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Vieille amitié ne craint pas la rouille ▬ Maël

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Message Mer 15 Fév 2012 - 18:53

     Lyra déambulait entre les étalages des marchands, elle ne cherchait rien de particulier mis à part laisser le temps filer pour que lady Edarra arrive enfin à Villevieille. Cela faisait plusieurs semaines à présent que la petite troupe avait quitté Ferboys pour gagner le Bief dans l'optique d'être rejointe par lady Edarra qui descendrait de Salvemer. En apprenant que sa dame avait été en danger de mort, la jeune suivante avait senti ses tripes se nouer, l'idée qu'elle puisse avoir été blessée par son courage trop présent l'avait hantée pendant plusieurs jours. Lady Shyra avait beau la rassurer brièvement en expliquant que sa fille n'avait pas été atteinte par les lames des Fer-nés, Lyra avait du mal à s'en réjouir. Si même une ville comme Salvemer était en proie au danger, comment pouvait-on considérer que la guerre allait bientôt prendre fin ? Après l'inquiétude était venue l'agacement, la Dornienne se sentait coupable de ne pas avoir été aux côtés de sa dame pour la protéger, même si elle n'était qu'une suivante et non une garde personnelle. Avec Gerold pour veiller sur elle, Edarra ne devait normalement pas avoir à craindre grand-chose, mais toutefois la demoiselle aurait été moins inquiète de pouvoir voir de ses propres yeux que la dame qui l'avait sortie de sa vie monotone, se portait bel et bien au mieux de sa forme. Mais pour avoir cette possibilité, il faudrait donc attendre que lady Ferboys quitte Salvemer et fasse le voyage jusqu'à Villevieille ce qui n'était pas encore gagné. Avec les pirates des îles qui naviguaient de ce côté de Westeros, le danger était omniprésent et la demoiselle avait l'esprit en permanence taraudé par des questions au sujet de la sécurité de la fille de lady Shyra Ferboys.

     Comme la suivante ne cessait de se ronger les sangs, Obara, sa collègue, lui avait aimablement suggéré d'aller se changer les idées en visitant un peu la ville où ils se trouvaient. Lyra oscillait entre la curiosité de découvrir de nouvelles choses et la peur qui la titillait au sujet de sa dame. Il fallut qu'elle laisse ses yeux sombres comme une nuit sans lune, se poser sur les diverses marchandises qui trônaient sur les divers étals, pour que son inquiétude se dissipe peu à peu. La Dornienne avait cela de bien que dès qu'elle découvrait de nouvelles choses, sa prudence et ses inquiétudes s'envolaient aussitôt, cela avait déjà failli lui coûter la vie, mais là c'était différent. Il y avait peu de chances pour qu'un légume ou une fleur ne l'attaquent sauvagement, puis la demoiselle ne portait rien de valeur sur elle mis à part ses quelques bijoux qui ne valaient pas plus de quelques pièces de cuivre. Après avoir marché quelques longues minutes, la jeune femme s'arrêta enfin devant un stand où se trouvaient plusieurs beaux légumes verts, ici tout avait l'air de posséder cette couleur alors qu'à Dorne, tout avait l'air orange. Ses yeux pétillaient et elle était consciente de passer pour une originale au milieu de cette foule. Rien que sa tunique très légère provoquait des regards curieux, la sècheresse laissait place à un automne plutôt frais, mais Lyra était habituée à s'habiller de la sorte et son teint hâlé indiquait clairement qu'elle n'était pas native de ces contrées.

     Après avoir caressé plusieurs fruits pour tester leur texture, Lyra s'autorisa le luxe d'en prendre un en main pour le regarder plus attentivement, elle manqua de sursauter lorsqu'un homme se posta à côté d'elle, mains sur les hanches et la dévisageant comme si elle venait de faire la pire sottise. Les yeux brillants de la demoiselle se refermèrent légèrement alors qu'elle attendait qu'il s'adresse à elle avait rudesse, la Dornienne avait remarqué au long de son voyage, que les hommes avaient une certaine tendance à s'adresser à elle de manière peu cavalière. Elle ne s'était pas trompée.

     ▬ Vous comptez acheter ou juste tout tripoter ma p'tite dame ?! »
     ▬ Non, désolée, je m'en vais ! »

     L'homme grommela quelque chose avant de se détourner alors qu'elle reposait le fruit à regret, la demoiselle l'aurait bien acheté juste pour son aspect et son odeur, mais il y avait de fortes chances que ce soit de l'argent gâché vu qu'il dépérirait rapidement. Après cette rapide déconvenue, Lyra reprit du poil de la bête et continua ses emplettes, bien qu'elle n'avait pas trop les moyens d'acheter quoi que ce soit. La demoiselle arriva finalement à un étal très intéressant, du moins pour une femme, différents parfums se succédaient, confectionnés par des artisans qui vantaient en même temps des vertus thérapeutiques qui découleraient des plantes utilisées. Pour être franc, la Dornienne n'y croyait pas trop, mais elle était tellement émerveillée par tout ce qu'elle voyait qu'elle aurait cru tout ce que l'on pouvait lui raconter. Alors qu'elle gardait ses mains dans son dos pour s'empêcher de tout toucher comme à l'autre stand, la jeune femme inspirait longuement les effluves qui venaient du stand tandis que les artisans s'occupaient de clients plus fortunés. Lyra aurait bien aimé trouver quelque chose d'intéressant pour lady Edarra histoire de lui montrer qu'elle était heureuse de la revoir en bonne santé, mais les prix devaient certainement être très élevés. Le regard de jais de la suivante passa d'une pancarte à l'autre en essayant vainement de reconnaître certains symboles, elle ne savait pas lire, mais savait bien compter. Ayant grandi dans une auberge, c'était évident et même vital, seulement dans l'incapacité de déchiffrer les écritures en lettres, elle n'était pas trop aidée et ne pouvait que marcher de long en large sans être capable de comprendre quoi que ce soit.

     Après avoir longuement hésité, elle décida de retourner à l'auberge pour demander de l'aide à Obara qui savait bien mieux lire qu'elle, inutile de dire que si elle devait simplement compter sur ses talents, la Dornienne n'était pas encore tirée d'affaire ! Excitée par l'idée de pouvoir offrir un cadeau à la jeune femme dès son arrivée à Villevieille, Lyra fit volte-face pour rentrer d'un pas rapide jusqu'à l'auberge où la suite séjournait, puis poussa la porte pour tomber – au sens littéral du terme – sur la malheureuse Obara qui se trouvait là à ce moment. Alors que la jeune femme allait lui demander son aide, la suivante la prit de court en brandissant une robe devant ses yeux, une de leur maîtresse plus exactement. Lyra fronça les sourcils d'un air interrogateur avant que son amie ne lui déclare que c'était la robe qu'elle était censée avoir apporté chez le tailleur il y a quelques jours de cela pour que leur dame puisse l'utiliser lorsqu'elle reviendrait. En effet, le fin tissu de l'habit avait été déchiré en grande partie lorsque lady Edarra était montée à cheval, il fallait donc l'apporter à un professionnel. Gênée d'avoir oublié une telle chose, la demoiselle glissa la belle robe sous son bras avant de sortir de l'auberge, ayant oublié le cadeau qu'elle voulait faire, de toute manière l'étal n'allait pas disparaître ! Lyra avait entendu parler d'un très bon tailleur qui se serait récemment installé ici, l'on avait raconté qu'il venait de Dorne, mais la Dornienne avait appris à ne pas croire tout ce qu'elle entendait et à vérifier par elle-même. Les pas de la jeune femme la menèrent donc rapidement devant une petite boutique à la devanture prometteuse.

     Entrant dans l'atelier, la suivante laissa ses yeux sombres se promener sur les divers tissus exposés autour d'elle, le regard pétillant d'intérêt, cela lui rappelait toujours Maël, bien que le jeune homme sortait rarement de son esprit. Lyra inspira longuement, cherchant l'odeur familière qu'elle sentait toujours en entrant dans son atelier à Lancehélion, puis elle esquissa un sourire satisfait avant de s'approcher de ce qu'elle identifiait comme étant le comptoir. Posant la robe sur le meuble, la demoiselle appela au hasard puisqu'elle ne voyait personne dans le coin.

     ▬ Il y a quelqu'un ? Je peux repasser plus tard si vous êtes occupé ! »

     Glissant sa main à ses lèvres dans un geste de réflexion, la demoiselle s'éloigna finalement du comptoir pour approcher d'une robe présentée là, glissant ses doigts sur le tissu en osant à peine le frôler, puis esquissa un sourire amusé. Elle était concentrée sur sa contemplation, oubliant presque qu'il ne fallait généralement pas toucher une chose qui ne nous appartenait pas. C'était un très beau travail, elle le ferait savoir à cet artisan, du moins dès qu'il se manifesterait !
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Maël
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« Tailleur Dornien,
en service dans le Bief »

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Message Sam 18 Fév 2012 - 21:37

La terrible mélancolie qui s’était abattue ces jours derniers sur Maël peu à peu s’était estompée. Oh elle était toujours là, tapie dans l’ombre elle dérangeait son sommeil et troublait ses libres pensées, car la tristesse se rappelle toujours aux malheureux baissant leur garde. Le cœur au bord des yeux, le jeune homme songeait à son aimée Lancehélion, aux amis qu’il y avait laissé, à sa Princesse Daenerys – à qui hélas, il ne pourrait plus avoir l’honneur de sublimer les formes –, à ses clients habitués, mais aussi, et surtout, à sa douce et regrettée Lyra. L’amie la plus chère qu’il avait au monde, et qui avait accompagné chacun de ses pas depuis bien longtemps. Epreuves comme joies, il avait tout partagé avec elle, il l’avait aimé et l’aimait toujours, sans doute plus que n’importe quel autre homme sur cette Terre. Maël avait grandi et était devenu un homme tandis que Lyra avec les années s’était épanouie en une sublime fleur de Dorne. Il ne tarissait pas d’éloges à son égard, vantant tour à tour la bonté et le charme de son âme, la profondeur de son regard, le velouté de ses lèvres ou l’élégance de ses formes, si bien que dès l’adolescence il donna son prénom à une fleur qu’il avait recueillie une nuit dans le désert alors qu’il livrait une commande avec son père… Une fleur bien particulière, d’un orange doux, qui avait la particularité de se développer sous le sable et de n’en sortir qu’une fois éclose, sa beauté apparaissant alors au monde entier. Mais hélas, elle ne survivait qu’une journée à la chaleur destructrice de la région… De manière inconsciente, Maël avait déjà compris qu’il ne pourrait garder Lyra à ses côtés, princesse si admirable et fragile, exposée à la rudesse et l’aridité de la vie de roturier. C’est pourquoi l’amour débordant qu’il lui avait toujours voué était resté courtois, transformé en une amitié indéfectible. Amitié qui dut résister à l’épreuve tant redoutée de la séparation. Séparation qu’il aurait à subir pour une durée inconnue… Incertitude douloureuse. Bien qu’il ait voulu être fort et compréhensif au moment du départ de son amie aux côtés d’Edarra Ferboys, Maël avait très mal vécu cette séparation. Jalousement, et sans doute égoïstement, il aurait tant souhaité qu’elle reste éternellement près de lui… Il avait besoin de sa présence, chaque journée sans elle était depuis péniblement vécue. Elle était celle qui l’avait poussé à continuer son travail de tailleur quand il n’y croyait plus et était plongé dans la misère et sans plus aucune motivation, alors en son absence, son imagination s’était aussi envolée. Apportant son lot d’erreurs et de déboires. Ce fut une période douloureuse durant laquelle il joua avec ses valeurs et ses sentiments, allant jusqu’à séduire une noble de Lancehélion promise à un autre. Une provocation dont les conséquences avaient été terribles pour le jeune homme, et dont il portait encore les stigmates aujourd’hui. Heureusement, le climat du Bief était clément et sa hanche le faisait moins souffrir qu’ailleurs. Mais cette marque physique n’était rien en comparaison de la honte qui l’habitait, et du désir furieux de revanche sur la vie, sur le destin lui-même, qui bouillonnait en lui. Ce coup de poing – au sens propre comme au figuré – marqua le départ de Maël pour le Bief et scella la promesse qu’il se fit à lui-même : il deviendrait Quelqu’un. Il ne mourrait pas roturier, ou alors, il mourrait seul, car il refusait d’offrir une vie de difficultés, où la passion et la culture n’ont nulle place, à femme et enfants.

Son installation à Villevieille s’était donc un peu faite sur un coup de folie, et il fallait bien l’avouer dans un élan irrésistible et plein d’espoirs. Accompagné de Pylos et de suffisamment d’argent – il s’était résigné à vendre son échoppe à Lancehélion – et d’étoffes, il voulait redémarrer, se donner une autre chance. L’ouverture de sa nouvelle boutique ne fut pas une mince affaire, car Maël refusait de renier ses origines. Des couleurs éclatantes jusqu’aux senteurs exotiques, tout dans sa boutique transpirait Dorne, et nul ignore que les relations entre cette région et le Bief ont toujours été difficultueuses. Cette même région qui bien vite lui manqua terriblement. De plus il était triste et abattu car les affaires de Villevieille peinaient à l’intéresser : il faisait quelques tenues basiques pour des roturiers et aucun noble ne lui permettait d’exprimer un tant soit peu de créativité. Pourtant, la récente visite du Lord Clarence Hightower accompagné du jeune Mathias Tyrell avait mis du baume au cœur du jeune tailleur et rompu la monotonie. L’esprit occupé par une foule d’idées de tenues, Maël pensait moins à tout ce qui était derrière lui et se permettait davantage de regarder plus en avant, avec la folle envie de tout réussir. En cette belle journée, bien qu’un peu fraîche, Maël s’affairait donc sur le surcot d’un beau gris argenté et finement décoré du fils de Leo Tyrell, et y brodait sur la poitrine le blason de la maison : une rose dorée parfaite. Particulièrement concentré et penché sur sa table de travail au fond de l’atelier, il ne faisait pas attention à ce qui l’entourait. Comme il lui manquerait bientôt du fil d’or, il se redressa et partit fouiller durant quelques minutes dans ses réserves… Au bout d’un court instant il entendit quelqu’un entrer et s’empressa de remettre correctement ses vêtements pour être plus présentable. Il portait une cotte ample et longue bleu ciel et légèrement satinée, aux longues et amples manches, qui recouvrait élégamment jusqu’à la taille des chausses simples d’un noir intense. Comme souvent il portait une large ceinture d’argent, qui était tournée deux fois autour du corps et croisée sur les reins. Il avait à cœur d’être toujours bien habillé, si ce n’est noblement, lorsqu’il était dans son atelier. On fait toujours plus confiance à un artisan qui est fier de son travail. Sa vérification faite, et comme il entendait que la jeune femme – future cliente ? – semblait s’impatienter, il s’empressa de revenir au centre de la pièce et eut alors un grand choc en découvrant la plus belle surprise qui lui était offerte depuis son arrivée dans la région.

    « Princesse… ? Il en avait le souffle coupé, et sa voix, particulièrement douce, était tremblante d’émotions. Cela doit être un rêve… »

La stupéfaction l’avait immobilisé, mais c’est le tambourinement dans sa poitrine qui guida le reste de ses actions. Il courut jusqu’à elle en trois longues enjambées et la prit dans ses bras sans la moindre retenue, la serrant contre son torse avec émoi. Il lui avait promis de la retrouver un jour, et avait presque imploré qu’elle ne l’oublie pas de son côté, alors la voir ici près de lui, à Villevieille, si loin de chez eux, relevait du pur fantasme. Pourtant, c’était bien son odeur, à la fois suave et sucrée, qui emplissait ses narines, et sa peau, si douce et chaude, qu’il sentait sous ses doigts. C’était elle, et son visage à lui qui était enfouie dans sa longue chevelure sombre… Il ne voulait plus la lâcher.

    « Lyra… Ma tendre Lyra, tu m’as tellement manqué. Il ne savait pas comment exprimer toute la force de son amitié, la joie de la retrouver, et toutes ces choses qui ne se disent pas avec des mots… Mais ses yeux brillants, le rouge de ses joues et toute la joie et la tendresse qui émanaient de lui, parlaient en son nom. Apaise mon cœur et dis-moi que tu peux rester un peu Lyra… » Car oui, il avait bien vu ce qu’elle avait sur le bras. Une robe riche, surement pour sa dame. C’était la chance qui les avait réuni, il priait maintenant pour que ça ne soit pas le devoir qui les sépare.





Dernière édition par Maël le Mar 28 Fév 2012 - 14:48, édité 1 fois
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Message Dim 19 Fév 2012 - 17:47

     Les doigts glissant sur le tissu délicat de la robe, Lyra entendit approcher les pas du tailleur et tourna la tête dans sa direction alors qu'une voix familière – très familière même – s'éleva pour lui offrir un titre qu'une seule personne lui donnait. Posant ses prunelles de jais sur le visage du jeune homme debout au milieu de la pièce, la demoiselle écarquilla les yeux de surprise en voyant le visage de son ami d'enfance. La Dornienne fut moins prompt à répondre que son compagnon qui réduisit rapidement la distance qui les sépara, à néant pour l'enlacer avec la familiarité qui faisait partie intégrante de leur relation. Instinctivement, la jeune femme glissa ses bras autour du cou de son ami pour le serrer contre elle à son tour, fermant brièvement les yeux pour profiter de ce câlin inattendu. Lyra était une amie très proche des gens qu'elle aimait, elle avait toujours besoin de toucher, frôler, câliner ou même serrer ses amis, un besoin qu'elle ne pouvait s'expliquer, mais qui pouvait mettre certaines personnes mal à l'aise. Heureusement pour elle, Maël avait toujours été réceptif et se pliait à ses enlaçades surprises lorsqu'ils vivaient encore tous deux à Lancehélion. La suivante inspira longuement, heureuse de sentir l'odeur si familière de son ami, puis il reprit la parole alors que la surprise la laissait toujours muette. Il lui avait aussi beaucoup manqué et même là, c'était un profond euphémisme. Il ne se passait pas un jour sans qu'elle n'ouvre les yeux en se demandant ce que le jeune tailleur devenait, à un tel point qu'au début, elle croyait le voir de loin lorsque des hommes qui lui ressemblaient se promenaient dans la foule. Mais cela n'avait jamais été Maël. Peu à peu, elle avait commencé à s'habituer à cette sensation de vide, mais habituer ne signifiait pas supporter. Il était toujours plus aisé de comprendre que l'on tenait fortement à quelqu'un lorsque cette personne n'était plus là pour nous. Les paroles de son ami firent sourire la Dornienne, car elle était heureuse de pouvoir lui répondre par l'affirmative. Et même si tel n'avait pas été le cas, la demoiselle aurait fait tout son possible pour gratter quelques précieuses minutes dans son emploi du temps. Elle soupira légèrement avant de répondre.

     ▬ Oui, oui bien sûr ! Tu sais très bien que même si tel n'avait pas été le cas, je serais tout de même restée. »

     Elle recula légèrement, laissant ses bras passés autour du cou du jeune homme, éloignant juste son visage de manière à pouvoir croiser le regard de son ami. Ses lèvres pleines dessinaient un très large sourire qu'elle n'arborait que rarement, uniquement lorsqu'elle était en compagnie d'une personne qu'elle aimait sincèrement. Lyra était une femme enjouée qui aimait rire et encore plus sourire, les gens qui ne la connaissaient pas réellement disaient d'elle qu'elle était toujours souriante, mais ses intimes – comme c'était le cas de Maël – savaient faire la différence entre ces deux expressions. La Dornienne de nature plutôt bavarde, profita de l'instant présent en décidant de rattraper un peu le temps passé sans le voir, après avoir vécu toute leur enfance à se voir quotidiennement, être séparée de Maël était aussi dur pour elle, que de ne plus pouvoir discuter avec sa tendre sœur. La voix de Lyra reprit, toujours aussi enjouée, alors que ses yeux pétillaient d'une tendresse qu'elle ne réservait qu'à deux personnes : sa cadette et son ami de toujours.

     ▬ Je n'ose pas y croire, dire que je n'avais même pas l'audace d'espérer te revoir avant longtemps ! Oh, Maël, je suis si heureuse. »

     Pour le coup, les préoccupations liées à son métier s'étaient envolées, elle était redevenue la Lyra de Lancehélion et non celle qui servait lady Edarra Ferboys. La demoiselle laissa glisser les mains le long du cou de son ami pour lui attraper le visage avec la tendresse et la délicatesse qui faisaient partie intégrante de son être, puis elle approcha son visage du sien pour plaquer une bise sur sa joue. Un geste familier encore une fois, même sans l'avoir fait pendant plusieurs mois, la demoiselle retrouvait aussitôt ses habitudes. Comme quoi, il n'était pas nécessaire de faire quotidiennement quelque chose pour ne pas l'oublier. Avec lui tout revenait seul. Remerciement mentalement Obara de l'avoir envoyée faire réparer la robe de leur dame, Lyra se souvint alors de la raison de sa visite ici, mais elle était bien plus intéressée par la santé de son ami que par l'état du tissu de la tenue de sa dame. Personne n'avait jamais été plus important que Maël à ses yeux et cela ne serait pas aujourd'hui que les choses changeraient. La jeune femme qui ne pouvait plus s'empêcher de sourire, laissa retomber ses bras, libérant enfin le tailleur de son petit rituel de salutation, puis elle reprit la parole d'un ton qui se voulait un peu plus modéré, mais où l'impatience et le plaisir de le revoir filtraient clairement. L'impatience qu'il lui dise comment il allait et qu'il lui apprenne comment il avait atterri dans cette magnifique boutique.

     ▬ Tu as très belle mine, tu es superbe, toujours aussi magnifiquement habillé, tu ressembles à ces oiseaux exotiques avec toutes ces belles couleurs. Je suis si heureuse de te trouver en si bonne forme. Consciente qu'elle avait l'air d'une maman devant son enfant, elle rigola légèrement avant d'essayer de se concentrer un peu. Mais je suis bien ici pour une raison précise oui, une robe de lady Edarra a été abîmée et j'ai été envoyée pour trouver un tailleur capable de la réparer. Dire que j'étais frustrée à l'idée d'être coincée dans une boutique en attendant que ce soit fait, je retire toutes les protestations que j'ai pu adresser à Mère Rivière. »

     Très croyante, la demoiselle était pratiquement persuadée que c'était La Mère Rivière qui venait de décider de les faire se retrouver. Une chose qui devait découler d'un bon comportement qu'elle avait eu éventuellement ? Les yeux sombres comme l'ébène de la Dornienne ne quittaient pas le visage de son ami alors qu'elle ne cessait de sourire. Les questions naissaient enfin, se bousculant de son esprit, comment était-il arrivé de la Bief ? Est-ce qu'il séjournait ici depuis longtemps ? La dernière qu'ils s'étaient vus, les jeunes gens étaient encore à Lancehélion et Lyra lui avait déclaré qu'elle quittait la ville pour vivre à Ferboys avec sa nouvelle employeuse. Cela avait été un véritable crève-cœur d'abandonner son ami – car elle avait pris cela comme un abandon de sa part – et elle avait été soulagée que le départ se fasse très rapidement. Cela l'avait empêchée de changer d'avis, sans quoi elle serait restée dans son auberge jusqu'à la fin de ses jours juste pour ne pas laisser Maël derrière elle. Était-ce son départ qui avait fait comprendre au jeune homme qu'il devait aussi prendre son envol ? Lyra l'ignorait, elle avait tant de choses à lui demander que tout se bousculait dans sa tête.

     ▬ Comment t'es-tu retrouvé ici ? Est-ce que tu y es depuis longtemps ? Dire que je suis dans cette ville depuis bientôt une semaine et que nous ne nous sommes même pas croisés avant ! »

     Elle tapa du pied comme si l'idée la frustrait, c'était d'ailleurs le cas, une semaine qui venait de passer sans qu'elle ne puisse le voir alors qu'il se trouvait si près. La roturière avait fréquemment songé à ce qu'elle avait laissé derrière elle à Lancehélion, ne pouvant s'occuper puisque lady Edarra n'était pas encore en ville, la suivante avait eu tout le temps pour se concentrer sur ses doutes et ses pensées. Comme à chaque fois qu'elle avait l'esprit au repos, la Dornienne repensait aux gens qui lui étaient chers, se demandant ce qu'ils pouvaient bien devenir, ce qu'ils pouvaient rencontrer comme difficulté, bref, savoir s'ils vivaient bien. La robe était posée sur le comptoir à côté d'eux, semblait vouloir rappeler à Lyra qu'elle n'était pas ici pour prendre tout le temps de travail de son ami, mais c'était tellement inattendu, toute sa joie ressortait d'un seul coup. L'accroc dans la robe n'était pas très gros et Obara lui avait dit qu'il serait rapidement réparé, pour le coup la demoiselle aurait presque souhaité qu'il soit de la taille d'un Dragon d'or pour qu'ils disposent de plus de temps. Soupirant légèrement, elle pencha légèrement la tête sur le côté, toujours souriante.

     ▬ Je ne te dérange pas au moins ? Ne chamboules pas tout ton programme à cause de moi surtout ! »
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Maël
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Message Dim 19 Fév 2012 - 23:21

C’était un rêve à peine croyable, une chance totalement inespérée, une véritable merveille, un formidable cadeau du destin. Maël avait toutes les peines du monde à se remettre de tant d’émotions, et devait faire de gros efforts de concentration pour calmer l’irrépressible emballement de son cœur. Comment avait-il pu se passer d’elle, de sa présence ? Et surtout, comment pourrait-il survivre à leur prochaine séparation ? Tant d’élan et d’emportement pouvaient paraître exagérés, c’était pourtant ce que ressentait le jeune tailleur au plus profond de son cœur. Il était sensible et de nature passionnée, en amour la demi-mesure n’existait pas à ses yeux sinon, il ne s’agissait que d’une simple idylle. Sa relation avec la belle Dornienne n’avait rien d’irréfléchi et de passager, c’était quelque chose de fort, d’authentique et de durable. Même la distance et l’écoulement du temps n’avaient pas eu raison de ce qui les liait, car ils s’enlaçaient à présent comme s’ils s’étaient quittés la veille. De sa main droite Maël caressait avec douceur la longue chevelure de son amie et de l’autre il effleurait délicatement sa fine taille… Il savait que Lyra ne lui reprocheraient pas ses gestes de familiarité, puisque il en avait toujours été ainsi entre eux. Enfants déjà, ils formaient un petit couple attendrissant et Maël, pourtant plus âgé, ne cessait de vouloir être au contact de la jeune fille et cherchait la chaleur de son étreinte et la douceur de ses baisers. Au final, les choses avaient relativement peu changé. Alors qu’elle le rassurait sur sa présence dans son atelier, Maël poussa un profond soupir de soulagement et daigna enfin relâcher un peu sa prise sur elle, maintenant qu’il savait qu’elle ne s’envolerait pas au premier battement de cils.

    « Je le sais princesse, c’est vrai… Il eut de légères rougeurs, bien qu’ils se connaissaient depuis des lunes, il craignait toujours de la vexer ou de la décevoir, tel un jeune et frêle enfant soucieux de toujours plaire entièrement à la seule femme de sa vie : sa mère. Mais je craignais que ta Dame ne t’attende à l’extérieur, et que vous deviez repartir immédiatement. Il lui adressa un tendre sourire, et glissa ses doigts fins sur l’ovale de son beau visage doré par les rayons du soleil. J’aurais alors été obligé de t’enlever. »

Le regard malicieux qui égayait son visage trahissait évidemment la douce plaisanterie, même si il aurait vraiment très mal vécu de la voir partir si vite et aurait tout fait pour la retenir. Il n’avait malheureusement pas le pouvoir, ni l’autorité, pour la garder près de lui si Edarra Ferboys la réclamait près d’elle. Il était d’ailleurs évident, et ce depuis le début, qu’il jalousait furieusement la dame. Cette dernière avait la noblesse du sang, l’argent et les relations des grands… Et elle avait aussi Lyra. Tout ce qu’il rêvait de posséder, et dont ses pauvres origines de roturier le privaient injustement. Heureusement, le sublime sourire de Lyra chassait ses sombres pensées et ravissait son cœur, si ce n’est son âme toute entière. Elle faisait partit de ces femmes qui n’ont besoin d’aucun long discours pour apaiser, et dont la seule attitude peut apaiser tous les maux. Ainsi, il ne se sentait jamais aussi beau et agréable que lorsque Lyra lui faisait l’honneur de quelques compliments, autant dire qu’à l’instant il était on ne peut plus comblé. Un frisson de plaisir parcouru son échine et ses joues rosirent à nouveau tandis qu’il ne jetait d’abord qu’un coup d’œil rapide à la robe qui reposait sur sa table de travail. Tous ses regards étaient pour le moment pour son amie. Mille questions lui brûlaient la langue et il ne pouvait pas attendre plus de temps pour les lui poser, le raccommodage attendrait.

    « Merci Lyra, tu es toujours aussi adorable avec moi… Il avait des centaines de louanges à lui susurrer, mais il ne voulait pas qu’elle ait l’impression qu’il se sente obligé de les énoncer après qu’elle l’ait elle-même complimenter. Je vais rapidement te réparer cette robe, promis… Mais dis-moi d’abord… Est-ce que lady Edarra te traite bien ? Tu es heureuse avec elle ? »

Maël avait entendu d’horribles histoires sur des Dames et leurs suivantes. Des rumeurs faisaient état de femmes nobles torturant leurs serviteurs pour leur bon plaisir, et tuant les damoiselles pour se baigner dans leur sang et ainsi voler leur jeunesse… Certes il était un jeune homme particulièrement candide, mais il se doutait toutefois qu’il y avait là beaucoup d’affirmations discutables, et qu’il s’agissait probablement en grande partie de racontars pour effrayer les petites gens… Cependant, il ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour son amie. Il ne connaissait que peu les Ferboys, encore moins la lady Edarra, mais elle lui avait semblé être une femme relativement douce, quoique un peu autoritaire… Il ne voulait pas qu’il arrive quoique ce soit de fâcheux à la personne qui comptait le plus à ses yeux. Bientôt, l’un des moments qu’il redoutait le plus arriva : Lyra lui demanda plus précisément de ses nouvelles, et notamment la raison de son départ de Lancehélion. Maël n’aimait pas mentir… Encore moins à sa belle princesse. Mais il avait bien trop honte pour oser lui dévoiler la vérité…

    « Cela fera bientôt trois lunes que j’ai quitté Lancehélion pour Villevieille, mais pour être honnête… De sa main gauche, il tenait un pan de sa manche dont il frottait le tissu entre le pouce et l’index, ce qui était un signe de grande anxiété chez lui, depuis qu’il était petit garçon. J’ai un peu du mal à m’adapter. Les gens, les coutumes sont différentes, et tout me manque. Mais te revoir me fait du bien… Ta présence rend le Bief plus chaleureux. Il s’était bien gardé de donner la raison précise de son départ, car il préférait nettement lui masquer la vérité que de la travestir. Si tu restes encore un peu par ici, j’espère que l’on pourra passer un peu de temps ensemble, en dehors de l’atelier… »

Il n’osait pas émettre distinctement sa requête, et lui proposait par exemple un diner, une ballade dans les champs de roses jaunes… Il craignait que Lyra ne trouve son attitude inconvenante. Après tout, elle avait l’âge de se marier, et passait du temps avec lui pouvait prêter à confusion… Notamment au vu des gestes d’affection qu’ils se témoignaient mutuellement. Non pas que l’idée qu’on les prenne pour un couple le dérange, au contraire il en serait infiniment flatté, mais il craignait davantage pour l’honneur de la belle. Belle à qui il n’avait jamais, par le passé, avoué son attirance. La raison avait calmé ses ardeurs, et même si cela pouvait paraître contradictoire l’amour qu’il lui vouait avait tu toutes les demandes en mariage qu’il aurait pu formuler. C’est la question, si attendrissante, de Lyra qui le tira de ses réflexions et le fit largement sourire…

    « Me déranger, Lyra… J’espère que tu n’y songes pas sincèrement. Tu passes largement avant tout ce qui peut m’occuper. Avec douceur, il consentit enfin à saisir la robe qu’elle lui avait menée. Il prit quelques secondes pour l’examiner et remarqua vite le léger accroc. Ce sera vite réparé. Il recula de quelques pas pour attraper une chaise qu’il glissa à côté de la sienne, et la tira délicatement pour que son amie prenne place. Assieds-toi, tu seras plus à l’aise princesse. Il prit ensuite place sur son propre siège et attrapa aiguille et fil pour réparer le dommage. Tous ses gestes étaient sûrs et rapides, habitués, ceux d’un orfèvre. Tu sais à quoi je pense ? Il étala avec beaucoup de soin le beau tissu devant eux puis tourna son visage vers celui de Lyra, un sourire terriblement touchant sur les lèvres. Ce sont des robes de cette qualité et de ce raffinement qu’il faudrait pour une lady comme toi… Tu serais merveilleuse à l’intérieur. »





Dernière édition par Maël le Mar 28 Fév 2012 - 14:48, édité 1 fois
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Message Lun 20 Fév 2012 - 15:37

     Il était toujours aussi délicat, débordant de tendresse, c'était une chose que Lyra avait toujours sincèrement apprécié chez lui. Cette sensation et cette aura particulière qui émanait de lui, comme si Maël n'éprouvait pas la honte habituelle des hommes qui devaient se montrer sensible. La Dornienne était quelqu'un d'authentique, elle avait toujours éprouvé le besoin de voir les gens être sincères et véritables dans leur comportement et leur manière d'être, le tailleur était parfait dans ce rôle. L'idée d'être enlevée par son ami pour qu'ils puissent passer du temps ensemble ne la dérangeait pas, bien au contraire, elle aurait été la première captive consentante et désireuse de voir ses « sauveurs » ne jamais retrouver sa trace. Son sourire ne la quittait alors alors qu'il lui déclarait qu'elle était toujours adorable à son égard, c'était simplement un comportement naturel qui découlait de la personnalité du jeune homme. Elle réagissait comme son instinct le lui dictait et les rares fois où elle avait frappé quelqu'un, c'était tout simplement parce que la personne face à elle faisait preuve d'une grossièreté palpable et agaçante. Un mimétisme inconscient qui la transformait en maman poule dès qu'elle était à proximité de Maël, c'était plus fort qu'elle. Son ami se renseigna alors, lui demandant si son employeuse la traitait bien et si sa vie était aussi heureuse qu'elle 'lavait imaginé, en réalité c'était même au-delà de ses espérances ! Lyra acquiesça du chef avec vigueur avant de répondre d'un ton tout aussi enjoué, bougeant ses mains alors qu'elle parlait.

     ▬ Oh, oui ! C'est une femme très bonne tu sais, elle m'a permis de prendre des cours avec son mestre pour que je puisse apprendre à lire. Puis elle veille sur ma santé, tu sais, c'est vraiment une femme qui sait traiter convenablement les gens qui travaillent pour elle. Je l'aime bien, elle me rappelle un peu ma petite sœur des fois. Elle rigola légèrement avant de reprendre. Je suis heureuse, je peux voyager et rencontrer de nouvelles personnes tout en apprenant un nouveau métier. Bien sûr, à côté toi et ma famille, vous me manquez énormément. Même Lancehélion, je ne pensais pas que l'on puisse s'attacher à des lieux tu vois. Mais le plus dur ça reste de ne plus pouvoir te voir dès que j'en ai l'envie. »

     Son ton s'était légèrement troublé lorsqu'elle avait formulé ces mots, il était vrai que de ne plus pouvoir sortir dans la rue et se rendre jusqu'à l'atelier du père de Maël lui compliquait beaucoup les choses. Elle avait mis un certain temps à s'habituer à l'idée de ne plus pouvoir faire ce qu'elle avait l'habitude de faire et encore, même à ce jour la demoiselle avait encore beaucoup de difficultés à réprimer certains désirs. Le jeune tailleur lui répondit alors au sujet de son départ de Lancehélion qui remontait tout de même à quelques temps, mais bien peu après son départ au final. Lyra fronça légèrement les sourcils en constatant qu'il avait l'air sincèrement anxieux, des gestes qui ne trompaient pas lorsqu'on se connaissait aussi bien qu'eux-deux. La Dornienne comprenait ce qu'il voulait dire, elle avait aussi du mal à se faire à ce paysage, bien que cela l'enchantait sincèrement de découvrir de nouveaux horizons. Les gens avaient l'air moins tolérants ici qu'à Dorne, ou peut-être était-ce simplement le hasard qu'ils soient tombés sur la ville la plus étrange du Bief ? La jeune femme ne saurait le dire, en tous les cas elle ressentit un vif pincement au cœur en comprenant que Maël n'était pas toujours au mieux de sa forme ici. Elle aurait voulu lui promettre de rester jusqu'à ce qu'il se sente chez lui, mais c'était impossible. Déjà parce que lady Edarra finirait par arriver, puis ensuite parce que si elle restait ici, Lyra ne pourrait plus partir et lui finirait par trop s'habituer à sa présence. Son cœur battait douloureusement dans sa poitrine alors qu'elle se disait qu'avec cette rencontre elle aurait encore plus de mal à ne plus penser à lui, mais n'avait-elle pas dit à un homme rencontré la veille, que les bons souvenirs valaient la douleur qui pouvait en découler ? Si. Et elle le pensait, fermement. Son sourire s'élargit à nouveau alors qu'il parlait de passer du temps ensemble ailleurs qu'ici. La réponse ne se fit pas attendre.

     ▬ Le contraire serait tout simplement impensable ! J'espère bien que nous pourrons nous revoir au calme, après tout nous ne savons pas combien de temps nous risquons d'être séparés la prochaine fois. Puis lady Edarra doit arriver à Villevieille plus tard, je suis très libre en ce moment, donc dès que ton temps te le permettra, je compte sur toi pour me montrer les coins que tu aimes bien ici. »

     Ils avaient aussi leurs coins à Lancehélion, les endroits où être tranquilles, où pouvoir passer du temps en tête-à-tête en regardant la ville qui s'étalait à leurs pieds, bref, des petits coins qui permettaient de pouvoir être tranquilles. Il fallait savoir se satisfaire de ce que l'on avait sous la main, il était hors de question pour la jeune femme d'attendre le moment idéal pour pouvoir inviter Maël à se promener dans les champs environnants, ils le feraient dès qu'ils en auraient le temps, quitte à déborder un peu sur le temps de travail de Lyra. Obara comprendrait. Sinon ce serait pareil ! La question de la Dornienne au sujet du travail trop prenant de son ami le fit sourire, même si elle espérait qu'il répondrait qu'elle ne pouvait le déranger, Lyra ne pouvait s'empêcher de se sentir ravie à chaque fois qu'elle l'entendait prononcer ces mots. Son cœur s'emballait toujours et ses joues rougiraient si son teint mat le lui permettait. Alors que ses lèvres dessinaient un grand sourire, elle porta ses yeux sombres sur la robe de sa dame que Maël regardait pour savoir quels étaient les dégâts. Rien de bien grave. La suivante ne savait si elle devait s'en réjouir ou s'en désoler, mais elle décida de profiter de l'instant présent en s'installant rapidement sur la chaise avancée par son ami. Elle trouva une position agréable avant de poser ses coudes sur le bord de la table et de placer son menton sur ses paumes de main relevées vers le plafond alors que ses doigts se posaient sur ses jours. Lyra contemplait Maël qui s'activait, toujours aussi intéressée par ce qu'il faisait avec une telle délicatesse, puis elle le regarda d'un air interrogateur alors qu'il lui demandait si elle devinait à quoi il pensait. Sa déclaration la fit éclater de rire, mais d'un rire qui n'avait rien de moqueur, bien au contraire. L'entendre lui dire de telles paroles lui réchauffait toujours le coeur, elle le fixa d'un regard débordant de tendresse.

     ▬ Tu es toujours si gentil avec moi. Des fois je me demande ce que je devrais faire pour que Mère Rivière trouve que j'ai bel et bien mérité un tel ami. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, toujours aussi touchée, malgré les années pendant lesquelles il avait été aussi attentionné avec elle. Il faudrait bien plus qu'une telle robe pour que j'ai l'air d'une lady, mais si je te plais comme je suis, c'est l'essentiel. Tu sais que ton avis m'importe plus que celui que tous les autres hommes peuvent avoir sur moi. »

     Elle était sincère, il avait toujours été tellement plus qu'un ami, un frère, un homme qui lui faisait savoir qu'elle était belle – même si souvent elle pensait qu'il exagérait les traits – un confident, bref, tout ce qu'elle pouvait souhaiter en une seule et même personne. Que Maël lui dise une telle parole valait bien plus à ses yeux que tous les beaux compliments qu'un noble pourrait lui offrir. Contemplant avec attention ce que Maël faisait, la jeune femme soupira de contentement avant de reprendre.

     ▬ Je n'ose pas croire que je suis bien assise dans ton atelier, je ne te cache pas que j'avais peur que nos routes ne se croisent plus avant longtemps. Des fois je regrette d'avoir pris cette décision et je me dis que le prix est bien lourd à payer en comparaison de ce que je gagne, mais je suis heureuse de savoir que tu as trouvé ta voie aussi. »

     Son sourire ne la quittait plus. Sa peur principale avait été que Maël reste à Lancehélion sans savoir ce qu'il souhaitait faire, même si Lyra ne pensait pas être le seul point important de sa vie - cela aurait été très arrogant - elle savait aussi qu'elle avait éprouvé un étrange sentiment de vide à ne plus l'avoir à ses côtés. La jeune femme n'était pas dans la tête de son ami, elle ne pouvait donc pas savoir la place qu'occupait leurs moments passés ensemble et elle se serait sincèrement sentie coupable si le tailleur avait été plus durement touché qu'elle par cette séparation. Après tout, c'était la Dornienne qui avait décidé de partir, son ami n'avait fait que subir. Il était bel et bien devant elle pourtant, plus beau et plus en forme que jamais, resplendissant dans sa tenue. Preuve qu'il avait donc réussi à bien s'en tirer. C'était un profond soulagement pour elle.

     ▬ Mais vois-tu, je suis rassurée. Je m'étais sentie affreusement mal au début, j'avais eu peur que tu m'en veuilles d'être partie comme ça ou que tu penses que je t'avais abandonné et que tu rumines tout cela dans ton coin. J'avais demandé à ma sœur de veiller sur toi de loin. J'ai toujours pensé qu'il faudrait bien plus que de la distance pour nous séparer. Je suis heureuse que ce soit bien le cas. Elle sourit de plus belle. Et as-tu beaucoup de clients ici ? Ton atelier a l'air très fonctionnel, tu dois certainement avoir une foule de nobles qui viennent demander tes services non ? »
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Maël
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Message Mar 28 Fév 2012 - 17:11

C’est une attention sans failles que Maël offrait à son amie la plus chère. Ses yeux rivés sur elle, il buvait la moindre de ses paroles avec la ferveur d’un religieux, la patience d’un mestre et la passion d’un courtisan. Toutes ces émotions débordaient de ses yeux azur qui ne la lâchaient plus, et ne voudraient ne jamais être contraints à le faire. Il était fort peu probable que Lyra trouve oreille plus attentive et homme plus dévoué dans tout Westeros, et le jeune tailleur Dornien était prêt à le jurer. C’est pourquoi il s’enquérait si rapidement de son état de santé et moral, car il s’inquiétait des traitements que pouvaient infliger lady Edarra à son amie. Bien heureusement Lyra lui assura que tout allait bien pour elle, et vanta même la bonté de sa maîtresse. Maël, même si étrangement cela lui serrait le cœur, était prêt à la croire. Il était de toute manière prêt à croire tout ce que lui disait la demoiselle. Cependant, il avait du mal à définir le sentiment qui l’envahissait peu à peu… Lyra allait apprendre à lire, il lui enviait terriblement ce privilège lui qui souffrait tant d’être un… Ignare. Elle voyageait, également. Elle ne paraissait pas effrayée comme lui à cette idée, mais cela ne l’étonnait que peu. Il était certes plus vieux qu’elle, mais Lyra avait toujours été la plus courageuse des deux. Lui se montrait vaillant pour l’impressionner, mais ses jambes flageolaient. Et même si elle avouait que sa famille, Lancehélion, et lui-même lui manquaient, Maël savait pertinemment au fond de son âme que pour elle le jeu en valait la chandelle… Qu’elle avait pris la bonne décision, et qu’un avenir radieux l’attendait. Il en était ravi. Si ça avait été n’importe qui d’autre, il aurait jalousé son destin. Mais c’était sa Lyra… Alors il lui souriait, priait pour que la chance lui sourit encore et la félicitait de son enthousiasme.

Lyra approuva également son idée, assurant qu’ils devaient absolument se revoir avant que sa Dame ne parvienne à Villevieille. C’était une excellente nouvelle, mais elle lui rappelait aussi que ce n’était qu’une étape dans la vie de Lyra… Tandis que lui, demeurerait ici. Enchaîné à son atelier et à sa condition. Il aurait pu essayer d’y soumettre Lyra. Lui demander de l’épouser. D’être à ses côtés pour toujours. Il aurait pu. Peut-être même qu’elle aurait dit oui… Qui sait ? Mais c’était trop cruel. Comment aurait-il pu avoir le cœur de la priver de sa liberté, pour ne la garder que pour lui ? Oh, sans mentir, cette idée l’avait tenté, et hanté ses nuits. Des jours entiers, il y avait pensé. Durant des lunes. Cela l’avait obsédé. Même s’il n’était que roturier, il pouvait lui offrir une vie confortable… Mais il était incapable de lui donner la liberté, car il ne la possédait pas lui-même. Alors qu’ils s’installaient à sa table de travail, Maël n’osait plus trop poser les yeux sur elle mais il sentait son regard sur lui. A quoi pensait-elle ? Savait-elle seulement ce qui l’avait animé tout ce temps ? Et aujourd’hui, se doutait-elle de la présence de ses espoirs inassouvis et de la blessure qui avait sanctionné ses rêves ?

Il la complimentait, comme toujours, avec la plus grande sincérité. Elle était si belle, si lumineuse, sa Lyra. La priver du monde aurait été une injustice, mais la livrer au regard des autres était un supplice. Il frissonna à cette pensée, et releva un regard brillant sur elle quand elle avoua que son avis lui importait plus que celui des autres hommes. N’était-ce pas folie de lui dire cela, à lui, qui la regardait avec le cœur au bord des yeux ? A lui, dont le souffle se précipitait à la moindre émotion ? Lyra, jolie Lyra, comment pouvait-elle ignorer tout ce qu’il ressentait… Oh, il avait été bon cachotier, et avait toujours érigé leur amitié au-dessus de tout. Mais après cette longue séparation, la toute première, il devenait difficile pour lui de taire ses élans mis de côté pour la laisser libre… C’est d’une voix douce, quoiqu’un peu tremblante, qu’il murmura tout en tentant de se remettre :

    « Tu sais, princesse… Si la noblesse récompensait la gentillesse et la beauté, tu serais pour moi une Reine, et nombreuses seraient les lady à ton service. Cela dit… Il déglutit, avec difficultés. Si être avec Dame Edarra t’apporte tout ce que tu souhaites, c’est merveilleux. »

Pour éviter de trop penser, il s’appliqua à réparer rapidement la robe de la Dame. Ses gestes étaient rapides, précis et habiles, il avait appris à enchainer les commandes et ce genre de réparations étaient faciles à exécuter. L’esprit occupé, il essaya de chasser tous les sentiments qui s’étaient emparés de son cœur, mais c’était sans compter les mots qui s’échappèrent des lèvres pulpeuses de Lyra… Trouver sa voie… ? Malgré ses précautions, sa main trembla, et il sentit son souffle se couper au fond de sa gorge. Quelle honte… Quelle horrible honte. Lyra croyait qu’il s’était pris en mains, et qu’il avait quitté Dorne pour s’offrir son propre commerce, et démarrer une nouvelle vie pleine d’ambition et couronnée de réussite. Elle songeait, peut-être, qu’il était enfin à la hauteur des espoirs et de la confiance qu’elle avait placé en lui, depuis leur enfance… Alors que… Il avait été si pitoyable, si mauvais, si indigne. Il avait suffit qu’elle parte pour qu’il fasse les pires bêtises, et qu’il ruine la réputation durement acquise par lui et son propre père avant lui. Qu’il se complaise dans la fainéantise la plus abjecte. Qu’il fréquente des lieux dans lesquels il n’avait jamais mis les pieds. Qu’il courtise une noble dame, déjà promise à un homme digne de son rang. Qu’il se fasse ruer de coups, et finisse handicapé. Alors… Non, il n’avait pas trouvé sa voie. Il essayait juste de réparer les pots cassés, et de restaurer le peu d’honneur qui lui restait. Par chance, il n’avait aucun nom à laver… Elle disait s’être inquiétée pour lui, avoir eu peur qu’il rumine sa tristesse… Si elle savait… Elle le questionna même sur sa situation présente. Son sourire était si beau, et son enjouement si émouvant, que l’impression d’être le plus indigne au monde s’amplifia encore et encore, et le plombait avec force, l’écrasant dans la poussière. Un soupir chancelant brisa son silence et il essaya de ravaler ses sanglots et d’effacer les larmes qui s’accumulaient au bord de ses yeux. La tête basse, pour tenter de lui dissimuler la vérité, il s’appliqua pour souffler sans que sa voix ne vacille :

    « Je suis sûre que tu as fait le bon… Choix… Tu mérites mieux que la vie dans une auberge… Et que celle dans un atelier. Evidemment. Ici… Ça va. J’essaie de faire ce qu’il faut et… Enfin, d’améliorer les choses par rapport à l’atelier de Lancehélion… Donner l’illusion de poursuivre un objectif, était-ce donc tout ce qui lui restait pour ne pas lire la déception dans les yeux de la belle ? Tous les nobles d’ici seront bientôt habillés à la mode de Dorne. »

Il tenta un sourire, son visage de plus en plus sillonné par la tristesse et la honte caché derrière ses longues mèches brunes. Il se sentait si mal, il avait envie de pleurer comme un enfant pris au piège de ses propres mystifications. Et comme un petit garçon… Il finit par craquer, submergé. C’est sans un bruit que les premières larmes dévalèrent son visage pour s’échouer dans son cou, puis il relâcha la robe, désormais réparée, pour entremêler ses doigts tremblants.

    « Je suis vraiment… Désolé Lyra… Je t’ai menti. Je n’ai rien réussi du tout… Je suis parti de Dorne parce que je n’y ai plus ma place… Il leva les yeux au plafond, sa voix de plus en plus difficilement contrôlable. De toute manière, je ne manquerai plus à personne là-bas… J’ai été un imbécile et j’ai fait… Tout ce que je déteste… Je ne travaillais plus et… Je me sentais si mal de n’être… Qu’un petit tailleur, incapable de te retenir, que j’ai… »

Sa voix se perdit dans un sanglot incontrôlable et il cacha ses yeux rouges d’une main. Quel misérable il était… Incapable d’avouer jusqu’au bout ses fautes et s’effondrant devant une femme, une lady, une princesse… Il n’osait plus rien dire, plus la regarder et aurait tout donné à cet instant pour être quelqu’un d’autre, d’être fort et noble, d’être digne de son amitié et de son sourire… Mais il n’était que Maël, en larmes, dévoué dans son désespoir, fou dans son amour.



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Message Mer 29 Fév 2012 - 13:24

     Le bruit de la rue arrivait, étouffé comme s'ils étaient à des lieux de Villevieille. Lyra avait presque l'impression d'être revenue à Lancehélion et qu'elle rendait visite à Maël lorsqu'il travaillait pour son père. Une sensation de familiarité qui pouvait chasser les quelques doutes qui l'habitaient toujours, elle en oublierait presque la raison de sa venue ici. Ses yeux posés sur le jeune homme, installée sur la chaise avancée par son ami, elle le regardait ou du moins tentait de le faire à travers ses mèches de cheveux qui lui tombaient devant le visage. Ils se connaissaient depuis si longtemps, la Dornienne aurait presque pu dire ce qu'il pensait lorsque leurs regards se croisaient, pourtant elle n'avait jamais été capable de comprendre la véritable nature des sentiments du jeune homme à son égard. Lyra avait toujours considéré que c'était un mélange d'amitié et d'amour fraternel, quelque chose qui n'était pas qualifiable en réalité. Même elle, ne pouvait dire la manière dont elle percevait leur relation, ce n'était pas identifiable, elle ne cherchait pas à le comprendre, mais simplement à le vivre. La voix de Maël qui reprenait, les yeux sombres de la suivante qui tentaient de croiser son regard, il avait une voix tremblante qui ne manqua pas de la surprendre. Persuadée comme toujours, que si quelque chose n'allait pas chez son ami, il oserait le lui dire, la demoiselle mit cela sur le compte des retrouvailles. Le tailleur avait toujours été quelqu'un de plus expressif que les autres, du moins à ses yeux, en ce qui concernait leur relation. Après, elle ignorait totalement la manière dont il se comportait avec les autres personnes. Le regard de la jeune femme s'humidifier légèrement, elle était toujours aussi sensible aux compliments qu'il pouvait lui adresser.

     Le silence retomba entre eux alors qu'elle le regardait attentivement repriser la robe de lady Edarra, nul doute qu'elle serait satisfaite du travail effectué et pour être sincère, la Dornienne espérait que sa dame lui demanderait qui était l'artiste. Au moins Lyra pourrait-elle lui parler de Maël et éventuellement lui attirer de nouveaux clients ? Lorsqu'un léger tremblement habita les mains expertes de son ami, la suivante s'inquiéta un instant, est-ce qu'il était fatigué ? Avait-il assez à manger ? Des questionnements qu'elle ne pouvait s'empêcher de voir naître dans son esprit, la maman poule qui sommeillait en elle se demandait si son ami d'enfance n'était pas en train de négliger sa santé. Cela lui ressemblerait tellement, elle avait tellement craint qu'il ait une tendance auto-destruction qu'elle avait demandé à Tyana de surveiller son ami de loin, mais les nouvelles étaient rares entre Lancehélion et Ferboys et par conséquent, Lyra avait été contrainte de faire confiance à sa sœur sans pouvoir la chaperonner pour veiller sur Maël. Alors que son esprit laissait les questions dévaler en cascade, elle fut coupée dans ses pensées par la voix du jeune homme. Il parla de mérite, mais la suivante n'avait jamais été contre l'idée de finir sa vie dans une auberge, elle en aurait été heureuse, bien que sa soif de découvertes n'aurait pas été satisfaite. Un mal pour un bien. Avec ce métier, elle avait dû délaisser sa famille ce qui revenait finalement au même.

     Il enchaîna alors sur son travail et les choses à améliorer, cela la rassurait d'un côté, car cela signifiait aussi qu'il avait des projets et qui disait projets, disait forcément envies. Une personne avec des envies travaillerait forcément plus qu'une personne qui se contente de travailler parce qu'elle était obligée de le faire. Pourtant... Pourtant quelque chose sonnait étrangement dans sa voix, quelque chose qui semblait le troubler, avait-il des difficultés avec son travail ? L'idée inquiéta la jeune femme, mais elle songea aussitôt au fait qu'elle pourrait demander une avance sur son salaire à lady Edarra de manière à donner un peu d'argent à son ami. Alors que ses sourcils se fronçaient devant l'inquiétude, elle se pétrifia en entendant les premiers mots qui sortirent de la bouche du tailleur. Mentir ? A quel sujet ? Le cœur de la suivante s'accélérait au fur et à mesure que les mots traversaient les lèvres de son ami, elle ne comprenait pas tout, mais une seule idée se dégageait de tout cela : qu'il pensait visiblement que personne ne pouvait regretter son départ de Dorne. Puis plus important, qu'il avait l'air de se sentir coupable de ne pas l'avoir retenue. Une boule s'était formée de la gorge de la Dornienne alors qu'elle réagissait aussitôt, instinctivement tandis que son instinct protecteur reprenait le dessus. La jeune femme se leva de son siège pour s'approcher du tailleur, levant sa main pour caresser avec délicatesse les cheveux de Maël.

     ▬ Ne dis pas cela Maël ! Tu as ta place à Dorne, nous avons grandis là-bas et ce sera toujours notre chez nous ! »

     Elle disait « nous » parce qu'à ses yeux, ils étaient toujours liés. Peut-être que Maël voyait les choses autrement parce que c'était elle qui avait pris la décision de s'en-aller et non le contraire, mais la demoiselle n'envisageait pas qu'il puisse se considérer comme n'appartenant plus à leur terre natale. D'un geste familier qu'elle avait utilisé à chaque fois que son ami était triste, la Dornienne fit glisser son autre main vers le visage du jeune homme, la posant sur sa joue pour tourner sa tête vers elle de manière à ce qu'il la regarde. Elle croisa son regard quelques secondes avant d'ôter sa main des cheveux foncés du tailleur, pour passer son pouce sur ses pommettes histoire d'ôter les larmes qui glissaient.

     ▬ Tu n'as pas à te sentir mal Maël, si quelqu'un doit se sentir coupable dans l'histoire, c'est moi ! J'ai décidé de quitter Lancehélion, tu ne pouvais rien y faire, même ma famille n'a rien dit, comment pourrais-tu te sentir mal alors que tu n'as rien décidé ? Je t'ai présenté les faits sans te demander avant, j'avais tellement peur de ne plus oser partir si nous en discutions avant. »

     Elle était consciente d'avoir l'air mélodramatique, mais c'était ainsi. Pour pouvoir quitter un ami de toujours, la seule famille que l'on se connaissait et la seule ville où l'on avait habité, il fallait faire les choses franchement. L'hésitation ne permettait pas de progresser. Pourtant elle avait longuement pensé à s'excuser auprès de sa dame une fois à Ferboys et lui dire qu'elle n'était pas capable de vivre loin de sa famille. Mais elle avait tenu en se disant que Maël parviendrait davantage à faire ce qu'il voulait sans l'avoir en permanence dans les pattes. Il était très bel homme, il avait toujours le don d'attirer l'attention des femmes et elle savait bien qu'il ne pourrait pas faire sa vie avec une femme tant qu'elle serait là. Quitter Lancehélion avait finalement été la meilleure solution qu'elle voyait pour leur permettre de pouvoir progresser à tous les deux. Comme sa mère le disait souvent, il fallait dépasser le stade de l'enfance pour grandir et devenir adulte. Elle n'avait pas envie de rencontrer quelqu'un, ses amis actuels lui suffisaient, mais elle ne voulait pas handicaper son ami par son choix. La Dornienne soupira légèrement, laissant retomber ses mains avant de se rapprocher du jeune homme pour le serrer contre elle. Une enlaçade parlait bien plus que tous les mots qu'elle pourrait utiliser. Mais elle reprit toutefois la parole.

     ▬ Je suis désolée, je croyais nous rendre service à tous les deux, j'étais persuadée que si je partais tu trouverais enfin la possibilité de pouvoir rencontrer la femme de ta vie, puis fonder ta propre famille. J'avais si peur de t'empêcher d'avancer, je m'étais dit que ce serait l'occasion idéale pour nous de pouvoir trouver notre chemin... Je suis si navrée, je ne te connais pas si bien que je le pensais finalement. »

     La tête du jeune homme appuyée contre sa poitrine puisqu'il était encore assit et elle debout à ses côtés, Lyra glissa ses doigts dans les cheveux de Maël avant de poser son menton sur le sommet de son crâne. Elle ferma un instant les yeux en inspirant, essayant de maîtriser les larmes qui perlaient désormais à ses yeux, si un client entrait ils offriraient un bien drôle de spectacle décidément ! La Dornienne se demanda si son ami entendrait son cœur qui battait la chamade dans sa poitrine tant ces révélations la troublaient. Elle inspira longuement avant de reculer légèrement, glissant à nouveau ses mains vers le visage de son ami pour le redresser vers elle. D'un air inquiet, elle conclut.

     ▬ Maël, qu'as-tu fais qui te fasse tes détester ? Tu sais que je suis là pour toi.... »

     Le fait qu'il n'ait pas terminé sa phrase était certainement ce qui l'inquiétait le plus. Elle craignait le pire.
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Message Dim 11 Mar 2012 - 17:01

La culpabilité le rongeait et ne le lâchait plus désormais. Chaque mot de son amie, le moindre de ses gestes, lui rappelaient avec force et méchanceté sa propre bêtise. Elle ne le faisait pas exprès, comment le pourrait-elle ? Sa belle Lyra était tout ce qu’il y avait de plus doux et bon en ce monde, elle ignorait tout de ce qu’il avait fait, et ce qu’il pouvait présentement ressentir. Pourtant, avec sa gentillesse toute maternelle, elle continuait de prendre soin de lui, et elle essayait de le rassurer. Elle aurait sans doute réussi d’ordinaire, la jolie Dornienne était particulièrement douée lorsqu’il s’agissait de soulager son cœur… Mais tant qu’il lui cachait la vérité, elle ne pouvait panser véritablement ses plaies. Et si seulement il le lui avouait, le voudrait-elle toujours ? Elle pouvait tout autant se sentir salie par ses mensonges, et déçue de lui avoir confié son amitié… Peut-être qu’elle ne le lui pardonnerait pas. Peut-être qu’il devrait vivre avec ce fardeau tout sa vie, et supporter ce poids en sachant qu’il l’avait perdu pour toujours. Cette simple pensée faisait dévaler les larmes au coin de ses yeux, et il nicha son visage dans la paume de la main de Lyra. Il avait tant besoin d’elle… Elle parla de leur terre, leur belle et chaude Dorne, et lui tremblota. Leur chez-eux, disait-elle… Oui, la contrée de leur enfance, celle qu’ils connaissaient par cœur. Songer à la noble Lancehélion lui enserra la poitrine : ils avaient grandi et tant appris là-bas. Être déraciné était une torture, d’autant plus vivace pour lui puisqu’il pensait ne jamais pouvoir la parcourir à nouveau. Lyra pourrait, il en était heureux pour elle. Elle reverrait les siens, sa famille qui la chérissait tant… Elle y aurait sa place, aussi longtemps qu’elle le désirait.

Il ferma quelques secondes les yeux en sentant son pouce sur ses pommettes, il se laissait faire sans opposer la moindre résistance. A vrai dire, ses gestes d’affection le rassuraient, et malgré ses pleurs il se sentait mieux quand elle était si proche, à prendre soin de lui. C’était si… Enfantin, comme réaction. Pourtant, il ne s’en cachait pas. Si Maël avait honte pour bien des choses, il n’avait jamais été gêné par sa relation privilégiée avec Lyra, bien au contraire, il en était même fier. Il eut encore un fois la preuve que la bonté de son amie ne connaissait aucune limite : voilà qu’elle se fustigeait elle-même pour être partie. Il ne voulait pas qu’elle se sente coupable d’avoir pris sa vie en mains, surtout pas… C’était bien égoïste de sa part d’avoir mis Lyra dans cette situation délicate. Il passa ses mains froides sur ses yeux rougis et inspira profondément, nourrissant l’espoir secret mais irraisonnée de parvenir à se calmer de cette manière. Peine perdue. Il reprit de sa voix troublée et hachée par mille tressaillements :

    « Oh ma Lyra non… Tu n’es coupable de rien, c’est toi qui a eu raison. Je le pense. Je le pense sincèrement. Alors pourquoi avoir été si dévasté ? Pourquoi ne pas s’en être encore totalement remis ? C’est de ma faute, rien que de la mienne. Je ne sais pas, non, je n’ai jamais su maîtriser mes sentiments… »

Il ne se sentait pas encore capable d’en révéler la nature. Pouvait-il seulement les définir lui-même ? Il n’en était pas certain, c’était bien trop compliqué pour un esprit honnête comme le sien. Lyra se rapprocha alors, il pouvait sentir la chaleur de sa peau embraser son visage tandis qu’elle l’enlaçait et le nichait contre elle… Maël poussa un profond soupir puis osa glisser et poser ses mains sur les hanches de la jeune femme. Sinistre imbécile. Voilà ce qu’il était, à tenter et éveiller sans cesse ses démons. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher… Sans compter qu’une partie de lui-même ne souhaitait pas s'en priver et désirait toujours la sentir plus proche. Mais les sentiments qui se bousculaient dans son esprit ne l’empêchèrent pas d’entendre ses excuses, et le vœu étonnant qu’elle avait autrefois formulé. Voilà une révélation surprenante… Et si adorable. Comme lui qui avait prié pour qu’elle s’épanouisse et connaisse une vie à la hauteur de sa personne, elle avait de son côté espéré qu’il trouve la femme de sa vie, car elle n’apparaîtrait plus comme une concurrente pour ses prétendantes, une fois aux côtés de Dame Edarra. Ils étaient tout deux si touchants et naïfs… Les mains de Maël rejoignirent alors tendrement le dos nu de la belle et il la serra délicatement tout en se relevant avec lenteur. A regrets son visage quitta la poitrine rassurante de Lyra, mais ce n’était que pour mieux retrouver la profondeur de son beau regard. Il esquissa enfin un sourire. Un sourire tout ce qu’il y avait de plus maladroit, mais aussi reconnaissant. Tellement aimant. La question tinta à ses oreilles, mais pour la première fois, ce qu’elle lui rappelait ne le blessait plus. Il se sentait maintenant assez fort pour être honnête, et lui dire la seule vérité. En douceur, ses doigts glissés dans le dos de Lyra rejoignirent ses mains fines, et il les porta délicatement à ses lèvres.

    « Oui, je le sais Lyra. Et c’est parce que tu es si importante à mes yeux qu’il m’est difficile de t’avouer mes erreurs… J’ai peur de te décevoir. Mais tu es aussi la seule qui peut m’écouter sans me rejeter… Il se mordit légèrement les lèvres, libéra ses mains et s’éclaircit la gorge, sa voix reprenant sa tinte douce et grave à la fois. J’étais très heureux pour toi, mais je craignais aussi qu’on ne se revoie plus. Je crois que je n’étais pas prêt à laisser Mère Rivière décidait seule de cela. Sans doute était-ce pour cela qu’il lui avait offert le bijou de sa mère, pour qu’elle se souvienne de lui… Ta sœur veillait sur moi du mieux qu’elle le pouvait, mais je me suis isolé. Je voulais faire quelque chose de remarquable, parce que si j’étais plus fort et plus noble, peut-être… Peut-être que tu ne serais pas partie. Je sais que j’ai été idiot de le croire, ne te culpabilise surtout pas Princesse. Il gardait ses yeux bleus dans les siens, ravalant son orgueil pour se livrer à cœur ouvert. Mais je n’ai pas la malice des grands ni l’habilité d’un chevalier, en revanche, maman et toi m’avez toujours dit que j’étais… Mignon. Ses joues rosirent tandis qu’il baissait furtivement les yeux. J’ai eu l’audace stupide d’essayer de séduire une dame, qui était promise à je ne sais quel noble. Et j’ai été puni. J’en ai vraiment honte Lyra, je suis désolé. Cela m’a fait perdre de nombreux clients et j’ai vite compris que je n’étais plus vraiment le bienvenue à Lancehélion, alors j’ai vendu l’atelier de papa une misère et je suis parti. C’était soudainement bien moins héroïque que ce qu’il avait voulu lui faire croire à l’origine… Mais étrangement, il se sentait maintenant mieux. Je ne suis pas devenu quelqu’un de meilleur, mais j’essaie de le devenir. Je veux vraiment réussir quelque chose, et te revoir aujourd’hui… M’y encourage vraiment. »

Comment Lyra allait-elle réagir ? Il l’ignorait. Debout face à elle, mis à nu, il s’interrogeait. Avait-il encore le droit de l’approcher ? De lui dire ce qui le taraudait depuis déjà de longues minutes ? A mesure que les doutes s’accumulaient, il sentait son courage rudement acquis le quitter. S’il voulait le lui dire… C’était peut-être la dernière occasion. Il inspira profondément, ravala les nouvelles larmes qui menaçaient de perler au coin de ses yeux, et effleura avec une délicatesse infinie la joue droite de la belle.

    « Tu disais que tu espérais que je trouverai une épouse… Mais la femme de ma vie, je l’avais déjà rencontré depuis bien longtemps. En douceur, il posa ses lèvres sur le front de Lyra, murmurant ensuite. Seulement, je me suis promis de ne jamais la réduire à une vie sans saveurs que connut ma mère. Une telle fleur, si admirable et fragile, mérite mieux. Mais toutes mes prières accompagnent ses pas. Je l’aimerai toujours. »



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Message Lun 12 Mar 2012 - 19:22

     La Dornienne restait silencieuse alors que son ami essuyait ses larmes tout en parlant d'une voix hachée par les larmes, elle avait presque l'impression d'être revenue des années en arrière lorsqu'elle tentait de le consoler après une crise de larmes. Ils s'arrachaient les tords, de quoi faire rire lorsque l'on prenait la peine d'y regarder de plus près, au lieu de se rejeter la faute ils se persuadaient d'être les coupables. Personne n'avait de faute, ils avançaient dans la vie et évoluaient, c'était normal, c'était le cycle de la vie après tout, ils n'allaient pas rester éternellement enfants à courir dans les ruelles de Lancehélion. Elle soupira légèrement avant d'esquisser un sourire lorsqu'elle sentit les mains de son amie l'enlacer avant qu'il ne se relève. Les yeux de la suivante se posèrent dans ceux de son ami alors qu'elle l'observait avec une attention accrue, se demandant s'il allait lui donner les réponses qu'elle venait de demander. Il aurait pu lui refuser cette demande, Lyra ne s'en serait pas sentie délaissée, chacun avait son jardin secret et même si elle partageait tout avec Maël, la jeune femme pouvait comprendre que lui-même souhaite garder certains faits juste pour lui. Son cœur se mit à battre plus sagement lorsqu'un sourire orna les lippes du Dornien, dans un mimétisme inconscient la belle fit de même alors qu'elle se disait que l'expression qui habitait le visage du tailleur lorsqu'il souriait, était certainement celle qu'elle préférait voir chez lui. Le silence, toujours le silence alors qu'il délaissa son dos pour ses lèvres tout en prenant la parole alors qu'elle tendait l'oreille, attentive comme jamais.

     La demoiselle pencha légèrement la tête sur le côté en fronçant les sourcils alors qu'elle entendit l'introduction de Maël, ce qu'il disait n'était pas très rassurant et les pires idées défilaient dans son esprit. Avait-il tué pour en arriver là ? La suivante exécrait la violence et les armes, même si elle-même se défendait plutôt bien avec les lames courtes, mais l'idée de voir son ami supprimer la vie de quelqu'un était tout bonnement impensable. Elle baissait rapidement ses prunelles sombres vers les mains du Dornien, capables de faire de si belles choses, pouvaient-elles aussi supprimer une vie ? Non. C'était impossible. Ses idées se bousculaient et elle chassa ces pensées alors que Maël s'éclaircissait la gorge, il répondrait assez rapidement à ses interrogations et calmerait ses craintes. Du moins, la jeune femme l'espérait. Ses yeux de biche à nouveau posés sur le visage du jeune homme, la Dornienne l'écoutait, elle comprenait qu'il puisse avoir éprouvé une difficulté à la laisser partir, Lyra imaginait aisément qu'elle aurait eu du mal à le voir s'éloigner si les rôles avaient été inversés. Ses lèvres se dessinèrent en un « O » de surprise alors qu'elle comprenait qu'il avait cru pendant un instant, qu'elle puisse l'avoir abandonné parce qu'il n'était pas doté d'un titre de noblesse. Son regard se fit plus caressant tandis qu'elle regrettait de ne pas avoir mis les choses au clair avant son départ, elle craignait tellement qu'il puisse trouver une raison qui la pousserait à rester. Au fond, Lyra avait fuit, comme une lâche même, sans se retourner. Une boule se forma dans sa gorge malgré le fait qu'il lui dise de ne pas culpabiliser, mais tenta de ne pas le montrer.

     L'attention de la Dornienne toujours dirigée sur son ami, elle aurait été incapable d'entendre une explosion à l'extérieur si cela s'était produit, tant elle souhaitait entendre la suite. Alors qu'il parlait du fait que les femmes – dont elle – l'avaient toujours considéré comme un très bel homme, elle craint qu'il ne lui avoue avoir vendu son corps contre de l'argent ou quoi que ce soit d'autre. Le regard fuyant lui fit imaginer le pire, ainsi elle ressentit un certain soulagement lorsqu'il avoua avoir courtisé une noble. Même si Lyra avait du mal à le visualiser en train d'agir de la sorte, elle était rassurée qu'il n'ait pas fait pire, mais pour le coup, la raison de son départ était beaucoup plus compréhensible. Seulement cela faisait naître autre chose dans son esprit : Maël ne pourrait jamais plus rentrer à Lancehélion. Son regard se troubla et brilla soudain alors qu'elle sentait les larmes lui monter aux yeux, mais elle se concentra pour les faire passer en esquissant un sourire pour essayer de le rassurer. Lyra ne voulait pas qu'il s'imagine qu'elle pleurait de déception, elle était heureuse qu'il soit à présent sur le bon chemin. Le fait qu'elle ne recule pas lorsqu'il effleura sa joue de sa main le lui indiquait clairement. La naïveté de la Dornienne prit alors le dessus, elle ne comprit pas que la femme dont il parlait puisse être elle, c'était incompatible avec tout ce qu'elle avait toujours imaginé qu'il puisse ressentir pour elle, mais cette nouvelle dessina un sourire sincère sur ses lèvres alors qu'elle s'empressait de répondre.

     ▬ Ne dis pas de sottises Maël, la femme qui t'épousera sera la plus chanceuse de Westeros. Les titres et les possessions ne sont rien, tu le sais aussi bien que moi que les plus heureux ne sont ni les plus riches, ni les plus nobles. Vois la Reine, délaissée par son époux et triste comme une journée sans soleil. Ma mère ou la tienne ne possèdent pas grand-chose et doivent travailler pour vivre, mais elles sont heureuses parce qu'elles ont une famille et de quoi être fières. Lyra n'avait jamais porté d'importance aux titres, elle voyait les nobles comme des personnes normales qui possédaient simplement plus qu'eux. Je sais que mon discours a l'air idéaliste et naïf, mais crois-moi, rien que le fait que tu penses à son avenir et à lui offrir une vie meilleure que celle que tu possèdes prouve que tu es digne de son amour. Ce qui compte après tout, c'est bien d'avoir une vie heureuse non ? Au moins tu saurais ce que tu peux lui offrir, alors qu'elle pourrait avoir bien pire si jamais elle tombait sur un autre homme. »

     Dans son discours, Lyra tentait de pousser Maël à penser un peu à lui, les personnes trop altruistes perdaient beaucoup et ne gagnaient que rarement en échange. La jeune femme ne voulait pas voir son ami, son frère, son plus proche lien finir ses jours triste et solitaire alors qu'il aurait pu avoir une vie heureuse avec une femme. La demoiselle n'était pas jalouse, elle voulait simplement le bonheur de son ami et était persuadée de ne pouvoir lui en offrir assez, surtout maintenant qu'il parlait de cette mystérieuse femme. La Dornienne inspira alors, baissant brièvement les yeux sur les mains du jeune homme avant de reprendre la parole en levant la tête de manière à pouvoir plonger ses prunelles sombres dans celles de Maël.

     ▬ Tu sais Maël, tu es mon ami le plus proche, je te vois comme un membre de ma famille, même si tu faisais la pire chose sur terre, je ne t'en voudrais jamais au point de ne plus te parler. Je suis rassurée, j'avais crains que tu ne te sois fais du mal lorsque tu as commencé à parler, séduire une dame est une chose bien aimable je dois avouer, après tout, qui ne serait pas charmé d'avoir ton attention ? Elle esquissa un sourire, Maël était beau, il était gentil et en plus attentif, l'homme idéal en somme. Je suis persuadée que cette femme t'as accordé son attention parce que tu es un homme bon, ta beauté n'est qu'un aspect de ta personnalité et les personnes qui ont désapprouvé ton comportement ne savent pas ce que c'est que de vivre comme nous vivions. Je suis rassurée, rassurée que tu sois en bonne santé, c'est tout ce qui compte, le reste n'est que secondaire. La Dornienne avait un peu de mal à exprimer clairement ce qu'elle souhaitait, mais le plus important était simplement qu'elle ne lui en voulait pas. Comme une mère dont l'enfant avait frôlé la mort, elle était heureuse de la savoir en vie et tout cela occultait la colère qui pouvait naître du danger dans lequel il s'était mis. Promets-moi une seule chose Maël. Elle plongea ses yeux dans ceux de son ami avec une intensité étonnante. Ne prends jamais de risques stupides, je ne veux pas apprendre qu'il t'es arrivé quelque chose. Pense à ta sécurité avant tout le reste. Tu es déjà quelqu'un de bien. »
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Maël
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Message Sam 28 Avr 2012 - 17:08

Nous ne sommes jamais sûrs de la réaction de l’autre et de ses pensées. C’était ce jour-là on ne peut plus vrai… Son regard clair et honnête plongé dans celui si doux de la belle Dornienne, Maël eut l’impression de recevoir un lourd coup de massue à l’arrière du crâne. Oh, elle n’avait pas été méchante… En était-elle seulement capable ? Au contraire Lyra faisait tout son possible pour le rassurer et elle se montrait incroyablement maternelle, comme s’il avait été son propre petit garçon égaré. Seulement… Ce n’est pas là ce qu’il avait attendu. A vrai dire il n’avait jamais envisagé avoir cette discussion avec son amie, alors avoir le courage et l’audace de lui avouer ses sentiments… C’était impensable seulement quelques secondes plus tôt. Et maintenant qu’il avait été assez fou pour se dévoiler… Lyra ne le comprenait pas. Ou du moins, elle ne s’était absolument pas sentie concernée par ses aveux d’homme amoureux. Il en avait les jambes sciées. Etait-il si maladroit que même ses mots tendres ne parvenaient pas à atteindre leur destinataire ? Il en était aussi troublé, gêné, que terriblement humilié. A nouveau ses joues le brûlèrent tandis que les paroles de Lyra glissaient sur lui, flux ininterrompu et qui manquait à présent de sens pour le petit tailleur. Elle le disait digne de son amour… Il fixa alors son regard sur le visage tendre et joliment doré qui lui faisait face.

    « Tu le penses vraiment… ? Conscient de ce qu’il pouvait lui offrir, oui… Ou plutôt pleinement conscient de ce qu’il était incapable de lui apporter. Pour le moment, car rien n’est immuable, n’est-ce pas ? Il esquissa un sourire. Je devrais le lui dire clairement… Droit dans les yeux. »

Il ne la lâcha plus des yeux, et ce bien que le doute ne cessait de l’étreindre et de le malmener avec persistance. Lyra, sa belle Lyra… Comment avait-elle pu ne pas le comprendre ? Elle ne jouait pas la comédie, il en était persuadé. Elle était capable de lui dire les choses en face… Elle ne lui aurait pas fait l’affront de le prendre pour un imbécile. Pas comme ça, pas s’il se livrait ainsi à cœur ouvert. Mais alors, si elle n’avait pas saisi l’évidence… Faisait-elle une sorte de blocage ? Est-ce que quelque chose au fond d’elle-même refusait catégoriquement de les voir côte à côte ? Son cœur était friand de découvertes, c’était une demoiselle si curieuse… Se protégeait-elle inconsciemment de lui ? Voilà une pensée bien douloureuse… Mais qui lui paraissait à présent pleine de sens. Un membre de sa famille, oui… C’était ce qu’il était pour elle, une sorte de frère, sans doute. Avec délicatesse, il posa l’une de ses mains sur la nuque de la belle et se rapprocha pour l’enlacer et la blottir contre lui. Son visage niché dans ses longues mèches brunes, il inspira profondément avant de murmurer d’une voix basse…

    « Je comprends Lyra… Tu n’as pas à t’en faire. Il se décala légèrement pour que leurs yeux se rencontrent… Et merci. Tu me sors toujours de mes mauvaises pensées… C’est toi qui devrais me promettre de prendre soin de toi. J’aimerais pouvoir m’en assurer moi-même… J’aimerais vraiment… Mais j’ai entendu ce que tu m’as dis. Je le ferai comme un frère. Peu importe la distance… »

Durant quelques instants il resta silencieux et immobile, avant d’enfin retirer en douceur sa main de la peau douce qu’elle frôlait rêveusement…. C’était difficile et intense, émotionnellement parlant. Il n’avait pas envie de renoncer à ce qu’il ressentait. En fait, il ne s’en sentait même pas capable. Cela dit… Il se devait, par amour et égard pour elle, de respecter sa posture. Et à mesure que les pensées se bousculaient dans son esprit, il sentait le moment du départ qui approchait… Et il avait déjà réparé la robe. Stupide vivacité dans un moment pareil… Il ne voulait pas la voir déjà s’en aller… Quand se reverraient-ils ? Edarra et sa suite ne resteraient pas éternellement à Villevieille, qui n’était sans doute qu’une escale dans un long voyage. Ils, non, elle repartirait. Il allait encore devoir lui dire au revoir… Et il savait déjà que l’épreuve ne serait pas moins douloureuse à surmonter.

    « Attends-moi ici un instant, je reviens… »

Après un sourire il la laissa au bureau pour se retirer à l’arrière de son atelier, là où des montagnes de tissus et des dizaines de créations s’entassaient dans un désordre contrôlé, selon les dires de l’auteur de cette confusion d’étoffes aux milles couleurs. Des manteaux d’hiver et des robes raffinées côtoyaient sans honte les tenues plus modestes que pouvaient revêtir les roturiers, du Bief jusqu’à Dorne. Tableau du monde auquel rêvait parfois Maël, seul le soir… Ce mélange était-il possible ? Il y songea un instant en laissant son regard se perdre… Néanmoins il trouva relativement vite l’objet qu’il convoitait et le posa avec soin sur son avant-bras. Après une très profonde et longue inspiration Maël refit surface, et avec un visage qui se voulait de nouveau paisible et enjoué, il rejoignit son amie en quelques enjambées. Parvenu près d’elle il l’invita en douceur à se redresser puis il déposa sur ses épaules un châle bleu clair, en soie légère et fluide telle que l’eau, mais qui dégageait une chaleur étonnante.

    « Les nuits doivent te paraître bien fraîches dans cette région, en comparaison de celles que nous avons connu à Lancehélion… Du pouce il effleura avec tendresse la joue de Lyra, milles souvenirs de leur jeunesse lui revenant alors en mémoire, et résista à l'envie furieuse de rejoindre ses lèvres. Tu te souviens de Mycah ? Je me demande où il se trouve, s’il va bien… Sûrement, il était si débrouillard ! Un léger sourire farceur orna alors ses lèvres. J’étais très jaloux au début. Il était grand et fort, j’avais peur qu’il n’essaie de te dérober alors que j’étais si amoureux. Ne se rendant pas immédiatement compte de ce qu’il venait de dire, il poursuivit sur le même ton emprunt de gaieté et de nostalgie. Nous étions insouciants, et sans doute un peu fous… J’ai presque l’impression que notre enfance a été plus heureuse et facile que celles des « grands »… Dommage que ce soit un peu différent aujourd’hui. »

Mais pas pour toujours… Il pouvait en jurer. Lyra lui avait demandé de ne pas prendre de risques stupides… Cependant, ces mots-là se trouvaient déjà loin de l’esprit emporté de Maël, qui rêvait bien trop de cette vie si inaccessible. Il ne pouvait se contenter du bonheur dans la pauvreté, car cette joie gardait pour lui un arrière-goût amer, celui de la médiocrité. Il désirait davantage, quelque chose de plus grand, de plus savoureux, de plus beau. La reine pouvait se lamenter et pleurer du manque d’égard de son époux, ce n’était là que justice : elle était née dans le faste et n’avait pas encore acquis le goût des choses simples. Lui possédait cela, il lui restait désormais à conquérir l’espace séparant les nobles des gens comme eux… Les petits ont une voix, il voulait la faire entendre. Sans doute était-ce une entreprise folle, risquée, mais le jeu en valait la chandelle… Il le croyait sincèrement. C’était sa part de naïveté… Parviendrait-il pour autant à franchir le pas, et à sauter la barrière ? Le temps seul le dirait… Il en avait l’ambition, le désir, et les moyens se cachaient peut-être dans les murs tapissés de son atelier… Ce serait ardu. Ce serait long. Mais la possibilité, aussi infime soit-elle, devait bien exister. Encore fallait-il y croire…

    « Un jour ce monde sera le nôtre, j’en suis certain… Il s’avança pour poser encore une fois ses lèvres sur le front de son amie. Je vais apprendre, je vais grandir… Et je te promets que je prendrais ta main pour revenir arpenter une fois encore les rues de notre enfance. »



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Message Dim 29 Avr 2012 - 12:51

     Lyra contemplait son ami avec un léger sourire collé aux lèvres. Elle était aveuglée par leur lien passé, par leur amitié qui s'était transformé en quelque chose de plus fort et plus véritable. La jeune femme n'avait jamais vu deux personnes s'aimer à un point que rien ne pouvait exister autour d'eux, elle connaissait l'amour de ses parents, mais avait aussi assisté aux disputes inévitables qui découlaient d'une vie à deux. Avec Maël, ils ne s'étaient jamais froissés, il avait toujours été là pour elle lorsque la Dornienne avait besoin de lui, puis la jeune femme essayait de lui rendre la pareille. Ils avaient quelque chose de plus entier que cet amour qu'elle avait connu jusqu'à ce jour. C'était pour cette raison qu'elle ne pouvait comprendre ce que le beau tailleur lui disait pourtant si franchement. Leur lien était au-delà ce qu'elle percevait en voyant deux personnes amoureuses et Lyra n'envisageait tout bonnement pas de pouvoir un jour tourner le dos à Maël ou qu'il décide de sortir de sa vie. Ce serait comme si le soleil décidait soudain de ne plus éclairer le sable du désert. C'était juste impossible.

     Elle profita de l'enlaçade de son ami, regrettant presque qu'ils n'aient pas plus de temps pour eux. Tout allait trop vite depuis qu'elle avait quitté Lancehélion et ce bref instant passé avec Maël avait l'air de n'avoir duré que quelques brèves secondes. Les paroles du Dornien la rassurèrent, elle aurait aussi aimé pouvoir veiller sur lui, faire attention à ce qu'il ne se tue pas à la tâche ou ne recommence pas les choses qu'il disait avoir faites. Mais la Mère Rivière les mettait à rude épreuve et refusait qu'ils puissent faire ce qu'ils souhaitaient. Lyra essayait de se rassurer en se disant que c'était pour une bonne raison, qu'elle voulait leur faire comprendre qu'ils devaient commencer à penser à l'avenir. C'était tellement plus facile de tout mettre sur le compte des dieux. Les prunelles foncées de la Dornienne ne quittaient pas le visage avenant de son ami, jusqu'à ce que celui-ci lui dise de patienter quelques instants. Elle hocha docilement la tête en arborant un sourire heureux, être là lui suffisait pour le moment. Elle croisa ses bras dans son dos en regardant autour d'elle tandis que des bruits étouffés venaient de l'arrière-boutique, puis Maël réapparut dans la pièce principale, portant quelque chose sur son bras. La demoiselle s'exécuta lorsqu'il l'invita à se redresser, puis elle ouvrit les yeux de stupeur en sentant la texture du châle se poser sur ses épaules. Même dans ses rêves, Lyra n'avait osé posséder un tel vêtement, la suivante leva un regard perplexe vers son ami comme si elle ne comprenait pas ce qui se passait. C'était un peu le cas d'ailleurs.

     L'attention la toucha particulièrement, même si elle n'avait pas besoin de quelque chose de palpable pour se souvenir de son ami, c'était comme une sorte de réconfort qu'elle pourrait avoir avec elle lorsque la tristesse pourrait étreindre son cœur. Il prenait soin d'elle d'une manière si délicate que Lyra se demandait souvent s'il ne pouvait pas lire directement dans ses pensées. Avec surprise, alors qu'elle contemplait le tissu qui frôlait ses épaules, elle l'entendit parler de Mycah. Cela faisait bien longtemps que la demoiselle n'avait plus pensé à ce jeune enfant des rues qu'ils avaient connu. Ses yeux se teintèrent une nouvelle fois de surprise alors qu'elle contemplait Maël en inclinant légèrement la tête sur le côté pour essayer de décrypter les raisons de cette soudaine pensées pour le chasseur. Puis un simple mot la chamboula complètement. « Si amoureux » la demoiselle dû prendre quelques secondes pour réaliser ce que signifiait ce mot et ce fut un choc pour elle. Parlait-il d'avoir été amoureux d'elle ? La Dornienne n'avait pas été effleurée une seule fois par cette idée, la surprise était d'autant plus grande qu'elle-même avait eu un coup de cœur pour le garçonnet qu'était Maël lorsqu'ils se promenaient encore dans les rues de Lancehélion en culotte courte. Il fallut qu'elle fasse un gros effort de concentration pour écouter ce qu'il disait ensuite, mais son regard était troublé par la surprise de ce qu'elle venait de comprendre. Il était vrai que la vie devenait difficile. Trop difficile même des fois, ils étaient tellement plus insouciants enfants. Les choses étaient alors moins compliquées.

     Elle ferma les yeux quelques secondes, alors que les lèvres de Maël entraient en contact avec son front. Ce qu'elle venait d'entendre l'avait retournée, la jeune femme se demanda soudain si tout ce qu'il venait de lui dire à propos de cette femme qu'il aimait, pouvait la concerner directement. Éprouverait-il ce genre de sentiments à son égard ? Avec surprise, la Dornienne constata que l'idée, loin de l'embêter, lui réchauffait le cœur. Pourtant elle culpabilisa soudain de ne pas avoir été capable de le comprendre avant, du moins si elle ne faisait pas fausse route. Il était trop tard pour rebrousser chemin et lui demander des explications à ce propos, sans compter que si elle avait mal compris ses paroles, Lyra risquait de le mettre mal à l'aise. Prise d'une envie soudaine, elle glissa ses bras autour de la taille du jeune homme en retrouvant enfin la parole.

     ▬ Tu sais, tu es le seul homme, avec mon père, qui aura toujours une place dans mon cœur, quoi que tu fasses, quoi qu'il se passe. Personne ne pourra jamais te détrôner, que ce soit Mycah ou quelqu'un d'autre. Elle inspira légèrement, levant les yeux vers le visage de son ami. Lorsque je disais que je te considérais comme mon frère, je ne mentais pas. La famille est la seule chose durable, il est impossible d'oublier et de couper complètement les ponts avec un membre de sa famille alors qu'avec de simples amis ou des connaissances, c'est fréquent. Je m'exprime peut-être mal, mais j'ai utilisé ce terme parce que je sais que je serais tout bonnement incapable de te voir sortir de ma vie un jour. Elle glissa sa main dans le dos de Maël comme elle avait l'habitude de lui caresser lorsqu'ils discutaient certains soirs à Lancehélion. Un contact qu'elle aimait beaucoup. Mais je ne veux pas que notre relation soit un poids pour toi Maël, tu as de grandes ambitions et je veux que tu les atteignes. Ne crains rien, je veillerais à ce que nos chemins ne s'éloignent pas trop. Tu as suffisamment veillé sur moi, c'est à mon tour d'apaiser un peu ta conscience, tu ne crois pas ? »

     Elle était parfaitement consciente que cette discussion devait être étrange pour lui, mais Lyra souhaitait lui faire comprendre qu'elle ne pourrait jamais aimer quelqu'un plus que lui. Était-ce de l'amour fraternel ou de l'amour « simple » qu'elle avait pour lui ? Lyra l'ignorait, tout ce qu'elle savait c'était que ce qu'elle ressentait à son égard était une chose unique. Ce n'était comparable à aucun sentiment qu'elle avait déjà éprouvé pour un homme ou une femme, ami ou membre de sa famille. L'essentiel à ses yeux était que le jeune homme comprenne qu'il comptait pour elle et qu'elle ne le laisserait jamais tomber. Son cœur était trop occupé par ses amis et sa famille pour qu'elle puisse envisager faire de la place pour un autre homme. La demoiselle se hissa finalement sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur la joue du tailleur.

     ▬ Je te remercie pour le châle, il est tellement beau, toutes les nobles vont me jalouser ! Cela me fera une raison de plus de penser à toi, puis une raison plus de te rendre visite la prochaine fois que nous passons à Villevieille pour que je puisse aussi t'offrir quelque chose. »

     Il était vrai qu'elle n'avait rien à lui donner en échange de ce magnifique cadeau et se sentait coupable de cela, même si au fond elle n'y pouvait rien puisqu'elle ignorait que cet atelier appartenait à son ami. La demoiselle brisa finalement leur enlaçade pour passer une fois de plus ses doigts bronzés sur le tissu si délicat. Même s'il lui avait offert de la simple toile de jute, la Dornienne aurait été aussi heureuse, la personne qui vous offrait le cadeau était bien plus importante que le cadeau lui-même.
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Maël
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Message Sam 26 Mai 2012 - 0:08

La surprise se lisait à présent clairement sur le visage de la belle Lyra. C’était une évidence pour toute personne connaissant bien la Dornienne, comme le tailleur pantois à ses côtés qui se laissait happer par la profondeur de ses belles iris sombres. Il aimait s’y plonger, les regarder, non ! Les admirer. Le doré de sa peau, promesse de chaleur et d’une douceur digne de la soie, mettait encore plus en valeur ces onyx brillants de mille feux. Il se souvint des nuits de vadrouille dans Lancehélion et des étoiles qui se reflétaient, scintillaient et étincelaient dans le regard de Lyra. Enfant maladroit et timide, Maël avait pris son courage à deux mains mais n’avait eu l’audace que de poser ses doigts un peu tremblants sur la main si petite et fine de Lyra. « Tu as le ciel dans tes yeux. » Alors qu’il la retrouvait ses souvenirs précieux lui revenaient en mémoire par dizaines, plus vivaces que jamais. Incapable de se lasser du spectacle qui lui était gracieusement offert par la demoiselle, il en perdit même quelques instants le fil de la conversation. C’est une étreinte inattendue qui le tira de ses songes et le ramena dans son atelier du Bief, loin, bien loin de leur patrie.

Le discours qui suivit le désorienta et fit à nouveau monter des larmes à ses yeux. Sans qu’il ne puisse réellement se l’expliquer, l’aveu de Lyra l’emplissait d’un plaisir immense : il avait une place particulière en son cœur, il n’avait jamais été qu’un simple ami comme l’avait été par exemple Mycah. Même aujourd’hui, même après leurs départs respectifs, leur relation si particulière et unique était conservée, intacte. Toutefois il ressentait également une tristesse mystérieuse et indéfinissable. Il ne voulait pour rien au monde perdre ce qu’ils avaient, il ne pourrait surmonter une telle épreuve. Et pourtant il brûlait de tout son être et désirait ardemment davantage, chaque mouvement lui paraissait appeler un enlacement tandis que contempler ses lèvres pleines se mouvoir sous ses yeux devenait une tentation et une torture terribles. Ses yeux se fermèrent et il profita de l’étreinte, refermant ensuite ses bras sur la taille de la belle. De cette caresse exquise dans son dos émergea un frisson, quasiment imperceptible mais bel et bien là. Oserait-il ? Il ne fallait pas s’emballer, il n’avait pas le droit de traiter Lyra telle une femme banale, elle méritait une attention soutenue. C’est pourquoi il s’échappa dans son arrière-boutique. Loin de son regard il put inspirer profondément et réfléchir, réfléchir très vite à la suite des évènements. Les mains moites et le souffle précipité il avait trouvé un présent à la hauteur de son affection pour Lyra et de son charme. Il était maintenant temps de les affronter, ses craintes bien enfouies et paralysantes… Il posa les doigts sur sa joue qu’elle venait d’embrasser et un petit sourire, attendri et peut-être un brin niais ourla ses lèvres. C’est fou comme un geste si simple avait le pouvoir d’engaillardir un homme...

    « Tu n’as pas à me remercier, Princesse. Ce châle n’est pas encore assez parfait pour toi. »

Comment revenir sur le sujet ? Courage ! Lyra n’avait pas besoin d’un hésitant chronique, il faut de l’audace en amour, puisque c’est bien d’amour dont on parle. L’occasion, il devait se la donner. Comme elle l’avait souligné il nourrissait de l’ambition, ses rêves étaient nombreux et ses objectifs relevaient pour beaucoup de la pure spéculation, mais il croyait dur comme fer. Il savait se montrer borné quand il le voulait et capable de nombreux sacrifices pour parvenir à son but. Il y avait cela dit un domaine où il ne transigerait pas, même si cela impliquait de tout perdre… La confiance et l’affection de Lyra, que celle-ci soit amicale, fraternelle ou amoureuse, il était pour lui inconcevable de s’en passer. Quand il fermait les yeux, malgré la distance, il savait qu’elle était quelque part et qu’elle pensait peut-être à lui… Cette pensée à elle-seule réchauffait les tristes journées brumeuses de Villevieille. Et pour garder ce bien précieux, il devait en juste retour se montrer irréprochable à son égard.

    « Ce n’est pas facile mais… Je me dois d’être sincère, honnête avec toi. Toutes les vérités ne sont pas évidentes à dire, surtout lorsque l’on tarde à les révéler. J’ai beaucoup… Repoussé ce moment. Je ne voulais pas te perdre, je craignais que tout devienne différent et qu’on s’éloigne… Je ne voulais pas non plus être un frein dans ton nouveau départ. Ton épanouissement… M’est très précieux. En douceur ses mains se posèrent sur la nuque et sur la joue de la jeune femme, qu’il caressa tendrement. Tu as toujours le ciel dans tes yeux… »

Cette confession venue du passé s’accompagna d’un sourire ému. Qu’ils soient à l’intérieur ne changeait strictement rien, les prunelles de la belle reflétaient toujours un horizon plein de rêves et d’espoir. Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, il dut à nouveau s’armer de courage pour ne pas s’inquiéter de la suite des évènements. Ce qu’il ressentait était si véritable, si profond… Lyra le sentirait. Elle comprendrait à quel point il tenait à elle, à quel point il était difficile d’ouvrir son cœur sans plus de cérémonie, à quel point il ne pouvait plus la voir s’en aller…

    « Si jamais cela ne te plaît pas… Tu peux faire comme si je n’avais rien dit et on oubliera ce moment. »

Il savait pertinent que cette requête était illusoire. En effet, quelle que soit la réaction de Lyra, les choses ne pourraient évidemment plus être ce qu’elles étaient. Cela en valait-il la peine ? Il ressentit alors sous ses doigts la douce tiédeur de la peau de Lyra et son parfum suave chatouilla son visage… Ils avaient beau connaître ces sensations par cœur, elles produisaient toujours un effet indescriptible et merveilleux. Cela en valait la peine… La vérité des sentiments mérite qu’on se transcende en son nom.

    « Ce que tu as dit… Ma place dans ton cœur… J’aimerais vraiment que tu saches que pour moi… Tu es la seule femme. Sa voix eut un soubresaut incontrôlé, qu’il calma en plissant les lèvres un court instant avant de reprendre ses yeux dans les siens. J’étais amoureux de toi enfant… Et ce sentiment il a évolué sans jamais se démentir. Je le savais, je l’ai toujours su, tu es celle qui m’a toujours permis d’avancer et de me surpasser mais quand tu es parti… J’ai compris qu’aucune autre femme ne pourrait prendre cette place et que si un jour il m’était permis de vivre avec quelqu’un, ça ne pouvait être qu’avec toi. Je veux te rendre heureuse Lyra, parce que je t’aime, je t’aime plus que tout. »

Ca y est. Il le lui avait dit, enfin. Il n’avait pas tremblé, il n’avait pas pleuré. Il était… Apaisé, comblé, mais également euphorique. Qu’allait-elle dire, qu’allait-elle faire ? Il ne voulait rien lui imposer, aussi ses doigts glissèrent le long de ses épaules puis de ses bras pour venir s’entrelacer aux siens. C’était peut-être égoïste de lui asséner cette déclaration ainsi, après tout ce temps passé loin l’un de l’autre. Lyra pouvait avoir d’autres projets, un homme qui hantait ses pensées… Cependant, ce jour-là, rien que ce jour-là, Mère Rivière pouvait accorder le droit à un petit tailleur de Dorne de briller et de se déclarer pour qu’il parvienne, enfin, à libérer son cœur du silence. Et si jamais, ô si jamais elle partageait ses émois… Quel serait alors ce bonheur exalté ? Il pouvait déjà les imaginer tous les deux, enlacés, les larmes aux yeux, si heureux de ce cadeau de la vie. Son seul remord serait d’avoir perdu du temps à errer jusqu’à avouer ses sentiments… Mais c’était un apprentissage qu’il ne regrettait pas, qui l’avait fait grandir, et le laissait croire qu’il deviendrait digne d’épouser la belle si un jour elle lui en offrait le privilège.



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Message Sam 26 Mai 2012 - 16:03

     Tout d'abord, lorsque Maël commença à parler d'un ton hésitant, le cœur de Lyra s'accéléra alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de se demander si elle avait fait une bourde ou s'il allait lui annoncer que leurs routes devaient se séparer. Cela aurait été bien étrange après la discussion qu'ils venaient d'avoir, mais elle craignait tellement de perdre le peu de personnes qui comptaient pour elle. La Dornienne garda ses yeux sombres braqués sur le beau visage de son ami, repensant à ce qu'elle avait cru comprendre de ses paroles. L'avait-il aimée ? Peut-être qu'il allait lui déclarer qu'il avait rencontré une femme digne d'intérêt et qu'il allait devoir couper les ponts avec elle parce que sa future épouse était jalouse ? L'idée était passée en une fraction de secondes dans son esprit, laissant une sensation douloureuse dans le cœur de la jeune femme. Pourtant elle se réjouissait à l'idée que le tailleur puisse trouver une épouse digne de lui pour le rendre heureux et lui faire de beaux enfants. Mais pourtant... Une part d'elle-même était... Jalouse ? Oui c'était le mot, malgré tout son altruisme et sa gentillesse, Lyra considérait Maël comme la personne la plus précieuse à son cœur après sa famille. Non. Plutôt au même titre qu'elle. L'idée de le partager avec une autre femme l'inquiétait un peu. Cette révélation lui forma une boule dans l'estomac et elle chassa rapidement ces pensées négatives. Elle n'avait pas le droit d'être aussi possessive avec le jeune homme, il avait toujours été là pour elle et désormais, la Dornienne devait lui rendre la pareille. Elle devait se montrer heureuse et souriante, être prête à le soutenir et peut-être même à conseiller sa future épouse pour qu'elle prenne soin de ce trésor qu'il était. Mais c'était dur alors que les paroles de Maël se répercutaient encore dans son esprit. L'avait-il aimée ?

     La suite des paroles du jeune homme n'était pas là pour rassurer son amie qui le regardait d'un air incrédule. Que pouvait-il donc avoir à lui avouer qui soit si troublant ? Son regard l'implorait presque de lui dire, de lui parler, de lui avouer. Pas de secrets entre des amis, pas de mensonges entre deux personnes aussi liées. Ils étaient au-delà des disputes, Lyra n'envisageait pas de pouvoir un jour changer de comportement vis-à-vis de lui. Sauf s'il le lui demandait. Les prunelles de la Dornienne se troublèrent légèrement comme elle sentait de légères larmes perler doucement, menaçant d'apparaître et de troubler sa vue. C'était tellement rare, mais pourtant tellement agréable de s'entendre dire de telles paroles. Elle n'était pas sûre de les mériter, peut-être était-il aveuglé par cette amitié si particulière qui les liait ? Lorsque le jeune homme avança la possibilité qu'elle puisse oublier ce moment si ce qu'elle entendrait ne lui plairait pas, Lyra manqua de lui annoncer qu'elle ne pourrait pas vouloir oublier leurs discussions. Même si l'une d'elle devait être désagréable. Elle prenait tout, le bon comme le mauvais, l'on ne pouvait aimer à demi, ou alors ce n'était pas sincère et la seule issue était une chute douloureuse. Réconfortée en partie par les gestes délicats que le tailleur avait à son encontre, elle resta détendue comme il abordait le sujet fatidique. Les yeux de la Dornienne ne quittaient pas ceux de son ami qui était en train de lui avouer son amour pour elle. Elle qui avait toujours redouté l'instant où un homme pourrait lui faire une telle déclaration, ne sentit finalement qu'une chaleur étrange mais si douce envahir son être. La boule d'inquiétude qui lui bloquait la gorge s'envola doucement alors que Maël retira ses mains de ses épaules comme pour lui laisser le choix de faire ce qu'elle souhaitait.

     Que souhaitait-elle faire ? Que répondre ? Les lèvres pleines de la suivante s'entrouvrir alors qu'elle s'apprêtait à répondre, mais aucun son ne franchit ses lippes. Les paroles étaient vaines, elles ne reflétaient en rien ce qu'elle pouvait avoir envie de lui faire comprendre. À moins d'être doué d'une verve particulière, personne n'aurait pu témoigner de l'état de trouble dans lequel elle se trouvait. Les larmes avaient commencé à perler au coin des yeux de la jeune femme, elle inspira longuement alors qu'elle sentait les mains de Maël sur les siennes, cherchant toujours comment démêler ses sentiments pour répondre à ces si belles paroles. Mais elle ne trouva pas. Seul un geste lui vint à l'esprit. Lyra décida alors de se laisser guider par son cœur et non par son esprit comme elle essayait de le faire depuis quelques temps. Peut-être que si elle avait été plus attentive à tout cela avant, se serait-elle rendue compte des sentiments de son ami à son égard ? Elle sépara ses mains de celles du jeune homme avant de s'approcher de lui. Il était plus grand qu'elle et la Dornienne dû lever les yeux pour le regarder en face, elle se hissa alors sur la pointe des pieds et glissa ses mains de part et d'autre du visage de Maël pour les positionner sur ses joues. Puis elle avança son visage et posa ses lèvres sur celle de son ami le plus cher. Tout simplement. Un simple contact, chaste et platonique, mais qui représentait certainement plus pour elle que si elle avait agi avec moins de retenue. À ce jour, Lyra n'avait jamais embrassé un homme, pas même de cette manière, autant dire que son geste était bien plus représentatif de ce qu'elle ressentait que si une femme habituée à ce type de démonstration lui avait donné un baiser passionné. Elle avait fermé les yeux quelques instants, ne sachant pas réellement combien de temps dura ce contact, puis la Dornienne recula finalement son visage, juste de quelques centimètres, assez pour pouvoir regarder Maël.

     ▬ Je n'ai jamais été douée pour trouver les mots exacts tu sais, mais une chose est sûre, c'est que tout ce que tu viens de me dire ne peut provoquer autre chose que l'envie de rester ici, avec toi. Elle inspira longuement, reposant ses pieds sur le sol et laissant glisser ses bras sur les épaules du tailleur. Je ne sais pas pourquoi je n'ai jamais compris ce que tu viens de me dire avant que tu ne doives me le dire clairement. Pourtant la Mère Rivière sait à quel point j'ai toujours essayé d'être attentive à tes sentiments. J'espère que tu m'en excuseras Maël, je ne pensais pas que tu puisses me voir autrement que comme une amie. Elle pencha légèrement la tête sur le côté. Peut-être que j'en avais peur en fait. Lorsque tu as avoué que tu m'aimais lorsque nous étions petits, juste avant et que tu as ensuite avoué devoir me dire quelque chose d'important.... Elle marqua une légère pause, se demandant si elle devait avouer, puis considérant ce que Maël venait de faire, elle franchit le pas. J'ai eu peur que tu ne me dises que tu avais trouvé une femme que tu aimais... J'ai éprouvé de la jalousie... J'avais peur qu'une autre femme ne te vole à moi. Pourtant c'est idiot, je veux que tu sois heureux, j'ai quitté Lancehélion sans te demander avant si tu approuvais mon départ. Et je suis jalouse. Tu risques de me trouver égoïste, mais je ne pouvais pas le cacher alors que tu viens d'être sincère avec moi. »

     Un aveu bien étrange, surtout lorsque l'on constatait qu'elle avait l'air troublée par cette découverte. Lyra avait toujours essayé d'être aussi bonne que possible, développer des bons sentiments et à ce jour elle se découvrait une jalousie, sentiment qu'elle pensait uniquement réservé aux êtres égoïstes. Comme quoi, tout n'était pas blanc ou noir dans ce mode. La brune inspira légèrement, baissant les yeux un instant comme si elle craignait que cet aveu ne fasse reculer son ami. Une bien piètre faute comparée à celle que les nobles pouvaient par exemple faire. Après un petit moment de silence, elle leva les yeux vers son ami.

     ▬ Quel cruel jeu que la Mère Rivière fait, nous permettre de nous retrouver et de parler pour nous faire nous séparer ensuite. Sa vue se troubla un bref instant avant qu'elle ne se reprenne. Peut-être que tu me dis ne pas pouvoir envisager voir une autre femme prendre cette place, car tu n'as pas encore eu l'occasion de rencontrer la bonne ? Maël, je ne veux pas que tu regrettes tes paroles si nous nous revoyons après un moment de séparation et que tu auras trouvé une femme qui te conviendra mieux. Je veux que tu sois sûr de ce que tu dis, que tu puisses avoir le temps de vérifier tes sentiments. Rien ne m'attristerait davantage, que tu ne doives te refuser un autre amour parce que tu ne veux pas me décevoir. C'était dur à dire, mais elle y tenait. Le temps n'est pas un mal, il permet de renforcer les sentiments et non de les atténuer. Ceux que j'éprouve pour toi ne feront que grandir, mais je m'en voudrais de ne pas t'avoir permis de pouvoir être sûr de ce que tu ressens. »

     C'était peut-être stupide comme déclaration, mais la jeune femme n'envisageait pas que son ami puisse dire qu'il l'aimait parce qu'il n'avait encore jamais eu l'occasion de connaître d'autre femme comme elle, ou justement très différente. Il fallait qu'il puisse expérimenter et parler à d'autres femmes avant de se donner entièrement à une seule. De son côté, la demoiselle n'envisageait pas de profiter de cette « liberté » pour oublier ses sentiments, bien au contraire. Mais elle pensait à lui avant de penser à elle. Une manière de lui montrer que, même jalouse, elle voulait son bien.
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Message Mer 30 Mai 2012 - 17:40

Le cœur battant à tout rompre Maël attendait la sentence, suspendu aux lèvres pleines de la jeune femme. La peur d’être rejeté était bel et bien là, comment pouvait-il en être autrement ? Il avait exposé ses sentiments de manière claire, il ne lui était alors plus possible de se rétracter et de se cacher derrière un faible « ce n’est pas ce que je voulais dire ». Il avait enfin dit ce que son regard exprimait tout bas depuis longtemps et il ne lui restait plus qu’à embrasser la conclusion qu’en tirerait son amie de toujours. Cependant ses craintes ne parviendraient jamais à occulter le plus important : il avait été totalement en phase avec ses sentiments. Il avait été assez fou pour se croire capable de contenir son amour pour Lyra toute sa vie s’il le fallait, quitte à la voir s’éloigner pour toujours… Le tailleur avait même songé à la réaction qu’il devrait avoir si un jour la belle lui annonçait qu’elle allait se marier. Comment se comporter alors avec cet homme qui s’emparait de ce qui lui était le plus cher, qui lui volait son rêve de toujours ? Et pire encore, Lyra voyageait dans tout Westeros aux côtés de dame et il était possible qu’un jour cette dernière, puisqu’elle se souciait vraisemblablement du bonheur de sa suivante, la pousse à créer une famille. Après tout la dornienne avait maintenant vingt-quatre ans et il était rare qu’une femme de cet âge reste longtemps célibataire, surtout dans leur condition roturière. Il cauchemardait rien qu’à l’idée de se précipiter un jour dans ses bras, le cœur débordant d’affection après de nombreux mois de séparation, puis d’apercevoir ensuite la silhouette du mari dans leur dos… C’était injuste de penser ainsi, il le savait, et terriblement égoïste. Pour autant peut-il en être autrement lorsqu’on aime profondément… ? Il avait eu la force de la regarder s’éloigner… Il ne pourrait revivre la même épreuve en l’état, c’était sa conviction. Il lui fallait une certitude sur l’avenir, et finalement savoir s’il devait abandonner cet espoir fou qui faisait frissonner tout son corps, ou bien s’accorder le droit de l’aimer et de la chérir comme une femme. S’il se prenait à rêver… Comme sa femme.

Il sentit la chaleur de ses mains fines et douces quitter les siennes et il eut un pincement au cœur en songeant qu’il s’agissait d’un signe annonciateur. C’était fini, elle ne supportait même plus le contact de leurs doigts joints, elle devait se sentir effroyablement gênée par son aveu et honteuse de ne pas s’être aperçue plus tôt de l’infamie. Il n’osa pas baisser les yeux pour autant, craignant que quand il les relèverait la jeune femme ait complètement disparu de son atelier et de sa vie… La suite des évènements lui donna tord, et ce de la plus merveilleuse façon. Il sentit son visage s’embraser tandis qu’elle caressait ses joues, et il était sûr que si elle y prêtait l’oreille Lyra pouvait entendre le tambourinement de son cœur emballé dans sa poitrine. Un mélange de plaisir, d’impatience, d’excitation et d’affolement s’empara de lui. Ils étaient si proches. Il en avait tellement envie. Il retint sa respiration lorsqu’enfin leurs lèvres se joignirent dans un baiser doux, sage, mais qu’il ressentait comme mille fois plus sensuel et intense que tous les autres. Cela ne devait jamais s’arrêter… Lentement sa main gauche glissa dans le dos de la belle pour la rapprocher encore un peu contre son bassin et l’enserrait tendrement, tandis que l’autre effleura la nuque tiède et satinée de la jeune femme. C’était bien plus beau que tout ce qu’il avait pu imaginer ou espérer, c’était juste eux : simple, sincère, authentique, mais aussi timide et généreux.

Sans pour autant enlever ses mains il la laissa s’écarter pour plonger à nouveau dans son regard sombre et profond, s’y noyant d’autant plus maintenant qu’il avait goûté au parfum savoureux et délicat de ses lèvres. Il était comme dans un rêve éthéré et duveteux, les mots de Lyra raisonnaient dans son esprit tel une douce mélodie. Il y prêtait toute l’attention dont il était capable mais rien ne pouvait encore le faire redescendre sur terre, il se sentait bien, entier, profondément serein. Ainsi l’aveu de Lyra, loin de l’offusquer, tinta en résonnance avec ses propres doutes. Jaloux, tout deux… Qui l’aurait cru ? Sa main sur la nuque de la Dornienne rejoignit doucement les mèches brunes qui encadraient son visage doré et c’est avec soin qu’il les glissa derrière son oreille, cherchant à la rassurer par ce geste.

    « Il y a de nombreuses choses que j’ignore mais ceci est certain : Tu es la femme la plus altruiste et généreuse que je connaisse. Lyra… De l’index il effleura le bout de son nez. Tu n’as pas à t’en vouloir, pas une seconde. Je ne regrette rien de notre relation, de notre vie à Lancehélion jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce baiser que je n’oublierai jamais. Quant à la jalousie… Un sourire se dessina sur ses lèvres fines, amusé et enjôlé à la fois. C’est terriblement charmant venant de toi. Je n’ai jamais eu plus envie de n’être qu’à une seule et unique personne. Et d’ailleurs… Tu serais peut-être surprise si tu savais à quel point j’ai maudis tes prétendants. »

Il n’ajouta rien de plus à ce sujet afin de ne pas affoler ou gêner la belle, ce qui serait fortement malvenu dans un moment pareil. Toutefois que faire à présent ? Lyra avait ses obligations auprès d’Edarra Ferboys, il n’était pas envisageable qu’il la prive de cela, ou en tout cas qu’il lui inflige de la pression pour qu’elle quitte son travail de suivante. C’était une décision qui devait venir d’elle et d’elle seule, il serait malsain de sa part de la presser. Elle devait réfléchir. Il fallait également qu’il parvienne à passer outre le stade de l’émotion et de la passion qui bouillonnait en lui pour se poser et y songer sérieusement. Il n’était pas question de foutre en l’air les projets de Lyra simplement parce qu’il venait enfin de se déclarer. Même s’il en mourrait d’envie sur l’instant. Les paroles qui suivirent le clouèrent sur place. Par la Mère… Comment un être pouvait-il être aussi bon, au point de s’oublier en route ? Encore une fois la Dornienne mettait en avant son épanouissement et son bonheur, supposant qu’il devrait peut-être ouvrir son cœur à d’autres, car elle pouvait ne pas être la bonne, celle qui lui conviendrait le mieux… Ce sens de l’abnégation le souffla et le gorgea d’une profonde envie de lui montrer toute la force et la portée de ce qu’il ressentait. Il glissa alors au sol, posant l’un de ses genoux à terre, et prit ses mains entre les siennes. Délicatement il embrassa ses phalanges, cherchant au fond de lui les mots qui exprimeraient le mieux sa pensée.

    « Princesse… Je ne sais comment te remercier, tu es si gentille, si attentionnée. Peut-être même trop. Mais laisse-moi te dire quelque chose… Mon père avait dix-neuf ans quand il a épousé ma mère, et je crois que c’est la même chose pour le tien. Quant à moi je n’ai pas moins de vingt-sept années derrière moi… Je t’ai quasiment vu naître et j’ai connu de nombreuses personnes très différentes. Mais pas une n’a pu me faire oublier Lyra de La Lance d’Or… Alors je crois que mes sentiments sont on ne peut plus clairs. Il n’y avait pas le moindre reproche dans le son de sa voix, il voulait simplement qu’elle ne doute pas de lui. Je ne t’en voudrais jamais si tu me disais que tu souhaites attendre, ou quoique ce soit. Mais je veux que tu sois aussi sûr que moi de ce que je ressens à ton égard. Il se redressa alors lentement pour approcher son visage du sien et effleura ses lèvres. Si tu veux de moi, je t’attendrai autant qu’il le faudra… Jusqu’à notre prochaine rencontre. »

C’était une manière pour lui, sans s’imposer, de lui montrer qu’il était prêt à la conquérir pour lui démontrer la force de ses sentiments. Le tailleur n’est pas un guerrier, mais il peut prendre les armes pour ceux qu’il aime.



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Message Jeu 31 Mai 2012 - 14:07

     Il n'y avait plus grand-chose autour d'eux et pour être franc, Lyra aurait presque pu se croire revenue à Lancehélion lorsqu'ils vivaient encore tous les deux là-bas. La jeune femme esquissa un sourire aux premières paroles de son ami – et peut-être plus ? – alors qu'il déclarait qu'elle n'avait pas à s'en vouloir de tout ce qui avait été fait et elle fut rassurée. La découverte de cette jalousie était une chose nouvelle pour elle et pas franchement agréable. Ce pincement au cœur, cette boule dans l'estomac, des pensées négatives qui n'étaient pas dans ses habitudes et qui ne le seraient certainement plus avant un long moment vu la manière dont elle se sentait après cela. Lorsque Maël avança le fait que la jalousie était charmante venant d'elle, la suivante se montra amusée. C'était finalement une bonne chose qu'elle puisse avoir décidé de tout lui avouer, après tout, il n'avait pas l'air de prendre son aveu comme un mal, bien au contraire. Elle finit par rigoler légèrement lorsqu'il fit état de ses prétendants. En avait-elle déjà eu ? À Lancehélion il y avait bien quelques jeunes qui avaient poussé le charme un peu plus loin que de simples sourires, mais ils ne souhaitaient rien de plus que des remises sur les chambres de l'auberge, elle le savait bien. Secouant la tête avec douceur, elle répondit brièvement.

     ▬ Soit rassuré Maël, je n'ai pas de prétendants dont tu dois te soucier. »

     Enfin, mis à part lui désormais. L'idée de voir Maël comme un éventuel futur compagnon était étrange, mais d'un autre côté elle se sentait étrangement bien. Lyra avait toujours craint de devoir un jour laisser un homme faire preuve de tendresse avec elle, à son âge elle n'était pas encore mariée et encore très ignorante de la vie amoureuse - ou sexuelle - c'était peut-être autant pas désir de se préserver que par peur. Pour le moment, elle ne souhaitait pas imaginer trop de choses à ce niveau, qui sait, peut-être que le beau tailleur allait découvrir une femme intéressante qui viendrait lui acheter des robes et qu'elle deviendrait sa nouvelle princesse ? Après cela, Lyra aurait encore plus de mal à s'en remettre si elle avait commencé à voir son ami de toujours comme l'éventuel père de ses enfants. Le jeune homme s'agenouilla alors au sol, tenant ses mains dans les siennes avant de reprendre la parole pour lui dire qu'elle était peut-être trop attentionnée. C'était un fait, mais elle avait été élevée de la sorte voilà tout. La Dornienne garda ses prunelles sombres posées sur le visage mate du jeune homme. Oui, leurs parents s'étaient mariés jeunes et ils avaient aussi eu des enfants très jeunes, à l'âge de Lyra, sa mère avait déjà deux filles et aurait pu en avoir plus si elle n'avait pas été obligée de travailler dans l'auberge et donc de se fatiguer physiquement parlant. Il termina finalement en lui annonçant que si elle souhaitait attendre un peu, il patienterait jusqu'à ce que leurs chemins se croisent à nouveau. Elle resta silencieuse un bref instant, hésitant entre le désir de dire qu'elle souhaitait rester ici avec lui, mais sachant bien qu'elle devait rester auprès de sa dame. Un léger soupir avant qu'elle ne réponde.

     ▬ À notre prochaine rencontre nous parlerons sérieusement de cela Maël. J'aimerais pouvoir dire que je veux rester ici avec toi, mais tu sais aussi que je ne peux pas faillir à la parole que j'ai donné à lady Edarra. Elle ne cherchait pas d'excuses, se contentant de dire les choses comme elles étaient. Nous nous reverrons très bientôt, j'en suis sûre et à ce moment nos esprits auront eu le temps de savoir ce qu'ils veulent réellement, même si je pense que c'est déjà le cas maintenant. »

     D'un côté, elle avait le sentiment que finalement, depuis toujours ils avaient été trop proches pour pouvoir rester de simples amis. Après tout, les parents de la jeune femme s'étaient connus depuis toujours aussi et elle savait qu'ils aimaient énormément Maël au point de le considérer déjà comme un membre de leur famille. Les yeux de la demoiselle posés sur le visage du tailleur si proche d'elle qu'elle voyait tout le dégradé de ses iris, elle constata avec surprise que cette proximité ne la gênait guère. Elle se sentait à l'aise avec lui tout simplement. Un sourire encore plus amusé s'étendit sur les lèvres de la Dornienne comme elle sentait ses lippes effleurer celles du tailleur, puis elle reprit quelques mots.

     ▬ Le temps passera vite tu verras et nous serons heureux d'avoir décidé d'attendre un peu. »

     Elle devait y aller, le temps défilait tout de même et si elle traînait encore Lyra allait devoir rassurer Obara en lui disant qu'elle n'avait pas été tuée dans une ruelle de Villevieille. Approchant encore un peu alors que leurs lèvres s'effleuraient toujours, elle passa ses bras autour de Maël puis glissa sa tête dans le cou du jeune homme avant de lâcher quelques mots à son oreille.

     ▬ Il me tarde que ce jour arrive. »

     Quand ? Où ? Elle ne le savait pas, mais il arriverait voilà tout. Lyra recula alors, déposant une bise au coin de lèvres de Maël juste avant de reculer d'un pas. Ses yeux toujours dirigés vers ceux de son ami, elle inspira légèrement, détournant son minois vers la porte qu'elle contempla avec regret. L'idée de le laisser seul ici ne lui faisait vraiment pas plaisir, mais elle n'avait pas le choix. Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure avant d'approcher de la table où la robe de sa dame était encore posée, puis elle la plia avec soin avant de la prendre contre elle. Le cadeau de Maël avait déjà trouvé sa place, glissé dans sa robe pour éviter qu'il n'attise l'envie de voleurs du coin. Regardant une fois de plus le tailleur, elle lui offrit un sourire sincère.

     ▬ Je dois y aller, mais nous ne serons jamais loin et nous nous reverrons très bientôt je te le promets. »

     Elle lui adressa un geste de la main avant de se détourner à regret pour se diriger vers la porte et la passer, jetant un dernier regard derrière elle pour voir son ami avant plusieurs – trop – longues semaines. Attendre avait toujours été facile pour elle, mais étrangement elle avait le sentiment que cette fois-ci la difficulté serait bien plus présente.

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Maël
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Message Lun 2 Juil 2012 - 18:20

L’heure de se dire au revoir était on ne peut plus proche à présent, Maël en était intérieurement mortifié. Il n’avait pas envie de la laisser s’en aller loin de lui et il se sentait même capable de crier qu’il préparait son sac sur le champ pour prendre la route avec elle. C’était tellement facile et plaisant comme projet… Folie. Quels que soient ses sentiments pour la jolie dornienne, il ne pouvait pas se permettre de tout laisser tomber sans y réfléchir posément, à brûle-pourpoint… Ses affaires à Villevieille commençaient tout juste à fructifier, ce n’était pas le moment d’abandonner cet atelier qu’il avait eu tant difficultés à hisser à un rang convenable. Notamment pour un dornien dans le Bief, les inimitiés ont la peau dure. Il ne pouvait pas renoncer à son travail, d’une part pour son propre honneur et ne pas finir sans argent mais aussi – et peut-être surtout ? – pour être en mesure d’assurer un avenir à Lyra. N’était-ce pas au fond ce qu’il désirait plus que tout ? Avoir une situation solide, parvenir à élever sa condition, pour offrir à femme et enfants un futur plus radieux et facile ? Oui, c’était cela… Le tumulte brûlant de ses sentiments ne devait pas lui faire perdre de vue son noble et exigeant objectif. Si lui et Lyra en venaient à concrétiser leur histoire dans les semaines à venir, il devait avoir les reins suffisamment solides pour qu’elle ne manque de rien. Comme une princesse…

Le tailleur inspira profondément, dans l’espoir un peu fou de remettre correctement ses idées en place. Il savait pertinemment que la belle disait vrai, il était de son devoir de retrouver sa place aux côtés de lady Edarra Ferboys, tout comme le sien était de mener sa barque vaille que vaille dans la faune marchande bieffoise. Par égard pour elle, il essaya de lui cacher le fond de sa pensée et le désir profond qu’il nourrissait : vivre et s’épanouir avec elle, sans patienter davantage et perdre une seconde de leur histoire de plus. Il s’en voudrait de la bousculer et presser sa prise de décision, elle savait à présent ce qu’il ressentait à son égard… C’était le plus important. L’heure du choix viendrait bien assez tôt pour les deux amis d’enfance, il en était aussi intimement persuadé qu’elle. Bientôt ils se reverraient, bientôt ils sauraient. En attendant… Il devait se montrer endurant et persévérant.

    « Oui, je sais… C’est ce qu’il faut faire. Lady Edarra a besoin de toi auprès d’elle. Elle n’était pas la seule, cela dit. Il lui adressa un tendre sourire. J’attends ce moment avec impatience princesse. »

Le cœur battant il l’accueillit au creux de ses bras, la pressa délicatement contre son cœur et soupira d’aise à ce contact hypocoristique. Elle assura à son tour que le jour de leurs prochaines retrouvailles lui tardait. Il se retint de la questionner à ce sujet sur les modalités de ses futurs déplacements. La dame Ferboys n’allait-elle pas sous peu rejoindre son fief, dans les Osseux, emmenant avec elle ses gardes ainsi que toute sa suite ? A ce moment-là, comment pourraient-ils se revoir ? Les yeux céruléens du tailleur se fermèrent furtivement à cette pensée et il serra encore un peu plus Lyra contre lui. Une subtile et douce pression qui ne trahissait qu’un maigre centième de sa présente inquiétude, mais il fallait qu’il soit fort. Son amie de toujours devait avoir encore beaucoup à penser, sans pour autant savoir quelles étaient les pérégrinations prévues. Inutile de la troubler avec ses anxieuses questions. Il relâcha lentement sa prise et eut une risette un rien niaise à ce baiser papillon déposé au coin de ses lèvres. Quelle troublante impression de sentir toutes ses angoisses se volatiliser en une délicate embrassade… Il se sentait aérien, vaporeux, intouchable. Bien. Sans qu’il n’y prenne garde Lyra était déjà prête, elle avait récupéré la robe reprisée de sa maîtresse ainsi que le châle qu’il venait de lui offrir. Tout allait toujours si vite. Un faible « Je comprends » passa la barrière de ses lèvres serrées et il fit un effort incommensurable pour répondre à son geste de la main.

    « Sois prudente surtout. Je penserai à toi Lyra… Bonne chance et à très bientôt. »

Maël s’avança à la suite de la ravissante damoiselle comme guidé par son délicat et suave parfum puis, passant le nez derrière sa porte, il s’assura qu’elle n’était pas importunée sur le chemin par un quelconque badaud dépourvu d’éducation… Jusqu’à ce qu’elle sorte de son champ de vision et qu’il ne la perde définitivement dans la foule massive, même hissé sur la pointe des pieds. Un mélancolique soupir lui échappa tandis qu’il refermait l’huis de son atelier. Il s’en voulait à présent de ne pas s’être proposé pour la ramener auprès de la suite de sa dame en toute sécurité. Il n’était certes pas un grand guerrier, loin de là même, ses doigts savaient coudre, broder, tisser mais ignoraient tous les détails de l’art du combat. Tout au plus savait-il se défendre et esquiver les coups portés lourdement à son encontre. Malgré tout, il aurait dû l’escorter, cela aurait apaisé son inquiétude et lui aurait octroyé un peu plus de temps en sa compagnie… Sans compter que Lyra aurait sans doute apprécié la galanterie du geste. Il pesta contre son manque de discernement, il était décidément bien trop prompte à être emporté par la magie du moment et en oubliait toutes les bases. D’un pas morne Maël retrouva le bureau qu’il occupait avant cette charmante visite et se pencha à nouveau sur l’ouvrage d’Arthur Tyrell. Il y avait une rose d’or sur le feu, qui n’attendrait pas le lendemain pour être généreusement entretenue… L’échéance approchait et le client était important, il ne lui était pas permis de fournir cette précieuse commande avec du retard. Se persuadant qu’il n’arriverait aucun mal à Lyra et qu’ils se reverraient bientôt, il reprit ses fils et ses aiguilles, transformant sa frustration et son chagrin en promesse de retrouvailles et en force créatrice.



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