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Tout les matins du monde ... [Cassana]

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Message Ven 24 Fév 2012 - 10:55

Voilà plusieurs jours que Jeyne était arrivée à Port-Réal par la voie maritime. A son plus grand ravissement, la ville lui avait apporté le réconfort et le calme nécessaire à l'épanouissement de sa foi religieuse, elle avait ainsi pu prier avec toute la concentration dont elle avait besoin pour le rétablissement de son père. Ce dernier occupait ses pensées jour et nuit, la demoiselle se faisait une inquiétude folle à son sujet et sans la présence rassurante de septa Léonette à ses côtés la jeune femme aurait sa doute déjà rejoint son île natale. Et puis elle était bien à Port-Réal, elle devait bien se l'avouer. Elle connaissait désormais assez bien la ville pour l'avoir visitée en long et en large en compagnie de sa septa et ne se perdait plus dans les rues tortueuses de la ville qui lui semblait si labyrinthique au début de son séjour.
L'auberge où elles résidaient lui plaisait beaucoup également, elle était petite mais douillette et ne manquait pas de confort. Il faut dire que septa Léonette avait été particulièrement minutieuse et attentive quant au choix de l'endroit où elles dormiraient, précisant sans cesse que son dos la faisait souffrir et qu'elle avait donc besoin d'un bon lit. La chose arrangeait bien Jeyne qui n'avait pas l'envie de se préoccuper avec ce qu'elle appelait « les affaires de second ordre » et qui était au final bien contente de se retrouver dans un lieu confortable.
La cuisine de l'auberge convenait aussi aux hautes exigences de la septa qui avait montré une attention toute aussi particulière à ce détail, précisant cette fois-ci que c'était ses brûlures d'estomac qui la torturaient chaque jour. Jeyne eut légèrement honte de son comportement devant les commerçants mais, hormis le léger pourpre que prenait ses joues dans ce genre de situation, elle ne montra pas de signes extérieurs de son trouble. L'aubergiste Belyna s'était d'ailleurs montré d'une grande gentillesse avec elles et la demoiselle se sentit beaucoup moins gênée en sa présence qui s'était révélée au fil des jours comme attachante et compréhensive. Elle leur montrait ainsi des attentions particulières, leur servant une petite entrée supplémentaire lors du repas du soir, ou passant une bouilloire dans leurs draps avant l'heure du coucher. Cependant Jeyne appréciait particulièrement le petit-déjeuner, tôt le matin, moment où septa Léonette était encore couchée et où la demoiselle regardait, avec une passion sans cesse nouvelle, les gens au dehors occupaient à leurs activités quotidiennes.
Atablée comme à son habitude, Jeyne revassait devant son bol désormais vide, elle ne vit pas arriver l'aubergiste qui tenait en équilibre dans ses mains une montagne de plats qu'elle devait servir aux autres clients.

-Désirez-vous un peu plus de lait lady Jeyne ? Ou un de ces pains que vous semblez tant apprécier ?

Surprise, la demoiselle leva des yeux encore légèrement ensommeillés vers la dame.

-Je veux bien un peu plus de lait avec un pain, merci Belyna.

Voyons bien que Jeyne n'était pas dans son état habituel et qu'une légère mélancolie s'était éprise de son regard, elle se posa devant elle, ses plats toujours en équilibre précaire sur ses bras.

-Lady Jeyne, êtes-vous sûre que ça va ?

-Oui oui Belyna, merci …

Sa réponse était évasive, elle n'avait pas réellement prêter attention au propos de l'aubergiste préférant garder son regard fixer au loin dans la rue. C'était une matinée bien morne, où le temps gris semblait avoir plonger la ville entière dans une tristesse praticulière, Jeyne y comprit. L'aubergiste reprit son activité tranquillement laissant la demoiselle dans ses pensées. La demoiselle avala les dernière gouttes de lait qui perlaient encore au fond de son bol en songeant à ce qu'elle allait faire aujourd'hui. Il était encore tôt, l'aube venait à peine d'offrir les premières lumières du jour, elle devait donc attendre encore quelques temps que sa dame de compagnie se réveille. Elle n'osait le fair elle-même, préférant la laisser se reposer en se disant qu'elle serait plus en forme pour prier et se promener dans la ville.
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Message Sam 25 Fév 2012 - 4:41

Le ton morne de l’atmosphère annonçait une journée tout aussi peu rieuse pour la prêtresse rouge venue d'Asshaï. Alors que d'austères nuages cachaient à sa vue la plupart des rayons du soleil qui finissait de s'éveiller et qu'elle espérait tant, les étoiles elles, continuaient de s'effacer avec une lenteur qui l'agaçait un peu.
La matinée avait débuté depuis bien longtemps pour Cassana ; avant même que la lune, dans sa robe argentée, ne décide de se retirer et que l'éther ne s’enorgueillisse d'une magnifique tenue cyclamen, saumonée et ambre, la femme s'était levée, comme chaque jour.

Sempiternellement, elle avait revêtu ses écarlates vêtements rêches, antiques souvenirs d'un passé délicieux, accompli sa prière aimante et musicale avant de partir faire sa si habituelle tournée des miséreux. Selt l'avait accompagnée alors que la grisaille commençait à étendre ses noires ailes ici et là. Le long voile terne aux nodules chimériques avait eut tôt fait, tandis que leurs pas les menaient dans une ruelle comme les autres, de prendre possession du firmament entier. R'hllor était-il en colère ?
En un même temps, en réponse à cela, la ville - ou du moins ce qui l'entourait - parut se teinter d'une mélancolie peu amène. Le temps avait toujours eu un effet sur l'humeur des gens et une fois encore, cela se vérifiait. Les salutations étaient moins perlées de gracieux sourires aériens que lorsqu'il faisait magnifique, les personnes bien moins enclines à s'arrêter pour déblatérer quelques courtoisies qu'ils auraient si-tôt oublié. On devenait, dans les rues de Port-Réal, des fantômes vivants seuls au monde qu'un vent poussif dépassait sans peine.

L'inspection des divers macadams que les ombres absentes noircissaient plus que prévu fut abrégée par manque de présences à rassurer, d'hommes et de femmes à qui offrir un peu de chaleur. Tel un vol d'oiseaux fuyant un alizé qui attisait un feu incontrôlable, les pauvres avaient déserté leurs endroits de prédilection pour la plupart, cherchant sans doute à se réchauffer. N'était-ce pas de mauvaise augure ? La prêtresse n'y songea même pas, toute à ses questions de théiste qu'un peu de brume avait insinué dans ses esprits.

Selt prétexta une affaire sur le chemin du retour et la laissa seule avec sa conscience enfumée. Elle le regarda disparaitre dans un silence religieux et soupira quand le dernier de ses talons se fut à son tour évaporé derrière un mur mâchuré et décrépi.
Ainsi que tous, elle était mortelle et n’échappait pas aux caprices de la nature. Mille poisons, si on lui demandait, l'inquiétaient bien moins que cet environnement maussade contre lequel elle ne pouvait rien, pas même lutter et qui s'emparait de ses pensées comme si elle n'était qu'un pantin fait de cordes usagées que d'obscures clartés pouvaient manier sans s'incommoder des conséquences.
Elle se sentit emplie d'une fatigue qu'elle ne se connaissait pas et à laquelle en même elle avait déjà goûté. Comme si l'air aspirait hors de son corps son énergie, une lassitude dangereuse naissait sur les cendres de celle-ci et trouvait en son sein un refuge confortable dans lequel s'épanouir. Ce n'était guère de l'anémie et les plus familiers de ses fidèles auraient sans doute dit qu'elle se sentait, simplement, flapie mais la femme hésitait à présent à aller se recoucher directement pour une heure, maximum. Une sieste comme elle s'en accordait peu.
Se blottir tout contre le brasier suffirait-il à ranimer sa flamme qui visiblement hibernait ? Elle souffla dans ses paumes, avide de recouvrer un peu de volonté.

" Timmy, r'viens ici ! "
Une voix bien connue d'une voisine de palier rompit le vide mortifère vers lequel ses raisonnements penchaient. Se détournant de la porte si souvent elle aussi aux prises avec les intempéries de sa chaumière qu'elle avait enfin rejoint, Cassana chercha du regard le dénommé Timmy, un gringalet de dix-douze printemps au maximum qui avait décidé de tromper l'ennui matinal en jouant au brigand de petit chemin.
Le larron dans ses mains encore légèrement potelées par l'enfance faisait tinter une bourse aussi peu fraiche que sa tenue. Sans doute n'y avait-il dedans plus d'un ou deux cerfs d'argent mais le petit en s'enfuyant dérobait là les économies de ses parents.

La matrone qui lui courait après indiqua à la prêtresse d'un regard implorant son besoin d'aide urgent. Le Timmy était frêle et léger et tenait sans souci en halène sa mère dont le corsage ballotant rappelaient les pis d'une vache pleine. A vrai dire, la créature que l'on aurait pu qualifier de nymphe ayant trop été engrossée avait à ce jour tout du ruminant : la taille et l'air idiot. Ses joues rougies par l'effort menaçaient d'exploser à chaque souffle qu'elle reprenait et ses jambes trop courtes pour supporter son poids risquaient à chaque pas de la lâcher et de la faire s'effondrer misérablement.

Prise de pitié pour la daronne trop âgée pour jouer au garde vaillant et rutilant de santé et peut-être parce qu'elle s'ennuyait bien trop et ne désirait pas laisser passer une occasion de se distraire, Cassana finit par venir prêter main forte à la sylphide déformée.

Elle n'était pas une athlète et malgré la danse, elle n'était plus non plus assez jeune pour de folles courses. Aussi, si elle et sa proie perdirent bien vite la pauvre maman qui maudissait en hurlant la chair de sa chair pour son acte effronté, elle ne réussit point à rattraper le criminel en culotte courte qui gigotait de plaisir d'ainsi se voir pourchassé. Que comptait-il faire de la menue monnaie ? Elle l'ignorait mais, lorsqu'elle perdit sa trace dans une rue plus occupée que les semblables qu'elle venait de traverser, elle dût s'arrêter, reprendre son souffle et espérer que son instinct ne la tromperait pas.
Quelles futilités pouvaient bien passer dans le crâne d'un moujingue si mal élevé ? Allait-il chercher à s’enivrer grâce à de la pisse ou de l'eau de mer mélangée à l'alcool frelaté ? Plus loin, une boulangerie agrémentait la rue d'une odeur de pain qui déjà la faisait saliver. Où ce forban avait-il pu se réfugier ?
Elle opta pour l'auberge, supputant qu'il n'était plus assez innocent pour avoir simplement rêvé d'une miche briochée encore chaude. Oui, sans doute avait-il désiré espérer faire comme les grands et se saouler jusque plus soif... Ce qui risquait d'arriver bien vite vu sa carrure.

Elle passa la porte, regarda tout autour d'elle. Nulle trace du vilain, mais, plus loin, une porte et un escalier pouvaient abriter l’abscons et son larcin. La salle était charmante, légèrement coquette, bien qu'un peu plus d'espace n'aurait pas été de trop. Quelques clients tous affairés à leurs petites affaires personnelles occupaient chaises, bancs et tabourets.
Les tables rondes étaient disposées en fleurs ouvertes dont les sièges étaient des pétales charmants bien qu'étranges. Ici, un tabouret le cul à l'envers indiquait que le bourgeon n'était pas encore mature - nul n'ayant pris la peine d'y poser son royal fessier - et là, une chaise tirée laissait entendre que la fleur se fanait -la place vide étant couverte de miettes -. Une émanation volatile aux parfums surprenants et excitant l'odorat vint occuper ses narines frémissantes. L'effluve de lait et de diverses denrées provenant de la cuisine ramena sur sa langue un surplus de salive dont elle se serait bien passé.
Elle l'avala avant d' héler la femme aux plateaux depuis le seuil, espérant ne pas se tromper et que l'oisillon voletant dans la mauvaise direction serait bien dans le coin :

" As-tu vu passer un gosse en guenilles avec quelques pièces qui voulait picoler ? "
Il y avait une demoiselle aux jupons bien riches pas loin de l'entrée qui paraissait subjuguée par ce qui se déroulait à l’extérieur et lapait, mélancoliquement, le fond de son couvert. Avec un peu de chance, si la tenancière avait été aveugle, cela ne serait pas son cas, à l'étrangère... Et avec encore plus de chance, elle n'aurait pas à se répéter.
Enfin, si elle voulait bien tourner, la chance vu que R'hllor n'avait pas l'air de vouloir modifier son cours.
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Message Ven 2 Mar 2012 - 14:35

Toujours attablée devant son premier repas de la journée, Jeyne avalait silencieusement le contenu de son bon nouvellement rempli par la tenancière de l'auberge quelques instants auparavant. La demoiselle s'était plongée depuis plusieurs minutes déjà dans une méditation sereine sur la vie qui l'entourait et elle ne prêtait plus du tout attention à l'environnement qui l'entourait. Ainsi, le commerçant qu'elle observait tranquillement était devenu pour elle un support de réflexion sur la condition sociale au sein de Westeros. Elle ne savait pas pourquoi elle appréciait ce type de réflexion, surtout le matin par un temps aussi morne, mais elle y trouvait une sorte de satisfaction solitaire et stimulatrice de la pensée intérieure. Elle n'exposait pourtant que très peu ce jardin intime qu'elle réservait à elle seule, même ses confidents les plus proches n'en avaient jamais entendu parler, s'efforçant de penser que de telles préoccupations n'étaient de toute évidence pas du ressort d'une jeune dame comme Jeyne.
Elle termina rapidement son bol et le posa sur la table pile à l'endroit ou il reposait un peu auparavant et s'attarda un instant sur un jeune garçon qui venait d'entrer dans l'auberge avec un air tout excité. Il courut sans s'attarder, lançant un regard malicieux en passant devant Jeyne avant de monter l'escalier qui permettait de rejoindre les chambres à l'étage. Ne se posant pas plus de questions, se disant que le garçon devait rejoindre un de ses parents encore endormi, elle se replogea presque immédiatement dans ses réflexions matinales.
Elle racla le fond de son bol et avala un bout de pain avant qu'une distraction vienne une fois de plus déranger son calme réveil.
C'était cette fois-ci une dame qui venait de faire son entrée, elle dégageait une impression étrange et l'aura de bizarrerie qui exaltait d'elle n'était que renforcé avec la robe usée à maints endroits qu'elle portait. Pourtant à son regard chaud, Jeyne comprit instantanément qu'elle n'était pas aussi étrange qu'elle le paraissait, elle était aussi humaine qu'elle et la demoiselle ne serait pas étonée de découvrir derrière cela une foi religieuse au moins égale à la sienne. Elle ne lui prêta pourtant pas la moindre attention et Jeyne aurait pu ne pas la remarquer si elle n'avait demandé la localisation de l'enfant qui venait de passer à Belyna. Voyant que l'aubergiste ne répondait pas, elle prit la parole.

-Bonjour, je pense pouvoir vous aider. Je viens effectivement de voir un enfant mais il ne souhaitait apparemment pas boire comme vous semblez le suggérer. Il est simplement monter à l'étage des chambres comme s'il était pressé ...

Alors que la jeune femme n'avait même pas terminé sa phrase un cri de femme se fit entendre dans les étages supérieurs de l'auberge. Suprise Jeyne tourna la tête en direction des escaliers d'où provenait désormais un grand vacarme. Celui-ci dura plus ou moins deux minutes, avant que la jeune femme n'affiche un sourire légèrement moqueur face à la situation.
Septa Léonette fit ainsi son apparition, descendant les escaliers comme si elle était sortie d'une antre maléfique, ses cheveux dépeignés se dressant sur sa tête tel des serpents agités, elle tenait fermement à bout de bras le gamin qui venait de passer quelques intstants plutôt et qui semblait désormais effrayé par la si courtoise septa.

-Ne recommence pas cela gamin, tu m'entends ?! On n'entre pas comme cela dans les chambres des gens pendant qu'ils dorment c'est compris ?!

Le gamin faisait oui de la tête, effrayé qu'il était. Dissimulant son sourire tant bien que mal, Jeyne se leva et décida de prendre la situation en main.

-Allez vous recoiffer et vous habiller septa Léonette, il me semble que quelqu'un est là pour cet enfant. Tu viens avec moi ?

Elle s'était agenouillée devant le petit qui lui adressa un sourire plein de gentillesse et qui attrappa la main que Jeyne lui tendait. Elle se retourna alors vers la dame en lui adressant également un sourire.

-Je pense que c'est ce petit garnement que vous cherchez ? Il semblerait qu'il soit très doué pour faire peur aux gens.

Jeyne lui tapota sur la tête en guise d'affection et l'amena jusqu'à la dame qui avait patiemment attendu.
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Message Sam 10 Mar 2012 - 23:49

Elle demeura silencieusement surprise tandis que l'inconnue trop bien vêtue s'occupait du gosse comme si celui-ci n'était qu'un petit animal chétif quémandeur de caresses et n'ayant rien fait de mal. L'arrivée de la ... Furie aux airs d' harpie mal peignée et toute froissée tenant le môme sans façon l'avait déjà remplie d'incrédulité mais alors là...
Le dénommé Timmy avait trouvé un moyen pour donner des couleurs à sa journée. De bizarres teintes, mais tout de même. Dans quel guêpier les avait-il fourrés ? Elle aurait vraiment dû rester couchée, ce matin.

Elle avait été rassurée lorsque l'étrangère lui avait indiqué avoir vu le gamin suite à l'absence de réponse de la part de l'aubergiste. Le cri strident et trop aïgu avait cependant annoncé le souci à venir puis la descente de la créature agacée tirant le chenapan avait démontré qu'elle aurait dû écouter son instinct. Quant à la petite scénette qui s'était déroulée ensuite devant elle, la chose l'aurait faite soupirer de désespoir si elle n'avait pas été aussi déconcertée.
Une Septa. La matinée allait être encore pire que prévue. La jeune beauté désirait l'accompagner dans les bas-fonds pour rendre l'ouaille à sa génitrice en présence de cette croyante en de faux dieux.

Ce n'était pas totalement la faute de Timmy mais elle lui décocha un regard noir en tendant la main vers lui. La madone l'ayant rapproché, il n'avait plus que le choix de lui rendre la bourse de sa daronne si il ne fuyait pas encore.
Il finit par lui remettre, non sans hésitations. Lorsque le tissu usé toucha sa paume et que les pièces sonnèrent légèrement, elle se permit enfin un souffle exaspéré. Le voyage du retour promettait d'être long même si il n'y avait que peu de distance.

" Demandes pardon pour le dérangement. "

Fit-elle au moujingue d'une voix ferme. Il n'avait pas eu le temps de faire trop de stupidités, c'était déjà cela de pris. Un coup d’œil vers la damoiselle lui assura cependant que d'autres problèmes risquaient de se profiler à l'horizon. S'était-elle seulement regardée ? Avec sa si jolie robe, elle risquait de devenir la cible de tous les voleurs du coin où ils allaient se perdre...
Enfin, ce n'était pas "son" tourment à elle. Si la belle désirait finir déshabillée dans une ruelle noire, sans plus un sou, c'était là son choix. Bien que... Si la Septa s'interposait, elle serait bien capable d'effrayer les possibles larrons avant qu'ils aient eu le temps de commettre un seul méfait. Y avait-il chose plus dangereuse qu'une femme réellement en colère ?

" Merci d'avoir attrapé le petit. "
Les remerciements lui brulèrent les lèvres mais puisqu'il fallait attendre la "religieuse", il fallait aussi combler ce silence agaçant qui s'installait. Elle qui avait espéré pouvoir filer aussi vite qu'elle était arrivée en guidant la fripouille par l'oreille, voilà qu'elle était fort bien attrapée à son tour. Aurait-elle, en plus, le droit à un débat théologique qui ne l'intéressait pas du tout durant le trajet ?

" Je suis Cassana. Et toi ? "
Rajouta-t' elle à l'intention de Jeyne après un énième court instant sans babillage. Faire parler l'inconnue était une solution satisfaisante pour faire passer le temps. A la vue de sa tenue et de l'endroit où elles se trouvaient, soit la dame voyageait, soit elle avait simplement eu une menue fringale. Cependant, le fait qu'elle semblait liée à la Septa réduisait à néant les probabilités que la seconde hypothèse fut la bonne. Une femme riche qui n'était pas de la ville. D'où venait-elle ? Son accent ne trahissait pas grand chose.
En tout cas, si elle accompagnait la prêtresse c'est qu'elle devait avoir foi aussi, en les Sept, sans doute. Était-elle Septa elle-même ? A part si les ingrats serviteurs de ce culte futile avaient décidé de gaspiller totalement l'argent de leurs pauvres fidèles en tissus de qualité, il y avait peu de chance...
S’agacerait-elle d'être tutoyée sans méchanceté ?
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