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[TERMINE] Un corbeau pour lady Alysanne Florent

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Message Mar 28 Fév 2012 - 17:01

Un temps certain avait jeté sa poussière grise sur Hautjardin depuis le départ de lady Alysanne, ce qui avait laissé à Leo le soin de réfléchir à cette rencontre étonnante. La demoiselle n'avait rien de comparable aux dames de son temps, mais cette évidence dissimulait bien plus que les extravagances insolites d'un esprit perturbé. Tout au contraire, lady Alysanne semblait avoir l'esprit très clair et très posé, et loin de céder aux excentricités des péronnelles inconstantes et babillardes, elle semblait avoir l'intelligence aussi affûtée que la lame d'un Sans-Visage et aussi preste que les gestes d'un danseur d'eau. Pour l'homme d'âge mûr qu'il était, un tel personnage ne pouvait que laisser perplexe. Il avait toujours cru la tradition trop importante à Rubriant pour laisser croître les fleurs de la sagesse et pourtant, bien qu'elle fût encore trop jeune pour le dire, Leo était prêt à jurer, sur son domaine, qu'Alysanne serait bientôt l'un des esprits les plus éclairés de son temps. Mais Leo était un homme prudent et il savait laisser au temps le temps de faire son œuvre. Il savait ainsi que le temps serait son meilleur conseiller pour bien des sujets qui obscurcissaient ses pensées dernièrement. Le souci qui l'affectait le plus était naturellement son fils aîné et héritier. Qu'allait-il faire de lui en définitive ? Reviendrait-il plus assagi de son séjour à l'Ouest ? Leo n'avait aucune raison d'être optimiste mais il ne désespérait pas pour autant, et il pouvait compter sur les membres de la maison Lannister pour assurer à son fils un environnement propice au repentir. Il craignait cependant beaucoup que son fils commette un nouvel impair qui viendrait froisser davantage ses relations avec l'Ouest. Sa mère avait hélas raison d'alimenter ses inquiétudes, car Leo lui-même se persuadait de plus en plus de la fatuité, de l'impertinence et de la sottise de son fils aîné. Or c'était assez paradoxal, car le sol est celui qui n'a même pas ce qu'il faut d'esprit pour être fat, alors qu'un fat est celui que les sots croient être un homme de mérite : le fat lasse, ennuie, dégoûte, rebute, et l'impertinent rebute, aigrit, irrite, offense, en somme il commence où l'autre finit. Ainsi la tache sur son blason luisait des couleurs du ridicule, ce que Leo ne pouvait supporter. D'un certain côté, il appréhendait le retour de Tristan, mais il lui tardait de pouvoir remettre ce fils qui s'égarait sur le droit chemin.

Mais un autre souci, le principal, était la guerre qui continuait. L'inaction des fer-nés qui perdurait le laissait perplexe et dubitatif, mais il avait toute confiance en celui qu'il avait nommé à la tête des opérations militaires menées en réponse à la menace. Il fallait un commandement unique et un homme de fer pour revêtir ce rôle, et naturellement Leslyn Tarly s'était imposé à ses yeux et contrairement à ce que d'aucuns pensaient déjà, la vieille amitié liant les deux hommes n'étaient que pour très peu dans sa décision de nommer le porteur de Corvenin à la tête des troupes mobilisées contre les Fer-nés. Lord Tarly avait des années d'expérience militaire derrière lui, et des années durant il avait été confronté aux attaques des dorniens sauvages et pillards qui se terrent, insoumis, dans les montagnes des marches orientales. N'était-il pas le plus compétent pour appréhender et traiter la question fer-née sur terre afin de leur opposer le meilleur des remparts ? Certes, cela ne suffirait pas à réduire aux silences les ambitions de Dagon Greyjoy qu'il faudrait un jour vaincre sur mer, mais à chaque jour suffit sa peine, et pour l'heure, les navires du Bief s'en tiendraient à leur posture défensive pour appuyer l'égide terrestre de l'ost déployée sur la côte et sur les Îles Boucliers, comme il avait été convenu avec le Grand Amiral, lord Jace Redwyne. Leo ne le connaissait que très peu, mais l'homme avait fait la preuve de sa loyauté comme de ses capacités. La bataille des Trente voiles parlaient pour lui, après tout. Leo était pris dans ses réflexions quand on lui annonça la venue et l'arrivée à Hautjardin de lord Danwell Florent. Il n'y avait là aucune surprise pour le seigneur suzerain qui avait pris connaissance quelques jours plus tôt du souhait du sire de Rubriant de joindre une part de ses troupes à celles qui seraient déployées sur les côtes pour les patrouiller et mieux protéger les vertes contrées. Leo avait accepté et c'est avec une joie non feinte qu'il avait accueilli à Hautjardin quelques uns des membres de la maison Florent. Avec l'accord de lord Danwell, il prit la décision d'écrire une missive à l'attention de lady Alysanne, qu'il enverrait à Darry en espérant qu'elle l'y retrouve pour le lire. Il jugeait opportun et normal d'informer la demoiselle lui-même.



~ De Lord Leo Tyrell de Hautjardin à lady Alysanne de Rubriant.

Lady Alysanne,

Depuis votre départ de Hautjardin, et malgré toutes les préoccupations qui nous éloignent bien trop souvent des personnes qui éveillent notre intérêt, mes prières ont été pour vous et j'espère que ce courrier inopiné vous trouve en bonne santé à Darry dans la demeure de vos parents.

Votre famille fait honneur à sa réputation et à nos contrées verdoyantes. Il y a quelques jours, un courrier de votre père m'informait de son souhait de joindre une part très honorable des troupes que Rubriant peut réunir à l'ost placé sous le commandement de lord Leslyn Tarly, ost qui est le bras armé de notre réponse à la menace fer-née. Ce surcroît de forces ne pourra être que profitable et la valeur des guerriers menés par votre oncle, ser Jon, sera bientôt connue de tous. J'accueille en ce moment même votre père à Hautjardin où il sera toujours le bienvenue. Je vous encourage à lui écrire, je suis sûr que des nouvelles de sa fille lui rendrait son séjour plus agréable encore.

Gardez-vous des dangers que ces grands voyages nous réservent toujours, et soyez assurée qu'il y aura toujours à Hautjardin quelqu'un pour vous offrir du pain et du sel si vous nous reveniez.

Lord Leo Tyrell.
~
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Alysanne Florent
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Message Mar 28 Fév 2012 - 22:01

Le voyage jusqu'à Port-Réal n'avait duré que quelques jours, mais ces quelques jours avaient été son ordalie, une épreuve subie en silence, sous le masque de la résignation. Une jeune femme plus vulnérable aurait peut-être éclaté en sanglots, mais Alysanne avait désappris à pleurer à la mort de sa mère. A quoi bon verser des larmes ? Cela n’avait jamais servi à rien, ni à ramener les morts, ni à susciter la pitié d’un dieu absent. Miséricorde pourtant lui avait été accordée, que ce fut par compassion divine ou caprice du hasard... au Donjon Rouge, elle avait rencontré Shaïra Seastar, et cette rencontre avait eu sur elle l'effet d'une pluie salvatrice sur une terre desséchée. Les ruines d'un avenir stérile gisaient désormais derrière elle, et c'est d'un cœur déterminé qu'elle avait pris la route de Darry pour annoncer son choix à sa sœur. A son arrivée, le masque avait tenu juste assez longtemps pour qu'elle suive Tierle dans son petit salon privé, et l'entende lui demander si elle allait finalement se marier. Alors, il avait volé en éclats, une sensation aussi libératrice que la vue de la Flotte du Lion avait dû l'être pour les assiégés de Port-Lannis.« Je ne peux pas pas. Je ne peux tout simplement pas » avait-elle dit d'une voix sans timbre, appréhendant la réaction de sa sœur.

Et Tierle, imprévisible comme toujours, avait éclaté de rire.

« Comme si c'était une surprise ! » s'exclama-t-elle en pinçant la joue d'Alysanne comme si celle-ci avait encore dix ans. « Petite sœur, personne à Rubriant ne s'attend réellement à ce que tu trouves un mari, au cas où tu ne l'aurais pas encore compris. » Tierle avait toujours eu le don de bousculer les certitudes d'autrui avec des remarques d'une franchise confondante.

« Vraiment ? » Dès lors qu'il s'agissait de sa famille, Alysanne avait du mal à prévoir les réactions des autres, alors que c'était habituellement sa force. Le sens du devoir, le désir d'être à la hauteur, la gratitude brouillaient son jugement.

« La dernière fois que Père m'a écrit, il m'a enjoint de te garder assez longtemps pour que tu trouves une opportunité de mettre à profit tes talents... avec ou sans mariage. Il sait que tu as besoin d'un but et il sait aussi que tu as la capacité d’œuvrer pour l'avenir du Bief et de notre famille. Peu lui importe que ce soit ou non dans le lit d'un seigneur. Le mariage d'une troisième fille a rarement un grand intérêt en termes de gain d'influence, de toute façon. A titre personnel, je préfère te savoir libre de tes actes et de tes mouvements. Comme sur un plateau de cyvosse, chaque pièce a son utilité. Il faut savoir employer chacune à bon escient. Et Père a toujours été fin tacticien. On n'aurait jamais vu cela du temps de son père, évidemment, mais tout ce qui aurait fait enrager le vieux comploteur sonne aux oreilles de son fils comme une parole sainte. » Elle éclata de rire à nouveau. Alysanne la regardait avec un mélange d'étonnement et de reconnaissance. Il y avait trop longtemps qu'elles ne s'étaient confiées l'une à l'autre. Peut-être aurait-elle fait ses choix plus tôt, si Tierle avait été à ses côtés à Rubriant pendant la canicule, quand elle avait compris qu'elle ne pouvait plus mener cette vie oisive.

« J'aurais dû l'accepter depuis longtemps, reconnut-elle, et prendre mon existence en main. Il existe des manières de me rendre utile plus conformes à mes aptitudes, mais je n'en avais pas conscience avant de quitter Rubriant. Il me faut maintenant écrire au plus tôt à notre père pour lui expliquer ma position. »

Tierle l'avait écoutée en hochant la tête. « Si tu as identifié de nouvelles perspectives, tu dois en effet l'en informer. » Un sourire énigmatique retroussa ses lèvres joliment dessinées. « Mais au risque de te décevoir, le vieux renard a un coup d'avance sur toi. Un corbeau est arrivé il y a quelques jours avec un message de Rubriant à ton attention. » Avant qu'Alysanne n'ait eut le temps de réagir à cette nouvelle, Tierle ajouta d'un ton espiègle : « Ce n'était que le premier corbeau à ton nom, d'ailleurs... je peux savoir ce que tu as fait à Lord Leo Tyrell pour qu'il t'écrive jusque chez moi ?»

Lord Tyrell? Alysanne écarta ses mains en coupe d'un air impuissant. « J'ignore pourquoi il m'écrit ici.» Il espérait peut-être un retour sur sa visite à Clarence Hightower. « Je ferais mieux de lire ces messages tout de suite, avant d'aller dîner. »

Le message de Lord Tyrell éveilla en elle des sentiments mêlés. La perspective de la guerre n'avait rien pour alléger ses inquiétudes concernant le Bief et tous les êtres chers qu'elle y avait laissés, mais elle avait confiance en la valeur d'hommes comme le Long Dard pour faire ce qui devait être fait, quel qu'en soit le prix. Des larmes et du sang seraient versés, toutefois, avant que le soleil ne se lève enfin sur un royaume en paix... L'absurdité de ce conflit lui laissait un goût amer en bouche. A ses yeux, l'Antique Voie était un poison dans le cœur des Fer-nés, enchaînés à la volonté d'aïeux depuis longtemps retournés à la mer, comme si les morts avaient le pouvoir, par-delà la tombe, d'imposer leurs caprices à tout un peuple. Tant de violence, tant de souffrance, pour satisfaire l'orgueil d'une légion de cadavres, contre l'intérêt des leurs... L'ignorance, le fanatisme et les préjugés sont les pires ennemis de la civilisation. Nous devrions allumer des flambeaux dans les esprits au lieu de tisonner les vieilles ambitions et les haines fanées.

Ces sombres pensées étaient toutefois contrebalancées par le plaisir qu'elle éprouvait à voir la bonne entente régnant entre les Tyrell et sa famille. La bienveillance de son suzerain et la manière délicate dont il évoquait cette coopération lui réchauffait le cœur. Elle se décida finalement à lire le message de son père, curieuse de voir ce qu'il avait bien pu trouver d'urgent à lui dire avant son départ pour Hautjardin. La lettre, noircie par l'écriture en pattes de mouches de Mestre Josua, révéla un contenu pour le moins inattendu :

Citation :
 « Ma très chère fille,

Si mes calculs sont exacts, tu ne devrais pas tarder à arriver à Darry à l'heure où je dicte cette missive. J'espère que ton voyage s'est déroulé dans les meilleures conditions et que l'ouverture d'horizons nouveaux t'aura permis de contempler d'un œil neuf l'avenir qui s'ouvre devant toi. Toute la maisonnée se porte comme un charme, y compris Septa Lysa dont nous avons récemment reçu des nouvelles. Nous avons fini de rassembler notre ost et le temps est proche où nous devrons joindre nos forces à celles des autres maisons du Bief pour accomplir notre devoir sous le regard des Sept. En cette heure troublée, toutefois, un autre problème a été soumis à mon attention, sur lequel je ne peux fermer les yeux malgré les préparatifs qui nous accaparent. Ta tante Rhea, dont tu connais l'histoire, a perdu son mari, et dans son isolement à Lancehélion elle est désormais la cible des menaces d'un bâtard arrogant qui cherche à l'expulser de la maison où elle vit depuis vingt ans. Quels qu'ait été le jugement de mon père à son égard, je lui dois la protection et l'aide d'un frère. Je t'invite donc à te rendre auprès d'elle avec Hugo, toute affaire cessante, afin de la tirer de ce mauvais pas. Vous avez toute latitude pour négocier le rachat de la maison en mon nom et protéger Rhea par tous les moyens qui vous paraîtront nécessaires. J'ai pleine confiance en votre jugement et votre diligence en cette affaire.

Avec toutes mes pensées et ma fierté,

Ton père qui t'aime. »

Le parchemin semblait brûlant entre ses doigts. Brûlant comme le soleil de Dorne. Elle relut le message une fois, deux fois, avant de le ranger dans son aumônière. Lancehélion. Elle n'avait jamais rêvé d'une telle opportunité. Passionnée par l'infinie diversité des sociétés humaines, elle avait lu plus d'un ouvrage au sujet des Dorniens, qui n’étaient vraisemblablement pas les bêtes sauvages que les natifs du Bief, les Rouvre en tête, se plaisaient à décrire. Le seul Dornien qu’elle connaissait, après tout, était un tailleur doux et sensible qu’aucune personne de bon sens n'aurait osé qualifier de rustre ou de monstre. Pour sa plus grande joie, elle aurait bientôt l’occasion de forger sa propre opinion sur ce peuple étonnant qui la fascinait depuis son enfance, depuis l'époque où sa mère lui contait l'histoire exaltante de la reine Nymeria. Mieux encore, ce voyage serait l'occasion pour elle de se rendre utile à sa famille, et de se montrer digne de l'estime de son père. Tierle avait raison, sans aucun doute ; cette lettre était déjà un avant-goût de liberté.

Agitée par ces nouvelles, elle se planta devant son écritoire pour répondre à l'un et à l'autre. Écrire disciplinait ses pensées et ses émotions, comme si l'encre avait le pouvoir de cristalliser cette énergie bouillonnante qui emplissait son esprit. A son père, elle offrit son affection et l'assurance de sa détermination à aider Rhea, et expliqua sa volonté de renoncer définitivement au mariage. A Leo, elle adressa ce message :

Citation :
 « Lord Tyrell,

Permettez-moi de vous remercier pour ces nouvelles particulièrement appréciables en cette période de trouble. Mes pensées accompagnent les hommes et les femmes du Bief pris dans la tourmente d'un conflit qui a grièvement affaibli notre royaume, à l'heure où nous devrions plus que jamais nous unir. L'hiver vient, disent les Stark. Peut-être est-il déjà là, dans le cœur froid des Fer-nés, dans les vies éteintes sous leurs lames, dans les larmes des veuves. Face à ce fléau, je ne peux que m'en remettre à la volonté et au courage de ceux qui font face à nos anciens alliés. Votre détermination et votre capacité à fédérer le Bief sous la bannière de cette noble cause redonneront espoir à tous ceux qui tourneront leurs regards vers Hautjardin.

Quant à moi, n'ayant d'autre épée à manier que mes mots et mon esprit, je me tiens à votre disposition si tant est qu'il soit en pouvoir de vous apporter une aide, si modeste soit-elle. Je n'ai pas oublié le service que vous avez jugé bon de me confier, et si sa réalisation a rencontré un délai inattendu, soyez assuré que cette affaire sera rapidement menée à bien. Je m'apprête en effet à quitter Darry pour Port-Réal afin d'embarquer à destination de Lancehélion, où m'appelle le devoir familial.

J'espère que votre famille se porte bien et traversera sans encombre la tourmente de cet automne orageux. Puissions-nous bientôt nous revoir sous un ciel plus clément, afin de célébrer ensemble la paix retrouvée.

Lady Alysanne Florent. »




Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Message Sam 3 Mar 2012 - 19:42

Depuis quelques jours, l'ost Florent avait quitté les environs de Hautjardin pour rejoindre l'armée commandée par son ami de longue date Leslyn Tarly. Leo ne regrettait pas un instant la nomination de ce dernier à ce poste, car il n'avait pas eu à se plaindre des rapports qu'il recevait à ce sujet : Leslyn œuvrait d'une main de maître et de fer pour ne laisser aucun répit aux barbares qui menaçaient leurs côtes. Et pendant que Leslyn s'occupait de ces affaires militaires, Leo pouvait à loisir traiter d'autres sujets non moins importants. Sa mère lui avait fait part de ses réticences à l'idée qu'un autre que Leo lui-même conduise les opérations militaires dans leur fief et pour une fois, Leo avait pu rassurer sa mère sur ses propres intentions : en déléguant ainsi le pouvoir militaire en d'autres mains que les siennes, en faisant de Leslyn son mandataire et le détenteur de l'autorité martiale qu'il incarne désormais en son nom, Leo s'offrait le temps de mieux gérer les questions diplomatiques et civiles qui demandaient toute son attention. « Certains verront cela comme un aveu de faiblesse. » avait rétorqué sa génitrice, avec la voix pensive de ceux qui commencent à comprendre, car en effet, elle avait finalement saisi tout l'intérêt de la manœuvre : en agissant ainsi sans se démunir des garanties qui prémunissaient Hautjardin d'un éventuel retournement de la loyauté du porteur de Corvenin l'épée légendaire, Leo donnait à voir à ses ennemis l'apparence d'un affaiblissement qui servait ses intérêts. On s'inquiète moins de l'ennemi éprouvé par la maladie, et qu'importe que celle-ci soit feinte ou réelle. C'était d'ailleurs une idée à creuser... Leo pourrait très bien feindre d'être malade et voir si ses ennemis en profitaient pour lui nuire...

Depuis quelques jours, il accueillait lord Danwell Florent à Hautjardin et contre toutes ses attentes il s'était pris d'estime pour cet homme que les Sept avaient non sans cruauté frappé d'une cécité maligne. Toutefois, si les yeux de l'homme étaient aveugles, ce n'était pas le cas de son esprit et Leo avait pris beaucoup de plaisir à discuter avec lui, à parler de la situation, à évoquer les tournois d'antan et notamment celui de Cendregué autour d'une partie très intéressante de cyvosse. Il venait d'ailleurs de quitter lord Danwell quand mestre Tipsel vint l'avertir de l'arrivée d'un corbeau. L'oiseau noir était le porteur de missives envoyées depuis Darry par lady Alysanne Florent. La première était destinée à lord Danwell, la seconde à lord Leo. Ce dernier se saisit de celle qui lui revenait et ordonna au mestre d'aller remettre l'autre à son invité. Mestre Tipsel s'étonna que son suzerain ne daigne pas lire la missive adressée à lord Danwell et Leo lui répondit avec sécheresse qu'il appartenait au seigneur de Rubriant de partager avec lui les affaires familiales de Rubriant. Leo était un homme honnête et Danwell était son invité : il n'allait pas glisser son nez éhontément dans ses affaires privées. S'éloignant des jardins, Leo pénétra à l'intérieur d'une colonnade circulaire abritant un bassin poissonneux bordé de bancs de pierre. Assis sur l'un d'eux, il découvrit le contenu de la missive et se réjouit d'apprendre que les positions de lady Alysanne transpiraient toujours cette détermination inexorable qu'il avait découvert lors de leur première véritable rencontre. Il haussa un sourcil intrigué quand elle fit par de contingences familiales qui la conduiraient jusqu'à Lancehélion et presque aussitôt germa en lui l'embryon d'une idée qu'il tourna et retourna à la manière de l'argile brune que manipule l'artisan sur son tour de potier pour en faire un bel ouvrage de céramique. Sur le chemin du château l'idée avait fait son chemin et présageait de plans plus accomplis, plus acérés, plus subtils. La présence de lady Alysanne à Lancehélion, combinée à l'envoi comme émissaire de son épouse, qu'il n'avait pas encore informé de son projet, serait utile à ses desseins comme à leurs intérêts pour bâtir cette paix durable à laquelle Leo aspirait de tout son être. Rejoint par mestre Tipsel, il rédigea de sa plume la missive réponse avant de charger le vieux mestre, ce qui sonnait comme un calembour pléonastique, de s'occuper de son acheminement jusqu'à Darry en espérant que lady Alysanne y serait encore.


~ De Lord Leo Tyrell de Hautjardin à lady Alysanne de Rubriant.

Lady Alysanne,

Peut-être aurez-vous déjà quitté Darry et votre famille quand ce corbeau atteindra le Conflans, mais si ce n'est pas le cas, je suis heureux de vous annoncer que les nouvelles de vous qu'il a reçu ont enchanté votre père dont la compagnie m'est très agréable, et je suis heureux d'entrevoir le meilleur avenir pour les relations de nos deux familles. Les vieilles rancœurs sont ces mauvaises herbes qui pourrissent l'harmonie de nos jardins et je suis bien aise de voir que nous marchons tous deux d'un même pas. Pour tout vous avouer, même lady Amelia apprécie la compagnie des membres de votre famille, c'est dire, si vous me permettez ce trait d'humour, si la couleur du renouveau semble de mise à Hautjardin.

J'espère ne pas paraître trop inconvenant en vous saisissant l'opportunité que vous m'offrez pour émettre cette demande : quand vous arriverez à Lancehélion et une fois les tracas qui vous y conduisent réglés, j'aimerais de tout cœur que vous preniez là-bas la température des locaux. Plus nombreuses seront les informations, plus grande sera ma marge de manoeuvre pour le projet que je prépare à l'égard de la péninsule, une oeuvre pacificatrice et assez inédite, puisqu'il s'agit d'un rapprochement de principe entre les maisons Martell et Tyrell. Pour la paix nouvellement acquise avec la péninsule, votre rôle serait grand.

Je vous informe par ailleurs qu'il n'est plus nécessaire de transmettre la missive codée à lord Clarence Hightower que les hasards divins ont conduit jusqu'à moi avant de le conduire jusqu'à vous.

Je prie les Sept pour que votre voyage jusqu'à la cité des Martell se déroule sans encombre, mais plus encore j'espère que les marins qui manœuvreront le navire qui vous y conduira sauront leur métier.

Lord Leo Tyrell.
~


Tout se mettait peu à peu en place. Il ne restait plus qu'à continuer ainsi et bientôt, rien ne s'opposerait à ce que le Bief connaisse la paix durable après laquelle tous prient et espèrent.
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Alysanne Florent
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Message Sam 3 Mar 2012 - 22:33

La nouvelle du départ imminent d'Alysanne pour Lancehélion n'avait pas tardé à gagner tout le château, à commencer par sa sœur Tierle, qui tombait des nues. « A Dorne ? Mais que diable vas-tu faire chez ces barbares ? Tu viens à peine d’arriver, et il faudrait que tu t'en ailles demain au fin fond des sept enfers ? » s'exclama la fille aînée de Lord Florent en faisant les cent pas dans ses appartements, sa robe majestueuse dansant au gré de ses volte-faces. « Qu'est-ce que notre père peut bien avoir en tête ? » dit-elle en levant les bras au ciel.

« La tante Rhea a des problèmes » expliqua posément Alysanne, assise dans une causeuse tapissée de velours. « Je dois veiller à ce qu'il ne lui arrive rien de mal.»

« Rhea… Rhea… ah, oui ! Cette folle qui s’est fait engrosser par un Dornien, et qui a dû l’épouser pour sauver la face... Père m’a parlé d’elle, une fois. Je n’ai jamais compris pourquoi il continuait de correspondre avec cette écervelée. »

Alysanne lui coula un regard éloquent. « Tu es mal placée pour traiter de folle et d’écervelée une femme qui se donne avant le mariage, il me semble... » 

Tierle évacua l'allusion d'un haussement d'épaules aussi gracieux que dédaigneux.

« Grave erreur. J’étais peut-être téméraire en mes vertes années, mais pas stupide au point de fricoter avec un sauvage. Manque de chance, je suis tombée sur un homme qui ne valait guère mieux, sous ses dehors de parfait chevalier. Et moi, au moins, j’avais réussi à cacher l’affaire. Au moins le temps de me rendre compte que ce fourbe n’allait pas m’épouser. »

Le supposé sauvage, lui, a épousé Rhéa, commenta Alysanne en son for. Il n’a pas simplement fichu le camp. Cela dit, peut-être que notre grand-père l’aurait fait tuer dans le cas contraire. Elle n’avait pas d’avis arrêté sur les habitants de la péninsule. Si elle condamnait les raids longtemps menés par les orgueilleux seigneurs montagnards dans le Bief, elle ne pouvait en revanche qu'admirer le sens tactique dont les Dorniens avaient fait preuve face aux Targaryen, ainsi que leur ténacité et leur esprit d'indépendance... sans compter qu'elle enviait le statut avantageux de leurs femmes. « Le seul Dornien que je connaisse est un aimable tailleur de Villevieille qui a plus de manières que l’Oncle Jon » avança-t-elle d'un air finaud.

« Je suppose que c’est l’exception qui confirme la règle,
rétorqua Tierle, nullement décontenancée. Tu es sûre de vouloir mettre la main dans ce nid de vipères ? »

Alysanne prit le temps de réfléchir à la question. Elle n’était pas inquiète, mais curieuse et avide de découvrir le peuple de Dorne, et impatiente de se rendre utile. « Qui a dit que les serpents n’étaient pas des animaux charmants ? » dit-elle en haussant les épaules d’un air amusé. « Ce sont les cousins des dragons. Du moins, ils leur sont apparentés. »

Le double sens fit sourire Tierle. « C’est une façon déconcertante de voir les choses. Un de ces jours, tu finiras par te faire mordre, à force de frayer avec des reptiles. » L'allusion n'était pas anodine, Alysanne lui ayant confié qu'elle avait rencontré le prince de Peyredragon et Shaïra Seastar. « Quoi que tu en penses, je n'aime pas l'idée de te savoir là-bas. Heureusement que tu as deux épées pour te protéger. Si Hugo et ce nouveau garde laissent le moindre mal t'arriver, je leur arracherai les yeux personnellement. » Après une courte pause, elle ajouta d'un air pensif : « Ce qui serait bien dommage. Il a de beaux yeux, le nouveau. » Elle éclata de rire et Alysanne rit avec elle. Tierle s'était peut-être assagie en se mariant, mais elle n'était pas devenue aveugle pour autant.

Les jours suivants, Tierle envoya un coursier à Port-Réal pour trouver un navire en partance et réserver des places pour trois passagers, leurs bagages et leurs bêtes, la traversée étant prise en charge par la Maison Florent. Tandis qu'Alysanne préparait son départ, les réponses à ses corbeaux arrivèrent rapidement. Son père lui donnait sa bénédiction quant à ses choix, et précisait les modalités de règlement de l'affaire : une fois le rachat négocié, elle devrait lui envoyer un coursier pour le prévenir afin qu'il lui fasse parvenir la somme dûe et tout ce dont aurait besoin Rhea, qui serait désormais entretenue par la Maison Florent, en l'absence de ressources personnelles. Elle devrait être particulièrement vigilante quant à la sécurité de sa tante, tant que le bâtard n'aurait pas touché son or, et elle était libre, si nécessaire, de recruter des gardes pour cela. Lord Florent ne manquait pas de ressources et il était bien décidé à pourvoir aux besoins de cette sœur que son père avait iniquement rejetée. Il évoquait même la possibilité, si tel était le souhait de Rhea, de lui négocier un nouveau mariage dans le Bief, mais Alysanne savait très bien que cela avait peu de chances de produire. Rhea n'était plus une jouvencelle et elle ne pouvait pas avoir d'enfants... autant d'éléments qui ne jouaient pas en sa faveur.

Le message de son suzerain se révéla au moins aussi intéressant. Ainsi, il lui accordait l'honneur de mettre ses modestes capacités à contribution... c'était une requête étonnante, révélatrice de la hauteur de vue de Lord Tyrell. Aucun seigneur du Bief avant lui n'avait encore eu la sagesse et l'audace d'imaginer un tel rapprochement. Au-delà des rancunes tenaces, des appels à la vengeance, des préjugés viscéraux, il avait su discerner l'éventualité d'une paix véritable avec ses voisins du sud. Jusqu'ici, la trêve était une trêve de papier : le Bief, plus que toute autre région des Sept Couronnes, était encore marqué au fer rouge par des centaines d'années de guerre avec la péninsule. Qui peut parler de paix, quand nos seigneurs continuent d'affûter leurs épées, quand la haine empoisonne encore les cœurs ? Son oncle Jon était le parfait exemple de la susceptibilité des nobles du Bief à l'égard de leurs anciens ennemis. Elle se rappelait le regard noir qu'il lui avait jeté quand elle s'était fait confectionner des robes d'inspiration dornienne pendant la canicule, comme si elle avait trahi des générations de combattants morts pour défendre les vertes contrées.

Il faudrait du temps avant que la concorde règne, avant que des liens d'amitié sincère ne se tissent entre les deux peuples. Et cela ne pouvait advenir sans une volonté politique forte. Si elle pouvait aider à sa façon Leo Tyrell dans cette ambitieuse et noble entreprise, elle jouerait volontiers le rôle qui lui était imparti. Cela lui demanderait toutefois de s'investir durablement : elle n'était que trop consciente du fossé de haine et d'a priori qui la séparerait des Dorniens. Si elle voulait comprendre leur mode de pensée, anticiper leurs réactions et opinions, être au fait de leurs mouvements, pour transmettre à Leo Tyrell des informations de valeur, il lui faudrait résider longtemps à Lancehélion. Devenir quasiment une Dornienne, et établir des relations étroites avec la population locale, à tout niveau social. Sans cela, elle serait d'une piètre utilité.

Avant de répondre, elle prit le temps d'évoquer la perspective d'un long séjour avec Hugo, sans rentrer dans les détails de la demande qui lui avait été faite. Peu soucieux du lendemain, son cousin prit la chose avec indifférence. Il n'avait jamais promis d'être éternellement à ses côtés, et elle se demandait toujours si leurs routes ne finiraient pas par se séparer. Il avait à cœur de la protéger, mais il viendrait peut-être un moment où il aurait besoin de suivre sa propre voie. Si cela devait arriver, elle n'essaierait pas de le retenir. Elle accordait trop d'importance à sa propre liberté pour restreindre celle des autres.

Rassurée par sa réponse, elle prévint Kerigan à son tour et s'assura de sa volonté de poursuivre leur collaboration. Lui aussi était disposé à la suivre, comme elle l'espérait. Comme convenu, son contrat d'escorte se transformait donc en emploi de garde de la Maison Florent. Ainsi, elle avait désormais sa propre vie, et sa propre suite. Un chevalier et un garde. Maigre cortège, mais elle n'avait jamais été du genre à apprécier les volières, et cela lui convenait parfaitement. Elle répondit une dernière fois à son père, l'informant au passage de son souhait de rester un certain temps à Dorne pour découvrir le pays. Elle ignorait ce que Leo lui avait dit à ce sujet et ne voulait pas trop en dire. Elle l'informa également du recrutement de Kerigan dont la solde serait portée aux comptes des dépenses de la Maison. Après quoi elle rédigea sa réponse à Lord Tyrell...

Citation :
Lord Tyrell,

Je tiens à vous assurer de ma coopération dans ce projet, et de la joie que m'inspire votre confiance. C'est avec plaisir que j'apporterai ma pierre à l'édification d'une paix authentique et durable entre le Bief et la péninsule. En cas de nécessité, vous pourrez si vous le souhaitez m'écrire à la villa Santagar, à Lancehélion, où je résiderai. Selon toute probabilité, je serai arrivée à destination au cours de la prochaine lune.

Permettez-moi de vous remercier de l'ouverture dont vous avez su faire preuve, ainsi que votre mère, envers notre famille, malgré l'amer souvenir que mon grand-père a dû laisser dans vos mémoires. Je suis heureuse de voir le chemin parcouru et plus encore, l'avenir qui se dessine pour le Bief. Le soleil brille toujours derrière les nuages, dit-on, mais en ces temps sombres il faut parfois plus qu'un cœur optimiste pour s'en rappeler.

Avec toute ma considération et mon amitié,

Lady Alysanne Florent.




Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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[TERMINE] Un corbeau pour lady Alysanne Florent

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