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On est plus le fils de son époque que le fils de son père ▬ Trystan

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Prince de Dorne
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Maron Martell
Prince de Dorne

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Insoumis. Invaincus.
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♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
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Message Dim 1 Avr 2012 - 18:30

     La discussion que le Prince de Dorne avait eu avec son épouse peu de temps après le départ de Trystan de Port-Réal, lui avait laissé une certaine amertume en bouche. Certes, il comprenait aisément sa colère et le fait qu'elle lui reproche de ne pas l'avoir tenue informée du petit voyage de leur fils, mais de là à le couver comme un enfant qui venait juste de naître, il y avait une marge. Maron ne percevait toujours pas la manière dont Daenerys souhaitait éduquer leur fils, elle avait visiblement une perception de l'éducation bien différence de celle que le père du Prince lui avait inculqué. Il était hors de question que le futur suzerain de Dorne soit choyé comme une petite fille pour en devenir un homme sans caractère. Déjà qu'il n'en avait pratiquement pas à ce jour, Maron ne baisserait pas les bras, quitte à devoir être en froid avec son épouse. Le plaisir personnel passait après les intérêts du royaume et même si le père qu'il était, aurait préféré pouvoir donner de l'amour à ses enfants plutôt que des conseils impersonnels, il ne pouvait s'y résoudre. Une vie passée à vivre pour servir le peuple et non satisfaire ses désirs égoïstes ne se changeait pas en quelques années de mariage. Trystan devrait avoir la même vision des choses où il fallait craindre le pire pour les temps à venir et pour l'avenir de Dorne.

     Cela dit, ce n'était pas parce que le Prince désirait que son fils puisse voir à quoi ressemblait un champ de bataille, qu'il pouvait lui laisser courir des risques importants. Lorsqu'il avait appris l'attaque des Fer-nés sur Port-Lannis, Maron avait senti un bref pincement au cœur suivi d'une inquiétude qui s'était nichée quelque part dans son esprit. Même s'il était absolument persuadé que son fils saurait s'en tirer sans dommages, il ne connaissait malheureusement pas assez le seigneur de l'Ouest pour savoir si celui-ci avait été apte à protéger convenablement l'héritier de Lancehélion. De plus, le Prince ne souhaitait pas devoir être redevable de quoi que ce soit à qui que ce soit. Il avait pour habitude de ne compter que sur lui-même et par conséquent ne souhaitait pas devoir remercier le bouclier de Port-Lannis. Dorea, sa cadette, qui accompagnait Trystan lors de son voyage avait rapidement rassuré son frère en lui expédiant un corbeau afin de lui indiquer que personne n'avait été blessé pendant l'attaque, personne de leur suite du moins et qu'ils étaient tous en bonne santé. La réponse du Prince ne s'était guère fait attendre, Maron avait aussitôt ordonné à son fils de rentrer à Dorne et de patienter à Lancehélion jusqu'à la fin des raids des Fer-nés. Il était hors de question qu'il aille faire courir de nouveaux risques mortels à son héritier.

     Et pourtant... Les choses auraient pu être grandement facilitées si quelque chose était arrivé à Trystan. A Dorne les filles pouvaient hériter et c'était l'ordre de naissance qui déterminait la succession, non le sexe. Si le fils aîné était mort, cela aurait donc été à sa petite soeur de prendre sa place. Nymeria était une véritable Martell, elle en possédait le physique et le caractère, Maron ressentait davantage de similitudes et d'affection pour cette enfant au fort caractère, que vis-à-vis de son fils unique. Et pourtant... Il n'avait souhaité que cela arrive à aucun moment. Il s'était surpris à préférer voir que son fils était plus proche de sa mère que de lui-même s'il pouvait lui revenir en vie. Un désir égoïste qui ne convenait pas à celui d'un Prince Martell. Dans le désert les fennecs et les autres animaux tuaient les enfants trop faibles pour survivre, Maron aurait pu agir de la même sorte, envoyer son enfant au-devant des problèmes tout en sachant parfaitement que les Fer-nés attaquaient l'Ouest. Tout cela dans l'espoir de voir ces barbares faire le travail à sa place. Mais ce n'était pas le cas, même son subconscient avait simplement souhaité que Trystan devienne quelqu'un de plus fort et de plus responsable - même s'il l'était déjà bien trop d'après certains - sans que rien ne lui arrive pour autant. Il espérait que tout cela servirait à quelque chose. Au fond, si un malheur était arrivé au jeune garçon, il y avait fort à parier que la relation entre le couple princier aurait été réduite à néant. Même les Jardins Aquatiques auraient été vains. Heureusement, rien de tout cela n'était arrivé.

     Maron avait informé son épouse du retour prochain de leur fils et du reste de la suite, Nymeria avait piaillé de joie à l'idée de revoir bientôt son frère et au fil des jour, était devenue de plus en plus insupportable tant l'attente devenait longue. Il fallait avouer que même si le Prince camouflait avec aisance et efficacité ses sentiments, il avait aussi hâte que son fils soit à nouveau à Dorne de manière à le savoir en sécurité et à pouvoir reprendre plus sérieusement les exercices de lance. Il ne pouvait s'empêcher de se demander si l'absence de Trystan avait eu des effets sur sa maîtrise des armes et imaginait le pire. C'est donc avec une certaine réserve qu'il reçu le corbeau envoyé par Dorea, la veille de leur arrivée à Lancehélion. Ils passaient la nuit dans le domaine d'une maison alliée aux Martell et ne reprendraient la route que le lendemain pour achever leur trajet. Le Prince eut donc toute la nuit et une partie de la matinée du lendemain pour préparer le retour du jeune garçon et de sa suite. Maron avait aussi une certaine impatience à l'idée de revoir sa cadette qui n'avait jamais quitté Lancehélion avant ce jour et qui laissait un vide derrière elle. Elle était plus sa confidente et sa conseillère que sa sœur, autant dire que si Maron ne se confiait presque pas à elle, il n'allait pas le faire avec d'autres personnes. Ainsi, le suzerain avait été on ne peut plus silencieux et renfermé le temps qu'avait duré le voyage du jeune garçon.

     La matinée était donc bien avancée, la foule s'agitait déjà dans les rues de la ville et Maron était en entretien avec le mestre qui s'occupait de parler des attaques des Fer-nés et de tous les autres problèmes. Puis une domestique vint frapper à la porte, s'excusant de déranger, puis signalant au Prince que son fils venait d'arriver au palais. Le Martell la remercia avant de terminer rapidement la discussion avec le mestre, puis la quitta de manière à se rendre dans la pièce principale où Trystan devait certainement se trouver. Aux cris qui parvenaient à ses oreilles, le Prince déduisit que Nymeria devait déjà avoir trouvé son frère et lorsqu'il déboucha dans la pièce, il tomba sur sa fille en train de trépigner devant Trystan. Sans manifester son amusement, le Dornien demanda à Nymeria de retourner auprès de sa septa, puis il posa ses prunelles sombres sur le visage de son fils, ne manifestant aucune émotion.

     ▬ Ta mère sera heureuse de te revoir à la maison. J'espère que tu as trouvé ce que tu cherchais lors de ton voyage. Quoi qu'il en soit, je suis persuadé que les évènements de Port-Lannis ont dû t'apporter beaucoup, n'est-ce pas ? »

     Pas d'émotion, pas de retrouvailles joyeuses. Il n'avait même pas avancé le fait qu'il était heureux de le revoir, dans ce genre de relation il n'y avait pas de place pour l'amour paternel.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Message Dim 1 Avr 2012 - 20:09

      Un long voyage, long mais tellement agréable. Durant ces dernières semaines, j'ai vécu les choses les plus magnifiques de toute ma vie. Et, quand j'y pense maintenant, mon père n'a peut-être pas tort de vouloir faire jaillir mon côté Martell. La vie des routes, les voyages, les chevaux, les terres et l'air, tout est rempli de danger. Des pillards peuvent se pointer au détour d'une route, à la sortie d'un village, des brigands peuvent te voler tout ce que tu possèdes et même t'ôter sauvagement la vie pour les plus impitoyables d'entre eux. J'ai tout d'abord commencé ce voyage avec une suite composée de quelques hommes et de ma chère tante Dorea qui, pour elle, sortait pour la première fois pour la demeure familiale qu'était Lancehélion. Port-Réal nous accueillait à bras ouverts, tanière des dragons depuis toujours, les descendants directes de l'ancienne Valyria. La famille de Mère ne pouvait point se montrer plus généreuse, j'ai très bien adoré le caractère de chaque Targaryen, bien entendu très différent du reste de sa famille. D'Aelinor, la reine, jusqu'à son frère Maekar, ou encore le fils de ce dernier Daeron, bien que mes contacts avec eux n'étaient que peu profonds, ils m'ont tous plu d'une façon ou d'une autre. Cependant, dès je franchis le seuil de Port-Réal, une seule pensée hantait ma tête, une seule qui ne voulait sortir et me laissa son sommeil durant tout mon séjour dans la capitale : je devais voir la main du Roi, je devais voir Freuxsanglant ne serait-ce que pour arroser ma curiosité envers ce personnage que je connaissais mystérieux. Malheureusement, aucun de mes yeux n'a pu le trouver, ni décelé les contours de sa silhouettes que j'aurais certainement connu au cas où elle se serait montrée dans mon champ de vision. Pourquoi voulais-je le voir ? Et bien, je dois dire qu'être la main du Roi n'est tout de même pas quelque chose donné à n'importe qui, c'est un statut haut, très haut et dont le détenteur ne regarde que de haut. Et tout ce mystère qui enveloppe la personne de Brynden Rivers ? J'aurais bien voulu en voir un petit peu. En tout cas, la reine Aelinor quitta la capitale peu de jours après mon arrivée, elle se dirigeait vers Lancehélion afin d'y rencontrer mon père. Moi, l'imitant, ne tardai guère à quitter à mon tour Port-Réal pour longer la route d'or vers Castral-Roc.

      Le chemin vers les terres de l'Ouest me fit un très grand bien, l'air frais du milieu de Westeros me faisait sentir comme si je venais à peine de naître. Tous ces paysages, ces visages, ces villages, des forêts et ces montagnes, une merveille pour mes petits yeux indigos de Martell. Après quelques jours, nous arrivâmes à Port-Lannis, une terre sûrement pas comme les autres, si belle et si magnifique qu'elle reflétait parfaitement une image claire et nette de ses suzerains. Là-bas, tante Dorea et moi eurent la chance de voir les plus belles maisons, les plus belles rues, les plus belles personnes, et par la suite je fis la connaissance d'une charmante jeune femme du Val, sœur du seigneur des Eyrié, la seule et unique Dame Maura Arryn. Une femme comme on voudrait tous en avoir, à mon avis, et qui pour mon grand plaisir me donna la possibilité de voir la si fameuse armée du Val envoyée par Lord Jasper Arryn, avec la permission de mon père toutefois. Les seules deux armes que je savais manier, moi-même, étaient l'arc et la lance. Je n'ai jamais été intéressé par l'épée pour être franc, et je ne pense pas le devenir un jour. Des cavaliers, des chevaliers, des hommes robustes, hardis qui ne craignent rien, des hommes qui donneront leurs vies au nom de la Paix du Roi. Des hommes que j'admirerais pour toujours, et qui auront mon respect jusqu'à l’au-delà, jusqu'à ce que les sept emportent mon âme. Pour m'avoir montré cet autre aspect de Westeros, ce côté de guerre et de guerriers et de vie pas du tout belle, j'en devrais toujours une à Dame Maura Arryn. Bien sûr, étant l'héritier de suzeraineté de Dorne, je ne pouvais point passer par Port-Lannis sans voir le suzerain de l'Ouest, Lord Tybolt Lannister. Je le trouvai d'une beauté remarquable, une carrure de vrai homme et un regard de suzerain, un Lord. Mais, comme si les sept ne voulaient pas que je reste aux si belles terres de l'Ouest, que je savoure cette beauté des terres divines, un raid de fer-nés eut lieu dans la ville côtière qui en subit les dommages. Heureusement, ma suite ne subit aucune perte, et j'en fus très reconnaissant aux dieux. Sous mes yeux, tante Dorea écrivit une lettre à Lancehélion, lui confirmant que j'étais sain et sauf ainsi que tous ceux qui m'accompagnaient. Sa réponse fut aussi sèche que s'il avait été ici devant moi, m'ordonnant de revenir à Lancehélion est d'y rester jusqu'à ce que les attaques des Fer-nés cessent. Je ne pouvais point lui refuser une demande, que dire donc d'un ordre. Remerciant les Lannister ainsi que Dame Maura Arryn, nous prenions la route de Lancehélion.

      Nous fîmes tout de même, toujours dans le cadre de mon petit voyage mais aussi pour nous reposer un peu, un petit arrêt chez les Tyrell, à Hautjardin au centre même du Beef. Bien entendu, ce ne fut qu'une brève pause, car nous reprîmes vélocement notre voyage de retour. Plus nos chevaux se rapprochaient de la contrée où le soleil était toujours chaud, à savoir le Dorne, et plus la chaleur insupportable se répondait. Elle était insupportable pour des personnes, pour de longues semaines, s'étaient habitué au climat parfait du milieu de Westeros. Mais pour moi, plus je m'approchais de la demeure des Martell et plus mon estomac se nouait. Que penser ? Être content de revenir dans une maison où l'amour paternel était quasi-inexistant ? Je ne pense pas. Si j'étais content de revoir Nymeria et Mère, je l'étais moins à l'égard de Père. Je ne le hais pas, encore loin de là, car mon seul désir est d'être l'homme qu'il veut faire de moi, d'être à la hauteur de ses espérances. Mais le manque d'amour dont il me fait face à chaque fois me chagrine et m'attriste au plus haut point. Ainsi, et alors que nous nous approchions de Lancehélion, tante Dorea nous conseilla de faire un détour à la Grâcedieux, afin de nous reposer pour la nuit et reprendre notre chemin le lendemain matin, une terre de Dorne n'était jamais sûre la nuit. Elle envoya donc un corbeau à Père afin de l'en informer et nous fîmes accueillis à Grâcedieux de toute la générosité qui a été donné aux nobles de la maison. Le lendemain matin, nous les remerciâmes et reprîmes la route vers Lancehélion, nos chevaux galopants ne tardèrent pas à nous y guider. Faisant mon entrée dans la salle principale, la première personne que je vis fut Nymeria accompagnée de sa septa. Elle se jeta sur moi et s'accrocha à mon cou, je la serrai à mon tour avant qu'une voix ne la refroidisse aussi rapidement qu'elle s'était chanffée. Père venait de faire son entrée dans la salle, aussi autoritaire et sévère que jamais, un visage aussi froid qu'un Lord du Nord, et une stature toujours aussi fière. « Ta mère sera heureuse de te revoir à la maison. J'espère que tu as trouvé ce que tu cherchais lors de ton voyage. Quoi qu'il en soit, je suis persuadé que les évènements de Port-Lannis ont dû t'apporter beaucoup, n'est-ce pas ? », me dit il. J'eus une forte envie qui fut rapidement étouffée de lui répondre « Et toi Père ? N'étais-tu point content de te voir ? Ne t'étais-tu pas soucié ne serait-ce qu'un petit peu ? ». Je baissai la tête, et d'une voix emplie de respect je lui répondis.

      « Tout à fait, Père. Port-Lannis était un passage important … Je serais heureux de voir Mère moi aussi. »
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Maron Martell
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Message Lun 2 Avr 2012 - 18:28

     La réponse de Trystan ne fut pas très détaillée, Maron marqua sa désapprobation en détournant le regard comme si la vue de son fils l'irritait. Ce n'était pas cela, mais le Prince de Dorne n'aimait pas devoir en permanence tirer les vers du nez de son héritier, cela signifiait qu'il serait aussi incapable de faire face à un vassal contrarié et de le remettre à sa place. Il y avait une différence très claire entre le silence et ne pas aimer parler. Maron en était la représentation parfaite, il avait beau être avare de parler, car il n'aimait pas perdre son temps à discuter de choses et d'autres, mais ce n'était pas pour autant qu'il rechignait lorsque le moment de prendre la parole se présentait. Et là c'était l'occasion que Trystan semblait avoir ratée. Décidé à ne pas s'agacer pour rien puisque son fils venait à peine de rentrer, le Prince de Dorne reporta ses yeux sombres sur le visage de son fils pour lui répondre. Il avait pris le temps de réfléchir à ce qu'il dirait et n'aimait pas parler dans l'empressement. Le Dornien s'offrait souvent le luxe de pouvoir songer à ses paroles avant de répondre.

     ▬ Ne baisse pas les yeux comme si tu n'osais pas me regarder, ton interlocuteur peut prendre cela comme un signe de faiblesse. Aucune trace d'impatience ou de contrariété, il savait rester parfaitement neutre. Il me semble te l'avoir déjà dit. »

     Simple remarque, ce n'était pas une critique, Maron ne lui faisait pas la morale, il voulait simplement l'aider à adopter au mieux le comportement digne de son rang. Sans se soucier plus en avant de ce que son fils pouvait penser des paroles qu'il venait de formuler, le Prince lui fit signe de le suivre et sans ajouter mot, rebroussa chemin pour quitter la pièce où ils se trouvaient. Même si l'envie de tester les réflexes du jeune garçon dès son arrivée avait été là, il avait promis à son épouse de se montrer un peu moins oppressant qu'à l'accoutumée. Trystan pouvait s'estimer heureux, son père avait décidé de lui laisser une journée de répits pour reprendre des forces et se faire à ce retour rapide. Peut-être que le jeune enfant ne remarquerait rien, peut-être qu'il ne ferait même pas attention aux détails de ce genre. L'héritier de Lancehélion avait beau être une personne réfléchie et mature pour son âge, il ne percevait pas pour autant tous les « efforts » que son père pouvait faire à son encontre. Trystan n'avait pas connu son grand-père, il ne pouvait pas s'imaginer que sa vie était plus moins rude que celle de son géniteur et de son oncle. Doran était le seul à remarquer que pour son épouse, Maron faisait des efforts. Mais c'était sans importance.

     Ils débouchèrent dans un long corridor qui menait à l'aile Est du palais, le Prince jeta un coup d'œil autour de lui pour regarder si sa sœur était là, mais ce n'était pas le cas. Certainement qu'elle devait avoir aussitôt couru chez Daenerys pour lui faire savoir que Trystan était en parfaite santé, se doutant que Maron ne voudrait pas que le jeune garçon se rende directement que sa mère. Le Prince de Dorne précisa d'ailleurs ce point à son enfant, même si normalement celui-ci devait s'en douter. La famille passait toujours après le devoir et le leur n'était pas négligeable. Il parla donc à Trystan sans le regarder, son attention dirigée sur le couloir qui s'ouvrait devant eux.

     ▬ Ta mère aussi est impatiente de te revoir, mais j'ai quelques points à discuter avec toi avant de te libérer pour la journée. Tâche de te concentrer, je n'ai pas envie que tu oublies notre conversation dès demain. »

     Sa voix n'était guère chargée de reproches, il se contentait de dire les choses comme elles étaient, mais certains prenaient cette froideur pour de l'hostilité. Maron n'était pas très expressif, étonnant pour un Dornien vu que le soleil devait les avoir réchauffés. Le Prince pouvait se montrer très impulsif, mais heureusement à ce jour, Trystan n'avait encore rien fait qui puisse faire sortir le Martell de ses gongs. Au loin, après que Maron se soit tut, les cris de Nymeria arrivèrent, étouffés, elle était encore en train de rendre la vie impossible à sa septa. Même s'il n'en dit rien, l'idée amusa le Prince qui resta de marbre jusqu'au moment où ils entrèrent dans la salle que Maron réservait habituellement aux discussions avec d'autres lords de la région. Un coin isolé du palais qui permettait de ne pas être dérangé par les inopportuns. Il fallait une discussion entre eux de manière à ce qu'il puisse savoir ce que Trystan avait appris de tout cela, ainsi que de connaître ses projets futurs. Dorne était toujours très en retrait avec le reste du monde et Maron était conscient qu'il faudrait un jour améliorer ces relations. Il y travaillait, mais c'était une tâche de longue haleine. Lorsqu'ils furent tous deux dans la pièce, le Prince referma la porte derrière eux avant de désigner une chaise à Trystan de manière à ce qu'il s'y installe, puis il prit place non loin de lui. Une baie ouverte sur la ville laissait arriver quelques bruits de la foule, mais très étouffés vu la distance qui les séparaient du reste des habitants de Lancehélion. Après avoir posé ses yeux sombres sur son fils, le Martell reprit la parole.

     ▬ Avant ton départ, tu me disais que tu voulais voyager pour visiter Westeros, apprendre comment vivaient les habitants des autres régions, puis pourquoi pas, te faire des connaissances. Un résumé rapide destiné à accorder leurs versions. Est-ce que cela a porté ses fruits ? Je considère que oui, peu après que tu ai rencontre lady Maura Arryn, elle nous a expédié une missive pour nous faire des éloges à ton sujet. Son ton était neutre, rien ne laissait transparaître ce qu'il pensait. Elle a déclaré que tu étais un enfant bien élevé et prometteur, d'une maturité impressionnante. Ta mère était aux anges. Et je dois avouer que j'ai été heureux de voir que ton éducation portait ses fruits. »

     Il ne disait pas être fier de son enfant, mais c'était ce que l'on pouvait comprendre d'un côté. Il était vrai que le Prince avait été très agréablement surpris par une telle missive, il portait beaucoup d'importance à l'éducation de Trystan et savait que si une dame d'un rang aussi élevé que lady Maura, appréciait le jeune Prince, il y avait de chances pour que cela se reproduise plus tard. Maron ne faisait nullement cela pour flatter son égo, non, il voulait que la vie et le règne de son fils soient facilités. Avec des alliés dans les régions environnantes, cela lui simplifierait les choses. Le bouche-à-oreille était pas à négliger, une mauvaise impression faisait souvent très mal, alors il était autorisé d'attendre beaucoup d'une bonne impression. Après une brève pause, il reprit.

     ▬ Puisque tu souhaites que je te considères à ta juste valeur, je vais te considérer comme n'importe que lord qui se présente ici. Il te reste donc à me faire un rapport de ce que tu as découvert. Le Prince regarda son fils. Synthétiser tes idées et m'informer de tout ce que tu juges important... Et le tout ce qui est important, même si tu n'en es pas certain. A toi de démêler le bon du mauvais. Légère pause. Je t'écoute ? »

     Une manière comme une autre de s'intéresser à son enfant. Au fond, même si Maron avait une manière très particulière de le faire, il manifestait un intérêt clair et très important à son fils, seulement son côté Martell l'obligeait à transformer cela en un compte rendu digne des rencontres entre vassaux et suzerain. Trystan pouvait s'estimer heureux que son père repousse ses impératifs pour lui, c'était aussi pour cette raison qu'il jouait au jeu du rapport, afin de se donner bonne conscience en négligeant provisoirement son travail pour sa famille.



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Message Mar 3 Avr 2012 - 13:20

      Une envie soudaine s'emparait de moi comme faisait le lion de ses victimes, m'arrachait impitoyablement le cœur et tintait dans ma tête comme une gigantesque cloche de citadelle. Face à face avec Père dans la salle principale de Lancehélion, la seule envie que j'eus fut de me jeter sur son cou et lui montrer tout l'amour que je lui vouais. Maron Martell n'était pas seulement le Prince de Dorne et de Lancehélion et n'était pas seulement mon entraîneur de lance, Maron Martell est mon père. Peut-être que c'est moi qui ne lui montrait pas assez d'affection, peut-être que l'origine du problème n'est autre que moi. Je me forçais toujours à penser que Père ne pourrait jamais faire quelque chose qui allait à l'encontre de mon bien, mais son comportement faisait naître en moi les questions les plus douteuses. Ce ton neutre qu'il adoptait me faisait glacer les entrailles et me serrait si fortement le cœur, comme une main qui se serait introduit dans mon corps pour pincer chacun de mes membres internes. Il devait être sûr, comme je me devais de l'être moi-même, que nous partageons un vrai lien entre un père et son fils, et pas une simple relation hasardeuse d'un mentor qui serait en train de préparer son élève aux gigantesques responsabilités qui l'attendent dans quelques années. Je chavirai sincèrement de l'indifférence de son temps quand il me « conseilla » de ne point baisser les yeux devant mon interlocuteur qui pourrait bien voir cela comme un signe de faiblesse. Mais, ne savait il pas que mon comportement avec lui n'était point qu'avec les autres ? Ne savait il pas que je suis bien le fruit de ses mains ? Je ne crains personne, rien, ne savait il pas aussi cela ? Je serais l'homme qu'il faut à Dorne. « Oui Père, je m'en excuse. », dis-je alors en levant la tête, soutenant son regard froid. Les couleurs chaleureuses de ses yeux n'avaient rien de chaleureux, grosse faute de la nature. Les traits de son visage étaient crispés, et j'eus du mal à soutenir son regard très longtemps, quelque chose dans ses pupilles me fit alors baisser la tête si vélocement qu'on aurait dit que j'allais brusquement exploser dans un flot de larmes.

      Il se retenait, je le sentais. Il se retenait de me lancer une critique venimeuse, une parole acerbe, ou des mots tellement escarpés que je ne saurais guère leur trouver une réponse satisfaisante. Et je me retenais, pas seulement maintenant, mais depuis des mois, des années peut-être. Je me retenais de pleurer, de laisser couler mes larmes chaudes sur mes joues d'enfants, de fermer ce trou qui s'était impitoyablement fait au fond de mon estomac. Je n'étais qu'un enfant mais pourtant, ma tristesse était telle que je finirais un jour par exploser. Mon chagrin se faisait sentir dans le ton de ma voix, dans le regard de mes yeux, dans la froideur de ma peau et dans mon isolement régulier. Je n'étais qu'un enfant, mais je sentais déjà peser sur moi d'énormes responsabilités. Je n'étais qu'un enfant, mais je n'ai jamais pleuré de ma vie, du moins pas depuis que ma mémoire fonctionne comme il le faut. Mes yeux étaient alourdies pas des mers de tristesse que je ne saurais un jour pas arrêter, des sentiments amers qui brûleront tout en leur passage. Je craignais le jour où, comme par magie, les liens qui tiennent dans sa cage cette bestiole en moi, cette bestiole appelé colère, se détacheront et libéreront la bête, je craignais de dire ou de faire des choses que je regretterais et de ne pas pouvoir me contrôler. De mes yeux vagues et perdues, je perçus la main du Prince de Dorne me faire signe de le suivre. Je sentis mes pieds bouger tous seuls, allant sans vraiment voir où, laissant à mes oreilles le soin de distinguer le bon chemin du mauvais. Les pas de Père résonnaient dans tout le palais, aussi impérieux et majestueux que toujours. Quand mes pieds de Dorniens commencèrent à monter ce qui me semblait être un corridor, je fut arraché à mes rêveries et prêtai attention à ce qui se passait. Je sus donc que nous nous dirigions vers l'aile Est du palais de Lancehélion, l'aile que je visitais peut-être le moins. Je fus secoué quand, mon père de son ton neutre, me fit remarquer que je ne devais pas me rendre directement chez Mère. Essayait il de me priver du seul amour parental que j'avais vraiment au sein de cette demeure ? Je n'en savais rien, car apparemment il avait des choses à me dire, la torture allait elle finalement commencer ? Pour seule réponse, je fis de mon mieux pour citer précisément ses même paroles. « J'en serais ravi Père. Après tout, la famille passe après le devoir. ». Compter le nombre de fois qu'il m'avait sorti cela au milieu d'un entraînement ou d'une discussion serait une opération suicidaire, car le nombre était trop élevé. Et je le croyais bien, je croyais au fait qu'il faisait passer le devoir avant la famille. Pour moi, ce serait une chose presque impossible, mais je n'étais pas fou pour lui dire ceci maintenant même.

      Ayant atteint l'étage supérieure, j'entendis les cris de Nymeria et de sa septa qui courait sans doute derrière elle maintenant. Ah, cette Nymeria. Une sacrée jeune fille ne manquant point d'énergie. Elle ferait une bonne héritière un jour si, par malheur, quelque chose m'arrive. Je ne doute point que Dorne aurait été en très bonnes mains si elle avait été la première à naître, à sortir du ventre de la Princesse Daenerys. Mais les sept ont voulu que ça soit moi, et j'allais me montrer à la hauteur des espérances des sept, de Père, de Mère, et de tout Dorne. Nous franchissions le seuil de la salle où, à une dizaine de reprises, j'avais vu mon Père y entrer avec grand nombre des Lords et Lady de Dorne. Etait-ce aussi important que cela, ce dont il voulait me parler ? Ou bien essayait il de prouver quelque chose ? Père me fit donc signe de m'asseoir sur une chaise à proximité de moi, je m’exécutai vélocement et attendit qu'il fit de même. J'entendis les habitants de Lancehélion de loin, leurs voix rauques étouffées par la distance. L'air lourd s'introduisait dans la salle, et c'est en ce moment là que je sus combien il était frais l'air du milieu de Westeros. Adoptant toujours son ton neutre, mais que je sentis froid et blessant, Père me parla de Dame Maura, et de la missive qu'elle leur a envoyé à Lancehélion. Je ne pus m'empêcher de vêtir un sourire que je m'empressai de cacher face à père. Je soutenais toujours son regard, ou du moins j'essayais du mieux que je le pouvais. Il marqua une pause, je voulus parler mais je ne trouvais point quoi dire. Je me contentai de le regarder toujours, essayant de penser à quelque chose de plaisant afin de ne pas prêter attention à son regard. Puis, il reparla, exigeant un rapport. Ce fut là une chose que me terrifia, et si je ne dis pas les choses qu'il veut entendre. Il ne serait certainement pas content, ce qui n'était pas chose anormale. Toutefois, je fis de mon mieux, et je commençai :

      « Le voyage de Lancehélion à Port-Réal était rafraîchissant, il m'a permis de réfléchir encore mieux ; à mes responsabilités, à mon futur, au Dorne. Et les Targaryen étaient on ne peut pas plus gentils. J'ai aussi fait la connaissance du commandant des dents de Freux, Alrik Mallery. Vos serez satisfaits de savoir, Père, que je n'ai poins perdu du temps. Je m'entraînais régulièrement à Port-Réal avec le commandant, à l'épée, la lance ou même l'arc. Je ne voulais surtout pas perdre mon rythme. ». Je marquai une pause, et m'étonnai en remarquant que j'avais soutenu son regard le long de mon discours. « Ensuite, comme vous le savez déjà, Père. J'ai pris la route d'Or pour Port-Lannis, encore mieux que le chemin de Port-Réal, le milieu de Westeros était une vraie merveille. Dame Maura, que j'ai rencontré aux terres des Lannister, m'a bien entendu fait montrer les armées de Lord Arryn. Je dois dire qu'ils ont de vastes armées dans le Val, et fortes à ce que j'ai pu remarquer. Malheureusement, je n'ai pu approfondir ma connaissance avec Lord Lannister, mon séjour a été interrompu par les barbares, les fer-nés. En parlant de fer-nés, Père. Penses-tu que Dorne est menacée par leurs raids ? Personnellement, je ne pense pas qu'ils auraient le courage, nous sommes assez loin des îles de fer. N'importe quel mouvement de leur part sera aperçu avant même leur arrivée ici. Mais je pense tout de même que nous devons rester éveillés. ». Je fis une nouvelle pause, satisfait cette fois de mon analyse de guerrier, que je trouvai tout de même assez idiot. Père avait sûrement des opinions mieux structurées que les miennes. « Et puis finalement, Père, nous revînmes à Lancehélion en nous arrêtant à Hautjardin, puis chez nos vassaux. Je serais aussi ravi de vous apprendre que j'ai été invité au mariage de Tristan Tyrell avec Aliéanor Lannister. C'était parfait ! »

      Je me tus, et je lui lançai un regard à la façon d'un coupable qui attendait son verdict. J'avais fait de mon mieux pour lui résumer entièrement la situation, car mon seul et unique souhait était d'être à la hauteur de ses espérances. Le reste venait après. Et bien que des fois j'avais une certaine envie de le haïr, mon amour pour Père l'emportait sur tout, car je voudrais un jour grandir et devenir l'homme qu'il est aujourd'hui.
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Prince de Dorne
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Maron Martell
Prince de Dorne

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Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
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Message Mer 4 Avr 2012 - 18:47

     Maron écoutait attentivement la déclaration de son fils, observant tout autant son comportement lorsqu'il parlait qu'écoutant les mots qu'il formulait. Lorsqu'un suzerain parlait, il était toujours important de surveiller son langage, son maintien et surtout la prestance. Les vassaux étaient souvent en bons termes avec la famille Martell, mais la maison Ferboys – pour ne citer qu'elle – était du genre à profiter de la moindre occasion pour dénoncer une faiblesse et exploiter une éventuelle faille. C'était pour cette raison qu'il fallait se monter dur et impitoyable. La devise de la maison Martell n'était pas sans raison et Maron espérait en être un parfait exemple. Ses yeux soutenaient ceux de Trystan alors qu'il expliquait avoir profité de son voyage vers Port-Réal pour réfléchir à tout ce qui se présentait dans sa vie et bien évidemment, sa succession au Prince. Ce dernier n'avait aucune difficulté à envisager sa mort et le fait que son enfant prendrait sa place, il espérait simplement pouvoir rester encore plusieurs années dans ce rôle afin de permettre à son fils de gagner en maturité. Lui-même avait accédé à ce poste lorsqu'il était encore en plein apprentissage, le décès successif du Prince Olyvar et de son épouse avait plongé Maron dans une vie à laquelle il avait été préparé, mais pas totalement. Trystan pouvait espérer mieux. Mais seule la Mère Rivière pourrait choisir de lui accorder cette chance ou de la lui refuser. C'était donc une très bonne chose que l'héritier de Lancehélion s'intéresse de près à tout cela.

     Lorsque le jeune garçon fit état de ser Alrik, l'attention de Maron fit une pique. Il s'était toujours très bien entendu avec le Commandant, ils avaient combattu côte-à-côte lors de la bataille du champ d'Herberouge et le jeune homme avait assisté au mariage du Prince et de Daenerys. Après tout, il était le garde du corps de Brynden Rivers à cette époque et il était donc tout à fait logique que les deux hommes se connaissent. Maron était donc heureux de savoir que son fils avait fait la connaissance de cette personne, il espérait d'ailleurs que cette relation ne ferait que grandir si jamais l'enfant était amené à retourner à Port-Réal. Enfin, ce fut avec satisfaction qu'il apprit que Trystan n'avait pas négligé ses entraînements grâce à ser Alrik, une raison de plus de lui être redevable vu que le Prince savait à quel point l'homme était excellent combattant. La suite était assez attendue et ne révéla pas de réelle surprise puisqu'il savait déjà tout cela, ainsi lorsque son fils retomba dans le silence, le père resta silencieux quelques instants. Puis il lâcha un simple mot.

     ▬ Bien. »

     Ce n'était pas très expressif, mais c'était déjà un compliment. L'absence de critiques était l'équivalent d'un compliment avec Maron. Il contempla le visage de son fils quelques instants, réfléchissant à ce qu'il allait répondre, prenant son temps comme à l'accoutumée. C'était une chose que l'enfant avait d'ailleurs hérité de son père, même s'ils ne se ressemblaient que très peu du point de vue caractériel, Trystan était aussi réfléchi que son père. Même s'il l'exploitait d'une autre manière. Au final, après de longues secondes de silence, le suzerain de Dorne changea légèrement de position pour se pencher un peu en avant, vers son héritier, puis répondit.

     ▬ Pour commencer, en réponse à ton interrogation sur les Fer-nés, je ne serais pas aussi catégorique. Tu sembles oublier que leur peuple attaque fréquemment les Cités Libres et ils doivent traverser la mer de Dorne pour s'y rendre. Je ne pense pas que la distance soit un problème pour ces combattants. Il se recula dans sa chaise. Ils sont remontés vers le Nord aux dernières nouvelles et si nous avions été attaqués, je pense que cela aurait été au moment où le Bief était dans leur ligne de mire. Mais je reste vigilent, les Fer-nés sont impulsifs et ils peuvent décider dès demain de lancer un raid sur Dorne sans raison particulière. Son regard quitta un moment le visage de Trystan. L'hiver approche, j'imagine qu'ils vont faire des réserves et réduire leurs attaques, mais nous ne sommes sûrs de rien, ils n'obéissent pas à la même logique et nous et personne n'est plus dangereux que des gens imprévisibles. »

     Trystan pouvait s'estimer heureux de la réponse de son père, pour que celui-ci parle avec autant de sérieux et d'implication, cela ne pouvait signifier qu'une chose : qu'il considérait que son fils était assez grand pour parler stratégie. Un pas vers de bien meilleures relations à n'en pas douter. Maron joignit ses mains, posant l'un de ses coudes sur la table avant de porter à nouveau ses prunelles de jais sur le visage de son fils. Il ne se pressait pas, prenant le temps de laisser chaque information pénétrer l'esprit de son fils et s'y installer après avoir été analysée. Un peu comme un professeur qui enseignait quelque chose à son élève. Une fois qu'il estima que le jeune Dornien avait eu le temps de tout analysé, il continua.

     ▬ Je suis heureux que tu puisses avoir parlé avec ser Alrik. J'ignore s'il te l'a dit, mais c'est un homme que je porte en grande estime. Nous avons combattu ensemble autrefois, de plus il est l'homme le plus proche de Brynden Rivers. J'espère que vos entraînements se sont bien passés. Nous verrons cela plus tard. »

     Il ne disait rien de ce qu'il pensait de tout cela, mis à part qu'il était satisfait que les deux personnes se soient rencontrées. Un moment de silence s'installa à nouveau alors que les échos de la rue devenaient de plus en plus minimes, comme si le peuple de Lancehélion avait baisé d'une tonalité pour permettre aux Martell de discuter sérieusement.

     ▬ As-tu apprécié Hautjardin ? Est-ce que tu as été amené à rencontrer lord Leo Tyrell ? Nos relations avec le Bief sont encore très fragiles, mais j'espère que ta présence à cet union sera bénéfique à ce niveau. »

     Une sorte d'émissaire, de visiteur diplomatique, Trystan avait eu un rôle bien plus important qu'il ne devait le penser de prime abord. S'il était attentif, l'enfant noterait que son père ne lui avait pas demandé s'il s'était bien comporté, comme s'il lui faisait assez confiance pour cela. De toute manière, si jamais il se révélait que l'héritier de Dorne avait été indigne de son rang, Maron ne doutait pas qu'il l'apprendrait, ne serait-ce que de la bouche de Dorea qui devait avoir été ravie d'assister à de telles réjouissances. Après cette rapide réflexion, le Prince de Dorne conclut sa réponse presque totalement dénuée de sentiments, sur une question qui avait bien plus d'importance qu'il ne le semblait de prime abord.

     ▬ Et concernant ta visite dans le campement de l'armée du Val, j'imagine que tu as eu l'occasion de fréquenter de nombreux combattants. Cela t'as-t-il intéressé ? Et pendant l'attaquer des Fer-nés, est-ce que tu étais au château de lord Lannister, ou as-tu pris part aux combats ? »



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
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On est plus le fils de son époque que le fils de son père ▬ Trystan

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