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True North [PV]

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Message Ven 30 Mar 2012 - 3:02


True North
« Sans faire un bruit la neige tombera et j'attends que la nuit et la ronde des heures me ramènent à toi. Et quand sans faire un bruit la neige doucement s'en ira... C'est la nuit et la ronde des heures qui te ramènera. »



C
e jour-là, même en début d'après-midi, le temps ne s'éclaircissait toujours pas. Même au cœur de l'automne, Winterfell avait des airs de château hanté. Accoudée au parapet du chemin de ronde, lady Yelina, fille aînée de la descendance Stark, famille suzeraine du Nord, contemplait mélancoliquement les plaines et les montagnes qui s'étendaient tristement jusqu'à la lisière du Bois-aux-Loups. Elle aimait cet endroit calme et rassurant. Elle s’y sentait parfaitement protégée contre les multiples dangers du monde… Sous ses yeux, Winterfell se déployait dans toutes les directions, tel un labyrinthe colossal de moellons gris, de murs, de tours, de cours, de tunnels, de salles tantôt si hautes et tantôt si basses, dans les parties les plus anciennes, que leur décalage interdisait de se prononcer sur l’étage exact. Le regard perdu dans la brume, elle cherchait vainement quelque signe annonciateur de la fête des Moissons. Les orages de l'été avaient été exceptionnellement violents cette année-là. Depuis plusieurs mois, le fracas du vent n'avait cessé de gronder, jour et nuit, au pied des murailles du château, au point d'empêcher, à maintes reprises, hommes et bêtes de trouver le sommeil. Winterfell... Étrange silhouette de granit dressé au beau milieu des plaines centrales du Nord, situé en bordure de la route royale, entouré d'un grand bois sacré de trois âcre. Il est, aux yeux de certains, le dernier vestige du grand et légendaire Brandon le Bâtisseur issu des Premiers Hommes. Les rares habitants de la région voyaient, eux, dans cette sombre forteresse presque toujours noyée dans d'épais nuages gris et survolé par d'innombrables corbeaux, un lieu mystérieux mais ô combien grand et sécuritaire. Certaines légendes planaient toujours sur la construction de la forteresse, vieilles croyances qui avaient fait rire à gorge déployée son ancien propriétaire, lord Cregan Stark. Pourtant, face à ce site grandiose, Yelina n'avait jamais ressentit de lassitude ou souffert de solitude. Elle avait toujours été entourée de son imposante fratrie de frères et de sa sœur cadette Cylia. Orphelins très jeunes, ils avaient été élevés convenablement et apprenaient aujourd'hui à vivre sous la tutelle de leur frère aîné, lord Beron Stark...

En soupirant, la jeune femme songea à ce qu'était cet endroit lorsque le soleil daignait se montrer. C'était vrai, dès que le ciel devenait clair, les rochers, les landes, la forêt et toute la nature autour de Winterfell se mettait à étinceler, comme les bijoux que portaient les grandes dames des autres territoires du Sud; Yelina leur préférait cette petite chaîne d'argent aux reflets changeants – souvenir de sa mère morte prématurément, épuisée à la suite de grossesses successives. Ainsi impatiente de voir les feuilles devenir tout de feu en cette saison des Moissons, la jeune lady avait délaissé momentanément ses travaux d'aiguilles pour venir se percher là-haut. « ▬ Yelina, que fais-tu là?, s'enquit alors son frère Jonas, Je te croyais dans tes appartements? De tous les appartements de Winterfell, ceux de Yelina étaient les plus douillets. Il y faisait toujours doux et il était rarement nécessaire d'y faire un feu. Les sources chaudes, sur lesquelles les bâtisseurs de Winterfell avaient irrigués les fondations, réchauffaient et attiédissaient naturellement la pièce. Ainsi l'eau brûlante embuait-elle régulièrement les bains de lady Yelina et les murs de sa chambre avaient cette texture qui rappelait la moelleuse d'une chair... Pourtant, à la suite de nombreuses heures cloîtrées dans ses appartements, elle avait eu le besoin de sortir pour respirer l’air glacial et pur du Nord… ▬ Je voulais simplement... disait-elle maladroitement, surprise par son frère dans ces instants de profonde réflexion, je voulais simplement briser la monotonie des jours.Briser la monotonie des jours?, se moqua Jonas sans la moindre lueur de méchanceté, Tu as plutôt perturbé la routine de plusieurs; Savais-tu,Yelina, que pour la plupart des serviteurs, ne pas te voir dans ta chambre est synonyme de panique? S'enjoignit alors à son ricanement les rires de Yelina qui s'imaginait alors la tête des servantes qui avaient découvert sa suite vide de toute vie ».

[…] L'heure passait et les minutes s'étaient déjà beaucoup écoulées. Lady Yelina Stark revint à son ouvrage, puis, ne sachant comment l’amender, finit, non sans soupirs, par reposer l’aiguille et par reporter sa maussaderie vers les volets ouverts de sa chambre. L’obscurité tombait peu à peu sur Winterfell. Déjà, elle percevait l’éclat orangé des torches qu’on enflammait tour à tour entre les murs de la forteresse. Cette demeure naturellement sombre et obscure nécessitait, dès la nuit tombée, l’éclat de centaine de torches pour ne pas se laisser envahir par les affres d’une terreur sourde. Désœuvrée, elle se leva doucement, quitta son banc et s’en alla vers la fenêtre. Elle regardait d’un œil distrait les gardes patrouiller en contrebas, et songeait aux nombreuses nouvelles qui parcouraient le château. S’il lui était parvenu l’écho d’une attaque des Fers-Nés, elle avait également entendu, à contrecœur, une quelconque rumeur concernant les fiançailles de sa sœur cadette Cylia à Lorant Trant, héritier de la maison Trant. Si elle était évidement heureuse de la savoir éventuellement engagée, elle était également triste de s’imaginer la perte considérable que ce mariage annonçait. Cylia quitterait forcément le Nord pour rejoindre les terres de l’Orage. Dès lors, Yelina n’aurait plus cette autre présence féminine à ses côtés, elle craignait de perdre cette relation si précieuse qu’elle entretenait avec Cylia depuis leur naissance…

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Dernière édition par Yelina Stark le Mar 17 Avr 2012 - 20:48, édité 5 fois
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Message Mar 3 Avr 2012 - 23:29

      Le bassin s’étendait à ses pieds comme un immense miroir d’argent, dont la surface placide, impassible, imperturbable, reflétait la course du ciel au-dessus d’elle et piégeait le chuintement des feuilles dans son verre liquide. Pas un instant les cieux n’avaient daigné ôter leur manteau nuageux. Pas même alors que le soleil, derrière les nuées, commençait à décliner et chutait. Pas plus lorsqu’il serait englouti par l’ouest et que ses rayons mourraient à l’ombre de la nuit, que se lèverait le voile nocturne et son étincelant tapis de diamants stellaires. Un léger vent septentrional fouettait la cime des arbres du bois, bordant l’inexpugnable forteresse d’une senteur de sel et de sang, et jouait avec les mèches volatiles de ses cheveux de jais. Cylia Stark inspira à pleins poumons, offrit son visage aux firmaments appréciant le contact moelleux des courants d’air diurnes sur sa peau, non point froids mais au contraire chargés d’une étonnante douceur. Une douceur, elle ne le savait que trop bien, trompeuse, mais une douceur dont elle entendait bien profiter.

      Assise sur la rondeur d’une pierre recouverte de mousse et de neige, la Stark trouva refuge à l’ombre du gigantesque barral qui trônait fièrement au centre du Bois Sacré de Winterfell, jetant de ses yeux morts des regards pourpres sur le présent. Même lorsqu’elle était enfant, jamais Cylia n’avait eu peur de la longue face aux traits mélancoliques sculpté à même le tronc d’ivoire. Pas une seule fois, en dépit des larmes sanguinolentes qui barraient ses joues craquelées, ouvertes et veinées de rouge, en dépit de son teint blafard et de son visage au supplice, en dépit encore de la lie de vin de ses feuilles qui, à l’automne, tâchait la neige de sang. Enfants, sa sœur et elles avaient trouvé dans l’arbre le confident de leurs secrets et, même maintenant, alors que ne subsistait nulle trace de leur enfantine candeur, le visage immobile était le gardien de leurs pensées les plus profondes. C’était presque un ami, un membre de la famille, dont l’oblongue figure n’était pas sans rappeler le chevalin des Stark.

      Enserré de remparts funèbres, le bois sacré embaumait l’humus et l’exhalaison résineuse des vigiers vert de gris, des chênes énormes aux troncs distordus, des ferrugiers aux feuilles de nuits, des frênes, des aubépines et des pins plantons. Les sources chaudes imprégnaient l’air de leur humidité fertile et déversait sur le tapis de feuilles une brume aux ombres dansantes qui, à l’aurore, donnait au bois une allure fantomatique. C’était ici même qu’elle venait retrouver Lorant, lorsqu’il vint pour la première fois à Winterfell, lors de leurs entrevues qu’elle chérissait. Elle se revoyait presque assise au creux d’un arbre, tout près du Trant. Elle s’entendait lui dire des banalités qu’il écoutait avec un intérêt démesuré, croiser son regard de ciel et de mer, voir jouer la lumière sur les reflets d’or de ses cheveux. Elle se voyait rougir de sa main hasardeuse replaçant une mèche d’ébène derrière son oreille. Ces souvenirs, si lointains et si nets à la fois. Peut-être idéalisés. Tant aimés. Mais c’était de lettres, dont elle devait se contenter.

      La louve déplia les parchemins qu’elle avait pris au mestre à la dérobée, et plongea la pointe effilée de sa plume dans le verre, regardant l’encre noire entamer sa lente ascension le long du calamus. Pour l’égoutter, elle tapa simplement le bout de la plume sur le rebord en cristal, puis la posa sur le parchemin, traçant les premières arabesques, les premières boucles de sa pensée. Une goutte, une simple goutte, glissa et perla et s’écrasa sur le papier, qui la but avidement, dans un bruit mat. Juste une goutte, une simple perle, noire comme la nuit, qui, à la lueur d’un jour hésitant, semblait lui sourire avec dédain.

      Très cher Lorant,…

      *
      **

      C’était la nuit. L’obscure lumière des étoiles filtrait à travers les meurtrières du corridor, jetant des feux éthérée sur les dalles de pierre. La Lady s’accouda au rebord, respirant à plein nez l’âpre senteur du Nord. L’effluve musqué des arbres, la douceur de l’humide bois, n’avait rien à envier au parfum des huiles et des fleurs mourantes. L’automne s’annonçait, ballet d’ocre et d’or, et dansait devant Winterfell, soumise à son inéluctable beauté. Elle le savait, l’automne annonçait les moissons, les moissons annonçaient la fête et, Beron le lui avait promis, la fête annonçait le retour tant désiré de Lorant Trant. C’est le cœur léger et la pensée souple qu’elle marcha vers ses appartements, peu soucieuse alors de se faire discrète alors que la forteresse commençait à glisser dans le sommeil. Tandis qu’elle s’apprêtait à passer la porte, la lueur chatoyante d’une bougie attira son regard derrière le lourd battant de bois qui ouvrait sur la chambre de sa sœur aînée, laquelle se trouvait nonchalamment acppuyée à une fenêtre. C’était étonnant de la voir veiller si tard. Inquiète, Cylia tapa à la porte et pénétra la pièce chaleureuse sans s’embarrasser de politesses.

        « C’est une bien douce soirée pour se sentir morose, ne crois-tu pas ? »


      Assise sur le lit de sa sœur, elle l’invita à prendre place à ses côtés. La Stark jeta un regard circulaire. D’ordinaire, jamais pièce, dans Winterfell, ne semblait plus pleine de vie que la chambre de Yelina Stark. Il y avait dans les murs quelque chose de vivant, dans les tentures une animation virginale, les superbes broderies – qu’elle était douée ! – de Yelina colorait la grisaille du Nord et jetaient des arcs-en-ciel sur les murs. Mais là, point d’humeur, point de joie. Point de musique, ni de conte. Rares étaient les occasions où l’aînée des deux sœurs ne faisait pas preuve de vivacité et de plénitude mais, à de nombreux égards, cette soirée en était.

        « Quelles pensées te tracassent ? Tu peux m’en parler… J’ai peine à te voir ainsi. » avoua-t-elle enfin.


      Les nouvelles du Nord n’étaient certes pas réjouissantes ces derniers temps, et chacun dans la forteresse se faisait de plus en plus préoccupé. Mais là ! N’était-ce pas chose courante en deçà du Mur ?


[HRP: Mille tout pile Désolée pour le temps que ça m'aura pris ! J'espère que ça ira. Si tu as besoin que je change quelque chose, n'hésite pas !]
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Message Mer 18 Avr 2012 - 23:12


True North
« sans faire un bruit la neige tombera et j'attends que la nuit et la ronde des heures me ramènent à toi. et quand sans faire un bruit la neige doucement s'en ira... c'est la nuit et la ronde des heures qui te ramènera. »


Le lit de braises palpitait comme le cœur de quelque animal géant. De temps à autre, tandis que l’aînée des deux louve du clan Stark adressait une quelconque prière lointaine aux anciens dieux du Bois-aux-Loups, une grappe d’étincelles dorées jaillissait et courait à la surface du bois pour disparaître dans une crevasse incandescente. Les restes du feu mourant teintaient les murs de ses appartements d’une lueur rouge tandis qu’un bourdonnement de questions montait autour de la douce Yelina; les travaux domestiques, la couture, les rangements, les provisions d’hiver, les leçons de rouet de septa Lorine avaient, certes, aidé la Dame du Nord à tromper son agitation durant un temps. Toutefois, malgré ses devoirs de maîtresse de maison, la jeune femme était restée à l’affût de la moindre rumeur rapportée du marché par les servantes ou quelques autres serviteurs de Winterfell. Malheureusement, ces derniers temps, les bonnes nouvelles étaient rares et la mauvaise saison resserrait chaque jour plus étroitement son étreinte autour des murailles solitaires de la forteresse, tandis que l’angoisse et le désespoir s’installaient plus profondément dans le cœur de Yelina. Elle restait parfois des journées entières cloîtrée dans sa chambre comme une bête malade au fond de son terrier. Et si les rumeurs entre les murs de Winterfell et au-delà de ses remparts se révélaient fondées quant aux intentions hostiles des Fers-Nés? Cela signifierait, assurément, qu’un horrible bain de sang les menaçait tous, dans un futur proche; viendraient-ils par la Mer? Accosteraient-ils sur les rivages de Motte-la-Forêt? Passeraient-ils par un autre chemin tout aussi anodin, une rive mal surveillée, une crique mal protégée? La Stark resta perplexe et s’accouda davantage au bois de sa fenêtre, pensive: « ▬ J'aimerais mieux vivre à une époque ennuyeuse par manque d’événements, songeait-t-elle en jetant des œillades inquiètes en direction des torches vacillantes en contrebas, trop de bouleversements rendent la vie impossible ». Que les sept et les anciens dieux l’entendent, hélas, elle n’était pas née à la bonne époque pour connaître cela. Devrait-on abandonné le château aux abords du Bois-aux-Loups? Devrait-on se réfugier autre part? Ses jeunes frères seraient-ils appelés au combat? Beron et Jonas étaient des hommes faits depuis plusieurs années; ils maniaient magnifiquement la lame de leurs épées et savaient engagés un combat, mais le reste des loups de la meute, de l’importante fratrie des Stark, lui semblait encore trop jeunes, trop inexpérimentés pour se lancer au combat. Plusieurs mois d'entraînements n'auraient suffit à apaiser son cœur de sœur aînée; des années n'y auraient même rien changé. La perceptive que l'un d'entre eux meurt au combat lui était insoutenable et insupportable... « ▬ Les Fers-Nés sont des barbares d'une inimaginable cruauté!, lui avait confié septa Lorine lors de ses travaux d'aiguilles des derniers jours, et, par les anciens, ils sont si nombreux! Le Nord à lui seul ne pourrait pas contenir l'attaque de ses monstres! Si personne ne nous prête main-forte pour rejeter ces sauvages à la mer, sachez que nos jours sont comptés... ». Voilà un monologue qui n'aida en rien la louve aînée de Winterfell à conserver son calme. Ce jour-là s'était-elle laissée ronger l'estomac par les affres d'une terreur sourde, si bien qu'elle s'était assoupie avant l'aurore. Malgré le cynisme de cette affirmation, Yelina persistait à croire que son frère, lord Beron Stark, serait en mesure de repousser les assauts de ses rustres sauvageons des Iles de Fer. Elle avait cette confiance aveugle en lui comme s'il fût son propre père, ce qui était un peu le cas puisqu'ils étaient tous devenus des orphelins à un âge prématuré. Une fois encore la tristesse et le désenchantement pathétique que lui inspirait quelconque rumeur bouleversèrent la Stark, qui sentit vibrer en elle les fibres d’un attachement dont elle n’avait sans doute pas encore mesuré la profondeur…

Le Nord était sa maison, sa partie, son sanctuaire. Il y avait grandit, la neige avait toujours été son terrain de jeu. Elle l'avait vu naître, l'avait vu grandir et Yelina aspirait que cette vieille amie soit présente le jour de sa mort. De tous les bons souvenirs qui lui venaient en tête, elle en avait toujours irrévocablement fait partit. Et du bord de sa fenêtre, la Stark s'était surprise à rêver distraitement ce qu'avait l'air les terres du Nord du haut des airs. Tel un aigle – puisqu'ils étaient fort plus majestueux que ses maudits corbeaux – son esprit s'envola. Par-delà les remparts de Winterfell, se cabraient les collines et plus s'accentuaient, aussi, la sauvagerie de cet environnement mystique. La nature lui révélait des montagnes gigantesques peintes d'un gris-bleu froid. Et leurs sommets, bien que l'été tirait à sa fin, étaient recouverts de neige, de poudrerie et décorés de pics, qui tels des étendards, de longs panaches de cristaux de glace, étaient les casques des montagnes. À l'ouest se dessinaient, grises et accidentées, des collines rocailleuses qui, plus la chevaucher avançait, s’aplatissaient en une plaine qui moutonnait vaguement à perte de vue. Entourée de chênes et de résineux tapissée de bruyères noires, le vent frais du sud portait jusqu'à leur narine l'odeur de ferme et de bétails. Puis il y avait le mur, l'un des plus anciens patrimoine du Nord, qui s'étendait, tel une carcasse monstrueuse de glace, qui marquait la frontière entre le Nord et le monde hostile inexplorée. D'est en ouest, de Fort-Levant jusqu'à Tour Ombreuse, des hommes protégeaient ainsi le royaume des Sept Couronnes de l'attaque des Sauvageons et des Autres. La Garde du Mur faisait d'énormes sacrifices chaque jour pour veiller à la sécurité de leur peuple....
Et si la neige et le froid du Nord repoussait bon nombres de voyageurs, seul les nordiens et les nordiennes pouvaient défendre avec vigueur et acharnement la beauté blanche de leur contré. Yelina était bien entendu l'une de ses farouches guerrières qui défendait l'honneur de sa maison. Secondée Beron n'avait été de tout repos, et veiller à l'entretient de la maison n'avait jamais été une tâche facile. Mais il était de son devoir d'aînée d'être aussi prévenante envers toute ses choses, de connaître l'histoire de son pays, car après tout, partout sur Westeros, L'hiver vient.

[…] L’obscurité maintenant était là, s’épaississait autour d’elle, envahissait les coins les plus reculés de la pièce. Frissonnante, elle songea, les yeux fermés, à l’ombre immense des pierres levées au sommet de la tour foudroyée, à la cohorte des chevaliers et guetteurs brandissant haut leur torche dans la nuit de Winterfell… Puis le visage de l’Arbre creux se dessina avec précision, énigmatique et troublante vision se superposant presque exactement à celle des visages de pierre de la Crypte. Vint ensuite la silhouette de Beron, toute de noir vêtue, marchant courbé à pas lents au milieu de ses sujet, blessé, livide, l’air mourant, Glace en main immaculée de sang… La lueur d’une torche, bien réelle celle-là, arracha soudain la Stark à ses ombres. Perdue dans sa méditation, elle n’avait plus aucune notion du temps ni de l’espace. La pièce baignait dans un silence religieux; aussi commença-t-elle à se désintéressée de la vie nocturne des gardes pour fixer le feu, l’esprit tendu vers cet unique but, cette idée fixe qui, peu à peu, envahissait tout son être: partir ailleurs… ailleurs… « ▬ C’est une bien douce soirée pour se sentir morose, ne crois-tu pas? Sursautant au coin de la cheminée, Yelina Stark redressa brusquement la tête en direction de la porte d’où semblait lui provenir cette voix harmonieuse. Sa sœur cadette, la douce et jeune Cylia venait de la surprendre dans ce grand moment de faiblesse et de désarroi. Elle qui avait toujours souhaité projeté une image forte et maternelle, voilà qu'elle se désistait de ce rôle pour la toute première fois aux yeux de sa cadette. Haussant négligemment les épaules, les yeux à demi-boursoufflé et rouges, elle alla rejoindre Cylia sur assise sur son propre lit. Recouvert de fourrure blanches, grises et brunes, de tout l’ameublement de sa chambre, son lit raisonnablement grand et large faisait la fierté de la louve. Il y avait bercé Darren, elle y avait même bercé tous le monde à l'exception de Beron et Jonas qui étaient trop âgé à l'époque. ▬ Quelles pensées te tracassent ? Tu peux m’en parler… J’ai peine à te voir ainsi Les deux sœurs Stark avaient toujours été très prévenante l'une envers l'autre. Veiller l'une sur l'autre ne découlait pas simplement du sang commun qu'elles partageaient, mais plutôt de l'amour fraternelle qu'elles entretenaient depuis toujours. Ainsi mentir plus longtemps à Cylia lui était inutile, mais comme elle n'était pas ce genre de femme à se plaindre ou a détailler ses états-d'âmes, elle passa fébrilement le revers de sa main sur ses yeux humides et lui offrit un petit sourire lorsqu'elle lui affirma simplement: ▬ Rien que ta présence à mes côtés ne saurait effacée, je puis te l'assurer Cylia. Puis, désireuse de chasser la mélancolie de la conversation qui naissait, mais également afin de redevenir cette image si cajoleuse qu'elle était, elle s’imprégna de la même douceur qui se dégageait de sa chambre pour poursuivre la discussion. La Stark réalisa, soudainement, qu'il se faisait bien tard pour qu'elles se retrouvent ainsi au beau milieu de la nuit: Ne devrais-tu pas être assoupie à cette heure ? Tu sais que te trouver hors de ta chambre aussi tard ne plaira pas à septa Lorine; ce sera également synonyme de panique chez tous les serviteurs de Winterfell... Elle dissimula mal son amusement à ses mots. S'imaginer les pauvres serviteurs se démené sous les ordres sévères de septa Lorine pour la retrouver lui évoquait ce souvenir où elle-même s'était aventurée hors de ses appartements au beau milieu de la nuit pour aller rejoindre Beron... Décidément, elles se ressemblaient plus encore d'un point de vue moral que physique... mais n'était-ce pas l'essentielle d'une relation entre sœurs?

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Message Mer 2 Mai 2012 - 23:15

      Un courant d’air glacial fit frémir les boucles de Yelina. Le frisson naquit dans le creux de ses reins, remonta la pente abrupte de son dos et, déchaîné, se logea dans sa nuque pour y mordre avidement. Il couva son excitation et, finalement,explosa. Par la fenêtre ouverte s’immisçait le Nord, de proche en proche éclairé par le halo vaporeux de d’une Lune fumante. Virginale Lune, plein et blanc flocon dont les cristaux s’évasaient comme les rayons d’un soleil froid. Le ciel dégagé était soufflé par un vent cinglant qui laissait tout doucement mourir la rigueur de l’été. Le printemps filait, lassé et délassé, et chassait devant lui les mois houleux de la sécheresse. Winterfell s’était peuplée, la ville d’Hiver avait enflé tant par l’arrivée subreptice du froid que par celle messagers aux ailes noires. Les nouvelles étaient amères, salées, et n’allaient pas en s’arrangeant. Ses frères aînés, par ailleurs, semblaient de plus en plus préoccupés. Elle ne doutait nullement que la crainte devait aussi saisir le cœur de sa sœur. Elle-même puisait dans l’amour coalescent de sa fratrie la force de ne pas avoir peur. La louve se leva prestement, sa démarche dansait, et ferma délicatement les battants, laissant cogner le froid malheureux sur les pans de verre, non sans un regard confiant pour les sangs rougeoyants qui flambaient en haut des tours de garde. Après avoir regagné la place que lui réservait sa sœur, elle lui passa un bras protecteur autour des épaules et lui murmura doucement que, quoiqu’il arrive, « Lorsque l'hiver vient, le loup solitaire meurt, mais la meute survit ». Combien de fois l’avait-elle entendue, cette phrase ? Cylia détourna le regard sitôt que Yelina essuyait la courbe de ses yeux, gênée. Elle n’avait jamais imaginé sa sœur que comme une femme forte. La voir ainsi abattue avait quelque chose de dérangeant, comme si elle avait connaissance d’une terrible vérité qu’on lui cachait impunément.

        « Ne devrais-tu pas être assoupie à cette heure ? Tu sais que te trouver hors de ta chambre aussi tard ne plaira pas à septa Lorine; ce sera également synonyme de panique chez tous les serviteurs de Winterfell... »


      « Qu’importe les sermons ! Et ils paniquent pour un rien. » Cylia Stark mi-riante, mi-souriante, dévoilant une rangée de dents droites et blanches. On l’avait souvent complimentée sur son sourire, sur la façon dont la commissure de ses yeux se brisait en un millier de pattes d’oie, sur la lumière prude et innocente qu’il apportait à son visage. Elle-même se devait d’admettre que sourire, c’était jeter un feu ardent dans la neige. Ça laissait des marques incandescentes. Devant le regard perplexe de sa sœur aînée, le même regard qu’elle, à la fois sauvage et intelligent, la même couleur d’ardoise claire, de nuit d’orage, la brune trouva opportun d’expliquer qu’elle revenait de la roukerie. De sa serviette de cuir, elle sortit plume et encre, qui luisait au brasier comme une nuit sans étoile. Le visage de Yelina sembla s’éclaircir. Épanouis, les pétales rosés. L’ardoise humide. Un sourire fleurit même à ses lèvres.

        « J’ai écrit… Je lui ai écrit, à Lorant. (Le nom sonnait comme du miel, dans sa bouche amoureuse) Comme tous les jours depuis… Depuis… J’en avais besoin » Conclut-elle à demi-mot, coupable.


      Les paupières s’affaissèrent, tristes et radoucies. Les veinules lavande palpitaient de fatigue. Elle parlait peu souvent de sa correspondance avec le Trant. En vérité, elle parlait peu de lui. Mais personne ne pouvait ignorer l’attachement qu’elle avait aux lettres, ces moments précieux où, sans un mot, il lui disait qu’il n’oubliait rien, la promesse secrète, ni sa douleur à la savoir éternisée, année après année. Et plus que quiconque, Yelina Stark ne savait l’ignorer. Elle l’a connaissait trop bien et savait la peine de ses prunelles

        « Mais il m’arrive de me demander si tout ça vaut le coup. »


      Cylia remballa son matériel d’écriture secoua la tête négativement, chassa les pensées entêtantes et voulut changer aussitôt de sujet. Le demi-Targaryen la menait toujours sur une pente trop glissante. Elle se nourrissait de ces songes, comme la nuit se nourrit d’ombres et d’angoisse. Et de paix. La Stark prit conscience du regard profond de sa sœur sur elle. À toute vitesse, elle attrapa le sujet de substitution qui fusait dans son esprit, tripotant négligemment les peaux qui recouvraient l’immense lit de Yelina. Et ses yeux se noyaient dans les limbes de flammes qui léchaient le bois craquant.

        « À quoi donc as-tu occupé ta journée pour que la fatigue ne te saisisse dès le point du crépuscule ? Je suis harassée ! Les travaux d’aiguille m’ont brisé le dos. »


      Elle rit sans joie, mais l’intérêt était sincère. Sa sœur avait un donc pour occuper l’esprit ; sa voix était ronde et douce, chaude comme le sein d’une mère, l’intonation harmonieuse et fluide. La brune ne se lasserait jamais de l’entendre lui raconter des anecdotes, des rumeurs ou des histoires. Habitude d’enfant, teneur du souvenir. Sur ce même lit, elles avaient passé des nuits entières, à la lueur d’une chandelle. Et bien que toujours sévèrement réprimandées,… Cylia Stark aimait à se rappeler.


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