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« Le Corbeau se posera sur l'épaule de l'Ours, mais pas encore...»

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Message Dim 19 Fév 2012 - 1:05

« Le Corbeau se posera sur l'épaule de l'Ours, mais pas encore...»
with Alysane Mormont & Bennifer Nerbosc

.................

« Je vous demande pardon ?!» s'exclama Bennifer à haute voix. Le jeune homme se trouvait dans une écurie, près d'un cheval doté par la grâce des Dieux, d'une robe aussi noire que la longue nuit. Il était en compagnie d'un homme plus vieux, mieux habillé et plus distingué. L'héritier de Lord Beric avait opté pour des vêtements légers et il était débrayé. N'importe quel homme aurait pu en déduire qu'il sortait d'un bordel où les résidentes ne s'étaient pas privées de mettre à l'épreuve son endurance. Complètement débrayé, avec une chemise de lin blanche, elle était déboutonnée ce qui ne semblait pas vraiment poser de problème à Bennifer. Il n'avait pas pris le temps de se rendre présentable. Il s'en moquait éperdument, il venait d'apprendre une nouvelle qui ne le laissait pas de marbre. Toutes les tentatives du chevalier qui l'accompagnait étaient vaines. Bennifer semblait énervé. Le pauvre paladin avait le droit à de nombreux jurons. Ils n'étaient pas centralisés sur la personne de Ser Liam.

Ser Liam Rivers n'était pas une connaissance de Bennifer. Il l'avait vu que très rarement. C'était un chevalier atypique à qui Lord Beric avait donné asile. Depuis moins de deux mois, il vivait à Corneilla. Il avait juré.. juré de servir l'envol du corbeau. Bennifer ne savait pas grand chose à son sujet. Son nom laissait entendre que ce dernier était le fruit d'un union proscrit et son titre qu'il était un homme vaillant. Il n'était plus très jeune. Il devait avoir l'âge de Lord Beric, peut-être un peu plus. Il avait une certaine prestance, dû à son expérience des champs de bataille. Beric vantait ses mérites à chaque fois qu'il parlait de lui, soit très souvent ces derniers temps. Ser Liam restait un grand inconnu. Il n'était pas bavard et se contentait de réponses évasives, voir conclusives. Ser William, qu'il secondait désormais à l’entraînement, le trouvait solitaire et avec l'aval de la boisson, peu adapté au poste de maître d'arme. Cependant, Ser William était un vieux soldat et il était nécessaire d'avoir un remplacent apte à prendre sa suite en ces temps de troubles.

Ser Liam venait d'avouer à Bennifer qu'il avait reçu l'ordre de le tenir à l'écart du château de Corneilla pendant quelques jours. Beric s'était joué de son frère. Ser Liam avoua que Beric venait de convier des chevaliers de Van, où Bennifer était peu apprécié. Il préférait ainsi parlementer sans que Bennifer n’entache ces pourparlers. Cet aveu mit Bennifer en rogne. Il se doutait bien qu'il y avait une raison obscure à sa venue à Pont-l'Amer. Bennifer avait déjà passé une nuit dans l'auberge. Ser Liam lui servait d'unique épée lige. Robert, Roger et Roland vaquaient à des occupations moins sérieuses à Corneilla. Bennifer quitta immédiatement Ser Liam qui s'évertua à suivre le jeune homme, telle une ombre qui refusait de se laisser dompter par la lumière du soleil. Lord Beric avait sans doute demandé à Ser Liam de veiller sur son frère, à moins que ce soit Lady Carolyn qui voulait être prévenante. Ser Liam était un homme rigide. On le voyait à sa démarche, droite et rigoureuse.

Bennifer s’apprêtait à sortir de l'écurie. Il sentait le chevalier derrière lui. Il s'arrangea, de manière à être très présentable. Pas question d'être débrayé et de véhiculer une mauvaise image de la famille Nerbosc. Veste en cuir, étoffe de bonne qualité et surtout respect des normes en vigueur à Westerons furent de mise. Bennifer était de nouveau un parfait parti. Bennifer jeta un dernier regard, légèrement assassin, à l'attention de Ser Liam. Ce dernier était un sacré chevalier. Il avait scrupuleusement respecté les ordres de Lord Beric, ce qui lui valait un tantinet d'admiration de la part de Bennifer. Hélas, il était également énervé de ce comportement de la part de la part de son frère. Beric absent, Bennifer reporta sa colère sur son vassal le plus proche, le pauvre Ser Liam Rivers. Le bâtard comprit immédiatement qu'il était dans son intérêt de laisser Bennifer en paix, au moins durant quelques heures, le temps pour lui de laisser son esprit s'apaiser. Ser Liam resta ainsi avec Sans-Nom, le pauvre cheval qui avait prit Bennifer comme cavalier. Le chevalier allait devoir faire preuve d'une patience qui éprouverait n'importe quel soldat. Mais le bon côté, c'était qu'il pourrait communiquer avec ses Sept amis suprêmes, il aurait le temps et le calme nécessaire.

Bennifer quitta ainsi l'écurie sans son épée lige, suffisamment compétente pour le laisser divaguer à sa guise entre les différentes auberges et autres bordels de la région. Et c'est bien ainsi que Bennifer passa sa journée. Corneilla semblait bien loin désormais. Beric avait comploté, autant le laisser se débrouiller quelques temps seul. C'est dans cet état esprit que Bennifer escomptait passer sa journée. Il n'y aucune ombre au tableau, si ce n'est l’impatience potentielle de Ser Liam. Bennifer ne s'en souciait guère et il passa sa journée à flirter avec les plaisirs de la vie. Pont-l'Amer était une ville qu'on ne pouvait dénigrer. Si, pour Bennifer, elle n'était qu'une ville du Bief; elle jouissait de nombreux plaisirs. Il y en avait pour tous les goûts. Les tavernes étaient très animés. Les gens étaient accueillants. Bref, Pont-l'Amer était une ville charmante lorsqu'on avait pas à se pré-occuper de sa bourse. Bennifer passa l'essentiel de sa journée à profiter de tels services, et il pourrait dormir en pensant qu'il avait fait des heureux dans cette bourgade. Il admira le travail des forgerons Biefois, qu'il n'avait que rarement vu à l’œuvre.

Bennifer fit également la connaissance, en taverne, de sacré énergumène. Pour la première de sa vie, le jeune homme se laissa conter de merveilleuses histoires de chevalerie dont il avait des doutes sur la véracité. La taverne fut sans doute un des meilleurs moments de la journée. Les gens étaient très accueillants. Ils racontèrent à Bennifer l'histoire romancé de la famille Tyrell tel qu'on la contait dans les campagnes reculés. Le Bief se présentait comme une terre de chevalerie. Un chevalier ne peut-être qu'heureux en cette terre. Non seulement ils profitent de la réputation de leur métier mais en plus, les tournois ne manquent pas. En songeant à ça, Bennifer se rendit compte qu'il n'avait jamais, au grand jamais, rencontré de chevalier Biefois. Il se demanda s'ils étaient différents des infâmes soldats qu'il avait rencontré auparavant. Le vin de Pont-l'Amer était un nectar fabuleux. Il appartenait à la catégorie des mets qu'on devait absolument goûter dans une vie. Une bonne chose de faite pour Bennifer.

Légèrement esquinté par le nectar, Bennifer quitta la taverne le sourire au lèvre. C'était une bonne journée où il avait pû se détendre et oublier le maudit étalon rouge de Haye-Pierre. Oh.. Pour la première fois depuis pas mal de temps, l’étendard de cette étalon rouge sang ne flottait pas l'esprit de Bennifer. Il s'était éloigné des problèmes, et si Bennifer n'était pas lui même, il pourrait bien rester loin d'eux pendant encore très longtemps. Cependant, le jeune homme était un vrai habitant de la rivière; et à l'image de ses seigneurs, il mettait un brin d'honneur à ambitionner pour sa famille. Les Nerbosc en premier, Bennifer ensuite. C'était l'ordre naturel des choses. Bennifer vivait pour sa famille, et non pour lui même. Malgré cela, il était quelqu'un de particulièrement indépendant; ce qui explique son célibat. Bennifer était un parti avantageux pour de nombreuses dames du Conflans, à commencer par Lady Carolyn Grell. Mais l'esprit de Bennifer était tout autre. Indépendance. Ce dernier voulait pouvoir monter Sans-Nom à tout moment pour agir au gré du vent. Pas de responsabilité, pas de devoir.. La vie la plus merveilleuse qui soit.

Bennifer avait donc légèrement bû un nectar digne des plus illustres Dieux qui soit, Anciens ou Nouveaux. Il titubait légèrement, mais il était parfaitement lucide. Aussi fort qu'il soit, ce millésime de chevalier ne serait pas suffisant pour abattre le Nerbosc. Ce dernier était un fier soldat, un fier soldat qui était habitué à porter la main sur les alcools. Les réceptions de Corneilla valait le détour, surtout depuis que Lord Beric avait pris en main leur organisation. L'esprit libre, affranchis par les gouttes d'eau de vie, Bennifer s'avança hors de la taverne, ou de l'auberge. Il observa rapidement son environnement. Les rues commençaient à perdre sa fréquentation. La taverne était bondé et surtout, le bruit était digne d'un bordel -fenêtres ouvertes-. Le vin commençait à perdre son effet merveilleux. Il n'en résultait que les habituels effets négatifs. Par chance, Bennifer éprouvait seulement un sentiment de fatigue.

Fatigue.. Le jeune homme en éprouvait tellement. Les événements du Conflans l'avait épuisé et son futur voyage dans le Nord n'en serait que plus éreintant. Cette journée l'avait reposé, mais le vin venait de remettre un couche de fatigue. L'esprit clair de Bennifer se troubla, l'espace d'un court instant. Une femme, de dos, attira son attention. Son esprit mémorisa Lady Carolyn, une magnifique jeune femme habitant à Corneilla, le fief des Nerbosc. N'écoutant que son esprit affranchis, Bennifer s'approcha de la jeune femme. Il posa délicatement la main sur son épaule, et attendit de voir son visage. A cet instant précis, Bennifer perdit toute sensation de fatigue. Oh, il était bien fatiguait mais la simple lueur de la jeune femme lui fit perdre cette sensation, comme un bon remontant. Il ne voyait, pourtant, pas son visage. Mais, l'image de Carolyn lui donna un coup de fouet qui le réveilla de sa stupeur. Il était de nouveau le Bennifer que la majorité des gens connaissaient, celui qui avait vaincu l'image de noble et qui avait su se rapprocher au plus près des citoyens du fief familial.. Mais, aussi érudit qu'il soit, il venait de commettre une regrettable erreur... de personne.
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Message Dim 19 Fév 2012 - 18:30

     Son chemin de Port-Lannis avait été long et peuplé de rencontres aussi étranges que surprenantes. Alysane avait été heureuse d'avoir accepté de laisser ce chasseur Dornien l'accompagner, c'était lui qui avait la plupart du temps fait fuir les brigands qui venaient s'intéresser de trop près à leur possessions. Visiblement le jeune Mycah était bien plus habitué que la Nordienne à ce genre de choses, il lui avait d'ailleurs expliqué avoir voyagé depuis sa dixième année, ce qui expliquait d'ailleurs l'aisance relative qu'il avait alors qu'ils voyageaient ensemble. La jeune femme se demandait souvent ce que cela devait être que de voyager sans jamais s'arrêter, ne plus avoir de maison, plus de famille ou même simplement un coin que l'on puisse appeler « chez moi ». Mycah ne comprenait pas les questions de la brune, à ses yeux voyager n'était pas une habitude, mais tout simplement un mode de vie, il avait toujours été en train de parcourir Westeros en long, en large et en travers, envisager de se poser quelque part n'était donc pas une possibilité qui pouvait lui venir à l'esprit. Deux mondes opposés qui se rencontraient, même si Alysane prenait goût à voyager et à pouvoir découvrir de nouveaux horizons ou rencontrer de nouvelles personnes, la demoiselle ne comptait pas pour autant voyager jusqu'à la fin de sa vie. Elle espérait un jour pouvoir se poser quelque part et commencer une vie plus calme. Après tout comme son père le lui disait fréquemment, la jeunesse passait plus rapidement qu'on ne l'escomptait et peut-être qu'un matin elle se réveillerait sans ne rien avoir pu faire de sa vie parce qu'elle était trop occupée à voyager.

     Le problème de compréhension qu'ils rencontraient n'était pas une entrave à leur bonne entente toutefois, le chasseur Dornien lui avait expliqué être heureux de voyager à nouveau en compagnie de quelqu'un, précisant que la solitude commençait à poindre le bout de son nez de temps en temps et Alysane le comprenait aisément. Elle éprouvait la même gêne de plus en plus souvent. Il fallait toutefois avouer que dernièrement, la Nordienne n'avait pas eu à se plaindre, elle avait passé pas mal de temps en compagnie d'un Baratheon et de son groupe de reitres et chasseurs, de quoi lui redonner assez de sociabilité pour accepter la proposition de Mycah de l'accompagner. Finalement, elle ne regrettait pas. Absolument pas. Il était bon de pouvoir plaisanter ou discuter avec quelqu'un, voir même tout simplement de pouvoir dormir sans devoir perpétuellement rester sur ses gardes si jamais quelqu'un décidait de vous attaquer pendant votre sommeil. Mycah était certes un homme fort et d'une certaine stature, mais il était aussi plus frêle que la majeure partie des Nordiens et par conséquent, la Mormont était persuadée de pouvoir le maîtriser sans peine s'il devait décider de l'attaquer un jour. Mais il ne le ferait pas. Sinon elle serait contrainte de le tuer. Ou de lui arracher un but de son anatomie, ce qui n'aurait pas été la meilleure manière de lui manifester sa reconnaissance vous en conviendrez.

     Apprenant que l'Ourse désirait visiter Dorne, le jeune chasseur lui avait proposé de se rendre dans sa ville natale, La-Tombe-du-Roy, une ville où il avait grandi pendant dix longues années en tant qu'orphelin des rues, il la connaissait donc par cœur et pourrait sans peine lui faire visiter les environs. Elle avait bien évidemment accepté et ils étaient donc rapidement partis de l'Ouest pour se diriger vers Dorne. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le duo avait rallié les marches de Dorne où ils s'étaient joints à un petit groupe de voyageur afin de faire le trajet en sécurité. En effet, Mycah avait expliqué à la jeune femme que des brigands comparables à ceux des Montagnes de la Lune, opéraient dans les environs et essayaient de détrousser des voyageurs. C'est donc un soir qu'ils arrivèrent en vue de La-Tombe-du-Roy et que le chasseur signala à sa compagne de voyage qu'il risquait certainement de s'en-aller quelques heures pour la soirée. Alysane comprenait aisément que le jeune homme devait avoir des amis ou des connaissances qui seraient heureuses de le revoir, elle avant donc passé la soirée seule et dès le lendemain, les jeunes gens avaient entamé leur visite des environs. Pendant plusieurs longues journées, les voyageurs allèrent aux abords de la ville et Alysane fut consternée de tomber sur des paysages aussi rudes. Comme dans le Nord, seul un élément s'étendait à perte de vue, là c'était le sable, dans sa région natale, la neige. La brune ne fut absolument pas déçue de son voyage jusqu'à Dorne, mais même les bonnes choses avaient une fin et comme la région natale de Mycah n'était pas l'endroit idéal pour faire des rencontres, ils décidèrent de reprendre la route en direction du Bief.

     Le voyage de retour fut relativement rapide et Alysane ressentit un certain pincement au cœur à l'idée de ne pas avoir poussé plus loin son exploration de cette région, mais le chasseur lui assura qu'il vaudrait mieux y revenir plus tard, lorsque les attaques des Fer-nés seraient terminées. Les Dorniens se montreraient bien plus ouverts à ce moment. Elle le croyait sur parole. Ils remontèrent donc jusqu'aux envions de Pont l'amer et s'installèrent dans une auberge des environs alors que la jeune femme payait pour eux-deux – hors de question qu'ils partagent la même chambre – comme le chasseur n'était pas très riche. La chaleur avait diminuée depuis l'arrivée de l'automne, la sécheresse semblait enfin laisser un certain répit aux habitants de Westeros qui pouvaient profiter de l'adoucissement des températures, mais au final pour Alysane cela ne changeait pas grand-chose. Nordienne dans l'âme, la Mormont ne pouvait pas se promener autrement que les bras à l'air et encore, elle avait l'impression d'être dans un four de poterie tant la chaleur était insoutenable pour elle. La jeune femme avait mangé tranquillement une nourriture qu'elle était incapable d'identifier, de la viande ou quelque chose d'approchant, en tous les cas cela restaurait et remplissait l'estomac, c'était l'essentiel. Quoi qu'il en soit, Mycah lui avait annoncé qu'il se retirait pour aller dormir tôt et elle lui avait souhaité une bonne nuitée en précisant qu'elle irait certainement prendre l'air dans les environs. Le climat était encore trop rude pour elle.

     C'était donc comme cela que la Nordienne se retrouvait dans la rue alors que les passants devenaient de plus en plus rares, ses yeux mordorés posés sur le paysage qu'elle contemplait avec une indifférence non feinte. Elle portait sa tunique habituelle, des braies assez serrées pour ne pas offrir de prise aux adversaires, mais assez souples pour ne pas l'entraver dans ses mouvements, une paire de bottes en cuir et pour finir, une tunique qui lui laissait les bras dénudés histoire de ne pas trop souffrir de la chaleur. La Mormont réfléchissait à différentes choses lorsqu'elle sentit une main se poser sur son épaule. Persuadée que c'était son compagnon de voyage, la jeune femme se retourna en arborant un léger sourire, prête à se moquer de lui parce que même le sommeil semblait vouloir le fuir, mais elle se figea lorsque son regard rencontra un visage inconnu. Qui était-ce donc ? Elle huma rapidement l'air en sentant quelques relents d'alcool, certainement que l'homme devait avoir bu et se sentir assez bravache pour aborder une inconnue. D'un geste impatient, la Nordienne réagit enfin, elle repoussa la main de l'homme d'un geste peu aimable avant de reculer d'un pas, l'admonestant avec humeur.

     ▬ Mais pour qui est-ce que vous vous prenez ? »

     La véritable question aurait plutôt été de savoir pour qui il la prenait elle, mais la demoiselle était tombée sur trop d'hommes grossiers pour faire la différence entre celui-ci qui avait pourtant fait preuve d'une certaine délicatesse dans son geste, puis les butors qui lui faisaient des avances plus que grossières. Alysane fronça légèrement les sourcils alors que son regard dévisageait les traits de l'inconnu. Il n'était pas repoussant, un contraire même, plutôt bien habillé, mais aux yeux de la jeune femme, tous les gens du Sud se ressemblaient et elle ne voyait en lui qu'un éventuel chevalier qui aurait trop bu. Son esprit fermé lui jouait souvent des tours et l'Ourse aurait gagné à se montrer plus aimable. Alysane s'apprêtait à le planter là pour s'en-aller, puis elle hésita. Mycah lui disait toujours qu'avec un caractère comme le sien elle finirait par ne plus avoir personne à qui parler, c'était l'occasion idéale pour se montrer aimable non ? Du moins autant qu'elle le pouvait. Soupirant pour manifester sa lassitude, la jeune femme reprit toutefois la parole pour l'interroger d'un ton peu aimable, mais bien intentionné.

     ▬ Est-ce que vous me prenez pour quelqu'un que vous connaissez ? »

     C'était généralement ce qui arrivait le plus souvent dans de telles occasions, elle ne faisait qu'envisager quelques possibilités. Comme pour essayer de voir si l'homme était saoul ou simplement un peu éméché, la jeune combattante approcha à nouveau, retrouvant sa place initiale, puis pencha la tête sur le côté pour essayer de distinguer une expression ou une lueur dans son regard qui la renseignerait. Mais rien. S'il était saoul, il le cachait plutôt bien, il fallait lui laisser cela. Nouveau soupir, il allait finir par se demander si elle avait de difficultés respiratoires à force, la guerrière décida de faire un nouvel effort. Mais qui disait volonté ne disait pas capacité, elle n'avait jamais été très éloquente et le malheureux allait certainement prendre ses tentatives de gentillesses pour une agression.

     ▬ Est-ce que vous êtes saoul ? Je peux vous raccompagner à l'auberge si vous voulez... »

     Elle haussa légèrement les sourcils en signe d'interrogation, au moins s'il finissait dans le caniveau, on ne pourrait pas lui reprocher de ne pas avoir essayé de l'aider. Elle voulait surtout avoir la conscience tranquille.
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Message Dim 19 Fév 2012 - 23:54

Bennifer apposa sa main, avec délicatesse sur l'épaule d'une femme. Il était sous l'influence, légèrement néfaste du breuvage de l'auberge. Ce nectar venait de faire passer la jeune inconnue pour la belle lady Carolyn, jeune femme ayant élu domicile au château de Corneilla, le fief des Nerbosc dans le Conflans. Lady Carolyn fut, il y a bien longtemps, la pupille de Lord Quentyn. Elle venait d'un château voisin, celui de la Maison Grell, une famille de moindre importance qui avait lié des liens amicaux et hiérarchiques avec les Nerbosc. En d'autres mots, ils étaient leurs vassaux. La maison Grell était soumis à la maison Nerbosc, heuresement les liens amicaux permettaient de rendre cette "collaboration" paisible. Carolyn Grell s'était toujours distingué par sa beauté et par son esprit, qualité qui avait charmé autrefois Bennifer. Ce dernier était ravi de la voir, et son cerveau lui joua un sacré tour. Posant sa main sur l'épaule de l'inconnu, il s’aperçut bien tard qu'il y avait erreur, et il ne décrocha mot tant qu'il fut déconcerté par cette vulgaire méprise. Le vin de Pont-l'Amer l'avait réellement prit en traitre et Bennifer ne pouvait que s'en vouloir d'avoir commis ce regrettable incident.

L'inconnue, sans attendre et dans un soupir, rejeta la main de Bennifer d'un geste violent, sans grande féminité. Bennifer senti qu'elle n'avait pas les mains douces d'une Lady du sud mais il ne lui tînt pas rigueur, absorbé par son erreur précédente. Il comprenait la réaction et à vrai dire, il s'attendait plus à une gifle qu'à autre chose. Il n'avait qu'à s'excuser comme l'aurait fait un homme digne. C'était la seule voie à emprunter pour se faire pardonner une telle méprise. Hélas, la jeune femme le prit de court. Guère le temps d'aligner un mot que la jeune femme protesta. Un ton inamical, et un visage figé, exprimant colère et surprise à merveille, furent la récompense de cette légère bévue. Par réflexe, Bennifer recula d'un pas, sans doute pour se mettre à distance de la jeune femme et de sa réaction colérique. Il leva les mains simultanément, paume ouverte vers la victime de l'inadvertance. Son geste illustra son manque d'intention hostile ou néfaste. Il joignit alors la parole au geste, usant d'une éloquence plutôt impressionnante pour quelqu'un qui avait subi les invasions de la liqueur.

« Mille excuses.. » C'était bien plus que nécessaire. Bennifer n'avait pas été grossier, et s'était contenté d'une main sur l'épaule. Il y avait pire comme comportement choquant. Cependant, il avait trouvé logique de se faire pardonner, et les dames du Sud aimaient les attitudes chevaleresques; autant s'excuser et se justifier. Cependant, la jeune femme l'avait encore devancé. Elle avait employé déduit, d'une mesure très juste la raison. Bennifer ne pû qu'affirmer avec éloquence. « Je vous ai, en effet, prise pour quelqu'un d'autre, une femme magnifique de mon pays.» Le jeune homme esquissa un sourire gêné. Il s'en voulait, autant que la raison lui permettait, de s'être trompé aussi vulgairement. Il avait été lésé par la boisson. C'était loin d'être un fait d'arme dont on pouvait se vanter, même lorsqu'on ne portait pas le titre de « chevalier », à la rigueur il y avait matière à arracher un rire à Ser William, très friand de ce genre de mésaventure. Alors que le sourire gêné fut esquissé, Bennifer reprit du poil de la bête, ne se contentant point de s'échapper pour éviter la situation embarrassante qui, au fond de lui, l'amusait au plus haut point.

Bennifer, depuis sa tendre enfance, avait une attitude très charmante. Il avait toujours était aimable, c'était une de ses qualités les plus merveilleuses. Il était indépendant, et légèrement aventurier. Il appréciait cet esprit de découverte, malgré son courage défaillant. Il avait, jadis, aimé découvrir les gens et leurs facettes. Ce genre de situation, embarrassante mais très instructive, lui plaisait au plus haut point. Il n'avait guère d'occasions aussi cocasse à Corneilla. Il connaissait la majeure partie des gens, et les autres ne daignaient pas lui adresser la parole, sans doute rebuter par son rang. C'était un loisir qu'il ne pouvait pratiquer qu'en de rares occasions. Face à l'une d'entre elles, Bennifer respira légèrement et contempla son interlocutrice. C'était une femme de sa tranche d'âge, elle semblait légèrement plus vieille que lui, d'une ou de deux années tout au plus. Elle était plutôt belle, et elle n'avait pas les vêtements qu'une lady revêtait en de pareils occasions, état-elle une exploratrice ? Bennifer n'avait jamais croisé de femme guerrière, si on excepte le sale caractère de lady Carolyn qui faisait d'elle une véritable furie. Bennifer, dans son plaisir ludique, enchaîna sur une réplique qui faisait suite à sa dernière réponse.

« C'est que c'est assez amusant.. parce que vous lui ressemblez le moins du monde. Elle est d'une telle beauté que je devrais m'en vouloir de vous avoir confondu. » Le jeune homme songea l'espace de quelques secondes à lady Carolyn, qui envahissait son esprit. Elle était blonde. Elle était belle et surtout, elle était indépendante. Mais Bennifer n'avait pas vraiment été d'une courtoisie remarquable, il tenta de se rattraper comme il le pû l'instant suivant, ne laissant pas à la jeune femme le temps de placer un mot. «  Non pas que vous soyez disgracieuse, elle est juste l'égale d'une … » Bennifer chercha durant une poignée de secondes le qualificatif approprié « .. déesse. » C'était le mot idéal pour décrire la beauté de lady Carolyn. Elle était une merveille à elle seule. Oh.. Elle valait le détour, elle avait de quoi reléguer le titan de Braavos et la forteresse d'Harrenhal aux activités touristiques de seconde zone.

Lady Carolyn quittant enfin l'esprit torturé de Bennifer, ce dernier revint sur son acte ou du moins, il y songea. La boisson était-elle responsable ? Bennifer songea aux anciens dieux et à leurs préceptes. « Rien n'arrive par hasard ».. C'était ce que Beric répétait lorsqu'il devait justifier un événement impromptu, malgré sa foi vacillante. Bennifer ne pouvait lui en vouloir. Il avait vécu dans le sud lorsqu'il fut le pupille d'un Seigneur. Il avait subi une acculturation, incomplète par chance. Sa foi n'était pas aussi forte que celui de Bennifer. Ce dernier songea alors, pour s'excuser pleinement, d'offrir à la jeune femme un présent. Les femmes du Sud raffolaient de ce genre de pardon, et passer outre serait facile. Hélas, pas de bijou.. hormis le collier en bois de barral; mais hors de question de l'offrir. Le seule être qui en profiterait serait celui qui l'arracherait du cadavre de Bennifer. Il revînt donc à un esprit plus ludique et se contenta d'une invitation à l'auberge.

«  J'ai le sentiment de vous avoir dérangé, et je ne voudrais point vous quitter avec une telle impression. Vous permettez que je vous invite à partager un peu de nectar » Bennifer s'appliqua en choisissant avec prudence ses mots. Il était toujours aussi éloquent, mais il avait également songé à sourire.. un sourire qui n'était pas gêné, mais plutôt naturel. Il compléta sa proposition par un léger trait d'humour, perceptible mais guère très amusant pour la plupart des gens. « Enfin, je vous paierais ce qui vous plaira et je me contenterais d'un doux breuvage. » Doux breuvage.. Il fallait comprendre que Bennifer prendrait une boisson dont le risque de ravage était inférieur à zéro. Il ne souhaitait pas vraiment hériter d'un mal de tête et être victime des remontrances de Ser Liam. Inutile de donner à ce dernier une raison de se plaindre, surtout si Lord Beric prêtait une oreille attentive à ces objurgations. Ne pas tenter le fauve était la meilleure des stratégies.

Bennifer pencha la tête, comme pour convaincre la dame d'accepter. Il essayait de se vendre comme un homme de bonne compagnie, à qui on ne pouvait pas dire non; ou du moins pas facilement. C'est sans doute pour cette raison que les derniers mots de la jeune femme ne firent pas mouche du premier coup. Il fallu, en effet, un certain laps de temps, pour que Bennifer ne puisse revenir dessus. Lorsqu'il prit en compte la proposition, il rigola intérieurement, trouvant cette dernière formulation très drôle. Il ne lui en fallait pas plus pour remonter ceci à la surface sur un ton très enjoué, qu'il accompagna d'un léger rire entrelacé de sourire.

« Attendez.. Vous venez de me proposer de me ramener à la taverne ? C'est le dernier endroit où j'accompagnerais un homme, aussi beau soit-il, s'il avait un léger contentieux avec la boisson; à moins de vouloir profiter de lui bien évidemment.. » Impossible d'affirmer si la dernière portion était de l'humour ou si Bennifer était sérieux. Le jeune homme avait cette attitude dérangeante, assez difficile à cerner. La plupart de ses mots pouvait avoir un double sens, et Lord Quentyn lui avait reproché, de concert avec Mestre Gauvain, de nombreuses fois. Les deux hommes avaient tant reproché cette attitude troublante, voir provocante. Bennifer n'avait jamais désiré être aussi intriguant, mais il était réellement jusqu'à qu'il ajoute sur un ton très léger, en plissant les yeux et en penchant légèrement la tête : « Vous ne cherchez pas profiter de moi, par hasard ? » . Il était impossible de faire erreur cette fois. Si la plaisanterie pouvait sembler assez amusante au premier regard, elle pouvait être très familière; et les Anciens Dieux savent comment les Dames du Sud sont si offusqué par tant de familiarité. La jeune femme, qui n'avait pas révélé son nom à Bennifer, serait peut-être inquiété par une familiarité si distincte, mais il y avait également une chose qu'elle succombe à la plaisanterie, se laissant aller dans les vertes contrés du rire.
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Message Lun 20 Fév 2012 - 16:33

     Alysane contemplait le jeune homme de ses yeux mordorés, ils étaient, comme toujours, teintés d'une certaine méfiance, même si la brune tentait de les rendre moins hostiles. Si elle n'était physiquement pas très différente d'une femme « normale », la Mormont pouvait néanmoins se targuer d'être capable d'arborer une expression et un regard profondément hostile. Ajoutant cela à sa tenue plutôt surprenante et incongrue dans une région comme le Bief, l'Ourse n'attirait généralement pas trop les curieux désireux de discuter. En réalité, mis à part avec Mycah, Alysane n'avait parlé à personne depuis leur arrivée dans la région. Cet étrange jeune homme était le premier suffisamment saoule pour venir lui parler. Curieuse, la demoiselle le laissa s'exprimer et dû admettre qu'il avait plutôt habilement répondu lorsqu'il parlait de l'avoir confondu avec une magnifique femme, mais retombe aussitôt dans son estime lorsqu'il déclara sans aucun tact qu'elle ne lui ressemblait pourtant pas. Voulait-il lui dire qu'elle était repoussante ? La brune fronça les sourcils, son physique avait toujours été un point sensible étant donné que les hommes du Nord la raillaient à ce propos, autant dire que dès qu'un homme entamait le sujet, elle devenait aussi prompt à s'emporter qu'une louve affamée. Le jeune homme l'avait piquée au vif, elle serra les dents, oscillant entre l'envie de le gifler et de le planter là, ou le désir de lui aboyer dessus au point qu'il se mette à pleurer et à prier ses dieux. Mais il semblait sentir approcher l'orage, car avant que la Nordienne ne puisse riposter et le sanctionner, l'homme sans nom se rattrapa en avançant le fait qu'elle n'était pas laide, mais que l'autre femme était bien plus belle. Tant mieux pour elle ! La demoiselle ricana légèrement d'un rire qui signifiait clairement qu'elle trouvait le qualificatif stupide. Les belles princesses lui avaient toujours donné envie de vomir et voir un homme qui ressemblait à un chevalier tomber en pâmoison devant une beauté, la rendait irritable. D'un ton peu amène et clairement moqueur, la demoiselle lâcha quelques mots, sans savoir s'il l'écoutait, visiblement trop plongé dans ses pensées.

     ▬ Tant mieux pour elle dans ce cas. »

     La jeune femme pouvait avoir l'air jalouse, mais ce n'était pas le cas, elle n'appréciait simplement pas de se faire comparer à une femme qu'elle ne connaissait pas alors qu'elle savait très bien que sa beauté n'avait rien de transcendant. Qu'il aille la retrouver si elle était si éblouissante que cela ! Alors que la Mormont s'enflammait toute seule, l'inconnu reprit la parole en avançant avec justesse qu'il avait le sentiment de l'avoir dérangée, mais contrairement à ce qu'elle s'attendait, l'invita à boire quelque chose au lieu de s'en-aller. Il était rare que l'on en vienne à lui proposer un petit verre alors qu'elle venait de se montrer aussi peu amène qu'une porte de prison. Mais Alysane n'était pas convaincue, elle le dévisageait sans gêne alors qu'il arborait un sourire qui n'était plus gêné. Il proposait même de lui payer sa consommation ? Agréablement surprise, la brune hésita un bref instant, accepter de boire quelque chose ou rester sur sa lancée de femme butée et l'envoyer paître alors qu'il faisait preuve de bonne volonté ? La demoiselle n'eut guère l'occasion de se décider puisqu'il rigola soudain avant d'oser faire naître l'idée qu'elle puisse vouloir profiter de lui. Loin d'être vexée cette fois-ci, la jeune femme fut amusée. Il fallait l'oser, risquer de se prendre une gifle pour avoir glissé une telle possibilité, mais le risque payait, surtout alors la Nordienne qui appréciait les gens qui sortaient du lot. Ce fut son tour de rigoler, mais pas d'un rire délicat de demoiselle en fleur, plutôt celui d'une femme qui ne se souciait pas du protocole. Elle s'avança légèrement avant de placer ses mains sur ses hanches en plantant ses yeux dans ceux de l'homme.

     ▬ Si j'avais dans l'idée de profiter de vous messer, je n'y irais pas par quatre chemins et vous seriez déjà plaqué contre un mur en partie dévêtu. Je n'ai pas la patience d'attendre que l'on soit suffisamment saoul pour que je puisse profiter de la situation. Elle plaisantait évidemment, Alysane n'était pas le type de femme qui couchait à droite, à gauche, encore moins avec des inconnus. Mais il la cherchait, il la trouvait. Puis rassurez-vous, je n'ai pas particulièrement de goût pour les jolis petites chevaliers qui rêvent de leur déesse, je préfère de loin les hommes plus... Virils. »

     Elle laissa un sourire gagner ses lèvres, consciente qu'il pourrait sans aucune peine se sentir vexé de ce qu'elle venait de lui dire. Il était vrai qu'il ne ressemblait pas un Nordien et dégageait quelque chose de charmant et presque de délicat, pas réellement le type d'homme que la brune avait l'habitude de côtoyer. Elle n'avait pas de goût particulier dans ce domaine et ignorait bien ce qu'elle pouvait aimer comme type d'hommes, mais si Alysane avait l'occasion de lui renvoyer la manivelle en pleine face pour lui avoir fait savoir qu'il ne la trouvait pas aussi attrayante qu'une déesse de sa connaissance, elle n'hésitait pas. Puisque le ton était donné, la Nordienne n'était pas décidée à le laisser filer, le jeune homme avait avancé la possibilité de lui offrir quelque chose à boire, autant sauter sur l'occasion à défaut de sauter sur l'homme non ? Elle avança encore d'un pas, passant à côté de lui avant de se retourner, ayant laissé retomber ses bras le long de son corps, la combattante les croisa sous sa poitrine en lui adressant une nouvelle fois la parole.

     ▬ Et bien ? Avez-vous changé d'avis ? J'attends ce fameux verre que vous venez de me proposer, à moins que vous ne craigniez trop de boire avec moi ? »

     Il n'y avait aucune raison particulière, mais la demoiselle était consciente de ne pas être le type de femme que l'on fréquentait normalement. Son comportement avait de quoi désarçonner et elle ne tenait pas à en changer, il fallait donc s'y faire où aller voir ailleurs. Décroisant ses bras, l'Ourse laissa une fois de plus ses bras retomber le long de son corps avant de se diriger vers la porte de la taverne, après tout, il pourrait toujours rester dehors et elle comprendrait que son invitation n'était rien de plus qu'une parole en l'air. Cela ne changerait pas beaucoup l'avis déjà très négatif qu'elle avait sur le sexe dit « fort ». Arrivée devant l'huis, la demoiselle poussa la porte qui s'ouvrit sur une salle relativement bondée, mais légèrement moins que lorsqu'elle l'avait quittée quelques instants auparavant. Entrant dans la pièce, elle se retourna en tenant la porte pour vérifier si l'homme qui ne lui avait toujours pas donné son prénom, la suivait. Puis elle lâcha le bois de l'huis avant de jeter un coup d'œil sur la salle et cibler une table déserte pour s'y diriger. La jeune femme se laissa tomber sur l'un des sièges sans aucune grâce avant de levers les yeux vers l'inconnu qui avait à la fois réussi à la vexer et à l'amuser en moins de deux minutes. Un record qu'elle appréciait. Posant ses mains sur la table, la Nordienne reprit la parole.

     ▬ Et j'imagine que vous devez avoir un nom ? Pour un galant homme qui semble se servir de ses charmes, j'aurais imaginé que vous vous présenteriez de vous-même. Elle le provoquait gentiment, rien de bien agressif si l'on connaissait la teneur habituelle de ses insultes. Êtes-vous l'un de ces nombreux chevaliers en quête de donzelle à secourir ou de Fer-nés à occire ? Vous en avez tout l'air en tous les cas. »

     Elle n'aimait pas les chevaliers, c'était un fait. Une mauvais opinion comme bien souvent les gens du Nord avaient. Sa seule rencontre positive avait été avec un chevalier du Conflans qui n'était nul autre que l'oncle du lord Tully. Bien évidemment, cela n'avait pas grandement changé sa vision de ce métier et elle avait toujours une aussi piètre opinion des hommes qui portaient le titre de ser. Celui-ci avait l'air d'être un parfait exemple du type d'homme qui saurait plaire à Meera, sa cadette qui rêvait du beau chevalier du Sud. Elle se demanda s'il venait du Bief, Hautjardin peut-être ? Coupée dans ses pensées, Alysane dû se concentrer sur un serveur qui s'était approché d'eux pour prendre leur commande. Il ne fallut pas bien longtemps à la demoiselle pour savoir ce qu'elle voulait et commanda avant de regarder son interlocuteur du moment.

     ▬ Une pinte de bière. Et vous... messer ? »

     Un titre à la fois moqueur et amusé, une manière de lui faire savoir qu'elle ne cesserait pas de l'appeler comme cela avant qu'il ne décline son identité. Même si elle, ne s'était pas encore présentée. L'avantage du « sexe faible » après tout !
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Message Mar 21 Fév 2012 - 23:48

Bennifer n'avait pas été très délicat. Elle lui adressa un regard hostile, qui le troubla légèrement. Mais la femme ne sembla pas lui en tenir rigueur très longtemps. Autant passer à autre chose alors et ne pas signaler cette attitude très étrange. Elle ricana, à ce propos, ce qui mit Bennifer dans une situation légèrement embarrassante qu'il abstint de relever, attendant patiemment et réagissant aux divers mots de l'inconnue, dont il ignorait toujours le nom. Et finalement, Bennifer plaisanta comme il le pu, avec son air sérieux si dérangeant. Une plaisanterie douteuse, en effet, mais Bennifer ne s'arrêtait pas là. Familier à souhait, Bennifer oubliait peu à peu sa condition et espérait, sans réellement en être conscient, ne pas avoir affaire à la famille Caswell qui souffrait d'une réputation passable dans le Conflans, surtout parmi les fidèles de la maison Targaryen.

La jeune femme répondit donc à sa plaisanterie, avec une plaisanterie. Le ton était drôle, avec un léger air de défi. La voix était plutôt douce, et l'attitude charmante.. différente de ce qu'on pensait des dame du sud, assurément. Les mots étaient fameux... Joli, petite, chevalier ? Bennifer ne pu s'empêcher de relever ce détail, qui trouvait très drôle. Non pas qu'on trouve qu'il ressemblait à un chevalier puisse le toucher, au contraire il s'en moquait. « Ses amis en armure » étaient toujours sujet à la rigolade, à la plaisanterie et à la moquerie. Sur les doigts d'une mains se comptaient les Chevaliers qu'il respectait et idolâtrait réellement. Les arguments « petites » et « jolies » lui avait traversés l'esprit, et ils restaient coincé dans ce même esprit. Ils lui restaient en travers de la gorge, et le trait d'humour ne passait pas. C'est ainsi qu'il fit une tête à la hauteur de la situation, entre le questionnement et la plaisanterie. Et c'est ainsi qu'il répondit.

« Vous me trouvez petit ? » est la seule phrase qui lui vînt à l'esprit, justifiant ainsi tout l'humour qui l'habitait.

Habituel et drôle, Bennifer souligna de cette manière son humour si particulier. A vrai dire, cette attitude résultait plus de ses nombreuses joutes verbales avec les nombreux invités de Lord Quentyn, jadis. Ce dernier avait toujours désiré que son fils ait du répondant, et il n'avait pas hésité à fortement conseiller à Mestre Gauvain de lui transmettre cette habilité. Répondre était facile. Pourtant, il ne souligna rien de bien précis sur la proposition de la boisson. Cependant, c'était une façon bien particulière d'accepter une invitation. En principe, les gens répondent de manière plus explicite mais une telle attitude amusait Bennifer qui l'a regarda du coin de l’œil. Elle parla de peur et d'effroi ce qui fit sourire Bennifer qui intervînt :

« Vous m'avez percé à jour.. Je suis terrifié, jusqu'au plus profond de mon âme. » plaisanta t-il, avec émotion avant de rajouter, d'une voix plaisante « Mais vous valez bien la peine de prendre un tel risque. »

Encore une plaisanterie.. Décidément, l'humeur de Bennifer était désormais joyeuse, apte à plaisanter encore et encore. La jeune femme l'inspirait, et il appréciait ça. Sa plaisanterie était charmante, et également plutôt attrayante. Il rigola légèrement, avec un rire qui comblait les espérances des nobles du Conflans. La jeune femme, dont il ignorait toujours le nom, partit vers la taverne. Bennifer ne rechigna pas une seconde à la suivre. Il n'y avait guère à discuter. Bennifer entra ainsi dans l'établissement, juste à la suite de la demoiselle tout en jetant un regard chétif derrière lui. La rue était presque vide maintenant, les derniers commerçants ambulants venaient de trouver refuge dans les auberges qui peuplés le fief des Caswell. Bennifer tour la tête et vit la jeune femme trouver une table, légèrement espacé du reste de la maison. La taverne était bondée. Des gens, pour la plupart roturiers de Pont-l'Amer et quelques filles de joies, étaient attroupés autour du bar tandis que quelques reîtres et roturiers mal fortunés avaient élus domicile autour de table. La jeune inconnu choisit une table et se laissa tomber sur le siège sous le regard de Bennifer.

Elle avait donc à son tour élu domicile, de façon rustique et sans élégance, à une table déserte. Elle était légèrement à l'écart et proche d'un mur. C'était une table ronde, bien taillé dans un bois robuste. Bennifer vînt s’asseoir en détachant sa ceinture, qui tenait son épée. Il posa cette dernière contre le mur avant de prendre place à la table. Il plongea son regard dans celui de la jeune femme. Il la regarda. Elle était mystérieuse, un trait qu'elle partageait avec beaucoup de femme. Cependant, il paraissait évidant qu'elle n'était pas une noble Dame du Bief. Elle tenait plus de la sauvagerie des dames du Nord. Rien ne prouvait qu'elle était noble. Bennifer posa ses bras sur la table écoutant gentiment et aimablement ce que la jeune femme allait dire, dire qui le fit sourire. La quidam vint à s'étonner sur l'absence de présentation pour finir sur le titre ce qui permit à Bennifer, immédiatement après que la jeune femme termina de parler, de répondre.

« Et le plus galant de tous les temps. » plaisanta t-il avant d'ajouter, sur un ton sujet à la rigolade, mais tout de même plus sérieux : « Et sans le titre. »

Bennifer leva alors sa main pour appeler l'aubergiste, un pauvre homme pas très agréable à regarder. Il lui fit signe de venir, ce que l'homme répondit par l'affirmatif; bien qu'il s'occupa avec une table de nouveaux arrivants, que Bennifer observa du coin l'oeil. Il s'agissait d'un chevalier, portant l’armorie des Caswell et de divers filles qui avaient oubliés leurs noblesses chez elles. Bennifer se replongea dans la conversation avec sa jeune inconnue, bien plus intéressante, selon Bennifer, que les péripéties du Caswell avec les jeunes filles. Ainsi, Bennifer regardait sa compagnon de boisson. Il avait un peu de mal à la cerner pleinement, ce qui le rendait assez curieux. Il tapota sur la table, à l'aide de ses doigts, provoquant un son assez mélodieux et goûteux à l'oreille. Il rompît alors la glace en répondant aux questionnements potentiels de la jeune femme sur son identité.

« Eh bien.. Quant à mon nom.. encore fallait-il m'en laisser le temps ! » répondit t'il, sur un ton plutôt sérieux que la jeune femme ne devait pas connaître, du moins pas chez Bennifer. Il ajouta son identité, sans préciser son rang ou son titre comme à son habitude : « Bennifer. »

Bennifer observa, tout en regardant l'inconnue, le mouvement du tavernier qui vînt en courant près de la table. Il se déplaçait avec autant de classe d'un porc, pas très élégant en somme. Il avait été assez discret pour éviter les regards de la majorité de la salle, au moins. L'autre moitié jeta un rapide regard mais ils ne dirent mots, ce qui était logique vu la taille du tavernier, qui devait pouvoir exercer une pression suffisante pour déplacer une montagne. Il venait de se déplacer et il était placé entre Bennifer et la jeune femme qui venait de commander une pinte de bière. Bennifer ne le regardait pas puisqu'il avait le regard attaché aux yeux de la jeune dame.

Bennifer détourna alors le regard vers le tavernier. C'était un homme massif habillé de manière très légère. Il avait une sorte de chemise sans manche, en cuir de couleur marron qui lui collait à la peau. C'était l'unique vêtement qui recouvrait la partie supérieur de son corps. Mastodonte, Bennifer passa ses yeux sur son torse, velu à souhait. De la graisse, guère très attachante, débordait de son unique habit de cuir. Il était vraiment massif pour un tavernier, et il rappelait sans peine un homme qui avait abusé du pouvoir durant bien trop longtemps. Bennifer remonta le regard vers le visage du tavernier. Il était chauve, ce qui contrastait avec la pilosité de son torse. Il avait des yeux minuscules, rapproché de la partie supérieur de son nez. Sa bouche était plus proportionné; mais elle ne suffisait pas à rattraper le reste. Le tavernier n'était pas un Apollon, pour sûr. Bennifer, après une phase d'observation répondit à la requête du tavernier.

« Ce que vous avez de plus doux. » fit Bennifer, avec les yeux plongés dans le regard de l'homme.

Le tavernier ne sembla pas prendre, dans un premier temps, Bennifer au sérieux. Mais, il l'était bien. Inutile de prendre davantage de risque et risquer de tomber en disgrâce. Ser William le disait bien souvent : la qualité d'une taverne ne se juge pas en buvant les pintes de bières mais bien en appréciant les mets délicats qui coule dans une auberge. Cependant, il était plutôt rare de voir un homme réclamer une boisson douce. Pourtant, Bennifer avait déjà bû, et il n'avait plus besoin de se racler la gorge avec une liqueur. Il n'avait nul besoin de réaffirmer sa virilité. C'est pour cette raison que leurs regards se croisèrent. Le taverne avait vraiment des yeux exigus. Bennifer haussa les sourcils de manière noble et imposante. Le pauvre serveur, qui aurait pu se moquer à la manière des rustres habitués de la taverne, fut réduit au silence. Il se retira en silence, en abaissant la tête. Bennifer se replongea alors dans les yeux de la dame qui lui faisait face.

« Nous avons un soucis donc.. »
commença Bennifer, en articulant doucement. Il ne quittait pas la jeune femme du regard et il ajouta finalement : « Vous connaissez mon nom, mais j'ignore le votre.. Madame. » Bennifer insista particulièrement sur le dernier mot. C'était une réponse directe au « messer » que la jeune inconnue avait formulé, une sorte de retour à l'envoyeur qui amusé beaucoup Bennifer; encore fallait-il qu'il en soit de même chez la jeune dame.
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Message Mer 22 Fév 2012 - 15:27

     Il n'était donc pas chevalier ? C'était du moins ce qu'Alysane comprenait en l'entendant répondre qu'il n'avait pas le titre de ser. Étrange, elle aurait pourtant juré qu'il en avait tout l'air. Il n'était pas Nordien, c'était une chose sûre et certaine à ses yeux, tout en lui semblait démontrer le contraire et elle ne doutait pas qu'elle aurait entendu parler d'un jeune homme qui parlait bien et rêvait d'une déesse. Les Nordiens étaient assez... Moqueurs dans ce domaine, le malheureux n'aurait pas été épargné s'il avait habité dans sa région. Peut-être qu'il n'était pas du genre à privilégier les titres ? Bonne question, des interrogations naissaient dans l'esprit de la Mormont alors qu'elle se demandait bien ce qu'il pouvait avoir comme histoire. L'inconnu pouvait se targuer d'avoir réussi à captiver l'attention de l'Ourse qui, si elle avait une profonde antipathie pour les chevaliers, appréciait beaucoup de rencontrer d'autres combattants. A moins qu'il ne soit juste noble et qu'il se contentait d'offrir des fleurs aux belles donzelles en se servant de sa langue pour toute arme ? L'idée la fit sourire alors qu'il reprenait en lui arguant qu'elle ne lui avait guère laissé le temps de se présenter. C'était vrai, mais la Nordienne était un impatiente et avait la sale habitude de pouvoir toujours tout savoir très rapidement.

     Elle opina du chef en l'entendant prononcer son nom, levant les yeux vers le plafond comme si elle cherchait à le mémoriser, un nom qu'elle ne connaissait pas, mais qui sonnait agréablement à ses oreilles. La demoiselle avait toujours beaucoup apprécié de genre de prénom, plutôt rare dans le Nord. Lorsqu'il commanda la boisson la plus douce au tavernier, la brune posa des yeux amusés sur son visage, elle n'avait pas imaginé une seule seconde qu'il soit réellement sérieux et s'attendait à ce qu'il commande un alcool fort, quitte à ce qu'il tombe dans les vapes suite aux vapeurs de l'alcool et que ce soit à elle de régler la note. La Mormont commençait à croire qu'il puisse être aussi galant qu'il le disait, même si pour être franc, ce n'était pas du tout le genre de choses qu'elle connaissait. Les hommes se montraient rarement bien élevés avec elle. Mais la jeune femme s'y faisait. Celle-ci ne baissa pas les yeux lorsqu'elle croisa le regard de son interlocuteur qui lui déclara qu'un problème se présentait entre eux parce qu'il ignorait son identité. Un sourire se dessina sur les lèvres légèrement gercées de la jeune fille alors qu'elle inspira légèrement, oscillant entre l'envie de jouer la rustre et de ne pas répondre parce qu'il lui donnait un titre, puis le fait de le surprendre en confirmant qu'elle était bel et bien une dame. Au pire, il ferait comme Mycah et penserait qu'elle se moquait de lui, Alysane était consciente de ne pas avoir le physique requit pour être appelée « lady » dans cette région. D'un ton à la fois amusé et enjoué, elle répliqua sans se départir de son sourire.

     ▬ Aussi surprenant que cela puisse paraître, je suis bel et bien une dame. Mais vu la manière dont vous prononcez cela, j'imagine que vous pensiez vous moquer de moi, j'en déduis donc que vous devez me prendre pour une simple paysanne du coin ? Je me demande si je dois me sentir vexée et vous laisser sans mon prénom, ou me montrer polie.... »

     Elle arbora un air plein de réflexion, bien que la demoiselle avait déjà décidé de lui répondre. Il avait l'air d'avoir un certain humour, le style qu'elle goûtait et partageait volontiers, les titres n'avaient jamais été son fort de toute manière et elle n'y portait pas de grande importance. Il était rare qu'on lui donne du « ma dame », sans compter qu'elle était un homme d'armes et par conséquent n'avait strictement aucune raison de se sentir vexée qu'on ne la prenne guère pour une lady. Elle n'en était pas une. Bien décidée à échanger une information contre une autre, la demoiselle posa ses mains sur la table avant de plonger ses yeux mordorés qui pétillaient d'amusement, dans ceux de son interlocuteur.

     ▬ Mais je vais me montrer bien élevée, je m'appelle Alysane. Nous voilà donc quittes ? »

     Elle pencha légèrement la tête, haussant les sourcils d'un air interrogateur avant de détourner son attention du jeune homme tandis qu'une silhouette familière approchait. Le tavernier, chargé de son plateau où étaient posés plusieurs brocs, arriva à leurs côtés et posa les deux consommations sur la table. Il dévisagea tour à tour les deux jeunes gens comme s'il attendait quelque chose, puis comme Alysane le défia du regard en attendant qu'il s'en-aille, l'homme haussa les épaules, bougonna quelque chose, puis s'éloigna d'un pas lourd pour porter d'autres consommations aux tables voisines. La Nordienne soupira, ramenant ses mains vers elle puis elle posa ses coudes sur la table avant de placer son menton sur la paume de sa main, reprenant la parole d'un ton toujours aussi intéressé. Lorsque quelqu'un lui plaisait bien - et c'était le cas du jeune homme - elle pouvait se montrer très agréable, du moins à sa manière, même si cela ne convenait pas forcément à tout le monde.

     ▬ Pour faire preuve de ma bonne volonté, je vais même vous dire que je viens du Nord, preuve est faite que je sais être aussi galante que vous voyez-vous ? Vous ne m'avez même pas dit si vous étiez bel et bien chevalier, je pense que non étant donné que vous avez refusé le titre de messer.... »

     Il pourrait toujours prétendre ne pas avoir envie de lui répondre, mentir ou tout simplement occulter sa question et lui faire savoir qu'il ne voulait pas donner ce genre d'informations au premier venu. C'était possible, mais donner son identité ainsi que son métier à un inconnu n'était pas quelque chose de très dangereux, surtout qu'elle pourrait toujours se renseigner auprès des autres clients de la taverne, il devait bien y avoir quelqu'un qui le connaîtrait. Elle aurait beaucoup apprécié qu'il lui donne plus de détails sur sa personne, elle avait généralement pour habitude de demander avant d'attendre qu'on lui donne directement, mais pour le coup, c'était tout bonnement impossible. Il serait encore capable de lui refuser quelques informations pour le simple plaisir de l'embêter. La Mormont se méfiait des hommes et de leur esprit tordu, ils prenaient beaucoup, mais donnaient rarement autant, c'était du moins ce qu'elle avait constaté. Sauf avec le Baratheon qu'elle avait rencontré récemment, lui avait été le seul à lui donner plus qu'il n'avait pris. Une grande première. Peut-être que Bennifer aussi venait-il des Terres de l'Orage ? Elle le regarda d'un air pensif comme si tout était inscrit sur son visage, mais n'y vit rien. Léger haussement d'épaules avant qu'elle ne reprenne.

     ▬ Et vous venez du Bief ? Voilà tel que je vous voyais, un chevalier du Bief qui se battait avec une rose et buvait de l'alcool léger. Peut-être me détromperez-vous ? »

     Ce n'était pas une boutade méchante, la brune aimait bien railler les gens, mais c'était rarement quelque chose destiné à humilier. Elle n'était pas profondément bonne pour autant, la demoiselle ne prônait pas l'égalité des rangs et même si elle appréciait beaucoup de roturiers et qu'elle ne regardait pas sur la naissance des gens avec qui elle discutait, la demoiselle avait tendance à ne pas apprécier que quelqu'un qui servait sa famille lui manque de respect. Pareillement, l'Ourse avait une sainte horreur des nobles qui n'assumaient pas leur rôle. On ne pouvait choisir comment l'on naissait, mais au moins assumer ses actes. Pour le moment, la Nordienne n'avait pas encore d'avis précis sur le combattant qui se tenait assit face à elle, le tout viendrait en temps et en heure. Alysane laissa sa main se reposer sur la table pour la glisser autour de la pinte de bière commandée, puis la souleva jusqu'à ses lèvres pour les tremper dans le breuvage et le goûter. Il n'était pas mauvais, mais ce n'était pas la bière de chez elle pour autant. Reposant le broc en bois sur la table, elle releva les yeux vers Bennifer, haussant légèrement les sourcils dans une attente impatiente. Allait-il éclairer sa lanterne ?
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Message Jeu 23 Fév 2012 - 22:55

Cette conversation amusait Bennifer au plus haut point. Amusé, la jeune femme répondit au titre légèrement moqueur que lui avait accordé l’héritier de Corneilla. D'un ton enjoué, elle répondit. Bennifer y décela une pointe de cynisme, accentué par son sourire badin. Il la regarda dans les yeux, écoutant ce qu'elle avait à dire. Il sourit lorsqu'elle avoua être une dame, avec tous les artifices qu'elle utilisa. Bennifer en fut légèrement étonné, non pas qu'elle soit une dame mais qu'elle le mette en avant. Comme elle le dit si bien, elle n'avait pas les habituels manies des Dames. Mestre Gauvain lui avait décrit ces dames, qu'il avait sans doute volontairement stéréotypé, jadis. Beauté, noblesse et politesse étaient les maîtres mots du Mestre. Il les avait décrits comme des personnes au dessus de la moyenne, et dont tout homme pouvait se réjouir d'en épouser une. Avec le recul, Bennifer voyait dans ces descriptions l'influence éducative de son père, Lord Quentyn, qui était toujours le premier lorsqu'il s'agissait de modeler son fils tel qu'il le désirait. Ce dernier avait toujours voulu se rapprocher du Bief, de cette manière. Bennifer esquissa ce qui se rapprochait d'un rire mélancolique, mais sans bruit, lorsqu'il y pensa. Il redonna son attention à la jeune femme, qui la méritait pleinement.

Bennifer ne le regretta point. La suite de la conversation se montra intéressante. Elle commença par affirmer sa condition de Dame ce qui surprit Bennifer. Non pas qu'il ne voyait aucune attitude noble chez la jeune femme, mais son allure ne collait pas avec l'enseignement du mestre de Corneilla. La jeune femme parla ensuite de politesse ce qui ne manqua pas de faire sourire Bennifer. C'était un rire honnête, sans aucune autre prétention. Pour dire vrai, le rire n'était pas planifié et Bennifer fut surpris que la jeune femme apporte tant de plaisir à la conversation. Elle le fit rire, et peu de gens pouvait se targuer d'une telle réussite. Un rire franc et instantané, en particulier chez Bennifer, c'était rare. Il avait été éduqué à se maîtriser, dans les proportions les plus étonnantes. Mais la jeune femme vînt à parler d'équité, ce qui marque une profonde incompréhension chez Bennifer qui ne réagit point. Il préféra réfléchir, au cas où quelque chose lui avait échappé. Non, elle n'avait pas de dette. Cependant, ses yeux mordorés lui firent abandonné toutes réflexions et à son tour, il plissa les yeux pour déterminer si Alysane était le vrai nom de la jeune femme.

C'est à ce moment là que le tavernier vînt. Il posa les deux rafraîchissements sur la table, sans grande élégance. Visiblement, attendre la moindre once d'élégance de cet homme était une tâche fortuite. Alors qu'Alysane convainquît le pauvre aubergiste à vaquer à ses occupations, Bennifer abaissa la tête tout en souriant. Il observa les deux verres. Alysane, comme la majorité des clients, avait hérité d'une pinte rempli de bière avec une mousse qui semblait onctueuse, ce qui ne manqua pas de faire regretter à Bennifer son choix. Il regarda alors son verre. Il y avait un liquide pâlichon, teintant vers l'argenté qui n'inspirait pas la confiance. Bennifer regarda alors à nouveau Alysane alors que le tavernier partait vers des horizons moins hostiles. Alysane revint ainsi à la charge, à l'aide d'une réplique bien senti qui amusa Bennifer. Ce dernier envisagea de lui répondre immédiatement, mais il n'en eu pas le temps. La jeune femme présenta alors son origine.. Une nordienne, ce qui fit sourire Bennifer qui repensa aux rumeurs sur la rudesse des femmes du Nord. La jeune femme questionna alors Bennifer sur ses propres origines, ce qui provoqua une réaction immédiatement chez le jeune homme.

« C'est une drôle de vision. Je ne suis guère chevalier et je ne viens pas du Bief. Je ne me bat pas, non plus, avec des roses. Bien que, si vous voulez mon avis, je pourrais faire fondre des cœurs de cette manière.»

C'était la plus stricte vérité. Comme chaque enfant du Conflans, on conta dans son enfance les histoires des formidables chevaliers. La rencontre avec ces derniers n'en fut que plus rude. Grâce, puissance, noblesse d'âme.. C'était des balourdises, des niaiseries sans nom. Sa réponse fut on ne peut plus sérieuse. Hors de questions de plaisanter avec ces hommes en armure. Bennifer n'avait jamais accepté qu'ils étaient si loin de la réalité. Étant plus bien jeune, et malgré le barrage de la religion, il avait aimé s'imaginer dans la peau d'un de ces héros. La chute avait été terrible lorsqu'il rencontra son premier chevalier, un ivrogne qui avait aimé le bordel de Corneilla. Ainsi, la réponse de Bennifer fut totalement sérieuse, si ce n'est la partie sur les roses qu'il ironisa au mieux. Le ton sérieux était devenu un ton plaisantin, que Bennifer maniait avec beaucoup plus de facilité et de grâce. S'il ne pouvait se vanter d'être drôle, il était divertissant. Bennifer observa son interlocutrice, puis il en vînt à répondre à sa requête. Il n'était guère dans son intérêt de lui mentir ou d'éviter une question aussi inoffensive. Sur un ton neutre, apte à la précision, il répondit :

« J'appartiens à la Maison Nerbosc, de Corneilla dans le Conflans. »
précisa Bennifer

De toute sa vie, il ne s'était jamais détourné de sa famille, la maison Nerbosc; mais il ne s'était jamais présenté en tant que tel directement. La plupart de ses présentations, il se présentait en tant que Bennifer. Si les gens trouvait ça étrange, Bennifer trouvait ça logique. Il ne présenterait ses titres que lorsqu'il les mériterait, et pas avant. C'était ce qu'il s'était dit quand il était plus jeune, et depuis, il n'avait pas changé d'avis. Il se tenait à sa propre parole, et outre cela, il n'avait pas de raison particulière de se présenter en tant que Nerbosc. Cependant, sa précision avait le mérite d'être claire, net et très précise. Alysane ne devrait qu'en être ravie. Mais rien n'était bien sûr avec une dame aussi atypique.

En effet, Alysane, aux yeux du Nerbosc, était une noble de dame bien étrange. Elle n'était pas vraiment ce dont il s'imaginait trouver en arrivant en compagnie de Ser Liam Rivers. Le pauvre jeune homme qu'était Bennifer n'avait jamais rencontré une femme telle qu'Alysane, qui lui semblait plus étrange qu'autre chose. Derrière cette anormalité -qui était bien loin de déplaire à Bennifer-, il y avait une aura mystérieuse, une atmosphère qui suscité la curiosité de l'héritier de Corneilla. Cet intérêt était lié à son caractère. Tel que l'aurait dit feu Lord Quentyn, un Nerbosc n'abandonne jamais devant une énigme, il la résout et en tire les profits. Lord Quentyn avait toujours eu une vision particulière du succès. Ainsi, Bennifer posa son coude sur la table, et tînt sa tête -par le menton- avant de demander en toute hâte, avec un ton assez neutre.

« Vous êtes donc bien une Dame. Atypique, mais une Dame tout de même.. Dois-je me représenter en utilisant tout les us et coutumes que notre belle coutume met à notre profit ? »


Et cela supposait un baiser sur la main, une révérence et tout autre artifice qui se trouvait dans la culture inhérente à Westeros, et encore plus dans le Bief, cette terre de chevalerie. Bennifer plaisanta sur la situation. Il ne comptait pas, au grand Dieux, accepter de se conformer à des pratiques ancestrales aussi inutiles, surtout lorsque le camarade de jeu est une femme aussi ravissante et mystérieuse que l'était Alysane, dont il ignorait toujours les détails les plus croustillants. Bennifer changea alors de position et prit son verre. Il envisagea de boire l'ensemble du liquide d'un trait, cul sec. Il se ravisa lors que le liquide, suite au mouvement de Bennifer pour attraper le verre, bougea. Il était presque semblable à une soupe épaisse. Le mouvement ressemblait et Bennifer se demandait si il pouvait le jeter et s'inspirer d'Alysane pour sa nouvelle commande. Il osa, finalement, après quelques secondes à fixer le verre, porter le liquide dans sa bouche. Il ne le regretta pas une seconde, et son visage s'apaisa.

La vie avait donné à une chose aussi étrange un goût crémeux et avantageux. Tous les ivrognes du coin ignoraient réellement ce qu'il manquait. D'un coup, les regrets quant aux choix de la boisson s'envolèrent comme un nuage de corbeaux. Bennifer y discerner du lait de chèvre, qui donna sans doute la couleur au mélange, avec de l'eau et du vin, un mélange proscrit dans la majeur partie des us et coutumes des taverniers. Cet homme était un génie, un génie qui avait inventé une mixture qui méritait de porter un nom digne. Bennifer n'en bu cependant qu'une gorgée puis, il reposa le verre replongeant son regard dans celui d'Alysane. Curieux jusqu'à en mourir, Bennifer revînt à la charge avec une question, plus personnel et qui pouvait plus facilement provoquer l'emportement d'Alysane.

« Et que fait une Dame du Nord dans le Bief, c'est bien loin de chez vous.. »


Ton enjoué, curieux et surtout très aimable. Bennifer faisait son possible pour obtenir une réponse, tout en respectant Alysane. Il n'était pas une brute, un sauvage ou une personne peu ouverte d'esprit. Il avait connu des gens, hommes et femmes, qui ne s'était pas conformé à ce que la société voulait faire d'eux; non pas que ce soit forcement le cas de la jeune femme. Bennifer ignorait les grandes coutumes du Nord, les seuls repaires réels qu'il avait étant ces lentes conversation avec le gouverneur du Nord, Beron Stark et autant dire que ce dernier ne s'étendait pas sur le sujet lors de leur rare conversation. Mais, Bennifer s’intéressait déjà à la jeune femme, signe d'un certain sollicitude à l'égard de la Dame du Nord.
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Message Ven 24 Fév 2012 - 19:30

     Les premières impressions étaient rarement les meilleures, le jeune homme en était la preuve concrète ! Si Alysane l'avait croisé sur le chemin ou dans la rue et qu'il n'était pas venu l'aborder, elle n'aurait certainement jamais pris la peine de lui accorder un instant, pour la bonne et simple raison qu'il ressemblait à tout ce qu'elle exécrait. Les jolis jeunes damoiseaux, charmeurs, sûrs de leur physique et persuadés que rien ne leur résistait dès lors que c'était du sexe opposé. Pourtant, Bennifer ne semblait pas se borner à cela, preuve que même les gens qui dégageaient une certaine chose et un sentiment particulier, n'étaient pas forcément comme l'on pouvait l'imaginer. Au fond, la Nordienne était plus contente qu'il se soit méprit et qu'il l'ait prise pour une autre – même si après cela il avait insulté son physique – elle était heureuse de pouvoir constater que tous les hommes n'étaient pas des crétins. En tous les cas, c'était ce qui semblait se dégager de sa seconde impression, il restait bien évidemment à vérifier que c'était bel et bien le cas au cours de leur conversation et non qu'elle se fourvoie en se faisant rouler par un jeune homme qui savait se servir de sa langue. Pour parler évidemment. En réalité, ce qui plaisait beaucoup à la guerrière, était qu'il lui dise clairement qu'elle n'arrivait pas à la cheville de celle qui occupait ses pensées. Même si lorsqu'il lui avait déclaré cela quelques instants plus tôt, elle s'était sentie gravement offensée, désormais Alysane constatait surtout que cela signifiait qu'il ne chercherait certainement pas à se servir de ses charmes sur elle. D'un côté, ce n'était pas comme s'ils étaient nombreux à s'y risquer, elle n'avait pas trop le physique de l'emploi. La Mormont était très versatile en effet, mais elle pouvait s'offrir ce luxe. Elle était une femme après tout, même si rien ne le montrait vraiment. La réponse du jeune homme l'amusait beaucoup et elle ne se priva pas de rire légèrement.

     ▬ Attention aux cœurs que vous faites fondre dans ce cas, les cœurs de glace pourraient bien vous noyer si vous n'y prenez pas garde. A compter fleurette cela risquerait fort de vous retomber dessus, j'ai entendu dire que certaines femmes se montraient extrêmement jalouses lorsque celui qui habitait leurs pensées allait cueillir d'autres fleurs.... »

     Elle l'observait avec calme, Alysane n'avait jamais compris qu'intérêt de ce sentiment, la jalousie était une chose qui la dépassait. La demoiselle n'avait jamais éprouvé d'envie par rapport à l'une de ses soeurs, elle avait toujours été relativement satisfaite de ce que la nature lui avait offert, puis son fort caractère avait fait le reste. Depuis que la Nordienne voyageait, elle n'avait pas davantage ressentit ce besoin d'envier quelqu'un, de vouloir posséder ce qu'il ou elle aurait, pour la bonne et simple raison qu'elle se contentait de peu. Par rapport aux autres personnes qu'elle côtoyait, Alysane avait toujours sincèrement aimé ses sœurs et ressentait de la colère dès qu'un homme s'approchait d'elles, non de la jalousie. Quant à jalouser une autre femme à cause d'un homme.... Elle n'avait jamais ressenti d'autre amour que celui qu'elle éprouvait pour son frère ou son père et n'avait jamais été jalouse des autres femmes de l'île. En finalité, l'Ourse parlait d'une chose qu'elle ne connaissait pas réellement, incapable de dire si ces femmes dont elle parlait étaient réellement aussi jalouses, ni même ce que cela pouvait provoquer. Une boule au ventre ? L'envie de pleurer ? En tous les cas, la brune espérait ne jamais le ressentir.

     La voix de Bennifer la tira alors de ses pensées, elle tendit l'oreille en resserrant ses mains autour de la pinte comme si elle pouvait lui apporter un quelconque réconfort. Dans le Conflans ? Un sourire amusé se dessina sur les lèvres gercées de la Nordienne alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de repenser à ser Dezial, le maître d'armes des Tully, les hommes de cette région étaient-ils tous aussi particuliers ? La jeune femme réservait ses questions pour plus tard, fouillant rapidement dans ses souvenirs pour essayer de se remémorer quelque chose au sujet de la maison Nerbosc. Son père en avait parlé à plusieurs reprises, n'étaient-ils pas aussi adorateurs des Anciens Dieux ? C'était ce qu'il lui semblait, peut-être la raison qui poussait le jeune homme à ne pas se faire adouber ? Les maisons qui ne vénéraient pas les Sept dans le Sud étaient plutôt rares, ce qui expliquait qu'elle pensait s'en souvenir. Mais le jeune homme avait déjà opté pour une position semblable à celle qu'elle avait empruntée juste avant, lui demandant s'il devait se présenter en usant de tout le protocole qui allait habituellement de paire avec ce genre de rencontres. Elle ne put retenir un nouveau rire qui n'était pas celui d'une dame, puis secoua la tête avec vigueur, sans porter attention aux personnes qui tournaient les yeux dans leur direction.

     ▬ Je vous le déconseille très vivement. J'ai les mains bien trop calleuses pour accueillir un baise-main et je préfère largement que l'on oublie le « ma dame » pour le remplacer par mon prénom. Les titres ne font pas d'une personne ce qu'elle est, plus ses actes. Et je n'ai pas le comportement d'une dame. Je ne mérite donc pas ce traitement. »

     Alors qu'elle parlait, le jeune homme avait changé de position et goûté au liquide qui se trouvait dans son verre, il avait tout d'abord semblé peu convaincu, puis finalement charmé, comme quoi le fait que la première impression n'était pas toujours la bonne s'appliquait une seconde fois en moins d'une heure. Elle le regarda en silence avant de détourner ses yeux mordorés vers sa pinte pour la soulever une nouvelle fois et boire une gorgée du liquide ambré qui parfuma tout son gosier d'un goût familier. Sur l'Ile-aux-Ours, lady Jorelle détestait voir ses filles consommer de l'alcool, mais depuis le début de son voyage, elle ne se gênait pas. Personne n'était là pour l'en empêcher après tout. Après avoir contemplé le fond de son verre, la brune releva son regard vers Bennifer alors qu'il lui posait une question très judicieuse. Elle le dévisagea quelques instants, se demandant si elle devait lui offrir la version courte et sans détails ou celle plus véridique. Après un petit moment de silence et de réflexion, la Mormont se décida finalement pour un mélange des deux. Reposant son broc sur la table, elle fit machinalement tourner son doigt sur le bord humide tout en répondant.

     ▬ Très loin, tout comme le Conflans si je puis me le permettre. Je ne fais rien de bien spécial voyez-vous, mais ma maison natale se situe sur une île isolée et je ne connais rien du monde. J'ai donc décidé de profiter de la gentillesse et de la tolérance de mes parents afin de m'offrir un voyage pour une durée indéterminée. Je reviens de Dorne actuellement et je voyage en compagnie d'un jeune chasseur qui me fait visiter les environs. »

     Mycah lui était d'une aide précieuse c'était vrai, il avait aidé son furet à devenir moins agressif et plus obéissant aussi. La Nordienne lui devait beaucoup, sans compter qu'il se montrait extrêmement poli et respectueux, ne faisant pas preuve de grossièreté ou ne lui offrant pas de blagues graveleuses, mais il ne la traitait pas comme un homme pour autant. En bref, le juste milieu. La jeune femme se demandait ce que le « non chevalier » pouvait bien faire ici, mais elle se voyait mal demander quelque chose d'aussi général. Alysane était une femme très curieuse qui aimait parler, mais aimait aussi écouter ce que les gens avaient à raconter et elle ne voulait pas qu'il puisse esquiver certains détails en résumant comme elle venait de le faire. Le Malheureux ignorait qu'elle avait une bonne dose de questions en réserve. Elle décida de commencer en douceur histoire de ne pas trop l'effrayer, au pire elle pourrait toujours le convaincre de boire quelque chose de plus corsé s'il refusait de répondre à ses attentes ? Pourquoi pas, ce serait à tester !

     ▬ Et vous, que faites-vous aussi loin de chez vous ? N'avez-vous pas une déesse à charmer, à moins que vous faire désire fasse partie du jeu de la séduction ? Elle marqua une légère pause avant de s'orienter sur un autre sujet. Et n'est-ce pas votre maison qui vénère les Anciens Dieux ? Est-ce pour cette raison que vous n'avez pas épousé la carrière de chevalier, ou avez-vous d'autres désirs qui n'entraient pas dans ce carcan de règles ? »
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Message Sam 25 Fév 2012 - 22:02

Alysane, qui n'avait point révélé son nom, son rang et sa maison, était une personne assez atypique. Bennifer n'avait jamais vu de femme comme elle. Elle était, en quelque sorte, unique, du moins d'après les yeux du brave homme d'arme -qui n'était absolument pas brave ou hardi-. Il écouta donc soigneusement, en vertu de son éducation, la jeune dame. Il la regardait dans les yeux. Pour dire vrai, il ne la quittait pas du regard. Ses yeux, teintés d'une couleur très foncée, étaient suffisamment attractifs pour que s'en détacher soit délicat. Ainsi, Bennifer buvait la moindre de ses paroles et écoutait avec attention ses dires. Il était focalisé sur son ouïe, c'était peu dire. Alysane était une personne plaisante, un peu rude mais plaisante. Bennifer appréciait sa compagnie, et il aimait écouter ses dires qui l'amusait. C'était rare, et peu de gens amusait ainsi l'héritier du fief des Nerbosc. Il souriait à chaque fois que la jeune femme plaisantait, ou avait un ton assimilable à la plaisanterie.

Il rigola, lorsque la jeune femme, bien inspirait parla de ses « mains calleuses » et donc du manque d'intérêt de la saluer comme une Dame. Il trouva ça, sur le moment, plutôt drôle et ne la prit pas réellement au sérieux. Il avait bien une bonne réplique bien senti à répondre, mais il s'abstint sur le moment. C'était le fruit de l'éducation prodigué par Mestre Gauvain et Dame Isabel. Leurs influences, et la non influence des Sept, provoquaient souvent un tel moment de réflexion avant de parler. Cette réflexion fut assez longue pour permettre à Alysane d'enchaîner ses mots. Elle parla à Bennifer d'une île lointaine dans le Nord, sans la nommer. Bennifer avait révisé ses connaissances sur le sujet il y a bien trop longtemps pour se souvenir d'une telle île où le climat devait être rude. Il ne se souvenait pas du nom, ni de la maison; mais il avait du respect pour ses habitants. Il fallait être bien brave pour vivre dans une contrée aussi rude et difficile.

Bennifer ignora volontairement la réplique sur la déesse. Il l'occulta comme il le pu. Il fit exactement comme si elle n'avait rien dit. C'était un vrai maître dans cet art, et le pauvre Jehan pouvait en témoigner. Il pouvait ignorer et occulter tout fait sans aucune réaction de sa part. C'est ainsi que la remarque fut éliminé, sans geste et surtout sans rictus. Bennifer avait cette sale habitude de répondre aux questions auxquels il désirait répondre. C'était un don.. un don qui lui permettait d'éviter bien des problèmes. En effet, il ne répondait guère aux questions pouvant lui poser un problème, mais souvent, ignorer de telle question apporte des problèmes supplémentaires. Bennifer changea donc de stratégie et répondit de manière flou à la question qui suivi. C'est donc, pour changer, sur un ton de plaisanterie que Bennifer répondit.

«C'est une histoire qui, je le crains fort, viendra à bout de votre patience. »

Pas Faux. C'était pas très intéressant, et légèrement embarrassant. Bennifer marqua un temps de pause durant lequel son regard se fixa vers son verre. Il réfléchissait à une réponse adapté, sans trop en révéler mais tout en se montrant assez loquace pour ne pas vexer la dame. Il observa ainsi le verre contenant le liquide argenté, translucide et pure. Il était encore bien rempli, Bennifer ne l'ayant vidé que d'un quart. Finalement, après s'être accordé quelques secondes d'intense réflexion, Bennifer vînt à chercher une réponse plus pragmatique, plus précise et surtout qui convienne à la gente dame. Il serait contre productif de vexer la dame maintenant. Bennifer s'appliqua à répondre de manière éloquence et surtout très délicate avec un ton mi sérieux, mi plaisantin.

« Le Conflans traverse une crise, et mon frère m'a chargé d'une mission délicate en ces terres... » Bennifer laissa planer un doute, meilleur moyen de faire comprendre à la jeune femme qu'il n'en dirait pas plus sur cette affaire. Il plaisanta alors : « Puis les femmes du Bief sont, dit-on, les plus magnifiques créatures de Westeros. Quel genre d'homme serais-je si je me refusais à une telle quête ? »

Bennifer donna, sans doute, l'impression d'un homme qui manquait cruellement de sérieux. A vrai dire, depuis le début de cette conversation, il avait plaisantait un nombre incalculable de fois. C'était souvent dans son habitude, quand il n'avait pas la pression de ses responsabilités. Lord Beric ne s'était jamais marié, et n'avait jamais eû, naturellement, d'héritier. Bennifer était devenu l'héritier de Beric, et plus généralement du Val Nerbosc. C'était un lieu merveilleux, mais Bennifer n'avait jamais eu l'ambition de régner. Depuis qu'il était jeune, il avait compris qu'il ne serait qu'un remplacent. Beric avait le droit de l'aînesse. Il était Lord. Bennifer portait le titre d'héritier de Corneilla et il avait acquis le rang aux yeux de tous. Personne à Corneilla ne prétendait qu'il était illégitime de dire que Bennifer était le successeur direct de Lord Beric, Seigneur en titre de Corneilla.

Bennifer songea alors à répondre à la question suivante, sur son métier ou plutôt sur le fait qu'il n'avait pas fait carrière dans la chevalerie. Il se posa la question rapidement, mais Alysane avait vu juste, du moins en partie. Depuis sa tendre enfance, Bennifer avait entendu des histoires de chevalerie. A vrai dire, il aurait pu être chevalier si sa religion lui aurait permis. Les chevaliers sont hardi, brave et bon; ils étaient l'idéal que tout homme pouvait viser. Mais Bennifer s'était vite détourné d'une telle vision au grand dam de Ser William Rivers, le maître d'arme de Corneilla. Ce dernier s'était conduit en brave lors de la bataille qui avait vu l'ascension de Lord Brynden. Bennifer aurait pu, à l'instar de Ser William, devenir un vrai chevalier mais cela impliquait abandonner la chose la plus importante pour lui, sa foi. Bennifer répondit donc, avec approximation :

« .. Il y avait des incompatibilités. La religion en faisait parti. »

Ton franc et sérieux. Bennifer en avait presque perdu l'habitude à force de plaisanter avec la jeune femme. Il songea, encore une fois, à sa religion en tant que barrage à une futur carrière dans la chevalerie. C'était assez incroyable de penser qu'il y avait pensé, jadis. N'importe quel habitant de Corneilla était au courant de l'aversion de Bennifer pour la chevalerie, où la fierté et la bravoure ont été remplacé, au fil des légendes de cette ordre, par la couardise et la condescendance. Les chevaliers avaient la fâcheuse habitude de considérer ceux qui ne portaient pas le titre de Ser comme des sous guerriers. C'était faux, et l'histoire était de cet avis. Nombreux sont les simples hommes qui ont pris la vie de chevalier, pourtant si brave et courageux. Bennifer n'avait jamais apprécié le principe de secours à la veuve et l'orphelin, qu'il trouvait dédaigneux, inutile et surtout irréalisable.

Bennifer, plongé dans ses pensées, revint à la réalité. Il se concentra, de nouveau, sur son interlocutrice qui occupait désormais ses pensés. La curiosité est une bien mauvaise chose, mais Bennifer était pourvu de ce défaut et il aimait lui faire don d'information. Bennifer venait de se montrer évasif, mais il avait répondu aux questions. C'était mieux que rien. C'était désormais aux tours de la jeune femme de répondre à des questions. Le seul problème, c'est que Bennifer n'était pas particulièrement inspiré. Il ne savait que poser comme question sans être forcement désagréable ou gênant. En bon noble éduqué, Bennifer se préoccupait de ce genre de chose, très souvent; mise à part avec les Bracken où les ennuyer et les gêner étaient toujours une chose très positif.

Bennifer songea une seconde au Bracken, délaissant son regard curieux de la pauvre femme. Il serra le poing en imaginant l'infâme brute des Bracken. Cette brute avait, dans le temps -en l'an 205 pour être précis- réduit le crane de feu Lord Quentyn en lambeau, malgré la présence d'un casque. C'était une performance choquante qui conduirait ce dernier à sa perte. Bennifer pensa alors à la querelle entre les Bracken et les Nerbosc qui avait pris une tournure nouvelle à cause de cet incident. La majorité des Nerbosc voulait la tête de Ser Otho Bracken, et les autres désiraient naturellement la chute de la maison. Le conflit rentra, encore une fois, dans une ère nouvelle lorsque Otho devînt l'héritier de la maison Bracken. Cette vision du conflit perturba Bennifer qui reconcentra son attention sur la jeune femme. Elle était parfaite dans ce rôle. Sa simple vu fit disparaître Bracken dans l’enfonçure du cervau de Bennifer, qui finalement se disposa à poser une nouvelle question, sur un ton neutre démontrant sa curiosité.

« Et vous, Alysane... il y a quelque chose chez vous de fascinant, non ? »

Il fallait comprendre, par cette expression assez étrange, que Bennifer voulait bien répondre à ses questions, mais c'était du donnant donnant. Bennifer haïssait plus que tout les échanges où l'un des participants se faisait floutés. Il voulait apprendre quelque chose sur Alysane, peut-être commencer par sa maison, puisqu'elle se prétendait noble dame. Bennifer n'avait pas été d'une éloquence remarquable, ou d'une sociabilité à toute épreuve sur ce coup. Au contraire, il n'avait pas été délicat mais plutôt abrupt et assez maladroit. Bennifer était très rarement maladroit dans ses paroles -bien plus dans ses actes-. Son éducation lui avait donné matière pour se comporter en société, tel un noble. Un noble se doit d'avoir une attitude de façade, une attitude de société et en tant que tel, Bennifer savait choisir ses mots pour désarmer ses interlocuteurs, mais avec la jeune femme; il avait du mal. Elle avait quelque chose de franc, de naturel qui déstabilisé complètement Bennifer; accroissant ainsi le plaisir qu'il retirait de cette conversation.
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Message Dim 26 Fév 2012 - 14:22

     La patience n'était pas une vertu que la jeune femme possédait il est vrai, bien que cela dépendait des occasions. Alysane n'avait aucune difficulté à attendre des heures dans le froid si c'était pour un entraînement avec son frère ou pour regarder les hommes d'armes de la maison s'entraîner, mais lorsqu'il s'agissait de discussions sans intérêt, il était vrai qu'elle se montrait moins patiente. Pour le moment, Bennifer n'avait aucune raison de s'inquiéter, elle avait trouvé le peu de choses qu'il avait daigné lui communique, intéressantes, par conséquent elle ne partait pas avec une mauvaise opinion de lui, bien au contraire. Cela dit, la Mormont comprenait aussi que c'était peut-être une excuse destinée à lui faire savoir qu'il ne tenait pas particulièrement à discuter de cela avec elle. Après tout, certaines personnes se montraient gênées ou silencieuses dès qu'une question touchait de trop près de leur jardin secret. Mais c'était bien mal connaître l'Ourse pour imaginer qu'elle puisse se laisser envoyer paître aussi facilement, même si le jeune homme avait été très poli en parlant. La guerrière partait de l'idée que si quelque chose ne plaisait pas à quelqu'un, il fallait le dire clairement, sans quoi Alysane considèrerait simplement que le Nerbosc n'avait pas envie de l'importuner et qu'il ne souhaitait pas lui conter une histoire trop longue. Elle l'inviterait donc à tout de même parler et il finirait peut-être même pas se dire qu'elle était très malpoli d'insister aussi lourdement alors que la Nordienne ne penserait pas à mal. Un enchaînement d'évènements qui se produisait bien trop fréquemment à son goût. Le franchise de la brune lui retombait souvent dessus.

     ▬ Je sais être patiente lorsqu'il le faut.... »

     Elle souriait, le regardant avant de délaisser la choppe pour glisser ses bras vers elle, mieux valait ne pas boire trop vite ou cela risquait encore de lui monter à la tête, bien qu'elle tenait assez bien l'alcool. La réponse qu'il lui fit ne la contenta pas totalement, elle soulevait bien plus de questions qu'elle n'en faisait disparaître, mais le jeune homme ne voulait visiblement pas en dire plus et la Mormont comprit qu'elle allait devoir se satisfaire de ces quelques mots. Elle soupira légèrement, manifestant ainsi la frustration que ses paroles venaient de faire naître dans son esprit, il était bien cruel d'agir de la sorte ! La Nordienne resta silencieuse alors qu'il reprenait la parole pour vanter les mérites des femmes du Bief, argumentant qu'elles étaient les plus belles de Westeros. Cela dépendait des points de vue, qu'elles soient belles, Alysane ne le niait pas, mais elles étaient aussi très sottes à parler de roses et rêver du chevalier servant qui viendrait les épouser. Bien évidemment, la guerrière généralisait et peut-être bien que des femmes au même caractère qu'elle, existaient dans cette région. C'était ce qu'elle espérait en tous les cas. Sans quoi le Bief devait être une terre bien insipide. Trop de verdure au goût de la Mormont qui était bien plus habituée aux paysages neigeux.

     Il la tira alors de ses pensées, expliquant que la religion n'était qu'un des problèmes qui se posaient dans l'éventualité qu'il puisse devenir chevalier. L'Ourse espérait de tout cœur qu'il n'était pas de ceux qui croyaient être capables de sauver la veuve en détresse et éventuellement de lui compter fleurette par la même occasion, vision plutôt affreuse à ses yeux. Le fait de savoir qu'il croyait aussi les Anciens Dieux et non les Sept plaisait beaucoup à la Nordienne et le Nerbosc gagne aussitôt quelques points dans son estime. Dans une telle région où rien ne lui était familier, la brune était toujours ravie de pouvoir croiser quelqu'un qui connaissait la même chose qu'elle. Un peu comme un îlot sur une mer déchaînée. A force de lutter contre les courants, l'on s'épuisait. La jeune femme sourit sincèrement avant de reprendre sa choppe pour tremper ses lèvres dans le breuvage fermenté puis la reposa sur la table en bois, orientant ses yeux mordorés vers le visage de Bennifer qui lui posait une question plutôt... Bizarre. Chez elle, dans sa personne ? Qu'elle soit fascinante ou que sa région le soit ? Elle n'était pas très sûre, mais dans le doute décida de prendre la première chose qu'elle avait compris. Alysane arbora une moue de réflexion avant de finalement secouer la tête en signe de dénégation, puis répondit d'un ton franchement amusé.

     ▬ Absolument pas. C'était aussi simple que cela, toutefois elle décida de le renseigner un peu plus. Je vous répondre par une question : avez-vous déjà été dans le Nord ? Elle haussa légèrement les sourcils avant d'enchaîner. Si vous pensez que les femmes du Bief sont les plus belles, pensez alors que les femmes du Nord sont les plus combattives. Si vous avez un jour l'idée de pousser votre exploration jusqu'à ma région natale, vous verrez que je fais figure de normalité. »

     Elle exagérait un peu le trait, les femmes du Nord n'étaient pas toutes des combattantes comme elle, mais disons que dans cette région elles n'étaient jamais aussi délicates que les autres dames de Westeros. Même à Winterfell qui était une forteresse pourtant très proche de celle des autres régions, les dames ne pouvaient être aussi délicates et belles, tout simplement parce que le froid mettait le corps à rude épreuve et qu'une lady du Nord ne serait jamais aussi bien entretenue qu'une lady du Bief. Les femmes apprenaient donc à se montrer plus rude, correspondant au climat qu'elles subissaient quotidiennement. Après il était vrai que dans sa maison, les choses étaient encore très différentes, les Mormont étaient réputées pour être des femmes combattantes et le fait de devoir se battre contre les Fer-nés qui venaient fréquemment piller chez eux en était la preuve par ailleurs. Au final, si Bennifer croisait un jour une autre Mormont, il serait forcé de constater que les dames de cette maison étaient toutes étrangement combattantes et plus ressemblantes à des hommes d'armes qu'à des ladies. Même si les sœurs de la brune étaient bien plus belles qu'elle. Elle fixait le Nerbosc avant d'enchaîner.

     ▬ En réalité, je mens un peu, disons que les dames de ma maison sont plus spéciales que les autres Nordiennes. L'Ile-aux-Ours est un endroit qui a longtemps appartenu aux Fer-nés et depuis ce jour nous essuyons fréquemment leurs attaques, il est donc de coutume que les femmes de l'île doivent savoir se battre et se défendre pour les fois où les hommes seraient en mer. Voyez-vous, je ne suis pas différente des autres, vous n'avez simplement jamais rencontré mes sœurs. »

     Il était vrai que la brune était toutefois du genre à être bien plus combattante et brutale que ses sœurs, mais au fond, elle ne se trouvait pas particulièrement différentes d'elles. Alysane se doutait que cette révélation allait faire passer sa famille pour des sauvages, combien de fois avait-elle entendu des rires répondre à ce qu'elle disait à ce propos ? Les hommes étaient tous des idiots, ils ne comprenaient pas qu'il ne fallait pas nécessairement être belle et délicate pour être une femme. La jeune femme espérait simplement que Bennifer n'allait pas se moquer d'elle, sans quoi elle risquait de perdre l'estime qu'elle avait pour lui. La demoiselle ressentait toutefois un fort et sincère soulagement à l'idée de ne pas être partie de chez elle pour trouver des époux à ses sœurs comme cela se faisait dans certaines familles, sans quoi elle serait rentrée bredouille. Les hommes de Westeros – exceptés ceux du Nord – n'étaient pas prêts à pouvoir épouser des femmes comme les Mormont. Elle ne s'en plaindrait pas, au moins ses sœurs resteraient-elles toujours avec elle ! La demoiselle soupira légèrement avant de lâcher une fois de plus sa pinte, puis elle reprit la parole alors que les gens s'agitaient toujours autour d'eux, même si la taverne se vidait tout doucement. Elle ne savait pas quelle heure il pouvait être et s'en moquait pas mal.

     ▬ Par ailleurs, si vous cherchez à trouver la plus belle femme de Westeros, je vous conseille vivement de vous rendre à Port-Réal, c'est au Donjon Rouge que Shaïra Seastar séjourne. »

     Même sur son île, Alysane avait entendu parler de cette femme réputée comme étant la plus belle de Westeros. La Nordienne admirait le fait qu'elle ait toujours refusé d'épouser quelqu'un, c'était un signe de caractère d'après elle. La brune inspira légèrement, se reculant au fond de sa chaise pour se caler et adopter une position plus confortable, puis elle conclut d'un ton toujours aussi intéressé.

     ▬ Et vous voyagez donc seul ? Je n'ai vu personne vous accompagner et vous n'en avez pas parlé. Je suis étonnée de voir une personne d'une famille importante comme la vôtre ne pas avoir une ribambelle de protecteurs. Êtes-vous bon combattant peut-être ? »
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Message Lun 27 Fév 2012 - 23:00


La rencontre entre les deux individus rentra dans une phase de découverte. Depuis quelques temps, ils essayaient de se découvrir. Bennifer était perturbé par la jeune femme, un peu trop directe à son goût. Bennifer avait l'habitude des gens qui était implicite, voire faux. Il avait appris à décortiquer les attitudes de la haute société, et dans le Conflans, c'était souvent ainsi qu'on discutait. On ne se révélait pas, et on ne posait jamais de question directe. On laissait son interlocuteur se dévoiler, lui donnant l'impression que l'information était déjà détenu. Bennifer avait été élevé ainsi, dans une ambiance fausse. Il était d'autant plus perturbé que la jeune femme, Alysane, ne semblait pas avoir profité de la même éducation. Elle était directe, franche et ne semblait pas vraiment se poser de question. Autant dire que Bennifer n'était pas particulièrement à l'aise avec toutes ses questions. Cependant, il s'était mis en tête de répondre à ses questions, de combler son appétit en terme de mystère. Il se dévoilerait, et ainsi, il espérait qu'elle ferait de même.

La question vînt. Bennifer ne savait pas exactement comment elle avait fait, mais elle avait fait dévier la conversation, à l'aide de répliques n'impliquant aucune réponse, vers la maîtrise martiale de Bennifer. Lorsque ce dernier s'en aperçu, il eu une légère crise d'effroi, puis l'instant suivant, il fut impressionné. Il ne pouvait dire avec précision comment elle avait fait, mais elle avait réussi un exploit. Désormais, la conversation devait s'articuler autour de compétence martiale du jeune homme, qui ne savait que répondre, oscillant entre le désir d'être honnête -vertu de son éducation avec Dame Isabel- et le souhait de conserver une dose de mystère, voir se préserver un espace de sécurité -selon les préceptes de Ser William, le maître d'arme de Corneilla-. La tête qu'afficha le jeune homme était très expressive. Il n'arrivait pas à se décider. Il appartenait aux gens qui était incapable de prendre une décision, ce qui le chagrina sur le moment. Il décida de prendre parti pour Ser William, plus sage que Dame Isabel dans l'esprit du jeune homme.

« Le pire de tous.. » répondit Bennifer, âprement.

Il ne s'était, en effet, jamais distingué sur le champs de bataille. Jamais, au grand jamais, au cours de sa misérable vie, il n'avait eu à livrer un combat, un vrai combat. Pour dire la vérité, il espérait ne jamais avoir à combattre. Prendre une vie n'était pas la chose qu'il redoutait le plus. Il craignait bien plus d'en supporter les responsabilités. Mais, le jeune homme avait tout de même des talents martiaux indéniables. Si il était bien loin d'arriver à la cheville des grands chevaliers -et équivalent-, Ser William Rivers lui avait donné une formation adapté. Brave et persévérant, Bennifer avait acquis une bonne maîtrise de l'épée. Ser William, maître d'arme et héros du champs d'Herberouge où il avait sauvé Lord Quentyn, lui avait conseillé de ne jamais vanter ses talents à l'épée pour se garder un effet de surprise, en cas de combat. Bennifer, trouvant Ser William assez impressionnant, avait écouté ce conseil et il avait pris garde à ne jamais révéler son habileté. Ceci justifia la réponse de Bennifer, qui mentit à Alysane.

Il considérait, en bon Nerbosc, qu'il lui était fortuit de savoir ce genre de chose. Alysane ne serait clairement, jamais, une opposante du Nerbosc. Elle lui avait révélé qu'elle venait du Nord, et en tant que Nordienne, elle était sans doute très peu impliqué dans les affaires de la couronne. Il croyait fermement que l'isolement du Nord était un frein à leurs ambitions politiques. Soit, il reconnaissait à la maison de Beron, les Stark, une certaine puissance et une influence affirmé. Mais la région était loin d'être propice aux ambitions politiques du Nord, qui était réellement isolé de par son climat et de par ses mœurs. Ces éléments mis en lumière, Bennifer ne considérait pas que le Nord puisse réellement s'affirmer, au contraire des autres continents; plus apte à exercer le pouvoir et leurs influences. Bennifer sortit bien vite de cette pensée politique qu'il n'appréciait guère pour songer à d'autre pensée, plus pragmatique.

« Un chevalier du nom de Ser Liam Rivers m'accompagne, si on veut... »
Adjoignit Bennifer à sa précédente réponse. « Il est, dans l'écurie, en train de faire je ne sais quoi.. Et en toute honnêteté, je ne veux pas savoir. » précisa le jeune homme, baissant d'un ton pour marquer une plaisanterie sur la dernière portion de la phrase.

Ser Liam était un brillant officier. Il avait été recruté par Lord Beric, et ce dernier avait l'entière confiance de Bennifer. Ser Liam restait un brillant entraîneur, qui laissait présagé qu'il remplacerait bientôt Ser William, trop vieux pour exercer pleinement ce rôle à plein temps. Ser Liam n'était pas un grand chevalier de renom, mais il avait mis en exergue des qualités impressionnantes, ne serait-ce qu'à l'entraînement. Il se révélera, cependant, qu'un interlocuteur limité. Peu bavard, la loquacité de Ser Liam l'avait empêchait de devenir un membre apprécié de la garde de Corneilla. En y réfléchissant, Bennifer se souvînt qu'il ne connaissait presque rien de l'homme avec qui il avait fait le voyage. Ser Liam inspirait la confiance soit, mais il avait une attitude légèrement trop loyale qui dérangeait Bennifer comme s'il sentait que le chevalier n'était qu'une coquille vide, sans âme.

Penser à Ser Liam n'arrangea pas les affaires de Bennifer qui sembla plaisanter sur la dernière portion de sa phrase. C'était une plaisanterie, à demi fausse. Ser Liam était dans l'écurie au moment où il l'avait quitté, mais maintenant seuls les Anciens Dieux savaient où le chevalier se trouvait.. peut-être dans un bordel. Bennifer revînt à Alysane, la regardant dans les yeux. Pour la seconde fois de la journée, il remarqua ses yeux.. de très beaux yeux. Ils étaient attractifs, accrocheurs. La première fois déjà, Bennifer avait eu du mal à lâcher son regard addictif. Cette fois, il avait l'impression que ce dernier était plus intense, plus interessant et surtout plus accrocheurs. Les informations qu'il avait obtenu, qu'elles soient fausses ou vraies, lui permettaient de voir la jeune femme sous un œil nouveau.

« Et vous Alysane, vous savez vous servir d'une lame ? » demanda Bennifer, en quête d'une réponse.

La question était honnête et elle turlupinait Bennifer. Ce dernier se doutait de la réponse, au vu des réponses apportés précédemment par la Nordienne. Il l'imaginait bien grande combattante, maniant une arme peu délicate.. peut-être une épée bâtarde, ou une lame imposante. Bennifer voyait Alysane, et de manière plus générale, les Nordiens victimes du climat le plus rude, comme des combattants sauvages à l'instar de la réputation des fers-nés qui jouissait, à travers les Sept Couronne, d'une réputation très barbare. C'était, du point de vue de Bennifer, un peuple indompté. Les mœurs étaient différentes des autres régions, plus domestiqué et ayant des cultures plus délicate. Dans son esprit, Bennifer voyait la représentation du Nordien tel qu'il était dépeint dans les livres les plus stéréotypé. L'homme était imposant, musclé. C'était un farouche guerrier à l'allure barbare coiffé de peau de bête fraîchement abattu, et cela sans style. Les livres qui décrivaient le Nordien type étaient nombreux à la citadelle des Mestres et Bennifer se souvenait de beaucoup d'expression qu'il remettait maintenant en question.

Alysane n'était rien de tout cela. Elle était bien loin d'être imposante. Au contraire, la jeune femme paraissait svelte et plutôt élancé. Mais, elle avait quelque chose qui permettait à son interlocuteur de comprendre immédiatement qu'il n'avait pas affaire à une personne délicate. Dans son aspect générale, la jeune femme paraissait rude. Son style y était pour beaucoup. Ne suivant aucune mode, Bennifer la soupçonnait d'entasser ses vêtements sans se préoccuper de la beauté, chose qu'un noble du Conflans ne ferait presque jamais. Il y avait de nombreuses différences entre les deux cultures, et désormais, Bennifer les mettait en exergue. Il semblait animer par cet esprit de découverte qui déplaisait à son frère, puisqu'il lui procurait une certaine indépendance. Bennifer se rendit alors compte que sa question avait déjà reçu réponse. Les femmes du Nord sont brutales, et savent combattre. Elle l'avait déjà dit. Mais Bennifer ne se lassait point de sa voix, et la faire se répéter mettre en avant un autre aspect de sa personnalité. Bennifer changea alors complètement de registre, posant son intérêt sur le Nord, ce territoire si sauvage qu'il y est difficile d'y habiter.

« Le Nord me paraît être une région bien triste. N'avez vous jamais songé à vous installer ailleurs, là où le climat est plus indulgent par exemple. »

Bennifer réfléchissa à sa propre question. Plus que savoir si Alysane était attaché à ses terres, il voulait avoir son avis sur une question aussi cruciale. Il voulait savoir également sur la rudesse des terres du Nord n'empêchait pas les habitants de vivre normalement, et si ils n'aspiraient pas à une vie meilleur, dans le sud où les conditions de vie était meilleur. Le Val Nerbosc, terre de Bennifer, était une contrée très productive où il faisait bon de vivre -un peu moins ponctuellement à cause de la menace Bracken-. Il s'était toujours demandé si une exode n'était pas la solution à cette crise, avant de se rendre compte qu'il s'était réellement entiché de son territoire. C'était sa maison, et il ne comptait pas l'abandonne; Bracken ou pas. A travers cette question, Bennifer espérait pouvoir voir si les Nordiens avaient le même comportement et le même point de vue.

Bennifer observa alors la taverne. Elle se vidait. Les gens partaient en saluant l'aubergiste, qui les honorait d'un vulgaire grognement affectif. Assez étrange cet homme lorsqu'on y repensait. Il nettoya, une par une, les tables vides. Il n'était pas très impliqué dans ses travaux, puis-qu’au contraire il se contentait de chiffonner rugueusement les tables, observant les verres de ses clients du coin de l’œil; comme pour resservir ceux qui était vide. Pratique commerciale houleuse qui lui valait une once de respect de la part de Bennifer. Cependant, Bennifer se demanda pourquoi la taverne se vidait elle ainsi. N'avait-il pas vu l'heure, ou un élément extérieur était-il à prendre en compte. Une question de plus dans le crâne du jeune homme qui fixa alors Alysane.
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Message Mar 28 Fév 2012 - 18:58

     Elle fut sincèrement amusée d'entendre Bennifer avouer sans honte – du moins il semblait – qu'il ne savait pas se battre. C'était plutôt surprenant de la part d'un homme, Alysane avait une idée très stéréotypée des représentants du sexe opposé et considérait qu'un mâle qui ne savait pas se battre n'était pas... Entier. Peut-être que Bennifer avait une raison valable à ce manque de maîtrise, peut-être simplement qu'il n'aimait pas combattre ? C'était encore une fois impensable pour elle, ce serait comme d'imaginer qu'une femme du Bief soit capable de se battre à la hache. Pourtant, c'était une chose probable semblait-il, la jeune femme n'en était certainement pas à sa première surprise et elle croyait volontiers que le jeune homme en cachait encore beaucoup. En tous les cas, le ton employé montrait clairement qu'il ne semblait pas s'en satisfaire, preuve qu'il devait sans aucun doute regretter cette situation. Pourquoi ne pas y pallier en s'entraînant avec plus d'assiduité ? Pour la brune, c'était l'évidence même. Lorsqu'elle ne maîtrisait pas une technique, Alysane traînait en permanence derrière son frère bâtard pour le supplier – ou plutôt le menacer – de manière à ce qu'il daigne l'aider à se perfectionner. Après, elle pouvait comprendre la position de Bennifer – en imaginant qu'elle ne fasse pas fausse route dans ses questionnements – certaines personnes n'aimaient pas se battre et la Mormont était bien placée pour savoir que lorsque l'on détestait quelque chose, il était difficile de s'y consacrer. Il suffisait de voir son comportement face au protocole.

     C'est donc avec un sourire amusé qu'elle le contemplait, terminant en même temps sa boisson alors que le fond de la choppe apparaissait enfin. La demoiselle l'écoutait parler de ce fameux ser Liam, vu le nom de famille qu'il portait, ce combattant semblait entaché par l'infidélité de son géniteur. Encore un bâtard ! Décidément, en tenant compte de sa rencontre avec ser Addison Hill de la garde royale lorsqu'elle était à Port-Réal, l'Ourse était en droit de penser que les bâtards étaient plus doués que les enfants légitimes. Avec amusement, elle pensa brièvement que c'était peut-être pour cette raison que les Mormont étaient aussi douées, après tout les, femmes de sa famille n'avaient nullement besoin d'être mariées pour donner naissance à un enfant, contrairement aux hommes. Peut-être que le sang des bâtards qui coulait normalement dans leurs veines, avait octroyé un talent plus poussé ? Des questions qui furent rapidement balayées par la fin des déclarations de Bennifer, ce qui dessina un sourire amusé sur les lippes de la Nordienne alors qu'elle répondait, gagnée par l'hilarité.

     ▬ En train de s'entraîner, je n'en doute point ! Quel amusement de voir que votre chevalier est un bâtard, j'ai rencontré beaucoup d'enfants illégitimes particulièrement doués au maniement des armes.... Quel dommage que ce ne soit guère mon cas ! »

     Un léger soupir, elle ne plaisantait qu'à demi. Alysane se moquait pas mal d'être une enfant légitime ou non, elle ne comptait pas se marier et par conséquent, un nm ne lui était d'aucune utilité. Sans compter que sa maison devait être la moins estimée de tout Westeros et la famille noble la moins courtisée. Les Mormont ne pouvaient pas espérer trouver d'époux portant des noms prestigieux, elles devaient s'estimer heureuses si elles parvenaient à appâter un noble mineur du Nord. Bref, la jeune femme ne se souciait pas du fait que son interlocuteur allait éventuellement la trouver grossière de parler aussi légèrement de la fidélité des hommes, certains nobles étaient très pointilleux sur les bâtards, pas elle. Elle avait toujours sincèrement aimé son frère bâtard et cela ne changerait pas. La discussion avait glissé vers un autre sujet qui l'intéressait grandement, même si ce n'était pas vraiment dans ses habitudes de parler de ses talents martiaux. Au contraire. La demoiselle aimait bien garder l'effet de surprise procuré par son sexe, rares étaient les hommes qui croyaient qu'une dame était capable de se battre aussi bien qu'un homme. Un sourire se dessina à nouveau sur ses lèvres alors qu'elle regardait le Nerbosc dans les yeux.

     ▬ Plutôt bien d'après mon frère d'ailleurs. Mais il a toujours la mauvaise habitude de me faire des compliments non justifiés. Je ne me bats pas à l'épée, mais à la hache. Avouez que cela colle davantage à ma tenue qu'une belle épée d'acier château. Elle inspira doucement. Hache que j'ai d'ailleurs à ma ceinture, mais que je vais éviter de vous montrer sous peine de provoquer la panique dans cette salle. »

     Elle rigola légèrement, ne tenant pas particulièrement à provoquer un mouvement d'inquiétude si elle sortait une hache de sous la table. Celle qu'elle portait était particulière qui plus est, une hache forgée par Duncan, le forgeron des Terres de l'Orage qui avait séjourné chez eux quelques temps. Il l'avait faite suite à la demande de lord Jeor et l'arme convenait parfaitement à la main plutôt petite d'Alysane. La hache faite pour la guerrière et la guerrière qui avait adapté sa main et son corps à cette nouvelle arme. Désormais, la Mormont considérait la manier plutôt bien, même s'il lui manquait l'expérience des vrais combats. Les entraînements et les affrontements avec les brigands n'étaient pas de véritables combats. Peut-être un jour pourrait-elle se battre pour tuer ? Elle ne l'avait jamais fait, du moins si l'on ôtait les animaux qu'elle tuait pour se nourrir. La mort ne lui faisait pas particulièrement peur, mais sans jamais l'avoir vue elle pouvait difficilement penser autrement. L'avenir le lui dirait ! Bennifer avait encore une fois détourné la conversation de toute manière, avançant le fait que le Nord avait l'air d'une région triste avant de lui demander si l'idée de quitter sa région ne l'avait jamais effleurée. Elle le dévisagea quelques instants, se demandant s'il parlait sérieusement ou s'il était en train de plaisanter. Après avoir sondé son regard un bref moment, Alysane comprit qu'il était réellement sérieux. Elle secoua la tête avec vivacité en signe de dénégation.

     ▬ Pas une seul instant. Le Nord est loin d'être triste Bennifer, c'est simplement que vous n'avez jamais vu cette région sous son bon angle. Avez-vous déjà été vous promené dans les steppes glacées alors que le silence vus entoure ? Une véritable sensation de solitude qui vous donne d'impression d'être la première personne à fouler cette terre. Je n'ai jamais retrouvé cette sensation ailleurs. Elle inspira longuement. Pour être sincère, le Nord me manque. Les habitants sont rudes et ont le cœur aussi solide que la glace, mais ils sont aussi de très bonnes personnes qui n'hésitent pas à aider leur prochain. Croyez-moi ou non, mais je n'échangerais ma position pour rien au monde. Même si mon île est principalement peuplée de boue et d'ours, je préfère encore cela aux beaux champs de fleurs du Bief. »

     Alysane avait toujours considéré que les habitants d'une région avaient la forte tendance à devenir comme elle. Il fallait donc comprendre que la jeune femme craignait sincèrement qu'en quittant son domicile elle finisse par se ramollir et pourquoi pas se transformer en pseudo dame de la cour ? Cette vision l'effrayait au plus haut point, elle n'osait même pas l'imaginer ! Puis ce n'était pas la seule raison, le Nord était sa maison et elle ne serait chez elle nulle part ailleurs. Même Mycah qui voyageait sur les routes depuis sa plus tendre enfance se considérait toutefois comme étant Dornien dès que quelqu'un lui posait la question. La Mormont était persuadée que si elle posait la question à Bennifer, lui-même n'échangerait jamais sa place. Elle le fit d'ailleurs.

     ▬ Je suis persuadée que même vous ne pourriez changer de région, si demain vous pouviez devenir garde royal par exemple ! Pourriez-vous laisser toute votre vie derrière vous pour déménager à Port-Réal ? »

     Cela n'allait sûrement pas arriver comme il disait lui-même ne pas être bon combattant, mais c'était une image. Alysane suivit brièvement le regard de son interlocuteur qui avait aussi constaté que la salle avait tendance à se vider. Quelle heure était-il ? Encore une fois la brune ne pouvait répondre à cette question, elle espérait simplement que Mycah n'allait pas avoir l'idée saugrenue de s'assurer qu'elle était bien couchée. Il avait des fois tendance à la considérer comme une gamine. La demoiselle conclut alors son intervention.

     ▬ La nuit semble bien avancée, ne devriez-vous pas dormir à cette heure-ci mon bon ami ? Les cernes ne conviennent certainement pas à un minois aussi charmeur que le mien, je ne voudrais pas que vous racontiez qu'une Nordienne vous a épuisé et empêché de dormir. Les gens pourraient se faire de fausses idées sur la teneur de notre soirée. »

     Elle plaisantait, se permettait cette petite boutade parce qu'il avait fait preuve d'un certain humour jusqu'à présent. Restait à espérer qu'il n'avait pas changé d'avis.
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Message Sam 3 Mar 2012 - 23:38

Une hache.. Voilà qui collait parfaitement à la représentation typique du Nord. C'était une arme très peu raffiné, qui avait laissé au vestiaire toute grâce pour se concentrer sur la puissance. Il n'y avait aucun art à manier la hache. C'était une arme de barbare, de sauvage.. du moins dans l'esprit étriqué de Bennifer. Ser William Rivers, qui avait éduqué Bennifer au maniement des armes, lui avait enseigné son point de vue sur le combat. Le combat doit être fluide et raffiné, il doit pouvoir être regardé et apprécié pour sa qualité. C'est de cette manière que les hommes se distinguent des animaux. Sinon, sans la beauté du geste, finalement, le combat n'est que barbarisme. Cette vision était celle de Ser William et ce dernier l'avait transmis à Bennifer. Ce dernier n'avait aucune expérience du champs de bataille, voir du combat. Il n'avait jamais eu à lutter pour mettre sa vie en jeu, et les rares passes d'armes sérieuses qu'il avait effectué ne l'avait jamais mit en danger. Il n'était pas un guerrier, mais plus un intellectuel. Cependant, malgré cette représentation, Bennifer avait un peu de mal à s'imaginer Alysane manier une hache. Bennifer fit bien attention à ne pas laisser ses penser envahir la discussion, et il garda son point de vue secret.

Alysane plaisanta en discutant. C'était assez amusant, et c'est ainsi que Bennifer réagit. Il était amusé. Il était heureux de voir qu'Alysane possédait un sens de l'humour et qu'elle n'était la représentation de l'habitante Nordienne que Bennifer imaginait. Le Nord était une région peu accueillante, et l'homme avait peur que les habitants soient comme leur nation : tout aussi rigide et froid. Alysane ne semblait point dégager une froideur à geler les hommes. Au contraire, elle était vive et spontané, des qualités qui ne pouvait qu'être accueilli avec le sourire. Bennifer rigola, légèrement et naturellement, à ses plaisanteries.. se contentant de sourire lorsqu'il ne les trouvait que peu amusante. Sourire gêné, mais poli.. Il intervînt finalement lorsqu'elle évoqua la garde royale, ces blanches épées de prestige que tout bon Chevalier se devait de rejoindre avec fierté, si tenté que leurs capacités leur permettait. Il fallait reconnaissance et force pour revêtir le manteau blanc, et il fallait un honneur et une ligne de conduite irréprochable pour le garder. Assurément les plus nobles épées du royaume..

« Garde royal ? Jamais je ne pourrais mettre mon existence en péril sans qu'il n'y ait gratification pour moi même ou ma famille.. »

Bennifer dévoila ainsi une facette plutôt sombre de sa personnalité. Il n'était point généreux. Pour dire vrai, il considérait cette qualité comme une véritable niaiserie. Il n'avait jamais éprouvé le désir de venir en aide à un autre, financièrement ou même plus humblement. Bennifer n'aimait pas rendre service, et il pensait la majeure partie du temps à sa famille en premier. Il était imperméable aux ennuies des étrangers. Hélas, son éducation avait légèrement altéré cela, et il ne pouvait rester de marbre face à un acte contestable comme un bon chevalier en somme. Mais, il était tout à fait le genre de personne à ne pas être disposer d'agir pour une autre personne que celle qui comptait : sa famille. Ce mot représentait tout pour l'héritier des Nerbosc. Il avait été élevé dans ce but. Au final, il n'était qu'un homme à la botte de sa famille, un homme dénué de volonté propre et qui réagissait principalement en fonction de sa famille.

C'était également un défaut qui était récurrent chez Bennifer. Il n'avait aucune ambition personnelle. Toute sa vie, il l'avait consacré à sa famille. C'était la devise de la maison suzeraine du Conflans : « Famille, devoir, honneur ». Famille en premier. Cette devise avait inspiré Lord Quentyn, et il avait centré l'éducation de Bennifer sur ce mot. Le jeune homme souvint des nombreux conseils de Lord Quentyn, et il en fut mélancolique. Jamais tu ne te dresseras devant ta famille.. Des mots ainsi prononcé, il y en avait de nombreux exemples et le jeune y repensa l'espace d'une seconde. Depuis l'an 205 et plus particulièrement le tournoi funeste, Bennifer essayait d'éviter de penser à feu son père; source de trouble émotionnel récurant. Lord Quentyn fut en son temps un sacré énergumène; et malgré sa mort il continuait hanter Bennifer comme l'esprit d'un fantôme qui n'avait pas terminé son œuvre en ce bas monde. En attendant, il empêchait Bennifer d'aller complètement de l'avant. Ainsi, Bennifer vînt à avouer ce qu'Alysane avait sans doute déjà compris.

«  Vous savez quoi.. Vous avez entièrement raison. Je ne quitterais jamais ma terre. C'est ma maison et pour elle, je brandirais bien une épée pour peu qu'on m'en donne l'occasion. »

Le terme de maison était assez étrange. Bennifer avait toujours songé à Corneilla comme étant sa maison. Il avait grandit là-bas et toute sa vie s'articulait autour de la vieille bâtisse. C'était pas Harrenhal, soit. Mais il aimait cette citadelle, ail aimait sincèrement ces murs qui l'avait vu évoluer, au fil et au gré de ses aventures. Ses péripéties avaient formés son caractère si aimable et si noble. Il avait toujours considéré qu'il mourrait à l'intérieur de ses murs, ou sur un champs de bataille mais il ne donnait guère d'importance à cette vision. En bon Nerbosc, Bennifer était près à tout pour défendre son territoire. Assez amusant d'utiliser cette formule à ce moment donné, car le Val Nerbosc était menacé. Les Bracken, les chiens d'étalons pourpres, étaient devenu une menace potable. Les premières échauffourées avaient déjà commencé, et la guerre éclaterait sous peu. L'épée, il devrait sans doute bientôt la brandir; à moins que ce soit sa langue si affûté qui soit une arme mortelle pour la maison rouge.

Alysane en vînt à parler de rumeur. Ce mot fit sourire Bennifer. Il avait été, il y a bien longtemps, la cible de ces rumeurs. Parler de rumeur avec Alysane, malgré que ce soit qu'une plaisanterie, lui rapella ce souvenir qui avait éloigné Lord Beric de Corneilla lorsqu'il était plus jeune. Bennifer le savait mieux que quiconque -hormis Beric lui même-, les rumeurs sont de sacrés armes de destructions. Elles n'ont guère de limite, à l'instar des mots et chaque homme peut les maîtriser. Elles sont comme le pire incendie qui soit : facile à déclencher, difficile à maîtriser; une arme qui peut facilement se retourner contre son lanceur. Répondre à la plaisanterie, par la plaisanterie fut l'initiative qui prît Bennifer; sûr de lui et de son éloquence. Il répondit, sur un ton sérieux qui pouvait facilement être rattaché à l'humour.

« Et bien qu'ils s'en fassent. Je ne me préoccupe pas des rumeurs. Si je devais les croire, je serais un sacré gaillard... »

Sacré gaillard.. C'est ainsi qu'il était décrié à Corneilla et dans les bâtisses environnante. C'était un fait logique. Dans le Val -Nerbosc-, on aimait les protecteurs de la région. Ils étaient là depuis des siècles. Comment ne pas idolâtrer celui qui est le plus digne représentant de la lignée royale des Nerbosc. Bennifer termina alors son verre sur cette pensée légitime. Il observa alors Alysane qui semblait encore bien en forme. Bennifer inspira, et posa à son tour une question qu'il jugeait légitime.

« Les rumeurs vous inquiètent ? Je suis persuadé qu'une telle rumeur ne nuirait pas à ma réputation.. »

A son tour, Bennifer ajouta une touche d'humour. Il en rigola lui même après avoir prononcé les mots. La plaisanterie était-elle drôle ? Bennifer l'ignorait et il n'arrivait pas réellement à juger sa performance. Mieux que quiconque, Bennifer savait que ses plaisanteries pouvaient être mal reçu et que son caractère pouvait être mal jugé. Il était léger, surtout en cette heure. Il pouvait lui jouer de bien mauvais tour, mais à sa décharge, Alysane n'était point une étrange femme doté d'un sens de l'humour étriqué; bien au contraire. Elle était drôle et plaisante, et ceux malgré l'étrange rigueur dont les Nordiens font preuve habituellement.



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Message Dim 4 Mar 2012 - 14:53

     Il était réellement très étrange, Alysane aurait imaginé que tous les hommes auraient été prêts à donner tout ce qu'ils avaient ne serait-ce que pour avoir la chance de pouvoir rejoindre la Garde Royale, mais visiblement elle se fourvoyait. C'était surprenant, pourtant pouvoir devenir Blanc Épée signifiait bien d'être un excellent combattant et d'avoir impressionné le Roi lui-même, non ? Bien évidemment, cela ne donnait plus la possibilité de pouvoir hériter et de pouvoir espérer devenir parent, mais c'était un bien mince sacrifice en comparaison de la gloire que l'on pouvait en tirer. Du moins d'après ce qu'elle imaginait, mais après tout, la demoiselle n'était pas dans la tête de Bennifer et elle n'avait jamais appris à penser comme un homme. Heureusement pour elle d'ailleurs. D'un côté, cela exprimait clairement ce qu'elle avait l'impression de comprendre depuis le début de leur discussion : le jeune Nerbosc n'avait réellement rien à voir avec les chevaliers qu'elle connaissait. Bien qu'ils étaient peu nombreux au final, au moins lui n'était-il pas assoiffé de reconnaissance et désireux de se pâmer devant les jolies nobles en faisant voir sa belle capte blanche. Elle esquissa un sourire à cette pensée, non décidément, il n'avait pas la tête de l'emploi. La brune posa ses yeux sur lui en hochant la tête d'un air léger.

     ▬ C'est une bonne chose, vous n'avez rien du chevalier que je m'imaginais en effet. Décidément je me serais bien trompée sur votre compte. »

     Au final, elle était plutôt heureuse que le jeune homme n'ait pas jugé utile de l'ignorer après qu'elle l'ait vertement remis à sa place plus tôt. Il aurait été dommage de passer à côté d'une discussion intéressante, même si au final il y avait bien peu de chances pour qu'ils se revoient un jour. La Nordienne n'arrivait pas à se remémorer l'endroit où se situait Corneilla, elle n'avait jamais été très douée en géographie et pour être sincère, Alysane n'aurait même pas su dire où elle se trouvait exactement à cet instant précis. Lord Jeor plaisantait toujours en disant qu'elle n'était pas douée en orientation parce que ce n'était pas quelque chose d'inné chez les femmes. Pour une fois, la brune voulait bien le croire et elle ne s'était pas révoltée contre cette déclaration. Il aurait été bien suicidaire pour son père d'insulter le sexe dit faible alors qu'il était le seul homme de la famille, sans compter Jorah du moins, mais il n'était pas réellement Mormont. Dans le nom du moins, aux yeux de la jeune femme si.

     Suite à cela, Bennifer répondit positivement aux paroles de son interlocutrice en confirmant ce qu'elle savait déjà, qu'il ne pourrait pas quitter sa terre natale. Même quitter sa maison était impensable aux yeux de la Mormont, c'était surtout pour cette raison qu'elle ne voulait pas se marier, trouver une nouvelle maison à appeler « chez moi », ce n'était pas le genre de tracas que les hommes avaient. C'était tout de même rassurant de voir que même les hommes pouvaient être fortement attachés à leurs racines, comme quoi cela ne se perdait pas. Elle le regarda en silence, sans laisser son sourire s'envoler alors qu'il sourit à son tour après sa petite plaisanterie au sujet des rumeurs qui pouvaient circuler sur sa fatigue. Visiblement il n'en était pas à sa première rumeur, elle en était satisfaite, Alysane n'était pas le type de femme qui pouvait se soucier de savoir que l'on mettait un doute sur sa pureté, pour être sincère elle considérait que cela ne regardait qu'elle et personne d'autre. De toute manière, il y avait fort à parier que personne n'avait remarqué que le joli damoiseau de Corneilla parlait avec une Nordienne qui ressemblait davantage à une sauvageonne. Les femmes étaient plus friandes de rumeurs que les hommes, il y avait donc assez peu de chances pour que les poivrots présents ici se donnent la peine d'en lancer une. Elle secoua légèrement la tête suite à la déclaration de son interlocuteur.

     ▬ Et bien, l'on dirait que j'encoure le risque d'une rumeur sans le savoir, vous cachez bien votre jeu Bennifer. »

     Elle plaisantait évidemment, ce n'était pas comme si l'avis des autres à son égard avait la moindre importance ! Pour tout dire, seul l'avis que les membres de sa famille pouvaient avoir à son égard pouvait compter, le reste n'était pas important. Même si Bennifer se mettait à la considérer comme une femme mal-élevée ou quoi que ce soit d'approchant, elle ne se sentirait pas vexée. Les gens se faisaient vite des opinions sur leurs semblables, elle en était la preuve ! Le malheureux avait bien plus subi ses impressions que le contraire ou du moins, lui n'en avait pas fait état. Elle soutenait son regard alors qu'il posait une question bien logique avant de rire légèrement, puis elle l'imita avant de lui répondre avec toute la sincérité qu'elle possédait.

     ▬ Voyez-vous, je me moque pas mal de ce que les autres pensent de ma personne alors les rumeurs sont le dernier de mes soucis. De plus, l'on raconte beaucoup de choses sur ma famille, certains disent même que les femmes de ma maison ont leurs enfants avec des ours, vous ne seriez donc qu'une bien petite rumeur à côté. »

     Il était vrai que la mère de son père n'avait pas eu de mari, mais avait eu ses enfants de divers hommes, principalement des nobles qu'elle côtoyait, mais d'après ce qu'il se disait au sein de la famille il y aurait aussi eu des Fer-nés. Pour être franc, Alysane s'en moquait, elle aurait été considérée comme bâtarde en temps normal sauf que les Mormont étaient une maison si mineure qu'elle pouvait avoir des parents qui n'étaient pas mariés sans être bâtarde pour autant. L'avantage de la petitesse. Elle chassa tout cela de son esprit avant de se re concentrer sur les mots que le jeune homme avait prononcés à la fin. Il semblait avoir bien pire comme rumeur, mais quoi donc ? Elle le dévisagea quelques instants avant de laisser sa question se formuler dans sa bouche, consciente qu'elle allait certainement passer pour une curieuse, mais il l'avait lancée sur ce sujet en parlant de la sorte, s'il n'avait pas envie d'en parler, il ne pourrait donc s'en prendre qu'il lui-même !

     ▬ Et quelles rumeurs peuvent donc circuler sur vous, pour que vous ne craigniez pas d'être assimilé à une femme comme moi ? Avez-vous aussi la réputation de préférer les animaux aux humains ? A moins que vous ne soyez tellement séducteur qu'une rumeur de plus sur une femme ne vous effraie pas ? C'est une bonne choses. Rares sont ceux qui peuvent faire fi de ce qui se dit à leur sujet. Elle le regarda quelques instants. Rien que pour cela, vous gagnez encore mon estime. »

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Message Sam 10 Mar 2012 - 22:56

Alysane fut charmante. Comparer à un chevalier était brillant. Les mots, sur le moment, brillèrent dans un éclat doré silencieux. Ils piquèrent Bennifer au vif. L'espace d'une seconde, sa haine envers la noble classe guerrière reprit le dessus. Il ne les aimait pas, et son visage le fit ressentir. Il eut un air de dégoût avant de revenir à une expression faciale plus commune. Standard, son visage était inexpressif après cette légère période d'incertitude, période pouvant être comparé au temps que met une goutte pour toucher le sol et se répandre sur le sol. Il n'était pas certain que la belle Alysane l'ait remarqué. Elle avait beau être concentré sur Bennifer, ce genre de détail n'était pas très visible. Au contraire, si on ne vivait pas dans le monde des faux semblants, il était assez ardu de mettre en évidence ce détail. Cependant, une bonne connaissance de l'homme pouvait aider à deviner, voir à comprendre cette attitude à l'égard des hommes en armures qui dépense plus pour leur confort que pour leurs grandes missions. Pour Bennifer, il voyait là que des mots et non un idéal. Il fallait bien que les chevaliers justifient leurs prétendus supériorité, l'idéal était la parfaite couverture.

Sincèrement, les paroles d'Alysane troublèrent Bennifer. Sa vision du Nord était bien loin d'être très positive. Les mots rajoutèrent une couche. Le Nord était une terre inhospitalière pour bien des hommes. Les hivers étaient rigoureux, les étés n'étaient pas que verts pâturages. Le Nord.. Dans ce nom, il y avait la terreur du mur qui résonnait. Une peur que connaissait bien Bennifer. Les contes qu'on lui lisait, lorsqu'il était enfant, avait rendu cette blanche région très disgracieuse. Mais le Nord avait des qualités. Il fallait leur reconnaître qu'ils ne faisaient rarement les choses par moitié, contrairement à leurs preux voisins. Et c'est donc le Nord, cette région si acrimonieuse, qui surprit Bennifer. Il ne s'attendait pas à ce que des hommes rigoureux et rigides puissent manier aussi bien la langue. Leur langue semblait mortelle et si aiguisé. La famille de Alysane, les Seigneurs de l'île-aux-Ours, était victime de ces braves ragots. Des on-dit sacrement fort, et très vigoureux. Dans le pays des rivières, le Conflans, personne ne maniait les rumeurs avec autant de méchanceté. Le Nord était décidément une terre très rude, en homme et en pratique. Mais, Bennifer, avec tout son talent, ironisa la situation pour la rendre presque drôle ou du moins marrante.

« Je suis sincèrement flatté d'être considéré, par vos pairs, comme un meilleur parti qu'un Ours... » plaisanta le jeune homme, sûr de son fait.

Il pensait être drôle. Il l'était peut-être. Les Anciens Dieux, dans leurs infinies bontés, lui avaient accordé un humour assez particulier mais plutôt attachant. L'humour était son arme la plus tranchante. Il faut dire qu'il faisait souvent mouche, et il avait du mal à rester sérieux dans une conversation. Il plaçait souvent ses plaisanteries, et elles n'étaient pas du goût de chaque noble de bonne éducation qui croisait son chemin. Par chance, Alysane n'était pas une de ces personnes. Bennifer aurait peut-être rencontré sa hache dans le cas contraire. Il était persuadé qu'il était toujours mauvais de provoquer une femme du Nord. On ne pouvait se plaindre, la vie rude formait leur caractère, et il était rarement accueillant et bienveillant.. Bienveillant, c'était ce qu'était Bennifer. C'est pour cette noble raison qu'il se justifia, se lançant dans une explication acharné afin de mettre la lumière sur sa pensée, dans l'intérêt de la jeune Nordienne. Il expliqua son raisonnement avec éloquence, comme à son habitude. C'était à se demander si il pouvait balbutier et chercher ses mots... parce que si Alysane ne le troublait pas, qui le ferait ?

« Les rumeurs sont des armes faites de mots.. et elles peuvent être désarmées avec ces mêmes mots. Lorsque l'on attaque, on ne se défend pas. C'est ma philosophie, pour chaque chose de la vie. »

Parlant avec son cœur, Bennifer se découvrit une vigueur particulière. Il avait l'esprit d'entreprise. Il savait agir en corrélation avec son cœur. Lord Quentyn, à ce sujet, disait que les véritables justes agissaient toujours de cette manière. Encore un vieil ornement à la bravoure, largement de quoi rebuter Bennifer qui détestait les enseignements pompeux du vieil homme qui était passé de vie à trépas. Il avait toujours préféré son esprit d'entreprise, légèrement trop aventureux selon l'entourage du jeune homme, un peu trop indépendant pour un noble de son rang. En effet, la Maison Nerbosc était l'une des familles les plus importantes du Conflans. A ce titre, on attendait que le jeune héritier ait une certaine attitude.. Attitude qu'il n'avait jamais eû, et qu'il ne comptait jamais avoir ce fameux comportement. Il était un noble atypique, il le savait et il aimait jouer sur ce dualisme évident. Un coup il était le noble indépendant et plaisantin, l'autre coup il devenait le riche héritier sérieux à en mourir qui parlait avec une telle vigueur qu'il pouvait faire trembler les murs. Mais il laissa tomber momentanément cet aspect pour redevenir le plaisanter qui s'était illustré depuis le début de cette enrichissante conversation.

« Vous avez raison.. d'affreuses rumeurs circulent sur mon compte.. Il paraît que je suis l'équivalent masculin de votre Shaïra Seastar... »

Vaniteux à souhait, mais aussi un bon plaisantin. Bennifer rigolait. Son sourire était charmant comme à son habitude. Il accompagna ses paroles humoristiques avec un geste, un clin d’œil. Ses paroles était fausse évidemment. Bennifer avait imaginé ça au dernier moment, dans un brillant éclair d'imagination et d'inspiration. Il se compara à Shaïra Seastar, la plus belle femme du royaume et il espérait bien obtenir un sourire de la part d'Alysane en retour, une juste récompense à son attitude. Il n'en attendait guère plus. Puis, un sourire vaut tout l'or du monde comme l'affirme la célèbre maxime. Bennifer observa donc Alysane attendant une juste récompense pour son haut fait. Plaisanter sur le caractère abominable des rumeurs, c'était impressionnant et plutôt charmant du point de vue du jeune homme. Il avait toujours apprécié se jouer des règles de comportement, et encore une fois; il semblait apprécier sa plaisanterie.

Bennifer jeta un coup d’œil discret à la taverne. Elle était si vivante au début de cette merveilleuse conversation. L'ambiance s'était dégradé. Le pauvre aubergiste n'avait plus qu'une poignée de client, dont quelques hommes qui avait besoins d'aide pour retrouver le chemin de leurs maisons. En effet, ils n'étaient plus en état de rentrer chez eux, trop abîmé par l'alcool de l'auberge. Les tables s'étaient vidés et les clients avaient désertés le champs de bataille. L'aubergiste surveillait du coin de l’œil la dernière table qui avait des occupants. Il essuyait des autres tables avec un torchon avec l'illustration d'une bouteille de vin. Bennifer revînt se concentrer sur Alysane, évacuant de sa vue les derniers poivrots de la taverne. Il était tard, et il n'avait pas réellement prévu de passer la nuit chez les Caswell de Pont-l'amer.

« Vous m'avez détourné de mon chemin assez longtemps, et je crains de devoir vous laisser en paix. »

Bennifer prit appuie sur la table et se leva, adressant un sourire à la pauvre Alysane, qui n'allait pas tarder à être épargné des bonnes plaisanteries de Bennifer. Ce dernier avait pris la décision de quitter, sous peu, Alysane. Non pas que sa compagnie lui déplaisait, il devait juste s'entretenir avec Ser Liam Rivers et voir ce qu'il adviendrait de leur voyage dans le Bief. Allaient-ils progresser ou au contraire rentreraient-ils à Corneilla, le fief des Nerbosc où Lord Beric devait attendre le retour de son jeune frère. Bennifer se pencha pour attraper son arme qu'il avait déposé contre le mur lorsqu'il s'était installé à la table en compagnie d'Alysane. C'était une belle épée, une œuvre d'un bon forgeron qui n'avait pas encore connu l'ivresse des combats et le sang des ennemis du Corbeau; une expérience qu'elle se ferait fort de découvrir sous peu. Bennifer caressa la poignée comme s'il voulait vérifier que c'était bien sa lame. Il noua bien fort la ceinture qui portait l'arme afin de pouvoir la transporter. L'épée était plutôt lourde et Bennifer se demandait pourquoi il la portait à ce moment précis. Il fit trembler son ceinturon afin de vérifier si l'arme était en sécurité puis il plongea ses yeux dans ceux d'Alysane, comme pour chercher son aval pour partir.

« Lorsque vous rentrerez dans votre Nord natal, vous passerez, si les Dieux le veulent, par mon beau village. Faîtes-y une halte. Je me ferais une joie de vous y accueillir. »

Bennifer se montra soigneux, et Alysane avait suffisamment marqué Bennifer pour que ce dernier veuille la revoir. Elle était assez étrange pour marquer la curiosité du jeune homme, et suffisamment profonde pour être invité à Corneilla. Béric, le grand frère de Bennifer -et accessoirement le Seigneur du château-, ne s'y opposerait pas. Il n'était que trop content de voir des gens passer par son château et ignorer Haye-Pierre. Bennifer plongea la main sur sa bourse, et y prit quelques pièces. Il avait promis à Alysane qu'il l'inviterait; il serait mauvais de la laisser payer. Filtrant chaque pièce, il les déposa sur la table dans un son léger et métallique. Il faisait attention à sa dépense, et il n'était pas vraiment disposé à laisser de la monnaie à l'aubergiste. Bennifer eu alors l'occasion d'observer ce dernier arriver à toute allure, sans aucune mesure gracieuse, pour ramasser les pièces. La scène fit sourire Bennifer, touché par la performance pitoyable du tavernier qui poussait littéralement les clients à la porte en agissant de la sorte. En sa qualité d'hôte, l'aubergiste prit les pièces mais il ne les mit pas à la bouche pour vérifier leur validité. C'était la preuve qu'il avait reconnu, chez Alysane ou chez Bennifer, une certaine noblesse. Cependant, Bennifer avait rapidement relâché son attention pour regarder Alysane. Il cherchait, en quelque sorte, son aval pour partir.
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Message Dim 11 Mar 2012 - 15:15

     Il plaisantait sans arrêt, un sourire se dessina à nouveau sur les lèvres de la brune alors qu'elle regardait le jeune homme à l'autre bout de la table, meilleur parti qu'un ours c'était certain. Mais si les Mormont laissaient cette réputation planer sur elles ce n'était pas sans raison. Il était rare que les femmes de la famille parviennent à attirer l'attention des nobles de meilleure naissance et lorsque l'on savait que la famille de l'Ile-au-Ours était certainement la moins noble de tout Westeros, il n'était pas difficile de comprendre les raisons de ce choix. Quoi qu'il en soit, elle fut agréablement surprise de l'entendre dire que les rumeurs pouvaient être chassées par d'autres mots et qu'il préférait ne rien dire. C'était surprenant, surtout de la part d'un homme sachant que la Nordienne était plutôt habituée à tomber sur des personnages masculins qui souhaitaient faire preuve de force et de brutalité dès qu'ils en avaient l'occasion. Ce n'était pas vraiment ce qui dérangeait la brune non plus, Alysane usait souvent de violence lorsque quelqu'un la cherchait de trop prêt et il arrivait fréquemment qu'elle réponde brutalement aux paroles maladroites d'une personne. Bennifer avait manqué d'en faire les frais d'ailleurs. L'éloquence de la Mormont était bien loin d'être son fort et elle admirait d'autant plus le fait que son interlocuteur était capable d'en user. Bien qu'au début la demoiselle trouvait les mots comme une arme qui prouvait la faiblesse de la personne qui en usait, désormais elle comprenait que c'était un exercice bien plus ardu et compliqué que ce qu'elle pouvait imaginer. En somme, Bennifer l'impressionnait à sa manière. Si on lui avait dit, quelques mois plus tôt, qu'elle admirerait un homme capable de ne pas se battre et de laisser les rumeurs courir sur lui, elle se serait gaussée. Comme quoi, les choses évoluaient rapidement. Même pour elle.

     La Nordienne fut coupée dans ses pensées par la voix de son interlocuteur qui répliquait que lui aussi était réputé pour sa beauté, à l'instar de Shaïra Seastar, elle ne put s'empêcher de rire légèrement, à la fois par amusement et parce qu'elle voyait bien que le natif du Conflans ne parlait pas sérieusement. Alysane avait déjà rencontré des hommes vaniteux qui se complaisaient dans la contemplation de leur « beauté » et cela n'avait rien à voir avec la manière de parler et d'agir du jeune homme. Si cela avait le cas, cela ferait un bon moment qu'il lui aurait tapé sur le système de toute manière. La Mormont garda ses yeux mordorés posés sur le visage du non-chevalier qui rigolait à son tour avant de promener son attention sur le reste de la salle. Alysane l'imita pour constater qu'il y avait encore moins de mode que précédemment. Quelle heure pouvait-il donc être ? La demoiselle n'en savait rien, mais elle espérait qu'il n'était pas trop tard, ou trop tôt au choix. Mycah voulait partir rapidement le lendemain de ce qu'il lui avait dit, elle ne voulait pas avoir toutes les difficultés du monde à sortir de son lit au point que le chasseur éprouve le besoin de venir l'en tirer. Mais oserait-il seulement ? La jeune femme hocha la tête en l'entendant déclarer qu'il allait devoir la laisser en paix, soupira légèrement, puis répondit à son tour.

     ▬ En effet, il semblerait que le temps soit passé bien vite en votre compagnie. »

     Lord Jeor disait toujours qu'en bonne compagnie, le temps passait bien plus rapidement, visiblement c'était le cas. Contre toute attente, la Nordienne avait passé un agréable moment à discuter de tout et de rien et même s'il était peu probable que leurs routes se recroisent à nouveau, au moins pourrait-elle garder un bon souvenir de cette rencontre ? Elle se demanda s'il en serait de même pour Bennifer, tout en espérant que la réponse était positive. Même si la brune se moquait pas mal de ce que l'on pouvait penser d'elle, elle souhaitait toutefois pouvoir laisser une bonne impression des gens du Nord aux voyageurs qui n'étaient jamais allés dans cette région, ce qui était le cas du Nerbosc. Inutile de donner la réputation aux femmes du Nord, qu'elles étaient aussi sauvages et rebelles que les femmes d'au-delà du Mur !

     Le regard de la demoiselle restait posé sur son interlocuteur alors qu'il ramassait son arme pour le contempler quelques instants avant de l'accrocher à sa taille tout en vérifiant que le tout tenait bien. Il reprit alors la parole en déclarant qu'elle serait la bienvenue si jamais la Nordienne décidait de faire une halte aux environs de la demeure de Nerbosc. Elle esquissa un sourire en constatant que les hommes du Conflans semblaient tous être bien élevés puisqu'ils proposaient toujours ce genre de choses, mais avant qu'elle ne puisse répondre, le tavernier se glissa vers leur table pour récupérer les pièces disposées devant eux par Bennifer. L'attention de la jeune femme fut captée par ce spectacle quelques instants avant que l'homme ne s'éloigne, puis elle reposa son regard calme sur le visage de Bennifer en arborant un sourire pour répondre d'un ton posé.

     ▬ J'en serais ravie. Et même si je doute que ce soit le cas, si jamais vos pas vous mènent un jour jusqu'à dans ma région, laissez-vous donc guider jusqu'à l'Ile-aux-Ours et je pourrais vous montrer que le Nord n'est pas si effrayant que cela. »

     La jeune femme se redressa alors à son tour, glissant machinalement sa main vers les différentes choses qui pendaient à sa ceinture pour vérifier que tout était encore là, puis elle se glissa devant le natif du Conflans avant de lui offrir un salut de la main. Elle n'était pas trop du genre à être à cheval sur les coutumes et les saluts, il suffisait de regarder quelqu'un pour lui faire comprendre que le moment passé en sa compagnie était agréable, après tout ! Sans se départir de son sourire, la demoiselle lâcha quelques mots pour conclure.

     ▬ J'ai été heureuse de discuter un peu avec vous en tous les cas, que vous soyez chevalier ou non. J'espère seulement que vous garderez un aussi bon souvenir que moi de cette entrevue. Je vous souhaite une bonne fin de soirée Bennifer. »

     D'un geste de la main, elle le salua une dernière fois avant de se détourner du jeune homme pour se diriger vers l'escalier qui menait aux chambres. Mycah dormait certainement depuis un bon moment, mais elle risquait d'avoir une nuit très courte ! Un sourire aux lèvres, la brune gagna rapidement sa chambre pour se débarrasser de ses quelques affaires avant de se laisser tomber sur son lit au matelas de paille. A peine eut-elle glissé sa couverture sur elle que la Mormont s'endormir d'un sommeil sans rêves.
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« Le Corbeau se posera sur l'épaule de l'Ours, mais pas encore...»

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