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TERMINE - Drôle de rencontre [Daeron]

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Message Mer 22 Fév 2012 - 15:19


Alys était déjà tout à fait réveillée lorsque sa gouvernante entra dans sa chambre dans l'intention de la tirer du lit. Elle n'avait cessé de se tourner sous ses couvertures, trop excitée par l'aventure qui devait meubler sa journée d'aujourd'hui pour se laisser capturer par le sommeil. En effet, la jeune femme se trouvait, pour la première fois de sa courte vie, à plusieurs jours de cheval de Grigibets, exactement à Port-Réal, capitale du Royaume des Sept Couronnes.
Pour réussir cet exploit, il avait fallu qu'elle poursuive son frère cadet dans tout le château des Trant pendant une grosse semaine et le supplie, armée de son regard le plus larmoyant, de l'emmener avec lui pour le voyage qu'il devait entreprendre jusqu'au Donjon Rouge. Theodan avait fini par céder et par demander l'autorisation de leur père – autorisation qui ne lui avait été accordé qu'à la condition qu'il veille sur sa petite soeur comme sur sa propre vie et ne la lâche pas d'un sabot. Alys était bien consciente qu'elle ne devait la réussite de son plan qu'à l'absence momentanée de Lorant, leur aîné, qui aurait été nettement plus réfractaire à cette idée.
Ainsi Theodan, Alys, la vieille gouvernante et trois hommes d'arme de la garde personnelle d'Othell Trant étaient arrivés à la capitale à la tombée de la nuit et s'étaient établis dans la meilleure auberge de la ville pour y passer la nuit.

_ Je n'arrive pas à croire que je vais voir le Donjon Rouge ! S'exclama la jeune noble en s'extirpant de son lit pour en descendre et trottiner à travers la pièce, mollement poursuivie par Ereid, la gouvernante qui tempestait contre ce débordement d'énergie matinal. J'ai vu les plans de sa construction, tu sais ? Dans le livre sur les châteaux que Père a fait venir à Grigibets. C'est quelque chose d'impressionnant.

Ereid secoua la tête d'un air désespéré. Pourquoi fallait-il, qu'entre tous les enseignements qui lui avaient été dispensé, sa jeune maîtresse ait fait une passion de l'architecture. C'était aussi étrange que son amour débordant pour les petites bêtes à plumes.

_ Tenez-vous un peu tranquille, voulez-vous ? Si vous ne me laissez point vous vêtir, votre frère vous attendra jusqu'à la nuit et aucun de vous ne verra ce fameux donjon qui vous met tant en joie.

Alys arrêta de gigoter et laissa sa gouvernante lui retirer sa longue chemise de nuit. Comme elle avait eu un bain la veille avant d'aller dormir, elle n'eut qu'à enfiler la superbe robe couleur crème discrètement brodée de fils bleus que sa mère avait fait emporter pour elle. Lorsque ce fut fait, Ereid entreprit de défaire les rubans qui avaient empêché que ses longs cheveux ne s'emmêlent pendant la nuit. Elle ôta le dernier et prit une brosse en main lorsqu'on donna quelques coups sur la porte de la chambre.

_ Alys, tu es prête ? Demanda la voix de son frère.

La jeune femme échappa à sa gouvernante en se ruant vers la porte qu'elle ouvrit en grand pour se jeter contre Theodan. Le jeune Trant leva les yeux au plafond mais enlaça sa petite soeur en déposant un baiser dans ses cheveux détachés.

_ Je suis si contente que tu m'aies emmenée avec toi. Merci.
_ Oui mais rappelle-toi : tu as promis d'être sage et raisonnable.
_ Ne te fais pas de souci. Raisonnable, c'est mon second prénom. Alys Raisonnable Trant, lui assura la blondinette et lui décrochant un sourire d'innocence et de ruse mêlées.

Theodan haussa un sourcil mais n'ajouta rien à ce propos. De toutes manières, il était bien conscient qu'il avait toujours été moins doué que Lorant pour tenir tête à sa petite soeur. Rien que le fait de la voir heureuse ainsi lui coupait toute envie de lui imposer trop de règles. Il avait beau faire un adverse émérite à l'épée, il était totalement faible face aux grands yeux bleus d'Alys.

Une dizaine de minutes plus tard, les Trant et leur petite suite arrivent en vue du Donjon Rouge. Accrochée au bras de son frère, la jeune femme se retint de sautiller sur place pour contenir son excitation. La barbacane était vraiment impressionnante. Une immense porte à double battants en bronze sur laquelle la herse levée permettait le passage à des attelages allant et venant. Alys n'avait jamais vu un mur d'enceinte aussi haut. Elle leva le nez vers le ciel pour tenter d'en apercevoir la cime. Un vieux mendiant s'approcha d'eux en tendant une main tremblante pour réclamer une petite pièce. Alys lui sourit avec douceur et fit signe à Ereid de lui donner un petit quelque chose. La gouvernante s'exécuta en pensant que, connaissant sa jeune maîtresse, tout l'argent que lui avait donné son père pour s'acheter de belles choses à la capitale allaient aller aux mains de tous les affamés de la ville. Sentant Theodan gonfler sa poitrine d'air et de fierté, Alys fit de même et ils pénétrèrent dans l'enceinte de la forteresse.
Aux abords de la salle du Trône, son frère lâcha son bras et se mit face à elle pour bien la regarder dans les yeux :

_ Je dois aller faire quelque chose mais tu ne peux pas venir. Tu vas me faire le plaisir de rester avec Ereid, Gallior et Mastefer, d'accord ? A mon retour, nous irons faire les échoppes et t'acheter quelques souvenirs à ramener à Grigibets. Tu m'attends. Je suis sérieux. Je veux te retrouver sur cette même dalle quand je reviendrai.

A la manière dont il insistait, on pouvait aisément comprendre que la demoiselle n'était pas du genre à rester en place bien longtemps. Alors qu'il s'éloignait avec le troisième garde – Guillem – Theodan se retourna plusieurs fois vers sa soeur pour s'assurer qu'elle faisait ce qu'il lui avait demandé. Elle resta plantée là à lui sourire gentiment jusqu'à ce qu'il disparaisse finalement à l'angle d'un bâtiment. La seconde suivante, elle se mettait en route en direction du coeur de la forteresse.

_ De grâce, Mademoiselle. Votre frère vous a demandé de rester ici, se plaignit Gallior en lui emboîtant le pas.

Alys secoua la tête et répliqua, un sourire narquois au bord des lèvres.

_ Point du tout. Il a simplement dit que, quand il reviendra, je devrais me trouver sur cette dalle. Dans l'intervalle, il faut juste que nous restions ensemble. Ce qui implique donc qu'il vous faut me suivre si je me déplace. Nous reviendrons sur la dalle un peu plus tard et Theodan n'en saura rien.

Aujourd'hui encore, Ereid maudit l'esprit trop affuté de sa maîtresse. Elle savait y faire pour interpréter les ordres d'une manière arrangeante. Flanquée de ses trois gardiens, Alys commença donc à fureté dans la cour. Elle cherchait quelque de précis. D'après l'étude des plans qu'elle avait menée se trouvait dans cette enceinte un lieu nommé le Bois Sacré. Si elle avait fait tout ce chemin depuis Grigibets c'était essentiellement pour avoir une chance d'apercevoir « l'arbre-coeur ». On le disait couvert de fumevigne et il plaisait de le voir de ses yeux.
Elle pouvait dire en toute honnêteté qu'elle n'avait pas prévu de semer ses accompagnateurs. Après tout, ils ne la dérangeaient pas. Cependant, c'est ce qu'elle fit sans s'en rendre compte lorsque qu'elle aperçut un oiseau survolé l'endroit et qu'elle se mit à courir dans la direction qu'il avait prise, le nez en l'air pour ne pas le prendre de vue. Quand il disparut derrière un bâtiment, elle arrêta sa course et, le moment de déception passé, regarda derrière elle. Personne. Gallior et Mastefer allaient se faire drôlement disputer. Elle songea une seconde à revenir sur ses pas pour les retrouver mais cet air de liberté qu'elle sentait sur son visage était trop savoureux. Elle irait les rejoindre dans quelques minutes. Juste après avoir vu ce qui se trouvait derrière cet angle de mur, tiens ! Alys se dirigea droit devant elle, n'ayant aucune idée de l'endroit où elle se trouvait puisqu'elle avait couru sans regarder où elle allait. Cette partie de la forteresse lui semblait plus calme. Il y avait moins de gens alentour.
En débarquant devant un nouvel ensemble de bâtiments dont elle ignorait l'utilité, le regard d'Alys capta immédiatement celui d'un jeune homme qui se trouvait à une trentaine de mètres d'elle. Elle était certaine de ne pas le connaître puisqu'elle n'était jamais sortie de Grigibets mais alors quelle était cette sensation de familiarité qu'elle pouvait percevoir ? Immobile dans un rayon de lumière qui auréolait ses cheveux dorées et sa robe blanche pour la faire ressembler à un ange fraîchement débarqué du ciel, elle retint sa respiration. Il y avait quelque chose en lui qui la touchait... Soudain gênée de le dévisager de la sorte, Alys sentit le rouge lui monter aux joues. Elle se détourna très vite pour rompre le contact et fit volte face pour commencer à revenir sur ses pas.


Dernière édition par Alys Trant le Dim 24 Juin 2012 - 10:41, édité 1 fois
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Message Jeu 23 Fév 2012 - 18:25

Il dormait paisiblement. Oui, paisiblement. Pour la première fois depuis bien des années. Plongé dans le noir, sous des épaisses couvertures, dans sa chambre au Donjon Rouge. Il pensait à Peyredragon, il revoyait les murs de pierres noires, les dragons, et tout le reste. Pourquoi pensait-il à Peyredragon ? Il n'en avait absolument aucune idée. Et ce fut comme si Daeron y marchait, arpentant les couloirs sombres. Et il revoyait les dragons, oui, tous les dragons, les griffes qui jaillissaient du mur, tenant les flambeaux. C'était comme si il y était oui, mais il n'y était pas. A Peyredragon, il n'y avait plus de dragons. Tous étaient ici, à Port-Réal, à Lestival, ou à Lancéhélion. Et puis soudain, le soleil arriva, lui brûlant les yeux. Lentement il fut tiré de son sommeil par quelqu'un qui le secouait sans ménagement. Tant bien que mal il essaya de repousser la personne qui faisait ça et qui allait bientôt perdre ses mains, puis finalement il se redressa d'un bon pour voir le sourire de Rohana. Chef de sa Garde peut-être mais pas son écuyer. « Va t'en toi ! » grommela t-il en lui lançant un regard mauvais, un mal de tête commençant à affluer peu à peu. Elle éclata de rire ce qui n'eut pour autre effet que d'assombrir son humeur un peu plus « Désolée. J'oubliais mon Priiince que vous n'avez pas les idées claires après tout ce que vous avez bu hier. Mais debout quand même. » Puis elle partit en claquant la porte. Foutue Nordienne. Si elle ne lui avait pas sauvé la vie -ce qu'elle lui rappelait sans cesse-, il l'aurait tué lui-même. Ou l'aurait fait tué plutôt parce qu'elle était une bonne combattante, trop bonne pour lui.
Il savait à peine tenir et se servir d'une épée, et pourtant, il en avait une belle. Tout comme il avait un bel étalon d'un noir de jais qu'il ne montait jamais. Un ivrogne qui se servait d'une épée ou d'un cheval, cela devait être vraiment comique. Il se leva rapidement, se saisissant aussitôt d'une bouteille de vin qui traînait sur une table avant prendre des affaires. Daeron s'habilla lentement, sans l'aide de personne, il n'aimait pas ça, il n'était pas encore sénile. Il n'acceptait l'aide de personne sauf lorsqu'il était ivre mort sur le sol. Plusieurs soldats, gardes, et même des Dents de Freux. C'était normal en même temps puisque c'étaient eux qui gardaient le Donjon Rouge. De l'extérieur le bruit lointain des badauds étaient audibles, et c'était insupportable. Ils étaient confinés dans la cour extérieure, les cours intérieurs et inférieurs étaient réservées à ceux qui avaient une bonne raison de s'y trouver, des riches marchands, ou des nobles. Quand au Donjon Rouge, on y accédait seulement si on était noble, et si on avait une bonne raison de s'y trouver également, ou si l'on venait d'une famille puissante. Ainsi les Targaryens entraient où ils voulaient, tout comme les Velaryon devaient le faire après tout. La Salle du Trône était généralement toujours remplie de monde qui venait admirer le trône de Fer, forgé dans un métal solide, constitué des épées qu'Aegon I avait pris aux seigneurs durant la Conquête. Mais Aerys ne devait pas y poser son royal postérieur bien souvent. On disait le trône très inconfortable, comme tout les trônes d'ailleurs, parce qu'un trône n'était pas fait pour le confort, comme le titre de Roi d'ailleurs. On lui avait répété cela durant toute son enfance même si Daeron n'avait jamais compris pourquoi. Il n'y avait aucune chance à ce qu'il soit roi un jour de toute façon. Mais ça, c'était ce qu'il pensait avant le Fléau de Printemps, avant la mort de beaucoup d'héritier. Et désormais, lui, était le troisième en ligne. Ou peut-être le quatrième si on comptait son oncle simple d'esprit, Rhaegel. Aelinor ne donnerait jamais d'enfant à son mari, elle le lui avait elle même dit. Tout cela fatiguait Daeron, lui donnait envie de boire, encore et encore. De faire le contraire de ce qu'on lui disait, le contraire de ce que l'on attendait de lui.
Rapidement il passa devant la Salle du Trône, personne ne le reconnut car il avait mis des vêtements où nul dragon à trois têtes était visible, et il n'avait pas la chevelure d'or et d'argent des Targaryen. Les habitués eux, savaient que Daeron ne servait absolument à rien à part à vider la réserve de vin presque illimitée. Des bruits de pas retentirent derrière lui et lorsqu'il se retourna il vit Rohana, bien sûr. Il soupira encore et fit « C'est bon. Je resterai là touute la journée. Pas besoin de me suivre comme un chien. Va me chercher à boire si tu sais pas quoi faire. » Il savait qu'elle ne ferait rien de cela parce qu'elle ne se considérait pas comme une servante, ce qu'elle n'était pas, aussi furieuse, elle tourna les talons, grommelant des insultes. Cela n'eut pour autre effet que de le faire sourire légèrement tandis qu'il criait à une malheureuse servante qui apparut au détour d'un couloir de lui apporter du vin. Et il continua son chemin. Peu après la servante, épuisée par la course qu'elle avait du faire pour lui ramener du vin, le rattrapa. Sans même la remercier Daeron se saisit de la bouteille et commença à boire. Il se sentait bien lorsqu'il buvait. Tellement mieux que dans la réalité. Et son mal de tête disparaissait, et sa soif aussi. Personne ne pouvait comprendre ça, personne ne comprendrait jamais qu'il n'avait besoin que de ça pour être à peu près bien. Balançant la bouteille une fois vide il sortir enfin de la Citadelle de Maegor il respira l'air frais. Il avait dit qu'il ne sortirait pas de la journée. Non, il attendrait le soir pour pouvoir se glisser dehors, comme ça, la Nordienne ne pourrait pas le suivre. Il n'aurait qu'à lui trouver une occupation. Désemparé l'espace d'un instant, il se demanda quoi faire. La tête lui tournant légèrement, il s'avança alors au hasard. Si des cernes n'avaient pas encadrés ses yeux rougis par les abus, si sa peau n'avait pas été aussi anormalement pâle sans doute aurait-il pu passer pour quelqu'un de parfaitement bien portant. Mais quiconque connaissait les effets des abus et de la boisson le reconnaissait forcément. Ses vêtements étaient ceux d'un noble et non pas d'un vaurien. Même si il ne valait pas plus que le premier soudard venu. Enfin, il avait l'éducation en plus bien sûr, mais au fond, à quoi cela lui servait-il si ce n'était à séduire les jeunes et jolies nobles pour faire passer le temps ?
En parlant de jeune et jolie noble il en repéra une qui venait d'arriver. Elle ne l'avait pas encore remarqué. Elle était belle, ses cheveux d'or formait d'un halo lumineux autour de sa tête, et tout ça était renforcé par l'éclat de sa robe blanche. Sa noblesse ne trompait pas. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas savoir. Et à vrai dire, si Daeron n'avait pas connu tous les membres de sa famille, il l'aurait volontiers prise pour une Targaryenne. Peut-être était-ce une Velaryon après tout ? Peu importait. Il s'avança alors, et arrivé devant elle il fit simplement d'une voix assez lente. Parler après avoir bu n'était pas forcément une chose aisée, mais il avait l'habitude :

« Vous vous êtes perdue ? » A vrai dire, Daeron se fichait bien de ce que la demoiselle pouvait faire ici, et si elle était perdue ou pas. Il se fichait également de qui elle était, de quelle famille elle pouvait bien venir, tout ce qu'il voulait, c'était attendre que la nuit soit tombée, pour sortir boire, et se trouver une présence féminine pour la nuit. Peut-être allait-il faire un tour chez Messenda. Il était sûr d'être bien accueilli puisqu'il avait de l'or. Ou peut-être irait-il sur le port, chez Maerie. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas allé chez la prostituée. Car Maerie en était une, tandis que Messenda, elle, était une courtisane. Enfin, Daeron les plaçaient quand même toutes deux dans le même panier. Elles passaient quand même leurs journées à écarter leurs jambes contre de l'argent.
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Message Sam 25 Fév 2012 - 23:32

Depuis toute petite, Alys avait été couvée comme une jeune femme de son rang devait l'être. Aussi ne savait-elle presque rien de la vie et de ses pièges. Elle mettrait la main dans la gueule d'un dragon puisqu'elle ignorait qu'il la mordrait. Personne ne le lui avait dit après tout et le bon sens échappait parfois aux esprits les plus affûtés.
Tout en s'éloignant du jeune homme dont la seule vue l'avait fait rougir, Alys repensa à ses yeux cernés. Ils avaient l'air hanté par quelques pensées sombres. Elle prit une ou deux secondes pour se dresser des hypothèses mentales et ne réalisa que l'objet de son analyse ne lui avait emboîté le pas que tardivement, c'est-à-dire lorsqu'il se trouva juste dans son dos.

« Vous vous êtes perdue ? »

Entendre une voix si proche et si soudaine la fit sursauter. Elle fit vivement volte-face en mettant une main devant elle, comme pour se protéger d'une agression quelconque. Ses doigts fins effleurèrent le tissu du pourpoint de Daeron. Ses grands yeux bleus restèrent écarquillés le temps de comprendre la situation puis elle se détendit. En partie seulement.
Le jeune homme qu'elle avait dévisagé quelques secondes auparavant se trouvait à présent devant elle. Elle devait lever le nez pour le regarder dans les yeux, toujours ces mêmes yeux légèrement voilés d'ailleurs. Il dégageait une douce odeur fruitée qu'Alys avait déjà senti sur ses frères plusieurs fois. Celle du vin, à n'en point douter.

La demoiselle ouvrait la bouche pour lui répondre mais la referma sans prononcer un son. La voix de sa gouvernante hurlait dans sa tête : « Le protocole ! Le protocole ! » Elle ne devait pas oublier l'endroit où elle se trouvait après tout. Cet inconnu aurait pu tout aussi bien être un prince. Elle sourit intérieurement à cette idée saugrenue.
Elle regarda à droite, à gauche. Pas de Ereid. Aucune trace des gardes de son père. Pourvu qu'ils ne soient pas allés chercher son frère...
Selon le fameux protocole, elle ne pouvait pas parler à un homme toute seule. Il fallait ajouter qu'en plus, dans ce cas précis, elle ignorait totalement son identité D'ailleurs, elle ne devait pas parler à des inconnus, qu'ils soient mâles ou femelles. Deux raisons donc de se taire face à cette situation.
Bien évidemment, Alys passa outre, jugeant qu'il était pire encore ne lui faire l'impolitesse de ne pas répondre à sa question.

_ Peut-on se perdre lorsque l'on ignore où se trouve notre destination ? demanda-t-elle avec un sourire timide.

Elle avait le sentiment de se trouver physiquement trop près de lui mais elle ne parvenait à s'éloigner, car – aussi infondé cela soit-il, elle avait l'intime conviction qu'il avait besoin qu'elle soit là. Elle lui sourit de nouveau, avec beaucoup de douceur.

_ Je ne crois pas avoir le droit de converser avec vous sans la présence de ma gouvernante mais j'ai bien peur de l'avoir semée, elle comme mes gardiens d'ailleurs. A vrai dire, je m'offrais un petit temps de répit avant de les rejoindre.

Alys glissa distraitement une mèche de ses cheveux incroyablement blonds derrière son oreille droite.
Comme si elle avait complètement oublié cette histoire de chaperon, elle enchaîna :

_ J'espérais voir l'arbre-coeur dans le Bois Sacré mais ne puis en trouver seulement l'entrée. Comme je me sens sotte à présent...
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Message Dim 26 Fév 2012 - 19:17

La jeune fille sursauta à son approche ce qui fit sourire Daeron. Jeune fille. C’était le mot qui convenait. Elle avait l’air si jeune, si pure, tellement perdue. Avait-elle peur de lui? Vu le mouvement qu’elle avait fait pour se protéger ce devait sûrement être le cas. Il avait baissé son regard vers elle, elle était plus petite que lui. Comme toutes les femmes à vrai dire, et rare était les hommes qui arrivaient à sa taille. Les gardes qui le ramassaient parfois, ivre mort dans les couloirs du Donjon Rouge devaient sérieusement en baver pour le ramener jusqu’à sa chambre. Elle sembla figée l’espace d’un instant puis elle se détendit lentement. Daeron trouvait la situation assez drôle à vrai dire, il ne savait pas qu’il faisait peur à ce point. Quoi qu’avec ses yeux cernés et l’odeur de vin qui émanait de lui cela ne devait guère être encourageant… Mais il était bien vêtu, et ses vêtements témoignaient de sa noblesse, ou de sa richesse, cela seul aurait du suffire à la rassurer. Même si un noble ou un riche n’étaient pas forcément dignes de confiance. Elle ouvrit la bouche, voulant parler, mais aucun son ne s’échappa. Puis elle tourna la tête de droite à gauche, cherchant sûrement quelque un. De l’aide? L’idée le fit sourire encore. Il était un Prince, et il était incapable de faire du mal à quiconque, sauf lorsqu’il blessait les gens qui cherchaient à l’aider, les rejetant, attaquant jusqu’à leur faille. Comme il l’avait fait avec Aelinor, comme il essayait avec Shaïra. Il ne voulait pas de leurs aides, il cherchait à les éloigner de lui. A vrai dire il était sûre que la jeune fille ne lui parlerait pas, sans doute était-ce l’une de ces filles destinées à être Septa ou mariées contre leurs grés à un noble seigneur, chose qu’elles accepteraient têtes basses sans aucune résistance histoire de conserver l’honneur de leurs familles. L’honneur. C’était bien quelque chose que Daeron possédait peu. Tout comme la fierté personnelle. Il était un Targaryen, un dragon, un Prince même, et pourtant, il s’en fichait. Tout cela ce n’était que des titres, un nom. Il aurait pu aussi bien être un simple ivrogne roturier tout aurait été pareil. Sauf qu’il n’aurait pas eu de vin à volonté. « Peut-on se perdre lorsque l’on ignore où se trouve notre destination? » demanda-t-elle d’une voix timide. Daeron se redressa. Intelligente la petite. C’était à vrai dire trop compliqué pour qu’il y pense. Peut-on se perdre lorsqu’on ne sait pas où aller, c’était stupide. Il lui rendit néanmoins son sourire mais légèrement, comme si ce n’était qu’une simple formalité. Un mal de tête commençait déjà à le reprendre. Il haussa les épaules. Alors elle vagabondait. La jeune fille lui sourit avec beaucoup de douceur et ce n’eut pour autre effet que de faire reculer Daeron plus loin. Comme il méprisait ces sentiments, la joie, la douceur, tout cela semblait n’être qu’un lointain souvenir dans son esprit, et ces souvenirs étaient engloutis, oubliés. Mais soudain il revit les yeux sombres de sa mère, comme ses cheveux. Petit, il considérait que sa mère était la plus belle femme qui existait. Elle était toujours magnifique à vrai dire, même si cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas revue. Puis la jeune fille parla de nouveau, s’attirant un éclat de rire moqueur de la part de Daeron. Puis elle glissa une de ses mèches derrière son oreille dans un geste naturel, emprunt d’une grâce naturelle. Ainsi elle était bien de noble naissance et tenait visiblement aux « conventions ». Les avait-elle perdu? Ou volontairement semés? Dans le premier cas, elle n’était pas intéressante, dans le second, elle était différente des autres ladies que les mères essayaient de lui jeter dans les bras malgré sa réputation. Il était un Prince après tout, et toutes les mères rêvaient de voir leur fille devenir une Princesse. Néanmoins il avait été convenu que Daeron épouserait la fille de la Princesse Eleana Targaryen. Il ne savait pas qui elle avait épousé, il ne savait pas non plus le nom de sa fille, mais elle était à demi-Targaryenne, aussi le sang de l’ancienne Valyria coulait dans ses veines. Daeron se rapprocha finalement d‘Alys, soulevant son menton pour planter son regard dans le sien et fit:

« Les interdits sont fait pour être bravés non? Offrez-vous plus qu’un temps de répit, moi, je vous offre la journée si vous le désirez… » Il faillit ajouter « et même la nuit si vous le désirez », c’était une jeune fille qui était sous surveillance, et il n’avait pas envie de se recevoir une gifle. C’était humiliant pour un Prince de se faire battre par une femme. Cela ne lui avait pas empêcher de faire le mort lors du Jugement des Sept. Tout ça parce que son idiot de frère avait malmené une fille sur qui Duncan avait des vues. « Je vais vous amener au Bois Sacré même si personnellement, il n’y a rien à voir. C’est juste un bois, remplis d’arbres. » Et sans attendre sa réponse, il lui saisit le bras et l’entraînant. Passant devant la Tour de la Main il le lui fit remarquer, puis s’arrêta et tourna son regard dans la direction opposée, « Vous voyez à côté du Septuaire Royal, le bâtiment? On l’appelle la Crypte aux Vierges, c’est là que les Princesses Daena, Rhaena et Eleana Targaryen ont été enfermées. » Bien sûr, en disant cela, il ne pouvait pas se douter que la jeune fille était la dernière-née de la plus jeune des princesses… Il continua son chemin et passa devant la Petite Galerie, une salle liée à la Tour de la Main qui pouvait recevoir une petite centaine de convive. Il gagna ensuite la cour extérieure, traînant toujours Alys derrière lui, marchant rapidement. Il s’arrêta brièvement devant les cuisines avant de passer devant la Grande Galerie, cette salle-là par contre, pouvait accueillir près de mille invités, et à vrai dire Daeron l’avait rarement vu utilisée. Beaucoup d’endroit dans le Donjon Rouge ne servait à rien en fait. Finalement il franchit les portes du Bois Sacrés. Les gardes qui surveillaient l’entrée le laissèrent passer, le reconnaissant. Puis finalement il lâcha la jeune fille, lui indiquant une allée à suivre. C’était simple à vrai dire, il suffisait d’aller tout droit et on arrivait à l’arbre-cœur. Ce n’était pas un barral comme dans le Nord, parce que justement, ce n’était pas le Nord, et c’était l’un des seuls Bois Sacrés que l’on trouvait en dehors, eh bien, du Nord aussi.
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Message Lun 27 Fév 2012 - 11:10

La manière dont la regardait Daeron la mettait mal à l'aise. Il était légèrement penché vers elle et semblait attentif, comme s'il l'étudiait pour décider de son sort. Ses frères avaient été les seuls hommes à se tenir aussi près. Celui-ci lui était parfaitement inconnu et sa beauté n'arrangeait rien. Comme elle aurait aimé être capable de mieux contrôler ses rougissements de pruderie... Hélas, la demoiselle était pratiquement certaine que ses joues étaient couleur écrevisse à présent.
Le prince n'arrangea rien en saisissant le menton de la belle entre ses doigts pour l'obliger doucement à lever la tête vers lui. Alys retint son souffle. Ses yeux bleus se noyèrent dans ceux de l'inconnu. Son esprit s'égosillait dans sa tête, lui hurlait de reculer, de partir le plus vite possible. Pourtant, son corps ne bougeait pas. Pire, il avait envie de plus. Elle commençait à se sentir fiévreuse et engourdie. La jeune femme aimait les contacts physiques. Les embrassades par dessus tout. Elle aimait être enveloppée toute entière dans la chaleur de bras amicaux. Elle aimait sentir une main sur ses cheveux, les caressant lentement. Elle aimait sentir une joue contre la sienne et un souffle sur son oreille. Etre une fille et une soeur adorées lui procurait une joie hors de l'entendement.
Lorsqu'il parla de braver les interdits en supposant que tel était leur utilité cachée, elle haussa imperceptiblement les sourcils, chassant momentanément la gêne que lui inspirait le contact avec les doigts de Daeron. C'était une bien étrange prise de position. Avait-elle seulement un peu de sens ? Un interdit pouvait-il être bravé ? Certes, Alys n'avait pas littéralement désobéi à Theodan en visitant par elle-même la cité mais elle savait pertinemment qu'il n'avait pas vu la faille que la formulation de son ordre de ne pas broncher présentait. Elle aurait pu lui dire. Elle aurait pu passer outre et décider de rester immobile jusqu'à son retour. Toutefois, ce n'était pas ce qu'elle avait fait. Peut-être avait-elle un peu de ce caractère inféodé auquel faisait appel le jeune homme après tout...
Elle était si occupée à réfléchir à la pertinence de sa déclaration qu'elle faillit manquer sa proposition. Cette dernière lui fit esquisser un petit sourire. Il lui offrait toute la journée ? Généreux de sa part... Bien sûr, elle ignorait qu'étant le neveu du Roi, sa vie lui appartenait un peu pour ainsi dire. La belle n'eut même pas le temps de protester que déjà Daeron avait saisi son bras et l'entraînait à sa suite à travers la cour. D'ailleurs, son bras était tellement fin que la main du jeune homme pouvait pratiquement en faire le tour. Comme il marchait vite, elle dut trottiner pour parvenir à rester à sa hauteur.
Bien sûr, elle aurait pu crier. Ils n'étaient pas complètement seuls ; ils croisèrent des gens sur leur chemin. Elle aurait pu leur demander de l'aider à ce débarrasser de ce drôle d'énergumène qu'un sourire avait semblé faire reculer. Mais non. Elle se laissa docilement emmenée, ses yeux fixés sur sa nuque alors qu'il la tira en avant. Apparemment, il avait décidé de l'aider à trouver ce qu'elle cherchait. Quand elle l'entendit se moquer du Bois Sacré, qui n'était qu'une réunion d'arbres pour lui, elle ne put s'empêcher de sourire. C'était bien les hommes. Ses frères aussi se ficheraient comme d'une guigne de voir un endroit pareil. Ces messieurs ne comprenaient pas très bien le caractère sacré des choses et l'attachement q'au contraire les femmes leur portaient presque irrémédiablement.
Ils passèrent devant plusieurs édifices. Alys essayait de se souvenir du plan qu'elle avait vu du Donjon Rouge pour deviner dans quelle partie de la forteresse elle se trouvait mais ils allaient trop vite. Quand Daeron s'arrêta sans prévenir pour lui montrer un bâtiment, elle manqua de lui rentrer dedans. Elle leva le menton vers lui pour écouter mais se tassa un peu sur elle-même, mue par la gêne de se retrouver une nouvelle fois si proche de lui. Surtout qu'il n'avait pas lâché son bras. La jeune Trant n'avait pas beaucoup de connaissances de son âge, malgré son caractère si doux et généreux. Elle sortait trop peu de Grigibets pour rencontrer des gens. Bien sûr, elle rencontrait en quelques uns au tournoi d'Accalmie mais c'était tout. Sa plus fidèle et précieuse amie était la Dame Jeyne Estremont de Vertepierre. En dehors d'elle, des frères Estremont à l'occasion et des fils Barathéon parfois, elle ne connaissait aucun autre jeune de son âge. Aussi ne savait-elle pas vraiment comment se comporter et réagir avec Daeron. Il devait avoir une petite vingtaine d'années. C'était dur à dire en réalité, tellement son regard était chargé d'ombres. Il semblait porter la peine du Royaume tout entier sur ses épaules.
Alys cessa de réfléchir à la situation en l'entendant prononcer le prénom de sa mère. Elle avait été enfermée ? Vraiment ? Elaena ne le lui avait jamais dit. sa mère lui parlait peu d'elle en fait. Lorant lui avait expliqué un jour qu'elle avait eu d'autres maris et d'autres enfants avant d'épouser leur père mais elle n'en savait pas plus. Elle n'avait jamais vraiment posé la question. Elle ne voulait pas savoir que sa mère avait aimé d'autres hommes que son père et élevé d'autres fils et filles. Elle ignorait si elle avait des demi-soeurs ou demi-frères. Si c'était le cas, ils ne venaient jamais à Grigibets. La jeune femme se dit qu'en rentrant elle demanderait peut-être à sa mère de lui raconter ce qu'elle avait vécu. En apprenant que son frère Baelor l'avait retenue prisonnière dans cette tour pendant dix ans, la demoiselle ne manquerait pas de verser toutes les larmes de son petit corps... En attendant, elle choisit de ne pas signaler au jeune homme qu'Elaena était la femme qui lui avait donné la vie. Elle avait le pressentiment qu'il ne sortirait rien de bon de cette révélation.
Daeron avait repris sa marche aussi soudainement qu'il l'avait arrêtée, traînant toujours Alys dans son sillage. Il se dirigeait d'un pas sûr à travers les espaces qu'ils traversaient. On pouvait aisément supposer qu'il savait exactement où aller et qu'il était habitué à cet endroit. La demoiselle se demanda quel rôle il pouvait bien tenir dans la forteresse. Il était bien habillé. Son port de tête suggérait une appartenance à la noblesse. Il en était de même pour son assurance lorsqu'il avait saisi son bras, comme s'il avait l'habitude de considérer que tout lui appartenait. Finalement, Alys n'avait pas envie de savoir qui il était. Quelque chose lui disait qu'elle en perdrait tous ses moyens. Mieux valait rester dans l'ignorance de son identité et être encore capable de lui parler comme elle l'avait fait, librement, sans avoir à rougir de briser le protocole en s'adressant sans courbette à un mieux né qu'elle.
Ils arrivèrent devant une porte bien surveillée. Les gardes s'écartèrent de leur passage, cautionnant sa théorie selon laquelle son guide n'était pas un simple badaud. Ainsi débarquèrent-ils dans le Bois Sacré.

Pendant quelques secondes, l'attention d'Alys se détacha de Daeron pour se concentrer toute entière sur son nouvel environnement. C'est vrai qu'il ressemblait à une forêt plutôt classique. Toutefois, il y avait un petit quelque chose en plus. Elle ne savait pas si c'était du au fait qu'elle sache qu'il soit sacré ou alors si c'était un phénomène bien réel mais elle était persuadée de voir une sorte de halo d'énergie positive partout autour d'eux. Daeron lâcha son bras et lui indiqua une allée. Alys leva la tête vers lui et un large sourire se dessina sur ses lèvres. C'était un sourire de bonheur pur et extrêmement simple, comme celui d'un enfant devant du pain chaud. Ses yeux bleus brillaient d'excitation. Sans se faire prier, elle s'engagea sur le petit chemin qui traçait une ligne presque parfaite entre les arbres. Après avoir fait quelques pas, elle interrompit sa marche et se retourna à demi pour voir si Daeron avait décidé de la suivre. Elle lui sourit encore, avec un naturel qui suggérait sa nature charmante.

_ Je vous remercie, mon seigneur. C'était fort charitable à vous de me conduire.

Elle hésita un peu avant d'ajouter :

_ S'il vous plaît, ne vous offusquez pas du fait que je ne m'enquière pas de votre nom. Je suis certaine que mon frère désapprouverait me savoir seule avec un homme, même s'il ne semble me vouloir aucun mal. Aussi il me semble qu'en ignorant votre nom, je ne lui mentirai pas en disant que je n'étais avec personne. Vous devez me trouver bien effrontée de jouer ainsi sur les mots, mais cela est le seul plaisir que j'ai.

Alys attarda son regard dans celui de Daeron et se sentit une nouvelle fois légèrement rougir. Elle sourit encore, pour se moquer d'elle-même cette fois, et baissa finalement la tête pour fixer ses chausses. C'est vrai qu'elle était passée maître dans l'art d'utiliser les mots à son avantage.

_ J'ai encore moins de liberté qu'avant depuis que je suis promise, lâcha-t-elle d'un ton pensif avant de se détourner pour reprendre sa marche le long de l'allée, en direction de l'arbre-coeur.
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Message Mar 28 Fév 2012 - 1:56

Daeron était sûr de ce qu’il avait dit à la jeune fille. Les interdits étaient fait pour être bravés sinon à quoi servaient-ils? Lui-même bravait sans cesse les règles qu’on lui imposait. Il était sobre lors des grandes occasions, ou en journée en présence d’autres nobles ou… de son père. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas vu ce dernier, et à vrai dire, moins il verrait son père, mieux il en serait. Il n’avait pas envie de croiser la lueur de mépris ou de honte qui brillait sans cesse dans ses yeux. Daeron pensait même que pour son père, il était sans doute déjà mort. Aelinor devait sûrement avoir du lui rappeler sa présence cependant. Si sa tante le gardait auprès de lui, c’est qu’elle défiait en partie Maekar, Maekar qu’elle aimait tant et depuis si longtemps. C’était son frère, c’était normal. Mais était-ce seulement son frère? Ou plus? C’était la question que tous se posaient à vrai dire et personne, jamais, n’avait eu de réponse, pas même Daeron. Surtout pas Daeron. Il ne voulait plus penser à son père. C’était trop douloureux, et cela lui donnait encore plus soif. Pourtant il resta plongé dans ses pensées. La jeune fille partit devant lui, sur le sentier, l’air ravie. Il ne put s’empêcher de la comparer à l’une de ses sœurs. Daella et Rhae. Elles étaient jeunes, pleines de vie, de candeur, de douceur, de joie. Comme elle. Elles se ressemblaient d’ailleurs, mêmes yeux bleus, même cheveux d’ors pâle, néanmoins mêlés de mèches argentées chez ses sœurs. Cela faisait longtemps qu’il ne les avait pas vu. Il les avait entendu rire, à travers la fenêtre, lorsqu’il était à Lestival, il n’était pas resté longtemps, juste le temps de parler rapidement avec sa tante. Il lui avait promis qu’il la rejoindrait à Lancéhélion, mais cette promesse, il ne l’avait pas tenue. Il ne tenait jamais ses promesses de toute façon. Il n’était pas digne de confiance ne possédant pas d’honneur. Les gardes le ramassaient bien dans les couloirs, ivre mort.
La jeune fille se retourna pour voir si il la suivait et Daeron, finalement, lui emboîta le pas. Il n’avait jamais pris le temps de venir de se promener ici à vrai dire, trop occupé à toujours visiter les bordels ou à s’enivrer. A Peyredragon, il n’y avait pas de Bois Sacré, parce que là-bas, tout était lié à l’ancienne Valyria, l’île, d’ailleurs, avait été un avant poste des Possessions avant que le Fléau ne détruise tout. La blonde se retourna finalement encore une fois vers lui et le remercia de l’avoir conduite. Il éclata alors de rire, un rire moqueur et passa une main dans ses cheveux ébouriffés, dont la couleur n’était pas sans rappeler un sable légèrement bruni. Un seigneur? Il n’était pas un seigneur. Oh non, à vrai dire, il possédait des titres bien meilleur. Il était un Prince. Mais… Un seigneur. Pauvre petite. Il s’arrêta de rire, portant sa main à sa ceinture et n’y trouvant pas sa gourde habituellement remplie de vin masqua une lueur de colère. Il devait boire. Elle était vraiment innocente. Ne voyait-elle pas les cernes sous ses yeux? Ne sentait-elle pas l’odeur du vin qui émanait de lui? Sa peau était couverte d’une fine pellicule de sueur, et était trop pâle, du au manque d’alcool lorsqu’il ne buvait pas. Et le tremblement de ses mains ne passaient généralement pas inaperçu non plus, même pour quelque un qui ne le regardait pas. Où avait-elle donc vécu? Que savait-elle vraiment de la vie? Il marqua un instant d’arrêt. Ce devait être l’une de ces jeunes filles que l’on cachait pour les marier ensuite au plus offrant. De plus, il était loin d’être charitable. Mais si il disait qu’il avait fait cela pour ses beaux yeux, pour la séduire, et peut-être même pour essayer de la coller dans son lit elle s’en irait sûrement. Non ce n’était charitable, c’était profondément égoïste. Et puis elle continua sur sa lancée, semblant soudainement beaucoup moins timide. Était-ce parce qu’elle se croyait dans un lieu « sacré » ? Elle lui fit qu’elle était désolée qu’elle ne veuille pas savoir son nom, que son frère risquait de désapprouver de la savoir seule avec lui. Elle aimait jouer avec les mots. Les mots étaient des armes lorsqu’on savait les manier. Chose que Daeron ne savait absolument pas faire. Elle avait l’air intelligente à vrai dire, et sous ses airs timides, elle était rebelle. Cela lui plaisait assez à vrai dire. Elle baissa ensuite le regard pour fixer le sol puis finalement avoua qu’elle avait encore moins de liberté depuis qu’elle était promise. C’était donc vrai, les plus belles fleurs étaient arrachées en premier. Puis la jeune fille se détourna pour reprendre sa marche. L’idée de se marier ne lui plaisait pas du tout visiblement. Sans doute ne connaissait-elle pas son fiancé, comme beaucoup de jeunes filles dans son cas. Daeron ne s’était jamais intéressé aux autres et à leurs malheurs et à vrai dire cela l’intéressait toujours aussi peu. Le jeune homme suivit finalement la blonde. Il se fichait de savoir si il la gênait ou pas, il était Prince après tout, et même si elle ignorait son identité et ne désirait pas la savoir, eh bien, il se comporterait quand même comme tel. En enfant gâté. Et maudit.

«  Vous n’avez qu’à vous faire Septa alors si vous voulez échapper à ce mariage. Comme la Princesse Rhaena. C’était l’une des trois Vierges de la Tour. Je vous en ai parlé tout à l’heure. Elle est toujours en vie d’ailleurs. Comme la Princesse Eleana d’ailleurs. Seule la Reine Daena est morte. Elle avait été enfermée dans la Crypte avec ses deux sœurs parce que leur frère, le Roi Baelor le Bienheureux, refusait de voir les tentations qu’elles représentaient. » Il ricana légèrement avant de continuer « En tout cas ça n’a pas préservé les trois sœurs, sauf celle qu’il s’est faite Septa. La Reine Daena a trompé son époux -Baelor- avec son cousin, le futur Roi Aegon IV et a eu de lui Daemon. Daemon Feunoyr. Le responsable de la rébellion. Quand à la Princesse Eleana, elle n’a pas non plus appris quelque chose des dix années de réclusion puisqu’à peine sortie elle avait deux bâtards Jon et Jeyne de son cousin lord Alyn Velaryon. Mais il faut croire qu’elle s’est assagie avec l’âge puisqu’elle a épousé lord Ossifer Quetch, on raconte des vilaines choses sur lui que je ne peux répéter à vos oreilles innocentes. Il est mort et elle a donné naissance à un fils, Viserys. Le lord actuel de la Maison Quetch. C’est dommage qu’une Targaryenne se soit unie à une maison peu importante. Heureusement qu’elle a rattrapé le coup par la suite en épousant lord Jarmen Fengué. C’est une Maison importante ça. Mais malheureusement elle n’a su donner qu’une fille, Alanys à son époux. Elle est belle. Trop belle. Et puis elle a épousé ce Trant. Bonne alliance. Maison également importante. Finalement elle finit sa vie mieux qu’elle ne l’a commencé. » Il arrêta là sa leçon d’histoire. Il connaissait tout, forcément, c’était un Targaryen. Mais cela, la jeune fille ne pouvait pas le savoir et il ne comptait pas le lui dire tant qu’elle ne lui aurait pas dit qui elle était, et visiblement elle ne comptait pas lui dévoiler cela. Distraitement il arracha les feuilles d’un arbre à côté de lui, se détournant de la jeune fille. Si elle voulait, il avait encore des tas d’autres histoire à raconter. Comment par exemple le Fléau des Dragons avait tué le dernier des dragons, ou comment sa mère était morte par exemple. Des histoires affreuses qu’Aerion adorait par-dessus tout. Mais c’était normal, Aerion était fou. Et inlassablement, Daeron revoyait son oncle s’effondrer, le crâne fendu en deux. S’écrouler sur Duncan. Comme dans son maudit rêve. Tout cela, tout cela à cause de son frère. Il trembla soudainement, longuement. Il avait besoin de boire. Tout de suite.

HRP: Si tu veux que je modifie un truc, dit-le moi ^^
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Message Mar 28 Fév 2012 - 11:36

Dès que Daeron commença à évoquer l'idée de devenir Septa pour éviter son mariage, un sourire s'agrandit sur les lèvres d'Alys. Son frère Lorant lui avait suggéré la même chose juste après l'annonce de ses épousailles prochaines avec ce prince Targaryen qu'il aimait si peu. Après avoir traité leur père de marchand d'esclaves, il avait agrippé le poignet de sa soeur pour la tirer hors de la maison. Ils s'étaient dirigés vers les écuries où le jeune Trant avait lui-même sellé son cheval avant de hisser le poids plume d'Alys à l'avant et de monter derrière elle. Il avait furieusement abattu les rennes sur l'encolure et l'étalon avait bondi hors de son garage pour s'élancer vers les portes ouvertes de Grigibets disparaître dans le bois alentours. Jamais la demoiselle n'avait vu son frère aussi en colère auparavant. Quelque part, elle ne comprenait pas bien qu'il le soit à ce point. Après tout c'était à elle d'épouser la personne qu'on lui avait choisi, pas à lui. Ils avaient chevauché la moitié d'une heure en direction de la mer de Dorne avant de s'arrêter finalement au milieu de nulle part. Il descendit souplement de cheval et tendit ses bras à Alys pour qu'elle se laissât glisser contre lui. Là, la bride de son cheval dans la main gauche, la frêle main de sa soeur dans la main droite, Lorant avait marché pendant quelques minutes dans le silence le plus total. Sa colère était en train de s'apaiser. Alys le couvait de son regard consolateur qu'elle savait si bien faire. « Est-ce que tu crois que Père et Mère m'aiment ? » avait-elle demandé doucement lorsqu'elle sut qu'elle pouvait parler sans risquer de rompre son pouvoir de guérison d'un coeur en peine. « Bien sûr » avait répondu son frère sans hésitation. « Alors nous devons penser que c'est cet amour qui a guidé leurs choix et les accepter » avait soufflé Alys, un sourire dans la voix. Et Lorant n'avait plus rien dit à propos de cette promesse de mariage depuis ce jour...
Le nom de sa mère rappela une nouvelle fois Alys à la réalité. Elle fixa une seconde les lèvres de Daeron qui l'avait prononcé avant de reporter lentement son regard sur ses yeux sombres. Il disait que sa mère et ses tantes avaient été enfermées dans la Crypte par leur propre frère. Était-ce seulement possible ? Était-ce l'expression d'une haine ou d'un amour trop fort ? Même Alys n'aurait su le dire. En tous cas, ce que raconta après Daeron l'intéressa grandement. Si tout était vrai, elle n'aurait plus à embêter sa mère pour en savoir plus. Cela était si étrange d'entendre quelqu'un parler de sa mère comme si son histoire était de notoriété publique alors qu'elle ignorait beaucoup de choses à son sujet. Bien sûr, Elaena était une princesse Targaryen et les gens s'intéressaient beaucoup aux commérages au sujet de la lignée royale, mais il ne lui semblait pas que sa mère soit si connue que cela. Comment ce jeune homme pouvait-il en savoir autant à son sujet ? Soit il travaillait pour la hérauderie, soit il était Targaryen. Mais il était trop bien habillé pour être simplement héraut et ses cheveux étaient si sombres... Elle n'arrivait pas à savoir quoi penser. La jeune femme mit donc ses hypothèses de coté pour le moment et écouta la suite.
En l'entendant déprécier la Maison Quetch puis apprécier la Maison Fengué, Alys se raidit, attendant de voir ce qu'il dirait de la Maison Trant, sa Maison, lorsqu'il l'évoquerait. Elle fut vraiment soulagée de savoir qu'il pensait que c'était le meilleur choix qu'avait Elaena au cours de sa vie. Connaissait-il les Trant pour l'affirmer ? Mais si c'était le cas, Alys aurait du savoir qui il était or ce n'était pas le cas. Le mystère autour de son guide s'épaississait. Plus il parlait et plus Alys avait envie de connaître son nom mais aussi, paradoxalement, de ne pas le connaître parce qu'elle devenait de plus en plus sûre que ce serait mal vu de discuter avec lui aussi librement.
La jeune femme fronça un peu les sourcils en le voyant du coin de l'oeil arracher quelques feuilles à un arbre mais ne dit rien. Dans leur dos, des voix d'hommes s'élevèrent. Un groupe de trois venait vers eux d'un pas tranquille. Alys tourna la tête par réflexe dans leur direction au moment même où ils s'immobilisaient. Le plus vieux sembla hésiter longuement sur le fait de poursuivre sur le chemin qu'ils avaient pris ou non. Finalement, ils retournèrent sur leurs pas sans adresser la parole aux deux jeunes gens. Alys crut même les voir courber légèrement l'échine. Elle se retourna vers Daeron pour mieux le regarder. Il avait l'air rompu et las mais dégageait tout de même quelque chose de particulier. Quelque chose que l'on ne trouve que dans les personnes spéciales. Quelque chose qui se repère d'un seul coup d'oeil mais mettrait des années à expliquer...
Comme toutes les fois où elle s'était rendue compte qu'elle le fixait depuis trop longtemps sans rien dire, elle rougit et détourna la tête.

_ Vous connaissez beaucoup de choses sur cet endroit et la famille qui l'habite. Puis-je en déduire que vous aimez lire ? J'aime lire, pour ma part. Des études géographiques et des études sur les oiseaux qui peuplent les Sept Couronnes. Je me fais une fierté de pouvoir dire que je connais le nom de tous. Oh, bien sûr, je sais que cette connaissance n'est guère utile. Pas comme l'est celle de la broderie, dit-on, ou du maniement d'une épée. Je me demande si...

Alys s'interrompit brusquement. Son regard venait de tomber sur les mains de Daeron qui tripatouillait toujours ses feuilles et de remarquer qu'elles tremblotaient. Les yeux agrandis d'une surprise brillamment naturelle, elle s'exclama :

_ Mais vous tremblez !

Faisant fi de toutes ses considérations précédentes sur la bienséance et le protocole, la jeune femme abattit ses mains sur celles de Daeron pour serrer ses doigts dans les siens, obligeant à lâcher les feuilles. Elle les étreignit pour voir si elles reprenaient leur stabilité. Les tremblements se firent plus discrets mais étaient toujours bien présents. Sans se préoccuper de son accord, Alys sortit du sentier pour l'attirer avec elle au milieu des arbres où quelques rayons de rayon de soleil tombant sur l'herbe créaient une petite clairière de lumière. Les cheveux de la jeune Trant ainsi que sa robe blanche se remirent à scintiller doucement. Gardant les mains de Daeron dans les siennes, bien tendues devant elle, elle regarda le soleil se jeter sur sa peau et la réchauffer un petit peu.

_ Vous aurez moins froid ici, dit-elle simplement, révélant parfaitement le fait qu'elle ignorait complètement que son tremblement pouvait être imputé à son manque d'alcool.
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Message Mer 29 Fév 2012 - 15:04

Encore une fois, la jeune fille rougit et détourna la tête, gênée de le fixer. Daeron pourtant ne se gênait pas pour la fixer elle. Elle le distrayait, le sortant de ses pensées. Elle aimait lire ainsi. Ce qu’elle disait intéressait peu le jeune homme à vrai dire, lui qui ne s’était jamais intéressé qu’aux vins qu’il buvait, et encore, cela dépendait des moments, parfois il buvait ce qui lui tombait sous la main, et parfois, lorsqu’il était dans des tavernes miteuses, il n’avait pas vraiment le choix. Elle était fière de connaître le nom de tous les oiseaux, lui était fier de pouvoir reconnaître tous les vins qu’il buvait. Les oiseaux. Quelles importances? Ce n’était que des bestioles qui volaient dans le ciel, vous réveillait le matin en été, et les corbeaux ou les pigeons servaient à envoyer des missives à travers les Sept Couronnes. Le maniement de l’épée, ou la broderie n’étaient pas non plus très utile, en tout cas, pas pour Daeron. Il n’y connaissait rien de toute façon, et même si il possédait une magnifique épée, il ne voyait pas l’utilité de se fatiguer à s’en servir. Il la ceignait à son côté, bien sûr, lors des grandes occasions, mais le reste du temps il avait des gardes à lui qui se chargeaient de sa sécurité, de se fatiguer à sa place.

« Tout le monde sait tout des Targaryen. Rien ne reste secret bien longtemps ici, c’est Port-Réal, c’est le Donjon Rouge. » Mais il y avait des choses que tout le monde ignorait, des choses cachées aux yeux de tous. Le don de vervue que possédaient Brynden Rivers, le Freuxsanglant, Main du Roi, ainsi que la trop belle Shaïra Seastar, amante de ce dernier et plus belle femme des Sept Couronnes, tout le monde la disait sorcière, mais personne n’en était sûr, et lui, Daeron Targaryen, Prince de Peyredragon. Tout le monde ignorait ce qui se passait entre Aelinor et son frère Maekar, son propre père, personne ne savait le lien qui les unissaient, personne ne savait à quel point ils étaient proches. Heureusement, ils ne s’étaient pas encore plus « rapprochés ». Les Targaryen. Famille maudite à vrai dire. Son oncle Aerys n’était même pas digne d’être roi, toujours caché dans sa bibliothèque. Daeron faillit même dire à Alys qu’elle pouvait, si elle le souhaitait, y faire un tour, elle y trouverait sans doute des ouvrages qui lui plairaient. Mais il ne le fit pas. Tant qu’elle ne lui dirait pas son nom, il ne dévoilerait rien de lui non plus. Soudain la jeune fille remarqua ses mains tremblantes. Il leva vers elle un regard surpris en haussant les épaules mais oubliant tout ce qu’elle pensait sur la bienséance et toutes les choses assommantes qui venaient avec elle prit ses mains dans les siennes. Ses mains étaient douces, chaudes, contrairement aux siennes d’ailleurs. Daeron tenta bien de les enlever. Elle ignorait ce que ses mains avaient touchés. La jeune fille l’entraîna en dehors du sentier, dans une clairière illuminée par quelques rayons de soleil. Une nouvelle fois, baignée de soleil, la jeune fille ressemblait à ces statues de la Jouvencelle. Simplement, elle lui fit qu’il aurait moins froid. Il manqua d’éclater de rire devant tant de naïveté.

« La seule chose qui pourrait me réchauffer milady, c’est du vin. » déclara-t-il. En disant cela, il ne passait pas forcément pour un ivrogne, car c’était vrai que l’alcool réchauffait, ou du moins, on ressentait cette sensation là en buvant. « … bien que votre présence en elle-même me soit très agréable » ajouta-t-il rapidement. C’était faux bien sûr, enfin, la jeune fille n’était pas désagréable mais Daeron ne flattait pas, ou ne faisait pas de compliment sans raison. C’était une noble, et il avait une raison, mais ce n’était pas lui. Et même en disant cela, une lueur sombre continuait à briller dans son regard qu’il baissa vers le sol. La lumière du soleil la plupart du temps, faisait ressortir l’éclat violacé de ses yeux. La dernière fois, on l’avait reconnu rien qu’à cela. Mais il n’avait jamais vu la jeune fille auparavant, elle devait certainement venir de loin, ou du moins, pas des Terres de la Couronne. De plus en plus, elle lui rappelait ses sœurs, c’était étrange, presque effrayant. Néanmoins, elle était plus âgée. Elle avait à peu près son âge, du moins c’est-ce qu’il pensait. Un sourire assez mauvais se dessina sur ses lèvres tandis qu’il continuait:

« Tous les Targaryens sont ratés de toute façon. Pas un ne rattrape les autres. Vous avez entendu parler d’eux? Vous savez ce qu’on raconte? » Lui était un ivrogne, Aelinor la femme délaissée, Maekar, l’exilé, Aerys, qui n’était Roi que de titre. Mais à vrai dire, Daeron voulait savoir vraiment ce qu’on pensait de sa famille, surtout de quelque un venant d’une famille noble car elle était noble, il n’y avait désormais plus aucun doute là-dessus. Si elle était méfiante, ou vraiment innocente, alors elle refuserait de parler, ou alors, elle ne saurait pas. Cela le fit rire. Et lui rappela qu’il avait la gorge sèche. Il allait bientôt devoir quitter la jeune fille à vrai dire et puis, si elle avait vraiment semé sa gouvernante et tout ceux qui l’accompagnait, dont son frère, alors elle devrait se dépêcher de retourner de là d’où elle venait. Et à vrai dire, l’agitation commençait peu à peu à gagner Daeron plus il pensait à boire, plus il en avait envie, plus il en avait besoin. Il tourna brusquement le dos à la jeune fille, inspirant profondément avant de se retourner plus calmement. Le soleil n’aidait pas, cela lui tapait sur la tête, lui piquait les yeux. Il s’ordonna néanmoins de se contrôler comme il le pouvait. Il ne pouvait pas perdre ses moyens face à elle, même si elle ignorait qui il était car peut-être qu’un jour, il se retrouverait face à elle en sachant son identité. Mais il ne le pensait pas, Daeron ne fréquentait pas des jeunes filles, pas des nobles, justes des femmes venant des bas fonds de Port-Réal, de Culpucier, ou du Port.
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Message Jeu 1 Mar 2012 - 15:34

Du vin ? Comment une boisson froide pourrait-elle réchauffer quelqu'un ? Alys resta quelques secondes interdite. Elle repensa à cette nuit où elle avait retrouvée Lorant ivre, non loin de ses appartements, dans les couloirs de leur château à Grigibets. Il était descendu à la taverne pour fêter sa victoire à la joute de la veille et avait manifestement été généreux sur les tournées. Quoi qu'il en soit, la gentille Alys avait aidé son frère à retrouver le chemin de son lit et il avait passé un bon quart d'heure à la sermonner sur l'effet néfaste de l'alcool – alors que c'était lui qui était complètement bourré – avant de la faire promettre de ne jamais boire de vin. En se mettant dans ses draps, Lorant s'était tapé plutôt violemment le genou contre le montant en bois mais n'avait même pas semblé le remarquer, comme si l'alcool l'avait anesthésié.
La jeune femme releva la tête vers Daeron. Au moment où il lui faisait un compliment, elle crut apercevoir une lueur violette scintiller au fond de ses yeux. Elle plissa les siens pour essayer de mieux voir mais le moment était passé. Elle se demandait si elle n'avait pas simplement rêvé lorsque la lueur revint alors que le prince modifiait légèrement son port de tête. Alys essaya de contenir son émerveillement et se mordit doucement la lèvre inférieure.
En l'entendant insulter aussi facilement les Targaryen, la jeune femme lâcha brusquement les mains de Daeron, comme si elle avait été piquée, et lui lança un regard outré. Ses petits yeux bleus étaient écarquillés de surprise. Elle jeta un regard autour d'eux pour voir si quelqu'un l'avait entendu mais ils étaient seuls. Sachant donc pertinemment qu'elle n'avait pas défendre le pouvoir en place pour éviter qu'on ne lui fasse couper la tête, Alys dit tout de même de sa voix douce :

_ Vous ne devriez pas ainsi parler de ceux qui nous dirigent. J'ignore s'il existe des êtres plus sages qu'eux sur le territoire des Sept Couronnes mais je trouve qu'ils ont déjà bien du mérite de régner comme ils le font.

La demoiselle réalisa qu'une partie de sa réaction outrée était à imputer au fait qu'elle se sentait elle-aussi insultée par la réplique de Daeron. Après tout, la mère était une princesse targaryenne. Son sang coulait dans ses veines. Elle avait ses cheveux si pales qu'on les aurait dit composés de lumière pure. Elle se sentait des affinités avec le dragon à trois têtes crachant du feu. Inconsciemment, elle se redressa.

_ En vérité, j'ai entendu des choses bien horribles sur la famille royale mais ne suis prête à n'en croire aucune. Je viens de loin, mon seigneur. Imaginez donc le nombre de bouches par lesquelles les rumeurs ont du passer pour atteindre le château qui m'abrite. Ne croyez-vous pas que chacune de ces bouches a déformé les mots pour les changer en d'autres ?

Alys fit quelques pas sur l'herbe pour aller caresser l'écorce d'un tronc d'arbre. Ses doigts fins glissèrent sur sa peau rugueuse. Elle en fit le tour, espionnant Daeron du regard.

_ On dit, de là où je viens, que notre bon Roi lit trop. Mais ne faut-il pas lire beaucoup pour tout connaître et savoir quelles décisions il est sage de prendre pour gouverner au mieux ? On dit que la Reine ne lui donnera pas d'enfants. Mais quel droit a-t-on de s'en intéresser alors que nous ne sommes ni elle ni son époux ? On dit aussi que l'un des princes n'aime rien mieux que boire jusqu'à ne plus trouver son propre lit. Mais pourquoi le blâmerions-nous sans savoir les raisons qu'il a d'agir de la sorte ? Je n'aime pas les rumeurs. Les gens les écoutent trop et les prennent toujours pour des vérités alors qu'elles sont bien menteuses. Et même si elles ne le sont pas, nous devrions nous acharner à remédier aux fautes dont elles parlent plutôt qu'à bêtement les colporter.

Sentant qu'elle s'était laissée franchement emporter, la jeune femme baissa la tête. Elle fit silence quelques secondes avant de souffler doucement :

_ Je suis navrée d'avoir parlé ainsi. C'est juste que... pour une raison que je peux vous dire et que vous ne pouvez soupçonner, cette famille m'importe. S'il vous plaît, ne m'en voulez pas et dîtes-moi, si vous le voulez bien, quelles raisons vous avez de parler si durement d'eux.

Alys Trant était connue sur les Terres de l'Orage pour sa générosité, parfois proche de l'absurde dans certaines situations. Son coté 'septa' désespérait ses frères qui avaient passé des après-midi entières à essayer de lui expliquer pourquoi il fallait couper la main d'un voleur, la tête d'un meurtrier et pendre un ennemi de leur blason. Leur soeur était toujours d'accord sur le fait qu'il fallait une punition mais la violence et la mort ne semblaient pas une réponse satisfaisante. Quelque part, c'était un peu à cause de son caractère doux en toutes circonstances que le mariage avec Daeron rendait Lorant hystérique. Il se doutait que sa soeur ne parviendrait jamais à imposer le respect nécessaire au prince.
Attendant une réponse, la jeune femme remarqua qu'un petit tapis de mousse bien verte recouvrait une branche au dessus d'elle. Elle se mit sur la pointe des pieds et tendit la main dans l'espoir de l'atteindre pour la toucher mais elle n'était pas assez grande.
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Message Dim 4 Mar 2012 - 15:15

« Vous êtes sans doute l'une des rares personnes à dire la vérité en ce bas-monde milady quoi soit sincère. Mais votre vision est faussée par votre ignorance et votre innocence. Parce qu'avec tout le respect que je vous doit, vous êtes aveuglées par toutes les jolies choses que l'on vous a raconté. »

La voix de Daeron était presque froide. Sa famille, une famille sage ? Peut-être au début de la Conquête, et peut-être un peu après. Sa famille n'avait aucun mérite non plus, les Targaryen n'étaient-ils pas venir envahir les contrées des Sept Couronnes. Elle ne croyait pas aux rumeurs et c'était bien en un sens, cela prouvait qu'elle était intelligente. Quand au Roi, il lisait trop, à vrai dire, il passait tout son temps à lire et délaissait le trône. C'était surtout Brynden Rivers ainsi que le Conseil Restreint qui gérait le royaume car son oncle les laissait faire. Et ça, c'était une chose connue de tous. Quand à Aelinor, effectivement, elle ne donnerait sans doute jamais aucun enfant à son époux et frère. Elle-même le lui avait dit à vrai dire. Et il se murmurait qu'elle avait déjà fait plusieurs fausses-couches. Peut-être était-ce faux car son oncle ne devait pas visiter le lit de sa tante bien souvent mais en tout cas, aucun enfant n'était né et Daeron espérait qu'il n'en naîtrait jamais aucun. Sa tante désirait des enfants, et elle reportait son affection sur les enfants de son frère Maekar, donc sur lui, et sur ses sœurs principalement. Aerion était exilé sur Essos, quand à Aemon il était à Villevieille pour devenir mestre et l'Oeuf était avec Duncan, apprenant à devenir un parfait petit chevalier, servant d'écuyer. Finalement les choses qu'elle avait entendu n'était pas aussi jolie qu'il le pensait en premier lieu, mais quelle importance ? La jeune fille avait également entendu parler de lui.

« Peut-être que le Prince Daeron est vraiment un ivrogne  et qu'il aime boire pour boire. Peut-être n'y a t-il absolument aucune raison à cela. Quand au Roi, tout le monde sait qu'il n'a absolument aucun pouvoir, et cela, ce n'est même plus une rumeur mais une vérité connue de tous.»

Finalement elle s'excusa, disant qu'elle aimait bien cette famille. Qui était-elle pour que sa famille lui importe ? Personne. Elle n'était même pas une Targaryenne sinon Daeron la connaîtrait. Elle n'était pas non plus une potentielle bâtarde sinon elle aurait été également connue. Et elle lui demanda également pourquoi il parlait si durement de sa propre famille. Elle ne savait qui il était, et si elle l'avait su, elle aurait pourquoi il disait cela. Il s'éloigna d'elle de quelques pas, tournant presque en rond. Rapidement il s'essuya le front, il commençait à avoir chaud, et ses yeux le piquaient légèrement. Il avait toujours soif oui. Juste une gorgée de vin et il se sentirait mieux. Il se sentirait bien. Lorsqu'il se retourna vers elle, il remarqua qu'elle essayait de toucher une branche mais elle n'y parvenait pas, étant trop petite. Daeron pouvait la toucher lui, cette branche, assez aisément. Mais il ne fit aucun mouvement pour venir elle et l'aider. Ce n'était qu'une branche, comme il y en avait dans tout les arbres.
Il poussa un bref soupir avant de se diriger vers la jeune fille. Il s'arrêta près d'elle.

« Mes raisons ? Un jour sans doute, vous saurez pourquoi je parle des Targaryen ainsi. Peut-être ne le saurait vous jamais. »

Un sourire énigmatique éclaira son visage un bref instant avant de disparaître rapidement. Elle venait de loin, elle l'avait dit. Elle resterait donc suffisamment longtemps pour apprendre, un jour ou l'autre, son identité réelle. Daeron ne verrait sans doute jamais sa réaction se peindre sur son visage et il trouvait cela fort dommage. Il aurait bien aimé voir cela. Il était l'Ivrogne. Il croisa le regard clair de la jeune fille et fit :

«  Le bonheur est fragile. Rien qui dure ne peut être construit dessus. Seul le devoir perdure... Mais j'espère quand même que vous serez heureuse avec l'homme que vous épouserez. » Il sourit encore une fois, plus moqueur. « Enfin essayez de l'être car après tout, le rôle qui incombe à votre sexe dans la vie est de faire des biscuits et porter des marmots. »

Il éclata carrément de rire avant de saisir la main de la jeune fille et y déposer un baiser. Un baise-main dans les règles de l'art en somme. Il allait la laisser, il avait trop soif. Il était sûr qu'elle réussirait à retrouver son chemin, et à vrai dire, il n'avait absolument pas à se soucier de ce qu'elle ferait par la suite ou pas. Sa vie ne le concernait pas, et ne l'intéressait pas. Il savait qu'elle aimait les oiseaux, lire, et qu'elle était plus intelligente que la plupart des jeunes filles de son âge, une parfaite demoiselle à vrai dire. Mais il y avait également quelque chose chez elle qu'il n'arrivait pas à définir. Elle était différente. Et si elle restait à Port-Réal elle deviendrait sans doute l'une de ces nombreuses intrigantes comme il y en avait tant. Il résista à l'envie de l'embrasser carrément, mais la soif le tenaillait trop aussi se contenta t-il de s'éloigner le plus rapidement possible. Elle n'était pas une prostituée, elle ne se vendait pas.
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