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Le respect de soi permet d’en avoir pour les autres ▬ Edarra

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Message Ven 13 Jan 2012 - 13:22

     Cela faisait quelques mois à présent que Lyra travaillait pour lady Edarra, elle faisait tout son possible pour se montrer à la hauteur et il lui arrivait fréquemment de demander conseil à Obara. L'autre suivante de sa dame n'avait pas trop bien pris le fait de voir débarquer une gamine de Lancehélion qui ne savait ni lire ni écrire, mais la méfiance de la Dornienne s'était rapidement transformée en une sorte de sympathie et à ce jour, les deux femmes se parlaient et s'entendaient bien. Lyra avait trouvé ce changement de mode de vie très déstabilisant au début, même si au final ses tâches restaient un peu les mêmes, mais de manière moins ingrate. A l'auberge de ses parents, la demoiselle était contrainte au fait de passer derrière des clients des fois assez mal-élevés qui n'avaient aucun scrupule à laisser traîner des affaires par terre ou une chambre en mauvais état, Au moins en travaillant pour lady Edarra, la Dornienne n'avait-elle plus à faire ce genre de choses, sa dame était une femme de noble naissance et elle savait se comporter comme personne. L'admiration que Lyra avait toujours éprouvé pour ce genre de femmes ne faisait qu'augmenter au fil du temps qui passait, la fille de lady Shyra Ferboys était telle que la fille d'aubergiste aurait souhaité être : belle, mais d'une beauté délicate et raffinée, dotée d'un fort caractère qui ne faisait pas fuir les hommes pour autant et surtout, possédant un charisme qui la laissant béate. Obara lui avait plusieurs fois répété de ne pas dévisager lady Edarra comme elle s'autorisait des fois à le faire, elle devait la servir et non la mettre mal à l'aise, mais c'était plus fort qu'elle.

     Par respect toutefois et aussi pas souci de ne pas humilier ou mettre sa dame mal à l'aise, la jeune femme avait décidé de se montrer moins naïve, elle avait été tellement heureuse de pouvoir enfin quitter Lancehélion que son côté survolté et enfantin avait pris le dessus. Pendant un long moment, la Dornienne avait craint que lady Edarra révise son jugement la concernant et décide finalement de ne pas la prendre avec elle car elle aurait été trop gamine pour le rôle qu'elle lui avait proposé. Mais heureusement la Ferboys semblait dotée d'une certaine empathie, car elle avait laissé sa chance à Lyra qui l'avait saisie au vol. Hors de question pour elle de retourner dans l'auberge de sa famille, même si elle avait toujours été très heureuse d'y vivre, disons simplement que la perspective de pouvoir voir d'autres horizons que les murailles de sa ville natale, avait de quoi la réjouir. Retomber au stade de finir sa vie derrière le comptoir de son auberge où elle finirait par élever ses enfants tout comme sa mère et la sienne avant elle, ne l'enchantait pas outre mesure. C'était surtout pour cette raison que la jeune fille voulait se montrer digne de la confiance que sa dame lui avait accordée, elle lui avait donné une seconde chance, celle de voir d'autres horizons et de pouvoir enfin espérer apprendre d'autres choses que de compter des pièces pour savoir si le client face à elle n'essayait pas de l'arnaquer. Bien que sa famille lui manquait évidemment, la demoiselle n'échangerait sa place pour rien au monde.

     Le soleil était levé depuis quelques temps lorsque Obara revint dans la chambre allouée aux suivantes de lady Edarra, elle signifia à sa collègue que leur dame avait besoin d'elle pour la préparer puisqu'elle-même devait se rendre en ville pour chercher quelques choses pour la chef de famille. Docilement, la jeune femme laissa ce qu'elle était en train de faire pour prendre la direction de la chambre de sa dame et frapper doucement avant d'y pénétrer après que lady Edarra eut répondu positivement. La Dornienne était une femme débrouillarde qui n'avait certainement pas besoin de suivantes pour se débrouiller, au début Lyra s'était demandée ce qu'une telle femme pourrait bien faire d'une personne comme elle, mais finalement elle était heureuse de pouvoir permettre à lady Edarra de se reposer sur elle. Comme à son habitude, la fille d'aubergiste s'approcha de la noble qui s'était déjà levée, les règles voulaient que normalement les suivantes apportent une légère chemise à leur dame pour qu'elle puisse se lever en restant couverte, Lyra s'inclina légèrement en ne pouvant retenir un léger sourire.

     ▬ Je vous souhaite le bonjour ma dame, je constate que je n'ai pas été assez rapide pour vous aider à vous lever. »

     Bien évidemment, lady Edarra n'était ni impotente ni handicapée et elle était parfaitement à même de se débrouiller seule comme dit, mais Lyra avait été engagée pour veiller à la santé de sa dame et elle le ferait jusqu'au bout. Comme à son habitude, la Dornienne s'éloigna de la noble pour se diriger vers les habits de cette dernière, ils étaient toujours préparés avec soin la veille pour permettre aux suivantes de les prendre et les passer à leur dame en un bref laps de temps. Les mains de la suivante glissèrent sur le tissu léger de la tunique dont Lyra n'osait même pas rêver tant elle était belle, vérifiant qu'aucune bête ne s'était glissée entre les différentes couches de tissu durant la nuit. Cela pouvait avoir l'air étrange, mais dans une demeure située au milieu d'un désert immense, il arrivait fréquemment de trouver ses scorpions ou des choses de ce genre dans certains coins obscurs. De plus une noble devait toujours craindre d'éventuelles jalousies et par conséquent, Obara avait appris à sa collègue à toujours vérifier les habits de leur dame avant de les lui enfiler. Ce fut alors qu'un souvenir revint dans l'esprit de la jeune femme qui retira ses mains des beaux atours pour se tourner vers Edarra, au moins il n'y avait aucun scorpion dissimulé, c'était déjà ça.

     ▬ Peut-être souhaitez-vous vous laver avant ? J'ai cru comprendre que votre mère recevait aujourd'hui, vous vous sentiriez peut-être plus à l'aise après un bon bain ? »

     Avec la sécheresse c'était un véritable luxe que l'on ne pouvait pas toujours s'offrir, il était vrai que l'eau commençait à manquer, mais heureusement Ferboys disposait de nombreux puits ce qui permettait de pouvoir boire ou effectuer une toilette convenable. De plus une dame telle que Edarra devait toujours se sentir bien dans sa peau, autant parce qu'elle avait un rôle important que parce qu'une femme n'était jamais à l'abri d'une visite inopinée. La suivante avait appris que lady Edarra était une femme très courtisée, bien que la native de Lancehélion avait souvent entendu parler des Ferboys, pas forcément toujours en bien d'ailleurs, elle ignorait totalement que leur fille était aussi demandée. Cela dit, après avoir passé quelques temps avec la jeune femme, Lyra comprenait mieux cet engouement, il était vrai qu'en plus d'être dotée d'une beauté certaine, lady Edarra possédait un caractère intéressant et tout homme digne de ce nom devait se retourner sur son chemin. Les yeux brillants, la jeune femme se rendit compte qu'elle dévisageait encore la noble et baissa aussitôt les yeux pour observer le sol, joignant ses mains devant elle dans un geste de gêne, avant de lâcher quelques mots d'un ton sincèrement désolé.

     ▬ Excusez-moi, je ne cesse de vous dévisager bien que j'essaye de m'en empêcher, j'espère que cela ne vous importune pas trop. »

     Un léger sourire éclaira ses lèvres alors qu'elle redressait son visage, bien sûr que si cela devait la gêner, heureusement lady Edarra avait toujours fait preuve d'une grande largesse d'esprit et c'était plutôt Obara qui la rappelait souvent à l'ordre pour lui apprendre comment une vraie suivante devait se comporter. Décroisant ses doigts, Lyra lissa les plis de sa robe dans un geste machinal qui n'indiquait rien de plus que le fait qu'elle devait toujours s'occuper les mains. Ses yeux de jais contemplait le visage bronzé de sa dame alors qu'elle reprenait d'un ton enjoué en attendant la réponse au sujet du bain.

     ▬ Avez-vous programmé votre journée ma dame ? »

     Lyra ne fonctionnait pas comme la suivante docile et soumise, elle cherchait plutôt à faire la conversation avec lady Edarra lorsqu'elles étaient seules, aussi bien parce que cette jeune femme l'impressionnait et provoquait son admiration que parce qu'elle avait toujours éprouvé le besoin de sympathiser avec les gens qui vivaient autour d'elle. C'était son point fort, tisser des liens, inutile de préciser que c'était une raison de plus de provoquer son enthousiasme à l'idée de voyager et de rencontrer de nouveaux visages.
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Message Lun 16 Jan 2012 - 18:54

La nui portait souvent conseil à Edarra. En effet, les Orphelins voyaient la nuit et le fait de dormir comme une porte ouverte à la rivière du temps qui passait dans les songes des inconscients pour leur faire voir leur dessein, leur avenir, leurs volontés ou même les pensées de leurs ennemis. Par visions, sentiments, la rivière laissait dégouliner dans la tête des gens des prévisions qui se révélaient souvent vraie ou du moins, partiellement réalisables. Parfois le tout ne formait qu’une bouillie informe et illogique mais Edarra expliquait ça par le fait que bien souvent, lorsque plusieurs liquides différents se mélangent, on ne les distingue plus les uns des autres et ils forment à la fin une sorte de mélasse insondable. Les rêves et les cauchemars étaient ainsi : des ouvertures sur différentes rivières et cours d’eaux qui révélaient chacun, à leur façon, l’avenir et les pensées secrètes. Après tout, il y avait eu pas mal de fois où les peurs d’Edarra avaient été confirmées en songe. Certains disaient que c’était un pur hasard, mais la jeune noble sentait de tout son être que c’était un signe. La Rivière Mère répondait à ses pensées et lui laissait voir le grand flot d’évènements à venir ou passés. Et cet enseignement, il ne fallait pas le perdre ou le gaspiller mais réfléchir à son propos. Ainsi, la jeune femme était souvent en contemplation toute la matinée qui suivait un rêve particulièrement agité ou triste. Elle cherchait un sens, une suite, une explication rationnelle. Et quand la raison n’arrivait pas à dompter son imaginaire, elle attendait la nuit d’après pour recevoir ses réponses ; qui n’arrivaient pas toujours. Quoi qu’il en soit, la nuit et le sommeil était quelque chose de très particulier pour la jeune femme et elle était pourtant une lève tôt. Elle ne souffrait pas de la même torpeur assassine que son frère qui restait quelques fois des heures à comater sur son lit, à attendre que l’écume noire des songes échappe à son corps. Edarra préferait se lever immédiatement. Si la Rivière Mère l’avait réveillée c’était pour qu’elle commence sa journée et non pas pour qu’elle titille encore un peu les rêves pour les attirer à elle. Ils devaient venir d’eux même, ainsi seulement ils porteraient leur véritable signification et message. Forcer une révélation n’apportait jamais rien de bon et la beauté d’une découverte résidait dans sa spontanéité et sa vérité entière. Ainsi, Edarra finit par se réveiller lorsque le soleil balaya sa chambre à travers les rideaux lourdement suspendus aux fenêtres. Réglés à la seconde près, bientôt, une servante vint pour légèrement tirer les rideaux. La jeune femme préferait avoir une douce lumière baignant sa chambre au réveil. Si Shyra avait une préférence pour la lumière violente et frontale pour la réveiller, sa fille préferait émerger par étape. Des fois, quand elle se levait trop violemment, elle était patraque tout le reste de la journée et ce n’était bon ni pour elle ni pour les autres si elle devait voir des gens.

Quelqu’un toqua doucement à la porte. « Entrez. » Arrivant dans sa chambre alors que les premiers domestiques étaient partis, comme un rayon de soleil, Lyra avec son sourire qui était si joli et naturel. Edarra avait constaté que les sourires les plus spontanés étaient les plus jolis. Des veilles nobles qui se forcent à sourire pour la forme, c’était atroce et purement hideux. Elles avaient beau être maquillées d’une dizaine de couches, de porter les plus beaux bijoux, les plus belles robes, leur sourire était faux et par conséquent, encore plus moche que si elles faisaient la tête tout simplement. Lyra avait cette fraîcheur innocente, rare et précieuse, qui pouvait illuminer une pièce plus que le soleil lui-même. C’était en partit pour ça qu’elle l’avait prit avec elle. En plus d’avoir l’air de savoir se débrouiller et de ne pas être étrangère aux difficultés de la vie, elle réussissait pourtant à afficher des sentiments positifs en toute circonstance. Et c’était ce dont elle avait besoin en ce moment. Edarra s’était déjà assise sur le bord du lit alors que la jeune fille lui apportait une fine chemise. Elle devait être la première couche des innombrables qui allaient suivre pour compléter sa tenue Dornienne. En effet, si le chaud ne nécessité par des tonnes de tissus, le soleil, lui, n’avait pas de pitié pour les peaux dénudées. Ainsi, une astucieuse combinaison de tissus spéciaux permettait la circulation de l’air et en même temps la protection des rayons de l’astre brûlant. Lyra la salua avec une petite touche de protocole où elle pouvait apercevoir l’ombre d’Obara qui ne manquait pas une occasion de dispenser les bonnes manières à la nouvelle venue. C’était nécessaire mais les domestiques de la jeune héritière savaient qu’elle ne se formalisait pas d’un peu de sincérité et de franc parler. Elle semblait même préféré les phrases franches et les discussions à bâton rompue avec les gens de sa suite plutôt que de s’enterrer dans le protocolaire froid et distant. Si Shyra avait une stratégie légèrement différente, ça constituait aussi à rapprocher les gens de son entourage pour éviter toute fuite ou trahison. Bien sur, Edarra ne faisait pas de magouilles pour tremper au même point ses gens dans des affaires douteuses ; mais à la place elle faisait régner une ambiance détendue et sympathique pour ne pas donner envie à quiconque de se retourner contre elle. « Bonjour à toi aussi Lyra… Ne t’en fais pas, j’ai réussi à trouver le bord du lit toute seule. » Elle lui lança un petit sourire. Non pas qu’elle se foutait d’elle mais Edarra aimait bien faire des blagues sur le protocole quand elle en avait l’occasion. Après tout, si elle laissait ses domestiques s’occuper d’elle, elle ne les laisser pas tout faire quelques fois, aimant aussi s’afférer pour se sentir un tant soit peu capable.

Lyra s’éloigna prendre ses vêtements et les vérifier avant qu’elle ne les enfile. La chaleur de la journée commençait à tomber par petits courants d’air brûlants faisant virevolter le bas du rideau et léchant les jambes des deux jeunes femmes d’un vent lourd. Ce jour-ci s’annonçait pesant et impitoyable. C’était de ces jours où le vent est deux fois plus emplit de chaleur et de brûlures que le soleil. Une sorte d’avertissement pour tous les voyageurs qui allaient se risquer dans le désert. Les visiteurs et les voyageurs étaient souvent prévenus que lors de ce genre de temps il ne faisait pas bon de traîner au soleil le temps que tout ne retombe. Le vent faisait des fois plus de dégâts que la chaleur asséchante. Il emmenait avec lui des armées minuscules de sables qui vous griffer la peau des joues et vous aveuglait impunément. Qu’on se protège d’un voile, qu’on tente désespérément de chasser les petits traîtres avec son bras, ils revenaient sans cesse par milliers pour vous immobiliser. Et dire que les gens parlaient des Dragons comme l’ennemi le plus insurmontable de tous les temps. Ils n’avaient jamais été dans le désert lors d’une tempête. Même un animal cracheur de feu, aussi vaillant soit-il, ne tiendrait pas longtemps fasse à la grandeur des pouvoirs de la nature. Elle balaye, elle, d’un simple souffle qui parait presque murmure à son échelle. Le vent, Edarra le voyait un peu comme une rivière invisible : un messager funeste qui annonçait difficulté et mort. Son passage dans les environs semblait quelques fois suggérer bonheur comme malheur. La jeune noble arrivait à trouver un air à ce qui ne pouvait être vu. Aujourd’hui il était paresseux et ronchon, comme si il attendait la moindre contrariété pour s’éveiller et faire basculer sous son courroux les peuples de désert aussi paresseux que lui sous le soleil accablant.

La voix de Lyra s’éleva alors pour lui demander si elle désirait se laver avant d’enfiler ses vêtements histoire d’être un peu plus fraîche et disponible que si elle errait transpirante dans ses drapés. Réfléchissant quelques instants, pesant le pour et le contre, Edarra opina. En effet, il ne fallait pas qu’elle gaspille inutilement l’eau qui manquait, encore plus en Dorne qu’autre part, mais en même temps, pour ce qu’ils utilisaient en eau dans le château, avec les hommes qui avaient une notion relativement abstraite du bain et des femmes qui n’étaient plus là ou en voyage, elle pouvait bien se permettre ce petit luxe avant de continuer sa journée. « Ca me dit bien en effet… J’aimerais de l’eau légèrement fraîche pour commencer ma journée. Je sens que cette journée ne va pas être clémente avec nous, tu en penses quoi ? » Un nouveau vent chaud venait de passer par les fenêtres et venir faire danser les rideaux, faisant s’élever un bruit lourd de tissus de velours se frottant l’un contre l’autre. L’agitation du château était encore loin et elle pouvait profiter du silence encore un peu. Silence peuplé par la douce voix fluette de Lyra. A l’entendre on la croirait à peine sortit de l’enfance, pourtant elle était relativement grande, physiquement parlant. Car concernant son esprit, elle avait la fraîcheur de l’enfance, assoiffée de savoir et d’exploration. Un enfant affamé qui voudrait manger et manger encore, emporté par une gourmandise maladive mais qui ne finirait pas par le tuer. Non, Lyra ne pouvait que récolter des avantages de sa curiosité, de la science et du savoir à n’en plus finir. Et d’une certaine façon, ça ne ferait que servir Edarra. Alors qu’un bref silence s’était posé entre les deux femmes, la noble se tourna vers Lyra qui baissa les yeux esquissant un geste de gêne. Elle s’excusa de la regarder et espéra que ça ne l’ennuyait pas. Souriant une nouvelle fois, Edarra haussa les épaules. « Ca ne me dérange pas du tout. Regarder, c’est se goinfrer de la seule matière qui ne pourra jamais te rendre malade. » Elle n’avait jamais entendu parler de quelqu’un qui avait été malade de trop regarder et de trop épier. Voir des choses qu’on ne devait pas voir par contre, menait souvent à sa perte mais c’était une autre histoire. Qu’elle regarde si elle voulait regarder, après tout Edarra n’avait pas énormément de secrets pour elle. Reprenant avec une voix enjouée, Lyra lui demanda le programme de la journée.

Elle n’avait pas tellement de programmes aujourd’hui à moins qu’elle oublie quelque chose. Il y avait bien quelques réunions avec le mestre et l’intendant du château auxquelles son oncle l’avait invitée mais elle n’avait pas encore confirmé, voyant à l’avance des discussions ennuyantes sur la gestion d’une maison. Elle savait cette étape nécessaire mais elle essayait de repousser l’échéance le plus possible, se disant que le Lord de la famille n’allait pas si mal que ça et qu’elle avait encore des années et des années devant elle avait de devoir se farcir toute cette masse d’information. « Je ne sais pas trop. Normalement je n’ai rien de prévu mais mon oncle m’a proposé d’assister à quelques réunions avec notre mestre et l’intendant. Je t’avoue que cela ne me passionne pas au plus haut point. Tu as de la chance d’échapper à ces responsabilités. » Elle soupira, elle n’était en fait pas pressée de commencer cette journée et elle n’aimait pas être sans occupations à errer entre ces murs. Elle haussa les épaules. « Je pense assister ma mère dans les audiences de cette après-midi. Je dois me renseigner sur les difficultés de Ferboys, je pense que pour l’image de la maison, c’est important. » Elle hocha la tête pour se convaincre car après tout, passer une après-midi avec sa mère n’était jamais agréable mais si elle pouvait au moins faire acte de présence et observer un peu ce qui se passait, la vielle Shyra ne l’embêterait plus trop pour quelques temps. « Et puis qui sait, peut être qu’on rigolera un peu ? » Ca arrivait que certains cas soient particuliers. La plus part des requêtes n’étaient pas très importantes et des fois c’était des heures et des heures d’engueulades entre reîtres pour une bête place de marché. Ca valait des fois le coup de se déplacer.
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Message Mar 17 Jan 2012 - 12:39

     Lyra hocha la tête d'un air affirmatif lorsque sa dame avança la possibilité de pouvoir se laver avec de l'eau assez fraîche, c'était un luxe que bien peu de personnes pouvaient se permettre, il fallait posséder un bassin et un endroit où stocker toute cette eau, en considérant bien évidemment le fait qu'elle ne devait pas s'évaporer avec la chaleur. La jeune femme elle se contentait d'un bac qu'elle partageait avec Obara et qui leur servait à une toilette convenable, c'était une chance puisque la Dornienne savait que certaines suivantes étaient moins bien traitées. Elle avait souvent vu défiler des nobles dans leur petite auberge de Lancehélion, lorsque les auberges de luxes étaient trop pleines ou les nobles trop avares. Et combien de fois avait-elle entendu les dames déclarer que leurs suivantes allaient se contenter d'un peu de paille dans la grange et d'un quignon de pain pour le repas ? C'était principalement pour cela que Lyra aurait pu hésiter lorsque lady Edarra lui avait proposé cet emploi, sauf qu'elle ne l'avait pas fait parce que la vie qu'elle avait avant cette rencontre n'était pas forcément mieux. « Tu sais ce que tu as, mais tu ne sais pas ce que tu auras plus tard ma chérie » c'était ce que sa mère lui avait dit avant qu'elle ne parte pour Ferboys. Mais au final, elle avait gagné quelque chose de largement mieux et ne reviendrait vivre dans leur petite auberge pour rien au monde. Arborant son éternel sourire, la demoiselle répondit donc.

     ▬ Je pense que vous avez raison, vous vous sentirez revigorée et rafraichie au moins, ce n'est pas un luxe avec cette chaleur je dois avouer. »

     La suivante n'était pas trop touchée par la chaleur, même si elle la sentait peser sur ses épaules la jeune femme portait une robe relativement légère et très dénudée par endroits, ce qui lui permettait de ne pas subir la chaleur de ses vêtements. En effet, les habits de lady Edarra, même s'ils étaient faits de tissus très légers, restaient néanmoins beaucoup plus lourds et épais que ceux des servantes. Bien évidemment il aurait été inconcevable qu'une dame de bonne famille puisse revêtir une telle robe, chacun sa croix dira-t-on et bien souvent, la Dornienne aurait donné cher pour pouvoir passer d'aussi beaux atours. La remarque de sa dame concernant la manière dont elle l'avait regardée, la fit sourire et elle ne put étouffer un rire amusé, décidément la chance semblait de son côté, si Shyra Ferboys n'avait pas l'air docile il en était totalement autrement pour sa fille que Lyra apprenait à connaître et à apprécier toujours davantage avec le temps. Obara n'aurait certainement pas été très contente de savoir que sa collègue se comportait un peu en marge du protocole, mais après tout si sa dame ne lui faisait aucune remarque, c'était que cela ne devait pas être si grave que cela non ?

     Alors que la jeune femme répondait à la question de sa suivante, celle-ci préparait les quelques affaires dont lady Edarra aurait besoin au bain. Ces derniers se trouvaient non loin de là, dans une pièce destinée à cet effet et qui représentait là un luxe que peu possédaient donc. Après la déclaration de sa dame au sujet de l'ennuie que lui provoquait les rencontres qu'elle devait avoir, Lyra hocha la tête avec vigueur. Elle avait cru constater que les réunions de ce genre n'étaient pas passionnantes, sans compter que pour quelqu'un qui avait grandi dans une petite auberge lambda de Lancehélion, cela ne signifiait pas grand-chose. Bien que le mestre l'intéressait énormément de part ses connaissances si étonnantes et nombreux, la jeune Dornienne ne se sentait pas concernée par tous ces tracas, pas plus que de raison dirons-nous.

     ▬ Je veux bien vous croire, je pense que c'est dans de tels moments que je vous envie le moins. »

     Cela ne devait pas être nouveau pour la jeune noble de savoir qu'elle était enviée. Beauté, grâce et charisme, que demander de plus ? Sans compter que lady Edarra était réputée pour ses nombreux prétendants et plus le temps passait, plus la demoiselle comprenait cela. Après que sa dame eut déclaré qu'elles s'amuseraient peut-être un peu durant les rencontres de l'après-midi, Lyra laissa son sourire s'élargir. C'était une possibilité, on lui avait déjà rapporté de drôles d'affaires qui avaient été entendues à la cour de Ferboys, restait à espérer que ce serait le cas pour sa dame histoire qu'elle puisse se divertir un peu. Après avoir regroupé les quelques affaires la jeune noble, la suivante répondit d'un ton léger.

     ▬ Je ne peux que vous le souhaiter, ou peut-être aurez-vous une visite surprise qui vous sauvera de tout cela qui sait ? »

     Maintenant que ses affaires étaient prêtes, lady Edarra pouvait se diriger vers les bains, les deux femmes sortirent donc de la chambre de la noble pour se diriger vers la salle située non loin de là. Les couloirs étaient aussi chauds que le reste du château et Lyra se demanda alors si dans les autres régions de Westeros ne temps se montrait plus clément. Après avoir discuté avec quelques gardes, la suivante avait appris que ce n'était pas particulièrement le cas, il semblait que tout le pays était touché par cette vague de sécheresse et qu'il était difficile de survivre dans certains coins habitués à une certaine opulence. Il était vrai que la chaleur était coutumière à Dorne, normalement cela ne troublait pas les habitants des lieux, tandis que dans le Bief ou ailleurs, les paysans ne devaient pas savoir comment faire pour s'en sortir. La demoiselle ressentit un léger pincement au coeur en pensant à eux alors qu'elles passaient la porte de la salle d'eau. Lyra demanda de l'aide à quelques domestiques présentes ici et elles remplirent un bac d'eau tiède, juste assez pour que lady Edarra ne transpire pas dans son bain, mais sans pour autant se retrouver frigorifiée et tomber malade à cause du changement de température. Cela ne prit pas bien longtemps et après avoir préparé cela, Lyra se dirigea vers sa dame pour lui relever les cheveux de manière à ce qu'elle n'ait pas besoin de les faire sécher et de se recoiffer pour être présentable. Lorsque ce fut fait, la demoiselle débarrassa sa dame de ses habits comme son rôle le lui dictait et la laissa entrer dans l'eau qui allait lui permettre de bien se réveiller.

     ▬ Est-ce que c'est assez frais ou désirez-vous encore de l'eau froide ? »

     Les servantes présentes dans la pièce saluèrent alors Edarra pour s'éclipser, elles étaient là pour veiller à ce que la demeure reste en état et ne perdaient donc pas leur temps à effectuer le travail des suivantes. Lyra apporta des sels de bain et un morceau de savon parfumé, encore un luxe non négligeable, à sa dame de manière à ce qu'elle puisse se laver en toute tranquillité. Après quoi, la suivante commença à préparer les habits de lady Edarra pour qu'elle n'ait plus qu'à se faire sécher et à écarter les bras pour être habillée. Obara avait bien appris à Lyra et la jeune femme faisait tout son possible pour retenir correctement ces enseignements, mais il lui arrivait fréquemment d'oublier certains détails. Heureusement sa dame ne semblait pas trop pointilleuse et même sa collègue la rassurait en lui disant qu'elle s'améliorerait avec le temps. Pour être sincère, des fois la Dornienne en doutait, mais cela ne durait jamais plus de quelques instants. Après avoir terminé de préparer les habits pour après le bain, la jeune femme disposa quelques cosmétiques utilisées principalement pour se parfumer et donner un peu d'éclat au teint, bien qu'elle ignorait si la jeune noble en voudrait. Toujours prévoir les désirs comme le disait Obara. Alors qu'elle continuait son travail en préparant les tissus pour l'éponger à la sortie de son bain, Lyra relança la conversation.

     ▬ J'ai entendu votre mère parler d'un voyage récemment, est-ce que vous comptez repartir pour Lancehélion, ou peut-être voyager dans les Osseux ? Lyra posa ses prunelles sombres sur le visage de sa dame. J'imagine que vous devez avoir envie de voyager un peu avec un tel temps, le climat en Westeros doit être plus clément je présume. »
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Message Sam 21 Jan 2012 - 21:18

Les matinées à Ferboys étaient empruntes de précipitation et de longs silences. La famille régnant sur le château n’était pas particulièrement chaleureuse. En effet, de l’oncle malade et qui désespérait de n’avoir de descendance à sa femme qui se faisait presque empoisonner par la sœur de son mari, de Shyra la vipère qui glissait dans els couloirs, l’oreille tendue aux moindres confidences ou alors constamment en déplacement pour mettre ses plans à exécution à son fils rat de bibliothèque qui s’enfermait des heures et des jours dans la bibliothèque et envoyait des corbeaux aux quatre coins de Westeros pour obtenir des ouvrages et des références diverses… Tout ce beau monde ne se croisait pas souvent et Edarra veillait à ne pas souvent être dans les parages de sa chère famille. Le Lord, elle l’aimait beaucoup mais elle sentait qu’il voulait déposer beaucoup trop de poids sur ses petites épaules. Shyra elle aussi la tirait à elle pour lui souffler quelques maléfices au creux du pavillon dans l’espoir qu’elle devienne une alliée fidèle à l’avenir et qu’elle puisse ainsi servir ses desseins. Mais bien évidemment, au milieu de tout ce bazar, Edarra ne voulait rien de tout ça et ne souhaitait pas se retrouver plus long dans ce bal incessant qui lui donnait le tournis. Du calme d’où se dégageait pourtant un empressement. Empressement pour le temps qui passait et qui enlevait chaque jour un peu plus de vitalité au vieux Lord comme il l’avait fait avec Osfryd en son temps alors qu’il était pourtant un homme fort et habile. Empressement à voir arriver l’inévitable pourtant teinté de soupçons et d’ombres. Il n’était pas encore trop tard pour procréer peut être, mais la vipère veillait dans l’ombre pour que le couple régnant n’arrive pas à l’accomplissement total de leur union : un enfant. Non, la vipère, à l’image du coucou, poussait dans le nid de son frère sa propre progéniture pour lui assurer une place au soleil. Et c’était un peu l’effet que ça lui faisait, à la princesse du désert : on la poussait, la tiraillait, la tirait dans tous les sens comme si ses membres et sa personne n’étaient pas dignes de choisir pour eux même. Ainsi avait elle préférait les voyages et la distance pour se sortir de cet ouragan de manipulation qui l’étouffait encore et encore. Ces matins là, elle se sentait encore plus suffocante que quand elle dormait dans le désert, dans un camp improvisé. Elle se sentait encore plus oppressait par l’air qui forçait les barrières de sa peau pour la rendre encore plus petite et rabougris à l’image d’une grand-mère qui a trop porté toute sa vie et qui en paye le prix d’un coup à son vieil age. Ces matins là, elle se sentait vielle et pourtant, elle était la jeune. La jeunesse qui finirait possiblement par influencer les nouvelles générations à venir des Ferboys. Trop de responsabilité ce matin en tout cas et le sourire de Lyra aida à dissiper les ombres de préoccupations qui planaient comme des vautours au dessus de la carcasse d’Edarra. Il fallait dé-pourrir le corps nauséabond qui s’était levé des draps avec sa dose de désespoir pour en faire sortir une dame fraîche et souriante, à l’image d’une renaissance sans fin qui se faisait son chemin à travers les pans de tissus qui transformait la dormeuse en Lady.

Le rire cristallin de la jeune suivante était un écho comme venu de l’extérieur si frais et enviable qu’Edarra entendait dans sa prison de verre. Un pont entre deux mondes qu’elle aimait autant l’un que l’autre. La simplicité et la complexité de l’existence de chacun comportait les avantages autant que les désavantages et certains jours elle voulait simplement abandonner sa place auprès de la haute société pour n’avoir comme préoccupation que ses repas et sa santé. Malheureusement, ces rêveries n’étaient que passagères et elle savait que ce confort si puissant et revigorant qu’elle sentait couler dans ses veines était une drogue dont elle ne pouvait et ne pourrait se passer. L’innocence et l’insouciance, elle la vivait par procuration au travers des sourires et du regard pétillant de sa suivante qui semblait toujours plus jolie de jour en jour. Finalement, le soleil ne se levait jamais vraiment tant que Lyra n’était pas dans la pièce. Ultime signal que la journée commençait avec tout ce qu’elle avait de vivant comme de mort. Ponctuant son rire, Lyra ajouta que les réunions étaient une des dimensions qu’elle enviait le moins à sa dame. Cette remarque tira un sourire fatigué à Edarra. Cette jeune fille si naïve était si touchante qu’elle aurait presque eu envie de l’enlacer. Quelques fois, sa fragilité doublée de sa force lui faisait peur. Elle avait peur de l’abîmer, de l’éroder et de la casser. Rien de tel n’arriverait certainement, mais qui c’est ? Elle ne serait pas toujours là pour la protéger, et elle ne serait pas toujours capable de le faire. Sa vie de noble avant celle de Lyra, petite fille d’aubergiste ? La question n’était pas aussi simple et elle priait les circonstances pour ne jamais en arriver là. Priver le monde de son sourire serait un crime inexpiable qui ne trouverait son repentir que dans une suite interminable de journées dans soleils. Non, cette pensée était trop nauséeuse pour qu’elle prenne pied ce matin. Tentant de remonter légèrement le moral de sa dame, Lyra rajouta qu’il était possible que quelque chose d’inattendue se produise pour la « sauver » de tout ce protocole. Hochant la tête, Edarra commenta : « Oui, peut être que, comme dans les livres de Medger, une aventure viendra jusqu’à nous ? ». Il n’aurait pas été de trop, Medger à cet instant pour parler de ses créatures incroyables et de ses récits d’aventures. Mais comme d’habitude, il ferait tout cela au repas alors que mère se plaindrait de sa pipelette de fils.

Les affaires étaient enfin prêtes pour le bain de la jeune femme. Se déplaçant jusque dans la pièce d’à côté, la chaleur du sol lui chauffa les pieds, accentuant cette impression de lévitation au dessus du monde qu’elle avait quelques fois le matin. Les petites mains de Lyra s’affairèrent pour déshabiller sa dame convenablement en coiffant ses cheveux pour les épargner de l’eau. Rentrant dans le petit bassin, Lyra se renseigna sur la température de l’eau. « Non elle est parfaite. Merci Lyra. » Les autres domestiques s’en allèrent, certainement occupées à autre chose dans l’immense château. Fermant quelques secondes les yeux, Edarra prit le temps de s’habituer à ce changement de température qui, si il était désagréable au premier abord, était finalement bénéfique pour son corps. Ses muscles s’étaient tendus sous la différence avec l’atmosphère de la pièce mais s’étaient ensuite habitués à cette tiédeur. Le haut de ses épaules et sa tête ressentaient le rayonnement plus froid de l’eau mais sa peau était quand même chaude. Heureusement, elle était née avec une peau habituée au soleil et qui ne souffrait pas des effets habituels des personnes venant du nord de Westeros et qui se retrouvaient avec des coups de soleil ou des inflammations alarmantes. Non, tout ça était étranger à Edarra qui malgré la lourdeur qu’elle sentait parfois émané de l’astre solaire, ne s’était jamais vraiment retrouvée inconfortable à cause de brûlures. Lyra était affairée à ramener huiles, sel et savons à sa dame. Alors que la suivante s’éloignait pour préparer les habits de la noble pour quand elle ressortirait de l’eau, Edarra s’affairait à se frotter le corps. Elle devait essayer d’éviter toute odeur nauséabonde et les dieux savaient que c’était difficile quand il faisait horriblement chaud. Laissant un instant pour que les produits fassent leur effet sur sa peau, la jeune Dornienne s’assit contre la paroi et laissa ses jambes s’étirer. Lyra entama la conversation au sujet d’un voyage dont elle avait entendue parler. Elle évoqua aussi le changement de température qu’il devait y avoir dans le reste de Westeros. Il était amusant de constater que les Dorniens ne se sentaient pas totalement intégrés dans le reste du royaume. « Je compte partir pour Salvemer avec Gerold. Ser Oberyn y est pour prévenir les attaques de fer-nés. Ma place n’est pas ici à l’attendre. » Elle en avait parlé à sa mère qui avait carrément fait la gueule et avait insisté pour envoyer toute une troupe de sa garde avec Edarra mais elle avait refusé prétextant que la discrétion serait beaucoup plus sûre dans cette partie. S’afficher noble et riche signifiait surtout être une cible de choix pour les pillards et les bandits de grands chemins. Edarra esquissa un sourire « A Salvemer, je suis sûre que j’aurais même un petit peu froid, tu en penses quoi ? » Elle savait que sa suite n’aimait pas rester en arrière et la lancer partir comme ça. Mais elle ne pouvait pas risquer la vie de tout le monde pour ses envies et ses désirs envers l’épée du matin. « Tu auras du temps libre Lyra, tu pourras étudier même si tu veux… » la jeune femme savait combien la suivante aimait apprendre des choses et découvrir le monde. Ca lui donnerait l’occasion de le faire sérieusement au moins.
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Message Dim 22 Jan 2012 - 15:41

     Passant ses mains sur les habits pour les lisser convenablement, Lyra tourna la tête vers sa dame lorsque celle-ci déclara qu'elle comptait partir pour le Conflans. Les yeux sombres de la Dornienne se teintèrent d'une légère lueur de surprise, elle avait du mal à concevoir que lady Edarra puisse décider de s'en-aller sans sa suite, mais pourtant c'était une chose qui était parfaitement envisageable à son grand dam. La fille d'aubergiste se demandait souvent comment est-ce que la jeune dame pouvait faire pour être si différente des autres dames et pourtant réussir à coller parfaitement au rôle de dame de bonne naissance. Lyra avait souvent eu l'occasion se voir des femmes de noble lignage passer dans les rues, elles étaient toujours entourées d'une foule de serviteurs et suivies par cinq ou six dames de compagnie qui s'occupaient entièrement de leur bien-être. Ce n'était pas le cas de lady Edarra. Si la jeune femme ne protestait pas contre la compagnie et la servitude de ses suivantes lorsqu'elles étaient à ses côtés, ce n'était pas pour autant que l'idée de ne pas les avoir à ses côtés l'inquiétait. Lyra imaginait parfaitement la belle demoiselle se débrouiller seule pour s'habiller, se laver et prendre soin d'elle, même si pour être sincère la Dornienne craignait que sa dame ne délaisse un peu sa santé au profit d'un voyage. C'était une véritable Dornienne, mais une noble de pacotille et c'était certainement ce qui éveillait autant l'intérêt et l'admiration de la roturière, Edarra n'était pas le stéréotype de la noble délicate, mais une femme de caractère qui savait se montrer à la hauteur des difficultés de la vie sans pour autant se départir de sa féminité.

     Mais comme dit, l'idée de savoir sa dame seule sans ses suivantes et ses gardes personnels n'était pas pour l'enchanter. La jeune femme savait qu'il y avait beaucoup de risques à voyager entourée d'une grande compagnie, cela montrait que l'on possédait de l'argent ou du moins que l'on était important. Lyra était bien placée pour savoir qu'une personne qui avait l'air de vouloir protéger quelque chose était la cible idéale des brigands, combien de marchands s'étaient plaints auprès de son père alors qu'ils faisaient halte dans leur auberge, d'avoir été dévalisés ? Ils s'entouraient d'une grande compagnie, mais cela ne leur épargnait pas toujours les tracas de la vie. Ainsi l'esprit de la suivante oscillait entre l'inquiétude de savoir sa dame seule et le fait d'être rassurée de savoir qu'elle n'allait pas trop attirer l'attention. Lady Edarra était belle et possédait une prestance et un charisme que seules les nobles pouvaient avoir, elle risquait beaucoup en voyageant à visage découvert. Les pensées de Lyra défilaient dans son esprit, rapides et obscures, craignant de voir ses inquiétudes se réaliser. Ses oreilles étaient attentives aux paroles de la Ferboys et lorsque celle-ci prononça le nom de ser Oberyn, les lèvres pleines de la fille d'aubergiste s'étirèrent en un sourire attendrit. Était-ce le prétendant que sa dame aurait choisi pour chanceux époux ? Des questions arrivèrent alors et la dernière phrase prononcée par la Dornienne toucha sincèrement sa suivante qui ne put toutefois pas s'empêcher de manifester son inquiétude.

     ▬ Je préfèrerais être avec vous pour savoir que vous n'êtes pas en danger ma dame ! »

     Lyra avait envie de voyager bien évidemment, mais ce n'était pas l'idée de rester ici sans sa dame qui la gênait, après tout elle était jeune et aurait bien le temps de voyager à l'avenir, seulement disons que le côté protecteur de la Dornienne reprenait le dessus. Elle avait dû « abandonner » sa petite sœur en entrant au service de sa dame et même si celle-ci avait le même âge qu'elle, Lyra considérait qu'il était de son devoir de la protéger. Bien évidemment, la jeune femme n'était pas une combattante et elle savait toujours juste maîtriser sa dague si jamais quelqu'un s'en prenait à elle où à une personne de son entourage, mais ce n'était pas pour autant qu'elle lâchait prise aussi facilement. Lady Edarra pouvait avoir le temps de s'enfuir si jamais la Dornienne se mettait entre elle et ses assaillants tandis que si elle n'était qu'avec Gerold, la tâche serait plus ardue. L'esprit de la jeune femme refusait d'envisager que sa dame puisse partir sans accepter de la laisser venir avec elle et même si elle savait que Obara lui taillerait les oreilles si elle apprenait que sa collègue avait contesté une décision de leur employeuse, Lyra ne pouvait s'empêcher de le faire tout de même.

     ▬ Salvemer est loin, vous risquez beaucoup trop en partant juste avec Gerold, je pourrais assurer vos arrières ! Je comprends que vous ne désiriez pas vous embarrasser de toute votre suite ma dame, mais je saurai me faire discrète et je pourrais servir d'éclaireuse si jamais le danger se montrait trop présent ! »

     Lyra s'approcha du bain où sa dame était en train de se détendre, même si la jeune femme avait appris à faire confiance au garde personnel de la jeune Ferboys, elle savait aussi qu'il était humain et la mère rivière savait qu'un seul homme ne pouvait pas lutter contre une armée de brigands. Bien évidemment le Dornien lui avait déjà sauvé la vie et depuis ce jour la fille d'aubergiste passait outre son comportement qui la contrariait fréquemment, mais ce n'était pas pour autant qu'elle était décidée à le laisser risquer sa vie et celle de sa dame sans essayer de s'immiscer. Bien évidemment, l'idée de manquer de respect à sa lady n'était pas envisageable, si la noble déclarait sans possibilité de discussion qu'elle partirait seule, Lyra fermerait sa bouche et ne dirait plus rien à ce sujet, bien qu'elle n'en penserait pas moins. Approchant du baquet, la servante s'agenouilla à ses côtés pour poser ses yeux de jais dans ceux de sa maîtresse, esquissant un léger sourire.

     ▬ Et je pense que vous risquez d'avoir froid comparé à ici en effet, même si la chaleur domine tout Westeros, Salvemer ne sera jamais Dorne et j'ai ouïe dire que les vents marins étaient souvent très frais. Il faudra veiller à votre santé et je sais que vous avez pour habitude de faire passer le reste avant cela.... »

     Consciente qu'elle devait avoir l'air insistante, la jeune femme baissa un moment les yeux pour manifester le fait qu'elle n'avait absolument pas à l'esprit, l'envie de contredire les choix d'une personne mieux née qu'elle. Son impulsivité lui jouait des fois des tours, mais là ce n'était rien de plus qu'une inquiétude sincère. Lyra était facilement liante et elle retrouvait de bons souvenirs en compagnie de lady Edarra, les moments passés à discuter avec sa cadette ou à plaisanter avec une amie, bien que leurs naissances respectives ne permettaient pas vraiment un tel lien. Attrapant une brosse douce, la suivante bougea légèrement pour se placer dans le dos de Edarra et lui défaire les cheveux pour les faire pendre à l'extérieur du baquet afin de les coiffer avec douceur, mais efficacité, puis elle reprit.

     ▬ Ser Oberyn Dayne ? L'Épée du Matin ? Les pirates des îles n'ont qu'à bien se tenir, même si j'imagine qu'il sera troublé de voir que vous effectuez un si long trajet pour avoir le plaisir d'être en sa compagnie. Elle rigola légèrement. Votre cœur aurait-il trouvé quelqu'un pour le faire bondir ma dame ? »

     C'était peut-être indiscret comme question, mais la naïveté que la jeune femme la poussait souvent à s'aventurer dans des discussions qui n'étaient pas toujours très acceptées par les nobles. Heureusement encore une fois, lady Edarra n'était pas le stéréotype de la femme noble et semblait tolérer les petits débordements de sa suivante que Obara s'efforçait de canaliser. Après avoir brossé la longue chevelure d'ébène de sa maîtresse, la jeune femme l'attacha à nouveau pour lui permettre de pouvoir se rincer sans se soucier d'avoir les cheveux humides, puis elle ajouta quelques mots d'un ton inquiet.

     ▬ Ne craignez-vous pas d'approcher si près du danger et des Fer-nés ? Vous pourriez être blessée, capturée ou même tuée ! »
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Message Lun 23 Jan 2012 - 20:30

L’eau était un élément dans lequel Edarra se sentait bien. Elle aimait marcher, être dehors et sentir sur elle la transpiration résultant d’un long voyage sur un soleil accablant. Mais l’autre extrême, l’eau fraîche et rassurante était aussi qu’un plaisir qu’elle s’autorisait souvent. En voyage, elle ne manquait jamais de se désaltérer et de se rafraîchir au bord d’une rivière. Après tout l’eau était le premier élément pour donner la vie et la garder. Elle ne reniait pas son pouvoir revigorant et son importance capitale dans toute vie. Elle n’était que ce qui permettait à tout le reste de vivre, de pousser et d’engendrer. Ainsi, elle se retrouvait en accords avec son corps et avec son esprit. Comme un lieu providentiel où le centre de toutes ses préoccupations se retrouvait en pause pour la laisser savourer tranquillement son recueillement semi religieux. En effet, la rivière mère n’avait pas particulièrement de règles de vies et de préceptes rigides et figés. Il fallait juste ne pas perturber le flot habituel des évènements que la rivière mettait sur le chemin des gens et tout se passait pour le mieux. Ainsi, aucun meurtre de sang froid ni de méfaits punissables et le parcours dans la vie était paisible comme une rivière tranquille. Pourtant, les choses n’allaient pas si bien que ça et les raids de fer-nés n’arrêtaient pas de le lui rappeler. Les hommes étaient loin d’être vertueux et Edarra s’en rendait sans cesse compte autour d’elle. Elle n’était pas utopique au point de souhaiter qu’ils vivent tous heureux jusqu’à la fin des temps. Mais il était tellement difficile de discerner le bien être des autres face à des personnalités autant différentes. Y penser lui donner le tournis. Après tout, ce n’était pas son devoir d’apporter bonté et justesse à tous les êtres humains de Westeros. Pour le moment, la rivière mère avait mit très peu d’embûches sur son parcours mais son obsession pour Salvemer et pour aller retrouver Oberyn semblait cacher bien des épreuves qu’elle devrait certainement devoir passer pour arriver à avancer véritablement. Elle avait l’impression de stagner depuis plusieurs années. Comme si ça vie n’avait pas particulièrement été rythmée d’autre chose que d’apprentissage, de voyages et de rencontres diplomatiques. Elle n’avait pas véritablement de buts à part peut être en cet instant précis : aller retrouver l’épée du matin. C’était bien la seule chose dont elle avait eu une envie presque désespérante. Lorsqu’elle y pensait ça la minait. Par exemple, elle s’imaginait arriver à Salvemer pour juste apprendre la nouvelle de la mort de son chevalier. Mais elle essayait de se convaincre que plus vite elle y arriverait et plus le dit chevalier serait en sécurité. Cette logique n’était rythmée par absolument aucune explication logique ou lien de conséquence mais ça l’aidait un peu d’y penser de cette manière.

Lyra, en dehors de son champ de vision, se manifesta avec inquiétude, confiant qu’elle préférerait être avec sa dame. C’était largement compréhensible mais autant Edarra le faisait pour sa sécurité à elle, autant elle le faisait aussi pour la sécurité de la suivante. Elle sourit doucement et tourna sa tête vers la jeune femme. La petite dornienne n’en avait pas encore finit qu’elle continuait encore. Elle avait peur que Gerold ne soit pas assez pour combattre si il ennemi se montrait, elle se proposa même éclaireuse au cas ou un danger viendrait à pointer le bout de son joli nez. Malheureusement, jamais Edarra n’enverrait quelqu’un de sa suite faire l’éclaireur comme ça chez des gens dont la cruauté et la dureté était réputée dans les sept couronnes. Esquissant un sourire calme pour rassurer la jeune fille, Edarra hocha la tête. « Non Lyra. C’est autant pour ta sécurité que pour la mienne. Personne ne sait que je m’y rends, et c’est mieux que ça le reste ainsi. A deux nous pourrons plus facilement s’échapper si il venait à y avoir un quelconque danger tu comprends… Et je m’inquiète déjà bien assez pour Oberyn Dayne, je ne sais pas si ma tête pourrait supporter de devoir m’inquiéter pour toi aussi. Ma décision est prise. » Bien qu’aucun lien familial ne les unissait et que leurs naissances étaient aussi éloignées qu’elles puissent l’être, elle avait de la tendresse pour Lyra et quoi qu’on en dise, elle vivrait très mal de la voir se faire blesser par sa faute car elle l’avait emmené dans un lieu dangereux. Le danger était acceptable tant que c’était elle qui l’expérimentait avec un homme d’armes. Les pas légers de Lyra s’approchèrent du bain, elle s’agenouilla à côté d’elle en lui expliquant qu’elle aurait certainement froid là haut et qu’il faudrait veiller à ne pas négliger sa santé. Il était vrai que quand elle avait dans la tête des tas de problèmes et de responsabilités, elle ne pensait pas souvent à prendre soin d’elle-même. Il était d’autant plus facile de l’oublier quand elle était sur les routes avec nettement moins de matériel pour arriver à se soigner ou à avoir l’apparence d’une dame. Mais après tout, elle était encore en vie et c’est ce qui importait finalement. « Je prendrais quelques cataplasmes et des herbes chez le mestre du château. Au pire, je m’arrêterais en ville ou trouverait bien un herboriste sur le chemin… Et puis ça me donnera l’occasion de mettre quelques robes un peu plus chaudes que d’habitudes, elles reposent dans des coffres depuis des mois et des mois, il me faut bien les dépoussiérer. »

Lyra prit ensuite une brosse et commença à brosser un petit peu les cheveux de sa dame. Edarra n’avait pas des cheveux faciles et même si ils n’étaient pas aussi rêches et cassants que certaines chevelures qu’elle avait vu jusque là, le soleil et la chaleur n’étaient pas de bons composants pour avoir des cheveux éclatants et doux. Elle les tressait bien souvent ou les accrochaient en un chignon haut pour laisser respirer son cou. Finalement, lâchés, ils n’étaient pas des plus jolis et ne faisaient pas le meilleur effet. Alors que les tiges de l’objet passaient dans sa chevelure, Lyra commença à parler du nom qu’elle avait entendu un peu plus tôt, Oberyn. Edarra pouvait décerner la malice dans la voix de la jeune fille. Elle n’avait pour l’instant encore jamais vu Lyra avec un homme, peut être ne connaissait elle encore rien des choses de l’amour. Pourtant elle était jolie comme un cœur et devait certainement attirer bien des regards quand elle se déplaçait à Ferboys. Esquissant un sourire amusé et retenant d’émettre un petit rire ; en effet la noble n’était pas habituée à entendre quelqu’un parler aussi directement d’une éventuelle relation entre deux prétendants. « He bien, ser Oberyn est un bon partit et sa bravoure n’a d’égal que sa galanterie… Je ne dois pas être la seule qui doit songer à lui comme un partit agréable. Mais il est vrai qu’on s’est beaucoup rapproché avant son départ. J’espère qu’il ne sera pas en colère de me voir ainsi à Salvemer sans l’en avoir prévenu. J’ai peur qu’il n’effectue pas bien ses devoirs si il sait que j’arrive. » Elle était pensive. Elle ne savait pas ce qu’elle ferait si l’inverse se produisait. En même temps, Edarra n’était pas un chevalier et elle ne se déplaçait généralement que pour des « combats » politiques, du coup, le tout était largement moins dangereux à première vue. Du coup, elle ne savait pas vraiment si la situation était inversée. Mais elle savait que si elle voyait Oberyn se jeter directement dans le danger alors qu’elle souhaitait justement l’en préserver elle serait bien énervée. Mais pourrait-elle réellement lui en vouloir alors qu’elle faisait exactement la même chose à cet instant ? Ses pensées n’arrivaient à se détacher de lui, et tant qu’elle ne le verrait pas, elle ne pourrait pas vraiment trouver un repos véritablement réparateur. Lyra réitéra ses peurs par rapport aux fer-nés hochant la tête, Edarra chassa le sujet. « Nous verrons bien. La forteresse de Salvemer est réputée pour être très résistante et les Mallister sont aussi réputés que le lieu où ils vivent. De plus, je pense que pas mal de chevaliers ont convergés vers le port pour aider à mate la rébellion des fer-nés. Je serais certainement très bien entourée. » Elle commença à se redresser pour sortir de son baquet et se sécher à fin d’être fin prête pour la journée qui s’annonçait fatigante. Retournant les frivolités à sa suivante, la noble esquissa un sourire amusé. « Et toi Lyra, tu ne vas pas me dire qu’avec un si joli minois tu n’as aucun prétendant… Il doit bien y avoir quelques personnes qui t’ont manifesté quelque intérêt ? » Edarra n’avait pas pour habitude de surveiller les fréquentations de ses suivants en dehors des heures où ils s’occupaient d’elle. Ils étaient professionnels et ne manquaient pas à leur devoir et c’était tout ce qu’elle demandait. Le reste du temps, ils pouvaient batifoler comme ils le voulaient mais bizarrement, aussi jolie Lyra pouvait-elle être, elle ne l’imaginait pas vraiment avec un homme. Peut être était-ce sa nature très entreprenante et directe ? En tout cas, les Dorniennes n’avaient pas pour réputation d’être des femmes faciles et Lyra devait certainement en être la digne représentante. « Peut être qu’un jour on te trouvera un mari, tu en penses quoi ? Tu le voudrais comment ? » Au moins les gens du peuple pouvaient-ils vraiment chercher une personne pour elles et non pas pour leur famille. Edarra avait été chanceuse de trouver Oberyn. Car en plus de susciter en elle des sentiments agités, Shyra ne se montrait pas réticente à sa présence entre leurs murs…
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Message Mar 24 Jan 2012 - 15:19

     La jeune Dornienne eut toutes les difficultés du monde à masquer son mécontentement lorsqu'elle entendit sa dame lui refuser le droit de l'accompagner. Sa sécurité n'était pas si importante si cela signifiait que la jeune noble devait de promener juste accompagnée de son garde du corps ! Mais tous les argumentes auraient été vains, Lyra s'en doutait bien, lorsque lady Edarra décidait quelque chose en employant ce ton, il y avait peu de chances pour qu'elle décide de changer d'avis. A moins d'un véritable miracle et même si la suivante était d'une nature plutôt naïve et rêveuse à ses heures, elle restait stoïque dans de tels moments. L'enjeu était trop important, sa dame ne l'autoriserait jamais à la suivre. De plus, il était vrai qu'elle lui donnait des raisons tout à fait plausibles, deux personnes s'échappaient plus facilement que trois, sans compter que Lyra ne tenait pas à inquiéter inutilement la dame qu'elle servait, cela aurait été le comble si une noble devait s'inquiéter pour la santé de sa suivante ! Les rôles inversés en somme, avec un léger sourire la jeune femme constata que la gentillesse de sa dame finirait par lui jouer des tours, elle ne put s'empêcher de glisser quelques mots d'un ton amusé.

     ▬ Les rôles sont inversés, c'est à moi de m'inquiéter pour vous normalement. »

     Ce n'était pas une moquerie bien évidemment, simplement une constatation amusée, rien de plus. La demoiselle retomba dans le silence alors que la Dornienne enchaînait en expliquant qu'elle prendrait de quoi se soigner auprès du mestre de Ferboys et qu'en cas de besoin elle pourrait toujours acheter le nécessaire en route. Ce n'était pas faux, Lyra avait rapidement appris que lorsque l'on était issu d'une famille aux moyens moins limités que la sienne – ce qui n'était pas dur au final – la vie était beaucoup plus simple. Malgré toutes ces explications logiques, la jeune suivante ne pouvant empêcher une boule d'inquiétude de se former dans son estomac, elle se doutait que cela ne disparaîtrait pas avant que lady Edarra soit de retour à Ferboys. Son inquiétude permanente finirait par la tuer comme le disait souvent son père, mais si Lyra n'était pas une femme matérielle, elle avait tendance à se faire trop de mauvais sang pour les gens qui comptaient pour elle. Bien que cela surprenait souvent Obara, la suivante avait rapidement adopté sa maîtresse et n'arrivait plus à la considérer autrement que comme quelqu'un qu'elle devait protéger. Lorsque la belle noble acheva de parler de ses robes, Lyra hocha la tête, elle s'occuperait de les rendre présentables pour le voyage et de boucler les bagages de sa dame. Elle ajouta alors quelques mots sans se départir de son sourire mutin.

     ▬ Après ce voyage, vous serez devenue tellement indépendante que vous n'aurez même plus besoin de l'aide de vos suivantes ! »

     Une fois de plus, ce n'était pas comme si Edarra était une noble incapable de se débrouiller seule. Même si elle n'était pas telle Nymeria, la Ferboys savait ce qu'elle voulait et c'était une réelle qualité. La boutade de la jeune femme était simplement destinée à dissimuler son inquiétude, mais elle devait apprendre à rester à sa place et à ne pas contester les décisions prises par sa maîtresse. La noble fut amusée des paroles plutôt directes de sa suivante qui aurait certainement rougit si sa peau lui en avait donné la possibilité. Il lui restait encore beaucoup de choses à apprendre, heureusement que Obara n'était pas là décidément ! Cela dit lady Edarra répondit à la question maladroite de sa servante en expliquant que ser Oberyn était un homme intéressant et qu'elle espérait ne pas lui poser de problèmes en venant le rejoindre à Salvemer. Lyra n'avait pas le moindre doute à ce sujet bien évidemment, même si elle ne connaissait pas l'Épée du Matin en personne, la suivante savait qu'un homme intéressé par sa dame ne pourrait être qu'enchanté de voir qu'elle avait fait tout ce chemin pour le retrouver. A la place d'un prétendant, Lyra en aurait été charmée en tous les cas. Avec assurance, elle répliqua.

     ▬ Il sera enchanté j'en suis certaine, sans compter que je suis toute aussi persuadée par le fait qu'il n'a d'yeux que pour vous ! Croyez-moi, j'ai vu beaucoup de jeunes dames nobles dans ma vie, mais si j'étais un prétendant, mon choix se porterait sur vous sans hésiter. »

     C'était un compliment à sa manière, il était vrai que l'auberge était située sur un chemin passant à Lancehélion et elle avait fréquemment croisé des femmes qui n'avaient même pas tourné la tête pour lui accorder un regard. Lady Edarra était d'une grande beauté, mais aussi très humaine et Lyra considérait que pour un chevalier, de telles qualités n'étaient tout simplement pas négociables. Le doute n'existait pas dans l'esprit de la jeune femme, ser Oberyn ne pouvait pas voir d'autres femmes plus intéressantes que sa dame ! La discussion s'enchaîna alors que la noble expliquait que Salvemer était connue comme était très résistante, en effet Lyra avait entendu dire que la forteresse avait été construite de manière à résister aux raids des pirates des îles. Mais cela n'apaisa pas franchement la jeune suivante qui voyait une bien meilleure sécurité loin de la mer, à Dorne ils étaient relativement tranquilles après tout. Elle inspira légèrement en hochant la tête, peut-être qu'elle avait raison finalement, être au cœur du danger permettrait aussi d'être bien entourée, il y avait peu de chances pour que les Fer-nés arrivent au château et la jeune femme n'allait certainement pas en sortir. Lyra posa la brosse de côté alors qu'elle se redressait en même temps que sa dame, puis allait chercher les tissus destinés à essorer le corps de Edarra et revint vers cette-dernière pour l'envelopper dans le drap. La suivante saisit alors d'autres tissus plus petits pour sécher correctement les jambes, bras et autres extrémités tandis que Edarra reprenait la parole pour lancer un sujet plutôt surprenant. La Dornienne redressa un instant si minois avant de sourire d'un air à la fois gêné et timide, puis elle répondit au peu plus courageusement.

     ▬ Oh, les rares personnes qui sont venues m'aborder ont été rapidement repoussées, je n'ai jamais vraiment songé à tout cela je vous avoue, je pensais terminer la vie dans l'auberge de mes parents vous savez. »

     Alors qu'elle terminait d'essorer et de sécher le corps de sa dame, la jeune femme s'éloigna pour poser les draps de côté avant de saisir les vêtements préparés juste avant, puis elle revint auprès de lady Edarra pour l'aider à enfiler le tout. Les robes de Dorne avaient cela de bien qu'elles étaient faciles à passer puisque leur légèreté n'avait d'égal que leur simplicité. Tandis qu'elle habillait avec soin et douceur sa dame, la demoiselle répondit à la dernière question qui lui avait été posée.

     ▬ Pour être sincère, je n'ai pas de souhait particulier pour mon futur époux, j'ai toujours pensé que... Elle marqua une petite pause, rougissant certainement si sa peau avait été plus pâle. J'ai toujours pensé qu'il existait un homme pour chaque femme sur cette terre, j'attendais donc de voir ce que Mère Rivière avait préparé pour moi. »

     C'était son côté fleur bleue, même si Edarra devait s'en douter vu sa manière de s'émouvoir devant les amours de sa dame, cela tranchait beaucoup avec son côté Dornien qui la poussait à repousser les prétendants trop zélés et à se montrer hostile envers les hommes trop pressés. De toute manière pour le moment la jeune femme n'envisageait rien de plus que de servir correctement sa dame et de devenir une suivante qui savait faire son métier. Rien de plus, après tout elle était encore jeune et pourrait bien trouver ce qu'elle voudrait plus tard non ? Craignant un peu de passer pour une naïve, la demoiselle acheva d'habiller correctement Edarra avant de se glisser dans son dos pour libérer ses cheveux attachés et les arranger avec application.

     ▬ Désirez-vous manger quelque chose seule ou préférez-vous rejoindre votre mère pour déjeuner ? »
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Message Jeu 26 Jan 2012 - 18:23

Si Edarra n’était pas quelqu’un de très savant ou de combattant, elle savait néanmoins repérer les humeurs et les sentiments des gens l’entourant. Bien sur, cette discipline devenait largement plus difficile lorsqu’il s’agissait d’autres nobles légèrement plus entraînées qu’elle à ce sport. Mais en tout cas, elle repéra très bien la gêne dans le comportement de Lyra. Elle avait certainement été surprise d’apprendre qu’elle ne venait pas avec elle à Salvemer et cette surprise avait laissé la place à une inquiétude teintée d’un peu de colère aussi, sûrement. Edarra aurait été pareil en fait et n’aurait pas aimé voir s’éloigner quelqu’un qui comptait pour elle comme ça sans qu’elle n’ai son mot à dire. C’était sans compter la situation dangereuse dans laquelle elle se fourrait jusqu’au cou. Mais la jeune femme savait que ça lui passerait. C’était une exception à ses règles habituelles et elle espérait ne pas avoir à encore en faire car si elle n’aimait pas savoir Lyra dans les parages quand elle se lançait dans la gueule du loup, elle n’aimait pas non plus la savoir loin et sans vraiment de gens pour la surveiller. Bien entendu, elle avait confiance en Obara pour qu’elle veille sur elle mais savait-on jamais après tout. La jeune fille commenta d’ailleurs la situation en avouant que la situation semblait inverser au sujet de l’inquiétude. Edarra hocha la tête, ce n’était pas tout à fait faux. A vrai dire, Edarra était tellement proche de certaines de ses suivantes, qu’elle avait plus envie de les protéger que sa propre famille en fait. Sa mère n’avait de toute manière aucunement besoin d’être protégé et les autres ne sortaient pas énormément du château alors, finalement, elle n’avait pas grand monde sur qui veiller et si ça la rassurait de voir Lyra en sécurité, elle aurait l’esprit totalement centré sur sa tâche et seulement elle. Finalement, la jeune suivante continua sur sa lancée et s’exclama presque que quand la noble serait revenue elle n’aurait plus du tout besoin de suites. Un fin sourire se forma sur le visage de la jeune femme. « Mais non Lyra, j’aurais toujours besoin de vous. Surtout de toi et de ta franchise. ». Car il était vrai que la suivante ne s’embarrassait pas de protocole et de politesse tout le temps. Bien sur, elle surveillait son langage en société et veillait à ne pas donner une mauvaise réputation à Edarra mais en privé, il était rafraîchissant d’entretenir une conversation avec elle, la preuve. Continua sur le sujet d’Oberyn, la suivante commenta qu’il n’aurait d’yeux que pour elle et que si elle était un noble, elle n’hésiterait pas à choisir la jeune Ferboys. La réflexion fit franchement rigoler Edarra. La jeune fille ne manquait pas d’esprit et de répartie.

Alors que la noble sortait du bain, Lyra alla tout de suite chercher quelque chose pour qu’elle se sèche. Malgré la tiédeur de l’air et la chaleur qui se dégageait de partout, il valait mieux éponger l’eau et la transpiration. Elle se serait bien laissée sécher un petit peu mais elle n’avait pas énormément de temps si elle voulait manger et assister aux demandes du peuple. C’est au moment où Lyra était venue pour commencer à entourer Edarra de tissus, que celle-ci décida de parler des prétendants de la jeune fille. Elle n’avait pas vraiment vu d’amoureux même si des yeux intéressés se posaient certainement sur ce si joli minois. En tout cas, le retour de compliment sembla surprendre la suivante même si elle sourit quand même, expliquant qu’elle avait repoussé toutes les avances qu’on lui avait fait jusque là. Dommage, après tout, Edarra ne demandait pas une discipline digne d’un mestre, la preuve en était avec Gerold qui avait certainement batifolé à droite et à gauche de temps en temps même si la noble ne voulait pas savoir les détails. Allant poser les tissus pour revenir avec les robes, Lyra continua son explication en disant qu’elle ne cherchait pas car pour elle, chaque personne avait son âme sœur quelque part en Westeros et qu’elle attendait simplement que la Rivière Mère le lui apporte. Hochant la tête, Edarra rajouta « Fais attention, regarde bien ce qui te passe sous le nez, il est dur de luter contre le courant pour aller chercher l’objet de son désir. » Non pas qu’elle devait désespérément chercher chaque seconde de son existence, mais on a si vite de laisser passer des opportunités et des rencontres précieuses quand on est trop occupé à laisser couler. Ce serait dommage pour une jeune fille aussi délicieuse de finir sa vie entièrement seule. Par contre Edarra avait du mal à imaginer un éventuel mari pour la petite furie qu’était la suivante. Il ne fallait assurément pas qu’il soit trop attaché à son statut d’homme qui décide sinon il y aurait rapidement des disputes entre les deux. En effet, ce n’était pas très facile de se projeter là dedans. La robe fut bientôt bien mise et le contact du tissu doux sur sa peau lavée était une sensation incroyablement confortable.

Lyra lui demanda si elle voulait manger quelque chose ou aller rejoindre sa mère pour déjeuner. Histoire de commencer la journée avec du positif et du motivant, mieux valait rester loin du vieux serpent encore un peu tant qu’elle n’avait pas encore toutes ses idées claires. Hochant la tête, Edarra répondit « Je préfèrerais manger seule ce matin. Apporte moi juste quelques fruits et un peu d’eau, ça m’ira parfaitement jusqu’au repas. Après il faudra que j’aille dans le hall. » Elle se dirigea déjà vers sa logia où elle mangeait quelques fois, recevait des visites ou lisait. C’était une petite pièce ensoleillée où reposaient des livres sur quelques étagères, des pierres et statuettes venant de la Sang-Vert et autres souvenirs de voyage qu’elle ne manquait jamais d’emporter. Elle s’installa à la petite table qui était devant une des fenêtres. Cette dernière était voilée par un fin rideau pour ne pas avoir les rayons du soleil directement dans les yeux. Elle ouvrit doucement le rideau pour observer le dehors et les toits de la ville en bas du château. On sentait déjà les rues s’activer. Lorsque Lyra revint dans la pièce, Edarra lui demanda : « Tu as déjà mangé d’ailleurs ? Je ne veux pas que tu fasses un malaise à courir partout comme ça… Prend toi une orange donc. » Elle aurait l’air bien intelligente avec une suite qui mourrait de faim tient… Et puis l’orange était bon pour l’énergie et il allait en falloir pour la journée.
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Message Ven 27 Jan 2012 - 13:14

     La jeune dame répondit en prononçant des phrases pleines de sens à l'attention de sa suivante, il était vrai que la demoiselle aurait beaucoup de mal à se trouver un prétendant lorsque les années auraient fané sa beauté. Déjà que Lyra se considérait comme une femme incapable d'accrocher l'oeil de quelqu'un d'autre que d'un simple roturier du coin, elle n'aurait plus qu'à tirer un trait sur sa vie amoureuse d'ici quelques temps. Mais ce n'était pas son but premier après tout, en y regardant de plus près, la demoiselle pouvait déjà être considérée comme trop vieille, sa mère avait eu son premier enfant à seize ans et c'était un âge raisonnable en comparaison des autres femmes. Lyra avait donc déjà largement dépassé la tranche d'âge où une femme se trouvait normalement un époux, peut-être n'était-ce pas fait pour elle qui sait ? C'était une idée qu'elle n'excluait pas, même s'il était vrai que l'idée d'avoir un jour un enfant la charmait beaucoup. De toute manière il n'était pas question d'elle et le bonheur de sa dame passait avait le sien dans son esprit. Si un jour lady Edarra était occupée avec sa propre famille une fois qu'elle aurait décidé à quel homme elle offrirait sa main, peut-être que la Dornienne s'accorderait le droit de s'occuper d'elle. Si sa dame le lui permettait bien évidemment, mais vu comme elle présentait les choses, le contraire aurait été surprenant. Dans un léger haussement d'épaules, la demoiselle répliqua d'un ton toujours aussi enjoué.

     ▬ Si je ne trouve pas d'homme qui me conviendra, j'en conclurai alors que ce n'était pas pour moi. De toute manière voir les personnes que j'aime être heureuses suffit largement à mon bonheur. »

     Et bien évidemment, Edarra entrait dans cette catégorie. La demoiselle avait donc terminé d'habiller sa dame qui lui répondit qu'elle préférait déjeuner seule et déclara qu'elle allait devoir se rendre dans le hall plus tard. Lyra hocha donc la tête avant de se détourner vers la porte qui menait aux couloirs de la demeure afin d'emprunter celui qui la mènerait aux cuisines. Les fruits étaient une denrée assez répandues à Dorne, bien que les agrumes y poussaient bien mieux que d'autres plantes tout aussi délicieux. La Dornienne se souvenait encore d'avoir un jour goûté une pomme offerte par un client de passage dans leur auberge de Lancehélion. C'était un marchant qui venait du Bief et qui avait voulu faire plaisir aux filles de la famille, la jeune sœur de Lyra avait eu droit à une poire et les jeunes femmes se souvenaient encore du goût de ces fruits si surprenants. Il était amusant de voir comme certains cadeaux si bénins pouvaient laisser un tel souvenir, même si le marchand devait avoir oublié les deux demoiselles depuis longtemps et bien que cela remontait une dizaine d'années, la suivante en gardant un souvenir indélébile qui ne manquait de pas de revenir chaque fois qu'elle entendait parler de fruits.

     Les pas de la jeune femme la menèrent donc rapidement aux cuisines où elle saisit une coupe en osier dans laquelle en plaça plusieurs fruits de différentes grosseurs, ne sachant ce qui ferait réellement plaisir à sa dame, bien qu'avec le temps elle commençait à saisir ses préférences. La brune échangea quelques mots avec le cuisinier avant de s'en-aller d'un pas léger et vif pour revenir jusqu'à la loggia de sa dame qui se trouvait déjà assise devant une fenêtre qui baignait la salle de soleil malgré le fin rideau qui atténuait ses effets. C'était une pièce que Lyra aimait beaucoup sans vraiment savoir pour quelle raison, en tous les cas elle alla poser la corbeille de fruits devant lady Edarra qui lui demanda alors si elle avait déjà déjeuné. Très tôt le matin oui, mais c'était juste avant que le soleil ne se lève et il était vrai que lorsque l'on bougeait beaucoup, l'énergie s'envolait rapidement. Avec un grand sourire plein de reconnaissance, la jeune femme attrapa donc l'orange si aimablement offerte avant de remercier Edarra de vive voix. Encore une fois, un fruit lui faisait plus plaisir que tous les cadeaux du monde.

     ▬ Merci beaucoup, mais ne vous inquiétez pas, j'ai l'habitude de bouger avec cette chaleur. »

     C'était vrai que ses années à l'auberge aidaient grandement à garder un rythme digne de ce nom. Elle s'éloigna de quelques pas pour commencer à ôter la peau de son agrumes en plantant ses ongles dans la peau épaisse et gorgée de liquide. C'était une odeur qu'elle affectionnait tout particulièrement et qui lui rappelait les fois où elle se partageait un fruit avec sa sœur alors qu'elles se promenaient dans les rues de Lancehélion. Habitude oblige, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Lyra avait libéré son fruit de sa peau qu'elle pose de côté avec précaution de manière à la débarrasser en même temps que tout le reste, puis elle détacha un quartier d'orange qu'elle mis en bouche pour afficher un léger sourire lorsque le goût familier du fruit gorgé de vitamine, toucha sa langue. C'est seulement à ce moment qu'elle se rendit compte du bien que cela faisait, il était toujours difficile de voir si l'on avait faim ou soif alors que l'on était occupé à s'activer ! Après avoir mâché avec application, elle avala ce qu'elle avait en bouche afin de pouvoir reprendre la parole sans postillonner des morceaux d'orange. Ce n'était pas vraiment très poli et très bien-élevé pour une suivante vous en conviendrez.

     ▬ Je sais que Obara est déjà allée en ville, mais souhaitez-vous quelque chose de particulier aujourd'hui ? J'imagine que le mieux serait de s'occuper de commencer à préparer vos bagages pour Salvemer, faudra-t-il vous acheter des cataplasmes ou quoi que ce soit d'autre ? »

     Si la jeune dame allait être occupée à devoir faire acte de présence aux côtés de sa mère, il y avait peu de chances pour qu'elle puisse trouver le temps de superviser la préparation de ses bagages. Après il y avait toujours la possibilité qu'elle repousse son départ pour cela, mais Lyra avait du mal à croire que la jeune femme puisse s'embarrasser de détails pour si peu. De toute manière Lyra et Obara étaient habituées à ce genre de travaux – bien que la première l'était moins que la seconde – et elles sauraient donc parfaitement remplir ce rôle si c'était ce que la noble décidait. Prenant soin de ne pas avaler de pépins, la demoiselle prit un nouveau quartier d'orange en bouche, elle devait être prête à retravailler dès que sa dam serait rassasiée, il ne fallait donc pas trop traîner.
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Message Dim 29 Jan 2012 - 11:55

Lyra, toujours aussi spontanée répondit qu’elle conviendrait que les hommes n’étaient pas fait pour elle si elle ne trouvait personne. Elle ajouta même que voir les gens de sont entourage heureux suffisait à la rendre heureuse. C’était le genre de comportement qui menait à une vie paisible et simple même si la douleur de n’avoir aucune descendance était permanente et bien plus vive que toutes les autres d’après ce qu’avait entendu Edarra. Pour elle, elle avait trouvé l’homme de sa vie qui était un bon partit que son oncle et sa mère n’auraient certainement pas idée de refuser : un Dayne en liaison avec les Ferboys et ils avaient là deux puissances de Dorne alliées contre les Martell. Pour la jeune femme il n’avait jamais été question de ça, pas une seule seconde même. Bien que sa haine avec les Martell était mitigée, elle préférait livrer des batailles de front avec la personne en face plutôt que de comploter des alliances derrière le dos des gens. Stratégie bien loin de celles de Shyra, en effet, mais elle avait ses propres raisons et elle ne doutait pas que sa mère n’avait pas besoin d’elle pour déjà faire des coups en douce. Ensuite, la question des enfants ne se posait pas car le mariage avait toujours été un contexte particulier pour assurer la descendance. La jeune noble aimait les voyages et les aventures et elle savait qu’elle devrait stopper un peu toute cette folie lorsque ses enfants arriveraient. Par contre, arrivé à un age relativement mature, elle les emmènerait partout où elle irait pour leur apprendre des centaines de choses et leur donner une vision d’ensemble du royaume. C’était comme ça qu’on forgeait les chefs politiques et les maîtres de la cours : en connaissance le terrain et en connaissant ses ennemis. Mais il était possiblement trop tôt pour savoir ce que ses futurs enfants, même pas encore conçus, feraient plus tard. Elle était partagée entre la politique et le combat mais elle savait qu’elle n’était pas toute seule à avoir son mot à dire. Il était avantageux de constater que dans la région de Dorne, les filles comme les hommes pouvaient prétendre à une spécialisation aux armes et Edarra ne voudrait pas refreiner une quelconque passion pour ses filles ou ses fils. Cette discussion, elle l’aurait certainement bien plus tard dans l’intimité du foyer des Dayne certainement. Répondant à l’affirmation de sa suivante, elle hocha la tête « C’est relativement sage… » Même si l’imagination d’Edarra ne pouvait s’empêcher d’essayer de voir à quoi ressemblerait la descendance de Lyra. Certainement de belles filles bien mignonnes et des garçons forts plein d’énergie. Oui, certainement. Mais peut être qu’elle n’aurait jamais la réponse ; après tout, si elle était heureuse malgré tout qui était elle pour lui dire le contraire ? Une fois l’habillage terminé, Lyra s’éclipsa jusque dans les cuisines pour aller chercher le déjeuner de la noble.

Elle s’était déplacée jusque dans sa logia en l’attendant, réapparaissant quelques minutes après, elle accepta avec plaisir l’offre de sa dame de prendre une orange. La jeune noble savait que sa suivante aimait beaucoup les fruits et ne manquait jamais de lui conseillait d’en prendre un ou deux lors de ses repas. Elle préferait les savoir bien et rassasiées en le constatant par elle-même plutôt que d’imaginer qu’elles aient sauté un repas pour être plus rapidement auprès d’elle. La jeune femme la remercia d’ailleurs ce à quoi Edarra répondit avec un sourire bienveillant alors qu’elle commençait à s’attaquer à une pêche. Elle aimait commencer sa journée avec des fruits bien juteux. Ca lui donnait un regain d’énergie, juste assez pour bien entamer la journée. De toute manière, elle était toujours plus active le matin que le soir. Croquant dans sa pêche, Lyra reprit bientôt la parole en lui demandant si elle voulait quelque chose en particulier en expliquant qu’il serait bien de commencer à préparer le voyage. Edarra hocha la tête, pensive. Elle ne comptait pas se montrer jusqu’à son arrivée et il serait probablement plus malin de ne pas trop traîner dans les magasins en exhibant ses piécettes et sa richesse. La discrétion avant tout surtout qu’elle allait dans une région dangereuse ou l’ordre ne tenait qu’à un fil. Mieux valait donc s’armer pour le voyage histoire de n’avoir qu’à faire le moins d’achats possibles sur la route. Ils voyageraient certainement toute la journée pour s’arrêter dans des auberges le soir et repartir directement au matin… Elle posa de côté le noyau de sa pêche avant de prendre en main une mandarine. « Des cataplasmes oui, pour les coupures et les brûlures, sait-on jamais. Il nous faudrait aussi de la viande séchée et quelques légumes qui tiennent longtemps pour qu’on ai pas à s’arrêter souvent dans les villes sur la route, je ne voudrais pas que les gens sachent que je suis noble par la taille de ma bourse… » Elle n’achèterait pas en grande quantité de toute façon vu qu’ils seraient deux. Ca aussi, ça aurait été légèrement problématique de se déplacer en groupe car Edarra aurait du sortir des sommes d’argent assez fortes pour tout le monde et ça aurait parut suspect au bout d’un moment certainement.

Elle reprit, décortiquant la peau de sa mandarine avec minutie et sans abîmer ses ongles « Il faudra préparer des robes relativement neutres et un capuchon, pas que des gens reconnaissent mon visage… Je ne pense pas être aussi connue que ça, mais on ne sait jamais : c’est toujours quand on s’y attend le moins et qu’on en a le moins besoin qu’un noble nous reconnaît sur le marché publique. » Et là, ce serait râpé, Oberyn entendrait possiblement qu’une noble de Dorne se baladait au nord vers Salvemer : elle aurait vite fait de trouver un corbeau à son adresse lui intimidant de retourner vite fait bien fait chez elle pour être en sécurité. Et ça, ce n’était pas envisageable. Entamant les premiers quartiers de sa mandarine, elle continua : « Il ne faudra pas trop surcharger les chevaux non plus, nous devons bien avancer en une journée pour éviter d’être des cibles trop facile… Je pense que trois chevaux seront suffisants pour le voyage. » Un pour elle, celui de Gerold et un autre pour porter les affaires en plus ne sera pas de trop vu la longueur du voyage. De plus, ils ne seraient pas énormément du coup et il était plus aisé de se déplacer à douze sabots qu’à beaucoup plus si sa suite était venue avec. Elle entama un autre quartier de sa mandarine. « Tu devrais prévoir quelque chose pendant mon absence. Avec Obara vous aurez des vacances si on peut le dire ainsi. Vous participerez aux travaux du château mais vu que je ne serais pas là et que ma mère va certainement aussi s’absenter, je pense que vous aurez du temps pour vous. Je suis sure que le mestre serait prêt à vous ouvrir la bibliothèque et il y a beaucoup d’animations à Ferboys en ce moment… » Elle n’avait pas envie que ses suivantes fassent une pause dans leur existence en angoissant de savoir si Edarra était encore en vie ou non. Mieux valait utiliser ce temps de repos pour faire quelque chose d’utile et de constructif.
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Message Dim 29 Jan 2012 - 16:51

     Dégustant son fruit avec un appétit clairement visible, Lyra tendait l'oreille pour écouter les paroles de la jeune noble qui hochait la tête d'un air pensif. Préparer un voyage était toujours quelque chose de très compliqué, du moins de l'avis de la Dornienne qui au final, n'avait jamais été très fréquemment mise dans cette situation. Après tout, les seuls déplacements dignes de ce nom que la demoiselle avait effectués jusqu'à ce jour étaient uniquement ceux qui menaient de Lancehélion à Ferboys, puis quelques voyages mineurs dans les Osseux. Rien de bien intéressant pour quelqu'un qui parcourait Westeros de part et d'autre, mais pour une personne qui n'avait jamais quitté sa ville natale comme c'était le cas de la suivante, inutile de préciser que c'était l'équivalent d'un grand voyage. En somme, les seules fois où Lyra avait été confrontée au problème de « qu'est-ce qu'il faut mettre dans les bagages » elle avait trouvé cela si compliqué et prenant qu'elle redoutait presque de voir un tel moment se présenter à nouveau. La Dornienne avait beau être capable de réfléchir posément, dès qu'il y avait trop d'animation elle sentait ses pensées lui échapper et ne parvenait plus à ordonner correctement ses idées, ce qui provoquait généralement une panique passagère chez elle. Heureusement Obara avait été là pour passer derrière sa collègue et la rassurer en vérifiant qu'elle n'avait rien oublié dans les bagages de lady Edarra. Elle aurait été bien gênée que sa dame lui demande quelque chose qu'elle avait oublié à Ferboys. C'était le temps qui ferait son œuvre et lui permettait d'apprendre correctement comment ne pas se laisser submerger, du moins c'était ce que Obara disait et Lyra la croyait sur parole même si elle aurait souhaité que le temps soit plus rapide. La seule chose qui compte était que la demoiselle assise à table en train de déguster sa pêche, ne soit pas déçue d'elle et ne regrette pas de l'avoir embauchée.

     Désormais heureusement, cette crainte était bel et bien dissipée, la jeune femme avait compris que rien ne servait de paniquer si elles n'étaient pas pressées par le temps et que mieux valait prendre le temps d'y songer sérieusement, tout passer au crible pour vérifier que rien n'avait été oublié. Voilà tout. Les paroles de lady Edarra tirèrent la jeune femme de ses pensées alors qu'elle plaçait un quartier d'orange dans sa bouche après l'avoir en partie mâché pour éviter de se retrouver à devoir répondre avec la bouche pleine. Encore des habitudes qu'elle avait dû apprendre avec le temps pour éviter de passer pour une sauvage sortie des bas-fonds de Lancehélion. Notant qu'il faudrait des cataplasmes et d'autres choses de ce genre, Lyra hocha la tête en dressant une liste dans son esprit, heureusement qu'elle avait toujours eu un esprit qui emmagasinait rapidement les choses pour ne pas les oublier. Une qualité utile pour une suivante d'après Obara. Heureuse de voir que la jeune noble ferait preuve de beaucoup de prudence, la demoiselle ne put s'empêcher de répondre.

     ▬ Ce sera effectivement plus prudent. Surtout que j'ai entendu dire que la sécheresse avait provoqué un début de famine. Les brigands seront certainement plus fréquentes et plus audacieux qu'à l'accoutumée. »

     Bien qu'elle essayait de le cacher, Lyra ne pouvait réussir totalement à masquer sa crainte et son inquiétude vis-à-vis des rôdeurs qu'il y avait sur les routes. Mangeant un autre quartier, la demoiselle se jura de passer voir Gerold avant d'aller faire les quelques courses, histoire de lui dire clairement qu'elle viendrait lui arracher son cœur avec les mains si jamais leur dame était blessée. Bien évidemment, la suivante n'était pas sauvage au point d'agir de la sorte. Quoique... Elle avait déjà griffé le visage d'un homme qui essayait de séduire sa petite sœur, le malheureux avait perdu un œil tant la jeune femme y était allé brutalement. Finalement, elle en serait bien capable. Mais c'était peu probable que la suivante ait besoin d'agir de la sorte, Gerold mourait plutôt que de laisser lady Edarra se faire maltraiter. La voix de sa dame se fit à nouveau entendre alors qu'elle commençait à décortiquer tranquillement une mandarine, expliquant qu'elle avait besoin de robes neutres pour ne pas être trop remarquée. C'était certain, mieux valait faire preuve de prudence, sans compter que quelques gardes avaient dit à Lyra que les Dorniens n'étaient pas toujours bien vus dans le reste de Westeros, malgré la paix qui s'était installée depuis le mariage de la Princesse Myriah Martell. Quel dommage que les gens ne soient pas plus tolérants ! Les autres précisions arrivèrent alors, Lyra hochant toujours la tête tandis qu'elle écoutait avec une véritable attention jusqu'à ce que les instructions soient terminées.

     ▬ Tout cela sera fait. Je vais trier vos robes tout de suite après, nous ne garderons que celles qui collent le mieux à ce que vous avez demandé. »

     L'esprit de la jeune femme fourmillait d'idées alors qu'elle songeait déjà aux chevaux qui se prêteraient le mieux au voyage. Les montures Dorniennes étaient réputées et il était aisé de les reconnaître de part leurs particularités physiques qui en faisaient des montures moins imposantes que celles des chevaliers par exemple. Mais ils ne pouvaient pas faire autrement, les Ferboys étaient de vrais habitants de Dorne et ne délaisseraient jamais les destriers de leur région au profit de ceux des autres. Sauf si Lyra n'était pas au courant des dernières acquisitions de la maison évidemment, ce qui était fort possible, après tout elle n'était pas palefrenière mais suivante. Puis au pire, cela ne serait pas très grave, il y avait tellement de nobles seigneurs qui achetaient des montures de Dorne à leurs épouses, cela ne serait pas étonnant de voir une noble montée sur une telle bête. Ses pensées furent alors chassées par la voix mélodieuse de lady Edarra tandis que Lyra terminait son orange, satisfaite de ne pas s'être tâchée les mains avec le jus collant du fruit. Prévoir quelque chose, c'était une chose que la jeune femme n'avait jamais imaginé. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la demoiselle avait du mal à envisager ce qu'elle pourrait bien faire pendant l'absence de sa dame, elle n'était pas du tout préparée à ce genre de choses pour être sincère. Lorsqu'elle parla du mestre et de la bibliothèque, un sourire s'étendit sur les lèvres de la jeune femme qui hocha la tête en confirmant les dires de sa dame.

     ▬ Oui c'est vrai. Je vais peut-être essayer d'aller demander quelques faveurs au mestre, il m'avait dit qu'il pourrait peut-être m'aider à améliorer ma culture, même si j'aurais préféré user de mon temps pour vous, j'essayerai d'améliorer mes connaissances en ce qui concerne le protocole pour ne pas faire de bourdes à l'avenir. »

     Elle rigola légèrement, il était vrai qu'elle était plutôt douée dans ce domaine certains jours, heureusement cela n'avait jamais été devant des personnes très importantes. Mais si le ser de sa dame devait un jour venir jusqu'à Ferboys, la suivante ne tenait pas à faire honte à lady Edarra ! Au moins aurait-elle le sentiment de la servir correctement, même si elle n'était pas là. Puis comme la noble le disait si bien, Ferboys était une ville animée et ce serait l'occasion de faire vraiment connaissance avec les autres domestiques qui travaillaient pour la maison Ferboys. Ayant terminé son orange, la jeune femme s'éloigna donc vers le petit baquet d'eau qui se trouvait dans la loggia, y trempa un petit linge, nettoyant en même temps les quelques traces d'orange qu'elle pouvait avoir sur les doigts, puis essora le tissu pour s'approcha de sa dame. Lorsque celle-ci aurait terminé de manger, elle pourrait ainsi se laver les mains pour ne pas être gênée par les sensations que certains fruits laissaient sur la peau. Les yeux pétillants, Lyra ajouta quelques mots.

     ▬ Je suis persuadée que ce voyage vous fera du bien ma dame, voir du paysage et sortir de Ferboys pour rencontrer d'autres gens... C'était ce qu'il vous fallait. »

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Message Sam 25 Fév 2012 - 20:10

Lyra mangeait avec appétit et à l’image d’une mère attendrit devant son enfant qui avale tout rond son bol de soupe, Edarra ne put retenir un petit sourire tendre alors qu’elle engloutissait un quartier d’orange en entier dans sa bouche. La jeune noble aurait bien aimer manger avec autant de gloutonnerie quelques fois mais elle n’en avait pas l’habitude et se sentait incroyablement malpolie si elle le faisait. Paradoxalement, elle ne s’en offusquait pas chez les autres. Les orphelins de la Sang-Vert n’étaient pas particulièrement bien éduqués alors elle était rôdée à force : ce qui lui avait tiré des petits relents offusqués la faisait sourire d’une oreille à l’autre à présent. Lyra rajouta qu’il était en effet prudent d’incorporer des cataplasmes dans le voyage au cas ou, et elle commenta qu’à cause de la sécheresse les brigands pouvaient faire preuve de beaucoup d’imagination pour arriver à extorquer n’importe quoi aux gens de la route. La jeune noble sourit « En voyant Gerold, ils n’auront pas envie longtemps de me chiper ma gourde je pense… Mais je pense qu’on évitera autant que possible de se faire voir par les grandes routes. Après tout, nous serons deux et donc plus rapide. » Avec un grand convoi ils auraient manifestement du prendre les routes un peu plus larges pour les cheveux et les éventuels chariots. Ca n’aurait pas été commode et ils auraient ainsi été plus sujets à des attaques. De plus, avec les rumeurs des attaques fer-nés il y avait du y avoir des mouvements de population qui avaient conduit de la population plus vers l’Est et donc vers les routes qu’ils allaient emprunter : ni vu ni connu était la meilleure stratégie.

A la demande de préparer des robes plutôt passe-partout, Lyra confirma en hochant la tête avant de lui dire qu’elle allait s’y atteler tout de suite après. Edarra hocha aussi la tête. « Bien, ne te démène pas comme une forcenée Lyra, en te faisant aidée de quelques domestiques, je pense que vous irez plus vite. » La petite demoiselle avait tendance à vouloir tout bien faire, et il était évident qu’on était jamais mieux servit que par soi même mais la noble avait souvent peur qu’elle ne se surcharge et ne se donne trop de responsabilité. Celle-ci n’était pas incroyablement importante : préparer des robes relativement neutres et confortables n’allaient pas être la tâche la plus dure qu’elle allait devoir accomplir. C’est quand Lyra avait finit son orange qu’Edarra lui conseilla de prévoir quelque chose pendant son absence. En effet, se tourner les pouces n’était jamais bon pour personne et rendait souvent les gens paresseux. Elle doute qu’aucune de ses suivantes ne deviendraient de grosses limaces incapable de se traîner pour faire les tâches qui les incombaient, mais il fallait quand même garder l’œil : les bonnes habitudes partaient très vite si on ne faisait pas attention. Après tout Edarra s’était martyrisée des années à bien retenir les leçons de sa mère et elle se rendait compte qu’en la fréquentant de moins en moins elle commençait à les perdre. Malgré cela, des restes étaient encore visibles bien au fond d’elle. L’héritage Ferboys n’était jamais très loin même si on en doutait quand on voyait Medger.

En tout cas, Lyra parut ravie de la proposition d’Edarra d’aller un peu camper dans la bibliothèque avec le mestre. Même si il accompagnait le vieux Lord de la maison, l’oncle d’Edarra, un peu tous les jours, il était aussi dans sa bibliothèque, tout seul à prêter des livres que le petit frère de la famille préférait feuilleter seul. Ca lui ferait de la compagnie et la jeune femme était sure que le mestre serait enchanté d’avoir une élève attentive comme elle. La noble émit un petit sourire quand Lyra parla de bourdes. « Ne t’inquiètes pas Lyra, tu n’as encore rien fait d’impardonnable et je suis sure que tu apprend plus vite que tu ne le crois. Au pire, il y aura toujours Obara pas très loin pour te montrer comment faire. Mais le fait que tu veuilles en apprendre plus montre que tu en sais déjà beaucoup je pense. » Terminant de manger son propre fruit elle s’essuya les mains sur un petit chiffon que Lyra lui rapporta « Merci. ». Elle en avait assez prit car sinon, elle allait être ballonnée et ça non plus ce n’était pas super pour une journée de dur labeur. Si elle voulait se déplacer d’une manière souple et agile, elle ne devait pas se remplir la panse jusqu’aux oreilles. Elle se leva alors que Lyra partagea avec elle le sentiment que ce voyage lui ferait du bien. Elle la regarda avec un air amusé « Tu as raison, mais ne le dis pas trop fort, ma mère pourrait l’entendre… Mais ça ne me fera pas autant de bien que lorsque tu es avec moi. Mais ne t’inquiètes pas, ce sera ma seule escapade en solitaire avec Gerold. » Sur ce, elle quitta la pièce, se dirigeant vers le hall où on recevait les demandes, elle allait être en retard et ça faisait quand même pas mal mauvais genre surtout devant Lady Shyra.
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Le respect de soi permet d’en avoir pour les autres ▬ Edarra

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