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Une chaleur de corps et d'esprit [PV Lyra]

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Message Mer 18 Avr 2012 - 22:49

Edarra revint de chez le mestre des Météores après avoir envoyé la lettre à Lotho. Cela faisait bien une ou deux semaines qu’ils avaient chevauché dans le Bief et ensuite dans les montagnes pour arriver jusqu’au Météores, escortés dans les derniers kilomètres par Oberyn lui-même. Cette rencontre lui avait fait chaud au cœur jusqu’à ce qu’à la table du Lord, ce dernier se mette à poser des questions embarrassantes auxquelles Edarra avait, elle espérait, plutôt bien répondu. Mais rien n’était moins sur dans ce milieu, il pouvait très bien aussi se foutre un peu d’elle en lui faisant miroiter les promesses de mariages. En même temps, s’allier avec une maison puissante leur rapporterait certainement de l’argent et de la renommée même si ils allaient avoir, revers de médaille, de légers soucis du côté des Martell et de leurs partisans. Maintenant ce qu’elle avait dit était plutôt juste. Tant qu’ils montreraient soutient aux Ferboys ceux-ci ne les laisseraient pas tombés. Les alliés étaient tellement rare que son oncle les gâtait énormément et n’hésitait pas à les inviter et à leur envoyer des cadeaux. Après tout, il fallait consolider ses bases pour espérer prospérer. Au-delà de l’amour qu’elle ressentait pour Oberyn, il y avait aussi le devoir. Elle détestait y penser ainsi, mais c’était cela : un acte politique, rien d’autre pour sa mère. Elle ne verrait que les avantages matériels et réels. Peu lui importait le bonheur de sa fille. Tant qu’elle obéissait et se marier en arrangeant ses affaires, c’était tant mieux.

Le dîner avait été assez copieux mais Edarra n’avait pas énormément mangé. Elle avait surtout surveillé ce qu’elle disait et ce qu’elle insinuait et du coup, avait grignoté un peu de chaque plat ; honorant les mets de la maison mais sans s’alourdir inutilement. De plus, le retour au chaud garantissait des sueurs inutiles si on gagnait un peu trop de kilos. Mais avec tout ce chemin qu’elle avait chevauché, elle avait du certainement en perdre, à marteler ainsi ses cuisses et ses fesses sur les routes escarpées de la côte. Elle n’avait bientôt qu’une hâte repartir pour ce dernier morceau de route pour retrouver sa maison, son oncle et son frère, se sentir chez elle, aux coordonnées 0 de son monde, bien encrée là où elle avait vécue une grande partie de sa vie. Elle se leva et s’étira. Elle allait revêtir sa tenue de nuit légère et aérée pour ne pas se réveiller trempée de transpiration. Elle toqua à la porte et lorsqu’une servante ouvrit, elle commanda Lyra pour venir la préparer. Il lui semblait que c’était la première fois que la jeune femme était aux Météores et voulait savoir ce qu’elle en pensait avec ses yeux neufs et candides.

Se levant elle ouvrit la boite qui contenait ses affaires et en sortit une fine robe de nuit bleu azur qui soulignait souvent son teint bronzé. Elle ne plairait pas à grand monde la nuit étant donné que personne ne la verrait mais elle avait envie d’être jolie ainsi dans la demeure de son grand amour. Elle passa ses doigts dans les reliefs de soie et le posa sur le grand lit de la chambre des invités. Elle avait eu un bac d’eau fraîche pour luter contre la chaleur et une coupole de fruits était disposée près d’une fenêtre ouverte histoire d’aérer et d’éviter les odeurs désagréables de transpiration. Elle saisit une orange qu’elle roula dans sa main avant d’en sentir l’odeur acidulée et douce. Les fruits devenaient légèrement plus amers avec une petite baisse de température. Ca ne se sentait pas énormément dans les régions du sud, mais quand on était habitué à en manger constamment, on repérait le moindre petit changement dans les saveurs.

Alors que la porte s’ouvrait, Edarra n’eut même pas à tourner la tête pour reconnaître les petits pas affolés de sa suivante. « Lyra, je comptais m’habiller pour la nuit, pourquoi ne me coifferais-tu pas aussi un peu les cheveux avant le couché ? », elle tira la fenêtre un peu plus ouverte et on entendait alors envahir la pièce un doux son de vagues s’échouant sur la grève. Cette fois, Edarra était presque sure qu’aucun fer-né ne viendrait la troubler en débarquant sur ces plages. « Comment trouves-tu les Météores, et le château des Dayne ? » Elle commença à tirer les manches de sa robe pour commencer l’effeuillage.
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Message Jeu 19 Avr 2012 - 16:02

     La suite de lady Edarra avait quitté Villevieille depuis quelques semaines à présent et au fond, Lyra avait ressenti une sorte de soulagement. Quitter Dorne avait été une première pour elle et même si la jeune femme était réellement ravie et enchantée de découvrir de nouveaux horizons ainsi que de nouveaux visages, elle avait une boule d'inquiétude qui ne quittait jamais son estomac. Obara mettait cela sur le compte de la peur de l'inconnue, comme si la Dornienne était trop effrayée par ce qui se passait autour d'elle pour pouvoir s'apaiser convenablement. Il était vrai que l'autre suivante de la dame de Ferboys avait l'air beaucoup plus détendue, preuve que finalement l'expérience était souvent la clé de bien des maux. Quoi qu'il en soit, même si Lyra était heureuse d'avoir rencontré beaucoup de nouveaux personnages tels que Lotho ou Duncan et d'avoir revu des amis d'enfance comme Maël, elle ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur s'alléger au fur et à mesure que sa région natale approchait. Lyra avait donc appris qu'ils passeraient quelques temps aux Météores, dans la demeure de ser Oberyn que la jeune femme n'avait toujours pas eu l'occasion de voir. Pourtant la Mère Rivière savait que les oreilles de la Dornienne avaient souvent été abreuvées de récits qui contaient les talents des combattants de la maison Dayne. Il était évident que si un jour la demoiselle était amenée à croiser le chemin du chevalier, elle se sentirait très intimidée. C'était une chose pratiquement logique si sa dame était amenée à se marier à lui.

     Les suivantes avaient donc été installées non loin de la chambre de leur dame de manière à pouvoir aller l'aider dès que lady Edarra aurait besoin de leur aide. Lyra s'était rapidement mise à observer les environs par la fenêtre, même s'ils étaient enfin à Dorne, la jeune femme avait l'impression d'être dans une autre région. Les maisons des nobles qui vivaient dans ces montagnes, étaient peuplées de personnes à la peau claire et aux cheveux blonds, surprenant pour quelqu'un comme Lyra qui avait toujours côtoyé des Dorniens Salés. Elle ne pouvait s'empêcher de laisser un sourire permanent flotter sur ses lèvres, observant de loin tout le petit monde qui gravitait autour d'eux. Ce ne fut que lorsque Obara lui somma de cesser de dévisager tout le monde, que la fille d'aubergiste referma la fenêtre pour venir s'installer sur le lit qui lui avait été alloué. À peine ses fesses avaient-elles touchées le matelas de paille, que l'on frappa à la porte, une domestique entra avant de déclarer à Lyra que sa dame la demandait.

     Sautant sur ses pieds nus - elle profitait du fait de pouvoir laisser ses pieds sans chaussures - puis se glissa hors de la pièce, laissant Obara seule et certainement heureuse d'avoir quelques minutes rien que pour elle. Après avoir rapidement parcouru la petite distance qui séparait les deux chambres, Lyra frappa légèrement contre la porte de la chambre avant d'en pousser la porte pour entrer dans la pièce. Encore une fois, elle se souvint après coup que Obara lui répétait toujours d'attendre l'autorisation de sa dame, il était vrai qu'entrer si lady Edarra était occupée avec quelqu'un d'autre, ne serait pas forcément très apprécié. Mais il était trop tard pour s'occuper de ce détail et la Dornienne approcha aussitôt de la belle noble qui prit la parole pour lui demander quelque chose avant de commencer à enlever ses habits. La jeune femme s'empressa d'aider sa dame, les robes Dorniennes étaient légères et aidaient à supporter la chaleur ambiante, mais elle pouvait aussi être très difficiles à enlever dans certains cas. Alors qu'elle s'appliquait à défaire correctement les nœuds ou croisements de tissu qui maintenaient la robe en place, Lyra répondit aux questions qui lui avaient été posées.

     ▬ Je le trouve superbe ! Et si surprenant, je n'avais encore jamais vu autant de Dorniens avec les cheveux aussi clairs et le teint aussi pâle ! Elle se réjouissait pour bien peu, mais chaque nouvelle découverte était une source d'intérêt et d'informations lorsque l'on était aussi novice qu'elle en la matière. Les personnes qui servent les Dayne ont l'air d'aimer leur travail, mon père me disait toujours que quelqu'un qui servait un noble et en était heureux, était le signe que cette famille était une bonne famille. »

     C'était peut-être un peu étrange comme phrase, mais Lyra comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Elle-même était très heureuse de servir lady Edarra et contrairement à ce que beaucoup de monde disait, la Dornienne ne voyait rien de dégradant à habiller et servir une noble. Bien au contraire, elle prenait cela comme une véritable chance. Lorsque le gros de la robe fut défait, la jeune femme laissa glisser le tissu sur la peau bronzée de la jeune noble et l'habit tomba sur le sol dans un léger bruissement d'étoffes. La Ferboys se décala un peu sur le côté pour que sa suivante puisse rapidement ramasser la robe et ne pas l'abîmer, puis la posa de côté afin de se saisir d'une espèce de petit pulvérisateur qui servait à envoyer une brume d'eau sur la peau afin de la rafraîchir. Ce n'était rien de bien compliqué, une étoffe finement percée, cerclée dans du fer avec une petite poignée servant à actionner le soufflet qui projetait la brume. Elle l'utilisa afin d'humidifier un peu la peau de lady Edarra de manière à ce qu'elle se sente plus fraîche sans avoir besoin de s'immerger dans un bain pour autant, puis la sécha rapidement.

     ▬ Ser Oberyn se trouve-t-il aussi aux Météores ? Je n'ai aperçu personne qui ressemblait à sa description, mais j'avoue que je ne m'attendais pas à voir autant de personnes aux cheveux dorés. Elle rigola légèrement. Est-ce que vous comptez rester ici quelques temps, ou n'est-ce qu'une brève halte avant de regagner Ferboys ? »

     La jeune femme avait attrapé la robe après avoir posé la serviette de côté. Lyra ne pouvait s'empêcher de se dire que sa dame ne se conduisait pas assez comme elle le devait et trop gentiment avec ses suivantes. La preuve : elle avait elle-même préparé la robe alors que la tâche incombait à Lyra. Avec un sourire aux lèvres, la Dornienne s'empressa de glisser le tissu délicat sur les épaules fines de la noble, prenant soin de positionner correctement les plis du vêtement. Elle y mettait une application qui ne portait pas toujours ses fruits, mais faisait preuve de bonne volonté. Son regard de jais ne quittait pas l'habit alors qu'elle essayait de se souvenir comment positionner chaque pan de tissu. Après quoi, elle pourrait s'occuper de brosser les cheveux de lady Edarra. Une tâche qu'elle aimait tout particulièrement, car cela lui rappelait les moments qu'elle passait avec sa petite sœur.
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Message Jeu 19 Avr 2012 - 20:46

La voix douce et perchée de la suivante résonna dans la pièce accompagnant ses petits pas. Cette voix-là, elle l’aimait bien. Au moins si elle finissait mariée à Oberyn ne serait-elle pas dépaysée de ce point de vue là. Car il était évident qu’elle prendrait toute sa suite avec elle si elle venait à épouser l’épée du matin. Après tout, elle accepterait certainement des sacrifices mais pas tous les sacrifices. Même si elle n’avait plus vraiment de pudeur de ce côté-là, s’étant faite déshabillée par une dizaine de ses suivantes ; elle serait quand même mal à l’aise si de nouvelles mains la touchaient et l’aidaient à se laver ou à s’habiller. Non, elle n’y arriverait pas durablement en tout cas. Et puis ne pas choisir ceux qui l’entouraient l’irritait. Quand on imposait la présence d’une personne près d’elle, elle avait tendance à ne pas être agréable du tout et à ne répondre que de manière cynique tout en cherchant la première occasion pour se défiler. Même si cette personne était la meilleure de tout Westeros, elle n’aimait pas qu’on lui force les choses, elle préférait les faire elle-même et les souhaiter elle-même. Et Lyra, elle la voulait et elle resterait, qu’importe qu’elle ai à faire le caprice d’une gamine gâtée, elle passerait pour une petite noble au sang chaud, comme toutes les Dorniennes et on lui laisserait sa reître… Bien qu’elle doutait en arriver là, sérieusement, elle était déjà de toute manière décidé à le faire si nécessaire. Les doigts délicats de la petite à la peau rangée glissèrent sur les plis de la robe et aidèrent Edarra à s’effeuiller doucement. Plis après plus, tissus après tissus, les pans s’étendaient sur le sol dans un bruissement doux et délicat comme si la chaleur ralentissait le temps. La réponse de Lyra s’envola dans l’air pour en parsemer l’atmosphère de sa voix légèrement chantante et dynamique. Evidemment elle n’était encore jamais venu dans cette partie-ci de Dorne et n’avait pas vu ces hommes et femmes aux peaux clairs et brillantes sous le sol et aux cheveux aussi clairs… A côté de ceux qu’on trouvait à Ferboys, la différence était frappante. Alors qu’elle commentait l’air des domestiques de la demeure, la noble répliqua « On peut gagner le pouvoir par la peur ou le respect… L’un est toujours plus facile que l’autre mais l’autre est souvent plus fort que l’un. » La jeune femme se demandait même si Lyra n’était pas inquiète quant à son sort si elle atterrissait là. Même si les domestiques des Dayne se faisaient rosser chaque jour, il était hors de question que qui que ce soit touche à une de ses suivantes.

Edarra était amoureuse d’Oberyn mais elle ne comptait pas se laisser faire et entendait bien avoir son mot à dire sur les affaires des Météores si elle venait à marier l’héritier. Une douce brise d’eau orna un moment sa peau. Lyra pulvérisa de légères gouttelettes sur son corps pour donner simplement une sensation factice de rafraîchissement. Sitôt que le nuage de gouttelettes se serait dissipé que la chaleur reprendrait ses pleins droits sur la pièce et sur la peau d’Edarra. Cette ambiance douce de soirée faisait du bien à Edarra. Ca marquait la fin d’une journée et le début d’une période de sa journée totalement et exclusivement destinée à dormir et à se détendre. Oui, elle aimait dormir même si elle n’aimait pas trop dormir. Le dynamisme de Lyra lui motiverait un petit peu les esprits pour éviter qu’elle ne finisse par dormir à une heure outrageusement ridicule. Après tout, sa suivante était très douée pour poser les bonnes questions et stimuler la noble. Alors qu’elle commençait à enfiler sa tenue de nuit, Lyra lui posa quelques questions. « Oui, il nous a escorté à quelques lieux du château, j’avoue qu’il n’était pas facilement distinguable entre les gardes qui l’accompagnaient. Mais il est vrai que tu n’as pas vraiment assisté au repas. Je pense que demain tu auras l’occasion de le voir ou après-demain pour notre départ. Je pense que je te le présenterais… Qui sait… Peut être a-t-il de beaux et valeureux gardes qui pourraient te plaire ? » Elle décocha un sourire à la jeune fille alors qu’elle levait légèrement les bras pour faire passer le pant clair de tissus sous son bras. « Nous partirons dans deux jours normalement. Un de nos chevaux était apparemment blessé et Gerold veut tenter de le soigner. Au pire, Lord Dayne pourra nous en prêter un. C’est l’occasion pour toi d’aller peut être jeter un coup d’œil en ville. Je pense qu’on ira faire un petit tour au port demain, qu’est ce que tu en penses ? » Les visites en ville avec la jeune suivante étaient toujours des plus divertissantes, non pas pour se moquer d’elle, mais parce qu’elle trouvait de l’humour et de l’émerveillement dans les choses qu’Edarra ne soupçonnait même pas.
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Message Ven 20 Avr 2012 - 18:46

     Il était vrai que le pouvoir pouvait être gagné de diverses manières, mais tout le monde savait bien qu'établir une relation de confiance portait souvent mieux ses fruits. Des maîtres bons avec leurs domestiques pouvaient être persuadés que ces derniers ne les laisseraient pas tomber le jour où ils seraient dans le besoin. Alors que si ces mêmes maîtres étaient infectes avec leurs employés, ils encouraient le risque de se faire lâcher à la première occasion, au moindre signe de danger. La relation entre Dorne et Port-Réal en était d'ailleurs la preuve, le mariage de la Reine Myriah avait été le meilleur moyen de rallier Dorne au reste de Westeros, sans quoi la guerre aurait très certainement durée encore très longtemps. Les pensées de la brune s'éloignèrent un bref instant dans ce domaine tandis qu'elle se souvenait que la famille de lady Edarra était loin d'être proche de celle des suzerains de Dorne. C'était une chose que le père de la jeune femme lui avait reproché. Il avait toujours admiré la famille Princière et aurait été très heureux de pouvoir un jour les approcher, autant dire que d'apprendre que Lyra allait servir une Ferboys ne l'enchantait guère. De son côté, la Dornienne n'avait pas d'avis, elle avait grandi à Lancehélion sans jamais croiser la route d'un membre de la famille Martell et bien évidemment, elle ne savait que ce qui se racontait sur leur compte. La seule chose que la jeune femme possédait, était un secret concernant une prostituée qui avait fréquenté son auberge, elles avaient été amies, puis s'étaient éloignées. Au final, Eva – puisqu'il s'agissait d'elle – avait avoué un secret concernant l'un des membres de la famille et bien souvent, la brune s'était dit que si elle glissait cela dans une conversation, lady Edarra serait certainement ravie de l'apprendre. Mais elle ne l'avait jamais fait. Et pourtant elle avait entièrement confiance en elle. Peut-être son côté « muet », car même si elle parlait énormément, Lyra savait aussi se montrer muette comme une tombe.

     La voix de la jeune noble la tira de ses pensées alors qu'elle répondait pour expliquer que son promis faisait bel et bien parti de la troupe qui les avait escortés jusqu'aux Météores. Lyra pesta intérieurement de ne pas l'avoir reconnu, avant d'esquisser un sourire en riant légèrement au moment où sa dame aborda le sujet de beaux gardes qui pourraient la séduire. La Ferboys avait déjà abordé le sujet avant son départ de sa maison, mais pour le moment Lyra n'avait encore jamais croisé la route d'un garde qui puisse éveiller son intérêt. Elle avait horreur des armes et des gens qui tuaient ou blessaient sans raison, inutile de préciser que les hommes d'armes n'étaient donc pas sa priorité. Alors qu'elle continuait d'habiller la jeune femme, celle-ci reprit la parole afin de répondre à l'interrogation concernant la durée de leur voyage, puis proposa quelque chose qui enchanta Lyra. Cette dernière s'empressa de répondre d'un ton enjoué.

     ▬ Oh oui, je pense que c'est une excellente idée ! Il y a toujours tellement de monde et d'agitation dans les ports, je suis certaine que ce serait très intéressant. Puis au moins vous pourrez visiter la ville de tous les côtés et sous tous les angles ! Il était vrai que si la jeune noble était amenée à vivre ici, il était préférable qu'elle connaisse les lieux avant de s'installer. J'imagine que pour vous aussi c'est la première fois que vous venez ici ? »

     Elle termina de placer le vêtement sur sa dame avant de fermer avec application les quelques cordelettes qui devaient servir, puis s'éloigna de quelques pas afin de chercher la brosse destinée à coiffer les cheveux de jais de lady Edarra. Aussi étrange que cela puisse paraître, la suivante avait toujours trouvé ce geste apaisant. Brosser les cheveux de quelqu'un en veillant à ne pas lui faire mal, bichonner une personne en somme. C'était le moment où elle se sentait le plus à l'aise, lorsqu'elle savait que sa présence pouvait rendre quelqu'un d'autre en meilleure forme. Après avoir trouvé ce qu'elle cherchait, la Dornienne revint vers sa dame qui put s'installer confortablement de manière à ce que sa tête se trouve au niveau de la poitrine de sa suivante. La meilleure position pour pouvoir brosser correctement des cheveux. Alors qu'elle défaisait la coiffure de voyage de sa dame, la jeune femme reprit la parole.

     ▬ Je suis heureuse que votre voyage se soit bien passé en tous les cas. Je m'étais fait énormément d'inquiétude lorsque dame votre mère nous avait annoncé que la guerre contre les pirates n'avançait pas comme nous l'espérions. Au moins cela vous aura-t-il donné l'occasion de voir votre chevalier à l'œuvre. Elle rigola légèrement avant d'enchaîner comme elle ne souhaitait pas s'attarder sur un sujet trop triste pour lady Edarra. Je suis persuadée qu'il est très remarquable, mais je dois avouer que j'étais un peu perdue dans mes pensées et dans les paysages lors du voyage de retour, je n'ai pas trop passé de temps à observer les combattants de notre suite. D'autant plus qu'elle en avait supporté plusieurs lors de son voyage jusqu'à Villevieille et ne tenait pas à devenir trop proches d'eux. Une question lui vint soudain à l'esprit. Gerold a donc réussi à vous laisser un peu de mou ? Je m'attendais à le voir débarquer avec son épée à la main histoire de s'assurer que ser Oberyn ne vous faisait rien de mal ! »

     Il était vrai que l'homme d'armes ne semblait pas particulièrement être du genre à laisser sa dame courir le moindre risque. Lyra avait toujours admiré ce trait de caractère chez lui, même si au fond elle avait toujours pensé qu'il abusait. Elle était persuadée qu'il ne l'aimait pas parce qu'elle était trop tête en l'air et imprudente. Pour la demoiselle, le fait que le garde la voyait comme un danger pour sa dame était obligatoire, il devait rêver de l'instant où Edarra allait se débarrasser d'elle ! Après avoir laissé les cheveux de la noble tomber dans son dos, avec délicatesse Lyra commença à les brosser, prenant soin de ne pas tirer les petits cheveux qui étaient souvent les plus douloureux, puis après quelques instants de silence, reprit la parole.

     ▬ Je pense d'ailleurs que vous devriez conseiller à Gerold d'épouser Obara, elle a l'air aussi inquiète que lui du danger que je peux vous faire courir. Ils s'entendraient parfaitement, j'en suis persuadée ! Elle rigola légèrement. Et dites-moi, avez-vous vu de belles choses lors de votre voyage ? »
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Message Sam 21 Avr 2012 - 17:16

Ces petits moments de calmes où il n’y avait pas à faire de gymnastique improbable pour ne pas heurter les sentiments d’un autre noble, ou pour respecter le protocole était une détente bien appréciée. Non pas qu’Edarra était profondément fatiguée de voir des gens et d’apparaître dans els banquets ; mais être soi-même de temps en temps, ça faisait du bien. Il y avait très peu de personnes en fait avec qui elle pouvait se permettre d’être ainsi. Sa suite, et encore, pas tout le monde. Si Obara, Lyra et Gerold avaient son entière confiance, ainsi que quelques autres gardes ; les autres de la suite n’étaient pas forcément très proches d’elle et elle ne savait pas très bien si elle pouvait compter sur leur discrétion. Après tout, si la moitié des gens se montraient loyaux, elle ne savait pas si ça jactait le soir quand il elle n’était pas là et qu’ils étaient libres de parler. De toute manière, elle avait suffisamment d’Obara, Lyra et quelques autres pour s’habiller, se laver et faire toutes les autres choses et Gerold gérait parfaitement la garde de sa suite, elle n’avait pas à se plaindre en somme. Son garde aussi devrait faire partit du lot si les Dayne voulaient bien qu’ils se marient avec Oberyn. Même si les gardes de la maison semblaient dignes de confiance, elle n’était pas moins dans un territoire où la maison suzeraine avait des liens, assez forts même. Elle ne pourrait les convaincre de renoncer comme ça à leur loyauté sans faille envers les Martell. Du moins pouvait-elle leur insinuer le doute et le partage entre els deux maisons. Si les Ferboys faisaient beaucoup, si ce n’est plus, que les Martell, si quelque chose arrivait ils auraient potentiellement plus de mal à choisir un camp. Mais il fallait surtout espérer qu’on n’en arrive pas encore là. Lyra sembla enthousiaste à l’idée d’aller un peu visiter la ville. « Oui, je pense que les Météores est une ville sympathique, il faudra aller un peu voir la qualité des artisans. » Edarra aimait bien ses petites habitudes et même si elle aimait aussi le changement, elle n’était pas du genre à passer une lourde commande à un artisan qu’elle n’avait pas testé avant ou en qui elle n’avait pas eu une confiance immédiate. Si elle devait finir par vivre là, elle préférait avoir quelques contacts.

Elle s’installa sur une chaise en penchant sa tête légèrement en arrière alors que Lyra commençait à brosser ses cheveux denses et foncés. Elle avait toujours envié les femmes aux chevelures blondes ou rousses. Elle trouvait que ça changeait alors qu’elle, sans ses jolies robes, elle aurait très bien pu ressembler à une reître. Elle pensa un moment avant de répondre. « Je crois que je suis venue une ou deux fois mais c’était il y a longtemps ; Les Dayne sont venus à Ferboys quelques fois aussi. » Même si le jeune Dayne et Edarra s’étaient connus à de nombreuses occasions, en tournoi ou en se croisant dans les mêmes villes, leurs familles ne s’étaient pas fréquentées autant que certaines autres. Ainsi, la question du mariage était délicate. Lyra avoua qu’elle était contente que tout ce soit bien passé malgré les quelques embûches. Elle rajouta même une petite pointe d’humour concernant Gerold et son éternel professionnalisme. « Je n’ai pas vu Oberyn se battre, mais vu la blessure qu’il a eu à la tempe, j’ose à peine imaginer ce qu’il a combattu. Mais oui, Gerold m’a un peu laissé respirer. C’est dingue, à croire que lui viendrait bientôt un air d’Obara. » Les deux femmes rigolèrent un peu. Il était vrai que le garde faisait beaucoup de zèle mais en même temps, elle préférait largement ça que le contraire. Après un petit moment de silence où seuls s’entendaient les fibres de la brosse passait dans les cheveux épais de la Dornienne, Lyra reprit la parole. Elle lui conseilla de pousser Gerold à épouser Obara. La pensée la fit bien sourire. « Holala, je n’imagine même pas ce qu’une dispute de couple donnerait avec ces deux là… On penserait certainement que les Dragons sont revenus. » Avec ces deux fortes personnalités, il ne serait pas étonnant de compter quelques blessures des deux côtés si ils en venaient aux moins. Songeuse, Edarra répondit, « Hum, quelques unes oui. Mais je ne me suis pas attardée plus que nécessaire. Nous y retournerons tous ensemble et nous aurons certainement plus de temps pour observer le paysage. En tout cas, ça fait du bien de rentrer à Dorne, cette chaleur me manquait vraiment et avec l’arrivée de l’automne, le nord des terres risque de devenir insupportable pour nous. Il va falloir que je ressorte mes robes un peu plus chaudes si il faut que je parte encore une fois de la région… Nous pourrions allez voir quelques boutiques de tissus et de tailleurs demain tient, je pense qu’il te faudrait aussi deux trois nouvelles tenues qu’en penses tu ? Quelle est ta couleur préférée d’ailleurs ? » Après tout, Lyra la dorlotait toujours, il fallait aussi que ça passe dans les deux sens au bout d’un moment. « Nous nous sommes tellement complets dans l’été qu’une fois l’automne à nos portes nous n’avons plus rien à nous mettre… Je n’imagine même pas quand l’hiver sera là. » A ce moment là, nul doute qu’elle resterait certainement en Dorne le plus longtemps possible histoire d’éviter ces températures incroyables dont elle avait entendu parlé.
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Message Lun 23 Avr 2012 - 15:01

     Lyra espérait bien que les Météores réserveraient de belles surprises, il devait certainement y avoir quelques artisans doués qui pourraient leur montrer des choses intéressantes. À ces pensées, elle se remémora l'après-midi passée avec Duncan, le jeune forgeron originaire des Terres de l'Orage. Il lui avait promis de venir lui rendre visite à Ferboys lorsque son chemin le mènerait sur l'île d'Estremont et elle se demandait sincèrement s'il comptait réellement le faire. Sans trop s'éloigner et s'isoler dans ses pensées, la Dornienne sourit légèrement comme le silence restait installé entre elles. Il était difficile pour elle de croire qu'un homme qui avait l'air de plaire aux femmes comme c'était le cas du forgeron, puisse sincère prendre quelques jours pour dévier de son trajet initial afin de revoir une femme qu'il connaissait à peine. Difficile, mais pas impossible. Lyra mettait un point d'honneur à ne jamais partir défaitiste - ce qui expliquait sa quasi permanente bonne humeur - et considérait donc comme possible que le jeune homme pousse jusqu'à Ferboys. Encore fallait-il qu'elle demande la permission à sa dame de recevoir un ami dans l'enceinte de la ville, même si Lyra doutait que lady Edarra puisse refuser.

     Le silence fut brisé par la voix de la noble alors que sa suivante brossait toujours les cheveux de jais avec application et délicatesse. Ainsi donc la relation entre les Ferboys et les Dayne ne datait pas d'hier ? C'était intéressant à savoir, à son grand dam la native de Lancehélion ne connaissait que très peu de choses sur la famille de sa dame et s'appliquait à modifier ce point. Un sourire se dessina sur les lèvres épaisses de la Dornienne lorsqu'elle entendit la Ferboys déclarer que Gerold finirait par ressembler à Obara. La vision avait de quoi effrayer ! Même si au final les deux employés étaient surtout proches au niveau de leur dévotion à leur dame. Lyra les appréciait à sa manière, avec une certaine méfiance pour Gerold et avec une réserve pour Obara, mais les savoir dans le coin la rassurait. Un peu comme un garde-fou pour parer à sa maladresse et son manque d'expérience.

     Lorsque la discussion glissa sur l'éventuel alliance des deux serviteurs, lady Edarra réagit aussitôt et cela arracha un rire amusé à la suivante qui imaginait parfaitement la scène d'une dispute entre eux. Mieux valait éviter pour le bien de tous en effet ! La suite de la discussion fut d'ordre pratique et la Dornienne fut assez surprise d'entendre sa dame parler de nouvelles robes pour elle. Ce n'était pas le genre de choses qu'elle pouvait avoir souvent, lorsqu'elle vivait encore à l'auberge c'était même quasiment impossible, sauf qu'elle était amie avec le fils d'un tailleur qui leur faisait des fois des prix. En somme, c'était une proposition très inattendue, mais qui la comblait de joie. Lyra délaissa un moment la brosse afin d'utiliser ses doigts pour déplacer quelques mèches, ayant souvent remarqué que les massages du cuir chevelu avaient un effet apaisant, puis elle répondit enfin.

     ▬ Oh, je dois vous avouer que je n'y ai jamais vraiment songé, je prenais ce que je trouvais sans me soucier des couleurs. Mais j'aime beaucoup les couleurs chaudes, je trouve qu'elles donnent plus chaud, même si ce n'est qu'une impression ! Elle rigola légèrement. Mais vous savez, les robes que j'ai peuvent encore tenir un bon moment, j'y veille très attentivement pour qu'elles ne s'abîment pas trop rapidement. Il fallait toujours économiser et lorsque l'on venait d'une famille pauvre comme la sienne, c'était même vital. Mais je dois avouer que les baisses de température m'avaient étonnée. Je ne pensais pas que deux régions voisines puissent être aussi différentes ! Il n'y a pas à dire, l'hiver est plus supportable à Dorne ! Je dois avouer que rien que pour cela, j'ai été heureuse de retrouver notre région. »

     Être né dans une région chaude signifiait forcément que l'on grandissait habitué à de telles températures. Lyra venait de quitter Dorne pour la première fois et malheureusement pour elle, cela avait été après une rude période de sécheresse alors que l'automne revenait. Au moins en garderait-elle un souvenir au moins ! Elle n'avait jamais eu réellement froid et espérait sincèrement ne jamais connaître cette sensation. Les doigts fins de la Dornienne cessèrent leurs massages alors qu'elle reprenait la brosse de bois pour coiffer la belle et douce chevelure de sa dame, veillant à ne pas lui faire mal bien évidemment. Le fait d'avoir parlé d'un tailleur lui rappela Maël, elle avait été sincèrement heureuse de le revoir et souhaitait faire partager cela à lady Edarra.

     ▬ D'ailleurs, lorsque nous étions à Villevieille en attendant votre arrivée, j'ai revu un ami d'enfance avec qui j'avais grandi à Lancehélion. Un roturier, un tailleur plus exactement, il est extrêmement doué et semble déjà avoir été remarqué par les notables et les seigneurs du Bief. Quel dommage qu'il ne soit pas plus près, je suis certain qu'il vous aurait plu. Il a d'ailleurs réparé un accro qu'il y avait à l'une de vos robes. »

     Elle espérait sincèrement que son ami parviendrait à faire ce qu'il souhaitait dans la vie, certainement même à se faire reconnaîtra comme quelqu'un de grande valeur et pouvoir devenir riche, si ce n'était être anobli ? Douce illusion se disait-elle, ce genre de choses étaient extrêmement rares, mais encore une fois, rare ne signifiait en aucun cas impossible. Elle n'avait jamais imaginé devenir autre chose qu'aubergiste et pourtant à ce jour elle était là. Preuve que si l'on influait sur son destin, il était possible de devenir « quelqu'un » même si dans son cas ce n'était encore qu'une servante. Après avoir continué son brossage en silence pendant quelques instants, la Dornienne osa finalement poser sa question à sa dame.

     ▬ À ce propos, je voulais vous poser une question. Quelques jours avant votre arrivée à Villevieille, j'ai fait la connaissance d'un forgeron des Terres de l'Orage, il m'a demandé la permission de faire une halte à Ferboys pour que nous nous revoyions. Apparemment il retourne sur l'île d'Estremont d'où il est originaire, je me demandais s'il aurait été possible que je m'absente une petite heure le jour où il passerait en ville ? Enfin, si vous n'aurez pas d'obligations plus importantes bien évidemment ! »

     Elle ne tenait pas à ce que sa dame s'imagine qu'elle voulait délaisser son travail au profit de son plaisir personnel, c'était tout le contraire. Si cela n'avait été qu'une personne comme une autre qui passait souvent à Ferboys, elle n'aurait même pas demandé à lady Edarra. Mais Duncan avait parlé de faire un détour pour elle et Lyra se serait sentie coupable de lui faire perdre son temps pour rien. Une fois de plus la culpabilité de demander un service à sa dame la rongeait, mais elle ne voulait pas donner une mauvaise impression des Dorniens au jeune forgeron. Dur choix, elle espérait que sa dame le règlerait en répondant à sa demande. Quelle que soit sa réponse.
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Message Mer 25 Avr 2012 - 21:52

Le soin de Lyra dans certaines tâches faisait presque oublier à Edarra qu’elle venait d’une famille assez pauvre, entretenant une auberge. Les travaux de ce genre d’endroits ne devaient pas être des plus délicats et pourtant les mains de la jeune Dorienne ne portaient pas plus que ça les marques de durs labeurs. Non, elle était délicate et douce quand il le fallait comme si une nature féminine permettait à n’importe quelle personne du sexe faible de se montrer calme et doux. Les doits de la suivante passèrent dans les cheveux de la jeune femme qui ferma les yeux un instant alors que Lyra répondait à la proposition de magasiner un peu dans la ville. Elle aimait les couleurs chaudes, qui iraient de toute manière bien avec son teint et son humeur habituelle ; mais elle avoua qu’elle n’était pas habituée à en avoir souvent et qu’elle pouvait encore garder ses anciennes. De toute manière, si mariage il y avait, sa mère allait insister pour que les suivants de sa fille soient impeccables pour montrer le prestige des Ferboys. Gerold devrait se raser de près et paraître un peu moins sauvage que d’habitude. Ce serait d’un comique d’une certaine manière. Mais le garde arrivait toujours à bien se conduire même si ce n’était pas dans ses habitudes quand il était seul avec sa dame ou avec ses suivantes. Mais ce serait certainement qu’un mauvais moment à passer, le temps de faire bonne impression et ensuite tout reviendrait dans l’ordre. Hochant doucement la tête, Edarra expliqua « Il te faudra au moins une très jolie robe si il y a une cérémonie de mariage. Tu pourras la garder après si l’occasion de représente. Pas de mariage, bien sur, mais de cérémonie importante. » Quant aux températures, Edarra y était un peu habituée pour avoir déjà voyagé un peu plus au nord mais il était vrai que l’automne se ressentait drastiquement au-delà de leur désert. « Oui. Je pense qu’on en souffrira aussi mais pas autant que l’Ouest ou le Conflans j’imagine. Chacun sera touché d’une manière différente. J’espère juste que ça ne dure pas trop longtemps. » Que ce soit pour Dorne le froid ne signifiait pas forcément plus d’eau et de clémence dans les rares moissons. Mais il fallait prier pour que le printemps arrive vite et dure longtemps.

La brosse revint démêler les cheveux de la jeune femme alors que Lyra reprenait en parlant d’un ami à elle qui était tailleur à Villevieille. Edarra demandait souvent ses robes au même tailleur à Ferboys, il se faisait porter des tissus d’Esteros assez souvent et les vendait à prix d’or, mais il vendait aussi des robes aux coupes particulières avec des matières plus pratiques. « Intéressant, tu me donneras son nom, peut être irais-je faire un tour un de ces jours. Après tout les Météores sont beaucoup plus proches du Bief que Ferboys. Tu le connais depuis longtemps ? » Il faudrait qu’elle s’adapte à une nouvelle maison mais elle y arriverait. Après avoir déjà voyagé dans d’horribles conditions, elle arriverait certainement à considérer cette demeure comme son chez elle. Finalement, Lyra lui demanda une petite faveur. Edarra se redressa en se tournant vers elle. Lyra était une des suivantes les plus dévouée de sa suite et ne manquait jamais à son devoir même si quelques fois elle avait des maladresses, les bons sentiments ne manquaient pas. Pourtant, pouvait-elle se libérer ainsi ? Elle n’avait pas besoin d’elle à chaque minute mais ce n’était pas elle que ça dérangerait. La réponse aurait été oui immédiatement si ça n’avait été que pour elle. Mais voilà, Shyra veillait au grain quoi qu’on en pense et si elle voyait les suivantes de sa fille en ville avec des inconnus elle aura vite fait d’évincer la jeune femme. Elle se remit dans son siège. « Ca ne me dérange pas, loin de là. Mais j’aimerais juste que tu sois discrète. Ma mère n’aimerait pas te voir ainsi vagabonder en ville avec des inconnus, même pas Dorniens. Elle pourrait se faire des idées et prendre des mesures contre toi. » En même temps que faire dans ce cas là ? Sa mère semblait avoir des oreilles et des yeux partout… « Au pire, prend une ou deux autres suivantes avec toi et si on te pose des questions dit que tu as été faire des emplettes pour moi. Ca devrait suffire à ce qu’elle ne pense pas qu’une suivante proche de moi vend des informations sur la famille. » Elle ne savait pas vraiment qui pourrait vouloir une telle chose mais dans l’esprit de sa mère tout le monde voulait leur perte. « Serait-ce un amoureux, un homme intéressant ? Qu’est ce qu’il forge ? Des épées ? He ben, tu as rencontré pas mal de gens dans le Bief, tu serais une redoutable noble avec autant de contacts ! » mais peut être un peu trop gentille…
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Message Jeu 26 Avr 2012 - 16:12

     L'idée d'assister à un mariage l'enthousiasmait sincèrement. Il n'y en avait jamais eu dans sa famille, sa sœur étant beaucoup trop jeune pour avoir déjà trouvé l'homme de sa vie, puis en prime, le mariage de deux roturiers ne devait rien avoir de comparable à ceux de deux nobles. Surtout originaires de maisons aussi importantes que les Ferboys et les Dayne. Le seul souvenir qu'elle gardait d'un tel événement avait été celui du Prince Maron, Lancehélion avait été complètement chamboulé et Lyra ne gardait que quelques bribes de souvenirs. Elle était beaucoup trop jeune pour avoir encore tous les évènements en mémoire, mais savait simplement que ses parents avaient été sincèrement heureux d'une telle fête. Il y avait eu énormément de voyageurs qui s'étaient installés dans leur petite auberge et les prix avaient flambés, autant dire que tout Lancehélion avait profité de l'union du Dragon et du Soleil percé. Les souvenirs d'enfants étaient toujours très embellis, c'était donc principalement pour cette raison qu'il tardait à la demoiselle de voir sa dame en robe de mariée. Elle imaginait déjà tout un tas de choses qui n'auraient certainement pas lieu, mais c'était la preuve que la Dornienne était parfaitement sûre que lady Edarra allait épouser ser Oberyn Dayne. Pour quelle raison cela n'aurait-il pas lieu alors qu'ils semblaient filer le parfait amour ? Les affaires de nobles et d'alliances la dépassait. La jeune femme n'aurait même pas été capable de comprendre que l'on pouvait « vendre » sa fille ou son fils pour obtenir une alliance juteuse. Les roturiers avaient cet avantage au moins, même s'il était bien mince en comparaison de ceux des nobles.

     ▬ Je ne voudrais pas vous faire honte, surtout que Obara m'a donné beaucoup d'instructions pour me comporter comme il faut ! »

     Obara était une aide précieuse, Lyra l'appréciait beaucoup, même si elle ignorait totalement ce que l'autre suivante pensait d'elle. Tout comme Gerold, cet homme qu'elle ne parvenait pas à comprendre et encore moins à cerner. Chassant ces pensées, la demoiselle acquiesça aux paroles de sa dame sur la durée de l'hiver. Il était en effet préférable que le beau temps revienne rapidement, même si les personnes des autres régions devaient penser différemment après la sécheresse inhabituelle qui était tombée sur Westeros durant cet été. Finalement, le sujet de Maël fut abordé alors que la jeune Ferboys déclarait qu'elle irait peut-être faire un tour dans le Bief un de ces jours et en profiterait pour rencontrer le fameux tailleur. Cette idée fit presque trépigner Lyra de joie, si Maël obtenait une cliente aussi fidèle que sa dame, cela signifierait tout d'abord qu'il gagnerait en notoriété, mais aussi qu'ils pourraient éventuellement se voir plus souvent. Même si ce n'était pas aussi souvent qu'à Lancehélion.

     Toutefois, avant qu'elle ne puisse répondre, Lyra fut surprise de voir lady Edarra se redresser, ses cheveux doux glissant entre les doigts de la suivante qui posa des yeux teintés de surprise sur elle. Avait-elle dit une sottise ? L'idée qu'elle puisse avait déçu sa dame la traversa un bref moment, puis les mots qui sortirent de la bouche de la noble la rassurèrent un peu. Les explications qu'elle fournissait étaient tout à fait compréhensibles, quoi de plus normal que de craindre que lady Shyra n'aille se méfier d'une simple suivante qui n'était dans leur maison que depuis quelques mois à peine ? La Dornienne hocha la tête, ses lèvres closes, son regard sombre toujours posé sur le visage avenant de la noble qui poursuivait en donnant une idée pour pallier à tout cela. L'idée de mentir ne l'enchantait pas, elle ne souhaitait pas non plus mettre sa dame dans l'embarras, même si l'idée de poser un lapin à Duncan ne la réjouissait pas. Elle avait promis d'être dévouée à la maison Ferboys et plus précisément, à son héritière. Il était donc hors de question qu'elle ne lui demande une faveur qui pouvait la mettre en mauvaise position. Comme la jeune femme avait retrouvé sa place, Lyra recommença à brosser les cheveux fins de la noble, prenant toujours soin de commencer par le bas en remontant petit à petit afin de ne pas casser le cheveu. Une technique que sa mère lui avait apprise, une bonne manière d'essayer de garder une chevelure présentable lorsque l'on ne possédait pas les moyens de se payer d'autres soins. À la question de lady Edarra, un sourire se dessina sur les lèvres épaisses de la suivante qui secoua légèrement la tête en répondant.

     ▬ C'est une simple connaissance, un jeune homme très aimable bien qu'il semble affectionner les femmes plus que de raison. Il forge des armes de ce qu'il m'avait raconté et il m'a même dit avoir vécu pendant des années dans le Nord. Visiblement il est connu des nobles de cette région. Ils avaient beaucoup parlé et elle ne se souvenait plus exactement de tout cela. Je ne veux nullement vous mettre dans l'embarras ma dame, si dame votre mère ne souhaite pas que les suivantes sortent seules, je préfère laisser cette requête de côté. Nous pourrons nous revoir un autre jour si la Mère Rivière le veut bien. Elle croyait au hasard dur comme fer, étant une fervente adepte de la Mère Rivière. Puis si cela se trouve, il a même oublié qu'il m'avait promis une telle chose. Il m'avait tout l'air d'être le genre de garçon qui plait beaucoup aux femmes. »

     Elle parlait comme si cela ne la concernait pas, mais il fallait avouer qu'elle se considérait comme hors compétition en matière d'hommes. La suivante resta silencieuse quelques instants avant de se souvenir qu'elle n'avait même pas répondu à la question de sa dame sur Maël. C'est pourquoi elle s'empressa d'y remédier aussi complètement que possible.

     ▬ Pour le tailleur, je le connais depuis toujours je dirais. Maël est le fils du tailleurs qui vivait dans la même rue que nous, nous avons presque le même âge et je l'ai toujours considéré comme mon frère. C'est un homme très doué et très appliqué, je ne dis pas cela parce qu'il est mon ami, mais je suis certaine que ses ouvrages sauraient vous ravir. »

     Elle ne parla pas de ce qui s'était passé lorsqu'elle était dans le Bief, tout comme elle avait tû que Maël n'avait visiblement pas très bien vécu qu'elle le laisse pour aller travailler chez une dame qu'ils ne connaissaient pas. Inutile d'avancer la possibilité que l'artisan puisse avoir des griefs contre elle, ce serait dommage, Lyra était persuadée qu'ils s'entendraient à merveille. Alors que ses doigts continuaient leur ouvrage, elle conclut finalement son intervention.

     ▬ Je dois avouer que ce voyage m'a donné envie de rencontrer beaucoup de monde. Malheureusement ça ne s'est pas toujours très bien passé, je me suis froissée avec quelques personnes sans que je ne sache pour quelle raison. Mais vous n'avez pas à avoir peur, je n'ai jamais donné le nom des Ferboys. Elle inspira légèrement. Et avez-vous rencontré beaucoup de nobles intéressants à Salvemer ou ailleurs ? »

     Elles avaient parlé des lieux, mais pas des gens. Et l'un intéressait autant Lyra que l'autre.
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Message Lun 30 Avr 2012 - 23:53

Lyra était du genre oiseau assez libre. Venant du peuple où elle avait vécue la plus part de sa vie, Edarra savait qu’elle ne pouvait prétendre à la tenir enfermée pour toujours. Ce n’était pas sa vie et elle ne serait pas heureuse. Heureusement d’ailleurs que la jeune noble voyageait beaucoup pour satisfaire les besoins de la suivante sinon elle ne savait pas ce qui se serait passé. De toute manière, avec un tel phénomène, elle ne l’aurait pas prit avec elle si elle n’avait pas été sure de la satisfaire, ne serait-ce qu’un petit peu. Et si la jeune Dornienne commençait à interdire à ses suivants de sortir et fréquenter des gens comme sa mère faisait, elle finirait par perdre les seuls alliés surs qu’elle avait autour d’elle, et ça, c’était franchement pas malin. De plus, comme l’avait précisé Lyra, elle faisait des efforts et se faisait éduquer par Obara. Perdre une suivante qui avait été formée, sans vouloir tomber simplement dans une logique de chiffres, c’était du temps et des efforts perdus. Surtout que finalement, la jeune fille faisait beaucoup d’efforts et apprenait vite. Ainsi, Edarra n’avait pas envie de passer pour la méchante, encore moins devant elle. La jeune suivante décrit alors un homme du peuple, forgeron, rien d’étonnant et Lyra lui dit que si ça la mettait dans l’embarras autant oublier. « Non, non, vas-y mais prend quelques suivantes avec toi. Peut être même un garde. Installez vous dans une auberge si vous voulez être tranquille. Je doute que ma mère pousse le vice jusqu’à éventuellement suivre tes faits et geste jusque dans une auberge. » Elle avait retrouvé ses anciens calcules d’avant : ceux qui contenaient toujours une variable pour sa mère car elle mettait vraiment son nez n’importe où.

Lyra enchaîna ensuite sur le tailleur en question qu’elle avait rencontré à Villevieille. Apparemment le gamin venait aussi de Lancehélion et habitait dans la même rue que la jeune suivante. Edarra ne lui connaissait pas beaucoup d’amis. Même si elle se considérait comme proche d’elle, elle ne pouvait pas être une amie pour elle. Mais la noble espérait tout de même qu’Obara se montrait amicale et que, parmi la suite, elle avait quand même quelques connaissances pour glousser innocemment de temps en temps. Après tout, en acceptant d’être suivante dans sa suite elle n’avait pas renoncé dans le même temps à toute forme de socialisation. Edarra avait toujours pensé que les gens du peuple devenaient amis d’une manière nettement plus facile que les nobles qui étaient sans cesse dans le calcul. Jamais vraiment dans la spontanéité, elle avait constitué plus d’alliés que de véritables personnes proches d’elle qui le resteraient dans les pires situations. « He bien il faudra que tu ailles lui rendre visite de temps en temps… J’en profiterais pour découvrir les merveilles du Bief de mon côté. Il faudra que je voie ses ouvrages en tout cas. » Au moins pour faire plaisir à la jeune suivante. Au pire, si les coupes ne lui plaisaient pas, elle pourrait toujours demander des choses discrètes comme un capuchon ou des chaussures, des choses passe partout dont elle n’aurait pas à rougir en cas de rencontre protocolaire.

Lyra finit par dire que ce court voyage avait attisé ses envies de rencontrer des gens malgré le fait qu’elle ai eu quelques mauvaises rencontres. « Ho ne t’inquiètes pas, je suis sure qu’ils n’avaient aucune raison d’être froissé, te connaissant… Il existe des bougres mal élevés partout, même dans les cours et chez les rois. » Elle en avait vu plus qu’elle n’aurait imaginé. Les rangs et les responsabilités donnaient à certaines personnes le vertige. Tellement, qu’ils en perdaient les perspectives et la bienséance. Mais elle n’était pas quelqu’un d’assez important pour pouvoir pointer ça du doigt. « A Salvemer j’ai rencontré Lady Mallister. Une dame aussi courageuse que belle. Des cheveux d’or, merveilleux. Elle a mené ses archers contre l’attaque des fer-nés… » Elle se redressa sur la chaise. « J’ai rencontré aussi d’autres nobles que je n’ai pas vraiment retenus. A Port Lannis j’ai aussi rencontré Lady Arryn, une bien étrange femme, mais très polie et très intéressante. On peut dire que j’ai rencontré beaucoup de femmes de pouvoir, ça devrait m’inspirer… Et toi Lyra, il y a des gens, des personnages de légendes qui t’inspirent ? » Avec tout ce qu’elle devait lire, elle devait avoir la tête farcie de rêveries sympathiques. Lire, Edarra n’en avait presque plus le temps…
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Message Mar 1 Mai 2012 - 18:29

     Lyra fut sincèrement heureuse que sa dame lui donne l'autorisation de pouvoir sortir de la demeure des Ferboys afin de rendre visite à Duncan dans les rues de la ville. Restait à espérer que le jeune homme n'avait pas oublié la promesse qu'il lui avait faite. Après tout, les hommes étaient bien étranges des fois et la Dornienne avait appris – à ses dépends – que certains d'entre eux disaient et promettaient plus qu'ils n'étaient capables de faire. Mais Lyra partait de l'idée que le forgeron était quelqu'un de sincère et d'avenant, il n'y avait aucune raison pour qu'il lui promette des choses qu'il ne ferait pas, ce n'était pas comme s'ils se connaissaient d'ailleurs ou qu'il avait espéré obtenir quelque chose d'elle, non ? La suivante était habituée à fréquenter des hommes dignes de confiance, tels que son père ou encore Maël. À cela, l'on pouvait aussi ajouter Gerold, bien que la demoiselle ne connaissait presque rien de lui. Au final, la jeune femme était du genre à considérer que les hommes qui ne respectaient pas leur parole étaient facilement reconnaissables et qu'elle n'en avait jamais croisé. Mais ce n'était pas aussi simple que cela malheureusement, la simplicité de la roturière l'empêchait de s'en rendre compte. Heureusement ou malheureusement pour elle, seul l'avenir pourrait le dire. Quoi qu'il en soit, ravie, la dame de compagnie s'empressa de le faire savoir à sa dame, elle lui revaudrait cette gentillesse au quintuple.

     ▬ Je vous remercie vraiment, vous êtes décidément trop gentille avec moi, j'en viens presque à culpabiliser de vous demander cela. »

     Elle rigola légèrement, c'était une plaisanterie, mais qu'à demi. Il était vrai que le fait que lady Edarra soit du genre à accorder beaucoup de gentillesse et d'attention à ses serviteurs, lui donnait le sentiment d'avoir profité de cela. Un peu comme si elle était persuadée d'obtenir son autorisation avant même de l'avoir demandée. Enfin bon. La Dornienne chassa ces pensées et continua sa discussion avec sa dame, jusqu'à ce que d'elle lui déclare qu'il faudra donc rendre visite au tailleur de temps en temps. Cette perspective fit naître un sourire sur les lèvres pleines de la fille d'aubergiste alors qu'elle ne détachait pas ses yeux sombres de la chevelure d'ébène de la noble. Elle avait espéré que la jeune femme décide de faire de temps en temps des haltes à Villevieille, ne serait-ce que pour revoir un peu cette ville qui avait réussi à la séduire, mais bien évidemment principalement reparler avec son ami le plus proche. Lorsque la Ferboys déclara qu'il faudrait qu'elle voit quelques ouvrages de Maël, Lyra hocha la tête avant de répondre d'un ton qui dissimulait mal son enthousiasme.

     ▬ Il réalise des habits typiques de Dorne. Je crois savoir qu'il avait confectionné quelques tenues de la Princesse Daenerys, mais il sait s'adapter à toutes les demandes, je pense que c'est sa plus grande qualité dans son métier. Il n'était pas certain que de parler de l'épouse du Prince Martell soit une bonne chose, mais Lyra avait décidé de faire fi de ce genre de détails. Il m'a offert un foulard de son atelier lorsque je l'ai revu à Villevieille, je pourrais vous le montrer à l'occasion pour que vous puissiez vous faites une idée si vous le souhaitez. Bien évidemment, je n'ai aucune robe qui pourrait servir d'exemple de son travail. »

     Elle rigola un peu, encore une fois. Il était évident que la jeune femme n'allait pas posséder quelque chose d'une qualité égale à celle d'une noble. Sauf éventuellement le foulard qui devait valoir une petite fortune, même s'il n'avait qu'une valeur sentimentale aux yeux de la jeune femme. Même si quelqu'un lui proposait des dragons d'or en échange, elle refuserait en bloc. Une chose était certaine : Lyra ne deviendrait jamais riche !

     Lady Edarra enchaîna en expliquant qu'il y avait partout des gens qui se révélaient ne pas avoir de savoir-vivre, c'était ce que la jeune femme espérait. Elle repensait fréquemment à ce reître qu'elle avait abordé et qu'il l'avait grossièrement envoyée bouler. Lyra avait la langue trop pendue, elle possédait trop de curiosité pour une personne et posait forcément une mauvaise question dans le lot qu'elle sortait à chaque fois. Elle l'avait bien vu avec Lotho par exemple. La Dornienne hocha la tête d'un air neutre, ne souhaitant pas accabler les autres, mais ne désirant pas non plus se demander si elle avait posé LA mauvaise question à chaque personne qui s'était froissée.

     La discussion glissa alors vers les rencontres faites par la jeune noble, elle parla de lady Mallister qui était aussi belle que courageuse. Avec la description de lady Edarra, Lyra s'imaginait parfaitement la jeune femme en question et elle soupira rêveusement. Quelle scène cela devait être de voir la demoiselle se battre contre les pirates des Iles ! Une fois de plus, la Dornienne regretta de ne pas y avoir été. Les cheveux de sa dame glissèrent hors de ses mains alors qu'elle se redressait un peu, puis Lyra reprit ses gestes précis, mais vifs et qui témoignaient de sa nervosité naturelle. La question posée par la Ferboys dessina finalement une moue de réflexion sur le minois de la demoiselle qui réfléchit quelques secondes avant de répondre.

     ▬ Nymeria la guerrière bien évidemment, j'ai toujours admiré les femmes qui savaient se battre ! Je suis sûre que les femmes dont vous venez de parler doivent être ô combien intéressantes. Puis vous m'inspirez aussi beaucoup, j'ai toujours admiré votre beauté et votre attitude avec les autres. Je ne dis pas ça pour vous flatter, je le pense réellement. »

     Elle admirait les personnes qui savaient être proches des autres, sans pour autant perdre leur superbe et leur classe. Lady Edarra restait une dame noble et pourtant savait se montrer très altruiste à ses heures. En somme, une véritable noble. Lyra avait appris à lire depuis son arrivée à Ferboys, elle avait entendu de nombreuses légendes, mais bien peu parlaient des femmes malheureusement. Elle s'inspirait donc de ce que la vie quotidienne lui donnait.

     ▬ Souhaitez-vous que je vous tresse les cheveux pour la nuit ? Elle glissa une fois de plus ses doigts dans la chevelure de sa dame, les ordonnant avec délicatesse. Sinon, je crois que j'admire souvent les personnes qui savent vivre simplement. Je ne connais pas beaucoup de légendes, du coup je me base surtout sur ce que je vois au quotidien. Mais je crois que j'admire tout autant les femmes du Nord, j'ai entendu dire qu'elles vivaient dans un environnement très rude et qu'elles tenaient même tête aux hommes, je suis certaine que ce doit être intéressant à voir. Elle esquissa un léger sourire. J'imagine que ma question va vous sembler étrange, mais n'avez-vous jamais rêvé d'une autre vie ? »

     La jeune femme était née noble, elle avait certainement tout ce dont une femme devait rêver, il aurait été étrange qu'elle souhaite une autre vie. Mais rien n'était impossible, non ?
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Message Mar 1 Mai 2012 - 21:21

Lyra la remercia chaleureusement de l’autorisation qu’Edarra lui avait donnée. En même temps, ça n’aurait pas été une si grande affaire si Shyra n’était pas dans les parages. Mais depuis le déclin du Lord, elle semblait rôder de plus en plus à Ferboys, comme pour s’assurer d’être là au moment opportun. La femme de son oncle n’ayant jamais réussi à porter d’enfants, la mère d’Edarra veillait au grain pour pouvoir prendre le pouvoir le plus rapidement possible.

Elle sourit à la dernière remarque de Lyra. Elle n’aimait pas la mettre mal à l’aise, mais en même temps il fallait la préparer, l’évidence était là : Shyra prendrait bientôt les rennes et ce serait certainement encore plus strict que maintenant. La jeune domestique parla brièvement des travaux de son ami en évoquant la Princesse. Ca aussi il faudrait qu’elle fasse attention à ne pas trop en parler dans les murs du château Ferboys. A l’extérieur, pourquoi pas, mais on aurait vite fait de repérer des mots rattachés aux ennemis ancestrales de la maison et elle pourrait éventuellement passer un sale quart d’heure. « Ha oui j’aimerais beaucoup le voir, de toute manière, j’aime les surprises. » En tout cas, les surprises concernant les habits et la mode. Car sinon, tant que c’était agréable, ça lui allait. Mais malheureusement, les gens lui faisaient souvent totalement l’inverse et ele se retrouvait à devoir garder son air joviale en toute circonstance alors que sa seule envie était de foutre des coups de points.

Lyra était bien évidemment inspirée par Nymeria qui était sans étonnement l’héroïne la plus adorée de Dorne. En même temps, son symbolisme et son histoire avait quelque chose de particulier qui rendait fier tous les Dorniens d’où qu’ils viennent. Elle avoua bien aimer les femmes qui savaient se battre ou du moins, celles de caractère Elle continua en avouant l’admirer elle, sa dame pour sa beauté et tout ça. Edarra rougit légèrement. On le lui disait souvent, des blablas de cours sans importance mais elle savait que quand sa suivante disait quelque chose, ça avait de grandes chances d’être vrai. « Ma beauté n’est que celle d’une personne gâtée par des produits chers et luxueux. Tu es tout aussi belle mais au naturel, j’admire encore plus ça. » et pourtant, les produits chers ne résolvaient pas tout. Elle avait déjà croisé des nobles moches comme des poux qui finissaient par être quand même moche, qu’importe la tonne de maquillage qu’elles arrivaient à se mettre. Lyra continua ensuite sa réflexion sur les femmes indépendantes comme celles du Nord, Edarra écoutait distraitement, repensant à cette Nordienne qu’elle avait croisée, habillée comme un homme mais dont la beauté n’était pas moins frappante. « Oui, je pense que ce serait mieux si la nuit est chaude. »

Elle s’installa plus confortablement dans la chaise avant de reprendre. « Oui, j’ai croisé une Nordienne à Port Real, si je ne l’avais pas vu de face, j’aurais juré que c’était un homme… Ce sont de drôles de caractères, au moins ne sont-elles pas aussi ennuyante que les précieuses dames de cours… Quand à ta question, je n’ai jamais vraiment rêvé d’une autre vie même si j’aurais bien aimé que quelques détails ne soient pas comme ils le sont présentement ; mais j’imagine qu’il est inutile d’en parler car nous ne pourrons pas refaire le monde n’est-ce pas ? Et toi, Lyra, tu te verrais en noble ? En dame de la cours à être courtisée par des chevaliers et des Lords ? » Elle aurait pu, finalement, l’être, elle avait la beauté délicate que certaines nobles devaient envier. « Ou alors tu aurais peut être voulu être née dans une autre région, avoir fait un métier différent ? J’ai déjà entendu des dames dire qu’elles auraient préféré être des hommes… » Après tout, tout leur paraissait plus facile à eux.
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Message Mer 2 Mai 2012 - 15:32

     Lyra nota dans un coin de son esprit qu'elle allait devoir penser à apporter le foulard offert par Maël lors d'une prochaine visite. Même s'il n'était peut-être pas du niveau de sa dame - pour être sincère, la Dornienne n'était pas très calée en matière de « chiffons » et ignorait la valeur du tissu du foulard - elle espérait qu'il saurait séduire lady Edarra par sa coupe ou sa texture. Il avait quelque chose de relativement chaud que la suivante aimait beaucoup, autant dire qu'elle en avait usé pour les journées où le vent du Bief soufflait un peu trop sur sa peau plus habituée à la chaleur des rayons de l'astre du jour. Seul l'avenir leur dirait si finalement la noble deviendrait une cliente fidèle du jeune tailleur de Lancehélion et Lyra se promit de faire une petite offrande à la Mère Rivière pour qu'elle fasse pencher la faveur sur leurs têtes.

     La Dornienne nota que sa dame sembla quelque peu gênée par l'aveu qu'elle venait de faire. Pourtant Lyra n'avait jamais pris la peine de dissimuler son admiration pour la dame qu'elle servait et il lui arrivait souvent de la dévisager dans un moment où elle la trouvait particulièrement belle ou charismatique. La jeune femme avait l'innocence des enfants sous certains angles, lorsqu'elle trouvait une personne – homme ou femme – belle, elle ne se gênait pas pour la contempler tout son saoul. C'était une réaction déstabilisante et désarmante de l'avis de certain, mais sa mère lui disait toujours que les belles personnes avaient été sculptées par les dieux pour être admirées. C'était aussi ce que pensait la suivante, elle ne voyait donc aucune raison à camoufler l'intérêt qu'elle pouvait avoir pour telle ou telle personne. Surtout qu'il n'y avait rien que de l'admiration derrière tout cela. Elle était bien trop naïve pour calculer une bonne entente avec une noble ou encore tenter de charmer un homme à qui elle vanterait sa beauté. Un léger sourire naquit sur les lèvres de la roturière alors que sa dame lui retournait le compliment.

     ▬ Vous êtes trop aimable. Mais les produits ne font pas tout, une personne belle l'est naturellement, autant dans son attitude et dans ses manière que dans ce qu'elle est réellement. C'est un tout qui vous rend telle que vous êtes et cela, même les meilleurs produits de luxe n'y sont pour rien. »

     Elle était du genre très naïve, à croire que les personnes étaient ce qu'elles mangeaient ou encore que les gens regardaient la beauté de l'âme avant la beauté du corps. Malheureusement pour elle, l'âme était invisible et bien souvent, les gens ne se basaient que sur ce qui était visible. Lyra s'exécuta après avoir eu l'approbation de sa dame, séparant sa chevelure en plusieurs mèches qu'elle commença à tresser avec habitude et efficacité. Il lui arrivait souvent de faire la même coiffure à sa sœur pour les nuits très chaudes, les cheveux épais et noirs qu'elle avait étaient des fois plus efficaces qu'une couverture épaisse.

     Tandis qu'elle s'affairait, elle écouta ce que lui disait sa dame alors qu'elle expliquait avoir croisé une Nordienne lors de son passage à Port-Réal et qu'elle l'avait presque prise pour un homme. Fronçant les sourcils sous la concentration, la jeune femme essaya de s'imaginer la scène, voyant une femme avec une forte carrure, des mains épaisses et presque de la barbe. Il était vrai que sa vision des Nordiens se basait essentiellement sur ce qu'elle avait entendu dire des voyageurs qui séjournaient à l'auberge de son père, autant dire que ce n'était pas franchement en lien avec la réalité. Son imagination foisonnante lui jouait des fois des tours. Cela dit, lady Edarra avait raison, il devait être plaisant de côtoyer les femmes comme elles, bien que ce type de noble ne devait pas avoir besoin d'une dame de compagnie pour s'occuper d'elle. Coupant court aux pensées débridées de sa suivante, la Ferboys reprit la parole en expliquant ne pas souhaiter d'autre vie, bien qu'elle aurait changé des détails de celle qu'elle possédait actuellement. Certainement comme tout le monde d'ailleurs. Lorsque la jeune femme lui retourna la question, Lyra arbora une légère moue en réfléchissant. Non, elle n'aurait pas souhaité changer de vie, même si la sienne était assez rude sous certains angles, elle était tout de même bien née comparée à certains enfants des rues, comme Mycah par exemple. Tressant encore les cheveux, elle répondit.

     ▬ Et bien... En réalité non. Même si j'ai toujours eu envie de savoir ce que c'était que de vivre comme une noble, je crois que votre vie est difficile sous certains angles. Moi, personne ne veut se mêler de mes amours, je peux épouser qui je veux, un homme que j'aime et pas forcément un que ma famille verrait comme bon parti. Cela l'avait toujours beaucoup chamboulée concernant les nobles. Puis je crois que je serais bien trop naïve et que je me ferais rouler dans la farine par les premiers nobles venus. En fait je pense que je préfère être ignorée des nobles et des chevaliers, que d'être au centre de leur attention. Elle rigola légèrement. Puis je sais ce que j'ai, j'aime mes parents et mon enfance, je ne vois pas de raisons de chercher mieux si j'ai déjà quelque chose qui me sied. On avait beau savoir ce que l'on avait, l'on ignorait ce que l'on aurait. Quant à être un homme... La vie semble plus aisée pour eux, mais j'ai horreur des armes et de me battre... Je crois que j'aurais été un piètre mâle, peut-être même aurais-je été trop efféminée pour me faire tolérer. Non, je crois que la Mère Rivière à trouvé la bonne place pour moi ! »

     Elle appréciait assez d'être une femme, on ne l'obligeait pas à se battre et jusqu'à ce jour mis à part quelques rustres qui l'avaient traitée comme une simple paire de jambes, elle n'avait pas à se plaindre à ce niveau. Les doigts agiles de la suivante terminèrent leur tâche et elle lâcha la natte de sa dame qui retomba dans le dos de cette-dernière, puis inspecta rapidement son travail. Satisfaite, Lyra réunit les affaires qu'elle avait utilisées avant de les ranger, puis s'approcha à nouveau de sa dame, lissant machinalement sa robe.

     ▬ Désirez-vous autre chose ? »
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Message Ven 4 Mai 2012 - 17:53

Si Edarra devait avoir une fille (ce qui était fort probable étant donné la tendance des Ferboys à n’avoir que des fillettes) elle voudrait bien qu’elle ai la personnalité de Lyra. Et si elle le pouvait, elle la protégerait des pensées noires et des rudesses qu’avait appliquées sa mère sur elle. Trop de fois elle s’était fait rabrouer par Shyra alors qu’elle n’était encore qu’une fillette. Si elle avait un jour des enfants, elle les chouchouterait comme sa mère ne l’avait jamais fait. Car non, elle ne voulait pas devenir une seconde vipère des Ferboys à asseoir son éducation par la peur et la honte. Non, ils seraient heureux, heureux d’être heureux et elle serait heureuse de les voir heureux et ça lui suffirait largement. Bien évidemment, elle les formerait au combat, ou du moins exigerait de trouver des enseignants compétents ; pour les garçons comme les filles, comme l’éducation qu’elle avait reçu car ça, c’était primordial n’importe où. Elle ne pourrait souffrir d’angoisser chaque fois qu’ils s’éloigneraient d’elle, et ça, par contre, ce serait inévitable à la fin. Donc voilà, elle y mettrait la dose d’amour et aussi la dose d’exigence de leur rang, car elle ne voulait pas non plus des poules mouillées incapable de se débrouiller seuls. Elle voulait une Lyra miniature si c’était possible. Elle espérait d’ailleurs l’avoir toujours avec elle le jour où elle aurait des enfants, pour leur filer un peu de son caractère aussi pourquoi pas. Obara aussi avait un caractère bien trempé et si elle pouvait communiquer sa fougue à ses rejetons, ce serait aussi tant mieux. Maintenant, l’influence de la grand-mère jouerait quand même un certain rôle qu’elle tâcherait de minimiser au maximum. Après tout, si Shyra finissait par acquérir le contrôle de la maison, elle devrait rester dans les alentours de la ville pour garder un œil sur la maison. En tout cas, il faudrait prier pour que les responsabilités l’occupe largement et du coup, qu’elle reste éloignée de sa progéniture le plus possible. La jeune suivante continua ses compliments qui manquèrent presque de la faire rougir. « Tu es trop gentille Lyra… » Elle sourit doucement. Ce n’était pas vraiment un reproche, mais plus un excès de modestie car elle ne pouvait pas vraiment lui dire que c’était vrai.

Les doigts fin de Lyra glissaient sur ses cheveux et roulaient et déroulaient ses mèches pour faire une tresse. Ses cheveux étaient assez épais et lourds et il était parfois difficile d’en faire quelque chose. Elle avait quelques fois essayé des coiffures d’autres régions, pour essayer et car une noble lui avait gentiment proposé mais bien souvent les coupes aériennes ne tenaient pas sous le poids de ses mèches sombres. Elle n’aurait jamais de cheveux fins flottants tendrement au vent, non… Du moins, peut être que les cheveux de ses enfants hériteront des blondes mèches d’Oberyn si ils arrivaient à se marier ? Cette pensée la laissait songeuse bien souvent. Lyra répondit ensuite à sa question sur le fait de changer ou non de vie et lui répondit qu’elle ne le souhaitait pas. Elle lui avoua alors qu’elle pensait que la vie de noble était difficile et qu’elle n’aurait pas été faite pour cette vie là étant donné sa naïveté ; et puis sa vie lui convenait comme elle était, tant au niveau de sa famille que de ses amis. Enfin, elle finit par conclure qu’elle n’aurait pas pu être un homme. « Oui, la Mère Rivière t’a façonné d’une manière parfaite ! » Alors que Lyra terminait la tresse, Edarra tâta l’arrière de sa tête pour constater que la coiffure était parfaite, comme d’habitude. La suivante demanda enfin si elle avait besoin d’autre chose, ce à quoi la noble répondit : « Merci pour la tresse... Non, ça va aller… Je pense que je vais aller me coucher pour reposer mes jambes après un si long voyage. Bonne nuit Lyra, repose toi bien. » Puis, alors qu’elle entendait les petits pas de sa suivante s’esquiver, elle observa encore une fois par la fenêtre la vue des eaux s’étendant à l’infinie. Oui, il faudrait qu’elle s’habitue à cette vue si la Rivière Mère lui accordait ses vœux.
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