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« l'ivrogne et la reine; Aelinor

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Message Mar 3 Jan 2012 - 20:56

Sa tête. Il avait mal à la tête. Affreusement mal. Il lui semblait qu’elle allait exploser. Le prince de Peyredragon poussant un long gémissement en ouvrant les yeux. Aveuglé par la lumière pénétrant à flot par la fenêtre, il les referma aussitôt, son mal de tête ne faisant qu’empirer. Il enfouit sa tête sous les draps qui sentaient étrangement bon. Relevant la tête Daeron observa avec curiosité la chambre dans laquelle il était. Une auberge. Avec le temps, il avait développé un certain instinct pour reconnaître les endroits où il s’éveillait. Il fut lui-même surpris de découvrir son lit vide. Difficilement, il se lev et remarqua qu’il était déjà habillé -sans doute parce qu’il s’était couché ainsi ou que personne n’avait osé le déshabiller car son dernier souvenir était sa coupe de vin, vide-. Sa chemise blanche était par ailleurs par le délicieux liquide et il empestait l’alcool. Boire. Il devait boire, il avait la gorge sèche. Boire. Cette pensée le revigora soudain et marchant vers la porte il l’ouvrit, avisant une servante il ordonna d’une voix sèche et rude « Du vin! Tout de suite! » avant de claquer la porte. Peu à peu, il se souvenait. Il devait être dans les Terres de l’Orage, quelque part vers Lestival. L’auberge. Il s’y était arrêté pour boire, et pour dormir aussi. Aelinor était à Lestival pour y voir son très très cher père. Rien qu’à cette pensée, il se rembrunit. Il voulait voir sa tante, peut-être sa mère, mais pas Maekar. Voir dans ses yeux la déception, la honte, il ne pouvait le supporter.
Son paquetage avait été posé dans un coin de la chambre. Il voyageait léger, pour un prince, mais c’était normal. Mieux valait qu’on ne le reconnaisse pas. Il avait soif. Sa bouche était pâteuse. Aussi dès que la servante entra il la renvoya sans ménagement et saisissant la bouteille en avala de longues gorgées. Il jeta la bouteille plus loin, se sentant brusquement mieux. Rapidement il enfila d’autres vêtements, des propres, il apparut soudain plus élégant, plus racé, mais la noirceur de ses vêtements ne faisait que renforcer la pâleur de son visage, les cernes de ses yeux. Attrapant ses affaires il sortit de la chambre et voyant l’un de ses hommes il tendit son paquet en lui ordonnant de préparer les autres à partir d’ici une dizaine de minutes. Daeron voyageaient rarement avec une escorte, mais cette-fois ci, pour traverser les Terres de la Couronne et de l’Orage, il avait décidé de prendre avec lui quelques hommes qui lui obéissaient aux doigts et à l’œil. Le reste des hommes devaient d’ailleurs certainement être en train de cuver leurs vins dans les écuries, avec les jolies serveuses mais peu important. Il était de bonne humeur, pour une fois, ayant dormi d’un sommeil profond et sans aucun rêve.
Quelques minutes plus tard, tandis qu’il finissait sa bouteille de vin, on lui apporta son cheval, déjà sellé, tandis que tous les hommes étaient prêt à le suivre. Il enfourcha rapidement son destrier, lançant une pièce d’or à la tavernière qui écarquilla les yeux, mais ce n’était point de la générosité, contrairement à ce que la pauvre femme croyait sans doute. Si il avait pu lui donner moins, il l’aurait fait, mais malheureusement il n’avait que ça en poche et ne s’abaisserait pas à demander à l’un de ses hommes de payer pour lui. L’escorte se remit en mouvement rapidement. Nul dragon à trois tête n’était visible, personne ne savait qui il était et c’était mieux ainsi d’ailleurs. On le prendrait pour un jeune noble d’une famille quelconque. Peut-être même le prendrait-on pour un Dornien étant donné qu’il avait hérité du physique de sa grand-mère Myriah Martell, et Lestival était à proximité de Dorne après tout.
Cela faisait plusieurs jours qu’il était parti de Port-Réal, même si on ignorait avec précision où il se trouvait et à quel moment. Suivre la Reine, qui l’aimait bien, étant donné qu’il était son neveu, était une chose facile, presque agréable. Il aimait bien sa tante, elle était pour lui une seconde mère, même si il refusait de ressentir quoi que ce soit. Et puis, la suivre avait des avantages, il était au courant de beaucoup de chose, et si jamais elle était en danger, il le saurait. Du moins il l’espérait. Daeron n’était pas bête, juste stupide. Et il savait très bien que sa tante n’aimait pas Brynden Rivers, la Main, tout comme son père d’ailleurs. Lui, lui ne savait pas. Instinctivement il porta sa main à sa gourde, remplie de vin et en but une gorgée. Il n’aimait pas trop réfléchir. Ces sujets étaient compliqués, et il n’aimait pas ce qui était compliqué. Au fond de lui il maudissait Aelinor d’être allée à Lestival, qu’avait-il besoin de la retrouver là-bas? Poussant un profond soupir, il passa au galop ainsi que le reste de ses hommes. Le rythme du galop le berça un bref instant avant qu’il ne soit aveuglé par la poussière se dégageant du chemin. Plus il avançait, et plus les arbres se faisaient rares, jusqu’à disparaître complètement à vrai dire.
Enfin, le château de Lestival se dressa devant lui, majestueux, une demeure digne d’un Dragon. C’était son grand-père qui l’avait fait construire dans sa jeunesse, mais qui l’avait cédé à son propre père peu avant sa mort. Lorsque le Freuxsanglant avait été nommé Main du Roi par Aerys, son père s’était exilé là. Et à vrai dire, Daeron ne pouvait qu’en être content, parce qu’à Peyredragon ou à Port-Réal, il avait le champs libre pour faire ce qu’il voulait. Il arrêta son étalon à une auberge, de meilleure qualité que la précédente et ses hommes firent de même. Laissant son étalon à un palefrenier il ordonna à ses hommes de descendre et de se reposer. Ils passeraient la nuit ici. Daeron n’avait aucune envie de la passer dans le château, tout comme il n’avait aucune envie de revoir sa mère, Dealla et Rhae, mais également Aegon et son chevalier, ser Duncan. Et puis son père. Il espérait qu’il n’allait pas le croiser. Pour se redonner du courage il avala une autre gorgée de vin, puis sentant sa tête commencer à tourner, arrêta. Il était juste assez sobre pour se contrôler, juste assez ivre pour ne pas être en manque. C’était parfait. Payant une chambre -la meilleure- même si elle devrait rester vide car le prince avait bien envie d’aller faire un tour dans un bordel ou alors il ramènerait une prostituée, puisqu’il savait que son père condamnait cela. Il s’y installa rapidement, enfilant une chemise noire faite dans un magnifique tissu, souple et soyeux, où était cousu, en fils sanglant, le dragon à trois têtes des Targaryen.
Ressortant il remonta sur son étalon noir et trotta en direction de la Cour principale du Château. Les gardes s’écartèrent pour le laisser entrer, voyant le blason et le reconnaissant. Sans leur accorder un regard Daeron descendit une nouvelle fois, ordonnant au jeune garçon qui se précipita pour tenir son cheval de rester sur place, ou du moins, de laisser son cheval là, car il voulait être prêt à s’en aller si jamais il voyait ne serait-ce que l’ombre de son père. Il demanda donc où étaient les appartements de sa tante et lorsqu’on eut répondu à sa question il s’y dirigea grimpant quatre par quatre les marches menant à l’étage. Deux gardes gardaient l’entrée des appartements, ils hésitèrent en le voyant, mais finalement, sans l’annoncer, ils s’écartèrent pour lui laisser le passage. Passant à côté d’un miroir il observa son reflet d’un coup d’œil. Il avait l’air mal, enfin, il avait son air normal, mais il ne tremblait pas au moins, c’était déjà ça. Il partit à la recherche d’Aelinor, maudissant la grandeur des appartements et lorsqu’il la trouva, il déclara d’une voix enjôleuse:

« J’ai rêvé de vous cher tante, vous étiez aussi belle que l’aurore elle-même, mais maintenant que je vous vois, je dois dire que vous êtes plus belle encore. » Il n’était pas flatteur, loin de là, au contraire, il était cynique. Il savait que sa tante ne savait que croire à propos de ses rêves, alors il s’en moquait. Et puis, ce n’était pas totalement faux ce qu’il disait. Mais rares étaient ceux qui le disaient de manière aussi familière et directe. Pour s’excuser, il n’aurait qu’à dire qu’il avait bu, non seulement ce ne serait pas un mensonge, mais belle et bien une preuve de plus qu’il n’avait pas gagné son surnom pour rien. L’Ivrogne. L’Ivrogne et la Reine.
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Message Mer 4 Jan 2012 - 4:17

Port Réal lui manquait déjà. Elle ne saurait dire si elle s’y sentait autant en sécurité qu’à Lestival. Peut importe. Elle finirait bien tué par un membre de la garde royale, si le Freuxsanglants le voulait. Elle était partie pour mieux mettre de l’ordre, dans sa tête comme sans son cœur. Elle avait besoin d’être loin d’Aerys et proche de Maekar. Certes elle s’infligeait des épreuves inutiles. Elle savait qu’un jour, elle en souffrirait que davantage. Pour l’instant, elle restait face à elle-même. Elle ne supportait pas le déchirement qu’elle allait peut être provoqué. Du moins, les épreuves elle les infligeait tout autant à Daeron. Le pauvre garçon, elle s’en voulait tant. Elle qui avait toujours essayé d’être au petit soin avec lui. Elle voulait seulement lui faire comprendre qu’ils ne l’avaient pas tous abandonné. Qu’elle serait toujours là. Tant qu’elle serait vivante et assez forte pour le protéger.

Lestival représentait beaucoup de chose pour le garçon. Pour elle, si peu. Le donjon rouge était sa maison et Lestival le retrait de Maekar. Assise près de la fenêtre, la reine des Sept couronne se demandait ce que pouvait bien être Lestival pour elle. Cet endroit était le début de sa chute ou de la reprise du trône, par les vrais Dragons. Elle était muée par le même sang que son frère. Celui du dragon au sommet de sa puissance. Elle réfléchissait comme lui, mais elle n’était pas aussi combattive. Elle avait appris à lâcher les armes, tout le contraire de Maekar. Si Baelor n’était pas mort, rien de cela ne serait arrivé.

Aelinor était dans ses propres songes. Elle avait toujours été heureuse de pouvoir compléter son frère. N’ayant pas d’enfants, Aelinor s’était retournée vers ses neveux. Valarr et Matarys avaient toujours eu le soutien de leur tante. Les enfants de Maekar était un plus jeune. Mais son préféré inconditionnel avait toujours été Daeron. Incompris de son propre père qui le prenait comme un propre fardeau, Aelinor avait pris sous son aile son neveu espérant qu’elle puisse un jour y comprendre quelques choses. Elle détestait par-dessus tout le laisser à Port-Réal, quand elle n’y était pas. Surtout avec ce don, qu’elle tentait de comprendre au mieux. Alanna ne lui pardonnerait jamais s’il arrivait quelques choses à son ainé.

La dragonne regardait le ciel. Il était gris tout comme son cœur. La pluie ne cesserait pas incessamment, elle allait certainement reprendre dans les heures qui suivraient. Elle craignait qu’il lui soit arrivé quelques choses. Qu’on traverse sans se faire annoncer, la dragonne ne put qu’en sursauter. Elle était habituée de voir Maekar le faire, mais … Daeron. Elle ne pouvait lui en vouloir. Du moins elle n’arrivait jamais à lui en vouloir. Elle était certainement beaucoup plus compréhensible que Maekar, qui ne voyait que ses fils comme des échecs retentissant. Aelinor n’éprouvait que de l’affection que pour Daeron. Elle voulait le comprendre. Elle voulait tout savoir.

La reine targaryenne sursauta. Quand elle se retourna, elle vit le prince, son prince. Elle s’avança vers lui. Ses paroles la touchaient, mais lui créait toujours un froid. Elle préférait quand même être en sa présence que celle de Rhaegel qui avait toujours eu un don bizarre de lui donner froid dans le dos. Elle regrettait ses jeunes années. Daeron, elle l’avait tenu naissant dans ses bras. Elle l’avait bercé, comme elle aurait pu le faire avec ses propres enfants, si elle en avait eu. Malheureusement, elle n’en aurait jamais le droit. Selon sa mère s’était mieux ainsi, elle pouvait se préoccuper de l’Ivrogne. Elle détestait ce nom tout comme celui qui la nommait la reine bafouée.

Voilà bien des années et je doute que tu étais né pour le voir, Daeron. Je ne suis qu’une fleur qui se fane à travers les années. Je n’ai plus rien de ses femmes que l’on compare à l’aurore et au crépuscule.

À force de crier de rage et de vouloir tuer son oncle, elle avait perdu son éclat de vivre complètement. Elle était taciturne, mélancolique et colérique. La seule chose qui la retenait de s’en aller et fuir dans ce monde était prime d’abord Daeron et peut être d’une autre part, un peu Maekar. Mais les fleurs ne sont pas éternelles, beauté trop souvent se fane à travers le temps.

Elle lui caressa la joue, avant de l’étreindre. Elle avait eu peur à un moment qu’il lui soit arrivé quelques choses. Parviendrait-elle un jour à croire qu’elle arriverait à le laisser sans surveillance. Daeron conservait son âme. Elle n’avait jamais vu le reste autrement. Elle avait besoin de cet enfant que son frère avait rejeté. Daeron sentait l’alcool. Encore un fois, comment faisait-il ? Elle avait beau tout essayé, il restait dans un lamentable état. Elle ne pouvait le comprendre. Du moins, elle avait plus de force que Maekar pour ne pas abandonner son neveu. Elle faisait tout son possible pour changer les idées du Prince et Daeron savait, qu'elle serait toujours honnête envers lui.

Mon cher prince adoré. J’ai craint que tu ne me rejoignes pas ici. Me pardonneras-tu de te faire subir cette épreuve bien inutile? Je te promets que nous ferons route vers Dorne le plutôt que je pourrais. Nous ne resterons pas longtemps entre ses murs et je comprendrais si tu ne veux pas séjourner dans cette maison.

Aelinor n’avait pas l’intention de confronté le fils au père. Elle n’avait pas besoin d’endurer le caractère de son frère au sujet de son fils. Maekar lui faisait confiance. C'était le plus important. Alanna l’aurait préféré près de lui, mais la reine doutait que le garçon veuille rester, trop près de Maekar. Il n’aimait pas son père qui ne semblait pas comprendre alors qu’Aelinor faisait son possible pour s’ouvrir à son neveu. En plus, elle avait ajouté Lestival comme destination de dernières minutes. Elle ne s’y attarderait pas autant qu’elle le ferait à Dorne. Elle trouverait aussi un moyen de se faire pardonner cette escapade. Elle avait offert à Daeron de l’accompagner. Elle ne le surveillerait pas comme un gamin, il n’en était plus un. Plus il était loin de la batarde et de Brynden Rivers, plus elle était capable de respirer.
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Message Mer 4 Jan 2012 - 14:06

Aelinor se retourna et marcha vers son neveu en lui répondant avant de l‘étreindre. Daeron aurait voulu de défaire de cette étreinte, il n’en était pas digne. Absolument pas. Et il ne serait jamais. Il n’était un dragon que de nom. C’était tout. Il masqua un sourire sombre à la réplique de sa tante. Une fleur qui se fane. Lui était une épave alors qu’il était encore plus jeune, il était déjà moitié mort, il vivait sous l’emprise du vin, de ses rêves. Parfois, il oubliait des jours entiers, et il se réveillait dans le brouillard, toujours difficilement. Il était déjà condamné il le savait, il n’était un bon à rien. Aelinor n’était pas une fleur, elle avait raison, non, elle était une dragonne, une vraie. La Reine des Sept Couronnes. Sa Reine. Daeron ne parviendrait jamais à la considérer comme cela pour la simple raison qu’elle était sa tante, sa famille, la seule qui le considérait encore un peu, l’aidait vraiment. Sa famille proche bien sûr.
Elle continua alors à parler. Elle avait craint qu’il ne la rejoigne pas ici. Elle avait eu raison de craindre. Il n’avait failli pas venir, renoncer avant même d’arriver, l’idée même de pouvoir voir son père était pire que tout. Sauf de ne plus boire une seule goutte de vin. C’était comme une vie sans eau. Impossible, inimaginable. Son regard s’attarda sur Aelinor, ses cheveux d’or et d’argent, ses yeux violets. Une vraie Targaryen. Elle était forte, courageuse. C’était une battante oui, même cela l’avait marquée. Même si elle n’avait pas eu de chance. Dorne. En partant, il ne savait même pas où il allait. Où elle allait. Rendre sa visite à sa tante et à son oncle sans doute. Son grand-oncle et sa grande-tante. Maudite famille. Comme tous bon petit Prince, Daeron avait appris par cœur l’arbre généalogique des dragons. Autrefois, cela le passionnait. Il aimait l’histoire, mais c’était avant. Avant ses rêves, ses visions, et tout ce que ça avait entraîné. A vrai dire, ce n’était même pas une surprise que tous les membres soient un peu dégénérés, il avait des visions, comme son grand-oncle, son once Rhaegel était un simple d’esprit, son frère cadet était un fou furieux qui avait soif de sang et qui se prenait pour un dragon.

« Vous êtes une dragonne. Vous serez toujours la plus belle. » fit-il d’une voix lointaine, légèrement distrait. Le vin commençait à faire son effet et sa tête lui tournait légèrement, mais il ne le montrait pas. Il se contrôlait. Il ne voulait pas la décevoir, pas comme il avait déçu son père. Et sûrement sa mère aussi. Toujours si inquiète pour lui. Daeron avait envie de lui dire que tout irait bien pour lui, qu’il était parfaitement heureux. Il avait tout ce qu’il désirait, tout ce dont il avait besoin. Du vin, et des femmes. Tant qu’il avait ça, tout irait bien. Rien ne lui manquait. Il poussa un bref soupir et regarda ses mains. Elles tremblaient, encore. Serrant les dents, il les croisa derrière son dos. Alors il entendit des rires légers, dehors, qui retentissaient dans la cours. Il s’approcha légèrement de la fenêtre que sa tante avait quitté pour venir vers lui et y jeta un coup d’œil. Daella et Rhae se promenait, avec leur septa et sa mère. Sa mère. Elle le faisait espionner, il le savait. Le Prince avait ses propres espions, rares, mais ils étaient là. Et au Donjon-Rouge, comme à Peyredragon, tous le monde espionnait tous le monde.
Généralement, il se servait des gens à son service pour couvrir ses propres traces, même si la plupart du temps, ça ne servait pas à grand chose. Sa garde était là pour le protéger lorsqu’il sortait le soir, à veiller à ce qu’il ne lui arrive rien lorsqu’il était dans un bordel ou en train de se saoûler dans une taverne. L’Œuf devait être là aussi. Normalement. Leur père avait exigé son retour à Lestival après une ou deux années passées sur les routes avec son précieux chevalier. Daeron poussa un soupir. Tout cela lui rappelait trop Cendregué, et il ne voulait pas se souvenir, pas de son rêve qui s’était réalisé. A boire. Il devait boire. Cette pensée lui traversa l’esprit, aiguë, dévorante.

« Il me tarde d’être à Dorne, le vin y est très bon. Meilleur là-bas que celui que l’on fait venir m‘a t-on dit. Et ça changera de celui de la Treille. » commenta t-il simplement en réponse à Aelinor. Sans doute serait-elle consternée de sa réponse, mais peu importait, on ne le surnommait pas l’Ivrogne pour rien. Il se détourna de la fenêtre, marchant de long en large pendant quelques minutes. Il avait soif. Sa gorge était sèche de nouveau. Il ne restait pas longtemps de toute façon, c’était trop risqué. Son regard clair, où brillait des éclats mauves, seules traces visibles de son appartenance à sa famille, allait de la Reine à la porte. Il ignorait pourquoi Aelinor était allée voir son père, enfin il le savait, la vie à la Cour, Brynden Rivers et son mari l’insupportait, mais était-ce uniquement pour cela?
Sa tête l’élança soudain. Portant la main à sa ceinture il remarqua qu’il n’avait plus sa gourde où il avait toujours du vin. Au cas où. Étouffant un juron il se rappela l’avoir enlever pour se rendre plus présentable encore. Il jeta un bref coup d’œil à sa tante avant de marcher vers la porte qu’il ouvrit, à la recherche d’une servante, dès qu’il en eut trouver une il lui demanda simplement d’apporter à boire. Le plus rapidement possible. Il retourna ensuite vers sa tante et fit:

« Je ne resterai pas ici, vous avez raison. Je suis déjà une tâche alors autant m’effacer plus que possible. J’ai pris une chambre dans une auberge, avec mon escorte. Vous n’aurez qu’à faire envoyer un homme lorsque vous repartirez, je vous suivrai. Et puis, si vous ne me trouvez pas dans l’auberge, je serai sûrement dans un bordel. Il ne doit pas y en avoir des masses par ici, avec mon père ici. » Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres fines tandis qu’il passait une main dans ses cheveux sombres. Les prostituées d’ici, comme toutes les autres, lui ouvriraient volontiers les bras, enfin, autre chose que les bras mais peu importait. Pour elles, il n’était qu’un noble. Mais peu importait, il y allait lorsqu’il était suffisamment ivre pour ne pas savoir ce qu’il faisait, et puis il s’y était habitué. Pour lui, les femmes étaient toutes les mêmes. Sauf les Targaryen bien sûr. Il se méprisait autant qu’il méprisait les autres. La porte s’ouvrit sur la servante qui rapportait à boire. Du vin. Un éclat enflamma son regard tandis qu’il remplissait deux coupes. Il en tendit une à sa tante tandis qu’il avalait la sienne d’une traite. Le liquide coula dans sa gorge, délicieux. Il se sentit mieux, mieux et moins bien. C’était comme ça à chaque fois, et ce serait toujours ainsi. Plus il buvait, plus il en voulait. Il buvait jusqu’à l’inconscience, espérant parfois ne plus s’éveiller le lendemain. Il ne voulait pas rêver, il ne voulait plus vivre. Mais il s’amusait, se distrayait en se détruisant.
Sa tante était la seule qui s’occupait de lui parce que son père l’avait rejeté, parce qu’elle-même n’avait pas d’enfant. Elle vieillissait, elle l’avait dit elle-même et dans quelques années, elle serait incapable de porter un enfant. Si Aerys la touchait toutefois ce qui était chose peu probable. Cette situation était au yeux de Daeron, profondément amusante, surtout lorsqu’il commençait à boire et à avoir la langue déliée. Son père deviendrait alors Roi à la mort d’Aerys, parce que Rhaegel ne pourrait jamais régner. Il trouverait sûrement une solution pour l’évincer de la succession, lui et Aerion, les deux hontes de sa famille. Et Aegon, ce brave, ce bon, ce merveilleux, si parfait Aegon, serait son héritier. Mais en attendant, c’était lui. D’un côté, il était heureux d’être l’aîné, car il restait toujours présent dans la vie de son père, malgré tout, et il espérait que cela l’embêtait. Il le frappait ainsi, ne pouvant le faire en face.
Aelinor ne pourrait s’attarder longtemps ici, Daeron en était conscient. Il y avait des rumeurs, concernant Aelinor et son père, ils avaient toujours été très proches et tous savait qu’ils auraient préféré se marier ensemble plutôt qu’Aelinor et Aerys et son père, Alanna, sa mère. Elle était en danger ici. Plus tôt elle irait vers Lancéhélion, mieux ce serait pour elle. Daeron en était convaincu.
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Message Jeu 5 Jan 2012 - 5:58

Si Aelinor avait le droit d’avouer une chose c’est qu’elle avait eu au moins la présence des enfants Targaryen dans ses bras, Daeron resta toujours son préféré avant ou pendant sa déchéance. Elle avait transformé son cœur de dragonne en un cœur maternel. Elle avait toujours eu un seul problème avec Maekar : Daeron. Le Dragon préféra complètement oublié son fils le laissant presque et totalement à lui-même dans ses histoires de boissons. Comme tout membre de la famille royale, elle avait eu connaissance que le don s’était propagé à travers les générations. Elle avait encore eu plus de compassion quand Daeron se mit à en souffrir. La jeune princesse dès lors s’était ouverte au prince. Elle avait tenté de réussir la ou Maekar avait lamentablement échoué. Encore, après quelques années, elle avait essayé de l’aider, mais elle n’avait pas toujours réussi. C’était peine perdu, selon certain, mais elle était la seule dragonne qui espérait encore un miracle.

Quoique l’on dise, quoique l’on pense sur toi. N’oublie pas que tu es et sera toujours mon préféré. Quoiqu’il arrive et ceci n’est pas un mensonge éhonté pour te flatter.

Encore une réplique que la reine associait à l’Étranger. Les dragons étaient tous mort. L’Un après l’autre et il continuerait de donner leur vie. Tout bas pour que Daeron ne l’entende pas elle murmura :

Tous comme eux je disparaitrais dans d’atroce souffrance.

Du moins, elle n’espérait pas mourir de vieillesse. Car elle ne pourrait pas endurer Aerys plus longtemps. Ce frère qui ne la traitait que comme un livre. En fait, un livre était beaucoup plus estimé par son imbécile de frère. Sa bibliothèque entière valait plus que sa propre sœur. C'était voilà ridicule. Elle était dégoutée. Elle ne pouvait même pas gagner contre un livre. Elle avait essayé de lire la lecture ennuyante d’Aerys. Elle avait essayé. Bon sang qu’il n’avait pas de gout. Au lieu de lui nommer une main, il aurait fallu que l’on lui crée un livre spécialement pour qu’il comprenne comment fonctionnait le pouvoir. Cependant, on ne riait jamais de lui. On riait d’elle. La femme incomprise, la femme oubliée, la reine des bas fonds. Elle n’avait plus rien sauf peut-être Daeron.

Daeron n’était pas son fils. Elle l’éloignait de Port-Réal quand elle le pouvait ou était en voyage, dans le cas contraire, elle le laissait gérer sa vie à Peyredragon. Elle était qu’une tante, pas sa mère et encore moins son père. En plus, le prince était assez vieux, mais certainement pas assez grand pour tout encaisser.

Je n’ai jamais détesté le vin de la Treille, mais j’avoue ne pas dire non à du Vin de Dorne.

Aelinor n’avait jamais contredis les propos de Daeron, elle donnait son avis sur une simple question, elle ne s’offusquait plus, comme avant. Elle comprenait son mode opératoire. Plutôt bizarre, mais elle n’attendait rien de plus pour le sermonner. Elle le laissait libre de partir, mais pas toute suite. Elle détestait ce jeu de regard. Elle aurait cru se voir toute petite. Quelle manie de toujours faire. Avait-il peur qu’elle ait convoqué son frère? Elle avait mieux à faire qu’avoir une dispute avec Daeron et le recherché à travers les sept couronne.

Cesse de fixer cette porte. Il ne viendra pas puisque tu ne veux pas le voir. Je ne suis pas non plus venu à Lestival pour te réconcilier avec lui ou Alanna. C’est toi qui choisi, quand tu veux lui faire face, moi je serai la que pour te soutenir. Tu sais très bien que je ne t’obligerais jamais à rien. Tu es mon neveu, je ne suis ni ta mère, ni ton père. Je suis simplement quelqu’un qui te veut du bien.

Même pour une nuit à Lestival il ne resterait pas. Comment pourrait-elle dormir encore. Lui faire promettre, laisserait certainement un doute au jeune prince qu’elle ne lui faisait pas confiance. Et pourtant, s’il voulait, elle lui aurait tout offert. Elle le laissa boire d’une traite ne disant rien. Lui montrant qu’une partie de sa peine et de l’autre son indifférence à ne pas être sa mère. Elle avait cessé de compter les fois où elle avait ramassé Daeron à moitié ivre, dans le donjon rouge. Elle avait aussi cessé de compter les fois où son propre capitaine ou celle de l’escorte de Daeron l’avaient ramené au château. Chaque fois, elle avait été là et n’avait rien dit. Elle le laissait faire, même si elle arrivait toujours à garder son neveu sobre au maximum deux jours, mais elle venait parfois taire ses rêves. Quand il était jeune elle y avait eu le droit. Maintenant, il préférait d’autres bras que les siens. S’il savait qu’il n’était pas le seul.

Elle était même surprise que Daeron n’ai jamais deviné. Il n’était pas le seul homme ivrogne de sa vie. Il y en avait bien un autre. Un que personne ne connaissait en fait, oui. Maekar le connaissait, sa belle-sœur aussi. Certainement Aerys et Rhaegel aussi. Elle avait eu son lot de déception et elle avait toujours accepté les défauts des autres. Tout comme Daeron, elle l’avait ramassé quelques fois dans un état d’ivresse pitoyable. Elle ne disait jamais un mot. Qui était-elle pour donner des conseils ou sermonner quelqu’un. ? Certes personnes, elle n’était pas mieux que personnes.

Elle l’incita à venir prendre place près d’elle. Elle passa une main dans ses cheveux et un sourire à son encontre. Pauvre garçon, elle aurait remué ciel et terre pour qu’il grandisse normalement. Elle prit un de ses mains et le fixa dans les yeux. Son regard violacé n’inspirait aucune haine, aucune crainte. Ils n’offraient que réconfort à son prince. Il avait le droit à une dragonne très différente de celle que Maekar, Aerys ou Rivers connaissaient. Elle n’était pas là même simplement parce qu’elle n’avait pas besoin d’être forte avec lui. Elle avait besoin que de patience et elle en avait.

Nous partirons demain à l’aube. Certes j’aurais préféré ne pas perdre mon temps à te chercher, mais je suis responsable de cette escapade imprévue, je n’userais pas d’autorité pour t’enfermer la nuit ici. Nous avons un long voyage devant nous. Après Dorne, tu auras le choix de regagner Peyredragon ou de m’accompagner chez Lord Tyrell. Encore là, il me fera plaisir de te voir à mes cotés.

La reine avait pris le temps de se relever et de passer la porte et émettre un ordre de ne pas la déranger. Simple et concis. Elle ne voulait pas que l’on perturbe sa discussion. Elle referma la porte et la verrouilla. Comme ca, personne ne les dérangerait. Elle relâcherait Daeron par la suite. Du moins, s’il était encore capable de marcher. Elle se dirigea de nouveau vers le prince ivrogne et prit place.

Elle prit une des mains de son neveu et la serra. Elle pouvait sentir ce léger tremblement. Que craignait-il? Aelinor retournait les phrases dans tous les sens. Elle se demandait si l’allusion de l’aurore n’avait pas une relation avec elle et une autre chose. Elle ne tarderait pas à savoir la réponse. Elle était certaine qu’elle était en cause, puisqu’il lui avait dit avoir rêvé d’elle. Avait-il seulement voulu capter son attention, elle en doutait. De toute manière, elle n’aurait pas besoin de le saouler, il semblait déjà commencé à l’être. Elle avait seulement besoin de le comprendre, rien de plus rien de moins.

Tu as dis plutôt avoir rêvé de moi. Qu’en était-il de ce rêve? J’avoue me torturer l’esprit à comprendre s’il n’y avait pas un double sens à tes dires mon jeune neveu. Tu peux me faire confiance. Ce que tu dis ne reste qu’entre nous deux. Je ne cherche pas à te nuire. Je crois que tu le sais pertinemment depuis tout ce temps.

Elle espérait tellement que cela ne soit que des faux espoirs. Elle avait bien l’intention d’éviter de se faire assassiner bêtement. Elle était bien entourée. Les soldats ne manquaient pas à sa suite.
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Message Ven 6 Jan 2012 - 19:55

Un léger sourire effleura ses lèvres lorsqu’Aelinor lui dit qu’elle était son préféré. Daeron n’apprenait rien qu’il ne sache pas déjà. Qu’il était le préféré de la Reine de Sept Couronnes, ce n’était un secret pour personne, surtout pas pour son propre père qui était toujours au courant de tout. Il devait sûrement fermer les yeux sur la relation de sa chère sœur et de son fils aîné, sa pire erreur, sa plus grande honte, par amour pour Aelinor. Sa tante s’arrêta un instant et murmura quelque chose, mais Daeron, les sens troublés, ne vit que ses lèvres bouger et ne comprit absolument rien. Elle se parlait sûrement à elle-même aussi ne lui demanda t-il pas de se répéter. Cela ne servait à rien, et puis, il n’en avait absolument pas envie. Par la suite, elle parut profondément plongée dans ses pensées, et là non plus, Daeron ne l’en tira pas. Elle était perdue. Elle aussi. Daeron ne savait que trop bien ce que l’on disait du couple royal dans les tavernes, ou les bordels. Il était le premier à écouter, il en riait lorsqu’il était trop saoul ou envoyait ses gardes régler les comptes à certains imprudents. Il ne se battait pas. En y réfléchissant mieux, il se demanda à quand remontait la dernière fois qu’il avait tenu une lame dans sa main et s’en était servi? A loin. A très loin. Puis il n’avait pas envie de se mêler de trop près à la populace masculine. Par contre, à toutes les jolies femmes qui lui écartaient volontiers les cuisses, il ne disait pas non. Il sourit lorsqu’Aelinor avoua aimer le vin de Dorne tout comme celui de la Treille. Lui, il aimait les deux, comme tous les vins après tout. Du moment qu’il parvenait à oublier, du moment qu’il parvenait à ne plus rêver, ni avoir de vision. Puis juste après, elle lui ordonna d’arrêter de fixer la porte, qu’est-ce qu’il y pouvait? Il n’avait pas envie que Maeker entre. Il haussa négligemment les épaules sans paraître touché des paroles de sa tante. Elle perdait son temps à s’occuper, à aimer une épave tel que lui. Un sourire amer se redessina sur ses lèvres tandis qu’il observait, se resservant tranquillement une coupe de vin. Elle l’incita à venir à côté d’elle, et obéissant, Daeron fit ce qu’elle lui ordonnait et pris place à côté d’elle. La dragonne prit l’une de ses mains, le Prince de Peyredragon évita de l’ôter, si cela pouvait faire plaisir à sa tante, de le toucher, si cela pouvait la rassurer, alors il se laisserait faire. Même si il savait qu’il n’était pas digne d’avoir sa main dans la sienne. Puis enfin, elle lui dit qu’elle partirait à l’aube, le lendemain. Ce fut comme si un poids énorme qui s’était posé sur ses épaules venaient de s’envoler. Demain. Demain. Il s’en irait de cet endroit. Il ne salirait plus l’air que respirait son père. La Reine s’était levée pour aller verrouiller la porte, s’isolant ainsi avec lui, s’assurant que personne ne viendrait les déranger.
Revenant vers lui, elle lui prit encore une fois sa main et Daeron ne put retenir un léger tremblement. Il avait soif, il avait besoin de boire, c’était tout. Mais il allait mieux. Aelinor perdait son temps avec lui. Il retint un léger rire lorsqu’elle continua à lui dire le fond de sa pensée, et puis son rire s’amplifia jusqu’à retentir dans la pièce. Mais ce n’était pas un rire joyeux. Loin de là. Daeron se releva brusquement le dos à sa tante, une lueur sombre brillant dans ses yeux bleus violets, injectés de sang, cernés.

« Si vous étiez en danger, vous seriez déjà au courant. Je ne vous laisserai pas vous faire tuer comme ça. Surtout si je le sais avant. Et je sais que vous ne cherchez pas à me nuire. Personne ne cherche à me nuire. Je me nuis déjà moi-même tout seul. Non, vous voulez m’aider, parce que vous détestez le bâtard, et que lui aussi peu m’aider. » Il se retourna alors vers sa tante, et rapidement, se rassit à ses côtés. Il était cruel. Sa tante s’occupait de lui, elle l’aimait malgré tout, même si ce n’était qu’un ivrogne, qu’un lâche. Et à vrai dire, il se fichait de qui s’occupait de lui ou non. La plupart du temps il était trop ivre pour s’en rendre compte. Mais il appréciait les efforts de sa tante. Elle n’avait pas d’enfants, et n’en aurait sans doute jamais, alors elle reportait son amour sur les enfants de son frère chéri. Et plus particulièrement lui. Pourquoi lui? Lui spécialement? Daeron n’en savait rien, mais l’idée d’y réfléchir lui faisait mal à la tête. « Et je vous accompagnerai chez Leo Tyrell. Je n’ai pas entendu parler de lui depuis Cendregué. Une éternité autant dire. Et puis, le vin de la Treille est bon également. Autant que celui de Dorne. Je pourrais donc les goûter l’un après l’autre. » A vrai dire il pouvait le faire quand il le voulait. Quand à Cendregué, il savait bien que sa tante réagirait, forcément. Baelor était mort durant ce tournoi, tué par Maeker, avec sa masse. Son père avait tué son frère. A cause d’Aerion, et à cause de lui aussi. Mais surtout par la faute de son cinglé de jeune frère, cruel, stupide. Pourtant, son père devait en avoir un peu moins honte. Il n’avait peur de rien au moins, surtout pas de tenir une épée, ni une lance, au contraire. Il adorait ça, il adorait voir le sang couler et la douleur s’afficher sur le visage de ses adversaires. Aerion le Monstrueux. Et Daeron l’Ivrogne. Belle fratrie. Décidément son père n’avait eu de la chance qu’avec ses trois plus jeunes enfants. Peut-être que si il avait épousé Aelinor, non seulement sa tante aurait été heureux, mais son père également, et peut-être qu’il aurait été fier des fils qu’elle lui aurait donné. Il n’aurait pas existé, et aucuns rêves, aucunes visions ne serait venu le troubler, le rendre fou. Oui, ça le rendait fou. Et son seul échappatoire, c’était le vin, boire, ça lui faisait du bien, infiniment de bien. Et s’il avait une vision, le lendemain, il ne s’en rappelait plus. Mais à force de boire pour oublier, il n’avait pas su arrêter. Voilà pourquoi il était l’Ivrogne. Mais pourquoi il buvait, peu de gens savaient vraiment pourquoi. Il aurait sans doute écopé d’un autre surnom.

« Je l’ai vu. Ce qu’il allait se passer. Je l’ai vu. Mais je croyais que ce serait Aerion. Pourquoi est-ce que ça n’a pas été lui? » souffla t-il. Cette nuit-là, où il s’était enfui de l’escorte royale, il s’était saoulé, et pourtant, il s’était rappelé de son rêve. Trop bien même. Et puis l’œuf qui avait déserté. Daeron se rappela alors à quel point il avait été inquiet, et pas à l’idée qu’il fut arrivé quoi que ce soit à Aegon, non, à l’idée de décevoir encore son père. Mais désormais, il en avait l’habitude. « Le dragon qui tombait mort sur ser Duncan… » il retint un rire anxieux avant de se resservir encore une coupe et de l’avaler. Boire, encore et toujours. Boire, pour oublier. Pour continuer à exister malgré tout. D’un côté, son père avait une chance de devenir Roi. Avec Valarr et Matarys morts du Fléau, comme Daeron II son grand-père, avec Aerys qui ne partageait plus la couche d’Aelinor et Rhaegel qui était un simple d’esprit. C’était son père qui aurait le trône. N’étais-ce pas ce qu’il avait toujours voulu au fond? Le Trône de Fer. Tout le monde le voulait. Daeron espérait mourir avant que cela n’arrive. Mourir d’ivresse ou d’amour. Mourir d’oubli. Tous les Targaryen semblaient maudits dès le moment où ils naissaient de toute façon, et la consanguinité n’arrangeaient rien, au contraire. Voilà pourquoi il était né avec ce foutu don. Une malédiction plutôt. Sa malédiction.
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Message Sam 7 Jan 2012 - 20:11

Certains éprouvaient un désir de comprendre comment on avait forgé le mur au Nord, d’autres comme Maekar Targaryen éprouvait une honte à ne pas comprendre les sentiments d’une sœur envers un neveu. Aelinor n’avait jamais cru être l’héroïne de ce garçon. Elle n’avait jamais voulu le changer. Elle voulait simplement s’occuper de lui, comme elle l’aurait fait avec ses propres enfants. Le sort de Daeron l’importait plus que certaine chose. En fait, elle oubliait complètement qu’elle jouait au chat et la souris avec la main du roi, tant elle était inquiète de son cher neveu. Elle laissait les temps courir, pensant simplement qu’un jour sa peur s’envolerait et que plus rien au monde ne l’importunerait. Quand Daeron était l’à, son univers se limitait à lui, et son frère. Sujet toujours inévitable auquel il ne fallait pas aborder plus.

Il était vrai que l’autre sujet portait trop souvent sur Brynden Rivers. Si seulement, elle avait pu s’entendre avec son oncle. Si seulement elle avait pu voir le problème au delà de tout. Elle savait que tout allait pour le mal avec la Main, mais elle s’en voulait d’une part, parce qu’elle cherchait à le priver d’un homme qui semblait le comprendre beaucoup mieux qu’elle. Peut-être voilà pourquoi, elle n’arrivait pas à voir le bon fond de Rivers. Cependant le batard arrivait, même au-delà des jeux de pouvoirs, de lui enlever tout ce qui lui restait. Tout ce qui avait fait qu’elle n’avait pas quitté Port-Réal pour Lestival. Elle était restée au Donjon rouge, uniquement pour pouvoir veiller comme une mère sur le prince.

Cela n’à rien avoir avec Brynden Rivers. J’ai seulement de la peine à savoir qu’il semble mieux te comprendre que moi. Je fais tous les efforts que je peux, mais je ne pourrais jamais ressentir ta douleur et pourtant je me tue à vouloir la partager avec toi si ce ne serait que pour t’aider. Je suis impuissante face à ca, mais lui comme toujours il a les solutions. Tu étais tout petit quand je me suis éprise d’affection pour toi. Brynden Rivers n’était qu’a ce moment inconnu pour moi. Je ne le connaissais à peine. Alanna m’a seulement permis de t’offrir de l’affection comme seule une mère sait l’offrir.

Elle était trop fatiguée pour pester contre cet homme à l’instant même. Il la faisait tant souffrir qu’Aelinor n’avait plus de mot et moins, elle y pensait, mieux elle se portait. Il lui avait enlevé son pouvoir, son mari, son neveu et Maekar était parti par sa faute. Elle s’était toujours méfiée de cet homme, après la bataille d’herberouge. Aujourd’hui, elle arrivait à le respecter et le détester. Tout dépendait de la journée qu’elle avait eue. Tout dépendait de qui elle rencontrait. Elle n’était pas toujours en fusion avec le dragon. Parfois, elle arrivait à changer, mais le batard lui avait tout pris ce qui lui restait. Elle n’avait plus rien d’une reine. Elle n’avait pas eu d’affection similaire pour les trois autres enfants qui suivirent. Les deux princesses eurent presque le même intérêt que Daeron lorsqu’elles sont nées.

L’association Tyrell était bien commune. Chaque fois qu’elle prononçait ce nom, elle pensait à Baelor. Son autre prince qu’elle avait tendrement adoré. Lui aussi avait été là pour elle. Moins que Maekar, mais elle aimait les deux Targaryen au même titre. Tout serait différent avec lui. Elle aurait eu encore la joie de vivre même au coté d’un époux qui la rendait malade. Elle aurait encore pu rire. Elle aurait pu tout simplement s’amuser comme lorsqu’elle n’avait qu’à peine une dizaine de printemps. Le bon vieux temps, mais il fallait laisser les morts en paix. Les sept avaient jugé et personne ne pouvait en faire autrement. Était-ce aussi eux qui avaient voulu donner une leçon à Maekar. Avec le temps, la reine avait rejeté la faute sur le fils cruel. Si seulement, il avait pu penser. Rien de cela ne serait arrivé. Tout serait en ordre et tout signifiait même les fer-né. Il aurait trouvé une bonne solution pour remettre le Greyjoy sur la bonne voie. Mais bon même à la base un fer-né c’était moyennement perdue d’avance.

Il y avait beaucoup trop de Dragon pour que tu saches lequel tomberait. Aerion a été puni, ton père l’a été tout autant que Baelor. Quand j’étais plus jeune, pour ne pas dire gamine, Baelor et Maekar luttaient sans cesse. En fait, ils se donnaient en spectacle, parce que je les regardais. Baelor laissait toujours gagner ton père. Quand il a découvert la supercherie de ton oncle, il l’a provoqué et il l’a légèrement blessé. Rien de grave mais assez pour provoqué la colère de ton grand-père. J’avais fini par croire que l’un tuerai l’autre c’est arrivé. Beaucoup plus tard, mais c’est arrivé.

Aelinor l’embrassa sur le front avec tendresse. Il ne pouvait pas savoir. Même en voyant un dragon mort, cela aurait pu être lui-même, ou Aegon. Baelor il allait dans l’espoir de regarder le spectacle, pas de jouter ou de trouver la mort. Quand elle y repensait, elle se demandait si elle avait toujours bien fait de les pousser à se battre. Quand on voyait le résultat, elle aurait préféré qu’il en soit autrement. Presque tout le monde connaissait la rivalité entre les deux princes, Aelinor la première. Elle éprouvait une certaine culpabilité, mais certes pas aussi grande que celle de Maekar. Ils n’avaient jamais fait plus qu’effleuré le sujet. Sinon le prince de Lestival se mettait dans tous les états.

Même si tu aurais vu le visage de Baelor ou celui de n’importe quels d’entre nous, le passé est fait Daeron. Quand bien même que ce serait Baelor, cela aurait pu être encore Aerion qui le tue et non Maekar. On ne peut pas déjouer le destin que choisissent les Sept. Ils le font sans se soucier de nous. Cesse de te remémorer ce cauchemar, c’est le passé, c’est inutile de s’en rappeler et d’ouvrir toujours les mêmes plaies. Tu lui en avais parlé? Tu lui avais raconté ce que tu avais vu?


Elle avait été heureuse d’être retenue à Port-Réal. Elle en aurait certainement encore voulu plus à Maekar. Elle n’aurait peut été jamais été capable de gagner l’affection du gamin. Le « lui » revenait encore et toujours à Maekar. Elle craignait que Maekar se fiche bien de ce don. Voilà une crainte, qu'elle avait toujours eu.
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Message Dim 8 Jan 2012 - 20:59

« Vous ne pouvez pas comprendre. Pour une fois, vous ne pouvez pas m’aider ma tante. » Il secoua la tête, baissant les yeux sur le sol, ses droits se crispèrent sur sa coupe vide. Mais Daeron n’avait pas envie de s’en resservir une, pas pour l’instant. Il se sentait suffisamment bien pour tenir encore le temps qu’il resterait avec Aelinor. « Même malgré tout l’amour que vous me portez. Je vous en suis reconnaissant, infiniment, mais à quoi est-ce que cela sert-il de vouloir aider une épave? Un être déjà condamné. » Il rit légèrement, gravement. « Vos efforts sont inutiles. » conclut-il en se levant et en lui tournant le dos. Il était cruel, cruel et méchant de dire cela. Mais il avait raison. Sa tante souffrait déjà bien assez de son époux qui la négligeait, elle n’était à ses côtés que pour faire jolie, elle n’avait aucun pouvoir.
Il avait du mal à comprendre pourquoi sa tante l’aimait autant. Elle aurait du le haïr parce qu’il était le fils de son frère chéri, et qu’elle n’avait pas porté d’enfant dans son ventre, ou aucun de viable. Elle était encore en âge d’en avoir pourtant, et pour cela, Daeron aurait pu également lui en vouloir. Il y avait Rhaegel bien sûr, mais c’était un sot, un simple d’esprit. Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Peut-être que s’il n’était pas né Targaryen, son père l’aurait-il accepté tel qu’il était au lieu de le rejeter. Non, au lieu de l’ignorer, de le barrer de sa vie. Mais au final, peu lui importait son père même si il le craignait plus que quiconque. Un lâche, un couard, voilà ce qu’il était, et pire encore, bon qu’à boire et à dépenser des dragons inutilement. Et pourtant, il était comme ça et il savait que jamais il ne changerait. Rien ne le ferait jamais changer.

« Oui parlons-en de ma très chère et tant aimée mère. Elle m’aime aussi et pourtant elle a peur de le montrer à Père. Ou quelque chose comme ça. Vous ne cachez pas votre affection au moins. Je sais qu’elle me fait espionner. Que croit-elle? Qu’on veut ma mort? Je mourrais bien assez tôt comme ça de toute façon. » Encore une fois, il rit légèrement. Il était épuisé, physiquement et mentalement et ses visions ne l’aidaient pas. Bien au contraire. Plus il en avait, plus il devenait fou, plus il souhaitait le repos. Et même en étant ivre, il n’arrivait pas à l’avoir. Ce repos tant désiré, tant rêvé. Ses visions, ses rêves, l’assaillaient parfois comme ça, et il n’arrivait pas à s’en défaire, pas à oublier. Il buvait pour oublier, et malgré tout, Daeron n’oubliait pas. Il aurait pu tout arrêter, à Cendregué. Trois ans auparavant. Ce qu’il s’était passé, c’était également sa faute. Celle d’Aerion aussi, mais cela n’avait fait qu’encourager son frère. Il le revoyait, son cadet à peine plus âgé que lui, se prendre pour un dragon à longueur de journée, à Peyredragon, lorsqu’ils jouaient dans les couloirs sombres durant le peu de temps libres qu’ils avaient.
Aerion avait toujours eu une passion étrange pour le feu, et les dragons. Comme son frère, tout ne devait être révélé que plus tard. Le Don de Vervue de Daeron bien que le Prince de Peyredragon considérait plutôt ce don comme une malédiction qu’autre chose et la monstruosité, la cruauté, la folie sanglante et meurtrière d’Aerion. Peut-être que si il était né Nordien les choses auraient été différentes. Mais il était né Targaryen, il était né dragon. Il était fils, petit-fils, arrière-petit-fils de dragons. En était-il un? Plus vraiment.
Il retourna à sa place, près d’Aelinor lorsque celle-ci parla de son enfance avec Baelor et Maekar. Il sourit légèrement. Baelor Briselance? Tricheur? Jamais il n’aurait cru cela de son oncle dont on disait qu’il avait été le meilleur chevalier de son temps. Alors sa tante se pencha et lui embrassa le front. Il se renfrogna légèrement. Il ne méritait rien d’elle, ni son amour, son affection, ni le toucher de sa peau contre la sienne, ni ses baisers. Rien. Il n’était bon qu’à la suivre comme un chien suivait son maître.

« Mais… Je l’ai vu tomber. Sur Ser Duncan. Je l’ai vu mort. J’ai vu… » ...sa tête se séparer en deux. Mais il se tut. Il n’avait pas besoin de dire cela, peut-être que cela la ferait souffrir. Et son père, qui s’était battu pour l’honneur de ses fils, un honneur presque inexistant, un honneur que Daeron avait définitivement perdu. C’étaient leurs fautes. A lui et à Aerion. Si il avait été courageux, pour la première fois de sa vie, alors il aurait arrêté ça à temps. Il aurait dit que Ser Duncan n’avait jamais enlever l’œuf. Il rit encore une fois. « C’est de ma faute. Pas seulement parce que j’ai vu quelque chose que je n’ai pu empêcher. Le soir où j’ai eu cette vision j’étais ivre mort dans une taverne. Ce soir même où Aegon a disparu. Par ma faute. C’est moi qui ai dit que Ser Duncan l’avait enlevé. Pauvre Aegon. Il voulait tellement être écuyer. Il l’est maintenant remarquez. » Et il était à Lestival. Le seul fils dont son père était fier. Il l’avait voulu auprès de lui et il était là.
Puis finalement lorsque sa tante finit sa phrase, il éclata franchement de rire, un rire sombre, un rire triste. Il se resservit du vin, finissant la bouteille et l’avala jusqu’à la dernière coupe. Songeur, il fit glisser la coupe dans ses mains, en regardant le fond. Et il rit encore.

« Certains disent que ce ‘’don’’ est dû à mon ivrognerie. Vous, vous êtes de celle qui doutent. Quand à ‘’lui’’ parler. Je ne me rappelle même plus la dernière fois où je lui ai parlé. Quand à lui raconter ce que je lui ai vu, pourquoi le ferai-je? Pour m’excuser de ma conduite? Je suis déjà l’une de ses plus grosses erreurs, une déception pour lui, pourquoi m’enfoncer encore plus? D’ivrogne, je ne veux pas passer à dément. » Il soupira et ferma les yeux. Parler à son père. L’idée même de le revoir. C’était insupportable.
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Message Mar 10 Jan 2012 - 4:29

Chaque parole avait un effet de couteau tranchant dans son corps. Pourquoi agissait-il ainsi? Il n’avait jamais eu ce questionnement avant. Pourquoi tentait-il de l’éloigner alors qu’elle, elle voulait tout simplement le protéger. Le protéger de son père sa propre garde y arriverait. De le protéger de lui, Aelinor s’efforçait de le faire. Il n’y avait pas de réponse. Elle savait tout simplement que son instinct maternel qu’elle n’avait pu avoir avec ses propres enfants, elle l’avait avec Daeron. Elle se fichait qu’il soit une épave, elle n’avait plus personne. Personne à aimer comme elle le voulait, sauf lui. Il était le seul enfant qu’elle avait eu en quelques sortes. Le seul qu’elle avait aimé comme une mère et Maekar ne le lui avait pas enlevé. Daeron était tout ce qui lui restait.

Les mots lui crevaient le cœur et la dragonne se retenait d’exploser et de le remettre à sa place. Elle savait se contenir, mais elle se demandait lequel des deux étaient bien inutile. Elle était surement en avance sur lui. Elle avait beaucoup plus d’avance sur la nullité de sa personne. Elle ne servait à rien. Quand bien même que l’on voulait écrire des versions de son destin, elle resterait toujours que reine, parce qu’elle était simplement une femme. Si elle avait été un prince, elle aurait été aussi forte que Maekar, aussi douée que Baelor. Elle aurait tout fait. Non elle était une femme, une simple femme abandonnée dans son lit. Elle avait finit par tout détester, sauf Daeron. Elle était restée à Port-Réal pour veiller sur lui, même s’il détestait qu’elle le fasse.

Tu n’es pas au stade de potiche. Tu n’es pas … encore rendu un bibelot que l’on veut remplacer parce qu’il abimé. Il y a encore des gens qui t’aime. Si tu es une épave alors moi j’ai déjà coulé depuis des années. Je suis une femme oubliée, incapable d’obtenir ce qui me revient. Une femme qui n’existe tout simplement pas pour un mari dont je ne sais quoi penser. Il m’en a toujours voulu que j’ai retournée mon affection vers toi.

Aelinor s’était versé du vin dans la coupe qu’elle avait fini. Elle ne supportait plus le batard, mais il n’avait que faire dans ses histoires de cœur. Elle avait connu Maekar jeune, et même en grandissant la sagesse lui faisait parfois défaut. Elle avait eu Daenerys et ensuite Alanna comme compagne.

Tu ne peux pas changer une mère Daeron. Elle n’arrive pas à soutenir le regard de Maekar. Cela ne veut pas dire qu’elle te hait. C’est une mère et que tu le veuilles ou non, tu seras toujours son fils. Je ne sais pas pourquoi, elle agit ainsi. De mon coté, j’ai toujours été franche et directe avec ton père. Qu’il aime ou pas ma décision, il sait qu’il ne peut rien faire. Ne me crève pas le cœur Daeron. J’ai assez d’Aerys qui le fait, pour me punir.

Elle ne savait pas comment expliqué son affection. Il y avait tant de chose qu’elle ne voulait pas y cacher, mais qu’elle n’avait pas le choix. Elle voulait tant ne pas avoir de secret avec lui, mais elle ne pouvait faire autrement. Sinon sa tête finirait au bout d’une corde, elle en avait le pressentiment. Elle n’avait pas besoin de lui pour sentir que sa perte était facile. Elle n’avait qu’à regarder les suivantes qu’elle avait congédiées, les espions qu’elle arrivait à surprendre de temps à autre. Il ne manquait plus que sa mort. Aerys n’était pas assez idiot pour la tuer. Il saurait l’utiliser sans qu’elle s’en rende compte.

Plus elle parlait, plus elle marchait sur des œufs cassés. Elle était habituée pourtant de jouer avec les mots. Elle avait été habituée d’être la personne qui consolait les peines. Elle qui avait toujours été près de tout le monde, sauf Aerys. Avait-elle bien fait ou s’éloigner de lui, lui coutant chaque jour plus cher. Elle n’avait pas voulu que cela se termine ainsi avec son frère. Elle savait qu’il y subsistait une petite amitié d’une sœur à un frère Un jour, elle saurait s’en servir. À l’instant même, Aelinor implora silencieuse la mère. Qu’elle lui vienne en aide par tous les espoirs.

La reine des Sept couronne releva le menton de son neveu et l’observa dans le blanc des yeux. Il ressemblait tant à sa grand-mère. Le regard et les yeux. Il les avait hérités de son père, mais surtout de sa grand-mère Myriah Martell. Elle avait hérité des Targaryen sa longue chevelure blonde et ses yeux mauves.

Je ne suis pas mes frères. Qu’est-ce que Baelor a pensé, je ne sais pas. Nous ne le saurons jamais. Cesse de ruminer les vieilles histoires, si vraiment tu aurais été la cause de sa mort, nous t’en voudrions ce qui n’est point le cas. Maekar se maudit encore plus chaque jour et il en paie le prix croit moi.

Aegon, lui, avait bien fait ses comptes. Il parcourait les routes de Westeros avec Duncan et voilà un garçon qui semblait heureux. Elle-même avait envie que Daeron le soit, mais elle était mieux d’oubliée cette idée. En fait, elle essayait de ne pas le priver de la main du roi. Quand tous trois étaient présents, elle se retenait. Elle ne savait pas comment il faisait, elle l’enviait presque de le comprendre. Les sept seuls étaient toujours témoins de leur échange. Elle respectait ce choix. Elle n’avait pas le choix. Elle n’avait même pas besoin d’émettre un commentaire désapprobateur. Il le savait parfaitement et ignorait complètement. Aelinor en retour ne s’en formalisait pas. Elle le laissait faire et peut-être arrivait-il à tout oublier avec lui.

C’est parce qu’ils ne savent pas qu’est-ce que c’est. Ce don, celui des vervoyants, ne t’a pas accablé. Je suis certaine qu’un jour, tu rencontreras des gens qui possèdent ce don. Tu as en quelques sortes le choix de l’écouter ou de l’ignorer, mais il sera toujours la. Tu peux lui faire confiance ou lui accorder l’intérêt que tu y veux. Je n’aurais jamais du dire de lui parler. Je ne saurais te retarder, nous partons tôt demain. Mais avant, as-tu déjà utilisé le Vinsonge?

Quand elle était jeune, le mestre de la maison lui faisait les doses nécessaires. Elle ne s’en cache pas qu’elle avait eu à faire des produits bien plus pires que l’alcool. Après sa première fausse couche, la seule chose qui avait officié de calmant était le Vinsonge. Elle avait continué à l’utilisée et l’utilisait toujours, elle avait simplement changé la personne qui lui confectionnait.




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Message Dim 15 Jan 2012 - 11:23

Daeron fixa sa tante, la tête lui tournant légèrement. Il l’avait blessée, oui. Mais il ne s’en voulait pas trop. Elle s’en remettrait. Elle était forte, tout ce qu’elle avait vécu, toutes ses déceptions, ses malheurs, ses peines, l’avait à la fois renforcée et fragilisait. De son point de vue du moins. Et la plupart du temps, il ne se souciait guère des gens qui l’entouraient. Puis Aelinor parla. Il se retint de sourire, préférant planter ses yeux dans les siens, gravement, puis il se redressa légèrement, doucement. Sa tante souffrait à cause de cela, parce qu’elle était seule et rejetée. Et il sentait sa solitude parce qu’il la vivait aussi, oui, il la sentait lorsqu’il n’était pas ivre mort, à cuver son vin, mais parfois, même lorsqu’il voguait loin de la réalité, il lui arrivait toujours de ressentir en lui cette solitude qui le prenait au cœur. Mais il était trop peu sensible pour s’apitoyer sur son propre sort, ou, si il s’s’apitoya sur son propre sort, n’étant bon qu’à ça, mais il ne ressentait presque rien. Le vin, lentement, tuait ses sentiments.

« Vous êtes la Reine des Sept Couronnes. Vous n’avez pas coulé, puisque vous êtes toujours là, avec toute votre tête. C’est moi qui suis déjà au fond de l’océan. Mais l’océan ne sera jamais assez profond pour ma chute parce que je tomberai toujours, beaucoup plus loin que vous. » Il s’interrompit un instant avant de continuer plus lentement « Aerys seulement sait-il si il a une femme? Il aurait du devenir mestre. Vous avez juste été malchanceuse de devoir l’épouser mais ne vous plaignez pas, vous ne l’aimez pas, et il ne vous rends pas visite souvent alors au moins vous n’avez pas à supporter sa présence. » Il détourna carrément le regard lorsqu’elle parla de sa mère. Oui, elle avait peur du regard de Maekar. Elle n’aurait pas du. Elle était sa mère, celle qui l’avait mis au monde en souffrant, celle qui lui avait fait poussé son premier cri, elle l’avait porté durant neuf mois et elle l’abandonnait. Si elle croyait qu’il suffisait de le faire espionner pour qu’il aille mieux elle se trompait. Aelinor avait été la seule qui avait dit clairement son affection, et elle n’avait nul besoin de lui dire parce qu’il le savait déjà. La preuve était qu’il était là, à ses côtés, dans la demeure de son père.
« Je suis désolée. Je sais ce que vous faite pour moi. Vous ne devriez pas, cela ne sert à rien. Mon père, lui, à trouver la bonne chose à faire. M’ignorer. Je ne suis qu’un lâche, un ivrogne. Personne ne devrait perdre son temps avec moi. » Il fronça les sourcils lorsque avec un léger retard, il plaça les mots « Aerys » et « punir » dans la même phrase. Il ne comprenait pas, mais il n’avait pas envie de demander pourquoi à sa tante, le chemin sur lequel ils s’engageaient étaient déjà bien assez glissant pour lui, et ne se sentant pas très bien, il préférait reculer au lieu de tomber tout en bas directement.
Il sourit encore lorsqu’elle lui dit que Maeker payait encore le prix de ce qu’il avait fait. Il l’espérait. Son père repassait sans doute ce moment en boucle dans sa mémoire. Il avait tué son frère. Daeron espérait de tout son cœur que son père comprenne à quel point cela faisait mal tous cela, que les rêves étaient douloureux, surtout lorsqu’on ne pouvait rien changer à ce qu’il allait se passer, ou ce qui s’était déjà passé. Lui, il ne se rappelait de rien, mis à part, ce jour-là, les hennissements des chevaux, leurs sabots martelant le sol, les chocs sourds des épées qui s’entremêlaient, les cris de la foule, et lui, sur le sol, qui attendait que tout soit fini, ignorant la douleur sourde de son pied, douleur causée par son cheval qui, en s’échappant, lui avait simplement marcher dessus. Il revoyait Aerion. Rien qu’en pensant à son frère il s’échappa de ses pensées, se levant brusquement pour regarder sa tante.
Puis une nouvelle fois, sa tante parla. Il se retint d’éclater de rire. Pas contre elle, non, parce que la situation était incroyablement comique. Une lueur cynique et désabusée passa dans son regard tandis qu’il se rasseyait. Je suis certaine qu’un jour tu rencontreras des gens qui possèdent ce don. Si seulement elle savait que l’une des seules personnes qui pouvaient prétendre à l’aider pour posséder ce même don était la personne qu’elle haïssait sans doute le plus avec son époux? Shaïra pouvait l’aider aussi mais Daeron se doutait que sa tante la plaçait avec la Main du Roi. Non, personne ne pouvait l’aider, il était seul. Affreusement seul.

« Tu parles comme les mestres qui m’ont examinés, autrefois. Je ne peux pas contrôler ça. C’est impossible. Le vinsonge n’a aucun effet, pas plus que le vin normal. J’ai beau boire, m’enfoncer chaque jour un peu plus, mourir à petit feu, je sais que ça reviendra toujours. C’est une malédiction. Et personne ne peut m’aider. Je ne veux pas te blesser encore plus, et pour mon père, je suis déjà une déception, je ne veux pas en devenir une plus grande…. Même si ça ne changerait pas grand chose au final. » Il ne rit pas cette fois-ci. Il posa une main sur sa tête qui lui semblait de plus en plus lourde. Ses yeux piquaient aussi. Daeron n’avait pas besoin de se regarder dans un miroir pour savoir qu’ils étaient injectés de sang. Mais au moins, il ne tremblait pas, pas encore. Mais cela ne saurait tarder. Il fallait qu’il aille boire, un peu. Il devait être en forme comme l’avait dit sa tante. Monter à cheval ne lui plaisait pas, cela l’épuisait encore plus. Pourtant, lorsqu’il était enfant, avant que ce « don » se manifeste, il aimait ça, tout comme il aimait les chevaux. Sans doute son père aurait-il été fier de lui si il avait su maîtriser ce qui lui arrivait. Mais on l’avait rejeté et craint, cela n’avait fait qu’accentuer sa douleur, sa peine, et il s’était laissé sombrer.
Il n’avait jamais voulu être un poids pour quiconque, la preuve, il s’acharnait à essayer de mourir le plus tôt possible, comme cela, personne ne le regretterait, et il serait oublié bien vite. Le Prince de Peyredragon se releva, prit la main de sa tante et y déposa un léger baiser. Il était tant qu’il s’en aille oui.

« Je ne vais pas vous retenir plus longtemps ma tante. Nous nous reverrons sur la route, sûrement. »


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Message Lun 16 Jan 2012 - 2:04

Aelinor n’Avait pas envie d’entrer dans les détails politiques de sa vie. Mais même un titre ne l’empêchait pas de couler. Sa couronne était un fardeau d’endurer la main du roi et son propre mari. Elle était fatiguée d es « si ». Si tout avait été différent. Si elle n’aurait pas épousé Aerys. Si et encore si. Toujours cette supposition à tout vouloir changer. Elle en était fatiguée. Elle ne supportait pas que l’on l’écarte, elle avait toujours détesté que l’on le fasse, même quand elle était haute comme trois pommes. Elle voulait vivre comme elle l’entendait, mais une reine se conformait à tous les protocoles et la reine en avait un peu assez.

Daeron avait tort et raison d’un même coté. Il aurait du devenir mestre et si Aerys ne l’approchait plus c’était parce qu’elle lui avait laissé croire que cet enfant était mort dans une fausse couche naturelle. Alors qu’au contraire, elle l’avait provoqué. Elle l’avait voulu qu’Aerys ne la touche plus jamais. Elle en pleurait chaque soir. Elle en avait parlé à son frère, mais Aerys depuis ce temps ne la touchait plus croyant que le corps maudit de sa femme ne pouvait enfanter. Elle était destinée à prendre soin des autres, ne pouvant le faire sur ses propres enfants.

Aerys ne doit pas savoir qu’il a une sœur. Et sache que je serais toujours là, si tu as besoin de quelqu’un. Je ne puis faire autrement pour toi que d’être présente et tenter chaque jour de te comprendre.

Le terrain était parfois glissant avec la reine. Daeron ne voulait pas parler de son père, parce que lorsqu’il en parlait, elle revoyait Maekar pester contre son fils. Et puis bon, la seule chose que lui demandait sa mère c’est de ne pas le laisser se tuer bêtement. Elle-même aurait certainement fait protéger son fils ou sa fille avec une prudence trop maternelle. Tout simple, Aelinor comprenait Alanna, du moins, elle avait peur pour son fils, qu’elle ne voyait plus

Il était son premier né. Quoiqu’il fasse ou quoiqu’il lui arrive, il reste toujours l’ainé. Une mère ne l’oublie pas. Que ce soit, le premier ou le dernier c’est un enfant qu’elle chérit. Une affection maternelle. Daeron ne pourrait jamais rien faire. Alanna l’aimait autant que son dernier née et autant que ses filles. La reine en était certaine et le savait au profond d’elle-même.

Nous partons a la première heure demain. J’espère que je saurai te trouver avant de prendre la route des Osseux. Fais attention à toi et va. Mais avant dit à Ser Walter d’entrer j’ai besoin de lui parler.

Elle embrassa son neveu sur le front et le laissa partir. La reine pestait en le voyant fuir ainsi. Elle aurait aimé le garder en vie. Elle avait besoin de lui. De sa présence près d’elle. Elle était si seule qu’elle ne pouvait plus supporter ce calme. Pliant nerveusement une missive, elle regarda l’homme entrée et s’incliner.

Que ferais-je sans vous?

Madame se débrouille fort bien, du moins, lorsqu’elle n’est pas préoccupée dans ses songes.

Ou par le freux. Que mijotent le batard, avec mon neveu. Daeron l’intéresse uniquement pour son don. Ignoble batard, je veux qu’on me rapporte sa tête sur un plateau!!! Lui et ses frères et sœurs batards, je les veux morts!!

Inutile de vous emportez ainsi votre grâce. Médire sur son compte ne le fera pas quitter le trône.

Mais s’il voulait contrôler Daeron pour me nuire?

Je ne crois pas que le prince se laisserait faire ainsi. Il vous affectionne. Vous êtes une bonne âme pour lui. Il le sait et nous le savons.

J’aimerais tant vous croire. , soupira la reine avant de remettre un pli. Envoyez ceci à qui de droit. Nous partirons demain pour les osseux.

Oui madame.

L’homme se retira et Aelinor descendit profiter des dernières qu’elle resterait à Lestival. Alanna et les filles se trouvaient dans la grande salle ou elle avait été invitée à prendre le repas. Elle n’avait pas quitté le château qu’elle s’ennuyait terriblement de son frère.
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