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Si le Septuaire pouvait parler... [Damon]

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Shaïra Seastar
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« En languissant définiront mes jours »

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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
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Message Mar 1 Mai 2012 - 0:36

Il avait discrètement suivi ses pas, ombre silencieuse et attentive. Serviteur extirpé des dédales sombres et crasseux de Culpucier, cette vie nouvelle lui plaisait car elle comportait un grand nombre d’avantages. Cependant, et ce bien qu’il la cautionnait par sa présence, il n’approuvait pas la sortie de sa dame dans les ruelles de Port-Réal. C’était une lubie imprudente, elle n’était rien qu’une… Inconsciente ! Il y avait beaucoup de choses à dire vrai qui le rendaient fou depuis qu’il était au service de la Seastar… Il avait eu l’impudence de se moquer de son ami Alrik Mallery, présentement capitaine des Dents du Freux, pour son incapacité chronique à garder un œil sur les faits et gestes de la Grande Bâtarde. Aaron lui n’avait qu’à la protéger elle, lady de la Cour, et cela lui donnait déjà la plus grande peine alors il comprenait désormais mieux le désarroi de son cher capitaine. Qu’importe, l’heure n’était plus à ce genre de description et elle avait su le lui faire comprendre de manière expéditive : « Cesse donc de me dire ce que je ne devrais pas faire et hâte-toi, je m’en vais. ». Avant même qu’il n’ait eu le temps de sourciller et de la mettre en garde, à nouveau, Shaïra s’était élancée dans les ruelles et rejoignait à pas aériens la Promenade de la Rivière.

Oh la lady connaissait sur le bout des doigts les cartes et les ouvrages, mais il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas arpenté d’elle-même les rues de Port-Réal. Sa vue toujours ombragée par une solide escorte, elle n’avait que peu de repères maintenant qu’elle était seule. Il le lui avait dit, pourtant. Toutefois elle avait insisté pour que toute cette escapade ne soit connue de personne, et il devait lui reconnaître un certain talent dans l’art du camouflage. Ses longs cheveux d’or et d’argent étaient tressés en une longue natte qu’elle avait négligemment déposée sur son épaule, recouvrant ensuite le tout d’un châle. Sa robe n’avait pas la moindre prétention, même s’il était aisé de deviner que des jambes finement fuselées s’y camouflaient. Elle avait renoncé à toute parure ainsi même son sempiternel collier d’émeraudes et de saphirs, qui rappelait la dichotomie de son regard, ne resplendissait pas autour de son cou. La simplicité était bel et bien là. Avec un peu de chance elle ne se ferait pas remarquer… Ils avaient tracé un itinéraire relativement sûr du Donjon Rouge jusqu’au Grand Septuaire de Baelor, puisqu’elle emprunterait la Rue de l’Acier qui serpentait relativement loin des quartiers les plus pauvres de la cité. Néanmoins, ce plan facile à suivre ignorait la foule et son bon vouloir… Il avait beau la talonner, il avait fini par la perdre de vue. Il avait joué des coudes autant que possible mais… Elle avait tout simplement disparu. C’est au pas de course qu’il avait arpenté la Rue de l’Acier sans parvenir à la retrouver. C’est avec angoisse qu’il s’imaginait déjà s’approcher, bredouille et honteux, de l’armure imposante d’Alrik pour lui expliquer à voix basse que Shaïra Seastar était perdue dans Port-Réal. Ils avaient beau être amis, il ne donnait pas cher de sa tête. Il retrouva finalement sa trace dans les bas-fonds, égarée sur la Rue de la Gadoue, mais par chance – même si c’était tout relatif – ses pas avaient rejoints ceux du prince Daeron Targaryen. Pour Aaron, aussi roturier soit-il, Daeron n’avait de princier que son titre et il le reconnaissait bien plus sous le sobriquet de l’Ivrogne. Malgré tout Shaïra semblait nourrir une sorte d’affection pour le fils de Maekar… Les femmes étaient parfois étranges. Il resta à distance et s’agaça du temps que prenait la discussion, même si l’homme finit par conduire sa tante sur le bon chemin pour enfin la laisser à quelques pas des marches du Septuaire dressé sur la colline de Visenya… Une fois le prince loin des murmures, il rejoignit sa dame à pas vifs.

    « Dame Shaïra ! Je vous avais dit que c’était trop dangereux… Un simple sourire, entre la stupeur et l’amusement lui répondit. Je suis arrivée à bon port malgré tout, même si ce fut un peu inquiétant. Vous ne vous rendez pas compte ! Elle était une dame de la Cour et il sentait bien qu’il ne mesurait pas assez ses paroles. Cependant, Shaïra n’avait aucune dame de compagnie et on ne lui connaissait aucun serviteur. Quant à lui, elle ne requerrait ses services que ponctuellement… Aussi, elle l’avait habitué à un langage relativement franc et sans fioritures excessives. Mon cher Aaron ta sollicitude est touchante, mais l’heure approche. Il jeta un regard sur l’horizon, le soleil était effectivement en train de décliner. Pourquoi tous ces risques, et ce secret, vous pouvez faire ce que vous voulez… Je peux faire ce qu’il plaît dans la mesure où cela se cantonne à ce que l’on attend de moi. Mais… Aaron. Je te fais confiance et j’ai besoin que tu ais confiance en moi en retour. Piégé. Il déglutit et la fixa quelques secondes, embarrassé, un peu gêné, flatté également. Bien… Mais nous le regretterons tous les deux j’en suis sûr… Entrons. Tu as apporté mes affaires ? Je dois absolument me changer, regarde ce désastre… De sous les pans de sa robe quelque peu tachée elle découvrit ses chaussures de toile boueuses. Etonnamment elle n’avait pas l’air dégoutée et c'est rieuse qu'elle se déchaussa avant de s’envoler vers une porte arrière, mal connue, du Septuaire. J’en suis vraiment sûr. »

Il lui tendit ensuite le large sac qu’il avait transporté depuis le Donjon Rouge et qui contenait les « vraies » affaires de Shaïra. C’était une lourde responsabilité, il en avait senti le poids et s’était cru épié par quelques regards malintentionnés durant le trajet… Heureusement, il connaissait fort bien les tactiques des voleurs et autres coupe-gorges alors tous les biens de la lady étaient saufs : une tenue splendide, sa parure, de quoi se coiffait, ainsi que quelques flacons dont il ne savait rien. Dissimulée des regards dans une pièce d’ordinaire réservée aux septas, la lady se changea pour revêtir une robe aux épaules nues spécialement façonnée pour elle. C’était une pièce d’une grande élégance, raffinée au possible. Le tissu d’argent pur étincelait et, aussi fluide que l’eau, il épousait ses formes jusqu’à mi-cuisses puis s’échancrait avec grâce jusqu’à former une légère traine. Quant aux manches elles étaient longues et largement évasées, richement brodées par du fil d’argent, elles finissaient de parfaire cette tenue royale. Ses atours restaient simples puisqu’elle ne portait que son fameux collier d’émeraudes et de saphirs, seul souvenir de sa mère Serenei de Lys, tandis qu’un diadème discret coiffait la longue cascade d’or et d’argent qui dévalait son dos jusqu’à ses reins. Un doux parfum de fleur de lys la suivit alors qu’elle confiait le sac détroussé à Aaron, et c’est avec un sourire charmant qu’elle murmura : « Merci Aaron, tu peux y aller. Je préfère rester tant que vous êtes seule, on ne sait jamais… ». Elle acquiesça d’un court signe de tête et fit quelques pas pour s’éloigner de l’édifice et rejoindre le point de rendez-vous, un peu à l’écart et à l’abri du vent ainsi que des regards indiscrets. Ses pas résonnaient doucement sur le marbre blanc puis ceux d’Aaron s’éloignèrent un peu quand il entendit approcher. Il était curieux de voir qui Shaïra pouvait bien venir rejoindre secrètement, car elle avait l’habitude de recevoir sans réserve dans ses appartements du Donjon. Son esprit se mit à imaginer milles choses… Attendait-elle la venue d’un Fer-né ? Ce serait folie… Un paria ? Un rejeté ? Un traitre ? Il ne la voyait pas mettre en danger le Royaume, ou plus précisément il lui semblait inconcevable qu’elle fasse délibérément du tord à Brynden Rivers, son demi-frère. Alors qui ? Et pourquoi ? Mais il n’aurait pas l’occasion de le savoir car, reconnaissant la silhouette au loin de celui qu’elle venait trouver, elle fit signe à Aaron de s’esquiver. Ce qu’il fit. Il dévala les marches sans se départir de son angoisse, et se promit de rester non loin, au cas où…

Quant à la lady, elle semblait parfaitement détendue. Aérienne, un fin sourire au coin des lèvres, elle fit quelques pas pour venir à son encontre… Damon Tarbeck. Elle se souvenait parfaitement du jour où ils s’étaient rencontrés. Elle avait été intriguée par son ambition, intéressée par son discours, charmée par ses manières et ses tenues, captivée par son esprit insaisissable. Et aussi à ses côtés, elle n’avait pas eu l’impression de n’être renvoyée qu’à sa réputation de « plus belle femme de Westeros », il y avait autre chose. Elle le pensait sincèrement. Cadet de sa maison il ne manquait pourtant pas de projets, même si ceux-ci paraissaient encore flous aux yeux de Shaïra. Elle le savait propriétaire de plusieurs établissements, tous à Port-Lannis si elle ne se fourvoyait pas, et particulièrement lucratifs. Cependant le lieu de leur rencontre ne se prêtait pas à autre chose que des échanges de banalités sans grandes saveurs, et ils avaient tout deux convenus qu’il serait plus intéressant de se retrouver ailleurs… Pourquoi en cachette, pourquoi ici ? Shaïra avait le goût du mystère, cette idée ne faisait qu’embellir sa notoriété. Il y avait ensuite eut cette missive qu’il avait envoyé à son intention et la déception qui en découlait. Sa venue à Port-Réal était retardée à cause de « certaines affaires nécessitant d’être traitées au plus tôt ». On la savait séductrice, énigmatique, parfois sombre, mais peu entrevoyait son côté un rien capricieux. Fille bâtarde d’Aegon l’Indigne, elle avait longtemps été rejetée et ne supportait plus que difficilement qu’on la mette de côté. Elle avait donc boudé sa lettre et n’y avait pas donné réponse… Pourtant, au crépuscule, elle était là. Comme promis. La rancœur ne frôlait même pas ses pensées et son regard pétillait de malice.


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Message Sam 5 Mai 2012 - 11:44

Le trajet jusqu’à Port-Réal fut long et fastidieux pour Damon Tarbeck. Ses deux serviteurs, Geildor et Asius, avaient parcouru la distance séparant Port Lannis de la Capitale en sa compagnie. Et pourtant, la voix sèche du propriétaire de multiples établissements de Port Lannis s’était étonnement tue à leurs yeux. Pour quelle raison avait-il maintenu le silence et daigner parler uniquement afin de vociférer ses ordres ? Ils se posaient tous deux la question sans chercher à creuser davantage ce mystère. Qu’est cela leur apporterait ? Lorsque le natif des Terres de l’Ouest ressentait l’envie de s’entretenir sur un sujet avec l’un de ses serviteurs, il allait à sa rencontre. Pas l’inverse. Cette dualité chez cet homme le rendait imprévisible, même pour sa propre suite.

Il était évident, pour toute personne comprenant chacune de ses magouilles – à vrai dire personne sur Westeros pour sa propre sécurité – qu’il était extrêmement contrarié. Damon Tarbeck ne leva même pas les yeux pour contempler la cité à son arrivée dans la Capitale. Il était venu avec un but bien précis en tête et rien ne pouvait lui faire quitter cette voie. Parcourant les ruelles pavées sous le soleil, les trois hommes s’arrêtèrent au premier établissement digne de les accueillir pour la prochaine nuit. L’Auberge Enchantée…Quel nom. En lisant l’enseigne avant d’entrer à l’intérieur, Damon eut quasiment instinctivement l’idée qu’un quelconque sort en sa faveur serait appréciable pour compenser ces échecs continuels. Bien sur, il ne pensait pas aux siens au sens strict du terme mais à ceux qui appartenaient aux êtres avec qui il traitait.

Ces chiens de Fer-nés étaient tous des incapables...Tous juste bons à trancher à peu près finement de la viande à l’aide d’une hache sans blesser personne dans leurs taudis flottants en ayant quelques galons de vin dans l’estomac et à naviguer à l’œil sur leurs barcasses surexploitées tout en étant bien aidé par le fait qu’il s’agissait des mêmes itinéraires parcourus des centaines de fois de leur part. Certes, on pouvait leur reconnaître cette aisance. Mais, c’était bien peu pour des hommes avec autant d’ambition. Malgré leurs assauts répétés, ils ne parvenaient pas à réaliser une avancée significative dans ce conflit. La cerise sur le gâteau fut tout de même leur incompétence magistrale à capturer cette poule pondeuse de Maura Lannister avec les informations qu’ils détenaient. Aux yeux du Tarbeck, quasiment tout les membres du rafiot auraient dû payer cet échec à coups de gourdin pour qu’ils ne se sentent pas trop dépaysés. Et ce n’était pas la capture d’une noble aveugle qui allait faire relativiser Tarbeck. A moins que…cela puisse être intéressant comme carte à jouer par la suite.

Le gérant de l’établissement parvint à leur offrir une chambre pour chacun des voyageurs, pour cette nuit. Damon se délesta de quelques affaires, montées à sa chambre par Asius. Il semblait encore perdu dans ses pensées, comme si une voix provocante le titillait de l’intérieur, défiait encore et toujours cet égo démesuré chez cet homme. Elle se tenait là, dans le creux de leurs mains poisseuses. Déjà cueillie, il ne restait plus qu’à maintenir son emprise et l’amener à bon port. Mais non, ces idiots avaient, dans leur nonchalance légendaire, relâché leur prise. Et maintenant, cette Lannister pouvait se pavaner avec davantage de mérite et très certainement, une garde un peu plus conséquente à ses côtés. Il s’agissait d’une clé maîtresse dans ce conflit et Damon avait le sentiment qu’il allait devoir intervenir et adopter une approche moins…directe.

En ajoutant à cela l’absence de réponse à sa missive de la part de Shaïra Seastar, Damon n’avait aucune idée de ses chances de voir la belle lady ce soir. Bref, le tableau était bien sombre en ce moment, les réjouissances ne venant que de ses affaires fructueuses à Port-Lannis. Mais, lorsque l’on était habitué à gagner davantage sur Westeros, que ce soit en terme d’argent, de reconnaissance ou de pouvoir, il semblait très difficile d’épancher cette soif continuelle…

Le soleil déclinait au fur et à mesure et Damon trépignait d’impatience à l’idée de se rendre à son rendez-vous nocturne. Personne n’était au courant hormis Asius et Geildor. Même si ceux-ci émettaient quelques réserves quant aux risques encourus, l’entrepreneur de Port Lannis se désintéressait totalement de leurs remarques. Son repas à l’auberge fut d’une éternité insoutenable à ses yeux de nobliau. Et lorsqu’il jugea que le moment était arrivé, Tarbeck le fit comprendre à ses hommes par son attitude : Un simple hochement de tête avant qu’il n’enveloppe son corps et sa nuque d’un tissus tout à fait quelconque et modeste.

Ses deux compagnons de route l’accompagnèrent au beau milieu des ruelles désertes de la capitale. Enfin, dans ce genre de situation, ils rasaient plutôt les murs comme le ferait toute personne censée. Bien que discrets, les bruits de leurs pas trahissaient le calme ambiant de cette nuit. Tarbeck fit ensuite comprendre à ses hommes de l’attendre là où ils se trouvaient tous les trois. Le reste du chemin lui incombait. Aventure dangereuse mais qui, à son terme, allait lui révéler la vérité.

Et enfin, Damon Tarbeck arriva au septuaire de Baelor. Bien sûr, il n’avait aucune envie de se recueillir. A ses yeux, ce genre d’endroit était fait pour les hommes sans ambition, sans force de caractère, incapable d’accomplir par eux mêmes ce qu’ils voulaient dans la vie. Presque aussitôt, il décela la silhouette élancée de la fille bâtarde. Il s’approcha d’elle tout comme elle le fit de son côté jusqu’à ce qu’ils soient juste en face l’un de l’autre. La lumière de l’astre lunaire n’éclairait qu’une moitié de leur corps respectif, l’autre étant bien dissimulée dans l’obscurité.

«Nous y sommes enfin arrivés, ma Lady.. »

Instantanément, le natif des Terres de l’Ouest se courba pour procéder au traditionnel baise main. Puis, une fois redressé, son regard se planta dans celui de Shaïra.

«Vous voir dans de telles conditions me donnent l’impression d’être dans un rêve. Je ne pense pas que nous pourrions trouver de moment plus adéquat pour se découvrir l’un l’autre.»

Tarbeck s’énonçait avec un air espiègle et un brin sournois au coin des lèvres et dans l’expression de ses yeux. Comme si sa vraie nature, déraisonnable, n’était jamais très loin sous cette couche de bienséance et de faux semblants…
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Lady Coeurdepierre
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Message Mar 15 Mai 2012 - 23:28

L'air était vif, chargé d'une tension presque palpable. Le soir tombait, sombre et tranquille, et le soleil se couchait sans hâte sur l'horizon complice. Mais quiconque observait le soleil décliner ses fugaces rougeurs dans le ciel qui, peu à peu, se piquait d'étoiles blafardes, prenait le risque d'ignorer les nuages qui s'amassaient sur la ville et la menaçait d'une pluie nocturne comme seul l'automne sait en pleuvoir. Masse protéiforme, il se formait au-dessus de Port-Réal la promesse d'un orage comme on en voyait rarement. Mais pour l'heure, seule une pluie fine mouillait le visages, les murs et la rue, où la terre humide y préparait la boue qui, tout à l'heure, salirait les chausses, les robes et les pieds nus des passants. Cependant, le crachin devint vite une pluie battante, et l'on vit tout un chacun qui cherchait à s'abriter ici et là, sous les apprentis de bois, sous les stores de toile, sous les balcons fissurés, sous les murs parfois inclinés des quartiers jouxtant le Grand Septuaire de Baelor. Édifice colossal et ronflant sous la pluie martelant ses toitures, le centre de la Foi de Sept en Westeros s'illuminait par endroit de la lueur des lanternes et des torches portés par les fidèles qui vinrent en ses murs pour trouver un endroit sec où prier et exprimer sa dévotion. Ces temps de trouble avaient jeté sur les routes un grand nombre de réfugiés et beaucoup d'entre eux, sans le sou, avaient marché à la seule force de leur foi jusqu'à la capitale, et les voilà qui croupissaient aux abords du Grand septuaire en attendant que les dieux daignent leur accorder une part même infîme de leur grâce. Ils étaient là aussi le jour durant, mendiant auprès des nobles dévots venus prier pour le salut du roi et de la maison Targaryen. Certains, déjà, dormaient à même les marches qui conduisaient au bâtiment, ou sur la grande place au sol couvert de marbre blanc, sous l’œil minéral, bienveillant et silencieux de Baelor le Bienheureux. Sur les marches glissantes menant à l'intérieur, un vieux marchand qui avait fait fortune dans le négoce de la laine s'était convaincu que moins il aurait dans ses poches en mourant, plus il aurait de chance d'échapper aux sept enfers, si bien qu'il distribuait allègrement les cerfs d'argent aux pauvres ères qui, autour de lui, recevaient cette aumône avec exaltation, bénissant le saint homme. Sept tours s'élevaient au dessus du sol, formant les pointes d'un grand dôme de verre, d'or et de cristal, comme sept mains tendus vers le ciel qui s'apprêtait à gronder de toute sa rage et de toute sa force. Dans la salle aux Lampes, quelques fidèles s'étaient rassemblés autour d'un frère mendiant qui prêchait la bonne parole et rappelait que la foi seule guide les âmes sur les chemins de la vertu. Dans la grande salle, devant l'autel de la Mère, deux septon recevaient les dons et les offrandes de notables venus expier leur péché par l'excès de générosité bien placée, et les hommes de foi distribuaient en retour de ces bontés l'absolution et le pardon divin. Tout n'était que mots sacrés et paroles rituelles, et le brouhaha à peine couvert par le bruit sourd, presque lointain, de la pluie avait des accents de pure sainteté.

Mais comme si tout cela ne suffisait pas, comme si tout cela n'était pas assez pour les dieux, anciens ou nouveaux, un premier éclair vint zébrer le ciel de sa blancheur fugace pour aller frapper son tonnerre éclatant non loin de la cité. Personne n'y prêta attention et devant l'insolence de ce dédain général pour la colère divine, peut-être les dieux eux-même guidèrent la foudre qui, cette fois, frappa l'une des sept tours de l'édifice, provoquant dans le même instant un fracas de bruit, de souffle et de lumière qui éberlua les fidèles rassemblés autour et dans le septuaire. Des cris s'élevèrent, des genoux ployèrent et des cœurs se serrèrent. De stupeur, le riche marchand dont les vieux os ne le tenaient plus qu'avec peine s'effondra sur le sol et ses bourses trop pleines s'ouvrirent autour de lui, déversant sur les marches inondées un déluge de monnaie sonnante et la musique qu'elles firent suffit à éveiller la cupidité des mendiants qui se ruèrent sur lui pour le défaire de sa fortune, car après tout n'était-ce pas ce pourquoi le vieillard était venu ? Levant son bâton avec déférence, le frère mendiant interpella les fidèles qui avaient sursauté quand la foudre retentit.
 « Mes frères ! » hurlait-il, attirant autour de lui toute l'attention des fidèles présents dans les environs. « C'est une preuve nouvelle de ce que nous disions ! Les dieux sont mécontents de nous ! Le feu du péché brûle nos cœurs, et si nous ne purgeons pas bientôt la cité de la vermine qui la ronge, nous serons engloutis dans les ténèbres infernales ! » À ce discours, les auditeurs exultèrent, certains tombèrent à genoux, d'autres se signèrent, d'autres encore s'approchèrent des murs et apposèrent leurs lèvres tremblantes sur les étoiles à sept branches qui en décoraient les moulures. Mu par l'enthousiasme exalté du fanatisme et de la dévotion, le frère mendiant, suivi par la troupe des fidèles enragés par le zèle du prêcheur, gagna la salle des autels où tous, septons et pénitents, s'étaient réunis, agenouillés dans la prière, autour de la statue de la Mère dont ils imploraient sur eux la miséricorde. À leur attention, le frère mendiant déclara d'une voix forte qui résonna sous le dôme de verre : « Le temps de la prière est révolu, fidèles ! Il y a fort longtemps que les dragons ont retiré des mains de la Foi ses épées vengeresses, et maintenant, ce sont des bâtards sorciers qui entourent notre bon roi et pillent l'héritage de Baelor le Bienheureux !  » Un murmure approbateur s'éleva dans le public qui se montrait très réceptif à ce mécontentement furibond. Le frère poursuivit, plus enflammé encore : « Nous ne pourrons les combattre les armes à la main, mais nous avons au cœur la foi et la vertu ! Purgeons Port-Réal de la racaille impénitente ! Purgeons le Grand Septuaire ! » Transporté par la conviction dont le religieux faisait preuve, le petit peuple rassemblé autour de lui hurla à sa suite et, comme un seul homme, la foule se mit en quête de traîner hors de l'édifice sacré toute personne à la vertu suspecte. Son discours avait transformé la foule craintive et pieuse en bataillon de la foi sans autre arme que sa conviction. Il ne faisait pas bon traîner sur son chemin, car elle n'était ni d'humeur à discuter, ni d'humeur à ignorer quiconque passerait sous ses yeux. Ses rangs grossirent par l'arrivée d'un grand nombre de gens qui, après avoir vu s'effondrer la statue dans un fracas de pierres brisées, avaient couru en hâte jusqu'au septuaire pour y trouver la paix qui, fort étrangement, avait quitté les lieux. Une question vint à l'esprit de ceux que la foule en colère inquiétait déjà : quand le guet interviendrait-il pour museler ces fanatiques ?
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Shaïra Seastar
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Message Sam 26 Mai 2012 - 3:03

C’est avec un sourire charmant qu’elle accueillit l’arrivée de Damon Tarbeck. Elle était heureuse de le voir également seule car elle préférait, dans la mesure du possible, évoluer dans un environnement sans mille et une paires d’yeux de servantes et autres suivants fixés sur elle. Elle inclina légèrement la tête en signe de respect lorsqu’il la gratifia d’un baisemain, ignorant les longues mèches argentées qui dévalèrent alors le long de ses épaules. L’homme de l’Ouest eût la courtoisie de se réjouir de leur entrevue sans en souligner la compromission. Malgré l’absence de réponse de sa part, était-il certain de la voir apparaître au lieu de rendez-vous ? L’idée qu’il ait choisi d’accourir le risque d’un voyage inutile pour venir à son encontre était bien plus agréable, et c’est l’option que choisit Shaïra tandis qu’elle murmurait :

    « Bienvenue à Port-Réal messire. Je suis flattée par tous les efforts que vous avez déployés pour venir m’y rejoindre… J’espère que l’accueil vous en récompensera amplement. »

Non sans un certain amusement courtois elle soutint son regard azur et l’écouta avec attention. Damon semblait n’avoir rien perdu de son discours agréable, ainsi évoqua-t-il un rêve… Les yeux de Shaïra se portèrent sur l’imposante statue de Baelor le Bienheureux, un lointain ancêtre parmi d’autres, si tant est qu’elle pouvait se réclamer du sang des dragons. Rien n’était moins sûr en ces temps troublés. La Seastar s’arracha à ce spectacle pour fixer à nouveau son attention sur l’homme en face d’elle. Elle avait cru déceler une certaine espièglerie dans son attitude mais de son côté, elle était loin de manquer de malice. Faisant fi du ciel de plus en plus menaçant elle rompit en douceur la maigre distance qui la séparait de son « invité » pour glisser sa main sur son bras et le guidait le long de la place de marbre.

    « C’est en tout cas un lieu très inspirant pour une rencontre… Cela dit, je ne suis pas sûre que ce soit la Foi qui en soit l’instigatrice. Me trompé-je ? »

La dévotion ne paraissait pas être un trait de caractère dessiné dans la personnalité de Damon, elle en était presque certaine. C’était en tout cas un probable point commun qu’ils partageaient, parmi d’autres. Si Shaïra ne s’hasarderait pas à se considérer comme fondamentalement détachée de la foi des Sept, personne ne l’avait vu se recueillir de mémoire d’homme.

Malheureusement, le « moment adéquat » prit rapidement une tournure surprenante – bien qu’il y eut des signes annonciateurs – et surtout quelque peu humide. Pariant qu’il ne s’agissait que d’une brève averse, les deux compagnons s’abritèrent sous l’ombre imposante du Septuaire dans l’attente d’une prochaine accalmie. Cependant les eaux du ciel refusaient de s’apaiser et paraissaient même tomber de plus en plus fort sur le parvis de l’édifice. Ils purent même entendre le tonnerre gronder non loin. Un soupire s’échappa des lèvres roses de Shaïra tandis qu’elle glissait une main décontenancée dans sa chevelure qui, fourbe traîtresse, se déroulait de plus en plus en de longues boucles au fur et à mesure que l’humidité devenait reine.

    « Mes paroles ont dû vexer les Dieux, ironisa-t-elle, nous devrions peut-être… »

La lady n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase quand la foudre frappa, dans un éclair assourdissant et aveuglant, l’une des sept tours du Septuaire. Le fracas la fit sursauter et elle se lova par réflexe contre le torse de Damon. Elle n’aimait pas vraiment la pluie, et conservait une légère mais irraisonnée crainte vis-à-vis de l’orage. Elle n’était visiblement pourtant pas la seule à s’inquiéter de pareil évènement car déjà une masse agitée se formait sur les marches du lieu de culte. Shaïra eut le temps d’apercevoir une silhouette d’homme s’affaisser et des centaines de tintements, caractéristiques des pièces, raisonnèrent bruyamment. La foule bougea alors en désordre tandis qu’un dévot profita du tumulte pour saisir son heure de gloire. Malheureusement, Port-Réal ne manquait pas de fanatiques prêts à écouter son discours… Paraître couarde était la dernière de ses envies, toutefois elle prit le risque de proposer d’une voix qui se voulait paisible.

    « Nous devrions nous abriter à l’intérieur, cet homme est déplaisant… Et j’ai un peu froid. »

Elle attendit quelques secondes avant de faire volte-face pour franchir la porte principale aux côtés de Damon. Elle eut une pensée pour Aaron, elle espérait que l’obstiné avait été découragé par la pluie et avait rejoint son chez-lui. Elle s’en voudrait de le savoir grelottant sous ce déluge… Rapidement ils quittèrent l’allée centrale pour se placer sur le côté, dans une légère obscurité. Le temps n’apportant qu’une très faible luminosité, des cierges et autres bougies avaient été allumés, ce qui leur offrait une discrétion bienvenue. Le calme fut une fois encore de courte durée… Les rangs du frère avaient grossi et ils parurent sous leurs yeux, frénétiques et mécontents, si bien qu’à nouveau la lady se rapprocha subtilement de la présence rassurante de Damon. Des « bâtards sorciers »… Même avec un immense effort, elle avait du mal à ne pas se sentir concernée par l’attaque. « Il semblerait que ma popularité et celle de mon frère ne se démentent pas… » Même avec toute la malice du monde, la situation demeurait inquiétante, et n’alla pas en s’arrangeant. Voilà que le fou entonnait son chant de guerre : Purger le Grand Septuaire ! L’annonce lui glaça le sang. Il lui fallu plusieurs secondes pour réaliser que la troupe se mettait en marche et que ni les septons, septas, ni les fidèles ne s’interposeraient. Le Guet mettrait également un certain temps avant de débarquer en ce lieu. Elle glissa alors sa main dans celle de Damon afin d’attirer son attention.

    « Réfugions-nous dans les appartements des septons et septas… »

Son trouble se mêlait à une certaine frénésie, résultat du danger imminent. C’était aussi inquiétant qu’excitait et Shaïra se surprenait à ressentir les émotions d’une jeune fille bousculée. Elle inspira alors profondément et désigna d’un furtif signe de tête une porte discrète, sans prétention, camouflé tout au fond du bâtiment. Ils devaient s’y rendre le plus discrètement possible et s’y réfugier jusqu’à ce la paix sacrée reprenne ses droits. C’était comme toujours une chose plus facile à énoncer qu’à exécuter et la lady sentait que les difficultés ne faisaient que commencer. Serrant doucement les doigts de Damon, elle le suivit prudemment vers ce lieu où ils pourraient se dissimuler… Ou ailleurs, puisqu’elle comptait bien de toute manière cheminer à ses côtés. Si elle préférait ne pas se retrouver coincée dans un placard, elle lui faisait confiance en l’instant et se fierait à son jugement.


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Message Sam 26 Mai 2012 - 19:35

Elle se tenait là devant lui, à quelques dizaines de centimètres à peine. Et sans un quelconque membre de sa suite. Damon Tarbeck percevait peut être pour la première fois de sa vie un relatif bonheur. Il percevait aussi pour la première fois de sa vie la chance dont il disposait en vivant cette existence. Lui, le cadet, le rejeté de sa famille, celui qui a gagné ses possessions quelques soient les manières. Il avait l’audace, l’éloquence et certainement peut être un peu de chance nécessaires afin de pouvoir espérer à rencontrer la Seastar considérée comme la plus belle femme de Westeros, en tête à tête.

Cependant, son esprit d’éternel mécontent prit rapidement le dessus. Bien qu’il trouvait cet instant particulièrement magique, il le savait aussi éphémère que la lumière provoquée en pleine nuit noire par le passage d’une comète. Le Tarbeck ne maîtrisait rien. Quelle sensation détestable et terrifiante pour un fin calculateur. Et Shaïra Seastar n’était en rien prévisible. Il n’avait ni oublié, ni pardonné le fait qu’elle n’avait pas pris le temps de lui répondre par au moins quelques lignes. Cependant, il se gardait bien de l’évoquer pour le moment et il comptait lui faire comprendre à un moment ou un autre que son titre éminemment partagé par la plus grande partie de la population ne lui octroyait en aucune façon le droit de recourir à une telle flemmardise. Une voix lui susurrait dans son esprit torturé : ‘Ce n’est qu’une bâtarde qui a certainement oublié ta missive une minute après l’avoir lue, bien trop occupée à courir les plumards comme une catin philantrope. Il faut la redresser cette habituée des courbettes. Elle te défie et toi tu rappliques comme un chien à ses pieds avenant et aimable, prêt à tout prendre dans la gueule. Damon Tarbeck ne mérite pas ça !’ Au lieu de cela, il répondit avec un calme olympien plutôt que de laisser la véhémence de ses pensées s’échapper. Si il était doué pour une chose, c’était de garder la tête froide quelles que soient ses sensations.

«Mon trajet fut particulièrement éprouvant. Quant à la nourriture servie, dans une des meilleures auberges de Port-Réal me dit-on, elle manque de saveur. Mais, c’est comme cela, la vie ne récompense pas tous les efforts entrepris. Peut être que les dieux ont voulu me punir d’organiser un rendez vous ici en connaissant l’état de ma Foi…»

Chic nobliau que ce Damon qui semblait prendre les choses avec légèreté. Et pourtant, ses pensées se firent toutes aussi virulentes que tout à l’heure dans la foulée. Ses yeux scrutaient la blonde en dégageant toujours cette froide tranquillité, presque inquiétante. Le noble originaire des Terres de l’Ouest se désintéressa de cette pluie nocturne jusqu’à ce que le claquement des trombes d’eau devienne presque assourdissant. ‘Non contents de te faire déjà vivre un des plus piteux voyages de ta vie, les dieux te pissent dessus Damon !’ Il n’eût pas le temps de véritablement chasser cette pensée, qu’un éclair s’écrasa brusquement sur l’une des tours de l’édifice. Le rythme cardiaque du noble accéléra instantanément, stimulé par son adrénaline tandis que Shaïra venait de se blottir contre lui. Il put se rendre compte à quel point cet instant était si particulier. La foudre s’abattait. La foule gesticula dans un énième réflexe inutile de survie car si l’orage avait dû leur tomber dessus, ils n’auraient certainement pas eu le temps de le réaliser. Et elle se tenait là, à sa portée, quémandant son aide.

« J’en conviens, avançons-nous alors sans attirer leur attention. »

Et il s’exécuta de nouveau. Cependant, cette fois-ci, la voix se fit moins provocante et plus sournoise. ‘La patience me récompensera ELLE et m’aidera à laver mon orgueil le moment venu ma douce lady‘. Damon ne se souciait guère de Geildor et Asius. Déjà, ce n’était pas dans son habitude en temps normal. Et puis, ils avaient assez de jugeotes pour savoir quoi faire dans de pareilles conditions sinon…ils n’étaient pas dignes de le servir et feraient mieux de recevoir la colère divine au lieu que celle-ci ne continue à s’abattre sur le septuaire.

L’inquiétude le gagnait incontestablement et ne rendait pas ses pensées plus positives et moins violentes pour un sou. Damon ne se sentait pas concerné par les propos de l’homme dément mais il craignait que leur attitude, presque irrationnelle, pousse ces types à s’en prendre à lui si il traînait sur leur chemin. Silencieux, Damon étudiait déjà les différentes alternatives qui se proposaient à lui au moment où lady Shaïra lui intimait de se rendre dans les appartements des septons. Le trentenaire aux mèches brunes jeta un coup d’œil discret à sa main qu’elle tenait avec une certaine ardeur durant le chemin. Mais, cela ne suffisait pas et puis il ne pouvait véritablement y penser sur le moment. Une fois dans les appartements, ses prunelles azur se mirent à scruter la pièce et à rechercher la moindre opportunité. Ses yeux s’attardèrent alors sur un coffre d’une taille imposante et sur un placard. Le trentenaire ouvrit les deux sans la moindre gêne. Le premier était vide. Au contraire, le deuxième détenait de multiples affaires et vider le meuble ferait désordre et cela pourrait surtout susciter la curiosité des hommes qui se sentaient investis d’une mission en ce lieu.

Damon ferma le placard et s’installa dans le coffre, attirant Shaïra avec lui. Une fois la paroi supérieure du meuble refermée, l’obscurité devint l’alliée des deux compagnons. Damon pouvait sentir le rythme haletant de la respiration de la lady sur son torse. Ses doigts entrelaçaient toujours les siens. Et en chuchotant il ajouta en ce lieu inhospitalier.

«Il semblerait que non en effet…Avez-vous fait quelque chose pour provoquer un tel soulèvement ? Quoi qu'il en soit, la situation n'est pas si déplaisante, ne le trouvez vous pas ?»

Le trentenaire passa lentement une main dans son dos, sur sa douce robe, et brûlait d’envie de dire plutôt : ‘Qu’est ce que tu n’as pas fait ? Les efforts sont rarement récompensés, mais ne pas en faire raccourcit la boucle. Continue ainsi et tu mangeras dans ma main et je ne serais plus obligé de devoir recourir à toutes tes lubies pour te courtiser.’
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Shaïra Seastar
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Message Dim 3 Juin 2012 - 2:24

Voilà une réponse étonnante. La Seastar en resta muette bien qu’il scintilla dans son regard une lueur fugitive d’intérêt. Il était loin d’être rare que les personnes de haute naissance se sentent contrariées par les désagréments de la vie, tels qu’un voyage harassant ou une auberge peu satisfaisante mais, en revanche, il était tout à fait curieux que Damon en fasse part de vive voix dans ce genre d’entrevue. Qu’essayait-il de montrer par ces paroles ? Quelle impression comptait-il lui laisser en s’exposant sous ce jour ? De nombreux hommes auraient vantés les qualités de la ville et se seraient hâtés de se présenter comme bon vivant, et d’un naturel optimiste. Pas cet homme, venu de l’Ouest. Elle en devenait plus impatiente sur la tenue de leur échange mais également sur son issue. Une curiosité qu’avec le recul elle saluerait, ou qu’elle regretterait peut-être, il était encore trop tôt pour le dire.

Toutes ces questions restèrent en suspens avec l’orage qui se déclara brusquement et les força à s’abriter. Toutefois la colère du ciel restait un contretemps acceptable s’il ne s’était pas accompagné de la frénésie inquiétante des quelques fidèles amassés autour du Septuaire de Baelor. Y pressentant une menace, surement à juste titre, les deux nobles se réfugièrent dans les appartements des religieux, à l’abri des regards. Shaïra crut peut-être naïvement que cette cachette était suffisante, après tout, les fidèles n’oseraient quand même pas s’aventurer jusqu’ici… ? Ou bien… Damon cessa ses interrogations en quelques gestes. Elle le vit inspecter un placard et un coffre, puis finalement jeter son dévolu sur ce dernier. Elle ne put s’empêcher de lui lancer un regard de supplicié à cette perspective peu réjouissante mais il n’eut besoin d’aucun mot pour qu’elle ne s’y résolve : les grondements venants de la pièce principale suffirent à dissoudre ses réticences et elle s’engouffra à l’intérieur à ses côtés.

Il faisait maintenant sombre, si sombre qu’elle parvenait à peine à distinguer les contours de Damon. Torture pour une femme qui utilisait tant son regard pour percevoir et faire comprendre… Elle inspira, essayant de calmer les battements affolés de son cœur et de les dissimuler à celui contre qui elle était nichée. C’était un peu vain, mais elle tenait à garder un peu d’allure sans paraître telle une jouvencelle perdue. Elle serra les doigts et ce n’est qu’à ce moment qu’elle s’aperçut qu’ils étaient encore entrelacés avec les siens. Pourtant, elle ne défit pas l’étreinte qui demeurait rassurante. En douceur elle étendit sur le côté ses jambes fuselées, maudissant pour une fois leur longueur dérangeante. Si elle avait su qu’un jour elle se retrouverait enfermée dans un coffre… ! C’est alors qu’elle entendit le chuchotement de Damon, accompagné d’un geste qui lui arracha un frisson, parcourant toute son échine. Bien que la proximité et le fait de ne rien contrôler soient une situation nouvelle, elle tâcha de redevenir la Seastar aérienne qu’elle était. Elle ne pouvait pas se permettre de paniquer et de s’abandonner à l’homme comme certaines pouvaient avoir tendance à le faire. Elle était apaisée de le savoir tout près, mais elle ne le connaissait pas assez pour se vouer entièrement. Ce genre de chose se gagne. Libérant l’une de ses mains elle la posa à tâtons sur le buste de Damon puis elle remonta lascivement jusqu’à son épaule, pour arrêter sa course sur sa nuque, contre laquelle elle se logea avec volupté.

    « Si peu de choses mon cher, si peu. J’ai sacrifié quelques vierges pour conserver l’éclat des jeunes années et je me suis repue du cœur des malheureux tombés dans mes filets. Au fur et à mesure de son discours, qui n’amassait qu’une maigre parcelle des rumeurs courant sur sa prétendue sorcellerie, elle avait dangereusement approché son visage du sien si bien que ses lèvres pourraient bientôt frôler celles de Damon. Et en plus de ne pas être mariée, je fréquente des hommes que j’enferme dans des coffres pour assouvir mes étranges caprices. Elle détourna légèrement la tête tandis qu’un léger rire passa la barrière de ses lèvres roses, puis elle vint murmurer au creux de son oreille. Alors non, ce n’est pas si déplaisant. »

Se parant à nouveau des voiles du mystère et de la séduction qu’elle aimait tant porter, elle se sentait déjà mieux, plus à l’aise, plus maîtresse de la situation. Elle n’en oubliait pas les fanatiques au-dehors mais l’espace restreint du coffre lui paraissait un peu plus familier et hospitalier à présent. Un bien-être illusoire et temporaire, mais un bien-être malgré tout. Elle se demanda un instant si Damon avait entendu les rumeurs à son sujet… Car si les ménestrels se plaisaient à vanter son apparence au point qu’elle soit aujourd’hui considérée comme la plus belle femme de Westeros, il y avait un autre bruit tout aussi persistant qui la décrivait comme une magicienne du vice, dangereuse et séductrice. Sinon, pourquoi à son âge serait-elle encore célibataire ? Et d’ailleurs, pourquoi les années ne semblaient pas avoir la même prise sur elle ? Tant de questions qui demeuraient sans réponse, alimentant la légende chez les uns, la crainte chez d’autres.

    « Avouez que cela ne vaut pas toute cette agitation. »

Il devait avoir son idée sur la question, auquel cas il ne serait sans doute jamais venu jusqu’ici… Lui qui se plaignait d’un trajet éprouvant, il ne devait pas être déçu par les évènements actuels. Auraient-ils dû faire preuve de moins de fougue en choisissant un lieu plus classique et sécurisant ? Cela sonnait de façon bien trop correcte et ennuyeuse. En effet, bien qu’encore un peu inquiète et effrayée par la perspective d’être découverte ici et malmenée, Shaïra se sentait… Etrangement bien. Décontenancée aussi, mais le sentiment de vivre et d’haleter était le plus fort. Elle qui souffrait en silence de la solitude vivait quelque chose d’aventureux et donc d’excitant. Ainsi, de manière tout à fait paradoxale, cet instant lui plaisait. Sa compagnie n’y était pas étrangère, elle était toujours intriguée par le personnage qu’était Damon Tarbeck… Et quoi de mieux pour le découvrir dans sa vérité que de se retrouver dans un moment de tension ? Le destin est parfois bien fait…


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Si le Septuaire pouvait parler... [Damon]

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