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[Terminé]Pour entretenir de bonnes relations de voisinage... [Beron] Troisième lune de 212

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Rivanon Mallister
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Message Dim 22 Avr 2012 - 17:16

Winterfell. La forteresse se dressait devant mes yeux, l’architecture des lieux lui conférait une certaine prestance si l’on puis dire, une certaine puissance, comme si les pierres se dressaient pour faire face au rude hiver de la région. Celle-ci était propice aux conditions extrêmes. Je me souvenais d’un voyage que j’avais effectué en compagnie de ma grand-mère. Nous nous étions rendues chez les Harclay pour voir sa famille, j’étais encore jeune à l’époque mais je conservais en mémoire les contes qui me furent racontés à cette époque. Le Mur, les Autres, la morsure de l’hiver… Le Nord était chargé d’histoire. De plus mon héritage d’enfant de la forêt donnait à ces lieux une dimension bien particulière, j’avais l’impression d’être revenue chez moi. La vervue avait ses bons côtés parfois, comme ses mauvais. Pour l’heure je reportai mon attention sur ma mission à venir.

Normalement j’aurai dû partir suite à ma visite à Vivesaigues, mais l’annonce de l’enlèvement d’Eirlys avait modifié mes plans. Je m’étais rendue à Port-Lannis pour collecter de plus amples informations et j’avais fini par participer à une bataille contre les fer-nés. Enfin participer était un bien grand mot, je m’étais trouvé au mauvais endroit au mauvais moment et j’avais fait en sorte de m’en sortir vivante tout en poursuivant mon entreprise. Quelle plaie ces pirates…. J’avais l’impression qu’ils se dressaient continuellement sur mon chemin et cela en devenait irritant. Finalement, avant de quitter l’ouest je fus choisie pour mener à bien les transactions avec le ravisseur de ma cousine. Ce que je fis avant de reprendre mon voyage vers le septentrion. Normalement ma venue avait été annoncée par un corbeau de Charissa pour officialiser ma visite. Donc quand je pénétrai dans la cour intérieure je ne fus guère surprise d’y trouver un comité d’accueil.

Je menai Emdal devant la porte avant de sauter à bas de ma monture. Comme à mon habitude je n’avais point attendu que l’on vienne m’aider. Mon père m’en avait déjà fait la remarque, mais les habitudes avaient la vie dure. Derrière moi se trouvait une escorte d’un vingtaine de gardes Mallister ainsi que les membres de ma suite, je préférais voyager avec le minimum de compagnons, mais assez pour prévenir tout danger survenant sur les routes. Je réajustai les plis de ma robe aux couleurs bleu Mallister tout en portant mon regard sur toutes les personnes présentes, tâchant de les identifier avant de me diriger vers Beron et de le saluer comme il se devait. Reurik, mon fidèle garde du corps, resta quelques pas en arrière.

- Messire Beron, enchantée de vous rencontrer. Je suis lady Mallister. Je me présentai c’était la moindre des politesse. Comment vous portez-vous ?

Bien que le voyage fut long, j’avais fait en sorte d’arriver dans le courant de la matinée après une bonne nuit de sommeil. Je ne voulais pas me présenter éreintée dans le sieur d’autant que je n’aurai pu engager de véritable conversation avec l’esprit embué de fatigue. Autant être lucide, mon but était de prendre la température. J’adressai un sourire poli à Beron et me tenais disposée à le suivre.

- Je présume que lady Charissa vous a contacté par corbeau pour annoncer ma venue. Elle regrette de ne pouvoir se déplacer elle-même mais les affaires du Conflans la retienne à Vivesaigues.

Une manière comme une autre d’excuser ma suzeraine néanmoins je pense qu’elle avait dû faire la démarche à travers sa missive.

- Quelles nouvelles de votre vaste région ? demandai-je avec curiosité. J’ai cru entendre que les fer-nés vous faisaient des misères ?

Je m’enquerrai de la situation nordienne avant d’entrer dans le vif du sujet. J’avais eu vent de ces rumeurs lors de ma halte dans une auberge à quelques lieues de Winterfell. Ces intrépides pirates avaient tourné leur attention sur le nord. Personne n’était à l’abri. Je reportai mon attention sur mon interlocuteur tout en observant les alentours puisque c’était la première fois que je pénétrais dans la citadelle. Je n’oubliais pas le lien familial présent entre Stark et Tully. Je pensais également à Deana Lideuil qui avait pris part à la bataille de Salvemer et qui faisait partie de la garde du seigneur nordien. Peut-être la verrai-je ? Je me demandai ce qu’il allait découler de notre rencontre…



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Dernière édition par Rivanon Mallister le Jeu 6 Déc 2012 - 16:52, édité 1 fois
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Message Mar 1 Mai 2012 - 16:43

Les brumes matinales s’estompaient peu à peu dans les environs frigorifiés d’une Winterfell alanguie. La bête semblait sommeiller encore mais dans ses entrailles même, cela faisait bien longtemps que l’on s’agitait déjà. Les torches de la nuit avaient été éteintes une à une alors que le jour balbutiant dardait avec peine ses rayons rougeoyants sur les remparts de la grande cité en éveil. Les froidures automnales fédéraient avec raideur l’humidité saisonnière et la maigreur des branches d’arbres déplumées de leurs atours brunis par la fin de l’été. Et tout cela s’énamourait à l’envi en une lancinante ritournelle qui évoquait le perpétuel abandon de ce que l’on a aimé et qui s’est enfui.

C’est dans une vaste pièce chauffée aux sources chaudes souterraines que Barry Mollen trouva finalement le Stark. Il était absorbé par la lecture et l’étude de plusieurs documents entassés sur un large bureau qu’il aurait été difficile de surcharger d’avantage. Le regard perdu sur une carte aux bords racornis par le temps, il ne semblait pas réaliser les allées et venues ininterrompues que ses doigts décrivaient machinalement sur les flancs d’une grande coupe argentée. Comme hypnotisés par le mufle grondant de la bête qui en gardait l’anse, son index parcourait le pelage d’un loup menaçant dont les crocs dénudés et les babines retroussées semblaient vouloir en interdire l’approche. Alors même que le grincement de la porte rouspétant contre l’ouverture que l’intendant lui avait infligée n’était pas parvenu à le tirer de sa profonde réflexion, le Loup fut pourtant extirpé de celle-ci par le raclement de gorge gêné de son intendant.

- Hum, veuillez me pardonner, Lord Stark, commença l’intendant sur un ton empreint de confusion, mais l’envoyé de Vivesaigues a été signalé en approche de la cité sur la Route Royale et à seulement quelques lieues de la Ville d’Hiver.

Le Stark releva le nez de sa carte aux pastels défraîchis pour porter son regard sur la bedaine bonhomme de Barry Mollen. Au-delà de celle-ci et la ponctuant comme un bouchon de liège au sommet d’une bombonne de terre cuite, se trouvait un visage plutôt rond et débonnaire dont les tâches de rousseur multiples l’auraient plutôt vendu comme un descendant Tully que pour le nordien qu’il était pourtant en réalité...

- Déjà !? s’étonna le Stark qui, se redressant dans son siège, délaissa le contact de sa coupe argenté pour se gratter la nuque avec une mine hagarde. - Mais qu’elle heure est-il ?

- Fort tard, je le crains, messire Beron, les premières rondes de la matinée ont débuté depuis deux heures déjà...

Le Stark écarta son siège d’un bras pressé avant de gagner la porte avec toute la célérité qu’il était capable de déployer dans l’urgence. Il n’aimait pas être pris de court ou en défaut et la situation l’agaçait passablement. Comment avait-il pu se laisser ainsi déborder par le temps ?

*
* *

Il achevait à peine de débouler dans la courtine attenante à l’entrée principale de la forteresse lorsque les chevaux de la délégation du Conflans pénétraient, au pas, dans la place.

Lorsque les montures s’immobilisèrent à quelques pas de lui, le Loup se trouva soudain tenaillé entre surprise et étonnement. *Une femme !?* Manifestement la Tully avait jeté son dévolu sur une femme pour renouer les liens qui avaient jadis existé entre les deux anciens royaumes… Elle avait bien annoncé la venue imminente d’une délégation mais rien n’avait jamais laissé entendre qu’elle viendrait se présenter à Winterfell sous la houlette d’une Lady ! Le fait que le Conflans missionne ainsi une femme pour pareille occasion n’était pas une incongruité, bien au contraire, le Stark avait bien évidemment tiré des relations qu’il avait avec Deana Lideuil, depuis maintenant un certain nombre d’années, les arguments permettant d’affirmer qu’une femme était aussi à même qu’un homme (et parfois beaucoup plus) de se voir confier d’importantes responsabilités.
A la vue des pavois à l’aigle déployé sur fond d’un bleu élégamment violacé, le Loup reconnut immédiatement les armes de la Maison Mallister… Pour autant, la distance le séparant encore des tout premiers chevaux de la petite cohorte lui interdisait pour l’instant de parvenir à mettre un nom sur celle qui serait son interlocutrice… Une rapide évaluation mentale des différentes possibilités l’amena à conclure que peu de possibilités s’offraient à lui. *Lady Rivanon !?* Se pouvait-il que ce soit elle ? Il ne l’avait certes jamais rencontré mais Deana, elle, en avait eu l’occasion. A Salvemer, les deux blondes avaient brièvement eu l’occasion de se croiser à l’époque où les fer-nés n’avaient pas encore délaissé leurs raids dans la Baie des Fer-nés pour s’en prendre aux littoraux nordiens. La « Grise » avait, dès son retour, fait un compte-rendu précis de tout ce qui était survenu dans le Conflans et elle avait évoqué avec son Seigneur les relations, parfois ténues, qu’elle avait nouées là-bas. Or, s’il ne ressortait de son récit que bien peu de choses au sujet de la Dame de Salvemer, celles-ci avaient trouvé, dans l’esprit de Beron, un écho relatif dans la mesure où il avait souvent entendu parler de Lady Mallister en des termes éminemment énigmatiques… *Vervue…* Songea un temps Beron. Il se racontait tellement de choses étranges dans les Sept-Couronnes… Les paysans du nord évoquaient tout un tas de choses étranges à son propos. On disait que Lady Rivanon était une jeune femme dotée de pouvoirs étranges. Qu’elle était à moitié femme à moitié bête, ‘un aigle’, osaient certains, ‘une noire corneille’, précisaient d’autres… On disait qu’elle pouvait se changer en monstre ailé et voir loin au-delà des nuages… ‘Une belle femme’, affirmait-on, ‘mais sombre à l’intérieur’
Bref. Le Loup en avait entendu des vertes et des pas mûres au sujet de la Mallister et lorsque celle-ci se fut approchée suffisamment pour que le Loup eut pu voir le joli visage de la blonde cavalière, il semblait bien que la Dame de Salvemer serait celle qu’il recevrait chez lui.
Elle démonta avec souplesse et confirma au Loup ce que le Stark avait fini par conclure lui-même.

« Messire Beron, enchantée de vous rencontrer. Je suis lady Mallister. Comment vous portez-vous ? »

La femme-oiseau, la semi-bête annoncée avait un joli minois qui s’égaya soudain d’un léger sourire à l’adresse du maître des lieux. *Pas si sorcière que cela, la Mallister !?* pensa alors le Stark. Il n’était pas né de la dernière pluie et savait suffisamment que l’habit ne faisait pas la septa, mais tout de même… - Je suis moi-même enchanté de vous recevoir, Lady Mallister.

« Je présume que lady Charissa vous a contacté par corbeau pour annoncer ma venue. Elle regrette de ne pouvoir se déplacer elle-même mais les affaires du Conflans la retiennent à Vivesaigues. »

Le Loup s’inclina légèrement face à son hôte et, après lui avoir offert sa main pour l’aider à contourner une grande flaque dans laquelle se reflétaient les nuages matinaux, il fit un ample geste du bras qui l’invitait à poursuivre à sa guise en même temps qu’il semblait lui présenter la forteresse dans vers laquelle ils se dirigeaient désormais. - Elle m’avait en effet averti de son impossibilité de venir en personne ! *Mais pas qu’elle enverrait me trouver une jeune femme absolument inconnue !* - Comment se porte votre seigneur père ? La jeune lady était une femme apparemment des plus intelligentes et cultivées. Avant de répondre au sujet de son père, elle poussa la politesse jusqu’à prendre d’abord des nouvelles du fief de son Loup d’hôte.

« Quelles nouvelles de votre vaste région ? J’ai cru entendre que les fer-nés vous faisaient des misères ? » Elle eut un petit air entendu que le Stark ne savait pas réellement à quoi il devait attribuer... A une complicité liée au fait qu’elle avait elle-même eu à combattre ces fourbes ? A un navrant constat de l’impuissance rageante à laquelle les fer-nés réduisaient parfois les continentaux ?

La petite troupe assemblée là pour accueillir l’envoyée du Conflans s’empressa soudain à la suite des deux nobles qui convergeaient vers l’entrée du Grand Donjon. Alors que tous avançaient d’un pas énergique vers les salles de réception de la Maison Stark, le Loup présentait rapidement de quelques gestes de bras nonchalants les hommes qui se pressaient à leurs trousses. - Voici Prysas, notre bon mestre. Laissez-moi vous présenter Jonas, mon frère... Alors que le cadet de la fratrie Stark se portait à leur hauteur. - Permettez que je vous présente également Barry Mollen, notre Intendant. Puis d’une main gantée de noir il désigna la lice d’entraînement où s’opposaient plusieurs des membres de sa garde rapprochée. - Là-bas vous pouvez apercevoir Barth Snow, notre maître d’arme, ainsi qu’Aaron de la Maison Ryswell et Deana du clan Lideuil, tous deux membres de ma Garde Grise... Le Stark préféra couper court à toute remarque éventuellement désobligeante concernant la jeune combattante. - Un femme, oui ! Pas plus manche que n’importe lequel de mes hommes, croyez-moi... Enfin, ce n’est peut-être pas à vous que je vais expliquer que les femmes sont parfois aussi habiles que les hommes, si !? Il lui adressa un sourire amical qui contenait également une certaine complicité liée au fait que ce soit elle et non un homme qui avait été missionnée depuis le Conflans jusqu’à Winterfell.

L’obscurité soudaine de l’intérieur de la demeure Stark les engloutit soudain pour ne les rendre à une certaine clarté que quelques instants plus tard, alors qu’ils émergeaient d’un sombre couloir dans la chaleur d’une vaste pièce cossue, éclairée de nombreuses torchères qui en rythmaient toute la longueur.
Ils s’assirent tous deux, lui d’abord, elle par la suite dans le large siège qu’il venait de lui désigner. - Barry ? Apportez quelques rafraîchissements à Lady Rivanon, voulez-vous ! Le Mollen n’avait pas attendu la fin de la phrase qu’il disparaissait déjà avec deux employés de maison dans son sillage.
Lorsqu’il reparut, toujours flanqué de ses deux assistants, Lord Stark et Lady Mallister devisaient tranquillement. Un homme à la mine bourrue, aussi armé que muet, se tenait à l’écart des deux nobles, non loin de la porte, en retrait de la jeune femme sur qui il veillait et qu’il n’avait pas une seule fois lâchée du regard depuis leur arrivée. - Ma région et mes gens se préparent à l’hiver qui s’annonce, disait le Stark sur un ton neutre. - Les fer-nés sont effectivement pour nous une source d’embarras... Mais pour qui ne le sont-ils pas !? Le ton du Loup avait changé. L’évocation des îliens n’était visiblement pas quelque chose qu’il affectionnait. L’intendant fit déposer sur une petite table contiguë au fauteuil de la blonde un plateau d’argent gardé de loups-garous sculptait et sur lequel étaient disposés quelques mets dont des fruits et deux pichets de cristal. Dans l’un de l’eau claire reflétait les flamboiements des torches appliquées sur les murs de la salle, dans l’autre, les chatoiements des flammes se mêlaient à la chaleur ambrée d’un vin chaud épicé. - Et vous-même ? Avez-vous fait bonne route ? Vous évoquiez les fer-nés ? Vous avez également eu affaire à eux n’est-ce pas ? Mes hommes m’ont narré les combats de Salvemer... Foutue Seiche !
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Rivanon Mallister
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Message Sam 12 Mai 2012 - 14:48

Beron Stark m'accueillit comme il se doit avec courtoisie et savoir-vivre. Il m'aida à contourner une flaque d'eau évitant ainsi que je ne salisse mes habits. Tandis qu'il m'invitait à le suivre et à poursuivre la conversation j'observai le seigneur nordien. Une noblesse certaine se dégageait de sa personne, son regard était intense et en dépit de son jeune âge une certaine sévérité transparaissait de ses traits. Il avait fier allure et je me remémorai quelques paroles de Deana à son sujet, j'avais retenu que la guerrière servait avec fierté son suzerain bien que d'autres sentiments s'étaient éveillés. Je me demandais si Deana verrait ses vœux exaucés ou si la politique prendrait le pas sur ses aspirations... Beron me confirma qu'il avait bien reçu la missive de Charissa, mais s'attendait-il à recevoir une femme? D'ordinaire la politique transitait via mes pairs masculins, les femmes étaient cantonnées à d'autres tâches. Mon interlocuteur s'enquit de la santé de mon père, mais je m'informai d'abord de la région de mon hôte. Tandis que nous avancions vers la demeure, il me présenta les membres composant sa suite. Je saluai chacun d'eux d'un sourire et gravai dans mon esprit leur identité. Frère, mestre, intendant, maître d'armes, les personnels importants de la maison Stark, mais il me présenta aussi deux membres de sa Garde Grise dont Deana. Je saluai cette dernière d'un signe.

- Non vous n'aurez pas besoin de me l'expliquer, messire, répondis-je en lui retournant son sourire. Une femme ne devrait pas se restreindre aux activités que choisissent les hommes pour elle, elle devrait pouvoir choisir sa voie, d'autant que, comme vous le faites si bien remarquer, une femme peut détenir des capacités similaires voire supérieures à un homme. Et ce quelque soit le domaine d'expertise, même s'il est vrai que dans certains les hommes auront toujours un certain avantage.

Mes propos pouvaient choquer certaines personnes mais je n'en avais cure. Nous entrâmes dans la citadelle, je suivis Beron jusqu'à une grande salle cossue agréablement éclairée. Je pris place à la suite de mon hôte dans un large siège. Des mets et des boissons furent apportés avec diligence, l'intendant n'avait pas attendu la fin de la demande de son seigneur pour s'exécuter. Eau, vin, mets divers, cette variété m'offrait le choix, le Stark savait recevoir et je remerciai d'un signe de tête l'intendant. Reurik se posta non loin de l'entrée dans une zone dégagée qui lui permettrait de pouvoir évoluer en cas de nécessité, et de conserver un œil sur moi. Tandis que Beron me parlait de sa région et de ses gens, je pris un des fruits présents sur le plateau. Pourtant je ne croquai pas encore dedans, écoutant avec attention mon interlocuteur. Les fer-nés ne semblaient pas un sujet réjouissant pour lui et je le comprenais parfaitement. Puis il s'enquit de mon voyage.

- La route fut longue mais nous ne rencontrâmes aucun souci majeur, le voyage se déroula sans anicroche en fin de compte. L'escorte dissuade généralement les bandits de grand chemin, enfin tant que ces derniers sont en infériorité numérique. Heureusement, la route royale reste un minimum sûre. Quant aux fer-nés, je dirai qu'ils sont une source de souci pour les populations côtières, ceux habitant à l'intérieur des terres sont peu concernés par leurs raids. Ont-ils causés beaucoup de dégâts? Je me renseignais sur les conséquences de ce raid, cela démontrait mon intérêt pour le nord mais me permettrait aussi de me faire une opinion sur la gestion des crises par les fer-nés. Sinon oui j'ai eu affaire à eux, ils ont attaqué Salvemer dans l'optique de paralyser les défenses du Conflans. Vous devez savoir que notre forteresse fut spécialement bâtie pour contrer les fer-nés et fut dotée de la Tour retentissante, une alarme essentielle pour nous. Les îliens sont rusés quand ils veulent atteindre leurs objectifs, ils faillirent y parvenir... Mais nos forces purent les repousser avec l'aide des hommes de Deana Lideuil et ceux de Dezial Tully. J'ai pu constater par moi-même de l'expérience dont fait preuve votre garde grise. Sans eux, je me demande quelle aurait été l'issue du combat...

Un brin d'amertume se faisait sentir dans mes paroles, cette histoire était encore vivace dans mon esprit. Qu'il ait eu connaissance des combats de Salvemer ne m'étonnait guère, étant donné que des nordiens avaient pris part aux confrontations. Je tus le fait d'avoir fait un rêve vert qui aida mon père à se préparer à l'attaque.

- Mon père se porte bien et profite du désintérêt apparent des fer-nés pour le Conflans pour terminer les dernières reconstructions et renforcer les défenses côtières. Il est dommage que ce calme apparent soit au détriment de votre région. L'idéal pour calmer une bonne fois pour toute la Seiche serait une coalition des suzerains côtiers pour lui opposer une force conséquente et le contraindre à rester chez lui. Je ne savais si cela pouvait être réalisable, les forces militaires des régions concernées étaient disparates et la menace n'était pas aussi concrète que lors d'une bataille rangée, les boutres des fer-nés leur donnaient un avantage déterminant en mer et une mobilité bien plus conséquente. Je sais par exemple que Tybolt Lannister construit une flotte pour s'opposer à Dagon Greyjoy. La flotte des Redwyne est la plus importante de Westeros, je pense qu'il est tout à fait possible de faire quelques chose de concret...

Je laissai quelques secondes de silence s'installer, je réfléchissais à la perspective d'un accord défensif entre les quatre régions côtières. Je reportai mon attention sur mon interlocuteur, finis par sourire et prendre une bouchée de mon fruit. Celui-ci était frais et délicieux, venait-il de la région ou était-il issu du commerce extérieur?

- Enfin, je ne suis pas présente ici pour discuter d'une coalition. Je n'étais là que pour les intérêts du Conflans. Ma suzeraine trouve dommage que les liens unissant vos deux maisons se soient distendus avec le temps et souhaiterait renouer avec vous, messire. Et puis la situation géographique de nos deux suzerainetés joue en faveur d'un rapprochement, n'est ce pas?

Je venais de quitter les conversations générales pour aborder le pourquoi de ma venue. Peut-être me montrais-je un peu trop directe puisque je lui demandais directement son avis sur la question....

- Ne vous sentez-vous pas un peu à l'écart si loin de Port-Réal?

Ma curiosité prenait de nouveau le dessus, d'autant qu'une nouvelle question venait de fleurir dans mon esprit. Je posai un regard pensif sur Beron, me demandant pourquoi un suzerain comme lui était encore célibataire. Peut-être lui poserai-je la question...



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Message Lun 21 Mai 2012 - 15:19

La lumière des chaude et vacillante des torches rivalisait avec celle, plus pâle et constante du jour blême qui, de l’extérieur, tentait de s’inviter dans le petit salon de réception. Les hautes et longues fenêtres au verre coloré qui encadraient les larges portes de la salle permettaient à la lueur blafarde du petit matin de flanquer l’imposante et sombre issue d’une paire de sentinelle à la luminosité nacrée.
Lady Mallister avait pris un fruit parmi ceux que le plateau d’argent proposait à ses envies éventuelles. Elle avait écouté le Stark parler avec une politesse toute d’à propos vêtue. Rares étaient les occasions pour Winterfell d’accueillir si noble dame que Lady Rivanon. Aussi, Beron s’appliquait-il à se départir de la mine assombrie qu’il trimballait bien souvent pour ne se parer que de gentillesse, politesse et prévenance à l’égard de l’envoyée du Conflans. Expédiées les affabilités d’usages au sujet des conditions du voyage qui avait conduit jusqu’au cœur du nord la jeune femme aux cheveux d’or, les deux jeunes gens s’entretinrent brièvement des outrages fer-nés qu’ils avaient, tous deux, eu à subir. – Heureusement, non ! Pas pour l’instant... Les dégâts étaient effectivement assez limités et les conditions climatiques actuelles du territoire nordien associées aux particularités physiques et géographiques des lieux n’y étaient certainement pas étrangères. – Quelques tentatives de razzias sans ampleur véritable. Ces pleutres n’osent pas s’aventurer en des terrains qui, eu égard à leur important éloignement par rapport aux côtes abordables, leur seraient par trop dangereux ! Après les premiers raids, j’ai ordonné que les stockages de denrées et récoltes soient immédiatement tenus à des distances respectables des littoraux. La population a suivi la nourriture et, mis à part quelques villages de pêcheurs isolés et désespérément sourds à mes recommandations, la majorité des hameaux côtiers sont à présent désertés. Les bourgs principaux ont ainsi accueilli plus de monde qu’à l’ordinaire mais les contraintes liées à cela en valent largement la chandelle. Le peuple semble y avoir situé son intérêt...
Il attrapa lui-même quelques prunes ambrées alors que la lady croquait dans un fruit juteux. Il observa une fine goûte de nectar sucré rouler entre ses doigts délicats. Elle l’essuya rapidement à l’aide d’un élégant mouchoir de soie dont il était incapable de dire d’où elle avait bien pu le tirer. De sa manche, sans doute ? Comme elle lui donnait des nouvelles de son père, il goutta à son tour un des fruits dont il s’était saisi. Il ne l’avait pas quitté des yeux, écoutant avec intérêt toutes les nouvelles dont elle était porteuse. Certaines étaient déjà de sa connaissance, par l’entremise de certains rapports de ses services de renseignements. D’autres s’avérèrent être de parfaites révélations. Il se félicita de la rapidité des travaux de reconstruction et de renforcement des ouvrages de défenses du Conflans et se surprit à se consoler quelque peu en réalisant que les attaques du Kraken à l’encontre des territoires du nord avaient permis à ses voisins de bénéficier d’un répit non négligeable et à l’abri duquel ils avaient pu procéder aux ouvrages indispensables à une remise en état rapide des protections côtières. A l’évocation de Tybolt Lannister, il ne put s’empêcher de songer à l’échange de missives auquel le seigneur de Castral Roc et lui avaient procédé. Et comme Lady Rivanon avançait des arguments concernant la mise en commun et la diversité des solutions de défenses opposées à la Seiche d’Or par les différentes grandes Maisons des Sept-Couronnes, il lui apparut clair que les différences de réponses qui pourraient être apportées au problème fer-né seraient toutes aussi intéressantes les unes que les autres à condition qu’elle réponde formellement aux spécificités des territoires attaqués. Après avoir marqué une légère pause, la jeune femme reprit en changeant subitement de sujet.

« Enfin, je ne suis pas présente ici pour discuter d'une coalition. » Dommage. Le Loup n’aurait pas refusé une aide extérieure soudaine et inattendue. Surtout si celle-ci avait émané d’un territoire voisin bien plus habitué que le nord à repousser les tentatives d’intrusions fer-nées.

« Ma suzeraine trouve dommage que les liens unissant vos deux maisons se soient distendus avec le temps et souhaiterait renouer avec vous, messire. Et puis la situation géographique de nos deux suzerainetés joue en faveur d'un rapprochement, n'est ce pas? »

L’étonnement du Stark lorsqu’elle formula cette remarque le disputa à l’acquiescement immédiat. C’était exact. Le temps avait malheureusement distendu les liens qui avaient jadis unis Nord et Conflans, et la riveraineté des deux territoires n’était qu’un des nombreux éléments qui amenaient à constater l’évidence : ce lent éloignement était tout à fait regrettable, effectivement.
Il plongea son regard gris dans celui, bleu ardent, de la jolie blonde. Au fond de la salle, l’homme chargé de veiller sur elle demeurait impassible, la mine fermée, le regard sévère.

- Je rejoins en effet Lady Charissa, répondit-il posément. Et quant aux liens existant jadis entre les Maisons Tully et Stark, ils se sont, certes, distendus avec le temps mais n’ont, pour Winterfell, jamais été rompus. Je me réjouis que votre Suzeraine semble être sur la même ligne d’analyse que moi, sur ce point précis. Il est vrai que nos frontières communes dessinent bien souvent pour nos deux territoires des problématiques sociétales ou politiques presque jumelles. Il attrapa une coupe de cristal dans les ciselures duquel les rayonnements des torchères vinrent jouer avec insouciance et but une gorgée d’eau plate avant de reprendre, calmement. – Un rapprochement de nos deux suzerainetés serait, il est vrai, logique et appréciable. Ne serait-ce qu’au strict regard géographique des choses. *Mais que compte bien proposer ma chère cousine lady Charissa !?*, s’interrogea-t-il silencieusement. – Je compte sur vous pour lui en faire part. Je vois, tout comme elle, un réel intérêt en tout cela ! Vous êtes si directe... Il plongea une nouvelle fois son regard métallique dans ses jolis yeux bleus et lui sourit gentiment. Elle était une ambassadrice idéale pour traiter avec un seigneur voisin. Le Loup comprenait pourquoi Lady Charissa Tully avait confié à la jeune Mallister le soin de renouer le contact entre les deux familles. C’était une jeune femme intelligente et charmante -ce qui, lorsque l’on est amené à discuter avec un homologue masculin ne peut que servir-, une femme directe aussi, et l’ingénieux mélange de tout cela donnait un cocktail très intéressant. Il s’en divertit subitement. *Voyons comment elle va parvenir à habilement se tirer d’une entrée en matière aussi franche et directe ?* s’amusa-t-il.

« Ne vous sentez-vous pas un peu à l'écart si loin de Port-Réal ? »

*Nous y voilà ! Maligne...* s’enthousiasma le Stark. Il était évident qu’à côtoyer plus longuement la jeune lady le Seigneur Loup se plairait beaucoup à voir grandir une estime qu’il pensait pouvoir être réciproque. Lui qui s’ennuyait si souvent de n’avoir à côtoyer, au choix, que d’ingénieux politiciens, de cultivés hommes mûrs, de primaires hommes d’armes ou de délicieuses jouvencelles se réjouit tout à coup de l’hypothèse qui semblait naître sous ses yeux de pouvoir enfin voir se matérialiser une détonante fusion de tout cela. Une politicienne aussi habile qu’agréable à regarder ! Voilà qui n’était pas commun... *Jouons donc à ce petit jeu-là et voyons où tout cela nous mène...*

Il la laissa tranquillement finir avant de répondre, véritablement intéressé par ce qui se nouait là.

- Port Réal est un mythe ! La Paix du Roi nous lie et nous préserve - en théorie -, mais rien ne nous unie véritablement. Il eut un petit air entendu. Il savait qu’elle le comprenait. Salvemer avait-elle bénéficié d’une aide matérielle quelconque et concrète, lors des dernières attaques que les fer-nés avaient dirigé contre ses remparts ? Aucune. Tout juste Port Réal avait-il appelé à ce que soit constituée une milice dans laquelle tous les reîtres en quête de solde avaient la liberté de s’engager pour venir s’opposer aux mauvaises intentions fer-nées ! Une broutille ! Du vent ! De la poudre aux yeux ! A eux seuls, les quelques hommes qu’il avait lui-même dépêchés en observation à Salvemer sous les ordres de Deana Lideuil s’étaient avérés plus nombreux que les soi-disant renforts royaux ! - Non, lady Rivanon, Port Réal n’a que faire du Nord et des autres Couronnes fédérées par les Rois Dragons... Les Targaryens ont suffisamment de soucis à ne s’occuper que de leurs seuls problèmes ! Ils n’ont que faire des nôtres... Winterfell est à l’autre bout du Royaume et, comme vous je suppose dans le Conflans, nous nous sentons ici fort éloigné de Port Réal... Tant géographiquement que politiquement. Nous en sommes tous à l’écart !

Il jeta un coup d’œil vers l’entrée de la petite pièce. Près de la porte, reculé dans l’ombre, toujours les fixait le protecteur de la jeune Lady. Il se rapprocha d’elle et du bord de l’assise de son fauteuil et, sur un ton plus bas.

- N’avez-vous pas eu le même sentiment d’abandon lorsque la Seiche s’en est pris à votre cité !? Je ne dis pas que nous avons absolument besoin de l’aide de la Couronne, mais, sans aller jusqu’à dire que Port Réal nous est inutile, je dois vous avouer que mon père lui-même m’apprenait déjà à ne rien attendre du Roi... Nous faisons ici ce que bon nous semble dans l’intérêt du nord et de ses gens. Le reste... Il laissa sa phrase en suspens et croqua un nouveau fruit. – Je suppose que c’est à peu de chose près ce que vous faites également à Salvemer !? Il lui sourit à nouveau et se leva. – Voulez-vous marcher un peu ? Connaissez-vous Winterfell ? Ses jardins couverts ? Nous pourrions poursuivre cette conversation tout en parcourant la forteresse... Il y a tant à voir. Il tendit vers elle une main gantée de noir alors que son autre main, désignant la porte d’entrée de la pièce, l’invitait à le suivre. – Vos affaires ont été montées dans une suite réservée pour vous... Il sourit à nouveau. – Bon, j’avoue que je ne m’attendais pas à recevoir une jeune femme... Vous trouverez donc certainement à vos appartements un petit côté masculin et guerrier. J’en suis navré. Je pourrais tout aussi bien vous faire aménager une nouvelle chambre à partir de demain. Vous me direz ce qui vous ira le mieux, n’est-ce pas ?
L’homme qui veillait à la sécurité de la jeune lady s’était avancé alors qu’il voyait que le jeune lord avait offert sa main à la jeune femme. – Alors, continua le Loup, qu’est-ce que Lady Charissa peut-elle bien proposer afin que nous renouions les liens ancestraux ?
La jeune femme avait peut-être besoin de se reposer un peu après avoir fait si long voyage... Il savait que la politesse ne l’en tiendrait que plus écartée mais espérait qu’elle ne ferait aucune manière pour demander à se reposer un peu si elle en ressentait toutefois le besoin. Si tel n’était pas le cas, ils profiteraient alors d’avoir à parler pour visiter ce faisant la grande forteresse du Nord.
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Rivanon Mallister
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Message Dim 27 Mai 2012 - 16:33

Je fus contente d'apprendre que les nordiens n'avaient pas trop souffert des attaques des fer-nés. Beron avait été prévoyant en rapatriant les ressources nourricières et les habitants à l'intérieur des terres. Comme d'habitude, il y en avait qui préférait resté chez eux, nous avons également ce problème dans le Conflans, tous ne venaient pas se réfugier dans la forteresse. Certains de nos villages avaient développés leurs propres défenses, même si elles ne pouvaient rivaliser avec celles de Salvemer. Mais nous étions bien plus souvent la cible des fer-nés que les nordiens, nous étions bien plus rodés que ces derniers. Je terminai mon fruit et essuyai le jus qui avait coulé sur mes doigts avec un mouchoir sorti de ma manche.

Quand je mentionnai le fait de ne pas venir pour une coalition, je crus percevoir un brin de déception de la part de mon interlocuteur. Il était vrai que mon but premier était simplement de me renseigner sur l'opinion de Beron concernant le Conflans. Néanmoins, s'il s'avérait qu'il n'était pas hostile à un rapprochement entre nos deux régions je reviendrai certainement sur une éventuelle alliance militaire. En tout cas, il était d'accord concernant un rapprochement entre le Conflans et le Nord. Je souris légèrement tout en soutenant son regard quand il me fit remarquer que j'étais plutôt directe.

- On m'en fait parfois le reproche, certaines personnes n'aiment guère la franchise et les paroles directes...

Je continuai de sourire pour atténuer le sens de mes paroles, je n'insinuai nullement que Beron m'avait fait un reproche, mais peut-être que lui le comprendrait ainsi.

Quand j'abordai le sujet de Port-Réal, j'obtins un réponse assez singulière. Un mythe? Je haussai légèrement les sourcils, mais je me rendis compte qu'il n'avait pas vraiment tort. Port-Réal semblait lointaine par son manque de présence dans les conflits qui éclataient en Westeros. Il se pencha vers moi, cassant la distance qui nous séparait. Reurik se fit plus attentif. J'acquiesçai aux paroles du sieur Loup tout en l'écoutant. Il me demanda mon ressenti avant de me proposer de visiter Winterfell.

- Je ne connais pas du tout votre forteresse, ce serait avec plaisir d'en découvrir les secrets. J'acceptai sa main et me laissai conduire. Je me demandai s'il me montrerait également leur barral. Je ne pus m'empêcher de rire légèrement quand il mentionna le fait qu'il s'était attendu à un homme et non une femme. Ne vous en faites guère, je m’accommoderai parfaitement de la chambre que vous avez mis à ma disposition. Et si je juge nécessaire de changer quelque chose je vous le ferai savoir.

Je conversai sur un ton mêlant sérieux et légèreté, un mélange qui pouvait déstabiliser. Mais Beron Stark ne semblait pas homme à se laisser déconcerter aussi facilement. Reurik nous emboîta le pas, je lui adressai un signe de tête pour lui signifier que tout allait bien. Mon garde du corps adopta une allure lui permettant de rester à distance acceptable tout en nous laissant un semblant d'intimité. J'en profitai pour observer tout ce qui se présentait à mes yeux et me rendis compte que Beron tenait toujours ma main pour me guider. Cela ne me dérangeait pas et s'il souhaitait me rendre ma main je m'en accommoderai parfaitement. Je revins sur le sujet de Port-Réal.

- Votre analyse de la situation vis-à-vis des Targaryens est loin d'être fausse. Le peu de renforts qu'ils daignent nous fournir ne sont pas suffisant pour mettre un terme définitif aux agissements des fer-nés, ce qui nous oblige à former des alliances pour pourvoir à la sécurité de nos gens. Pour eux, les seuls vers qui se tourner sont les suzerains, des hommes et des femmes bien plus proches du peuple que la famille royale. Comme vous le faites si bien remarquer, nous faisons comme bon nous semble dans la mesure de nos moyens, et dans le respect des lois bien entendu ajoutai-je tout de même.

Je constatai au fil de la conversation que, même si le Nord n'était pas dépourvu en terme de terres et d'hommes, peut-être lui serait-il profitable d'obtenir une alliance politique. Je me fis la réflexion que Beron ne serait pas stupide au point de se voir fermer l'accès au sud, accès que nous autres Riverains contrôlions. La dernière question de mon hôte montra qu'il était intéressé.

- Et vous messire Beron, quelles alliances recherchez-vous ? Je laissai planer quelques instants de silence avant de poursuivre. Je peux proposer certaines ouvertures, mais je ne puis sceller des accords définitifs. Vous comprendrez que lady Charissa et lord Edwyn souhaitent pouvoir discuter des modalités directement avec vous... Si vous êtes intéressé bien entendu. Je lui lançai un regard en coin pour jauger ses réactions.

- Diplomatie, commerce voire alliance militaire, telles sont les propositions qui peuvent être abordées et discutées. Certes, j'avais dis précédemment ne pas venir pour une coalition, mais cela reste toujours une option envisageable.

Je me demandai s'il savait que mon père avait été nommé à la tête des armées du Conflans. Le réseau de renseignements nordien était-il performant ? D'autant que les rares navires riverains étaient détenus par ma famille. En tout cas je ne pouvais user de l'argument d'une alliance maritale entre Tully et Stark, cela était bien au-delà de mes attributions du moment, même si Charissa avait deux filles à marier, elles étaient un peu jeune par rapport à Beron. D'ailleurs, cela me faisait penser....

- Sans vouloir être indiscrète messire, comment se fait-il qu'un homme de votre trempe soit encore célibataire ?

Répondrait-il ou me rembarrerait-il ? Il en avait tout les droits, je le connaissais à peine et je venais d'aborder un sujet somme toute très personnel. Pourtant, même si Winterfell était un peu éloignée du reste de Westeros, celle qui deviendrait lady Stark aurait tout de même un certain poids dans la balance politique. Beron devait avoir reçu de nombreuses propositions, le contraire serait étonnant. Un suzerain ne pouvait rester longtemps célibataire...



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Message Lun 4 Juin 2012 - 15:07

« On m'en fait parfois le reproche, certaines personnes n'aiment guère la franchise et les paroles directes... »

Beron sourit lorsque la Mallister évoqua sa franchise et sa façon singulière de dire les choses telles qu’elles étaient... A bien des égards elle lui rappelait le jeune héritier qu’il avait été et que son père sermonnait à longueur de temps pour qu’il prenne l’habitude de mettre de côté ce qu’il considérait comme une tare difficilement compatible avec la gestion d’un fief aussi puissant que celui de la Maison Stark... ‘Il faudra bien que tu t’y fasses’ lui grommelait-il à l’envi. ‘Tout n’est qu’hypocrisie et non-dits en matière de politique ! Un jeu terrible, ingrat, mais nécessaire... Tu le comprendras, plus tard !’ Les deux jeunes gens semblaient, à l’évidence, avoir grandi dans le même genre de cadre familial. Un père puissant seigneur, reconnu et respecté de tous et dont les principes, certes rigides et austères, n’en demeuraient pas moins d’évidents atouts majeurs dans l’autorité et le crédit dont ils avaient joui ou jouissaient encore...
Lady Rivanon venait d’avouer ne pas connaître la forteresse familiale Stark et se fut donc tout naturellement que les deux nobles entreprirent de quitter le petit salon douillet pour poursuivre leur conversation tout en cheminant là où le Loup jugerait bon de la mener. Elle ne risquait rien auprès de lui... et son garde du corps austère et silencieux semblait se faire fort d’y veiller personnellement. Ils marchèrent ainsi quelques instants, évoquant les fer-nés et leurs attaques sauvages, Port-Réal et son éloignement, jusqu’au moment où la jeune femme et Beron parvinrent sur l’un des grands et larges balcons qui enserraient une des courtines principales au milieu desquelles trônait le Grand Donjon. Depuis leur perchoir, ils pouvaient contempler, s’étendant sous leurs yeux, la longue aire d’entraînement au fond de laquelle étaient alignées l’armurerie principale et les écuries seigneuriales... Derrière l’enfilade créée par les deux imposants bâtiments, s’élevaient la Tour du Beffroi dont le profil austère et inquiétant découpait le matin clair par la rigueur de ses traits.

« Et vous messire Beron, quelles alliances recherchez-vous ? »

La soudaineté de la question fit brusquement remarquer à Beron qu’il ne lui avait toujours pas lâché la main. Ce qu’il s’empressa dès lors de faire, s’empourprant intérieurement et priant pour qu’elle ne remarque pas la chose...

« Je peux proposer certaines ouvertures, mais je ne puis sceller des accords définitifs. Vous comprendrez que lady Charissa et lord Edwyn souhaitent pouvoir discuter des modalités directement avec vous... Si vous êtes intéressé bien entendu. »

Alliances, elle parlait d’alliances ! Voilà qui intéressait grandement Lord Stark bien qu’il affectât de n’en être point avide. Certes la Maison Stark était très ancienne, riche et respectée mais l’expérience de ses quatorze années de gouvernance à la tête de la famille et des possessions Stark lui interdisait de négliger la moindre alliance que ce fût. Et celle qu’évoquait la jolie lady n’était justement pas la moindre de celle qu’il aurait pu escompter... Sans compromettre qui que ce soit dans quoi que ce soit, Lady Mallister évoquait cependant l’hypothèse d’un rapprochement Stark-Tully dont il semblait ressortir que ni l’une ni l’autre des deux familles suzeraine ne saurait pouvoir se passer. Aussi, le Seigneur Loup s’empressa-t-il d’affirmer son point de vue sur la question.

- Comme je vous le disais, ma dame, toute alliance éventuelle, et qu’elle qu’en soient les modalités, mérite d’être étudiée avec soin ! La relative apathie dont fait de plus en plus souvent preuve la Maison Targaryenne suffit à elle seule à en témoigner l’utilité ! Comme nous l’évoquions tout à l’heure, il est des époques où se débrouiller par soi-même constitue la seule alternative valable... Et si en ces temps, une main tendue affectée des mêmes tracas que les vôtres manifeste une possibilité de rapprochement quelconque, il serait des plus stupides de ne rien faire pour la saisir !

La jeune femme lui adressa un regard entendu qui semblait bien manifester qu’elle songeait de même... N’était-ce là qu’une impression ? Beron en doutait fort, ne fut-ce que par les intérêts communs et réciproques qu’une alliance éventuelle créerait pour le Conflans comme pour le Nord... Et il commençait également à penser que la jolie blonde dépêchée par Lady Tully était réellement sur la même longueur d’onde que lui...

« Diplomatie, commerce voire alliance militaire, telles sont les propositions qui peuvent être abordées et discutées. Certes, j'avais dis précédemment ne pas venir pour une coalition, mais cela reste toujours une option envisageable. »

- Quelle qu’elle soit, je pense que par les temps que nous connaissons par ici comme par chez vous, une alliance ne peut être que bénéfique...

Sous ses yeux, au loin, sur l’aire d’entraînement, des hommes s’opposaient à l’épée. Quelques un des membres de sa Garde Grise s’employaient de même alors que l’un d’entre eux, Aaron Ryswell, venait de surgir derrière eux, au loin, à l’autre bout des immenses terrasses de la citadelle. Le fracas des lames d’acier se dévorant ne leur parvenait qu’à demi étouffé par la distance. Là-bas, la blonde Deana Lideuil, celle-là même qui avait brutalement fait vaciller son cœur quelques instants dans les Montagnes du Nord, ferraillait contre le géant Leigh Tallhart sans que celui-ci ne paraisse guère s’émouvoir un instant de la voir s’acharner furieusement sur l’énorme lame de bois qu’il opposait à ses assauts féroces. *Et pourtant, cela ne peut être elle !* songea-t-il un instant... Même s’il avait senti son cœur s’empresser subitement dans sa poitrine ce soir-là à Loupdeuil, il était impensable qu’il tente un jour de lui avouer ce qu’il avait ressenti à cet instant... Elle avait fait vœux de le protéger et c’était incompatible avec quoi que ce soit d’autre... fussent-ils tous deux secoués par les mêmes sentiments l’un envers l’autre...

Encore une fois, la prise de parole soudaine de la jeune Mallister prit Lord Stark de court. Encore une fois il semblait que les deux jeunes gens pouvaient lire l’un dans l’autre... Il pensait à Deana et lady Rivanon l’interrogeait sur l’épineuse question de son célibat...

« Sans vouloir être indiscrète messire, comment se fait-il qu'un homme de votre trempe soit encore célibataire ? »

*Wow, elle n’y va décidément pas par quatre chemins !* Indiscrète, pour le coup, la jolie blonde l’était férocement ! Elle ne voulait peut-être pas l’être mais elle ne s’en montrait pas moins fureteuse ! Il se trouvait que la question du célibat de Beron, après n’avoir jamais était plus qu’un simple sujet de blagues lourdingues de la part de ses amis, commençait justement à devenir un sujet très sérieux dans la bouche de ses frères et sœurs... Et même mestre Prysas redoublait de malice pour ce qui était d’évoquer de plus en plus fréquemment la chose avec son jeune loup de seigneur et maître... Le Stark avait eu beau décréter ne voir aucune utilité à évoquer le sujet, il n’en demeurait pas moins que ce qui avait toujours été facile pour lui en matière de conquête féminine, commençaient à sérieusement se corser ! En tant que jeune et relativement beau lord suzerain, il n’était pas une putain du Nord qui n’avait ambitionné un instant d’offrir ses charmes au Seigneur Loup... dans l’espoir, certainement d’en concevoir un chanceux et juteux bâtard... Mais si Beron s’était, de longues années durant, amusé de la facilité avec laquelle elles étaient toutes prêtes à s’offrir à lui, s’était autant parce qu’il n’accordait aucune importance aux sujets de l’Amour véritable, que parce qu’il était suffisamment riche pour se savoir capable de fournir ce qu’il faudrait de Thé de Lune à la moindre donzelle ayant fréquenté sa couche.
A présent, tout était cependant différent. Il sentait bien que les gens commençaient à trouver intrigant voire inquiétant le fait que, frôlant la trentaine, il n’avait pas encore pris épouse…
Le fait était qu’il se trouvait depuis quelques temps dans un embarras total… Il savait, et mestre Prysas était là pour le lui rappeler très régulièrement, qu’en matière d’épousailles, seul importait l’intérêt de la Maison Stark. Or, comme tout homme normalement constitué, il avait besoin de se trouver une femme désirable, belle et intelligente… Et il fallait bien reconnaître que les jeunes femmes de cet acabit ET de naissance suffisamment intéressante pour que la maisonnée y trouve son compte, ne couraient pas les rues ! En tous cas pas celles du Nord ! Alors qu’il lui apparaissait de plus en pus évident qu’il faudrait qu’il se tourne vers l’extérieur pour trouver la perle rare, il se trouvait maintenant bien embêté puisqu’il lui semblait que des sentiments étaient en train de naître en lui, pour la blonde Lideuil qui vouait sa vie à protéger la sienne…
Pour autant il avait bien conscience que s’éprendre de la jolie blonde de la Garde Grise n’était en aucun cas un gain quelconque pour la maisonnée Stark… Les Lideuil étaient, certes, des vassaux modèles et fiables, il n’en demeurait pas moins qu’une éventuelle union entre Deana et Beron ne rapporterait strictement rien à Winterfell. Et même au contraire, cela pourrait au surplus contribuer à créer des tensions vis-à-vis des autres Maisons importantes de Westeros qui pourraient légitimement se demander pourquoi les Stark privilégiaient un clan du Nord à une famille plus importante…

Aussi, tout en essayant de cacher le fait que ce sujet, pourtant manifestement très important, le mettait dans un certain embarras, il tenta de répondre sur le ton de la plaisanterie afin de ne pas être démasqué…

- Oh, je ne sais pas de quelle trempe je peux bien me prévaloir mais si une chose est sûre, c’est que ce n’est pas de celle de l’Amour simple et limpide… Il lui sourit malicieusement avant de reprendre. – Voyez-vous, ce n’est pas tous les jours qu’une jolie jeune femme comme vous, intelligente et en âge d’être mariée se présente à Winterfell ! On ne passe pas dans le Nord par hasard, vous savez !? Vous-même n’y venez qu’à la demande expresse de votre suzeraine… Afin d’éviter qu’elle ne se méprenne à cause de sa boutade, il reprit rapidement son sérieux. – Il n’est pas évident de rencontrer une personne qui vous convienne et qui convienne aussi parfaitement aux intérêts de votre Famille ! Il est évident que ce n’est pas en restant cloitré dans mon Nord que je trouverais le plus facilement du monde une lady à qui me lier mais la gestion du fief et de la cité sont si prenants…

Il lui fallait absolument se sortir de cette mauvaise passe. Aussi, prit-il le parti délibéré de retourner le sujet tant redouté vers celle qui avait amené cela su le tapis…

- Et vous-même, êtes-vous déjà promise à quelqu’un ? On dit que votre père a récemment été nommé à la tête des Armées du Conflans… Je connais la valeur de Lord Robert et loin de moi l’idée d’émettre une quelconque réserve sur l’origine de cette nomination mais… serait-il permis de penser que la main de sa fille ferait partie d’une entente liée à tout cela ? Il espérait qu’elle ne s’offusquerait pas trop de la question mais le sujet de l’union le mettait tellement mal à l’aise, qu’il aurait tout fait pour que ce soit elle qui l’évoque désormais et non plus lui…
Après tout, lady Rivanon était on ne pouvait plus gracieuse et intelligente, il était très probable qu’elle aussi se soit trouvée confrontée, un jour ou l’autre à la situation à laquelle il se heurtait désormais…
- Ne vous est-il jamais arrivé de vous voir proposer un mariage très intéressant pour votre famille mais pour lequel vous n’étiez pas vraiment si enthousiaste ? Lui c’était fréquent mais il était lord et pouvait décider ce qu’il voulait. Alors qu’elle…
Le sujet du mariage n’était plus aussi difficile à aborder, remarqua-t-il soudain, maintenant qu’il n’était plus le point central de la discussion… Il préférait que ce soit elle. Ce n’était pas très galant, mais une jeune femme aussi intelligente qu’elle saurait peut-être bien mieux que lui se dépêtrer de tout cela ! En serait-elle capable ? Il se surprit à espérer qu’elle n’était justement pas promise à qui que ce soit…
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Message Dim 10 Juin 2012 - 19:37

Le jeune seigneur nous conduisit jusqu'à un balcon qui donnait sur la lice d'entraînement et les écuries seigneuriales. Je pus également contempler la tour du Beffroi, sa silhouette dégageait force et austérité, cependant la clarté du jour ne pouvait cacher l'impression de malaise qui s'associait au bâtiment. Ce préambule de balade me conforta dans mon opinion concernant la forteresse de Winterfell, elle était à l'image de la contrée qu'elle représentait. Beron avait fini par lâcher ma main que je posai sur la margelle, j'avais plutôt apprécié le contact mais gardai cette pensée pour moi. Tandis que j'observais tout ce qui se présentait à mes yeux je sentis la présence de Loth, je le vis voler au-dessus de la cour pour se poser sur une margelle quelques mètres de nous. Le corbeau m'avait suivi pendant mon voyage, comme Wolf mais ce dernier était resté avec mes gardes. Je ne voulais pas imposer leur présence de suite à mon hôte. Je me demandais où se trouvait leur bois sacré, il me semblait percevoir la présence de leur barral, à moins que je ne me faisais des illusions. Ces dons avaient parfois le chic pour me déstabiliser.

Je reportai mon attention sur Beron, je venais de le questionner concernant ses attentes, bien qu'en définitive, je me trouvais dans la position de la solliciteuse. Il était ouvert à toute proposition et trouvait une alliance fort judicieuse par les temps qui couraient. Si Beron devenait l'allié du Conflans cela ôterait une forte incertitude pour le jeune Edwyn. Je pris quelques instants pour réunir toutes les informations en ma possession concernant le Nord.

- Le Nord ne semble pas avoir trop souffert de la sécheresse... Du moins du peu que j'ai vu de votre région en venant à Winterfell. Je présume que vous devez survenir à vos besoins sans être dépendant du commerce extérieur. Vous possédez un accès maritime important avec Blancport, donc vous n'avez nul besoin de ce côté. Par contre, un accès terrestre facilité pourrait vous être favorable, car les Jumeaux garde la route du Sud.

Je lui lançai un regard quelques peu interrogatif. Je venais de lui faire part de ma vision économique de son fief et d'une possibilité que pourrait lui offrir le fait de devenir notre allié. Néanmoins je ne pouvais lui assurer qu'il obtiendrait ce passe-droit. Serait-il d'accord avec mon analyse ? Ou bien me manquait-il des éléments pour avoir une vision globale et juste de la situation ?

- C'est une possibilité, mais si cela vous intéresse il faudra en discuter avec lord Frey et votre statut d'allié pourrait faire peser la balance en votre faveur.

Ryman était un ami d'enfance, je savais qu'il pouvait se montrer conciliant avec certaines personnes quant à la taxe de passage. J'avais pensé à ce facteur sur la route, je savais que j'avançais dans l'inconnu en formulant cette proposition, bien que je ne lui avais rien promis sur ce point. Beron comprendrait les subtilités, il me semblait un homme perspicace sachant étudier les opportunités qui se présentait à lui.

- Concernant la diplomatie, il est toujours préférable d'avoir de bonnes relations avec la seule région qui se trouve entre le Sud et vous. Je parlais d'un ton calme, je ne voulais pas lui donner l'impression de le mettre devant le fait accompli, ou de lui poser le couteau sous la gorge. En fait, je voulais qu'il se figure avoir besoin de nous plutôt que l'inverse. Mais étant donné que lady Charissa et vous partagez des liens familiaux, cela ne rend la chose que plus facile. Quant à la dimension militaire... Il me semble que vous ne possédez pas beaucoup de navires sur la côte ouest, n'est ce pas ?

Je doutais que Beron ait mise en place un système de patrouille maritime face aux fer-nés mais je me trompais peut-être, autant en savoir plus sur le sujet avant de poursuivre.

- De quelle force disposez-vous pour contrer les fer-nés ?

Une fois les données en ma possession je pourrai formuler une proposition, d'autant que la majeure partie de la force navale du Conflans appartenait à ma famille. Je souris devant l'embarras que sembla susciter ma question sur son célibat, pourtant il répondit avec humour et me retourna la question. Et quand il mentionna l'hypothèse que la nomination de mon père pouvait être liée à un mariage potentiel de ma personne je ne pus retenir un rire. Rire repris par Loth qui s'était approché de nous. Le corbeau semblait s'amuser du retournement de situation et je le fusillai du regard en retour. Je souris aux compliments de Beron avant de lui répondre.

- Non messire, l'avancement de mon père n'est point lié à une potentielle union. Donc je ne suis promise à personne pour l'instant. Réponse de ma part et qui pouvait ouvrir une nouvelle dimension à cette rencontre remarquai-je. Pourtant je ne me faisais guère d'illusion, je doutai qu'un seigneur suzerain soit intéressé par une maison majeure, il devait avoir de plus intéressantes propositions. Des mariages me furent proposés mais il se trouve que j'ai une certaine vision sur ce sujet. Je n'aime guère être un pion sur l'échiquier des alliances maritales. J'ai déjà refusé des mariages prometteurs pour ma famille, mais je doute que mon père tolère encore longtemps mon attitude...

Il m'avait donné pour limite mes vingt-cinq ans, âge que je ne tarderai pas à atteindre. Pour l'instant il s'intéressait à mon frère et à mes autres sœurs plus dociles concernant le dit sujet.

- Il est difficile de concilier amour et intérêt,comme vous le soulignez parfaitement. Les deux sont rarement compatibles quand on décide pour vous de ce qui est bon ou non.

Je soutins le regard de Beron quelques instants avant de laisser mon attention se porter sur la cour. Trouver un bon parti et avoir également des sentiments étaient difficiles à concilier. Néanmoins, beaucoup de couples nobles développaient leurs sentiments au fil des années. Serait-ce mon cas ? Je n'en savais strictement rien. J'aperçus Deana et me souvins des confidences qu'elle avait partagé avec moi. Beron était-il sensible à l'affection que lui portait sa garde ? Quand bien même cela se révélait réciproque, une union entre les deux jeunes gens n'apporterait rien à la maison Stark. Je reportai mon attention sur mon interlocuteur.

- Pourtant vous devez avoir de nombreuses sollicitations, même de l'extérieur, non ?

De nouveau, je m'aventurai dans le jardin privé de mon hôte. Je faisais fort dès la première journée... A peine je venais de faire sa connaissance que je me permettais beaucoup de choses. En tout cas, pour l'instant il ne s'offusquait pas de ma démarche. J'espérais que je ne franchirai pas la limite du convenable bien que... Peut-être l'avais-je déjà fait....



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Message Mer 13 Juin 2012 - 7:46

Le froid début de matinée s’estompait peu à peu dans la douce chaleur d’un soleil aux rayons réconfortants. Le jour prélassait maintenant ses contorsions changeantes sur les murailles de Winterfell. Alors que la nuit avait vu se déverser une pluie tenace et régulière sur Winterfell, trempant les hommes de garde et douchant leur moral, l’arrivée du petit matin accompagné d’un soleil timide avait fait cesser les intempéries. La seule constante restait encore et toujours ce froid glacial qui, bien qu’encore automnal, laissait présager un hiver rude et blanc. L’horizon se dégageait peu à peu mais chacun espérait que l’accalmie dure un peu. Il en allait ainsi dans le Nord en cette période de l’année. Les averses et les premières neiges se succédant en de longs épisodes de froid humide seulement entrecoupés, de temps à autre par de pâles éclaircies passagères.
C’était actuellement le cas. Le Nord avait-il quelque intérêt à se présenter ainsi et sous meilleur jour à Lady Mallister ? On pouvait le croire. Et Beron s’en félicita. Il espérait vivement que la jeune femme se plairait dans le nord. Il n’était certes prévu qu’elle reste que quelques jours à Winterfell mais le Stark voulait qu’elle garde de son séjour le souvenir le moins froid et le plus accueillant possible. Il n’était que trop conscient des inconvénients que recélaient ses belles Terres du Nord, son pays de naissance et de cœur… Mais toute inhospitalière et froide qu’elle pouvait l’être au premier abord, la région dont il avait la suzeraineté savait se révéler accueillante, chaleureuse et aimante pour celui qui voulait bien se donnait la peine de chercher à la connaître.

La jolie lady Rivanon observa quelques instants le panorama qu’offrait à ses yeux bleus la forteresse du Sombre Loup. Beron la couva du regard et se garda bien de dire quoi que ce soit pour ne pas perturber cet instant. Il espérait qu’elle trouve en la cité ce qu’il aimait y trouver lui, lorsqu’il la contemplait, du haut du Grand Donjon… La main de la jeune femme était délicatement posée sur le rebord de la terrasse. Elle sembla soudain frissonner.

- Si vous avez froid nous pouvons rentrer, proposa-t-il. Elle observait un corbeau tournoyer au-dessus d’eux avant de venir se poser sur la terrasse, à proximité. Fidèle à la mission qui l’avait conduite jusqu’ici, la jeune femme ne releva pas immédiatement la proposition. Elle était, somme toute, assez grande pour exprimer un quelconque besoin et son statut de noble dame élevée dans la toute puissance d’une Maison d’importance n’était qu’un élément supplémentaire à l’expression directe et sans fard de tout besoin éventuel.
Ainsi se concentra-t-elle plutôt sur la conversation d’importance qu’ils étaient en train de développer. Elle fit remarquer que le seul accès terrestre d’importance vers le sud dont pouvait se targuer le Nord demeurait les Jumeaux et qu’une alliance éventuelle avec le Conflans ne pourrait qu’être bénéfique pour le Nord, notamment sur ce point-là.
Elle était pertinente. Comment se pouvait-il qu’une jeune femme aussi jolie que pertinente et avisée ne se trouve pas encore attachée à un seigneur et maître d’importance et de renom !? Son analyse était concise et adéquate à la situation particulière du territoire nordien et il semblait évident qu’elle venait instruite et avertie des spécificités de son voisin du Nord.
Lorsqu’elle évoqua lord Frey, l’intérêt du Loup s’aiguisa instantanément. Le Stark n’avait que trop conscience de la nécessité de conserver et confirmer de bonnes relations avec lui. On disait le tout jeune lord Ryman fier et désireux de faire valoir sa compétence à la tête de sa maisonnée. Il était de notoriété publique que certains de ses frères avaient tendance à jalouser un peu la position de leur aîné et que le Seigneur du Pont était obligé de faire preuve d’une grande fermeté envers chacun afin que tous sachent réellement de quel bois il se targuait d’être fait. *Il est mon semblable* pensa Beron. *La jalousie de la fratrie en moins !* Souvent décrit comme dur, froid et austère, ce qu’il ne niait pas entièrement être, le Sombre Loup voyait en ce nouveau lord d’importance, une image comparable à la sienne lorsqu’à la mort subite de Père, le trône de Winterfell lui avait échu. Lady Rivanon connaissait-elle ce lord Ryman ? Tout frais lord qu’il était, peut-être pas. Mais le Stark considéra cependant que tel devait être le cas. Il tenait désormais lady Mallister pour une jeune femme intelligente et avisée et doutait fortement qu’elle ose évoquer le lord du Pont sans le connaître suffisamment. En tous les cas, renseignée comme elle l’était sur le nord, il était peu probable que le jeune femme ne connaisse pas très bien le jeune Frey, tout nouveau lord qu’il était.

Elle conversait calmement, apparemment sûre de ce dont elle parlait.

« Concernant la diplomatie, il est toujours préférable d'avoir de bonnes relations avec la seule région qui se trouve entre le Sud et vous. »

Le Seigneur Loup ne pouvait qu’approuver.

« Mais étant donné que lady Charissa et vous partagez des liens familiaux, cela ne rend la chose que plus facile. Quant à la dimension militaire... Il me semble que vous ne possédez pas beaucoup de navires sur la côte ouest, n'est ce pas ? »

Décidément, la jeune lady ne concédait rien. Quelque soit le sujet qu’elle entreprenait d’évoquer, elle ne parlait qu’armée de certitudes ou de fortes convictions.

- La seule flotte veritable dont saurait se targuer le nord, n’est, Blancport mise à part, effectivement constituée que de barques de pêche et autres coquilles de noix ! lui concéda le Stark. Il tourna vers elle un regard tout de confirmation et de bienveillance mêlées. Elle se savait maîtresse d’un atout dont ne bénéficiait pas le Nord et il semblait évident qu’elle réfléchissait à l’éventualité d’un partage des ressources, tant économiques que militaires, dès lors qu’une alliance solide serait tissée… Cela semblait devoir se confirmer lorsqu’elle interrogea le Loup sur les forces dont il disposait pour préserver ses terres des fer-nés. – Comme je vous l’ai dit, le nord ne dispose que de trop peu de navires. La presque totalité d’entre eux est ancrée à Blancport mais la ville est tournée vers le Détroit, et non les Îles de Fer... Vous noterez que c’est bien pour cette raison et pour elle seule que la Cité des Manderly a prospéré ! Après la destruction de la flotte nordienne dans le feu de démence et de rage de Brandon l’Incendiaire, le Nord n’avait en effet jamais souhaité rebâtir une flotte digne de ce nom et il n’y avait guère que Blancport pour garder quelques galères en ses quais alors que la majorité de la rade pullulait de bateaux marchands.
Après que la conversation eut dérivé sur un terrain bien plus personnel et que le Stark eut fait montre de toute son habileté afin de retourner la question à lady Mallister, la jeune femme sourit au Loup alors que celui-ci évoquait la question d’un éventuel mariage promis à la blonde. Devant l’indiscrétion de lady Rivanon, Beron avait usé d’un brin de distance et de beaucoup d’astuce pour écarter la question de sa situation personnelle sans que l’envoyée du Conflans ne s’offense du retournement de question. Le Stark passait généralement pour un jeune lord froid et boursouflé d’honneur et de rudesse et cela l’aidait bien souvent dans la gestion de son fief. Là, pourtant, la donne était bien différente. La rencontre et la réception de la jeune mandatée du Conflans étaient d’une importance considérable et il n’était que peu de entrevue politique porteuse d’enjeux aussi forts. Il fallait bien jouer le jeu au mieux et mettre tous les atouts de son côté afin que les négociations soient scellées du sceau de la réussite. Après tout, que perdrait-il à se forcer à s’ouvrir un peu et à se montrer le plus agréable possible ? C’était bien ainsi que se nouaient les accords politiques ?
Le Conflans semblait avoir admirablement mené sa barque en délégant la responsabilité de la rencontre avec le Stark à une jeune femme aussi belle qu’efficace... Tout le monde savait bien que la beauté et la fraîcheur de la lady ne seraient jamais que des atouts dans la balance ! Un émissaire convaincant et solide, oui. Assurément. Mais si celui-ci était capable d’emporter une décision, de forcer un accord sur un simple battement de cils, voilà qui était d’autant mieux joué !
Le Sombre Loup se rembrunit à cette seule pensée. La jeune lady avait tout ce qu’il fallait d’aimable et de courtois. Mais après tout, bien naïf était celui qui pouvait être certain qu’elle ne l’aurait pas été avec n’importe qui d’autre ! Il l’observa répondre avec tout le charme et la simplicité qu’elle déployait depuis maintenant quelques heures qu’elle était là. Se pouvait-il réellement qu’elle fût à la fois extrêmement habile politiquement et véritable sincère dans son discours ? Il lui semblait que tous deux s’entendaient bien et ne se forçaient en rien pour converser avec spontanéité et honnêteté. Se pouvait-il qu’elle ne joue là qu’un simple jeu ? Une simple mission ? Il savait bien qu’elle était là pour conforter les intérêts du Conflans, mais il s’était plu à croire qu’était rapidement né entre eux un respect mutuel et même, sur certains points, une complicité réelle confortée par leur proximité générationnelle. Avait-elle, elle-même souffert comme lui d’un manque de reconnaissance dû à son jeune âge et en vertu du rôle social d’importance qui était le sien ? Il pensait que cela pouvait peut-être être le cas. A ce détail près qu’elle était une femme, et qu’une femme subissait encore plus la perplexité de ses homologues masculins et avait bien souvent besoin de faire doublement ses preuves avant d’être reconnue pour ce qu’elle valait vraiment. L’exemple de Deana ne le lui rappelait que bien trop souvent. Même acceptée au rang d’homme d’armes et promue dans la Garde Grise du Stark, la Lideuil semblait devoir éternellement faire ses preuves face aux hommes. Quels qu’ils soient. Et le moins que pouvait dire était que la jeune blonde des montagnes du nord mettait là-dedans toute la hargne et la fougue qu’elle avait en elle. Aux douloureux détriments de ceux qui, justement, osaient douter encore de ses capacités...

« Non messire, l'avancement de mon père n'est point lié à une potentielle union. Donc je ne suis promise à personne pour l'instant. » La réponse de la Mallister vint tirer le Stark de ses multiples questionnements intérieurs.

« Des mariages me furent proposés mais il se trouve que j'ai une certaine vision sur ce sujet. Je n'aime guère être un pion sur l'échiquier des alliances maritales. J'ai déjà refusé des mariages prometteurs pour ma famille, mais je doute que mon père tolère encore longtemps mon attitude... »

Il sourit à la jeune femme. Il aurait aimé profiter de l’occasion pour tenter de la prendre au dépourvu et de lui asséner un ‘Eh, bien, avec un caractère comme le vôtre, je me garderais bien de jamais rien proposer à votre seigneur et maître de père ! Je tiens trop à ne me jamais voir opposer pareille rebuffade’ mais s’en abstint rigoureusement. Toute plaisanterie connaissait ses limites et son honneur et sa raideur de Stark ne l’empêchaient que trop de se comporter de la sorte. Il préféra se raidir un peu plus et tenter de garder à l’esprit que le joli minois avec lequel il conversait était avant tout un ambassadeur compétent et qu’en tant que tel, les semblances de connivences et de complicité qu’il croyait déceler entre eux n’étaient après tout peut-être que feintes...
La jeune femme reconnut à son tour qu’il était bien difficile de concilier amour et intérêt. Beron s’était montré effectivement très clair sur cette question, avançant sans fard son avis sur le sujet. Lui-même n’avait jamais trouvé que bien peu d’amour dans tous les intérêts qu’il défendait quotidiennement investi de sa charge de suzerain du Nord. Et lorsque parfois, il trouvait un intérêt à l’amour, s’était pour l’amour de la terre, du sang et de l’honneur. Il ne pouvait certes nier avoir jamais trouvé de l’intérêt dans l’amour de la chair, mais celui-ci s’était pour l’instant uniquement cantonné à d’épisodiques nuits d’abandons durant lesquelles il avait plongé sa chair dans celles de quelques voluptueuses ou délicates femmes de bordels qu’il avait faites venir afin de noyer en elles les doutes de sa jeunesse impétueuse.

« Pourtant vous devez avoir de nombreuses sollicitations, même de l'extérieur, non ? » Elle revenait encore une fois à la charge. Beron ne savait pas comment réagir à cette nouvelle manifestation de l’insistance dont il savait désormais la jolie blonde capable. C’était une question personnelle, certes, mais ce n’était pas la question en elle-même qui le dérangeait. Plutôt ce qu’elle cachait. La jeune femme pouvait tout aussi bien chercher à obtenir des informations pour elle-même, satisfaisant ainsi une curiosité toute féminine, ou chercher à rassembler des éléments utiles à sa suzeraine et au Conflans. La deuxième option, tout en ne recélant rien de choquant, aurait le mérite d’agacer Beron. Il venait de faire part à lady Rivanon de la difficulté pour lui de conjuguer intérêt et amour et voilà qu’elle ne cherchait peut-être à récolter que des objets d’intérêt pour sa patrie en faisant fi de ceux du Nord et de son suzerain !
Là encore, il tenta de se persuader qu’il était décidément trop froid et austère, et que la jeune femme n’était peut-être après tout que curieuse. Peut-être était-ce sa façon à elle de mêler obligations personnelles (enjeux politiques, intérêts du Conflans,...) et intérêts propres (curiosité, envie de comprendre, ...) ?

Il plongea une nouvelle fois ses yeux gris dans le regard bleu et profond de la jeune femme. Elle soutint son regard un instant mais le soutiendrait-elle encore en répondant à sa question ? Beron essaya de déceler en ses yeux ce qu’ils cacheraient de sincérité comme elle répondrait. – J’en ai effectivement ! concéda-t-il finalement. – Plutôt nombreuses, il est vrai. D’ici et de partout. Je suis jeune et lord suzerain d’une région importante et vaste. Je pense que certains doivent avoir pour ambition de me voir choisir leur fille pour épouse. La courte pause qu’il marqua lui fit remarquer que le vent soufflait à nouveau. – Pourquoi ? Le Conflans aurait-il lui aussi un quelconque intérêt à avoir connaissance de cela ? Ma cousine Charissa Tully et vous mises à part je ne connais que très peu de femme du Conflans... Devrais-je m’attendre à voir se présenter à moi des propositions venant de là-bas ? Au loin, l’entraînement prenait fin sur la lice et les combattants gagnaient un à un l’armurerie pour se débarrasser des encombrantes tenues de combat. Bientôt viendrait l’heure de manger. – Vous parliez des intérêts que le Nord trouverait en réaffirmant une alliance forte avec le Conflans ? Eh bien je vous écoute : qu’est-ce que vous, vos pairs ou votre suzeraine auriez à proposer concrètement et qui serait à même de satisfaire le Nord tout en renforçant vos propres intérêts ?

Il n’y était pas allé par quatre chemins mais il n’avait pas vraiment l’habitude de se plier aux volontés d’autrui. Il avait cru que la blonde et lui avaient su trouver de réels plans de complicité et en faveur de cela avait consenti à se montrer aussi aimable et courtois qu’il savait l’être. Mais des doutes l’avaient soudain étreint, il n’était désormais sûr de rien et entendait reprendre les rênes de la conversation pour ne plus les lâcher. A moins qu’elle ne dise quelque chose qui trahirait ses desseins véritables et serait de nature à rassurer le Sombre Loup sur les raisons réelles de sa venue en même temps que de la sincérité de ses propos et de la gentillesse avec laquelle elle les tenait...

Il savait dure et impitoyable la politique mais espérait toutefois que la bonne entente qu’il avait cru déceler entre eux ne soit pas, pour la jeune femme, qu’une façade destinée à parvenir à ses fins...


Dernière édition par Beron Stark le Mer 20 Juin 2012 - 8:22, édité 2 fois
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Rivanon Mallister
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Message Jeu 14 Juin 2012 - 12:52

Le soleil réchauffait l'atmosphère nordienne, je percevais encore les effluves estivales mais elles faisaient place aux premiers frimas. Ces derniers laissaient présager un hiver à la hauteur de la sécheresse des années précédentes. Je savais que beaucoup de nos concitoyens avaient une opinion négative sur le Nord. Trop froid, trop vaste, trop loin, trop peu peuplée... Et la présence du Mur n'arrangeait rien surtout si on lui ajoutait toutes les légendes qui circulaient sur ce qui vivaient au-delà. Les désavantages prenaient le pas sur les atouts de la région. Je ne savais si cela avait un rapport avec mes dons, mais je ressentais une certaine harmonie avec ces terres septentrionales. Survint tout à coup, une brise glaciale, je frissonnai en dépit de mes habits que j'avais pourtant choisi en fonction du climat particulier de ma destination. Beron me proposa de rentrer mais je déclinai l'offre par un sourire, peut-être plus tard. Et je repris notre conversation.

Mon interlocuteur écouta avec attention mon analyse, me laissant poursuivre sans m'interrompre. J'en déduisis qu'il était intéressé par mes arguments et que mes informations n'étaient pas erronées. En retour j'écoutai les données qu'il me fournit concernant la capacité maritime occidentale du Nord qui se révélait inexistante. Blancport était le point névralgique de la flottille nordienne et j'en déduisis qu'elle devait être constituée d'une majorité de navires marchands. Depuis la destruction de leur flotte, les nordiens n'envisageaient pas de se doter d'une nouvelle, alors que leurs littoraux étaient parmi les plus importants, en terme de surface. Cela relevait d'un choix dans leur politique interne, je n'étais pas là pour la remettre en cause. Je constatai seulement que cela leur avait fait défaut face aux fer-nés.

Quand je revins à la charge concernant l'histoire du mariage, je vis Beron se renfrogner. Mais il sourit également lorsque je répondis par la négative concernant un potentiel mariage me concernant. Finalement Beron avoua avoir de nombreuses sollicitations, mais la suite de ses questions me fit percevoir le doute qui naissait quant à l'innocence de mes interrogations. Je pouvais le comprendre. Qui ne se méfierait point face à l'insistance d'une tierce personne ? Cette méfiance était tout à son honneur, la crédulité n'avait pas sa place en politique. J'étais l'émissaire d'Edwyn Tully, je défendais ses intérêts, je n'étais là pour une simple visite de courtoisie même si cette perspective ne m'aurait nullement dérangée.

- Désolée de m'être montrée si insistante, j'aime à connaître les liens qui unissent mes interlocuteurs avec le reste du monde politique, cela leur donne une autre dimension, déclarai-je avec un sourire contrit. Je ne voulais pas froisser le jeune lord alors que jusqu'à présent la discussion s'était déroulée dans la bonne entente. Simple curiosité de ma part... Cependant je ne pourrai nier que cela puisse intéresser mes suzerains bien que mes questions vous concernant n'étaient pas motivées par des desseins politiques.

Je me montrai sincère dans mes réponses. Parfois c'était préférable au mensonge. Une relation construite sur la base du partage et de la transparence avait généralement plus de chance de perdurer. Je me demandais comment se déroulerait la prise de contact entre Edwyn et Beron, même si je ne doutais pas que Charissa soit la principale interlocutrice de mon hôte. Pourtant, le jeune seigneur riverain laissait entrevoir un esprit vif bien qu'encore immature. IL fera un suzerain avisé. Les questions de Beron étaient directes et précises, il voulait du tangible pour envisager la poursuite des négociations. Je réfléchis quelques instants avant de répondre.

- Très bien, voici ce que le Conflans vous propose ; des facilités commerciales, une entraide diplomatique et une entraide militaire au besoin. Bien entendu, si l'alliance entre les Tully et vous se concrétise, une contrepartie sera attendue de votre part. Les alliances ne sont jamais unilatérales. Je venais de lui confirmer les trois axes que j'avais mentionnés plus tôt dans la conversation tout en lui rappelant que mon suzerain voudra quelques chose en retour. Je ne pouvais lui garantir un appui permanent de notre flotte qui se résumait à bien peu face à celle des Redwyne ou des Lannister. De plus, les Tully pourront intercéder en votre faveur si vous entreprenez des négociations avec lord Ryman, ils ne pourront pas décider à sa place et je doute qu'ils se substituent aux Frey, néanmoins leur avis aura un point certain dans la balance. Et cela vous facilitera grandement l'accès vers le Sud.

Je pourrai toujours glisser quelques mots à Ryman si nécessaire, même si je ne faisais pas intervenir les mêmes rapports de force que les Tully. Il me restait encore une réponse à apporter à ses questions.

- Concernant les mariages, je ne saurai dire si vous recevrez des propositions riveraines mais comme vous le soulignez un époux suzerain éveille bon nombre d'intérêts. Tous y voient une opportunité à saisir, donc cela ne m'étonnerai pas que... Je stoppai, une pensée venait de me traverser l'esprit. L'aînée des Tully était en âge de se marier et une union entre Beron et elle serait un excellent moyen de concrétiser cette alliance. Pour le coût une pointe de jalousie m'habita, pendant quelques instants je m'étais imaginée pouvoir accéder à la tête d'un fief suzerain. Des projets ambitieux et peu probables. Je secouai la tête, chassant tout cela. J'étais venue à Winterfell pour défendre les intérêts de ma région, mes aspirations personnelles n'avaient pas leur place. En fait, je pense que mes suzerains seront agréablement surpris et d'autant plus favorables si vous veniez à considérer un mariage entre Asharra Tully et vous.

Voilà, je venais de faire part de ma dernière carte sur le plan des négociations. D'une certaine manière j'enviai Asharra si Beron la choisissait. Je fronçai légèrement les sourcils, pourquoi donc cette histoire d'union me tenait-elle tant à cœur ? Je devrais plutôt être heureuse de contribuer à l'essor diplomatique du Conflans. Pourtant cela me laissait un goût amer. Non je ne devais pas me laisser glisser sur la pente des conflits d'intérêts. En venant à Winterfell, je n'avais même pas envisager la possibilité de prétendre au trône de l'Hiver, cette idée saugrenue mais également attrayante était apparue au fil de ma discussion avec Beron. Je trouvais presque naturel de me trouver à ses côtés et de converser avec lui. Cette perspective aurait bien plus à mon paternel, voir sa fille si récalcitrante épouser un suzerain, le rêve de tout père, mais d'une certaine manière s'il y avait bien une chose que je souhaitais au jeune loup, que finalement j'appréciais grandement, s'était de parvenir à concilier amour et intérêt avec Asharra ou toute autre personne. Je tâchai de cacher à mon interlocuteur mon trouble intérieur derrière un sourire de façade. Loth croassa comme s'il désapprouvait mon attitude, puis s'envola vers un autre perchoir.

- Que serait prêt à offrir le Nord en contrepartie de nos propositions ?

Autant que je prenne connaissance de ses propres intentions avant de poursuivre plus avant. Une fois que j'aurai toutes les informations en main je pourrai faire mon rapport à Edwyn. Le vent se leva à nouveau et je resserrai les bras contre mon buste. Je jetai un dernier regard vers la cour avant de reporter mon attention sur Beron.

- Finalement, rentrer ne me déplairait pas...

Je souris de nouveau, retrouvant une certaine légèreté après le sérieux de notre échange. Mon estomac se manifesta, me signalant que l'heure du repas devait approcher.

- Winterfell possède un bois sacré, me sera-t-il possible de le voir ? demandai-je en changeant de sujet. Parler tout le temps de politique pouvait être fatigant au bout d'un moment, même si cela ne me dérangeait pas en soit, alors autant varier les thèmes.

Reurik nous suivit tandis que nous retournions à l'intérieur. Le passage de la clarté du jour à l'obscurité de la forteresse me laissa dans le noir le temps que mes yeux s'accoutument à ce changement. Je calquais mon pas su celui de Beron ne sachant pas où il comptait me mener. Sa demeure était grande et il devait être facile de se perdre la première fois.



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Message Mer 20 Juin 2012 - 6:15

Le soleil matinal persistait, tout au long de sa course zénithale, à jouer avec les nuages et le vent automnal. La lice avait été désertée et jusque sur les remparts mêmes, il semblait que l’activité et la présence s’étaient amoindries. De ci, de là, déambulaient encore, éparses et indolentes, les sentinelles de garde. Les oiseaux avaient investi les cieux, mettant à profit les quelques heures de répit offertes par ce début de journée sereine et isolée dans une succession de longs et abrutissants épisodes pluvieux.
Le Stark lui-même n’aurait pu espérer journée si bienveillante à l’égard de l’hôte qu’il recevait ce jour-là. Il se réjouissait que la météo se soit montrée si clémente et aspirait à ce que cette douceur nouvelle mais précaire dure le plus longtemps possible afin que lady Mallister ne garde pas un trop mauvais souvenir de son séjour dans le nord. Pour l’heure la jeune femme ne semblait pas se déplaire à Winterfell et même si cela ne faisait finalement que peu de temps qu’elle était arrivée en les murs de la grande forteresse de granit, Beron se plaisait à croire qu’elle pourrait y séjourner bien plus longtemps sans que la lassitude ne l’assaille trop rapidement. Il savait sa cité vaste et riche en atouts mais n’ignorait pas qu’il fallait profiter de la douceur ponctuelle pour faire apprécier à la jeune femme tout ce qui était à l’extérieur et garder pour une découverte ultérieure et un éventuel retour des ondées, les singularités intérieures de sa vaste demeure.
La jeune femme sembla percevoir les réticences et inquiétudes soudaines du Sombre Loup. En effet, elle se montra rapidement plutôt rassurante quant aux questions très personnelles dont elle l’avait assailli. Elle mit cela sur le compte d’une curiosité toute personnelle qui était relayée par la nécessité diplomatique de son voyage. Elle ne nia pas que ce genre d’informations pourrait être très utile à Edwin Tully et sa mère, Charissa. Tout ceci semblait avoir l’éminent mérite de la franchise mais cela n’enthousiasma pas Beron qui aurait finalement préféré que la jeune femme s’intéresse tout bonnement à lui qu’à la recherche d’une possibilité d’ouverture diplomatique impliquant le cas de son célibat personnel. Pourtant, lui qui aimait le concret trouva néanmoins une rapide satisfaction lorsque la jeune femme énonça les grandes lignes que pourrait éventuellement comporter une alliance renouvelée avec le Conflans. Il fut question de facilités commerciales ou encore d’entraides diplomatique et, au besoin, militaire... Ce n’était pas négligeable et démontrait, si besoin était encore, que le Conflans ne se montrerait pas avare en propositions dignes d’intérêt.
Or, puisque l’obtention d’un accès au sud, qu’il soit commercial, diplomatique ou militaire était un élément qui comportait un intérêt réel, le Stark se félicita que la proposition soit lancée, tout en se promettant à lui-même de ne pas se montrer avare en retour. S’il avait retenu une chose des enseignements politiques de son regretté Père, Lord Cregan, c’était bien cela : un alliance sûre et durable ne pouvait exister et perdurer que par l’implication et la bonne volonté réelle de chaque parti. Il semblait évident, mais encore fallait-il le mettre en pratique, que si l’on voulait pouvoir compter sur des amis véritables, encore fallait-il les considérer et traiter comme tels ! ‘On récolte ce que l’on sème’ lui avait répété à l’envi mestre Prysas.

Alors que Beron s’apprêtait à répondre directement à la présentation des propositions de l’envoyée du Conflans, cette dernière ne lui en laissa pas le loisir et renchérit avec une autre affirmation d’importance... Bien qu’il aurait pu sembler que cela soit une évidence et encore qu’il faudrait attendre que tout ceci soit suivi des faits, elle rappela également que Lord Tully saurait faire entrevoir l’intérêt commun d’un accord de ce type à Lord Ryman Frey afin que celui-ci permette le franchissement de la Verfurque par sa forteresse des Jumeaux. Certes, le passage par les Jumeaux n’était en aucun cas une nécessité pour rallier le sud, la Route Royale la contournant depuis Moat Cailin par l’est, mais dans l’hypothèse de la nécessité éventuelle de faire route rapide vers Vivesaigues sans s’embourber dans le Neck, l’existence d’une possibilité de la sorte pouvait s’avérer toutefois fort utile. La question du coup de l’opération serait à voir ultérieurement avec les Lords Tully et Frey.

Le Stark s’était maintenant ravisé et ne souhaita pas intervenir tout de suite. Il laissa la jeune lady poursuivre son exposé des faits et la question d’un mariage éventuel revint assez rapidement sur le tapis. *Asharra Tully!?* fut-il surprit d’entendre... *Ce n’est encore qu’une gamine ! Elle est bien trop jeune pour moi !* songea-t-il. Mais il n’en dit rien pour ne pas heurter la susceptibilité de la jolie diplomate du Conflans. Il serait trop bête de vexer son hôte et de voir les négociations tourner éventuellement court alors que tout semblait bien engagé ! Et puis les nombreuses propositions qu’il avait reçues de demande en mariage avaient bien souvent émané de Seigneurs du nord et de familles vassales. Il fallait bien comprendre que, bien qu’âgée de seulement 16 ans et bien qu’étant la fille de sa cousine Charissa, la jeune Asharra restait néanmoins l’aînée de l’actuelle Régente et qu’en tant que telle, elle méritait bien des égards, fussent-ils réservés à une toute jeune lady... Tout cela était à considérer.

Il fut tiré de ses considérations intérieures par une nouvelle question très directe de la jeune femme.

« Que serait prêt à offrir le Nord en contrepartie de nos propositions ? »

La partie se serrait. Il fallait trouver des éléments qui seraient suffisamment dignes d’intérêt pour le Conflans et ses dirigeants. Le Loup rassembla ses idées et, après un bref moment de silence, il proposa :

- De la même façon que le Conflans le propose, il s’agirait également pour nous de garantir au Conflans et à ses habitants une aide et assistance militaire permanente. Nous l’avons déjà évoqué largement, nous souffrons des mêmes fléaux : les fer-nés et leur présence permanente dans les eaux bordant nos côtes... L’alliance et le soutien militaire mutuel me semblent évidents. Il porta sa main gantée sur son flanc droit qui souffrait encore de la blessure qu’il avait ramené de Noiremer. La jeune femme l’ignorait certainement et il était préférable qu’elle n’en sache rien mais il avait subit une vilaine blessure lors de son combat contre les chiens du Dieu Noyé. Celle-ci l’avait fait souffrir tout au long du pénible voyage retour et lui avait infligé une demi-lune d’alitement forcé et imposé par mestre Prysas. Les onguents de ce dernier avaient néanmoins fait des miracles et il était désormais de nouveau sur pieds. Il plongea plus intensément son regard gris dans ses yeux bleus avant de reprendre, convaincu de la valeur de ce qu’il proposait. – Vous n’ignorez pas non plus l’immensité du territoire nordien et les garanties agricoles qu’elle offre ! Même dans les années les plus noires, les superficies agraires qui sont les nôtres nous préservent de tous besoins massifs, fussions-nous encore une fois la proie d’une razzia fer-née... C’est donc cela que je propose également. L’assurance de bénéficier en permanence de légumes et céréales pour vos gens et de fourrage pour vos bêtes.
Je propose également une chose que j’estime être non négligeable et que vous jugerez peut-être de même. Un accès au Détroit !
Il lui sourit gentiment. – Je sais bien que le Conflans se voit limité dans ses exportations et importations de par sa seule façade maritime ouest ! Les seuls partenaires maritimes qui sont les vôtres restent ces maudis fer-nés, et l’on ne peut pas dire qu’ils vous payent autrement qu’en mauvaise ferraille et en lames rouillées ! Il afficha une moue de désapprobation évidente. – Grâce à Blancport et à nos éventuels accords, l’accès au Détroit ne sera plus pour vous une bataille diplomatique permanente ! Il me semble que Salins et Viergétang doivent être les seul ports sous autorité du Conflans et qui possèdent un accès direct au Détroit, n’est-ce pas ? Cela ne doit pas forcément être évident d’exporter ou faire venir des marchandises et denrées rares de Pentos ou Braavos alors que, depuis Salins ou Viergétang, vous devez traverser les eaux territoriales du Val et de la Couronne... Limitant votre champ d’action, bridant vos allées et venues et les tenant soumises en permanence aux taxes commerciales que Les Eyrié ou Port-Réal décrètent. Voilà ce que je propose également : un accès direct et non limité au Détroit, via Blancport et ses innombrables quais de chargement ! Notre flotte de guerre est insignifiante mais les navires marchands se bousculent à Blancport ! Les rades en sont toutes engorgées ! Il pensait honnêtement présenter là une proposition d’importance et digne d’intérêt. En jugerait-elle de même ?

Elle n’exprima pas tout de suite l’avis qui était le sien quant à tout cela. Peut-être laisserait-elle l’entière responsabilité de la prise de décision à Lord Tully et sa Régente de mère sans se risquer à donner son avis personnel sur la question ?

La jeune blonde frissonna un instant et exprima le besoin de rentrer se mettre à l’abri du vent, à l’intérieur de la forteresse. Alors que les deux jeunes gens retournaient à l’intérieur, Lady Mallister demanda au jeune Loup :

« Winterfell possède un bois sacré, me sera-t-il possible de le voir ? »
Le Stark était ravi qu’elle évoque le Bois Sacré. Il était très croyant et passait beaucoup de temps là-bas, dans la quiétude de ce lieu de prières. Décidément, ou cette jeune avait été bien renseignée sur son hôte ou elle débordait de qualités ! Il était si rare qu’un sudiste adepte des Sept ne fasse seulement qu’évoquer du bout des lèvres les Anciens Dieux ou le Bois Sacré ! Il lui prit à nouveau la main pour l’aider à franchir le seuil de la grande salle vers laquelle il la menait, Reurik fidèlement attaché à ses basques. Ils débouchèrent alors dans l’immense salle de réception de la forteresse où étaient déjà attablés bon nombre de soldats, en majorité de Winterfell, et au milieu desquels étaient assis et mangeaient également tous les soldats de la petite escorte de Rivanon. Sur le chemin central qui les menait jusqu’à l’estrade où trônait la table du Seigneur Loup, ce dernier lui chuchota :

- Je vous mènerai au Bois Sacré après le repas, si cela vous intéresse vraiment. Qu’en dites-vous ?

Ils s’assirent à côté l’un de l’autre et alors que la valse des plats débutait autour d’eux et virevoltant de serveuse en serveuse, il lui présenta brièvement les membres de sa familles qui s’étaient rassemblés là pour honorer la jeune invitée.

– Je vous présente mes sœurs, Cylia et Yelina, dit-il en signalant les deux jeunes femmes qui inclinèrent légèrement la tête dans la direction de la jolie blonde. Et alors que les autres étaient plus loin et que le fracas des plats et des verres ajouté aux éclats de voix de la salle empêchait que ces derniers comprennent que l’on parlait d’eux, lui furent désignés les jumeaux Ron et Al, hilares et complices comme toujours, le jovial et rondouillard Rud dont l’intérêt pour la bière et l’hydromel semblait d’une évidence flagrante et le sérieux Jonas qui mangeait proprement à proximité. – Il manque Darren ! expliqua le Loup. J’ignore où il peut bien être !

Et dans le brouhaha qui emplissait d’une vie grondante la vaste salle encombrée de grandes tablées, se succédèrent des plats multiples et variés en une farandole ininterrompue. Champignons aux herbes, côtelettes de mouton nappées d’hyrdomel, canards au poivre gris, sanglier poivrade, brochettes de pigeons, ragoût d’orge au miel, velouté de fruits glacés, ... Winterfell ne festoyait pas tous les jours ainsi mais la forteresse du Loup ne recevait pas non plus tous les jours des délégations de territoires voisins et emmenées par si jolie jeune femme...
Beron avait demandé à ce que tout soit parfait et il espérait de tout cœur que lady Rivanon ne garderait que de bons souvenirs de sa venue dans ce nord que les étrangers jugeaient bien souvent si durement et qu’ils qualifiaient de froid et austère.
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Rivanon Mallister
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Message Lun 2 Juil 2012 - 14:07

J'écoutai la réponse que me fournissait Beron suite à ma question. Je lui avais fait part de nos propositions, maintenant j'attendais les siennes. Il s'accorda sur la réciprocité de l'entraide militaire. Je le vis porter sa main à son flanc en mentionnant les fer-nés et me demandais si cela avait un lien ou non. Je souris à sa remarque sur ces pirates, il était vrai qu'ils n'étaient pas nos partenaires commerciaux les plus appréciés, c'était même le contraire. Puis le jeune lord mentionna les capacités agraires du Nord, il est vrai que leur territoire était conséquent et savoir qu'un grenier se trouvait à proximité était rassurant, par contre je ne saurai dire si ces capacités seraient assurées par des conditions météo hivernales et longues. Beron semblait sûr de ses propos et comme il était le seigneur de ces contrées il devait savoir de quoi il parlait. Finalement ce fut sa dernière proposition qui retint mon attention. Un accès à Blancport... Cela fournirait une ouverture sur le monde oriental, d'autant que mon interlocuteur proposait un usage illimité des infrastructures de son port. Il n'avait pas tort en soulignant le fait que nous autres riverains devions traverser les zones fluviales du Val et de la Couronne, nous n'avions pas d'accès direct sur la mer de l'est. Je prenais note de tout cela car j'allai devoir en aviser Edwyn.

- Toutes vos offres sont attrayantes, l'accès à Blancport d'autant plus, mais mon suzerain devra en prendre connaissance avant que je puisse entériner ne serait-ce qu'un accord de principe comme préambule à une alliance dûment construite. Je lui enverrai un corbeau dès que possible. Une fois sa réponse reçue je ne puis que vous conseiller d'entrer directement en contact avec lui pour finaliser le tout.

Il était toujours plus pratique à deux suzerains de converser soit de visu, soit directement sans intermédiaire pour garder le contenu des paroles intactes. Mon rôle avait été de prendre la température, je considérai l'avoir mené à bien puisque les négociations étaient ouvertes et les thèmes à aborder définis. Mon séjour auprès du Loup nordien se prolongerait seulement si la diplomatie le nécessitait. Cependant, je tâcherai de profiter de Winterfell pendant ces quelques jours avant de repartir pour le Conflans.

Nous finîmes par rentrer, Beron me guida de nouveau jusqu'à la grande salle où se tenait le repas. Mon hôte répondit par l'affirmative concernant le Bois Sacré, le contraire m'aurait fortement étonné de la part de la seule région qui continuait à vénérer les anciens dieux.

- Après le repas ? Cela me convient parfaitement messire Beron, répondis-je avec un sourire avant de reporter mon attention sur les personnes présentes dans la pièce.

J'aperçus les gens de ma suite attablés parmi les habitants du château. Mon hôte ne les avait pas oublié. Je fus conduite jusqu'à l'estrade où siégeait le trône de l'Hiver et m'installai à côté du lord. Il me présenta les membres de sa famille, ceux que je n'avais pas eu l'occasion de rencontrer à mon arrivée. Je les saluai avec courtoisie et bonne humeur. Apparemment il manquait un des frères du seigneur, mais à cela je n'y pouvais rien. Faire la connaissance de sa famille était déjà un bon début, une manière d'étendre son cercle de connaissance. Les plats défilèrent sous mes yeux, un sacré festin qui démentait l'austérité inhérente à cette région. Je me régalai, goûtant à chaque plats sans pour autant me goinfrer.

- Si certains pouvaient voir ce que le Nord est capable d'offrir, ils réviseraient certainement leur jugement, déclarai- je en me penchant vers Beron.

Il ne fallait pas se fier aux apparences me disait mon père, il n'avait pas tort. Pendant un instant, je me demandai si cette opulence avait été décidé à cause de ma venue, c'était un excellent moyen d'impressionner ses invités.

- Tous les habitants sont-ils à l'image de ce festin, rude d'apparence et généreux de cœur ?

Question un brin philosophique, mais je retrouvais en Beron cette image, même si mon jugement était un peu faussé par mon manque de connaissance sur le compte de mon interlocuteur et de sa famille, à part les rumeurs qui circulaient. J'aurai le temps de découvrir cela au cours de mon séjour. J'échangeai quelques mots avec la fratrie Stark durant le repas. Je ressentais une certaine hâte à découvrir le Bois Sacré de Winterfell mais préférai la cacher pour éviter d'être discourtoise. Le repas touchait à sa fin, je me penchais vers Reurik pour lui faire savoir que je le libérais pour le reste de la journée, je doutai qu'une tierce personne veuille attenter à ma vie en ces lieux, je ne représentai aucune menace. Puis je me tiens à disposition du seigneur des lieux pour la suite du programme.



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Message Lun 9 Juil 2012 - 10:14


Le repas était une réussite. Beron n’était pas un grand amateur de ces grandes tablées que l’on organise parfois pour l’accueil des hôtes de marque. Il gratifiait cependant toujours ces repas bruyants et massifs de sa présence, par devoir. Mais ce repas-ci était différent. On pouvait dire sans exagérer énormément qu’il s’agissait d’un repas entre amis. Il y avait là les gens du Stark, quelques résidents de Winterfell ou des alentours et qui étaient employés à la forteresse. Aux membres de la famille du Loup, à l’intendant et au mestre, il fallait ajouter soldats, serviteurs ou caméristes, … Tous issus du nord et de des environs de Winterfell. Tous, plus les quelques membres de la petite délégation du Conflans. Et étant donné que ceux-ci ne formaient en réalité qu’une petite poignée d’hommes, le Stark n’avait pas l’impression avec cette tablée-là de recevoir beaucoup plus de monde qu’à l’accoutumée et seule la variété et la richesse des plats proposés ce jour-là différaient véritablement des agapes quotidiennes.
Lady Mallister se montrait plutôt à son aise parmi tous ces gens, offrant un sourire par-ci, adressant un signe de tête-là, goûtant à tout sans excès mais sans non plus négliger quoi que ce soit. Elle évoqua les propositions que Beron lui avait formulées sur les remparts et, sans toutefois avoir l’indélicatesse d’entériner quoi que ce soit, elle exprima l’intérêt que représentait l’offre du Stark. Elle la relaierait auprès de Lord Tully dès son retour dans le Conflans et il n’appartiendrait plus, dès lors, aux deux seigneurs qu’à organiser une entrevue et s’entendre sur la globalité de l’accord et à préciser éventuellement les détails inhérents à celui-ci.
A l’évocation de Blancport et de l’accès important que la cité du Triton pouvait éventuellement offrir au Conflans, le Stark acquiesça tout en se promettant d’entretenir rapidement Lord Manderly sur cette question, vitale pour le nord et l’accord qui le lierait peut-être au voisin du sud, mais que le Stark ne pouvait non plus tenir pour acquise étant donnée l’importance de la suprématie maritime de la cité portuaire et l’exclusivité farouchement défendue qu’elle impliquait...
Lady Rivanon semblait apprécier son début de séjour à Winterfell. Elle manifestait un grand intérêt pour la forteresse et les alentours qu’elle évoquait avec curiosité et ouverture d’esprit. Beron avait été particulièrement surpris, mais aussi touché, de la volonté de voir le Bois Sacré que la jeune femme avait exprimée avant le début du repas. Et cette dernière sembla ravie de la proposition faite Loup de s’y rendre dès la fin du repas. Le terme de celui-ci n’étant d’ailleurs pas si éloigné, tous deux se réjouirent. La jeune femme semblait vraiment à son aise en les murs monumentaux de la forteresse de granit. Cela étonnait Beron tout autant que cela le ravissait. Habituellement, les visiteurs de passage dans la demeure Stark, même si par politesse ils n’en manifestaient rien, s’en retournaient bien souvent avec des récits pleins la bouche de froideur, d’austérité, de richesse silencieuse et grisâtre... Le nord était si particulier et la demeure Stark si déconcertante que les impressions laissées aux épisodiques étrangers en visite étaient bien souvent marquées du sceau de la rudesse. Fût-elle liée au climat ou à l’accueil...
Pourtant, tout n’était pas si évident que cela. Le nord était certes froid ? Qu’elle nouveauté ! Lord Stark était plutôt froid et renfermé ? La belle affaire ! Winterfell était vaste, austère et grise ? Et après !

« Si certains pouvaient voir ce que le Nord est capable d'offrir, ils réviseraient certainement leur jugement, [...] Tous les habitants sont-ils à l'image de ce festin, rude d'apparence et généreux de cœur ? »

La blonde savait y faire. Chaque phrase qu’elle formulait été empreinte de politesse et de gentillesse. Une roublardise de diplomate ? Pas forcément. Beron se plaisait à imaginer que cela ne l’était pas. Que les amabilités débitées par la jeune femme recélaient quelque vérité simple. Se pouvait-il qu’elle se plaise vraiment ici ? En tous cas il avait tout fait pour. L’enjeu politique qui habitait cette rencontre était d’une importance trop grande pour qu’il le négligeât. Mais au-delà de toutes ces considérations politiques, il semblait tout de même au Stark que la Mallister n’était pas le genre de femme dont chaque phrase s’emplissait de préciosité, dont le moindre mot se gorgeait de minauderie ou d’affabilité feinte... Elle lui paraissait une des plus « nordienne » ou en tous cas des plus « authentiques » qu’il avait rencontré depuis bien longtemps. De toutes façons, le Sombre Loup avait la ferme intention de ne pas décevoir la jeune femme et de satisfaire la curiosité qu’elle avait choisi de ne pas voiler concernant le Bois-Sacré. Lorsqu’ils seraient tous les deux là-bas, il saurait vite si l’intérêt de la jeune femme pour ce lieu si particulier avait été feint ou non. L’atmosphère très singulière du Bois-Sacré et les regards d’inquisition sanglante que vous lançait le grand barral lorsque vous vous approchiez de ses flancs étaient tels qu’il serait impossible pour la jeune blonde de cacher un malaise ou un ennui si c’était là ce qui l’habitait. Un sourire réservé vint réveiller le visage fermé du Loup.

– Le nord est on ne peut plus généreux, ma dame, envers qui sait porter sur lui un regard bienveillant. Notre terre est froide et rude comme les gens qui la peuplent mais nous ne sommes pas les sauvages bouseux que beaucoup aiment imaginer à notre endroit... Nous sommes tout aussi capables que d’autres, en termes de générosité et de chaleur... Disons qu’il faut savoir... briser la glace ! A ces mots, Cylia et Yelina firent résonner la grande salle du clair écho de leur rire cristallin.

Lorsque le repas fut terminé et que la grande salle avait commencé à s’inonder d’un flot continu de serviteurs et servantes affairés à ranger et débarrasser les grandes tablées, le Stark proposa à Lady Rivanon de sortir prendre l’air une nouvelle fois. Il savait que le froid tenaillerait à nouveau prochainement Winterfell et voulait à tout prix que la jolie blonde puisse profiter de la singularité des lieux extérieurs avant que la forteresse ne soit assaillie de nouveaux frimas ou de nouvelles pluies...

*
* *

Le vent léger de cette journée d’automne claire faisait bruire les feuilles des arbres du Bois Sacré en une mélopée légère et réconfortante. Beron Stark n’aimait que peu de choses autant que celle-ci. Passer un moment de recueillement dans le Bois Sacré, à confesser ses doutes, ses vœux et ses rancunes à l’Arbre Cœur. Le vieux et immense barral de Winterfell avait lui aussi pris l’habitude de ses rendez-vous silencieux, où il couvait de son feuillage sanguinolent les oraisons matinales du Sombre Loup. Le Stark aimait à se recueillir ici, dans la paix mutique des matins blêmes. C’était un des rendez-vous qu’il affectionnait le plus. Et c’était un de ces rendez-vous là que la jeune Rivanon avait demandé à partager avec lui. Malgré l’étonnement qui avait été le sien alors qu’elle venait de lui soumettre l’intrigante demande, il s’était surpris à accepter avec joie la présence incongrue de le jolie blonde dans « son » Bois Sacré, dans son jardin secret…
– Mon plus sage confesseur ! avait-il seulement dit, d’une voix calme et sereine, lorsque tous deux étaient parvenus à l’entrée du Bois Sacré et que se distinguaient déjà au loin, par delà les ramures noires des sombres arbres des lieux, les doigts livides du vieux barral, se contorsionnant vers le ciel clair. – Il est quelque chose de vraiment particulier, dans ce bois-ci, avait-il poursuivit un peu plus tard alors que, répercutant le frêle écho clapotant du petit étang qui en gardait les entours, le tronc torturé et exsangue de l’antique barral se convulsait sous le regard contemplatif de la jeune émissaire. – Chaque nordien a son propre rapport à la foi qui nous rattache aux Anciens Dieux. Mais ici la terre est imprégnée de la sève de ses arbres millénaires qui connurent les Premiers Hommes et les Enfants de la Forêt… Les hommes du nord et les Rois de l’Hiver sont inextricablement liés aux Dieux Anciens et aux croyances ancestrales qui placent dans les arbres, le fondement même de la naissance, de l’existence et de la mort. Peu nombreux sont ceux qui, étrangers aux terres du nord, comprennent et admettent nos croyances…
Une bourrasque taquine vint ébouriffer la tignasse brune du Sombre Loup. Il enfonça son regard gris dans les yeux bleus de la jeune femme.

– Et vous ? Quelles sont vos croyances ? Etes-vous comme tous ses gens du sud qui trouvent grotesque de se confier à des arbres alors même qu’ils adressent pour leur part leurs prières à de simples statuettes par l’intermédiaire de quelques bougies ? Il y avait dans le ton de sa voix dure et froide une rancœur évidente qu’il ne pouvait empêcher de poindre… Il n’en voulait évidemment pas à la jeune blonde ni à quiconque mais exécrait bel et bien l’intolérance et la stupide suffisance qui enluminait trop souvent les remarques des gens du sud, vis-à-vis des croyances nordiennes.
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Message Mer 18 Juil 2012 - 19:44

Beron abonda dans mon sens concernant le Nord et son esprit. Les habitants étaient souvent à l'image de leur pays. Le repas prit fin et le seigneur des lieux me convia à le suivre en direction du bois sacré. A l'extérieur, le vent soufflait de nouveau. Au sein du bois, il semblait jouer avec les branches des arbres qui composait l'endroit. Curieuse, j'observai tout ce qui se présentait à mon regard. Le barral se démarquait de ses congénères par sa ramure et son écorce, leurs couleurs tranchaient avec le reste des feuillages. Un petit étang bordait l'ensemble et je percevais distinctement la quiétude et la solennité qui imprégnaient les lieux. Les paroles de Beron me firent comprendre que j'allai partager un moment de son intimité, un instant de recueillement au sein du Bois sacré. Cela démontrait d'une certaine manière l'honneur qu'il m'accordait et l'estime que je lui inspirais. En tout cas, l'atmosphère invitait à la méditation et je restai silencieuse.

Quand nous atteignîmes les abords de l'arbre ancestral j'en oubliais tout ce qui m'entourait. Mon héritage d'Enfant de la forêt sembla s'animer face au barral. D'après ma grand-mère et les mythes les concernant, les barrals étaient reliés entre eux et pouvaient servir de réseaux de communications d'un arbre à l'autre à travers le pays. Je ne savais si cela était vrai mais j'avais déjà rêvé de Westeros vu à travers les végétaux, étrange sensation. Aujourd'hui je ne savais que penser, j'avais simplement envie de toucher son écorce, d'entrer en contact avec lui. Je fermai les yeux pour communier pendant quelques longs instants. Beron n'avait pas tort, tout était agencé pour permettre un isolement et une relaxation totale, même si le visage du barral ne devait pas être apprécié de tous, car il fallait l'avouer, il pouvait être dérangeant pour une personne non accoutumée. Les paroles du jeune Loup me ramenèrent à l'instant présent. La description qu'il me donnait était des plus véridiques, mon subconscient me le disait. Quant Beron aborda la question de ma religion je perçus une certaine rancœur dans sa voix. Il soulignait les discordances que généraient nos deux religions, bien qu'elles soient toutes deux tolérantes même si leurs adeptes ne l'étaient pas forcément. Un sourire désolé se peignit sur mes lèvres. Quelle était ma religion ? Excellente question, j'étais bien partagée entre celle que suivait ma famille et celle liée à mon don de vervoyante.

- Je ne suis pas une fervente de la foi des Sept. Ma grand-mère étant nordienne, elle me fit découvrir la religion des Anciens Dieux. Je ne suis pas de ceux qui critiquent les religions suivies, chacun doit pouvoir y trouver son compte, une oreille à qui se confier. Je dirai que je m'adresse, en fonction de mes besoins, soit aux Sept soit aux Anciens dieux.

Je me demandai ce qu'en penserait Beron, il ne devait pas voir souvent des sudistes suivre ses préceptes religieux.

- Je présume que les nordiens doivent également avoir des préjugés sur les sudistes.

Je lui lançai un regard interrogateur, je faisais une simple remarque sans volonté de prendre parti ni juger qui que ce soit, chaque région avait ses us et coutumes et cela créait forcément quelques frictions avec ceux qui ne pensaient pas de la même manière. J'observai de nouveau les alentours en m'attardant sur le barral. Puis je me fis la réflexion que je ne devais pas abuser de la gentillesse de mon hôte qui me faisait tout de même partager un moment de sa vie.

- Venez-vous souvent en ces lieux ? Cela doit être agréable de pouvoir se retrouver pour réfléchir loin des autres... En tout cas, messire Beron, je vous remercie de m'avoir convié dans votre Bois sacré.

Je lui adressai un sourire de remerciement mêlé de satisfaction. Cette journée s'était déroulée sous de bons auspices et Beron avait accédé à ma demande. Que demander de plus ? L'heure avançait et je jugeai avoir suffisamment accaparer le temps de jeune seigneur nordien. Voilà pourquoi je me dirigeai vers la sortie du bois. J'aurai toutes les occasions voulues pour poursuivre ma découverte de Winterfell au cours des prochains jours. Autant conserver quelques surprises.



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Message Dim 2 Sep 2012 - 9:33

Le vent faisait danser les mèches brunes sur le front et dans le cou de Beron et comme les boucles sombres du Stark, les feuilles rouges du grand barral festoyaient agréablement sur les plus hautes branches.
La quiétude du lieu était une chose qui tenait particulièrement au cœur de Lord Stark. Le Sombre Loup aimait à se recueillir et à méditer lorsque la vie mouvementée de la forteresse lui condescendait quelques minutes de temps libre. C’était une habitude pour lui de venir là, auprès de l’étang noir sur la face ridée duquel se reflétait la face blême et gémissante de l’antique barral. Et c’était là, à l’aube de chaque jour que venait le surprendre et l’en tirer son ami Kendrik. *Kendrik !* Le souvenir de son frère de cœur inonda soudain son cœur brusquement secoué qui se serra implacablement. *Foutus Fer-nés ! J’aurai ta peau, Dagon Greyjoy !* La tristesse était immense lorsqu’il se remémorait la plage morne et sale, imbibée du sang des siens, et sur laquelle il avait retrouvé le Crakehall. Lui et Beron avaient tout connu ensemble. Ils avaient grandi, s’étaient façonnés et fortifiés l’un près de l’autre, endurant conjointement les épreuves de la jeunesse et du passage de la fin de l’adolescence à l’âge adulte. Hommes faits, ils n’avaient alors ensuite pu se résoudre à se quitter, trop attachés l’un à l’autre, alors même que la mort de Lord Cregan précipitait l’un dans une position précipitée d’un jeune Lord Suzerain et l’autre dans celle d’un homme de sa Garde Grise.
Mais les Fer-nés avaient balayé cela du haut d’une de leur méprisable razzia, et c’était sur une plage de galets lugubre des environs de Motte-la-Forêt que le destin avait choisi de séparer les deux amis, laissant l’un mort et entaillé sur le sol froid et rougi, l’autre déchiré et consumé par la colère et le désespoir de la plus immense des pertes qu’il ait connu jusque-là.

« Je ne suis pas une fervente de la foi des Sept. Ma grand-mère étant nordienne, elle me fit découvrir la religion des Anciens Dieux. Je ne suis pas de ceux qui critiquent les religions suivies, chacun doit pouvoir y trouver son compte, une oreille à qui se confier. Je dirai que je m'adresse, en fonction de mes besoins, soit aux Sept soit aux Anciens dieux. »

La réflexion surprit Beron cerné par ses turpitudes personnelles. Il demeura cois un instant. La surprise que cet aveu généra en lui fut à la hauteur de toutes celles que les révélations de la jeune femme avaient tour à tour provoqué chez lui depuis l’arrivée de cette dernière.

*Une sudiste tournant son regard vers les Anciens Dieux !?* Beron dressa un sourcil soupçonneux. Cette lady était décidément pleine de surprise. Se moquerait-elle de lui ? Un rapide regard plongé dans les yeux bleus de la Mallister suffit à le persuader du contraire. *Pour toute étonnante qu’elle soit, elle n’en finira jamais de me surprendre !* se régala le Sombre Loup.

« Je présume que les nordiens doivent également avoir des préjugés sur les sudistes. »

Le Stark éclata d’un rire nerveux. – Si seulement vous saviez... lui répondit-il avec le plus parfait naturel. – Je préfère que vous ignoriez en quels termes les plus rustres d’entre eux parlent des gens du sud ! Les termes d’« émasculés », de « pigeonneaux précautionneux » et de « châtrés en dentelles » lui vinrent subitement à l’esprit sans qu’il puisse ne serait-ce qu’imaginer un seul instant oser lui en livrer la plus chaste des traductions. Si les nordiens passaient généralement aux yeux des sudistes pour de parfaits sauvages doublés de sombres crétins, ces derniers pouvaient se prévaloir d’une réciproque tout aussi sévère et imagée...

Le Stark lui sourit une nouvelle fois. Il aimait bien la compagnie de la jeune femme. Peut-être ne pourrait-elle bientôt plus en dire autant à son sujet, mais les manières sans chichis de cette demoiselle lui plaisaient singulièrement. Lui le ténébreux, le sombre, le froid, se trouvait en permanence comme éclaboussé par la naïveté rafraîchissante de cette surprenante lady ! Et d’ailleurs, la jeune émissaire du Conflans ne se fit pas prier pour justifier de plus belle la désarmante ardeur avec laquelle elle faisait étalage de sa plus ingénue curiosité. Sur un ton proche de l’innocence même elle demanda :

« Venez-vous souvent en ces lieux ? Cela doit être agréable de pouvoir se retrouver pour réfléchir loin des autres... En tout cas, messire Beron, je vous remercie de m'avoir convié dans votre Bois sacré. »

Une bourrasque de vent malicieux vint ébouriffer la jeune femme. Les blondes mèches de Rivanon se cabrèrent au-dessus de sa tête telles une auréole de candeur.

– Chaque fois qu’il m’en est donné l’occasion, répondit-il doucement. Des feuilles rouges vinrent tomber avec lenteur autour des deux jeunes gens. Une lente pluie de sang recouvrit en quelques secondes les rides légères de l’onde noire du petit étang. – Et lorsque je suis à Winterfell, toutes les aubes me trouvent ici. Il sourit à nouveau, lui offrant l’appui de son bras lorsqu’il la vit chercher à s’écarter des entours boueux du bassin.

Il s’inclina légèrement lorsqu’elle le remercia et fit mine de vouloir quitter les lieux. Il la raccompagna jusqu’à la vieille et lourde porte du Bois Sacré et la regarda s’éloigner jusqu’à ce qu’elle disparaisse au pied des escaliers menant à la cour principale de la forteresse. Son garde du corps la suivait, toujours, comme une ombre fidèle et muette. Il resta là un instant et repoussa le battant de la porte qui grinça dans une supplique à fendre l’âme.

Une fois revenu près du grand barral il s’inclina à nouveau et se laissa choir dans une introspection naturelle et réconfortante.
Personne ne viendrait plus le chercher là à présent que Kendrik n’était plus. Même ses frères et sœurs avaient pris l’habitude de ne pas venir troubler la retraite du Loup lorsqu’il honorait les Anciens Dieux. Et seul le fidèle et malicieux Kendrik, son ami de toujours, aurait pu oser se le permettre.

Avant.
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Message Jeu 6 Sep 2012 - 9:14

Le cortège des réceptions et doléances en salle du trône avait pris fin un peu avant la fin de l’après-midi, après après de longues heures d’écoute et de discussion. Il en allait ainsi chaque fois que Lord Stark recevait à Winterfell ceux de ses gens qui avaient pu obtenir pour eux et dans l’emploi du temps surchargé de leur Seigneur Suzerain, l’aumône d’un bref rendez-vous. Ils étaient des dizaines, chaque jour à être reçu soit par mestre Prysas soit par Barry Mollen, l’Intendant de la forteresse. L’un comme l’autre traitaient parmi tous les cas présentés ceux qui pouvaient l’être directement et sans l’intervention de Lord Stark. Les autres se voyaient quant à eux attribuer une date ultérieure à laquelle revenir pour être directement reçus en salle du trône par le Sombre Loup. C’était ce dernier qui recevait alors les doléances de ceux-là qui, petites gens ou nobliaux des environs avaient requis son arbitrage ou son oreille.

Ce jour-là, alors que l’après-midi touchait à sa fin et qu’il serait bientôt l’heure de rejoindre la grande salle du réfectoire où depuis deux jours déjà il mangeait en compagnie de Rivanon Mallister, Beron Stark se hâta en direction de la grande bibliothèque de la Citadelle. Il avait demandé à ce que divers traités commerciaux et registres du cadastre soient dépoussiérés de leur étagère respective afin de les emporter dans le Conflans où il rencontrerait successivement Lord Frey et Lord Tully.
Une fois refermée la lourde porte de la bibliothèque sur l’épais silence des lieux, le Stark s'assit sur un grand siège en toiles tressées et se mit à étudier les ouvrages qu’il avait demandé afin d’éviter d’encombrer son convoi inutilement. Une lecture bien peu agréable mais nécessaire à la rencontre d’importance qu’il aurait avec le jeune lord de Vivesaigues et sa régente de mère. Cela faisait un certain temps qu’il n’avait pas vu sa cousine Charissa. Serait-elle la même que celle qu’il avait connu par le passé ? La jeune femme en fleur qu’il avait quitté à l’époque avait certainement changé un peu. Ne serait-ce qu’eu égard aux quelques grossesses successives qui avaient achevé de faire d’elle une femme faite... Le calme des lieux à quitter ce questionnement de bas étage pour l’aider à se plonger dans l’examen minutieux des grosses reliures poussiéreuses.

Il aimait cet endroit.
Son calme et son atmosphère si particulière lui manqueraient certainement une fois parti vers le sud. Les contraintes qui y étaient rattachées ne comptaient pas ou peu. Il aimait par-dessus tout son Nord et sa forteresse, lui le Stark de Winterfell. Le Sombre Loup. Aussi, souhaita-t-il profiter de chaque instant qu'il pourrait désormais passer en ce lieu de refuge et de méditation avant de s’extraire à nouveau au confort de sa forteresse pour repartir sur les routes. Le voyage lui avait tant manqué. Depuis sa blessure à Noiremer et le décès soudain de Kendrik, il n’avait guère obtenu mieux qu’une permission de sortie aussi minime que soucieuse, et délivrée du bout des lèvres par un mestre Prysas qui avait finalement baissé la garde après des heures d’insistance du Stark.

Lorsque l’étude des documents fut terminée, il retourna au Bois Sacré afin d’y adresser une prière aux Anciens Dieux puis revint souper en compagnie de lady Rivanon.

La nuit était bien avancée et les dernières étoiles du soir commençaient même à faiblir dans les premières faibles lueurs du matin quand il put enfin quitter la vaste salle du réfectoire.

*
* *

Au petit matin, alors que le soleil n'était pas encore paru, à l'est, le Sombre Loup fit préparer sa monture, Kavandril. Le grand cheval sombre, offert par Lord Crakehall en remerciement pour avoir accueilli comme pupille de Winterfell le jeune Kendrik, devait être harnaché pour le voyage vers le Conflans. Après des semaines de repos forcé, le martèlement de ses sabots sur le sol pavé de la courtine suffisait à prouver qu’il piaffait d’impatience au moins autant que son maître.
Comme chaque fois qu’il quittait la grande forteresse du Nord, Beron avait, la veille, réuni l'Alliance Grise de Winterfell en petit comité. L’assemblée des éminences grises de la Cité avait à nouveau préconisé de nombreuses résolutions nécessaires à la bonne intendance de la forteresse et au calme et à l'ordre dans les alentours en l’absence du Seigneur.
Comme c'était le cas chaque fois que le Seigneur s'éloignait de ses terres, Jonas, flanqué des conseils avisés de mestre Prysas et de Barry Mollen assurerait l'intendance de Winterfell et dirigerait, le cas échéant, l'armée de protection à laquelle, exceptionnellement, viendraient s'adjoindre les nombreux soldats de l'armée de bataille qui ne seraient pas emmenés vers le sud pour la protection du Seigneur.
Le Stark lui-même dirigerait les quelques troupes qui chevaucheraient avec lui à travers le Conflans, secondé par deux membres de la Garde Grise : Leigh Tallhart et Aaron Ryswell.

A la fin de la réunion, le Stark avait envoyé mestre Prysas dans l’aile où était logée lady Rivanon. Le mestre avait été chargé de remettre à la jeune femme un présent afin de la remercier pour sa présence à Winterfell mais aussi pour la gentillesse et le respect dont elle avait fait preuve de bout en bout de son séjour. A son retour dans la salle où Beron Stark préparait armes en vue du départ du lendemain, le vieux mestre resta quelques instants silencieux à observer le Sombre Loup tester le tranchant de ses lames.
Une petite flambée crachouillait vivement dans l’âtre sévère. La diaprure des flammes et les lueurs vacillantes et changeantes que celles-ci projetaient esquissait des formes sombres et fuyardes sur les murs froids de la salle des armes privée de Lord Stark. Le loup apportait les ultimes touches aux minutieux préparatifs de son voyage dans le Conflans et ses allées et venues silencieuses et concentrées permettaient à la clarté du foyer de s’amouracher de sa silhouette longiligne et de se divertir d’elle comme des danseuses habiles. Le rayonnement des flammes décrivait au mur tout un bestiaire sombre et intrigant, changeant Lord Stark tantôt en un enfant difforme, tantôt en un géant squelettique, mais le métamorphosant toujours, au gré des piqûres du feu, en un tortueux transformiste sans repos.
Au dehors, la pluie avait repris après quelques jours d’un répit salutaire, son lancinant ballet saisonnier. L'automne jusque là clément semblait regretter le départ de l’envoyée du Conflans. Avec le retour de la jolie Mallister vers ses terres, la froide saison étendait maintenant ses longues ailes délavées sur les remparts de la forteresse de granit. Les pluies devenaient de plus en plus fréquentes et lourdes, les températures avaient chuté et la neige, sans avoir encore aperçu Winterfell, commençait déjà, disait-on, à isoler le septentrion, là-bas, plus au Nord. Il était tant de partir. Winterfell serait bientôt environné des nimbes glacés de l’hiver et les trajets toujours possibles seraient prochainement d’une pénibilité non négligeable.

*L’hiver vient*, songea Beron. Et jamais la devise des Stark n’avait paru aussi actuelle qu’en cette veille de départ.
*Il faut partir au plus vite*, se convainquit le jeune lord. *Dans quelques semaines les températures d’aujourd’hui ne seront, en comparaison de celles à venir, que de tendres et sympathiques souvenirs et le retour s’avérera obligatoirement plus difficile que prévu si nous traînons trop !*

Mestre Prysas se racla la gorge pour annoncer son irruption dans la petite pièce. Son ombre fut celle d’une vieillarde hésitante alors qu’il avançait vers Beron. Parvenu près de lui elle figurait un bossu infiniment long de jambe mais tout écrasé à partir de la ceinture.

– Je n’ai pas pu le remettre directement à Dame Mallister ! se vit-il obligé de confesser. – Son chien de garde était à la porte et n’a rien voulu savoir mais il m’a promis de le lui donner. Il sourit. – Il a même reniflé le coffret. Un véritable limier !

Le Stark toisa le mestre de pied en cap. Il sourit à son tour. – Au moins n’a-t-il visiblement pas levé la patte sur vos robes ! Le Sombre Loup désigna son paquetage. – Vous ferez descendre cela avant demain matin ! Bonne soirée Erald !

A le voir s’affaler dans le petit fauteuil qui jouxtait la cheminée, le mestre se hâta de laisser seul le jeune lord et se retira sans attendre.
Beron se mit à repenser au cadeau qu’il avait fait apporter la jeune femme. Lui plairait-il ? Il ne savait trop qu’en penser. S’il l’avait, certes, choisi avec soin et après être aller chercher conseil auprès de ses deux sœurs, il n’en demeurait pas moins qu’il était très rare qu’il eût à offrir des présents en de pareilles circonstances, et qui plus était, à une jeune femme.
La seule chose dont il était sûr c’était qu’une étole d’une telle qualité était forcément un présent de valeur et que les loups hurlant à la lune qui s’entrelaçaient le long de chacune de ses bordures étaient autant de preuves de la finesse de la brodeuse que de l’importance de la symbolique que le Stark voulait y associer. Celle d’une reconnaissance réelle.

*
* *

Le petit matin surpris le Stark avachi dans le même fauteuil de la salle d’armes privée dans lequel il avait repensé, la veille, à la pertinence du présent dont il avait voulu honorer lady Rivanon. Les tout premiers rayons d’un soleil timide annonçant le jour se divertissaient dans le fin rideau de pluie qui assombrissait l’horizon et décrivaient un pâle arc-en-ciel.
Le Stark se précipita vers ses appartements afin de ne pas retarder le départ et après une brève toilette et une rapide collation, redescendit en direction de la courtine d’où partirait le convoi.
Il sangla avec fermeté le paquetage qu’il avait fini de compléter la veille au soir sous le nez de mestre Prysas et le porta à son épaule avant de se diriger vers sa monture. Le jeune Lord s’était enveloppé d’un long manteau gris soutaché de fourrure blanche et dans le dos duquel grondait le Loup-Garou Stark. Il toucha machinalement Glace dans le baudrier d’épaules qu’il emportait lors des longs déplacements équestres et flatta l’encolure de Kavandril.
La courtine centrale de la forteresse n’attendait plus désormais que la Dame de Salvemer et son garde du corps, les quelques hommes qu’elle avait amenés avec elle ayant pour leur part déjà œuvré à la préparation des affaires de la jeune femme.
Les chevaux exaspéraient le pavé de leurs sabots couronnés de fer. Une agitation évidente régnait-là, malgré l’heure précoce. Un haut étalon sombre s’impatientait au bout d’une longe de cuir maintenue par un spadassin au regard fatigué. Les soubresauts provoqués par les violents mouvements de cou du destrier semblaient violenter les épaules du soldat qui parut se réjouir lorsque le Seigneur de Winterfell fit son entrée dans la petite cour.

– Vot’ monture, M’sire Stark ! dit le soldat en présentant la bride au Sombre Loup.

Un geste de la tête vint remercier le soldat qui se débarrassa de l’animal avec soulagement. Le Stark enfourcha Kavandril. On n’attendait plus que lady Rivanon. Le départ était imminent.
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Message Dim 30 Sep 2012 - 10:52

Le moment passé dans le Bois Sacré en compagnie de Beron Stark m'avait laissé une forte impression, certainement due à la présence du barral et de cet instant privé avec mon hôte. Ce fut avec un sourire aux lèvres que je rejoignis ma chambre, Reurik me suivant comme mon ombre. Les jours qui suivirent furent plaisants, j'eus l'occasion de poursuivre ma découverte des lieux, de m'entretenir avec les membres de la maisonnée Stark et de converser avec le seigneur des lieux au cours des repas et des rares moments de liberté que lui offrait sa charge de suzerain. Je me sentais à mon aise à Winterfell, pourtant l'heure du départ approchait. Lord Edwyn avait fini par me répondre, acte ouvrant officiellement les négociations entre les deux suzerains. Mon devoir était à présent terminé. Salvemer n'attendait plus que mon retour. Il fut convenu que je voyagerai de concert avec Beron Stark jusqu'au Jumeaux où nos routes se sépareraient.

La veille du jour définit pour ce voyage, je fis savoir à mes gens qu'il était temps de se préparer au retour. Je savais qu'ils effectueraient les préparatifs avec diligence et intelligence, prenant connaissance des provisions qu'il fallait prévoir en accord avec l'intendant, s'assurant de l'état de santé des différentes montures et organisant le cortège qu'ils constituaient. Je me doutai que lord Stark prendrait avec lui des hommes de confiance, ajoutant certainement un groupe plus important à notre procession. La météo s'était dégradée au fil des jours, j'espérai simplement qu'elle resterait relativement clémente pour le voyage, il était fort désagréable de chevaucher sous une pluie battante, de plus cela nous ralentirait.

Après avoir rangé mes propres affaires, je fis savoir à Reurik que je ne voulais pas être dérangée et pris quelques minutes de repos salutaire. Or je perçus à travers les brumes de sommeil des voix. Le temps que je me réveille complètement la discussion qui se tenait derrière ma porte avait pris fin. J'appelai Reurik qui entra.

- Qui était-ce ?
- Mestre Prysas...
- Que voulait-il ?
- Vous remettre ceci, répondit-il en me tendant un paquet.
- Tu aurais dû me prévenir, répliquai-je en prenant le paquet qui semblait léger.
- Vous ne m'aviez donné aucun ordre allant dans ce sens, rétorqua-t-il.

Il m'avait pas tort, je ne lui avais donné aucune précision particulière, d'une certaine manière j'étais la fautive. Je le remerciai et lui donnai son congé. Une fois seule, j'ouvris le présent. Une étole s'offrit à mes doigts et les loups ornant les bordures me permirent d'identifier facilement l'auteur de ce cadeau. Lord Beron n'avait pas lésiné sur la qualité, je sentais la finesse du tissu telle une cascade entre mes doigts, les matériaux utilisés étaient des plus doux. Assez fine pour ne pas peser sur les épaules, l'étole procurait chaleur quand on la repliait sur elle-même. Je ne m'attendais pas à un présent de la part de Beron, encore moins de cette qualité. Le Sombre Loup savait recevoir et montrer son hospitalité. D'un doigt je suivis le contour d'un loup, réfléchissant à l'avenir de leur seigneur. Bientôt le Loup-garou serait uni à la Truite dans le meilleur des cas. L'association était presque étrange, mais n'en demeurait pas moins nécessaire et prolifique. Je me demandai quand viendrait mon tour... Je repliai le tissu avant de le ranger délicatement avec le reste de mes biens. La porter aurait été une marque de remerciement mais la délicatesse de l'étole me déconseillait de le faire pendant le voyage, surtout avec un temps aussi incertain mais également parce que ce n'était pas le moment adéquat pour cela.

Je m'éveillai relativement tôt le lendemain. Les derniers préparatifs effectués, je pris une petite collation avant de me diriger vers la courtine où s'était rassemblés les membres de l'expédition. Je n'aimais guère faire attendre, pourtant lorsque je sortis lord Beron était déjà sur son cheval. Mes hommes étaient également prêts, ce qui me contenta car je n'aurai voulu faire patienter plus longtemps mon hôte, non pas que je sois pressée de partir, mais par simple politesse. Je me dirigeai vers Beron car je souhaitai le remercier avant de prendre la route. Ce faisant sa monture rechigna à mon approche, néanmoins je posai une main réconfortante sur l'encolure du cheval pour le calmer. J'ai toujours eu une affinité certaine avec les animaux, parvenant généralement à les calmer et à me faire entendre d'eux. Je finis par ôter ma main et porter mon attention sur le cavalier.

- Messire Beron, je vous remercie grandement pour votre présent. Je ne manquerai pas de faire savoir à lord Tully l'hospitalité dont vous fîtes preuve, vous et votre maisonnée, envers son envoyée. J'ai passé d'agréables moments en votre compagnie, ponctuai-je avec un sourire chaleureux avant de faire signe à Reurik d'amener Emdal.

Sans aide et avec agilité je rejoignis ma selle, signifiant que j'étais prête à partir. Je laissai le loisir au seigneur Stark de nous conduire par les routes qu'il souhaitait emprunter. Je ne savais comment le Sombre Loup prendrait mes paroles mais je n'avais fait que partager mon opinion avec lui. De toute manière, je ne doutai pas qu'il me le ferait savoir si cela l'avait dérangé ou non, nous aurons tout le loisir de discuter pendant le voyage qui représentait plusieurs jours de chevauchée. Je ne savais qu'elle serait notre prochaine étape, tout dépendrait de notre allure. Je laissais le guidage au Loup.



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Message Sam 6 Oct 2012 - 9:40

Pour leur départ vers le sud, le ciel leur avait fait l’aumône d’une éclaircie passagère. La pluie de la veille avait cessé et ne subsistait plus autour d’eux que le vent qui vrombissait à l’entour, titillant leurs montures et agaçant leurs capes et manteaux. La petite délégation hétéroclite était composée d’une petite quarantaine de cavaliers. Trois éclaireurs chevauchaient à quelques lieues devant le gros de la petite troupe, effectuant de fréquents allés et retours entre l’amont du groupe et la troupe menée par le Stark. Plus loin en arrière, derrière une tête de colonne composée de cinq hommes, le Sombre Loup menait le cortège flanqué du « Vigier » Leigh Tallhart qui chevauchait sur son flanc gauche. L’immense bonhomme était le seul représentant de la Garde Grise du Stark à avoir été emmené par ce dernier pour se protection personnelle. Son puissant étalon, écrasé sous le poids de l’imposant cavalier, précédait une grosse poignée d’autres soldats de Winterfell dont trois d’entre eux portaient des bannières du Stark. Le « loup grondant » claquait dans le vent taquin et montrait ses crocs aux environs venteux. Suivaient ensuite la blonde Dame de Salvemer entourée de ses hommes à elle. Les cavaliers qui avaient composé l’escorte de l’émissaire de Lord Edwyn Tully pour son voyage dans le nord étaient une petite vingtaine à entourer lady Mallister. Après ceux-ci et pour fermer la marche, quatre hommes de Winterfell chevauchaient de front, constituant une légère arrière garde. Le Stark ne voyageait pas toujours ainsi, avec autant d’hommes. Mais ce voyage était différent de bien de ceux que le jeune lord avait entrepris jusqu’alors. Tout d’abord parce qu’il ne voyageait pas seul mais en compagnie d’une noble dame, envoyée chez lui par un Seigneur Suzerain voisin et qui, au-delà du fait qu’elle se trouvait désormais sous sa protection directe, était une personne qu’il avait appris à connaître et à laquelle il s’était attaché. Au surplus, le Sombre Loup quittait son Nord natal, cette terre si chère à son cœur pour, et une fois n’était pas coutume, une contrée sudière. A tout ceci fallait-il ajouter qu’il serait reçu à Vivesaigues chez un Lord Suzerain de statut égal au sien et c’était suffisamment rare pour être souligné !
Ainsi chevauchait la petite cohorte, qui, pourtant, même diminuée de la sorte et aussi petite qu’elle fût, se révélait finalement un groupe de cavaliers d’une haute tenue et sur le passage duquel les voyageurs se retournaient. Une quarantaine de chevaux superbes et puissants, minutieusement harnachés et montés par autant cavaliers en armes, caparaçonnés et casqués portant les étendards de Winterfell et de Salvemer, était toujours un convoi qui imposait le respect. Le groupe suivait une progression régulière, quoique menée à bonne vitesse, et leur rythme soutenu ne se trouvait altéré que par moments, lorsque, franchissant gué ou butte, leurs montures se voyaient contraintes à réduire l’allure pour ne pas risquer la blessure. Il faudrait chevaucher de la sorte une dizaine de jours afin de rallier Vivesaigues en passant par les Jumeaux. Leur avancée était rapide et, à la mi-journée, ils avaient depuis longtemps franchi la Blanchedague et passé Castel-Cerwyn pour progresser vers le sud sur de nombreuses lieues en suivant la Route Royale.
Les montures étaient reposées et leur départ de Winterfell était intervenu assez tôt dans la matinée. Ainsi, alors que le soleil était à son zénith, le groupe de cavaliers n’avait pas encore éprouvé le besoin de faire une pause. Montures et cavaliers étaient dans une forme éblouissante et le temps était propice au voyage. Le ciel, bien que terne se révélait dénué de pluie et ce n’était que finalement peu de nuages qui donnaient au ciel sa teinte grisâtre. Un léger vent faisait frémir les hautes herbes des plaines qu’ils traversaient. L’immensité du territoire nordien s’étendait sous leurs pas, intense et sauvage, magnifique de calme et de liberté mêlés. Sur leur droite, à l’ouest, le lointain massif vallonné des Tertres étirait sa colonne vertébrale sur de nombreuses lieues, selon ce que pouvaient en déceler les cavaliers depuis la Route Royale, et formaient un écrin naturel à Quart-Torrhen et, au-delà, aux Rus. Bien que toute relative, l’apparente proximité de sa cité natale fit naître en le « Vigier » Leigh Tallhart une bouffée de nostalgie. Il se laissa décrocher de l’avant de la colonne pour se porter momentanément à hauteur de la monture de la Dame de Salvemer.

– Par delà le massif des Tertres que vous apercevez là-bas à l’horizon, se trouve Quart-Torrhen, le fief de ma famille, Lady Mallister. Peut-être mon père aura-t-il un jour l’honneur de vous y recevoir !? Il pointait l’index de son immense paluche juste sous le nez de la jeune femme et s’exprimait avec toute la courtoisie qu’il était capable de mobiliser en son verbe. Une preuve évidente, pour qui le connaissait, de l’estime qu’il portait à cette noble dame.

Le Stark ralentit sa monture à son tour afin de se porter lui aussi auprès de la jolie blonde. Lorsqu’il y parvint, le « Gris » s’effaça naturellement, dans un boucan de bourrades et d’invectives à sa monture.

– Même intégré à la Garde Grise, Leigh ne peut s’empêcher de faire mention de ses origines. C’est un grand patriote, doublé d’un fier guerrier. Sur un champ de bataille, il se bat comme un titan. Et sa taille impressionnante en piège plus d’un. Ses adversaires s’attendent à affronter un gros balourd leste comme un éléphant mais il est bien plus vif qu’il n’y paraît ! Le Stark avait un sourire attendri alors qu’il regardait le « Vigier » s’éloigner dans un raffut du tonnerre. – C’est un très brave gars, vous savez... Je pense qu’il vous aime bien. Pour avoir osé vous adresser la parole, il doit vous porter une espèce d’affection réelle... Il est très respectueux de la hiérarchie et du rang social. Le Stark sourit pleinement. – Bon. Il est vrai que, pour lui, parler du fief de son père et du coin où il a grandi est vraiment un incontournable... Je vous dis : il n’y a pas plus fier patriote que ce gars-là !

Le Stark poursuivit la chevauchée au côté de lady Rivanon. Il l’appréciait pleinement désormais et voyait en elle une étrangère si ouverte et attentive aux particularités de son nord à lui, qu’il la tenait pour quelqu’un d’extrêmement obligeante et singulièrement intéressante.
Cette première journée de chevauchée se déroula sans encombre, la nature sauvage, seule complice de ce début de périple, étant à leur longue course un compagnon de voyage fidèle et surprenant.
Des paysages multiples s’offrirent tour à tour à leur regard pressé. La Blanchedague suivit momentanément la trajectoire de leur cavalcade avant de croiser leur route. Par la suite, ils purent apercevoir le massif des Tertres, à l’ouest et toujours la Blanchedague au loin, tout là-bas, à l’est qui prolongeait son cour vers le sud et Blancport où l’embouchure de la Morsure conduisait le fleuve jusqu’à la mer lointaine.
De valons en plaines immenses, de massifs forestiers en landes rocailleuses, les visages multiples qui entourèrent leur course furent aussi riches en diversité qu’en source d’étonnement. Pour autant, les cavaliers ne pouvaient se permettre que de rares coups d’œil, furtifs et ponctuels pour admirer le paysage alentour.

– Je pense que demain en fin de journée nous aurons atteints Moat Cailin. Nous passerons par le Neck et ne quitterons la Route Royale qu’une fois après avoir franchi celui-ci. C’est aux Jumeaux que la route menant à Salvemer se détache de celle qui rallie Vivesaigues… Vous nous quitterez là-bas ou descendrez avec nous jusque chez Lord Tully ? Le Stark réalisa qu’il aimait bien la compagnie de cette intrigante jeune femme, si ouverte et généreuse. Il en venait à regretter de devoir lui faire des adieux qui ne seraient peut-être jamais suivi de quelque retrouvaille que ce soit…

– Si le rythme de la chevauchée ne vous sied pas nous pouvons ralentir l’allure, madame. Et si le besoin d’une halte quelconque se faisait sentir, n’hésitez pas à me le dire… Nous stopperons immédiatement afin que vous puissiez vous reposer !
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Message Dim 21 Oct 2012 - 21:14

Suite à un départ matinal, notre cortège avançait à bonne allure. Le temps clément nous épargna la pluie et les mauvaises conditions. Ma délégation était entourée par les hommes du Stark, déployés de telle manière qu'ils assuraient l'avant et l'arrière garde. Mes hommes avaient adopté le même schéma mais à une échelle moindre puisque de notre effectif était inférieur à celui de Beron. En même temps cela pouvait se comprendre par la différence de statut, il se rendait auprès de mon suzerain et devait donc faire bonne impression. J'en profitai pour admirer le paysage nordien qui mêlait grands espaces à la beauté sauvage et naturelle des lieux. Cela donnait presque l'impression que nous n'étions rien comparés à la nature. J'en étais à ce point de mes réflexions quand surgit à mes côtés un des hommes de Beron Stark, un Garde Gris si je me référais à mes souvenirs mais je n'étais pas sûre de son nom. Tout en me désignant la direction du massif des Tertres il m'expliqua qu'il venait de Quart-Torrhen. Je percevais dans ses paroles une certaine fierté, ce qui ne m'étonna guère, le contraire ne l'aurait pas incité à me faire mention de sa famille.

- Je ne connais pas la région des Tertres mais si ma route venait à y passer je ne manquerai pas de m'arrêter à Quart-Torrhen, répondis-je avec un sourire.

La survenue de lord Beron incita le Garde à rejoindre sa position initiale dans le cortège. Je le suivis quelques instants du regard tout en écoutant les explications de mon interlocuteur. A la mention de son prénom, l'identité du Garde Gris me revint en mémoire.

- Nos racines font de nous ce que nous sommes, du moins elles représentent une base pour notre développement et notre identité, ce qui leur confère une importance certaine. Je comprends qu'il en soit fier.

J'étais également fière des miennes. J'observai Beron qui semblait presque attendri par le guerrier gris, je trouvais que le respect et la camaraderie qu'il éprouvait pour ses hommes devaient être un facteur facilitant la création des liens généralement présents entre frères d'armes et parfois entre le commandant et ses troupes. Au moins cela prouvait qu'il s'intéressait à ses hommes. Beron me rappelait mon père sur ce point. Avant de poursuivre la conversation je lançai la trille d'appel de Loth, le corbeau vint se poser sur mon poing, je lui caressai le cou avant de l'envoyer vers les Tertres comme un éclaireur. Une fois cela effectué, je reportai mon attention sur mon voisin.

- Il ne faut pas toujours se fier aux apparences surtout lors d'un combat. Certains recèlent bien des compétences inattendues. Des atouts à ne pas négliger. Je pense que vous avez su vous entourer de personnes compétentes. Je ne pensais avoir conquis autant de cœur pendant mon séjour. Alors que je terminais ma phrase, je me rendis compte que mes paroles pouvaient prêter à confusion et que je me montrais peut-être un peu présomptueuse quant à mon influence sur autrui. Les barrières sociales sont souvent des freins aux relations mais ceux qui se risquent à les franchir font preuve de courage ou d'impudence, tout dépend leur interlocuteur. Enfin, il n'est pas simple de révolutionner les traditions.

Pendant le reste du trajet, Beron resta à mes côtés, nous conversâmes, je regardai le paysage car même si le l'avais déjà vu à l'aller je ne me lassais pas. Puis le jeune suzerain me fit part des prévisions concernant notre itinéraire.

- Oui je vous quitterai aux Jumeaux, il me faut rejoindre Salvemer mais je descendrai peut-être ensuite à Vivesaigues pour voir messire Tully. Je ne sais si j'aurai le temps de saluer lord Ryman, dans le cas contraire serait-il possible que vous lui transmettiez mes amitiés ? J'osai demander cela à un suzerain que je ne connaissais que depuis quelques jours. Pour le coup je me montrai un brin effrontée, cependant je ne laissai rien paraître et enchaînai. Quant au rythme de la chevauchée, il me convient et je n'hésiterai pas à vous le faire savoir si je désire une pause.

J'adressai un sourire de remerciement à Beron, il se montrait très prévenant, une qualité qui j'espérerai charmerai la jeune Tully. En fait, je leur souhaitais un mariage heureux si les négociations aboutissaient à cette union. Puis j'eus envie de lâcher la bride d'Emdal.

- Cela vous tente-t-il un petit galop messire Beron ? lançai-je avec un sourire espiègle.

Je ne savais s'il accepterait, d'autant que cela nous ferait décrocher de la colonne, néanmoins pour éviter d'inutiles inquiétudes nous resterions en visu. A moins qu'il ne trouve que cela ne seyait pas à son rang, ce que je pouvais comprendre. Emdal piaffa comme s'il avait entendu mes dires. Regard interrogatif pour Beron, quel serait sa décision ?

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Message Ven 26 Oct 2012 - 6:06

La petite troupe poursuivait son avancée rapide et sans heurts. Beron était délibérément resté à la hauteur de la jeune femme afin de pouvoir converser avec elle. Il aimait bien sa compagnie. Elle était différente de toutes ces femmes du monde qu’il avait l’habitude de côtoyer. Elle était simple, attentive, à l’écoute et curieuse… Mais d’une curiosité réelle et rafraichissante. La curiosité d’une personne qui attend vraiment une réponse à ce qu’elle demande et non pas la curiosité feinte, de politesse ou de convenance comme on le voyait souvent, en société. Ainsi Beron Stark voulait profiter au maximum de la présence de la jeune femme. Jusqu’au bout de la dernière minute qu’ils auraient à passer l’un près de l’autre. Ensuite elle partirait vers Salvemer et ne subsisterait de leur rencontre que le souvenir agréable d’un relation humaine enrichissante et régénérante.

« Je vous quitterai aux Jumeaux, il me faut rejoindre Salvemer mais je descendrai peut-être ensuite à Vivesaigues pour voir messire Tully. Je ne sais si j'aurai le temps de saluer lord Ryman, dans le cas contraire serait-il possible que vous lui transmettiez mes amitiés ? »

– Il en sera donc ainsi, ma dame. Nos chemins se sépareront là… puissent-ils se croiser un jour à nouveau ! dit le Stark d’un air pensif. – Je transmettrai vos amitiés à Lord Ryman, n’ayez aucune crainte à ce sujet. Si je le peux, je ne séjournerai pas aux Jumeaux pour ma part. Cela retarderait par trop notre voyage mais je gage que Lord Frey nous accueillera, au moins pour un le temps d’un repas. Il me sera sans doute plus facile de prendre le temps de le rencontrer sur le chemin du retour.

Le Sombre Loup et la Dame de Salvemer conversèrent de la valeur des hommes, et celle qu’il convient de prêter aux apparences que chacun peut offrir à quelqu’un qu’il ne connait pas.

« Il ne faut pas toujours se fier aux apparences surtout lors d'un combat. Certains recèlent bien des compétences inattendues. Des atouts à ne pas négliger. »

La position de la jolie blonde était tout à fait conforme à celle du Stark sur ce point précis. – Il est clair que l’apparence de chacun, et toute grandiose qu’elle soit, ne vole que bien rarement au secours de son porteur lors d’un combat à l’épée. Les imbéciles qui l’auraient cru ne sont certainement plus de ce monde pour en attester…

« Je pense que vous avez su vous entourer de personnes compétentes. Je ne pensais avoir conquis autant de cœur pendant mon séjour. »

Le Stark sourit. – J’aime à le croire, en effet. Père m’a toujours dit que nouer avec ses hommes des relations franches et honnêtes, fondées sur le respect et l’estime réciproque, est une chose fondamentale. Je tente de le suivre en cela ! Lorsque le Stark entendit la jeune diplomate évoquer le souvenir qu’elle laisserait dans le Nord, il renchérit aussitôt. – Vous laisserez, je me plais à le croire, un souvenir des plus doux parmi nous, ma dame. Les gens du Nord apprécient énormément la franchise et la simplicité, dont beaucoup sont issus. Je n’ignore pas que tout diplomate doit savoir rallier à lui la majorité de ceux qu’il rencontre, mais votre amabilité a beaucoup plu, je vous l’assure… et j’ai tendance à la considérer comme dénuée de tout travestissement ! Il fut des mots dans vos propos, des sujets que vous évoquâtes, que seule la sincérité semble pouvoir permettre. Peut-être se fourvoyait-il à ce propos, mais il doutait que ce fût le cas. Du moins se plaisait-il à l’imaginer.

Après lui avoir assuré que le rythme de la chevauchée n’était pas, pour elle, trop difficile à supporter, le Sombre Loup fut même surpris lorsque la jeune femme lui proposa de galoper un peu plus vite encore.

« Cela vous tente-t-il un petit galop messire Beron ? »

Décidément, la jeune femme était des plus surprenantes ! Et à l’initiative d’agréables propositions de surcroît ! Lui qui aimait énormément chevaucher seul ou avec Kendrik dans les plaines entourant Winterfell n’en avait finalement eut que trop peu l’occasion depuis la mort de ce dernier et le retour endeuillé de Noiremer. Et puis il avait dû se soumettre à la volonté sans faille de mestre Prysas pour garder le lit quelques temps afin que son rétablissement se passe pour le mieux. Inconsciemment, il posa sa main gantée de noir sur le flanc où l’estafilade laissée par les fer-nés avait embrassé sa peau meurtrie par l’acier. Un réflexe. Un simple réflexe. Toute douleur lui était à présent épargnée et ne subsistait plus sur son côté que la marque indélébile de cet affrontement. Il avait néanmoins toujours tendance à porter la main sous ses côtes dès que se présentait la perspective d’une action physique quelconque. Il perdrait très certainement cette tendance avec le temps, comme le lui avait assuré mestre Prysas, mais pour l’heure, elle l’accompagnait toujours.

Le Sombre Loup sourit à la jeune femme et, emballé par la perspective de chevaucher à vive allure, éperonna son étalon des deux, lequel se lança dans une cavalcade effrénée. Les deux jeunes gens purent ainsi profiter plus amplement du décor sauvage qui, de toutes parts, les environnait. Ce fut un nouveau et beau moment d’échange et de confidences que le Stark goûta avec d’autant plus d’attention qu’il marquait aussi la fin d’une rencontre et l’approche des aux revoirs...

Au terme d’une longue journée de chevauchée sans halte aucune, ils stoppèrent finalement leur périple pour une première pause forcée par la nuit tombante et la fatigue des montures. L’obscurité gagnant les plaines et bousculant la Route Royale dans sa sereine expression empêchait désormais toute progression sûre et efficace. A quelques encablures de l’auberge où le Stark avait choisi de passer la nuit, les hommes dressèrent en hâte un campement de fortune et allumèrent un feu réconfortant et protecteur. Les soldats qui avaient composé l’escorte avaient eux-mêmes choisi de dormir à la belle étoile, autant encouragés par l’insistance du « Vigier » Tallhart en la matière que par l’accalmie régulière du vent.

Alors que lady Rivanon accompagnée des hommes qu’elle avait choisi pour veiller sur elle à l’auberge prenait un repas simple mais chaud à l’intérieur de l’auberge en compagnie du Stark, les hommes de Wintefell s’évadaient en une nuit pleine de rêves doux au grand air. Leur premier bivouac s’offrait ainsi, nu et aveugle, aux ténèbres d’un nuit où les nombreux et épais nuages, poussés par un vent d’ouest, cachaient les étoiles et la lueur de la lune.

*
* *

Après une nuit de bivouac aux environs de la Route Royale, les nordiens de l’escorte du Stark s’éveillèrent sous un épais brouillard qui contrastait nettement avec la journée de la veille. Le ciel était bas et l'on distinguait avec peine le faible éclat du soleil diffusant avec difficultés une timide lueur vacillante au travers de nuages épais et mélangés à la brume du petit matin.

L'atmosphère était fraîche et un léger vent s'instillait avec délicatesse dans les hautes herbes de cette partie des plaines grasses et aqueuses du nord. Le Neck n’était plus très loin, à présent.
Sortit dès l’aube pour saluer les hommes, Beron fut rapidement rejoint par l’immense carcasse de Leigh Tallhart et bientôt tout le monde fut près au départ.
Une fois que Lady Mallister fut sortie à son tour et après que chacun eut bu un peu d'eau fraîche et se soit autorisé une petite portion de pain de route, le campement fut démonté avec rapidité et bientôt le petit groupe se mit en branle, s'étirant de toute l'importance de son nombre, sur la petite piste partant vers le sud. Après quelques lieues de chevauchée, la Route Royale avait fait désormais place à une suite de sentes herbeuses et humides dont les miroitements ininterrompus attestaient autant de la proximité du Neck que de la moiteur de ce jour de brume.
Ils suivirent la route qui devint un chemin avant de s’effacer progressivement en une piste puis plusieurs qui, s’entrelaçant en une complexe succession de chassés croisés, entortillaient la vue et brouillaient le cap à suivre. Durant quelques lieues l’impression désagréable des prémisses d’un égarement s’estompa pourtant un peu lorsque les cavaliers atteignirent une piste plus importante qui semblait se raffermir à mesure qu’ils progressaient, pour former bientôt un petite route cavalière.
Le voyage se poursuivit de la sorte toute la journée, et leur avancée lente et lancinante était rythmée par le défilement continuel d’une nature toujours intrigante et changeante. Aux vastes plaines herbeuses et perlées de givres du nord succédèrent les immenses étendues verdoyantes et humides des abords du Neck. Après avoir fait une halte à Moat Cailin pour se restaurer à la mi-journée, les cavaliers progressèrent continuellement vers le sud de sorte que, bien que la mer et ses rivages lointains soient encore à de nombreuses heures de chevauchée au sud-est, les membres de la petite délégation pouvaient d’ores et déjà sentir l’odeur particulière d’un air pur chargé d’embruns. On distinguait aisément désormais le vol majestueux des grands oiseaux migrateurs qui suivaient une route semblable à la leur et grâce au vol desquels ils se guidèrent dans les labyrinthes aqueux du Neck. A plusieurs reprises, Beron observa, silencieux, lady Mallister appeler à elle un corbeau intrigant qui semblait répondre à ses gestes. Après avoir gagné son bras et recueilli ses douces faveurs, le noir volatile reprenait immanquablement son essors pour mêler son vol à celui des mouettes qui, passant régulièrement par petits groupes organisés, loin au-dessus des nuages, et voyageant vers les chaleurs des contrées méridionales de Westeros, offraient aux éclaireurs de Winterfell, la garantie d’un voyage sûr et sans surprise.

*Pas aussi répugnant que cela, ce fameux Neck !?* se surprit à penser Beron qui n’avait que très rarement eu l’occasion de voyager aussi loin de chez lui et dont les souvenirs de son dernier voyage au-delà de Moat Cailin remontaient déjà à de longues années et sa venue au Donjon Rouge aux côtés de son père pour assister au tournoi de Port Réal, en 205.

Se remémorer ces moments lointains et à jamais évanouis, c’était pour le Stark comme retrouver une sensation et une humeur semblable à une de celle, lointaines qui nous échappent à l’enfance pour mieux revenir nous surprendre, plusieurs années plus tard à l’un des carrefours de la vie. Et c’est en cette enfance et en ces souvenirs si doux et particuliers à la fois que le Gouverneur du Nord était replongé tout à coup, car les frontières de son Nord étaient toutes proches et chaque lieue accomplie vers le sud semblait le précipiter vertigineusement au plus profond de lui-même. *Père...* Lord Cregan Stark, le père disparu portait en songe ses yeux sur lui, comme son fils s’échappait à chaque pas un peu plus dans l’intense et violente morsure d’un passé éludé et de souvenirs éconduits. *Mère...* La douce et joyeuse lady Mina souriait à son fils devenu Seigneur et celui-ci se noyait dans ses yeux rieurs et ses rires radieux comme on aime à se perdre dans le vertige du souvenir.
Le Stark de Winterfell quittait son Nord comme on quitte un songe, à demi conscient et à demi absent. Accaparé, d’une part, par la lumière d’un jour naissant et d’une aube nouvelle mais agrippé, d’autre part, par la fugace magie de la nuit qui retient son étreinte. L’ampleur du souvenir s’associait aux endroits traversés et déjà entrevus. Il la redoutait. Elle se révéla pourtant immense et tranquille, attendant sa venue comme un océan immense mais calme qui attend que le vent élève ses vagues et creuse sa marée.

*
* *

Les jours suivants ils chevauchèrent près des côtes. La Morsure toujours en vue pour éviter de se perdre aux environs d’un Fort-Griseaux toujours aussi mouvant, changeant et insaisissable. Le Sombre Loup avait l’idée qu’ainsi, les risques d’égarements seraient moindres. Et lorsqu’ils parvinrent à la mer pour la première fois, ils la sentirent avant de la voir, drapée dans la brume.
Le Stark avait peu parlé alors qu’il quittait ses Terres. Il avait conscience d’avoir était un bien piteux compagnon de voyage pour les deux jours de chevauchée qui venaient d’être engloutis dans le Neck. Il espérait que Lady Mallister ne lui en tiendrait pas rigueur, même s’il comprenait que l’inverse puisse être possible. L’abîme des souvenirs dans laquelle il avait était plongé en traversant les sentes mouvantes et relatives du Neck avait l’incomparable vigueur de la mémoire des choses enfouies au fond de soi et qui surgissent sans crier gare. Il ne put que bafouiller une excuse minable qu’il présenta à la jeune femme comme une vaguelette désolante qui abdique sur une jetée grelottante.

– Je... Il était préférable de longer la côte. La traversée du Neck ramène en moi des souvenirs oubliés et... il est plus prudent de longer la Morsure pour ne pas perdre de temps en détours involontaires dans le Neck. La contrée est habile à jouer des tours et vous perdre...

S’il était pitoyable de bêtise dans sa soudaine justification, il lui fut positivement écoeurant de constater qu’auprès de lui, le « Vigier » semblait comprendre ce qu’il cherchait à formuler...
Soucieux de se racheter auprès de la jolie blonde le Sombre Loup rassembla tout ce qu’il connaissait au sujet de sa compagne de voyage et, véritablement soucié par la chose, essaya de prouver son intérêt pour elle.

– Et vos jeunes frères et sœurs, comment se portent-ils ? Vous devez être heureuse de les revoir prochainement... Il tenta de se remémorer les prénoms de ceux-ci. – Je ne vous ai pas questionné sur Walda ! Cela fait-il longtemps que vous ne l’avez vue ?

C’était certes, assez moyen au regard de la conversation dont il savait faire preuve... Mais cela valait toujours mieux qu’un mutisme abruti de Sœur du Silence. Et puis l’intérêt pour Rivanon et sa famille, au contraire des souvenirs qui l’avaient précédemment assailli, était quant à lui bien réel.


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Message Dim 4 Nov 2012 - 13:51

Beron accepta de transmettre mes salutations à Ryman, je lui en fus grée. La suite de notre conversation démontra que nous partagions un certain nombre d'opinions semblables, cela était plaisant de trouver en ce lord suzerain un interlocuteur avisé, je l'avais déjà remarqué au cours de mon séjour à Winterfell. Quant à l'impression que je laisserai dans le nord, Beron résuma de manière concise ce qu'il en pensait et je rougis quelque peu devant les paroles de noble nordien. Faire bonne impression était un devoir de tout diplomate, quand sa mission était de cette nature, néanmoins je me plaisais à croire que le naturel avait bien plus de chance d'aboutir au résultat escompté que la manipulation. Or cette dernière était omniprésente sur l'échiquier de la politique et je ne rejetai pas complètement cet instrument, mais avec le jeune Stark j'avais préféré jouer franc jeu d'autant que je portais les intérêts des Tully. Je ne doutais pas que pour mes futurs voyages à travers le nord je sois accueillie avec une chaleur certaine.

Je fus contente que Beron accepte de chevaucher à grand galop avec moi. Il ne se fit pas prier et lança sa monture à l'assaut de la nature environnante. Emdal, ne voulant pas se faire distancer, entreprit de remonter à la hauteur de son camarade de course. Je pris plaisir à sentir le vent sur ma peau et me laissai griser par cette impression de liberté. J'aimais ces moments où je ne pensais plus en tant que noble mais profitais de ce monde qui nous était offert. Finalement, la nuit tombante eut raison de notre avancée. Nous trouvâmes une auberge où passer la nuit. Je partageai mon repas avec Beron puis montai me coucher, je sentis la fatigue m'assaillir dès l'instant à je m'assis sur le lit. Quelques-uns de mes hommes étaient présents au sein de l'établissement tandis que le reste dormait dehors avec la grande majorité du cortège.

La journée du lendemain vit la présence de brouillard s'inviter à notre voyage. Le départ fut annoncé dès que je fus prête et que les cavaliers se furent sustentés. La route se transforma en petits sentiers rappelant aux voyageurs qu'ils approchaient du Neck. Cette contrée avait une réputation de voie sans retour pour ceux qui avaient le malheur de s'égarer. Même la sente s'accordait à troubler le passant, j'eus la même impression d'égarement qu'à l'aller qui disparut aussitôt la route de nouveau bien définie. Au cours du trajet, Loth vint plusieurs fois sur mon bras et je ne manquai pas de remarquer le regard intrigué de mon compagnon de voyage. Pourtant je ne pris pas la peine de l'éclairer sur le corbeau, préférant attendre d'éventuelles questions. Au fil de la journée je vis le jeune lord se plonger dans ses pensées et je respectai cette introspection, gardant le silence.

Je sentis la présence de la mer bien avant de la voir. Cette compagne de toute une vie, je n'avais aucune difficulté à la ressentir. Salvemer étant une ville côtière, toute senteur iodée me ramenait à l'image de ma cité. Je fus tirée de mes pensées par l'hésitante justification de notre route par le Sombre Loup. Je portai sur lui un regard perçant avant de sourire.

- Il est toujours plus prudent de prendre des repères pour traverser une terre aussi énigmatique que le Neck. La nostalgie s'invite souvent à l'approche des frontières de son domaine, je ne vous tiens pas rigueur de votre humeur, messire.

Semblant vouloir se rattraper, il choisit d'ouvrir la conversation en prenant des nouvelles de ma famille.

- Aux dernières nouvelles, ils se portent bien, mais cela fait plusieurs semaines que je ne les ai pas vu, des affaires ont accaparé mon attention loin de Salvemer, répondis-je avec un petit sourire contrit comme si je voulais m'excuser de mon absence, mais l'importance de certains actes avait nécessité que je m'éloigne de ma demeure. Quant à Walda, j'espère qu'elle aura su se montrer à la hauteur de la tâche que nous lui avions confiée pendant notre absence. Vu que mon père, Gareth et moi sommes retenu ailleurs, nous lui avons remis la gérance de notre fief en dépit de son caractère trempé. Walda a toutes les compétences nécessaires pour faire une grande dame, si seulement elle en prenait conscience...

Ma sœur avait le chic pour s'attirer les ennuis et ce depuis son enfance. J'espérais qu'aucunes mauvaises ne m'attendaient à mon retour.

- Enfin, je saurai exactement comment ma famille se porte à mon retour. Je vous donnerai des nouvelles plus fraîches si cela vous intéresse messire Beron lors de notre prochaine rencontre ou via corbeau.

Je ne savais pourquoi j'avais ajouté la voie épistolaire, le lord suzerain du Nord allait bientôt avoir d'autres centres d'intérêts si l'alliance se concrétisait, mais nous pouvions toujours conserver un lien aussi ténu soit-il. Le chemin nous mènerait bien assez tôt aux Jumeaux et à la séparation.

- Si un jour vous passez près de Salvemer, sachez que vous serez toujours le bienvenu. J'avais l'impression d'amorcer les adieux en lui offrant l'hospitalité de Salvemer, néanmoins j'étais sincère dans ma démarche. D'ailleurs cette offre s'étend à toute votre famille.

J'avais eu l'occasion pendant mon séjour de faire connaissance avec le reste de la famille Stark et cela s'était plutôt bien déroulé, le contact s'était établi avec facilité et je ne doutai pas que cela se poursuive dans le temps. Mais pour l'instant je profitais des derniers kilomètres en compagnie du lord.

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Message Lun 12 Nov 2012 - 6:49

Le chaos de la chevauchée imprimait au voyage une sorte de lancinant balancement agréable. Le Stark écouta avec intérêt les nouvelles que lady Rivanon consentit à lui livre sur sa famille. Son père notamment. Le chef des armées du Conflans avait dû s’absenter de Salvemer et son éloignement associé aux absences conjuguées de son fils et de sa fille aînés l’avait apparemment conduit à confier la brève et temporaire administration de sa maisonnée à la jeune et impétueuse Walda, dont Beron s’était enquit.
Les propos que la jeune femme tint d’ailleurs au sujet de sa sœur apprirent à Beron toute la confiance que la jolie blonde avait en sa cadette qui, pour toute fougueuse qu’elle fût, semblait être très appréciée de Rivanon. Cette dernière semblait toutefois regretter le fait que la jeune Walda ne soit pas assez consciente des qualités qui étaient les siennes et des vertus qui semblaient pouvoir faire d’elle une grande dame de tout premier plan. A l’évocation de tout cela Beron jeta vers l’émissaire du Conflans un regard attendri. Lui qui couvait ses frères et sœurs tel un loup protégeant sa meute, avait une grande estime pour toutes les familles qui parvenaient à conserver, malgré les inéluctables petits tracas du quotidien, à conserver cette cohésion et cette proximité si importante pour la grandeur et la croissance d’une maison d’importance... Il ne put néanmoins que remarquer un détail dans l’expression du visage de la jeune femme qui trahit à ce moment-là un imperceptible soupçon de retenue ou de réserve. Manifestement, l’affection que la jeune lady avait pour sa jeune sœur devait néanmoins être un mélange de divers sentiments, apparemment complexes.
Il pensa forcément à Ron et Al, ses petits frères à lui, les jumeaux. Et il sourit. Quand ces deux-là parviendraient-ils enfin à prendre conscience de leurs capacités ? Et quand entameraient-ils enfin leur marche finale vers un vrai comportement d’adultes ? Les jumeaux Stark prenaient semblait-il un malin plaisir à se vautrer dans l’enfance, tout âgés qu’ils étaient de leur très récents vingt-trois printemps... Non pas qu’ils soient trop bêtes ou inconscients pour appréhender des choses de leur âge mais ni Ronardt ni Allan ne se comportaient réellement comme les adultes qu’ils étaient bel et bien désormais. Au contraire, bien malins qu’ils étaient, ils laissaient sans vergogne à leurs aînés les tâches ingrates qui incombent aux nobles héritiers pour se prélasser dans les confortables habits de puînés, s’affranchissant régulièrement des devoirs de sérieux et de droiture qui étaient ceux de tout Stark, le tout sans jamais se départir d’une irritante tendance à la nonchalance et à la procrastination. Certes les jumeaux Stark savaient aussi se montrer sérieux quand il le fallait, mais c’était justement ces moments-là de sérieux qui agaçaient le plus leur frère aîné puisqu’il s’agissait, ce faisant, d’une éclatante démonstration du fait qu’ils étaient capables de se comporter autrement...

Une bourrasque de vent frais vint caracoler dans la tignasse brune du jeune lord.

– Je serais vraiment ravi que vous me donniez des nouvelles de votre famille lorsque vous les retrouverez ! répondit-il à la proposition de la jeune ambassadrice lorsque celle-ci lui en fit la proposition. – Etablir une correspondance avec vous serait un réel plaisir ! Pourquoi attendre de se revoir ? Le Sombre Loup n’ignorait nullement ce que les gens pourraient penser de tels échanges mais il s’en fichait éperdument. Si Kendrik avait été encore vivant et à ses côtés, nul doute qu’il aurait profité de cela pour jouer à le railler sur cette question mais malheureusement, le Crakehall n’était plus de ce monde et les piques que les deux amis aimaient à se lancer n’existaient plus que dans ses souvenirs nostalgiques. Le Stark talonna brusquement son destrier qui s’élança vers l’avant de la colonne jusqu’à parvenir près du géant Tallhart. Le Stark lui glissa quelques mots avant de se laisser décrocher à nouveau pour rejoindre lady Rivanon.
– Je vous remercie, ma Dame, dit-il en s’inclinant légèrement pour lui manifester son respect lorsque la jeune femme lui assura qu’il serait toujours le bienvenu à Salvemer. Et lorsqu’elle précisa qu’il en allait de même pour l’ensemble de sa famille, il lui sourit une nouvelle fois et repensa à Jonas qui assurait une nouvelle fois l’administration des terres Stark et de la forteresse de Winterfell durant son absence. – Jonas en serait certainement ravi ! Non pas que celui-ci ait annoncé quelque préférence qui soit pour le Conflans ou ses côtes, mais Beron se disait parfois que son cadet était de loin celui de la fratrie qui, non seulement faisait preuve du plus grand sérieux mais qui était aussi celui dont les sacrifices pour la Maison Stark étaient les plus fréquents. En effet, eu égard à son âge et à son expérience, c’était toujours à Jonas que le Sombre Loup confiait la régence du fief lorsqu’il était amené à devoir quitter longuement Winterfell. Ainsi donc, Jonas était aussi celui qui, en toute logique, s’éloignait le moins fréquemment des environs de la grande forteresse de granit et qui devait certainement, et bien qu’il n’en avait jamais rien dit, avoir le plus besoin d’aventure...

La petite chevauchée à vive allure du premier jour de leur long voyage avait fait énormément de bien à Beron qui appréciait beaucoup chevaucher au galop. Lorsque son étalon et lui partaient de la sorte, le Stark avait l’agréable impression de vivre pleinement et de n’exister que pour croquer goulûment dans une sorte de liberté perdue.
Aussi à ce moment précis et alors que le convoi nordien entamait le dernier tiers de son long périple vers le sud, le Sombre Loup éperonna à nouveau sa monture et, déjà lancé dans un demi galop qui l’éloignait de la jeune Mallister, il se retourna vers elle et lui lança tout sourire : – J’ai envie d’un autre galop ! Pas vous ? Il faisait habituellement preuve de beaucoup moins de légèreté mais depuis la mort de son ami Kendrik, il lui semblait essentiel de vivre les choses pleinement et de la façon qu’il souhaitait afin de mieux embrasser l’existence et se sentir vivant. Et puis la jeune lady était une femme tellement simple et agréable dans son discours et sa posture, qu’il voulait profiter pleinement de sa présence auprès de lui pour faire toute ses choses qu’il s’interdisait lui généralement et qui paraissaient si évidentes pour elle... C’était tellement agréable de galoper au grand air !

Ils étaient maintenant dans le Conflans dont ils avaient franchi la frontière au milieu de la matinée. La Route Royale qu’ils avaient l’intention de rejoindre après avoir longé la lisière sud du Neck sur quelques mille apparaissait à nouveau loin devant eux. C’était le début de la dernière ligne droite du long voyage. Dans deux jours ils auraient rejoint Les Jumeaux et la route du Stark y délaisserait celle de la jeune Mallister.

Il cria à cette dernière : – Cela faisait bien trop longtemps à mon goût que je n’avais plus poussé ma monture au galop avant votre venue ! Les soins de mestre Prysas sont certes très efficaces mais je sais à quoi c’est dû. Je ne serais jamais mort de ma blessure, mais j’ai bien cru mourir d’ennui !
Il sourit en pensant à ce que le vieux mestre aurait dit s’il avait été là à les voir ainsi galoper. Lady Mallister serait passée pour l’odieuse pousse au crime que le mestre redoutait tant, et qu’il s’était si souvent escrimé à combattre lorsque Kendrik était encore en vie et que c’était lui qui jouait ce rôle-là…

*
* *

Les deux derniers jours de voyage furent avalés par Beron avec la gourmandise d’un mort de faim traversant une cuisine. Il ne fallait rien perdre de tout ce qui se présentait. Et Beron l’austère passa bien vite, pour ses compagnons de route, pour l’étrange fruit d’une transformation aussi inattendue que soudaine. La liberté retrouvée et la compagnie de Lady Rivanon étaient tout ce dont il aurait pu rêver au moment de sortir de sa longue période de convalescence forcée. Lorsque les tours de la forteresse de Jumeaux se dressèrent enfin au loin, le Sombre Loup prit soudain conscience que la petite parenthèse inattendue qu’avait constituée la présence de Lady Rivanon à ses côtés touchait désormais à son terme.
Il la remercia une nouvelle fois chaleureusement pour sa franchise, sa spontanéité et sa bonne humeur.

– J’ai passé avec vous de très bons moments, ma dame… Lui assura-t-il. – Je vous souhaite bonne route jusqu’à chez vous ! J’espère que nous trouverons, vous et moi, le temps de nous écrire un peu !? Le Stark était souvent taciturne à tel point qu’il été fréquent qu’il passe pour un triste et austère seigneur solitaire qu’il n’était en réalité pas. Sa rencontre avec la jeune émissaire du Conflans avait constitué pour lui une espèce de déclencheur qui lui laissait à présent l’impression d’avoir tourné la page du deuil de son ami ser Kendrik... Sans doute allait-il revivre à présent ? Et certainement qu’une correspondance avec la douce et joyeuse lady Mallister favoriserait tout cela...

Il tourna bride et donna le signal à sa petite troupe de reprendre la route en direction des Jumeaux. C’était là, à cet endroit précis, que la route du Sombre Loup s’éloignait de celle de la jeune femme...


Dernière édition par Beron Stark le Jeu 6 Déc 2012 - 15:06, édité 1 fois
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Message Dim 2 Déc 2012 - 18:42

Ainsi Beron était d'accord pour que nous entretenions une relation épistolaire. Cela me fit plaisir et je répondis avec un sourire de contentement.

- C'est vrai, pourquoi attendre de se revoir, répliquai-je avec une pointe de malice.

Je n'eus guère le temps d'en ajouter plus que le jeune lord talonna sa monture pour se porter à l'avant de la colonne. A son retour il me remercia quant à l'invitation ouverte que j'avais formulé à l'égard de sa famille. Je conservais une bonne impression des frères et sœurs Stark, et puis il fallait l'avouer cela devrait réjouir mon père d'avoir parmi ses connaissances la famille suzeraine du Nord. J'en étais à ce point de réflexion quand Beron me proposa un galop, il ne me laissa pas le temps de répondre qu'il était déjà parti. Dans un éclat de rire, je talonnai Emdal pour rattraper le jeune homme, je ne lui laisserai pas le plaisir de me distancer. Ma monture se montra à la hauteur de ce que j'attendais d'elle et me mena à la hauteur du suzerain. Il mentionna le bien que lui procurait ce type de chevauchée, surtout qu'il avait été en convalescence pendant un temps certain. Il est vrai que Beron m'avait raconté sa confrontation avec les fer-nés et la mort de son ami, il avait également mentionné les conséquences de la blessure récoltée à cette époque. Je me rappelais encore les discussions que j'avais eu avec le Stark au sujet de ces pirates, car les côtes riveraines étaient également la cible de ces derniers, un véritable fléau comme je le disais assez souvent. En tout cas, mestre Prysas avait été ferme quant à la convalescence, forçant son seigneur et maître au repos, ce qui pouvait renforcer l'image que les autres régions avaient du Nord et de son suzerain, soit un homme austère et isolé dans son coin. Pourtant, son intérêt pour ce qu'il se passait dans notre royaume démontrait qu'en dépit de la situation excentrée du Nord, le Stark restait connecté avec le reste du continent. De toute manière, je ne doutai pas qu'un tel suzerain ait en sa possession un réseau de renseignement adapté à la politique westerosienne. Si l'alliance entre Tully et Stark se concrétisait, le jeune Edwyn pourra s'appuyer sur un allié de choix.

Tout en chevauchant, nous discutâmes ce qui me fit perdre la notion du temps et je fus surprise par le déclin du jour. Nous ne tarderons pas à faire halte pour nous restaurer et prendre du repos. Il nous restait environ deux journées de chevauchée pour atteindre les Jumeaux. Après une bonne nuit réparatrice nous poursuivîmes notre voyage. Les lieux furent avalées rapidement à mon goût voire trop rapidement à mon goût. J'appréciai vraiment la compagnie du Sombre Loup et de ses hommes. Quand le pont des Jumeaux se présenta à nos yeux je sus que l'heure de la séparation avait sonné.

- Messire Beron, ce fut un plaisir de faire votre connaissance et de voyager à vos côtés. Je ne manquerai pas de vous envoyer un corbeau pour prendre de vos nouvelles et j'espère que vos démarche auprès de lord Frey et de messire Tully seront couronnées de succès. Puisse nos routes se croiser à nouveau, conclus-je avec un sourire.

Oui j'étais un peu triste de quitter Beron étant donné que j'avais grandement apprécié le temps passé en sa compagnie mais le devoir ne peut attendre, ni la famille et revoir la mienne me tenaillait depuis quelques temps déjà. Sur ces dernières paroles, mon cortège se sépara de celui du Loup pour continuer en direction de la côte riveraine. Je lançai un dernier regard par dessus mon épaule avant de me tourner résolument vers Salvemer. Il me restait encore beaucoup de route avant de rentrer chez moi.



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