AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

[TERMINE]Petit appât pour gros poisson. [Jasper Arryn]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 1 Jan 2012 - 23:19

Ce n'était pas le premier voyage qu'Edwyn faisait dans le Val. Il gardait d'ailleurs de sa précédente épopée dans les montagnes de l'Est un souvenir émerveillé. La route fut longue et pénible, et l'année nouvelle, déjà, était arrivée, avec les premières pluies de l'automne qui s'annonçait. La canicule touchait à sa fin et le petit homme s'en réjouissait. Il avait quitté Vivesaigues à regret et le cœur lourd de laisser sa mère alors qui lui s'en allait. Mais en dépit du chagrin, des larmes et de la déception, Edwyn savait cet éloignement nécessaire, il avait compris qu'une retraite auprès de lord Jasper Arryn était une manoeuvre nécessaire à sa protection. Il préférait mille fois d'ailleurs retourner aux Eyrié plutôt qu'à Harrenhal, cette sinistre forteresse qu'il n'avait jamais vu qu'une fois mais qui l'avait fortement impressionné. Et la compagnie de Jasper Arryn le rassurait mille fois davantage que celle de lady Danelle Lothston, cette femme à la chevelure rougeoyante et à la terrible réputation. De nombreuses fois, le petit Edwyn s'était éveillé la nuit au moindre bruit, craignant que la sorcière ait envoyé sur lui ces chauve-souris géantes qui ont leur nid dans les tours gigantesques et vermoulues de sa forteresse. Danelle l'avait accompagnée durant son premier voyage dans le Val et fort heureusement, cette fois-ci, elle n'avait pas été conviée au voyage. Son oncle Dezial Tully n'avait pas tenu, lui non plus, à faire partie du voyage et de l'escorte de son neveu qu'il avait pourtant juré de protéger à son père à l'agonie. Edwyn avait été plus peiné que déçu par cette décision mais il se consolait en se disant que son oncle demeurait à Vivesaigues pour protéger leur château et aider sa mère à la direction des affaires du Conflans. Edwyn s'attristait de ce qu'aucun parent à lui ne l'accompagne, car la famille était à ses yeux la chose la plus importante du monde. Mais il était également content de pouvoir se reposer sur eux pour « garder la boutique » pendant que lui s'écartait des devants de la scène pour se préserver. Sa mère, son oncle, mais également lord Robert Mallister et sa fille Rivanon, qui l'avaient fort impressionné lors de leur entrevue, lui apparaissaient comme les personnes les plus qualifiées pour s'occuper du fief qu'il était trop petit pour diriger en son nom propre.

Pour autant sa mère n'avait pas lésiné sur les moyens apportés à l'escorte qui conduirait son fils jusqu'aux domaines de lord Jasper Arryn. Pas moins d'une centaine d'hommes, dont près d'un quart était constitué de chevaliers, furent dépêchés pour conduire le jeune garçon depuis Vivesaigues jusqu'à Herpivoie où il était convenu que Jasper Arryn prenne le relais. Parmi eux cependant s'en trouvait un plus singulier que tous les autres. C'était un homme très grand et à la carrure très imposante. Aussi musculeux et puissant qu'un taureau, sa présence dénotait parmi tous les autres, car il n'était pas accoutré comme la plupart des autres hommes en arme. Il avait pourtant revêtu la cotte de mailles sous la brigandine de cuir matelassé, le tout broché d'une tunique noirâtre à la belle truite d'argent qui semblait nageait sur sa poitrine gauche. C'était là le signe visible de son allégeance car cet homme à la mine peu amène n'était pas véritablement un des liges de Vivesaigues ni même un des soldats du Conflans. Il n'était pas non plus un mercenaire ou un reître offrant ses services et surtout sa force de frappe à l'employeur le plus offrant. Jared était au seul service d'Edwyn Tully, car c'était devant lui seul qu'il s'était agenouillé après la mord de feu le regretté lord Medgar Tully, cet homme qui avait sauvé la vie de Jared et de ses parents peu avant le passage au nouveau siècle. Il était ensuite entré au service du seigneur de Vivesaigues et avait juré de lui offrir jusqu'à sa vie. À la mort prématurée de celui-ci, comme il avait juré de servir le père, il jura de servir le fils et avait le serment de le protéger au péril de sa vie, signant ce pacte de son propre sang. Edwyn ne comprenait pas très bien les motifs élevés qui pouvaient bien pousser cet homme bourru et peu souriant à vouloir à ce point le servir et le protéger, mais depuis qu'il le connaissait, il avait développé pour lui une amitié et une affection franche et honnête : il savait pouvoir compter sur lui et Jared en avait donné mainte fois la preuve.

La route jusqu'à Herpivoie alla bon train, rien ne vint interrompre le cours tranquille de cette caravane étrange que menait un petit garçon très entouré. La rencontre avec les soldats du Val fut très brève, ceux-ci étaient trop pressés de rentrer au pays pour s'éterniser au croisement de la Route Royale et de la Route de la Rivière. À l'escorte Tully s'ajoutèrent les soldats de l'escorte Arryn, et la troupe ainsi agrandie parcourut la Grand-Route jusqu'à la Porte Sanglante. Le voyage fut long et épuisant, mais Edwyn profitait de chaque instant pour graver dans sa mémoire toutes les images que ses yeux découvraient à mesure qu'ils se rapprochaient des Eyrié. Après des jours et des jours de voyage depuis Vivesaigues, Edwyn arrivait enfin aux portes de la citadelle intacte de la maison Arryn, et devant lui se tenait lord Jasper Arryn, qu'il avait déjà vu autrefois, mais il était alors trop jeune pour attacher un quelconque souvenir visuel à un événement. Des images par flashs lui revenaient, mais c'étaient davantage les panoramas imprenables qui se bousculaient devant ses yeux quand il y repensait.


– Je...

Edwyn demeura sans voix. Jared était juste derrière lui, il le savait, et cela le rassurait. Mais se tenir là, devant un lord d'une importance telle qu'elle dépassait jusqu'à son jeune âge – car il était évident même pour le petit Edwyn que Jasper n'était pas un vieillard – était trop pour le petit garçon qui vint à manquer d'air, chose peut-être courante à une telle altitude sur les flancs de la Lance du Géant. Il déglutit péniblement.

– Nous...

Rien à faire, aucun son ne voulait sortir de sa bouche. C'était comme si les mots s'attardaient dans sa gorge, lièvres craintifs effrayés par le faucon. Edwyn paniquait et tremblait légèrement, conscient qu'il était le point de mire de tous les regards. Sa mère était loin et lui manquait, Septa Melara était quelque part à l'arrière parmi son escorte mais il ne la voyait pas. Il ne voyait que Jasper Arryn et, derrière lui, cette grande porte qui menait à l'intérieur d'un château aussi effrayant qu'enchanteur. Edwyn sentait son estomac se retourner et le pénible trajet jusqu'aux Eyrié n'y fut pas indifférent. S'il n'avait été déjà bien gaillard pour son âge, il aurait très certainement vomi le peu de viande qu'il avait avalé un peu plus tôt dans la journée aux pieds de l'héritier d'Artys, le Chevalier Ailé. Mais il sut se retenir, malgré tout, et sut balbutier quelques mots. C'était ce qui était attendu de lui, et il ne comptait pas se défiler, seulement c'était difficile pour lui qui, après ce long voyage, n'aspirait qu'à la douce tiédeur d'un bon lit douillet.

– Je vous souhaite... je veux dire, je vous salue lord Jasper Arryn... je vous remercie d'être mon... d'être mon hôte durant ce séjour dans votre château...

Naturellement, quand il avait répété ces phrases avec septa Melara entre Herpivoie et la Porte Sanglante, elles lui avaient semblé plus simple à comprendre et à retenir. Mais là qu'il se trouvait devant celui qui l'accueillait aux Eyrié, Edwyn croyait avoir tout oublié. Un sourire désolé acheva son minuscule discours et en s'inclinant devant son hôte, Edwyn se sentit incroyablement bête. Il releva cependant rapidement la tête, car à se contorsionner, son ventre criait au supplice et menaçait comme quelques instants auparavant de tout rendre. Heureusement pour Edwyn, même s'il ne pouvait le savoir, c'était davantage la route depuis la Porte Sanglante jusqu'aux Eyrié que ses propres angoisses qui étaient responsables d'un tel retournement viscéral.


Dernière édition par Edwyn Tully le Lun 30 Jan 2012 - 17:46, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 2 Jan 2012 - 22:23

Un corbeau envoyé depuis la Porte Sanglante avait prévenu les Eyrié de l'arrivée prochaine de leur hôte de marque, bientôt relayée par un éclaireur leste et rapide parti depuis les Portes de la Lune. Tout le monde aux Eyrié s'apprêta pour l'accueil d'Edwyn Tully, ce lord miniature venu du Conflans pour se retirer aux Eyrié et se préserver des troubles qui menaçaient d'embraser sa région. Jasper avait tout organisé pour qu'il se sente comme chez lui dans le château, et même si cela n'avait pas été initialement prévu, il avait fait des appartements de sa sœur aînée Maura le lieu parfait pour l'accueil du petit seigneur. De plus, la pièce avait été décorée de telle sorte que les armoiries des Tully soient à l'honneur afin qu'il puisse se sentir immédiatement comme chez lui. Certes, il n'y avait pas aux Eyrié tout le faste et la richesse qu'on peut trouver au Donjon Rouge, à Hautjardin, ou à Castral Roc, mais il y avait pourtant au château tout le confort et tout le nécessaire. Rapidement on vit en contrebas du château la suite d'Edwyn Tully qui s'attaquait aux dangereux escaliers menant jusqu'à la demeure ancestrale des descendants du Chevalier Ailé. Un peu plus tard, un héraut annonçait le jeune seigneur du Conflans, et un autre répondait en annonçant le jeune seigneur du Val. Et dans l'instant qui suivit, les deux lords se contemplaient d'un œil amène et curieux. Edwyn paraissait très impressioné, et quant à Jasper, il avait sans doute l'air de celui qui se laisse mener par sa curiosité. En regardant le petit homme qui se tenait devant lui, il se demanda quel dessein poursuivaient les Sept en ayant confié à un si jeune enfant la direction d'un fief aussi problématique que le Conflans... Sa situation centrale dans les royaumes en faisait une position stratégique de choix, mais également la source de nombreux problèmes, problèmes d'autant plus épineux que l'actuel seigneur de Vivesaigues n'avait ni l'âge ni les moyens de tenir son rang comme il le devait. C'est bien pour cette raison qu'il avait accueilli le jeune garçon aux Eyrié. Certains diraient peut-être qu'il s'agissait de la garantie vivante de la bonne volonté du Conflans à l'égard du Val...

Le petit Edwyn Tully était attendrissant. Il avait un fait un si long voyage et pourtant il tenait encore sur ses jambes après avoir bravé le grand escalier menant à la forteresse des Eyrié. Il se tenait là, devant lui, mal à l'aise et fatigué par ces journées éreintantes et la dernière ligne droite jusqu'à la Lance du Géant. Pourtant s'il existait un invité dont les Eyrié avaient besoin en ce moment, c'était bien ce jeune garçon qui apporterait à la citadelle toute sa fraîcheur et toute sa jeunesse. Ces derniers temps, Jasper avait beaucoup regretté la brouille qui s'était installée entre sa sœur aîné et lui et même s'il gardait à l'esprit tout le mal qu'elle lui avait fait, il regrettait d'avoir cédé à l'impatience et à la rage contre elle. La famille Arryn n'était pas nombreuse, et par dessus le marché elle était dispersée maintenant que Maura était devenue lady Lannister. Jasper savait trop quoi faire aussi prit-il la décision de s'adresser directement à Tybolt comme il l'avait annoncé à Maura dans sa dernière lettre. Il écrirait ce courrier plus tard. Edwyn Tully, manifestement trop impressionné par les lieux, les personnes et l'événement en lui-même, balbutia quelques mots qui firent sourire le jeune suzerain du Val.

« Soyez le Bienvenue aux Eyrié, lord Edwyn Tully. Entrons tout de suite, le voyage vous a été pénible et il y a un lit douillet qui n'attend que vous. Nous pourrons discuter après que vous ayez pris du repos. Vos hommes sont les bienvenus également.»

Il les mena jusqu'à l'intérieur du château mais tous ne suivirent pas. Certains retournèrent aux Portes de la Lune, comme cela avait été convenu. Jasper conduisit Edwyn, qui était talonné de près par ce qui semblait être un garde très personnel, jusqu'à ces appartements qu'il occuperait tant que durerait son séjour aux Eyrié. À leur passage, toutes les bonnes gens du château s'inclinaient devant eux et Jasper les savait gré de ce qu'ils feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour rendre le séjour du petit garçon agréable. Personne n'ignorait qu'il était l'orphelin du regretté Medgar Tully. Tout le monde aurait à cœur de s'en souvenir durant son séjour.


« Voici vos appartements, il y a également de la place pour la septa qui vous accompagne. Quant à cet homme...»

L'homme en question, Jared, voyant que Jasper ignorait comme le considérer, suppléa les lacunes du maître des lieux.


« Jared. Je dormirai par terre.»

Jasper le regarda d'un œil intrigué et dubitatif mais comprit qu'il était inutile d'insister pour qu'il dorme dans un lit.


« Très bien... je vais vous laisser vous installer confortablement et prendre un peu de repos. De quoi boire et de quoi manger vous sera apporté si vous le désirez.»

Jasper prit alors congé de son invité et ordonna à l'intendant des Eyrié qu'il pourvoie à tout ce que le petit Edwyn Tully désirerait. Il prit ensuite la direction d'une toute autre affaire, puisqu'il s'apprêtait à réfléchir au courrier qu'il enverrait à Tybolt Lannister. Jasper avait été tellement meurtri par sa correspondance avec sa sœur qu'il commençait à croire qu'il n'était pas très doué pour l'exercice épistolaire. Mais le Val était tellement reculé du monde qu'il devait bien admettre toute l'utilité de l'usage des corbeaux. Sans eux, comment aurait-il pu se tenir au courant des événements frappant le reste des Sept couronnes ? Il n'avait pas à sa solde de maître espion capable de voir depuis la Grand-Tour de Villevieille jusqu'au-delà du Mur... Cela l'amenait à penser qu'il devrait peut-être prendre conseil auprès de son oncle pour la question de la brouille avec sa sœur... Jasper prit inconsciemment la décision de s'en remettre au frère de sa défunte mère pour l'aider si jamais la correspondance avec l'époux de sa sœur ne donnait rien.


Dernière édition par Jasper Arryn le Dim 29 Jan 2012 - 23:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 4 Jan 2012 - 23:52

Un jour nouveau se levait sur les Eyrié, mais le soleil n'était pas au rendez-vous. Une pluie battante et grisâtre accablait les toitures, forçait les fenêtres et mouillait le bois des portes du château. Pas un seul des habitants de la citadelle flanquée au sommet de la Lance du Géant ne s'était hasardé à braver l'averse qui avait commencé tôt dans la nuit, et l'escalier traître qui menait aux Eyrié était devenu si dangereux qu'on avait dépêché des corbeaux aux Portes de la Lune pour ordonner que l'accès à la demeure ancestrale des Arryn soit fermé tant que la pluie ne cesserait pas. Edwyn avait suivi le fils de Jon Arryn depuis son arrivée aux Eyrié quelques jours auparavant et il avait vu Jasper, ce jeune homme plus âgé que lui d'une décennie, distribuer cet ordre et bien d'autres avec toute l'assurance et toute la dignité dont Edwyn craignait de manquer quand lui-même prendrait les commandes du Conflans. Pourtant, Edwyn avait perçu que quelque chose n'allait pas chez son hôte et il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus ni à faire la lumière sur les raisons qui faisait planer sur Jasper un tel malaise et un tel trouble. Son regard d'enfant ne l'aidait guère à comprendre la situation et très naturellement le petit Edwyn avait eu tôt fait de croire qu'il était lui-même la cause de cette gêne et de ce chagrin perpétuel. C'était comme un froid vicieux qui paralyserait les traits de son visage sous le givre de la tristesse. Jasper Arryn était peut-être mécontent de lui, mécontent de l'attitude de son invité, mécontent d'avoir accepté de prendre avec lui aux Eyrié ce pupille si pénible... Comment le savoir ? Edwyn n'avait pas osé lui demander s'il avait fait quelque chose de mal, s'il s'était mal comporté, s'il avait enfreint une quelconque règle propre à la vie aux Eyrié qui n'aurait pas été portée à sa connaissance. Jasper n'était jamais distant ou froid avec lui, il ne refusait ni les conversations ni les moments qu'ils passaient ensemble mais depuis son arrivée, qui ne datait que de quelques jours, Edwyn avait clairement senti que quelque chose n'allait pas. Les jours passèrent encore et les choses allèrent de mal en pis, si bien qu'Edwyn se sentit très rapidement bien seul dans la modeste forteresse des Eyrié dont les murs semblaient se refermer parfois sur lui avec toute la lourdeur du désespoir.

Heureusement pour lui, Jared et Melara étaient toujours là et toujours de bonne compagnie. Jasper s'était arrangé avec l'ensemble de sa maisonnée pour que rien n'empêche le petit Edwyn de poursuivre son éducation. Il avait ainsi eu accès aux bibliothèques du mestre des Eyrié, ce vieillard un peu fou qui s'appelait Ouman ou Wyman, il ne s'en souvenait plus. Là il put continuer ces apprentissages souvent rébarbatifs mais nécessaires à l'acquisition des connaissances qui font les bons suzerains. Puis il avait eu accès à la salle d'armes du château, où Jared ainsi que le maître d'armes des Eyrié poursuivirent les enseignements dispensés à Vivesaigues par son oncle Dezial. Quand Edwyn songeait à Vivesaigues, à sa terre natale, il avait une pensée émue pour sa famille qui lui manquait beaucoup. Il en parlait souvent avec Jasper lorsqu'ils prenaient leur repas ensemble et que le suzerain du Val et lui faisait la conversation. Edwyn, au début, avait été trop impressionné pour jamais oser quoi que ce soit et depuis que Jasper semblait se replier sur lui-même dans les travers de la colère et de la peine, ses vains espoirs avaient fondu comme givre au soleil. Pourtant Edwyn était trop bon enfant et d'une nature trop optimiste pour se laisser aller aux miasmes du désœuvrement, alors il tentait parfois d'intéresser Jasper à une conversation heureuse pour le distraire un peu de sa morosité routinière. La pluie n'aidait pas, malheureusement, mais ce jour qui s'achevait dans la tristesse de l'averse lui donna l'occasion de franchir le pas, car Edwyn ne désirait pas demeurer aux côtés de quelqu'un qui avait quelque grief que ce soit contre lui. Jasper était assis sur le grand trône de bois de barral blanc sur lequel avaient siégé tous ceux qui portaient autrefois le titre de roi de la Montagne et du Val. Edwyn était non loin, il observait cette porte étrange qu'on avait nommé pour lui « Porte de la Lune ». Près de lui, Jared se tenait, droit comme un tronc, et un peu plus loin, sur une chaise, Septa Melara s'occupait sur un cercle de broderie dans un silence presque sépulcral.

Edwyn se questionnait beaucoup au sujet de cette porte si mystérieuse. On lui avait dit qu'elle donnait sur le vide, sur le gouffre, mais Edwyn, sans peiner à y croire, ne comprenait pas très bien pourquoi on avait creusé une porte dans un mur sans pour autant prévoir une pièce sur laquelle ouvrir... Avait-on fait une erreur lors de la construction du château ? C'était quelque chose qu'il lui fallait éclaircir.


– Jared, tu crois qu'on peut demander à ouvrir la porte ?

Le guerrier qui n'était pourtant pas franchement un bon vivant ne put s'empêcher d'éclater de rire.

– C'est pour jeter les gens dans le vide qu'on ouvre cette porte, en fait...

Edwyn parut très surpris mais, croyant à une plaisanterie de celui qui assurait sa protection, éclata lui aussi de rire, rire qu'il tenta de dissimuler après que Septa Melara ait laissé échapper un soupir particulièrement réprobateur à l'égard de Jared. Edwyn chuchota:

– Tu sais ce qu'il y a derrière la porte ?

La question d'Edwyn était innocente et le fruit de sa curiosité naturelle. Il n'était pas sûr que cela soit possible car peut-être que justement parce qu'elle donnait sur le vide cette porte avait-elle été condamnée... Peut-être même qu'une pièce avait existé de l'autre côté mais qu'elle était tombée dans le vide avec une partie du château effondrée ! Il fallait faire la lumière sur cette histoire, mais comment aborder Jasper qui était sans doute trop occupé pour ces enfantillages ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 22 Jan 2012 - 14:32

Jasper Arryn s'éveilla d'une nuit très agitée. La pluie assommait les toits des Eyrié toujours plongés dans l'obscurité d'une tempête nocturne. La sueur perlait son front. Il n'avait pas fait un rêve aussi intense depuis bien des années. Le souvenir douloureux de son cauchemar était gravé sur l'envers de ses paupières, et chaque fois qu'il fermait les yeux lui revenait l'image atroce du cadavre ensanglanté d'un grand faucon à moitié putréfié. C'était une vision consternante, terrible, qu'il ne pouvait chasser de son esprit. Elle l'avait poursuivi toute la nuit durant, comme toutes les nuits depuis la dernière lettre reçue de Tybolt Lannister, cette lettre pleine du fiel noirâtre de la condescendance la plus indigne. Ce songe qui glaçait le sang dans ses veines s'imposait à lui et cela malgré toutes les tisanes et tous les breuvages préparés à son attention par ce brave mestre Wyman qui peinait à conseiller son maître en ces temps si troublés. Que pouvait ce vieil homme pour guérir le mal qui rongeait le cœur de Jasper ? Pouvait-il empêcher celui qu'il connaissait depuis sa venue au monde de devenir un homme, de connaître les premières confrontations ? Le vieillard regrettait simplement que ses premiers véritables ennemis soient les démons de la discorde qui s'animaient en lui et nourrissaient la rancœur tenace qu'il éprouvait à l'égard de ceux qui l'avaient floué, de ceux qui s'évertuaient à le contenir dans cette posture ridicule de retrait et de soumission. Il ne retrouva pas les voies du sommeil et attendit en silence, allongé sur son lit, les yeux braqués sur le plafond, que mestre Wyman vienne le réveiller. Comme chaque matin depuis une certaine date fatidique, Wyman trouvait son suzerain éveillé et dans cette drôle de tenue de malade alité par une affliction pernicieuse et difficilement curable.

Cette brouille fâcheuse était encore fraîche dans le temps, et presque en concomitance étaient arrivés Edwyn Tully et les quelques membres de sa suite. Jasper, comme souvent ces derniers jours, passaient de longues heures assis sur le trône de barral blanc des Eyrié, mais cette fois, il ne se contentait pas de broyer du noir, le noir de l'encre des lettres assassines de sa sœur et de son détestable époux. Il observait avec une attention amusée le petit Edwyn Tully, son cerbère et sa septa qui se tenaient non loin de la Porte de la Lune. Le petit garçon semblait captivé par elle et par les secrets qu'elle dissimulait depuis quelques jours, et il avait eu de la peine à croire ce qu'il en avait entendu de la part des gens qui travaillaient au château. Jasper l'observait avec un sourire puis se décida enfin à quitter sa léthargie et se leva, marchant dans leur direction d'un pas sûr et décidé.


« Comme l'a dit Jared, nous n'ouvrons la Porte de la Lune qu'en de rares occasions. Même si c'est toujours un « grand événement », ce n'est jamais très réjouissant. Cette porte est la raison pour laquelle aucun bourreau ne travaille à mon service. Venez avec moi, je vais vous montrer une autre des spécificités de la forteresse des Eyrié. Il s'agit de nos geôles, vous en avez certainement entendu parlé.»

Il conduisit Edwyn jusqu'aux célèbres prisons des Eyrié. Jared avait suivi, mais la septa avait manifestement préféré rester dans la grande salle, loin du spectacle sordide des oubliettes et des cellules qui faisaient la célébrité du château à travers tout le continent. Ils marchèrent d'un pas hâtif vers les niveaux inférieurs du château où se trouvaient les « cachots » des Eyrié. Il y avait bien sûr les geôles traditionnelles et communes à tous les donjons de Westeros. Et il y avait l'attraction principale des Eyrié en temps de crise, quand le crime prend son envol.


« Il s'agit des cellules célestes, geôles creusées dans la montagne, dotées d'uniquement trois murs. Trois murs car le quatrième donne directement sur le vide, et la terre se trouve plus bas à une distance de six cent pieds pour les geôles les plus basses. Quant au sol de chaque cellule, il s'incline plus ou moins vers le vide. C'est un procédé unique au monde. »

Dans la voix de Jasper, son trouble était perceptible, et cela n'avait rien à voir avec les traditions pénitentiaires de la forteresse des Eyrié. Lui revenait sans cesse l'image atroce de son cauchemar, et chaque fois, comme un coup de fouet, elle lui griffait l'échine. Cela se voyait sur son visage où un vague sourire contrit se démenait comme il pouvait pour dissimuler son humeur chagrine. En regardant Edwyn, une vague d'émotions le submergea. Tout était tellement mieux avant, quand son père était encore là. Depuis six ans qu'il était mort, les Sept semblaient avoir déployé toute leur malice pour lui mener la vie dure. Et la tourmente n'avait pas pris fin avec le départ de Maura pour les Terres de l'Ouest, bien au contraire, elle avait même pris une envergure nouvelle. Pourquoi le sort s'acharnait-il ainsi sur lui ? Pourquoi n'avait-il pas droit à quelques instants de répit ? N'était-il pas suffisant qu'il porte sur ses épaules le poids de la succession de son père, et celle indigne de sa sœur aînée, voilà qu'il devait à présent composer avec les conséquences d'une alliance moins bénéfique et profitable que prévue ! La rancœur parlait bien plus que la raison, il le comprendrait plus tard, car après tout le rapprochement avec les Terres de l'Ouest n'avait guère eu le temps de porter ses fruits. Tout à son trouble, il avait machinalement ordonné qu'on ouvre une cellule vide pour donner de quoi voir au jeune Tully.


« Comme vous pouvez le voir, la vue est époustouflante. La plupart du temps, dans ces geôles, les prisonniers ne parviennent pas à supporter l'absence de quatrième mur. Il tente parfois de s'évader, ou deviennent fou et se jettent dans le vide... c'est ce qu'on appelle par chez nous répondre à « l'appel du Bleu ». »

Jasper se réfugiait dans ces explications très systématiques pour mieux échapper à l'orage chaotique de ses plus sombres pensées.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 29 Jan 2012 - 18:51

Edwyn n'aurait jamais imaginé que de telles prisons existaient « pour de vrai ». Tout ce qu'il avait entendu au sujet des sinistres geôles des Eyrié n'avait jamais été que des fables à ses yeux, jusqu'à ce jour où Jasper Arryn, son hôte et protecteur, lui avait fait découvrir l'époustouflante vérité. Quand il était encore à Vivesaigues, septa Melara l'avait parfois menacé de l'envoyer se repentir dans les cellules aériennes qu'il visitait à cet instant, pour le punir de ses mauvais comportements, et le petit garçon n'y avait pas cru une seconde. Voilà qu'il était bien détrompé et qu'il devait reconnaître que les Eyrié étaient une forteresse pleine de surprises. Dans ce couloir sordide bien que très aéré, Edwyn éprouvait de la gêne à l'idée qu'alentour se trouvaient de grands criminels condamnés à, selon le récit de Jasper, mourir d'une chute vertigineuse dans le vide béant sous le château. Il y avait sur les murs et sur le sol des traces qui ne trompaient guère : des gens mouraient entre ces murs maudits. Il y avait quelque chose d'affreusement barbare dans le procédé, et pourtant il était de notoriété publique que les Arryn étaient issue d'une des plus pures lignées des Andals... Comment une famille aussi prestigieuse et aussi attachée aux valeurs de la chevalerie et de l'honneur a-t-elle pu des millénaires durant tolérer une pratique cruelle et impitoyable ? Edwyn était un Tully et en tant que tel il savait qu'il n'était pas grand chose à côté des autres maisons suzeraines. Malgré tout, il trouvait fascinantes ces cellules de la mort qui ouvraient sur le plein air. Une curiosité innocente le poussait à écouter Jasper avec attention et bousculer de multiples questions aux creux de ses joues mais celles-ci ne passaient pas ses lèvres. Edwyn percevait le trouble de Jasper, il sentait que quelque chose n'allait pas. Il tenta le tout pour le tout.

– Messire Jasper, ai-je fait quelque chose de mal ?

Il redoutait terriblement la réponse à cette question. Il fit quelques pas et pris la main de son hôte aux pensées troublées par des sujets qui échappaient à la compréhension du jeune Edwyn Tully.

– Je ne veux pas être un fardeau ici comme je l'ai été à Vivesaigues. Si je vous dérange, je me ferai le plus petit possible et vous n'aurez plus à vous soucier de moi.

Dans son dos, Jared fulminait. Voir ainsi l'enfant qu'il avait juré de protéger aux prises avec un problème aussi épineux que les humeurs changeantes d'un seigneur suzerain l'ulcérait, mais il n'y pouvait rien et choisit très judicieusement de rester silencieux. Malgré tout, Edwyn avait quelques fulgurances lucides, et il comprenait la situation mieux que ne le laissait paraître son jeune âge et sa personnalité naturellement enjouée. Il avait entendu Jasper parler parfois de sa sœur aînée avec ce vieux bonhomme qui lui servait de mestre. Lui qui était si sensible aux choses de la famille avait très tôt perçu que les relations entre le frère et la sœur n'étaient pas au beau fixe. Il savait bien que cela ne le regardait pas, mais il était encore trop jeune pour avoir toute la retenue des hommes qui savent où et quand stopper une discussion.

– Ce ne sont pas mes affaires, mais... je vous ai entendu parler de votre sœur avec colère ces derniers jours... je ne sais pas ce qui est arrivé, mais même si elle vous méprise, vous ne devriez pas la détester... la famille, c'est le plus important.

Tenant toujours la main de son hôte, il le tira jusqu'à la porte de l'une des sinistres cellules qu'il avait fait ouvrir quelques instants plus tôt. De sa main libre, il désigna le vide, ce vide terrible qui l'effrayait.

– J'aimerais mieux me jeter par là plutôt que de laisser la discorde m'éloigner de ma famille à tout jamais. Je vous en parle souvent et je... et je... et c'est peut-être ça qui vous chagrine...

Edwyn n'était plus du tout sûr de lui. Peut-être était-il responsable de la mauvaise humeur, du chagrin, de la peine et des troubles qui marquaient le front de Jasper ? Peut-être n'aurait-il pas dû parler si souvent de sa famille en sa présence depuis qu'il était arrivé aux Eyrié. Mais sa mère et ses sœurs lui manquaient tellement... Il regrettait de ne pas s'endormir sous le toit qui avait vu naître tant de membres chéris de sa famille. Les Tully n'étaient peut-être pas une famille importante sur le continent, pourtant Edwyn avait pour eux une affection sans borne et de les savoir si loin de lui le déchirait de l'intérieur. Il savait que c'était pour son bien, il savait que c'était nécessaire. Et maintenant qu'il croyait comprendre que par sa faute, son hôte, qui avait accepté de l'accueillir sous sa protection, pouvait se trouver malmener car à la brouiller qui l'éloignait de sa sœur il opposait une vision idéalisée et enfantine de la famille... c'était insupportable, et le petit garçon dut faire un effort surhumain pour ne pas pleurer là, dans la prison des Eyrié. Il lâcha vivement la main de Jasper et baissa les yeux, penaud et coupable. Comment pourrait-il se faire pardonner ? Il n'avait plus qu'à s'enfermer dans l'une des sept tours des Eyrié pour se cacher de la honte et de la responsabilité. Pauvre enfant qu'il était, à tout dramatiser... Mais était-ce sa faute s'il avait cru bon de partager avec Jasper ce qu'il avait de plus important et de plus précieux au monde ? Il n'était plus qu'un orphelin, n'était-il pas normal qu'il soit fier de parler de sa mère, de son oncle de ses sœurs, de cette famille qui le protégeait comme s'il était le chose la plus importante au monde ? Finalement, il aurait peut-être mieux fait de s'envoyer en l'air par le fameux quatrième mur des cellules célestes qu'il visitait présentement... Ses yeux brillaient des larmes qu'il refusait de laisser s'échapper. Sa honte était trop grande, et derrière lui, Jared soupirait avec peine.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 30 Jan 2012 - 17:34

S'il avait fait quelque chose de mal ? C'était bien tout le contraire. Depuis son arrivée aux Eyrié, il avait été un véritable rayon de soleil, une véritable illumination dans les moroses journées de l'automne. Non seulement il l'avait distrait des chagrins causés par sa sœur aînée Maura et son beau-frère Tybolt Lannister, mais en plus il avait supporté sans relâche la maussaderie de son hôte, et sans jamais le gêner ou le déranger. Non, Edwyn Tully n'avait rien à se reprocher, ni lui ni aucun des membres de sa suite d'ailleurs. Ils avaient parfaitement intégré la petite communauté des Eyrié et personne ne s'était une fois plaint d'eux. Les précautions du petit garçon étaient louables mais superflues, Jasper se comportait avec lui comme l'aurait fait un grand frère désireux de protéger son cadet autant que de l'éveiller aux réalités de ce monde. Son petit protégé lui prit la main et Jasper sourit. Il manifesta à nouveau ses craintes, mais comment aurait-il pu être un fardeau aux Eyrié, lui qui était aussi agréable à vivre que le soleil un matin d'hiver ? Comment Jasper aurait-il pu avoir à l'esprit d'autres soucis concernant Edwyn qui son bien-être et sa bonne éducation ?

« Vous n'êtes pas une charge parmi nous. Au contraire, votre présence est une félicité... »

Mais à peine avait-il dit ces quelques mots qu'Edwyn l'emmenait bien malgré lui sur un sujet qu'il redoutait plus que les autres : sa sœur aînée. Il était en froid avec elle, pour le dire sous couvert d'un doux euphémisme... et cela n'avait échappé à personne aux Eyrié. Tout le monde s'en était inquiété, et il avait été très sec avec tout le monde depuis le commencement de cette brouille amère et détestable. De jour comme de nuit, le venin de la rancœur rongeait sa chair et ses pensées. Jasper mangeait très peu, parlait très peu et ne s'associait même plus depuis quelques jours à la prière quotidienne qui réunissait toutes les gens qui résidait aux Eyrié. Les derniers corbeaux de Maura et du seigneur suzerain des Terres de l'Ouest l'avaient tellement agacé qu'il n'avait pu toujours se contrôler et, quelques fois, sa colère avait rejailli dans son attitude et dans son comportement à l'égard de certains qui avaient la malchance de tomber sur lui au mauvais endroit au mauvais moment... Injuste, il l'avait été par moment, mais il ne voyait pas où et quand il avait fait comprendre sans le savoir à son invité qu'il était indésirable.

Le petit garçon semblait prêt à défaillir après lui avoir montré le vide béant qui bordait les cellules célestes de sa forteresse. Jasper s'accroupit en face de lui et posa ses mains sur ses épaules sous l’œil méfiant de Jared qui craignait peut-être pour la sécurité et la sûreté de son petit maître. Les yeux de Jasper eux-mêmes s'étaient embués.


« Tu n'es pas responsable et tu n'es le fardeau de personne. Tu es le suzerain du Conflans, Edwyn Tully, et tous les seigneurs de la terre de tes ancêtres te doivent allégeance et ploient le genou devant toi. Tu es jeune, tu as tout le temps d'apprendre à être un grand seigneur tout comme moi j'ai appris. »

Il devait beaucoup à sa grande sœur, à ce titre, et sans elle il ne serait pas ce qu'il était à ce jour où ses hommes combattaient à l'Ouest pour honorer l'alliance qu'il avait contracté avec Tybolt Lannister. Comme il regrettait ce mouvement, aujourd'hui ! Comme il se sentait piégé, et trahi ! Mais le petit Edwyn n'était pas concerné par ces problèmes. Sans même s'en rendre compte, Jasper avait tutoyé le petit homme, ce qui était dans sa bouche une marque de l'amitié qui naissait entre eux.

« Des tracas me chagrinent en ce moment mais ce n'est pas de ton fait. Au contraire, bien au contraire, je redécouvre avec toi toute l'importance de la famille et depuis que tu es arrivé aux Eyrié, t'entendre me rappelle combien les liens du sang sont les liens les plus forts dont nous gratifient les Sept par la naissance. Tu n'as rien à te reprocher, et c'est plutôt moi qui te suis redevable. »

Se relevant, Jasper pressa l'épaule du petit garçon pour l'inviter à remonter vers des lieux plus gais dans le château. Tout en marchant vers la sortie des prisons, il lui parlait en lui jetant parfois des regards plein d'un sourire guilleret, bien qu'au fond de ses yeux on devinait toujours qu'il était préoccupé.

« Ma sœur et moi sommes en froid mais ce n'est que passager... »

Jasper disait cela autant pour convaincre Edwyn que pour se convaincre lui-même. Il n'était pas sûr de pouvoir rattraper ses erreurs et pardonner celles de sa sœur. Il n'était pas sûr de le vouloir. Il ne savait qu'une chose, elle était sa sœur, un membre de sa famille, et il serait honteux de la laisser s'éloigner sans rien faire, pour ce qui n'était au fond que des broutilles sans importance ni intérêt.

« …car vous avez raison, la famille c'est notre dernier rempart face au monde. Venez, remontons, j'ai faim. As-tu déjà goûté à nos viandes cuites au vin glacé ? Je pourrais en manger sans m'arrêter à m'en éclater le ventre ! C'est délicieux, surtout accompagné de légumes dorés. Vous mangerez avec nous, Jared ? »

Ils atteignirent rapidement la grande salle et tout le monde fut convié pour ce repas simple mais festif, durant lequel les deux seigneurs suzerains reprirent chacun des couleurs. Ils partagèrent ensemble plus que le pain et le sel ce soir-là, car les souvenirs d'enfance furent à l'honneur et même si le petit Edwyn n'était pas très vieux pour en avoir beaucoup, ceux qu'il raconta en riant alimenterait pour longtemps les conversations des braves gens travaillant dans le château jusqu'à l'année prochaine. Jasper fut heureux ce jour-là comme il ne l'avait pas été depuis bien longtemps. Peut-être entrapercevait-il quelque lueur d'espoir ? Peut-être les Sept lui avait-il envoyé le petit Edwyn Tully comme un signe de leur bienveillante grâce ?
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

[TERMINE]Petit appât pour gros poisson. [Jasper Arryn]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Salut et merci bien pour le poisson ♪
» Jace + je suis les Guns'n'Roses, trésor, j’ai un appétit pour la destruction.
» Petit scénario pour les débutants
» Idée pour la fête du "Poisson d'avril"
» Rien qu'un petit mensonge [PV]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-