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Aujourd'hui reine, autrefois libre.

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Message Mar 1 Mai 2012 - 23:53

Le mariage de sa sœur Aliénor avait été prononcé, et consommé. Tout le monde était peu à peu reparti, les Tully en premier, puis son frère, Tybolt Lannister. Il était prévu que les Baratheon suivent rapidement mais des maux de ventre incessants de Tya avaient retardé le départ, Gowen craignant qu’elle n’accouche prématurément s’ils se précipitaient sur la route. Ils étaient donc restés deux semaines de plus, avec la bénédiction des Tyrell, et à la plus grande joie d’Aliénor, qui ne se sentait pas très bien avec son nouveau mari, sa nouvelle maison. Mais, deux semaines plus tard, il avait bien fallu repartir, et après avoir fortement serré Aliénor dans ses bras, et lui avoir rappelé qu’une Lannister ne pleure pas, elle vainc face à l’adversité, elle était montée dans la voiture jaune et noire des Baratheon pour repartir. Mais cette fois-ci, pas à Accalmie. Non, à Port-Réal. Le prince Maekar Targaryen avait en effet mandé Gowen à Port-Réal pour asseoir son pouvoir et ramener ses propres hommes à la capitale. Comme Gowen refusait de partir sans elle, Tya avait suivi, et voilà qu’ils se retrouvaient encore en voiture, enfin, elle surtout, vu que lui pouvait aisément monter à cheval, ce qui lui était interdit du fait de sa grossesse. La route était dans un état plus que déplorable, des trous et des bosses partout, mais Tya avait tenu sa langue et verrouillé son estomac, sans pouvoir cependant s’empêcher de verdir à cause des cachots. Lyanna avait finalement eut pitié d’elle et tiré en grand les rideaux de la voiture, pour lui permettre de prendre l’air. Après deux longues semaines de voyage, du fait de la lenteur de la voiture, les Baratheon et leur garde étaient enfin arrivés à Port-Réal, et se firent mener jusqu’au Donjon Rouge, leur nouvelle maison, semblerait-il. En arrivant à Port-Réal, Tya avait tiré les rideaux, arguant qu’elle refusait de voir cette ville de près une fois de plus.

Tya détestait Port-Réal. Trop de bruit, trop de monde, trop de décadence et d’avilissement en un tel lieu … Mais, comble de l’ironie, les plus grandes décisions se prenaient ici, dans ce paradis de débauches incongrues et de putes abordables. Autant dire que Tya n’aimait pas trop ça. Quand ils traversèrent la ville, l’odeur la prit au nez et la rendit presque malade. Lyanna, face à elle, se pinça le nez fort peu cavalièrement, esquissant une grimace des plus explicites. Bon Dieu, ce que ça schlingue. En gros. La Baratheon ferma les yeux et se concentra sur le paysage qu’elle avait quitté deux semaines plus tôt. Les magnifiques jardins de la maison Tyrell, sa sœur dans sa nouvelle robe verte, ses cheveux blonds faisant une concurrence déloyale au soleil, les roseraies, l’odeur entêtante des fleurs … Mais surtout sa Aliénor, sa petite Aliénor Lannister, devenue Aliénor Tyrell après avoir épousé un noble ne valant pas mieux qu’un lapin en rut. Oh ça c’est sûr qu’elle en aurait des enfants, quatre ou cinq, si ce n’est plus. Les Tyrell auraient leur lot de petits-enfants, son frère Tybolt aurait eu ce qu’il souhaitait en envoyant Aliénor là-bas. Mais Aliénor ? Serait-elle aimée de son mari ? Léo et Jeanne Tyrell avaient l’air fort sympathiques, elle en convenait sans problèmes. Mais Tristan Tyrell ? Lâcherait-il ses gueuses pour sa sœur, l’aimerait-il et la chérirait-il ? Finalement, penser à ça lui faisait beaucoup plus mal que de savoir qu’elle devait maintenant appeler Port-Réal son foyer. Castral Roc lui manquait. Ses jardins, ses pierres brutes, la vue plongeante sur la mer et les tours vertigineuses lui manquaient horriblement. De sa chambre à Castral Roc, il y avait une grande fenêtre donnant à la fois sur la mer et la campagne. Une chose qu’elle ne retrouverait pas à Port-Réal, où la ville cernait entièrement le Donjon Rouge. Cependant ils traversèrent rapidement ce claque immonde qu’ils osaient nommer capitale de Westeros, et ce ne fut qu’au Donjon Rouge que Tya fut invitée à poser pied à terre, son époux lui tendant gracieusement le bras pour qu’elle s’y accroche. Comme si elle risquait de tomber en descendant d’une voiture, non mais sans blague. Ils furent escortés une fois de plus jusqu’à leurs appartements, et Tya remarqua avec un certain cynisme que l’obséquiosité faisait rage, à Port-Réal. Une fois la porte de leurs appartements refermés, elle s’étira avec précaution pour ne pas abîmer son ventre.

« Tu ne devrais pas faire ça en ma présence, ma mie. »

Tya rouvrit les yeux, et les posa sur son mari, dont le regard éloquent trahissait sans besoin d’explications fournies ce qu’il voulait dire par là. Tya lui répondit par un sourire espiègle, et s’avança vers lui d’une démarche de danseuse pour l’enlacer et lui coller un baiser sur les lèvres.

« Devrais-je craindre pour ma réputation, monseigneur ? »
« Si vous continuez sur cette voie, milady, je le crains. »
« Grossier personnage, on ne brutalise pas une femme enceinte. »


Avec un léger sourire, Gowen l’enlaça doucement en la serrant contre lui.

« Mais qui a dit que j’allais te brutaliser ? »

Regard de connivence entre les deux époux. Après avoir passé une main sur sa nuque, Gowen l’attira doucement vers lui pour l’embrasser, et la lionne se laissa faire. Elle serait bien allée plus loin, mais Gowen la lâcha et posa un doigt sur ses lèvres avec un sourire désolé.

« Le prince Maekar m’attend, ma mie. Je te revois ce soir au dîner ? »
« Hélas, il nous faudra bien attendre jusque-là, mon aimé. Pars donc, si le devoir t’appelle, il n'est jamais bon de faire attendre les princes. »


Après un nouveau baiser rapide, Gowen sortit de la chambre sans avoir pris le temps de se changer. C’est du propre ça tiens. Tya, elle, n’eut pas tout cet empressement. Après tout, personne ne l’attendait à Port-Réal. S’accoudant à la fenêtre, elle regarda le paysage, mélancolique. Accalmie lui manquait déjà. En quelques années, elle avait fini par considérer cette ville comme une seconde maison, même si elle aurait à jamais la mélancolie de Castral Roc. Son regard se perdit au loin, et quand elle daigna revenir au présent, elle se rendit compte qu’elle avait vue sur les jardins. Et quels jardins, ma parole. Ils étaient magnifiques. Certes, ils ne feraient jamais ombrage à ceux de Hautjardin, mais ils restaient tout de même, ma foi, magnifiques. Aussitôt, elle prit la décision de s’y promener, vu qu’elle n’avait rien de mieux à faire, les affaires politiques étant fermées aux femmes. Quelle idiotie que cette règle tacite de ne parler politique qu’entre hommes, vraiment. Après un bain rapide, où elle se débarrassa de la poussière du voyage et de l’odeur entêtante des chevaux, elle se laissa vêtir, appréciant le fait d’être enceinte qui la dispensait de porter un corset. Le corset, la torture suprême des femmes nobles, et inventé par les femmes nobles, en plus. Une robe rouge, à la fois moulante et ample, compléta sa tenue vestimentaire. Rouge et noire, d’ailleurs, pas seulement rouge. En plus des habituels bijoux, bracelets, colliers, qui agrémentaient sa peau. Seule, elle sortit de la chambre, ayant laissé à Lyanna le soin de farfouiller le château pour découvrir les secrets et les ragots. Elle-même agirait à l’identique, mais après plus de circonlocutions que l’on attendait d’elle. Elle descendit rapidement la volée de marches et traversa une aile du Donjon Rouge, souriant cordialement à ceux qui s’inclinaient obséquieusement devant elle. S’attirer une réputation de dame sympathique, c’est toujours bon à prendre, n’est-ce pas ?

Elle sortit à l’air libre, appréciant le souffle du vent dans ses cheveux d’or. Au moins le vent daignait-il ne pas leur apporter les odeurs fétides de ce cloaque tenant lieu de capitale … Elle marcha de quelques pas, souriant aux nobles qui passaient, échangeant quelques mots avec eux pour leur dire qu’en effet elle venait juste d’arriver avec son mari, qu’effectivement elle était enceinte de plusieurs mois, oui, merci, sa grossesse se porte au mieux, c’est touchant à vous de vous en inquiéter. Politesses d’usage, en somme, mais il ne sera jamais dit que Tya Baratheon ne fera pas honneur à la réputation de son blason, celui des Lannister. Fins politiciens, renards rusés, intouchables et partout à la fois. C’est ça, être un Lannister. Au bout de quelques pas, elle s’arrêta devant une haie fortement odorante, essayant de se rappeler le nom des plantes. Du chèvrefeuille. Excellentes propriétés médicales, si sa mémoire était bonne. Enfin, ça, il faudrait le demander au mestre du Donjon Rouge, qui devait le savoir bien mieux qu’elle. Puis elle fit vite prise de vertiges. Sa grossesse, ou le parfum entêtant de la haie ? Quoi qu’il en soit, elle préféra s’éloigner prudemment pour aller s’asseoir bien plus loin, sur un banc de pierre blanche qui, s’il n’avait pas le mérite d’être confortable, avait au moins celui d’être pile sous un arbre magnifique qui prodiguait une ombre bienfaisante à celui qui se tenait dessous. Elle s’y assit donc et posa une main sur son ventre rebondi en poussant un léger soupir. Quelle plaie d’être enceinte quand même. Alors qu’elle fermait les yeux un court instant pour se reposer et reprendre son souffle, une ombre s’interposa entre le soleil et elle. Pas celle de l’arbre, mais une autre, plus humaine. Tya, curieuse, ouvrit les yeux et leva la tête pour savoir qui donc s’avançait vers elle comme ça … Puis elle se redressa d’un bond, comme électrisée, pour se fendre d’une révérence gracieuse, aussi basse que son ventre le lui permettait. C’est bien, on atteint presque la décence due à une altesse royale, mais si elle se baisse plus, crac, fausse couche, alors on va éviter, tant pis pour le très faible crime de lèse-majesté. La reine Aelinor comprendrait, Tya en était sûre, qu’une femme enceinte ne peut s’incliner jusqu’au sol.

« Votre majesté … »
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Message Jeu 3 Mai 2012 - 1:15

Étrange comme les jours se succédaient. Elle n’avait pas vu les nuits et les levées de soleil puisqu’elle se tenait dans ses pensées. Ser Walter l’avait dérangé quelques fois pendant son retour. Elle avait fait halte à Hautjardin pour une affaire somme haute importante. On lui avait rapporté l’attaque sur les cotes et son arrivée bien discrète avait été presque inaperçue. Drapée d’une immense cape rouge, elle avait prit la direction de la maison des seigneurs des Roses. Elle y avait été accompagnée par l’épée blanche Ser Roland et des membres de sa propre garde. Elle avait été au fait des dernières nouvelles du Bief. Le Bief avait été touché par les festivités alors que ses voisins de l’Ouest et du Conflans avaient été touché par Lord Ravage. Aelinor aurait bien aimé être devin pour savoir qui du Bief ou du Nord allaient être la prochaine Victime.

Elle était rentrée de suite à Port-Real, au Donjon rouge. Elle ne supporterait plus de voir son frère dans ce château seul. En plus, il lui manquait et il lui tardait de revoir ses adorées princesses. Enfin, si Maekar les avait ramenées avec lui. Elle ne manquerait pas de lui faire savoir que ses petites chéries lui manquaient. Elle n’avait pas d’enfant et ceux de ses frères avaient toujours eu le droit à l’affection d’Aelinor. Le Donjon Rouge regorgeait de fantôme de la famille Targayen. Elle s’ennuyait tout simplement d’être seule. Elle avait fait une fausse couche et avait forcé l’autre. Son enfant ne cessait de la hanter chaque nuit. La mère lui avait imposé la souffrance de la mort et de sa présence dans ses songes. Un châtiment mérité.

Dans les jours qui avait suivi son retour, elle n’avait pas perdu de temps et ne l’Avait pas pris pour son frère ou encore même son neveu qui devait encore se débaucher dans les rues de Port-Real ou même à Culpucier. Elle n’avait pas la force de vouloir lui accorder ce pardon qu’elle lui avait toujours offert et si elle évitait seulement de se rendre auprès de son frère c’est pour qu’il lui fasse une remontrance du genre : je te l’Avais dit! Elle n’avait pas la force. Surtout, qu’elle avait du faire face à sa nouvelle dame de compagnie. La pauvre avait eu un petit choc en voyant le troisième prince de la famille se promener dans les couloirs du donjon rouge nu!

Aelinor ne pouvait en vouloir à la jeune enfant. Elle aussi aurait craint pour les siens. Ne craignait-elle pas pour la sécurité de Rhaegel. N’avait-elle pas peur de voir un de ses frères mourir. Un était oublié, l’autre simple d’esprit, mais le troisième et dernier n'était pas le frère qu’elle chérissait tant. Qu’elle ne supporterait pas de voir enterrer avant la fin du règne de son mari. Et pourtant, elle comprenait que certaine chose n’irait jamais comme elle le voulait. Elle était une femme et une femme se devait d’honorer son époux d’enfant et de le chérir. Aelinor n’avait pas rempli aucun deux. Enfin Aerys l’avait bien cherché. Il avait tout fait pour qu’elle le déteste amèrement. C'était certainement les pensées qui lui effleuraient l’esprit lorsqu’elle fixait sa dame de compagnie. Qui ne craignait pas pour les autres? Sur cette pensée, la reine s’était levée et avait parcourut les couloirs alors qu’elle avait congédié ses dames. Elle avait pris la direction des appartements de Rhaegel. Le prince chétif était assoupi. Aelinor referma la porte derrière elle et prit place près de son frère. Elle lui caressa les cheveux et soupirait. Pourquoi les sept le maintenaient en vie. Il souffrait et la reine souffrait pour lui.

Rhaegel ne cessait de répéter les noms des trois dragons des Targayen. Ceux qui avaient vécu à Fossedragon. Ceux chevauché par les deux sœurs et le frère. Toute petite, il lui racontait l’histoire. Elle était contre lui et l’écoutait attentivement. Elle le laissait faire. C’était une des histoires qu’il connaissait le mieux et qui aujourd’hui l’atteignait plus que jamais. Son épisode ou il voulait se faire un plan de vol avec un Meraxes. Elle ne voulait pas le torturer, mais elle ne comprenait pas pourquoi il tentait de se faire autant de mal... Au moins le mestre arrivait à le calmer. Aelinor se sentait moins perturber.

Que les sept t’épargnent le pouvoir à la mort de notre frère.

La reine fixait les tapisseries et les appartements de son ainé. Elle se rappelait d’une petite tete blonde qui courait dans les alentours et qui venait sauter sur le lit de Rhaegel. L’implorant de lui raconter une autre fois l'histoire. Parfois, elle s’endormait près de lui, fatiguée d’avoir trop joué, Elle restait près de ce frère qu’elle aimait malgré tout. Même si parfois il lui racontait des histoires effrayantes, elle se cachait dans ses bras alors qu’il ne pouvait la protéger, il n’était pas Baelor, et encore moins Maekar. Il était seulement le Prince Rhaegel Targaryen, prince de simple d’esprit. Aelinor s’en fichait quelques peu, elle l’aimait. Elle l’aurait aimé, car il n’aurait jamais cherché à lui faire du mal comme Aerys lui en faisait.

Elle le quitta, le cœur lourd parla misère de son frère. Elle voulait revoir Maekar, mais pas toute suite. Elle avait besoin de prendre l’air. Elle avait besoin de parler avec quelqu’un qui ne lui rapporterait que des mauvaises nouvelles. Elle n’avait que cela, autant s’y faire. Son esprit embué par l’état de son frère la préoccupait. Elle avait besoin de prendre l’air. Habituellement à cette heure, il n’y avait personne dans les jardins. Autant prendre sa direction. Ser Walter la suivait de loin et la reine ne faisait comme si de rien n’était. Elle se surprit à trouver une jeune femme dans les jardins du Donjon Rouge. La couleur des cheveux blonds, aussi blond que le soleil cette grossesse avancée. Il n'y avait qu’une seule personne dans cet état qu’elle connaissait et aussi noble.

Inutile de vous incliner Lady Tya. Je suis heureuse de vous revoir dans la forteresse du Donjon Rouge.

Elle invita la jeune femme de l’orage à prendre place sur le banc et la reine continua :

Je vois que votre grossesse se porte à merveille. Que la Mère veille sur vous Tya Baratheon.

La reine était sincère. Elle savait les sacrifices qu’elle avait faits pour son dernier enfant et celui qui l’avait quitté plus jeune. Les enfants restaient toujours fragiles. Elle espérait que tout se passe bien pour sa la jeune femme de Ser Gowen. Elle connaissait son frère pour se lier au Baratheon. Elle-même aimait bien cette famille.

Il y a longtemps que je ne vous ai point vu au Donjon Rouge, J'espere qu'en temps troublé vous vous portez bien. .

La dernière fois remontait à la mort de Baelor Targaryen. Un moment de douleur qu’elle préférait oublier.
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Message Sam 5 Mai 2012 - 14:16

Les jardins de Port-Réal étaient magnifiques, il fallait en convenir. Cependant, pour avoir quitté Hautjardin, Tya ne voyait ici qu’un simulacre de beauté, et force lui était d’avouer que même les jardins bruts et militaires de Castral Roc attiraient plus son regard que ce fouillis de plantes colorées et lumineuses. Tya avait le mal du pays, sans trop savoir si elle préférait rentrer à Accalmie ou à Castral Roc. De toute manière, l’un et l’autre subissaient les affres de la guerre. Castral Roc engageait ses armées contre les fer-nés, et Accalmie rationnait sa nourriture pour nourrir tout le monde, du noble au mendiant, sans échelonner les besoins de chacun. Même s’il fallait avouer que les nobles mangeaient bien mieux que les roturiers. Et dans tout ce bazar, personne, à Port-Réal, n’avait tendu la main. La Main du Roi régnait, mais on se demandait bien à quoi, tandis que les fer-nés ravageaient les côtes, faisaient des prisonniers et extorquaient des sommes faramineuses pour les demandes de rançon, quand demande de rançon il y avait. Port-Réal considérait-elle la guerre comme un fléau lointain ? Tya ne saurait le dire, n’étant pas membre du Conseil Restreint, mais tant de négligence de la part de la main du Roi la faisait frémir d’indignation. Bientôt, ils s’en trouveraient réduits au mercenariat pour protéger leurs côtes, si ce n’est pas une honte, ça ! Prise de vertiges et de nausées, Tya alla s’asseoir sur un banc de pierre, peu confortable, mais ayant pour avantage de profiter de l’ombre d’un arbre majestueux aux ramures tombantes. Non, elle détestait Port-Réal, ses intrigues pour la moindre cuillère à pot, ses courtisans mielleux, et surtout cette odeur, cette odeur putride qui montait de la ville … Un peu d’assainissement lui ferait le plus grand bien, à cette ville, tout de même ! Au moins Aliénor n’aurait pas tous ces soucis, enfin elle l’espérait. Aliénor lui manquait déjà. Passer ce mois en sa compagnie avait été doux et délicieux, elle en avait oublié les intrigues, les manigances … Enfin presque, elle avait tout de même comploté avec Tybolt pour renforcer l’Ouest sans attendre le bon vouloir de leurs majestés les Targaryen. En parlant de leurs majestés les Targaryen … Sans qu’elle ne l’ait vue arriver, la reine, Aelinor Targaryen, s’approchait d’elle. Aussitôt Tya se leva pour s’incliner protocolairement, mais pas trop, à cause de sa grossesse. La reine, loin de s’offusquer du manquement au protocole, l’invita à se relever, tout en lui signifiant qu’elle était heureuse de la revoir dans la forteresse du Donjon Rouge.

« Je remercie sa majesté pour son accueil. » Tya sourit, et se rassit prudemment à côté de la reine, vu que cette dernière venait de s’asseoir et l’invitait à en faire de même. Et de toute manière, Tya était bien mieux assise que debout, à cause de ces fichus vertiges liés à sa grossesse. « Je ne le comprends que trop bien, votre majesté, le Donjon Rouge est peut-être le lieu le plus calme de tout Westeros. » Elle n’avait pas pu retenir une très légère perle d’acidité dans sa voix. Tout le monde savait que l’Ouest et l’Orage, les patries de Tya, souffraient de la guerre. Elle avait ses raisons d’être mordante. « Que la mère veille sur vous également, votre majesté. »

Tya connaissait les souffrances de la reine. Mariée à un frère aussi rêveur que lunatique, elle avait vu son pouvoir de reine grignoté peu à peu par les décisions du roi Aerys, qui avait nommé Brynden Rivers en tant que Main du Roi. Là, actuellement, Aelinor Targaryen n’était reine que de titre, ses décisions n’avaient aucune valeur. Elle avait de plus fait une fausse couche, et de nombreuses mauvaises langues cancanaient que son premier enfant mort-né serait aussi le dernier, le roi Aerys préférant tirer sa jouissance dans ses livres plutôt que dans le lit de sa femme. Tya ne savait pas trop qu’en penser. Le roi Aerys était un très mauvais souverain, la Main du Roi se montrait, à ses yeux, incapable de protéger le royaume des Sept Couronnes. Cependant, la survie du plan de son frère ne tenait que si Aerys restait roi, ce dernier n’ayant pas assez de jugeote pour agir, et le Freuxsanglant étant, semblerait-il, débordé de travail. D’un autre côté, si le prince Maekar Targaryen devenait Main du Roi à la place du bâtard borgne, le plan de son frère échouerait car jamais Maekar ne le laisserait faire, mais en contrepartie, Maekar lancerait les soldats contre les fer-nés et Accalmie retrouverait la paix, paix qui lui faisait grandement défaut sous le règne du Freuxsanglant. Elle était déchirée entre deux loyautés, aussi avait-elle décidé qu’elle informerait son frère des grandes décisions de la capitale et du Conseil Restreint, mais qu’en aucun cas elle n’interviendrait si jamais Maekar faisait un coup d’Etat pour récupérer la couronne qui lui revenait prétendument de droit. Tya avait l’envie furieuse et insolente d’en rire. La couronne, le Trône de Fer, appartenir à qui de droit aux Targaryen ? Non, le Trône de Fer n’appartenait qu’au plus puissant des seigneurs, à celui qui avait la force militaire pour y siéger. Les Targaryen avaient eu leurs dragons, maintenant ils n’avaient plus rien, et ils ne conservaient le Trône de Fer que parce que leurs vassaux avaient tacitement accepté de le leur abandonner. Mais si une force plus puissante se dressait pour les renverser, les Targaryen perdraient leur pouvoir, fils du dragon ou pas. La reine, enfin, lui dit que cela faisait un moment qu’elles ne s’étaient point vues au Donjon Rouge. Depuis la mort du prince Baelor, dont son époux Gowen Baratheon était d’ailleurs l’écuyer. La reine lui dit ensuite qu’elle espérait qu’en ces temps troublés, elle se portait bien. Tya comprit le message sous-jacent. En ces temps troublés, que faisaient les Baratheon à Port-Réal, alors qu’Accalmie a grand besoin d’eux ?

« C’est vrai, ma reine, cela fait fort longtemps. Mais les temps changent, et nous avons du quitter Accalmie pour le Donjon Rouge. » Elle se tut quelques instants. « Accalmie, puis Port-Réal, puis Hautjardin, puis Port-Réal … J’espère que notre prochain déplacement se fera dans fort longtemps, les routes sont de moins en moins sûres, et à cause de ma grossesse je ne peux même plus monter à cheval. » Oui, parce que Gowen l’avait menacée de ne pas bouger d’Accalmie si elle montait Harmonie, et à Hautjardin, son état de santé et ses nausées trop fréquentes avaient d’eux-mêmes imposé la voiture à la jeune noble. « Mais les temps sont troublés, comme vous le dites si bien, ma reine. Pour avoir parlé à mon frère au mariage de ma jeune sœur avec lord Tristan Tyrell, je sais que l’Ouest souffre des attaques de plus en plus enhardies des fer-nés. Quant à Accalmie … » Tya se tut. Elle arrivait au meilleur moment, tout du moins pour la reine. « Eh bien, suite à la guerre, Accalmie a été contrainte de se rationner, et chaque roturier a droit chaque jour à un oignon. Nous manquons cruellement d’argent, à tel point que mon époux a du imposer une taxe de mouillage, ridiculement basse pour ne pas favoriser la contrebande. Nous manquons d’eau, mais également de viande, votre majesté. »

Tya se tut. La reine voulait entendre les malheurs de son peuple, pour pouvoir fustiger plus encore le Freuxsanglant de ne rien faire alors que la guerre faisait rage. Mais aussi pouvoir s’imaginer que si son frère Maekar était roi, ou Main du Roi, les choses ne se passeraient pas ainsi, oh non. La jeune noble laissa quelques instants sa reine plongée dans ses méditations, puis elle reprit la parole d’une voix douce, assenant toutefois le coup de grâce avec finesse et subtilité.

« J’ose espérer, votre majesté, que la nomination de votre frère Maekar au poste de commandant des armées royales changera un tant soit peu les choses. Le royaume des Sept-Couronnes a besoin de stabilité. » Elle laissa flotter un silence dans l’air. « Je me dois par ailleurs de louer l’extrême bonté, la générosité de monseigneur votre frère, votre majesté. Savez-vous qu’il s’est déplacé jusqu’à Accalmie avec de la nourriture ? Cette offre généreuse a grandement allégé les épaules de mon mari, que votre frère en soit remercié. » Tya posa une main négligente sur son ventre, et reprit la parole comme si elle évoquait un fait léger, et non une alliance conclue entre puissants. Comme si elle-même était une sotte blonde négligente et stupide. Mais la reine ne s’y méprendrait pas, Tya était bien plus Lannister que Baratheon, les intrigues, elle avait ça dans le sang. « C’est d’ailleurs la raison de notre présence ici, votre majesté. Votre frère a demandé à mon époux de l’accompagner à la capitale, en tant que conseiller, si je ne m’abuse. J’ose espérer que mon époux sera de bon conseil pour votre frère. » Et voilà, elle l’avait dit, Maekar et Gowen faisaient alliance, et elle se retrouvait, plus ou moins, l’alliée de la reine, du moins tant que leurs intérêts convergeaient.
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Message Mer 9 Mai 2012 - 1:37

Elle n’avait jamais pris de temps pour elle, mais sa guerre commençait peu à peu. Elle aurait besoin de toutes ses forces pour trouver ses inspirations. Elle avait toujours le freux qui lui cinglait des sourires, mais dont elle avait toujours envie de frapper. Elle avait envie de se défouler sur quelqu’un afin de ne pas garder sa colère toute pour elle. Elle savait que le temps ferait les choses et que la torture était encore plus vile que la mort. Elle voyait la déchéance de son neveu, de son frère et celle de son continent. Les Targaryen perdaient à chaque jour le soutien de la population et Aelinor n’avait pas envie que tout tourne au vinaigre. Déjà que la situation dégénérait trop vite, sans qu’elle puisse faire quoique ce soit. Baelor, Baelor pourquoi tu es mort… c’était la phrase qu’elle se répétait chaque fois.

Il avait été Main et réagirait certainement plus vite que l’affreux sanglants. Un oncle qui s’obstinait à faire pourrir leur image. Il était de son sang, mais n’était rien. S’il pouvait se concentrer sur autre chose que sa sorcière bien aimé. Dommage qu’elle fut née princesse et non prince. Elle aurait pu défier son mari et gagner le trône. Elle avait épousé un faible, un roi impuissant et désolant. Celui qui laissait trainer le nom de Targaryen dans la boue. Aelinor le détestait.

Regardant la jeune Baratheon, elle se rappelait lorsqu’elle était plus jeune, lorsqu’elle n’avait pas le poids de la honte dans son cœur. Qu’elle n’avait pas le poids de la colère contre son oncle qui avait sensiblement le même âge qu’elle. Une époque ou elle savait qu’elle épouserait un de ses frères. Elle voulait tant épouser Maekar à cette époque. Elle voulait tant l’aimer et vivre heureuse. Mais non, Baelor était mort, Aerys l’avait épousé et l’avait abandonné en nommant Rivers main du roi, Maekar s’était éloigné d’elle et elle ne savait sur qui compter pour entrer dans son camp. Elle supportait la mauvaise tempête alors qu’elle voudrait cent fois plus perdre le trône et le laisser aux mains de Maekar que de les laisser à Brynden Rivers. La situation la rendait désagréable et elle n’avait personne pour la soutenir.

Le donjon rouge est si calme que j’en ai des maux de tête. Parfois je regrette mes jeunes années ou je pouvais aisément être libre comme l’air. Encore libre était un grand mot, mais l’on ne m’avait pas encore totalement enchainé ici. Ce qui est le cas aujourd’hui. Je ne suis qu’un meuble pour le Donjon Rouge. Il y a bien longtemps que les sept m’ont oublié dans ma lutte. Le père ne trouve plus ma cause juste.

Une dure réalité qu’elle n’arrivait pas à éteindre. Elle en souffrait chaque jour, mais pour une fois, elle avait Maekar près d’elle. Elle avait son frère qui voulait la voir sourire. Elle jouait le jeu avec Aerys, tentait de contraindre Rhaegel à prendre le trône. Elle jouait un jeu dangereux et cherchait par tous les moyens de s’en sortit indemne. Elle avait vu les regards de Léo Tyrell. La gravité que Lord Ravage imposait sur les cotes ruinait ses chances. Elle ne supportait pas cet outrage. Si un jour, on l’attrapait elle lui ferait subir tous les supplices qu’elle subissait. Elle n’en pouvait plus.

Il faut prendre soin de vous. Je comprends l’inquiétude de votre mari. Je vous souhaite tout le bonheur du monde avec cet enfant. Je n’ai jamais eu d’enfant, seulement des neveux et des nièces.

Elle appréciait le jeune homme qui avait été l’écuyer de son frère. Maekar semblait aussi être bon ami avec le fils du seigneur d’accalmie. Aelinor enviait Tya, mais ne l’exprimait pas. Elle avait tué son dernier enfant, pour punir Aerys et sa première grossesse avait terminé en fausse couche dont elle ne s’en était jamais remise. Désormais ses pensées étaient souvent hantées par cet enfant dont elle ne verrait jamais le visage et qui trahissait son cœur. Elle n’avait plus que ses nièces. Ses deux chéries que son frère lui avait retirées, en quittant le Donjon Rouge pour le château de Lestival.

J’ai ouïe dire de la situation pour l’ensemble de Westeros. Pendant que Dorne est pris avec des bandits, le Bief, l'ouest, le Conflans et le Nord partagent les raids de la flotte de Dagon Greyjoy. Accalmie essuie les conséquences de la famine. J’ai su pour votre jeune sœur. Je suis arrivée à Hautjardin quelques jours après la célébration. Ma foi se fut en toute discrétion.

Enfin il était drôle de dire, qu’elle avait fait cela en toute discrétion. Comment ne pas ébruiter le passage de tant de cavalier qui comptait parmi sa garde. C’est une chose qu’elle se réservait à elle-même. Elle était repartie comme elle était venue, avec des armes et des solutions, elle devait uniquement rencontrer son frère, mais le laisserait reprendre le cour de la vie à Port-Real. Toujours d’une oreille attentive, elle écouta la jeune femme de l’Orage lui parler d’Accalmie. Aelinor vint pour parler, mais Tya Baratheon continua enfonçant le couteau dans la plaie encore et toujours plus profondément.

Bien que certain s’obstine toujours à voir le coté noir de Maekar, il a un grand cœur. On doute que derrière le guerrier se trouve un homme admirable. Mon frère souffre de me voir confronté à mon oncle. Mon frère à beaucoup d’affection pour Accalmie et autant pour son seigneur. Je suis heureuse de voir qu’il s’allie à un jeune homme de bonne sagesse. Vous avez de la chance.

Combien de fois, n’espérait-elle pas avant de dormir que la main meure. Elle l’avait souhaité plus d’une fois elle ne s’en cachait pas. Elle n’était certainement pas la seule. Ou elle se demandait que l’on reprenne Aerys. Elle ne voulait plus être enchaînée à cet homme qui lui causait autant de malheur que son oncle. Elle voulait simplement renvoyer Dagon Greyjoy sur ses iles maudites et ne plus jamais entendre parler de son Antique Voie.

La nomination de mon frère ne pourra jamais faire plus. Il peut arriver à gagner contre Aerys, mais l’homme de pouvoir c’est Rivers. Ce batard que mon grand-père a engendré. Heureusement, il reste un Targaryen sain d’esprit.

La reine ne s’incluait pas dans le lot. Tout le monde la rendait folle. Tout le monde appelait à son aide alors qu’elle n’Avait ni armée ni pouvoir sur le trône. En fait, son titre lui servait bien peu …
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Aujourd'hui reine, autrefois libre.

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