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"Sombre nuit fait sombre pensée" (Noreen)

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Message Sam 28 Jan 2012 - 17:48

La brise glaciale du Val fit vibrer les flancs de sa monture. Sur sa gauche les frondaisons, sinistres à la tombée du jour, gardaient le petit groupe des derniers rayons de soleil et augmentaient la sensation de froid dans ses os.
Venus de Grand-Arc, les hommes gardaient leurs chevaux au pas et se tenaient en formation serrée comme s’ils redoutaient un ennemi invisible, une embuscade.

«Ser, nous ne sommes plus très loin aussi devrions nous allonger le pas pour y être avant la tombée de la nuit.»

Dedrick considéra un instant l’homme d’armes. Il connaissait Amos depuis l’enfance, ce dernier avait servit sous trois générations de Veneur, aidé en ce sens par les caprices du destin. C’était un homme rustaud et trapu, arborant un crâne rasé avec soin et une barbe broussailleuse.

«Les clans ne sont pas une menace a prendre à la légère Amos. Ce sont des coupes-jarrets, des voleurs doublés de lâches.» il se tut un instant, comme pour donner du poids à ses propos. «Un groupe de cavaliers fait du bruit, à plus forte raison s’il va à bride abattue»

Le soudard grogna une sorte d’assentiment et tira sur ses rennes afin de regagner le groupe.
Les yeux azur du chevalier se portèrent sur la silhouette des Eyrié. Des jours de chevauchée avaient laissés sur ses jours un chaume brun-roux qui lui donnait un air plus mature. La poussière de la route maculait sa cape qui tirait à présent sur le grisâtre au lieu du vert forêt d’origine. Sa cotte de maille n’avait plus l’étincelant éclat qu’elle arborait à son départ du château et la fatigue la rendait à présent plus désagréable que rassurante. Avec de la chance, ils arriveraient à la première porte avant la nuit et entameraient la montée jusqu’à la forteresse dès le matin. Pour avoir entendu toutes sortes d’histoires, Dedrick préférait ne pas tenter l'ascension de nuit.

«Allons, pressons. Au trot.»

Sur un signe du chevalier, les chevaux furent talonnés et l’allure légèrement augmentée. Bercé par le cliquetis des armures et le bruit des sabots, le jeune homme laissa son esprit vagabonder et sans le vouloir, il retourna a Grand-Arc.
Il avait laisser derrière lui sa belle soeur, son neveu et sa nièce. S’il ne s’inquiétait pas de la première ni de la dernière, il ne pouvait s’empêcher d'émettre quelques doutes quant a la capacité que possédait son neveu Kevan à rester sage.
Au fil du temps passer ensemble, il s’était considérablement rapproché de la famille de son défunt frère et éprouvait une affection toute paternelle a l’égard des deux enfants. Kevan était un petit garçon courageux, intrépide et curieux de tout. Dedrick faisait son possible pour canaliser l’enfant et l’aider a développer ses qualités.
Enaly quand a elle était presque une jeune femme. Elle ressemblait énormément à sa mère dans la douceur de ses traits et son caractère enjouée. Dans quelques années, il faudrait lui trouver un parti que Dedrick espérait plus que convenable, il ne pourrait souffrir de voir sa nièce entre de mauvaises mains.

Quand à Lady Tyana...bien que la chose restât un sujet sensible et douloureux, elle se remettait doucement de la mort de Garett. D’après ce qu’en disaient les femmes de la maison, le couple avait mit un temps certain temps a s’entendre, mais il était né entre eux une véritable complicité et une tendresse sincère.
La perte de son époux avait été une épreuve pour la jeune femme et le chevalier s’était employé à la soutenir de son mieux. La chose était malaisé. S’il se sentait à l’aise une épée à la main et un cheval sous lui, il l’était beaucoup moins lorsque il s’agissait de sentiment. Il ne souhaitait pas paraître trop proche de la Lady. Vivre sous le même toi qu’une veuve était déjà un gage de rumeur, à plus forte raison lorsque elle était belle et jeune. Par respect pour la mémoire de son frère et pour la réputation de sa Dame, il ne tachait de ne lui adresser la parole que lorsque il le devait, et ne la rencontrait quand présence d’autres membres de sa suite.

«Ser Dedrick. La porte.» Lâcha Amos en désignant l'édifice d’un coup de menton. L’édifice se dressait fièrement au devant d’eux, bercé de la lueur des torches, projetant son ombre sur les hommes et leurs chevaux.

«Qui va là ?»

La voix était puissante et autoritaire. Le salut de la Porte Sanglante.

«Ser Dedrick Veneur de Grand-Arc. Mes hommes et moi répondons à la convocation de Lord Arryn.»

Le jeune chevalier fixait l’obscurité. De là ou il se tenait, il ne pouvait apercevoir son interlocuteur et la voix semblait venir des ténèbres elles mêmes.

«Soyez le bienvenu Ser Dedrick. Ouvrez les portes !»

Dans un craquement sonore et typique, les deux lourdes portes qui leurs barraient l’accès s’ouvrirent, laissant apercevoir l’intérieur de la forteresse éclairé de flambeaux. Devant eux, une colonne d’hommes en armes. Le groupe de Dedrick avança à leurs rencontre.
Arrivé à la hauteur de l’homme de tête, le chevalier tira sur la bride et démonta en grimaçant, sitôt imité par le reste de ses hommes.

«Capitaine, veillez a ce que l’on panse les bêtes. Je suppose que Lord Arryn a prévu un endroit pour nous ?»

Le guerrier opina du chef

«Assurément Ser. Vous logerez dans un baraquement voisin, l’ascension est prévu pour demain, nous vous avons trouvé un guide aux pieds surs. Un type qui connait son affaire.»

"C'est heureux. Je ne tient pas à désobéir a Lord Arryn en ne me présentant pas, fusse a cause d’une chute mortelle.» répliqua Dedrick en souriant. «Avant de prendre nos quartiers, mes hommes et moi aimerions nous restaurer.»

«Assurément, suivez moi.»

Après quelques minutes, le groupe s’arrêta devant ce qui devait être un mess, a en juger par les cris et les rires qui fusaient de l’intérieur.

«Voilà, on vous servira à manger ici. Je suis désolé Ser, nous n’avons rien de mieux à vous proposer ici.»

Le chevalier le remercia d’un signe de tête.
«N’ayez crainte capitaine. Après la route, tout ce que je demande c’est de la nourriture chaude, une bonne flambée et un endroit pour avoir le cul au sec.»

Le soldat réprima un rire et salua Dedrick d’un signe de tête avant de disposer. D’un geste de la main, le chevalier fit signe a ses hommes de le suivre a l’intérieur.
L’humeur était au rire, et les hommes présents à l’intérieur en nombre provoquait un vacarme assourdissant.

Dédaignant leurs fourrures, Dedrick et ses hommes s’installèrent à l’une des rares tables libres. Sans un mot, un aubergiste adipeux vint déposer devant eux un bol en terre cuite contenant soupe, oignons, carottes et pommes de terre. Une miche de pain frais, un morceau de lard et un bock de bière amère venait compléter la portion de chacun.

«Pas mécontent d’être enfin arrivé» grinça Rupp, un rude gaillard à la solde des Veneur depuis moins d’un an.

«Je te l’fais pas dire.» rétorqua Amos. Le moral semblait au beau fixe au sein de la petite troupe, et le repas chaud ne pouvait qu’améliorer encore les choses. Dedrick rompit sa miche et mordit dedans a pleine dents, savourant le croustillant de la croute et la mollesse de la mie. L’ordinaire de la route se composait jusqu'à lors de pain noir et de viande sèche la plupart du temps, fraîche lorsque Tanner réussissais à tuer du gibier de passage. Les yeux du chevalier s’attardèrent sur son environnement. Bien que modeste, le tout était propre et bien entretenu. La charpente était solide et les murs épais. Lord Arryn semblait soucieux du bien être de ses subalternes.
Une grosse flambée éclairait la salle, tandis qu’un porc gras rôtissait dans l’âtre en dégageant un fumet divin.

«D’la sauge...du thym et du gingembre»

Herc. Le «maître queux». Dedrick l’avait choisit non pas pour ses talents martiaux, mais pour son coup d’patte aux fourneaux. Durant son apprentissage, un homme avisé lui avait apprit qu’un guerrier bien nourrit est un guerrier heureux...a bien y réfléchir, la pitance et la solde était les deux principales préoccupations des hommes de troupes. «Néglige l’assiette et tu te retrouvera vite avec un groupe maussade et peu coopératif.» l’avait souvent prévenu Lord Damon.
Aujourd’hui, il comprenait combien l’enseignement dispensé se révélait précieux. Souriant pour lui même, il acheva vite son repas avant de se lever.

«Buvez, mangez, amusez vous. Demain les choses prendront un autre tour, je crains que Lord Arryn ne nous ai convoqué pour une morne nouvelle.»

«Bah...‘verra»

Amos...pragmatique. Il salua ses hommes d’un signe de tête et ceux ci se levèrent pour son départ.
Il quitta vite le réfectoire et son brouhaha pour retrouver la fraîcheur de la nuit du Val. Celle ci lui sembla presque accueillante après l'étouffante chaleur qui régnait à l’intérieur. Presque. D’un geste gracieux, il se drapa de la noire fourrure de loup qui l’avait accompagnée depuis Grand-Arc.
La peau du prédateur avait la faculté de conserver la chaleur et de préserver de la morsure du vent. Une bénédiction lors des froides nuits de la région.
A pas lent, alourdis par la fatigue, il regagna les baraquement alloués par le jeune Lord. Arrivé a destination, il héla un jeune garçon qui passait.

«Jeune.»

Le garçon stoppa net et se retourna. Brun de cheveux, les yeux bleus, des taches de son parcourait son visage encore poupin.

«Ser ?»

«Dit moi ou je peux trouver un baquet et de l’eau. Je veux retrouver odeur et figure humaine.»

«Ser Gilmore à fait déposer un baquet dans vos quartiers. Je vais faire en sorte qu’on le remplisse sitôt !»

Sur ce, il tourna les talons et partit en trombe pour disparaître dans le noir. «Empressé petit bonhomme» pensa le chevalier. «Un peu comme Kevan...». Il gagna l’intérieur du baraquement, modeste, mais propre. De gauche et de droite, deux rangés de paillasse pour les hommes, aux pieds de chacune un coffre sommaire ou ranger ses affaires. Au fond de la longère, une porte donnant sur une pièce a part. Ses quartiers probablement.
Au fait, il ne s’agissait que d’une pièce vide, d’une paillasse tout aussi sommaire que ceux de la pièce principale et d’un baquet disposé dans un coin.

«Mes quartiers !» railla t-il tout haut. Il fallait toutefois faire contre mauvaise fortune bon coeur, aussi entreprit il de se dévêtir de son armure. Les attaches résistèrent un peu mais cédèrent et c’est avec soulagement qu’il passa son haubert par dessus sa tête, faisant jouer ses épaules pour les soulager. L’odeur du musc, visiblement contenu jusque ici par l’acier de la cotte, lui agressa les narines. Il grimaça tout en s’attaquant aux lacets de son gilet de cuir. Ceci fait, il entreprit ôter sa tunique, devenue comme une seconde peau ces derniers jours. Une seconde plus tard, deux hommes frappaient à sa porte, les porteurs d’eau. Quelques minutes et il était dans son bain. L’eau chaude délassant ses muscles endoloris par des jours de chevauchées et de froid.
C’est la tiédeur presque froide de l’eau qui le tira de son quasi-sommeil. Il eu le plus grand mal a quitter le baquet, trouvant qu’une fois nu et mouillé, le baraquement n’était plus aussi bien isolé du froid.

A la hâte, il se vêtit d’une tunique propre en laine verte, de culottes de cuir brunes et de bottes montantes. Un gilet de peau plus loin et une fourrure négligemment jetée sur les épaules, il pourra la porte de son espace privé. Les hommes n’étaient toujours pas là. Fallait il aller les chercher ou devait il les laisser se détendre encore un peu ? c’est la deuxième option qu’il choisit finalement, prenant le parti d’une ballade à la fraîche. Il récupérerait ses ouailles au retour et tous iraient se couchés pour présenter un visage digne lors de l’audience du lendemain.

Le froid du dehors le vivifia et finit le tirer de sa torpeur. Une nuées d’étoiles constellait le ciel des Eyrié et illuminait la nuit. La lune était pleine, et elle aurait suffit à y voir clairement même en l’absence de flambeau.
Rendant quelques saluts de ci de là, il gagna le haut des remparts et contempla la nuit. Lord Arryn avait convoqué le ban. Cela signifiait-il un départ en guerre ? Dedrick ne craignait pas l’ennemi, il était chevalier et hardi de nature. Mais que deviendrait sa famille en son absence ? Lady Tyana aurait elle la poigne nécessaire à la tenu d’un château de la taille de Grand-Arc ? Mère serait-elle toujours en vie à son retour ? depuis la mort de son père alors qu’il était absent, sa hantise était de perdre son dernier parent sans avoir pu lui dire au revoir.

«Sombre pensée, sombre nuit...»

Murmura t-il en réponse au hurlement d’un loup dans le lointain.
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Message Mer 1 Fév 2012 - 4:06

« Nous sommes en retard Ser. » Dorian avait trotté jusqu’à l’avant de la file laissant Gorian, son fils, auprès de Noreen, dans l’espoir de faire accélérer l’allure à l’escorte de sa petite protégée, à cause de quelques imprévus lors du départ au matin, ils étaient loin d’être arrivés à la Porte Sanglante alors que le soleil déclinait dangereusement. Certes Noreen Ruthermont n’était que la fille d’un chevalier fieffé depuis peu, mais ce chevalier là, Ronan, était son maitre aussi bien que son ami et lui avait confié son bien le plus précieux pour ce voyage périlleux aussi comptait-il l’emmener à bon port en un seul morceau.
« Je le sais… » Ser Malcolm était un chevalier au service de la maison Hardyng, le plus fidèle et courageux de tous avait dit le beau père, tout aussi content que sa fille du départ de la petite, mais pour elle il était surtout ennuyeux et pas très rassurant. « Je n’y peux rien, le chariot ne peut pas aller plus vite… »
« Ne pouvons nous pas avancer avec la petite et laisser le chariot nous rattraper, à la Porte ? Je n’aime pas beaucoup l’idée de finir cette étape de nuit… Et puis… après tout nous sommes surtout là pour sa sécurité à elle ! »
« Je ne diviserais certainement pas mes forces, le mieux est d’avancer en silence et de rester groupé, croyez moi. Ce n’est pas la première fois que je fais ce voyage. Ce n’est pas pour rien que je suis le chef et que tu n’es qu’un subalterne ! »

Noreen était accompagnée d’une vingtaine d’hommes d’armes, d’un charretier qui menait le chariot à bœufs contenant les quelques robes de la gamine et de son unique suivante à savoir Septa Keriane qui ne cessait de lui répéter de bien se tenir, de se comporter comme une Dame, qui lui faisait la leçon chaque soir pour apprendre par cœur les blasons et la généalogie des grandes maisons du Val. Ce qu’elle pouvait regretter la présence rassurante et la douceur de Fiona, la gentille nourrice. Mais elle avait dû la laisser là où elle avait grandit tout comme son père, ses frères, sa sœur nouveau-née, son ami d’enfance Duncan, et même son poney gris pommelé, Embrun, à Penn Irin, petit village ridicule de la côté sud où elle avait connu une enfance des plus heureuse et libre. Tout lui manquait, la chasse, la mer, la plage, le vent et l’eau, sa famille, et elle n’avait même pas le droit de pleurer, oh cela ne l’empêchait pas de pleurer, mais elle le faisait en silence et en cachette.

Ser Ronan Ruthermont devait rallier lui aussi les Eyrié avec ses hommes dès qu’il aurait réunit tout le monde, rejoint Wickenden et retrouvé le gros des troupes de la côte sud avant de gagner la Porte de la Lune via les montagnes du même nom et la fameuse Porte Sanglante qu’on était sensé rejoindre le soir même. Comme cela risquait de prendre un peu de temps et que la place d’une jouvencelle n’était pas avec lui pour se faire, il avait décidé de l’envoyer à la citadelle des Arryn en avance, dès que la Dame du Val avait accepté sa venue à vrai dire. Et ce pour calmer la haine que lui vouait sa nouvelle femme, Maelle Hardyng que la jeune fille n’osait même pas haïr jusqu’à ce jour où son propre père lui avait ordonné de partir vers une nouvelle vie, un nouvel endroit dont elle ne connaissait rien, une sorte de cage dorée ou il n’y avait même pas d’arbre, l’inconnu, aussi effrayant qu’inhospitalier. Mais toute l’angoisse que la petite ressentait pour ce qu’elle allait rencontrer là bas n’était rien par rapport à la peur qu’elle avait depuis que la religieuse lui avait dit ce qui se cachait dans ses montagnes, des clans de barbares sanguinaires. Autant dans les plaines, champs et bois qui bordaient les premières hauteurs, la petite y trouvait son compte, animaux sauvages, vent marin, échassiers migrateurs, chemins confortables. Elle n’était certes plus chez elle mais elle ne se sentait pas encore trop dépaysée et le voyage bien que long et fatiguant avait le gout de la découverte et de la nouveauté. Mais là, depuis qu’ils avaient atteint l’étroit vallon qui menait au cœur du Val d’Arryn elle n’avait à voir que la dureté de la pierre et l’apparente stérilité de la montagne, ces pics découpés et les cris stridents des faucons et des aigles, les hurlements des loups, lui donnaient la chaire de poule. De plus, il faisait nettement plus froid et malgré le fait qu’elle ne quittait plus sa cape, elle frissonnait aux heures les plus froides et dès que le vent soufflait, elle avait hâte de pouvoir se réchauffer entre quatre murs solides et auprès d’un bon feu.

Petite, la rouquine avait l’habitude de passer des heures à cheval, chasser ou simplement se balader, à cru parfois, ce qui lui valait les réprimandes de sa Septa mais amusait beaucoup son père, elle avait une assiette sûre et la fesse durcie par des années d’équitation, même si sa pratique buissonnière ne ressemblait en rien à celle des chevaliers. Pour autant elle n’avait jamais fait un aussi long voyage et ça n’avait rien à voir, là, elle ne pouvait pas s’arrêter quand elle voulait, retourner chez elle et se réchauffer les pieds devant l’âtre de ce que certains s’échinaient à appeler la grande salle. En plus elle était en robe, quelle idée ! Heureusement elle était prévue à cet effet, mais elle n’était pas vraiment à l’aise ainsi affublée, une longue jupe de coton noir épais avec de multiples jupons. En haut, elle portait une chemise blanche sous un surcot aux manches ajustées noir brodé d’hermines de fil d’or sur les ourlets et lacé devant avec une longue cape à capuchon de coton noir orné d’hermines dorées. Et le tout sur un tout nouveau cheval, d’un magnifique alezan de feu, grand et puissant il était, Incandescent son nom, jeune et fougueux, elle avait l’impression d’avoir une bombe sous son séant, à peine pouvait-elle le contrôler et pourtant il lui obéissait comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Mais elle était éreintée et avait tous les muscles endoloris, elle n’avait qu’une envie, que cette journée interminable s’achève enfin et qu’elle puisse retrouver un lit douillet de laine et la chaleur d’un édredon de plumes. Mais Septa Keriane ne lui laissait aucun répit, lorsqu’elle s’affalait un peu en selle, elle la rappelait à l’ordre en lui disant de se tenir dignement, et elle obéissait car finalement, c’était une position inconfortable. Mais elle maudissait la vieille religieuse qui après seulement quelques jours de voyage avait prit place sur le chariot bien confortablement assise même si bringuebalée par les accidents du terrain, au moins pouvait-elle somnoler sans se retrouver par terre !

- Ne fais pas cette tête Noreen, je suis certaine que tu seras très bien aux Eyrié ! Finit par dire Gorian sur un ton enjoué pour sortir la jeune fille de son mutisme. Il était à peine plus âgé qu’elle et faisait partie de ceux avec qui elle avait beaucoup joué, mais depuis qu’il était un homme d’arme au service de son père, ils s’étaient petit à petit éloignés, cela dit, il restait dans cette escorte, ce qui se rapprochait le plus d’un ami, son père étant un protecteur hors norme mais trop vieux et respectueux pour plaisanter avec elle et s’émerveiller de la nature environnante et tous les autres étant des inconnus du ban Hardyng à qui elle aurait bien faussé compagnie si elle n’avait pas eut si peur.
- Oui peut-être… La rouquine haussa les épaules et répondit sans grand enthousiasme.
- Ne te rends tu pas compte que c’est une grande chance qui t’es donnée de séjourner dans la demeure des Arryn eux même ! Ce n’est pas avec ton air renfrogné que tu arriveras à quoi que se soit, Ser Ronan ne changera pas d’avis pour autant et tu finiras vieille fille si tu n’apprends pas à sourire et à te comporter en Dame. Répliqua Septa Keriane d’un ton abrupte et sans appel.
- Comment ? Cette allusion l’avait réveillée, mais elle ne comprenait pas bien de quoi parlait la religieuse, était-ce donc ça le but de cet exil ? Lui trouver un époux ? Elle se trouvait si jeune pour se marier et fonder une famille !
- Tu as très bien compris, ne joue pas les idiotes ! C’est le lot de toutes les jouvencelles que de trouver un époux et de lui obéir comme tu obéissais à ton père. Il n’a pas jugé utile de te promettre à qui que se soit, probablement à cause de ton comportement, d’ailleurs. Il ne pouvait décemment pas te présenter à un parti qu’il juge assez bien pour toi, il a toujours été beaucoup trop indulgent avec toi… La vieille femme voilée avait encore une fois parlé plus que sèchement et termina sa tirade par un soupire désolé.
- Je suis désolée. Noreen avait du trémolo dans la voix, elle sentait les larmes monter mais elle se refusait à en laisser couleur une seule. Tout ce qu’elle avait fait c’était de faire ce qui lui plaisait, trainer dans les champs et les bois, chevaucher dans al campagne, se baigner dans l’eau fraiche et salée. Effectivement elle souillait ses robes et revenait souvent avec les cheveux en bataille et parsemés de feuilles ou de sable, mais elle n’aimait pas coudre ni broder, elle n’aimait pas rester assise, elle aimait l’aventure et les histoires de chevaliers. Ce n’était pas de sa faute, elle était une enfant alors, elle serait une femme désormais, il lui fallait juste quelques temps pour s’habituer, quelques temps oui…
- Ne croies pas que parce que ton père t’adore qu’il te trouvera facilement un bon parti, n’oublies pas qu’il n’a aucune fortune. Quand à ton joli minois, c’est un détail, surtout quand tu boudes ! Elle avait raison, Ronan ne possédait pas grand-chose, quand à son soit disant joli minois, la rouquine n’avait jamais vraiment fait attention à ça.
- Je ne boude pas ! Je n’aime pas cet endroit, c’est tout… Répondit-elle, courroucée.
- Ne t’inquiètes pas, les clans des montagnes sont des sauvages, mais ils ne sont pas fous ! Nous sommes trop nombreux et trop bien armés pour qu’ils nous attaquent. Il n’avait pas tort sur ce point, elle n’y connaissait pas grand-chose, mais le groupe lui paressait très impressionnât à elle, et si les clans étaient bien des rustres, ils ne devaient pas s’attaquer à un groupe d’hommes en arme !
- Tu crois ? Demanda-t-elle d’une voix adoucie par la gentillesse de son ami tout autant que par le doute.
- J’en suis convaincu, et puis quand bien même, papa et moi on te protégera. Gorian paressait bien sûr de lui, mais c’était un tout jeune homme plein du courage des innocents.
- Oui, je sais, mais… Malgré toutes ses paroles rassurantes, la jeune fille avait peur à la fois pour elle et pour Gorian, Dorian et même Septa Keriane, et même les autres, elle trouvait ça idiot de risquer autant de vies rien que pour l’éloigner de son père, surtout alors même que celui-ci devait la rejoindre finalement.
- Moi j’ai progressé à l’épée et toi tu as bien progressé au tir à l’arc aussi ! Gorian ne doutait vraiment de rien, mais jusqu’ici, elle n’avait tiré que sur des animaux, que se soit avant quand elle chassait avec père, Duncan ou Dorian comme durant ce voyage quand ce dernier l’entrainait tout en essayant d’attraper un diner de viande fraiche.
- Oui ce voyage aura servit au moins à ça… Elle sourit timidement.
- Une femme ne devrait jamais porter d’armes… Bougonna la religieuse mettant fin à la conversation.

Noreen jeta un coup d’œil amusé à Gorian et prit le petit galop pour avancer vers la tête de la file et laisser la Septa à plusieurs dizaines de mètres en arrière, elle n’avait plus envie d’entendre ses réprimandes et ses brimades. Et puis un arc, une arme ? C’était un outil, un moyen de projection, inutile sans flèches, bien utile pour chasser, mais elle ne s’imaginait même pas qu’on puisse tuer quelqu’un avec ça…

Entre temps, le soleil avait largement passé les crêtes et les ombres grandissaient dans le relatif silence de l’avancée de la colonne, sans être soudaine, la nuit ne les prit pas moins en traitre, alors qu’on avait l’impression que le crépuscule était encore là pour un bon moment, rougeoyant sur le faîte des cimes derrière eux, les écarlates et les oranges chauds du couchant laissèrent place aux indigos et aux sables menaçants de la nuit. La rouquine fut parcoure d’un frisson et releva son capuchon pour se prémunir du froid grandissant, et ses entrailles se serrèrent à nouveau quand elle remarqua que Dorian était sur le qui-vive et d’avantage quand il mit une petite claque derrière la tête de son fils lorsque celui-ci voulut reprendre la conversation qu’ils avaient achevés un peu avant. Je ne veux pas mourir songea-t-elle, je suis trop jeune pour mourir, et puis je ne veux pas non plus qu’ils m’enlèvent, je veux revoir mon père, s’il vous plait, faites qu’ils n’attaquent pas. Mais les Dieux ne répondent pas toujours aux prières des enfants…

Elle ne remarqua rien, n’entendit rien venir et pourtant, comme un orage éclate, la petite colonne s’agita soudain comme un grand animal prit de spasmes, entendit une flèche siffler non loin, c’était Dorian qui venait de la décocher et elle put apercevoir dans la pénombre un corps qui tombait du haut d’un petit monticule de roche.

« Ils sont là, ils attaquent ! »

Noreen ne savait pas quoi faire, elle n’arrivait plus à réfléchir, elle avait seulement peur, son cheval même renâclait et frappait du pied par terre sans qu’elle puisse réagir, les archers avaient déjà décoché plusieurs flèches, mais la plupart des tirs arrivaient dans l’ombre sans qu’on puisse savoir s’ils avaient atteint leur cible ou non, sans même qu’on puisse être sûr qu’il y avait une cible à atteindre d’ailleurs. Peut-être finalement que le silence dans lequel on avait progressé les avaient desservis, faisant paraître le groupe moins important qu’il ne l’était ou peut-être étaient ils assez nombreux ou assez fous pour attaquer tout de même, tout ça pour quelques armes, de bons chevaux, une chanceuse pas si chanceuse que ça, deux bœufs et des robes. Un cor retentit, était-ce celui de Ser Malcolm ou des assaillants ? Elle n’aurait su le dire. Un loup y répondit au loin…

« Torches ! Allumez les flèches ! »

Elle sentit qu’on lui attrapait la manche, à son grand soulagement, c’était Gorian qui lui donnait un arc et un carquois remplis de flèche en lui parlant, elle mit quelques instants à comprendre…

« Papa dit de partir tous les deux avant qu’ils puissent nous repérer, suis moi ! »

Sans même s’en rendre compte elle avait passé le carquois et l’arc sur son épaule, elle prit ses rênes et suivit le jeune homme en dehors du groupe ou des troches commençaient à s’allumer et suivit un chemin baigné par l’obscurité au pas. A côté du boucan qui régnait dans l’escorte, les cris se faisant entendre par-dessus les ordres hurlés par l’unique chevalier de la colonne, ils étaient silencieux, et dès qu’ils se furent assez éloignés, ils prirent le galop et forcèrent l’allure, mais combien de lieues restait-il à parcourir avant de trouver la sécurité de la Porte Sanglante ? Peu, si non Dorian n’aurait pas prit le risque, mais cela parut des milliers à la jeune fille morte de peur. Derrière eux, ils entendirent des chevaux, Gorian lâcha les rênes un instant le temps d’encocher une flèche et de la tirer. Noreen n’osait pas lâcher son cheval ni même se retourner, mais lorsque son ami faillit être désarçonné par une flèche qui l’avait frôlé au bras, elle se décida enfin à trouver un peu de courage. Elle attrapa l’arc et une flèche d’une main, passa la corde par-dessus sa tête pour dégager ce qui finalement allait devoir devenir une arme si elle voulait rester entière, encocha lâcha ses guides et se retourna pour tirer. Elle n’avait pas visé, elle avait à peine regardé à vrai dire. Idiote que je suis, ça n’est plus un jeu ! Elle se remit droite en selle et voyant qu’elle était toujours sur la bonne trajectoire, elle inspira profondément, reprit une flèche, se retourna débout sur ses étriller, encocha de nouveau, se concentra sur les enseignements de Dorian, ajusta son tir et toucha. Elle recommença, hélas, le tir à cheval était un art qu’on ne maitrise pas en une nuit et elle ne toucha pas plus, mais alors qu’ils gagnaient du terrain, ils firent soudain demi tour, en se rasseyant dans le sens de la marche elle comprit pourquoi, ils étaient tout proches d’une imposante forteresse de roc dont on apprécierait les lumières aux fenêtres et aux remparts.

« Ouvrez ! Ouvrez les portes ! »

Gorian porta un cor à ses lèvres et souffla, mais il avait été touché et avait toutes les peines du monde à faire émettre un son correcte à la corne cerclée de fer. Pourtant, les portes s’ouvrirent, même si se fut sur des gardes qui les tenaient en joue. Elle arrêta brutalement Incandescent qui se pointa légèrement sous la violence des ses mains, les torches allumées sur les remparts et dans la cour jouaient avec les roux de la robe du puissant étalon et des cheveux de la jeune fille

« Aidez nous ! Aidez-le… Je vous en supplie… Nous avons été attaqués… Ils sont toujours là bas… Penn Irin… Ser Malcolm… Flèche… »

Ça avait bien commencé mais à mesure qu’elle essayait d’expliquer la situation, tout lui revenait en tête et ne fut bientôt plus capable de dire quoi que se soit, ni même bientôt de penser de manière rationnelle. Gorian était blessé, Dorian était en danger, Septa Keriane allait être tuée, ce voyage était une catastrophe… Elle sentit tout l’effroi qui l’avait quittée grâce à la concentration dont elle avait dû faire preuve la submerger à nouveau, ses mains se mirent à trembler et elle n’arrivait plus à respirer, haletante, elle essaya de rester à cheval, mais elle ne sentait plus rien, sa vision se brouillait, et elle perdit conscience et commença à tomber…
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Message Sam 4 Fév 2012 - 21:57

« Ouvrez ! Ouvrez les portes ! »

Le cri fit bondir le chevalier comme s’il avait reçu le fouet.

« Aidez nous ! Aidez-le… Je vous en supplie… Nous avons été attaqués… Ils sont toujours là bas… Penn Irin… Ser Malcolm… Flèche… »

C’est a toute vitesse que les choses s’imbriquèrent dans son esprit. Le Val, la nuit, une attaque...les clans. Ce qu’il avait de redouté pour lui même durant son voyage était arrivé à d’autres. Dévalant les marches quatre à quatre il beugla aussi fort qu’il pu «GARDES ! AUX ARMES, AUX ARMES !»

Aussitôt le mur fut en ébullition et tandis que dans la cour apparaissait les têtes de quelques curieux, la cloche d’alarme retentit sur les murs de pierre de la Porte Sanglante. En un éclair le jeune homme fut en bas de l'escalier de pierre du mur d’enceinte, une main sur le pommeau de l’épée, un geste rassurant.

«Ouvrez cette foutue porte garde !» gronda t-il a l’intention de l’homme en faction. Ce dernier s'exécuta prestement tandis que Dedrick sortait, se saisissant de la bride du cheval des deux rescapés.

«Là...tout doux...»

Dans son dos une batterie d’hommes d’armes épaulaient leurs arbalètes.

«Dans les bois...notre convoi...a une demi lieu a l’est» murmura le garçon. Ses yeux prenaient le vague tandis qu’il tanguait sur sa selle, mal assuré. La fille s’était affalée sur son épaule et ses paupières étaient closes. Le chevalier la saisie par la taille pour la faire descendre de cheval, un bras derrière son dos, l’autre sous la pliure de ses genoux.

«Aidez le garçons. Amenez moi mon cheval. Que les hommes prennent les armes.»

Avec douceur il déposa la jeune femme inconsciente dans les bras d’un guerrier qui se portait a sa hauteur tandis qu’un autre apportait son cheval par la bride, visiblement toujours sellé. Pas de plan, pas d’armure, pas de certitudes...C’est un coeur inquiet qui battait dans sa poitrine. Oh bien sur il avait déjà jouté, combattu à pied dans la mêlée lors de tournois, mais toujours jusqu’au premier sang. Jamais il n’avait donné la mort.
Derrière lui une petite colonne de gardes à cheval s’était massée, attendant visiblement que les ordres émanent de lui. Etait il capable de mener une troupe a la bataille ? il avait l’habitude d’exercer un commandement, mais la différence était nette entre le fait de manoeuvrer une troupe à l’exercice et de la mener à la bataille. Un pied dans l’étrier il inspira, puis souffla. Dans un mouvement souple et gracieux il se hissa sur la bête. Son contact sous lui le rassura.

«En avant.»

La troupe se mit en branle comme un seul homme, d’abord a allure modérée, puis au galop dans la direction donnée par le jeune homme.
Qu’allaient ils trouver la bas ? une dizaine d’hommes ? une vingtaine ? plus ? l’angoisse lui laissait une bile amère en bouche. N’aurait il pas du attendre l’arrivée d’un chevalier d'expérience pour prendre la tête ? Le bruit des sabots devenait entêtant, bourdonnant dans ses tempes tandis que s’approchaient les feux du combat.
Qui étaient ce ? les clans n’oseraient jamais s’approcher si près de la Porte. Quel Banneret pouvait être assez fou pour se soulever ? Et s’il s’agissait des Fer-nés ? impossible, aucun groupe n’auraient pus s’enfoncer si profondément dans le Val sans être repéré. Plus qu’une minute pensa t-il tandis que retentissait la clameur d’un combat droit devant.
Derrière lui le bruit de l’acier qu’on sort du fourreau l’enjoignit a imiter ses hommes. Gourds, ses doigts peinèrent à extirper la lame de l’étui. Sa poigne se resserra autour du pommeau tandis que sa monture avalait les dernières distances. Il distinguait à présent ce qui se dressait devant eux. Une caravane de voyageurs attaquée par des pillards. Ca et la des flèches enflammées et des débuts de foyers d’incendie éclairaient la scène. Ses mains étaient moites et son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine. Serait il a la hauteur ? allait il mourir ce soir ? dans ce bois, par cette nuit noire ? qui se souviendrait de son nom alors ? il ne serait qu’un obscur petit chevalier provinciale mort, tué par des sauvages du Val. Le temps lui sembla ralentir alors qu’il aperçu un sauvage tout en fourrure et en poils se dresser sur sa route, a quelques mètres de son cheval, devant lui. Ce dernier était tout à son massacre et n’avait pas l’oeil sur l’arrivée des renforts dans son dos, le bruit de leurs cavalcades étouffé par les hurlements de mort.
Devait il le tuer alors qu’il ne regardait pas ? était la une noble tâche ? un chevalier ne se devait il pas a un minimum d’honneur ?

Stop. Sur l’instant, son esprit cessa net. Sur l’ordre de son coeur, son bras se leva et sa poitrine rugit.

«GRAND-ARC ! A MORT !»

«A MORT !» répondit l’écho des hommes dans son dos. Le barbare tourna casaque et contempla bouche bée la contre attaque du Val. L’épée de Dedrick lui fendit le crâne jusque entre les deux yeux alors que son cheval passait à sa hauteur. La résistance de l’os ajouté à la vitesse de sa monture répercuta l’onde de choc dans tout son bras, manquant de lui faire lâcher prise.
Roncier continua sa route, percutant un ennemi et le foulant des sabots. Tout autour, le feu et la mort. Le chevalier tailla de gauche, tranchant dans le visage d’un guerrier qui tentait de lui saisir la bride. Roncier se cabra et un bref instant le jeune homme eu un aperçu de l’étendu des combats. Des corps et des corps...

«MEURS !»

L’épieu manque de peu le poitrail de Roncier chuta lourdement sur le flanc. Dedrick roula sur le coté et évita d’être pris sous le poids du cheval. A peine un genou a terre que l’ennemi était sur lui. La lame en acier château dévia sans mal l’estocade dans un geste réflexe. Debout, le chevalier tailla de gauche, puis de droite avant de pivoter, faisant un tour sur lui même et se fendant. La pointe de l’épée trouva la gorge du sauvage, juste sous le menton et y pénétra dans un affreux bruit de succion. Une seconde plus tard un mort de plus jonchait la poussière de la route.
Le souffle court, Dedrick regarda alentours. Le combat battait son plein, et s’il croyait trouvé une caravane sans défense en arrivant sur les lieux, il se rendit compte que la situation n’était pas désespérée. Des hommes en armes se battaient avec acharnement et ils étaient au moins aussi nombreux que les assaillants. Depuis quand les clans étaient ils si téméraires ?

«Pitié non ! Par les Sept !»

Un gémissement mêlé de sanglots le tira de sa rêverie. A quelques mètres, aux abords d’un chariot en flamme, un homme se tenait debout devant une femme, une septa, gisante sur le sol. Son visage était tuméfié, elle avait été battue, et Dedrick comprit aussitôt pourquoi alors qu’il vît le sauvage commencer a se défroquer. Une haine sourde et viscérale gronda en lui, emplissant sa bouche du gout métallique du sang. L’homme lui tournait le dos.

«Gagne une bataille en faisant le nécessaire, pas l'honorable.» lui avait dit Lord Damon. Son épée s’abattit accompagnée d’un cri bestiale. Un coup assené des deux mains, tranchant net la chair, de l’épaule jusqu'à la cage thoracique. Il entendit les os craqués comme du bois sec et l’odeur du sang lui emplit immédiatement les narines tandis que le corps s’affalait sur la terre en soulevant un nuage de poussière. Il enjamba le cadavre et s’approcha de la femme plus brusquement qu’il ne l’aurait voulu. cette dernière hurla tout en se recroquevillant sur elle même. Il fut frappé de plein fouet. N’était il pas son sauveur ?

«Cachez vous.»

Il tourna les talons et rejoignit la mêlée. Arrivant à toute allure dans le dos d’un guerrier des bois, il le percuta de l’épaule, lançant tout son poid dans la manoeuvre. Ce dernier chut lourdement au sol tandis que l’homme qui lui faisait face lui passait son épée au travers du corps, entre les omoplates. Il gratifia le chevalier d’un signe de tête et disparu, une ombre parmi les autres.
Il ne vit pas le coup venir. La lame lui mordit le bas du dos, juste au dessus de la hanche. Un cri lui échappa tandis qu’il roulait en avant, mi propulsé par le coup, mi par réflexe. Il sentit le sang, son sang, lui couler le long de la jambe tandis qu’une douleur lancinante lui vrillait le bas du dos.
Prenant appui un court instant sur son épée, il se remit sur pieds, faisant face à son assaillant. C’était une montagne, plus grand que lui d’une bonne tête, beaucoup plus lourd aussi. Il portait long la barbe et ses yeux de glace lorgnait sur le chevalier avec un éclat de mort. Dans une main une hache de bataille, dans l’autre un poignard droit. Celui-ci goutait du sang de Dedrick. Dans un cri quasi bestial, le sauvage se rua à l’assaut. Lourd, il abattit la main tenant la hache en direction de la tête de son adversaire, comme s’il comptait fendre une buche.
D’un geste Dedrick dévia le cou. La force manqua de le faire tomber. Cet homme était une véritable brute. Son salut aurait résider dans sa mobilité, si elle n’avait été réduite par sa blessure...

Je suis perdu...

Bravement, il se remit en garde. Il se battrait jusqu’au bout. Taillant de gauche, il tenta de porter un coup à la montagne à hauteur de poitrine. Plus leste qu’il ne l’imaginait, ce dernier se mit hors de portée d’un petit bond en arrière avant de se mettre a tourner autour du chevalier. Il sentait le sang couler, et le froid l’envahir malgré la chaleur des brasiers. Il dévia de façon mal aisée un coup d’estoc du poignard avant d’esquiver une coup de hache en se baissant. Aussitôt il remisa d’une botte en avant, espérant fouailler les entrailles du barbare, ce dernier abattit sa hache sur la lame du chevalier, lui arrachant des mains, avant de l’envoyer rouler dans la poussière d’un coup de pied en plein thorax. Le coup fut rude, la chute également. Sa tête heurta le sol et elle se mit a bourdonner tandis que délaissant ses armes la brute se penchait sur lui, saisissant son cou de ses deux énormes battoirs.
La pression manque de lui défoncer le larynx. Un voile flou recouvrit ses yeux et le souffle vint à lui manquer. Son dos le faisait souffrir le martyr et ses membres lui semblait être intégralement vidés et bourrés de ouate malléable. Il n’était plus qu’une poupée de chiffon. L’autre lui volait sa vie, il l’étranglait.

Comme un poulet.

Le voile se dissipa net. Jamais Veneur n’était mort comme une bête de ferme. Affolée, ses mains cherchèrent une prise alentours et fouillant la poussière, ses doigts se refermèrent sur la hampe d’une flèche. De toute sa force il en enfonça deux doigts dans la jugulaire du barbu, la ressortant ensuite avant de l’y plonger à nouveau, encore et encore, tandis que se desserrait l’étau autour de sa propre gorge. L’air revint, le sang gicla et se déversa à gros flot sur son visage, emplissant sa bouche de fer, poissant ses cheveux. L’autre se laissa choir lourdement, l’écrasant de son poids tandis qu’il lâchait un râle d’agonie semblable à celui d’un ours en train de crever.
Les étoiles brillaient au dessus de lui, et alors que son esprit s’égarait, le sol se mit à trembler. Les chevaliers de la Porte pensa t-il avant de perdre connaissance.
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Message Dim 5 Fév 2012 - 22:05

Les assaillants étaient bien plus nombreux que les gardes, lorsque cinq d’entre eux avaient pris en chasse la rouquine et son ami, mais les hommes de l’escorte de Noreen avaient fait du dégât, ils n’étaient certes pas des chevaliers, simplement des hommes d’armes à part Ser Malcolm qui s’était retiré tant bien que mal derrière ses lignes. Dorian avait laissé son cheval, il était plus à l’aise à pied finalement, et il décochait trait sur trait tout en priant les sept pour que son fils et la fille de son maitre et ami arrivent à la Porte Sanglante sans dommage. Si elle se faisait attraper, l’étranger seul pouvait savoir ce qu’ils lui feraient, et si Gorian se battrait jusqu’à la mort pour la protéger, il ne ferait pas le poids bien longtemps une fois ses flèches épuisées. Et ce fut bientôt le cas pour lui, il laissa alors son arc pour sa hachette et commença à se battre au corps à corps avec toute la rage dont il pouvait faire preuve. L’unique chevalier qui aurait peut-être pu faire la différence ne bougea pas plus que lorsqu’on avait mit le feu au chariot, ses hommes se faisaient tuer et lui il restait là comme un pleutre, à cheval, à l’écart du combat, les autres devaient être trop absorbés par la batille pour le remarquer, probablement, en tout cas il ne fut pas inquiété un instant.

Ils devaient être fous ou affamés pour s’attaquer à un groupe aussi bien armé, que pensaient-ils trouver dans le chariot, de l’or ? Il est vrai qu’une telle escorte aurait pu être due à un convoi très spécial, d’or ou toute autre chose d’inestimable, si tant est qu’on ne remarquait pas la gamine et la septa, on pouvait se poser la question, mais cette attaque était tout de même étrange. Mais en réalité, il n’y avait que quelques robes de facture tout à fait moyenne, pas de quoi fouetter un chat et certainement pas de quoi s’entretuer, et pourtant, ils s’acharnaient comme si leur vie en dépendait, alors qu’en fait tout ce qu’ils trouveraient c’était la mort. Ils étaient cependant à deux doigts de prendre la fuite quand revinrent quatre des cavaliers qui étaient passé si près de récupérer Noreen et son cheval, restait à savoir ce qu’il voulait, la jouvencelle ou son précieux coursier. En effet les chevaux étaient rares pour eux et un atout important pour leurs attaques d’ailleurs les poursuivants étaient pour la plupart à pieds en arrivant, ils n’avaient fait que récupérer les montures de leurs victimes pour pouvoir prendre de vitesse la petite et l’archer, Incandescent étant un cheval très rapide et la bête que montait Gorian ayant tout donné dans cette fuite. L’un d’entre eux hurla, ordonnant de tout faire pour venger la mort d’un mystérieux Rork, de tuer tous les hommes et de prendre les chevaux. Quand ils se rendirent compte que la voiture ne contenait rien d’intéressant, ils l’incendièrent et tentèrent de se payer en nature avec la pauvre vieille religieuse qui n’avait rien demandée.
Heureusement se fut à peu près à ce moment là que Dedrick et les hommes du Val arrivèrent, donnant un nouvel espoir à la troupe qui s’était elle aussi amenuisée. Alors seulement, Ser Malcolm se jeta dans la bagarre, mais sans grande conviction pour autant, il traversait le terrain au grand galop et quand il pouvait taillait un ou deux hommes, mais si cela s’avérait trop dangereux, il préférait s’arrêter et faire demi tour ou dévier sa route pour éviter un mauvais coup de lance. Pourtant les Hardyng avaient assurés Ronan Ruthermont qu’il était un preux, le meilleur homme pour commander la colonne chargée de protéger sa fille jusqu’aux Eyrié, et ce dernier les avait cru sur parole.

Pendant que les hommes se battaient et mourraient les uns après les autres sur cette maudite route enclavée, derrière les solides murailles de la Porte Sanglante qui n’avait jamais aussi bien porté son nom, Noreen reprenaient connaissance tout comme Gorian. Elle avait été déposée dans une chambre de la forteresse, et pourtant lorsqu’elle comprit qu’elle était dans un lit, elle se demanda ce qu’elle faisait là, elle crut être de retour chez elle à Penn Irin avant que tout lui revienne en mémoire comme une forte claque. Elle ouvrit alors les yeux en grand et se redressa brusquement, une servante la veillait, elle lui demanda si Dorian et Ser Malcolm étaient de retour et si Gorian était tiré d’affaire, mais tout ce que la femme répondit fut « calmez vous, il faut que vous restiez allongée ». Jamais de la vie ! Elle ne resterait pas allongée tant qu’elle ne saurait pas où étaient ses amis et s’ils allaient bien ! Elle se leva malgré les désapprobations de la jeune femme, elle la bouscula alors qu’elle essayait de l’attraper pour la remettre au lit, elle ouvrit la porte à la volée et courut quelques instants avant de croiser quelqu’un qui veuille bien la renseigner. Gorian était en train de se faire soigner, des hommes du Val étaient partis pour aider son escorte sous les ordres de Ser Dedrick Veneur et ensuite les gardes des Royce les avaient rejoints mais pour le moment aucun n’était pas revenu. Elle courut aux remparts après s’être assuré que son ami allait bien, l’épaule bandée, il semblait en forme mais il préféra rester allongé veillé par une jolie brune que de la suivre sur le chemin de ronde.

Noreen essaya de rassembler ses souvenirs. Elle avait nettement entendu un homme crier aux armes, elle avait vu les portes s’ouvrir, elle avait vaguement aperçu l’agitation gagner la cour, elle avait sentit son cheval s’énerver, mais dès alors elle ne contrôlait plus rien et ne comprenait plus grand-chose à peine capable d’articuler quelques mots. Elle se souvenait d’un visage flou en face du sien, et d’une main saisissant la bride du puissant alezan et une voix rassurant le cheval qui cessa de piaffer et sa cavalière qui dès alors se vit plonger sans frayeur dans un monde étrange où les mots ne ressemblaient plus à des mots et où tout les bruits lui parvenaient comme s’ils venaient de très loin, elle avait bien senti des mains la saisir doucement pour la faire descendre de cheval et la porter, et puis après plus rien…

« Tu devrais pas rester là petite. » Dit un garde en ronde
« Où est mon arc ? » Répondit Noreen sans même relever ce qu’il venait de dire ni le regarda amusé qu’il lui jeta.
« Quel arc ? » Il riait doucement, mais elle n’avait pas l’intention de se laisser moquer et encore moins de se laisser prendre pour une enfant.
« J’avais un arc en arrivant, j’ai même tiré sur ses foutus sauvages ! » Répliqua-t-elle sur un ton sec en se redressant le plus possible et en prenant un air fier et assuré, il n’empêche qu’il la dépassait de deux bonnes têtes.
« J’en sais rien petite. » Répondit il en lui montrant le chemin de l’escalier et en la prenant par l’épaule pour l’enjoindre de faire demi tour et l’y conduire
« Ne m’appelez pas petite ! Je ne suis plus une enfant ! » Riposta-t-elle assez fort pour que le son se répercute sur les murs de pierre, elle s’esquiva de la prise de l’homme et se campa sur ses jambes, croisant les bras et le regardant droit dans les yeux d’un air sévère qui ne lui allait pas vraiment.

En fait si, Noreen était une enfant, tendre et douce enfant mais enfant hors d’elle, avec le souvenir de son échec et le gout des représailles, plus énervée qu’angoissée bien qu’elle s’inquiétait énormément du sort de ceux qui étaient restés et de ceux qui étaient partis pour les aider. Maintenant qu’elle avait oublié la peur, elle brûlait de faire mieux que ce qu’elle avait fait en fuyant, elle s’en voulait tellement, des hommes allaient mourir à cause d’elle, à cause de ce maudit voyage, à cause de cette maudite Maëlle. Elle ne pouvait pas l’accepter sans rien faire, et pourtant elle n’avait pas le choix, elle resta donc plantée là essayant de percer l’obscurité en plissant les yeux pour voir si quelqu’un approchait et le garde qui lui avait dit de partir secoua la tête et reprit sa ronde comme si de rien n’était. Parfois elle faisait les cent pas, parfois elle fermait les yeux pour prier le guerrier, son cœur refusait de se calmer et elle serrait les dents pour ne pas pleurer, elle ne devait pas perdre espoir, elle devait rester forte, pour ceux qui se battaient pour elle, elle devait être sage, même si elle avait envie de reprendre son cheval pour aller les aider, elle savait que se serait un risque inutile qui mettrait en péril tous les efforts de Dorian Gorian et de ce fameux Dedrick. Elle n’avait plus peur pour elle mais pour eux tous, et c’était encore pire car elle ne pouvait pas les secourir, elle n’était pas assez forte, elle ne pouvait rien faire, rien d’autre que d’attendre et d’espérer. Le vent jouait avec ses mèches folles et le tissu de sa robe, dans la précipitation, elle n’avait pas pris de cape et elle commençait à avoir froid…

« Ouvrez les portes ! »

La jouvencelle venait d’apercevoir dans l’ombre une troupe d’hommes à cheval, certains à pieds suivaient en et beaucoup avec un cheval en main et un ou deux blessés posé sur son dos. Evidement son ordre ne fut suivi que lorsque les gardes se furent assurer qu’il s’agissait bien des hommes du Val, mais finalement les portes s’ouvrirent pour laisser passer les hommes qui revenaient, surtout des blessés, les gardes des Royce ayant prit en chasse les barbares qui avaient fuit dans les montagnes. Elle descendit les escaliers quatre à quatre et remercia les Dieux en voyant que Dorian était debout, elle se précipita vers lui et vit qu’il avait été légèrement touché à la jambe, voyant la crainte dans son regard, il la rassura aussitôt et s’enquit du sort de son fils. Elle le renseigna et il lui dit de faire son devoir avant de se diriger vers la forteresse en boitant un peu pour rejoindre son fils. Mon devoir… Ser Dedrick ! Elle demanda à l’un des hommes lequel était Ser Dedrick Veneur son sauveur et il lui montra un cheval avec sur le dos un homme inconscient, elle prit le cheval par la bride et appela pour qu’on l’emmène au chaud et qu’on le soigne au plus vite, ce qui fut fait. Mais alors qu’elle était maintenant inutile dans se méli-mélo d’hommes blessés et morts, elle tourna sur elle-même et vit combien étaient tombés pour la protéger elle, pour la lubie de Maëlle. Cela ressemblait à la fin du monde, une scène apocalyptique, elle reconnut certains des hommes de son escorte, et sentit des larmes sur ses joues, contre toute attente, elle se refusa à hurler ou à sangloter, à tomber à genoux dans la boue. Non, elle devait tenir son rang, si petit soit-il, mais pourtant si elle s’était écouté, elle aurait fait tout ça, ses jambes la tenaient à peine debout, elle avait envie de vomir à force de voir les blessures béantes et les morts.

C’est alors qu’elle vit, juste là, devant elle, comme une révélation, Septa Keriane, boursouflée par les coups et à peine consciente. Elle sentit des larmes sur ses joues alors qu’elle ne savait pas comment toucher son visage tuméfié tout en essayant de lui parler sans obtenir de réponse autre que des gémissements. Un garde prit la religieuse dans ses bras pour la porter à la forteresse, en lui disant de ne pas s’inquiéter, qu’elle allait être bien soignée. Presque tous avaient déjà été portés dans le château pour être soigné, cela n’avait duré que quelques minutes, mais elles lui avaient parût des heures, les palefreniers s’occupaient des chevaux et la cour se vidait, elle restait au milieu, le souffle coupé par la catastrophe dont elle avait été témoin. Tous ce sang, tous ses soldats qui avaient combattus pour la dernière fois, comment cela avait-il pu se produire, pourquoi les sauvages des clans n’étaient pas partis tout de suite après avoir remarqué qu’ils ne faisaient pas le poids et qu’il n’y avait rien d’intéressant à voler ? Elle se reprit après quelques instants et rentra dans la citadelle pour demander à veiller Dedrick, après tout, grâce à son intervention rapide, la religieuse et Dorian s’en étaient sortis plus ou moins vivants, il méritait donc tous ses égards.

Elle s’assit à côté de lit, il dormait, le mestre lui dit de l’appeler s’il se réveillait et de le tenir au chaud, il l’avait pansé et soigné, et probablement donné un peu de vin songe ou de lait de pavot. Le lit était de laine et sur un guéridon placé non loin, il y avait une cruche remplie d’eau et un verre, le feu brulait fort dans l’âtre chauffant l’atmosphère. Noreen avait séché ses larmes et attendit patiemment tout en l’observant, c’était lui, l’homme qu’elle avait aperçut dans sa vison floue lors de son arrivée, elle le reconnaissait maintenant. Elle balaya une mèche de cheveux qui couvrait son front et se rendit compte qu’il était gelé, elle remonta les couvertures pour qu’il n’ait pas froid et demanda un bouillotte qui lui fut rapidement apportée. Elle reprit son attente angoissée et pria les Sept à voix basse au moins un millier de fois pour qu’ils sauvent sa vie et celle de la Septa, elle loua son courage et défendit sa cause après du père et même de l’étranger. Il ne pouvait pas mourir, il l’avait sauvée ! Elle se levait parfois pour attiser le feu ou remettre une bûche, elle touchait les mains du jeune homme pour vérifier qu’il avait bien chaud, et puis elle se remettait à murmurer toutes les prières qu’elle connaissait et même d’autres qu’elle inventait, implorer les Dieux et veiller sur lui était bien tout ce qu’elle pouvait faire…

Au bout de quelques heures, il bougea légèrement, elle lui prit la main et lui parla doucement. « Ser Dedrick, tout va bien, le Mestre vous a soigné, voulez vous que je l’appelle ? »


Dernière édition par Noreen Ruthermont le Lun 20 Fév 2012 - 3:31, édité 1 fois
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Message Jeu 9 Fév 2012 - 18:34

«Tu perd ton temps Dedrick.»

Le souffle revint, en une bouffée puissante et irrationnelle, comme un noyé émergeant. Le froid lui gelait les yeux et s’infiltrait par son col jusque sous ses vêtement, le laissant grelottant sur un dallage de pierres gelées.
Il se trouvait dans un hall immense, la salle commune d’un chateau, conclu t-il après avoir vu les tables renversées et les tentures déchirées qui pendaient aux murs. Il s’agissait plutôt des restes d’une salle commune à vrai dire. Des éboulis de pierre gisait ça et la, des statues trônaient probablement fière jadis, aujourd’hui décapitées.
La salle était vide de tout occupant et nul âtre ne venait l’éclairé ou la réchauffer. Le gel et la neige régnait en maître sur ce royaume fantôme et seul la clarté lunaire qui filtrait au travers de la toiture effondrée l’éclairait d’une pâleur cadavérique. Tout ici transpirait le froid, la mort et la désolation.
Le poing du chevalier se serra sur la garde de son épée, comme pour se rassurer.

«Crois tu qu’une quelconque lame puisse te prémunir Dedrick ?»

Encore cette voix. Grave, caverneuse et sinistre, elle vous transperçait comme une flèche et semblait venir de toutes parts.

«Montrez vous !» Ordonna le jeune homme tandis qu’il dégaine. Il sentit ses jambes devenir molles et ses mains moites. La peur.

«Tu as raison de te chier dessus faquin. Attention à ne pas tremper tes chausses, tes burnes gèlerais sur place ici.»

«J’ai dis montrez vous !» Hurla t-il cette fois. A présente la transpiration collait ses mèches brun-roux et son souffle s’accélérait.

«A ta guise» répondit la voix.

Sortant des ténèbres lui faisant face la vision avait tout du cauchemar. Un corps blafard et disloqué s’avançait en trainant une jambe, un bras replié sur la poitrine semblait malingre et malfait, les doigts crispés sur eux même comme la serre d’un oiseau de proie. Il était nu a l’exception d’un pagne en lambeau qui ne cachait qu’a demi son intimité. Une longue chevelure fileuse et crasse répandait son ombre noire sur un visage maigre à en mourir et se mêlait à une barbe broussailleuse qui couvrait ses joues caves. De tout cela ne ressortait que deux lèvres exsangue et diaphanes, comme celle d’un noyé. Les yeux étaient laiteux et semblaient aveugles, pourtant il étaient rivés sur lui.
Alors qu’il reconnaissait cette parodie d’homme, son coeur se serra dans sa poitrine.

«Cela ne se peut...»

«Mais cela est.» répondit la chose tout en s’arrêtant à quelques pas de lui. «C’est moi, Garett.»

Tout se bousculait dans la tête du chevalier.

«Cela ne se peut, tu es mort. La maladie t’as emporté, j’étais là et j’ai tout vu. J’ai baisé ton front et j’ai recouvert ton corps de terre, tu es mort Garett, cela ne se...»

«...ne se peut tu l’as déjà dis. Alors, voici ma question. Suis je réel ou pas ? et cet endroit ?»

Comment était il arrivé la ? pour quelles raisons ? quel était cet endroit ? il ne pouvait répondre à aucune de ces questions, aussi la réponse a celle de Garett était évidente.

«C’est faux. Tu es mort, et endroit n’existe pas et moi je suis fou.»

«Fou ? ah ! si ce n’était que ça ! tu es lâche en premier lieu !»

Dedrick s’étrangla «Moi lâche ?!»

«Ma foi il n’y a que nous deux ici» Lâcha Garett, un demi-sourire flottant sur ses lèvres, révélant des dents noirâtres et pourrissantes. Un index accusateur tendu sur son frère, il poursuivit sa diatribe.

«Tu vis dans mon château, tu mange mon pain et quoi hum ? tu baise peut être aussi ma veuve»

«La ferme Garett.» la peur n’était plus, seul la colère. Garett n’aurait jamais parler comme ça.

«Tu perd ton temps petit frère. Père est mort et tu n’as même pas daigné quitter tes précieux Lannister pour te rendre à son chevet. Toute cette acquisition de talent...tout ça pourquoi Dedrick de la maison Veneur ? répond moi»

«Pour devenir cheva...»

«Tu n’as rien d’un chevalier.» trancha net le fantôme «Tu es un parasite. Tu vivote aux crochets des autres et joue les seigneurs dans une demeure qui se passerait bien de toi. Crois tu que Tyana a besoin d’un homme de plus pour la protéger ? crois tu que mes enfants aient besoin d’un père de substitution ? Non Dedrick.»

Quelques pas l’approchèrent, et le fantôme se trouvait à présent juste face à son visage.

«C’est facile pour toi, tout est trop facile, toujours. Tu es devenu chevalier, tu cours les tournois, et quand tu daigne rentré, c’est pour prétendre à une place qui n’est pas la tienne. Tu es chevalier par le titre, mais tu n’as rien accomplis. La guerre embrase des provinces voisines et toi tu tire le daim.»

Les mâchoires crispées, aucun son ne dépassait les lèvres du chevalier.

«Ca commence a faire son chemin, hein petit frère ?»

«LA FERME !»

Le cri se répercuta contre les voutes et les arcs de la salle déserte. Quelques pas en arrière et les ténèbres recouvrirent à nouveau le corps sans vie de Garett.

«Va. Va petit nobliau, tire donc le daim, ça au moins tu sais le faire.»

Un grondement, le sol se mit à trembler et une vague immense envahit la salle, le balayant de plein fouet. L’eau et le sel envahirent sa bouche et répandirent le feu dans sa gorge et ses poumons. Son corps était tel une poupée de chiffon dans le maelström aqueux qui se déchainait autour et sur lui. L’air, le manque, la douleur, le noir.

«Ser Dedrick, tout va bien, le Mestre vous a soigné, voulez vous que je l’appelle ? »

Ses paupières étaient engluées comme si on les avaient enduites de résine d’épineux. Sa bouche était sèche et sa langue épaisse. Ses membres lui paraissaient frêles et au delà de tout la douleur dans le dos.
Lentement et avec force malédictions intérieures il se redressa sur son séant, la couverture glissante révélant son torse et le bandage qui lui barrait l’abdomen. Les choses s’imbriquèrent alors parfaitement. La porte, la bataille, la blessure...et ce rêve affreux. Beaucoup de questions se bousculaient dans sa tête. Pourquoi Garett était apparus comme mutilé ? il était mort de maladie. Quel était cet endroit ? pourquoi l’eau ?
Tout était sombre et le mystère lui vrillait les tempes. Une chose était sure en tout cas, des choses devraient changées et à cette pensée son coeur devint douloureux. C’était il couvert de honte ces dernières années ? le voyait on t-elle que Garett l’avait décrit ? une boule se forma dans sa gorge.
Ses yeux se portèrent sur son infirmière. La jeune fille de la porte. Rousse de cheveux, les yeux bleus et les lèvres pleines elle était belle et l’inquiétude non feinte qu’il lu dans ses yeux rasséréna quelques peu son coeur tourmenté. Il y’avait au moins quelqu’un qui le voyait avec des yeux neutres.

«De l’eau...» grogna t-il
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Message Dim 12 Fév 2012 - 18:04

« Montrez vous ! » Noreen sursauta, il n’avait pourtant pas crié, à peine murmuré, mais c’étaient les premiers mots qui sortaient de sa bouche depuis bien longtemps mainetant et la rouquine était près de s’endormir sur son fauteuil emmitouflée dans une couverture qu’on lui avait apporté alors que la nuit tombait en lui conseillant de se reposer elle aussi, mais elle ne voulait pas dormir, elle ne voulait pas le laisser. De quoi parlait-il ? Elle retira sa couverture, s’approcha et se pencha au dessus de Dedrick, mais il avait encore les yeux fermés, il était très agité mais rien ne laissait percevoir qu’il soit éveillé. Elle posa une main qui se voulait rassurante sur le bras du jeune homme, mais ne voulait pas pour autant le réveiller, le Mestre l’avait dit, il avait besoin de repos. Ça devait être un cauchemar fiévreux, ça n’était pas la première fois qu’elle voyait ça, des hommes de son père avaient été blessés eux aussi et présentaient les mêmes symptômes, mais ça n’était pas elle qui s’occupait d’eux alors, et là, toute seule à le veiller, c’était bien plus impressionnant que dans ses souvenirs.

« J’ai dis montrez vous ! » Elle se recula sous le coup de la peur, il avait parlé un peu plus fort cette fois, mais sa voix reflétaient le manque de forces qu’il avait, elle toucha son front, il était brûlant, c’était bien ce qu’elle craignait, mais elle ne pouvait que suivre les instructions de l’homme de science. Elle mouilla un linge avec de l’eau fraîche et le posa sur le front du chevalier, mais cela ne le calma pas pour autant, aussi essaya-t-elle de la calmer en lui parlant, murmurant des paroles réconfortantes avec une main posée sur son bras.

« Chuuuuuuuut, je veille sur vous. Est-ce moi que vous voulez voir ? Il n’y a personne d’autre ici, personne. Chuuut, vous êtes à la Porte Sanglante Ser. Calmez vous, vous avez de la fièvre, il faut la faire baisser, calmez vous, s’il vous plait… »

Plus elle parlait à cet homme qui n’était pas en état de lui répondre, plus elle avait peur pour lui, peur qu’il ne se réveille finalement jamais, peur qu’il trépasse et tout ça par sa faute, elle eut beau retenir ses larmes, un coula malgré tout le long de sa joue et vint s’écraser sur la main de Dedrick. Elle se rendit alors compte qu’elle était gelée, elle enleva le linge humide et remonta les couvertures sur lui…

« LA FERME ! » La jeune fille sursauta si fort qu’elle manqua tomber à la renverse, cette fois-ci il avait crié, elle déglutit, toute envie de parler venait de la quitter, et il lui avait fait peur, mais elle devait oublier ça, ça ne lui était pas adressé, au fond elle le savait, elle devait juste faire son devoir, le veiller, vérifier qu’il n’avait pas froid, et attendre qu’il se réveille. Elle prit une grande inspiration pour se ressaisir puis elle se dirigea vers la cheminée et y remit une buche avant de remuer les tisons pour faire repartir les flammes puis elle reprit place sur le fauteuil. Mais pour bien peu de temps car il semblait cette fois-ci se réveiller.

C’était bel et bien le cas, il essayait de se redresser elle l’y aida jusqu’au moment où elle s’aperçut que sous les couvertures, il était torse nu, elle enleva précipitamment ses mains des cousins qu’elle remontait pour qu’il puisse s’appuyer et de son bras qu’elle tenait pour l’aider à se redresser. Les couvertures venaient de tomber et elle en voyait beaucoup trop pour ne pas être troublée, le pansement était énorme, déjà c’était impressionnant, mais si ça n’était pas la première fois qu’elle voyait un torse, c’était la première fois qu’elle voyait celui d’un inconnu, tout sauveur soit-il. Elle était très gênée, le visage probablement cramoisi, et tout ce qu’elle trouva à faire fut d’essayer de remonter les couvertures et n’y arrivant pas, elle lui mit la sienne sur les épaules. Elle se demanda si elle devait sortir ou s’il fallait qu’elle reste, non elle ne devait pas se laisser déconcentrer, elle avait une tâche à accomplir, il fallait qu’elle le soigne, et pas qu’elle l’abandonne, même si c’était totalement indécent, elle devait rester à son chevet.

Il demanda de l’eau, elle fit oui de la tête et avec un peu de précipitation, elle lui servit un verre, et se tourna de nouveau vers lui, toujours aussi gênée par la tenue du chevalier. Néanmoins, elle fit son devoir et pour l’aider à boire, elle lui passa doucement une main derrière la nuque pendant qu’elle portait le verre à ses lèvres, l’obligeant à boire doucement, et faisant en sorte d’en mettre le moins possible à côté. Elle était très concentrée, regardant la bouche de Dedrick avec une expression bizarre comme si elle aussi buvait, et lorsqu’elle se rendit compte qu’elle devait avoir l’air d’une idiote, elle ferma la bouche et plongea des yeux inquiets autant que dépités dans ceux du chevalier avant de se détourner de lui pour verser de l’eau dans le verre qu’il avait vidé. Elle respira profondément, dos à lui, ses cheveux rouges descendants jusqu’au milieu de son dos, sa robe noire de voyage ne mettant rien en valeur à part la finesse de sa taille, de ses bras et de son cou. Elle se tourna vers lui de nouveau, le décolleté était plus que sage, le laçage peu serré, et les jupons longs et amples, et le noir faisait ressortir la blancheur de sa peau parsemée de tâches de son.

« Vous avez encore soif ? » Son regard passa sur le pansement qui lui enserrait le buste. « Vous… vous avez mal ? Messer… » Elle était inquiète, le mestre avait dit que c’était une blessure grave, mais elle n’avait pas bien conscience d’à quel point avant de voir les bandages. « Vous voulez que j’aille vous chercher le mestre, du lait de pavot, du vinsonge ? Quelque chose à manger ? »

Elle faisait tout pour ne pas regarder le reste, ses épaules dénudées, les poils sur son torse, bref tout ce qu’elle n’était pas sensé voir avant d’être mariée, ça n’était pas trop difficile, bien plus par contre de ne pas se laisser aspirer par ma profondeur de ses yeux et de se retenir de repousser les mèches de cheveux qui tombaient sur son front, et ses lèvres, et son visage. Ne sois pas ridicule Noreen, il t’a sauvé et est allé aider les hommes de ton escorte, penses tu que se soit pour tes beaux yeux ? Non c’est simplement son devoir, arrête de te croire dans un conte de fée. Dans un mois il aura oublié ton nom et de toute façon, il est de bien trop haute naissance pour toi.

« Je… Vous avez sauvé ma Septa… Septa Keriane, et aussi moi, en faisant ouvrir les portes, et Gorian, et Dorian, je ne sais comment vous remercier… Je m’appelle Noreen Ruthermont, je m’occuperais de vous et vous tiendrais compagnie jusqu’à ce que vous soyez remis, mais j’aurais bien aimé pouvoir faire plus… Dedrick Veneur… Je… Merci. »

Elle n’avait strictement rien à lui donner, comme bijoux elle n’avait qu’une parure qu’elle devait absolument garder pour les Eyrié à moins de vouloir définitivement passer pour une bouseuse, elle avait besoin de son cheval, il ne pourrait pas faire grand-chose de ses robes et là encore elle en manquait, elle avait beau réfléchir rien ne lui venait en tête à part ça, le veiller du mieux qu’elle pouvait. Et maintenant qu’elle lui avait dit le fond de sa pensée elle regardait ses pieds ne sachant quoi faire de plus.

Le mestre entra justement à ce moment là, peut-être avait-il entendu le dernier cri du jeune homme lui aussi, mais il ouvrit de grands yeux étonnés lorsqu’il le vit assis, puis la colère gagna son visage.

- Qu’est que… Il se retourna vers la jouvencelle. Qu’est qu’il fait assis, Noreen ! Il ne devait pas bouger, il ne devrait pas ! La plaie va se rouvrir et s’infecter !
- Je suis désolée Mestre.
Répondit elle penaude
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Message Lun 13 Fév 2012 - 0:22

Elle était jeune, peut être quinze ou seize ans. Sa mise était simple mais quelque chose dans son port trahissait la modestie de ses vêtements. Altière...c’est le mot qui lui vint a l’esprit tandis qu’il braquait sur elle son regard rendu fiévreux par la blessure. Ses cheveux sentaient bon et leurs teinte rappelait l’automne des frondaisons de Grand-Arc, elle se tenait très droite, comme si elle assistait a une quelconque séance assommante, pleine de protocole et de manières. Elle était très prévenante et très douce, le chevalier comprit alors qu’elle le veillait depuis un moment. Beaucoup aurait considéré son acte de bravoure comme l’accomplissement d’un devoir, récompensé en or ou en louanges. Le dévouement dont elle faisait preuve était plus que louable et c’est un réel sentiment de gratitude qui envahit le jeune homme.

« Vous avez encore soif ? »

Il répondit non d’un mouvement de tête tout en se fustigeant instantanément pour son manque de finesse. Il se comportait comme un Lord avec un membre de sa suite, et assurément, elle ne méritait pas si peu d’égard, bien au contraire. Aussi c’est bien vite qu’il reprit, un sourire aux lèvres.

«Je vous remercie, ça ira.»


Leurs regards se croisèrent et tandis que celui de la jeune femme se perdait dans ses pansements il se sentit étrangement gêné, pensant alors qu’il ne devait pas être à son avantage dans une telle situation. Pourquoi est ce que ça m’importe tant ? je ne devrais pas me soucier de tout cela...


«Vous… vous avez mal ? Messer… »

Mal ? c’était peu de le dire. En y repensant il pouvait sentir à nouveau la froide morsure de l’acier dans son dos, écartant chaque fibres une à une et faisant couler un sang chaud et carmin le long de son échine et de sa jambe. Le souvenir des mains de l’homme qui avait voulu l’étrangler le fit frissonner et il porta machinalement une main sur sa gorge qu’il trouva douloureusement endoloris. Il avait bien failli mourir cette nuit, mais il avait apprit une chose utile : au feu, la mort peut venir de partout mais surtout par derrière. Le regard de la jeune femme le ramena bien vite sur le plancher des vaches, elle attendait probablement une réponse que sa fierté d’homme lui interdisait de donner sincèrement.

«Non, juste un léger engourdissement...ce n’est qu’une égratignure.»

Peut être ce pieux mensonge aurait il le mérite de l’impressionner car ,en toute franchise et même s’il en ignorait la raison, il souhaitait lui faire bonne impression.

« Vous voulez que j’aille vous chercher le mestre, du lait de pavot, du vinsonge ? Quelque chose à manger ? »

«Non merci ma Dame, je ne suis pas amateur de ces choses qui apaisent le corps mais avilissent l’esprit. La douleur est des plus supportable de toute façon. Quand à la nourriture, j’ai l’impression que rien ne saurait passer la barrière de mes lèvres pour l’instant.»

C’était une réponse moins «mâle» qu’il ne l’aurait voulu, mais elle avait le mérite d’être spontanée pour le moins. Dans le silence qui s’en suivit, il se surprit à apprécier ses membres délicats, la pâleur de son teint et le charme de ses tâches de son. Le rouge lui monta légèrement aux joues tandis qu’il s’attardait sur les lacets de sa robe puis sur sa gorge, une manière tout à fait «mâle» cette fois ci, a défaut d’être tout à fait chevaleresque. Il se força à regarder ailleurs quelques secondes, maudissant ce silence qui semblait éternel alors, puis ses yeux repartirent explorer les pleins et les déliés de son infirmière, tâche grandement facilité par le fait qu’elle même avait détourné le regard, probablement aussi gênée que lui par leur manque réciproque de loquacité.

Elle est jeune, elle ne doit pas être marié...peut être est elle déjà promise...une fois encore il fut surpris par ses propres pensées. Qu'espérait il au fond ? elle n’était probablement à son chevet que par un grand sens du devoir. Que pouvait il avoir d’intéressant au yeux d’une jeune noble ? car elle était noble, il en était sur au vu de son maintient, il ne pouvait en être autrement. Il n’était que le troisième fils. A part son rang, il ne possédait rien, pas de terres, pas de château, ni bétail, ni hommes d’armes...tout appartenait à son neveu. Avec le temps, il espérait accomplir quelque haut fait qui lui vaudrait un fief, alors il prendrait femme et songerait à fonder une famille. Mais maintenant, qu’avait il a offrir à une épouse ? des appartements dans le château familiale ? une vie de seconde dame auprès de Lady Tyana, tandis que lui faisait manoeuvrer la piétaille dans la cour ? non point, cela il ne pouvait le souffrir. Bien sur sa famille lui avait déjà arranger quelques entrevues avec des jeunes filles bien nées, mais cela n’avait rien donné de concluant. Il les trouvait trop l’une trop creuse, l’autre pas assez jolie, celle ci n’avait aucune conversation alors que celle là était trop superficielle. Et puis en fin de compte, tout ce qu’il retirait de tout cela était était un simple constat : le mariage d’un cadet ne valait guère mieux aux yeux des siens que celui d’une femme. Tout ce que les Veneur espéraient s’attirer par son mariage était une alliance profitable. Le choix des prétendantes revenait toujours à Lady Isobel et cette dernière connaissait parfaitement son office. Cette dernière avait une idée bien a elle de la bru idéale et elle ne coïncidait jamais avec celle de son fils. L’idée l'effleura alors qu’il aurait surement considéré sous d’autres auspice l’idée d’une union avec la jeune fille qu’il dévorait des yeux. Certes il ne savait rien d’elle, mais pour parler franc, il n’avait jamais rencontrer femme plus avenante a ses yeux. Des les premières secondes, il avait été séduit par ses douces manière, la chaleur de son timbre et le parfum de ses cheveux. Quelque chose en elle l’attirait inexorablement et c’était un sentiment nouveau, troublant.

« Je… Vous avez sauvé ma Septa… Septa Keriane, et aussi moi, en faisant ouvrir les portes, et Gorian, et Dorian, je ne sais comment vous remercier… Je m’appelle Noreen Ruthermont, je m’occuperais de vous et vous tiendrais compagnie jusqu’à ce que vous soyez remis, mais j’aurais bien aimé pouvoir faire plus… Dedrick Veneur… Je… Merci. »

Il ne se souvenait n’avoir sauvé aucun Gordian ou Dorian, mais la Septa...l’image de la femme sur le point d’être violée lui revint en mémoire. Il avait occis l’agresseur, mais le regard de la femme sur lui ne lui avait pas laisser le temps de se rengorger de son exploit, elle le dévisageait comme s’il allait tenter d’abuser d’elle à son tour.

«Ruthermont...» prononça t-il du bout des lèvres, presque un murmure. Ce nom lui était familier pour l’avoir déjà entendu, mais désignant un homme pour le coup. Ser Ronan Ruthermon, un chevalier fieffé, brave s’il fallait en croire les rumeurs. Ainsi il s’agissait probablement de sa fille. Le genre de famille qui ne trouverait pas grâce aux yeux de mère pensa t-il tandis qu’il ancrait son regard dans l’azur de celui de Noreen. Noreen, un prénom charmant, sonnant comme un carillon sous le vent.

«Je connais votre père, enfin, seulement de nom. Aussi n’avez vous pas à me remercier Damoiselle, car vous êtes à même de comprendre que ce que j’ai fais, c’est le devoir qui me l’a commandé. Je suis chevalier oint et j’ai prêté serment...»

Un instant il ne sut quoi ajouter, puis les mots vinrent naturellement, soufflé par sa gouaille naturelle et ses quelques années passées à Castral-Roc.

«...Mais à vous voir ici rayonnante, je risquerais ma peau une seconde fois bien volontiers. Ce ne serait pas une vaine entreprise.»

Il lui sourit avant de poursuivre «Ne vous en faites pas, je n’ai besoin d’aucune récompense. Savoir que j’ai accomplis mon devoir me suffit amplement. Et puis...» Il se pencha légèrement vers elle et poursuivit sur le ton de la confidence «...Entre vous et moi, un fait d’armes n’est jamais accomplis sans une récompense en renom.» Il se redressa en grimaçant légèrement et en ajoutant «même si celui ci était peu de chose. Votre beauté est ma seule consolation.» C’est sur cette dernière tirade que le Mestre des Eyrié fit son entrée, l’empêchant par la de recevoir le moindre signe d’encouragement à poursuivre.


«Qu’est qu’il fait assis, Noreen ! Il ne devait pas bouger, il ne devrait pas ! La plaie va se rouvrir et s’infecter»

«Je suis désolé Mestre»

La mine déconfite de Noreen fit réagir le chevalier.

«Ne la grondez pas Mestre, je suis un homme fait et je suis seul responsable de mon état. Qu’attendiez vous d’elle ? qu’elle se jette sur moi pour m’empêcher de me lever ? loué donc les Sept de l’éducation parfaite dispensée par la Septa...Keriane. Cette jeune fille a eu tous les égards possibles envers moi, tout ceux du moins que lui permettait la bienséance et la logique d’esprit. Qui plus est, n’auriez vous pas du me veiller vous même ? délégué votre corvée a du vous couter j’en suis sur, mais le choix d’une Septa aurait été plus avisé, j’espère qu’on ne jasera point du fait que vous m’ayez laisser seul en compagnie de la jeune Dame» Un demi sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’il enfonçait le clou «A moins que mademoiselle Ruthermont ne se destine à entrer dans les Ordres, auquel cas je retire mon hypothèse sur le champs.»

Le ton, légèrement impérieux, radoucit les moeurs du Mestre qui devint alors plus doux que aigre.

«Non bien entendu Ser, elle ne pouvait pas vous forcer, j’en conviens.» Il se tourna brièvement vers Noreen «Pardonne mon ton mon enfant, c’est l’inquiétude qui m’a fait parler ainsi, plus prompt que je ne l’aurais voulu tu t’en doute...»

Dedrick jeta un regard entendu à la jeune femme, le Mestre avait interrompu leur tête à tête et bien puérilement, il désirait lui rendre la monnaie de sa pièce.
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Message Lun 13 Fév 2012 - 16:20

Fille d’un chevalier tout juste fieffé et d’une roturière, issue d’une famille d’hommes d’armes au service de la maison Arryn depuis des générations et qui peu à peu s’était élevé au rang de chevalier oint et adoubé puis avait reçut un petit domaine en récompense de la bravoure de Ronan à la batille d’Herberouge, voila tout ce qu’était la rouquine, rien ou pas grand-chose. Et un véritable seigneur, enfin fils de Lord tout du moins, s’était levé et avait pris les armes pour aider son escorte, il y avait de quoi être fière et éternellement reconnaissante envers Dedrick Veneur. Quand à son port, elle le tenait probablement de son père, toujours fier et droit dans ses bottes, et puis vivant avec lui seul et ses hommes, tous loyaux et quelques domestiques, elle n’avait encore jamais appris à courber l’échine devant les plus grands, mais Septa Keriane l’avait dit, son attitude allait devoir changer aux Eyrié.

Elle reposa le verre, elle se fichait qu’il ne lui parle pas avec tous les égards, elle était là pour le servir et il était de bien plus haute naissance, alors elle ne pouvait certainement pas lui demander d’être plus poli. Mais en dehors du protocole, elle imaginait surtout qu’à sa place, ayant prit une lame dans le dos et en sortant d’un sommeille fiévreux et emplis de cauchemars, elle ne serait pas plus avenante que lui, au contraire, mais lorsqu’il la remercia elle en fut honorée et se tourna vers lui avait un doux sourire avant de répondre.

« Vous n’avez pas à me remercier, je ne fais qu’essayer de vous rendre un peu de ce que vous m’avez donné, c’est bien normal Ser. »

Il avait les traits creusés par la fatigue et la fièvre, la peau blanche et moite à cause de la blessure, mais cela n’enlevait rien à la profondeur de son regard, à la douceur de ses cheveux et à son charme d’homme fait et de chevalier assez courageux pour prendre la défense d’une jouvencelle à peine sortie de la fange. Elle le trouvait beau et il avait tout d’un héros des légendes, Florian le Fol, oui, il était aussi bon et valeureux que lui, et tout à fait aussi charmant, surtout quand il irait mieux, hélas elle n’avait rien d’une Jonquil et tut ce qu’elle pouvait faire c’était de s’occuper de lui pour que cette nuit ne soit bientôt qu’un mauvais souvenir, elle y comprit. Elle avait eut tout le loisir de l’observer pendant qu’il dormait, même de toucher ses cheveux, son visage et ses mains, d’écouter son souffle et d’éprouver sa force pourtant amoindrit quand il s’était relevé. Elle avait vu apparaître les bleus sur sa gorge avec frayeur, mais là-dessus le mestre l’avait rassurée, elle l’avait vu s’agiter dans ses mauvais rêves et dormir paisiblement par moments, elle avait attisé les flammes et relevé les couvertures quand il semblait avoir froid, puis elle avait épongé son front quand il transpirait, et maintenant il était réveillé et elle était heureuse de constater que sa voix allait on ne peut mieux avec le reste de sa personne, à la fois grave et douce.

« Vous m’en voyez soulagée, il y a déjà eut assez de morts… »

Si le but était de l’impressionner, cela marcha à merveille, Noreen était à la fois impressionnée et apaisée. Le mestre avait dit que c’était une blessure très grave et qu’il était passé non loin de la mort, aussi lorsqu’il lui dit que ça n’était rien, elle fut surprise, mais pensa qu’il était un preux et vaillant chevalier pour ne pas ressentir la douleur d’une atteinte aussi sérieuse, pas une seule seconde elle jugea qu’il mentait. Elle fut heureuse de constater qu’il allait bien, mieux que ce qu’elle aurait pu imaginer en tout cas, et que finalement la blessure n’était pas si importante, qu’il survivrait et n’en porterait aucune séquelle, elle poussa même un soupir de soulagement et lui sourit.

« Bien, je… comme il vous plaira. »

Elle s’inclina dans une petite révérence emprunte de respect et de dévouement mais en se redressant elle remarqua le regard du jeune homme sur elle et fut très troublée, tant et si bien qu’elle rougit avant de s’être rendu compte qu’il s’était lui aussi empourpré et détourna les yeux. Elle n’était pas sensée regarder les hommes, particulièrement les inconnus, aussi beaux soient-ils, elle ne pouvait pas se comporter avec lui comme elle avait été avec Duncan, le fils de sa nourrice ou les hommes de son père en qui elle pouvait avoir toute confiance et qui ne pouvaient la considérer que comme la petite de Ronan. Enfin tout du moins c’est ce qu’elle pensait et ce même si Gorian et Duncan était plus proches d’elle en âge que Dedrick, mais c’était des amis, très proches, presque autant que ses propres frères, elle n’avait jamais pensé à eux en d’autres termes, elle ne les avait jamais trouvés beaux, ni moches d’ailleurs non, pour elle ils étaient juste d’excellents partenaires de jeux, de cavalcade, de chasse et de bagarre. Ronan devait penser que sa fille resterait toujours avec lui, et toujours serait une enfant, car il n’avait prit soin de la proposer à personne, mais avec cet exil aux Eyrié, les choses allaient probablement changer, et quelque soit le choix qui serait fait pour elle, elle devrait l’accepter. Elle espérait simplement que son mari finirait par l’aimer autant que son père avait aimé sa mère, elle voulait un chevalier, un homme brave et pas trop brutal avec elle, elle se fichait complètement du titre et des biens, et puis que pourrait-elle donc espérer de toute façon. Non tout ce qu’elle voulait c’est qu’on la marie à un homme proche de ceux des contes, pas trop vieux si possible, aussi courageux que son père et gentil comme lui…

Elle sourit, son nom n’était donc pas inconnu d’une grande famille comme les veneurs. Effectivement son père avait combattu avec le défunt Lord lors de la bataille d’Herberouge, père lui avait tant de fois raconté cette bataille qu’elle avait l’impression de l’avoir vécu elle aussi. Mais dans son esprit cela ressemblait plus à une histoire épique pleine de héros et de méchants rebelles qu’à une véritable guerre sanglante où la terre avait peinée à absorber le sang versé des dix milles morts. Quoi qu’il en soit, dans les rangs des Arryn, il y avait bel et bien Ronan Ruthermont ainsi que la plupart des hommes en âge de combattre des maisons du Val appelées sous la bannière du faucon pour défendre la couronne. Sa bravoure sur le champ de bataille lui avait valut un fief, il n’avait hélas pas eut le temps de revenir aux Eyrié pour l’annoncer à sa femme que celle-ci était morte en mettant au monde sa fille, avec des cheveux aussi rouges que sa mère et les yeux bleus de son père.

« Oui, il a combattu à Herberouge avec votre père et les autres bannerets de Lord Jon en 196. C'est en revenant de cette bataille qu'il a été fieffé. »

Noreen portait donc une bien triste date de naissance, mais cela ne l’avait jamais empêché d’être une enfant heureuse, il lui manquait simplement une figure maternelle, Fiona, sa nourrice était adorable et aimante, mais elle n’avait aucune éducation et puis la petite admirait beaucoup trop son père pour ne pas piocher quelques aspects de sa personnalité dans les enseignements du chevalier qu’il était. Elle comprenait donc parfaitement à quoi Dedrick pensait quand il parlait de devoir, de serment et de gloire. Par contre elle mit quelques minutes à comprendre le reste et lorsqu’elle eut enfin remit tous les mots dans l’ordre pour en faire une phrase cohérente elle se sentit rougir et le fixer avec de grands yeux comme une idiote, et elle avait chaud, tellement chaud tout d’un coup. Quand il s’approcha elle eut comme un frisson et ne parvint pas tout de suite à le quitter des yeux. Elle se rendit compte, alors qu’elle était prête de tomber dans les pommes, qu’elle avait arrêté de respirer et elle prit une grande et bruyante inspiration. Heureusement se fut le moment que choisi le mestre pour entrer aussi n’eut elle pas besoin de répondre, parce que là sa tête s’était totalement vidée de toute pensée et elle n’arrivait pas à aligner trois mot dans son cerveau alors les prononcer s’était au delà de ses forces. Et maintenant, fallait-il qu’elle le remercie ou qu’elle parte en courant, à priori la première solution était plus polie, mais si sa raisons lui commandait de rester courtoise, son cœur qui battait la chamade lui donnait plutôt envie de s’enfuir le plus vite possible. Il est fou ! Il risquerait sa vie une nouvelle fois pour moi ? Il est fou, mais tellement courageux… il a dit que j’étais jolie ? Il a dit plus que ça, il a dit que j’étais belle. Le suis-je ? Là tout de suite non, je suis cramoisie et puis cette robe me tient trop chaud, j’ai du mal à respirer. Je… Qu’est que je pourrais bien lui dire pour ne pas passer pour une sotte ? Que j’ai fais mon devoir moi aussi, que

Mais si Noreen était contente que Dedrick se mette de son côté concernant les réprimandes du Mestre, la suite la mit encore plus mal à l’aise que les compliments du jeune homme, toujours aussi rouge, elle eut un court instant la tête qui lui tourna, encore plus chaud, était-ce possible ? C’était une catastrophe, elle avait envie de pleurer, on allait jaser ! Elle était tellement gênée qu’elle mit quelques secondes à répliquer, pendant ce temps le Mestre s’excusait et elle fit oui de la tête avec un visage déformé par le désarroi. Droite comme un piquet elle dit d’une voix qui se voulait claire et nette mais ne l’était pas, plutôt tremblante de peur.

« Je… c’est moi qui ait insisté Ser… Je suis confuse, je n’aurais pas dû. Père m’a toujours dit que c’ était la moindre des choses que de récompenser la personne qui vous sauve la vie du mieux que vous pouvez et je n’avais rien d’autre à vous offrir que ma présence et mes soins. Je suis vraiment désolée, je… ma Septa étant elle-même blessée, je me suis dit que c’était à moi de le faire… Si vous préférez je peux prendre congé et faire venir une Septa Messer. »

Par ce geste qui se voulait généreux allait-elle amener l’opprobre sur sa maison et sur son père ? Si d’aucun pensait qu’elle pouvait mal se conduire avec lui, se serait la fin du monde et de ses espérances d’un beau mariage, après ça personne ne voudrait d’elle et pire encore, sa faute se répercuterait sur ses frères et sa petite sœur. Mais qui oserait penser une chose pareille ?! Qui oserait penser que la fille de Ronan Ruthermont pouvait avoir des mœurs aussi légères ?! Personne n’oserait penser ça, et s’ils osaient proférer de telles accusations, Dedrick était un chevalier oint, il leur dirait qu’il ne s’était rien passé et il ne ferait rien à son encontre et si ça n’était pas le cas alors elle ficherait des flèches dans le cul à chacun de ceux qui diraient des bêtises à son encontre. Etait-ce son regard qui lui avait donné courage ou simplement le fait qu’elle sache qui elle était ? Elle n’aurait su le dire, mais elle était certaine d’une chose, elle n’avait pas envie d’être renvoyée. S’il le voulait elle partirait, mais si non rien de ce qui pourrait être dit ne la ferait changer d’avis, elle devait le veiller jusqu’à ce qu’il puisse se lever au moins, elle devait le faire parce qu’il l’avait défendue, deux fois, parce qu’il n’avait pas hésité à porter assistance à l’escorte attaquée, parce qu’il était un preux chevalier qui respectait ses serments et aussi un peu, parce qu’il avait le visage le plus agréable à regarder qu’elle n’ait jamais aperçut avant ce soir.

- Il faut que je change son pansement mon enfant, veux tu aller querir une servante, qu’elle apporte de l’eau chaude et des lingues propres.
- Oui Mestre, pendant ce temps je vais aller vérifier que le cheval de Ser Dedrick a bien été soigné.


Elle fit une révérence plus adressée au chevalier qu’à l’homme de science et sortit en silence. Elle demanda à la première camériste qu’elle croisa d’apporter de l’eau chaude dans la chambre de Ser Dedrick Veneur et, après avoir fait un tour aux cuisines, elle se dirigea vers les écuries. Elle y trouva Incandescent son alezan et aussi le cheval gris du jeune homme qui avait été pansé et nourrit. Elle lui donna ainsi qu’à son étalon une carotte et demanda au garçon d’écurie où elle pourrait trouver les armes du Veneur, le temps qu’elle les trouve et les ramènent, le pansement devait être achevé, elle toqua donc doucement à la porte de la chambre s’annonça et se permit d’entrer pour poser au plus vite les affaires de Dedrick qui pesaient bien lourd pour elle.
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"Sombre nuit fait sombre pensée" (Noreen)

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