AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

La Fête des Moissons

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 16 Avr 2012 - 10:43

Automne 212


Les ultimes journées ensoleillées d’un été dévastateur touchaient à leur fin et, peu à peu, se dissipaient avec elles les insoutenables chaleurs étouffantes d’un Fléau de Printemps qui, bien qu’ayant globalement épargné les territoires et populations du Nord plus que ceux de leurs voisins des Sept-Couronnes, avaient toutefois sérieusement mis au supplice les paysans et producteurs agricoles nordiens. En ces derniers jours estivaux, et alors que l’automne marquerait bientôt son ouverture par de nombreuses festivités locales, la douceur des derniers jours de l’été tirerait prochainement les volets automnaux sur leurs longueurs alanguies.
Depuis les balcons en plein cintre de ses appartements du Grand Donjon qui donnaient, de ce côté-la, sur la puissante Porte du Veneur, Beron Stark contemplait, sur les toitures des Jardins de Verres, les reflets empourprés d’un soleil couchant qui jouait, tout de contraste vêtu, avec la silhouette sombre de la Tour du Beffroi. Loin devant lui et de quelque côté qu’il se fût tourné, le Loup pouvait admirer s’étendre Winterfell, tel un grand monstre de granit assoupi. Les tentacules austères de la bête embrassaient les environs de leur envergure démesurée. C’était depuis cet endroit-là, juste après le sommet de la Tour du Beffroi, que se pouvait contempler le mieux les siècles d’extensions continues qui avaient entrepris de faire croître, toujours plus, la titanesque cité de la Maison Stark. Si Winterfell pouvait sembler, au regard d’un voyageur bénéficiant pour la toute première fois de son hospitalité ancestrale, des plus austère et froide, il n’en été pourtant rien et le Stark aimait à laisser vagabonder, depuis ces hauteurs considérables, son regard métallique sur la tentaculaire Citadelle. Au-delà des deux grands murs qui constituaient la limite actuelle de la forteresse et enserraient des douves profondes et glacées, parsemées de piques et de chausse-trappes, s’entassait, en un ensemble urbain appelé Ville d’Hiver, un bric-à-brac de petites maisons prévues pour que la population vienne trouver chaleur et sécurité près des remparts de la forteresse des Loups, au moment des premiers frimas de l’hiver. Cependant, les deux murs imposants, celui de l’enceinte extérieure haut de quatre-vingts pieds contre plus de cent pour celui qui cadenassait l’intérieur de la cité, soustrayaient à Beron, debout depuis ses terrasses du Grand Donjon, la vue de la Ville d’Hiver. Elle commençait à se remplir, en prévision des jours mauvais et des températures hivernales qui en assailleraient bientôt les toits de chaume et les murs de pierre et de terre...
Le regard du Stark s’égarait parfois dans les cours qui s’étaient vidées et où l’activité régulière de la journée commençait tout juste à s’estomper dans les moiteurs du soir venant. Telle tanneuse traversant à la hâte, telles lavandières devisant avec malice, panière sous le bras, tel commis de forge transbahutant avec force peine des seaux emplis d’eau pour l’œuvre de son maître... Qui allant avec empressement vers sa besogne, qui traînant sa carcasse avec lenteur jusqu’à ses corvées... Winterfell s’avançait mollement vers le soir sous la lumière rougeoyante du couchant et les yeux pensifs du Loup. Les préparatifs liés à l’organisation de la Fête des Moissons étaient tous presque réglés et les premières délégations des seigneurs du Nord conviés à Winterfell étaient déjà arrivées la veille. La Ville d’Hiver s’étaient ainsi rapidement peuplée de centaines d’âmes supplémentaires qui, vaquant à droite à gauche et arpentant les ruelles étroites du petit bourg éveillaient celui-ci de leurs allées et venues bruyantes et bigarrées.
Le matin même, le Stark et les membres de son conseil avaient reçu et pris connaissance de quelques rapports des services de renseignements du Loup. Les éclaireurs et chasseurs de la forteresse avaient signalés d’importants convois en provenance du sud et certains autres du nord et de l’est. La Fête des Moissons allait regrouper à Winterfell toutes les plus importantes familles nordiennes. On annonçait les Karstark en route depuis plusieurs jours déjà et, du sud, les Manderly notamment. La plupart des clans du nord étaient quant à eux déjà sur place depuis quelques jours et, déjà, les abords de Winterfell s’étaient chargés du tapage débonnaire et rustique de leur présence. Les derniers invités à avoir franchi les portes colossales de la forteresse étaient d’ailleurs issus des montagnes du nord. Les Norroit étaient certainement, avec les Reed et ou les Flint, de ceux dont le trajet jusqu’à la demeure Stark était le plus long. Leurs pavois d’or au six chardons de sinople avaient été aperçus le matin même débouchant des lisières du Bois-aux-Loups et il leur avait fallu le reste de la journée pour boucler les quelques milles qui les séparaient encore de Winterfell.
A la forteresse, tout le monde se préparait. Barry Mollen, l’intendant de la forteresse cauchemardait de scrupules et de prévenances. Il fallait que tout soit fin prêt. Des chambres pour les nobles et des baraquements pour leurs suivants, du fourrage pour les bêtes, des vivres, des provisions. Les grandes caves se remplissaient à vue d’œil et il ne se passait pas un quart d’heure sans que des chariots bourrés de victuailles et de boissons en tous genres ne viennent stationner dans les courtines jouxtant les cuisines du château. Malgré la nécessité évidente de les réceptionner au mieux, il était hors de question que l’un d’entre eux demeure trop longtemps à l’intérieur de l’enceinte sous peine de priver les autres d’un accès direct vers les caves et halls de stockage. La gymnastique était immuable et les va-et-vient ininterrompus, ce qui ne laissaient que bien peu de latitude au pauvre Barry pour ordonner l’ensemble de la chose. Les étendards furent hissés en nombre au dessus des remparts et sur les toits des tourelles. Winterfell se parait de ses plus beaux atours. C’était assez rare pour être noté et il arrivait parfois que cela ne soit le cas qu’une fois dans l’année... La Fête des Moissons permettait cela et c’était suffisamment singulier pour être mentionné.
Yelina et Cylia resplendissaient d’aise et de contentement. Ce n’était pas tous les jours que la cité s’égayait de la sorte et un invité très spécial aux yeux de la cadette semblait devoir exceptionnellement honorer la Maison du Loup de sa présence. Quels seraient les prochains hôtes à finalement atteindre la forteresse ? L’avenir le dévoilerait bientôt.


Dernière édition par Beron Stark le Jeu 31 Mai 2012 - 12:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 17 Avr 2012 - 15:04

Le Nord, vaste étendue de terre que beaucoup disent sauvage, loin de toute civilisation. Certains disent même que tout les habitants de ces terre ne sont que sauvageons, d'autres, un peu moins directs, disent tout simplement que ces contrés sauvages ne peuvent être dirigées que par les Stark, et personne d'autre. Mais là ne sont que des préjugés, et des phrases prononcées par des ignorants, se basant uniquement sur des rumeurs et histoires toute plus idiotes les unes que les autres, pourtant, certaines personnes qui ont vu de leurs yeux cette terre décrite comme sauvage, sont tombés sous le charme de ces paysages magnifiques, de ces étendues blanches de neige, loin de toute traces humaine. Un sentiment de liberté omniprésent se frayant un chemin par toute les pores de sa peau, voilà ce que se souvint essentiellement ser Dezial de son voyage dans le Nord, treize ans auparavant, alors qu'il n'était qu'un simple écuyer d'un chevalier errant, répondant au nom de ser Sandor Cox. Le chevalier errant avait trouvé du travail à Winterfell, qui dura près d'un an, avant d'en trouver à Karhold et Atre-Les-Confins, qui eux ne durèrent que 6 mois. Le jeune écuyer eut même la chance de voir le Mur au plus grand de sa taille, en restant complètement bouche bée de ce spectacle. Les deux hommes avaient dû faire un détour de deux semaines, mais, le plus âgé des deux pensaient que, ce serait une chose à voir au moins une fois dans leur vie, de ce fait, cela ne sembla pas être une grande perte à ses yeux. D'autant plus que, le jeune Tully serait sans doute plus ou moins cloîtré à Vivesaigues une fois chevalier, étant fils du suzerain, il aurait de grandes responsabilités. De ces deux ans passé dans le froid du Nord, le maître d'armes n'a que d'excellents souvenirs, sans doutes les plus beaux de sa vie, à cette époque là j'entends. On lui parlait de contrée dangereuse ? Lui n'avait vu que quelques bêtes sauvages, rien de plus. On lui parlait de sauvageons ? En deux ans il avait bien eu le temps de comprendre que, ceux-ci n'étaient qu'au delà du mur, et que le dit mur, était bien gardé. On lui parlait de barbares, de personnages affreux ? Lui n'avait connu que des gens chaleureux et des plus gentils. Certes, on ne les voyait pas souvent rire, mais tous avaient fait preuve de grande gentillesse pour des étrangers. A cette époque, l'adolescent caressait le doux rêve de voir un jour l'île-aux-ours des Mormont. Bien sûr, il savait déjà que l'île n'était faite en partie que de boue, que le fort n'était que de bois, mais, cela le fascinait. Il y avait quelque chose qui le fascinait encore plus chez cette famille, c'était la statue de bois, à l'entrée du Fort, une statue représentant une femme vêtue d'une peau d'ours, portant d'une main un nourrisson en train de téter, de l'autre une hache. Fort belle représentation de la devise familiale « Ici, nous nous tenons droit » disant que les femmes prenaient part à la défense de leur demeures, autant que les hommes. Aussi étrange que cela pourrait paraître de la part d'un noble, et encore plus de la part d'un noble de famille suzeraine, le jeune Dezial n'avait absolument rien contre une femme portant une arme, de son point de vue, si un homme pouvait en porter, pourquoi pas une femme ? Et puis, pendant son apprentissage auprès de ser Sandor, le garçon avait perdu en beauté contre une jeune dornienne, et, de cet affrontement, n'en avait retiré nul affront, ni honte. Il l'avait tout simplement remerciée de son enseignement.

Pour en revenir à l'île-aux-ours, le jeune Tully fut finalement déçu de ne pouvoir si rendre, car des affaires attendaient le chevalier dans le Bief, à Hautjardin. Cependant, une promesse fut faite dans son fort intérieur, celle d'aller voir de ses propres yeux cette fameuse statue, et ainsi, réaliser son rêve d'enfance, ne fut-ce que dans de nombreuses années. Mais, le destin avait bien d'autres projets pour notre chère truite.

Treize ans plus tard, le jeune écuyer, était devenu ser Dezial, en plus de cela, son cher frère l'avait nommé maître d'armes de Vivesaigues séduit par son style de combat à deux lames, et confiant dans les capacités de son frère, d'autant plus que, à son retour au château, il avait vaincu haut la main l'ancien maître d'armes devant tout le monde. Mais, ceci n'était qu'un subterfuge pour donner au vieil homme la retraite qu'il méritait tant, en effet, il ne voulait pas partit de son poste, tant que, un successeur ne lui avait pas été présenté. Suite à ce combat éclair, le nouveau chevalier, sur les ordres de son frère, avait mis au défi quiconque se présenterait devant lui, de le battre, pour gagner cette place convoitée. Deux hommes essayèrent bien, mais, à part se tourner en ridicule, ils ne réussirent pas grand chose. Quelques années plus tard, le grand frère mourut, et, le poste de responsable des armées du Conflans lui incomba, ne faisant que le cramponner encore plus à Vivesaigues. A vrai dire, avec le temps, les voyages lui manquaient terriblement, le Nord encore plus, mais, il ne pouvait quitter sa famille. « Famille, Devoir, Honneur » voilà ce que toute son enfance on lui avait inculqué, ainsi que la voie qu'il avait choisi de son propre chef. Mais, une jeune femme vint complètement bouleverser l'existence du chevalier. Non pas qu'il tomba follement amoureux de la dame, et décida de tout abandonner pour la suivre, non. Même si, il faut bien l'avouer, les charmes de la demoiselle ne le laissèrent pas indifférent. Un beau jour, cette jeune femme à l'apparence quelques peu sauvage, se présenta au château, disant vouloir rapporter une lettre perdue par un messager Erongué. Comme quoi, l'habit ne fait pas le moine. Ser Dezial insista donc pour lui offrir le couvert ainsi qu'un toit pour la nuit, en remerciement. La belle demoiselle se trouvait être une Mormont, et, de fil en aiguille, l'ourse l'invita à venir visiter la fameuse île, lui proposant au passage de lui servir de guide. Proposition que l'on ne pouvait refuser, d'autant plus que c'était une invitation officielle, il ne fallait pas se mettre inutilement à dos une noble Maison du Nord n'est-ce pas ?

Ainsi, il ne dut attendre que treize ans pour avoir l'occasion de voir cette statue qui hantait ses pensées. Surtout que, la belle Mormont, fit aussi une sorte de proposition camouflée -du point de vue du maître d'armes- lui disant que s'il venait, il pourrait aussi voir ses sœurs, toutes plus belles qu'elle. Déjà, le fait que l'une de ses sœurs soit plus belle qu'elle, lui paraissait suspect, il avait réellement du mal à s'imaginer plus grande beauté, alors cinq autres, cela relevait du surréaliste. Mais, Lady Alysane en rajouta, disant que les sœurs Mormont seraient sans doutes charmées par un beau chevalier avec de telles manières. Bien entendu, le beau chevalier en question, ne put que rougir devant tant de déclarations. Mais le comble, fut, la possibilité que Lord Jeor, ou Lady Jorelle, essaient de « caser » l'une des filles avec le petit Tully. Bien sûr, sur le coup, le jeune chevalier ne réalisa pas quelque chose d'essentiel. Le fait tout simplement que, si lady Alysane n'avait pas de frère, et que lui venait à se marier avec l'une de ses sœur, il deviendrait potentiellement un héritier au « trône » Mormont, mais ça, trop heureux de penser à son mariage, ça ne lui effleura même pas l'esprit. Lui qui pensait de plus en plus au mariage et aux enfants, la belle Mormont tomba à pic. Et, comme le destin ne fait pas les choses à moitié, Lord Edwyn Tully libéra son oncle de ses obligations en tant que responsable des armées, pour les donner au Lord Robert Mallister. Ainsi donc, il suffisait au chevalier de se trouver un remplaçant en tant que maître d'armes durant son voyage et le tour était joué. D'autant plus, que ce n'était pas bien difficile, une proposition à un certain Eddard, valeureux guerrier à la grande éloquence, et le tour était joué.

Le maître d'armes avait attendu le jour du départ impatiemment, après tout, son rêve allait enfin se réaliser, et, il allait peut être rencontre celle avec qui il partagerait sa vie, comment ne pas avoir hâte ? Et, ce n'était pas ces malheureuses trois semaines de voyages qui allaient l'intimider. En vue de ce jour, ser Dezial avait acheté des présents à offrir au Lord, ainsi qu'à Lady Alysane. Un chien de chasse pour le seigneur, et une fourrure d'ours pour la dame. Après une telle invitation, le jeune homme ne pouvait décemment pas arriver les mains vides, si bien qu'il s'empressa d'acheter quelque chose, sans trop vraiment réfléchir. Le chien était une idée correcte, cependant, la fourrure l'était nettement moins, car, lors de sa venue à Vivesaigues, la belle demoiselle en portait déjà une, et, bêtise encore plus grave, celle-ci lui avait même dit comment elle l'avait récupérée : un membre de la garde royale qui la lui avait offert lors de la rencontre. L'excitation lui avait tout simplement fait oublier la chose.

Trois hommes l'escorterait durant ce long voyage, ses trois plus fidèles soldats, et ses trois meilleurs combattants, qu'il avait lui-même formés. Les trois en question avaient tous une raison propre de le suivre où qu'il aille, et ce, quoi qu'il en pense d'ailleurs. Des points de vue des trois hommes en question, leur seul maître pouvait leur donner tout les ordres possibles et ils exécuteraient sans poser de question, cependant, rester là et le voir partir, sans jamais. Ce fut d'ailleurs le cas pour Criston, qui, venant d'être père, avait reçu l'ordre de rester auprès de sa famille, mais, contrairement à ce qu'on lui avait dit, ce dernier était au point de rendez-vous le jour-j, le cheval sellé, harnaché de ses affaires, et son hallebarde en main. Ser Dezial ne put donc que soupirer en voyant son ami présent.

« -Ainsi, jamais tu m'écoutes hein ?
-Je vous écoutes pour tout ce que vous voulez, sauf pour ça.
-Mais tu viens d'être père bon sang ! Reste auprès de ton fils, et de ta femme. Garett et Garth suffiront largement pour aller jusqu'à l'île-aux-ours.
-Peut-être, mais, c'est ma femme qui m'a plus ou moins forcé à venir. »

A ce moment-là, la dite femme apparut, tenant le nouveau-né dans ses bras, toute souriante comme à son habitude. L'enfant dormait paisiblement contre le sein de sa mère. Le chevalier sourit à l'arrivée de la jeune femme, il espérait trouver en elle le soutien qu'il avait besoin pour faire flancher son mari. Il lui adressa donc la parole.

« -Allez, Noreen, fais lui entendre raison, il faut qu'il reste ici.
-Non, il vient avec vous, je pourrais très bien me débrouiller. Et, je suis loin d'être seule au château, si j'ai besoin d'aide, je la trouverai.
-Donc, quoi que je dise, il vient c'est ça ?
-Tout à fait.
-Curieuse époque que voilà, les soldats qui n'écoutent pas leur supérieur. Bon ! Vu que je n'ia même pas mon mot à dire, en route.. Prenez bien soin de vous. »

L'habituel sourire chaleureux se dessina sur le visage du maître d'armes, et, une réplique s'afficha bien vite sur celui de la dame. Elle, avait une grande dette envers cet homme, même si lui, ne le voyait pas comme ça. Enfants, Criston et Noreen vivaient dans les bas-quartiers de Port-Réal, et le garçon voulut prendre sous son aile la fillette chétive et mal en point. Ce dernier volait pour survivre, et, le fait d'avoir deux bouches à nourrir rendait la tâche plus difficile, ce qui leur demandait de changer d'endroit de temps à autres. Leur pas finirent par les mener à Vivesaigues, où ils se firent attraper la main dans le sac. Dezial, alors qu'il était encore tout jeune, intervint, et les sauva du boulanger, leur offrit de quoi boire et manger, en écoutant leur histoire. Ce dernier fut profondément touché, et proposa au garçon de rentrer dans la garde des Tully, il en pleura de joie. De mémoire, c'était la première fois que quelqu'un lui offrait quelque chose, et, pour montrer sa reconnaissance, il apprit soigneusement le maniement de l'arme qu'il avait choisi : la hallebarde. Pourquoi une hallebarde ? Tout simplement que, de son point de vue, elle devait être l'arme de prédilection des gardes, et, ainsi, il devint des plus redoutables avec cette arme, rentrant dans l'élite des Tully.

Le voyage fut long et fatigant, même si, les quatre hommes passaient le temps à rigoler ensemble de tout et rien. Le chien semblait des plus heureux de gambader librement dans de si vastes endroits, suivant fidèlement ses nouveaux maîtres. Le soir, lorsqu'ils s'arrêtaient pour reposer les animaux, tout le monde participait à monter le camp, même ser Dezial, malgré le désaccord très prononcé de ses compagnons de route. C'était Criston qui s'occupait de partir chercher de la nourriture, ces talents de voleurs lui étaient des plus utile pour la chasse lorsqu'il trouvait du gibier, sinon, de simples fruits faisaient l'affaire. Une fois le repas englouti, il était l'heure de la leçon quotidienne du chevalier, qui, sur demande de ses gardes, leur enseignait chaque jours la voie des armes. Malgré qu'il porte en chaque occasion son sourire, même lorsqu'il se bat, cela ne l'empêchait pas d'être des plus sérieux dans ces cas là. A vrai dire, c'était la seule chose qu'il savait faire : se battre. Bien que, diriger des troupes lui était aussi facile, de ce fait, il préférait se consacrer sur cela. Ces trois-là, outre lady Alysane, étaient les seules personnes prenant des cours avec lui, qui l'obligeaient à dégainer ses deux armes. Garth avec sa force démesurée et son espadon, forcaient ser Dezial à parrer de ses deux lames, sous peine de finir broyé sous ce metal. Garett, lui, était agile comme un félin, et, se battant avec ses dagues était des plus difficile à attraper, d'autant plus que, à peine avait il prit du recul, que des lames étaient lancées vers son adversaire, d'une précision chirurgicales. Bien entendu, lors de ce type d'entraînement, les couteaux de lancer n'étaient fait que de bois. Il serait bête de perdre son maître par un stupide lancer. Enfin, Criston, et son superbe allonge, rendant une rentrée au corps à corps des plus difficile avec une lame unique.

C'est donc ainsi que se passa la plupart des journées de ce long voyage.

Il y eut bien un petit incident, qui donna une pointe d'originalité à la journée, mais, malheureusement, cela ne les occupa pas bien longtemps. Le petit groupe Tully était arrivé à quelques jours de Winterfell, ils se firent accoster par une troupe d'une dizaine d'hommes, des brigands, semblant hideux, pouilleux et affamé. La neige récente les avait sans doutes fait sortir de leur trou, par manque de nourriture ou autre. Celui qui semblait être leur chef, était des plus confiants dans ce qu'il faisait, si bien que, dans un sourire hideux, celui-ci demanda leur bourse, habits chauds, et le chien. Ser Dezial ne put s'empêcher de sourire, et, dans l'instant qui suivit, les brigands avaient déjà quatre morts à déplorer. Un tranché par l'espadon du géant, un autre transpercé par une hallebarde, et enfin, les deux derniers s'étaient pris chacun un couteau dans la gorge. Sans sourciller, le chevalier continuait à sourire, demandant d'un ton ironique s'ils voulaient continuer sur cette lignée, ou si, tout simplement, ils préféraient se retirer pour le moment. Terrorisé, le pseudo chef accepta la proposition, et se retira en affichant son sourire hideux.

Quelques jours plus tard, le petit groupe de voyageur arriva à Winterfell, et, le moins que l'on puisse dire, c'était que le château était des plus animés. Bon nombre de gens allaient à droite, à gauche, transportant des choses et d'autres. Le chevalier ne s'attarda pas vraiment sur tout cela, tout ce qui l'intéressait était bel et bien de s'allonger dans un lit, ou encore de manger quelque chose de consistant. Il s'avança alors vers la personne la mieux vêtue de cet attroupement, dans l'espoir que celui-ci soit une personne d'importance au sein de la maison au loup. Le jeune homme se plaça donc face à lui, pour le saluer avec son habituel sourire.

« Excusez-moi de vous interrompre dans votre besogne, mais, je souhaiterai m'entretenir avec lord Beron Stark.
- Et qui le demande?
- Ser Dezial Tully. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 17 Avr 2012 - 16:17



La Fête des Moissons
« Sans faire un bruit la neige tombera et j'attends que la nuit et la ronde des heures me ramènent à toi. Et quand sans faire un bruit la neige doucement s'en ira... C'est la nuit et la ronde des heures qui te ramènera. »


[…] Debout devant l’étroite ouverture de sa chambre, Yelina regardait les derniers préparatifs prendre d’assaut les serviteurs de la forteresse. Un va-et-vient incessant ne cessait d’animer les cours intérieurs de Winterfell, d’hommes et de femmes entrant et sortant des tentes, d’écuyers, de chevalier en armes désigné pour veiller à la quiétude du territoire en l’absence des seigneurs et des gens de cuisine chargés de porter vivres et messages. « ▬ Quelle activité!, murmura alors la Stark, rêveuse ». Sur le conseil de septa Lorine, la louve avait abandonné la robe bleue qu’elle affectionnait tant pour une simple robe de laine blanche d’un éclat laiteux à la lueur flamboyante des torches de la forteresse. Elle avait également tressé ses longs cheveux en une majestueuse natte sombre et étincelante. Une fois sa peau parfumé d’un nectar dont elle seule connaissait les ingrédients, Yelina se questionna; serait-elle suffisamment préparée pour accueillir ses ôtes? Les viandes seraient-elles prêtes? Et le vin, les avait-on simplement montés des caves? Désireuse de plaire, la jeune femme grimaça, se souciant guerre de gâcher de cette mimique le travail de septa; elle aurait dû accorder une heure de plus à diriger les opérations dans les cuisines, ainsi ne serait-elle pas aussi inquiète de voir le travail inachevé. Appelant alors quelques servantes qu’elle aperçue devant sa porte, elle s’entretenait avec elles sur les derniers travaux à complété quand elle s’interrompu, surprise: « ▬ Comme tu es belle, s’exclama alors son frère Darren qui s’était silencieusement glissé dans ses appartements. Yelina lui sourit. Tout attendrie, l’heureuse époque où, petit garçon, il sautait sur son lit, se glissant en riant sou ses couvertures, lui revint en mémoire. En plein hiver, comme il aimait s’enrouler dans les fourrures et en émerger, échevelé, pour croquer à pleines dents les galettes d’avoine! Sentir alors contre le sien le petit corps souple et agile était si doux! Le temps de l’innocence était malheureusement définitivement révolu. Décidément, ce n’était plus un enfant qu’elle avait devant elle, mais un adolescent, presque devenu un homme. Certes à l’image des Stark, il ne serait jamais très grand et paraîtrait toujours menu à côté d’un géant comme Ronardt. ▬ Merci Darren, répondit-elle en allant à sa rencontre pour l’embrasser, comme tu es élégant aujourd’hui!, ajouta-t-elle, remarquant ses cheveux soigneusement coiffés, ses ongles courts et propres, sa tunique des jours de fête sur le dos. Mestre Prysas t’aurais-t-il conseillé de couper tes cheveux?Non, j’en exprimé le désir par moi-même. J’en avais assez de ressembler à un chient errant!. Son aînée dissimula maladroitement son amusement derrière un sourire niais sur le coin de ses lèvres. Bien qu’elle fût toujours heureuse de le voir, elle se demanda ce que valait cette interruption soudaine dans sa chambre: ▬ Ne devrais-tu pas être avec Allan et Rudigar? Beron ne vous avait-il donné aucune responsabilité à laquelle veiller?Bien évidemment!, répondit du tac au tac son jeune frère en gonflant la poitrine, fier comme un coq: J’ai vérifié toutes les clôtures autour des prairies : elles sont en bon état, sauf, à l’extrémité des landes au nord, là où se trouvaient les brebis l’an dernier. Il y a un grand trou qu’il faudra réparer si l’on veut y faire paître les troupeaux. Du côté des chèvres, un pan de mur s’est écroulé et les bêtes pourraient en profiter pour s’enfuir… N’ayant pas suivis correctement les informations que Darren avait laissé coulé comme une rivière de tempête, elle secoua la tête et fronça légèrement les sourcils: ▬ C’est à Beron et Jonas que tu dois dire cela, pas à moi. Court-donc les rejoindre, nos invités commencent déjà à rejoindre la grande-salle… Je suis venu te chercher Yelina, nos frères t’attendent déjà dans la grande-salle… Cylia est là également… ».

❄ ❄ ❄

Les abords de la forteresse de Winterfell étaient de plus en plus envahis par la foule des invités et de leurs serviteurs et familles, tous accourus pour la fête, dans une fébrile agitation et dans un déploiement ininterrompu de drapeaux multicolores, claquant joyeusement au vent sur un fond de nuages venant de l'ouest. Des nuages noirs et menaçants qui annonçaient la tombée de la nuit, mais également l’arrivée prochaine de l’hiver. Selon la volonté loyale exprimée maintes fois au cours de l'année – et les traditions ancestrales du Nord, la majorité des bannerets et/ou compagnons du souverain du Nord étaient fidèles au rendez-vous. D’autres grandes familles, tel que l’hériter de la maison Trant, se mêleraient également aux festivités du Nord. Même ser Dezial Yullt prendrait part au festin des Moissons… Malgré la fumée qui, lourde des relents de viandes rôties, du pain chaud, des gâteaux au miel, des potages aux herbes et des poissons cuits sous la cendre stagnant dans la grande-salle, se discernait sur les parois de pierre grise l'éclat des bannières alternées. Or, écarlate, blanc; le loup de la maison Stark, la hache de guerre des Cerwyn, l'ours de la maison Mormont, le cheval sombre des Ryswell, l'écorché de la maison Bolton, les vagues d'argent des Flint de La Veuve [...], même le triton brillant de la maison Manderly figurait parmi les innombrables emblèmes qui tapissaient les murs de la grande-salle. Il y régnait partout à Winterfell une grande effervescence. Tel un nombre incalculable de champignons de couleur, des tentes avaient poussé çà et là sur l’immense terre-plein face à la forteresse de leur suzerain. Une fois encore, La Grande Fête des Moissons réuniraient la famille Stark et leurs fidèles maisons vassales du Nord pour ces prochains jours de célébration. Cette grande fête donnerait lieux à des tournois amicaux, des divertissements, de multiples jeux seraient ouvert à tous. On jouerait aussi de la harpe, on chanterait en chœur, on danserait et on mangerait tous rassemblés autour du même repas… oui, ce serait une magnifique célébration des Moissons qu’organisaient Beron et les héritiers Stark.

Pour tromper son impatience qui s'accumulait depuis des jours à l'idée de revoir des anciens amis et camarades, Yelina s'était laissée absorbée dans ses devoirs de "maîtresse de maison" les quelques heures précédents l'arrivée de leurs invités. D'abord, en tant qu'aînée féminine de la maison régente du Nord, elle savait qu'il était de son devoir de secondé Beron – et Jonas son autre frère aîné – dans la préparation des festivités. Elle se donnait également comme mission de rendre la décoration des plus accueillante et chaleureuse pour les bannerets de sa maison. Ainsi avait-elle veillé à la préparation de centaines de miches de pain d'orge, elle avait également vérifié l'état des rangées de boisseaux d'amandes et de noisettes, elle s'était assurée de la bonne cuisson des multiples pâtisseries qu'appréciaient tant les dames; elle avait même pensé à trier les baies qui accompagneraient rôtis et civets ce qui l'obligea, bien malgré elle, à oublier les quelques intimes et lancinantes préoccupations qui l'avait tant désœuvrée. Tant et si bien que tout était fin prêt lorsque, vers midi, le long cortège des divers invités du territoire nordique approchait de Winterfell.

❄ ❄ ❄

Tel un fleuve d’or, d’argent et d’acier poli, les visiteurs inondaient la grande-salle de réception; ils étaient déjà nombreux à être rassemblés au bas d'une petite estrade. Incarnant la force et la fine fleur du territoire du Nord, ils étaient là trois cent, tant bannerets que chevaliers, lames-liges ou francs-coureurs. Yelina reconnaissait nombre d’entre eux; d’autres toutefois lui restait étranger. Il lui fallait être présente pour accueillir leurs nombreux vassaux, tout spécialement les seigneurs bannerets et leur famille. Tout le monde était si affairé à retrouver parents ou amis, à échanger des nouvelles de sa maison ou de son foyer, à parler des filles récemment promises ou déjà mariées, des fils devenus homme, des morts et des naissances, des brigands châtiés ou des nouvelles routes qu'un long moment passa encore avant que les célébrations ne débutent réellement. Yelina elle-même prenait part à quelques discussions, on lui faisait l’éloquence de sa beauté, on l’a félicitait pour sa table royale, digne des banquets des familles plus richissimes encore; lord Mollen au sapin d’argent alla même jusqu’à lui évoquer les tendres souvenirs des banquets d’autrefois. Douce et timide, ses joues se teintaient d’un rouge gêné alors qu’elle acquiesce une révérence à chaque compliment dont elle était l’objet. Faussement attentive alors aux autres discussions, elle remarqua que Cylia cherchait toujours anxieusement quelque chose parmi l’assemblé. Et si elle devinait aisément ce qu’elle espérait trouver, elle se faufila parmi cette densité de nobles et seigneurs jusqu’à sa sœur cadette. Une fois parvenue à sa hauteur, elle lui serra doucement la main et lui adressa quelques paroles réconfortantes : . « ▬ Il viendra Cylia, ne t’en fait pas. Il a confirmé sa présence par missive à Beron, nous aurons l’honneur de voir l’héritier des Trant se joindre à nos festivités, je t’en fais une promesse. »

crédit codage par century sex. Code trouvé sur Bazzart


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 22 Avr 2012 - 20:39

Deana détestait l’été, elle n’avait jamais aimé cette saison, mais là, avec la canicule cette aversion s’était encore accrue, pas de neige, trop chaud, non elle n’aimait rien dans l’été que tout le monde semblait tant chérir, sauf peut-être ces baignades dans la rivière, même si elle la trouvait trop chaude elle aussi et qu’elle préférait l’eau plus fraiche du printemps ou de l’automne, mais heureusement même le pire été avait une fin, et alors que les arbres se paraient de leurs apparats ors et rouges, la température commençait à baisser dangereusement et bientôt il faudrait entreprendre les dernières moissons et stocker le grain dans les greniers en espérant tenir jusqu’au prochain printemps. Mais alors que tout le monde se recroquevillait près du feu, c’était en hiver que Deana s’épanouissait, la neige et le froid, le vent du nord qui rugit sur la pierre et les chemins gelés étaient son univers, son élément, bien d’avantage que la poussière des chemins desséchés et la légère brise du sud qui chante dans les frondaisons. Mais entre temps il y avait la fête des moissons, et c’était une parenthèse qui dénotait fortement dans les habitudes de la blonde solitaire, hélas, Samwell n’avait pas pu venir en raison des nombreuses tâches qu’il avait à accomplir pour remplir ses greniers, c’était ainsi depuis que Deana avait quitté la maison, étrangement, il avait dépêché Elwood et Barristan, ses deux fils, Ashara serait aussi de la fête avec son époux et ses nombreux marmots, et avec un peu de chance, Kark Slate viendrait avec son père et son frère ainé et amènerait sa femme, dernière fille du clan Lideuil, Cersei.

La guerrière devisait avec Barristan, Ashara et le Knott laissant même Elwood s’immiscer dans la conversation bien qu’elle se serait bien passée de le revoir tant elle le haïssait, le croyant depuis toujours coupable de la mort de son ainé. Elle avait aussi retrouvé le Wull qu’elle affectionnait tout particulièrement, et revu de nombreux membres des clans qu’elle avait plus ou moins bien connus à l’époque où elle habitait encore chez son père dont certains avaient été des prétendants plus ou moins respectueux. Comme Deana était désormais logée dans le bâtiment des invités, elle l’avait vu se remplir à vu d’œil et elle s’était soudainement sentie moins seule, elle allait d’ailleurs partager sa chambre avec ses frères tant la longère était pleine à craquer. Pour le moment, le bruit de la foule était submergé par la petite réunion de famille qui se déroulait dans la chambre de la blonde d’ailleurs à peine assez grande pour contenir tous les enfants de sa grande sœur, mais bientôt il faudrait se préparer pour assister à la fête !

Soudain, à l’extérieur, des trompettes retentirent et on annonça d’une voix forte « Ser Dezial Tully » Comme à chaque fois qu’un invité faisait son entrée, sauf que là, ça n’était pas tout à fait un invité comme les autres, franchement, si Deana s’était attendue à le voir ici et maintenant elle l’aurait attendu de pied, ferme, mais elle ignorait qu’il était invité. Elle bondit sur ses pieds et après une seconde de latence devant la mine étonnée de ses frères et de sa sœur.

- Quoi ?! Dit elle sur un ton sec.
- C’est plutôt à nous de te poser cette question… Répondit Barristan avec un sourire en coin.
- C’est Dezial, je le connais, j’ai combattu à ses côtés à Salvemer ! Rétorqua-t-elle en se redressant de toute sa hauteur.
- Tu le connais… et… tu le connais bien ? Demanda Elwood en riant
- Comment ça bien ? Elle comprenait mais elle n’en croyait pas ses oreilles.
- Ne fais pas l’innocente Deana… Ajouta Ashara sur un ton de reproches
- Comment ça l’innocente ? S’en était trop !

Elle venait de comprendre à quoi sa sœur faisait allusion et elle devint tout rouge. Elle grogna et sortit en claquant la porte avant de se précipiter devant la porte principale.

« Dezial ! » Elle s’approcha en prenant soin de ne pas avoir l’air trop pressée comme toujours elle était en armure de cuir, braies de laine et portait son épée à son côté. « Comment vas-tu… vous… je veux dire comment allez vous Ser. » Vraiment ses Ser, elle ne s’y ferait jamais… Elle était néanmoins très contente de le revoir et reconnu aussitôt Criston Garth et Garett qu’elle salua chaleureusement. « J’ignorais que Lord Beron t’avait invité, il ne m’en a rien dit, je lui ai parlé de toi tu sais, je lui ai dit que tu étais aussi courageux qu’un Nordien. » Elle n’arrivait pas plus à se faire au titre de chevalerie qu’au vouvoiement avec un homme au coté duquel elle avait combattu, elle le considérait comme un ami, peut-être avait-elle tort cela dit, elle le considérait comme les autres membres de la Garde de Winterfell, et elle les tutoyait tous, le seul homme qu’elle ne tutoyait pas c’était Beron. « J’ai appris que tu n’étais plus commandant des forces armées du Conflans, j’espère que ça ne te mine pas trop, tu méritais ce poste plus que quiconque d’après moi, cela dit ça te permet de voyager et de venir nous rendre visite. » Ajouta-t-elle en souriant.
Après une brève conversation, elle le laissa se faire conduire au maitre des lieux et prit congé de lui. « On se retrouve tout à l’heure à la fête, je dois aller me préparer. Je suis contente que tu sois là. » Elle retourna dans sa chambre ou les autres membres de sa famille avaient repris une conversation normale, néanmoins sa réapparition eut le malheur de faire renaitre les moqueries.

- Alors heureuse ? Dit Elwood avant d’éclater de rire en cœur avec Barristan et Tormund
- Il est beau ce Dezial ? Demanda Ashara en levant un sourcil amusé.
- Mais… pfff… vous ne comprenez rien, j’ai faillit mourir à ses côtés, je suis contente qu’il soit là mais c’est un ami c’est tout, un frère d’arme si vous préférez, comme Dred ou Omeric. Heureusement que je ne couche pas avec tous les hommes avec lesquels je me bats si non j’aurais autant d’enfants que toi Ashara, mais de pères tous différents ! Elle avait dit ça sur un ton presque de dégout.
- Mais… Deana attends… tu es encore vierge ? Demanda Tormund interloqué. L’intéressée ouvrit de grands yeux gênés et hocha la tête rouge de honte, sauf qu’elle ne savait pas si elle devait avoir honte d’être encore vierge à son âge ou plutôt du fait qu’elle ressentait effectivement le besoin de ne plus l’être depuis quelques temps. Quoi qu’il en soit, tous éclatèrent de rire et cela ne fit qu’ajuter à son désarroi.
- Nan… mais… il faut que tu te fasses plaisir Deana, tu risques ta vie tous les jours, tu pourrais mourir demain, et tu n’as jamais connu le plaisir de la chair, nan franchement c’est une honte. Tu es une guerrière, tu ne te marieras probablement jamais, et à ton âge excuse moi mais il est peu probable que ta virginité soit encore un enjeu majeur pour un mariage, alors oublies un peu les délires de papa et prend un amant. Ashara ne souriait plus, elle était presque énervée par ce comportement de pucelle effarouchée de la part d’une sœur dont elle connaissait toute la force et l’indépendance.
- Ou plusieurs, belle comme tu es ! Ajouta Barristan sur un ton très serieux.
- Je… je n’ai pas envie… Répondit-elle gênée, elle avait l’impression d’assister à une sorte de procès étrange où elle était à la fois l’accusée, le témoin principale et la partie civile ainsi qu’une entité extérieur qui observait tout ça hors de son corps.
- Si tu as envie, tu as peur, je comprends moi aussi j’avais peur, mais ça ne fait pas si mal, et puis c’est seulement la première fois, après c’est que du bonheur, hein Tormund. Un regard entendu fut échangé entre les deux époux.
- Je ne peux pas… J’ai des devoirs. Rétorqua la blonde.
- Et en quoi cela t’empêcherait-il de protéger Le Stark je te prie ? Demanda un Elwood plus autoritaire qu’il n’avait jamais osé l’être avec elle.
- Si je tombe enceinte.
- Mais c’est pas possible, tu n’as donc rien appris ! Le Thé de Lune tu crois que ça sert à quoi ?! Ashara n’était pas prête de se calmer, tant d’ignorance, c’était une catastrophe, elle avait tout raté avec celle là et à priori avec l’autre aussi…
- Le thé de quoi ? Demanda la guerrière interloquée.
- Thé de Lune, c’est assez cher mais tu peux t’en procurer facilement auprès d’un Mestre ou d’un herboriste, enfin bref, je suis sûr que tu peux en trouver à Winterfell, alors ça n’est pas une excuse.
- Et si je veux mourir vierge ?
- C’est une idée débile, tu fais ce que tu veux mais se serait bien dommage crois moi !
- Je verrais, mais j’ai pas envie de coucher avec n’importe qui n’empêche, et franchement je vous personne qui m’attire assez pour que je décide d’en faire mon amant…
- Moi je trouve que votre maitre d’arme n’est pas mal du tout, si je n’étais pas mariée à l’homme le plus beau du monde, il me tenterait assez je dois dire.
- Barth ?! N’importe quoi ! Il drague tout ce qui bouge en plus. En plus du fait que c’est un macho qui me baiserait rien que pour me ramener à mon statut de femme et m’engrosserait rien que pour le plaisir de me voir déposer les armes.
- Tu choisis qui tu veux mais tu fais l’amour avec un homme avant de mourir ! C’était un ordre, une prière, un espoir, tout à la fois.
- Ou avec une femme… ajouta Barristan en levant légèrement les yeux, pensif.
- Ou avec une femme si tu préfères, même si d’après moi y’a rien de mieux que les bras d’un homme pour se sentir femme. Rétorqua la blonde sœur sur un ton sec et sans appel.
- On verra… mais de toute façon je ne compte pas mourir tout de suite. Ton sec et glacial en réponse à sa sœur et à ce procès idiot.

Les enfants avaient arrêté de jouer et étaient bouche-bée.

« Se sont des histoires de grandes personnes les enfants, on en reparlera le moment venu… Bon il faut que j’aille me préparer si non je vais être en retard, Deana viens avec moi, on vous laisse entre homme, et on vous laisse les mômes aussi. »

Ashara prit sa sœur par le bras malgré ses protestations et l’emmena dans la chambre où elle séjournait avec son époux et ses enfants, il y avait des paillasses partout, mais les deux jeunes femmes arrivèrent tout de même à se frayer un chemin jusqu’au lit ou Ashara avait étalé deux robes.

- Je t’ai apporté une robe… tu seras plus jolie pour danser qu’avec cette foutue armure. Rétorqua Ashara, enjouée en prenant la dite robe par les épaules pour la monter à sa sœur.
- Je ne compte en aucun cas danser, ni revêtir une robe, ni me défaire de mon armure et de mon épée, je dois protéger le Stark. Répondit Deana renfrognée et sèche.
- Il ne risque rien avec ses vassaux et amis !
- On ne sait jamais, et puis j'ai décidé de prendre les armes, c''est pas pour me déguiser tous les quatre matins !
- Je vois… dommage, c’est sûr qu’accoutrée comme une barbare sans arrêt tu risques fort de rester vierge encore longtemps. Ashara souriait, contente de sa réplique.
- Et bien je resterais vierge et puis c’est tout ! Toute cette histoire de virginité n’avait pas franchement mis Deana de bonne humeur, elle avait ce regard froid et fier qu’elle arborait quand elle se battait…

Ashara se déshabilla et Deana l’aida à serrer sa robe aux couleurs des Knott, puis les deux femmes se rendirent dans la cour où le reste de la petite famille avait déjà pris place dans la longue file qui rentrait peu à peu dans la Grande Salle. Les clans du Nord n’étaient pas très à cheval sur le protocole c’était le moins qu’on puisse dire, même si Tormond fit un effort sur ce point ainsi qu’Elwood qui était l’émissaire de Samwell, en tout cas au début… Deana n’était pas très loquace, mais Ashara l’était pour deux, ainsi elle présenta ses hommages à Beron comme il se doit à peu de choses près.

« Mon Lord, je vous présente mes respects et vous remercie de votre invitation, au nom de tout le clan Knott je peux vous assurer de notre dévouement sincère. Je vois que vous avez su apprivoiser notre sauvageonne adorée, merci de prendre soin d’elle comme vous le faites et de lui avoir donné une place dans votre Garde Grise, pas que je pense qu’elle ne la mérite pas, je la connais trop pour ça, mais parce que tous les hommes n’ont pas le courage de se faire défendre par des femmes. »

Deana ne savait pas si elle devait rougir, grogner ou simplement la faire taire, elle ne fit rien et la belle blonde se tourna ensuite vers les deux petites sœurs du Lord pendant que Tormund, grand et costaud sans un poil sur le caillou, vêtu de peaux de bêtes et de laine essayait de présenter ses hommages au Stark au nom des Knott avec un peu moins de talent que sa femme.

« Dame Cylia, Dames Yelina, vous êtes toutes deux magnifiques, et très en beauté pour ce jour de fête. J’espère que nous auront l’occasion de discuter un peu, ma sœur est une tombe et elle ne m’a raconté aucune histoire croustillante, mais je suis sûr qu’il y a beaucoup à dire sur Winterfell… »

Elle sourit aux deux louves et passa aux garçons, pendant qu’Elwood présentait ses excuses au Sombre Loup pour l’absence de son père et lui présentait ses hommages à son tour avec l’aide de Barristan. Si on peu appeler ça de l’aide, parce qu’il était mort de rire depuis qu’Ashara avait parlé de la « sauvageonne adorée » et que croisant le regard de Deana il l’avait vu à la fois énervée et honteuse ce qui donnait à ses joues une teinte cramoisie et à ses yeux une lueur de défi. Tormund essayait d’avoir un mot gentil pour les deux jeunes brunes, mais on voyait que les compliments n’étaient pas son fort, il n’arrivait à en faire qu’à sa femme et encore, il préférait l’honorer de tout son amour aussi souvent que possible plutôt que de lui dire à quel point il l’aimait, c’était une chanson qu’il connaissait et maitrisait bien mieux que les mots.

« Que voila de fiers et valeureux guerrier, bientôt vous serez aussi grand et forts que mon époux ! Vous allez faire des envieuses quand vous allez vous marier, et je ne parle pas de votre nom prestigieux mais bien de votre physique. »

Tormund riait à présent lui aussi et fit une accolade virile à chacun des garçons Stark

« Ma femme a raison, mais il faut manger d’avantage pour devenir comme moi ! »

Barristan qui était à présent face aux sœurs du Stark, était un dragueur invétéré et il s’autorisa même un baise main un peu poussé aux deux jeunes femmes avec qui il n’avait pourtant aucune chance. Mais il usait tout de même de son charme de grand et puissant blond aux yeux bleus Lideuil plus par jeu que dans l’espoir d’en faire tomber l’une ou l’autre dans sa couche, ne se souciant pas plus que ça de la présence de Beron à portée de claque. Et pendant qu’il s’attardait face aux deux brunes continuant à les complimenter sur leur cheveux, leurs coiffures, leurs yeux, leur peau, leurs robes, et tout ce qu’il pouvait citer, Elwood présentait ses respects aux petits frères du Lord. Deana embrassa sa sœur et lui souhaita de passer une bonne soirée puis elle revint vers Beron et se plaça un eu en retrait pour veiller sur lui sans gêner le flot des invités et les hommages des vassaux à leur Lord. Ashara se fit servir un verre puis jeta un regard au Lord et après quelques instants d’hésitation, elle revint vers lui pour lui glisser quelques mots à l’oreille.

« Deana prend son rôle très à cœur, mais avez-vous besoin de tous vos gardes ce soir ? Vous pourriez lui autoriser quelques heures de répit pour la fête, elle pourrait ainsi laisser cette croute de cuir et revêtir la robe que je lui ai apportée et danser un peu… Enfin, je dis ça, mais évidement, vous êtes le seul maitre à bord Mon Lord. »

Elle s’écarta, sourit, et leva son verre déjà remplit de bière.

« A Lord Beron et à la maison Stark ! »

Et tous reprirent en cœur.

« A Lord Beron ! A la maison Stark ! Aux moissons ! L’hiver Vient ! A l’hiver ! A l’automne ! »

Bref, une joyeuse cacophonie engendrée par la blonde sœur de Deana qui lui jeta un regard noir bien qu’elle n’ait pas entendu un mot ce qu’elle avait dit au Stark.

Spoiler:
 


Dernière édition par Deana Lideuil le Ven 18 Mai 2012 - 16:32, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 22 Avr 2012 - 23:43


      Une étoile, une vierge bleue, un souffle.

      C’était par la fenêtre entrouverte de sa mansarde, à travers le verre sale et les pensées, qu’elle avait vu s’étendre les couleurs flamboyantes de la maladie d’automne. Elle vu la fraîche douceur d’une arrière-saison nordienne succéder à l’amère rigueur d’un été assassin, et avait su apprécier la morsure incisive de son souffle humide. Goutte d’encre rouge sur vert d’eau, elle étalait désormais ses flagelles liquides, propagée, infinie, et recouvrait les douloureux souvenirs de la saison passée, comme on panse de sel une plaie à vif. Saison sèche, sec tourment, et le vent battant du fer frotte et enflamme la pierre. De feu, d’ocre, d’or, elles crépitaient, les couleurs, comme un brasier doucereux dévorant, et tâchaient comme du sang les étendues verdissantes du Nord. On pouvait presque entendre, et comprendre, les plaintes solennelles des feuilles qui valsaient, rabougries et affligées, et trahies et violées, car le Temps traître les avait abattues, en fin de compte, et elles gisaient, nues et mourantes, écrasées par son implacable ténacité.

      Un courant d’air filtra, dansant. Une caresse à son visage. Qui se perd éperdument et mord, dans la chair, dans sa nuque, dans son cou, sur ses seins. Un courant d’air taquin, volage, se jouant des mèches folles de ses cheveux d’ébène, mousse de nuit sur peau de lait. Un rayon de soleil, trop tardif, trop malingre, qui réchauffe son dos nu sur lequel perlent encore, lumineuses, de minuscules et sublimes gouttes d’eau, fines comme une dentelle de cristal. Agitée. Les rires, les cris, la joie en contrebas. Agité, le squelette de pierre. Il tressaute, il s’ébroue. Agité, le sang vivant dans ses veines de granit. Winterfell vit, et sa vie pulse dans ses artères vides et poussiéreuses. C’est l’automne, c’est les moissons. Un chuintement, aigre, désagréable d’oreille et de cœur, fébrile, anarchique, comme des rocailles frottées l’une contre l’autre. Du bout de ses bras lâches, un enfant chétif pousse, aidé par son père, un chariot de bois branlant aux roues déraillées, rempli de victuailles fumantes et odorantes – pains de seigle, de blé, viandes rôties, fumées, marinées et garbures bouillonnantes – qui mettent l’eau à la bouche et aux lèvres. Il s’y arc-boute si bien, que lorsque la charrette fait une embardée, le gamin se retrouve cul à terre, dans un déluge de rire et de céréales. Et de cris. Un sourire étiola ses lèvres. Oui, elle aimait à voir la forteresse ainsi secouée, et la ville d’hiver qui s’enflait tant et plus, si bien qu’elle en crevait, dégorgeant çà et là ses paysans replets aux bouilles rouges et crasseuses.

      Assise à son boudoir, la louve jeta un œil las à son reflet, caressa sa peau terne du bout des doigts en fredonnant. Rien de moins qu’un soupir. Des années qu’elle attendait ce jour. Des années d’attente, de rêves passionnés, d’échanges sans espoir. Sans espoir ? Non. L’espoir naissait aujourd’hui, dans son cœur palpitant, dans ses songes angoissés, dans ses veines affolées. Se nourrissait de sa passion pour la retourner contre elle, dénaturée, souillée : La peur dévorante, la peur exaltée. Elle passa une main tremblante dans ses cheveux encore humides, huila sa gorge et son cou d’ivoire, ses épaules. Elle enfila une robe cintrée de taffetas grise moirée de noir, doublée d’argent et aux amples manches à crevés. Mets-toi en valeur, lui avait conseillé la nourrice. Silhouette soulignée et épaules nues était ce qu’elle pouvait faire de mieux. Elle ne voulait pas plaire. Elle voulait lui plaire. S’il venait. Il viendrait. Elle espérait. Elle craignait. Au comble de l’angoisse, la Stark glissa sur sa chevelure bouclée la résille d’opales qu’elle chérissait tant, et qui luisaient en cet instant comme d’innombrables étoiles sur un ciel de nuit.


      La truite d’argent Tully bondissait sur son pan de rivière, agitée de soubresauts venteux. Surprise ? Certainement. Rien ne lui avait appris l'inopinée présence de Ser Dezial Tully, qu’elle espérait cependant pouvoir rencontrer tantôt. On avait vanté ses exploits, exploits qu’elle adorerait entendre de la bouche du chevalier. Son regard glissa sur l’ours Mormont, dressé face à l’orignac tanné Corbois, digne et démesuré, griffes et crocs contre bois de sable. Là, au détour d’un attroupement, le poing ganté Glover saisissait fermement la hache de guerre Cerwyn, et la levait au ciel mercurien. La brune soupira imperceptiblement. Où qu’elle pose les yeux battaient au flanc épées et s’entrechoquaient boucliers dans un fracas assourdissant et abrutissant. Sous couvert de fête, c’était l’étalage de la puissance et de la fidélité. La promesse renouvelée de la force et de l’honneur. Et les fanions ternes des terres du Nord claquaient fièrement aux vents d’ouest portés de saumure et d’humidité. Sourire aux lèvres, Cylia Stark déambulait dans la cour boueuse de Winterfell, saluant les vassaux de sa maison, mais les yeux anxieux, et le cœur anxieux, énumérait mentalement les bannerets des Stark à la recherche de l’Inconnu : les armoiries Trant, d'azur au pendu de sable. Chaque fois qu’un éclat attirait son regard, le cœur de la louve semblait s’arrêter, pris en étau entre l’excitation et l’angoisse. Elle guettait la chevelure d’or du demi-Targaryen, qui détonnerait nécessairement sur le fleuve brun du Nord. Mais chaque désillusion faisait plus durement ressentir la déception et la peine. Et si son voyage ne s’était pas bien déroulé ? Et s’il était blessé ? Mourant ? Les yeux lui piquèrent, brûlés par les larmes. Elle se gifla mentalement et offrit à ses hôtes le plus trompeur des sourires. À force de compliments et de baisemains – Son devoir se résumait, en somme, à être ainsi aimable. Ce qu’elle faisait à la perfection –, au détour d’un couloir sinueux, elle finit par atteindre la salle de réception.

      Les couloirs dégueulaient leurs flots ininterrompus de nobles toujours plus conviviaux et de denrées, plus fines les unes que les autres. On se tapait dans le dos, on riait à gorge déployée, à s’en étouffer parfois. Et la bouffe embaumait de fumées tempétueuses entre les tables sans fin. « Ravissante Lady Cylia » murmura quelqu’un sur son passage, qu’elle remercia voluptueusement sans même lui lancer un regard. « Ma Lady », la salua un autre. Mais ses yeux, comme ses pensées, n’étaient tournés que vers un seul convive. Lequel, désespérément, refusait d’apparaître. Une main, chaude et ronde serra doucement la sienne, et l’odeur qu’elle exhalait l’apaisait. Comme toujours. Sa sœur-mère, là pour elle.


        « Il viendra Cylia, ne t’en fais pas. Il a confirmé sa présence par missive à Beron, nous aurons l’honneur de voir l’héritier des Trant se joindre à nos festivités, je t’en fais une promesse. »


      La louve tourna ses yeux suppliciés vers sa sœur, triste et effarouchée, le visage rosé par les sanglots latents. Les mots plombaient ses pensées de « Et si… », « Et si… », « Et si… », qu’elle ne pouvait se résoudre à prononcer, de peur d’y trouver là la consistance de la faiblesse. Quelle tristesse de gâcher pareilles festivités ! Elle pressa la main de Yelina et sourit tant qu’elle put. Mais il était plus facile de mentir à des inconnus qu’au sang de son sang. L’aînée Stark entrevoyait le trouble, et n’était certainement pas dupe.

        « J’espère, ma sœur. Je vis pour espérer le voir. Je meurs de me languir. » Souffla-t-elle
        enfin.


      Et ses yeux se perdirent dans la foule.


      Debout près de sa fratrie chérie, Cylia avait cessé de scruter les têtes de foule pour se concentrer sur qui venait se présenter à eux. La joyeuse cacophonie qui régnait dans la grand’salle était abrutissante, et lui vrillait le crâne, tel marteau sur enclume. Aussi réagit-elle à peine lorsque Lord et Lady Knott, derrière qui se tenait Deana – vraisemblablement fort mal à l’aise – présentèrent leurs respects au Lord Loup, austère et droit comme aucun Stark. Une averse incessante de palabres attira néanmoins son oreille et son attention ; ce qu’elle identifia aussitôt comme le frère cadet de la Lideuil ne semblait pas tarir d’éloges sur la beauté des sœurs Stark. Yelina lui lança un regard entendu, auquel elle répondu d’un sourire complice.

      Et ce fut l’ovation. Une explosion. Retentissante. Percutante.
      Percutante était également la bannière qui venait de faire son apparition dans l’océan de calicots. Du rose. Le rose Bolton.

      Maureen, pensa-t-elle attendrie.




[HRP: J'espère que ça va vous plaire ! ]
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Maureen Bolton
Noble

Général
Dame de la Maison Bolton de Fort-Terreur



♦ Missives : 518
♦ Missives Aventure : 142
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 16/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/07/2011
♦ Célébrité : Jaimie Alexander
♦ Copyright : Ann
♦ Doublons : Aliénor Tyrell, Maeve Arryn, Aaricia Bonfrère, Rebecca Staedmon
♦ Age du Personnage : 23 ans
♦ Mariage : Non determiné
♦ Lieu : DERRIÈRE TOI
♦ Liens Utiles : Lady Maureen Bolton
Vents D'hiver et chant d'été
Nos Lames Sont Acérés
Aptitudes et Intrigues
Succès de Maureen Bolton

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
804/1000  (804/1000)


Message Mer 25 Avr 2012 - 2:11

Maureen avait passé beaucoup de temps avec les morts dans les dernières semaines. Elle s’ennuyait de ses jeunes années ou elle avait le front de discuter des ordres. Elle avait parlé avec les morts et essuyés quelques peines. Il ne reviendrait pas pour elle, mais elle le savait. Elle voulait se confier au seul homme qui avait cru en elle. Parfois, elle s’ennuyait de son court séjour près du mur, dans les clans du Nord. Elle se rappelait ce jeune homme qui l’avait trouvé intéressante. Pourtant, elle était simple, elle n’était pas la meilleure, mais elle se surpassait toujours. Elle avait fait ses preuves parmi les hommes de son grand-père et ne regrettait qu’une seule chose. Ne pas avoir été la à temps. Il l’avait certaine pardonné. Elle allait partir pour l’Orage encore une fois, lorsqu’on l’Avait retint. Un autre plan de son brillant Lord Bolton. Il ne restait jamais sans rien faire.

Elle avait été déçue. Elle aurait cru que son retour aurait été plus silencieux et que seul le vent du Nord aurait accueilli son enfant. Au lieu de cela, le Vieux Bolton semblait l’attendre et elle faisait exprès de ne pas se montrer. Pourtant, elle savait qu’elle ne pourrait attendre plus longtemps avant de l’affronter. Elle s’en tenait donc à une chose : l’éviter pour le mieux. Ce qui était facile : s’entrainer dans la cour, ne pas assister au repas. Malheureusement, elle n’Arrivait pas à tenir le rythme. Il avait réussi à avoir son attention ce qu’elle aurait du ne pas faire.

Rentrant d’un entrainement elle avait aperçu son grand-père lui faire signe. Pourquoi elle? C’était Adrian l’héritier? En plus, il ne pouvait pas supporter sa présence. Elle s’était assise devant lui espérant ne pas y passer plus que quelques minutes. Que voulait-il lui dire de vraiment intéressant? Il voulait quoi? La jeune femme connaissait assez son grand-père. Quand il voulait lui parler, c’était qu’il voulait lui obliger de faire une choses qu’elle n’avait pas envie et souvent cela se résumait qu’à une seule chose, surtout en automne. Elle le sentait venir. Elle le connaissait que trop bien maintenant.

Tu sais comme à chaque automne, les … enfin Winterfell organise …

Dites donc Lord Beron ou Lord Stark, vous n’allez pas vous étouffez en prononçant son nom!, lança-t-elle en se dirigeant vers la porte

Silence! Et Assois-toi!

Maureen le regarda avec un regard haineux. Il faisait vraiment exprès pour la faire sortir de ses gonfles. Elle reprit sa place sur la chaise et soupira fortement pour faire savoir son agacement. Elle était de mauvaise humeur et même si le Vieux Lord tentait de rétablir certaine base avec la jeune femme, elle ne mettait pas d’eau dans son vin. Elle préférait lui faire ravaler toutes les années qu’il lui avait subir un calvaire. Une faute qui n’était pas sienne, mais elle avait eu plus de chance que son frère jumeau. Assise dans la chaise, elle regardait son grand-père le maudissant. Elle le haïssait lui et ses idées.

Winterfell fête sa traditionnelle fête des moissons. Je ne m’y rendrais pas cette fois. Je suis vieux et fatigué. Vous représenterez les Écorcheurs dans la maison du Stark.

Que nenni! Je n’ai pas participé à aucune de ces fêtes. La dernière fois que j’y suis allé, père était encore en vie et mère tout autant! Les Stark n’étaient que des enfants tout autant que moi et …

Suffit Maureen! Je n’ai pas la force de m’y rendre et il n’est pas question que nous n’y soyons pas. Je suis un vieillard fatigué. Il serait peut-être temps que tu te comportes comme les gens du Nord au lieu d’aller te pavaner dans les Terres de l’Orage chez les Swann.

Vous ne pouvez pas me faire cela. Vous savez que je n’aime pas me rendre à Winterfell. Envoyez Adrian et quelques hommes cela suffira à Beron. Moins il y a de Bolton dans les pattes des Seigneurs Stark mieux le loup se porte.

Non négociable! Tu y vas avec Adrian. Je ne fais pas assez confiance aux loups pour laisser le petit se faire dévorer par le Stark. Au moins, avec toi, il saura se montrer comme un Bolton.

Aux dernières nouvelles, je ne suis pas considérée comme héritière de la maison et ne suis encore moins apprécié dans ma propre maison. Beron ne mangera pas votre petit-fils. Je crois que personne ne l’a décrété comme mangeur d’enfant!

Le vieux Bolton mis fin à la discussion en plantant sa dague dans la table qui les séparait. Maureen avait touché un point sensible, elle le savait. Lorsqu’elle parlait d’elle il se souvenait comme elle pouvait ressembler à son fils. La détermination dans son regard, il détestait cela. Il savait qu’elle aimait le provoquer, mais lorsqu’il faisait ce geste avec elle, elle n’insistait pas davantage. Elle ronchonnait et se pliait à ses petits caprices. Prenant la dague, elle se leva et claqua la porte de très mauvaise humeur. Elle planta la dague avec force en rageant contre la pauvre porte de son bureau.

Qu’elle le pouvait le haïr et comment arrivait-il à être aussi détestable, ma foi. Un trait génétique qu’elle n’avait pas reçu. Sans être méchante, elle en remerciait les sept. C’était peine a dire qu’elle n’arrivait pas à croire que sa grand-mère puisse endurer un homme comme lui. En fait, ses deux femmes. Maureen s’avouait toujours vaincu et n’était pas d’humeur. Elle ne voulait pas se rendre à Winterfell. Reginald Bolton savait comment la provoquer et il y arrivait parfaitement bien. Surtout que Maureen détestait lorsqu’il s’amusait à la faire souffrir.

*******

Le voyage bien qu’il fut éprouvant, ne plaisant encore moins à la Bolton, fut long. Elle parlait peu et se contentait de retrouver de vieux souvenir. La dernière fois qu’elle était venue à Winterfell elle devait n’avoir qu’un douzaine d’année. Sa mère était encore parmi les Écorcheurs et son père, malgré son caractère difficile, était heureux. Si tout ce passait bien, les Anciens lui accorderaient un fils pour remplacer celui mort né. Ses souvenirs se rappelaient d’une jeune fille. Elles s’étaient amusées dans le château des Seigneurs Loups. Elle ne savait même pas si elle était encore là. Maureen n’avait pas mis les pieds à Winterfell depuis plus d’une dizaine d’années. Elle avait été tiraillée entre deux familles préférant la douceur et la compréhension de l’Orage qu’à la dureté du nord. Et pourtant, elle appartenait au Nord.

Les pas de Démon la rapprochait toujours plus de Winterfell et l’éloignait par conséquent de Fort-Terreur. Elle aurait du attendre plus longtemps avant de partir. Elle aurait pu sans doute éviter de se rendre à cette fête. Le dernier automne, elle se trouvait à Pierheaume. Elle n’avait donc pas participé à cet événement. Même si son regard était froid comme le Vent du Nord, et son cœur aussi glacé que la Pleureuse en hiver, elle avait des sentiments et une autre personnalité bien à elle. Elle s’en voulu d’infliger son silence à son petit cousin, qu’elle adorait tant. Il avait été comme un fils pour elle. Elle l’avait été dès la mort de sa mère. Une semaine de silence. C'était le temps approximatif entre Winterfell et Fort Terreur. Maureen ne les comptait plus. Elle espérait seulement que les jours de Démon n’était pas compté. Elle fut bien heureuse d’atteindre la Forteresse des Stark, même si par habitude les Écorcheurs essayaient de ne pas trop s’y rendre. Il avait fait halte, question de se faire beaucoup plus présentable. Laissant ses accoutrements habituels de coté pour se montrer sous un autre jour. Le seul qui avait un mérite c'était son père, elle avait retrouvé une robe de sa mère aux couleurs des écorcheurs et par la chance des Sept et des Anciens, elle rentrait dans cet amas de tissus inconfortable pour elle. Le rose Bolton n’était pas une couleur, qu’elle s’accordait, elle préférait de loin le noir. Par chance le noir dominait en totalité sauf peut être les lacets roses comme son blason et les surpiqûres en rouges.

Les Bolton et les hommes de Fort Terreur s’arrêtèrent devant la porte que la jeune Maureen considérait déjà la fête comme maudite. Elle glissa de Démon et se laissa rattraper par un de ses hommes. Bizarrement, elle s’était laissé faire ce qui était assez étonnant, de sa part. À croire qu’elle arrivait à sortir le coté gentille dame, même dans le Nord. Elle ne voulait pas entrer dans la noble demeure de ses suzerains. Trop de mauvaises histoires. Les commentaires de son homme d’armes la firent sourire. Il savait comment dédramatiser les situations.

Cette robe vous va à merveille ma Lady.

Éclatant de rire, elle approcha ses lèvres de son oreille et lui murmura quelques paroles dont l’homme du Bolton réprima un sourire. À quel jeu, elle jouait? Habituellement cette réplique valait un bon coup dans l’estomac de sa part. Surtout avec celui qui tentait en rien de séduire la belle. Elle était gracieuse quand elle le voulait, mais il n’allait pas le dire. La phrase le faisait trop rire par moment. Elle connaissait bien ses hommes, il fallait lui donner cela à la petite. Elle n’était pas confortable, mais les robes n’étant pas les vêtements qui garnissaient sa garde-robe, elle allait se retenir de tous commentaires.

Vous me connaissez que trop bien et me troublez encore davantage, ma Lady.

Répète ce mot encore une fois et tu vas le regretter!

Lequel ma Lady ?

Elle vint pour assener un coup dans l’estomac, mais il attrapa son poing. Elle lui offrit un sourire et laissa le soldat de Fort Terreur filer à des occupations moins ennuyantes que de la suivre. Winterfell sentait le piège et Maureen ne pouvait espérer une bonne soirée. Entrant dans la grande forteresse, elle n’allait pas deviner une seconde qu’elle serait la bienvenue par une personne qu’elle n’avait jamais revu. Du moins depuis très longtemps. Maureen appréhendait une mauvaise surprise. Une fois dans la forteresse elle se retourna vers son cousin. Elle lui avait sourit et le regarda avant de dire tout bonnement :

La dernière fois que je suis venue à Winterfell, tu étais haut comme trois pommes

Résumé, le domaine n’Était pas un coin ou elle trainait. Elle avait flâné dans la capitale quelques fois, mais jamais très longtemps. Encore, c’était lorsque son père était vivant. Elle n’avait pas le souci de se savoir dans une telle position. Elle savait qu’elle pourrait autrement ne pas en faire des histoires, mais elle avait quelques personnes qu’elle arrivait difficilement à oublié. Puis ce fut leur tour. Elle avait oublié la quiétude de Fort Terreur et ne pensait plus qu’à une chose. Une fois devant leur seigneur, elle s’inclina au même titre qu’Adrian, mais pris la parole :

Mes hommages Lord Stark. Nous vous remercions de cet invitation, mais veuillez pardonner l’absence du Lord de Fort-Terreur, Il aurait aimé être présent, mais il est fatigué et les longs voyagent ne sont plus très courant pour lui.

Ses traits semblaient moins sévères que d’habitude. Elle avait fait ses salutations à Dame Yelina la gratifiant d’un sourire, puis son regard se posa sur un visage qu’elle connaissait bien, mais qui avait grandi. Elles n’étaient que des gamines et elles étaient certainement une preuve que Bolton et Stark pouvaient s’entendre. Haute comme trois pommes Maureen n’osait pas décliner le nom de sa famille. Elle se souvenait de ce visage. Elle s’en souvenait comme jamais. Elle se souvient d’avoir crié si fort que l’on devait l’entendre du haut des remparts de Fort-Terreur. Elle avait tant détesté son grand-père lorsqu’il l’avait sermonné. Les Écorcheurs ne pactisaient pas avec les Loups, avait-il dit. Lady Isabel avait pris le partie de sa fille, pour une fois qu’elle côtoyait quelqu’un de son âge.

Lady Cylia … Voilà plusieurs années maintenant.

C'était bon de revoir des gens qui avaient marqué votre enfance. Cylia en était une. Se souvenait-elle de la Bolton? Peut-être. Elle ne savait même si elle se souvenait de cette fête des moissons voilà plusieurs années. La jeune fille de l’Écorcheur lui avait sourit. Elle n’oubliait pas.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 27 Avr 2012 - 2:27

Ce matin-là, Les Rus s’était réveillé sous une mince couche de neige : l’automne était là. Liliann commençait justement à s’éveiller, dans son lit de fourrures d’animaux tout chaud et agréable. Aussitôt levée, elle se précipita vers la fenêtre, d’où on pouvait apercevoir le tapis blanc recouvrant les plus lointaines contrées que l’horizon pouvait offrir. Après une toilette sommaire, la jeune noble enfila une robe plus pratique que jolie, et sortit dehors en courant. Déjà, Yann, Anabess et Jenny jouant dans la neige. En riant, Liliann se baissa et modela une boule de neige collante à l’aide de ses moufles en peau de loutre. Visant du mieux qu’elle pouvait, le projectile atteignit le visage de Bess, qui riposta aussitôt, sous une volée de flocons et de glace.

Quelques minutes après, Lady Ryswell sorti par la porte principale de la forteresse, emmitouflée de la tête au pied d’une énorme fourrure d’ours. Bien sûr, la mère sévère ne tarda pas à réprimander les enfants. « Allons donc ! Ce n’est pas une occupation de jeunes filles nobles ! Vous allez prendre froid, alors que l’hiver n’est même pas là ! » Voyant que ses filles ne se souciaient guère des dires de la vieille femme, cette dernière rajouta quelques mots. « Il faut venir faire votre couture ! J’en aviserais votre père si vous ne faîtes pas ce qui est demandé ! » La menace étant beaucoup plus forte, Lili, ses sœurs et son frère rentrèrent tout de suite dans le château. Toutes les filles Ryswell étaient assises au salon, entrain de coudre des motifs sur leur bout de tissu. Avec ses mains maladroites, Liliann n’avait pas de grand talent pour la couture, contrairement à sa sœur aînée, Leonor, qui traçait de magnifiques motifs dorés et rouges dans une robe qu’elle avait fait elle-même. Après quelques commentaires négatifs sur le tissu de Lili, lord Gordan Ryswell fit son entrée dans la pièce. « J’ai à vous parler, lady Ryswell. » Sous les regards étonnés des filles, Diana s’avança vers son mari. « La Fête des Moissons se déroule dans quelques jours, chez lord Stark. C’est très important d’y être, et au passage saluer Aaron ainsi que nos cousins suzerains. » Lady Diana fit un léger signe de tête, approuvant l’idée, alors que la salle était toujours silencieuse. « Je partirais seul, avec mes hommes. » Et là, le tonnerre de protestations se fit entendre. Lady Ryswell calma ses filles, avant de reprendre la conversation. « Comment voulez-vous marier nos filles si personnes ne les connaît sur tout Westeros ! Emmène au moins Anabess, Lilian et Océlya. » Mais Leonor fit remarquer que allant bientôt se marier, elle aimerait bien participer un peu et avoir du plaisir avant de tomber dans la vraie vie d’une femme noble. Lady Diana accepta, et donc Lord Gordan ronchonna en hochant de la tête.

Dès le lendemain, toute la petite troupe fut prête à partir à l’aube, accompagnée d’hommes d’armes et de grandes bannières aux couleurs de la Maison. Liliann montait son cher poney pie alezan, qu’elle avait affectueusement baptisé Friend, au grand désarroi des autres qui se moquaient bien de la jeune fille. Après quelques jours, ils furent arrivés à Winterfell. Les Ryswell y avaient étés plusieurs fois, car les Stark étaient les cousins de Lili. La jeune noble se souvenait assez bien de la dernière fois, quelques années auparavant. De loin, la forteresse n’avait guère changé. Rapidement, Liliann se changea dans la petite caravane tirée par les chevaux. Sa mère avait tenu à ce qu’elle mettes une de ses plus belles robes : Verte pâle, allant parfaitement avec ses cheveux auburn, au corset blanc, rappelant la neige de la contrée froide. Elle avait également une peau de loup blanc qui lui couvrait les épaules, pour la protéger du froid, et des gants de la même couleur, allant du coude aux bouts de ses doigts. La jeune enfant ne savait guère pourquoi elle devait s’habiller avec autant d’élégance puisque tout le monde n’allait que voir Leonor. Leonor, si belle, si raffinée, si élégante, si intelligente… C’était toujours la même chose.

Juste derrière son père, cette fois à pieds, pour entrer dans la forteresse, ce dernier ouvrit grand les géantes portes de bois, qui révéla un hall d’entrée surpeuplé par les centaines de personnes s’y trouvant. Un peu timide, Liliann préféra suivre son père, qui lui-même cherchait Lord Stark, ou encore, son fils, Aaron. « Allons donc, ma fille, arrête de me suivre, et va plutôt parler avec tous ces nobles. Regarde, même Océlya parle avec un homme. » En effet, la petite sœur discutait allègrement avec un lord que Lili ne connaissait pas. Il devait avoir dans le début de la vingtaine d’années, mais les blagues semblaient aller de bon train. Tandis que la jeune fille les observait en marchant, elle tituba contre le tapis en fourrure posé sur le sol, avant de s’enfarger encore plus sur une jeune dame, la malheureuse qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.

« Foutu tapis ! » s’exclama Liliann, un peu plus fort qu’elle l’aurait voulu.

Heureusement, personne ne semblait s’en être rendu compte, sauf bien sûr la lady sur laquelle Lili avait trébuché. Aussitôt, la jeune enfant voulu s’excuser le plus sincèrement possible. Ce n’était pas le temps de se faire des ennemis.

« Excusez ma maladresse, lady… »

Liliann ne connaissait pas tout le monde qui était ici, mais la personne qui se trouvait devant venait certainement d’une Maison très importante. Bien qu’elle ne l’ait jamais rencontrée, Lili savait qu’il s’agissait d’une Bolton. Les écorcheurs. La jeune enfant frissonna. Elle espérait que son interlocutrice était plus clémente que sa réputation… Puis, Liliann se souvint. C’était la jeune femme dont le fiancé était décédé… L’affaire avait beaucoup de bruit dans le Nord… Maureen ! C’était le nom !

« Lady Maureen Bolton, est-ce bien vrai ? »

Gênée de la tête aux pieds, Lili rougit énormément, ce qui lui donnait un air encore plus de jeune enfant. Tant pis, c’était le dernier des ses soucis.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 3 Mai 2012 - 14:47

Spoiler:
 

Les ultimes heures d’une journée harassante n’en finissaient plus de s’étirer lamentablement. Barry Mollen était épuisé par la somme des choses à faire sous laquelle il croulait. L’intendant de Winterfell était un petit bonhomme légèrement joufflu, bedonnant et clair de cheveux. En cela il tranchait assez sérieusement dans le paysage nordien et sa frimousse piquetée de tâches de rousseur multiples contrastait franchement par sa bonhomie apparente et un semblant d’ingénuité pourtant fausse. Le puîné de la famille Mollen avait trouvé à Winterfell et en ses maîtres la reconnaissance qu’il avait vainement cherchée, durant des années, auprès de ses parents
Il n’était que trop temps que cet ultime jour de préparatif trouve enfin son terme, il était exsangue. Il ne lui restait plus qu’à aller superviser et pointer les arrivages de poissons frais venus directement de Blancport dans des tonneaux réfrigérés dans des litres d’un savant mélange glace pilée et de neige fraîche. Ensuite, il pourrait enfin décompresser et s’offrir, avec soulagement et délice, le repos tant fantasmé et mérité qui lui tendait désormais les bras.

« Excusez-moi de vous interrompre dans votre besogne, mais, je souhaiterai m'entretenir avec lord Beron Stark. »

Il sursauta. *Eh, merde !* jura-t-il par devers lui. *Fallait encore qu’un grand pénible vienne me coller ses besoins à lui en travers des miens, à moi !* Il se tourna néanmoins et d’une mine qui se voulait la plus affable de celles qu’il pouvait encore livrer après une si rude journée, il répondit :

- Et qui le demande ?

« Ser Dezial Tully. »

*Tully !? Bougre d’andouille, mais tiens donc toi mieux que ça mon bon Barry !* L’annonce aussi soudaine qu’imprévue sembla le décontenancer un instant mais, recouvrant très rapidement toute la consistance dont il savait faire preuve, il se redressa et d’un grand sourire, cette fois des plus larges, reprit aussitôt :
- Oh, Tully, dites-vous ? Lord Beron ne m’avait pas prévenu de votre venue ! Veuillez excuser mon impolitesse, ser… D’un geste du bras qui semblait devoir englober Winterfell toute entière, il tenta maladroitement de justifier le mieux possible tout ce qui pouvait encore l’être. - C’est qu’il y a tant à faire ! Je ne sais plus où donner de la tête ! La Fête des Moissons, vous savez… Il secoua la tête de gauche à droite. - Tt, tt, tt… Allons, allons, mais vous devez être las d’un long voyage, ser !? dit-il en l’invitant du bras à le suivre en direction d’une grande porte haute de plus de quinze pieds de haut. - Je vous mène à lui de ce pas !

*
* *

L’immense salle de réception de Winterfell voyait se rassembler et s’entasser en elle tout ce que le nord comptait de nobles gens. Hommes, femmes, jeunes et vieux, tous vêtus d’élégantes façons se pressaient en son sein pour ripailler, converser, voir et être vus... Bref, festoyer auprès de la famille maîtresse des lieux l’arrivée de l’automne et le partage des récoltes de cette fin d’été. Les moissons avaient, cette année encore été très abondantes et riches, et il n’avait été que par la disgrâce d’un Fléau de Printemps longtemps éloigné des contrées nordiennes que celles-ci ne parvinssent à amasser davantage de grains et de cueillettes que l’année précédente. Le grand repas ne serait servi que dans une heure ou deux mais déjà la Grande Salle vibrait et carillonnait du fracas des verres que l’on heurte pour trinquer, du brouhaha massif et continu des conversations multiples et variées, et des éclats de rire parfois gênés de quelque dame de belle éducation, parfois démesurés d’hommes d’armes exagérant leur surprise ou leur amusement. Lord Stark se fraya tout d’abord un passage parmi les premiers invités par les bons soins de l’intendant de la Maison, avant de voir la foule se fendre à son approche, dès lors que celle-ci avait eu désormais conscience que le Loup était maintenant dans la bergerie... Ses doigts gantés jouaient avec une coupe d’argent et sur des loups aux babines retroussées sur lesquels sa main son index allait et venait lentement en un hypnotique roulement automatique. C’était toujours ainsi qu’il procédait, inconscient véritable de cette danse narcotique qui, lentement faisait tournoyer sur elle-même la coupe d’argent ciselée de Loups-garous grondants des Stark. Cette coupe dans laquelle son père, le défunt Lord Cregan avait bu avant lui et qui, dans quelques années, viendrait aider à leur tour son fils et ses descendants à étancher leur soif lors de pareilles soirées festives.
Il tendit instinctivement la coupe argentée au passage d’une jeune servante qui se hâtait à proximité, les bras chargés de plusieurs chopes ruisselantes et mousseuses. L’éclat chatoyant de la coupe chavira à la lueur dansante des longues rangées de torchères qui éclairaient la Grande Salle de Winterfell. Une bière sombre et chargée vint vibrionner dans le gobelet sculpté et Lord Beron plongea ses lèvres pensives dans l’écume corsée.
Le lourde rumeur qui emplissait d’une vie grondante la vaste salle encombrée vers le fond, de grandes tablées pour l’instant inutilisées avait sur Lord Stark des effets soporifiques qu’il ne goûtait que très médiocrement. Les fumées épaisses et chargées de relents gras et épicés qui venaient des cuisines annonçaient à tout un chacun l’opulence de la bacchanale à venir et occultaient presque entièrement les murs sévères des lieux, sur lesquels s’élevaient, fières et nombreuses, les bannières du Stark et de ses vassaux. On pouvait distinguer là, encadrant le Loup-Garou gris des Stark, les multiples étendards des principales Maisons du Royaume du Nord. Il y avait là, d’argent à la hache de guerre de sable, le blason des Cerwyn de Castel-Cerwyn, juste à côté duquel, pendait négligemment, d'orange à l'orignac tanné aux bois de sable, celui des Corbois. Ce dernier était encadré par le soleil d’argent sur champs de sable des Karstark de Karhold ainsi que, de gueule au poing ganté de mailles d'acier, le blason des Glover de Motte-la-Forêt. Sur le mur opposé, trônait, central, le triton d'argent à barbe de sinople sur champs d’azur de la puissante Maison des Manderly de Blancport. A sa gauche on pouvait distinguer la fière bannière des Mormont de l’Île-aux-Ours, de sinople à l’ours de sable, alors qu’à sa droite se jouxtaient le cheval de sable des Ryswell de Rus et le géant rugissant des Omble.
Nombre d’autres s’y entassaient, pour rappeler aux invités des lieux l’importance du Royaume du Nord et la puissance de ses nombreuses Maisons. Non loin du pavois Stark lui-même et comme pour en remercier la présence, l’écorché Bolton sanglotait sur champ rose.
Le début de soirée s’éternisait un peu à cause du long et fastidieux rituel des salutations et des hommages à la famille hôte. La meute Stark était rassemblée et, alignés les uns à côtés des autres, chaque membre de la grande fratrie au Loup-Garou se voyait adresser un petit mot poli, un hommage ou un remerciement. Les vassaux se pressaient pour ce faire mais tous ne semblaient avoir les mêmes facilités, ni même prendre le même plaisir pour la chose. Lorsque certains, forts d’une longue et durable amitié s’étalaient avec régal dans l’exercice, d’autres, moins loquaces ou moins habitués à ce genre de démarches, se montraient plus brefs et concis. Non loin du Seigneur Loup, les membres de la Garde Grise veillaient. L’immense Leigh « le Vigier » Tallhart, dont le surnom fort approprié lui échoyait tant au regard de son impressionnante stature que pour les arbres qui ornaient le blason de sa famille, lorgnait avec envie sur les chopes de bière. Le jeune Aaron Ryswell faisait honneur cheval noir familial par son port altier et sa droiture. Malgré son jeune âge il était un des tout meilleurs cavaliers de Winterfell et ses prouesses en selle lui avaient en partie valu d’être intégré lui aussi à la garde rapprochée du Stark. Ser Kendrik Crakehal était un chevalier originaire de l’Ouest et un grand ami, depuis l’enfance, du Seigneur Loup. Il avait pour, ainsi dire, grandi avec les jeunes Stark. La blonde Deana Lideuil, enfin, se tenait elle aussi non loin du Stark, légèrement en retrait. Malgré le fait qu’elle était une femme, elle portait fièrement les atours de la Garde Grise et faisait désormais partie intégrante des « Gris ». Le Stark ne pouvait pas la voir mais la connaissant, il savait qu’elle avait dû s’empourprer lorsque, se présentant avec joie et haut les cœurs, sa sœur Ashara et tous les membres de sa famille vinrent, en leur nom mais aussi pour celui des Knott, rendre hommage à la meute Stark

« Mon Lord, je vous présente mes respects et vous remercie de votre invitation, au nom de tout le clan Knott je peux vous assurer de notre dévouement sincère. Je vois que vous avez su apprivoiser notre sauvageonne adorée, merci de prendre soin d’elle comme vous le faites et de lui avoir donné une place dans votre Garde Grise, pas que je pense qu’elle ne la mérite pas, je la connais trop pour ça, mais parce que tous les hommes n’ont pas le courage de se faire défendre par des femmes. »

Il était difficile d’entamer une discussion alors même que toutes les familles du nord se bousculaient derrière la jeune femme. Aussi, Beron se contenta de lui adresser un sourire poli avant de l’inviter à poursuivre vers ses frères et sœurs. Le visage suivant était bien connu du Stark. Le Loup laissa son regard gris dévisager calmement la jolie jeune femme qui venait ensuite. Malgré la froideur évidente qui émanait d’elle, il ne parvenait pourtant toujours pas à l’associer à ce qui se disait à son sujet. Et pour cause. Les plus noirs récits couraient autour de sa personnalité secrète et renfermée… Pour le peu de fois où il l’avait rencontré et de par le souvenir qu’il gardait d’elle lorsque, enfants, ils avaient fait connaissance au sein même de la forteresse Stark, le Loup ne gardait pourtant pas d’elle une si mauvaise image…

« Mes hommages Lord Stark. Nous vous remercions de cet invitation, mais veuillez pardonner l’absence du Lord de Fort-Terreur, il aurait aimé être présent, mais il est fatigué et les longs voyages ne sont plus très courants pour lui. »

- Lord Reginald est tout excusé, lady Maureen… Nous sommes heureux et honorés de vous accueillir à Winterfell.

Un peu plus loin, le Stark aperçut une bonne partie de la famille de Dame sa mère, la douce et si regrettée Lady Mina. Lord Gordan était venu en personne, escorté de quatre de ses filles. Elles suivaient toutes leur lord de père, toutes à part une des plus jeunes d’entre elles, la petite Liliann. Beron n’avait pas vu ses cousins et cousines des Rus depuis la naissance de Yann, en 207, et aurait pu ne pas reconnaître Liliann si celle-ci ne s’était pas distinguée en heurtant la croupe d’une lady aux airs pincés toute emplumée de froufrous et de dentelles. Le Stark étouffa un petit rire avant de se refaire une contenance pour accueillir les invités suivants. Il espérait que ses cousines viendraient le saluer avant que ne débute le repas. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pu les embrasser…
Lorsqu’enfin s’acheva l’interminable cérémonial des hommages et de la bienvenue, chacun trinqua de plus belle et le brouhaha s’intensifia aussi rapidement et sûrement que la salle s’emplissait des allées et venues de serveuses aux bras chargés de coupes et de chopes alcoolisées.

Tout à coup, le Stark sursauta lorsqu’une voix douce et malicieuse lui chuchota près de l’oreille : « Deana prend son rôle très à cœur, mais avez-vous besoin de tous vos gardes ce soir ? Vous pourriez lui autoriser quelques heures de répit pour la fête, elle pourrait ainsi laisser cette croute de cuir et revêtir la robe que je lui ai apportée et danser un peu… Enfin, je dis ça, mais évidement, vous êtes le seul maitre à bord Mon Lord. »

Le Stark fronça les sourcils d’un air contrarié que ladite Deana lui connaissait tout autant que sa sœur le méconnaissait. Mais il n’eut pas le loisir de répondre puisque cette dernière s’écarta gracieusement et, toute vêtu de son plus beau sourire, leva son verre de bière en annonçant bien fort pour que chacun puisse entendre : « A Lord Beron et à la maison Stark ! »

Et la salle s’emplit d’une immense clameur, aussi pleine que la chope de Leigh Tallhart. « A la Maison Stark ! Aux moissons ! L’hiver Vient ! »

*
* *

Barry Mollen venait de conduire ser Dezial Tully auprès du Stark. Dès avant qu’il eut été présenté au Loup, ce dernier avait cru comprendre de qui il s’agissait… Les couleurs des atours qu’il portait indiquaient presque aussi clairement que la teinte de sa chevelure l’appartenance à la Maison Tully. Et il n’avait plus suffit au Stark que la confirmation par la joie affichée sur le visage de Deana lorsqu’elle l’avait vu pénétrer dans la demeure des loups, pour comprendre qu’il s’agissait bien du fameux chevalier dont elle avait garni ses récits à son retour de Salvemer…

- Ser Dezial, commença le Seigneur Loup, quelle superbe surprise de vous voir dans nos contrées ! Je suis heureux de vous accueillir à Winterfell ! Votre bravoure vous a depuis longtemps précédé en ces murs, savez-vous !? Nous fêtons les Moissons ! J’insiste pour que vous soyez des nôtres ! Restez-donc parmi nous quelques temps, voulez-vous !? Vous aurez ainsi tout loisir de m’entretenir des raisons qui ont motivé votre venue !


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 4 Mai 2012 - 22:48

      Toc … toc … toc … J'ouvris légèrement les yeux. Le soleil brillait de mille feux dans le vaste firmament et mes paupières se fermèrent soudainement à cause des picotement que je sentais. Qu'est-ce que c'était encore ? Pour une fois, depuis bien des semaines maintenant, que je voulais profiter d'une matinée au lit, loin des arcs et des épées, des hommes d'armes de Fort-Terreur ainsi que de la fatigue qui me tenait prisonnier depuis un bon temps. Mon corps refusait de bouger, car voilà donc un bon moment que j'entraînais mes muscles plus qu'elles ne devaient l'être. John, le maître d'armes, ne se montrait point compatissant avec moi. Mon grand-père non plus, je pense bien qu'il essaie de faire de moi un bon futur Lord de la maison … devrais-je voir ici des signes ? Rien de bien apparent apparemment. Mais à Fort-Terreur, hommes comme femmes apprennent à chercher entre les lignes, à creuser pour la vérité sinon elle demeurait introuvable. En tout cas, mon grand-père, ces derniers jours, n'était pas la priorité de mes inquiétudes. Toc … toc … toc. La porte ? J'avais oublié que quelqu'un frappait à ma porte. Aussi déçu que j'étais d'avoir été interrompu, tiré de force d'un agréable sommeil, je ne laissais jamais montrer ma mauvaise humeur dans la forteresse, encore moins avec les domestiques des Bolton. Ainsi, j'ouvris la porte qui grinça faiblement et aperçus une jeune femme qui serait probablement dans la vingtaine de son âge. J'étais torse-nu, mais je ne puis dire si c'est cela qui la fit baisser les yeux vers le sol. « Messire, mon Lord vous demande de suite dans son bureau. ». Ah lui, je pense alors que je pourrais laisser échapper ma mauvaise humeur si ce n'est que pour Réginald Bolton. Je pris un souffle, n'étant pas habitué à m'adresser de la telle avec une servante. Ma main gauche lui fit relever la tête, la tenant tendrement par son menton pointu. « Tu diras à mon grand-père qu'il devra attendre un peu, je viens à peine d'ouvrir l’œil. ». Y étais-je allé trop loin ? Probablement oui ! Mais je savais au fond de moi que Réginald Bolton ne saurait jamais me punir, quoique je fasse. Je fermai la porte et revins sur mes pas.

      Mes sentiments à l'égard de mon grand-père me rendaient confus. Il était tout à fait vrai que le lien de sang qui nous liait était fort, très fort. Mais voilà que, depuis un bon moment que je laisse mon cerveau pavaner partout hors du temps et de l'espace, le jeu des trônes a fait de moi son captive, et je pense sincèrement à la possibilité de, les anciens dieux savent comment, siéger sur le trône de Fort-Terreur à la place de grand-père, Réginald. Je ne savais pas comment m'y prendre, ni si c'était possible. Je savais cependant qu'une homme ne verrait jamais tous ses souhaits exaucés, la déception est une marche qu'il nous faut dévaler pour arriver en haut de l'escalier, pour arriver à la plus haute marche. La plus haute marche pour moi n'était autre que le trône ainsi le respect envers ma seule et unique famille. Il fut un temps où nous étions craint, du moins plus que nous le sommes maintenant. J'ouvris la fenêtre aux vitres très bien nettoyées de ma chambre. Un froid mordant s'engouffra dans ma chambre, et ce malgré le soleil qui régnait en tyran sur le ciel. Je tremblai quand quelques bouffées frappèrent mon corps nu. Après l'habituelle toilette matinale, j'enfilai une tenue digne du noble que je suis. Je sortit de ma chambre et descendis très doucement les escaliers. Des petites ouvertures dans le mur à côté de moi, je pouvais remarquer que de très belles couches de neige blanche recouvrait la totalité de la cour du château. Nous accueillons l'Automne, bientôt il sera parti et laissera place à un très froid hiver. Je ne me rappelle pas du dernier hiver, peut-être parce qu'il n'y en a jamais eu depuis ma naissance, en cas contraire ma mémoire serait en train de me jouer de mauvais tours. Mestre Corwen n'avait jamais eu bonne mine en parlant de ses hivers vécus. Je le comprends bien entendu. J'ai lu des choses tellement atroces à propos des hivers, et au Nord ils étaient mille fois plus pires et cruels. La menace nous guette toujours de derrière le mur, des gens n'y croient pas, d'autres si. Heureusement, et même si Mestre Corwen semble être en désaccord avec moi sur ce point-là, je faisais parti de la deuxième catégorie. J'ai une réelle conviction que des créatures derrière le Mur mènent une vie, qu'un jour ils décideront de s'attaquer à nous, et que ce jour-là ; seul la Garde de nuit saura nous protéger de cette menace funèbre.

      J'étais arrivé au plus inférieur des étages, là où se trouvaient, en plus des grandes salles à manger et le bureau du Lord de Fort-Terreur, la salle des corps où gisait le cadavre de l'ancien Stark. Mes pas, toujours aussi lents, comme si mes jambes avaient été engourdies par le froid, me guidèrent vers la cuisine où je demandai qu'on me servit à déjeuner. Je pris place sur une chaise de bois, devant une table de taille moyenne et, quelques minutes plus tard, on m'apporta à manger. C'est drôle comment j'avais toujours eu l'habitude de manger beaucoup quand je me réveillais. Peut-être avais-je pris cette habitude en constatant que j'avais besoin de toute l'énergie qui m'était possible d'avoir pour survivre ici, à la maison des écorcheurs. Une fois mon repas achevé, je me vis dans l'obligation de me rendre au bureau de grand-père, moment que j'essayais de retarder du mieux que je pouvais. Je ne savais point pourquoi m'avait il convoqué, mais une chose est sûre : c'est important, car il n'a vraiment pas l'habitude de me convoquer ainsi au beau début du matin. Je pris donc des allées et des couloirs sombres avant d'atteindre sa porte. Là, je vis, à ma grande et sûre surprise, Maureen qui sortait de chez lui, fulminante. Elle planta une dague dans la porte avant de taper le sol tel un taureau en s'éloignant. J'attendis qu'elle disparaisse dans l'angle d'un couloir avant d'aller à la rencontre de Réginald. J'enlevai la dague planté dans la porte et l'examinai, elle appartenait à grand-père. Je frappai à la porte puis entrai. Il se tenait là, tel un roi, derrière son bureau. Il fallait avouer qu'il avait la carrure d'un vrai noble, d'un vrai roi. Il était un vrai Bolton. J'avançai à pas petits et m'approchai de lui. « Je pense bien que cette dague vous appartient, mon Lord. ». Je tâchai à lui parler de la façon la plus formelle que je pouvais. Par contre, il m'ignora et riposta. « Tu es en retard Adrian ! ». Je n'eus qu'un simple sourire qui traversa mon visage de la gauche à la droite, je m'assieds sur le fauteuil qui faisait face au Lord avant de lui répondre. « J'avais des choses urgentes à faire, mon Lord, je m'en excuse. ». Réginald Bolton avait pris la dague que j'avais posée sur le bureau, le regardant avec attention. « Des choses plus importantes que ce que j'ai à t'annoncer ? ». « Je ne suis pas en position de juger de cela, mon Lord. ». Je savais garder mon sang froid, j'avais hérité cela de mon père, de mon grand-père, de mon oncle, de tous les Bolton. Maureen, par contre, s'enflammait très vite en présence de Réginald Bolton, quelque chose se passait entre ces deux-là et je ne le sais effectivement pas.

      « Bon, je ne voudrais pas faire long. Mais, comme je viens de l'annoncer à ta cousine, l'Automne vient de commencer, et à Winterfell se tient la fête des moissons. ». Ah, cette fête, chez les Stark en plus, ne les haïssait il pas ? « Je suis faible, et je ne pourrais donc pas me rendre à Winterfell cette année. Tu y accompagneras Maureen pour y représenter les Bolton. Il est hors de question que notre absence se fasse remarquée. ». Sur ce point-là, je ne pouvais qu'être d'accord avec lui. Tous les bannerets se rendraient à la fête des moissons, les Bolton ne peuvent tout simplement pas se permettre de manquer à l'appel. Je voyais ici une chance de montrer que notre maison était toute aussi forte qu'autrefois, nous le sommes !

      ***************

      Nous avions guidés nos montures pour sept longs jours et nuits. Une semaine marquait la distance entre Fort-Terreur et la demeure des loups, Winterfell. Je caressai la crinière blanche de mon cheval qui ne faisait qu'une seule page avec la neige, Glace. Il avançait à pas distancés, du plus vite qu'il le pouvait. Une fois devant la grande porte, on nous la ouvrit. Tournant sur ses gonds, j'admirai le spectacle qui s'offrait à mes yeux. C'était en effet la première fois que je venais à Winterfell. Maureen dit quelque chose, s'adressant sûrement à moi, mais je ne l'écoutais pas tellement je faisais attention à graver chaque détail dans ma mémoire. On entra dans la forteresse, et aussitôt, je suivis Maureen qui allait faire son salut au suzerain et protecteur du Nord, Lord Beron. Je m'inclinai, l'imitant, je n'avais effectivement pas l'habitude de ces nobles rencontres. C'était elle qui parlait, je ne faisait que la regarder. Lord Beron l’accueillit et, jusque-là, ne fit aucune remarque déplaisante à propos de l'absence de grand-père. Elle salua ensuite Dame Yelina et Dame Cylia, et je fis de même. Soudainement, une silhouette trébucha et tomba sur le corps de Maureen. Je tournai rapidement la tête, et vit, et ceci n'est point une hyperbole, une des plus jolies filles qu'il ne m'a jamais été donné de voir. Une belle carrure de petite femme, peau blanche comme la neige, pommettes roses, des yeux on ne peut plus scintillants. Il était évident qu'elle était d'une famille noble, sinon qu'est-ce qu'elle ferait ici. Je me hâtai d'aller vers elle, l'aida à se relever avant de lui dire. « Ne vous en faites point, ma Lady. ». Malgré moi, je rougis, je respirai et respirai puis prenant mon courage à deux mains, puisque c'était la première fois que j'allais faire ceci, je m'inclinai et, lui tenant la main, la lui embrassai. « Je me présente. Adrian de la maison Bolton, héritier de Fort-Terreur et petit-fils du Lord Réginald Bolton. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 13 Mai 2012 - 19:29

Le jeune Trant mit pied à terre tandis que le Soleil atteignait la moitié de son parcours journalier. Le canasson qui lui servait de monture était épuisé, le voyage depuis les terres de l’Orage l’avait particulièrement éprouvé. Lorant compara la sensation du sol sous ses pieds après un rude parcours comme celle que connait le nouveau-né tenant à peine sur ses frêles membres. Il n’avait eu de cesse de chevaucher, oubliant les haltes pour parvenir au plus vite aux festivités des Stark. Et surtout parvenir jusqu’à elle. Lorant caressa le flanc de son compagnon de voyage et le félicita tendrement pour son exploit animal. Il remarqua, amusé, qu’il agissait avec autant de respect envers les chevaux qu’avait sa sœur pour les oiseaux. L’esprit d’Alys le surveillait-il ? Un jeune garçon vint se présenter à lui alors qu’il atteignait les portes de la ville, tenant sa monture par la bride. Il se prénommait Bryan et semblait disposé à s’occuper de son cheval car telle était sa tâche, confiée par le seigneur Stark en personne. Lorant remercia le garçon pour sa promptitude et lui assura qu’il ne manquerait pas de faire part au seigneur Beron de son excellent travail. Bryan sourit et voulut s’incliner pour le remercier lorsque Lorant le retint par l’épaule et lui adressa un chaleureux sourire. « Reste debout petit homme, je ne suis qu’un petit seigneur qui ne mérite pas tant d’éloges. Bonne chance pour le labeur qui t’attend. » Lorant le vit alors s’éloigner de lui avec son cheval et se permit un divin étirement, fort peu gracieux. Winterfell rayonnait, et cela était sans nul doute dû à cette ambiance festive qu’il ressentait dans l’air. La récolte des moissons incitait à la fête, tandis que l’hiver s’annonçait. Foulant le sol du fief des Stark pour la seconde fois de sa vie, Lorant Trant se dirigea avec empressement vers le cœur des festivités.

La salle des festivités était le lieu de réunion de tous les amis de la maison Stark et accueillait en son sein une foule grandissante d’heure en heure. Lorant fut surpris par un tel débordement et se perdit relativement vite dans le gigantesque tumulte humain. Un banquet immense était voilé par les nombreuses personnes qui se tenaient devant, et le jeune seigneur se résigna à aller chercher quelque chose pour combler sa faim. Il n’avait pas mangé de la journée mais ne se sentait pas apte à nager dans cet océan d’invités, car il était fatigué. Le brouhaha fit naître en lui un violent mal de tête qui acheva de le vider de ses forces et il s’écarta aussitôt du centre de la salle pour se reposer un peu les esprits. La fête était l’occasion d’établir de nouveaux contacts avec d’autres familles, et c’est aussi pour cette raison que son père avait accepté qu’il s’y rende. Etablir des relations était une tâche de noble, et la sienne en cette occasion. Il espérait faire honneur au blason de Grigibets.

Lorant se tenait appuyé contre l’un des murs de la grande pièce depuis quelques minutes, quand il finit par se dire qu’il était plus que temps de trouver le seigneur Beron dans cette marée d’hommes et de femmes pour le saluer et le remercier de l’invitation. Il appréciait Beron Stark car il était un homme droit, un homme qui comprenait la justice comme lui-même l’entendait. On lui avait mainte fois fait récit de la prospérité de la maison Stark et l’absence quasi-totale de problèmes sociaux en son domaine. Il avait en effet pu admirer l’air guilleret des gens qu’il avait croisé sur le chemin du château, un air qui laissait entendre une vie heureuse. Bien sûr la vie n’était jamais toute noire ou toute blanche, mais ici à Winterfell, elle paraissait davantage s’approcher de la couleur de la neige. Le jeune Trant, dont la migraine se dissipait, se mit à arpenter la salle de long en large à la recherche de la famille Stark. Il n’aperçut pas Beron tout de suite, mais lorsqu’il le vit de loin, il se rendit compte qu’il était déjà occupé à bavarder à un homme de haute prestance. Lorant ne voulut pas le déranger dans sa conversation avec ce noble personnage et continua son chemin sans vraiment savoir vers où aller. Il salua quelques visages souriant, se montrant poli à l’égard de tous. Il n’avait pas l’habitude de telles festivités, car celles de Grigibets ne recevaient jamais autant de monde. Il s’empara d’une coupe de vin au passage de l’une des nombreuses serveuses qui traversait la pièce et porta le récipient à ses lèvres. Le goût était divin, bien meilleur que celui de ses terres. Il se délecta du breuvage et posa la coupe sur un bout du buffet qui lui fut accessible un instant. C’est en se retournant qu’il la vit, debout devant elle, rayon de soleil illuminant la salle des fêtes.

Dame Cylia était belle, bien plus belle que dans ses souvenirs remontant à de nombreuses années auparavant. Ses yeux cendrés le fixaient et il resta coi devant le spectacle de sa magnificence. Sans parvenir à en démordre, il attarda son regard sur le reste de son visage maculé et ses traits harmonieux le plongèrent dans une contemplation presque méditative où ses pensées s’attardaient sur l’aspect divin qu’elle reflétait dans le royaume des hommes. Nombre d’hommes devaient la vouloir pour épouse, la désirer, et autant de femmes de l’envier, la jalouser pour son incroyable beauté. Lorant parut ébahi, et n’essaya pas de dissimuler son expressivité. Il était littéralement charmé par cette silhouette à la fois tendre et sensuelle, et notamment par sa bouche charnue qu’il voulait dévorer.

Il fut tiré de son extase par sa voix délicieuse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 18 Mai 2012 - 18:16

A l’évocation du nom de Bolton, Deana ne put s’empêcher de resserrer sa poigne sur la garde de son épée, elle manqua de faire un pas en avant et de se mettre entre Maureen et le Lord, mais si elle avait bien entendu, celle-ci lui présentait ses respects, il ne fallait donc pas envenimer la situation par un réflexe malvenu. Elle se félicita d’être en armure et d’avoir à la hanche, son épée, et dans sa botte, son dirk, surtout lorsque l’héritier de Fort-Terreur se présenta à son tour, car même s’il n’était qu’un gosse et l’autre qu’une femme, cela faisait de toute façon beaucoup trop d’Ecorcheurs. D’ailleurs on disait que Maureen était encore plus dangereuse qu’elle, elle aimerait bien voir ça, tient, en tout cas si elle gardait cette robe elle n’avait aucune chance, c’était certain ! Mais la blonde avait autre chose à faire que de se mesurer à une femme, elle en combattait rarement sur les vrais champs de bataille, enfin si, mes les femmes Fer-Nés n’étaient pas plus des femmes qu’elle-même, et peut-être même moins encore.

Suite à l’énonciation de la devise des Stark, Deana elle-même se prit au jeu et dit à son tour : « L’hiver vient ! » puis : « Nul ne provoque le Loup ! » devise de la maison Lideuil reprise en cœur par les siens, suite à quoi un joyeux brouahaha de devises lancées à la cantonade emplit la salle déjà pleine des fumets du festin qui se préparait, des couleurs du Nord et des nobles vassaux des Stark. « Aiguisé et prêt ! » « Ici nous nous tenons debout ! » « Vertueux dans la colère ! » « Toujours vigilant ! » « Le soleil de l'hiver ! » « Fier et libre ! »

Barristan et Elwood étaient en pleine conversation avec les sœurs Ryswell ce qu’Aaron ne voyait pas d’un bon œil. Les deux grands blonds aux yeux bleu Lideuil ne connaissaient pas les jeunes femmes, mais comme ils savaient n’avoir aucune chance avec Cylia ou Yelina, même pour une simple danse, à moins d’un miracle qui ferait que les cadets de clan puissent faire d’avantage que s’amuser à faire la coure aux jouvencelles de la maison suzeraine, il fallait donc qu’ils trouvent d’autres cavalières, et vite, avant que toutes les jolies filles ne soient prises. Ils n’avaient ni l’argent ni le nom, mais ils avaient tout deux certainement la verve et le charme nécessaire. Barristan le cadet, mais aussi le plus doué des deux commença alors qu’Elwood n’avait d’yeux que pour la très belle jeune femme qui lui faisait face, la brune alors que son petit frère s’inclinait plus volontiers devant la rousse pour lui faire une baise main.

« Mes demoiselles, vos toilettes sont plus belles les unes que les autres, cependant, elles sont bien ternes face à l’éclat de vos doux visages. Mais pardonnez ma fouge, votre beauté me fait oublier toute bienséance. Je me présente, Barristan du clan Lideuil, et voici mon frère ainé Elwood ! »

Où avait-il bien pu apprendre à s’exprimer ainsi comme un sudiste ?! A moins que se soit Ashara qui lui ait tout appris, et vu son regard entendu à son frère en passant près de la plus petite et probablement la plus jeune des trois, un peu jeune pour les deux frères âgés pour Elwood de 31 ans et pour Barristan de 23 hivers. Ils étaient tout deux sur le trente-et un d’ailleurs, vêtu d’un pourpoint vert et blanc avec des pommes de pin brodées, mais évidement c’était loin d’être d’aussi riches parures que les jeunes femmes. Hélas pour elle le plus âgé des enfants d’Ashara avaient dix ans et c’était une fille, elle ne pourrait donc pas compter sur la famille Lideuil pour trouver de quoi passer le temps,

- Tu m’as pas dit que ton frère cadet était un coureur de jupon ? Demanda enfin Aaron à sa blonde voisine après avoir observé la scène.
- Si pourquoi ?
- Parce que s’il déshonore une de mes sœurs je le tue !
- Il est fou de femmes mais il n’est pas idiot et il ne prend pas les femmes de force, ce qui l’amuse c’est d’user de son charme ! Ne t’inquiètes pas pour tes sœurs, elles sont de trop haute naissance pour qu’il essaye de les mettre dans son lit, par contre j’imagine qu’il ne serait pas contre passer la bague au doigt de l’une d’elles !
- Mouais, encore faudrait-il que mon père accepte qu’une de ses filles épouse un foutu sauvage des clans.
- Ouais, Môsieur Aaron Ryswell vaut mieux que tout le monde parce que Môsieur Aaron Ryswell est héritier des Rus, j’espère que Môsieur Aaron Ryswell ne m’en voudra pas de défendre ma famille, mais seule la vie dans les montagnes au Nord du Nord fait des enfants résistants, nous sommes plus grands et plus forts que vous autres qui avez grandit dans des châteaux bien chauffés, oh et en passant, mon frère est très beau, c’est peut-être pas le parti rêvé, mais il fait craquer les filles et lorsqu’il aura une épouse, il la rendra heureuse et tu sais pourquoi ?! Parce que chez nous, les femmes choisissent l’homme avec qui elles veulent partager leur vie, elles n’épousent celui qui les a enlevés que si elles le veulent bien ! Alors il faut bien que vous les hommes, fassiez un effort !


A mesure qu’elle parlait, elle avait haussé le ton de plus en plus et terminé si ce n’est en criant sur un ton audible par au moins la moitié des convive, Deana parlait peu, Deana parlait doucement, mais lorsqu’elle était de mauvais poil et qu’en plus en la provoquait, elle pouvait parler forte et quand elle parlait fort elle ne faisait pas semblant, elle avait la voix qui porte, c'était de famille, fallait bien pour s’appeler d’un pic à l’autre en pleine tempête de neige…

***

Un peu plus tard, alors que l’alcool coulait à flot et que la ripaille remplissait peu à peu les panses, Thormund commença une chanson, en réalité LA chanson, la chanson des moissons, que bien des convives reprirent en cœur en frappant avec les coupes sur le stables ou avec le pied sur le sol, ou avec ce qu’ils trouvaient sur ce qu’ils voulaient, aussi le Vigier tapait sur son armure provoquant un bruit sourd, Deana elle se contentait de battre la mesure discrètement avec ses doigts de pieds avec un petit sourire, elle aimait bien cette chanson.

En l’automne dans le Nord
Quand les greniers sont pleins
Dès les premiers vents forts
Le Stark appelle les siens

Qui vient ? Qui vient ?
Demanda Thormund
Les Knott de Zoute ! Répondirent ses enfants et sa femme en hurlant pour être sûr qu’on les entende, après tout ils n’étaient que sept en tout…

C’est « L’hiver Vient » qu’on scande
Traversant monts et vaux
A Winterfell se rendent
Tous les fidèles vassaux

Qui vient ? Qui vient ?

Les Lideuils de Loupdeuil ! Répondirent les concernés dont Deana qui cessa aussitôt qu'elle se rendit compte qu'à sa place c'était un peu déplacé d'autant qu'elle venait de hurler dans les oreilles de Beron et ouvrit de grands yeux gênés avec une moue de chien battu qui sait très bien qu'il vient de faire une bêtise.

Les feuilles deviennent rouges
Et les premières neiges tombent
On pose enfin la vouge
Pour griller la palombe

Qui vient ? Qui vient ?


Les clans descendent des cols
Les Ours traversent la mer
Pour une promesse d’alcool
Pour quelques choppes de bière

Qui vient ? Qui vient ?


La fête des moissons
Partout elle est enviée
Petits ou gros poissons
Tout le monde est convié

Qui vient ? Qui vient ?


Ryswell traversent les Tertres
Reed sortent des marais
Il n’y a jamais de traitres
Enfin à s’qu’il parait

Qui vient ? Qui vient ?


Quand l’Sombre Loup appelle
C’est le Nord qui se lève
Viens avec moi ma belle
La fête c’est la trêve

Qui vient ? Qui vient ?


Tous qui êtes là ce soir
C’est bien pour festoyer
Mais quand viendra le noir
Se s’ra pour guerroyer

Qui vient ? Qui vient ?


J’ai partagé ma bière
Trinqué à vot’ santé
Moi je préfère mes frères
Mourir à vos côtés

Qui vient ? Qui vient ?


Il y avait dû y avoir un ordre dans le temps, mais au final, les couplets se mélangeaient tous et les réponses aussi, il fallait bien lancer la chanson après tout ! Parfois même on en inventait de nouveaux pour des individus précis lorsqu’un trait de personnalité ou un fait d’arme sortait de l’ordinaire et méritait d’être chanté ce qui après une dizaine de bière pouvait arriver pour à peu près tout et n’importe quoi. Elle était longue, un couplet pour chaque maison vassale soit 35, plus ceux qui avaient été inventés lors des fêtes précédentes et qui étaient restées parce que particulièrement drôles ou marquants, et lorsque celui qui avait lancé la chanson fatiguait, vous pouvez être certain qu’un autre prendrait bientôt la suite reprenant là où il s’était arrêté ou à n’importe quel endroit dont il se souvenait, cela pouvait durer des heures, car évidement la fierté bafouée de ceux qui avaient été cités en dernier les forçait à reprendre le tout encore plus fort. Et comme la devise secrète des clans était : « Que l’alcool coule à flot et que les femmes se donnent. » ils n’étaient jamais les derniers à chanter et à hurler leur nom, heureusement qu’ils avaient l’habitude de chanter à l’unisson dans les fêtes cela donnait une certaine impression d’harmonie musicale, surtout avec les femmes qui chantaient à la quinte.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 27 Mai 2012 - 16:38

      « Lady Cylia … Voilà plusieurs années maintenant. »

      Ses lèvres s’ouvrirent comme les pétales d’une fleur tandis qu’elle accueillait au creux de sa bouche la coupe d’argent frappée du loup Stark. Le liquide sirupeux coulait par gorgées le long de sa gorge, acide et sucré comme un amour naissant. Le gobelet qui tournait entre ses doigts effilés semblait donner vie à la meute hurlante et avait le mystère d’un conte enfantin. Gracieusement, elle s’approcha, et offrit à l’écorcheuse son plus beau sourire, tout à la fois heureux et timide. Cylia Stark était redevenue enfant. Les réminiscences ressurgissaient sur le visage de la Bolton; colorés, lumineux, heureux. Elle sentait le Nord dans le foisonnant de sa chevelure brune, dans la dureté de son maintien. Mais elle voyait aussi le passé dans la douceur de son sourire.

      « Mais les années, Lady Maureen, ne saurait en rien effacer la beauté des souvenirs. Je suis heureuse de vous savoir en bonne santé. J’espère que le voyage ne vous aura pas été trop fatiguant. » Dit-elle avec amabilité.

      Elle retrouvait dans les traits de la femme, la candeur et le malicieux de l’enfant qu’elle avait connu entre les murs-mêmes de son Winterfell. Sans doute peu de monde pouvait se prévaloir d’avoir vision si pure de la Bolton, mais c’était son cas et elle en éprouvait une fierté respectueuse. Cylia avait entendu bien des horreurs à son sujet, mais elle était persuadée qu’aucune ou presque n’était fondée. Et quand bien même elles le seraient, elle ne voulait nullement en tenir compte, car il y avait de la bonté dans les yeux couleur d’écorce de Maureen. Alors qu’autour d’elle, les discussions allaient bon train, la jeune femme laissait ses yeux opalescents glisser sur la noire marée humaine. Un moment vint où elle ne put plus supporter le brouhaha ni la chaleur de l'étuve qu'était devenue la salle des fêtes. « Veuillez m’excuser. » Murmura-t-elle, pour ses interlocuteurs comme pour elle-même. La Stark inclina la tête poliment en dispensant un sourire pensif à Maureen, et à son jeune cousin, et plongea dans le flot des hommes et des ovations, délaissant sa coupe à moitié pleine sur le rebord déjà bien encombré d’une table. Elle eut vaguement l’impression d’entendre Yelina lui demander si elle allait bien, de sentir s’appesantir dans son échappée le regard protecteur de ses frères aînés, mais elle n’en eut cure.

      Elle se précipita hors de la grande salle.





EDIT HRP : Post écourté puisque Lorant a quitté le forum.
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Maureen Bolton
Noble

Général
Dame de la Maison Bolton de Fort-Terreur



♦ Missives : 518
♦ Missives Aventure : 142
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 16/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/07/2011
♦ Célébrité : Jaimie Alexander
♦ Copyright : Ann
♦ Doublons : Aliénor Tyrell, Maeve Arryn, Aaricia Bonfrère, Rebecca Staedmon
♦ Age du Personnage : 23 ans
♦ Mariage : Non determiné
♦ Lieu : DERRIÈRE TOI
♦ Liens Utiles : Lady Maureen Bolton
Vents D'hiver et chant d'été
Nos Lames Sont Acérés
Aptitudes et Intrigues
Succès de Maureen Bolton

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
804/1000  (804/1000)


Message Sam 9 Juin 2012 - 3:09

Même si Beron avait toujours réussi à la mettre mal à l’aise, la gaité de la fête ne la mettait pas encore en confiance. Elle le respectait, il était suzerain du Nord. Ses opinions divergeaient, mais elle savait qu’elle ne pourrait jamais faire abstraction à cela. Autant rester dans la sympathie du Stark. Elle se priva de rajouter que l’absence de son grand-père était mieux. Beron aurait certainement trouvé cela déplacé de sa part. Elle répondit donc d’un sourire avant de s’incliner et de marcher vers l’autre Stark.

Maureen détestait les fêtes. Même celle de fort-Terreur, elle les détestait. Elle avait toujours été une enfant solidaire au grand damne de sa mère et au plaisir de son père. Par contre, ils adoraient tout deux les fêtes des moissons. Même grand-père y participait lorsqu’elle était toute jeune. Avec la mort de ses deux fils, sa douleur lui empêchait de mettre les pieds à Winterfell. Pourtant, il s’amusait à y envoyer Maureen. Ses pires heures se jouaient toujours ici. La nature des enfants étaient bien moins vils que l’on pouvait croire. Mais les rancunes familiales se trouvaient toujours parmi les adultes. En voyant la jeune femme, elle avait eu le cœur meurtri. Même loin d’elle, Réginald Bolton lui poignardait le cœur. Si son nom n’avait pas été Bolton, mais plutôt Reed, Corbois ou encore même Tallhart, elle aurait certainement eu la chance de pouvoir vivre une vie normale.

Elle fut surprise en se faisant heurter, mais préféra sourire. Elle n'allait pas faire un scandale devant le Stark. Elle le ferait bien plus tard. Ils étaient reconnus pour leur froideur et leur manque de tact, elle n’Avait pas envie d’en faire la démonstration. Enfin, à elle-même l’on disait qu’elle pouvait glacer les gens d'un seul regard. Ou encore qu’elle était aussi froide que le Nord. On disait trop de Elle n’y prêtait pas une réelle attention. On disait trop de chose sur elle. Alors qu’elle jetait un regard à son jeune cousin, elle recula d’un pas avant de dire :

Ne vous inquiétez pas, cela peut arriver. Et oui, je suis

Elle n’eu même pas le temps de continuer sa phrase que son cousin, Adrian Bolton, prit la parole auprès de la jeune nordienne. La jeune Bolton se dissipa de la conversation qu’entretenait son jeune cousin. Le voilà parti. Malheureusement pour lui, elle n’avait pas tenu à être accompagnée. Il y aurait beaucoup de chance pour que son protecteur rigole un peu. Mais bon tant que le vieux Bolton n’était pas là, tout le monde dormait sur leurs deux oreilles. Certainement plus le Lord suzerain des terres froides du Nord. Lord Réginald n’était pas de tout repos comme invité. Si une personne ne le savait mieux que tout le monde c'était bien elle. Être dans les grâces de Papi Bolton c’était que quelques choses. Heureusement, il ne gâcherait pas la petite fête à Winterfell.

De Fort Terreur à Winterfell, le voyage est bien court, désormais. Je suis heureuse de voir que vous vous portez bien aussi. Il me semblait que hier nous étions encore jeunes et que nous nous amusions dans la cour de Winterfell.

Un jour que la jeune fille de l’écorcheur n’oubliait pas non plus. Le retrait de Cylia inquiéta plus la Bolton que les Stark. Bizarre. S’excusant, elle passa près de son cousin et lui murmura à l’oreille de ne pas faire de bêtise et de rester dans la grande salle. Elle reviendrait aussi vite qu’elle le pourrait. Maureen s’excusa à son tour et partie en direction de la jeune louve de la maison de Winterfell. En chemin, elle arrivait même à se plaindre de ses vêtements. Pourquoi avait-elle du s’habiller ainsi. Au moins, pour rattraper Cylia elle aurait pu courir. Le manque d’expérience dirait son cousin. Maureen n’était pas une vraie femme.

Cylia

Arriva-t-elle à prononcer avant de prendre la jeune femme délicatement par le bras. Pour les rares occasions, elle ne l’avait jamais vu ainsi. On entendait déjà la chanson dans les couloirs. En autant que personne ne la prenait en chasse. Maureen s’inquiétait tout de même. Pour les rares occasions qu’elle était là et qu’elle voyait son amie, elle s’inquiétait. D’un regard très doux qu’elle ne se connaissait plus, elle attrapa le bras de Cylia et prit la direction de la cour. Certainement la seule porte qu’elle appréciait de Winterfell.

Je me demandais quand j’aurais la chance de te revoir ainsi. Sachant que mon grand-père n’aime pas trop que je sois sur le terrain des loups. Ma dernière fête des moissons remonte quelques années avant la mort de ma mère.

Elle se souvenait très bien de ce jour, où sa mère s’était mesurée à Lord Bolton. Une très longue soirée s’en était suivie. Son père avait essayé tant bien que mal de calmer son épouse, aussi tempétueuse que son origine lui donnait. Quelques temps après, Réginald Bolton avait eu raison de sa belle-fille qui était décédée en donnant naissance à une enfant mort né. Elle n’avait jamais revu Cylia par après. Comme si loup et écorcheur ne pouvaient s’entendre. Quelle idiotie, elle n’était pas une Bolton en part entière. Elle avait été plus choyée par son grand-père de l’Orage.




Spoiler:
 



Un homme nu
n'a  guère de secrets,
mais un homme écorché
n'en a plus un seul


-Roose Bolton-
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 16 Juin 2012 - 21:52

Avant de tomber maladroitement, Liliann n’avait pas remarqué le jeune homme qui se tenait aux côtés de Maureen Bolton. Celle-ci s’empressa de dire : « Ne vous inquiétez pas, cela peut arriver. Et oui, je suis… » « Ne vous en faites point, ma Lady. » coupa le jeune homme, qui devait sûrement être un Bolton aussi. Il devait avoir une ou deux années de plus que Liliann, et pourtant, il se montra très galant, tout comme un lord devait l’être. Devant tout le monde, il s’inclina, et embrassa doucement le dos de la main de la jeune lady. Elle eut l’impression de rougir comme une tomate, mais cela lui arrivait très rarement, alors son teint de peau n’avait sûrement prit qu’une petite couleur rosée. Dès que le jeune lord se redressa, il se présenta. « Je me présente. Adrian de la maison Bolton, héritier de Fort-Terreur et petit-fils du Lord Réginald Bolton. » Donc, c’était bien un Bolton. Liliann ne les avait jamais vu avant aujourd’hui… Surtout avec tout ce que l’on racontait sur eux… Non, quand même, la jeune lady ne pensait pas qu’Adrian Bolton serait capable d’écorcher quelqu’un, puis d’en faire un manteau de fourrure. Après tout, ce n’était que des superstitions ! Tandis que Maureen Bolton, qui ne semblait pas trop préoccupée, du fait que la Ryswell l’avait accrochée, parlait avec d’autres lords et ladies, ce fut au tour de la jeune femme à se présenter.

« Liliann Ryswell, my lord. »

Elle s’inclina légèrement, comme toute bonne dame le ferait, en regardant au sol. Lili n’allait pas trébucher une deuxième fois, mais en même temps, on disait souvent que regarder quelqu’un en s’inclinant était très impoli, comme une marque de défi. Elle n’avait pas trouvé utile de dire non plus le nom de son père. À prêt tout, une « simple » femme n’héritait pas de grand chose… En fait, elle n’héritait de rien. C’était ainsi pour chaque fille de tout Westeros, du moins, des ladies. Les paysannes n’avaient, de toute façon, rien à hériter non plus. Puis, Liliann jetta un vif coup d’œil autour d’elle, sans paraître impolie. Elle avait perdu de vue ses sœurs, son père, et n’avait pas trouvé Aaron… Tant pis, elle continua la conversation.

« J’espère que votre voyage s’est bien déroulé jusqu’ici ?! »

La conversation lui semblait un peu pauvre, Liliann ne savait pas trop quoi dire… C’était rare qu’elle participait à de si grands évènements, dans le Nord froid et solitaire… Il y avait des dizaines de nobles qu’elle ne connaissait pas. Tout à coup, un cri résonna dans la salle : « L’hiver vient ! ». C’était la devise des Stark, et bientôt, chaque noble enchaîna avec les mots de leurs propres Maisons. On enchaîna avec une chanson connue dans le Nord, et Liliann s’y prêta avec joie. Elle avait une jolie voie, meilleure que sa danse qui était tout aussi maladroite que sa démarche. Lorsque la chanson se termina, elle se retourna vers Adrian Bolton, puis lui dit sur un air plus enjoué :

« C’est la première fois que je rencontre un Bolton… Et même deux Bolton de suite ! Je pense que vous n’avez pas l’habitude de venir à la Fête des Moissons, si je me trompe, lord Adrian ? … Est-ce vrai que vous écorchez vos ennemis et que vous en faîtes des manteaux ? »

Liliann avait dit la dernière phrase à voix basse, mais toujours en gardant ce sourire rieur. C’était sûr que lord Adrian Bolton allait répondre que non, pour rassurer la jeune dame… Mais elle était curieuse… On parlait souvent de cette Maison qui soulève bien des problèmes chez les Stark… Et pourtant, une rumeur courrait que Maureen aurait vu quelques fois lord Beron Stark, était-ce la raison de leur venue inhabituelle à la Fête des Moissons ? Liliann n’en savait que trop rien.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

La Fête des Moissons

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Fête des battages entre amis à Bréal s\Montfort
» ❧ EVENT n°2 ♣ La foire des moissons.
» [Fiche Manga] Spice and Wolf
» FETE DE LA MOISSON 2011 à PONTRU (02)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-