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Petit déjeuner [Maura]

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Message Lun 20 Fév 2012 - 16:42

Un rayon de soleil perça l'obscurité de la chambre à travers la fenêtre principale et réveilla instantanément Gerold Lannister. Celui ci se leva prestement , et put constater que son état s'était nettement amélioré. En effet, il avait passé les trois derniers jours au lit, terrassé par une forte fièvre. Le lion n'ayant jamais marqué les esprits par sa résistance à la maladie durant son enfance, le vieux mestre de Castral Roc lui avait conseillé de se reposer le plus possible. Conseil que Gerold aurait volontiers ignoré sans l'intervention de Tybolt qui lui lui avait presque interdit de quitter sa chambre jusqu'à ce qu'il soit complètement guéri.
D'abord frustré de la décision de Tybolt, Gerold avait au cours de ses trois jours de convalescence très bien compris que son aîné ne voulait tout simplement prendre aucun risque quand à la santé de son cadet : Tybolt n'aurait pu se remettre de la perte d'un frère, Lord Lannister de la perte de son conseiller.
De toute façon, les trois jours que Gerold avait passé loin de son rôle de conseiller avaient été loin d'être gâches. Si son corps était bouillant et victime d'une toux fréquente, l'esprit du Lannister était toujours aussi vif et put se consacrer aux affaires politiques courantes de la Maison Lannister.
Et il y avait là matière à s'occuper.

Gerold fit appeler ses deux domestiques , ordonna à l'un de lui faire couler un bain chaud et à l'autre de le mettre au courant des derniers évènements survenu dans le Roc. Au cours de sa convalescence , il lui avait ordonné de laisser trainer ses oreilles dans les couloirs de Castral Roc et de lui rapporter tout évènement qu'il jugeait digne d'intérêt.
C'est lui qui était venu la veille lui rapporter l'attaque des fer-nés sur Port Lannis, ce qui surprit beaucoup le lion. Depuis quand ces barbares avaient ils les ressources nécessaires à l'assaut sur l'une des plus grandes villes du royaume ? Bien que ces connaissances militaires n'égalaient pas celles de Tybolt, Gerold savait pertinemment que les insulaires avaient pour habitude de fatiguer leur adversaire par de petits raids sans ambition sur les villages côtiers.
Apparemment, Dagon Greyjoy est encore plus fou que ce que j'avais imaginé.

Son informateur ne lui apprenant rien qu'il ne savait déjà , il le congédia lui et son autre domestique, se déshabilla et entra dans le bain. Il se laissa couler dans l'eau jusqu'aux oreilles, ne laissant que ses yeux, son nez et sa bouche à la surface. Totalement préservé du moindre bruit dans cette position, Gerold pouvait se laisser aller dans ses pensées dans le calme le plus total.
On lui avait également appris la veille, peu avant l'attaque des fer-nés , l'arrivée de Lord Clarence Hightower à Castral Roc. Si Gerold n'avait encore jamais rencontré le jeune seigneur de Villevieille, il savait surement plus de choses sur lui que le grand argentier du royaume pouvait se vanter d'avoir entendu sur le Lannister. Il savait notamment que Clarence serait devenu un mestre de la Citadelle si la fatalité n'avait pas fait de lui Lord Hightower en emportant son père et son frère aîné dans la mort.
Je demanderais à Tybolt si c'est le seigneur de Villevieille ou le membre du Conseil Restreint qui est venu nous rendre visite.

Si les ressources militaires de Villevieille était loin d'égaler celles de Hautjardin, la Maison Hightower n'avait rien à envier à la richesse de son seigneur suzerain. Un rapprochement avec celle ci pourrait être bénéfique aux Lannisters , d'autant plus que Clarence était un homme de confiance de Brynden Rivers et qu'il siégeait au conseil restreint. Gerold se promit d'en glisser un mot à Tybolt dès qu'il le verrait. Même si la bataille avait surement occuper l'ensemble de l'esprit de son frère la veille , nul doute qu'il avait lui même eut la même réflexion que Gerold quant à une éventuelle alliance avec les Hightower.
Après de longues minutes passés à se prélasser dans sa baignoire, Gerold en sortit pour choisir quelle tenue il porterait ce jour-ci. Son choix se porta sur une tunique rouge parsemé d'ornements couleur or et une ceinture noire dont la boucle représentait un lion rugissant. Il s'en vêtit, accrocha son épée à sa ceinture puis quitta sa chambre pour se diriger vers la salle à manger privée des Lannister. Il croisa sur son chemin plusieurs domestiques qui le saluèrent chacun à leur tour, chacun recevant un hochement de tête reconnaissant du frère de leur seigneur.
Il pénétra dans la salle à manger et y découvrit là sa belle sœur en train de prendre son petit déjeuner. Il la gratifia d'un salut des plus gracieux.

- Lady Maura. Enchanté de voir que vous nous êtes revenu saine et sauve du septuaire.

La phrase était courte et polie, mais elle faisait facilement comprendre que malgré ses trois jours de convalescence, Gerold était toujours si bien renseigné sur tout se qui se tramait dans le royaume, et plus précisément chez les Lannister. Si il n'avait que faire de la santé de Maura elle même, il n'avait pas complètement menti en se disant enchanté qu'elle n'est pas été blessé dans l'attaque de Port Lannis. Un malheur arrivé à la récente femme de son frère aurait pu metttre à mal tous ses efforts afin de rapprocher les maisons Arryn et Lannister. Sans attendre la réponse de sa belle-sœur , il s'installa en face d'elle et ordonna au domestique qui attendait patiemment à l'autre bout de la pièce de lui apporter du pain, du vin et des fruits. Son regard se porta sur Maura, qui était, comme à son habitude, charmante .
Pas étonnant que Tybolt ait succombé à une telle beauté.

En observant la dame du Val, il lui revint à l'esprit une autre affaire qui était parvenu jusqu'à ses oreilles. Le chevalier que Lord Arryn avait envoyé jusqu'à Castral Roc pour y escorter sa sœur, Kaeril Corbray, également Lord de Cordial, s'était déshonoré lors de la bataille contre les fer-nés en faisant tuer deux hommes, blesser deux autres et provoquer indirectement la mort d'une jeune fille.
Désormais enfermé dans une cellule de Castral Roc, Lord Corbray attendait son jugement par Tybolt. Gerold se promit de dénicher le garde qui avait été assez stupide pour demander l'aide de Clarence Hightower pour pallier l'absence de Tybolt sur le moment. C'était le grand argentier qui s'était déplacé jusqu'au lieu du crime et ordonnait au guet d’emmener Kaeril jusqu'à Tybolt, et nul doute qu'il porterait un regard intéressé sur la sentence que Tybolt prononcerai à son égard , ce qui mettait les Lannister dans une situation peu confortable , pour être poli. En effet, une punition trop sévère pourrait créer des animosités dans l'alliance si récente entre le Val et les Terres de l'Ouest , une punition trop clémente pourrait intriguer Lord Hightower et par extension Freuxsanglant et les amenait à s'interroger sur les relations entre Les Eyriés et Castral Roc.

- Vous avez surement été mise au courant des dernières tribulations de Lord Kaeril Corbray. Je dois bien vous avouer que votre chevalier nous met mon frère et moi dans une situation délicate.

En attendant la réponse de sa belle sœur , il croqua dans une des pommes vertes que le domestique venait de lui apporter.
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Message Lun 20 Fév 2012 - 20:30

Tybolt avait quitté la couche nuptiale bien des heures auparavant murmurant à son épouse encore endormie qu’il devait se rendre jusqu’à Port-Lannis évaluer les dégâts causés par l’incendie. Elle avait vainement essayé de le retenir dans la chaleur agréable et presque moelleuse de leur couche en lui laissant croire qu’elle l’accompagnerait pour visiter ses gens afin d’au moins lui offrir un soutien mais, adamantin comme toujours dès que l’on en venait à ses prérogatives seigneuriales, il s’était contenté d’un baiser, d’un vague refus en l’enjoignant - un ordre courtois en somme - de se reposer pour le bien de l’enfant qu’elle portait. Si bien que lady Lannister était restée à somnoler quelques heures de plus savourant un petit moment de tranquillité après une nuit quelque peu agitée par leurs discussions et leurs étreintes. Mais au lever, elle avait commencé à demander après son époux qui, selon les explications embarrassées d’un de ses valets, se trouvait encore dans la cité meurtrie.

Après ses ablutions matinales dans salle du Bassin entourée de ses femmes, elle se sentait un peu mieux. Moins fatiguée, plus fraîche, apte à faire face à une nouvelle journée dans ce Roc où, par moments, elle se sentait encore étrangère. Malgré tout, le quotidien, le ballet des servantes apportant ses tenues et ses bijoux, la venue d’un peintre qui l’aiderait grâce à son talent à décorer selon son goût les salles dévolues à l’usage particulier de la dame de l’Ouest. Un leitmotiv était sorti de cette rapide rencontre, il fallait faire place nette : abattre des murs, dégager de l’espace, enlever le trop plein de fioritures qui lui rappelaient trop le clinquant des Lannister. En un mot, rappeler à la dame son pays natal. Faire venir de la pierre blanche du Val couterait cher mais qu’était-ce pour la famille la plus riche de Westeros ? Peu de choses et, cela, Maura avait eu vite fait de le saisir. Une fois l’artiste parti, elle finit de se préparer dans une atmosphère alourdie par l’odeur persistante de l’encens qu’elle faisait venir de Dorne et qui avait l’immense avantage d’assainir l’atmosphère des pièces.

Quand, vêtue d’azur et de gris, les couleurs de sa famille, la jeune femme entra dans la salle à manger privée de la famille Lannister, elle ne put retenir un soupir de dépit. Seule encore une fois. Pas d’Aliénor, pas de Gerold et encore moins de Tybolt. Un jour comme un autre pour la jeune dame du Val qui pourtant, et pour une fois, ne s’en plaignit pas vraiment. Elle avait beaucoup de choses à faire en premier lieu desquelles se trouvaient les réponses à faire à sa correspondance laissée depuis quelques jours à la merci des événements. Jasper bien sûr, mais aussi les vassaux du Val disséminés dans tout l’Ouest ainsi que ses parents et amis vivant bien souvent à l’autre bout des Sept Couronnes. Prendre des nouvelles de la guerre, avertir des événements, s’enquérir du sort de chacun, il s’agissait ni plus ni moins d’une tâche quotidienne pour Maura. Sans compter qu’elle comptait désormais un des seigneurs du Val comme hôte très particulier des geôles du Roc en attente d’un procès. Lord Corbray en personne, un vassal qui se muait en épine dans le pied pour la jeune femme même si elle avait tout de même glissé quelques mots en sa faveur auprès de son époux.

Un bruit de pas lui fit lever la tête de la liasse de vélins qu’elle lisait et elle découvrit que son beau-frère venait de faire son entrée dans la pièce. Il était resté alité durant plusieurs jours manquant l’attaque. Maladie bien pratique selon la montagnarde mais elle avait évité tout commentaire. Elle sourit à son beau-frère avec amabilité mais sans se départir de sa réserve naturelle, ni même du soupçon de hauteur qu’elle mettait en chaque chose. Si bien que la réponse au salut de Gerold fut ce qu’elle devait être : la Dame des lieux acceptait d’être dérangée par l’opportun.


 « Ah, Gerold. Vous êtes enfin levé. Vous vous sentez mieux ? Vous avez manqué le meilleur en tous cas. Bien sûr que je suis rentrée en un seul morceau du septuaire, qu’aurait-il donc pu m’arriver dans la demeure des Dieux sans compter la protection de votre frère ?! Vous devriez avoir plus confiance lui. »

Façon de répondre que Lady Lannister se fichait à priori comme d’une guigne de ce que pouvait bien apprendre Gerold à son sujet, et encore plus de ce qu’il pouvait en penser. Elle-même était bien renseignée. Sans doute mieux que son beau-frère par ailleurs. Après tout, le maître-espion de Castral Roc était avant tout sa créature. Et les anciens liens tissés entre eux obligeaient à Maître Orys à faire de sa dame la première oreille vers qui il venait murmurer. Reprenant sa lecture tandis que le jeune homme s’installait, elle continua à boire sa tisane tranquillement sans se presser jusqu’à ce que le silence soit à nouveau brisé par une allusion sans aucun tact de la part de Gerold. Ceci dit, malgré la volonté de la mettre en porte-à-faux, elle n’en était pas, elle, à son coup d’essai. Elle haussa simplement les épaules signifiant par là que les éventuels soucis causés par l’acte stupide de son vassal lui étaient indifférents. Elle attendit quelques secondes avant de répondre mais sa voix avait perdu l’amabilité polie qui avait accueilli le cadet de Tybolt.

 « J’étais présente à Port-Lannis et j’ai vu Lord Corbray, Gerold, je n‘ai pas à être mise au courant des agissements de mon vassal. Quant à parler d’une position délicate…Du moment que Tybolt ne me décapite pas le seigneur de Cordial, je doute que nous allions au devant d’un problème quelconque. Ne vous inquiétez pas, avec les bons conseils, votre frère saura prendre la meilleure décision. On ne va pas faire toute une affaire de la fin tragique d’un simple forgeron. Tragique certes, nous prierons pour lui. Corbray, quant à lui, a de quoi assurer une dot à la veuve pour qu’elle retrouve un bon mari. »

Non pas qu’elle soit insensible au triste sort de ces pauvres gens mais ce n’était qu’un problème au même titre que l’approvisionnement en vue de l’hiver. Et encore, un problème qui serait bien plus facilement réglé selon elle. Quant à une éventuelle réaction de Jasper, elle savait son frère attaché comme elle à l’honneur qui avait une telle place dans la devise de leur famille. Kaeril aurait à répondre honorablement de ses actes et voilà tout. Qu’il survive ou pas, son sort était entre les mains des Sept qui guideraient Tybolt. Son époux prendrait une décision juste et équitable et la jeune femme lui faisait amplement confiance pour gérer l’affaire de façon expéditive.

 « Par ailleurs, plutôt que d’épiloguer sur le pauvre homme qui doit se morfondre dans sa geôle, dîtes-moi où en sont les réserves pour l’hiver ? Je veux savoir ce qui a déjà été rentré au Roc et quelles sont les mesures prises pour éviter une famine dans Port-Lannis. »
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Message Mar 21 Fév 2012 - 1:04

- Je vais bien mieux, merci de vous en soucier. Je mentirais si je disais que je regrette d'avoir manqué cette bataille. lui répondit il en gardant son sourire arrogant. Ma confiance en mon frère est totale, ne vous inquiétez pas pour ça. Je voulais simplement témoigner de mon soulagement de vous savoir hors de danger.

Gerold lui avait répondu d'un ton plus sec, mais qu'on pouvait toujours qualifier de poli. Il n'avait aucune intention de froisser sa belle sœur, ce qui ne semblait pas réciproque. La jeune femme ne cachait guère sa méfiance à son sujet, ou si elle le faisait elle s'y prenait bien mal.
Après tout, je ne peux pas lui en vouloir. A sa place, je méfierais aussi.


Le regard de Gerold parcourut la salle à manger dans laquelle il avait partagé tant de repas avec ses parents et ses frères et sœurs. Mais aujourd'hui, Tybolt était à Port Lannis afin de constater les dégâts provoqués par l'incendie ayant ravagé Port Lannis , Tya était à Accalmie en compagnie de son Baratheon d'époux, Aliénor partirait bientôt pour Hautjardin pour épouser ce qui servait de fils à Leo Tyrell, et ses deux parents pourrissaient dans leurs tombes. Néanmoins, dans son esprit, cette pièce restait synonyme de sérénité, de joie et d'amour. Il avait rarement pensé s'y trouvait face à face avec celle qu'il considérait toujours comme une étrangère et disputait avec elle une des joutes verbales qui constituaient l'occupation principale des personnes prétendant jouer au jeu des trônes.
Elle est là à cause de toi, crétin.

Pas faux. Le Lannister saisit un verre, le remplit de vin et en but un bon tiers. Il écouta attentivement la réponse de sa belle-sœur quand au cas de Kaeril Corbray. Apparemment, si Maura était bien renseigné quand aux évènements ayant eu lieu dans l'auberge, sa réponse montrait qu'elle n'avait pas saisi toutes les conséquences que pouvaient avoir les mesures prises contre le Lord. Ou alors qu'elle n'en avait rien à faire, comme elle avait surement voulu lui faire penser en haussant les épaules avant de répondre. Il pencha pour la deuxième solution, après tout il devait bien avouer que la jeune femme s'était au cours des dernières semaines bien plus intelligente que ce qu'il attendait d'elle, ce qui rendait la conversation plus intéressante. Chacun des mots prononcés par Maura se répétait dans le cerveau de Gerold. Elle avait volontairement abandonné l'expression utilisé par Gerold qui s'était inclut dans la décision prise par Tybolt dans la phrase qu'il avait prononcé auparavant. Il y voyait là une volonté de le rabaisser en rappelant que la décision appartenait à Tybolt et à lui seul.
Tu réfléchis trop, Gerold.


- Vous avez sans doute raison. Même si je doute que tout l'or de Lord Corbray suffise à racheter une fille.


Même si Gerold ne doutait pas une seconde que Maura soit au courant que Kaeril était aussi à l'origine de la mort d'une jeune fille, il ne put s'empêcher de placer cette petite pique. Malgré cela, il dut bien se résoudre à avouer que sa belle sœur avait sûrement raison. Corbray serait privé d'une partie de son or ou envoyé au Mur selon l'humeur de Tybolt, et à moins que ce dernier soit prise d'une subite envie de voir Kaeril pendre au bout d'une corde, cela ne poserait aucun problème à Jasper Arryn. Après tout, s'il comptait sur son vassal, pourquoi l'éloigner autant des Eyriés ? Le Val ne manquait pas de chevaliers capables de protéger au mieux la sœur de leur suzerain , surtout accompagné de 5000 soldats. Une fois n'est pas coutume, Gerold avait succombé à sa paranoïa. Il mit ça sur le compte de sa récente maladie, finit d'une gorgée son verre de vin et demanda au valet de lui apporter du fromage de chèvre.

Visiblement peu intéressé par le sort de son vassal, sa belle sœur lui demanda de lui parler des mesures prises quant aux réserves pour l'hiver qui se profilait. Son ton proche de l'ordre ne plut que très peu que Gerold, mais il se décida à lui répondre poliment. Il gratifia son interlocutrice d'un sourire et croqua dans un morceau de pain sur lequel il avait tartiné le fromage.

- Vous avez raison d'en parler. Nous avons augmenté le prix du poisson à Port Lannis pour inciter les gens à en préserver et les pêcheurs à aller en pêcher plus qu'habituellement. Nous avons également prévu de faire venir du poisson depuis les Îles Bouclier via des bateaux qui nous le feront parvenir en remontant la Mander , au cas où les raids des fer-nés deviennent trop gênants pour les pêcheurs des terres de l'Ouest. De toute façon, on a jamais trop de nourriture quand l'hiver arrive, n'est-ce pas ? Vous qui venez d'une région aussi isolé que le Val devait le savoir mieux que quiconque. Par ailleurs, Lord Tyrell a promis de nous faire profiter des importantes ressources agricoles du Bief . Nul doute que le Long Dard nous fera parvenir céréales, légumes et fruits dès que les premières neiges tomberont sur le Conflans. Quant à la viande et aux produits laitiers, pas d'inquiétude de côté là,l'élevage s'est rarement aussi bien porté dans les Terres de l'Ouest, et tous les fer-nés du monde ne pourrait rien y changer. Ne vous inquiétez pas, Port Lannis survivra à cet hiver comme aux cents précédents.

Malgré ce qu'il expliquait à Maura, la situation était loin d'être aussi bonne. Si les seigneurs de Castral Roc ne devraient comme à leur habitude à peine ressentir les effets de l'hiver sur le contenu de leurs assiettes, les habitants de Port Lannis n'auraient certainement pas cette chance. De plus, toutes les ressources en provenance du Bief avaient coutés des milliers de dragons d'or aux Lannister , et ces pertes devront être compensés par une hausse des impôts, ce qui ne manquera pas de faire enrager la population déjà ruinée par la famine.
De toute façon, celle ci n'avait qu'une place secondaire dans la liste des préoccupations de Gerold Lannister.
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Message Mar 21 Fév 2012 - 11:38

Les lèvres de la jeune femme se retroussèrent très légèrement alors qu’elle écoutait, avec attention, la réponse de son beau-frère. On eût dit qu’elle s’empêchait d’en rire. Mais de rire de quoi ? De sa relative franchise ou bien de sa relative tendreté ? Quoiqu’il en soit, quelque chose dans cette manière désinvolte d’annoncer de but en blanc qu’il était soulagé de ne pas avoir pris part à la bataille dérangeait la jeune femme. Sans parler que les seigneurs courraient rarement un quelconque danger durant un siège, elle trouvait cela très étrange de s’en ouvrir devant elle qui, déjà, témoignait d’assez peu de considération envers le jeune homme. Cela sentait un peu trop le chevalier d’été à son goût. Toutefois, elle ne départit pas longtemps de son air serein qui confinait presque au dédain.

 « Hé bien, votre soulagement me va droit au cœur, Gerold. » lâcha-t-elle avec une certaine ironie. Pour tout dire, elle en doutait franchement. Elle ou une autre, après tout l’épouse de Lord Lannister était remplaçable. L’enfant qu’elle portait l’était moins. Mais cela n’était que politique et bien loin des sentiments et de la passion qui se jouaient d’elle et de son époux. Elle nota qu’il s’était senti obligé de lui répondre au sujet de la confiance qu’il plaçait en son seigneur et elle se contenta d’un bref hochement de tête pour exprimer son accord avec ce propos et ajouta simplement :  « Vous étiez mieux dans votre lit de toutes façons, cela va sans dire. Seul un fou souhaite aller se frotter aux épées fer-nées. »

Malgré son éducation qui voulait d’un homme qu’il se juche toujours aussi haut que l’honneur, ses dernières paroles prouvaient bien à quel point elle était en accord avec Gerold sur ce point. Mieux valait vivre. Et elle serait la dernière à lui jeter la pierre pour ne pas avoir été présent à Port-Lannis sans compter qu’avec Tybolt et elle déjà présents, sans parler d’Aliénor, un tel acte n’aurait été que folie furieuse. Qui aurait pu prédire que les Fer-nés ne franchiraient pas les murs de pierre de la cité ? En fait, toute personne douée d’un peu d’intelligence mais, dans les folies et les méandres de la guerre, qui savait ce que le hasard pouvait produire comme résultat inattendu. Déjà qu’il avait été bien étrange que l’attaque se déroule au moment qu’elle avait choisi pour prier. Elle chassa ces pensées inopportunes et mis finalement de côté la lettre qu’elle parcourait pour répondre à son beau-frère.

Elle ne comprit tout d’abord pas ce qu’il voulait dire en parlant de la vie de la fille. Pensait-il que Corbray n’était pas assez riche pour payer le prix du sang ou bien qu’une vie était trop précieuse ? Pour sa part, la vie d’une gamine valait bien moins que celle d’un seigneur du Val. Et, pour dire le vrai, elle était assez loin de telles considérations. Quant à la possibilité que Gerold ait soigneusement choisi ses mots en pensant la blesser, elle la laissa tranquillement de côté. Pour sa part, elle ne se sentait aucunement responsable des actes d’un homme libre, adulte et conscient de la gravité des charges qui pesaient contre lui. Mais, pour tout dire, il y avait quelque chose de savoureux de voir un Lannister lui parler du montant d’une vie ou penser que l’or n’achetait pas tout. Elle souleva un sourcil dévisageant le jeune homme avec circonspection avant de soupirer et de lui répondre sur le même ton léger dont il usait.


 « Je pense le pauvre homme suffisamment accablé par ses erreurs pour éviter de le rendre responsable de la mort d’une autre personne. Je ne crois pas qu’il ait abattu la jeune fille, n’est-ce pas ? En toute justice, c’est l’assassin qu’il faut blâmer, pas l’individu que les circonstances ont trompé. Kaeril Corbray a suffisamment à faire pour répondre de ses propres actes. » Le ton de la jeune femme n’invitait guère à épiloguer sur le sujet. Mais, de la même façon que toute justice appartenait au Roi, elle rappelait simplement que son exercice se devait d’être équitable et tempéré par la pitié comme l’enseignait la Foi des Sept. Etrange répartie de la part d’une femme qui n’avait jamais hésité à faire voler des coupables depuis la Porte de la Lune. Toutefois, la mention de l’or amenait forcément une certaine place pour l’humour et, Maura, avec l’accent du Val qui rendait ses phrases savoureuses, ne put s’empêcher de s’en amuser quelque peu.  « Quant au prix d’une fille, je ne connais pas les tarifs en vigueur dans les bordels de Port-Lannis ou d‘ailleurs. Sur ce point, vous demeurez l’expert, Gerold. »

Malgré la tonalité amusée de sa phrase, ces quelques mots prouvaient que la patience de la maîtresse des lieux arrivait à son terme. Si la situation franchement grotesque faisait frémir de plaisir le Lannister, grand bien lui fasse. Pour sa part, elle n’allait pas épiloguer jusqu’à l’hiver sur le pauvre Corbray victime de la fatalité et de sa propre stupidité. En cela, Maura était bien représentative de sa caste, qu’on la serve bien et elle était reconnaissante, que l’on oublie l’honneur à son service et elle en oubliait de même toute gratitude. De toutes façons, le seigneur de Cordial répondrait de ses actes devant son époux et cela lui convenait tout à fait. Elle ne comptait pas s’arroger le droit d’être à la fois juge et partie comme le faisait son beau-frère.

Elle laissa là ces considérations pour s’intéresser de plus près aux explications du jeune homme concernant l’approvisionnement du Roc et plus généralement des terres directement soumises aux Lannister. Elle l’écouta patiemment sans intervenir gardant ses remarques pour la suite. Par contre, elle ne manqua pas la pique concernant l’isolement du Val et ne put s’empêcher d’en sourire. Oui, ils savaient ce que signifiait l’hiver. Sans doute mieux que les autres habitants du Sud. Toutefois, elle ne pouvait manquer d’être quelque peu dubitative devant les certitudes affichées par Gerold et surtout par le rappel marqué concernant l’arrivée de produits du Bief. Réfléchissant quelques secondes, elle baissa les yeux vers la table. Elle aurait pu objecter franchement que tout cela lui semblait faire appel à beaucoup de bonnes volontés pour qu’un tel plan soit sûr mais sans doute mieux valait-il trancher de la dirigeante afin d’être mieux entendue. Elle se rappela le dernier hiver qu’ils avaient vécu quelques années auparavant. Damon Lannister était toujours en vie à cette époque puisqu’elle l’avait vu à Cendregué et, comme Tybolt lui avait déjà semblé un peu démuni face aux exigences d’approvisionnement d’une armée, elle ne doutait pas que les deux fils n’avaient pas vraiment été formés pour faire face aux rigueurs de l’hiver. Du coup, elle sourit plus aimablement à Gerold et reprit la parole d‘un ton plus amène. L‘hiver viendrait et il les concernerait tous. Rien à voir avec le sort du vassal de son propre frère.


 « Les rigueurs de l’hiver sont loin d’être des inconnues dans mes montagnes effectivement mais nous avons l’avantage d’avoir appris à ne compter que sur nos propres ressources. Le Val est fertile si bien que l’apport extérieur est limité. Toutefois, la situation est différente cette fois. Je connais mal les impératifs de l’Ouest mais certains principes élémentaires sont les mêmes. La dernière fois que la maison Arryn a résidé aux Portes de la Lune, je dirigeais le Val en tant que régente et il était de ma responsabilité d’assurer l’approvisionnement de nos châteaux durant l‘hiver. Sans doute puis-je aider à nous assurer un hiver serein. »

Après tout, le ménagement du Roc revenait à l’épouse de Lord Lannister et il s’agissait ni plus ni moins de sa responsabilité de s’assurer que chacun serait nourri à sa suffisance.

 « Je ne mettrais pas en doute la parole de mon oncle mais il est, comme nous d’ailleurs, soumis aux contingences des temps que nous vivons. Le Bief est riche et fertile mais Lord Tyrell ne commande qu’aux ressources qui sont directement sous son contrôle, c’est-à-dire celles dépendant directement de Hautjardin. Et la canicule de cet été a été ressentie avec bien plus de force dans le Sud que chez nous ou dans le Val. Certaines récoltes ont été brûlées par le soleil et le manque d’eau. Il ne faudra pas s’attendre à des miracles de la part de la maison Tyrell. Il serait sans doute utile de diversifier nos achats afin d’être certains d’en recevoir tout le fruit. Par exemple, les préparatifs de l’hivernage ont commencé depuis longtemps dans ma région, peut-être que prendre langue avec mon frère ou certains de ses vassaux présents dans l’Ouest pourrait être une bonne chose ? De même avec le Conflans. Je comprends votre volonté de faire appel à un allié proche mais l’hiver impose d’autres réalités plus impérieuses que l’or du Roc peut nous aider à circonvenir. Je ne doute pas que Castral Roc passe l’hiver à l’abri de la nécessité mais qu’en sera-t-il de Port-Lannis ? »

Maura n’était point une femme élevée pour simplement détourner le regard du moment qu’elle savait son assiette bien remplie. D’autant plus quand les assiettes vides à côté commandaient à sa propre richesse. Certes, selon son beau-frère, il y aurait du poisson à suffisance même si l’idée de faire venir du poisson des Iles-Boucliers avait de quoi la faire se tordre de rire. Mais cela était bien dans les manières des Lannister qui ne regardaient jamais trop à la dépense. Ce qui, d’un certain point de vue, était une force mais pouvait, tout aussi vite, se muer en faiblesse. Et la jeune femme ne voulait point voir son mari faible.

 « Puisque Lord Lannister a offert l’abri des murs de la ville contre les Fer-nés, il devra aussi nourrir les réfugiés. Ces gens ont déjà faim, Gerold, qu’en sera-t-il au moment des premières neiges ? Si rien n’est fait d’autres que de saler les réserves de la pêche, nous allons tout droit vers une catastrophe. Si les marchandises alimentaires se monnaient à prix d’or, personne ne pourra en acheter et ceux qui le pourront n’auront rien quand nos percepteurs viendront récolter l’impôt. Et comment imposer ce qui ne peuvent pas payer ? C’est un non-sens tout simplement. La prospérité de nos domaines reposent sur la vigueur de Port-Lannis et nous devons la préserver autant que faire se peut. Survivre n’est pas assez. Cet hiver doit se passer à notre avantage. Et notre réussite dépend des ventres plus ou moins bien nourris de la ville. Déjà que le Fléau en a fauché une bonne partie alors l’hiver maintenant… » Constat bien pessimiste mais qui avait aussi l’avantage certain d’être réaliste.  « Des demi-mesures ne serviront qu’à retourner la population contre les Lannister. Et plutôt que de poisson que tout le monde peut prendre dès que les marées le permettent, les greniers devront être remplis de grain pour agrémenter cette chair déjà trop pauvre. Et les ressources doivent être distribuées au nom de Lord Lannister et conservées hors de portée d’une quelconque agitation populaire. D’ailleurs, plus nous aurons de surplus, plus nous pourrons le revendre à la suite…Le Nord sortira de l’hiver bien après nous et le Stark et ses gens ne diront sans doute pas non à quelque pitance supplémentaire. Plutôt que de garder l’œil à la dépense, il faut acheter et acheter encore. Quand l’hiver vient, la nourriture est une bien plus grande force que tout l’or du monde. »

Elle se tut quelques secondes avant de reprendre sur un ton plus directif.

 « Plutôt que d’attendre que de mon oncle, il faudrait prendre contact avec ses vassaux : Hightower, Florent, Rowan, Tarly mais aussi avec les seigneurs riverains. Le Trident est fertile lui aussi. Pour le reste, les navires circulent grâce à la flotte du Lion et il faut acheter des commerçants. D’ailleurs, les seigneurs de l’arrière-pays ont-ils payé tribut pour l’Hiver ? Les Lefford, les Brax n’ont pas été touchés par les incursions fer-nées, ils doivent pouvoir aider à pourvoir aux besoins de leur seigneur suzerain. Leur prospérité dépend également de la bonne marche des affaires dans notre bonne cité de Port-Lannis. »
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