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[TERMINE] On n'a pas deux fois l'occasion de faire une bonne première impression. (Daeron, Kerigan)

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Alysanne Florent
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Général
Réfléchissez avant de croire,
informez-vous avant de réfléchir,
et doutez avant de vous informer.

♦ Missives : 2209
♦ Missives Aventure : 79
♦ Age : 37
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 01/01/2012
♦ Célébrité : Viva Bianca dans 'Spartacus'©Starz
♦ Copyright : Avatar©Seamus et signature©Sargon.
♦ Doublons : Lantheïa, Danelle Lothston, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : 19 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Lancehélion
♦ Liens Utiles : Mémoires de la Maison Florent
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Message Jeu 2 Fév 2012 - 20:08

Quatre jours s’étaient écoulés depuis leur départ de Pont-l’Amer, et à part l’attaque des brigands le premier soir, le voyage s’était déroulé dans le calme. Alysanne et Kerigan avaient fini par trouver leurs marques depuis l’incident qui avait failli leur coûter la vie, et ils formaient désormais avec Hugo un trio aussi soudé que possible pour des inconnus réunis par opportunité depuis moins d’une semaine. Peu enclins à se confier, ils devisaient de tout et de rien pour briser la monotonie du voyage et faisaient assaut de mots d’esprit et de réparties ironiques. Alysanne avait considérablement étendu son vocabulaire en écoutant le réître et elle se plaisait à imaginer la tête de Septa Lysa le jour où elle aurait l’occasion de lui en faire la démonstration. Ce serait d’autant plus amusant qu’elle avait passé l’âge de se faire savonner la bouche…

Depuis qu’ils avaient quitté les frondaisons dorées du Bois-du-Roi, où elle avait pris le temps d'étudier un peu la flore locale, elle se sentait gagnée par l’impatience. Port-Réal faisait figure pour elle de terre promise. Aussi ne put-elle retenir une exclamation de joie lorsque la majestueuse cité se déploya à l’horizon. Siège du pouvoir, creuset d’alchimiste où se mêlaient les cultures de Westeros et des contrées exotiques, refuge pour les artistes en mal de mécènes, la capitale des Sept Couronnes rayonnait à ses yeux comme un phare dans la fade lumière de l’automne. Elle talonna sa jument grise, l’incitant à presser l’allure.

« C’est donc ici que siège le roi sur son trône de fer », nota Hugo qui n’était jamais allé aussi loin dans ses voyages. Après un instant de réflexion, il rectifia d’un ton lugubre : « Ou plus exactement, qu’il moisit dans sa bibliothèque, laissant les Fer-nés ravager nos côtes. »

« La vérité, c’est que nous ne savons rien de lui, répliqua Alysanne. Un roi ne peut que susciter les rumeurs. Peut-être Aerys est-il indifférent à nos problèmes, ou incompétent, mais je n’en jugerai pas sur sa seule réputation. Et tu serais bien avisé de tenir ta langue une fois en ville. Ne dit-on pas que Brynden Rivers a mille yeux, et un seul ? Tu peux parier que rien de ce qui se passe à Port-Réal ne lui échappe… »

« Rumeurs ou pas, le fait est qu’il a abandonné l’ouest à son sort. Cela dit, je ne m’attendais pas non plus à le voir débarquer à Port-Lannis à la tête d’une armée. Imaginez un roi livrant ses propres batailles, ça serait mémorable. Mais il pourrait au moins dépêcher des troupes en renfort ! »

Alysanne caressa pensivement l’encolure de Brume. « Les feux de la rébellion Feunoyr se sont pas tout à fait éteints. Armer l’ouest en désarmant l’est, c’est exposer son flanc à une attaque en traître… je ne suis qu’une jeune femme ignorante des arts de la guerre, mais cela me paraît assez évident. Reste à savoir si tous les efforts possibles ont été consentis, ou si réellement le roi et sa Main n’ont que faire des maux qui nous accablent.»

Son regard suivit les contours de la cité à l'horizon, et s'arrêta sur le Donjon Rouge qui dominait la Baie de la Néra de ses tours antiques. Une pensée en amenant une autre, elle tourna la tête vers son cousin. « Hugo, il serait temps que tu parachèves l'instruction de notre ami. »

Le chevalier bâtard, mollement affaissé sur son hongre noir, fit l'effort de se redresser en soupirant. Puis il amena son cheval à côté de celui de Kerigan, contournant la jument d'Alysanne. « Bien... si vous êtes d'accord, allons-y. Autant se débarrasser de cette corvée dès maintenant. »

Ayant recueilli le consentement de son « disciple », il entonna d'une voix claire : « Nous avons déjà évoqué les principales caractéristiques de la Maison Florent avant-hier, et les formules de politesse hier soir. Le plus important vient maintenant. Autre monde, autres rôles… et un garde a quatre rôles à tenir dans la bonne société. Les trois quarts du temps, ce sera le rôle de l'Ombre : être là et faire partie des meubles. Autrement dit, faire bonne figure et s'efforcer d'être invisible. Restez toujours quelques pas derrière Alysanne, assez près pour intervenir en cas de besoin et assez loin pour vous faire oublier, légèrement décalé sur le côté pour la visibilité... Si vous croisez des nobles ou de hauts fonctionnaires, faîtes en sorte de ne jamais gêner leurs déplacements, ne les regardez pas fixement et jamais dans les yeux, ne réagissez pas à ce qu’ils disent à moins qu’ils ne vous adressent la parole... et s’ils vous l’adressent, répondez avec respect et discipline sans omettre les titres. Bien évidemment, toute attitude inconvenante sera proscrite, comme éternuer, se gratter... ou respirer trop fort » termina-t-il avec ironie.

Il marqua une pause pour laisser le temps à Kerigan de digérer cette mise en bouche. «Trois autres rôles peuvent être attendus de vous : Epée, Bouclier et Colifichet. L’Épée se passe d’explications. Vous ne tirerez la vôtre qu’en dernière extrémité, autant dire quasiment jamais. »

« La Maison Florent suscite des jalousies mais elle n'a pas vraiment d'ennemis, intervint Alysanne, soucieuse de compléter ses explications. Étant par ailleurs la fille cadette de Lord Florent je ne suis qu'un pion inoffensif sur le jeu des trônes. Il est hautement improbable que l'on s'intéresse suffisamment à moi pour chercher à me nuire. »

C'était vrai : où qu'elle aille à Westeros, la fortune et la renommée de sa famille lui ouvriraient toutes les portes, sans que nul ne songe un instant à la regarder comme autre chose qu'un joli petit oiseau du Bief. D'une certaine façon, elle était l'instrument idéal pour un seigneur cherchant à agir discrètement dans des lieux réservés à la bonne société. Elle repensa au message codé que lui avait confié Leo Tyrell. Avait-il suivi le même raisonnement ? Sans doute... Qui irait fouiller une lady et se risquer à lire ses petits papiers ? Qui l'empêcherait de demander audience aux grands du royaume ? Et en même temps, qui se souviendrait de ses allées et venues ? Qui s'interrogerait sur les faits et gestes d'une frêle et insignifiante demoiselle ? Cette prise de conscience lui donna à réfléchir et elle tomba dans un silence intérieurement agité. Cette position lui ouvrait des perspectives d'avenir plus vastes que celles qu'elle avait envisagées jusqu'ici. Elle pouvait emprunter cette voie , et cela ferait d'elle... eh bien, peut-être quelqu'un d'influent, œuvrant dans l'ombre des grands. C'était une idée étrange et effrayante, car elle ouvrait sur l'inconnu, mais plus séduisante que le mariage à bien des égards. Lady Amelia avait-elle vu cela en elle ? A coup sûr : la vieille dame était trop fine mouche pour ne pas avoir étudié cette possibilité...

Hugo, ignorant ses réflexions, avait repris son laïus. « Le Bouclier sera sollicité plus fréquemment. Et c’est là que ça se complique. Parce que vous aurez à protéger plus que la vie de ma cousine. Vous devrez défendre son honneur, sa réputation et sa dignité, toutes choses aussi vitales aux nobles que l'air et l'eau. »

« Ce n’est pas que j’y tienne particulièrement, notez bien, crut bon de préciser Alysanne. Ce sont simplement les règles du jeu. »

Le vent joua dans ses cheveux alors qu'un semblant de pluie se mettait à tomber. Elle releva la capuche de sa cape et laissa Hugo développer ses idées : « Commençons par le plus simple : la sécurité. Vous apprendrez vite à choisir dans votre panoplie les meilleures méthodes de dissuasion en fonction des circonstances. Le plus souvent, un regard intimidant, une main ostensiblement posée sur la garde de votre épée, un mouvement qui rappelle votre présence ou un simple pas en avant suffiront à calmer les ardeurs des importuns. Évitez d’aller plus loin sans l’accord d'Alysanne si la personne est d’un rang supérieur au vôtre ; en règle générale elle saura remettre d’elle-même ces gens-là à leur place.  Et si vous devez intervenir, essayez de ne pas toucher l'agresseur : interposez-vous simplement, cela devrait suffire. Avec la piétaille, en revanche, faîtes comme bon vous semble. Mais rappelez-vous que tout ce que vous faîtes aura des conséquences. Votre bonne tenue rejaillira sur l'aura de la Maison Florent, tandis que vos erreurs l'éclabousseront de boue. »

Kerigan ne manifestant aucun signe d'incompréhension, il opina et poursuivit : « Pour ce qui est de l'honneur et de la dignité de ma chère cousine, elle sait fort bien les protéger elle-même la plupart du temps. Dans certains cas, toutefois, ce sera à vous d'agir. Contre un galant aux gestes indélicats, un valet enclin au larcin, un fonctionnaire insultant ou un noble un peu trop arrogant... A vous d'estimer, selon le rang de l'impudent et le contexte, ce qu'il convient de faire pour mettre un terme à la situation en causant le minimum de dommage. Là encore, prudence... même un simple valet peut se venger douloureusement après avoir été remis à sa place. Ne serait-ce qu'en colportant des ragots. »

« Voilà pourquoi je préfère rester dans l'ombre, commenta Alysanne. La lumière est pleine de chausses-trappes. »

« Tout ceci reste valable quand vous avez quartier libre, bien sûr. Ne laissez personne insulter Lady Alysanne ou sa famille en votre présence, mais n'allez pas non plus provoquer des bagarres pour cela. Ne la dénigrez pas, soutenez-la verbalement, voilà ce qu'on attend de vous. »

« Si vous avez à vous plaindre de moi, faîtes-le directement, ajouta la jeune femme. Je préfère mettre à plat les différends en face-à-face. Et si quelqu'un essaie de vous débaucher, venez aussi me trouver : je suis assez riche pour enchérir sur n'importe quelle offre ou presque. »

« Bon. Terminons-en avec le Colifichet, soupira Hugo qui n'était pas d'un naturel bavard. Voilà peut-être le rôle le plus difficile pour vous. Un garde, c'est aussi une possession qui s'exhibe. Pas autant qu'un chevalier ou une suivante, mais tout de même. Comme un vêtement, vous faîtes partie du lot. Et une lady ne porte pas de haillons. J'aurai moi-même quelques efforts à faire une fois en ville, si cela peut vous consoler. Des ablutions régulières, un passage chez le barbier... tâchez d'être irréprochable. Ne soyez pas une tâche sur le blason des Florent, car c'est Alysanne qui en essuierait les conséquences. Les nobles sont des loups pour les autres nobles : au moindre signe de faiblesse, c'est la curée... » lâcha-t-il d'un air sombre.

« Certains d'entre eux sont ainsi, mais pas tous »
rectifia Alysanne, un peu vexée. 

« Bref. Si vous pouvez être un joli bijou qui suscite la jalousie, c'est toujours mieux. Vous aurez peut-être l'impression parfois d'être un objet aux yeux des gens. N'y faîtes pas attention. Alysanne vous traitera avec respect, au moins. D'autres dames traitent leurs gardes comme des chiens de manchon ou des petits singes qu'on montre, qu'on taquine et à qui l'on fait faire des tours stupides. »

Il en avait terminé, mais ils continuèrent à discuter pour éclaircir certains points et répondre aux commentaires et interrogations de Kerigan. La pluie s'intensifiait et c'est avec soulagement qu'ils franchirent le pont enjambant la Néra. Les eaux noires de la rivière se déroulaient paresseusement en contrebas avant d'aller se jeter dans la baie à quelques distances de là. La Porte de la Rivière se dressa bientôt devant eux au milieu d'une circulation dense de carrioles, charrettes à bras et piétons souvent chargés de marchandises. Ils entrèrent dans la ville en louvoyant parmi la foule braillarde et odorante. Tel fut leur premier contact avec la capitale des Sept Couronnes : un tourbillon d'hommes et de femmes de tout âge et toute origine, les relents nauséabonds de la Place Poissarde où les pêcheurs vendaient leurs prises, les cris de la populace mêlés à ceux des mouettes rappliquant du front de mer.

Alysanne savait où elle allait, de réputation, mais ils durent demander plusieurs fois leur chemin. Par la Rue de la Gadoue, la Rue des graines, la Rue des Sœurs et d'autres rues plus étroites, ils atteignirent le quartier riche qui s'étalait au nord de la Colline de Rhaenys. Rue de la Soie, ils trouvèrent une auberge au goût de la fille de Lord Florent : La Chandelle d'argent.

La clientèle plutôt aisée était composée de marchands, gentilshommes et chevaliers venus boire une coupe, dîner ou prendre chambre pour la nuit avec leurs suites. Alysanne avait pris soin de revêtir ce matin-là une robe digne de son rang et il lui suffit de s'annoncer avec son air le plus aristocratique pour se voir proposer une chambre confortable et une loge attenante, presque aussi luxueuse, pour ses deux protecteurs. Son premier réflexe fut de demander à profiter d'un bain. Le tenancier ayant l'habitude de ce genre de requête fit monter un baquet à sa chambre et elle se retrouva bientôt avec délices dans l'eau fumante tandis que ses compagnons prenaient leurs quartiers. Ils dînèrent ensuite dans la salle commune où des paravents peints de décors délicats séparaient les tablées. Alysanne n'était pas loin d'être aux anges : enfin, elle redevenait une lady... le confort et le raffinement du Bief l'avaient habituées à un certain style de vie auquel elle était attachée. Et le fait de porter une robe de soie au lieu d'une robe de laine n'était pas pour déplaire à sa peau sensible.

Le lendemain, elle décida de prendre le taureau par les cornes. Elle ne voulait pas se présenter au Donjon Rouge sans une suite digne d'une Florent, au risque de ne pas être prise au sérieux. Elle décida donc d'ajourner sa demande d'audience au Grand Argentier, le temps de s'occuper d'Hugo et Kerigan. Hugo savait ce qu'il avait à faire et il embarqua Kerigan aux thermes où ils purent se laver et acheter les services d'un barbier. Un peu plus tard, son cousin allant faire retaper son armure chez un forgeron Rue de l'acier, elle se joignit à eux et commanda pour Kerigan une armure de bonne qualité, adaptée à son style de combat vif et versatile, à laquelle s'ajouterait une épée de bon acier.

La dernière étape plus délicate consistait à faire entrer le réître chez un tailleur de la Rue de la Soie qui lui confectionnerait un manteau de garde à porter sur son armure de cuir. Face à cet épineux problème, le chevalier bâtard déserta lâchement pour aller boire une bière à l'auberge, laissant sa cousine se débrouiller toute seule. En fin de compte, le réître se plia sans trop rechigner à cette corvée sans doute inédite dans sa vie de mercenaire.

Alysanne avait réfléchi à la question des couleurs et elle imaginait mal son homme d'armes dans une tenue mêlant de manière criarde les tons azur, gueules et hermine des Florent. Quand le tailleur surgit devant eux avec de petites courbettes et un sourire jovial sous sa fine moustache blonde, elle se présenta, formula ses voeux puis se laissa guider par un apprenti maigrichon vers un fauteuil tapissé de velours où elle put déguster une infusion pendant que l'artisan s'affairait à prendre les mesures de sa victime.

« Voyons... de la laine de bonne qualité, gris perle, je viens justement d'en recevoir... faire ajouter un liseré discret de motif hermine, une unique fleur azur sur l'épaule... je commanderai la broche en forme de renard à l'orfèvre Sellig... » marmonnait le petit homme en évaluant les proportions du mercenaire qui devait se demander dans quel guêpier il s'était fourré. L'instant d'après, le bonhomme déroulait des étoffes et testait leur tombé sur Kerigan, plaçant des épingles ici et là. « Bons choix, Lady Alysanne, si je puis risquer un avis professionnel... commenta-t-il joyeusement. Sobriété, solidité et élégance, voilà ce qu'il faut pour un manteau de garde. Et les teintes ne jureront pas ; elles feront ressortir ses tons naturels... avez-vous besoin vous-même de quelque chose ? Je serai ravi de vous confectionner une robe ou une mante pour l'automne... quelque chose de vert, peut-être, en hommage au Bief ? »

Elle se prêta elle-même à l'exercice tout en restant raisonnable sur les dépenses. Après quoi elle regarda la tête que faisait Kerigan. Il n'avait pas l'air au comble du bonheur mais il y avait un mieux notable en termes de présentation depuis son passage aux thermes. Une fois équipé comme un véritable garde de la Maison Florent, il ferait un excellent Colifichet, songea-t-elle avec amusement. On pouvait parier que les dames de la noblesse qui le verraient dans son sillage lui accorderaient plus d'un regard ; elle-même lui en eût accordé plus d'un si cela n'avait pas été inconvenant. Elle ne put retenir un sourire malicieux mais se retint sagement d'exprimer sa pensée à voix haute ; c'était le genre d'opinion qu'elle ne partageait qu'avec sa sœur Tierle, à défaut d'avoir un cortège de confidentes comme la plupart des demoiselles nobles. Il avait noté son sourire, toutefois, et elle trouva une pitrerie en guise d'esquive.

« Hum » fit-elle en levant le menton. Elle était grande, bien plus que la majorité des femmes, mais il la dépassait facilement d'une tête. « Il y a du progrès. Vous ressemblez presque à une créature civilisée. » Elle haussa les sourcils et pinça les lèvres dans sa plus parfaite imitation d'une précieuse de comédie.

Alysanne n'aimait pas se prendre au sérieux et elle n'avait que trop rarement l'occasion de badiner de la sorte avec des gens prêts à l'écouter sans s'offusquer. Elle se demanda tout de même après coup si elle ne poussait pas trop loin la familiarité, mais son père et son frère n'avaient jamais rechigné à plaisanter avec les gens de la maisonnée, et les humeurs sombres du réître étaient en quelque sorte un défi à relever, comme l'avait été le caractère épineux d'Hugo. Au fond, elle avait simplement besoin d'amis, mais elle ne pouvait pas décemment le montrer. Ses goûts atypiques et sa personnalité indépendante l'avaient éloignée des jeunes gens de son âge et de sa condition. Même si elle appréciait la solitude, elle avait aussi besoin, de temps en temps, d'imaginer qu'elle pouvait avoir d'autres amis qu'un vieux mestre et ses livres... et pour l'instant, le compte se chiffrait à un : Ser Hugo.

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Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Dernière édition par Alysanne Florent le Sam 3 Mar 2012 - 10:09, édité 4 fois
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Message Ven 3 Fév 2012 - 23:05

Aucune émotion ne se distinguait sur le visage du reitre à la vue de Port-Réal. A quoi bon ? Il se rendait dans la capitale qu’une énième fois. Kerigan devait reconnaître tout de même que, lors de sa première venue, il était resté subjugué un bon moment devant cette vue majestueuse. Même pour un individu difficilement impressionnable et ne laissant guère de place aux sensations de ce type. Arrivant en face de la cité cosmopolite, Alysanne et Hugo ouvrirent la discussion et firent rompre le silence.

Comme à son habitude, le mercenaire ne prenait pas partie et se contentait de manger sa pomme avec un certain flegme. C’était parfaitement le type de sujet auquel Kerigan était plutôt d’accord avec ser Hugo qu’avec dame Florent. La seule idée qu’un Roi prenne part à une bataille avait de quoi gonfler le moral des troupes et les rendre aussi redoutables que jamais. Malheureusement, ça ne se passait pas comme ça. Et puis, ce continent était rongé par bien d’autres problèmes internes. Les personnes de haut rang, avec leurs airs supérieurs, se contentaient de manier des pions comme s’il s’agissait d’un jeu…de trônes. Ce n’était certainement pas le monde dans lequel Kerigan voulait vivre mais il devait faire avec. Et le reitre savait très bien que ce n’était pas cette infime partie de la population qui allait pâtir des assauts Fer-nés.

Kerigan jeta ensuite son rognon dans les fourrés sans évoquer le moindre indice de ce qu’il pensait sur le moment. Cela n’avancerait la situation en rien et ne pouvait que le mettre en danger. Il était donc voué au silence pour certains sujets. C’était préférable. Mais, sa conscience, elle, n’était pas entravée. Soudain, un nouveau sujet s’immisça dans la discussion, initiée par Alysanne, et n’était autre que la nouvelle éducation que se devait d’acquérir Kerigan. Le visage de ce dernier afficha un haussement de sourcil caractéristique. Il ne débordait pas d’envie mais allait s’y coller bon gré, mal gré.

«Je vois, ça ne me paraît pas bien compliqué ça. » dit il comme pour passer au chapitre suivant.

Il n’avait pas trop de mal pour jouer le type discret prêt à intervenir à tout moment. Enfin, lorsqu’il parvenait à ne pas ouvrir sa bouche pour râler, intimider, insulter ou narguer. Malheureusement, ce n’était pas le seul rôle qu’on attendait de lui. Epée, Bouclier et Colifi…quelque chose. Bref, il ne savait pas encore à quoi ce rôle consistait étant donné que ce mot ne lui disait pas grand-chose. Le regard du reitre se détourna du chevalier pour observer Alysanne qui venait de prendre la parole. Etait-il réellement possible qu’une maison n’ait pas d’ennemi ? Kerigan n’en savait pas grand-chose, ce n’était pas son ‘jeu’. Cependant, il se doutait que cette situation pouvait évoluer. Hugo reprit la parole ensuite expliquant le second rôle de garde du corps. Le bouclier…Evidemment, il voyait en quoi cela consistait. Cependant, le reitre ignorait que ça impliquait aussi de défendre des…choses immatérielles.

Kerigan se contenta d’inspirer profondément, sentant qu’il était loin d’être au bout de ses surprises quant à son nouveau rôle. Il devait même trouver des techniques d’intimidations plus élaborées que les siennes mais certes bien moins efficaces à son goût.

«Intervenir sans toucher l’agresseur…Je vois à peu près aussi… » marmonna t’il pour lui-même, sans être emballé par cette idée.

La tirade du chevalier semblait déjà interminable. Réfléchir en fonction de la situation, du rang de l’individu incriminé, de ce que son intervention pourrait impliquer..Pourquoi tant de questions ? Il devait même savoir se réfréner avec un simple valet. Après une longue expiration, le reitre ajouta quelques mots, comme à son habitude.

«Vous savez…une langue, ça s’arrache. » résuma t’il avec ironie lorsque Hugo évoqua le valet qui pour se venger, colporterait des ragots. Mais, il savait que ça ne pouvait pas être aussi simple…Bien sur, il ne comptait pas s’y prendre comme ça. Plus maintenant.

«Rassurez vous, je n’ai pas besoin de Lady Florent pour déclencher une rixe dans une auberge… »La réponse n’étant en rien rassurante pour Hugo, Kerigan ressentit le besoin d’ajouter avec plus de sérieux.

«Je la soutiendrai verbalement, dormez sur vos deux oreilles. »

Mais, cela ne voulait pas dire que la bagarre allait être évitée pour autant. Mais, ce n’était pas encore terminé. Kerigan se contenta d’acquiescer de la tête aux propos d’Alysanne et n’eut pas le temps de souffler avant que le chevalier bâtard évoque le dernier rôle du garde du corps. Une possession…il avait trouvé le mot exact. Kerigan prenait étrangement sur lui, comprenant les enjeux que pouvaient détenir ces détails, sans importance pour lui, pour Lady Florent. Se comportait t’il ainsi par obligation ou détenait t’il une volonté, une motivation dont il ne soupçonnerait pas l’existence sous ce déluge de sarcasmes ?

«Ne vous en faîtes pas pour ça. Je tenterai de ne pas trop scintiller aux yeux des pucelles et autres dames… »

Il était loin d’être stupide sous sa couche de crasse épaisse. Kerigan avait ingurgité les informations d’une traite, s’octroyant le luxe de répondre avec humour. Le chevalier ne se déridait pas toujours étant donné l’importance des informations qu’il lui transmettait. Par ailleurs, Hugo avait raison sur un point. Il n’avait pas à se plaindre de la manière avec laquelle Alysanne le traitait. Toutefois, elle allait peut être changer de comportement au beau milieu de tous ces fourbes jugeant un individu sur son apparence et son titre avant de le juger sur sa valeur.

La pluie ne cessait toujours pas de tomber. Cela avait peut être permis au reitre de sembler moins crasseux qu’il ne l’était réellement. Une fois à l’intérieur de la cité, Kerigan fut pendant quelques minutes légèrement perturbé par cette foule grouillante et ce brouhaha continu. Ils étaient passés du calme plat à cette fourmilière à taille humaine. Le contraste était tellement saisissant qu’il fallait quelques minutes pour s’adapter à ce nouvel environnement. Mais, cela ne l’incommodait pas plus que ça. Il aimait parfois être au calme, parfois se retrouver en ville et retrouver un lieu assez animé après une longue marche.

Kerigan laissa les deux personnes originaires du Bief prendre les devants jusqu’à la chandelle d’argent. Evidemment, elle n’allait pas choisir une auberge miteuse comme celle de Pont l’Amer. En entrant dans l’établissement, Kerigan tenta de ne pas fixer les gentilshommes et chevaliers qui le scrutaient soit par curiosité, soit par dédain. Il y avait de quoi être destabilisé pour une personne aussi fière. Ne pas avoir la possibilité de leur tenir tête était très frustrant…

Mais, la situation s’arrangea à l’heure du dîner, ces mêmes personnes ayant désormais oublié en quelques sortes Kerigan bien qu’il se tenait à quelques tables d’eux. Le reitre ne se sentait pas spécialement à l’aise au beau milieu de ce confort. Ce n’était pas son univers. Décidément, même si en public l’attitude de Kerigan était irréprochable, ce n’était pas aussi simple en son for intérieur tellement le changement de mode de vie était brutal. Il fallait qu’il prenne ses marques mais cela ne se faisait pas en quelques jours.

Le natif des Terres de l’Orage n’en était qu’au début de sa reconversion. Si il avait bien compris son rôle, il se devait aussi de soigner son apparence désormais. Le trentenaire se rendit donc aux thermes en compagnie d’Hugo pour profiter des bienfaits d’un bain mais surtout pour le rendre présentable. Un barbier termina le processus en allégeant sa pilosité faciale. Ses cheveux furent légèrement raccourcis aussi afin que la coupe soit propre. Le mercenaire ne put se retenir d’émettre quelques jurons toutefois bien retenus entre ses dents lorsque le barbier faisait preuve de maladresse.

Kerigan se sentit on ne peut plus à son aise chez le forgeron, participant davantage à la discussion. Il faut dire que la commande de son nouvel équipement fut de loin le meilleur moment de sa journée. C’était toujours plaisant pour un guerrier de savoir qu’il allait disposer une nouvelle épée. Le reitre avait d’ailleurs bien insisté pour que cette dernière soit bien équilibrée.

Cependant, le commerce suivant lui fit bien moins plaisir. L’entrevue avec le tailleur dura une éternité pour le mercenaire, pas vraiment habitué à ce genre d’activité. Il tenta tout de même de cacher l’ennui qui le prenait au fond des tripes. Alysanne semblait à son aise désormais sirotant tranquillement son infusion. Il avait remarqué que son attitude avait changé depuis la veille, depuis leur arrivée à Port Réal. Il pensait que cela était lié au fait d’être en sécurité dans la capitale, au milieu de personnes de même rang ou de commerçants.

Kerigan laissa le commerçant marmonner tout en le regardant du coin de l’œil de manière soupçonneuse, notamment lorsque celui-ci se mit à placer des épingles. Son calvaire enfin terminé, Alysanne prit le relais, bien plus enthousiaste et habituée que lui. Ce genre d’activité avait développé une certaine fatigue chez lui. Il ne s’agissait pas d’une fatigue physique mais plus d’une fatigue psychologique. Kerigan dût se retenir de bailler plus d’une fois d’ailleurs.

En relevant les yeux, il croisa un sourire inhabituel sur les lèvres de son employeuse. Celui-ci le laissa perplexe un instant, ne sachant quoi en penser. Kerigan ne manquait pas d’humour mais il fallait pour cela qu’il comprenne son attitude. Mais, ils étaient si différents qu’elle dût s’expliquer pour qu’il saisisse le message qu’elle voulait lui transmettre. Quelques traits malicieux se dessinèrent sur son visage peut être un peu rajeuni grâce au barbier. Un serpent avait la capacité de se fondre dans un nouvel environnement après tout…

«Vous serez donc la seule à connaître ma vraie nature dans ce cas, Dame Florent. » lui répondit il en partageant son regard, tout en prenant bien soin de ne pas omettre son titre en public.

Après avoir salué respectueusement le tailleur pour ses services, Kerigan et Alysanne quittèrent l’établissement. Finalement, cette ‘aventure’ nouvelle s’était plutôt bien passée pour Kerigan, certainement en partie grâce à la bonne humeur et la compagnie de son employeuse, même si il n’avait pu s’empêcher de râler dans sa barbe à plusieurs reprises. Hugo se trouvait toujours à l’auberge très certainement.

«Quelle est la prochaine étape désormais ? Ai-je mérité une bière ? » lança t’il avec ironie, espérant être à la fin de son vrai faux calvaire en quelques sortes.

Soudain, un inconnu plutôt bien vêtu déboula de nulle part et leur adressa la parole. D’un rapide coup d’œil, Kerigan évalua ses intentions et se plaça légèrement en retrait d’Alysanne. Dans la foulée, il observa discrètement les environs pour déceler le moindre guet apens, le moindre individu les surveillant. Puis, ne pouvant trop se permettre de regarder aux alentours, le reitre dut se résoudre à baisser les yeux respectueusement comme lui avait enseigné Hugo malgré ce que le mercenaire pouvait en penser. Au moins, il pouvait se concentrer sur chaque geste des individus aux alentours et bien sur, du nouveau venu…
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Message Mer 8 Fév 2012 - 20:10

L'endroit dans lequel il était, était brumeux. Totalement. Il n'y voyait pas à une dizaine de mètres. Où se trouvait-il ? Cela aussi il l'ignorait. Dans une forêt sûrement, il entendait le bruit des branches et des feuilles mortes qui craquaient sous ses pieds. Peu à peu il distingua les silhouettes longilignes des arbres qui montaient vers le ciel, un ciel qu'il ne voyait pas. Où était-il ? Il se répétait en boucle la question. Son cœur battait rapidement, tambourinant dans sa poitrine. Il ferma les yeux, et plongé dans le noir, s'arrêta. Il n'y avait que lui. Pas d'oiseaux, rien, pas de bruits, même pas le moindre petit souffle de vent. Il ne faisait ni chaud, ni froid. Où était-il ? Il rouvrit lentement ses yeux clairs dans lesquels brillaient la lueur violacée des Targaryen. Si le lieu avait était plus sombre, et si il n'y avait pas eu d'arbre, il se serait cru de retour à Peyredragon, sans les dragons ancestraux qui ornaient les murs de pierre noire volcanique. Il se senti brusquement mieux en pensant au berceau des Targaryen et il se remit en marche. Il savait qui il était, oui, il était Daeron Targaryen, Prince de Peyredragon. Mais il ne se rappelait plus de comment il était arrivé ici, et ce qu'il y faisait, de ce qu'il avait fait avant, et quels étaient ses projets pour l'avenir. Comme si on avait effacé de sa mémoire des choses importantes. Et plus important, il n'avait pas bu. Il n'était pas ivre, il n'était pas en manque d'alcool. Non, il était normal, parfaitement normal. Il était celui qu'il aurait du être. Mais il ne l'était pas.
Enfin il perçut un mouvement. N'ayant jamais été bon chasseur, à vrai dire, n'ayant jamais été bon en rien, il n'arriva pas à localiser la source du bruit. Le Targaryen savait juste que c'était un petit animal, étant donné que le bruit qu'il faisait n'était pas aussi fort que celui que faisait un sanglier en détalant. Et puis soudain, une tâche apparut dans son champs de vision. Une tâche rousse. Une bestiole qui s'arrêta, le regardant fixement de ses yeux sombres et rusés. Un renard ? Un renard. Il manqua d'éclater de rire. Qu'est-ce qu'un renard faisait ici, seul avec lui ? Il ne chercha pas à comprendre et s'avança encore. La bête allait sûrement partir. Mais au contraire, alors qu'il s'avançait, elle ne bougea pas d'un poil et Daeron, consterné, compris. Il rêvait. Mais ce fil était bien trop réel pour que ce soit un simple rêve. Et pourtant. Il ne voyait rien. Absolument rien. Regardant de droite à gauche il remarqua que les arbres laissaient place à des maisons, s'élargissant peu à peu et il se retrouva dans une rue vide. A l'exception du renard. Il se pencha, et la bestiole ne réagit même pas. Alors Daeron toucha le pelage d'un roux sombre, et le renard le fixa droit dans les yeux.

D'un bond il se redressa dans son lit. Dans son lit. Il lui fallut quelques minutes pour s'apercevoir qu'effectivement, il était bien dans son lit. Surprenant pour une fois. Dehors le soleil brillait déjà haut. Alors sans attendre, le jeune homme se leva rapidement, trébuchant sur un tapis dont il n'avait pas soupçonné jusqu'à lors l'existence. Il fallait dire qu'il passait si peu de temps au Donjon Rouge qu'il n'avait même pas eu le temps d'examiner en entier sa chambre. Jetant un coup d'oeil par la fenêtre, il vit que déjà, dans la cour inférieure, on s'activait. Quelle heure pouvait-il être ? Il n'en avait absolument aucune idée et à vrai dire, cela ne le préoccupait pas. Daeron resta immobile de longues minutes, pensifs, que pouvait-il faire ? Son oncle Aerys, le Roi, devait sûrement être dans la bibliothèque, quelques étages en dessous. Quand à sa tante, elle était à Dorne, à Lancéhélion aussi les appartements de la reine étaient-ils vides. Peut-être que le Freuxsanglant était là. Et Shaïra aussi. A vrai dire, il était sûr de la présence de Shaïra quelque part dans le Donjon Rouge. Certainement ici, dans la citadelle de Maegor, mais ça, il ne l'aurait pas parié. Il enfila des vêtements rapidement, des vêtements noirs et sur sa chemise était cousu, en fil pourpre, le dragon à trois têtes des Targaryen. Aujourd'hui, il n'allait pas passer inaperçu. Il ne savait pas pourquoi d'ailleurs. Il saisit une cape de couleur noire également et la referma, masquant ainsi le dragon sanglant. Puis il se pencha vers un petit coffre qu'il saisit. Il savait parfaitement ce qu'il y verrait si jamais il renversait le couvercle. Son œuf de dragon, soigneusement posé sur du velours pourpre. C'était un œuf sombre, d'une couleur étrange, un ivoire noisette veiné de violet. Ses frères et ses sœurs possédaient également un œuf. Mais les dragons étaient morts. Daeron ne comprenait pas l'utilité d'avoir celui-là avec lui mais c'était l'une des seules choses qui lui restait de son enfance. Il se rappelait encore Aerion, avec son œuf, à rugir et à courir partout à Peyredragon, se prenant pour un dragon... Les dragons. Les Targaryen. Tous des dégénérés, des malades. Ouvrant la lourde porte en bois, il laissa deux servantes pénétrer dans la chambre afin d'y faire le ménage sans doute. Puis, il continua son chemin. Sur son passage, les personnes s'effaçaient respectueusement. Daeron aurait voulu en rire. Il avait leurs respects parce qu'ils avaient peur de lui, c'était un Targaryen, un Prince, et si il l'avait voulu, il aurait pu arriver quelque chose à l'un d'entre eux. Mais c'étaient eux qui devaient parler dans son dos. Parler de l'Ivrogne. Le fils indigne de Maeker. S'arrêtant devant un miroir il s'observa rapidement. Il ne faisait pas attention à son apparence, non, il voulait juste savoir de quoi il avait l'air. Épuisé. Sa peau était toujours aussi pâle, ses yeux d'un bleu presque violacé étaient cernés, et des veines rouges y avaient éclatés. Il avait l'air malade. Comme d'habitude. Il ne s'arrêtait plus sur ces détails désormais. Soupirant il saisit une bouteille de vin qu'une servante apportait à il ne savait trop qui. Mais pas à son oncle en tout cas, il ne buvait pas, ou alors buvait de l'encre. Et personne n'oserait s'en prendre à lui. La débouchant il en but une longue gorgée qui le revigora. Il arriva finalement dehors et l'air frais lui fouetta le visage. Traversant le pont-levis il rejoignit rapidement la cour inférieure, près des écuries et avisant un palefrenier il lui jeta :

« Toi là. Je veux qu'on me selle un cheval dans les plus brefs délais. Et dit aussi à quelques soldats de ma garde de venir là. Mais pas Rohana. » Le palefrenier le regarda, figé, durant de longues minutes, puis il se raidit soudainement en lançant « Tout de suite Prince Daeron ! » Avant de s'élancer vers les écuries. Daeron ne voulait pas de Rohana pour plusieurs raisons, d'abord parce que c'était une femme -même si à vrai dire, il ne la considérait pas comme tel- et en plus, si c'était pour qu'elle le critique à longueur de temps, c'était parfaitement inutile, il savait ce qu'il faisait, et il aimait boire tranquille. Ses autres hommes le laisserait boire en paix au moins. C'était ça l'argent. On payait et puis on avait tout ce qu'on voulait. Même le silence des gens. Et Daeron était parfaitement d'accord avec ça. Ceux qui critiquaient ne connaissaient rien, et ceux qui faisaient cela, généralement, manquait de tout. Enfin c'est ce qu'il pensait. Il ne s'était jamais intéressé aux autres. Juste à ce qu'il allait boire. Toujours. Ou comment il allait parvenir à encore décevoir son père. Avec un fin sourire sur les lèvres il monta sur son étalon noir que le palefrenier lui avait finalement emmené. C'était sur celui-là même qu'il s'était rendu à Cendregué afin de participer au tournoi. Il s'était échappé de l'escorte royale et son idiot de petit frère l'avait suivi. Il ne savait même pas comment le cheval s'appelait et s'en fichait éperdument. Il n'aimait pas monter à cheval, pas plus qu'il aimait se battre. Il n'était bon qu'à boire. Ses gardes, au nombre de deux -deux autres étant restés dans les quartiers qui leur étaient réservés, derrière les écuries avec d'autres gardes-. Excepté Rohana, qui avait le droit à sa petite chambre près de la sienne. Au cas où il lui arriverait quelque chose. Mais Daeron était peu souvent dans sa chambre. Il préférait écumer les tavernes et les bordels divers. Autant dire que cela prenait du temps et qu'il rentrait peu au Donjon Rouge.
Talonnant sa monture, il passa par la cour intérieure, il jeta un bref regard au septuaire royal. Il ne croyait pas aux Sept, il ne croyait en rien, mis à part en la boisson. Traversant un autre pont-levis il atterrit dans la cour extérieure où se massait en permanence une foule de badaud, étant donné que cette cour-ci était accessible à toutes les personnes souhaitant s'y rendre, sans doute pour apercevoir un membre éminent des Sept Couronnes. Sur son passage, personne ne le hua. Et heureusement car sinon les geôles du Donjon Rouge se seraient retrouvées soudainement pleines. La barbacane était ouverte lorsque Daeron la passa et rapidement il se retrouva plongé dans Port-Réal, entraîné malgré lui par la foule. Alors ses gardes se mirent en plus et écartèrent tous les badauds. Sa cape qui s'était entrouverte laissait voir une nouvelle fois le dragon rouge. Il possédait également une cape noire, réservée pour des occasions meilleures où le dragon était cousu sur toute la longueur, mais cela faisait trop voyant et il n'avait pas envie qu'on le repère. Généralement lorsqu'il voulait sortir en douce il le faisait sans cheval et sans garde mais parfois il était bon de sortir pour montrer qu'on était toujours en vie. Certaines mauvaises langues disaient qu'il était mort enivrés, ou de la vérole ou de toute autres choses.

« Où allons-nous Prince Daeron ? » demanda l'un de ses gardes. Fronçant les sourcils, Daeron faillit répliquer que cela ne le regardait absolument pas puis il se rappela que c'était son garde, là pour sa propre sécurité, et donc il avait besoin de savoir le lieu où il se rendait. Il haussa les épaules et répliqua « La Chandelle d'Argent. Et vous m’appellerez mylord arrivés là-bas si jamais vous devez vous adresser à moi.» Il avait donné le nom de l'auberge comme cela. C'était une bonne auberge, qui devait servir du bon vin. Et Daeron n'avait pas envie qu'on sache qui il était. Aussi, dès que l'auberge fut en vie, il referma les pans de sa cape sur sa chemise et lorsqu'un palefrenier s'avança pour tenir la bride de son cheval il en descendit et d'un geste de la main, ses gardes le suivirent. Tous deux s'arrêtèrent à la porte, après avoir balayé la salle propre de l'auberge de l'oeil. Daeron alla s’asseoir à une table. Il voulait juste boire. C'était tout. L'aubergiste s'approcha rapidement de lui, flairant sans doute le noble. A vrai dire, ses vêtements étaient d'excellentes factures et ne trompaient pas sur sa naissance. Néanmoins, sa cape soigneusement fermée, ne laissait absolument pas voir à quelle Maison il appartenait. Il surprit même la lueur déçue dans les yeux de l'aubergiste lorsqu'il s'en alla afin de lui chercher les vins de Dorne et de la Treille qu'il avait commandé. Il n'arrivait pas à savoir, à choisir lequel des deux était le meilleur alors il avait pris les deux. Il avait besoin d'oublier. Surtout le rêve qu'il avait fait. Un rêve inexplicable. Juste un renard. Et le Prince de Peyredragon ne se souciait pas d'un renard. Mais il n'empêchait qu'il avait rêve, et cette idée suffisait à lui donner soif. Une heure plus tard, il avait fini de boire lentement des deux bouteilles et déjà sa tête lui tournait légèrement. Il avait l'habitude d'être ivre et cela ne le gênait pas le moins du monde dans ce qu'il faisait. Enfin après avoir laisser les pièces demandées par l'aubergiste, il se leva et commença à sortir. Curieux, quelques personnes, des riches marchands sans doute le fixèrent. Il sentit leurs regards sur sa nuque mais ne dit rien. Ses gardes le précédèrent et sortirent avant lui. Par simple mesure de sécurité. Arrivés dehors Daeron, repérant une jolie jeune femme leur fit signe de s'arrêter et d'aller près des chevaux. Il s'avança vers elle, sa cape masquant toujours le blason de sa Maison. Elle était grande, plus grande que les autres femmes, mais plus petite que lui. Elle avait des cheveux blonds, bien coiffée, bien vêtue. Cela se voyait qu'elle était de noble naissance. Quand à l'homme qui l'accompagnait, Daeron faisait approximativement sa taille. Il n'était pas noble bien qu'il fut bien vêtu. Ses vêtements respiraient le neuf. Aucun danger. Sans pouvoir résister, Daeron s'approcha de la jeune femme et s'inclinant, la salua :

« Demoiselle... » se redressant, il remarqua que l'homme se reculait de quelques pas et baissait les yeux. Le garde de la jeune femme sans doute. Donc elle était sûrement de noble naissance. Il sourit légèrement. Heureusement, il n'avait pas suffisamment bu pour être incontrôlable. Loin de là, il avait tellement l'habitude de boire qu'il lui en fallait beaucoup plus l'achever. Mais son sourire disparut bien vite. Il avait toujours soif, cette soif dévorante qui lui brûlait la gorge, il avait besoin de boire, c'était plus fort que lui, à chaque fois. Mais à chaque fois, il réussissait à la réprimer un temps. « Je ne vous ai jamais vue auparavant. Si vous venez d'arriver, je serai heureux de vous faire visiter notre magnifique capitale... et vous me rendriez encore plus heureux si vous acceptez de me dire votre nom. Il doit être aussi beau que vous, sans nul doute. » Daeron ne flattait pas les gens pour être poli, ou parfois si. Mais lorsqu’il faisait des compliments à une femme, généralement,  ils étaient sincères. Étonnant de la part de l'Ivrogne.
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Alysanne Florent
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Message Mer 8 Fév 2012 - 22:49

Ils n'étaient plus très loin de la Chandelle d'Argent quand un jeune aristocrate fit irruption devant eux. Aristocrate sans nul doute, il l'était : la richesse des sombres étoffes qui l'habillaient de pied en cap le clamaient haut et fort, au moins autant que l'air d'assurance frisant l'arrogance qui animait ses traits fins. Mais l'effet d'élégance et de noblesse était ruiné par les marques maladives qui déparaient son visage et par une haleine de mendiant, chargée d'alcool. Kerigan réagit comme il le devait, et elle aussi : elle ne recula pas malgré la gêne que lui inspirait l'étrangeté du personnage. Gêne accrue dans l'instant par un compliment galamment tourné. Dans le Bief, un homme ne se hasardait à flatter une demoiselle qu'après avoir subtilement vérifié ses bonnes dispositions, d'un échange de regards, d'un sourire rendu... quant à aborder cavalièrement une inconnue, les plus avisés ne s'y aventuraient pas, au risque de se voir provoquer en duel par un frère ou un père sourcilleux.

De deux choses l'une : soit il était téméraire, soit il était de haut rang. Assez haut pour ne redouter personne et s'attendre à ce que toutes les femmes soient sous le charme de ses fadaises malgré les stigmates laissés sur sa peau par une probable vie de débauche. Aucun blason n'était visible sur ses habits, aucune suite en vue. Mais il était vêtu de noir, il était à Port-Réal, et un nom effleura l'esprit d'Alysanne, un surnom en premier lieu. Le nom inspirait la peur et le surnom le mépris. Mais elle chassa cette idée de son esprit : quelle chance avait-elle, à peine arrivée dans la capitale, de tomber nez à nez avec l'un de ses hôtes les plus prestigieux et les plus honnis ?

« Pardonnez-moi, messire, mais n'est-il pas de coutume, dans les Terres de la Couronne, de se présenter avant de solliciter le nom d'une demoiselle que l'on vient tout juste d'accoster ? » dit-elle d'un ton dégagé. La réprimande était là, dans une légère pointe d'ironie, mais sur le ton du badinage il n'y avait nulle offense, et son sourire courtois en atténuait la portée, encore qu'il y eut dans ses yeux gris une froideur automnale. « Il en va en tout cas ainsi dans le Bief. Mais il me faut bien vous pardonner ; puisqu'à vous croire, c'est ma beauté qui vous a troublé, je ne saurais vous tenir rigueur de votre audace. » Elle ajusta sa cape d'un geste gracieux, non pas la vieille cape qu'elle avait endossée par souci de discrétion sur la Route de la Rose, mais une précieuse étoffe azur ornée d'un liseré de motif hermine rappelant le blason familial. Ce faisant, elle riva son regard à celui, ourlé de cernes, de son mystérieux interlocuteur, et déclara sans façon :
« Je suis Alysanne Florent, de Rubriant. »

Il lui fallut dans la foulée sacrifier à l'obligation d'un baise-main sans se départir d'une parfaite façade de courtoisie. La courtoisie est l'armure d'une dame, se répéta-t-elle intérieurement. Le jeune homme ne semblait pas aviné au point de ne pas se contrôler ; s'il l'importunait, elle saurait se défaire de lui sans esclandre. Etudiant sa physionomie, elle se fit la remarque qu'il aurait pu être beau si seulement son allure maladive n'avait pas gâché la prestance inhérente à sa stature, ses traits délicats et ses yeux d'un bleu peu commun... ces yeux qui ravivaient ses doutes quant à son identité. Etait-ce possible ? Elle n'y croyait guère, mais la chose eut été mémorable et elle voulait en avoir le coeur net. Hélas, même un noble pouvait mentir sur son nom, s'il ne voulait pas être jugé sur sa réputation, et l'homme auquel elle pensait avait toutes les raisons de vouloir se défaire de sa réputation devant une femme à son goût. Trop délicate pour lui poser la question crûment, trop curieuse pour ne pas le faire indirectement, elle choisit ses mots avec soin.

« Quant à votre proposition... je viens à peine d'arriver, il est vrai, et je serais heureuse de découvrir les hauts lieux de la capitale. Mais je ne m'aventurerais pas à suivre un inconnu, même s'il me promettait de m'emmener voler à dos de dragon. Me ferez-vous l'honneur de me dévoiler votre identité, messire ?»

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Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Message Ven 24 Fév 2012 - 21:34

Belle elle l'était sans aucun doute, mais également froide et ce fut une véritable douche gelée que Daeron se prit lorsque la jeune femme répliqua que cela ne se faisait pas de solliciter le nom de quelqu'un que l'on ne connaissait pas. Un sourire moqueur se dessina ensuite sur ses lèvres. Elle disait cela parce qu'elle ignorait qui il était. Puis elle le pardonna disant que c'était sa beauté qui l'avait troublé. Aucune beauté ne le troublait, Daeron était capable de les repérer, oui, mais pas de les apprécier. La jeune femme était donc originaire du Bief, ce n'était pas étonnant, la plus belle région des Sept Couronnes se devaient de produire les plus belles femmes non ? Et puis en plus, il y avait le vin de la Treille. Les Biefoises avaient de plus cette grâce, cette éducation, que les autres femmes ne possédaient pas forcément. Mais tout cela, Daeron s'en fichait totalement, les femmes étaient toutes les mêmes, toutes bonnes à mettre au monde des enfants. La seule exception qu'il connaissait était Shaïra, sa grande-tante, peut-être parce que c'était une dragonne, et la plus belle femme qu'il connaissait. Personne ne lui arrivait à la cheville. Pas même la jeune femme qui se résigna à lui dire son nom. Alysanne Florent. Une renarde avec un nom de Targaryenne. Que c'était étrange. La Bonne Reine Alysanne. On disait que les Florent étaient capable de rassembler deux milles épées, et qu'ils avaient les oreilles longues. Daeron n'était peut-être qu'un incapable, il n'empêchait que jeune, il avait reçu l'éducation due à son rang. Avant l'arrivée de ses visions. Puis soudainement il eut des sueurs froides. Un renard. Comme dans son rêve. Il s'efforça de se calmer rapidement, sans rien montrer de son trouble intérieur. Finalement, il eut un léger sourire lorsqu'Alysanne parla de vol de dragon. Elle ignorait à quelle point il trouvait la situation drôle. Il était un Prince, il pouvait tout se permettre, même les pires excès. Et il ne s'en privait pas. Pas parce que c'était un débauché comme tout le monde le pensait, parce qu'il en avait besoin. Il ne détrompait pas les autres, personne ne le connaissait, personne ne savait ce qu'il ressentait sans cesse. Il était déchiré, comme sa famille. Aelinor fuyait un mari qu'elle détestait et qui passait son temps à lire au lieu de s'occuper du Royaume, son père le rejetait, lui et Aerion, et déversait sans doute un flot d'injures continuelles contre Brynden Rivers, la Main du Roi. Sa mère se contentait de le faire espionner pour se rassurer sur son sort.

« Eh bien si mon arrière-arrière-grand-oncle n'avait pas tué le dernier des dragons sans doute aurais-je pu vous proposer un vol à dos de dragon... Il est inutile de vous dire qui je suis je suppose. » Il sourit encore avant d'écarter les pans de sa cape sombre, dévoilant le dragon rouge à trois têtes, symbole de la dynastie targaryenne. « Je suis Daeron Targaryen, Prince de Peyredragon, fils de Maeker Targaryen, Prince de Lestival et de Lady Alanna Arryn, neveu du Roi des Andals, de Rhoynar et des Premiers Hommes, Seigneur des Sept Couronnes et Protecteur du Royaume, Aerys I Targaryen, petit fils de la Reine Myriah Martell etc... appelé plus communément l'Ivrogne mais je pense que vous avez déjà entendu parler de moi... A votre service Lady Alysanne. » C'était une vassale, une vassale des vassaux de son oncle, aussi il devait se montrer agréable. Ou plutôt, il ne devait pas se montrer désagréable. Cela irait, puisqu'il avait bu et qu'il se contrôlait. Il n'éprouverait donc pas le besoin de boire encore plus. De plus si sa tante apprenait qu'il s'était mal conduit envers une Florent, comme envers une quelconque noble elle le tuerait dès son retour de Lancéhélion. Il haussa ensuite les épaules et d'un geste de la main fit signe à ses gardes de venir. Ceux-ci apparurent aussitôt et fixèrent la jeune femme, curieux, ainsi que son homme, toujours restés derrière.

« Maintenant que vous connaissez mon nom puis-je vous suggérer d'aller au Grand Septuaire de Baelor ? Peut-être voudriez-vous même visiter plus tard le Donjon Rouge, voir même la Citadelle de Maegor? » Le Septuaire de Baelor, Daeron n'y était pas allé depuis bien longtemps. Cela ne servait à rien à vrai dire car il n'était absolument pas croyant, ou enfin si, mais il maudissait les Dieux qui lui avaient fait cadeau de ce « don » de vervue. Il n'en demeurait pas moins que c'était un endroit magnifique, le septuaire était composé d'un dôme de verre, d'or et de cristal, entouré de sept tours en haut desquels se trouvaient une cloche. Quand au Donjon Rouge, tous le monde y avait accès, les nobles surtout. Le peuple restait confinés dans la cour extérieure. Mais la Citadelle de Maegor était très peu accessible, mis à part la salle du Trône bien sûr. Les appartements royaux s'y trouvaient, comme la bibliothèque et plusieurs salles magnifiques vues de peu de monde. Y entrer était un véritable honneur à vrai dire. Et le vin coulait là-bas à flot, tout comme dans les tavernes. Sauf qu'il n'avait pas besoin de payer quoi que soit.
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Message Sam 25 Fév 2012 - 0:41

Ainsi c'était vrai. Elle se détendit légèrement, un peu plus à l'aise maintenant qu'il s'était présenté. Son visage reprit son habituelle expression attentive et calme, pareille à un lac sans ride. Prudente, encore, mais sans appréhension cette fois. Le Prince de Peyredragon était peut-être un ivrogne, mais l'alcool ne semblait pas l'avoir dépouillé de toute son éducation. Elle nota avec curiosité le petit sourire qui fleurissait à l'occasion sur ses lèvres, comme s'il riait d'un secret connu de lui seul. Ce n'était pas le sourire impudent de Kerigan, le clin d’œil de celui qui partage sa moquerie. Ce sourire éphémère et distrait ne semblait destiné qu'à lui-même. Et cette façon de se présenter... alignant les titres, tous les titres jusqu'au sobriquet, l'Ivrogne, comme le poison dans la queue du scorpion. Elle n'avait pas senti dans sa voix l'autodérision légère et joyeuse d'un bouffon, ni l'arrogance insouciante d'un jeune prince comblé par la vie... plutôt un sarcasme implicite qui, comme le sourire, ne s'adressait sans doute qu'à lui-même. Quel étrange personnage. C'était un prince, et on ne s'amuse généralement pas à donner aux princes des surnoms ignominieux. Ce qui voulait dire que Daeron Targaryen avait plus qu'un penchant marqué pour le vin ; son visage en attestait, si elle en avait douté un seul instant : il était l'esclave de ses plaisirs, un malade, victime consentante de sa propre faiblesse. Comment en était-il arrivé là ? Qu'avait-il cherché à fuir, au point d'en oublier son rang, son devoir, et même sa dignité ? Elle ne le saurait sans doute jamais, et cela lui inspirait une inexplicable tristesse.

« Maintenant que vous connaissez mon nom puis-je vous suggérer d'aller au Grand Septuaire de Baelor ? Peut-être voudriez-vous même visiter plus tard le Donjon Rouge, voir même la Citadelle de Maegor? »


« Vous connaissez la ville mieux que moi »,
s'entendit-elle répondre en haussant les épaules, avant d'ajouter avec un sourire espiègle, plus chaleureux qu'avant : « Surprenez-moi. »

Comme il la prenait au mot, il lui vint à l'esprit que c’était une occasion inespérée de découvrir l'homme qui serait peut-être amené à monter sur le Trône de Fer, si le roi continuait à délaisser son épouse. Elle avait entendu à son sujet les mêmes ragots que n’importe quel habitant des Sept Couronnes. Mais elle avait souvent constaté que les caractéristiques les plus significatives d’une personne étaient généralement celles que sa réputation laissait sous silence. Kerigan dans son ombre, elle suivit donc le Prince de Peyredragon. Et bien lui en prit, songea-t-elle un peu plus tard, car ce guide-là n'avait pas d'équivalent. Pas seulement parce qu'aucune porte ne restait fermée devant lui, mais aussi parce qu'il portait sur la cité un regard qui n'était vraisemblablement celui d'aucun autre noble. Le regard de quelqu'un qui connaissait la ville et ses secrets, y compris les moins reluisants, et qui savait les raconter avec esprit. Il dressait des quartiers visités un tableau cynique, comme si tout cela n'était au fond qu'une vaste plaisanterie. Ses manières étaient aimables et courtoises, mais en même temps singulières, décalées. Un mot cru, une remarque choquante, venait parfois épicer son discours avec une spontanéité confondante. Il ne cherchait pas à jouer un rôle ; il se souciait visiblement comme d'une guigne de son image. Curieuse, elle jouait le jeu, le laissait mener la danse, riant parfois de bon cœur à une remarque amusante sur les mœurs de tel ou tel, posant des questions quand elle le sentait inspiré par un sujet. Elle était elle-même surprise de se trouver à l'aise dans cette situation. C'était une aptitude dont elle n'avait jamais vraiment pris conscience, celle-là même qui lui avait permis de conquérir l'amitié d'Hugo, ou de se lancer dans des joutes verbales avec un réître. Une ouverture qui lui permettait de s'intéresser suffisamment à une personne, quelle qu'elle soit, pour embrasser son univers et rentrer en relation avec elle en faisant fi des a priori.

Au hasard de leurs pérégrinations, elle s'arrêta un moment dans l'échoppe d'un herboriste nommé Yu Pon dont la réputation était parvenue jusqu’aux oreilles du mestre de Rubriant. Devant le regard interrogateur de Daeron, elle se sentit obligée de justifier cette halte. Elle aurait pu inventer un mensonge pudique, mais elle n'en voyait pas l'intérêt avec un homme aussi peu soucieux des conventions, et elle n'avait pas envie d'être fausse avec lui. « Je souffre depuis peu de cauchemars récurrents, et j’espère me procurer auprès de lui une certaine plante exotique qui a la vertu d’apaiser les rêves » expliqua-t-elle. Elle s'abstint de détailler les cauchemars en question. Depuis son départ de Rubriant, c'était toujours le même mauvais rêve qui la poursuivait, un symptôme de sa peur du mariage, qui s’associait maintenant au souvenir de la tentative de viol qu'elle avait subie sur la Route de la Rose. Un autel, un septon, un époux au visage flou. Depuis la nuit de l'attaque, au lieu de se retrouver dans une vierge de fer quand le manteau de son époux se refermait sur elle, elle le portait comme une chape et la scène se transformait en un banquet dont les invités la jetaient bientôt nue dans une fosse enténébrée où l'attendait une bête monstrueuse. Les premières fois, elle s'était réveillée en nage au moment où la bête la dévorait, fouissant dans sa chair sanglante tandis que les invités riaient à gorge déployée… la nuit avant Port-Réal, un chien sauvage et un serpent de la taille d’un homme avaient mis la créature en pièces sous les hurlements frustrés de la foule. Et la nuit dernière à l’auberge, c’était elle qui avait plongé une lame dans la gueule puante de l’abomination couchée sur elle. Pour autant, elle n’était pas certaine d’en avoir fini. Si la plante en question était aussi efficace que Mestre Josua le prétendait, elle était prête à courir à travers toute la ville pour trouver l’échoppe d’un herboriste susceptible de la lui fournir. Par chance, le fameux Yu Pon était à la hauteur de sa renommée et elle ressortit rapidement avec un sachet qu'elle rangea dans son aumônière. La visite reprit, et personne n'eut l'indélicatesse de l'interroger sur la nature de ses cauchemars.

A la fin de la journée, Alysanne était toujours incapable de répondre à la question « Qui est Daeron Targaryen ? »... mais le savait-il lui-même ? L’image laissée était comparable à celle d’un œuf de dragon, ruisselant de reflets insaisissables. Il y avait des choses en lui qui lui plaisaient, d'autres qui la dérangeaient profondément. Elle appréciait sa compagnie, et elle ne le jugeait pas, mais l’imaginer sur le trône suffisait à lui donner froid dans le dos. Quand une clé de voûte est fragilisée, c’est bientôt l’édifice entier qui s’écroule avec elle songea-t-elle en lui coulant un regard indéchiffrable. Mais elle chassa cette pensée de son esprit. Il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour changer le cours des choses ; il était seul maître de sa vie.

Le soir tombant, elle réalisa tout à coup qu'elle avait oublié quelque chose. Après l'avoir remercié de la visite, elle se hasarda à lui faire part de son souhait. « Vous trouverez sûrement cela curieux, mais je rêve de visiter la bibliothèque du Donjon Rouge... croyez-vous qu'il me serait possible d'y accéder durant mon séjour ?»

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Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Message Ven 2 Mar 2012 - 4:27

« Surprenez-moi » lança lady Alysanne avec un sourire espiègle, plus chaleureuse. En attendant la jeune femme dire cela, Daeron ne put s’empêcher de lever un sourcil, étonné. D’un geste de la main, il fit signe à l’un de ses deux gardes qui l’avaient accompagnés de rentrer au Donjon Rouge, emportant son cheval, quand à l’autre, il lui emboîta le pas, tout comme l’homme d’armes de lady Alysanne le fit pour la jeune femme. Daeron entraîna donc la jeune femme dans les rues de Port-Réal qu’il connaissait presque par cœur pour les fouler plus souvent qu’un Prince ne devrait le faire. Il expliquait brièvement ce qu’il s’était passé à tel endroit, sans se soucier vraiment de choquer, il passait sous silence les viols et les meurtres, sauf ceux qu’il trouvait drôle. Par exemple un bougre avait été retrouvé pendu à une fenêtre. C’était une histoire sordide, mais Daeron s’en fichait, il montra même la fenêtre. Et encore, il la conduisait uniquement à travers les quartiers fréquentables, imaginer une lady telle qu’une Florent à Culpucier était drôle, et c’était également une chose qui ne se verrait jamais. Daeron y avait rencontré sa grande-tante, la belle Shaïra une fois, et l’avait aidée à se sortir de ce bourbier. Culpucier c’était bon pour les violeurs, les meurtriers, les prostituées et les ivrognes, même Daeron évitait de s’y rendre, préférant les bordels situés dans le Port, déjà moins dangereux.
Finalement, l’image glaciale qu’il se faisait de lady Alysanne se brisait peu à peu à chacun de ses éclats de rire, ou alors qu’elle posait des questions. Elle semblait à l’aise, et il fut surpris de se sentir lui-même à l’aise. Il n’avait jamais été en aussi agréable compagnie depuis bien longtemps, et par agréable compagnie, il ne parlait pas des prostituées, mais bien en compagnie d’une femme intelligente, car à vrai dire, les seules femmes qu’il côtoyait et qui n’étaient pas des moindres, n’était autre que la trop belle Shaïra Seastar, et la Reine Aelinor Targaryen. Sa grande-tante et sa tante qui avaient toutes deux le même âge d’ailleurs. A vrai dire, en compagnie de la Bieffoise, il se sentait bien. C’était étrange à dire, il oubliait sa soif, il en oubliait presque qui il était, et pourtant il ne se dévoilait pas. Il se contentait de faire des remarques sur ce qui l’entourait sans jamais dire la moindre chose personnelle. Parce qu’il n’avait pas vraiment de personnalité, il n’était pas vraiment quelque un.
Daeron ne savait pas vraiment où il emmenait la jeune femme, il marchait, c’était tout, et elle suivait. Il lui avait proposé de lui faire visiter la capitale, et pour une fois, il faisait ce qu’il avait dit. Finalement, Alysanne Florent s’arrêta devant une échoppe que Daeron connaissait bien pour être passé devant un nombre incalculable de fois. Il n’y était jamais rentré pour la simple et bonne raison qu’il était un Prince, un Targaryen, et qu’il n’avait pas besoin des remèdes d’un herboriste venant d’on ne savait trop où. Il lança un regard interrogateur à la jeune femme et finalement, cette dernière, sincère lui expliqua qu’elle souffrait de cauchemar. Elle ne remarqua sûrement pas le visage de Daeron se refermer peu à peu. Lui aussi avait des cauchemars, mais cela ne l’empêchait pas seulement de dormir, cela l’empêchait de vivre. La peur de rêver, de voir ce que presque personne ne voyait le tuait à petit feu, il avait cette peur, enfouie au fond de lui, cette peur de savoir, parce qu’il savait que ce qu’il voyait allait se réaliser, obligatoirement. C’était pour cela qu’il buvait, pour essayer d’oublier, pour essayer de s’échapper, parce qu’il pensait que si il buvait, et si il sombrait alors nulles visions ne viendraient troubler son sommeil, mais bien sûr, à chaque fois, il se trompait et il voyait quand même. Et il était trop tard pour faire demi-tour. Daeron avait quand même besoin de boire. Tout le monde le prenait pour un ivrogne, et personne ne savait vraiment pourquoi. C’était un débauché, mais c’était également une victime trop faible pour se défendre, qui donc, se laissait envahir, emporter. Seuls les membres de sa famille était au courant pour son don de vervue, et Duncan. Il le lui avait dit, lors du tournoi de Cendregué, juste avant le Jugement des Sept. Mais il était sûr qu’il n’en avait absolument rien à faire à vrai dire. Il devait le mépriser.
La jeune femme était-elle aussi une vervoyante? Il l’ignorait et ne lui demanderait pas, mais il savait qu’en tout cas, si elle l’était et qu’elle cherchait à apaiser ses rêves, même un herboriste aussi renommé que Yu Pon ne réussirait pas. Daeron avait envoyé des serviteurs lui chercher des herbes et tout ce qui pouvait être capable de le faire oublier, et de le faire dormir. Mais malgré tout, aucun remède n’avait marché. Et aucun ne marcherait jamais. Seule la mort pouvait le guérir mais il n’avait pas vraiment envie de mourir, même si il ne servait à rien. Et l’idée qu’un jour il risquait de devenir Roi était infiniment déplaisante. Il avait beau être un ivrogne, il était pourtant intelligent. C’était un prince et il avait été éduqué comme tel. Il avait donc beaucoup appris et à vrai dire, c’était un enfant intelligent, le préféré de sa famille, avant que ses visions ne viennent déchirer ses nuits et détruire son âme. Finalement, la journée toucha bientôt à sa fin, lorsque soudainement la renarde lui demanda l’autorisation d’accéder à la bibliothèque du Donjon Rouge, située dans le Citadelle de Maegor. Rares étaient les personnes qui y avaient accès, généralement, beaucoup pénétraient uniquement dans l’immense salle du Trône, et c’était tout. Mais la bibliothèque… c’était autre chose. De plus, si Daeron l’autorisait, cela voulait dire qu’elle pouvait rencontrer un membre de la famille royale. Un membre plus digne d’intérêt, comme le Roi lui-même à vrai dire.

« Je dirai au Chef des Gardes lorsque je rentrerai qu’on vous laisse l’accès à la bibliothèque dès demain matin si vous le désirez. » Elle aurait accès à la bibliothèque, et également à la Salle du Trône, mais uniquement à ces deux pièces. Peut-être serait-elle invitée ailleurs si Shaïra la rencontrait, car c’était elle la seule femme de la famille royale présente au Donjon Rouge, et qui aimait également la bibliothèque, et qui avait le pouvoir de l’inviter également.
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Message Ven 2 Mar 2012 - 23:22

Il ne fallut pas plus d’une quarantaine de secondes pour que Kerigan commence à jurer intérieurement. Bien sur, le désormais garde de lady Florent n’était en rien concerné par cette discussion. Mais, il n’était encore guère habitué aux manières que s’imposaient les nobles et cela même pour une discussion fortuite et en somme assez basique. Heureusement, son nouveau rôle lui permettait de penser à autre chose: Rester en retrait, surveiller les alentours et les gestes de l’inconnu…jurer intérieurement.

Qu’est ce que c’est cette coutume selon laquelle il faut toujours un noble gentilhomme pour jouer le guide d’une jeune femme, de préférence noble, arrivant en ville ? N’importe qui d’autre devrait se débrouiller par ses propres moyens…

Bien sur, Kerigan ne pouvait pas se vanter de connaître mille et une façons d’aborder une jeune femme quel que soit l’endroit. A vrai dire, ce n’était pas son passe temps favori. Il préférait saborder volontairement cette partie, où il n’était pas véritablement à son aise, en rejoignant directement un antre du plaisir. L’idée de faire naître le désir et des sentiments était tout à fait incongrue dans son esprit de grand voyageur et de combattant solitaire. Ce devait donc être la raison pour laquelle il s’ennuyait fermement. Contrairement au ‘dragon’, le ‘serpent’ savait rester très terre à terre. Dans un second temps, le natif des Terres de l’Orage vit que l’inconnu, qui n’était autre que Daeron Targaryen, avait une mine apparemment usée et un des visages les plus représentatifs du parfait sac à vin.

Rien ne s’arrangera lorsque ce dernier se mit à étaler tous ses titres les plus prestigieux les uns que les autres. Ce n’était pas une question de jalousie. Kerigan ressentait juste au même moment une ferme envie de bailler mais se retint pour demeurer irréprochable, le visage adoptant une attitude toujours aussi froide et appliquée. Le clou du spectacle resta tout de même l’allusion au voyage à dos de dragon. Kerigan pensa sarcastiquement sur le coup qu’au premier battement d’aile de la part du dragon, l’ivrogne, comme on l’appelait à Port Réal apparemment, ne serait peut être plus à même de tenir l’équilibre sur sa monture. Le reitre était plutôt mauvaise langue, il devait l’avouer…même avec l’homme qui pouvait être amené à monter sur le trône. Il n’en demeurait pas moins un homme. C’était sa vision des choses, sa conviction qu’il se réservait pour lui-même pour des raisons assez évidentes. Le monde ne voit que ce que l’on fait, pas ce que l’on pense. C’était le côté à la fois fourbe et courageux d’un serpent ressemblant presque à une bête civilisée, dixit dame Florent. Daeron Targaryen semblait assez sobre à cette heure de la journée. Heureusement d’ailleurs, rien n’aurait été plus affligeant que de le rencontrer quand il n’avait plus assez de lucidité ne serait ce que pour déboutonner son propre pantalon à la moindre envie pressante…

Kerigan se tourna ensuite vers Alysanne quand elle évoqua les cauchemars qui émaillaient ses nuits depuis peu apparemment. Kerigan était curieux de savoir si il y avait bel et bien une plante capable de tranquiliser son esprit pendant son sommeil. Pas seulement pour Alysanne. Le garde se demanda un bref instant si ses cauchemars étaient anodins où si ils étaient tous liés, voire répétitifs, comme les siens. En effet, le trentenaire était lui aussi victime de ce type de tourments qu’il ne pouvait pas combattre avec la lame acérée de son épée. Certains revenaient depuis cette fameuse nuit orageuse où l’Etranger avait décidé que sa mère devait s’en aller dans un autre monde après avoir subi mille tourments par un petit groupe de bandits. D’autres étaient plus récents. Il distinguait toute une suite de visages apeurés correspondant à ses victimes, parfois innocentes, qu’on lui avait ordonné d’assassiner. Cependant, en contre partie, le besoin de vengeance demeurait inassouvi quoi qu’il fasse…

Apparemment Alysanne voulait découvrir la bibliothèque du Donjon Rouge et Daeron Targaryen semblait vouloir l’aider en ce sens. Le reitre se voyait déjà avoir un peu de temps libre à tuer dans la capitale de Port Réal mais n’avait aucune idée capable de le motiver suffisamment pour le moment. Il allait probablement s’acheter quelques babioles pour ses prochains pièges notamment. Mais, pour le moment, le blond restait en retrait, dans l’ombre, discret et réservé mais clairement redoutable, attendant patiemment que l’entrevue se termine en zieutant les alentours avec attention, en partie grâce à sa propre expérience…
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