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Entre Confessions et Controverses

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Commandant des Dents de Freux
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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
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♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
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Message Mar 28 Fév 2012 - 23:41

L'existence n'était pas qu'une kyrielle d'aurores et de crépuscules, ni même un enchainement inéluctable de besognes. La vie était, avant toute chose, ce que l'on voulait bien en faire. Si Alrik ne pouvait se vanter d'avoir décidé des moindres ornementations de la sienne, il avait tracé sa frise de ses propres mains. Aujourd'hui, il était heureux avant d'être fier. Chaque éveil en son domaine, chaque oeillade sur la physionomie séraphique de sa douce enfant, chaque injonction distribué à ses troupes l'emplissait d'une ineffable satisfaction. Prétendre qu'il s'épanouissait dans un monde dénué de macules assombries n'aurait été que mensonge, mais il avait encore le goût de se lever à l'aube pour accomplir les devoirs qui lui incombaient. Sa palette de responsabilités était aussi nourrie que variée, et il avouait qu'il ne pouvait guère faire ce qu'il désirait lorsqu'il en avait envie, tel était le prix à payer pour avoir sa place dans la société actuelle. Avant toute chose, il était le serviteur et l'égide de son lord et ami, qu'il s'évertuait à préserver de tout son soûl quitte à se priver de repos. Réalité qui l'avait une fois de plus rattrapé la nuit dernière, qu'il avait entièrement veillée à vérifier et revoir nombre de missions qu'il confiait à ses hommes. Diversifier les rondes et même les sentinelles était un rituel qui lui permettait non seulement de satisfaire ses recrues, mais également de ne pas donner naissance à une « routine » de surveillance que quiconque pourrait aisément déjouer avec un tant soit peu de matoiserie. Son implication presque psychotique lui avait ployé plus d'une opportunité de faire ses preuves de Commandant, c'était la raison pour laquelle la pièce qui lui servait d'office au sein même du Donjon Rouge était devenu un second domicile, dans lequel il passait trop de temps selon certains. Des heures eurent le temps de fluer sans qu'il n'eut dévié ses prunelles de ces maudites cartes des structures de la demeure royale, dans laquelle il réformait les itinéraires de ses patrouilles. Ce ne fut qu'à l'incursion d'une des figures seigneuriales de la cour qu'il prit conscience que l'astre diurne entamait son ascension dans les cieux, mais à cet instant, ce détail ne devint que subsidiaire.

Apostrophé par cette venue incongrue, la mimique contrariée qui ornait les traits du noble lui laissait imaginer le pire. Et s'il crut tout d'abord que l'incident était d'ordre déontologique, l'évocation de prénom de sa fille eut promptement fait de le contredire. Sa première réaction fut de se confondre dans le désespoir et l'appréhension, s'interrogeant sur ce dont l'imagination fertile de Yevana était cette fois-ci à l'origine. La sylphide avait l'incroyable don de le surprendre de frasque en frasque quand bien même il l'eut maintes fois mise en garde. Ses fantaisies bien qu'enfantines n'étaient que trop peu protocolaires, ce dont on ne pouvait se permettre lorsqu'on était une jeune fieffée qui avait encore tout à prouver. Là était bien tout l'embarras, car elle n'avait guère l'envie de se justifier auprès de quiconque si ce n'était sa harpe, que son père n'avait jamais eu le coeur à confisquer en guise de sanction punitive. Il se demandait s'il verrait un jour l'aboutissement de ses toquades, vraisemblablement, ce ne serait sûrement pas pour aujourd'hui. Contraint de poursuivre le conciliabule sous son masque paternel à défaut de celui de capitaine, son interlocuteur lui fit part d'un comportement filial incongru. En effet, il semblait que la belle brune ait repoussé les audacieuses avances du fils de ce même courtisan de façon bien trop impudente selon eux. Bien qu'il lui manquait le témoignage de la principale intéressée, l'exposition des faits ne contribuèrent point à le sidérer, car ce n'était qu'une fois de plus parmi une liste déjà fournie. Bien qu'ennuyé par cette réalité qui lui tenaillait à nouveau les viscères, le chevalier sut – par sa longue expérience en la matière – faire fi de son ressentit pour mieux se faire humble mais concerné. Il consentit et pacifia ainsi le seigneur qui lui faisait face en assurant qu'il converserait avec sa chipie avant le coucher du soleil. Lorsqu'il se retrouva seul, il entreprit une certaine introspection burlesque... Qu'est ce qui était le plus ardu à régenter : des escadrons de combattants ou une damoiselle en pleine crise identitaire ? La réponse semblait s'imposer d'elle même, à son plus grand dam.

Après s'être entretenu avec son sous-officier pour qu'il fasse respecter quelques consignes journalières, il rendit visite à Dame Shaïra pour la forme, mais également pour le fond. Son intention était de lui demander un service qu'elle lui rendait fréquemment, ce pour quoi il lui était particulièrement reconnaissant outre l'amitié qu'elle lui apportait conjointement. Un binôme de chevaux, qu'il lui emprunterait pour une partie de la journée dans le dessein d'emmener une certaine indocile en promenade. Il n'était pas convaincu que de regagner son foyer et directement l'invectiver sans prendre le temps de l'étreindre de son amour était judicieux, surtout que la jeune fille avait matière à lui faire des reproches également. Parti depuis l'avant veille, il lui avait fait la promesse de rentrer le lendemain, ce qu'il n'avait finalement pas fait. Ses engagements envers les Dents de Freux le retenaient parfois dans son apparat de chef, il était responsable du bien-être de nombreuses âmes et il ne pouvait décemment pas les délaisser à leur sort quant bon lui semblait. Il avait eu des remords, c'était inexorable, mais fut furtivement rattrapé par ses fonctions. Yevana serait compréhensive, il l'eut espéré, elle le serait moins une fois les sujets sensibles abordés, il s'y attendait. Alors, ils entameraient leurs retrouvailles en douceur, sur une envolée complice à dos d'étalons. Ils appréciaient tous deux s'expatrier de leur quotidien pour n'être qu'ensemble, à déclamer taquineries, compliments et spéculations en tout genre. Espoir en tête et tendresse dans le coeur, il rejoignit son fief où il fut accueilli par leurs quelques domestiques qui s'apparentaient d'avantage des accointances. Par la suite, il retrouva les deux nymphes de sa vie : sa petite soeur en plein extase auditif face à la mélodie harpiste de sa princesse. Précautionneux dans son arrivée, il s'installa à même le mur en la laissant terminer ses notes, admiratif face à cette grâce qu'il ne tenait certainement pas de lui. Dès lors qu'elle eut fini, le chevalier s'empressa de les embrasser et de s'enquérir de leur santé. Pour ne pas laisser place à une hypothétique rancune dû à son absence, il convia immédiatement sa fille à se vêtir confortablement pour galoper en sa compagnie, ce qu'elle fit avec enthousiasme, tout comme lui.

Puis enfin, l'air frais, la nature et les rires mutins de sa pouponne comme seule ambiance sonore. Père et fille s'en étaient allés par-delà les remparts de la cité, là où la végétation était plus verdoyante. Une frêle risette accrochée aux lippes de façon quasi permanente, revenir à sa condition d'homme lambda avait quelque chose de vivifiant, le temps s'était comme pétrifié. Une belle chimère qui finirait par s'effondrer, mais pas encore, la vénusté de la nature était bien trop enjôleuse, trop immaculée pour qu'il n'y renonce. Lorsqu'ils musardaient ainsi, il avait la sensation que rien ne pourrait les désenchanter, et surtout, la volonté de ne jamais se déshériter de ces moments de partage. La quiétude des lieux n'en demeurait pas moins précaire, et sans doute fut-il tout aussi interdit que les églantiers lorsqu'un hennissement précéda une vive galopade.


« Doucement Yevana, ne t'éloignes pas trop ! »

Professa t-il à l'attention de la dryade qui venait de le dépasser avec vélocité. Son phonème complaisant trahissait toujours une infime crainte qu'elle ne se blesse, car c'était là l'ultime chose qu'il serait enclin à supporter. Ceux qui le connaissaient n'avaient de cesse d'affirmer que la jeune fille n'était pas en sucre, ni même en argile pour qu'il la couve de trop de paternalisme. Bien qu'il réfutait amèrement la surprotéger, il avait quelques difficultés à la voir grandir. Un fait qui ne jouait pas en défaveur de la belle, puisque tant qu'il n'en prendrait pas conscience, il serait toujours indécis quant à d'éventuelles fiançailles. Indécis, mais il ne répudiait pas à cette idée.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !




Dernière édition par Alrik Mallery le Jeu 8 Mar 2012 - 10:33, édité 1 fois
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Message Sam 3 Mar 2012 - 1:45

Malgré toute sa bonne foi, Yevana n’avait pu s’empêcher d’esquisser un sourire cynique quand la porte claqua bruyamment. Enfin, il abandonnait la partie, retournait chez son père, et laisser la jeune noble en paix avec son livre. Fils d’un noble quelconque, il n’avait eu de cesse de lui parler de lui, de sa fortune, de ses chiens de chasse, de son beau cheval sur lequel il aimerait qu’elle monte avec lui. Et pour fini du domaine de son père sur lequel il aimerait tellement trouvé une femme ravissante qui lui donnerait des enfants en quantité. Nullement impressionnée, après tout il y avait des dizaines de jeunes hommes comme lui rien qu’à la cour du roi, bien plus riches encore pour certains, et juste agacée par sa vantardise qui n’avait que d’égal sa vacuité, la jeune femme répliqua. Tout d’abord avec une certaine gentillesse, lui faisant comprendre avec une certaine mesure que son soliloque était aussi ridicule qu’inapproprié et que si il pensait courtiser une belle, ce n’était pas en décrivant sa vie de bourgeois oisif qu’il y arriverait. Quelques tentatives qui se passèrent bien mal, car visiblement il pensait juste être plus attractif à ses yeux pour qu’elle daigne enfin lui parler. Un véritable dialogue de sourd qui lui fit monter bien rapidement la moutarde au nez. Sans beaucoup plus de patience elle envoya le jeune homme balader en lui indiquant bien qu’elle ne voulait plus jamais avoir affaire à lui, et qu’elle lui souhaitait de trouver une épouse assez stupide pour le supporter en silence.

Oh, elle se doutait bien que ça ne plaise pas à son père, mais elle n’en avait cure. Alrik la houspiller parfois à cause de son attitude, mais jamais il ne lui avait vraiment reproché d’avoir avorté une relation avec un prétendant. Il était probablement temps qu’elle se mari pour perpétué sa lignée Mallery fraichement crée. Pourtant Yevana n’arrivait toujours pas à se faire à cette idée. Surement trouvait-elle que le cocon familial était bien assez confortable comme cela. Il est vrai qu’elle se montrerait beaucoup moins réticente si elle avait à se plaindre de son père. Et aussi parce que la perspective de passer le reste de ses jours à s’occuper d’une marmaille, gâchant sa jeunesse auprès d’un parfait imbécile, ne lui plaisait guère. Etre proche de Shaïra lui avait fait comprendre qu’il y avait bien mieux à faire dans la vie de se s’épuiser à monter tous ses atouts aux hommes dans l’espoir que l’un d’entre eux la prenne pour femme avant de plonger dans le stupre à l’aide de ses maitresses. La brunette n’était pas aveugle, et savait bien ce qu’il se passait dans la plupart des ménages. Un bien triste destin qu’elle ne souhaitait en rien embrasser. Elle resterait libre de faire ce qu’elle souhaite. Une liberté plutôt entravée par son père, mais rien de bien méchant. Avec le temps, et le soutien de la plus belle femme de Westeros, également son amie, il comprendrait surement son choix de vie. Mais la jeunette avait de la chance. Alrik ne semblait guère pressée de la voir mariée, et ne faisait pas pression sur cette affaire. Il était juste désolé de devoir subir les colères des familles outragées par l’outrecuidance d’Yevana.

Il était en retard d’ailleurs. Voilà qui mettait la jeune fille de mauvaise humeur. Si il avait été là, elle n’aurait surement pas eu à supporter le jeune noble toute seule, et il aurait été témoin du potentiel gendre catastrophique qu’il aurait fait. Car elle espérait bien que si il devait la marier un jour, il aurait au moins la bonne fois de choisir quelqu’un digne d’intérêt. Et non pas un grand benêt. Quoiqu’elle était de mauvaise foi, certains hommes étaient intéressants et loin d’être des mufles. Mais elle n’en avait pas voulu, et ils avaient acceptés son refus avec noblesse et humilité. Seule avec sa tante, la jeune fille ne trouva rien de mieux à faire que de passer sa frustration et sa colère sur les cordes de sa harpe. Jouant encore et encore pendant des heures durant pour oublier ce malotru et pour retrouver le sourire. Jouer de la musique était la seule chose dont Yevana pouvait se vanter, et elle espérait toujours en faire quelque chose. Cela lui avait donné une certaine place à la cours mais rien de bien glorieux. Quoi de plus frustrant quand on est la fille d’un homme comme Alrik Mallery ? Un roturier qui a réussi à accéder au rang de noble juste à la force de ses actions et au fil de son épée ? Non, c’était risible, il lui fallait viser haut. Tâche hardue quand on connait à peine les fonctionnement de la cour et qu’on est bien trop jeune, et surtout trop femme, pour être entendue. Rajouté à cela le fait qu’on la considère comme une noble de bas étage, à cause de la jeunesse de sa maison et de son titre, et il y a relativement peu de chance pour être respectée. Tant pis pour le moment. Yevana devait faire preuve de patience, elle le savait.

Ravie de voir son père finalement débarquer, elle abrégea sa mélodie. Sa colère passée, elle n’avait aucune intention de lui faire une scène, mais était plutôt concernée par ce qui avait pu le retenir plus que prévu. Elle n’eut guère le temps de le questionner, déjà il lui proposait une balade à cheval. Après une légère acclamation de joie, la jeune fille dédalla pour se changer. Les moments en binôme avec son père étaient suffisamment rares pour qu’elle y prenne plaisir et saute sur l’occasion d’avoir son père pour elle, avant qu’il reprenne les armes. L’angoisse qu’il ne revienne pas lui prenait parfois les tripes, l’idée de se retrouver orpheline était loin d’être agréable. Malgré son air fier, sans son père, la gamine ferait probablement moins la maligne.

Voilà qu’ils étaient lancés sur les routes, et déjà la jeune fille n’en faisait qu’à sa tête. Riant aux anges depuis qu’ils avaient commencé à prendre un peu de vitesse, il lui suffisait de bien peu pour l’amuser. Quand elle entendit son père l’interpeller pour qu’elle ralentisse le pas après une montée fulgurante de son destrier, elle se tourna vers lui.

« Je vais bien, père ! Inutile de t’inquiéter. »

Elle ralenti néanmoins le pas le temps qu’il revienne à sa hauteur. Elle savait bien qu’il craignait pour elle, et même si elle proférait sans cesse le contraire, la surprotection de son père ne lui déplaisait pas tant que cela. C’était la seule chose qui la mettait à l’abri d’un époux douteux après tout.

« Pourquoi tu as mis tant de temps pour revenir ? Des affaires préoccupantes ? »


Elle retrouva tout à coup son sérieux et haussa un sourcil suspect. Déjà elle voulait savoir si l’esprit de son paternel bien aimé était en paix, et si tout ce passait bien pour lui. Yevana ne supportait pas rester dans l’ignorance, et malgré le secret professionnel qu’imposait la profession d’Alrik, sa fille insistait pour savoir ce qui pouvait bien se tramer.
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Alrik Mallery
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Message Jeu 8 Mar 2012 - 10:35

Inutile qu'il s'inquiète. Cette réplique le fit opiner du chef de façon négative, la physionomie ornée d'une large risette. S'il se mettait à prêter l'oreille aux tentatives de pacification de sa fille, il était certain de ne devoir s'inquiéter de rien. Qui plus est, il était enclin à parier son blason qu'elle serait la première mécontente si tel était le cas, car malgré ses nombreuses plaintes sur sa sur-protection, elle appréciait être couvée de la sorte. Il ne pouvait que le deviner à travers ses mimiques espiègles et sa propension à lui clamer son amour filial quand bien même ils n'eurent fait que de se quereller. Elle se savait entourée d'affection et d'oeillades avenantes, ne leur restait plus qu'à trouver la parfaite concorde entre l'excès et l'insuffisance pour qu'ils parviennent enfin à un terrain d'entente, et donc à une vie plus sereine. Le fait qu'il soit l'unique homme omniprésent dans son entourage n'y était pas étranger, Alrik était persuadé que son enfant trouverait l'équilibre nécessaire en partageant le poids de son quotidien avec le prétendant qui lui serait assigné. Car même si les hypothétiques sentiments de Yevana seraient un élément de décision majeur, le choix définitif de son futur gendre lui revenait et lorsque celui-ci serait fait, il deviendrait irrévocable. S'il portait une indicible estime pour la belle Shaïra, il n'avait point le désir que sa pouponne demeure seule et uniquement dépendante de ses toquades tout au long de son existence. Un jour viendrait où lui-même ne serait plus en mesure – plus de ce monde – pour prendre soin d'elle et lénifier tous ses maux comme il s'évertuait aujourd'hui à le faire. Il avait besoin de quelqu'un pour le remplacer, un quidam dans l'étreinte duquel elle se loverait et qui serait apte à la réconforter quels que soient ses tourments. Tel était son dessein, plus que celui de sanctifier leur nom à travers une alliance maritale comme preuve de leur ascension sociale. Par ailleurs, la jeune fille serait spoliée de son patronyme par la loi du mariage, qui lui ferait adopter celui de son époux. Il n'avait guère trouvé qu'une solution pour faire perdurer la fraîche lignée Mallery sans qu'elle ne sombre dans l'oublie par manque de protagonistes masculins : avoir d'autres enfants.

Mais a une année lumière de cette préoccupation alors qu'il ravalait la distance qui le séparait de son plus beau trésor. Le commandant adressa un sourire avenant à la belle, avant que celle-ci ne l'interroge sur la raison de son – à ses propres yeux – intolérable retard. Victime d'un regard inquisiteur qui le tenaillerait tant qu'il n'aurait pas donné suite à la discussion, il contracta les commissures de ses lippes en orientant ses prunelles smalt sur l'abondante végétation des lieux. Il avait toujours fait preuve d'une grande distinction entre sa vie privée et celle qui l'amenait aux rênes des Dents de Freux, aussi se faisait-il circonspect lorsque ces deux voies s'enchevêtraient inéluctablement. Peut-être que si Yevana eut été un homme de genèse, lui aurait-il confessé les éventuelles craintes qui le dépossédaient parfois de son sommeil ou de sa bonhomie usuelle. Quand bien même, il n'avait aucune envie d'ombrager leurs instants d'ermitage avec des dénégations d'état qui dépasseraient plus que certainement l'entendement de la demoiselle. Il était un soldat transi de sa vocation, plus encore, les responsabilités qui lui incombaient ne lui léguaient point une once d'ataraxie et il semblait presque apprécier ce fait. Cela en était d'autant plus vrai depuis l'arrivée de Maekar Targaryen au Donjon Rouge, héritier mais avant tout antagoniste notoire. L'esprit ainsi ankylosé par une prudence quasi emphatique, il se méfiait des conciliabules du dragon et de la souveraine, parfaitement au fait que le prince ne faisait que patienter jusqu'à la première opportunité pour porter préjudice à la Main du Roi. A défaut de pouvoir empêcher les complots de s'ourdir, Alrik tentait de s'assurer que ces conspirations ne s'illustrent pas de façon réelle, préservant les brebis sur lesquelles il se devait de veiller de tout son soûl. Ainsi, il doutait que déclamer être le bouc émissaire de nul autre que l'héritier légitime du trône de fer à sa propre fille était chose intelligente comme utile, elle ne ferait que d'avantage se mortifier dans son inquiétude de ne pas le voir rentrer un jour. Fort heureusement, il n'y avait récemment eu aucun incident conséquent à déplorer, aussi était-il simplement embesogné par la gérance inhérente à son grade. Comment satisfaire sa curiosité sans lui présenter de fallacieuses affirmations, sans trop ni trop peu lui en dire ?


« Rien qui n'aurait d'intérêt pour une jeune harpiste. » Il l'affubla d'une lorgnade taquine, puis reprit en observant évasivement le paysage. « Tu connais ton père, toujours à courir de-ci de-là pour s'assurer que tout fonctionne selon ses ordres. La gestion de mes nouvelles recrues me prend plus de temps que prévu, et la sécurité de ces Gens n'attend pas. » Il ajouta pour lui-même, presque inconsciemment. « Et les tractations seigneuriales non plus... »

Une frêle contrariété envahit le faciès du capitaine, le rendant bien trop grave pour les circonstances actuelles. Il n'était que trop souvent rattrapé par des réflexions déontologiques qui n'avaient pas lieu d'être lorsqu'il se trouvait en compagnie d'une personne neutre à son travail. Néanmoins, il était avéré que les nobles ne patientaient pas que ses hommes et lui soient aux aguets pour jouer de leur dévoiement éthique et politique. Etre à la fois les yeux, l'ouïe et l'égide principal du domaine royal et ses alentours était un rôle aussi éreintant que substantiel. La corruption et l'égotisme étaient des notions qu'il avait acceptées en même temps que son titre de commandant et son anoblissement, bien qu'il n'y adhérait pas personnellement il les savait indubitablement liées aux moeurs de la haute société. S'interroger plus que de raison sur ces réalités, comme il ne l'avait que trop souvent fait, était chose vaine et ne faisait que l'éloigner de cette agréable badauderie. Fort heureusement, ce genre d'égarements ne perduraient jamais longtemps et la caresse d'une rosacée – qu'il n'avait guère aperçue faute d'attention – à même son cou l'extirpa de sa torpeur. Ses phalanges allèrent frictionner la parcelle d'épiderme touchée pour en chasser les chatouillements engendrés, puis il fut surpris de sentir la trajectoire de sa monture dévouer sur sa droite sans qu'il ne l'ait intimé de le faire. Son destrier – tout en gardant sa paisible cadence – vint doucement heurter le museau de son semblable chevalin pour lui réclamer un geste tendre. Les deux étalons se retrouvèrent flanc l'un contre l'autre, conglomérant ainsi père et fille dans un contact involontaire. Particulièrement amusé, Alrik en profita cependant pour cajoler la chevelure bistre de la sylphide dans un élan purement affectueux, avant de tirer sur les sangles qu'il avait en mains pour sommer à son cheval de s'éloigner de quelques pas dans le but de retrouver un semblant de confort.

« Shaïra te fait savoir qu'elle se languit de ta prochaine visite, au fait. Elle aime à t'entendre chanter et jouer, peut-être devrais-tu lui composer quelque chose. » Il se tourna vers elle. « Je suis certain que ça ne pourrait lui faire que plaisir. »

Les passions de Yevana étaient une source de plaisir sensoriel pour qui savait apprécier son art, et il était le premier à le faire bien qu'Aaliyah s'estimait être sa plus illustre admiratrice. Il n'était par ailleurs pas rare qu'ils se réunissent en famille autour de la musicienne à la suite des repas, profitant de la diligence avec laquelle elle pinçait les cordes de son instrument pour les faire frémir de justesse. Mais si la conversation semblait s'orienter vers des cieux attrayants, le chevalier n'en omit pas pour autant le sujet primordial qu'il se devait d'aborder de manière subtile. Aussi, il était futile de l'invectiver sans avoir pris connaissance de sa version des faits auparavant. Il voulut alors vérifier la sincérité de son chérubin, car après tout, elle ignorait tout de la visite du seigneur à son office, et il se demandait si elle lui avouerait cette anicroche à la lisière de l'incident diplomatique sans qu'il ne l'évoque.

« Et toi, qu'as-tu fait durant mon absence ? »

Demanda t-il innocemment, en feignant de l'être tout du moins. Nul doute qu'il serait désappointé si elle tentait de le leurrer sur sa frasque, il aurait alors une raison de plus de la morigéner.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 11 Mar 2012 - 21:32

Dans ses errances spirituelles, Yevana devait avouer qu’elle avait souhaité plus d’une fois devenir un homme pour prendre la succession de son père. Toutes les cachoteries, le manque d’information, et les zones d’ombres du travail de son père que même Brynden refusait de lui éclairer… Tout cela l’énervaient et la frustraient. Elle s’estimait assez importante pour ne pas avoir à être mise de côté de cette façon, et même si elle appréciait le côté sur-protecteur de son père, être écartée de toute intrigue était insupportable. Cela lui donnait l’impression d’être une petite écervelée, bonne à jouer de la musique, à s’habiller correctement pour plaire à la cour et surtout à se taire. Bien évidemment, elle savait que son paternel n’en pensait rien et qu’il l’avait en grande estime, mais la complicité qu’ils auraient partagée, si le destin avait bien voulu faire d’elle un homme, aurait été tellement plus complète, plus soudée. Non pas qu’Yevana méprisait lourdement le fait d’être une femme, Shaïra lui avait enseigné bien plus d’une fois les avantages de laisser libre court à sa féminité. Mais marquer la maison Mallery au fer rouge dans les esprits auraient été plus facile si elle avait pu succéder à son père en tant que commandant, ou bien si ses faits d’armes étaient entendus dans les autres royaumes. Malheureusement Yevana n’était guère assez belle pour que sa grâce soit contés par-delà les frontières. En effet, Shaïra était tellement belle qu’il était difficile de briller à ses coins. Non pas que la jeune fille en soit jalouse. Bien au contraire, la grande blonde était une source d’inspiration et d’admiration sans égal, et la brunette lui aurait volontiers donné les Sept sans confession. Et sa musique, bien que jolie, manquait cruellement d’identité et de finition. Bonne à être juste la jolie harpiste qu’on entendait parfois. Si elle voulait que son art soit reconnu et respecté, il lui faudrait de la patience et beaucoup de pratique. Elle était encore jeune, elle avait le temps, beaucoup de temps.

Voilà aussi une des raisons pour lesquels se marier était inconcevable. Avec une alliance, elle perdrait son nom de Mallery et sa maison tomberait dans l’oubli rapidement. Quelle tristesse d’être une femme. Si Alrik avait eu au moins un héritier mâle, la question ne se poserait pas. Mais il n’avait que Yevana, une jeune farouche qui comptait bien lui faire entendre raison. Et c’était relativement mal parti, quand il détourna la conversation pour ne pas répondre à sa question. Voilà qu’il parlait de sujet sans grande importance au premier abord, mais qui finalement tracèrent des traits inquiets sur son visage. A quoi pouvait-il bien penser ? Qu’est ce qui lui avait posé problème durant ses longues journées de travail pour la main du roi ? Elle n’en avait strictement aucune idée et cela la rendrait complétement aigrie. Elle aurait beau le questionner ou bien son supérieur, elle n’obtiendrait rien, si ce n’est des mots mielleux qu’on dit aux jeunes filles pour les rassurer. Piteuse, elle se disait qu’avec le temps, elle s’y ferait certainement. Mais cela ne retirait rien à son sentiment de vacuité.

Elle perdit son air songeur quand le cheval de son père se colla au sien, ce dernier en profitant pour passer une main dans la longue chevelure sombre de sa fille. Elle le gratifia d’un sourire ravi avant qu’il ne reprenne sa place. Juste avant qu’il ne parle de leur grande amie commune. Les yeux d’Yevana s’illuminèrent subitement, toujours enchantée de voir Shaïra, et toujours très touchée de ses attentions, même avec le temps.

« Je serais ravie de la revoir ! J’ai tellement de choses à lui raconter… Je viendrais au Donjon Rouge le plus rapidement possible. »
Elle redirigea son regard sur la route. « J’aurais bien quelques idées de vers pour elle, depuis longtemps j’aimerais lui écrire quelque chose. Mais tout cela est bien trop maladroit pour le moment. Elle mérite une ode parfaite, digne d’elle. »

Yevana avait toujours eu cet esprit très critique d’elle-même. A l’écouter, rien n’était à la hauteur de ses espérances. Elle n’était jamais assez douée, la chanson n’était jamais assez belle, ses doigts n’étaient pas assez rapide, la mélodie manquait de finesse… des dizaines de reproches qu’elle se faisait à elle-même. Très certainement pour se donner un but et une perfection à atteindre dans une vie où elle n’avait rien de bien passionnant à faire. Si ce n’est lire, jouer de la musique, étudier, ennuyer son père, et faire profiter tout ses proches de son caractère difficile et intenable. Si elle le pouvait, elle pourrait passer toute une vie d’oisiveté, et personne ne lui reprocherait de manquer à ses devoirs.

Ses yeux roulèrent vers son père quand il lui demanda ses activités pendant son absence. Avec le ton qu’il avait pris, elle avait deviné que le père du goujat s’était plaint à Alrik. Il avait beau feindre une question pour engager une conversation parfaitement normale, elle le savait bien. Après tout, que pourrait-elle faire ici dans leur domaine de bien exceptionnel, si ce n’est refuser les avances d’un énième prétendant ? Et puis, elle connaissait suffisamment son père. Elle sentait les remontrances d’ici, alors elle préféra rester le plus direct possible.

« Rien qui n'aurait d'intérêt pour le capitaine des Dents de Freux. » Commença-t-elle d’un air mutin. « J’ai passé mon temps à étudier, à pratiquer ma musique… Mais dernièrement j’avoue avoir été plutôt cruelle. J’ai fait pleurer une petite fille d’ailleurs, à moins que ça n’était un jeune noble trop sûr de lui. Je n’en sais rien, l’illusion était parfaite. »

Elle eut un petit rire, en repensant à sa face écarlate de colère et d’humiliation. Mais Yevana reprit rapidement un air fatigué, lassé.

« Père… je suis tellement fatiguée de cette situation. Pourquoi dois-je subir de tels assauts ? En ton absence c’est d’autant plus insupportable. Tu sais pertinemment ce que je pense du mariage, j’aimerais pouvoir vivre tranquillement sans avoir peur qu’un énième imbécile ne se mette en tête que je suis disposée à lui servir de femme. »

Il prendrait encore cela pour une rébellion puérile de la part d’une gamine gâtée et têtue. Et pourtant, elle cherchait surtout à être digne d’une Mallery.
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Alrik Mallery
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Message Mer 14 Mar 2012 - 17:23

Le Commandant s'interrogeait parfois, il doutait que sa fille ait déjà porté une affection similaire à autrui que celle qu'elle vouait à la noble Shaïra. Celle-ci avait su combler la défaillance maternelle qui aurait tenaillé Yevana si aucune femme digne de ce nom ne l'avait entourée, et que son père avait toujours redouté. Fort heureusement et même suite au décès prématuré de son épouse, il n'avait pas même eu le temps d'appréhender ce que serait l'éducation de son enfant. Entouré par des êtres chers et bienveillants qui n'avaient eu de cesse de le soutenir dans ses tribulations, la vie l'avait finalement effleuré de sa miséricorde après l'avoir affublé d'une innommable affliction. Lui qui avait toujours été homme à relativiser toute situation, n'avait eu d'autre choix que de s'agricher aux quelques lueurs qui étaient venues parsemer son univers assombri. Sa pouponne était peut-être plus choyée qu'elle ne l'aurait été si Kaithlin n'avait pas offert son essence pour la sienne, lovant sa frimousse dans les étreintes obligeantes de Shaïra et Aaliyah. Elles l'avaient toutes deux déchargé de nombre de soucis, bien qu'aujourd'hui, nulle âme ne semblait encline à réfréner les frasques de la demoiselle. Par ailleurs, le chevalier soupçonnait la complicité de ces mêmes femmes qui l'avaient accompagnée dans son épanouissement et qui se plaisaient à adoucir les hypothétiques sanctions d'une traitre oeillade. Si ce n'était volontairement, leur célibat l'influençait inéluctablement, et à présent qu'il y songeait, peut-être devrait-il essayé d'agrandir le cercle d'accointances de sa sylphide, y intégrer des dames mariées ou fiancées. Le mariage n'était pas seulement halé de désavantages contrairement à ce qu'elle semblait imaginer, là était sûrement un fait qu'il se devait de travailler pour la rassurer et – par un quelconque miracle – la convaincre. Aurait-il réellement un jour l'opportunité d'avoir des petits enfants ?

Ainsi, s'il n'eut répondu qu'une frêle risette à sa première déclaration, il se concentra sur la suivante. La simple mimique qu'elle avait arboré aussitôt sa question posée l'avait promptement désillusionné, elle ne le connaissait que trop bien pour qu'il songe lui camoufler ses véritables intentions. Cette réalité lui tira un ricanement, accru par son début de réplique qu'elle lui avait dérobé pour mieux en souligner la taquinerie. La belle ne tenta pas même d'éluder, et prit même un sournois plaisir à conter son incartade avec une subtilité qu'il lui concédait indéniablement. L'illustration d'un jeune seigneur s'offusquant telle une harpie bégueule le fit rire malgré lui, d'un mélange d'amusement mais également de désespoir.


« Je vois... »

Souffla t-il finalement en opinant négativement du chef, la physionomie toujours ornementée d'un maigre sourire à peine perceptible. Il eut la réminiscence de ce courtisan faisant irruption à même son office, et qui l'aurait très certainement invectivé de ses accusations s'il n'avait pas été haut gradé parmi la garde du Donjon Rouge. Au moins avait-il eu la décence d'être venu le trouver personnellement plutôt que l'apostropher alors qu'il était en compagnie d'une de ses patrouilles. Pour cette fois, les conséquences n'avaient été que minimes, il n'y avait guère que son égo de père qui avait été meurtri. Puis, à la voix harassée de Yevana, ses prunelles de bleu smalt s'égarèrent sur son apparence, sur sa vénusté qu'il ne pouvait qu'admirer chaque instant durant. Ses paroles l'endolorirent plus encore, autant leur contenu que l'accablement avec lequel elles étaient prononcées. Les joues retroussées, il fureta la crinière de sa monture en se laissant happer par l'incertitude. Pourquoi ? Qu'avait-il manqué pour être dans l'incapacité la plus totale de la comprendre, quand bien même il y fournissait d'incommensurables efforts ? L'évidence lui échappait, il n'avait jamais songé à ce que sa fille désire simplement préserver son patronyme pour en être une représentante toute son existence durant. Pour lui, il ne s'agissait là que d'un caprice d'adolescente qu'elle trainait à surpasser, une simple volonté à défier une autorité qu'il n'instaurait que lorsque la situation l'exigeait. Peut-être n'était-il justement pas assez péremptoire avec elle, mais hausser le phonème n'était pas une chose qu'il appréciait faire avec sa seule enfant. En dépit de tout l'amour qu'il lui portait, il se sentait las, éreinté d'avoir à subir les humiliations de son manque de circonspection alors qu'il avait mis tant d'années à parvenir jusqu'ici. Il ne put empêcher plus longtemps sa contrariété de se manifester.

« Ne penses-tu pas que je suis fatigué que l'on vienne me trouver durant mon service pour me vanter ta désinvolture ? Nous en avons déjà longuement discuté et je n'admettrai pas de nouvelle contestation. Je ne laisserai pas ma fille unique suivre ses lubies comme elle l'entend. » Il esquissa un geste en sa direction, la dissuadant de répondre immédiatement. « Il suffit, Yevana. Estime-toi heureuse que je ne te sermonne pas comme je devrais le faire, le sujet est clos. »

Son regard impérieux l'observa un instant, avant qu'il ne donne l'ordre à son destrier d'accélérer le pas pour dépasser la jeune fille. Ils auraient en réalité pu converser sur le dit sujet toute la journée durant tant il y avait à en dire, mais Alrik s'y refusait par crainte que les choses ne s'enveniment et qu'ils ne se mortifient chacun de leur côté durant des jours entiers. Il se demandait parfois, comment pouvait-il être en mesure de commander à des escadrilles de soldats sans essuyer d'objections alors que sa propre fille lui tenait tête. Tout n'était qu'incompréhension, il tremblait à l'idée que la jouvencelle ne trouve jamais sa place dans la société et finisse par en être totalement exclue. Il ne se pardonnerait alors jamais de ne pas avoir su agir, pire encore, de l'avoir abandonnée à la solitude. Il ruminait son impuissance face à la situation, préférant même fuir le débat comme c'était actuellement le cas. Tout en veillant néanmoins à ce qu'elle continue d'être dans son sillon, le capitaine se tût, ne prêtant l'oreille qu'aux chants de la nature qui les accompagnaient dans leur badauderie. Elle l'avait désappointé, c'était inexorable et à présent, les hypothèses se bousculaient dans son esprit aigri. L'extrémité de ses doigts vint frotter sa tempe dans un élan d'épuisement, les cernes dessinées sous ses yeux témoignaient d'une rude nuit de travail et d'un besoin substantiel de repos. Mais à présent qu'il y songeait, peut-être était-ce cette même fatigue qui le rendait si peu enclin à tolérer l'attitude de la demoiselle, si ce n'était pas réellement le cas, elle en était du moins l'un des facteurs. Seulement quelques minutes s'étaient écoulées, et déjà, il avait l'irrésistible envie de l'étreindre, incapable de la tenir sa rogne bien longtemps. Il patienta néanmoins jusqu'à ce qu'ils parviennent aux abords d'un gouffre, leur hauteur leur offrant une vision panoramique des Terres de la Couronne, et même au loin, Port-Réal. Il s'immobilisa pour encourager la jeune fille à en faire de même, les prunelles fixées sur la somptuosité du paysage. Puis à la suite d'un mutisme pesant, déclara d'une voix pacifiée, presque coupable.

« Ecoute... Je sais que les circonstances actuelles te sont désagréables, mais je fais mon possible pour que tu aies une bonne vie... Et qu'il en soit toujours ainsi lorsque je ne serai plus là. » Il la regarda. « Me marier et t'avoir, ont été les plus belles choses qui me soient jamais arrivées. Je veux que toi aussi tu puisses un jour... Ressentir cette fierté en posant les yeux sur tes enfants. Leur raconter ce que tu faisais subir à ton vieux père. » Il eut un sourire amusé, puis reprit. « Cesse de croire que tu deviendras l'objet d'un homme, c'est une chose que je ne permettrai jamais. »

Le chevalier ignorait si ses tirades auraient un quelconque effet sur le tempérament incandescent de sa pouponne, à dire vrai, il ne savait plus que faire pour qu'elle daigne enfin lui faire confiance sur ce sujet. Il doutait même de pouvoir y parvenir un jour, mais il continuerait d'essayer.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Ven 23 Mar 2012 - 21:59

Contre la colère de son paternel, la jeune brunette avait les pieds et points liés. Incapable de répliquer devant la fureur silencieuse de son géniteur, l'harpiste finit par ravaler sa peine et blessa avec peine les yeux. C'était sûr qu'elle faisait la fière, la grande dame, la plupart du temps. Toujours a faire profiter les autres de ses énièmes caprices et prises de positions. Yevana aimait être insupportable et dénigrer l'autorité, mais décevoir son père, ça, elle n'aimait pas. Qu'est ce qu'elle aurait dû dire pour lui faire plaisir ? Accepter les avances de cet homme imbuvable ? Perdre toute contenance, accepter la main du premier venu parce qu'il était dans son devoir de se marier ? Non, cela elle ne le pouvait pas. Devenir la propriété d'un homme qui la traiterait comme un joli bijou était inconcevable pour elle. Et que dirait-elle aux femmes qui l'avaient élevé ? Ces femmes qu'elle respectait avec tout l'amour qu'elle pouvait posséder. Dans cette croisade, elle devait décevoir quelqu'un. Son père en refusant hargneusement, d'entendre raison, ou bien ses mères de subtitutions en donnant sa main à un noble stupide dont elle ne pourrait jamais rien ressentir. Car oui. Yevana ne s'imaginait jamais tomber sous le charme d'un des hommes qu'on lui présentait. Aucun n'avait attiré son attention plus qu'un autre, et elle ne se voyait guère aux bras d'un homme, quel-qu'il soit. La jeune noble n'avait jamais rêvé d'un homme quelconque, n'avait pas d'idéals, et n'en avait jamais regardé un plus qu'un autre. Elle les voyait juste tel qu'ils étaient : des hommes avec tous les dangers que cela peut représenter. Etrange pour une fille qui mettait son père dans une position quasi divine. Des hommes respectables, elle savait que cela existait, mais des hommes à aimer, à marier, à chérir et à qui offrir des enfants... c'était une tout autre histoire. Une histoire qu'elle n'avait pas envie de connaitre, la seule musique qu'elle se refusait de jouer.

Sa mère avait perdu la vie et elle savait qu'Alrik en souffrait chaque jour. Il ne s'était jamais remarié, et pourtant les oreilles de la jeune fille avaient régulièrement entendu d'autres femmes vanter les traits et les mérites de son géniteur. Cela lui arrachait toujours un sourire amusé, mais aussi une légère bouffée de jalousie. Son père n'avait jamais été qu'à elle, aussi loin qu'elle s'en souvenait. Le voir auprès d'une marâtre lui déplairait certainement. Yevana relativisait. Ce n'était que les fantaisies d'une jeune femme qui n'aime que trop son père, dans quelles années, cela passera. Elle l'espérait tout du moins. La jeune noble connaissait son caractère, et elle ne souhaitait en aucun cas rendre malheureux son père à cause d'une quelconque rivalité envers une noble dame qui aurait son affection. C'était peu-être déjà le cas d'ailleurs... cela expliquerait le fait qu'il souhaite la marier avant de vivre son idylle. La brunette jeta un regard en biai à son père alors qu'elle chevauchait derrière lui. Non. Cela n'était pas possible. Elle le saurait.

Voilà qu'il s'arrêtait, la jeune fille le suivant de peu. Le paysage qui s'étendait devant eux, elle le connaissait par coeur. Elle pouvait suivre du regard tous les petits chemins et sentiers, et connaitre leur destination. Elle n'avait guère de choses à faire alors se promener dans les petits villages et Port-Réal était une activité que la jeune fille aimait tout particulièrement. Même si cela rendait son père mort d'inquiétude et qu'il exigeait qu'elle soit à la maison à la tombée de la nuit. Elle finit par lever les yeux vers lui quand il commença à parler. Sans agressivité cette fois, mais d'un discours tellement usé... Comment pouvait-elle lui expliquer ce qu'elle ressentait ? Comment allait-il consoler ses peurs quand la main d'un mari l'aura attiré loin de la maison, dans un endroit où personne ne pourrait la rassurer ? Par quel miracle lui faire rentrer dans la tête que leur relation ne sont en rien comparable ? Il avait épouser une fille du peuple alors qu'il n'était pas anobli, il l'avait choisit car il en était profondément amoureux. Yevana épousera un noble qui conviendra pour l'élévation de sa maison. Et si elle était comme sa mère ? Et que son premier enfant, donné par un homme qu'elle n'aimerait jamais, aurait raison d'elle et l'envoyait rejoindre les bras maternels qu'elle n'avait jamais connus ? Une vie courte pour une fin complètement ridicule. Son mari aurait tôt fait de trouver une autre épouse, et les Mallery s'éteindraient sans rien d'autre à ajouter.

Elle eut néanmoins un léger sourire pour son père tant aimé. " C'est tellement plus compliqué que cela père..." Elle regarda ses mains qui tenaient mollement les reines de son cheval. "J'ai tellement peur de ce qui peut m'arriver, une fois mariée et loin d'ici."

Elle détestait passer pour une fillette éplorée mais il était évident que sans explication, son père continuerait à la voir comme une gamine boudeuse aux caprices non fondées. Hors de question de lui avouer toutes ses peines de but en blanc, mais autant commencer par le début. Elle espérait juste que sa tante garderait sa langue pour le reste.

La lignée Mallery va s'éteindre avec mon mariage. Comment puis-je prétendre être ta fille alors que tu t'es battu pour que nous ayons un nom ? " Elle afficha une pause, gênée par sa soudaine révélation, et pour éviter une discussion sans fin, elle tourna la bride de son canasson. "La nuit ne va pas tarder, nous devrions rentrer et reprendre cette discussion plus tard."

La plupart des personnes se serraient outrés devant cette outrecuidante à prendre des décisions à la place de son père, mais voilà longtemps qu'Alrik ne lui en tenait plus rigueur. Yevana dirigea adroitement sa monture sur le chemin du retour, sans la presser ni même en accélérant le pas. Quelques minutes s'écoulèrent dans le calme, laissant à Yevana le loisir de réfléchir au prochain dialogue que son père aurait avec elle. Car il était clair qu'il ne laisserait pas cela sans lendemain. Mais voilà qu'elle sursauta quand son cheval hennit de façon stridente. Alertée, la jeune femme eut à peine le temps de repérer le serpent rampant sournoisement au sol, que sa monture se cambra dangereusement, très certainement effrayée. N'ayant guère le temps de s'accrocher, la jeune noble s'écrasa sur le sol, avant que le cheval ne détale en toute simplicité.
Choquée et assommée, elle s'assit péniblement en poussant un juron guère appropriée à une jeune fille de son rang, alors que son père se précipitait vers elle. Sans doute préoccupé par la santé de son unique fille.
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Alrik Mallery
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Message Sam 24 Mar 2012 - 14:43

Les prunelles ainsi posées sur la capitale de Westeros, Alrik voyait inconsciemment ce qu'il avait édifié à la sueur de son front et à l'affliction de son coeur. Cette cité était devenue plus que ce qu'il n'aurait jamais imaginé, plus que ce qu'elle était originairement lorsque Culpucier n'était encore que son unique logis. L'identité à laquelle il avait toujours escompté se miroitait dans l'orgueil de Port-Réal, une allégorie qui l'encourageait tacitement à veiller aux défenses de la ville comme s'il était question de sa propre existence. En ces murs scintillaient ses plus beaux trésors, ces quelques accointances qui résumaient aujourd'hui ce qu'il était, il les gardait jalousement tel le Cerbère aux devants d'huis prohibées Il savait pourtant que toutes logorrhées étaient vaines, Yevana était à la fois en âge de nourrir ses propres opinions et de penser que celles-ci étaient universellement avérées. Plus entièrement sa petite fille, pas totalement une jeune femme responsable, c'était à s'en égarer dans les méandres de la complexité. Tous deux s'affairaient à rechercher un équilibre, mais il se demandait si elle n'essayait point de se camoufler au revers de sa juvénilité pour mieux alléguer son comportement. Que fuyait-elle ainsi ? Dans quel dessein ? Bien malgré lui, il lui arrivait d'émettre quelques incertitudes sur sa dite quintessence paternelle, peut-être n'avait-il pas été aussi digne de son rôle qu'il ne le pensait. Leurs dialogues étaient inintelligibles, c'était à croire qu'ils ne parvenaient pas à communiquer en dépit de leur bonne volonté. Combien de temps encore cette situation fuligineuse perdurerait, il s'interrogeait. Néanmoins , il crut à une percée d'espoir lorsque la sylphide répondit à son discours. Si ses premières paroles n'étaient que le reflet d'angoisses cohérentes - auxquelles il avait lui-même déjà songé et qui le firent presque sourire d'attendrissement à l'en voir s'en inquiéter – leur kyrielle fut toutefois inopinée. Elle lui confia sa peine, cette sentence arbitraire dont l'affublait sa condition de femme, celle d'être contrainte d'abandonner son patronyme pour mieux revêtir celui de son époux. Il n'était pas sans être au fait de cette évidence contre laquelle il n'avait aucune arme, mais jamais il n'eut douté que sa fille en soit tant affectée.

Les confidences qui se profilèrent furent prématurément stoppées, dans un élan de circonspection retrouvée, Yevana préféra éluder la conversation en regagnant leur domicile. Littéralement ébaubi par ses dires, le chevalier observa sa fuite non sans une certaine mélancolie, la détresse d'un père se sentant impuissant à la douleur de son bambin. A son tour, il sollicita sa monture pour qu'elle prenne la suite de son homologue chevalin jusqu'à être approximativement à sa hauteur. Il la couva à plusieurs reprises d'un regard navré sans qu'elle ne le considère, tentant – tout comme lui quelques instants auparavant – de se dérober à une nouvelle discussion en lui cachant ses mirettes. Ainsi astreint à contempler la verdure du paysage, il fit tout autant silence, comme par respect pour son effort de lui avoir confié ses maux. De plus, il ne pouvait cette fois la contredire avec la foi qu'il plaçait ordinairement dans ses déclamations, car il savait qu'elle avait raison. Comment diable la lénifier sur une vérité qu'il savait lui-même inéluctable ? Du moins, elle ne pourrait rien y faire, il était le seul apte à remédier à ce problème en s'assurant une descendance masculine. Là encore et dans la supputation qu'il parvienne à retrouver une épouse, la grâce du ciel serait la seule à lui octroyer ou non un fils. La conjecture était trop intense et récurrente pour que cette solution suffise à le rassurer, c'était pourtant la seule plausible à ce jour. Peut-être le temps était-il venu de lui faire connaître ses désirs, bien qu'il ne désavouait pas craindre au plus haut point les réactions qui résulteraient de cet aveu. Il ne pourrait supporter que sa pouponne ne le prenne comme une trahison – ou pire encore – comme un reniement. Elle était imprévisible et il ne se sentait pas prêt à subir son hypothétique aigreur. Il songeait tout d'abord à recueillir les voix de sa soeur et de Dame Shaïra, qui l'aideraient certainement et comme toujours à éclaircir son esprit.

Plongé dans ses pensées, le commandant fut tout aussi inattentif que la jeune fille et ne remarqua pas le reptile de sang froid qui sinuait dans la poussière. Son propre étalon fut apeuré par la réaction du premier destrier, s'affolant et se mettant à ruer à tout va sans guère prévenir Alrik qui, lui, eut le vif réflexe et la dextérité d'éviter la culbute. Plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'il ne soit apte à reprendre le contrôle de son cheval qui s'immobilisa enfin, lui accordant un moment de répit durant lequel il entendit un juron s'inviter. Ce fut alors qu'il aperçut sa délicate perle alitée à même le sol, mortifiée dans son amour propre mais surtout, éventuellement meurtrie ! Un spasme fulgurant parcourut son être, il descendit de son perchoir – manquant d'emporter la scelle toute entière dans sa précipitation – et s'élança aux abords de la jouvencelle.

« Yevana ! Tu n'as rien ?! » Il l'aida à se relever, ou plutôt, l'extirpa lui-même du sol pour la remettre sur pieds. « Tu as mal quelque part, dis-moi ?! »

Il fureta la moindre de ses mimiques pour vérifier s'il y percevait une quelconque souffrance, mais fut interrompu par de nouveaux hennissements effarouchés. Le serpent semblait se plaire à provoquer leurs chevaux qui finiraient par se sauver, fâcheuse perspective alors qu'ils ne leur appartenaient pas. Il quitta le contact de son enfant pour partir tel un soldat en croisade, longeant le sentier jusqu'à se rapprocher de l'ennemi qui ne se douta de rien. Sa lame siffla en glissant de son fourreau, puis promptement et dans le dos du vil, lui écrasa la tête avec son pied avant de lui asséner l'estocade : la décapitation. Le serpentin s'agita dans tous les sens sous les convulsions musculaires alors que la mort s'infiltrait dans son corps, le laissant bientôt inerte, non loin de son crâne séparé. Si la réaction était somme toute démesurée – voire quelque peu ridicule – elle avait au moins le mérite d'être infaillible et de rendre à ce havre, sa quiétude importunée. Les montures recouvrirent leur calme, le capitaine rangea son arme, satisfait de ne jamais s'en séparer même lors des conciliabules. Reptile puni et justice faite, il revint auprès de sa fille qu'il examina derechef, constatant avec un soulagement non dissimulé qu'elle semblait intacte.

« Est-ce que ça va ? Tu m'as fait une peur bleue. » Il soupira en lui caressant la pommette. « Grimpe sur mon cheval, nous ne prendrons qu'une seule monture pour rentrer. » Il fit les gros yeux et reprit avant qu'elle n'objecte. « Et c'est un ordre. »

La douce sommation déclarée, il l'accompagna jusqu'à son destrier dont il saisit l'encolure pour lui éviter tout mouvement, le temps que Yevana ne s'installe sur son échine. Une fois que ce fut chose faite, le chevalier rejoignit l'autre palefroi, dont il ligota les rênes aux sangles de celui qu'ils utiliseraient de façon à ce que les deux canassons se suivent. Puis enfin, il monta à son tour pour se placer derrière la demoiselle, qu'il entoura de la bienveillance de ses bras pour saisir les brides. Après quelques coups de talons, ils reprirent donc la route en direction de leur domaine, tous deux conglomérés l'un à l'autre par l'amour qu'ils se portaient mutuellement. Si Alrik réprima son envie de lui demander, une fois de plus, si la chute ne lui avait causé aucun dommage, il n'en demeurerait pas moins inquiet tant qu'elle ne lui assurerait pas son état de santé formel. Ce n'était là qu'un témoignage supplémentaire de la sur-protection dont il faisait quotidiennement preuve, et qui le corrodait d'anxiété de manière emphatique. Il n'avait pourtant de cesse de se répéter que la belle n'était pas faite de cristal quand bien même elle en avait à ses yeux la valeur, et que la vie ne l'épargnerait pas d'anicroches à venir, qu'il ne serait pas toujours à même de régler pour elle. Son échec sur la survie de Kaithlin se répercutait inexorablement sur sa relation avec la nymphette, tel un espoir que son impuissance ne se réitère pas à moins de l'emporter également dans la tombe. Ainsi, il n'accepta de la relâcher que lorsqu'ils furent dans l'arrière cour de leur foyer où il l'aida à reposer pied au sol. Après avoir dispensé quelques cajoleries à leurs braves compagnons, il les conduisit jusqu'au petit enclos, où ils pourraient prendre le repos mérité. Tout comme eux pourraient le faire dans la chaleur de leur logis.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 1 Avr 2012 - 16:30

Si il y avait un mur dans les environs, la jeune fille se serait probablement frappé le crâne dessus jusqu’à ce que mort s’en suive. Tant la honte et le ridicule qui la frappait maintenant lui donnait ce sentiment presque douloureux d’impuissance. Le postérieur enfoncé dans la terre meuble, le regard hagard devant le vil reptile qui la menaçait, son corps était paralysé par le choc. Alors que son esprit aurait voulu saisir l’animal entre ses longs doigts fuselés de musiciennes pour le tordre d’une manière particulièrement sauvage pour châtier ce satané serpent qui avait osé s’attaquer à son égo démesuré de gamine. Alors que tel un prince aimant, son père arrivait pour la relever et occire la créature rampante. Frustrée et furieuse, bien que soulagée et reconnaissante, elle essuyait d’un revers de manche les débuts de larmes de rage qui menaçaient de couler et de l’humilier bien plus qu’elle ne l’était déjà. Sa robe était déjà fichue de toute façon. La jeune noble regardait le commandant qui lui servait de géniteur séparé la tête du serpent comme si cela était un dangereux dragon qui avait daigné s’attaquer à sa progéniture, mais voilà que Yevana ne ressentait plus du tout de fierté envers son paternel. Juste de la colère envers elle-même, d’être née avec des rondeurs de femme sans aucun moyen de développé des muscles et de l’habilité pour prendre les armes et se venger d’un tel affront. Non Yevana était condamnée à faire preuve d’un ridicule sommaire devant une bestiole aussi faible et molle. La brunette était prête à maudire les sept pour une telle injustice. Sa tante lui avait régulièrement fait remarquer que les dieux avaient été particulièrement généreux avec elle pour lui offrir une beauté pareille et un tel talent pour la musique. Mais elle, n’y voyait qu’une provocation ouverte à un destin qui aurait pu être tellement plus intéressant, où l’on parlerait de gloire et de bataille. Son seul échappatoire était la chanson.

Quand son père lui intima de monter avec lui, se fut le comble du désespoir. La plupart des jeunes filles y aurait vu une douce nostalgie de l’époque où elle était bien trop jeune pour monter seule à cheval. En temps normal, cela aurait été très certainement le cas, mais tout de suite, le sentiment qu’avait la jeunette était proche de l’homme atteint dans sa virilité. Sachant qu’il ne servait à rien de s’outrer et que de toute façon, elle sentait une douleur aigue dans le genou, elle se tut et hocha la tête d’un air résigné. Résigné était bien le mot, vu qu’elle n’oserait plus contestait les ordres de son père pour la journée. Pas après un sermon pareil, et surtout pas avoir l’avoir désappointé à ce point. Une fois hissée devant son père, elle oublia malgré elle sa colère un petit moment. Le mouvement de balancier que provoquait la démarche du canasson, lovée dans les bras de son paternel, elle se surprit même à somnoler pendant tout le trajet. Partagée entre cette sensation, et le sentiment que ce voyage était incroyablement long. La nuit était d’ailleurs particulièrement proche quand ils arrivèrent à leur petit domaine. Yevana posa avec précaution pieds à terre, pour se rendre compte que son genou lui faisait toujours souffrir. Inspirant profondément, elle ne fit aucuns commentaires à son père, bien qu’il lui demanderait surement un compte rendu médical tôt ou tard.

Rapidement, une de leur servante accourra et s’emporta devant l’état dramatique de la robe de la brunette. Cette dernière lui expliqua d’un air gauche que son cheval lui avait fait faux bond, mais la vieille dame semblait peu intéressée, et lui conseilla plutôt de se laver et changer sur le champ. Sans plus rien ajouter, Yevana traina les pieds jusqu’à ses appartements, guère motivée à se parer une nouvelle fois alors qu’il faisait nuit et que la plupart de sa soirée se résumerai à jouer de la harpe après dîner devant sa tante et son père. Une bonne fin de soirée cependant, alors elle jugea que faire un effort ne serait guère superflu dans un moment pareil. Juste avant de se laver, la jeune fille eut la mauvaise surprise de voir qu’une servante de son âge la regarda avec un air horrifié en pointant timidement un doigt vers elle.

« Milady ! Votre genou… »


Surprise, Yevana regarda la cause d’une telle réaction et fit qu’effectivement sa cheville et son genou avait souffert de la chute est que le sang s’écoulait avec lenteur d’une longue plaie. Ce qui expliquait ses difficultés à marcher sans boitiller comme un petit vieux. Fronçant les sourcils, mécontente, la brunette toucha sa plaie meurtrie et poussa un petit râle fâché. Elle savait que ce n’était rien de bien méchant, mais c’était déjà bien handicapant. Elle jeta un regard à sa robe défraichie, et constata qu’un peu de sang était bien présent mais trop discret pour que quiconque s’en aperçoive avec la pénombre.

Ignorant les avertissements craintifs de sa servante, la jeune fille, tentant de garder un semblant de dignité malgré son genou meurtri et sa nudité complète, agrippa avec colère sa robe pour la jeter dans le feu de la cheminée. Alors qu’elle observait le tissu lentement se consumer dans les flammes, elle regarda sa suivante aux yeux hagards, et lui annonça avec calme et sans colère dans la voix.

« Lave ma plaie et panses-la, je te prie. Mais n’en parle à personne. Tu m’as comprise ? A personne, et surtout pas à mon père. »


Elle lui sourit avec compassion quand la jeune fille en face d’elle hocha la tête. Yevana était quelqu’un de colérique et de strict, mais jamais cruelle, et la plupart de ses domestiques étaient des amis. Mais elle ne pouvait se vanter d’être particulièrement proche de ses suivantes comparées à ses comparses nobles. Tout simplement parce qu’elle n’avait de suivantes que récemment et elle ne les connaissait guère. Yevana se mordit la lèvre inférieure quand la jeune fille s’occupa de sa jambe maladroitement, mais en voyant que le sang ne coulait plus et qu’elle pouvait à présent marcher normalement, la harpiste sourit, satisfaite.

Il était maintenant temps de retrouver sa famille pour la soirée, le repas n’était certainement pas prêt, mais elle se languissait d’une soirée tranquille avec sa tante et son père comme unique et agréable compagnie. Pour preuve, elle était prête à mettre son caractère de côté pour éviter une énième dispute avec son paternel. Et ce, malgré ce qui avait pu se passer aujourd’hui. Elle prit le temps de se vêtir et de se parer convenablement, craignant que son père ne s’étrangle en la voyant arriver en jupon et avec les cheveux emmêlés, clamant que de toute manière, il n’y avait personne ici à impressionner de façon protocolaire. Yevana quitta donc ses appartement, avec la ferme attention de se rendre dans leur petit salon comme d’habitude. Et quelle déception quand elle arriva, de voir un jeune homme, à peine plus âgé qu’elle, discuter avec sa famille. Une présence pareille, la jeune femme en avait déjà vu défilé des dizaines. Voilà la raison pour laquelle sa servante avait insisté pour qu’elle soit dans ses plus beaux atouts pour la soirée. Cela sentait le piège. Sa tante lui adressa un regard désolé, mais la harpiste l’ignora tout bonnement. En revanche, elle fixa son père avec des yeux ronds et hallucinés, semblant lui demander « pourquoi moi ? » du regard.

Le jeune homme se présenta, mais elle ne l’écouta même pas. Pas plus qu’elle le regarda, trop concentrée à contrôler la bouffée de haine et de méprit qui lentement grandissait en elle. Elle n’avait aucune envie de décevoir encore son père, mais c’était plus fort qu’elle, elle détestait déjà cet énergumène.
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Alrik Mallery
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Message Mer 11 Avr 2012 - 5:19

Le chevalier l'avait observé, cette servante obsolète qui s'était mise à invectiver la jeune femme sur l'état de son vêtement. A moitié camouflé au revers du museau d'un des destriers, il s'évertuait à ne pas témoigner de son amusement face à cette scène qu'il n'avait que trop souvent vue se dérouler sous ses yeux. Avant d'être une domestique, la vieille dame était une ancienne accointance à sa propre génitrice, qu'il avait extirpé des bas-fonds de Culpucier dès lors qu'il le put. Sensiblement radoteuse, l'aïeul avait au moins le mérite de couver l'adolescente d'une attention spécifique et constante, avec des moeurs parfois similaires à son grand âge. Par ailleurs, lui-même n'était point épargné de quelques commentaires sur nombre de ses défauts, le fait qu'elle l'eut connu enfant justifiant amplement ces accès de familiarité. Dès lors que sa fille fut partie, il délaissa leurs montures à un repos mérité pour rejoindre ses appartements. Il s'allégea de son arme, puis de son armure de commandant, rôle qu'il abandonnait pour cette sorgue placée sous l'astre familial. Il n'avait guère l'intention de faire référence aux responsabilités qui l'incombaient usuellement, et profiterait simplement de la présence des deux nymphes de son existence. Quand bien même ils seraient seuls à leur tablée, Alrik jugea judicieux de se vêtir convenablement. Certes loin des apparats pompeux des grandes occasions, ses habits de bonne facture lui léguaient suffisamment de prestance pour dépurer son statut de nouveau noble, ce qu'il aimait parfois à souligner sur les pourtours de son galbe. Il s'interrogeait fréquemment sur ce que Kaithlin aurait pensé de leur situation actuelle, l'illustrant parée des plus somptueuses soieries de Westeros avec cette auréole d'humilité qui la caractérisait tant. Aurait-elle puisé autant de bénéfices d'un tel anoblissement qu'il ne le faisait ? S'il se surprenait encore à se poser la question, celle-ci agonisait aussitôt dans les méandres de son esprit à défaut de pouvoir un jour trouver réponse. Il osait espérer que, juchée sur sa nébulosité céleste, son ange de toujours était fière des faits accomplis. Trop rétrospectif pour qui le connaissait, il n'avait pourtant rien préservé de son union maritale décédée, rien qui puisse le ramener à une ère révolue si ce n'était une somptueuse progéniture. Un souvenir qui lui suffisait à savoir qu'il avait été aimé, et avait aimé un jour d'antan.

Un autre de ses joyaux se manifesta alors que le simple citoyen qu'il était redevenu ajustait sa manche senestre. Aaliyah vint agrémenter sa pommette d'un délicat baiser, un accès d'affection désintéressé et coutumier mais cette fois orné d'une mimique étonnamment bilieuse. Ce fut alors qu'elle lui annonça la présence d'un jeune seigneur aux huis de leur demeure, plus qu'inexorablement venu galantiser une certaine sylphide. Des marivaudages qui n'étaient point du goût de la chère tante, cette dernière semblant l'affubler d'un doux regard accusateur qui le fit presque regretter d'être l'unique héraut de la masculinité dans cette maison. Cependant, il fut tout aussi interpellé par cette visite impromptue, qu'il n'avait pas du tout organisée contrairement à ce que sa soeur imaginait. Le courtisan en question était un fils d'excellente famille, entré dans ses accointances pour une plausibilité de fiançailles - il ne pouvait le désavouer - mais avec lequel il ne s'était entretenu que par deux fois. Il n'avait guère la réminiscence de l'avoir convié en ces prémisses de soirée, néanmoins, la désinvolture des nobles était parfois aussi notoire que le rigorisme de leurs moeurs. Sans doute avait-il ouï de son retour dans la journée, laissant son impatience le mener jusqu'à celle qu'il convoitait ardemment. La belle l'avait en effet subjugué dès lors qu'il eut posé ses calots sur sa personne, alors qu'elle ne faisait que musarder dans un des fiefs de la contrée. Une véritable déité de vénusté, c'était ainsi que le damoiseau l'avait qualifiée, ce qui n'avait pas manqué d'amuser le père de la dite déesse. Si la prestesse du jeune homme pouvait être estimée comme encourageante, elle était à l'heure actuelle pour le moins importunante. Le commandant n'avait point eu le temps de converser avec Yevana qui se retrouverait bien démunie une fois mise à l'adversité de ce potentiel futur époux. Elle serait contrainte de faire preuve de circonspection, car même si cette visite casuelle était d'effluves malséantes, Alrik n'avait aucunement l'intention de la réprouver. C'est en hôte honorable qu'il s'en alla à la rencontre de ce convive, sans omettre de solliciter leurs quelques domestiques qui veilleraient à la bonne présentation de sa chipie. Cette dernière les rejoignit seulement quelques instants après que les deux hommes aient entamé une spéculation politique quelconque. Les prunelles mordorées du plus jeune semblèrent chatoyer d'adoration à la vue de sa princesse, qu'il s'empressa par ailleurs d'aller saluer de procédés grandiloquents. Face à la volonté manifeste de la principale concernée, le quasi quarantenaire comprit que l'effort se devrait d'être bousculé avant que la catastrophe ne les étreigne. Il n'était point dit que sa propre enfant ferait preuve d'insolence en sa présence et encore moins sous son propre toit. Il fit fi de l'hypothétique aigreur dont serait investie la demoiselle une fois la tribulation terminée, pour se râcler la gorge d'une intonation rauque à l'attention de l'indocile qu'il approcha ensuite.


" Yevana, je te présente ser Leonel Dialson, sa famille dispose d'un grand domaine à l'Est de Port-Réal, tu as certainement déjà dû rencontrer lord Nolan Dialson dans les corridors du Donjon Rouge. "


Son regard de smalt imprégna le duo de gemmes qui lui faisaient face, l'affublant d'une sommation aphone de répondre aux salutations de leur jeune ami, et ceci, dans l'immédiat. L'éducation qu'il s'était évertué à lui dispenser ne trépasserait pas par ses lubies juvéniles, car elle n'était point la plus infortunée des nymphettes. Le jouvenceau - qui la contemplait comme le plus radieux des astres - n'était pas le plus hideux des quidams, à l'antipode même de ce que lon pourrait qualifier d'immondice. Courtois, bellâtre et résolu, des qualités qui avait au moins trouvé écho chez le capitaine. Ce dernier patienta que Yevana ait effectué une révérence protocolaire, ce qu'elle avait obligation de faire à moins de provoquer le courroux paternel. L'idée qu'elle lui souhaite toutes sortes d'anathèmes auguraux pour la décade à venir l'effleura, mais elle ne se devrait pas moins d'écouler son agacement en compagnie de ce potentiel futur époux. Le caractère fortuit de sa venue n'épargnerait pas la famille Mallery de leur bienséance, pour la plus abrupte fatalité de la jouvencelle qui serait - comme souvent - le martyr de sa joliesse.

" ser Leonel partagera notre souper, je suis convaincu qu'il se complaira dans notre bonhomie usuelle. "

A nouveau, les calots du chevalier agrichèrent ceux de sa pouponne d'un air péremptoire. Elle comprendrait, sans guère plus de minauderies de sa part, qu'il était dans son intérêt le plus éthéré qu'elle soit coopératrice. Les oeillades d'Aaliyah n'y changeraient rien, elle demeurerait tout autant impuissante tant que la figure paternelle serait dans le même carré de pièce. Une fois le message diffusé - et il l'espérait considéré - il invita d'un geste leur convive à le suivre, intimant courtoisement sa cadette à ne point s'éloigner de sa nièce. Le quatuor rejoignit la tablée égayée de mets d'ambroisie et de divins breuvages. Ils prirent tous place, Leonel s'installant - avec décence - aux abords de la sylphide. En face de cette dernière, veillerait un géniteur précautionneux de leur bonne hospitalité, lui-même surveillé par l'attention fraternelle. La conversation fut tout d'abord menée de front par les deux hommes, trinquant en l'honneur des beautés filiale et avunculaire les accompagnant respectivement. Se laissant embaumer par les arômes vineux, ils trouvèrent divertissement en des stéréotypes satiriques du peuple fer-né, qu'ils avaient côtoyé au détour d'une pérégrination. Lorsque le dégustement culinaire commença enfin, le sujet fut promptement précipité sur Yevana et les impressions que son furtif passage avait laissées chez le jeune seigneur. Il lui ploya une cataracte de compliments tous plus lyriques les uns que les autres, n'eut de cesse de l'interroger sur ses passions et vocations et de lui couler propositions de flâneries à venir. Une scène réccurente, nombre de courtisans s'étaient ainsi présentés dans le vain espoir d'être l'élu de ce coeur en prose. Suffisait-il que le commandant ait un écart de concentration pour que l'inéluctable se produise, et les facéties de la dryade rivalisaient d'ingéniosité. Ainsi, deux longues heures passèrent dans une atmosphère partiellement allègre, jusqu'à ce que l'intervention du nobliaux leur annonce un chant composé de sa personne. Il se redressa, main posée sur l'abdomen, prêt à miauler sa sérénade romantique. Cependant, à l'instant même où la première note naquit de son gosier, le supplice se profila. Alrik - verre aux lèvres - manqua de s'étrangler avec son bon vin face à cette atrocité auditive, aussitôt seccouru par sa petite soeur qui lui tapota le poitrail. Après une quinte de toux discrète, ce fut d'une crispation d'hilarité dont fut pris le chevalier, assisté d'Aaliyah qui se pinça les lippes en lui assénant une gentille tape sur le bras. Si jusqu'alors le fils Dialson s'était avéré un gendre idéal, son élan artistique risquait de lui coûter sa place. Pour une oreille musicale comme celle de l'harpiste présente, l'attention devait être un véritable supplice. Fort heureusement pour l'auditoire, le jeune homme mit fin à sa mélodie tout en observant sa dulcinée. La fratrie Mallery se risqua à des applaudissements, voire des félicitations exagérées de la part du chevalier qui trouva là une indicible source d'amusement. Leonel voulut donner suivre aux réjouissances, de mystérieuses suites qui l'obligèrent à s'absenter de la pièce. Une fois qu'il fut parti, l'anobli observa sa fille, la bouche tiraillée par une irrépressible envie de rire. Bien qu'il sût qu'elle n'avait certainement point apprécié cette "délicatesse", il ne put retenir un commentaire tronqué par sa rigolade.

" Et bien ?... Il est... Charmant... Un ténor à en devenir... "

Le capitaine éclata d'un rire franc, camouflant son faciès de sa main à la suite de cette raillerie qui lui valut une nouvelle tape sur l'épaule, de la part d'une cadette à la risette tout aussi amusée.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Mer 25 Avr 2012 - 21:49

S’aidant de tous ses muscles et de sa conscience, Yevana serra les dents et le poing en dévisageant, non sans amertume, le jeune homme devant elle. Unique chose à faire quand elle songeait vaguement à étriper le nobliau qui commençait déjà à l’énerver avec ces compliments travaillés et sa dose d’égocentrisme diluée dans un excès de suffisance. Car il en fallait, pour venir ici à une heure pareille pour courtiser une jeune femme a peine croisée dans les couloirs du donjon rouge. Elle cru tout d’abord que son père l’avait convié ici, mais un mot glissé par sa tante lui indiqua qu’au contraire, le nommé Leonel Dialson avait trouvé l’idée de débarquer à l’improviste parfaitement adapté à la séduction. Pour Yevana, ceci était juste impoli, irrespectueux, surtout quand elle était connue pour siffler de désapprobation dès qu’un jeune homme avait l’audace de lui faire un compliment. Et des compliments, Leonel en faisait. Alors que la jeune fille laissait de côté son ressentiment pour faire une référence polie, sans l’ombre d’un sourire ou d’un regard doucereux, lui parlait, parlait, d’un verbiage sucré et acidulé qui donnait à la harpiste des envies de fugue après l’avoir houspillé purement et simplement. Il n’y avait rien qu’Yevana ne désirait plus au monde à l’instant même que de partir d’ici et de trouver refuge dans les bras de la magnifique Shaïra qui la comprendrait sans grande peine. Mais par bonne conscience, et parce qu’elle ne pourrait pas aller bien loin avec son genou meurtri de toute manière, elle resta ici, hochant parfois la tête aux remarques bienfaitrices de son géniteur et de son prétendant. L’impression d’être entre deux enfers sans personne pour l’aider à sortir de là. Elle profita d’une inattention pour supplier sa tante du regard d’une quelconque intervention, mais cette dernière n’y répondit que par une œillade désolée, incapable d’agir également.

La jeune femme glissa silencieusement quelques prières aux sept pour la sortir de cette impasse, mais visiblement, ils avaient autre chose à faire que de s’occuper d’une jeune noble trop gâtée, ou alors eux aussi pensaient que c’était le bon moment pour se marier. Qu’importe, Yevana ne comptait pas se laisser faire. Supporter une soirée avec un intrus à table, elle l’avait déjà fait, tant que son père ne lui ordonnerait pas d’épouser quiconque, tout irait bien. Elle avait foi en lui, et savait bien qu’il ne lui forcerait jamais à faire une chose pareille. Il attendait juste qu’elle fasse preuve de bonne foi ou alors qu’elle tombe tout simplement sous le charme d’un des nombreux jouvenceaux qui passaient la porte de leur demeure. Malheureusement, Yevana n’était pas du tout une jeune fille romantique, et même aux hommes qu’elle ne trouvait ni puérils, ni ennuyants, elle ne s’imaginait pas une seule seconde leur accorder ses faveurs. Elle ne les aimait pas, c’est tout. Yevana ne s’imaginait éprouver quelque chose pour personne, et si un beau jour cela lui arriverait, elle imaginait le pire. En tout cas, une chose était certaine : ce qu’elle ressentait pour l’intrus sous son toit n’était pas un quelconque attachement ou sentiment positif.

Gardant ses bonnes manières à table, elle n’avait pourtant aucune envie de prendre part à la discussion. Et pourtant, les sept savaient bien que la jeune femme était une vraie commère qui avait largement son avis sur tout et qui ne voyait aucun problème à le montrer. Cultivée et renseignée, bien que mise à l’écart des problèmes du royaume par son père surprotecteur, elle aurait sans problème put glisser un mot ou deux, mais elle n’en fit rien. Par plus qu’elle ne toucha à son repas d’ailleurs. A plupart des personnes mettrait ceci sur la coquetterie ridicule de garder une taille fine, sauf sa famille qui n’était point dupe. Du moins, elle garda une certaine politesse en hochant vaguement la tête quand on lui parlait et osait même parfois un sourire crispé se dessiner sur son visage. Bien évidemment, elle ne put se retenir de faire une ou deux remarques acérées, mais elles furent prises par le jeune homme pour une pointe d’humour. Yevana lui aurait bien fait ravaler sa bonne foi, mais le jugement silencieux de son père l’empêcha d’hausser la voix ou même de répliquer. Cette soirée devenait insoutenable et quand le jouvenceau se mit dans la tête d’entonner une mélopée sur la brunette, cette dernière haussa un sourcil. Tiens donc. Une âme musicale ? Cet auguste inconnu qui se prennait déjà pour son fiancé était-il capable de pousser la chansonnette ? Il n’attendit même pas un quelconque accord qu’il se mit à chanter.

Enfin… chanter. Yevana avait plus l’impression d’une truie sauvagement égorgée qui hurlait à l’agonie. Tellement indignée d’une pareille horreur, elle ne trouva même pas le courage de l’interrompre. Se contentant de le regarder avec des mirettes éberluées. Il devait être sourd ou complétement stupide pour ne pas se rendre compte de la stupeur et de l’hilarité générale alors qu’il continuait sa litanie insupportable. Le silence gêné qui suivit sa chanson et les quelques applaudissements forcés furent absolument exquis aux oreilles de la noblesse qui avait l’impression de ses esgourdes saignaient.

Son père prit finalement la parole, avant d’éclater dans un fou rire que peu de personne pourrait lui reprocher en effet. Yevana tenta tant bien que mal de se retenir, jusqu’à ce que Leonel, perdu après une telle réaction, propose d’entonner une nouvelle balade. Là, la brunette ne put pas s’empêcher d’hurler de rire devant le pathétique de la situation. Le jeune homme ne sut bien évidemment pas comment réagir et resta hagard devant ses hôtes hilares pendant un bon moment. Finalement, Yevana se leva et dans un grand sourire tout à fait hypocrite, répliqua :

« Votre belle mélopée nous a tous plongés dans une transe sans nom. Votre talent pour déclencher des élans de joie et d’hilarité sera éternellement reconnu par la famille Mallery, soyez en certain.»


L’insulte pourtant guère dissimulée ravie le jeune Leonel, lequel prit congés dans des apparements pour les invités non sans un baisemain répugnant alors que la jeune femme grinçait des dents derrière son joli sourire de façade. Elle l’aurait volontiers vu quitter la demeure, mais la nuit était tombée depuis quelques heures et seuls les fous rentrerait à l’aveuglette. Il espérait également avoir la matinée pour courtiser la belle, et cette dernière songeait à prétendre être malade pour rester dans sa chambre à jouer de la harpe. Ce dernier enfermé dans sa chambre, Yevana eut enfin le loisir de discuter avec son géniteur. Avant de reparler de sujets délicats, elle ne demandait qu’une seule chose :

« Je t’en supplie, père… Dis-moi que je n’ai pas à épouser quelqu’un d’aussi mauvais en chant. Aies au moins pitié de mon oreille musicale ! La seule chose que les sept m’ont accordée ! »

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Alrik Mallery
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Message Sam 28 Avr 2012 - 13:08

Incroyable aurait été un terme édulcoré, insupportable - quant à lui - un qualificatif aussi justifié qu'adéquat. Si lui-même n'était pas un virtuose des vocalises, il était cependant accoutumé aux divines mélodies dont le gratifiaient sa petite soeur et sa fille. Toutes deux exhalant un timbre phonique somme toute envoûtant, il aimait à écouter ces sirènes vibrer de leur alchimie. Sans qu'il ne puisse l'expliquer, les donzelles qu'il avait côtoyées avaient toujours été empruntes d'une certaine fibre artistique, cela avait été le cas pour sa douce Kaithlin alors même que celle-ci n'était qu'une simple domestique. Lui qui était inapte à user d'un instrument de musique sans l'endommager jugeait qu'il s'agissait d'un équilibre établi, équilibre venant tout juste d'être particulièrement ébranlé par les beuglements du jeune Leonel. Pourtant Alrik le savait, ce dernier n'avait voulu qu'étendre sa bonhomie à l'auditoire, sachant que la belle qu'il courtisait était elle-même férue de chant. S'il n'était point parvenu à toucher leurs âmes sensibles, au moins le commandant des Freux pourrait lui témoigner sa gratitude pour l'hilarité qui lui tenaillait encore la ceinture abdominale. Musculature au travail, le trentenaire préféra noyer son incongruité dans l'hypocras de sa coupe, chassant discrètement une humidité installée au coin de son oeil. Il eut une oeillade complice avec Aaliyah dont les lippes rosâtres demeuraient pincées, réprimant savamment un rire tout aussi malvenu que celui de son frère. Sur tous les courtisans des terres de la couronne, eut-il fallu que ce soit le pire des ténors qui se présente à sa demeure. Il n'osait imaginer que deviendrait leur quotidien s'il devait s'affubler d'un gendre avec si peu de goût artistique, car si c'était là un détail auquel lui ne ployait que peu d'importance, il savait que ce ne serait point le cas de Yevana. Que cette dernière n'étouffe pas la risette qui lui contractait les pommettes, car si l'incident était alors isolé, tel serait son lot pérenne si elle venait à s'unir au dit quidam. Si l'éventualité restait hypothèse, elle était néanmoins présente dans les esprits des hommes présents.

Le pater fut agréablement surpris que sa pouponne ne se soit pas risquée à une quelconque brimade qui laisserait suggérer le fond de ses pensées. Car il n'en doutait point, la pauvre harpiste eut à se faire violence pour supporter tant de crissements. Cependant, l'accalmie filiale fut de courte durée, tout autant que la quiétude ambiante qui s'était installée suite à la cantilène du nobliaux. Celui-ci fit proposition d'un nouvel essaie, ce qui eut le don d'immobiliser le chevalier dans ce qu'il lui restait d'amusement. Une autre tribulation ? Il espérait que leurs serviteurs ne s'effaroucheraient pas pour ne plus jamais revenir, lui-même aurait alors préférer rendre les armes. Embarrassé, il tritura sa lèvre subalterne non sans une lorgnade anxieuse envers la blonde à ses côtés alors aphone pour l'occasion. Mais avant que l'inévitable ne se produise, la sylphide de brune crinière intervint. Physionomie ornementée d'une risette fallacieuse, elle déclama toute la cinglante ironie qui l'avait jusqu'à présent prise en étau. Si la gausserie fut promptement identifiée par les membres de la même famille, elle n'effleura pas même la sagacité du jeune homme. Réaction opposée, il prit la tirade sous son sens le plus textuel et fit courbette en guise de gratitude. Face à ce fourvoiement néanmoins opportun, Alrik fit résonner son timbre en un raclement guttural, avant de se lever de la tablée. L'épuisement de Leonel contraignit ce dernier à se retirer, ceci avec toute la déférence qu'il témoigna à ses hôtes. Le maître des lieux s'appliqua à accompagner son convive jusqu'à ses appartements pour la nuitée, tous deux se divertissant à converser sur ce la productivité de cette soirée. Bien qu'il ne partageait pas l'optimisme du plus jeune, il avouait volontiers avoir connu pires situations, desquelles il ne désirait pas se souvenir. Son enfant était une perle de culture, aussi somptueuse qu'indocile. Le fils Dialson était indubitablement au fait de la notoriété de la demoiselle, ce à quoi il ne semblait point prêter attention. Une attitude judicieuse ? Sa carence de pragmatisme risquait de lui coûter cette place de promis qu'il convoitait tant. La sorgue à venir porterait inexorablement conseil à tous ceux qui exploiteraient sa bienfaisance.

Le trentenaire rallia la table qu'ils venaient de quitter, là où Aaliyah couvait la jouvencelle d'un regard rassurant. Rejoignant les deux nymphes, le soldat fut sitôt interpellé par une supplique de son bambin, vraisemblablement terrassée par la contingence d'une union matrimoniale avec le nobliaux. Ses paroles tirèrent une risette au géniteur, alors plus apparenté à un bourreau sans guère aucune miséricorde. Il ne put s'empêcher d'aller tendrement étreindre l'éplorée, une main au centre de son échine et l'autre faisant ingérence dans sa chevelure bistre.


« Voyons ma précieuse, n'allons pas trop vite en besogne. » Il recula suffisamment pour être apte à apercevoir son faciès. « Ne le juge pas sur son piètre baryton, je suis certain que ce n'est pas un mauvais bougre. Laissons la nuitée faire son office, nous aviserons ensuite. » Il lui désigna la table encore garnie de victuailles. « Fais moi plaisir, mange au moins quelque chose avant d'aller dormir. »

S'il n'y avait point faire référence au cours de la soirée, le jeûne de son enfant ne lui avait cependant pas échappé. Certainement offusquée par cette intruse présence que fut celle du jouvenceau, son estomac s'était saturé de frustration. Il abhorrait de ne pas la voir se sustenter, craignait que sa ténacité physique finisse par lui faire défaut pour sa déficience culinaire. Animé de peur d'espoir de la voir déguster un bon plat pour cet aboutissement de journée, il se satisferait au moins de la voir croquer dans un fruit ou un morceau de pain. Il veillerait que son petit déjeuner se fasse copieux dès l'aube de demain, pour que sa négligence soit harmonisée au plus succinctement. L'illustration de délicieux mets lui insuffla une idée, qu'il se hâta de faire partager avec les principales concernées.

« Nous pourrions aller faire un tour au marché de Port-Réal demain matin, tous les trois. » Il se pencha sur Yevana, mimant de lui confier un secret. « Je suis certain que ta tante dépensera tout son pécule dans cette échoppe de senteurs qu'elle aime tant. »

La fausse accusation fit rire le binôme fraternel, Aaliyah exprimant imminemment son enthousiasme pour la flânerie familiale énoncée. Les Mallery aimaient à s'octroyer des instants d'intimité dès lors qu'ils en avaient l'opportunité. Alrik se voyait satisfait de la connivence que tous trois entretenaient, lui qui plaçait l'entente patronymique dans ses priorités premières. Un bon commencement de matinée se profilait donc, de quoi raviver l'éclat de la troupe après ce délicat repas. Ce fut sans compter l'arrivée de l'une des domestiques, priant son seigneur de lui prêter attention. Intrigué, celui-ci s'éloigna de quelques pas avec la doyenne, ils susurrèrent lors d'un instant, avant que la bonne femme ne retourne à sa besogne. Mains sur les hanches, le chevalier se fit désarçonné, craintif de ce qui l'attendait. Il mira les dames dont il partageait la compagnie puis disparut dans l'un des corridors sans plus de détails. Aux huis de leur logis, patientait une cohorte de dents de freux venue visiter leur commandant à brûle-pourpoint. Partisans d'une même garde se rencontrèrent donc, et le soldat en chef fut bien contraint de constater que le devoir l'appelait. La gérance d'un domaine tel que le Donjon Rouge exigeait une implication continuelle, semblait-il aussi que des visiteurs nordiens se soient présentés au château sans guère annoncer leur arrivée plus avant. Le Lord Brynden avait besoin du capitaine de sa garde pour mieux superviser nombre d'affaires intrinsèques, ce à quoi le ser ne pouvait sciemment se soustraire. A la suite de quelques secondes de désenchantement, il somma à la troupe d'être à l'affût de son retour, puis rejoignit prestement ses quartiers. Une fois à l'abri des regards, il s'apprêta de l'armure délaissée plus tôt, comme s'il n'avait même jamais eu l'opportunité de la retirer. Il redoutait le désappointement de ces dryades, ce à quoi il devait pourtant se confronter dès à présent. Ralliant une nouvelle fois la pièce où le souper fut pris, il sût que son apparition en tenue de ferraille résumé tout ce qu'il aurait pu en dire. Il s'approcha, une main encore non couverte de son gant de métal, navré.

« Mes... Mes hommes sont à l'entrée. » Il plissa les yeux. « Je suis désolé... »

Contraint et forcé de faire fi de sa vie privée pour ses responsabilités, il se devait de reconsidérer la proposition antérieurement faite. Pire encore, il manquerait à sa promesse, celle de passer au moins la nuit et la matinée en leur compagnie.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Jeu 28 Juin 2012 - 20:34

Cela ne suffisait pas. C’était même précisément là le problème. Alrik se refusait donc à comprendre les supplications de son unique fille ? Si Yevana n’avait guère apprécié les prouesses discutables en chant du jeune homme qui s’était invité chez eux, c’était toute la personne entière du jeune homme qu’elle refuserait volontiers d’approcher. Que pouvait-il bien avoir de si particulier aux yeux du dent de freux ? Pour la jeune noble, le mauvais chansonnier n’était rien de plus qu’un autre noble fier de sa personne, orgueilleux et qui s’imaginait tout permis, rien de plus, rien de moins que la jeune fille n’avait pas eu la malheureuse aventure de côtoyer. N’avait-il pas comprit que ce n’était pas ce qu’elle voulait ? Qu’elle n’y voyait aucun avantage, aucune gloire à épouser un énième fils à papa gâté et outrecuidant ? De toute manière, la question ne se posait pas, Yevana refuserait encore et toujours les prétendants, les balayant d’un geste de la main, achevant de lui forger une réputation de forteresse imprenable, renonçant à une quelconque descendance. Furieuse, la brunette ne songeait plus qu’à mourir seule en tant que Mallery, plutôt que de fournir une tripoté d’héritiers à un seigneur engraissé par sa propre noblesse qu’il n’a jamais mérité. Si cela n’est pas ce qu’Alrik aurait souhaité pour la chaire de sa chaire, il espérait un jour qu’il comprenne au moins le but d’une telle rébellion. Peut-être aurait-il dût y songer à deux fois avant de la confier aux bras aimants de femmes qui n’avaient jamais servies d’épouses, et qui se complaisaient dans leur vie. Il n’était pas certains que si ses éducatrices avaient été différentes, Yevana n’aurait pas son caractère actuel, mais il serait hypocrite de nier que sa tante et la plus belle femme de Westeros étaient innocentes aux convictions de la harpiste.

Voilà encore une fois que son père pensait échapper à une discussion houleuse juste en lui disant de prendre plus de temps pour connaitre le jeune noble. Diantre ! Elle avait déjà fait l’effort de supporter son verbiage intempestif et la plus mauvaise démonstration de chant de l’histoire des 7 couronnes. Et pour lui c’était insuffisant ? Mais qui avait-il de plus à dire ? Elle ne l’aimait pas, il était horripilant, et si encore elle pouvait le décrire comme bellâtre elle serait bien heureuse et elle se dirait qu’elle n’aurait pas perdu sa journée. Malheureusement, Yevana était complétement insensible aux dits « charmes » de ce Leonel. Et encore elle avait tendance à le trouver repoussant. Yevana excusait très bien qu’on puisse être mauvais en chant, mais qu’on affirme le contraire tout en ayant une voix de porcelet éventré, c’était impardonnable. Avec une moue de désappointement et un regard méfiant, elle hocha néanmoins la tête quand il lui conseilla de manger. La source de son manque d’appétit ayant déserté les lieux, son estomac lui rappelait cruellement qu’elle l’avait négligé. Aussi bien, elle ne fit pas la forte tête quand son père la dirigea vers les aliments restants sur la table. N’ayant guère envie de quelque chose de consistant, la gamine agrippa une pomme et mordit dedans en écoutant son père. Le sujet Leonel était clos, et de toute manière, Yevana n’avait guère envie d’en discuter plus longtemps, sachant que cela finirait sur une rixe où ils repartiraient fâchés dans leur chambre. Certes, dès le lendemain ils s’empresseraient de s’excuser et d’oublier ce fâcheux incident, mais mieux valait-il oublier de parler des sujets blessants en cette fin de soirée.

Regardant son paternel prit d’un soudain optimisme, Yevana ne put qu’acquiescer à sa proposition d’une petite sortie familiale au milieu du marché. Ravie d’une telle opportunité d’une promenade à trois, ce qui n’était pas arrivée depuis quelques temps. Si elle était moins contente que sa tante de flâner parmi les échoppes à la recherche d’une nouvelle étoffe pour une robe, elle trépignait d’impatience d’être le lendemain. Débarrassée de l’intrus, seule avec sa famille, voilà qui lui plaisait plus que de raison. Alors que sa tante était en train de discuter des multiples étalages qu’elle souhaitait voir, sous l’oreille attentive de sa nièce qui terminait sa pomme, Alrik fut hélé par une domestique, laissant les deux femmes en pleine discussion futile. Yevana était loin de se douter des raisons sur le départ rapide de son père. C’est plus tard, alors qu’elle entendait le cliquetis de l’amure de son père, qu’elle reconnaissait entre milles, que la jeune fille avait peur de comprendre ce qui se passait. La figure déconfite et l’air désolé d’Alrik qui est contraint et forcé de délaisser une nouvelle fois sa famille pour son poste de commandant. Etait-ce une raison pour lui en vouloir d’être obligé de revenir sur sa parole ? Bien sûr que non, mais cela n’empêcher pas Yevana de le faire. Elle était déçue, certes, mais en colère, encore plus.

« Ce n’est rien. »
répliqua la brunette d’un ton malheureusement bien plus glacial qu’elle ne l’avait souhaité. Il n’y était pour rien, mais c’était plus fort qu’elle. « Tu devrais y aller, le travail n’attend pas. »

Sous le regard mi désolé, mi accusateur de ses deux femmes, Alrik s’en alla à son devoir une nouvelle fois. La brunette soupira dans son coin. Bien sûr, elle aurait dû le savoir, le deviner, que ceci allait se passer. Ce n’était ni la première, ni surement la dernière fois qu’on lui retirer son père en prétextant l’appel du devoir. Mais à chaque fois, Yevana le prenait mal, sans vraiment réaliser que la profession de son père, aussi chronophage soit-elle, était avant tout la raison pour laquelle elle était actuellement noble et aussi bien lotie. Pour l’instant, sa déception aveuglait tout jugement.

Après un mot pour sa tante, la brunette alla se reposer dans ses appartements, prétextant une fatigue soudaine mais personne n’était vraiment dupe. Elle se souvint subitement que Leonel dormait quelques chambres plus loin et avec un soupir, la brunette dût avouer qu’elle avait un semblant de nausée à l’idée de revoir cet énergumène. Mais son père n’étant plus là, elle ne voyait pas pourquoi elle aurait à faire une énième courbette pour ce piètre chanteur. Elle demanda d’ailleurs à sa domestique d’avoir la bonté de lui dire au petit matin qu’elle était souffrante et incapable de s’extirper hors du lit. Cela lui donnerait une bonne raison pour ruminer ses soucis et de s’entrainer à la harpe sans être dérangée par une présence indésirable.
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