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L’originalité, c’est l’art de savoir camoufler sa source ▬ Lotho

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Message Ven 3 Fév 2012 - 13:39

     Lyra séjournait depuis quelques jours à Villevieille, jours qui s'étaient rapidement transformés en semaines d'ailleurs et l'impatience commençait à gagner la jeune femme qui craignait pour la santé et la sécurité de sa dame. Elle avait eu des échos de la bataille qui s'était déroulée là-bas, des chevaliers qui étaient partis de Salvemer et avaient raconté que la ville avait été attaquée par les pirates Fer-nés, tuant bon nombre de malheureux qui se trouvaient dans les rues de la ville à ce moment. La Dornienne était assise à une table dans la taverne et lorsqu'elle avait entendu ces paroles, son sang n'avait fait qu'un tour et son estomac s'était contracté sous le coup de la peur, elle s'était aussitôt retournée pour poser des questions aux chevaliers qui avaient répondu en rigolant franchement. Ils se gaussaient de la malheureuse suivante en lui demandant ce qu'elle avait bien à s'inquiéter des Fer-nés dans son pays natal, il avait fallu que l'un des gardes qui accompagnait les suivantes de lady Edarra intervienne, pour que les butors cessent de railler la jeune femme. Celle-ci avait été sincèrement inquiète jusqu'à ce qu'elle tombe enfin sur quelqu'un d'assez bon pour lui répondre. Il avait été nécessaire qu'elle fasse la tournée de table pour interroger les clients afin que l'un d'entre eux explique qu'il avait été à Salvemer et que la dame Dornienne qui séjournait là-bas était en sécurité. Elle s'était défendue et avait été protégée par l'Épée du Matin en personne à la fin de l'attaque. Le cœur de Lyra s'était donc senti soulagé d'une grosse pression et elle avait enfin trouvé un peu de quiétude. Juste assez pour pouvoir s'endormir sans trop de peine, contrairement aux nuits précédentes alors qu'elle attendait la venir de la noble Dornienne.

     Le lendemain avait donc été une source nouvelle d'impatience, puisqu'elle était rassurée – en grande partie du moins – sur la santé de sa dame, Lyra avait une raison pour fouiner un peu dans la ville où elle séjournait, puis par la même occasion, apprendre à la connaître. Obara sa compagne suivante était on ne peut plus soulagée de se libérer un peu de la jeune femme qui avait le don de faire une montagne de quelques détails. Il était vrai que Lyra avait une certaine capacité à tout tourner au drame et à échafauder les pires possibilités et ne pouvait s'en empêcher qu'à condition d'occuper son esprit. La demoiselle était donc sortie dans la rue pour commencer à vadrouiller le nez au vent, sans réellement savoir où elle comptait aller. Avoir grandi à Lancehélion lui permettait au moins de ne pas craindre de se perdre dans une ville inconnue, elle retrouvait toujours son chemin ! Alors que ses pieds nus foulaient le sol pavé des ruelles de Villevieille, l'attention de la jeune femme fut attirée par deux dames en train de glousser derrière leurs mains. Ce que ces dames pouvaient être risibles, heureusement que lady Edarra n'était pas du même acabit ! Lyra leva les yeux au ciel d'un air lassé avant de tourner la tête pour suivre leur regard – après tout autant savoir ce qui transformait une Biefoise en dinde – puis posa les yeux sur une silhouette vêtue différemment que celles autour d'elle. Une masse de cheveux longs et foncés lui tournait le dos et Lyra l'observa en silence, plantée au milieu de la rue jusqu'à ce que quelqu'un lui rentre dedans.

     ▬ Hey ! Faites attention ! »

     L'homme qui venait de la bousculer lui décrocha un regard contrarié et Lyra jugea préférable de décamper, elle se dirigea donc vers la silhouette inconnue au moment où l'homme - puisqu'il semblait que s'en était un, même de dos - se retourna pour prendre une autre direction et fendre la foule. La Dornienne eut juste le temps d'apercevoir une sorte d'épée qui pendait à son flanc, mais pas les épées qu'elle avait aperçues dans les mains de Gerold ou d'autres gardes de Westeros. Aussitôt, la curiosité de la jeune femme fut piquée, elle s'imaginait déjà toute une foule de choses, était-ce une épée aussi particulière que celle de ser Oberyn Dayne ? Les questions se bousculaient dans sa tête et sans trop réfléchir, la Dornienne emboîta le pas à l'inconnu en le suivant, quelques mètres en retrait pour qu'il ne remarque pas son intérêt. Pourquoi ? Aucune idée, elle voulait essayer de voir cette épée de plus près sans pour autant aborder l'homme en question, Lyra avait déjà tellement été rabrouée dès qu'elle avait eu l'audace d'aborder des gens, elle ne tenait pas à réitérer l'opération immédiatement. Persuadée d'être la discrétion faite femme, la suivante pistait donc l'homme qui marchait dans les rues de Villevieille, s'arrêtant de temps en temps pour faire mine d'observer une marchandise sur un étal lorsqu'elle voyait que l'homme s'attardait.

     Consciente d'agir comme une enfant, Lyra se pressait de chasser les pensées qui essayaient de la rappeler à la réalité, ce n'était pas comme cela qu'une suivante devait se comporter ! Mais lady Edarra n'était pas là et Obara non plus pour lui tirer les oreilles dès qu'elle regardait sottement l'épée d'un garde. La patience n'était pas son fort lorsqu'elle ne savait pas pour quelle raison elle devait attendre, il fallait donc qu'elle s'occupe l'esprit. C'était pour la bonne cause ! Lyra tourna la tête en direction de l'homme après avoir brièvement regardé une marchandise sur un étal, puis à sa grande surprise, ne le vit plus ! Il semblait s'être envolé soudainement et la déception submergea la jeune femme qui laissa retomber ce qu'elle tenait en main pour s'élancer dans la foule d'un pas rapide et s'arrêter à l'endroit où l'inconnu était dressé quelques secondes auparavant. Rien ! La Dornienne se dirigea donc vers la seule ruelle présente dans cette rue passante et tourna au coin d'une maison au pas de course, sans se douter que quelqu'un était arrêté juste derrière. La collision ne fut pas extrêmement forte, mais la jeune femme sentit son nez s'écraser sur l'épaule de la personne et les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux alors qu'elle relevait ses mains pour les presser sur son nez en gémissant légèrement.

     ▬ Aaaaah, je suis désolée je ne vous avais pas vu ! »

     Son nez l'élançait légèrement et les larmes qui n'étaient pas celles de la douleur, mais simplement celles d'une forte sensibilité nasale, brouillèrent provisoirement sa vue jusqu'à ce qu'elle lâche enfin son visage en essuyant ses yeux de jais du revers de la main. Le temps de cligner quelques fois des paupières et ses prunelles sombres se posèrent sur le malheureux qui s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Et qui bien sûr n'était autre que l'homme qu'elle avait maladroite pisté depuis une dizaine de minutes. Ses yeux s'entrouvrirent de surprise comme si elle se trouvait face à quelqu'un qu'elle connaissait où qui venait de la surprendre, puis elle bafouilla quelques mots.

     ▬ Vous.. Vous aviez disparu ! »

     Ce n'était pas très explicite ou au contraire trop explicite pour ce qu'elle voulait faire, à savoir être discrète dans son pistage. Elle laissa retomber ses bras bronzés le long de son corps avant de baisser les yeux vers le sol comme si ses réponses étaient inscrites sur les pavés de la rue, mais n'y vit rien de plus que la preuve qu'elle n'était pas douée pour les discours. Lyra redressa son minois vers l'homme avant de réitérer la tentative de communication.

     ▬ Vote arme ! Ce n'est pas une épée ! »

     Elle désigna ce qu'elle croyait être une épée qui pendait à la ceinture de l'homme. Son ton était tellement enjoué et ses paroles tellement anarchiques qu'il allait encore la prendre pour une folle ou une personne de faible intelligence. Cela ne serait pas la première fois que son engouement et son intérêt pour quelque chose seraient mal interprétés. La Dornienne laissa retomber son bras comme si elle se rendait compte de l'étrangeté de son comportement, puis elle inspira légèrement avant de conclure cette intervention pour le moins... Originale.

     ▬ Vous n'êtes pas chevalier n'est-ce pas ? »
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Message Sam 4 Fév 2012 - 10:22

La journée était déjà bien levée lorsque le Braavosi sortit de l'auberge où il avait séjourné durant la nuit. Le convoi de marchands qu'il avait escorté était arrivé très tard à Vieilleville, après un voyage depuis Port-Réal qui fut réellement harassant. Les commerçants étaient venus pour profiter d'un marché important dans cette ville du Bief, l’appât du gain ne les empêchant pas de ne pas avoir l'habitude des mauvais temps. L'automne qui avait commencé les avaient gratifiés six jours durant d'une pluie battante, renfonçant les ornières et inondant de boue même les routes les plus praticables. Ce temps éreintant avait forcé tout le convoi à jeter de larges forces physiques pour pousser les chariots, sortir les chevaux des trous d'eau, réparer les essieux. Une aventure en soi ce voyage, c'était d'ailleurs sans compter sur l’éreintante stupidité des marchands, persuadés que des brigands allaient sortir de tous fourrés, priants les Sept au moindre coup de tonnerre, n'écoutant aucun des conseils de la troupe d'escorte dont Lotho avait reçu le commandement. Par moments le spadassin avait bien cru que ses hommes allaient faire le travail que les marchands attendaient des brigands, par volonté de conserver leur santé nerveuse. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il aurait fini par les laisser faire mais ensuite ils auraient tous eu une très mauvaise réputation, il fallait bien le concéder au bon sens.

Ainsi donc Lotho n'avait-il pu prendre son repas, son bain et enfin dormir qu'à la moitié de la nuit, payant de ses propres deniers l'effort qu'il demandait à un tenancier déjà fourbu par une soirée de veille de marché. Le client est roi en Westeros, tant qu'il peut rallonger la gratification pécuniaire. Après avoir dormi de nombreuses heures, il avait fini par émerger avec une lassitude et une maussaderie encore tenace. Lui et quelques uns de ses anciens subordonnés avaient pris un déjeuner frugal dans une salle bondée de monde, avant de sortir de son lieu de repos dont il avait déjà réservé une chambre pour la nuit. Rassuré quand à la possibilité de pouvoir trouver un lit pour dormir ce soir, il fronça les yeux devant le ciel maussade. Manifestement il ne pleuvait plus, ce qui était loin de lui déplaire mais les nuages étaient encore bien chargés, jetant un œil à ses vêtements il en remarqua la crasse la plus absolue. Ses rechanges étaient également salis à n'en plus pouvoir. Bien que le prestige de sa cité ne l'intéressa plus le moins du monde, il n'en restait pas moins un danseur d'eau. Sa fierté personnelle l'empêchait de se considérer comme un quelconque maraud de ces terres pouilleuses. Aussi décida t-il de son programme prioritaire de la journée : Trouver une blanchisseuse pour ses vêtures, ainsi qu'un barbier pour sa prestance. Il lui était plus que nécessaire de faire peau neuve incessamment sous peu.

De plus, ces deux corps de métiers étaient connus pour être parmi les plus bavards d'une cité. Ce dernier détail lui serait également bien utile, eut égard au fait que même si sa priorité était de retourner à Port-Réal, il lui serait bien plus acceptable de le faire contre monnaie sonnante et trébuchante. Ces braves gens qui s'occuperaient de lui seraient parmi les plus à même de le renseigner sur les quelques contrats qui pourraient se proposer à lui. A bien y réfléchir ses erreurs avaient rendu sa situation on ne peut plus précaire. Outre quelques contrats juteux, il s'efforçait le plus souvent de vivoter comme il le pouvait, devant parfois se résoudre à forcer les portes d'une grange pour dormir, quitte à se faire sortir manu militari le lendemain matin par le propriétaire des lieux. Encore heureux qu'il soit assez rapide et agile pour échapper aux milices locales. Ce genre d'incident lui était au final arrivé peu souvent mais si cela venait à se généraliser, il pourrait couper à marquer de croix noires des lieux dans le royaume, chose qu'il tenait absolument à éviter. Dans tous les cas elle était loin, l'opulence de la vie de Danseur d'eau à Braavos, la certitude du toit où dormir ...

Alors qu'il était perdu dans ses pensées les plus maussades il tourna à l'angle d'une rue, manquant dans cette manœuvre de percuter deux personnes. De sexe féminin, au vu des décolletés plongeants qui faisaient face à son regard plus ou moins porté vers le sol fangeux. Charmante vision de chairs opulentes qui lui fut vite interdite par la voix de crécelles d'une des deux donzelles :

- Grands dieux ! Adélaïde ma chère, il me semble que nous allions nous frotter à un ivrogne !

Ivrogne ? Voilà là bien un qualificatif qui ne pouvait point lui correspondre à l'heure actuelle. Certes il lui arrivait d'abuser de la boisson aussi souvent que cela lui était possible, mais cependant une des règles principales que son maître d'armes lui avait apprises était on ne peut plus simple : lorsque l'on est en service, il ne faut pas se laisser se détourner par quelque substance que ce soit de l'accomplissement de celle ci. Cette politique du corps sain lui valait toujours de nombreuses railleries au vu du nombre de brutes qu'il pouvait fréquenter dans son métier de mercenaire. Mais lui était encore vivant, contrairement à la majorité d'entre eux. Lotho rejeta le souvenir fugace des instants d'apprentissage pour mieux de concentrer sur sa situation actuelle. Au vu de leurs livrées, les deux pintades qui se raillaient de lui étaient de plus grande extraction que l'ensemble du bousin qui les entouraient tous trois. Qui disait vêture avenante, disait argent. Ni une ni deux il saisit son feutre orné d'une plume et se fendit avec prestance et grâce d'une profonde révérence, avant de rétorquer :

- Veuillez pardonner mes errances mesdemoiselles. Je suis enivré, du plus doux des spiritueux, votre beauté !


Les deux jeunes femmes gloussèrent avec entrain, tout comme on peut l'attendre d'une pintade, d'une dinde, d'une poseuse, d'une ... Enfin bref. Ravi de son effet Lotho se releva en décochant un sublime sourire agrémenté d'un œil on ne peut plus charmeur. Son accent Braavosi semblait avoir encore une fois on ne peut mieux appuyé ses excuses, qu'il était doux de posséder un accent étranger en terres barbares ! Gratifiant les deux greluches d'un baisemain, il eut l'impression de se faire pardonner pour la venue des démons sur terre et la hausse du cours du lin, le tout en même temps. Satisfait de sa pirouette spirituelle, il reprit prestement sa route. Peu après il entendit la clameur d'une demoiselle, demandant à un homme de s'excuser. Par réflexe il se retourna, la main sur la poigne de sa rapière, mais manifestement cette dernière ne demandait qu'à un ruffian déjà loin de s'excuser, aussi reprit-il sa route sans toute autre manière. Rechercher la querelle en elle même ne pouvait se faire qu'en deux occasions selon les spadassins de Braavos : Pour défendre l'honneur d'une dame agressée ou bien alors lorsque celle ci nous enflamme tellement le cœur de telle façon que raison et instinct de survie, d'un commun accord, n'ont plus cours. La demoiselle n'étant pas en danger immédiat Lotho tourna les talons et continua sa route dans une direction plus que primordiale pour l'accomplissement du reste de la journée : le dirigeant de la compagnie de marchands qu'il avait escorté.

Se repérant aux sons émis par la place du marché, le Braavosi erra de rues en ruelles jusqu'à atterrir sur la place principale de la ville. Couverte d'étals aux milles tentures qui se voulaient flamboyantes, damnées intempéries cachant un soleil fort amène, ce coup du sort ne semblait pour autant pas entamer l'enthousiasme des commerçants autant que celui des clients. Le danseur ne put s'empêcher de penser, avant de fendre la foule, que ce marché était ridicule, minable, comparé à ceux de sa ville natale. Certes alors qu'il marchait dans les allées créées par l'enchevêtrement anarchique des étals il vit bien quelques pièces de valeur devant lesquelles il s'attendrit quelque peu, mais cela n'avait rien à voir avec la Cité Libre et marchande par excellence dont il était issu. D'humeur encore plus maussade au vu du nombre de souvenirs du lieu qu'il ne pourrait plus jamais fouler, il finit par accéder à l'étal qui l'intéressait. Le commanditaire de leur transport était en pleine discussion avec un groupe d'autres membres de sa corporation si respectée et pourtant extrêmement perfide. Enfin il s'arrêta à proximité d'eux et se racla la gorge bruyamment pour signaler sa présence. Manifestement son timbre vocal interpella le marchand qui vint vers lui avec un sourire mielleux, ouvrant son orifice bondé de chienlit pour dire :

- Ah ! Monsieur Volentin ! Ravi de vous voir réveillé et en bonne santé ! Voici votre paiement, j'espère que ce désastreux voyage ne vous empêchera pas de prendre le commandement de notre troupe au retour.

Tout en dissertant avec une certitude criminelle du voyage de retour, l'homme tendit une bourse en cuir remplie d'argent au spadassin. Ce dernier se contenta de garder le visage fermé et un silence profond, seuls ses yeux pers trahissaient la colère et le mépris qu'il éprouvait à l'encontre de son débiteur. Ce dernier sembla le sentir alors qu'il dressait un regard plein de confiance eut égard à l'efficacité du service rendu. Après que le spadassin ait saisi rapidement la bourse contenant sa paie, le marchand finit la conversation en ces mots, sur un ton hésitant :

- Hem ... Bien. Bonne chance monsieur Volentin. Je vous ais octroyé une rallonge au vu de vos services. Puissent les Septs vous accompagner à l'avenir.


Sans prendre garde à sa bénédiction, Lotho tourna les talons. Son but était maintenant de recompter sa solde dans un endroit tranquille, à l'abri de tous regards disgracieux. Reprenant sa route d'un pas plus rapide, le Braavosi fendit la foule qui stagnait dans le marché à grand pas. Après avoir rabattu la demie capeline sur son bras gauche, il soupesa de la même main la bourse. Manifestement au poids le compte y était. Cela lui rappela une de ses premières missions, durant laquelle la paie avait été lestée de graviers, il préférait s'assurer de la véracité du paiement. Même si il fallait bien avouer que les marchands des sept couronnes étaient bien plus honnêtes que ceux de la Cite Libre. Une fois sorti du marché, il se mit à rechercher une ruelle discrète où il pourrait recompter sa solde sans avoir à se préoccuper de la foule. A force d'investigations il finit par aviser une ruelle sur son coté, fort à propos pour recompter tranquillement son du. D'un écart de pas, il se redirigea vers cette dernière en fendant la foule avec maints sourires forcés et autres politesses hypocrites. Adossé à un mur de son petit lieu de tranquillité, il ouvrit minutieusement la bourse et se mit à examiner son contenu, recomptant prestement les pièces tintant entre elles. Au moins le marchand n'avait pas été avare en parlant de rallonge, cela était certain. Pour la première fois de la journée, un vrai sourire se dessina sur son visage, il pourrait rentrer à Port-Réal sans le souci de voyager à perte, mais la recherche de travail n'était pas encore commencée alors mieux valait rester calme et posé.

C'est alors qu'il sentit une pression forte contre son épaule, suivi d'un léger cri de surprise. Par réflexe, il se retourna, main à l'épée et regard acéré. Il tomba nez à nez avec une jeune femme qu'il lui semblait avoir déjà vu, mais le souvenir était vague et brumeux. La jeune femme pendant ce temps semblait s'excuser de ne pas l'avoir vu, fort bien, mais si elle ne regardait pas devant elle quand elle marchait il n'avait pas à l'en excuser, même si c'était profondément stupide. Pendant qu'elle se massait le nez, Lotho fit un pas de trois pour se tenir à distance parfaite en cas de combat, regardant d'un œil vif autour de lui pour voir si ce n'était pas une embuscade. Son interlocutrice quand à elle avait fini par ouvrir sur lui de grands yeux étonnés ... Mais décidément quel fol esprit lui trottait dans la tête à celle là ? Elle fini par bafouiller, ou disserter brièvement selon les sensibilités sur le fait que Lotho avait ... Disparu ? Il dit résister à l'envie de lui dire que cela s’appelait tourner à l'angle d'une rue ... Dans tous les cas il commençait à se demander si malgré son joli minois elle n'avait pas été finie à la masse, tandis qu'elle baissait les yeux vers le sol en semblant chercher ses mots il arriva enfin à se rappeler où il l'avait vue : elle avait hurlé après un rustre tout à l'heure dans la rue. Décidément il était fort dommage que ce dernier n'ait pas rétorqué, car il se serait fait un plaisir de voler à son secours pour en tirer quelques récompenses. Elle avisa sa rapière, arguant que ce n'était pas une épée, ce qui était en soi une remarque qu'il entendait tellement souvent qu'il n'y faisait plus attention. Dans tous les cas son empressement à se ridiculiser commençait à devenir gênant, le spadassin la prenant presque en pitié entre deux pointes d'impatience. Enfin elle finit par affirmer après moult difficultés qu'il n'était pas chevalier. Certes. Bon point.

Lotho se retrouva dans une situation particulière, coincé dans une ruelle avec une personne qui semblait s'embrouiller dans son propre esprit. Après l'avoir dévisagé une dernière fois, il finit par enlever sa main de la garde de son épée, rentra sa bourse d'argent dans son pourpoint de cuir et finit par répondre avec un certain amusement dans la voix :

- Contrairement aux apparences, vous faites preuve d'un certain sens de l'observation demoiselle. Certes il peut s'avérer inexact, mais permettez moi de venir à votre secours en répondant à quelques questions. Je suis en effet tout autre chose qu'un de vos chevaliers, mais cette lame est bien une épée, très exotique à vos yeux mais pourtant diablement mortelle. Et je n'avais pas disparu je vous rassure, même si cela pourrait s'avérer très pratique.

Revenant à une distance moins propice à porter la mort, il souleva son feutre et accomplit une légère révérence avant de dire avec un sourire chantant :

- Mais je m'égare là bien loin des convenances, permettez moi de me présenter : Lotho Volentin, Danseur d'eau, rimeur, bretteur, hâbleur et paraît-il également charmeur. Serait-ce trop vous demander à qui ais-je l'honneur ?
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Message Sam 4 Fév 2012 - 16:41

     Le bref instant de silence qu'elle laissa passer lui permit de se rendre compte qu'elle se comportait comme une sotte et si son teint halé le lui avait autorisé, nul doute que Lyra aurait rougi sous le coup de la honte. Ce qu'elle pouvait ressembler à ces femmes qu'elle méprisait tant dès qu'une nouveauté se présentait à elle, en tous les cas, vu la manière dont l'étranger la dévisageait, la Dornienne était en droit de penser qu'il devait aussi avoir remarqué son attitude aussi décalée que ridicule. Restait à espérer qu'il ne garderait pas une mauvaise première impression de son entrée en matière, elle avait beau être très liante, les prises de contact n'étaient pas son fort. Les prunelles de jais de la jeune femme se baissèrent une fois de plus vers l'arme si particulière de l'homme alors qu'il en ôtait sa main, l'avait-il prise pour un danger quelconque ? L'idée qu'elle puisse avoir l'air dangereuse la fit sourire légèrement, elle qui savait tout juste manipuler une dague sans se trancher un doigt, comme quoi la prudence de l'étranger semblait bien davantage présente dans les mœurs de son interlocuteur. Toujours silencieuse, la suivante leva les yeux vers le visage de l'homme alors qu'il prenait la parole dont l'intonation manifestait un amusement, certainement en raison de l'attitude de la jeune femme. Une fois de plus elle se sentit ridicule, mais fit un effort poussé pour ne rien en montrer.

Il éclaira alors sa lanterne d'une manière si originale qu'elle en déduisit qu'il ne devait pas être de ces contrées, les hommes du Bief étaient bien trop arrogants à son goût, lui avait l'air beaucoup plus poli. Elle orienta à nouveau ses yeux vers l'arme de l'étranger alors qu'il expliquait qu'elle était bel et bien exotique et mortelle, remarque qui la fit sourire, toutes les armes étaient mortelles non ? Elle n'aimait pas les combats, mais il fallait avouer que Lyra prenait toujours beaucoup de plaisir à voir les gardes s'entraîner, les parades et les mouvements qu'ils empruntaient, c'était très divertissant du moment qu'il n'y avait pas de sang. L'inconnu approcha alors sous le regard de la demoiselle qui le dévisageait sans gêne aucune, la Dornienne avait toujours eu l'habitude de scruter les gens dans les moindres détails au risque d'avoir l'air grossière. La manière dont l'homme était vêtu suffisait à provoquer l'intérêt de la suivante qui ne se privait donc pas d'emmagasiner un maximum d'informations, trépignant déjà d'impatience à l'idée de pouvoir conter cette rencontre à sa dame lorsqu'elle la reverrait. Le salut offert par le combattant fit son petit effet, peu accoutumée à ce genre d'attention Lyra ne put s'empêcher de sourire de toutes ses dents, charmée de constater que son origine clairement visible n'entrait pas en ligne de compte. Les qualificatifs qu'il utilisa pour se définir semblaient tout à fait exacts, mais l'un retint particulièrement son attention : danseur d'eau. Comme tous les habitants de Westeros, la demoiselle en avait entendu parler, mais n'imaginait pas avoir le plaisir d'en rencontrer un en plein milieu du Bief. Oubliant sa résolution d'essayer de se comporter moins étrangement, elle répliqua aussitôt d'un ton enjoué teinté d'intérêt.

     ▬ Danseur d'eau dites-vous ?! Si loin de Braavos ? Je n'ose y croire, je ne pensais pas en rencontrer un au cours de mes voyages ! Elle joignit ses mains devant elle avant de se rendre compte qu'elle avait fait fi des règles de politesse et se rattrapa aussitôt. Je m'appelle Lyra, je suis la suivante de lady Edarra Ferboys, noble dame de Dorne. Une certaine fierté transparaissait dans sa voix alors qu'elle enchaînait. Charmeur j'en conviens, vous êtes le premier homme que je croise qui prend la peine de saluer une suivante aussi élégamment. Réservez plutôt cela pour les nobles dames, elles sauront certainement mieux vous en récompenser. »

     Elle ne disait absolument pas cela de manière hostile ou moqueuse, mais il était certain qu'une noble dame pouvait davantage manifester sa reconnaissance qu'une simple roturière. Quoi qu'il en soit, cela ne l'avait nullement empêchée d'apprécier l'attention, d'autant plus que c'était un fait rare. Une excellente première impression du côté de la Dornienne qui songea alors qu'elle avait dû lui faire une drôle d'impression, mais qu'il s'était montré assez poli pour ne pas l'ignorer et lui parler normalement. Peut-être s'était-elle emballée en pensant qu'elle avait l'air d'une sotte à lâcher des mots sans aucun sens ? Non, il avait affiché une expression assez révélatrice de ce qu'il pensait à cet instant. Déliant ses mains jointes, la jeune femme plissa le tissu de sa robe dans un geste machinal qu'elle effectuait chaque fois qu'il fallait qu'elle occupe ses mains, la demoiselle n'aimait pas rester à ne rien faire, dans son métier cela signifiait qu'elle ne se montrait pas à la hauteur des attentes de sa dame. Une foule de questions naquit dans l'esprit de la Dornienne alors qu'elle jetait un coup d'œil circulaire autour d'elle pour se demander pour quelle raison cet homme pouvait bien s'être arrêté ici. Il n'y avait ni marchand, ni prêteur sur gage ni noble à impressionner par ses prouesses martiales. Peut-être avait-elle interrompu un rendez-vous galant ? Il s'était lui-même défini comme charmeur. Mais les yeux de la jeune femme ne voyaient aucun signe d'une telle possibilité, peut-être cherchait-il simplement son chemin ? Reportant ses prunelles sombres sur le visage du prénommé Lotho, elle reprit la parole du même ton qu'auparavant.

     ▬ Et que vient donc faire une personne aussi talentueuse que vous dans un tel endroit ? J'aurais davantage imaginé que vous vous rendiez à Port-Réal, il me semble que les spadassins sont plus facilement appréciés à leur juste valeur dans cette région. »

     Villevieille était plus réputée pour ses mestres et sa culture que pour ses combattants, c'était réellement le dernier endroit où elle avait envisagé pouvoir trouver une telle personne. Cela dit, si cet homme avait décidé de pousser sa visite de Westeros jusqu'à ici, elle n'allait pas s'en montrer contrariée, il y avait tellement de choses qu'elle aurait souhaité lui demander, mais le temps manquait toujours. Consciente qu'il avait peut-être autre chose à faire que répondre aux questions d'une Dornienne trop curieuse, Lyra décida toutefois de jouer la carte de la curiosité et de faire fi des règles de politesse quelques instants. La chance de tomber – au sens littéral – sur un danseur d'eau était trop exceptionnelle pour qu'elle le laisse filer sans le questionner un peu. Les yeux grands ouverts de la jeune femme se posèrent une fois de plus sur l'arme de Lotho, comme tout le monde elle en avait entendu parler et savait que les danseurs d'eau étaient réputés de par le monde, leurs épées l'étaient tout autant. Elle pinça un bref instant ses lèvres avant de finalement se lancer pour l'interrogatoire en bonne et due forme.

     ▬ Toutes les lames sont exotiques à mes yeux, à Dorne les combattants sont presque tous des lanciers, les guerriers qui usent d'épée sont rares, tout comme les chevaliers. Elle disait cela comme pour s'excuser d'avoir eu l'air aussi sotte lors de sa prise de contact, après tout, tout était tellement nouveau pour elle. Et toutes les armes sont mortelles, j'admire les talents des danseurs d'eau pour autre chose que pour leur capacité à tuer, sinon cela n'en ferait que de simples reitres. »

     Elle ne le dénigrait nullement bien évidemment, au contraire c'était une sorte de compliment à sa manière, le fait était que Lyra n'était pas douée d'une très grande éloquence et que sa verve laissait à désirer. Elle souhaitait simplement faire savoir qu'à ses yeux les hommes capables d'allier la beauté du geste à leur talent étaient bien plus impressionnants que les combattants qui ne se battaient que pour tuer. Si elle était déjà enchantée de voir des lanciers s'entraîner, son esprit était en ébullition rien qu'à imaginer l'épée qui pendait à la ceinture de Lotho, en action. La Dornienne bougea légèrement, changeant de pied d'appui alors que le sentiment qu'elle se montrait grossière commençait à enfler dans son esprit. Tellement de questions et si peu de temps ! Une fois de plus, elle délaissa sa tunique pour joindre ses mains, nouant ses doigts pour s'empêcher de tripoter tout ce qu'elle portait, il allait réellement la prendre pour une folle en fin de compte. Bien décidée à détourner l'attention de son manque de « normalité », la jeune femme relança une question. Le malheureux allait bientôt crouler dessous.

     ▬ Allez-vous montrer vos talents à un noble seigneur ? Je suis persuadée que vous devez avoir beaucoup de facilités à vous faire engager avec une telle réputation, n'est-il pas ? Surtout si vous usez de vos charmantes manières sur les dames. »

     En disant cela, elle repensait aux deux dindes qui avaient gloussé derrière leurs mains après l'attention accordée par le danseur d'eau, comme quoi il suffisait d'être un beau parleur pour réussir à impressionner les dames. Le sexe dit faible était si facile à charmer qu'il n'avait certainement aucune difficulté vu l'expérience qu'il semblait avoir. Libérant ses mains, elles les croisa derrière son dos en jetant une fois de plus un regard vers le bout de la ruelle comme si elle cherchait à vérifier qu'elle n'était pas en train de le monopoliser – ce qui était le cas finalement – puis reposa ses yeux sur lui.

     ▬ Je sais que je monopolise votre temps, mais me laisseriez-vous vous poser quelques questions ? N'étais-ce pas ce qu'elle faisait déjà ? Une manière d'avoir l'air polie simplement. Plaidant sa cause elle ajouta. Alliez-vous quelque part ? Je pourrais vous y conduire pour vus faire gagner du temps si vous le souhaitez ! Consciente de son audace, la jeune femme sourit légèrement d'un air quelque peu gêné. Si vous ne voulez pas que l'on vous voit vous faire aider par une simple suivante, vous pourrez toujours dire que c'est moi qui me suis proposée. »

     Elle se tut – enfin – consciente d'avoir débité tout un tas de choses plus ou moins réalistes, il était certain que si elle était la première Dornienne qu'il rencontrait, Lotho n'allait pas s'embêter à pousser son voyage jusqu'aux contrées désertiques.
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Message Dim 5 Fév 2012 - 21:40

Tandis qu'il se présentait, Lotho avait remarqué que son interlocutrice portait sur lui un regard plus calme et serein. Elle semblait essayer de contenir la curiosité maladive qui semblait tant la caractériser qu'elle lui en faisait même perdre ses moyens. Attitude assez attendue quand on commençait à faire connaissance avec quelqu'un, mais si l'on considérait qu'elle avait suivi le Braavosi durant plusieurs minutes sur un coup de curiosité ... Alors le fait de rebâtir une nouvelle façade de bonne attitude et de conformisme n'était peut être pas la chose la plus utile à faire, mais ce n'était pas forcément la chose la plus embêtante ni intimidante pour le spadassin. Mais cette attitude de mise en retrait fut totalement oubliée lorsqu'il expliqua être un danseur d'eau. Immédiatement la bête fut relâchée et le regard pétillant de la jeune femme s'enflamma de plus belle, tout en lui avouant avec une franchise désarmante qu'elle ne pensait pas voir membre de son ordre dans le Bief, ni même jamais. Triste attitude de renoncement à laquelle il répliqua sans ambages, armé d'un sourire tout aussi amusé que sincère :

- Alors c'est que vous n'avez pas encore assez voyagé mademoiselle, bien qu'avec la curiosité qui semble vous caractériser, je ne doute pas que cela arrive bien vite.

Enfin elle se présenta sous le nom de Lyra, suivante d'une dame qui certainement venait de la plus noble des ascendances que l'on ait pu trouver en ces contrées. Malheureusement le nom de Ferboys lui échappait un tant soit peu, n'ayant que peu l'occasion de travailler pour les aristocrates il ne gardait donc de leurs patronymes qu'un souvenir tout aussi fugace que peu intéressé. Cependant elle lui rappela tout de suite après que sa dame venait de Dorne, une contrée que Lotho appréciait particulièrement pour son soleil bien plus que chaleureux, d'ailleurs était-il toujours le même en ces temps automnaux ? Il aurait certainement l'occasion de poser bientôt la question, mais en attendant elle continuait à parler après une évocation de sa dame pleine de fierté, en mettant le doigt sur le coté charmeur de Lotho. Cette réplique le fit sourire, en réponse il leva les yeux au ciel et haussa les épaules en mimant un air désolé, comme si il avait été pris la main dans le sac suite à un larcin. Elle continua ensuite en lui conseillant de laisser ce genre de discours plaisants et charmeurs pour les demoiselles de cour et autres femmes de noble lignage. Cela le laissa légèrement interdit, quel mal pouvait-il y avoir à être élégant et poli avec son prochain ? C'était bien une des choses qui le laissait le plus interdit dans le fonctionnement et les mœurs de ce pays qu'il lui semblait à certains égards facile de qualifier d'arriéré. Les Braavosi se comportaient avec panache en toutes occasions, c'était même un art de vivre profondément ancré dans leur culture, si tout inconnu ne méritait pas forcément le respect, calmement il répondit :

- Être poli et attentionné n'est pas forcément qu'un moyen de gagner des récompenses. Il est aussi tout à fait possible de le faire par pur respect de l'autre. Les dieux nous ont donnés la parole, si ce n'est pas pour la magnifier en en jouant comme d'un parfait instrument, alors nous ne méritons pas le titre d'humain.

Alors qu'il finissait sa tirade il remarqua que Lyra semblait regarder autour d'elle, scruter la ruelle avec attention. Peut être se demandait-elle ce qu'il faisait dans ce lieu assez reculé par rapport à la foule et au tintements des échanges marchands sonnants et trébuchants, un monde qu'il avait autrefois appris à apprécier avec un immense plaisir. A y repenser, il était au final assez honteux de se rendre compte à quel point il en était arrivé, lui ancien danseur d'eau émérite se retrouvait dans ce que tous ses confrères considèreraient comme le fond d'un gouffre particulièrement profond. Compter sa solde dans une ruelle miteuse, sans même avoir la certitude de pouvoir arriver un jour à se trouver un point d'attache, d'autant plus qu'avec ses frusques embourbées, il tenait plus du vagabond errant que des fiers danseurs d'eau de Braavos. Comme un écho à ses errances intérieures, Lyra le questionna sur les raisons de sa présence ici. Le qualifiant de talentueux sans savoir qu'elle enfonçait un clou déjà bien fixé, elle expliqua ensuite qu'elle avait la certitude que c'était à Port-Réal qu'il aurait le plus de chances de trouver des mécènes et autres employeurs bien plus prestigieux et fortunés. Se reprenant en l'espace d'une seconde, cachant ainsi un léger air sombre qui avait traversé son visage, il reprit un ton plus amène et répondit avec courtoisie.

- Le talent, oui, c'est un fait que nombre de personnes m'auront attribué ce qualificatif au fil du temps. J'ai déjà eu à travailler pour certains de vos nobles à Port-Réal, mais j'ai tendance à vite m'éloigner des jeux de cours. On ne fait pas qu'y jouer sa solde, cela ôte bien trop souvent la vie d'un funeste poignard ou d'un poison mordant. Dans les deux cas cela n'aide pas à continuer de voyager, ce qui est certainement la principale raison de me retrouver en ces terres. J'y ai accompagné des marchands plus stupides que l'âne que possédait mon oncle fut un temps. Or le pauvre animal confondait son avoine et la paille de sa couche. De là à penser qu'il aurait fini par dormir dans son auge, il n'y avait qu'un pas.


Tout en dissertant, il avait posé son bagage au sol et époussetait sa capeline. Décidément la présence d'une blanchisseuse en ville allait sans doute sauver sa vêture, mais pour l'instant le sujet n'était pas à ces détails là. Quand il eut finit sa rhétorique, il remarqua que Lyra avait déjà les yeux tournés vers autre part, l'espace d'un instant son esprit purement masculin et profondément libertin crut naïvement qu'il s'agissait de son entrejambe, avant de comprendre que son regard se portait plus finement sur la rapière qu'il portait au coté. Décidément sa plus fidèle amie était toujours celle qui récoltait le plus de louanges, cruel destin social que celui du danseur d'eau. Elle lui expliqua rapidement que l'exotisme de son arme la renvoyait à sa propre vision de celles ci, arguant qu'en Dorne les lances avaient la primauté, au grand dam de la chevalerie. Elle loua les capacités des danseurs d'eau dont il faisait partie, de la musicalité de leurs gestes. Reprenant un air normal elle lui demanda enfin si il allait montrer ses talents à un quelconque seigneur, arguant ensuite que son charme plairait aux dames. Avec un grand sourire et un geste de la main, il répondit d'un ton réellement amusant :

- Comme je vous le disais auparavant en des termes certes confus, eut égard à votre délicieuse curiosité ma chère Lyra, les faveurs des puissants me semblent relativement fades au vu des risques encourus. Peut être qu'en tant que natif d'une cité libre il m'est assez difficile de saisir toutes les nuances de votre société. Ainsi donc n'ai je point pensé à me mettre au service d'un nom, d'une maison ou d'un royaume. Cette lame, comme son propriétaire, est bien moins dangereuse quand elle est à son propre service croyez moi ...


La dernière phrase de son discours était patiné d'une note vocale sombre, accompagnée d'un regard légèrement voilé, tout cela l'espace d'un court moment. Mais assez long pour être noté malgré tout par n'importe quelle personne observatrice, description certainement parfaite de son interlocutrice. La discussion poursuivit son cours avec un nouvel assaut verbal de la suivante qui après s'être excusé de monopoliser son temps, là où il aurait plutôt dit qu'elle le rendait légèrement plus agréable que ce à quoi il s'attendait en sortant de son auberge dans l'heure qui précédait ce moment. Lui demandant ce qu'il faisait dans l'immédiat et se proposant de l'y conduire tout en se remettant à sa place dans cette société tellement particulière de Westeros. Affichant un large sourire, il répondit :

- Ma foi, comme vous pouvez certainement le constater au vu de ma livrée, le voyage entre Port-Réal et Vieilleville fut des plus salissants, tant pour le moral que pour l'apparence. J'allais me mettre en recherche d'une blanchisseuse ainsi que d'un barbier pour me refaire une santé. J'accepterais volontiers votre compagnie, très agréable de surcroît, votre sourire a achevé de me convaincre et nous pourrons continuer à deviser avec plaisir. Cependant j'aurais deux conditions à cela : Premièrement ne me laissez plus vous voir endosser ce rôle de suivante pour justifier de votre audace, je vous rappelle que je suis tout autant roturier que n'importe qui dans ces rues. Et deuxièmement vous me laisserez vous remercier en acceptant, j'ose l'espérer, une invitation à déjeuner. Maintenant, à vous de choisir Lyra.

Pour mieux appuyer son propos, il remit son baluchon sur son dos et présenta son bras gauche pour accompagner sa demande, avec un sourire tout à fait confiant.
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Message Lun 6 Fév 2012 - 14:20

     Lyra fut rassurée sur un point : son interlocuteur était au moins aussi bavard qu'elle. Elle se sentit rassurée pendant un instant, ayant craint qu'il ne finisse pas se lasser de son débit de paroles qui avait bien souvent le don de lasser la plus grande majorité des gens avec qui elle conversait. La Dornienne le croyait sur parole lorsqu'il déclara qu'elle aurait tout à fait le temps de découvrir d'autres choses en voyageant, c'était une chose qu'elle espérait bien évidemment, mais tout dépendrait de lady Edarra. Elle soupira légèrement en hochant la tête d'un air approbateur, croisant les doigts pour que la noble qu'elle servait ne décide plus de se séparer d'elle en la faisant rentrer à Ferboys, plutôt que de la laisser l'accompagner dans ses périples. C'était avec une grande frustration que la suivante repensait à sa discussion avec sa maîtresse lorsque celle-ci lui avait appris qu'elle partirait pour Salvemer alors que sa suite resterait à Ferboys pour plus de pratique. Mais elle chassa bien rapidement ces sombres pensées tandis que son élégant interlocuteur enchaînait pour faire savoir qu'il n'y avait là que de politesse et non un quelconque appât du gain. Pendant un bref instant, Lyra craint de l'avoir vexé en avançant le fait qu'il serait mieux récompensé ailleurs, il n'y avait nulle offense dans ses paroles, mais des fois sa langue parlait plus vite qu'elle ne le devrait. Toutefois, à la fin de ses paroles, la Dornienne fut rassurée, il ne semblait pas offensé et expliquait simplement la raison de son comportement, la demoiselle sourit donc légèrement.

     ▬ Si seulement plus de personnes pensaient comme vous. »

     La vie serait plus aisée, mais Lyra n'avait pas particulièrement à se plaindre, au moins elle, avait le droit de fréquenter des lieux normalement réservés aux personnes au sang bleu, contrairement aux simples roturiers qui n'étaient pas employés par une maison noble. Son attention captivée par le visage de l'homme, la demoiselle constata un bref changement dans sa physionomie, mais n'osa lui demander si tout allait bien, trop inquiète à l'idée de provoquer une réaction trop vive. Elle se souvenait encore du reitre qui l'avait presque insultée lorsqu'elle lui avait parlé des combats qu'il avait fait, chat échaudé craint l'eau froide et Lyra n'avait pas envie de réitérer l'exploit, elle resta donc silencieuse, même si sa langue la démangeait fortement. La suivante ne put s'empêcher de rigoler légèrement lorsqu'elle entendit le spadassin parler du marchand qu'il avait accompagné jusqu'à cette ville et qui ne se démarquait pas vraiment par son intelligence. Elle haussa ses épaules dénudées d'un geste léger, malheureusement c'était le cas de beaucoup des nobles ou de marchands qui semblaient croire que l'intelligence allait de paire avec le rang. C'était rarement le cas.

     ▬ Je ne puis que vous comprendre, même si la solde est moins conséquente, je crois qu'il est préférable de rester auprès du petit peuple. Ils payent toujours ce qu'ils doivent, même s'ils possèdent peu. »

     Elle avait eu l'occasion de rencontrer des nobles qui venaient séjourner à l'auberge de ses parents et pourtant ils refusaient toujours de payer tout ce qu'ils devaient à l'aubergiste. Alors qu'elle n'avait jamais vu les roturiers nier qu'ils avaient utilisé tel ou tel service pour gagner quelques pièces de cuivre. Son père disait souvent que l'on ne devenait pas riche en dépensant son argent, mais en refusant de le faire. C'était pour cette raison qu'elle ne le reviendrait jamais. Le danseur d'eau semblait avoir été amusé par la manière de faire - ou les paroles - de la Dornienne, ce qui lui plut grandement, elle appréciait de divertir ses interlocuteurs. Ses prunelles noires toujours posées sur le visage de l'homme alors qu'elle piétinait de temps en temps pour calmer son impatience, elle fut surprise de l'entendre dire qu'il n'avait même pas songé à se mettre au service d'une maison noble, c'était surprenant ! Habituellement les reîtres de Westeros essayaient tous de se faire adopter par une maison riche, mais peut-être que la mentalité de sa caste était-elle a ce point différente ? Elle brûlait d'envie de lui demander plus de détails sur Braavos, mais se fit force pour garder la bouche close, laissant toutefois échapper quelques mots d'un ton amusé.

     ▬ Vous êtes plein d'honneur dans ce cas et vous différez beaucoup des combattants que j'ai pu croiser jusqu'à ce jour. »

     Ce n'était pas une question, mais un fait, une constatation pure et simple. Combien d'hommes étaient arrivés à Ferboys pour tenter de se faire recruter pour gagner de l'argent en restant dans une belle ville ? Trop pour les dénombrer. Quoi qu'il en soit, le spadassin répondit alors à l'interrogation de la brune sur ce qu'il pouvait bien venir faire dans une telle ville et lorsqu'il parla d'une blanchisseuse, elle fut heureuse de pouvoir l'aider. En tant que suivante elle devait connaître ce genre d'endroits pour s'occuper du linge de sa dame et elle avait déjà repéré tous les endroits stratégiques, à comprendre les moins chers. Lyra esquissa un sourire en baissant les yeux au sol lorsqu'il déclara que sa compagnie était agréable, elle se sentait ô combien sotte d'agir de la sorte, mais c'était plus fort qu'elle ! Elle releva des prunelles interrogatives en l'entendant parler de conditions et fut sincèrement surprise lorsqu'elle entendit celles qu'il imposait. Ce n'était pas des conditions, plutôt un cadeau ! Elle n'hésita pas bien longtemps alors qu'il lui présentait son bras pour l'inviter à accepter, Obara aurait pesté qu'elle fasse confiance aussi rapidement, mais la jeune femme n'y pouvait rien, la curiosité était bien trop forte, elle attrapa donc le bras tendu avant de répondre sans se départir de son sourire.

     ▬ J'espère que vous négociez plus rudement votre solde, sinon je plains votre bourse. »

     Elle faisait référence au fait qu'il n'avait pas été particulièrement dur dans ses conditions, ce n'était qu'une simple boutade bien évidemment. La demoiselle lui indiqua donc la direction de la blanchisserie qui pourrait le satisfaire. En réalité il y en avait deux qui pouvaient se révéler intéressantes, l'une pour les personnes du peuple où il fallait simplement payer l'eau utilisée et où le linge se lavait soi-même et une autre où l'on déposait son baluchon et où des blanchisseurs prenaient en main toute la gestion du linge. Lyra présenta donc les choses sous le meilleur angle alors qu'elle marchait aux côtés du spadassin qui se révélait être bien plus grand qu'elle, chose qu'elle n'avait pas remarqué jusqu'à présent.

     ▬ Il existe deux blanchisseries qui ne vous dévalisent pas en échange de leurs services, l'une ou il faut laver son linge soi-même et où les prix sont plus qu'abordables et l'une qui est plus chère, mais où tout est pris en charge. Après une légère hésitation elle reprit. J'ignore si vous êtes qualifié dans ce domaine, mais je pourrais vous aider si vous le souhaitez, je fais toujours le linge des gardes et des autres servantes en plus de celui de ma dame. »

     C'était une proposition comme une autre, après tout lorsqu'elle vivait encore à Lancehélion la jeune femme s'occupait du linge des clients qui demandaient ce service, elle savait parfaitement comment garder les affaires en parfait état, bien qu'il s'agissait généralement des tuniques de Dorne qui différaient peut-être de celles de Braavos. Ils avaient longé la ruelle où Lotho s'était arrêté pour compter son pécule et se retrouvaient dans une rue parallèle à celle du marché, seuls quelques stands étaient présents alors que les habitants vadrouillaient autour d'eux sans se soucier de faire attention à ne pas les bousculer. La demoiselle esquissa quelques personnes qui marchaient sans regarder devant eux, prenant garde à ne pas pousser l'homme à ses côtés – sans chaussures elle craignait toujours de se faire marcher dessus – puis reporta son attention sur Lotho, laissa sa curiosité refaire surface.

     ▬ Votre réponse précédente me laisse très curieuse, une fois de plus me direz-vous, n'y a-t-il pas de noble à Braavos ? Est-ce si différent de chez nous ? Vous possédez un nom de famille et pourtant vous n'êtes pas noble, dois-je en conclure que votre culture est plus ouverte à l'égard des simples roturiers, ou faites-vous exception en raison de votre métier ? »

     Combien de fois avait-elle entendu parler de ces fameuses cités libres ? Trop de fois pour qu'elle puisse ne pas sauter sur l'occasion ! Sa curiosité finirait bien par lui retomber dessus un jour, mais l'homme avait fait preuve de gentillesse à son égard et comme chaque fois, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir en apprendre plus sur lui. Obara lui disait souvent qu'elle finirait par se faire frapper, battre ou même pire parce qu'elle avait posé la mauvaise question au mauvais homme, mais Lyra comptait sur son agilité pour décamper en cas de besoin, même si pour l'occasion la rue était trop bondée si jamais Lotho la trouvait soudain trop envahissante. Mais il ne le ferait pas. Il avait l'air d'être un homme d'honneur. Le barbier n'était pas très loin, sur le chemin des blanchisseries pour être exact et alors qu'ils avançaient dans la ruelle bondée, elle tendit la main pour désigner un bâtiment situé à quelques dizaines de mètres d'eux.

     ▬ Votre barbier, malheureusement je suis navrée, je ne puis vous dire s'il est digne de confiance, je ne connais personne qui puisse s'y être rendu. »

     Elle eut le sentiment de ne pas remplir totalement son devoir, même si elle n'était pas sa suivante ou qu'il n'était rien de plus qu'une rencontre. Après tout une dame de parage devait toujours être au courant de tout et elle se jura de toujours veiller à faire cela correctement à l'avenir. Restait à espérer que ce barbier soit quelqu'un de compétent. Elle ne voudrait pas que sa première rencontre amicale tourne mal à cause d'un coup de rasoir mal placé.
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Message Lun 6 Fév 2012 - 16:47

Lotho se félicita mentalement de son aisance à savoir flatter l'égo des demoiselles, d'autant plus que d'avoir trouvé une personne intéressée par son être et non pas ses bourses, en quelque matière qu'elles fussent et qu'elle qu'en eut été la contenance. Elle le remercia de son comportement en soupirant, avant de dire avec un léger sourire cachant certainement une légère déception de la qualité des relations dans ce pays, qu'elle aurait aimé que plus de gens soient aussi aimables que lui. Il répondit à cela avec un léger sourire qui cachait à la fois la peur de ne plus être quelqu'un au comportement assez unique mais aussi le constat de cette triste réalité dans ces terres dominées par des seigneurs qui le plus souvent étaient bien trop loin de leur peuple pour connaître ne serait-ce que leur nombre, tant que les impôts rentraient, tout allait bien pour la plupart d'entre eux. Enfin, c'était ce que pensaient en tout cas un grand nombre des personnes venant de cités libres et qui avaient appris à connaître un peu les mœurs locales. La réplique qu'eut Lyra sur le fait que les petites gens étaient plus promptes à payer que les nobles était certainement vraie, mais pour le peu de nobles qu'il avait pu servir le temps d'un contrat, ils le payait le plus souvent avant tout car rémunérer un Danseur d'Eau pour services rendus était en soi s'assurer d'un prestige social conséquent. Pouvoir se payer les services d'un tel mercenaire était en soi une grande gloire qui rayonnait parfois sur la famille, si le Braavosi était payé pour devenir le mentor d'enfants dans la maîtrise des styles de combat de la Cité Libre.

Cela, Lotho n'avait jamais eu à le faire, principalement par fierté et chauvinisme, il avait du mal à imaginer ces rustres en armure se mettre bientôt à danser avec une lame aussi exigeante en main. C'était même un sujet plus que propice aux plaisanteries à Braavos. Son honneur, comme l'avait ensuite qualifié la suivante n'était en effet pas porté dans les mêmes valeurs que celui des hommes de ces terres, rien n'était plus sûr. Même si certains points étaient tout à fait semblables, la fidélité à une ville et à sa population se trouvait en première place pour les Braavosi, ainsi que celle allant au Seigneur de la Mer. Mais les rapports de respect et de confiance en l'autre étaient plus proches d'une mentalité marine que terrestre, en cas de tempête la Cité Libre agissait comme un seul et unique équipage, d'un navire sublime. Cela n'avait rien à voir avec la façon d'envisager cela en Westeros, les machinations et manipulations des nobles n'ayant aucune valeur en Braavos. Les querelles s'effaçaient derrière le fait de garantir l'indépendance de la ville et sa prospérité, des sujets parfaits inféodés avant tout à une seule reine : leur ville.

La façon que Lyra eut de répondre à son invitation l'enchanta au plus haut point, elle semblait visiblement ravie de passer un peu plus de temps en sa compagnie et il fallait avouer que le spadassin partageait également ce sentiment. Non seulement elle était d'une beauté tout à fait réjouissante, mais surtout après deux semaines de voyage en compagnie de rustres à l'esprit plus étroit d'une meurtrière, à ses pensées devenant rapidement noires au vu des épreuves traversées durant ce périple, il avait amplement besoin de se retrouver dans une situation agréable. Disserter, rire, chanter et peut être danser même qui savait. Lotho avait avant tout besoin de calme et de relations humaines plus profondes que des haussements de voix pour couvrir le bruit du tonnerre. Après qu'elle eut agrippé son bras avec un sourire élégant, elle lui demanda si il lui arrivait d'être plus dur en affaire, sur un ton plaisantin. Le spadassin arrêta la marche qu'ils venaient à peine d'entreprendre, l'air interdit en marquant un silence tout aussi surpris que son regard. D'un ton tout aussi sérieux que gêné, il répondit en fixant Lyra dans les yeux :

- Ah parce que ce n'est pas vous qui allez payer ? Enfin, je dis ça parce qu'on m'a volé ma solde et que je pensais que ... Eh bien tant pis ! Dit-il en haussant les épaules, avant de rajouter en un soupir : Il faudra nous contenter d'un peu de fourrage et d'eau courpie, assurément un repas de rois !

Puis d'éclater de rire devant sa propre bêtise, le regard pétillant de malice et un large sourire au visage. Il était persuadé que Lyra ne lui en voudrait pas d'une plaisanterie aussi douteuse qu'au final très légère. Se reprenant, il rajouta :

- Ne vous souciez pas d'argent ma chère, mais d'étancher votre curiosité autant que ma mémoire vous le permettra.

Alors qu'ils quittaient la ruelle et s'enfonçaient à nouveau dans la foule, il semblait au spadassin qu'encore plus de monde avait rejoint les rues, peut être même deux fois plus. La marche ne semblait pas aisée pour sa compagne et malgré son entrainement certain aux arts de l'esquive et de l'acrobatie, Lotho avait du mal à manœuvrer également. Laissant son regard aller vers le sol pour être sûr de savoir où poser les pieds, il remarqua également que Lyra n'avait pas de chaussures. Elle pataugeait dans la fange comme une enfant sauvage. Ce détail éveillait en lui une certaine crainte quand au traitement que lui réservait sa Dame, quel genre de noble pouvait-on être pour laisser sa suivante ainsi démunie. Préférant garder cette question pour plus tard, il releva la tête assez vite pour voir qu'un homme avait manquer de bousculer la demoiselle qui l'accompagnait, alors qu'il retournait le regard pour lui décocher un regard noir et l'invectiver, il fut coupé dans son geste pas Lyra qui ne semblait pas en prendre garde. Non décidément les manières de ces lieux n'étaient pas les mêmes que les siennes et malgré les six dernières années passées dans ces terres, il ne se ferait certainement jamais à certaines de leurs impolitesses et aux écarts de conduite. Avant qu'il ne puisse prendre la mouche elle lui expliqua qu'elle connaissait deux blanchisseuses en ville et énuméra leurs spécificités, avec un léger sourire, le Braavosi tapota la main de Lyra qui reposait sur son bras avant de dire :

- Voyons, quel genre de Braavosi serais-je si jamais je laissais la demoiselle qui a acceptée ma compagnie laver le linge ? Nous irons chez la blanchisseuse au service le plus complet, qui sera d'autant ravie de s'occuper de mes frusques, eut égard à la compensation pécuniaire qu'elle en tirera.

Il retint encore une fois les corvées qu'elle avait à accomplir en tant que suivante d'une Dame noble, décidément la vie de cette jeune femme semblait bien chargée en corvées et autres tâches ingrates pour un tel minois. Mais au moins il était maintenant sûr d'une chose, la vie de suivante n'était pas forcément la félicité et l'accomplissement que les gens s'imaginaient le plus souvent. Encore une fois il se brossa le portrait de la Dame dont Lyra devait être l'accorte et ce dernier n'avait en son sens rien de flatteur. Ce qui contrastait réellement avec la fierté dont avait fait preuve la jeune femme en évoquant le nom de celle qu'elle servait. Était-ce de la peur ou considérait elle cette servitude comme la meilleure alternative dont elle aurait pu rêver ? Dans les deux cas c'était assez inquiétant mais Lotho n'eut pas le temps de réfléchir plus à cela car déjà elle revint à la charge avec une nouvelle question, concernant cette fois la société Braavi. Tout d'abord sur la place des nobles dans leur société, mais également sur la différence entre Westeros et Braavos, ainsi que sur le fait qu'il porte un nom de famille sans titre de noblesse et les raisons qui lui avait permis de se l'octroyer. A toutes ces interrogations, Lotho répondit avec simplicité et d'un ton courtois :

- Pour bien répondre à toutes ces questions, il me faudrait écrire un livre sur nos coutumes et bien que j'y pense cela ne sera certainement pas le cas avant mes vieux jours, si jamais j'arrive à les compter. Mais pour résumer faisons simple : Nous avons également des nobles, souvent des descendants de fondateurs de Braavos, mais ils n'ont pas de pouvoir d’autorité en eux même. Si il s'agit là d'un titre particulièrement prestigieux, il peut s'acheter ou se revendre, comme tout dans cette cité. Nos membres les plus influents sont les plus grands des marchands, ainsi que notre estimé Seigneur des Mers et sa Première Épée. Nos noms de famille quand à eux n'ont rien d'un privilège, tout natif de Braavos a un nom de famille et soyons honnêtes, n'y apporte pas toujours énormément d'importance. Je ne le fais moi même que parce que j'éprouve un amour profond pour ma famille qui sut toujours être aimante et attentionnée, chose que j'aurais parfois espéré mieux leur rendre, mais sans erreurs on ne peut réellement avancer. En résumé nous pouvons dire que ce n'est pas pour rien que Braavos a le titre de Cité Libre.

Conclut-il en un sourire entendu, tandis qu'ils continuaient leur marche dans les rues bondées de Vieilleville. Parler de sa cité ne lui était pas réellement difficile, contrairement à ce qu'il pensait d'elle à l'heure actuelle. Il gardait cette esprit de fierté d'être Braavosi, d'être un Danseur d'eau, d'être la fine fleur de ce que la Cité Libre pouvait produire de mieux en matière d'excellence. Certes son accès lui était maintenant interdit et Silvian Thoscan, son ancien compagnon d'entrainement, un de ses enfants avec qui il avait grandi et qu'il avait longtemps considéré comme l'un de ses meilleurs amis était maintenant à ses trousses. Mais Lotho ne le regrettait pas, il avait appris à tirer le meilleur de ses années de gloire maintenant qu'il croupissait dans des fosses loin de toute renommée. Le seul regret qu'il avait était de ne pas avoir pu retrouver la seule femme qu'il avait aimé et l'enfant qu'ils avaient eus ensemble. Son ton s'était un peu aggravé alors qu'il pensait à nouveau à ces obscurs souvenirs, mais comme il semblait maintenant être habituel, la voix de sa galante compagnie le tira de nouveau de ces rêveries. Ils arrivaient en vue d'une échoppe de barbier et elle lui expliquait qu'elle ne connaissait pas la réputation de ce dernier, d'une voix dont il lui semblait percevoir une très légère crainte. Le spadassin acquiesça et retrouva rapidement son sourire et un regard malicieux avant de dire en plongeant ses yeux pers dans les siens :

- Fort bien ! Vous allez voir comment un Danseur d'eau choisit son barbier alors. Suivez moi ma chère.

Il l'entraîna dans l'échoppe, d'un air conquérant et altier, son entrée manifestement fit tourner la tête du barbier et de son client. Ils le dévisagèrent, se demandant presque semblait-il qui était cet individu à l'accoutrement pour le moins étrange et à la galante compagnie tout aussi déstabilisante. D'une voix assurée, fixant le barbier, il dit :

- Permettez moi de vous souhaiter une bonne journée mon cher barbier ! Attendez vous quelque client à soigner ?

Le commerçant nettoya son rasoir avec un air toujours surpris, avant de dire d'une voix légèrement hésitante :

- Non point. Il s'agissait là du dernier client que j'avais, pourquoi vous êtes intéressé ?

Montrant d'un geste sa barbe, accompagnant cela d'une léger pincement des lèvres, l'air aussi faussement qu’exagérément gêné, Lotho répondit :

- Certes, ou je finirais par ressembler plus à un loup qu'à un humain. Il mit sa main sur le coté de sa bouche avant de dire au barbier sur le ton de la confidence, d'une voix pour autant du même niveau qu'à l'accoutumée : Étant donné que j'en ai déjà l'odeur, même si ma compagnie est assez délicate pour ne pas me le rappeler, pourriez vous faire en sorte de ne pas cacher nos discussions derrière un manteau de fourrure ?

Le barbier sourit légèrement avant d'acquiescer, c'était un homme d'un certain âge, aux cheveux déjà grisonnants. Il passa un torchon sur la peau de son précédent client qui, avant de se lever se retrouva avec un index aussi ganté, qu'accusateur et étrangement teinté d'un accent Braavosi qui lui dit :

- Vous, monsieur. Pouvez-vous m'assurer qu'il est fiable, ce barbier ? J'ai déjà survêcu au voyage pour venir ici, alors si je pouvais éviter de mourir avant d'avoir su me montrer galant, je vous en serais fort gré.
- Euh ... Eh bien, oui. Cela fait trois ans que je viens chez lui et personne ne s'en est jamais plaint.
- Fort bien !

Répondit Lotho avant de donner trois pièces de cuivre au client, d'un air entendu. Il le laissa se lever, le tapota sur l'épaule et finit par dire :

- Je vous avais dit que je vous en serais gré. Maintenant allez monsieur, buvez une choppe à notre santé et passez la journée la plus auguste possible !
- M ... Merci monseigneur. Je vais en faire ainsi.
- Ah ! Pas de monseigneur je vous prie, pour vous ce sera Lotho, car vous m'êtes sympathique.

Quittant le bras de Lyra avec une expression d'excuse ainsi qu'un sourire, il posa son baluchon et s'assit sur le fauteuil, avant de reprendre conversation :

- Vous comprendrez ma chère Lyra, que c'est maintenant à votre tour de répondre à mes questions; d'autant plus que parler et se faire raser en même temps n'est jamais un gage de survie. Stoppant son élan il leva la tête vers le barbier et dit succinctement : Portée à la Braavosi, moustache rase, revenant sur les commissures des lèvres en tombant. Léger triangle de barbe soulignant le creux du menton et trouvez donc un siège pour qu'elle puisse s'asseoir je vous prie.

S'installant confortablement sur le fauteuil, profitant pleinement du moment présent tandis que le barbier lui nouait un torchon autour du cou et commençait à lui humecter les joues, il regarda la suivante et dit :

- Alors ma chère. D'ou venez vous ? Je veux dire, Dorne cela je l'ai bien entendu mais dites m'en plus, parlez moi de votre région, de vos connaissances, de vous en somme. Je veux TOUT savoir !
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Message Lun 6 Fév 2012 - 19:28

     En plus d'être fin charmeur, Lotho possédait un sens de l'humour, une qualité qui n'était pas présente chez beaucoup de personnes, du moins en considérant que l'art de plaisanter en soit une. Pour Lyra c'était le cas et même si le danseur d'eau avait été sincère, cela ne l'aurait guère importunée de payer le repas proposé par l'homme, même si elle ne possédait pas un gros pécule, la Dornienne avait su économiser quelques pièces de cuivre depuis qu'elle travaillait pour lady Edarra. Quoi qu'il en soit, le natif de Braavos répondit rapidement à la question de la jeune femme en expliquant qu'il ne pouvait pas demander à une femme qui acceptait sa compagnie, de s'occuper de son linge. Elle esquissa un sourire amusé, étrangement Lyra s'était attendue à une telle réponse. Cela ne la gênait nullement de s'occuper des affaires d'inconnus, si elle pouvait rendre service, au moins serait-ce une manière de lui montrer qu'à Westeros il n'existait pas que des gens stupides ou profiteurs. Elle était habituée au comportement des nobles de ces terres et pour tout dire, cela ne la choquait même plus lorsqu'elle tombait sur des personnes particulièrement désagréables. Lyra se disait qu'il existait des gens comme sa dame pour relever le niveau, son père lui disait jadis que pour un être vivant profondément méchant, il existait son équivalent quelque part sur terre. Peut-être que toutes les bonnes personnes vivaient à Braavos ? La suivante avait le don pour voir les choses sous un angle enfantin et il était préférable que ses pensées ne puissent être entendues par ses interlocuteurs, sans quoi elle passerait réellement pour une originale. Hochant la tête avec docilité, elle répondit d'un ton léger.

     ▬ Comme vous le souhaitez, l'autre blanchisserie est sur le même chemin que celui que nous empruntons actuellement si jamais vous changez d'avis. »

     Le spadassin fit alors preuve de patience en prenant la peine de répondre très précisément aux multiples questions de la jeune femme trop curieuse, expliquant qu'il lui faudrait écrire un livre pour parler des mœurs de ses terres natales, les yeux de jais de la Dornienne s'ouvrirent alors de surprise devant une telle révélation : il savait lire. Nul doute dans son esprit qu'il était bien davantage qu'un simple roturier comme il le disait pourtant depuis le début de leur conversation. Elle-même avait beau être issue d'une couche assez aisée de la population roturière de Lancehélion, elle ne savait ni lire ni écrire. Mais lady Edarra lui avait promis de palier à ce manque et la suivante avait toute confiance en elle. La demoiselle l'écouta expliquer qu'en Braavos tout pouvait s'acheter, même les titres, dire qu'ici certains étaient prêts à tuer pour pouvoir hériter et qu'avec tout l'argent du monde, ils ne pourraient jamais obtenir le moindre titre. Ainsi des nobles étaient plus pauvres que certains marchands, notamment dans le Nord de ce que l'on avait raconté à la jeune femme. Celle-ci comprit mieux une telle politique lorsqu'il expliqua que les marchands dominaient Braavos et que les noms de famille ne représentaient pas grand-chose, si ce n'est rien. Elle hocha la tête d'un air compréhensif à la fin de ses explications plus que complètes, puis quitta son air rêveur pour un sourire toujours aussi enjoué avant de répondre d'un air mutin.

     ▬ Vous êtes étonnamment pédagogue, je comprends bien mieux que notre fonctionnement vous semble étrange, cela m' l'air bien plus égalitaire comme manière de vivre. Et vous savez lire.... Vous êtes décidément plein de surprises. »

     Même si son manque de culture pouvait la gêner bien souvent, elle ne se montrait pourtant pas honteuse à l'idée d'avouer qu'elle était incapable de lire ou même d'écrire. Lyra se considérait déjà chanceuse de savoir compter pour pouvoir rendre la monnaie des clients à l'auberge, c'était une chance que certains enfants de Lancehélion ne possédaient pas. Elle était toutefois ravie de savoir que Lotho semblait avoir une bonne relation avec sa famille, la jeune femme considérait qu'une personne qui reniait sa famille ne méritait pas de vivre. L'on devait tout à ses proches, du moins de son point de vue. Arriva alors le moment où il répondit qu'il allait lui montrer comment l'on choisissait un barbier et la demoiselle lui emboîta le pas d'un air ravi, ayant hâte de découvrir une autre parcelle d'inconnu. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la boutique, les yeux de la demoiselle se posèrent sur tout ce qui l'entourait, elle n'entrait pas souvent dans ce genre d'endroit puisque les propriétaires s'occupaient généralement de la dégager rapidement puisqu'elle n'allait pas leur apporter beaucoup d'argent. Les yeux sombres de la Dornienne quittèrent finalement les étagères chargées d'affaires pour se poser sur Lotho qui se renseignait sur le nombre de clients que le barbier avait. Elle passait d'un visage à l'autre alors que l'échange se faisait tandis que l'artisan avait l'air quelque peu étonné. Il était vrai que l'attitude du natif de Braavos avait de quoi décontenancer, surtout lorsqu'il débarquait accompagné d'une jeune femme vêtue aussi étrangement que Lyra.

     Ne perdant pas une miette de la discussion, elle porta sa main à ses lèvres pour dissimuler un sourire amusé alors que Lotho empruntait un air gêné pour prétexter qu'il ressemblerait bientôt à un animal, cela ressemblait presque à du théâtre. Elle se retint de manifester l'hilarité qui la gagnait alors qu'il s'adressait au précédent client du barbier qui les dévisageait toujours d'un air quelque peu surprit, il ne devait pas avoir tous les jours des visiteurs aussi surprenants qu'eux-deux c'était évident. Mais un peu d'originalité ne faisait pas de mal de temps en temps non ? Une lueur d'étonnement passa dans les yeux sombres de la jeune femme lorsqu'elle le vit glisser quelques pièces dans la main de l'homme qui allait les quitter, un geste qui n'était vraiment pas fréquent dans les environs, une fois de plus elle constata que le spadassin n'avait rien à voir avec les reître de Westeros, toujours si près de leur argent. Elle regarda l'homme les quitter alors que Lotho prenait place sur le fauteuil, puis fut tirée de sa contemplation par la voix du natif de Braavos qui reprenait la parole pour lui demander à sa manière si aimable, de répondre à ses quelques questions, chose qu'elle ferait avec un réel plaisir, puis elle s'installa finalement sur le siège apporté par le barbier suite à la demande de son compagnon du moment. La demoiselle posa ses mains sur ses genoux serrés l'un contre l'autre, écoutant avec docilité les quelques questions que Lotho lui posait, puis elle réfléchit un petit instant avant de finalement trouver comme introduire sa réponse.

     ▬ Ma vie est loin d'être aussi passionnante que la vôtre vous savez. Hum, je suis née à Dorne, dans la ville de Lancehélion plus précisément. Mes parents tiennent une auberge non loin du palais princier et avec ma petite sœur nous avons toujours aidé à sa gestion, surtout pour leur éviter de se ruiner en employant des femmes de chambre en réalité. »

     Elle avait un peu de mal à concevoir que sa vie puisse intéresser qui que ce soit, c'était tellement... Commun ! Elle ne connaissait rien de très particulier, n'était pas douée au combat bien qu'elle savait se défendre et repousser les éventuels idiots qui auraient l'audace de lui faire des avances. Chose que sa mère lui avait enseigné dès qu'elle avait été en âge de se défendre, tout comme à sa petite sœur. Elle porta sa main jusqu'à son menton pour y poser son doigt dans un geste de réflexion, plissant légèrement ses yeux pour trier la masse d'informations qui défilait dans son esprit. Ses prunelles ne quittaient pas Lotho en train de se faire raser, bien qu'elle portait de temps en temps son attention sur la lame du barber. Jamais elle n'aurait pu laisser quelqu'un s'approcher de son visage avec une telle arme si elle avait été un homme ! Soupirant légèrement, elle enchaîna.

     ▬ Il y a quelques mois, alors que j'étais dans une rue, je suis tombée sur lady Edarra Ferboys, ma dame actuelle. Elle a été impressionnée par la manière dont j'ai.... Repoussé, un bougre qui essayait de me faire des avances, puis elle m'a proposé de venir travailler pour elle. Mes parents ont aussitôt accepté, je n'avais jamais quitté Lancehélion avant, alors c'était l'occasion idéale. »

     Elle se souvenait encore de cet homme qui avait tenté de lui mettre la main aux fesses, dire qu'elle avait été persuadé qu'il allait lui porter préjudice, le coup de poing qu'elle lui avait envoyé pour lui briser le nez était arrivé au bon moment. Sans cela, lady Edarra et elle ne se seraient peut-être jamais rencontrées. La demoiselle repensa brièvement à sa dame et une lueur d'inquiétude passa dans son regard avant qu'elle ne la chasse pour changer légèrement de position en plaçant ses mains de part et d'autre de ses genoux, puis enchaîna.

     ▬ J'ai déménagé à Ferboys ou l'autre suivante de lady Edarra m'a enseigné les rudiments de mon métier. Le temps de prendre mes habitudes là-bas et ma dame m'a expliqué qu'elle partait pour Salvemer rejoindre l'un de ses prétendants, mais elle n'a pas souhaité que je l'accompagne. Elle craignait trop pour ma sécurité et disait s'en vouloir à vie s'il m'arrivait quelque chose. »

     Le regret était palpable dans la voix de Lyra, elle se sentait inutile sans sa dame et aurait aimé pouvoir être à ses côtés pour la protéger en cas de danger. Même si l'inquiétude de lady Edarra était touchante, la jeune suivante considérait que les rôles étaient inversés, surtout lorsque l'on considérait que pendant ce temps la Dornienne pouvait apprendre à lire et écrire auprès du mestre de Ferboys au lieu de faire ce pour quoi elle était payée. Un bref soupir traversa les lèvres pleines de la jeune fille alors que ses yeux suivaient toujours la lame du barbier qui commençait à retirer tous les surplus de barbe du visage de Lotho.

     ▬ Finalement suite à l'attaque des Fer-nés sur Salvemer, la mère de lady Edarra nous a envoyé ici pour qu'elle nous rejoigne et que nous assurions sa sécurité, malheureusement nous ne sommes pas autant que je l'aurais espéré et son retard m'inquiète beaucoup. »

     Toujours aucune nouvelle du bateau qui partait de Salvemer jusqu'à Villevieille et l'inquiétude de la Dornienne ne faisait que s'accroitre avec le temps. Obara ne cessait de lui répéter que les Fer-nés avaient peut-être été aperçus et retardaient les navires qui voyageaient, mais cela ne rassurait pas Lyra, au contraire. Sa vie ainsi résumée en quelques phrases habillement tournées – du moins elle l'espérait – la jeune femme croisa ses jambes dans un nouveau geste d'impatience, elle avait du mal à rester immobile sans ne rien faire, la culpabilité de traîner la submergeait aussitôt. Elle lança donc une question.

     ▬ Avez-vous déjà été à Dorne ? J'ai cru entendre dire que le Prince Maron était un grand admirateur des talents des danseurs d'eau. Je l'ai déjà vu combattre à la lance et il me semblait être un très bon lancier, mais je n'y connais malheureusement pas grand-chose en matière de combat. »
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Message Lun 6 Fév 2012 - 21:19

Lotho était donc assis, se faisant avec un grand plaisir passer du savon sur son visage déjà humide. La sensation n'avait en soi rien de transcendant cela était certain, mais pour une personne qui avait passé deux semaines à tremper dans la boue et arrosé d'une pluie aussi battante de glaciale, le simple fait que l'eau soit légèrement tiède était déjà une félicité en soi. Appréciant le moment il ferma les yeux et se laissa bercer par la voix de Lyra, accompagnée des gestes précis et en effet experts du barbier qui officiait avec maîtrise sur son visage. Nul doute que le fait qu'il ait offert une rallonge à son précédent client ne faisait que lui augurer d'un bon client à satisfaire pleinement, c'était aussi ça que l'on apprenait à Braavos, savoir frotter les commerçants dans le sens qui leur convenait le plus, celui de l’aumônière qui gardait leur fortune du jour. Recentrant sa concentration avec aisance il se mit à écouter donc la jeune femme qui l'accompagnait ainsi. Après avoir argué que sa vie n'était guère passionnante il ne put s'empêcher de laisser échapper quelques mots, d'une voix amplement détendue :

- Vous êtes au début de celle ci, suivante d'une noble, la vie vous sourira encore longtemps je pense. Mais continuez je vous prie ...

Elle ébauchait un portrait de sa propre vie, apprenant ainsi à Lotho qu'elle était née dans le Dorne, élément que sa peau cuivrée lui aurait appris si déjà il avait pris un peu la peine de réfléchir. Mais être exténué physiquement l'avait toujours empêché de réfléchir en toute objectivité, raison pour laquelle entre autres il n'aimait pas que ses combats durent trop longtemps. Ainsi donc elle était née dans la ville de Lancehélion, que le spadassin avait déjà visité, dans une famille d'aubergistes. Elle avait une sœur et toutes deux avaient apprises le métier de serveuse dans leur famille. Cela par contre était tout à fait commun que ce soit en Dorne, dans les autres terres de Westeros ou bien encore à Braavos. Les enfants suivaient le plus souvent les traces de leur parents, Lotho avait pour sa part joué d'une chance de naissance. Il était né doué de son corps, éveillé et alerte, capable de marcher tôt, avec un corps qui avait vite assimilé les entrainements quotidiens que son maître lui avait fait subir, ainsi qu'à ses camarades.

Lyra elle, avait ensuite rencontré sa Dame. Lady Edarra Ferboys, de Dorne également, comme il s'en rappelait de leurs précédents échanges, elle expliqua que leur rencontre avait été marquée par le fait qu'elle, Lyra la serveuse, avait repoussé un malotru qui tentait d'obtenir ses faveurs, certainement d'une façon propre à toutes les tavernes de Westeros : la main aux fesses. En tout cas c'est ce que Lotho s'imaginait, grands dieux que ces rustres pouvaient être bestiaux dans leurs manières d'aborder le beau sexe. Et après il les entendait se plaindre qu'elles étaient souvent réticentes à l'ébat ... Rien dans la tête et même pas assez de jugeote dans l'entrejambe pour comprendre que c'était avant tout un moment censé être amusant pour l'ensemble des participants. C'était bien parce qu'il n'avait pas le choix qu'il s'était retrouvé dans ces royaumes, peut être qu'un jour il verrait le moment saint où ils comprendraient ces vérités, à l'impossible, le Braavosi n'est tenu comme disait le proverbe. La noble lui avait ensuite prié de venir avec elle, quelle pouvait bien en être la raison se demanda le danseur d'eau. Mais cela serait le trait d'une prochaine question, qu'il engrangeait au fur et à mesure qu'il parlait avec la dornienne, ou pour être plus honnête le rare temps qu'il avait pour lui poser des questions également. Toujours était-il qu'elle déménagea donc à Ferboys pour rejoindre la suite de la Dame, jetant un coup d’œil au barbier il remarqua que ce dernier avait tout à fait compris quel genre de demoiselle se tenait dans son échoppe, si il lui proposait de boire quelque chose, le spadassin n'en serait pas étonné, cela devait le changer du genre de personnes qu'il côtoyait d'habitude. Qui disait suite disait garde à peut être raser le cas échéant s'ils étaient en ville, mais cette attente fut rapidement douchée de part le fait que sa Dame n'était plus là, elle était partie pour une zone bien plus dangereuse. Salvemer, une attaque de fer nés y avait eut lieu dernièrement, en tout cas il semblait bien à Lotho qu'il avait entendu parler de cela sur la route qui l'avait amené à Vieilleville. Plus loin au nord, des hommes mouraient, funeste tragédie d'un genre d'exercice physique qu'il ne connaissait que trop bien. Cependant le fait que la Dame ait laissé une partie de sa suite en arrière témoignait d'une bonté d'âme certaine, peut être d'un esprit pragmatique.

Mais au vu du regret et de l'inquiétude qu'il voyait sur le visage de la suivante il semblait bien que cette noble qu'il ne connaissait pas était douée d'un sens certain des relations humaines et comptait réellement pour sa suivante. L'air un peu plus grave, il soupira également, fuyant son regard lorsqu'elle se rabattit sur lui et la lame du barbier. Même ce dernier semblait réellement en train de lui demander une aide sourde, viscérale, Elle continua de parler des fers nés et du fait que la mère d'Edarra Ferboys les avaient envoyé ici pour assurer la sécurité de sa fille. Ils semblaient ne pas être assez pour pouvoir continuer la route et le retard qu'ils avaient pris sur l'horaire l’inquiétait particulièrement. Une demoiselle en détresse, une de plus ! Lotho sentit tout son être vibrer de bravoure et de cette hargne qu'il avait fini par croire qu'on lui avait enlevé. Une demoiselle à sauver, des combats, de l'héroïsme, peut être une mort légendaire ! Les romans chevaleresques qu'il avait lu lorsqu'il était encore enfant étaient en train d'envahir totalement sa mémoire. La culpabilité qui se lisait sur le visage de la servante et l'air légèrement inquiet du barbier lui donnait une forte idée de la gravité de la situation. Malgré le fait que son cœur et tout son esprit lui recommandait de bondir en direction de Salvemer, de s'impliquer dans ces évènements, l'expérience que lui accordait son âge le calmait quelque peu. Il aurait besoin de plus de renseignements avant de prendre une réelle décision sur ce cas particulier.

En attendant, Lyra qui semblait avoir fini son histoire et elle reprit son jeu tout aussi favori qu'habituel dans leurs discussions : poser des questions. Elle lui demanda très clairement si il avait déjà été en Dorne, lui parla également du Prince Maron Martell, grand admirateur des danseurs d'eau et expert de la lance. Tout en avouant ne pas avoir l'oeil pour savoir purement juger des capacités de quelqu'un en combat. Affichant un sourire mélancolique, il attendit que le barbier débarrasse sa peau des poils qui avaient échappés au rasoir, avant de s’atteler à la fin de la coupe de sa moustache à la Braavosi. Un instant de silence eut lieu le temps que l'artisan finisse son office, après quoi il appliqua un baume sur les zones maintenant à nu. Enfin, avant de se relever du fauteuil, le spadassin darda un regard bien plus profond et concentré sur celui de la suivante, avant de dire d'une voix bien plus sérieuse :

- Lorsque j'officiais au sein d'un compagnie de mercenaire Braavosi, nous avions l'habitude d'escorter de nombreux navires marchands en direction de Westeros. Je n'ai jamais vu l'intérieur des terres Dorniennes, mais j'en ai connu plusieurs ports : Wyl, Côte salée, le cours de la Torentine également. C'est d'ailleurs cette zone que je préfère, voir ces montagnes immenses se jeter ainsi dans la mer c'est d'un poétique, d'un grandiose ! Comme si le Père des Eaux avait décidé d'offrir ses flots en mariage à la terre ! Je pensais d'ailleurs peut être m'y installer pour mes vieux jours, peut être monter une académie d'armes. Quand à votre Prince j'en ai en effet grandement entendu parler, à Braavos même ses talents de martialiste sont vantés. Peut être un jour pousserais-je le vice à aller voir un tournoi où il concourra, cela pourrait être intéressant.

Se relevant, il reprit son baluchon avant de payer grassement l'artisan qui manifestement avait dans le regard autre chose en tête qu'un paiement. Vieilleville était un port également, commercial de surcroît ... Il était extrêmement anxieux dans ce contexte, la phrase de Lyra lui revint en tête, ces gens étaient honnêtes. Retrouvant sa galanterie il présenta à nouveau son bras à Lyra, gardant son air sérieux au possible, il acquiesça silencieusement en direction du barbier, l'air entendu. Sa décision était prise. Une fois qu'ils furent dans la rue il dit à Lyra :

- Sans même que je comprenne pourquoi, ma décision est prise. Cette histoire d'invasion m'a touché, a ragaillardi un cœur particulièrement rance de par le passé de son hôte. Que vous le vouliez ou non, sachez que ma lame appartient à votre cause si jamais vous comptez la rejoindre. Là n'est pas question d'argent, il s'agit simplement de bon sens. Quel homme serais-je si je laissais des gens se battre sans que je rejoigne le tumulte des armes ? Il est coutume de dire que les danseurs d'eau n'ont pas du sang dans le corps, mais l'amour de l'aventure.

S'arrêtant dans la rue, il se fendit d'une belle révérence avant de présenter sa main et de baiser délicatement celle de Lyra. D'un ton extrêmement confiant, assorti d'un regard farouche et furieux, il dit en braquant son regard dans celui de la suivante :

- Je ne saurais trop vous remercier, ma très chère. De m'avoir rendu mon éternelle amante.


Se relevant prestement il reprit le bras de sa nouvelle amie et fendit la foule d'un air décidé tout en rajoutant, tonnant de son accent Braavosi plus que tonitruant, armé d'un sourire rayonnant et d'yeux plus que conquérants :

- Et maintenant, j'exige un développement de cette situation ! Une blanchisseuse ! Un repas ! Que je paierais : Et surtout aucun refus ! Là où le Braavosi ne peut aller, le danseur d'eau s'y précipite ! Andiamo et que la mort attende une journée de plus !
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Message Mar 7 Fév 2012 - 14:57

     Le silence se fit après les paroles de Lyra alors que le barbier travaillait encore, pour le moment il n'avait pas entaillé la peau de Lotho et la Dornienne se demandait s'il arriverait à éviter cela jusqu'à la fin. Dans son esprit, c'était une chose tout bonnement impossible et pourtant l'homme manipulait le rasoir avec une dextérité impressionnante. Comme quoi les personnes les plus douées avec des armes tranchantes n'étaient pas obligatoirement celles qui tuaient ! Elle se laissa aller à la contemplation du travail bien fait jusqu'à ce que le barbier termine son oeuvre pour laisser le spadassin se relever et répondre à la question de la demoiselle après l'avoir observée quelques instants. Le sérieux de la voix de l'homme interpella la suivante qui se demanda soudain si elle n'avait pas dit une sottise, mais le contenu de ses paroles rassurèrent la brune. Il était presque étonnant de constater qu'un natif de Braavos connaissait mieux sa région qu'elle, après tout, les pas de la jeune femme ne l'avaient jamais menée plus loin que Ferboys, Villevieille désormais, mais ce n'était pas comparable à l'expérience que semblait posséder le danseur d'eau. Alors qu'elle se redressait en plissant sa robe du plat de la main, la demoiselle posa ses yeux sur le visage de Lotho qui déclarait envisager de se poser à Dorne lorsque le temps de la retraite serait arrivé. Quelle idée agréable à entendre, nul doute qu'il aurait son lot d'apprentis en un rien de temps ! La surprise fut à nouveau visible sur le minois de la demoiselle alors que son interlocuteur expliquait connaître le Prince de Dorne, elle ignorait qu'il puisse être réputé jusqu'à dans les cités libres, mais se sentait étonnamment satisfaite de ce fait alors qu'elle n'avait aucun lien avec les Martell pourtant. Bien au contraire. Les Ferboys étaient réputés pour détester les suzerains de Dorne. La demoiselle hocha légèrement la tête alors que le spadassin payait le barbier.

     ▬ Ce doit être une chose intéressante à voir, surtout pour quelqu'un d'aussi expérimenté que vous. Peut-être sauriez-vous même lui donner quelques conseils sur sa manière de bouger qui sait. »

     Elle rigola légèrement, le plaisantant qu'à moitié pour le coup. Lotho lui tendit à nouveau son bras et elle le saisit d'un air léger tandis qu'ils sortaient dans la rue, puis son attention fut à nouveau attirée par la voix du spadassin. Lyra posa ses yeux sombres sur lui, le quittant de temps en temps du regard pour vérifier qu'elle n'allait pas se faire rentrer dedans par un marcheur trop imprudent. Les premiers mots du natif de Braavos étonnèrent la jeune femme qui ne comprenait pas exactement où il voulait en venir, imaginant qu'il comptait peut-être se faire engager auprès d'une maison noble pour apporter son aide. Lorsqu'il termina son explication, elle lui décrocha un regard profondément surprit, il proposa de lui-même de les aider à rejoindre leur dame, même sans être grassement payé pour ce service ? Rapidement les idées défilaient dans son esprit alors qu'elle voyait déjà Obara pester devant l'imprudence de sa jeune compagne, la plus âgée des deux suivantes serait bien plus difficile à convaincre, surtout si Lyra lui disait que l'homme acceptait de les aider par pure bonté d'âme. La Dornienne était malheureusement quelque peu aigrie par les années et n'envisageait pas qu'un homme puisse apporter son aide sans rien demander en retour, que ce soit de l'argent ou autre chose.

     La jeune femme cacha un sourire alors qu'il lui offrait une révérence digne d'une dame et qu'elle constata que c'était une attention aussi agréable que gênante vu les quelques regards que certains passants leurs offraient. Lyra se moquait d'attirer l'attention bien évidemment, le plaisir de voir quelqu'un d'aussi poli et courtois occultait rapidement tout le reste. La cerise sur le gâteau fut certainement le baise-main qu'il lui accorda, geste qu'elle n'envisageait pas d'avoir un jour. C'était aux dames que l'on réservait habituellement ce type de traitements. La Dornienne ne baissa pas les yeux lorsqu'il la remercia alors qu'elle aurait volontiers rougit devant une telle démonstration, c'était plutôt à elle de lui être redevable que le contraire ! Mais la suivante n'eut point l'occasion de le lui faire remarquer qu'il lui reprenait déjà le bras pour avancer d'un pas décidé tandis qu'elle le scrutait d'un air aussi interloqué qu'amusé et enjoué, l'on aurait presque dit qu'il partait à la conquête de Westeros ! Lorsqu'il conclut son intervention la fille d'aubergiste ne put s'empêcher de rire sincèrement en lui tapotant le bras d'un geste tout à fait amical, il était décidément plein de surprises.

     ▬ Vous êtes un homme bien étrange et bien surprenant vous savez. Je dis cela en compliment, l'originalité est une qualité rare de nos jours. Son sourire avait du mal à disparaître et elle reprit. Je ne sais comment remercier la Mère Rivière de m'avoir mise sur votre chemin, à croire que quelqu'un a entendu mes prières. Il était vrai qu'elle avait beaucoup prié pour la sécurité de sa dame depuis son départ de Ferboys. Je vous assurer que cette bonté d'âme vous sera rendue un jour ou l'autre. »

     Lyra n'était malheureusement ni riche, ni noble et elle ne pourrait certainement jamais rendre ce que l'homme lui offrait par ce simple geste. Mais quelqu'un quelque part saurait s'acquitter de cette tâche, peut-être même sa dame qui sait ! La demoiselle fit alors signe à Lotho que la blanchisserie se situait non loin de là, encore un peu culpabilisée par l'idée qu'il ne voulait pas qu'elle s'occuper de son linge pour lui économiser une partie de son pécule. Le passage du duo ne passait pas vraiment inaperçu, Lyra vit plusieurs regards s'attarder sur la silhouette du natif de Braavos et elle ne put s'empêcher d'en sourire. Amusant de constater comment certaines personnes pouvaient se montrer si intriguées dès qu'elles posaient les yeux sur une silhouette inhabituelle alors qu'à Dorne cela passait comme une missive par corbeau, les mœurs changeaient d'une région à l'autre. Il ne fallut pas bien longtemps aux deux marcheurs pour arriver dans la ruelle où se situait la blanchisserie dont la suivante avait parlé, ils entrèrent alors dans le bâtiment qui abritait les gérantes de l'atelier et celles-ci levèrent les yeux vers eux. Cette fois-ci, ce fut au tour de la Dornienne de faire savoir à Lotho qu'elle allait se servir de son expérience pour ne pas se faire rouler dans la farine. Tendant les mains pour qu'il lui donne son baluchon, elle lui adressa quelques mots, un sourire planant sur ses lèvres.

     ▬ Laissez-moi m'occuper de cela voulez-vous ? Chacun son tour. »

     Lorsqu'il lui eut donné son baluchon, la demoiselle se retourna vers les responsables de l'atelier avant de le poser sur le comptoir abîmé par des années d'utilisation. Elle savait que la plupart des blanchisseuses profitaient du manque d'expérience des clients pour n'utiliser qu'un produit bas de gamme histoire de ne pas perdre trop d'argent. Bien souvent elles savaient différencier les clients fidèles de ceux de passage et agissaient en fonction. La jeune femme tendit la main pour attraper l'un des torchons posés sur l'étendoir et le toucher en le retournant sous tous les angles pour en tester la douceur. Un léger froncement de sourcils accompagné d'un plissement des yeux marqua sa désapprobation.

     ▬ Je sais reconnaître un linge où l'on se contente d'effacer la poussière, d'un linge qui est correctement traité. Rien qu'au touche je remarque directement que le tissu n'a pas eu de fleur d'oranger et vous savez aussi bien que moi que cela permet de conserver la texture du tissu. C'était peut-être un détail pour Lotho, mais Obara avait insisté pour que Lyra veille à ce détail. Reposant le tissu, la Dornienne reprit. Si vous préparez ce linge correctement tout en nous faisant payer le prix que vous faites à vos clients fidèles, je n'irais pas voir ailleurs. Après tout si vous arrivez à dormir en sachant que vous profitez de la crédulité et de la confiance de vos clients, ma foi... Alors ? »

     Il y avait bien assez de blanchisseries pour pouvoir réussir à trouver moins cher ailleurs, elles le savaient parfaitement. La plus jeune des deux femmes hocha la tête avant de saisir le baluchon et déclara que cela serait fait correctement et qu'ils pourraient venir chercher leurs affaires le lendemain à la même heure. Satisfaite, la demoiselle hocha la tête et se détourna du comptoir pour revenir auprès du spadassin en lui offrant un sourire amusé.

     ▬ Ce détail vous semble peut-être futile, mais croyez-moi, vous me comprendrez une fois que vous aurez vu la différence entre une journée dans un habit correctement préparé et un nettoyé à la va-vite. »

     Elle essayait de se justifier à sa manière, craignant qu'il ne trouve son intervention mal poli, mais elle ne possédait pas assez d'argent pour leur demander de bien s'occuper du linge en leur glissant quelques pièces. Chacun sa manière de faire, espérons simplement que cela ne le ferait pas changer d'avis sur son compte. La ruelle était déjà moins bondée alors que les vapeurs de la nourriture arrivaient aux narines des passants, les yeux de la jeune femme se promenèrent sur les environs tandis qu'elle essayait de visualiser l'endroit le moins cher et le plus présentable de tous ceux qu'elle avait repéré. Mordillant sa lèvre inférieure, elle finit par guider son compagnon du moment à travers un dédale de ruelle pour déboucher dans une ruelle beaucoup moins cossue que la précédente, puis désigna un petit établissement presque désert au spadassin. Ils y pénétrèrent et furent installés non loin de l'entrée tandis que le regard de la brune se promenait sur les environs comme si elle cherchait à s'assurer que tout était en état. Après sa brève analyse, elle posa ses yeux sur le visage du natif de Braavos.

     ▬ Puis-je vous convaincre de me laisser vous inviter ? A Dorne il est aussi mal vu qu'une femme laisse un homme galant payer pour elle. Cela me ferait sincèrement plaisir. Surtout avec ce que vous désirez faire pour nous. »
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Message Mar 7 Fév 2012 - 19:12

Le spadassin se sentait comme porté comme sur un nuage par la ferveur de son propre engouement dans ce qui s'annonçait pour lui comme un retour aux sources, aux gloires et aux difficultés passées. Nul doute qu'il ne manquerait pas de se distinguer encore dans cette épreuve, dans tous les cas et pour l'heure il en gardait un sourire particulièrement bravache et des yeux acérés par l'appât de l'aventure. Décidément ce goût pour le danger était ancré au plus profond de tous les Braavosi et rien ne pourrait jamais les en dissuader extrêmement longtemps. Lyra quand à elle avait était très digne dans sa surprise face à l'envolée lyrique de son extravagant mais sincère compagnon, le complimentant fortement pour son étrange et surprenante originalité, qualité rare actuellement selon elle. Elle gardait encore un profond sourire et ses yeux exprimaient une profonde gratitude envers le spadassin ce qui n'eut bien sûr que l'effet de le ragaillardir encore davantage. Elle finit de le remercier en l'assurant qu'il serait récompensé pour ses efforts, qu'elle se portait garante de cette vérité là. Affichant toujours son sourire, il eut un léger soupir gêné et répondit d'une voix amusée :

- Nous verrons cela en temps et en heure si vous le désirez, mais je ne fais pas cela pour l'honneur, la gloire ou la richesse, sinon j'aurais fait marchand comme mon père ! Prenant un ton plus confident, il continua : Non, pour être on ne peut plus honnête, je le fais parce que c'est bien plus beau lorsque cela semble inutile aux yeux des autres. L'effet de surprise est une des règles d'or de notre façon de nous battre, nous autres danseurs d'eau, donc si on prend en compte que le combat est notre vie, j'aime surtout créer la surprise ! Et si en passant je peux aider mon prochain. Alors il n'y a plus à hésiter, même pas une seconde ! Quel Braavosi serais-je sinon ?

Une récompense n'était pas son objectif, non en réalité si il devait chercher au fond de son entrain il aurait plutôt dit qu'il comptait avant tout tenter de se retrouver lui même en plongeant dans le fracas des armes. Retrouver cette part de lui même qui lui avait était enlevée en même temps que son aimée et la promesse d'un futur enfant. Peut être que ce dernier voyage et la rencontre de Lyra avaient étés les déclencheurs d'une envie plus profonde de renouer avec ses heures de gloire, les courses poursuites désespérées, les duels sur le toit des calèches, la défense de l'honneur et de la dignité. Oui, c'était certainement bien plus vrai que le fait de vouloir le faire parce que dans la situation actuelle cela semblait inutile. Cependant toutes ces tergiversations intellectuelles étaient encore bien loin de son esprit, tout porté qu'il était à sa volonté de feu et son instinct guerrier. Qu'il était bon de se sentir ainsi vivant, de percevoir cette chaleur intérieure au sein de son corps, emplissant chaque mouvement et respirations. En regardant autour de lui il remarqua aisément que tous deux ne passaient pas inaperçus et la plupart des regards qui les accompagnait sur la route étaient partagés entre la surprise, l'impassibilité et le mépris. Lotho ne put s'empêcher de penser que les gens de ces terres étaient quand même sévèrement renfrognés, certainement l'effet de la pluie quasi journalière qui s'abattait sur ces terres, mais aussi le problème toujours épineux de montrer son bonheur aux yeux de ceux qui n'avaient pas trouvé le leur ou n'avaient pas encore pu se l'offrir. Le spadassin remarqua également que la majorité des regards se portaient sur lui, certes un Braavosi était un spectacle en soi, mais quand même il avait toujours du mal à s'y habituer. D'un ton faussement agacé, il dit à Lyra :

- Ma chère, il va falloir que vous cachiez votre charmant sourire. Nous ne cessons d'être la proie de regards aussi insistants que nombreux. Je suis désolé de devoir vous le demander ainsi, mais semblerait-il que je ne tarde pas à canaliser toute la jalousie de cette ruelle. Non point que je me défilerais en cas de heurts, le nombre m'importe peu aujourd'hui, mais je rechigne à affronter des ennemis sans armes dignes de ce nom. Cela manquerait assurément de panache.

Ils tournèrent ensuite dans une ruelle adjacente qui devrait certainement les mener à la blanchisserie dont lui avait parlé la jeune femme. Lotho aurait certainement pu la trouver également, il s'agissait d'un bâtiment de briques auquel avait été rajouté un grand préau ou semblaient se trouver les bacs d'eau chauffée par des feux entretenus toute la journée durant. Deux femmes qui semblaient être les tenancières de ce commerce levèrent les yeux de leur ouvrage vers eux, alors que Lotho faisait glisser son baluchon de son épaule, Lyra l'invectiva en lui demandant de lui donner, sourire aux lèvres. L'air circonspect il s’exécuta en se demandant si elle avait bien compris qu'il ne la laissera pas le moins du monde s'occuper de son linge, dusse t-il l'éloigner d'autre moins trois quartiers de cette blanchisserie. Mais bien au contraire elle examina déjà un des torchons qui étaient sec et posé sur un étendoir en attendant d'être plié. Elle expliqua avec une certaine maîtrise qu'elle savait reconnaître un linge propre d'un linge bâclé, en même temps avec toutes les lessives qu'elle devait s'envoyer tous les jours cela n'avait rien d'étonnant pensa Lotho, mais elle alla plus loin encore en leur demandant de s'occuper de ce linge avec toute leur compétence pour un prix modique. Lotho ne put s'empêcher de sourire devant cette demande plus que culottée. Après un temps de silence la plus jeune des deux femmes, tout du moins à l'apparence, attrapa le linge pour commencer à s'en occuper. Lyra se retourna vers lui arguant qu'il y avait une grande différence entre un ligne passable et propre, une fois sur la peau. Il eut un léger sourire avant de présenter à nouveau son bras à la suivante, pour enfin dire avec son charme Braavosi aux blanchisseuses :

- Mesdemoiselles, charmantes ouvrières. Comme vous le remarquerez il s'agit de noir, de rouge et de légers fils d'argents en guise de broderie, c'est une tenue autant cérémonielle que de bataille pour ma caste, en soie, lin et flanelle. Je vous supplie platement de vous en occuper avec tout l'amour que vous pouvez porter pour vos plus belles vêtures, qui assurément vous vont à ravir. Vous serez des amours, merci d'avance, très sincèrement.

Puis de commencer à marcher prestement avant de répondre enfin à sa compagne de promenade du même sourire charmant et du même accent :

- Avec vos conseils en plus des miens, je pense que je retrouverais ma vêture telle que je l'ai acquise à mon entrée chez les danseurs d'eau. Ce qui sera en soi la félicité la plus parfaite pour accompagner cette radieuse journée. Et tout ça grâce à vous, je vous le dis Lyra, vous êtes aujourd'hui le plus beau porte bonheur dont un homme des sept couronnes puisse rêver ! Fieffé Braavosi qui a eu la chance d'en profiter, vil esprit que le sien ...

Ils continuèrent donc de marcher au travers des rues de Vieilleville, Lotho se contentant de se laisser guider par la jeune femme décidément pleine de ressources à ses yeux. La vie avait retrouvé non seulement du sel mais aussi du piment en ce jour qu'il avait pourtant anticipé comme pouvant avant tout être extrêmement chagrin. Force lui était de reconnaître que cela ne serait absolument plus le cas maintenant que toutes ces bonnes nouvelles se présentaient à lui. Bientôt ils arrivèrent dans une ruelle moins bondée dont les délicieuses effluves se présentaient aux narines comme un trop plein de bonheur, il manqua de repartir dans sa ferveur enthousiasmée mais le fait qu'ils changent un peu brusquement de direction pour se rendre dans l'auberge qu'avait choisie Lyra. Ils arrivèrent dans une ruelle déserte et moins cossue, manifestement elle savait où elle allait, tout du moins le danseur d'eau l'espérait. Ils arrivèrent dans cette échoppe et s'installèrent près de l'entrée sous l'impulsion de la dornienne qui finit par demander si elle pouvait payer le repas, ce qui valut à Lotho d'ouvrir de grands yeux étonnés. Elle argua qu'il était mal vu dans le Dorne qu'une femme se laisse inviter à dîner, il ne savait pas si cela était vrai ou non, mais elle précisa qu'elle tenait à payer, tant par plaisir que pour le remercier de s'être mis à sa cause. D'une idée comme d'une autre, Lotho ne savait pas exactement quoi répondre, le fait qu'on détourne son invitation ainsi était très rare. Croisant les doigts, le regard en biais il sembla réfléchir ardemment à cette question pourtant simple. Il finit par répondre, l'air hésitant et surpris à la fois, son ton reprenant de sa malice habituelle au fur et à mesure de sa réponse :

- Ce sera bien la première fois qu'un baisemain paiera mon repas. Alors soit, pour la curiosité de voir si la viande à le même goût dans ce cas de figure là ! Mais je vous dois donc une invitation à manger, qui elle ne devra pas être refusée ma chère. Sinon, je tonne, je tempête, j'invective et j'assaille !
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Message Mer 8 Fév 2012 - 13:32

     Lotho semblait hésiter face à la proposition de la jeune femme qui ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il y avait de si étrange dans sa demande. Avait-il donc si peu l'habitude de se faire inviter par une représentante du sexe faible ? Lyra n'était pas tant que cela à cheval sur les convenances, surtout à Dorne où les mœurs étaient beaucoup plus libres et que les femmes pouvaient occuper les mêmes places que les hommes. Ses prunelles sombres étaient dirigées vers le visage désormais rasé du danseur d'eau, plongé dans une profonde réflexion après être passé par le stade de la surprise. Le sourire qui marquait les lippes de la jeune femme exprimait clairement l'amusement qu'elle ressentait face à cette hésitation. Doutait-il qu'elle puisse payer un repas convenable à quelqu'un qu'elle invitait ? Non, il avait l'air bien trop respectueux pour envisager une telle chose, quoique, les pensées étaient bien souvent différentes des paroles prononcées. Finalement, la réponse arriva enfin, le spadassin accepta d'un ton plus que surpris et bien à sa manière. Elle rigola légèrement alors qu'il posait quelques conditions toujours aussi aisées à accepter, avant d'opiner du chef.

     ▬ Très bien, nous en conviendrons donc comme cela, au moins cela vous fera une raison de plus de ne pas aller vers d'autres horizons. »

     C'était une plaisanterie, Lyra n'était pas sérieuse et souhaitait bien à son interlocuteur de trouver rapidement un travail bien payé. Même si la demoiselle imaginait aisément que sa dame payerait le travail de Lotho à sa juste valeur. Lady Edarra était une femme digne de son titre et elle considérait qu'un bon travail devait être convenablement payé. Même trop certaines fois, la Dornienne avait très souvent trouvé que la noble était bien trop gentille à l'égard de ses hommes ou de ses suivantes, il suffisait de voir qu'elle l'avait laissée à Ferboys tout en étant payée et en lui proposant d'apprendre à lire et à écrire auprès de leur mestre. A sa grande surprise, la jeune femme avait constaté qu'il était bien plus difficile de supporter un mauvais traitement en pouvant en vouloir à son employeur, plutôt que de se sentir coupable de trop en profiter auprès de quelqu'un d'aussi bon que l'était la jeune dame. Lyra inspira légèrement en détournant ses yeux sombres de Lotho pour faire signe à la serveuse qui tournait entre les tables, récupérant des brocs vides laissés sur les tables. La jeune femme lui fit signe qu'elle arrivait rapidement et la Dornienne en profita donc pour se concentrer à nouveau sur son interlocuteur. Après avoir servi pendant des années dans l'auberge de ses parents, la demoiselle savait que ce n'était pas facile de jongler entre toutes les tables, heureusement pour la serveuse, ils étaient peu nombreux à cette heure-ci. Posant ses coudes sur la table, joignant ses doigts de manière à les placer sous son menton, la brune reprit alors la parole.

     ▬ Si cela vous rassure, vous êtes le premier « inconnu » que j'invite à manger. Je n'ai pas pour habitude d'être aussi... Imprudente dirait ma collègue, mais je dirais plutôt audacieuse. De plus vous êtes aussi le premier à m'accorder un baise-main, il est normal que cela vous soit convenablement rendu. »

     Il était vrai que ce n'était pas tous les jours que l'on s'attardait sur sa personne, mais cette attention était ô combien rafraîchissante et la Dornienne se sentait encore plus enjouée qu'à l'accoutumée. Après avoir répondu, l'attention de la demoiselle se dirigea vers la silhouette de la serveuse qui s'approcha d'eux, son tablier serré autour de sa taille, elle avait déjà l'air épuisée alors que la journée était à peine entamée. Un torchon sur le bras, la jeune femme remit quelques mèches rebelles en place avant de poser ses yeux verts pâles sur les deux clients et de les interroger du regard. Lyra se redressa sur son séant en arborant un sourire enjoué.

     ▬ J'aimerais des fruits s'il vous plait, ce que vous avez sous la main, mais quelque chose de juteux et léger ! Et de l'eau, fraîche elle aussi. »
     ▬ Juste des fruits ? » Le ton était légèrement étonné, mais elle devait être habitué à avoir des demandes bien plus étranges.
     ▬ Pour moi ce sera amplement suffisant. Elle tourna la tête vers Lotho. Et que désirez-vous ? »

     L'estomac de la jeune femme était habitué à consommer peu de nourriture pour les périodes de famine comme il y en avait eu lors de la rude sécheresse précédente. La demoiselle préférait donc amplement de contenter d'un repas léger pour ne pas habituer son ventre à trop d'opulence. De plus elle devait toujours bouger et être en état pour pouvoir courir faire les courses de sa dame toute la journée, l'estomac plein et rebondit l'était donc pas la meilleure chose pour cela. Bien évidemment, rien n'interdisait au spadassin de prendre un copieux repas agrémenté d'un bon vin, la jeune femme appréciait assez le vin de Dorne, mais avait une grosse difficulté à se faire à celui du Bief. Le goût était si différent qu'elle en avait été impressionnée la première fois qu'elle y avait goûté à la taverne où elle séjournait. Lorsque Lotho eut commandé, la serveuse s'éloigna d'un pas leste et rapide, puis la demoiselle reprit alors son activité préférée : assaillir le malheureux natif de Braavos d'une foule de question. Elle avait tellement envie de tout savoir, il serait lassé d'elle avant que sa curiosité ne se tarisse.

     ▬ Avez-vous déjà posé vos bagages dans une auberge ? J'imagine que vous devez déjà être installé, mais si ce n'est pas le cas je peux toujours vous indiquer un bon endroit. »

     En fait elle songeait à lui proposer l'endroit où la suite de lady Edarra séjournait, cela aurait été un excellent moyen de faire voir à Obara que le spadassin était quelqu'un de bien. Cela dit Lyra pouvait très bien se faire berner depuis le début et croire sur parole tout ce qu'il lui disait alors que l'homme pouvait être un simple reître de passage. Sa naïveté finirait par lui porter préjudice, mais peu lui chalait pour le moment. Légèrement penchée sur la table alors qu'elle glissait ses pieds nus sous sa chaise pour les abriter d'un éventuel accident – elle avait rapidement pris cette habitude avec le temps – la jeune femme glissa ses mains jusqu'à sa bouche comme pour s'empêcher de parler. Le problème étant qu'elle avait toujours une foule de questions qui se bousculait derrière ses lèvres, mais qu'elle faisait tout son possible pour ne pas les formuler, sans quoi le pauvre Lotho finirait noyé sous le flot. Décidant de se contenter de questions « basiques », la Dornienne enchaîna donc d'un ton légèrement plus bas alors qu'elle essayait de calmer son empressement.

     ▬ avez-vous souvent voyagé accompagné d'une suite ? Je veux dire, les gardes de ma dame sont... Comment dirais-je.... Elle plissa légèrement son nez dans une brève réflexion. Un peu rustres à leur manière voyez-vous... Disons qu'ils sont si fiers de ce qu'ils peuvent faire qu'ils risquent de tout de suite de sentir en position de faiblesse. Elle avait déjà remarqué cela à plusieurs reprises. Ils passent légèrement plus de temps à la taverne du coin qu'à s'entraîner dans la cour en réalité. »

     Les gardes savaient se défendre, mais pas comme un danseur d'eau sans aucun doute ! Elle savait bien qu'ils risquaient de râler devant le talent que le spadassin devait avoir, ils prétendraient peut-être même que l'on ne pouvait pas faire confiance à un étranger. Certes Lyra risquait de se sentir coupable si jamais Lotho se révélait être un mercenaire sans foi ni loi ou un profiteur, mais son charme avait fait effet et la demoiselle n'envisageait pas que ce soit une éventualité. Obara veillerait au grain de toute manière, sans compter que d'ici que lady Edarra puisse les rejoindre, ils auraient le temps de voir ce qu'était réellement la personnalité du natif de Braavos. La Dornienne elle, n'avait aucun doute, mais se préparait simplement aux protestations de sa collègue. Elle jugea d'ailleurs utile d'en avertir le combattant avant qu'il ne se casse les dents sur l'aigreur de sa compagne.

     ▬ Par ailleurs, Obara, l'autre suivante, est assez... Méfiante et un peu aigrie, elle risque surtout de trouver votre charme et votre verve suspecte. Mais ne vous inquiétez pas, au fond c'est une femme agréable, juste très méfiante. Elle l'est pour nous deux en réalité. »

     La prudence ne faisant pas partie de qualité de la plus jeune des deux suivantes, c'était en effet préférable. Cela dit aux côtés de sa dame, la fille d'aubergiste était bien plus attention, hors de question de mettre la jeune noble en danger par son imprudence ! Une question germa alors dans son esprit, même si elle était consciente qu'elle risquait peut-être de s'aventurer sur un terrain moins.... propice à la discussion. La famille avait toujours été importante pour Lyra et elle s'y intéressait donc de très près.

     ▬ Avez-vous une femme ou une promise qui vous attend à Braavos ? »

     C'était une simple curiosité dont elle avait du mal à se défaire, mais le ton emprunté indiquait clairement qu'elle sa doutait que le sujet n'était peut-être pas aussi simple qu'elle ne semblait le croire. Certains parlaient volontiers et leur vie professionnelle, mais jamais de leur vie personnelle. Lotho n'eut guère le temps de répondre directement, car la serveuse arriva, posant les commandes devant les deux clients avant de leur souhaiter un bon appétit puis de s'éloigner. Patiente, pour une fois, Lyra baissa les yeux vers ses fruits et commença à les goûter. Ils étaient excellents, tout comme cette journée par ailleurs !
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Message Mer 8 Fév 2012 - 18:51

A l'évocation du fait qu'il tienne à offrir également, plus tard, un autre repas à Lyra, cette dernière répondit que cela lui ferait une raison supplémentaire de rester dans les parages. Même dite sur un ton plaisantin la phrase posa quand même une question dans l'esprit de Lotho, il se demandait avant tout maintenant combien de temps ils allaient rester plantés dans cette ville du Bief alors que plus loin au nord se déroulaient des évènements dans lesquels il pouvait être tout à fait intéressants de s'investir, pour de nombreuses raisons évoquées auparavant dans leur discussion. Le spadassin se demanda alors combien de personnes composait la suite de Dame Ferboys, tout du moins celles qui étaient restées en arrière garde. Il n'aimait pas l'idée de se retrouver dans une équipée trop solitaire lorsqu'il s'agissait de voyager, il fallait un nombre suffisant pour intimider les brigands sur le chemin, cependant Lyra parlait toujours elle tandis qu'il continuait à réfléchir. Elle lui affirma qu'il était le premier inconnu à qui elle offrait un repas et qu'il était loin d'être dans ses habitudes de se montrer aussi confiante envers quelqu'un, l'imprudence dont parlait sa collègue était un terme tout à fait juste si on y repensait plus posément. Bien qu'il lui eut dressé un portrait flatteur de sa ville natale, au vu de son audace comme elle la qualifiait elle même, il n'aurait pas donné cher de sa peau en une demie journée tout au plus. Toujours était-il qu'elle lui confia également qu'il était le premier à lui prodiguer un baisemain, cette attention pourtant si délicate et qui faisait toujours plaisir tant à celle qui le recevait qu'à celui qui le prodiguait. Avec un léger sourire retrouvé après cette période entre surprise et déstabilisation, le spadassin s'adossa contre sa chaise avant de répondre :

- Sauf votre respect, avec toutes les questions que vous m'avez posés si je suis encore un inconnu, c'est donc que je mène une double vie dont mon esprit ne sait rien. Si ce cas de figure s'avérait exact, je vous suggérerais de fuir ma présence, cela vous serait plus profitable. Et quand au baisemain, il est de coutume chez moi de remercier ainsi la gentillesse des demoiselles qui nous offrent leur aide.

Sur ces entrefaites la serveuse finit par arriver à leur table, demandant avec la chaleur de l’accueil d'un jour de marché, soit un nuage d'agacement saupoudré d'un soupçon de fatigue ce qu'ils voudraient commander comme pitance. Lyra commença à commander tant par galanterie de la part de Lotho que par le fait que ce dernier était en train de penser à ce qu'il allait bien pouvoir prendre, dans une région aussi opulente que le Bief, ne pas manger à sa faim serait une calamité. Il fut également aussi surpris que la serveuse lorsque Lyra commanda simplement des fruits et de l'eau fraîche, certes il ne s'attendait pas à ce qu'elle demande un bœuf braisé et trois tonneaux de cervoise, mais quand même cela lui paraissait réellement peu. Peut être, se dit-il, que sa paie de servante n'était pas aussi opulente que ce que l'on aurait pu croire. Après tout elle avait déjà la sécurité du logis et de la protection des nobles, cela était en soi un avantage non négligeable comparé au reste des roturiers. Toujours était il que lorsqu'elle lui demande ce qu'il prendrait Lotho se dit qu'il n'allait pas abuser de sa gentillesse outre mesure. Regardant la serveuse, il demanda :

- Quelle est votre spécialité du jour je vous prie ?
- On propose une assiette en l'honneur du marché, agneau grillé et pommes de terres avec le jus de la viande ainsi que des pois cassés. Plus un verre de vin du Bief.
- Cela m'ira parfaitement, je vais succomber à cette proposition donc, merci beaucoup.

Et la serveuse de repartir vers les cuisines pour passer leur commande, cela lui serait amplement suffisant pour se remplir la panse. Assez mal à l'aise assis, il dut se relever pour dégrafer le ceinturon qui maintenait sa rapière et sa dague en place, les posant contre le mur près d'eux. Avoir un quillon de rapière qui vous rentre dans les côtes n'est pas forcément un grand plus pour ce qui est de digérer, il se rassit ensuite et posa son chapeau sur leur table avant de repasser ses cheveux ondulés vers l'arrière de sa tête. Il reposa ensuite le regard sur Lyra, s'attendant sans grande surprise à une nouvelle salve de ces questions qu'elle appréciait tant lui poser et auxquelles, il lui fallait bien l'avouer, il adorait répondre. Ainsi donc il devait maintenant parler du lieu où il séjournait, certainement que la suivante voulait lui proposer de venir loger là où ils étaient tous avec la suite de Dame Ferboys, ce qui en soi ne serait en effet pas une mauvaise idée. L'air gêné, il se fit fort de répondre à son interlocutrice avec franchise :

- Eh bien, au vu de l'affluence de ce marché, j'ai avancé le paiement de ma chambre pour cette nuit dans l'auberge où je suis descendu hier. Cependant à partir d'après demain il me faudra trouver une autre auberge je pense, si vous connaissez de bonnes adresses, bien gérées et peuplées de gens de qualité ... Je ne dirais certainement pas nom, cela me semble logique.

Un petit sourire en coin il jeta un coup d’œil par une fenêtre à la ruelle qu'ils avaient traversés pour venir dans cette taverne. En effet elle était peu fréquenté mais, redirigeant le regard sur le lieu, elle semblait bien plus convenable que ce à quoi il s'attendait en en voyant la façade. Les petits commerces de ce genre existaient dans toutes les villes et se révélaient souvent bien plus accueillants que les tables remarquées par tout un chacun. La voix de Lyra, encore une fois, la tira de ses observations lorsqu'elle lui demanda si il avait déjà voyagé en compagnie d'une suite. Se plaignant des manières des gardes avant de les détailler par le menu. Lotho ne put s'empêcher de sourire, cela décrivait la quasi-totalité des gens avec qui il avait travaillé ces dernières années. Elle lui parla ensuite d'une certaine Obara qui semblait être sa supérieure ou tout du moins également une suivante. Plus aigrie et méfiante elle contrebalançait donc la curiosité de Lyra, la description qui lui en était fait lui rappela un qualificatif qu'il utilisait parfois pour qualifier ce genre de personnages : des gardes-vertu. Il devait cependant bien avouer qu'au vu de la facilité de Lyra à s'intéresser à tout ce qui lui était inconnu, un tel garde-fou devait certainement être plus que nécessaire. Prenant la peine de répondre à sa question, il présenta les choses comme suit :

- Il m'est en effet arrivé plusieurs fois d'escorter des suites de dignitaires importants en provenance de Braavos où s'y rendant. Il est certain que les gardes passent du temps à la taverne, c'est dans leur façon d'envisager la vie vous savez. Quand on sait que l'on peut potentiellement mourir au combat dans l'heure qui suit, on a tendance à vouloir profiter de tout ce que le vie nous offre sans jamais tourner le dos à ces plaisirs. Cependant qu'ils négligent pour autant l'entrainement est une erreur qui pourrait en effet vous coûter la vie. D'ailleurs il va falloir que j'y pense dans la journée également, sinon je vais avoir l'air d'un cuistre après avoir dit cela.

La question qui survint ensuite glaça le sang de Lotho, avait-il quelqu'un qui l'attendait ... Fort heureusement Lyra ne put voir son air dévasté face à une question posée si innocemment, elle s'en serait certainement extrêmement voulue et ce n'était pas ce que Lotho recherchait. La serveuse leur amena les plats, lui laissant le temps de recomposer un faciès plus à même de donner le change. Elle passait à des questions bien plus précises et Lotho allait devoir commencer à éviter les points les plus épineux de son histoire. Avouer à une servante de noble qu'il avait engrossé l'équivalence sociale de sa patronne ne passerait pas forcément bien. Saisissant son verre, il en but une gorgée tandis qu'elle mangeait sa première bouchée, réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir dire, il prit une deuxième gorgée, le visage fermée. Lysiane ... Son seul amour qu'on lui avait refusé pour des raisons qui, même si ils étaient logiques et juridiques, n'arrivaient pas à trouver de légitimité à ses yeux. Évitant de repenser à son enfant, il finit par dire :

- Je l'ai connu une fois cet amour si puissant qu'il vous transcende ... Mais malheureusement on ne nous as pas laissé en jouir. Que voulez-vous ... Un fils d'enlumineur et la fille d'une des plus grands familles de Braavos ... C'est contre toute logique marchande, elle était promise à un autre destin. Je me dois de vous avouer que c'est en grande partie pour cela qu'il y a six ans j'ai décidé de m'installer dans ces contrées. Je ne supportais plus la vue de ma ville, où tout me la rappelait et même après ce temps, parfois j'ai bien peur de ne jamais pouvoir l'oublier. Elle était mon soleil ...

Et de finir son verre en un trait avant de faire signe a la serveuse de lui en resservir un autre, ce à quoi elle acquiesça avant de s’exécuter. Tout son être semblait maintenant sombrer à nouveau dans une réelle et profonde mélancolie, celle d'un temps où rien ne lui paraissait impossible dans a ville la plus animée au monde. Reprenant un léger sourire teinté d'une profonde nostalgie, il finit par dire :

- Vous êtes fine bretteuse pour avoir ainsi touché mon seul angle mort. Félicitations, très sincèrement.
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Message Jeu 9 Fév 2012 - 19:08

     Lyra remarqua bien l'expression gênée qui passa brièvement sur le visage de son interlocuteur et elle se demanda laquelle de ses questions pouvait bien avoir provoqué une telle réaction. Lorsqu'il expliqua voir déjà payé en avance la chambre où il séjournait, elle esquissa un sourire. Un comportement prudent et tout à fait intelligent, combien de fois était-elle tombée sur des voyageurs qui venaient réclamer une chambre à la dernière minute alors que la nuit tombait ? Ils avaient passé toute la journée à vadrouiller dehors et ne pensaient à ce genre de détails qu'une fois que le besoin de dormir se faisait sentir. Comme quoi l'homme qui se trouvait face à elle était bel et bien un voyageur chevronné, la demoiselle se souvenait que son père lui disait toujours que cela se reconnaissait par l'état des chaussures et l'habitude prise de réserver un endroit où dormir en avance. La demoiselle hocha donc la tête lorsque Lotho déclara qu'il ne serait pas contre le fait de pouvoir trouver un autre endroit si elle connaissait une auberge plus adaptée, puis répondit d'un ton toujours aussi enjoué, heureuse de pouvoir se rendre utile. C'était un besoin presque viscérale de pouvoir apporter son aide.

     ▬ Voilà un comportement bien sage ! Je vous félicite, mon père me disait toujours que l'on reconnaissait les aventuriers chevronnés à leur habitude de prendre ce genre de précautions. Cela dit comme je vous l'ai dit, je peux vous conseiller plusieurs bons endroits, là où la suite séjourne actuellement ou dans une auberge un peu plus loin, mais située dans une zone beaucoup plus fréquentée. »

     Qui disait zone fréquentée, disait aussi risque de se faire réveiller brutalement le matin, chance accentuée pour se faire détrousser ou même le droit légitime de croire que les responsables de l'auberge seraient peut-être moins aptes à surveiller toutes les tâches à effectuer. Un instant de silence passa, puis Lotho expliqua alors avoir effectivement accompagné plusieurs personnes assez importantes et qu'une bonne partie des gardes semblaient passer leur temps à la taverne. Elle marqua sa désapprobation par une légère grimace alors qu'il continuait en expliquant que le risque de pouvoir quotidiennement mourir au combat devait certainement pousser à vouloir goûter à tous les plaisirs de la vie. Elle n'était pas réellement convaincue, même si c'était compréhensible d'un côté, cela dit il y avait autant de chances de se faire faucher par un coursier dans la rue ou d'être victime d'un combat de rue qui tournerait mal. La vie ne tenait toujours qu'à un fil, une pensée bien sombre pour une jeune femme qui n'avait encore jamais vu la mort dans les yeux, mis à part lorsqu'elle avait manqué de se faire tuer non loin de Ferboys alors qu'elle accompagnait lady Edarra. Gerold lui avait sauvé la mise et elle aurait aussi bien pu se faire tuer et finir sa vie avant même de l'avoir commencée. C'était le lot de tout le monde, même si un garde devait certainement être plus souvent confronté à cela qu'une simple suivante. Elle le concevait aisément. Quelques instants de silence avant que Lyra ne réponde d'un ton quelque peu rebelle, comme si l'alcool ne lui convenait pas.

     ▬ Je peux comprendre, mais la vie est toujours en suspens, je pourrais me faire attaquer en sortant d'ici et mourir des suites de mes blessures, ou encore que la suite soit victime d'une attaque de Fer-nés ! C'est le lot de tout le monde, mais je ne vais pas pour autant aller boire toute la journée. Elle soupira légèrement. De plus c'est surtout les fennecs que les gardes de lady Edarra doivent avoir à affronter, nous quittions rarement l'enceinte de sa demeure. »

     Un léger rire pour montrer qu'elle ne voulait pas avoir l'air de jouer les mégères qui ne savaient pas vivre. Elle aimait aussi consommer un peu d'alcool de temps en temps, mais tout était dans la dose ingurgitée. Alors qu'elle était en train de manger ses fruits en constatant qu'ils étaient pleins de jus – à son grand plaisir – Lyra sentit bien que l'atmosphère avait soudain changé, comme si elle était plus.... Pesante. Levait ses yeux sombres vers le visage du spadassin, elle constata avec stupeur et une certaine culpabilité, qu'il avait l'air plutôt contrarié par cette question. Peut-être n'était-ce pas pour rien qu'il avait quitté Braavos après tout. Et elle mettait les pieds en plein dans le plat ! Baissant aussitôt les yeux par crainte d'aggraver les choses si jamais il venait à se rendre compte qu'elle avait constaté son malaise, la Dornienne patienta jusqu'à ce qu'il reprenne la parole. Le danseur d'eau expliqua alors qu'il avait effectivement été très amoureux d'une femme, mais que celle-ci était bien « mieux » née que lui et que leur amour était donc avorté avant même d'avoir pu prendre son envol. Elle mordilla sa lèvre inférieure dans un signe de gêne manifeste, mal à l'aise de l'avoir rappelé à un souvenir aussi douloureux, surtout que la manière dont il parlait d'elle avait l'air de souligner un amour encore présent. Un peu le type d'amour dans lequel elle croyait, unique et qui ne pouvait jamais s'oublier. La serveur revint vers eux suite à la demande du natif de Braavos, lui remplit le verre et s'en-alla aussitôt, les laissant alors qu'il félicitait la jeune suivante d'avoir touché le point faible de son armure. Elle ouvrit la bouche pour répondre, la referma, hésita, puis se lança finalement.

     ▬ Je suis désolée, j'ignorais que c'était un sujet douloureux pour vous, sinon je n'en aurais jamais parlé. Je suis trop curieuse, j'en conviens, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. Elle fronça légèrement les sourcils pour dissimuler sa gêne, sans pouvoir s'empêcher d'en ajouter une couche par-dessus, bien malgré elle. Mais voyez-vous, je crois qu'il serait dommage de vouloir l'oublier... Je dis peut-être une bêtise, je n'ai jamais été dans votre cas, mais si elle était votre soleil, pourquoi vouloir l'oublier ? Voulez-vous vivre dans le noir toute votre vie ? Un souvenir pourra vous éclairer dans les moments sombres et chasser les pensées noires je crois. Elle baissa les yeux pour fixer son plat. Selon moi, vous devriez garder tout le plaisir que vous aviez en étant avec elle, s'ils ont pu vous empêcher de vivre à ses côtés, ils ne pourront pas vous empêcher d'apprécier ces brefs instants, non ? Lyra soupira légèrement avant de faire un signe de la main comme si elle chassait ces paroles. Oubliez ce que je viens de vous dire, je ne sais pas de quoi je parle et je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Excusez-moi encore une fois. »

     Elle attrapa une tranche de son orange et la glissa en bouche avant de mastiquer, comme si ce geste allait pouvoir l'empêcher de dire encore plus de bêtises, ce qui était le cas au final. Elle ne le connaissait pas très bien, lui non plus, ce genre de discussion ne se faisait même pas toujours entre amis, alors entre inconnus – ou presque – c'était inimaginable. La jeune femme laissa planer un moment de silence comme si elle espérait qu'il finisse par oublier tout ce qu'elle venait de dire, encore une fois sa peau tannée lui sauvait la mise, sans quoi elle aurait certainement rougit comme une pivoine. Alors que quelques personnes entraient dans la pièce en leur accordant un bref regard pour finalement aller s'installer à une table du fond, la demoiselle reporta son attention sur Lotho et opta pour le changement de sujet histoire de ne pas faire perdre sa bonne humeur à son interlocuteur. Enfin, en espérant que ce ne soit pas encore le cas.

     ▬ Connaissez-vous beaucoup de choses sur les Fer-nés ? J'ai cru entendre qu'ils attaquaient souvent les Cités Libres lorsqu'ils n'étaient pas en guerre contre Westeros, j'imagine que vous devez déjà avoir eu affaire à eux non ? Étiez-vous au courant de leurs attaques avant de venir à Westeros ? »

     Elle semblait avoir retrouvé tout son allant et sa bonne humeur comme si le simple fait de changer de sujet lui faisait oublier tout ce qu'elle pouvait avoir pensé juste avant. Une capacité assez utile qui semblait innée chez la jeune femme, le don de faire croire que tout allait parfaitement, même lorsque ce n'était pas le cas. Bien futé et fin observateur serait celui qui remarquerait cette fausse bonne humeur.
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Message Dim 12 Fév 2012 - 12:31

Pensif et plus que certainement maussade, le Braavosi faisait remuer son verre de vin pour y voir danser le liquide couleur rubis qui l'emplissait. Son regard se perdait dans les courbes gracieuses du liquide, retournant en lui même en une pellicule fine et insaisissable, manifestement Lyra quand à elle aurait préférée pour ne fois ne pas poser de questions. Il est vrai qu'il aurait pu trouver un mensonge, une histoire bien plus intéressante et romanesque, mais certains sujets étaient teintés de cette gravité qui leur interdit à tout jamais les portes du mensonge, même le plus trivial. Parfois la gloire et le faste devaient simplement se retirer devant la menace d'un manque de respect pour les souvenirs. Son interlocutrice s'excusa platement devant la gaffe qu'elle venait de faire, avant de lui certifier qu'il était dommage de vouloir l'oublier, de vivre dans le noir toute sa vie. Elle continua ainsi un monologue sur le besoin de se sentir épaulé par de chauds souvenirs, avant de s’excuser, encore. Lotho avait peu à peu retrouver un léger sourire, la suivante qu'il avait en face de lui était décidément bien jeune, cela était une certitude, elle parlait de la mort sans l'avoir jamais administré et peut être, pensa le Braavosi, de l'amour sans l'avoir jamais réellement connu. Un discours d'idéaliste que tout le monde tenait une fois dans sa vie, un instant de retour à innocence de l'âge enfantin. Abandonnant le combat rhétorique sur la mort et le fait que son attente se devait d'être célébrée dans la joie et la bonne humeur, Lotho lâcha un léger rire amusé avant de reprendre une gorgée de vin et de répondre avec calme et une certaine gentillesse :

- Mais ne vous inquiétez pas ma chère, je n'ai pas sombré dans les plus profonds abîmes de mes propres tourments. Le fait de l'oublier m'est a tout jamais impossible, inconcevable, irréalisable, elle était l'une des plus belles et des plus intelligentes femmes de la Cité Libre et elle m'aimait. Moi. Un fils d'enlumineur, danseur d'eau, jamais au port, toujours par monts et par vaux. Assurément une femme d'exception, qui aura su tout comme moi de son chagrin faire pénitence tout du moins je l'espère.

Cet enfant avait-il été laissé en vie ? C'était une autre question qui souvent tiraillait Lotho dans ces moments noirs, non point qu'il voulu être à tout prix père car force était d'admettre qu'au vu du taux de mortalité de sa profession, peu y parvenaient. Non c'était peut être plus subtil que ça, peut être l'idée d'enfanter autre chose qu'un bâtard méprisé, peut être que l'idée d'embrasser une vie plus calme, rythmée au son des pleurs et des rires d'enfants joints en une parfaite harmonie l'avait particulièrement séduit. Mais cette réflexion ne pourrait pas lui apporter une grande aide dans l'avenir, car que l'enfant ait survécu ou non, de toute façon il s'était depuis longtemps rendu compte qu'il ne l'avait pas connu et que cela ne serait certainement jamais, au grand jamais, le cas. Alors pourquoi se torturer avec des fantômes dont la consistance ainsi que l'existence même nous est inconnue ? Autant les éviter une bonne fois pour toutes et aller de l'avant, encore et toujours. Ainsi donc rajouta t-il en destination de son interlocutrice, sourire en coin et regard rassurant en seules armes :

- Il serait folie de vous excuser de tourments dont vous n'aviez pas la connaissance. En tout cas personnellement je ne vous en veux aucunement sachez le. Il s'agit surtout du fait que ces derniers jours ont étés assez difficiles, aussi les souvenirs me revenaient-ils comme seul bouclier contre les intempéries. Vous voyez, avant même de vous rencontrer, je suivais déjà vos conseils ! Comme le monde est fabuleusement agencé !

Tonna t-il avec plaisir, retrouvant un sourire qui n'était pas de façade, à vrai dire il était touché que la servante ait tenté de lui remonter le moral avec zèle. C'était une belle preuve d'attention et il saurait ne pas l'oublier et l'en remercier, saisissant son couteau il finit par attaquer son assiette qui sinon allait définitivement refroidir. La viande était parfaitement saisie et très forte en bouche, comme on peut s'y attendre de l'agneau et tel qu'on veut le manger. Profitant de cet instant de silence il mangea avec bonheur un plat chaud, chimère gastronomique que ces derniers jours lui avait appris à attendre comme la récompense ultime du voyageur. Après le paiement du service rendu au marchand bien entendu, c'était là une priorité qui se devait d'être respectée au plus haut point car d'elle découlaient toutes les autres loisirs possibles et inimaginables que l'on puisse faire dans sa vie. Lyra quand à elle semblait savourer ses fruits tout en se faisant toute petite suite à leurs derniers échanges, qu'à cela ne tienne il lui faisait confiance pour se ressaisir et revenir à la charge avec une nouvelle question bientôt. Un autre groupe de personnes rentrèrent dans la taverne où ils avaient trouvés refuge, Lotho leur adressa un regard neutre et remarqua du coin de l’œil qu'ils allaient s'asseoir au fond de la taverne. Peut être des voyageurs de passage, quelques malandrins cherchant la sécurité d'un coin sombre pour préparer quelque méfait, dans tous les cas Lotho n'en avait pas grand chose à penser.

Alors qu'il continuait de savourer son repas, son interlocutrice attaqua de nouveau avec les questions qui décidément ne lui manquait pas, elle n'avait pas menti à ce sujet c'était certain. Abordant le sujet des Fer-nés, elle lui demande s'il en connaissait beaucoup sur ces personnes, elle argua que lorsqu'ils n'étaient pas en guerre contre Westeros ils s'en prenaient souvent aux Cités Libres. Elle lui demanda également si il avait déjà croisé le fer avec eux mais aussi si il était au courant de leurs attaques avant d'arriver en ces lieux. Prenant le temps de mâcher son morceau de viande, il finit par se rincer le gosier d'une gorgée de son verre de vin avant de répondre clairement et avec une dose certaine de sérieux :

- Vous savez, les notions de guerre ou de paix ne sont pas toujours facile à saisir sur la mer. Pour peu qu'un bateau en aborde un autre, passe au sabre l'ensemble de l'équipage et le pille avant de le faire sombrer ... Personne n'en saura rien mais les faits seront là, un bateau aura disparu. En effet les Fer-nés nous ont souvent cherché des ennuis, mais après tout cela est normal que de s'en prendre aux bateaux de la Cité Libre connue comme étant la plus riche de toutes. Ce sont de grands marins et des combattants bien plus qualifiés que la plupart des milices que nous pouvons aligner, tant nous que vous. Vraiment redoutables mais parfois trop indisciplinés, tout dépend de leur capitaine, de leurs décideurs. Les marins confirmés de Braavos vous diront qu'à la simple façon dont un de leurs boutres entame son abordage, on peut estimer le degré de dangerosité du capitaine. En tout cas je me dois de saluer leur bravoure et leur esprit combattif, pas le temps de s'ennuyer avec eux de l'autre coté de la lame.

Un grand sourire entre admiration et envie de combattre barra son visage, affronter à nouveau ce peuple ne saurait lui faire plus plaisir. Ils partageaient pour beaucoup l'amour de la bataille qui est commun à tout ceux qui étaient nés et élevés pour devenir des instruments de morts. Bien entendu certains n'étaient autre que des bêtes assoiffées de sang et de carnage, ne sachant pas apprécier la grâce d'une manœuvre militaire ou la finesse d'une habile stratégie. Mais parmi les Fer-nés, Lotho avait réellement eu l'occasion de rencontrer face à lui des guerriers fabuleux et partageant cet amour de la guerre bien faite. Reprenant son discours, il dit :

- J'avais en effet entendu parler de ces heurts à Port-Réal, mais je n'y attribuais pas grande attention car il me semblait peu probable que j'y sois mêlé. Mais de ce que j'en ai entendu sur la route, la situation est extrêmement préoccupante, j'en conviens. Que savez vous de cette dernière d'ailleurs vous aussi ?
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Message Lun 13 Fév 2012 - 13:46

     La suivante observait le spadassin du coin de l'œil alors qu'il faisait tourner son vin dans son verre en le fixant d'un air concentré. Elle se demanda ce qu'il pouvait bien y avoir d'aussi passionnant dans la contemplation d'un liquide alcoolisé, mais se rappela aussitôt qu'elle-même avait une certaine tendance à fixer un point dès que quelque chose l'embarrassait. Peut-être que son épanchement de sentiment l'avait importuné ? Allez savoir, elle n'était pas très douée pour décrypter les réactions des gens et bien souvent elle avait la mauvaise habitude de poser trop de questions, ce qui incluait malheureusement de poser aussi les mauvaises. Le rire qu'il eut rassura finalement la jeune femme tandis qu'il répondait avec un ton bien moins embarrassé qu'auparavant. Elle posa ses yeux sombres sur lui tout en l'écoutant alors qu'il déclarait ne pas sombrer dans des pensées noires pour autant, c'était une bonne chose elle s'en serait sincèrement sentie coupable ! Lorsqu'il dépeignit la femme dont il avait parlé juste avant, Lyra tenta de se dessiner une image dans son esprit, en vain, elle avait beau être imaginative, se faire une idée d'une telle personne était impossible. La Dornienne ne savait si c'était l'amour qui le faisait parler ainsi – sa mère lui disait toujours que l'amour rendait aveugle et idéalisait l'autre – ou si cette mystérieuse femme était réellement aussi parfaite. Peu importait au final, l'essentiel étant qu'il l'avait aimée et l'aimait certainement encore. Elle ne trouva toutefois rien à répondre à de telles paroles, d'un côté la jeune femme souhaitait sincèrement à cette dame d'avoir trouvé une autre raison de vivre, mais d'un autre côté il était extrêmement triste d'en venir à oublier un amour passé. La Dornienne à la peau tannée resta donc muette alors que son attention se reportait sur son plat.

     Alors qu'elle croquait dans un fruit juteux, la jeune femme releva les yeux vers son interlocuteur qui prenait, expliquant qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle s'excuse étant donné qu'elle n'en savait rien. C'était un fait, mais Lyra était trop curieuse et bien souvent Obara lui avait dit qu'elle pourrait poser la mauvaise question à la mauvaise personne et finir avec la langue coupée pour l'avoir trop fait travailler. Si cela devait arriver ma foi, elle serait prévenue pour l'avenir, même si l'idée la faisait frissonner. Heureusement le danseur d'eau était un homme visiblement patient et tolérant, heureusement pour elle. Lorsqu'il déclara avoir suivi ses conseils avant de la connaître, elle rigola légèrement, un homme tel que lui devait avoir besoin de pas mal de choses sans aucun doute, mais certainement pas des conseils d'une suivante qui n'avait jamais quitté son pays natal avant ce jour ! L'attention était tout de même agréable et elle se sentit moins mal à l'aise qu'auparavant, allant même jusqu'à risquer quelques mots.

     ▬ Je doute que vous ayez besoin de mes conseils, vous m'avez tout l'air d'être un homme avisé. »

     Ils mangèrent alors un peu avant qu'elle ne reprenne le jeu des questions dont elle ne se lassait que très rarement et heureusement, Lotho semblait être quelqu'un de très patient. Il répondit calmement à ses questions, expliquant que la vision de paix n'était pas la même sur terre ou sur mer, mais elle avait un peu de mal à comprendre comment cela était possible. Fronçant légèrement les sourcils, la Dornienne l'écouta développer en parlant du fait qu'il était facile de faire disparaître un navire abordé et par conséquent de dissimuler l'attaque. C'était tellement évident ! Mais pourtant elle n'avait jamais entendu dire que les Fer-nés avaient tenté quoi que ce soit de ce genre pendant la paix, peut-être justement parce qu'ils étaient discrets ? Elle se nota quelque part dans son esprit de penser à se renseigner à ce sujet, savoir si des navires de Dorne avaient disparu en temps de paix. La suite ne fut pas vraiment une surprise pour Lyra, les Cités Libres étaient réputées pour leurs richesses et les Fer-nés pour leur soif de richesse, il était logique qu'ils se concentrent sur ces endroits. La suivante ne put s'empêcher de rigoler légèrement lorsqu'elle l'entendit parler de leur talent au combat, il était vrai que ces hommes étaient réputés pour être d'excellents navigateurs et de bons combattants, après tout ils ne faisaient que cela durant toute leur vie. Heureusement qu'ils étaient doués ! Une sorte d'admiration semblait émaner de Lotho, certainement son côté martial qui parlait, elle aussi admirait certaines choses qui n'étaient pas forcément toujours bien vues. Elle esquissa un sourire en faisant remarquer sa surprise.

     ▬ L'on dirait que vous admirez ces personnes. Cela dit je puis le comprendre, j'avais aussi envié leur indépendance pendant un temps. »

     La première fois où elle avait entendu parler des Fer-nés, la jeune femme avait cru rêver en apprenant qu'il existait un peuple qui faisait fi des titres et ne se concentrait que sur la valeur des hommes. La vie là-bas devait être rude, mais enfant elle avait rêvé d'aller y vivre. Cette folie était partie depuis longtemps heureusement. Lotho enchaîna alors en avançant le fait qu'il avait entendu parler des problèmes des Fer-nés, avant de lui demander ce qu'elle connaissait de ce sujet. Pas grand-chose malheureusement, ce qu'on avait rapporté à Ferboys et les rumeurs entendues sur la route, elle ne pouvait donc y prêter totalement foi. Triant rapidement les données qu'elle avait en tête, la jeune femme répondit.

     ▬ J'ai entendu quelques rumeurs, mais je ne sais pas jusqu'à quel point l'on peut y prêter foi. Mais je sais de source sûre qu'ils ont attaqué Salvemer et qu'il y a eu plusieurs morts, mais sans qu'ils ne parviennent à prendre la ville. Ser Oberyn Dayne que vous connaissez peut-être sous le surnom de l'Épée du Matin, a su en mettre beaucoup en déroute, ainsi que d'autres chevaliers présents là-bas. Ser Oberyn qui n'était autre que le prétendant de sa dame par ailleurs. Je sais aussi qu'ils ont cessé les attaques sur le Bief et remontent lentement vers le Nord, mais comme Dorne est relativement tranquille, je n'y ai jamais trop porté d'importance. »

     Le repas avait bien avancé, Lyra terminait tranquillement son plat et son broc d'eau fraîche alors que son interlocuteur dégustait la fin de sa commande. Elle avait le ventre juste assez plein pour lui permettre de ne pas souffrir de la faim avant ce soir, mais sans pour autant lui donner envie de dormir. A Dorne mieux valait éviter les repas trop lourds, la chaleur de l'après-midi assommait plus sûrement si l'on était repus, une habitude qu'elle avait gardée. Finalement, lorsqu'ils eurent terminés, la suivante appela la serveuse qui s'était occupée de servir les clients arrivés entre-temps, puis elle s'approcha d'eux pour demander deux cerfs d'argent - un pour chaque repas - que Lyra se pressa de glisser sur la table, ainsi qu'un liard de pourboire. La demoiselle la récompensa d'un sourire qui rendit son visage bien plus attrayant qu'avec l'expression épuisée qu'elle arborait depuis leur arrivée ici. Même si elle n'était pas très riche, la brune avait toutefois pour habitude de récompenser comme elle pouvait le travail effectué. Les deux clients se levèrent donc de table pour gagner la rue après avoir salué les quelques clients présents là qui répondirent plus ou moins bien et se retrouvèrent à nouveau au milieu de la foule déjà plus dense. Levant les yeux vers le ciel pour essayer de se faire une idée de l'heure qu'il pouvait être, Lyra se retourna vers le spadassin en arborant son éternel sourire.

     ▬ Il va malheureusement falloir que je vous fausse compagnie, sinon ma collègue va bientôt envoyer toute la garde à mes trousses en craignant que je ne me suis attirée des ennuis. J'imagine que vous n'aurez pas besoin de mon aide pour retrouver la blanchisserie ? Si jamais je repasserai ici demain, si l'idée de changer d'auberge vous dit toujours, je pourrais vous indiquer celle où nous sommes installés. J'ai été ravie de faire votre connaissance. »

     Elle observa une dernière fois les environs, l'auberge où elle séjournait n'était pas très loin et elle connaissait le chemin pour y rentrer rapidement, mais avec Obara mieux valait ne pas tenter le diable sous peine d'avoir la moitié de la garde de lady Edarra aux trousses d'ici peu de temps. Au moins avait-elle passé un bon moment et avait-elle trouvé quelqu'un d'assez tolérant pour répondre à ses questions trop nombreuses !

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