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Le glas pour les Fer-Nés - Maura

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Message Lun 16 Jan 2012 - 17:07

Tybolt dinait seul dans sa loggia lorsque lui parvint le bruit d' certaine agitation derrière la porte menant à ses appartements. Il posa ses couverts dans l'attente, il en était certain de l'entrée en catastrophe de Mestre Vyman. Celui-ci ne se fit pas prier pour satisfaire son suzerain, la porte s'ouvrit à toute volée et dans un tourbillon de robe entra Vyman, le visage rouge, voir même le crâne, Tybolt n'avait jamais su que l'on pouvait avoir le crâne rougit par l'effort. De fait il n'avait pas porté attention à ce que tenait le Mestre avant que celui-ci ne le lui tende et ce que vit Tybolt dans le regard de son conseiller ne fut pas pour lui plaire. Des... des nouvelles de Falaise Monseigneur... j'ai ouvert ce n'était pas directement adressé à votre personne... Se levant le jeune seigneur prit avec vigueur la missive des mains de son aîné et après en avoir parcouru le contenu, il eut tout d'abord un temps de latence pendant lequel son esprit tentait d'analyser la situation, de la faire sienne pour pouvoir l'appréhender objectivement. Le message, loin du protocole cérémonieux des autres lettres de Falaise, allait directement au but, il s'agissait d'informer Lord que le convoi de Lady Maura Arryn, sœur de Lord Arryn, avait subit attaque entre Fléaufort et Falaise, lieu où elle devait embarquer pour Belle-Île. Le message indiquait, pour information, qu'aucun survivant n'avait été découvert mais qu'aucune trace ne laissait non plus penser que Lady Maura Arryn et ses suivantes aient pu être exécuté sur place. L'hypothèse la plus probable était qu'elles avaient été enlevé comme la réputation des Fer-Nés le laissait à penser. Toujours sans réaction apparente le jeune Lion lisait et relisait la missive, jamais un simple message n'avait semblé aussi peut crédible et à la fois si évident à ses yeux. Il finit par relever la tête de la lettre et le regard comme perdu dans le vague il aurait pu paraitre statue n'étaient ses mâchoires se contractant convulsivement... Vyman quant à lui avait reprit son souffle et certaine contenance, il se tenait désormais bien droit aux cotés de son suzerain. Monseigneur ? Tybolt sembla émerger lorsqu'il tourna la tête vers Vyman et ce dernier vit alors les yeux de son suzerain, ces derniers n'étaient ni furieux ou même apeurés simplement décidés et implacables. Il parla en prenant la direction d'un placard d'où il tira carte du front de mer. Où se trouve Gerold ? Je vais avoir besoin de lui... Il lui revient de faire convoquer le Ban pendant que je serai moi même en route pour Falaise. Il retira sa chevalière marquée du sceau Lannister en disant cela, chevalière qu'il plaça dans la main du Mestre. Tu la lui donneras ainsi lorsqu'il convoquera le Ban les Lords sauront que c'est sur mon ordre. Vyman qui observait sa main dans laquelle on avait placé la marque même de la maison au Lion parut interdit devant ces décisions. Mais il retrouva bien vite la maitrise de son esprit et posant la bague sur la table où était désormais étendue la carte il se permit d'intervenir.

Je comprends bien Monseigneur que vous vouliez vous rendre à Falaise mais puis-je vous en demander la raison ? Je sais bien entendu qu'il s'agit là de votre épouse, même si les Lords eux ne le savent, mais quel serait votre raison officielle pour vous rendre chez vos vassaux après avoir apprit la disparition de Lady Maura Arryn ? Tybolt leva les yeux de la carte et ceux là n'avaient plus rien de calme et serein la colère y pointait. Levant une main pour prévenir toute explosion le Mestre reprit. N'allez pas méprendre mes propos Monseigneur mais ne pensez vous pas que votre arrivée puisse paraitre inopportune aux yeux de vos vassaux, d'autant que votre Garde du Lion est déjà certainement sur place. Risquer votre vie en partant maintenant pour Falaise n'aiderait en rien l'Ouest m'est avis... Vos hommes, votre propre Garde est partie depuis plusieurs jours maintenant, je suis certain qu'ils sauront agir en toute discrétion et nous faire parvenir au plus vite des nouvelles de votre épouse... si nouvelles il y a bien entendu. Tybolt se redressa, il dominait Vyman de plusieurs centimètres. Si nouvelles il y a ? ! Vyman fit deux pas en arrière gardant toute sa prestance et son calme, il pivota et commença à arpenter la pièce vers les fenêtres. Monseigneur m'aura mal comprit, il est bien entendu que je souhaite que Lady Maura soit retrouvée, mais tout laisse à penser qu'elle a été soit enlevée soit tuée par les Fer-Nés. Nous savons de part nos informations que ce qu'ils ne tuent pas ils le prennent et ceux qu'ils ne prennent pas est de toute évidence déjà mort... Il marqua un temps d'arrêt sans pour autant se retourner et voir l'effet de ses mots sur son suzerain. Tybolt lui même en était venu aux même conclusions mais il n'acceptait pas cet état de fait et ne sachant quoi faire d'autre qu'agir il n'avait pas pu imaginer autre chose que foncer à bride rabattues vers Falaise pour y mener lui même les recherches. De plus si comme je le pense Lady Maura a été enlevé pour servir de femme-sel aux Fer-Nés, il y a de très fortes chances pour qu'elle ait subit les pires atrocités avant de rejoindre les îles de Fer... Oh je ne dis pas ça pour vous déplaire Monseigneur, mais c'est mon devoir que de vous conseiller. Qui plus est... vos épousailles étant secrètes et très peu de monde en ayant connaissance... Il serait aisé de faire en sorte que ces dernières n'aient jamais existé... Pour le coup Vyman n'était pas certain que cette dernière proposition soit accueillit avec bienveillance par le jeune seigneur mais il se devait de faire mention de cette possibilité et des opportunités que cela offrait.

Il vit dans le reflet de la vitre plus qu'il ne perçut le jeune seigneur jeter une chaise contre le mur à coté de lui, cette dernière explosa en plusieurs morceaux. Il s'agissait là comme il l'avait imaginé de la réaction du Lion, tout comme l'avait été cette décision de partir pour Falaise sur le champs, en pleine nuit et sans escorte digne de ce nom. La poitrine de Tybolt se soulevait avec force à chacune de ses respiration la colère sourde qu'il ressentait était dans sa plus grande partie dû à son impuissance face à la situation actuelle ainsi qu'aux propos de Vyman et plus encore par l'inconscience de son épouse qui s'était crue l'égale d'un seigneur de guerre en faisant le tour de ses troupes. De plus il ne pouvait oublier que leur dernière discussion avait été une violente dispute pour des broutilles sans importances. Le Mestre se tourna vers son seigneur.
Je vois que comme moi vous en êtes arrivé aux même conclusions... esquissant un sourire en montrant les débris de la chaise. Disons simplement que votre cheminement de réflexion est un peu plus "percutant" que le mien. Tybolt observa Vyman un moment avant de répondre. Il savait qu'il ne pouvait réagir en époux, du moins pas officiellement et que la présence de la Garde du Lion était certainement la meilleure chose qui puisse arriver dans cette situation. Il n'acceptait pas d'être impuissant mais il ne pouvait faire autrement. Tu as sans doute raison... je ne suis pas d'accord avec ça mais que puis-je y faire. Ah si... il plongea son regard dans celui de son conseiller. quand bien même tes analyses sont judicieuses et cohérentes, parle encore une fois de mes épousailles comme d'une chose dont on pourrait faire table rase pour faciliter la disparition de Lady Maura et plus jamais il ne te sera donné le plaisir de voir la lumière du jour ni même de pouvoir te mouvoir à ta guise... maintenant va et fait partir un corbeau pour Falaise, informe les que la Garde du Lion est en route et devrait être sous peu chez eux. Le Mestre ne demanda pas son reste et s'inclina avant de quitter la pièce. Tybolt une fois seul, ne revînt pas vers son repas, il n'avait plus faim... au lieu de ça il se dirigea vers la terrasse qu'il ouvrit en grand et dans la fraicheur du soir il observa l'immensité de la mer face à lui. Si Maura était de l'autre coté aux mains des Fer-Nés, il irait la chercher et que Rivers et les Targaryen le veuillent ou non il massacrerait toute la population de ces îles, ainsi plus personne n'entendraient jamais parler des Fer-Nés ni me^me se souviendrait qu'ils aient jamais existé.
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Message Mar 17 Jan 2012 - 19:56

La nuit tombait peu à peu. Ce serait sans doute la seconde qu’elle passerait dehors, victime du froid et du vent d’automne. Elle ne pleurait plus, elle n’avait plus assez de larmes pour cela. Elle avait erré toute la journée mais elle était incapable de retrouver son chemin dans cet Ouest inhospitalier qui lui restait inconnu. Elle avait perdu de vue les premiers contreforts dans la folie qui l’avait faite échapper au déshonneur et elle se retrouvait à marcher le long d’une vallée encaissée qui l’empêchait de se rendre compte de l’endroit où elle se trouvait et de chercher une hauteur pour repérer la grand route. De même, il fallait avouer que la seule perspective de retrouver la côte et la direction de Falaise l’inquiétait et qu’elle ne pouvait pas retourner sur le lieu qui avait vu la fin de sa petite escorte et de tant d’hommes valeureux. Elle préférait demeurer dans la relative sécurité de ces combes jusqu’à… jusqu’à ce qu’elle soit la proie de bandits ou de reîtres ou de… Elle ne savait pas ce qui pourrait lui arriver encore de pire. Un dragon peut-être ? Ou simplement mourir de faim ou de froid. La veille elle avait longuement tenté d’allumer un feu mais avait fini par abandonner la tâche après une longue heure à s’escrimer avec des pierres sans avoir réussi à libérer la moindre étincelle. De fait, son estomac vide lui doulait et elle s’était nourrie de baies qu’elle avait découvertes et cueillies sur un buisson épargné par les premiers frimas. Finalement, cette longue canicule lui avait servi. Cela l’avait au moins empêchée de s’évanouir ou de se sentir trop mal pour continuer à avancer.

Elle savait qu’elle devait retrouver la route. Ou au moins une route. Juste un chemin qui la mènerait vers un point précis. Ensuite, il serait peut-être plus aisé de retrouver la route de Falaise, d’avertir ses troupes et de…De quoi ? Partir pour les Iles de Fer se faire massacrer ? Elle avait vu mourir des hommes. Devait-elle vraiment en sacrifier d’autres pour une seule femme ? Était-ce le genre de décisions difficiles qu’un bon gouvernant devait savoir prendre ? Et pourtant, ses pensées ne cessaient de la ramener vers Eirlys. Eirlys dont elle ne savait même pas si elle était vivante ou morte quelque part sur une plage. Les mots de la petite aveugle lui revenaient sans cesse en mémoire. Au dernier moment, elle lui avait demandé de sauver sa vie même si il fallait pour cela sacrifier sa vertu ou même son existence. Ces pensées revenaient sans cesse mais, au moins, elles empêchaient Maura de s’arrêter pour gémir ou de se laisser aller à la fatigue. Elle sentait que ses pieds peu habitués à de si longues marches étaient en sang. Peut-être était-ce finalement une chance d’avoir été élevée dans les montagnes et d’avoir dû faire le chemin depuis les Eyrié jusqu’aux Portes de la Lune. Au moins tenait-elle plus longtemps même si elle devait s’avouer ne pas faire beaucoup de cas de sa résistance.

La seconde nuit fut plus dure, plus fraîche mais plus courte. Elle ne réussit guère à fermer un œil. De loin, elle avait vu un village abandonné dont la population s’était sans doute réfugiée derrière les murs d’une quelconque forteresse. Elle n’avait pas osé approcher ne sachant pas qui elle pourrait rencontrer entre ses bâtisses désertes. Et elle avait continué. Longtemps. Jusqu’à ce que l’évidence s’impose à elle. Soit elle rejoignait la route, soit elle mourrait de froid. Elle savait qu’elle ne tiendrait jamais une troisième nuit. L’épuisement la gagnait, son ventre lui faisait mal et elle craignait de perdre l’enfant si elle continuait à s’obstiner à se cacher. Ils mourraient tous deux, soit de langueur, soit égorgés dans un coin par un quelconque bandit. Elle n’avait pas échappé aux Fer-nés pour finir ainsi et devait se faire violence. Finalement, après avoir hésité des heures, elle avait fini par gagner un terrain découvert pour escalader un escarpement d’où elle put enfin porter un regard vers l’Ouest. Malgré ses mains ensanglantées, elle put enfin découvrir où elle se trouvait. Enfin plus ou moins, les paysages lui étaient toujours inconnus. Mais elle voyait la mer et la route. La route qu’elle devait rejoindre malgré ses craintes et la peur qui la dévorait. Et si ils la cherchaient toujours ? Et si ? Elle devait se faire violence et retrouver le sentier. La distance lui avait paru courte mais il lui fallut encore une bonne heure à en juger par l’éclat du soleil pour retourner vers le front de mer.

Elle marchait désormais sur les bas côtés afin d’éviter toute mauvaise surprise mais espérait le passage d’une troupe alliée pour se jeter au devant d’eux et les supplier de l’emmener loin d’ici, peut-être jusque dans le Val. En sécurité. Soudain, après quelques temps passés à cheminer laborieusement, le son lourd de la course d’un cheval la figea. Les Fer-nés ? Les Fer-nés ne montaient pas. Ils ne savaient même pas se tenir sur autre chose que des poneys. Toutefois, une brusque impulsion la fit se dissimuler derrière un buisson, se tapir même. Elle avait oublié, si ce n’était perdu, sa superbe durant ses jours de fuite. Un éclat rouge attira son regard. La couleur des Lannister, la couleur de la maison de son époux. Et sans doute la sienne bientôt. Le trot des montures était rapide si bien qu’elle ne remarqua qu’au dernier moment les heaumes en forme de gueule de lion. La garde de Tybolt. Se pouvait-il ? Elle ne réfléchit pas plus longtemps et se jeta presque sous les sabots des chevaux. Les montures hennirent. Les deux gardes ne mirent sans doute pas longtemps à la reconnaître puisqu’ils démontèrent pour l’aider à se relever.


  « Ma Dame ?! Lady Maura…Par les Sept ! »

Ils n’en dirent pas plus. Sa robe était couverte de sang et plus sale que celle d’une cureuse de porcherie et la jeune femme semblait avoir passé un bien mauvais quart d’heure. Enfin prise en charge, elle put se laisser aller à la faiblesse et se mit à pleurer longuement devant les hommes peu habitués à un tel étalage de la part de leur seigneur et maître. Après un long silence embarrassé, de petites tapes gênées sur l’épaule pour tenter de réconforter la dame, ils finirent par se voir épargnés par l’embarras d’un tel épanchement et Maura se mit enfin à leur répondre tandis qu’on l’emmitouflait dans une lourde cape.

 « Les Fer-nés…Ils ont attaqué le convoi. Ils venaient de nulle part. Ils les ont tous tué…Ils voulaient me…Ils voulaient…Je…J’ai réussi à m’enfuir quand ils m’ont laissé presque seule. Je ne sais pas comment. Ils ont pris ma suivante. »

L’étrange confession fit redoubler les larmes rageuses comme si la jeune fille ne se remettait pas de sa frustration et de son impuissance. Après quelques minutes, les deux membres de la garde du Lion réussirent finalement à hisser l’épouse de leur suzerain sur une des deux montures et, beaucoup moins vite, ils prirent le chemin inverse pour retourner vers Falaise et attendre le reste de leur troupe. Ils franchirent les portes de la forteresse après quelques heures de route au pas provoquant une certaine confusion chez les présents. On ne recevait pas tous les jours la sœur d’un suzerain chez les Ouestrelin et certainement jamais après une attaque des barbares fer-nés. Toutefois, les femmes de la dame des lieux eurent vite fait de prendre en charge la jeune lady qui délirait presque dans sa fatigue. Après l’avoir baigné, on la coucha dans la chambre qui avait été préparée pour l’accueillir le temps d’une nuit avant son embarquement tandis que les hommes du Lion se regroupaient et faisaient partir un corbeau à destination du Roc à remettre à Lord Lannister en personne.

Citation :
Votre Seigneurerie,

Nous avons retrouvé la jeune Lady.

Arrivés à Falaise, nous avons été informés d’une attaque à l’encontre de lady Maura Arryn rapportée par des chevaucheurs envoyés par Lord Ouestrelin. Selon eux, il n’y avait aucun survivant. J’ai envoyé deux hommes sur les lieux. Des cadavres d’hommes du Val abandonnés ainsi que certains fer-nés. Deux cadavres ont attiré notre attention, puisqu’ils s’étaient vidés de leur sang sans aucune marque d’épée et nous avons retrouvé la dague de dame Maura auprès de l’un d’eux. Une dague marquée de la rose bleue de la dame. Des traces d’un seul individu partaient du lieu mais disparaissaient après le passage d’un bosquet. Au matin du troisième jour, deux de nos hommes l’ont retrouvé près de la route entre Fléaufort et Falaise à une dizaine de lieues au sud de l’endroit de l’attaque. Elle a déclaré s’être échappée après avoir été attirée à l’écart en blessant deux fer-nés. La présence de la dague et des corps confirme ses dires.

Selon les femmes de Lady Ouestrelin, elle n’a pas été blessée trop grièvement à part des contusions plus ou moins sérieuses. Cependant, lady Maura est très faible et a besoin de repos. Le seigneur de Falaise m’a assuré qu’elle pourrait rester et bénéficier de son hospitalité mais la dame a demandé à rentrer le plus vite à Castral Roc. Si elle est en état, nous vous la partirons donc demain et la ramèneront le plus rapidement possible. Il est possible que nous devions faire le chemin en litière si elle était trop faible. Malgré sa fatigue, lady Maura Arryn n’a eu de cesse de vous réclamer et de dire qu’elle devait vous voir au plus vite.

Notre retour avec la Dame suivra rapidement ce corbeau.

Respectueusement.

Aucune signature si ce n’était une glyphe reconnaissable pour le seul Lord Lannister et qui désignait l’émetteur comme son capitaine des gardes sans aucune erreur possible. Une sorte de code convenu entre eux pour toujours s’identifier avec sécurité l’un et l’autre. Après un bref soupir à l’idée de devoir supporter encore la présence des femmes de la Ouestrelin, il retourna dans l’antichambre de la pièce où l’on avait installé l’épouse de son seigneur. Enfin pour tous les autres, elle restait une simple femme du Val mais lui savait à quoi s’en tenir. Et si son devoir était de la protéger, il savait également qu’il fallait qu’il se mette à sa disposition sans s’appesantir sur ses sentiments personnels. Même si le capitaine n’aimait guère les femmes qui oubliaient leur place - une femme chef de guerre, quelle idée vraiment ! - il devait au moins convenir que le Seigneur du Roc avait bon goût et la jeune Arryn compensait au moins son manque de douceur par une joliesse certaine. Il attendit encore deux bonnes heures que la petite lady soit réveillée, baignée et apprêtée. Néanmoins, en entrant, il dut faire une drôle de tête tant le visage de Maura semblait marqué. Ce n’était pas tant la lèvre légèrement coupée ou les quelques hématomes mais surtout la pâleur de son teint qui l’alerta et il supputa assez incongrument que la leçon avait dû être sévère. Toutefois, il nota à part lui-même que malgré sa précédente apathie elle semblait avoir retrouvé un certain contrôle quand il lui déclara qu’elle voulait rentrer le plus vite possible et ne comptait pas se satisfaire d’un long trajet en litière même pour son confort. Enfin, cela irait bien aux gardes. Mieux valait un trot même lent qu’un pas longuet en encadrant une litière branlante et terriblement lourde.

Coup du sort, la jeune femme ne fut pas assez bien le lendemain pour partir, prise par des nausées sans fin et sujette à des évanouissements intempestifs. Le vieux mestre de la forteresse de Falaise assura à la garde du Lion que ce n’était là qu’un contrecoup dû à la terreur et au choc qu’avait subis la jeune femme. Le capitaine garda pour lui son haussement de sourcil dubitatif quant à l’état de la gamine. Il la connaissait peu mais suffisamment pour savoir qu’elle n’était pas le genre à s’évanouir en poussant des cris d’orfraie, état de choc ou non. Finalement, il vînt la rejoindre le lendemain aux aurores et remarqua en se retenant de sourire qu’elle portait la cape rouge au lion d’or que l’un de ses hommes lui avait passé lorsqu’ils l’avaient retrouvée. Après qu’ils aient pris congé de leurs hôtes forcés, ils prirent la route. Maura, malgré son air bravache, ne réussissait guère à quitter les crêtes qui la bordaient des yeux provoquant à plusieurs reprises des contacts entre les montures et s’excusant à chaque fois auprès de gardes qui n’avaient de cesse de lui assurer que cela n’était rien. En tous cas, à la fin de la première étape, la garde du Lion n’était guère emballée par les capacités d’écuyère de leur dame. Ils n’en dormirent pas moins d’un seul œil dans une petite taverne où on les accommodât au mieux des capacités de l’auberge.

La route continuait de se dérouler plus tranquille et rébarbative que jamais. Maura, elle, reprit quelques couleurs au fur et à mesure et surtout recouvra une certaine sérénité quand la voie qui menait à Castral Roc s’enfonça vers les terres. Il y eût une halte supplémentaire non loin de Castamere où la jeune femme ne voulut pas s’arrêter et, finalement - enfin selon certains - l’énorme masse de Castral Roc apparut au loin dans l’horizon. Ils touchaient au but et la jeune lady redécouvrait avec plaisir et soulagement l’impression de sécurité qui l’avait quittée depuis presque une semaine. Toutefois, il fallut encore plusieurs heures avant qu’ils n’amorcent la longue montée qui les amena jusqu’à la Porte des Lions et l’entrée de la forteresse. Et ce fut une libération pour Maura qui ne répondit même pas aux questions des gardes et poussa sa monture jusqu’aux écuries où elle balança les rênes au premier lad venu. Elle fut rapidement rattrapée par des membres de la garde qui lui demandèrent ou plutôt la prièrent de bien vouloir les attendre, requête à laquelle la jeune femme accepta de se soumettre après avoir un peu tapé du pied par terre. Elle voulait voir Tybolt sur le champ. Et elle fut rapidement introduite dans la vieille bibliothèque du Lion Gris par un capitaine assez fier de son coup qui s’inclina devant son seigneur en annonçant :


  « Lady Maura, Votre Seigneurie. Elle a souhaité venir directement vous trouver. »

La jeune femme quant à elle ne s’embarrassa ni des mots ni du protocole auxquels ils devaient s’astreindre en public. Elle courut presque à Tybolt en se débarrassant de la cape rouge et de son châle qu’elle jeta proprement à terre en traversant la pièce pour littéralement se jeter dans ses bras. La garde du Lion n’existait plus, elle n’aspirait qu’aux bras de son époux. Elle se dressa sur la pointe des pieds et, attirant son visage à elle en le prenant par la nuque, elle écrasa ses lèvres sur les siennes désespérément, goulûment même, comme si elle ne revivait qu’en étant près de lui. Elle n’entendit même pas le toussotement gêné du capitaine tant elle était absorbée à profiter du contact du Lannister. Quand, enfin, elle s’écarta, elle fut prise d’un long soupir de soulagement et, tremblante, ne dit rien avant d’être blottie contre son torse.

 « J’ai cru que je ne te reverrai jamais. J’ai cru… Je ne sais pas. Tout était fini. Les Sept sont généreux, trop généreux sans doute. Ne me laisse plus partir. Plus jamais, jamais, jamais. » déclara-t-elle brusquement sans sembler se rendre compte du caractère décousu de ses propos et de l’étrangeté de son attitude. « Je croyais que j’allais mourir, qu’ils allaient me tuer, puis me violer, puis me jeter à la mer… Il…C’était affreux. Je ne sais pas comment ils ont su mais ils savaient que c'était moi et personne d'autre. Ils ont tué tout le monde. Tout le monde. Sauf moi et Eirlys. Mais…Il l’a prise. Je ne sais pas où. Les gens de Falaise ne l’ont pas trouvé. Et j’étais tellement occupée à courir. Tommen est mort aussi. Yohn et Kyle aussi…Et même le petit Andar ! Lui aussi, il avait le même âge que Maeve. »

Aussi subitement que le brusque éclat de passion, les tremblements et les larmes étaient revenus rougissant presque immédiatement les pommettes qui avaient déjà été lavées de pleurs les jours précédents. Maura avait l’impression de ne pouvoir faire autre chose que renifler et sangloter.

 « Tous morts et je ne sais pas à qui écrire. Je dois le faire au moins à lord Melwyn ! Et Jasper et lord Royce pour mon pauvre Tommen…Mais qu’est-ce que je vais leur dire ? Par la Mère, qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? Tout le monde est mort. Tous. Même ma pauvre Lysa. Ils n’ont même pas de sépulture…Il me faut le septon, il faut envoyer des gens pour ramener les corps. Ah ! Et il faut que tu vienne avec moi voir Vyman, tout de suite. Il faut y aller maintenant. Viens. »

Sans avoir vraiment conscience que ce qu’elle disait pouvait ressembler à un grand n’importe quoi, elle prit la main de Tybolt pour le tirer derrière elle sans sembler s’émouvoir de ses trente livres de plus au bas mot voulant sans doute qu’ils se rendent à la rookerie. Un Mestre se trouvait toujours dans la rookerie. Un Mestre n’aimait que les corbeaux. Un Mestre ne fantasmait que sur les corbeaux.
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Message Mar 17 Jan 2012 - 22:17

L'attente fut d'une longueur sans précédent pour le jeune Lion. Le temps entre le corbeau qu'il avait envoyé à Falaise annonçant l'arrivée prochaine de la Garde du Lion et la réception des nouvelles du commandant de la dite Garde. Jamais le Roc ne lui avait semblé si vide et morne. Par choix, il n'avait pas, à aucun moment, reprit la direction du Bassin une seule fois depuis le départ de Maura. Au lieu de ça son humeur maussade en générale, du fait des retards la construction de la flotte et surtout du recrutement de leurs équipages, était devenu irritable et explosive depuis l'annonce de l'attaque. Ainsi la rumeur voulait que le Lion n'était pas à prendre à rebrousse poil depuis quelque temps et les geôles du Roc n'avaient jamais connu la période moderne une aussi grande fréquentation. Nombre pieds avaient été brisé pour fermer nombre portes... Une embellie semblait en vue lorsque les premières nouvelles de Falaise parvinrent au Roc et Vyman le premier y voyait un espoir pour son seigneur et suzerain ainsi que pour le personnel du Roc en premier lieu... Seulement l'embellie ne dura que peu de temps et devant la nouvelle attente, soulagée certes mais néanmoins trop longue au goût du Lion, d'autres pieds furent brisés et quelques membres coupés. L'impuissance à laquelle il était confronté rendait le jeune seigneur fou de rage, devoir attendre sans rien pouvoir faire que se tourner vers l'horizon et interroger Vyman chaque matin pour des nouvelles. Jamais auparavant son statut d'homme, de simple être vivant sans pouvoir autre que celui de chacun ne l'avait frappé si fort et il avait horreur de ça. Être Lord Lannister n'était d'aucune utilité lorsque le sommeil le fuyait par nuit et que son esprit échafaudait les atrocités que les Fer-Nés avaient pu faire subir à sa douce.

Mais vînt enfin le jour où la vigie du Roc annonça l'approche de la Garde. Tybolt était dans la bibliothèque du Lion Gris et n'eut l'information que trop tard pour pouvoir aller accueillir sa douce sur la route elle même. Au lieu de ça c'est la commandant de la Garde qui amena la jeune femme jusqu'à lui, sur la demande de Maura elle même. En la voyant entrer drapée dans les couleurs Lannister, Tybolt réprima une furieuse envie de se précipiter vers elle pour la soulever de terre et la garder avec lui jusqu'à ce que les Sept eux même ne les figent dans leur posture pour les lier au Roc indéfiniment. Par conscience de son statut et du fait de la présence du commandant il n'en fit rien et se contenta d'observer Maura avec un regard avide. Il vit les blessures infligées à la jeune femme, sa lèvre fendue, sa mine fatiguée et terne. Mais son observation ne put durer que quelques secondes car la retenue qu'il avait su montrer n'était pas dans l'esprit de la jeune femme qui se jeta contre lui, ce fut un raz de marré qui submergea le jeune seigneur, à la fois de soulagement et de certitude absolue de ses sentiments. Il répondit avec voracité aux baisers de sa douce. Avant de refermer ses bras autour d'elle pour ne plus jamais la laisser s'échapper. D'un regard il congédia le commandant lorsque celui-ci fit entendre un raclement de gorge. Il écouta sa douce lui parler des morts, des disparus et autres valois tombés lors de l'attaque, bien sur il n'avait que faire de tout ces noms et ces vies qui avaient prit fin. Seul pour le jeune Lion comptait le fait qu'elle était enfin là, entre ses bras. L'Ouest entier, le royaume même aurait pu prendre feu et mourir qu'il n'en aurait eu cure. La suite des propos de la jeune femme n'avait plus la cohérence logique que l'on pouvait attendre de Maura Lannister. De fait lorsqu'elle le tira par la main pour rejoindre la rookerie il résista. Au lieu de la suivre il lui baisa la main avant de la couvrir des siennes.
Ne t’inquiètes pas... nous aurons tout le temps pour ça plus tard. Ces gens qui sont morts ne sont désormais plus des soucis immédiats pour toi. Ces pauvres gens auront ce qu'ils méritent je t'en fais serment mais pour le moment il te faut te reposer, tout comme il me faut de garder près de moi. Il passa un bras protecteur autour des épaules de la jeune femme. Tout d'abord nous devrions rejoindre nos appartements nous aurons le temps par la suite de parler autant que tu le souhaites de ce qu'il convient de faire pour tes gens...
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Message Mar 17 Jan 2012 - 23:15

Le regard que la jeune femme lança à son époux était plein de larmes et…perdu. D’évidence, la jeune femme ne savait pas ce qu’elle devait faire. Ni même comment réagir. Tant d’idées se bousculaient en même temps. La plus importante était de rester près de Tybolt et, impulsivement, elle se laissa aller à la pression qu’il exerçait pour retourner se pelotonner contre son torse musclé et surtout sécurisant. Ses bras, son odeur de savon, sa force…Elle se serra presque compulsivement contre lui avant de lever ses yeux bleus vers le visage de son époux passant du sourire aux larmes en une fraction de seconde. Une lueur vacillante d’incompréhension flottait dans son regard mais elle secoua la tête, l’air inquiète ou plutôt traquée.

 « Oh…Non. Non, non. Il faut que j’aille les chercher. Je ne peux pas…Il le faut vraiment. Il faut qu’ils reposent dans une sépulture. Il faut renvoyer les corps dans le Val et prévenir les familles…Au moins, pour Eirlys, tu comprends… »

La voix désormais presque fluette de la jeune femme avait fini par se briser sous l’effet des larmes. Retenue par les bras de Tybolt, elle s’affaissa quelque peu comme devenue sans forces. Ses traits s’étaient crispées comme si le fait d’avoir abandonné Eirlys était trop dur à porter. Si, durant tout le temps de sa fuite, elle n’avait pensé qu’à sa survie ou à retrouver Tybolt, désormais, alors qu’elle était en sécurité, la réalité la heurtait de plein front. Elle avait failli à tous ses devoirs. Elle avait laissé sa vassale, son amie, une jeune femme dont elle était responsable. Alors que la fille de Lord Belmore s’était sacrifiée pour qu’elle ait une chance de s’en sortir, elle, Maura Arryn du Val, n’avait rien trouvé de plus approprié que de s’enfuir à la première occasion en la laissant derrière. Elle était sans doute en train d‘être violée par trente marins complètement saouls. Cette simple pensée lui fit avoir un violent haut-le-cœur.

 « Je n’aurai jamais du la laisser comme ça…Que la Mère ait pitié d’elle…Mais qu’est-ce que je vais dire à Melwyn Belmore… »

Une trace de panique dans sa voix, sentiment qu’elle avait découvert et expérimenté plus que jamais auparavant ces derniers jours. Faire face à une telle atrocité. Comme pouvait-elle le faire ? Elle ne pouvait pas, ne voulait pas. Elle cacha son visage dans le cou de Tybolt essayant de respirer profondément pour faire passer l’anxiété. Faire les choses calmement, par ordre de priorité. Eirlys, à l’instant présent, n’était pas la priorité. L’enfant l’était. Et c’était pour cela qu’elle était là. Elle releva la tête tentant à tout prix de faire preuve d’une once de calme mais il était clair qu’elle ne parvenait à ne pas trembler ou à ne pas pleurer qu’au prix d’un grand effort. Toutefois, ses yeux pétillèrent d’une certaine malice avant qu’elle ne réponde.

 « Non, Vyman d’abord. Je n’ai rien dit dans mes lettres, ce n’était pas une nouvelle aisée à écrire mais je pense que je suis enceinte. Je présente tous les signes mais je ne veux pas te faire une fausse joie et je préfère qu’il confirme en premier lieu. »

Bon, elle annonçait cela comme un cheveu sur la soupe surtout compte tenu de ce qui venait à peine de lui arriver mais mieux valait tard que jamais du moins dans son esprit. Et, après tout, elle devait à l‘idée d‘être enceinte d‘avoir évité viol et mort interminable (ou le contraire) et surtout donner un héritier aux Terres de l‘Ouest. Elle souhaitait plus que tout avoir cet enfant aux cheveux d‘or. Elle n‘avait jamais été aussi certaine de vouloir quelque chose depuis qu‘elle avait failli tout perdre. Etre mère, élever ses fils et assurer la succession au sein de la maison Lannister. Que pouvait-elle finalement demander de plus aux Sept ? Elle leur devait après tout de pouvoir dire ces mots à son époux.
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Message Mer 18 Jan 2012 - 16:03

Le comportement de Maura inquiétait en réalité le jeune seigneur et bien que le soulagement et son amour pour elle surpassait tout le reste, il n'en demeurait pas moins concerné par la manière dont elle semblait totalement absente de la réalité. Son dernier changement de comportement alors même qu'elle revenait en sécurité entre les bras de son mari en était un exemple criant. La jeune femme s'était mise à pleurer comme Tybolt ne l'avait jamais vu le faire. Lui même la serrait comme il le pouvait, à la fois parce qu'il était heureux de l'avoir prêt de lui de nouveau mais aussi car il avait l'intime conviction que cela lui faisait du bien à elle aussi. Il tentait de la calmer comme il l'aurait fait d' enfant victime de terreur nocturne. Sentant la jeune femme s'affaisser quelque peu ses bras, Tybolt raffermit sa prise et se fit plus fort dans la manière dont il enserrait Maura. Cette dernière lui confia, dans des termes peu cohérents, qu'elle s'en voulait pour ce qu'il était arrivé à sa suivante Eirlys, le jeune seigneur voyait à peu près de qui il s'agissait, c'était en effet peu courant de voir aveugle ainsi suivre partout une Lady en temps que dame de compagnie. Du reste jamais Tybolt n'avait compris l'intérêt d'une telle compagne... seulement il savait que son épouse avait une affection particulière pour la petite handicapée. Il ne voyait cependant pas quoi dire, certes il allait falloir annoncer au père de la jeune femme que sa fille avait disparut lors d'une attaque mais cela pouvait très largement attendre plusieurs heures voir même jours. L'inquiétude et l'affaissement de Maura aidant, Tybolt se dit qu'il fallait très vite mettre la jeune femme au lit et faire venir Vyman pour l’ausculter. Il allait la soulever de terre pour l'entrainer au travers les couloirs secrets et atteindre plus vite leurs appartements lorsque Maura se perdit de nouveau dans un dédale de propos dont Tybolt n'aurait su dire s'ils étaient véridiques ou issus d'un nouveau délire de la jeune femme.

Cependant l'annonce réelle ou non figea le jeune homme l'espace d'un battement de cœur, battement qui sembla ne pas avoir eu lieu pour lui. Son regard s'était fixé sur un point de la pièce qu'il ne semblait pas voir. Mais cet état ne dura que quelques secondes et reprenant contenance il dit dans un souffle.
Oui Vyman... Vyman va venir te voir... il entraina la jeune femme vers une tenture murale qu'il écarta du bras avant de se placer pour empêcher cette dernière de retomber sur l'ouverture ainsi dégagée et d'un geste il arracha Maura du sol pour la prendre dans ses bras. Particulièrement attentif à ne pas heurter les parois alors qu'ils s'engageaient dans les couloirs secrets il pressa le pas pour rejoindre le plus rapidement le couloir connu le plus proche de leurs appartements. D'un pas décidé et pressé ils parcoururent les couloirs sans jamais que Tybolt ne se trompe une seule fois et bien vite débouchèrent à quelques mètres de l'entrée de leurs appartements. Un garde en station devant la porte se redressa en voyant arriver le jeune seigneur son épouse dans les bras. Il ouvrit la porte pour laisser passer le couple étrange et allait refermer cette dernière derrière eux lorsque Tybolt le rappela. Allez chercher Mestre Vyman, qu'il vienne le plus vite possible toute affaire cessante, je ne veux pas savoir ce qu'il fait ou où il se trouve je le veux ici même dans le quart d'heure ! Le ton ne souffrait pas la contradiction ou le questionnement et le garde fila comme si l’Étranger lui même lui avait ordonné de courir. De nouveau concentré sur Maura, Tybolt la mena jusqu'à leur chambre où il la déposa avec délicatesse sur le lit. Tu vas voir, je vais m'occuper de toi et une fois que tu iras mieux nous parlerons de ce qu'il s'est passé... pour le moment tu ne dois rien faire d'autre que te reposer et reprendre des forces. Il ne parla pas de l'annonce faite que Maura attendait un enfant ne voulant y accorder le moindre crédit ou préférant ne pas imaginer ce qu'il aurait pu advenir de cet enfant du fait de l'attaque et si même ce dernier était encore en vie, s'il l'avait jamais été. De plus penser que son épouse enceinte ait pu être attaqué par des Fer-Nés éveillerait de nouveau sa colère et pour le moment il n'avait pas besoin de ça, il lui fallait s'occuper de son épouse et simplement cela...
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Message Mer 18 Jan 2012 - 17:34

Rien. La nouvelle ne sembla faire ni chaud ni froid à Lord Tybolt Lannister et force fut à la jeune femme de ravaler sa peine. Elle baissa le regard mais son visage s’était brusquement figé avant de reprendre la même moue triste et contemplative que quelques minutes auparavant. Elle se laissa entrainer à sa suite vers le dédale des passages secrets retenant ses pleurs puis cachant son visage contre l’épaule de son époux. Elle aurait dû hurler, tempêter, lui jeter un vase au visage pour faire montre de si peu d’émotions, d’émotivité…Elle aurait simplement voulu une réaction. Mais elle-même n’en avait aucune à lui offrir. Elle s’était imaginée extatique, heureuse ou encore souriante en lui annonçant cela mais elle devait avouer ne plus rien ressentir si ce n’était l’impérieux besoin de mener cette grossesse au bout. Avoir un fils qu’elle nommerait Tommen ou une fille qui s’appellerait Eirlys. Pour le reste… Elle n’avait plus cure de rien. Elle pleurait toujours quand elle sentit qu’il la déposait sur un lit, leur lit et, pour lui répondre, elle essuya bruyamment ses joues à deux mains avant de ramener ses genoux contre sa poitrine et de les encercler de ses bras. Elle ne regardait même plus Tybolt mais elle lui répondit tout de même. Complètement à côté.

 « Notre enfant m’a sans doute sauvée la vie. Et toi… Toi, tu ne trouves rien à dire d’autre que ça. Je me suis reposée depuis je ne sais combien de jours à courir dans les bois et à chevaucher pour rentrer. Je devrais être en train d’envahir tes putains d’Iles de Fer ! Ils sont morts à ce cause de ce mariage. Ils n’auraient jamais dû m’accompagner dans l’Ouest, je n’aurai jamais dû faire des pieds et des mains…Pourquoi les Sept nous font-ils cela ? Pourquoi ?! »

Elle enfouit sa tête dans ses bras continuant de pleurer à chaudes larmes et ne semblant pas prête à vouloir s’arrêter. Elle perdait, sur tous les tableaux. Par la faute d’un seul homme, cet Harloi… Elle le tuerait. Cette simple pensée suffit à la galvaniser et à la faire passer de la plus profonde tristesse à la plus intense des rages. Pour tout dire elle n’était finalement qu’impuissante. A quoi servait donc d’être née fille de la maison Arryn, d’être devenue Dame du Roc ? La femme la plus puissante de Westeros après la reine ? Si l’on pouvait considérer l’épouse d’Aerys comme une femme de pouvoir, ce qui n’était pas certain quand on était l’épouse d’un libraire portant couronne. Elle semblait avoir oublié la venue prochaine du Mestre qui devait finir de la convaincre de sa grossesse. Comme si elle avait besoin d’être convaincue… Elle savait.

 « Ce n’est pas juste. Ces hommes étaient braves et Eirlys innocente, ils ne méritaient pas cela. Ils ne méritaient pas que je les entraîne dans une guerre qui n’est pas la leur. Ils sont morts par ma faute…Et ces Fer-nés mourront. Tous. Roi ou pas, Main ou non. J’aurai leurs peaux comme tapis ! L’homme, leur chef, un Harloi, Sagon ou Argon, veut une guerre. Une vraie. Je passerai leurs îles à feu et à sang…Oh Dieux… »

Elle se passa une main fine sur le visage s’arrêtant pour serrer l’arête de son nez entre ses doigts le temps de se calmer. Ses mâchoires étaient serrées pour ne pas se laisser à nouveau aux larmes et à cette tendreté toute féminine qui la dégoûtait. Ses gens n’avaient pas été faibles alors pourquoi le serait-elle ? Elle resta prostrée quelques secondes avant de tourner la tête vers Tybolt à qui elle sourit faiblement. Elle étendit le bras pour lui prendre la main et le tirer vers elle.

 « Reste avec moi s’il te plaît en attendant que Vyman arrive. Les Fer-nés… Ils savaient que j’allais venir. Ils attendaient. Ils étaient nombreux en conséquence, armés en conséquence. Ils sont arrivés de nulle part d’un seul coup sans que nous n’ayons rien le temps de faire. Leur chef a dit qu’il voulait me voir. Qu’il...Je ne sais pas. Il a dit qu’il voulait vérifier si j’étais telle qu’on me décrivait. La Dame du Val… » murmura-t-elle en secouant douloureusement la tête d’un air amer.  « Je ne comprends pas comment il a su que je me trouverai là, ce jour précis. Je n’étais même pas supposée prendre cette route depuis Fléaufort. »
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Message Mer 18 Jan 2012 - 19:31

Tybolt écouta son épouse se plaindre, au moins cela était bon signe, si le caractère de Maura reprenait le dessus au moins n'était-elle pas devenue complètement folle du fait des évènements dont il ne pouvait qu'imaginer la teneur et qu'il se refusait à faire... Il l'observa pleurer recroqueviller comme enfant et eu envie de s'installer près d'elle pour la prendre de nouveau ses bras et attendre qu'elle s'endorme de trop pleurer mais les propos qu'elle tînt à ce moment là le retinrent dans son élan. Elle parlait de partir porter la mort sur les îles de Fer de se lancer dans expédition punitive au cœur même du repaire des Seiches. Le sourire qu'elle lui adressa après s'être passablement calmé empêcha sa propre réaction et il ne fit alors que subir le reste de la discussion. Il avait un genoux sur le lit et, les Sept le savaient dans leur infinie sagesse, il n'aurait rien souhaité de mieux que de s'étendre avec elle mais il résista à cette appel et au lieu de cela se redressa pour prendre de la distance avec son épouse. Il n'avait aucune envie de l'affliger plus qu'elle ne l'était déjà seulement des choses devaient de son point de vue être dites et comprises par Maura. Sans cela il ne pourrait y avoir de discussion constructive. Son regard du reste s'était fait plus dur, il ne le souhaitait pas mais son intime conviction était telle qu'elle imposait à ses traits la dureté de sa décision. Ça suffit ! Je ne veux plus entendre parler de ces conneries, tu n'envahiras aucune île et ne tueras personne, c' terminé cette histoire Maura ! Son ton était calme et implacable, aucun énervement ne perçait dans ses mots mais simplement la dureté simple et catégorique d'une décision prise sans possibilité d'y redire. J'ai le plus grand respect pour les hommes que tu as perdu et je suis profondément désolé pour ce que tu as enduré, je ne parle même pas de la rage qui couve en moi à l'idée de ces Fer-Nés qui t'ont fait vivre ces sévices. Mais toute tes simagrées de petite reine guerrière, de commandant de l'Ost du Val qui visite ses troupes et mène les opérations il ne sera jamais plus question. Il tira la chaise dont son épouse se servait le matin pour brosser sa chevelure et y prit place. Que cela soit bien clair dans ton esprit... Lady Maura Arryn, assez naïve et inconsciente pour parcourir le fief en guerre en passant par le front de mer, morte durant cette attaque avec le reste de ses troupes. Tybolt ne répondit pas à son envie d'éviter le regard de sa douce mais il se força au contraire à la regarder droit dans les yeux pour qu'elle voit qu'il n'était pas question de le faire fléchir d'aucune manière. Il était décidé et ne changerait pas d'idée sur la question.

Même si cela lui coutait, il finit par se dire qu'il lui fallait parler de cet enfant dont il ne pouvait dire si il n'était que le produit des délires de son épouse ou si, si elle était véritablement enceinte, il était encore en vie après de tels évènements.
Quant à l'enfant que tu dis porter, s'il existe... et s'il est encore envie, alors voilà ce qui devra devenir ta priorité, apporter la vie dans cette famille et non rechercher la mort en voulant jouer les seigneurs de guerre. Bien que n'en faisant pas mention car cela l'aurait détourné de son but premier, Tybolt avait enregistré l'information selon laquelle le convoi ne pouvait avoir été attaqué par hasard. Cela confirmait du reste l'impression qu'il avait depuis quelques temps, face au succès répétés des Fer-Nés que quelqu'un de l'intérieur, un traitre parmi les siens informait les Greyjoy. Il se leva en entendant la porte s'ouvrir. Mestre Vyman entra dans la chambre et n'eut d'yeux que pour Dame Lannister au chevet de laquelle il se précipita sans même que Tybolt ne le lui demande. Tybolt étant désormais debout au pied du lit jugea bon d'informer le Mestre de ses observations. Vérifiez son état Vyman, elle dit être enceinte, ce devra être la première chose qu'il va vous falloir déterminer et lorsque ce sera fait je veux que vous l'aidiez à prendre du repos, elle dit s'être reposée durant plusieurs jours mais ses propos n'ont été qu'incohérences et délires depuis son arrivée. Puis ajoutant d'un ton plus doux. Faites absolument tout ce qui est en votre pouvoir Mestre, rendez moi mon épouse. Qu'importe vos besoins et ce qu'il vous sera nécessaire ! Vous devez la soigner... Bien qu'il ait dû se montrer dur envers Maura, Tybolt n'en était pas moins terrorisé à l'idée qu'elle ait pu perdre l'esprit ou que sa santé comme celle de cet hypothétique enfant soit en danger. Il n'était lui même qu'un piètre connaisseur de la chose médicinale aussi les propos de son épouse, les contusions et autres traces de l'agression lui paraissaient tout aussi grave que si elle n'avait jamais refait surface et n'était revenu vers lui.
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Message Mer 18 Jan 2012 - 21:25

La brusque exclamation la fit se tendre et elle ferma les yeux pour prendre une respiration profonde afin de se calmer. Elle était chez elle, auprès de son mari, à moitié allongée sur son lit, dans ses draps. Elle était en sécurité. Finalement… Enfin. Et Tybolt même si il s’énervait ne lui ferait jamais aucun mal, elle en avait intimement conscience. Pas après l’avoir serrée contre lui comme un affamé. Elle le savait en colère contre elle. Il ne le lui avouerait sans doute pas mais le fait qu’elle se soit mise en danger de la sorte en allant arpenter les fiefs de leurs vassaux serait sans doute un refrain qu’elle écouterait longtemps. Cette brève pensée lui fit froncer les sourcils la dérangeant. Comment pouvait-elle déjà voir les maisons vassales de Castral Roc après le sacrifice des hommes du Val pour sa sauvegarde ? Peut-être parce que l’instinct de survie était le plus fort. Ou que le petit être qu’elle portait avait changé à jamais les choses qui étaient et avaient toujours été. Elle le trouvait dur. Dur avec elle comme il l’était sans doute avec lui-même. Et sans doute le méritait-elle pour avoir mené tant d’hommes à la mort et sa pauvre Eirlys à un sort pire que l’étreinte de l’Etranger. Mais ce n’était pas juste.

« Lady Maura Arryn… Cette facette de moi que tu hais tant est morte depuis longtemps, Tybolt. A peu près au moment où j’ai compris que je portais ton enfant. Le reste n’est qu’un lourd devoir temporaire, rien d’autre. Mais… »

Elle avait tristement souri à son époux même si elle ne ressentait aucune tristesse à dire ces mots. Tout au plus un lancinent sentiment de nostalgie. Même à la tête du Val, elle avait attendu plus que tout le moment d’être mère même si maintenant… Elle sentait confusément qu’elle aurait dû s’indigner, tempêter, le gifler de le voir la traiter comme une petite chose fragile. Lui dire qu’elle n’avait pas besoin de lui, qu’elle s’était depuis longtemps prise en main, qu’elle était la Dame du Val. L’ironie de cette pensée amena un petit ricanement sarcastique à ses lèvres. Pour tout dire, elle était lasse, fatiguée et, surtout, pour la première fois, elle prenait plaisir à la tendresse et à l’image d’un Tybolt protecteur. De plus, elle n’arrivait même pas à hausser le ton. Sa voix lui parvenait monocorde dévidant quelques vérités parmi nombre de folies.

« Mais… Je n’attendrais pas. Cet homme a menacé de me tuer, de me violer, de me briser, de me donner comme putain à un banc entier de marins. Je ne joue pas les reines-guerrières ni les princesses chevauchant un dragon… Je veux être vengée. Je veux que mes hommes soient vengés. Et je ne veux pas revoir ces sauvages sur nos côtes. C’est tout. »

Elle soutenait désormais le regard de Tybolt d’une façon presque hantée. Il ne s’en rendait sans doute pas compte mais son épouse venait d’avoir la peur de sa vie. C’était bien plus qu’une leçon, cela l’avait traumatisée. En quelques minutes, elle avait perdu des proches, presque des amis, des hommes qui l’avaient suivi pour certains depuis une décennie. Et ce Sargon l’avait mise plus bas que terre. Il lui avait enlevé sa protégée. Non, elle ne pardonnerait pas, n’avalerait pas sa haine. De cela au moins, elle était certaine. Elle aurait voulu continuer et lui assurer qu’elle ne mettrait jamais la vie de l’enfant en danger mais l’entrée de Vyman la fit taire et, tandis que Tybolt donnait des instructions qui tirèrent une moue dubitative de la jeune femme, elle ôta sa robe de voyage pour ne plus conserver que la fine tunique de lin qu’elle portait en dessous avant de revenir vers le lit et le Mestre à qui elle adressa un simple signe de tête en guise de salut. Les quelques gestes mécaniques qu’elle avait effectué l’avaient aidée à reprendre une certaine contenance. Elle ne voulait pas se laisser aller devant une tierce personne.

« J’ai bien peur que Lord Tybolt ait mal estimé la situation. Les larmes d’une femme font toujours de l’effet aux grands guerriers. Mes sangs ne sont pas revenus depuis plus d’une lunaison et le temps d’un éventuel retard me semble largement dépassé. Il y a eu des nausées aussi avec un moment de faiblesse et une certaine fatigue. Une de mes femmes l’avait attribué à une éventuelle grossesse. Je pense que la Mère m’a bénie d’un enfant. » expliqua-t-elle directement tentant de garder un air dégagé malgré la crainte qui la prenait de s’être trompée sur les signes.

 « Je vois ma Dame. Aucun signe au niveau de la poitrine ? Allongez-vous céans. Cela vous semblera sans doute désagréable mais l’examen est nécessaire. »

« Une légère tension, oui… »

Alors que la jeune femme s’allongeait, le soigneur sortit ses instruments de sa besace et les disposa sur un fin drap blanc qu’il avait disposé. La jeune femme tourna la tête vers le mur pour éviter de voir ce qu’il allait introduire en elle mais il se contenta de légères palpations pour débuter.

 « Pas de traces de contusion, monseigneur. Lady Maura n’a pas été violentée. »

« Comme si je serais revenue le cas échéant. On m’aurait plutôt retrouvée au pied d’une falaise ! » maugréa la jeune femme depuis l’oreiller où elle avait confortablement callé sa tête.

L’examen se poursuivit au moyen d’un écarteur d’une splendeur barbare dont la fraîcheur tira un grognement de douleur de la bouche de la jeune femme. Ce fut assez long et pour tout dire gênant et affreusement désagréable. Sans parler de la douleur que créait l’intromission des instruments. Enfin, il retira ses machines de torture et rabattit proprement la fine robe de lin sur les jambes de lady Lannister.


 « Il me semble que vous aviez raison ma Dame. Il était un peu tôt encore pour calculer parfaitement mais le gonflement de la matrice est révélateur. Suivant ce que vous m’avez dit, je dirais que vous êtes enceinte de plusieurs semaine, cinq voire six. Je crois que Monseigneur devrait se préparer à être père. Mes félicitations à vous deux. »

L’air de Maura était satisfait, plus que satisfait même, l’on aurait presque pu dire qu’elle jubilait. Elle le savait. Elle passa pour la première fois une main curieusement douce sur son ventre encore plat puis tendit une main à son époux pour lui faire signe de s’approcher sans mot dire. Elle serra fortement sa main dans la sienne puis la porta doucement à ses lèvres.
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Message Ven 20 Jan 2012 - 13:09

Lorsque Vyman commença son auscultation, Tybolt était peut certain de ce qu'il en ressortirait, ou plutôt pensait que les observations du Mestre seraient celles qu'il craignait à savoir que son épouse avait perdu l'esprit. Il ne resta donc pas au pied du lit mais, joignant les mains dans son dos, se tourna vers la grande fenêtre pour observer l'horizon au loin. Il se força à focaliser son esprit sur autre chose, sur la guerre, sur son réseau d'espions qui avait échoué dans la prévision d'une attaque contre Maura, mais surtout il passait en revu l'entièreté de ses vassaux à la recherche du traitre. Il n'y avait plus aucun doute là dessus, comme l'avait si bien fait remarquer la jeune femme, délires ou non, il n'y avait aucun moyen pour que les Fer-Nés aient su la trouver et frapper au bon moment, alors même qu'elle n'était entouré que par les incapables du Val. Seules des informations venues de l'intérieur auraient pu les renseigner sur le trajet de Lady Maura Arryn, voir même sur sa présence dans la région, pour l'extérieur de l'Ouest, elle était l'invité de la Maison Lannister et résidait au cœur même de leur citadelle du Roc. Personne de "l'extérieur" ne savait qu'elle pouvait se déplacer au travers le fief pour inspecter les troupes et seuls les Lords étaient au courant qu'elle avait quitté le Roc pour rejoindre le nord de l'Ouest. Il ne voyait déjà plus le paysage lorsque lui parvint les premiers mots échangés entre Maura et le Mestre. Puis ce fut un relatif soulagement lorsque Vyman l'informa que son épouse n'avait pas été violenté, il esquissa même un sourire triste lorsque Maura fit la réflexion qu'elle ne serait jamais revenue si tel avait été le cas, qu'elle aurait préféré mettre fin à ses jours. Le jeune seigneur ne revint au chevet de sa douce que lorsque Vyman, commença à donner son diagnostique final. Le jeune Lion semblait à la fois concerné et attentif en approchant du lit. Plus le Mestre avançait dans ses explications et moins Tybolt semblait y croire.

Depuis qu'il avait fait venir le Mestre, il s'était préparé à tout en réalité, que Maura ait perdu l'esprit, que l'enfant dont elle parlait ne fut pas réel ou pis qu'il le fut mais qu'il ait périt dans l'attaque perpétré par les Fer-Nés. Jamais cependant il n'avait imaginé que Maura soit bel et bien enceinte, qu'elle attende la future génération qui régnerait sur le Roc. Face à cette annonce il avait perdu toute sa prestance de Lion, toute l'arrogance de Lord Lannister. Ses yeux semblèrent chercher un point sur lequel se fixer mais cela reflétait surtout l'agitation qui régnait dans l'esprit du jeune homme à ce moment là. Il eut un premier sourire qui s'évanouit bien vite dans un souffle, puis un autre vint le remplacer pour disparaitre aussi vite, son esprit n'arrivait à appréhender la nouvelle alors même que son corps réagissait déjà. Il aurait pu rester bloquer ainsi des heures si Maura n'avait prit sa main alors même qu'il répondait à son appel plus inconsciemment qu'autre chose. Ce contact physique réel lui fit retrouver sa place dans le temps et l'espace il était de nouveau là et bien là. Et alors la satisfaction, le soulagement et la joie, le submergèrent. Il allait être père, Maura allait mettre leur enfant au monde. Mais alors même qu'il allait se laisser aller à ce sentiment impérieux de bonheur, il vit, en songe, ce que les Fer-Nés avait fait, il imagina plus qu'il ne le savait véritablement. Ces chiens avaient bien faillit à la fois violer, tuer ou soumettre au servage son épouse, son aimée, mais en plus ils avaient, conscients ou non, attentait à la vie de l'héritier du nom, du pouvoir et de la maison Lannister. Sa main se fit plus solide dans celle de Maura, il la serra plus fort alors que son regard se faisait plus dur et décidé. Il se pencha pour embrasser sa douce et ne put réprimer un nouveau sourire bien que son esprit était déjà bien loin de cette joie.
Je n'aurai pas dû douter de toi... mais je m'amenderai je te le promets, pour ce qu'ils ont fait à tes hommes, à toi et à notre enfant à naitre, je porterai la mort parmi les Fer-Nés et n'aurai de cesse de retrouver cet homme dont tu m'as parlé. Ainsi que son allié sur le continent... Jamais plus aucun Fer-Né ne pourra se sentir en sécurité où qu'il soit, c'est une dette de sang que je leur dois désormais.
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Message Ven 20 Jan 2012 - 14:50

Mère. Elle allait être mère. Même si elle le savait, la réalisation soudaine et définitive du souhait de toute femme noble attentive à ses devoirs l'étreignait avec une brutalité sans nom. Elle se sentait différente. Auparavant, et même aux mains de Sargon Harloi, cela avait plus été un sentiment diffus, une raison pour s'affranchir de la contrainte de son enlèvement, mais, désormais, elle était une femme enceinte. La future mère des enfants de Tybolt. La mère de la nouvelle génération des seigneurs du Roc. Comme son ancêtre l'avait été pour les Targaryen. Et ce fut trop, même pour elle. Des larmes coulèrent encore une fois le long de ses joues mais cette fois, elle n'avait plus vraiment peur. Elle ferait encore des cauchemars, elle prierait encore pour Eirlys mais, à partir de maintenant, elle serait plus lionne que le Lion lui-même. Elle n'avait même plus besoin du titre et de la pourpre brodée à l'or de la maison Lannister, elle prenait la place qui lui revenait de droit par la simple grâce de la Mère. Et elle savait qu'elle pourrait y puiser la force et la certitude d'être à sa place.

Tybolt, lui, souriait, se reprenait et se remettait finalement à sourire. Attitude étrange...Il finit par venir l'embrasser et elle attira sur le lit pour qu'il s'assoit à côté d'elle. Gardant sa main dans la sienne, elle la posa sur son ventre bien décidée à ne pas gâcher cet instant. Elle l'avait déjà imaginé pour dire la vérité mais elle l'avait rêvé tout autre. Sans le poids des Fer-nés, sans la capture d'Eirlys. Le Mestre était toujours là et, d'un regard, se fut elle qui cette fois lui signifia son congé avec toute l'autorité que lui conférait la nouvelle. Il se s'y trompa pas et s'inclina légèrement devant Lord et Lady Lannister avant de s'éclipser discrètement. Elle le ferait rappeler le jour suivant, ils n'avaient plus besoin de ses services pour le moment. Son mari, assez loin de la joie naturelle d'un futur père, lui parlait maintenant de ce qu'il comptait faire pour la - les ! - venger des Fer-nés. En un sens, cela satisfaisait la jeune femme qui ne demandait pas mieux mais elle avait conscience d'agir en égoïste en mettant en avant sa grossesse pour obtenir réparation alors que cet instant aurait du n'être qu'une joie simple pour son mari.


"Et je sais que tu le feras, Tybolt. Mais... Tu avais raison, maintenant n'est pas le moment. Au diable les Fer-nés ! Nous aurons le temps demain. Tu vas être père, savoure simplement cela. Demain, nous penserons à tout le reste. Tu guerroieras et je pleurerai mais, pas maintenant. Maintenant, nous devons simplement nous réjouir d'avoir bientôt un enfant si les Sept sont généreux. Par la Mère !" Elle porta ses mains à sa bouche alors qu'elle s'exclamait retenant son rire ravi, son sourire. "Je vais avoir un fils...ou même une fille ! Mais qu'importe ! Mon père serait tellement fier !"

Elle se mordillait les lèvres pour se retenir de sourire béatement. Et se retenait d'entrainer son époux dans une danse folle autour du lit. De courir au septuaire. De...Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait faire, ni même ce qu'elle devait penser. L'éclatement de la nouvelle était si énorme pour la jeune femme comme si elle goûtait à nouveau la vie après avoir vu de si près la mort. N'y tenant plus, elle enlaça fougueusement son blond chevalier et lui piqua le visage de mille baisers. Ils étaient seuls, elle n'avait pas besoin de s'astreindre au décorum. Du reste, elle se moquait bien du protocole désormais. Être dame ceci, lady cela... Elle allait être mère et avait évidemment envie d'aller le hurler à tout Port-Lannis depuis les remparts de la forteresse des Lions. De danser sa joie et son bonheur.

"Il sera grand et blond comme toi. Et tu devras le former à être chevalier ! Le meilleur de son temps ! Et si c'est une fille, elle sera reine, pas moins !" lança-t-elle au plafond qu'elle contemplait avant de revenir au bleu de ses yeux à lui. Elle l'embrassa à nouveau, plus longuement et même plus tendrement qu'elle ne l'avait jamais fait. "Je t'aime Lord Tybolt Lannister. J'aurai ma propre famille, la mienne. J'ai envie de te dire merci mais comme je suis celle sur qui retombe le plus dur du boulot, je m'abstiendrai, je crois..." Elle se mit à rire et s'allongea sur le lit, offerte. "Viens à côté de moi."
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Message Mer 25 Jan 2012 - 3:55

Tybolt souriait en observant Maura aussi heureuse, l'idée d'avoir un fils ou même fille, il ne savait, l'emplissait de joie bien entendu mais c'était bel et bien de voir son épouse aussi heureuse qui le portait pour le moment. Il ne pouvait imaginer l'horreur qu'elle avait subit et se refusait à le faire de peur de devenir la proie d'une colère sans nom, aussi la voir ainsi rétabli et vaillante ainsi que simplement heureuse le réjouissait lui même plus qu'il n'aurait su le dire ou le faire comprendre à quiconque, en ces moments il haïssait le fait que Gerold soit un meilleur orateur que lui, qu'il soit plus à l'aise avec les mots que lui même ne l'était, en ces moments aucun de ses talents de chevalier ne lui apportait le moindre réconfort. Il aurait voulu pouvoir exprimer son bonheur par des mots et les faire comprendre à son épouse. Alors conscient de son handicape il se contentait de rester là, souriant et léger certes mais néanmoins silencieux face au bonheur de Maura. Lorsqu'il reçut son baiser, il sentit l'amour de la jeune femme, il ne savait si c'était la proximité de sa mort ou le fait qu'elle porte son enfant qui avait éveillé ainsi les sentiments de sa douce mais lui pouvait dire sans peine que ces évènements et l'absence de Maura avaient éveillé les siens. Jamais il n'avait réellement prit conscience de son attachement pour Maura d'une manière aussi prégnante que lorsqu'elle avait été déclaré portée disparue. Il ne pouvait cependant s'empêcher de penser qu'il y avait toujours un risque, aucun enfant conçu n'était jamais certain de parvenir à la naissance. Il savait pour l'avoir apprit son jeune âge que certaines régions de Westeros et d'ailleurs ne donnaient pas de nom aux nouveaux nés et ce même après que ceux-ci soient venu au monde, ils attendaient plusieurs années avant de juger qu'il n'y avait plus aucun risque. Séduit par cette nouvelle épouse qu'il découvrait à la fois joyeuse et amoureuse, Tybolt ne su que dire lorsqu'elle lui avoua son amour de but en blanc. Il rit cependant avec elle de sa remarque et ce avec un franche honnêteté.

Il la rejoignit donc sur le lit et après l'avoir embrassé avec fougue se contenta de s'allonger à sa place du coté gauche de leur lit pour la prendre ses bras. De nouveau il embrassa cette fois le dessus de la tête de la jeune femme. Il commençait à appréhender de mieux en mieux la nouvelle et la situation qui était désormais la leur.
Je t'aime tout autant si ce n'est plus Lady Maura Lannister. Le tutoiement affublé de leurs titres lui laissait un goût bizarre sur la langue mais il reprenait ainsi les termes que Maura elle même avait utilisé. Il se laissa alors bercer lui aussi par le bonheur simple d'envisager l'avenir de leur enfant. Si c'est un garçon, ce que je souhaite, alors il sera chevalier, un comme l'Ouest n'en aura jamais vu j'en suis certain, mais pour ce faire ce n'est point moi qui devrait lui enseigner mais les meilleurs de notre temps... Avec un peu de travail et de chance il sera peut être digne de ton ancêtre le chevalier ailé. Il s'arrêta un moment cherchant un chevalier de leur temps qui pourrait être digne de former le futur Lion de Castral-Roc mais n'en trouva pas, il y avait bien l’Épée du Matin ou certains membres de la Garde Royale mais il ne pensait pas qu'un dornien soit un homme de confiance et les membres de la Garde Royale étaient tous déjà âgés. Quant à ma fille, si c'est une fille, qui sera elle au moins aussi belle que sa mère, je ne pourrai l'imaginer reine non, car cela signifierait l'offrir aux Targaryen et jamais je ne donnerai ma fille à ces pervers consanguins. Les mots lui étaient venu aussi facilement que si la question n'avait même pas à être posé, plier le genoux face au Trône était une chose, jurer fidélité en était encore une autre bien qu'il lui faille très certainement le faire sous peu mais offrir le chair de sa chair à ses bêtes forniquant entre frères et sœurs il n'en était tout simplement pas question. Il posa une main légère sur le ventre encore plat de sa douce l'imaginant lorsqu'il serait devenu si rond que Maura ne pourrait plus s'allonger que sur le coté. Qu'importe de toute manière si c'est une fille ou un petit homme que tu portes... car cet enfant est d'ores et déjà un héros, il t'a sauvé et t'a ramené à mes cotés par le simple fait d'être là, de te donner du courage et te pousser à vivre pour lui.
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Message Mer 25 Jan 2012 - 18:37

Digne d’Artys…Seul un fils Arryn pourrait se targuer d’une telle valeur. Mais, pour l’instant, le petit être était le seul héritier de la lignée millénaire des rois de la Montagne et du Val. Ne restait plus qu’à prier pour que Jasper ait à son tour un enfant qui relègue Maura et ses enfants en seconde position dans l’héritage des Eyrié. Et ce serait sans doute pour la meilleure chose possible même si une part d’elle-même aurait souhaité voir sa descendance sise sur le trône de barral blanc de la maison Arryn. Toutefois, malgré toute sa rancœur envers Jasper, elle n’avait pas défendu le pouvoir des Eyrié et la charge de son frère pour le voir ne pas donner descendance à leur maison. De plus, quel seigneur du Val plierait le genou devant un Lannister même si il était le fils de la Dame du Val ? Même si son frère la haïssait pour cela, il faudrait qu’elle le relance au sujet de son futur mariage. Elle le devait à la mémoire de son père dont le premier petit-enfant n’aurait jamais du être un Lannister mais l’un des fils de Jasper. Elle sourit pensivement en se demandant quelle serait la réaction de sa vieille grand-mère Tyrell ? La vieille Oldflowers devenir une bisaïeule. Elle ne savait pas si son mari possédait encore une grand-mère, peut-être cette vieille-là serait-elle heureuse de la naissance d’un nouveau descendant ?

 « Il faudra que j’envoie la nouvelle de la confirmation de ma grossesse par Mestre Vyman à mon frère. Jasper a besoin de savoir cela aux Eyrié. Peut-être cela le décidera-t-il enfin à suivre mes conseils et à se trouver un ventre suffisamment noble pour l’engrosser… » soupira-t-elle avant de sourire aux plans et aux réflexion de Tybolt à qui elle caressa la joue. Pas de Targaryen pour leur fille donc, et un grand chevalier pour éduquer un éventuel fils…Cette dernière chose provoqua une moue dubitative chez la jeune femme. Était-il en train de lui dire qu’il était en train de lui proposer d’envoyer son enfant courir les routes comme son cousin Aegon ? Du reste, bon chevalier ou non, Maura s’en moquait à vrai dire. Si un fils naissait, il devrait être un bon dirigeant, savoir gouverner les têtes et les cœurs. Il enverrait d’autres braves chevaliers se battre à sa place. Il lui faudrait avant tout un excellent mestre et…Gerold ? Autant cela la dérangeait mais elle ne connaissait encore personne capable de la finesse d’analyse de ce pervers. Donc si elle voulait Gerold, il lui faudrait trouver un excellent septon capable de balancer l’influence du cadet Lannister. Elle revînt au sujet présent pour glisser une petite remarque.

 « Ces pervers consanguins devant qui toi et moi devons plier le genou. Et même si certains sont étranges ou fous comme mon cousin Aerion, d’autres sont vaillants. Diras-tu vraiment que Baelor était un pervers consanguin et dégénéré ? Prends-le comme tu veux mais j’aimerai que mon fils soit vaillant et honorable comme il le fut. Il faudrait l’envoyer aux Eyrié. »

Un petit écuyer de Jasper qui pourrait également le former à être un bon lord suzerain. Et peut-être lui faire épouser une des nièces de son pauvre Tommen mais cela n’était pas un assez grand parti pour un Lannister. Le corps couvert de sang de son chevalier juré passa devant ses yeux pourtant grands ouverts et elle épongea une sueur froide imaginaire avec le dos de sa main. Était-ce vraiment l’enfant ou la grâce des Sept qui lui avait donné du courage ? Elle n’aurait su le dire. Sans doute un peu les deux.

 « Peut-être…Mais cela n’a pas sauvé mes pauvres chevaliers et ma gente Eirlys. Cela fait beaucoup de morts même pour un enfant et sa mère. »
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Message Sam 28 Jan 2012 - 8:21

Tybolt écoutait calmement ce que disait sa douce, son menton reposant sur la chevelure de son épouse. Les yeux perdu dans le vague il regardait sans véritablement voir en direction de la grande fenêtre donnant sur le large et la mer qui venait se fracasser à plusieurs dizaines de pieds sous eux. C'était de nouveau un moment de calme qu'ils partageaient mais plus encore c'était ce dont il avait rêvé en quelque sorte lorsqu'elle était portée disparue, pouvoir de nouveau la tenir dans ses bras, partager avec elle des moments d'intimité que seul le mariage peut offrir. De par ce simple fait il aurait dû simplement s'estimer heureux de pouvoir partager cela avec Maura et simplement éviter de nouveau la confrontation avec elle sur des sujets sans grand et véritable intérêt. Il avait prié pour ce moment, s'en était ouvert aux Sept et ceux-ci, si l'on en croyait Maura, avait répondu à ses prières en la lui ramenant, mais Tybolt n'était pas un croyant convaincu, il ne pensait pas que de simples prières puissent influer sur le déroulement des évènements. Si sa femme était de nouveau à ses coté c'était uniquement du fait de son propre caractère, de sa force à elle et de celle que leur enfant à naitre lui avait offert en surplus. De fait toutes ses décisions, ses résolutions qu'il avait prise de profiter des moments que les Sept voudraient bien leur offrir si jamais ils la ramenaient à lui, tout cela tenait aussi peu d'importance pour lui qu'un engagement envers des personnages imaginaires. Il commença par se lover un peu mieux contre la jeune femme. Ton frère est encore jeune en un sens, sa santé est encore forte et le sera certainement longtemps, de plus il ne risque rien à l'abri de ses montagnes... Il a encore le temps pour prendre femme et avoir une descendance. Je sais que tu ne cherches que le bien pour lui et la maison Arryn, cependant prendre trop vite une épouse pourrait lui desservir. Il ne sait encore rien de ce que l'échiquier politique de Westeros lui réserve, et plus important encore, les autres joueurs ne le connaissent pas véritablement ou attendent de voir ce dont il est capable. Il déposa un baiser sur la chevelure de la jeune femme. Je serai d'avis de laisser la triple alliance devenir effective et officielle avant de presser ton frère à prendre une épouse. Lorsque cette alliance sera connue de tous, sa position n'en sera que renforcée et alors les propositions intéressantes et profitables apparaitront, ceux qui se tiennent pour le moment en marge des évènements et ne savent que faire sauront dès lors...

Il esquissa un léger rire cependant en repensant à ce qu'elle avait dit sur Baelor ou encore le fait d'envoyer leur hypothétique fils et héritier dans les Eyrié. J'ai tendance en effet à bien souvent omettre que tu te sens liée à ces Targaryens par le sang... seulement et en toute objectivité. Baelor avait beau être un puissant chevalier voir même le plus grand qui ait foulé cette terre, il n'en restait pas moins un dégénéré consanguin. L'un n'empêche pas l'autre. Cette famille fait copuler ses enfants entre eux, il doit s'agir là de la pire forme de d’obscénité possible, même les éleveurs font en sorte d'éviter cela en introduisant à chaque génération du sang neuf dans une lignée. Chez eux les tares physiques et mentales abondent, non jamais ma fille ne sera livrée à ces monstres indignes et impies. Je t'accorde Baelor mais ce dernier est mort depuis bien longtemps aujourd'hui c'est une lignée en fin de règne qui se tient sur le Trône, un amas de pervers et handicapés mentales comme physique, même leur parangon de beauté qu'est sensé être la bâtarde officielle est connue pour avoir une tare physique qui ne passe pas inaperçue. Souriant il conclu donc. Non non... définitivement le temps où Baelor arpentait notre monde est bel et bien révolu et cet honneur et vaillance dont tu parles est aussi mort que lui... Quant à envoyer notre fils aux Eyrié... je dois avoir manqué bien des saisons car la dernière fois qu'il m'a été donné de vérifier, ton frère avec tout le respect que je lui porte, n'était pas véritablement l'exemple le plus probant à suivre pour une jeune héritier d'un puissant fief. Il n'est ni un grand chevalier, ni même un grand Lord, peut être le deviendra-t-il je ne pourrai voir l'avenir mais quand bien même on ne dirige pas l'Ouest comme on le fait du Val. Non l'éducation stratégique et politique du futur Lion du Roc sera l’œuvre de la maison Lannister il ne peut en être autrement d'autant que nous possédons le plus grand maître en intrigue et manipulation qu'il m'ait été donné de voir à l’œuvre en la personne de Gerold. Il n'avait su s'il lui fallait commenter ou non les dires de sa douce à propos de la mort de ses hommes et l'enlèvement probable d'Eirlys, encore que Tybolt lui souhaita une mort rapide et honorable plutôt qu'une vie de servitude sur les îles. De son point de vue l'enfant à naitre qui grandissait dans le sein de Maura avait agit en Lannister de bout en bout, privilégiant sa survie et celle de sa mère aux dépends de la vie d'hommes du Val qui jamais ne lui auraient été d'aucun utilité. Il se contenta donc de la serrer un peu plus fort dans ses bras.
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Message Sam 28 Jan 2012 - 19:30

La réponse espérée ne vînt pas. A vrai dire, Tybolt ne savait guère comment faire plaisir à son épouse. Ni même comment lui mentir pour lui faire plaisir. Il n’était jamais que d’une franchise totale et bien trop souvent blessante. Comme si il n’avait aucune considération pour sa femme qu’il ne pouvait même pas épargner de ses phrases tranchantes ou de ses opinions stupides. Comme si Maura n’en avait pas assez vu ces derniers jours ? Il fallait qu’il oublie ce qui était arrivé pour se lancer dans de nouvelles explications où véritablement il ne faisait que s’écouter parler. Nichée au creux de l’épaule de son seigneur, la jeune femme leva les yeux au ciel. Franchement ! Quelle idée de se lancer dans des considérations sur une alliance stupide sans vraiment de fond autre que la haine de Tybolt pour le dragon rouge. Elle voyait d’ici la réaction de son oncle et de son frère si son mari n’avait rien d’autre à leur proposer, il y aurait de quoi sourire. Elle s’inquiétait par contre de ce qu’une information comme celle-ci pourrait couter à son si tendre mari.

 « Un jeu ? C’est ainsi que tu vois la chose ? Je doute que le monde ne soit qu’un simple jeu de cyvosse. Tout comme je doute que les pères de jeunes filles à marier aient besoin de savoir ce qu’il deviendra pour faire de leur fille, l’épouse de Lord Arryn. D’ailleurs, si je suivais ton raisonnement, nous ne serions pas mariés non plus. Et même si je sais que cette alliance te tient à cœur, je doute que Jasper en fasse suffisamment grand cas pour attendre de se retrouver avec une petite vassale de l’Ouest ou du Bief à son bras. Ce n’est d’ailleurs pas ce que je lui conseillerai. Je ne pense pas que deux mariages changent vraiment la donne encore y faudrait-il une véritable adhésion au principe moteur d’une telle alliance. Oncle Leo reste à convaincre tout comme mon frère… »

Et elle se demandait depuis plusieurs semaines qu'elle serait leur réaction. Elle le saurait bien assez vite mais son ton était suffisamment dubitatif pour montrer à quel point elle n'était pas aussi sûre que Tybolt de la justesse de son analyse. Le reste était plus ou moins de la même farine. Il pérorait sur leurs rois et espérait que la jeune femme partage ses affirmations.

 « Que je me sens ? Difficile d’oublier que la mère des enfants de Maekar est ma tante. Ils ont autant de sang Arryn que moi après tout. » répondit-elle en haussant les épaules sans s’occuper vraiment de la réaction épidermique de son mari au sujet du Dragon. Elle avait fini par s’habituer à son manque absolu d’objectivité dès qu’il s’agissait des Targaryen. A croire que son ancêtre Loren du Roc vivait encore à travers lui. Pour sa part, ses sentiments pour la famille royale était plus divers. Certes, ils étaient des étrangers mais… Il y avait tant de mais à opposer à Tybolt sans qu’aucun ne puisse le sortir de son ignorance crasse. Brusquement, elle éclata de rire et roula sur lui pour piquer ses lèvres de baisers légers. « Mais oui, mais oui, mais oui… » Que pouvait-elle répondre à ce type d’obstination ? Rien d’autre. Et, sincèrement, ouvrir les yeux de Lord Lannister sur ses erreurs ne l’intéressait guère à l’heure actuelle. Et pour une fois, ses insinuations glissaient sur elle comme l’eau sur la pierre de la Salle du Bassin. Elle était enceinte, voilà tout ce qu’elle retenait. Ils feraient voler ce faucon quand il aurait des ailes. Elle l’embrassa une dernière fois plus tendrement avant de se relever, à cheval sur ses hanches.

 « Ce n’est pas tant que je m’ennuie mais il me faut te quitter. Je vais aller prier au Septuaire même si je t’ai gardé la primeur de ma présence. Je veux dormir avec toi ce soir même si cela risque de faire jaser. » Ses sourcils s’étaient froncés comme si elle était prête à passer par l’épée tous ceux qui lui diraient que cela n’était pas possible ou peut-être pas de bonne politique mais la jeune femme n’aurait pu en avoir moins cure. Dame du Roc, elle était. Dame du Roc, elle resterait.
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Message Lun 30 Jan 2012 - 6:26

Tybolt écouta son épouse lui parler dans un silence complet. Elle mélangeait absolument tout, la triple alliance, la réputation du son frère et de son nom Arryn... Certes nombre de nobles verraient d'un bon œil leur fille prendre Lord Arryn comme époux mais de ce nombre ne faisaient parti les grandes maisons, les seules à compter réellement lorsqu'il s'agissait d'alliance. Or Lord Arryn et ce même si son nom était emprunt de grandeur passée et d'une puissance depuis longtemps éteinte n'était plus un grand de ce monde depuis bien longtemps, en réalité Lord Jasper ne l'avait jamais été... Personne ne savait encore quoi penser du jeune Faucon régnant sur le Val et à moins de chercher une épouse au sein même du Val, le nom de Arryn ne portait plus le même éclat. Pour Tybolt il apparaissait comme évident que les grandes maisons attendraient de voir les premiers choix perpétrés par le nouveau suzerain du Val avant de s'allier avec lui, pour connaitre ses appuis et soutiens. En ce sens la triple alliance conférerait un statut nettement plus évident au frère de Maura. Seulement il ne pouvait en vouloir à la jeune femme, elle même avait été élevé dans le culte de son propre nom et en oubliait de par la même que ce dernier ne résonnait désormais plus parmi ceux des maisons influentes du royaume. Quant à la triple alliance en elle même, le jeune seigneur de l'Ouest n'était plus certain de vouloir en faire un outil de contre pouvoir désormais... l'annonce de la grossesse de Maura impliquait bien d'autres choses désormais et les divers contactes qu'il avait eut avec Lord Arryn n'annonçaient rien de très engageant quant à la fiabilité de ce dernier. De fait l'alliance entre les trois maisons aurait lieu mais son utilisation à des fins politiques pour contrer la Main n'était d'ores et déjà plus d'actualité dans l'esprit de Lord Tybolt. Il préféra ne pas poursuivre sur les Targaryen, Maura ayant tout à fait l'air d'une jouvencelle amourachée d'un preux chevalier lorsqu'il en venait à la famille royale, ne sachant plus dès lors faire abstraction de son immense admiration pour les Dragons... Il profita plutôt avec plaisir de son humeur badine et des baisers qu'elle lui offrait.

Elle le chevauchait littéralement lorsqu'elle lui annonça qu'il lui fallait aller prier. Ses mains posées sur les hanches de la jeune femme, il la maintenait tout contre lui n'ayant absolument pas l'intention d'offrir aux Dieux ce qui lui revenait de droit, à savoir son épouse, qu'il pensait avoir perdu. D'un mouvement de bassin, il la fit basculer et se retrouva dans la position inverse. Il dominait désormais Maura qui lui enserrait la taille de ses jambes. Il se pencha de toute sa masse au dessus d'elle, un bras planté dans le matelas de chaque coté de la jeune femme. Un large sourire ornant son visage.
Les Dieux peuvent bien patienter quelques temps comme j'ai moi même dû le faire pensant t'avoir à jamais perdu. Se penchant plus avant il embrassa son épouse comme il l'avait fait ce premier jour dans la salle du Bassin. Qu'ils jasent tant qu'ils le souhaitent mais il n'est pas question que tu passes une seule nuit loin de moi désormais. Voilà quelle était la réelle raison de sa volonté d'abandonner les vue politiques de la triple alliance, plus que l'incompétence de Lord Jasper, il s'agissait surtout pour Tybolt de ne plus avoir à faire subir le moindre affront à Maura, son enlèvement lui avait ouvert les yeux et plus que le pouvoir ou contrecarrer les projets de la Main, c'était elle qu'il voulait et pas simplement sous le couvert du secret mais bel et bien comme sa femme et ce tous les jours que les Dieux leur donneraient à passer ensemble. Conscient que s'il s'ouvrait à elle sur cette raison, Maura tenterait de l'en dissuader et voudrait jouer son rôle en acceptant de subir encore et toujours pour le bien des ambitions de son mari, Tybolt avait simplement prit la décision de ne pas lui en parler, de ne pas lui laisser l'occasion de le faire changer d'avis. D'une main délicate il écarta une mèche barrant le visage de sa douce. De plus il va bien falloir faire de la place pour accueillir notre enfant et je n'étais pas satisfait de la décoration de tes appartements... En réalité et bien qu'il soit heureux de l'annonce de cet enfant à naitre, Tybolt se rendait compte qu'il apportait plus d'importance au retour de sa douce saine et sauve qu'à la grossesse elle même, peut être était-il plus amoureux de son épouse qu'il n'était ravis d'être père. De plus et bien qu'il sache tout ce que cela impliquait cette grossesse était somme toute abstraite à ses yeux alors que Maura entre ses bras avait toute la réalité et la saveur de quelque chose de parfaitement concret.
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Le glas pour les Fer-Nés - Maura

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