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« la religion est une poésie sans espoir ; Ilyana

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Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 5 Jan 2012 - 21:53

Derrière elle venait de s’effacer la côte. Rowena l’avait regardé disparaître à l’horizon, appuyée à la rambarde du navire, savourant l’air glacial qui lui fouettait le visage, qui la décoiffait, il sentait le sel. C’était une odeur agréable, qu’elle n’avait pas senti depuis bien longtemps. A Motte-la-Forêt, sur la Baie de Glaces, l’eau était tellement froide qu’il n’y avait absolument aucune odeur, mise à part celles des arbres de la forêt qui bordait la baie. Penser au Nord lui fit mal au cœur, et la jeune femme préféra fermer les yeux, sentant le roulis de la mer sur le bateau. Cela faisait un peu plus d’une semaine qu’elle avait quitté le fortin de bois, dans le Bois-aux-Loups. Elle s’était en allée, parce qu’elle le devait, pour Lysander, pour son fils. Parce qu’il était le seigneur de Rougefort. Elle avait passé trop de temps dans le Nord, elle avait été égoïste de ne penser qu’à elle et pas à l’avenir de ses enfants. Être chez elle lui apportait tout le réconfort dont elle avait besoin, il comblait le vide de sa vie, mais peu importait qu’elle aille bien ou mal. Ses enfants avant tout. Avant elle.
Lysander n’avait pas été heureux à l’idée de repartir, son oncle Jaime ayant commencer à lui apprendre le maniement d’une épée. Rowena avait du promettre à son fils qu’arrivés à Rougefort, elle demanderait au maître d’armes de continuer son apprentissage et de lui trouver un chevalier pour qu’il puisse devenir écuyer. Il était Lord, mais Lysander voulait également être chevalier et Rowena ne voulait pas l’empêcher d’aller jusqu’au bout de son rêve. Elle voulait l’y pousser, elle voulait qu’il réussisse et il allait réussir. Elle sentit ses yeux brûler légèrement lorsqu’elle repensait à tout ce qu’elle venait de quitter. Et vers l’endroit où elle allait. Mais les larmes ne coulèrent pas. Elle avait arrêté de pleurer depuis une dizaine d’années. Elle masquait habilement ses sentiments désormais. Il lui paraissait tellement loin ce temps où elle avait débarqué à Blancport. Elle se souvenait avoir tant attendu ce moment où elle verra l’un de ses frères. Et aujourd’hui, elle avait regardé Jaime s’éloigner, se détourner, partir tandis qu’elle l’observait du pont. Elle avait envoyé Lysander et Margaery dans la cabine qu’elle avait réservée pour la traversée. Ils avaient été exténués du voyage.
Quitter Motte-la-Forêt et traverser les Bois-aux-Loups n’avaient pas été une chose aisée, surtout avec la gelée qui commençait à apparaître de plus en plus. Il avait même neigé, la veille de son départ. Une couche blanche s’était alors formée sur le sol de la forêt, et même dans les branches des arbres. Rowena aimait la neige, observer les flocons tomber, soufflés par le vent. Elle aimait le bruit de la neige qui craquait sous pas, et le froid mordant. Mais la neige n’avait tenue que quelques heures avant de disparaître. L’hiver arrivait lentement, mais il n’était pas encore là. Les feuilles de la forêt étaient d’ailleurs d’une magnifique couleur sanglante, dorées et orangées. Elles tombaient délicatement en tourbillons rapides. Ils s’étaient arrêtés quelques jours à Winterfell avant de repartir. Rowena en avait profité pour faire un tour dans la ville, se remémorant des vieux souvenirs qui rejaillissaient peu à peu. Elle y était déjà allée, plus jeune, avec son père. Mais elle ne s’était pas approchée du donjon où vivaient les Stark. Elle était une Glover, elle aurait été bien reçue, mais elle voulait partir, rentrer le plus tôt possible pour ne pas faire demi-tour ensuite.
La Blanchedague était toujours aussi agitée, et sombre. Il avait suffit à Rowena et à son escorte de la longer avant d’arriver à Blancport, là où le fleuve se jetait dans la Morsure. Plus les minutes, les jours passaient et plus elle sentait la solitude l’envahir, plus elle se sentait triste. Même la présence de Jaime ne parvenait pas à la rendre heureuse. Voir ses enfants rire ne la faisait plus sourire. Mais elle devait être forte. Rowena essayait de se convaincre qu’elle se réhabituerait à la vie là-bas, dans le Val. Mais elle savait que si la moindre occasion de se rendre dans le Nord à nouveau se présentait, alors, elle n’hésiterait pas et chevaucherait nuit et jour pour rentrer chez elle. Oui, elle n’avait même pas encore quitté le Nord qu’il lui manquait déjà.
La veille, ils étaient à Blancport, la ville la plus importante du Nord. Sans prononcer un seul mot, Rowena avait passé la nuit assise à la fenêtre, à observer le soleil se coucher sur la Morsure dans des couleurs magnifiques, le soleil mourant dont les rayons étaient d’un orange vif se reflétaient sur l’eau tandis que le ciel, sombre en hauteur, était rosée et bleuté plus bas. Et la lune était apparue, un globe presque parfait, illuminant la nuit noire de ses rayons argentés tandis qu’apparaissaient peu à peu les étoiles, lueurs scintillantes. Elle avait passé la nuit ainsi, à somnoler, à observer, et finalement, au petit matin, alors que le ciel avait commencé à pâlir, elle s’était levée, habillée, et s’était doucement glissée dans la chambre de ses enfants. Rowena avait sourit en sentant leurs douces odeurs, une odeur de bambin, une odeur d’innocence et de jeunesse. Et leurs peaux, chaudes, douces, avaient cette fraîcheur que l’on perdait en grandissant. Elle les aimait plus que tout, oui. Elle n’aurait pas supporté d’en perdre un. Et parfois, dans des rares moments d’abandons, elle s’imaginait avec un autre enfant entre les bras. Mais c’était impossible, et elle même n’en voulait pas. C’était trop compliqué. Elle en élevait déjà deux. Seule. Et l’idée de se remarier lui était insupportable. Lié sa vie à celle d’un homme. Plus jamais. D’autant plus qu’elle ne croyait pas en l’amour, elle n’y avait jamais cru. Le monde n’était pas aussi merveilleux pour permettre quelque chose d’aussi beau. Le monde était sali, de partout, à cause de tout le monde.
Un bateau les attendait sur le port. Rowena avait toujours favorisé les voyages par la mer, plus rapide et moins dangereux que ceux par le terre. Et puis, elle aimait la mer également. C’était comme ça, même si elle aimait plus encore la forêt et les montagnes. Elle avait revêtue une robe d’un bleu sombre, suffisamment chaude pour qu’avec une cape, elle soit assez couverte pour ne pas avoir froid. Ses cheveux, laissé libre, était retenu par un bandeau du même bleu sombre que sa robe. Elle n’aimait pas s’attacher les cheveux, préférant les sentir onduler librement le long de son dos. La gorge serrée, elle avait dit au revoir à son frère. Jaime. Jon ne ne pouvait pas quitter Motte-la-Forêt au cas ou il serait arrivé quelque chose à leur père. Mais Lord Aidan Glover était un homme solide, aussi solide que le barral du bois sacré aux feuilles sanglantes, aussi solide que les chênes centenaires qui poussait dans le Bois et qui plongeaient leurs racines épaisses au cœur de la terre. Des tas et des tas d’hivers n’avaient pas réussir à venir à bout de lui et c’était mieux ainsi.
C’était étrange à dire, mais Rowena ne s’imaginait pas la vie sans son père, son repère. C’était lui qui l’avait grondé lorsqu’elle était petite et qu’elle faisait des bêtises. Elle avait toujours dominé ses frères même si ceux-ci étaient plus âgés qu’elle. A lui et à lui seul elle avait obéit au doigt et à l’œil. C’était lui qui la giflait lorsqu’elle faisait des bêtises trop grave ou qu’elle insultait les gens, lorsqu’elle se mettait en colère sans raison. C’était lui également qui l’envoyait dans sa chambre, la privant de repas, de sortie. Mais c’était également lui qui lui avait appris beaucoup de chose. Il lui avait transmis sa passion pour les chevaux, lui avait montré comment s’occuper d’un cheval soi-même, il lui avait mis une lame dans ses mains et l’avait dispensé des services d’une septa. Il ne l’avait pas rejetée parce qu’elle était une fille, au contraire, il aimait de tout son cœur son unique femme. Il était fier d’elle, Rowena le savait, elle le lisait dans ses yeux. Il s’était toujours battu pour elle, toujours, ou presque. Il l’avait laissée s’en aller une seule et unique fois. Une fois où elle aurait eu besoin qu’il lui dise de rester, mais il était resté muet, et elle s’en était allée.
Année après année elle avait vu son père vieillir, lentement, mais sûrement. Ses cheveux autrefois d’un noir de jais, semblable aux siens, avaient vu naître des fils argentés, et s’étaient fait de plus en plus rares. Ses yeux d’un bleu azur, toujours semblable à ceux de sa fille et à ceux de l’un de ses fils, Jaime, s’étaient cernés et une lueur fatiguée y brillait en permanence. Mais cela lui avait surtout éclaté aux yeux après la mort de sa mère, morte en couche. Brisée par la mort de sa mère, Rowena avait compris que son père aussi la rejoindrait un jour. Oui c’était stupide. Mais un enfant, qu’il soit grand ou petit, avait toujours besoin de ses parents. Pas tous le monde, pas ceux qui n’aimaient pas les sentiments. Mais Rowena était sensible, sensible et passionnée. Cela la détruisait, mais grâce à cela elle vivait chaque instant intensément afin de s’en souvenir toute sa vie.
Avant de s’embarquer, la jeune femme avait serré son frère contre elle tandis que ses enfants montaient déjà. Il allait lui manquer, terriblement, cruellement, et elle sentait déjà la douleur, là, dans son cœur. Une séparation était toujours difficile, mais Rowena avait pris la décision de ne revenir dans le Nord qu’une fois qu’elle aurait placée ses deux enfants. Une fois qu’elle serait libre, comme elle l’avait toujours voulu. Elle le serra à se briser les cotes, et il lui brisa les siennes. Ils entretenaient une relation différente, plus complice qu'avec Jon et Ethan et les deux aînés le savaient très bien. Ils se moquaient parfois d'eux. Souvent à vrai dire. Ils disaient qu'ils auraient dû naître ensemble et non pas séparément, et à vrai dire, Rowena comprenait cela. Ils suffisaient qu'il s'échangent un seul regard pour parler, ils n'avaient pas besoin de parole. Elle aimait ses frères, tous autant, ils étaient tous si différents, mais de tous c'était de Jaime dont elle était le plus proche.
Rowena avait laissé errer son regard sur son frère, ils se ressemblaient tellement, autant physiquement que mentalement. Parfois, c'était troublant. Mais elle s'était retournée et s'était redressée, droite et fière. Elle savait qu'elle ne devait pas jeter un coup d'oeil en arrière sinon jamais elle ne pourrait partir. Mais elle devait le faire. Elle le faisait pour ses enfants. Tout ce qu'elle faisait, c'était pour eux. Parce qu'elle les aimait, et que par amour elle était capable de tout. Même de se sacrifier. Tout comme elle se sacrifierait volontiers pour ses frères. Elle hésiterait avant de mourir pour eux, bien sûr, parce qu'elle avait son instinct et que celui-ci lui disait de vivre le plus longtemps possible. D'un autre côté elle n'avait pas envie de mourir vieille, de se voir ridée, les cheveux blancs, de se voir vieillir, de sentir son corps se flétrir. Elle perdrait sa beauté, sa souplesse, sa rapidité. Mais bon, il lui resterait son intelligence.
Accoudée à la rambarde, secouée par le léger roulis du bateau sur la mer elle se sentait calme, paisible. La tristesse avait déserté son âme pour laisser place à la tranquillité, cette même paix qu'elle ressentait lorsqu'elle était au pied du barral, en train de prier silencieusement ses dieux, à l'affut du moindre bruit, de la moindre réponse. C'était stupide et elle le savait, parce que les Dieux ne répondaient jamais. Mais c'était pour elle un moyen d'être en paix avec elle-même, voilà pourquoi ces moments étaient si précieux, ils étaient également rares. Les Dieux existaient-ils seulement? En douter était hérésie, mais également humain. Et ses Dieux à elle, contrairement aux autres, n'avaient pas de prêtres, c'était mieux ainsi d'un certains sens, parce qu'elle n'avait besoin de personne et personne ne pouvait lui dire quoi faire, ou lui reprocher quoi que ce soit.
Puis elle s'éloignait, et plus elle se rapprochait d'un endroit qu'elle n'aimait pas. Elle y retrouverait tout ce qu'elle détestait le plus au monde. Là-bas, seules les apparences comptaient. Les femmes se paraient de tous leur bijoux, revêtaient leurs plus belles robes et se maquillaient pour masquer les défauts de leurs visages. Une attitude stupide et ridicule. Voilà ce que Rowena en pensait, mais peut-être était-ce parce qu'elle était une Nordienne et qu'elle avait été habituée à la vie rude depuis et durant sa plus tendre enfance. Elle n'avait jamais eu ce qu'elle voulait, à vrai dire, elle n'avait pas de souvenir mais elle n'avait jamais rien réclamé quoi que ce soit à son père, sauf des livres. Elle n'avait jamais eu besoin de servante pour l'aider à se lever, à s'habiller, à se coiffer, à Motte-la-Forêt elle n'en avait pas eu besoin elle avait appris à se préparer seule et le seul jour où on était venue l'aider à la préparer fut celui de son mariage. Rowena devait avouer qu'avoir des servantes à son service était une chose bien pratique mais elle n'aimait pas cela, cela rendait les personnes dépendantes et étant prévoyante, Rowena ne voulait pas se laisser embarquer dans ça. Elle était parfaitement capable de s'occuper d'elle toute seule, elle n'était pas encore sénile.
Le bateau dévia soudainement de direction, la projetant en avant et ce fut à peine si elle eut le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'elle basculait dans le vide. Fort heureusement, et grâce à ses réflexes, elle se rattrapa à la rambarde et s'y accrocha de toutes ses forces, jusqu'à sentir les échardes s'enfoncer dans ses mains. Le coeur battant, stupéfaite et choquée, elle plongea son regard dans l'océan agité. Cette fois-ci, personne ne la retiendrait, peut-être un marin aurait-il plongé pour aller la chercher si elle était tombée, mais l'idée de rencontrer l'eau glaciale ne lui plaisait pas. Il faisait trop froid. Même si cela lui rappelait des souvenirs très agréable. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Oui, elle était en paix.
Le Bois-aux-Loups était plein de ruisseaux qui se frayaient un chemin à travers la végétation, mais il y avait également des rivières, quoique plus rares et des petits étangs. L'eau venant des montagnes bien au delà de Motte-la-Forêt, elle était gelée, même en été. Elle se rappelait qu'elle y allait souvent, se baigner dans le lit d'une rivière en été, alors que les arbres étaient verdoyants, que le soleil diffusait une chaleur agréable et que les oiseaux chantaient dans les arbres. Rowena rentrait dans l'eau doucement, sentant la morsure glaciale sur sa peau, la faisant frémir. Ses frères se moquaient d'elle parce qu'elle était lente, mais elle était une fille, et donc plus faible. Aussi parfois, pour se venger d'eux, elle rentrait rapidement dans l'eau, claquant des d'eaux, mais dans ces moments-là, ses frères l'ignoraient, et elle ne leur disait rien. Ils n'aimaient pas savoir qu'une fille pouvait faire pareil qu'eux.
C'était une fille rancunière, affreusement. Pourtant, elle avait compris, un jour, en voyant une vieillarde édentée, vêtue de haillons crasseux, avec des longs cheveux blancs et gris qui pendaient de son crâne à moitié chauve, insulter, et balancer des ordures à un homme qui était passé sans se retourner sur cette loque, ses yeux marrons lançaient des éclairs et étaient haineux. A ce moment-là elle avait pris conscience que la haine ne faisait qu'assombrir l'âme, que cela détruisait une personne. Elle avait haï auparavant, haï comme jamais, et c'était de la haine pur et simple, elle le sentait dans ses veines. C'était un garçon, un simple paysan. L'un de ses amis. Parce qu'elle se fichait de la naissance ou du rang, pour elle, la noblesse, comme la valeur, se mesurait à l'individu lui-même, pas au reste. Ce garçon l'avait rabaissé plus bas que terre, s'était moqué d'elle, l'avait insulté. Rowena était faible alors, trop sensible, et elle ne s'était pas défendue, pour une fois. Alors elle avait été détruite, et la seule chose qui lui permettait de tenir c'était sa vengeance. Amère, elle y pensait nuit et jour. Et lorsqu'elle eut enfin l'occasion de lui faire payer, elle ne le fit pas. A quoi cela servait-il? Elle ne voulait pas se retrouver comme cette vieille femme aigrie et haineuse qu'elle avait vu. Et puis, pardonner était bien plus noble. Surtout que pour l'ignorer, elle s'était comportée comme une lady, le méprisant et le regardant de haut, tout ce qu'elle détestait. Elle détestait retrouver chez les autres ses propres défauts.
Pourtant, c'était sa naissance, qui malgré tout, l'avait séparée des autres. Tous ces enfants avec lesquels elle jouait, allant même jusqu'à se traîner dans la boue, elle ne voyait pas de quelles familles ils venaient, et cela ne la gênait pas. Ils étaient issus des familles de soldats qui se succédaient depuis toujours à Motte-la-Forêt, mais elle s'en fichait. Pas eux. Plus elle grandissait, plus ils s'éloignaient. Elle était une lady, elle ne devait pas être amis avec des gens d'un rang moins élevé. Elle détestait ça. Et même désormais, lorsqu'elle était chez elle, et lorsqu'elle les croisa, ils échangeaient un regard, parfois un sourire, puis c'était toujours eux, qui, les premier détournaient la tête. Gênés. Cela la vexait et la blessait à chaque fois, mais Rowena avait réussi à s'endurcir. Ce qui faisait qu'elle était devenue la femme à la fois forte, fragile, sensible et passionnée qu'elle était. Mais ce qui l'affaiblissait, elle le masquait, le cachait, pour que personne ne trouve sa faille.
Un froid glacial s'empara d'elle tandis qu'elle se redressait. Rowena jeta un bref coup d'oeil autour d'elle puis finalement, quitta le pont d'un pas décidé. Ses enfants l'attendaient dans la cabine. La jeune femme savait parfaitement qu'elle aurait pu faire venir un bateau de Blancport rien que pour elle mais elle avait préféré en prendre un qui transportait des marchandises, et également les marchands. Elle n'aimait pas gaspiller son argent à des choses qu'elle trouvait futile. Elle retrouva ses enfants dans la cabine qu'elle avait payée. Une petite cabine contenant deux lits, une petite table ainsi qu'une chaise. Leurs affaires avaient été posées dans un coin libre. C'était petit, mais Lysander et Margaery s'en souciaient peu, ils semblaient d'ailleurs s'être familiarisés avec les yeux et observaient tout, même si il n'y avait absolument rien à voir. A leurs âges, même un endroit tout petit leur paraissait immense. Avec un léger soupir elle s'assit à côté de Margaery qui se serra contre elle. Avec douceur elle caressa les longs cheveux blonds de sa fille. Elle les avait déjà prévenu, leur avait déjà dit que le voyage serait long. Rowena savait qu'ils seraient sages, qu'ils ne se plaindraient pas, ils ne se plaignaient jamais. Ses enfants étaient des anges, une bénédiction par rapport à d'autres. Avec un sourire, elle les regarda. Oui. Des anges. Mais c'était normal, c'était ses enfants.
Elle avait souffert pour eux, souffert pour les mettre au monde, pour leur donner la vie. Rowena se souvenait parfaitement de son corps déchiré, elle ne ressentait rien, absolument rien à part la douleur qui s'emparait d'elle par vague, et qui la piquait, la démangeait tout le temps. Son corps et son esprit s'étaient détachés l'un de l'autre, et elle avait alors ressentit la douleur sans la sentir. Mais jamais elle n'avait hurlé, ni ne s'étaient plaintes comme tant de femmes le faisait. Elle les méprisait également. Parce qu'elle faisait partie d'une classe qu'elle n'aimait pas, et dont elle faisait partie malgré elle.
Le bateau faisait une escale de deux ou trois à jour à Soeur-Bourg. N'ayant jamais vraiment visité ce coin-là du Val, Rowena avait décidé, non pas de rester sur le bateau mais d'aller voir un peu. Elle laisserait les enfants dans une auberge, sous la bonne garde d'une servante qui ne verrait que la pièce qu'elle aurait si elle s'en occupait bien. En poussant un soupir, elle entreprit de raconter une histoire à ses enfants qui ne demandaient, et n'attendaient que ça. Aussitôt, ils voulurent l'histoire de l'ancienne Valyria. Avec un léger sourire, et s'installant confortablement, Rowena la leur raconta. Elle vit leur yeux briller lorsqu'elle parla des dragons, puis une lueur déçue lorsqu'elle expliqua que le Fléau de Valyria, terrible cataclysme avait tout détruit, excepté quelques Maisons telles que les Targaryen, les Baratheon ou les Velaryon. Beaucoup avait également fui à Volantis, mais peu importait. Elle leur racontait, comment les premiers Targaryen avaient réussis, grâce aux trois derniers dragons, à conquérir Westeros, sauf Dorne. Elle était aussi passionnée qu'eux, aussi prise dans l'histoire qu'eux, et peu à peu elle dériva, revint à l'histoire du Nord, au temps où les enfants de la forêt vivaient, avec les géants, et comment arriva la Longue-Nuit, comment fut construite Winterfell. Elle n'oublia pas de mentionner comment était apparu les premiers Lord du Val, et à quel point tous les valois étaient fiers et nobles. Comme ils se devaient de l'être plus tard. Nobles, droits, fiers, et justes.
Rowena parla tellement et si longtemps que dès qu'elle s'arrêta, elle sentit sa gorge sèche, mais il n'y avait pas d'eau. Enfin si, mais elle n'avait pas envie d'y toucher, elle ne s'y fiait pas. Elle laissa alors ses enfants, et lorsqu'elle referma la porte, elle les entendit rire et crier. Ils étaient contents. C'était bien. Un léger sourire sur le coin des lèvres, une sensation joyeuse s'empara d'elle tandis qu'elle remontait sur le pont du navire. Néanmoins elle poussa un léger soupir. Elle devait écrire à son père, lui dire que tout allait bien. Le corbeau qu'elle lui enverrait arriverait sans doute avant Jaime. Elle lui écrirait dès qu'elle arriverait au port se promit-elle. Avant cela, elle avait champs libre pour observer. Les voiles du navire étaient gonflées par le vent, les marins s'accrochaient en hauteur sur des choses dont elle ignorait totalement le nom. Elle leva la tête pour voir le sommet du mât, avec la vigie à son sommet, mais malheureusement, le soleil l'en empêcha, et la tête tournant légèrement elle préféra retourner dans la cabine.
Le temps passait affreusement lentement, et lorsqu'enfin, Rowena perçut une certaine agitation, lui il suffit d'entrouvrir la porte qu'elle avait soigneusement refermée pour entendre les gens se précipiter sur le pont, le vigie criant à terre, à terre! Elle sourit à ses enfants et ceux-ci se précipitèrent à l'étage supérieur, afin de voir la côte de loin. Leur intimant de faire attention à ne pas glisser par dessus-bord ni de se perdre, elle les laissa filer tout en les surveillant légèrement du coin de l'oeil. Lysander parlait avec agitation, sautant un peu partout tandis que Margaery se taisait, comme à son habitude. Elle était muette. Du moins, c'était ce que pensait les gens. Rowena savait que c'était faux, sa fille parlait peu, il était vrai, mais c'était parce qu'elle était un peu timide, et qu'elle avait peur de faire des erreurs. Son frère s'occupait d'elle, et parfois, en les regardant, la jeune femme avait l'impression de se revoir, elle et Jaime lorsqu'ils étaient plus jeunes. Sauf que c'était toujours elle qui l'avait mené en bateau, c'était elle qui l'avait dirigée. Toujours. Pour sa soeur, et parce qu'elle le lui demandait, il allait jusqu'à se faire punir par sa faute. Lorsqu'elle y repensait, elle en riait, et lui aussi d'ailleurs, pourtant rien n'avait changé. C'était toujours ainsi entre eux et cela le resterait sans doute pour le restant des jours.
La jeune femme rejoignit ses enfants près de la rambarde et souleva Margaery dans ses bras afin qu'elle voit mieux. L'Île des Trois Soeurs se rapprochaient de plus en plus et ses enfants semblaient tout bonnement fascinés par ce spectacle. Lorsque le navire commença à entrer dans le port, Rowena ramena ses enfants en cabine afin de ramasser leurs affaires. Une heure plus tard, le bateau était arrêté dans le port et les marins dressaient la passerelle. Une fois que cela fut fait, les passagers commencèrent à descendre, les marchandises suivraient. Le bateau resterait trois jours dans le port avant de repartir, passé ce délai, il s'en irait, tout le monde à bord ou non, cabine payée ou non. Rowena avait entendu parler d'une auberge, située dans un coin tranquille près du château, La Fille du Capitaine. Demandant son chemin, elle finit par y arriver. Le vent s'engouffrait dans les ruelles, froid, vif, comme en mer. Les feuilles mortes de quelques arbres étaient tombés sur le sol pavés. L'hiver arrivait, oui, même ici. Enfin, après qu'elle eut dépassée de belles maisons, elle arriva devant une enseigne où était inscrit le nom de l'auberge en magnifique lettre dorée. C'était ici. Elle entra et fut aussitôt submergée par une ambiance chaleureuse, un bon feu brûlait dans la cheminée de la salle principale. S'approchant du comptoir laissant ses deux enfants seuls dans l'entrée elle s'approcha du tenancier qui la regardait, méfiant. Effectivement, une femme bien vêtue, avec deux enfants, seules, ça ne devait pas inspirer confiance.

« - Je voudrais deux chambres s’il vous plaît, fit-elle d’une voix ferme, ne laissant aucun choix au tenancier.
- Une pour vous et une pour vos enfants? Demanda t-il, curieux.
- Oui c’est cela. Une chambre pour moi, et une pour mes enfants, répéta t-elle avec un sourire conciliant, se retenant de dire que cela ne la regardait pas, mais si elle se laissait emporter, elle n'aurait pas les chambres, sauf si elle disait qui elle était et elle n'en avait pas la moindre envie.
- Et votre mari vous rejoindra t-il? J’ai besoin de votre nom ou prénom pour lui donner le numéro de la chambre.
- Je suis veuve, mais étant donné que je suppose que vous avez quand même besoin d’un nom et d’un prénom pour mettre sur les registres marquez simplement Rowena de… Rougefort.
- Ah! Vous travaillez là-bas? fit-il avec un sourire. Forcément, maintenant qu’il savait qu’elle une veuve respectable, tout irait mieux.
- Oui cela fait maintenant près de neuf ans que j’y travaille. Puis-je avoir les clés de la chambre? Et je réserve pour trois jours. Dois-je vous payer maintenant ou à mon départ?
- A votre départ si vous ne vous enfuyez pas en courant. Voici les clés » fit- il en les lui tendant après lui avoir souhaité un bon séjour.
Elle donna une des clés à Lysander qui entraîna sa sœur à l’étage tandis que Rowena, ayant oublié de demander quelque chose, revenait.
« - Avez vous des pigeons?
- Bien sûr. Dites-moi où vous souhaiter l’envoyer et je vous dirai le prix.
- A Motte-la-Forêt.
» répliqua t-elle. Il lui lança un regard presque navré, et réfléchissant quelques instants, annonça un prix. C’était cher, surtout pour un corbeau, mais bon, elle n’allait pas faire son avare. Elle accepta de payer et lui ordonna de tenir prêt le corbeau à partir dès qu’elle aurait écrit sa lettre. La Nordienne rejoignit rapidement ses enfants, déjà installés dans la chambre. Pouvait-elle les laisser? Elle en doutait. Les embrassant elle leur dit qu'elle était dans la chambre d'à côté, et qu'elle écrivait une lettre pour leur grand-père. Elle les préviendrait également lorsqu'elle partirait. Elle n'en aurait pas pour longtemps leur promis t-elle. Lorsqu'elle pénétra dans la chambre, elle l'observa à peine et s'installa aussitôt à la seule table, prenant du parchemin et de l'encre ainsi qu'une plume. Elle devait envoyer la lettre sans tarder.


A Aidan Glover

Père, comme vous me l'aviez demandé je vous rédige cette missive rapide afin de vous avertir de mon arrivée à Soeurbourg où le bateau fait escale quelques jours. Pour l'instant, la traversée s'est parfaitement bien déroulée, il n'y a eu absolument aucun incident et j'espère que cela continuera ainsi jusqu'à notre arrivée à Goëville. A peine ai-je quitté le Nord que tout me manque déjà. Je suis désolée de ne pouvoir vous écrire plus, mais je vous promet que dès que j'arrive Rougefort, je vous écris une lettre plus longue pour vous relater tout en détail. J'espère que Jaime est ou rentrera sain et sauf. Je voulais également que vous sachiez que si jamais vous encouriez le moindre danger, vous ou quelqu'un d'autre dans le Nord, que je reviendrai car mon coeur appartiendra toujours à mes terres natales.
Votre fille attentionnée, Rowena.



Elle reposa sa plume, relisant attentivement plusieurs fois ce qu'elle avait écrit, puis, avec un léger soupir, cacheta la lettre. Sortant de la chambre elle referma la porte derrière elle et prévint ses enfants qu'elle partait. En déposant la lettre sur le comptoir elle en profita pour demander à ce qu'une servante aille surveiller ses enfants, et qu'elle paierait en plus. Naturellement. Cela fut accepté avec empressement et finalement elle fut invitée à suivre l'aubergiste tandis qu'il envoyait le pigeon. C'était moins fiable qu'un corbeau, mais elle devait faire avec, n'ayant pas de mestre à proximité. Puis après avoir regarder le pigeon disparaître à l'horizon elle quitta l'auberge avec un soupir de soulagement avant de se mettre à errer dans les rues.
On disait que le Nord et le Val s'étaient longtemps battu pour exercer la suzeraineté des Trois Soeurs. De l'avis de Rowena, ç'aurait dû être le Nord qui aurait dû les avoir, puisque les îles étaient plus proches du Nord que du Val d'Arryn. Mais bon, c'était le Val qui les avait eu. C'était ainsi. On disait également que c'était une île de pirates, et de naufrageurs, qui allumaient des feux pour attirer les bateaux, les faire échouer pour en récupérer la cargaison. Elle frémit légèrement, tant elle trouvait cela morbide. Descendant une rue au hasard, elle remarqua que le vent s'était calmé et que le ciel était d'un bleu profond, parfait. Mais l'ombre du siège de la Maison Sunderland lui fit tourner la tête et elle ne résista pas à l'envie d'y aller y jeter un coup d'oeil. Cette Maison, comme la maison Rougefort, était une Maison importante du Val d'Arryn, c'était pourquoi Rowena avait préféré ne pas s'annoncer. Elle n'aimait pas déranger, même si elle accordait volontiers l'hospitalité aux nobles qui voyageaient quand certains passaient par Rougefort.
Soudain elle entendit des cris et vit des enfants qui couraient, hurlant de joie. Cela la fit sourire et elle se sentit de bonne humeur, presque heureuse finalement, de rentrer dans le Val. Le regard d'un gamin s'arrêta sur elle surpris, et elle lui sourit, l'enfant. Elle sentit son cœur exploser un bref instant. Il avait des yeux bleus sombres, comme un océan déchaîné, des longs cheveux blonds crasseux tombaient sur son visage sale, maculé de poussières. Et pourtant, il semblait heureux. Après un dernier regard, le garçon s'en alla en courant, rejoindre les autres. Par moment, elle aurait aimé voir ses enfants courir et jouer comme ça, ils ne le faisaient jamais, ils ne se mêlaient jamais aux autres.
Elle continua sa route jusqu'à apercevoir, au loin, un septuaire, juste à côté de la forteresse ses Sunderland. Elle hésita. A Motte-la-Forêt, comme partout dans le Nord à l'exception de Blancport, chez les Manderly, il n'y avait aucun septuaire et à vrai dire, Rowena n'y était entrée qu'une seule fois, pour son mariage, elle était tellement intimidée qu'elle avait gardé les yeux baissés sur le sol pendant tout le temps qu'avait duré la cérémonie. Elle croyait aux anciens dieux, aux enfants du petit peuple. Pas en les Sept. Néanmoins, elle respectait toutes les religions, même celle du Dieu Noyé, qu'elle trouvait particulièrement intéressante, mystérieuse, et cruelle. Mais celles des Sept ne l'avait jamais vraiment intéressée. Elle savait peu de chose sur cette religion mis à part que les gens pensaient qu'il y avait un Dieu, qui prenait sept faces différentes, le Père, la Mère, la Jouvencelle, Le Guerrier et d'autres dont elle ne se souvenait absolument plus. Rowena ne comprenait pas comment des hommes et des femmes pouvaient passer leurs vies aux services des Dieux, à les prier jour après jour elle trouvait cela stupide. Inutile. Et elle détestait les vies qui ne servaient à rien. Le but d'une vie, ce n'était pas de servir des Dieux qui n'existaient peut-être même pas.
Il régnait dans le septuaire une ambiance paisible qui lui fit du bien. Au final, être ici, agenouillé devant les différentes statuettes, ce n'était pas si différent d'être au point du barral, même si Rowena préférait écouter le chant de la nature au lieu du silence. Elle préférait trembler de froid plutôt que de sentir le sol dur et froid sous elle. Y entrant elle observa attentivement les sept statuettes. Les gens priaient les sept, mais plus particulièrement celles qui les intéressaient. Les jeunes filles priaient la Jouvencelle pour se trouver un mari, ou protéger leurs amours. Les hommes tels les chevaliers priaient le Guerrier pour qu'il leurs accorde force, courage. C'était stupide. Tout ça résidait en chacun, et prier une des faces d'un Dieu n'allait rien y changer. Rowena resta à l'entrée. Elle n'entrerait pas, elle n'avait aucune raison, absolument aucune de le faire. Ses enfants eux, y allaient, parce qu'ils étaient des Valois, et elle refusait qu'ils croient en ses Dieux à elle. A la limite, elle tolérait que Margaery y croit, mais c'était sa fille, pas son fils, pas le seigneur de Rougefort.
Elle poussa un soupir et se détourna. Elle était curieuse et elle voulait le plus de chose possible. Si l'occasion lui était un jour donnée, elle n'hésiterait pas à s'embarquer pour les Cités Libres ou plus loin encore sur l'autre continent. Parce qu'elle voulait voir toutes les merveilles dont on parlait dans les livres. Elle voulait apprendre d'autres langages que le sien, même si Rowena parlait déjà à peu près bien le valyrien utilisé dans les Cités Libres. Un léger bruit attira son attention et lorsqu'elle tourna son regard clair vers la provenance du léger bruit, qui n'était, qu'en fait, qu'une personne qui marchait, elle s'en détourna. Avant d'observer plus attentivement. C'était une Septa qui arrivait, une religieuse de la foi des Sept. Normal, étant donné qu'elle était à côté du septuaire. Mais c'était sans doute l'une des plus jolies jeunes filles qui lui avait été donné de voir. Une peau d'ivoire, aussi blanche qu'une perle, légèrement nacrée, une touche de rose au pommettes, de grand yeux bleus clair, innocents, un visage ovale et une bouche parfaitement dessinée ainsi qu'un petit nez. Rowena n'était pas du genre à se soucier vraiment des autres personnes qu'elle ne connaissait pas, mais la jeune fille était différente, la septa plutôt. En la voyant, on voyait sa naissance. C'était une noble, il n'y avait absolument aucun doute possible.
D'une certaine manière, elle ressemblait à Margaery avec ces longs cheveux blonds, comme les rayons du soleil, sauf que ceux de sa fille était lisse et souple, ceux de la Septa tombait dans son dos en vagues légères. Intérieurement, Rowena espéra que sa fille ressemblerait à la jeune fille plus tard, elle aurait sans doute des problèmes avec les hommes qui tenteraient de l'approcher de trop près, mais elle n'aurait pas de difficulté à se trouver un mari. D'autant plus qu'elle venait d'une maison noble illustre. Tout cela ne la rajeunissait pas. Et le pire dans tout cela, c'est qu'elle n'était même pas âgée. Par moment, elle se sentait vieille, et fatiguée. A son âge, elle avait déjà plus vécu que certains.
Rowena sourit alors gentiment à la jeune Septa, curieuse, elle se demandait comment quelqu'un comme elle avait pu vouer sa vie aux Dieux. Quelqu'un d'aussi ravissant. Mais cette question, comme tant d'autres qu'elle se posait sans arrêt, resterait certainement sans réponse.
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« la religion est une poésie sans espoir ; Ilyana

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