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La vanité est la passion dominante de l'homme ▬ Maura & Eirlys

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Homme d'Armes
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Sargon Harloi
Homme d'Armes

Général


« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5377
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
♦ Liens Utiles :
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Message Lun 2 Jan 2012 - 1:29

     Un message était récemment arrivé sur l'île de Kenning, adressé par Deirdre et concernant les mouvements de lady Maura Arryn. Sargon avait demandé à son amante et espionne de veiller aux déplacements de cette femme qui se croyait assez forte pour pouvoir défier les Fer-nés. Cela faisait quelques temps que le Harloi entretenait des relations plutôt houleuses avec la dame du Val, des insultes transmises par le biais de rumeurs et du bouche à oreille, il n'était pas certain que les mots qui sortaient de sa bouche étaient ceux qui parvenaient aux oreilles de la dame, mais au final c'était sans importance. Seul le résultat comptait. Et pour le coup, le jeune homme n'avait nullement été déçu, la demoiselle s'était montrée à la hauteur de sa réputation, faisant preuve de beaucoup d'inventivité dans les tortures qu'elle menaçait de lui faire subir. Comme toujours, la présence du danger et le risque de se voir frôler la mort ou même la serrer dans ses bras, ne faisait que renforcer l'envie de tester la parole de cette lady. Elle savait parler, mais savait-elle tenir ce qu'elle disait ? Il l'espérait de tout cœur, Sargon éprouvait un vif intérêt pour cette femme qu'il pouvait presque comparer à une native des îles en se basant sur les rumeurs qui faisaient grand cas de son caractère. Il lui tardait de rencontrer cette femme dont il s'était déjà fait une idée, espérant qu'elle serait à la hauteur de ce qu'il avait entendu d'elle jusqu'à ce jour.

     Et ce jour était arrivé. La missive si précieuse expliquait dans un langage codé que la jeune lady semblait avoir hâte de mettre les voiles loin de Castral-Roc où elle séjournait depuis quelques temps, tout cela pour monter plus au Nord aux environs du domaine des Fléaufort. Ironie quand tu nous tiens ! Avec un amusement certain le capitaine avait constaté que la femme-sel qu'il avait manqué de tuer dernièrement était issue de cette famille, quel meilleur moyen pour faire un pied-de-nez à Harald que de capturer une jolie lady au même endroit, mais d'un niveau clairement supérieur à cette gamine chouineuse ? La décision avait donc été très rapidement prise, Sargon avait préparé les points importants alors que ses marins se pressaient d'apprêter la Veuve Salée, puis le boutre avait pris la mer, ils seraient sur place bien avant le moment tant attendu. Le jeune capitaine avait alors profité du voyage pour expliquer à son second, Yoren, ce qu'il comptait faire, inutile de préciser que l'homme n'avait rien laissé transparaître de ce qu'il pensait de tout cela, bien que l'idée remontait le moral de toutes les troupes. Enfin une occasion de tuer et de piller ! Sachant comment contenter ses hommes, le Harloi ajouta à ses marins qu'ils auraient l'autorisation de profiter de toutes les demoiselles qu'ils trouveraient. Sauf une. Elle, elle était pour lui.

     La vision des pucelles à déflorer sembla motiver les marins, car la Veuve Salée fut aux environs des Terres de l'Ouest en un temps record, ce qui leur laisserait largement le temps de préparer convenablement l'attaque et de se reposer un petit moment. Normalement Tarbeck y avait mis du sien pour cette fois-ci, Sargon l'avait grassement payé pour qu'il se débrouille pour éloigner les quelques navires qui patrouillaient dans les environs, sans compter que la tâche était facilitée par le fait que les pillages avaient déjà eu lieu ici. Qui voudrait donc venir faire un raid sur un domaine où il ne restait plus rien ? C'était l'endroit idéal, la jeune dame lui avait mâché tout le travail. Le Harloi fit débarquer une soixantaine d'hommes, laissant une vingtaine à bord pour qu'ils s'occupent d'éloigner la Veuve Salée de manière à la rendre invisible du chemin où lady Maura allait arriver. Puis tout le monde se mit à sa place et l'attente commença. Tout le monde savait très bien que rater cette embuscade signifiait encourir la colère de leur capitaine qui se montrait impitoyable lorsque l'on osait contrecarrer ses plans. Mieux valait mourir de la main des gardes de la lady que de celle de son capitaine après tout !

     Le temps passa, les sens s'engourdissaient, puis finalement le guetteur annonça que la troupe arrivait, tout le monde se mit en place et patienta tandis que le jeune homme tirait son épée de son fourreau, impatient de débuter. Alors que quelques chevaliers passaient devant eux et que la suite du convoi suivait, les yeux mordorés du capitaine repérèrent rapidement la dame en question. Telle qu'il se l'était imaginée, pas physiquement, mais dans son maintien et sa manière de regarder devant elle. Un sourire s'étendait sur les lèvres du capitaine avec que Crépuscule pesait dans sa main, il fallut que Yoren lui touche le bras pour que le Harloi s'arrache à la contemplation de sa proie. Il donna le signal. Les Fer-nés sortirent de leur cachette en hurlant, effrayant certaines montures dont celle qui tirait le chariot contenant quelques femmes, Sargon sortit de derrière sa butte pour porter son attention sur la dame qui regardait autour d'elle. Un chevalier était présent à ses côtés et croisa le regard du capitaine qui se jeta en avant, rapidement imité par les autres marins, puis le combattant descendit rapidement de sa monture avant de crier quelque chose à l'attention de la lady.

     ▬ Fuyez ma dame, fuyez ! »

     La phrase fit rire le capitaine qui porta directement une attaque sur le chevalier qui para assez bravement. C'était certainement l'un de ces preux chevaliers bouffit d'orgueil et de bonne volonté ! Ce serait un plaisir que de s'en débarrasser ! Maura n'avait pas de chances de s'enfuir, le piège s'était refermé sur eux et ils étaient emprisonnés par les Fer-nés, impossible de fuir à moins que les défenseurs ne sortent victorieux. Quelques coups d'épée alors que le Harloi s'amusait avec son adversaire qui se révéla plutôt bon combattant, mais pas assez pour résister aux attaques fourbes de son adversaire. Les règles de la chevalerie n'étaient pas celles des Fer-nés, le malheureux s'en rendit rapidement compte à ses dépends : alors que Sargon faisait mine d'attaquer sur le flanc droit, il changea de direction au dernier moment et expédia un violent coup de garde dans la mâchoire du chevalier avant de se déporter sur le côté pour le frapper derrière le genou. L'homme tomba à genoux à terre et le temps qu'il comprenne ce qui se passait, Sargon avait repris Crépuscule bien en main et porté une attaque. L'acier Valyrien avait cela de bon qu'il tranchait aussi bien les chairs que les os, le capitaine sentit juste une légère résistance lorsque la lame butait sur l'os de la colonne du jeune homme avant de le trancher net. La tête roula sur le sol alors que le sang giclait de l'artère tranchée, puis le Fer-né donna un coup de pied dans le corps qui tomba sur le côté tandis que la main du chevalier était encore serrée autour de sa garde.

     Quelques minutes plus tard, après que les marins et le jeune capitaine ne se soient occupés de tuer un grand nombre des gardes, les derniers se rendirent et Sargon fit signe qu'il fallait les regrouper dans un coin et les achever. Pas de survivants, sauf les femmes bien évidemment. Alors qu'il était occupé, un bruit attira son attention, des cris de ses hommes, le hennissement d'un cheval puis un bruit affreusement familier d'une tête qui explose sous un coup brutal. Les cris continuèrent un instant avant que le cheval ne soit maîtrisé par un marin plus courageux que les autres. Le jeune homme prit son temps pour s'approcher du cheval où lady Maura se trouvait, l'animal avait été écarté par les gardes qui tentaient vainement de lui permettre de sortir du carcan des Fer-nés, mais elle avait simplement réussi à se rapprocher du chariot où se trouvaient les autres femmes sans qu'il ne lui soit possible de s'enfuir pour autant. Le temps que le capitaine de la Veuve Salée donne ses ordres au sujet des chevaliers, quelques Fer-nés s'étaient approchés des femmes pour vérifier qu'elles n'étaient pas armées et éviter une tentative de fuite. Le Harloi se hissa à la hauteur de sa proie, celle avec qui il entretenait une relation hostile sans même l'avoir vu. Il devait offrir un bien étrange spectacle, le visage en partie éclaboussé de sang, Crépuscule toujours à sa main don la lame rougeoyait sous l'hémoglobine, mais ils n'étaient pas à la cour, alors peu lui chalait ! Sans sa départir de son arrogance naturelle, il lui accorda un sourire plein d'assurance en prenant garde de rester hors de portée d'un éventuel coup de pied, puis lui parla pour la première fois de vive voix.

     ▬ Et bien ma dame, je ne me serais pas imaginé que notre première rencontre soit aussi mouvementée. Dire qu'il a fallu tout cela juste pour avoir le plaisir de contempler votre joli minois. »

     Les hommes autour de lui se mirent à rire, Yoren s'était éloigné pour contrôler dans le chariot que les femmes étaient bien seules, il y avait quelques servants sans grande importance qui seraient soit tués, soit pris à bord pour en faire des serfs. Un seul regard sous les sabots de la monture suffit à faire comprendre la situation, visiblement un de ses hommes s'était révélé trop curieux et avait approché la dame qui avait réussi à le mettre à terre avant que les pieds de la bête qu'elle montait ne lui fassent littéralement exploser la tête. Un spectacle peu ragoûtant, mais qui motiva étrangement le capitaine, cette femme l'intéressait davantage à chaque instant qui passait. Le Harloi n'aimait pas qu'elle le domine en étant assise sur sa monture, il rengaina donc Crépuscule en se jurant de s'occuper d'elle plus tard, puis attrapa le poignet de la lady pour la faire descendre de son destrier, le tout avec douceur mais fermeté. Lorsque ses pieds touchèrent le sol, Sargon ne lâcha pas son poignet pour autant, mais détourna son attention pour désigner les femmes du chariot d'un geste du menton.

     ▬ Chose promise, chose due, piochez ce que vous voulez mes bons amis, vous avez bien travaillé. Laissez-en simplement une ou deux pour mon usage personnel. Il tourna la tête vers Maura. Voyez ma chère, usage personnel signifie que si vous tentez de fuir, de me frapper ou de me tuer, je m'occupe de faire subir d'agréables tortures à vos dames. Vos hommes sont déjà morts par votre faute, alors réfléchissez bien avant de tenter quoi que ce soit. »

     Il était sérieux, si la lady tentait ne serait-ce que de lui cracher au visage, il ferait arracher la langue de l'une de ses servantes. Aussitôt dit, aussitôt fait, les hommes commencèrent à piocher dans le chariot et Yoren s'écarta pour superviser le tout. Sargon lâcha le poignet de Maura puisqu'elle avait été prévenue et il porta un bref instant son attention sur le chariot, juste à temps pour repérer une demoiselle au regard étrange. Le capitaine fit signe à Yoren de la lui apporter et le Fer-né s'exécuta, entraîna la prisonnière vers le capitaine qui la dévisagea avant de lui attraper le menton pour la forcer à le regarder, barbouillant sa peau d'un peu de sang. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'elle devait être aveugle ou malvoyante, sans compter qu'elle avait l'air plus richement vêtue que les autres servantes. Sargon hocha la tête d'un air satisfait avant de reprendre, lâcha le visage de la jeune femme.

     ▬ Et bien voilà quelqu'un qui fera l'affaire, elle m'a l'air bien richement vêtue pour une simple domestique, je suis sûr qu'elle est encore intacte et qu'elle ferait une parfaite récompense pour mes hommes. Une amie à vous ? Si vous me le demandez gentiment, je peux peut-être l'empêcher de finir comme récompense ? »

     Il voulait qu'elle lui demande de faire preuve de gentillesse, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de la voir faire preuve de cruauté et refuser d'agir de la sorte. Elle dégageait quelque chose que les grandes dames possédaient, un caractère qui l'intéressait au plus haut point et Sargon espérait sincèrement qu'elle se montrerait à la hauteur de ce qu'il attendait. A côté d'eux, les autres hommes débarquaient les servantes et les domestiques du chariot, certains attendaient la réponse de Maura pendant que Yoren veillait à ce que deux autres femmes soient mises de côté. Puis soudain, alors que son regard était planté dans celui de la dame du Val, il sembla se rappeler d'un détail.

     ▬ Je me rends compte que vous ne devez même pas vous douter de qui je suis. Nous nous connaissons principalement par des on-dit, j'ai beaucoup apprécié les menaces que vous avez proférées à mon encontre. J'attends impatiemment de voir si vous allez réellement m'étriper pour y répandre du sel. »

     Si avec ça elle ne devinait pas qui il était, c'était que ses paroles n'avaient été que des menaces en l'air et cela risquait fort de le contrarier. Il serait aussi profondément déçu, mais Sargon était bien décidé à ce que rien n'altère son plaisir. Aujourd'hui, c'était son bon jour !


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Message Mar 3 Jan 2012 - 15:12

Ils avaient quitté leur campement de fortune au petit matin. La jeune femme faisait confiance à leur guide, natif de la région, pour leur faire prendre la route la plus directe afin de rejoindre Falaise et le port d’embarquement qui les mènerait, sa suite et elle, jusqu’à Belle-Ile où elle devait retrouver la demeure des Farman et ses hommes envoyés reconstruire et protéger le fief insulaire. La précédente missive de son époux l’avait quelque peu rassuré mais elle espérait avant tout le voir avant de traverser le bras de mer qui séparait le continent du fief du seigneur de Belcastel. Considérant qu’elle ne devait plus rien à son frère qui se voulait un suzerain délié du respect dû à sa sœur aînée, elle devait apprendre à son époux qu’il deviendrait bientôt père. Et que elle, Maura Arryn, serait la mère de son héritier. Et elle voulait sentir ses bras se refermer sur elle, voir son sourire joyeux et savourer enfin pleinement le fait d’être la femme d’un tel homme.

Pourtant, malgré les émois sentimentaux qui la travaillaient, elle tentait de garder la tête froide autant que faire se pouvait. Il était de son devoir de commander des hommes non comme un guerrier mais comme une mère tendre et nourricière. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement. Implacable, Maura l’était quand il le fallait. Cependant, pour les hommes du Val, elle était avant tout la Dame, sans qu’aucune autre adjonction ne soit nécessaire. Et elle devait bien apporter récompenses et soutien à leur dévouement. Du reste, ce que certains voyaient sans doute comme un simple calcul politique prenait une toute autre réalité pour l’ancienne régente de la maison Arryn. Sans doute cela tenait-il de la conscience aigüe qu’elle avait de son rang mais surtout du respect et de la responsabilité qui s’imposait à elle. Jasper avait beau jeu de lui réclamer un peu de respect quand elle parlait de leurs vassaux. La jeune femme, quoiqu’on en pense ou quoiqu’elle en dise, considérait que ses hommes étaient là pour elle. Ils payaient son mariage d’exception. Et, elle, de son côté, ne pouvait faire autrement que de leur apporter tout l’amour qu’elle pouvait. Certes, l’on était loin des tendres et orageux sentiments qui l’attachaient à son époux mais la dame du Val ne démentirait jamais la maxime qui voulait que le respect et le dévouement d’un vassal lui valent l’amour et la protection de leur suzerain.

Alors que son étalon cheminait sur les chemins, ses pensées suivaient un tout autre cours. Tête baissée, regard dans le vague, elle n’était plus vraiment parmi ses hommes et ses suivantes. Les mots de Tybolt lui revenaient en mémoire. Danger, attaques…Elle savait pertinemment se trouver dans une situation périlleuse mais son sort ne pouvait être différent de celui de l’Ouest. N’en était-elle pas la Dame ? Et quelle épouse aurait-elle été si elle n’avait pas tenu un tant soit peu à partager le sort et à soutenir les gens de son mari ? Peut-être avait-elle une trop haute idée de son rôle…mais au moins n’était-elle pas de ses femmes que rien n’intéressait à part l’art de la parure et le prochain bal. Elle leva les yeux quelques instants, le paysage était le même que quelques lieux plus tôt. L’Ouest malgré sa richesse ne ressemblait finalement qu’assez peu au Val. Là où la richesse de la terre des Arryn était éclatante, le climat de tes terres des Lannister avaient rendu la région sèche et dure. Le vent et les premières pluies battaient un paysage qui semblait fait pour résister aux éclats persistants des embruns venus des mers du Crépuscule. Elle y voyait une certaine analogie avec son pays natal. Le froid, les neiges éternelles et la glace étaient ici remplacés par le battement incessant des vagues et de l’écume blanchâtre qu’elle voyait sans cesse recouvrir les énormes rochers qui tapissaient ces étranges côtes. Elle n’avait jamais aimé la mer, cette immensité l’inquiétait certainement, trop imprévisible et trop sauvage. La montagne, les hauteurs, étaient, pour elle, plus sécurisantes.

S’arrachant à ses pensées, elle échangea quelques mots avec ser Tommen Royce où il fut avant tout question de leur arrivée estimée à Falaise. Elle n’avait jamais vu un Ouestrelin de sa vie. Ce qu’on lui avait dit d’eux tenait en quelques lignes : une grande lignée, une ancienne famille de reines, qui avait finalement décliné comme le soleil couchant du crépuscule. Dans quelques temps, il s’inclinerait devant elle comme ils l’avaient fait devant les autres dames de Castral Roc mais sans doute serait-ce là l’occasion d’en savoir un peu plus de ce qu’ils pensaient des Lannister. Peut-être même aurait-elle déjà l’occasion de tisser certains liens d’amitié avant de prendre définitivement la place qui lui revenait de droit auprès de son mari ? Qui savait finalement…Ses pensées revinrent à Tybolt et à ses appréhensions. La peur engendrait finalement la peur. Et, bien que courageuse, la jeune femme n’était pas ce que l’on aurait pu qualifier de téméraire. Le danger était quelque chose qu’elle entendait maîtriser. Relevant une nouvelle fois les yeux, ses mains se serrèrent compulsivement sur les rênes de sa monture tandis que son regard balayait ses environs. Un morne calme sur une triste route. Elle entendait même les corneilles croasser lugubrement. Elle n’avait d’ailleurs pas d’autres mots pour définir ce qu’elle ressentait devant ce paysage. Lugubre. Ainsi était l’automne.

La route continuait, sinueuse et silencieuse, sans forcément attirer l’attention de la jeune femme qui, pas un seul instant, ne put se douter du sort qui l’attendait. Comment, elle, Maura, Dame du Val et de l’Ouest, pouvait-elle supposer que l’on s’en prendrait à elle ? Pourtant, elle aurait dû savoir, être prudente. Le passé lui avait donné des leçon qu’elle n’avait pas toujours su retenir. Son père n’était-il pas mort ainsi en cheminant dans les montagnes de l’Est certain que rien, ni quiconque, ne pourrait mettre en péril l’avenir de sa maison. Elle ne remarqua même pas le soudain silence qui s’était abattu sur le convoi. Les bavardages entre gardes ou entre femmes s’étaient tus comme si un sentiment de peur d’inéluctable les étreignait tous. Et Maura restait totalement inconsciente de ce qui était en train de se jouer.

Les hurlements soudain lui apprirent rapidement que ce calme soudain avait été avant tout trompeur. Sa monture renâcla bruyamment et elle perdit quelques précieuses secondes à la maîtriser. Déjà sa garde dégainait et se portait en avant pour cueillir le groupe de sauvages braillards qui s’abattait sur eux telle la nuée. Elle crut d’abord dans la surprise qu’ils n’étaient que des sauvages des clans de ses montagnes tellement était emprunte en elle les racontars et les récits de ses terres natales. Force fut cependant de constater que la nasse fer-née s’était refermée sur eux. Le calme était devenu un enfer bruyant où les épées s’entrechoquaient et où les hommes mourraient. Malgré toute sa volonté, une jeune femme n’était jamais préparée au combat. Et Maura sans doute moins qu’une autre ayant toujours été protégée par la grandeur de sa naissance et de son rang.

Le cri de son chevalier juré la fit hésiter. Et elle vit disparaître la seule occasion qu’elle aurait eu de forcer la nasse des sauvages des Iles de Fer grâce à son monture. Pour tout dire, la grande Dame du Val ne savait que faire si ce n’était se retenir de crier. Ses hommes tombaient malgré leur bravoure et la satisfaction qu’ils devaient éprouver en emmenant avec eux quelques sauvages. Mais un simple coup d’œil permettait de savoir qu’ils ployaient sous le nombre. Les yeux agrandis par l’effroi, elle entendit plus qu’elle ne vit l’épée du meneur prendre la vie de celui qui l’avait accompagnée durant de longues années. Elle ne put que se rendre compte, tétanisée, que l’on venait d’ôter la vie à son cher Royce, son compagnon et son fidèle, l’homme sans doute en qui elle avait eu le plus confiance jusqu’à ce que Tybolt ne se fasse une place de choix dans sa vie. Une main fébrile vînt se refermer sur ses lèvres pour retenir un cri de douleur qui ne vînt jamais. Pourtant, malgré l’apathie que le deuil engendrait, elle ne put même se laisser aller à pleurer son homme-lige. Et pourtant, les Sept savaient à quel point ser Tommen Royce avait été une personnalité importante pour la jeune Arryn et son ombre durant tant d’années. Un réconfort, un protecteur. Mais, malgré l’horreur, l’instinct de vie restait et serait toujours le plus fort.

Une figure hideuse se dressa devant elle, la choquant presque. Heureusement, les réflexes furent les plus forts. Sans être une cavalière émérite, elle avait été élevée en noble toujours auprès des chevaux dès lors qu’elle descendait dans les plaines du Val. Un brusque mouvement de bassin et une prise plus serrée sur ses rênes firent cabrer le destrier de guerre qu’elle montait depuis son arrivée dans l’Ouest. Elle ne sut jamais qui d’elle ou de la monture initia vraiment le mouvement. Peut-être les chroniques le lui attribueraient-elles un jour cet exploit mais, pour sa part, elle demeurerait persuadée qu’elle devait plus son salut à une monture entrainée pour combattre et faire corps avec son cavalier. Dans un hennissement strident, l’étalon se cabra violemment agitant ses antérieures au visage du sauvage qui l’attaquait. Le pauvre hère trébucha en arrière tandis que l’équidé retombait sur ses quatre pattes. Plus par intuition que par véritable intention, la jeune femme poussa en avant d’un grand coup de bassin et, en un bruit macabre, scella la mort du Fer-né. Les sabots retombèrent sur son torse et son visage défonçant la cage thoracique et la boite crânienne. Devant le spectacle propre à soulever le cœur des plus endurcis, la jeune femme retînt un haut-le-cœur tandis que les autres guerriers salés s’écartaient rapidement du destrier et par extension de la jeune femme. Tentant, assez vainement il fallait l’avouer, de garder le main haute, elle fit tourner sa monture sur elle-même comptant sur la haute stature de la bête pour maintenir les sauvages à distance. Un d’eux tenta une manœuvre avant de reculer précipitamment devant un mouvement brusque de l’étalon qui s’ébrouait en secouant violemment le cou.

Ce petit manège dura quelques secondes jusqu’à ce que ces fiers et sauvages guerriers se rendent compte qu’une faible femme, même montée, sur un destrier de guerre ne pouvait demeurer un danger immédiat bien longtemps. Il ne leur fallut pas longtemps pour distraire et la cavalière et la monture et saisir fermement le harnais ouvragé pour tenter de calmer le cheval au grand malheur de Maura qui avait caressé l’espoir de leur faire suffisamment peur pour qu’ils fuient durant quelques secondes. Sans même la toucher, ce qui n’était guère étonnant au vu de sa qualité, ils entrainèrent cheval et lady vers le chariot auprès des autres femmes. Autour d’elles ne restait plus que la désolation. Les hommes du Val gisaient sur le sol poussiéreux et rocheux. Eux non plus ne reverraient jamais la terre de leurs ancêtres. Ceux qui avaient été désarmés étaient désormais passés au fil de l’épée ou du poignard les uns après les autres avec une hargne que la jeune femme ne comprenait guère étant totalement étrangère à ces débordements d’hommes et de guerriers. Toutefois, après quelques secondes passées à détourner le regard, elle finit par relever la tête et assista, impuissante et presque recueillie, à la mort par exécution de ceux qui lui avaient juré fidélité. Alors, sans même plus s’occuper des hérétiques qui l’entouraient, elle adressa un geste de réconfort et de prière aux derniers qui allaient connaître bientôt la douce main de l’Etranger. Elle ferma les yeux en espérant que la Mère saurait les réconforter de sa douceur.

Mais, déjà, un homme au visage et aux vêtements ensanglantés s’approchait d’elle espérant sans doute qu’elle lui ferait l’aumône d’un regard. Souhaitait-il admirer sa prise ? Elle ne le saurait sans doute jamais. Sur un ton qui frisait l’insolence, il se lança dans un manège certainement destiné à impressionner et faire rire ses hommes. Pour sa part, elle ne voyait pas vraiment la gloire d’une telle action. Se moquer d’une femme après avoir décimé sa garde ? Dieux, quel courage flamboyant. Juchée sur sa monture et surplombant le Fer-né, la Dame du Val en vînt finalement à lui accorder un regard. Mais quel regard…Le même qu’elle aurait pu poser sur le dernier des indigents qui lui aurait adressé la parle sur un ton un peu trop enlevé. Malgré la superbe du guerrier, il existait entre eux quelque chose qui s’appelait le rang et la certitude d’appartenir à une caste supérieure. Descendante des rois et des héros d’antan, la fille de Jon Arryn n’était pas celles à condescendre une parole à un meurtrier. Curieusement silencieuse, elle se contenta de le dévisager avec une hauteur qui confinait à l’indifférence et au dédain le plus total.

Jusqu’à ce qu’il lui prenne sèchement le poignet. La jeune femme se crispa et lui arracha sa main. Toute résistance lui semblait inutile et n’aboutirait sans doute qu’à un coup d’épée l’amenant à retrouver plus vite son cher Tommen. Mais, ce fut sans aide qu’elle descendit de selle, hautaine et silencieuse. Peine perdue, le Fer-né lui enserra à nouveau la main sans doute de peur qu’il ne lui vienne à l’idée de se mettre à courir pour leur échapper malgré sa lourde robe. Mais, malgré tout son calme qui n’était qu’apparent, la suite des propos la firent blêmir. Offrir ses servantes à la concupiscence des Fer-nés. Un goût âpre lui monta à la gorge et elle détourna le regard. Mieux valait la mort qu’un tel sort du moins pour elle. Et l’autre qui l’accusait d’avoir mener ses hommes à la mort. Ne tenait-il pas l’épée qui en avait égorgé plus d’un ? Elle finit par prendre la parole pour lâcher une seule et simple phrase.


 «Ces hommes sont morts parce que tel était leur devoir. »

Le ton n’était pas sec, il était reconnaissant. Reconnaissant parce que Sargon lui donnait l’ultime occasion de vanter la bravoure de ses gens qui l’avaient gardé du danger durant des années. Elle les pleurerait certainement. Bien sûr qu’ils étaient morts pour elle. Elle en avait intimement conscience. Mais ses hommes étaient morts avec honneur et dévotion. Les Sept les reconnaîtraient la valeur de leur sacrifice et les placeraient à leur droite parmi les Justes. Ou bien ils n’étaient pas des Dieux. La portée de cette simple pensée la fit sans doute plus frémir que la présence des barbares. Dans l’état où elle se trouvait, elle n’aurait cru pourvoir craindre encore plus ce qui allait arriver jusqu’à ce qu’il mentionne sa pauvre Eirlys. Eirlys qui sans voir devait être encore plus effrayée qu’elle-même. Ce qui n’était pas peu dire. Pendant quelques secondes, elle chercha puérilement le soutien et le regard de sa suivante. Pour finir, elle planta ses prunelles bleus dans le regard du Fer-né et consentit à demander sans y voir un quelconque abaissement. N’était-ce pas la tâche dévolue aux femmes que de demander la pitié pour ceux injustement condamnés sans jugement ?

 «Bien. Je vous le demande. Laissez-la partir. Elle mérite autre chose que de subir la force de vos hommes de cette façon. Même des guerriers devraient savoir que le sang innocent n’est pas une chose aisée à verser. Même pour le plaisir. Nous sommes tous jugés à la fin quelques soient les autels devant lesquels nous prions. Je vous supplie de faire preuve de pitié à son égard. Pour elle et pour vous.»

Elle avait parlé avec assez de force pour être entendue des hommes qui lorgnaient vers la Belmore avec un air qui la dégoûtait. Peut-être le rappel d'une puissance supérieure les retiendrait-elle ? Sans doute avait-il voulu l’humilier encore une fois mais, pour sa part, elle ne jugeait pas que faire appel à la bienveillance de l’Homme soit nécessairement une échec ou une preuve de soumission. Et elle pensait chacun des mots qu’elle venait de prononcer malgré la peur qui l’étreignait. Certes, sa voix n’avait pas la force des grands jours mais elle demeurait sereine. En apparence au moins. Elle s’astreignait à ne pas réfléchir. A ne pas penser. Oublier ce qui suivrait forcément. Si au moins elle parvenait à épargner ce sort à la tendre Eirlys, elle aurait réussi quelque chose de plus. Même si cela la condamnait elle. Elle et…Sa vue se brouilla et une main possessive se posa sur son ventre où reposait l’enfant de Tybolt. Son menton trembla légèrement mais elle finit par se reprendre à cause des paroles du sauvage qui lui serrait cruellement le poignet. Elle tourna brusquement la tête vers lui pour le dévisager avec un éclat d’incompréhension dans les yeux. Le connaître ? Comment aurait-elle seulement pu ? Elle, la Dame de l’Ouest, connaître un simple Fer-né ? Il y avait des questions qui ne se posaient point. Celle-ci était du nombre.

 «Un Fer-né parmi d’autres… »

Malgré la peur, il demeurait chez elle une certaine façon de se tenir et de parler. Un ton qui, sans qu’elle ait même conscience, pouvait rappeler à quel point une personne de son rang ne se souciait jamais de ceux qu’elle considérait comme ses inférieurs. Les on-dit ? Son maître-espion lui rapportait finalement tellement de choses. Était-ce Greyjoy ? Elle l’aurait cru plus âgé et on ne lui avait jamais décrit le suzerain des Iles de Fer sous un jour aussi clément que celui qui se présentait devant elle. Et pour tout dire, elle était assez consciente de sa position à la tête de l’ost Arryn pour savoir qu’elle ne devait pas être dépeinte sous un jour très séduisant jusque chez les Fer-nés. Lui savait qui elle était puisqu’il savait qu’elle viendrait par ce chemin. Et si cela n’avait été qu’un coup de chance, la bannière au Faucon qui gisait dans le sable l’aurait renseigné. Même pour des sauvages, l’oriflamme de la maison Arryn devait rappeler quelque chose. Toutefois, Sargon put sentir que de ne pas savoir qui il était pouvait quelque part aller jusqu’à la gêner. Et que cela augmentait, si c’était possible, la défiance qu’elle pouvait ressentir à son égard. Sans compter que Maura était à mille lieux de réfléchir avec acuité, son esprit était fixé, bloqué même, sur ce qui était en train de se jouer. La sœur de lord Arryn pouvait bien être enlevée, même l’épouse de Lord Lannister pouvait l’être mais la mère de la nouvelle génération des Lannister ne pouvait pas se laisser trainer comme du bétail jusqu’aux Iles de Fer pour servir dans un bordel pour leurs femmes de sel ou elle ne savait quoi. Et, jamais…Jamais, elle ne pourrait donner la vie là-bas. Sa main déjà tremblante frémit encore un peu plus alors qu’elle essayait de rester le plus logique possible. Comme si cela pouvait encore arriver !

 «Non. Je ne sais pas…Mais, vous ne pouvez pas. Lâche-moi ! »

Elle avait hurlé. Un cri strident bien loin de l’outrage ou de la peur. Un cri presque primal qui manqua de la faire s’effondrer tant il avait été violent. Elle s’arracha de l’emprise de Sargon Harloi et recula d’un pas sans plus faire attention à ce qu’elle disait ou pouvait laisser paraître. C’était instinctif, elle ne pouvait le laisser la toucher. Elle ne pouvait pas et sentait bien que chaque contact la ferait hurler d’une douleur qu’elle ne ressentait pourtant pas. L’image d’un homme à la chevelure blonde lui passa devant les yeux avant qu’elle ne réussisse à se rendre à nouveau compte de ce qui pouvait l’entourer. Des hommes, du sang, l’odeur des cadavres et les murmures des femmes apeurés provoquèrent un violent haut-le-cœur. Sans doute le Fer-né serait-il déçu que l’attitude de la jeune femme ne corresponde pas vraiment à celle décrite à l’envie comme étant celle de la Dame du Val mais qu’importait. Maura n’était plus qu’une future mère qu’une peur panique commençait à étreindre.


Dernière édition par Maura Lannister le Mar 3 Jan 2012 - 21:30, édité 1 fois
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Message Mar 3 Jan 2012 - 21:19

Ils quittaient le campement et reprenaient la route. De nouveaux lieux à découvrir... et auxquels s'adapter. Eirlys ressentait toujours ces changements comme à la fois agréables et angoissants. De nouveaux endroits où se perdre, mais aussi de nouvelles rencontres. Mais après tout, c'était bien la raison pour laquelle elle avait quitté son Val natal. Si c'était pour s'enfermer dans une forteresse de l'Ouest, à quoi bon ? Le seul détail qui inquiétait réellement la jeune femme, en réalité, était le trajet. Ce dernier était bien trop près des fer-nés à son goût. La menace pesait toujours, quoi qu'on en dise... Il y avait une différence entre aller se promener une petite heure sur la plage et passer autant de temps à tenter le sort. Que se passerait-il si les pirates choisissaient ce moment pour tenter un nouveau raid ? D'un autre côté, Maura était bien encadrée, il fallait le reconnaitre. En tant que dame du Val et officieusement dame de l'Ouest, elle était sans aucun doute suffisamment entourée pour ne pas prendre de risque. Qui oserait s'en prendre à elle sinon un fou ?

La petite suite allait devoir à nouveau embarquer et, si ce n'était les risques, Eirlys se réjouissait reprendre la mer, même si ce devait être pour une courte distance. Plus elle passait de temps au bord de l'eau et plus elle s'y plaisait, l'air marin la revigorait. Loin des pensées torturées de maura qu'elle ignorait en majeure partie, la jeune femme entonna une mélodie afin de passer le temps. Si elle n'avait plus, comme à Forchant, d'instrument de musique, elle prenait toujours plaisir à chanter pour se distraire. Et puis, tout comme le babil des suivantes qui se trouvaient dans le chariot avec elle, cela lui évitait de penser aux risques du trajet et de faire paraître l'écoulement du temps plus rapide.

La note qu'elle chantait s'étrangla dans sa gorge au bruit d'une lame qu'on tirait. Le bruit de ferraille, ce n'était pourtant pas ce qui manquait dans le convoi... Puis non, rien. Elle devait décidément être trop nerveuse, se faire des illusions sur ce qui pouvait venir de la mer. Leur escorte aurait vu arriver un bateau, tout de même ? Le silence, troublé uniquement par le bruit des sabots, se fit pesant. Eirlys frissonna, prise d'un sentiment de malaise inexpliqué.

Puis ce fut soudain le chaos : des hurlements qui la firent sursauter violemment, l'attelage qui accélérait brusquement puis s'arrêtait sans explication, maquant de lui faire perdre l'équilibre. Le remue-ménage suffit à lui faire comprendre avec horreur ce qui était en train de se produire : des brigands ou, pire, des Fer-nés ! Les servantes qui l'accompagnaient se mirent à crier à leur tour, complètement paniquées. Eirlys s'accrocha au siège alors que le chariot était secoué par les chevaux affolés. Le premier instant de stupeur passé, son instinct de survie reprit le dessus : qui avait l'avantage ? Les chevaliers ou les brigands ? Devaient-elles rester en sécurité à l'intérieur ou tenter de fuir ? Elle attrapa le bras de sa voisine et le serra convulsivement :


" Qui a le dessus ? "

Sa voix était tremblante, mais assez décidée encore pour obtenir une réponse. Laquelle fut bredouillée, incompréhensible. Ce fut une autre qui lui répondit qu'ils allaient tous mourir et qu'il y avait du sang partout, ce qui n'était pas très encourageant quant à la tournure que prenaient les évènements. Quelqu'un avait crié à la dame, donc à Maura, de fuir. Terrorisée, la jeune femme comprit que c'était donc qu'il n'était plus possible d'assurer sa sécurité et que le dernier recours restait de s'échapper au plus vite. Malgré la terreur qui montait, Eirlys se leva. L'atelage immobilisé, il fallait qu'elle sortent de là, sans quoi elles allaient être cueillies comme des fleurs bien rangées dans un jardinet, sauf que la situation serait sans doute beaucoup moins poétique.

" Ouvrez cette porte ! "

Les servantes ne voulaient pas, terrorisées à l'idée de ce qu'il y avait derrière. L'une d'entre elles glapit que l'un des chevaliers venait de mourir et à en croire ce qu'elle entendait, Eirlys en déduisit que le carnage allait bon train. Fébrilement, elle repoussa celles qui la gênaient pour ouvrir la porte à tâtons, bien décidée à ne pas attendre la mort - ou pire - sagement :

" Il faut partir ! Tout de suite ! "

Sa voix se perdait dans le brouhaha, les cris de rage, les râles de douleur et le hennissement terrifié des chevaux. Bien-sur, elles avaient aussi toutes les chances d'être massacrées ou du moins arrêtées à l'extérieur. Mais si une seule d'entre elles réussissait à se faufiler dans la cohue et à se cacher... Eirlys comprit qu'elle n'aurait jamais cette chance : elle ne savait même pas de quel côté se diriger. Tout était devenu tellement confus... l'enfer se déchaînait sur terre. De toute manière, à force de tergiverser, il fut trop tard, le bruit des combats cessa. Une des servantes couina quand les hommes s'approchèrent du chariot et entreprirent de vérifier qu'elles n'étaient pas armées. Ce n'était pas le cas, malheureusement, et Eirlys regretta l'espace d'un instant de n'avoir jamais pu apprendre à se servir d'une lame. S'étant rassise au milieu des autres, immobiles, elle adressa une prière muette aux dieux afin qu'ils se montrent miséricordieux. Difficile de faire mieux en de telles circonstances. Elle serra les dents, ravalant les sanglots qui montaient : elle ne voulait pas pleurer. Si elle commençait à sangloter, elle ne s’arrêterait jamais.

Malgré sa peur, elle tendit l'oreille aux mots qui venaient de l'extérieur : sans doute le chef des brigands et... Maura était-elle vivante ? Cette idée lui fit du bien, même si cela n'apporterait rien de mieux à leur situation. Peut-être valait-il mieux mourir dans ce genre de cas. Il la connaissait. Comment... ? Enfin... il ne l'avait donc jamais rencontrée ? Comment tout cela était-il possible ? Ce n'était qu'un cauchemar. Les rires qui s'élevèrent lui donnèrent des frissons et firent éclater en sanglots l'une des servantes. Les phrases qui suivirent la firent blêmir et elle se contenta d'attendre son tour, essayant de se calmer : paniquer ne lui servirait pas à grand chose. On l''attrapa par le bras et elle fut contrainte de descendre du chariot. Ne cherchant pas à opposer de résistance qui serait de toute façon vaine, elle essaya de s'accrocher mentalement à quelque chose, n'importe quoi, qui lui permette de rester un tant soit peu digne.

Courageuse. Ser Pryam avait loué son courage, ce à quoi elle avait répondu qu'il ne suffisait pas de chanter des chansons aux Fer-nés pour les combattre. On la força à se déplacer et elle fit quelques pas, convaincue que ses jambes tremblantes allaient se dérober d'un instant à l'autre. Il était temps de se montrer digne du compliment que le chevalier lui avait fait. Car il s'agissait bien de Fer-nés : l'odeur du sang ne couvrait pas suffisamment celle de la mer pour qu'elle en doute. Celui qui lui faisait face devait être leur chef. Elle détourna le visage pour qu'il la lâche et serra les dents, réprimant l'envie de vomir que lui inspiraient ces miasmes. Elle aurait voulu le repousser, faire volte face et partir en courant loin de ces monstruosités.

Une récompense ? Ses mains se crispèrent sur sa robe. Une remarque acerbe lui vint malgré la terreur qui menaçait de lui faire perdre la raison, mais elle la réprima, consciente que cela ne changerait rien si ce n'était aggraver son cas. Quoique... au point où elle en était... Elle n'espérait même pas que Maura plaide sa cause. A quoi bon ? Pour que le Fer-né ait le plaisir de ne pas accéder à sa requête ? Et puis... ne pas finir en récompense, cela signifiait quoi d'autre ? Ce ne serait pas parce que la lady lâchait un "s'il-vous-plait" qu'Eirlys serait renvoyé dans son Val bien-aimé avec gentillesse. Elle ravala pourtant sa remarque, à défaut de cacher sa peur mêlée de colère. Deux sentiments qui montaient irrémédiablement, se mêlaient inextricables et menaçaient de la rendre folle.

Sa suzeraine demandant pitié pour elle, Eirlys ne se rassura pas pour autant. Certes, elle savait pouvoir compter sur Maura, mais... elle doutait toujours que cela change en quoi que ce soit le comportement des pirates. Que gagnerait-elle ? De finir violer par un Fer-né plutôt que d'autres ? Les larmes lui montèrent aux yeux, elle les essuya d'un geste rageur. Puis baissant la tête, elle s’exhorta au calme, tenta de respirer plus régulièrement malgré l'odeur du sang qui lui assaillait les narines. Au moins ne voyait-elle pas d'horreur. D'après les descriptions de cadavre que l'on avait pu lui faire par le passé, elle était heureuse de pouvoir y échapper en partie. Les râles résonnaient pourtant encore dans sa tête, comme si l'on ne cessait de massacrer les chevaliers. Les oublier, les ignorer. Elle inspira, expira à fond et essaya de cesser de trembler comme une feuille. Courageuse. Elle devait se montrer courageuse, quoi qu'il se passe. C'était plus facile à dire qu'à faire.

Le pirate reprenait la parole, parlait encore et encore, ses mots se mélangeant, sans aucun sens dans l'esprit de la jeune femme. Pour le moment, elle essayait de reprendre emprise sur elle-même, de se convaincre que, quoi qu'il se passe, cela n'aurait pas d'importance. Que tant qu'elle garderait la tête haute et les idées claires, elle trouverait une solution. Des chimères, peut-être, sans doute, mais elle se raccrochait à ce qu'elle pouvait. Etre terrorisée ne lui apporterait rien de plus si ce n'était amuser ses ravisseurs et la détruire. Elle croisa les bras, comme pour se protéger, s'efforçant de cesser de trembler. Elle ne voulait plus montrer de signe de faiblesse. Bien. Se calmer. Se montrer courageuse. Ser pryam l'en pensait capable. Elle inspira une nouvelle fois, niant l'odeur du sang. Courageuse. Elle serra les dents et essaya de suivre à nouveau ce qu'il se disait.

Le fer-né parlait de torture. D'étripage et de sel. Exactement les effluves nauséabondes qui lui parvenaient et la rendaient malade. Le cri de Maura la tira de sa torpeur. Comprendre que sa suzeraine, habituellement sûre d'elle, était aussi près de perdre ses moyens lui remit étrangement les idées en place. D'une certaine façon, si l'on avait cherché à la réconforter, Eirlys se serait sans doute effondrée en sanglots. Mais devant la détresse de celle qui venait de lui prouver toute son amitié, elle ne pouvait plus s'accorder le luxe d'abandonner la partie. Elle s'était promis d'être courageuse, alors elle tiendrait et soutiendrait Maura jusqu'à ce que cette dernière arrive à se reprendre et puisse faire regretter son impudence à cet homme abominable. Oh oui, elle comptait sur Maura pour rappeler qu'elle n'était pas de celles qui avaient l’étoffe des esclaves, mais bien la dame du Val et de l'Ouest !

Percevant le mouvement de sa suzeraine, Eirlys fit un pas de côté et vint lui poser une main sur l'épaule, à tâtons. Elle était toujours terrifiée, intérieurement, mais sa main ne tremblait plus. La jeune femme n'avait rien à dire, mais elle espérait soutenir ainsi Maura. Lui faire comprendre qu'elle était là. Peut-être lui permettre de croire que tout s'arrangerait, même si ce n'était pas pour tout de suite. Ce n'était pas de la naïveté, c'était, pour sa part, une question de survie, une façon de ne pas devenir folle de terreur. Il le fallait. Pour elles deux et pour l'enfant à naître qu'elle avait deviné. Inutile d'être devin pour savoir ce qui les attendait : la mort aurait sans doute été préférable, en y réfléchissant. Comme tout habitant du continent, Eirlys avait entendu les on-dit sur les Fer-nés. Leurs coutumes barbares, les pillages, les viols, les massacres... Bien-sûr, il devait y avoir une grande part de racontars, mais nul doute qu'il y avait suffisamment de faits réels pour baser la légende. Avaient-elles la moindre chance d'être échangées contre une rançon ? La jeune femme ne se souvenait pas avoir entendu parler de tel procédé de source sûre, mais elle ne pouvait s'empêcher de l'espérer. Même lorsque le Fer-né venait de prouver qu'il était prêt à les reconvertir comme "récompenses"... l'espoir fait vivre. l'espoir et le courage. Elle s'accrochait à cette idée autant qu'elle le pouvait.
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Sargon Harloi
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Message Mer 4 Jan 2012 - 14:30

     Le devoir, ils n'avaient que ce mot à la bouche sur le continent décidément ! Lady Maura avait emprunté un ton qui l'amusait beaucoup, comme si cela avait été un honneur de pouvoir se faire trancher la gorge par un Fer-né pour l'honneur de sa dame. Décidément, les habitants des terres avaient une drôle de manière de voir les choses et le jeune homme ne put retenir un rire moqueur dont il avait le secret, celui-là même qu'il utilisait pour humilier les gens qui avaient l'audace de lui parler d'honneur ou de gloire.

     ▬ Oh oui bien sûr, je suis sûr qu'on va tous se souvenir d'eux parce qu'ils ont fait leur devoir, cela va beaucoup consoler leurs familles effectivement. »

     Elle se cherchait des excuses pour justifier le fait que son petit chevalier et ses gardes se soient fait proprement expédier rejoindre leurs ancêtres, à moins qu'elle n'y croit réellement, les gens pouvaient être tellement sots des fois. Sargon ne pouvait que se féliciter davantage de ne pas être chevaleresque et de se moquer de l'honneur et de la gloire, ce genre de héros ne survivait jamais bien longtemps et il ne restait personne pour se souvenir d'eux. Mais le Fer-né n'était pas au bout de ses surprises, le Harloi avait sincèrement espéré qu'elle l'envoie sur les roses en lui disant que jamais elle ne prononcerait de telles paroles même pour épargner l'honneur de son amie, seulement lady Maura ne semblait pas décidée à offrir le moindre plaisir à son assaillant. Le visage tâché de sang de Sargon emprunta une expression contrariée dès que les mots qu'il venait d'exiger traversèrent les lèvres de la demoiselle. Elle le suppliait. Elle ! Lady Maura, celle qu'il avait espéré rencontrer depuis des semaines et qu'il voyait comme une femme de caractère, une femme qui lui ressemblait. Dire qu'il était déçu aurait été un euphémisme, c'était ses espoirs qui s'écroulaient, celui de pouvoir partager un moment d'hostilité intense avec cette femme pour mieux lui arracher ce qu'elle refusait de lui donner. Mais se trouver devant une femme soumise lui ôtait tout désir de la rabaisser, un goût amer se fit sentir dans sa bouche alors que la déception se lisait clairement sur son visage. La jeune femme ne devait pas comprendre la raison de cette réaction vu qu'elle avait fait ce qu'il lui demandait, mais les hommes du capitaine semblèrent comprendre, car ils dévisagèrent commencèrent à regarder autour d'eux pour s'assurer que le blason était bien celui des Arryn. Ça l'était. C'était elle, il le sentait, mais pourtant.... Elle déblatérait en prime sur les Dieux et ce qu'ils pourraient penser de prendre le sang d'une innocente, malheureusement la jeun femme était bien mal tombé, même s'il avait été élevé dans les préceptes de l'Antique Voie et que son oncle était un prêtre du Dieu Noyé, Sargon prenait ce qu'il désirait en faisait fi de ce que ce Dieu lui autorisait. Sa déception était telle qu'il manifesta une subite colère.

     ▬ Tais-toi ! Les Dieux ne sont pas là pour regarder ce que l'on fait, nous prenons ce que nous voulons et pour atténuer l'éventuelle colère des Dieux je n'aurais qu'à sacrifier quelques-unes de tes suivantes. Le Dieu Noyé aime le sang, surtout celui des innocents. »

     La frustration était palpable dans les paroles du Fer-né, plusieurs hommes baissèrent les yeux, n'appréciant pas le blasphème qu'il s'autorisait, mais les marins de la Veuve Salée savaient très bien que leur capitaine n'était pas très porté sur la religion. Yoren s'éloigna du petit groupe qui gardait les deux autres domestiques, pour s'approcher de son capitaine en lui décrochant un regard neutre où brillait une légère surprise. Le second de Sargon savait que le jeune homme attendait beaucoup de cette rencontre, mais cela ne l'empêchait pas d'être étonné de ce sursaut de colère. La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut lorsque Maura avoua clairement ne pas se souvenir de qui il était, le pire étant qu'elle en avait l'air complètement troublée, dire qu'il s'imaginait qu'une femme avec un caractère tel que l'on dépeignait la dame du Val puisse exister, ce n'était que des sottises ! Cette femme ne valait pas mieux qu'un autre, le fait qu'il ait traversé la mer, sacrifié des hommes et du temps juste pour avoir le plaisir de lui parler, avait le don de l'énerver encore plus. Seulement quiconque avait déjà connu le Harloi profondément agacé savait à quel point il pouvait devenir mauvais, même avec ses hommes. Elle tremblait comme une pucelle en hurlant à la manière d'une dame qui venait de se faire toucher par un gueux, cette femme osait l'insulter devant ses hommes en plus de tout ce qu'elle avait déjà fait ! Les yeux mordorés du capitaine étaient plantés dans ceux de Maura alors qu'il hésitait encore l'envie de la frapper ou de la balancer tout bonnement à ses marins pour qu'ils en finissent avec elle après s'être amusés. Ce fut la jeune aveugle qui sauva la mise finalement. Son mouvement pour rejoindre sa dame alors qu'elle était en panique plut au capitaine qui constata que finalement toutes les femmes de ce convoi n'étaient pas juste bonnes à hurler en reculant dès qu'il esquissait un geste vers elle. Il devait garder le contrôle pour mieux l'effrayer, si elle n'était pas à la hauteur de sa réputation, tant pis pour elle, Sargon n'allait pas se priver de sa petite partie de plaisir pour autant. Approchant encore des deux femmes, il dévisagea Maura avant de la fixer droit dans les yeux.

     ▬ Ta suivante est plus courageuse que toi ! Tu ne te souviens pas de moi ? Dommage pour toi dans ce cas, parce que ça ne va pas m'empêcher de prendre ce que je suis venu chercher, au moins cela te fera travailler ton imagination. Il se retourna vers Yoren. Fais-les conduire en bas avec les deux autres. Il s'éloigna de quelques pas avant de s'arrêter pour se retourner vers les hommes qui s'étaient approchés des deux ladys. Celui qui en touche une finira pendu par les bourses à la proue de la Veuve Salée. »

     Il ne plaisantait pas et son ton était clair, Sargon tenait à ce qu'elles soient uniquement à lui et il allait profiter de ce moment au maximum. Le jeune homme s'éloigna alors, le « en bas » dont il avait parlé était une espèce de cabane de pêcheur suffisamment grande pour pouvoir héberger un homme et son matériel. Le capitaine voulait pouvoir discuter tranquillement avec cette femme et s'assurer que ses hommes seraient trop occupés avec leurs nouvelles acquisitions pour ne pas venir laisser traîner leurs oreilles trop près. Le Harloi descendit le chemin qui menait à l'espèce de petite crique ou la Veuve Salée avait été dissimulée, puis il s'adressa aux quelques marins restés à bord pour la surveiller tandis que Yoren faisait mener les quatre jeunes femmes dans la cabane de pêcheur. Après avoir donné quelques ordres et fait savoir qu'ils ne tarderaient pas ici plus de quelques heures, le capitaine se dirigea à son tour vers la cabane pour y pénétrer et constater que son second s'était déjà occupé d'installer les deux servantes dans un coin après leur avoir ficelé les mains dans le dos. Maura et sa suivante étaient installées à l'opposé à côté d'une petite table et Sargon se dirigea vers elles pour dévisager la dame du Val une nouvelle fois.

     ▬ Dire que je t'imaginais comme une femme de caractère, tu es juste bonne à pleurer et à te plier à ce que je te demande. Ton comportement me donne presque envie de te jeter à mes marins pour que tu serves au moins à quelque chose. »

     Son regard brillait d'une déception semblable à celle d'un enfant à qui l'on venait d'arracher ses illusions, il était sérieusement contrarié,mais contrairement à un gamin, sa colère pouvait être plus mortelle puisqu'il avait une certaine propension à l'emportement. Le regard mordoré du capitaine abandonna un instant le visage de la dame du Val pour poser son regard sur celui de sa suivante qui avait fait preuve de plus de courage en prenant le risque de s'approcher de Maura pour la rassurer. Cette femme hystérique... Une fois de plus le goût amer de la déception apparut dans la bouche du Harloi qui s'emporta.

     ▬ A moins que ce ne soit toi lady Maura ? Je n'ai pas entendu dire qu'elle était aveugle, mais l'on m'avait dépeint cette dame comme une femme de caractère qui menaçait de débarrasser Westeros des Fer-nés alors tout est possible ! »

     Sargon savait bien que la femme n'était pas Maura Arryn, elle n'était pas aveugle et ses habits étaient moins riches que celui de l'autre dame, sans compter que même dans son moment de faiblesse la dame du Val conservait une certaine prestance qui ne faisait qu'attiser la colère du Harloi. Elle le faisait exprès il en était persuadé ! Son désir de la voir sous son vrai jour était tel qu'il lui cherchait des excuses, n'ayant absolument pas remarqué le geste qu'elle avait eu vers son ventre quelques minutes auparavant. Sa colère l'aveuglait et même Yoren lui offrait un regard à la fois étonné et inquiet. Le second savait bien que lorsque son capitaine voyait l'un de ses espoirs déçu il pouvait se montrer trop prompt à tomber dans les excès. Bien décidé à la faire réagir, Sargon repoussa brusquement la suivante qui, ne s'attendant certainement pas à être poussée aussi violemment, tomba sur le côté, permettant au Fer-né de s'approcher encore de Maura pour lui attraper la mâchoire et la serrer avec une certaine colère. Il la repoussa pour la plaquer au mur en bois de la cabane, le tout sans vraiment de douceur, puis approcha son visage toujours éclaboussé de sang du minois de la jeune femme. Si elle refusait de lui montrer son vrai côté, il allait la pousser jusqu'à ce qu'elle réagisse.

     ▬ Je vais te donner mon nom alors, en espérant que tu comprennes que je ne te laisserais pas en paix tant que je n'aurais pas eu un aperçu de ce qu'est la véritable lady Maura Arryn. Si là elle ne comprenait pas, il ne savait plus quoi faire. Je suis Sargon Harloi, capitaine de la Veuve Salée et fervent admirateur de ton caractère de dominatrice. »

     Sargon s'accordait le luxe de la tutoyer depuis le début de leur discussion, au départ il s'était imaginé qu'elle allait se comporter « normalement » et qu'il se bornerait à un vouvoiement forcé, mais la colère l'emportait sur ses bonnes manières et son côté violent n'était pas à même de retenir le protocole de rigueur. Le Harloi avait parlé d'un ton relativement bas comme s'il souhaitait lui confier un secret, ce n'était pas le signe que sa colère s'apaisait, mais simplement une habitude qu'il avait. C'était en susurrant à l'oreille qu'il disait les choses les moins agréables. Il savait que le fait de coller la noble n'allait pas lui plaire du tout, elle se jugeait certainement trop bien pour lui, trop bien pour être touchée par un Fer-né parmi d'autres, il attendait qu'elle révèle le caractère qui allait avec ces manières. Ses yeux plantés dans ceux outremer de la Arryn, Sargon resta quelques secondes à la regarder avant de reculer en lâchant la mâchoire de la jeune femme pour s'éloigner d'un pas et accorder son attention à l'aveugle qui se retrouvait entraînée dans les ennuis sans le vouloir. Le capitaine s'approcha alors d'elle pour l'attraper par le bras et la soulever sans aucune peine afin de la remettre d'aplomb puis de l'attirer vers lui pour la contempler quelques instants.

     ▬ Dis-moi ma jolie, ta dame aurait-elle perdu sa verve pour jouer aux peureuses avec moi, ou est-ce qu'elle est toujours comme ça ? Il laissa planer quelques secondes de silence avant d'ajouter. Si tu ne me réponds pas, cela risque de me mettre en colère et je ne suis pas certain d'être assez patient pour vous sauvegarder toutes les deux de mes marins. »

     Autrement dit, elles avaient intérêt à réagir, sans quoi il risquait sincèrement de se lasser. Le point particulier du Harloi était que seul le danger l'intéressait, les femmes de caractère et celles qui pouvaient symboliser sa mort. Une femme qui hurlait et tremblait de peur avait surtout le don de l'horripiler et de lui donner envie de l'envoyer rejoindre les sirènes au fond de la mer. Mais il faisait preuve de patience, il était hors de question que les rumeurs et menaces échangées par le bouche à oreille se terminent sur quelque chose d'aussi pitoyable. Il ne perdait pas espoir.


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Message Mer 4 Jan 2012 - 18:51

Un bref haussement d’épaules méprisant avait été la seule réponse de lady Maura à la provocation du Fer-né. Que savait-il de l’honneur ? Ou même du sacrifice ? Et, surtout, quelle femme aurait-elle été si elle n’avait pas su donner de la valeur à l’acte ultime de ses hommes. Elle chérirait leur mémoire et prendrait soin des veuves et des enfants. Et Royce…Tommen resterait toujours avec elle ou dans ses pensées. Son souvenir serait un trésor. Le sien. Seule Eirlys pouvait peut-être prendre la mesure de l’attachement profond qui avait uni le chevalier et la jeune lady. Elle les avait sans doute vus l’un et l’autre, tour à tour souriants ou sérieux, l’une toujours bienveillante et aimable et l’autre protecteur et presque fraternel. Ils avaient formé un couple étrange, bien loin d’un quelconque sentiment amoureux, mais le plus souvent sur la même longueur d’ondes malgré quelques orages. Elle récita une prière silencieuse pour l’âme de son cher chevalier aux Runes avant de finalement tourner un visage inexpressif vers le Harloi. Ce dernier s’en prenait à elle, la tutoyait, la rudoyait presque sans s’attirer de réaction autre qu’un insondable mépris. Comme si la jeune femme se considérait trop au dessus de lui pour ne lui faire n’aurait-ce été que l’aumône d’une réponse. Du reste, l’homme qui gesticulait à deux pas d’elle ne l’intéressait pas. Il n’était qu’un seul au milieu d’autres marins plus pauvres les uns que les autres. Et donc plus crédules sans doute…Ce fut à eux que ses mots s’adressèrent et elle n’aurait pu faire moins de cas du chef de la meute assoiffée de sang et de luxure.

 «Rassurez-vous donc comme vous pouvez…Peu importent les Dieux, personne ne brave leur colère impunément. Et vous tous, savez cela !»

Elle avait parlé beaucoup plus fort pour se faire entendre des hommes du Harloi. Ces pauvres hères ne connaissaient sans doute pas les vrais Dieux mais le Père les jugerait tous. Tous jusqu’au dernier d’entre eux. Et, malgré le sang qu’elle avait fait couler par ses ordres, elle était intimement convaincue que les Sept prendraient fait et cause pour elle et sa suite. D’un geste circulaire, elle avait pointé son index sur chacun des hommes. Bien entendu, elle n’était pas une religieuse mais elle était suffisamment pieuse et puissante pour savoir le poids que la religion savait faire peser sur les épaules de chacun. Hérétique ou non, ils seraient tous jugés et condamnés si ils touchaient à Eirlys.

Heureusement, elle était bien servie. Alors qu’elle craignait de s’effondrer à terre, Eirlys s’approcha d’elle à tâtons pour lui poser une main secourable sur l’épaule. Ce geste, pourtant anodin, rassura la future mère. Au moins savait-elle qu’elle n’était pas seule. La Belmore pouvait bien ne rien valoir une épée à la main, elle était tout ce qu’il lui restait comme personne susceptible de la protéger. Comme tous ceux de sa famille, elle était au service de la maison Arryn. Cela ne supposait certes pas le servage. Mais, Lord Arryn, premier de ses pairs, assurait la protection de ses vassaux tout comme ceux-ci avaient juré de protéger la maison au Faucon. Et Maura avait tout simplement confiance en Eirlys. A son tour, elle posa sa main sur celle de sa suivante. C’était elle qui devait être responsable pour sa suivante, pour ses quelques servantes et surtout pour son futur enfant à naître. L’accusation sur son prétendu manque de courage ne lui fit ni chaud ni froid. Elle avait depuis longtemps été habituée au dédain des hommes pour tout ce qu’une femme pouvait faire ou dire. Pour tout ce qu’elles étaient de fait. La société lui avait enseigné cela et bien plus tôt que Sargon Harloi. Elle ne laissa pourtant pas passer l’occasion. Très digne - n’était-elle pas une dame Arryn après tout ? - elle lui répondit sans violence mais énonçant implacablement des faits propres à faire perdre la face à tout homme. Même aussi prétentieux.


 «Il existe plusieurs formes de courage. Apparemment tu n’en connais aucune. Maltraiter des femmes est d’un courageux…Pleutre. !»

La voix demeurait affaiblie par le cri qu’elle avait poussé et l’’insulte était facile voire même évidente venant d’une jeune femme nourrie des grands idéaux et des hauts faits de la chevalerie du Val d’Arryn. On ne descendait pas de ser Artys, le chevalier ailé, pour rien. Pour elle, comme pour bon nombre d’habitants de Westeros, les Fer-nés n’étaient sinon des sauvages mais au moins des individus sans courage ni valeur. Et Maura, produit d’une éducation millénaire, ne dérogeait aucunement à la règle. Pour elle, les habitants des Iles de Fer, marins, femmes ou serfs n’étaient rien d’autre que de pâles individus sans intérêt ni la moindre once de vertu. Le meneur finit par s’écarter en ordonnant qu’elles soient emmenées vers la plage. Et sans doute le bâteau…Les yeux de la belle Arryn s’agrandirent d’effroi. Elles allaient être emmenées. Sa main se resserra sur celle d’Eirlys toujours posée sur son épaule. Elle réprima un nouveau tremblement, elle devait à tout prix se contenir. Se contenir et réfléchir. Les servantes n’étaient rien mais elle devait sortir Eirlys de ce mauvais pas. Et elle devait revoir Tybolt. Lui dire qu’il serait père, voir la joie et l’incompréhension éclater sur son visage. Elle retînt de nouvelles larmes alors qu’on les entrainait sa suivante et elle en prenant soin toutefois de ne pas trop les brusquer. Étrange idée alors que le but évident de la manœuvre était de sauvagement les violer par la suite. Elles furent emportées jusqu’à une petite cabane délaissée, sans doute celle d’un pêcheur mort depuis belle lurette, où leur ravisseur semblait tenir à les entretenir. Et pourquoi ne pas leur offrir une collation tant qu’il y était ?! A quoi donc ce monstre hérétique jouait-il ? Au grand noble sans doute…Même une Mormont n’aurait pas dénié se laisser aller à accepter une telle hospitalité. La cabane était sale à faire peur, le genre d’endroit où Maura n’avait jamais mis les pieds. Elle regarda ses deux servantes qui avaient été entreposées, ficelées comme des sacs, dans un coin de la pièce. Pourquoi les laissait-il avec elles ? Ces pauvres femmes n’étaient quand même pas grand-chose. Il revînt, la bouche toujours chargée d’insultes et de tentatives pour les rabaisser mais elle avait eu le temps de se ressaisir et elle était prête. Seulement, elle ne savait pas combien de temps elle pourrait continuer à faire face sans s’effondrer en larmes en suppliant pour qu’il ne la touche pas de peur de tuer son enfant. Pourtant…

 «Surveille tes paroles, chien ! Tu parles à la fille de Jon Arryn ! Ne me prends pas pour une de tes catins de sœurs ou de cousines ! »

Quelque chose en elle n’avait pas pu l’empêcher de prononcer ces mots sur un ton vindicatif et violent. Maura savait manier la langue tel un fouet sur le dos d’un pauvre pécheur et, pour le coup, elle lui avait presque aboyé dessus. Elle avait étrangement conscience qu’elle risquait fort de les condamner en répondant œil pour œil et dent pour dent à la provocation mais personne ne s’adressait ainsi à la Dame. Personne. Pas même quelqu’un en position de la tuer. Sans doute était-ce une étrange manifestation du grain de folie des Arryn qui lui permettait de garder crânement tête haute face au danger. Elle savait son frère également téméraire dans les pires occasion. Malgré sa peur, ses craintes, son sang battait étrangement à ses tempes. Une terrible sensation de se sentir enfin vivante parce qu’en danger ? Quoiqu’il puisse en être, seuls les nerfs la tenaient désormais. Heureusement, les siens étaient en acier…La plupart du temps.

Elle allait accourir au secours d’Eirlys pour au moins l’aider à se relever mais le vil personnage fut beaucoup plus rapide qu’elle et, l’agrippant fermement, il la plaqua violemment contre un des murs de la cabane. Protégeant son ventre d’une main tremblante contre l’insistance du bassin du Fer-né, et malgré la douleur née du choc contre le bois, la jeune femme se roidit entre les mains de l’homme allant même jusqu’à relever le menton pour le dévisager de son regard froid. Sa position était sans doute celle d’une femme faible mais de tout son être émanait toujours la même impression de supériorité tranquille. On ne devenait pas noble, on naissait ainsi. Et un simple Fer-né élevé sur un bout de caillou ne pourrait jamais mesurer ce que pouvait être cet état si remarquable. Elle le considérait tout de même avec une certaine intensité aucunement troublée par le sang sur son visage qu’elle savait être celui de son cher Tommen. Cette simple pensée fit frémir le coin de ses lèvres. Son ami et protecteur était mort avec honneur en remplissant la charge qu’il avait juré d’accomplir longtemps auparavant, elle lui devait de s’en sortir. Et de répondre. Royce avait servi la dame du Val. Pas une poupée qui s’effondrait brutalement sous les coups du sort. Un sourire amusé se dessina sur son visage, expression d’un mépris souverain dont elle doucha allègrement Sargon Harloi.

 «Harloi…Un fer-né parmi d’autres qui connaîtra le même sort que les autres. Ton admiration me va droit au cœur, mon garçon, mais il n’y a plus de Maura Arryn… Et tu ne sais même pas dans quel pétrin tu t’es fourré, petit capitaine salé. »

Il l’avait relâchée mais le ton moqueur de la jeune femme ne disait rien de bon. Elle avait retrouvé ses dents et elle savait mordre aussi bien que Sargon Harloi. Elle n’avait pas besoin de force physique pour blesser un adversaire plus férocement qu’avec une épée. Ni pour le mépriser. Être la Dame du Val était un état d’esprit avant tout, une protection, une construction psychologique même. Elle ne laissait jamais à personne le plaisir de longtemps la dominer. Même le Lion du Roc avait dû fortement en rabattre face à elle et elle ne comptait plus se laisser impressionner par n’importe quel petit paysan armé d’une épée fût-elle en acier Valyrien. Désormais Maura était dressée et plus sûre d’elle-même qu’elle ne l’avait été depuis longtemps. Peut-être cela venait-il de certaines leçons que Tybolt lui avait finalement enseigné ? Personne ne pouvait la définir et elle imposait aux autres l’exacte façon dont ils devaient la voir et la traiter. Il s’était écarté pour remettre Eirlys debout d’un geste violent qui fit frémir la jeune femme. Elle avait peur pour son enfant, peur pour sa suivante mais elle-même ne craignait rien ni personne. Elle était même tellement engoncée dans sa propre certitude d’être intouchable qu’elle aurait pu se croire capable de prendre une épée pour l’enfoncer dans la gorge de cet homme qui les menaçait. En deux pas, elle fut sur eux et tira violemment sa suivante et vassale derrière elle avec toute la force dont elle était capable et affronta directement le Fer-né. Elle n’était sans doute pas plus grande que lui mais, en cet instant, elle n’avait pas peur de montrer qu’elle le dominait de tout ce qu’elle était. Fille des Arryn, Dame de l’Ouest, personne ne lui arrivait à la cheville.

 «La prochaine fois que tu lèves une main sur nous, tu deviens manchot !… Même si je dois la couper avec mes propres dents, sale gueux ! Laisse la petite hors de ça. Tu voulais me voir, je suis là ! Mais tu viens de commettre la plus grosse erreur de ta vie, gamin…Enlever une pauvre fille des Fléaufort, passe. Ce n’est que de la chair à engrosser après tout. Mais t’en prendre à une Arryn, nièce d’un roi et du seigneur du Bief…Je suis un trop gros morceau pour toi, petit. Ton île sera rasée ! Prends ton radeau et rentre donc profiter des tiens ou baiser ta femme pendant le temps qu’il te reste. Tu as l’air moins bête que tes congénères et tu sais que j’ai raison aussi arrogant que tu puisse être,» lança-t-elle. «Chaque acte apporte son lot de conséquences. Et pour toi, elles ne seront pas petites. »

Elle laissa planer la menace en le fixant. Et elle savait qu’elle porterait même si, bien sûr, il s’en défendrait. Quelques petits raids, quelques petites attaques de forteresse ne portaient pas à conséquence, pas vraiment. Tout cela était dans la nature des Fer-nés depuis des millénaires. Mais ils étaient intelligents et avaient toujours pris garde à ne pas trop tirer sur les moustaches de l’énorme chat qu’était le royaume des Targaryen. Si ce petit personnage provoquait la fureur des élites en s’attaquant à une des leurs, il déclencherait un véritable cataclysme pour les Iles de Fer qui seraient incapables de se défendre contre un royaume tout entier. Même avec leurs boutres et tout leur courage indomptable. Du reste, c’était bien la seule défense qu’elle trouvait. Finir par lui faire comprendre qu’il avait trop à craindre et à perdre en s’attaquant à elle. Et surtout ne pas le laisser faire d’elles rien de plus que des futures femmes-sel. Il avait voulu la violence et la morgue de la Dame du Val…? Hé bien, Sargon Harloi commençait à peine à découvrir ce qu'il en était.
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Message Jeu 5 Jan 2012 - 21:21

Elle, plus courageuse que Maura ? Ce pirate n'y comprenait rien : ce n'était pas du courage, c'était de l'empathie, qualité dont il était totalement dépourvu. Comment pouvait-on tuer des hommes de sang-froid et parler de violer les femmes sur un ton aussi léger ? Comment arriver à un tel degré de monstruosité ? Les dieux... Ah ! Eilrlys aurait aimé avoir les mêmes convictions que Maura. Mais, malheureusement pour elle, elle doutait que des dieux ayant laissé se produire un tel massacre soient plus enclins à le punir. Non, les dieux resteraient sans aucun doute en dehors de tout ça, comme ils le faisaient trop souvent. Enfin, il fallait espérer que les menaces fassent leur petit effet sur les pirates. Quoique... non, en y réfléchissant, il y avait bien peu de chance pour que ces derniers soient sensibles à ce genre d'argument. A moins que la foudre ne tombe au beau milieu d'eux sur le champ, ils auraient tout oublié dans quelques minutes. La jeune femme en fut d'autant plus convaincue lorsque le fer-né évoqua un dieu... noyé ? Oui, elle avait bien dû comprendre. Rien que l'idée d'un cadavre pourrissant au fond de l'eau comme divinité lui donnait à nouveau envie de vomir. Qu'une telle créature puisse aimer le sang n'avait rien de très étonnant. Mais il fallait se raccrocher à l'idée que ce n'était qu'une chimère... une chimère qui risquait bien d'empêcher les paroles de Maura de porter, malheureusement.

Tentée de se débattre, Eirlys se laissa entraîner malgré tout sans opposer de résistance. Pour le moment, à quoi bon ? Elle se raccrochait à l'idée qu'elles étaient encore sur la terre ferme, que tout n'était peut-être pas perdu. Et si quelqu'un découvrait la scène ? Si on leur portait finalement secours ? Il suffisait que quelqu'un passe par là, voit le chariot, l'étendard des Arryn qui devait être encore quelque part, les cadavres... Alors cette personne alerterait les gens. Alors... elles seraient sauvées. Pour les chevaliers, il était trop tard et cette pensée lui serra le coeur. Elle n'en était pas certaine, mais elle pensait avoir compris que ceux qui s'étaient rendu avaient été achevés. Elle espérait tellement s'être trompée ! Tout ces hommes morts pour rien... Eirlys ne les connaissait pas réellement personnellement, mais elle savait qu'au moins ser Tommen Royce était proche de la lady... Elle n'avait plus entendu le son de sa voix et craignait ne plus jamais l'entendre. Elle fit l'effort de chasser ces pensées : elle aurait le temps de se lamenter sur leur sort plus tard. Pour le moment, il y avait beaucoup plus urgent : retrouver des pensées claires et chercher un moyen de se tirer de ce guet-apens. Il y avait forcément un moyen. Comme sa jeune soeur aimait à le répéter, chaque problème avait sa solution et, s'il n'y avait pas de solution alors il n'y avait pas de problème. Il était temps de vérifier ces propos.

On la fit marcher, la menant elle ne savait où. Elle saisit soudain ce que venait de dire leur ravisseur : en bas ? Comment cela, en bas ? Ce terme lui évoquait la cale d'un bateau ! Non ! Elle voulait rester sur terre ! S'ils partaient en mer, tout était perdu ! Elles ne reverraient jamais le continent ! Il n'y avait aucun espoir de s'enfuir à la nage ! Aucune chance de voler une embarcation quelconque et de se diriger à travers l'océan sans notion de navigation ! Soudainement paniquée, elle eut un mouvement pour s'arracher des mains du marin, mais il y eu le bruit d'une porte branlante que l'on ouvre, puis que l'on ferme et ses bottines heurtèrent un plancher inégal. Elle se calma instantanément : ils ne pouvaient pas avoir déjà atteint le bateau, tout de même ? Et pour ce qu'elle avait déjà vécu de traversées, on n'entrait pas sur des embarcations par des portes, comme dans les maisons. A moins qu'il n'existe d'autres types de bateau... elle n'était pas certaine de ce à quoi cela pouvait ressembler. Déjà, imaginer que des planches puissent constituer des barques immenses propulsées par ce qui était censé être des draps géants accrochés à des troncs d'arbre, le tout fendant les flots... la représentation était un peu folklorique dans sa tête, elle avait même cru que l'on se moquait d'elle la première fois qu'on lui avait décrit un bateau... y ajouter une ou deux portes ne paraissait pas tellement invraisemblable, en fait.

Mais... non. Le sol était bien stable, elle ne percevait pas le roulis. Elles étaient encore sur la terre ferme. Inquiète, Eirlys tendit l'oreille : Maura était-elle bien là ? Elle ne voulait surtout pas en être séparée. Se retrouver seule avec ces hommes serait encore pire. Consolation dérisoire... Elle perçu aussi au moins une autre présence féminine par un sanglot rapidement étouffé. Les servantes que le fer-né avait demandé voir mises de côté, sans doute. Elle n'avait qu'une envie, à présent : partir en courant très vite et très loin, même si elle n'avait aucune idée du sens dans lequel aller. Elle s'était souvent sentie démunie, mais jamais à ce point là. C'était à hurler.

Et pourtant, incapable de bouger, elle resta silencieuse, écoutant le Fer-né se fâcher du manque de résistance de Maura. Ridicule. Malgré la terreur qu'il lui inspirait, elle le trouvait pitoyable, à chercher une opposition stupide. Maura était humaine, aux dernières nouvelles, pas un monstre qui se repaissait de la vue du sang comme cet infâme pirate. Oui, il était pleutre, la dame avait raison. Il était en position de force et en profitait comme un lâche ! Il ne cherchait une résistance que parce qu'il pensait qu'il serait capable de la briser. A travers sa peur, elle ne put s'empêcher d'analyser les accents que prenait sa voix et fut surprise d'y trouver de la déception. Une déception puérile, une sorte de concentré d'enfantillage de sale gosse capricieux qui joue à arracher les pattes des mouches et s'énerve parce que l'une d'entre elle a réussi à s'envoler trop tôt et le nargue au plafond.

Perdue dans ses pensées quelque peu embrouillées, il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'il s'adressait à elle. Elle lui aurait bien rétorqué une remarque quelque peu désobligeante mais se retint à nouveau, de crainte d'aggraver la situation. Et puis, cela lui aurait fait beaucoup trop plaisir ! La bonne nouvelle était qu'au moins la colère qu'elle ressentait semblait atténuer légèrement sa terreur, à défaut de la supprimer. Détester leurs ravisseurs lui faisait du bien. Se dire que, tôt ou tard, le reste de Westeros - à défaut des dieux - ne supporterait plus l'insulte et irait s'en débarrasser était aussi une grande consolation. Oh oui ! Tybolt ne laisserait pas sa femme se faire enlever sans réagir ! Son père à elle... Eirlys eut du mal à ne pas totalement perdre la face en pensant à sa famille. Qu'est-ce que ses parents diraient lorsque l'on viendrait leur apprendre la nouvelle ? Sa mère se mettrait à hurler de douleur et s'effondrerait de chagrin, son père réclamerait vengeance... Tout cela parce qu'il avait fallut qu'elle demande à voyager et...

Elle poussa un cri lorsqu'elle fut poussée violemment et atterrit un peu plus loin, arrachée à ses sombres pensées. Elle n'avait pas pu s'empêcher de tomber, trop surprise pour réagir et se rétablir. Instinctivement, elle leva les bras pour se protéger, mais aucun coup ne vint. Le coeur battant, elle essaya de repérer où se trouvait le fer-né, craignant qu'il ne s'en prenne à nouveau à elle. Elle aurait voulu se relever, mais ses jambes à nouveau tremblantes l'en empêchaient. Il parlait, mais la peur était à nouveau plus forte que la colère, l'empêchant d'écouter, et elle sentit les larmes lui monter au yeux. Elle les refoula encore dans un ultime effort pour ne pas pleurer devant lui. Il s'occupait de Maura, à présent, forcé de se présenter. La réponse claqua, prélude à des mots qui seraient sans doute encore plus méprisants. Eirlys retrouvait la force de caractère de sa dame et s'en sentit un peu rassurée... ce qui n'était pas forcément une bonne chose car elle craignait de s'effondrer, n'ayant plus vraiment de raison de tenir le coup.

Lorsqu'il la releva finalement, elle trouva tout de même l'énergie de tenter de le repousser avant de se figer. Il voulait vraiment qu'elle lui réponde ? Se moquait-il d'elle ? Et tout ça pour quoi ? Qu'il s'amuse avec elles ? Qu'elles échappent aux marins ? Elle avait beau chercher, elle ne voyait pas vraiment où était le positif dans ce qu'il prétendait leur offrir si elles cédaient à ses menaces. Plus elle y pensait et plus elle voyait leur avenir s'obscurcir.

Se maîtrisant autant qu'elle le pouvait pour ne pas laisser libre court à la colère qu'il avait manifestement envie de déclencher, elle releva le visage vers lui et, à défaut de le regarder en face, rétorqua simplement :


" Parce que vous pensez en valoir la peine ? "

Elle n'avait pourtant jamais été du genre à prendre quiconque de haut de part son rang. Elle n'était pas de celles qui méprisait les domestiques ou ceux qu'elle estimait lui être inférieurs. Sa mère, versée dans les bonnes oeuvres, lui avait transmis tôt des sentiments d'humilité et de charité auxquels elle n'avait jamais dérogé. Mais le fer-né se comportait comme un rustre alors, non, il ne valait vraiment pas la peine que l'on daigne lui donner la réplique en se mettant hors de soi. Juste qu'on le remette à sa place et cela, elle ne doutait pas une seule seconde que Maura saurait y faire. Et elle comptait bien être à ses côtés pour la soutenir face à cet être abject qui ne méritait rien de mieux que du mépris... et la potence.

Elle n'eut pas le loisir de connaitre la réaction du dénommé Sargon, qu'elle se faisait tirer en arrière violemment. Si elle crut un instant avec frayeur qu'il s'agissait d'un autre marin, elle comprit bien vite que ce n'était que Maura qui se décidait à faire comprendre au fer-né toute l'ampleur de sa bêtise. Car Eirlys était convaincue qu'il avait bel et bien fait une erreur et elle comptait bien à ce qu'il la paye tôt ou tard, lui et tout son peuple qui avait la cruauté de venir mettre leurs côtes à feu et à sang. Elle s'efforçait de rester concentrée sur cette idée : mieux valait avoir l'esprit de revanche que de laisser ses pensées divaguer sur ce qui allait leur arriver tôt ou tard. Car le Harloi pouvait bien jouer à l'imbécile tant qu'il voulait et s'amuser de leurs joutes verbales... il s'en lasserait tôt ou tard. Sentant ce qui devait être le mur derrière elle, la jeune femme s'y adossa, réprimant une envie de vomir à cette idée. Elles devaient se sortir de là. Insulter le fer-né ne les mènerait à rien, l'effrayer avec des mots ne ferait que l'inquiéter, dans le meilleur des cas. Il ne les relâcherait pas avec la simple menace du rang de Maura - d'autant qu'Eirlys n'avait aucune envie de passer à côté de la liberté parce qu'elle n'était pas fille de seigneur suzerain ! - il fallait trouver quelque chose de plus fort pour faire pression.

Mais quoi ? Elle avait beau essayer de réfléchir, les rumeurs plus ou moins fondées sur les fer-nés tournaient dans sa tête, toutes plus affreuses les unes que les autres. Et à en croire ce qu'elle vivait, elle finissait par se demander si finalement les légendes n'étaient pas très en-dessous de la réalité ! Comment donner plus de poids à ce que venait de dire Maura ? Infliger des conséquences immédiates à cet homme ? Comment, sinon, s'enfuir sans se faire attraper aussitôt ? La menace du Harloi lui passait un peu au-dessus de la tête : se faire violer par un ou plusieurs hommes, quelle différence ? Dans un cas comme dans l'autre, elle n'aurait plus qu'à aller se jeter à la mer pour en finir, alors... Non, elle était bien décidée à tenter le tout pour le tout si l'occasion se présentait. Encore fallait-il qu'elle se présente.
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Sargon Harloi
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♦ Missives : 5377
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♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
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♦ Célébrité : Jack Huston
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♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Ven 6 Jan 2012 - 14:39

     Une première morsure de la demoiselle, cela n'avait pas été suffisant pour apaiser l'agacement grandissant du Fer-né, mais elle avait réussi à le convaincre de persister dans cette voie. Sargon souhaitait qu'elle fasse honneur aux rumeurs qui venaient à son sujet jusqu'aux îles de fer, mais pour le moment il ressentait surtout une très forte déception et aucunement le désir de continuer ses provocations. Le regard qu'elle lui décrocha fouette toutefois le sang du capitaine qui espérait que ce n'était que les prémisses d'une crise de colère plus vive, il était hors de question d'avoir fait tout ce chemin et perdu des marins juste pour un simple regard hautain ! La suivante de lady Maura se montrait plus agressive en refusant de lui répondre alors qu'elle semblait regarder dans sa direction, pour peu il aurait imaginé qu'elle n'était pas aveugle, mais vu la manière dont elle avait bougé lorsque Yoren l'avait poussée en avant, le doute n'était pas permis. Seulement le Harloi n'eut jamais l'occasion de lui répliquer puisque lady Maura se jeta en avant pour lui arracher la demoiselle des mains avant de l'attaquer verbalement. Quel dommage qu'elle n'ait pas une dague sur elle à ce moment, cela aurait été tellement plus amusant.

     La dame du Val déversa son flot de menaces toujours aussi originales alors qu'il la dévisageait en la fixant droit dans les yeux. Elle n'avait pas sa langue dans sa poche et parla même de la femme-sel de Godrik, celle qu'il avait été à deux doigts de tuer avec la main dont il s'était servi pour maintenir Maura contre le mur de bois, décidément cette chouineuse le suivait partout ! Il savait bien qui elle était, il savait bien quel danger cela représentait de s'en prendre à Maura Arryn, c'était pour cette raison que Sargon le faisait ! Quelque chose l'avait d'ailleurs interpellé, la jeune femme avait parlé du fait que son nom n'était plus, cela ne pouvait signifier qu'un mariage, mais sachant que Deirdre ne lui avait rien dit à ce sujet, le Harloi ne savait que penser de tout cela. Au pire des cas, ce serait d'autant plus intéressant, arrogante comme elle l'était cette dame n'allait pas se laisser passer la corde au cou par un noble de second ordre, il s'agissait donc forcément d'un seigneur suzerain ou de son fils, bref, quelque chose de dangereux. Cette analyse rapide doublée à la déclaration de la jeune dame fit briller une lueur d'intérêt dans les yeux mordorés du capitaine qui étaient toujours fixés sur le regard de son interlocutrice. Sans le savoir, elle venait certainement de sauver la mise, Sargon n'était pas violent lorsqu'il avait ce qu'il souhaitait et si Maura avait persisté à se montrer aussi molle qu'une vierge le soir de sa noce, il aurait très certainement utilisé ses talents en matière de violence sur la jolie aveugle qui l'accompagnait. Un léger rire se fit entendre alors que le capitaine de la Veuve Salée était soudain divertit par la situation, il recula d'un pas, mettant une petite distance entre sa personne et celle de la dame du Val, puis répondit, franchement amusé.

     ▬ Mais c'est ce que j'espère bien ! Pourquoi est-ce que tu crois que je me suis donné la peine de venir te tendre cette embuscade, juste pour avoir le plaisir de voir à quoi tu ressemblais ? Il regarda Yoren qui restait droit comme un I aux côtés des deux autres servantes, avant de reporter son attention sur Maura. Je sais que tu as raison, je sais que tout ce que je suis en train de faire va déclencher la colère des Arryn, tout comme je sais désormais que ça va déclencher la colère d'un éventuel mari si j'ai bien compris tes paroles et te connaissant, ce n'est certainement pas un petit noble sans importance. Il la scrutait avec attention, inutile de lui mentir puisqu'elle avait déjà lâché en partie le morceau après tout. Cette petite guerre m'ennuie profondément vois-tu, les pillages sans grand intérêt, les petites nobles juste bonnes à faire la pute à marin, je ne suis pas devenu capitaine pour me contenter des raclures dont personne ne voulait. D'ailleurs cette petite Fléaufort n'est qu'une chouineuse, tu devrais remercier celui qui l'a prise de vous avoir débarrassé d'elle ! »

     Il était vrai que le moment de sa rencontre avec Alyce avait été assez... Tendu, lui qui espérait que toutes les femmes du continent avaient la trempe de Maura avait été rapidement déçu. A se demander ce que Godrik pouvait bien prendre comme plaisir à cuisser une telle femme. Sargon s'éloigna de quelques pas comme s'il réfléchissait, sa colère était retombée d'un coup et rien que son rire – bien que totalement décalé vu la situation et le fait qu'il soit couvert de sang – le prouvait clairement. L'enfant frustré qui sommeillait en lui s'était évaporé et l'idée qu'il puisse enfin gagner quelque chose d'intéressant dans cette guerre le motivait grandement. Arrogance et plein d'assurance qu'il était, le capitaine de la Veuve Salée avait du mal à se contenter de simples pillages comme il en faisait fréquemment, la possibilité de se mettre à dos des maisons beaucoup plus nobles l'intéressait davantage. Si elle craignait de lui faire peur en parlant de ses alliés et du fait qu'il mettait les pieds dans un terrain miné, c'était peine perdue. Sargon marchait sur une corde raide depuis qu'il était en âge de voyager sur les mers, il suffisait de voir le nombre d'hommes qui auraient donné père et mère pour avoir l'honneur et le plaisir de lui régler définitivement son compte. Après s'être approché d'une des fenêtres de la cabane pour jeter un coup d'œil à l'extérieur, il s'était à nouveau approché des deux dames en croisant ses bras ensanglantés sur son torse, répliquant une fois de plus alors que ses yeux mordorés passaient du minois de Maura à celui de sa suivante.

     ▬ Tu crois que tu vas me faire peur avec tes menaces ? Si tu savais, il faudra se mettre dans la file d'attente si tu souhaites me régler mon compte, rien que sur les îles je dois avoir la moitié des maisons nobles qui me profèrent de telles menaces quotidiennement. Il rigola à nouveau légèrement. La différence étant que si les gens du continent veulent me régler mon compte, cela ne fera qu'aggraver la guerre, donc au final je suis gagnant en m'en prenant à toi, tu ne penses pas ? Bref moment de silence avant qu'il ne reprenne. Je ne suis pas aussi stupide que les autres Fer-nés oui, je sais ce que je veux et je l'obtiens toujours. Si je n'arrive pas à déclencher quelque chose d'intéressant, j'aurais au moins gagné deux femmes-sel de caractère et je me serais bien amusé avec tes gardes, je reste gagnant dans l'affaire. »

     A la base, il n'avait pas particulièrement envisagé de ramener des femmes-sel, ce n'était pas trop ce qu'il cherchait bien que la richesse d'un homme se mesurait généralement au nombre de femmes qu'il avait. Sargon avait toujours privilégié la qualité à la quantité, une Arryn, peut-être même suzeraine d'une autre région, ce n'était pas comparable à la petite catin que Harald avait refilé à son marin. Les deux dames allaient certainement le prendre pour un fou, ce n'était tout bonnement pas envisageable de pouvoir volontairement aggraver la guerre juste pour un plaisir égoïste, mais l'arrogance de Sargon le poussait à toujours viser haut. En réalité, lui se moquait pas mal des rangs des gens, il traitait pareillement une dame de haut rang qu'une vulgaire catin, mais lorsqu'il s'agissait de froisser quelqu'un, le jeune homme préférait que ce soit dans les hautes sphères. La mort ne l'effrayait pas, il espérait sincèrement qu'il mourait au cours d'une bataille digne de ce nom et que l'on se souviendrait de lui pendant des années, c'était tout ce qui importait. La gloire ne servait à rien, il préférait quelque chose de palpable et se dire qu'il avait été assez fou pour attaquer le convoi de la dame du Val pour la provoquer resterait certainement dans les mémoires. Elles ne connaissaient pas sa réputation – quoique Maura si à sa manière – et par conséquent les deux demoiselles ne pouvaient se douter qu'il se moquait des conséquences du moment qu'il avait ce qu'il souhaitait. Le fait que Maura le perçoive comme un gueux lui passait au-dessus de la tête, sa vanité le poussait à se contreficher de ce que l'on pouvait penser de lui.

     Quoi qu'il en soit, maintenant qu'il avait réussi à réveiller la lionne dans sa cage, Sargon comptait bien la titiller un peu avant d'y entrer pour pouvoir profiter pleinement de toute la colère dont elle pouvait faire preuve. Un plan se dessinait petit-à-petit dans son esprit alors qu'elles se tenaient toujours devant lui, il laissa un sourire prendre place sur ses lèvres tout en s'approchant à nouveau de Maura qui le regardait d'un air qui ne faisait qu'augmenter son désir de la provoquer. Arrivé à quelques centimètres d'elle, Sargon la contempla quelques secondes avant de reprendre de son ton si particulier.

     ▬ De plus vois-tu, je suis du genre à vivre l'instant présent au maximum, pourquoi songer à des choses désagréables alors que nous sommes là, sans que tu n'ai de chevalier ou de mari avec ses titres juste bon à se torcher, pour te défendre ? Tu comptes de servir de tes dents ? J'espère que tu sais être rapide parce que je te les briserai avant que tu ne tentes quoi que ce soit. »

     Oh, ça ne le gênerait pas particulièrement, il n'était pas du genre à faire attention au sexe de la personne qui le provoquait, il suffisait qu'on l'attaque pour qu'il se défende et tous les titres de la belle ne serviraient pas à la protéger de lui. Sargon détourna un bref instant son visage, tout en prenant garde à garder la jeune femme dans son champ de vision, puis il fit signe à Yoren en lui désignant les deux jeunes femmes qui avaient été placées de côté. A la base il comptait s'en servir contre Maura, mais la petite aveugle avait l'air d'être plus utile alors pour quelle raison s'encombrer de ces deux servantes.

     ▬ Va les donner aux hommes, elles ne me serviront pas finalement. Il tourna la tête vers Eirlys. Je préfère me concentrer sur elle. »

     Yoren hocha la tête avant de se détourner pour attraper les deux jeunes femmes et les libérer de leurs entraves, puis avec force, mais sans violence, il les remis debout avant de les pousser vers la porte de la cabane tandis qu'elles pleuraient doucement en les suppliant. Sargon fronça les sourcils d'un air agacé jusqu'à ce que les supplications soient coupées par la porte qui se refermait sur eux trois. Le silence retomba dans la pièce tandis que le Fer-né continuait son petit manège, il voulait voir jusqu'à où Maura serait prête à aller pour sa petite aveugle.

     ▬ Tu sais ce qu'on va faire ? Puisque tu te juges si importante que cela, on va faire un marché. Je vais garder ta petite aveugle pour moi, je suis sûr qu'elle fera une parfaite femme-sel, ce n'est certainement pas une noble d'une famille importante donc ça ne sera pas une grosse perte pour toi. En échange tu pourras t'en-aller comme ça, j'imagine que cela ne te dérangera pas de sacrifier une simple domestique puisque tu sembles porter une telle importance à la naissance des gens. »

     Il la dévisageait, attendant sa réponse, Sargon se fichait pas mal de la naissance des gens, il n'y avait qu'à voir dans sa propre famille. Son cousin n'était qu'un pleutre qui n'avait jamais su brandir une épée, continuellement malade il était la honte des Fer-nés et pourtant ce crétin était l'héritier de la famille Harloi alors que Sargon était largement plus capable d'endosser le rôle de lord. Cela même de l'avis des gens qui ne l'appréciaient pas, parce qu'on contrairement à la moyenne des habitants des îles, le Harloi avait de l'ambition et il serait prêt à tous les sacrifices pour obtenir ce qu'il convoitait. Est-ce que Maura était aussi prompte à se débarrasser de ce qui bloquait son chemin ? Il allait bientôt savoir s'ils se ressemblaient. Il n'était pas sûr qu'il ferait ce qu'il disait de surcroit. Comme une dernière provocation, il rigola légèrement avant d'ajouter quelques mots.

     ▬ Ne t'inquiète pas, je sais être doux lorsque je le veux. »


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Message Mar 10 Jan 2012 - 12:48

Le ton de leur ravisseur ne faisait apparemment ni chaud ni froid à la jeune femme qui pourtant retenait à grand peine des tremblements. Toutefois, sans même s‘en apercevoir, elle écoutait le Harloi avec une hauteur et un mépris toujours aussi grands. Et manifestait presque des signes de lassitude alors qu’il continuait à se vanter encore et toujours. Ses prunelles azures se posèrent une nouvelle fois sur un point loin derrière leur interlocuteur auquel elle ne faisait même plus le plaisir de satisfaire sa vanité d’un regard. Si, pendant quelques minutes, elle s’était laissée aller à la colère, elle reprenait peu à peu ses réflexes de grande dame et se distanciait peu à peu du problème laissant l’indifférence remplacer sa précédente armure. Et, quand elle lui répondit, ses paroles avaient perdu leur accent violent pour retrouver un certain flegme.

 «Et après cela, l’on dit des Targaryen qu’ils sont proches de la folie…Vous autres Harloi n’avaient rien à leur envier. » Sans doute avait-il bien voulu comprendre ce qu’il souhaitait lorsqu’elle avait parlé de son nom mais elle préférait que cela ne s‘ébruite pas même chez les Fer-nés. « Tu ne comprends pas. Il ne s’agit ni d’un mari ni d’un frère, il s’agit d’un royaume entier. Et les Fer-nés perdront et mourront. Vous n’êtes faits que pour les petites guérillas, pour les razzias en hurlant…Violer une femme plutôt que combattre. Vous ne savez rien de ce qu’est la guerre, tout ça ne sont que de petites escarmouches. Rien de bien glorieux finalement, ni de bien dangereux. »

Sans forcément se mettre au niveau de son interlocuteur dont les motifs lui restaient étrangers voire incompréhensibles, elle avait toutefois répondu presque magnanimement comme elle l’aurait fait pour un enfant posant trop de questions. Une telle arrogance tendait au risible de la part d’un homme qui n’en avait pas les moyens et qui ne pouvait faire valoir sa femme que sur deux faibles femmes sans défense. La première partie de sa remarque fit rire Maura sans qu’elle put s’en empêcher témoignant encore une fois du mépris qu’elle lui vouait. Elle secoua la tête en haussant les sourcils en un geste universel qui montrait combien ce type de paroles lui passait complètement au dessus de la tête.

 «Iles ? Maisons nobles ? Laisse-moi rire. Puis, nous n’aurons aucun mal à leur passer sur le corps pour en finir avec toi les premiers. Tes petits ennemis ne sont rien à côté de ceux que tu es en train de te faire. » Tant de naïveté était presque regrettable. Elle s’était attendue à mieux. Beaucoup mieux de la part des Fer-nés.  «Si tu recherches la mort, effectivement tu es gagnant. La destruction de tes terres également. Aggraver la guerre… Tu es bien un petit capitaine d’été. Enfin, fais de nous ce que tu veux, je ne suis pas certaine que tu jouisse longtemps de ta petite victoire. »

C’était son tour de laisser tomber l’affaire. Elle n’avait à faire à rien de plus qu’un enfant. Elle haussa les épaules lorsqu’il parla de ses dents. Les hommes ne portaient pas la main sur elle, c’était ainsi. Bien qu’elle tienne à sa dentition, elle préférait être réduite à manger des soupes plutôt que de devoir un jour se laisser faire par un homme si…bas. Un tel homme n’existait pas pour Maura Lannister. Il n’était qu’un fantôme qui passait dans sa vie, un énième paysan gesticulant pour obtenir son attention.

 «Alors profite donc du temps présent. Falaise a été prévenue de mon arrivée. Au fil des heures, ils enverront des hommes, préviendront les troupes de l’armée Arryn…Choisis mais fais-le vite. »

C’était une petite provocation mais elle ne doutait pas que l’on se rende compte à un moment ou un autre de son absence. Et là…Si il n’était pas parti, Sargon Harloi risquait bien plus gros que les insultes de lady Maura Arryn. Il risquait de subir la rage de l’époux, la rage des Lannister. Elle ne manifesta pas la moindre inquiétude quant au sort de ses femmes, il avait été scellé depuis déjà quelques minutes. Tout ce que Maura faisait était gagner du temps pour éviter à Eirlys et elle de servir de défouloirs à marins. La proposition suivante était choquante et prouvait à quel point il était facile de se tromper au sujet de la dame du Val. Abandonner là la Belmore pour sauver ses fesses ?! Toutefois, elle ne put s’empêcher d’y réfléchir quelques précieuses secondes. Elle savait qu’elle devait se sauver, sauver ses enfants…Mais toute son éducation lui hurlait qu’elle ne pouvait pas, qu’elle ne devait pas laisser la jeune femme derrière elle.

 «Cette jeune femme a prêté serment à ma famille. Elle vient avec moi. Et si tu l’emmènes sans moi, je te promets que j’amènerai mon armée sous les murs de n’importe quel endroit où tu la retiendras. Décidément, tu n’as pas encore compris à qui tu t‘adressais. Tu ne connais rien de cela, petit Harloi, rien du tout. »

Eirlys Belmore était sa vassale. Et cela allait bien plus loin qu’une potentielle amitié pour Maura. Elle devait protection à la jeune femme et ce n’était pas des mots prononcés en l’air. Son père en demandant l’intégration de la jeune aveugle dans la suite de la dame du Val l’avait remise entre ses mains croyant que rien ne pourrait lui arriver ainsi. Et elle ne lui ferait pas l’écorne de laisser sa fille derrière elle pour sauver sa vie. Vie qui n’était rien sans le soutien de vassaux comme les Belmore dont les forces étaient stationnées à Belcastel désormais. Des Belmore qui prendraient immédiatement la mer pour s’en aller sauver la fille de leur seigneur et maître. Avec sans doute le soutien de bon nombre des soldats du Val que Maura ne ferait rien pour retenir.

 «Il n’est tout simplement question que tu puisse faire usage de ta…douceur sur cette enfant. Laisse-la partir, elle. De toutes façons, tu auras ta guerre.»

Une simple promesse faite par une des femmes les plus puissantes de Westeros. Cela laissait présager d’une suite propre à agacer l’imagination limitée d’un fer-né.
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Message Mer 11 Jan 2012 - 15:19

Il espérait ? Il... il espérait ? Les jambes d'Eirlys menacèrent de se dérober lorsqu'elle comprit l'ampleur du désastre. Si ce n'était cette menace, quel moyen de pression pouvaient-elles encore avoir ? Les horreurs qu'il vomit ensuite concernant la noblesse et les pillages achevèrent de lui faire comprendre qu'au point où elles en étaient, tout était sans doute perdu. Elle serra les dents pour ne pas se mettre à pleurer et passer également pour une "chouineuse". D'un autre côté, cela n'avait sans doute plus la moindre importance. Si leur sort était déjà scellé, qu'elle verse ou non des larmes ne changerait rien. Le rire dément lui donna la chair de poule et elle recula un peu plus contre le mur, comme si elle avait la moindre chance de passer au travers pour disparaître. Enfin... Savoir que de nombreuses personnes souhaitaient la mort du pirate était plutôt consolateur, en un sens. Eirlys n'avait encore jamais eu l'occasion de souhaiter la mort de quiconque. Même pour les brigands qui pullulaient dans les montagnes, elle gardait une certaine tolérance. Elle n'en avait jamais rencontré, elle ne les connaissait pas. Elle n'allait pas leur ouvrir les bras, mais au fond, elle gardait une forme d'indifférence, ne savait ce qu'ils faisaient que par ouï-dire. Là, elle avait face à elle un homme qui ordonnait viols et meurtres avec un plaisir évident et un naturel qui faisait froid dans le dos. Alors oui, lui, elle aurait préféré le voir mort. Peut-être même aurait-elle été capable de le tuer elle-même si on lui en avait donné l'occasion.

Il pensait être gagnant dans l'affaire ? Il se mettait le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Maura avait raison : même s'il s'amusait pour le moment, il était allé trop loin. Et même sans songer à la politique, Eirlys refuserait, elle, de jouer à la gentille petite femme-sel de caractère qui perd son temps à donner la réplique à un psychopathe. Pour le moment, elle pouvait encore prier que des secours arrivent, mais ensuite... il était hors de question de rester enchaînée à une vie d'esclavage. Elle préférait encore mourir. Maura devait en venir peu à peu aux mêmes conclusions, car son ton plus calme indiqua qu'elle reprenait empire sur elle-même. Elle aussi devait se dire que cet Harloi ne méritait même pas leur colère. Il y eut un instant de silence. Sans doute cherchait-il la bonne réplique. Tant mieux, c'était autant de temps pour réfléchir à la meilleure manière de se sortir de là. Enfin, la meilleure... Si déjà elle parvenait à trouver une seule idée, aussi alambiquée soit-elle, Eirlys s'estimerait heureuse ! Car si elle était certaine qu'il ne gagnerait rien dans l'affaire, elles, elles allaient perdre beaucoup, malgré toute l'assurance dont pouvait faire preuve Maura. Leur vie venait de basculer et elle doutait pouvoir y faire encore grand chose. Elle avait juste envie de se recroqueviller dans un coin en se bouchant les oreilles et prier pour se réveiller de ce cauchemar. Elle avait l'impression que ces idées noires tournaient en boucle dans sa tête, encore et encore et allaient finir par la rendre folle.

Il se contenta finalement d'une simple menace de violence. En un sens, c'était presque ridicule étant donné la situation dans laquelle elles se trouvaient. Qu'il lui brise ou non les dents en plus de tout ce qu'il allait leur faire n'avait somme tout pas beaucoup d'importance, si ? La suite lui parut bien moins ridicule et elle ferma les yeux pour empêcher les larmes de couler en entendant les autres femmes présentes être emportées. Le cauchemar ne faisait que commencer... Elle serra les dents pour s'empêcher de hurler : que pouvait-elle y faire ? Elle ne savait même pas où elles étaient emmenées... Ni même où elle se trouvait elle-même. Tout ce qu'elle situait encore étaient les présence du fer-né et de Maura et ce mur de planches grossières dans son dos. Elle se força à respirer pour se calmer, tenta d'ignorer la boule qu'elle avait dans la gorge, l'odeur de sang qui persistait à lui empoisonner l'air. Se concentrer sur "elle" ? Eirlys ignorait ce que signifiait ce "elle", s'il désignait Maura, elle-même ou les deux... Sans doute les deux... peu importait, au fond.

La suite en revanche la ramena sur terre et lui fit l'effet d'une paire de claques bien sentie. La liberté de Maura contre... contre... Eirlys resta stupéfaite, figée. Le rire et la petite phrase assassine qui suivirent lui firent serrer les poings. Elle s'efforça une fois de plus de maîtriser la terreur qui montait. Elle allait se retrouver là, toute seule, à la merci de ce fer-né... Toute seule. Maura réfléchissait. Des secondes qui parurent une éternité à la jeune femme pour laquelle la panique montait, lui donnant l'impression d'étouffer. Puis la réponse vint, lui faisant reprendre une bouffée d'air. Le choix était courageux et Eirlys n'était pas certaine qu'elle en aurait fait autant si les rôles avaient été inversés. Enfin... Evidemment, elle n'aurait pas abandonné Maura la joie au coeur en se disant "bon ben tant pis, moi d'abord", mais de là à avoir la force nécessaire pour refuser haut et fort d'être relâchée, tout ça pour soutenir une vassale... Et Maura avait encore le cran d'énoncer ses conditions.

Sauf que... Plus Eirlys réfléchissait et plus elle se disait qu'elles n'auraient pas d'autre occasion. La seule raison qui poussait le fer-né à proposer un marché pareil était le plaisir de les torturer mentalement un peu plus. La crainte ne rentrait pas en ligne de compte. Il jouait simplement avec elles. Il n'avait pas fait tout cela pour les laisser partir toutes les deux et il ne gagnerait rien non plus à ne laisser partir qu'une pauvre vassale sans réelle importance. La seule chance de tirer quelque chose de positif de la proposition... c'était de l'accepter. Peut-être se moquait-il d'elles, bien sûr, et allait-il revenir sur sa parole - c'était même probable, à vrai dire - mais s'il y avait la moindre chance pour qu'il s'y tienne et relâche réellement Maura... Maura et le petit être qu'elle portait Eirlys en était à peu près certaine. Deux vies contre une. Il fallait sauver la Dame.

Alors Eirlys se retrouverait toute seule à la merci du fer-né, une idée qui la faisait trembler rien que de l'envisager. Mais il fallait être réaliste. Que la Dame assiste ou non au viol ne changerait rien, qu'elle soit également maltraitée ne rendrait pas Eirlys plus heureuse, bien au contraire... En fait, même si elle ne serait que plus angoissée à l'idée d'être seule, au moins pourrait-elle se dire que Maura en avait réchappé et qu'elle était en train de mettre en place des représailles dignes de ce nom. La solution était donc là. Du moins, la seule porte de sortie qu'elles avaient : jouer le jeu du Harloi et accepter ses conditions. Plaquée contre le mur, Eirlys ne bougeait plus, pétrifiée par la logique qu'elle venait d'avoir. Oui, il aurait sa guerre, mais trop tard pour qu'elles en réchappent toutes les deux. Si au moins sa suzeraine s'en sortait... Ce n'était pas vraiment un sacrifice. De toute façon, elle allait souffrir que Maura soit là ou pas. Seulement... Seulement, c'était dire à haute voix : partez, je reste. Et c'était ce "je reste" qui ne voulait pas passer et lui donnait toujours envie de vomir.

Sauf que si elle ne disait rien, le fer-né allait se lasser, reprendre sa proposition et la seule échappatoire qu'avait Maura disparaîtrait. Même s'il manquait à sa parole, même s'il ne faisait que se moquer d'elles... Il fallait tenter. En un sens, chaque chose en son temps : s'enfuir à deux serait plus difficile que pour une seule d'entre elles. En admettant qu'Eirlys ait le moindre espoir de fuite ce qui, avec sa cécité, n'était pas le cas. Non, si Maura voulait s'en sortir, ce serait de toute manière sans elle, alors... La jeune femme inspira pour se donner la force de parler. Elle s'était promis d'être courageuse. Ce n'était pas une promesse facile à tenir. Même si elle pensait à Pryam qui louait ses qualités, même si elle se rappelait son père qui disait que les Belmore devaient loyauté et assistance à leurs suzerains.

Faisant un pas un avant, elle attrapa le bras de la Dame à tâtons, fébrilement, soufflant en essayant d'empêcher sa voix de trembler :


" Maura... acceptez. "

Il le fallait. Sans quoi elles seraient deux à être embarquées au lieu d'une seule et Eirlys doutait que cela la console de savoir que Maura venait de voir sa vie gâchée par sa faute. Non, c'était mieux ainsi. Evidemment, elle s'attendait surtout à ce que le fer-né éclate de rire et se moquât d'elles ouvertement, mais qui ne tentait rien... Reculant à nouveau contre le mur, elle croisa les bras et baissa la tête, refoula les larmes qui montaient à nouveau, priant pour que Maura accepte rapidement, que le Harloi ne revienne pas sur sa parole et que... qu'ensuite les dieux soient un peu plus cléments pour elle. Et puis, la Dame irait secouer un peu les armées de l'Ouest et du Val, en cela Eirlys lui faisait confiance. Il fallait en finir avec les fer-nés. On ne pouvait pas laisser ces hommes agir impunément. La colère prenait à nouveau le pas sur la peur et elle essuya d'un revers de manche les larmes qui avaient fini par déborder et coulaient silencieusement. Par les sept ! Que Maura accepte et sorte de cet enfer ! Qu'elle se sauve et sauve son enfant ! Et, surtout, qu'elle revienne un jour avec assez de forces armées pour faire regretter leurs actes aux fer-nés !
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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5377
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Mer 11 Jan 2012 - 19:37

     Elle agissait comme il s'y attendait, arborant un air sûr d'elle alors qu'elle tremblait, certainement de peur. C'était une chose que Sargon ne manquait d'admirer, une femme qui ne baissait pas les yeux même lorsqu'un homme souillé du sang de son chevalier lui faisait des menaces qu'il était prêt à mettre à exécution. Dommage qu'il n'y en avait pas davantage, cela faisait donc de Maura une femme exceptionnelle et lui donnait encore moins envie de la laisser repartir. Elle le provoquait encore en le taxant de fou, prétendant au passage qu'elle ne parlait guère d'un mari ou d'un autre homme, il avait tout lieu de la croire n'étant malheureusement pas devin. La dame du Val avait raison sur un point, il ignorait ce qu'était une vraie guerre, ses combats ne se bornaient qu'à des raids où quelques chevaliers défendaient leurs maîtres, rien de bien glorieux, ce n'était pas pour rien qu'il rêvait de voir une véritable bataille se préparer. Le jeune homme haussa les épaules l'air de rien, si Maura s'imaginait le détourner de ses divagations en lui montrant clairement qu'il était sot d'envisager de telles choses, elle perdait malheureusement son temps. Sargon était vaniteux et sûr de lui, rien ni personne ne le faisait douter et ce serait certainement ce qui le mènerait à sa perte.

     ▬ Les autres Harloi ne sont pas comme moi, ou plutôt devrais-je dire les autres Fer-nés. Je ne m'amuse pas à violer et à hurler ma chère, je pensais que tu l'avais remarqué en constatant que j'avais donné tout ce qui ne m'intéressait pas à mes hommes. Tu as certainement raison, mon peuple risque de perdre la guerre, mais comme toi tu essayes d'échapper à ton sort, nous pouvons faire de même, bien que les chances soient très minimes. »

     Il était vrai que les Fer-nés n'avaient pas énormément de chances de gagner la guerre et pour être franc, lorsque Sargon voyait la manière de faire de certains de ses homologues il se disait que les gens du continent avaient toutes les chances du monde de sortir victorieux. Mais cela ne signifiait pas qu'il n'allait pas profiter de cette guerre pour permettre à sa maison de gagner en galon, puis à lui de se rapprocher de son oncle par la même occasion. Le capitaine de la Veuve Salée n'était pas comme les autres Fer-nés, certes pour une personne extérieure à leur culture cela n'était pas facile à cerner, mais c'était bien ce que l'on venait lui reprocher à longueur de temps, le jeune homme n'aimait pas violer, il préférait largement manipuler. Maura semblait avoir repris du poil de la bête vu la manière dont elle repoussait ses répliques au sujet des autres maisons nobles, il était vrai que sa vanité devait la faire voir les îles comme un repère de barbares. Les natifs des îles de fer ne se considéraient pas comme ceux du continent, c'était un juste retour de manivelle. Le sourire de Sargon ne le quittait pas alors qu'il glissa quelques mots de réplique.

     ▬ Ne crains rien, je sais me contenter de peu, quelques heures me suffiraient amplement. »

     Bien évidemment, plus quelque chose durait, plus c'était délectable, mais le jeune homme n'était pas idiot, il savait pertinemment qu'en s'en prenant à lady Maura il n'allait pas la garder longtemps auprès de lui. Juste assez longtemps pour la salir et la dégoûter d'elle-même, peut-être même qu'elle ne l'oublierait jamais, l'idée était séduisante. Mourir en marquant un esprit était bien mieux que vivre sans que personne ne se souvienne de soit. La dame du Val le défia encore en parlant de ses troupes qui allaient arriver, mais le Fer-né ne répondit rien, il y avait longuement songé, tout cela avait été préparé, travaillé et mis en œuvre. Le capitaine de la Veuve Salée n'était pas sot, il avait beau être impulsif et agir sur un coup de tête, cela ne signifiait pas pour autant qu'il n'était pas bon stratège. Le temps que les hôtes de la demoiselle constate qu'elle n'arrivait pas – il faudrait compter quelques heures en plus de l'heure prévue – et qu'ils envoient leurs hommes, la Veuve Salée ne sera plus visible sur l'horizon depuis belle lurette. Peut-être n'était-ce que des menaces en l'air, en tous les cas si elle attendait sur cela, c'était peine perdue, elle serait d'autant plus déçue. La demoiselle poursuivit en mettant les choses au clair à propos de sa suivante, déclarant que s'il osait l'embarquer sans elle, il déclencherait quelque chose de bien plus grave qu'il ne pouvait l'imaginer. Ainsi elle se considérait bien mieux que lui ? Sa vanité l'empêchait de se sentir offusqué et il resta silencieux alors qu'elle lui interdisait de toucher sa précieuse suivante. Il la toucherait s'il le souhaitait et si Maura persistait à se montrer aussi provocante, Sargon en profiterait même devant elle rien que pour lui prouver à quel point il pouvait être dangereux de dire à un homme qu'il n'était qu'un violeur. Cela le poussait à agir comme tel.

     Le capitaine était prêt à retirer sa proposition lorsque contre toute attente, la demoiselle dont il était question sa manifesta, démontrant encore une fois qu'elle n'était pas sotte même si la nature l'avait privée de ses yeux. Un sourire se dessina sur les lèvres du Fer-né alors que la suivante disait à sa dame d'accepter, pourtant elle ne devait pas être idiote et se douter de ce qui l'attendait si Maura l'abandonnait bel et bien ici. Le tremblement de sa voix ne laissait aucun doute sur ce qui se passait dans son esprit, était-elle effrayée par ce qu'elle avait entendu au sujet des Fer-nés ? A moins que ce ne soit par son comportement depuis le début de leur rencontre ? Allez savoir, en tous les cas une décision venait de s'imposer dans l'esprit du capitaine qui coupa court à l'éventuelle réponse de Maura en lui faisant signe de se taire.

     ▬ Ta suivante est moins stupide que toi dirait-on. Il s'approcha de Maura suffisamment près pour qu'elle ne puisse bouger sans le toucher. C'est toi qui n'as pas compris à qui tu t'adressais. »

     Sans plus de cérémonie, Sargon attrapa le poignet de la jeune femme pour la tirer sans ménagement vers la porte, laissant Eirlys contre son mur à pleurer en silence. Il ouvrit la porte d'un geste sec, ne lâchant toujours pas Maura, puis interpella deux hommes qui se trouvaient non loin de là. Ils étaient sales, plein de sang et surtout ressemblaient parfaitement au stéréotype des Fer-nés. Les deux gus ne devaient pas avoir vu de bac d'eau propre depuis plusieurs mois, ils s'approchèrent alors de leur capitaine qui jeta Maura dans leurs bras d'un geste qui ne laissait aucune protestation.

     ▬ Puisque je ne suis pas assez bien pour toi ma dame, je te laisse aux mains de mes marins. Il regarda les hommes. Allez vous amuser avec elle, mais là-haut, elle aimera certainement avoir un peu d'intimité. »

     Il rigola légèrement comme si l'idée l'amusait, puis les deux hommes partirent en direction de la zone où le massacre avait eu lieu quelques instants plus tôt. Ils semblaient absolument ravis de pouvoir s'amuser avec une dame aussi élégante et noble que Maura, il était vrai qu'elle n'avait rien à voir avec les suivantes qu'ils avaient pu avoir juste avant. Sargon se détourna alors de la scène, posant ses yeux mordorés sur la jeune femme qui se trouvait toujours contre le mur, puis s'approcha d'elle en silence avant de glisser sa main jusqu'à la joue de la demoiselle pour la frôler doucement.

     ▬ Ne pleurs pas. C'est pire que le sang, ça les excite encore plus. Il laissa retomber son bras le long de son corps. Ne résiste pas où tu vas récolter la même récompense que ta dame, je vous avais prévenu, je ne le fais jamais deux fois. »

     Il était vrai que le capitaine avait bel et bien prévenu les deux jeunes femmes que si elles résistaient trop, il les confierait à ses hommes. Maura avait certainement cru qu'il n'irait pas jusqu'au bout, mais c'était bien mal le connaître. Attrapant le bras de la demoiselle, Sargon la tira vers la sortie avec fermeté, lui faisant comprendre qu'elle ne gagnerait rien à résister où à se débattre. Le capitaine pouvait faire preuve d'une grande patience lorsqu'il en avait le désir, mais dès que quelqu'un faisait quelque chose qui l'agaçait, il ou elle risquait de terminer la journée à nourrir les poissons. Alors qu'ils sortirent de la petite cabane, Yoren s'approcha de lui en attendant quelques ordres qui arrivèrent rapidement.

     ▬ Dis aux hommes de se débarrasser des filles, nous n'emmenons que les deux nobles avec, qu'ils soient prêts à appareiller dans une dizaine de minutes lorsque Devron et Dwyn deviendront avec l'autre femme. »

     Yoren s'éloigna après avoir hoché la tête et commença à donner les ordres, la plupart avaient terminé de s'occuper des servantes et choisiraient de les tuer plutôt que de les laisser filer, d'autres laisseraient les jeunes femmes sur place où elles seraient de toute manière définitivement souillées, cela dépendait de chacun. Sargon entraina la suivante vers la Veuve Salée avant de lui lâcher le poignet en lui disant clairement de ne pas bouger, elle aurait été bien sotte de faire quoi que ce soir en étant aveugle et sans savoir où aller. Le capitaine monta à bord du boutre avant d'ordonner à la demoiselle de lever le bras et lorsqu'elle se fut exécutée, le Harloi se pencha au-dessus du bastingage et attrapa sa main pour la hisser à bord, à ses côtés. Les hommes sur la plage étaient encore occupés à régler les derniers détails tandis que Yoren restait à l'écart pour attendre que Maura revienne avec ses deux partenaires. Quelques instants de silence passèrent avant que Sargon ne décide de conclure.

     ▬ Tu devrais t'estimer heureuse d'être tombée sur moi et non un autre sans quoi tu serais avec ta maîtresse. Un bref silence. Comment est-ce que tu t'appelles ? »


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Message Ven 13 Jan 2012 - 21:53

Ce n'était pas une question de stupidité, mais d'honneur, de loyauté... Deux autres qualités dont le pirate était dénué et dont il semblait ne même pas soupçonner l'existence. La jeune femme se raidit lorsqu'il y eu un bruit de lutte. Maura se mit à hurler. Qu'on les retrouverait, qu'on viendrait les chercher... Eirlys eut un hoquet de désespoir. Ses larmes semblaient ne plus vouloir s'arrêter de couler quoiqu'elle fasse pour les retenir, elle était en train de craquer nerveusement en prenant conscience du sort qui l’attendait. Les mots qui suivirent la firent sursauter par leur violence avant de l'anéantir : elle avait eu raison de se méfier, il revenait sur sa parole ! Elle aurait voulu hurler, se lancer en avant et arracher Maura à leurs griffes, partir elle-même en courant mais, le ventre noué, elle ne parvint qu'à trembler davantage, incapable de se contenir. Elle avait l'impression de suffoquer, plaquée contre le mur comme si ce dernier allait lui apporter la moindre protection. Les pas revenant vers elle, elle essaya encore de reculer malgré l'évidence qu'elle n'allait pas traverser les planches et s'en sortir par miracle. Le contact de la main sur sa joue la fit se rejeter sur le côté, folle de terreur. Le fer-né prononça quelques paroles mais n'eut droit qu'à une expression effarée. Eirlys était aux abois, incapable de penser encore correctement. Il allait l'emmener, il allait... il allait... et elle... et... ensuite... et...

La terreur submergeait de loin la colère, à présent. Elle se laissa trainer vers la sortie, non pas parce qu'elle résistait, mais parce qu'elle semblait devenue incapable d'aligner trois pas sans qu'on ne l'y pousse et sans trébucher... Le sable sous ses pieds... Elle reprit une goulée d'air comme si elle en manquait, ce qui était peut-être le cas. Les mots échangés se mélangeaient dans sa tête, sans aucun sens. Son instinct de survie la poussait à s’échapper. S'enfuir ? Pour courir vers où ? Un instant, elle essaya de se repérer, hagarde. Elle se sentait incapable de faire autre chose que s'effondrer et faisait déjà un effort pour rester debout, alors il était dérisoire d’imaginer échapper aux fer-nés. On se déplaçait autour d'elle et un peu plus loin et elle ferma les yeux pour prier. Par pitié, n'importe quoi, mais pas ça, elle préférait en finir. Vite. Que la terre l'engloutisse ou qu'une vague l'emporte.

Le pirate aurait pu attendre longtemps qu'Eirlys lève les bras. Il eu beau réclamer, elle ne bougea pas, non par esprit de contradiction, mais parce que son esprit était en train de dériver à mille lieues de là, perdu dans un cauchemar tourmenté. Qu'on la force à se déplacer à nouveau la ramena un peu sur terre – ou sur mer, en l’occurrence - où la situation n'était pas plus brillante. La jeune femme tremblait de tous ses membres et dut faire un effort intense pour donner un sens aux paroles de son ravisseur. S'estimer heureuse ? Elle tenta un geste fiévreux pour essuyer ses larmes et ne chercha même pas à répondre. Il venait de détruire irrémédiablement sa vie et elle devait s'estimer heureuse ? Ce bonheur était bien amer. Le léger roulis lui indiqua qu'ils étaient sur un bateau et elle en eut le vertige, s'appuyant un peu au hasard sur la première chose qui lui tomba sous la main, le bastingage. Elle avait mal partout tant elle était tendue, le ventre et la gorge noués à en pleurer et les battements de son cœur qui lui vrillaient les tympans n’arrangeaient rien.

Il lui fallut quelques instants pour reprendre un peu ses esprits. Elle se rappela qu'il lui avait demandé son nom. Dans quel but ? Son nom, c'était bien tout ce qu'il lui restait, il était hors de question de le lui donner. Puis elle se fit la réflexion que ce serait aussi ce qui permettrait de la reconnaître si par bonheur l'on venait la rechercher. un jour... Son père ne laisserait pas l'affront impuni, il tenterait de la retrouver. Elle se calma légèrement à cette idée et ouvrit la bouche pour parler. Aucun son ne sortit de ses lèvres tremblantes. Elle dut s'y reprendre à trois fois avant de parvenir à murmurer quelque chose d'à peu près compréhensible.

" Eirlys... Belmore. "

Ce n’était qu’un souffle, à peine audible. Elle se força à nouveau à respirer à fond. Elle devait réfléchir. Se décider quant à la suite des évènements. Pleurer ne la mènerait à rien. Elle avait encore le choix. Elle pouvait sauter du bateau. Elle ne savait pas nager. Ce serait simple. Après tout, elle doutait qu'un fer-né aille se mouiller pour elle... Enfin, il fallait l'espérer, même si la menace d'être envoyée amuser les marins ne la terrorisait pas plus que celle d'être violée par celui qui devait être le capitaine. Disons que cette dernière idée la menait déjà à un tel degré de terreur qu'elle doutait pouvoir ressentir pire. Elle balaya cette idée atroce. Il fallait qu'elle pense à autre chose, sans quoi elle allait mourir de peur avant même qu'il n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit ou qu'elle n'ait tenté de se jeter à l'eau.

Elle inspira encore. Bon. Bon... Bon. En y réfléchissant, il n'y avait peut-être pas de quoi renoncer aussi vite. Elle était en vie, ce qui était déjà un point positif tant qu'on la laissait tranquille. Peut-être que finalement, c’était l’essentiel. Tant qu’elle vivrait, elle pourrait croire à un retournement de situation. Elle pouvait prier pour cela, mais elle pouvait aussi agir. Après tout, elle n’avait jamais été du genre à attendre que le temps passe et que l’on prenne des décisions pour elle. Ses parents avaient été les premiers à se dire qu’elle pouvait bien subir sagement un joli mariage. Elle avait préféré prendre sa vie en main en s’instruisant autant qu’elle le pouvait et leur avait prouvé qu’elle ne comptait pas rester passive.

A présent, elle se retrouvait sous le joug d’un fer-né, ce qui au demeurant était terrifiant, mais pas forcément très différent d’un mariage avec un homme qu’elle n’aurait pas aimé. Enfin si, la différence résidait dans ce que penserait sa famille : maintenant, ses parents seraient fous de douleur de l’avoir perdue alors que si elle avait eu droit à de jolies noces, ils auraient été fier de voir leur maison s’unir avec une autre famille prestigieuse. Eirlys soupira : au fond, cela ne changeait pas grand-chose pour elle. Elle se retrouvait entre les mains d’un homme qui la terrorisait… meurtrier et sanguinaire. Oh, il avait l’air d’essayer de se montrer relativement gentil, mais elle ne risquait pas d’oublier de sitôt les râles des chevaliers et les cris des servantes. Quant à Maura…

Figée, la jeune femme se contentait d’attendre la suite des évènements, essayant de reprendre courage. Elle se montrerait forte et patiente et, un jour, elle quitterait ces îles. Inutile de songer à la suite, c’était une idée déjà bien suffisante. Maura avait raison : on viendrait les chercher. Forcément, il le fallait. Que cela n'ait jamais été le cas pour les précédents enlèvements ne comptait pas... Il fallait bien trouver de l'espoir où l'on pouvait et le garder tant bien que mal. Sa suzeraine avait raison, son rang de Dame ferait la différence.

Les cris continuaient à résonner dans sa tête. Les odeurs de sang salé, aussi, semblaient ne pas vouloir cesser de l’agresser. Peut-être parce que ces dernières n’étaient pas seulement dans son esprit. Les bras croisés contre elle, immobile, Eirlys essaya de se faire oublier et de ne penser à rien. Se concentrer sur le bruit des vagues qui était censé être apaisant. Ignorer les voix des marins et celles du carnage, celle de Maura, qu’elle ne parvenait pas à oublier. Plus tard... bien plus tard, tout s'arrangerait. Il le fallait.
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Message Sam 14 Jan 2012 - 1:19

Serrée contre le Fer-né qui, il fallait l’avouer, ne sentait pas la rose mais plutôt la sueur âcre et l’odeur trouble du sang, elle crut qu’elle allait s’évanouir en se rendant compte du sort auquel il la vouait. Elle essaya vainement de se débattre pour lui échapper mais cela ne fit qu’accentuer la pression sur son poignet. Il n’y avait plus aucune échappatoire, elle allait servir de femme-sel à ses sauvages. Il allait la violer, la déshonorer…A quoi bon vivre après cela ?! Elle se retourna violemment pour crier une dernière chose à Eirlys. A sa pauvre suivante abandonnée aux mains du chef. De cet affreux Harloi qui ne voulait que le sang et la guerre. Et accessoirement sans doute le pucelage de la petite Belmore. Elle avait beau essayer, elle savait pertinemment que sa fidèle suivante et désormais amie ne pouvait pourtant pas la voir, les Sept l’ayant faite ainsi. Mais elle devait au moins essayer de raffermir sa résolution et si possible son courage.

 «Ils viendront Eirlys. Ais confiance, ils viendront ! »

Le reste de ses paroles se perdit dans les mugissements du vent d’automne qui soufflait par rafales depuis les mers du Crépuscule. Après quelques secondes à se débattre, elle finit par se laisser entrainer sur le chemin. Plus tirée que véritablement consentante mais, mine de rien, elle avançait. Ruminant ce qu’elle pourrait faire au Fer-né quand elle l’aurait entre ses mains. Peut-être le faire violer par toute une armée en rut de sorte qu’il ne puisse plus jamais poser son séant sur un siège ou dormir sur le dos. Ce serait une bien aimable vengeance mais peut-être encore un peu douce pour ce qu’il était en train de leur faire subir. Ou l’obliger à violer sa propre mère et la lui faire manger ensuite ? Elle hésitait et se projetait pour oublier le sort qui lui était réservé. Servir de putain. De vide-foutre. Elle en avait presque la nausée. Elle jeta un dernier regard vers la pauvre cabane dont la porte s’était refermée sur Eirlys et sa terrible destinée. Désormais, elle ne devait plus penser qu’à elle et au moyen de s’en sortir. Elle devait, voulait survivre…mais survivre intacte. Et pouvoir garder la tête haute, quelque chose qu’elle n’obtiendrait jamais ainsi. Pas après s’être laissée prendre par ces barbares qui la blesseraient de leurs vits hérétiques et sans doute aussi brûlants que les Sept Enfers.

Ses deux tortionnaires s’échangeaient des plaisanteries qu’elle avait dû mal à saisir à cause de la folie ambiante et de l’accent marqué de leur langage. Non pas que leur langue soit différente puisqu’il parlait le commun comme elle mais quelque chose dans leur façon de prononcer les consonnes lui faisait froncer les sourcils tout comme certaines expressions qui ne lui disaient absolument rien. Et pourtant, malgré leurs syllabes gutturales, ils la tiraient après eux lui faisant remonter la pente rocailleuse qui montait jusqu’à la crête bien plus vite qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas. La panique commençait à monter alors qu’ils l’entrainaient encore et encore vers l’inéluctable. Son déshonneur !

Un mouvement plus sec que les autres la projeta au milieu des cadavres dont l’odeur commençait déjà à envahir les lieux, mortifère et nauséabonde, manquant de provoquer un énième haut-le-cœur chez la jeune femme qui se retrouvait à genoux auprès de certains membres de sa garde qu’elle avait aimé et apprécié tout au long de sa jeune vie. Elle se releva difficilement devant les deux hommes qui riaient. Et ils riaient d’elle ces suppôts de barbares. Ces excréments vivants ! Ces chiures d’ours ! Ils riaient de leur pouvoir sur une faible femme. Certes, l’on aurait peut-être pas usé de ce qualificatif précis pour décrire Maura Lannister née Arryn mais, en cet instant, c’était bien ce qu’elle était : faible, sans défenses, à la merci de la sauvagerie phallocrate de ces deux guerriers. Elle réussit tant bien que mal à se stabiliser debout malgré les sanglots violents qui l’avaient prise et continuaient de la secouer comme fétu de paille au milieu d’une tempête. Et les défia du regard. Evidemment, leur seule réponse fut d’éclater de rire à nouveau. Ah ils avaient dû en briser des femmes, des pucelles, des vieilles, des jeunes, des laides ou des belles…Elles avaient sans doute toutes rendues les armes au énième coup de rein qui leur avait douloureusement fouaillé les entrailles. Et cette nouvelle pensée la fit trembler, de peur mais aussi de rage. Elle ne voulait pas. Elle ne se soumettrait pas. Et pour bien leur faire comprendre, elle se racla la gorge aussi fort que les vieux compagnons de beuverie de son père pour cracher un magnifique mollard verdâtre qui alla s’écraser à leurs pieds. Voilà ce que elle, Maura Arryn, faisait de leurs rires et de leur virilité. Il n’y avait pas besoin de beaucoup de mots pour le leur faire comprendre mais il faut croire qu’elle y parvint très bien par cette seule expression d’un mépris sans bornes.

Mal lui en fut, le plus sanguin des deux, un rouquin aussi grand que puant fut sur elle en deux pas et lui assena une claque d’une violence telle qu’elle crut qu’elle en aurait le cou brisé. Elle s’effondra sur le sol en gémissant après avoir reculé de trois pas sous la brutalité du choc. Une larme coula le long de sa joue et elle dut se forcer pour ne pas crier sa douleur autrement qu’en un long gémissement plaintif. Elle ne vit pas plus la suivante mais un revers l’envoya cette fois face contre terre avec un bruit mat comme si sa pommette avait explosé à l’impact. Sa salive avait désormais le goût métallique du sang qu’elle trouvait toujours curieusement semblable à celui de l’eau qui s’écoulait des sources proches de la Porte Sanglante. Peut-être était-ce tout simplement dû à la similitude des termes. Quand elle reprit plus ou moins conscience de ce qui l’entourait, quelques secondes tout au plus s’étaient écoulés et les deux hommes riaient toujours. Ils la voulaient consciente pour se repaître de ses cris, de sa douleur et sans doute de sa haine. Ainsi prenaient-ils leur plaisir, elle le savait ! Mais ils avaient raison, sa peur la paralysait presque et, quand le premier s’approcha, elle hurla.

Alors qu’il posait sa grosse main calleuse sur sa cheville, elle criait toujours si fort qu’elle avait l’impression que plus rien d’autre n’existait autre que ce bruit, ce bruit de fond qui la coupait complètement de la scène en train de se dérouler. Son viol, son propre viol ! Une nouvelle gifle adroitement ajustée la fit finalement taire. Ce fut peut-être même ce qui la sauva de la folie. Elle arracha son pied et recula en rampant sur le dos sous les rires déchaînées. Ils allaient la prendre jusqu’à la mort, elle en était sûre. Elle ne pouvait pas. Ils tueraient l’enfant. Elle ne voulait pas. Elle luttait contre l’horrible pensée que l’air était en train de lui manquer. Et elle devait leur sembler mûre pour leur petite affaire. Le premier s’approcha lui saisissant un bras qu’elle agitait pour se défendre vainement. La morsure de la poigne de fer la fit finalement réagir et elle se mit à ruer avant qu’il ne commence même à tenter d’écarter ses cuisses. Et elle tempêta si bien, si violemment et si fort que l’un des coups porta à l’aveuglette cueillant le barbare à l’entrejambe. Il aurait pu s’en sortir avec une vive douleur quitte à pleurer quelques minutes comme une fillette mais, à la guerre comme à la ville, dès qu’il s’agissait de monter, Maura portait des bottes d’écuyère ferrées et ceintes d’éperons pour éviter d’en user le talon sur les étriers. L’homme se plia en deux sous le coup.

Elle crut qu’elle allait finalement s’en sortir mais le second approchait et, après avoir posé une main secourable sur l’épaule de son compagnon qui le repoussa en geignant, il bondit vers elle. Elle faillit en avaler sa langue et cria à nouveau en serrant les mains sur le sol. Il était déjà à genoux quand elle lui jeta la seule chose à portée de main : du sable. Du sable ! Sept fois loués soient les Sept ! La motte s’effrita au contact des yeux du païen provoquant un nouveau hurlement et des gestes désordonnés pour ôter l’âpre matière qui lui brouillait la vue. L’autre toujours au sol tourna la tête vers eux provoquant un nouvel afflux de sang dans les tempes de la jeune femme qui sortit la dague coincée dans sa botte. Personne n’avait jamais songé à la fouiller. De toutes ses forces qui étaient certes maigres mais décuplées par une formidable envie de s’en sortir, elle plongea le dard d’acier château dans la cuisse de son adversaire provoquant un nouvel hurlement. Le sang jaillit à flots maculant en quelques secondes le bas de sa robe et elle se dégagea tant qu’elle put voyant l’autre brute se rapprocher d’elle en titubant. Elle fut debout en moins de temps qu’il ne lui fallut pour penser une telle action et faillit tout flanquer en l’air en hésitant quelques secondes.

Heureusement, l’instinct, les dieux voire le souffle clairvoyant du dragon la firent se mouvoir et elle se jeta dans la descente. Une seule idée la tenait : s’éloigner de la mer. Courir. Elle tomba dans la ravine de pierres mais se releva tant bien que mal emportée par l’élan fou qui l’animait. Courir. Ne pas respirer. Juste courir. Une branche claque sa joue l’éraflant sans doute sans qu’elle y prenne garde. Mais elle ne s’arrêtait pas. Il n’y avait pas de cris derrière elle mais elle ne pouvait, ne voulait pas se laisser tomber à terre comme ses poumons le lui réclamaient. Elle n’avait même pas eu la plus petite pensée pour Eirlys, il n’y avait qu’elle, il n’existait qu’elle. Elle et l’enfant. Sans doute n’aurait-elle jamais eu la ressource pour se défendre si une autre vie n’avait pas été en jeu. Elle ne sut jamais vraiment combien de temps elle avait pu courir avant de s’effondrer. Des minutes qui lui avaient semblé des heures. Mais quand elle tomba, elle crut qu’elle ne réussirait jamais à se relever. Sa poitrine lui donnait l’impression qu’elle était rongée par le feu, la tête lui tournait, sa vision se brouillait par instant. Elle finit par se relever au prix d’un gros effort poussant un ahanement douloureux et continua de marcher manquant de trébucher à chaque pas. De l’eau, il lui fallait de l’eau…

Il lui semblait qu’elle était eau tellement la sueur ruisselait le long de son dos, sous ses aisselles, entre ses seins même. Mais une soif inextinguible l’avait prise et elle savait qu’elle devait boire maintenant ou s’évanouir et être retrouvée. Elle marcha encore un peu avant de trouver une flaque formée après la dernière pluie d’automne devant laquelle elle s’effondra. Elle lapa comme un chien pour essayer de se désaltérer le plus vite possible avant d’utiliser ses mains serrées pour apporter le délicat liquide jusqu’à ses lèvres qui lui semblaient pulser aussi fort que ses tempes. Après avoir repris sa marche, elle finit par atteindre les premiers contreforts synonymes de sécurité, du moins le pensait-elle et se laissa tomber près d’un bosquet de genêts épineux sous lequel elle rampa pour s’offrir une maigre protection à la vue. Puis, recouverte de sa cape fourrée et chaude dont elle s’était enveloppée tant bien que mal, elle finit par se rouler en boule et s’endormit en sanglotant convulsivement sans prendre toute la mesure du sort auquel elle venait d’échapper.

Elle dormit un couple d'heures d'un sommeil sans rêves épuisée par la course et la brusque montée d'adrénaline qui l'avait poussée à briser les barrières de ce qui était attendu de son sexe. Pourtant, courbatue et nauséeuse, elle finit par ouvrir les yeux et fut subitement prise de panique à cause de la nuit tombée et de l'endroit où elle se trouvait. Les heures passées lui semblaient n'être plus qu'un vaste brouillard d'où ne se levaient que des cadavres et la silhouette aveugle de sa pauvre Eirlys. Elle resserra convulsivement les pans de son col de fourrure autour de sa gorge endolorie et se mit à pleurer comme elle ne l'avait plus fait depuis des années. Des pleurs à chaudes larmes comme si des siècles de tristesse et d'émotions refoulées brisaient les digues formées par la façade de douce et bonne dame qu'elle avait longuement, jour après jour, construite autour d'elle. Finalement, après de longues minutes, le corps sans doute exsangue et vide les larmes finirent par se tarir puis les reniflements pathétiques. Et, enfin, elle comprit qu'elle s'était échappée d'une vie de servage où ce qu'elle était aurait perdu toute valeur. Alors, à genoux dans la tourbe, elle joignit les mains pour remercier les Sept de leur bienveillance. Elle leur devait bien cela.
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Sargon Harloi
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♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
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♦ Célébrité : Jack Huston
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♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
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♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Sam 14 Jan 2012 - 14:25

     La jeune aveugle avait l'air pétrifiée, un instant Sargon se demanda si elle était aussi sourde en plus d'être atteinte de cécité, mais étant donné qu'elle lui avait répondu plusieurs fois auparavant, c'était une possibilité à exclure. Les femmes avaient tendance à être très émotives, même certaines Fer-nés, il suffisait de voir la mère du capitaine et sa manière de le regarder avec ses yeux humides de larmes dès qu'il agissait d'une façon qui ne lui convenait pas. Peut-être tout simplement que cette suivante était pétrifiée par la peur ? Le Fer-né ignorait ce qu'elle pouvait bien avoir entendu dire sur les natifs des îles, mais il était fort probable qu'elle se monte la tête avec des idées pas forcément magnifiques. Ce n'était pas si loin de la réalité au final, les femmes capturées sur le continent ne subissaient pas énormément de fins différentes, juste deux, terminer en femme-sel à la merci des désirs de son nouveau propriétaire, ou tout simplement tuées sur un coup d'énervement de leur kidnappeur. La jeune femme craignait certainement qu'il ne se serve d'elle pour assouvir ses désirs physiques et pour être franc, c'était exactement ce que Sargon avait en tête pour elle à l'instant. Bien évidemment il attendrait qu'ils soient à Kenning et qu'elle puisse s'être reposée un peu avant de chercher son dû, sauf si quelque chose le faisait changer d'avis entre-temps, ce qui n'arrivait généralement jamais. En somme, la jeune fille avait tout à fait raison de trembler, mais pas pour le moment. Jusqu'au lendemain soir elle pouvait dormir sur ses deux oreilles. Alors qu'elle lui donnait son nom, il se contenta de hocher la tête sans que le nom de la maison ne lui dise grand-chose, certainement une du Val puisqu'elle était la suivante d'une Arryn. Quelques instants de silence passèrent alors qu'elle restait pétrifiée, puis le capitaine répliqua d'un ton tout à fait calme.

     ▬ Très bien, Eirlys, tu n'as rien à craindre pour le moment, tu seras laissée en paix jusqu'à ce que j'en décide le contraire. Et ça ne sera pas avant que nous arrivions dans ta nouvelle demeure. »

     Une manière de lui faire comprendre qu'elle n'avait rien à craindre avant qu'il ne le décide. Ce n'était pas forcément rassurant, mais au moins la demoiselle ne serait pas livrée aux désirs des marins qui semblaient redoubler d'ingéniosité pour rendre les moments avec les suivantes encore plus affreux qu'elles ne pouvaient bien l'imaginer dans leurs pires cauchemars. Même si Eirlys ne devait certainement pas s'en douter, au fond Sargon était le moins brutal du lot, il restait Fer-né et par conséquent, bien loin de l'image chevaleresque des hommes du continent, cela dit il n'était pas amateur de viol et de brutalité du moment que l'on ne l'y poussait pas. Maura avait agi de sorte à provoquer sa colère et elle en avait subi les conséquences, si l'aveugle se montrait calme et docile, elle ne subirait rien de plus qu'un dépucelage forcé qui n'était pas forcément synonyme de viol. A force, elle en prendrait l'habitude et n'en serait plus dégoûté, c'était comme ça avec toutes les femmes-sel. Alors que le bruit des hommes qui se débarrassaient des suivantes arrivait jusqu'à leurs oreilles, le jeune homme détourna son regard de la suivante toujours immobile, puis lâcha quelques mots d'un ton mesuré, faisant bien comprendre à Eirlys qu'il ne plaisantait pas.

     ▬ Ne m'agace pas, n'essaye pas de t'enfuir et tu n'auras pas à craindre de finir comme ta dame. Tu vois peut-être les choses sous un angle peu favorable, mais considère que tu t'en tires mieux que les autres. Si la perspective de ton avenir ne t'enchante pas, imagine qu'il peut être pire et tu comprendras que tu as tout à gagner à m'écouter. »

     Ce n'était pas des menaces, ce n'était pas de la provocation, simplement un fait. Le Harloi n'allait pas se fatiguer, même si l'idée de garder la petite Belmore pour lui l'intéressait beaucoup, il n'hésiterait pas une seule seconde à le refiler à ses marins si elle jouait trop avec ses nerfs. C'était une habitude qu'il avait prise, son absence de sentiments facilitait les choses. Le Fer-né s'éloigna alors de l'aveugle, la laissant brièvement seule, les deux hommes avec Maura commençaient à traîner et ils devaient prendre la mer rapidement. Sargon interpella Yoren en lui ordonnant d'aller voir ce que les deux idiots faisaient avec Maura et de les ramener là les trois en quatrième vitesse. Les autres marins terminaient ce qu'ils faisaient avant de s'embarquer sur le boutre pendant que certains restaient sur la plage pour pouvoir pousser le navire à l'eau lorsque tout le monde serait à bord. Alors que son second s'éloignait pour rejoindre Maura et ses deux partenaires, le capitaine s'appuya de dos contre le bastingage avant de tirer Crépuscule de son fourreau pour constater que le sang avait déjà séché sur l'acier Valyrien. Il attrapa un torchon accroché autour du mât et entreprit de débarrasser son arme de la souillure qui la salissait, elle était plus importante que le reste et il préférait la voir luisante de propreté sous le soleil, même en étant lui-même encore couvert du sang du jeune chevalier et de ses amis. L'opération dura quelques minutes jusqu'à ce que Yoren descende le chemin où Maura avait été emmenée, mais seul. Sargon fronça les sourcils, rengainant Crépuscule qu'il terminerait de laver à son retour à Kenning, puis attendit le rapport de son second alors que celui-ci grimpait à bord de la Veuve Salée.

     ▬ Elle n'est plus là capitaine. » Une lueur d'incrédulité passa dans les yeux mordorés du capitaine.
     ▬ Plus là ? As-tu bien regardé au moins ? Avec ces deux abrutis l'on peut s'attendre à tout.... » Yoren hocha vivement la tête.
     ▬ Oui, Devron et Dwyn sont morts, elle a réussi à s'en débarrasser et elle s'est échappée, j'ai cherché dans les environs, mais aucune trace d'elle. » Sargon fronça les sourcils avant de hausser les épaules en affichant un sourire amusé.
     ▬ Finalement elle avait plus de réserve que je ne le pensais, tant pis pour elle, espérons qu'elle se fasse attraper par un brigand qui lui fera son affaire, nous partons immédiatement dans ce cas. »

     Les hommes hochèrent la tête et chacun se mis à sa place avant que Sargon ne s'approche d'Eirlys pour lui attraper le bras et l'entraîner avec lui vers l'arrière du bateau, là où le remous et les vagues étaient moins importantes. Si naviguer ne lui posait absolument aucun problème, il n'en était peut-être pas de même pour la demoiselle, certainement pas d'ailleurs, le Fer-né ne tenait pas à la voir tomber à l'eau à cause d'une embardée trop brutale. Si elle décidait de se suicider ma foi, elle pourrait le faire sans peine, mais elle serait bien sotte d'agir de la sorte sachant que son sort n'avait pas encore été décidé. Lorsqu'ils arrivèrent au fond du boutre qui avait déjà été poussé à l'eau avant que les marins restant ne remontent à bord, Sargon lâcha le bras de la jeune fille tout en la tournant de manière à ce qu'elle lui fasse face, bien qu'elle était aveugle. Ce n'était qu'un détail.

     ▬ Ta dame t'as abandonnée, tu peux te réjouir tu vois, peut-être que toi aussi tu arriveras à me filer entre les doigts qui sait. La traversée ne va pas être très longue, mais la mer est agitée et il y a des risques avec ces vagues, je te conseille vivement de t'asseoir et de ne pas bouger d'ici, je ne viendrai pas te repêcher si tu tombais à l'eau. »

     Encore une fois, ce n'était pas de la méchanceté pure, le Harloi n'avait rien à gagner à effrayer la jeune fille ou même à se montrer cruel avec elle, il tenait simplement à l'avertir des faits, ainsi elle pourrait agir en toute conscience. Sargon dévisagea le joli minois de la suivante quelques secondes, elle avait l'air sérieusement effrayée et ce n'était pas son genre de jouer les gentils qui rassuraient la demoiselle éplorée, de toute manière recouvert de sang et de sueur, il ne devait pas être apte à rassurer qui que ce soit. Après un léger haussement d'épaules, plus pour lui-même que pour les autres, il conclut.

     ▬ Même si tu ne dois pas croire un seul mot de ce que je te dis, mon but n'est pas de te torturer, tu peux te rassurer. Lorsque je voudrais quelque chose de toi, tu le sauras. »

     Après quoi, il s'éloigna de quelques pas, désormais Eirlys lui appartenait comme un trésor de guerre et elle n'était rien de plus que sa possession. Libre à elle de choisir de s'en libérer, mais elle devrait donner beaucoup plus qu'elle ne pouvait gagner à ses côtes. Le côté arrogant du capitaine le poussait à envisager le fait qu'elle comprendrait cela, mais il oubliait que les demoiselles du continent ne pensaient pas comme lui. Si l'idée qu'elle puisse s'enfuir avait encore effleuré l'esprit de la jeune fille, le vent qui soufflait et la brise apportant l'odeur du sel de la mer devaient achever ses espoirs. Le seul moyen de s'enfuir du joug de Sargon était de rejoindre le Dieu Noyé. Pas certain qu'elle soit chaste et idiote au point de préférer la mort à un avenir qui n'était pas encore décidé. Du coin de l'œil, Yoren surveillait la jeune fille, au cas où... Il était plus tolérant que son capitaine et surtout moins égocentrique.

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Dernière édition par Sargon Harloi le Jeu 26 Jan 2012 - 19:49, édité 1 fois
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Message Lun 16 Jan 2012 - 17:45

Elle n'avait rien à craindre tant qu'il n'en déciderait pas le contraire ? Eirlys serra les dents réprimant une nouvelle envie de pleurer. Mais non, elle avait versé suffisamment de larmes et ce ne serait pas cela qui l'empêcherait d'échapper à son sort. Le fer-né se voulait rassurant ? Tant mieux, elle préférait que la colère prenne le pas sur la crainte. Quant à sa nouvelle demeure, il pouvait toujours rêver pour qu'elle considère des îles désolées comme étant son chez elle. Elle était et resterait du Val, cela, il ne le lui enlèverait jamais, quoi qu'il dise ou fasse. Les bruits des hommes se débarrassant des servantes semblaient lui percer les tympans comme s'ils étaient tout proches, mais elle s'empêcha de se bouger les oreilles. Chaque cri la rendait un peu plus amère, chaque hurlement la faisait un peu plus bouillir de rage. C'était ce qui l'empêcherait de se jeter à l'eau ou de se plier au fer-né sans plus de volonté. La haine qu'elle lui vouait, à présent, l'empêchait de s'effondrer. Parce que s'il ne lui avait encore rien fait à elle, il permettait des atrocités qu'aucun être humain n'aurait dû pouvoir supporter. Elle connaissait chacune des servantes qui se trouvaient encore sur la plage et elle reconnaissait même parfois leur voix, déformées par la terreur. la gorge nouée, elle se força à rester bien droite, stoïque. Elle n'avait qu'une envie, supplier le Harloi qu'il les épargne... mais il était évident que ce serait vain. Mieux valait se taire et endurer les évènements avec patience... ce qui ne voulait pas dire avec résignation.

Les mots suivants ne firent que renforcer la volonté de la jeune femme de le voir un jour payer ses crimes. Ses larmes s’éteint taries, seule demeurait une expression à première vue neutre. En y regardant de plus près, si on la connaissait bien, on pouvait déceler une nouvelle détermination. Elle lui ferait payer. Pour Maura, pour les petites servantes, pour les chevaliers. Elle ignorait encore comment, mais elle lui ferait payer un jour. Oh oui, elle avait tout à gagner à l'écouter. Qu'il la prenne pour une de ces cruches inoffensives. Les dents serrées, elle se promit de ne plus pleurer.

Elle eut droit à un semblant de solitude un instant. Le temps de reprendre un peu plus ses esprits et d’assimiler les paroles du fer-né. Il paraissait trouver la situation parfaitement normale. Comme si tuer, enlever et violer était son quotidien. Cela l’était, sans aucun doute, mais il ne fallait pas qu’il s’imagine qu’elle allait se montrer plus compréhensive pour autant. Il pouvait lui parler calmement autant qu'il voulait, il était et resterait un monstre de cruauté à ses yeux. Apparemment, ce que l’on disait sur les pirates était vrai de bout en bout. Elle n’aurait jamais dû aller dans l’Ouest. Elle aurait mieux fait de rester dans le Val, bien à l’abri de ses montagnes. Au moins, chez elle, on savait gérer les brigands. Ici… Elle essaya de se concentrer sur le rythme des vagues pour ne plus penser à ce qui l’attendait.

Puis quelques mots lui parvinrent, lui faisant dresser l’oreille. « elle s’est échappée », « aucune trace d’elle »… Un élan d’espoir la fit tressaillir. Maura… Maura avait pu s’en sortir ? Elle n’eut pas tellement le temps de se poser davantage de question, quelqu'un revint vers elle et on la fit se déplacer. Elle ne chercha pas à s’opposer, estimant que pour le moment c’était parfaitement inutile. Et puis, elle s’interrogeait toujours : Maura était-elle saine et sauve ? Après quelques pas, les vagues se firent moins fortes. Le marin qui l’avait fait changer de place la tourna vers lui et elle reconnut le Harloi à sa voix. Les mots qui suivirent la firent sourire malgré elle. Un pauvre sourire plus nerveux que joyeux, mais elle s’accrochait au moindre petit point positif. Elle avait désespérément besoin de réconfort et pour le moment, savoir que Maura s’en était sortie était tout ce à quoi elle pouvait s’accrocher. Et puis, peut-être qu’elle allait mettre en place son sauvetage… peut-être. Sûrement. Elle devait y croire. La simple idée de devoir passer le restant de sa vie auprès de ce fer-né répugnant lui donnait envie de vomir et de se jeter par-dessus bord. Alors oui, elle s’accrochait de toute ses forces au fait que l’on viendrait la chercher. Cela prendrait le temps qu’il faudrait, mais on viendrait. Et quand bien même Maura ne s'en serait pas sortie, alors lord Tybolt se chargerait d'aller récupérer sa femme et nul doute que son père lui apporterait des forces supplémentaires.

Elle se retourna, tâtonna un instant pour trouver où s’asseoir et s’installa sans répondre. Parce que non, en revanche, elle n’espérait pas, comme Maura, s’enfuir par elle-même. Déjà parce que même si on l’avait laissée partir, en étant sur le continent, elle n’aurait probablement pas été capable de rejoindre une ville. Ensuite parce que même si elle avait pu voir où elle allait, elle ne connaissait rien en navigation et ne pourrait quitter les îles dans aide. Et de l’aide, ce ne serait pas là-bas qu’elle en trouverait. Non, sa seule chance de s’échapper résidait en l’armée du Val ou de l’Ouest. Le fer-né voulait sa guerre, nul doute qu'il l'aurait.

Le Harloi reprit la parole, prétendant ne pas vouloir la torturer. Oh, fabuleux. Sans doute estimait-il que lui avoir créé des cauchemars peuplés de cris déchirants d’agonie était suffisant ? Que le viol serait la cerise sur le gâteau ? A cela, il n’ajouterait rien… Fabuleux, vraiment. Monseigneur était trop aimable. Il voulait peut-être qu’elle le remercie aussi et le prenne pour le prince charmant ? Il s’estimait peut-être moins pire que ses marins, mais à ce stade, Eirlys avait du mal à utiliser encore une échelle de valeurs. Semblant fixer droit devant elle ce qu’elle ne voyait pas, elle ne répondit rien, encore une fois. Il avait exigé de Maura qu’elle se rebelle pour finalement s’en plaindre et le lui faire payer. C’était tout bonnement absurde et plutôt pitoyable. Elle avait affaire à un fou. Un fou qui se prenait pour quelqu’un de sensé aux actes légitimes. Alors il pouvait bien lui dire ce qu’il voulait, il ne lui enlèverait de la tête ni ce qu’elle avait entendu, ni ce qu’elle savait qu’elle vivrait. Tout avait été commis sous ses ordres. Elle lui ferait payer. Chaque cri, chaque larme. Il les paierait. Lui, et son peuple de sauvages sanguinaires.
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La vanité est la passion dominante de l'homme ▬ Maura & Eirlys

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