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La fin du long voyage ? [Sargon]

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Shaïra Seastar
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« En languissant définiront mes jours »

♦ Missives : 1507
♦ Missives Aventure : 63
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 17/01/2012
♦ Célébrité : Charlize Theron
♦ Copyright : Luchadora & Tumblr
♦ Doublons : Maël, Gabriel, Velanna Vance
♦ Age du Personnage : 35 ans
♦ Mariage : Aucun, jamais ?
♦ Lieu : Donjon Rouge, Port-Réal
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Message Sam 28 Jan 2012 - 21:52



En l’an 206, lady Shaïra Seastar, fille d’Aegon l’Indigne et de sa dernière maîtresse, Serenei de Lys, prit la décision de quitter les murs rassurants et protecteurs du Donjon Rouge pour arpenter les territoires de Westeros. Elle était alors une jeune femme de trente ans particulièrement curieuse et avide de savoir. Elle dévorait chaque jour une quantité affolante de parchemins d’âges différents et se cultivait bien à l’abri dans ses appartements, profitant du grand confort que lui offrait son statut de noble. Mais vient toujours un moment dans la découverte et l’apprentissage quotidien où les écrits paraissent bien fades et les tableaux arides face au monde extérieur, si verdoyant et chantant. A cette époque, Shaïra ne s’était que rarement aventurée au-delà de Port-Réal, et jamais en dehors des Terres de la Couronne. Aux bras de ses soupirants, elle entendait des récits de voyages et d’aventures palpitants au cœur de régions qu’elle ne connaissait qu’à travers des cartes complexes, sans âme. Son horizon était restreint, et elle se sentait frustrée de n’avoir jamais vu de ses yeux les beautés de ce monde… Il y eut bien des hommes qui lui proposèrent de l’emmener, souvent en échange de ses faveurs ou de sa main – car peu de choses sont gratuites ici-bas – mais elle avait toujours refusé ces « transactions ». Shaïra demeurait donc à Port-Réal, et seules ses pensées vagabondaient de ville en ville…

Il lui fallut beaucoup de temps pour se décider à être autre chose que « la plus belle » louée par les ménestrels et la sorceresse des rumeurs, pour enfin réaliser son grand rêve de voyage aux quatre coins de Westeros. Elle avait bien sûr rassemblé quelques « indispensables » au bon déroulement de l’aventure. Ainsi au cours de son périple l’accompagnaient une fidèle servante du Donjon Rouge surnommée Lune et un homme d’armes dévoué – et peut-être charmé – du nom de Théobald. Tandis qu’elle chevauchait un coursier, un présent offert par un chevalier de Bief, ses compagnons voyageaient aux côtés d’un robuste et courageux mulet, ce dernier transportant toutes leurs affaires et provisions. La Lady avait pris relativement peu de bagages : quelques robes simples, pratiques et élégantes qu’elle porterait durant les trajets, une tenue plus riche et noble qu’elle pourrait revêtir en certaines occasions, seulement une parure – sa préférée, le collier d’argent alternant pierres d’émeraude et de saphir –, un nécessaire à écrire, une carte détaillée de Westeros, son poignard, et des vivres suffisants pour atteindre Herpivoie. Théobald avait assuré pouvoir chasser et pêcher pour compléter leurs repas, Shaïra ne s’inquiétait donc pas trop sur ce point. C’est le cœur battant, et après avoir embrassé le front de son demi-frère endormi, que Shaïra avait quitté Port-Réal avec sa petite troupe et empruntait la route de la Rivière.

Le Conflants était une belle région, mais que Shaïra connaissait mal. Evidemment, elle n’ignorait pas son histoire, sa généalogie, ses conflits, ainsi que quelques éléments sur la maison Tully mais elle n’avait pas idée des tracas que lui causeraient ces terres humides car traversées par trois grands fleuves. Le sang valyrien coulait dans ses veines, il était donc évident qu’elle n’abandonnerait pas à la première difficulté. Pourtant, ce n’est pas les « raisons » qui lui avaient manqué. Pour la première fois de sa vie, la noble dame fut décoiffée par la saleté et se retrouva avec de la boue jusqu’aux mollets. Voilà qui ferait rire les roturiers à gorge déployée, mais Shaïra avait vécu cette première expérience comme un petit traumatisme, et ne l’évoque aujourd’hui que le rose aux joues. Autant dire que le bon Théobald la porta plus d’une fois sur son dos pour lui éviter de renouveler trop de fois l’expérience, et dès que ce fut possible Shaïra remonta en selle. Une fois sur le domaine de la maison Herpivoie, ils purent prendre un peu de repos et se restaurer. C’était leur première halte véritable et nécessaire, si nécessaire que Lune crut que leur dame voudrait faire demi-tour. En effet, elle était quelque peu déprimée par ce voyage pénible. Si elle avait vu de beaux paysages, ils avaient surtout croisé des marchants et n’avaient pas fait réellement de rencontres intéressantes… Bien que désenchantée, Shaïra voulut poursuivre au moins jusqu’à Vivesaigues et sa forteresse dans l’espoir de rencontrer Lord Medgar Tully, cela pourrait donner un autre tournant à son périple… Et c’est ce qui arriva, après dix jours de voyage. Si elle ne put discuter avec le seigneur suzerain du Conflans, absent à ce moment, elle fit la connaissance de ser Dezial. Rien ne présageait qu’ils s’entendent, mais Shaïra trouva bien des qualités à ce chevalier honnête et d’une gentillesse étonnante. Il leur offrit l’hospitalité sans réclamer de monnaie d’échange, générosité rare et charmante qui intrigua la lady. Ils restèrent quelques jours à Vivesaigues, mais ce fut la première nuit qu’elle séduisit Dezial… Ils finirent dans les mêmes draps, si bien qu’elle partagea sa couche et sa compagnie tout ce temps. Elle sortit de cette rencontre de bien meilleur humeur, prête à reprendre la route, après avoir promis au chevalier d’échanger des corbeaux avec lui.

Shaïra et ses compagnons quittèrent Vivesaigues et continuèrent leur chemin sur la même route de la Rivière, dans le but de rejoindre Port-Lannis, troisième ville de Westeros. Les terres de l’Ouest étant rocheuses et montagneuses, leur progression fut plus lente mais aussi plus agréable pour Shaïra, qui resta la majeure partie du temps à dos de cheval. Elle eut tout le loisir de faire des croquis de ce qu’elle voyait, et prenait de nombreuses notes sur ce qui l’entourait. Il leur fallut huit jours pour atteindre Castral Roc et le port, et autant de temps pour se ravitailler et profiter de la région. La lady fit quelques achats et arbitra des combats en son honneur, non sans une certaine malice. Ce genre de distractions angoissaient toujours un peu Lune qui fit tout son possible pour reprendre la route. En effet elle avait de la famille à Hautjardin et Shaïra lui avait promis d’y passer avant de se rendre à Villevieille, lieu de savoirs que la jeune femme n’aurait raté pour rien au monde. Ils suivirent la route du Front de Mer pendant plus de treize jours et essuyèrent une tentative d’attaque, par chance lancée par des « amateurs ». Théobald n’eut aucun mal à les défaire des gêneurs et redoubla d’attention quand la lady s’isolait et rejoignait le bord de la mer, ce qui lui arrivait d’ailleurs de plus en plus souvent au cours de leur voyage. Bien qu’elle fut une noble et n’eut jamais obligation à prendre la mer, Shaïra aimait le faire quand elle en avait l’occasion, appréciant la brise maritime et la sensation de pleine liberté s’y rattachant. Une fois à Hautjardin, Shaïra proposa à sa suivante de rester auprès des siens et promit de revenir la chercher une fois à son retour de Villevieille, ce que Lune accepta finalement après mille recommandations à sa dame. C’est donc seule avec son homme d’armes que Shaïra dit au revoir à la belle architecture de Hautjardin et descendit par la route de la Rose jusqu’à Villevieille, l’un de ses principaux objectifs. Après sept jours de voyage, elle ne fut pas déçue. Elle avait bien sûr fait le tour de la ville, mais c’est surtout à la Citadelle des chevaliers de l’esprit qu’elle resta des heures, béate d’émerveillement face à cette accumulation de savoirs et de connaissances sur Westeros. Elle se sentait à sa place, et l’idée de devenir novice lui effleura même l’esprit. Cependant, elle savait que le monde de vie de la « maison » ne lui conviendrait pas… Elle passa pas moins de trois semaines dans ce décor de rêves et discuta avec de nombreux mestres de la Citadelle, qui l’incitèrent à son grand étonnement à passer à la Treille. Selon eux, ne pas y aller serait manquer de respect à Bief. C’était dit non sans malice si bien que Shaïra se laissa convaincre. Elle aimait bien le vin et refusait celui si réputé de la Treille serait une insulte à son petit neveu Daeron…

A sa connaissance le chemin était sûr et Shaïra aspirait à un peu de tranquillité, elle demanda donc à Théobald de l’attendre à Villevieille. Il le fit à contrecœur, mais fut convaincu par les quelques pièces que la lady lui laissa pour se distraire. Même si elle avait un particulièrement mauvais sens de l’orientation, elle parvint sans trop de peine au bord du Chenal Redwyne qu’il lui fallait traverser avec son coursier Arold, qu’elle n’avait pu se résoudre à laisser derrière elle, pour rejoindre l’île. Il ne restait plus qu’à trouver un honnête marin qui pourrait l’aider… Elle marcha longuement le long de la rive, tenant au creux de sa main la longe d’Arold, sans rencontrer personne, si bien qu’elle finit par ne plus apercevoir la Treille au loin et s’égara idiotement. Une mauvaise posture certes, mais qui n’inquiéta que légèrement la lady, persuadée de finir par trouver une bonne âme à convaincre – avec un sourire, s’il le fallait –. Elle vint s’asseoir sur un rocher, les pieds à quelques centimètres de l’écume. La brise soufflait dans ses boucles d’or et d’argent qui cascadaient jusqu’à ses reins et faisait onduler les pans légers de sa robe. Shaïra aux allures de sirène s’amusa du spectacle qu’elle devait donner et posa son regard troublant et malicieux sur l’horizon. Le soleil commençait à se coucher, et il lui faudrait bientôt faire demi-tour si elle ne trouvait pas d’aide. Une perspective ennuyeuse mais surmontable en temps normal, sauf qu’elle ne savait plus vraiment quel chemin elle avait emprunté. Si jamais elle avait eu des ancêtres traqueurs ou chasseurs, leurs gènes avaient depuis été grandement dilués…


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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

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Message Dim 29 Jan 2012 - 14:20

     Les voyages de l'île de Harloi aux cités libres commençaient à devenir longs et épuisants, Sargon n'avait malheureusement pas réellement le choix s'il tenait à apporter des trésors et des femmes-sel à son oncle dans l'espoir de monter dans son estime. La paix avec le reste de Westeros n'était pas à son avantage, il aurait été tellement plus aisé de n'avoir qu'à traverser la mer pour piocher dans l'une des régions côtières, ce dont il avait besoin ! Mais le Dieu Noyé semblait lui renvoyer son manque de dévotion en plein visage, décidant de le sanctionner pour cette piété nulle qui l'habitait depuis qu'il était en âge de penser par lui-même. Les marins de la Veuve Salée commençaient à faire preuve d'une certaine lassitude, il était vrai que les pillages des cités libres étaient assez difficiles à mener, ils demandaient un voyage assez conséquent et malheureusement pour lui, Sargon avait plusieurs rameurs qui étaient aussi des pêcheurs et des pères. Bien que le Harloi se fichait comme d'une guigne de sa famille et qu'il ne s'attardait que sur les choses qui le concernaient directement, il avait été forcé de constater que certains marins n'approuvaient pas le fait d'être aussi longtemps éloignés de leur demeure. Il était vrai que même pour le jeune homme, les longs voyages commençaient à devenir pesant et qu'il se surprenait des fois à regretter la demeure de Kenning qu'il n'affectionnait pourtant pas. Yoren lui avait glissé très récemment, qu'il y avait une possibilité pour que certains rameurs décident de quitter le navire s'ils continuaient à faire d'aussi longs trajets qui n'apportaient rien de plus que quelques femmes-sel et des esclaves pour divertir les hommes. Il fallait trouver une autre solution.

     C'était donc pour cette raison que le jeune capitaine avait ordonné à ses hommes de prendre leurs places pour qu'ils allaient piller quelques navires marchands des cités libres, qui avaient l'audace de s'aventurer jusqu'aux environs des îles. Ils passaient généralement près de Dorne pour remonter par les Bief et se rendre à La Treille, un endroit idéal pour intercepter les navires et les dévaliser. Après tout cela ne serait pas une déclaration de guerre contre Westeros, mais simplement un acte des pirates contre des marchandes des contrées exotiques. C'était le moment idéal pour se lancer dans une telle excursion de l'avis du capitaine, tout comme de ses hommes d'ailleurs. Les rameurs de la Veuve Salée travaillaient donc avec entrain tandis que le boutre voguait sur les flots à une vitesse toujours aussi régulière, il faudrait quelques temps avant qu'ils n'atteignent les environs du Bief, mais c'était un trajet nécessaire. Il était hors de question pour le jeune homme de se retrouver à terre à attendre que les choses changent ou que son oncle décide de lui donner une mission digne d'intérêt. Il n'était pas un simple coursier à la botte de lord Harloi.

     Le boutre avait donc navigué un certain temps avant qu'ils ne puissent enfin voir des terres se dessiner à l'horizon, mais cela n'intéressait pas le capitaine qui ordonna de changer de cap pour prendre la direction des cités libres, bien qu'ils ne comptaient pas aller plus loin que Dorne bien évidemment. A peine avaient-ils commencé à se glisser sur le canal menant au reste du monde, que les voiles familières de Lys se dessinèrent et il ne fallut pas longtemps aux Fer-nés pour regagner en motivation et manœuvrer le navire de manière à se placer suffisamment bien pour aborder la Caraque des marchands. Crépuscule à la main, Sargon eut tôt fait de sauter dans le navire « ennemi » à peine les grappins avaient-ils rapprocher les deux embarcations, puis il profita de l'effet de surprise pour plonger l'acier Valyrien dans le corps du premier matelots qui se présenta à lui. La panique submergea les voyageurs et les marchands tandis que les quelques reitres engagés pour le voyage se pressaient de rejoindre le bastingage pour empêcher aux pirates de monter sur la Caraque, mais c'était peine perdue. Les Fer-nés étaient entraînés et motivés. Quelques coups portés des deux côtés, des blessés puis des morts dans les deux camps, les assaillants n'eurent toutefois pas à se plaindre au niveau des pertes lorsque les derniers défenseurs tomba sur le pont, la carotide tranchée nette pas la lame Valyrienne. Les marchands se montrèrent aussitôt extrêmement dociles, comprenant certainement qu'il serait vain de chercher à se battre alors qu'ils n'avaient aucune chance, ils essayèrent donc d'amadouer le capitaine de la Veuve Salée en lui offrant diverses marchandises intéressantes. Il refusa. Sargon prenait toujours ce que lui voulait.

     Alors que les trésors de la Caraque étaient chargés à bord de la Veuve Salée, le jeune homme en profita aussi pour délester le marchand de quelques jeunes Lysiennes qui se trouvaient à bord pour rejoindre les bordels de Port-Lannis, elles feraient de parfaites femmes-sel pour son oncle. Les demoiselles furent donc installées dans un coin du boutre avant que celui-ci ne s'éloigne du navire marchand qui ne possédait rien de plus que quelques voyageurs détroussés, les cadavres des reitres et les voilures, tout le reste ayant changé de propriétaire. Les rameurs avaient tous retrouvé leur allant et la bonne humeur était au rendez-vous, toutefois la nuit n'allait pas tarder à tomber et le voyage du retour serait long. Ils n'avaient pas énormément de provision et malgré ce qu'ils avaient récupéré sur la Caraque, l'eau douce risquait peut-être de manquer, sans compter qu'ils étaient tous tapissés de sang. Le capitaine décida alors de faire une halte non loin de là, il connaissait un ruisseau aux environs de La Treille qui ferait parfaitement l'affaire, la Veuve Salée mit donc le cap sur cet endroit sans que quiconque ne proteste.

     Le trajet fut assez rapidement et le boutre se glissa sur le sable d'une petite crique avant que Sargon, Yoren et deux autres marins de sautent au bas du navire pour aller chercher ce ruisseau. Avant de s'éloigner, le capitaine ordonna clairement à ses rameurs que si les Lysiennes étaient abîmées ou absentes à son retour, il pendrait chaque personne présente à la proue de la Veuve Salée dès son retour ! L'avertissement lancé, le jeune homme et les trois autres Fer-nés remontèrent rapidement un petit chemin sinueux le temps de gagner la route principale où il était fréquent de croiser des voyageurs à cheval. Sargon ne tenait pas à rencontre qui que ce soit, ainsi couverts de sang ils avaient l'air réellement effrayants et le Harloi n'avait pas envie de se retrouver avec des problèmes sur le dos. Il en avait bien assez sur les îles. En moins de temps qu'il ne fait pour le dire, ils arrivèrent au petit ruisseau et les quelques outres furent remplies avant que les Fer-nés n'en profitent pour se nettoyer tant bien que mal. Débarbouillant ses bras et son visage, Sargon prit toutefois plus de temps à nettoyer Crépuscule qu'il refusait de voir souillée par du sang indigne d'elle. L'amour qu'il portait à cette épée était des fois incompréhensible pour quiconque ne l'avait jamais portée à son flanc. Une fois que cela fut fait, les hommes quittèrent le ruisseau pour reprendre le chemin de la crique, mais en remontant le petit chemin, l'attention du capitaine fut attirée par autre chose. A une certaine distance, il pouvait distinguer une silhouette qui n'était pas là à leur arrivée. Fronçant les sourcils, le Fer-né ordonna à ses hommes de l'attendre quelques instants, puis se dirigea vers le nouvel arrivant en faisant le moins de bruit possible.

     Marcher sur les pierres bordant l'eau de mer n'était pas quelque chose de difficile lorsque l'on avait grandi sur les îles de fer, ainsi il put distinguer plus précisément la silhouette qui se révéla être une femme d'une beauté certaine. En réalité, cela aurait été bien réducteur de la qualifier de la sorte, la masse de cheveux blonds si clairs qu'ils semblaient blanc, donnait un tout autre aspect à ce visage déjà captivant. Toutefois la distance ne lui permettait pas de voir parfaitement les traits de la belle qu'il devinait éblouissante sans grande difficulté. Le capitaine approcha encore de quelques pas avant d'interpeller l'inconnue rêveuse qui semblait perdue dans ses pensées, trop pour remarquer un homme qui aurait pu être un ennemi par ailleurs.

     ▬ J'ignorais que les sirènes avaient élu domicile dans le Bief, sinon j'y viendrais plus fréquemment. »

     Plutôt original comme entrée en matière, il fallait l'avouer, mais la délicatesse n'avait jamais été le fort du jeune homme. Celui-ci acheva sa progression en se hissant jusqu'à deux petits mètres de la femme, ce qui lui permit de distinguer clairement le visage de la jeune femme qui se révéla d'une beauté éblouissante. Il existait nombre de belles femmes, même sur les îles de fer et Sargon en avait déjà fréquenté plusieurs, mais jusqu'à ce jour, jamais il n'avait pu voir telle femme. Elle possédait un regard étrange, hétérochrome, peut-être était-ce cela qui lui donnait cette expression si captivante, couplé à ses cheveux clairs, c'était une parfaite combinaison. Mais il en fallait plus qu'une femme qui semblait tout droit sortie des eaux pour pouvoir déstabiliser le Harloi, il arborait son éternel sourire arrogance et vaniteux alors qu'il reprenait las parole après l'avoir détaillée sans aucune gêne.

     ▬ Et vous êtes seule ? C'est plutôt dangereux, même en temps de paix, on ne sait jamais qui peut passer par là. Il regardait tour à tour ses yeux si étranges. Une chance pour vous que je ne sois guère une personne peu recommandable. »

     La bonne blague ! Il n'était pas vraiment la gentillesse faite homme non plus, mais bon, elle pouvait l'ignorer, surtout qu'il était en grande partie débarrassé des traces de sang qu'il avait récolté lors de l'attaque. Le regard mordoré du capitaine quitta un bref instant le minois de l'inconnue pour descendre jusqu'à son cou, sa poitrine, puis le reste de son corps sans manifester la moindre gêne, il ne s'embarrassait pas vraiment de détails. Une belle femme était faite pour être regardée après tout. En revenait à ses yeux vairons, le Fer-né reprit la parole.

     ▬ Et vous attendez qu'un navire daigne vous prendre à son bord ou le soleil couchant vous aura-t-il semblé un spectacle trop beau pour le rater ? »

     Un peu comme elle en réalité. Et il était persuadé qu'elle en était parfaitement consciente.


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Shaïra Seastar
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Message Dim 29 Jan 2012 - 19:08

Bien qu’elle ne fût pas entraînée à discerner les sons naturels du bord de mer de ceux d’une présence en approche, Shaïra se tenait relativement sur ses gardes et faisait glisser la longe de son coursier entre ses doigts fins. Ce simple geste qui prenait tout l’air d’une habitude inconsciente était en fait une sécurité pour la jeune femme, qui pensait ainsi pouvoir rapidement regagner le dos de son destrier et s’enfuir si la situation l’y contraignait. Cela dit, elle ne pensait pas honnêtement en avoir besoin, tout était si calme et beau près du Chenal Redwyne, qui s’attaquerait à une femme sans défenses en ces lieux ? La naïveté de la lady n’avait à vrai dire d’égal que sa confiance en sa bonne étoile. Beaucoup croyaient que la jeune femme n’avait pas été gâtée à la naissance, en effet elle était née Bâtarde puis avait été reconnue par un roi particulièrement mal considéré, on pouvait rêver d’une meilleure bénédiction. Pourtant, les Sept l’avaient gratifié d’une beauté avantageuse, d’un esprit assez fin pour ne pas se faire abuser par le premier venu et d’un don de vervue pratique dès lors qu’elle ne se laissait pas submerger par lui. Ajoutez à cela quelques connaissances sur un domaine qualifié de « magie noire », et vous conjurez le mauvais sort qui semblait avoir voulu se pencher sur le berceau de Shaïra de Lys.

Il n’empêche qu’elle commençait sérieusement à s’interroger sur la démarche à suivre. Elle ne pouvait passer la nuit ici, et encore moins retrouver sans aides le chemin de Villevieille. Elle doutait déjà de sa capacité à se repérer en plein jour, alors imaginait quelle était sa confiance une fois dans l’obscurité la plus totale. Elle songea d’ailleurs dans un soupir, agacée par sa propre inconscience, qu’elle n’avait pas la moindre torche, et aucun moyen de faire du feu. Elle avait toujours laissé cette besogne fatigante et salissante à Théobald, mais voilà, son homme d’armes devait profiter en ce moment-même d’un repos bien mérité dans un bar quelconque, ou de l’étreinte chaleureuse d’une jeune femme. Qu’importe, elle avait choisi de partir seule et devait en assumer les conséquences, aussi désagréables soient-elles. Elle tira un châle de la sacoche que portait son cheval Arold sur son flanc et s’y emmitoufla dans un léger frisson, avant de porter son regard sur l’horizon. Elle devait continuer sa route, elle finirait bien par tomber sur quelqu’un – de sympathique, évidemment –, ou sur une auberge dans laquelle elle passerait la nuit.

Elle se redressait doucement, perdue dans ses pensées, quand elle entendit le bruit des pierres bordant la mer crissaient sous les pas d’un inconnu. Inconnu qui s’adressa directement à elle, dans des termes qu’elle ne savait trop comment qualifier, mais qui la firent esquisser un très léger mais perceptible sourire. Ce n’était certes pas l’approche la plus délicate qu’elle avait connu, mais elle avait le mérite d’être franche, quelque part flatteuse, et apparemment sans la moindre hostilité. Un bon point pour Shaïra qui cherchait une aide. En un coup d’œil, elle détailla rapidement à qui elle pouvait avoir à faire. Voilà qui est une capacité toute féminine de prétendre pouvoir jauger son interlocuteur et ses intentions d’un simple regard. La lady ne pensait pas et ne prétendait pas être infaillible, mais elle n’avait pas à rougir de ses capacités au cœur du jeu de la manipulation de la cour… A voir si elle pouvait se flatter de la même intelligence en dehors des domaines de la noblesse. L’inconnu portait une tenue de combat légèrement humide, laissant penser à la jeune femme qu’il venait de se rafraichir dans de l’eau clair, sûrement un courant d’eau ou un ruisseau. En revanche ses cheveux, qu’il portait assez long, étincelaient ça et là. Il ne fallut pas longtemps à Shaïra pour comprendre qu’il s’agissait de légers dépôts de sel, et qu’elle devait donc être confrontée à un marin qui avait mis pied à terre il y a peu… Une vraie chance. La bonne étoile, voyez-vous ? Elle finit toujours par revenir vers ceux qui croient en elle.

    « Il est pourtant si rare qu’un marin prenne le risque de s’arrêter en passant près des sirènes… Mais je vous en suis gré. »

Le jeune homme s’était approché, et elle eut alors tout le loisir de détailler ses traits et son allure, sans qu’elle ne se sépare de ce regard brillant d’une certaine malice aux interprétations multiples. S’il ne faisait pas partit de la catégorie des hommes imposants par leurs carrures, il restait musclé et élégamment svelte, mille fois plus agréable à regarder que les nombreuses brutes peuplant Westeros. Ses traits étaient fins, et soulignés par une barbe et une moustache travaillées. Il était alors facile de deviner qu’il prenait certainement soin de son apparence. Indiscutablement ce que Shaïra regardait le plus chez un homme était ses yeux. Ceux de son interlocuteur étaient relativement grands, légèrement en amande, expressifs et d’un vert-doré exquis. Si on le lui demandait, la lady le définirait comme bel homme. Mais l’arrogance qui se décelait facilement dans son attitude lui laissait croire qu’il était tout à fait au courant de ses charmes, et qu’il devait avoir certaines facilités avec les femmes. Mais qui était Shaïra Seastar pour le juger ? Elle-même usait et abusait de la beauté qui lui était offerte. En ce monde, ne pas faire jeu de ses atouts serait le comble de l’idiotie. Visiblement, aucun des deux n’était stupide.

Elle n’avait pas détaché son regard de cet homme ni cillé lorsque ses yeux s’étaient plongés dans les siens. Elle en fut d’ailleurs surprise, peu nombreux étaient ceux qui soutenaient ses yeux vairons, comme dérangés par le tableau étrange et mystérieux qu’ils offraient. Il souligna alors son imprudence, s’aventurer seule n’était certes pas la décision la plus sage qu’elle ait prise durant son voyage mais il était amusant que le premier venu se présente comme inoffensif pour elle. Elle n’avait pas du mal à y croire, sans pour autant s’abandonner corps et âme à lui, cela allait de soi. Surtout à cet instant : elle ne manqua rien de la descente du regard de l’inconnu sur son corps, frisant l’indécence. Il serait malhonnête de dire qu’elle n’en fit pas de même, mais sa façon de faire était plus discrète, et hypocrite, quelque part. Cet homme ne s’embarrassait pas des précautions d’usage, elle serait donc tout aussi franche dans ses paroles.

    « Quand on porte à son flanc un trésor des valyriens, on ne peut être qu’une personne de valeur. »

Voilà qui était murmuré avec un ton mêlant douceur et malice. Shaïra savait doser ses expressions et distiller quelques unes de ses caractéristiques dans son discours. Tout en se donnant un peu de contenance vis-à-vis de sa situation – elle n’était pas une damoiselle effrayée ni effarouchée – elle lui montrait, avec un certain respect, qu’elle n’était pas sotte. Être observée, admirée ou flattée était loin de déplaire à Shaïra, mais elle ne voulait pas se résumer seulement à une jolie chose. Si elle n’avait pas la force d’une guerrière, elle avait le savoir et les connaissances d’un mestre. Il n’est en effet pas toujours facile de reconnaître la nature et l’origine d’une arme, mais Shaïra avait grandi parmi les parchemins et les histoires de ses ancêtres. Elle savait reconnaître l’œuvre des valyriens quand elle en avait une sous le nez, une épée de ce genre est rare, précieuse et souvent ardemment désirée. N’ayant vu que sur son pommeau, elle ne saurait dire de quelle épée il s’agissait, mais à sa connaissance seuls les grands hommes pouvaient mettre la main dessus. Cette considération allait bien au-delà du rang social, ainsi son demi-frère Brynden Rivers dit Freuxsanglant possédait Noire Sœur, et ce malgré son statut de Bâtard. Il n’était donc pas un simple marin, et il aurait été de bon ton qu’elle en sache davantage… Mais il va de soi que qui veut en savoir plus sur l’autre doit accepter de se dévoiler en retour.

    « J’attendais quelqu’un comme vous, je le crois. Le spectacle du soleil disparaissant se savoure mieux à deux que seule. Un sourire illumina le visage blanc de la jeune femme. Quels que soient ses efforts, elle paraissait toujours espiègle. Je suis Shaïra Seastar, je viens de Port-Réal et mon voyage m’a amené à Villevieille où l’on m’a conseillé l’île de la Treille. Malheureusement, je ne sais comment m’y rendre. Peut-être qu’une personne recommandable comme vous pourrait me venir en aide ? »

Elle n’évoqua bien sûr aucune monnaie d’échange dans un premier temps. Les bons négociateurs savent que si la générosité de leur interlocuteur leur interdit de demander, il vaut mieux s’abstenir de proposer. S’il désirait quelque chose, il aurait tôt fait de le lui faire savoir et elle aviserait à ce moment-là de la démarche à suivre. En attendant, son minois se paraît de son air le plus charmant tandis que ses mains, négligemment glissées dans les pans de son châle, reposaient sur le haut de ses cuisses. En outre, Shaïra avait certes conservé une légère distance entre eux, mais l’avait réduite au point qu’il lui suffirait maintenant de tendre le bras pour l’effleurer. Elle avait également relâché la longe d’Arold et celui-ci s’était maintenant un peu éloigné de sa maîtresse. Les conventions l’empêchaient d’approcher davantage du marin sans compter que bien qu’étant séductrice, elle n’avait rien d’une catin poussive. Elle souhaitait pour le moment seulement se montrer agréable et avenante vis-à-vis de cet homme qui, alors qu’il aurait très bien pu tracer sa route jusqu’à son navire, avait pris la peine de s’arrêter à son niveau. Elle ne savait rien de ses intentions, c’était un fait, mais à l’instant elle avait choisi de croire qu’il pouvait simplement faire preuve de gentillesse. S’il avait voulu se montrer désagréable ou violent, il aurait agi avant. Sans doute…


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Sargon Harloi
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Message Lun 30 Jan 2012 - 14:46

     La réplique de la belle amusa beaucoup le capitaine, il était vrai que les marins évitaient les sirènes avec application, mais les Fer-nés n'étaient pas des marins comme les autres, Sargon encore moins. Quand danger il y avait, le jeune homme éprouvait l'irrépressible envie d'aller voir de plus près ce qu'il en retournait. Cette femme aurait bien pu être réellement un monstre marin que cela ne l'aurait pas découragé pour autant, après tout à quoi servait-il de vivre si l'on se contentait de survivre ? Le Harloi n'avait pas pour habitude de fuir devant les risques, c'était même ce qui rendait la vie digne d'être vécue, sans quoi il aurait aussi bien pu décider d'imiter son cousin, l'héritier des Harloi, qui passait ses journées dans la demeure de Dix-Tours à potasser des livres. Tout cela parce qu'il était trop froussard pour oser s'aventurer sur les mers à bord de l'un des boutres de la famille. Quel sot, il ne savait pas ce qu'il perdait, mais en tous les cas de son côté, Sargon était bien décidé à vivre pleinement et mourir jeune, fauché comme son père avant d'avoir eu le temps de perdre son temps à se morfondre sur son île. Si la mystérieuse inconnue avait donc été un danger, cela n'aurait été qu'une raison de plus pour l'approcher de lui adresser la parole. Le danger rendait tout plus intéressant et l'adrénaline augmentait le plaisir. Sans se départir de son éternel sourire qui semblait faire partie intégrante de sa personne, le capitaine de la Veuve Salée lâcha quelques mots comme une évidence.

     ▬ Je ne suis pas un marin comme les autres. A quoi bon éviter le danger si c'est le seul intérêt de cette vie ? »

     Un Fer-né naissait pour se battre et pour mourir au combat, il se contrefichait de savoir que quelque chose était dangereux, du moment que cela l'intéressait. Et cette femme l'intéressait. Quelque chose en elle semblait se dégager, se distinguer des autres femmes que le jeune homme avait été amené à rencontrer. Et ses yeux... Ils avaient quelque chose d'hypnotisant qui semblait étrangement familier au Harloi. Pourtant il n'avait jamais croisé personne doté de cette... Tare, puisque c'était bien de la sorte que l'on considérait les yeux vairons. Loin d'être effrayé ou dégoûté, le Fer-né trouvait que l'originalité que la nature avait jugé bon de lui placer était un signe destiné à lui montrer que cette femme était particulière. Dans son arrogance, il était bien et bien persuadé que ce n'était pas le simple hasard qui l'avait fait s'arrêter sur ce petit bout de terre. Peut-être bien qu'elle était réellement une sirène en fin de compte ?

     Elle le prit alors de court, parlant de Crépuscule comme si elle connaissait parfaitement le sujet. Ceux capables de reconnaître les épées Valyriennes d'un simple coup d'œil n'étaient pas légion, cela demandait un certain savoir ou encore d'en posséder une, or elles étaient si rares qu'il n'était pas très compliqué de deviner l'identité de leur porteur. Une femme pleine de surprise, c'était ainsi qu'il percevait cette créature semblant sortir d'une chanson vantant la beauté de la plus belle femme de Westeros. Il ne masqua pas son amusement, son arrogance et son assurance se teintant d'une marque d'hilarité alors qu'il promenait ses yeux dorés sur le visage de la belle, une femme pleine de culture et de charme. Un cocktail étonnant et certainement dangereux, il était bien placé pour savoir que les personnes qui possédaient les deux qualités mêlées étaient redoutables. Sa méfiance et sa prudence lui disaient de veiller à ne pas s'aventurer trop loin, mais sa vanité et son goût pour le danger le poussaient à tester plus en avant cette étrange apparition. Qui était-elle réellement ? Sans qu'il ne prenne la peine de manifester verbalement sa surprise, le jeune homme lui répondit alors.

     ▬ Et quand on est capable d'en reconnaître une d'un simple coup d'œil, je crois que l'on peut dire que l'on est une personne pleine de surprise et de savoir. »

     D'un geste machinal la main du capitaine s'égara jusqu'à la poignée de Crépuscule, aucun signe de danger pour la demoiselle, c'était simplement une habitude qu'il avait de toujours chercher le contact de son épée si précieuse. Il savait ce qu'était la qualité de l'acier Valyrien et après l'avoir portée de longues années, depuis la mort de son père en réalité, Sargon se réjouissait chaque jour d'en être l'heureux propriétaire. Cela aurait été tellement désolant que ce soit son cousin amateur de livre qui la porte à sa ceinture. Quelques secondes, l'idée que la belle inconnue puisse être liée à Valyria lui traversa l'esprit, la couleur de ses cheveux rappelait étrangement celle des membres de la famille Targaryen, mais elle ne portait pas de blason qui puisse renseigner le Harloi à ce sujet, sans compter qu'il y avait peu de chances pour que l'un des membres de la famille royale se promène tranquillement et sans escorte aussi loin de Port-Réal. Une femme pleine de surprises décidément.

     Elle reprit alors, expliquant qu'elle attendait quelqu'un comme lui, un marin ou un homme qui ne se gênait pas pour dire ce qu'il pensait ? Certainement qu'elle laissait le doute volontairement, son ton doux et presque naïf tranchait étrangement avec la beauté qu'elle arborait, c'était une beauté de femme consciente d'être désagréable et non le charme virginal d'une jeune lady. Un mélange intéressant qui éveillait le plaisir des yeux. Son identité arriva enfin, éclairant enfin le Fer-né sur les cheveux clairs et les yeux vairons qu'elle arborait avec toute la séduction qui allait de paire. Shaïra Seastar, rien que ça, la plus belle femme de Westeros, celle pour laquelle des hommes n'avaient pas hésité à se suicider ! Même sur les îles de fer les hommes parlaient d'elle et plus d'un aurait souhaité l'apercevoir, dire que cette chance lui avait été accordée. Son sourire s'élargit davantage alors qu'elle expliquait souhaiter se rendre sur l'île de La Treille et attendait donc un marin pour la secourir. C'était une situation inespérée, même si Sargon n'était pas du genre à rendre service pour les beaux yeux d'une femme, il était évident que pour elle, l'exception pourrait être faite. Mais sa nature manipulatrice ne se laissait pas atrophier par la beauté envoutante de la créature de rêve, il allait falloir négocier pour y parvenir. Sans gêne, il la contempla une fois de plus alors que sa monture s'éloignait doucement, une bête qui n'éveillait pas plus l'intérêt du Fer-né que s'il s'agissait d'un insecte. Quelques secondes de silence passèrent avant qu'il ne réponde d'un ton plus amusé qu'arrogant pour l'occasion.

     ▬ Shaïra Seastar, nulle autre ? Je crois que le Dieu Noyé a décidé de me punir, rencontrer la plus belle femme de Westeros alors que nous ne sommes pas en guerre, cela me contraint à me contenter de pouvoir vous admirer sans espérer davantage. »

     Il était vrai que ce n'était pas une véritable chance, en tant de guerre une telle femme aurait fait une captive de choix, bien que ce n'était certainement pas envisageable même dans ses rêves les plus fous. Une façon comme une autre de flatter la belle, après tout pouvoir poser ses yeux sur le visage et le corps – même habillé – de celle réputée dans tout Westeros pour sa beauté, était une chance inespérée pour un simple capitaine. Avec surprise, Sargon constata qu'il était ravi d'avoir ordonné à Yoren et les autres hommes de rentrer directement au boutre, son plaisir aurait été gâché par leur présence. Les yeux pétillants d'intérêt et d'arrogance, le capitaine ne quitta le visage attrayant de la jeune femme, que pour le diriger sur l'horizon qui rougeoyait déjà et ne tarderait pas à disparaître avec la venue de la nuit. Un spectacle peut-être beau pour une femme, mais qui le laissait de marbre. Il était bien plus sensible à ce que la belle dégageait. Reportant ses yeux mordorés sur elle, Sargon commença donc les « négociations » qui se promettaient intéressantes....

     ▬ Je suis Sargon Harloi, je viens des îles de fer et comme vous vous en doutez, je ne suis pas vraiment prompt à porter mon aide à la première femme en détresse que je crois.... Il sourit davantage. Aussi belle soit-elle. »

     Il était évident qu'il n'allait pas laisser la belle ici sans lui porter son aide, mais il était aussi évident qu'il n'allait pas le faire sans contre-partie. Une personne aussi arrogante et vénale que lui ne devenait pas riche en rendant des services sans rien demander en échange et il n'était pas homme à se faire payer simplement par un sourire ou un baiser du bout des lèvres. Même si venant d'une telle femme ce n'était pas comparable à tout ce qu'il avait pu connaître avant ce jour bien évidemment. Il ne quittait pas le doux visage de la jeune femme alors que son expression redevenait plus sérieuse comme s'il avait changé de comportement pour opter pour l'homme prêt à marchander un voyage jusqu'à La Treille. Quelque chose lui annonçait que la partie allait être compliquée, il ne faudrait pas faire le moindre faux-pas.

     ▬ Je peux vous aider, mon boutre est à quelques dizaines de mètres de là, dans une crique. Votre monture pourrait y prendre place sans aucune peine, mais vous comprendrez, ne serait-ce que par respect pour mes hommes, que je ne peux effectuer un détour jusqu'à La Treille simplement en échange d'un sourire de votre part. »

     S'il connaissait la réputation de la belle, il savait aussi que certains disaient qu'elle devait sa beauté et son charme à une magie obscure. Elle pourrait bien le convaincre de faire ce voyage pour elle d'un claquement de doigts si cela se trouvait, mais il était hors de question de le faire de son propre chef. Même si les rameurs n'ouvriraient certainement pas leur bouche, ils n'en penseraient pas moins en se disant que leur capitaine se ramollissait en acceptant de jouer les navires de transport. Qu'avait-elle à offrir ? Elle était intelligente, sa remarque sur Crépuscule en étant la preuve, elle comprendrait qu'elle avait tout à y gagner. Quelques instants de silence avant qu'il ne conclut.

     ▬ Une femme capable de reconnaître un trésor de Valyria comprendra que je ne l'ai pas obtenue sans peine. Je suis certain que vous comprendrez ma position. Il sourit à nouveau. Sinon vous pouvez toujours attendre qu'un autre navire prenne le risque de s'approcher de vous.... Un légère inspiration. Même si cela me crèverait le cœur de devoir vous abandonner seule ici. »


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Shaïra Seastar
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Message Mer 1 Fév 2012 - 21:28

Intéressant. Vraiment, très intéressant. Ce sont souvent les paroles qui sont jetées avec négligence qui sont les plus porteuses de sens, car elles révèlent une profondeur de l’âme autrement inaccessible. Si son interlocuteur avait employé le ton de l’évidence pour lui signifier sa différence et mettre le danger au cœur de l’intérêt même de l’existence, il venait en vérité de lui dévoiler beaucoup plus qu’une simple philosophie de vie. Par ses mots, Shaïra comprenait directement qu’elle ne s’en sortirait pas par quelques battements de cils et jeu de jambes – bien que ça n’en interdisait pas l’usage –. Il en avait vu d’autres, que ce soit dans les affres des combats ou dans la couche d’une femme. Il ne se laisserait pas amadouer comme le premier quidam venu. Si cet état de fait aurait effrayé plus d’une séductrice, la Targaryenne elle en était ravie. Si elle n’avait pas pour habitude de se jeter au cœur du danger – c’était une lady, tout de même – elle se régalait en revanche de la difficulté. Jouer à charmer et être charmée n’était distrayant qu’en compagnie d’hommes ayant un peu de résistance, sinon, c’était d’un ennui terrible, et répétitif à souhait. Même si elle se trouvait dans une situation plutôt périlleuse, la perspective d’être en compagnie d’un homme qui, sans ignorer ses attributs de sirène, disposait de répondant, était prometteuse.

Elle répondit donc à cette question rhétorique par un sourire entendu, elle n’avait rien à ajouter qui ne serait pas décevant, alors elle préférait garder le silence. A dire vrai, Shaïra appréciait le silence, le calme, et évitait comme la peste les demoiselles et lady bavardes. Ceux qui se répandent en paroles creuses et acquiescent religieusement à tout lui donnaient toujours l’impression de combler le vide de leur esprit, excepté pour ce qui est des quelques mestres qu’elle connaissait qui ne se refusaient jamais un long monologue sur un sujet quelconque. Mais le Fer-né – car il était de plus en plus clair pour Shaïra qu’il était originaire des Îles – ne faisait pas partit de ces gens aux discours vains, qui s’écoutent plus parler qu’ils n’échangent avec l’autre. Cette rencontre devait être bénie tant elle s’annonçait sous de bons augures, à moins que cela ne soit une ruse du destin pour que chacun abaisse sa garde ? Dévoiler sa connaissance sur le sujet des épées valyriennes pouvait se révéler risquer, il aurait alors pu la prendre pour une voleuse envoyée par un ennemi et l’abandonner là, ou pire, lui faire goûter au tranchant de sa lame. Il n’en fit rien, et se montra au contraire… Amusé ? Il lui renvoya la flatterie avec beaucoup d’élégance, ce qui ne manqua de faire son petit effet sur la jeune femme dont le sourire devint plus évident et joliment dessiné.

    « Dans ce cas, les deux personnes estimées que nous sommes devraient s’entendre à merveille. »

Derrière cette politesse se cachaient là-aussi beaucoup de choses, éclairées par la suite quand elle révéla son identité. Bien que Bâtarde, elle était de sang royal, et ne répugnait pourtant pas à se mettre au niveau du Fer-né en face d’elle. Elle le connaissait encore assez peu, mais elle estimait le guerrier qui portait un trésor de Valyria et l’homme qui échangeait quelques paroles avec elle, à la fois originales, courtoises, et charmantes. Cela suffisait à Shaïra, et c’était d’ailleurs l’une des raisons claires pour lesquelles les autres Targaryens l’ignoraient ou encore la méprisaient : elle avait la fâcheuse tendance à s’adapter à chaque situation, reléguant son rang en arrière-plan à la moindre de ses envies, au premier caprice. A son compliment, elle inclina très légèrement la tête en signe de respect, sans jamais rompre le contact visuel. Ce n’était pas par peur – elle n’avait même pas relevé son geste, quand il avait effleuré le pommeau de son épée – et encore moins par modestie, car ce n’était pas sa qualité première… En revanche, elle appréciait la pointe d’humour qu’il avait instillé dans son louange, tout en se gardant de ses charmes. Il la trouvait belle, ne s’en cachait pas – elle sentait son regard posé sur elle sans mal – mais posait des limites claires sur ce qu’elle pouvait retirer de ses charmes…

    « Enchantée, Sargon Harloi. Votre franchise vous honore, je prendrai donc garde à ne pas abuser… »

Abuser ? Il connaissait son nom, nul doute qu’il avait aussi eu vent de sa réputation d’enchanteresse. Que les rumeurs soient vraies ou fausses, Shaïra les entretenait avec une malice toute ambigüe. Vexée que l’on croit ses charmes factices, elle n’hésitait pourtant pas à se présenter comme une manipulatrice aux talents obscures pour en fin de compte s’enfermer dans un mystère et un mutisme opaques quand on l’interrogeait sur ses dons. Quoiqu’il en soit, elle venait en quelque sorte de promettre de négocier avec lui de façon loyale, sans user de subterfuges occultes. Il était charmant et directe avec elle, et méritait donc bien ce traitement de faveur. Cependant, c’est non sans peser le moindre de ses mots qu’elle lui avait laissé le « privilège » empoisonné d’ouvrir les discussions. Il est en effet toujours plus facile de tordre les propositions d’un interlocuteur que de se lancer dans l’arène, dans l’inconnu. Mais Sargon n’était pas qu’un Fer-né étrangement élégant et à la verve agréable, il avait aussi de l’esprit. Très attentive, elle avait écouté son discours, bu la moindre de ses paroles et s’était imprégnée de son attitude. Elle en sortit encore plus emballée. Non content de se dédouaner de sentiments personnels – il était « obligé » de négocier avec elle, par rapport à ses hommes, selon ses dires – il venait de retourner la situation à son avantage, juste sous son nez, l’obligeant à s’exposer la première. Malin. D’un geste à la fois minutieux et élégant, elle glissa l’une de ses longues mèches d’argent entre ses doigts fins, sans le quitter de son regard brillant, et sans se départir de son sourire intrigué et intéressé.

    « J’avais compris que vous étiez un homme habile, mais je vois que vous êtes également un négociateur expérimenté. »

Elle aurait pu balayer d’un revers de main tout cela, et insistait pour qu’il lui fasse une demande. Mais ce n’était pas le genre de Shaïra que de se plier à ce genre de comportement désespéré. Si elle gardait le calme d’une septa en apparence, elle bouillonnait de l’intérieur, avide de voir où tout cela allait la mener. Elle ne craignait pas pour sa vie, ni pour son bas-ventre, persuadée qu’il ne lui ferait pas de mal. L’avenir lui donnerait raison ou non. Alors non, elle n’allait le supplier, mais elle n’allait pas non plus exposer une proposition face à son jugement et sa critique. Elle avait une idée plus séduisante en tête…

    « Ce serait bien moins amusant de vous dévoiler maintenant ce que j’ai à vous offrir en échange de votre aide, et tellement plus banal. Sa voix se fit encore plus douce, aérienne, presque chantante, comme auraient pu être les mots susurrés par une sirène. Or vous recherchez le danger, tous les aventuriers qui ont combattu pour porter les armes valyriennes savent ce que c’est que de pourchasser un trésor sans connaître sa valeur par avance. Ils n’ont alors qu’une seule certitude : ce trésor, quel qu’il soit, doit leur appartenir, à personne d’autre. Elle s’était encore très légèrement approchée de lui pour souffler, avec un sourire en coin sur ses lèvres roses. Vous comprenez Sargon, n’est-ce pas ? »

Cette proposition bien présentée mais particulièrement vague supposait que le Fer-né devait lui faire confiance, car elle ne le laisserait pas voir l’objet du troc avant d’être arrivé à bon port. Car l’objet existait bien, elle n’était pas en train de l’engourdir avec des mensonges. Même si elle pouvait toujours essayer de se défiler une fois à la Treille… Tout dépendrait des évènements à suivre, comme de la traversée. Elle anticipa d’avance la méfiance dont il pourrait faire preuve, c’est en resserrant en douceur son châle sur ses épaules qu’elle expliqua, avec une mélancolie toute féminine.

    « Le fait que je puisse m’échapper avant d’avoir payé ma dette vous vient peut-être à l’esprit… Et si c’est le cas, laissez-moi vous dire Sargon que je comprends, même si j’en suis blessée. Cette remarque détonnait avec l’air espiègle qui ne quittait pas son visage, mais le paradoxe qu’elle offrait enchanté Shaïra. Mais je ne pourrais fuir bien loin. Aucune armée ne m’attend à la Treille et aucun mari ne s’inquiète de mon absence à l’heure qu’il est… Vous pouvez me faire confiance, comme je place la mienne en vous. »

Son pas était fluide et délicat lorsqu’elle réduisit finalement totalement la distance qui les séparait. Sa main gauche vînt se poser sur son poignet tandis que l’autre, avec une tendresse quasi-mystique, se nicha autour de son bras. Ce geste qui aurait été enjoliveur voire même vulgaire d’accoutume, était ici d’une charmante naïveté. Bien que Shaïra contrôlait parfaitement sa gestuelle, elle donnait toujours cette impression de naturel et de douceur innés, la rendant semblable à une amoureuse innocente.

    « Si vous n’étiez finalement pas satisfait une fois sur l’île, vous pourrez me garder… Ne ferais-pas une merveilleuse figure de proue pour votre boutre, capitaine Harloi ? »

Oh, jouer sur la carte de l’irrésistible était de bonne guerre, il ne pouvait vraiment lui en vouloir. Après tout, il avait été le premier à la menacer de l’abandonner au bord du Chenal, au milieu de nulle part. Elle pressentait qu’il ne ferait pas une telle chose, à moins d’y être réellement obligé, car si elle avait tout à gagner à coopérer avec lui, il y perdrait sans doute à ne pas donner suite à cette rencontre. Pourtant, elle ne manqua pas l’occasion de titiller la corde sensible et murmura :

    « Me laisseriez-vous vraiment seule ici, à la merci du premier venu ? »

Une question qui portait son « piège ». S’il disait oui, il contredisait ses premières paroles. Quel homme recherchant l’aventure se priverait de la compagnie dangereuse d’une sirène, pour qu’un autre en profite ? Et s’il répondait par la négative, la négociation pencherait favorablement du côté de la Targaryenne. A dire vrai, présentement elle ne cherchait pas à l’abuser et voulait avant tout qu’il accepte son offre, tout serait alors si distrayant… Même si l’idée de monter sur un boutre et d’être entourée par des dizaines de Fer-nés était troublante, elle n’en restait pas moins palpitante.


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Sargon Harloi
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Message Jeu 2 Fév 2012 - 15:08

     S'il y avait bien une chose que le jeune homme savait, c'était que bien souvent les gestes étaient aussi importants, voir même plus, que les mots. Visiblement c'était une chose que la belle Shaïra n'ignorait pas non plus vu la manière dont elle replaçait négligemment ses mèches argentées à l'aide d'un geste délicat et élégant. Elle possédait le charme certain de ces femmes qui étaient pleinement conscientes de leur beauté et savaient parfaitement s'en servir, des prédatrices de l'avis de Yoren, des défis à relever de celui de son capitaine. La femme face à lui méritait amplement son titre de plus belle femme de Westeros, elle n'était pas simplement dotée d'un visage délicieux et d'un corps prometteur, mais aussi d'un charme qu'elle savait parfaitement maîtriser. C'était un plaisir pour les yeux et pour les oreilles. La flatterie que Shaïra lui envoya en le taxant de négociateur expérimenté le fit sourire, il était certain qu'il ne se laissait pas abuser du premier coup. D'un autre côté, Sargon n'avait pas vraiment le choix, entre force brute si familière aux gens des îles et manipulation habile qui était plus ancrée dans les mœurs des gens du continent, il avait fait son choix. Rapidement le jeune homme avait appris qu'il était bien plus aisé d'obtenir ce qu'il voulait des gens en les utilisant plutôt qu'en les menaçant, même si cette manière de faire n'était pas celle que les autres Fer-nés appréciaient. Tant pis pour eux.

     Il resta donc silencieux face à ces paroles véridiques, inutile de confirmer quelque chose qui était aussi visiblement que le nez au milieu de la figure, bien que lui ne s'était pas gêné pour souligner le fait qu'elle soit très belle, comme si c'était un fait nouveau. Les compliments étaient toujours plus les bienvenus lorsqu'ils étaient offerts à une femme. Le Fer-né resta obstinément silencieux alors qu'elle reprenait la parole pour déclarer qu'elle trouvait cela moins divertissant de lui révéler maintenant ce qu'elle pouvait lui offrir en échange de son voyage jusqu'à La Treille, il se contenta de la regarder d'un air amusé teinté d'un fond de méfiance. Il était rare que le jeune homme offre de la sorte sa confiance, les personnes étaient tellement promptes à trahir lorsqu'elles devaient perdre quelque chose, mais pourtant elle semblait persuadée qu'il ne pourrait pas refuser. Une telle confiance était quelque peu... Troublante. Lui-même était quelqu'un plein d'assurance et voir qu'une autre personne puisse se comporter comme lui à ce niveau le laissait interrogateur, bien que désireux d'en savoir plus, ne serait-ce que pour le plaisir de voir ce qu'elle pouvait bien lui offrir. La proximité ne le gênait nullement, pas plus qu'elle ne le troublait, même s'il était vrai que pouvoir admirer une si belle femme d'aussi près n'était pas une chose donnée à tout le monde. Au moins aurait-il un petit échantillon si elle déclinait sa proposition à la dernière minute. Avec les femmes, il fallait s'attendre à tout.... Sans se départir de son sourire arrogant, le Harloi inspira légèrement en posant ses yeux sur le ravissant minois de la Targaryenne, puis répondit.

     ▬ Mais ceux qui possèdent ces armes Valyriennes savent aussi à quel point elles peuvent se montrer à double tranchant. Si belles et si mystérieuses, un simple mouvement malheureux et elles reprennent ce qu'elles vous ont donné. »

     Parlait-il d'elle ? Parlait-il de Crépuscule ? Allez savoir, il était peut-être en train de s'amuser avec elle. Le sourire qui planait sur ses lèvres bien dessinées et le pétillement qui habitait ses prunelles ne laissait aucun doute quand au fait qu'il avait volontairement occulté de préciser à qui s'adressait cette méfiance. Elle était intelligente, Shaïra avait deviné qu'il était du genre à ne pas pouvoir accorder sa confiance aussi facilement qu'un garde royal au Roi. L'on ne devenait pas riche et respecté en se basant sur la parole d'une ravissante inconnue. Le silence du capitaine était de nouveau de mise alors qu'elle avait soulevé un autre point intéressant, le fait qu'il puisse envisager qu'elle le laisse sans autre récompense que le souvenir de son parfum alors qu'elle s'était approchée de lui. Il n'en dit rien, mais l'amusement le gagna une fois de plus tandis qu'elle se disait blessée qu'il puisse penser une telle chose, sans même qu'il n'ait formulé de telles paroles. Tout cela montrait clairement qu'elle était loin d'être sotte – ce n'était pas comme s'il en doutait d'un côté – et qu'elle savait parfaitement comment les hommes agissaient. Hors, qui disait cela disait aussi qu'elle devait connaître tous les méandres de l'esprit du sexe « dort » et pouvoir les manipuler à sa guise. Si le manipulateur était manipulé, cela n'en serait que plus humiliant pour lui. Il inspira légèrement en la regardant dans les yeux, un air intéressé collé au visage, elle savait comment aiguiser son intérêt, c'était un fait.

     Encore plus proche de lui en jouant de ses charmes pour prendre une position qui lui donnait un air des plus innocent, à croire qu'il se trouvait face à une jeune pucelle tout juste sortie d'un septuaire, ce qui était bien loin d'être le cas évidemment. Une opposition qui plaisait beaucoup au capitaine de la Veuve Salée, cette expérience et cette maîtrise qui émanait d'elle tout en étant troublée par une sagesse qui n'était qu'apparente, de quoi enflammer l'esprit d'un homme aussi réceptif que Sargon, à ce genre de talents. Il faisait toutefois tout son possible pour rester aussi calme que possible alors qu'elle proposait qu'il puisse la garder s'il n'était pas satisfait de ce qu'elle avait à lui offrir. Il la regarda avec amusement, cela aurait été ô combien intéressant, il n'aurait rien trouvé à la hauteur, pas même une autre épée Valyrienne si cela lui avait permis de garder la belle à ses côtés. Mais il n'arnaquait pas les gens de la sorte, même si c'était difficile de le croire, le capitaine n'était pas du genre à prendre plus qu'il ne méritait lorsqu'il faisait un marché avec quelqu'un. Lors des pillages, c'était une autre affaire bien entendu. Le murmure de la belle arriva finalement à ses oreilles et il répondit d'un ton tout aussi calme que le sien, même si la vanité et l'assurance ne disparaissaient pas pour autant.

     ▬ Je suis persuadé que vous parviendriez à convaincre un loup de protéger un agneau tant vous semblez posséder d'éloquence. Je ne crains pas pour votre sécurité, mais plus pour celle du malheureux qui tomberait face à vous. »

     Une manière comme une autre de faire savoir qu'il la considérait comme une femme qui pouvait représenter un danger, mais n'avait-il pas dit lui-même qu'il ne s'intéressait qu'aux choses qui pouvaient rendre sa vie plus palpitante ? Shaïra n'y faisait pas exception, elle pourrait très probablement être un défi plus intéressant encore, à relever que tout ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Il était resté muet alors qu'elle dévoilait ses cartes pour lui permettre de comprendre ce qu'il avait à gagner en acceptant de l'aider, désormais c'était à son tour de décider de ce qu'il pourrait bien avoir à lui poser comme conditions. Parce qu'il était connu qu'un bon négociateur n'acceptait jamais une offre sans renchérir derrière. Il aurait été offensant qu'il ne le fasse pas avec quelqu'un d'aussi doué que la belle face à lui.

     ▬ Avec vous en figure de proue, je crains que ma Veuve Salée n'éveille plus le désir que la crainte. Quel capitaine serais-je si les marchands que j'attaquais se réjouiraient à ma vue ? Il rigola légèrement. De plus, je suis quelqu'un de très possessif, lorsque je possède une aussi belle chose, je ne tiens pas à la montrer aux autres. Je n'ai pas besoin de leur admiration. »

     Il était vrai que le capitaine pouvait posséder une chose unique sans avoir besoin de la montrer à tout le monde pour flatter son égo, il se moquait de l'avis des autres et sa jalousie était trop présente pour qu'il envisage de la faire passer après son besoin de reconnaissance qui était de toute manière quasi inexistant. La belle était prévenue, il acceptait sa petite proposition tout en lui montrant clairement les risques qu'elle courrait, même si bien évidemment il n'y avait pratiquement aucune chance pour que les choses se déroulent de la sorte. Elle était bien trop futée pour laisser un Fer-né avoir le dessus. Sans la quitter du regard, Sargon conclut.

     ▬ Nous restons donc là-dessus, à la seule exception que vous me donnerez cette fameuse récompense lorsque nous serons en vue de La Treille. Je puis vous assurer que je vous déposerai ensuite à terre avec toute la galanterie nécessaire. Son sourire s'élargit. Vous pouvez me faire confiance après tout. »

     C'était là un gros effort qu'il faisait pour elle et la belle pourrait s'estimer plus que privilégiée de ce traitement. Il s'écarta à regret de Shaïra avant de lui faire signe de le suivre, il fallait encore réfléchir à comment faire monter sa monture sur le boutre, mais ils y parviendraient sans trop de difficultés. Le capitaine de la Veuve Salée s'éloigna lentement en s'arrêtant après quelques mètres pour vérifier qu'elle lui emboîtait le pas, puis il guida la belle jusqu'à la petite crique qui se trouvait non loin de là, à quelques dizaines de mètres. Les marins levèrent la tête en voyant leur capitaine arriver, puis leurs visages se marquèrent de surprise et d'admiration en voyant apparaître la créature de rêve qui le talonnait. Yoren se porta à la hauteur du Harloi alors qu'il arrivait non loin de la Veuve Salée, puis celui-ci lui désigna le cheval de la jeune femme.

     ▬ Débrouille-toi pour le faire embarquer. Nous passons par La Treille avant de rentrer. »

     Taciturne comme à son habitude, le second hocha la tête et s'approcha de la jeune femme sur qui il posa un regard aussi neutre que s'il s'était trouvé face à n'importe quelle femme. Yoren semblait immunisé aux charmes des belles plantes. Il tendit la main vers les rênes de la monture alors que Sargon invitait Shaïra à le suivre. Arrivé à côté de la coque du boutre, le capitaine monta rapidement à bord en plaçant ses pieds à des endroits stratégiques dans un mouvement qui montrait qu'il en avait l'habitude, puis le Harloi se pencha au-dessus de la balustrade pour tendre sa main à son invitée. Lorsqu'elle l'eut saisie, il la tira avec fermeté de manière à la faire passer de son côté, puis la relâcha lorsqu'elle eut les pieds sur le pont du navire. Le cheval était amené non loin des vagues qui frôlaient la coque du boutre alors que les marins sur le pont cherchaient des sangles pour essayer de hisser l'animal sans dommages. Ils étaient visiblement galvanisés par la présence de la belle. Sargon ne se priva pas d'en faire état.

     ▬ Il semblerait que votre charme ne reste pas sans effet. J'espère pour vous que vous n'avez pas le mal de mer, avec un tel surnom, j'en serais quelque peu déçu. »

     Il était certain qu'une Seastar qui n'apprécierait pas l'eau serait un comble....


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Shaïra Seastar
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Message Ven 3 Fév 2012 - 18:12

Alors qu’elle l’observait avec une attention toute particulière, et que son visage ne se départageait pas de son sourire angélique, Shaïra gardait bien à l’esprit que jamais rien n’est acquis. Elle n’était pas assez sotte pour ne serait-ce qu’oser croire que le Capitaine en face d’elle était désormais dans sa poche. Quand bien même il déciderait de lui accorder sa confiance, la préserver serait un effort de chaque minute. Quoiqu’elle en dise, et malgré l’apparente assurance qu’elle affichait avec une désinvolture charmante, la lady ne perdait pas de vue une chose importante : elle était dans une position inférieure. Bien que Targaryenne, fille de roi face à un Fer-né de la maison Harloi, l’évidence était là, c’était elle qui avait besoin de lui et se mettait en position de dominée, non l’inverse. Il était entendu qu’elle avait fait tout son possible pour ne pas laisser paraître cette situation, et son déploiement de charme visait à l’origine, entre autre, à se hisser au niveau de Sargon. Cela dit, au fil de leur petite discussion, son but s’était quelque peu modifié. Si elle avait simplement voulu qu’il la fasse passer de l’autre côté du Chenal, elle lui aurait proposé de l’or et voilà tout. Au lieu de ça, elle préférait jouer la carte du mystère, teintée d’une légère mais perceptible séduction. Cela pouvait se révéler risqué, comme jeu… Mais comme il l’avait si bien dit, c’était là que résidait la véritable essence de la vie. Qui plus est, le Fer-né semblait lui-aussi prendre goût aux évènements… Shaïra ne bouderait donc pas son plaisir.

Tandis qu’elle déployait avec élégance son enchantement – qui n’avait toutefois rien de magique, comme promis – Sargon restait muet, mais son air, son sourire et son regard bavardaient en son nom. Elle voyait de l’amusement en lui, mais aussi de l’intérêt, voilà qui ravissait la lady. Le capitaine ne se montrait ni dégoulinant de compliments ni fermé comme une huitre à toute expressivité, c’était le mélange parfait aux yeux de Shaïra. Si elle pouvait aisément se vexer face aux insensibles, elle supportait encore moins les démonstrations gênantes. Pis que tout étant en fin de compte la vulgarité, il n’y avait rien pour elle de plus repoussant en matière de relations avec autrui, qu’elles soient intimes ou non. Par chance, Sargon n’était pas de ce bord-là. Elle connaissait assez peu le mode de vie sur les Îles de Fer, leur histoire étant majoritairement orale elle disposait de très peu de parchemins, et donc d’information, à leur sujet. Mais de ce qu’elle avait entendu et lu… Disons que les rumeurs leur étaient assez peu favorables, les décrivant comme d’affreux barbares à éviter à tout prix. Il pouvait bien sûr s’agir de fagots de balivernes… Ou bien Sargon Harloi était une exception. Si elle montait à bord de son boutre, elle en aurait peut-être bientôt le cœur net…

Elle le considéra avec malice quand il avoua ne pas craindre pour sa sécurité, et l’espièglerie brillait dans son regard quand il posa son unique condition. Une seule exception, mais de taille. Elle ne pourrait mettre pied à terre avant d’avoir procédé à l’échange. Les portes de sortie apparaissaient désormais comme nulles, elle risquait de se retrouver piégée sur la Veuve Salée si les choses tournaient en sa défaveur. Cependant, le doute ne fit que traverser le visage confiant de Shaïra, qui tout en inclinant légèrement la tête en signe d’accord, murmura :

    « Sargon… Vous avez donc toute ma confiance. »

C’était court, simple et efficace, mais elle n’avait pas besoin de s’épandre davantage. Son sourire amusé le faisait déjà suffisamment pour elle. A l’heure qu’il est, Lune se lamenterait sans doute de l’inconscience de sa maîtresse, mais Shaïra avait fait son choix, elle ne reculerait plus. Elle relâcha donc le bras du capitaine et le suivit, dans de longues enjambées gracieuses, tandis que ses mains retrouvèrent le chemin de son châle. Repérant Arold à quelques mètres d’eux, elle siffla, mais le son qui sortit d’entre ses lèvres n’avait rien d’une désagréable stridulation et ressemblait à l’air d’une douce mélodie. Le coursier trotta alors jusqu’à sa cavalière, qui vint se saisir de sa longe avant de rejoindre le groupe de Fer-nés attroupés dans une petite crique. Loin de jouer la noble intouchable ou la belle sauvage inaccessible, Shaïra leur adressa un fin sourire. Elle ne tenait pas à être perçue négativement par des marins qui allaient la conduire à la Treille, et il n’était de toute manière pas dans ses habitudes de répondre avec dédain à des regards admiratifs, quels qu’en soient les propriétaires. Après quelques mots glissés par Sargon, un homme immensément massif et d’une neutralité stupéfiante s’approcha d’elle. C’est en le fixant, mais sans discuter, que la lady glissa les rênes de sa monture dans une main qui devait bien faire le double de la sienne. Elle se replaça ensuite rapidement aux côtés de « son hôte » et ne se priva pas d’un commentaire glissé au creux de son oreille.

    « Vous savez vous entourer, capitaine. »

Etant donné qu’il n’avait parlé qu’à ce marin-là, elle devinait qu’il devait avoir une certaine importance dans la hiérarchie de la Veuve Salée. Un homme à la fois silencieux, obéissant, et visiblement puissant, constituait un allié de taille. Son cher Théobald l’écoutait et ne manquait pas de force, mais il avait en revanche la langue bien pendue. Elle n’avait toutefois pas à se plaindre, il avait égayé leurs longues traversées. Sur les talons de Sargon, Shaïra ne laissait qu’une courte distance la séparer du jeune homme, elle ne tenait pas à devoir grimper à bord du boutre sans aide. Elle avait beau ne pas être une experte en bateau, il lui sembla que celui-ci était assez imposant, et il avait une belle allure. Ce qui n’était pas surprenant connaissant son propriétaire. L’observation reprendrait son cours une fois en haut, et elle fut assez surprise d’y parvenir si vite. Sargon se montra galant et la hissa sans peine, puis il fut remercié par la lady qui très vite se préoccupa davantage de ce qui l’entourait. Elle avait l’âme sensible et était depuis toujours particulièrement observatrice, découvrir ce décor atypique était donc un régal pour elle. Quand le boutre tangua légèrement sur les flots et sous le poids de sa monture que les marins soulevaient, Shaïra posa avec délicatesse sa main sur la balustrade. Pour son bon plaisir, elle avait déjà plusieurs fois monté sur un navire et parcouru des miles, il ne lui faudrait donc pas longtemps avant de trouver son équilibre et de pouvoir se déplacer sur le pont avec aisance. En attendant, il était hors de question pour elle de se montrer vacillante, elle avait une fierté exacerbée pour une femme. Ce n’est qu’à la remarque de Sargon que son regard se posa sur ceux qui s’affairaient à hisser Arold, et c’est non sans malice qu’elle leur adressa un signe de main et un sourire enjôleur. C’était bien mérité, vu la peine qu’ils se donnaient.

    « Au contraire, je me sens déjà à l’aise ici. Pour appuyer ses dires, elle retira sa main de la balustrade et s’avança avec élégance vers Sargon. Je ne vous ai pas encore remercié... Certes, il avait passé un accord, mais il remplissait sa part du contrat de manière tout à fait agréable et cela méritait d’être souligné. Mais vous méritez toute ma gratitude. »

Bien qu’elle n’ajouta pas le mot respect, ni même celui d’attention, elle n’en pensait pas moins. Ceci étant dit, elle n’attendit pas la permission du Capitaine pour faire quelques pas sur le boutre. Elle ne craignait pas ses occupants et surtout, elle débordait de curiosité. La lady longea la file de rameurs et rejoignit le mât, apercevant alors les cargaisons des Fer-nés. Très rapidement, elle reconnu des biens qui venaient indubitablement de la cité libre de Lys, patrie de sa défunte mère. Aucune émotion ne sembla la troubler, pas même quand elle releva la tête, et vit quelques femmes apeurées et attroupées dans un coin du boutre. Elles aussi, étaient Lysiennes. Sans doute étaient-elles des futures servantes, ou bien des femmes-sel. Sa nourrice, une femme particulièrement craintive, lui avait souvent raconté le destin de ces filles enlevées durant les pillages et offertes aux grands guerriers Fer-nés. Ce n’était donc pas une légende, et à vrai dire, Shaïra ne savait trop quoi en penser. Evidemment, elle était pour la liberté, et ne pouvait que se sentir révoltée au fond de son cœur par ce genre de traitement. Mais qui était-elle, fille de Targaryen, pour juger de la cruauté des Hommes et de leurs traditions ? Après un dernière regard sur les captives, elle glissa son châle autour de sa taille fine et balaya doucement ses cheveux, cascade d’argent qui ondulait jusqu’à ses reins. Elle continua sa petite expédition jusqu’à parvenir en tête du boutre, toute proche de la figure de proue qu’elle avait proposé, amusée, de remplacer plus tôt. Sa monture fut finalement montée et attachée et ils purent quitter les côtes… Le vent y était plus puissant et fouettait le visage lisse de la lady, qui ferma doucement les yeux. L’air marin avait le don d’emplir son cœur d’ardeur, si bien qu’il lui sembla qu’il battait sur un rythme épique. Elle pensait alors que la traversée serait courte, et contre toute attente elle le regrettait déjà. Cette aventure la changeait de son quotidien et des rencontres convenues, où on l’accueillait en vertu de son rang. Sur ce boutre, bien que son apparence et le fait qu’elle soit montée accompagnée du capitaine la mettaient à part, elle n’était pas une « Grande Bâtarde » fille de l’Indigne et d’une Lysienne dont on discutait les mœurs. Elle était simplement Shaïra, et cela la soulageait d’un poids immense. Son sourire et l’éclat de son regard vairon en étaient les principales témoins : jamais elle n’avait autant irradié, elle était lumineuse et inexplicablement heureuse. Elle aurait alors souhaitée de jamais apercevoir l’île de la Treille au loin, car cela induisait la fin de ce moment apaisé et magique. D’un pas lent, elle se mit à la recherche du Capitaine et une fois qu’elle l’eut rejoint, elle attendit qu’il ne soit pas occupé à donner des ordres ou toute autre chose pour pouvoir lui parler.

    « La Veuve Salée est un boutre impressionnant et étonnant, à votre image. Rien n’était jamais mieux qu’une gentillesse pour démarrer un échange, quel qu’il soit. Je m’ennuie déjà terriblement à l’idée de vous quitter, Sargon. »

Elle n’évoquait ici que son regretté et imminent départ car l’heure de lui donner son dû viendrait bien assez vite.


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Sargon Harloi
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Message Sam 4 Fév 2012 - 13:43

     Les marins relevèrent les yeux lorsque la belle leur adressa un signe de la main et plusieurs affichèrent un sourire intéressé, avant de baisser aussitôt le regard vers le sable lorsqu'ils aperçurent le regard noir que leur lançait le capitaine. Il n'aimait pas que ses marins se conduisent comme des rustres lorsqu'ils avaient « de la visite » et cela avait déjà été le cas à quelques reprises. Bien que le sang des Fer-nés coulait dans les veines du Harloi, il n'en était pas le barbare des contes que l'on décrivait en parlant de son peuple, bien au contraire, manipulateur dans l'âme il savait se montrer respectueux et presque délicat. Tout en gardant son côté arrogant bien évidemment, il n'allait pas complètement trahir ses origines tout de même. La voix délicate de la jeune femme se fit à nouveau entendre alors qu'elle déclarait être à l'aise sur le pont de la Veuve Salée, chose qui fit clairement sourire le Fer-né. Il aimait son boutre, y était même fortement attaché et prenait toujours comme un compliment les commentaires positifs qui pouvaient émaner de jolies demoiselles. Les remerciements n'étaient pas des phrases qui arrivaient fréquemment lorsque l'on s'adressait à lui, habituellement c'était des choses moins élégantes qui lui étaient adressées. Pour peu Sargon en aurait oublié que cela pouvait aussi être très agréable. Mais il ne se laissa pas griser par tant d'éloges pour autant, il fallait toujours rester attentif aux moindres tentatives de son interlocuteur. Son sourire ne s'envolait pas alors qu'il détournait ses yeux du beau visage de la jeune femme.

     ▬ C'est vous qu'il faut remercier d'avoir trouvé les bons mots pour me convaincre. »

     Il ne plaisantait même pas, cela n'était pas rare qu'il puisse refuser son aide à quelqu'un pour la bonne et simple raison qu'il n'en avait rien à tirer. Même lorsque ce n'était qu'un sourire où un baiser, Sargon n'était pas homme à se satisfaire de si peu, il n'était pas dans ses habitudes de payer pour quelque chose qu'il pouvait avoir gratuitement. Son côté vénale le poussait à toujours chercher à tirer le maximum d'une situation précise, même si dans le cas présent il avait fait une entorse à ses habitudes : en temps normal il aurait exigé un paiement avant que la belle ne s'embarque. Mais ce n'était pas tous les jours que l'on avait la possibilité de prendre la belle Shaïra Seastar à son bord après tout. Cela valait bien un petit effort de sa part, même si bien évidemment il espérait que la récompense serait à la hauteur de sa propriétaire.

     Shaïra s'éloigna alors sous le regard intéressé du capitaine qui la suivait des yeux alors qu'elle observait les prises de la journée. Ce fut un moment d'attente pour le Fer-né qui attendait de voir la manière dont son invitée allait réagir devant les jeunes femmes regroupées dans un coin du boutre, est-ce qu'elle se montrerait outrée, blessée, déçue ou quoi que ce soit d'autre ? Non, elle sembla simplement les observer un petit moment avant de laisser glisser son châle d'un geste qui ne faisait que renforcer l'impression de délicatesse qu'elle dégageait. Alors que la belle s'éloignait lentement, l'une des captives esquissa un geste dans sa direction comme pour la supplier de les aider, mais elle dû sentir le regard du capitaine sur elle, car ses yeux se tournèrent dans sa direction et elle se figea lorsque leurs regards se croisèrent. Il lui fit signe de reprendre sa place d'un simple mouvement du visage, puis la demoiselle s'exécuta et recula pour se pelotonner contre ses compagnes d'infortune. Elles feraient de parfaites femmes-sel pour son oncle, il les aimait dociles comme ces Lysiennes. L'attention de Sargon fut alors détournée par les mouvements de ses marins qui s'agitaient à côté de lui en hissant l'animal de Shaïra sur le pont, prenant garde à ne pas le blesser, puis il fut mené dans un coin du boutre pour y être attaché par les rênes alors que Yoren posait quelque chose sur les yeux de la bête pour éviter qu'il ne prenne peur. Un peu comme les femmes-sel, les chevaux ne craignaient plus autant le danger lorsqu'ils ne le voyaient pas.

     Les marins à terre entreprirent donc de pousser le boutre à l'eau et remontèrent dessus en grimpant avec dextérité, puis ils prirent place dans les rangs des rameurs alors que Sargon ordonnait de mettre le cap sur La Treille et que l'homme en charge des rameurs battait le rythme. Shaïra arriva à nouveau à ses côtés pour lui adresser la parole en compliment une fois de plus la Veuve Salée avant de glisser le fait que l'idée de le quitter l'attristait déjà. Il sourit une fois de plus, le compliment était toujours aussi agréable et le plaisir de le voir venir d'une aussi belle femme décuplait encore l'arrogance du capitaine, mais il ne se laissait pas aveugler pour autant, habitué à user de stratagèmes de la sorte lorsqu'il souhaitait obtenir quelque chose. Ses yeux se posèrent sur le visage de la jeune femme avant qu'il ne réponde d'un ton toujours aussi intéressé.

     ▬ Il serait aisé de rendre ce voyage encore plus long si vous le souhaitez, je suis persuadé que vous n'avez jamais visité les îles de fer. Il souriait toujours d'un air amusé. De plus vous l'avez dit vous-même, ni époux ni armée ne vous attendent là-bas, un détour ne serait donc guère embarrassant. »

     Il était évidemment que même si la proposition du capitaine reflétait quelque chose qu'il aurait beaucoup aimé faire, cela n'était malheureusement pas vraiment faisable. De plus les îles de fer était spartiates et austères, pas de quoi attirer l'attention d'une aussi belle sirène que la femme qui lui faisait face. Même si l'île de Harloi se démarquait des autres par les quelques arbres et buissons qu'elle possédait, Shaïra serait rapidement lassée par ce paysage rocailleux, même si le Harloi aurait été tout à fait disponible pour la divertir bien évidemment. Il ne souhaitait pas non plus la voir partir, elle dégageait quelque chose qui l'intéressait, un peu comme un papillon attiré par la flamme d'une torche tout en sachant pertinemment qu'il risquait de s'y brûler les ailes, c'était tellement inhabituel de tomber sur de telles femmes.... Mais justement, n'était-ce pas là l'occasion idéale pour mettre en pratique ce qu'il disait toujours : laisser quelqu'un partir avec des regrets permettait de s'assurer que l'on se reverrait un jour ? Quelques secondes de silence étaient passées avant qu'il ne reprenne la parole pour faire état de cette politique.

     ▬ Mais au moins serait-ce là une raison de nous revoir dans quelques temps ? Après tout se quitter sans en avoir l'envie est le meilleur moyen pour faire naître le désir de se revoir, ne pensez-vous pas ? Une expression d'assurance était plaquée sur son visage alors qu'il poursuivait. J'imagine que vous êtes bien placée pour le savoir, les Hommes désirent toujours ce qu'ils ne peuvent avoir. »

     Il le savait bien, lui-même avait toujours été bien plus intéressé par les femmes qui se refusaient à lui et dès qu'elles faisaient mine de lui céder et qu'il pouvait obtenir ce qu'il souhaitait, son désir s'envolait aussitôt. Le capitaine détourna brièvement son attention le temps de poser ses yeux mordorés sur l'eau qui défilaient devant eux, caressant la coque en bois de la Veuve Salée, puis il releva son regard pour le poser sur le visage de la jeune femme tout en esquissant un pas dans sa direction, puis un autre de manière à se retrouver très près d'elle. Une proximité qui ne le faisait pourtant pas s'autoriser les gestes qu'il faisait sans gêne habituellement, un frôlement, une caresse, n'importe quoi qui lui permettait de prendre le dessus sur la femme face à lui. Seulement là, il devait constater que Shaïra ne jouait pas dans la même cour que celle des femmes des îles, il fallait donc opter pour une autre technique qui ne le fasse pas se rabaisser. Un vent léger, mais présent flottait autour d'eux et le châle de la belle manqua de s'envoler avant d'être rattrapé par Sargon qui le tint en main quelques secondes avant de le remettre en place, frôlant légèrement la peau de la demoiselle au passage.

     ▬ Attention à ne pas tomber malade, je m'en voudrais que notre première rencontre se solde par un séjour au lit pour vous si je suis guère là pour vous tenir compagnie, ce n'est pas le genre de fièvre que je souhaiterais provoquer chez vous. »

     De simples sous-entendus, ils n'étaient pas grossiers et pas explicites pour autant, elle pouvait croire qu'il était en train de lui faire des avances ou tout simplement qu'il s'inquiétait sincèrement de sa santé. Elle ne pourrait guère lui reprocher son manque de galanterie en tous les cas. Après un nouveau sourire offert à la jeune femme, Sargon recula finalement pour se décoller du bastingage et invita Shaïra à le suivre pour passer entre les rangs de rameurs et se diriger vers l'avant du boutre. Yoren était occupé à vérifier la direction du vent de manière à ce qu'ils puissent en profiter pleinement et se contenta de décrocher un regard à son capitaine et son invitée avant de se replonger dans ses vérifications. L'avant du boutre était moins sujet aux remous et le vent était brisé par la proue de femme, ils seraient donc plus tranquilles pour discuter un peu. Regardant Shaïra, il lâcha quelques mots sans se soucier du fait que son second pouvait les entendre.

     ▬ Si peu de temps et tant de choses à dire. Il semblerait pourtant que vous voyez davantage une femme d'action qu'une femme qui bavarde pour ne rien dire. Son sourire débarqua à nouveau. Vous avez l'air de savoir parfaitement quoi dire au bon moment, j'ignorais qu'il existait des personnes douées d'une telle éloquence. Votre réputation est bien loin de refléter la vérité. »

     Il était vrai qu'elle était bien plus qu'une simple femme dotée d'une grande beauté et qu'elle avait beaucoup d'autres qualités. Le Harloi s'appuya contre le bastingage, dos à la mer sans quitter le beau visage de la jeune femme des yeux. Elle offrait un spectacle étonnant comme s'ils avaient réellement réussi à prendre une sirène dans leurs filets. L'envie de la connaître davantage se faisait plus forte et il lâcha quelques mots d'un ton visiblement badin alors que les mots étaient longuement pesés avant de traverser la barrière de ses lèvres.

     ▬ Vous ne prêtez pas foi aux rumeurs n'est-ce pas ? A moins que l'idée de monter à bord d'un navire plein de barbares ne soit votre dada ? Il faisait référence à la réputation des Fer-nés auprès des habitants du continent. J'espère que vous ne me quitterez pas déçue de ce voyage et non de ne plus être en ma présence. »


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Message Lun 6 Fév 2012 - 0:18

Ce serait un mensonge bien maladroit de prétendre que la lady n’avait pas vu ce geste esquissé et désespéré de la jeune Lysienne. Elle n’avait presque rien raté de la scène et si son regard ne s’était pas porté sur Sargon, il n’était pas difficile d’imaginer quelle avait pu être la réaction du Fer-né. Mais Shaïra se garda bien de montrer le moindre signe de compassion ni même d’attention envers les captives. Car tel n’était pas son rôle. De plus, elle n’avait pas manqué de rapidement analyser la situation : le boutre regorgeait de biens Lysiens, la Veuve Salée avait donc croisé des marchands provenant de la cité de Lys. Et que pouvaient bien faire de si jolies jeunes filles au sein d’un tel navire… ? Il ne faisait aucun doute pour Shaïra qu’elles étaient destinées à engorger les maisons closes de Port-Lannis ou de Port-Réal. Qu’elles aient choisi ou non cette activité, la trajectoire en tant que femmes-sel n’était pas moins heureuse que celle de prostituée. Et de ce destin, Shaïra ne pouvait prétendre les sauver. Elle se garderait donc de leur donner le moindre faux-espoir et de contrarier Sargon du même coup. En revanche elle rejoignit Arold dont le regard venait d’être recouvert par le second, et elle prit quelques minutes pour le rassurer. Une main posée sur son encolure et l’autre sur son museau, elle caressa sa robe d’ébène et murmura tendrement à son oreille des encouragements. Bien vite l’animal parût plus apaisé, et ne s’inquiéta pas outre mesure quand le boutre fut poussé à l’eau par les marins. Rassurée sur le sort de sa monture, Shaïra le quitta et entreprit de rejoindre le capitaine pour discuter, ou plutôt, toujours, pour « jouer »…

Sargon se révélait réceptif mais résistant aux charmes et attentions de la lady. Loin de la dénigrer, il savait parfaitement doser légère séduction et distance galante. Sa proposition en était l’exemple parfait, et fit réfléchir la jeune femme. L’idée de visiter les Îles de Fer, décrites comme désertes, rocailleuses et dures, n’était de prime abord pas enchanteresse, mais elle était curieuse de voir comment pourrait les lui faire découvrir Sargon. Tout comme elle était certaine de pouvoir présenter les rues nauséabondes de Culpucier avec charme, il ne lui semblait pas impossible que le Fer-né rende attractif les lieux qui l’avaient vu naître. Alors qu’elle s’apprêtait à lui faire part de son impression, Sargon enchaîna avec une pensée encore plus séduisante… C’est un sourire enchanté qui naquit sur les lèvres roses de Shaïra. Pour le coup, le jeune homme venait de la surprendre. Il sortait de manière habile et agréable des carcans d’une proposition plus polie qu’autre chose. En effet, s’il était courtois d’inviter une noble dame à visiter ses terres, il était plus audacieux d’émettre l’idée de faire naître le désir par l’attente et la séparation.

    « Vous êtes intriguant Sargon… Profitant de la proximité physique qu’il avait installée, elle plongea son regard espiègle dans le sien. Dois-je comprendre que vous viendriez me chercher jusqu’à Port-Réal, dans le simple espoir que nous voguions jusqu’à l’île de Harloi ? Elle laissa quelques secondes de flottement passer, juste assez pour que peut-être Sargon s’interroge sur les intentions de son invitée. J’en serai sincèrement comblée. »

Pas honorée, ni même intéressée, mais comblée. Elle avait intensifié le mot, choisi parmi des dizaines d’autres. Encore une fois, elle ne faisait pas prévaloir son rang ni même son statut de Targaryenne. Pour la simple et bonne raison que cela ne l’amusait pas. Il était bien plus intéressant et palpitant d’être une femme qui se présentait comme accessible que comme une noble aux lèvres pincées. Toutefois, et elle rejoignait le capitaine sur ce point, il n’était pas question de s’abandonner entre les bras de quiconque. Shaïra était même l’illustration parfaite de ce comportement de séductrice qu’on ne possède jamais réellement. Elle ignorait s’il avait fait référence à son statut d’éternelle célibataire, à déjà trente ans. On pouvait se désespérer de jamais voir la lady engager ses vœux, mais bien heureusement à ses yeux, elle n’avait plus un père pour la forcer à épouser un homme, ni une mère qui se désespérait de la voir sans enfant. Shaïra pouvait se réjouir de sa liberté en toute impunité.

    « Je ne peux que comprendre ce désir d’être séduit, mais jamais conquis. C’était même l’une de ses principales philosophies de vie… Rien que ça. Ainsi aucune épouse n’attend ardemment votre retour sur les Îles ? »

Elle s’était livrée à lui, mais Shaïra s’intéressait également de près au cas de Sargon. Il était différent de ceux qu’elle côtoyait à la Cour, mais aussi des hommes qui avaient croisé sa route durant son voyage. Il paraissait aussi se distinguer de son équipage. Et ce qui est inidentifiable est captivant… Si captivant qu’elle ne prit pas gare à ce léger coup de vent qui souleva son châle, prêt à l’emporter au loin sans même un au-revoir. Mais Sargon, plus habitué et vif qu’elle, le lui replaça avec une délicatesse toute sensuelle, qui aurait sans doute fait rougir toute femme. Mais il fallait davantage pour faire frémir Shaïra, dont l’imagination était bien trop débordante pour qu’elle ne soit troublée par le moindre frôlement et un sous-entendu, aussi intéressant soit-il. Cela dit, ça ne l’empêcha de réagir, charmeuse et suave. Un rire cristallin s’échappa d’entre ses lèvres tandis qu’elle susurrait sa réponse.

    « Merci Sargon. Mais si vous vous en inquiétez tant, vous pouvez toujours me prendre dans vos bras. »

Elle n’accompagna cette innocente déclaration d’aucun geste déplacé, d’aucune avance connotée, car toute femme devrait savoir qu’il ne faut jamais multiplier les charmes, sinon ils s’annulent entre eux. Mieux vaut distiller et mesurer les effets de chaque petite avancée. De plus, il était plus passionnant de virevolter et de semer le doute dans leur petit jeu que de se montrer sans ambigüité. C’est d’un pas toujours gracieux qu’elle suivit Sargon jusqu’à la tête du boutre, près de la figure de proue et de son second, toujours aussi taciturne et sérieux. Elle pensa avec amusement qu’il était un homme qui appliquait peut-être trop bien le principe du « se faire désirer », Sargon de son côté l’utilisait avec plus d’aisance. L’expérience, sans doute. Il la complimenta alors de nouveau, mais non sur sa beauté. Shaïra en fut presque troublée, perturbée et ne put s’empêcher de le montrer physiquement. Ses lèvres s’entrouvrirent sans qu’un son n'en sorte, et elle rompit le contact visuel quelques malheureuses secondes. Elle avait l’habitude que l’on vante son apparence, mais c’est rarement que l’on louait son esprit ou encore son éloquence. Les Hommes s’y attardaient assez peu en règle générale, d’où l’obstination et la dureté avec lesquelles Shaïra les repoussait. Cependant elle se reprit assez vite, car elle n’écartait pas le fait que la déstabiliser soit justement le but de la manœuvre. Même si la manœuvre restait on ne peut plus agréable à entendre.

En douceur, elle vint elle aussi s’appuyer contre le bastingage, calée entre Sargon et Yoren. Une position au final plutôt plaisante, et c’est avec un sourire en coin que Shaïra laissa ses pensées vagabonder quelques instants sur des terrains qu’elle ne frôlerait jamais dans la réalité. C’est à nouveau la voix du capitaine qui la sortit de ses songes, pour aborder un sujet qui avait le don d’amuser et de contrarier la lady à la fois. Elle se jouait des rumeurs et en alimentait certaines, tout en exécrant la plupart des images qu’elles donnaient d’elle-même. Ainsi, elle ne se fiait jamais à elles pour se faire une opinion, mais ne manquait jamais l’occasion de s’y cacher pour faire jouer le mystère.

    « Je m’en préserve. Autrement, je serais moi-même une sorcière qui dévore le cœur des hommes et utilise le sang des jouvencelles pour conserver sa jeunesse. Les bains de sang étaient effectivement l’un des racontars les plus amusants qui trainaient sur elle. Alors que je ne suis en réalité qu’une banshee empoisonneuse, rien de bien extraordinaire. Un sourire en coin vint parfaire le tableau qu’elle offrait. Au final, un navire de barbares est juste ce qu’il faut pour me contenter. »

Le fait qu’elle soit de plus en plus à l’aise apparaissait comme une évidence. Shaïra se permettait peu souvent de plaisanter ou de jouer à l’autodérision, car elle craignait d’être mal-comprise ou rabrouait. Là se trouvaient les stigmates de sa vie de Bâtarde… Mais elle se garderait bien de dévoiler une telle faiblesse au capitaine, elle préférait qu’il la voit comme une joueuse un peu imprudente.

    « A moins que vous n’ayez prévu quelques surprises désagréables, je partirai avec un beau souvenir et l’envie de vous revoir. Son regard se tourna vers l’horizon, où l’on commençait à discerner les récifs de l’Île de la Treille. Un soupir perça alors les lèvres de Shaïra, qui avec grâce se décala du bastingage. A moins que vous ne finissiez déçu par ce que j’ai à vous offrir. »

En effet, elle n’excluait pas cette possibilité. Pendant un instant, elle s’interrogea avec une once d’inquiétude à ce sujet. Sargon avait été charmant jusqu’à présent, mais elle ignorait quelle pourrait être sa sentence s’il se sentait berné par l’échange. Mais elle ne pouvait plus reculer. Etrangement, elle se sentit plus impatiente d’en avoir le cœur net que craintive. De plus, elle n’avait pas l’intention d’essayer d’éviter le moment fatidique et tenait à respecter leur accord. C’est avec douceur qu’elle posa sa main sur son bras, puis ses doigts glissèrent jusqu’au creux de sa paume où ils s'y logèrent. Shaïra se moquait des regards que pouvaient avoir les marins ou Yoren près d’eux, mais par égard pour lui elle s’étira jusqu’au creux de son oreille pour expliquer son souhait.

    « En revanche, je ne peux vous l’offrir ici, face à tout votre équipage. C’est une dernière faveur que vous demande de m’accorder Sargon. »


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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

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Message Lun 6 Fév 2012 - 16:57

     Le sourire enchanté qui naquit sur les lèvres pleines de la jeune femme était bien plus une récompense que tout ce qu'elle aurait pu répondre d'autre. Sargon considérait que les expressions du visage et du corps étaient bien plus parlantes que les mots, certaines fois il était difficile de retenir un geste, un sourire où une lueur de contrariété, tandis que les mots pouvaient être manipulés sans peine, il suffisait de le voir à l'œuvre. Lorsque la belle parla du fait qu'il puisse venir la chercher jusqu'à Port-Réal pour la mener sur ses îles, le Fer-né esquissa un sourire amusé. C'était une possibilité, un voyage certes long, mais qui saurait se montrer intéressant si l'on considérait qu'il y gagnerait à terme, une excellente compagnie. Bien évidemment, dans les faits les choses seraient bien plus compliquées que dans les paroles, mais pour un homme d'aventure comme c'était le cas du Harloi, cela n'était pas à occulter. Il haussa légèrement les épaules comme si cela n'avait pas réellement d'importance, pourtant la lueur qui habitait son regard brillant d'intérêt, montrait clairement qu'il n'aurait pas été contre.

     ▬ C'est une possibilité non négligeable, surtout maintenant que j'ai eu le temps de goûter à votre compagnie. »

     Une manière détournée de faire comprendre qu'il appréciait beaucoup les instants passés en sa compagnie, mais cela ne devait guère être une nouvelle pour la belle. Quel homme n'aurait pas été heureux de pouvoir rester un bref instant avec une femme aussi vive d'esprit et aussi belle ? La beauté était un supplément aux yeux du Fer-né, il préférait de loin les traits d'esprit que la jeune femme lui offrait depuis le début de leur conversation. Après tout le plus bel ouvrage pouvait être fade s'il n'était pas effectué avec plaisir. Le Harloi était donc davantage sensible à ce qu'elle pouvait dire ou faire et à la manière dont elle manipulait les mots, qu'à tous les beaux regards qu'elle lui accordait. Bien évidemment, Sargon restait un homme et voir une femme dotée d'autant de qualités était une véritable source de plaisir, quel dommage qu'elle ne soit pas native des îles. Quoique, comme il venait lui-même de le dire, le désir faisait davantage monter le plaisir et l'intérêt que le fait de n'avoir qu'à se pencher pour obtenir ce que l'on souhaitait. Il inspira légèrement alors qu'elle lui demandait si une épouse l'attendait à son retour sur les îles. Nullement, pas plus qu'une femme-sel ou qu'une promise qu'il devait courtiser. Libre comme l'air. Son sourire ne disparut pas, mais se transforma simplement en un léger amusement teinté d'arrogance.

     ▬ Ni épouse, ni femme-sel, ni promise. Je me complais davantage dans la liberté qu'octroie le célibat, le mariage n'est rien de plus qu'une manière supplémentaire de s'assurer une certaine sécurité en cas de difficultés. »

     En somme, le mariage n'était rien de plus qu'un arrangement entre deux personnes pour gagner un titre, de l'argent ou quoi que ce soit d'approchant. Il trouvait davantage de plaisir et d'intérêt dans les relations brèves, mais passionnées, cela n'était pas une grande surprise vu la manière dont il se comportait avec la belle. Lorsqu'elle avança l'idée qu'il puisse la prendre dans ses bras pour éviter qu'elle ne tombe malade, Sargon fut tenté de la prendre au mot, il était vrai que frôler la peau de la belle avait été quelque chose d'assez prometteur, il était très tactile et appréciait la proximité avec autrui. Mais les choses étaient bien plus amusantes et intéressantes lorsqu'elles étaient faites sous le coup de la surprise, l'enlacer après sa proposition aurait été un cruel manque d'originalité et de séduction. Le Harloi se contenta donc de l'observer en silence, envisageant que fait qu'il aurait bien plus apprécié l'idée de la serrer dans ses bras sans un tissu quelconque pour la séparer de lui, mais il n'en fit pas état, lâchant simplement quelques mots d'un ton toujours aussi divertit.

     ▬ Une suggestion que je ne manquerai de pas de mettre en pratique si cela se reproduisait. Je ne voudrais pas que vous perdiez tous vos vêtements à cause de ce vent, voilà un bien drôle de souvenir qui vous resterait. »

     Ils traversèrent donc le boutre et le jeune homme prit sa place habituellement alors que la jeune femme manifestait une certaine surprise aux paroles qu'il venait de prononcer, chose qui lui fit grandement plaisir sachant qu'il était intimement convaincu que la belle ne devait pas souvent être complimentée sur son esprit. Les belles personnes attiraient davantage l'attention pour la beauté de leurs traits que pour tout le reste, ils pouvaient posséder une grande intelligence sans que cela ne marque qui que ce soit. Mais le Fer-né avait appris à se méfier des femmes et plus particulièrement de celles aussi délectables et enchanteresses que Shaïra, une raison valable pour veiller à tout ce qu'elles pourraient dire ou même faire. Il ne dit toutefois rien de cette surprise qui avait marqué son visage, une manière comme une autre de ne pas souligner un bref instant de faiblesse. La Seastar s'installa entre les deux navigateurs avant de reprendre la parole pour expliquer les rumeurs qui circulaient sur son compte et qui étaient bien celles qui étaient arrivées aux oreilles du capitaine. Celui-ci ne se montra pas découragé ou inquiet, bien au contraire, plutôt intéressé et amusé. Ses paroles le firent d'ailleurs savoir.

     ▬ Dire que j'avais imaginé que vous puissiez vous sentir en danger alors que c'est moi qui risque ma vie depuis notre rencontre. Il tourna la tête pour la regarder. Mais je crois que mourir de votre main doit être bien souvent perçu comme une chance et non une chose effroyable. Chose que je puis concevoir. »

     Les rumeurs comme quoi certains amants de la jeune femme se seraient suicidés pour elle était aussi récurrente, c'était plutôt étrange au final, mourir pour une femme que l'on aimait. Dans de telles occasions le Fer-né était comblé de ne pas ressentir de sentiments à l'égard des autres, si ce n'était ceux avantageux pour lui. L'amour était un poids dont il se passait bien. La voix de la jeune femme reprit alors qu'elle expliquait partir avec un bon souvenir s'il n'avait prévu aucune mauvaise surprise d'ici leur arrivée, qui ne saurait tarder malheureusement, avant d'avancer le fait qu'il puisse être mécontent de ce qu'elle aurait à lui offrir. Il la regarda quelques secondes dans les yeux tandis qu'elle s'était replacée de sorte à ce qu'il puisse le faire sans trop de difficultés, Sargon doutait qu'elle puisse le décevoir. Pour être sincère, sa compagnie avait été un tel plaisir et un divertissement sans pareil, il ne pouvait envisager de se sentir lésé. Son sourire qui s'était envolé en voyant poindre la silhouette de La Treille, naquit à nouveau sur ses lèvres bien ourlées alors qu'il répondait d'un ton étonnement rassurant.

     ▬ Je n'ai guère pour habitude de tenir un tel discours, mais avec ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, je doute que le mot « déception » puisse faire partie de toute phrase vous concernant. »

     Ses prunelles dorées ne quittaient pas celle hétérochrome du minois de la jeune femme avant qu'elle ne glisse sa main sur son bras pour finalement descendre ses doigts fins jusqu'à la paume du capitaine qui ne manifesta aucune réaction voyante. Ses yeux brillèrent légèrement, seule indication que ce geste lui semblait intéressant, puis elle se pencha finalement vers lui pour lui expliquer à voix basse qu'elle ne pouvait lui offrir ce cadeau à la vue de tous. Une faveur. Soit, il pouvait y accéder sans aucune difficulté, même avec un certain plaisir. Son esprit ne s'emballait pas, le Harloi était beaucoup trop habitué à ce genre de situation pour qu'il ne se fasse des films ou de faux-espoirs, il restait stoïque et mettait cette demande sur la timidité que certaines femmes ressentaient face aux marins. Cela faisait bien longtemps que Sargon ne se laissait plus troubler par les regards de ses rameurs qui bien souvent se moquaient de ce qui se passait autour d'eux, mais si c'était là le désir de Shaïra, qui serait-il pour lui refuser cette simple demande ? Les yeux du jeune homme se posèrent sur le minois de la belle alors qu'il avait légèrement tourné la tête, puis il répondit d'un ton assez bas pour que seule elle l'entende.

     ▬ Vous m'intriguez, rien que pour cela je vous accorde votre faveur. Suivez-moi. »

     Elle l'intriguait, c'était un fait. Le capitaine se redressa en s'éloignant du bastingage pour se diriger vers le chemin central où les marchandises étaient regroupées, il prévoyait de l'amener dans la tente montée pour protéger les réserves d'eau fraiche et les denrées périssables. Ce n'était pas vraiment un lieu très retiré et très intime, mais sur un boutre il n'existait malheureusement pas d'autre moyen d'être caché à la vue des autres. Ils rebroussèrent donc chemin en empruntant le pont qu'ils avaient utilisé juste avant, sauf que cette fois-ci, Sargon approcha de la tente faite d'un tissu très épais destiné à retenir la pluie, puis écarta ce dernier d'un geste habitué avant de se tourner vers Shaïra pour l'inviter à entrer. Lorsqu'elle fut dedans, le Fer-né passa derrière elle et laissa retomber l'épais tissu qui les coupa en grande partie de la lumière du jour. La toile sombre et épaisse tamisait la lumière à un point tel que Sargon dû s'approcher de la lanterne accrochée au mât, puis l'allumer rapidement pour qu'elle diffuse une lueur blafarde dans la tente. Après quoi seulement, le capitaine se retourna vers son invitée pour s'approcher d'elle et s'arrêter à une distance égale à celle qu'ils avaient lorsqu'ils discutaient juste avant.

     ▬ Je crains de ne pouvoir vous offrir quelque chose de plus intime, la vie sur les boutres ne permet malheureusement pas ce genre de luxe. J'espère que cela vous siéra toutefois. »


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Shaïra Seastar
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Message Mer 8 Fév 2012 - 17:41

Elle en avait presque oublié le but de son voyage. Il était si plaisant d’être ainsi, en pleine mer, loin de tout ce qu’elle connaissait, des tracas et manigances de la Cour, perdue certes dans l’immensité du paysage, mais en bonne compagnie. Grâce à la figure de proue, le vent ne faisait que caresser son visage aux joues rosies et balayer délicatement ses boucles argentées, et avec elles toutes les inquiétudes qu’elle avait pu avoir jusqu’à présent. Bien qu’elle soit toujours sur ses gardes – mais cela était son lot quotidien, quel que soit son interlocuteur – la lady avait placé sa confiance en Sargon, et ne le regrettait pas. Si elle en croyait ce qu’il lui avait confié jusque-là, elle pouvait espérer que ce sentiment soit partagé, et à dire vrai, quand elle plongeait son regard vairon dans les yeux mordorés brillant d’amusement et – elle aimait le penser – d’intérêt du capitaine, elle n’en doutait plus. Sans doute était-ce une pensée un peu orgueilleuse, mais au vu des compliments qu’ils s’étaient échangés, elle pouvait s’en targuer sans rougir. Ils avaient beau appartenir à deux mondes bien différents et distincts l’un de l’autre, ils étaient capables de se comprendre et partager même de nombreux points communs. Il fallut par exemple beaucoup de retenue à Shaïra pour rester de marbre lorsqu’il évoqua sa conception du mariage, qu’elle embrassait largement. Mais il aurait été inconvenant de sa part de rentrer dans ce genre de confessions intimes, car son souhait n’était pas d’apparaître comme une intrigante. Séductrice, habile dans le choix de ses mots et dans ses mouvements, mais jamais vulgaire ou bêtement roucoulante. De toute manière, le jeune homme devait avoir son lot de prétendantes, il n’avait donc nul besoin des soupirs de la Seastar.

Ce n’est que par de doux sourires plus ou moins réjouis ou charmeurs qu’elle lui avait répondu, elle ne fit pas même un commentaire quand il évoqua, à demi-mot toutefois, les rumeurs de suicides l’entourant. Malheureusement cette fois-ci, certaines étaient vraies, et parfois par la faute de la lady. Si des hommes s’étaient effectivement battus pour se tenir à ses côtés, dans des rixes qui arrachèrent des vies, Shaïra restait assez extérieure à ces démonstrations et ne s’était montrée ni attendrie ni impressionnée par les prouesses des vainqueurs. En revanche, il lui était arrivé de séduire, de manipuler des hommes à qui elle n’avait finalement jamais accordé ses faveurs. Rejetés qui avaient parfois attenté à leurs propres vies. Geste extrême au possible que l’on avait imputé aux sortilèges de Shaïra, jugée capable d’assujettir le cœur des hommes à sa volonté. Que cela soit vérité ou légende, la lady en était aussi flattée qu’horrifiée, et n’osait se situer de peur d’emprunter la pente glissante menant aux attitudes d’une véritable Banshee.

    « Oh, non, Sargon. Ne le concevez pas. Elle s’était déjà rapprochée, pour quelques minutes plus tard lui prendre le bras. Je préfère les notions de désir et de danger, je préfère que vous pensiez que la déception n’a pas sa place… Les extrémités dont l’amour peut se parer me dépriment. Finalement, un fin sourire vint ourler ses lèvres roses. Et je crois comprendre que c’est là votre vrai sentiment, celui d’un homme attaché à sa liberté. »

Voilà qui venait conclure la première partie de la traversée, car déjà l’île de la Treille apparaissait au loin. Il était temps pour Shaïra de remplir sa part du marché, avant de pouvoir espérer poser le pied à terre. Certes elle n’était pas impatiente de se retrouver avec Arold pour seule compagnie, mais soucieuse de ne pas donner l’impression de trahir sa parole, elle prit elle-même l’initiative de précipiter le moment de l’échange. Echange qu’elle souhaitait effectuer dans un lieu plus discret, à l’abri des regards des membres de l’équipage. Quand elle exprima son souhait, elle fut ravie de constater qu’aucun sourire goguenard n’apparut sur le visage du Fer-né, qui fidèle à son habitude resta impassible et courtois là où d’autres hommes se seraient emballés. Cela dit, elle ignorait ce qui pouvait lui traverser l’esprit à cet instant. S’il se disait intrigué, la lady ne pouvait encore jurer de rien. C’est docilement et toujours élégamment qu’elle se laissa guider par le capitaine le long du boutre, jusqu’à rejoindre le mât et une tente faite d’un épais tissu, à l’intérieur de laquelle elle s’engouffra sans méfiance. L’heure n’était plus à pareille crainte. Plongée dans l’obscurité, un léger frisson parcourut son échine tandis qu’elle jeta un bref regard dans ce nouvel environnement. Cela n’avait certes rien de coquet, mais il était impossible de voir au travers. La toile était en effet si épaisse que les rougeurs du soleil ne perçaient pas, si bien que Sargon dût allumer une lanterne pour qu’ils puissent distinguer quelque chose.

    « Merci Sargon. Il comprendrait tantôt sa requête. En douceur, elle retira son châle pour le déposer sur une caisse près d’eux puis se tourna vers lui, avec un fin sourire. Le confort est sans doute ce qui me manquerait le plus ici. C’est rapidement que l’on s’habitue au faste… »

Dans un geste précis et habitué, elle ramena ses longues boucles d’argent sur le côté, de manière à ne pas être gênée dans ses mouvements. Détendue et avec grâce, elle s’abaissa pour prendre les pans de sa robe qu’elle releva lentement, élégamment, jusqu’à l’extrême limite de la décence. Ses jambes entièrement mises à nu dévoilèrent enfin leur secret… Une fine fiole était maintenue sur sa cuisse par des rubans de soie blanche, invisible jusqu’à présent sous les jupons légers de sa robe. Sans se départir de son attitude tranquille et charmeuse à la fois, elle détacha le flacon et libéra les rubans, qui chutèrent et s’enroulèrent autour de sa cheville droite. L’objet de verre était protégé par un riche tissu d’argent aux mailles extrêmement serrées mais qui laissaient deviner que son contenu était d’un blanc pur et laiteux. C’était sans nul doute ce que Shaïra transportait de plus précieux. Certes l’ornement de la fiole était fin et discret mais c’est le liquide qu’elle renfermait qui avait indubitablement le plus de valeur. Finalement redressée, elle lui présenta son cadeau sans se départir de son sourire enjôleur, même si l’impatience se lisait aisément sur ses traits.

    « Voici les Larmes de Serenei. Les vents auront beau vous porter dans les cités libres de Myr ou de Lys, vous n’en trouverez jamais. Elle pouvait affirmer cela sans se tromper, car elle en était la créatrice. Si Shaïra refusait de nommer cela magie noire, les connaissances qu’elle avait mises en pratique étaient depuis bien longtemps oubliées de tous. Peut-être connaissez-vous le poison que l’on appelle les Larmes de Lys ? Il est rare et puissant, mais je crois que Mes Larmes vous plairont davantage… »

Elle ne comptait pas entrer dans de longues explications sans qu’il ne les lui réclame, Sargon n’avait pas besoin de savoir comment elle s’était procurée cette fiole, si tant est qu’il ait envie de l’apprendre. En revanche s’il connaissait les rumeurs courant sur la lady, peut-être que le nom de Serenei devait lui être familier… Car c’est bien en l’honneur de sa mère, qu’elle n’avait pourtant jamais connu, que Shaïra avait baptisé sa potion. La belle mais glaciale Serenei avait transmis à sa fille sa réputation d’enchanteresse maniant des arts occultes, mais la Seastar n’avait jamais rien possédé de matériel, pas même la moindre babiole qui aurait appartenue à la dernière maîtresse de l’Indigne. Alors, elle s’était créé des souvenirs…

    « Elles ne détruisent pas ceux qui l’absorbent, en revanche elles engourdissent leur jugements et leurs sens… Les rendant ainsi inoffensifs, et surtout, plus bavards. Shaïra tentait de garder une explication un tant soit peu rationnelle, car il se serait surement cru dupé si elle s’emportait à parler de magie. On peut manipuler l’autre… Le charmer, lui faire peur… Certains secrets résistent toujours. Avec ce sérum, les derniers verrous cèdent et la vérité éclate. »

Evidemment, si elle se permettait de le lui garantir avec autant d’assurance, c’est qu’elle l’avait déjà testé elle-même, et ce plus d’une fois. Elle n’ignorait pas qu’il pouvait s’agir d’une arme de poids, et qu’elle confiait cela à un homme qu’elle connaissait au final bien peu… Mais Shaïra aimait ce jeu, tout comme son paradoxe. Elle était curieuse de voir l’usage qu’en ferait Sargon, si jamais il l’utilisait, car il pouvait tout autant très bien ne pas s’en servir. Voilà qui était également excitant… L’incertitude. La peur de commettre une erreur, qui pourrait éventuellement changer le cours des choses. Cependant, l’idée qu’elle puisse regretter de lui avoir fait ce présent n’avait fait qu’effleurer son esprit. Elle était trop confiante pour douter bien longtemps.

    « J’ai appris grâce à elles des choses étonnantes, souvent troublantes. Il est perturbant de sonder le fond d’une âme… Mais dans notre monde, il vaut mieux avoir toutes les cartes en main. Elle devait sans doute ne rien lui apprendre, mais il est parfois bon de rappeler des exactitudes. Je suis sûre que même moi, même vous, ne pourrions résister à ses effets et livrerions librement le fond de nos pensées… »

Il y a de nombreux secrets en ce monde, et des tombeaux pour les garder. Les révéler devait apparaître comme une perspective palpitante aux yeux d’un aventurier… Du moins, elle l’espérait. Elle souhaitait qu’il soit satisfait, et désirait peut-être même un peu plus. Elle voulait que le capitaine de la Veuve Salée ne l’oublie pas de si tôt, rien que ça ! Mais telle était la ligne de vie que se traçait la Grande Bâtarde… La recherche de l’existence, de la légitimité, le besoin d’être reconnue pour ses qualités, qu’elles se comptent en charmes ou en éloquence, il fallait marquer l’autre, il fallait laisser sa pierre à l’édifice, marteler son nom, que le monde ne l’abandonne pas derrière lui. Elle se réservait un meilleur destin que sa mère avant elle, qui au final ne restait sur Westeros qu’à travers les yeux d’une fille qu’elle n’avait jamais connu, une Seastar qui ne connaissait rien d’elle et ne pourrait jamais rien apprendre. Alors non… Sargon ne devait pas l’oublier.

    « Je suis certaine que si vous êtes amené à les utiliser un jour, vous ne le regretterez pas. Mais si malgré tout cela venait à arriver… Vous savez où me trouver, Sargon. »

Il était pourtant probable qu’une fois qu’elle aurait quitté ce boutre, ils ne se revoient jamais. Un Fer-né et une dame du Donjon Rouge n’avaient qu’une infime chance de se croiser une fois dans leur vie, alors deux fois, cela relevait d’un mirage… Certes, il y avait toujours la possibilité d’envoyer des corbeaux pour apporter des nouvelles à de lointaines amitiés… Mais qu’auraient-ils à se conter, après une si brève – quoique intense, elle était la première à le reconnaître – rencontre ? Et puis, avaient-ils vraiment envie de se revoir, de renouveler un échange ? Les circonstances les avaient poussé l’un vers l’autre, puis le charme avait agit et ils avaient passé un moment unique et intéressant. Serait-ce à nouveau le cas ? Ces interrogations-là parvenaient à Shaïra, mais elle les laissait glisser sur elle, non sans une certaine sagesse. Elle était plus sensible qu’elle ne voulait l’admettre, alors il valait mieux se préserver de ce genre de pensées. Sinon, elle prenait le risque de se laisser submerger et emporter de manière totalement disproportionnée. Il fallait rester terre-à-terre : ils avaient passé un marché, l’échange étant désormais fait, plus rien ne les liait. Sargon était un charmant capitaine qui avait su manier habilement les compliments et les attentions, quant à elle si elle s’était montrée séductrice, c’était plus dans un but de divertissement que de tissage d’une relation. La tristesse qu’elle ressentait à l’idée de quitter ce navire s’apparentait à celle d’une enfant refusant d’arrêter un jeu passionnant, qui plus est avec un compagnon aussi intéressant que Sargon. Un soupir plaintif s’échappa d’entre les lèvres légèrement entrouvertes de la lady dont les prunelles se plongèrent à nouveau dans celles dorées du capitaine :

    « Il est si triste que vous soyez Fer-né, les Îles sont bien loin de Port-Réal. Un sourire taquin prit finalement place sur ses lèvres. Et vous auriez fait un parfait Prince Dornien. »


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Sargon Harloi
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Message Jeu 9 Fév 2012 - 13:37

     Les yeux du capitaine ne quittait pas le visage de la jeune femme alors qu'elle laissait glisser son châle le long de sa peau aussi douce qu'une peau de pêche. Le confort, une chose que le Fer-né appréciait beaucoup et qui lui valait souvent les railleries des autres habitants des îles, après tout un combattant du Dieu Noyé se devait de vivre avec ce que le sang lui offrait, mais Sargon achetait aussi avec son or. Son oncle lui avait déjà répété à de nombreuses reprises que seules les catins se faisaient payer, le jeune homme n'avait pas semblé être particulièrement troubler par cette « révélation ». Le confort était une chose à laquelle l'on s'habituait rapidement en effet, mais les marins restaient bien plus alertes lorsqu'ils ne pouvaient pas dormir sur leurs deux oreilles. Ils étaient des Fer-nés. Ils devaient naviguer comme cela. La Veuve Salée ne serait plus la même si elle gagnait en confort. Son léger sourire resta plaqué sur ses lippes alors qu'il hochait la tête d'un air affirmatif.

     ▬ Le manque de confort rend plus alerte et plus prompt à réagir. »

     Il ne se cherchait aucune excuse, faisant simplement état d'un fait comme un autre. La jeune femme rejeta ses cheveux en arrière avec une grâce qui ne pouvait qu'aller de paire avec son comportement général, puis elle s'abaissa pour saisir les pans de sa robe qu'elle remonta doucement. Les yeux mordorés du capitaine s'abaissèrent légèrement, apercevant la peau délicate de Shaïra se révéler au grand jour alors que son esprit lui disait pourtant qu'il n'y avait rien de séducteur dans ce mouvement. Elle était belle, elle était sensuelle, mais il était aussi clairement visible que son geste n'était pas destiné à faire naître dans son esprit une foule d'images à en faire rougir une septa. Malgré tout, le Harloi ne se priva guère du spectacle offert par les jambes fuselées de la jeune femme qui avait remonté sa robe jusqu'à ce qu'il puisse les contempler dans leur entièreté... Et remarquer des rubans blancs attachés autour de sa cuisse. Il prit tout d'abord cela pour une jarretière, mais remarqua rapidement la fiole qui était maintenu par ce système aussi original qu'ingénieux, qui irait fouiner là pour chercher une telle chose ? Qu'était donc cette fiole d'ailleurs ? Le regard d'abord intéressé du jeune homme s'était doucement transformé en quelque chose d'interloqué, elle avait réussi à capter son intérêt et sa curiosité sans grande difficulté et encore une fois pour autre chose que pour les charmes dont la nature – ou la magie – l'avait dotée. La jeune femme recelait bien plus de mystères qu'il ne l'aurait imaginé de prime abord, un véritable plaisir de pouvoir découvrir ce qu'elle gardait encore pour elle. Lorsque Shaïra lui présenta la fiole, il put apercevoir un tissu qui protégeait presque complètement le verre fragile, mais laissait transparaitre un liquide blanc comme l'écume. Les yeux du jeune homme se portèrent sur le visage de la lady qui semblait visiblement impatiente de lui expliquer ce qu'était cette étrange fiole.

     Lorsqu'elle parla de Serenei, le nom teinta étrangement aux oreilles du capitaine qui chercha rapidement ce qu'il pouvait bien signifier pour lui. L'impression de l'avoir entendu sans vraiment y porter attention ne s'effaçait pas, mais il relégua cela au second plan pour se concentrer sur les paroles de la jeune femme alors qu'elle parlait des Larmes de Lys. Voilà un terme qu'il connaissait bien mieux, ce poison si intéressant qu'il avait songé à s'en procurer un jour, mais avait malheureusement dû abandonner cette idée vu que sa présence n'était pas particulièrement la bienvenue à Lys. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il croyait comprendre ce que pouvait être ce liquide, le nom de Serenei lui revenait à l'esprit, la mère de Shaïra s'il se souvenait bien.

     ▬ J'en ai entendu parler en effet.... »

     Son ton marquait l'intérêt qui semblait l'habiter, c'était un fait, tout cela lui semblait très prometteur et il en aurait piaffé d'impatience si cela avait été son genre. Mais Sargon savait se contenir, il se contenta donc de poser ses yeux sur la fiole alors que les mots de Shaïra continuaient, toujours plus prometteurs à ses oreilles. Un poison bien meilleur que s'il avait été mortel, tuer quelqu'un d'une manière aussi... Lâche, n'était pas envisageable, même pour un homme comme le Harloi qui préférait la subtilité à la force brute. Un poison capable de charmer et de rendre bavard, une sorte de potion de vérité si subtile que ses adversaires ne soupçonneraient pas une seule seconde qu'un Fer-né originaire d'un peuple réputé « barbare », puisse en user. Surtout si ce liquide était bien plus puissant que les Larmes de Lys. Qui pourrait soupçonner ? Personne. Elle semblait savoir de quoi elle parlait en précisant que même si certains étaient capables de résister aux charmes les plus poussés, ils ne tiendraient pas face à ce petit bijou. La surprise était de taille. Sargon n'aurait jamais imaginé pouvoir posséder un tel poison, recevoir un tel présent. Le cadeau était à la hauteur de la femme qui l'offrait, mystérieux, plein de surprises et surtout très exotique. Il ne pourrait jamais oublier Shaïra. Déjà il ne l'aurait pu après les brefs échanges qu'ils avaient eu, mais là, c'était encore plus improbable.

     Alors qu'elle expliquait avoir appris des choses bien surprenantes après avoir fait absorber une telle substance, l'esprit du capitaine vagabondait. Il imaginait si aisément la scène qu'elle était en train de lui décrire, il pourrait faire tellement de choses avec une telle chose entre les mains. Le jeune homme avait attrapé la fiole pour la contempler de plus près, il l'approcha légèrement de son visage pour scruter le liquide laiteux comme si celui-ci allait soudain se mettre à parler à la place de la jeune femme. L'idée que Shaïra aurait pu user de cette magie sur lui, lui traversa l'esprit, mais il réfuta aussitôt cette idée, cela n'aurait pas été la peine, elle possédait déjà une personnalité bien à elle, largement suffisante pour attirer son attention sans avoir besoin d'artifices de ce genre. Après ces explications, la jeune femme conclut en disant que si jamais cela ne lui convenait pas le jour où il déciderait d'y avoir recourt, il saurait où la trouver. Le sourire qui capitaine qui s'était envolé dans la surprise provoquée suite à cette offrante, s'installa à nouveau sur ses lèvres alors qu'il répondait d'un ton à la fois amusé et vaniteux comme à son habitude.

     ▬ Je doute qu'il soit possible d'être déçu. Surtout si ce liquide est à votre hauteur, je suis persuadé que je suis bien en-dessous de la vérité lorsque j'imagine ce qu'il peut m'offrir. Son attention se porta sur le visage de la demoiselle. Et je suis persuadé que vous ne devez pas en avoir bien souvent besoin, rares doivent être ceux qui résistent à vos charmes. »

     Il baissa à nouveau ses prunelles mordorées sur la fiole qui dégageait une certaine chaleur après avoir passé un bon moment contre la peau de la jeune femme. Un véritable trésor, avec Crépuscule et cette fiole, Sargon se sentait encore plus arrogant qu'à l'accoutumée. Il lui faudrait y repenser à tête reposée, trouver le moment idéal pour user de ce liquide si précieux et si original, il ne fallait pas en gâcher une seule goutte. Un soupir s'éleva alors entre eux-deux, attirant l'attention du Harloi sur le minois de la lady qui plongea son regard dans le sien, déclarant qu'il était triste qu'il soit natif des îles de fer, avant de lui offrir un compliment encore inédit. Prince Dornien ? L'idée était charmante, le compliment subtile et original, de quoi flatter encore une fois son égo déjà sur-dimensionné. Il laissa son sourire s'élargir avant de répondre.

     ▬ Quel dommage que le destin en ait décidé autrement. Mais peut-être est-ce justement une manière de nous faire savoir qu'il faudra redoubler ingéniosité pour nous revoir ? Il glissa son regard vers la fiole. Vous m'avez fait si bonne impression que j'en viendrais presque à souhaiter que vos Larmes ne fonctionnent pas, pour me donner une excuse afin de vous retrouver. Il n'avait pas réellement besoin d'excuse pour cela en réalité. Mais rassurez-vous, Fer-né ou Prince Dornien, je ne risque pas d'oublier votre passage sur mon boutre... Et certainement pas uniquement pour ce présent. »

     Une manière comme une autre de lui faire savoir qu'il ne l'aurait certainement pas oubliée, même si le présent n'avait été qu'en espèce sonnante et trébuchante. Alors que les compliments fusaient, un bruit familier se fit entendre, coupant court à la discussion entre les deux jeunes gens. Yoren appela Sargon, hors de la tente, signalant qu'ils arrivaient à La Treille. Le capitaine offrit un sourire à son interlocutrice avant de glisser la fiole dans sa bourse avec toute la prudence nécessaire. Il se détourna pour approcher de l'ouverture du tissu de la tente et le repoussa pour se glisser sur le pont avant de laisser Shaïra le suivre, puis relâcher l'épaisse toile. Ils avancèrent vers l'avant du boutre alors que les vagues devenaient plus bruyantes, puis le choc habituel qui précédait toujours le débarquement, alors que la coque glissait sur le sable. Sargon prit garde à ce que la jeune femme ne chute pas devant la surprise du choc, puis il lui fit signe de le suivre. Donnant les ordres pour que la monture de la demoiselle soit mise à terre, le Fer-né approcha du bastingage avant de tendre la main à Shaïra. Lorsqu'elle l'attrapa, il la fit passer par-dessus le garde-fou pour la faire descendre jusqu'au sol avant de relâcher sa main pour enjamber à son tour le bastingage et sauter lestement à ses côtés. Les marins étaient descendus et s'affairaient à décharger le cheval qui faisait preuve d'un calme exemplaire. Sargon éloigna la demoiselle des vagues qui venaient mourir à leurs pieds, avant de lui accorder un nouveau sourire.

     ▬ Quel dommage que vous ne soyez point une Fer-née, j'aurais beaucoup apprécié de réitérer notre trop brève discussion. Je vais certainement réviser mon jugement sur les femmes du continent après une telle rencontre, il semblerait que tous les trésors ne soient pas fait d'or. Glissant sa main vers la bourse où il avait abrité les Larmes de Serenei, le jeune homme conclut. Je vous promets que je penserais à vous dès que j'en ferais usage. Brève pause. Et bien plus souvent encore. »


.
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Shaïra Seastar
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Message Sam 11 Fév 2012 - 19:52

Attentive, la lady guettait la moindre réaction que pourrait avoir le capitaine de la Veuve Salée. Elle était impatiente de voir comment il pourrait prendre ses explications… Serait-il suspicieux, sceptique, incrédule ? Sinon intéressé et intrigué… Ou encore excité par les perspectives offertes par un tel « pouvoir » ? Shaïra ne pouvait que supposer en se basant sur les légères manifestations qu’offrait le visage de Sargon. Comme elle, il avait appris à maîtriser son corps et ses émotions. Cependant, elle put percevoir de l’intérêt dans son attitude… Et bientôt ses mots vinrent confirmer ses pensées : la surprise semblait à la hauteur de ses espérances, ou en tout cas le cadeau lui plaisait suffisamment pour qu’il ne sente pas abusé par l’échange. Faire un détour par l’île de la Treille se révélait finalement payant. Une fois que la jeune femme aurait mis pied à terre, ils seraient quitte et plus redevables l’un envers l’autre. Brièvement Shaïra songea que faire le don d’un puissant breuvage à un Fer-né ne serait pas du goût de tous, surtout si l’on se fiait aux rumeurs… Il pourrait en user à ses propres fins. La Targaryenne eut un fin sourire à cette pensée. Comme si l’on pouvait se servir de pareil pouvoir de façon « honnête » ! Arracher la vérité à autrui, même sans faire usage de la force, représentait toujours un acte violent en soi… Mais ce n’était pas quelque chose qui choquait ou effrayait la lady. Elle vivait à la cour depuis l’enfance et avait donc vu des choses bien plus effrayantes que les Larmes de Serenei, qui au final ne manquaient pas d’élégance dans leur mode d’action. Alors qu’il vantait ses charmes, Shaïra remettait sa robe correctement en place en la lissant du plat des mains, nullement gênée d’avoir offert ce « spectacle » au fer-né. C’est sans se départir de son charmeur sourire en coin qu’elle susurra :

    « Derrière ce compliment, vous devinez bien Sargon. Les Larmes m’ont surtout été utiles pour des femmes. Car s’il n’était parfois pas bien compliqué de faire craquer un homme, les femmes étaient au contraire le plus souvent immondes avec la lady. Et je suis pour ma part persuadée que rares sont les femmes qui vous résistent… Vous êtes bel homme, vous parlez bien. Tout en étant suffisamment distant pour attirer, vous ne manquez pas de sourire… Et en plus, vous m’avez dit être possessif. Elle récupéra son châle, tournant le dos quelques secondes à Sargon avant d’à nouveau lui faire face, toute proche. Vous devez toutes les envoûter. »

De son côté, elle n’était bien sûr pas insensible au jeune homme. Au contraire, elle le trouvait même tout à fait à son goût. Mais cela était loin d’être suffisant pour s’abandonner aussi facilement… Elle aimait le jeu, et ils étaient tous deux friands de challenge. Il était mille fois plus amusant et intéressant de se quitter sur ce sentiment… Peut-être se reverraient-ils, l’idée était tentante, prometteuse. En attendant, Sargon avait cette fiole qui, sans qu’il ne s’en soit forcément rendu compte, était intimement liée à la lady. En effet, bien qu’elle soit herboriste et férue de breuvages incongrus, elle en avait jamais créé un aussi exceptionnel et personnel que celui qu’elle venait d’offrir. Bien sûr, elle était capable d’en refaire, mais la rareté des matières premières et la complexité de la préparation rendaient l’épreuve plus périlleuse qu’aux premiers abords. Shaïra s’était beaucoup documentée, et avait fait moult essais pour parvenir à dégager le substantifique fluide qui lui offrirait la connaissance de la vérité. La plupart des ingrédients nécessaires se trouvaient dans les cités libres, et bien qu’elle ait pu se servir largement au Donjon Rouge, il lui avait fallu aller à l’encontre des marchands. Souvent Lysiens, par ailleurs, car c’était la cité qui avait le plus intéressé Shaïra. Les négociations furent arides et coûteuses en temps, mais elle avait pu rassembler des ingrédients aussi rares que des queues de scorpion de manticore, par exemple. La confection du philtre en lui-même fut aussi particulièrement longue et éprouvante pour la lady, qui tenait à tout faire elle-même. Plus d’une fois, elle s’était sentie défaillir sous les vapeurs d’une décoction de baisers empoissonnés du Neck – une plante pourtant si charmante, semblable à des violettes – et d’écorces de séquoia, quand elle ne se brûlait pas tout simplement en manipulant les divers récipients. Mais le plus surprenant restait l’un des ingrédients phares de cette recette… En discutant avec un mestre ayant brièvement connu sa mère, Shaïra avait recueilli une anecdote curieuse : sa mère, issue de Lys, ne croyait pas en une divinité quelconque mais vouait un culte à la beauté, ainsi, pour elle, l’essence du charme était palpable physiquement et était contenue majoritairement dans la chevelure d’une femme. La lady avait sourit, trouvant cela particulièrement naïf… Pourtant, par hommage ou par superstition, Shaïra avait fait tomber l’un de ses longs et bouclés cheveux d’argent dans la préparation encore chaude. Et ce petit bout d’elle se retrouvait dans la fiole, presque invisible mais bel et bien présent, garant de le la valeur de ce trésor unique. C’était un secret que Sargon découvrirait bien assez vite…

Depuis sa création, elle avait toujours gardé le flacon près d’elle, c’était son arme la plus précieuse en cas de problème. Il faudrait qu’elle se débrouille sans jusqu’à être de nouveau auprès de Théobald, son protecteur. Mais Shaïra ne s’en inquiéta pas pour le moment, préférant profiter de ses derniers instants sur la Veuve Salée et auprès de Sargon, qui parût enchanté par la comparaison. Prince Dornien… Être rapproché de Maron Martell était en effet un compliment enchanteur. Elle regrettait de ne plus pouvoir se rendre à Lancehélion comme elle le voulait, mais par respect pour sa famille et Daenerys, elle s’était abstenue de toute visite depuis longtemps. Quant à être elle-même une Fer-née… Leur vie semblait palpitante, mais dure. La lady, malgré les difficultés auxquelles elle était confrontée, n’avait pas à se plaindre de son train de vie et il serait bien malhonnête de désirer plus. Sargon balaya finalement la dernière crainte de Shaïra : il assura qu’il n’oublierait pas leur rencontre. Elle ne doutait pas de sa sincérité à l’instant, car maintenant qu’il avait eu son « prix », il n’avait vraiment plus aucune raison de mentir. Son sourire enchanteur devint ravi, et flattée. Mais elle n’eut pas le temps de lui en faire part, car déjà ils arrivaient à la Treille. Le cœur un peu lourd malgré tout – elle maudissait cette sensibilité à fleur de peau, véritable handicap à ses yeux – elle suivit Sargon à travers son boutre et fut incroyablement silencieuse durant toute l’opération. Son côté mélancolique ressurgissant, elle s’appliquait à regarder partout et à graver le moindre détail dans sa mémoire. Si bien qu’il était probable que si un jour elle recroisait l’un de des marins de la Veuve Salée, elle soit capable de le reconnaître. Une dernière fois, elle vit le visage des Lysiennes mais s’en détourna. Non, elle ne pouvait vraiment rien faire, il ne servait à rien de se torturer. Juste avant de saisir la main de Sargon pour descendre sur la plage, elle se tourna à moitié et croisa le visage toujours aussi neutre de Yoren… C’est non sans malice qu’elle murmura :

    « Au revoir Yoren. »

Au détour d’une conversation, elle avait retenu son prénom et malgré son côté invariablement taciturne, elle le trouvait digne d’intérêt et méritant donc d’être considéré individuellement… Bref. Avec l’aide du capitaine, elle descendit souplement du boutre et esquissa un sourire en remarquant l’aisance dont faisait preuve Sargon. Ils s’éloignèrent ensemble du rivage, et avançaient vers ce qui s’annonçait être leur dernier échange… Avant longtemps. Son regard vairon plongeait dans le sien, elle s’abreuva de ses paroles, toujours attentive, amusée et intéressée.

    « J’espère que les vins de la Treille ne me sembleront pas trop fades après ce moment si agréable. Et tandis qu’il promettait de penser à elle, elle s’avança vers lui avec élégance et vint poser délicatement ses lèvres sur sa joue. A bientôt, capitaine. »

Après un dernier regard plein d’espièglerie elle s’éloigna et siffla Arold, avec le même son mélodieux qu’à leur arrivée. Elle accorda un sourire et un signe de main aux marins qui avaient eu la gentillesse de prendre soin de son destrier, puis grimpa sans mal en amazone sur son dos. Et alors qu’elle s’éloignait vers les habitations de la Treille, c’est aisément que Sargon pouvait entendre les chants de la voix enchanteresse de la lady… Telle une sirène échappée des flots.


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La fin du long voyage ? [Sargon]

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