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La complainte d'une dame en pleurs [libre]

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Message Lun 20 Fév 2012 - 23:14

Voilà plusieurs semaine que Jeyne priait sans cesse pour le rétablissement de son père, lord Bryce Estremont, dont l'état de santé ne cessait de se dégrader de jour en jour. Désespérée de voir son père dépérir malgré les soins apportés par les mestres et attristée de se retrouver impuissante dans une telle situation, la jeune femme s'était mûrée dans un silence pieu de prières et d'espérance. Malgré tout les efforts fournis par l'entièreté de la maison Estremont à l'égard du lord et de sa famille, les Estremonts périclitaient dans l'usure de la maladie et ceux tous autant qu'ils étaient. La situation était ainsi devenue rapidement insuportable pour la demoiselle et sur les conseils avisés de septa Léonette, elle avait entreprit avec cette dernière les préparatifs pour un voyage à Port-Réal dont le but était de se recueillir dans le calme au Grand Septuaire de Baelor.
C'est ainsi que la demoiselle s'était retrouvée sur un bâteau en direction de Port-Réal peu après que la décision fut prise. Elle n'avait pris que peu de bagage et ne voyageait qu'avec sa fidèle dame de compagnie, dont l'amitié l'avait assisté dans les moments les plus troubles de son existence. La traversée ne dura qu'une semaine pendant laquelle Jeyne, qui faisait le voyage pour la deuxième fois de sa vie, s'extasia à nouveaux devant la splendeur de l'étendue océane et de ses animaux marins comme les dauphins qui suivaient la coque du navire en caquetant allègrement pensant sans doute qu'il s'agissait là d'un jeu de vitesse visant à concurencer le navire. Elle fit également plus ample connaissance avec les marins du navire, à qui elle n'avait jusque là jamais parlé, et appris d'eux le mouvement et l'orientation des étoiles sous l'oeil bienveillant de la septa qui se tenait un peu à l'écart.
La semaine passa donc très rapidement aux yeux de Jeyne et elle fut d'autant plus ravie lorsqu'elle eut le loisir d'apercervoir au loin, frôlant la ligne d'horizon et se distinguant à peine, l'esquisse de Port-Réal comme un paysage qu'un peintre aurait pris le temps d'immortaliser au travers de la brume montante. Quelques heures plus tard, le bateau s'ammara enfin au port de la dite ville et lorsque ce fut possible, Jeyne dévala le ponton qui menait au sol pour retrouver la terre ferme et le sol de Port-Réal qui lui avait tant manqué.

-Lady Jeyne ! Attendez moi !

La jeune femme ne prit même pas la peine de se retourner à l'appel de sa suivante, elle était bien trop émue à l'idée de revenir dans cette ville qui, quelques années auparavant, avait été le refuge des plus grands plaisirs citadins de la demoiselle.

-Lady Jeyne !

Cette fois-ci elle se retourna pour voir la septa essouflée par son grand âge en train de trottiner aussi rapidement que lui permettait ses courtes jambes dans sa direction. Jeyne ne put s'empêcher de sourire à cette vision mais se ravisa promptement, elle ne voulait pas que ce petit rictus moqueur fut perçu par la religieuse qui l'aurait surement mal pris.

-Lady Jeyne, par pitié, ne courrait pas comme cela si vous tenez à ma survie ! Bien maintenant allons à l'auberge nous installer.

-A l'auberge ?

-Eh bien oui ! Où espérez-vous aller ?

-Visiter la ville pardis ! Et ensuite nous irons prier pour mon père.

Le regard de la septa ne laissait aucun doute quant à sa ferme intention de rejoindre l'auberge la plus proche en premier.

-Oh allez septa Léonette ! Dites oui, je vous en prie !

Jeyne adressa un regard de supplication à sa dame de compagnie, un regard qui , elle le savait pertinemment, lui était irrésistible.

-Très bien ! Je déteste quand vous faites cela lady Jeyne, mais allons-y.

La jeune demoiselle sauta littéralement de joie sur place et embrassa la septa sur la joue à la grande surprise de cette dernière. Il y avait un moment qu'elle n'avait pas ressenti un tel bonheur et elle était bien décidée à en profiter un maximum que ce soit en faisant quelques boutiques ou en rencontrant la population locale. Et ce même si septa Léonette n'était pas d'un avis des plus favorable à cette idée.
Comme le pensait Jeyne, la visite de la ville ne dura pas longtemps, la septa se plaignant cesse d'avoir trop chaud, trop soif ou encore d'être top fatigué. Elle tira cependant un maximum sur les force de la vieille dame pour pouvoir visiter toujours un peu plus, s'étonnant sans cesse, que ce soit des spectacles de rues ou des articles de magasins. Au bout d'une heure supplémentaire cependant, voyant que la septa semblait à bout de forces, Jeyne céda et elles allèrent ensemble prier au Grand Septuaire de Baelor.
Le trajet jusqu'au septuaire ne fut pas long et elles l'atteignirent rapidement bien que la septa fit encore des siennes. Arrivée devant le temple, Jeyne ne put s'empêcher de se rappeler la dernière fois où elle était venue ici. C'était en 205 pour le tournoi de Port-Réal, elle n'avait pas eu véritablement envie d'assiter à ce tournoi mais ses frères Gunthor et Edric l'avaient poussé à venir. Elle avait ainsi assiter aux festivités, n'y trouvant que peu de plaisir. C'est lorsque la mort avait été donné à un des finalistes que la demoiselle s'était levée en larme et s'était précipitée ici même, au Grand Septuaire de Baelor, afin de prier pour le repos du défunt.
Ce souvenir emplit la demoiselle d'une étrange nostalgie,à chaque fois qu'elle se retrouvait à cet endroit c'était pour prier la mort. Elle se resaisit rapidement, pensant que cette fois-ci ce n'était pas pour un mort mais bien pour un vivant qu'elle venait prier.

-Allons-y septa Léonette.

Le regard de la septa s'était teinté d'une teinte d'inquiétude mais elle n'y prêta pas attention. Il était évident qu'elle était inquiète et triste mais elle non plus, comme le reste de sa famille, ne voulait l'avouer.
Elle entra donc dans le fameux septuaire et se dirigea directement vers la statue de la Mère, protectrice de la famille. Septa Léonette la suivit en silence, ensemble elles s'agenouillèrent et joignirent leurs mains en une posture de prière et de méditation. Ensemble encore une fois, comme un rituel maintes fois répété, elle ne récitèrent pas la prière mais la chantèrent d'une voix harmonieuse comme la septa le lui avait enseigné.

Gente Mère, ô fontaine de miséricorde,
Préserve nos fils de la guerre, nous t’en conjurons,
Suspends les épées et suspends les flèches,
Permets qu’ils connaissent un jour meilleur.
Gente Mère, ô force des femmes,
Soutiens nos filles dans ce combat,
Daigne apaiser la rage et calmer la furie,
Enseigne-nous les voies de la bonté.

La voix claire de Jeyne couvrait amplement celle de la vieille dame, et c'est une complainte parfaite qui résonna dans tout le septuaire comme un écho de pureté. Il n'y avait rien qu'un septon présent et celui ci écarquilla les yeux de surprise lorsqu'il entendit la voix de la demoiselle, mais il ne dit rien, restant ébloui par sa voix. Jeyne n'y prêta pas la moindre attention, les yeux fermés, concentrée sur sa prière, il s'échappa quelques larmes de ses paupières closes.
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Message Mer 7 Mar 2012 - 15:37

Après le combat contre les clans la colonne de Jasper Arryn avait été amputée de beaucoup d’hommes valeureux et depuis lors, Noreen ne cessait de penser à eux qui l’avaient protégée, elle et aussi Maeve et Edwyn. Sur le moment seul le désir de vivre avait parlé, mais depuis la peur, le dégout, le tristesse l’avaient gagnée et elle n’arrivait plus à s’enlever de la tête les visages des morts sur le sol, ni le gout du sang de son adversaire dans la bouche, tout cela lui donnait la nausée et elle n’arrivait pas plus à en parler, aussi ne pouvait-elle que prier. Et même ici, dans la ville des Rois, la plus grande ville du monde, cosmopolite et pleine de vie, elle n’arrivait pas à simplement apprécier le décor et les découvertes qu’elle pourrait faire en visitant, elle n’arrivait à en voir que la mort et la désolation, la misère et la déchéance. Et pourtant, elle avait une chance, folle, celle d’être hébergée, avec Maeve, tout près du Donjon Rouge, celle de pouvoir déambuler dans le château des Targaryens eux-mêmes ! Elle le savait et parfois un sentiment de magie nouvelle la surprenait mais l’abandonnait aussi vite et elle trouvait tout cela bien dérisoire à côté de ceux qui étaient tombés. Dérisoire oui, et aussi fragile que la vie elle-même, les clans étaient la plaie du Val et elle qui était pourtant embrassé&e par le feu, chanceuse disait-on, elle avait déjà subit deux attaques, à croire que le sort s’acharnait que elle, à croire que la mort l’attendait, d’ici peu, au détour d’un chemin et qu’elle saurait la cueillir comme elle avait cueillit tous les autres ce jour là. Maudit jour d’un automne dont la seule lumière dans l’obscurité qui gagnait son cœur était Ser Dedrick Veneur, son chevalier, son sauveur, qu’elle admirait avec une ardeur dont elle se serait crue incapable, l’amour ?

Du Donjon Rouge, Noreen prit à pied le chemin du Grand Septuaire, sans septa, avec seulement un garde qui lui avait été assigné par Jasper pendant que lui s’entretenait d’affaires d’hommes et laissait libre court à l’envie de découverte de ses petits protégés, mais Maeve n’avait pas voulut la suivre, encore trop sous le choc de la bataille pour sortir probablement, et Edwyn non plus, enfin, elle n’avait en tout cas pas osé lui demander. Traversant la ville, elle posait un regard morne sur toutes les choses qui, dans d’autres circonstances l’auraient mises en joie et éveillé sa curiosité. Port-Réal, la seule véritable ville qu’elle n’ait jamais connue, oh elle avait visité Geoville une fois, mais elle était encore trop jeune pour en apprécier l’effervescence et la beauté joyeuse, et elle ne s’en souvenait plus très bien d’ailleurs. Le seul souvenir qu’elle avait était l’odeur infâme qui y régnait et le fait qu’elle n’avait pas pu s’adonner à ses menus plaisirs habituels, chasse, balades et baignades, pendant toute la semaine qu’avaient duré la visite de père. Elle se souvint avec un petit sourire que la première chose qu’elle avait faite en rentrant à Penn Irin avait été de se jeter, poney, selle et robe compris dans la mer après un galop endiablé sur la plage balayée par le vent et rougie par le soleil couchant, et ce malgré les cris de Ronan et de sa Septa. Keriane refuserait désormais toujours de passer la Porte Sanglante autant qu’elle refusait de raconter à sa rousse protégée ce qui s’était passée pendant l’attaque alors que la petite Ruthermont qu’elle avait vu grandir fuyait à travers les gorges pour se mettre à l’abri. C’est pour cette raison que la seconde fois, elle avait refusé de fuir ses responsabilités, le souvenir du visage tuméfié et effrayé de la religieuse n’avait que trop marqué son esprit et si la guerre ne pouvait être une affaire de femmes, au moins ne serait-elle pas de celles qui, sans défense, se laissent prendre, violer et tuer au beau milieu des combats.

Mais maintenant que c’était terminé elle n’en espérait pas moins que se serait la dernière fois, tout courage s’était retiré, et sa foi elle-même l’abandonnait par moment, elle se réveillait en nage, hurlant dans son sommeil, morte de peur et essoufflée par des batailles cauchemardesques pleines de sang de cris et d’os brisés. Elle pouvait sentir l’haleine de son premier assaillant et voyait avec horreur les cicatrices sur sa face brûlée, et aucune de ses prières n’avaient jusqu’ici parut être un rempart assez puissant contre l’effondrement méthodique de sa naïveté et la disparition de ses chatoyantes chimères d’enfance pour des pensées plus sombres, plus terres à terre et plus froides. La peur du lendemain. La peur tout simplement. Un sentiment d’impuissance sourde et de laisser-aller confortable et la vie aussi ténue que le chant des oiseaux dans le lointain, aussi irréel que les fantômes hurlant du vent marin passant dans les imperfections de la forteresse familiale, effrayants et drôles. Mais il ne s’agissait plus dorénavant de jouer à se faire peur dans les couloirs de l’étage ou le grand escalier, et c’était la tout le drame qu’elle vivait, la mort était réelle, et elle prenait les jeunes comme les vieux, cruelle et injuste. Elle qui avait cru que son père était invincible, qu’elle-même avait la vie devant elle, elle prenait conscience de la frivolité de ses rêveries et de la légèreté de ses espoirs, tout en continuant à penser que tant que son chevalier était à ses côtés il ne pouvait rien lui arriver de mal, et que l’amour peut triompher de la mort, mais pourtant celle-ci gagne toujours, toujours…

Le savait-il, cet échassier, que des hommes du Val étaient morts moins d’une semaine auparavant ? Et cette marionnettiste, pensait-elle à son amoureux alors qu’il pouvait mourir dans l’instant, attaqué par des brigands ? Ce gosse avec ces tourtes chaudes, avaient-il encore des parents à qui exposer ses craintes ? Et ces Septas, craignaient elle la mort autant que le viol ? Comment faisaient-ils tous pour vivre avec ça ? A quoi rimait d’exister si c’était pour quitter cette terre aussi promptement que s’envolaient les pigeons à son approche ?

Une fois devant l’hôtel des Dieux, elle regarda un instant la statue de Baelor le bienheureux en se demandant si ça n’était pas de cette façon qu’il fallait accueillir la vie, simplement et avec joie, en profitant de chaque instant qui était offert comme du plus beau présent, car elle pouvait être retirée à tout instant. Elle laissa là son garde et entra dans le Grand Septuaire, une complainte monocorde à deux voix attira son attention et plus encore que son attention son cœur. Les notes résonnaient entre les voutes arquées et donnait à ce chant une dimension féerique, mais les émotions qui s’en dégageaient étaient d’une tristesse aussi profonde et mélancoliques que celles qui la tenaillait. Tout cela la submergea et elle se mit à pleurer en silence, écoutant simplement la prière qui, avec une telle voix devait certainement arriver aux oreilles des dieux, aussi se joignit-elle en pensée à la jeune femme blonde, probablement plus âgée qu’elle, en essayant de penser d’abord à ceux qui étaient encore en vie comme si le fait d’alléger son cœur donnait lui une ferveur supplémentaire qui aiderait les mots destinés à la Mère d’En-Haut à monter vers elle par delà les nuages et le soleil. Elle aurait aimé pouvoir faire ça elle aussi, chanter aussi bien, mais elle n’avait jamais chanté de sa vie, ou si peu, quelques refrains pour Dedrick lorsqu’il était alité, quelques sifflements avec les oiseaux de la forêt, parfois pour père avant l’arrivée de Maelle, mais elle doutât que se soit aussi magnifique et pur, et elle n’osait rien tenter de peur de briser cette subtile harmonie. Une fois seulement, que la voix se fut éteinte elle s’approcha et s’agenouilla à côté de la jeune femme, dont les traits fins et les cheveux d’or reflétaient à merveille l’éclat de sa voix et lui chuchota :

« Je n’ai jamais rien entendu de semblable Ma Dame, il ne fait aucun doute que les Dieux vous aiment et vous écoutent, j’aimerais tant savoir faire de même… »

Ça n’était pas une demande, rien qu’un soupire de plus finalement…
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