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Turn back pendulum(Deana)

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Message Dim 15 Jan 2012 - 16:49

Le soleil avait disparu depuis longtemps, pourtant, Theo ne dormait pas le moins du monde. Il réfléchissait. Sa femme avait beau être couchée depuis longtemps, ses enfants avec elle, lui était toujours debout, parfaitement éveillé. Dehors, il neigeait. Le temps était couvert, on ne voyait pas la lune. Pas un bruit, juste le silence feutré créé par la chute des flocons. Un imperceptible bruit de chute les signalement. Parfois, un léger craquement rappelait à Theo que le feu brulait encore, mais qu'il était sur le point de s'éteindre. Saisissant un tisonnier, il remua un peu les braises pour que les flammes se ravivent. C'était la pièce préférée de Theo. Un petit bureau, attenant à la bibliothèque et à leur chambre. Il y avait quelques livres, un vieux fauteuil, et un bureau de bureau défraichi, brulé par les traces de cire qu'avaient laissés les bougies de ceux qui étaient venus passer la nuit ici. Les dieux savaient qu'il y en avait beaucoup. Galbart, son père, utilisait la salle avant Theo. Et avant lui, son père, Benjen, et encore avant Jeor, et avant lui Lokyr l'invincible, et Galbart le cruel. On attribuait cependant la création de la pièce à Eddard le bureaucrate, qui avait rénové le château en 52. Son surnom lui venait justement du fait qu'il passait énormément de temps dans ce bureau. Selon la légende, il n'en sortait jamais...Peut-être un peu exagéré, ça. Theo referma le livre qu'il lisait avec un claquement sec, et finit sa coupe de vin. Regardant au dessus de la cheminée, il vit distinctement les trois seaux Wull gravés dans la pierre, avec en dessous la devise du clan.

Souviens toi que tu vas mourir. Les mots sonnaient comme le glas. Lorsqu'Emma avait découvert quelle était la devise du clan de son mari, elle avait trouvé cela morbide. Theo, lui, trouvait cela en accord avec ce qui s'était passé ces dernières années. La mort de sa mère, d'abord. Sa malchance chronique, ensuite. Brisacier...Le fait que je brise une épée est-il vraiment un signe de malheur ? Theo n'avait pas la réponse à sa question, mais cela le rongeait tout de même. Il n'était pas superstitieux. Mais tout de même. La dernière fois que sa lame l'avait trahie, c'était face à un sauvageon, lorsque Raymun Barberouge, roi de l'Au delà du Mur, avait envahi le Nord. Foutue bataille. J'ai cru que c'était moi qui allait y passer. Mais non. C'est Andrik qui y est resté. Pas compris ce qui s'est passé, avec Elwood. Et puis ça n'a pas aidé père. Sa blessure n'a pas du l'arranger. Galbart était malade depuis longtemps : ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne meure. Il survécut un an avec sa blessure et sa maladie. Puis il mourut. Benjen n'avait rien eu : foudre de guerre hors pair, sa plus grosse blessure était une cote fêlée dont il s'était très bien remis. Lokyr s'en sortit plutôt bien, bien qu'il y laissa un œil. Jeor avait dix-sept ans. Leur père lui interdit de participer à la bataille. Theo, paradoxalement, n s'en sortit pas trop mal. Son épée se brisa, on le laissa pour mort sur le champ de bataille, mais il survécut. Mais il avait vu quelqu'un de ses meilleurs amis tomber. Andrik Lideuil était de ceux là. Theo le connaissait bien, lui et sa petite sœur, Deana. Il aimait bien ces deux là. D'abord parce que comme lui, ils étaient issus d'un clan des montagnes. Ensuite parce qu'Andrik était un excellent combattant. Un vrai ami. Deana n'était qu'une gamine quand il l'avait connu, mais il aimait bien son sens de la répartie et sa volonté de ne pas être cantonné dans le rôle de "femme à marier". Ils avaient sans doute passer des heures et des heures à s'entrainer ensemble. Tellement de temps que Theo ne le comptait plus. Ils étaient compagnons d'arme. Et Andrik et lui savaient qu'ils pouvaient compter l'un sur l'autre dans une bataille. Tu as eu tort, mon vieux. Je n'ai pas réussi à te sauver. Même pas à me sauver moi même, alors... Quel idiot. Croire que c'était moi que la malchance visait, cette fois. Mais ça aurait été trop simple. Beaucoup trop simple. Il avait perdu son épée, cru que sa dernière heure était venue. Et en tombant, il avait vu Andrik tomber. Il n'en était pas sur, mais il pensait que c'était son autre frère, Elwood, qui l'avait tué.

Traumatisé par la bataille, désireux d'oublier tout ça, il avait tout avoué au Lideuil, Samwell, le père de Deana et d'Andrik. Il n'avait rien dit à sa fille. Trop jeune, s'était-il dit. Plus tard, peut-être. Et père était mort. La goutte qui avait fait débordé le vase. Il avait pris Emma et leur fils avec lui, et puis larguez les amarres ! il était parti dans le Bief, trouvant une résidence plus calme et idéale pour se remettre de cette bataille en la forteresse de Grimmston, résidence de son grand-père lord Theo Grimm. Leur second fils était né en 202. Sur les suppliques de Lokyr, son frère, Theo était revenu dans le Nord. Emma n'aimait pas trop Primhaven, mais elle n'avait rien dit. C'était trop froid pour elle, trop sombre. Trop austère. Mais Theo aimait cet endroit, et le Cabarfeid se sentait chez lui ici. Il ne regrettait pas d'être revenu. Et même si Emma disait que le climat ne convenait pas aux enfants, il avait tenu bon. Un jour, Rickon me succédera. Ce sont des enfants du Nord. Autant qu'ils s'habituent. Theo avait été content de revoir son oncle Brandon, toujours aussi bon vivant, et sa nièce, Cersei. A six ans, elle paraissait aussi décidée et batailleuse que possible. Je te souhaite bien du courage avec ta fille, mon bon vieux Ben, avait il dit à son frère. Elle va te mener la vie dure. Lokyr, égal à lui même, était sarcastique et effrayant. Tout comme Jeor : effrayant de loyauté, celui là. Comment Deana aurait-elle pu faire autrement que le repousser ? Lorsque Samwell lui avait proposé ce mariage, Theo avait tenté de lui faire entendre raison. Ca ne marcherait pas : ils étaient bien trop différents. Il avait insisté. Le Cabarfeid avait laissé faire, sur du résultat. Et qui a eu raison ? Moi. C'était à prévoir, en même temps...

La nuit était bien noire. Il avait arrêté de neiger, et le ciel s'était découvert, montrant la lune. Eteignant d'un souffle sa chandelle, Theo se prit à se rappeller d'une vieille chanson du pays :

" Si tu voyages dans le beau pays du nord,
Où les vents soufflent fort à la frontière,
Rappelle-moi à quelqu'un qui vit là.
Elle fut jadis mon véritable amour.

Est-ce que la mort
Nous séparera un jour ?
Elle me disait souvent cela.
Oh, il me semble que c'était hier...

Si tu vas quand les neiges tempêtent,
Quand les fleuves gèlent et que l'été s'achève,
Regarde si elle a un manteau assez chaud,
Pour la protéger des vents qui hurlent.

M'attendra-t-elle ? Dans mes rêves,
C'est tout ce que je souhaite
Avant que tout ne brule.
Mais j'entends encore ses sanglots...

Je me demande si elle se souvient encore un peu de moi.
Tant de fois j'ai souvent prié,
Dans l'obscurité de mes nuits,
Dans la clarté de mes jours.

Puisque notre invincible amour
A fini par s'en aller,
Suis je fini pour la vie ?
Ou m'aimera-t-elle encore une fois ?

Dans mes nuits de jeunesse et de mort,
Jamais elle n'est absente de mes prières,
Mais moi je reste toujours là,
Seul avec notre invincible amour.

Alors, si tu voyages dans le beau pays du nord,
Où les vents soufflent fort à la frontière,
Rappelle-moi à quelqu'un qui vit là.
Elle fut un jour mon véritable amour."

C'est Mère qui chantait ça quand j'étais gosse. Oui, c'était ça. Elle avait une voix poignante. Il en aurait pleuré rien qu'à ce souvenir. Sa mère était partie quand il avait onze ans. Trop tôt. Il la regrettait toujours un peu. Moins, maintenant. Décidant qu'il était l'heure d'aller dormir, Theo tendit la main vers la porte du bureau qui menait à sa chambre, toujours dans le noir. A ce moment là, on frappa à sa porte. Rallumant la chandelle, il cria d'entrer à son visiteur. Mikken, son cousin, se tenait sur le pas de la porte. En peu de mots, il lui expliqua que quelqu'un voulait le voir. Theo en fut surpris. Il était assez rare qu'on vienne les voir. Primhaven se dressait sur un piton rocheux au dessus de la mer. C'était les montagnes du Nord. Raides, pleines de neige et en à pic. L'ascension était fort périlleuse : tomber d'un coté c'était risquer la chute dans l'eau en contrebas, tomber de l'autre signifiait se rompre le cou sur un des sapins qui garnissait la montagne. Aussi c'était souvent les Wull qui descendaient à la rencontre de leurs visiteurs. Et eux mêmes ne se risquaient qu'en cas d'urgence sur l'étroit sentier qui menait dans la vallée la nuit. Incrédule, il demanda :

"Qui est-ce ?

- Deana, Cabarfeid. "

Deana Lideuil ? Est-ce qu'elle est devenue folle Theo ne comprenait pas. Qu'est-ce qui lui prenait de venir ici en pleine nuit ? Il fallait réellement que ce soit grave. Parce que venir comme ça en pleine nuit, escalader la crête et traverser la forêt, il fallait vraiment avoir quelque chose d'important à dire. Quelque chose de grave avait du se produire, c'était la seule solution envisageable. Suivant Mikken, il descendit quatre à quatre les escalier menant au hall d'entrée...Voyant la jeune fille seule et sans escorte, il demanda, interloqué :

"Mais...qu'est-ce qui t'as pris de venir ici comme ça ? Ton père sait que tu es là ?"

Ce n'était pas dit d'une manière agressive. Au contraire. C'est plutôt qu'il s'inquiétait pour la jeune fille. Et qu'il espérait qu'il n'y avait pas de problème grave.
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Message Mar 17 Jan 2012 - 21:18

Primhaven, dans la nuit

A l’entrée de l’imposante forteresse de pierre qui surplombait la Baie des Glaces, Deana s’arrêta devant la porte. Enfin arrivée, elle était soulagée, elle ne sentait plus ses pieds ni ses mains, elle ne sentait plus grand-chose à vrai dire, frigorifiée et exténuée, elle n’en pouvait plus, son corps était prêt de lâcher et s’il l’avait abandonné au milieu des montagnes elle serait morte de froid et aurait été dévorée par les loups. Quand à Dark Mountain l’imposant étalon noir qu’elle avait volé à son père en quittant le domicile familiale, il n’était pas en meilleur forme, il avait été extraordinaire, le pied sûr, galopant sans rechigner lorsque cela était possible, avançant malgré la neige et le blizzard, et même si cela faisait près d’une heure que la jeune fille avait mit pied à terre pour terminer le chemin escarpé dans le noir et que la blondinette ne pesait pas bien lourd, il l’avait portée depuis l’aube et couvert plus de lieues que jamais. Elle était pleine de neige, trempée les joues rosies par le froid, emmitouflée dans un grande cape de laine blanche dont les épaules étaient recouvertes d’une peau de loup, pour le capuchon rabattu sur la tête, le nez coulant et l’œil brillant. En dessous des braies vertes un peu trop larges pour ses jambes maigrichonnes qu’elle avait lacé avec des lanières de cuir de manière à ce qu’elles tiennent en place pendant le chevauchée, une chemise de coton blanc une épaisse tunique de laine blanche une large jaque matelassée qui lui pendait jusqu’au genou et dont elle avait retroussé les manches,. A sa ceinture, elle portait dans un fourreau de cuir l’épée de son frère, longue et lourde, la garde épaisse et le pommeau orné d’une pomme de pain d’argent, et à ses pieds de simples bottes de cuir marron, de quoi perdre quelques doigts de pieds par ici...
Elle ressemblait à un épouvantail si ce n’était ses cheveux tressés sur son crâne, habillée de bric et de broc, elle avait prit ce qu’elle pouvait à son père, ce qui était confortable et chaud, ce qui était masculin et à peu près à sa taille, mais si elle était déjà une grande gigue, elle était taillée comme un cure-dent et devait pesé moins de cinquante livres même avec tous ces lourds vêtements mouillés, alors trouver de quoi s’habiller comme un homme quand les hommes de la famille faisaient facilement une tête de plus qu’elle et trois ou quatre fois sa largeur d’épaules, heureusement il y avait des vêtements pour les jeunes pour l’entrainement des enfants par exemple…

Elle fut accueilli par un soldat qui montait la garde du haut des remparts, il la héla et lui demanda qui elle était. « Deana ! » Elle se demanda si après avoir fuit de chez son père elle pouvait encore utiliser le nom de sa maison, elle se dit que son simple prénom ne suffirait pas et se décida. « Deana Lideuil du Clan Lideuil, j’aimerais pouvoir jouir de l’hospitalité de Theo Wull pour la nuit. » Ils ne pouvaient pas lui refuser ça si ? Normalement, personne ne pouvait refuser l’hospitalité à un voyageur de noble naissance, et dans ses montagnes, c’était une tradition que d’offrir un toit à tous ceux qui demandaient asile, et encore plus pour la fille d’un ami ! Les lourds battants de bois de la porte s’ouvrirent rapidement et elle put entrer dans le château, ça n’était pas la première fois qu’elle venait, les Clans se réunissaient régulièrement pour des banquets et même si la plupart du temps c’était les Lideuil ou les Knott qui recevaient parce que leur château était plus facile d’accès - légèrement cela dit, la montagne ne se laisse pas grimper si facilement – il était néanmoins arrivé que des fêtes aient lieues chez les Wull, heureusement car sans ça elle se serait perdue et n’aurait pas pu prévoir les piges du terrain, là au moins elle savait où elle mettait les pieds. Lais ça n’était pas la seule chose qui l’avait décidée, un jour, Andrik lui avait dit que Theo était comme un frère pour lui, qu’il lui faisait une confiance aveugle et que s’il n’avait été amoureux d’une autre, il lui aurait confié avec plaisir une de ses sœurs. Elle savait qu’il l’aimait bien, elle l’aimait bien aussi, elle avait confiance en lui, au moins, lui, n’avait pas demandé à l’épouser, il l’avait même entrainé avec son frère parfois, elle avait donc pensé qu’il pourrait l’écouter et peut-être l’aider, et surtout qu’il ne la renverrait pas chez son père !
A entendre sa première remarque, rien de moins sûr, car après qu’on lui ait pris Dark pour le mettre au sec et le nourrir, elle fut conduite au hall d’entrée et attendit jusqu’à ce que Theo arrive et lui demande si Samwell savait où elle était. D’un air penaud, elle secoua la tête en signe de négation, elle grelottait mais essayait de ne rien montrer, et elle priait pour qu’il ne la renvoie pas illico chez le Lideuil.

« Il veut me forcer à me marier…»

Elle éclata en sanglots et se mit à grelotter de plus belle, elle était une femme faite, presque dix-sept ans, et pourtant elle avait encore des allures d’enfant, sa bouille tout d’abord, ses grands yeux ensuite, et son désire irrépressible d’être un guerrier malgré son sexe, sa peur des hommes et du mariage, et encore plus du sexe tant et si bien qu’elle refusait tout contacts physiques avec les garçons depuis bien avant sa première floraison, à part ses frères ou pour se battre, elle ne laissait personne la toucher, mais Theo c’était différent, un peu comme un frère, elle se jeta dans ses bras et pleura, et renifla, et pleura encore et entre deux inspirations incertaines, elle finit par dire d’un ton de colère bien que plein de tristesse.

« Il a brûlé mes affaires ! »

Elle poussa un long cri et se remit à pleurer, ces affaires, c’était tout ce qu’Andrik lui avait donné, des braies, des tuniques, une armure de cuir souple, un jaque, et même une épée à sa mesure et son fourreau, bref de quoi faire d’elle une véritable guerrière, et en plus de l’importance que cela revêtait à ces yeux de posséder tout cela, il s’agissait de cadeaux de son frère mort depuis moins de trois ans, les derniers souvenirs qu’elle avait de lui ! Comment avait-il pu ?!

« Il a cassé mon épée... »


***


Loupdeuil, quelques jours auparavant

« Tu vas te marier ! Et puisque tu ne veux pas choisir, je choisirais pour toi ! »

Le Lideuil marchait d’un pas vif vers la chambre de sa fille, il était dans une rage folle, Deana venait encore une fois d’éconduire un prétendant, c’était le vingtième et dans le lot il y avait eut des preux, des beaux, des galants, des gentils, des forts, mais elle disait toujours non, et toutes ses démarches tombaient à l’eau, à force de moins en moins se présentaient. Le bruit courait à présent dans tout le Nord que la benjamine refusait tout le monde, il devait envoyer des missives de plus en plus loin, sans compter que certaines rumeurs avaient fait leur apparition, du genre, la jouvencelle était éprise d’un mystérieux chevalier errant, elle préférait les femmes, elle tuait ses prétendants, tout et n’importe quoi pour la discréditer et si elle ne se décidait pas rapidement, il aurait toutes les peines du monde à démentir ses bruits et à lui trouver un parti acceptable, il n’avait aucune envie de la marier à un roturier, mais si c’est ce qu’elle cherchait en faisant l’enfant, c’est ce qu’elle allait finir par obtenir ! Le dernier venait de repartir pour Les Trois Soeurs avec son escorte et cela faisait déjà trois jours que Samwell ruminait sa colère contre sa fille qui refusait même d’avoir un simple tête-à-tête avec lui.

« Non ! Je ne me marierais pas ! Je veux me battre ! Et je préfère rester vierge ! »

Deana aussi était furibonde, elle marchait d’un pas sonore derrière son père. Depuis toute petite elle avait toujours voulut être une guerrière, comme la reine Nymeria, sauf qu’elle n’était ni brune ni reine, mais c’était un détail. En tout cas elle n’avait jamais voulut se marier, elle n’avait jamais aimé personne, elle ne savait pas ce que c’est, tout ce qu’elle connaissait c’était l’amour filiale et fraternel, personne ne lui avait plut à ce point, tous ceux qu’elle appréciait elle les considérait comme des amis et rien de plus, son cœur ne se mettait pas à battre la chamade pour les beaux jouvenceaux, elle n’était pas comme ses sœurs et si elle les aimait beaucoup, elle n’avait pas envie de connaître la même destinée. Elle n’avait pas envie de mourir dans un lit en accouchant comme sa mère, elle voulait mourir les armes à la main. Ashara lui avait dit que ça faisait mal la première fois, elle lui avait tout expliqué, ce qui s’était passé lors de sa nuit de noce, le sang et tout le reste, elle lui avait aussi dit qu’après c’était bien, et que l’accouchement c’était horrible, mais qu’élever des enfants était la plus belle chose au monde. Bien gentil tout ça, mais elle ne voulait pas avoir mal, pas comme ça, elle préférait avec des ampoules aux mains et des bleus partout, et puis il y avait autre chose…

Calen Burley, le premier de tous ceux qui étaient venus en personne chez le Lideuil pour obtenir la main de sa fille. C’était juste après la mort de son frère et la gamine était effondrée, il était resté plusieurs jours, ils avaient bavardés, ils avaient chassés, ils s’étaient baladés à cheval, ils avaient même croisé le fer pour jouer, il était gentil, il lui avait promis que si elle voulait porter des armes elle pourrait, que chez lui ça n’était pas un problème, et puis un soir il l’avait emmenée dans le Bois Sacré et il l’avait embrassée, mais elle l’avait repoussé prétextant que ça n’était pas bien de faire ça alors que leurs parents ne s’étaient même pas encore mis d’accord et en plus devant l’arbre cœur. Il avait très mal pris cette rebuffade, il l’avait attrapée et serré si fort qu’elle pouvait à peine respirer, et elle s’était débattue, il l’avait collée par terre, mais par chance, elle avait réussit à lui mettre un coup de pieds entre les jambes alors qu’il la pelotait en relevant ses jupes, juste le temps de se relever et de prendre ses jambes à son cou, mais en dehors du Bois Sacré il y avait trop de monde pour qu’il la touche de nouveau et après ça elle était restée recluse dans sa chambre et personne n’avait vraiment compris pourquoi elle avait changé d’avis si soudainement et les familles ne s’étaient pas unies, elle n’en avait jamais parlé à personne et depuis elle refusait de parler aux hommes qu’elle ne connaissait pas à moins d’être armée, elle proposait des duels à ses prétendants, elle était à peine polie avec eux et surtout ne leur donnait pas d’avantage que des réponses froidement courtoises et coupait court à toute conversation.

« Fais toi Septa pendant que tu y est ! »

Deana renifla bruyamment en signe de mépris, Septa et puis quoi encore, elle ne croyait même pas aux Sept, et elle voulait se battre non d’un chien ! Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ça ?! C’est alors que le patriarche arrivé dans la chambre s’empara de tout ce que la jouvencelle possédait qui ne soit pas digne d’une jeune fille et le jeta par la fenêtre.

« Père ! NON ! Ne faites pas ça je vous en supplie ! C’est Andrik qui me les a offert ! Je vous en supplie ! Je vous en supplie ! »

Elle n’eut même pas le temps de terminer sa phrase que Samwell était sortit, l’enfermant à l’intérieure et elle quelques minutes plus tard, elle put simplement observer de sa fenêtre tous ses trésors partir en fumée. L’épée c’était brisée en se fracassant sur le sol de pierre, il ne resta bientôt plus rien que deux bouts de lame noircit et des cendres, des bouts de tissus et de cuir, et le Lideuil balança tous les restes du haut du rempart est qui surplombait un à pic vertigineux…

Deana eut tout le loisir de pleurer sa perte enfermée dans sa chambre, et aussi de ruminer sa rage. La décision était prise, elle ne pouvait pas se laisser marier de force, surtout après ce qu’il venait de faire ! Elle allait partir à l’aventure ! Aussi, deux jours plus tard quand on se décida à la laisser sortir, elle se mit en quête de nouveaux vêtements pour le voyage et pour se battre, elle courrait la campagne en quête de nobles causes à défendre, elle protégerait les villages contre les bandits, elle escorterait les marchands et les nobles dames, elle se débrouillerait sans son père et sans les hommes ! Une fois son paquetage préparé en cachette, elle attendit la nuit noire, harnacha son cheval et prit le large en silence. Elle galopa plein sud à bride abattue pendant des lieues, elle pleurait et ne voyait même pas où elle allait, mais son cheval savait où il posait les pieds et elle allait vers le Sud de toute façon, il suffisait de prendre à droite en sortant de la citadelle et suivre la seule route qui menait là. Quand le jour serait levé elle pourrait s’assurer de ne s’être point trompée, mais pour le moment il faisait nuit noire, elle aurait préféré partir à l’aube, mais à l’heure ou les gardes se réveillent c’était trop risqué, déjà qu’elle avait dû prendre un passage secret pour sortir sans être vue, si son père la rattrapait, elle se prendrait la soufflante de sa vie et il la marierait dans la semaine, elle ne pouvait pas se permettre de se faire prendre.

Une fois assez loin des deux pics appelés Blancs Crocs surplombant le Col de la Pleine Lune dont le droit était occupé par la Forteresse Lideuil et le gauche par des tours de guet relié au château par une tyrolienne, elle prit son premier repas de femme libre. En bas s’apercevait dans les brumes, le Bois au Loup, il faisait un froid glacial mais le soleil du petit matin brillait de milles feux à l’est. Un craquement, elle se retourna avec vivacité, mais c’était déjà trop tard, un énorme Lynx fondait sur elle, tout se passa en un éclaire, Dark se cabra et frappa de l’antérieur la bête sauvage qui fut envoyée bouler un peu plus loin, le cheval lui bondit dessus et le piétina, Deana était pétrifiée, mais sauve, elle s’assura que la bête était morte et la laissa là craignant que l’odeur du fauve abattu n’en attire que plus, dommage sa viande aurait été utile et sa fourrure bien chaude, mais la question n’était pas là, si elle n’était pas foutue de se défendre elle-même contre un animal, comment le pourrait –elle contre des ennemis, elle se remit en route, mais cette fois ci vers le Nord-ouest et non vers le Sud…

Elle dut traverser les hauts pics des montagnes du Nord et emprunter les sentiers sinueux qui longeaient des gouffres sans fonds et des murailles de pierre grise et gelée, en plus de ça, la neige se mit à tomber d’abord quelques légers flocons puis de plus en plus, cela ralentit son avancée et la glaça jusqu’aux os, mais le puissant étalon noir continuait à la porter et à marcher. Elle passa près de la catastrophe au moins mille fois durant la journée, une chute de cheval, une branche basse, elle était trop triste, le ventre noué, trop abattue pour réellement se concentrer sur ce qu’elle faisait, elle se ressaisit néanmoins petit à petit au cours de la journée, mais elle n’osa pas s’arrêter pour manger ni lorsque le soleil fut au zénith, ni après, ce ne fut que lorsque son ventre fit le même bruit que le Lynx qu’elle prit quelques minutes pour s’arrêter et sortir quelques biscuits de ses sacoches qu’elle engloutit à cheval, après ça, son ventre se calma mais la faim continuait à la tenailler. Elle s’arrêta près d’un ruisseau pour refaire ses réserves d’eau et faire boire son cheval, ce qu’elle aurait donné pour un bon repas chaud, ses doigts étaient blancs vit elle en enlevant ses gants, ses yeux rougis par les larmes. Elle sautilla sur place et tapa dans ses mains pour se réchauffer un peu pendant qu’elle mangeait résultat elle faillit s’étouffer avec un bout de bœuf séché. Elle se remit en route malgré les doutes qui l’assaillaient de plus en plus, malgré la peur et le froid, elle aurait aimé être au chaud dans sa chambre, elle aurait aimé avoir du thé au miel pour réchauffer son corps, elle aurait aimé serrer Barristan et Cersei dans ses bras une dernière fois, mais il ne devaient pas savoir, elle ne leur avait rien dit, ils ne l’aurait pas dénoncer, quoi que ça aurait été une bonne chose pour sa propre sécurité, mais si le Lideuil avait apprit qu’ils étaient au courant, ils auraient prit quelques baffes bien senties et ça, elle ne le voulait pas, elle était le seule fautive dans l’histoire, si elle y restait, elle espérait que Dark s’en sorte, et si elle arrivait au bout… si elle arrivait au bout elle aurait prouvé à son père de quoi elle était capable ne pensez vous pas ?

La nuit tomba plus vite qu’elle ne l’aurait cru, elle alluma tant bien que mal une torche, et en plus du froid, la peur commença à la gagner. Le vent soufflait en rafales depuis la côte pourtant invisible et pas seulement à cause de la nuit, elle se trouvait encore à des dizaines de lieues sur la gauche, Deana avait l’impression qu’elle n’y arriverait jamais, l’impression que le chemin prenait un malin plaisir à s’allonger à mesure qu’elle avançait, jamais ça ne lui avait parut si long et pourtant il fallait continuer, elle aurait pu passer le nuit dehors, elle avait emporter de quoi, mais après l’incident du Lynx, elle n’en avait pas le courage. Cela dit faire autant de route en mois d’un jour et une nuit c’était presque un exploit, ça n’avait rien à voir avec la route royale ici, on avançait prudemment et lentement, surtout lorsqu’il neigeait, heureusement Dark avait le pied sûr. Elle manqua plusieurs fois d’être précipitée plusieurs centaines de mètres plus bas par un faux pas ou de se prendre quelques pierres des fréquents éboulis, elle n’avait pas souvenir que c’était si dur, si long et si dangereux, et pourtant elle ne s’étai pas trompé de chemin, ça au moins elle en était certaine. Elle n’osait pas regarder en bas, ses pas se faisaient de plus en plus lourds, elle ferma les yeux un instant et se réveilla en sursaut en sentant Dark tirer sur les rênes, elle était au bord de la route face au vide, elle se mit des claques pour se réveiller et reprit son ascension. De plus en plus escarpé, de plus en plus enneigé, de plus en plus glissant, et il fallait continuer malgré tout…
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