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[TERMINE] Correspondance de la Rose et du Faucon I

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Message Mar 3 Jan 2012 - 0:26

Le mariage de son fils était au cœur de ses préoccupations. Il s'agissait de bien préparer l'événement, pour que rien, pas le moindre détails n'échappe au contrôle méticuleux et précis de Leo. Jeanne avait tenu à s'occuper elle-même des préparatifs de la cérémonie, du banquet, des réjouissances et des festivités. Leo s'était réservé le traitement des questions politiques entourant cette union. Pas un de ses vassaux ne seraient oubliés et tous seraient invités. La garde à Hautjardin serait triplée, et les contrôles aux alentours d'ores et déjà seraient accrus et densifiés. Rien, pas le moindre petit insecte ne serait autorisé dans les jardins des Tyrell sans l'accord de Leo et s'il venait à l'esprit de quiconque de s'essayer à troubler les préparatifs civils et politiques de la cérémonie, l'intrus serait vite repéré et puni, et perdrait la totalité de ses extrémités, de ses orteils jusqu'à ses oreilles. Mais il était un invité particulier qui ne quittait plus les pensées de Leo depuis quelques temps. Jasper Arryn, son neveu oublié du Val, était pourtant sa priorité ces derniers jours. Leo avait volontairement différé sa réponse à la dernière lettre de Maura car celle-ci avait semblé très à l'aise dans ses chausses et dans son rôle de meneuse de l'ost Arryn dans l'Ouest. Il ne savait rien, en revanche de son neveu Jasper et s'en voulait d'avoir si longtemps négligé de lui adresser la correspondance chaleureuse et bienveillante d'un oncle. Il était le fils de sa défunte et regrettée sœur, et à ce titre il occupait une place particulière à ses yeux. Depuis quelques temps, sans doute le comportement de son fils était-il de nature à le rapprocher par la pensée de son neveu. C'est pourquoi il jugea que le temps était venu de rapprocher les Eyrié de Hautjardin, encore une fois, mais par le biais d'un corbeau qu'il adresserait au suzerain du Val. Leo avait déjà en tête un motif tout trouvé comme un prétexte pour initier la correspondance : le mariage de son fils auquel Jasper était invité.

Après avoir réglé quelques questions relatives à l'organisation future du mariage, Leo se retira dans sa chambre où il avait demandé qu'on lui prépare un pupitre, quelques parchemins et un encrier. Naturellement tout le matériel l'attendait déjà, ainsi que sa mère qui s'était glissée dans ses appartements pour s'enquérir de savoir qui était le mystérieux destinataire de ce courrier dont elle n'avait pas entendu parler. Lady Amelia avait des yeux et des oreilles dans tout Hautjardin, et il ne pouvait rien s'y passe qu'elle ignore. C'est grâce à cette omniprésence maternelle que Leo avait pu faire la lumière sur les comportements douteux de son fils aîné. Lady Amelia était chez Leo le meilleur atout de ce dernier. Quand elle découvrit que l'oncle bienveillant qu'était son fils désirait écrire à son lointain neveu du Val d'Arryn, elle fronça les sourcils mais s'écarta dans la pièce pour laisser tout l'espace nécessaire à son fils pour qu'il puisse écrire sa lettre. Leo était sûr qu'elle attendrait qu'il expédie le corbeau pour l'interroger sur le contenu et le motif de ce courrier. Sa mère était si curieuse qu'il n'était pas très difficile de prévoir ses mouvements à courts termes quand elle rôdait autour de son fils. Leo la vit d'ailleurs s'asseoir non loin de lui sur un fauteuil aux allures confortables. Il prit place sur une chaise face au pupitre, et rédigea avec patience cette lettre d'invitation au mariage de son fils. Il en profiterait pour inviter son neveu à poursuivre une correspondance qui leur permettrait de nouer un lien plus fort que le seul souvenir du partage du même sang.



~ De Lord Leo Tyrell de Hautjardin à Lord Jasper Arryn des Eyrié.

Bien cher neveu,

Je m'en veux terriblement d'avoir si longtemps laissé courir les années sans prendre plus souvent de vos nouvelles. C'est une erreur et une faute que je m'empresse de corriger. Nous ne sommes vus qu'en de trop rares occasions, mais sachez toujours que vous n'avez jamais quitté mes pensées. J'ai la chance de pouvoir cependant vous annoncer, mon cher neveu, que votre cousin Tristan prendra bientôt pour femme lady Aliénor Lannister de Castral Roc. Vous êtes naturellement convié à ce mariage et j'espère que la distance qui sépare le Val de mes vertes contrées ne vous dissuadera de venir apaiser la conscience d'un oncle qui, même de loin se soucie de vous.

J'attends votre réponse, mon neveu, et de grâce, donnez dès à présent de vos nouvelles, car je m'engage à en faire de même. Nous vivons loin l'un de l'autre, et nous ne sommes même pas des voisins, mais je veux désormais que vous sachiez pouvoir compter sur moi quoi qu'il arrive.

Votre oncle qui vous aime, et qui vous attend à Hautjardin pour le mariage de votre cousin,

Lord Leo Tyrell.
~


Leo fit mention à sa mère du contenu de son courrier et lady Amelia haussa les sourcils.

 « Tu prends enfin la mesure de tes responsabilités, c'est bien... »

Leo éclata de rire, plia le parchemin qu'il scella du sceau des suzerains du Bief.

« Serais-tu fière de moi ?
- Une fois n'est pas coutume, mon cher Leo, une fois n'est pas coutume ! »


Par les Sept, qu'il aimait cette femme, et plus encore, qu'il aimait qu'elle soit sa mère ! Il resta là à discuter avec elle, longuement, comme ils le faisaient souvent, conversant du temps qui passe, des instants d'autrefois, des parfums d'avant et des saveurs d'hier. Ils évoquèrent le cas de Tristan, et les rires laissèrent leur place aux soupirs et aux sourcils froncés. Leo convint avec sa mère qu'il était plus que nécessaire que l'éducation de Tristan soit reprise en main. La punition dans l'Ouest ne suffirait pas, ils étaient d'accord là-dessus depuis bien avant que Leo n'envoie le corbeau jusqu'à Castral Roc. La véritable sanction tomberait au retour de Tristan, après le mariage et une fois les Lannister rentrés chez eux. Cette question serait réglée entre Tyrell, et entre Tyrell seulement.


Dernière édition par Leo Tyrell le Dim 29 Jan 2012 - 16:21, édité 1 fois
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Message Mar 3 Jan 2012 - 16:14

Les Eyrié seraient bientôt la risée des Sept couronnes, mais Jasper n'en avait cure. Au contact d'Edwyn Tully, il avait compris toute la valeur de ce qu'était vraiment la famille... Ce n'était pas qu'un simple groupe de personnes unies par des liens de sang plus ou moins directs. C'était autre chose, quelque chose de bien plus fort. Quand lui parvint la lettre de son oncle Leo, peu après celle lourde de menaces de son allié de l'Ouest, le cœur de Jasper s'effondra et il remercia les Sept d'ainsi lui donner l'occasion de peut-être rectifier ses erreurs. Il était conscient d'en avoir fait. Il avait été maladroit et reconnaissait volontiers qu'il n'avait rien fait sinon démontrer combien il était encore trop impétueux et trop emporté et que quelques leçons devaient encore être apprises. Mais où aller chercher les conseils et les enseignements appropriés ? Comment devait-il s'y prendre pour faire amende honorable auprès de Tybolt Lannister et de sa sœur ? Son oncle tombait à point nommé. Jasper ne sut se retenir et comme il prenait la plume pour lui répondre, il savait qu'il écrirait non comme un seigneur suzerain, mais comme un novice de la citadelle cherchant l'approbation du Sénéchal, comme un fils cherchant auprès de son père qu'il lui pose la main sur l'épaule et lui explique où il avait fauté. Il était inutile de compter sur quiconque aux Eyrié pour entretenir avec Jasper cet échange, car tous étaient liés à lui par un lien de subordination qui dénaturait tout. Son oncle en revanche, était une sorte d'étranger mais également sa plus proche famille. Qui mieux que lui aurait pu tenir le rôle du père dont l'absence pesait tant sur les épaules de Jasper ? Le jeune homme écrivit et à mesure qu'il inscrivait à l'encre noire le fond de ce qu'il pensait sur le parchemin blanchâtre, il sentait s'envoler en lui les derniers lambeaux de sa rage contre sa sœur aînée et son orgueilleux de mari.

« Mon oncle,

La nouvelle du mariage de votre fils est une félicité que je désire partager avec vous plus que jamais. Je serai en temps et en heure à vos côtés pour célébrer l'événement avec mon cousin. Nous aurons alors beaucoup à nous dire, mon oncle, et pourtant je m'apprête à déjà vous accabler des sombres préoccupations qui me rongent depuis quelques temps. Pardonnez moi d'avance mes écarts et mes excès d'émotions, ces incontinences sont déplacées de la part d'un suzerain mais je ne puis me retenir de me confier à vous. Plus que jamais j'éprouve les angoisses et les chagrins nés de la perte de ma mère et vers qui d'autre que vous aurais-je pu me tourner ? Notre mère parlait souvent de vous, alors c'est un peu elle que je cherche en couchant sur le parchemin ces pensées que je vous adresse. Pardonnez moi d'oublier quelques instants nos situations et nos rangs pour ne plus voir que le lien du sang qui nous unit et qui m'incline naturellement à vous faire confiance.

Mon oncle, il y a des choses que je ne peux vous dire mais parmi celles que je vais vous révéler s'en trouve une qui a fait croître dans mon cœur les fleurs du désespoir. Ma sœur aînée, Maura, est allée à l'Ouest pour y conduire la fraction de mon ost dépêchée là-bas pour combattre les pillard Fer-nés et défendre les terres de Tybolt Lannister. Vous êtes un homme d'expérience et vous saurez sans doute que cette manœuvre est née de l'alliance à peine secrète que ma sœur et moi avons pris l'initiative de conclure avec les Lannister. Il y a quelques temps maintenant, j'ai pris l'initiative d'initier une correspondance avec ma sœur pour me tenir informé de l'évolution de sa situation aux côtés de Tybolt Lannister... et je crains de n'avoir su me conduire en suzerain du Val. Mon oncle, j'ai peur d'avoir jeté ma sœur avec les eaux froides de mon isolement. Maura a toujours été une grande sœur très présente et très impliquée dans mon éducation et j'irais jusqu'à dire dans mon existence... Elle m'a élevé seule et sans elle je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui, et devant les Sept je reconnais lui devoir beaucoup à cet égard, mais pourtant... pourtant comme j'ai toujours haï cette façon péremptoire et absolue de me traiter comme si j'étais toujours un enfant. Je ne vous cache pas avoir accueilli son départ pour l'Ouest avec un certain soulagement, je le voyais comme la première étape de mon éveil aux responsabilités nouvelles qui pesaient sur moi de droit. Mon oncle, j'ai tant de fois pleuré au sommet des Eyrié après le souvenir de mes défunts parents, et voilà que je pleure après ma sœur aînée que j'ai le sentiment d'avoir abandonnée... La correspondance a rapidement tourné au vinaigre, et je crains qu'elle ne soit si fâchée après moi qu'il n'y ait plus aucun espoir pour moi de retrouver la place que j'occupais à ses yeux. Je me hais d'avoir été si prompt à me jeter dans les bras de la fièvre et de la rancune, alors qu'elle ne demandait qu'un peu de soutien... mais ce sont ses paroles tranchantes et sans répliques qui m'ont excédé une fois de trop. Comme je regrette d'avoir laissé parler ma colère, comme j'ai honte de moi et comme je fais honte à mon nom, mon oncle, d'avoir perdu patience et d'avoir ainsi abondé dans le sens d'une réplique immédiate à chacune des phrases toxiques de ma sœur...

Malheureusement, ce n'est pas qu'une triste parenthèse familiale, car mes impairs avec ma sœur ont compliqué mes relations avec l'allié dont je vous ai parlé plus haut. Après le dernier corbeau de Maura, prenant conscience de ce que j'avais achevé moi-même de creuser le fossé que nos natures respectives ont créé, j'ai cru que contacter Tybolt Lannister afin de voir avec lui pour qu'il veille sur Maura suffirait à m'apaiser le cœur et l'esprit, et quitte à perdre définitivement ma sœur, j'ai souhaité m'assurer du bon déroulement de son séjour à l'Ouest en dispensant au Lion mes conseils sans rien lui cacher de la situation qui brouillait mes rapports avec ma soeur... Mais c'était la manœuvre d'un jeune frère désemparé et naturellement cela n'a guère servi à rien... je n'ai même pas su voir dans les réponses du sire de Castral Roc les conseils en retour que mes yeux pourtant cherchaient à lire désespérément. Je n'ai pas su mieux réagir, et je crains que mes errances personnelles n'aient grandement compromis mes engagements politiques envers l'Ouest et Tybolt Lannister. J'ai pris alors la décision de rejoindre bientôt la milice qui se forme Port-Réal pour être envoyée par voie de mer jusqu'au cœur de la lutte contre les Fer-nés et j'ai cru bon d'en informer Tybolt Lannister, qui n'a pas manqué de manifester toutes ses réticences à l'idée de me voir venir me battre pour lui sur ses terres... A-t-il cru que je souhaitais m'accaparer une part de sa gloire ? A-t-il cru que je souhaitais le berner ? Mon seul désir et je n'aurais peut-être pas dû m'en cacher, mais c'est que je craignais d'amuser le Lion à mes dépens en me révélant à lui qui n'a plus rien à prouver, mon seul désir était pourtant d'aller combattre au nom de mon allié et sous sa tutelle, et surtout d'aller à la guerre pour montrer à mes vassaux partis à l'Ouest que le seigneur suzerain ne les oubliait pas. Cependant je m'y suis pris très mal et Tybolt Lannister n'a eu pour moi qu'un mépris menaçant... Ai-je mal fait ? Je le crois, je le pressens, et pourtant... mon oncle, mais est-il si difficile d'écrire avec exactitude le cœur de sa pensée ?

Je crains que mes hésitations, que mes défaillances et que mes incompétences aient encore une fois rejailli sur tout le reste pour arroser de leur fiel ce que je croyais être les dignes attitudes d'un vrai suzerain. Où me suis-je trompé, mon oncle ? Quand les Sept m'ont-ils abandonné ? Suis-je indigne d'occuper le trône des Eyrié ? Aurais-je dû l'abandonner à ma sœur aînée ? Ai-je si mal agi ? Mes doutes sont tels que je préfère encore confier ma peine à l'écho de nos montagnes du Val plutôt que d'y réfléchir à deux fois, de peur que mes yeux ne s'assèchent de trop pleurer. Pardonnez-moi encore une fois tout l'égoïsme de cette lettre qui vient vous distraire de sujets autrement plus importants que les misérables errements de votre neveu, mais votre invitation était pour moi trop belle pour ne pas céder à la tentation de chercher votre soutien et vos conseils. Ne m'épargnez rien, mon oncle, je désire plus que tout apprendre de mes erreurs et devenir enfin le seigneur que ma sœur a conduit jusqu'au sommet de la Lance du Géant.

Votre humble neveu qui vous aime,

Jasper Arryn. »


Quelques larmes avaient taché le parchemin, mais avec un peu de chance, celles-ci se fondraient dans les gouttes de pluie, car quand le corbeau s'envola depuis la volière de la citadelle, une pluie d'automne commençait à tomber. Jasper resta longtemps à la fenêtre, contemplant la pluie et espérant sans y croire que la réponse de son oncle lui viendrait dans la minute. C'était un vœu gratuit, car il savait qu'il faudrait bien quelques couples de jours au corbeau pour portait la missive et rapportait sa réponse. Vole, corbeau, vole ! Car tu portes avec toi l'avenir du Val et celui de Jasper... Ses pensées étaient confuses à l'idée de devoir attendre la réponse de son oncle. Ce délai lui permettrait de profiter de la présence rafraîchissante d'Edwyn Tully qu'il appréciait de plus en plus et qu'il se plaisait à considérer comme son petit frère.
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Message Mar 3 Jan 2012 - 22:48

La lettre de son neveu avait écarté de son esprit toutes les autres questions pourtant à l'ordre du jour de Leo Tyrell. Il l'avait lu une fois pour lui-même, une deuxième fois pour sa mère qui s'était inquiété de voir les sourcils de son fils si froncés sur ses yeux, et une troisième fois après s'être assis à sa table d'écriture pour préparer la réponse qu'il ferait à ce courrier quelque peu perturbant. La missive de son neveu le chagrinait d'abord parce qu'elle était le cri de détresse du fils de sa défunte sœur. Il ne pouvait y rester insensible, le souvenir de Rohana n'était plus si vif mais il était de ceux qui savaient encore émouvoir l'homme de fer qu'était Leo. La missive de son neveu le perturbait ensuite parce qu'elle titillait sa curiosité politique et Leo comprit qu'il se tramait entre l'Ouest et le Val quelque chose d'importance qui le concernerait peut-être un jour ou l'autre. La missive de son neveu l'intéressait enfin parce qu'elle était révélatrice d'une grande part de la personnalité de Jasper Arryn et qu'il était toujours intéressant d'en apprendre un peu plus sur les personnages importants de son époque dont Jasper, en tant que suzerain du Val, faisait nécessairement partie. Leo répondit sans hâte, il prit son temps d'organiser sa réponse afin d'être du meilleur conseil pour son neveu. Il rechignait quelque peu à traiter de sujets si importants par courrier, mais il se prêta à l'exercice avec application et grand sérieux. Il fut très satisfait du résultat final qui, il l'espérait, saurait guider Jasper sur les chemins du bon sens. Il dut toutefois faire un effort pour toujours se souvenir qu'il s'adressait à un jeune homme dont les débordements témoignaient d'un grand manque de confiance en lui. Leo savait alors que s’apitoyer sur son neveu, le plaindre et le complaire dans sa situation serait parfaitement contre-productif, et il ne réussirait jamais qu'à s'aliéner son neveu.

~ De Lord Leo Tyrell de Hautjardin à Lord Jasper Arryn des Eyrié.

Mon cher neveu,

Je ne m'attendais pas à une telle réponse, mais je suis heureux que vous m'ayez choisi moi plutôt qu'un autre pour faire ainsi l'étalage de vos sentiments à l'égard de votre sœur et de son hôte à l'Ouest. Vous pensez bien que votre oncle ne peut demeurer insensible aux sirènes de votre désarroi et quand d'autres ont trop d'orgueil et d'arrogance pour voir les autres à travers un autre prisme que le verre déformant du mépris, ce n'est pas mon cas. Comme je le disais à votre sœur dans une lettre envoyée il y a quelques lunes, il y aura toujours eux une oreille attentive à Hautjardin. Mais entrons tout de suite dans le vif du sujet, comme votre sœur avant moi vous me demandez des conseils, et ce n'est pas pour rien que j'introduis ma réponse par cela. Mon cher neveux, n'oubliez jamais que vous et votre sœur êtes tous deux les enfants d'une même grande et prestigieuse lignée. Vous êtes tous deux très différents, mais pour autant les deux yeux du Faucon ne regardent-ils pas dans la même direction ? Votre sœur est tout autant attachée à vous que vous êtes attachée à elle, ne l'oubliez jamais. Les temps sont à la pluie dans notre ciel comme dans vos pensées, mais il vous faut considérer vos problèmes avec recul et distance.

S'excuser d'une faute n'est pas s'abaisser, c'est s'élever, et loin d'être une défaite, c'est une victoire qu'on remporte sur soi-même. Reconnaître ses torts est un premier pas vers la sagesse, car qui ne se connaît pas soi-même ne peut prétendre connaître ses ennemis. Alors ceux qui attendent de vous de grandes choses, de grandes pensées, de grandes manœuvres et toutes ces choses qui font le panache des suzerains les plus illustres sont aveugles à votre cheminement et se crèvent l’œil d'une arrogance peu commune. Cette première fracture, mon cher neveu, n'est pas celle du lien fraternel qui vous lie à votre sœur, mais celle de cette surface d'enfant que tous ont encore sous les yeux quand ils vous regardent. Peut-être votre sœur et lord Tybolt Lannister ne sont-ils pas assez sages et perspicaces pour encore le percevoir, mais je ne doute pas qu'ils le comprendront le moment venu et qu'ils sauront reconnaître votre valeur avec justesse et justice. La sécheresse pénible de vos derniers échanges n'est selon moi imputable qu'à vos caractères respectifs et non à la vérité profonde de vos positionnements. Votre sœur vous aime, et elle s'en souviendra bientôt. Laisser lui le temps d'oublier la peine si vive que vous vous êtes causés mutuellement. À leurs yeux, comme certainement aux yeux de tant d'autres qui vous entourent, votre jeunesse prime votre valeur et seule l'expérience viendra les détromper tout à fait. À ce titre on peut reprocher à votre sœur d'avoir justement été trop à la fois votre sœur et votre mère mais pour autant ne lui donne pas le droit de continuer à toujours vous traiter comme elle semble le faire et j'espère que le temps lui enseignera votre besoin de voir son attitude à votre égard évoluer. Vous avez eu raison de ne pas vous laisser faire, mais il y a l'art et la manière de manifester son besoin de reconnaissance et d'indépendance. C'est une fougue qu'on se découvre tôt ou tard et qu'il est parfois difficile d'éviter... En tant qu'héritier du Chevalier ailé, qui pourrait s'étonner de ce que vous désiriez prendre votre envol ?

Mon cher neveu, je ne vous invite à vous traîner aux pieds de votre sœur ou de Tybolt Lannister. Je dirais simplement que la correspondance n'est pas le meilleur des moyens pour communiquer le fond de sa pensée, surtout quand on ne maîtrise pas l'art de la parole écrite. Vous êtes jeune et inexpérimenté d'avoir été trop préservé par votre sœur, et songez que bien des guerres seraient lancées si l'on s'attardait sur les maladresses de ceux que la plume gêne et désarme. Tybolt Lannister et votre sœur le savent au fond d'eux-mêmes, ils ont plus d'expérience et de recul que vous. Voici les concernant mes quelques suggestions et j'espère qu'elles sauront vous éclairer et vous faire prendre les bonnes décisions. S'agissant du suzerain de l'Ouest, écrivez sans attendre et ne laissez pas plus longtemps le silence et l'embarras paralyser votre parole. Montrez lui que vos épaules sont solides, que vous ne le craignez pas et que vous êtes capables de vous faire son égal. Gardez-vous cependant d'espérer de lui qu'il vous traite avec beaucoup d'égards, comme vous le savez les Lannister paient toujours leurs dettes et si le Lion vous a pris en grippe, le temps seul pourra vous faire retrouver grâce à ses yeux si tel est votre désir. Ignorez l'orgueil des Lannister qui ne s'enchanteront jamais des ingérences du Trône de Fer, et reformulez pour Tybolt vos intentions, montrez quel allié vous êtes et je suis certain que votre honnêteté autant que l'humilité de vos aspirations offriront au Lion l'occasion de faire la preuve du talent qui est le sien pour s'entourer d'hommes de valeur. Vous en êtes, mon cher neveu, seulement ce que le Lion peut-être ignore, c'est qu'il ne vous manque qu'une occasion pour en faire la preuve. Je dirais même que vous seriez bien avisé de lui demander conseil, car un conseil n'engage certes à rien, mais il éclaire. Tybolt n'est pas tout à fait le Lion Gris, mais croyez moi quand je lui prédis un avenir aussi éclatant que l'or du lion de son blason.

S'agissant de votre sœur, je vais peut-être vous surprendre, mon cher neveu, mais je vous suggère d'attendre un peu et de la remercier. Remerciez votre sœur de vous avoir offert cette occasion de briser la glace et d'agir en tant que suzerain du Val, pour une première manœuvre de grande importance dans votre parcours de jeune seigneur. Rappelez à votre sœur quelle place est la sienne dans votre cœur et quelle place doit être la vôtre dans vos vies. Vous êtes à la tête de votre maison, et à ce rang, vous devez protéger cette famille si peu nombreuse qui vous entoure. Chacune de vos sœurs est différente, mais chacune est j'en suis sûr aussi précieuse à vos yeux qu'un œuf de dragon sur le point d'éclore le serait pour un prince de la maison Targaryen. Voyez d'ailleurs comme les rivalités fratricides peuvent être dangereuses, et jusqu'où elles peuvent conduire, il suffit pour cela de songer aux dramatiques événements de 196 et à la rébellion de Daemon Feunoyr. Les graines de la discorde n'apportent que de mauvais fruits dans les familles, croyez-en mon expérience. Je ne vous invite pas à la précipitation pour autant, ces choses-là, les réconciliations, prennent du temps, mais dans le fond je suis sûr qu'il s'agit de beaucoup de bruit pour rien. N'oubliez pas que vous sortirez grandi de cette aventure, et si votre sœur s'entête à vous tenir rigueur de vos débordements, alors gardez pour elle tout votre amour de petit frère, sans pour autant insister, car vous serez tous deux appelés à vivre sur des chemins différents. Elle est en âge de prendre un époux et dès lors qu'elle sera mariée, son avenir sera détourné du Val d'Arryn où vous serez seul maître à bord, mais également seul responsable.

Concernant enfin votre désir de faire vos preuves par les armes, je tiens à vous féliciter. Il n'est de plus fort message à transmettre à ses vassaux que celui qui vous motive à rejoindre vos troupes stationnées dans l'Ouest. Ceux-ci reconnaîtront en vous un seigneur méritant et honorable, et votre loyauté à leur égard sera mille fois récompensées. Vous en cueillerez les fruits longtemps après l'événement, croyez-moi. La guerre est l'occasion pour nous qui régnons de nous élever au-dessus des autres afin de faire la démonstration des capacités qui font les bons suzerains. Il ne s'agit pas de savoir manier une épée, une lance ou un bouclier. Il s'agit d'éprouver son courage, sa ténacité, son intelligence et sa loyauté. Il s'agit d'avoir assez de courage pour monter à l'assaut quand c'est nécessaire, d'être assez tenace pour ne jamais reculer devant l'adversité, d'avoir l'intelligence de ne pas foncer tête baissée et d'avoir toujours à cœur d'être loyal envers ceux qui combattent à vos côtés. Ces choses ne sont pas innées, et tout homme n'a pas en lui les germes de ces valeurs. Cependant vous, Jasper Arryn, plus qu'un autre vous portez les graines de ces qualités, et je ne doute pas qu'elles germent chacune en temps voulu. Il y a un temps pour tout et qui sait, sur les terres de l'Ouest viendra peut-être pour les fleurs de votre courage le temps d'épanouir leur corolle. Rejoignez cette milice et combattez avec elle. L'ordre viendra des plus hautes autorités du royaume, et Tybolt Lannister sera bien obligé de s'asseoir sur ses réticences à l'idée de vous voir venir à l'Ouest. Je ne les comprends pas, pour tout vous dire, pourquoi refuserait-il à l'allié qui se propose de venir se battre sous ses ordres et sous sa bannière de le faire ? Comme je l'ai déjà écrit, précisez lui vos intentions et je suis sûr que le bon sens lui fera convenir de ce toute la légitimité de votre démarche.

Je terminerai enfin par cet avertissement, mon cher neveu. N'attendez rien des Lannister avant qu'ils ne dévoilent leurs véritables intentions. Vous avez engagé le Val sur le terrain d'une alliance, mais gardez vous toujours d'un allié trop étouffant. Par ailleurs, si vous en éprouvez le besoin, je me propose de servir d'intermédiaire à l'égard de votre sœur. Si vous m'en donnez la permission, je veux bien intercéder en votre faveur et m'enquérir du point de vue de Maura sur votre situation. Sinon, sachez que je suis toujours là pour vous si vous avez besoin de mes conseils ou de mon soutien. Sachez enfin, s'il était besoin de le préciser, que toutes mes pensées sont pour vous en ces temps si troublés.

Votre oncle qui vous aime,

Lord Leo Tyrell.
~


Quand il remit le lourd parchemin à son mestre, Leo savait qu'il avait pris une décision lourde de conséquences en adressant ainsi à Jasper Arryn ces conseils, recommandations et mises en garde. Cette lettre d'un oncle à son neveu ne pouvait être totalement reçue, lue et perçue en dehors du contexte politique très complexe des Sept couronnes. Leo songeait avec grande conscience qu'il y avait là l'occasion de garder un œil sur les affaires de ces autres royaumes qui se tenaient, millénaires, loin de Hautjardin. Le Val d'Arryn n'était pas dans l'immédiat d'une grande importance géostratégique pour le Bief, mais de l'avis de sa mère, il était important de maintenir de bonnes relations avec les voisins proches des proches voisins des vertes contrées. Quoi de plus naturel pour un oncle que d'entretenir de bonnes relations avec son neveu?
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Message Dim 29 Jan 2012 - 13:58

Jasper devait tant à son oncle qu'il éprouva plus que de la joie quand il prit enfin le temps de rédiger une réponse à son dernier corbeau si important. Bien des choses avaient changé en si peu de temps : il avait trouvé auprès des conseils de son oncle et de la compagnie de son protégé la force et la raison de laisser au néant toute la rage rancunière qu'il éprouvait à l'égard de sa sœur, et c'était plus qu'il n'en était nécessaire pour le persuader de ce que les Sept favorisaient son entreprise. Il avait délaissé le tumulte des préparatifs de la grande réunion qui se tiendrait aux Eyrié d'ici quelques jours pour le calme de son cabinet d'écriture, où il pourrait confier à son oncle les excellentes nouvelles qu'il avait à lui donner. Au fond de son cœur, Jasper se réjouissait de savoir que la distance géographique n'était rien entre eux et que, malgré elle, ils parviendraient à maintenir des relations franchement excellentes. Et savoir qu'il serait bientôt à Hautjardin pour embrasser ses lointains parents du sud le plongeait dans l'euphorie la plus totale. Il devait toutefois informer son oncle de la situation concernant le jeune seigneur suzerain du Conflans. Pouvait-il l'accompagner à Hautjardin ? Son oncle n'y verrait sûrement aucun inconvénient, mais il était préférable de prévenir respectueusement, au préalable. Ce serait l'occasion rêvée pour le jeune Edwyn de rencontrer bien du beau monde, car pas moins de quatre seigneurs suzerains seraient de la fête à Hautjardin.

« Mon oncle,

Je vous remercie de tout mon cœur pour votre dernier courrier et si ma réponse a tant tardé, c'est que le cours des événements s'est trouvé infléchi par l'étonnante volonté des Sept autant que par votre providentielle intervention. La force m'a été donnée de laisser de côté mes rancœurs et mes humeurs pour ne plus éprouver à l'égard de ma sœur aînée que cet amour fraternel que vous évoquiez. La fatigue de la colère a laissé la place à l'énergie du soulagement, et je vous en sais gré.

De bien tristes nouvelles ont tout juste frappé le Val d'Arryn et notre famille. Un groupe de fer-nés menés par un certain Sargon Harloi s'en est pris à notre chère Maura et à sa suite. Les Sept veillent sur notre famille, car elle s'en est tirée indemne et intacte, mais hélas, ce n'est pas le cas de lady Eirlys Belmore, l'une de ses suivantes, dont l'avenir semble très incertain puisqu'elle a été enlevée par les agresseurs. Le Val d'Arryn obtiendra justice de cet affront, j'en ai fait le serment solennel, et il n'est nul océan qui sera assez vaste pour préserver ce mécréant des fers du jugement que nous lui réservons. Sachez également et que suivant vos conseils, j'ai pris les dispositions nécessaires pour prendre part à la guerre que vous menez contre les fer-nés révoltés. Je nourris ardemment le désir d'être celui qui tranchera la gorge du fer-né qui a eu l'audace malvenue de s'en prendre à un membre de la maison Arryn. Malheureusement, ces chiens sont lâches et je doute qu'on ne retrouve un jour cette vermine insolente.

Les préparatifs de mon départ pour Hautjardin sont lancés et je tiens à vous informer d'un détail qui revêt toute son importance : le tout jeune suzerain du Conflans, lord Edwyn Tully, est devenu le pupille des Eyrié en attendant que la situation épineuse de ses domaines se résorbe et laisse place à plus de quiétude. Vous n'ignorez pas que la rivalité régnant entre les maisons Nerbosc et Bracken a dégénéré en véritable guerre privée. Acceptez-vous qu'il soit du voyage avec moi et qu'il figure parmi les invités du mariage ? Ce serait pour lui une grande joie, et pour moi aussi.

Mille fois, mon oncle, je tiens à vous remercier. Vous m'êtes un ami et un soutien précieux et alors même que vous ne me deviez rien, vous n'avez pas hésité à me venir en aide quand j'étais au plus mal. Je suis à tout jamais votre obligé et plus encore.

Votre neveu affectueux et reconnaissant,

Jasper Arryn. »


[i]Le corbeau avait quitté les Eyrié et traversait déjà le ciel du Val, mais ce n'est pas vraiment lui que Jasper cherchait dans les cieux nuageux qui bordaient ses montagnes. Il avait trouvé la paix intérieure et se réjouissait d'être enfin prêt à se tenir parmi ses homologues comme un égal. Il devait beaucoup à son oncle comme au petit Edwyn Tully, et cette réalité le frappa de plein fouet. Il était un Arryn, il était issu d'une des plus pures et des plus anciennes lignées de la noblesse andale, et pourtant ce n'était pas auprès de ses pairs qu'il avait trouvé des réponses et des solutions à ses troubles. Cela le fit beaucoup réfléchir, et il comprit avec un sourire qu'il n'y avait rien à attendre de ceux qui s'entêtent à respirer toujours plus haut quand l'air le plus frais reste encore en bas. Jasper alla se coucher avec bonne humeur ce soir-là et cette fois encore, il dormit sans heurt, heureux d'avoir enfin trouvé quelle serait sa place dans le monde.

La nuit passa très rapidement. Au petit matin, il s'éveilla en hâte et gagna rapidement la grande salle du château pour donner des ordres et préparer l'accueil des vassaux du Val qui viendraient rendre hommage à la famille Belmore. Ils seraient accueillis avec toute la sobriété qui convenait aux temps sombres. Il n'y aurait ni faste, ni pompe, ni luxe superflu. Les vassaux du Val d'Arryn avaient besoin d'un seigneur capable, et non d'un bouffon ripailleur. Il ne lui restait plus qu'à les recevoir, à leur exposer son projet et à donner ses ordres. Ainsi le Val d'Arryn serait prêt pour les tempêtes à venir, et rien ni personne ne pourrait négliger à nouveau ses prises de position. Et une fois reçue la réponse de son oncle, il pourrait partir en direction de Hautjardin pour rendre visite à l'homme auquel il devait tant et plus encore.
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Message Dim 29 Jan 2012 - 16:21

Les préparatifs du mariage allaient bon train. Leo ne lésinerait pas sur la sécurité. Les dernières nouvelles portées par ses neveu et nièce faisaient de ce mariage un événement mémorable puisque pas moins de cinq des sept maisons suzeraines seraient représentées lors de la cérémonie. Il y aurait lord Tybolt Lannister, lord Leo Tyrell, lord Jasper Arryn, lord Edwyn Tully et le prince Trystan Martell. Certes, parmi eux ne figuraient pas le Roi Aerys Ier en personne, mais pourtant, il portait sur ses épaules un fardeau délicat. La cérémonie se ferait dans la plus grande tradition, et la fête qui suivrait s'illustrerait par son faste sobre et sa brillance contenue. Les temps étaient à la guerre, et il ne fallait pas tendre trop loin la main et risquer la morsure des serpents tapis dans l'ombre. Sa citadelle était intacte depuis des temps immémoriaux, et ce n'est pas à l'occasion du mariage de son fils que cette réputation faillirait. Toutefois, se reposer sur les récits et les légendes d'autrefois ne conduisait à rien, aussi avait-il pris une série de mesures pour assurer que rien ne vienne troubler l'union du Lion et de la Rose. Au palais, il avait fait doubler la garde et les meilleurs chevaliers du Bief se trouvaient désormais temporairement directement à son service et ne recevant leurs ordres que de lui. Une grande inspection avait été entreprise parmi les gens de sa copieuse maisonnée et près d'une dizaine de têtes étaient tombées parmi tous ceux suspectés de traîtrise. Lady Amelia elle-même avait mené les interrogatoires, ce qui avait assuré Leo de l'efficacité de l'entreprise. Ce n'est qu'à la fin de la soirée qu'il prit le temps d'écrire une réponse à son neveu. Naturellement la présence d'un invité supplémentaire ne le gênait pas quand cet invité se trouvait être le seigneur suzerain du Conflans. Les Tully partageaient avec les Tyrell bien des similitudes puisqu'ils ne devaient la suzeraineté sur leurs fiefs respectifs qu'à la décision prise par les Targaryen quand Aegon le Conquérant leur offrit respectivement la tête du Conflans et la tête du Bief. Et s'il acceptait la présence à sa table d'un prince de la maison Martell, il pouvait bien faire une place au suzerain du Conflans, le malheureux orphelin.

~ De Lord Leo Tyrell de Hautjardin à Lord Jasper Arryn des Eyrié.

Mon cher neveu,

Les nouvelles que vous m'apportez sont terribles, et croyez bien que toutes mes pensées sont pour vous et les vôtres, pour vos vassaux et pour le Val tout entier. Toutes mes prières louent les Sept pour qu'ils vous accordent leur bienveillance. Soyez sûr que les Sept puniront Dagon Greyjoy avec toute la sévérité qui convient aux traîtres et aux parjures, et votre épée sera peut-être l'instrument de leur justice divine.

Pour ce qui est de votre requête concernant lord Edwyn Tully, il sera tout comme vous le bienvenu à Hautjardin et à ma table. Tout sera mis en œuvre pour vous assurer un séjour confortable, mon cher neveu, car il me tarde de vous voir. Si je puis vous faire une suggestion, à Port-Réal, joignez-vous à messire Jace Redwyne pour le voyage par la route de la Rose. Le Grand Amiral s'entretiendra avec vous d'un sujet qui me tient à cœur.

Votre oncle impatient,

Lord Leo Tyrell.
~


Tout irait pour le mieux quand Jasper serait arrivé à Hautjardin. Tybolt Lannister semblait désireux de s'entretenir avec lui d'un sujet particulier et grave, et Leo attendait avec hâte d'entendre ce que le Lion pouvait bien avoir à lui dire de si important. Lui-même aurait peut-être des choses à lui dire ou à lui préciser, concernant notamment la présence de son fils à l'Ouest qui durerait jusqu'à la victoire finale contre les Fer-nés. Rien de bien grave, songeait-il, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que bien des choses se décideraient lors de cette grande réunion à Hautjardin.
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[TERMINE] Correspondance de la Rose et du Faucon I

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