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Faut-il se mettre à nu pour être vrai ?

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Clarence Hightower
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Général
Grand Argentier
~ We light the way ~

♦ Missives : 2168
♦ Missives Aventure : 131
♦ Arrivée à Westeros : 20/09/2011
♦ Célébrité : François Arnaud
♦ Copyright : Valencia
♦ Doublons : Edwyn Tully
♦ Age du Personnage : 27
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Port-Réal
♦ Liens Utiles :
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Message Lun 23 Avr 2012 - 23:03

Clarence avait pris beaucoup de plaisir à retrouver les vertes contrées de son Bief natal, quoique les aigreurs de l'automne aient jeté sur les plaines du sud les horribles engelures annonçant les rigueurs de l'hiver. Paisibles étaient les terres intérieures, loin du tumulte, des souffrances et des troubles caractérisant les côtes du Bief qui vivaient toujours dans la crainte d'un raid perpétré par des Fer-nés toujours plus enhardis par la mollesse des réponses du Trône de Fer à leur rébellion. Les champs, les chemins, les prés, les forêts, les vallons et mêmes les villages s'étaient parés des couleurs de l'automne, et dans les arbres les feuilles doraient sous les nuages qu'un vent mélomane promenait dans le ciel nonchalant. Leur périple à cheval depuis les Terres de l'Ouest avait conduit les deux frères jusque sur les terres de la maison Rowan, mais ils étaient encore loin du prestigieux château de Boisdoré dont la splendeur était reconnue partout où l'on trouve des hommes et des femmes de goût. De là où ils étaient, la citadelle était hors de vue, mais la proximité des eaux du fleuve sur les berges duquel elle se trouvait construite indiquait sans mentir que la demeure des Rowan n'était pas très loin. Plus jeune, alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon aux cheveux sans cesse décoiffés et aux chaussures toujours usées, Clarence avait, lors de trop rares occasions, suivi sa grand-mère jusqu'au château de Boisdoré où était née lady Olyvia. Elle était belle et douce, malgré son âge, cette femme de petite taille, au dos voûté et au cœur lourd, dont les yeux semblaient constamment chercher la lumière des meilleurs aspects de toutes choses. Clarence se souvenait plus facilement de cette femme débordant de tendresse que du château de ses ancêtres à l'arbre doré. Malgré tout, les fulgurances de ce passé évanescent lui revenaient parfois, et sa tête s'emplissait d'images, de sons, d'odeurs et d'impressions que laissèrent ces séjours lointains. Il avait admiré le bruit superbe des eaux du fleuve s'engouffrant sous les arches du château, les grands jardins parfumés et tranquilles. Il transpirait du château, lui-même magnifique, une suavité singulière et une sérénité aristocratique très particulière. On le voyait au fond d'une grande allée d'arbres, entouré de bois, ou peut-être encadré dans un vaste parc à belles pelouses ? Les souvenirs de Clarence se troublaient si facilement... Bâti sur l'eau, la demeure des Rowan levait ses tourelles et ses cheminées carrées dans le ciel, surplombant le fleuve qui passait dessous et murmurait au bas de ses fondations en arches dont les arêtes pointues influaient les eaux roucoulantes. Clarence se souvenait d'un lieu paisible et doux, élégant et robuste, calme sans être ennuyeux et baigné d'une nostalgie sans amertume. À une certaine distance on trouvait le village qui, discret et respectueux, se tenait comme un enfant se tient à l'écart de la table des grands. La région elle-même lui avait tourné l'oeil, et il se souvenait avec tendresse des belles routes, de la campagne ample et nourrie, riche et bien portante, sans les exubérances presque sombres des hauts de la Mander, ni les finesses acides de la lumière berçant les environs de Hautjardin. Lui revenaient également les beaux arbres qui couvraient les chemins comme des berceaux, les larges prairies égayées de saints reliquaires, les champs et les prés, le vent tiède et docile, le soleil doux sans ardeur, le paysage varié dans sa monotonie, léger, gracieux, d'une beauté qui caresse et captive, qui charme et séduit.

Hélas, ces terres, comme tant d'autres, avaient perdu ces dernières années de leur joliesse et de leur poésie. L'été caniculaire avait défiguré le continent, et le Bief avait grandement souffert des brûlures qui ruinèrent ses récoltes et ses paysages. Pourtant, avec l'automne et ses pluies bienfaitrices, la nature semblait reprendre ses droits et alors que les deux frères faisaient halte sur les rivages du fleuve, installé près d'une calanque sans rochers là où les eaux se calmaient pour former un bassin tranquille et fredonnant l'éternelle mélodie des galets. Ser Calvin avait pris soin d'attacher leurs chevaux à un arbre solitaire, un vieux saule pleureur qui les couvrait d'une ombre discrète et généreuse. Une fois leurs affaires réunis au pied du végétal plusieurs fois centenaire, Clarence avait consenti à ce que, durant leur halte qui ne devrait pas excéder plusieurs heures, son frère quitte son armure pour la graisser et ses vêtements pour prendre un bain. Le Grand Argentier lui-même avait cédé très volontiers à l'appel de la rivière pour s'y plonger en gage d'ablutions sommaires, et même si cela n'avait rien à voir avec les grands bassins d'eaux chaudes de la Grand-Tour où il avait l'habitude de se délasser à l'occasion de bains réguliers, cela ferait l'affaire, le confort était un luxe inutile pour le voyageur pressé. D'autant plus que s'il devait s'arrêter aux portes de Boisdoré pour rencontrer lord Rowan et sa famille afin de leur payer ses plus sincères respects, il préférait être présentable et libéré des nuisances olfactives du voyage autant que des puces que son frère avait peut-être attrapé lors de leur périple à travers les Terres de l'Ouest. Même s'il n'était pas sûr de prendre le temps de s'arrêter au château, la possibilité n'était pas à exclure et il était hors de question de faire insulte à la maison de sa grand-mère en s'y présentant sans être tout à fait présentable. Dès lors, pendant que Clarence se frottait énergiquement dans les eaux du fleuve, son frère s'occupait des pièces de son armure, mais la tâche de Clarence fut plus rapidement traitée que celle de son cadet, si bien qu'il eut le temps de quitter l'onde fraîche pour se sécher tout entier avant que son frère ne daigne enfin se dévêtir pour entrer dans l'eau et barboter, car c'est très clairement ce qu'il fit. Il n'était pas un excellent nageur. « Il faut être né Tully ou Greyjoy pour cela », songeait Clarence. Malgré tout, son frère se débrouillait à sa manière, et les quelques longueurs qu'il fit déridèrent un peu Clarence qui hésita à se moquer ouvertement de lui en lui suggérant qu'il ferait mieux de se décrasser plutôt que d'essayer d'atteindre l'autre rive.

Clarence s'était allongé sur l'herbe presque rase qui somnolait à l'ombre du saule, le dos appuyé sur son paquetage dont il avait libéré son cheval. La pauvre bête le portait depuis Port-Lannis et, avant cela, depuis Villevieille. Qu'il est aisé pour un homme qui voyage de se reposer sur sa monture, quand celle-ci n'a d'autre choix que d'obéir aux ordres du cavalier... Il n'éprouvait pas vraiment de compassion pour les chevaux, ces animaux merveilleux domestiqués depuis toujours par l'homme, mais il se demandait parfois : qu'adviendrait-il de ce dernier si tous les chevaux du monde, subitement, refusaient d'obéir aveuglément ? Sans doute les premiers touchés par cette mutinerie seraient les Dothraki, ce peuple de sauvages aussi incontrôlables que fiers de la communion qui les lie aux chevaux d'Essos... Ces créatures si familières étaient pourtant si fascinantes, et même si Clarence n'était pas chevalier, il enviait et brûlait de connaître la nature de ce lien si fort qui lie le cheval et le cavalier. Connaîtrait-il jamais pareille relation avec ce percheron qui le traînait partout où il commandait ? Pris dans le fil grisâtre de ses pensées, Clarence regardait toujours, mais sans vraiment le voir, son frère qui marchait nu, dans l'eau, se rapprochant du rivage où l'eau caresse la terre humide.


 « Tu vois quelque chose qui te plaît, Clarence ? » L'éclat de rire de ser Calvin le tira de son apparence léthargie, et Clarence cligna des yeux pour mieux constater que son frère posait littéralement devant lui avec des yeux moqueurs et un rictus de pure euphorie. « Toujours aussi drôle, Calvin... » Clarence se contenta de détourner le regarde pour jeter ses yeux dans la contemplation des mille lianes qui faisaient la chevelure de l'arbre qui, au-dessus d'eux, les observait en silence. « Si tu faisais des efforts, toi aussi tu serais beau ! Être superbe, c'est de famille, tu as cet héritage au fond de toi, il faut creuser un peu ! » Clarence réprima un gloussement qui, à son tour, se voulait railleur. « Dépêche toi de sortir de l'eau et de te rhabiller, Calvin. Tu ne voudrais pas qu'un vilain poisson s'accroche à ce qui t'est plus précieux et utile que ton épée, n'est-ce pas ? »
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Message Mar 24 Avr 2012 - 17:48

« Ce ne sont pas nos aptitudes qui décident ce que nous sommes, ce sont nos choix.»


Aucune rose n'avait vraiment poussée cette année-là dans les vertes et riches contrées du Bief. La chaleur avait été trop intense, détruisant les fleurs fragiles avant même qu'elles n'éclosent. Les membres de la famille Rowan n'avaient pas vraiment ressentis la chaleur écrasante grâce à la proximité rafraîchissante de l'affluent de la Mander sur lequel Boisdorés avait été en parti bâti. Comme chaque jour depuis des années déjà, les oiseaux continuaient de chanter sans arrêt, volant vers les cieux qui s'étendent à l'infini. Dans les jardins, quelques musiciens de passages, dormant dans le discret village situé non loin du château, venaient jouer de la lyre ou chanter des chansons qu'eux seuls savaient rendre vivantes. Les rires et les cris des jeunes filles venues se détendre après une longue journée de travail faisait également partis du quotidien de la famille. Son père avait ouvert les jardins à tous, surtout aux habitants du village. Les allées discrètes, bordées d'arbres aux longues branches, les quelques fleurs qui daignaient naître ici et là lorsque le temps s'y prêtait, ajoutait au calme et à la douceur de l'endroit. Le château, fait de pierre blanche, semblait resplendir au soleil. Il n'était pas très grand, le corps principal était celui qui était sur l'eau, à moitié sur terre également. Une tour, à quelques dizaines de mètres, servaient également d'habitations, c'était à vrai dire un ancien donjon. Personne ne savait pourquoi l'ancienne construction avait été détruite, mais elle l'avait été. Dans les sous-sols de Boisdorés, on pouvait trouver des ruines. Certains disaient que c'était le feu des dragons Targaryen qui avaient réduis en cendre le bâtiment, mais c'était peu propable. Les dragons n'étaient jamais venus à Boisdorés. Les livres étaient formels.

Et maintenant, l'hiver arrivait. Les branches se soulageaient de leurs frondaisons d'émeraudes tandis que peu à peu le sol se couvrait de feuilles rousses, séchées, humides. Des pluies régulières s'abattaient sur la verte région faisant parfois geler le sol au petit matin. Mais le Bief restait toujours aussi beau. Comme d'habitude. Un vent frais soufflait en permanence mais il ne serait venu à l'esprit de personne de le critiquer. Après une canicule, de la fraîcheur était toujours la bienvenue.


▲▼▲


Délicatement, Ambre tourne la page d'un vieux livre poussiéreux qu'elle lit avec attention, tâchant d'ignorer les cris qui retentissent dans une autre pièce du château. Elle fronce légèrement en entendant les cris se rapprocher. Elle sait que c'est Elenei qui a un problème, elle a toujours des problèmes. Pour elle, tout est compliquée, alors que pour Ambre, tout est très simple. Les cris s'éloignent enfin, et la jeune fille peut alors reposer les yeux sur sa phrase qu'elle a abandonnée.
« Je suis l’épée dans les Ténèbres. Je suis le veilleur aux remparts. Je suis le feu qui flambe contre le froid, la lumière qui rallume l’aube, le cor qui secoue les dormeurs, le bouclier protecteur des Royaumes humains. »
La Garde de Nuit. Le Mur. C'est l'une des choses qui l'intéresse le plus, elle qui ne rêve que de voyager, de s'évader. Elle s'évade, en rêvant, bien sûr. Souvent, on l'accuse d'être trop renfermée, trop discrète, trop solitaire, trop timide, parce que justement, elle est trop rêveuse. Mais n'a t-elle pas été élevée dans le Bief après tout? Région des chevaliers, des comtes, de la beauté et de la galanterie? Elle y croit dur comme fer. Une servante ouvre la porte, Ambre pose son livre, tourne la tête, se tordant le coup et la regarde. La jeune femme s'incline rapidement avant d'aller ramasser les cendres de la cheminée pour les mettre dans un sceau. L'opération dura quelques minutes mais c'était trop tard pour Ambre, qui, agacée d'être dérangée, était sorti dans le plus grand des silences. Elle ne se plaint pas. Jamais. C'est comme ça, c'est ainsi. Elle se dit toujours qu'il y a un problème à chaque solution. Toujours en silence elle traverse les différentes salles du château, toutes vides. Sa mère doit dormir, quand à son père, sans doute enfermé dans la bibliothèque, Nyles sur le terrain d'entraînement en dehors du château, caché par des arbres. Et Elenei pouvait être n'importe où elle. Sans doute en train de rendre la vie de leur septa plus dure. Au fond, Ambre lui en est reconnaissante car cela lui permet de s'éclipser de temps en temps, sans que personne s'en aperçoive. Ses doigts serrent le livre clos, qu'elle tient contre son ventre, comme si il pouvait la protéger. Mais de quoi? Elle l'ignore.
Ambre sort rapidement du château, sans que personne ne la retienne. Les gardes la saluent juste d'un léger signe de tête. Elle détourne le regard un instant du paysage et du fleuve qui s'offre à elle pour fixer, mélancolique, les écuries. Elle aime l'odeur de la paille, des chevaux aussi, mais tout cela appartient à son passé. Elle a appris à monter à cheval, bien sûr, et sait que si un jour elle a besoin d'en monter un, elle en sera capable. Mais son poney, cela fait des années qu'elle ne l'a pas monté, elle n'est même pas allée le voir. Elle sait qu'il est là, vieillissant, on s'occupe de lui, et cela lui suffit. Il ne peut pas être malheureux si on s'occupe de lui. Et puis, Ambre n'aime pas voir tous ces immenses chevaux. Tout ce qu'elle retient, ce sont des paroles qu'un palefrenier lui a dite bien des années auparavant. « Les chevaux, comme tous les animaux, toutes les bêtes, sont imprévisibles ». Hors, tout ce qui est imprévisible, est dangereux. Ambre le sait.

Un vent léger souffle. Il fait bon. L'air est frais, mais pas encore trop froid. Ambre marche le long d'un chemin qui suit le cours du fleuve. D'un coup d’œil, elle vérifie que devant elle le terrain est plat pour pouvoir reprendre son livre et l'ouvrir. Lire en marchant n'est pas très pratique, mais la jeune fille a l'habitude de faire cela, surtout si elle ralentit. Elenei si elle était à ses côtés, auraient dit que lire quelque chose sur la Garde de Nuit était inutile, et Ambre aurait compris. C'était inutile oui, parce que jamais elle n'irait sur le Mur, mais elle voulait savoir. L'envol bruyant d'une multitudes d'oiseaux perchés en haut des arbres la fait sursauter légèrement, tandis qu'elle les regarde disparaître à l'horizon. Elle est seule. Et elle respire enfin. Elle n'étouffe pas totalement dans le château, il est bien trop grand pour cela. Mais ce n'est pas pareil. Rapidement, elle replonge dans son livre. Elle se demande à quoi ressemble les sauvageons, elle a entendu son père dire que les "Clans" ou quelque chose du genre n'étaient que des sauvageons qui ne méritaient pas de nom. Ambre n'aime pas son père, et ce dernier ne se soucie pas d'elle. Comme d'Elenei à vrai dire. Il n'aime pas ses filles, il n'aime pas sa femme. Seul son dernier-né trouve grâce à ses yeux. Sans doute parce que c'est un garçon. Il aime Nyles. Lui et seulement lui. Et il lui en veut aussi. Son père vit constamment avec le fantôme de sa première épouse. La seule femme qu'il a jamais aimé. Lorsqu'elle était petite, Ambre trouvait ça beau, elle voyait en son père le parfait chevalier qui avait aimé et aimerait une seule et même femme, dans la vie, comme dans la mort. Mais désormais, elle trouve cela stupide. Et incroyablement égoïste.
Devant elle, elle entends des voix. Est-ce le murmure du vent qui joue entre les branches ou est-ce vraiment des vrais voix? Ambre se le demande. Son livre n'est plus qu'un poids à porter, un poids inutile. L'envie de le jeter dans l'eau la prends, mais elle sait qu'elle ne le fera pas. Elle a bien trop de respect pour les vieilles choses, et même si finalement, les mots écrits à la plume par mestre qui a du y passer des mois, ne l'intéresse plus, l'odeur des vieilles pages, ce livre qui a vécu avant d'être sien, sont une raison pour le garder plus longtemps encore. « Dépêche toi de sortir de l'eau et de te rhabiller, Calvin. Tu ne voudrais pas qu'un vilain poisson s'accroche à ce qui t'est plus précieux et utile que ton épée, n'est-ce pas ? » lance un homme assit sous un saule en fixant un autre, dans l'eau. Ambre sent le sang lui monter à la tête lorsqu'elle remarque les vêtements laissés sur la rive. Elle hésite. Signaler sa présence ou s'enfuir en courant? Son coeur bat à toute allure dans sa poitrine. Elle rougit, d'abord parce qu'elle a compris que l'homme est nu, et ensuite parce qu'elle a aussi parfaitement compris la deuxième partie de la phrase. Ambre essaie de réfléchir, à toute vitesse et finalement, d'une voix qu'elle essaie de faire paraître calme et posée mais qu'elle sent trop aiguë, fait:

« Je préfère que vous restiez dans l'eau. Le temps que je... Merci. » Elle tremble. Avec ça, il est sûr qu'elle a attiré l'attention sur elle. Et elle déteste ça. Ses yeux fixent le sol. Elle n'ose pas relever les yeux. Partir. Il lui faut partir. Ambre évite de regarder le cours d'eau, finalement, elle relève les yeux pour fixer l'homme assis. Et curieuse, elle en profite pour observer rapidement les alentours. Deux chevaux. Les chevaux coutent cher, et ce ne sont pas des paysans qui en possèdent. Même si il lui fallait avouer que l'un des deux chevaux étaient plus fait pour les travaux de la ferme qu'autre chose. Ambre se retourna finalement, dos au cour d'eau, et respire profondément. Elle ne peut pas partir, pas tant qu'elle ignore qui ils sont. « Je peux peut-être vous... vous aider? Si vous êtes perdus, si vous cherchez... quelqu'un ou.. ou quelque chose... Et... qui êtes-vous aussi? Que venez-vous faire ici? » Elle sait que ce qu'elle demande est indiscret mais si on lui répond mal, alors, le chaton devient un lion, et montre ses crocs, et sort ses griffes aussi.


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Message Mer 25 Avr 2012 - 21:03

Dès que l'étrangère se manifesta, de sa voix affilée et pointue, Clarence fut sur ses gardes, mais bien moins que s'il avait été dans l'Ouest, car dans le Bief, il s'estimait chez lui, et bien qu'une part de lui demeura toujours méfiante à l'approche et à l'éveil d'une surprise, il avait cette posture naïve de croire qu'un banneret de la Rose était en parfaite sécurité dans les terres des vassaux de Hautjardin. Se relevant, il dévisagea cette inconnue qui venait interrompre leur parenthèse reposante. Elle avait les dehors d'une jeune fille candide et colorée, le visage poudré de malice et les yeux crépitant de curiosité. S'étant détournée du cours d'eau pour éviter de croiser le corps nu de son frère cadet, Clarence remarqua que sans avoir l'air d'être mal nourrie, elle n'avait pas le corps bien garnie des péronnelles qui se bâfrent sans retenue ni pudeur à l'heure du repas. La demoiselle semblait très gênée par la nudité de ser Calvin qu'elle fuyait littéralement du regard tandis que ce dernier, tel un enfant des rues pris la main dans le sac, l'observait en rougissant faiblement, car il n'avait guère honte de lui et au contraire voyait peut-être là l'occasion de butiner la fleur des compliments de cette mystérieuse inconnue. Clarence, droit sur ses jambes, s'approcha de quelques pas tout en suggérant à son frère, d'une voix qui se voulait insistante et sans réplique. « Tu as entendu la demoiselle, Calvin, va donc nager un peu dans l'eau. Ser Calvin se contenta d'étouffer un vain rire dans la barbe naissante qui lui dévorait le visage et d'aller s'enfoncer dans les eaux calmes de la rivière pour y dissimuler les courbes de sa nudité. Clarence l'observa sans oser s'approcher davantage de la demoiselle. Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Que venait-elle faire ici ? De toute évidence, il s'agissait d'une jeune femme issue de la bonne société, mais il était encore trop tôt pour en déduire son origine exacte. Issue d'un milieu aisé, comme en témoignait l'ouvrage qu'elle tenait à sa main, car il faut avoir de l'argent et du cachet pour s'intéresser aux œuvres de l'esprit. Grande bourgeoisie ? C'était très peu probable, celle-ci vivait du négoce et du commerce et très naturellement proliférait dans les grandes villes qu'on ne trouvait qu'au loin, à Port-Lannis, à Port-Réal, à Villevieille, à Goëlville, voire à Blancport. Que ferait-elle dans ces terres arables, si loin de l'échoppe familiale à l'activité florissante, cette jeune fille d'une bonne famille bourgeoise ? Il était plus probable qu'elle soit la fille d'un noble qui, dans les parages, avait son siège et ses quartiers. Une roturière n'aurait jamais pris le risque de se découvrir pour initier un contact avec deux étrangers, l'un d'entre eux fût-il dans l'eau et nu comme un ver. Son geste démontrait une assurance qui n'avait qu'une signification : la demoiselle n'était pas en terrain inconnu, et elle n'y craignait rien. Il s'agissait donc sans doute de la fille d'un seigneur local, d'un noble du voisinage. Mais quand elle hasarda quelques questions désordonnées, il comprit qu'elle était aussi embarrassée que lui de cette rencontre inattendue.

« Ma lady, vous n'avez rien à craindre de nous. Je suis Clarence Hightower, et le crapaud barbotant que vous voyez là est mon frère Calvin. Nous arrivons des terres de l'Ouest, et après notre halte nous dirigerons nos pas vers Boisdoré. Je souhaite m'entretenir avec lord Rowan et présenter mes respects à sa famille qui est un peu la mienne, car lady Olivia ma grand-mère est née en son temps à l'ombre de l'arbre d'or. » Clarence s'inclina avec politesse, laissant glisser ses yeux en direction de la rivière où il observait son frère qui nageait sans trop se soucier de la demoiselle, dissimulant son corps sous la couverture aquatique et le délassant au gré des flots apaisés de l’affluent de la Mander. Clarence prit l'initiative d'aller saisir les vêtements de son cadet pour les rapprocher de la rive afin que celui-ci, quand il déciderait de quitter la fraîcheur relaxante de son bain, s'habille le plus promptement possible pour éviter à la demoiselle l'inconfort d'une vision impudique. Ser Calvin n'avait pas une apparence monstrueuse, mais il était inconvenant pour un homme de s'exhiber nu sous les yeux d'une demoiselle présumée vierge, chaste et innocente. Ce n'était pas tant de la pudeur que de la bienséance, et jamais Clarence n'aurait jamais versé dans la pudibonderie pour arrondir les angles avec quiconque. Lui-même n'avait aucun problème avec la nudité, mais il connaissait les convenances et les mécaniques de l’interaction sociale sur le bout des doigts, et même s'il lui arrivait parfois d'échapper à la véritable tyrannie de l'étiquette, jamais il n'abandonnait la parure du savoir-vivre en présence d'un parfaite inconnue. C'est un monde particulier que celui de la noblesse, mais il faut lui reconnaître ceci qu'elle produit de véritables parangons de courtoisie qui, malheureusement, se font de plus en plus rares. « Nous savons qu'en descendant le cours du fleuve, nous trouverons le château de Boisdoré, mais peut-être pouvez-vous nous dire, si vous le savez, à quelle distance de la demeure des Rowan nous nous trouvons ? » C'était une chose qu'elle saurait peut-être. De plus, sa réponse donnerait de précieuses informations sur son identité, mais Clarence ne l'attendit point, car il ne voulait pas abonder davantage dans le déséquilibre qu'il venait de créer dans leur échange. Il ne voulait pas non plus donner l'impression à la demoiselle qu'il se servait d'elle, c'est pourquoi il lui donna l'opportunité de se révéler. « Mais je manque à tous mes devoirs en vous refusant l'occasion de vous présenter. Qui êtes-vous ? Et si j'ose être curieux, quel est ce livre que vous transportez ? » Le ton, plutôt léger et virevoltant comme une libellule sur l'eau plate de l'étang, se voulait engageant et sans cérémonie, car après tout Clarence ne savait pas qui se trouvait devant lui et il ne voulait ni froisser par excès de zèle, ni blesser par défaut de politesse.

À mesure qu'il observait la demoiselle, Clarence laissait dérouler le fil de son raisonnement et posait autour de lui, virtuellement, constatations et déductions. Si cette inconnue avait été une roturière, jamais elle n'aurait approchée les deux hommes : l'époque était troublée, et le risque d'une mauvaise rencontre était trop important pour se jeter aveuglément dans la gueule de deux loups étrangers, l'hypothèse était donc à exclure, d'autant qu'il se dégageait d'elle une aura de noblesse que Clarence savait flairer mieux que personne. Pour autant, si son nez rarement le trompait à cet égard, il ne pouvait trop présumer au risque de se tromper, et tant qu'elle n'aurait pas affiché ses couleurs, jamais il ne prendrait pour acquis ce qui n'était qu'un ramassis de suppositions constituées rapidement. Il lui faudrait entendre de la propre bouche de cette demoiselle son prénom et son nom pour l'identifier complètement. Ser Calvin, de son côté, s'abîma dans l'eau pour en explorer l'intérieur et le fond, mais il n'y trouva rien qu'un brouillard aquatique et bleuâtre où s'égarait quelques fois des algues, des plantes, des branches et autres résidus végétaux que le vent et la pluie charriaient là régulièrement. En quelques brasses, il atteignit le lit du fleuve et, comme un enfant qui espère découvrir un trésor sous le sable, y promena ses mains. Malheureusement, il n'y trouva rien de plus qu'une tourbe informe de vase et de galets sans aucune valeur et, très déçu, il émergea en jetant des coups d’œil hagard de tous côtés, comme s'il ne savait plus où il se trouvait, comme s'il avait perdu sa localisation. Quand il eut enfin retrouva la totalité de ses esprits, il vogua jusqu'à la rive où il avait vu ses vêtements. Debout dans l'eau, il s'ébroua tout en marchant, frottant ses cheveux pour les essorer et en retirer quelques feuilles qui s'y étaient coincées. Ser Calvin jeta un regard vers son frère et la demoiselle qui s'évertuait encore à ne pas la regarder. Cela le flattait et le gênait tout en même temps, car il avait cet esprit simple qui le poussait à ces conclusions : si elle évitait de le regarder, c'était sans doute que ce qu'elle voyait éveillait en elle un désir qu'elle tentait de réprimer par tous les moyens. Calvin était un jeune sot qui, sur fond de narcissisme, s'émouvait facilement, alors tout naturellement, la présence d'une jeune demoiselle à la délicieuse figure était de nature à le perturber quelque peu. Mais, preux chevalier qu'il était, il n'en montra rien tout en se rhabillant, laissant à son frère le soin de discuter avec elle et de les présenter. Lui interviendrait si la nécessité s'imposait, mais il savait et reconnaissait volontiers qu'il était toujours préférable de laisser à son frère aîné le soin de conduire et participer aux conversations avec les individus qu'ils rencontraient au cours de leur périple. Comme cela s'était passé à Castral Roc et à Hawthorne : Clarence avait l'étoffe pour ces choses que lui-même vomissait.
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Message Ven 27 Avr 2012 - 18:08

L'homme dont elle ignore le nom s'avance vers le dénommé Calvin et lui demande d'aller nager plus loin. Un léger sourire se dessine sur les lèvres d'Ambre, la situation la gêne encore plus. L'homme étouffa un sourire qu'Ambre perçut comme une claque avant qu'elle l'entende s'en aller. Ambre ignore totalement ce que ces deux hommes font là. Elle est curieuse et se pose des questions. Rares sont les étrangers qui viennent ici. Il y en a, oui, mais généralement ils s'arrêtent au village. Il y a des auberges, une ou deux. Ambre ne sait plus vraiment, elle ne sort pas des jardins très souvent. Elle prends sur elle pour se redresser et relever les yeux. Toujours regarder celui à qui on s'adresse. Elle déteste ça, tout ce qu'elle doit faire par « politesse » ou des choses du genre pour ne pas faire honte à sa famille. Pour son père, tout cela était important. Et lui qui ne s'intéresse pas à elle, lui qui ne lui a jamais adressé une seule fois la parole allait sûrement s'intéresser à elle si elle fait quelque chose de mal, de travers. L'homme s'incline après s'être présenté. Ambre se sent pâlir. Clarence Hightower. Lord Clarence Hightower, Grand Argentier. Elle recule légèrement et fixe les branches d'un arbre, au dessus d'elle, cherchant à respirer calmement. Il était là pour rencontrer son père. Ambre masque un autre sourire, plus moqueur cette fois. Présenter ses respects. Ambre hoche la tête. Elle comprend maintenant. Boisdorés n'est pas si loin que cela des Terres de l'Ouest, et il suffisait de descendre le long du fleuve pour arriver à Hautjardin, et donc, il fallait passer par Boisdorés. Le seigneur de Villevieille ramasse les vêtements de son frère tandis qu'Ambre reste muette. Elle sait qu'il faut qu'elle parle, mais elle sent que sa voix va se briser. Les Hightower. Une des plus puissantes familles après les Tyrell. D'ailleurs, Lady Tyrell n'était-elle pas née Hightower ? Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Si son père apprends qu'elle est restée muette, il la réprimandera sans l'ombre d'un doute. Mais Ambre n'arrive à rien. Elle reste juste là, dos au fleuve. Attendant. Puis ce qu'elle redoutait arrive. Il lui pose une question. Ambre se raidit, se force à tourner son regard vers lui. Le temps qu'elle cherche ses mots, il continue et il lui demande qui elle est. Et quel livre elle lit. Elle fixe l'ouvrage, elle l'a presque oublié. Finalement, elle prends une profonde inspiration et répond « Vos... informations sont exactes.. Boisdorés se situe sur les rives. A cinq minutes à pied à peu près. » Ambre se tourne vers le chemin qu'elle a emprunté pour venir ici. Elle réprime un soupir avant de continuer « Et... Je m’appelle Ambre. » Elle déteste se présenter, dire qui elle est, son prénom, c'était comme de se dévoiler. Elle soupire encore, maintenant, son nom de famille, histoire de dire, qu'elle aussi est noble. Ambre ignore si sa noblesse se voit, sûrement, parce qu'elle est mieux vêtue que les épouses des riches marchands, ou au moins, avec plus de goût et de délicatesse, et même son prénom témoigne de sa naissance. Les paysannes ne vont pas s'appeler Ambre. Et les paysannes ne lisent pas non plus. Les demoiselles ne le font pas non plus normalement. Son père s'est toujours montré très réticent à ce que sa fille aînée passe autant de temps dans la bibliothèque qu'il considère comme exclusivement réservée aux hommes, et il n'apprécie pas non plus tous ces livres qui sont dans sa chambre, en plus grand nombres que ses robes d'ailleurs. Elle serre son livre entre ses doigts, puis fait encore « Rowan. Ambre Rowan. Et... C'est un ouvrage qui parle de la Garde de Nuit. » Elle se sent plus à l'aise. Parler de livre, c'est simple. Et Ambre est dans son domaine. Elle aime les livres, et lire. Même mestre Petyr, le mestre de Boisdorés, n'arrive plus à lui trouver des ouvrages qui lui convient. Ambre hausse les épaules, se recule. « Et si j'ose aussi être curieuse aussi, pourquoi étiez-vous dans les Terres de l'Ouest ? » A t-il combattu les Fer-Nés ? Nyles lui a envoyé un corbeau après l'attaque des Fer-Nés sur Port-Lannis. Ambre ne s'intéresse pas aux choses trop présentes, aux batailles. Elle s'intéresse plutôt aux choses passées, à l'Histoire. Si elle avait été un homme, elle aurait été un mestre. Pour se moquer d'elle, son demi-frère lui répétait sans cesse cela. Et elle, comme à son habitude, elle ignorait.
La seule chose qu'elle envie à son aîné, c'est sa liberté. Il peut voyager quand il veut, et aller où il veut aussi. Ambre, elle, n'est jamais allée plus loin que Villevieille. Elle sait qu'elle ne sortira sans doute jamais du Bief, et au fond, cela lui convient. Elle est trop faible et trop peureuse pour voyager trop loin. Les rêves étaient fait pour rester des rêves après tout. La plupart du temps, irréalisables.
Ambre s'ordonne de sortir de ses pensées, c'est tout elle ça, réfléchir, être submergée, et oublier ce qui l'entoure. Que doit-elle faire ? Elle l'ignore. Peut-être les inviter à la suivre à Boisdorés ? Leur montrer le chemin ? Leur demander tout d'abord. En premier lieu il fallait qu'elle se taise, qu'elle ne parle pas trop, mais cela était chose facile. Elle était trop intimidée pour parler clairement alors elle ferait attention aux mots qu'elle prononcerait. « Je... Je suis sûre que mon père sera ravi de vous accueillir. D'autant plus que nous sommes également liés par nos mères, qui sont toutes deux des du Rouvre. » Ambre se retourne vers le chemin qui mène à Boisdorés, ignorant totalement Ser Calvin. Même rhabillé, elle compte ne pas lui adresser la parole. Il l'a mise trop mal à l'aise. Elle connaît son arbre généalogique par cœur, comme une parfaite petite lady. Celle qu'elle doit être. Celle qu'elle s'efforce d'être. Mais à vrai dire, sa sœur Elenei y arrive bien mieux qu'elle. Elle se tait toujours, est discrète, joue de la musique à la perfection, et elle sait très bien coudre. La musique, Ambre préfère l'écouter plutôt qu'en jouer, elle sait que le résultat sera désastreux si elle touche un instrument, et elle n'a pas la patience de l'apprendre, elle n'a pas non plus la patience de coudre, elle trouve cela profondément ennuyant.
Il faut qu'elle s'en aille, qu'elle rentre. Elle se sent trop mal à l'aise ici, d'autant plus que si elle parvient à rentrer, elle pourra prévenir son père de l'arrivée des deux visiteurs. Et Elenei aussi. Il faudrait lui dire de se tenir tranquille. Et de se taire. Elle a le don de se ridiculiser en une phrase, et de ridiculiser les autres aussi. Elle n'est pas franche comme Ambre l'est avec les personnes qu'elle connaît, juste stupide. Profondément bête. La seule personne qui tient à elle, c'est sans doute leur septa qui n'a jamais caché sa préférence à la cadette. Quand à leur mère, lady Marisa, elle s'est désintéressée de ses filles lorsque celles-ci commencèrent à prendre des décisions elles-même, préférant jouir et profiter de sa beauté qu'elle ne manque pas d'étaler à tout les visiteurs, il fallait d'ailleurs qu'elle en profite, avant qu'elle ne se fane, car lady Rowan avait l'une de ses beautés délicates et fragiles qui disparaissait rapidement. Si Ambre a toujours considéré son père comme son père, comme une figure paternelle terrifiante et autoritaire, jamais elle n'a considéré sa mère comme étant sa mère. Elle donnait des ordres aux serviteurs, et apparaissait au bras de son père. C'était tout. Même ce dernier l'ignorait.

Boisdorés était un endroit magnifique, l'eau murmurait doucement au pied du château tandis qu'en été les oiseaux chantaient, cachés dans les branches qui ployaient sous la verdure. Et pourtant, il ne serait venu à l'esprit de personne que la demeure renfermait un tel vide. Un vide étouffant qui ne restait pas secret bien longtemps. Deux enfants partis. L'un sur les côtes pour respecter ses vœux de chevalier, l'autre pour les apprendre. Une fille qui attendait que les journées s'écoulent au rythme de ses lectures et de ses rêveries, l'autre qui s'appliquait à obéir à ce qu'on lui ordonnait de faire. Une femme qui restait dans ses appartement, un mari qui était un fantôme. Comme quoi les apparences sont toujours trompeuses.
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Clarence Hightower
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Message Jeu 3 Mai 2012 - 17:23

Calvin se tenait à distance, mais il fut soulagé d'entendre que la demoiselle qui l'avait surpris dans le plus léger appareil était un membre de sa famille par le biais de leur mère. Le secret dormant entre ses cuisses n'avait pas franchi la barrière des liens ténus du sang, et de ce fait, le jeune homme qu'il était s'estimait soulagé. Le drame n'aurait pas été bien grand malgré tout, mais il se consolait comme il pouvait d'avoir dû mettre un terme à cette baignade qu'il aurait bien voulu prolonger encore. Malheureusement, il avait vu dans le regard de son frère aîné que l'heure était venue d'interrompre cette récréation pour reprendre la route. Une question demeurait malgré tout : si le château de Boisdoré n'était qu'à quelques minutes de marche, les deux hommes feraient-ils route en compagnie de leur charmante cousine ? Il ne lui revenait pas de le proposer ou de le décider. Clarence, de son côté, se laissait peu à peu gagner par un trouble qu'il n'éprouvait qu'en de rares occasions, quand la lueur de la chandelle s'évanouit pour laisser place au soupir profond de l'obscurité, quand le battement d'ailes du corbeau se dissout dans le faux silence qui couvre l'horizon, quand la main pour saisir la substance, échoue et se referme sur l'ombre. Que signifiaient les hésitations de lady Ambre ? Pourquoi ce flottement ? Pourquoi cette indécision presque tremblante ? Certes, elle ne geignait pas, mais malgré tout son trouble restait perceptible. Perplexe, Clarence l'observa avec une minutie qu'il n'accordait qu'à de très rares personnes. Si sa mémoire était bonne, la demoiselle n'était point encore mariée. Il haussa un sourcil. Elle n'était assurément pas une jeune fille ordinaire. L'évocation de la Garde de nuit éveilla dans l'esprit de Clarence une multitude de souvenirs se rapportant à l'époque où, à la Citadelle, il avait lui-même lu quelques ouvrages consacrés à cet ordre militaire chargé de tenir et de protéger le Mur, cet édifice marquant la frontière septentrionale des Sept Couronnes. Protégeant le royaume des invasions des sauvageons venus d'au-delà de ce même Mur, ses membres étaient exclusivement masculins et étaient facilement reconnaissables à leurs tenues noires, car même l'acier de leur mailles et de leur plates était noirci des pigments de la nuit. Clarence fronça à nouveau les sourcils. Pourquoi donc une jeune demoiselle aurait-elle quelque intérêt à se documenter sur ces braves guerriers luttant si loin contre des ennemis si controversés ? Mais elle lui avait posé une question. Devait-il y répondre ? Il ne la connaissait pas, il ne savait s'il lui était possible de se fier à elle. Malgré tout, il ne voyait aucune raison de lui dissimuler la vérité. Sans aller jusqu'à lui livrer la substance même des conclusions de son voyage dans les Terres de l'Ouest, il pouvait néanmoins lui donner suffisamment d'informations pour assouvir sa curiosité.

 « Mon séjour dans les terres placées sous la tutelle de Castral Roc n'avait hélas rien d'une villégiature, et pour tout vous dire, j'aurais mille fois préféré les terres de vos ancêtres pour un séjour à l'ombre ou des vacances. Je rendais visite à lord Tybolt Lannister, pour m'entretenir avec lui d'affaires importantes, et j'ai été pris dans la tourmente de la bataille de Port-Lannis, qui s'est soldée par la victoire des forces du Lion, comme vous le savez sûrement. La rébellion des Fer-nés nous affecte tous, et il est bien normal que les alliés naturels se rassemblent face à l'ennemi commun. Bien que les terres de vos ancêtres ne soient pas directement concernées par les raids fer-nés qui déchirent nos côtes, votre père est un éminent seigneur de nos contrées, et je souhaite l'intéresser à la situation du Bief. » Jusqu'où pouvait-il aller ? À quel point pouvait-il exprimer certains projets ? Clarence marchait en quelque sorte sur des œufs, mais il se rendit à l'évidence : mentionner les grandes lignes sans abonder de détails n'était point dangereux. Leo Tyrell lui avait confié son projet de réunir autour de lui les grandes familles du Bief afin d'en consolider les bordures. La maison Rowan serait-elle concernée par ce dessein qui n'était plus qu'un secret d'alcôve ? Les Rowan n'étaient pas de petite noblesse, leur prestige était à l'image de leur blason, plein d'une rutilance historique et rayonnante. Construire l'avenir sans s'accompagner du soutien ou de la participation de Boisdoré serait se priver d'un allié sérieux.  « Leo Tyrell a, de longues années durant, mûri une ambition particulière pour nos vertes contrées et je souhaite en discuter avec votre père. Son avis m'éclairera certainement, car je n'ai ni son expérience, ni son habileté. » Il n'y avait aucune flagornerie dans ses paroles, aucune douceur dans le ton de sa voix qui manifestait plus l'intérêt sérieux que l'attachement flatteur. Lady Ambre précisa alors qu'en plus d'être liés par le sang des Rowan, ils l'étaient tous deux également par le sang de leurs mères respectives, et cette évocation froissa les tempes de Clarence qui s'assombrirent. Le jeune homme n'appréciait jamais qu'on lui parle de sa mère, cette femme qu'il adorait comme on aime le soleil, cette femme qui le détestait comme on méprise les cafards. Dans le mile de son cœur, sa mère avait autrefois laissé le dessin d'une cicatrice qui lui ressemble, et malheureusement, chaque fois qu'il y repensait, son ventre s'agitait, son dos frissonnait et ses yeux se voilaient d'un nuage d'obscurité. Cet état d'esprit ne put échapper à l’œil peut-être averti de lady Ambre, mais pour autant Clarence garda son calme et son intégrité. Il ne voulait pas donner l'impression à la demoiselle qu'il devinait très affectée sans encore comprendre les raisons de ce trouble, se sente plus mal à l'aise en sa compagnie. « Je serais ravi de revoir les murs impérissables de Boisdoré. Peut-être pouvons-nous faire la route ensemble ? Si la compagnie de deux de vos cousins ne vous importune pas, bien sûr. Je ne veux pas vous imposer le mauvais caractère de mon frère cadet. Au moins le bain l'aura détaché des mauvaises odeurs, ce qui n'était pas du luxe, après ce long voyage. Mais nous ne voulons pas vous contraindre à nous accompagner si vous aviez d'autres projets pour cette belle journée. »

Clarence n'osait pas aller plus loin, car l'état d'esprit si difficilement déchiffrable de la demoiselle l'inquiétait quelque peu. Sans doute ne s'était-elle pas attendue, lors de sa promenade, à croiser la route des deux frères, mais maintenant qu'elle était rassurée car elle ne risquait plus l'agression, pourquoi demeurait-elle si hésitante ? Que craignait-elle ? Cette question lui revenait souvent, même s'il reconnaissait que peut-être il allait trop loin dans sa réflexion et que peut-être il n'y avait là devant qu'une demoiselle au tempérament singulier et peu habituée aux rencontres inhabituelles et imprévues. Le jeune homme devait bien reconnaître que cette faiblesse en filigrane donnait à lady Ambre des couleurs charmantes, mais il ne pouvait se résoudre à déployer tous ses efforts pour en profiter, d'une part parce qu'il ignorait si ces dehors de docilité ne dissimulait pas quelque tigresse farouche, d'autre part parce qu'il n'avait aucun intérêt à forcer la main de sa lointaine cousine. Son frère cadet demeurait en retrait derrière eux. Il avait rassemblé leurs affaires, rapproché les chevaux et s'apprêtait désormais à revêtir son armure. Il n'était pas particulièrement soucieux de se montrer dans ses plates étincelantes, mais il ne voulait pas tenter les éventuels bandits qui, sur la route ou aux abords du château, pourraient chercher à profiter de ce défaut de préparation. Ser Calvin ne savait pas si les terres de la maison Rowan étaient précisément ou non un terreau fertile où prolifèrent les maraudeurs, mais il était prudent et avait à cœur de protéger son frère. Si leur cousine faisait route avec eux, nul doute qu'il doublerait de prudence. Jeune homme en fleur, il n'aurait jamais perdu une occasion d'impressionner une demoiselle.

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