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Lettre de Lorant Trant pour Cylia Stark

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Message Mer 4 Avr 2012 - 22:36

La fenêtre de la demeure était grande ouverte, le soleil déclinait vers l’horizon et la rougeur crépusculaire atteignait le jeune Lorant qui observait la fin du jour. Le corbeau s’agitait dans sa cage et lorsque Lorant l’ouvrit enfin, il observa sa main d’un œil torve. Le noble se saisit du volatile de sa main froide et solide et lorsque sa poigne se referma sur lui, l’oiseau émit un piaillement faiblard. Lorant lui lança un regard noir qui signifiait « Tais-toi malheureux ! Alys ne doit pas t’entendre, sinon je vais encore me faire réprimander. Elle n’aime pas qu’un oiseau souffre, et cela vaut même pour toi, idiot de mauvais augure. » L’héritier de la maison Trant utilisa sa main libre pour nouer le parchemin qu’il venait d’écrire à l’une des pattes sinistres du volatile, il serra suffisamment fort son nœud et laissa le corbeau s’envoler. Il connaissait bien sa destination, Lorant le vit en effet s’en aller à tire d’aile vers le nord. Il referma la cage puis la fenêtre également. Il imaginait déjà Cylia en train de recevoir la lettre, souriant peut-être. Il espérait qu’elle prendrait plaisir à la lire et à avoir de ses nouvelles, et surtout qu’elle lui répondrait. Il repensa à son contenu.





Très chère Cylia,

           Voici enfin arrivé le moment le plus reposant, le plus apaisant de ma semaine. Vous écrire est un plaisir sans nom, je ne saurais m’expliquer. Sans doute ne comprenez-vous pas l’exaltante sensation que me procure cette activité, mais je puis vous assurer qu’elle est sans commune mesure. Tandis que je rédige cette lettre pour vous, Theodan et Alys sont en train d’écouter les histoires de père. Ces histoires, je les ai déjà entendues bien avant eux, et je préfère votre compagnie, bien que lointaine, à celle de contes déjà connus depuis bien longtemps. Rien à signaler dans les terres de l’Orage, mon père est en plein forme et ma mère le soutient avec force et amour. Theodan est bien impétueux depuis quelques temps, je me demande ce qui lui arrive. Peut-être désire-t-il partir à l’aventure, bien que cette espérance ne puisse être réalisée : nous avons grand besoin de lui, à Grigibets. Alys se porte comme un charme bien que, comme vous le savez, cette histoire m’horripile. Ce Daeron me donne envie de commettre l’irréparable. Quelle folie a traversé la tête de mes parents pour accepter une telle union ? Je ne veux pas voir ma sœur mariée à ce soulard. Vous pouvez être sûre que je n’hésiterai pas à intervenir s’il lui cause le moindre tort. Je le surveillerai. Enfin, je ne vous écris pas pour vous faire part une fois de plus de ma fureur, vous connaissez déjà mes sentiments à ce sujet. Je préfère vous conter mon rêve, car cette nuit, j’ai rêvé de vous. Je ne suis plus vraiment sûr mais il me semble que nous étions dans une forêt. Celle-ci ne me disait rien, mais vous sembliez bien la connaître, un lieu de vos contrées ? En tout cas, il y neigeait fortement. Je me souviens que vous cherchiez à grimper dans un arbre à branches basses et que je vous ai suivi dans cette entreprise, inquiet pour votre petit corps fragile. Je vous vois déjà rougir, indignée par la fierté : « Mais je ne suis pas fragile ! » Adorable. Vous êtes adorable, et par conséquent vous êtes fragile. Ne cherchez pas à m’en dissuader, car telle est la logique de Lorant Trant. Enfin, reprenons : l’arbre était nu, ses feuilles tombées formaient un amas au pied du modeste végétal. Téméraire, vous êtes montée jusqu’à sa cime. Mon imaginaire me dit qu’il ne s’agissait là que d’un simple rêve, vide de tout sens, car jamais je ne vous ai vu grimper au sommet de quelque chose dépassant un mètre de haut. Pardonnez mon ironie ma Dame, je poursuis. Au faîte de l’arbre, vous contempliez l’horizon, sans doute à la recherche de Winterfell. Je vous ai attendu en bas, priant pour que vous ne vous fassiez aucun mal, craignant qu’une branche ne craque malgré votre poids plume. J’ai attendu ce qui m’a semblé être de nombreuses minutes mais vous ne descendiez pas. Désespéré, j’ai moi-même entamé l’escalade mais une fois parvenu en haut, vous aviez disparu, et c’est à cet instant que je me suis réveillé. Est-ce à quoi je suis voué ? La quête de l’insaisissable ? J’espère de tout mon cœur vous trouver un jour prochain, et nous jouirons ensembles des plaisirs de la vie.


Votre obligé, Lorant.






Lorant secoua la tête. Il s’était une fois de plus perdu dans ses pensées, planté au beau milieu du couloir du premier étage. Si quelqu’un l’avait vu, il se serait demandé à quoi ce doux rêveur pouvait-il bien laisser voguer ses esprits. Un sourire béat peint sur le visage, Lorant prit conscience de son air idiot mais à vrai dire il s’en fichait éperdument, rêver était sa spécialité. Sa mère l’aperçut au bout du couloir et lui lança un regard surpris. Lorant revint alors à la réalité et se dirigea vers elle.


Dernière édition par Lorant Trant le Mer 11 Avr 2012 - 21:58, édité 2 fois
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Message Dim 8 Avr 2012 - 15:04

    Elle avait grimpé quatre à quatre les marches de la tour du mestre, le souffle court. Une douleur aigue fouillait sa poitrine mais rien ne savait l’empêcher de se ruer vers la roukerie. Ni la lourdeur de ses jambes, ni le tiraillement de ses poumons au supplice. « Une missive pour vous, Lady Stark. » Il n’en avait pas fallu plus. C’était lui, forcément, ça méritait bien de souffrir un peu.

    Le souvenir lui arracha un sourire. Elle était si ridiculement éprise, parfois.
    Penchée sur son secrétaire en ferrugier, la Stark mit un point final à sa lettre et, pour être sûre de n’avoir rien omis – Auquel cas il fallait tout refaire, point de concession –, la relut une énième fois, à la lueur faiblarde d’une bougie intransigeante.



    Lumière.


    Il y a ce cœur qui porte les mots et cette plume qui les écrit. Sentez comme elle tremble, ô cher Lorant, de ne pouvoir les graver à même votre peau. Si l’encre est hésitante, l’esprit est vif et sait. Il sait l’excitation que j’ai à courir, à perdre haleine, au sommet de la tour, il sait ma main fébrile qui fait sauter le sceau et défroisse le parchemin, il sait mon cœur battant qui englouti ligne après ligne, mot après mot, ces lignes tracées de votre main, pour moi. D’exaltante sensation je connais, et ne comprends que trop bien votre plaisir à écrire, car tel est le mien à vous lire. Et quoique vous écriviez, votre manque, votre indignation, je bois vos paroles comme on s’enivre de vin. Puissiez-vous me pardonner l’image.

    J’ai ouïe la réputation du Prince de Peyredragon et quoique n’ayant jamais douté de votre bonne foi – Et je n’en douterais jamais, soyez-en sûr – je fus surprise, et quelque part plus encore désolée pour vous. Votre sœur m’a toujours été dépeinte comme une oiselle douce et fragile et je ne puis que difficilement l’imaginer liée à un tel homme… Mais l’appel du devoir a des raisons que la raison ignore. Et l’amour lui est soumis. Veillez sur elle, cher Lorant, et veillez sur vous. Et, de grâce, laissez s’envoler le trouble de votre âme, ami, car l’inquiétude ne vous sied guère. Un rêve n’est qu’un rêve, et le reflet de votre propre angoisse. Mais quelle angoisse Lorant ? Je ne crois point à leur véracité prophétique, mais je meurs de vous savoir ainsi. Que ne puis-je être avec vous en cet instant ! Puissent les Dieux nous écouter, qu’ils soient vôtres ou qu’ils soient miens, et forcer le hasard de nos retrouvailles.

    Mais je crois qu’ils nous entendent. À chaque jour qui passe, je vois le vent balayer le brasier sinueux de la cime des arbres et faire plier leurs troncs. Des flammes tombent et tournoient sous mes yeux dans un déluge de lumière. Leur éclat d’or sanglant me rappelle à vous, à ces souvenirs automnaux – Je m’y égare un moment – où je vous vois à chaque instant me sourire. À la pluie battante, à votre douceur. Si les traits de votre visage me sont étrangers aujourd’hui, je connais chacun des aspects de votre esprit, et vous êtes le même qu’alors. Mais le tonnerre gronde et m’intime de mettre un point d’honneur à cette lettre. Je ne puis lui désobéir, cher Lorant, et j’en suis contrite.

    Savez-vous ce qui est merveilleux avec l’automne ?
    Il apporte son lot de festivités.

    Je languis votre présence, Lorant.

    Que ma tendresse vous accompagne,
    Cylia Stark.





    Elle était satisfaite, espérant que la lecture apporte à Lorant Trant autant de plaisir que lui avait apportée l’écriture. Une fois dûment scellée, elle apporta le parchemin à mestre Prysas, qui lui tendu un sourire entendu. Il savait à qui s’adressait cette lettre, et par conséquent savait où l’envoyer. Cylia, accoudée au rebord d’une fenêtre, regarda l’oiseau s’éloigner et s’éloigner, jusqu’à ce qu’il ne fut plus qu’un point dans le ciel. Jusqu’à ce qu’il disparaisse enfin de sa vue.
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Message Mer 11 Avr 2012 - 21:58




Très chère Cylia,

            Votre dernière lettre fut un ravissement tellement intense que je n’ai cessé d’y songer pendant les jours qui ont suivi, et jusqu’à maintenant encore. Vos mots dictent une poésie à laquelle je ne saurai jamais répondre avec autant de verve que vous-même. Vous transcendez mon âme par chacune de vos phrases, votre ponctuation est la règle qui conduit mon cœur. J’ai eu tant de plaisir à la lire du début à la fin ! Encore et encore. Je ne puis dormir si je n’ai point relu votre dernière lettre, le saviez-vous ? Et cette dernière en particulier ! Vous évoquiez l’automne, triste saison des feuilles mourantes. Pourtant, parmi ces feuilles gisant çà et là sur terre, une fleur s’épanouit, et qu’importe la saison ! Cette fleur, vous l’aurez deviné, c’est vous, ma chère Cylia. Chacun de vos pétales reflète une facette de votre perfection. Un pétale pour votre gentillesse, un autre pour votre douceur, un autre pour votre beauté, un autre pour votre grandeur d’esprit et un autre pour votre humour. Un jour peut-être, vous m’expliquerez comment vous faites. Pour en revenir à cette saison qui s’annonce, ma chère… Vous disiez languir ma présence. Ce serait avec joie que je viendrais vous voir, comme vous le savez si bien. Hélas, notre fief des terres de l’Orage requiert particulièrement ma présence en ces temps difficiles où quelques crises sociales font leur apparition. Des problèmes de récoltes, des indignations de certains travailleurs… Mon père n’est pas du genre à réprimer par le sang, il cherche généralement la discussion pacifique. C’est pourquoi il m’envoie régler certains litiges, les lois sont imparfaites, elles le sont toujours. Est-ce qu’un jour un seigneur ou un roi saura inventer la règle parfaite ? Je ne pense pas. Ainsi, le devoir m’appelle et comme chaque année depuis notre rencontre, je crains d’être énormément sollicité par ma famille. Un voyage, même court, pourrait être dangereux dans les circonstances habituelles. Je ne peux rien vous promettre, ma chère Cylia, même si j’espère de tout cœur un miracle. Qui sait, parfois les miracles peuvent se réaliser, je croise les doigts. J’aimerais terriblement revoir votre beau sourire, il me manque. Cela fait si longtemps. Des années se sont écoulées, mais je ne l’ai pas oublié, pas une seule seconde. Que puis-je donc vous apporter à présent que mes soupirs mélancoliques ont été poussé ? Des nouvelles ? Cette semaine n’a pas été de tout repos pour votre fidèle correspondant. Un mauvais coup à l’entrainement m’a valu une fracture à la main, je ne puis plus bouger le petit doigt. Mais le mestre s’est voulu rassurant en m’annonçant que je devrais en recouvrer l’usage d’ici quelques jours seulement. Je me suis aussi disputé avec mon père au sujet de ce Targaryen (qui d’autre ?) assez violemment cette fois. Comme de coutume, le sujet est revenu lors d’un dîner et je me suis enflammé, alors qu’Alys était présente à côté de moi. Je crois qu’elle ne savait plus où se mettre. Je me suis senti désolé pour elle, mais je ne peux rien faire d’autre que de mettre en colère lorsque j’entends son nom. Je me répète : il me semble que je vous ai déjà écrit quelque chose de similaire dans ma dernière lettre. Je ne veux pas vous paraitre trop bourru ma chère, ainsi je ne poursuivrai pas sur ce sujet. Je pourrais de nouveau évoquer votre visage d’ange mais j’ai bien peur de devoir mettre fin à cette lettre, la fracture recommence à me faire souffrir, comme à chaque fois que j’utilise trop ma main droite. De nouveau, je vous écrirai la semaine prochaine, en espérant recevoir votre réponse le plus tôt possible !


Votre obligé, Lorant.






Lorant laissa s’échapper l’oiseau, la lettre ficelée à la patte. Il laissa pendre sa main endolorie le long de son corps et se mordit la lèvre inférieure. Il aurait aimé pouvoir lui en dire plus, mais il avait déjà pris énormément de temps pour rédiger ces mots, au prix d’efforts douloureux car le simple fait de tenir sa main au-dessus du papier faisait bouger l’os brisé et accentuait la désagréable sensation. Lorsque le corbeau eut disparu de son champ de vision, il détourna le regard et se dirigea vers sa chambre. Lorsqu’il y pénétra, il s’affala sur son lit et rêva de sa douce.
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