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Même si la pluie attend son heure, il y a toujours le soleil

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Message Mar 24 Avr 2012 - 1:30

-Encore du poisson ?

-C’est que.. ma dame.. c’est ce qu’on trouve le plus simplement avec toutes nos rivières et..

-Je sais, c’est bon, la coupa un peu sèchement Charissa sans le vouloir, car était-elle plus en proie à la déception qu’autre chose. Laissez.

Il faudrait qu’elle exhorte leur chasseur d’aller un peu plus souvent à la chasse, quitte à les accompagner à chaque fois pour les motiver. Cela ne lui ferait certainement pas de mal à elle non plus. Les derniers jours avaient été calmes à Vivesaigues. C’était sûrement un sujet de plus de réjouissance que de déconvenue, mais cela n’empêchait pas Charissa de mariner un peu. Edwyn toujours dans le Bief, et le calme ne lui inspirait rien de bon, surtout en ce moment. Enfin, cela lui laissait un peu de temps pour profiter de ces filles, comme le laissait penser ce pique-nique que s’afférait à préparer les domestiques, ces dernières déposant des victuailles en abondance sur de grandes étoffes de tissus d’un blanc radieux. Certes, le poisson n’y trônait pas à la place centrale dessus mais… sans doute s’attendait-elle à quelque chose de plus originale que ce qu’ils leur servaient au château. Cas cela ne tienne, le plus important était de pouvoir dîner avec ces filles sous l’un des derniers encore radieux soleil de fin d’été. Et encore, Charissa avait congédié Asharra pour le pique-nique ; la jeune aînée souffrant d’une petite fièvre hier soir, sa mère avait préféré qu’elle reste se reposer. Même si l’été n’est pas encore entièrement retiré, les petits vents frais de l’automne, eux, sont tout sauf en train de ses retirer. Ainsi n’y avait-il plus que Morag de conviée. Mais où était-elle d’ailleurs ?

-Où est ma fille ?

-Sûrement encore au château en train de s’apprêter, ma dame. Voulez-vous que j’aille la faire quérir ?

-Non.. non, ça ira. Merci, répondit Charissa après un temps de réflexion.

Morag n’était de toute façon pas en retard vu que le pique-nique n’était pas encore fin prêt. Debout à quelques pas des domestiques, les bras croisés contre son ventre, Charissa pouvait de son regard aussi bien suivre leur travail que le détourner pour admirer le château de Vivesaigues, même pas à une quarantaine de mètres de leur position. Même s’il fallait envoyer quérir sa fille, cela ne demanderait pas bien longtemps, alors inutile de la presser pour l’instant. Hier soir, quand elle lui avait annoncé qu’Asharra ne se joindrait pas avec eux, elle lui avait également précisé que, si tel était son désir, elle pourrait amener d’autres jeunes filles de la cour avec elle. Charissa ne voulait pas vraiment l’embarrasser d’un dîner mère-fille en tête à tête. Alors, dans le doute, Charissa avait fait préparer bien plus qu’un repas pour deux personnes, même trois à vrai dire. C’était ça d’être noble, prévoir pour éviter les déconvenues, et abondance sans se soucier de gâcher.

-Attendez une seconde. De quel vin s’agit-il là ? s’enquit subitement Charissa, que les carafes de liquides rouges avaient sorti de ses pensées.

-Il est importé de La Treille, ma dame. Je pense que c’est une de leur cuvé de 204.

Cela se pouvait-il ? Non… Toute de même, Charissa n’avait-elle pas spécifié clairement le déroulement de ce pique-nique. A quoi pouvaient bien penser domestiques et cuisiniers, tout de même ? Ah, oui ! Essayer d’entrer dans les bonnes grâces de leurs seigneurs en leur faisant de la lèche. Arquant ses sourcils d’autant de scepticisme que d’un agacement feint, Charissa corrigea ses dires pour être un peu plus explicite à ses oreilles.

-Non, je veux dire : qu’est-ce que ce vin fait là ? Je suppose que vous êtes au courant que ce pique-nique est principalement pour des enfants, si ce n’est au moins ma fille. Vous ne comptez tout de même pas leur faire boire de l’alcool ?

-Hé bien, ma dame, c’est que.. c’était plutôt pour vous.

-Rapportez ça au château, vous voulez bien ? conclut la dame de Vivesaigues, sourire radoucit aux lèvres. Et installez plutôt jus et eau.

Obtempérant d’une révérence bien profonde, la domestique en question retournant au petit trot vers le château, les deux carafes de lesdits vins serrés entre ses mains, pendant que les autres continuaient tranquillement à s’affairer. A Vivesaigues, si ce n’est dans le Conflans, Charissa n’était guère connu pour sa rudesse ou ses punitions. Elle était un peu ferme, voire un peu sévère parfois, mais c’était bien le moins pour compenser sa trop grande gentillesse et générosité à l’égard des riverains. Parfois, quand elle observait son propre caractère, se demandait-elle parfois où était ce qui était à elle, et où était ce qu’elle feignait ? Tout se mélangeait dans ce monde, et cela perturbait Charissa parfois. Etre souveraine et Régente, cela n’avait rien de plaisant, c’était être déchiré. Etre l’épouse d’un souverain, c’était être entier. Pourquoi ? Parce que ce n’était pas la place d’une femme ; il fallait être soi, et ne pas l’être, tout en sachant qu’on vous reprocherez à la fois de ne pas être vous, ou de ne pas être assez ce que vous ne devriez. Edwyn était un peu dans la même situation d’une certaine manière, raison pour laquelle Charissa aimait à le protéger autant que possible de ses fonctions de souverain pour l’instant. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on est enfant, on n’a d’abord à ne pas être souverain. Malheureusement, ce n’était pas aussi simple. Au moins, Morag, c’était plus simple, elle était tout à fait entière. Petite princesse noble, et petite princesse enfantine.

-Tout est fin prêt, ma dame.

-Bien. Je vous remercie.

Observant toute la disposition créée avec autant d’habilité que les domestiques devaient savoir en faire preuve pour ce genre d’occasion, Charissa ne pouvait que constater l’intelligence des placements. On pouvait facilement tout atteindre. Et si l’on ne le pouvait, les domestiques qui resteraient là, les serviraient, bien entendu. Jetant un bref regard vers le château de Vivesaigues, Charissa soupira d’une lassitude mêlée à l’aise de savoir sa fille restée sa fille. Mais qu’est-ce qui pouvait donc la retenir ?

Evacuant de sa pensée la moindre fibre d’une recherche à sa question, la dame de Vivesaigues s’assit tranquillement sur un carreau laissée blanc par la nappe non couverte à ces endroits de nourritures. Chassant sur les côtés les plis de sa robe, afin de ne pas s’encombrer, ses jambes se plièrent l’une sur l’autre à ses côtés. Vêtue avec légèreté, c’était une simple robe rose pâle d’une soie légère, ornée de rubans dorés aux manches, à sa taille et son col, qui viendrait agrémenter de couleurs cette journée. Un petit châle d’un tissu transparent se posait également sur ses épaules, la garnissant jusqu’à mi-dos, où y tombaient dessus les longues boucles de cheveux sombres de Charissa, uniquement retenu en arrière par des fleurs fraiches dont une de ses suivantes l’avait agrémentée pendant que la dame regardait s’afférer les prémices de l’installation.

Le temps était encore au beau pour l’instant, et cela depuis le matin, mais pas sans nuage. Quelques blancs flemmardaient au dessus pendant qu’un ramassis de grisâtre les scrutait depuis le nord du Conflans. Espérons qu’ils mettent plus de temps à venir que Morag à la rejoindre, sinon… hé bien sinon. Mais en bonne noble, la prévoyance était toujours de mise.

-Retournez au château pour demander que l’on nous apporte les tonnelles. Inutile de les planter dans l’immédiat, vous les déposerez juste à côté. Je ne pense pas qu’il pleuvra mais je préfère gâcher un peu de place sur l’herbe que de manger un repas dans une marre.

-Bien, ma dame.

-Ah, et si vous voyez ma fille, informez-la que le pique-nique est servi, la retint un instant Charissa, alors que l’intéressée partait déjà vers le château.

Les yeux de Charissa pétillaient plus d’amusement que d’agacement à la vérité, mais il serait tout de même bien que Morag soit au moins mise au courant tout de même, à défaut de la sommer de venir immédiatement. Elle manquait peut-être un peu d’autorité, surtout avec Morag, ou peut-être surtout avec celle qui en aurait le plus besoin parfois, mais que dire ? C’était sa petite princesse. Et Asharra la grande. Comment une mère pouvait bien se fâcher contre ses enfants ou leurs dires non ? C’était bien un point sur lequel Charissa travaillait bien peu avant d’être Régente, Jeanne et elle se confortant bien dans leurs attitudes, mais depuis, elle essayait de faire un petit effort. Surtout avec Edwyn. Avec Asharra, il n’y en avait guère besoin. Et Morag, c’était.. différent. Une petite lutte tranquille qu’elle perdait mais dont elle ne s’inquiétait que vaguement. Toutefois, ça avait largement suffit à Chassira pour décider de ne pas l’envoyer avec Edwyn à Hautjardin, même si lord Jasper se serait sûrement fait une grâce de passer prendre ses filles. Cette langue que Morag ne gardait jamais dans sa poche, et avec laquelle elle n’était pas assez sévère, pouvait tout de même bien leur attirer quelques ennuis si elle n’était pas là pour la reprendre. Ici, elle ne s’en préoccupait peu, et les autres demoiselles de la cour y étaient habituées, mais à Hautjardin, mieux valait attendre encore un peu.

-Ma dame, l’interpella la domestique qui revenait. Des serviteurs sont en chemin pour vous mener la tonnelle et l’installer en cas de besoin. J’ai également prévenu votre fille selon vos soins. Elle est en chemin et ne devrait plus tarder à présent.

-Merci, Sera.

S’inclinant face à sa dame, puis se reculant pour ne pas l’ombrager où attendait également les autres domestiques dans l’attente de leur service pour le diner, elle abandonna une Charissa brusquement rayonnante. Il faut croire que quelques nouvelles ravivent toujours la sérénité autant que la joie. C’était peut-être ça qu’elle devrait faire pour Edwyn ? Lui envoyer une missive au lieu d’être dans l’attente d'en recevoir une. Toutefois, elle n’en était pas encore là. Pour l’instant, c’était Morag qui l’intéressait et justement, de l’agitation réveillait l’attention de Charissa, qui se tournant vers le château put enfin voir la principale intéressée du pique-nique. Lui offrant un large sourire tout au long qu’elle se rapprochait, Charissa ne put s’empêcher une petite remarque piquante dans un éclat égayé, une fois sa fille à portée de voix.

-Morag. Que penses-tu donc d’un petit pique-nique sous la pluie finalement ? Car je crains que tu ne commençais à manquer au soleil. toujours son ample sourire en bouche et lueurs malicieuses en yeux.
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Message Mer 2 Mai 2012 - 18:40

 « Lady Morag ? Votre mère m’envoie vous faire dire que la table pour le pique-nique a été dressée en contrebas près de la rivière. Elle vous y attend.
« Oh…Merde ! Je ne suis pas prête ! Dîtes-lui…Dîtes-lui que j’arrive…Noms de Dieux ! Ariana ! Amène-moi donc ma cape !  »


Il y avait bien eu quelques « oh ! » offusqués devant l’éclat un rien vulgaire, si ce n’était pas tout à fait vulgaire, de la cadette Tully mais celle-ci, complètement prise par l’imminence de son retard, s’en moquait complètement. Pas de mère dans les parages, ni de septa pour l’entendre…Ouf, elle était sauve. Pour le moment du moins. Elle jeta un dernier regard dans son miroir en ingurgitant quelques fruits confits au passage. Ce serait toujours cela de gagner si elle devait encore manger du poisson. Non qu’elle n’aima pas mais elle commençait franchement à en avoir soupé des arêtes. Elle voulait du bœuf ! Cette simple pensée la fit éclater de rire au grand étonnement des deux servantes qui courraient partout dans la chambre à la recherche de la cape précédemment demandée.

« Allez, passe-moi cette cape, empotée ! Ah non mais heureusement qu’on ne vit pas dans le Nord sinon je serais déjà morte de froid. Et puis, on puerait toutes le chien mouillé ! » Un nouvel éclat de rire ponctua sa saillie. Un éclat de rire bien dans les façons de son grand-père, l’Orage Moqueur. Mais, bonne fille comme pas deux et pour se faire pardonner sa petite pique, la grasse gamine prit sa servante dans ses bras pour lui taper dans le dos. « Mais non ! Je plaisantais ! Allez, accompagnez-moi donc, je n’ai pas envie de trainer cette idiote de fille de l’intendant ! Elle est bien trop laide et stupide et, en plus, elle roule des hanches comme une catin ! Quand ce sera fini, on ira voir les chevaliers s’entrainer toutes les trois ! »

Elle leur prit la main et, dans un bel ensemble, les trois fillettes dévalèrent les escaliers de la tour de la Rivière pour se hâter vers le lieu où se tenait le fameux pique-nique organisé par sa mère. Asharra ne serait même pas de la partie, la pauvrette clouée au lit par une mauvaise fièvre. Enfin, même, quelle barbe ! Elle aurait préféré une sortie à cheval plutôt que d’être collée aux jupons de sa mère. Elle n’était plus une enfant par tous les diables ! Elle avait même eu ses premiers sangs ! Donc elle était une adulte. Pas une adulte très grande mais une adulte tout de même. Aussi, décida-t-elle de s’arrêter aux cuisines et d’exiger un hanap qu’on lui remplit de vin. C’était un peu amer mais elle commençait à en avoir l’habitude et cela réchauffait mieux qu’une tisane. Puis d’un pas plus mesuré, suivie par les deux servantes qui pouffaient de rire à dépasser les gardes, elle prit le chemin qui menait à la rivière tout en lançant quelques œillades du côté des chevaliers qui polissaient armures et épées. Il y eut force nouveaux pouffements de rires voire quelques rougissements mais la petite lady Morag fut, elle, saluée avec le respect dû à la sœur du suzerain du Conflans et seigneur de Vivesaigues. Même si ce dernier était absent. Le petit Eddy lui manquait. Elle aimait encore jouer avec lui de temps à autre même si elle trouvait que son jeune âge le rendait un peu bêta par instants. Ce serait mieux quand il aurait un peu grandi. Ils pourraient aller au bal ensemble. Bal où Morag rencontrerait forcément un preux chevalier, son Florian, à qui Edwyn s’empresserait de la donner en mariage. Ce serait tout simplement parfait.

Le nez en l’air, elle chemina tranquillement vers la rivière où l’attendait la puissante régente du Conflans. Ce fut d’ailleurs cette dernière qui la tira de ses rêveries en l’apostrophant de loin pour se lamenter du mauvais temps. Était-ce mieux chez les Baratheon ? Morag en doutait. Il ne devait y avoir que des orages toute l’année. Un lieu qu’elle imaginait comme une sorte de prison contre les éléments malgré tous les contes que sa mère lui avait fait sur le sujet. Elle sourit de loin à sa mère en agitant la main avant de crier à son tour :


« Je manque toujours au soleil, Mère. Vous devriez le savoir depuis le temps. » lança-t-elle en riant avant d’ajouter, beaucoup moins motivée par l’idée de se prendre une averse sur la coiffure que ses servantes avaient peiné à faire tenir : « Enfin, si il doit pleuvoir, autant aller pique-niquer à l’intérieur…Je n’ai pas envie d’être malade comme Ashara. Mon amie Jeyne devrait bientôt arriver en visite et je veux absolument être sur pied quand elle arrivera. Absolument. »

Du coup, ce fut le nez en l’air, un œil méfiant scrutant les mouvements nuageux, qu’elle s’approcha de sa mère qu’elle finit par venir embrasser avec le nez froncé.

 « En plus, la pluie me fait friser, c’est laid ! » Ce serait évidemment le plus terrible si jamais la pluie arrivait. Elle peinait tant à lisser la lourde chevelure rousse. « Bon alors, qu’est-ce qu’on mange ? J’ai commencé avec des petits massepains ce matin mais j’ai encore grand faim ! » Elle posa son hanap de vin là où elle pouvait le faire sans risquer l’horreur de le voir se renverser sur sa tenue avant de soupirer avec une certaine langueur. « C’est moins drôle sans Ash et Eddy, non ? Il rentre quand d’ailleurs. Non parce que le pauvret, il va bientôt sentir terriblement le bouc à rester accroché aux basques des Arryn ! » Elle éclata d’un rire un peu méchant mais frais après avoir lancé sa petite pique à l’égard de leurs voisins des montagnes de la lune mais elle n’en pensait pas moins. Son petit frère aurait mieux fait de rester avec eux. Vivesaigues était une forteresse imprenable où le petit ne risquait rien. Et puis, leur mère n’était-elle pas capable de taper sur les doigts du gros Bœuf - miam du bœuf grillé ! - et d’envoyer les corbeaux des Nerbosc se faire voir de l’autre côté du Neck avec les autres prieurs de branches !

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