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A quelle voix se fier ? | Ulrik

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Message Lun 28 Déc 2009 - 15:13

Il était simple, tellement simple, de tout oublier. De se laisser aller à la contemplation, effaçant les rires et les basses paroles, effaçant les couleurs trop vives des robes des dames, l'éclat d'une arme dans son fourreau. Peut-être était-ce justement là toute la difficulté qui résidait dans cette abstraction totale de la réalité l'entourant : Le fait de se sentir encore vivante. Cela ne faisait que quelques mois, à présent, que la jeune sœur s'était sortie des griffes de l'épidémie, combattant pour sa vie alors qu'elle n'avait jamais tenu d'arme entre ses mains délicates, pas même la dague qui ne l'avait jamais quittée durant sa triste vie. Une rude bataille, dont les cicatrices resteraient à jamais dans son esprit, de la même façon que celles sur son corps lui rappelaient l'être horrible qu'était devenu son demi-frère autrefois. Face à son ennemi, elle n'avait pas été sûre de pouvoir gagner, ni même de le vouloir. S'enfoncer petit à petit dans les ténèbres, n'entendre que les battements saccadés de son cœur, son souffle presque éteint, n'avait pas été désagréable en soi, et sans aucun doute beaucoup moins douloureux qu'elle ne l'avait cru il y a bien longtemps. En vérité, c'était une paix incroyable qui l'avait envahie à l'idée de pouvoir se lover dans les bras de l'Étranger, telle une orpheline retrouvant la chaleur d'une image paternelle jamais connue. Le fait de savoir qu'autour d'elle, tant d'autres disparaissaient, ne l'avait pas motivée à revenir à la surface. Et pourtant, son travail ici n'était pas encore terminé, comme en avait témoigné son retour dans le monde, ses yeux s'ouvrant sur un plafond trop blanc, au milieu d'autres personnes dans le même état précaire qu'elle. Et il avait bien fallut tout ce temps pour s'en remettre, tout autant de temps pour accepter que tout était bientôt fini pour la plupart des personnes qu'elle avait apprit à connaître à travers une fonction qu'on présentait comme rude et exempte de tout sentiments. Si ils savaient ! Qu'à ce stade, une famille se déchirait, comme tant d'autres, comme le roi et ses compagnons, comme le grand Septon et les autres religieux de Port-Réal. A cela c'était ajoutée la caresse douloureuse des flammes sur les logis, la morsure de la faim au fond des estomacs déjà privés, la violence des rayons du soleil sur des peaux tannées comme du cuir. Ainsi donc était l'enfer.

Durant tout ce temps, avant comme après, Seren n'avait rien put faire d'autre que regarder, impuissante, les bras ballants. Brièvement. Jusqu'au moment ou les cadavres s'étaient fait moins nombreux et que l'on oublie l'idée de les brûler, leur offrant à nouveau le respect qui leur était dut, poussant les rares sœurs survivantes à reprendre leur office. Depuis cet instant, pas si lointain sur la ligne du temps, la blonde n'avait pas été capable de trouver le repos, entre ses occupations et les cauchemars qui berçaient ses nuits comme des centaines de démons venus tirailler ses entrailles. La paix... Était-elle possible, existait-elle encore, avait-elle seulement existé un jour ? Traversant les ruelles envahies par les malades et les moins favorisés, tentant de détourner le regard afin de ne pas sentir ses yeux se remplir des larmes qu'elle versait trop facilement, la jeune femme laissa échapper un soupir d'entre ses lèvres, seul bruit concret qu'elle était en droit de s'autoriser : Un souffle, unique. Pas plus, pas moins. Bien sûr, elle avait déjà gémit, et son esprit délirant l'avait sans doute poussée à murmurer durant ces quelques mois qui avaient mit sa vie en danger, mais ainsi était l'être humain au fond d'elle-même, déjà repentis de ces erreurs involontaires qu'elle avait commise, de plus en plus renfermée dans son silence depuis. Personne n'avait rien entendu, quoiqu'il en soit, aussi l'honneur était-il sauf, si tout du moins on pouvait le présenter de cette façon, ce dont elle n'était pas certaine. Sans doute était-ce ce tout qui l'avait poussée à se donner d'autant plus depuis son réveil, nonobstant son propre état, des cernes noires sous ses yeux au tremblement parfois compulsif de son corps sous l'effet de la fatigue. On ne se sortait pas aussi simplement des griffes de la maladie, et il aurait été sot de croire qu'elle était totalement aveugle. Ce n'était juste pas important, comparativement à tout ce qui se déroulait sous ses yeux, chaque jour.

De nouveaux cadavres, de nouvelles plaintes, les pleurs désespérés des familles en deuil qui ne pouvaient pas suivre les leurs dans les rituels qui permettraient à l'âme de se détacher du corps. Alors qu'une âme plein d'espoir aurait put croire que tout se terminait dès lors que l'épidémie disparaissait, c'était tout le contraire. A sa suite, l'été était venu, et la chaleur avait profité des défenses affaiblies du monde pour se glisser insidieusement, pareille à un poison, afin de tuer à petit feu les survivants de la première vague. Il n'y avait jamais de fin à cela. Une danse perpétuelle, qui d'un côté autorisait la naissance d'une personne pour compenser la perte récente d'une autre, dans un cycle infini que nul être humain ne pouvait comprendre pleinement. La demoiselle passa le dos de sa main sur son front, relevant rapidement la tête pour observer l'éclat trop vif du ciel bleu et la lumière mordante du soleil perpétuel. Se moquait-il de ceux d'en bas, trop heureux de constater qu'ils ne pouvaient lui résister une fois qu'il décidait de s'étendre de plus en plus ? A bien y penser, il ne différait pas des nombreux tyrans qui avaient foulé la terre des sept couronnes, n'attendant qu'à ce que le peuple dévoile son flanc pour donner le coup fatal. Dans une grimace légère masquée par son voile, la sœur du Silence accéléra un peu sa marche, pressée d'arriver sur les lieux de sa destination - N'était-elle déjà pas en retard à force de passer ses journées dehors, à partir de droite et de gauche là ou ses talents étaient requis ? Ses compagnes devaient déjà être sur place, ce qui malgré tout attira un voile rassurant dans son âme malgré les battements précipités de son cœur. Encore une personne à accompagner jusqu'à sa dernière demeure, pour qui on ne pouvait plus rien accomplir que ces derniers gestes. Se détournant de ses pensées embrouillées par la chaleur qui décidément tapait bien trop fort sur sa tête, la blonde termina rapidement son chemin, le regard fixé sur le sol tandis qu'elle s'enfonçait dès lors sur les chemins plus boueux de Culpucier en quête de la demeure de la famille qui avait mandé les services des Sœurs. Jusque là, sur le chemin, tout lui avait semblé triste, démuni. Mais ce n'était rien à côté du charnier qu'était devenu le quartier en l'espace de quelques mois, plus durement touché encore que les autres de par le manque flagrant de protection dont les pauvres gens bénéficiaient. Certes, personne n'avait été épargné. Mais une fois dans la fange jusqu'au cou, il fallait être aveugle pour ne pas voir les corps allongés par terre, parfois dans leur propre défection, à peine vêtus de quelques braies qui au final ne cachaient rien. Des enfants, par moment, faisaient entendre leurs cris dans le silence inquiétant qui régnait, par moment coupé de gémissements, mais ce n'était guère de la joie qui transparaissait dans ces sons. Quelque part, un cheval émit un hennissement strident, douloureux.

Par moment, Seren se montrait encore bien trop fragile pour faire ce que l'on attendait d'elle. Si la mort relevait d'une forme de repos serein, il n'en restait pas moins que l'image de cette dernière était douloureuse à observer, sans parler de l'agonie qui la précédait bien souvent. Si peu de personnes mourraient de façon digne, sans douleur... La jeune femme sentit son cœur se serrer alors qu'elle esquivait sans la voir une main tendue vers elle. S'arrêter, c'était devenir faible, ne plus être capable d'accomplir son devoir. C'était également devoir se rappeler de choses lointaines qu'elle préférait garder dans un coin de sa mémoire sans avoir besoin d'y retoucher, jamais. A nouveau, elle secoua la tête de gauche à droite, imperceptiblement, avant de s'avancer jusqu'à une maison sans éprouver la moindre hésitation - Déjà, la porte était ouverte, l'invitant à entrer pour accomplir les derniers rituels, la famille ayant déjà quitté les lieux pour laisser les sœurs s'occuper du mort, dans le silence le plus complet, avec des gestes lents et précis.

Beaucoup plus tard, alors que le soleil avait déjà dépassé son zénith depuis un moment, la jeune femme ressortit de la demeure, les traits pâles sous son voile gris, le regard fuyant tandis qu'elle calmait ses derniers tremblements. Ainsi une nouvelle âme avait rejoint l'Étranger sur le chemin de sa dernière demeure, une de plus parmi toutes celles qui ne cessaient d'affluer chaque jour vers lui. Ce jour n'était pas le sien quant au déplacement du corps, ce qui expliqua l'immobilité qu'elle conserva en regardant passer la procession, priant une fois de plus dans le secret de son âme pour celle du malheureux. Une fois que cette dernière eut disparu au coin d'une ruelle, la jeune sœur commença à regarder autour d'elle avec curiosité, ce sentiment heureusement masqué par le voile qu'elle se refusait à retirer. Jusqu'à présent, il ne lui était jamais arrivé de venir jusque dans ce quartier, les plus anciennes étant favorisées pour ce type d'office tandis que les plus jeunes restaient généralement dans les environs des lieux plus riches. Après tout, la demoiselle n'avait pas beaucoup d'ancienneté dans son ordre, tout juste six ans sans compter le temps durant lequel elle avait subit la fièvre de l'épidémie, et à présent qu'une bonne partie des siennes étaient parties rejoindre la face sombre des sept dieux... Bref, tout ça pour dire que ses pas n'avaient jamais été bien éloignés du centre de Port-Réal qu'elle n'avait jamais prit le temps de visiter après son arrivée, démunie, bien des années avant. Derrière le silence et le voile se trouvait toujours une personne de chair et de sang, pourtant, qui ne demandait qu'à découvrir le monde autour d'elle, et ce malgré la foi totale qu'elle avait placé dans sa nouvelle famille. Avec une lenteur délibérée, trop frêle et gracieuse dans un décors aussi triste, elle commença à parcourir les rues, jetant des regards discrets aux alentours que bon nombre de personnes lui rendaient, probablement inquiètes de voir une sœur du Silence s'attarder dans les parages, pareille à un oiseau de mauvaise augure. Un petit frisson couru le long de la colonne vertébrale de la belle, qu'elle masqua du mieux qu'elle le put : A quel point le peuple ignorait-il jusqu'aux fondements qui maintenait l'ordre à la place qu'il avait aujourd'hui ? A ces regards, elle pouvait aisément deviner qu'elle était aussi crainte que celui qu'elle servait, aussi incomprise également, et elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander si le mystère dont elles s'entouraient ne faisait pas qu'empirer la situation. Bientôt, ce serait de la haine, à coup sûr, tant les morts avaient été nombreux et continuaient à l'être, bien plus en tout cas que lors des instants de paix du royaume. Voyageurs, ses yeux bleutés se levèrent jusqu'à la silhouette imposante de Fossedragon, dressée comme un immense tombeau au sommet de la colline de Rhaenys, surplombant la ville pour que jamais elle n'oublie que les lourdes portes de bronze avaient été presque toujours ouvertes durant toute la durée du Fléau de Printemps. D'éternelles flammes avaient brûlé, léchant autant les corps décomposés des cadavres que les cœurs de ceux encore en bonne santé, abandonnés dans l'attente insupportable du moment ou eux-même seraient atteints.

Le cœur lourd, la blonde détourna la tête, s'arrêta devant un bâtiment qui semblait un peu plus fier que ceux qu'elle avait croisé jusque là, déchiffrant l'affiche qui surplombait la porte de bois rongé par les mites : 'A la jeune jument'. Une petite grimace accompagna cette lecture, alors que son corps s'était déjà porté jusqu'à l'entrée pour pousser la porte et regarder peu discrètement à l'intérieur : On ne se refait pas, qu'importe notre statut, et Seren ne cachait que rarement sa tendance à vouloir comprendre tout ce qui l'entourait malgré toutes les chaines qui l'enfermaient. L'odeur qui l'assaillit aussitôt lui fit froncer le nez tandis qu'elle se penchait, maladroite, dans le seul but d'observer – Sûrement pas d'entrer, évidemment.
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Message Mar 29 Déc 2009 - 21:29

La lame d'Ulrik se dégagea de la gorge de son adversaire. Un craquement ignoble marqua la séparation de la tête du corps, mais le chevalier l'ignora. Le crâne roula à ses pieds. Il l'observa quelques secondes, avant de l'envoyer voler quelques mètres plus loin d'un coup de pied bien placé. Un autre chevalier qui se tenait un peu plus loin eut juste le temps de lever son bouclier, afin d'éviter de se la prendre en pleine figure. Ulrik lui sourit, d'un sourire de prédateur, et rengaina Croc.

« Il faudra réparer la tête de ce mannequin ! Hurla-t-il à l'attention d'un des serviteurs qui parcouraient la zone d'entraînement. Et le reste de son corps en fait, ajouta-t-il en observant son « partenaire d'entraînement ». »

Le mannequin de paille avait été entièrement ravagé. L'un des bras de bois qui servaient habituellement à porter un bouclier pour s'entraîner à viser était à moitié tranché, ballant, ne tenant plus que par quelques échardes. L'autre bras, porteur de l'arme, avait été sectionné net au niveau de l'épaule, par un coup de Givre. Le corps était dardé de coups plus que moins violents, surtout de la part de Croc, Givre ayant arraché quelques morceaux par-ci par-là. Si l'on avait montré ce mannequin à quelqu'un et qu'on lui avait demandé ce qui avait pu faire ça, il aurait sans doute davantage répondu « une bête sauvage » que « un chevalier ».

*Bon, au suivant...*

Le suivant dont il était question n'était pas un mannequin. C'était un écuyer, qui avait supplié le maître d'armes des lieux de pouvoir échanger une passe avec l'une des Épées Blanches. S'il avait su laquelle on allait lui confier, il aurait tout de suite oublié son voeu. Le Garde Royal réajusta son manteau blanc sur ses épaules, mais il détacha le fourreau de ses deux armes fétiches, et les confia à son écuyer personnel. Celui-ci tenait déjà son écu. Ulrik lui fit un signe de tête, et récupéra la lance mouchetée qui se trouvait au sol. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas battu à la lance, et cela lui donnait une bonne occasion de le faire.
Le jeune écuyer qui devrait l'affronter était emmitouflé dans plus de trois couches d'armure de cuir. C'était à se demander comment il faisait encore pour se mouvoir. Il tenait difficilement un bouclier de chêne assez moche, sans aucun blason, et une épée courte mouchetée. Ulrik sourit avec dédain. Cela serait expédié assez rapidement...

« Me... merc... merci Ser ! Bredouilla le jeune homme. Vous... vous êtes... bien bon !
- Tu me remercieras après... Ulrik fit craquer ses omoplates et les os de sa nuque en s'échauffant légèrement. Si t'es encore en état. »

L'écuyer sembla tout à coup moins sûr de lui-même, mais semblait se rassurer en voyant qu'Ulrik ne maniait pas son arme habituelle. La distance entre les deux était d'environ cinquante mètres. Le chevalier fit signe à l'écuyer de charger. Celui-ci obéit. Ulrik sous-pesa sa lance. La charge continua. Ulrik se tourna droit vers l'écuyer, et lança. Le projectile de bois parcourut la distance en moins d'une seconde, et frappa l'écuyer en plein crâne, le faisant tomber au sol dès l'impact. Vu le manque de cri qui avait eu lieu, Ulrik déduisit que le jeune homme était évanoui. Au moins, le casque avait du amortir le gros de l'impact...

« Ça, c'est fait... lâcha Ulrik sur un ton neutre, avant de faire signe à son écuyer de lui rendre ses armes. »

Aucune mission ne le forçait à rester dans la proximité de la demeure royale, en ce jour. Le Roi avait voulu rester enfermé dans son cabinet, n'acceptant la présence que du Lord Brynden et du Lord Commandant des Épées Blanches. Deux autres Blancs Manteaux avaient été désignés pour garder la porte du cabinet en question. Les quatre autres chevaliers avaient eu une journée de repos.
Ulrik s'essuya le visage, avant de s'apercevoir qu'il n'avait pas sué une goutte de tout cet entraînement. Les vrais combats lui manquaient. Il n'avait pas versé le sang d'un adversaire digne de ce nom depuis des années. Et il n'avait pas non plus eu l'occasion de croiser le fer avec un combattant qui lui présentait le moindre défi depuis à peu près aussi longtemps. Depuis sa nomination parmi les Épées Blanches, en réalité...
Il chassa ces idées de son esprit. C'était une belle journée, il n'allait pas la gâcher en ressassant sa soif de sang... Alors, qu'allait-il faire ? Errer, comme à son habitude.
Et comme à son habitude, ses pas le dirigèrent vers Culpucier. Il y avait deux raisons particulières pour lesquelles il allait là-bas : il y avait toujours quelqu'un qui l'attaquerait simplement parce qu'il était proche du Roi, et ainsi il pourrait se défouler. La deuxième raison était qu'au moins, là-bas, les nobles ne se fatiguaient pas à montrer qui ils étaient : fréquenter les bordels de cette partie de la ville n'était pas quelque chose dont ils pouvaient être fiers. Et Ulrik n'aimait pas la présence des nobles. Surtout de ces faux-jetons de la Cour de Port-Réal. Tous aussi imbéciles les uns que les autres. Tous plus lèche-bottes que leur voisin... Un jour il en prendrait, et s'en servirait pour taper sur l'autre, ça les calmerait un peu... Ou pas.
Il avait pénétré dans les quartiers pauvres, et sentait déjà quelques regards hostiles poindre sur lui. Il sourit aimablement à chaque personne qu'il croisait, afin de les assurer de ses bonnes intentions. Il n'avait aucun doute sur le fait qu'ils savaient pertinemment que ses sourires étaient factices, mais cela lui importait peu...
Au bout d'une vingtaine de minutes à errer sans aucun but, il se trouva à l'entrée d'une taverne. « A la jeune jument », disait l'écriteau... Un nom assez bateau, mais elle ne semblait pas trop peuplée, et cela lui suffirait. Lorsqu'il pénétra, il sut qu'il avait vu juste : une pièce d'à peine dix mètres carré, dont le mobilier était à moitié moisi, et dont les trois seuls clients semblaient aussi pleins qu'un homme pouvait l'être sans tomber dans le coma. Ulrik évita l'une des tables, et se dirigea vers le tavernier. Il lui commanda un verre de lait (de vache, je vous prie), et attendit tranquillement au bar. Son reflet dans le verre crasseux lui semblait être celui d'un étranger. Le Loup avait perdu ses griffes, à force de traîner loin de sa meute, et cela se voyait à son expression. Avant, il aurait gelé les os de quelqu'un d'un regard. Maintenant il réussissait à peine à leur faire peur... Enfin si, mais pas autant qu'avant...
Ulrik entendit un bruit derrière lui.

« Ah non, pas encore... »

Pourquoi fallait-il qu'à chaque fois qu'il entre dans une taverne, il se fasse attaquer par derrière ? Il se leva rapidement, saisit le bras désarmé de son agresseur et, dans un même mouvement, le projeta plus loin. Ce ne fut pas difficile, étant donné le taux d'alcoolémie du poivrot. Mais les problèmes ne faisaient que commencer... L'alcoolique percuta la table des deux autres piliers de bar, des reîtres qui semblaient un peu mieux équipés que le précédent. Ils dégainèrent leurs épées et, sans réfléchir plus loin que ça, se jetèrent sur Ulrik. Il repoussa l'arme du premier d'entre eux... et lui ôta le bras par la même occasion. Le moignon commençait à se diriger vers le garde royal, qui ne désirait pas être éclaboussé. Aussi planta-t-il son arme entre les côtes du reître, et le fit-il tourner dans une direction opposée à la sienne, avant de récupérer son épée et de s'occuper du combattant suivant, pendant que le mort s'écroulait au sol. Le second reître n'eut pas le temps de finir son cri de guerre que l'arme d'Ulrik lui avait déjà séparé le haut du crâne du reste de la tête. Le premier alcoolique se releva et tenta d'attaquer à nouveau. D'un mouvement rapide, il planta Croc dans le coeur du troisième adversaire. Un beau massacre. Rapide, efficace. Subtil, discret. Derrière le comptoir, le tavernier était paralysé par le peur. Mais il n'avait pas été le seul témoin... Ulrik aperçut un regard discret, des yeux qui observaient l'intérieur de la taverne. Il planta son arme dans le plancher de la taverne (oui, il aime faire ça), avant de se diriger vers la porte. Il l'ouvrit et grand, et son regard croisa celui de la jeune femme qui se trouvait face à lui. Elle ne devait pas être plus âgée que lui, même si son aspect fatigué aurait pu le laisser croire.

« Qu'avez-vous vu ? »

Aucune réponse. Ulrik leva les yeux au ciel, patiemment, pendant environ... une seconde, puis il les rabaissa.

« Je crois que j'ai posé une question... »

Et alors, Ulrik se rendit compte de sa stupidité... Le voile, la tenue, et même le silence...

« Vous êtes une Soeur du Silence, c'est ça ? Demanda-t-il sur un ton qui était plus proche de l'affirmation qu'autre chose... »

Il attendit quelques secondes. Son sang avait refroidi, il était calmé.

« Ce n'est pas parce que vous voyez des corps tous les jours que je dois vous infliger la vue de ceux-là... »

Il jeta un regard en arrière.

« Partons, vous voulez bien ? »
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