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Que nos routes se croisent... [Daeron]

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Shaïra Seastar
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« En languissant définiront mes jours »

♦ Missives : 1507
♦ Missives Aventure : 63
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 17/01/2012
♦ Célébrité : Charlize Theron
♦ Copyright : Luchadora & Tumblr
♦ Doublons : Maël, Gabriel, Velanna Vance
♦ Age du Personnage : 35 ans
♦ Mariage : Aucun, jamais ?
♦ Lieu : Donjon Rouge, Port-Réal
♦ Liens Utiles :
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Message Ven 27 Jan 2012 - 19:08

Cela faisait déjà des lunes que lady Shaïra Seastar n’était pas sortie du Donjon Rouge et de ses appartements. D’ordinaire, cette situation ne la dérangeait pas. Elle se plaisait dans la lecture de parchemins aux langues exotiques, allongée dans ses draps, et recevait ses proches avec l’élégance et la grâce qu’exigeait son statut. Ses sorties étaient relativement espacées et ne l’enchantaient que rarement, car elle préférait le confort aux rues bruyantes. Ainsi, elle passait surtout de château en château et fréquentait le moins possible le peuple colérique et avide de rumeurs. Prétentieuse ? Disons plutôt prudente. Quelques années en arrière, Shaïra voyageait beaucoup plus, que ce soit sous escorte rapprochée ou au dos d’une monture. Elle avait visité les nombreux royaumes de Westeros et appris ce que les écrits ne savent enseigner : la réalité de la vie, qu’elle soit dure ou emplie de joie, avec ses bonheurs et ses malheurs. Elle avait vu des paysages, des décors incroyables, qu’aucun peintre aussi doué soit-il ne pouvait rendre tout à fait. Son périple fut aussi jalonné de rencontres, pas toutes heureuses, mais ô combien enrichissantes. Si elle avait parfois usé de ses charmes ou de son argent pour être accueillie, on lui avait le plus souvent offert généreusement l’hospitalité –certains diront que cette générosité n’était pas innocente, mais qu’en avait-elle à faire ?-. Toutes ces découvertes avaient profondément enrichi la Targaryenne, tout en la confortant avec certaines de ses certitudes. Que ce soit au Conflans ou aux Terres de l’Ouest, on lui avait demandé sa main, et elle avait eu à arbitrer des combats pour obtenir ses faveurs. Si ces situations flattaient, et amusaient même souvent Shaïra, elle n’ignorait pas que sa beauté que les ménestrels louaient, serait confisquée par un mariage, aussi noble et tendre soit-il. Elle s’y refusait, fière et attachée à sa liberté. Plus que tout, elle ne voulait pour rien au monde que l’homme à qui elle donnerait sa main ne se détourne d’elle. Or par expérience, elle savait cela irréalisable sur le long terme… Elle en était venue à tirer une conclusion simple et sans détours: elle préférait être l’objet de convoitise, que le trophée qu’on expose négligemment en sa demeure.

C’est pressée par le Fléau de Printemps et la sécheresse que Shaïra était rapidement retournée chez elle, sur les Terres de la Couronne. Depuis lors, elle n’était guère repartie en voyages et s’était contentée d’échanges de corbeaux avec ses amitiés lointaines, les invitant parfois à la rejoindre le temps de quelques jours en sa compagnie. Elle se languissait de la fin des catastrophes s’abattant sur Westeros et s’assurait de sa protection et du bien-être des siens. « Bâtarde » était un titre qu’elle vivait extrêmement mal, l’un de ses désirs les plus secrets étant d’être plus proche de sa famille, bien que la plupart la considérait avec beaucoup de distance. Même Maekar, avec qui elle avait pourtant était intime par le passé, l’ignorait, si ce n’est la méprisait à cause de son rapprochement d’avec son demi-frère, Brynden Rivers. Cela dit, même si cela lui permettait d’obtenir les bonnes grâces de Maekar et d’Aelinor, Shaïra ne se détournerait pas du surnommé Freuxsanglant. Si elle avait refusé ses demandes et offert ses draps à d’autres hommes, elle ne lui restait pas moins fidèle et profondément attachée. Restait son neveu, Daeron Targaryen, dit l’Ivrogne. Ce dernier intéressait beaucoup Shaïra. Outre le fait qu’il lui rappelait le doux et jeune prince qu’avait été son père, elle le savait hanté par des visions provoquées par le don de vervue. Don qu’elle partage, tout comme la Main du Roi. Elle avait quelques fois essayé de lui en parler, persuadée de pouvoir l’aider et l’extirper de ses peines, mais Aelinor n’était jamais loin des pas du jeune homme ce qui entravait largement la « prostituée de Brynden »… Elle ne se faisait pas d’illusions, il lui serait particulièrement difficile d’entrer en contact avec lui. En tout cas, dans l’enceinte de Donjon Rouge…

Mais c’est une tout autre affaire, d’ordre privé, qui avait conduite Shaïra à sortir de ses appartements. Elle voulait être discrète, et avait donc refusé d’être accompagnée par quiconque. Pour ne pas être reconnue par les passants, ou subir des avances grossières, elle s’était appliquée à se dissimuler. Ses cheveux, d’ordinaire détachés et cascadant jusqu’à ses reins, avaient été tressés et reposés sur son épaule gauche. Elle les avait recouverts d’un léger voilage blanc, qui avait l’avantage de masquer le bas de son visage. Elle portait aussi une robe simple –que seule la coupe, qui mettait en avant sa taille, trahissait son origine noble- d’un gris élégant et évidemment, aucun bijou ne l’ornait. C’est ainsi « déguisée », bien qu’elle serait très reconnaissable pour des personnes intimes, qu’elle s’aventura en dehors de l’imposante forteresse.

Elle avait l’intention de rejoindre la colline de Vinesya, et plus particulièrement le Grand Septuaire de Baelor en passant par la Promenade de la Rivière et la rue de l’Acier. Cependant, se glisser dans la foule demandait des efforts assez conséquents pour la Lady, qui s’efforçait de ne croiser le regard de personne : ses iris différenciés risquaient fort de la trahir, même auprès du plus rustre. Est-il nécessaire de préciser que son sens de l’orientation n’avait rien à voir avec celui des marins ? Il ne fallut pas longtemps pour que Shaïra se perde dans ces dédales qu’elle connaissait mal. Les cartes qu’elle avait consultées chez elle avaient beau être précises, les rues de Port-Réal étaient un enfer. Elle marcha longtemps, sans jamais reconnaître le chemin de ses souvenirs, et bien vite les allées se firent plus sinueuses, sombres et odorantes… Voilà qu’elle s’était égarée dans le quartier le plus pauvre et mal fréquenté de la ville, Culpucier. Ses pieds s’enfonçaient légèrement dans la boue de ces rues non pavées, et cette sensation assez méconnue de la belle la répugnait au plus haut point, presque autant que le fumé de la porcherie voisine. Perdue oui, mais il lui était impossible de demander son chemin auprès du premier badaud venu. Elle ne transportait aucun objet de grande valeur, et pouvait ainsi espérer ne pas attirer la convoitise des pauvres gens qui s’agglutinaient dans ces bâtiments collés les uns aux autres. Shaïra se sentait mal-à-l’aise, et oppressée. Sa main droite se posa sur sa bouche, par-dessus son voile, pour essayer de masquer les odeurs et elle avança à pas prudents, tentant de repérer par-delà les murs la colline de Vinesya. A l’instant elle maudissait son étourderie et la beauté qu’on lui prêtait, car elle aurait voulue être invisible aux yeux de tous et regagnait la tiédeur de sa couche, rien qu’en fermant ses yeux d’émeraude et saphir.




Dernière édition par Shaïra Seastar le Mer 1 Fév 2012 - 14:04, édité 1 fois
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Message Mer 1 Fév 2012 - 13:32

La serveuse le fixait d'un air entendu depuis le début de la soirée. Il n'avait même pas eu besoin de tourner la tête pour sentir son regard sur sa nuque. C'était toujours ainsi. Dès que l'une de ces soi-disant serveuses, qui en réalité, n'étaient que des putains payés par leurs patrons pour faire encore plus dé bénéfices, le voyait, elles venaient se coller à lui. S'habiller en mendiant le répugnait profondément, car Daeron n'en était pas arrivé aussi bas. Mais il faisait des efforts pour être de moins en moins visible. Malheureusement, cela ne passait pas. Comme si les femmes étaient toutes attirées par l'argent, qu'elles le sentaient rien qu'en voyant un homme. Il avala sa chope de bière cul sec, grimaçant au goût immonde qu'elle avait. C'était sûr que cela ne valait pas le vin de Dorne ou de la Treille, mais peu importait. Il avait la gorge sèche, il devait boire. D'une voix sèche, il ordonna à la serveuse d'aller lui chercher autre chose à boire. Peu importait ce que ce serait, du moment que c'était fort. En minaudant, la jeune femme lui apporta une autre choppe ce qui permit à Daeron de mieux l'observer. Pas mal, peu être un peu trop rousse et avec un peu trop de tâche de rousseur, mais pas mal. C'était le genre de femme qui se donnaient sans problèmes aux hommes, mais Daeron n'avait pas envie de femme. Juste envie de boire.
Il avait fait demi-tour au niveau des Osseux, avant de s'arrêter plusieurs jour à Séréna. Sa tante, il le savait, était déjà arrivée à Lancéhélion, mais Daeron avait changé d'avis. Il avait dit Aelinor qu'il la retrouverait, et pourtant, il n'en avait rien fait. Il irait sans doute à Hautjardin, et pas que pour sa tante, également pour la ravissant minois de la belle Emilia Tyrell, mais également pour bénéficier de l'adresse des jeunes femmes qui, dans le Bief, étaient douées. Mais pas comme à Lys. Aerion avait sûrement du y passer. En pensant à son frère, il avala une longue gorgée de bière. De Hautjardin il pourrait également se rendre à Villevieille pour voir Aemon. Mais non, c'était une mauvaise idée. Pourquoi irait-il voir son frère qui avait décidé cette vie-là ? Et puis, il était sans doute trop occupé avec sa future chaîne pour se soucier de quelque chose d'autres. Poussant un profond soupir il fit un signe à la serveuse qui aussitôt lui apporta une autre chope et qui se ressaierait de plus en plus contre lui. Daeron sentait ses cheveux sur sa nuque et percevait son odeur de transpiration. Il fallait dire que la taverne dans laquelle il était, en plus d'être petite, était mal aérée et de la cheminée sortait une fumée grisâtre. Rien d'étonnant pour une taverne de Culpucier, l'endroit le plus mal-famé de tout Port-Réal. Il n'était donc guère étonnant que Daeron s'y trouve. Sa tête, lentement, commença à tourner, et peu à peu, tout devint flou autour de lui tandis qu'une irrésistible envie de vomir lui brûla l'estomac. Mais il ne vomit pas, il avait dépassé ce stade depuis longtemps. Toutes les conversations autour de lui semblait amplifier, amplifier, amplifier, encore et toujours. Sa tête allait exploser. Et puis les faibles lumières qui s'échappaient des torches suspendues aux murs semblaient lui attaquer les yeux, telles des flèches transperçant la cible en plein dans le milieu. Puis peu à peu, tout se brouilla encore plus, et lentement, l'obscurité l'emporta.
Ce ne fut que bien des heures plus tard qu'il s'éveilla, la tête bourdonnante, la bouche pâteuse. Il se leva difficilement, et en posant quelques pièces sur le comptoir, s'en alla en silence. La salle était vide de toute façon. Trébuchant en passant la porte il se rattrapa à un tonneau qui traînait sur le côté. Sa chemine blanche, légèrement entrouverte, était tâchée. De quoi ? Il l'ignorait et préférait ne pas y savoir. Néanmoins, même si il se sentait mal, il était content. Nulle vision n'était venue troublé son sommeil dans lequel il s'était plongé volontairement. Daeron ne pouvait plus s'arrêter de boire, c'était trop tard, et pourtant, même ivre, il gardait ses moyens, avec l'habitude, tout était plus facile. Son père ne savait pas cela, et peu importait pour lui. Il se fichait de son fils. Il le maudissait. C'était à cause de lui tout ça. Si il n'avait pas été un Targaryen, peut-être qu'il aurait été différent. Mais il appartenait à la Maison Royale. Et lorsque ses oncles seraient morts, et que son père deviendrait Roi, alors il serait l'Héritier. Peut-être qu'on réussirait à l'évincer. En fait, il l'espérait. Il ne voulait rien avoir à faire avec sa famille. Il était tout juste capable de s'occuper de lui-même. Peut-être qu'il serait déjà mort. Étrangement cette idée ne lui fit ni chaud, ni froid. Sa vie n'en était même pas une. Il haussa les épaules et commença à marcher rapidement. Les rues étroites étaient pleines de monde, que Daero dépassait de plus d'une tête. Il ne cherchait pas à éviter les gens, il marchait droit devant lui et c'était aux autres de l'éviter.

C'est alors qu'il la vit. Arrivant dans le sens contraire. Il l'aurait reconnue entre mille. Il n'y en avait qu'une comme elle à vrai dire. Une seule qui soit aussi belle, aussi parfaite. Et même malgré le voile blanc qui masquait le bas de son visage, même les yeux baissés, il savait que c'était elle. Ses cheveux, contrairement à son habitude, n'était pas relâché dans son dos, merveilleuse cascade d'or si blanc qu'on aurait dit de l'argent, mais nattés et sagement posé sur son épaule. Sa robe, elle, était grise, et d'une coupe simple qui la mettait en valeur. Sur d'autres femmes, une robe simple aurait enlaidi, mais Shaïra n'avait nul besoin de beaux vêtements. Sa beauté seule suffisait à la sublimer dans n'importe quel vêtement. Il n'avait pas besoin non plus de la regarder en face pour revoir ses yeux, l'un bleu sombre et l'autre vert brillant. Toutes les femmes du Royaume la détestait comme elle volait le cœur des hommes, de par sa beauté. Mais Daeron savait qu'elle n'avait pas seulement la beauté, elle était également intelligente et cultivée. C'était la plus belle femme du Royaume, belle dans tout les sens.
C'était une descendante de l'ancienne Valyria, tout comme lui, même si il avait hérité ses traits de sa grand-mère, la Reine Myriah Martell. Elle n'était qu'une bâtarde, la bâtarde de son grand-père, et pourtant, il la considérait presque comme une Targaryen. Presque. Parce qu'elle n'avait pas son nom, pas plus que Brynden d'ailleurs et Aegor aussi. Mais elle était de sa famille, et même si sa famille était déchirée, il n'en avait rien à faire. Un léger se dessina sur son visage fatigué tandis que ses yeux clairs, d'un bleu violacée, seule caractéristique qu'il partageait avec les autres Targaryen, s'allumaient d'une légère lueur. Elle seule, avec Brynden, pouvait l'aider. Mais Daeron ne pouvait plus être aider, il n'avait plus envie de l'être. C'était inutile. Lorsqu'il fut suffisamment proche d'elle il lui attrapa le bras le plus délicatement possible, et la tira rapidement contre lui et une nouvelle fois, il traversa la foule. Ses sourcils, froncés, témoignaient de sa surprise à voir sa grande tante ici. Elle aurait du rester au Donjon Rouge, ou dans d'autres lieux dignes d'elle. C'était peut-être une bâtarde, mais c'était une fille de Roi. Et sa place n'était pas à Culpucier.
Ses doigts sur son bras le faisait frémir et son cœur tambourinait à toute allure tandis que son mal de tête empirait. Mais il se contrôlait toujours. Shaïra. Une femme mystérieuse. Et Daeron n'aimait pas les mystères. Il n'avait jamais su de quelle manière se comporter avec elle, alors, la plupart du temps il évitait de croiser son chemin. Mais là, c'était comme si ils étaient destinés à se croiser. Et cela ne plaisait pas du tout à l'Ivrogne.
Il changea brusquement de chemin, entraînant la belle dans une rue déserte, et tout aussi malpropre que les autres. Dans ces lieux sordides, sa beauté ne faisait qu'éclater plus encore aux yeux de tous. Il poussa un profond soupir et la relâcha. Il s'appuya sur un mur, en face d'elle, se contentant de la regarder fixement. Il ne l'avait pas venu venir ça. Il ne voyait jamais rien sauf les choses importantes, et rien d'important ne semblait se produire.

« Je ne suis pas ivre, j'ai dessoûlé la nuit dernière. Et même si je suis généralement en proie à des hallucinations, vous n'en êtes pas une. Même si vous auriez été une magnifique. » commença t-il d'une voix lente. Quand on avait passé la nuit à boire, c'était dur de parler, et pas que pour lui. « Vous êtes vous égarée? Ou alors peut-être que vous aviez envie de découvrir ce merveilleux endroit. Je vous servirai de guide dans ce cas. » termina t-il d'un ton plus cynique, moqueur. Il était comme cela avec tout le monde, même avec Aelinor. Il blessait volontairement les gens dès qu'il le pouvait pour ne pas qu'on s'occupe de lui. Culpucier n'avait rien de merveilleux, sauf pour ceux qui trouvait cela beau de voir des femmes se vendre à chaque porte, ou d'autres choses tout aussi peu séduisantes. Daeron préférait de loin les prostituées du Port, plutôt que celle d'ici. Même l'alcool y était meilleur. Et en y réfléchissant bien, lui-même en venait à se demander ce qu'il faisait ici. C'était un endroit qui le dégoûtait lui-même. Quand à Shaïra... Ce qu'elle devait en penser, elle, une femme élevée comme une princesse, qui n'avait connu que luxe, que la douceur de la soie, que la beauté du marbre, devait être tout bonnement horrifiée.
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Shaïra Seastar
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Message Jeu 2 Fév 2012 - 22:41

La crainte d’attirer l’attention obligeait Shaïra à avancer irrémédiablement dans le sens de la foule. Elle ne pouvait s’arrêter sans se faire percuter par quelqu’un, mais elle n’avait pas non plus la moindre idée d’où ses pas allaient la mener. Mais qu’avait-elle à perdre ? L’air serait plus respirable n’importe où ailleurs que dans les sales ruelles de Culpucier. Le pauvre et sinueux chemin n’était évidemment pas dallé, ainsi la Targaryenne sentait ses pieds s’enfoncer de plus en plus profondément dans la boue. Cette vision, et pire que tout, la sensation d’être engloutie dans cette misère oppressante horrifiait Shaïra. Elle n’avait que rarement était en contact avec la vie dure du peuple. La dernière fois remontait en l’an 206, avant le Fléau du Printemps… Durant un voyage d’aventures et de découvertes initiatiques, la noble dame avait été confrontée à des situations totalement étrangères à son rang. Se retrouver couverte de terre et d’autres substances peu ragoutantes avait été sa peine quotidienne, mais était-il nécessaire de rappeler que depuis, elle s’était largement réhabituer au confort que lui offrait son statut ? Il faudrait être fou pour préférer une pénible existence de travail et de douleurs à une autre de culture et de luxure… En tout cas, la « Grande Bâtarde » n’hésitait pas face à ce choix et goûtait chaque jour cette chance avec un plaisir non dissimulé.

Malheureusement, sa fierté l’empêchait de se faire toujours accompagner par une suivante ou un homme d’armes mieux renseignés qu’elle, si bien qu’elle se retrouvait désormais dans une fâcheuse situation. Oh, elle ne pensait pas craindre grand-chose, de plus un bain brûlant effacerait aisément les stigmates de cette journée de crasse. A moins que les blessures ne soient plus profondes… Malgré tout ce qu’elle pourrait affirmer, elle vivait assez mal le contact avec toute cette pauvreté… Shaïra était plus sensible qu’elle ne souhaitait l’admettre. Logique, dans leur monde cela serait traduit comme une faiblesse facilement exploitable par le premier malintentionné venu. Son voile serré sur ses épaule et sur ses lèvres, elle aurait voulu se faire invisible, mais c’était sans compter l’œil connaisseur d’un membre de la famille royale…

Shaïra n’avait rien vu venir. Elle était plus attentive aux bousculades qu’elle pouvait sentir dans son dos qu’à ce qui se déroulait devant elle. A ce contact à la fois précautionneux et ferme sur son bras, un violent frisson parcourut l’échine de la jeune femme et termina sa course jusqu’à ses reins. Tel un pantin elle se laissa entraîner, rendue incapable de se défendre par la surprise. Elle se cramponnait à son voile tout en essayant de regagner son calme. Etait-elle une lady, oui ou non ? Elle inspira profondément, et même si cet air nauséabond la fit toussoter, elle se sentit déjà mieux. Shaïra reprit avec rapidité ses esprits, et il ne lui fallu alors que quelques malheureuses secondes pour reconnaître son « kidnappeur »… Une silhouette comme celle-ci peut se reconnaître parmi des centaines. Il était particulièrement grand, et son allure n’appartenait qu’à lui. Mais que faisait-il ici… ?

    « Daeron… »

Par réflexe elle accéléra le pas pour être plus proche de lui, se fondant alors presque dans son ombre. Son petit-neveu avait beau ne jamais avoir été très proche d’elle, Shaïra avait une affection toute particulière pour lui. Affection qu’elle ne pouvait pas aisément exprimer, étant donné que le jeune homme était souvent dans les jupes d’Aelinor… Qu’importe. Elle regrettait de ne pas avoir plus l’occasion de le connaître. Son errance à Culpucier allait peut-être se révéler plus fructueuse qu’elle ne croyait de prime abord ?

L’étrange duo parvint finalement dans une rue déserte, où Daeron consentit à relâcher sa prise. La lady jaugea alors rapidement celui qu’on surnommait, assez cruellement d’ailleurs selon elle, l’Ivrogne. Bien qu’il lui assura avoir dessoûlé la veille, elle le sentait fatigué, fébrile, las ? Elle ne sautait mettre un mot précis sur le trouble qui l’habitait. Daeron se montrait toujours si… Inaccessible. Si Shaïra s’amusait à se voiler de mystères pour attiser l’intérêt, c’est une véritable chape de plomb que portait sur ses épaules le fils de Maekar. Une carapace que personne ne semblait pouvoir fissurer, et qui se gorgeait chaque jour davantage d’alcool et de jupons légers. A quoi bon s’infliger cela ?

Tout en manifestant une certaine surprise – effectivement, les chances de la trouver ici d’ordinaire étaient faibles, voire nulle – il glissa un compliment à son attention. Elle n’y fut pas insensible, et un fin et délicat sourire vint fleurir sur ses lèvres roses. Malgré la noirceur du décor, Shaïra n’en restait pas moins lumineuse tant elle paraissait tranquille et charmeuse. Un charme galant, jamais vulgaire, qui se manifestait avec douceur, telle une légère brise un soir d’été… Brise qui venait délicatement souffler sur Daeron, avec le désir de balayer ses tourments.

    « Merci Daeron. Elle n’avait pas besoin d’expliquer, il comprendrait qu’elle lui était reconnaissante à la fois pour son aide et son agréable flatterie. Si j’ai échoué à Culpucier, c’est sans doute une espièglerie du destin… Mais je suis heureuse de te voir, même dans pareil lieu. Elle le tutoyait, avec une tendresse évidente et non dissimulée. Elle avait bien ressenti qu’il n’était pas enchanté de sa présence ici, mais il avait malgré tout pris la peine de la sortir de la foule pour discuter avec elle. C’était un signe tout à fait encourageant pour Shaïra. Et si tu m’offres ton bras Daeron, je visiterai même cet endroit. »

Et cette déclaration ne constituait pas une simple formule de politesse. Elle tenait vraiment à ce qu’il sache que, même si cet endroit provoquait plus de dégoût en elle que tout autre sentiment, elle prendrait sur elle pour passer un peu de temps en sa compagnie. La jeune femme avait de nombreuses lacunes quant à l’histoire personnelle de Daeron, mais il n’était pas difficile de deviner qu’il manquait de confiance en lui. Ou plutôt, qu’on l’avait traité avec peu d’égard. Elle savait comment Maekar pouvait être dur, et elle n’ignorait pas que les deux hommes étaient fâchés… Maekar, ils avaient été si proches, tous les deux. Et maintenant, si lointains… Il était tentant de voir en ce jeune Prince le portrait même de son père, mais la Targaryenne essayait de se garder de ce genre de pensée. Avec une douceur infinie, elle se rapprocha de lui et releva son visage pour plonger son regard vairon dans le sien… Ses yeux étaient d’un bleu magnifique. Et si certains n’y trouvaient que le voile opaque produit par l’alcool, Shaïra voyait un élégant et attendrissant jeune homme. Un attendrissant jeune homme qui méritait du soutien, même si ce soutien devait lui être apporté contre son gré dans un premier temps. Il méritait qu’on l’aide. Tous ceux possédant le don de vervue méritaient d’être secourus dans les moments de doute, aussi sombres soient-ils. Et Shaïra était prête à lui tendre la main, sans attendre de lui une contrepartie, si ce n’est de ne plus être qu’une Bâtarde à ses yeux… Seulement cela. Elle posa le plat de ses mains sur l’avant-bras de Daeron, et lui offrit un sourire qui se voulait irrésistible.

    « Je sais que tu ne m’aimes pas beaucoup Daeron, ou bien te méfies-tu ? Mais je peux le comprendre. Seulement, j’aimerais que tu m’offres, que tu nous offres une chance. Toujours avec cette même douceur, aérienne et tendre, la lady se hissa sur la pointe des pieds et se permit un geste d’affection : elle posa ses lèvres sur sa joue, puis revint au sol dans un sourire. Même si c’est peut-être beaucoup demander. »

Elle ne l’obligerait bien sûr en rien, et s’il avisait de la repousser, Shaïra n’insisterait pas. Présentement elle ne jouait pas la carte de la manipulation, et la légère séduction qui planait restait de l’ordre de l’amour platonique unissant deux membres d’une même famille. Si la confusion existait, ça n’était pas de sa faute. Ou si peu…


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Message Ven 3 Fév 2012 - 20:03

Il restait là, le regard fixé sur sa grande tante. C'était étrange de se dire qu'elle était la fille de son grand-père, et qu'elle avait presque le même âge que sa tante. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Shaïra. Daeron ne comprenait pas pourquoi elle souriait. Elle aurait du tout faire, sauf cela. C'était incompréhensible. Mais il n'avait pas envie de comprendre, pas pour l'instant. Puis finalement, elle le remercia. Ce fut à son tour de sourire, surtout lorsqu'elle ajouta qu'elle était surprise de le voir ici, mais qu'elle était heureuse quand même de l'avoir trouver. Tout comme sa tante, elle le tutoyait. Elle en avait le droit, après tout, elle l'avait vu grandir. Puis finalement, lorsque la belle termina sa phrase il éclata carrément de rire, un rire sombre. Décidément, il était très demandé. Sa tante souhaitait sa présence et il la suivait volontiers, comme un chien suivait son maître, il acceptait cela parce qu'il la comprenait, il comprenait sa solitude. Mais elle, elle ne pourrait jamais comprendre la sienne, même si elle le voulait, même si elle essayait de l'aider.

« Je vous prendrai le bras pour vous ramener là où es votre place. Au Donjon Rouge, parmi les tissus et les tapisseries de luxes. Et non pas dans la boue de Culpucier. Alors avec tout le respect que je vous doit, je refuse votre bras, bien que je me sente honoré de cette proposition, n'ignorant pas combien d'hommes ont simplement rêvés d'effleurer ne serait-ce qu'une seconde votre peau. » Il était cynique. Daeron était au courant de ce qu'il se racontait sur Shaïra. Elle était belle, et sa beauté était son arme, et un fléau pour les hommes faibles. Combien s'étaient suicidés après s'être fait rejetés par la Bâtarde ? Certains plaisantins s'amusaient encore à essayer de deviner le nombre. Daeron lui pariait sur une dizaine, et encore, des faibles. Car les hommes forts, même rejetés par une femme de toute beauté, ne se suicidaient pas. Sa beauté était en quelque sorte une malédiction, du moins, Daeron voyait cela comme tel. Tout comme leurs dons de vervue. Cela ne devait pas déranger Shaïra. Mais lui. Si il avait pu naître sans, ou si il n'avait pu ne jamais être venu au monde, alors il l'aurait fait, sans l'ombre d'une hésitation.
Il n'aima pas la lueur qu'il vit briller dans les yeux de la Seastar, une lueur de pitié, de compassion, du moins, c'est ce qu'il lui semblait. Peut-être était-il encore sous l'emprise de l'alcool ? Mais non, il était trop habitué à être ivre pour savoir ou non si il l'était en ce moment même. « Quand à me voir dans un pareil lieu, ce n'est pas une surprise. Là où il y a des tavernes et des putains, je suis jamais loin. » Il sourit encore, se rendant compte de sa rime. Ce n'était pas voulu. La blesser. Il fallait qu'il la blesse pour qu'elle se détourne de lui. Daeron avait parfaitement conscience du fait qu'elle était l'une des seules à pouvoir l'aider, parce qu'elle le comprenait, et comprenait ce qu'il vivait. Mais son aide, elle pouvait se la garder, et elle aurait beau essayer, encore et encore, elle n'y parviendrait pas. Et l' « heureux hasard » qui faisait qu'ils s'étaient tous deux retrouvés là ne mènerait à rien. Elle se rapprocha de lui, et le jeune homme eut soudain l'impression d'être en danger, lorsqu'elle plongea son magnifique, envoûtant et mystérieux regards vairons dans le sien, cette impression fut confirmée. Puis il essaya de se convaincre que ce n'était rien. Qu'elle voulait l'aider. Mais comment lui refuser quoi que ce soit si elle faisait une tête comme celle-là ? C'était impossible à refuser. Impossible à refuser pour un autre homme. Mais lui était l'Ivrogne. Des femmes, des prostituées surtout, il en avait connu beaucoup, et résistait à tous les charmes féminins. Même si ils les reconnaissait volontiers. Chez les femmes de noble naissance, il ne se souciait guère de savoir si les catins en avaient ou non, du moment qu'elles étaient plutôt jolies, et qu'il était assez sobre pour choisir, il prenait. Puis elle posa les mains sur ses bras. Daeron ne recula pas, se contentant simplement de la regarder de haut. Ce n'était pas une chose difficile. Elle avait beau être assez grande pour une femme, il l'était encore plus que tous les autres hommes lui. Mais pas aussi grand que Duncan. Ce moins que rien qui avait réussi à devenir quelqu'un. A se faire un nom. Il se souvenait parfaitement de lui. Comment l'oublier ? C'était impossible. C'était un géant à côté de l'Oeuf. L'Oeuf qui était tellement rempli d'admiration pour son chevalier qu'il ne parlait que de lui à longueur de journée lorsqu'il était avec sa famille. La dernière fois que Daeron l'avait vu avait été lors de son bref passage à Lestival. Passage qui n'avait duré qu'à peine une heure, le temps de parler avec Aelinor. Son père était fier de son quatrième et dernier fils. Aegon avait en lui toutes les qualités que ses aînés ne possédaient pas. C'était pour cela qu'il devait rester à Lestival.
Il y a avait Daella et Rhae, mais c'était des filles, ses sœurs, et elles ne comptaient pas. En fait, tout ce qui lui importait était qu'il n'était pas fiancé à l'une d'elle. Comme Aelinor l'avait été à Aerys. Mais il y avait également une raison à cela. Il était l'Ivrogne. Voilà pourquoi il avait été fiancé à une autre. Alys Trant. La fille de la Princesse Eleana Targaryen. Une demi-Targaryenne. Elle lui offrit un sourire irrésistible auquel Daeron résista totalement, malgré tout, il ne put s'empêcher de la trouver encore plus belle. Elle essayait de le manipuler. Il n'était pas encore suffisamment ivre pour se laisser faire.

« Vous savez ? Je ne crois pas. » répliqua t-il en se déplaçant, rompant ainsi le contact physique. Il se méfiait ? Pourquoi aurait-il du se méfier ? On la disait sorcière, il n'en était rien. Il savait la vraie origine de ses rumeurs. Et elle voulait une chance. Pourquoi ? Pourquoi faisait-elle comme Aelinor ? « Vous pouvez comprendre, oui. Mais personne ne peut m'aider. » mentit-il. A vrai dire, une seule personne était capable de l'aider. Lui-même. Puis, légèrement, elle déposa un baiser sur sa joue. Il ne la repoussa pas cette fois-ci, sinon il risquait de vraiment la vexer. Il secoua la tête, glissant une main dans ses cheveux châtains avant de replanter son regard dans celui de sa grande tête. « Je ne veux pas qu'on m'aide. Je sais ce qu'il me faut. Du vin. Et l'oubli. C'est tout. » Ce qui pouvait l'aider, c'était qu'on lui enlève ses visions, ces maudites visions qui étaient la cause de son malheur. Shaïra ne pouvait pas comprendre pour qu'elle avait accepté ce « don », lui l'avait refusé, et ce qui aurait pu être sa force était sa plus grande faiblesse, cela ne faisait que le réduire à néant encore plus. « Je ne veux pas qu'on m'aide » répéta t-il, statique. C'était mot pour mot ce qu'il avait dit à Aelinor. Et elle détestait Brynden. Et Brynden était l'amant de Shaïra. Nul ne l'ignorait. Puis il sourit encore, tristement. Sa chance à lui était passée, à vrai dire, avait-elle jamais existé ? Il était déjà perdu, en train de descendre, de sombrer plus les jours avançaient. Condamné à l'avance. Personne ne l'avait aidé lorsque ses visions avaient commencés à se manifester, les serviteurs l'avaient regardés de travers et sa mère avait pris cela pour une imagination débordante. « L'on m'a dit un jour qu'il y avait pire que la mort. Il y a la perte de l'espoir. Mais pourtant, d'espoir, je n'en ai jamais eu. Alors j'attends la mort. Mon père sera débarrassé de moi comme cela.» Et c'était tout ce qu'il voulait. Maeker serait débarrassé d'une des épines plantées dans son pied. Sans lui, tout serait mieux finalement.
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Shaïra Seastar
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Message Mar 7 Fév 2012 - 13:56

Il était quelque peu étrange pour la lady d’entendre Daeron l’enjoindre de se cantonner aux places que la morale et le statut lui permettaient d’habiter. Elle ignorait encore s’il fallait qu’elle se montre outrée ou simplement dérangée de se voir imposer un comportement par son petit neveu. Bien sûr, ses intentions ne paraissaient pas mauvaises, il était même au contraire prévenant, mais Shaïra aurait apprécié peut-être plus de… Douceur, de sa part. Mais elle devait se résoudre à l’accepter comme il se présentait, puisqu’au final elle le connaissait très peu et ne pouvait prévoir que difficilement ses réactions. Bien qu’ils soient de la même famille et qu’ils partagent un don similaire, ils s’étaient rarement rencontrés, encore moins seul à seul. Mais déjà, à peine se trouvaient-ils l’un en face de l’autre que le Prince sembla dresser un mur invisible entre eux, interdisant toute approche et la moindre démonstration d’intérêt. Si elle n’était pas encore vexée, Shaïra fut intriguée par tant de réserve. Paraissait-elle si indiscrète pour qu’il soit sur la défensive ? Même son compliment, lorsqu’il se déclara « honoré » par sa proposition, sonna plus comme une interdiction d’approcher que comme un éloge aux oreilles de Shaïra. Il se méfiait. Peut-être même croyait-il que ce n’était pas le hasard qui les avait réuni, mais qu’elle avait manigancé pour se retrouver dans les rues nauséabondes de Culpucier en même temps que lui, l’Ivrogne, ou encore que leur entrevue soit commanditée. Tout cela était faux, bien sûr, mais elle ne pouvait lui prouver le contraire. De plus, Daeron semblait totalement opaque à toute tentative visant à le rassurer, ou simplement à se montrer agréable envers lui. Comme s’il faisait tout son possible pour mériter des coups de bâton, pour mériter qu’on l’exècre, qu’on l’évite, et qu’on le laisse mourir dans un bar infect, aux côtés de créatures désespérées, le corps avachie dans une flaque de vin et de vomissures. Ainsi se superposait-il à son infâme sobriquet. Mais Shaïra était une femme trop fière et elle-même habituée aux jeux de manipulation pour laisser un jeune homme, quel qu’il soit, lui dicter ce qu’elle devait penser. Tout comme les rumeurs ne faisaient que frôler son esprit, elle ne serait pas abusée par la verve acide de Daeron. L’amertume du cœur de la lady pouvait résister à pareille tentative.

    « Soit, j’accepte ton refus. Mais il te faudra de ton côté supporter mon obstination : un Prince tel que toi, qui a épousé le don de vervue, ne sera jamais à mes yeux un vulgaire ivrogne amateur de filles de joie. Elle marqua ensuite une pause, assez courte afin qu’il ne puisse pas répliquer, suffisamment longue pour la laisser peser chacun de ses mots. Et tu aurais beau t’entêter à te présenter comme tel, cela ne te libérera jamais de tes rêves. »

Elle croyait, sans pouvoir le certifier, que Daeron considérait ses visions comme une malédiction. Et qu’il était le seul à les envisager de cette manière. Or, il était évident qu’elle comme Freuxsanglant n’avaient pas toujours vécu d’heureux moments en compagnie de ces rêves dont ils ne pouvaient ni prévoir ni empêcher l’arrivée subite. La lady pouvait mettre cela sur le compte de sa jeunesse, car malgré ses « loisirs » d’adulte et son âge, le fait qu’il ait choisi la voie de la fuite dénotait, outre un déficit de confiance en lui, un certain manque de maturité. Elle ne le jugeait pas pour autant, et ne se sentait pas supérieure à lui outre-mesure. Mais il devenait évident pour Shaïra qu’il méritait d’être secoué. Positivement, pas avec la violence dont pouvait faire preuve Maekar, ni avec la compassion de mère refoulée qu’elle voyait en Aelinor. Cependant, elle ne se considérait pas pour autant qualifiée pour cette tâche. Si tant est que quelqu’un en ce monde l’était.

Non sans une certaine dureté, Daeron la repoussa. Toujours cette même méfiance, ce mur protecteur qui barrait le chemin de quiconque voudrait approcher. S’il accepta ses lèvres posées sur sa joue, Shaïra comprit bien que le cœur n’y était pas. Et enfin, Daeron sortit de son cynisme pour se livrer, ne serait-ce qu’un peu. Le déballage du rejet auquel elle assista laissa la Seastar interdite. Elle avait eu l’impression de soutenir un monologue qui tournait sur lui-même, incapable d’avancer et de percevoir la lumière au bout du tunnel. Seuls régnaient la crainte, l’oubli et le vin dans le monde du Targaryen. L’omniprésence de la mort comme libératrice, également. Or, Shaïra n’avait pas l’intention de se laisser submerger par un discours si déprimant et fataliste. Aussi attendrissant que soit Daeron, elle lui barrerait la route, quitte à tordre le cou aux déclarations qu’elle avait eu plus tôt..

    « Cela tombe très bien Daeron. Quand je t’ai demandé de nous offrir une chance, je pensais seulement à passer un moment agréable en ta compagnie. Nous n’en avons pas souvent l’occasion au Donjon Rouge. C’était certes, un mensonge. Mais Daeron ne pouvait pas lire dans son esprit, et elle n’avait pas prononcé une seule fois le mot « aide », ou un équivalent. Ta tante fait déjà son possible pour te venir en aide, et je n’ai pas la prétention de te connaître aussi bien qu’elle. »

Gênée par le poids de ses cheveux sur son épaule, elle détacha lentement sa natte et libéra sa cascade d’argent, qui vint élégamment chuter au bas de ses reins. Le besoin de se cacher était moins prégnant auprès de Daeron, elle pouvait se permettre ce geste sans trop d’inquiétudes. Son regard vairon avait quitté quelques instants le visage du jeune homme, et elle réfléchissait. Toujours aussi posément, sans avoir l’air vexée par tout ce qui s’était passé. A dire vrai, elle ne le croyait qu’à moitié. Il avait bien trop répété cette phrase, ce « je ne veux pas qu’on m’aide », telle une litanie pour s’auto-persuader. S’il voulait tant qu’on le laisse tranquille, il ne vivrait pas constamment dans l’ombre d’Aelinor, il ne pourrait pas supporter qu’elle veuille le sauver. Shaïra n’avait pas la patience de la Reine, et surtout, elle ne croyait pas que se battre pour le Prince, sans que celui-ci ne témoigne du moindre effort pour s’en sortir, soit la solution. C’est par des mots détournés qu’elle lui fit part de cette réflexion, d’une voix toujours aussi douce, même si la distance physique ne s’était pas réduite à nouveau.

    « Si tu es encore en vie, malgré le mal que tu te donnes à détruire ton existence et à éloigner tes proches, c’est que l’espoir est toujours vivace. Quant à son père, elle ne prit pas la peine d’en parler. A quoi bon ? Elle ne pensait pas que Daeron fasse cas de l’avis d’une Bâtarde sur des histoires de famille… Et je crois aussi que personne ne peut t’aider en l’état. Cette précision était bien sûr capitale. Tant que tu continueras à refuser de combattre, et de comprendre tes visions, tu seras seul. Aelinor ne pourra te venir en aide. Je ne pourrai pas t’en parler, ni même Brynden, bien que Main du Roi il sera incapable de te secourir. »

Elle balaya son visage du regard, guettant la moindre de ses réactions et surtout, se demandant s’il allait recommencer à répéter sa sentence. Il avait besoin d’aide, et au fond de lui, il en voulait. Sinon il n’agirait pas ainsi, c’était impossible, irrationnel. Or, il était intelligent. Il ne pouvait que l’être. Son engourdissement dans le mauvais alcool n’en était que plus regrettable.

    « Mais assez parlé de cela, puisque cela te dérange. Elle riva son regard dans le sien, sans ciller. Son ton restait agréable, sans condescendance. Elle ne comptait pas l’accabler. Si tu es trop occupé pour passer quelques temps avec moi, pourrais-tu me mettre sur le chemin du Grand Septuaire de Baelor ? » Elle se garde d’ajouter un « tu seras un ange », qu’il pourrait mal prendre. Mais cette pensée la fit esquisser un fin sourire en coin.


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Message Lun 20 Fév 2012 - 13:18

Sa grande tante le fixa un long moment avant de répondre enfin. Elle se trompait. Totalement. Il n'était qu'un prince ivrogne amateur de fille de joie. Mais Shaïra avait raison en disant que cela ne le libérerait pas de ses visions, pas totalement du moins. Même lorsqu'il était ivre mort, il voyait encore. La preuve était que la nuit qu'il avait passé sur la table, à l'auberge, tandis qu'Aegon s'en allait avec Duncan, Daeron avait quand même vu un dragon tomber sur le « chevalier ». Même saoulé, il voyait. Un goût amer lui monta à la bouche. Il ne voulait pas de ce don maudit, il n'en voulait pas. Et à vrai dire, il n'imaginait même pas ce que la vie aurait pu être sans. Aurait-il été aussi parfait que Valarr ? Ou aussi monstrueux qu'Aerion ? Un sourire triste s'étira sur ses lèvres tandis que son regard se faisait vague. Shaïra aurait beau lui faire la leçon sans arrêt, tout comme Aelinor, cela ne servirait à rien. Parce que jamais il n'arrêterait de boire -entre autre- c'était trop tard, plus rien ni personne ne pourrait l'arrêter. Quand est-ce qu'elle le comprendrait ? Jamais sans doute. Les femmes étaient ainsi. On leur disait quelque chose et elles faisaient exactement le contraire, se croyant sans doute utile. Elles l'étaient plus que lui en tout cas.
Il jeta à la belle Shaïra un regard presque triste, puis il s'assombrit légèrement. Il avait envie de la laisser là, seule, se débrouiller. Il n'était même pas un homme, il n'avait pas d'honneur, et donc, aucune honte à avoir. Mais Daeron n'allait pas le faire, toute bâtarde qu'elle était, elle était de son sang, et elle avait été légitimée. Cela ne changeait rien à sa naissance, mais quand même, cela comptait. Puis Shaïra détacha sa tresse, laissant ses longs cheveux couler dans son dos. Daeron, un instant, fut tenté de l'arrêter, mais il ne le fit pas. On pouvait la reconnaître, mais peu importait pour elle désormais. Peut-être parce qu'il était là ?

« Garde ton aide pour les gens qui en ont vraiment besoin Shaïra. Je ne veux pas de ton aide, je ne veux pas de toi. Tu es une femme, je suis sûre que cela te fait plaisir d'essayer de me protéger, de m'aider parce que je suis faible. Plus faible que toi. » Il la tutoyait, le vouvoiement ne lui réussissait pas en fait. Il voulait la blesser, la heurter pour qu'elle n'arrive pas à ses fins. Elle n'y arriverait pas, Daeron ne la laisserait pas faire. Elle ne comprenait pas qu'il puisse supporter la vie qu'il vivait. Cela lui convenait parfaitement, l'alcool, les femmes. Tout était pour le mieux. C'était à ça qu'il était destiné et c'est ce qu'il ferait tout au long de sa vie. « Puis seul, pas besoin d'être un ivrogne pour l'être. Il suffit simplement d'être un Targaryen. » Sa tante était seule, Aerion, avec sa folie meurtrière, était seul, exilé sur l'autre continent, tout comme l'Aigracier, Brynden devait être seul aussi, tout le monde le haïssait. Aerys était seul avec ses livres, son père, seul à Lestival. Enfin, il y avait sa mère et ses sœurs, mais comptaient-elles vraiment? Seul Aegon en fait, n'était pas seul. Il avait Duncan, un ami sur lequel il pourrait compter. Et lui était seul, seul avec ses visions, comme depuis toujours. « Personne ne m'a aidé. Personne ne m'aidera jamais. »

Et soudainement, Shaïra changea de sujet. Cela ne le dérangeait pas à vrai dire, cela l'ennuyait profondément, et lui donnait encore plus envie de faire le contraire de ce qu'on lui disait de faire. Elle lui demanda de la remettre sur le chemin du septuaire de Baelor et juste après, eut un léger sourire. Daeron fronça les sourcils, à quoi donc avait-elle pensé ? Il haussa finalement les épaules. Il n'avait pas le choix. Si il la laissait là, il passerait pour... Il ne savait pas vraiment, un lâche, un homme sans honneur, mais ça, il l'était déjà. Néanmoins, il prit la main de sa grande-tante pour la poser sur son bras et l'entraîna avec lui dans les rues boueuses. Le septuaire de Baelor était un endroit qui lui conviendrait bien mieux que Culpucier. « Puis-je savoir pourquoi vous vous y rendez ? Auriez-vous l'intention de devenir septa ? Je suis sûre que beaucoup d'hommes deviendront alors septon... » Il souriait ironiquement, repassant au vouvoiement. Le moment où il se livrait était passé désormais, fini. Pour quasiment tous le monde, Shaïra passait pour une sorcière qui faisait de la magie noire, une sorcière priait-elle les Sept Dieux ? Shaïra priait-elle ces Dieux ? Il ne s'était jamais vraiment posé la question. Lui en tout cas, n'y croyait pas. Non, il croyait en l'alcool. Pourtant, il savait que des Dieux devaient bien exister puisqu'ils lui avaient collés cette malédiction sur lui dès son plus jeune âge. Daeron était sûre que sa grande-tante considérait le don de vervue comme un don. Jamais il ne le considérerait comme cela lui. Et puis, si un jour il y croyait, il ne comprenait toujours pas à quoi cela servait. C'était vrai, il voyait, mais jamais il n'avait rien pu empêcher. Était-il condamné à voir sans pouvoir stopper ? Il avait vu un dragon tomber sur Duncan, et ce dragon était tombé. Il soupira brièvement en continuant d'entraîner Shaïra. Lorsque deux ivrognes s'avancèrent vers eux, Daeron relâcha sa tante pour s'approcher d'eux. Il faisait une bonne tête de plus que les ivrognes et ceux-ci, après avoir marqué un bref temps d'hésitation, tournèrent les talons. Dans les bas fond, on ne savait jamais ce qu'il pouvait se passer. La plupart des rues étaient de véritables coupes-gorges, pleines de violeurs, tueurs, voleurs. Il n'était pas à l'aise ici, pas avec Shaïra à ses côtés. C'était étrange à vrai dire. De la rencontrer dans cet endroit où jamais il ne serait attendue à la voir. A vrai dire, il ne serait attendue à la voir nulle part. Rencontrer Shaïra même au Donjon Rouge n'avait jamais fait parti de ses plans, et cela n'en ferait jamais parti.


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Message Sam 10 Mar 2012 - 20:48

Tout en détachant sa longue natte, Shaïra écoutait son petit neveu sans jamais le quitter des yeux. Elle ne craignait pas qu’il s’échappe et l’abandonne ici, non, elle croyait encore qu’il ait suffisamment d’estime pour elle pour ne pas agir ainsi. Seul le temps lui dirait si elle se trompait à son sujet. La Seastar l’observait en vérité pour ne rater aucune de ses expressions, espérant que l’une d’elle lui révèle l’état d’esprit véritable de Daeron. Sans doute était-ce vain… Car aucun geste, pas même un regard, ne lui apprit ce qu’elle voulait savoir. Et les mots du jeune homme, qu’elle reçut frontalement et sans s’y être préparée, furent plus blessants qu’elle n’aurait voulu l’avouer. Elle était quasiment persuadée qu’il le faisait exprès, pour la décourager et l’éloigner plus encore de lui… Malgré tout la rudesse, même feinte, cache toujours en son sein un fond de vérité. Et c’est cette moelle viscérale et haineuse qui envenimait leurs rapports et leur discussion commune qui offensait Shaïra plus que de raison. Daeron était-il devenu comme son père avant lui, froid et sec comme la roche ? Il ne devait pas la juger assez digne pour l’écouter et recevoir ses conseils, aussi avisés soit-il. Que pouvait représenter une Bâtarde, même légitimée, pour un Prince ? Il avait beau se considérer comme un ivrogne fini, sans doute considérait-il qu’il lui restait infiniment supérieur. Elle pouvait l’entendre, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus vexant. Après tout, elle ne portait pas le nom de Targaryen, sa légitimité était toute relative, quand même bien même il partageait du sang en commun. Elle devait se fatiguer, et épuisait sa salive, pour un résultat qui ne viendrait jamais.

A cet instant, il sortit des mots de la bouche de Daeron qui auraient valu une gifle au premier venu. Qu’il ne veuille pas de son aide, elle l’encaissait, en serrant les dents. Mais qu’il érige le fait qu’elle soit une femme comme un paramètre pour juger son comportement, l’hérissait au plus haut point. Elle darda son regard dans le sien, et ses sourcils se froncèrent. Shaïra n’était pas une femme maternelle, ses lointains instincts se manifestaient rarement, et le plus souvent en présence de la jolie Yevana Mallery. Autrement, sa condition de femme la rendait plus séductrice et dangereuse que généreusement prévenante. Mais elle devait ronger son frein, pour le moment. Elle ne pouvait pas se permettre de répondre trop vite, sur le coup de l’émotion, car cela leur nuirait à tous les deux. Chaque mot devait être pesé, elle ne devait, et surtout ne voulait pas prendre les problèmes de Daeron à la légère. Et qu’il le veuille ou non, qu’il l’accepte ou non, elle s’en préoccupait parce qu’ils partageaient le même don, le même fardeau, et non parce qu’elle était une femme en manque de poussin à couver.

Silencieuse et pensive, elle décida de changer de focus. Elle avait besoin d’un peu de temps pour réfléchir, et digérer les paroles qu’il lui avait adressé. Bien qu’elle songea un instant qu’il puisse refuser sa requête, elle fut soulagée de le voir prendre sa main pour la guider à travers les sales ruelles de Culpucier… La Seastar serra en douceur et légèrement le bras offert et se laissa donc conduire en silence, jusqu’à ce que le Prince s’adresse à elle en employant un ton quelque peu différent… Le sourire retrouva le chemin des lèvres de Shaïra, qui passa outre le vouvoiement et l’ironie qui tintait ses mots pour souffler sa réponse, non sans malice.

    « Le destin de septa ne sied guère à ma réputation, ne crois-tu pas ? Cela ne concordait pas non plus avec la réalité des faits, certes. Shaïra n’avait rien d’une religieuse, tant par la croyance que par sa conduite. Sans compter que la chaste compagnie des septons l’ennuierait rapidement. Quant aux vraies raisons de sa présence au septuaire de Baelor… J’y ai donné rendez-vous. Mais les détails t’ennuieraient, c’est une affaire sans grande importance. »

Et de toute manière, elle n’aurait pas eu le temps de lui faire part de ces détails. Bien qu’elle ne fut pas verser aux arts de la prudence, elle n’avait pas manqué de voir ces deux hommes approcher d’eux, avec des intentions très probablement peu louables. Daeron le vit aussi, et entreprit de s’avancer vers eux après l’avoir relâché. Elle l’observa, particulièrement attentive. Le jeune homme se déconsidérait toujours, et ne semblait pas vouloir se conduire avec honneur… Elle se souvenait du tournoi de Cendregué, où Daeron était resté au sol, même après avoir gouté aux sabots de son propre cheval. Et pourtant… Par son simple port, il fit décamper les deux roturiers. Certes, des ivrognes. Mais il l’avait fait malgré tout. Non sans grâce, malgré la boue environnante et qui maculait ses pieds, elle le rejoignit et glissa de nouveau sa main sur son bras. Qu’importe s’il rejetait ses mots et dédaignait son regard, où l’admiration scintillait discrètement, il était important, elle le croyait sincèrement, qu’il en soit le témoin. Même si ça ne représentait peut-être rien pour lui… A cet instant, il avait de la valeur, et s’était comporté avec noblesse à son égard.

    « Merci Daeron… Peut-être lui rétorquerait-il qu’il n’avait fait cela que pour lui. Mais il était fort probable que deux ivrognes ne l’auraient pas approché s’il avait été seul. Tu sais… Je regrette un peu. Sans doute me suis-je mêlée de ce qui ne me regarde pas… Et qui suis-je pour juger tes choix de vie. Une catin ? Une sorcière ? Tout cela à la fois… Je m’excuse pour mon comportement présomptueux. Elle inclina légèrement, et respectueusement, sa tête aux cheveux dorés. Cependant… Je crois vraiment pouvoir faire quelque chose pour toi, en ce qui concerne tes visions, et uniquement tes visions. A partir de maintenant, elle se désintéresserait des problèmes d’alcool et autres qui pouvaient assaillir le jeune homme… Peut-être qu’ils se résorberaient d'eux-mêmes si Daeron vivait mieux ses visions, qui sait. C’est une proposition sincère, je t’en laisse seul juge. Mais si tu as choisi le vin et les femmes, tu n’as pas fait le choix de voir… Et je peux t’aider à t’en libérer, peut-être, si tu le souhaites. »

Le septuaire de Baelor serait bientôt à leurs pieds, mais Shaïra attendait avec une certaine impatience la réponse de Daeron. Aelinor avait voulu le libérer de ses démons, la Seastar lui proposait maintenant de cibler l’unique chose que le jeune homme semblait vouloir changer… Avait-elle vu juste ?


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