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Nouvelle vision de Port-Real [Libre]

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Message Mer 21 Mar 2012 - 15:18

Ygon observa un moment la cour du château familiale, tandis qu'il vérifiait que sa selle était correctement attaché sur sa monture. Il n'avait jamais réellement quitté Bois-Moucheté, certe il s'en était absenté, mais toujours dans l'intention d'y revenir. Mais aujourd'hui c'était différent, il partait pour un temps indéterminé. Le château l'étouffait, il avait besoin de connaître de nouveaux horizons. La vie en dehors du désert de sable l'intriguait, il en avait eu un aperçu en se rendant au tournoi de Port-Real, mais souhaitait vivre d'autres expériences. Asga'ir s'ébroua ramenant le jeune homme à l'instant présent, Ygon se permit un sourire, terminant l'ajustement des sangles. L'un des deux hommes d'armes qui l'accompagnaient s'approcha de lui.

-"Tout est prêt, Ygon, nous n'attendons plus que toi"

Il lui jeta un bref regard avant de rejoindre sa monture. Ygon se rendit auprès de ses parents pour les saluer. Sa mère était l'une de ces femmes que la vieillesse embelissait. Elle se tenait fière et droite, et le prit dans ses bras presque maladroitement une dernière fois. Il fit semblant de ne pas le remarquer. Avec son père, il se contenta d'échanger un regard. Ils savaient tous deux que le chevalier Santagar était fier de son unique fils. Mais dans ses yeux, le jeune homme pût tout de même y lire. "Va mon fils, et reviens-en grandit."

Ygon fit un bref signe à ses deux compagnons d'armes et tous trois franchirent les portes du château de Bois-Moucheté. La première journée se limita à une inspection des quelques fermes qui se trouvaient sous la protection des Santagar au cas où ceux-ci auraient éprouvé quelques problèmes. Mais le chevalier administrait correctement son domaine, alors les soucis restaient assez rares.

***
Citation :

L'observation...
La découverte...
Lui...

Repos apprécié, attente impatiente, départ attendu.


Je prends mon envol du haut du gros rocher de pierre, dans lequel Il a fait son nid. Je le vois, Il est rassemblé avec les autres comme lui. Puis Il part, enfin. Depuis hier, je suis sur le gros rocher, loin des arbres, dans cet endroit jaune où il faut trop chaud. Je veux qu'on aille ailleurs, loin de cet endroit. Dans un endroit où les proies ne se cachent pas dans le sol, à peine je les approche. Je lance un cri à l'intention du ciel. La liberté de voler sans entrave. Mes ailes s'incurvent et je passes près de Lui. Il m'observe, lève sa patte pour que je puisse me poser dessus. Je gagne un morceau de lapin crû. Je Le regarde un court moment, avant qu'Il ne me relance dans les airs. Je m'envole, heureux de pouvoir voler. Ne comprenant pas comment lui ne veut pas me rejoindre.

***

Ygon abaissa légèrement le bras avant de le remonter, offrant à l'oiseau un peu d'élan pour s'envoler, puis il le suivit des yeux, enviant à l'oiseau cette liberté qu'il avait. C'était pour cette raison que depuis qu'il lui avait retiré le capuchon qui avait permis sa capture, il ne lui avait que rarement remis, bien que cela soit un point de désaccord entre lui et l'homme qui lui avait appris la fauconnerie qui avait tendance à systématiquement cagouler et attacher son oiseau. Les rapaces n'étaient pas de simples outils, c'étaient avant tout des êtres vivants qui ne méritaient pas de se voir restreindre leurs mouvements. La seule exception qu'il faisait était d'attacher une chaînette à Slyan quand ils se rendaient dans un endroit avec beaucoup de monde. L'oiseau restait un animal sauvage qui pouvait avoir des réactions imprévues.

Leur voyage dura un peu plus de trois semaines, avant qu'ils n'aperçoivent les murailles entourant Port-Real. Ygon avait choisi cette cité parce qu'il en avait déjà eu un aperçu et que cette destination en valait bien une autre. Maintenant qu'ils étaient arrivé dans la cité, il leur fallait trouver une auberge avant de tenter de retrouver le contact de son père.

***
Citation :

...Le bruit
...Les odeurs
...La prison

Sons dérangeants, fumets agressifs, sentiment d'étouffement.


Je vole, je quitte la terre jaune pour découvrir d'autres terres. Des montagnes si hautes que je ne peux voler à leur sommet, puis une terre verte et plate. Enfin j'arrive dans une forêt. Je peux enfin chasser et me nourrir à volonté. Comme si ici les proies n'ont jamais vu de comme moi. L'horreur, je crois que cet endroit ne peut porter d'autres noms et Il s'y dirige. Comment les comme Lui peuvent-ils supporter cette vie ? Vivre au milieu de tant de bruits et d'odeurs différentes. J'ai tôt fait de retourner dans la forêt à l'abri.
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Message Mer 28 Mar 2012 - 19:05

Une journée comme une autre à Port-Réal. Une de plus. Parfois, Barra se demandait quel effet cela lui ferait de s'installer là pour de bon, d'avoir un toît et une famille à retrouver chaque soir. Invariablement, il lui suffisait de lutter pour se frayer un chemin dans ces rues grouillant de monde et d'odeurs humaines, d'entendre piailler marmailles, mégères et marchands pour se rappeler à quel point la forêt pouvait être hospitalière. Port-Réal était une cité incroyablement stimulante à sa façon, et elle s'y rendait à chaque fois que l'envie lui prenait de retrouver ses congénères, ou quand elle avait ses affaires à mener, mais vivre dans ce cloaque et ce tintamarre assourdissant ? Plutôt partager la tanière d'un ours...

Elle n'était pas là pour s'amuser, cette fois, mais par simple souci de survie. Elle avait besoin d'argent pour s'acheter des vêtements plus chauds à l'approche des premiers froids et elle emportait dans sa hotte un certain nombre de choses à vendre pour remplir son escarcelle. Elle fit un tour chez Yu Pon l'herboriste, puis chez un tanneur intéressé par des peaux de lapin, laissa un sachet contenant des crocs de vipère au charmant Aaron avec qui elle avait régulièrement rendez-vous dans les bas-fonds de la cité, et termina sa tournée par le plus lucratif de ses commerces dans un bordel cossu du quartier riche.

En règle générale, elle n'aimait pas spécialement les courtisanes, surtout celles qui se donnaient des airs de ladies, mais elle les tenait tout de même en plus haute estime que les ladies elles-mêmes et leurs suivantes : être une catin n'était peut-être pas très digne de son point de vue, mais au moins c'était un commerce honnête. Être une aristo revenait juste à vivre comme une tique sur le dos du peuple ; quant aux domestiques, ils n'étaient guère plus que des esclaves consentants, bradant leur liberté et leur intégrité contre la promesse d'un repas régulier et d'un abri pour l'hiver. Plutôt vendre son corps que d'en arriver là, songea-t-elle avec dégoût.

Le bordel auquel elle se rendait n'était pas le seul avec lequel elle faisait affaire, mais à ses yeux ils se ressemblaient tous. C'était typiquement le genre d'endroit où de nobles puceaux venaient se déniaiser en catimini. Des dorures, des machins exotiques, assez de parfums mélangés pour lui donner envie de rendre son repas, et des filles à moitié à poil avec des plumes dans les cheveux. Les plumes colorées venues des îles étant une rareté, les plumes du Bois-du-Roi avaient aussi leurs adeptes. Ravie de la voir débarquer à cette heure où aucun client ne risquait de pointer son nez, la tenancière de l'établissement, une matrone velue qui avait hérité la maison de son frère après le Fléau de Printemps, l'introduisit dans le salon principal et la laissa sortir son ballot de plumes de sa hotte. Elles étaient toutes soigneusement rangées dans des passants percés dans la toile, en parfait état, et bientôt un attroupement se forma autour de la marchandise.

Nonchalamment calée dans un sofa, les talons de ses bottes salissant les coussins de velours mauve, Barra sortit une ébauche de figurine de sa besace et se mit à la travailler avec son couteau, pendant que les perruches fardées se chamaillaient et gloussaient stupidement autour de la table où s'étalait l'objet de leur convoitise. Au bout d’un moment, les fadaises de cette clique parfumée commencèrent à lui porter sur les nerfs ; elle n’arrivait à rien. « J’ai pas la journée devant moi ! » lança-t-elle avec impatience.

Son regard se porta sur des cages dorées suspendues au plafond, dans lesquelles paradaient de minuscules oiseaux exotiques. De si petites prisons. Si jolies et si étroites. Les oiseaux ne sont pas faits pour être en cage. Elle avait envie de prendre quelque chose de lourd et de fracasser les grilles dorées, mais ces idiots de volatiles apprivoisés n’auraient pas su où aller.

« La prochaine fois tu pourras nous dégoter des plumes de martin-pêcheur ? » lança une rouquine plantureuse au corsage visiblement trop serré. Elle ne devait pas avoir plus de dix-sept ans et elle avait le phrasé vif et rapide de Port-Réal.

Barra haussa les épaules et rétorqua d'un ton las : « Les martins-pêcheurs, ça ne se chasse pas... on gaspille pas un piège ou une flèche sur une proie qui ne calerait même pas un chaton. »

« Tu pourrais en chasser pour faire des bandeaux et des colifichets. Des plumes de ce bleu-là, ça f'rait ressortir mes yeux… mon meilleur client, Obrassadh, y dit qu'il aime mes beaux iris bleus. »

Consternée, Barra interrompit son ouvrage pour la regarder fixement. « Parce que tu t’imagines que je vais tuer des oiseaux juste pour que tu puisses assortir un bout de tissu avec tes foutus iris ? » Elle avait toujours son couteau en main et la courtisane décida soudain que les plumes de faisan feraient tout aussi bien l’affaire.

Dire que ces filles à la cuisse aussi légère que leur cervelle allaient chatouiller des nobles avec ses plumes... rien que d'y penser, elle en avait la nausée. Sans crier gare, elle se leva, marcha au milieu de la nuée et replia le ballot qu’elle fourra dans sa hotte sous les regards dépités des donzelles.

« Qu’est-ce que tu fais ? » s’exclama la patronne, outrée, sa fine moustache frémissant sous ses narines dilatées.

« A ton avis ? Je me casse, répondit la braconnière en enfilant les bretelles de la hotte. Avant de tomber raide. Y a assez de parfum et de connerie concentrés dans l’air de cette pièce pour m’étendre au tapis. Vous arrivez à respirer, vous ? Incroyable. Question adaptation, la nature fait vraiment des miracles. »

Elle jongla d’une main avec son couteau et le rengaina en voyant la foule soyeuse s’écarter devant elle. Elle était de meilleure humeur tout à coup. Elle n’avait pas choisi les dangers d’une vie de fugitive pour faire des ronds-de-jambe à des courtisanes aux exigences insensées.

Une fois dehors, elle retourna vers Culpucier où elle tomba sur un spectacle divertissant. Un homme habillé de manière étrange cheminait dans la foule d'un air perdu, un oiseau encore plus étrange que ses habits perché sur son épaule. Un fou ? Un saltimbanque ? Il n'avait pas la tête de l'emploi. Et où est-ce qu'un fou aurait trouvé un oiseau pareil ? Sa couleur de peau laissait supposer qu'il venait de Dorne, ce qui pouvait expliquer la tenue, mais le rapace avait la blancheur d'un animal venu du Nord. De plus en plus bizarre. Piquée de curiosité, elle se plaça sur sa route et l'apostropha.

« Vous avez l'air perdu l'ami... Je peux vous aider ? » Elle espérait ne pas avoir l'air trop mal attifée. Elle avait mis sa robe rouge et elle s'était peignée pour ne pas faire tâche dans le décor, mais il portait des vêtements de bonne qualité et il dédaignerait peut-être son offre impromptue.
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Message Lun 2 Avr 2012 - 18:37

Le dornien se dit que ses souvenirs de la ville avait été faussé par son jeune âge, il ne se souvenait pas de cette telle cacophonie de bruits et d'odeurs d'origines différentes.
Il se demanda pourquoi il s'était rndu dans ce lieu pour espérer y trouver le contact de son père, ce dernier avait été assez vague, mais Ygon doutait que l'homme se trouve ici. Il allait ordonner à l'un de ses compagnons de leur trouver une auberge quand une femme s'approcha d'eux. Le dornien se tourna vers elle, esquissant un salut poli.

Slyan s'agita, cette agitation ne semblait pas lui convenir non plus. Il battit quelques instants des ailes avant que le fauconnier ne se tourne vers lui pour lui murmurer quelques mots d'apaisement. L'oiseau mordit quelques temps sa serre avant d'observer la femme en rouge. Il fallait dire que sa robe tranché sur les couleurs sales et ternes des habitants de ce quartier.

***
Citation :

L'agitation...
Le fourmillement...
L'ensemble...

Mélange de bruits, humeur oppressée, évasion impossible.


Je vois l'autre, mais elle semble différente de Lui, sa crête est plus longue. Je veux partir loin d'ici, de tout ces autres qui sont ici. Mon regard se porte sur ma serre, dessus est accroché une chose froide et dure qui m'empêche de m'envoler. Je ne veux pas essayer, mes deux dernières tentatives échouent encore. Je suis en colère, Lui m'a mis cette chose froide. Je lance un cri, les autres s'écartent, ils semblent avoir peur. Je bats des ailes, la tactique semble fonctionner. Un espace se créé.

***

Ygon sentait que Slyan s'agitait trop ici, il regrettait d'avoir imposé à l'oiseau de venir ici, au milieu des habitants pauvres de la cité. Il reporta son attention sur la femme en robe rouge. Elle non plus ne semblait pas d'ici, bien qu'il ne sache pas pourquoi il avait cette impression.

-"Oui, mes compagnons et moi cherchons une taverne pour quelques jours."

En faisant un geste pour englober les deux guerriers qui l'accompagnaient.

-"Je suis venu dans cette ville, mais c'était il y a trop longtemps pour que j'en garde des souvenirs utiles."

Il essaya de sourire, conscient que son apparence n'était pas forcement des plus habituelles dans cette contrée, surtout avec son oiseau de proie qui semblait s'énerver. Slyan lança un cri perçant et se mit à battre des ailes, sans essayer de s'envoler cette fois. Chose qu'il n'aurait pu faire, comme Ygon avait préféré l'attacher. La foule autour d'eux s'écarta brutalement, et le sourire d'Ygon se fit sincère tandis qu'une lueur malicieuse brillait dans son regard.

***
Citation :

Le souvenir...
Le désir...
L'hier...

Attirance lointaine. Départ précipité. Longues heures.


Depuis que je pars du nid, je ne veux pas y retourner. Je ne sais pas si les autres comme moi sont toujours en vie ou non. J'ai toujours cette sensation que quelquechose m'attire vers le sud. Je ne sais pas si je dois rester ici, ou partir vers le sud.
Je vole dans le ciel, ma proie est là, un lapin, il court parmi les arbres. Bientot il se cache et moi j'ai faim toujours. Je monte un peu plus haut, quand soudain je perçois une ombre du coin de l'oeil, quelques instants après que des serres se plantent dans mon dos. J'ai mal. J'essaie de voler pour m'échapper et de mordre la serre. La chose finit par me lâcher, je tombe et parvient in extremis à ouvrir mes ailes pour ne pas m'écraser au sol. La douleur est toujours là. Je vais finir comme l'autre moi qui était dans le nid hier. Je sens un liquide chaud qui coule dans mon dos. Je ne sais jamais ce qui m'attire vers le sud alors.
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Message Dim 15 Avr 2012 - 14:30

L’inconnu ne semblait pas assez hautain pour cracher sur l’aide d’une roturière, un bon point pour lui. Son oiseau d’une blancheur stupéfiante s’agitait nerveusement. Barra ne comprenait que trop bien sa réaction ; elle se rappelait sans peine ses premiers pas à Port-Réal, elle qui avait grandi dans les vastes espaces et la solitude des bois. Avec le temps, elle avait appris à apprécier, à petites doses, ce foisonnement d’humanité… mais il lui arrivait encore d’avoir envie de dégager la place à coups de lance.

Le rapace tenta d’intimider la foule, avec un certain succès. C’était une créature impressionnante de beauté et de vitalité. Ce blanc immaculé dans la grisaille et la crasse de Culpucier… il n’était pas à sa place, pas plus que son maître et les compagnons de celui-ci. Il allait leur arriver des ennuis s’ils traînaient leurs guêtres trop longtemps dans les parages.

« Vous feriez mieux de venir avec moi » suggéra-t-elle. « Il y a une auberge qui accueille assez volontiers les étrangers. J'connais le patron, Galt, c'est un homme honnête. Enfin, autant que faire se peut, pour un aubergiste. »

Elle n'ajouta pas que nombreux étaient ceux qui auraient tenté de flouer un Dornien. Les gens de Port-Réal n'étaient pas toujours des plus hospitaliers, elle avait pu s'en rendre compte, mais avec l'expérience elle avait appris à trier l'ivraie du bon grain ; Galt de la Halte Ombragée était un de ses bons clients, un de ceux qui paient leurs dettes, et elle avait remarqué la diversité de sa clientèle. Et puis, son établissement était plutôt agréable, il fallait bien le reconnaître.

Elle entraîna donc l'homme et sa suite singulière dans la foule. « Au fait, j'm'appelle Barra. Vous venez de Dorne, hein ? Vous savez, tout l'monde ici n'aime pas forcément les Dorniens, alors faîtes gaffe à vos arrières, surtout à Culpucier. Par ici, étranger ou pas, on s'fait vite plumer comme un pigeon. Ou égorger comme un rat. Et... comment dire... vous ne passez pas vraiment inaperçus. Vous prendriez moins de risque en vous fringuant à la mode d'ici. Simple conseil, pas d'offense. »

Elle joua des coudes et fronça les sourcils pour se frayer un passage au milieu d'une bande de chenapans crasseux parmi lesquels elle n'aurait pas été surprise de voir ce petit sacripan de Rey Main-lestes. Un des enfants avait un œil en moins et une belle balafre en travers de la figure, monstruosité ordinaire dans ce quartier laissé à l'abandon aussi bien par le roi que par la Foi. Ils seraient aussi bien dans la forêt, s'ils savaient chasser, songea-t-elle. Ils n'auraient pas besoin de mendier et ils auraient moins de risque de finir en geôle pour un larcin raté. Elle n'aimait pas voir ces gamins laissés pour compte, ils lui rappelaient trop son petit frère décédé, Sondal. Pendant qu'ils vivotaient comme des têtards gigotant dans une flaque de boue, d'autres gosses se taillaient la part du lion, juste parce qu'ils étaient sortis de la chatte d'une donzelle de la « bonne société »... ça lui donnait envie de foutre le feu au Donjon Rouge, mais à dire vrai, elle n'y pouvait pas grand-chose.

Ils s'éloignèrent peu à peu des secteurs les plus pauvres pour mettre les pieds dans un quartier un rien plus gai et plus argenté où un attroupement ne tarda pas à les bloquer dans leur avancée. Des cris joyeux d'enfants fusaient et une musique légère de pipeau, de tambours et tambourins s'envolait par-dessus les têtes des badauds. A force de ronchonner et bousculer, Barra réussit à avancer jusqu'au point où le cercle s'ouvrait sur un petit spectacle de rue. Un ours au pelage miteux, portant des chaînes, dansait lourdement sur ses pattes postérieures en face d'une fillette maigrelette d'une douzaine d'années aux longues tresses blondes. Des gens fredonnaient l'air de la Belle et l'Ourse en battant des mains et un petit haut comme trois pommes faisait le tour des passants avec un chapeau retourné. Encore des animaux et des gamins réduits en servage. Spécialité locale ? Bah, ça doit être pareil de l'autre côté de la mer. Y a sans doute pas un endroit au monde où les hommes sont assez dignes pour abolir vraiment l'esclavage - peu importe le nom qu'on lui donne. Elle examina rapidement l'ours, son œil de chasseresse décelant les symptômes d'un animal à la santé vacillante, malgré la carrure imposante de la bête. Il était peut-être propre, mais il y avait quelque chose dans sa respiration pesante, sa manière de se mouvoir, l'état de sa fourrure, qui le différenciait clairement pour Barra d'un ours sauvage plein de vitalité... et ces yeux noirs semblaient couver une flamme mourante. « Dégageons d'ici » marmonna-t-elle avec humeur.

L'arrivée de Barra et des Dorniens avait créé un espace et un certain nombre de personnes avaient détourné leur regard du numéro pour observer les nouveaux venus. C'était surtout le rapace si blanc qui attirait leur attention, et tandis que Barra cherchait à se faufiler le long du cercle vers l'autre côté de la rue pour poursuivre son chemin, un des bateleurs s'approcha d'eux en courant.

« Hé, l'ami ! Combien pour c't'oiseau-là ? »
jeta-t-il au Dornien qui menait la troupe. Il était grand, assez corpulent avec des bras nus épais comme des troncs d'arbres, le crâne rasé et une barbe rousse qui lui mangeait les joues - pas un musicien celui-là, plutôt le genre à soulever des tonneaux ou à jongler avec des haches. Un anneau doré ornait la pointe de sa barbe, un autre son arcade sourcillière. Ses yeux luisaient de convoitise ; Barra avait l'impression de voir une pie devant un objet brillant. Ce devait être le chef de la troupe. Machinalement, elle regarda un peu partout alentour, surveillant la foule, les jongleurs, l'ours... Elle n'aimait pas beaucoup la tournure de la situation. Trop de gens, trop d'éléments incontrôlables, et aucun endroit où se planquer en cas de grabuge. Tous ses sens étaient en alerte. Elle posa la main sur son poignard à sa ceinture, juste au cas où... elle regrettait de ne pas avoir sa lance ou son arc avec elle, mais elle ne les emmenait jamais en ville où cela lui aurait fatalement attiré des ennuis...
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