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Etre femme de temps en temps [Maura]

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Message Dim 26 Fév 2012 - 0:08

Après l’attaque tumultueuse du port, Edarra avait assez eu d’aventure pour l’année, largement. Elle en était presque venue à avoir peur de la côte à force. Elle avait presque l’impression de voir des fer-nés débarqués à chaque fois que le bruit des flots se faisait plus fort qu’à l’accoutumer. Chaque bateau qui déchargeait sa marchandise un peu trop fort et elle sursautait, prête à dégainer et à trancher la gorge de n’importe qui aux alentours. Mais bien entendu, elle arrivait à se maîtriser et se répétait mainte fois que c’était finit, ils étaient partis et ne reviendrais plus frapper Port-Lannis. Histoire de ne pas partir de cette ville avec de très mauvais souvenirs, elle s’était forcée à sortir. Gerold roupillait tranquillement et pensait (espérait ?) que sa dame allait faire comme lui et se reposer allègrement à l’auberge pour se remettre des émotions passées. Mais non, combattre les émotions par l’action, telle était la devise d’Edarra. Elle avait un peu trop été dans la boue et sur les routes ces temps-ci, elle en avait presque oublié qu’elle était une dame. La Dornienne ne passait jamais vraiment de temps à s’habiller ou s’affairer mais récemment, toute cette crasse et cette agitation lui avait redonné l’envie de se pouponner et de prendre soin d’elle. C’était dans ces cas là qu’on se rendait compte que mine de rien, le confort, la santé, savoir sa peau lavée et récurée, avoir de belles robes, ça faisait sacrément du bien.

Ainsi, Edarra avait commencé à marcher près du marché de l’or dans l’espoir d’arriver à dénicher un petit quelque chose pour la réconforter de toute cette agitation. Elle avait déjà prit un repas assez copieux à la taverne de luxe et se disait d’ailleurs qu’une petite marche ne serait que mieux pour son corps déjà bien martyrisé par le stress et les courses incessantes qu’elle avait eu l’impression de faire ces deniers mois. Elle avait bien hâte de retourner en Dorne, se reposer, voir sa suite, se laisser dorloter et dormir, se délecter et manger à sa guise pendant quelques temps. Seulement quelques temps car finalement, l’envie de bouger et de se remettre à voyager aller certainement bientôt la démanger : en effet, elle ne se prélassait pas longtemps et pas souvent. Les vieilles habitudes avaient la dent dure et du coup, il fallait qu’elle profite de son petit rayon féminin qui ne l’atteignait pas si souvent que ça. Si elle se conduisait en dame et parlait en dame, ses séjours sur les routes ne lui donnaient pas souvent l’occasion de se présenter sous toute la splendeur que permettaient les extravagances Dorniennes. Elle bifurqua dans une rue où la devanture d’une boutique lui avait attiré l’œil. Elle se rapprocha des vitres où on pouvait voir, à l’intérieur, des tissus et des parures de toutes les couleurs et d’à peu près tous les tissus. Elle passa les portes et se mit à lancer un regard circulaire au lieu.

Que ce soit des tissus de grandes robes à ne mettre qu’en de grandes occasions brodés de perles et de fils dorés, des rouleaux de matières plus basiques, on semblait y trouver son bonheur à chaque fois. Peut être pouvait-elle essayer d’emporter quelques morceaux pour demander au tailleur de Ferboys de lui confectionner des nouvelles robes ? Elle ne s’était jamais vraiment attardée sur les étals de tissus au marché de sa ville, mais cette boutique là avait un charme particulier. Elle s’approcha d’un drapé d’un jaune ocre aux bordures cousues d’un rouge satin qui alliait parfaitement les tons. Edarra passa ses doigts dessus, le toucher était léger et aérien. Parfait à porter dans le désert en bref, laissant passer l’air et coupant le soleil avec une bonne couche de vêtement juste en dessous. La noble saisit le pan de tissus et le plaqua contre elle pour voir si le ton foncé de sa peau s’accordait avec le tissus. Gerold, lui, observait les alentours et n’était de toute manière pas très bon conseil quand il s’agissait des vêtements. Elle portait sur le moment, un drapé de lin qui lui couvrait la tête en une capuche fine, et les épaules, accroché par une broche de fer aux insignes de sa maison : le portail de fer sur fond de désert.


Dernière édition par Edarra Ferboys le Mar 28 Fév 2012 - 16:33, édité 1 fois
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Message Dim 26 Fév 2012 - 21:26

 « Cela vous va bien mieux qu’à moi. La teinte fait ressortir votre côté…exotique. Sur moi, cela donne une couleur de peau allant du jaune pisse au blanc maladif. Peut-être avec un beige léger ou du blanc… Ou alors un gris perle, je ne sais pas si cela vous irait. » déclara un peu brusquement une voix à droite de la jeune Dornienne. L’accent était différent ce celui des Ouestriens ou même des Riverains mais une petite note impérieuse indiquait l’habitude d’être obéie sans aucune équivoque. Quelques secondes plus tard, Maura apparaissait aux côtés de l’autre esclave de la mode et, sans faire de façon, tâtait le drapé avec une certaine habitude avant de secouer la tête.  « Un peu léger pour nos climats, lady Edarra. Peut-être qu’il fera moins froid à Dorne mais l’hiver vient. »

La jeune dame venue du Val d’Arryn avait fait la rencontre de l’étrangère quelques temps auparavant quand elles s’étaient trouvées nez à nez dans une Port-Lannis attaquée par les monstres Fer-nés. Maura préférait ne plus y penser aussi une visite à son tisserand préféré avait été un bon moyen d’oublier un peu les impératifs qui pesaient sur le Roc et son seigneur. Elle savourait quelque peu, mais pour peu de temps, de n’être encore qu’une invitée, peut-être prestigieuse mais au moins libre de toute obligation. Du moins, pour le moment, elle préférait comparer les tissus afin d’en choisir un qui l’habillerait pour le mariage de son cousin. Elle avait forcément pensé au rouge mais elle trouvait cela un peu trop attendu et, pour tout dire, elle en portait si souvent qu’elle ne voyait pas vraiment l’intérêt ni même la surprise de se rendre au mariage vêtue d’écarlate. N’était-ce qu’en ce jour gris de début d’automne, elle portait un pourpre éclatant rappelant l’écarlate rugissant de la famille de son époux.

Comme d’habitude depuis l’épisode tragique de Falaise, elle avait été accompagnée par sa garde - en partie celle de Lord Lannister - chose en soi évidente mais qui devenait tout de suite plus ennuyeuse dès lors qu’elle voulait faire des emplettes. Qu’à cela ne tienne, elle en avait laissé onze dehors pour garder les chevaux et elle était suivie par le capitaine au faciès ravagé et affreux qui se muait en porteur de tissus pour la jeune dame. Même si elle n’avait rien dit, ni laissé paraître pour ne pas blesser l’orgueil vif du chevalier, la situation lui tirait quelquefois un sourire qu’elle tentait de dérober au pauvre homme présentement chargé d’un velours noir et d’un taffetas gris-bleu du plus bel effet. Tandis qu’elle parlait avec la Dornienne, elle tendit la main pour attraper un galon doré qu’elle posa sur le tas de tissus que portait son garde. Il faudrait bien qu’elle fasse broder le lion d’or quelque part.


 « Vous ne voulez pas vous faire confectionner une tenue plus conforme à la mode du nord de Dorne ? Le tailleur a un apprenti qui a été formé à Port-Réal, il vient d’en revenir avec tout un tas de nouveautés très douces à l’œil. Vous pourriez jouer les Port-Réalaises à votre prochaine visite à Lancehélion comme ça ! » lança-t-elle en riant rien qu’à imaginer la tête des fiers et ombrageux Dorniens en voyant arriver une Ferboys vêtue comme la reine Aelinor ou l’Etoile de Mer. Elle fronça le nez en passant des voiles de serge et quelques tartans. Rien de bien probant. Si au moins elle avait eu une idée quant à la couleur ou à la matière. Du velours ? Un peu trop compassé pour des épousailles, du satin aurait donné un désastreux effet de fille légère…Non vraiment, quel casse-tête. Heureusement que Jasper et Maeve seraient présents sinon elle se serait sans doute faite porter pâle malgré la colère prévisible de Tybolt.

 « Cette boutique est une merveille même si les arrivages sont un peu espacés à cause des raids fer-nés sur les convois. Mais…Je crois que je ne vais pas trouver ce qu’il me faut aujourd’hui. J’ai vu un brun léger qui pourrait vous aller un peu plus loin d’ailleurs. Si jamais, vous voyez un prune, n’hésitez pas à hurler, il y a longtemps que je veux une robe légère de cette couleur. Ou alors quelque chose qui convienne à un mariage dans le Bief... »
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Message Mar 28 Fév 2012 - 16:33

Edarra n’avait pas bien fait attention à qui était dans la boutique, ainsi, elle sursauta carrément quand elle entendit une voix à sa droite lui parler et la complimenter sur la teinte du tissu qui s’ajustait bien avec sa peau. Elle se retourna et découvrit une noble qu’elle avait déjà croisée auparavant lors de l’attaque. Elle était rayonnante et apparemment très charmée d’être dans cette boutique à faire quelques essayages et achats. Elle s’approcha d’elle et commença à examiner le tissu et à le prendre dans ses mains en commentant qu’il semblait un peu léger pour les environs mais qu’en Dorne il serait éventuellement bien à moins que l’automne ne les rattrape plus rapidement que prévu. Hochant la tête, la Dornienne passa ses doigts dans les plis veloutés de la parure et dit, pensive « Peut être bien oui Lady Maura… Mais je peux aussi en fait une couche supérieure pour un drapé plus chaud… » Après tout, les drapés Dorniens avaient toujours plusieurs couches pour isoler la chaleur et empêcher le sable de se faufiler partout. Ainsi, les nobles de la région pouvaient porter bien d’autres couleurs à la cours que simplement du blanc ou du beige et en même temps ils s’épargnaient légèrement les désagréments de la chaleur étouffante. « Je passerais peut être commande dans le Val d’Arryn en hiver qui sait pour m’habiller plus chaudement. » Ce serait infiniment étrange que de la voir débarquer à Ferboys ainsi habillée, sa mère en ferait une crise cardiaque sur le champ ou alors la tuerait de son simple regard.

Le regard foncé et profond de la belle se porta alors sur la vitrine de la boutique. En effet, elle se rendit soudain compte qu’elle avait totalement loupé les gardes qui devaient certainement l’attendre à l’extérieur. En effet, des gardes attendaient près de chevaux et la curiosité était qu’apparemment Lord Lannister avait prêté des hommes à lui pour compléter la suite de la dame. Elle s’abstint pour le moment de faire le moindre commentaire. En fait, elle venait d’apercevoir un tableau des plus amusant. En effet un grand garde qui portait sur son visage les marques des batailles était tout enseveli sous des tissus aux teintes criardes qui ne lui allaient pas du tout. Gerold, constata aussi le rôle du pauvre bougre et remercia n’importe quel dieu que sa dame était assez débrouillarde pour ne pas se servir de lui comme d’un portemanteau. La compagne d’Edarra lui suggéra bientôt de se faire faire une robe à la mode de Port-Real part l’apprenti de la boutique qui en revenait. A cette proposition, elle esquissa un léger sourire. « Hum… La proposition me tente bien à vrai dire. Je n’ai que des tenues relativement neutres et inintéressantes de la mode du nord. Pourquoi pas, si ça peut m’éviter aussi de me faire dévisager à chaque visite au nord des montagnes de Dorne. » Car elle n’était pas très discrète avec ses drapés, ses chevaux Dorniens et l’allure de sa suite. En plus, les gens avaient tendance à ne pas vraiment considérer les Dorniens comme des citoyens à part entier du royaume des sept couronnes. Quelques fois c’était tout juste si les gens ne les prenaient pas pour des bouffons du désert mangeant ce qu’ils trouvaient sous des cailloux.

La jeune femme du Val semblait chercher quelque chose en particulier. Edarra l’avait déduit car elle n’observait pas avec minutie tous les tissus qui lui plaisaient. Elle semblait en sélectionner un, réfléchir, et le reposer immédiatement. Complimentant la boutique elle l’informa qu’un brun léger lui irait certainement un peu pus loin et qu’elle cherchait un tissu prune et quelque chose pour un mariage dans le Bief. On y était donc, les mariages étaient souvent des casse-tête dans les autres régions de Westeros alors qu’en Dorne on avait vite fait de s’habiller de drapés de lins clairs et rehaussés par des ornements or et ocres. A la fin, la plus part des nobles semblaient presque avoir la même robe. Se passa une main dans une mèche de ses cheveux qui s’était glissée sur le côté de son visage, elle la remit en place dans son chignon alors qu’elle grimaçait « Avec mon teint, les teintes de bruns doivent être ou bien très clairs ou très foncées, je crois que les Dorniens n’ont pas la place pour les entre-deux. Concernant un mariage dans le Bief, je vous suggérerait peut être des couleurs d’automne pour vous accorder avec la saison approchante et la nature qui supplantera certainement les lieux. Avez-vous déjà songé à allier plusieurs couleurs ensemble plutôt que de chercher des teintes unies ? » Il était vrai que la plus part des robes étaient de teintes simples avec des broderies ou des bords cousus de couleurs différentes. Mais elle avait déjà vu des dames à Lancehélion portait des drapés et des robes à deux ou trois couleurs qui s’alliaient parfaitement bien et donnaient une pointe d’originalité. Observant la salle d’un regard circulaire, elle commença à chercher ce qu’elle avait en tête.

Elle s’approcha finalement d’une étale où des tissus de teintes brunes et beiges se mêlaient. Elle glissait ses mains hâlées dans le tas pour en extirper tous les pans qui se cachaient. Elle finit par en sortir un qui était d’une teinte marron tirant légèrement sur le rouge. Le tissu auburn était néanmoins assez foncé. Elle le tira et le lissa de ses doigts avant de le montrer à la dame. « Vos cheveux s’accorderaient très bien avec celui-ci il me semble. De plus, vous pouvez ensuite y ajouter des broderies de beaucoup de couleurs tant qu’elles restent naturelles. Du vert au vermillon en passant par l’ocre et l’or qui rehaussera certainement vos yeux… Cela dit, on risquerait presque de vous confondre avec la mariée si vous vous habillez trop finement. » Elle sourit doucement. En effet, la beauté de la noble dame était incontestable et Edarra jalousait un peu ce genre de femme aux attributs uniques. Chez elle, tout le monde avait les cheveux de jet et les yeux noirs… La beauté du nord lui semblait tout exotique.
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Message Jeu 1 Mar 2012 - 13:23

Plusieurs couches de drapés ? Peut-être…Mais cela lui semblait bien fin pour un automne dans l’Ouest. Ces Dorniens ne connaissaient décidemment rien de l’hiver. Pour eux, cela ne devait être qu’une fable ou une simple légende destinée à effrayer les enfants. Elle ne pensait même pas aux racontars sur la Longue Nuit mais simplement au froid mordant de la neige, au gel, aux températures si basses que l’on ne pouvait plus mettre le nez dehors sans risquer de se laisser engourdir. Et encore, le temps au sud du Neck n’avait rien à voir avec les grands blizzards du Nord. Du moins était-ce ce qu’elle avait entendu dire et elle ne tenait absolument pas à en faire l’expérience. L’hiver était déjà assez froid au pied de la Lance du Géant.

 « Ce type de drapés était utile durant les grandes chaleurs de l’été que nous avons connu mais les vents froids commencent à se déchaîner. Je ne sais si vous serez encore dans nos régions quand l’hiver arrivera mais la neige montera jusqu’au genou et il faudra plus que de fins drapés pour vous en protéger. Des bottes en peau de phoque, des fourrures lourdes et épaisses et, oui, plusieurs couches de vêtements en dessous. »

Cela lui paraissait en tous cas plus naturel que d’être à moitié nue sous de fines couches de lin qui épousaient lascivement chaque forme du corps. Peut-être qu’avec de nombreuses couches, l’on finissait par supprimer ce désagrément certain mais elle n’en était pas sûre et, de toutes façons, aurait eu du mal à supporter l’impression de se promener nue comme le jour de sa naissance dans les rues. Chaleur ou pas…Mais il était vrai que les sables et le soleil de Dorne étaient choses inconnues pour la jeune dame venue du Val d’Arryn qui, d’ailleurs, esquissa un sourire en écoutant parler de commande auprès des tailleurs de ses montagnes natales.  « Je ne suis pas certaine que vous trouviez votre bonheur dans ma région. Enfin, tout dépend de ce que vous recherchez mais nos vêtements sont faits pour la montagne, l’altitude et les chemins en lacet. Rien de clinquant, juste du pratique. Les montagnards ne suivent pas la mode des habitants des plaines et encore moins de Port-Réal. » se contenta-t-elle de remarquer, doutant, en son for intérieur, de voir la fille du Sud s’intéresser à des vêtements qui n’avaient vraiment rien de remarquable. Elle remarqua le regarde de lady Edarra et de son garde Dornien sur le capitaine de son escorte. Il devait enrager mais il était au service de l’épouse de Lord Lannister et se devait de l’aider. Sans compter qu’il valait sans doute mieux porter des étoffes que d’aller se prendre un coup d’épée ailleurs. Au moins, il ne rechignait pas de trop et Maura lui en était vraiment reconnaissante. Elle lança un sourire à la gueule cassée avant de reprendre sa conversation, appréciant finalement l’apparente futilité du sujet.

 « Je vais sans doute vous paraître bien vaine mais j’avoue bien volontiers que je suis admirative devant le travail délicat des tailleurs de Port-Réal. Il est vrai qu’ils s’approvisionnent beaucoup dans les Cités Libres mais il n’empêche que leur talent est reconnu. A mon avis, vous aurez grand air avec une telle tenue. Cela soulignera votre…exotisme et tranchera volontiers avec les pâles beautés du Nord. Je suis certaine que vous feriez fureur à la Cour habillée ainsi. » Pour elle, la peau olivâtre, les yeux noirs étaient assez étranges et surtout suffisamment nouveaux pour être source d’envie. Enfin, elle n’allait pas continuer à encenser le teint de la Dornienne jusqu’à l’éclosion du prochain œuf de dragon et, heureusement, la discussion continuait sur des sujets divers mais toujours centrés sur la façon dont s’habillaient les dames ici ou ailleurs. Elle nota l’observation de la jeune femme sur les bruns qui seraient susceptibles de lui aller le mieux et hocha la tête pour marquer son accord. L’habit ne devait être que l’écrin et la robe ne devait jamais faire oublier les traits particuliers d’une jeune femme. En tous cas quand elle n’était pas un canon de laideur. Pour les disgracieuses, Maura conseillait volontiers les tenues les plus fabuleuses pour faire oublier - un peu si cela était possible - le manque de chance ou de réussite qui avaient présidé à leur naissance.

 « J’ai pensé à tant de choses pour cette fichue robe que je ne me souviens même plus quelles couleurs j’ai pu associer pour tenter d’obtenir un résultat qui me plaisait. Mais vous avez raison, le choix des couleurs doit répondre aux impératifs de notre complexion. Le blanc vous va bien, peut-être plus simplement des nuances de cette couleur associée à un bleu très soutenu : un azur très marqué. Cette couleur que l’on ne trouve que dans les pays ensoleillés. A mon avis, cela ferait des merveilles avec vous. Mais surtout, pas le bleu seul, avec du blanc c’est magnifique ou peut-être un orange pâle. Un rouge passé peut-être…A mon avis, vous portez les couleurs vives mieux que moi. » répondit-elle simplement, donnant à son tour son avis sur ce que devait ou non porter la Dornienne. [color=#006690] « Quant au risque de surpasser la mariée, aucune chance. Aliénor Lannister a ce type de blondeur qui captive tous les regards. Les brunes auront toujours à lutter contre cela. Mais du brun brodé d’or, pourquoi pas. L’idée est intéressante. Je voulais porter du vert et de l’or en l’honneur des Tyrell à vrai dire mais votre proposition me plaît. » Elle avait parlé d’un ton un peu brusque comme si elle se décidait finalement à suivre un choix plutôt qu’un autre avec un certain soulagement. Et, à vrai dire, c’était la vérité simple et nue, ces préparatifs qui trainaient en longueur commençaient à la lasser. [b] « Et vous, cherchez-vous un tissu pour une occasion spéciale ou simplement pour le plaisir ? » s’enquit-elle de la jeune femme de Ferboys.  « J’ai cru comprendre que votre séjour ici était destiné à être bref. Je vous envie de pouvoir ainsi voyager. Connaissez-vous déjà le nom de votre prochaine destination ou préférez-vous avancer au gré de votre humeur du moment ? »
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Message Jeu 1 Mar 2012 - 18:49

Il y avait longtemps qu’Edarra n’avait pas eu ce genre de conversation si peu sérieuse. D’habitude elle parlait géographie avec Gerold et sa suite pour savoir où aller et comment, elle parlait gestion avec son oncle et le mestre de Ferboys, elle parlait complot avec sa mère, elle parlait religion avec Zia et elle parlait aventure avec ses suivantes. Donc non, il lui arrivait très rarement de s’arrêter un instant pour regarder ses tenues et les choisir avec minuties. Elle avait une pelletée de robes mais généralement Obara les choisissait pour elle en fonction de l’occasion et des demandes de sa dame. Ainsi, c’était le première fois depuis des mois qu’elle n’avait pas été d’elle-même dans ce genre de boutique pour des emplettes. La dame du Val continua en objectant qu’un drapé, même doublé voir triplé ne saura tenir un corps au chaud pendant l’hiver qui venait. Hochant la tête Edarra argumenta. « En effet vous avez bien raison… Il faudrait que je consulte les registres de mon château pour savoir à quoi m’attendre dans le sud quand l’Hiver sera venu. » ce n’était pas une mauvaise idée mais elle était sûre qu’en demandant simplement à son petit frère elle aurait immédiatement la réponse. Après tout il devait au moins avoir mémorisé l’historique de la région depuis les dernières centaines d’années d’archives. En tout cas, la noble dame eu un léger sourire quand Edarra évoqua le fait de commander des robes de sa région. Elle lui dit qu’elle n’était pas très sûre qu’elle puisse se satisfaire de la mode du Val. Edarra sourit. « Vous savez, tout le monde a les mêmes drapés dans le sud alors j’avoue que tout changement me parait être un ravissement sans limite. » Tout ce qui était nouveau se parait de la robe clinquante de l’intérêt et de la curiosité. Ainsi, un motif ou une coupe classique pour bien des gens se révèlerait d’un vif intérêt chez d’autres.

En tout cas, Lady Maura ne sembla pas passer à côté des regards légèrement intrigués vers son garde qu’Edarra et son garde avaient eu. En effet, à Ferboys on était très peu habitués aux dames comme ça avec la mère de la noble et elle-même, et ça faisait tellement de temps qu’elle n’avait pas mit les pieds dans une ville au calme, sans angoisse de se voir envahir de fer-nés… Et pourtant, quand elle traversait Dorne de long, en large et en travers d’une ville à l’autre, elle ne s’incommodait pas énormément de ce manque de confort et de futilité. A croire que la violence des derniers mois lui avaient donné une envie de confort urgent. La dame Arryn finit par lui dire que le talent des tailleurs de Port-Real. « La prochaine fois que j’irais dans la Capitale il faudra que j’y pense. Vous avez une adresse spécifique ? Des tailleurs préférés ? » Cette noble-ci avait l’air du genre à fréquenter ces boutiques et du coup, pour Edarra qui était habituée à voyager et traîner dans la boue et le sable, c’était un peu un monde lointain alors tant qu’à faire, si elle pouvait combler ce vide… Quand le sujet du mariage vint sur le tapis, elle avoua qu’elle avait eu toutes les difficultés du monde pour accorder les couleurs ensemble et encore plus avec sa propre personne. Elle lui donna des conseilles sur les couleurs qui pourraient bien lui aller et Edarra nota bien ça. Elle n’avait pas un coup d’œil infaillible pour les couleurs.

Alors même qu’Edarra allait répondre éventuellement quelque chose, Maura dit d’un ton brusque comme si elle venait enfin de se décider, disant que malgré la blondeur de la mariée qui surpasserait certainement toujours les brunes, elle aimait sa proposition de brun et d’or. Edarra sourit. C’était bien une des premières fois qu’on la complimentait pour ses goûts. Les cours dans lesquelles elle allait n’aimaient pas vraiment les Ferboys et du coup, les compliments ne pleuvaient pas, de même que les remarques un tant soit peu positives en règle générale. Les alliances avec les familles royales étaient forcément plus favorisées. « Contente d’avoir pu vous être utile. » Et finalement, Maura s’intéressa à la présence de la dame en ces lieux. « Hum, je me suis accordée une petite balade avant notre départ. Je n’avais pas envie de quitter Port-Lannis sur un mauvais souvenir et après tant d’agitation j’ai eu envie de venir flâner près de ces boutiques. La devanture de celle-ci m’a particulièrement séduite. » Les couleurs attiraient souvent son œil Dornien qui raffolait de ce genre de diversité comparé au désert qui restait figé autant dans sa température que dans sa couleur. Elle rajouta « Je repartirais au matin demain, très tôt, et nous nous dirigeons vers Villevieille où ma suite m’attend pour retourner à Ferboys. » Elle tâta quelques tissus un peu plus lourds que ceux qu’elle avait l’habitude de porter d’habitude. Leur texture semblait un peu trop agressive pour elle, mais il faudrait bien s’y mettre si elle voulait voir le Nord par exemple. « Et vous, quand prévoyez-vous de rentrer pour le Val ? Ou peut être irez-vous directement dans le Bief avant de rentrer, pour ce mariage ? D’ailleurs je vois que Lord Lannister a mit un point d’honneur à assurer votre sécurité dans la ville, vos familles doivent beaucoup se soutenir j’imagine. » Pour dispenser des gardes en plus de sa garde personnelle, les Arryn et les Lannister devaient certainement être en entente étroite. Ou alors Lady Maura avait simplement un peu peur à cause de la dernière attaque et avait exigée une garde plus consistante en réquisitionnant des hommes de son hôte… « Pourquoi ne voyagez-vous pas aussi un peu ? Il y a des jolis paysages à voir, et beaucoup à apprendre. Et certainement, beaucoup d’autres beaux tailleurs. » Elle sourit doucement en caressant un tissus bleu nuit.
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Message Ven 2 Mar 2012 - 20:52

La jeune femme se contenta de hausser les épaules quand la Dornienne parla de l’hiver. Elle-même en avait connu quelques-uns mais elle comprenait que cela soit difficilement imaginable pour les natifs de la principauté. Elle se demanda même si il savait ce que pouvait être le froid. Le froid dans le désert…Quelle étrange idée qu’elle n’arrivait pas à se figurer. Pour sa part, elle se doutait que, bientôt, la maisonnée des Eyrié entamerait sa traditionnelle migration hivernale vers la forteresse des Portes de la Lune afin de passer la période des grands froids au sec et au chaud. Les volets seraient clos, les bassins vidés pour éviter le gel et la statue d’Alyssa Arryn demeurerait la seule gardienne de leur blanche et haute forteresse. Les voies des cols seraient bloquées par les neiges et la seule façon d’obtenir des nouvelles serait l’usage parcimonieux de corbeaux. De cela, au moins, elle avait l’habitude.

 « L’hiver sera sans doute court comme les précédents. Le dernier de 206-207 n’a vraiment été rude que quelques mois. Rien à voir avec les contes de la Longue Nuit. Encore que nous ne connaissions pas vraiment ce que veut dire l’hiver selon les bannerets de Winterfell. Pour ma part, je m’en félicite. Quant à l’hiver à Dorne, neige-t-il seulement ? Je ne crois pas. Il paraît que la neige est rare dans le Bief déjà alors dans vos déserts, je doute que vous ayez à beaucoup vous occuper. Dans le Val, nous sommes obligés de quitter notre forteresse, elle est invivable par temps trop froid et l’accès impraticable. »

Pour sa part, elle était bien contente de ne pas connaître les rudesses de cette période autrement que par les histoires colportées le soir au coin du feu de la grande salle. Et, comme tout un chacun, elle priait ardemment les Sept de leur accorder l’été éternel auquel tout Westeros aspirait tant. Une période bénie d’abondance et de joie. Pas la canicule mais des terres fertiles et gorgées de fruits. Déjà, avec l’arrivée de l’automne, elle n’aspirait plus qu’au printemps. Même si elle comprenait le point de vue d’Edarra Ferboys, elle n’était pas certaine qu’elle trouve beaucoup d’intérêt dans la façon de se vêtir des habitants du Val, plus pratiques que portés sur la parure. Même les chevaliers ne se lançaient pas dans des folies stylistiques comme le faisaient Tybolt ou ceux du Bief.  « Hé bien, vous trouverez certainement votre compte alors. Rien de commun avec les drapés encore que je sois certaine que l’on puisse faire de grandes choses avec de simples et belles pièces de lin. Par contre, je n’ai pas vraiment d’adresse précise à Port-Réal. Je n’y suis allée que quelquefois et jamais pour faire du lèche-vitrine, je vous l’avoue. Mais on dit le plus grand bien de la rue de la Soie et sans doute les élégantes de la Cour de notre bon roi auront-elles bien des idées ou des propositions pour vous satisfaire. »

Elle comprenait tout à fait la volonté de la jeune femme de conserver un souvenir plus agréable que celui d’une attaque. Pour sa part, elle tentait de faire la même chose afin de ne pas craindre de simplement revenir dans la ville. Heureusement, les Fer-nés n’étaient pas parvenus et n’avaient d’ailleurs même pas essayé de passer les hauts murs qui ceignaient la troisième cité du royaume.  « Vous partirez donc si vite ? Quel dommage ! Sans doute, aurions-nous pu avoir le plaisir de vous distraire lors d’un dîner au Roc si votre séjour avait été moins court... Peut-être en aurons-nous à nouveau l’occasion au gré de vos pérégrinations. » Un léger soupir franchit ses lèvres à l’évocation de Vieilleville. La capitale de la Foi, la vraie capitale. Sans doute moins grandiose que le Grand Septuaire de Baelor mais parcourue par l’histoire de leur grande religion. De toutes façons, elle avait décidé que lorsque Eirlys lui serait rendue, elle emmènerait la jeune femme visiter la Citadelle. Du moins si la chose était possible pour une femme. La suite l’aurait fait rire si elle n’avait pas été aussi consciente de devoir garder le secret sur son union. Elle ne put toutefois retenir un sourire dont la neutralité lui sembla plus polie que véritablement ressentie.  « Mon retour dépendra surtout du moment où les Fer-nés seront mâtés…Les armées de mon frère pourront alors rentrer. Quant à l’escorte, je crois qu’il s’agit simplement de marquer le fait que Tybolt Lannister a à cœur de montrer que la présence de l’ost Arryn a son soutien et, en particulier, la jeune femme qui l’aide à se faire entendre des nobles du Val. Le seigneur du Roc a l’âme d’un chevalier, que voulez-vous…Et puis, avec tout ce qui est arrivé, je ne vais pas me plaindre de cette attention particulière. » La suite la fit sourire. Non, elle ne pouvait plus voyager, pas avec le fils ou la fille du Lion en son sein. Et puis même si…Tout était bien difficile.  « Avant le Fléau, nous voyagions beaucoup plus hors du Val mais, comme Dorne d’ailleurs, la fermeture de la Porte Sanglante et de nos ports nous a un peu coupé du reste de Westeros. Les liens se sont distendus j’ai l’impression et j’avoue avoir surtout été concernée par l’aide que je pouvais apporter à mon frère dans la gestion du Val. Pour l’instant, je dois rester dans l’Ouest mais peut-être plus tard… Je pensais d’ailleurs à une visite de courtoisie auprès de votre suzerain et de la princesse. Qui sait, peut-être nous reverrons-nous à ce moment-là ? Et j’avoue que voir le Nord de ma grand-mère et le Mur me titille également un peu. Mais la distance est immense tout simplement. »
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Message Mar 6 Mar 2012 - 19:32

La jeune dame du Val exprima son avis sur l’hiver : pour elle, il allait être aussi cours que les précédents qu’ils avaient eu. Elle évoqua ensuite la dure région du Nord qui avait déjà un hiver permanent d’une certaine manière vu le froid qu’il y faisait même en été : Edarra n’avait jamais vraiment envisagé d’y aller sauf après qu’elle eu rencontrer une noble dame de là bas. Mais maintenant que l’automne et donc l’hiver arrivait, elle n’avait plus si envie que ça de se déplacer elle. En effet, si elle était à l’aise dans la tiédeur de la température de Port-Lannis, elle ne serait certainement pas du tout habituée à la froideur de ce qu’on décrivait comme un glaçon. Au contraire, Lady Mormont ne serait possiblement pas aussi à l’aise en Dorne. Le problème marchait malheureusement dans les deux sens. Finalement, la noble dame évoqua l’hiver du Sud avant d’avouer que chez elle, ils devaient quitter leur forteresse étant donné que le froid rendait l’accès impraticable. « Non en effet, il ne neige pas en Dorne. Par contre, j’y ai lu que les bêtes et les hommes ressentaient l’humidité de l’air et la légère fraîcheur du sol. Les rivières aussi abondent plus. Ce qui rend la situation difficile au Nord semble la faciliter au Sud… » En même temps, si la neige gorgeait les rivières plus au nord, il était normal qu’à leur aval, le lit grossisse. Edarra rajouta dans un sourire « Si il fait trop froid dans le Val, je pourrais vous inviter à passer quelques temps à Ferboys pour vous réchauffer un petit peu si vous le voulez. » La présence d’une noble de maison suzeraine aurait tôt fait de faire gonfler la poitrine de sa mère en un sourire satisfait. Mais ne nous affolons pas car ce genre de propositions était souvent des simples formules de politesse, du vent que les invités n’utilisaient presque jamais.

Alors que la dame du Sud avait avoué que la beauté ne résidait pas tellement dans le trait mais dans le changement, Lady Maura avoua qu’elle ne connaissait pas énormément d’adresses pour sustenter la Dornienne en soie et autres drapés qu’elle pourrait revêtir à sa cours. Ce n’était pas grave, il y avait bien des tailleurs à Lancehélion où elle pouvait commander ses étoffes. Mais la rue de la Soie lui paraissait une bonne idée pour la prochaine fois qu’elle se rendrait dans la capitale. « Je me note ça dans un coin de la tête alors. » C’est sa nourrice aussi qui serait rassurée. Elle qui n’arrêtait pas de lui demander de se soustraire à tous ses voyages histoire d’être une femme distinguée, de se marier et de lui donner des enfants à garder. La nourrice ne voulait pas de petits enfants comme Shyra, pour les questions d’héritage et de pouvoirs, mais bien pour pouvoir les choyer et les dorloter comme elle avait dorloté les deux petits Ferboys à leur temps. La noble s’affligea ensuite de son départ rapide. La dame la rassura. « Je suis désolée, mais il faut que je rejoigne ma suite au plus vite, des affaires m’attendent à Ferboys. Mais si je passe près du Val à mon prochain voyage, je ne manquerais pas d’y passer vous saluer. » Les régions au Nord l’intéressaient grandement mine de rien. Peut être si l’hiver ne durait pas trop longtemps y passerait-elle vite. Pour le moment, ses pensées étaient dirigées vers Dorne d’où elle était partie il y a tellement longtemps… La dame du Val lui expliqua ensuite que son retour dépendait grandement du déroulement des attaques fer-nés. En effet elle avait suivit les troupes de son frère et du coup, son mouvement dépendait apparemment du sien. Découlant de cette explication, la présence des Lannister prenait tout son sens étant donné l’aide apportée par les Arryn.

La jolie brune lui expliqua alors que depuis le Fléau ils n’étaient pas énormément sortit à cause de la fermeture de leurs ports. Ainsi, elle s’était plus préoccupée de la gestion politique de sa région et ça expliquait largement pourquoi elle n’avait possiblement pas eu la tête à partir dans d’autres contrées comme ça. Finalement elle lui parla d’éventuellement rendre visite aux Martell dans le sud même si le Nord lui plaisait aussi. Edarra garda toujours un sourire cordial. Elle devait avoir sympathisé avec le petit Trystan qui était présent dans la ville. Ce n’était pas étonnant : les visages innocents arrivent toujours à convaincre tout le monde. « Etant donné la maladie de mon oncle, je doute que la maison Ferboys puisse prendre part à des festivités officielles comme celles-ci mais qui sait, comme vous dites, l’avenir est toujours incertain. » Ce qui n’était pas incertain c’était qu’en cas d’invitation de Arryn dans le Sud, les Martells oublieraient peut être de les inviter histoire de ne pas avoir à gérer d’éventuelles querelles parmi leurs bannerets. Après tout, la dernière course à laquelle avait participé Edarra ne s’était pas vraiment bien passé. « Oui en effet, il y a tellement de merveilles que j’aimerais aussi voir, mais la distance et les conditions sont toujours à prendre en considération, et finalement ça ralentit les voyages. » Prenant une paire de chaussons en tissus brodé dans les mains, Edarra continua « Et sinon, comment se profile le problème Fer-né à l’horizon ? Y a-t-il eu beaucoup de dégâts à Portt-Lannis ? Vous avez des nouvelles sur leurs mouvements, des idées de où ils vont frapper la prochaine fois ? » Elle ne voulait pas entendre qu’ils se dirigeaient toujours plus vers le sud où ils pourraient possiblement encore la ralentir, à croire qu’ils la poursuivaient elle par moment…
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Message Mer 7 Mar 2012 - 21:40

La discussion sur l’hiver et ses manifestations continuaient mais, à vrai dire, Maura se contentait de n’énoncer que de simples généralités. L’hiver dans le sud devait tout de même être de la rigolade pour les natifs du Val. Déjà que dans l’Ouest, cela ne devait pas être trop difficile à supporter alors à Dorne où l’on devait encore pouvoir s’allonger au soleil pour une sieste…

 « C’est le cas pour nombre de rivières…Il n’y a qu’à voir le Trident quand le printemps et la fonte des neiges adviennent, il devient si large et tumultueux qu’il est presque infranchissable, même en bac. Je suppose que les nuits doivent être glaciales dans votre désert également sans le soleil pour en réchauffer le sable. »

L’invitation était vraiment une douce et aimable attention mais il lui paraissait peu évident de l’accepter et de finir par paraître oublieuse de faits passés et terribles ne datant que de quelques années. Difficile d’oublier que nombre d’hommes du Val étaient morts par la faute d’un usurpateur que la famille d’Edarra avait soutenu avec enthousiasme pour une simple question de lutte d’influences au milieu d’un désert. Mais elle voyait bien que la proposition venait du bon du cœur même si elle pouvait difficilement l’honorer.

 « Je vais être franche avec vous, lady Edarra. Plutôt que de vous servir des excuses sans queue ni tête, je crois que je le dois à votre amabilité. Votre invitation est vraiment très aimable mais, même si nous n’étions que des enfants lors de la première rébellion Feunoyr, nos maisons n’ont pas supporté les mêmes causes. Il serait mal vu que j’accepte l’hospitalité d’une famille qui a trahi le Trône de Fer pour un séjour. Si ma présence n’avait engagé que moi, j’aurai accepté sans hésiter puisque je crois qu’il est temps de laisser derrières les vieilles rancœurs mais en l’état actuel des choses, je ne pourrais pas honorer votre proposition. Ou bien il me faudrait venir incognito ce qui ne serait pas honorable, ni reconnaissant de l’hospitalité de votre famille. »

La suite l’obligea à jongler quelque peu. La rumeur pouvait bien continuer d’enfler mais Tybolt et elle devaient continuer à maintenir le secret. Toujours était-il que l’idée de se savoir considérée comme une vieille fille ne l’enchantait guère encore que cela n’aurait peut-être pas été un mal si il n’y avait eu Lord Lannister. Sans doute valait-il mieux aiguiller la jeune femme sur un potentiel et brumeux futur mari étant donné que l’annonce se ferait très prochainement.

 « A vrai dire, je ne sais si je serais encore dans le Val lors de votre prochain voyage. La réouverture de la Porte Sanglante a marqué le retour de la maison Arryn sur le devant de la scène et mon frère voudra sans doute faire bon usage de mon célibat en me trouvant un époux. En tout état de cause, ma table vous sera ouverte et mon hospitalité accordée pour peu qu‘un éventuel mari le tienne pour agréable. Ce dont je ne doute pas…»

Les tensions entre les Ferboys et Lancehélion étaient presque un conte tellement elles remontaient à loin. Un peu comme celles entre Winterfell et Fort-Terreur. Un folklore politique qui égayait tous les spectateurs. Et elle avait encore une fois la preuve qu’il n’y avait pas que le Nord qui savait se souvenir.

 « Je comprends tout à fait. A vrai dire, je doute qu’il y ait des festivités officielles pour m’accueillir. Un banquet peut-être mais, à tout prendre, j’avoue préférer quelque chose de plus tranquille. Ce seront des retrouvailles entre parents éloignés plutôt qu’une véritable visite d’état. Les gens et la rumeur disent que le Martell fait construire des jardins magnifiques en plein cœur du désert pour Daenerys. Cela me semble être quelque chose à ne pas manquer. »

Un jardin dans le désert, cela devait être quelque chose après tout. Et tout à l’honneur du prince de Dorne d’honorer ainsi son épouse, son rang de fille de roi et la paix qu’elle avait permis à la péninsule de connaître. Il y avait de quoi se sentir valorisée en tant qu’épouse et princesse en tous cas. Une idée absolument charmante.

 « Effectivement…Et pourquoi passer tant de temps sur les routes comme des chevaliers errants ? De toutes façons, nous avons toujours l’excuse de nous rendre en visite dans nos familles, voire chez nos amis. »

Après tout, les liens entre nobles familles étant ce qu’ils étaient, il y avait de quoi faire selon elle. Par alliance, sang et autres mariages, les femmes qu’elles étaient avaient de quoi trouver un toit dans tous les coins de Westeros. A quoi servait la famille sinon ? Quoique, finit-elle par penser, les liens d’une famille suzeraine soient plus souvent divers que ceux de leurs vassaux. D’autant plus que Dorne était connue pour son autonomie et que la réunification sous la tutelle des Targaryen n’était que très récente. Elle laissa là ce sujet pour revenir, à la suite de lady Edarra, sur la principale préoccupation de l’heure, à savoir les Fer-nés.

 « Vraiment, je n’en sais rien. Je n’aurai jamais cru qu’ils auraient la folie de s’en prendre à une cité comme Port-Lannis à vrai dire…Même si il semble qu’ils n’aient jamais eu l’intention d’emporter nos murs de front. En tous cas, la grande force des Fer-nés est d’être imprévisibles. Un jour l’Ouest, l’autre le Bief, puis le Conflans etc…Qui nous dit qu’ils ne pousseront pas jusqu’à Dorne ? Cependant, je dirais qu’ils préfèrent les cibles faciles et qu’ils ont eux-aussi à remplir leurs greniers en prévision de l’hiver. Je pencherai pour des raids épars maintenant qu’ils ont tenté d’arrêter la construction de la flotte du Lion… A vrai dire, je m’intéresse plus aux prochains mouvements de nos suzerains pour les arrêter. Sur les mers, nous ne sommes rien face à eux sauf si le continent rassemble une force suffisamment puissante pour les combattre à deux contre un. »

Ce serait sans doute le plus difficile à obtenir et à faire comprendre à certains mais elle ne doutait pas que le Trône sache arriver à ses fins dans cette affaire. Quand, du moins, les Targaryen auraient fini d’être effrayés par leur ombre de l’autre côté du Détroit. Puis, soupirant devant un énième drap de soie qui ne lui plaisait pas, elle proposa à brûle-pourpoint une nouvelle destination.

 « Je crois que j’ai assez vu d’étoffes pour aujourd’hui. Vous avez quelque chose à faire d’important ou le temps de vous attabler dans une taverne de qualité pour continuer notre discussion ? »
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Message Jeu 8 Mar 2012 - 21:11

La dame du Val continua à décrire l’hiver incroyablement dur du nord qu’Edarra ne pouvait qu’à peine soupçonner tellement le chaud était son problème là où elle habitait. Le sable autant que la neige recelait d’embêtements innombrables et la chaleur autant que l’extrême froid était une épreuve mortelle pour quiconque sous-estimant ses élans meurtriers quand les circonstances ne sont pas du côté du voyageur. « Oui les nuits sont assez fraîche en comparaison à une après-midi en plein soleil. » Les étrangers prévoyaient souvent des habits très légers et en oubliaient jusqu’au double visage du désert qui devenait soudainement étrangement glacial en comparaison aux températures de la journée. Ce choc des températures rendait des fois malades des nobles en voyage ne s’étant pas assez renseigné sur Dorne avant de venir. A l’invitation de venir au cas ou dans le sud si elle se sentait un peu trop au froid là où elle habitait, Maura déclina aimablement en expliquant que les guerres politiques entre les deux camps d’il y a quelques années avaient creusées un gouffre profond qui ne serait pas tout de suite rebouché et que du coup, sa visite serait très fortement mal vue par sa famille ou les alliers de sa maison. Ca, c’était quelque chose de trop important pour être gâché à fin d’honorer bêtement une invitation lancée par politesse. Hochant la tête doucement Edarra sourit « Ne vous inquiétez pas, je comprend totalement. Honorer une invitation à une noble croisée dans une boutique de tissus et par la même occasion s’attirer les foudres de votre famille et vos alliés, serait une chose bien inconvenante et irréfléchie j’en conviens. Cela dit, si un jour les choses s’améliorent, sachez que mon invitation tiendra toujours. Qui sait ce que les flots tumultueux du temps apporteront sur nos rivages. » La Rivière Mère ne laissaient presque jamais entrevoir les reflets de l’avenir qu’à des élus chez les Orphelins. Ils savaient lire à travers l’eau les présages obscurs. Ils interrogeaient aussi le Vieil Homme et son ennemi juré au sujet des guerres et affrontements et espérons que cette fois les deux créatures prédisent paix et calme… Ca n’en serait que meilleur pour tout le monde certainement.

Les rébellions Feunoyr avaient beaucoup fait perdre aux Ferboys. Par ambition territoriale ils avaient perdu et quelques fois son oncle était amer à ce propos, se disant, avec recul, dans la confidence de sa logia, qu’ils avaient peut être fait des erreurs en reniant le trône par simple envie de nuisance aux Martell. Il les détestait peut être plus que Shyra des fois. Sa sœur explosait souvent en reproches amers lors des réunions familiales alors que Beren Ferboys se contentait de ruminer dans son coin la place d’or qui revenait à sa famille grâce à sa place géographique, leurs anciennes relations, leur ancienne richesse… Il en accusait des fois même les suzerains de sa maladie et de sa faiblesse, comme si, de ses muscles ils nourrissaient toujours plus leur image et leur réputation. La jeune dame finit par lui dire qu’étant donné l’ouverture du Val sur Westeros, elle serait certainement mariée et que si ça arrivait sa table serait certainement ouverte en ce cas. « J’essayerais d’honorer cette invitation si cela m’est possible. Je ne sais si mes pas vont me porter aussi loin de Dorne après mon retour. » Elle avait presque l’impression de ne plus savoir ce qu’était Dorne. Elle avait tellement voyagé dans le nord de sa région qu’elle en parvenait presque à être habituée aux températures et aux coutumes. Au refus poli de l’invitation de Lady Arryn à venir la voir à Lancehélion. Elle répondit qu’elle comprenait et qu’elle doutait même de quelconques festivités. Elle évoqua même les jardins aquatiques. Elle n’avait pas été les voir, politesse oblige, mais elle en avait entendu milles comptes. Dans ses voyages elle avait entendu que les Martell s’était convertis à la religion de la Rivière Mère pour l’invoquer et lui demander une rivière éternelle à fin de faire fleurir le terrain… Sornettes, ce serait une entreprise aussi longue que laborieuse et Edarra n’espérait même pas être en vie lorsque le chantier serait terminé. « J’en ai entendu bien des contes, sur ces Jardins… J’espère que ce sera aussi grandiose que vos attentes. »

La dame à la peau blanche avoua que de toute manière en cas de voyage, il était assez facile d’utiliser la famille et les amis à fin de ne pas errer comme des âmes en peine à trouver une auberge sûre. C’était vrai même si la Dornienne doutait qu’elle ai pu vraiment trouver autant d’alliers en cas de longues pérégrinations. Le nom Arryn devait ouvrir plus de portes que celui de Ferboys tant il était connoté. Elle avait ainsi prit l’habitude de s’arrêter dans des auberges de luxe sur la route plutôt que d’essuyer des refus embarrassés à longueur de temps. Répondant à ses questions elle avoua ne rien savoir de nouveau. Ils devaient éventuellement faire des provisions pour l’hiver en razziant les côtes et ça semblait logique après tout, ça avait toujours été dans leurs habitudes de sauvages. Hochant la tête, Edarra confia « Oui… Mais il est toujours plus facile de ne pas se sentir concerner quand les attaques ne meurtrissent pas vos terres. Les autres seigneurs ont tendances à imaginer la menace très loin jusqu’à ce qu’elle frappe à leurs portes. J’espère pour eux et pour nous qu’ils sauront rassembler leurs forces à temps. » Les hommes étaient tellement confiants des fois qu’ils ne voyaient pas le danger pendouiller devant leurs nez. Mieux valait trop prévoir que se laisser surprendre. La dame sembla se lasser de cette petite visite d’emplettes et proposa de s’attabler dans une taverne pour continuer la discussion. Tournant ses yeux vers l’extérieur où le soleil était toujours bien levé, elle estima qu’elle avait encore pas mal de temps avant de rentrer se reposer pour le long voyage qui l’attendait. « Je n’ai rien de prévu dans l’immédiat. J’aurais parfaitement le temps de boire une ou deux coupes de vin. Connaissait vous une bonne taverne où je puisse goûter la boisson officielle de la région ? Je n’ai pas eu le temps de vraiment faire du tourisme vous savez… Il faudrait me rattraper. » Pour une voyageuse elle avait l’impression d’être partie des précédentes villes comme une voleuse qui avait quelque chose à fuir.
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Message Ven 9 Mar 2012 - 21:08

Les nuits de Dorne devaient être quelque chose de fabuleux que Maura n’avait jamais pu imaginer qu’au travers des récits ou des lectures qu’elle avait entendues ou faites. Elle savait que le Nord devait être comme le Val en plein hiver, simplement en pire, elle pensait s’en faire une idée assez juste. La neige et le froid n’avaient rien d’inconnu pour une native des montagnes de la Lune. Mais la vaste couronne des Martell était si différente du reste de Westeros, un premier soupçon d’Essos sur le long continent Ouest. Vraiment, il s’agissait de quelque chose qu’elle regretterait si elle en venait à ne jamais pouvoir avoir le plaisir de s’y rendre. De plus, elle ressentait une affection particulière pour le petit héritier de Lancehélion. Un enfant intéressant et différent qui, selon elle, gagnait à être connu. Si les tensions entre les Ferboys et la famille régnante venaient à être mises de côté, la jeune femme soupçonnait que cela serait grâce à l’entregent et à l’entremise du jeune homme qu’il serait devenu.  « J’ai lu quelques passages de livres de voyage à ce sujet mais je crois que je n’arrive pas à me représenter un tel environnement. Je pense à une plage sans fin mais sans réussir à l’imaginer vraiment. Cela doit être quelque chose à découvrir. Enfin je suppose que cela n’a pas le goût de la nouveauté pour vous. » termina-t-elle, plus joviale qu’elle ne l’avait encore jamais été avec la Ferboys qui prit étonnamment bien la raison du refus de Maura. Comme quoi la franche vérité avait souvent bien plus de poids qu’un refus entourée d’un enrobage de politesse destiné à ne masquer qu’un bas mensonge. Elle fut soulagée que l’autre femme ne se soit pas sentie piquée par un aveu qui, si il était sincère, n’en avait pas moins risqué de la blesser. A sa place, la jeune Arryn savait qu’elle aurait eu un peu plus de mal à avaler ses propres paroles et cela était sans doute tout à l’honneur de lady Edarra. Quant aux flots du temps, qu’en savait-elle, elle ne voyait pas encore dans le futur et elle doutait que la maison Lannister renie sa fidélité vouée, depuis l’époque du roi Lorren du Roc, aux Targaryen et à leur dragon tricéphale. Tout était encore bien trop frais dans les mémoires. Mais, peut-être que dans quelques années, une telle visite deviendrait possible.  « Je n’irai pas jusqu’à inconvenant. La maison Ferboys est fort ancienne et respectée. Ce serait tout simplement mal avisé. En d’autres temps, soyez certaine que j’aurai accepté d’effectuer une telle visite avec plaisir. Peu importe que nous nous soyons croisées dans une boutique ou dans un marécage, des femmes telles que nous restent ce qu’elles sont où qu’elles se rendent. » Enfin, pour elle, la chose était certaine. Elle ne savait pas du tout quelle idée Edarra pouvait bien avoir de son rôle et de sa position mais elle avait trouvé élégant de l’envelopper d’une qualité que Maura considérait comme essentielle.

Quoique…Parfois, elle se demandait bien pour quelles raisons, elle acceptait de se laisser enfermer ainsi dans un tel rôle. Mais elle avait peur qu’une visite de celle qui serait lady Lannister ne donne le mauvais message au trône et aux fidèles de ces usurpateurs de Feunoyr. Il restait bien des nostalgiques, des familles qui avaient cru en l’aura auréolée de gloire et de courage de Daemon et qui nourrissaient encore des espérances destinées à terme à ne plus être que des souvenirs. En tous cas, elle décida de ne pas pousser plus loin son invitation à obtenir un gîte dans la maison dont elle serait la maîtresse et l’hôtesse. Elle comprenait bien que la Dornienne aurait peut-être du mal à supporter une hospitalité offerte du bout des lèvres par l’époux de Maura. Et étant donné que Tybolt n’arrêtait pas de lui rabattre les oreilles des bédouins qui l’encombraient et l’agaçaient, elle ne doutait pas qu’il voit une telle visite d’un mauvais œil. Enfin, elle choisissait encore qui elle voulait recevoir et savait pertinemment que, passée une réflexion ironique, son tendre époux ne s’opposerait à ce genre de vœux.
 « Vous savez quoi ? Plutôt que de nous servir des invitations que nous ne sommes pas certaines de pouvoir honorer à l’heure actuelle, pourquoi ne pas tout simplement décider de nous entretenir par corbeaux quand vous serez rentrée chez vous ? Nous aurons ainsi l’occasion d’obtenir des nouvelles de nos terres et de les découvrir dans les écrits de chacune. Cela ne remplacera pas le plaisir des yeux bien entendu mais ce sera toujours cela de pris sur la grise réalité qui nous entoure. Qu’en pensez-vous ? » La proposition était en tous cas spontanée. C’était assez rare chez Maura pour être souligné et elle en était d’ailleurs la première surprise mais quelque chose lui plaisait chez la Ferboys. Peut-être cette naïveté apparente qui donnait une impression de fraîcheur et de franchise appréciable ? Ou tout simplement parce qu’elle ressentait une sympathie certaine pour son interlocutrice ? Elle n’en savait rien et s’en fichait. Elle se contentait d’accepter ce fait nouveau tout simplement.

Contrairement à elle, lady Edarra semblait bien moins enthousiasmée par l’immense construction des Martell. Sans doute que cela se télescopait quelque peu avec la fierté des Ferboys, elle n’en savait rien mais elle n’ajouta rien à ce sujet se contentant de hausser les épaules sans pour autant feindre de se désintéresser de cette perspective enthousiasmante. Non vraiment, elle avait envie de voir ne serait-ce que pour demander la même chose à Tybolt en revenant. Elle imaginait d’ailleurs bien la tête de son époux si elle le suppliait et boudait pour obtenir la même chose. Dire que ce qui ressemblait le plus à un jardin était un alignement de pierres qui tenait supposément lieu de Bois Sacré. Elle devrait se faire planter un petit jardin, ce serait amusant et cela permettrait à ses futurs enfants de pouvoir découvrir les plantes dans l’environnement clos et sécurisant de la forteresse. Toute à sa cette nouvelle idée, elle réagit un peu tardivement à la réponse de la native de Dorne mais acquiesça fermement. Oui, pour les autres seigneurs, la menace fer-née demeurait lointaine et elle le comprenait fort bien. Même si cela ne faisait que deux siècle que ces hérétiques avaient été chassés du Conflans. Toutefois, cela n’était pas des choses à dire et clamer en plein milieu d’une cité de Port-Lanis. La rumeur n’attribuait-elle pas mille et uns z’yeux à la Main du Roi ? Elle préférait ne pas tenter ce diable de Rivers par de subversives paroles aussi prit-elle le parti d’une position médiane.
 « Je dirais que chacun voit midi à sa porte. Il est difficile pour un seigneur des terres de l’Orage ou même simplement de l’intérieur des terres de s’intéresser à un problème essentiellement côtier. Et il faut également avouer que nous ne sommes pas les seuls à connaître des problèmes. On parle de plus en plus d’une éventuelle attaque depuis les Cités Libres. Vous savez, Aigracier… » Elle arrêta les frais, un peu contrite. Bien sûr que la fille d’une famille anciennement alliée aux Feunoyr savait et elle ne voulait pas mettre Edarra mal à l’aise après avoir été un peu brusque dans son refus d’aller jusqu’à Ferboys.  « En tous cas, oui. Aucun seigneur des côtes ne peut régler seul ce problème malgré toute la meilleure volonté du monde. Il y faudra sans doute l’intervention du Dragon. Je ne vois pas de solution autrement. »

Heureusement, Edarra accepta aimablement son invitation à poursuivre leur rencontre en se désaltérant. Quelques coupes de vins…Mestre Vyman lui avait conseillée d’éviter l’alcool autrement que fortement coupé d’eau. Parfois, et surtout dans les situations les plus triviales, elle détestait vraiment cette idiotie de mariage secret.  « La boisson officielle de la région ? Je ne sais même pas si il y en a une. Quand je suis arrivée à la Dent d’Or, Lord Lefford a voulu à toute force me faire goûter une espèce d’alcool fort qu’utilisent les travailleurs au fond des mines. Affreux ! J’ai dû devenir plus verte qu’un Tyrell et j’ai bien failli vider mes tripes sur ses bottes. Une espèce d’infâme tord-boyaux. Mais il y a quelques crûs mais je ne les aime guère. Au Roc, on boit surtout les vins qu’ils font venir de La Treille. Enfin, vous verrez bien…Je connais une adresse très proche. Venez, suivez-moi. » Elle jeta quelques cerfs d’argent au capitaine de sa garde lui demandant, aimablement, de régler ses emplettes et de la rejoindre non loin du comptoir de la Banque de Fer. Puis, faisant simplement signe à Edarra, elle sortir tout bonnement de la boutique pour se voir aussitôt entourée des membres de sa garde aux manteaux azurs et rouges. Ils écartaient les manants qui vaquaient à leurs occupations en criant les titres de la jeune femme. Depuis quelques temps, elle se savait plutôt appréciée du badaud moyen de Port-Lannis ce qui, elle devait l’avouer, lui faisait plaisir. Après avoir dépassé le comptoir de la banque si réputée de Braavos, elle montra une devanture boisée et propre à Edarra.  « C’est là. Au Lion qui dort. » Un garde se chargea d’entrer avant elle et elle suivit en entrainant sa compagne de la journée. L’obséquiosité du propriétaire fut un peu gênante mais elles finirent par être confortablement installées sur une table décrite, selon le tenancier, comme la meilleure de l’établissement. Enfin, c’était un dû pour Maura. On naissait Arryn ou pas, sans compter que la rumeur lui attribuait une place spéciale aux côtés de Tybolt. Elle laissa la Ferboys commander ce qu’elle voulait et demanda pour sa part une choppe de cidre doux de Fossovoie avant de revenir à leur conversation.  « D’ailleurs, je me demandais, mais votre retour à la maison est-il motivé par le mal du pays ? Vous qui semblez tant aimer voyager ? » Une accorte serveuse brune vînt leur proposer quelques friandises de bouche avec leur boisson et, attendant une réponse qui ne saurait de toutes façons tarder, Maura commença à picorer dans l’assiette avec appétit.
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Message Mer 21 Mar 2012 - 15:12

Lady Maura avoua que ses quelques lectures sur la région d’Edarra ne lui permettaient pas vraiment de se représenter la région qu’elle imaginait telle une plage sans fin. La réflexion fit sourire Edarra. Ce n’était pas vraiment une plage car arrivée au côté de la montagne, à Ferboys, le seul passage vers Dorne au Nord, on constatait que le sol moite et boueux de certaines régions plus au Nord se substituait à la caillasse chaude et sableuse. Dans le désert, si on était près des montagnes, les sabots des chevaux claquaient sur la terre dure et fissurée, assoiffée d’eaux. Quand on s’en éloignait on découvrait des dunes et des espaces immenses, plein de sable où les chevaux non préparés s’embourbe et se fatiguent rapidement. Et enfin, près des rivières on trouvait quelques fois des coins de verdures, motivés par le flot de la vie et la Rivière Mère qui permettait à toute chose de trouver réconfort au lit doux et calme de l’eau. Alors qu’Edarra disait comprendre les raisons du refus de Maura, elle répondit qu’en d’autres temps elle serait certainement venue à Ferboys mais que à présent c’était mal avisé. Elle conclue finalement en disant que de toute manière, peu importe le lieu de leur rencontre, elles restaient des nobles et par conséquent, leur rang ne perdait d’aucune couleur où qu’elles se rendent. Edarra hocha silencieusement la tête. Elle avait tendance à trouver que le rang était de circonstance. Quand elle était avec des Orphelins, Zia par exemple ne donnait que très rarement dans le Dame ou Lady mais elle ne s’en offusquait pas. Face à la foi pour la Rivière Mère, ils étaient tous de simples gouttes parmi des milliers d’autres à parcourir son flot. Quelques fois certaines se détachent des autres mais ça restait très rare. Cela dit, elle ne permettait qu’on minimise son rang que quand elle était avec les Orphelins, elle ne l’aurait jamais permit ailleurs et son garde personnel non plus d’ailleurs.

Finalement, comme si elle avait eu un éclair de vérité, Maura lui proposa de s’échanger des corbeaux quand elle serait revenue en Dorne. L’idée lui plaisait beaucoup. Même si elle aurait des difficultés à honorer un tel engagement si elle se déplaçait, elle pouvait tout de même envoyer des corbeaux d’autres endroits en indiquant la prochaine escale à la Dame Arryn au pire. Il était assez courant que les gens envoient des corbeaux de chez d’autres seigneurs après tout mais une correspondance affichée entre les deux jeunes femmes pourrait aussi être mal vu. Il faudrait qu’elle lui demande ultérieurement au pire. « Je trouve que c’est une très bonne idée. Qui sait quand les circonstances nous feront nous recroiser, mieux vaut faire sa propre chance que de l’attendre désespérément. » Ferboys et Arryn n’étaient ni de même niveau ni vraiment proches en terme géographique et leur rencontre d’aujourd’hui tenait du hasard pur et dur. Une telle occasion ne se reproduirait pas avant longtemps au moins. Alors que la conversation avait dérivée vers les Fer-nés, la jeune femme hocha simplement la tête, avec l’air d’être légèrement ailleurs avant d’expliquer que les seigneurs ont souvent d’autres problèmes à côté d’attaques lointaines de Fer-nés, comme les rumeurs d’une attaque d’Aigracier. Ce à quoi, cette fois-ci, ce fut à Edarra de hocher encore une fois la tête, silencieusement. Son oncle radoter à ce sujet et Shyra en parlait aussi quelques fois dans l’intimité de la famille uniquement. Mais oui, ça lui était parvenu aux oreilles et surtout quand elle avait été à Port-Real. Lady Arryn continua en disant que l’intervention du roi semblait être la seule solution à ces attaques incessantes. « Je le pense aussi… » Car oui, Lord Lannister avait réussi à les repousser mais combien de seigneurs en seraient capables ? Fallait-il attendre qu’une ville tombe aux mains de ces sauvages pour faire quelque chose ? En tout cas, Edarra avait surtout aucune envie de voir débarquer les Fer-nés jusqu’en Dorne.

Alors qu’Edarra avait accepté son invitation à aller boire un coup, elle lui répondit que la seule boisson nouvelle qu’elle avait bu ici lui avait retourné l’estomac à un point inimaginable et qu’au Roc ils buvaient surtout du vien de Treille. La Dornienne quant à elle était beaucoup plus habituée au vin de Dorne, plus âpre certainement que les boissons de régions plus clémentes, mais après qu’elle ai goûtée d’autres crus pendant très longtemps, le vin amer lui semblait être deux fois plus bon que les autres. Ils sortirent de la boutique alors que Gerold suivait de près sa dame. Ils arrivèrent finalement au Lion d’Or qui portait bien son nom car dans une ville Lannister et une fois rentrées et supportées le tenancier qui en faisait des tonnes, elles s’assirent à une bonne table. Edarra commanda un bon vin de Treille, après tout elle allait se rendre dans le Bief juste après, mieux valait se préparer et Lady Maura commanda une boisson relativement légère. Elle devait, en tant qu’invitée, souvent se voir servir de bon repas bien avinés, une boisson légère faisait du bien au corps. Elle lui demanda ensuite ce qui la motivait à rentrer chez elle, elle qui aimait tant voyager. Une serveuse apporta des petites choses à grignoter en plus des boissons. « Hum… J’ai eu assez d’aventures pour le moment. Entre Salvemer et Port-Lannis, mon dernier voyage improvisé n’a pas vraiment été une réussite et je n’aspire qu’à me reposer pendant au moins une semaine avant d’entreprendre autre chose. » Elle ne voulait pas vraiment aborder le chapitre sur son oncle malade qui était de plus en plus faible et qu’elle avait quitté alors qu’il ne quittait que très rarement sa chambre et sa logia, en permanence assisté par le mestre. « Je suis partie il y a longtemps en plus, qui sait quels changements sont arrivés à Ferboys en mon absence ! De plus ma suite m’attend dans le Bief, je pense que mes gens se rongent des sangs en entendant les nouvelles des attaques fer-nés. » Elle prit une gorgée de sa boisson avant de piocher dans quelques amuse-gueules. « Mais je pense que je ne tarderais pas à repartir. Après tout, je rentre toujours éreintée de mes pérégrinations mais sitôt reposée qu’il me prend déjà l’envie de repartir. En plus j’ai fais connaissance avec nombre de personnes intéressantes que je serais ravie de revoir. » Lady Maura en faisait partit, elle avait une spontanéité agréable tout en étant d’une éducation irréprochable et naturelle qui rendait une conversation avec elle relativement simple. « Et vous, j’espère que vous êtes autorisée à sortir un peu au-delà de Port-Lannis et Castral Roc pour visiter la région, histoire de vous distancer un peu des affaires militaires… Cela doit devenir lassant à un moment j’imagine. » Edarra n’avait jamais vraiment prit part à des décisions militaires donc, elle ne savait pas très bien ce que ça faisait de n’être entourée que de tacticiens sur les nerfs.
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Message Ven 23 Mar 2012 - 9:23

A la réponse d’Edarra, elle afficha un sourire satisfait. Voilà comment elle aimait les choses : quand elles allaient dans son sens. Une correspondante de plus, surtout de Dorne, ne serait pas du luxe pour se tenir informée même si Orys lui rapportait chaque jour mille et unes petites rumeurs croustillantes et amusantes. De plus, ce serait l’occasion d’entendre, ou plutôt de lire, des récits différents et forcément plus colorés. Elle ne doutait pas que la jeune femme saurait lui dépeindre sa région natale sous des couleurs donnant matière à son imagination florissante. Découvrir la principauté des Martell autrement que sous la plume ennuyeuse des mestres ou celle bien trop épique d’un Jeune Dragon à peine pubère et déjà héros des annales. Bref, elle était ravie de cette nouvelle opportunité ni plus, ni moins.

 « Bien. Voilà qui est parfait. Nous pourrons échanger des corbeaux et, ainsi, évoquer nos vies, nos familles et…ce que nous voudrons. Ainsi lorsque nous nous recroiserons, enfin si nous nous recroisons jamais un jour, nous serons à même de nous retrouver comme si nous étions restées à Port-Lannis. Ne dit-on pas qu’une dame a toujours besoin de lointaines amies après tout ? Au moins pour placer fils et filles en mariage si d’aventure le besoin s’en faisait sentir. »

Peut-être se montrait-elle trop optimiste quand à l’évolution de la situation entre sa famille et celle d’Edarra mais elle n’avait pas vraiment envie de se laisser aller à la morosité. Pas après l’attaque de Port-Lannis, pas après tout ce qui était arrivé depuis qu’elle avait posé un pied dans l’Ouest. Autant profiter simplement des quelques joies que le sort lui permettait d’apprécier. Dans un semblant d’accord tacite, les deux femmes avaient laissé les Fer-nés à leurs exactions et un futur morose à ce qu’il était. Il ne leur restait plus qu’à profiter de l’instant présent. Elles étaient dorénavant installées à une petite table agréable dans cette taverne au demeurant fort sympathique. Que demander de plus ? A part une idée originale quant à sa tenue pour le mariage Tyrell, Maura ne voyait pas vraiment. Tout en picorant avec appétit dans les victuailles, elle buvait son bol de cidre à petites gorgées précautionneuses semblant en tester le goût à chaque fois. Il fallait dire que la jeune Arryn ne se faisait pas prier pour faire honneur à l’en-cas. Depuis quelques jours, elle dévorait littéralement mangeant pour deux comme le lui avait dit le mestre de Castral Roc. Rien de plus normal si ce n’était qu’elle devait y prendre garde pour ne pas éveiller l’attention de ceux qui ne prenaient pas part à son secret. Sa compagne du moment lui expliquait les déboires qu’elle avait rencontré dans ses visites dans le reste de Westeros et, forcément, elle ne pouvait que compatir tout en remarquant que la pauvre semblait attirer les Fer-nés ou bien être attirée par eux. Salvemer…Ils en avaient reçu des nouvelles suite à l’attaque menée par le Greyjoy en personne. Qu’il aille pourrir en enfer celui-là ! Mais elle ne pouvait comprendre le besoin de repos et surtout de calme.

 « Il me semble que vous avez surtout été au mauvais endroit au mauvais moment, ma chère. Pour votre prochain voyage, je vous suggère d’éviter les côtes ou les endroits à risques. Certains disent qu’on ne vit pas pleinement sans goûter au danger mais je trouve que le calme a son avantage et nous permet de jouir pleinement des doux fruits de la vie. Je ne connais pas vraiment d’endroits à la fois intéressants et calmes mais dès que j’en aurai trouvé un, soyez certaine que je vous en ferai part. » termina-t-elle d’une voix amusée tout en se demandant si une petite semaine n’était pas trop peu pour se reposer complètement après tant de mésaventures.  « Une semaine ? Vous n’avez pas besoin de beaucoup de repos alors…Moi, je demanderai bien un long et gros mois pour me remettre de tout cela. Quand je pense que nous devons nous rendre dans ma famille du Bief dans à peine une petite semaine, je ne sais pas quand je pourrais simplement avoir le plaisir d’une grasse mâtinée amplement méritée. » Avec, de préférence, Tybolt auprès d’elle et dévoué à tous ses caprices qui, à vrai dire, ne consistait qu’à l’avoir auprès d’elle plutôt que dans les chantiers ou à la tête de ses troupes. Finalement, elle en venait presque à regretter les touts premiers temps de leur mariage où paresser au lit était presque devenu un art de vivre. De son côté, la Ferboys prouvait combien sa demeure lui manquait. Elle la comprenait. Elle recevait des nouvelles des Eyrié, peut-être pas aussi régulièrement qu’elle le voulait puisqu’elle les aurait souhaitées quotidiennes, mais suffisamment souvent pour avoir l’impression de participer encore - un peu - à la vie de son frère et de sa sœur. Toutefois, cela ne pouvait remplacer le fait de se promener dans les longs couloirs, de regarder le Val s’éveiller du haut de la tour de la Vierge ou de humer l’air frais de ses montagnes.

 « Peut-être devriez-vous envoyer quelques nouvelles de votre main à votre suite ? Un messager se déplacera sans doute plus vite que vous et annoncera votre arrivée, saine et sauve. Cela soulagera sans doute vos gens qui doivent évidemment s’inquiéter de votre sécurité. » Elle était plutôt du genre pragmatique. Si ils s’inquiétaient, pourquoi ne pas simplement les faire prévenir. Des navires partaient toutes les semaines pour le Bief et auraient tôt fait de donner quelques nouvelles aux amis de lady Edarra Ferboys moyennant quelques sous. Mais une femme venant d’une famille vassale avait forcément des contingences différentes de la fille d’un suzerain.  « Si quelque chose de grave s’était produit chez vous, vous seriez sans doute déjà au courant mais je comprends ce que vous voulez dire. Finalement, les grands événements importent assez peu, ce sont toutes les petites tranches de vie qui nous manquent et que nous aspirons à entendre et connaître. Ce sont toutes ces petites choses quotidiennes qui me manquent le plus depuis que j’ai quitté les Eyrié. Et des sensations en fait…des odeurs, des sons, des habitudes. » La relève des gardes, le bruit des épées lors des entrainements de son frère, les petits trottinements de Maeve courant jusqu’à la bibliothèque, les bavardages des cuisinières…Des habitudes, des certitudes même. Elle sourit en écoutant son interlocutrice parler de repartir bientôt. Sans doute avait-elle des fourmis dans les jambes ? A sa place, elle en aurait sans doute fait de même. De telles possibilités étaient si rares et si appréciables.  « Vous êtes bien plus courageuse que moi alors. Je n’aspire finalement qu’à retrouver mon petit confort. Sans doute cela vient-il d’un tempérament plus volontiers porté à la nostalgie…Je ne saurais le dire. Mais vous, vous pourriez en remontrer à plus d’un chevalier errant ! Vous savez ce que vous devriez faire ? Enfin si vous continuez sur votre lancée….Vous pourriez écrire vos mémoires et vos impressions sur les paysages, les lieux que vous avez parcouru, les gens que vous avez rencontré. Un tel recueil devrait être fabuleux à parcourir. Et beaucoup plus intéressant que le verbiage incessant des mestres, je vous le dis ! Avez-vous déjà une idée de votre prochaine destination ou vous laisserez-vous guider par le sort ? » Elle trouvait intéressant de savoir comment Edarra déterminait les lieux qu’elle voulait voir de ses propres yeux. Sans doute, comme elle, marchait-elle à l’envie mais cela valait le coup de se renseigner pour en apprendre un peu plus.  « D’ailleurs, je joue les inquisitrices mais tant pis…Pourquoi Salvemer ? J’ai cru saisir que votre arrivée à Port-Lannis était liée à celle de lady Rivanon mais comment se fait-il que vous vous soyez rendue dans le Conflans en premier lieu ? »

Elle avait souri quand la jeune femme lui avait parlé des rencontres intéressantes qu’elle avait faites. C’était bien vrai, les voyages permettaient de découvrir, généralement de façon inopportune des gens qui gagnaient à être connus. Elle prenait, par exemple, ses rencontres avec ser Pryam, un être étrange mais ô combien intéressant et délicieux à entretenir. Elle espérait d’ailleurs qu’elle aurait un jour l’occasion de le rencontrer ailleurs que sur les chemins et qu’elle pourrait lui offrir accueil et hospitalité au Roc. Se rendant compte qu’elle posait beaucoup de questions, motivées par l’intérêt qu’elle éprouvait pour Edarra, elle se mit toutefois en peine de lui répondre et de se découvrir un peu plus qu’elle ne l’avait fait jusqu’à maintenant.

 « Autorisée ? Il ferait beau voir que l’on m’interdise de faire ce que je veux. » commença-t-elle à répondre avec un soupçon de hauteur. Dans son ton, on pouvait sentir à quel point l’orgueil du sang parlait. Elle n’était pas femme à se soumettre à d’autres désirs que les siens enfin…Pas tout le temps.  « A vrai dire, je connais peu l’Ouest. Les temps ne sont pas aux visites et la région est dangereuse. Je connais un peu le Nord des terres mais mon escorte y a été embusquée par des Fer-nés et je n’en ai réchappé que de justesse. Quand la paix sera revenue, si les Sept le veulent, je pourrais alors parcourir un peu plus les terres des Lannister. Mais le Roc, pour ne prendre que lui, est déjà quelque chose et les Lannister sont dignes d’être tous rencontrés. Une famille fameuse et si étrange à la fois. » expliqua-t-elle tranquillement essayant de faire partager son engouement pour les terres de Tybolt. Rien d’aussi grandioses que sur celles de son frère mais, dans ces montagnes hostiles, il y avait vraiment quelque chose de spécial.  « La Dent d’Or est aussi une forteresse remarquable, juchée sur la montagne, c’est assez impressionnant quand on vient du Trident. J’ai également séjourné quelques nuits dans la demeure de feue Lady Jessica, la mère de Lord Lannister. Agréable…Mais je vous avouerai volontiers que la situation est lassante. Les escortes importantes, même quand on a l’habitude, sont difficiles à supporter en permanence. Heureusement, Tybolt est un hôte tout ce qu’il y a de plus gracieux et agréable. Avec moi du moins. »
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Message Mar 27 Mar 2012 - 14:41

L’auberge était fort agréable. Elle avait cette petite touche d’exotisme qu’Edarra constatait partout où ce n’était pas Dorne. Sans doute que les gens qui venaient dans sa région devaient le constater aussi. Ca allait des habits des gens aux petits détails comme les cruches, les chaises et les décorations. Lady Maura commenta ses récents voyages en disant que le hasard l’avait placé au mauvais endroit et au mauvais moment. Elle ne pouvait qu’abonder en ce sens. Elle lui suggéra ensuite d’éviter les côtes. « Oui, il est difficile de trouver une bonne ville totalement éloignée de l’eau. Après tout, c’est la première ressource de toutes les civilisations : toutes les plus belles villes sont à proximité de la côte j’ai l’impression ! » Il était normal que les gens cherchent à avoir une puissance navale aussi. A près tout, si le voyage en terre était long et fastidieux, des fois, les voyages en mer prenaient largement moins de temps et était moins inconfortable pour certains. Sans compter que pour les chanceux qui avaient une bonne puissance sur la terre et une bonne puissance sur la mer, rien n’était imprenable. En même temps, le sol offrait une stabilité irréprochable qui ne le quittait ni en temps de pluie ni en temps de grands vents ce qui n’était carrément pas le cas de la mer qui pouvait devenir meurtrière à la moindre contrariété.

Lady Maura s’étonna du fait que la noble Dornienne n’allait se reposer qu’une semaine, arguant qu’elle, aurait largement prit un mois pour bien récupérer. Edarra sourit. « J’ai trop la bougeotte je crois. A peine reposée, il faut que je reparte, c’est dans mes habitudes. Je préfère voir par moi-même que l’entendre de la bouche ou de l’écrit des gens souvent. Au moins votre voyage au Bief vous permettra de vous changer les idées après cette attaque. » C’était important de se changer les idées et de ne pas rester constamment fixé sur de mauvaises expériences. En plus, d’après ce qu’elle comprenait, Lady Arryn ne sortait pas beaucoup des terres de l’Ouest et même si il y avait de magnifiques choses, il y en avait encore milles autres au-delà des frontières qui valaient la peine de voir. Finalement, elle lui suggéra d’envoyer des nouvelles à sa suite. Ca aurait été tentant mais elle n’aimait pas envoyer des messages par n’importe qui. La confiance faisait tout dans ce monde et elle ne connaissait aucun messager qui lui était proche. « Je ne sais pas si ce messager arrivera avant moi et Gerold là bas. Ils savent au moins que je suis à Port-Lannis et que ça ne devrait pas être long. Et puis, pas de nouvelles, bonnes nouvelles comme on dit. » Tant qu’elle n’entendait pas parler du massacre d’une suite dans une bonne auberge du Bief, elle n’avait pas vraiment à s’inquiéter et si sa suite n’entendait pas parler d’une noble Dornienne enlevée par les fer-nés c’était déjà ça de prit pour eux. En quelques jours elle arriverait dans le Bief, à la fin de son voyage et repartirait tranquillement vers ses montagnes et son désert. Lady Maura abonda dans son sens en disant que de toute manière elle aurait entendu de mauvaises nouvelles d’ici là. « C’est pareil. Ferboys me manque même dans son silence. Les gens du Nord m’ont l’air plus bruyants que ceux du Sud et des fois, mes oreilles fatiguent. » C’était ça d’être habitué à vivre dans le désert ou le silence était aussi pesant que le froid et le chaud sur de frêles épaules.

Lady Maura lui conseilla alors d’entamer ses mémoires et ses impressions sur les lieux qu’elle avait visités. Edarra ne pu retenir un petit rire. « Je crains que ma plume ne vaille pas qu’on en fasse un ouvrage. Pour ma prochaine destination, je ne sais pas. Cela dépendra si des amis veulent me voir dans d’autres régions ou si un intérêt m’y porte. A Port-Real j’ai rencontré une Nordienne fort sympathique que j’aimerais beaucoup visiter mais il m’est avis que l’île aux Ours est assez lointaine et avec l’arrivée de l’hiver, j’ai peur de me transformer en statue de glace avant d’y arriver. » Elle n’en avait entendu que du mal, mais en même temps, elle n’écoutait presque jamais les ragots de petites noblettes toutes rondes qui passent leurs journées à ne faire que piailler inutilement. Et puis le défis, Edarra aimait ça et elle était habituée aux conditions difficiles. Par contre elle ne supporterait peut être pas toutes les conditions difficiles.

Son interlocutrice demanda alors pourquoi elle avait choisit Salvemer, elle ne voulait pas lancer de rumeurs inutiles mais ça allait devenir de toute manière systématique vu le comportement que Ser Dayne avait eu à son égard dans le Conflans. « Je m’inquiétais pour un ami à moi, Ser Dayne. Je n’ai pas eu envie d’attendre simplement en Dorne, imaginant toutes sortes de mauvaises aventures qui aient pu lui arriver, donc je suis partie vérifier par moi-même. » Raconté comme ça, ça semblait quand même hautement idiot. Mais Edarra savait à peu près se battre et elle avait une confiance aveugle envers son garde personnel. C’était une sensation d’invincibilité qui n’était que factice, elle le savait, mais elle aimait en user.

Maura Arryn s’offusqua quand Edarra utilisa le mot « autorisé » en même temps, d’après ce qu’elle lui avait dit son frère et Lord Lannister la surveillaient de près à coup de gardes, il ne serait pas étonnant qu’ils l’empêchent d’aller n’importe où, près du danger. Elle avoua ensuite n’avoir pas tout vu dans l’Ouest même si le Roc était impressionnant. Hochant la tête Edarra acquiesça. « En effet, c’est déjà une belle région, et vous aurez certainement très vite le temps de visiter les autres contrées de Westeros. » Après tout, si elle s’était déplacée jusque là grâce aux liens de sa famille, elle pourrait aussi voyager dans bien d’autres régions vu la réputation et la richesse de sa famille. Mais finalement, ces terres n’impressionnaient pas autant Edarra que celles qu’on lui avait décrite plus au Nord, ça, ça devaient quand même être quelque chose. Elle lui raconta alors un peu les choses à voir dans les alentours. « Je vous crois volontiers. Il a l’air de prendre vraiment soin de ses hôtes. Il est vrai que l’Ouest est intéressant et qu’il doit receler de nombre de trésors cachés. Mais je vous avoue être plus intriguée par le Val ou le Nord. Ces régions semblent tellement à part que je doute que plusieurs lourds tomes suffisent à résumer tout ce que ça peut inspirer. » Elle prit quelques amuses gueules en laissant la plus part à Maura qui semblait bien apprécier les mets ou avoir très faim. « Je ne sais pas pourquoi j’ai autant envie de voyager, peut être profiter avant que l’ombre d’un mariage ne se profile ? Même si je crois qu’après ça je voyagerais toujours autant comme ma mère, ce ne serait pas pareil… » Elle se demandait si les promesses faites avec Oberyn allaient être éconduites. Sa mère était difficile et encore plus difficile quand on parlait de sa fille. Pourtant, calculatrice, Edarra comptait jouer sur le gain de réputations qu’ils pourraient avoir. Les Ferboys n’étaient pas bien vus, mais en étant alliés aux Météores, les détenteurs de Aube et de l’épée du matin, ça changeait la donne et ça donnerait possiblement une claque aux Martell…
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Message Lun 2 Avr 2012 - 8:20

Les mérites de la géographie de Westeros avaient ceci d’aisés qu’ils ne portaient jamais vraiment à débat. Tout le monde s’accordait à promouvoir nombre de généralités communément admises qui auraient fait le plaisir et le miel d’un quelconque détracteur plus habitué qu’aux débats qu’aux échanges lénifiants sur les mérites de tel ou tel endroit. Et, effectivement, dès lors que l’on en venait à décrire les plus grands assemblages de maisons et de huttes des Sept Couronnes, la chose la plus frappante était la proximité de ces immenses agglomérations avec les côtes : Vieilleville, Port-Réal, Port-Lannis, Goëville ou Blancport étaient toutes de grands ports profitant du commerce maritime. D’évidence, Maura ne pouvait qu’en convenir, elle aussi avait compulsé aux côtés d’un mestre la cartographie de leur royaume.

 « Oui, la plupart. Mais il existe aussi nombre de petites villes charmantes à l’intérieur des terres. Certaines méritent le détour. Pas toutes ceci dit et aucune n’a la richesse de Port-Lannis ou l’éclat de Vieilleville mais il paraît que la vie y est plus simple. »

Finalement, Edarra confessa avoir un véritable besoin de voyage. Peut-être tentait-elle d’échapper à quelque chose ? Auquel cas les deux femmes étaient absolument différentes. Voyager n’avait jamais été qu’une nécessité politique pour Maura qui, simplement par principe, alliait devoir et plaisir en s’arrêtant quelquefois dans des lieux emblématiques. Mais elle n’avait jamais été mieux que chez elle et n’avait pas vraiment le souhait de parcourir la terre sans s’arrêter. Cependant, elle pouvait comprendre la jeune femme. Aurait-elle été éduquée autrement que son caractère l’aurait poussé à la découverte et à suivre les routes, comme le chevalier Pryam, elle le savait bien. Mais, élevée par une famille suzeraine, elle avait été élevée pour satisfaire aux obligations du rang avant tout autre chose et, désormais, son devoir était lié à Tybolt et au Roc. Et cela ne poussait pas vraiment à l’aventure.

 « Quand on a ce luxe, il faut en profiter c’est certain. Est-ce une habitude ? Enfin, je veux dire. Avez-vous été éduquée en ce sens depuis votre plus jeune âge ? J’avoue que cela doit être inhérent au statut de vassal. Nous n’avons pas cette habitude dans les familles suzeraines, nos déplacements vers les demeures de nos vassaux sont assez exceptionnelles ou soumises à des impératifs précis. »

Elle exagérait peut-être un peu mais l’idée était la bonne selon elle. La logique voulait que les vassaux se déplacent jusqu’à la demeure de leurs suzerains naturels même si, dans les faits, le contraire arrivait souvent. D’ailleurs, elle-même avait aimé visiter leurs vassaux dans le Val. Cela lui paraissait assez lointain alors que seulement quelques lunes s’étaient écoulées depuis son départ. Sans doute le processus d’assimilation à l’Ouest prenait-il tout son sens. Epouse et future mère de Lannister, il devenait difficile de ne se considérer uniquement en Arryn même si les contingences l’y obligeaient. Elle revînt malgré tout sur le mariage qui se déroulerait à Hautjardin. Un mariage en tant de guerre qui n’aurait sans doute rien d’absolument affriolant.

 « Le voyage ne sera sans doute pas si reposant. Vous savez ce que sont les relations entre nos familles : politique, politique, toujours politique… Je ne serais pas étonnée si j’en revenais quelque peu frustrée finalement même si voir ma fratrie et mes cousins est une grande joie. » Ce n‘était là que l‘expression des mœurs du temps. Un mariage ne pouvait être, par définition, qu‘un simple objet politique. Pour bien faire, il y aurait fallu des joutes. Là, ils auraient tous eu la possibilité d‘oublier un temps le jeu des trônes. Ce serait sans doute un mariage aussi silencieux que le désert qu‘évoquait en filigrane son invitée. Elle ne put s’empêcher de rire de la remarque un peu chauvine de la Dornienne.  « Ah vous trouvez ? Ce sont les grandes cités qui donnent cette impression. Le Roc est une forteresse bien silencieuse à côté de Port-Lannis et que dire des Eyrié…Je suppose que Lancehélion est tout aussi bruyante, n’est-ce pas ? Je l’imagine ainsi en tous cas. »

L’évocation de mémoires sembla inquiéter Edarra. Pourtant, plus loin que la capacité à bien tourner les mots, Maura y voyait avant tout un témoignage qui plairait évidemment à la famille de la jeune femme.

 « Qui sait ? Peut-être vos enfants ou même vos petits-enfants y trouveront un intérêt autre que la valeur ou la joliesse de vos phrases. L’expérience d’un aîné est sans prix dit-on. Je suis certaine que bien de vos familiers seraient ravis par la lecture de vos pensées ou de vos émotions devant les paysages et les régions que vous auriez vu. Ne les privez pas de cette expérience qui sera la vôtre et qui leur sera forcément chère, ce serait pécher par modestie. » déclara-t-elle gentiment avant d’écouter la suite. Elle parlait de l’île aux Ours ? De se rendre chez les Mormont ? Le visage de Maura dut parler pour elle et décrire sa stupéfaction à la simple idée que l’on veuille se rendre dans un lieu aussi loin de tout et surtout de toute civilisation digne de ce nom.  « Effectivement, mieux vaut attendre les beaux jours. Déjà qu’en été, cela doit ressembler à je ne sais quel glacier mais avec les tempêtes d’automne, il serait vraiment dangereux de s’y rendre. »

Voyager avec la neige jusqu’à la taille ne lui disait à vrai dire guère. Elle savait ce qu’était l’hiver dans les régions septentrionales et ne souhaitait à personne une telle aventure sans compter qu’elle imaginait les loups traquant de la chair fraîche perdue ou égarée non loin de la route Royale. Mais son attention fut bien plus attirée par le nom que prononça sa compagne. Elle reposa son verre assez brusquement.

 « Dayne ? Oberyn Dayne ? » Si sa surprise aurait pu passer pour une louange du chevalier digne de porter le titre d’Epée du Matin, la suite prouva qu’il n’en était rien. Le petit chevalier de merdaille !  « Par les Sept ! Je ne sais pas comment vous pouvez être amie avec ce genre d’hommes. Enfin, je ne le connais sans doute pas comme vous alors je ne juge que sur peu de choses mais il m’a paru tellement imbu de lui-même... A croire qu’il se prenait pour le Guerrier revenu entre les hommes. Enfin, je suppose qu’il avait été ravi de vous venir jusqu’à Salvemer… » Elle disait cela plus par politesse qu’en y croyant vraiment. Elle avait déjà vu ces guerriers à l’œuvre et ils n’aimaient guère avoir des femmes dans leurs jambes au moment du combat. Ils les appréciaient surtout quand elles écartaient les cuisses pour le retour et le repos du guerrier. Ceci dit, les mœurs de Dorne étaient plus légères, tout le monde le disait, et sans doute la jeune Ferboys s’était-elle laissée aller à quelques privautés avec l’abruti des Météores. Prudemment, elle préféra ne rien ajouter sur le sujet revenant à la discussion bénigne sur les régions et les couronnes à visiter.  « L’Ouest est intéressant parce qu’il est riche. Mais sinon la région n’est pas réellement belle. Ses montagnes sont petites comparées à celles du Val et la terre est surtout rocailleuse là où le Val est, lui, fertile. Pour le Nord, je ne sais pas. Ma grand-mère qui était née Stark me parlait surtout de ses forêts et du froid, des barrals et du Mur. Mais je ne me souviens pas de beaucoup plus. Il faut passer le Neck et les anciennes Tours des Enfants de la Forêt à Moat Cailin. »

La jeune femme lui indiqua ensuite les motivations profondes qui la poussaient ainsi à courir le monde. Il y avait de quoi envier la liberté des femmes de Dorne en l’écoutant mais, finalement, le mariage marquait le même couperet pour chacune qu’elle soit du Val ou du Sud. Enfin, pour sa part, elle n’avait guère à se plaindre.

 « L’ombre s’approche-t-elle à ce point que vous soyez toujours sur les routes à la fuir ? Vous avez sans doute raison. De toutes les façons, à nos âges plus qu’avancés pour le marché des alliances, il faut s’attendre au pire : un barbon ou le voile de septa…Quoiqu’il paraît que dans vos sables, on ne prie guère les Sept. Profitez donc du temps qui vous est donné. »
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Message Mer 11 Avr 2012 - 14:20

La discussion passait et dehors le soleil continuait sa course dans l’astre. Le soir commençait à se faire légèrement sentir, les rues étaient légèrement moins peuplées et des gens commençaient à s’attabler pour des bières et du vin avant de manger un petit repas. Edarra elle, allait certainement grignoter un peu à l’auberge avant d’aller directement se coucher histoire de se préparer pour la route de demain. Son interlocutrice lui confia que les villes loin des ports étaient souvent plus petites mais aussi plus paisibles. Hochant la tête en sirotant son verre elle ne pouvait qu’être d’accord. L’eau attirait de toute manière bon nombre d’animaux et dans le désert, se rafraîchir à une rivière n’était pas un acte simple et sans danger. Car si l’homme préférait être prêt de l’eau, les autres bestioles aussi. Finalement, la jeune dame du nord lui posa quelques questions sur son besoin de voyage et son envie apparente de s’éclipser à chaque fois, partant dans des contrées reculées. Lady Maura lui dit ensuite qu’en tant que suzerains ils n’avaient pas à se déplacer comme les vassaux. Politesse oblige. « En fait, Dorne n’est pas une région où vous trouverez nombre de villages sur votre route. Les villes sont très éloignées les unes des autres. Ainsi, envoyer un messager n’est jamais aisé et on préfère souvent se déplacer en grandes congrégations jusqu’à une autre ville pour régler ses affaires au plus vite. Depuis, j’ai l’habitude des voyages et ne trouve plus les désavantages et les dérangements de la route aussi gênants. »

Toute petite déjà, sa mère se déplaçait en personne là où elle avait des affaires. Elle faisait confiance qu’à un nombre restreint de personnes et voulait toujours s’assurer elle-même du bon fonctionnement de ses plans. Ainsi, elle disait toujours ‘on est jamais mieux servi que par soi même.’ Et Edarra ne pouvait que confirmer. De toute manière, on ne contredisait pas ouvertement Shyra sous peine de passer de mauvais jours juste après. La jeune dame assise avec elle admit que le voyage dans le Bief ne serait pas reposant étant donné que les mariages sont toujours des affaires de politiques ; mais même si elle ne se reposait pas autant qu’elle le voulait, elle était tout de même heureuse de revoir de sa famille. Edarra sourit. « J’imagine qu’il doit être agréable de voir des gens sympathiques en temps de guerre. » Elle avait elle-même une envie étrange de voir son frère et son oncle juste pour se sentir à la maison et tranquille. A sa réflexion sur le bruit et les grandes villes, Lady Arryn s’étonna quelques peu. « Je pense qu’étant donné que je suis habituée au désert, toute cette agitation doit me changer. Lancehélion est aussi pas mal bruyante c’est vrai. » Les Dorniens n’étaient pas des gens très silencieux en public même si ils étaient aussi très doués pour les attaques en fourbe. Mais après tout, attaquer par derrière n’empèche pas d’avoir une grande gueule et le caractère chaud bouillant.

La jeune dame du Val lui confia ensuite que des mémoires n’étaient pas seulement utiles littérairement parlant mais que pour sa famille ce serait certainement un trésor inestimable pour ses enfants et petits enfants par rapport à son expérience et ses pensées. Elle hocha la tête, pensive en s’imaginant vieille entourée de ses enfants adultes et de petits enfants plus jeunes. « Hum c’est une idée qui demande réflexion en effet vous avez raison… » Alors que la Dornienne abordait l’idée d’aller sur l’île aux Ours, sa compagne sembla s’étonner de son intention avant d’avouer que l’automne ou l’hiver ne seraient pas de bonnes saisons pour s’y rendre à cause du danger. Alors qu’elle avait dit le nom de son bien aimé, elle sembla déceler très clairement une sorte de surprise voir colère sur le visage de la dame Arryn. Elle avoua ensuite son aversion pour le personnage alors qu’Edarra encaissait tout avec un visage paisible et neutre, à l’écoute. Elle ne se faisait pas d’illusion sur une possible amitié avec la dame du Val mais elle n’aurait pas imaginé que son chevalier aurait fait une aussi forte impression que une noble comme celle la. « Oui il était assez content de ma présence. » Elle but encore une gorgée à son verre. Il avait surtout était inquiet et s’était certainement gardé de qualifier le comportement de sa bien aimée de dangereux et fou. Mais il allait falloir s’y habituer car la jeune Dornienne avait bien hérité du caractère buté de sa mère et ne se laisserait pas marcher sur les pieds par un homme, même si c’était son mari.

La dame du nord changea finalement de sujet pour parler de la région de l’ouest et des régions un peu plus haut. Edarra écouta patiemment. « Ca a l’air très intéressant en effet. Je pense que si l’eau de se gèle pas longtemps et nous offre un automne ainsi qu’un hiver court, je reviendrais pour explorer tout ça. Les montagnes blanches ont l’air magnifiques de loin et il me tarde de les voir de près. » Elle n’avait jusqu’alors qu’entraperçu les monts lors de ses voyages. Lady Maura finit par aller dans son sens au sujet des voyages et du mariage. A croire qu’à travers les régions, elles avaient toutes les mêmes ambitions. « Oui, sur ce sujet nous sommes toutes les mêmes. En tout cas j’espère que vous aurez un mariage heureux et confortable et plein de beaux héritiers. Pardonnez-moi mais je dois me retirer. Une longue route m’attend demain et je dois me reposer pour faire le plus de chemin de jour. Je vous souhaite un bon voyage dans le Bief et que les guerres s’éloignent le plus possible de nos côtes. » Sur ce, elle salua la noble avant de sortir de l’auberge et regagner le lieu où elle résidait à fin de conclure le chapitre tourmenté de Port-Lannis.
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Etre femme de temps en temps [Maura]

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