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Méprise (pv Harbert)

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Message Lun 2 Jan 2012 - 17:29

" Ca fait bien des heures qu'on l'attend ! " râla Karl en faisant les cent pas autour du chêne.

Assise en tailleur un peu à l'écart du bord de la route, Aisling ne leva même pas les yeux de son jeu de runes, habituée à la mauvaise humeur de son compagnon de voyage. D'un autre côté, le jeune homme avait raison : ils patientaient depuis un moment déjà. L'homme qui devait leur assurer au moins le gîte et le couvert semblait ne pas vouloir montrer le bout de son nez.

" Josh a dit qu'il aimait la boisson, il aura peut-être oublié... " reprit Karl en maugréant.

Il s'arrêta devant la jeune femme qui consentit enfin à lever vers lui un regard las :

" Tu me fatigues, et tu m'empêches de me concentrer. "

Aimable ? Pas vraiment ! Mais Karl était loin de se laisser repousser aussi facilement. Il s'accroupit près d'elle et jeta un oeil aux cailloux blancs couverts de symboles rouge sang qu'elle manipulait.

" Tu vois quoi ? "

Aisling eut un mouvement d'humeur qui le fit se redresser en grognant et faire quelques pas.

" Rien, je te dis : je peux pas me concentrer. Je sais pas, moi ! Va faire un tour ! "

Attendre ? Encore ? Il n'en avait plus la moindre envie. Tant pis, ils paieraient eux-même la chambre, ils n'en mouraient pas ! Ce n'était pas comme s'ils n'avaient plus un sou !

" Ca sert à rien d'attendre, il viendra pas. "

La jeune femme continuait à faire glisser les pierres entre ses doigts, songeuse.

" On a rien de mieux à faire. Au pire, d'ici une heure, on rebrousse chemin jusqu'à l'auberge et ça ira bien. "

Karl leva les yeux au ciel, irrité du calme d'Aisling et alla chercher sa fronde sur leur cheval de bât.

" Je reviens, je vais nous chercher un lapin. "

La jeune femme haussa les épaules et baissa à nouveau les yeux sur ses runes. Un instant plus tard, elle les ramassait et les rangeait dans la petite bourse qui pendait à sa ceinture : un bruit de sabot laissait entendre que quelqu'un s'approchait. Leur hôte ? Elle faillit rappeler Karl mais s'abstint, préférant d'abord s'assurer qu'il n'y avait pas méprise. De toute manière, le jeune homme avait déjà disparu dans les fourrés. A son tour, Aisling fit en sorte de se dissimuler : s'il ne s'agissait pas de la personne tant attendue, autant éviter le promeneur, quel qu'il soit.

Elle put enfin l'observer et rechercher les signes distinctifs qu'on lui avait donnés : le genre grand costaud, comme Karl, cheveux courts, barbe brune... Aisling maudit le fameux Josh de n'avoir pas su leur donner meilleure description. Des grands hommes dans ce genre, à défaut d'être courant, cela arrivait. D'un autre côté, ce gars-là avait plus l'air d'être un noble qu'un petit arnaqueur. Quoique... Josh avait aussi dit : vous verrez, il est doué pour les déguisements improbables. A l'entendre, le dénommé Harbert - parce que c'était le nom qu'il disait porter - pouvait se faire passer pour n'importe qui et disparaître aussi vite. Un noble ? Non... Il n'aurait tout de même pas l'impudence de se faire passer pour un noble ?

Aisling finit par fermer les yeux, formuler rapidement une question "cet homme s'appelle-t-il Harbert ?" et tira une unique rune en espérant avoir une réponse assez franche pour une fois. Elle le fut suffisamment pour qu'elle se décide à sortir de sa cachette :


" Harbert ? Vous savez vous faire désirez, dites-donc ! "

Le ton n'était ni à la plaisanterie, ni à l'agressivité. Cela ressemblait plus à un constat. Elle l'observait, ne s'approchant pas plus que ça, le jaugeant du regard. Lui devait selon Josh s'attendre à une voyageuse. A la tenue qu'elle portait - chemise, pantalon et bottes usées et couvertes de poussière - on devinait qu'elle était une habituée des routes. Elle avait pourtant un aspect suffisamment propre et soigné pour que l'on devine qu'elle n'était pas de ces va-nu-pieds au ventre vide. D'ailleurs, même son attitude, fière, laissait entendre qu'elle n'était pas du genre à mendier quoi que ce soit. Elle secoua la tête en finissant de le détailler :

" Le costume est pas mal, mais on ne veut pas d'histoire, c'était pas franchement le plus approprié. "

Elle haussa les épaules, comme si finalement elle avait décidé qu'elle s'en accommoderait. Allant chercher le cheval de bât qui portait leurs affaires, elle mena l'animal sur le sentier d'une main ferme.

" Bon, on va où ? "

Ils avaient déjà beaucoup attendu, inutile de traîner davantage. Karl referait surface d'un instant à l'autre, autant repartir de suite.
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Message Ven 13 Jan 2012 - 19:54

Les Sept soient remerciés pour la chasse et la guerre !

Il ne faisait aucun doute à Harbert que ces deux affaires aient été inventés par les hommes pour s’écarter le plus possible de leur femme, d’abandonner l’ennuyeux quotidien des bocages et des châteaux pour aller courir à l’aventure en des voyages lointains ou du moins agités. Enfermé depuis plusieurs jours à Accalmie, prostré en une mélancolie aussi ineffable que forte, Harbert s’ennuyait sec à contempler les giboulées s’abattre sur la mer et les terres, à écrire de la mauvaise poésie et à arpenter le donjon comme un spectre hante son tombeau.

Lorsqu’il eut entendu parler de cette rumeur de sanglier monstrueux qui dévastait les alentours de Montboisart, le prétexte fut tout trouvé pour qu’il regagne le dehors, la liberté et la solitude des bois du pays. Ainsi, il partit le jour même avec une poignée de familiers et, le soir venu, fut accueilli par le lord le maître de Montboisart où, lors d’une longue veillée, il s’enquit de la fameuse bête, des hommes que l’on pourrait mettre à sa disposition et des réserves de vin dont disposait le château – au cas où, voyez-vous, le séjour en ces lieux venait à durer. Ceci fait, on alla se coucher et à l’aube, on prépara la battue. Le châtelain de Montboisart, un homme fatigué et solitaire, n’avait eu aucune envie d’emprunter les chemins de boue de sa campagne accidentée ou se perdre dans les bosquets de son domaine, si bien que la bête, qui avait dû subir, comme tous les êtres des Sept Couronnes, les restrictions qu’avait imposée la longue sécheresse d’été, prit vite ses aises et dévasta les maigres cultures qui jalonnaient les forêts du lieu. Et si les razzias de l’animal fit le malheur des gueux, aucun n’avait l’autorité nécessaire pour se lancer dans une grande chasse, bien que nombre d’entre eux se plaignaient de l’oisiveté de leur seigneur et maître, qui se contentait de renvoyer les nombreuses doléances de ses gens.

Ainsi cette troupe de chevaliers et de chasseurs braillards fut reçue avec joie, et l’on se rassura en pensant que les saccages qu’ils commettaient eux-mêmes en croyant fort qu’ils n’étaient qu’un moindre mal face à la bête. Cela fut vrai, en quelque sorte, et la dite troupe, arrivée avec ses armes et ses limiers, fit une grande impression, si bien qu’on eut guère de mal à trouver des volontaires pour la battue. Certes, une poignée de paysans fut réquisitionnée de force, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des gueules, n’est-ce pas ?

L’aube finissait de poindre quand on commença la chasse, mais après plusieurs heures de recherches, on ne trouva que des vieilles pistes ou des traces traîtreuses. Si bien que, peu à peu, les chevaliers se dispersèrent en plusieurs groupes, chassant ce qu’ils trouvaient, s’enfonçant toujours plus dans la forêt. Harbert fut l’un de ceux-là. Sur les pas de ce qui semblait être un cerf, il avait vite distancé ses compagnons et, après avoir perdu la piste, s’était perdu au milieu des arbres, loin des cors et des cris. Peu inquiet, il poursuivit son chemin à la recherche de l’animal ou d’un sentier, et remplaça la société des braves gens par une outre remplie de vin. Assoiffé par la curée en puissance et la chevauchée de son destrier, Vangres, il prit plaisir à se perdre un peu plus et à boire ce vin pur auquel l’outre donnait un parfum fort et animal.
Et lorsqu’enfin il trouva un chemin, il avait grand-faim et était fort soûl, si bien que, au moment où Aisling apparut sur la route, il en était à chanter, seul, quelque chanson du pays
.
« ‘l’ai rencontré un soir,
Oh, qu’elle était naïve,
Un seul coup de poignaaaaard…
Et elle cessa de viv– »


Coupant court à sa ballade – comme à sa balade – la jeune femme se planta face à lui, si bien que le ser eut un moment d’angoisse. Il brandit dès lors son javelot de cornouiller et jeta des coups d’œil aux alentours, soupçonnant quelque guet-apens. Mais lorsque tout fut calme, il jeta un nouveau regard sur la jeune femme. La petite créature avait des airs de pieds-poudrés, sûrement une marchande ou une pèlerin sur le chemin de retour. Sa tenue de voyage semblait aussi sale que la sienne, bien que les vêtements des plus masculins donnaient une curieuse impression, alors que ses habits, travaillés en un riche cuir teint dans un jaune qui tirait sur l’ocre-pisse, étaient des plus orthodoxes.

« Harbert ? Vous savez vous faire désirez, dites-donc ! »

« Merci bien, la dame, vous n’êtes pas mal non plus. » jeta le chevalier, d’humeur rigolarde. Elle n’y prit pas garde et continua son examen. Il en fit de même. Elle lâcha finalement un mot sur sa tenue crottée, mais Harbert, passablement ivre comme je vous disais, n’y prit point garde à son tour.

« Bon, on va où ? »

« Je croyais que vous me le diriez… » dit le grand diable avant de jeter un coup d’œil aux alentours et de rectifier le tir. « Par là ? » proposa-t-il en désignant la direction qui lui semblait aller vers Montboisart.

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Message Dim 15 Jan 2012 - 17:52

Un ivrogne chanteur. Fabuleux. Josh allait l'entendre ! Bien sûr, Harbert s'était montré un peu surpris et sur le qui-vive, mais quand on voyageait, il était normal de se tenir prêt à toute éventualité. Elle ne daigna même pas lever les yeux au ciel lorsqu'il lui rétorqua qu'elle n'était pas mal non plus. Habituellement, elle imposait un certain respect, mais il était vrai que c'était davantage vis à vis de ses clients et que de toute façon l'alcool n'aidait pas à se tenir. Et puis pour s'habiller de la sorte, il ne fallait pas se prendre pour n'importe qui alors elle ne s'étonnait guère qu'il ait du répondant. N'ayant pas envie d'entrer dans une joute verbale stérile, elle préféra entrer dans le vif du sujet de suite. Tant qu'il se tenait tranquille...

Elle s'immobilisa lorsqu'il prétendit ne pas savoir où ils allaient et lui jeta un regard noir. Quoi ? Il n'avait pas la moindre idée d'où les mener ? Il dut s'apercevoir qu'il venait de commettre une erreur car il tenta de se rattraper comme il put. Elle soupira et le dévisagea. Que faire ? L'envoyer promener et poursuivre leur chemin sans lui ? Seulement, ils ne connaissaient personne dans les environs et elle n'aimait pas partir à l'aveuglette. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, elle décida de lui accorder le bénéfice du doute.


" Ecoutez... On n'est pas pressé en soi. "

Ça l'ennuyait d'en arriver là, mais c'était vrai. Et puis, elle n'avait aucune envie de le suivre s'il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il les menait. Il avait dû proposer son aide seulement par appât du gain et se dire qu'il se débrouillerait plus tard pour leur apporter ce qu'ils voulaient. Sauf qu'il n'avait manifestement pas assez réfléchi au sujet et passait plutôt pour un petit comique. Enfin... un petit comique qui pourrait leur être utile.

" Vous connaissez la région, ça fera bien l'affaire. "

Elle fit la moue et se décida à esquisser un sourire arrangeant :

" Bien, trouvez-nous une chambre et on en reparlera demain matin. "

C'était encore le plus simple. Il leur payait une chambre, ils passaient une bonne nuit et ensuite ils verraient bien si cet Harbert pouvait leur être vraiment utile. Il devait bien avoir les moyens de satisfaire cette exigence vu la tenue qu'il portait. Jouer au noble... On n'avait pas idée ! Qu'il ne vienne pas se plaindre s'il s'attirait des ennuis ainsi !

" Quand vous serez sobre, " précisa-t-elle, intransigeante.

Qu'il boive ou non, c'était son affaire, mais elle voulait pouvoir parler avec quelqu'un capable d'aligner deux pensées cohérentes à la suite. Inutile de perdre son temps. Elle cessa de le dévisager pour reprendre :


" Alors par où allons-nous ? Vous connaissez bien la région au moins ? "

Josh leur avait assuré que c’était le cas, et que sous des dehors un peu bourru Gareth avait un cœur d’or. Pour le moment… difficile de juger. Prise d'une idée subite elle s'arrêta à nouveau, suspicieuse :

" Non parce que si en fait vous ne savez même pas dénicher une auberge correcte, autant retourner à la précédente, inutile de tourner en rond. "

Pfff ! Dans quoi s'étaient-ils encore embarqués ? Il pouvait aussi bien les faire tourner en rond des heures, voire des jours, et tout ça pour quoi ? Parce qu’il espérerait y gagner quelques sous… Ah non, franchement, elle préférait encore se débrouiller seule pour leur dénicher un toit qui leur permette d’être en sécurité. Si ce n’était que pour regarder l’enseigne des auberges du coin, elle pouvait le faire aussi bien que lui !
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Message Jeu 26 Jan 2012 - 4:39

L’homme avait déjà affronté mille périls lors de cette satanée journée. Harassé par le temps lourd qui surplombait (bien bassement pourtant) les plateaux, secoué par les rudes cavalcades que lui et Vangre, son destrier, avaient subi et dont ils avaient joui, abattu, ensuite, par la course solitaire et acharnée qu’il entreprit pour se perdre encore pis, le ser gris avait la fatigue qui parcourait son corps aux côtés de son sang las, qui battait lentement, allait et venait et répandait ainsi la douce sérénité de l’homme qui, une fois la tâche accomplie (tel n’était certes pas son cas), une fois le cavalier fourbu, le recouvrait, l’enrobait dans une paix chaude et moelleuse. « C’est comme se baigner dans la mer de Jade, » répétait paisiblement l’un des compagnons d’armes du grand diable après chaque battue, après chaque chasse d’été. En effet, quel sentiment était plus proche que cette sensation si douce où le corps lassé du tumulte se délasse, où l’esprit aux prises au gibier perdu dans cet enfer vert fait de bruit et de fureur, lâche prise à son tour ; quel sentiment plus proche, dès lors, que se baigner dans une eau aussi tiède que sa chair, que se perdre dans cette vaste étendue d'eau calme et chaude ?

Ainsi l’homme était fatigué, mais son sourire à la fois béat et heureux ne quittait pas son minois crotté. Et même lorsque la jeune étrangère tenta de l’assassiner d’un regard où suintait une colère glacée, il ne put se départir de ce rictus bienheureux, et si elle n’eut pas soupiré comme une mère devant son fils polisson, nul doute que ce dernier se serait étiré d’autant plus. Coupant court à la liste d’injures qu’elle avait dû préparer dans sa tête, la voyageuse s’en remit une fois de plus aux connaissances que le chevalier perdu avait du pays et proposa donc qu’on aille loger dans la plus proche enseigne. Bien entendu, le chevalier, loin d’avoir perdu cette jovialité on ne peut plus lourde qui le caractérisait depuis le début de cette rencontre, ne s’empêcha pas de pouffer. Mais alors qu’il préparait une autre réplique grivoise à jeter sur son opposante, celle-ci commença à le prendre par les sentiments.

" Quand vous serez sobre, "

« Héééééééééé, la dame ! protesta-t-il, Sobre ou pas, sobre ou pas, çà ! Croyez-m’en si je vous dis que cela fera votre affaire dans tous les cas ! » Cette phrase, pouvant certes sembler impénétrable dans un premier temps, faisait clairement référence à celle qu’il ne cessait de dénommer « la dame » et au fait qu’elle ne l’était pas, elle, impénétrable. Cette subtile répartie lancée dans les airs, il attendit la réplique, qui ne vint pas. Aisling, peut-être plongée dans ses propres pensées, ou bien se retenant d’assener une autre leçon à ce géant soûl qui lui faisait face (autant jeter des pierres dans une mare), continua, imperturbable.

" Alors par où allons-nous ? Vous connaissez bien la région au moins ? Non parce que si en fait vous ne savez même pas dénicher une auberge correcte, autant retourner à la précédente, inutile de tourner en rond. "

« Ah ! N’insultez pas, la dame, n’insultez pas !, rouspéta notre héros, vous êtes ici dans mon royaume, et lorsque le père n’y est pas, moi j’y règne, dans mon royaume ! Vous devriez me donner du lord Baratheon, la dame, du Sire. Avec qui croyez-vous être en affaires, la dame ? Je ne vous emmène pas dans une de ces piteuses auberges qui jalonnent ces sentiers perdus, non-da la dame, je vous guide jusqu’à un véritable château, la dame, un château, pour sûr ! Or donc ne prenez plus vos airs de grande dame, la dame, j’en ai connu des plus revêches, j’en ai maté des plus matoises, la dame. Et vous croyez donc que je ne puis pas me faire guide, la triste affaire ! etc. » Il continua ce sermon interminable un certain temps encore, emporté par la fougue de sa diatribe et le son (si attirant !) de sa voix grave et emmêlée. Et cependant qu’il rudoyait oralement la friponne, il descendait chaque fois un peu plus de la jeune femme, glissant lentement sur le flanc de son immense destrier, pour mieux prendre la voyageuse entre quatre yeux, comme s’il pensait qu'en prononçant ses mots au bord des oreilles d’Aisling, ceux-ci auraient d’autant plus d’impact.

Il finit ce discours éminemment long sur une note pour son fils, resté à Accalmie, bien que la conclusion des remontrances eut quelque chose d’un peu sibyllin, assez misogyne et très anti-lysien, allez savoir pourquoi. Alors ce fut ce qui venait après les épilogues enthousiastes, une fois que la verve était retombée, abandonnant le feu sacré qui incendiait l'esprit et secouait les tripes. Cette sorte de gueule de bois provoquée par la fuite de l'exaltation provoquée par un discours. Reprenant empire sur lui-même, le cavalier comprit qu’il s’était placé dans un équilibre des plus précaires, que seule sa pratique – éminemment longue elle aussi – du cheval avait permis, se tut un instant pour considérer les tenants et les aboutissants de sa situation et remonta doucement sur son cheval, jetant à chaque étape de la reconquête de sa selle un coup d’œil au sol – à quelqu’un mètre de son crâne – puis un sourcil froncé de professeur à l’Aisling admonestée.

La conversation s’arrêta là, les dieux seuls savent pourquoi (comment Aisling pouvait suivre un homme après la plaidoirie amphigourique qu’il lui avait offert ?).

Les deux voyageurs perdus s’enfoncèrent alors sur le sentier, marchant pendant quelques heures, la cime des arbres au-dessus de leur tête, et la cime basse et menaçante d’un ciel anthracite au-dessus des frondaisons.

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Message Dim 5 Fév 2012 - 18:14

[hrp : désolée mais aisling ne peut pas suivre Harbert quelques heures alors que d'une part elle attend quelqu'un et que d'autre part elle n'est pas certaine de l'identité de la personne qu'elle suit. J'ai donc réduit le trajet à quelques minutes avant qu'elle ne réagisse, j'espère que ça ne t'embête pas trop.]


De mieux en mieux ! Un ivrogne vaniteux ! Aisling lui aurait volontiers fracassé le crâne sur le pommeau de sa selle pour lui remettre les idées en place, à celui-là, mais non seulement elle ne risquait pas de faire le poids face à cet énergumène, mais en plus elle avait besoin de lui. Enfin... plus elle l'observait et plus elle en doutait sérieusement. Il fallait voir les choses en face : Karl et elle avaient besoin d'un guide, de quelqu'un de sûr pour installer un point de chute dans la région, pas d'un homme qui n'était manifestement pas fiable et trop excentrique au goût de la jeune femme.

Elle insista donc, ayant la désagréable impression de se faire mener en bateau. S'ensuivit le blabla de son interlocuteur qui prétendait à présent être le seigneur des lieux. Rien que ça ! Elle recula légèrement à mesure qu'il se penchait vers elle, peu encline à se trouver nez à nez avec lui et sa probable haleine avinée. Le voilà qui partait dans un grand monologue qui n'en finissait plus. De quoi se taire un instant pour Aisling qui n'avait pas envie de hausser le ton pour passer au-dessus. Il finirait bien par fermer sa grande bouche non ? Harbert eut d'ailleurs droit à un long regard moqueur. En réalité si lui était haut perché, sa situation ne l'empêchait pas, elle, de le regarder de haut, pas impressionnée pour un sou. Non mais vraiment, pour qui se prenait-il ? Enfin quoi ! Les nobles avaient une escorte et d'autres manières, non ? Bien sûr, il y avait d'autres signes, comme la monture ou l'épée qui pouvaient corroborer ses dires, mais tout de même... un noble... ça ? Par les sept ! Si c'était cela la grande aristocratie du pays ! Les terres de l'Orage finiraient réputées pour leurs tavernes !

Maudissant Karl qui ne se décidait pas à revenir et préférait courir après les lapins plutôt que la soutenir, Aisling fit quelques pas rapides pour arrêter le cheval en prenant la bride. Pas de quoi effrayer la bête, juste assez pour la stopper si l'animal n'avait pas décidé de lui marcher dessus... Prudente, la jeune femme se recula d'ailleurs aussitôt au cas où le cheval ou le cavalier aient songé à faire quelque écart.


" Hola ! Un instant, mon bon messire ! "

Il avait l'air bien parti pour chevaucher des heures en s'imaginant qu'elle allait bêtement trottiner à ses côtés ! Non mais il ne s'imaginait tout de même pas qu'elle allait le suivre les yeux fermés ! Et puis quoi encore ? Apparemment, la petite diatribe ne lui avait pas fait beaucoup d'effet et elle poursuivit d'un air décidé, sans réelle agressivité, mais avec l'expression de celle qui n'a pas des trésors de patience à épuiser :

" Je crois que nous nous sommes mal compris. Vous êtes le grand seigneur du coin ? Fort bien, alors je n'ai rien à faire avec vous ! Que ce soit clair : si vous voulez jouer à ça avec moi, l'accord proposé par Josh ne tient plus et vous ne toucherez pas un sou. "

Elle prenait un risque en agissant de la sorte. Si par malheur cet homme était bel et bien un noble, elle aurait sans aucun doute des ennuis. Peut-être était-ce vrai... mais alors pourquoi aurait-il proposé de l'héberger plutôt que de l'envoyer promener lorsqu'elle l'avait abordé ? Il ne savait sans doute même pas qu'elle pouvait lui prédire son avenir, alors quel intérêt à l'emmener ? Pour qu'elle finisse dans son lit ? La belle affaire, un noble n'avait sans doute pas besoin d'elle pour passer de joyeuses nuits !

Ne voulant tout de même pas aggraver la situation si elle se trompait, elle reprit calmement :


" Je ne cherche pas à vous insulter, quoi que vous puissiez en penser, mais si vous êtes bel et bien ce... quel nom déjà ? Baratheon, alors pourquoi me mener à votre château ? "

Elle n'avait jamais été du genre à se taire et à faire gentiment ce qu'on lui demandait, noble ou pas. La seule différence était que si c'était le cas, elle n'allait vraiment pas prendre le temps d'en savoir davantage. Plus on se tenait loin des nobles, mieux c'était et elle n'avait pas eu beaucoup l'occasion de faire des exceptions à cette règle. Elle préférait encore gérer les personnages douteux qui trainaient dans les rues, au moins elle y était habituée.
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