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L'esclave qui obéit choisit d'obéir ▬ Aoife

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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5378
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Mar 1 Mai 2012 - 15:35

     Depuis le raid sur Port-Lannis, Sargon n'avait pas séjourné bien longtemps sur l'île de Harloi, trop occupé à préparer ses voyages en mer et les futures attaques qu'il allait lancer sur des navires des cités libres, ou encore les côtes de Westeros. Ses rares arrêts à Kenning se bornaient à un passage dans la chambre qu'il occupait de manière à récupérer quelques affaires, puis il s'éclipsait aussitôt pour aller discuter avec son oncle à Dix-Tours, ou partir en mer. Autant dire que sa famille et les domestiques du château se passaient de sa présence et de ses humeurs sans aucune difficulté. Ils en étaient même satisfaits pour la grande majorité. Les femmes-sel qu'il avait récemment acquises n'habitaient pas ses pensées et il était bien plus occupé par ce que pourraient rapporter les futurs raids.

     Mais il arrivait forcément un instant où il fallait faire une pause et les voyages successifs commençaient à être épuisants, même pour quelqu'un né dans l'unique but de sillonner les mers pour piller les autres. Le Harloi avait donc donné quelques jours aux rameurs de la Veuve Salée, de manière à ce qu'ils puissent regagner leurs pénates et prendre le temps de se reposer un peu. Cela n'enchantait guère le jeune homme qui aurait préféré continuer de voguer, mais Yoren, son second, lui avait fait savoir à juste titre que ses marins appréciaient certainement de pouvoir profiter des femmes et des richesses qu'ils avaient gagné depuis le début de la guerre. Ce n'était pas faux, un homme mort ne profitait plus des plaisirs de la vie et le capitaine savait bien qu'il était plus facile de s'assurer la fidélité et la dévotion de ses hommes en leur donnant ce que tout mâle souhaitait : des femmes et de l'alcool.

     C'était donc pour cette raison que le capitaine de la Veuve Salée se retrouvait à Kenning en cette fin de journée. Il avait passé tout son temps à Dix-Tours pour parler avec le lord de la maison Harloi, puis était finalement rentré « chez lui », dans cette simple pièce que son oncle Kenning lui donnait. L'idée de se retrouver à devoir vivre dans un endroit qui le lui appartenait pas l'enchantait de moins en moins et son humeur s'en ressentait. Il était particulièrement désagréable avec les quelques domestiques qui venaient se présenter à lui, du moins jusqu'à ce que Yoren se présente pour l'informer de quelques nouvelles concernant le continent. Juste avant de partir, son second lui souhaita une bonne soirée, tout en lui suggérant de prendre un peu de temps avec l'une de ses femmes-sel. Il avait complètement oublié leur existence. Elles n'étaient rien de plus que de simples femmes et son intérêt pour elles était rapidement retombé, trop vite supplanté par les sensations que provoquaient les pillages. Il congédia le Fer-né avec une moue peu convaincue. Non, il n'avait aucune envie de passer du temps avec elles.

     Pourtant, après un long moment de réflexion, le jeune homme quitta la chambre qu'il occupait pour descendre dans le quartier des domestiques. Les femmes-sel étaient en charge du même travail que les autres servantes de la maison, sauf qu'elles occupaient en plus le poste d'amante de temps en temps. Quoi qu'elles étaient relativement tranquilles en ce moment. Arrivant dans le couloir sur lesquelles débouchaient les chambres des jeunes femmes, il interpella l'une d'elle qui s'approcha d'un air étonné. Il était vrai qu'en temps normal les nobles de la maison ne traînaient jamais dans le coin, mais peu lui chalait.

     ▬ Où sont mes femmes-sel ? Elles sont censées rester ici que je sache. » Le reproche était palpable, même si la malheureuse n'y pouvait rien. Elle aussi les épaules d'un air navré.
     ▬ Je l'ignore, je suis désolée. Je crois avoir aperçu Aoife dehors tout à l'heure. »

     Le jeune homme soupira d'un air agacé avant de la congédier d'un geste impatient. Elle s'en-alla sans demander son reste. Sargon quitta le quartier des domestiques pour prendre la direction de la porte principale, traversant de multiples corridors, poussant tout autant d'huis, puis se retrouva à l'extérieur du château à la roche rongée par le sel. Aoife, la domestique avait bien fait de lui redonner le nom de sa dernière « acquisition ». Sargon n'avait pas la mémoire des prénoms en temps normal, alors lorsqu'il s'agissait d'une simple esclave – puisque c'était là ce qu'était cette femme – inutile de dire qu'il ne s'en souciait absolument pas. Cette femme, il ne l'avait pas sélectionnée au milieu des Lysiennes qu'ils avaient enlevées lors de ce raid. Yoren était simplement venu lui faire savoir qu'une du groupe faisait des vagues et refusait de se laisser approcher par de simples marins, qu'elle disait valoir mieux que cela. L'amusement avait gagné le Harloi qui avait été tenté de l'offrir à son marin le plus repoussant pour qu'elle apprenne qu'elle n'était désormais plus qu'une pute à marins. Mais il avait changé d'avis. Les femmes de caractère avaient toujours eu sa préférence et Sargon avait ordonné à son second de l'amener à Kenning et qu'il s'occuperait d'elle. La suite des évènements contés précédemment faisant qu'il n'en avait pas encore eu le temps, le Fer-né était bien décidé à régler ce détail. Il l'avait aperçue de loin dans pour autant la détailler et ignorait si elle lui plairait physiquement. Il était plutôt difficile à ce niveau.

     Le Harloi avait pensé à cela alors qu'il marchait en regardant autour de lui jusqu'à ce qu'il aperçoive enfin une silhouette non loin de là. C'était elle, il reconnaissait le style de ses habits qui dévoilaient bien plus qu'ils ne cachaient. Approchant de la jeune femme sans prendre la peine de se cacher, le natif des Iles de Fer s'arrêta à un petit mètre de la demoiselle qui lui présentait son flanc. Il la dévisagea quelques brèves secondes avant de finalement lui adresser la parole directement, pour la première fois depuis qu'elle lui appartenait.

     ▬ Tu n'as rien à faire ici, tu es une femme-sel et tu es censée rester dans ta chambre à attendre que le temps passe et que je daigne t'accorder quelques minutes. »

     Sargon était moins à cheval sur les règles de l'Antique Voie, il n'aimait pas posséder de femme-sel et à dire vrai, avant Naell n'en avait eu qu'une seule qui n'avait pas duré longtemps. Le jeune homme se lassait rapidement des femmes sans caractère et les captives avaient la mauvaise habitude de se plaindre en permanence. En réalité, même si ses paroles n'exprimaient pas ce qu'il pensait, le Harloi était plutôt heureux de voir que celle-ci n'obéissait pas aveuglement à tout ce qui lui était ordonné. Quelques secondes à peine défilèrent, il ne lui laissa point l'occasion de répliquer, s'approchant d'elle assez près pour distinguer la couleur de ses yeux lorsqu'elle daignerait le regarder. Sargon n'était pas facile à gêner, il aimait s'imposer aux autres et cela comprenait d'empiéter dans l'espace vital de ses interlocuteurs. Il souhaitait lui faire comprendre qu'elle lui appartenait et qu'elle n'avait qu'à filer doux pour que tout se passe bien. Pourtant, c'était le comportement inverse qu'il attendait d'elle. Que la demoiselle lui désobéisse et ne s'écrase pas. Levant la main, il lui attrapa le menton d'un geste ferme pour faire pivoter son visage vers lui. Elle avait du charme. Le genre de visages qu'il aimait bien, taillé à la serpe, des traits presque durs qui pourraient être désagréables sur une noble, mais qui seyaient parfaitement à une femme-sel. C'était un bon point.

     ▬ Tu m'as l'air d'être une fille intelligente, j'imagine que tu as bien compris qu'il était inutile d'espérer t'en aller d'ici. C'était une simple constatation qui ne demandait aucune réponse. Est-ce que tu viens ici pour admirer la vue ? Ça ne vaut pas Lys, mais je suis certain que tu t'y feras. Arborant un sourire moqueur, il ajouta quelques mots. Ce n'est pas comme si tu avais le choix d'un côté. »

     Il voulait l'embêter, la titiller et voir comment elle allait réagir. Savait-elle au moins qui il était ? Si elle avait du plomb dans la cervelle, elle comprendrait rapidement. Tout comme le fait que tout ceci n'était qu'un test pour voir ce qu'il adviendrait d'elle.


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Message Dim 6 Mai 2012 - 22:00

Une des premières leçons qu'avait appris Aoife en tant que ménestrelle était que lorsqu'on avait pas été formée au maniement des armes ou qu'on ignorait comment se servir de ses poings pour infliger une correction mémorable à un ennemi, il n'y avait rien de honteux à prendre la fuite. En entendant ce matin-là que Sargon Harloi allait remettre les pieds dans sa vie, la jeune femme avait décidé de ne pas attendre bêtement qu'il vienne la cueillir dans sa chambre. Elle n'était pas de ces filles qui lorsque la peur les prenait restait paralysée comme du bétail en attendant que le destin fasse son oeuvre et les fauche comme du blé mûr. Elle avait soigneusement caché son violon pour éviter que ce barbare mal dégrossi ou l'un des fouineurs qui vivaient dans ce maudit château ne mette la main dessus et avait pris la poudre d'escampette. Avait alors commencé une vaste partie de cache-cache au cours de laquelle Aoife avait déployé des trésors d'ingéniosité pour éviter de croiser l'importun en armure qui venait de rentrer d'une de ses expéditions. Elle avait commencé à acquérir une connaissance plus qu'approfondie des moindres recoins de ce qu'elle devait désormais considérer comme sa demeure. Sa prison. Elle devait une grande partie de son savoir à ses tentatives désespérées d'échapper aux corvées de la maisonnée. Dont on avait fini par la dispenser en grande partie en conséquence de son incapacité et de sa mauvaise volonté manifestes...

Son plan aurait sans doute été un succès exemplaire, si elle n'avait pas croisé cette servante au détour d'un couloir désert. Dès lors, elle avait su que sa manoeuvre était vouée à l'échec. La domestique jacasserait et indubitablement sa cachette finirait par ne plus être un secret. Elle avait épuisé toutes ses ressources et la seule alternative qui lui restait s'imposa d'elle-même. Son maître, puisqu'il fallait le qualifier ainsi, finirait par la trouver et puisqu'il était maintenant admis qu'elle avait pris la clé des champs envers et contre toutes les règles qui régissaient la maison, elle préférait être à son avantage lorsque cet évènement se produirait. C'est ainsi qu'elle se plaça sciemment sur sa route après avoir vérifier l'itinéraire qu'il finirait par prendre. Trouvant une fenêtre à laquelle elle pourrait s'accouder, la jeune femme étudia sa mise. Ébouriffant soigneusement sa crinière brune, elle vérifia l'échancrure de son décolleté et prit une pose d'oisiveté étudiée, attitude qu'elle, comme tous les bardes, maîtrisait à la perfection. Elle attendit là, fixant distraitement le paysage, que les pas de Sargon résonnent dans l'étroit boyau de pierres, ruminant ses sombres pensées. Aussi sombres, plombées que l'était le ciel au-dessus de ces Îles de Fer. Difficile de croire que cet archipel oublié des dieux existait dans le même monde que les Contrées Exotiques ou même le climat agréable de Port Réal. Il faisait toujours si froid. Même lorsque le soleil paraissait, il semblait pâle, froid, éteint. Pour autant, elle devrait leur reconnaître une certaine beauté. Sauvages, impitoyables, avec leurs falaises, leurs plages de galets et leur architecture particulière, Aoife leur aurait sans doute trouvé un nombre illimité de mérites si son séjour n'avait pas été contraint par sa captivité. Finalement, son geôlier fit son apparition dans le coin de son champ de vision.

Elle le laissa faire sa démonstration de force. Elle le laissa lui faire la leçon comme à une gamine puis retourner le couteau dans la plaie de sa liberté perdue. Elle se conforma à ce qu'il attendait avec docilité, attendant le moment propice pour frapper, espérant avoir suffisamment de chance, ou de réflexes, pour éviter d'hypothétiques représailles. Comme de nombreux hommes dans sa position, Sargon Harloi aimait s'imposer. Il marquait son territoire comme n'importe quel mâle. Autrefois, la ménestrelle avait observé de loin ses démonstrations de virilité déplacée avec un demi-sourire narquois. Aujourd'hui elle en faisait les frais. La chose n'était pas agréable mais elle savait bien que cette approche aussi fine qu'une démarche de pachyderme était ce qui définirait leurs rapports pour les mois, les années, à venir. Sans chercher à se départir de cette main sur son menton et sans baisser les yeux, Aoife lui adressa un sourire poli mais qui n'arrivait tout de même pas à se départir d'une certaine acidité. Il voulait l'admirer soit. Elle était un produit de luxe, une barde de Lys enfermée dans une cage trop petite pour son talent. Il allait devoir assumer sa présence avec ses bons et ses mauvais côtés. "Allons, capitaine. Puis-je vous appeler capitaine ou préférez-vous un autre titre ? Avouez que vous auriez été déçu de me trouver dans ma chambre. Vous avez probablement suffisamment de femmes-sels qui vous attendent leur coeur palpitant, avide de vous plaire. Ou effrayées de vous offenser..." Elle marqua une pause, oratrice consommée, comédienne chevronnée. Elle dégagea son menton de la main qui l'immobilisait. "On le serait à moins. Vous êtes un homme que la Nature a favorisé... Malheureusement je suis une Lysienne comme vous venez de le rappeler et l'on m'a appris très jeune les vertus de l'insolence et de l'esprit." Elle s'accouda à la fenêtre, offrant son corps à la morsure du vent glacé, chargé d'embruns qui ne semblait jamais vouloir s'arrêter de souffler dans ce château plein de courants d'air. Elle profita de ce répit pour observer son propriétaire. Encore heureux qu'il fut jeune et séduisant et qu'elle n'eut pas été distribuée comme part du butin à l'un des vieux barbons qu'elle avait aperçu. Certains ne semblaient même plus capables de mâcher eux-mêmes leur nourriture. Elle finit par répondre à sa question. "Je tâchais d'échapper à la compagnie encombrante des domestiques de votre maisonnée. Et d'élargir quelque peu mon horizon. J'ai trouvé il y a quelque temps de cela un endroit parfait pour contempler l'océan mais je n'ai pas obtenu l'autorisation de m'y rendre depuis plusieurs jours. Il faut croire que vos servantes ont peur qu'il ne me pousse des ailes. Ou que je décide de rentrer chez moi à la nage. Qui sait si je n'en serai pas capable..." Elle avait entendu deux îliens échanger entre eux à propos des sorcières de Lys et savait que si elle encourageait correctement de telles rumeurs, elle pourrait s'en servir pour s'assurer une paix royale. Elle se demandait maintenant si l'homme était lui aussi crédule au point d'accorder du crédit à de telles sornettes. Après tout les marins étaient souvent particulièrement superstitieux, s'entourant en permanence d'une multitude de grigris et de charmes pour éloigner le mauvais sort ou s'attirer la faveur des dieux dans leurs traversées.

Elle savait que cet entretien serait déterminant. Qu'il permettrait d'établir un rapport de force pérenne entre eux. Peu importait en définitive que la jeune femme partit avec un sérieux handicap en la matière. Elle comptait bien faire comprendre à Sargon qu'elle n'avait rien à voir avec les femmes qui vivaient dans cette demeure. Rien de commun avec ces pauvres créatures hâves et discrètes qui parcouraient les couloirs sur la pointe des pieds, tentant tant bien que mal de se confondre avec la mousse qui poussait entre les pierres, tentant de se faire oublier. Aoife était condamnée à être une femme-sel mais rien ne la forçait à se conformer aux traditions en la matière. Elle ignorait tout des us et coutumes de ce nouveau monde dans lequel elle venait de tomber. Le peu qu'elle en avait vu, le peu que ses compagnes d'infortune avait essayé de lui enseigner, la confirmait dans sa certitude qu'elle ne saurait si conformer. Elle avait gentiment repoussé l'aide offerte, s'était confortée dans ses habitudes et peu à peu, les autres avaient déserté sa compagnie, par dégoût ou par crainte d'un châtiment. Jusque-là aucune justice divine ne s'était abattue sur sa tête. Elle considéra son interlocuteur. S'attirerait-elle ses foudres par ses provocations ? Etait-il homme à rouer de coups une femme pour quelques remarques insolentes? Ou considérerait-il avec amusement ses répliques? Il l'avait claquemurée et pourtant elle ignorait tout de lui...
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Sargon Harloi
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Message Lun 7 Mai 2012 - 15:56

     La femme-sel avait du caractère, c'était du moins ce que laissait penser sa manière de répondre à Sargon. Pourtant, tout lui dictait de ne pas jouer les farouches, il était armé et pas elle, il était chez lui et elle était loin de sa patrie, il était Fer-né et elle était Lysienne. Logiquement, le Harloi possédait tous les atouts pour dominer la jeune femme, mais cette dernière ne semblait pas intimidée. Loin de le contrarier, cette constatation accentua son sourire arrogant qui se mua en une expression amusée. Elle l'appelait capitaine et pourtant ce mot ne sonnait pas pareillement dans sa bouche ou dans celle de Yoren, son second. Silencieux, attendant qu'elle débite tout ce qu'elle avait en tête, les yeux mordorés du Fer-né ne quittaient pas le minois de la Lysienne. Visiblement, elle était à l'aise, en apparence seulement peut-être, bien qu'il pressentait qu'une femme comme elle devait avoir l'habitude de voyager. Cela dit, est-ce qu'un voyage était comparable à un enlèvement ? Sargon n'aurait su répondre à pareille interrogation, il n'avait jamais été dans une telle situation, difficile de comprendre ce qu'elle pourrait ressentir à ce moment précis de son existence. La voix de la demoiselle s'éleva une fois de plus après qu'elle se soit dégagée de sa poigne, pour le mettre en garde, lui rappelant inutilement que son peuple était connu et réputé pour le caractère de ses dames. Il l'était aussi pour ses poisons et ses femmes. Deux choses qui avaient toujours éveillé l'intérêt de Sargon et qui, associées, devaient être encore plus dangereuse qu'un combattant des Iles entraîné depuis son enfance. Les femmes dangereuses avaient toujours eu sa préférence ne serait-ce qu'en raison de l'adrénaline soulevée par le simple fait de les côtoyer. L'on aurait pu dire que le Harloi était un amateur du risque et du danger. Surtout lorsque c'était une affaire de femmes.

     Elle semblait savoir maîtriser les mots avec une aisance agréable aux oreilles du Fer-né, rares étaient les femmes qui faisaient preuve de verve à son grand dam. Restait à espérer qu'elle n'allait pas perdre ce charme avec les années, ou les semaines si elle se montrait trop intarissable pour comprendre où était son intérêt. Il la contemplait toujours en silence comme elle concluait son intervention, développant le fait qu'elle souhaitait simplement échapper à la présence des domestiques de la maison. Le Harloi pouvait la comprendre. Il ne supportait pas ces idiotes qui tremblaient dès qu'il élevait la voix, elles n'étaient que des godiches tout juste bonnes à récurer le plancher. Si cela ne tenait qu'à lui, il s'en serait débarrassé depuis longtemps, mais il n'était pas chez lui. Malheureusement. La belle termina son petit discours sur une note humoristique, du moins aux yeux du Fer-né qui ne camoufla pas son amusement en rigolant légèrement. Il avait bien entendu parler des rumeurs qui parlaient des sorcières Lysiennes comme Serenei de Lys ou même Shaïra Seastar, mais il n'y croyait pas. Il avait rencontré la bâtarde royale et leur entrevue l'avait conforté dans l'idée qu'elle était juste une habile manipulatrice et non une sorcière qui se baignait dans le sang de vierges. Comme à son habitude, il répliqua d'un ton où se mêlaient l'amusement et la vanité.

     ▬ Est-ce que tu es en train d'essayer de me faire croire que tu es une sorcière ? Je suis navré de te l'annoncer, mais je ne crois pas aux rumeurs et à toutes ces balivernes. J'ai déjà rencontré une Lysienne réputée pour être une sorcière et il s'est révélé qu'elle n'était qu'une femme. Une légère pause avant de reprendre. Si tu avais dans l'idée de te baigner dans du sang de vierges pour garder ta beauté intacte, sache que c'est une denrée rare sur ces Iles. »

     Pas à cause de lui. Contrairement à ce que l'on pouvait imaginer vu la réputation de coureur de jupons – non justifiée par ailleurs – du Harloi, il n'avait jamais eu d'intérêt pour les femmes innocentes. Il leur préférait de loin des femmes expérimentées et bien évidemment consentante. Ce n'était pas sans raison qu'il laissait les viols et ce genre de joyeusetés à ses marins lors des pillages. Il était bien plus proche d'un continental à ce niveau. Prenant son temps pour répondre aux multiples paroles de la Lysienne, le capitaine détournait de temps en temps son attention d'elle pour regarder sur la plage de galets où la Veuve Salée était accostée. Quelques marins s'affairaient autour d'elle. Après un instant de silence, Sargon se concentra à nouveau sur la jeune femme.

     ▬ Et tu n'as pas besoin de m'appeler capitaine, je ne suis pas le tien, alors appelle-moi simplement Sargon. Les titres n'avaient aucune importance à ses yeux, il était possible d'appeler un homme « lord » et pourtant d'y mettre tout le mépris du monde. Mais tu as raison, si tu étais restée dans ta chambre, je ne serais certainement pas venu te parler. Cela dit, laisse-moi te faire savoir que je n'ai d'autres femmes-sel qui m'attendent. Elles sont généralement tellement sottes que je me lasse rapidement d'elles et qu'il vaut mieux les confier directement à mes marins. Son sourire se mua en une expression légèrement moqueuse. Le sort que je te réservais normalement, mais c'est toi qui t'es déclarée trop bien pour écarter les cuisses pour un simple marin. »

     Vu le fiasco que cela était actuellement avec Naell, Sargon n'avait aucune envie de réitérer l'expérience, mais les femmes de caractère étaient rares et il commençait à se lasser d'être en permanence en compagnie de moutons sans caractère. Il attendrait de voir comment évoluait sa « relation » avec Aoife et il aurait bien la possibilité de le donner à Yoren ou Wulfric si jamais la jeune femme ne se révélait pas à la hauteur de ses attentes. Quelles étaient-elles d'ailleurs ? Il ne le savait pas parfaitement, le Fer-né était quelqu'un de très impulsif et il pouvait changer d'avis en moins de deux secondes. Il aurait donc été difficile de lui dicter le comportement à adopter, de plus, le Harloi préférait que ce soit quelque chose de sincère et non de forcé. Ses yeux détaillèrent un instant le physique de la Lysienne, mais sans adopter d'expression lubrique ou gênante, il la jaugeait comme il aurait jaugé une arme ou un bijou, afin de savoir ce qu'il pourrait en tirer et de quelle manière. Après cette brève analyse, la voix arrogante du capitaine s'éleva une fois de plus.

     ▬ Que les choses soient claires. Si tu essayes de partir, je ne vais pas me fatiguer à essayer de te retenir. J'ai d'autres choses à faire que garder les femmes dans le château. Si tu décides d'aller te baigner avec les requins et les poissons, libre à toi, mais ne compte pas sur moi pour te sauver les fesses si un autre marin décide de profiter de ton joli derrière. Il n'y avait aucune chance pour qu'une telle chose arrive, les femmes-sel étaient la propriété de leur maître et en profiter reviendrait à bafouer le Dieu Noyé, mais ça, elle l'ignorait. Tu peux te promener où tu veux, mais il ne faudra pas venir pleurer s'il t'arrive quelque chose. Il avait le sens de la propriété, mais uniquement lorsqu'il tenait à quelque chose. Il faudrait qu'il apprenne à apprécier la présence de Aoife pour agir en homme possessif. Je ne vais pas t'obliger à me laisser profiter de toi, pas plus que je ne vais t'obliger de participer à la vie du château, mais sache simplement que si je n'ai aucune raison de vouloir garder quelque chose ou quelqu'un, je ne me donnerais pas la peine de le faire. En somme, il n'appartenait qu'à elle d'agir de sorte à ce qu'il souhaite la garder ou la protéger. Il posa ses yeux dans ceux de la demoiselle. Est-ce que c'est clair ? Tu sais au moins à quoi t'en tenir, tu peux t'estimer heureuse que je te donne les règles du jeu, je suis de bonne humeur pour une fois. »

     Enfin, elle l'avait poussé à être aimable quelques secondes, bien que son humeur restait plutôt mauvaise. Au moins était-elle prévenu qu'il était versatile et qu'elle n'aurait pas la vie facile. Peut-être était-elle plus inspirée d'arrêter les frais avant que tout ne commence ? Elle était assez futée pour le décider, il n'en doutait pas une seule seconde.


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Message Mar 8 Mai 2012 - 22:37

Si elle s'attendait à le voir décamper en hurlant et en se signant, elle devait s'avouer déçue. Tout la question était de savoir si elle le souhaitait vraiment ou pas. Aurait-elle supporté d'être la propriété, l'objet d'un homme qui s'effrayait pour si peu ? D'un sot qui prenait pour argent comptant les légendes et les contes, les rumeurs les plus farfelues ? Elle décida que non. Elle avait toujours préféré avoir affaire à des gens intelligents même lorsqu'il s'agissait de personnes antipathiques. Les idiots l'ennuyaient, les bigots encore plus. Elle ne voulait même pas évoquer en pensée les sentiments qu'elle nourrissait pour les superstitieux, espèce bâtarde entre le dévot de base et un athéisme bon teint. Au moins Sargon prouvait-il avoir quelques neurones en état de marche. Et il n'était apparemment pas dénué d'humour non plus. Si elle devait rester prisonnière de ce pirate plus de quelques mois elle le préférait encore capable d'entretenir une conversation cohérente à défaut d'être stimulante. Elle émit un petit rire poli, plus protocolaire que véritablement convaincu. Malgré son attitude et ses propos ouvertement méprisants vis à vis de sa personne, elle ne se sentait pas menacée. Les joutes verbales étaient un terrain qu'elle maîtrisait. Les bardes et les ménestrels se devaient de savoir se vendre, se défendre et argumenter. Leurs vies en dépendaient souvent que ce soit pour obtenir un travail ou pour détourner de leur personne l'attention souvent gênante des bandits de grand chemin.

"Vous ne pouvez pas me blâmer pour ne pas avoir essayé de jouer sur les superstitions locales. Vous devriez le savoir. Les préjugés quel qu'ils soient ont la vie dure des deux côtés du Détroit. Mais je vois que je ne suis pas la seule femme de mon pays à subir le poids des superstitions qui l'entourent." Encore que... A bien y réfléchir la principale rumeur qui entourait les Lysiennes n'était pas leur pratique de la sorcellerie mais plutôt pour leur habileté légendaire pour les arts de la chair et du plaisir. Combien de fois avait-elle du repousser les avances plus ou moins pressantes de commanditaires persuadées qu'elle avait suivi le cursus des courtisanes de luxe des maisons de plaisir de sa ville de naissance ? Leurs mains baladeuses sur son corps... Leur honte lorsqu'ils se rendaient compte qu'elle ne le céderait pas et leurs accusations. Une femme ne pouvait exposer autant son corps si elle ne souhaitait pas s'exposer à des propositions lui avait-on répété sur tous les tons. Il était presque rassurant que Sargon Harloi badine ainsi sur la chasteté potentielle des Fer-nées. "Que les mères rassurent leurs filles nubiles et vertueuses, je n'en ai certainement pas après le sang qui coule dans leurs veines..."

Elle ne sut pas si il avait effectivement perçu l'insolence qui sous-tendait l'emploi dans la bouche d'Aoife, à son intention, du titre de capitaine mais elle apprit tout de même qu'il ne lui tenait pas rigueur de son absence dans sa chambre à l'attendre. Au moins attendait-il un minimum de caractère de sa part et pas qu'elle se conforme au moindre de ses caprices comme un chien fidèle. Et qu'il n'avait apparemment pas une liste longue comme le bras de femmes-sels qui l'attendaient aux 4 coins des Îles de Fer... Elle s'interrogea brièvement sur les raisons qu'il avait évoqué. Changeait-il véritablement d'avis aussi rapidement qu'il le prétendait ou espérait-il l'inquiéter en la menaçant de la donner à l'un de ses subordonnés en les utilisant comme un croque-mitaine ? Était-ce une tentative tordue pour qu'elle se tienne sur ses gardes et qu'elle déploie tous ses talents à le satisfaire ? Avait-il accordé le moindre crédit à ses prétentions lorsqu'elle s'était vendue sur le quai, affirmant qu'elle avait véritablement été formée dans les maisons de plaisir ? Elle s'imaginait bien qu'elle ne mettrait pas longtemps à le découvrir. Pourtant, elle trouva le défi amusant. "Eh bien laissez-moi vous dire, Sargon que vous avez fait le bon choix. Bien que j'imagine que vous trouverez mon avis sur la question de m'offrir sans doute quelque peu subjectif. Je suis beaucoup de choses. Mais sotte n'en a jamais fait partie." Elle continuait de le vouvoyer, réflexe acquis des années plus tôt au contact de son mentor pour s'adresser à ses clients. Car c'était bien ce qu'il était. D'une manière étrange, tordue et malsaine, Aoife ne le considérait pas différemment des autres personnes devant lesquelles elle s'était produite. Peut-être n'était-ce que l'expression de son instinct de survie, de son esprit qui ne voulait pas reconnaître qu'elle n'était plus la personne qu'elle avait toujours pensé être. Qu'elle avait perdu sa liberté. "Et je suis véritablement trop bien pour écarter mes cuisses pour un simple marin..." Elle laissa sa phrase en suspens, ne sentant pas le besoin de la compléter.

Elle l'écouta sans mot dire débiter les règles de vie qui régirait maintenant son existence, prenant note qu'elle jouissait d'une totale liberté de mouvement mais que Sargon n'avait pas l'intention de lui sauver la mise si jamais elle se mettait dans le pétrin. Chose qu'elle éviterait soigneusement de faire. Entre les murs de ce château, elle savait sa sécurité presque totalement assurée. En dehors, rien n'était moins sûr. Elle ne savait certes pas discerner les mensonges de la vérité en matière de règles sur ces îles oubliées des Dieux mais elle ne voyait pas pourquoi l'homme se serait amusé à lui mentir. Il paraissait au contraire bien trop heureux de lui asséner des vérités toutes nues... S'imaginait-il qu'elle s'accrocherait à son cou en lui demandant de la protéger, des sanglots dans la voix ? Ou pensait-il sérieusement qu'elle savait qu'il lui faudrait bien payer de sa personne pour assurer sa subsistance, lui qui aimait parler si crûment ? Aoife était une ménestrelle. Autrement dit, elle avait une certaine expérience des rapports homme-femme dans le monde. Elle savait user de ses charmes, voire de son corps lorsque c'était nécessaire. Elle n'avait simplement pas envie d'abattre toutes ses cartes d'un coup. Si Sargon Harloi se lassait aussi rapidement de ses possessions qu'il le prétendait, elle avait tout d'intérêt à savoir se faire désirer et se rendre indispensable. Elle ne se démonta pas pour autant, nourrissant le fol espoir qu'elle pourrait peut-être regagner sa liberté si elle savait le manipuler correctement. Si elle savait le pousser à s'intéresser à ses besoins, ses désirs. Le pari était risqué mais tenter de regagner le continent à la nage ne l'était pas moins...

"Tout ceci me paraît clair et je me le tiendrais pour dit... Je tâcherais de respecter les garde-fous et de ne pas avoir de comportement qui risquerait de me porter tort de manière inutile. Quand à vous donner des raisons de ne pas vous lasser de moi, je saurais vous en fournir." Elle eut un sourire mutin qui suggérait plus qu'il ne promettait, préférant lui laisser se faire des idées tout seul des arguments qu'elle pourrait lui fournir. La plupart du temps, une simple insinuation suffisait à faire naître dans l'esprit des plus crédules des scènes qu'un discours imagé n'aurait pu conjurer. Les autres se disaient tout simplement qu'il s'agissait soit de vantardise, soit d'une invite. "Cependant, nous venons juste d'apprendre à nous connaître... Et si l'on m'a appris quelque chose à Lys et plus tard lors de ma formation de ménestrelle, c'est l'importance de faire les choses bien. De ne pas se précipiter. Vous ne serez peut-être pas d'accord avec moi de prime abord mais songez-y un instant." Elle se déplaça, quittant sa place près de la fenêtre pour se rapprocher de son interlocuteur sans pour autant envahir complètement son espace. Elle se tenait maintenant à une distance de conversation conventionnelle. "Vous m'avez dit vous lasser rapidement de vos femmes-sels parce qu'elles étaient trop sottes. Je vous ai déjà assuré que je ne l'étais pas. Je vous propose d'accepter d'adopter ma méthode. De laisser notre relation se développer selon ses propres règles. Nous verrons ce qui en sortira."

Cette idée n'était absolument pas la sienne originellement. Elle l'avait d'abord observé chez une courtisane des années plus tôt alors que son mentor lui avait dit de prêter particulièrement attention à la façon dont cette femme manipulait ses clients. La prostituée faisait peser ses arguments autant sur l'égo de ces derniers que sur leurs capacités intellectuelles. Pour autant, elle ne les prenait jamais pour des idiots. Les hommes qui acceptaient d'entrer dans son jeu en restaient maîtres. Elle savait que sa vie dépendait de sa capacité à danser sur le fil du rasoir. Aoife devrait désormais faire de même. Elle ramena son regard sur l'homme qui se tenait en face d'elle. Un barbare selon les critères de son peuple. Pourtant le considérer comme idiot ou même arriéré aurait été une erreur. Il pouvait lui briser la nuque ou la faire exécuter. Il pouvait la faire livrer à l'un de ses marins. Sur le champ, si il le souhaitait. Il avait l'ascendant sur elle et il le savait. Elle ne pourrait pas rétablir le rapport de force et elle en était consciente... Elle devrait apprendre à se faire apprécier ou elle ne ferait pas longtemps. Pour cela, elle le haïssait déjà. Mais elle ne pouvait lui faire payer et elle devait faire avec. "Je suis consciente que dans mon intérêt, il est évident que je préfère vous voir de bonne humeur... Alors vous pourriez peut-être commencer par me parler de ce que je pourrais faire pour vous être agréable ?"
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Sargon Harloi
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Message Mer 9 Mai 2012 - 15:17

     Il appréciait qu'elle essaye de tirer profit de ce qu'elle avait comme atouts, même si malheureusement pour elle, cela restait sans effet sur son interlocuteur. Les marins de la Veuve Salée se montreraient certainement plus prompts à se signer en l'entendant parler de la sorte. Sargon l'aurait peut-être fait lui aussi s'il avait été plus respectueux des dieux, mais vu qu'il était déjà menacé de toutes les horreurs par son oncle Harlon, il n'était plus à une fois près à se froisser avec quelqu'un doté de pouvoirs. Aoife la fixait en silence lorsqu'elle parlait des rumeurs qui circulaient sur les femmes de son pays, bien que ce n'était généralement pas celles que les hommes des Iles retenaient. Les Lysiennes étaient davantage célèbres pour leurs talents... Charnels dirons-nous, que pour la magie qu'elles pouvaient posséder. Il y avait fort à parier qu'un marin plus courageux – ou stupide – que les autres braverait ses peurs pour vérifier si ce point était véridique. Le Fer-né ne se priva d'ailleurs pas de le lui faire savoir avec son tact et sa délicatesse naturels.

     ▬ Tu sais, les Lysiennes sont davantage réputées pour ce qu'elles font sur le dos que pour leurs talents mystiques. Même sur ces Iles. Je suis persuadé que si tu essayes de convaincre l'un de mes marins de cette rumeur, il te croira aussitôt et demandera à vérifier. »

     Lui aussi certainement. Mais Sargon avait déjà « connu » une Lysienne qui s'était révélée plutôt décevante. Il considérait que les origines d'une personne ne déterminaient pas ses talents, la preuve avec lui. Il avait beau être né sur les Iles de Fer et être issu d'une famille très importante de ce peuple, ce n'était pas pour autant qu'il était le stéréotype même du Fer-né, bien au contraire. S'il parlait de la sorte, c'était simplement pour provoquer et tester la belle qui se trouvait à ses côtés. Quelque chose lui disait qu'elle n'était pas du genre à s'offusquer de si peu, contrairement aux domestiques qui baissaient les yeux, les joues rougies, dès qu'il abordait ce sujet. Aoife démontra avec efficacité qu'elle n'était pas humble et il fallut que le Harloi admette qu'il était agréablement surprit par l'arrogance dont elle faisait preuve. Trop bien pour un simple marin et en prime loin d'être sotte ! Étrangement, les gens vaniteux avaient toujours donné envie au capitaine, de les écraser pour mieux leur faire savoir qu'il était le seul à avoir le droit de se comporter de la sorte sur cette île. Mais Aoife avait une manière de présenter les choses, qui ne laissait pas de place à ce genre de décision. Le sourire du Fer-né s'élargit encore un peu alors qu'il s'autorisait un léger rire amusé. Il ne se priva pas de faire savoir à la belle ce qu'il pensait de telles paroles.

     ▬ Tu es drôlement arrogante pour une femme esclave. Je pourrais avoir envie d'agir en contradiction avec ce que tu dis, ne serais-ce que pour te faire savoir que c'est à moi de décider de ce que tu es. Il pourrait oui. Mais il ne le ferait pas. Mais je serais bien ironique si je punissais quelqu'un de sa vanité. »

     Peut-être ignorait-elle qu'il était aussi arrogant et agissait-elle simplement comme son esprit le lui disait. Une chose était sûre, c'était qu'elle avait réussi à attirer l'attention du Fer-né. Il espérait simplement ne pas être déçu de ce que donnerait cette relation, après tout, il avait aussi été enjoué en voyant la manière dont sa précédente femme-sel se comportait et au final, seule la déception avait été au rendez-vous. Il ne l'avait même pas touchée une fois, préférant la donner à ses marins pour qu'ils s'amusent comme ils le souhaitaient avant de se débarrasser d'elle. Les femmes-sel n'étaient que des objets, des moyens de se divertir et de s'amuser, mais sans qu'elles ne soient considérées comme des femmes à part entière. Sauf peut-être par le capitaine de la Veuve Salée. Il n'avait rien contre faire preuve de mansuétude avec l'une d'elle, à condition qu'elle se montre à la hauteur. Ainsi donc, lorsque Aoife prétexta pouvoir lui donner des raisons de ne pas la délaisser, il laissa son sourire flotter sur ses lèvres. Essayait-elle de le laisser se convaincre seul de ce qu'elle lui réservait ? Un manipulateur habitué à manipuler reconnaissait souvent lorsque quelqu'un s'essayait à ce genre de choses sur sa personne, toutefois avec la Lysienne, il ne savait pas encore à quoi s'attendre. La suite de son discours ressembla étrangement à ce que son ancienne femme-sel avait tenté de lui faire gober, sauf que ça ne s'était pas exactement déroulé comme il l'avait imaginé. Mais soit, si c'était ce que la Lysienne souhaitait faire, pourquoi ne lui laisserait-il pas sa chance ? Après tout, il ne comptait pas abuser d'elle contre son consentement, il n'avait rien à perdre. Haussant les épaules, il répliqua.

     ▬ Pour commencer, sache que je ne prête foi qu'à ce que je vois, les mots peuvent dire beaucoup, mais ils ne restent que du vent. J'attendrais de voir ce que tu sauras me fournir comme prétexte avant de prendre une décision. Il ne pensait pas obligatoirement à quelque chose de charnel. Comme il l'avait souvent répété à son oncle, le capitaine ne voyait pas les femmes-sel comme de simples paires de cuisses. Si tu as envie de faire de la sorte et bien c'est d'accord. Mais laisse-moi te préciser que ta prédécesseur avait posé la même requête et qu'au final, rien ne s'est déroulé comme elle l'avait souhaité. Il plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme avant de reprendre. Cela dit, tu as l'air d'avoir plus de plomb dans la cervelle qu'elle, espérons que cette fois-ci ce sera la bonne. Sinon mes marins pourront tout de même vérifier ta réputation. Eux ne sont pas du genre à se soucier de ce que la femme qu'ils cuissent peut penser, ils se moqueront que tu sois consentante ou non. »

     Vu la manière dont la demoiselle avait présenté les choses, il avait l'impression qu'elle devait le prendre pour une espèce de barbare qui ne capturait des femmes que pour assouvir ses désirs. Au fond, c'était là l'exacte description d'un Fer-né « normal » il était donc logique qu'elle ne puisse pas envisager qu'il différait d'eux. C'était un avantage pour lui et Sargon était déterminé à s'en servir. Arriva alors la demande plutôt justifiée de la belle Lysienne qui demanda comment elle pourrait lui être agréable. C'était légitime, après tout, elle devait normalement servir uniquement à son plaisir, mais lui donner toutes les solutions avant même de savoir ce qu'elle valait, ce n'était pas dans ses habitudes. Cela dit, la demoiselle l'avait plutôt agréablement surpris jusqu'à présent et pour cette raison, il allait distiller quelques menus détails. Les yeux du jeune homme ne quittaient pas le minois de son interlocutrice alors qu'il répondait, son éternel sourire arrogant collé aux lèvres.

     ▬ Ce serait un peu facile si je te donnais toutes les solutions, ne crois-tu pas ? Tu m'as dit être tout sauf sotte, j'imagine qu'une femme avec autant d'expérience que toi doit parfaitement savoir ce qu'un homme aussi basique que moi peu souhaiter. Il souhaitait la tester, simplement savoir comment elle allait se tirer d'une situation dans laquelle elle s'était elle-même mise. Ainsi donc tu es ménestrelle ? Et qu'est-ce que tu joues comme instruments ? J'imagine que tu dois bien savoir te servir de tes mains, au final tu n'es pas si différente des autres Lysiennes. C'est juste dans un autre domaine. Il avait accepté sa proposition précédente et par conséquent, n'allait pas faire davantage que de lui lancer des sous-entendus graveleux, c'était bien peu en comparaison de ce qu'un autre Fer-né ferait. Et tu faisais quoi à bord de ce bateau au juste ? Tu ne savais pas qu'il y a la guerre à Westeros ? »

     Sargon souhaitait simplement en apprendre plus long à son sujet, pour savoir comment se comporter avec elle et comment pouvoir la manipuler, il devait se renseigner avant toute chose. Faire des essais qui se révèleraient plus ou moins concluants était une possibilité, mais il préférait la manière franche pour débuter. Avec le temps, elle aussi apprendrait à le connaître et peut-être finirait-elle par se rendre compte qu'il lui faisait une faveur en acceptant ses conditions sans exiger ce qui lui revenait de droit ? Au fond, cela le laissait de marbre, qu'elle le haïsse ou l'apprécie n'allait pas changer sa manière de faire les choses. Lorsque votre comportement était souvent critiqué, mieux valait ne pas y porter attention.


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Message Dim 13 Mai 2012 - 18:05

En toute honnêteté, Aoife s'était attendue à ce que Sargon soit moins complexe. Elle avait imaginé un monolithe de brutalité, une personnalité primaire, dénuée de la moindre finesse. Un individu qu'elle n'aurait eu aucun mal à manipuler dans un sens ou dans l'autre. Elle le découvrait plus brillant qu'elle ne l'aurait pensé et apparemment doué d'une certaine capacité à se montrer agréable. Elle envisagea de ne pas s'attarder une nouvelle fois sur les capacités sensuelles présumées des Lysiennes, chapitre long et maintes fois évoqués par tous ses interlocuteurs qu'ils soient Westerosii ou issus des Contrées Exotiques. Les moins fins d'entre eux se contentaient de considérer que toute femme née et élevée dans la ville du plaisir était obligatoirement une prostituée et que la simple promesse de quelques piécettes sonnantes et trébuchantes leur obtiendrait une nuit de délices inavouables. Quand elle ne les trouvait pas tout simplement dans sa couche dans des poses suggestives qui n'avait généralement rien d’appétissant. Les souvenirs de ces rencontres généralement cocasses lui revint et elle décida de le partager avec son interlocuteur.

"Ne m'en parlez pas. L'un de mes employeurs était persuadé que je m'offrirais à lui sans poser de questions si il se munissait d'une forte somme d'argent. Lorsque je suis revenue dans la pièce où je logeais. Il m'attendait sur le lit. Complètement nu. C'était un homme fort riche et doté d'un appétit insatiable pour toutes les nourritures terrestres. Le spectacle qui s'est offert à moi ce soir-là m'a rappelé la vision d'une baleine échouée... L'éconduire m'a pris un temps fou parce qu'il était particulièrement sûr de son charme et que sa démonstration de virilité ne pourrait que me séduire."

Elle ne tiqua pas lorsqu'il évoqua son arrogance. Ou la possibilité qu'il décide de la 'dresser', de lui montrer qu'elle était son objet. Il avait déjà montré qu'il n'était pas porté sur ce genre de démonstration de force sans une bonne raison. Et Aoife ne s'était pas comportée d'une manière qui eut pu paraître menaçante pour son égo. Il ne l'effrayait pas et même si une partie d'elle brûlait de planter un stylet dans son œil pour lui apprendre à priver un ménestrel de sa liberté, elle était déterminée à ne pas le traiter différemment de n'importe lequel de ses employeurs précédents. Son arrogance, son impudence, sa capacité à répliquer était ce qui faisait d'elle une barde appréciée. Une interlocutrice brillante. Elle n'avait pas l'intention de ramper à ses pieds en l'implorant de ne pas penser à lui faire du mal. Si il décidait sur une pulsion de lui infliger les pires sévices, ses suppliques n'y changeraient rien. Pire encore, il se pourrait qu'il en retire le plaisir sadique d'être le maître ultime de sa vie. Il avait déjà un pouvoir de vie et de mort sur sa personne physique. Aoife ne comptait pas lui laisser en prime la domination de son esprit.

"Cessez de penser à moi en termes de femme-esclave. La notion a peut-être une valeur quelconque pour les femmes des communautés que vous razziez mais elle ne me concerne pas. Je suis une ménestrelle avant tout. Et l'arrogance nous est un trait commun. C'est elle qui nous nourrit. Avez-vous déjà rencontré un seul barde qui se présente avec une humilité complète ? " La perspective en restait amusante pour autant. Même si elle était complètement improbable. Un barde qui n'aurait pas su mettre en valeur ses talents, en faisant preuve d'un minimum d'orgueil, n'aurait pas réussi à assurer sa subsistance dans le vaste monde. "Je me vois avant tout comme une prisonnière. Et je sais qu'à la minute où vous vous lasserez de moi, vous me ferez probablement trancher la gorge. Ou vous me livrerez à vos matelots. Je ne compte pas m'humilier en rampant à vos pieds comme une loque..."

Elle eut tout de même un frisson désagréable lorsqu'il en vint à évoquer la situation de la femme qui l'avait précédé. Que lui était-il arrivé ? Gisait-elle à présent sous les flots gris acier de l'océan ? Ses os blancs sur le sable, sa chair livrée à la voracité des poissons... Elle tenta de conjurer l'image désagréable qui naissait à présent dans son esprit sans y parvenir tout à fait. Ses yeux glissèrent de nouveau vers le panorama alors qu'elle se demandait qu'elle serait son destin. Finirait-elle aussi sous les eaux, cadavre anonyme, victime supplémentaire de la cruauté des Fers-nés ? Finalement ce fut son geôlier lui-même qui la tira de ses réflexions. En prétendant qu'il n'allait certainement pas lui faciliter les choses en lui donnant les cartes qui lui permettrait de le comprendre plus facilement. Croyait-il sincèrement qu'elle lisait ses moindres pensées et qu'elle pouvait deviner rien qu'en lui parlant ce qu'il s'attendait à la voir faire. Elle sourit avec amusement. Certains nobles étaient réellement persuadés qu'un ménestrel savait d'instinct quelle chanson interpréter, quelle saga éviter lorsqu'il arrivait dans une maison. Si il était de notoriété publiques qu'il valait mieux éviter certains sujets avec telle ou telle famille, la plupart du temps c'était auprès de l'intendant ou du personnel que le barde prenait ses renseignements. Aoife n'avait pas l'intention de prendre une telle disposition dans ce cas. Elle ne recevait aucun argent pour ses efforts aussi ne voyait-elle pas l'intérêt de faire de tels efforts. Elle était agréable que parce qu'elle testait encore les limites de sa cage. Et qu'elle n'avait pas eu une discussion qui en vaille la peine depuis des lustres. Ensuite, il faudrait bien qu'il s'adapte à ses propres humeurs. Il lui demanda des détails sur sa profession. Sur ce qu'elle était capable de faire. Il accompagna ses questions d'une nouvelle remarque désobligeante puis en arriva à évoquer sa capture. Elle tiqua à la mention des conditions de sa capture. Visiblement Sargon Harloi mélangeait les anecdotes, les attaques, les razzias. Devait-elle feindre de s'offusquer qu'il ne se rappelle pas la façon dont elle avait rejoint ses propriétés ? Elle décida qu'elle s'en moquait complètement et que prétendre la vexation ne la mènerait nulle part.

"Je suis ménestrelle, Sargon. Pas télépathe ou magicienne. Je cerne à peu près bien les gens mais je ne pratique pas la divination. D'autant que les apparences ne font pas tout. Je connaissais voyez-vous un chef de guerre qui aimait particulièrement les chansons d'amour courtois mais ne supportait pas d'entendre conter les exploits d'autres combattants que lui. Des bardes y ont perdu la tête. Et je tiens à la mienne. L'anecdote était fausse. Il s'agissait d'un conte destiné à faire comprendre aux apprentis bardes les dangers qu'il y avait à ne pas se renseigner sur les goûts de ses clients. Les aristocrates se moquaient bien de savoir qui leurs bourreaux mettaient à mort si ils s'estimaient offensés. Peut-être y avait-il un fond de vérité en fin de compte. Elle décida de ne pas s'étendre sur le sujet, jugeant que son argument était suffisamment construit pour porter. "Maîtriser un instrument est chose compliquée. Aussi je ne joue que du violon. Mais je chante aussi. Et je suis conteuse également. Aussi vous pourrez vous en apercevoir, je ne place pas tous mes talents dans la prétendue habileté de mes mains. Ou de mes cuisses... Je sais également écrire. Mon mentor tenait à ce que je puisse me débrouiller dans le vaste monde autrement qu'en vendant mon corps ou en me reposant sur mes talents de ménestrelle."

Un sourire mutin apparut sur son visage alors qu'elle s'apprêtait à corriger son geôlier, signe qu'elle s'amusait de ce dialogue bien plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. "Quant aux conditions de ma capture, je suis navrée de vous corriger mais aucun bateau n'y était impliqué. Vous et vos hommes m'avez pris ma liberté lors de la razzia d'un village de pêcheurs. J'avais ouï dire qu'il y avait des attaques de pirates mais je voulais voir à quoi ressemblait l'océan de ce côté du continent. J'ai compté sur ma chance et celle-ci m'a abandonné au pire moment."

Elle ne s'inquiétait pas de vexer son interlocuteur. Elle le savait suffisamment intelligent pour comprendre qu'elle n'avait pas l'intention de louer l'homme à l'origine de sa captivité. Elle ignorait encore nombre de choses de sa personnalité mais elle était consciente qu'ils ne tarderaient pas à en apprendre beaucoup l'un sur l'autre. Cette conversation n'avait pour but que de jauger le terrain, d'en découvrir plus sur son adversaire. Ils se regardaient en chiens de faïence debout dans ce couloir désert, testant les limites de leurs personnalités respectives.
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Message Lun 14 Mai 2012 - 13:16

     L'anecdote dont elle le gratifia fut assez amusante il fallait l'avouer. Imaginer un tel spectacle n'était pas conseillé s'il ne voulait pas être pris de haut-le-cœur, certains hommes étaient très vaniteux – lui le premier d'ailleurs – mais n'avaient aucune raison de se sentir aussi doués. Au moins avec lui, la jeune femme n'aurait pas à craindre ce genre de démonstrations. Déjà parce que ce n'était pas du tout dans ses habitudes de se donner en spectacle de la sorte, puis ensuite parce qu'il ne ferait jamais de « tentative de séduction » sans être fermement persuadé que la réponse serait positive de l'autre côté. Bien entendu, le meilleur moyen pour s'en assurer restait de le demander clairement. Vu la propension du Fer-né à parler crument et à aborder des sujets qui n'étaient pas franchement conseillés si l'on souhaitait avoir l'air bien-élevé, il était logique de penser qu'il ne se gênerait pas pour interroger la belle à ce sujet. Son ris arrogant glissa vers un sourire amusé, décidément, les beaux yeux de la Lysienne avaient été amenés à voir des choses bien peu ragoûtantes. Même s'il n'était certainement pas utile de le préciser, le capitaine de la Veuve Salée rassura la demoiselle à ce niveau. À sa manière bien sûr.

     ▬ Tu peux te rassurer, je ne compte pas agir de la sorte et si un jour je décide d'essayer de te séduire, tu le sauras tout de suite je puis t'en assurer. »

     Il n'était pas vraiment novice dans ce domaine, même si au final c'était principalement afin de s'amuser qu'il agissait de la sorte. Il était rare qu'il donne suite à quelques sous-entendus et quelques sourires qui se voulaient engageants. C'était une simple manière de renforcer l'égo déjà sur-dimensionné qu'il possédait. Non pour se rassurer – il était trop plein d'assurance pour douter de son charme – mais simplement parce qu'il aimait avoir des regards intéressés posés sur sa personne. Au fond, les Fer-nés qui taxaient le Harloi de dame du continent n'étaient pas si éloignés de la vérité sur certains points.

     La langue agile de la Lysienne fit mouche une fois de plus, déclarant qu'il devait cesser de la percevoir comme une esclave. Le sourire amusé du jeune homme se mua à nouveau en une risette moqueuse, pensait-elle qu'il puisse la voir autrement que comme ce qu'elle était désormais ? Aux yeux de tous elles seraient la propriété de Sargon Harloi, ce qui n'était pas si différent d'être la catin de tel homme du continent au final. Sauf qu'elle ne serait pas payée et n'appartiendrait qu'à un individu. La vie des captives des pirates n'avait pas grand-chose de palpitant, à moins d'être la possession d'une personne plus originale où plus riche que les autres, mais sur ces Iles tout était différent. Le fait qu'elle lui demande s'il avait déjà croisé un barde humble, montrait qu'elle ne savait malheureusement pas que l'admiration du Harloi pour la musique était très... Restreint. Pour être sincère il s'en fichait complètement et préférait largement le bruit des vagues qui se fracassaient contre la coque de son boutre. Cela dit, Aoife fit une fois de plus preuve de son intelligence en expliquant qu'elle n'allait pas se comporter comme une femme soumise s'il pouvait se débarrasser d'elle d'un claquement de doigt. Il ne voyait qu'une chose à faire devant une telle déclaration : approuver. Ne rien donner tant que l'on n'avait rien reçu en échange, il agissait de la même manière alors comment la contredire ? Croisant ses bras sur son torse, le Fer-né hocha la tête.

     ▬ Mais tu es une esclave. Il la provoquait un peu, juste pour l'agacer. Tu as bien raison et je ne peux absolument pas contredire ce que tu avances. Tant que je ne t'ai rien donné en échange, je ne vois effectivement aucune raison pour que tu me traites différemment des autres Fer-nés. Il parlait des Fer-nés, car il était clair à ses yeux que la jeune femme devait se comporter bien plus aimablement avec ses clients du continent et hors Westeros. Au final, il détourna brièvement ses yeux d'elle avant de reprendre. Par contre, autant mettre les choses au clair à ce niveau, je n'ai jamais supporté la présence des ménestrels, les rares qui étaient capturés lors de raids étaient offerts à d'autres Fer-nés. Je n'aime pas la musique, je trouve qu'elle gâche le bruit des vagues. Il posa ses yeux mordorés sur elle avant de conclure sa phrase en sourire en coin. Peut-être seras-tu la première, mais au moins tu sais l'une des choses que je ne supporte pas. Tu vois, au final je te donne tout de même des indications. »

     Ce n'était pas dirigé contre elle, mais Sargon était persuadé que cela donnerait une raison de plus à la belle de le considérer comme un barbare sans culture. Au fond, il s'en moquait, déjà qu'il ne portait pas attention à ce que les autres natifs des Iles de Fer pouvaient penser de lui, pour quelle raison se fatiguerait-il à se soucier de la manière dont une esclave le percevait ? Ils avaient bien des musiques, des chants et des danses dans leurs traditions, mais comme avec l'Antique Voie, le jeune homme n'y portait guère attention. Les explications de la Lysienne expliquaient le fait qu'elle ne souhaite pas faire d'erreur, mais cela ne le décida pas pour autant à se montrer plus bavard au sujet de ses goûts. Au final, après ses paroles, le capitaine croisa le regard de la demoiselle pour répondre d'un ton toujours aussi vaniteux.

     ▬ Si tu as peur que je te fasse sauter la tête parce que tu auras dit quelque chose qui ne me conviendrait pas, tu peux te rassurer. Je t'avertirai dès que tu dépasseras les limites, après ce sera à toi de comprendre où ne pas mettre les pieds. Une lueur amusée passa dans son regard. J'ai constaté que les gens avaient tendance à se comporter de manière moins sotte lorsqu'ils avaient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Es-tu aussi différente sur ce point Aoife ? Il ne tuait pas pour un rien, même s'il était violent, Sargon n'aimait pas se fatiguer pour des prunes. Si la belle lui posait trop de problèmes, mais qu'elle représentait un bon potentiel, il l'offrirait en femme-sel à son oncle. Depuis le temps qu'il essayait de se faire bien voir, inutile de dire qu'une ravissante Lysienne serait un beau cadeau. C'est une bonne chose que tu ne sois pas qu'une godiche bonne à écarter les cuisses. Le physique ne fait pas tout et certains hommes apprécient les femmes avec du plomb dans la cervelle. Tu pourras me montrer tout ce que tu sais faire pendant ton séjour ici. »

     Logiquement, elle allait passer le reste de sa vie sur ses Iles, sauf si Sargon se faisait tuer lors d'un raid, en quel cas elle pourrait éventuellement espérer la clémence d'une dame de la maison Kenning qui déciderait d'en faire une simple domestique ou même de lui rendre sa liberté, moyennement finance. Le Harloi était de ces hommes qui aimaient les femmes d'esprit. Au-delà des plaisirs charnels qu'une femme-sel pouvait lui donner, le jeune homme souhaitait aussi avoir la présence d'une personne avec une autre vision du monde que la majorité des Fer-nés. Il n'était pas apprécié sur ces Iles et bien souvent, un interlocuteur capable de lui parler d'autre chose que de son hérésie, lui manquait sincèrement. Est-ce que la demoiselle saurait remplir ce rôle ? Quelqu'un qui lui tiendrait tête sans dire amen à tout ce qui sortirait de sa bouche n'était pas du luxe, mais il n'était toutefois pas aussi prompt à discuter de choses plus ou moins importantes avec n'importe qui. Et pour le moment, Aoife était n'importe qui. Elle le tira de ses pensées afin de lui rappeler que sa capture ne concernait aucun navire, c'était possible, à force le jeune homme confondait les attaques tant elles se succédaient. Sargon n'était guère insulté qu'elle énonce un fait réel, il se contenta de hausser les épaules, décroisant ses bras, avant de répliquer.

     ▬ C'est possible. Tous les pillages se ressemblent, je ne t'avais pas remarquée avant que mon second ne vienne me parler d'une jeune femme turbulente. Elle pouvait se rassurer. Au moins ne voyait-il pas les femmes captives comme des potentielles partenaires, mais comme des marchandises. Était-ce mieux ? La chance est une catin, elle te fait croire qu'elle te donnera tout et ne t'abandonnera jamais, puis à la moindre occasion, elle va voir ailleurs. Tu ferais mieux de compter sur toi-même, tu dois être la seule personne qui ne faillira jamais à servir tes intérêts non ? Lui-même ne comptait que sur sa personne et pas sans raison. Il reprit. En tous les cas, laisse-moi te dire qu'ici la chance ne te sera d'aucune utilité, elle n'a jamais rien apporté qu'elle n'ait repris. »

     Et elle ne tarderait pas à tourner pour eux, il en était intimement persuadé. Ce n'était pas sans raison que le Fer-né essayait d'assurer d'autres points de secours, après la guerre il ne serait plus qu'un natif des Iles de Fer parmi d'autres, il fallait commencer à tirer son épingle du jeu avant que tout ne leur échappe. Mais même si tout cela se gâtait pour son peuple, Aoife ne pourrait rien espérer.

     ▬ Même si nous perdons la guerre, tu ne rentreras pas chez toi. Les continentaux n'en ont rien à faire des femmes des cités libres. Il ne le disait pas pour lui faire mal, simplement parce que c'était l'entière vérité. Dans ton malheur, tu as de la chance, même si je suis certain que tu penses le contraire, tu aurais pu tomber sur pire que moi. Combien de capitaines t'aurais coupé la langue pour que tu te taises pendant qu'ils profitaient de toi ? Il ne souhaitait pas qu'elle lui soit redevable, au fond, encore une fois il s'en moquait. Qu'elle le haïsse si le cœur lui en disait. Non, il lui soulignait simplement les faits. Peut-être bien que ta chance ne t'as pas complètement abandonnée qui sait. Tu pourras écrire une belle ballade comme ça, je ne suis pas certain que les ménestrels femmes-sel soient nombreuses. »

     Là par contre, il se moquait d'elle, mais juste pour l'agacer un peu. C'était sa manière de se divertir.


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Message Mer 16 Mai 2012 - 18:11

Lorsque Sargon lui signala qu’il ne l’attendrait jamais complètement nu, lascivement étalé sur ses couvertures, Aoife laissa échapper un ricanement fort peu féminin. Qu’un Fer-Né venu au monde pour rançonner, piller, massacrer et violer n’eut guère envie de prendre la pose pour séduire n’avait rien de très étonnant. Le contraire en revanche eut été extrêmement surprenant. Comique. Voire un peu pathétique. Encore que… Elle demandait à voir. Elle pourrait même en faire une chanson satyrique. Qui durerait des siècles et des siècles. Qu’on reprendrait jusque dans les rues de Lys. Mais l’heure n’était pas à la composition. L’heure était à la discussion avec son geôlier. Comme tous les ménestrels, la jeune femme avait tendance à laisser son esprit vagabonder si elle n’y prenait garde et il lui était parfois difficile de restreindre son imagination trop fertile. Des images y poussaient constamment comme des fleurs sauvages dans un champ qu’on aurait laissé à l’abandon. Son mentor avait toujours encouragé cet état de fait mais en société, sa distraction passait plus ou moins régulièrement pour de l’impolitesse. Elle ne releva pas ses propos très clairs sur le fait que si jamais il voulait être intime avec quel il se montrerait sans équivoque, préférant ne pas s’embourber dans une conversation embarrassante, et pouvant potentiellement mal tourner, dès leur première rencontre. Elle ignorait encore où se trouvait les limites de cet ostrogoth et n’avait aucune confiance en ses prétentions ou ses propos. Pour le moment, il n’était que le malotru qui gouvernait la bande de barbares braillant qui l’avait capturé et qui la retenait maintenant prisonnière pour son bon plaisir. Aoife avait beau savoir qu’elle aurait pu bien plus mal tomber, elle se méfiait comme de la peste de son interlocuteur. Elle se contenta d’un sourire mutin, ouvertement moqueur, avant de répliquer. « Me voilà déçue, Sargon. Moi qui m’attendais un jour à avoir une surprise… » La remarque était relativement neutre et ne risquait pas de passer pour une offense aux yeux du capitaine pirate. Et à moins d’être complètement lunatique, facette de sa personnalité qu’il n’avait pas encore montré si tel était le cas, elle était presque certaine qu’il ne s’en offusquerait pas. Elle s’apprêtait à se dire que finalement la cohabitation, cette cohabitation qu’elle espérait provisoire en attendant que les rois-dragons, les Targaryens, ne viennent mettre de l’ordre dans leurs affaires, ne serait pas si compliquée lorsqu’il lui renvoya en pleine figure son statut d’esclave. Sa mâchoire se serra stoïquement sous l’affront tandis qu’elle essayait d’encaisser l’insulte dans le plus grand calme. Elle ne put retenir une répartie cinglante alors que la gamine des rues affleurait sous la ménestrelle. La patte de velours se changea en main de fer et sa voix se chargea de la morgue des gens qui ont grandi à la dure.

« Soit. Considérez-moi comme une esclave et je continuerai à vous considérer comme un barbare sans cervelle. Ça ne facilitera pas nos rapports mais qui suis-je pour essayer de limiter les dégâts ? Une barde privée de sa liberté et qui nourrit trop d’illusions sur la fin de sa captivité… » L’amertume était perceptible dans sa voix, elle y avait veillé. Elle se moquait qu’il prenne la mouche pour cet accès d’humeur. Sa colère s’apaisa d’ailleurs aussi vite qu’elle était venue. Elle retrouva sa contenance en dégageant ses cheveux noirs de ses épaules se glissant instantanément dans la peau de la femme adulte et cultivée qu’elle était censée être, son éclat presque déjà oublié. Son caractère affirmé lui avait valu un certain nombre de places au fil des ans et elle ne comptait plus les remarques acerbes qu’elle avait reçues de la part d’interlocuteurs vexés par une réplique volontairement incisive. Elle se demanda brièvement ce qui allait lui arriver puis décida de ne pas s’en formaliser. Si elle commençait à craindre d’éventuelles sanctions, alors son emprisonnement serait venu à bout de son esprit et elle finirait par se résoudre à ne plus espérer que celui-ci prenne fin. « L’image du ménestrel et de son inséparable crincrin a vécu. Si vous n’aimez pas la musique, je tâcherais de répéter hors de portée de vos oreilles. En ce qui me concerne, je trouve que le bruit des vagues pour lequel vous semblez nourrir tant d’intérêt se marie à merveille avec le son du violon. Sachez juste que si vous changez d’avis, je serai ravie de faire profiter l’auditoire de mes talents. Mais comme je vous l’ai expliqué, je ne limite pas à mon instrument. Je suis capable d’entretenir une conversation comme vous pouvez le constater. Je sais lire et écrire. Compter dans une certaine mesure. Mon mentor était une vraie catastrophe dès qu’il s’agissait de tenir une comptabilité aussi cette responsabilité est-elle retombée sur moi. Je n’irai pas jusqu’à prétendre que je pourrais vous aider dans le dénombrement de vos richesses mais si vous manquez d’un scribe, je peux m’en charger. En revanche, n’espérez pas de moi que je fasse la cuisine ou que je vous rafistole si vous vous blessez.»

Ce n’était pas que la jeune femme fut particulièrement repoussée par la vue du sang. Elle était juste incapable de faire un travail de couture convenable lorsqu’il s’agissait d’un bout de tissu. Mieux valait ne pas tenter le Destin en la faisant suturer une plaie. Au mieux, elle échouerait à refermer la plaie. Au pire, elle aggraverait les choses. Si l’idée de voir cet homme disparaître dans d’atroces souffrances ne lui déplaisait pas plus que ça, elle avait peur que Sargon décédé, elle ne soit cédée à un Fer-né qui serait bien pire. Elle savait qu’il y avait des sorts bien plus horribles que de tomber sur un homme comme lui. Il n’y avait qu’à voir les matelots sous ses ordres. Au moins pouvait-elle espérer raisonner avec lui et appeler à une certaine intelligence qu’elle n’était pas sûre de retrouver ailleurs sur ces îles maudites. Était-elle tombée si bas pour qu’elle commence à trouver des qualités à Sargon ? Elle réalisa qu’il s’agissait seulement du bon sens acquis dans son enfance. La raison même pour laquelle son mentor l’avait préférée à une enfant de la noblesse.

« Je suis une femme raisonnable, Sargon. J’évite juste de m’humilier inutilement pour une cause perdue. Je tiens également à mon intégrité. Ou mon honneur. Appelez ça comme vous voulez. Certains le qualifieraient de stupidité mais je sais que je ne pourrais pas me regarder dans un miroir si je me mettais à me comporter comme un de ses lèches-bottes que je méprisais du temps où je vivais encore sur les routes. Être votre prisonnière et accepter de coopérer avec vous… J’entends par là ne pas essayer de rendre cette cohabitation aussi ‘agréable’ pour vous que pour moi sans que l’un ou l’autre n’ait à craindre de se retrouver avec une lame plantée entre les omoplates. Accepter de coopérer, donc, avec vous ne me force pas à me comporter en être complètement soumis. » Plus elle discutait avec lui et plus le statut de femme-sel lui paraissait étrange. A quoi pouvait donc servir cet esclavage qui ne disait pas son nom ? Quelle était sa véritable justification ? Rien dans la religion de Westeros ne paraissait justifier un tel dispositif. Elle avait bien entendu des rumeurs prétendant que les habitants des îles de Fer ne vénéraient pas les mêmes divinités que les continentaux mais elle avait toujours attribué cette réputation à une volonté de rejeter ces pilleurs de côte, ces rançonneurs de navires dans une autre réalité. Hors de l’humain. Mais peut-être en fin de compte y avait-il un fond de réalité à ces histoires ? Elle se dit qu’elle devrait poser ces questions à Sargon tôt ou tard. Peut-être accepterait-il de lui répondre. Ou peut-être devrait-elle creuser la question par ses propres moyens.

Elle l’écouta parler de la chance, surprise par son fatalisme. Elle n’avait jamais rencontré un marin qui soit aussi irrévérencieux vis-à-vis de cette chance que tous ses pairs semblaient vénérer plus fort que toutes les religions auxquels ils se vouaient. Sargon était-il pessimiste de nature ou était-ce les circonstances qui le poussaient à se montrer aussi amer ? La guerre était-elle en train de prendre un nouveau tournant qui n’était pas en faveur des Fer-nés ? Un instant, la question brûla les lèvres d’Aoife. Elle la retint, s’abstenant d’amener cette conversation sur un terrain glissant qu’elle ne maîtrisait pas qui risquait véritablement de lui attirer des ennuis plus gros qu’elle. Elle ravala sa curiosité alors qu’il lui expliquait que même si les Targaryen parvenaient à venir à bout des boutres îliens qui harcelaient les côtes et les vaisseaux, elle ne recouvrerait pas sa liberté. Elle n’appartenait pas à Westeros et personne ne voudrait payer pour une ménestrelle. Elle s’en était doutée mais Sargon était le premier à lui confirmer qu’il avait bel et bien des échanges d’otages… Un instant, elle se sentit abattue puis réalisa que la chose lui ouvrirait peut-être la voie. Elle pourrait peut-être envoyer un message à son mentor dans l’espoir qu’il trouverait un moyen de l’échanger. Mais encore fallait-il qu’elle eut accès à un corbeau. Et que les seigneurs des sept Couronnes réussissent à serrer la bride de leurs sujets. Tout cela faisait beaucoup de conditionnels. Trop peut-être. Elle remarqua qu’une nouvelle fois, Sargon Harloi semblait prendre un malin plaisir à lui rappeler à quel point il était magnanime face à ses compères pirates… A croire qu’il essayait de lui faire croire qu’elle aurait du le remercier de l’avoir capturée. Ou de lui faire réaliser combien il était différent. La plupart des hommes essayait de faire valoir leurs différences vis-à-vis de leurs semblables mais elle avait du mal à croire que les qualités humaines de son interlocuteur puissent lui valoir une grande popularité parmi les siens.

« Ne comptez pas sur moi pour louer ma capture. Je suis consciente que vous n’êtes pas le pire des geôliers. Mais je ne vais pas pour autant chanter vos louanges. Quant à cette fameuse ballade, il est curieux que ce soit un homme qui clame son mépris pour la musique qui me suggère de l’écrire. Mais j’y songerais… En attendant vous accepterez peut-être de répondre à une question. Pourquoi les femmes-sels ? Pourquoi accorder un statut particulier à des esclaves ? Pas que je me plaigne d’être mieux traitée que la plupart des esclaves des Contrées Exotiques. Mais puisque je dois apprendre à vivre dans les Îles de Fer, j’aimerais en savoir plus…» Elle espéra qu’il voudrait bien répondre à ses questions et ne se retrancherait pas derrière une quelconque dérobade…
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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

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♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
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♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Ven 18 Mai 2012 - 13:32

     La belle n'avait visiblement pas apprécié la remarque du Fer-né sur son statut d'esclave, il le savait parfaitement et c'était bien pour cette raison qu'il l'avait souligné. Les choses seraient tellement plus simples s'il abondait toujours dans le sens de son interlocuteur, mais Sargon trouvait les choses bien plus divertissantes en leur donnant un tour si particulier. Aoife n'allait certainement jamais l'apprécier, peut-être le tolérer au mieux, mais il n'avait pas à espérer grand-chose d'elle, autant se comporter comme il était à son habitude et ne pas la « tromper sur la marchandise ». Elle parlait avec intelligence en lui faisant remarquer que leur vision des choses n'allait pas arranger leur relation, mais il s'en moquait pas mal. Avec un léger haussement d'épaules, le Fer-né répliqua.

     ▬ Je n'ai pas pour habitude de mentir sur la manière dont je vois les autres. Si tu veux te bercer d'illusions je peux te dire que je te vois comme une femme libre, mais ce ne sera rien de plus que des fadaises. Autant partir sur des bases de sincérité vu que je n'ai guère d'autres choses à t'offrir. »

     Ce n'était pas très rassurant au final, elle n'allait pas le remercier de sa gentillesse et de sa sincérité, seulement c'était sa manière de fonctionner. Mais il était bon de savoir qu'elle pouvait aussi être impulsive, il nota dans un coin de son esprit que la charmante jeune esclave était très irritable sur ce point, il en profiterait plus tard. Lorsque le désir de provoquer quelqu'un se manifesterait. Il avait besoin de sa dose de confrontation quotidienne, s'il passait une journée sans qu'il ne puisse échanger des mots durs avec quelqu'un, le Harloi considérait que c'était une journée de perdue. Peut-être que la Lysienne ne comprendrait pas ce mode de fonctionnement, mais c'était le côté Fer-né et farouche qui se faisait sentir. Le père du capitaine était bien pire à ce niveau, à croire que les gènes de sa mère l'avaient un peu assagit comparé à son géniteur.

     La jeune femme enchaîna alors, expliquant qu'elle se débrouillerait pour se tenir à distance de lui lorsqu'elle répèterait, avant de lui rappeler ce qu'elle savait faire, puis d'ajouter quelques informations au sujet de ce qu'elle ne pourrait effectuer. Il eut un léger rire, c'était exactement l'inverse de ce qu'un homme pouvait normalement attendre de sa femme-sel. Elles servaient à faire le ménage et à soigner les blessés lorsque leur propriétaire ne demandait pas qu'elles jouent leur rôle de concubine, alors autant dire qu'une femme qui refusait de faire la cuisine et les soins était à l'opposé de cette vision du rôle de femme-sel. Heureusement pour elle – encore une fois – comme Sargon n'était pas un adepte de l'Antique Voie, la demoiselle pouvait espérer s'en tirer à meilleur compte. Après tout, que pourraient dire les domestiques à la femme-sel d'un homme qui ne respectait pas les traditions ? Il s'en amusait même, l'idée de voir Aoife jouer de son violon au lieu d'aider les domestiques à astiquer le sol le faisait sourire. Peut-être bien qu'il avait trouvé une femme aussi réfractaire aux traditions que lui-même ? Allez savoir, en tous les cas, le Harloi avait hâte de voir la manière dont elle repousserait les demandes de ses compagnes d'infortune.

     ▬ Tu pourras répéter où tu voudras, ce n'est pas comme si je passais beaucoup de temps ici.... Il était vrai qu'il ne restait guère plus de quelques jours au même endroit en ce moment. Cela dit, je compte bien me contenter de ton éloquence, je sais aussi lire écrire et compter et je fais davantage confiance à mes mains pour ne rien faire disparaître. Son sourire se mua en un ris moqueur, même si elle volait quelque chose, à quoi cela lui servirait-il ? Il ne souhaitait pas que la jeune femme s'approche de ses courriers, ceux avec Deirdre étaient bien trop importants pour qu'une simple femme-sel ou domestique s'en approche. Tu fais ce que tu souhaites Aoife, mais attends-toi à te faire remettre à ta place, je ne suis pas certain que ton attitude plaira à tout le monde. Cela dit, de moi, tu n'auras rien à craindre. »

     Il le lui avait dit plus tôt, comme le fait qu'il ne comptait guère la protéger avant d'avoir une réelle bonne raison d'agir de la sorte. Est-ce que la demoiselle pourrait comprendre qu'il y avait bien plus dangereux pour elle sur ces Iles, qu'un propriétaire presque toujours absent ? Oh, il n'était pas un enfant de cœur non plus et Sargon avait ses défauts qui n'étaient pas négligeables. Il était colérique, manipulateur, égoïste et lunatique, mais si elle ne lui en donnait pas la raison, il ne lèverait pas la main sur elle. Concernant les autres personnes, ce n'était pas aussi certain. La haine que de nombreux Fer-nés portaient à Sargon pouvait bien se répercuter sur la seule proie facile : une femme qui lui appartiendrait. Aoife le découvrirait bien en temps et en heure. Il n'était pas un bon samaritain et c'était là son plus gros défaut. Elle coupa court à ces pensées en expliquant la raison de son choix de coopérer. C'était tout à fait logique, s'ils partaient sur des bases malsaines il y avait fort à parier qu'il ne lui accorderait jamais la moindre once de confiance. Cela dit, ce n'était pas le type d'hommes qui acceptait de laisser n'importe qui pénétrer dans son espace vital, mais la position de Aoife avait de quoi permettre de partir du bon pied. Au moins se montrait-elle réfléchie. Restait à voir si elle tiendrait le coup après quelques semaines passées avec lui, une fois qu'il serait davantage présent à Kenning à ses côtés.

     ▬ C'est une bonne position. Espérons que tu sauras la tenir lorsque tu auras appris à mieux me connaître. »

     Il en doutait. Sincèrement. Depuis le temps, le Harloi avait perdu ses illusions concernant les femmes. Elles ne voulaient que deux choses : le pouvoir ou la richesse. Restait à voir dans quelle catégorie Aoife se classait, mais Sargon était certain qu'elle essayerait de se servir de lui pour regagner la seule chose qui l'intéressait, à savoir sa liberté. Le jeune homme la regardait en silence alors que des bruits lointains se faisaient entendre, visiblement des domestiques étaient en train de s'occuper de ranger tout ce qui se trouvait dans le château. Attendaient-ils de la visite ? Ses interrogations furent coupées par la voix de la Lysienne qui rétorquait qu'elle ne comptait pas encenser sa capture. C'était compréhensible et pour être franc, il se moquait pas mal de ce qu'elle pouvait avoir envie de faire à ce niveau. Qu'elle le traite comme un monstre ou comme un bienfaiteur, il ne changerait guère de comportement à son encontre. Il s'apprêtait à le lui faire savoir lorsqu'elle lui posa une question plutôt surprenante. L'intérêt des femmes-sel ? Bonne question. Lui-même se l'était longtemps demandé, sa curiosité était légitime, ainsi il décida d'un répondre. Sargon détourna brièvement ses yeux pour se plonger dans ses réflexions avant de lui répondre d'un ton moins arrogant, plus sérieux pour une fois.

     ▬ Parce que votre utilité n'est pas la même que celle des autres esclaves. Tu l'ignores peut-être, mais les bâtards sont extrêmement rares sur les Iles de Fer et c'est bien en raison de l'existence des femmes-sel. C'était certainement difficile à comprendre pour quelqu'un qui n'avait pas été élevé dans cette tradition. Vous êtes comme des secondes épouses, un Fer-né noble qui aurait un enfant avec l'une de ses femmes-sel aura un enfant légitime qui ne portera pas son nom, mais qui pourra prétendre hériter s'il est le seul enfant ou si l'héritier est jugé indigne de son nom. C'était là le seul intérêt qu'il voyait vraiment. On nous parle qualifie de barbares parce que nous utilisons des femmes esclaves pour assouvir nos désirs, mais vois-tu, au final leurs enfants sont bien mieux traités que les roturiers ou les bâtards du continent. Il ne plaidait pas leur cause, mais se contentait de dire ce qu'il pensait. Après, votre rôle reste celui d'une simple domestique, vous êtes censées nettoyer le château, vous occuper des cuisines et de tout ce qui nécessite de l'attention dans une demeure, sauf qu'en prime votre propriétaire peut exiger votre présence dans son lit. »

     Il n'était pas certain qu'elle puisse comprendre tout ce qu'il venait de lui dire et pour être franc, il s'en moquait pas mal. Le jeune homme s'appuya épaule contre le mur froid. La fraîcheur de la pierre n'allait pas tarder à traverser le tissu de son habit, mais c'était sans importance. Son regard se promena sur les murs nus du château alors qu'il réfléchissait rapidement, puis après un bref instant, ses yeux mordorés se reportèrent sur le minois de la jeune femme.

     ▬ Il faut que tu saches que sur nos Iles, le Dieu Noyé a une place de choix. Un prêtre du dieu noyé a le droit de traiter le seigneur suzerain comme un moins que rien et personne ne pourra lui reprocher. Si tu parles de religion avec quelqu'un, un conseil, ne dénigre pas leur divinité où tu risqueras de voir ton séjour écourté. Il parlait de « leur » divinité comme s'il ne se sentait pas concerné. Et c'était bien le cas. Toutefois, Sargon avait fait preuve d'une certaine attention en lui offrant un conseil, libre à elle de le suivre où de l'ignorer. Les Fer-nés se considèrent comme des hommes libres, les titres et la noblesse n'ont pas d'impact chez nous, mais il n'en reste pas moins que les femmes-sel ne sont rien de plus que des simples esclaves. Les femmes qui ne naissent pas sur les Iles de Fer valent moins que des chiennes pour la plupart. Pour lui non, la preuve, il avait de nombreux accords avec des continentaux. Si un jour tu as un enfant avec un Fer-né, il sera plus respecté que tu le ne seras jamais. Il ne parlait pas de lui cependant. Après une brève pause, il conclut. Cela t'éclaire assez ? »

     Sa question était légèrement moqueuse, il avait retrouvé son ton arrogant comme s'il ne pouvait pas s'en défaire plus d'une dizaine de minutes. Au fond, c'était le cas.


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Message Mar 22 Mai 2012 - 21:32

Aoife préféra laisser de côté ce débat stérile sur ce qu’elle était et ce qu’elle n’était pas. Au vu de la situation, chacun camperait sur ses positions et la conversation finirait par pourrir. Mieux valait laisser ce sujet mourir de lui-même, s’éteindre à petit feu. Sa sincérité à lui n’était qu’une façon d’exprimer qu’il refusait de comprendre le message qu’elle voulait lui faire passer et elle n’avait pas envie de commencer un dialogue sur les vertus de la sincérité et le paradoxe de la vérité personnelle. Elle n’en avait pas l’énergie et elle doutait que Sargon eut les références pour saisir l’idée d’un débat métaphysique. Encore moins y participer. La ménestrelle connaissait suffisamment les hommes de pouvoir pour être consciente que leur faire réaliser leurs lacunes était la meilleure façon de récolter des ennuis. Plus encore, il semblait se réjouir du fait de retourner le couteau dans la plaie. Mieux valait faire semblant de se lasser de la controverse, lui concéder une victoire de principe. C’était une façon comme une autre de lui couper l’herbe sous le pied, en s’assurant qu’il ne pourrait utiliser cette vexation comme un angle d’attaque commode à chaque fois qu’il chercherait à la provoquer. Elle se contenta donc de hausser les épaules en signe d’impuissance, renonçant à rallier le Fer-né à son point de vue ou même à lui faire intégrer le concept de vérité relative. Elle ignorait en fin de compte si il s’agissait d’une volonté consciente de sa part ou si l’idée qu’elle puisse ne pas renoncer à se voir comme une femme libre en transit ne pouvait pas pénétrer son crâne épais. Elle imaginait qu’elle finirait par découvrir la vérité à ce sujet tôt ou tard. Elle reporta son attention sur les autres sujets qui les occupait.

Elle avait bien remarqué qu’il n’était pas très souvent présent. Et que cette demeure n’était pas la sienne. Elle l’avait d’abord cru durant les premiers jours de sa captivité confondant l’homme qui possédait cette demeure avec l’intendant de son nouveau… propriétaire. Le terme, ce terme haï, méprisable, s’imposa bien qu’elle ait tenté de le repousser de toutes ses forces. Maintenant qu’elle avait elle-même défini son interlocuteur de cette façon, elle se sentait moins humaine que bagage, produit de luxe razzié sur une plage des Sept Couronnes. Et au vu de la méfiance naturelle, pour ne pas dire la paranoïa, dont semblait faire preuve Sargon, elle n’aurait jamais un rôle qui excéderait celui d’une potiche dans une civilisation où la décoration semblait être tout sauf appréciée. Au moins ne devrait-elle apparemment s’attendre à subir les critiques de la part de l’homme planté en face d’elle. Ce qui amenait Aoife à s’interroger une nouvelle fois sur les raisons qui faisait que Sargon était à ce point différent et qu’il le clamait haut et fort. Du peu qu’elle avait vu de ces îliens elle ne les imaginait pas progressistes. L’originalité devait probablement entraîner une certaine sanction de la part de ses pairs. Encore que… elle ne les connaissait pas suffisamment bien pour en jurer. Peut-être ce genre de choses concernait-elle seulement les femmes-sels et les petites gens. Elle soupira. « J’imagine que je ne peux pas espérer mieux mais je saurai m’en contenter. »

Son sentiment de reconnaissance à l’assurance d’une sorte de pacte de non-agression n’était pas feint. Elle était même soulagée de voir que l’homme à qui sa vie appartenait maintenant et qui la possèderait encore un moment, pas toute sa vie elle l’espérait, ne soit pas le barbare amateur de chair fraîche qu’elle avait d’abord craint… Pas qu’elle ne fut pas en partie dévorée par la colère, par l’envie de se saisir d’un stylet et de l’enfoncer dans l’orbite de Sargon, mais elle n’était pas stupide. Elle savait que pour assurer sa survie sur ce bout du monde battu par les vents, elle devait choisir le moindre mal. Et pour le moment, Sargon était ce moindre mal. Il ne l’avait pas frappée, il ne semblait pas désireux de forcer ses faveurs et il lui parlait avec ce qui lui paraissait être de la franchise. Peut-être jouait-il avec ses nerfs avant de révéler sa véritable personnalité mais ce genre de choses tenait du domaine de l’hypothèse et des conjectures que la jeune femme tentait tant bien que mal d’éviter. A la minute où elle se perdrait dans les craintes, les espérances qu’elle sentait bouillonner dans son cerveau, la panique reprendrait ses droits et elle risquait de gâcher ses chances de survie en agissant de manière idiote…

Elle tourna à nouveau toute son attention vers son interlocuteur qui lui parlait à présent du fonctionnement de la société, essayant de mémoriser les renseignements qu’il lui fournissait. Plus elle en saurait, plus elle serait capable de comprendre le monde dans lequel elle venait d’échouer par un caprice du Destin et plus elle serait capable d’éviter les écueils et les dangers, les comportements à risque. Et puis, si jamais elle réussissait à s’échapper de cette maison de fou un jour elle pourrait toujours vraiment l’écrire cette fameuse chanson de geste. Et la faire diffuser… Elle tourna donc son attention vers le moindre de ses propos. Pour entendre ni plus ni moins qu’une nouvelle version de la solution apportée au principal problème que pouvait rencontrer les hommes. Concilier leurs besoins, apparemment irrépressibles, et les conséquences inévitables entraînés par ces derniers. A Lys, on utilisait le truchement des maisons de plaisir. Ailleurs… Eh bien autres lieux, autres mœurs. Elle marqua un temps de réflexion avant de répondre. « Oui. Je peux comprendre. Pas que j’approuve le modèle mais je peux comprendre. » Elle eut un sourire mauvais, ouvertement insolent. « La meilleure solution eut encore été que vous soyez capable de garder vos pulsions sous contrôle. Je ne comprendrais jamais cette tendance de certains hommes à devoir vérifier si ce qui se trouvent sous les jupes des femmes aux quatre coins du monde… » Elle marqua une pause, hésitant avant d’ajouter. « Merci d’avoir répondu à cette question. »

Elle l’écouta parler du Dieu Noyé à propos duquel elle devait avouer sa grande ignorance. Elle n’avait rencontré personne qui lui parut digne de confiance ou capable de lui donner des renseignements fiable sur le sujet. Elle n’avait de toute façon guère cherché à en savoir plus. Elle n’avait entendu que de vagues rumeurs, des bruits inquiétants, des légendes grotesques mais si tous ces propos lui avaient paru tenir de la fadaise, elle n’avait néanmoins pas creusé à la recherche de la vérité. Pourquoi ? Pourquoi une ménestrelle qui se nourrissait des récits qu’elle narrait dans les Cours ou dans les fêtes de village avait-elle préféré ne pas en savoir plus sur ce sujet ? Tout simplement parce que pratiquer un tel art exigeait d’ingurgiter une grande quantité de connaissances. Avec le temps, Aoife avait tout simplement appris à ne retenir que ce que les gens avaient envie d’entendre. Le Dieu Noyé ne lui avait pas semblé appartenir à cette catégorie. Elle écouta Sargon lui parler des conceptions particulières de son peuple, remarquant une nouvelle fois qu’il tenait à se dégager de la masse de ses pairs. Cette fois-ci sa curiosité était piquée au vif et il fallait qu’elle en sache plus. Ohla, Sargon comme vous y allez. Nous ne discutons que depuis peu et l’un de vous me fait déjà un enfant. N’allons pas trop vite en besogne, voulez-vous ? Qui plus est rien ne vous garantit que je ne sois pas stérile… » L’hypothèse était fausse bien sûr puisque rien dans le fonctionnement de son organisme ne le laissait penser. Si elle n’avait pas eu de problème de grossesse indésirable malgré ses quelques coucheries c’était uniquement parce qu’elle avait toujours pris soin d’ingérer un contraceptif aussi puissant que nécessaire. Elle voulait simplement semer le doute dans l’esprit de son interlocuteur et voir si la suspicion provoquerait une quelconque réaction. « J’imagine que, de part mon statut effectif sur ces îles, je ferai mieux de rester hors du chemin de ces fameux prêtres. Comment les reconnait-on ? En dehors de leur droit à prendre les bien-nés de haut… Vous le découvrirez assez vite avec moi, une réponse entraîne généralement d’autres questions. D’ailleurs votre insistance à vous marginaliser m’intrigue. La plupart des hommes aime faire valoir leurs prouesses physiques… Pas insister sur leurs différences de conception par rapport à leurs gens. Qu’est-ce qui vous rend si différent ? Et pourquoi vous en glorifiez-vous ? » Elle laissa sa phrase en suspens puis réalisa que la formule pourrait être mal interprétée. Sa main gracieuse bien que calleuse vola jusqu’à son visage près duquel elle s’agita, semblant chasser un insecte invisible. « Pas que je me plaigne. Mais les gens différents sont en général mal considérés. Et traités en conséquence par leurs pairs. A moins que la situation ne soit différente ici ? » Elle désirait savoir si il s’agit d’une caractéristique personnelle ou si la société Fer-né présentait un visage plus complexe qu’elle ne le pensait de prime abord…
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Sargon Harloi
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Message Mer 23 Mai 2012 - 15:31

     Comme si elle avait compris que le meilleur moyen de couper court à une discussion avec Sargon était de ne pas répliquer, la jeune femme conclut le sujet des femmes-sel d'un ton qui ne laissait aucune réplique. Une pointe de frustration naquit dans l'esprit du capitaine de la Veuve Salée et apparut brièvement dans son regard dirigé sur le minois d'Aoife. Comme un gamin capricieux, le Fer-né se sentait bien plus passionné par les discussions stériles qui finissaient par provoquer la colère de ses interlocuteurs. Mais la belle ménestrelle n'avait visiblement pas l'air désireuse de jouer le dindon de la farce et le Harloi était contraint de laisser ce sujet de discorde s'envoler, tout en se jurant d'y revenir un jour où il serait particulièrement désireux de l'embêter. Ce qui ne saurait tarder vu sa tendance à chercher à provoquer toutes les personnes de son entourage. Si la Lysienne n'avait que bien peu d'intérêt pour leur discussion précédente, elle se montra toutefois sincèrement intéressée par les renseignements qu'il pouvait lui offrir concernant les habitudes de son peuple. Pourtant le Dieu Noyé savait que Sargon n'était pas le meilleur professeur en la matière. À force de dénigrer les traditions du peuple des Iles de Fer, il pouvait en venir à les oublier. Mais ce n'était guère le cas, Harlon le Rouge, l'oncle du jeune homme, avait passé bien trop d'années à répéter en boucle les préceptes de l'Antique Voie afin d'essayer d'y ramener son neveu le plus rebelle. En vain. Pourtant, sournoisement, ces discussions s'étaient ancrées dans l'esprit du Harloi qui avait beaucoup de peines à s'en défaire. Vile vengeance, au moins personne ne pourrait lui reprocher de ne guère connaître ce qu'il bafouait avec autant de désinvolture. Puis s'il pouvait éclairer la lanterne de sa nouvelle « acquisition », ma foi, pourquoi viendrait-il s'en plaindre ?

     Après réflexion, Aoife lui déclara comprendre leur système, bien qu'elle ne l'approuvait pas, puis ne se priva pas de lui faire savoir qu'il aurait été bien plus simple que les hommes soient capables de se retenir plutôt que de voler des femmes à travers tout Westeros. Et bien plus loin. C'était un fait et aussi étrange que cela puisse paraître, il était d'accord avec elle. Sargon avait beau avoir une réputation de coureur de jupons, elle n'en était pas moins fausse et les quelques femmes qui lui donnaient leurs faveurs étaient toutes des femmes qu'ils ne possédaient pas. La domination d'une esclave était un intérêt bien secondaire aux yeux du jeune homme qui préférait parvenir à ses fins en raison de son talent ou de ses belles paroles. Mais au fond, les hommes du continent qui semaient des bâtards d'un bout à l'autre de la région n'étaient pas mieux. Au contraire, ils dissimulaient leurs frasques en ne reconnaissant pas leurs rejetons. Mais se lancer dans une telle discussion aurait été inutile, Sargon doutait que la demoiselle le croit s'il manifestait son accord avec ses déclarations. Il avait même du mal à croire son remerciement sincère, manipulateur oblige, il savait que les personnes comme eux profitaient de la moindre occasion pour l'exploiter. Ne se fier qu'à demi-mot à de telles paroles et encore.... Puis, après ses paroles au sujet des enfants de femmes-sel, la demoiselle réagit aussitôt, lui signalant qu'il allait un peu vite en besogne et avançant la possibilité qu'elle soit stérile. Un léger sourire gagna à nouveau les lèvres du Harloi qui avait adopté une attitude presque normale jusqu'à présent. Il n'était pas sûr qu'une telle déclaration ait un quelconque effet sur un Fer-né. S'en-suivit une série de questions plutôt justifiées, mais à laquelle il n'était pas certain d'avoir envie de répondre. Ce serait du temps et de la salive gaspillés, elle s'en rendrait bien compte par elle-même si elle survivait assez longtemps.

     ▬ Que tu sois stérile ne serait pas forcément dans ton intérêt vois-tu. Je doute qu'un homme puisse s'arrêter à cela, au contraire, je pense même qu'il redoublerait d'efforts pour essayer de te mettre enceinte, alors que si tu l'es rapidement, tu serais en paix pendant cette période. D'un autre côté, tous les Fer-nés ne souhaitaient pas des enfants de leurs esclaves, ce n'était que des dommages collatéraux et rien de plus. Mais rassure-toi, me concernant je n'ai absolument pas dans l'idée de me retrouver avec le moindre rejeton qui ne soit pas capable d'être mon héritier. Autrement dit, un enfant avec sa femme-roc et vu qu'il n'en avait pas, la question était réglée. Après les accidents arrivaient, mais comme il venait de lui promettre de ne pas la toucher avant un moment, la question n'était pas d'actualité. Je parlais simplement au cas où il m'arriverait quelque chose et que tu serais donnée à un autre, autant que tu sois au courant de tout non ? Si tu ne voulais que les explications superficielles il aurait fallu me le faire savoir. Il la raillait un peu, voulant simplement voir si elle avait réagi aussi promptement en raison du sujet qui était plutôt intime, ou simplement parce qu'il ne la concernait pas. Elle n'avait pas l'air d'une femme chaste ou coincée, la seconde possibilité était donc davantage de rigueur. En ce qui concerne les prêtres, tu les reconnaîtras rapidement, rien qu'à leur dégaine et au fait qu'ils se croient tout permis. Tu auras certainement le loisir d'en rencontrer un d'ailleurs, il se trouve que mon oncle en est un et qu'il apprécie tout particulièrement de venir me faire la leçon de temps en temps. »

     Il ne voyait pas comment détailler davantage ce domaine, après tout, les prêtres du Dieu Noyé étaient proches de tous les autres Fer-nés, mis à part qu'ils avaient souvent l'air un peu plus... fous ? C'était certainement lié au fait qu'ils devaient être noyés comme tous les enfants Fer-nés, après tout, cela laissait forcément des traces. Au fond, Sargon était persuadé que Harlon ne se priverait pas de lui faire une petite visite de courtoisie un de ces jours, lorsqu'il aurait appris l'arrivée d'une nouvelle femme-sel ou simplement pour lui asséner une fois de plus ses sempiternels reproches. C'était tellement prévisible que cela en devenait lassant. L'attention du capitaine était toujours dirigée sur la jeune femme. Il n'avait pas répondu à sa question concernant le fait qu'il martelait sans arrêt sa différence. C'était une telle habitude qu'il ne s'en rendait même plus compte. Y avait-il une véritable explication à ce comportement ? Pas vraiment. Inconsciemment, il glissa sa main jusqu'au pommeau de Crépuscule rangée dans son fourreau, un geste qu'il faisait souvent lorsqu'il réfléchissait. Ses yeux quittèrent le minois de la demoiselle pour se promener sur la pierre froide du mur contre lequel il était toujours appuyé.

     ▬ Je ne peux pas te répondre, tout simplement parce que je n'ai pas d'explication. Que veux-tu, c'est ce que l'on me répète depuis toujours alors que l'assume, je n'ai pas pour habitude de cacher ce que les autres voient comme une tare alors que c'est un avantage clair et visible. Il haussa légèrement les épaules avant de regarder à nouveau la jeune femme dans les yeux. Je te l'ai dit au début de notre conversation Aoife, tu risques d'avoir des ennuis avec d'autres Fer-nés parce que je ne suis guère apprécié. Et bien sache que c'est en raison de cette différence, tu auras le temps d'en apprendre plus à ce sujet avec le temps, mais j'estime que tu as le droit d'être au courant de ce que tu risques. Trop de bonté. En fait il se moquait – pour le moment – de ce qui pouvait arriver à la belle, mais ce n'était pas pour autant qu'il allait la jeter à l'eau les bras et les pieds attachés. Je ne vois aucune raison de vanter mes prouesses puisque je suis parfaitement conscient de mes talents et que l'avis des autres m'est totalement indifférent. Je trouve simplement que le carcan de leurs traditions stupides les empêche d'avancer plus loin que leurs petites Iles alors je ne vois pas de raison de m'y restreindre voilà tout. Les explications étaient assez anarchiques, il n'était pas certain que la jeune femme s'y retrouve, après tout, elle n'était pas coutumière de ce genre de discussions. En temps normal, il ne parlait jamais de ses différences, mais l'occasion était différente et il le faisait simplement dans l'intérêt de la jeune femme. Je n'ai pas pour habitude de souligner mes différences, mais comme je te l'ai expliqué c'est dans ton intérêt. De toute manière tu en auras forcément vent, alors autant que ce soit de ma bouche que tu l'apprennes. Il la regarda avec sérieux. Et dis-moi Aoife, es-tu sensible aux rumeurs et à ce que l'on peut raconter sur ta personne, ou tout cela te passe-t-il au-dessus de la tête ? J'imagine que les ménestrels doivent y être habitués, surtout les Lysiens. »


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Message Dim 27 Mai 2012 - 9:44

Aoife considéra le destin qui l'attendait si effectivement elle ne réussissait pas à trouver un interlocuteur capable de la faire libérer si cette guerre finissait un jour. Quand cette guerre finirait. Un frisson glacé remonta le long de son échine alors que le tableau que lui brossait Sargon Harloi n'avait rien de réjouissant. Choisir la voie du ménestrel l'avait mise à l'abri de la vie qui attendait la plupart de ses compagnes. Être subordonnée à un homme qu'elle n'aurait pas choisi et porter ses enfants. Mais par un hasard, par un caprice de la fatalité ou des Dieux ; auxquels la jeune femme ne savait plus très bien devoir se vouer ou les maudire, elle se retrouvait prisonnière de ce maudit château séparée de ces contrées d'origine par un continent entier peuplé de sauvages, aux mains des pires d'entres eux. Un frisson glacé remonta le long de son échine alors qu'elle sentait sa gorge se serrer et le goût de la bile envahir sa bouche. A nouveau la claustrophobie referma ses griffes d'acier sur son être et un instant, elle failli céder à l'accès de panique, puissant, dont les remous agitaient perpétuellement son âme, lui rendant le sommeil difficile. Elle regarda son interlocuteur. Pour lui, elle n'était qu'un objet sans la moindre valeur. Il n'attachait pas d'importance à ses sentiments sauf lorsque ceux-ci servaient visiblement son envie de joutes verbales. Et là encore, il gardait l'avantage. Après avoir profité des années durant d'une liberté presque sans fin et d'une certaine impunité quels que soient les actes qu'elle accomplissait ou les paroles franchissant le sénacle de ses lèvres, Aoife se sentait diminuée, emputée d'une partie d'elle-même. Détournant son regard, elle se rapprocha à nouveau de la fenêtre au bord de laquelle le Fer-né l'avait trouvé, inspirant l'air marin chargé d'iode pour se calmer alors que le vent froid frappait sa peau exposée sans remords à ses morsures dans une attitude qu'elle trouva presque cathartique. Ce brève interlude lui permit de réfréner son envie de se mettre à hurler son ressentiment en cassant tout ce qui lui passerait sous la main pour finalement répondre d'un ton badin qui ne parvenait pas à se défaire d'une certaine acidité.

"J'imagine qu'il ne me reste plus qu'à prier que vous restiez en vie et que je ne sois pas donnée à l'un de vos amis dans ce cas."

Elle n'avait pas personnellement eut de contact avec son oncle. A vrai dire elle l'avait même soigneusement évité du jour où elle avait compris que c'était lui qui en ses lieux donnait les ordres, à l'absence de Sargon avait-elle d'abord cru. Maintenant qu'elle savait qu'il était le véritable propriétaire de cette ruine glacée que perçait les courants d'air et qu'il avait un rôle religieux au sein de cette étrange société, peut-être lui accorderait-elle un peu plus d'attention. A une distance de sécurité, cela allait de soit. Elle n'avait pas l'intention de subir une tentative de conversion. Ou d'être la victime d'un quelconque rite barbare qui allait avec son statut d'esclave qui n'en portait pas le nom. Si Sargon semblait vouloir l'assurer ne pas représenter une menace pour elle, elle n'en avait pas la capacité de saisir les lois qui régissaient ce domaine et ses gens. Elle risquait de violer une loi sociale implicite et d'y récolter des ennuis. Elle continuerait à garder ses distances avec l'homme qui régissait la vie en ces lieux et apprendrait par d'autres moyens les renseignements qu'elle avait besoin de connaître pour assurer sa survie quand son interlocuteur était au loin. C'est à ce moment-là qu'elle réalisa avec horreur que spontanément, à peine assurée par un homme qu'elle ne connaissait pas quelques heures plus tôt qu'elle serait relativement tranquille en sa compagnie, elle avait commencé à lui faire confiance. Voire à le considérer comme un allié potentiel. Ce qu'il n'était définitivement pas. Privée de liberté, privée d'une personne avec qui entretenir un dialogue qui ne tournait pas autour de la gestion d'un garde-manger ou de sa parfaite inutilité personnelle à s'occuper de tâches simples pourtant associées de toute éternité au sexe féminin, Aoife glissait sur une pente dangereuse. Elle raffermit ses pensées vis à vis de Sargon. Elle ne pouvait pas le considérer comme un allié. Elle devait le considérer comme un ennemi avec lequel elle pourrait négocier dans une certaine mesure. Ses différences conceptuelles, personnelles avec ses pairs rendaient la chose moins compliquée, moins difficile, demandait moins d'efforts à la jeune femme mais elle devait se rappeler qu'il était tout de même celui qui commandait aux hommes qui l'avaient arrachée à son existence paisible... Elle secoua la tête d'un mouvement brusque à la fois pour dégager les quelques mèches sombres que le vent avait ramené depuis ses épaules jusque devant son regard et pour chasser les pensées toutes aussi sombres qui grouillaient sous son crâne comme autant d'insectes répugnants. En ce moment, elle avait besoin de toute son attention.

"Quelqu'un m'a un jour dit que le prosélytisme forcené était le principal défaut de tous les prêtres d'un bout à l'autre du monde... Il a prouvé la validité de cet argument en essayant quelques temps plus tard de me convertir à son propre culte. Celui du dieu de la Lumière. Mais je ne suis pas sûre que vous le connaissiez dans vos contrées. C'est une religion extrêmement marginale en Westeros." Elle marqua une pause avant de se rappeler quelles étaient les questions véritablement importantes. "Y a-t-il quelque chose qu'une..." Le mot mit quelques temps à franchir ses lèvres, son être refusant à le prononcer, à lui donner du sens et de la réalité, la contraignant à reconnaître qu'à l'heure actuelle tel était l'état des choses. "femme-sel doit éviter de faire en présence d'un prêtre? Comme... Voyons voir, leur parler , les croiser un jour de la semaine ou dans un sens particulier du couloir?" Les religions étaient généralement associées à toute une série de pratiques plus ou moins ridicules et surannées, héritées d'une tradition dont les explications avaient été perdues depuis des lustres. Quelques secondes plus tard, Sargon lui confirmait que la société Fer-née avait probablement fait les frais de ces dernières et que celui-ci les rejettait par simple pragmatisme. Il la mit également en garde contre le fait qu'en temps que femme-sel, attachée à sa personne, elle souffrirait probablement de son attitude anti-conformiste. Ce qu'elle n'avait pas de mal à croire... Elle savait depuis longtemps qu'aux attaques frontales, les gens préféraient généralement des techniques indirectes, moins périlleuses et qui avaient plus de chances d'atteindre leur cible de manière durable. S'attaquer aux proches ou aux possessions d'un homme sur lequel l'on n'avait pas de prises ou qui nous surclassait de loin en matière de capacités physiques était une tradition. Mais Aoife n'était elle-même pas dépourvue de ressources et les humiliations glissaient sur elle comme l'eau sur les plumes d'un canard. Elle doutait de plus qu'un homme prit le risque de la rosser ou de la tuer dans le seul but de se venger de Sargon. Ce dernier ne laisserait pas sans doute pas l'offense impunie... Il s'agirait de ne pas commettre d'impair publiquement et de se garder de provoquer qui que ce soit, chose dont Aoife n'était pas sûre de pouvoir se retenir, pour éviter la plupart des écueils. "C'est une conception intéressante. Bien qu'elle soit difficile à tenir... Une attitude que je comprends tout à fait. Mes contrées sont également sous le joug d'une tradition tenace bien que les gens qui y vivent entretiennent le mythe d'une liberté plus grande de l'individu." Elle n'épilogua pas sur l'arrogance qu'elle avait senti chez lui depuis le début de leur entretien. Si elle demandait une preuve, il ne lui en fournirait pas. Elle était consciente qu'il se moquait parfaitement de ses avis ou de son destin. Pire encore si il jugeait qu'elle doutait de lui ou dépassait les bornes, il risquait de décider de la frapper malgré ses promesses de l'avertir lorsqu'elle mettrait les pieds en terrain bourbeux. Et puis, en matière d'arrogance, Aoife devait avouer une certaine habitude. Elle-même pensait qu'elle était meilleure ménestrelle qu'une bonne part des bardes qui officiait non seulement sur ce continent mais également de l'autre côté du Détroit. Elle ne pouvait pas blâmer Sargon pour un travers qu'elle partageait...

Sa question sur les rumeurs en revanche provoqua chez elle un gloussement puis un véritable fou-rire. Si elle était habituée aux rumeurs ? Quelle interrogation étonnante et qui montrait à quel point le marin connaissait mal son milieu. A quel point il côtoyait peu les siens. Quand elle eut finalement repris le contrôle de son hilarité aussi soudaine qu'apparemment déplacée en ces lieux austères et sombres, Aoife essuya une larme que son soudain éclat avait fait perler au coin de son oeil avant de répondre. "Que cela reste entre nous, Sargon, mais les rumeurs sont le fond de commerce principal des ménestrels. La plupart, vous serez surprise l'apprendre, ne nous concerne pas. En revanche, nous nous faisons une joie de les colporter. Je me moque des rumeurs qui peuvent éventuellement courir sur mon compte. Je ne suis pas une femme vertueuse et j'assume totalement le moindre de mes travers. Et seuls, ceux qui ne s'assument pas ont à craindre les racontars... De toute façon, les bardes lysiens ne sont pas spécialement l'objets du moindre bruit qui court. Les femmes lysiennes en revanche... Mais la plupart de vos compatriotes ne seraient pas capables de deviner mes origines si je les annonçais pas ouvertement. Ils me prendraient d'office pour une Dornienne. Non seulement en raison de mon physique mais également par mon comportement. Une Lysienne est réputée douce et sensuelle. Sa voix doit charmer les hommes à la minute où ils l'entendent et sa présence une invitation aux plaisirs de la chair... J'imagine que je pourrais également obtenir cette aura si je le désirais mais nous conviendrons tous les deux que je n'ai pas l'aura traditionnellement associée aux femmes de mon origine. Je n'ai même pas le physique que partagent généralement les Lysiennes...D'ailleurs je pourrais vous renvoyer le compliment. Vous avez beau dans vos atours être incontestablement Fer-né mais il suffirait de vous départir de vos frusques pour que vous passiez inaperçu au milieu des autres Westerosii. Vous pourriez même donner le change dans les Cités Libres." Aoife se demandait d'ailleurs pourquoi il n'était pas encore parti chercher fortune plus loin que les Îles de Fer. Il semblait conspuer les siens et mépriser leur manque cruel d'ambition. Il était propriétaire de son boutre, avait sans doute la fidélité et la confiance de son équipage... Encore que. Elle ne les connaissait pas suffisamment pour savoir comment un capitaine faisait régner la discipline dans les rangs. Mais l'appât du gain était universel. Et il y avait des choses qui payaient bien mieux que la piraterie. Les marchands embauchaient à prix d'or des équipages pour des raisons diverses. "Pourquoi restez-vous ? Qu'est-ce qui vous retient parmi ces gens alors que votre ambition pourrait vous amener bien plus loin ? Je connais des endroits où des capitaines mercenaires vivent comme des princes et où les nantis se battent pour avoir recours à leurs services... Et je me doute que vous en avez eu vent aussi. Alors pourquoi?"
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Sargon Harloi
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Message Lun 28 Mai 2012 - 14:26

     Sargon ne quittait que rarement le visage d'Aoife du regard, il considérait que l'on apprenait davantage de choses sur la manière dont l'autre réagissait à nos paroles que sur ce qu'il disait. Est-ce que les ménestrels étaient différents ? Pour le moment du peu qu'il avait appris de la demoiselle, elle ne lui était pas apparue comme une femme « normale », sans quoi il aurait certainement déjà coupé court à cette discussion pour l'envoyer voir ailleurs si l'on avait besoin d'elle. Elle l'intriguait. Il se demandait ce qu'elle pouvait bien cacher comme pensées. Ses paroles firent état d'un fait qui semblait concerner absolument tous les religieux de ce monde, ils étaient bien trop dévoués à leur cause et refusaient généralement la moindre incartade. Sargon ignorait totalement comment étaient les autres prêtres, mais une chose était sûre : sur les Iles de Fer ils avaient tous les droits et tout le monde ne jurait que par eux. La religion du Dieu Noyé était très présente dans la vie des habitants des îles, au point qu'ils ne faisaient pas le moindre geste sans vérifier qu'il suivait bien les préceptes de l'Antique Voie. Le comportement « en marge » du Harloi aurait très certainement été bien toléré au sein d'un peuple moins croyant, mais ici c'était une véritable traîtrise à son sang. Tout dépendait des lieux et des personnes qui nous entouraient, mais au final il ne devait guère être différent de bien des habitants de Westeros et au-delà. Lorsqu'elle fit état du dieu de la Lumière, le jeune homme hocha simplement la tête. Il en avait entendu parler en effet, mais sans jamais trop s'intéresser à ces illuminés qui étaient encore pires que les prêtres du Dieu Noyé selon lui. La religion avait toujours été très absente de la vie du Harloi, quelle que soit son origine. Comme elle l'interrogeait à propos du comportement qu'il fallait adopter face à représentant de la divinité des Mers, le capitaine se contenta de hausser les épaules alors qu'un léger sourire flottait sur ses lèvres.

     ▬ J'ai entendu parler de ce dieu oui, mais la religion n'a pas d'attrait pour moi et je ne m'y suis guère intéressé. Ses yeux passèrent sur la fenêtre alors qu'il contemplait le paysage avant de répondre encore une fois. Et bien étrangement, le fait que tu sois une femme-sel suffit à te protéger. Tu vois, ce que tu dénigres te sauve la vie. La femme-sel fait partie intégrante de l'Antique Voie et nul homme n'a le droit de toucher celle d'un autre Fer-né. À moins de la lui prendre par le sang évidemment. Aoife allait certainement se dire que c'était encore une tradition barbare, mais peu lui chalait. Du moment que tu respectes ton rôle, tu n'as rien à craindre d'eux. Ils ne te verront certainement pas. Au fond, pour les autres Fer-nés, tu n'es rien de plus qu'une décoration de luxe. Même si tu es certainement habituée à être au centre de l'attention, crois-moi lorsque je te dis que l'anonymat te servira plus. Un nouveau sourire se peignit sur ses lèvres. Mais si tu décidais de jouer les rebelles, ne te gêne pas. Tu peux répondre à un prêtre et je peux t'assurer que je veillerai à ce qu'il ne te fasse rien, c'est certainement la seule raison pour laquelle je me donnerais cette peine. »

     Discours plutôt étrange alors qu'au début de leur conversation il avait fermement assuré à la belle qu'il ne prendrait pas la peine de la défendre si elle se faisait attaquer par d'autres hommes. Mais les prêtre, c'était différent. Déjà qu'il passait son temps à provoquer Harlon, l'idée d'avoir une femme-sel qui n'avait pas sa langue dans sa poche et qui défiait le Dieu Noyé l'amusait grandement. Une manière de faire un pied-de-nez à la religion en prouvant que même en obéissant à l'Antique Voie, il trouvait le moyen de la bafouer. Au final, la décision en revenait à la demoiselle, c'était à elle de voir si elle voulait prendre le risque de se mettre la population des Iles de Fer à dos ou simplement faire profil bas. Les risques étaient plus présents dans le premier choix puisque Sargon avait avoué ne passer que très peu de temps à Kenning, ainsi donc Aoife serait à la merci des vengeances pendant le temps où elle serait seule.

     Après la question du Harloi concernant les rumeurs, la jeune femme fut prise d'un fou rire qui avait de quoi surprendre n'importe qui, même quelqu'un d'aussi prompt à se moquer des autres que Sargon. Est-ce qu'elle se gaussait de lui ? L'idée lui traversa l'esprit, mais il resta silencieux jusqu'à ce qu'elle décide de lui expliquer la raison de cette hilarité soudaine. Comme Aoife expliquait que les ménestrels colportaient davantage les rumeurs qu'ils ne les subissaient, il comprit mieux la raison de cet amusement. Elle disait vrai en expliquant que seuls les êtres qui n'assumaient pas leurs travers avaient peur des rumeurs qui en découlaient, il en était la preuve vivante et visiblement c'était aussi le cas de la Lysienne. Une fois de plus, elle fit mouche en déclarant que son physique ne donnait pas l'impression qu'elle était native de Lys. Les femmes de cette région étaient bien plus souvent blanches de peau avec des yeux bleus et des boucles blondes ou rousses. L'opposé de celle qui se tenait face à lui. Cela dit, l'exotisme de la jeune femme était bien plus attrayant que le sentiment de précieuse-té qui se dégageait des femmes trop délicates. Le Fer-né était brusque à ses heures et il n'avait pas envie de craindre briser une femme dès qu'il la touchait. Ce sentiment de faiblesse le rendait plus violent par ailleurs, il lui donnait envie de leur faire savoir que seuls les êtres faibles restaient faibles et s'enfonçaient toujours plus. En définitive, il était préférable qu'Aoife possède un physique moins significatif de ses origines. De toute manière, il n'avait jamais éprouvé cette stupide passion pour les Lysiennes. Il préférait les femmes des Iles de Fer, les véritables femmes. Cette discussion mena la jeune femme sur un sujet plutôt... surprenant. Les yeux mordorés du capitaine se teintèrent de surprise. C'était la première fois que quelqu'un lui servait une telle déclaration. Lui ressembler à quelqu'un du continent ? Elle ne se rendait certainement pas compte qu'une telle idée pouvait être considérée comme une véritable insulte par le capitaine. Les Fer-nés méprisaient les gens du continent et par conséquent, les considéraient comme inférieurs. Heureusement pour la demoiselle, Sargon était effectivement plus regardant sur son apparence que les autres habitants des Iles et cela lui valait souvent de nombreuses moqueries.

     ▬ Tu sais, tes paroles pourraient être considérées comme une véritable insulte. Nous détestons les continentaux et me dire que je peux leur ressembler n'est pas franchement un compliment à mes yeux. Pour la première fois, il s'incluait dans le lot en parlant des Fer-nés. Mais c'était simplement pour titiller un peu la jeune femme et peut-être lui faire un peu peur. Au fond, cela lui était égal. Mais je m'en moque, c'est une insulte que j'entends quotidiennement ici. En effet, je ne me comporte pas comme les autres Fer-nés, mais je ne pense pas pour autant pouvoir me fondre dans la masse de ces moutons du continent. »

     Trop vaniteux ou arrogant peut-être ? Il aimait être le centre de l'attention et non se fondre dans la masse, envisager de pouvoir se pointer au beau milieu d'un village du continent sans vouloir se faire remarquer n'était pas envisageable. Pourtant son oncle - le lord de la maison Harloi - avait déjà avancé l'idée à son neveu pour éviter de devoir compter sur la bâtarde qui lui servait d'espionne. Seulement à ce jour son visage était connu de quelques personnes influentes à Westeros, l'idée était donc à oublier. Quand aux cités libres, Sargon ne gardait pas vraiment en mémoire l'habillement ou le comportement d'hommes de pouvoir qu'il avait croisés. Autant dire qu'il ne gardait pas à l'esprit des choses inutiles. Ce fut alors qu'elle le questionna au sujet de sa présence ici, lui demandant pour quelle raison est-ce qu'il n'allait pas dans les cités libres ou ailleurs où il pourrait devenir plus riche et plus puissant. Pourquoi en effet ? La réponse était simple, mais peut-être qu'une femme qui n'était pas née au sein de son peuple ne pourrait pas la comprendre.

     ▬ Parce qu'ils ne sont bons qu'à être pillés. Je préfère amplement leur voler ce que tu dis plutôt que de le recevoir suite à mes services. Peut-être que cela te dépasse comme tu n'es pas habituée à nos us et coutumes, mais sache qu'ici je suis un homme libre. S'il me sied de refuser un ordre de Dagon Greyjoy, je le ferais. Je ne travaille que pour moi, je suis mon seul maître. Si je partais pour les cités libres ou ailleurs, j'aurais à supporter des employeurs et des personnes qui se sentiront supérieurs à moi. Il haussa les épaules. Ici si quelqu'un me manque de respect, je le défie et je le tue. Je ne suis pas certain que ce comportement soit accepté ailleurs. En réalité il en était même persuadé. Même si je considère que les Fer-nés s'embourbent dans leurs traditions, ils n'en restent pas moins les seigneurs de la mer et le reste du monde n'est que comparable à des moutons que nous allons délester de leurs possessions. Je reste un Fer-né, même si je me considère comme étant d'un degré supérieur à celui des autres habitants des Iles. »

     Évidemment, venant de lui cela aurait été difficile de voir les choses autrement. Même si Sargon critiquait abondamment son peuple, il lui restait malgré tout fidèle et n'envisageait pas de quitter définitivement les Iles de Fer. Il essayait de s'approprier quelques avantages comme le port de Lordsport, le seul des Iles de Fer. Encore fallait-il qu'Helya daigne accepter de l'épouser pour qu'il puisse y avoir accès. Même après la fin de la guerre – qui était certainement proche – le jeune homme restait prêt à remplir encore plus les caisses de la maison Harloi. De plus, en quittant les Iles il aurait certainement des risques de voir des Fer-nés vouloir venir récupérer Crépuscule, son épée en acier Valyrien. Jusqu'à ce jour aucun Fer-né n'avait jamais abandonné les Iles de Fer, la preuve qu'ils étaient un peuple unique.

     ▬ Espérais-tu que je change tout à coup d'avis et que je prenne la mer pour te rendre ta liberté ? Que fais-tu là où nous t'avons capturée d'ailleurs ? Mis à part chanter tes balades, j'imagine que tu avais une autre idée derrière la tête, non ? »


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Message Lun 4 Juin 2012 - 22:06

Parler avec Sargon était chose dangereuse mais également profitable et quelque peu amusante. Le capitaine Fer-né avait essayé de l’effrayer peu de temps au début de leur conversation en lui racontant que si elle choisissait d’aller baguenauder dans les Îles de Fer en solitaire il pourrait lui arriver n’importe quoi. Les hommes pourraient disposer de son corps comme ils le voulaient. Maintenant qu’il avait cessé de jouer et qu’elle avait réussi à l’attirer sur un terrain où elle pouvait obtenir de véritables renseignements, il se contredisait en lui annonçant que son statut de femme-sel la mettait à l’abri d’attentions qu’on eut pu au mieux qualifier de déplacée… Il n’était pas difficile de démêler le vrai du faux dans ce cas. Il avait voulu lui faire peur puis emporté par son élan il avait oublié de s’en tenir à sa version. Elle eut un sourire amusé mais s’abstint de tout commentaire. Il y avait des choses qu’il valait mieux taire. Des victoires qu’il valait mieux laisser filer. Elle s’amusa des autorisations qu’il lui donnait. Il semblait bien décidé à lui accorder de petites libertés pour peu qu’elles servent ses propres intérêts. Ou ses propres loisirs. Pour le moment, elle se dit qu’elle se tiendrait tranquille. Les Targaryen n’avaient pas encore levé le petit doigt pour juguler la rébellion de leurs redoutables vassaux mais lorsqu’ils le feraient, elle était certainement qu’ils s’assureraient qu’ils ne recommenceraient pas. Personne ne paierait pour la rançon d’une ménestrelle anonyme. Mais lorsque la situation se serait calmée, il serait temps d’envoyer quelques messages. Ou de saisir sa chance lorsque les forces de la Couronne débarqueraient. Les souverains enverraient probablement en plus de la soldatesque des seigneurs. Si elle pouvait entrer en contact avec l’un d’entre eux, lui parler, le convaincre de l’emmener, elle gagnerait sa liberté. C’était un plan idyllique qui tenait plus du fantasme que d’une véritable opportunité de s’échapper de cette prison qui n’avait même pas de véritable barreau mais elle tenait à l’envisager tout de même. « Je ne suis pas non plus une adepte du Dieu Rouge. Mais il est de mon devoir de connaître la plus grande quantité d’histoires possibles. Nul ne sait ce qu’on peut me demander de narrer. Epopées héroïques, ballades romantiques, mythes et contes. » En ce qui concernait les batailles pour une femme-sel, elle se doutait que la chose n’était tout de même pas monnaie courante mais que la coutume le prenait en compte. Le fait que les batailles aient lieu publiquement n’avaient rien de très surprenant compte tenu de la nature de la société des îles de Fer et Aoife n’était pas suffisamment bête pour savoir qu’elle n’était qu’une expression de la façon dont les hommes traitaient les femmes en ce bas-monde. Elle avait à son répertoire nombre d’histoires de braves qui s’étaient courageusement étripés pour les faveurs d’une belle dame… et entendu un certain nombre de rumeurs plus ou moins crédibles sur des empoisonnements qui n’avaient pour but que de se débarrasser d’un mari gênant et ainsi rafler la veuve éplorée. « Si il me vient l’envie de provoquer un prêtre, je me rappellerai que vous m’en avez donné l’autorisation… Elle réfléchit un instant avant de compléter sa phrase puis envoya paître ses hésitations en se disant que si elle commençait à se modérer maintenant, elle ne tarderait pas à récurer béatement le sol de sa chambre en attendant le retour de son seigneur et maître. « Si vous l’acceptez, je vous dédierai même chacune de mes provocations.»

Lorsqu’il aborda le sujet de l’affront que pouvait constituer cette proposition de travailler pour les marchands des Cités Libres, la jeune femme s’avoua surprise. Elle l’imaginait plus pragmatique. Ou peut-être s’était-elle trompée sur son compte. Il n’était finalement pas si progressiste… Il était aussi possible que son propos eut une portée plus générale qu’elle ne l’imaginait. Difficile d’en savoir plus à la première conversation. «Je vous pensais moins…» Elle chercha un instant l’expression qui qualifiait son attitude et qui ne serait pas trop insultant. « ancré dans vos convictions. » Le mot exact était idéaliste. Elle ne pouvait pas le prononcer à voix haute car elle se doutait qu’elle risquait de provoquer une réaction violente de la part de son interlocuteur. Il se drapait dans sa culture mais la vérité était qu’il n’avait jamais traversé le détroit. Il ne connaissait du monde que ce qu’il avait vu à travers le prisme étroit de sa vie de pillard et à travers les traditions, ces mêmes traditions qu’il rejetait si fort, de son peuple. « Je n’oublierai pas que le sujet est sensible et m’abstiendrais d’en discuter avec vos pairs. Je ne tiens pas à insulter qui que ce soit sans le savoir. » Elle réalisa que le concept de liberté qu’il évoquait était la raison même pour laquelle les habitants des îles de Fer vivaient si misérablement. De tels marins eussent fait fortune pour peu qu’ils se fussent affranchis de cette illusion selon laquelle monnayer ses services était perdre son indépendance. Elle regarda autour d’elle l’environnement dans lequel cette peuplade atypique s’était développée comprenant qu’il était à la fois la raison de leur réussite et le principal vecteur de leur philosophie barbare. Elle s’abstint de tout commentaire ou jugement de valeur sur les valeurs et les concepts que Sargon lui avait décrit. En tant que barde, elle avait parfois été amenée à se produire devant des seigneurs qu’on qualifiait de mauvais ou à chanter des vers qu’elle conspuait personnellement. Elle avait du caractère mais elle n’était pas folle et elle ne tenait pas à risquer sa vie bêtement en parlant à tort et à travers. Elle le savait, la langue d’un ménestrel était aussi bien son instrument de travail qu’un péril permanent pour sa vie.
Elle fut surprise lorsqu’elle l’entendit poser ses questions. La croyait-il suffisamment sotte pour qu’elle espère réellement le faire soudainement changer d’avis sur la question du mercenariat ? Il était suffisamment âgé pour avoir entendu parler d’une autre façon de gagner sa vie et elle s’imaginait sans mal que s’il n’avait pas choisi cette voie c’était qu’il avait de bonnes raisons de le faire. La prenait-il sérieusement pour une jouvencelle qui s’illusionnait encore sur la vie et les gens qu’elles pouvaient croiser ? Elle réalisa qu’il ignorait une grande partie de sa personnalité et de son histoire. Tout ce qu’il savait en vérité c’était qu’il avait en face d’elle une ménestrelle Lysienne. Il ne pouvait s’imaginer qu’elle avait grandi dans la rue, poussé comme une mauvaise herbe avant de rencontrer son mentor. Pour les mêmes raisons, il ne pouvait même pas comprendre ce qu’elle faisait dans ce village de pêcheurs où ils l’avaient razziée. Elle s’y était rendue… pour se confronter à d’autres rivages. A un autre océan. Elle avait tenté sa chance, persuadée que jamais elle ne croiserait la route de ces farouches guerriers qui venaient des îles de Fer. « J’ignore ce que vous vous imaginez à mon propos, Sargon, mais je ne suis pas jeune au point d’imaginer que sur un seul discours, je pourrais vous convaincre de remiser votre vie de criminel pour vous ranger et me ramener chez moi en grande pompe. Encore que l’idée ne soit pas déplaisante. Que se passerait-il si je demandais poliment ? Quant aux raisons qui m’ont poussée à me rendre sur cette plage. Eh bien… » Elle le regarda, le jaugeant se demandant ce qu’il allait se passer lorsqu’elle lui retournerait cet argument de liberté. La liberté avait bien des sens et Aoife ne l’associait en aucun cas à une vie où elle serait enchaînée à devoir piller les possessions des autres pour assurer sa survie ou son prestige personnel. Les bardes étaient véritablement libres. Ils ne possédaient rien ou presque. Le strict minimum. Sargon était dépendant de son bateau, de son équipage. Elle eut un sourire mutin. « Je vous répondrai que je profitais de ma liberté… C’est bien de ça dont il est question n’est-ce pas ? »
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Sargon Harloi
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♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Mar 5 Juin 2012 - 15:52

     L'idée de voir Aoife lui dédier ses provocations l'amusa beaucoup. Harlon s'arracherait certainement les cheveux s'il se rendait compte que le Dieu Noyé avait mis une femme au caractère aussi rebelle que celui de son neveu sur la route de ce dernier. Rien n'arrivait sans raison et même si Sargon ne se montrait guère respectueux vis-à-vis de la religion, il avait toutefois été élevé dans cette atmosphère et considérait donc que les Dieux existaient bel et bien. Même s'ils n'avaient qu'une influence bien mineure selon lui. Le Harloi avait décidé de mener lui-même sa vie et rien ni personne ne changerait cela. Il esquissa donc un sourire après les paroles de sa femme-sel et se contenta de quelques mots pour toute réponse.

     ▬ Il me tarde de voir comment tu t'y prendras. »

     Une manière d'accepter sa proposition. Il n'aimait pas répondre directement aux propositions qui lui étaient faites, peut-être une habitude qu'il avait gardée de ses négociations avec d'autres Fer-nés ou hommes du continent. La discussion s'était ensuite axée sur les actions du Fer-né, la possibilité qu'il puisse partir pour les Cités Libres et y faire sa petite vie pour devenir un nanti. C'était une proposition alléchante et dire qu'elle n'avait pas effleuré l'esprit du capitaine de la Veuve Salée aurait été un mensonge. Lorsqu'il n'était encore qu'un simple marin sur l'un des boutres Harloi, le jeune homme avait longuement imaginé la vie que pourrait être la sienne s'il avait coupé les ponts avec ses Iles d'origine pour aller voir ailleurs. Mais cette possibilité s'était effacée avec les années alors qu'il se persuadait que seuls les Fer-nés valaient quelque chose. Comme tous les combattants natifs des Iles de Fer, le Harloi ne voyait que les habitants du reste du monde comme des moutons. Des êtres fades et sans saveur, juste bons à être pillés et à donner des femmes. Aoife ne pouvait certainement pas comprendre, elle n'avait pas grandi la tête farcie d'une culture aussi ancienne que celle des hommes de la mer. Les paroles qu'elle prononça exprimèrent bien cette incompréhension comme elle mettait le comportement de son interlocuteur sur ses convictions. C'était un peu le cas, mais disons surtout qu'il avait d'autres ambitions, de grands projets que certains considéraient comme fous, mais qui rapporteraient très gros s'ils étaient menés à bien. La femme-sel nota aussi la précision concernant le sujet sensible que cela pouvait être. Sargon était bien placé pour savoir que se faire traiter « d'homme du continent » était une insulte. Mais ce n'était que des paroles et lui s'en moquait.

     ▬ Tu verras qu'il est bien plus facile d'irriter un Fer-né que de faire rougir une donzelle du continent. Il avait souvent fait les deux, il parlait donc en connaissance de cause. Mais si jamais tu prends tes aises d'ici quelques temps, je pourrais te donner des répliques parfaites pour agacer les autres. »

     La demoiselle l'avait déjà remarqué, il avait changé de discours avec elle et à présent il l'incitait presque à provoquer les autres alors qu'il le lui avait fortement déconseillé au début de leur discussion. C'était parce qu'elle avait du répondant et que cela l'amusait franchement. Il n'était pas comme son cousin, le lord Ravage des Iles de Fer qui avait écrasé le caractère de son épouse pour s'en modeler une plus sage. Non, Sargon appréciait de fois que les femmes ne se laissaient pas marcher sur les pieds, tout comme il aimait l'idée qu'une native de Lys puisse humilier un Fer-né qui pèserait le double de son poids. Oh, bien entendu, même si les hommes de ces contrées étaient très respectueux de l'Antique Voix, Sargon n'excluait pas que la colère puisse un jour être si forte qu'elle les ferait sortir de leurs retranchements. Voilà des années qu'ils subissaient le comportement du Harloi sans pouvoir lui faire savoir ce qu'il en pensant en parlant avec leurs armes, une faible femme était donc une cible de choix non ? Le jeune homme avait prévenu la Lysienne, elle était donc assez grande pour savoir qu'avant qu'il ne puisse avoir considéré qu'elle valait la peine d'être protégée, elle ne devait compter que sur elle-même. Étrangement, le meilleur moyen pour qu'il souhaite la prendre sous sa protection restait certainement qu'elle ne respecte pas les règles qu'il venait de lui imposer.

     Elle répondit alors à sa question concernant ce qu'elle pouvait bien espérer de telles paroles, expliquant qu'elle n'était pas naïve et n'allait pas imaginer qu'il allait la ramener chez elle pour quelques mots bien pensés. Un sourire se dessina sur les lippes du capitaine comme ces paroles confirmaient ce qu'il pensait d'elle. Aoife avait l'air d'avoir les pieds sur terre et devait certainement comprendre ce qu'elle avait à gagner en se mettant du côté où elle avait le plus de chances de survie. S'il ne se trompait pas, cela signifierait aussi qu'elle n'hésiterait pas une seule seconde si un jour un homme lui proposait de la ramener chez elle en échange d'un service. Il faudrait donc se montrer très méfiant à son égard, même si la belle lui avait justement proposé une trêve quelques minutes plus tôt. Il n'était pas devenu ce qu'il était aujourd'hui en accordant sans confiance à tout va. Comme elle terminait en lui demandant ce qu'il aurait fait si elle avait demandé les choses aussi simplement, puis lui lança une phrase bien pensée au sujet de sa présence sur la place, le Harloi resta un instant silencieux. Il était amusant de voir comme elle lui retournait ses paroles et il se contenta de rire légèrement avant de répondre enfin.

     ▬ La liberté, c'est certainement ce que tout le monde souhaite oui, mais malheureusement bien peu l'ont. Et je crains que ce ne soit plus ton cas avant très longtemps, du moins la liberté que tu entends au sens propre du terme. Il était certain qu'elle n'allait plus pouvoir jouer une balade à un noble du continent si c'était là ce qu'elle attendait de ce mot. Quant à ce que j'aurais fait si tu me l'avais demandé poliment.... Je pense que j'aurais bien ris, je ne suis pas certain d'avoir le physique d'un bon samaritain. Mais j'aurais trouvé ta naïveté touchante. Même si je ne suis pas un grand sensible. Inutile d'être un génie pour le remarquer, même s'il était différent des autres Fer-nés, il restait un « barbare » qui n'hésitait pas à tuer pour avoir ce qu'il voulait. J'imagine que cela ne va pas te suffire, mais sache que si tu sais t'y prendre tu pourras avoir une forme de liberté. Même si je ne suis pas le plus délicat des hommes de Westeros, je ne suis pas non plus un tortionnaire et je peux accorder des privilèges. Restait encore à voir ce qu'il pourrait lui donner comme récompense si elle se montrait agréable. Certains Fer-nés comblaient leurs femmes-sel avec des bijoux ou des robes ramassées sur des navires marchands, mais il doutait que ce soit ce qui plaisait à Aoife. Avec un sourire moqueur il conclut. Puis si tu souhaites te balader sur la plage rien ne t'en empêche, fais simplement attention aux rochers, tu n'es pas sur les plages sableuses du Bief ici. »

     Il inspira légèrement, c'était juste pour lui lancer une petite pique histoire de lui montrer qu'elle pouvait retrouver une pâle ressemblance de sa vie passée. Au pire des cas, si elle avait envie de jouer pour une noble elle pourrait toujours aller à Dix-Tours, lady Falyse la cousine de Sargon était une mélomane à ses heures. Comme le temps passait rapidement et que cela faisait quelques bonnes dizaines de minutes qu'il discutait avec la demoiselle, le capitaine estima qu'il était peut-être temps de la laisser un peu se débrouiller seul. Il avait eu l'occasion de la voir comme il le souhaitait et il s'était forgé une petite idée la concernant. Bougeant légèrement pour dégourdir ses jambes, le Harloi reprit la parole.

     ▬ Bien, j'ai des choses à faire, j'imagine que tu as de quoi t'occuper, est-ce que tu as besoin d'une autre précision ou est-ce que tu préfères la surprise de la découverte ? »

     Ce n'était pas parce qu'il lui demandait qu'il allait forcément lui répondre cela dit.

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Message Mar 5 Juin 2012 - 20:50

Aoife sentait approcher la fin de cet entretien avec un certain soulagement. Elle s’était attendue à beaucoup de choses. A subir une certaine forme de violence, notamment. Jusque-là elle devait s’avouer plutôt agréablement surprise. Il ne l’avait pas encore frappé et peu importait son attitude de matador, elle avait eu à subir la compagnie d’hommes bien plus vulgaires et plus menaçants que lui. Pour le moment, elle devait admettre qu’il serait un geôlier qu’elle ne trouverait pas trop difficile à supporter. Ils pourraient même s’entendre… Du moment que la jeune femme aurait l’espoir de s’arracher à cette geôle de pierre et de mer. Ensuite. Eh bien, elle verrait à ce moment-là. Mais ce jour-là, Sargon Harloi découvrirait probablement qu’elle était moins agréable que ce qu’elle paraissait. Aoife servait avant tout ses intérêts et peu importait qu’elle se fasse des amis ou pas. Et il était clair que si le Fer-né et elle pouvaient s’entendre sur certains points leur relation ne serait jamais qu’un échange de bons procédés. La Lysienne n’était pas suffisamment stupide pour oublier qui était véritablement responsable de sa captivité. Et pas suffisamment gentille pour pardonner à l’homme qui se tenait en face d’elle le fait que ses actes soient la conséquence de la culture dans laquelle il avait été forgé plus que véritablement élevé. Lorsqu’elle le regardait, elle ne voyait pas un allié potentiel mais un ennemi avec lequel elle allait devoir coopérer tout le temps qu’elle passerait en captivité dans ce château. Elle pouvait parler avec lui, lui sourire mais jamais au grand jamais elle ne l’apprécierait véritablement. Elle pourrait l’admirer comme un autre guerrier admire les capacités d’un adversaire lorsqu’il a trouvé un combattant auquel s’opposer mais jamais, elle ne pourrait nourrir le moindre sentiment pour lui qui ne serait pas teinté par la vision cathartique d’une lame plantée droit dans son cœur et son agonie. Elle souriait mais ce n’était pas une expression de sa joie ou du plaisir qu’elle avait à dialoguer avec lui. C’était la même émotion qui se lisait sur son visage lorsqu’elle s’entretenait de manière formelle avec ceux à qui elle donnait une représentation. Un masque qu’elle avait appris à porter tous les jours de sa vie, qu’elle ne laissait tomber que lorsque sa colère débordait et que sous le vernis de la civilisation se profilait la gamine des rues qui s’efforçait de survivre. Elle lui adressa un sourire rayonnant plein de promesses en ce qui concernait ses vœux de mener la vie dure aux prêtres du Dieu Noyé qu’elle rencontrerait. « Vous ne tarderez pas à le découvrir, j’imagine. »

Quant au fait d’irriter un Fer-né. Pour le moment, Aoife préférait ne pas expérimenter. Jusque-là personne ne s’était montré franchement insultant avec elle. Personne n’avait eu un comportement suffisamment provoquant ou stupide pour que la jeune femme eut songé à faire usage de sa langue de vipère pour pousser un de ses interlocuteurs à bout. Elle finirait bien par expérimenter les limites de la patience Fer-née sitôt qu’elle se trouverait à court d’occupations. Ce qui ne tarderait pas à arriver dans ces îles oubliées des Dieux eux-mêmes. Et puisque Sargon lui avait dit qu’aucun d’entre eux ne la toucheraient sans devoir risquer de devoir en répondre, rien ne s’opposait à ce qu’elle se livre à quelques expériences à but récréatif sans risquer de perdre quelques plumes dans l’affaire. Pour ainsi dire le capitaine semblait même se réjouir à l’idée de l’aider dans cette entreprise. Elle devrait s’assurer de rester une personne intéressante. Si elle réussissait à entrer dans ses bonnes grâces peut-être réussirait-elle à obtenir quelques avantages comme un accès privilégié à la roukerie et à quelques feuilles de parchemin qui lui permettrait de racheter sa liberté. Il y avait bien en ce bas-monde quelqu’un qui accepterait de l’aider en la sortant de cette prison… Ou du moins l’espérait-elle. D’une voix calme qui ne parvenait toutefois pas à cacher une certaine appréhension, celle de rester coincée en ces lieux pour le reste de sa vie, elle répliqua. « J’aurais tout le temps de le découvrir avant que cette guerre ne se termine. »
La tirade du capitaine pirate sur sa définition d’une liberté à géométrie variable provoqua chez elle une montée de bile qu’elle cacha derrière une légère crispation. Que savait-il de la liberté ce sauvageon qui devait compter sur un équipage entier pour mener ses pillages ? que savait-il de la beauté qu’il y avait à marcher sur des routes désertes, à dormir à la belle étoile, à vivre de rien ou presque, au sein de communautés éphémères ? Il qualifiait les continentaux de moutons mais la barde pouvait lui retourner le compliment. Elle pouvait cracher au visage de tous ses hommes et femmes qui se voyaient comme des aventuriers alors qu’ils se cramponnaient avec l’énergie du désespoir à leurs rochers infertiles bien-aimés. La vérité était qu’ils étaient tout simplement bien trop effrayés pour oser faire le grand saut et tout laisser derrière eux. Ils vivaient dans les mêmes demeures que leurs pairs du continent. Sous la mousse, sous le lichen et le dépôt humide qui collaient à chacune des pierres de ces bâtiments misérable ouverts aux quatre vents, on trouvait les mêmes choses que sur les rives de Westeros. Des châteaux, des masures. Les Westerosii. Les habitants des Cités Libres. Ils ne savaient rien de la liberté véritable… Elle avait beau afficher une soumission ou un respect de façade, Aoife, à dire vrai, éprouvait un certain mépris pour tous les sédentaires. Elle ravala sa colère pour garder un visage qui se voulait impassible avant de répliquer à son geôlier sur un ton qui ne parvenait pas à dissimuler totalement l’acidité qui avait soudain envahi sa bouche. « Je ne suis pas assez jeune pour croire encore qu’il existe des bons samaritains, Sargon. Tous les hommes, toutes les femmes, quels qu’ils soient ont des désirs, des motivations qui n’ont rien de purs. Se faciliter la vie, donner une bonne image d’eux-mêmes, faire taire une conscience embarrassante. Quant à ma définition de la liberté… Je ne pourrais et ne veux pas vous l’expliquer. » Elle marqua une pause, hésitante. Voudrait-elle un jour le faire ? en serait-il seulement capable ou se contenterait-il simplement de la railler ? « Pas maintenant. Et bien que vous ne soyez certainement pas le pire de vos pairs, n’oubliez pas que vous m’avez privé d’un de mes trésors les plus chers. Vous n’êtes pas assez crédule pour croire que je pourrais vous pardonner pour cela…» Il ne se doutait pas qu’elle avait déjà obtenu une autorisation pour aller explorer les alentours du château lorsque les gens de son oncle à bouts de nerfs avaient préféré pour la paix de l’esprit tous laisser un peu la bride sur le cou de l’infernale femme-sel du capitaine absent. Elle préféra le déniaiser. « Je n’ai pas attendu votre dérogation pour me permettre une excursion… Vos îles se prêtent particulièrement à la composition. Je suis malheureusement déçue que celle-ci ne permette que d’écrire de tristes complaintes. Ou est-ce mon humeur que je dois blâmer ? » Elle posa cette question d’une voix si douce qu’elle ressemblait plus à un murmure qu’à une véritable question. De toute façon elle n’attendait pas de l’homme planté en face d’elle qu’il lui apporta une réponse. De surcroît il semblait impatient de retourner vaquer à ses propres occupations. Elle-même avait épuisé ses ressources dans cette première conversation et n’aspirait qu’à retrouver la tranquillité de sa cellule. Cette pièce dépouillée que les autres femmes s’entêtaient à qualifier de chambre. Ou peut-être sortirait-elle affronter le froid. Elle ne savait pas et elle ne voulait pas faire de plan. Ces îles, ce château, ses habitants la déprimaient… Il fallait qu’elle se secoue sous peine de succomber à une dangereuse mélancolie. Elle ne pourrait pas assurer sa survie et sa libération si elle se réduisait à une loque servile qui vivait au jour le jour. Elle regarda son interlocuteur. « Je vous remercie de ces renseignements. Mais je suis une ménestrelle et je ne peux décemment m’en tenir à la bonne foi d’une seule source. » Elle fit une grimace puis exhiba ses bras où la chair de poule se voyait. «Et il gèle dans toutes les maudites pièces de ce fichu tas de boue. Je vous laisse retourner vaquer à vos propres occupations et je file me couvrir. » S’écartant de lui, elle emprunta le couloir qui la conduirait à la pièce où elle stockait ses affaires. Cette même pièce qu’elle refusait d’appeler chambre. Soudain retenue par une impulsion tout bonnement théâtrale à laquelle elle succomba sans la moindre honte, la jeune femme se figea avant de se retourner vers le capitaine qu’elle dévisagea une ultime fois afin de bien graver ses traits dans son esprit. Il était l’ennemi. Elle ne l’oublierait pas. Il n’y aurait certainement pas de hurlements ou d’échanges de coups. Ou peut-être que si. Elle ne pouvait pas dire comment les choses évolueraient lorsqu’elle se trouvait face à cet homme si ouvertement inconstant. Elle regarda donc son adversaire droit dans les yeux de son regard clair avant de lui adresser un sourire féroce qui dévoila ses canines. Un sourire de prédateur dans lequel elle dévoilait ouvertement à son geôlier que leur relation ne serait pas un chemin de roses. Le masque civil, poli, lisse de la ménestrelle habituée aux représentations, aux convenances, au protocole revint aussi vite qu’il avait disparu et la jeune femme se fendit d’une révérence parfaitement exécutée. « Je suis… ravie d’avoir fait votre connaissance. » Maintenant qu’elle avait posé le décor de sa sortie, elle était prête à quitter la scène. Se détournant du Fer-né dans un mouvement dont la grâce n’aurait pas surpris de la part d’une danseuse ou d’une jeune femme de la noblesse, elle s’engouffra dans le couloir d’un bon pas…

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L'esclave qui obéit choisit d'obéir ▬ Aoife

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