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Je rugis.

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Message Jeu 3 Mai 2012 - 21:13

Le jour était bien haut dans le ciel, quand Tya quitta enfin sa chambre. De redoutables crampes d’estomac lui avaient valu une attention effrayée de la part de Gowen, qui avait couru dans tout Hautjardin pour chercher un mestre. Et ce même mestre, levé au point du jour par un serviteur de la maison Baratheon fort inquiet, avait ausculté la dame de la maison pour déduire qu’elle ne faisait nullement une fausse couche et qu’elle n’accouchait point non plus, mais qu’il fallait qu’elle garde le lit, et qu’elle boive cette décoction de plantes, celle-là, qui effectivement était fort amère, mais qui ferait un bien fou à son estomac. Alors Tya, docile, avait obéi et bu d’un trait le breuvage fétide, fermant les yeux sur la grimace de son mari, rebuté par l’odeur. Plains-toi va, ce n’est pas comme si c’était toi qui le buvais, et qui te tapais des crises de douleur quasiment tous les jours depuis plusieurs mois. Puis elle se retourna sur le dos en fermant les yeux, maudissant les créateurs d’avoir été si sadiques avec les femmes. Neuf mois de souffrances, tout ça pour quoi ? Oui bon d’accord, avoir des enfants c’est bien, mais autant de souffrances ce n’est pas enviable. Quatre ou cinq auraient largement suffi. Le pire, c’est qu’après, la mère n’avait aucun droit de regard sur l’éducation des enfants. C’était le père qui décidait à qui marier les filles et à qui envoyer les fils en apprentissage de chevalerie. Gowen devrait s’y résoudre, mais Tya ne se laisserait pas faire. Ce fichu gosse, elle allait le porter pendant neuf mois, alors elle s’en occuperait toute sa vie, dut-elle froisser la sensibilité des Baratheon. Les Lannister, on ne les intègre pas comme ça dans une famille, il faut accepter de nombreuses choses, les Tyrell allaient s’en rendre compte avec Aliénor. Quoique. Aliénor était la plus douce de la famille. La moins lionne, la plus chatte. Quand elle ferma les yeux, assommée par le breuvage aux plantes, elle entendit un cliquetis derrière la porte. Gowen qui partait, marmonnait deux ou trois mots au garde en faction qui répondit, et elle sombra dans le sommeil.

Quand elle rouvrit les yeux, le soleil avait bien avancé sa course dans le ciel. Il devait être midi passé. Elle avait loupé le repas, diplomatiquement parlant ça la fout mal. Quoique, non, elle se rappelait vaguement avoir entendu le mestre dire à Gowen qu’elle ne viendrait pas au repas, et Gowen répondre qu’il expliquerait la situation aux nobles. Bon, dans le pire des cas elle s’excuserait de sa non-présence en évoquant sa grossesse. Elle se redressa prudemment, et aussitôt une servante se leva. Eh bien, ils sont rapides ici. La demoiselle l’aida à se redresser et à prendre un bain, puis à se coiffer. Tya, d’un naturel assez indépendant, détestait d’être assistée comme ça, cependant elle se laissa faire, bavardant posément avec la servante de la pluie, du beau temps, et des ragots de Hautjardin. Par exemple du fait que Lady Aliénor et Lord Tristan soient mariés, beau mariage vraiment, et cette rumeur, oh certainement infondée, bien sûr, selon laquelle Lord Tristan aurait troussé une fille de cuisine à peine trois heures après sa nuit de noces … Mais bien évidemment une rumeur, lady Aliénor Tyrell n'aurait certainement jamais laissé son nouvel époux agir ainsi avec elle à son bras, désormais. Tya en aurait hurlé d’indignation. Comment ce sale type osait-il déshonorer sa sœur ainsi ?! S’il avait eu Tya comme épouse, cela ne se serait pas passé comme ça. Elle l’aurait coincé devant toute la cour pour lui signifier on ne peut plus bruyamment sa désapprobation, quitte à prendre la réputation d’une lionne hystérique qui, au moins, ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mais elle ne pouvait pas faire ça à la place de sa sœur, aussi irait-elle donner quelques conseils à Aliénor avant de repartir pour Accalmie. Non, pour Port-Réal. Elle n’avait aucune envie de partir pour cette capitale, aussi fétide qu’insalubre. Elle préférait la douceur d’Accalmie ou encore la rugosité de Castral Roc, qui lui manquait beaucoup. Quand elle se leva, vêtue de sa robe jaune et noire de Baratheon, ses bracelets cliquetèrent en cœur. Donnant son congé à la servante avec un sourire et des remerciements chaleureux, Tya sortit de la chambre pour se diriger vers l’extérieur. Aussitôt, le garde en faction devant la porte lui emboîta le pas sans que cela n’émeuve la noble, qui ralentit tout de même le pas afin qu’il puisse rester à sa hauteur. Elle sentit vaguement que, derrière elle, le garde souriait, amusé par autant de sollicitude de sa part, alors que c’était elle qui devait normalement l’attirer, la sollicitude.

Ce garde, Tya le connaissait depuis qu’elle était jeune. Elle avait trois ans la première fois qu’elle l’avait rencontré, et elle eut une dette envers lui. Elle était sortie avec ses frères et avait réussi à se perdre dans les bas quartiers de Castral Roc, là où les Lannister ne font pas l’unanimité du tout. Le garçonnet, de treize ans plus vieux qu’elle, avait débarqué avec un bâton, et vif comme un danseur d’eau, il avait envoyé les mendiants au tapis, avant de la raccompagner au Roc, où le Lion Gris se faisait un souci monstre pour sa seule fille. Elle s’était tournée face à lui, royale dans sa tenue déchirée. « J’ai une dette envers toi, et un Lannister paye toujours ses dettes. Que veux-tu ? » Elle s’attendait à ce qu’il lui demande de l’or, de quoi survivre, et Tya lui aurait donné, car, comme elle l’avait dit, un Lannister paye toujours ses dettes. Mais non. « Mademoiselle, je veux entrer dans votre garde rapprochée. » Tya avait souri, et avait très sérieusement mené le garçon devant ses parents, où il avait réitéré son souhait. A contrecoeur, le Lion Gris avait laissé l’adolescent entrer au château et suivre l’entraînement des gardes, puis il l’avait assigné à la protection de sa fille, selon la dette ayant été prononcée. Il lui avait dit s’appeler Gabin. « Gabin tout court, Milady. », avait-il ajouté avec un sourire quand la demoiselle de douze ans avait demandé un nom de famille. Des années plus tard, Gabin était encore là, la suivant comme son ombre, fidèle à sa parole. Gabin sur ses talons, Tya quitta le château pour marcher dans le jardin, le traverser pour atteindre ce qui tenait lieu de grande salle. Elle espérait y trouver son frère, et un peu à grignoter aussi. Cependant, quand elle s’approcha de la nourriture, l’odeur la prit à la gorge et elle préféra s’éloigner prudemment, et tourner les talons vers la sortie, histoire d’y chercher son frère Tybolt, avec qui elle devait s’entretenir de sujets graves. Et plus graves que les soucis d’Aliénor, même si ça lui faisait mal de l’avouer. Elle le trouva rapidement, alors qu’il traversait un couloir, l’air tourmenté. Hésitant à le héler dans les couloirs – elle n’était pas à Castral Roc, mieux valait rester toujours correcte – elle accéléra l’allure pour s’approcher de lui et lui attraper le bras avec un sourire.

« Tybolt, mon cher frère, tu tombes bien. Je voulais te parler, enfin, te consulter pour le nom de mon bébé à naître. J’aimerais te soumettre quelques noms si tu veux bien. »

Par avance, elle entendait Tybolt râler intérieurement. Qu’est-ce qu’elle vient l’embêter avec ses histoires de bonne femme, il a une guerre sur le feu, des alliances à préparer, des alliés à caresser dans le sens du poil, tout ça quoi ! Elle serra son bras autour du sien pour l’empêcher de se dégager sèchement, et l’entraîna vers la roseraie de la maison Tyrell, roseraie qui faisait par ailleurs sa fierté et sa réputation. Mais si Tya emmenait son frère ici, c’est surtout parce qu’elle savait très bien, pour avoir candidement questionné les Tyrell, que cet endroit était comme qui dirait ouvert aux quatre vents. Il n’y avait que des vitres transparentes, et le chant des oiseaux camouflait le bruit des conversations. De fait qu’on voyait arriver les gens de loin et qu’on pouvait très vite changer de conversation pour passer de l’important à l’anodin, en avait déduit la Baratheon dans son esprit implacablement méthodique.

« As-tu vu ces roses ? Elles sont superbes. Lady Jeanne m’a dit que la serre était toute en verre pour que les roses profitent du soleil mais évitent la pluie. Et puis, les simples humains peuvent ainsi profiter de la vue ! »

Nonchalamment, Tya se tourna vers son garde personnel, qui comprit l’ordre implicite. Il salua brièvement de la tête, et tourna les talons pour faire un petit tour dans la roseraie. Tybolt la protègerait, si danger il y avait, quoique Tya doutait du fait qu’il y ait danger chez les Tyrell. Après tout, une alliance venait d’être conclue par le mariage de Tristan et Aliénor, les Tyrell seraient fort stupides de se mettre les Lannister – et les Baratheon – à dos d’un seul coup, et sans raison. Tya ne lâcha pas le bras de son frère, reprenant sa marche parmi les roses sans leur accorder le moindre regard.

« Si tu crois que je suis venue te parler de mes histoires de bonne femme, tu te trompes. De même que je n’évoquerais pas le mariage d’Aliénor avec Tristan, même si savoir ma petite sœur mariée à un chien de cet espèce ne me plaît guère. Mais bon, ce sacrifice était nécessaire, je le conçois, alors passons. »

Elle avait adopté le ton calme et plat des Lannister, et son visage était l’impassibilité même. Au contraire de sa petite sœur Aliénor, Tya avait rapidement intégré les préceptes Lannister. Rester impassible, toujours, pour ne pas laisser les autres trouver une prise où s’accrocher pour fissurer l’équilibre. Si elle agissait pareil avec Tybolt, c’était pour que les voyeurs éventuels ne comprennent pas qu’ils parlaient d’un sujet important et que cela n’alerte pas d’éventuels espions. Sans lever la tête vers lui, elle reprit la parole, toujours aussi monocorde.

« Je connais tes projets, Tybolt. Et je les approuve. Les Targaryen ne sont plus rois par la force de leurs dragons, mais parce que les Sept Couronnes acceptent tacitement qu’ils gardent le Trône de Fer. Il y a à Port-Réal de fortes dissensions entre les Targaryen et la Main du Roi, Brynden Rivers. Le Freuxsanglant s’en sort tellement mal qu’il a nommé lord Maekar Targaryen en tant que commandant des armées. Et le prince Maekar est venu à Accalmie il y a quelques mois pour demander à Gowen de l’accompagner à Port-Réal afin d’avoir sur place une force pour pouvoir s’opposer à la Main du Roi, et récupérer le trône au profit des Targaryen, faire un changement radical de politique, aider les opprimés, enfin tu connais le refrain, père nous l’a assez seriné comme cela. »

Tya se tut un court instant, histoire de reprendre son souffle, et reprit sur le même ton plat.

« Quand les choses seront retombées à Hautjardin, Gowen et moi repartirons à Port-Réal, et ce pour de longs mois, je le crains, car la vie politique du royaume est là-bas. Quelle idée de rassembler le pouvoir dans un endroit pareil, tout de même, il y a plus agréable que Port-Réal pour vivre. C’est dommage, j’ai beaucoup aimé te revoir, tu sais, ça m’a rappelé l’époque où nous étions enfants, à Castral Roc, et où tu jouais au seigneur avec ton épée de bois et une casserole sur la tête. Je pense t’envoyer de nombreux corbeaux, pour prendre de tes nouvelles, des nouvelles de lady Maura, et t’informer de l’avancée de ma grossesse. Vivement qu’elle soit finie d’aileurs. »

Alors, enfin, Tya leva le regard vers son frère. Les prunelles saphir de la dame de la maison Baratheon croisèrent les prunelles azur du seigneur de Castral Roc, et elle aventura un sourire cordial, comme s’ils évoquaient le bon vieux temps. Mais en réalité, Tya venait, ni plus ni moins, de lui offrir un espion à Port-Réal, quelqu’un au fait des conversations des seigneurs et des puissants, et qui serait de plus considérée comme l’alliée de la famille royale. Et si elle se faisait prendre, eh bien, ma foi, elle codait si bien ses lettres qu’elle ferait croire que, s’acclimatant mal à la vie à Port-Réal, elle s’en ouvrait à son frère resté à Castral Roc, son fief d’origine.


Dernière édition par Tya Baratheon le Sam 5 Mai 2012 - 14:25, édité 3 fois
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Message Ven 4 Mai 2012 - 11:53

Tybolt avait, et ce malgré la mauvaise volonté qu'il affichait, cru dans son for intérieur les dires de son épouse sur la beauté et le confort de HautJardin. Confort qui devait reléguer bien bas celui de la citadelle troglodyte des Lannister. Et bien qu'il dû admettre que la forteresse Tyrell avait un certain charme voir un romantisme à nul autre pareil, leur appartement, tout le moins celui qu'on leur avait assigné n'avait rien de particulier. En fait et pour dire vrai, Tybolt Lannister ne s'y sentait pas à l'aise. Aucun moyen de savoir si un quelconque passage secret ou une pièce dérobée aurait permis à leur hôte d'espionner leur dire... Peut être n'était-ce là que la contre partie d'avoir au Roc tout un réseau de passages secrets qui le poussait à penser de la sorte. Ne devenait-on pas plus méfiant lorsqu'on baignait soi même dans une ambiance de faux semblants permanents. Il avait donc passé chaque recoin de leur dépendance au peigne fin, aidé par ses pages afin de découvrir tout appareillage ou passage dérobé mais rien n'y avait fait et si les Tyrell disposaient de moyen pour espionner leurs invités il n'avait su les mettre à jour. De fait et bien que rien n'est pu conforter ses doutes, il ne s'en entretenait pas moins avec Maura qu'à mots couverts et à voix basse lorsqu'il s'agissait d'évoquer ses projets et interrogations. Soyez éduqué dans l'art du complot et de la manipulation et la méfiance voir la paranoïa deviendra alors tout aussi naturelle que d'assurer ses pas sur un sol glissant. Un simple mécanisme mental visant à sa propre préservation. Et que dire de ne pouvoir faire rugir ces murs d'éclats de voix au risque de se voir juger par les nobles présents. Décidément Tybolt n'aimait pas être ainsi loin de sa citadelle et devoir se soumettre aux dictats des comportements admis. Néanmoins il se savait d'ores et déjà jugé par la plupart, ne serait-ce que par l'influence et la richesse inhérentes à ses noms et titres, rien ne servait dès lors d'ajouter aux certitudes de ses pairs en se donnant en spectacle.

Le mariage était enfin prononcé et il ne lui restait que peu de temps avant de devoir rejoindre Castral Roc et l'Ouest. Peu de temps pour mettre en place ses projets avant de reprendre la route, ainsi chaque moment avait son importance. C'est donc dès avant l'aube que son page personnel vînt le tirer de son sommeil. Allongé de son coté, éloigné de Maura qui depuis peu ne supportait que très mal de dormir autrement que sans "entraves" amoureuses. Trop chaud disait-elle. Le seigneur ouvrit un œil lorsque le jeune garçon posa une main sur son épaule. Il se retourna alors pour demeurer encore quelques instants sur le dos et laisser ainsi son esprit s'éveiller complètement avant de se tirer de ce matelas trop mou et profond à son goût. Le jeune Lion n'en était qu'à la moitié de ses ablutions lorsqu'un coup d’œil l'informa que sa place dans le lit conjugale avait d'ores et déjà été annexée aux terres de son épouse qui disposait désormais de toute la place possible. Il sourit avec tendresse avant de finir de se préparer. Elle au moins semblait apprécier le confort de HautJardin et cela suffisait au bonheur de son époux. Il savait du reste que la jeune femme avait fort à faire dans ses journées où il lui fallait affronter l'armada Tyrell sur trois générations ainsi que ses propres sœurs ne faisant, semblait-il tout le moins, rien pour lui faciliter la tâche. Ce n'est donc pas sans une fierté certaine qu'il observa encore un moment son aimée prendre du repos, pour elle ainsi que pour leur enfant à naitre. Puis après avoir déposé un dernier baiser sur le front de cette dernière et s'être assuré qu'on ne la dérange pas sans prétexte valable, il prit enfin le chemin de la rookerie où il savait qu'une missive de mestre Vyman l'attendait pour lui faire le rapport dans le détail de ce qu'il se passait dans l'Ouest et à Port-Lannis en particulier.

Cela aussi n'était pas pour lui plaire, devoir se méfier, aller à la réception des corbeaux pour être certain qu'aucune main étrangère ne vienne prendre les messages importants lui étant destinés. Il se doutait bien évidemment que Leo ne tenterait pas de telles manipulations, mais il avait tout aussi été certain que ses propres vassaux n'agiraient pas contre la maison du Lion, ou tout le moins pas au profit des Fer-Nés, que si trahison il devait y avoir ce serait dans un but égoïste et non pas pour profiter à une maison comme les Greyjoy. Or tout laissait désormais à penser qu'un de ses propres vassaux, un homme s'étant engagé sur l'honneur envers lui, sa maison et l'Ouest tout entier, œuvrait désormais pour un tout autre seigneur. Ainsi était donc né la défiance de Tybolt envers tout à chacun, quiconque ne portant pas le nom Lannister ou l'intérêt de la maison au Lion au dessus du reste. Les nouvelles du Roc ne furent cependant pas aussi mauvaise qu'il l'aurait pensé, à trop vouloir s'investir partout on en finit par se croire indispensable et le mestre rouge semblait, à l'étonnement de son seigneur, maitriser la situation. Le démantèlement du camp de réfugier aux abords de Port-Lannis était en court et les paysans allaient pouvoir retrouver leurs terres avant la venue de l'hiver, tout du moins pour la plupart. Ceux qui auraient vu leurs possessions pillées ou détruites pourraient alors revenir au Roc pour y recevoir compensation du moment qu'ils pourraient prouver leurs pertes. Moins engageantes étaient les nouvelles des chantiers navales qui allaient demander plus de travail qu'originellement prévu. Mais au moins les pieux que le jeune seigneur avait omis de faire planter le long des côtes de la ville étaient désormais en place et il serait alors impossible aux boutres Fer-Nés d'accoster comme ils avaient pu le faire lors de l'offensive.

Rejoint par Gerold peu de temps après avoir envoyé réponses et indications à son mestre, Tybolt passa le reste de la matinée à mettre en place un argumentaire construit et structuré pour amener Lord Leo et Lord Jasper à épouser sa cause. Le cadet Lannister semblait penser qu'il faudrait aussi s'attendre à voir la vieille Tyrell prendre part aux tractations et lui comme Tybolt était venu à la conclusion qu'il ne faudrait dès lors pas hésiter à faire intervenir Maura dans les discussions. Peut être même l'y faire participer activement si jamais Lady Amelia venait à être présente elle aussi dans la réunion entre suzerains qui se dessinait. Le repas fut expédié en hâte cependant, le jeune seigneur n'ayant pas le temps de s'appesantir sur les mets proposés par les cuisiniers de HautJardin, d'autant qu'on était bien loin de ce qu'il pouvait apprécier en terme de repas. Les Bieffois mangeaient richement et une bonne partie de leurs produits issus de l'agriculture de leurs paysans ne plaisaient que très moyennement au jeune Lion plus habitué aux produits de la mer et aux saveurs acides des agrumes importés du sud. C'est en quittant seul la salle des banquets qu'il fut rejoint par Tya, Baratheon désormais bien qu'à l'inverse de Aliénor qu'il sentait prompt à épouser le mode de pensée Tyrell, il sache l'ainée des deux sœurs toujours Lannister de cœur et d'âme. Le bras prit au piège affectueux de sa jeune soeur il se laissa mener non sans quelques regrets par la jeune femme, l'idée de discourir sur le nom à donner à l'enfant de Gowen Baratheon ne l’enchantait absolument pas. D'autant qu'il n'avait même pas pensé au nom qu'il donnerait lui même à son propre enfant à naitre. Mais la volonté de ses sœurs valant celles des Dieux à son sens, il suivit néanmoins Tya là où elle voulait bien le mener. Il débouchèrent donc dans la roseraie Tyrell, un couple coiffé d'or parmi les fleurs.

Une fois les observations inutiles sur la structure même du bâtiment Tya en vînt enfin au but de cet aparté. Il n'écouta tout d'abord que d'une oreille très distraite les remontrances sur le mariage d'Aliénor et le comportement de ser Tristan. Il était certainement le premier à ne pas apprécier toute cette histoire et certainement le plus mortifié par les sacrifices que la plus jeune des lionnes devait subir pour l'intérêt supérieur de l'Ouest mais tout ceci était nécessaire. Tout comme il lui faudrait avaler encore bien des couleuvres plus tard pour joindre à sa cause Arryn et Tyrell. La suite par contre éveilla un intérêt bien plus grand chez le Bouclier de Port-Lannis. Ainsi donc Maekar était tout aussi ambitieux que la rumeur le voulait. Ces informations étaient bien parvenus jusque dans l'Ouest mais avec Freuxsanglant rien ne pouvait être certain et il valait mieux prendre l'information à la source la plus fiable possible. Seulement cette nouvelle tout aussi positive qu'elle puisse sembler n'en était pas moins une estafilade dans la conception à long terme du jeune seigneur. Avec Aerys ils avaient un roi absent et peu concerné pour ne pas dire pas concerné du tout. Avec Maekar ce serait une toute autre affaire... ce pourrait même être une très mauvaise affaire et si un Lannister savait reconnaitre quelque chose c'était bien cela. De fait et s'il voulait que cette triple alliance ait un sens, Aerys était le plus accommodant des rois, il ne fallait absolument pas qu'un homme tel que Maekar parvienne à prendre le pouvoir. Certes ils seraient débarrassés du borgne albinos mais qu'en serait-il alors ? Non... un roi même mauvais mais prévisible valait mieux que l'hypothétique et l'incertitude. Il resta cependant silencieux jusqu'à ce que Tya en ait terminé et qu'elle lui expose son offre, à savoir l'informer de ce qu'il se passerait autour de Maekar et du Conseil Restreint en général.

Se tournant alors vers la jeune femme, il lui sourit avec toute la franchise dont il était capable. Comme un frère et une sœur partageant les souvenirs nostalgiques d'une enfance passée ensemble mais que la vie a éloigné.
J'ai moi aussi eu grand plaisir à te revoir, ma douce Tya. Et te savoir heureuse avec ton époux me rassure grandement. Je ne pouvais espérer mieux pour toi. D'autant que l'enfant que tu portes montre la bénédiction faite par les Sept sur cette union. Dit-il en posant une main affectueuse sur le ventre de la jeune femme. J'ai bien entendu ce que tu m'as dis. Et bien que je ne partage pas forcément les mêmes attentes que tu sembles avoir sur les évènements à venir. Je serai pour le moins ravi de recevoir régulièrement de tes nouvelles tout comme je le sais, Maura qui pourrait bien, sous peu et si les Sept nous offre les même bénédiction qu'à vous, avoir besoin de conseils que ton expérience actuelle pourra lui offrir. Ces paroles l'amenèrent à imaginer sa douce ronde comme pouvait l'être Tya en ce moment et loin de l'incommoder, cette vision lui fut agréable. Il redoutait cependant les sautes d'humeur et autres crises qui pourraient accompagner une telle évolution. Son épouse n'étant pas en temps normal la plus facile à vivre qui soit, il n'osait penser à ce que les prochains mois allait lui offrir. Se levant pour faire mine d'observer un pied de rosier il continua de parler sur le même ton. J'entends donc bien ce que tu penses et dis ma sœur, mais qu'en est-il de ton époux ? T'es-tu ouverte à Gowen sur ce point ? Mais plus encore quel est le point de vue de Lyonel sur tous ces évènements ? Avoir une pseudo espionne proche de Maekar lui était profitable certes. Mais Tybolt comptait tout autant en apprendre plus sur les intentions et la position de Lord Lyonel quant à la tournure de la situation et savoir s'il pouvait avoir à Accalmie, le moment venu un potentiel allié. D'autant qu'il était très conscient le temps passant que la réputation dont lui même jouissait n'avait rien pour le rendre sympathique aux yeux des autres suzerains. Il y avait bien Beron qui semblait voir à l'Ouest un potentiel allié, mais il ne s'agissait là que des actes pour le moins désespérés d'un seigneur face à une guerre qu'il ne savait pas par quel bout prendre.
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Message Dim 6 Mai 2012 - 16:15

Tybolt ne l’écoutait que distraitement, surprenant sa jeune sœur, plus habituée à le voir comprendre sans sourciller les phrases sous-jacentes plutôt que de planer au-dessus tel un oiseau. Pourtant ce qu’elle lui disait ne brillait pas par sa difficulté. Par mots détournés et avec un ton guilleret ne lui ressemblant guère, Tya expliquait à son frère que le verre leur permettrait de voir arriver les gens de loin, et que si le chant des oiseaux avait comme mérite d’être ravissant et harmonieux, il avait aussi celui, bien plus utile, de camoufler leur conversation aux oreilles indélicates et indiscrètes. Tya, une fois un temps de surprise, décida de passer outre le comportement étrange de son frère aîné. Il devait être très occupé, entre Maura, les Tyrell, les Arryn, Castral Roc à gérer, en plus de Gerold, et son habituelle paranoïa très lionne, paranoïa dont Tya elle-même pourvue, bien qu’à plus faible degré. Evidemment, une fois dans ses appartements à Hautjardin, Tya avait attendu le départ de son époux, trop Baratheon pour comprendre sa méfiance prudente, pour faire le tour de toutes les pièces avec une chandelle, tâter les murs, les tapis, pour trouver la moindre faille, le moindre courant d’air. Elle n’avait rien trouvé. Soit les Tyrell protégeaient fort bien leur château, soit il n’y avait pas l’ombre d’un passage secret. Tya Baratheon aurait accepté dans protester ce dernier point, mais Tya Lannister ne l’avalait pas si facilement. Elle avait donc contrôlé soigneusement ses propos, et c’était actuellement la première fois qu’elle parlait politique à Hautjardin. Tybolt aussi devait faire attention, lui qui marchait sur des pavés glissants avec ses histoires de triple alliance pour avoir plus d’indépendance vis-à-vis de la Couronne. Les Targaryen risquaient de ne pas du tout apprécier cela, de voir leur plus riche vassal se démarquer d’eux pour ne pas dépendre d’eux. Oh certes ils ne feraient rien. Aerys Targaryen préférait ses livres à ses devoirs, Aelinor Targaryen ne pouvait rien faire, et le Freuxsanglant avait, semblerait-il, des affaires autrement plus urgentes à régler que l’assurance de la survie et de la loyauté de ses vassaux.

Mais son frère changea vite d’attitude, quand elle commença à évoquer la véritable raison de sa visite. Il ne semblait pas forcément d’accord avec ses dires, mais les respectait toutefois. Tya ne connaissait pas ses motivations, mais elle-même avait des idées tranchées sur la question, selon quoi les Targaryen n’étaient sur le trône que parce que les autres maisons acceptaient ce fait. Ils n’avaient plus de dragons pour motiver la peur, juste leur réputation de fils de dragon, qui semblait suffire, mais pas pour elle. Ils s’arrêtèrent devant un pied de roses à la blancheur éclatante et immaculée, et avec un sourire attendri, Tybolt lui signifia qu’il avait eu grand plaisir à la revoir, tout en posant une main sur son ventre rond de femme enceinte. Tya sourit aussi en sentant son petit rejeton remuer sous la pression de la main du Bouclier de Port-Lannis. Ce dernier, par ailleurs, ne partageait pas les mêmes attentes qu’elle vis-à-vis de la triple alliance qu’il formait, mais aurait grand plaisir à recevoir des lettres régulières de sa sœur, tout comme lady Maura, qui pourrait bien être touchée par la grâce des Sept sous peu, comme Tya avant elle. Réjouie, la dame de la maison Baratheon esquissa un grand sourire pour manifester sa joie de savoir sa belle-sœur Maura sur les voies de l’enfantement. Sans le savoir, Tya eut la même image que Tybolt dans sa tête, Maura ronde par les faits de la grossesse. L’un et l’autre allaient en baver sévèrement. Maura n’était pas connu pour son caractère emporté, mais surtout comme une femme assez froide et méprisante, la grossesse la rendrait encore plus exaspérante qu’actuellement, tout comme elle rendait Tya aussi coupante que le fil d’un poignard particulièrement bien acéré. Tybolt devrait, comme Gowen pour elle, faire face aux sautes d’humeur de son épouse, et Maura découvrirait à son plus grand dam qu’elle ne pourrait plus monter à cheval jusqu’à ce qu’elle ait accouché. Si, comme Tya, elle était adepte des longues chevauchées, elle allait vraiment détester ça … Heureusement qu’elle ne vivait plus à Castral Roc, les prises de bec risquaient d’être épiques.

« Ce sera avec plaisir, tu le sais bien, que je vous conseillerai tous deux, si jamais il s’avérait que la dame du Roc tombait enceinte. » Elle esquissa un léger sourire amusé avant de poursuivre. « Si tu constates qu’elle a des sautes d’humeur, qu’elle est plus émotive qu’auparavant, qu’elle réagit mal au froid et à la chaleur, qu’elle a de fréquentes nausées et qu’elle se plaint de mauvaises odeurs émanant de la nourriture ou d’ailleurs … Alors elle est certainement enceinte. » Ce qui était vrai. Tout cela était arrivé à Tya, qui avait commencé par se plaindre de l’odeur trop forte de la viande, juste avant ses nausées. Gowen devait, parfois, la prendre avec des pincettes, et si cela l’irritait énormément, il n’en montrait rien, se montrant bien plus mère poule couveuse que mari exaspéré par les sautes d’humeur de sa jeune femme enceinte. « Dernier petit conseil, il te faudra tempérer ton caractère, ainsi que celui de Gerold. Les femmes enceintes n’aiment pas être contredites, et pire que cela, elles n’aiment pas qu’on leur prouve qu’elles ont tort. Si elle décide de te bouder, gare ! Evite de te la mettre à dos ! »

Voilà qui n’était point trop réjouissant. Si elle avait voulu inquiéter Tybolt, déjà fort pris par sa triple alliance et la méfiance que ses pairs semblaient lui porter, elle avait assez bien réussi. Elle aurait pu se rattraper vivement pour lui dire que c’était également beaucoup de bonheur, pour une femme, de sentir la vie grandir en elle. Mais ils le découvriraient bien assez tôt, tous deux, ce qu’avoir un enfant signifiait. Tybolt reprit, lui disant qu’il entendait bien ce qu’elle pensait et disait, tout en acceptant de manière sous-jacente qu’elle le tienne au courant des actions se déroulant au Donjon Rouge. Mais qu’en était-il de son époux ? Et de Lyonel Baratheon, l’Orage Moqueur des Sept Couronnes ? Ah, nous y voilà, Tybolt voulait qu’elle lui brosse un portrait détaillé de la situation à Accalmie, et aussi qu’elle lui dise si, oui ou non, les Baratheon pourraient être tentés par la triple alliance – qui deviendrait par ailleurs la quadruple alliance – qui leur apporterait un peu plus d’indépendance vis-à-vis du Trône de Fer et de l’homme assis dessus, la Main du Roi Brynden Rivers. Tya s’assit sur un banc avec prudence, lissant ses jupes du plat des mains, avant de les appuyer sur le banc de pierre, non sans laisser une main sur son ventre. Simple précaution, elle se sentait plus rassurée ainsi, étrangement. Elle s’exécuta posément, disant à son frère ce qu’il voulait savoir. Sauf qu’elle ne s’aviserait pas de parler au nom de Lyonel Baratheon. Elle allait lui dresser un portrait de la situation politique de l’Orage et laisser Tybolt décider s’il allait tendre la main aux Baratheon pour assurer un peu plus ses alliances. Très ingénument, Tya pencha la tête sur le côté, laissant ses cheveux dorés tomber sur son épaule. De loin, elle semblait admirer les fleurs immaculées. Il serait difficile de se douter qu’ils parlaient politique.

« L’état des récoltes des Terres de l’Orage ne doit pas être bien différente des autres, mais Accalmie doit nourrir les bateaux mouillant dans ses ports. Or, chaque barrique de vin qu’ils emportent, chaque caisse de viande ou de poisson qu’ils emportent, c’est une caisse ou une barrique de moins pour nourrir la population. Or, cela pèse sur les finances d’Accalmie, les prix flambant à cause de la guerre contre les fer-nés. » Tya se tut et eut une moue dubitative. « Oh bien sûr, la Couronne nous dédommage, mais en papiers signés et tamponnés de sceaux. Ce ne sont pas des papiers qui convaincront nos gens que nous sommes riches, cela n’a jamais remplacé une poignée de dragons sonnants et trébuchants, comme tu le sais bien. » Elle se tut à nouveau. « Gowen a instauré une taxe de mouillage pour remplir un peu la trésorerie, mais lui comme moi savons qu’elle est ridiculement basse, pour ne pas favoriser la contrebande. C’est regrettable de devoir en arriver là quand la Couronne est pleine de dragons d’or, qui nous aideraient bien plus que des taxes et des rationnements. » Parce qu’avec tout ça, elle avait failli omettre de lui parler du rationnement en vigueur. Aussi reprit-elle immédiatement, avec une moue réprobatrice. « Ah oui, parce qu’Accalmie se rationne afin de nourrir tout le monde. Pour la roture, une pomme ou un oignon par personne, et il y a de plus en plus de main d’œuvre dans les marais salants, les gens étant attirés par la pitance journalière et les deux sous. »

Tya releva la tête pour fixer son frère. Elle laissa un court silence s’éterniser entre eux deux, et reprit la parole une nouvelle fois, plus prudente, mais toujours aussi directe. Normal, pour une Lannister, n’est-ce pas ?

« Si tu veux t’attirer les grâces de l’Orage, l’or sera très apprécié. Cela ne sera pas un problème, on dit bien riche comme un Lannister, après tout. Mais, plus que les dragons d’or, de la nourriture ôterait du poids aux épaules des Baratheon, qui se démènent pour en trouver toujours plus afin de nourrir le peuple. » Tybolt n’avait certainement pas besoin de ses conseils, mais en tant que dame des terres de l’Orage, où elle avait passé quelques longues années avec les Baratheon et les privations dues à la guerre, elle ne pouvait s’empêcher de lui dire quoi faire. « C’est ce que le prince Maekar a fait. Il a offert de la nourriture à Accalmie avant de demander à Gowen de l’accompagner à Port-Réal. Je ne sais pas ce que lord Lyonel en pense, mais Gowen semble être arrêté sur ses idées chevaleresques. Je suis prête à te parier que le prince Maekar l’a caressé dans le sens du poil, en lui rappelant tous ces bons moments passés avec le prince Baelor à Port-Réal. » Nouveau silence, nouveau sourire. « Et puis, je suis ta sœur. Toutes ces alliances se sont conclues par des mariages. Tu as épousé une Arryn, tu as envoyé Aliénor chez les Tyrell, tu pourrais leur faire miroiter cette indépendance en leur rappelant que feu notre père a envoyé une Lannister chez eux. Si en plus, tu leur fais miroiter l’or des Lannister … »

Tya avait bien renseigné son frère sur l’Orage. Cela pouvait passer pour une trahison, ou autre, mais elle s’en fichait. Pour elle, cela était une discussion normale entre un frère et une sœur, séparés par le mariage et les affres de la guerre.

« Et dans l’Ouest, comment se déroule la guerre ? J’ai ouï dire que le Freuxsanglant a annoncé offrir une prime à quiconque s’engagerait en mercenaire pour protéger l’Ouest et y survivrait … C’est vrai ? »


Dernière édition par Tya Baratheon le Ven 25 Mai 2012 - 20:17, édité 1 fois
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Message Mar 8 Mai 2012 - 19:05

Toujours le regard perdu dans la contemplation du rosier, Tybolt ne perdait pas un mot de ce que disait sa jeune sœur tout à la fois sur le probable changement de caractère de Maura mais plus encore sur la situation actuelle dans les Terres de l'Orage. Il ne put réprimer un large sourire lorsque Tya parla du fait qu'une femme enceinte ne supporte pas la contradiction ou qu'on lui démontre qu'elle ait tort. Elle lui décrivait en réalité son épouse en temps normal, ou alors Maura avait été enceinte depuis leur première rencontre alors même qu'elle n'avait jamais connu la compagnie masculine. Bien qu'il faille au jeune Lion accorder ceci à son épouse que celle-ci ne boudait que rarement mais préférait nettement faire rugir les murs du Roc. Son sourire disparut cependant bien vite à l'énoncé des turpitudes des Terres de l'Orage. Le descriptif fait par sa jeune sœur montrait une situation bien plus grave que ce à quoi il s'était attendu. Comment l'Orage Moqueur pouvait bien s'y être prit pour en arriver là ? ! Le fait de devoir subvenir aux besoins de la flotte royale expliquait une partie de cela mais ne pouvait pas tout expliquer. L'Ouest lui même avec la guerre à ses portes, très littéralement, s'en sortait mieux et ce malgré le fait que Tybolt ait dû faire réfugier ses paysans dans les villes fortifiées... Il se retourna donc délaissant le rosier pour observer sa sœur pendant qu'elle continuait son descriptif. Restant impassible cependant il dû faire un effort lorsqu'elle lui révéla qu'Accalmie devait se rationner pour pouvoir nourrir son peuple. Lyonel... Lyonel... pensa-t-il, comment par l’Étranger, as-tu pu laisser les choses se détériorer de la sorte ? Puis vînt le coup de grâce. L'Orage se contentait donc de promesses quant au paiement des denrées offertes au Trône. Pour le Bouclier de Port-Lannis tout cela n'avait pas plus de sens que d'aller au combat le torse nu et les mains vides.

Il s'assit de nouveau aux cotés de Tya lorsqu'elle entreprit de lui exposer sa vision de ce qui ferait des Baratheon des alliés plus fidèles qu'à l'heure actuelle. Il expira en riant à moitié lorsqu'elle émit l'idée que L'ouest pourrait faire parvenir de la nourriture à l'Orage. Lui même avait du mal à nourrir son propre peuple, si bien qu'il allait lui falloir négocier l'importation de denrées avec Lord Leo et peut être même Lord Tully, encore qu'il doute que cet enfant puisse prendre une quelconque décision en l'absence de Dame sa mère. Ce n'était pas pour rien qu'il avait donné les ordres afin que les réfugiés soient renvoyé sur leur terre, il se savait dans l'incapacité de nourrir Port-Lannis ainsi que tous les hommes et femmes des côtes. De l'or... oui de ça au moins Castral Roc n'en manquait pas, mais c'était aussi pour ne pas le semer aux quatre vents que la maison au Lion savait rester la plus riche des Sept Couronnes. De fait tout cela demanderait des tractations et arrangements entre Tybolt et Lord Lyonel lui même. Il saisit bien l'offre sous-jacente de Tya visant à faire d'Accalmie un membre supplémentaire de la future Triple Alliance qu'il s'évertuait à fonder, mais loin de partager ce point de vue, Tybolt ne voyait pas bien l'intérêt d'avoir les Baratheon dans ce qui deviendrait dès lors une quadruple alliance. Ils seraient trop nombreux, cela ne convenait pas. D'autant qu'il fallait être tout à fait honnête les Baratheon n'avaient rien à offrir. HautJardin avait l'armée du Bief et les ressources agricoles, le Val... et bien le Val était la terre de Maura. En y pensant plus avant c'était d'ailleurs la seule et unique raison qui poussait Tybolt à garder les Eyryés dans ses projets. Ça et le fait qu'il avait fallu inclure Jasper dans le secret pour cacher le mariage à Port-Réal. Cependant Tya n'avait finalement pas répondu à sa question. A aucun moment elle ne lui avait parlé de ce que Gowen pensait de sa proposition de servir d'espionne pour Lord Lannister. Se pouvait-il qu'elle ne s'en soit ouverte à son époux et manigance tout cela dans le dos de ce dernier ? Tybolt n'osait y croire, ne voulait y croire serait plus juste. Accepter une telle situation serait d'une certaine manière laisser la porte ouverte à ce que Maura puisse agir de la même manière à son égard et ça il ne voulait y croire.

Il rit de bon cœur par contre lorsque Tya parla de la promesse du Trône visant à créer une milice où chacun serait payé trois cent dragons d'or.
La guerre se passe, bien ou non cela n'a pas vraiment de sens... Une guerre ne se passe jamais bien ou mal, on la gagne ou on la perd cela ne va pas plus loin. Disons que pour le moment nous sommes en position de pouvoir la gagner. Comme disait notre père, la paix on la gagne, bien que lui même n'ait jamais gagné la moindre bataille... Il avait plus de bons mots que de bonnes stratégies quand j'y pense. Le jeune Lion rit alors de nouveau, une certaine pointe de nostalgie n'en était pas moins présente néanmoins. Depuis la bataille de Port-Lannis il avait de plus en plus pensé à son père. Il avait même parfois au cœur de la nuit envisagé se rendre dan la crypte de ses ancêtres pour "s'entretenir" avec le Lion Gris et lui parler simplement. Lui parler de ce poids qui était désormais le sien, de ce poids d'avoir sciemment fait brûler dromons et hommes pour sauver les gens de Port-Lannis, de tous ces morts sur sa conscience et qui bien qu'il sache qu'ils étaient nécessaires n'en demeuraient pas moins lourds à porter. Il ne s'en était ouvert à personne jusqu'à maintenant pas même à Maura... Sortant de sa rêverie il se tourna vers Tya. J'ai bien entendu les besoins de l'Orage et je te promets de faire ce qu'il me sera possible de faire dès après mon retour au Roc pour contacter Lord Lyonel et vous venir en aide. Seulement ma douce sœur tu ne m'as pas répondu... Qu'en est-il de Gowen par rapport à la situation des Sept Couronnes et de ce dont nous venons de convenir.
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Message Ven 25 Mai 2012 - 21:40

Tybolt ne semblait pas trop d’accord avec elle, mais cela, Tya s’y attendait. Pour lui, l’Orage n’avait absolument rien à offrir, alors que l’Ouest avait l’or, le Bief et le Val avaient les armées. La jeune Baratheon ne comptait pas perdre son temps à tenter vainement de faire changer son frère d’avis, elle-même étant complètement ralliée à la cause de l’Orage, et non pas celle de la triple alliance de son frère aîné. Que Tybolt Lannister essaye donc de s’émanciper du pouvoir royal avec ses amis Arryn et Tyrell, Tya, elle, essayait plutôt d’améliorer au mieux la condition de vie des siens. Or, pour améliorer quoi que ce soit, il faut de l’or, et les Lannister avaient l’or. Et la nature intrigante de la lionne la poussait à magouiller pour récupérer cet or pour l’Orage et les Baratheon. Quand Tybolt se rassit en parlant des bons mots d’esprits du Lion Gris, elle sourit, mélancolique. Oui, il avait toujours eu plus de facilités pour les bons mots, plus que pour les bonnes stratégies, leur paternel. Elle garda le silence, laissant parler son frère. Ce dernier lui disait avoir bien entendu ses problèmes et ceux des Terres de l’Orage, et qu’il essaierait d’agir au mieux pour tout le monde. Cependant, qu’en était-il de Gowen ? Etait-il au courant de ses petites magouilles ? Elle sourit et repiqua consciencieusement une mèche de sa chevelure derrière son oreille.

« Gowen … Eh bien, mon mari est un être pétri de chevalerie, ce qui n’est pas pour me déplaire, cela dit. » Doux, tendre, prévenant et protecteur. Mais cela, Tybolt n’avait pas à le savoir. « Il essaye avant tout de servir le royaume, et d’obtenir réparation pour les Terres de l’Orage suite à l’effort de guerre. De transformer les promesses de la couronne en véritables dragons d’or, qui nous seront bien plus utiles que des bouts de papiers signés par le grand argentier. Il se sent l’héritier de la volonté du prince Baelor d’avoir des Targaryen à la hauteur de leurs devoirs, et non de leurs droits, sur le trône de fer, vis-à-vis du royaume. » Elle haussa les épaules d’un air laconique. « Gowen et moi ne nous cachons pas beaucoup de choses, on devine, c’est très instinctif. Sachant qu’on a besoin de tous les appuis possibles, je sais qu’il verra d’un bon œil que je cherche à amorcer un rapprochement entre ma patrie d’origine et ma patrie adoptive. »

Elle se tut, portant son attention sur le rosier. Jeanne Tyrell avait raison, les verreries de Hautjardin étaient on ne peut plus splendides. Cependant, elle n’était pas ici pour parler roses, ni chiffons ou layettes, mais pour parler politique avec son frère. Or la politique devenait de plus en plus … Glissante. Avec les fer-nés d’un côté et le Freuxsanglant de l’autre, ils n’étaient pas beaucoup aidés, raison pour laquelle Gowen avait accepté de partir à Port-Réal avec le prince Maekar, nommé commandant des armées, pour lui servir en quelque sorte de gant de velours pour sa main de fer. La discrétion était de mise, et la patience aussi, surtout avec Brynden Rivers juste en face. Son regard dériva un instant vers les Terres de l’Orage, durement touchées par les affres de la guerre. Plus ou moins que les Terres de l’Ouest ? Tya n’en avait absolument aucune idée, et comparer ne l’intéressait pas. Son ambition à elle n’était pas personnelle mais collective, c’est les Baratheon qu’elle veut élever, pas seulement sa petite personne.

« Tu sais, il ne faut pas se leurrer. Un jour ou l’autre, Maekar sera roi, enfin, sauf si Aerys se rappelle brutalement ses devoirs de mari, ce dont je doute. Et les Baratheon sont très proches du prince Maekar. Le prince était l’écuyer de Lyonel et Gowen était l’écuyer de Baelor. Ca créée des liens. » Elle se tut, songeuse. « Cependant ne va pas croire que les Baratheon obéissent aveuglément aux Targaryen, loin de là. Maekar nous a donné de la nourriture en échange de la présence de mon mari à ses côtés. Le peuple des Terres de l’Orage est fier, et indépendant. Ils ne s’impliquent peut-être pas dans la politique du royaume, mais d’un côté ils ne voient pas de raisons de rallier un côté ou l’autre vu que personne ne s’intéresse à eux et ne leur propose d’aide. Cependant, offre-leur quelque chose, et ils t’aideront en retour … »

Tya se tourna à nouveau vers son frère, qui écoutait posément ce qu’elle lui disait, un vrai Lannister. En train de démêler les fils pour voir ce qu’il pourrait utiliser, certainement, un trait de caractère très Lannister qui était très prononcé chez lui, bien plus que chez elle.

« L’Orage n’a certes pas énormément de commerces, de port, et d’or. Nous avons aussi des problèmes, entre les clans dorniens des montagnes et les bannerets qui s’échauffent l’esprit. Il nous faut aussi renflouer les greniers pour l’hiver après cette longue période de sécheresse. Cependant, maintenant que la sécheresse est passé, il n’y a plus besoin de se rationner, et Lyonel exerce un parfait contrôle sur ses vassaux. Il fait aussi confiance à mon mari pour ramener l’or promis par la couronne. » Elle se tut, songeuse, avant de reprendre. « Si tu demandes officiellement de l’aide à l’Orage, ils accepteront en échange d’une aide en retour. Il y a de bons contingents de soldats, et ils ne refuseraient pas une bonne bataille, en échange d'or ou de nourriture. »

Elle tourna une nouvelle fois la tête vers la roseraie.

« Choisis selon tes intérêts, mon cher frère. Quoi que tu décides, j’essaierai de te tenir un minimum au courant des fluctuations politiques de Port-Réal. Rien n’est plus inconstant que le pouvoir, comme tu le sais. »

[ Excuse-moi pour le retard, j'ai des soucis d'inspi en ce moment. ]
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