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Rencontre à Dix Tours [libre]

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Message Lun 2 Avr 2012 - 20:06

Naell continuait de mener sa vie au château, comme Sargon était absente elle avait le même role qu'une servante "normale" et quand elle avait du temps libre, elle retournait sur la plage faire ses expériences de four qui commençait seulement à se montrer concluantes après de très multiples tentatives. Parfois elle se tournait dans la direction approximative de la mer et se demandait ce qu'était devenu le pirate. Et si quelqu'un le lui dirait s'il était mort. Les nouvelles de la bataille qu'il était sencé avoir mené étaient rares et certaines se contredisaient, elle avait donc choisi de ne pas y accorder foi, jusqu'à ce qu'elle voit son corps aussi bien mort que vif.

L'aménagement de son futur atelier avait bien avancé, elle avait obtenu la permission du maître des domestiques de récupérer ici et là du mobilier inutilisé qu'elle avait adapté à ses besoins. Elle possédait maintenant deux tables en un bois qu'elle ne connaissait pas mais qui lui semblait très dur. Naell espérait qu'il soit assez sec pour supporter le fer en chaleur quand elle en aurait besoin. Restait toujours l'éternel soucis de ses outils, durant ces semaines écoulées, elle avait eu mille fois le temps de maudire Sargon de les lui avoir pris, et de repenser à ce qui s'était passé juste avant son départ. Ses joues s'échauffaient encore légèrement en évoquant la scène. Mais un jour, elle les récupérerait et lui prouverait qu'elle avait du talent, chose dont il semblait douter. Elle ressortit la fausse pierre de la petite bourse dans laquelle elle la conservait et l'observa un moment. Elle avait différentes idées la concernant mais ne savait toujours pas laquelle choisir. Elle rangea la pierre, elle saurait quand le moment de créer le bijou serait là. C'était un étrange don qu'elle semblait avoir.

Bien que ses tentatives de four commençaient à aboutir, elle se demandait si celui-ci serait jamais fonctionnel. Elle avait appris l'existence d'un forgeron à Dix Tours mais avait abandonné l'idée de le contacter puisqu'elle n'avait pas le droit de s'éloigner si longtemps de la demeure du Harloi quand vint une occasion inespérée.

-"Naell, je dois me rendre à Dix Tours pour faire quelques provisions avant le retour de Sargon, je souhaiterais que Alisa et toi m'accompagniez là-bas."
-"Oui, bien sur. Quand dois-je être prête à partir ?"


Le maître des domestiques avait fini par apprécier l'attitude de Naell, bien qu'elle soit la femme-sel de Sargon, elle ne rechignait pas devant l'ouvrage comme l'ancienne femme-sel, puisse le dieu Noyé avoir son âme. Il espérait seulement que le maître ne se montre pas trop dur avec elle, bien qu'elle semble avoir du caractère. N'importe qui pouvait être brisé, surtout avec cette peur de l'océan qu'elle semblait avoir.

-"Nous partirons après la midi, tiens-toi prête."

Il retint un sourire, en la voyant courir vers les cuisines, inconscient de la chance qu'il venait de lui offrir d'obtenir les conseils du forgeron. Peut-être celui-ci refuserait simplement de discuter avec une servante, puisque ce n'était pas forcement un fait connu qu'elle était la femme-sel de Sargon, à moins que quelqu'un l'ait décrite. D'habitude, elle ne croyait pas vraiment en un quelconque dieu, les hommes restaient maître de leur propre destin, mais en cet instant elle fut presque tentée de prier pour qu'il lui réponde.

Le château de Dix Tours étaient réellement impressionnant, on aurait dit une forteresse imprenable. Elle frissonna en voyant que l'océan venait lécher les fondations des tours et au souvenir de la mort de Sargon, histoire que les autres domestiques lui avaient murmuré. Pauvre femme. Dans la cour, il y avait beaucoup plus de passage que chez le Harloi. Pourrait-elle trouver le forgeron ?
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Message Mar 10 Avr 2012 - 14:34

Elle était assise dans les anciens quartiers de son père. Enfin, ils resteraient toujours à sa disposition, mais dernièrement, Harlon avait décidé de s’installer à Pyk jusqu’à nouvel ordre. Cela embêtait bien Deirdre, car elle se retrouverait encore plus loin de Sargon et cela allait lui poser problème pour venir lui rendre visite. Enfin, elle s’imaginait cela avant de se retrouver attachée de façon matrimonial à un homme. Tout son monde venait de s’écrouler. Elle boudait là, assise sur une chaise, comme une petite fille à qui on venait de refuser d’aller jouer dehors par un beau temps. En plus, il faisait gris et moche ce jour là. En tailleur, les bras croisée, elle observait Harlon le Rouge qui empilait ses ouvrages et ses parchemins. Les coffres avec ses affaires personnelles étaient emportés par des domestiques. D’autre arrivaient, pour trouver autre chose à chargé sur le boutre. Harlon. Wayn était là aussi, il venait de faire glisser l’un des plus gros coffre en dehors de la chambre, alors que d’autres hommes le récupéraient, et le soulevèrent. Il disparurent rapidement. Elle le jaugeait. Haineuse. Elle s’imaginait tant de scène où elle lui sautait sur le dos et le frappait violement de plusieurs coup de poignard.

- Tu pourrais nous aider non ? Répliqua son mari. Oui, mari depuis quelques jours.
-… J’ai bien trop d’amertume pour le faire. Puis tu le fais très bien !
- Ne t’amuse pas à cela, rajouta Wayn en venant poser une main sur son bras.
- Ne me touche pas ! Hurla-t-elle.

Elle bondit de son fauteuil. Elle avait marre. Elle quitta la pièce, mais pas sans une aide. Elle sentit un rouleau en bois, contenant un parchemin, atterrir sur l’arrière de sa tête. Oui, son père aussi avait du caractère et n’hésitait pas à le montrer. Elle pesta quelques insultes, puis accéléra le pas, de peur que Harlon ne trouve la motivation de ronger toute la distance qui les séparait, pour la barder de coup. Harlon continuait de trier ses parchemins, alors que l’homme d’arme de Dagon s’appuyait contre un mur. Le prêtre soupira.

- Elle a son caractère, on te l’a dis …
- Cela ne me dérange point.
- Tu peux garder un œil sur elle ? Elle a ce regard qui ne me dit rien qui vaille… Je la sens toujours prête à faire une sottise quand je la vois ainsi.

Wayn hocha la tête et alors, de son imposante carrure, il s’enfonça à son tour dans le couloir. Deirdre était déjà au loin et tourna sur la gauche au bout du corridor. Les pieds nues et fatiguée moralement de la demoiselle, trainaient sur la pierre froide. Son épaule parfois, cognait contre le mur, et son bras, le bout de ses doigts, le caressait tout le long. Elle avait la tête bien basse. Marchant toujours dans Dix Tours, sans vraiment savoir où elle vagabondait, juste le besoin de se retrouver loin des deux hommes qui avaient une main mise sur sa vie. Elle avait simplement besoin de s’éloigner, de se perdre quelque part, loin, seule, tranquille. Elle avait besoin de solitude.

Puis alors, elle finit dans la cour de Dix Tours. Elle leva les yeux vers les nuages si lourd de morosité, couvrant le ciel de ce voile si gris et triste. Elle aimait ce genre de temps. Elle sourit légèrement. Puis doucement, elle baissa la tête. Là, devant elle … Quelle magnifique apparition. Elle n’avait encore jamais eu l’occasion de la voir, seule à seule. Elle ne la croisait que chez Sargon et de loin. Soit par conséquent, la jeune femme devait sûrement connaitre son visage et qui sait, si Sargon lui avait parlé d’elle. Deirdre était quand même une employée du Harloi. Tout le monde le savait ça, le reste non …

La jeune femme ne bougeait plus, fixant avec intensité la jeune femme. Harlon le Rouge connaissait sa fille illégitime par cœur. Il l’avait un peu éduqué et le peu de temps qu’il avait passé à ses côtés, lui avait largement suffit pour la comprendre… Et ce regard, cet état, il ne pouvait que le deviner, car il était pareil à son âge. Wayn arriva dans la cour aussi, mais resta au chambranle d’une porte. Il était curieux. Deirdre était presque seule au milieu de cette cour et elle ne bougeait pas d’un pouce, à quelques mètres de Naell. Elle se caressait doucement le bout de ses cheveux, avec presque un air absent. C’était bien le cas. Ailleurs, elle était pensive. Des images de cette jeune femme, jeté d’un pont de Pyk ne faisait qu’enchanté son humeur enflammé. Elle avait de ses envies de violence gratuite. Malheureusement, elle était lâche et au lieu de s’en prendre à l’homme qu’elle aimait et qui la traitait comme la dernière des catins, ou encore son père qui la frappait, son mari qui s’était imposé dans sa vie, elle choisirait l’âme la plus faible, la cible la plus facile. Enfin, du moins elle le pensait. D’après ce qu’elle entendait de cette jeune fille, elle n’avait rien à craindre… Puis elle n’avait aucun lien avec elle, cela ne pouvait être que plus facile à abattre que tout ces hommes ayant trop d’emprise sur elle.

Elle finit par sortir de ses pensées, même si elle ne se lassait pas de voir la petite Naell hurler, tendant les mains vers elle, alors qu’elle allait fatalement s’écraser sur la roche noire de Pyk. Elle s’avança vers elle, si subitement et ne s’arrêta qu’à quelques centimètres de son visage. Elle pencha doucement la tête vers son oreille.

- Je peux savoir ce que tu fais là ? Chuchota-t-elle, la langue aussi sifflante qu’un serpent.

Elle tourna doucement autour d’elle, la dévisageant de la tête aux pieds.

- Tu es seule ? Pas accompagnée de ton … Harloi ? Que veux-tu ? Tu veux peut-être un peu d’aide non ? finit-elle, mielleuse.

Elle se remit face à elle, la fusillant du regard.

- Je peux te guider dans les Dix Tours, c’est mon terrain… Mon espace, faisait-elle allusion, qu’ici, la petite Naell était seule au monde, pas comme à Kenning, où limite Deirdre n’avait point le droit de la regarder trop longtemps.

Elle prit doucement la main de Naell, pour la caser dans le creux de son coude et elle traversa lentement la cour, la guidant, attendant que la jeune femme parle.

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Message Jeu 12 Avr 2012 - 10:00

Naell observait l'intense vie au milieu des dix tours. Le château paraissait au demeurant bien plus grand que celui de Kenning, il lui évoquait presque une fourmilière, toujours en activité. La jeune femme s'était arrêté au milieu de la cour, presque étourdie par tout cela. Ce qui était étrange puisqu'elle aurait dû être habituée, à Myr, il y avait beaucoup plus de monde que n'en aurait pu en contenir la cour de cette demeure, pourtant il l'impressionnait à sa manière. La jeune artisane allait se diriger vers ce qu'elle pensait être les forges quand un mouvement attira son attention. Une femme, à peu près son âge, légèrement plus petite qu'elle, les cheveux longs couleur automne, une robe simple mais seyante sur sa personne et autre détail qui lui attira une ombre de sourire, elle allait pieds nus. Quelquechose dans ses traits, sa posture semblait familier à Naell sans qu'elle puisse le définir, comme si elle connaissait cette femme. Peut-être s'étaient-elles croisées. Derrière la femme, arrivèrent deux hommes qui s'arrêtèrent pour observer la jeune femme. Celle-ci finit par se placer à quelques mètres de Naell et la dévisagea avec une expression étrange sur le visage, comme si ce qu'elle voyait lui plaisait beaucoup.

Puis l'inconnue vint près d'elle, à quelques centimètres de son visage. Cette attitude qui ressemblait beaucoup à celle que Sargon aimait adopter vis à vis d'elle, lui remit en mémoire le souvenir manquant. La jeune femme s'appelait Deirdre, elle venait souvent à Kenning voir son maître, selon les commérages des domestiques.

-"Je peux savoir ce que tu fais là ?" Dans un chuchotis. "Tu es seule ? Pas accompagnée de ton … Harloi ? Que veux-tu ? Tu veux peut-être un peu d’aide non ? "

Naell jeta un regard aux hommes derrière elle, Deirdre en avait-elle peur pour parler si bas ?

-"J'accompagne le maître des domestiques qui doit faire une course ici, pour le retour de Sargon".

Elle avait hésité quelques instants, décidant de lui dire la vérité, du moins en ce qui la concernait de manière générale.

-"Je peux te guider dans les Dix Tours, c’est mon terrain… Mon espace"

Devait-elle lui parler de sa demande particulière, de la vraie raison de sa présence ici. Deirdre perturba le cours de ses pensées, en attrapant la main de Naell pour la poser au creux de son coude, tenant à la guider vers ce qu'elle cherchait. Cette attitude brusque et sous couvert d'amabilité hérissa le poil de la jeune myrienne. Le contact était quelquechose d'intime et qui ne se faisait pas en public, il fallait garder une certaine distance. Ainsi Naell retira sa main du bras de Deirdre. Elle n'avait pas perçu le double sens des paroles de la jeune femme, parce qu'elle était habitué à la franchise, n'ayant pas l'habitude de fréquenter des nobles ou le genre de personne qui utilisait ce procédé de langage, la jeune myrienne n'avait pas grand chose à cacher, ainsi elle ne savait pas réellement mentir.

-"Je m'excuse, mais je n'aime pas que des gens que je ne connais pas me touche. J'ai été éduqué ainsi."

Il n'y avait pas dans sa voix de nuance de brusquerie ou d'irrespect, juste la stricte vérité.

-"Aurais-tu des nouvelles de Sargon ?"

Puisque Deirdre l'avait tutoyé, elle fit de même, le seul qu'elle vouvoyait restait Sargon, et encore pas à chaque fois, cet état de fait semblait amuser le Harloi. Un silence s'installa entre elles, tandis que Naell réfléchissait au pour et au contre de la questionner sur le forgeron.

-"Je suis à la recherche du forgeron, si ce château en possède un ?"

Elle attendit ses réponses, ne sachant pas réellement laquelle elle désirait connaître en premier, des nouvelles de Sargon ou du forgeron.

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Message Dim 15 Avr 2012 - 23:07

Deirdre qui vit la jeune femme se dérober de son emprise, répliquant qu’elle n’aimait point le contact des étranger sur elle, se retint de ricaner. Une main sur sa bouche, elle souriait jusqu’aux oreilles, moqueuse. Quelle idiote, pensait-elle. Elle s’imaginait déjà la jeune demoiselle, fuir les attention de Sargon. Cela devait être bien amusant entre eux deux. Elle recula doucement. Un pas. Sa main quittait sa bouche, voulant cacher sa mesquinerie avec pudeur, puis elle se mordit la lèvre, tentant de rembarrer cet étrange envie de rire. Mais très franchement, que lui trouvait-elle ? Une pauvre petite jouvencelle… Il y perdrait avec elle, il devait s’ennuyer !

Ses pieds nus ramassait le gravier et le sable épais sous la plante de ses pieds. Elle s’éloignait doucement de la jeune femme, une main qui flottait doucement dans les airs, pour lui quémander gentiment de la suivre. Elle ne voulait point qu’on la touche, elle le ferait à distance. Elle leva les yeux au ciel, encore amusée. Quelle petite fille si innocente. Elle n’avait vraiment pas sa place sur ses îles, et encore moins auprès de Sargon. Puis alors, Deirdre et sa silhouette très marquées de formes généreuse, le tout sculpté par sa forte maigreur. Elle lui demandait des nouvelles de Sargon. Elle fit volte face, jaugeant la jeune demoiselle, ses yeux dans les siens. Elle les plissa un instant, pour tenter de comprendre le double sens de sa question dans ses prunelles. Non, elle demandait réellement des informations actuelles sur lui. Et si elle n’était pas ce qu’elle était ? Jouait-elle ? Cherchait-elle à l’agacer ? Les problèmes ? Est-ce qu’elle ne se moquait pas d’elle, pour lui rappeler qu’elle n’était rien pour Sargon … Juste une employée… Totalement en dehors de sa vie privée. Elle était si hautaine dans sa façon de la voir et de l’aborder.

- Pourquoi j’en aurais ? Qu’est-ce qui se passe, il est où ? Tu vis avec lui non ? Tu devrais même partager sa couche, tu dois bien en savoir plus ? Il ne te dis rien ? Il part et t’abandonne seule dans sa grande demeure ? Que c’est triste. Si c’est le cas, il devrait avoir honte de te traiter ainsi.

Elle allait faire son petit chat, animal qui aimait bien jouer avec ses proies avant de les achever, de les dévorer tout cru. Elle allait tenter d’obtenir quelques informations, avant de se laisser aller à sa petite haine qui bouillonnait en elle. Elle resta un moment bien en face d’elle, ne quittant pas ses yeux des siens et n’attendant pas forcément une réponse, elle fit demi-tour. Elle fit signe à la jeune femme de la suivre.

- Tu cherches le forgeron pour ? J’espère que tu ne lui feras pas perdre son temps, sinon attend toi à être rapidement rejetée avec une violence verbale comme tu n’en as jamais vu. C’est un ivrogne qui a autant de patience que ton cher Sargon … Prends garde. Tu cherches quoi ? Une dague pour t’échapper ? Si cela ne tiens qu’à cela, je peux bien t’aider à quitter les îles, tu sais … Je dis ça comme ça, au cas où tu voudrais simplement faire un saut sur les terres … Tu le gardes pour toi hein ! Finit-elle en lui faisant une petite pichenette sur le nez, un sourire faussement mielleux. Suis moi.

Elle s’enfonça dans Dix Tours. Elle disparu dans cette amoncellement de tours, suivie de la jeune Naell. Elle entendait ses pas qui la suivait, derrière elle. Le forgeron était dans l’une d’elle, une de ses grandes tours, au Rez-de-Chaussée. Elle tournait dans les couloirs un à un, attendant parfois la jeune femme.

- Je pensais qu’il ne te laisserait pas te balader aussi librement … Qu’il te traitait comme un petit animal, enfermé chez lui, lui dit-elle, continuant de se balader dans Dix Tours, les yeux fermés.

Pendant ce temps Wayn restait à distance, mais gardait un œil sur la jeune femme, la suivant, restant sur le qui-vive. Deirdre poussa une lourde porte en bois et alors une chaleur intense s’empara des deux demoiselles, comme une masse qui frappait sur l’enclume du forgeron. La lumière était chaude et rouge, de sa cheminée immense et son fer incandescent un peu partout. On n’entendait pas ce bruit si habituelle d’un forgeron, la douce mélodie du marteau qui frappait les lames. Non, le forgeron, immense, juste vêtu de braies et de son tablier en cuir, était assis dans un coin. Son menton se reposait sur son torse, les yeux clos, son corps se balançait dangereusement vers l’avant. Deirdre s’avança vers l’homme à pas de loup, puis elle regarda l’atelier tout autour d’elle. Il y avait une lame, dont juste le haut et le pommeau étaient fini, la pointe encore inexistante. Il y avait contre le mur, des haches entreposées, sûrement dans l’attente de se rajeunir un peu. Elle attrapa un marteau qui trainait sur une des nombreuses enclume dans l’immense salle au haut plafond. Elle tapa violemment dessus et l’homme fit un bond de ce qui lui servait de chaise, une pauvre caisse en bois. Il grogna, paniqué pendant un moment. Deirdre riait comme une petite enfant amusée. Il s’approcha d’elle en brandissant son bras, puis il finit par beugler et l’insulter de tout les noms.

- Vivement que tu partes de Dix Tours ! Tu viens peu, c’sûr ! T’manquera po à grand monde t’sais ! S’tout pas moi ! Sirène d’ce Dieu d’Tornades ! T’m’veux quoi ?
- Moi rien, la petite te cherchais …
- T’es qui l’alvin ? T’m’veux quoi ?
- [color=teal]C’est la femme-sel de Sargon…

L’homme cracha au sol et balayant une surface de travail de tout ce qu’il avait, il trouva enfin une petite cruche de bière. Il en vida une partie, la moitié coulant au coin de sa bouche, laissant un chemin brillant et collant jusque sous son tablier. Deirdre leva un sourcil.

- Il me veut quoi ce vendu des Tornades ?

Deirdre leva les mains en l’air, pour montrer son innocence et lui désigna la jeune femme. Quelle parle. Elle le cherchait, elle l’avait trouvé. Ah ça, elle aurait pu avoir pire, le forgeron de Pyk, froid, immense, mais sec, un regard de tueur et toujours assoiffé de sang.

La jeune bâtarde, amusée, s’installe sur la caisse en carton du forgeron, puis laissait la petite Naell se débrouiller. Il était difficile de savoir y faire avec cet homme de Dix Tours, allons voir comment elle allait s’en sortir. C’était un brave gars, un peu bourru et qu’il fallait savoir apprivoiser. Deirdre sut y faire rapidement, ayant passer beaucoup de temps à venir l’embêter et lui voler des armes. Il s’essuya le visage du revers de son bras, puis s’approcha d’un tas d’arme posé dans une caisse. Il agita un fendoir devant la jeune bâtarde et pointa le manche vers elle.

- Pars po sans ça eh ! Une lame brisée et si émoussé, j’veux po de ça ! C’bon à refondre ! Elle coupe mieux d’jà !
- Merci, mais ne cherche pas… Elle a plus une valeur sentimental qu’autre chose. Trésor de ma victoire à Port-Lannis, qu’est-ce que tu crois, dit-elle, les yeux perdu sur la lame, repensant à l’homme de Tarbeck qui ne l’avait pas abandonné une seconde. Cette arme était la sienne. Je sais qu’elle ne me servira pas grandement.
- Ah bah non, elle hache, plus qu’elle coupe ! Une hache d’poche ! Bon t’veux quoi la p’tite ?

Le forgeron s’approcha d’elle, puis contourna l’enclume. Il s’étira et attrapa une l’épée longue non finit. Bientôt la mélodie qui accompagnait le forgeron jusqu’à la fin de sa vie, tintait dans la pièce. Deirdre restait observatrice un instant, coupant l’air de son fendoir. Elle avait ce petit sourire mutin, espiègle, attendant de voir, si la petite Naell allait se faire écraser par le bougon.
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