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A travers les arbres, le murmure d'un vent d'Automne, mais l'Hiver vient

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Message Lun 23 Avr 2012 - 1:50

L’aube s’étirait à peine de l’horizon, tout était encore calme à Vivesaigues, même dans cette cour où s’activaient en silence domestiques et gardes. Cela en était presque solennel, trop solennel. Il ne partait pourtant pas à la guerre. C’était peut-être le cœur de Charissa qui lui pesait un peu, lourd dans sa poitrine pour ses entrailles qui faiblissaient avec l’âge. Son regard vagabondait le long des tours et murailles du château, les rayons du soleil n’en dessinant même pas encore les contours. Et pourtant, les étoiles, elles, avaient totalement disparu. Elle se sentait pesante dans ce paysage figé, beau, mais d’une beauté si silencieuse qu’elle en devenait triste. L’aube sur Vivesaigues ne se ressemblait pourtant pas toujours à ça, sûrement la faute à plein de facteurs rassemblait pour cette fois. D’une, elle s’était levée bien tôt, pour n’être finalement qu’en avance par rapport aux préparations ; de deux, quittait-elle Vivesaigues pour deux, aussi petits que longs, jours ; de trois, Edwyn était absent et ses sœurs encore couchées à cette heure-ci. Elle leur avait bien souhaitées d’être sage pendant son absence, et donner quelques consignes à leur mestre et domestique, ainsi que glisser quelques mots aux gardes, sans oublier de vérifier leurs activités prévues durant son absence, mais voilà, leur présence endormie était un fait.

-Dame Charissa, nous sommes fin prêt, lui annonça une voix dans son dos qui n’était autre que celle de Jaime, le Capitaine de sa garde et escorte.

Se détournant de l’appui qu’elle avait trouvé contre son propre cheval, la lady Tully pu effectivement le constater par elle-même : les gardes étaient montés et fin prêt, ainsi que les quelques suivantes qui l’accompagnaient, lesquelles étaient chargées des affaires nécessaires à leurs petites escales. Aucune mule ou chariot ne les accompagnait pour une question de rapidité du voyage, car il devait avoir atteint les Nerbosc de Corneilla avant midi, onze heures au mieux conviendrait. Leur demeure n’étant pas bien éloignée de Vivesaigues, Charissa n’avait pas prévu d’y faire une grande visite officielle, leur sortie était plus de l’ordre de l’agrément courtois d’un seigneur à son vassal pour en prendre des nouvelles autres que celles exigées par corbeau. Entretenir des bonnes relations en sommes. Ainsi donc satisfaite, c’est un sourire qui n’en reflétait pas moins qui vint agréer aux dire de Jaime. Ce dernier, avisant Charissa qui avait posé un pied dans l’étrier, lui tandis sa main courtoisement pour l’aider à se hisser sur Terre-Racine, destrier et monture habituelle de la dame. Agile, depuis le temps qu’elle le faisait, Charissa était déjà confortablement installée. Les brides resserrées au creux de l’un de ses poings, lui-même posé sur l’encolure de la bête, témoignait de son habitude.

-Faites avancer le convoi à bonne allure mais inutile de fatiguer les bêtes, nous avons bien le temps d’atteindre Corneilla et je suis sûre qu’en cas d’un léger retard, lord Beric ne nous en tiendra pas rigueur. Nous ferons une pause à mi-chemin.


-Bien, ma dame, salua l’intéressé avant de rejoindre sa propre monture, un magnifique coursier plus gris que blanc, assurément.

C’est avec un petit sourire amusé, le premier de la journée, que Charissa regarda son capitaine s’exécuter. Si seulement tous pouvaient être aussi loyaux et dévoués, alors elle n’aurait guère plus de soucis à avoir que du droit tracé de ses broderies. Délaissant son allure décontractée, droite et les rênes bien courtes pour se faire obéir promptement du destrier, elle rejoignit Jaime à la tête du convoi pour en donner le départ. C’était bien agréable de rester là à regarder l’aube mais ils avaient de la route ! Jetant un dernier coup d’œil derrière elle, Charissa engloba d’un regard le château de Vivesaigues, que l’aube illuminait désormais de rayons frais et purs. La journée n’en semblait déjà plus si sombre ! Les rayons du soleil avaient eu autant d’effet sur le château que sur Charissa, si l’on en jugeait l’éclat enthousiasmant qui venait de l’allumer quand, dépassant son capitaine qui donnait d’un signe de main l’ordre aux autres d’avancer, elle lui intima que c’était là une belle journée qui s’annonçait. Il ne lui répondit que d’un simple signe de tête entendu, avant de la suivre, les autres dans leurs pas.

En tout cas, même si la journée pouvait être des dernières chaleurs de l’été, il n’en était rien concernant le matin. Le début de ce voyage connaissait une Charissa emmitouflée dans une cape de laine rehaussée d’un beau velours bleu sombre dont les bords étaient brodés de vagues fluviales argentées. Une capuche sobre, bien que délaissée, en était le dernier recours, mais la brume matinale ayant disparu au profit du soleil naissant, peu de chance voulait que les températures n’aillent en se dégradant. Une chance pour Charissa qui préférait observer le paysage que l’intérieur de ses vêtements. Autour d’eux, des plaines d’un vert pâle un peu blanc, des arbres aux couleurs fanées dont les feuilles tombées se soulevaient sous le coup d’un vent un peu frais qui venait contraster avec les premières chaleurs des rayons.

-Désirez-vous que nous sortions votre fourrure, dame Charissa ?

L’interpellation de son capitaine semblait sortir du néant naturel du Conflans pour la dame de Vivesaigues qui avait écartée ses pensées du convoi pour divaguer dans la nature de cette région. Ses sourcils surpris soulevées, elle lui indiqua que ce n’était pas la peine. Cette fourrure lui venait du Nord, faite à Winterfell, par sa mère en cadeau de mariage. Elle lui avait dit qu’elle lui serrait utile là-bas, mais ladite fourrure demeurait plus esthétique que chaude, à son avis. Pour le Conflans, cela conviendrait, mais pour le Nord, elle doutait que ça puisse l’en préserver de leurs hivers ; leurs automnes peut-être. Dommage qu’elle ne puisse se rendre elle-même à la fête des moissons auxquels ils avaient été conviés. Enfin, Dezial ferait sûrement un bon ambassadeur de toute manière. Et puis, ce serait l’occasion pour lui de faire de nouvelles relations, et qui sait ?

-Parfois, je ne peux m’empêcher de constater que je n’ai guère hérité de la résistance au froid des Stark, mais je survivrai pour l’instant, termina-t-elle, l’humour au fond de la gorge gargarisant un peu de moquerie dédiée à elle-même.

-Certes, mais vous n’en auriez pas besoin.

Toujours à dire l’évidence brute. « Si seulement… » Si seulement cela s’arrêtait au ‘besoin’. Quand on est dame suzeraine, le besoin de telle ou telle chose devient bien diffue. Comme cette visite, sa motivation était-elle du au besoin alors que Charissa ne la voyait que courtoisie ? Bien évidemment. Courtoisie parce qu’elle aimait entretenir de bonnes relations avec ses vassaux, surtout les Nerbosc, qui était d’une part proche du Nord, patrie de sa mère, et dont les durs évènements du Tournoi de Port-Réal avaient attiré la sympathie de la dame à se rapprocher de la maison. De l’ordre du nécessaire parce qu’il fallait entretenir de bonnes relations, et aussi de diverses nouvelles, cette maison paraissait presque au cœur de bien des maux du Conflans parfois. Ainsi, avec la Fête des Moissons dans le Nord qui aurait bientôt lieu et leur invitation à y participer, Charissa avait décidé de faire un petit point des nouvelles de cette maison. Un corbeau leur avait été envoyé, il y a de cela trois semaines pour les prévenir de sa visite. Un peu tôt peut-être, mais néanmoins nécessaire pour ne pas les prendre au dépourvu. Ses mots couchés à l’encre dans sa lettre lui flottaient encore dans l’esprit.

DE LADY CHARISSA TULLY A LORD BERIC NERBOSC

Lord Beric,

Vous n’êtes pas sans savoir que bien des mois se sont écoulés depuis la dernière fois que nous nous vîmes. Aussi, espère-je que vous et votre maison vous portez agréablement malgré les durs évènements qui assaillent le Conflans, tout comme Westeros. C’est pourquoi vous écris-je ces quelques mots afin de vous prévenir de ma prochaine visite en votre belle Corneilla.

Bien que ma venue soit des plus courtoises et des plus déférentes pour vos uniques personnes, les mésaventures pressant le royaume des Sept depuis peu, il me semble nécessaire d’également en profiter pour faire un point des dernières nouvelles avec vous, ainsi que de votre domaine.

N’étant pas sans savoir que certains d’entre vous accompagnerons mon beau-frère Dezial à la Fête des Moissons nordienne, mais ne pouvant ainsi moi-même m’y rendre, ma venue préviendra à ce voyage dans le Nord ; du moins si votre disponibilité le permet. Je demeurais chez vous tout au plus deux jours, peut-être trois si le temps l’exige. Concernant mes équipages, je ne me chargerais pas outre mesure et n’aurais à mes côtés qu’une escorte et mes suivantes ; mais pour plus de précision, je vous joindrais un second courrier une fois votre entendement accordé.

En espérant pouvoir m’entretenir plus longuement avec vous, une fois ma présence acquise à votre demeure, je vous transmets dans cette attente mes meilleurs vœux de tranquillité en ces temps troubles. Mon arrivée, qui se fera dans environ trois semaines, vous sera bien évidemment confirmée par un coursier quelques jours avant.

Que les Ancienx dieux vous soient aussi cléments qu’à nous les Sept,

Lady Charissa Tully
Dame de Vivesaigues
Et Régente du Conflans

Charissa avait mieux connu leur défunt père et lord que Beric, celui-ci étant devenu lord uniquement depuis quelques années, elle ne le connaissait pas encore bien. Elle lui savait avoir un frère, Bennifer, mais elle l’avait peu rencontré lui aussi, peut-être même moins que son frère. Toutefois, des rares fois où elle l’avait vu, la dame de Vivesaigues en avait apprécié l’ouverture et le volontarisme. Mais de manière la maison Nerbosc lui était assez chère, un peu comme celle des Bracken, ironiquement. Charissa était assez déchirée de les voir autant se haïr. Elle n’approuvait pas les Bracken dans leurs actions mais ne prendrait pas pour autant le parti des Nerbosc C’était un choix personnel, mais qui servait alors bien la politique dans ce cas-ci. Un suzerain manquant d’impartialité pouvait déclencher des conflits… autant qu’un trop partial pouvait le faire – malheureusement, comme elle se surprit à le penser.

Autour d’eux, les arbres et le paysage avait défilé, mais elle ne s’en rendit compte qu’une fois Jaime ayant annoncé un temps de pause. Les suivantes en semblaient plus que soulagées, n’ayant pas l’habitude de monter à cheval une trop grande distance. Charissa, ne s’en formalisant pas, dessella pour faire quelque pas. Les bras autour de son torse dans un geste protecteur, sa cape dévalant le long de son corps dévoilait sa robe riveraine. D’un bleu épuré et soyeux, des broderies rouges et jaunes s’entremêlaient en d’élégantes formes qui n’étaient pas sans rappeler la nature. Son col d’or, dont les fils brodés de manière rugueuse et en relief brisait l’effet uni, faisait une boucle sur lui-même, leur bord venant frôler la robe. Ses manches longues mais fines contre sa peau ne dévoilaient nul autre bijou que son bracelet de lady Tully.

Le soleil était bien haut dans le ciel lorsqu’ils décidèrent de reprendre la route, mais leur halte ayant été finalement faite bien après la mi-parcours, le convoi n’était plus très loin de Corneilla, dont les terres commencèrent bien vite à apparaître autour d’eux. Peu différente de celles qui bordaient Vivesaigues, on y voyait peut-être juste un peu plus de montagne vers l’est. Toutefois, cela suffisait à les rendre d’une beauté un plus céleste, notamment avec ce soleil qui devait les auréolés chaque matin. Baignant un instant son visage dans ces rayons, Charissa poussa un soupir d’aise que son capitaine n’interpréta pas de la même façon.

-Le voyage a été long, j’en conviens. Mais nous voilà arrivé.

Long ? Il ne fallait pas exagérer non plus, mais Charissa admira, avec tout de même une pointe de soulagement, se dessiner la demeure des Nerbosc devant eux ; probablement encore une petite demi-heure le temps d’y parvenir. Les yeux rivés sur leur destination, la lady pouvait le voir se rapprocher avec une lenteur tout à fait exubérante, mais lorsqu’ils passèrent enfin les frontières de la demeure, il n’y avait plus que la cour pour les séparer de la terre. Etonnamment, maintenant arrivée, l’esprit de la Tully gardait l’impression d’un voyage rapidement écoulé.

La cour était d’un bel ensoleillement autour d’eux, le petit vent frais qu’elle avait senti dans les plaines la parcourait aussi. Balayant l’espace du regard devant eux, droite sur son cheval, elle offrit un large et sincère sourire à l’hôte venu l’accueillir.
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Message Dim 29 Avr 2012 - 21:21

Le grand barral blanc, symbole de la foi des habitants de Corneilla, s'illustrait dans une forêt. Il était grand, vieux et imposant. Dans le bois sacré, il s'imposait à la vue de tous. Les arbres semblaient s'être développé autour de lui. Il était assurément en plein centre du bois. Les autres arbres, chênes et autre arbustes de la forêt, semblait se regrouper autour de l'arbre taillé. Il était magnifique et légèrement effrayant. Autour de lui, l’automne avait frappé. Winter is Coming répétait les Stark.. mais ici, on voyait surtout les ravages de l'automne. Les feuilles des arbres avaient commencés leurs descentes et bientôt, aucun arbre n'aurait une seule feuille. C'était bien dommage. Les arbres habillés étaient si jolis. Le sol était jonchés de divers feuilles et quelques branches. Les arbres, légèrement dépouillés de leurs artifices, laissaient passer la lumière de l'aube ainsi que son humidité franchement déplaisante.

En face du maître de la forêt sacré, un jeune homme était à genoux. Il priait, de toute évidence. Il était encore bien jeune, la vingtaine d'année fraîchement dépassé .Entre ses mains, ouvertes et collées l'une à l'autre, un collier avec pour décoration un bout de bois blanc faisait office de livre de prière. Le jeune homme qui répondait au doux nom de Bennifer Nerbosc, fils de feu Lord Quentyn, priait sans retenu. Depuis la mort de son père, il ne s'était réfugié dans un foi rassurante et bienveillante à bien des égards. Trouvant un certain réconfort dans ces bois, calme et paisible, Bennifer cherchait avant tout la plénitude qu'il était en droit d'attendre d'un lieu si peu fréquenté. Les branches et les feuilles jonchant le sol n'était pas ramassé. Peu d'habitant venait ici. Corneilla n'avait jamais été un endroit réputé pour sa piété. Les habitants priaient essentiellement en période de guerre; mais l'époque de la guerre n'était pas encore venu.. pour l'instant car la guerre venait...

Bennifer Nerbosc, héritier de la citadelle des corbeaux prenant leurs envols, était silencieux. Son silence était d'or. Mais soudain, il fut interrompu. Une branche craqua. Le jeune homme pieu ouvrit ses yeux, lui qui désirait ardemment être en paix en ces lieux sacrés. Restant dans sa position pieuse – c'est à dire une position assise sur un tronc prévu à cet effet- , il se contenta de tourner la tête vers le terrible mécréant qui venait de rompre le calme olympien des bois. Il s’agissait d'une figure bien connu de Bennifer : Ser Liam Rivers. Le chevalier était devenu, depuis quelques mois, une figure célèbre de Corneilla. Grand homme avec une tenue de cuir, brodé d'un envol de corbeaux au fil d'or, Ser Liam n'était pas un grand croyant. Sa foi envers les Sept Divinités était critiquable et surtout discutable. Mais l'homme, en lui même, était d'une nature sympathique bien que très discret. Un point que Bennifer lui reprochait. Ser Liam était l'homme de confiance de Beric Nerbosc, le Seigneur du Val Nerbosc.

« Qu'y a t-il ? » Demanda Bennifer, légèrement agacé qu'on vienne le déranger durant son exercice de foi. Son ton le fit bien entrevoir.

Ser Liam, fidèle à sa réputation, ne broncha pas. Il ne réagit pas immédiatement, laissant à Bennifer le temps de faire ses observations. Ser Liam Rivers, malgré son statut de bâtard, était un homme important dans le Val. Il était destiné à remplacer le vieux maître d'arme, dont la santé n'était plus des plus concluantes. Ainsi, Bennifer se doutait bien que si c'était lui qui était présent, c'est que Lord Beric voulait communiquer un message, voir un ordre. Bennifer, en bon frère cadet, haussa les sourcils devant le silence de Ser Liam. Ce dernier, malgré ses vêtements coûteux, n'était point très éloquent. Ser Liam, dans sa belle tenue de cuir, avait conservé sa ceinture au bout de laquelle pendait son épée. C'était une belle lame d'apparence, avec un pommeau simpliste qui illustrait la personnalité du chevalier. Simple. L'homme n'avait jamais montré aucun signe d'érudition. Il avait toujours été très simplet, un homme loyal qui obéissait aux ordres. Bennifer n'avait jamais douté de sa fidélité, mais il n'avait jamais pris le temps de connaître l'homme. En y réfléchissant, Bennifer ignorait tout de Ser Liam. Ce dernier prit alors la parole, voyant que son interlocuteur attendait une une explication.

« Nous avons reçu une missive. Une délégation de Vivesaigues viendra, dans trois semaines. Votre frère vous réclame pour organiser .. la réception.»
Ajouta Ser Liam, sans grande vergogne.

Le ton neutre du chevalier était toujours impressionnant. Bennifer avait toujours été surpris par le calme de la voix de l'homme. Dans son esprit -mal tourné sans doute-, Bennifer se demanda si Ser Liam pouvait menacer des gens sans changer son timbre de voix. A chaque fois que Bennifer lui avait parlé -c'est à dire une poignée de fois-, jamais le chevalier n'avait haussé -ou baissé- de ton. Il avait été toujours un homme dont la neutralité imposait le respect. Ser Liam invita , avec un geste respectueux et légèrement impératif, à rejoindre la citadelle. Le bras du chevalier se tendit et sa main s'ouvrit en direction du châteaux, ou du moins de la tour où siégeait Lord Beric. Ce n'était guère la plus haute tour, mais c'était la plus résistante et la plus belle. Lord Beric avait fait suite à Lord Quentyn lorsque ce dernier décéda. L'héritier conserva la plupart des habitudes de son son père, dont le logement.

Bennifer se leva donc. Il n'était guère en position de critiquer les demandes de son cher frère. Il était mécontent. Le cadet des Nerbosc avait toujours été très pieu. Il aimait prier et il aimait être seul dans ces bois sacrés où il trouvait un réconfort certain. La venue de Ser Liam avait troublé le jeune homme, et il en tenait rigueur à son frère aîné. Il arpenta donc, avec le chevalier de Beric, un chemin qui conduisait vers le château. C'était un chemin peu emprunté, et la présence de quelques brindilles vint conforter Bennifer dans son opinion. Ser Liam, en bon guide, fermait la marche. Il n'était que peu connaisseur de ces bois mystérieux. Bennifer supposait, avec brio, que c'était sa première visite dans les bois sacrés de Corneilla. Ser Liam n'était que très peu à l'aise et le chevalier se laissait guider, jusqu'à qu'ils atteignirent une belle porte de bois qui introduisait les deux hommes dans la citadelle, à l’abri des regards. Une introduction dont Bennifer profita afin de plaisanter..

« Carolyn va être ravi... » ironisa Bennifer. « Elle adore les réceptions mondaines, elle... » insista le jeune homme en plaisantant, provoquant de ce fait un sourire chez Ser Liam.. une prouesse qu'il était difficile d'obtenir.

Ser Liam souriant, introduisit alors Bennifer auprès de son frère. Le jeune héritier n'apprécia guère d'attendre près de la porte alors que Lord Beric et Ser Liam était à l'intérieur. Il se sentait légèrement refoulé, mais il comprenait le geste. Beric pouvait être dans une situation plutôt inconfortable à l'intérieur. Ser Liam fit alors entrer Bennifer après quelques secondes d'attentes. Le jeune homme retrouva alors son cher frère qui semblait ennuyé par toute la situation. Un dirigeant qui vient, c'était souvent une belle source d’ennui pour l'hôte qui se devait de tout organiser. Les deux frères allaient devoir se mettre au travail.



**
*

La grande salle de Corneilla resplendissait. Les fenêtres étaient mise en valeur par des rideaux de soie importé des merveilleuses cités libres, sans doute par des transporteurs mal honnêtes que Beric payait une bouchée de pain. Ce dernier avait souvent recours à divers pirates et autres malotrus pour se fournir en étoffe lointaine, un loisir qu'il avait hérité de son éducation typiquement sudiste. Les rideaux, tout de soie brodé, laissaient filtrer la lumière du soleil avec parcimonie intensifiant ainsi le ton de la pièce. Les rayons du soleil, qui s'était levé depuis quelques heures, illuminaient les murs de la pièce. La pierre brillait sous l'impulsion du gardien céleste. Sur la cloison grisâtre de la pierre rugissante au soleil, les portraits des Lord ancestraux naviguaient avec distinction sur des murs bien ternes en comparaison de leurs grandeurs. Chaque homme était plus élégant et plus noble que le précédant. Leurs visages n'exprimaient point de mépris ou autre sentiment que la moralité humaine aurait réprimé.

Bennifer Nerbosc, fils cadet du défunt Lord Quentyn, avait pris place devant une fenêtre, à quelques mètres du rideau de soie brodé. Le jeune héritier était stoïque, contemplant ce qui se trouvait derrière les rideaux. Corneilla était toujours très vivante le matin. Bennifer s'était surpris, de nombreuses fois, à aimer contempler cette activité quotidienne et matinale. Les soldats marchaient, sur le chemin de garde, avec une coordination exceptionnel. Dans la cour, Ser William Rivers s'amusait à aligner les jeunes hommes qui formait le guet du château. Aujourd'hui était un jour spécial. Lady Charissa Tylly, la mère de Lord Tully, venait à Corneilla. Beric avait donc opté pour une réception en grande pompe. Bennifer, de son côté, s'imaginait parfaitement Ser William rouspétait sur ses hommes, arguant que c'était l'heure de l'entraînement et non de la parade; une pensée qui fit sourire l'héritier présomptif.

La porte, tout en bois, sertie par les armoiries de la famille suzeraine en ces lieux, grinça. Le bois n'était plus tout jeune. Il portait, en sa partie inférieur, la marque des années.L'acier, de bonne facture, n'avait plus le visage qu'il revêtait à sa glorieuse année. Corneilla n'était pas un château récent, mais il tenait bon. Les remparts étaient toujours aussi solide. La porte, grinçant dans un ronflement indescriptible, s'ouvrit. Un homme, dans la fleur de l'âge entra avec deux gardes. Ces derniers se postèrent, dans un attitude robotique, à la porte. Ils appartenaient tout d'eux à la petite troupe armée de Corneilla. Habillés comme la plupart des soldats aux ordres de Lord Beric, les deux hommes avaient choisis une lance comme arme tout en conservant une épée à la ceinture. Leurs vestons illustraient parfaitement leurs fidélités. Le blason des Nerbosc, un écusson noir chargé d'un barral blanc sur un champ de gueule semé de corbeaux noirs prenant leur essor, resplendissait sur le torse des jeunes gardes dont le visage était impassible.

L'homme qui était rentré en premier, Lord Beric Nerbosc dans toute sa splendeur, s'était fixé à la porte à quelques pas des deux hommes qui le suivait partout. Lord Beric avait toujours été d'une prudence hors norme, mais cette attitude devenait réellement effrayante. Toujours suivi, toujours protégé.. disait-il en rigolant. Cette excès de prudence faisait réellement peur à son frère cadet, le jeune Bennifer, qu'y voyait plutôt une marque de crainte et de paranoïa. Mais la prudence était mère de sûreté, en particulier en période de trouble. Beric était un souverain né, légèrement trop impulsif mais il savait prendre les bonnes décisions. Les liens fraternels étaient, après tout, à Corneilla, l'épée qui maintenait la maison dans sa solide position. A l'instant où Bennifer se demanda ce que faisait son frère, le Seigneur riverain prit alors la parole.

« Vivesaigues ne devrait plus tarder. »
fit Lord Beric d'un ton nonchalant comme si la venue d'une femme aussi importante que Charissa Tully ne lui faisait ni chaud ni froid. « Nous devrions nous joindre aux hommes sans plus tarder. »

Lord Beric avait organisé toute une cérémonie en l'honneur de la dame de Vivesaigues. L'homme aimait bien mettre les formes et se distinguer en temps que nouveau seigneur du Val Nerbosc. Dans la mémoire des gens, Lord Quentyn régnait encore. Son fils aîné n'avait jamais réussi à s'imposer dans le cœur des gens, et la crise avec les Bracken n'arrangeait en rien son problème. Il avait échoué, dès le début, à régler la situation. Certains de ses conseillers, et non les plus malins, lui conseillaient un coup de force afin d'asseoir sa position quit à se mettre les Tully à dos. D'autres, plus pragmatiques et prévoyants -tel Bennifer- lui conseillait de calmer le jeu avec les chevaux errants. Lord Beric, au final, ne savait que faire. Sa volonté de se discerner de l'ombre de son père et les conseils avisés de ses partenaires ne l'aidaient point.

Face à Lord Beric, Bennifer garda le silence. Il contempla à nouveau le paysage qu'il appréciait. Ser William venait de pousser un beuglante sur un jeune soldat qui avait fait tomber sa lance, situation qui fit sourire Bennifer qui ne connaissait que trop bien le caractère conflictuel du maître d'arme. Beric, en retrait, toussota pour attirer l'attention de son frère. Ce dernier, toujours devant la fenêtre, se retourna. Le seigneur riverain, d'un signe de tête, lui fit signe que l'heure était venu. Il fallait aller accueillir les invités selon les règles de l'hospitalité. Bennifer ne tarda point à se mettre en marche en compagnie de Lord Beric qui marcha à ses côtés. Les deux gardes ouvrirent la porte et permirent aux deux frères de descendre vers la cour où Ser William se débrouillait pour aligner les hommes.

« J'ai envoyé Ser Liam accueillir nos invités. » précisa Beric, cherchant l'approbation de son frère dans les escaliers tortueux de la citadelle.

Les paroles de Beric n'étonnèrent pas Bennifer. Ce dernier connaissait la confiance qu'accordait Beric à Ser Liam Rivers. C'était son homme de confiance, celui qui était toujours à ses côtés. Si Beric avait été roi, Ser Liam serait son Lord Commandant de la Garde Royale. Il ne pouvait être blâmé. Ser Liam était, sans doute possible, un homme sur lequel on pouvait se reposer. Il était fier, fort et surtout fiable. Jamais il n'avait donné une quelconque raison d'émettre des réserves sur sa personne. Il avait beau ne pas être né dans la citadelle et d'être le fils illégitime d'un riverain, il restait une personne qu'on aimait avoir dans son camp. Il s'était imposé dans Corneilla et Beric le nommerait sans doute maître d'arme dès que le vieux William passerait l'arme à gauche. Dans l'escalier, Bennifer garda le silence, se contentant d'affirmer la précision de Lord Beric avec un regard approbateur.

A peine arrivé en bas que Bennifer observa les initiatives que Beric s'était chargé de prendre. Il avait réservé à la Dame de Vivesaigues un accueil charmant. Les soldats étaient alignés pour guider la dame vers la cours où les brillants officiers de Corneilla l'attendrait. Bennifer observa Lord Beric jusqu'à qu'un petit garçon, d'une dizaine d'année, vint prévenir Lord Beric de l'arrivée du cortège. Il criait tout fort. Bennifer reconnu bien le petit frère de Robert en cette personne. Accompagné de son frère, les deux jeunes hommes vinrent attendre, sur la même ligne, en compagnie de divers hommes importants de Corneilla.

Lorsque la Dame arriva, en compagnie de Ser Liam, Bennifer et Beric s’agenouillèrent, un geste commun qui fut imité par les gens présents. Un genou à terre, Bennifer laissa quelques secondes à la Dame de Vivesaigues avant de se relever, sous le regard de Ser Liam, toujours sur son cheval. Il donna sa main à la dame pour lui proposer de descendre de son cheval, une initiative qu'il espéra bien reçu par le cortège. Lord Beric, après s'être agenouiller, se releva dignement, avec l'aval de Charissa Tully. Bennifer ne l'avait vu qu'en de rare occasion lorsqu'il était plus jeune, avec son père. La Dame, malgré sa noble ascendance, ne l'avait jamais marqué outre mesure.

« Madame. Je suis ravi de vous accueillir, ici, à Corneilla. J'ose espérer que vous avez fait bon voyage ? »
intima Lord Beric.

Comme à son habitude, il y mit les formes. Beric était un bon souverain et il savait recevoir. Sa question, qui ne semblait pas en être une aux yeux de Bennifer, était là pour qu'il puisse être présenté. Bennifer s'avança alors vers son frère. A son tour, il présenta Lord Beric de manière officiel, en y mettant les formes. Hélas, sa présentation sonna faux. Bennifer n'avait jamais été doué pour manier les titres, qu'il jugeait plus pompeux qu'autre chose.

« Ma Dame, voici Lord Beric Nerbosc, Lord protecteur du Val Nerbosc, souverain de Corneilla. »

Bennifer, patient à l'instar de Lord Beric, laissa Charissa Tully le temps de répondre et finalement, de disposer de ses vassaux. Bennifer eut alors l'occasion d'observer la cours de Corneilla. C'était un bel endroit qui faisait presque oublier que l'endroit était une place fortifié. Décoré par le soleil en personne, la cours ravissait un magnifique apparat en la personne d'une légère brise, frisquette et apaisante.
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