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❝ Un nouveau commencement ❜ ; with Rowena Rougefort

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Message Dim 4 Mar 2012 - 21:57

❝ Un nouveau commencement ❜

Rowena Rougefort

L’aube se levait doucement sur le Val d’Arryn, paisible matin d’automne, au ciel gris et au soleil jouant à cache-cache entre les nuages. Tous les occupants de la forteresse de Rougefort étaient encore endormis, profitant des dernières heures de sommeil que la nuit pouvait leur offrir.

Dans ce château tranquille, Aelya se réveillait doucement, un peu éberluée par l’endroit, ne sachant plus vraiment ce qu’elle y faisait. Et puis, tout d’un coup, tout lui revint. Le départ, le fiancé, l’escapade. À vrai dire, la jeune fille avait eu de la chance d’être recueillie par la dame Rougefort – Rowena, si elle se souvenait bien. Guère de gens auraient hébergé une jeune fille qui n’avait rien à donner, ou du moins, peu. Aelya, alors que ses pensées quittèrent le château vers les contrées lointaines des Terres de l’Orage, se redressa dans son lit et secoua la tête. Il ne fallait pas penser à ça. Aujourd’hui était un nouveau commencement. Une aventure géniale qui allait bientôt être vécue. Souriant de sa stupidité, la jeune femme se leva, et se dirigea vers le miroir. Ses cheveux étaient dans un état médiocre, et elle prit seulement quelques instants pour les peigner, avant de les replacer sur ses épaules. La jeune femme ne se maquillait jamais, et ne portait aucun bijou, alors à part la brosse à cheveux, et quelques biens inutiles, la commode de la glace restait vide.

Aelya se dirigea vers l’armoire, où elle avait rangé quelques vêtements. Elle prit le premier tissu sur le dessus, qui s’avérait être une robe bleue pâle, plus confortable et pratique que jolie. La jeune fille n’aimait guère s’encombrer de tissus et de froufrous inutiles. Machinalement, ses yeux se tournèrent vers le coin de l’armoire, où gisait une robe délaissée. Doucement, Aelya la prit dans ses mains, la défroissant autant qu’elle pouvait. C’était un très joli habit de fillette, vert pâle, aux manches bouffantes et à la jupe longue. La robe que sa mère lui avait achetée lors de ses dix ans. Juste avant… Non, il ne fallait pas y penser. Aelya se souvenait de l’avoir portée pendant des jours entiers, après le meurtre, puis de l’avoir délaissée au fil des années, où elle avait trop grandit pour pouvoir la mettre. C’était la seule chose qui lui restait de sa mère, hormis une magnifique robe de bal rouge sang, qui avait appartenu à la femme, et une petite peinture, la représentant. Avec nostalgie, l’enfant se tourna vers la seule image qui lui restait de la personne qui avait marqué son enfance. Wilya avait alors les traits souriants, ses yeux bruns, les même que sa fille, et ses boucles blondes. Doucement, Aelya posa le cadre fragile sur la petite table de nuit, et commença à s’habiller.

Elle fut prête lorsque le soleil semblait levé, bien qu’invisible, derrière les nuages noirs. La jeune femme ouvrit doucement la porte de la chambre, regardant de chaque côté. Silence. Sur la pointe des pieds, Aelya sortit dans le corridor et prit la direction de la bibliothèque. La noble Swygert aimait bien lire, dans ses temps libres, surtout pour se changer les idées. En chemin, alors que tout semblait calme, deux jeunes enfants la bousculèrent dans un passage étroit. Une fillette et un garçon, cette dernière courant après son frère, comme le pensait Aelya. Elle savait que Rowena Rougefort avait des enfants, et qu’elle était veuve. C’était la seule chose qu’elle connaissait de la noble qui habitait ces lieux. Sans trop se poser des questions, la femme continua son chemin.

Justement, la bibliothèque des Rougefort était immense, contenant des centaines de livres, sur des étagères tous plus hautes les unes que les autres. Souriant, Aelya passa sa main sur tous les vieux livres poussiéreux, inspectant les titres, mais rien ne lui rappela les livres de sa propre bibliothèque. Avec un haussement d’épaules, la jeune femme alla s’asseoir à une table, où elle trouva un morceau de papier et une plume

Aussitôt, elle se mit à écrire. La plume était noir de jais, surement celle d’une corneille. Le papier semblait assez vieux et déchiré aux coins, mais s’embellit alors que la jolie calligraphie d’Aelya recouvrait la page. Ne sachant guère quoi écrire, la jeune femme fit un premier jet.

À Ser Elwis Swygert, de la maison Swygert.
d’Aelya Swygert.

À mon frère bien-aimé qui me manque douloureusement. L’épousaille fut un désastre, Wydman n’est qu’un baronnet ! Certes, j’ai dû quitter sur le champ, et je suis maintenant chez les Rougefort, qui m’ont accueillis gentiment. Je ne pense pas revenir à la maison, car Père m’a trahie. Ne lui montre surtout pas cette lettre, mais rassure Moïra et Brean de tout ton cœur. Je te promets que nous nous reverons un jour.
Ta sœur qui t’est reconnaissante,
Aelya Swygert.


Elle signa avec toute la beauté de sa plume, avant de relire le message. Insatisfaite, elle chiffonna le bout de papier déjà mal en point, et le jeta. Se dirigeant vers la fenêtre, elle s’aperçut que l’orage avait éclaté. Justement, un énorme coup de foudre résonna dans la pièce, faisant trembler le château. Tant pis, elle devait se changer les idées, et se dirigea vers la sortie de la bibliothèque. Près de la porte, un garde attendait, puis la jeune femme lui dit :
« Mon cheval est-il dans l’écurie ? »
« Oui, milady, mais vous ne voulez pas sortir par ce temps ? »
« Je dois me changer les idées. »
L’homme lui bloqua la route, et Aleya soupira. Tous les même. Au même moment, quelqu’un entra dans la pièce.
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Message Dim 4 Mar 2012 - 22:40

Comme à son habitude, la jeune femme était levée avant l'aube. A vrai dire, la nuit avait été courte pour elle. Depuis quelques temps elle ne recevait plus aucune nouvelle du Nord, de Motte-la-Forêt, alors que généralement l'un de ses frères prenaient toujours le temps de lui envoyer un pigeon ou de lui renvoyer ses corbeaux. Mais depuis son retour à Rougefort, rien, pas de nouvelle. Un bref mot disant que leur père était malade et c'était tout. Il était malade, se remettrait-il ? Était-ce grave ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête. Et puis l'arrivée de cette jeune fille, Aelya Swygert n'arrangeait pas les choses. A vrai dire, Rowena n'avait pas réellement eu le temps de savoir exactement ce qu'il s'était passé. Elle savait juste qu'elle avait fui un mariage, un fiancé et tout ce qui s'ensuivait. C'était une folle que d'avoir agit ainsi, mais Rowena ne pouvait pas la juger tant qu'elle ne savait pas toute l'histoire. En tout cas, le nom des Rougefort seraient sûrement légèrement tâché, cela ne lui plaisait pas trop, mais peut-être ne se passerait-il rien. Au moins, Aelya était en sécurité à Rougefort, personne ne douterait de l'honneur et la loyauté des Rougefort qui étaient parmis les plus fidèles et les plus puissants vassaux des Arryn.
Sans attendre qu'une servante vienne l'aider Rowena s'habilla rapidement d'une robe d'un gris bleuté, mettant la blancheur de sa peau en valeur. Lasse, la jeune femme se passa une main dans les cheveux sombres. Son corps avait été abîmé par le froid mordant du Nord mais toutes ces années passées dans le Val l'avait radoucie. Un léger sourire naquit sur ses lèvres tandis qu'elle pensait à ses enfants. Ils devaient encore dormir à cette heure-là, dans leurs draps soyeux, bien au chaud. Elle était heureuse de la vie qu'ils avaient, à laquelle ils étaient promis. Une vie meilleure que celles qu'ils auraient eus si elle avait épousé un Nordien. Seulement neuf années s'étaient écoulées depuis son départ de chez elle et si elle regrettait Motte-la-Forêt, le Bois-aux-Loups, elle savait qu'ici, elle n'était pas malheureuse. Elle était loin de l'être. D'un pas lent elle marcha à sa fenêtre et écarta les rideaux. Le ciel était couvert, et les crêtes des montagnes étaient masquées par les nuages bas, le soleil se levait trop lentement. Se détournant du paysage magnifique qui s'offrait à elle et qui désormais, lui était familier, Rowena sortit de sa chambre. Il fallait qu'elle parle avec la jeune Swygert, elle était la maîtresse de maison après tout, et même si la famille de son fiancé n'oserait sans doute jamais venir ici réclamer le retour de la jeune fille, c'était une nécessité.
Elle croisa plusieurs servantes qui la saluèrent respectueusement. Rowena avait entendu dire que le Val était vide de tout Arryn suite au départ de Lord Jasper ainsi que de sa jeune sœur, Maeve, pour Port-Réal. Pourquoi ? Elle l'ignorait également. Il y avait bien longtemps désormais qu'elle restait loin de tout afin de veiller sur l'éducation de ses enfants. Surtout celle de son fils qui était le seigneur de Rougefort. Des cris attirèrent son attention. Lysander et Margaery étaient réveillés. Un doux sourire se dessina sur son visage tandis qu'elle croisait les bras autour de sa taille, comprimant son abdomen. Ses enfants, sa chaire. Son cœur. C'est alors qu'elle remarqua que le soleil était levé. Depuis peu sûrement, et les nuages noirs n'avaient toujours pas disparus. Un orage se préparait sans nul doute et Rowena avait hâte. Margarery aurait peur, comme d'habitude, et Lysander serait fasciné. Les éclairs déferleraient sur les montagnes et déchireraient le ciel tandis que gronderait le tonnerre. Parfois les orages étaient tellement puissants qu'un courant d'air dansait dans les corridors sombres de la forteresse.
Avisant la septa de Margaryen, Rowena s'avança vers elle et lui demanda :

«  Savez-vous où es lady Aelya Swygert ? Il faut que je lui parle. » La vieille femme répondit après un court instant de réflexion que la jeune fille se trouvait dans la bibliothèque. Avec un bref sourire, Rowena s'y dirigea donc. La bibliothèque, à la hauteur d'une forteresse du Val, grande, fourmillantes d'ouvrages divers et variés. Elle n'avait jamais pu tous les lire, car à vrai dire, elle n'avait pas tellement été habituée à la lecture. La forteresse de Motte-la-Forêt, simple édifice en bois et en pierre, n'était pas vraiment un lieu où l'on pouvait apprendre des choses intellectuellement. Il y avait une petite bibliothèque contenant peu d'ouvrages. Soudainement, l'orage éclata et le tonnerre gronda, faisait trembler les murs tandis que le vent soufflait plus fort. Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Margaery devait être couchée dans son lit et enfouie sous ses couvertures. Se retournant vers la septa elle fit : « Allez voir Margaery, vous savez qu'elle a peur des orages, réconfortez-la, ne la laissez pas seule s'il vous plaît. » Et lorsqu'elle s'approcha de l'entrée de la bibliothèque elle remarqua la jeune fille ainsi qu'un garde. Aelya demanda à ce qu'on lui selle son cheval, soit disant pour se changer les idées. Elle était folle de vouloir sortir par ce temps, les chemins qui parcouraient les montagnes du Val étaient glissants et peu praticable alors à moins d'être une cavalière très très accomplie, c'était du suicide que de vouloir sortir. Son garde eut l'excellente idée de lui barrer la route tandis que Rowena pénétrait dans le bibliothèque, refermant la porte derrière elle.

« Lady Aelya, remettez votre balade à cheval à plus tard. Par ce temps, les chemins sont tout bonnement impraticables. De plus, nous avons à parler je crois. Suivez-moi. » La bibliothèque était assombrie par le mauvais temps, et à peine éclairée par la lueur de quelques bougies tandis qu'un feu brûlait dans l'immense âtre. Rowena s'assit à une table. Il fallait qu'elle écrive à ses frères, leur ordonnant de leur envoyer quelque chose, pour la rassurer. Mais elle savait qu'au Nord, l'hiver était déjà presque là, ce qui rendait la communication encore plus difficile. Inspirant profondément, la jeune femme planta ses yeux bleus clairs dans ceux, plus sombres, de son invitée.

« Lady Aelya... Comme vous le savez, je suis Lady Rowena Rougefort, Dame de Rougefort, et mère de Lord Lysander Rougefort, seigneur de Rougefort. Je ne pouvais guère vous laisser seule lorsque j'ai accepté de vous recueillir il y a de cela quelques jours. Néanmoins, et je pense que vous vous en doutez, votre présence ici peut se révéler disons... problématique pour ma famille et pour ma Maison. Je vous ai offert l'hospitalité et tant que vous resterez ici, aucun mal ne vous sera fait, conformément à la loi, mais j'aimerai tout de même que vous m'expliquiez les raisons exactes de votre présence ici. En détail, sans omettre quoi que ce soit s'il vous plaît. » Rowena lui aurait bien fait jurer sur ses Dieux de lui dire la vérité mais elles n'avaient pas les mêmes. Rowena croyait aux Anciens Dieux, tandis que la jeune fille aux Sept. Et elle savait trop peu de chose sur les Sept même si c'était devant eux qu'elle avait été unie à son défunt époux. Quand à la loi de l'hospitalité, elle était claire, aucun mal ne pouvait lui être fait tant que la jeune fille resterait ici. Simplement, Rowena espérait que les Wydman -car c'était eux qui étaient en cause- ne viendrait pas jusqu'ici. Elle ne le pensait pas, c'était une Maison trop peu puissante comparée aux Rougefort... Et puis, si le temps continuait de se détériorer, les routes seraient impraticables. Quoi qu'il en soit, Aelya avait eu énormément de chance d'arriver jusqu'ici saine et sauve car beaucoup de gens se perdaient dans le Val ou avaient des accidents, et personne ou presque ne survivaient à cela. Patiemment, Rowena attendit la réponse de la jeune fille, ne voulant surtout pas la brusquer, et lui laissant le temps de réfléchir à ce qu'elle dirait.
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Message Lun 5 Mar 2012 - 2:29

Justement, c’était Rowena Rougefort. Une femme qui semblait avoir dans la vingtaine, jolie, mais un peu malmenée, certainement à cause d’un voyage dans le Nord. La femme avait des allures maternelles, tout en gardant une jeunesse ravissante. Lady Rougefort parla. Lady Aelya, remettez votre balade à cheval à plus tard. Par ce temps, les chemins sont tout bonnement impraticables. De plus, nous avons à parler je crois. Suivez-moi. Sans rien dire, Aelya suivit la maîtresse des lieux, qui se dirigea plus profondément dans la bibliothèque, et s’assit à une table. Lady Swygert regarda les alentours, la fenêtre la plus proche montrait un ciel obscur, bientôt, la pluie allait éclater. Lorsqu’elle tourna la tête, elle vu que Rowena la regardait profondément dans ses yeux, mais la femme semblait troublée. Elle prit une grande inspiration et continua à parler. Lady Aelya... Comme vous le savez, je suis Lady Rowena Rougefort, Dame de Rougefort, et mère de Lord Lysander Rougefort, seigneur de Rougefort. Je ne pouvais guère vous laisser seule lorsque j'ai accepté de vous recueillir il y a de cela quelques jours. Néanmoins, et je pense que vous vous en doutez, votre présence ici peut se révéler disons... problématique pour ma famille et pour ma Maison. Je vous ai offert l'hospitalité et tant que vous resterez ici, aucun mal ne vous sera fait, conformément à la loi, mais j'aimerai tout de même que vous m'expliquiez les raisons exactes de votre présence ici. En détail, sans omettre quoi que ce soit s'il vous plaît. Normal. Déjà, Aelya se sentait légèrement mal à l’aise. Pas qu’elle avait rien à cacher, mais plutôt car elle ne voulait mettre personne en danger, ou encore mettre la honte sur une Maison respectable. Aussitôt, elle se promit de tout dire, sans mentir, bien qu’elle n’était pas du genre à raconter des balivernes. Mais Lady Rougefort semblait calme et posée, attendant sans presse la réponse de son hôte. Aelya regarda bien dans les yeux bleus de la femme qu’elle connaissait à peine, elle aimait bien savoir que les gens l’écoutaient quand elle parlait. Les hommes la regardaient sans cesse de yeux rêveurs ou inattentifs. Même si elle venait seulement de la rencontrer, Rowena semblait une femme avec du caractère, qui a bien sa place. Juste par le regard de ses yeux. Aelya se dit qu’elle était soi très douée dans ce genre de choses, ou beaucoup trop imaginative. Cela lui arrivait assez souvent que son esprit s’échappe ainsi. Ayant presque oublié la question de la jeune dame en face d’elle, Aelya commença son récit.

« En fait, c’est assez compliqué… Je viens des Terres de l’Orage – voilà pourquoi je ne crains pas une petit averse ou un coup de foudre ou deux – plus particulièrement de la Maison Swygert, la demeure de mon père. Tout allait bien, sauf qu’à mes dix ans, alors que j’étais sortie en ville avec ma mère, cette dernière s’est fait attaquée par trois hommes, violée, puis tué sauvagement, sous mes yeux. À cet âge je n’étais qu’une enfant impuissante, et très stupide également, je dois l’avouer. C’est pour cela que j’éprouve une haine envers la plupart des hommes, et je crains le mariage. Puis, j’ai du élever mes frères et ma sœur, alors que mon père voulait me marier. Et un jour, il a rencontré ce Wydman, beaucoup plus vieux que moi. Cependant, je ne l’avais jamais rencontré avait d’être envoyée au Val, sur le dos d’un cheval qu’il m’avait offert, une brave bête qui est dans vos écuries… Mais là-bas, il ne s’intéressait guère à moi, plutôt pour l’argent de mon père, et passait son temps à m’insulter. Je dois avouer que je l’ai giflé, et je ne m’en plains pas. Puis je suis partie, encore une fois, sur ce cheval, et je suis arrivée ici. »

Elle s’était un peu étalée, mais en même temps, ça avait fait du bien. Elle ne s’était guère confiée sur la mort de sa mère, comme sur son enfance. À l’époque elle n’avait pas beaucoup d’amies, privée de sortie après le décès de sa mère, elle avait fréquenté les enfants des servantes et des domestiques, mais son père n’aimait guère ces relations, avec des gens « pauvres ». C’est lui qui est franchement pauvre d’esprit. La mort de Wilya l’avait certes bouleversé, mais de là à enfermer sa fille et la marier sept ans plus tard, il fallait être idiot. Aelya n’avait plus grand chose à dire, ou à ajouter.

Plic. Plic. Quelques gouttes tombèrent sur le toit. Puis plusieurs. Et maintenant, une averse déferlait dehors, alors que le tonnerre grondait. Aelya se leva, puis alla s’accoter sur la fenêtre en pierre froide. Elle savait que Rowena l’observait, mais la pluie la fascinait. La jeune femme aimait bien la pluie, cela lui rappelait ses terres natales. Sa mère lui avait raconté beaucoup d’histoires sur l’orage et la pluie. Aelya trouvait la pluie magnifique, c’était comme une promesse lors des jours chauds, une libération lors des jours gris, et l’annonce du printemps lors de l’hiver long. Elle sortit sa main par la fenêtre, et sentit des gouttes tomber dans sa main, et couler le long de son bras. Rafraichissantes, tièdes, Aelya frissonna, bien que ce ne fût pas vraiment à cause du froid. Lady Swygert rentra sa main, la laissant mouillée. Elle tourna la tête vers Rowena Rougefort, et ne broncha même pas lorsque coup de foudre éclata dans les environs. Elle y était habituée. Puis, elle revint s’asseoir à la table, d’un pas plus léger, presque rebondissant.

« Bon, je vais arrêter de me lamenter sur mon sort… Je suis profondément désolée de vous importuner de ma présence, je sais au combien cela doit être dur pour vous d’accueillir en vos lieux une parfaite inconnue qui semble descendue de nulle part, au risque de jeter la honte sur votre famille. J’aimerais bien retourner chez moi, mais je crois que cela n’a plus vraiment de signification pour moi, n’ayant plus de maison où aller… »

Non mais, voulait-elle vraiment faire pitié ! Au contraire, Aelya détestait les gens qui avaient pitié d’elle. Aussitôt, elle rectifia son tir.

« Désolé, je recommence. Je suis incorrigible ! Au fait, appelez-moi Aelya, vous être la dame de cette maison, peut m’importe. »

Bon, elle n’allait pas non plus rester les bras croisés à attendre que les Sept viennent lui donner son déjeuner. Étant aussi bien reçue, il lui semblait normal de faire sa part là-dedans, sans tout de même s’imposer lourdement. C’était une question d’équilibre. Non mais. À cette pensée, Aelya voulu éclater de rire. En tout cas, elle devait aider cette Maison qui l’accueillait si gentiment. Mais premièrement, elle voulu rassurer Lady Rougefort.

« En tout cas, si vous voulez me garder, je vous promets que je ne dirais rien. Je ne suis qu’une femme qui vient d’arriver dans le Val pour rendre visite à sa tante malade. Rien de plus. Et je n’habite surtout pas ici. Est-ce crédible ? Au fait, vous pouvez me jeter dehors quand vous voulez, il ne faut pas avoir pitié envers moi. Je déteste les gens qui on pitié. »

Elle avait dit tout cela en souriant chaleureusement. Certes, Aelya n’avait pas peur de grand chose. Elle aurait pu continuer son chemin toute seule, sous la pluie, avec son cheval. Storm. Eh bien, le nom correspondait parfaitement. C’était peut-être un présage. Encore une fois, Aelya sourit de la stupidité de la chose.
« Je dois vous dire que je veux également participer à la vie quotidienne de votre château. Je veux dire par là que je peux aider dans les cuisines ou garder vos enfants. D’ailleurs, j’ai déjà élevé mes frères et sœurs, donc je sais comment m’y prendre. Je ne vais surtout pas rester les bras croisés à me faire servir, à la place d’aider un peu, si vous le permettez. »

Aelya avait légèrement trop parlé. Légèrement. Eh oui, la jeune Swygert avait la langue bien pendue, et ne manquait pas de tonus. Bref, elle attendit sagement sur sa chaise que Rowena réponde au moulin à paroles qu’elle avait déversé. Aelya se demanda si elle avait tout foiré. Tant pis. Elle aurait juste à faire ses bagages. Du moins, à mettre dans un sac les quelques choses qui lui restait.

Au loin, le tonnerre gronda.
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Message Lun 5 Mar 2012 - 12:00

La jeune fille était mal à l'aise face à elle, cela se voyait, et cela se sentait. Néanmoins Rowena eut la sagesse de détourner son regard d'Aelya étant donné que ce devait être cela, ainsi que ses questions, qui devait la gêner. Elle sembla plongée dans ses pensées un long moment et finalement, elle avoua. Elle venait de la Maison Swygert des Terres de l'Orage. Une maison qui ne devait pas être des plus importantes étant donné que Rowena eut la vague impression d'avoir déjà entendu ce nom de la bouche de sa mère très longtemps auparavant. Aelya raconta qu'à ses dix ans, tout avait changé, que sa mère avait été violée, puis tuée par trois hommes, et cela devant ses yeux. Rowena baissa le regard, et ce fut à son tour d'être gênée. Le viol, il n'y avait rien de plus terrible que cela pour une femme, surtout pour une femme de noble naissance. Elle ajouta également détester les hommes, c'était compréhensible à vrai dire, vu ce qu'elle avait vécu. Elle raconta aussi qu'elle avait élevé ses frères et sa sœur, et comment elle avait du aller épouser un Wydman. Elle s'était enfuie peu après son arrivée dans le Val. Rowena comprenait parfaitement la jeune fille, et sa fuite, malheureusement, il y avait une chose importante qu'elle n'avait pas respectée. L'honneur. Elle avait bafoué le nom de sa famille, de son père, et insultée la Maison Wydman. Elle avait offensé beaucoup de monde et elle avait parfaitement raison en disant qu'elle ne pourrait jamais rentrer chez elle. Aelya se leva, allant vers la fenêtre, qu'elle ouvrit, et passa la main dehors. Le regard de Rowena ne la quittait pas, elle était songeuse. Finalement, la jeune fille retourna tranquillement s'assoir puis elle s'excusa. Étrange jeune fille. Mais agréable également. Elle proposa de faire quelque chose pour elle si elle avait le droit de demeurer ici, et à vrai dire, la proposition de la jeune fille tombait pile au bon moment. Rowena se redressa, allongeant ses bras sur la table et finalement elle fit d'une voix douce:

« Ce que vous avez fait été stupide, et indigne d'une femme de votre rang. L'honneur est plus important que tout, et vous, vous avez perdu votre honneur, et sali le nom de votre Maison, ainsi que celui de votre père, en offensant gravement les Wydman. Les femmes ne sont rien comparées aux hommes Aelya, mais certaines femmes arrivent tout de même, avec leurs volontés, leurs intelligences, à obtenir ce qu'elles veulent. Le mariage est le lot de toutes les femmes bien-nées, seule la vocation de septa permet d'éviter cela et alors, l'honneur de la famille est sauf. Lorsqu'on m'a marié, j'étais plus jeune que vous, j'avais à peine quatorze ans, et j'étais morte de peur. Pourtant, pas une seule fois je n'ai reculé, pas une seule fois je n'ai pleuré, pour faire honneur à mon père, à ma mère, et à mon non, à ma Maison. Je n'ai pas été très heureuse, mais j'ai gagné le respect de mon époux. J'ai eu deux merveilleux enfants. Le Wydman dont vous parlez, Allen, est plus âgé que vous, et est un rustre mais le rejeter n'a servi à rien. Vous auriez du l'épouser, attendre d'avoir un fils, et le tuer. Je n'ai pas tué mon mari, le Fléau de Printemps s'en ai chargé pour moi, mais vous auriez été la tête d'une Maison et libre de faire tout ce que vous vouliez. » Bien sûr jamais la jeune fille n'aurait assassiné quelqu'un étant donné les circonstances dans lesquels sa mère était morte. Rowena ne comptait pas renvoyer la jeune fille chez elle, cela équivalait à la tuer parce que jamais son père ne l'accepterait chez lui désormais, et son nom serait effacé, banni, maudit. A vrai dire, Aelya gagnerait à peu près le même statut que celui de prostituée puisque désormais, plus personne ne veillait sur son honneur. Enfin, elle était là, elle. Heureusement. « J'écrirai à votre père à la fin de notre conversation pour lui dire que je vous ai recueillie ici en tant que pupille. La Maison Rougefort est connue et respectée, même au delà du Val d'Arryn, peut-être votre père acceptera t-il votre retour dans quelques temps. Votre honneur ainsi, sera sauf, mais vous devrez quand même réparé l'affront fait aux Wydman. Vous pourrez même envisager un autre mariage lorsque vous le désirerez. Mais tout à un prix. » Tout avait un prix, même la vie, et surtout la protection à vrai dire. Aelya resterait là aussi longtemps qu'elle le souhaiterait. Elle était une lady, elle était éduquée et intelligente, et elle avait élevé ses frères et sa soeur après l'assassinat de sa mère. Rowena n'avait jamais eu à élever ses frères car ils étaient plus âgés, et sa mère était encore en vie lorsqu'elle était partie dans le Val pour se marier. Sa mère était morte en même temps que son époux, en 209, en mettant au monde une fille, Jeyne, morte-née. Sa mort avait été un coup dur pour la jeune femme, surtout en même temps que celle de Jorah, mais finalement, elle avait oublié parce que ses enfants étaient là et avaient besoin d'elle.

« Je ne reçois plus de nouvelle de Motte-la-Forêt depuis quelques temps, et dans le Nord, l'hiver est presque là, ce qui rend la communication très difficile. La dernière lettre que j'ai reçue m'informe que mon père est souffrant et j'ignore si c'est grave ou pas. Si je dois m'inquiéter ou non. Si je ne reçois pas bientôt une nouvelle lettre, je me rendrais chez moi afin d'être aux côtés de mon père et de mes frères si son état de santé ne s'est pas amélioré. » Elle fit une légère pause, l'inquiétude se lisant dans ses yeux, avant de continuer « Dans ce cas-là, je risque fort de passer l'hiver là-bas. Et comme vous le savez, l'hiver dure longtemps. Suffisamment longtemps pour que je sois loin de mes enfants et loin de Rougefort. Aussi je ne pourrai pas être près d'eux. Si cela arrive, alors, puisque vous êtes une lady, et la nouvelle pupille de la Maison, je voudrais que vous veillez sur mes enfants, une Septa est déjà chargée de les élever tous deux, et mon maître d'arme est capable de gérer les hommes, tout comme la Septa la Maison. Elle vient d'une noble famille elle aussi même si elle a toujours refusé de me dire laquelle. J'ai donc confiance en elle. Et je pense que je peux avoir confiance en vous. » Elle s'arrêta encore. Tout serait sous contrôle même si elle n'était pas là et c'était rassurant de savoir cela. « Tant que vous resterez ici, je vous offrirai la protection de ma Maison et croyez-moi, personne n'osera s'y opposer. Êtes-vous d'accord? » A vrai dire, Aelya n'avait pas vraiment le choix car Rowena était capable de la renvoyer chez elle avec une escorte. Et le chemin serait désagréable par ce temps, dangereux, et son père la renverrait peut-être ou en tout cas, le retour chez elle serait difficile pour elle. Elle semblait intelligente pourtant, mais suffisamment stupide pour s'enfuir. Peut-être reconnaissait-elle en Allen Wydman les agresseurs de sa mère? Rowena l'ignorait mais ce n'était pas un sujet à aborder. A vrai dire, si Rowena avait été à cheval sur les principes, elle aurait avoué sans détour et brutalement à la jeune fille que cela ne se disait pas, mais se cachait. Mais elle était une Nordienne, et différente des autres nobles des autres régions. Elle n'avait pas été élevée de la même manière. Elle n'avait pas connu les soies mais les fourrures, ni un chaud vent d'été, simplement une brise fraîche et gelée. Elle avait entendu les loups hurler dans le bois, et non pas les oiseaux chanter des les arbres. Patiemment, Rowena attendit la réponse d'Aelya.


Dernière édition par Rowena Rougefort le Mar 6 Mar 2012 - 19:57, édité 1 fois
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Message Lun 5 Mar 2012 - 18:01

Lorsque Rowena eut fini de parler, Aelya ne savait pas trop quoi penser ou dire. Honneur, puis tuer quelqu’un ? Étrange… Cependant, les mots « les femmes ne sont rien comparés aux hommes » la choquèrent. Vraiment ? Et bien elle ne voulait certainement pas vivre comme ça, en pensant qu’elle était un être faible dépourvu de volonté, d’esprit, dans l’attente d’un homme qui viendrait lui dire quoi faire. À cette pensée, elle frissonna. Que c’était stupide ! Puis, Lady Rougefort indiqua qu’elle devait écrire à Steryn Swygert. Si c’était le cas, Aelya serait déjà morte avant même que le corbeau rejoigne les Terres de l’Orage. Son père n’hésiterait certainement pas à venir la chercher, loin de là. Mais elle n’allait pas s’enfuir. Elle avait déjà trop fuie sa vie. Puis, la maîtresse Rougefort continua à parler de Motte-la-Forêt, disant qu’elle devrait y faire un voyage à cause d’un père malade. Elle devrait certainement y rester tout l’hiver, et invita Aelya à veiller sur ses enfants et sa Maison en attendant, avec la Septa et l’homme d’armes. Tant que vous resterez ici, je vous offrirai la protection de ma Maison et croyez-moi, personne n'osera s'y opposer. Êtes-vous d'accord? Mais cette protection serait-elle suffisante ? Aelya en doutait, car les Wydman et son père ne tarderaient pas à la retrouver. Tant pis, elle resterait ici, et si il y avait une bataille par sa faute, ou encore des morts, elle irait retrouver ce Wydman. Rien qu’à cette pensée elle frissonna. Mais avant, elle voulait éclaircir quelques points.

« Vous dîtes que l’honneur compte plus que tout, et après vous me conseillez de tuer un homme ? »

Aelya éclata de rire, mais ce n’était ni un rire méchant ou moqueur, mais de bon cœur, plutôt. C’était une idée étrange. Après tout, l’honneur ne voulait pas dire grand chose pour la jeune femme. L’honneur était rien. Seulement un mot pour justifier les mauvais choix que l’on fait dans sa vie. Tuer par honneur, trahir par honneur. Pour Aelya, ce n’était que tuer et trahir. Sa Maison lui avait enseigné dès son plus jeune âge que « La vérité triomphe ». Et c’était vrai. La vérité vaut plus que l’honneur.

« Je pense que nous avons pas la même façon de penser. Pour moi, l’honneur n’est rien. L’honneur n’a certes pas sauvé ma mère, cette nuit là. La devise de ma maison est « La vérité triomphe ». Et pour vous dire la vérité, je n’ai pas envie de marier un homme que je n’aime pas, encore moins de le tuer, car tuer est lâche. La vérité est que je n’ai pas envie d’élever les enfants de cet homme, encore moins dormir dans son lit et répondre à tout ses petites envies et besoin. »

Tout ça était vrai, puisqu’Aelya ne mentait jamais. Ou presque jamais. Car la vérité ressort toujours, châtiant ceux qui l’auraient oublié. Lady Swygert aurait détesté vivre dans la maison d’un homme qui l’insultait, qui la battait même. C’était mieux comme ça, car sinon, elle aurait fait quelque chose qu’elle aurait regretté. À bout de forces, elle aurait été capable de tuer cet homme, bien qu’en ce moment, elle savait que c’était parfaitement idiot. Et puis, Wydman n’était pas près de la retrouver, brisant son « honneur » après avoir été giflé par une femme. Aelya sourit à cette pensée. Franchement, la plupart des hommes étaient stupides. Ayant presque oublié à la question de Rowena Rougefort, elle y répondit.

« Je suis d’accord. Aujourd’hui je suis donc devenue votre pupille, et je vais surveiller vos enfants et le bien de votre Maison. Et je vous promets qu’un jour je trouverais un homme acceptable, qui a plus « d’honneur » que ce Wydman, comme vous diriez. Et ce jour là, je serais capable de le marier, d’élever ses enfants, et de vivre beaucoup plus heureuse qu’avec un idiot. Désolé, je ne devrais pas parler comme cela. Cependant, ce jour-là, je vous promets que vous ne m’aurez plus sur le dos. »

Tout était dit. Peut-être même qu’Aelya trouverait un mari qu’elle aimerait d’amour vrai et sain, qu’elle aurait des enfants charmants, comme ses frères et ses sœurs. Que le plus vieux deviendrait chevalier acceptable, que les autres trouveraient un métier qu’ils aimeraient, que ses filles soient mariées à des hommes tous aussi respectables. Aelya se promit de ne jamais marier une de ses filles à un homme qu’elle ne connaissait pas, ou qui avait l’air douteux. Jamais elle ne ferait ce supplice à ses propres enfants.
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Message Mar 6 Mar 2012 - 19:05

La jeune fille éclata de rire lorsqu'elle parla d'honneur, et étrangement, Rowena en fut froissée. L'honneur était important, la devise des Arryns n'était-elle pas « Aussi haut que l'honneur » ? Les Fer-Nés également ne croyaient pas en l'honneur, ce n'était rien pour eux, comme Rowena l'avait appris suite à sa rencontre avec ce Fer-Né, Sargon Harloi. Une rencontre qu'elle aurait préféré oublié tant cela l'avait marquée de se sentir à ce point faible. Elle avait également raison de dire qu'elles n'avaient pas la même façon de penser, c'était vrai. La vérité triomphe. La devise de sa maison. Qu'était-ce que la vérité ? Absolument rien. Qui donc était sincère ? Personne. Tout le monde mentait pour se protéger parce que tel était le monde, telle était la société de Westeros , surtout les nobles venant de toutes les Maisons. Tous ne cherchaient qu'une seule chose : le pouvoir. Puis ensuite, la jeune fille accepta sa proposition. Elle n'avait pas le choix à vrai dire, mais au moins, elle savait à quoi elle devait s'attendre. Elle était intelligente, intelligente mais stupide, pas vraiment naïve mais il demeurait en elle une part d'innocence.

« Pauvre petite Aelya... Vous avez totalement raison de dire que nous n'avons pas la même façon de penser, c'est exact, mais la différence fait la force ne l'oubliez pas. Et ce n'est pas la seule chose que nous n'ayons pas en commun. Vous venez du Sud, et moi du Nord. Vous croyez en les Sept et moi aux Anciens Dieux. Une septa a dû vous élever et vous éduquez, alors que moi, je n'ai eu que ma mère. Les Nordiens n'ont peut-être pas le même honneur que les gens du Sud c'est vrai » admit-elle en haussant les épaules « Mais nous autres, nous avons été élevé dans le froid glacial et mordant du Nord, peut-être est-ce pour cela que l'idée de mourir ou de tuer une autre personne ne me répugne pas, ou ne touche pas à mon honneur. Car les plus faibles meurent, les plus confiants également. Ainsi va la vie. » Elle s'arrêta un bref instant. L'amour. Un rêve si beau et si doux dont la jeune fille parlait, et si Rowena se fiait à ses instincts, alors Aelya devait également y croire. Etant petite elle avait du trop lire des livres parlant des exploits des chevaliers, et même ce qui était arrivé à sa mère n'avait pas du la faire changer d'avis. «  L'amour ? L'amour n'existe pas Aelya. Après ce que des hommes ont fait à votre mère vous devriez le savoir. » Qu'espérait Aelya ? Un homme parfait qui l’emmènerait loin de chez elle et qui l'aimerait toute sa vie ? Elle devait savoir que non. Rowena eut un léger rire qui s'étouffa à moitié dans sa gorge. Elle devait faire comprendre à Aelya la situation. Bien sûr, la jeune fille savait ce qu'elle voulait savoir, mais rien d'autre. Alors prenant une profonde inspiration, elle continua et peut-être même se répéta t-elle un peu.

«  Nous sommes des femmes Aelya. De simples femmes. Comparées à des hommes nous ne sommes absolument rien. Nous valons mieux que du bétails, certes, mais c'est là la seule chose qui nous différencie. Et les hommes ont également besoin de nous pour avoir des héritiers. A part cela nous ne sommes pas importantes. » Elle poussa un autre soupir et continua, plus doucement «  Vous savez, jamais on ne force une femme à prononcer ses vœux de mariage si elle ne le souhaite pas, c'est là un droit. Mais une femme n'a pas à s'affirmer, à se démarquer. Et c'est ce que vous avez fait. » Les mariages étaient importants, et la plupart du temps, déterminés à l'avance. Mais en aucun cas on avait vue une fiancée s'enfuir. Du moins, c'était la première fois que Rowena en entendait parler. « Avant de penser à vous, pensez plutôt à votre père, vos frères, et votre sœur. Qui voudrait épouser un membre de votre famille en sachant très bien que vous vous êtes enfuie ? Vous avez déshonorée votre famille en faisant preuve d'égoïsme. » Elle se releva, tourna le dos à la jeune fille. Elle hésitait entre la fureur et … quelque chose d'autre. Quand on lui avait annoncé qu'elle allait se marier, elle n'avait pas tourné le dos et même si elle avait été morte de peur, même si elle avait voulu s'enfuir, elle ne l'avait pas fait pour sauvegarder l'honneur de sa famille. En plus elle épousait un homme qu'elle ne connaissait absolument pas, son cousin certes, mais il aurait pu être violent et la battre cela n'aurait rien changé. Ce problème allait devoir être réglé rapidement. Enfin... Façon de parler car Lord Jasper Arryn était parti et Rowena n'avait nullement l'intention d'aller se frotter au gouverneur qui était.. Qui déjà ? Lord Belmore si sa mémoire était exacte. La maison Wyndman ne s'opposerait pas directement aux Rougefort, cela, elle le savait. Mais ils ne risquaient pas d'oublier aisément cette histoire et donc, ils devraient quand même s'affronter à un moment ou à un autre. Ils se plaindraient sûrement à Lord Arryn dès son retour ou en attendant, à Lord Belmore. Mais peut importait, Rowena était prête. Elle avait dit à Aelya qu'elle la défendrait et elle le fera. La jeune fille était sous sa protection.

« Néanmoins, ne croyez pas que les Wyndman oublieront facilement cette histoire et préparez-vous à passer des moments difficiles. Il y aura sûrement une confrontation à un moment ou à un autre et je devrai sûrement me rendre aux Eyrié avec vous afin que cette affaire se règle une bonne fois pour toute. » Et à vrai dire, Rowena préparait déjà des arguments solides en sa faveur. Elle pouvait facilement convaincre n'importe qui étant plutôt bonne oratrice. La jeune fille avait demandé sa protection et la protection de sa Maison et c'était une chose à laquelle Rowena n'avait pu échapper d'autant plus qu'elle lui avait déjà auparavant offert l'hospitalité. « En attendant essayez de rester tranquille et évitez de sortir. D'autant plus que le temps ne s'y prête guère. » Quoi de plus simple et de plus aisé que de supprimer directement un problème ? Si son fiancé était aussi brutal qu'elle le disait et si il était rancunier alors il y avait des chances pour qu'Aelya soit en danger.
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Message Mar 6 Mar 2012 - 20:34

Pendant que Rowena parlait, cette dernière se leva debout, tournant le dos à Aelya. C’était étrange. Pourquoi refusait-elle de la regarder ? La jeune femme avait pris l’habitude des contacts visuels, et venait de comprendre le caractère fort des Rougefort, mais on aurait dit que la dame des lieux semblait être inquiète, ou nostalgique, ou les deux à la fois. Elle disait que les femmes ne servaient à rien, ou du moins, à procréer et à faire plaisir à leurs maris. Que des sornettes ! C’était une pensée tout à fait idiote ! C’est sûr qu’en restant ici, à rien faire, dans un château froid, on ne pouvait pas servir à grand chose… Franchement, c’était ridicule ! Aelya eut une soudaine envie de quitter les lieux à cheval, de se rendre aux Terres de la Couronne, de couper ses cheveux et de devenir chevalier, juste pour montrer au combien Rowena était dans le tord. Ensuite, elle fit remarquer que le vrai amour n’existait pas. Également, Aelya trouvait que c’était idiot. Il y avait certainement un homme à Westeros qui l’aimerait, elle en était certaine. Et puis, si on avait le droit de refuser le mariage, pourquoi sa conduite était-elle aberrante ? Ces gens étaient franchement stupides ! Juste à cette pensée, elle rageait complètement, sans que cela paraisse, bien sûr. Puis après, elle disait qu’Aelya avait déshonoré sa famille… Non mais ! Puis elle parla d’une confrontation avec les Wyndman, ce qui semblait déjà plus normal. En attendant essayez de rester tranquille et évitez de sortir. D'autant plus que le temps ne s'y prête guère. Évidemment… Le conseil avisé d’une femme sensée. Mais Aelya n’aimait pas trop se faire commander. Cependant, Rowena n’avait pas tord. Pour l’instant, Aelya ne devrait pas se jeter dans la gueule du loup. Simple. Mais elle aurait certainement du mal à rester cloîtrée dans un tel endroit. Déjà qu’elle n’avait pas beaucoup pu sortir pendant son enfance, alors qu’avant la mort de sa mère elle était toujours dehors entrain de jouer avec ses frères. Ils lui manquaient. Beaucoup. La jeune fille était triste de les avoir abandonnés, son père devrait trouver une septa pour les élever, un homme d’armes pour entraîner ses jeunes frères… La vie était dure. Très dure. Mais Aelya tenait à prouver à Rowena qu’elle avait tord.

« Si vous dîtes que la vie est faite ainsi, j’imagine que vous avez aucun problème à ce que votre fille marie un homme malveillant et même violent, à ce que vous dîtes. »

La femme se demanda si elle avait touché le point sensible de la mère. L’instinct maternel était peut-être plus fort que tout. Elle ne voulait blesser personne, mais montrer que ses arguments avaient du sens, aussi.

« Sachez que j’ai été élevée également sans septa. Et je tiens à vous dire que l’endroit d’où nous venons ne nous fait pas des gens plus durs, gentils ou intelligent, mais au contraire, ce sont nos actions qui prouvent ce que nous sommes. Si vous dîtes que les gens faibles n’ont pas de place dans ce monde, alors vous en conviendrez que ce mariage n’a pas eu lieu d’être, car Wydman est visiblement un homme faible. »

Et elle devait encore parler d’un seul point. Ces genres de stupidités - l’amour faux et de femmes faibles – étaient visiblement un bon sujet de discussion, qui prouvait encore que les deux femmes étaient bien différentes. Mais il fallait apprendre des points de vue de chacun. D’un côté, l’honneur, et de l’autre côté, la vérité. Et la vérité triomphe toujours.

« Et au sujet de l’amour, que vous pensez faux, et des femmes, que vous pensez faible et pas importantes, je vais vous dire qu’une seule chose. Vous croyiez en l’honneur, et moi je crois en l’espoir. Et je préfère vivre sans honneur que sans espoir. »

Aelya avait dit tout ce qu’elle avait à dire, et patiemment, elle attendit la réponse de Rowena Rougefort, qui lui faisait toujours dos.
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Message Ven 9 Mar 2012 - 20:14

Lorsque la jeune fille évoqua sa fille le regard de Rowena se durcit légèrement, et un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres fines. Ses yeux bleus clairs semblaien encore plus glaciaux que d'habitude. Elle leva sa main jusqu'à ses cheveux sombres, replaçant l'une de ses mèches soyeuses derrière son oreille avant de se retourner lentement. La jeune femme fixait Aelya droit dans les yeux. Parler de Margaery et de son avenir était une mauvaise chose, surtout lorsqu'elle évoquait un homme qui la battrait. Puis elle devint plus triste, mélancolique, elle ne marierait jamais sa fille à un homme qui lui ferait du mal, jamais. Et elle y veillerait. Elle allait méchante, mauvaise, comme elle était capable de l'être lorsqu'on cherchait à la blesser et qu'elle se défendait. Elle pouvait devenir dangereuse, parce qu'elle était une mère, et si certains considéraient cela comme une faiblesse, ce que c'était à demi, cela était également une force.

« Ne parlez pas de ce que vous ignorez Aelya, vous n'en avez pas l'autorisation, vous n'en avez pas le droit. » fit-elle d'une voix glaciale « Vous êtes ici chez moi aussi cessez de me contredire sans cesse, vous n'êtes qu'une enfant, et une enfant inconsciente. » Elle se détendit un court instant et poussa un soupir. Elle était calme, se sentait calme, et même si sa voix claquait comme le fouet mordait sur la peau d'un condamné. Rowena sourit une nouvelle fois avant de continuer « MOI, contrairement à votre père, je n'enverrai jamais ma fille à un homme qui ne la respectera pas ou ne la traitera pas bien. La vie est ainsi. Mon époux est mort et je contrôle mes enfants et les contrôleraient jusqu'à ce qu'ils soient en âge de se débrouiller seuls. Et ce n'est pas mon fils qui va trouver un époux pour sa sœur. » Puis Aelya enchaîna qu'elle aussi n'avait pas reçu l'enseignement d'une septa. Elle retint un rire moqueur. Sa mère l'avait donc élevée jusqu'à sa mort ? Et elle savait lire et écrire ? A coup sûr elle ignorait encore beaucoup de chose, sauf si elle croyait avoir trouvé les réponses dans les livres qu'elle lisait, si elle lisait, et vu l'emblème de sa Maison, elle devait lire. Elle secoua la tête lorsqu'elle fit que son fiancé devait être un homme faible. Sûrement, il avait des faiblesses, mais parfois les faibles se montraient incroyablement cruels, et faisaient preuve de force. Pouvait-on, à ce moment là dire qu'ils étaient faibles ? Non pas vraiment. D'autres s'accrochaient à la vie avec ardeur, même si ils étaient faibles. Mais certains mourraient. Beaucoup. Puis elle parla d'honneur et d'espoir.

« On dit que l'espoir fait vivre Aelya, et c'est la vérité, la preuve est que tu es toujours là. Regarde. Tu n'as plus d'honneur maintenant, juste de l'espoir, oui... Juste ça. Si tu n'avais pas trouvé refuge ici tu serais dans le ruisseau. Tu n'es plus grand chose désormais, alors, imagine ce que cela aurait donné... » D'autant plus que sa Maison n'était pas l'une des plus importantes des Terres de l'Orage. Elle avait eu de la chance, oui, énormément. Rowena n'avait plus envie de discuter de cela avec la jeune fille. Elle resterait ici le temps que lord Jasper Arryn revienne, et ce dernier déciderait ce qu'il conviendrait de faire. Ensuite, son destin n'occuperait plus Rowena. Mais la jeune femme savait qu'il ne fallait pas se fier à ses premières impressions et même si elle était désolée pour la jeune fille, elle n'allait pas lui faciliter la vie. Elle avait fui après tout, elle avait fait preuve de lâcheté mais avait écouté ses instincts. Rowena comprenait cela parce qu'un jour elle s'était retrouvée dans la même situation qu'Aelya, envoyée dans une région inconnue, différente de la sienne, vers un mari qu'elle ne connaissait pas et qu'elle n'avait jamais vu. Mais elle avait pris son courage à deux mains et elle avait épousé l'homme qu'on lui avait demandé d'épouser, et même si il avait été brutal, violent, malveillant, elle serait resté fière, et aurait continué de marcher la tête haute.

« Mesurez juste la portée de vos actes, et les conséquences que cela engendrera. Je vais écrire à votre père pour savoir ce qu'il compte faire de vous, si il accepte de vous revoir, de vous reprendre, ou si, avec l'accord des Wyndman, il vous donnera tout même à cet homme. Dans ce cas-là, je vous laisserai vous en aller et vous pourrez vous enfuir puisque vous semblez étonnement douée pour cela. » Elle se rassit en face d'Aelya tandis qu'à l'extérieur le tonnerre grondait encore plus fort et que la pluie s'abattait sinistrement. Elle n'avait qu'à fermer les yeux pour s'imaginer les nuages gris qui masquaient le sommet des montagnes. « Mais en attendant, je vous ai offert l'hospitalité et même si nos points de vues sont différents. »
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Message Lun 12 Mar 2012 - 4:02

Une fois de plus, Aelya écouta parler Lady Rougefort sur les subtilités de l’honneur et du courage. En évoquant son « inconscience », la jeune femme se raidit légèrement sur sa chaise, sans que cela paraisse. On aurait presque dit que Rowena insinuait que son invitée était une enfant sans cervelle, lâche et égoïste. Ne comprenait-elle donc pas ? Bien sûr, Rowena avait sûrement grandit choyée par sa mère, ne devant jamais s’occuper des autres enfants, ayant un père brave et courageux qui défendait sa Maison. Aelya trouvait que Lady Rougefort ne faisait pas preuve d’une grande ouverture d’esprit. Certes, personne n’était comme elle, courageuse, brillante, surmontant ses craintes. Aelya n’avait pas peur de grand chose. Elle suivait son instinct, elle avait appris à vivre ainsi. Ce n’était pas l’honneur, ou l’éducation, ou la conscience qui avait sauvé sa mère. La jeune femme avait entendu que la mère de Rowena était décédée en mettant monde à une jeune fille. Jamais elle n’aurait voulu vivre, et mourir comme ça. Mais après tout, comme on le disait bien trop souvent, les femmes à l’époque étaient toutes des vaches à lait et des filles qui servaient qu’à faire des enfants pour assurer la descendance de leurs époux. Eh non. Aelya souhaitait mourir sur le champ de bataille, ou en vengeant sa mère, ou en protégeant un être qui lui était cher. Mais Rowena avait tout de même raison. Elle n’était plus rien. Et cela faisait sept ans, qu’elle n’était plus rien. Puis, la Lady confirma qu’elle allait écrire à Steryn Swygert. Mauvaise nouvelle. Son père allait venir ici la marier de force, ou soit faire comme si Aelya n’existait pas, et la laisser pourrir ici. Le deuxième cas était mieux. Même si Lord Swygert devrait faire semblant que sa fille était morte. Elle ne pourrait jamais retourner chez elle. Jamais serrer Brean et Moïra dans ses bras. Jamais remercier Elwis pour tout ce qu’il a fait. Elle ne verrait jamais grandir ses frères et sœurs, et même ses propres enfants. Dans ce peuple qui pensait trop à l’honneur, elle allait mourir seule. Et c’était la faute des autres. Mais cette pensée lui semblait trop égoïste. Non, après tout, c’était sa faute. Aelya avait tout fait raté. Elle aurait simplement pu épouser ce Wydman, et porter ses enfants. À cette pensée, elle frissonna. La jeune femme se voyait vieillie, souffrant sous le poids de son ventre, cernée à cause des nuits passées à allaiter le nouveau-né, maudissant un enfant arrogant et méchant, élevant un monstre… Aelya revint au moment actuel avec un petit sursaut : Rowena Rougefort s’était assise en face d’elle. « Mais en attendant, je vous ai offert l'hospitalité et même si nos points de vues sont différents. » C’était vrai. On aurait dit que les deux jeunes femmes ne pouvaient se mettre d’accord sur un seul point. Au moins l’hospitalité avait été réglée. Rowena semblait une femme raisonnable, avec la tête bien sur les épaules. Aelya tourna la tête, se détournant du regard de la Lady assise devant elle. Elle respira un bon coup, avant de se lever, se tournant vers l’étagère de livre juste derrière elle.

La jeune femme sentit les remords la submerger. Elle devait dire adieu à sa famille, à sa future famille, à tout ce qu’elle avait espéré d’une vie normale. À tout jamais. Aelya pourrait quitter les lieux, trouver un époux dans un paysan aux allures sympathiques, et recommencer sa vie comme fermière. Elle aurait peut-être des enfants gentils et modestes, quelques animaux bien dressés, et une fermette qui subviendrait aux besoins que l’hiver apporte. Mais il ne fallait pas rêver. Aelya répondit tout de même à Rowena, sa voix tremblant légèrement, de peine profonde.

« Vous pensez que je me sens parfaitement bien dans cette situation ? Sachant que je ne reverrais jamais ma famille, que je n’aurais pas de vie future plus importante que de vivre dans une ferme, et encore, c’est assez généreux. Je le sais bien, que j’ai tout brisé ! Je le sais bien ! Je ne verrais jamais ma sœur et mon frère grandir, je ne pourrais jamais enlacer mon autre frère, leur dire ô combien je les aime. »

Toujours dos à Rowena,les esprit d’Aelya commencèrent à s’embrouiller. Cela arrivait parfois. Depuis sept ans.

« Jamais je ne les retrouverais… Jamais. Ils payeront. Et ma vengeance… »

Elle avait pensé tout haut. Peut-être que Rowena ne se rendrait compte de rien. Mais Aelya savait que Lady Rougefort était beaucoup trop perspicace pour savoir qu’elle ne parlait pas de sa famille. Aussitôt, Aelya fit face à la maîtresse des lieux, et s’excusa.

« Je suis désolée, je divague… Je dois vous sembler encore plus stupide que d’habitude… Mais il faut que j’arrête. Je dois me relever. Oui. Je ne vais pas rester à rien faire dans cette situation ! Merci, merci beaucoup de votre hospitalité, et vous pouvez écrire à mon père, je ne crains plus son verdict. Je ne crains plus rien. »

Déjà, sa voix était beaucoup plus ferme. Et tant pis. Peut-être qu’en fin de compte elle épouserait ce Wydman. Il avait sûrement des qualités…
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Message Sam 7 Avr 2012 - 14:06

« La vie est injuste Aelya, mais pas toujours. Tu n'es pas laide, tu n'as pas non plus l'air stupide, et lorsqu'une femme a cela, l'intelligence, le charme, allié à de la volonté, alors cette femme-là est capable de tout et peut se hisser très haut» fit-elle en guise de réponse en se levant et en posant une main sur l'épaule de la jeune fille, la forçant à se rasseoir. Aelya était jeune, et donc fougueuse. Rowena aurait été ainsi si elle n'avait pas eu deux enfants, et toutes les responsabilités qui allait avec. Elle poussa un bref soupir, c'était si compliqué. « Ne perds pas espoir. Et ne t'en veux pas. Et ne cherche pas non plus à te venger. La vengeance a ses bons côtés, la vengeance est tentante et irrésistible, mais la plupart du temps elle ne mène à rien d'autres, elle ne sert qu'à se salir encore plus. Tout ce que tu as à faire, et ce n'est pas une chose aisée, c'est oublier, ou du moins, accepter et comprendre la situation qui est la tienne. » Finalement, elle se releva aussi, plus calme. Elle comprenait Aelya, oui, parce qu'elle aurait du faire la même chose des années plus tôt, mais le monde était ainsi fait, les femmes baissaient la tête et devaient obéir. Jamais personne ne s'en était plaint et personne ne s'en plaindrait. C'était ainsi. Elle s'avança vers la porte, et se retournant elle fit avec un léger sourire « Et ne jamais dire jamais. Suis-moi Aelya ». Rowena était passée presque naturellement au tutoiement maintenant que sa colère était passée, et sa voix était plus douce, plus rassurante. L'orage également était terminé, et les nuages commençaient peu à peu à déserter le ciel qui dévoilait sa pureté. Sortant dehors, elle fut agréablement surprise de sentir l'air si doux, mais après un orage, cela n'avait rien d'étonnant. La forêt qui recouvraient les montagnes environnantes libéraient tout ses parfums, Rowena aimait cette odeur, l'odeur de la forêt, des branches, des feuilles et de la terre mouillée. Elle s'arrêta dans la cour trempée, qui commençait peu à peu à se remplir. Elle se retourna pour voir si la jeune fille la suivait et afin d'observer Rougefort. Les deux tours de la forteresse, opposées, semblaient presque toucher le ciel, ce n'était rien comparé aux Eyrié, mais c'était tout de même impressionnant, à croire que les seigneurs du Val avaient tous fait exprès de faire bâtir leurs demeures en hauteur, lorsqu'ils le pouvaient du moins.

Rowena savait ce que devait endurer Aelya, elle aussi ne voyait plus ses frères aussi souvent qu'elle l'aurait souhaité, mais c'était mieux ainsi car après tout, Rowena était la benjamine, et ses frères ne s'étaient jamais occupés d'elle, elle s'était imposée à eux et ils étaient des hommes, elle, une femme. Les liens, même fraternels, ne duraient jamais toute la vie. Tout finissait par être oublier à un moment ou à un autre. Seul le lien envers une mère et son enfant restait intact, pas toujours, mais généralement, c'était le cas. Puis elle se retourna une nouvelle fois vers la jeune fille et demanda : « Crois-tu en tes Dieux Aelya? Ou plutôt en quoi ou qui crois-tu ?» La question pouvait paraître étrange, posée ainsi, mais Rowena essayait de cerner le caractère de la jeune fille. Elle la savait déjà attachée à sa famille, blessée et méfiante à cause des hommes et de ce qui était arrivé à sa mère, et aussi têtue qu'elle. Rowena croyait en les Anciens Dieux, dur comme fer, car ils n'étaient pas aussi omniprésent que les Sept. Ses Dieux à elle étaient silencieux, paisibles, et on ne bâtissait pas des septuaires pour les vénérer. La nature était bien mieux pour cela, se reposer sur les racines d'un barral, écoutant le vent sifflant dans les branches, les oiseaux, sentant le froid qui mordait sa peau. C'était cela, croire, et non pas être bien au chaud en train de prier devant sept statues. Saisissant entre ses doigts une branche d'un arbre, elle la cassa sèchement, la faisant rouler entre ses doigts avant de la jeter. Ses Dieux à elle étaient loin, trop loin, il n'y avait pas de barral ainsi, qu'un septuaire dans lequel elle n'était rentrée qu'une seule fois, le jour de son mariage et elle s'y était sentie comme une totale étrangère, décalée. Pourtant, en épousant Jorah, elle avait également épousé sa religion. Du moins, c'est ce qu'on disait. C'est ce qu'il aurait du se passer.

« Comment penses-tu que ton père réagira ? Ou a réagi ? A t-il aimé ta mère ou est-ce que leur mariage, fut, comme tant d'autres, arrangé ? Et excuse moi de te poser tant de questions, mais, si tu veux mon aide, et si en retour, je peux t'apporter la mienne, alors j'ai besoin de savoir... Tu n'as plus rien à perdre de toute façon, vu ta situation actuelle... » Presque malgré elle, elle poussa un léger soupir. Tout s'arrangerait, tout finissait toujours par s'arranger.
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Message Jeu 12 Avr 2012 - 23:02

Alors qu’Aelya attendait la réponse de la maîtresse des lieux, lady Rowena expliqua que sa nouvelle pupille était jolie et intelligente, ce qui était très recherché auprès des nobles voulant se marier. Point positif. Mais « la vie était injuste ». Point négatif. Lady Rougefort en savait beaucoup plus là-dessus qu’Aelya, mais cette dernière avait vécu aussi des moments très difficiles. La veuve se leva, et posa sa main doucement sur l’épaule de la jeune protégée, lui indiquant de s’asseoir. C’est ce qu’elle fit. Puis, Rowena l’assomma avec des quantités de conseils importants. Ne pas se venger. Accepter et oublier. Quelle chose stupide, pensa Aelya. Certes, Lady Rougefort n’avait peut-être pas connu une situation pareille. Une mère assassinée, et le lendemain, on oublie tout ? Aelya en doutait, c’était une chose impossible pour elle. Combien de fois s’était-elle jurée de retrouver et tuer les assassins ? Mais elle n’avait pas réussie. Et elle ne réussirait sans doute jamais. C’est Rowena qui tira la jeune femme de ses pensées en se levant. Elle semblait plus calme et plus posée, comme si elle avait déjà tout oublié la « chicane ». La jeune veuve se dirigea vers la porte de la bibliothèque, et demanda à Aelya de la suivre, avec un léger sourire. Elles quittèrent ensemble la pièce, traversant quelques corridors, avant de sortir par la porte principale, énorme, en bois magnifique et fort. L’orage avait cessé, aussi brusquement qu’il était arrivé, laissant voir maintenant le ciel d’un bleu fort joli. L’air était frais mais doux, ni froid ni chaud, juste bien. L’herbe était encore mouillée, mais les rayons du soleil la sécheraient assez vite. Quelques instants plus tard, Rowena lui demanda en quels dieux elle croyait. Aelya savait que Lady Rougefort, née dans le Nord, devait croire aux Anciens, alors que la jeune fille avait grandi dans la religion des Sept. C’était ses dieux, mais Aelya n’était pas très portée sur la religion. Elle vivait tranquillement sa vie, parfois accompagnait son père dans les prières importantes, pour la santé et la vie, mais les dieux ne lui avaient accordés ni l’un, ni l’autre. Sa mère était morte, son père en souffrait toujours, et elle avait gâché sa vie en refusant un mariage, acte qu’elle comprenait maintenant comme étant irréparable. « Comment penses-tu que ton père réagira ? Ou a réagi ? A t-il aimé ta mère ou est-ce que leur mariage, fut, comme tant d'autres, arrangé ? Et excuse moi de te poser tant de questions, mais, si tu veux mon aide, et si en retour, je peux t'apporter la mienne, alors j'ai besoin de savoir... Tu n'as plus rien à perdre de toute façon, vu ta situation actuelle... » En effet, c’était beaucoup de questions… Mais Aelya n’avait plus grand chose à perdre, après tout, comme le disais Rowena. Toute l’aide qui se présentait était bienvenue, maintenant. Lady Rougefort poussa un soupir. La jeune femme en avait également envie, mais de peur de paraître impolie, elle répondit donc.

« Comme vous devez le savoir, je crois aux Sept. Mais au point où j’en suis rendue, j’aimerais croire à n’importe quoi qui pourrait me tirer de là. »

Elle n’avait pas répondu à toute la question, mais elle ne pensait guère que Rowena pourrait la protéger en connaissant ses croyances religieuses. Aelya continua donc à parler.

« Mon père réagira certainement mal. Son mariage était arrangé, lui aussi, mais il avait beaucoup d’affection pour ma mère. Sa mort lui a causé beaucoup de peine, et depuis ce jour, il a… changé. C’était un homme bien, avant. Et ne vous inquiétez-pas, posez autant de questions que vous le voulez, vous êtes la maîtresse des lieux, après tout. »

La jeune femme sourit à son tour, pour prouver qu’elle n’était peut-être pas si idiote qu’elle le paraissait. Aelya se dirigea vers l’herbe verte, et cueillit doucement une petite fleur bleue, sauvage, qui poussait par-là. Elle était envahie de mauvaises herbes, et ne voyait presque plus le soleil. C’était peut-être comme ça pour Aelya, aussi. Elle ne pouvait pas apprécier pleinement la vie à cause des gens mauvais. Mais elle devait pousser, grandir, et percer un trou vers le soleil. Elle devait être plus forte que tout ça. La jeune femme prit son courage à deux mains.

« Vous avez raison. Je dois arrêter de culpabiliser et me montrer courageuse pour une fois. Écrivez à mon père, faîtes ce que vous voulez, mais je n’attends rien de plus de votre part. Vous en avez déjà tellement fait. Je me rendrais auprès de Lord Arryn, dès son retour, et je lui demanderais son pardon. Et j’épouserais sûrement Wydman. Comme il se doit. »

Elle avait tout dit. Ses paroles l’avaient condamnée.
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❝ Un nouveau commencement ❜ ; with Rowena Rougefort

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