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D'une soirée mouvementée - Alysanne & Kerigan

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Feuille de Personnage


Message Mer 7 Mar 2012 - 17:26

Les rues de Port-Réal au milieu de la nuit n'étaient pas forcément l'endroit le plus sécurisé du monde, toute personne censée vous le certifierait et aurait d'autant plus raison que le bon sens voulait que la nuit ne soit pas faite pour autre chose que le repos ou l'étude. Mais quid des habitants de la ville précédemment nommée ? Eh bien certes peu de personnes osaient s'aventurer tard dans la nuit hors de la sécurité de leurs logements et ceux qui le faisaient n'étaient pas forcément dotés des meilleurs intentions que l'on puisse trouver. Mais rassurons de suite la foule ébahie, le fait que Lotho Volentin, spadassin de son état civil et amateur d'aventures devant l'éternel, soit en train de courir à toutes jambes en jetant des regards observateurs derrière lui ne signifiait pas qu'il avait été le responsable d'un crime, encore moins d'un acte moralement répréhensible. Enfin ... Disons qu'il n'était pas le seul responsable de cette infamie, d'autant plus qu'il n'avait rien fait d'autre pour envenimer les choses que d'exister, c'est tout. Juste vivre. Revenons un peu en arrière pour explorer plus posément les différentes composantes du quiproquo qui nécessitait maintenant que le danseur d'eau tente de semer ses poursuivants. Tout avait commencé deux semaines auparavant. Plus exactement lorsqu'il se distingua de loin par rapport à d'autres concurrents dans un concours de poésie, il n'avait alors pour seule envie que de remporter le repas offert dans l'auberge qui organisait ce concours. Rien de bien dangereux me direz vous et force est de reconnaître que vous avez raison, mais c'était sans compter sur la constitution du jury décidant du gagnant et surtout de la présence de celle qui signifiait pour lui un danger certain de prison, de passage à tabac, de mort peut être même.

En somme rien de bien réjouissant quand à la rencontre que Lotho avait fait avec Lady Mathilda Obrassadh, jeune jouvencelle de quatorze ans fraichement acquis, dont la présence dans le jury de ce concours de poésie avait été vécu par l'aubergiste comme un honneur. Peu au fait de la constitution du dit jury, Lotho avait quand à lui conté la Ballade des deux amants, un poème Braavosi en prose connu pour satisfaire amplement tout type de publics, tant l'action, la romance, l'humour et le merveilleux étaient au rendez-vous. Lady Obrassadh, jeune fille des Terres de le Couronne était peut être certes de petite naissance, certes son père était loin d'être l'un des principaux nobles de la Cour, mais cela n'empêchait en rien la jeune fille de rêver à une vie de princesse, d'aventure, de bohème, d'un homme d'un port altier et à la tête bien faite. Le majeur problème qu'eut ainsi Lotho fut que la jeune fille fit un transfert émotionnel sur le spadassin, pour qui, vous l'aurez sans doute remarqué, les choses de l'amour signifient souvent bien plus ennui que rêverie. Ce qui, sans autre transition que le temps qu'elle arrive à retrouver l'homme qu'elle supposait être celui de sa vie, nous amenait à cet après-midi. Alors qu'il était tranquillement installé à la Halte Ombragée, Lotho se vit informer qu'une jeune noble demandait à le faire dans la salle principale et que selon son ami Galt, tenancier de son état, elle semblait avoir l'air d'être particulièrement angoissée. Le Braavosi descendit donc dans la salle principale, non sans quelques interrogations sur l'identité de la jeune femme, de noble naissance en plus, qui tentait de le retrouver dans les faubourgs de la ville. Peut être un nouveau contrat ? Une demande de protection ? L'annonce d'un terrible complot, la terrifiante constatation que Westeros était en grand danger ?! Tout en finissant de descendre les marches il se fit la réflexion que son esprit avait tendance à entrer dans des idées épiques mais farfelues bien trop vite pour un être humain normalement constitué. A peine eut-il le temps de lever la tête pour embrasser de sa haute taille la salle du regard qu'il sentit un poids le percuter face à lui, avant de l'enserrer dans des bras frêles mais pleins de vigueur.

- Grands Dieux mon aimé enfin je vous retrouve ! Ces deux semaines furent d'un ennui sans vous !

Interdit. Oui, voilà le mot juste pour qualifier tant l'expression physique que mentale de Lotho à ce moment là. Les bras ballants, le regard profondément surpris et absent à la fois, il tourna d'abord la tête vers Galt. Ce dernier regardait la scène sans aucun amusement dans le regard tout en nettoyant l'éternelle choppe sale de toute auberge digne de ce nom, bien au contraire il semblait même furieux et fixait Lotho d'un air entre le dégout et la déception. Ne se rappelant avoir déclaré sa flamme à personne depuis quelques temps, Lotho décida de baisser la tête vers l'affectueuse bien qu'envahissante sangsue qui lui enserrait la taille. Frêle, visage doux mais encore bien trop juvénile, de grands yeux verts encadrés par une chevelure châtain légèrement bouclé, une robe de belle facture, une cape de voyage, un léger baluchon. Non, il en était désormais sûr et certain, il n'avait séduit personne correspondant à cette description depuis ... Jamais en fait, ce visage ne lui disait absolument rien et semblait bien trop jeune pour l'intéresser, à moins que cela soit là un simple rêve étrange dont son inconscient avait le secret, auquel cas il serait temps d'arrêter la liqueur de grenade. Se détachant délicatement de l'étreinte de la jeune fille il dit, sourire gêné aux lèvres et ton courtois en bouche :
- Veuillez m'excuser mademoiselle, mais de deux choses l'une. Il ne me semble pas avoir donné la flammèche qui me sert de cœur à qui que ce soit ces derniers temps, ni vous connaître de visu. Hors il m'est rare d'oublier un visage et une personne aussi enthousiaste que vous me serait certainement revenue rapidement en mémoire. Il me semble donc, mademoiselle, que vous avez fait fausse route et vous êtes risquée seule dans des lieux bien dangereux pour une aristocrate.

D'ailleurs, se dit le spadassin, où pouvait donc bien se trouver sa garde rapprochée, si elle était réellement noble il lui semblait impossible qu'elle ne soit pas escortée. Il n'eut le temps de lui poser la question que la jeune fille lui répondit d'un léger gloussement s'apparentant à un rire, ou un roucoulement, au choix :

- Que tu es bête ! Lotho, c'est moi ! Mathilda Obrassadh, tu sais bien voyons. Le concours de poésie durant lequel tous tes vers étaient pour moi, où ton regard ne voyait que moi. Où nous étions si proches, mais si loin pour autant !

Obrass ... Ça y est. Lotho venait en effet de faire le rapprochement entre cette ingénue et le jury du concours auquel il avait participé voilà déjà quelques temps. Manifestement la jeune femme semblait avoir pris au pied de la lettre la Ballade des deux amants, ce qui flattait l'égo d'orateur du Braavosi tout autant que ce dernier ait réellement pris le poème au pied de la lettre. D'une voix plus gênée encore, l'air inquiet, il répondit :

- Ah. Fort bien. Euh non pas fort bien mais fort ... fort ... Enfin bref, qu'en est-il de votre garde rapprochée mademoiselle ?
- Que tu es drôle ! Je te l'ai dit ! Comme dans la Ballade ! J'ai fuguée !

Las. Le spadassin se sentait profondément lassé de ces gens qui ne savaient dissocier la réalité du merveilleux de la la littérature, il désespérait de cette ribambelle d'imbéciles dont on ne pouvait même pas faire des soldats, tant ils risqueraient de charger à la conquête de la gloire individuelle plutôt que de suivre des ordres. Bien qu'en se fiant à cette comparaison, Lotho commençait à penser que Mathilda Obrassadh serait du genre à lancer son épée dans les rangs ennemis avant d'attaquer avec le fourreau et la gamelle, question d'héroïsme. D'un coup d’œil, il chercha du secours vers le comptoir de la Halte Ombragée, où il ne put qu'admirer Galt les mains sur le visage, en train de mimer le geste de ce taper la tête contre le comptoir, tandis qu'une de ses serveuses, accoudée au comptoir, tentait de s'empêcher de rire en cachant sa bouche avec sa main. Il était connu de tout le personnel et des habitués de la Halte Ombragée que le spadassin avait tendance à se mettre dans des situations inextricables, mais celle là, ils s'en souviendraient tous comme la plus absurde et pour autant la plus glorieuse. Le spadassin lui ne mettrait pas non plus beaucoup de temps avant d'arriver à en rire, mais cela il ne pouvait pas encore s'en douter. Les sourcils froncés et l'air bien plus sérieux que celui qu'il avait eu jusqu'à présent, il répondit d'un ton tranchant :

- Bien. Mademoiselle Obrassadh, il suffit ! Je me dois d'être sincère avec vous, tout autant que vous l'avez été avec moi. Il se trouve que vous vous êtes fourvoyée voilà quelques semaines ...
[color=darkblue]- Deux mon aimé.
- Deux : Certes. Aimé : cela à l'air. Mon : Je n'appartiens à personne d'autre qu'à mon épée et au tavernier dont je suis l’aumônière principale.
- Mais ...
- Non ! Pas de mais, pas de larmes, pas de scandale voyons. Ces bassesses ne sont en aucun cas l'apanage de votre rang, surtout envers un roturier, que dis-je, un étranger tel que moi ! Comprenez mademoiselle que je n'ai aucunement le droit de vous enlever, que je n'ai eu aucune intention de vous séduire. Vous vous êtes laissée emballée par les mots, le fluide de la littérature et semble t-il votre point faible le plus charmant. Cependant pensez quelque peu à votre famille qui doit en ce moment vous rechercher dans toute la ville, vous ne tenez certainement pas à leur faire plus de mauvais sang que cela.

Sans dire un quelconque mot, l'air particulièrement absente et choquée à la fois la jeune fille sembla tourner les talons avant de sortir de l'auberge sans même user des politesses d'usage. Lotho quand à lui repoussa les remords qui le prenaient d'avoir traité l'amourachée avec autant de rudesse. Mais savoir qu'il avait pu provoquer ce genre de sentiments d'un simple poème, la manière qu'elle avait de le regarder, tout cela lui avait rappelé avec bien trop de rapidité le dernier regard réellement empli d'amour qu'il avait vu porté sur lui, celui de son châtiment pourtant tant apprécié, celui de Lysiane De Contador, sa si noble Braavosi. L'arrivée importune de cette jeune fille avait failli réveiller en lui des souvenirs qu'il tentait de surpasser chaque jour qu'il arrivait à dérober à l'escarcelle de la Mort. Une fois le fou rire de Galt et de la serveuse passés, le spadassin pu retourner à ses activités et clôtura l'affaire, se promettant de ne jamais plus tenir un récital sans réfléchir murement à ce qu'il allait présenter, tenir toujours compte de son oratoire et surtout mettre une certaine distance entre lui et les œuvres qu'il présentait. Arrêter de les laisser l'habiter pleinement et faire confiance à son sens de l'oration pour les faire vivre sans avoir à en rajouter. Enfin motivé par une bonne raison pour retourner à son étude, il se cloitra dans sa chambre avec une bouteille de liqueur de grenade ainsi que des bougies et quelques victuailles pour manger durant la nuit qui allait suivre et promettait d'être longue.

Alors qu'il venait de passer quelques heures à retoucher certains textes et à méditer sur la meilleure façon de les présenter, Lotho fut sorti de son étude par un bruit sourd dans la salle principale de l'auberge, juste sous sa chambre. Piqué au vif dans sa curiosité, le spadassin entrouvrit la porte de sa chambre pour écouter les voix énervées qui lui parvenaient par le couloir. Se concentrant quelque peu il finit par entendre distinctement une voix autoritaire crier :

- Pas d'entourloupes vieux con ! Il est où cet enfoiré de Braavosi ? On va lui apprendre nous, à déshonorer la fille de notre seigneur !

Déshonorer ? Lotho comprit rapidement ce qui avait bien pu se passer, se sentant bafouée dans son amour et son cœur, la jeune fille avait donc du inventer quelque histoire le mettant en grand danger par rapport à son noble de père. Le moyen le plus sournois de se venger que puisse trouver une jeune fille de bonne famille, pas forcément très subtil mais pour autant tout à fait efficace. Et plus dangereux que tout cela, il se trouvait que dans l'état actuel des choses c'était pour Galt et son auberge un danger bien grand à courir. En quelques pas, Lotho se précipita près de son lit sur lequel était posé son baudrier, tout en le fixant à sa taille il se rapprocha de la fenêtre pour voir une dizaine d'hommes, un noble et la jeune fille du matin qui semblaient attendre sa venue dehors. Il devait maintenant réfléchir vite et bien, pour être sûr de ne pas mettre trop en danger ses amis. Ouvrant délicatement sa porte, il usa de son habileté pour se faire discret dans le couloir de l'auberge, jusqu'à arriver à l'ouverture qu'y formait l'escalier permettant de descendre à la salle principale. D'une voix forte il y tonna :

- Messieurs ? Vous êtes demandés à l'étage pour un rappel à l'ordre fortement garni en acier et en sang !

Le bruit caractéristique des bottes et de la course des hommes en bas, ainsi que le traditionnel appel des renforts tonnèrent alors que le Braavosi s’engouffrait dans le deuxième escalier, menant à la terrasse ombragée qui donnait une partie de son nom à l'auberge. Laissant la porte ouverte, il se cacha derrière avant de dégainer sa dague et de compter méthodiquement les pas de ses poursuivants, laissant le premier passer il referma sèchement la porte, cassant certainement le nez du deuxième et au vu du bruit pensa avoir provoqué une chute d'un certain nombre d'entre eux. Douze personnes minimum, peut être plus, sans compter bien entendu le noble et sa fille, mais ceux ci contrairement à leurs gardes n'étaient pas payés pour prendre des coups. Son premier poursuivant se retourna juste assez vite pour voir la garde en panier de la dague du Braavosi à quelques centimètres de son visage, mais ne fut pas assez rapide pour l'éviter, se faisant également casser le nez, saisissant son visage dans ses mains. Le spadassin, tout à son combat, enchaîna avec un coup de genou dans l'entrejambe du garde, qui lâcha un soupir étonné de sa gorge maculée de sang, un son bien sombre quand on y pensait. Déjà la porte de la terrasse s'ouvrait, Lotho se précipita alors vers une des extrémités de la terrasse et fort de son élan s'élança pour retomber sur un toit adjacent. Courant sur sa longueur il entendit le noble Obrassadh éructer l'ordre de le poursuivre, mais étrangement pas celui de prévenir la garde, preuve qu'il tenait à régler cette affaire de par lui même. Heureusement d'ailleurs, car quand Alrik entendrait parler de cette histoire, le spadassin risquait de passer pas mal de temps à jouer au chat et à la souris dans les rues. De ce point de vue, la course poursuite qui s'annonçait serait un parfait entrainement. Des gardes avaient réussi à sauter également sur le toit, mais l'un d'entre eux n'émit qu'un cri de douleur, en provenance de la rue. Préférant ne pas se retourner, Lotho sauta sur un deuxième toit avant de se laisser tomber dans une charrette emplie de paille, d'en sortir et de se mettre à courir à grandes foulées.

C'est à ce moment là, vous l'aurez deviné, que se situe l'introduction de ce récit. Lotho donc s'était mis à courir dans les rues et ruelles de la ville, croisant parfois ses poursuivants mais arrivant à les prendre de vitesse. Même s'ils s’essoufflaient aussi, ils étaient plus nombreux et finiraient de toute façon par le retrouver, si il voulait s'en sortir il se devait de trouver un terrain propice à l'affrontement d'autant de personne, une ruelle où il pourrait les affronter en nombre réduit, par vagues successives. Bientôt, il avisa un endroit tout à fait propice à ce genre d'altercations et s'y engouffra, une impasse même ce qui était encore mieux pour la défense dont il comptait se parer. Certes il ne pourrait pas fuir, mais cette alternative lui semblait bien trop lâche pour être assumée plus longtemps encore. Reprenant son souffle, Lotho se mit face à l'entrée de l'impasse éclairée par la lune, il pourrait ainsi trouver un bien meilleur rythme dans ses parades et ses coups, pouvant les voir venir avec plus d'exactitude. Bientôt un premier soldat le repéra, hélant les autres avant de se précipiter sur lui, lame au dessus de la tête, pour le trancher en deux d'un coup d'un seul. Le Braavosi exécuta un pas de coté pour l'esquiver, avant de se retourner alors que l'épée de l'homme s'était abattue sur le mur finissant l'impasse. Saisissant son adversaire par la nuque, Lotho lui précipita la tête contre le mur, l'assommant net. Il planta l'épée de son assaillant dans le sol, tandis que sept autres hommes, accompagnés de leur seigneur et de sa fille, entraient dans la ruelle. Le noble, d'un ton à la fois colérique et méprisant, éructa :

- Ainsi donc voilà le bellâtre qui a déshonoré ma fille et mis hors de combat quatre de mes hommes avec des tours de passe-passe. Je vous féliciterais presque monsieur, mais vous imaginait néanmoins plus grand.

Lotho sourit légèrement, esquissant un semblant de révérence, avant de rétorquer d'un ton bien plus mordant que son interlocuteur.

- Et moi monsieur, je vous pensais moins gâteux quand aux caprices de votre fille. Si il vous reste un tant soit peu de jugeote vous vous doutez bien que je n'ai rien à voir avec ces caprices de petite fille bornée, arrogante et je vous le rappelle : soupe au lait.

La réplique fit apparaître une colère sourde tant chez le père que chez la fille, ce à quoi Lotho répondit avant qu'ils ne puissent rétorquer, d'une voix bien plus ironique.

- Tiens donc ... Enfin un air de ressemblance entre le père et la fille. Dans la colère et la vexation certes, mais ne dit-on pas que nos enfants sont le reflet de l'éducation qu'on leur donne ? Enfin, cela étant dit et pour rester dans le cadre des affaires de famille, permettez moi de vous présenter ma sœur : Repentance !

Et le spadassin de dégainer prestement sa rapière et de se mettre en garde pour l'affrontement qui n'allait certainement pas tarder. Le bon point était pour lui que ses assaillants ne pourraient jamais tenir à plus de trois épaule contre épaule dans l'impasse. Au moment où le noble beugla l'ordre d'attaquer, Lotho se dit que si il remportait cette confrontation, cela serait une magnifique histoire à raconter. Mais plus de pensées, des actes. Automatiques, fluides et gracieux : Qu'entre la danse de l'eau en action !
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Alysanne Florent
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Réfléchissez avant de croire,
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♦ Arrivée à Westeros : 01/01/2012
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Message Mer 7 Mar 2012 - 20:50

Le jour s'était enfui depuis longtemps lorsqu'Alysanne, qui venait de passer une journée mémorable au Donjon Rouge, retrouva ses protecteurs dans la cour extérieure du château, le cœur emprunt d'un sentiment de légèreté tel qu'elle n'en avait encore jamais éprouvé. Comme si elle avait laissé entre ces murs le fardeau de ses peurs. Dans son aumônière reposait un trésor de papier plus précieux que tout ce qu'elle avait jamais possédé auparavant, le don de Shaïra Seastar à une femme qui partageait son amour de la liberté et sa détermination à tracer son propre chemin dans un monde dominé par les hommes...

« Désolée de vous avoir fait attendre, vous deux »
lança-t-elle d'un air enjoué à son cousin bâtard, le chevalier Hugo Flowers, et son garde personnel, Kerigan, qui devaient patienter là depuis la tombée de la nuit. « J’ai reçu une invitation à dîner qu'il m'était impossible de refuser. » Elle ne s'étendit pas sur le sujet : elle était en état de grâce après cette rencontre étonnante et le charmant dîner qui avait suivi ; à quoi bon briser la magie de cette journée en tentant de la raconter ? Les mots ordinaires n'y suffiraient pas.

Hugo l'aida à se hisser sur sa jument et lui tendit une torche avant d'enfourcher sa propre monture dont la robe sombre semblait faire écho aux ténèbres. « A dire vrai, je me demandais si tu finirais par sortir de là, maugréa-t-il. Ce château me fait l'effet d'un labyrinthe, et pas le genre de labyrinthe fleuri où l'on s'amuse à se perdre par une belle journée d'été. Dépêchons-nous de rentrer  ; il vaut mieux nous coucher tôt si tu veux toujours prendre la route à l'aube, et nous n'avons même pas encore dîné. » Il fit volter son destrier et le poussa vers les portes que les gardes en faction étaient en train d'ouvrir. Une fois sortis de l'enceinte du palais, il se mit en devoir de prendre l'avant-garde, un pas en avance sur elle. « Parlant de départ. tu as étudié notre itinéraire ? Les châteaux ne manquent pas dans le Conflans. Avec quelques détours, tu pourrais facilement rencontrer une dizaine de prétendants avant notre arrivée à Darry. »

La réponse tomba aussi sec, avec le tranchant d'un couperet. « Il n'y aura pas de détours. » Interdit, Hugo allongea un regard interrogateur à la jeune femme. « Aly ?  »

Elle rassembla les rênes de Brume d'une main ferme et leva la torche au-dessus d'elle - une tâche éblouissante dans la nuit de Port-Réal. « Écoute, Hugo, cette mascarade a assez duré, tu ne crois pas ? Je ne peux pas continuer à nier ce que je suis. » Elle prit une inspiration. Le reste grêla comme une volée de flèches : « Une renarde. Pas une jument poulinière. Jamais. Autant se rendre à l'évidence. Autant l'accepter. Et l'assumer. Quoi qu'on en pense. Quoi qu'on en dise. J'ai d'autres atouts à mettre au service de ma famille que mon entrecuisse et ma dot. C'est une chose que tu peux comprendre... je crois. » Elle avait parlé ouvertement, sans se soucier que Kerigan l'entende. S'il devait continuer à la protéger, il saurait de toute façon presque tout de sa vie ; ainsi en allait-il des membres d'une suite. Hugo, lui, cilla et encaissa le choc sans broncher ; il n'avait pas l'air particulièrement étonné, au fond, par sa décision.

« Ah... c'est vrai. La plupart des gens pensent que le rôle qui incombe à ton sexe dans la vie est de faire des biscuits et porter des marmots. Mais tu n'es pas une Jeanne Tyrell et tu ne le seras jamais. Mieux vaut faire la paix avec toi-même. On ne cultive rien, on ne construit rien dans une guerre perpétuelle. C'est aussi vrai pour un homme ou une femme aux prises avec ses propres dilemmes, que pour tout un peuple. »

Elle lui coula un regard reconnaissant. Il était son ami le plus fidèle, un excentrique aussi à sa façon, paria par sa naissance, décalé dans sa vision du monde, et elle n'avait pas douté un instant de son soutien. Après cela, le silence les enveloppa comme un manteau, puis le choc léger des sabots sur les pavés répondit au chuchotement des torches. Retranché dans un mutisme énigmatique, Hugo souriait à la nuit. « Que s'est-il passé aujourd'hui au Donjon Rouge, je me le demande » marmonna-t-il au moment où ils franchissaient le coin de la rue.

« Un dragon a consumé mes doutes »
répondit-elle d'une voix songeuse. Une ellipse, à défaut d'un long discours. Ce qui s'était dit, ce qu'elle avait pensé ce jour-là, elle ne pouvait pas vraiment le partager avec lui. « J'ai vu mon reflet dans ses yeux. Et j'ai capitulé. Rien ne sert de combattre sa véritable nature. »

« Un dragon... »
Cette fois, Hugo était surpris. Pensait-il à Daeron ? « Une dragonne, pour être exacte, précisa-t-elle. Ou plutôt, une demi-dragonne. Si tu me suis. »

Il avait suivi, oui. Il n'était peut-être pas brillant, comme Septa Lysa se plaisait à le souligner, mais il était loin d'être idiot. Il se tourna vers elle avec un sourire béat. « Je serais curieux de voir de mes yeux cette demi-dragonne, si tu la rencontres à nouveau. »

« Tu risquerais de te brûler, mon pauvre Hugo » répondit-elle en riant. « Mais qui sait... l'avenir regorge de possibilités. »

Évoquer l'avenir tempéra quelque peu son humeur joyeuse. Elle ne pouvait penser au futur sans que ses pensées ne dérivent vers sa famille restée à Rubriant. « Des nouvelles de Port-Lannis ? »

Hugo se rembrunit à la mention de la ville attaquée par les Fer-nés. « D’après certains voyageurs que j'ai croisés à l’auberge, l’assaut a été repoussé avant que la cité ne soit mise à sac… mais non sans dommage. J’ignore l’étendue des pertes dans les deux camps. Ce ne devait pas être beau à voir. On dit qu'un incendie a ravagé certaines parties de la ville. »

« Des prisonniers ? »

« Aucune rumeur à ce sujet. Si Dagon Greyjoy avait été capturé, la nouvelle se serait répandue aussi vite que la vérole dans les bordels de Culpucier. Il n’a peut-être même pas pris part à cette bataille.» 

Si seulement… songea-t-elle. Si seulement l'insurrection pouvait être décapitée. «Espérons alors que cet avant-goût de défaite aura refroidi ses ardeurs. Mais je n’y crois guère. D’après ce que j’ai compris des Fer-nés, il risque de revenir à la charge plus déterminé que jamais. Et mieux préparé, sans doute. Il faut que j’écrive à mon père dès que nous arriverons à Darry. Nous n'avons pas de nouvelles du Bief mais cela ne veut pas dire pour autant que tout va bien.» Sa voix trahissait son inquiétude. Rubriant était à proximité de la mer, quasiment en première ligne au cas où les Fer-nés décideraient de redescendre vers le sud. Elle regretta d'avoir abordé le sujet ; il n'y avait rien qu'elle puisse à faire à part se morfondre dans l'ignorance, et cela ne serait d'aucune utilité à personne. Elle laissa retomber le silence.

Les rues étaient plutôt calmes, à l'exception d'une patrouille ou d'un passant ici ou là, quelques ivrognes cuvant leur bière de la journée, des chiens errants roulés en boule sous des charrettes. Ils avaient encore un bon bout de chemin à faire avant de retrouver la Chandelle d'Argent. Ruminant sa journée, Alysanne se rappela qu'elle devait quelque chose à Kerigan. Elle tira légèrement sur les rênes de sa jument grise pour se retrouver à sa hauteur. « Pas trop déstabilisé par votre changement de vie ? » s'enquit-elle avec un intérêt sincère. « J'imagine que ce doit être un peu... brutal, compte tenu des circonstances. Passer de Pont-l'Amer au Donjon Rouge... sans parler de cette rencontre avec un prince du sang ! Cela dit, votre attitude en sa présence, comme aujourd'hui au château, était... impeccable. Continuez comme ça et je ne saurai bientôt plus quoi faire d'Hugo. » conclut-elle d'un air amusé.

« Oui, continuez comme ça, et je ne serai bientôt plus obligé de courir partout après ma cousine comme un petit chien ! » s'exclama Hugo. « A moi la liberté ! »

Alysanne cacha un sourire derrière sa main. « C'est toi qui t'es proposé pour m'escorter, si je me rappelle bien... peut-être qu'un petit chien irait bien sur ton blason. » Hugo n'eut pas le temps de répliquer qu'un vacarme de voix et de métal tintant brisa la tranquillité de la rue dans laquelle ils avançaient. Une tempête d'épées, songea Alysanne en se raidissant. Elle ne se rappelait que trop bien celle qui l'avait réveillée sur la Route de la Rose, mais au lieu de la paralyser, cette pensée affûta sa vigilance et l'incita à agir. Quelqu'un avait peut-être besoin d'aide. Elle n'eut pas à se poser la question bien longtemps : quelques pas plus loin, une impasse s'ouvrait sur leur droite et une bataille y faisait rage. Un homme aux habits plutôt cossus et une demoiselle d'allure délicate se tenaient à l'entrée du cul-de-sac. Dans la lumière de la lune et des torches, on distinguait suffisamment leur attitude et leurs visages pour constater qu'ils avaient l'air d'être au spectacle, et cela lui inspira une bouffée de dégoût.

Au fond de l'impasse, c'était l'échauffourée. Il y avait déjà un homme à terre. Discerner les deux camps n'était pas très difficile, dans la mesure où tous les soldats portaient le même équipement et visaient la même cible. Tous ces hommes pour une seule proie ? Cela n'avait aucun sens. La proie en question semblait toutefois assez dangereuse une fois acculée. Un brigand quelconque ? Mais pourquoi un notable s'abaisserait-il à traquer lui-même un simple brigand ? Cela sentait plutôt le règlement de comptes. Elle n'aimait pas ça. Elle n'aimait pas ça du tout. Même si cet homme était un criminel, il méritait au moins un jugement. Élevée dans les valeurs de la chevalerie, elle n'était pas du genre à tolérer qu'un nobliau imbu de son pouvoir s'adjuge le droit de vie et de mort sur un homme sans défense. Encore que celui-ci ne fut pas sans défense. Il y avait quelque chose d'étrange dans sa manière de se battre et son armement, quelque chose qui lui rappelait des souvenirs, mais elle n'avait pas le temps de fouiller sa mémoire. Elle talonna sa jument et s'arrêta à quelques pouces du notable et de la jouvencelle qui se retournèrent d'un bloc.

« Ce sont vos hommes ? » jeta Alysanne d'un air glacial. « Faîtes cesser ce massacre, ou la garde en entendra parler ! »

« Non ! » hurla la gamine d'un ton rageur, soudain beaucoup moins mignonne. « C'est un odieux séducteur ! Un monstre sans foi ni loi ! Il a essayé de me violer ! » Alysanne songea qu'elle avait l'air bien en forme et bien désinvolte pour une pucelle récemment victime d'une tentative de viol - elle-même en savait quelque chose. Le bonhomme à l'air mauvais gronda en brandissant le poing : « Ce faquin le paiera de sa vie ! Personne ne touche à une Obrassadh sans en répondre de sa tête ! Surtout pas un gueux dans son genre, une saleté de Braavosi...»

Bravoosi. Le mot suffit à activer ses souvenirs. Rapîère. Danseur d'eau. Jace Redwyne lui en avait parlé, et elle avait lu des livres qui décrivaient ces artistes du combat. Ce n'était pas de vulgaires brigands mais des gens raffinés. Il était d'autant moins probable que la fille dise vrai. Alysanne ignorait pourquoi elle mentait, si c'était le cas, mais cela n'avait pas grande importance à cet instant précis.

« Où avez-vous été éduqués ? » rétorqua-t-elle sèchement. « Chez les Dothrakis ? A Port-Réal, on n'exécute pas sommairement un homme comme si c'était un veau à l'abattoir. La justice du roi fait loi. Hugo ! Qu'est-ce que tu attends pour dégainer ? Ma bénédiction ? »

Son cousin sembla soudain se rappeler ses vœux et tira son épée. Elle le regardait, incrédule. Il avait fallu qu'elle le secoue pour qu'il agisse en chevalier protecteur du faible... Pourquoi avait-il hésité ? C'était elle qui était sensée être prudente, trop prudente pour agir. Elle aurait pu comprendre cela de la part de son garde, sensé agir sur ordre, mais pas d'un chevalier. Ceci étant, Kerigan n'avait pas attendu, pour sa part. Elle n'avait pas prévu cela, mais c'était pour le mieux, quelle qu'en soit la raison. « Ne les tuez pas ! Neutralisez-les ! » ordonna-t-elle. Elle voulait empêcher un carnage, pas en causer un.

« Taillez-les en pièces ! » cria l'homme à ses soldats. L'imbécile. Il croit qu'il peut s'en tirer en nous faisant tous tuer pour étouffer l'affaire, peut-être ? Ou bien, il ne supporte pas d'être admonesté par une femme ? Il avait l'avantage du nombre, mais cela ne voulait rien dire. Elle savait que ses protecteurs pouvaient se défendre contre plusieurs adversaires. « Non mais, pour qui elle se prend, cette garce ! » pesta devant elle la gamine mal embouchée.

« Pour une des plus grandes fortunes du royaume » rétorqua Alysanne en lui décochant un regard à faire cailler du lait, du haut de sa monture. Elle baissa légèrement sa torche pour éclairer sa tenue clairement aristocratique, et pas de l'aristocratie sans le sou. Les vêtements bieffois étaient parmi les plus raffinés et les plus coûteux du royaume. « Et une habituée du Donjon Rouge. » Le mot « habituée » était peut-être un peu fort, mais un brin d'exagération ne ferait pas de mal. De toute façon, Shaïra l'avait invitée à revenir... « Si vous n'avez pas l'intention de rappeler vos hommes, vous feriez mieux de la fermer » conclut-elle d'un ton cassant. L'envie de lui coller une mandale la démangeait. Obrassadh. Un noble ? Un noblaillon du coin sans doute, le nom ne lui disait rien.

« Hum ? Vraiment ? » releva l'homme en toussotant. La mention du Donjon Rouge semblait avoir produit son petit effet, mais il ne semblait pas encore décidé à rappeler ses hommes...

« Si vos laquais égratignent ne serait-ce qu'un seul de mes compagnons, c'est votre tête qui en répondra » promit-elle avec une franchise inquiétante. Son regard se porta anxieusement sur le théâtre de l'escarmouche...




Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Message Jeu 8 Mar 2012 - 22:52

La journée s’annonçait sous les meilleurs auspices. Alysanne étant parti au Donjon Rouge et Hugo profitant plus que de rigueur de son séjour à la Chandelle d’Argent, Kerigan avait devant lui une journée dont tout laissait penser que celle-ci allait s’avérer relativement tranquille. En effet, le reitre aimait profiter de ces instants de quiétude pour se laisser guider par ses envies du moment, sans prévoir la moindre chose à l’avance. Cela lui permettait aussi d’avoir quelques heures pour se retrouver avec lui-même et par la même occasion, d’éviter de se farcir les longs monologues de Lady Florent et de son cousin qui parvenaient à faire silencieusement grogner le natif des terres de l’Orage.

Le trentenaire prenait plutôt bien son nouveau contrat qui s’installait dans la durée, du fait qu’il avait l’impression de disposer d’un rôle plus stable, inédit et un peu plus clinquant qu’à l’accoutumée. Cependant, Kerigan n’avait pas encore récupéré ses nouveaux effets personnels commandés chez le tailleur et le forgeron. Vu de l’extérieur, il ressemblait donc davantage à un voyageur quelconque.

Ainsi, au beau milieu de la journée, le garde de lady Florent, plutôt de bonne humeur, déambulait dans une des nombreuses ruelles pavées de la capitale. Il prenait plaisir à ressentir les chauds rayons de soleil sur sa peau dans le même temps. Tout était parfait à cet instant : le reitre se trouvait dans la ville la plus animée de Westeros, le temps était clément, son besoin de solitude comblé…Mais, cela n’allait pas durer.

L’originaire de Torth prit le temps de faire le tour des commerces afin de trouver des cordages, filets et quelques objets en métal dont le but était de blesser tous ceux qui tenteraient involontairement de les écraser. C’était en quelques sortes le petit plaisir coupable de Kerigan qui ne manquait pas d’imagination dans le domaine de la violence.
L’irritation commença tout doucement à naître au fin fond de ses entrailles au fur et à mesure que les commerçants lui conseillent d’aller en voir un autre se situant de l’autre côté de la capitale pour qu’au final ce dernier ne soit pas en possession de l’objet désiré. Etait ce si difficile de trouver des pièges dignes de ce nom dans une cité telle que Port-Réal ? Apparemment, il pouvait désormais répondre par l’affirmative.

Cependant, sa détermination paya puisqu’il trouva un commerce proposant diverses pacotilles en tous genres. Seulement, il ne s’était pas attendu à devoir faire la conversation et à s’attarder ici, qui plus est en présence de deux autres clients : un herboriste et un septon.

«Si je peux me permettre une petite indiscrétion monsieur, vous n’avez pas vraiment l’air d’un chasseur…Que comptez vous faire de tout ça ? C’est pour chasser des bêtes de votre propriété ? parce que dans ce cas…»

Kerigan préféra l’interrompre tout de suite. Il savait que le détaillant allait lui vanter les mérites d’autres objets pour gagner davantage s‘il le pouvait.

«C’est en effet pour des questions de protection mais je vous remercie, j’ai trouvé tout ce qu’il me fallait.»

«Par les Sept, comment peut-on procéder à de telles atrocités…»

Lentement, le garde de Lady Florent fit volte face, tentant de ne pas prendre les remarques qui lui étaient adressées pour des attaques blessantes.

«Hm, c’est à moi que vous parlez ? »

«Evidemment que c’est à vous qu’il parle, le boucher ! Vous devriez savoir que s’en prendre à des animaux pour la plupart inoffensifs avec de tels objets relève du sadisme, de l’ignominie…Vous devez être un de ces gueux des campagnes avoisinantes je présume…»

C’est à cet instant que le reitre commença à tiquer. Un rictus agressif apparut tout à coup sur la droite de son visage, juste au dessus de sa lèvre supérieure. L’agressivité commença à inonder son être tout à coup. Etre pris à parti par un érudit et un amoureux des plantes vertes n’avait rien de très prestigieux pour Kerigan. Si ce dernier se trouvait dans un village perdu dans Westeros avec des personnes du même rang que lui, il aurait pu se faire comprendre différemment…

«Qui vous dit que c’est pour des animaux ?...»

Le regard du reitre se plongea dans les yeux bleus de l’herboriste et marrons du septon, avec une certaine agressivité. Le garde de Lady Florent n’ajouta rien de plus pour laisser aux deux hommes libre court à leur imagination. Cela se révéla terriblement efficace. La discussion se termina ainsi. Ils pouvaient s’estimer heureux de ne pas être des rôturiers. Personne ne s’adressait ainsi à lui sans que cela n’aille pas plus loin…

Kerigan revint à la Chandelle d’Argent par la suite. Ainsi, il put déposer ses nouvelles babioles dans un de ses sacs en toile. Le soleil déclinait brusquement en cette fin d’après midi. Le trentenaire descendit dans la salle principale pour retrouver Hugo qui s’abreuvait en toute quiétude. Le blond commanda aussitôt une bière qu’il jugeait bien méritée en raison des efforts fournis plus tôt dans la journée dans le commerce en question.

«Alors, cette après midi s’est révélée fructueuse de ce que j’ai vu, mon ami…»

«En quelques sortes, j’ai eu juste un….»

Cette fois-ci, c’est Kerigan qui fut interrompu en pleine explication. La serveuse, pas très douée de ses dix doigts apparemment, venait de renverser sa boisson sur le comptoir ainsi que sur les genoux du trentenaire. Le regard de ce dernier bloqua sur ses genoux. Interdit, il resta dans cette position quelques secondes avant de relever la tête vers la jeune femme travaillant pour l’établissement. Ses yeux bleus se firent aussi froids que les terres du nord alors que la serveuse s’affairait pour nettoyer les dégâts.

Kerigan s’interrogea intérieurement quelques instants. Est-ce que les Sept le mettaient à l’épreuve dans son nouveau rôle pendant cette journée merveilleusement débutée ? Le natif des terres de l’orage déglutit finalement, sa langue titillant sa lèvre inférieure nerveusement. Il n’avait pas été attaqué, juste victime de la maladresse d’une jeune femme qui venait de s’excuser à plusieurs reprises.

Le cousin d’Alysanne profita de l’occasion pour prétexter qu’il était temps de se rendre devant le Donjon Rouge comme prévu. Kerigan hocha simplement de la tête sur le moment. Il prit cependant quelques instants pour se changer avant d’arpenter de nouveau les rues de Port-Réal. Le soleil semblait sur le point de se coucher lorsqu’ils arrivèrent dans la cour extérieure du château. Kerigan et Hugo ne pensaient certainement pas que Lady Alysanne arriverait quelques heures plus tard. La patience n’était pas non plus une vertu du trentenaire. Rageant entre ses dents, il ne disait strictement rien tout comme Hugo. Cependant, ce dernier rompit le silence tandis que Kerigan était vautré contre le mur et passait son temps à balancer des cailloux sur la route pavée. Le chevalier lui fit part de ses goûts en matière de femmes après en avoir vu une passer dans la cour. Apparemment, cela n’avait pas l’air de captiver le reitre vu son air sceptique.

Ce fut une chance pour lui que lady Florent émerge de nulle part après son entrevue. Kerigan se redressa, poussant un léger râle en se raidissant. Apparemment, Alysanne semblait d’humeur joviale. Même si le reitre n’était pas un spécialiste en la matière, cela se voyait aisément sur son visage. Kerigan prit place sur son hongre blanc alors que ses deux interlocuteurs ne semblaient pas se comprendre l’un l’autre. Il tenta alors de les écouter d’une oreille discrète, tout en retenant sa frustration. En plus de l’attente, il ne s’était pas restauré…tout comme Hugo. Si ce dernier ne ressentait pas la faim, Kerigan n’arrivait pas à penser à autre chose.

Finalement, il comprit une fois que Alysanne s’était exprimée de manière un peu plus spontanée. Il était évident qu’elle préférait demeurer indépendante plutôt que de se marier à un noble. Sur le moment, Kerigan cessa de penser à sa faim et vit la blonde de manière différente. Finalement, ils n’étaient pas si différents malgré leur rang respectif. Cependant, il ressentit le besoin de faire un commentaire lorsqu’il trouva que la discussion traînait en longueur…

«Hm, loin de moi l’idée que les discussions concernant votre entrecuisse ne m’intéressent pas lady Alysanne, mais on peut remettre ça à plus tard ? »

La discussion bascula sur les Fer-nés ensuite. Levant les yeux au ciel, Kerigan avait l’impression de ne pas être écouté malgré sa voix graveleuse pourtant bien bruyante à la moindre prise de parole. Il se désintéressait totalement des Fer-nés et de Port Lannis tant que cela ne le concernait pas. Après tout, cela ne faisait pas partie de son nouveau travail quoi qu’on puisse lui reprocher. Finalement, la discussion retomba sur lui.

«Non, tout va à merveille…Ce n’est pas courir après votre cousine qui me dérange…mais ce n’est pas important…» répondit il avec une ironie bien perceptible.

Finalement, quelque chose sauva Kerigan alors qu’il comptait dire qu’il n’aimait guère tendre ses fesses à chaque fois qu’il croisait un sang bleu à la langue un peu trop bien pendue. Un combat nocturne débutait au fin fond d’une allée. Ce ne devait pas être deux hommes un peu bourrés voulant s’amuser avec leur épée respective. Le reitre descendit immédiatement de son cheval, n’attendant pas que lady Florent lui ait demandé expressément. Cela n’était qu’une action dissuasive. Et ça resterait la seule. Et puis, au vu des adversaires, Kerigan se doutait qu’ils allaient tomber dans le panneau. Attaqué, il n’aurait d’autre choix que de répliquer, lui qui avait bien besoin d’action après sa journée pour se retrouver..

Kerigan ôta son épée de son fourreau et fit quelques manœuvres défensives dans un premier temps. Il ne fallait pas les abattre froidement étant donné que lady Florent les voulait vivants. En jetant un coup d’œil sur sa gauche, le garde vit une planche traîner à la verticale sur une charrette qui avait probablement besoin d’être réparée. Le trentenaire la récupéra dans sa main gauche et attendit le bon moment pour asséner un coup terrible dans son entrejambe. L’individu se courba instantanément sur le choc et cessa ses passes avec son épée. Kerigan n’avait plus qu’à l’ajuster pour briser la planche en deux sur son crâne. Même si il était neutralisé, Kerigan le releva pour le propulser violemment dans la charrette.

Deux autres hommes arrivèrent brusquement à la portée du blond. Ils semblaient un peu plus à l’aise à l’épée. Agacé au bout de quelques passes, le reitre planta son épée dans la cuisse du premier avant d’esquiver la lame du deuxième adversaire qui vint se planter dans le bois d’une poutre. Aussitôt, le reitre vint lui vriller son poignet pour le déstabiliser. Puis il lui asséna de nombreux coups de poings au visage avant de propulser son coude dans sa mâchoire. L’inconnu titubant, Kerigan le saisit par la tignasse et le propulsa à travers la fenêtre d’un commerce.

"Argh, trop lent, petite merdaille de Port Réal, Qu'est ce que ça fait de se faire polir le cul, huh ! "

Il restait encore celui qu'avait planté le reitre. Hugo se débrouillait avec deux autres hommes, tout comme l’individu à qui ils portaient leur aide. Kerigan rangea son épée dans son fourreau et vint presser avec sadisme la jambe du blessé avec son pied droit. Celui-ci se mit à hurler à la mort jusqu’à ce que le reitre s’ennuie de son malheur et le propulse la tête la première contre les pavés de la ruelle. Voyant que la situation était toute aussi positive pour ses deux compagnons dans cette bataille, il s’approcha lentement de son hongre blanc, ayant assouvi son besoin de violence.

Le nobliau avait beau le regarder de la manière la plus agressive qu’il soit. Ce n’était pas son problème…Et puis, Kerigan était un homme calme...jusqu'à ce qu'il décide du contraire..
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Message Mer 14 Mar 2012 - 18:32

La pâleur de la lune avait toujours cela de très particulier qu'elle faisait extrêmement bien ressortir à l’œil la couleur caractéristique du métal, qui est plus si il était particulièrement affuté. De ce point de vue Lotho se devait de louer la prévenance de ses assaillants envers leurs armes. Comme prévu le fait qu'ils soient en train de batailler dans une impasse ramenait quelque peu un avantage, ténu comme un fil de soie certes, mais néanmoins réel en faveur du Braavosi. Ce dernier se trouvait avec trois ennemis en face de lui, presque épaule contre épaule pour leur permettre d'occuper l'ensemble de la largeur de la ruelle. Il ne pu s'empêcher un léger sourire à la fois narquois et carnassier, penser qu'un danseur d'eau éviterait un combat était totalement stupide. Ils étaient nés pour cela, Braavos et le Père des Eaux en avaient fait leur destinée bien avant la naissance. Jamais l'un d'entre eux ne serait jamais capable de tourner le dos à la mort, tant il était bien plus agréable de jouer avec elle. De danser, de chanter l'amour inconditionnel des fureurs de la bataille pour mieux célébrer leur vie aventureuse et la respirer à pleins poumons.

Avec cet objectif en tête, Lotho focalisa son plus grand intérêt sur ce combat, détaillant avec un regard acéré ses opposants. L'un d'entre eux avait décidé de garder sa lance, les deux autres avaient sortis leurs épées et tous trois tentaient pour l'instant de se mettre réellement en ordre de bataille. Profitant de cet instant, le braavosi s'élança non pas en direction de ses assaillants mais vers l'un des murs qui les gênaient justement avant d'y apposer trois pas pour y prendre la hauteur et sauter en direction de son adversaire à la lance. D'une torsion du dos il réalisa une volte, épée au clair, qui eut pour effet de balafrer proprement ce dernier au niveau du visage, de la mâchoire inférieure au front, en passant par l’œil. Le Braavosi se rétablit accroupi devant les trois larrons, le lancier ayant lâché son arme pour se tenir le visage, l'un de ses compagnons se tourna médusé vers la blessure de son ami tandis que le troisième abattait sa lame en cloche, pour frapper Lotho alors proche du sol. Le braavosi ne du son salut qu'à ses réflexes, qui le firent exécuter une roulade en arrière dont il se releva d'un bond.

Sa tête tournait légèrement, aussi décida t-il de se focaliser sur sa défense alors que ses deux adversaires reprenaient de leur contenance et commençaient à avancer vers lui. C'est alors que tous purent entendre du bruit à l'entrée de l'allée, manifestement les mots autoritaires d'une femme qui semblait demander ce qui se passait en ces lieux. Question fort à propos, les ruelles de Port-Réal n'étaient en effet pas faites pour les tueries, la preuve : les habitants du cru semblaient ne pas savoir y manœuvrer lors d'un combat. Alors qu'il jouait de parade et d'esquive avec ses deux camarades de jeu, Lotho comprit que plus exactement elle semblait demander au nobliau d'arrêter rapidement ce massacre. Sardonique, il ne put s'empêcher de participer également à la conversation :

- Allons, butor de pied plat ridicule ! Fieffé et arrogant fielleux ! Écoute ces sages paroles qui te sont ainsi suggérées !

Mais en lieu et place d'un retour à la raison de l'homme dont les gardes commençaient déjà à fatiguer d'escrimer avec un individu rapide et bretteur plus qu'accompli, ce fut sa fille qui répondit à l'inattendue négociatrice. Elle argua que Lotho était un monstre sans foi ni loi dont l'appétit n'avait pu être satisfait que par le viol de son intimité la plus personnelle. Décidément, à chaque fois qu'il mettait les pieds à Port Réal il y avait toujours quelqu'un pour penser de lui qu'il était certainement un violeur. Plus qu'énervé par cette affirmation, Lotho enchaina un pas de coté pour arriver sur le flanc d'un de ses adversaires, avant de lui asséner un violent coup de dague dans la hanche, provoquant de fait l'abandon de ce cher compagnon de danse, avant de rétorquer :

- Ah mais il suffit ! Elle est navrante ! De grâce mon cher ennemi d'un soir : Faites la soigner ou mieux, trouvez quelque félon prompt à assouvir son désir pervers !

Le noble quand à lui répliqua à la jeune femme qu'on ne salissait pas le nom de sa famille impunément, ce dont le spadassin ne s'était jamais prévalu. Il était fou de constater à quel point les enfants gâtés pouvaient manipuler leurs géniteurs. Ce dernier rajouta d'ailleurs qu'un Braavosi avait encore moins intérêt à effectuer ce genre de manœuvres. Fielleux, Lotho ne put s'empêcher de rajouter :

- Ah ! Enfin vous m'écoutez ! Je connais bien des marins au long cours qui seraient ravis de rencontrer votre fille, vous voyez bien qu'un terrain d'entente cordiale peut être trouvé ici !

Mais l'homme n'avait que faire de ses piques et l'inconnue, dont la livrée semblait plus huppée que celle que le spadassin avait l'habitude de croiser chez la gente féminine, lança sa suite dans l'affrontement. Lotho se retrouvant brièvement sans adversaire put reprendre légèrement son souffle tout en notant les derniers échanges entre cette noble et celui qui en voulait à sa peau. Rapidement il revint à l'action et nota avec attention la prestation du garde personnel de celle qui lui apportait ainsi secours, même si pour elle les neutraliser était un fait plus important que la victoire, qui faisait le ménage dans les rangs arrières de la suite du noble Obrassadh. Largement plus grand que le spadassin, ce dernier n'étant pourtant pas surpassé tous les jours à ce niveau là, il arborait le même style de carrure athlétique que lui. Mais son style de combat semblait nettement moins, comment dire ... Aérien fut le seul mot qui vint en tête à Lotho, tant leurs façons de combattre étaient différentes même si elles visaient toutes deux au même but : survivre par l'abattage rapide et sans sommations de leurs adversaires. Une fois que son "camp" eut semblé remporter la bataille, Lotho s'autorisa de souffler quelque peu, avant d'entendre des pas se voulant feutrés derrière lui. Se retournant sur ses appuis, il vit le garde a qui il avait fait embrasser le mur du fond de l'impasse, épée presque parée pour un coup en cloche et le regard totalement surpris de s'être fait prendre de cours. Lotho abattit rapidement son épée sur la ceinture de cet homme, ce qui eut pour effet de faire tomber les braies de l'homme, toujours aussi médusé. A cet instant l'autre guerrier lança une insulte bien sentie, quoiqu'un peu trop convenue au goût du bretteur poète que se trouvait être lotho, mais c'est l'intention qui comptait avant tout. Le deuxième homme de la suite avait rengainé et il semblait bien que la rixe était terminée, pour le plus grand plaisir du spadassin. L'air détaché, jouant de ses mots en faisant volter son épée pour appuyer son propos :

- Lâche ton épée. Ou Repentance ira fouiller la valeur de ta virilité ...

L'homme obéit, lâchant son épée derrière lui avant de récupérer, l'air penaud, ses frusques et d'user de ses mains comme ceinture sommaire. Manifestement le noble Obrassadh restait interdit devant le carnage qui se présentait à ses yeux, sans compter sa fille dont le regard empli de peur le disputait aux presque sanglots qu'elle était en train de faire naître. Lotho quand à lui sortit un mouchoir de sa poche pour éponger le sang sur ses armes, tout en fixant le commanditaire de son agression dans les yeux, avant de dire d'un ton menaçant et ferme :

- Mon cher ennemi du soir. Sachez que le Braavosi n'est en aucun cas créature prompte à séduire la jouvencelle. Et ce pour deux raisons, il n'y a là ni défi, ni gloire à abuser des rêveries amoureuses de jeunes filles. La deuxième raison quand à elle est que ce genre de choses conduisent inévitablement à des évènements comme celui là. Si ces hommes vont tous avoir besoin de soins, à vos frais, il s'agit là uniquement de vos erreurs. Si vous n'aviez pas été sanguin, ils auraient tous la possibilité ce soir de rentrer auprès de leurs aimées ou bien encore de leurs simples chambrées. Tant que vous n'aurez pas la considération de vos hommes, vous ne serez jamais rien d'autre qu'un tortionnaire.

- Pardon ? Et qui êtes vous pour me parler ainsi espèce de verrue étrangère ?! Coureur de remparts !

- Je suis l'un des vainqueurs monseigneur, chose que vous ne serez jamais tant que vous oublierez ceux qui travaillent pour vous. J'ose espérer que dans cette leçon votre nom en sortira grandi de par votre apprentissage, maintenant si vous daignez bien m'excuser ...

Lotho rengaina ses deux armes d'un seul mouvement fluide avant de sortir de l'allée en s'époussetant fortement. Il n'avait pas eu le temps de mettre chapeau ou bien encore de s'apprêter pour rencontre une noble dame, mais après avoir passé la main dans ses cheveux, il mima un couvre chef avant d'entamer une révérence des plus élégantes envers la jeune demoiselle qui l'avait sauvé d'un long combat. D'une voix polie et courtoise, arborant le plus redevable des sourires, le danseur d'eau dit ces quelques mots :

- De gratitude mon cœur se trouve rempli, mon âme se trouve extrêmement enjouée. En cette frêle nuit, je vous le dis : merci à vous, ainsi qu'à votre suite dont l'efficacité n'a d'égale que la rapidité. Avec toute la sincérité qu'un guerrier peut donner à ses homologues et leur maîtresse : merci.
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Alysanne Florent
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Message Mer 14 Mar 2012 - 21:10

The Dinner Party by Bear McCreary on Grooveshark

Alysanne avait suivi avec attention le déroulement des événements et elle n'avait commencé à se détendre qu'une fois la victoire acquise, malgré la légèreté de ton du danseur d'eau et de Kerigan qui semblaient avoir leurs adversaires bien en main. Hugo quant à lui était trop peu bavard pour piper mot en plein combat, et il n'en dit pas plus en revenant près d'elle.

« Personne n’est blessé ? » vérifia-t-elle avant toute autre considération auprès de ses compagnons. Une réponse unanime la tranquillisa. Non content d’être indemne, Kerigan semblait même beaucoup plus détendu qu’avant l’échauffourée. Sans doute avait-il trouvé dans ce combat une occasion d’évacuer son humeur sombre. Pendant ce temps, un Obrassadh médusé contemplait le désastre. Alysanne jeta un œil à la fenêtre cassée et aux éclopés gisant ici et là. Les vaincus allaient sûrement devoir se faire porter pâles pendant quelques jours. Entre un danseur d’eau, un chevalier du Bief et un réître rompu au pire, ces soudards de parade n’avaient pas fait un pli. Un combattant dénudé par le Braavosi ajoutait la touche finale à cette déconfiture ubuesque. Alysanne était soulagée de voir que les trois hommes s’en étaient sortis en un seul morceau, et sans entasser les cadavres, mais elle était aussi écœurée par toute cette violence… Écoutant le danseur d'eau régler ses comptes, elle tourna vers les initiateurs de l’escarmouche un regard inamical. Comme elle s'en était douté, l'homme semblait innocent du crime dont on l'accusait. Il s'adressa ensuite à elle avec une distinction digne d'un noble du Bief.

« De gratitude mon cœur se trouve rempli, mon âme se trouve extrêmement enjouée. En cette frêle nuit, je vous le dis : merci à vous, ainsi qu'à votre suite dont l'efficacité n'a d'égale que la rapidité. Avec toute la sincérité qu'un guerrier peut donner à ses homologues et leur maîtresse : merci. »

Elle hocha gracieusement la tête et sourit en retour. « Nous avons simplement obéi aux règles de la chevalerie, dit-elle sincèrement. Il n'est pas dans mes habitudes de laisser assassiner un homme sur la place publique. Surtout s'il n'a commis lui-même aucun crime. »

« Mais il ment ! »
s'écria la fille en larmes.

« Ma dame, je vous en conjure, n'écoutez pas ce misérable étranger ! » s'exclama le père d'un ton suppliant. « Tout le monde sait que les Braavosi sont de fieffés menteurs et des beaux parleurs. Alors que ma petite fille... »

Encadré d’Hugo, qui avait pris son air méchant des grands jours, et de Kerigan, dont le silence valait tout un discours, le coq avait perdu de sa superbe, d’autant plus que les deux hommes le dépassaient confortablement d’une ou deux têtes, spectacle comique s’il en fût. Elle le toisa avec toute la condescendance dont elle était capable – les Bieffoises étant assez douées en la matière.

« Vous n'étiez pas disposé à l'écouter, lui » releva-t-elle avec ironie. « Je devrais peut-être donner l'ordre à mes hommes de vous tailler en pièces puisque cette solution semble avoir vos faveurs. Tuer d'abord, poser les questions après... » Elle eut le plaisir de le voir devenir blanc comme un linge. Elle n'avait aucune envie de s'attarder alors qu’une longue journée de cheval l’attendait le lendemain, sans parler de ses compagnons qui devaient avoir l’estomac dans les talons, mais elle n'avait pas le choix. Son éducation et ses valeurs l’obligeaient à venir en aide aux innocents en péril, mais encore fallait-il être sûre de ne pas se tromper d'innocent, et en l’occurrence elle ne disposait pas d'autre indice que la parole des uns et des autres, qui pouvait être trompeuse. Elle ajouta donc avec un soupir : « Vous avez de la chance que je n'ai pas le même penchant que vous pour les exécutions sommaires. Je vous écoute, mais soyez brefs. Je n’ai pas toute la nuit devant moi.  »

L’homme expliqua que sa fille était venue le trouver quelques heures plus tôt dans le plus grand désarroi pour dénoncer la tentative de viol dont elle prétendait avoir fait l’objet. Après le père, ce fut au tour de la fille de raconter son histoire : « Ce malotru se trouve être un poète auquel j’avais pensé faire appel pour une réception surprise en l’honneur de l’anniversaire de mon père. Quand je suis allée le voir à l’auberge où il réside, il m’a invitée à lire certaines de ses compositions qui pourraient selon lui convenir à merveille à l’occasion… » Elle émit un petit sanglot émouvant avant de tendre soudainement un doigt vengeur en direction du danseur d’eau. « Hélas, ce n’était pas des poèmes qu’il avait l’intention de me montrer ! Louée soit la Mère dans sa miséricorde, j’ai réussi à m’enfuir avant que ce démon ne puisse faire usage de sa… verve… sur ma chaste personne. » Le ton allusif ne laissait aucun doute sur le mot galamment escamoté par celui de « verve ». Elle éclata en pleurs bruyants. « Jamais je n’ai été aussi humiliée, aussi déçue, aussi blessée… » dit-elle en tapant du pied.

Alysanne commenta d'un air dubitatif : « Vous êtes donc allée le voir seule ? Sans garde ? N’est-ce pas étrange pour une jeune noble de se balader dans ces rues sans protection ? Sans parler du fait de suivre un inconnu dans sa chambre…  Hum. D’aucuns pourraient penser que vous cherchiez un rendez-vous galant…»

« Un… un rendez-vous ? Avec… ce monstre ? » La fille semblait sur le point de défaillir. «Non, quelle étrange idée, je… je voulais juste faire une surprise à mon père… »

Avant qu’elle ne puisse se lancer dans une litanie sans fin sur ses bonnes intentions, Alysanne releva négligemment : « Bien sûr, et il est heureux que vous en ayez réchappé... certains n’hésiteraient d’ailleurs pas à qualifier cela de miracle… j’imagine que cela a dû vous demander un courage et une vivacité hors du commun, compte tenu des aptitudes martiales de l’individu en question…  les danseurs d’eau sont des créatures dangereuses. »

« C’est un poète, pas un danseur », corrigea inutilement la gamine qui n’avait visiblement aucune idée de ce qu’était un danseur d’eau. « Et il n’y a là aucun miracle. Quand il a exhibé son… tercet, j’ai profité de sa… position pour attaquer un point faible. Le temps que ce satyre comprenne sa douleur, j’ai pu m’enfuir en courant et retourner chez mon père ! » 

Alysanne haussa les épaules. « Cette affaire est donc fort simple ! Allons trouver la garde qui interrogera l’aubergiste… Celui-ci pourra facilement corroborer votre témoignage, tout comme les clients présents à ce moment-là. »

Elle bluffait, ignorant où trouver le poste de garde le plus proche, mais la donzelle, qui n’avait visiblement pas une grande expérience du mensonge, mordit à l’hameçon. « A... attendez ! » s’exclama-t-elle d’un air paniqué. «  Vous... vous ne pouvez pas faire ça ! Je suis une lady. Ma parole devrait suffire. » Alysanne soupira. Une lady ? D’où sortaient ces gens, pour méconnaître ainsi les limites de leur autorité à Port-Réal ? Sans parler de ce nom improbable, qu’elle n’avait jamais, au grand jamais, entendu auparavant. Peut-être était-ce une famille mineure déchue pendant la rébellion, s’accrochant à un titre auquel elle n’avait plus droit depuis longtemps, ou à l’inverse une clique de bourgeois anoblis de fraîche date... Quoi qu’il en soit, elle pouvait prédire que leur nom ne resterait pas dans les annales.

« Je ne sais pas si vous êtes vraiment noble, mais vous avez sans nul doute de l’or fondu à la place de la cervelle, commenta-t-elle en  secouant la tête. La garde a préséance sur n’importe quel aristocrate pour exercer la justice du roi au sein de la capitale. Soyez assurée qu’une enquête minutieuse fera toute la lumière sur cette affaire. J’y veillerai personnellement, s’il le faut… mais il serait dommage de faire remonter cette histoire triviale et somme toute assez dégradante jusqu’aux plus hautes sphères, ne croyez-vous pas ? »

« Oh, euh, ce ne sera pas utile » jeta la fille en toute hâte. « Maintenant que j’y pense, j’ai pu mal interpréter la situation... son aiguillette était peut-être décousue ! C’est même fort probable, après tout, un vrai poète ne s’abaisserait pas à une telle indécence… J’ai agi sur un coup de tête, je m’en rends compte à présent. Il ne serait sans doute pas sage de déranger la garde pour un simple malentendu, n’est-ce pas ? »

Alysanne soupira à nouveau, mais de soulagement cette fois. « Non, en effet. Vous feriez bien de présenter vos excuses à cet homme et de rentrer chez vous. » Elle se tourna vers le père que la tournure des événements semblait avoir changé en statue de sel. Comme il devait être difficile pour lui d’avaler que sa douce fifille se révèle finalement être en tort, et non « cette saleté de braavosi »… !« N’oubliez pas de dédommager ce pauvre poète ainsi que le commerçant dont la fenêtre a été brisée par votre faute. Je connais votre nom et je serais fort déçue d’apprendre que vous avez manqué à l’honneur en cette affaire... » conclut-elle d'un ton dégagé, mais avec un regard lourd de promesses.

Dès que le père et la fille se furent exécutés, bon gré mal gré, elle les laissa tenter de ranimer leurs gardes et ramena sa jument près de l’étranger. « Vous devez être au moins aussi épuisé et affamé que mes hommes après cette déplorable mésaventure. Si le cœur vous en dit, venez donc avec nous. Un repas chaud et un remontant feront sûrement du bien à tout le monde. »

Hugo n’aurait qu’à le prendre en croupe ; il lui devait bien ça après ses hésitations de mauvais aloi…

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Message Dim 18 Mar 2012 - 14:31

Kerigan ne put s’empêcher de légèrement hausser des sourcils en distinguant cet inconnu Braavosi ridiculiser un des gardes de la suite d’Obrassadh en lui sectionnant sa ceinture. Ce fut la manière avec laquelle cet homme aux gestes virevoltants et assez aériens termina la rixe dans la ruelle. Non pas que cela ne convenait pas au reitre, le trentenaire n’aurait jamais eu l’idée d’éviter une plus grande effusion de sang de cette manière. Utiliser le ridicule d’une situation n’était pas assez intimidant à ses yeux et laissait place à un possible sentiment de revanche.

Mais, le natif de Torth était curieux d’en savoir plus sur cet homme même s’il restait bien silencieux comme à son habitude. Il ne connaissait rien de Braavos ni de ses habitants. Ils étaient en fait parfaitement aux antipodes l’un de l’autre. Son style de combat bien plus réfléchi et aérien était bien différent tout comme la manière avec laquelle ce poète, comme le désignait la fille, s’énonçait. A côté, Kerigan illustrait le parfait barbare sans le moindre raffinement dévastant ce qui se trouvait par hasard ou non sur sa route, et agissant bien plus instinctivement. L’art de la destruction circulait froidement en lui même si son désir de vengeance avait pu être assouvi à de nombreuses reprises. Pour ne plus jamais le quitter très certainement.

Tranquillement installé sur son hongre, le garde de lady Florent attendait sagement que le petit groupe en finisse avec les palabres interminables. Pendant ce temps, l’expression affichée sur le visage du nobliau ne plaisait guère à Kerigan. Celui-ci n’était pas devenu soudainement en accord avec la Dame du Bief. Il y avait été contraint par la force. Que se serait-il passé si les évènements avaient évolué de manière diamétralement opposée ? Ni le Braavosi, ni Kerigan, ni les deux cousins du Bief ne seraient encore en vie très certainement.

Et cela, Alysanne semblait l’occulter. C’est alors que le reitre se demandait si elle n’avait pas trop vécu par l’intermédiaire de ses ouvrages et donc délaissé un peu trop le monde réel. Dans l’esprit de Kerigan, un nobliau, aussi méprisable soit-il, bénéficierait toujours d’une porte de sortie que ce soit à l’aide d’un vice de forme, d’un pot de vin ou d’une quelconque connaissance. Et puis, ça ne courait pas les rues les roturiers qui avaient déjà par le passé exercé la justice du Roi sur n’importe quel aristocrate…Qui tenterait de prendre un tel risque ?

A son avis, tout cela devait se terminer autrement. Kerigan aurait préféré procéder au moins à un avertissement bien plus prononcé en les mettant directement en danger plutôt que de leur passer une légère couche d’intimidation inutile sur la justice et le savoir-vivre. En bref, ce n’était pas avec ces discussions d’aristocrate que cela allait empêcher le père et la fille de recommencer ce genre de bassesses sur une cible vulnérable dans un avenir proche.

Que penserait-il si cet Obrassadh, ce lâche utilisant tous ses gardes contre un seul homme, ressortait indemne de cette affaire et brisait à l’avenir une famille sur un coup de tête, laissant des orphelins dans la nature ? Le reitre se sentirait assurément mal. Car, il n’aurait pu empêcher sa propre histoire de se répéter. Etait-ce cela la justice ? Est-ce que des innocents qui ne pouvaient disposer d’une protection ou d’un certain statut, avaient à payer de leur existence, que ce soit de manière directe ou indirecte comme Kerigan, pour avoir laissé ce type de crapule s’en sortir si facilement ?

Le trentenaire se doutait que la native du Bief ne comprendrait pas son point de vue ce pourquoi il était resté étonnamment silencieux sur ce sujet en sa compagnie. Mais, il ne lui en voulait pas non plus. Tout était une question de contexte, de situation et d’expériences. Il savait qu’elle désirait faire ce qui avait de mieux à faire selon ses principes de justice, de chevalerie, de savoir-vivre. Mais, la chevalerie, qu’était t’elle devenue ? Un bon repaire de couards opportunistes et vantards passant davantage de temps à profiter de leur statut plutôt qu’à exécuter leurs devoirs en faisant preuve de sagesse, de retenue et de tous ces mots représentant des valeurs placées sur un piédestal idéaliste mais au combien inutiles dans le monde réel. A ses yeux, l’épée sera malheureusement toujours plus forte que les mots. Et les Sept seront éternellement impuissants.

Mais, s’il trouvait qu’Alysanne était en quelques sortes aveuglée, c’était aussi le cas du reitre d’une certaine manière. Le pardon n’avait par exemple plus sa place. Kerigan s’était assujetti à la violence, aux ténèbres, parce qu’il s’agissait de l’unique solution à ses yeux. Et une fois que la violence nous habite, on y prend goût. Il ne pourra certainement plus s’en libérer mais il acceptait cela si c’était le prix à payer pour inverser parfois le cours des choses sur Westeros.

Le blond soupira silencieusement, laissant le nobliau prononcer ses semblants d’excuses avant de suivre en silence Alysanne, Hugo et le Braavosi qui prenaient la direction de la Chandelle d’Argent. Une fois arrivé à bon port, le reitre descendit de son cheval et demeurait dans son mutisme absolu. Cette réflexion lui laissa un goût amer dans la bouche. Peut être allait-il être plus loquace une fois l’estomac rempli ?
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Message Mer 21 Mar 2012 - 18:52

A la suite de ces échanges d'une courtoisie inexistante avec les Obrassadh père et fille, Lotho avait pu apprécier à leur juste valeur les mots de la noble Demoiselle qui avait mis sa suite de son coté dans cette ruelle si sombre en ce soir dont l'issue aurait pu être toute autre pour lui. Cette jeune aristocrate demanda également au trouble fête de dédommager Lotho, chose que lui même n'avait pas l'habitude de voir comme quelque chose de tout à fait logique après une escarmouche. Le simple fait de pouvoir respirer encore durant quelques jours lui suffisait amplement, réellement et tout aussi simplement que cela. Néanmoins le chef de la maison Obrassadh s'avança en rechignant vers le spadassin, tandis que ses hommes ramassaient leurs blessés et que le tenancier de la boutique vociférait à l'encontre de qui voulait bien l'entendre que cette devanture allait lui demander un coquette somme, pour un commerçant, en ordre d'être réparée. Le noble s’exécuta avec difficulté, avant de revenir vers le Braavosi et de dire d'une voix aigre :

- Donc ... Combien me coûtez vous, espèce de sac à vin ?

Lotho, face à son débiteur, ne pu s'empêcher d'afficher sans aucune discrétion un léger sourire agrémenté d'un rire amusé. Tapant l'épaule de noble de façon que d'aucuns auraient jugé d'amicale si il n'avaient pas eu vent du fond de l'affaire, il répondit d'un ton malicieux :

- Gardez votre argent et un œil sur votre fille. Elle file une étoffe si dispendieuse qu'à ce rythme là elle risque bien de saigner à blanc tous vos gardes. Allez donc, l'affaire est entendue.

Une profonde surprise se lisait désormais sur le visage du noble alors qu'il rangeait penaudement son aumônière avant de dévisager une nouvelle fois Lotho et de tourner les talons, apposant son bras autour des épaules de sa fille qui jetait un dernier regard tout aussi surpris que son géniteur sur le Braavosi. Ce dernier les regarda s'éloigner avant de tourner le regard vers la Demoiselle qui lui posait une question, ou plutôt qui énonçait une affirmation, tout en approchant sa jument auprès du spadassin. Arguant qu'il devait être dans le même état de fatigue que les membres de sa suite, surtout après cette escarmouche, elle lui proposa de partager ensemble un repas et un remontant pour se remettre de ces dernières émotions. C'est à ce moment là que Lotho constata qu'en effet, tout aussi absorbé dans son étude qu'il l'avait été durant la journée et la soirée, il se trouvait en effet qu'il n'avait pensé à se restaurer uniquement frugalement. Les derniers efforts durant l'heure qui venait de passer lui avait ouvert l'appétit c'était indéniable. Aussi joignit-il ses mains en signe de remerciement avant de s'exprimer dans un ton très courtois :

- Noble demoiselle il se trouve qu'en effet cette aventure,bien moins désagréable que certaines autres qu'il m'a été donné de vivre, a eu un effet certain sur mon appétit. Mais pour vous être tout à fait honnête, chose que je vous dois bien après l'aide fortuite que vous venez de me concéder, je ne tolérerais d'abuser plus en avant de votre gentillesse. Ainsi donc j'accepte de vous accompagner, mais je tiens réellement à ne pas vous laisser penser que vous êtes obligée de m'inviter. Je paierais mon repas de mes deniers et nous disserterons jusqu'à ce que fatigue s'en suive, car telle est la plus intéressante des options que je puis vous proposer.

Non point qu'il était fort aisé financièrement, mais il avait pour habitude de toujours garder une partie de son pécule somme toute confortable pour un mercenaire dans une bourse retenue par un lacet de cuir, autour de son coup. Cette vieille habitude lui venait du temps où il n'avait pas encore pignon sur rue chez Galt, à la Halte Ombragée, lorsqu'une fois endormi sur la table le tenancier n'avait plus qu'à se servir. Jamais il n'avait pris un sou de trop, mais toujours il s'était financièrement rétribué avec justesse. Depuis, Lotho avait compris tout le coté pratique de cet usage lorsqu'il partait en voyage durant un temps trop long ou bien encore quand il se faisait détrousser de l’aumônière qu'il portait sous sa capeline.

Toujours était-il qu'à l'heure actuelle c'était le deuxième homme de la suite de cette dame qui s'approcha de lui à cheval, lui proposant son bras pour l'aider à monter. Avec un léger sourire teinté de gratitude, il accepta et s'aida ainsi du chevalier pour faciliter sa montée sur la croupe de l'animal qui étant fort bien dressé ne rechigna pas. Ainsi donc furent-ils tous quatre prompts à se mettre en route pour une taverne que Lotho ne connaissait surement pas, en tout cas le pensait-il fortement, car de fait les nobles n'avaient pas pour habitude de fréquenter les tavernes les moins onéreuses quand ils résidaient pour un temps à Port-Réal, à moins qu'elle ne soit elle même résidente permanente et qu'elle les mène directement à son hôtel particulier. Plus le spadassin retournait ce sujet dans sa tête, plus il se disait que l'un tout comme l'autre était on ne peut plus probable et au final lui importait peu, tant qu'il pouvait se sustenter il n'en était au final que plus heureux.

Ainsi donc finirent-ils par arriver à la Chandelle d'Argent, un établissement dont le spadassin avait en effet entendu parler mais où il était bien loin d'avoir ses habitudes. Non point qu'il n'appréciait pas ce genre d'endroits mais bien simplement parce qu'en devenant un résident presque permanent de la ville il y avait pris ses habitudes et n'était que rarement motivé par l'envie d'en découvrir d'autres lieux. Parfait paradoxe pour un voyageur me direz vous, mais même les plus grands baroudeurs ont toujours besoin d'un point fixe où se ressourcer. Alors qu'il mettait pied à terre, il lâcha un léger cri de stupeur avant de dire, d'une voix effarée :

- Grands Dieux ! Fieffé Forban ! Damné Démon ! Cuistre Congénital ! Voilà que j'en oublie l'ensemble de mes convenances ! La teneur même des vaillantes péripéties que nous venons de vivre m'en aura fait oublier jusqu'au tréfonds même de mon sens des convenances ! Permettez tous trois que je corrige cette erreur avant que nos palabres n'aillent plus en avant ...

Dégainant Repentance, sa si fidèle rapière, en un geste élégant il entama la plus parfaite des révérences. Garde de la lame acérée contre le cœur, il continua ensuite d'un ton solennel :

- Permettez moi de me présenter : Lotho Volentin, Danseur d'Eau, Rimeur, Bretteur, Hâbleur et paraît-il charmeur. Souvent à mes dépens semble t-il en tout cas. Et cette fidèle amie qui conte mon cœur se pose, de nom de Repentance se trouve affublée. Encore une fois merci de nous avoir prêté main forte, tant à vous noble demoiselle qu'à vous autres, vaillants combattants.
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Alysanne Florent
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Réfléchissez avant de croire,
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et doutez avant de vous informer.

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♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 01/01/2012
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Message Mer 21 Mar 2012 - 21:25

Alysanne ne put s'empêcher d'être surprise par l'attitude du Braavosi. Lire et entendre la description d'une autre culture ou d'une caste méconnue était une chose. En faire l'expérience par une rencontre avait une saveur quelque peu différente. Son voyage, ne cessant de la mettre face à ce paradoxe, lui permettait d'ajuster sa vision du monde. Gens du peuple, nobles de sang royal, étrangers venus d'au-delà des mers... ils avaient tous à leur manière une vérité à lui faire entendre, une vérité impossible à saisir avec des mots. Le ton et l'attitude du danseur d'eau refusant avec superbe et simplicité un dédommagement ou un geste charitable, en disaient plus long sur son code d'honneur que tous les récits de Jace Redwyne, si éloquent fut-il, ou que tous les carnets de voyage achetés à Villevieille. Elle était frappée de respect pour cet homme sans fortune qui portait sa modeste condition avec plus de dignité et de générosité que certains princes.

« C'est tout à votre honneur, dit-elle en inclinant la tête. Je n'insisterai donc pas. » Il était visiblement sincère et elle ne voulait pas faire preuve d'indélicatesse en le forçant à accepter son invitation. Chaque homme a ses principes ; elle avait assez de recul pour respecter son choix, et pas assez d'orgueil pour en prendre ombrage.

Cette conclusion toutefois ne la satisfaisait pas entièrement, car au final l'attentat ne donnait lieu à aucune forme de sanction, et elle doutait que la générosité de la victime ait un impact suffisant sur Obrassadh et sa fille pour leur ouvrir l'esprit. Westeros n'était pas une terre de tolérance et d'ouverture, il avait dû s'en rendre compte à ses dépens. Elle n'avait pas son mot à dire cependant, puisqu'il avait pris sa décision. De toute façon, elle n'avait aucune autorité hors du fief familial, même si elle avait prétendu le contraire.

Ils se mirent en chemin pour La Chandelle d'Argent, en silence. Elle ruminait l'incident avec des sentiments mêlés, ne sachant si elle devait en rire ou en pleurer. Elle n'avait encore jamais eu l'occasion d'assister à un acte d'une telle injustice. Elle repensa à son frère Aladore, qui avait tué en duel l'homme qui avait déshonoré leur sœur Tierle. Il avait laissé sa chance à son adversaire. Du moins, il l'affirmait, et elle ne l'imaginait pas un instant agir autrement. Elle n'avait jamais vu les hommes de sa famille abuser de leur pouvoir. Est-ce que le Bief était une exception ? On prétendait bien parfois, dans les vertes contrées, que le Conflans et les Terres de la Couronne étaient des régions corrompues où les valeurs élevant l'humanité se mouraient, des terres d'intrigues et de complots, sans foi ni loi derrière des vertus d'apparat. Elle n'avait jamais vraiment cru cela mais elle s'était peut-être fourvoyée.

Arrivés à La Chandelle d'Argent, elle confia Brume au palefrenier de l'auberge et laissa le danseur d'eau prendre l'initiative des présentations avec une verve amusante qui lui rendit le sourire. Le nom de l'épée la fit tiquer : de quoi avait-il à se repentir ? Elle ne releva pas, par discrétion. Elle ne savait pas vraiment quel était l'usage à Braavos, aussi répondit-elle sur le même ton :

« Enchantée, Lotho Volentin, dit-elle avec une parodie de révérence et un sourire connivent. Je suis Alysanne Florent, troisième fille d'un seigneur mineur du Bief, autant dire une chose remarquablement inutile, sauf quand je peux faire valoir ma maigre influence pour défendre un innocent. Ravie d'avoir pu vous aider, même si le mérite en revient d'abord à mes protecteurs, Hugo et Kerigan. » dit-elle en les désignant respectivement d'un geste. « Au fait, si jamais vous changez d'avis quant à cette affaire... je témoignerai pour vous sans hésitation. Nous prenons la route demain mais vous pourrez m'écrire chez ma sœur Lady Tierle à Darry en cas de besoin. »

Elle l'invita à entrer et ils s'installèrent à une table libre isolée par un paravent luxueusement peint. Il y avait encore du monde à cette heure tardive et ils purent se faire servir à dîner. Alysanne, qui avait eu le plaisir de savourer un délicieux repas au Donjon Rouge, s'en tint à prendre une grappe de raisins pour accompagner les dîneurs. Hugo n'était guère plus loquace que d'habitude, et Kerigan maintenait un silence hermétique qui la laissait pensive. Elle avait toujours du mal à cerner le fond de sa pensée et cela l'ennuyait. Elle n'aimait pas l'idée d'avoir dans son ombre quelqu'un dont elle ne pouvait prévoir les réactions, même s'il assumait pour l'instant parfaitement sa fonction. Elle n'avait jamais pu considérer ses serviteurs comme des fourmis dont le comportement allait de soi, peut-être à cause du caractère affirmé de sa suivante Eleneï... ou peut-être parce qu'elle était habituée à la solitude, et qu'elle se sentait menacée dès lors qu'un étranger était appelé à camper sur son territoire. Comme une renarde, elle avait tendance à s'enfuir si l'on s'approchait d'un peu trop près, et il n'y avait guère qu'un amant ou un mari pour être encore plus près qu'un garde du corps. Elle aussi allait avoir besoin de temps pour s'habituer à cette situation.

Si ses deux gardiens étaient peu bavards, le dîner allait peut-être leur délier la langue. En tout cas, le danseur d'eau n'avait visiblement besoin d'aucun encouragement pour parler et elle put engager la conversation avec lui aussi naturellement qu'on respire.

« Ainsi vous venez de Braavos... » releva-t-elle à un moment. « Voilà bien une ville que je rêverais de visiter. Une cité où le peuple lui-même vit dans la lumière des arts, où les spadassins sont plus raffinés que certains de nos seigneurs, où les courtisanes ont plus d'esprit que la moitié de nos châtelaines. Tout ce que j'ai lu et entendu de Braavos me séduit. On n'y impose aucun culte au détriment d'un autre. Les femmes y sont traitées comme des personnes et non comme des biens : même vos catins s'y voient séduire par des poèmes, quand nos ladies sont jetées nues par les invités de leur mariage dans la couche d'un époux qu'elles n'ont pas choisies... avant qu'on exhibe la preuve de leur dépucelage dans un concert de grasses plaisanteries. »

Elle songea avec cynisme que la situation des femmes des Sept Couronnes aurait pu être pire encore si une reine également nommée Alysanne n'avait pas convaincu son mari, plus d'un siècle auparavant, d'abolir le droit de cuissage. C'était en hommage à cette femme que sa mère lui avait donné ce prénom.

« A Braavos, paix et stabilité ont apporté aux plus pauvres une chance de connaître longue vie et prospérité. A Westeros, il ne s'écoule pas une génération sans qu'une guerre ne vienne ravager le pays.» Elle soupira. « Vous devez nous considérer comme des barbares... surtout après ce qui vient de vous arriver. » Elle pensa avec gratitude à Leo Tyrell. C'était un seigneur véritable capable de faire du Bief un soleil rayonnant dans les ténèbres. Mais combien restait-il de Leo Tyrell, pour des légions de Feunoyr, de Fer-nés, de Targaryens à moitié fous ? Combien de luttes fratricides, de complots, de guerres encore, avant que les Sept Couronnes ne prennent le chemin de la paix ? Feu et sang, se rappela-t-elle. Feu et sang, les mots d'un conquérant. Nulle devise ne pouvait répugner davantage aux jardiniers du Bief, aux descendants de Garth Mainverte, amoureux de la vie, de la beauté et des choses de l'esprit. Les dragons eux-mêmes, chef-d’œuvre de la création, avaient été réduits par les Targaryens à des armes de destruction. Enchaînés et soumis, condamnés à tuer et brûler sur commande au lieu de participer du vaste équilibre naturel des contrées sauvages, ils avaient décliné jusqu'à n'être plus que de pâles souvenirs figés dans la pierre. Les Targaryens détruisent tout ce qu'ils touchent. Elle pensa à Daeron, ce potentiel héritier du trône, qui lui inspirait une étrange affection. Même lui. Même lui était incapable de construire. De cultiver. Et si le destin était miséricordieux, il se détruirait lui-même avant de détruire le royaume, songea-t-elle avec tristesse.

« Vous l'avez compris, j'admire Braavos... Peut-être parce que je viens du Bief, où nous plaçons au-dessus de tout les valeurs qui élèvent l'humanité. Nos chevaliers poursuivent un idéal qui n'est peut-être pas si éloigné de votre propre code... »




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Message Dim 25 Mar 2012 - 12:01

Kerigan ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Il n’avait rien contre le Braavosi mais celui-ci venait de dégainer sa rapière brusquement ce qui surprit le reitre. Instantanément, ce dernier avait posé la main sur le fourreau de son épée, qui n’avait elle aucun nom. Tout cela au final pour se présenter et jouer de quelques courbettes maniérées. Le trentenaire retint son grognement, préférant ne rien dire sur le moment pour enfin se restaurer.

Une fois l’écuelle en face de ses yeux, Kerigan préféra laisser le Danseur d’Eau et la native du Bief faire l’apologie de Braavos, cité dont il connaissait à peine le nom. Pourquoi ? Cela ne faisait pas partie de ses préoccupations du moment. Et puis, il ne se posait pas vraiment ce genre de question. A vrai dire, sa vie insouciante et son manque de culture lui rendaient service d’un côté. Ne croyant que ce qu’il voyait, il n’avait connu que Westeros de toute sa vie, et il lui serait donc difficile d’éprouver des regrets. Le monde se limitait à ce continent barbare. On ne pouvait regretter ce qu’on n’avait pas connu…

Dévorant la viande qui se trouvait dans son assiette tout en mordant de temps à autre dans une miche de pain, Kerigan faillit s’étouffer lorsque Alysanne évoqua de manière bien trop élogieuse à son goût les chevaliers. Il s’agissait d’une réaction assez instinctive qui montrait à quel point il n’était pas en accord avec ses propos. Ne voulant pas avoir l’air d’un pitre, il préféra s’expliquer…ou ressentit le besoin de le faire pour faire sortir de sa poitrine ce qui se cachait depuis un bon moment désormais.

« Les chevaliers œuvrent pour l’humanité, huh ?...Dans les contes pour jeunes filles emmurées dans leur château certainement…Ha, et moi je suis septon…Etes-vous aveugle à ce point, ma Dame ? »

Kerigan reprit une gorgée d’hydromel, ayant été plus injurieux que constructif dans sa critique. Il ressentit le besoin d’apporter un peu plus de contenu pour justifier sa position, ce pourquoi il s’énonça de nouveau.

«Si je mets de côté les nobles, je n’ai jamais vu de personne aussi hautaine de ma vie. Pour profiter de leur statut, ils savent y faire ces rapaces. Mais, quand il s’agit de respecter leurs principes, ce n’est plus la même histoire…La sagesse, le courage, l’assistance du plus faible ne sont des valeurs qui n’existent que dans les ouvrages des bibliothèques poussiéreuses de vieille fille transmettant cette illusion à leur progéniture… »

Ayant fait la moitié du chemin, Kerigan préféra continuer sur son envolée coûte que coûte.

«Sachez que je n’ai rien contre vous ser Hugo mais j’ai vu bien trop de personnes se prétendant chevaliers et accomplir différents actes en désaccord avec leurs principes pour que je puisse rester silencieux. Ce ne sont que des nobles reitres ou des bandits à mes yeux. Si vous ne me croyez pas Lady Florent, essayez de vous rappeler si ces derniers temps vous avez entendu un chevalier accomplir des actes désintéressés ? Ils sont bien plus intéressés par la richesse et le prestige de leur maison ou de leur petite personne que par l’insécurité qui règne depuis un moment dans le Bois-Du-Roi… »

Sentant l’animosité se propager violemment dans les veines d’Alysanne, le garde du corps osa même ajouter une histoire personnelle pour illustrer ses dires.

« Mettez vous à la place d’une personne aux revenus modestes….Qui aurait protégé vos mèches blondes le long de la route de la Rose si je n’avais pas été là ? Avez vous vu des chevaliers faire des rondes dans le coin ? Qu’en auriez vous pensé après si vous aviez réussi à en réchapper ? …La loi du Roi est rarement celle qui s’applique…Et des histoires telles que celle là, il s’en passe sûrement des dizaines chaque jour…»

Kerigan ne désirait en aucune façon l’offenser mais il savait qu’il devait briser la glace un jour ou l’autre. Il savait qu’elle était tout de même bien plus jeune que lui et qu’elle avait tendance à voir le monde tel qu’il devrait être et non tel qu’il était. D’un côté, il eut la ‘chance’ de l’apprendre bien plus tôt qu’elle. A son âge, cela ferait certainement plus de dégâts…

« Loin de moi l’idée de critiquer une terre que je n’ai pas foulée, j’imagine quand même que Braavos doit se traîner sa part d’ombre aussi…Cette part que l’on ne rédigerait certainement pas dans un livre…»

Ce petit soupçon d’ironie à la fin de sa phrase n’était autre qu’une énième petite offense à l’encontre d’Alysanne. Si quelqu’un devait lui rappeler que parfois, elle devait connaître juste ce qu’on voulait qu’elle connaisse, Kerigan s’y collerait, quitte à s’attirer ses foudres après. Il s’attendait déjà à être critiqué pour son insolence mais la connaissant, si il parvenait à la faire sortir de ses gonds, c’est qu’il aura réussi à faire naître le doute en elle. Pourtant, le trentenaire ne remettait pas en question son savoir étendu. Mais, s’il prenait une telle liberté de parole, c’était pour que sa propre expérience lui serve un jour ou l’autre.
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Message Dim 15 Avr 2012 - 10:46

Alors qu'il venait de finir de se présenter avec toute la déférence dont il faisait montre en ce genre d'occasions, à savoir quand on vous sauve la vie, la jeune noble lui répondit aimablement avec un sourire de connivence aux lèvres. Elle se présenta comme étant Lady Alysanne Florent, troisième fille de la génération à porter ce titre, le fait qu'elle considère cela comme remarquablement inutile ne manqua pas de motiver la curiosité du Braavosi, qui gardait cette chose en tête sans rien en montrer. Le fait qu'elle mette sa petite influence au service des innocents prouvait une certaine noblesse d'âme, inhérente au Bief dont elle était issue. Contrée dont il revenait d'ailleurs et où il avait fait plusieurs rencontres très intéressantes. Elle présenta ensuite ses deux acolytes, le chevalier se nommait donc Hugo et le guerrier qui avait interloqué le danseur d'eau se nommait donc Kerigan, avec acuité il nota mentalement ces noms. Après tout il ne dinerait pas qu'avec leur maîtresse ce soir, mais aussi avec eux. Et malgré leur mutisme, il était possible qu'ils aient bientôt et autour de ce repas chaud, la langue mieux pendue et la parole plus intéressante que leurs faces fermées. Lady Alysanne Florent stipula ensuite que si jamais il changeait d'avis à propos d'Obrassadh, elle ferait ce qu'elle pourrait pour témoigner en sa faveur. A cette affirmation qui clôturait leurs présentations au Braavosi, Lotho répondit avec courtoisie tout en rengainant son arme :

- Eh bien enchanté de vous rencontrer tous trois. Soyez assurée Lady Florent que je suis on ne peut plus flatté par votre proposition. Mais il est dans mes principes de vie les plus sacrés de ne jamais compter sur la protection d'un mécène, non point que j'ai peur d'en perdre ma liberté, à vrai dire il s'agit là d'un oiseau trop volage pour être cerclé d'acier ... N'y voyez aucune offense, mais ma route se trace seulement à la pointe de mon épée et aux circonvolutions de mes mots. Si cet Obrassadh me tient rigueur, sachez que j'en agirais encore ainsi avec lui, jusqu'à ce qu'il se lasse. Baisser les bras semble être la principale qualité de ceux qui me veulent parfois du tort. Merci de la proposition en tout cas.


Alors qu'ils se dirigeaient tous quatre vers l'entrée de cette auberge nommée la chandelle d'argent, Lotho finit son discours avec sincérité et sérieux en ajoutant :

- Néanmoins si ma lame ou mes mots peuvent un jour être mis à votre service eh bien ... Eu égard au fait que je vous dois la vie, vous n'aurez qu'à envoyer laquais ou missive à la Halte Ombragée, une auberge de la ville. Mon ami Galt en est le tenancier et m'y garde ma correspondance.

Ainsi donc entrèrent-ils dans l'auberge qui tiendrait donc pour le temps à venir du lieu de leurs futures discussions. Malgré l'heure tardive, Lotho ne se sentait pas réellement fatigué et pourrait certainement disserter toute la nuit, sans pour autant être sûr qu'il s'agissait là d'une bonne idée. Empêcher une noble de dormir en l'assommant de paroles n'était pas ce qui engendrait la meilleure des réputations, mais il était néanmoins sûr d'une chose : si jamais il ennuyait tant la dame que ses suivants, ils ne manqueraient pas de lui faire remarquer. Ce dont il ne pourrait que leur rendre grâce, tant il savait à quelle point il avait le bavardage facile. Ils s’installèrent donc à une des tables disponibles, autrement dire quasiment toutes à cette heure ci. Lotho eut presque de la peine à commander pour l'ensemble de l'équipe qui tenait ce commerce, ils ne devaient surement qu'aspirer à se coucher et profiter d'un peu de sommeil. Il ne demanda qu'un peu de pain et du fromage, ainsi qu'un pichet de vin pour accompagner cela. La première gorgée fut agréable, le vin semblait venir du Bief, contrée dont il avait appris à apprécier grandement les cépages durant le temps où il y était resté.

Lady Alysanne prit donc la parole, commençant par affirmer le fait qu'il venait de Braavos, ce qui n'était un secret pour personne et il s'attendait à avoir encore le droit au questionnaire habituel des habitants des sept couronnes au sujet de Braavos. Il avait depuis longtemps passé le sentiment d'ennui quand à répondre à cette question, se contentant de dire souvent à peu près la même chose. Aussi quelle ne fut pas sa surprise quand la jeune lady commença à parler elle même de son pays d'origine. Elle en louait la culture en tant que ville des arts, la courtoisie des spadassins, l'esprit des courtisanes et bien d'autres choses encore ... Lotho était à la fois ravi de voir que la dame semblait s'être renseigné sur sa contrée, mais aussi assez choqué qu'elle n'en ait retenu que les fables et la culture fantasmée. Braavos était loin d'être une terre d'égalité, il en était l'un des ressortissants les mieux placés pour le savoir. Forcé à l'exil pour avoir aimé à la folie la fille de l'un des plus grands notables de la ville. Il ne put empêcher son expression de s'assombrir devant le constat qu'il faisait de l'idée qu'avait la jeune femme de sa terre natale. Sur le principe de la paix et de la stabilité il n'aurait pu la contredire, mais cependant il lui fallait bien avouer que la réalité était toute autre. Alors qu'il réfléchissait à sa réponse elle continua en assurant qu'elle aimait particulièrement Braavos, comparant pour finir les valeurs des Danseurs d'Eau et celles des Chevaliers du Bief.

Tant de qualité pour une seule Cité Libre, c'était là bien plus que l'égo de Lotho n'aurait pu en supporter, il se brisa même et la confusion emplissait l'esprit du poète alors qu'il tentait de rassembler ses mots pour nuancer les propos de la jeune noble qui lui faisait face. C'est alors que tout aussi involontairement qu'avec surprise, le guerrier nommé Kerigan prit la parole commune en otage et se l'appropria d'un ton à la fois désabusé et passablement énervé. Non, réellement énervé en fait, tout du moins cela parut il ainsi pour le Braavosi qui, heureux de ne point avoir à s'occuper seul de répondre à Lady Florent écouta avec attention ce qu'allait dire l'homme, tout en en profitant pour se resservir un peu de vin.

C'était manifestement l'honneur et la droiture de la Chevalerie de Westeros que le vaillant homme semblait remettre en cause, comparant avant tout leur serment à un conte de fée pour jeunes princesses en fleur. Lotho était certes étonné de la formulation mais d'autant plus qu'un garde de suite se permette ainsi une incartade aussi directe, frontale même, envers celle dont l'argent lui servait à vivre. Il fallait cependant au spadassin concéder une certaine vérité de ce propos, tant les chevaliers étaient parfois loin des vœux qu'ils avaient prononcés. Attaque verbale assez osée donc, que le fait de lamper de l'hydromel ne semblait avoir servi qu'à renforcer car en effet Kerigan ne s'arrêta pas là le moins du monde. Il continua en expliquant que les qualités et les valeurs de ce titre étaient on ne peut plus bafouées par ceux qui en avaient étés jugés dignes, chose que le Braavosi pensait également concernant la majorité d'entre eux, mais qu'il se gardait en général bien de prononcer. Tout cela lui rappelait grandement sa dernière tablée avec une dame et sa suite. C'était à Vieilleville lors de son entrevue avec Lady Ferboys dont il avait réussi à provoquer l'ire en une tirade qui n'avait pourtant pas ce but, loin de là. Les mots pouvaient être assassins et à force de candeur dans son attitude Lotho l'avait oublié cette fois là. Peut être aurait-elle lu la missive qu'il lui avait laissé ? Il en doutait mais allez savoir ...

Le bretteur fut tiré de sa rêverie par la voix de Kerigan qui manifestement le prenait à parti en arguant que bien que ne connaissant pas la terre natale de Lotho, elle devait certainement avoir sa part d'ombre également. L'esprit de poète apprécia particulièrement l'ironie de la dernière phrase de Kerigan et plus particulièrement sa tournure. Levant légèrement les yeux, un léger et triste sourire en coin, il remarqua de les regards étaient maintenant tournés vers lui. Il était donc à son tour de répondre et d'arriver à ménager la chèvre et le chou, ou bien alors de tout simplement les laisser se disputer en comptant les points, mais ce genre de choses n'était pas sa spécialité pour la bonne et simple raison que cela impliquait de se taire. Reprenant donc la parole, il dit avec une certaine distance :

- Eh bien ... Merci tout d'abord Lady Florent de ne pas tarir d'éloges sur ma cité de naissance, cela est toujours agréable. Il est en effet agréable de penser que l'image de Braavos n'est pas entachée auprès des contrées étrangères, c'est même une félicité tant la vérité est tout autre ... En effet, nos chers rues n'en sont pas moins tout aussi dangereuses que les vôtres, si cela n'est plus. Braavos n'a certes pas de noblesse, mais l'argent y est puissant, il peut même acheter des titres, des vies, des libertés, des morts, des enfants à naître. C'est une corruption rapide qui emplit le cœur de celui qui gagne sa paie et trouve sur le chemin du retour vers sa famille une centaine de moyens, au minimum, de le dépenser, de s'endetter jusqu'à ce que la seule solution qui lui vienne est de se faire esclave pour racheter sa dette par le labeur ...

Pensif, Lotho s'aperçut qu'il avait pour une fois pensé aux tourments de sa ville sans réellement attacher d'importance aux siens, ce qui était en soi quelque chose d'inédit. Mais la conversation continuait et il préféra ne pas penser à cela maintenant. Pour finir, il rajouta :

- En réalité il n'est jamais peuple qui ne puisse se retrouver à l'écart de tout soupçon et d'une droiture impassible, c'est d'ailleurs ce manque de morale qui permet aux êtres les plus honnêtes de ressortir du lot et de s'inscrire dans les contes et les légendes. Je pense honnêtement que dans un tel monde il en devrait bien vite trop difficile de reconnaître la vraie noblesse d'âme. De là à penser que sans corruption à endiguer la bravoure n'est rien ... Il faut avouer qu'il n'y a pas grande difficulté à franchir ce dernier pas intellectuel. L'altercation que nous avons vécu dans cette ruelle le montre bien ...


Enfin il s'arrêta de parler, attendant les réactions de ses interlocuteurs avec attention et une certaine dose d'appréhension concernant la réception qu'ils feraient de cette dernière tirade.
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Alysanne Florent
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Message Dim 15 Avr 2012 - 15:47

La logique inhérente à son statut aurait voulu qu'Alysanne remette Kerigan à sa place de garde, mais en tant que fille cadette on ne lui avait jamais vraiment appris à commander, et ça n'avait jamais été dans sa nature. Considérant par ailleurs que le garde en question était loin d'être un imbécile, elle ne pouvait pas tout simplement évacuer son opinion ni ses arguments qui étaient par ailleurs étonnamment réfléchis et construits pour un homme sans éducation. Au lieu de le réduire au silence, elle l'écouta donc jusqu'au bout, tout en se laissant peu à peu gagner par la colère. Elle était rarement dominée par ses émotions, mais parfois quelqu'un arrivait à lui ôter son calme, et Kerigan venait d'enfoncer une flèche au cœur de ses convictions les plus profondes. Comme il évoquait la supposée duplicité des chevaliers, elle repensa un instant à Ser Dorian, ce faquin sans foi ni loi qui avait payé de sa vie ses mauvaises actions. Il avait toujours été dans son esprit l’exception qui confirme la règle, comme ces chevaliers errants qui s'adonnent parfois au crime faute d'emploi stable. Elle n'avait jamais songé qu'il puisse incarner une majorité et cette seule idée la révoltait. Elle n'était pas de ces jouvencelles au cœur tendre qui croient naïvement que les chevaliers sont pareils aux héros parfaits des chansons, mais ceux auprès desquels elle avait grandi faisaient œuvre de justice, avec courage et sincérité.

« Qu’est-ce qui vous permet de jeter le discrédit sur l’ensemble de la chevalerie ? dit-elle d'une voix froide, toute en colère contenue. Quelques mauvaises rencontres avec des brebis galeuses ? Ma famille a donné plus de chevaliers au Bief que vous n’en rencontrerez jamais. Toute sa vie mon père a consacré chaque souffle à la protection de son fief, cherchant à apporter aux plus faibles la sécurité et la satiété. La moitié des cicatrices que mon frère arbore vient peut-être des tournois, mais l'autre moitié il l'a récoltée en combattant le brigandage sur nos terres. Quand on réveille un seigneur en pleine nuit parce qu'un de ses villages est attaqué, vous croyez que c'est la soif de prestige ou la peur de perdre quelques récoltes qui lui font enfourcher son cheval et donner l'assaut ? Et s'il arrive trop tard, vous croyez que c'est aux impôts perdus qu'il pense devant les cadavres de ceux qu'il est censé protéger ? »

Elle avait déjà vu son frère au retour d'une expédition de ce genre. Le Bief n'était pas particulièrement agité, mais il y avait toujours, à l'occasion, une nouvelle bande de hors-la-loi pour se risquer à attaquer un hameau. Et avec la disette causée par la sécheresse, ce genre d'exactions avait connu une recrudescence inquiétante. Elle n'avait peut-être jamais été bien loin au-delà du Bief, mais elle avait déjà vu son frère et son oncle rentrer couverts de sang avec leurs hommes, après avoir mis un terme à une nuit de pillages. Et elle avait vu l'expression dans les yeux de son frère quand il partait annoncer à une famille réfugiée au château qu'un parent resté en arrière n'avait pas survécu.

« Si je n'avais pas été élevée par cette caste « rapace, hautaine et seulement préoccupée par ses richesses », notre ami ici présent serait peut-être bien mort à l'heure qu'il est » ironisa-t-elle. Elle n'avait pas eu besoin de pousser son garde au combat, mais est-ce qu'un autre réître se serait arrêté pour aider le danseur d'eau, sans espoir de récompense ? La plupart auraient sans doute passé leur chemin. Hugo avait hésité... un instant. Mais elle préférait se rappeler qu'il s'était ensuite lancé dans la bataille avec ardeur.

Blessée dans son amour pour les valeurs du Bief et l’honneur de sa Maison, elle ne s’attendait pas à ce qu’Hugo lui-même jette soudain un seau d'eau sur le feu froid qui la poussait à développer ses arguments. « Tu sais, Alysanne… » dit-il en lui posant la main sur le bras. « J’admire ton père et ton frère, mais... ce ne sont que des hommes et peu d'hommes respectent leurs vœux de chevalerie quoi qu'il en coûte. J’étais blessé lors du tournoi de Cendregué et je n’ai pas pu y participer, mais j'étais là. Tu te rappelles ce qui s’est passé. Je te l’ai raconté. » 

Elle tourna vers lui un regard étonné. « Cendregué ? Mais… » Puis ça lui revint. Dunk, l'écuyer de ce modeste chevalier qui avait servi son père quelques années plus tôt. Devenu chevalier à son tour, il avait osé lever la main sur l’abject prince Aerion pour protéger une simple marionnettiste. Quand il avait dû trouver des défenseurs pour se battre à ses côtés lors du Jugement des Sept, presque aucun chevalier n’avait répondu à son appel. Ni le frère d'Alysanne, ni son oncle Jon, ni même son suzerain Leo Tyrell n’avaient fait partie des hommes assez respectueux de leurs vœux pour s’opposer à un prince du sang, quel qu’en soit le prix. Cela lui fit mal comme cela lui avait fait mal autrefois. Elle avait oublié cet incident. Mais c’était vrai. Ils avaient protégé leurs familles et leurs intérêts avant d’être fidèles à leurs valeurs. Sa sœur Tierle était rentrée furieuse et avait fait la tête pendant une semaine en clamant à qui voulait l'entendre que Duncan le Grand et Lyonel Baratheon étaient les derniers vrais chevaliers du royaume. Peut-être y a-t-il tout simplement trop de vœux pour les respecter tous... Quel aurait été le prix à payer pour les gens des Terres de l'Orage, si Lyonel Baratheon avait tué Aerion, Maekar ou Daeron lors du jugement ? On ne peut pas toujours protéger tout le monde... Il était vrai néanmoins que l'esprit de chevalerie eût exigé de prendre position pour Duncan, quitte à tout faire pour éviter de tuer un dragon le moment venu... un jugement des Sept offrant par ailleurs une protection – relative – contre d'officielles velléités de vengeance. En fait, elle n'était pas bien sûre elle-même de savoir ce qu'elle aurait fait à leur place.

Hugo déclara en haussant les épaules : « Ni anges ni démons, les chevaliers ne sont que des hommes. Je ne crois pas que l'onction d'un septon nous rende meilleurs. Au final, sur les routes comme au combat, nous sommes seuls face à nos propres choix, sans dieu ni prêtre pour nous dicter la conduite à tenir. Sans parler de Cendregué, on entend régulièrement l'exemple de chevaliers errants devenus bandits de grand chemin. Il est vrai qu'il est bien plus facile de rester intègre et altruiste quand on a l'estomac plein et l'assurance d'un foyer où passer l'hiver. Est-ce que je saurais tenir mes vœux si j'avais faim, si je devais dormir sous une haie et lutter chaque nuit contre le froid envahissant mes os ? J'aime à penser que oui, mais la vérité, c'est que je l'ignore, et n'en saurai jamais rien. » Alysanne hocha la tête d'un air sombre, consciente de la justesse de ses paroles. « Et puis, ajouta-t-il, il y a ceux qui sont tous simplement corrompus. Il en est parmi ceux qui ne manquent de rien et pourraient aisément faire le bien, qui bafouent les valeurs dont ils devraient s'auréoler. Ils ne sont peut-être pas si nombreux... mais on ne peut nier leur existence. »

Alysanne leva les yeux vers lui d'un air sérieux et attentif. Hugo avait bien plus voyagé qu'elle, ayant été l'apprenti d'un chevalier errant... que savait-elle de son expérience ? La réalité allait au-delà de ce qu'elle imaginait, sans doute, et elle devait l'accepter : le monde est un livre que l'on ne peut refermer. La vertu véritable était apparemment une rareté... Mais elle savait aussi au fond d'elle qu'elle n'avait pas entièrement tort, même si elle n'avait pas su prendre assez de distance, dans l'instant, pour faire émerger la vérité qui lui tenait à cœur. Plus calmement, elle chercha ses mots, agença sa pensée brique par brique.

« Je suppose qu'il serait idiot de croire que les chevaliers sont tous des parangons de vertu. Cela... je peux l'entendre. Mais... ce n'est pas une raison pour jeter aux orties l'idée même qu'un esprit chevaleresque existe encore. » Elle s'adressa directement à Kerigan. « Ce royaume a peut-être sombré dans l'obscurité, ou peut-être n'a-t-il jamais connu que cela... mais n'est-ce pas justement une raison pour tenter d'y amener un peu de lumière ? Si la flamme de la chevalerie vacille, ce n'est pas en reléguant ses valeurs au rang de reliques poussiéreuses ou de contes pour enfant que nous la raviverons. Vous dîtes que la sagesse, le courage et la protection des faibles n'existent plus que dans les livres, mais sans ces idéaux, quel sens donner à nos actes ? » Elle secoua la tête avec mélancolie. « Chevaliers ou non, il nous appartient de faire de ces principes une réalité, autant que faire se peut. C'est peut-être mon or qui m'a sauvée sur la Route de la Rose, en payant votre épée, mais ce n'est pas l'or qui a sauvé Lotho Volentin ce soir. Nous aurions pu passer notre chemin mais nous avons pris la responsabilité d'intervenir. En fin de compte, ce n'est qu'une question de choix, comme l'a si bien dit Hugo. Et l'on ne peut faire des choix justes si l'on ne regarde les choses qu'avec les yeux. Il faut aussi regarder avec le cœur. »

Elle tenta un sourire conciliant pour adoucir son propos. Aussi étrange que cela puisse paraître, à cet instant il était important pour elle, une noble du Bief, de discuter en paix de ces sujets qui lui tenaient à cœur avec ses compagnons, même si ces compagnons n'étaient que bâtard, réître et homme d'armes étranger. Elle crut entendre au fond d’elle la voix glaciale de Septa Lysa : « Vos fréquentations laissent à désirer. Un mestre à moitié hérétique, une soeur lubrique, un voyageur excentrique, un bâtard, et maintenant de vulgaires soudards !» Il faut croire que je ne suis-je pas moi-même quelqu’un de très… convenable, songea Alysanne en touchant machinalement l’aumônière dans laquelle reposait le précieux feuillet de Shaïra.

« Eh! bien, je ne pensais pas déclencher une telle polémique en soulignant les qualités de la culture braavosi...» conclut-elle en haussant légèrement les épaules, sans rancune. « Je suppose que Braavos a sa part d'ombre, oui, même si j'ai toujours préféré m'intéresser à ses lumières... » Elle tourna son regard vers Lotho qui les avait patiemment écoutés.

«  Eh bien ... Merci tout d'abord Lady Florent de ne pas tarir d'éloges sur ma cité de naissance, cela est toujours agréable. » entonna-t-il.

Il exposa son propre point de vue. Elle l'écouta gravement, attristée par ce qu'il lui dévoilait. Elle en avait eu quelques échos, mais n'avait pas eu l'occasion de prendre la mesure de ce degré de corruption. Lotho semblait presque en oublier ce qui faisait la grandeur de Braavos, sans doute aussi désolé qu'elle-même par les travers de ses semblables, aussi déçu par sa cité natale qu'elle l'était par son royaume. Elle en fut touchée car cela révélait un homme de cœur.

« Vous parlez avec sagesse, comme un homme qui a beaucoup vécu » dit-elle en inclinant la tête de côté. « Mais je sens également que vous n'êtes pas dénué d'espoir, puisque vous suivez vous-même une autre voie, et je crois que c'est au fond le plus important. Si vous défendez avec sincérité et courage votre code d'honneur, alors le meilleur de Braavos vit en vous, et cette ville n'est pas perdue... grâce à vous et à tous ceux qui vous ressemblent, si peu nombreux soient-ils. Il est bon que leurs mérites soient vantés dans les livres et les chansons. » Elle lui toucha le dos de la main dans un geste amical. « Merci de votre franchise, en tout cas. » Son regard vogua vers ses gardiens. « A vous aussi, ajouta-t-elle. Ce sont là des paroles utiles. Je regrette seulement d'être trop peu influente pour en faire bon usage. Enfin, je suppose que je ne suis pas totalement impuissante. Il y a toujours des occasions d’œuvrer pour le bien commun, pour peu que l'on garde l'oeil ouvert... et le cœur. »




Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Message Sam 28 Avr 2012 - 12:09

Avait-il été trop loin ? Sûrement. Kerigan, l’Orageux, s’était emporté tout à coup. Il avait des idées assez arrêtées sur la chevalerie suite à ses expériences personnelles. Alysanne ne tarda pas à lui faire comprendre qu’elle n’appréciait pas vraiment sa manière de penser, plus que sa manière de s’exprimer en fait. Cela dit, il reconnaissait certains de ses arguments mais préférait se reconcentrer sur son écuelle en râlant dans sa barbe. Cela lui coûterait de l’avouer publiquement et puis il n’ignorait pas avec quelle liberté de parole il s’était adressé à elle. Les roturiers au service de la noblesse devaient savoir user d’un certain tact dans le pire des cas pour exprimer leur désaccord.

Le garde du corps laissa Lady Florent converser avec Ser Hugo. Il ne comprenait toujours pas l’utilité des tournois mais se gardait bien de s’exprimer là-dessus. Regarder avec le cœur ? Kerigan, avec ses formules frisant l’incident diplomatique, plus naturellement que par réelle méchanceté ou agressivité, se demandait comment la plèbe faisait pour regarder avec le cœur lorsqu’elle se rendait au tournoi voir l’un de ces combattants se faire mortellement et inutilement blesser. Mais, le trentenaire préféra se taire. Il avait déjà fait assez de dégâts pour la soirée et ne voulait en aucune façon blesser lady Florent. Soudain, Kerigan prit un air étonné en écoutant Hugo prendre son parti après Lotho, tous deux bien moins durs et provocants certes. Ils étaient bien plus doués que le natif de Torth lorsqu’il s’agissait de transmettre une idée, d’avancer des arguments ou de plaider une cause.

En y réfléchissant, le reitre se rendit compte que les sujets de discorde pouvaient être nombreux. Braavos représentait l’exemple le plus frappant. Tandis qu’Alysanne se bornait à voir la lumière, Kerigan faisait de même avec les ténèbres. Mais, il avait beau être un rustre, il percevait certaines choses tout de même. Alysanne semblait légèrement destabilisée à la fin de sa tirade. Peut être parce que chacun a ébranlé une petite partie de sa vérité. Bref, il sentait qu’il devait clore le sujet…

«Si une chose est sûre, les occasions pour œuvrer pour ce que l’on croît ne manquent pas sur Westeros… »

Le garde du corps rejoignit l’avis de ses compagnons autour de la table sans être réellement convaincu. Cela pouvait se sentir dans sa voix. D’habitude, il dégageait cette assurance presque insolente et orgueilleuse lorsqu’il s’exprimait. Dans le cas présent, sa voix et son visage masquaient les pensées incertaines d’un homme d’armes. Westeros baignait dans la violence, l’insécurité, l’injustice depuis des lustres. Il comprit enfin quel était son problème tandis qu’il avait arrêté de suivre la discussion, coincé dans les méandres de son esprit. Kerigan avec son attitude parfois insouciante et négligée, ne voulait ni les honneurs, ni son nom dans les livres d’histoire. Il se battrait pour ses valeurs sans rien demander en retour. Cependant, il jugeait tout cela inutile dans le même temps car il s’agissait à ses yeux d’une cause perdue. Pour un esprit aussi rationnel que le sien, il fallait être fou pour s’engager dans un combat sans disposer de la moindre chance pour le remporter…

Silencieusement, il admira Alysanne pour sa force de caractère. Il s’interrogea l’espace d’une fraction de seconde si un jour, il serait capable de croire autant que la Biefoise. Elle avait encore cette flamme luisant dans ses iris. Puis, le garde du corps se tourna vers Lotho. Il appréciait de plus en plus ce spadassin. Au lieu de représenter Braavos comme un Royaume de rêve digne des Sept, il préféra dresser une vue d’ensemble avec humilité. Cette même humilité que Kerigan n’avait pas toujours lorsque ses nerfs commençaient à surchauffer.

« Je crois que tout ce qu’il y a à comprendre, c’est qu’il faut de tout pour faire un monde. Je bois à ça. »

Il porta son godet à ses lèvres. La deuxième phrase, énoncée avec ironie et une telle légèreté, semblait venir de nulle part. Le trentenaire se réfugia sous ses airs espiègles. C’était malheureusement sa manière de fuir, de se protéger de temps à autre. L’espace d’un instant, il s’était tout de même interrogé sur la manière avec laquelle on l’aurait éventuellement décrit dans les parchemins retraçant l’histoire. La description semblait claire comme de l’eau de roche : Kerigan, fidèle garde du corps, courtois et bien élevé dans les hautes castes…alors que se cache en dessous un homme tantôt acerbe et sarcastique tantôt de bonne humeur, un pilier de bar irrespectueux à l’humour dégradant et aux mœurs légères, collectionnant les rixes dans les auberges. Non, décidément, il ne fallait pas que ses éventuels mérites soient vantés ironisa t’il.

Le trentenaire jeta un œil à la cruche de vin. Celle-ci étant vide, il pensa alors qu’il s’agissait d’un signe subliminal pour que le repas se termine sur cette note plutôt positive...

« Lotho, ça a été un plaisir de converser avec vous et de vous rencontrer…même si je ne sais toujours pas si les Braavosis ont une bonne descente. » ajouta il avec sincérité tout en ayant toujours le mot pour désacraliser n’importe quel moment.
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D'une soirée mouvementée - Alysanne & Kerigan

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