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[TERMINE]Toute puissance est faible dans la désunion. [Clarence]

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Message Mar 27 Déc 2011 - 0:22

Les humeurs de la nuit s'éteignaient dans le jour nouveau, et quand Leo s'éveilla, il constata avec bonne humeur qu'il s'était endormi à même son fauteuil, devant une grande carte de Westeros où il avait disposé la veille au soir quelques drapeaux, quelques figurines, quelques annotations... Ayant consulté la géographie des Sept couronnes jusqu'à tard dans la nuit, il avait longtemps réfléchi la situation dans laquelle il avait conduit le Bief et s'était longtemps interrogé sur les futures manœuvres de ses alliés, de ses adversaires, de ses concurrents, de ses rivaux, de ses ennemis. Ses réflexions le conduisirent à de plus amples questionnements au sujet de sa propre situation et au prochain mariage de son fils avec la sœur de Tybolt Lannister. Sa mère lui avait des jours durant soutenu qu'il aurait pu trouver pour son fils un meilleur parti, mais avait également concédé que ce mariage était une bonne alliance et que malgré tout, Leo pouvait être fier d'avoir mené à bien ce projet ambitieux. Plus ou moins d'accord avec sa génitrice, le Long Dard considérait avoir agi au mieux et surtout, ce mariage scellait une alliance orientée contre les fer-nés qui ne pouvait que profiter aux contrées verdoyantes. Leo quitta son fauteuil et regagna sa chambre où il pria une servante de lui faire couler un bain et de lui préparer ses habits de grande réception. D'ici quelques heures son vassal venu de Villevieille serait arrivé à Hautjardin, et il s'agirait alors de danser la gigue des mondanités avant de dégainer l'épée d'une conversation qui s'annonçait tendue mais cruciale. En effet, Clarence Hightower ne venait pas à Hautjardin en tant que vassal de lord Tyrell, mais bien en tant que Grand Argentier du Royaume, une fonction qui le plaçait au dessus de tout lien vassalique, et qui le rapprochait du Trône de Fer... Cette nouveauté de nature à bouleverser le statu quo du jeu des trônes ennuyaient quelque peu Leo qui craignait de ne point parvenir à garder le contrôle absolu sur l'ensemble de ses vassaux s'ils profitaient de la faveur royale planant sur l'un d'entre eux pour faire valoir des revendications particulières et néfastes pour la suprématie des Tyrell concernant les affaires du Bief.

Après avoir pris son bain et revêtu sa belle tenue de soie verte, dont le col s'ornait de fioritures du plus bel effet, Leo reçut la visite de sa mère qui, il le remarqua tout de suite, avait elle-même pris soin de bien s'habiller en ce jour qui, pourtant, n'avait rien de particulier, du moins Leo n'avait pas le souvenir qu'elle ferait ce jour autre chose que ce qu'était pour elle le quotidien. Ils échangèrent quelques tendresses contenues et dignes et sans plus attendre Amelia déclara qu'elle assisterait son fils durant son entretien avec ce vassal tant attendu. Leo essaya vainement et sans trop y croire de s'y opposer mais il céda bien vite aux arguments de sa génitrice qui voyait là le parfait procédé de nature à déstabiliser ce jeune homme qui dirigeait la Grand-Tour dans les faits et qui peut-être ne se sentait plus d'avoir été nommé si jeune Grand Argentier du Royaume. « Et puis un coup d'oeil me suffira pour le déterminer comme ami ou ennemi de notre famille. Tu imaginais peut-être le recevoir avec le concours de ta femme ? As-tu oublié qu'ils sont nés tous deux dans le même nid ? Si elle avait été plus fine, ton oie de femme aurait pu nous servir, mais tout ce qu'elle réussirait à faire en l'état, c'est offrir à son cousin les clefs de nos jardins. » Leo savait toute la rancœur et toute l'antipathie que son épouse inspirait à sa mère, et il ne se fatigua point à essayer de la raisonner. Lui gardait pour sa chère et tendre une affection douce et caressante, braises chaleureuses en souvenir d'une passion lumineuse. Leo accompagna sa mère toute la matinée, et toute la matinée celle-ci le sermonna de remarques et de conseils qu'elle voulait utile pour l'entretien prochain avec son invité. Patient, Leo l'écoutait d'un œil et d'une oreille distraits, il connaissait sa mère et savait qu'il était inutile d'essayer de la changer.

Enfin quelqu'un vint lui annoncer l'arrivée de Clarence Hightower à Hautjardin. Celui-ci était en chemin dans les couloirs de la citadelle, et comme convenu il était venu sans tapage ni grand apparat : il était seul et vêtu le plus indistinctement possible. Leo et Amelia l'attendait au premier étage, sur un grand balcon dont les balustrades étaient couvertes par des roses jaunes qui souffraient beaucoup de la canicule oppressante. Trois fauteuils, quelques bancs, une table circulaire où l'on trouvait une grande carafe et quelques timbales d'argent. Amelia était assise sur le fauteuil le plus confortable, Leo se tenait non loin de la table, les mains derrière le dos. Il contemplait les jardins et les champs de roses jaunes qu'on voyait s'étendre aux pieds de Hautjardin, à perte de vue. Sa mère demeurait silencieuse. En contrebas, il pouvait apercevoir Emilia et Mathias qui discutait en compagnie d'autres jeunes membres de la petite aristocratie que Leo entretenait à la cour de Hautjardin. Son visage s'illumina d'un sourire en les observant. Où était Jeanne ? Où était Tristan ? Sans doute vaquaiten-ils à leurs occupations. Il n'avait pas pris la peine de prévenir son épouse et ses enfants qu'il recevait ce jour un éminent vassal et nul autre que le Grand Argentier. On pénétrait sur le balcon par une galerie bordée de hautes arcades aux lourdes colonnes de pierre blanche, vers lesquelles Leo porta son regard. Clarence Hightower se tenait là. Leo ne l'avait vu que de très rares fois, mais il n'avait guère oublié son visage si particulier, et cet air si singulier.


Messire Clarence, laissez-moi vous souhaiter la bienvenue à Hautjardin. J'espère que votre voyage jusqu'à nous fut plaisant.

D'un geste de la main Leo désigna sa mère qui gardait le silence mais ne quittait point le jeune Clarence des yeux. Elle avait ce regard perçant et inquisiteur qu'elle prenait quand elle contenait sa langue pour demeurer muette et attentive. Une vieille manie qu'elle n'avait point perdu après des années d'un usage si régulier qu'il serait vain de chercher à compter.

«  Vous connaissez très certainement lady Amelia...
- Bien sûr qu'il me connaît, Leo, inutile de faire les présentations, j'ai certainement vu ce jeune homme plus souvent que tu n'as jamais vu aucun de tes vassaux depuis ces trois dernières lunes. Venez vous asseoir près de moi, messire Clarence. »


La voix d'Amelia ne souffrait aucune réplique et Leo observa le jeune homme qui s'approchait d'eux et qui prit place aux côtés de sa mère. Il avait l'air parfaitement détendu, mais il était difficile de deviner ou de tirer quoi que ce soit de sa tenue, de ses expressions ou de son apparence tant il était lisse et diaphane. Imperturbable et inoxydable, ce jeune Clarence allait-il pour autant lui donner du fil à retordre ? Les prochains échanges le diraient certainement. Ils avaient tant de sujets à aborder qu'il valait mieux commencer au plus tôt. Mais Leo était un Tyrell et il ne serait jamais dit de lui qu'il était mauvais hôte. Il prit l'initiative de saisir une timbale d'argent, d'y verser le contenu de la carafe et de tendre la boisson à son invité.

«  Ce vin est une merveille, vous m'en direz des nouvelles...
- N'ayez crainte, il n'est pas empoisonné. Si nous avions voulu vous tuer, vous n'auriez jamais passé les portes du château. Sauf les pieds devant, naturellement. »


Leo jeta un regard réprobateur à sa génitrice qui ne prêta guère attention à lui. Il approcha de Clarence une grande coupe de bronze où reposaient quelques petites pâtisseries pour la collation. Il s'agissait de petits pains sucrés nappés de miel et fourrés d'une sorte de confiture de prunes, de fraises, d'abricots ou de myrtilles, douceurs qui faisaient fureur depuis quelques temps sur toutes les tables respectables du Bief.

«  Goûtez ceci, c'est un délice.
- Vous vous en doutez, ces pâtisseries sont inoffensives. Moi-même je n'y résiste jamais. »



Dernière édition par Leo Tyrell le Lun 6 Fév 2012 - 2:13, édité 1 fois
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Clarence Hightower
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Message Ven 30 Déc 2011 - 21:45

Le voyage jusqu'à Hautjardin avait été rapide. Clarence chevauchait depuis près d'une heure avant l'aube, vêtu de telle sorte qu'il put paraître aux yeux des travailleurs matinaux comme un voyageur sans histoire ni bagage. Son allure pressée avait toutefois pu éveiller des soupçons, mais ceux-ci étaient dans l'air du temps car la menacée fer-née planait toujours sur les côtes du Bief. Il chevaucha le long de la Route de la Rose et ne fit qu'une très brève halte dans un relais non loin de Château-Marteau où il troqua son cheval contre un autre plus frais et plus gaillard. Quand il arriva aux environs de la citadelle florale de Hautjardin, il ralentit la course de sa monture pour s'arrêter un instant. L'édifice semblait faire de l'ombre au soleil tant il rayonnait de magnificence et de lumière. Clarence devait bien reconnaître qu'il n'existait à Westeros de citadelle semblable à celle érigée il y a si longtemps par les rois de la dynastie Jardinier. Toutefois ce n'était pas l'un d'eux qu'il venait voir. Leo Tyrell n'était pas l'héritier de la dynastie Jardiner, mais l'héritier de la famille Tyrell dont les membres n'étaient, autrefois, que les intendants des Rois du Sud. Le Jeu des Trônes est ainsi fait qu'un jour les têtes tombent et les couronnes roulent entre d'autres mains. Clarence était lui-même héritier d'une dynastie royale, et qu'était-il aujourd'hui ? Il n'était qu'un vassal parmi d'autres, certes parmi les plus puissants liés à Hautjardin, mais il n'était qu'un vassal. Et comme tout vassal, il répondait avec diligence à l'appel de son suzerain. Mais ce n'était pas en cette qualité qu'il serait reçu à Hautjardin ce jour. Clarence était Grand Argentier du Royaume, et c'est bien pour cette raison que Leo Tyrell l'avait fait venir si promptement après que la nouvelle de sa nomination au Conseil restreint se soit répandu. Clarence conduisit lentement son cheval jusqu'à la grande porte des Roses, celle qui donnait sur l'allée menant à l'entrée principale de la citadelle. Il laissa son cheval à un palefrenier non loin des écuries et marcha tranquillement jusqu'à un homme en armes qui, après un court échange verbal, le reconnut comme l'homme qu'attendait son suzerain. Sans plus attendre, le soldat conduisit Clarence jusqu'à l'intérieur de la citadelle où le jeune homme rencontra un chambellan qui lui proposa de le suivre jusqu'à une salle d'aisance où il pourrait se rafraîchir et se sustenter avant d'être reçu par nul autre que Leo Tyrell.

Clarence accepta sans se faire prier, il tenait à être propre et frais pour discuter avec son suzerain, bien que les termes « propre » et « frais » fussent très relatifs ces derniers temps que la canicule imposait même aux lords les plus confortablement installés financièrement de veiller à économiser leurs ressources, notamment l'eau. Vu toutefois qu'on lui offrait si généreusement tout le confort nécessaire à une toilette accomplie dans les règles de l'art, Clarence ne se priva pas d'user et d'abuser des domestiques qui s'évertuèrent à lui rendre le bain qu'il prit le plus agréable possible. Clarence songea même à partager l'eau chaude, mais il n'avisa guère et se contenta d'observer et de laisser courir ses plus vilaines pensées. Quand il fut enfin prêt, Clarence annonça au chambellan qui demeurait à sa porte qu'il désirait être conduit à Leo Tyrell sans attendre. Ainsi le conduit-on à travers le château jusque dans les étages et finalement jusqu'à ce balcon enchanteur où se déroulerait leur entrevue tant attendue. Il n'était encore que dans les intérieurs dissimulés d'un couloir, mais il pouvait déjà voir Leo et une vieille dame sur ce balcon d'où l'on pouvait apercevoir le magnifique spectacle des jardins du château. Clarence s'avança entre les colonnes blanches, bientôt remarqué par son suzerain et sa mère, la vieille Amelia, qu'il avait reconnue. Quand il fut assez proche, Leo lui souhaita la bienvenue et désigna sa mère qu'il présenta sans pouvoir aller jusqu'au bout car celle-ci prit l'initiative d'interrompre son fils et inviter Clarence à s’asseoir auprès d'elle. S'exécutant, Clarence leur rendit leur salut tout en songeant qu' Amelia n'avait pas tort : ces derniers mois, elle avait été l'invitée assidue de la Grand-Tour, ce qui avait été l'occasion pour Clarence de découvrir avec plaisir combien la mère de son suzerain avait la même vision politique des Sept couronnes que lui-même.

Avec des paroles de remerciements, Clarence saisit la timbale d'argent qu'on lui tendait et sourit aux remarques d'Amelia. Il but de bon cœur et n'hésita pas une seconde à porter à sa bouche l'une des pâtisseries que lui présentaient Leo Tyrell. Ce n'est pas tant qu'il était naïf, mais Clarence savait qu'il ne risquait pas de mourir aujourd'hui, du moins pas empoisonné. Tout juste risquait-il de s'étouffer en avalant de travers. Amelia elle-même goûta aux pâtisseries et de ce qu'il en vit, elle ne bouda pas son plaisir. En contrebas du balcon, on pouvait entendre des musiciens, des rires et la rumeur d'une grande euphorie. C'était là une scène parmi les plus courantes à Hautjardin, les Tyrell ayant toujours veillé à entretenir une cour éclairée, brillante et faite pour servir d'exemple à tous ceux qui voudraient se donner des airs de raffinement et d'élégance. Clarence devait bien reconnaître que la mise en scène était parfaite. Ce balcon ouvert sur les jardins était l'endroit idéal pour le repos et la quiétude, et quant à l'enchantement et le ravissement des sens, la citadelle et son bon air faisaient le reste. Ces lieux ne manquaient pas de charmes, et sur sa chaise, Clarence se dit qu'il aurait dû venir plus souvent par ici, pour profiter des merveilles de Hautjardin. Mais l'heure n'était plus au divertissement, la véritablement discussion pouvait commencer.


« Ces friandises sont délicieuses, et je suis certain que leur réputation atteindra bientôt les Cités-libres... mais je crois savoir que ce n'est pas pour discuter de pâtisserie que vous m'avez fait venir jusqu'à vous, n'est-ce pas ? Il me semble qu'il était question dans votre courrier de ma toute récente nomination au Conseil Restreint. »

Clarence choisit l'approche direct pour entrer dans le feu de la discussion. Il savait les Tyrell implacables, mais avait à cœur d'être le plus attentif possible aux positions de son suzerain, afin de mieux pouvoir s'y ajuster pour préserver ses propres intérêts. La franchise avait ceci d'excellent qu'elle était l'arme la plus efficace pour dévoiler les menteurs et les faux.
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Message Jeu 5 Jan 2012 - 21:02

Clarence avait choisi d'entrer directement dans le vif du sujet. Les pâtisseries étaient excellentes mais n'avaient pas su détourner ou distraire son attention. C'était une sorte de contrôle imaginé par lady Amelia, qui souhaitait éprouver Clarence maintenant qu'elle le rencontrait chez elle à Hautjardin, et non chez lui à Villevieille. Clarence n'avait ni louvoyer ni fait preuve de naïveté, Leo saurait à l'avenir qu'il faudrait user de davantage d'ingéniosité pour tromper ou manœuvrer l'héritier de la Grand-Tour. Pour autant, arrêter si vite un jugement, c'était aller un peu vite en besogne car après tout, Clarence n'était peut-être tout simplement pas féru de pâtisserie.

« On ne peut rien vous cacher, messire Clarence. Votre nomination, en effet, change la donne. Nous devons en parler.
- C'est un jolie fleur que vous a fait le roi, messire Clarence, mais il serait fâcheux qu'elle desserve les autres dans les jardins de nos vertes contrées. »


Sa mère n'y allait pas de main morte et Leo se demanda s'il avait bien fait d'accepter qu'elle assiste et participe à son entrevue avec son vassal devenu Grand Argentier du Royaume. Il était malgré tout confiant, elle savait ce qu'elle faisait certainement. Leo espérait seulement que Clarence n'était pas de ceux que le caractère de sa génitrice rebute. Cependant sa mère, dans sa langue acerbe et directe, pointait du doigt la pierre d'achoppement qui menaçait la bonne entente qui avait toujours régné entre la maison Tyrell et la maison Hightower. Clarence serait-il du genre à profiter de sa récente promotion pour asseoir un peu plus le pouvoir des siens dans le Bief ? Cela ressemblait davantage à un renard de Rubriant qu'à un sage de Villevieille, mais Leo se gardait d'avoir une opinion qu'il ne pouvait fonder que sur des suppositions.

« Vous avec accepté le siège au Conseil Restreint et nous vous en félicitons. Le Royaume et surtout ses finances ont besoin d'un homme tel que vous.
- Ce que mon fils essaie de vous dire avec ces phrases qu'il polit plus encore que les lances qui ont fait sa célébrité, c'est que vous avez tout intérêt à vous ouvrir à nous en ce qui concerne vos projets maintenant que vous tenez les bourses du Royaume. Nous ne sommes peut-être que des Tyrell, comme certains diront, mais nous tenons Hautjardin depuis bien plus longtemps qu'il n'y paraît, et nous ne le devons qu'à notre prévoyance. La prévoyance, messire Clarence, c'est ce qui manque à tant de nos contemporains, n'êtes-vous pas d'accord ? »


Après avoir bu une gorgée du contenu de son gobelet d'argent, lady Amelia reprit la parole, plus sérieuse que jamais. Ses petites lèvres desséchées gardaient tout leur piquant, glissant les mots avec une douceur trompeuse et une aisance incisive.

 « En vérité, rares sont les fils qui écoutent avec attention les conseils de leur mère mais fort heureusement Leo appartient à cette minorité qui respecte la science et la prudence maternelle. Je n'ai jamais cru que mon fils serait appelé à faire de grandes choses, je ne l'ai d'ailleurs pas élevé dans cette optique. Les grandes choses sont des flammes passagères et périssables, elles sont des jouets d'un instant, parfaites pour divertir ces allumés de Targaryen ou flatter l'échine de ces fanfarons de Baratheon. Depuis mon entrée dans la maison Tyrell comme épouse du précédent lord, j'ai eu le temps de comprendre comment les Sept couronnes fonctionnent. Chaque épée voit l'heure du retour au fourreau, mais cet instant n'est pas arrivé pour le Bief, ni pour Leo, ni pour moi. Certains voudraient nous voir croupir dans nos jardins et d'autres s'imaginent que nous nous éteignons comme la rose qui fâne. Mais le pétale qui se flétrit n'est pas celui qui tombe, et le pétale qui tombe vient nourrir les boutons qui s'éveillent. Il faut parfois couper les premiers boutons pour préserver la branche, mais là n'est pas la question. »

Elle avait dit cela sans regarder Leo mais pourtant ce dernier savait avec certitude que sa dernière remarque lui était adressée et qu'elle concernait son fils aîné Tristan.

« Ce qu'il vous faut savoir, messire Clarence, c'est que nous n'aimons pas les coups d'éclat, ni les manœuvres trop bruyantes. Il faut réserver cela pour les tournoirs et le champ de bataille. Votre nomination au poste de Grand Argentier est la juste récompense de vos talents. En somme une jolie fleur qui vous est faite, mais elle ne doit pas venir gêner la croissance de celles que nous cultivons par ailleurs autour de la Grand-Tour.
- La dernière fois que vous m'avez reçue chez vous, vous vous souvenez de ce que j'ai dit des araignées qui proliféraient dans nos jardins, n'est-ce pas ? »


Et par les Sept, ces araignées étaient diablement nombreuses ! Chaque jour, sa mère faisait à Leo le rapport d'une ou deux intrigues ourdies par quelque courtisan en mal de promotion rien qu'à Hautjardin. Les Tyrell étaient habitués à ces petites épines qui n'étaient pourtant rien comparativement aux épines acérées et sanglantes de la magnifique rose d'or de leur blason séculaire. De nombreux sujets devraient être abordés au cours de leur discussion et notamment Leo souhaitait s'éclairer de l'avis de Clarence au sujet du prochain mariage arrangé entre son fils et la sœur du Lion de Castral Roc. L'avis du plus puissant de ses vassaux n'avait rien de véritablement décisif mais il était curieux d'en savoir davantage sur l'opinion de ceux qui le suivaient de près dans l'ordre de la pyramide féodo-vassalique. Le Bief était le royaume le plus illustratif de ce qu'était la féodalité au sein des Sept couronnes, et en dehors de la dynastie des Jardinier, seuls les Tyrell étaient capables de tenir Hautjardin et l'ensemble de ses bannerets. Tous les autres n'y parviendraient jamais et les Lannister, les Baratheon, les Tully, les Arryn, les Stark et même les Martell n'auraient jamais toute l'habileté et toute la détermination nécessaire pour maintenir la cohésion de la plus grande des Sept couronnes. Les Tyrell n'étaient peut-être pas à la tête du Bief depuis des millénaires, mais ils avaient depuis la Conquête fait la preuve de leur capacité à ne laisser personne venir expulser la rose d'or des plus beaux jardins des vertes contrées.
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Clarence Hightower
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Message Sam 7 Jan 2012 - 21:41

Leo et sa mère avait l'art et la manière d'enrober du plus doux des miels les pires menaces qui fussent. Leurs roses d'or n'étaient pas seulement magnifiques, elles dissimulaient des épines mouillées des plus dangereux poisons de ce monde, mais pour autant Clarence ne se sentait guère menacé. Lady Amelia et lui avait déjà eu cette discussion pénible au sujet des dispositions de la maison Hightower à l'égard de la maison Tyrell, quand elle s'était rendue à la Grand-Tour pour lui payer quelques visites. Il faisait tourner entre ses doigts la timbale d'argent qu'il avait vidé de son contenu. Il buvait les paroles de ses interlocuteurs comme on savoure un grand crû de la grande île voisine de Villevieille. Il ne semblait plus faire aucun doute qu'à leurs côtés, de grandes choses attendaient Clarence et qu'il serait stupide de ne pas les écouter davantage. Mais le jeune homme était d'un naturel méfiant et il se gardait de trop espérer de ceux qui font moult promesses qu'ils ne tiennent jamais. Fort heureusement les Tyrell n'étaient pas de ceux-là puisqu'il n'était pas dans leurs habitudes de faire des promesses à qui que ce soit, du moins sauf à dessein d'entourlouper. De ce qu'il avait entendu de la propre bouche d'Amelia Tyrell, il n'avait pas à s'inquiéter. Pourtant la prudence imposait de garder l'esprit vif et éveillé.

 « Mes pères ont servi les vôtres et je continuerai à servir avec toute la diligence qu'il convient. »

Le ton de Clarence était volontairement neutre, car il n'avait rien à gagner à être obséquieux, flatteur et même douceâtre. Il délaissa la timbale pour joindre les doigts de ses deux mains. Il n'était plus tout à fait un béotien quand il s'agissait d'exposer ses prétentions avec clarté, mais pourtant voilà qu'il hésitait quant à ce que lui-même espérait entreprendre maintenant qu'il était le Grand Argentier du Royaume. Clarence n'était pas motivé par la richesse personnelle, il était au sommet de la Grand-Tour assez aisé pour qu'on dise des Hightower qu'ils passaient pour être aussi riches que les Lannister. Que pouvait-il bien espérer de cette place au Conseil Restreint ? Pour l'heure, ses priorités concernaient davantage l'installation de ses sœurs, de ses frères et la sienne propre. Tous arrivaient à un âge critique, et il devenait urgent de choisir pour chacun d'eux les meilleurs partis pour de fructueuses noces. Clarence se souvenait des paroles de son grand-père, quand il veillait ce dernier qui délirait sur son dernier lit, dans ses derniers draps : « Le mariage... les enfants... la famille... perdurer... toujours... » Des paroles lourdes d'un sens particulier pour un Hightower, car ils portaient en eux l'héritage d'une famille plus vieille que toutes les autres. Ne devait-il pas survivre à tous les autres, parce que leur devoir leur imposait de toujours éclairer la voie?

 « Je ne suis motivé ni par l'ambition, ni par la convoitise, ni par l'avidité. Ces appétit sont bons pour d'autres, pour les inconstants et les idiots. Je sais ma place dans ce monde, je sais également quelle est la vôtre. Mes aïeux étaient jadis des rois avant que d'accepter la paix et la tranquillité dans la soumission. Ils ont reconnu vos droits sur Hautjardin et ne les ont pas disputés pas comme ces vantards qui désormais attendent à Rubriant comme au Vieux Rouvre que vous perdiez la main sur le domaine... Qu'aurais-je à courir après la couronne fleurie, d'après vous ? Le Bief est assez fort pour effrayer les loups qui rôdent à ses frontières, et les Tyrell ont fait honneur à nos contrées verdoyantes depuis la Conquête. Pourquoi me plaindrais-je ? Villevieille est et sera toujours là bien après nous, la flamme impérissable de son phare toujours allumée. »

Sans pour autant s'interrompre de parler, Clarence se souvenait avec émotion de ses premiers pas dans la Grand-Tour, sa « maison » démesurément grande et pourtant qu'il aimait comme il s'aimait lui-même. Comme il était loin, le temps d'avant, à présent, quand il n'était qu'un deuxième né, quand il n'était encore qu'un acolyte prêt à poursuivre ses classes à la citadelle des Mestres...Tout alors était plus simple, plus clair, et pourtant les Sept lui réservaient déjà un destin tout autre. Mais voilà qu'il était désormais le Grand Argentier du Royaume. Cela changeait encore les choses, Leo Tyrell l'avait soulevé avec sagesse. Mais cela ne changeait rien à son opinion sur les Tyrell et sur l'avenir de leur entente.

 « Je n'ai qu'un objectif, faire ce qui est attendu de moi, prendre soin des finances du Royaume et bien sûr veiller à ce que la Paix du Roi soit maintenue. Pour autant je présume qu'il y aurait de grandes bénéfices pour le Bief si par hasard j'agissais comme il convient au Conseil Restreint et à Port-Réal. J'en suis pleinement conscient, c'est pourquoi je suis ici, n'est-ce pas ? Dîtes moi ce que vous attendez de moi, mon seigneur, et je vous dirai ce qu'il m'est possible de faire. »

Clarence avait sa petite idée sur la question mais il se garda de l'exposer. Sans doute Leo Tyrell attendait-il de lui qu'il joue de sa nouvelle influence pour placer le Trône de Fer dans de bonnes dispositions à l'égard de son vassal de Hautjardin. Se faire l'ami du Bief et de la plus puissante armée des Sept couronnes était une manœuvre assurément utile pour la Couronne, mais peut-être Leo Tyrell nourrissait-il d'autres ambitions pour l'avenir de son fief ? Ne s'était-il pas rapproché des Lannister au point d'accepter pour son fils nulle autre épouse que la sœur du Lion ? Clarence craignait que la question ne soit posée à la table de cette discussion, car il ne partageait nul enthousiasme à l'idée de voir une Lannister donner des fils et des filles à l'héritier des Tyrell. C'était un rapprochement qu'il jugeait hasardeux et peu fructueux en définitive, car même s'il désirait au fond de lui se tromper au sujet de la maison suzeraine des terres de l'Ouest, Clarence connaissait suffisamment son histoire pour savoir qu'il n'y avait rien à attendre des Lannister. Toutefois, l'avenir le détromperait peut-être.
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Message Sam 21 Jan 2012 - 16:13

 « Ce jeune homme ira loin, Leo, tu aurais tort de ne pas prêter attention à ce qu'il peut dire. »

Certaines petites phrases de lady Amelia étaient si singulièrement savoureuses qu'elles méritaient bien de figurer dans un registre spécialement conçu pour les compiler. Un regard lui suffit pour comprendre que sa mère lui cédait la parole. Elle avait pris sa timbale d'argent dont elle observait le fond avec amusement, et dont elle faisait aléatoirement tournoyer le contenu.

 « Le regard que vous posez sur les réalités de notre époque est d'une justesse déconcertante. Je suis admiratif. »

Leo déroula en quelques instants le fil de ses pensées. Quand il avait convoqué Clarence pour le rencontrer, il avait nourri d'énormes doutes au sujet de ce vassal aux mœurs douteuses autant que dissolues. Le seigneur de Villevieille était certainement son vassal le plus puissant aujourd'hui qu'il était Grand Argentier, et bien sûr Leo avait espéré qu'ils pourraient tous deux trouver un terrain d'entente pour que l'un et l'autre œuvrent, chacun à leur niveau, à la prospérité de leurs ambitions.

 « Tout comme moi, vous êtes un bâtisseur. Vous voyez l'avenir dans la construction et dans la paix. Nous partageons cette vision du monde et j'entends fructifier autour de ce point commun nos relations et notre entente. Toutefois, vous disposez de deux atouts précieux qui me font défaut mais qui nous seront très utiles. D'une part, vous avez désormais une voix au Conseil Restreint. D'autre part, vous avez désormais cette envergure continentale qui ouvre le chemin à de nouvelles opportunités pour nos vertes contrées. J'imagine que vous avez à cœur d'utiliser ces deux atouts pour renforcer la position de nos domaines et assurer la croissance forces et la fertilité de nos initiatives ? C'est mon souhait le plus cher, et j'œuvre depuis le décès de mon père à faire du Bief un pays prospère où il fait bon vivre. Le Fléau du Printemps, la canicule, les raids Fer-nés sont autant d'ombres au tableau que je m'emploie à disperser dans la lumière de la croissance. Et tout cela n'est pas qu'une suite de mots vides de sens, messire Clarence. »

Leo jeta un coup d'œil suggestif à sa mère qui lui répondit d'un sourire pincé. Lady Amelia tira alors d'on ne sait où un grand parchemin qu'elle déroula sur la table entre elle et Clarence. Il s'y trouvait inscrits, dans un style très agréable pour les yeux sensibles aux belles choses, les arbres généalogiques des plus importantes familles du Bief. Les Tyrell, bien évidemment, y côtoyaient les Hightower, les Redwyne, les Tarly, les Florent, et même les Rowan, dans un vaste labyrinthe de branches, de feuillages, de racines et de ramures portant jusqu'à très loin dans le passé. L'arbre des sires de Villevieille et de la Grand-Tour, par exemple, remontait si loin qu'il plongeait jusqu'à des âges immémoriaux, faisant passer les autres arbres pour de vulgaires buissons.

 « N'ayez crainte, il ne s'agit pas de vous faire un cours complet de généalogie. Mon fils a parfois de bonnes idées, mais c'est toujours quand il s'associe à moi pour réfléchir qu'il en a d'excellentes. Je suis assez fière de ce qu'il va vous proposer.
- Il s'agit à la fois d'un plan à long terme et d'un projet qui me tient à cœur. Nos vertes contrées souffrent depuis bien longtemps des vieilles rivalités entre les grandes maisons. Prenez le cas de vos voisins de Rubriant et des prétentions ridicules qu'entretiennent les Florent à la suzeraineté de Hautjardin, n'est-ce pas sur ce terreau que germent les graines de la discorde ? Toute puissance est faible dans la désunion, et j'entends jeter les bases d'une véritable amitié construite sur la durée entre nous tous. Nous sommes déjà tous liés par le serment, mais c'est un lien ténu qui nous étranglera ou se brisera si nous ne donnons pas le moue suffisant et nécessaire pour pacifier pour longtemps nos relations. Et en temps de crise, qui a du temps à perdre avec les vieux antagonismes surannés ? Lions aujourd'hui toutes ces familles par les liens de l'hyménée, et demain et nous en récolterons les meilleurs fruits. »


Sans présager de ce que serait l'opinion de son vassal à cet égard, Leo désigna sur le parchemin plusieurs personnalités des diverses maisons considérées. Lady Amelia le devança et reprit la parole pour lui exposer les premières opportunités qu'offraient leur plan qui reposait sur une pluralité de mariages entre les grandes maisons du Bief.

 « Nous avons identifié trois unions qui, dans un premier temps, amorcerait ce rapprochement que nous souhaitons voir aboutir. Vous l'ignorez peut-être, mais lord Leslyn Tarly, l'actuel suzerain de Corcolline, est en quête d'une épouse pour son fils aîné mais je suis certaine qu'il saisirait l'occasion de marier ses autres enfants si celle-ci se présentait. D'ici peu, Leo proposera la main de Mathias pour la jeune Edarra Tarly. Toutefois, messire Leslyn est certainement plus intéressé encore par l'idée d'un mariage pour ses deux fils, et c'est là que vous intervenez. Votre sœur Virginia est en âge de prendre un époux, et l'on dit d'elle qu'à sa naissance, les Sept lui ont fait don de la belle grâce comme de la bonne intelligence, deux qualités qui font les meilleures épouses. Il ne fait aucun doute que messire Leslyn verra tout l'intérêt d'un tel mariage.
- Pour ce qui est du troisième mariage, vous nous avez devancé, messire Clarence, et c'est ce qui me fait dire que nous partageons la même vision. Vous rapprocher de la Treille est une initiative remarquable, et peut-être souhaitez-vous nous en dire davantage sur les tenants et les aboutissants de l'union que messer Jace et vous avez préparée ?


Leo était sûr à présent qu'il pourrait compter sur Clarence autant qu'il pressentait que le jeune homme saurait pouvoir toujours compter sur son suzerain. Quand d'autres usent, abusent et assurent leur pouvoir à l'aide des chaînes de l'autorité, lui préférait s'attacher la bienveillance de ses vassaux et s'appuyant sur leur loyauté. Quel meilleur moyen d'entretenir la loyauté qu'en arrimant la réciprocité ?
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Message Lun 23 Jan 2012 - 21:51

Le plan de Leo Tyrell, qui se trouvait avoir pour concepteur nulle autre que lady Amelia, était plutôt simple à comprendre. C'est sans doute parce qu'il était simple qu'il était également imparable. Clarence n'avait pas envisagé encore avec grande attention quelles unions pourraient satisfaire les intérêts de la maison Hightower, il avait eu bien trop de choses à faire et pourtant il saisissait tout l'intérêt de marier l'une de ses sœurs à la prestigieuse famille de Corcolline dont le fief voisin de Hautjardin n'était pas si éloigné de Villevieille. L'union des maisons Tyrell et Tarly semblait faite avant même que la candidature de Mathias soit proposée pour la main d'Edarra. La caravane était en marche et Clarence aurait été bien sot de ne pas saisir l'occasion de la rattraper.

 « Pour être honnête, je n'avais encore jamais réfléchi à l'idée d'unir mes sœurs à quiconque, mais je reconnais toute l'utilité et la pertinence de votre projet. J'accepte d'en être, et je me propose d'écrire ou, mieux, de rencontrer Leslyn Tarly dans les plus brefs délais. Cela ne se fera pas tout de suite, car certaines obligations me poussent à revenir à Villevieille pour mieux en repartir. Je peux toutefois laisser à Hautjardin un pli à son attention que vous pourrez lui remettre, vu que j'ai ouï dire que vous l'aviez convoqué à vos côtés pour organiser la défense de nos côtes. Il lui reviendra d'accepter ou non la main de ma sœur Virginia pour son fils. »

Samwyle Tarly était un excellent parti, c'était indéniable, mais le Premier au combat serait sensible aux arguments de Clarence, même si ceux-ci se fondaient sur le plan de Leo ? Leslyn Tarly était le bras armé de Leo Tyrell. Lui-même n'était pas un mauvais combattant. Jace Redwyne était un marin émérite et le Grand Amiral siégeant à ses côtés au Conseil Restreint. Les Sept avaient béni le Bief en offrant aux contrées vertes des hommes d'exception. Quelle place tiendrait Clarence parmi eux? Cette question se posait à lui comme un cheveu sur l'excellente soupe de pois qu'on servait parfois à la Grand-Tour. Longtemps Clarence s'était concentré sur les affaires intérieures, sur les problèmes de Villevieille et s'était tenu à l'écart de ses voisins. C'était une posture qu'il ne pouvait désormais plus tenir, il devait prendre les devants et participer comme les autres au jeu des trônes. S'il avait douté des Tyrell par le passé, ces doutes étaient désormais totalement dispersés. Il n'avait pas véritablement confiance en eux, mais il voulait pouvoir faire confiance à Leo Tyrell, cet homme si admirable et si admiré. S'il avait été de ceux qui aspirent à la chevalerie, Clarence eût probablement été jaloux de son suzerain et de sa renommée. Mais il n'en était rien, Clarence n'était pas chevalier.

 « Lord Redwyne et moi avons pris la décision d'initier un rapprochement de nos deux familles. Nous sommes vos vassaux fidèles et deux proches voisins, il nous a semblé évident d'unir par le mariage nos deux maisons. Nous n'avons pas encore débuté les réelles négociations, mais comme vous vous en doutez, celles-ci ne seront qu'une maigre formalité, plus encore si nous avons votre bénédiction. »

Clarence se demandait s'il avait raison de croire qu'il voguait tous deux sur les mêmes flots. Jace Redwyne, il le connaissait de longue date à présent, mais... Serait-il sensible à ses positions, l'écouterait-il seulement ? Malgré les récents pillages fer-nés, la Treille était une île richissime, et sa flotte était la puissance navale incontournable du sud de Westeros. C'était là deux éléments qu'on ne pouvait oublier quand on négociait avec Jace Redwyne. Il marierait l'une de ses sœurs au suzerain de la Treille ou prendrait pour femme l'une des sœurs de Jace. Aucun autre ne serait jamais plus près que lui du Grand Amiral, il en avait fait le serment solennel.

 « Nous serons bientôt amenés, lui et moi, à siéger au Conseil Restreint. Je me rendrai bientôt à Port-Réal où j'y découvrirai comment les choses se passent dans les plus hautes sphères du Royaume. J'imagine que je l'y retrouverai, mais dans un premier temps je compte me rendre à Castral Roc pour en apprendre davantage sur les positions de lord Tybolt Lannister à l'égard du Trône de Fer et de Westeros en règle générale. J'espère apprendre de lui quels seront les rapports qu'il compte entretenir avec le Grand Argentier. C'est assez cavalier et assez audacieux, je le reconnais, mais c'est un mouvement qui me permettra d'en apprendre davantage sur celui qui sera l'un de mes interlocuteurs privilégiés. Et surtout cela m'évitera la déconvenue d'une désillusion s'il me prenait l'idée saugrenue de présager des réactions d'un personnage encore trop flou à mes yeux pour être prévisible. » Sans s'interrompre, Clarence imaginait pouvoir se confier à son suzerain sur ses projets, c'est pourquoi il poursuivit: « En tant que Grand Argentier, je compte œuvrer pour la paix et la stabilité du Royaume, mais cela vous le savez ou le devinez. Je n'oublie pas cependant d'où je viens et comme vous mon objectif est la prospérité de nos vertes contrées. La voix de Hautjardin portera jusqu'à Port-Réal, je m'y emploierai. »

Clarence n'avait pas l'intention de dire à son suzerain ce qu'il voulait entendre, dans le but de mieux le rouler. Tout au contraire, sa sincérité était réelle. Il n'avait pas l'intention de profiter de la faveur royale qui lui était accordée. En tant que Hightower, il avait déjà tout ce qu'un homme pouvait désirer. Il prenait son rôle très au sérieux et savait que plus que jamais la prudence était une nécessité dont il était hors de question de se passer. Leo Tyrell avait peut-être besoin à ses côtés d'un politicien avisé, d'un homme pragmatique et conscient des réalités qui s'imposent aux personnes de pouvoir et de force, peut-être avait-il besoin d'un homme pour porter la voix du Bief jusqu'au Donjon Rouge. Peut-être avait-il besoin d'un homme à l'esprit sombre pour déjouer les pièges de ses ennemis et les confondre dans leur propre médiocrité. Clarence ne savait pas s'il serait cet homme-là, mais si le Long Dard daignait lui accorder sa confiance, il tâcherait de ne pas le décevoir.
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Message Mer 1 Fév 2012 - 18:25

« Ne vous inquiétez pas. Nous nous chargerons de convaincre Leslyn Tarly quand nous le recevrons à Hautjardin. Il sera sensible aux arguments que Leo lui présentera. »

En effet, Leo avait prévu d'en parler avec son vieil ami et si Clarence lui en donnait la permission, il ferait tout son possible pour que Leslyn Tarlyn se laisse convaincre par le principe de cette union dont la réalisation ne serait plus qu'une formalité que le temps se chargerait de remplir. Son interlocuteur lui fit part de ce qui se tramait entre la Treille et Villevieille et Leo se félicita des initiatives prises par deux de ses plus illustres vassaux. Avec de tels hommes parmi ses rangs, que pouvait-il craindre ?

 « Je suis sûr qu'il verra toute l'opportunité de ce rapprochement entre vos deux familles. Après tout, vous partagez bien plus que le chenal Redwyne. »

Leo entendit les paroles de Clarence et prêta une oreille plus attentive encore aux projets que ce dernier lui exposait. Il était en effet très audacieux d'aller jusqu'à Castral Roc pour étudier d'un peu plus près le Lion, et Leo devait bien reconnaître qu'il était étonné qu'un homme comme Clarence soit à l'origine d'une telle manœuvre. Mais la surprise ne dura que quelques secondes, car comme sa mère lui avait dit très justement: « Clarence Hightower est imprévisible. Digne de confiance, mais imprévisible. » Leo ne pouvait ignorer cette mise en garde venant de celle qui était sa mère et qui avait beaucoup fréquenté Villevieille et ledit Clarence Hightower ces dernières lunes.

 « Ce voyage à Castral Roc sera une belle expérience pour vous. Avez-vous déjà rencontré un Lannister, messire Clarence ? C'est un animal particulier qu'il est impossible d'apprivoiser puisqu'il n'a besoin de nul autre pour se tailler la part du lion. Il n'y a ni carotte, ni bâton avec eux. Soit vos intérêts correspondent aux leurs, et alors vous pouvez collaborer, soit ce n'est pas le cas et vous n'obtiendrez rien. En revanche, si vous regardez du côté des Stark, vous remarquerez que c'est tout le contraire. La plus grossière des promesses suffit à les nourrir des années durant, d'ailleurs n'attendent-ils pas encore le retour des Autres en serinant sans cesse que « L'hiver vient » ? Ce sont ces fables qui nourrissent les hommes du nord, plus encore que les vivres qu'ils font venir de nos régions en prévision de l'hiver... Voyez messire Clarence, c'est peut-être la clef de la puissance, savoir ce qui nourrit vraiment le cœur des hommes. Certains se gavent d'or, d'autres de piété, d'autres de loyauté, peu importe, le proverbe est inchangé : on ne mord la main que nous nourrit et le chien affamé toujours demeure aux pieds de son maître. »

Leo aurait souhaité que sa mère fit preuve de plus de modération dans ses propos, car elle parlait avec un peu de son venin de ceux qui seraient bientôt les précieux invités de Hautjardin. Sans doute avait-il le cœur trop tendre, et toutes ces années de chevalerie avaient peut-être fait de lui un homme trop bon et trop indulgent. Avait-il eu tort d'accepter d'unir sa maison à la plus puissante des maisons suzeraines ? Posée ainsi, la question semblait stupide, et pourtant...

 « Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous parler de ce mariage. Son origine est bien sûr la rébellion conduite par Dagon Greyjoy. Tybolt Lannister et moi-même nous trouvons confrontés à un ennemi commun. Un rapprochement entre les maisons Tyrell et Lannister semblait alors opportun. C'est sans doute pour cela qu'il a offert la main d'Aliénor avec tant de hâte pour mon fils Tristan.
- L'avenir dira si ce rapprochement est une mésalliance mais je persiste à croire que le Lion se moque de nous. Un autre parti plus modeste et moins délicat aurait peut-être mieux convenu, mais que voulez-vous, je ne suis pas toujours là pour conseiller mon fils...  »


Leo esquissa un sourire. Heureusement que sa mère n'était pas à la tête du Bief, auquel cas les relations entre la Rose et le Lion seraient toujours très tendues... Toute son amertume de vieille dame était charmante, mais elle savait au fond d'elle toute l'opportunité de cette alliance avec les Lannister. De toute façon ces derniers seraient bientôt à Hautjardin et ils auraient tout le loisir d'exposer leurs intentions. Leo en apprendrait ainsi davantage sur ces nouveaux amis de la Rose. S'approchant de la colonnade, Leo posa sur Clarence un regard entendu. Sa mère s'était levée.

 « J'aimerais vous convier à ma table avant votre départ, et vous faire rencontrer mon fils messire Clarence. Si vous voulez bien me suivre, nous le trouverons dans les bibliothèques.
- Pour ma part, je vous abandonne. Je dois m'entretenir avec Emilia d'une affaire importante. Messire Clarence, Leo, nous nous verrons plus tard.  »


Lady Amelia disparut à l'orée d'un couloir, et Leo conduisit son vassal à travers un autre corridor, jusqu'à gagner l'une des nombreuses bibliothèques du château où la fraîcheur tempérait l'atmosphère. Il régnait dans cette pièce une vague odeur de vieux parchemin, et les manuscrits empilés dans les rayonnages semblaient n'attendre qu'un passant curieux pour s'ouvrir et découvrir aux yeux du lecteur mille et unes merveilles dissimulées dans le vélin jauni et dans l'encre vieillie. Leo s'avança jusqu'à un pupitre où se tenait, assis et studieux, son fils Mathias. Vêtu d'une simple livrée verte frappée à la poitrine d'une unique rose d'or, ce dernier était occupé à la lecture d'un ouvrage portant sur l'histoire des contrées vertes. Il était tellement absorbé dans son activité que la main de son père posée sur son épaule le fit sursauter.

 « Mathias ? Tout va bien ?
- Oui, père ? Quelque chose ne va pas ? »


Le jeune homme, surpris, parlait d'une voix pressée comme s'il craignait d'avoir fait quelque chose de mal.

 « Tout va bien, ne t'inquiète pas. J'aimerais te présenter messire Clarence, de la maison Hightower de Villevieille.
- Je suis ravi de vous rencontrer messire. »


Mathias hésita un instant mais il trouva la réponse à ses interrogations dans le regard bienveillant mais ferme de son père. Il tendit la main en direction du Grand Argentier du Royaume.
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Message Dim 5 Fév 2012 - 14:54

Quel étonnant duo formait la mère et le fils ! Clarence enviait Leo Tyrell d'entretenir avec sa génitrice une telle relation, que lui-même ne connaîtrait jamais avec lady Myrcella, sa mère, qui le détestait. Quel homme serait-il s'il avait autrefois reçu l'amour et les conseils maternels ? Lady Amelia avait des dehors d'une extrême sévérité, mais il ne faisait aucun doute qu'elle aimait son fils et œuvrait à la prospérité de son règne. La polyphonie de leur entrevue à trois voix avait pris fin et Clarence se demanda quand il aurait l'occasion de croiser à nouveau la route de l'étonnante lady Amelia. Leo était plus qu'aucun autre de ses contemporains la figure de la chevalerie telle qu'on la connaissait dans les vertes contrées bordant la Mander si paisible, mais sa mère était la figure emblématique de sa famille, elle était la Rose d'or dans toute sa splendeur épineuse et fascinante. Suivant son suzerain jusque dans le ventre de Hautjardin, Clarence se fit la réflexion que cette entrevue avait été riche de nombreuses révélations. Il en avait appris beaucoup sur Leo Tyrell, mais également sur lui-même. Il s'était découvert et même redécouvert, et ce n'était pas pour lui déplaire. Leo le conduisit jusqu'aux bibliothèques de la citadelle florale, où il lui présenta son deuxième fils, le jeune Mathias. Ce dernier était très différent de son aîné Tristan. Physiquement, bien sûr, il était plus jeune, plus neuf, plus novice, plus intact. Mais il semblait également plus réservé, plus mesuré, plus contenu, plus prudent. Plutôt beau garçon, il portait sur lui l'harmonie du corps qui était la marque de la famille Tyrell. Mathias avait l'air impressionnable et pourtant il y avait quelque chose d'assez intrigant dans le fond de ses yeux qui brillaient d'une rare intelligence. Leo fit les présentations et d'une main franche, Clarence serra celle du jeune homme qu'il gratifia d'un sourire tout en plongeant ses deux yeux dans les siens.

 « Tout le plaisir est pour moi. »

Il était difficile à croire que ce jeune freluquet sans relief fût le fils de son père le Long Dard. Toutefois ce même jugement s'appliquait à l'autre fils, ce godelureau plein de suffisance et de morgue qu'était son héritier d'après ce qu'il avait pu entendre ici et là, même s'il se méfiait des rumeurs et des bruits de couloir propagés si aisément par les jaloux et les détracteurs du personnage. Toutefois, en se reposant sur les faits, Tristan apparaissait nécessairement comme un chevalier aux drôles de façons et le bruit de ses exploits auprès de sa promise durant son voyage sur la Route du Front de mer avait été entendu jusqu'au sommet de la Grand-Tour de Villevieille. Un choix malheureux de s'aliéner le frère de sa promise, surtout quand ce frère n'est autre que Tybolt Lannister et s'il était indiscutable que le père avait beaucoup fait pour dorer le blason de sa maison toute sa vie durant, le fils l'avait écaillé en quelques instants seulement. Quel dommage pour les Tyrell que leur avenir repose sur un fils au passif déjà noirci d'une erreur regrettable!

 « C'est donc lui que vous souhaitez me confier ? »

Lady Amelia lui avait exposé le projet de Leo. Immédiatement après le récit des exploits de son héritier, Leo en avait fait le rapport à sa mère et avait eu une grande discussion avec elle au sujet de l'avenir du Bief s'il venait à tomber entre les mains de Tristan. Sans présager de ce que serait lord Tristan Tyrell, qui aurait tout le temps d'amendé ses excès et ses fautes, il leur apparut comme nécessaire de former son frère cadet non pas à l'exercice du pouvoir mais bien au rôle de soutien actif de son frère afin d'en faire le conseiller avisé, sage et compétent dont Tristan aurait besoin s'il s'entêtait sur la voie des maladresses les plus évidentes. Lady Amelia avait alors suggéré à Leo de confier l'éducation politique de Mathias à quelqu'un d'extérieur qui ne laisserait ni influencer ni amadouer par les liens d'une parenté trop proche. Or s'il était vrai que Clarence appartenait à la famille de lady Jeanne Tyrell, les liens étaient trop éloignés pour n'être autre que formel. De plus, Clarence n'était pas le dernier des imbéciles en la matière qui les intéressaient, aussi, après avoir obtenu l'accord de son fils, lady Amelia s'était-elle empressé d'aller à Villevieille pour soumettre le projet à l'héritier de la Grand-Tour. Clarence avait alors réservé son jugement mais il ne faisait aucun doute qu'il allait accepter.

 « Alors j'accepte, il m'accompagnera jusqu'à Port-Réal et partout ailleurs où il me sera donné de pouvoir lui apprendre les règles et les subtilités du jeu des trônes. Qu'il reste encore auprès de votre famille jusqu'au mariage de son frère et qu'il se tienne prêt. »

C'était un long voyage qui attendait le jeune Mathias aux côtes de Clarence. Un long apprentissage, une périlleuse initiation. Un intense parcours fait de révélations, de joies, de peines, de contentements et de frustrations qui aboutiraient à la formation la plus complète qui soit. Clarence s'y engageait de tout son être, car plus que le pouvoir, il préférait l'influence. Et sous son aile, Mathias apprendrait les secrets de l'influence, de sorte qu'il en ait assez dans l'avenir sur son frère pour l'aider à conduire le Bief sur les flots de la prospérité. Clarence n'épargnerait rien au jeune Mathias, mais en définitive, celui-ci s'enrichirait de la compagnie du Grand Argentier. Rien qu'à Port-Réal, rien qu'au Donjon Rouge il aurait l'occasion de faire ses premières dents par l'observation et de faire ses premiers contacts avec la cour du Trône de Fer. Il était toujours utile de connaître un peu de beau monde, surtout par les temps qui couraient et se troublaient des nuages de la guerre et de la difficulté. Il n'y avait plus qu'à espérer que son futur apprenti se montrerait digne de ses enseignements et réceptif à ses leçons. Il œuvrerait à cet fin mais en définitive, seul son disciple serait en mesure de faire la démonstration de ses talents.
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