorte de reprendre le même rythme que les autres danseurs et après avoir allongé d'un temps ils furent de nouveau en harmonie avec le groupe. Il estima avoir déjà assez donné dans les mondanités de rigueur et pouvoir donc enfin s'entretenir avec Lady Tyrell sur ce qui l'intéressait véritablement. Puis-je me permettre Lady Jeanne... de vous poser quelques questions sur ce qui, sans le vouloir est parvenu jusqu'à mes oreilles tout à l'heure ? Voyez vous je n'ai pu m'empêcher d'entendre une partie de votre échange avec Lady Amélia et je dois bien avouer avoir été surprit... Un, deux, trois, tourne... Non pas que je me pense apte à juger mais disons que je m'inquiète pour ma sœur qui est désormais membre de votre famille. Nous, Lannister, avons une vision très clanique de la famille et jamais il nous viendrait à l'esprit de nous en prendre à l'un d'entre nous. Cependant il m'a sembler sentir si ce n'est une hostilité, tout le moins un froid digne d'au delà du Mur lors de votre échange avec Dame la mère de votre époux. Tout comme dans ses propos envers ma sœur du reste... Tybolt ne souriait plus. Vous comprendrez que dès lors je puisse m'interroger quant à la manière dont Lady Aliénor pourrait être traité. Bien que Tyrell désormais, elle n'en demeure pas moins toujours membre de mon clan et par le fait sous ma protection... Le jeune Lion ne pensais pas qu'il lui faudrait intervenir pour tancer une quelconque vieille femme en fin de vie trop âgée pour exercer en son nom propre le pouvoir mais pas assez pour accepter simplement de passer la main, mais il savait qu'il n'hésiterait pas si cela devenait nécessaire pour le bien être de sa sœur. Rien de publique bien entendu mais un entretien en tête à tête avec la doyenne Tyrell pourrait avoir son effet. Il repensa l'espace d'un instant à Lady Jessica sa propre mère en se disant que jamais elle n'aurait traité Maura de la sorte et certainement pas en publique, elle aussi avait le clan Lannister à cœur et jamais elle ne se serait tourné contre l'un des siens. Puissent, les Sept la garder près d'eux se dit-il enfin. Plus certainement Lady Jessica si elle avait regretté le mariage de son fils avec Maura en aurait-elle fait part à son fils mais les choses n’auraient certainement pas été plus loin, car elle aurait su finalement accepter bon gré mal gré la décision de ce dernier. Tybolt ne goutait guère les personnages de ce type qui ne pouvant eux même exercer un quelconque pouvoir se servaient d'occasion publique pour tenter de briller. La vieille Tyrell lui faisait l'effet d'une femme aigrie simplement dépassée par son temps et ayant peut être aussi dépassé son temps finalement. Non seulement cela donnait une image déplorable de la maison Tyrell mais un Lord plus susceptible aurait très bien pu se servir de ça pour créer le scandale durant le banquet si l'on estimait la manière dont Aliénor avait été éconduite.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 18:01

La jeune femme se rendit brusquement compte qu’il eût été amplement plus courtois de demander également des nouvelles de l’Orage Moqueur en questionnant ses beau-frère et belle-sœur au sujet de la mère du premier. Mais, en cette atmosphère festive, elle n’avait à vrai dire que faire de protocole et, au contraire de ses contemporains, ne partageait guère la fascination collective pour l’individu qui chargeait à la joute en riant aux éclats. Rire de la perspective de combattre ou de mourir lui semblait presque être une insulte à la grâce que leur avait fait les Sept en leur donnant le souffle de vie même si la témérité du Baratheon avait toujours eu quelque chose de plaisant voire même d’attirant. Elle acquiesça distraitement aux nouvelles que lui donnait un Gowen qui, comme tout homme, ne semblait pas avoir compris l’importance du détail ou de la précision quand une femme demandait des nouvelles de quelqu’un. Elle suivit son regard et son signe de tête jusqu’à sa petite sœur qui dansait encore et toujours avec le neveu de Cerfcœur. L’étrangeté de la situation la frappa brusquement : sa propre sœur épousant le neveu de Gowen. Décidément, les Sept avaient toujours eu de drôles d’idées les concernant. Elle secoua la tête en riant toutefois devant la hâte affichée de l’heureux oncle.

 « Laisse-leur donc le temps de grandir un peu avant de les envoyer l’un et l’autre devant le septon quand même. Je ne te croyais pas si prompt à vouloir choisir des robes, des tissus et un menu. Cela casse l’image du preux chevalier sans peur et sans reproche à moins que ce ne soit pour commencer à s’entrainer en vue de joutes, n’est-ce pas ? »

Au moins Gowen avait-il le mérite de ramener un sourire sur le visage de la jeune femme après le départ de Tybolt occupé à faire valser sa tante Jeanne. Elle jeta un regard au couple avant de revenir à leur conversation et à la proposition soudaine mais appréciable de son beau-frère. Durant quelques secondes, elle oublia quelque peu l’assistance posant un regard troublé sur le chevalier de l’Orage avant de se reprendre et de se lever avec un signe d’acquiescement. Son cousin choisit ce moment précis pour venir l’inviter à son tour mais avec un sourire aimable, elle déclina lui indiquant qu’elle venait tout juste de s’engager auprès de ser Gowen. Elle se tourna alors vers ce dernier afin de lui offrir sa main.  « Avec plaisir, Gowen. »

Laissant la table derrière eux, elle le laissa la mener jusqu’à la piste de danse où d’autres couples, déjà, tournoyaient en rythme. Il y avait un goût d’été passé depuis longtemps dans cette danse qui lui rappelait celles d’un certain tournoi donné dans la capitale. Elle rencontra le regard de son cavalier et lui sourit comme par réflexe se sentant toute aussi idiote qu’elle avait pu l’être quelques sept années auparavant. Alors que les pas les entrainaient, elle se fit la réflexion qu’elle avait dû porter une robe presque semblable à l’époque ou, du moins, dans les mêmes tons bleutés. Et il devait sans doute avoir lui aussi été en jaune bien qu’elle ne s’en souvienne guère. Elle tourna en suivant les temps de leur danse, jetant au passage un regard pour voir comment s’en sortait son époux avec lady Tyrell. Et accessoirement s’assurer qu’il n’était pas à portée d’oreilles. Profitant d’un mouvement, elle se rapprocha légèrement du Cerfcœur pour murmurer :  « Tu as tout de même pris ton temps pour venir réclamer cette dernière danse, Gowen. Sept ans, cela fait long…même pour moi. » L’aveu finalement très personnel avait la couleur d’une banale remarque mais il y avait tout de même un fond de vérité à cette simple assertion. La jeune fille qu’elle avait alors été avait longuement attendu malgré les consignes d’un père aujourd’hui disparu l’éventuelle apparition du chevalier qui avait porté ses couleurs. Elle rit légèrement pour s‘éviter de rougir et masquer sa soudaine gêne :  « Convenons au moins de ne pas tant attendre avant de danser à nouveau. »
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Message Dim 17 Juin 2012 - 18:26

Leo était très satisfait, car ces noces étaient une réussite. Chacun avait pu constater les manières de faire de la maison Tyrell, et verser même un peu de son venin sur la Rose d'or, mais ce n'était pas ce soir que de grands accomplissements se produiraient. Le seul spectacle serait celui de Tribouly, le bouffon qui parvenait encore à dérider les joues vieillies par la fatigue du Long Dard. De son côté, lady Amelia savourait pleinement les paroles de lady Aliénor qui, finalement, n'était pas aussi difficile et pénible que le laissait croire la rumeur. « Je comprends tout à fait. Je pense que nous deviendrons de bonnes amies vous et moi. Mais ne vous y méprenez pas, il y a d'autres formes d'austérité dans le Bief. Les poignards sont dans tous les sourires. » [i]La vieille dame ajusta les plis de sa robe et s'éclaircit la gorge. « Le jeu commence en effet. Vous m'avez fait une confidence, mon enfant, et je me dois de vous en faire une. Il y en a bien une qui me vient, mais je ne peux la faire tout de suite, ce serait ajouter à toutes ces émotions qui vous pèsent et ce soir n'est pas le bon. Plus tard, quand nous nous reverrons. Personne n'est encore au courant, mais à vous je peux le dire, car nous sommes amies : je quitterai Hautjardin dans les jours qui viennent pour rendre visite à ma famille. Le château... le taudis, devrais-je dire, des Oldflowers n'est pas très loin d'ici, vous pourriez m'y rejoindre si vous le désirez. Je prévois d'inviter lady Jeanne aussi, pour une petite réunion loin des hommes. Cela vous plairait ? La maison de mes ancêtres n'est qu'une vulgaire cabane éclipsée loin des splendeurs de Hautjardin, mais on y mange aussi bien qu'ailleurs. » Après quelques instants pour écouter la réponse de la jeune mariée, lady Amelia porta ses mains sur la tête d'Aliénor et réajusta la tenue de ses cheveux d'or. Elle était belle, la lionne si loin de son Roc. Il était si pénible à la vieille dame de savoir qu'elle était devenue l'épouse du moins méritant des fils de Leo. Mais peut-être au contact d'Aliénor Tristan trouverait-il la force et la grâce de revenir à de plus acceptables dispositions comportementales. Amelia l'espérait secrètement, mais jamais elle n'aurait avoué à quiconque qu'elle nourrissait quelque espoir.

 « Hélas ma chère, je ne suis pas dans toutes les affaires de mon fils et du sien. Cependant je ne crois pas qu'il ait été sérieusement envisagé de le marier à quiconque avant que votre frère ne propose à Leo votre main pour son fils aîné. Mais regardez, Emilia nous fait un signe, je crois que la cérémonie du coucher va commencer... aidez-moi à me relever je vous prie... » Aidée d'Aliénor, lady Amelia quitta sa place et raccompagna la bru de son fils jusqu'à la salle du banquet où son époux, ser Tristan, l'attendait pour que débute la cérémonie du coucher. Bien sûr, tout le monde ne serait pas contraint d'y participer et tout le monde ne serait pas contraint d'accompagner les deux mariés jusqu'à leur chambre. Certains et certaines pourraient rester là, dans la salle, à profiter du banquet, de la musique, de la danse, de Tribouly et autres joyeusetés prévues pour leur divertissement. Mais pour ceux qui désirèrent respecter la traditionnelle cérémonie du coucher, deux groupes se formèrent : l'un autour de la mariée, constitué des hommes ; l'autre autour de l'époux, constitué des femmes. Ces deux groupes empruntèrent deux couloirs différents qui menaient tous deux à la chambre nuptiale aménagées pour l'occasion. En chemin, chacun des deux groupes put s'en donner à cœur joie et gratifier l'époux ou l'épouse de commentaires et de plaisanteries, de mots grivois et de remarques paillardes, preuve qu'une fois de plus le temps était à la fête. Progressivement, sur le chemin, chacun des deux époux était dépareillé de ses vêtements et quand ils se présentèrent dans la chambre à coucher non loin du lit nuptial, tous deux étaient nus comme à leur premier jour. Puis, sous l’œil toujours hilare, ou taquin, ou sérieux, ou enfantin des convives qui les accompagnaient, ils entrèrent dans le lit et attendirent que l'ensemble des invités quittent la pièce et regagnent la salle du banquet pour commencer leur affaire. Sur le retour, Leo tenait à son bras lady Jeanne, son épouse. Il comptait danser avec elle, car il n'en avait pas encore eu l'occasion ou pris le temps, et c'était quelqu'un chose qu'il souhaitait faire. De son côté, lady Amelia était bien entourée par ses deux jumeaux de petit-fils Arthur et Mathias qui riaient avec elle de quelque plaisanterie bien rodée comme elle savait les faire. Chacun pu s'en aller vaquer à ses occupations pour la fin de la cérémonie pendant que les mariés demeuraient dans la chambre, là où ils consommeraient le mariage, là où ils concrétiseraient dans l'acte charnel cette alliance des deux maisons du Lion et de la Rose. Au petit matin, les draps du lit nuptial seraient examinés pour constater la consommation du mariage. Mais pour l'heure, la fête pouvait continuer, les conversations et les danses reprendre, sans parler du banquet qui s'offrait encore aux estomacs en faim et désireux de goûter aux plats qui restaient sur les tables. Certaines des convives, les plus âgées dont lady Amelia, se retirèrent et après avoir salué à la ronde, gagnèrent leurs quartiers pour la nuit. Leo demeura cependant, et dansa avec Jeanne, silencieusement, avant de la laisser au bras de leur fils Mathias. Puis il alla achever la soirée à sa place, discutant avec qui le voulait, plaisantant avec qui le pouvait. Il fut le dernier à quitter la salle, quand le bal s'éteignit dans le silence de cette nuit de noces qu'ils auraient tous bientôt oubliée, de toute façon. Dans son cœur, Leo avait le sentiment de travail accompli et cela lui procurait toute la chaleur qui avait par contre manqué à bien des phrases et bien des considérations ce soir.

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Message Dim 17 Juin 2012 - 19:20

Tybolt avait l’air très concentré sur ses pas de dans, chose dont la Dame du Bief n’avait nul besoin pour être non seulement en rythme avec la musique, mais en plus de ça, d’une grâce sans pareil malgré son grand âge. On voyait tout de suite qu’elle était dans son élément, même si cela faisait plusieurs années qu’elle n’avait pas dansé, c’est comme l’équitation ça ne s’oublie pas et danser était bien la seule chose qui pouvait lui remonter le morale même avec un piètre cavalier. Elle aurait tant aimé danser avec son cavalier de toujours, son unique et eternel amour, Leo, mais ça n’était pas le cas, et vu son humeur, il ne l’inviterait certainement pas. Elle se contenterait de seigneur du Roc qui était bon pour bouter les Fer-Nés hors de sa ville mais qui l’était moins pour guider une femme au rythme de la musique.

« Bien sûr, le Lion Gris, il nous a quitté trop tôt hélas, mais l’heure n’est point au chagrin, il était un grand suzerain et si mes souvenirs son exactes, un jouteur de talent. Quand au mariage, c’est le fait de mon seigneur et maitre, je n’y suis hélas pour rien, il a tenu à organisé tout cela lui-même et je dois dire qu’il a fait de l’excellent travail. Effectivement, j’en oublie la guerre et les tumultes passés et à venir, pour la soirée tout du moins. Mais n’est-ce pas le propre de ce genre de réjouissance ? Les noces de votre sœur et de mon ainée se devaient de n’être que beauté, joie et partage, à l’instar de notre très chère Aliénor, de ce jour glorieux et de notre foi. Ne pensez vous pas ? »

Cela dit, pas aussi talentueux que Leo, mais elle se serait bien gardé de le dire comme elle se gardait bien de dire à Tybolt qu’il dansait mal et se contentait de le suivre tant bien que mal jusqu’à être décalée avec les autres danseurs. Elle sourit, amusée par tant de galanterie. Même si elle adorait danser, elle se fichait que son cavalier ne soit pas le meilleur de tous, d’ailleurs était-elle là pour danser ? Pour une fois qu’on lui adressait la parole pour autre chose que des remarques acerbes ou des reproches, c’était une bouffée d’air frais que Jeanne ne boudait pas, même si faudrait bien rendre son époux à Maura tôt ou tard.

« N’ayez crainte, ils n’oseront jamais faire de remarque là-dessus. Me permettez-vous ? »

Avec un sourire complice, mais sans réellement attendre de réponse, elle resserra un peu la main du seigneur dans la sienne et déplaça ça main sur son épaule de manière à pouvoir le pousser doucement si nécessaire pour lui indiquer la direction à prendre. Mine de rien et toujours avec un grand sourire, elle prit un peu les choses en main pour, dans la mesure du possible l’entrainer dans sa grâce et lui rendre un peu le sens du rythme sans qu’il soit obligé de resté aussi concentré et sérieux, trop figé dans ses pas. Hélas, le sujet qui brulait les lèvres de Tybolt depuis un moment vint alors sur la table, Jeanne se raidit, mais n’en continua pas moins à danser avec le sourire aux lèvres comme si de rien n’était.

« La semaine a été éreintante pour nous tous et Lady Amélia n’est plus de prime jeunesse, si son esprit est toujours aussi vif que lorsque je l’ai connu, son corps ne suit plus j’en ai peur, aussi se sera-t-elle emportée, rien de plus. Sachez qu’Aliénor n’a à craindre de personne ici, tout le monde la trouve aussi gracieuse qu’aimable et sa naissance en fait un parti de choix, Dame la mère de mon cher époux le sait aussi bien que moi. Rassurez vous la famille est aussi très importante pour nous, les lionnes protègent leurs petits toutes griffes dehors et les roses leurs boutons toutes épines dehors, et votre sœur est désormais une Tyrell. »

Elle ne pouvait décemment pas dénigrer les siens devant un seigneur qui, d’après elle, les méprisaient tous au plus haut point, ni devant lui ni devant personne d’ailleurs, elle ne pouvait donc pas lui répondre tout à fait franchement. Elle ne pouvait pas lui dire qu’Amelia était une vielle mégère imbuvable butée et tellement imbue de sa personne qu’elle se permettait des vulgarités indigne d’une Tyrell. Et que non contente de la place qu’elle avait à Hautjardin elle aimait dénigrer sa belle fille pourtant désormais Dame du Bief sans se soucier de la discorde que cela engendrait au sein de sa maison. Pas plus que Leo la suivait aveuglément dans cette folie malgré tous ses efforts pour qu’ils se réconcilient. Elle ne pouvait pas non plus lui dire que c’était en grande partie dû à sa naissance, trop petite pour les Tyrell, Amélia considérant cette union comme une mésalliance et la prenant pour une petite arriviste qui avait prévu son coup depuis le début alors que Jeanne évitait les intrigues comme le fléau de printemps. Elle ne pouvait pas non plus lui avouer que si Aliénor avait reçu un tel accueil c’était très probablement de sa faute à elle, bien qu’elle ne sache pas trop ce qui lui était reproché dans cette histoire étant donné que rien n’aurait empêché la matrone et la jeune mariée de se retirer pour discuter une fois les présentations faites et que Jeanne ne comptait absolument pas rester sachant très bien l’affection mortelle que lui portait sa marâtre. Malgré tout le ressentiment qu’elle portait, malgré les larmes qui couleraient une fois de plus sur ses joues une fois dans sa chambre, elle ne pouvait pas avouer à Tybolt dans quel nid de serpents il avait fourré sa chère lionne. Non tout ce qu’elle pouvait faire c’était essayé de faire passer cet incident avec Amélia pour une broutille sans importance et prier pour qu’Aliénor ait plus de caractère qu’elle pour trouver sa place, même si son nom seul suffirait probablement à lui faire une place de choix aux cotés de Lady Amélia.

« Je vous remercie de ne pas avoir pris cela comme un affront, c’est une vieille Dame fatiguée rien de plus. »

Car oui, si l’on avait parlé de la sorte à sa fille le jour de son mariage, elle-même n’aurait pas apprécié, et ne se serait pas gêné pour en aviser son époux. Enfin, elle s’arrêta de danser un instant pour laisser passer les invités qui accouraient pour la cérémonie du coucher, les embrassant tous du regard avec un doux sourire et s’attardant quelques peu sur ses fils et sa fille chéris. Elle-même ne comptait pas y participer, elle devait être dans le groupe qui déshabillerait Tristan et elle doutait que voir et entendre sa mère ne l’aide à consommer ce mariage, et puis elle avait passé l’âge pour ses grivoiseries. Mais Leo lui y alla et donc elle dû prendre congé de son cavalier pour le rejoindre à contre cœur dans le couloir où se terminerait le tout.

« Messire Tybolt, se fut un joie de deviser avec vous ! Je serais ravie de discuter avec vous d’une surprise pour Dame votre épouse un peu plus tard. »

Rendez-vous était donnée et elle espérait bien avoir éveillé sa curiosité, elle partit avec un petit sourire en coin et sortit lentement et dignement de la pièce par le couloir qu’avaient emprunté les femmes pour revenir une fois les époux couchés au bras de son époux. Elle arborait un sourire radieux mais elle avait dû aller chercher dans ses souvenirs pour le fixer à ses lèvres, car même si cela lui faisait plaisir, elle avait trop subi ces derniers temps pour ne garder en tête que ses sentiments pour lui. Elle dansa donc retenant parfois ses larmes tant elle souffrait quand elle le regardait dans les yeux à la faveur des torches et d’un pas de danse, cet homme qu’elle avait tant aimé, pourquoi la haïssait-il désormais, lui qui avait toujours bété si aimant et attentionné ? Elle s’était habituée à la méchanceté de sa belle mère, elle avait eut tout le temps de le faire et désormais ce qu’elle pouvait dire ne la blessait plus vraiment à part quand d’autres personnes étaient en jeu ou juste témoins, mais lui, ça avait été si soudain et cela durait et elle en serait morte de chagrin si son rang le lui avait permis. Ils n'échangèrent pas un mot et c'était aussi bien ainsi, qu'y avait-il a dire de plus qui ne le mette pas en colère ou qui ne la fasse pas finalement pleurer.
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