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Message Lun 26 Déc 2011 - 22:01


HOME, SWEET HOME
For everything there is a season, and a time for every matter under heaven


Une semaine s’était écoulée depuis que Rowena avait quitté Rougefort. Une semaine infernale durant laquelle elle avait traversé le Val d’Arryn. Qu’est-ce qui lui avait pris? Elle l’ignorait, elle savait parfaitement qu’elle était à l’abris, dans le Val, mais ces derniers temps, le besoin de rentrer chez elle se faisait plus pressant, plus aiguë, ce n’était même plus un besoin à vrai dire, c’était une nécessité.
Rowena aimait Rougefort, la forteresse construire sur le flanc d’une montagne, entourée d’autres montagnes sinueuses, majestueuses. La nuit, elles se découpaient du ciel nocturne, étoilé, doucement, révélant leurs vrais splendeurs à la lueur argentée de la lune. Elle n’avait pas envie de cela. Ce qu’elle voulait, c’était être enfouie sous ses fourrures dans sa chambre à Motte-la-Forêt, à écouter les loups hurler dans le Bois-aux-Loups , à sentir l’odeur de la forêt humide après une légère pluie, entendre les lames s’entrechoquant dans la cour, le rire de ses frères, sentir la chaleur du feu des cheminées, l’odeur sèche du bois et celle, froide, des pierres. C'était là qu'elle voulait s'éveiller tous les matins, à observer les rayons du soleil filtrer à travers sa fenêtre aux épais carreaux masqués par un tissus rugueux.
La veille, après la longue traversée du Bois-aux-Loups, elle était enfin arrivée à Motte-la-Forêt, sa maison. Rowena avait retrouvé ses frères avec joie, son père. Leurs présences apaisaient sa solitude, et avec eux, elle se sentait protégée, et elle savait que ses enfants étaient également protégés. Lysander et Margaery étaient venus avec elle, ils étaient trop jeunes pour qu'elle les laisse seul à Rougefort. Surtout sa fille. Mais cela ne posait pas problèmes aux enfants, ils avaient besoin de présences masculines, dans le Nord, avec un grand-père et trois oncles, ils étaient servis. Lysander pour une fois, n'avait pas objecté à l'idée de venir simplement parce qu'Ethan, son plus jeune frère, lui avait dit qu'il lui apprendrait à se battre. Durant une semaine entière passée à voyager, ce fut donc le garçon qui fit la conversation. Il était excité à l'idée de se battre et cela faisait sourire Rowena. A son âge, elle battait déjà tous les garçons qui voulaient se battre avec elle.
Lorsqu'elle arriva, elle fut accueilli par son père et Jon, son frère aîné. Il n'avait pas changé. Les hommes du Nord ne changeait pas, ils étaient tous les mêmes, sans exception, et elle était fière de les côtoyer. Lysander s'était précipité vers lui après qu'il eut serré sa petite sœur dans ses bras en criant qu'il voulait voir son épée -que son frère sortit obligeamment de son fourreau pour la lui tendre-, puis il demanda également à voir Jaime. Rowena revoyait encore son expression déçue lorsque Jon avait répondu que Jaime avait été envoyé à Winterfell pour régler quelques petites affaires. Elle ne s'était pas inquiétée, si cela avait été grave, elle l'aurait su dans le ton de son frère, dans la lueur de ses yeux. Ethan était alors arrivé, accompagné d'un jeune homme qu'elle ne connaissait pas.

« Rowena je te présente Ser Jasper Chelsted, héritier de la Maison Chelsted, il a été envoyé ici pour découvrir le Nord, ce que nous nous efforçons de faire. Ser Jasper, voici ma petite soeur, Lady Rowena Rougefort. » avait-il dit tandis que la jeune femme s'inclinait respectueusement. Il venait d'une noble maison des Terres de la Couronne, située à proximité de Port-Réal. Une petite maison sans doute. Rowena n'était jamais allée dans la capitale, à vrai dire, elle n'était pas descendue en dessous du Val et elle n'avait aucune envie d'y aller. C'était là-bas que son époux avait trouvé la mort, touché par le Fléau de Printemps. Comme tant d'autres, son corps avait dû être brûlé, sur ordre de Brynder Rivers, l'un des bâtards royaux, la Main du Roi. Il avait été privé de sépulture, même si, à Rougefort, on s'agenouillait sur sa tombe comme si sa dépouille y était.
Aussi fort que la pierre. Telle était la devise des Rougefort. Une devise qu'elle s'efforçait de prendre comme exemple, mais ce n'était pas difficile. On disait que les Nordiens avaient déjà un cœur de pierre en raison de la région glacé dans laquelle ils vivaient. Mais la force, c'était différent. Elle était forte, elle devait l'être, pour ses enfants, sinon, elle était faible, elle le savait, sinon, jamais Rowena n'aurait fait ce voyage dans le Nord. Son père n'avait pas changé, il était toujours aussi fort et aussi séduisant malgré sa cinquantaine d'années. Il pouvait même se remarier. Mais il ne le ferait pas, Rowena le savait, il souffrait encore la perte de lady Sylvia, son épouse, la mère de ses enfants. Lord Aidan l'avait également prévenue de l'arrivée imminente de la soeur de Ser Jasper, une jeune femme prénommée Eleanor, du même âge qu'elle. Il n'avait pas eu besoin d'en dire plus pour que Rowena comprenne qu'elle devrait l'accueillir. Elle avait beau être veuve, elle n'en restait pas moins la seule dame de la Maison Glover.
Les cris des enfants l'avait tiré du sommeil profond dans lequel elle s'était abandonné la veille. Elle avait ouvert un oeil, de mauvaise humeur, avant de se rendre compte que les cris des enfants étaient les cris des siens. Se levant rapidement elle enfila une robe bleu sombre, nouant les mèches rebelles qui lui tombait devant les yeux derrière sa tête, laissant le reste de ses cheveux libre. Le contact de l'eau sur sa peau acheva de la réveiller et Rowena sortit rapidement de sa chambre. Une servante arriverait sous peu pour la ranger un peu, elle le savait, pour l'instant, tous les serviteurs devaient être occupés en cuisine, à préparer le petit déjeuner de la famille qui s'étendait sur plusieurs heures de la matinée. Elle se préparait seule, comme à chaque fois, ici, elle n'avait pas le luxe d'avoir une femme de chambre, pas comme à Rougefort. Mais elle avait été habituée à s'en passer aussi se débrouillait-elle parfaitement seule.
Jon était dans la grande salle, attablé à table, l'air profondément ennuyé. Se glissant à ses côtés, Rowena ne prononça pas un mot. Elle posa sa main sur son épaule, la serrant légèrement. Il tourna la tête vers elle, lui souriant légèrement. Rowena ne résista pas à l'envie de le taquiner un peu, et une lueur brillant dans ses yeux, elle parla mariage légèrement tandis que son frère la fixait, consterné, mais, rancunier, il trouva le moyen de se venger en trouvant un sujet qui lui déplaisait particulièrement, et le ventre vide, Rowena se dépêcha de quitter la pièce, tant pis si elle avait faim. Aussitôt, elle partit à la recherche de ses enfants. Lysander était dans la cour, en train de poser des questions, comme d'habitude, quand à Margaery, elle trônait au milieu de la cuisine, les servantes s'occupaient d'elle en parlant légèrement. Les conversations s'arrêtèrent lorsqu'elle y entra. Le temps où elle était jeune lui revint en mémoire, un temps où on l'ignorait, où les conversations continuaient. Était-elle devenue une étrangère? Cela faisait bien neuf ans qu'elle avait quitté le Nord, mais elle restait, et resterait une Glover quoi qu'il arrive.
La jeune femme sortit dehors, il faisait bon, une douce chaleur régnait. Les arbres étaient couverts d'une frondaison verdoyante, le sol était sec, terreux. Motte-la-Forêt avait été bâtie au cœur même de la forêt, non loin de la Baie des Glaces dans laquelle se trouvait l'Île-aux-Ours. Une main douce et chaude se glissa dans la sienne. Elle n'eut même pas besoin de regarder pour savoir que c'était Margaery. Se penchant, Rowena souleva sa fille dans ses bras, la serrant contre elle. Elle plongea son regard dans le sien, un regard bleu pur, comme le sien, comme celui de Lysander. Ses enfants avaient ses yeux, mais Margaery avait de merveilleux cheveux blonds, longs et doux, tandis que ceux de Lysander étaient bruns et désordonnés.
Quelques personnes s'affairaient dans la cour principale, la nettoyant. C'était vrai, la sœur de Ser Jasper devait arriver. En tout cas, Rowena avait hâte de la rencontrer, il y avait fort longtemps qu'elle n'avait pas parler à une jeune femme de son âge, à vrai dire, en y réfléchissant bien, elle n'avait jamais parler à une femme de son âge, mises à part les servantes bien sûr. Le hennissements d'un cheval la tira de ses pensées et tournant la tête, elle remarqua quelques cavaliers qui s'éloignaient, accompagnés de chiens. Poussant un profond soupir elle en reconnut quelques uns. Jon, Ethan, Ser Jasper, son père, et d'autres hommes qui avait fait partie de sa tendre enfance.
Déposant un baiser en haut du crâne de sa fille, Rowena croisa le regard dépité de son fils. Dans quelques années, il partirait avec eux. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Elle ne perdrait pas son fils, sauf si elle se remariait, et il y avait peu de chance pour que ce fut le cas, mais elle perdrait Margaery. Prenant la main de son fils et tenant sa fille de l'autre, la jeune femme conduisit ses enfants vers l'écurie, les emmenant dans une stalle où deux poneys broutaient paisiblement. Un jeune palefrenier s'approcha et Rowena, reposant Margaery à terre, lui demanda de veiller sur ses enfants et de leur apprendre les rudiments de l'équitation, le côté théorique de la chose bien sûr, seul son fils était en âge de monter mais il ne le ferait pas, pas devant sa sœur.
Un léger hennissement attira son attention tandis que son visage s'illuminait. S'approchant d'une jument baie sombre, dont la robe, au soleil, était mêlée de reflets roux, Rowena la caressa longuement, d'abord sur l'encolure, avant de remonter ses mains vers la tête de sa jument, elle sentait sur ses mains, le souffle chaud s'échapper des naseaux et elle sentait, posé sur elle, son regard sombre et intelligent. Elle résista à l'envie de monter à cheval. Non. Lady Chelsted pouvait arriver d'une minute à une autre, d'ailleurs, elle ferait bien d'aller se préparer.
Laissant ses enfants avec le palefrenier qui leur expliquait quelque chose qui semblait absolument passionnant, la jeune femme rentra une nouvelle fois dans le bâtiment principal, s'attardant dans sa chambre très peu de temps, et ce fut tout juste si elle eut le temps de vérifier que la paille ne s'accrochait pas à l'ourlet de sa robe ou qu'une feuille se fut glissée dans sa coiffure que, dans la cour, retentit le bruit des sabots de chevaux. Rowena dévala rapidement les marches, sautant les dernières comme elle le faisait lorsqu'elle était enfant et qu'elle était attendue pour dîner avant de sortir par la porte laissée ouverte. S'avançant vers une jeune femme, Rowena s'inclina légèrement et fit:

« Soyez la bienvenue à Motte-la-Forêt lady Eleanor, je suis lady Rowena Rougefort. J'espère que votre voyage depuis Grand-Val n'a pas été trop long. » Elle sourit gentiment, maudissant au plus profond d'elle-même les hommes d'être parti. Ils auraient pu rester là, à accueillir la jeune femme, mais non, visiblement, ils prenaient très au sérieux leur devoir d'accompagner Ser Jasper pour le faire découvrir d'autres horizons que les Terres de la Couronne. Quand à Jaime, eh bien, elle le maudissait de ne pas être là, elle s'entendait si bien avec lui, et ses enfants l'adoraient. En parlant d'enfants... Rowena jeta un coup d'oeil autour d'elle, ne remarquant pas les siens. D'un geste, elle fit signe à une servante d'aller les chercher et lorsque, enfin, ils apparurent, ils se dépêchèrent de venir se placer aux côtés de leur mère. « Voici mon fils, Lord Lysander Rougefort, seigneur de Rougefort, et ma fille, lady Margaery.» Appliqués, ses enfants saluèrent la jeune femme. Rowena détestait cela, devoir faire cela, c'était beaucoup trop formel, trop protocolaires, mais elle n'avait pas le choix, elle était une dame de la maison Glover, elle faisait son travail en faisant cela.


Dernière édition par Rowena Rougefort le Dim 1 Jan 2012 - 2:15, édité 1 fois
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Message Mar 27 Déc 2011 - 14:30

Le Nord était décidément un pays rude. La notion de canicule qui frappait l'ensemble des Sept Couronnes semblaient avoir échappé de bout en bout à cette contrée où on rencontrait encore de la neige. C'était la première fois qu'Eleanor voyait de la neige, et elle n'en revenait pas. Jamais, depuis qu'elle était née, elle n'avait vu cela. C'était magique. Et très froid, aussi. Et puis le voyage était long. L'équipage des Chelsted, puisque le terme pouvait aussi s'appliquer aux cavaliers, n'était composé que d'Eleanor, de ser Emmett Chelsted, son frère, et de Raymun Waters, le premier des bâtards de lord Gregor Massey, leur oncle, qui tenait lieu d'écuyer à ce dernier. Trois chevaux, et deux mules menées par Waters. Eleanor aimait voyager léger, et puis un chariot les auraient considérablement ralentis. Déjà qu'Emmett se plaignait de la longueur du voyage, cela aurait été insupportable.

Eleanor n'avait pas compris pourquoi il fallait absolument que son frère cadet vienne. Certes, il n'était guère prudent pour une femme de se déplacer seule sur les routes des sept royaumes. Certes, Jasper était autant le frère d'Emmett que le sien. Mais lord Aedmon aurait pu lui imposer n'importe qui d'autre que ce crétin fini. Même septon Paul. Non, à la réflexion, pas septon Paul, Eleanor se méfiait trop de cet oncle là. Mais lord Gregor. Ou Père lui-même, tiens. Cela, elle aurait préféré. Mais non. Il fallait respecter les apparences, et montrer l'image d'une famille unie. Cela fit sourire Eleanor. Famille unie...il y avait bien longtemps que tout le monde savait qu'Emmett et elle ne s'entendaient guère. Impossible de les réconcilier, quoiqu'en dise et quoique fasse lord Aedmon. Emmett n'avait rien de sérieux, rien d'honorable, rien de digne de la famille Chelsted. C'était un idiot, nonchalant, volage et indigne du titre de chevalier qu'il portait. Certes, en combat, il n'était pas mauvais, mais jamais il n'aurait une vie rangée...Eleanor doutait qu'il se marie un jour. C'était plutôt le genre d'homme à fréquenter les servantes, et à accumuler les bâtards. On ne pouvait pas nier son intelligence : il était excellent stratège. Mais heureusement que c'était Jasper le futur lord et pas lui. La famille se serait auto-détruite.

Elle avait donc pris le parti de l'ignorer complétement pendant tout le voyage. En même temps, il y avait fort à regarder. Juchée sur son cheval, Eleanor observait tout autour d'elle, notant le moindre détail des paysages qu'elle voyait. Elle était allée plusieurs fois dans le Bief, une fois à Port-Lannis, mais jamais dans le Nord. Elle connaissait un peu le Conflans, mais pas beaucoup. Quant à Dorne et au Val d'Arryn, elle n'y avait jamais mis les pieds non plus. Mais le Nord, c'était différent. Elle n'en connaissait que ce qu'elle en avait lu, et elle avait vraiment envie de voir à quoi cela ressemblait.

Et maintenant, elle savait. Le Nord était froid. Glacial. Et au delà des marécages du Neck, il n'y avait plus rien. Mais c'était si beau. Gelé. Mais le ciel était magnifique. Et le paysage aussi. Quelques collines, et puis des vallées, et encore des collines...et de la neige à perte de vue. Il faisait froid, le temps était abominable et Eleanor regrettait pour cela Port-Réal, mais elle notait tout ce qu'elle voyait avec une formidable assiduité. Emmett, plus prosaïque, pestait contre la route qui se rétrécissait de plus en plus depuis qu'ils avaient dépassé Winterfell.

" Il fait froid..."

Eleanor leva les yeux au ciel en entendant Emmett :

"Evidemment qu'il fait froid. Nous sommes dans le Nord...à quoi t'attendais-tu ?
- A une vraie route, au moins. Ca, ce n'est même pas un chemin. Nous sommes encore loin de Motte-la-Forêt ?
- Non. Nous sommes dans le Bois-aux-loups. A priori, nous devrions arriver bientot. Voilà d'ailleurs Raymun qui revient. Il devrait nous dire cela."

L'écuyer était parti en avant, les laissant chevaucher seul, pour voir la distance qu'il restait à parcourir. Il revenait à présent. Aussi essoufflé que son cheval par la longue course qu'il avait fait, il dit :

"Il nous reste environ une lieue avant d'arriver, lady Eleanor.
- Bien, Raymun. Allons, vous deux, accélérons un peu. ''


Le Bois aux loups était immense. Boisé, certes, mais aussi montagneux. Et par endroit, la pente était si raide et le chemin si étroit qu'ils avaient du descendre de cheval. Eleanor avait découvert qu'elle n'avait pas le vertige, contrairement à Emmett qui essayait désespérément de se dire qu'il n'allait pas tomber. En voyant Motte-la-Forêt, il pâlit. Eleanor eut un sourire. La forteresse était bâtie à flanc de montagne. Il n'allait pas si plaire. Elle, elle était ravie. En étudiant la carte, elle avait découvert que la forteresse n'était pas très loin du Mur. Un bon point de départ pour chercher l'oncle Aerys. Et puis, peut-être que quelqu'un de la famille Glover aurait entendu parler de lui. Eleanor ne se l'avouait pas, mais elle avait bien l'intention en venant dans le Nord de retrouver son oncle. Ou au moins de savoir ce qu'il était devenu. Elle brulait d'envie de voir à quoi il ressemblait, de voir si c'était bien l'homme que Mère lui avait décrit ou juste un criminel comme le disait Père.

Mais bientôt, elle allait voir Jasper. Son frère lui avait manqué. Parfois, Eleanor avait l'impression qu'il était son seul allié, et ne plus l'avoir à Grand Val était une véritable gageure. Plus moyen d'échapper au remontrances de Père. Interdiction de se battre, ou de s'entrainer. Pas question de participer aux chasses. Lord Aedmon tolérait à peine la lecture, et étudier seule les sept Couronnes n'avait rien d'amusant pour Eleanor. Et puis, la conversation de Jasper manquait à la jeune fille. Elle était donc ravie de le revoir.

Entrant dans la cour, Emmett démonta et tendit la main à sa soeur pour l'aider à descendre de cheval. Un tel geste de galanterie de sa part était rare. Elle s'en étonna un peu, puis comprit. Il voulait montrer une bonne image d'eux. Peut-être n'était-il pas si idiot que cela. Ou alors le fait d'avoir le vertige le perturbait beaucoup.

Une jeune femme, d'environ le même âge qu'Eleanor, s'avança vers elle et la salua :

" Soyez la bienvenue à Motte-la-Forêt lady Eleanor, je suis lady Rowena Rougefort. J'espère que votre voyage depuis Grand-Val n'a pas été trop long."

Lady Eleanor eut un léger sourire. En réalité, elle était épuisée. Elle répondit néanmoins en essayant de ne pas trop le montrer :

"Long, mais intéressant. Merci de votre accueil, lady Rowena. Puis je vous présenter mon frère, ser Emmett Chelsted, et son écuyer, Raymun Waters ?"

Emmett salua la jeune fille impeccablement, Raymun un peu gauchement. Mais on ne pouvait pas en demander autant à un bâtard, fut-il l'ainé des neuf de lord Massey, qu'à un chevalier d'une maison noble. A ce moment là, Emmett fut parfait. D'ailleurs, la ressemblance avec Eleanor était frappante : blond comme elle, avec un nez droit et des traits fins. Un autre bon parti.

« Voici mon fils, Lord Lysander Rougefort, seigneur de Rougefort, et ma fille, lady Margaery.»

Déjà mariée, apparemment veuve puisque c'était son fils le lord actuel, et déjà mère. Le souvenir de son absence de mariage revint frapper cruellement Eleanor. Il fallait qu'elle se marie pour l'honneur de la famille. Mais pas avec n'importe qui, par pitié. Au moins avec quelqu'un qu'elle appréciait un minimum. Quelqu'un un peu dans le genre de Jasper, pourquoi pas ?

Les enfants les saluèrent impeccablement. Ils étaient bien élevés, mais quelque chose dérangeait Eleanor. A Grand-Val, personne ne lui faisait de révérence. A la cour, oui, parfois, mais comme elle était toujours accompagnée de Père, c'était plutôt lui qu'on saluait qu'elle. Elle n'était pas habituée à cela, mais le protocole était le protocole. Elle ne pouvait rien dire, de peur de paraitre impolie. Aussi elle salua à son tour :

"Lord Lysander, lady Margaery, enchantée de faire votre connaissance."

Elle se tourna à nouveau vers leur mère :

"Savez vous où se trouve ser Jasper ? J'aimerai le voir..."
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Message Mar 27 Déc 2011 - 18:00

Rowena adressa un magnifique sourire à Ser Emmett, et salua plus légèrement son écuyer. Un bâtard. Pauvre gosse. Mais au moins avait-il la chance d’être avec sa famille, ce qui n’était pas le cas de tous. Et il avait un métier. Elle détailla rapidement du regard l’équipage de lady Eleanor. Celle-ci était venue… à cheval. Rowena sourit, elle aurait fait la même chose. Mais la jeune femme devait être sûrement fatiguée, même si elle ne le montrait pas. D’un geste, Rowena fit signe à une servante de venir et lança:

« Kara, faites monter les affaires de nos hôtes dans leurs chambres, et allumez-y un feu. » fit-elle en se tournant vers la servante rousse qui l'écoutait. Aussitôt, celle-ci s'éclipsa après avoir fait signe à deux autres servantes, encore jeunes, sans doute fraîchement arrivée de récupérer les affaires. Les palefreniers étaient postés près de l'écurie, attendant le moment où les nouveaux arrivés entreraient dans la forteresse afin de récupérer les chevaux. Rowena laissa couler son regard sur Eleanor. La jeune femme était blonde, aux yeux bleus, elle l'avait l'air douce, avait l'air seulement. Il y avait bien longtemps que Rowena ne jugeait plus à l'apparence des gens qu'elle rencontrait, il ne fallait pas se fier aux apparences, elle l'avait compris.
Quand à la question que lui avait posée Eleanor, eh bien, Rowena se sentit légèrement gênée. Comment dire que ses propres frères à elle avait emmené ser Jasper visiter un autre endroit plus tôt dans la journée? Elle maudissait ses frères. Elle comprenait parfaitement l'envie que lady Eleanor avait de revoir son frère, elle-même était toujours aussi heureuse à l'idée de revoir les siens. Ils l'avaient protégée, aimée, ils lui avait appris à se battre, ils avaient partagés avec elle leurs jeux, leurs temps, alors que beaucoup d'autres se contentaient d'ignorer leurs sœurs. Son caractère y avait sûrement était pour quelque chose, si elle avait été une jeune fille douce et effacée alors sans doute l'aurait-il ignorée. A vrai dire, elle n'en doutait même pas.

« Votre frère est parti avec les miens, sans doute pour visiter un endroit en particulier, je pense qu'ils ne devraient plus tarder à revenir désormais. Je ne doute pas que vous lui ayez manquer, mais en attendant son retour, puis-je vous inviter à rentrer? Vous devez être lasse et fatiguée de votre voyage, je pense que vous reposer vous fera du bien, surtout si c'est pour retrouver votre frère par la suite. » Les retrouvailles, c'était toujours fatiguant, même si c'était joyeux. Surtout lorsqu'un frère vous broyait les côtes contre lui, serrant si fort qu'on ne peut plus respirer. Rowena pouvait faire cela, transmettre tout son amour dans une étreinte, envers ses frères, elle le faisait sans problème, mais son amour pour ses enfants étaient plus grands, mais ils étaient trop fragiles, elle avait peur de leur faire mal, peur de voir que quelque chose pouvait leur arriver. La moindre égratignure, coupure la mettait dans une angoisse folle. C'était l'une des joies de la maternité. Avant, elle se fichait d'avoir des enfants, elle n'en voulait même pas, elle n'était pas prête, ce n'était qu'une enfant, mais elle n'avait pas eu le choix, et parfois lorsqu'on forçait la main à quelqu'un, ce n'était pas que du mal qui en résultait, mais une prise de conscience.
A ce moment précis, d'autres chevaux et leurs cavaliers déboulèrent dans la cour. Deux hommes riaient, se poussant du haut de leurs chevaux. Avec un profond soupir de soulagement, elle reconnut Jon et Ethan. Son père était là aussi, avec ser Jasper. Les hommes descendirent rapidement de leurs montures quand, derrière, un retardataire arriva. Elle n'eut même pas besoin de le fixer plus d'une seconde pour le reconnaître, elle connaissait sa silhouette, ses cheveux sombres, chacune de ses expressions, son rire, la lueur de ses yeux. Ethan. Le dernier garçon de la fratrie. Celui avec qui elle était le plus proche. Revenu de Winterfell? Pourquoi si vite? Peut-être avait-il appris la venue des Chelsted? Wintefell. Evidemment. La Route Royale passait par Winterfell. Elle lui en était reconnaissante d'être venu, tout comme Lysander qui s'était précipité vers lui, lui rappelant sa promesse de lui apprendre à se battre. Ses frères arrivèrent près d'elle tandis que son père saluait Lady Eleanor, s'excusant de leur léger retard.

« Lady Eleanor, Ser Emmett, Ser Raymun laissez-moi vous présenter Jon Glover, Ethan Glover et Jaime Glover, mes frères aînés.» Elle se mordit la lèvre pour éviter un "tous trois à marier", puis un léger sourire naquit tandis qu'elle tournait les talons, rentrant dans la forteresse. Le temps des présentations achevés, c'était le temps de rentrer, de s'installer, de discuter légèrement avant que tout le monde ne rejoigne sa chambre pour se préparer au dîner organisé le soir-même. Ce laps de temps laisseraient aux Chelsted le temps de se retrouver tranquillement. Ser Jasper n'aurait qu'à les conduire dans la grande salle, là où les Glover se rendirent rapidement, il devait connaître Motte-la-Forêt, et pas seulement la forteresse, les habitations qu'il y avait autour. Des maisons de bois, abritant principalement des soldats et leurs familles.
La Grande Salle de Motte-la-Forêt était la plus grande de la forteresse, située à l'entrée, près des cuisines, un accès donnait à l'étage où se trouvaient les chambres et d'autres pièces. Le sol était de terre, couvert d'une fine couche de paille, et au bout de la salle dans laquelle se dressait trois tables de bois massifs, se trouvait une vieille cheminée dans laquelle flambait un feu. Elle était énorme, mais au moins, l'hiver, il n'y faisait pas froid, la chaleur restait, également grâce à la proximité des cuisines, et la chaleur montait jusqu'aux chambres, même si il y avait également des cheminées, plus petites. La nuit parfois, il arrivait à Rowena de se relever, emmitouflée dans une fourrure, et de s’asseoir devant le feu, le regardant brûler, savourant la chaleur ardente sur sa peau, l'écoutant craquer. Par la fenêtre, on pouvait apercevoir le bois sacré, il était grand, à vrai dire, c'était une partie du Bois-aux-Loups, que la construction de Motte-la-Forêt avait séparé du reste de la forêt. Un barral blanc s'y dressait, majestueux, à côté d'un grand étang. L'un de ses ancêtres avait fait déplacé des pierres pour qu'on puisse s'y recueillir. Les gens qui croyaient à la religion des Sept ne voyaient pas l'intérêt de cela. Rowena souriait gentiment. Dans un septuaire, les gens restaient bien agenouillés devant les différentes statues, et priaient. Dans un bois sacré, c'était la même chose, on s'asseyait et on écoutait le vent dans les feuilles, la nature, tout. C'était ainsi que communiquait les Dieux, la nature ne faisait que refléter leurs paroles et les hommes devaient les interpréter dans bien que mal. Il n'y avait jamais de réponse claire et précise à une question posée. Les Dieux ne se mêlent pas aux affaires des humains. C'était ainsi.
Il y avait bien longtemps que Rowena ne s'était pas rendue au bois sacré. Malheureusement, c'était impossible qu'elle s'y rende dans la soirée, elle devait faire son devoir, elle devait être aux côtés de son père. Pour un temps du moins car elle se doutait que les hommes voudraient rester entre hommes après une discussion. Les hommes avaient toujours des choses à se dire entre eux. C'était impressionnant et parfois, Rowena, lorsqu'elle était exclue d'une conversation avait bien envie de leur planter sa dague dans le dos. Elle ne manquait jamais sa cible en plus. Rester là, à attendre, alors que sa jument était dans l'écurie, et qu'elle ne l'avait pas montée depuis bien longtemps était dur. L'envie de s'échapper était présente, mais elle ne le pouvait. D'ailleurs, les Chelsted commençaient à entrer. Les retrouvailles n'étaient pas terminées, les personnelles si. Margaery et Lysander étaient tout deux dans leurs chambres, Rowena avait veillé à les y envoyer, sans doute s'amusaient-ils ensemble. Peu lui importait du moment qu'ils ne dérangeaient pas. Mais elle aurait donné beaucoup pour être avec eux, profiter d'eux, plutôt qu'ici, même si elle était avec ses frères. C'était différent.
Tirant deux chaises, Rowena les plaça à côté de la cheminée, où ses frères se tenaient, debout. Lady Eleanor voudrait sûrement s’asseoir à vrai dire. Elle n'en savait trop rien mais n'avait qu'une hâte, que tout s'achève pour qu'elle puisse sortir prendre l'air. Rowena avait toujours trouvé que le rôle qu'elle avait à tenir, lourd et ennuyant. Aujourd'hui plus que jamais. Tant de temps perdus alors qu'il pouvait être utilisé à quelque chose d'autre, de mieux. Mais ici, ce n'était pas elle qui décidait, sa naissance l'avait fait pour elle. Et si elle avait de la fierté, elle faisait ce qu'on lui disait. Et fière, elle l'était, infiniment, cela ne touchait pas l’orgueil mais elle était fière de qui elle était, fière d'être une Glover, fière d'être une Nordienne.

« Je suis content de te revoir. » lança à voix basse Jaime en s'approchant de sa soeur, lui serrant doucement l'épaule, la faisait sursauter. Cela la fit sourire. Son frère lui avait manqué. Infiniment, elle ne supportait pas d'être loin d'eux. Sans doute parce qu'elle leur avait été enlevée trop jeune. Les vieilles blessures qui s'étaient rouvertes se refermaient peu à peu. Il suffisait d'oublier l'an 209 et ils pouvaient se dire une famille heureuse. Et chanceuse. Ils étaient unis, confiants, puissants. Et désormais, c'était à Rowena de veiller sur eux, de tenir cette maison. Mais il fallait également qu'elle gère Rougefort, pour son fils. Déchirée entre deux maisons, entre deux amours. Il fallait que son frère aîné se marie, ou un cadet. Peu importait. Rowena choisirait toujours ses enfants, au détriment de ses frères, de sa forteresse natale, de sa terre. Mais ça, ils ne parvenaient pas à le comprendre. C'étaient des Nordiens, ils étaient butés.
Rowena tourna la tête, entendant des pas. Les Chelsted entraient.
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Message Mer 28 Déc 2011 - 17:33

Jasper était parti avec des membres de la maison Glover visiter les alentours. Alors qu'Emmett maudissait sans aucun doute intérieurement leur frère de leur avoir fait faux bond, Eleanor se fendit d'un léger sourire. C'était tout à fait le genre de Jasper : préférer partir à l'aventure que d'attendre tranquillement et patiemment qu'ils arrivent. Ce n'était pas contre eux mais juste du à une curiosité insatiable qu'on retrouvait aussi chez Eleanor. Tel que c'était parti, il n'était pas impossible qu'ils reviennent avant assez longtemps. La jeune fille était donc toute prête à suivre l'invitation de lady Rowena. C'est alors que les cavaliers entrèrent. Eleanor n'en connaissait qu'un : Jasper. Les autres lui furent présentés comme lord Glover, et ses fils Jon, Ethan et Jaime. Comme aucunes femmes ne se précipitaient à leur rencontre, elle déduisit sans trop de de mal que le père de lady Rowena était veuf et que les frères de celle-ci étaient célibataires. D'autres candidats au mariage, peut-être ? Elle les salua en tout cas tous les quatre avec respect.

Parmi tous ces hommes du Nord, on pouvait difficilement ne pas reconnaitre Jasper. Il avait l'air moins austère, moins sévère que la plupart des hommes d'ici. Il démonta pour venir à leur rencontree et serra en riant sa sœur dans ses bras :

''Eleanor ! Ça faisait si longtemps ! Comment vas-tu, petite soeur ?
- Très bien, et toi aussi à ce que je vois !"


Comme c'était bon de rire à nouveau ensemble, d'avoir enfin Jasper à coté d'elle. Enfin, Eleanor retrouvait le plus précieux allié de son enfance, celui qui l'avait aimée, protégée, son frère, son professeur, son maitre d'arme et son complice. Ce n'était pas comme cela avec Emmett. Elle ne parlait jamais avec lui que pour répondre à ses insultes par d'autres insultes. Jasper avisa ensuite son frère et son écuyer :

"Et Emmett s'est même donné la peine de se déplacer. Avec son écuyer en plus ! Comment ça va, Raymun ?"

Le gamin balbutia qu'il allait bien. Jasper, voyant que sa soeur était épuisé, les entraina dans le chateau. C'est lui qui leur montra leur chambre, mais avant de se préparer pour le dîner, il entreprit de leur raconter ce qu'il avait vu. Il évoqua les forets, les montagnes, et des immenses cours d'eau si violents qu'on ne pouvait pas les traverser à gué, même lorsqu'ils étaient peu profonds. Il raconta aussi les chasses, les animaux et puis surtout les gens. Enfin il avait trouvé de vrai combattants. Eleanor se demanda si on la laisserait s'entrainer avec les hommes. Est-ce que ce genre de choses se faisaient, par ici ? A Port-Réal, c'était très inconvenant : Père prétendant qu'en aucun cas une dame ne devait se battre, qu'elle devait paraître douce et raffinée. Eleanor traduisait cela par effacée et mièvre. Deux choses qu'elle n'était surement pas, et qu'elle entendait bien ne jamais être quoiqu'il arrive. Jasper était le seul à l'autoriser à manier une épée, à Grand-Val. Le seule à la laisser s'entrainer. Et puis, Eleanor ne se défendait pas si mal que ça. Les soldats de Père étaient rouillés. Elle les avaient tous combattus. Et aussi tous battu.

Jasper continuait, cependant. Eleanor s'arracha à ses pensées pour l'écouter :

" Nous avons été jusqu'à un promontoire d'où l'on distingue le Mur. Il est si grand qu'on le voit même d'ici, tu te rends compte, Eleanor ? Nous pourrions même aller le voir, si l'envie nous en prenait. Il faudrait juste trouver un guide, parce que je ne sais absolument pas comment on y va, mais c'est tout à fait réalisable. Et là-bas, nous pourrions chercher l'Oncle Aerys. Il y a forcément quelqu'un qui a de ses nouvelles."

Eleanor sourit. Rencontrer leur oncle était un vœu que seuls Jasper et elle comprenaient. Emmett n'adhérait pas à ce projet. Il se contentait de faire comme si ser Aerys Chelsted n'avait jamais existé. Comme si ce n'était pas quelqu'un de leur famille, malgré sa trahison. Pour lui, ce n'était qu'un vulgaire criminel. C'était un paria, Père le voyait comme un homme mauvais, il n'y avait donc pas de raison de s'intéresser à lui. Cela dit, si on allait par là, rien n’intéressait le chevalier. Il avait l'esprit fermé, étriqué. Du moins selon Eleanor. Elle ajouta donc malicieusement devant l'air désapprobateur de son frère cadet :

" Mais nous n'irons pas avec Emmett, je crois. En plus, il a le vertige."

Jasper s'exclama, amusé :

"Non, c'est vrai ?
- Pas du tout !
- Si, ça l'est !"


Et de faire semblant de se battre en riant. Eleanor les regarda d'un air attendri. Elle n'était que la cadette de la famille, pourtant en esprit, c'était bien elle l'ainée. Emmett ne réfléchissait pas assez, et Jasper était un grand enfant. Elle les aimait profondément, même si le benjamin de la famille était insupportable au point de la faire sortir de ses gond une demi-douzaine de fois par jour. Être séparée de Jasper avait été une véritable torture, et c'était comme une délivrance de le revoir.

Elle les regarda encore. A vrai dire, si on voyait tout de suite le lien de parenté entre elle et Emmett, ce n'était pas évident entre eux et Jasper. Beaucoup plus grand qu'eux, musclé et solide comme un chêne, brun de poil et d'yeux, il avait typiquement le physique des Massey. En fait, il ressemblait beaucoup plus à Raymun qu'à elle. Mère disait d'ailleurs qu'il était le portrait craché de lord Gregor jeune.

Le diner serait servi bientôt. Eleanor décida de couper court aux jeux de brutes auxquels se livraient ses frères :

"Allez, ça suffit, vous deux ! Disparaissez, il faut que je mette autre chose, je ne peux pas descendre comme cela."

Elle entra dans la chambre qui lui avait été attribuée. Rien de commun avec Grand-Val. C'était...sobre. Meuble de bois sombre, pierre sombre, petite fenêtre pour ne pas laisser passer trop de froid. Un bon feu brulait dans une cheminée de taille moyenne, et Eleanor l'apprécia fortement, ce feu, après son long trajet à travers les étendues glaciales du Bois-aux-loups. A Grand-Val, on ne faisait jamais de feu, sauf pour la cuisine. Les murs étaient blanchis à la chaux pour apporter de la fraicheur. On vivait dans des pièces avec de grandes fenêtres qui laissaient passer la chaleur, et qu'on ouvrait pour tenter de capter un tant soit peu de fraicheur. C'était sans doute ce qui la seule chose qu'elle regrettait du sud : le soleil. Il pointait aux abonnés absents, à Motte-la-forêt. Le reste du Nord lui plaisait, avec tout ce qu'elle pourrait encore découvrir. Mais le froid...cela, c'était vraiment dur à supporter.

Une servante l'aida à s'habiller d'une élégante robe de velours bleu clair. D'habitude, Eleanor aurait refusé son aide. Elle préférait largement être indépendante, et tant pis pour les convenances. Mais elle ne pouvait pas refuser cette fois là : elle n'était pas chez elle, à Grand-Val, mais à Motte-la-forêt, chez les Glover, et elle ne voulait en aucun cas offenser ses hôtes. Et puis elle était vraiment fatiguée, tenant à peine debout. Un peu d'aide serait pour une fois la bienvenue.

Elle compléta la robe par une châle de la même couleur, puis gagna la grande salle du chateau, accompagnée de Jasper et d'Emmett, qui arboraient fièrement les armes de la famille, la masse et le poignard. Raymun, lui, portait une tunique sans armes. Même si en tant qu'ainé des enfants de lord Massey il y avait de grandes chances qu'il hérite, en tout cas en admettant que le roi le légitime en tant qu'héritier, il n'avait pas le droit de porter ce blason. Ni d'utiliser la devise des Massey.

La Grande Salle du château était évidemment la plus grande des pièces de celui-ci. Contrairement à Grand-Val où le sol était carrelé de tommette, ici le sol était de terre battue. Mais Eleanor ne reprochait rien à cette salle. A vrai dire, elle ne voyait que la cheminée, et le feu d'enfer qui y ronflait.

Une question demeurait cependant : qu'allait-elle faire pendant tout ce temps ? Certes, combattre les soldats du Nord lui aurait plu. Mais pouvait-elle le faire ? En avait-elle le droit ? Avisant lady Rowena, qu'elle salua de nouveau, elle demanda :

"J'ignore si cela se fait par ici...mais voyez vous, j'ai une requete à vous faire. Ne vous étonnez pas si elle vous paraît étrange. Dans le sud, tout le monde trouve cela inconvenant, à part Jasper, aussi ne serais-je pas surprise si vous veniez à refuser. Mon frère m'a vanté les mérites des talents de combattants des gens d'ici. Me serait-il possible de croiser le fer avec l'un d'entre vous ?"





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Message Jeu 29 Déc 2011 - 4:05

Un léger sourire naquit sur le visage en cœur de la jeune femme, ses yeux, d’un bleu aussi pur qu’un ciel d’éte scrutèrent attentivement les trois hommes qui entrèrent, il ne lui échappa pas que Raymun, le bâtard, ne portait pas de blason, c’était triste en un certains sens. Et elle jeta un bref coup d’œil à Eleanor. La jeune femme s’était changée, elle était vêtue d’une robe bleu pâle ainsi qu’un châle de la même couleur, cela mettait en valeur l’or de ses cheveux et rappelait la couleur de ses yeux. Son élégance était légèrement décalée ici mais sans doute faisait-elle des efforts pour paraître présentable. Débarrassée de ses vêtements poussiéreux, elle paraissait plus fatiguée encore. Un bon repas la remettrait sans doute sur pied, lui redonnant des forces. Jetant un coup d’œil par un petite fenêtre Rowena poussa un soupir. Il ne faisait pas froid, cela la désolait profondément, mais sans doute Lady Eleanor devait avoir froid, elle. Raison pour laquelle tous les feux avaient été allumés, en prévision. Ses frères avaient eu le temps de revêtir leurs vêtements, où s’étendait fièrement le blason des Glover, une main de fer ganté sur un champs rouge. Le rouge, c’était bien ses couleurs, elle qui avait épousé un Rougefort dont le blason était un château rouge sur un champs blanc avec une bordure rouge crénelée. Cela faisait dix années qu’elle avait quitté son Nord natal pour le Val montagneux, et elle était revenue finalement. Le Val était, pour l’instant, totalement inutile à ses yeux, surtout depuis que Maura Arryn était partie dans l’Ouest, emportant avec elle les hommes des Rougefort, son fils étant trop jeune pour la suivre. Elle rentrerait quand il y aurait des hommes pour protéger son fils, et à Motte-la-Forêt, il y en avait, les hommes de son père.
Lady Eleanor s’approcha d’elle, dans ses yeux brillaient une lueur hésitante, néanmoins, elle parla. Le sourire de Rowena s’agrandit lorsque la jeune femme eut fini de parler. Un berf moment, elle réfléchit à sa réponse, une lueur malicieuse brillant dans son regard. Ah décidément. Comme beaucoup, elle ne connaissait rien au Nord. Mis à part que les hommes étaient de bons combattant bien sûr.

« Lady Eleanor, n’ayez crainte. Ici, vous pouvez poser librement toutes vos questions et faire ce que vous voulez, surtout que votre père n’est pas là. Vous pouvez croiser le fer, évidemment, même si cela va paraître étrange aux hommes et que si vous échouez ils se moqueront sans doute de vous, mais, si vous prouvez votre valeur, qui vous êtes, si vous êtes aussi forte qu’un homme, alors ils vous respecteront. Mais tous refuseront de combattre contre vous parce qu’ils ignorent qui vous êtes. En revanche, ce serait un plaisir que je vous affronterais Lady Eleanor. Même avec une dague je reste une adversaire habile, mes frères et les hommes d’ici peuvent en témoigner. J’ai appris la maniement de cette arme depuis mon plus jeune âge. » Parce que dans le Nord, voir une femme se battre était moins inconvenant que dans le Bief. Les femmes qui savaient se battre étaient mal vu partout, un peu moins dans le Nord, dans les Îles de Fer et à Dorne, mais là encore, il fallait qu’elles prouvent leurs valeurs, sinon on les détruisaient, et finalement, les hommes avaient raison. Rowena avait horreur de ça. Elle n’allait pas jusqu’à se travestir pour combattre, mais lorsqu’elle s’entraînait ou qu’elle allait chasser, alors elle le faisait. Ici, on l’acceptait comme elle était, en jupons ou en braies. Mais pour Eleanor, tout serait plus compliqué. Si elle tenait absolument à combattre, alors Rowena l’affronterait vraiment. Maintes fois elle avait prouvé qu’elle était aussi forte qu’un homme. « Néanmoins, vous devez être fatiguée, et le voyage que vous avez effectué a dû être extrêmement long et fatiguant. C’est d’ailleurs une chance que vous n’ayez pas été attaqué par des voleurs ou autres avec si peu de personnes vous accompagnant. Nous allons bientôt passer à table, vous devez mourir de faim après tant de chemin et ensuite, vous irez vous coucher, cela vaut mieux si vous tenez à être en forme demain pour affronter quelque’un du Nord. Et à vrai dire, si je peux me le permettre, en vous voyant arriver à cheval j’ai tout de suite su que vous étiez différente. »

Rowena n’était pas une hypocrite, au contraire, elle était sincère et franche, mâcher ses mots ne faisait pas partie de ses habitudes même si elle réussirait parfaitement à obtenir tout ce qu’elle désirait. C’était une Nordienne qui faisait parfois preuve de beaucoup de froideur. Ces cas-là étaient extrêmement rare, mais ils existaient et sans l’ombre d’un remords, elle pouvait blesser des personnes. D’un geste elle fit signe à une servante d’approcher d’elle et de lui ordonner de servir le repas qui était, visiblement, déjà prêt. La forêt s’assombrissait peu à peu, d’autant plus vite que les rayons du soleil étaient masqués par la frondaison épaisse des arbres. Rowena s’installa sur un banc, sur la table la plus proche du feu, mise en avant par rapport aux autres. Les servantes entrèrent bientôt dans la salle, disposant les plats sur la table à laquelle tout le monde s’était installé. La soirée promettait d’être longue, surtout si les hommes trouvaient à parler. L’alcool aidant, ils pouvaient y passer la nuit et connaissant ses frères, Rowena savait parfaitement bien qu’ils tenaient très bien et qu’ils défieraient probablement les Chelsted. Parfois, ils étaient vraiment puérils, mais Rowena les aimait malgré tout, ce qu’ils lui racontait ensuite la faisait rire, comme lorsqu’elle était enfant et qu’ils lui racontaient tout ce qu’ils avaient fait, elle se sentait importante alors, et fière d’avoir leurs confidences, que même leur père ignorait. Mais ici, là, c’étaient eux qui gouvernaient, qui choisissaient, les femmes n’étaient là que pour faire joli, pour gérer une maison, ce que les hommes ne s’abaissaient pas à faire.
Si elle n’avait pas été mariée à Jorah, alors sans doute Rowena serait devenue une femme d’arme, une combattante, mais elle était jeune à l’époque, et elle n’avait pas fait de choix, on les faisait pour elle et elle avait dû se plier à la volonté de sa mère, qui menait son père par le bout du nez. Il n’avait pas eu le choix et il s’en voulait. Voilà pourquoi il la protégeait, elle et ses enfants, voilà pourquoi il la voulait avec elle, pour rattraper le temps perdu, et pour qu’elle gère sa Maison. Mais elle avait eu les deux choses les plus précieuses de sa vie, ses enfants. Pour eux, elle avait abandonné jusqu’à l’idée de tenir une lame dans sa main, pourtant, elle se rappelait parfaitement le contact froid du métal sur sa peau, mordant lorsqu’il coupait. Elle se rappelait la sensation d’être seule face à son adversaire, d’observer chacun de ses mouvements, essayant de prévoir ce qu’il allait faire, de cette excitation et de cette peur qui s’emparait d’elle dans l’attente de l’attaque. Elle n’avait jamais oublié, et elle n’oublierait jamais. C’était quelque chose qui était trop profondément inscrit dans sa vie, quelque chose qu’elle pouvait faire même les yeux fermés, et même si elle perdait la mémoire, les mouvements lui reviendrait, dague en main. Un éclat de rire brusque la tira de ses pensées et fronçant ses sourcils, elle jeta un regard noir à Jon. A côté des Chelsted, ses frères paraissaient rustres et malpolis, mais peut-être était-ce la vie au Val qui l’avait changée à ce point mais Rowena espérait qu’Eleanor ne soit pas gênée des conduites de son frère aîné. Si elle avait était seule avec d’autres Nordiens, elle n’aurait pas hésité avant de lui coller son poing dans la figure au risque d’une vengeance. Elle n’avait pas peur d’eux à vrai dire, et se fichait bien de ce qu’ils pouvaient lui faire. Elle savait qu’elle serait toujours plus forte qu’eux.
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Message Jeu 29 Déc 2011 - 15:56

Ce n'était pas la crainte de passer pour une idiote auprès de ses frères qui faisait peur à Eleanor. Jasper était habitué à la voir combattre, il l'avait formé lui-même. Il était aussi habitué à la voir affronter tout le monde et n'importe qui, depuis ser Jarmen le petit, le maitre d'arme de Grand-Val, jusqu'à Jarmen le grand, son fils, en passant par les nombreux bâtards de lord Gregor. Lui non plus ne rechignait pas à croiser le fer avec sa nièce. Bon, certes, Eleanor n'avait jamais contre lui, mais elle ne pouvait pas vraiment rivaliser avec son oncle à la hache. Surtout lorsque l'oncle en question faisait sept pieds de haut. Mère désapprouvait cette attitude, comme Père, mais elle avait depuis longtemps renoncé à convaincre Eleanor de changé d'idée. C'était impossible, alors elle se contentait de lui lancer des regards désolés, signifiant clairement "que vais-je bien pouvoir faire de toi, ma fille ?", et de s'habituer à entendre son mari hurler que ses enfants étaient de vrais démons.

A la question que se posait sa mère, Eleanor avait très vite trouvé une réponse. Quand elle était enfant, son grand héros était Aegon Sire-Dragon, et elle rêvait de devenir chevalier. Pourquoi pas, après tout ? Elle savait se battre, et devenir une de ses femmes piaulant dans les tournois après les seigneurs ne lui plaisait absolument pas. Mais Père si était refusé. A la réflexion, peut-être n'avait-il pas eu tort. En vieillissant, Eleanor avait compris qu'elle représentait, elle aussi, la maison Chelsted, tout autant, et peut-être même plus, que Jasper et Emmett. L'épisode de la rébellion Feunoyr avait suffisamment jeté l’opprobre sur leur famille. Il n'y avait besoin qu'en plus elle en rajoute. L'oncle Aerys avait déjà largement contribué à leur attirer les moqueries à la cour. Pas besoin qu'en plus, Eleanor soit "la lady guerrière" des Chelsted. Non, son avenir était tracé : se marier, et avoir des enfants. Une voie droite et sans tache. Rien de vraiment excitant, mais si elle aimait l'homme qu'elle épousait, Eleanor était prête à faire le sacrifice.

Ne vous y trompez pas, cependant. Si elle avait renoncé à devenir une guerrière, jamais Eleanor n'avait abandonné le maniement des armes. C'était un devoir, et une nécessité. Il n'y aurait pas toujours Jasper, Père, Oncle Gregor ou encore Emmett pour la protéger. Et même lorsqu'elle serait mariée (puisse les sept exaucer ce vœu), ledit mari aurait peut-être autre chose à faire que veiller sur elle en permanence. Et puis elle ne voulait pas que quiconque fasse cela. La clé de tout, c'était l'indépendance. Jamais Eleanor ne supporterait qu'on lui dicte sa conduite. Jamais elle n'admettrait être prise en défaut sur ce qu'elle connaissait. Jamais personne ne la protégerait comme une vulgaire enfant. Elle n'était pas un jouet, mais une femme. Elle pouvait avancer seule. C'était de là que venait sa passion pour le voyage, et aussi la découverte. Elle ne voulait pas qu'on la prenne par la main, et qu'on lui dise : "regarde, il faut que tu voit cela." Non, elle voulait découvrir seule ce que la vie lui offrait, sans personne pour lui préciser ce qu'il fallait dire ou faire.

Elle ne détestait pas se battre. Il y avait quelque chose de plaisant dans une bataille. Le regard de l'adversaire, par exemple, qui vous scrute en essayant de prévoir le moindre de vos mouvements, et le votre, que vous tentez de garder impassible pour ne rien lui montrer, alors que vous aussi, vous tentez de comprendre ce qu'il va faire et pourquoi. Et soudain c'est l'assaut, et l'adrénaline monte. Vous oubliez la stratégie que vous aviez au départ. Votre cerveau ne pense plus, vous êtes incapable de réfléchir, et vous frappez. C'est pour votre vie que vous combattez, même si votre épée est mouchetée. Vous agissez à présent à l'instinct, jusqu'à l'assaut final où vous envoyez votre adversaire rouler dans la poussière et où vous le dominez entièrement. Il est à votre merci et vous quittez l'état de bête sauvage pour retrouver votre pleine conscience d'humain, pour lui demander s'il se rend et l'aider à se relever. Cela, Eleanor l'avait vécu mille fois, lors des assauts contre ses frères. Les deux dents cassées de Jasper, c'était elle qui lui avait brisé d'un coup de pommeau bien asséné dans la mâchoire. Et la cicatrice qu'Emmett avait au coin de l’œil, elle était du à un coup porté d'estoc la seule fois où il avait accepté de croiser le fer avec elle. En général, ses frères ne se méfiaient pas assez d'elle. A vrai dire, ils se refusaient à frapper aussi fort que si elle avait été un homme. Cela faisait sourire Eleanor, qui se retrouvait ainsi avantagée face à eux.

Rowena n'était pas tout à fait comme elle. Dans l'âme, Eleanor était une voyageuse. Avec la guerre reviennent les armes. Une devise qu'elle appliquait à la lettre. Elle signifiait qu'il fallait savoir se battre au moment opportun, pas sur un coup de tête. Le combat pour le combat n’intéressait pas Eleanor. A vrai dire, combattre n'était pour elle qu'un outil au service de son indépendance. Elle ne croyait pas vraiment que lady Rowena voyait les choses comme elle. Dans l'âme, la Chelsted l'aurait parié, c'était une guerrière.

« Lady Eleanor, n’ayez crainte. Ici, vous pouvez poser librement toutes vos questions et faire ce que vous voulez, surtout que votre père n’est pas là. Vous pouvez croiser le fer, évidemment, même si cela va paraître étrange aux hommes et que si vous échouez ils se moqueront sans doute de vous, mais, si vous prouvez votre valeur, qui vous êtes, si vous êtes aussi forte qu’un homme, alors ils vous respecteront. Mais tous refuseront de combattre contre vous parce qu’ils ignorent qui vous êtes. En revanche, ce serait un plaisir que je vous affronterais Lady Eleanor. Même avec une dague je reste une adversaire habile, mes frères et les hommes d’ici peuvent en témoigner. J’ai appris la maniement de cette arme depuis mon plus jeune âge. »

Eleanor sourit. C'est bien ce qu'elle pensait. Dans le sud aussi, il n'était pas rare que les moqueries fusent lorsqu'elle affrontait Jasper. Elle ne s'en offusquait pas, se contentant de faire ce qu'elle devait faire. Cela ne l'étonna donc pas lorsque lady Rowena lui dit que si elle échouait ils se moqueraient d'elle. La principale différence c'est que dans le Nord, si elle gagnait, les quolibets cesseraient. C'était principalement ce qu'elle reprochait à la cour : le souci des apparences, et du paraitre plutôt que celui des gens. Le souci de convenance étriquées et bornées, idiotes et inutiles. Quelque chose qui plaisait à Emmett, et que celui-ci respectait, au moins en surface. Il n'était pas très bien vu de fréquenter les bordels, à Port-Réal.

Elle adressa à la jeune femme un sourire reconnaissant :

" Ce sera un honneur de croiser le fer avec vous, lady Rowena. A vrai dire, à part mon frère Jasper, et à l'occasion mon oncle je n'ai jamais rencontré qui que ce soit me laissant m'essayer à l'escrime sans réticence...aussi je vous remercie du fond du cœur. "

D'autres questions, elle en avait bien sur à poser. Le Mur, l'oncle Aerys, tout cela étaient autant de sujets sans réponse auxquels elle prétendait trouver une réponse tôt ou tard. Mais déjà, lady Rowena continuait :

« Néanmoins, vous devez être fatiguée, et le voyage que vous avez effectué a dû être extrêmement long et fatiguant. C’est d’ailleurs une chance que vous n’ayez pas été attaqué par des voleurs ou autres avec si peu de personnes vous accompagnant. Nous allons bientôt passer à table, vous devez mourir de faim après tant de chemin et ensuite, vous irez vous coucher, cela vaut mieux si vous tenez à être en forme demain pour affronter quelqu’un du Nord. Et à vrai dire, si je peux me le permettre, en vous voyant arriver à cheval j’ai tout de suite su que vous étiez différente. »

Emmett qui passait par là, surprenant la discussion, lança sur le ton de la conversation :

"Père dit qu'elle est incontrôlable, surtout."

Un frère idiot, doublé d'un goujat de première classe, idéal pour mettre à l'aise n'importe qui. Eleanor lui lança avec un sourire malicieux :

" Il dit aussi que tu es un inconstant qui n'a d'autre intérêt que les putains et que si tu continue tu seras le plus jeune des Chelsted à avoir un bâtard. Pardonnez à mon frère, lady Rowena. Je crains que jamais il ne comprenne ce qu'est la courtoisie..."

Ledit frère, mortifié de s'être fait ridiculisé ainsi, s'inclina légèrement avant de s'éloigner vers les autres hommes. Un éclat de rire, brusque, attira un instant l'attention d'Eleanor, lui arrachant un léger sourire. Peut-être les nobles du Nord étaient-ils plus directs (quoique le doute fut permis lorsque l'on voyait lord Gregor Massey avec sa voix tonitruante et son rire réjoui), mais le verni de l'éducation du à la cour ni changeait rien du tout, au final : les hommes restaient bien tous les mêmes. D'ailleurs Jasper venait de relever le défi de Jon Glover, puisqu'ils étaient parti dans un bras-de-fer sans pitié, encouragé par les autres frères Glover et Emmett et Raymun. Eleanor leva les yeux au ciel. Ils étaient décidément irrécupérables. Au fil des années, elle avait fini par s'y habituer, mais si cette fois Jasper perdait, ce serait une humiliation cuisante. Quand on acceptait un défi, il fallait avoir une chance de le gagner...Priant pour qu'il gagne, elle se concentra à nouveau un instant sur la conversation.

Différente...oui, elle l'était sans doute. Elle n'était pas comme Mère, à l'aise avec tout le monde, plaisantant avec autant de facilité avec le roi que s'ils se connaissaient depuis toujours. Elle n'était pas une dame de cour, toujours à colporter des ragots, et à ne s’intéresser qu'à la dernière coiffure à la mode. Eleanor aimait bien sur être jolie. Elle avait de l'humour, mais se moquer des gens dans leur dos, fi ! Les rumeurs, elle n'en avait jamais compris l’intérêt. Quel était l'utilité de savoir qu'une telle avait trois amants en plus de son mari ? Aucun, quand on savait que dans les livres on pouvait trouver toutes sortes de récits et d'informations plus passionnantes. Et s'il fallait vraiment se préoccuper du nom, pourquoi ne pas simplement ouvrir un manuel de généalogie ? C'était une source d'étude inépuisable, et Eleanor pouvait passer des heures, voire des jours et même parfois des semaines sur ce style d'ouvrage. Oui, elle était différente, parce qu'elle savait ce qu'elle voulait, parce que sa vie, contrairement à celle de la majorité des dames nobles des Terres de la Couronne ne se résumait pas en vaines frivolités et à paraitre bien accompagnée au Donjon Rouge.

Elle reprit donc comme si Emmett ne l'avait pas interrompue :

"Cependant...la différence est une force, lady Rowena. Bien que je ne considère pas vraiment que vouloir faire preuve d'indépendance en soit une. Juste une preuve qu'il y a quelque chose au delà des apparences."

Revenant à des considérations plus matérielles, elle fut finalement soulagée d'apprendre qu'elle n'affronterait pas lady Rowena immédiatement. A ce moment là, elle était épuisée, et elle aurait perdu contre une enclume. Manger et surtout dormir dans un vrai lit lui ferait le plus grand bien.

Mais n'avait-elle pas dit qu'elle pouvait poser toutes questions qu'elle voulait ? C'était l'occasion d'en apprendre plus sur l'oncle Aerys. Si quelqu'un dans les parages le connaissait, peut-être Rowena pourrait elle le lui apprendre.

Eleanor aimait parler. Poser des questions était le meilleur moyen d'obtenir des réponses, comme lui avait dit Père. Peut-être pas ce genre de question, mais tant pis.

"J'ai une autre question...il y a quelques années, j'ai un oncle qui a pris le noir. En 196, précisément. Il s'agit de ser Aerys Chelsted, le plus jeune frère de mon père. Je n'ai jamais eu de ses nouvelles, je ne sais donc pas ce qu'il est devenu. Auriez-vous, ou peut-être un de vos frère ou votre père, entendu parler de lui ?"

Eleanor tut le fait que son oncle avait été obligé de prendre le noir à cause de la rébellion Feunoyr. C'était aisément devinable, et puis l'histoire était assez connue. Elle n'avait pas envie d'expliquer que lord Aedmon avait forcé son frère à prendre le mur.






Dernière édition par Eleanor Chelsted le Sam 31 Déc 2011 - 14:48, édité 2 fois
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Message Ven 30 Déc 2011 - 0:13

Rowena écoutait un léger sourire aux lèvres, la jeune femme parler. Lorsqu'elle accepta le duel, son échine fut parcourue par de léger frisson d’excitation et son sourire s'agrandit encore plus. La réplique qu'elle fit à son frère la fit d'ailleurs rire légèrement, et à cet instant-là elle comprit que les deux jeunes gens ne devaient pas se porter dans leurs cœurs. Vraiment pas. Rowena ne savait pas ce qu'était que la haine, elle n'avait jamais vraiment haï quelqu'un. Mais était-ce de la haine dans ce cas? Elle l'ignorait, mais dans un coin de sa tête, elle nota de demander cela plus tard, lorsqu'elle connaîtrait un peu mieux la jeune femme. Après un court instant de silence, elle reprit comme si son frère ne l'avait pas interrompue. Son sourire s'effaça quelque peu. Elle était jeune, ses paroles étaient sensées, mais idéalisées. Certes, Rowena avait le même âge qu'elle -du moins c'est que Jon lui avait dit puisque Jasper lui avait parler de sa soeur-, mais elle était plus mûre, elle avait vécu plus de chose, plus de drame dans sa vie. Vingt-trois, déjà mariée, déjà veuve, deux enfants. Sa vie, pour l'instant se résumait à cela, et en un sens, cela ne la gênait pas, au contraire, elle était libre désormais. Elle n'avait plus à obéir à quiconque à part peut-être, à Jasper Arryn via son fils, mais peu lui importait, mis à part cela, elle faisait ce qu'elle voulait, quand elle voulait, et elle était jeune, il lui restait une douzaine d'années avant de commencer à vieillir. Rowena comptait profiter de la vie, sa vie maintenant.

« Je ne pense pas que la différence soit une force, juste une particularité qui fait de l'être quelqu'un d'unique. Et vouloir faire quelque chose, être indépendant par exemple, n'est pas une différence, c'est du courage que de vouloir se démarquer des autres, surtout pour les personnes de notre sexe et de notre rang. » répondit-elle d'une voix douce, pesant soigneusement ses mots. Rowena était intelligente, et même si elle avait été élevé par des gens qui privilégiait les actions aux mots, elle avait appris à s'en servir, grâce à Jorah notamment. Le Val, comme Port-Réal, était quand même un nid de serpent, même si il était moins dangereux. Quand aux Nords, les Maisons étaient tellement éloignées les unes des autres que rien ne se passait jamais, que tous s'occupaient de leurs affaires et non de celles des autres. Les Glover néanmoins, étaient important pour l'équilibre du Nord, Motte-la-Forêt était l'une des seules défenses que possédaient le Nord, voir la seule. Solide comme le roc était la devise des Rougefort, et au fur et à mesure que les années passaient, Rowena était devenue aussi forte que du roc, que de la glace. Elle était déjà forte avant ayant été élevée dans la forêt glaciale des Bois-aux-Loups. La nuit, elle entendait d'ailleurs les loups hurler à la lune, seuls dans l'immensité profonde et calme de la nuit. Sans doute Eleanor les entendrait-elle cette nuit lorsqu'elle se coucherait que le fortin serait devenu silencieux. Un cri retentit soudain, un cri de joie. Venant de Jon, il avait visiblement gagné le bras de fer dans lequel il s'était engagé avec Jasper. A vrai dire, c'était même lui qui l'avait défié. Levant les yeux vers le plafond, Rowena soupira légèrement. Elle ne doutait pas Jasper Chelsted voudrait sa revanche pour gagner, mais bon, si son frère avait pu éviter de le battre, cela aurait été mieux encore, c'était leur hôte après tout.
Tout en écoutant les conversations des hommes, qui changeaient sans cesse de sujet, mais qui parlait principalement de combats, tournois et de choses dans ce genre-là, rien de vraiment bien intéressant à vrai dire. C'était drôle de voir que parfois, les hommes étaient plus bavards que des femmes. Rowena pouvait passer des heures et des heures à les écouter sans que cela la gêne, c'était parfois passionnant ce qu'ils se disaient, lorsqu'ils étaient de bons orateurs, et ce, même si ils se répétaient sans arrêt. Distraitement, elle piqua de la nourriture dans son assiette, mâchant sans grande conviction. C'est alors qu'Eleanor lui demanda quelque chose. Rowena baissa les yeux, réfléchissant profondément. Le Mur, c'était le Mur, lointain, le vrai Nord, celui glacial, neigeux, froid, venteux, même en été. Celui si haut qu'on ne voyait même pas l'horizon sauf du haut du Mur. Rowena n'y était allée qu'une fois, une seule et unique fois, lorsqu'elle avait douze ans ou treize ans, peu de temps avant son mariage. Toute sa vie, elle se rappellerait de l'impression qu'elle avait ressentie. Pour la première fois de sa vie elle avait compris à quel point elle était inutile et petite par rapport à toutes les grandeurs qui l'entouraient. Elle ne s'était pas approchée, son père le lui avait interdit, car le Mur était plein de violeurs, de meurtriers qui avaient choisi de s'exiler là-bas plutôt que de subir un châtiment physique. Il y avait aussi des bâtards et des rejetons de nobles, d'une branche cadette, sans avenir qui y allait. Le Mur n'était pas un bel endroit.

« Je n'avais que quelques années lorsque votre oncle a rejoint la Garde de Nuit lady Eleanor, si on en a parlé, je n'en ai pas souvenir. Vous devriez aller à Winterfell, ce n'est qu'à un jour et demi d'ici, voir moins, et généralement les convois allant vers le Mur s'y arrêtent quelques temps. Le Mur n'est pas un endroit où vous pouvez aller. Mais si vous le désirez, je peux y envoyer deux hommes afin d'obtenir des renseignements. Peut-être même Ethan sait-il quelque chose à ce sujet, je vais l'interroger. » Elle se leva, contourna la table et posa sa main sur l'épaule de son frère, le tirant de ses pensées. Il s'était tu depuis quelques temps déjà, pourquoi? Elle l'ignorait, mais Ethan avait toujours été le penseur de la famille, celui qui était toujours de bon conseil. A côté de cela, il avait la même fougue, la même impétuosité, et parfois la même bêtise que ses aînés. Il se poussa, lui laissant une petite place sur le banc. Elle aimait sa présence, si apaisante. «La dernière fois que tu es allé au Mur, as-tu entendu parler d'un certain Aerys? » lui murmura t-elle à l'oreille dans un souffle. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres qui s'effaça bien vite tandis qu'il répondait d'une voix basse, neutre «Je n'en ai pas souvenir. » Elle se leva, un air contrit sur le visage et retourna près d'Eleanor en secouant la tête négativement. Il se faisait tard déjà, et le repas était presque fini. Les hommes resteraient sans doute dans la Grande Salle à s'enivrer. A vrai dire, elle en était même certaine. Époussetant sa robe elle se releva.

« Il se fait tard Lady Eleanor, je vous suggère de laisser les hommes terminer la soirée. Montez vous coucher, il faut que vous soyez en forme demain. Je ferai venir une servante pour vous réveiller. » déclara t-elle avant de quitter à pas lent la salle après avoir respectueusement saluer les Chelsted, ses frères et son père. Une servante attendait Lady Eleanor à la porte, placée là au cas où la jeune femme aurait besoin d'aide quelconque. Rowena n'avait pas besoin de servante, elle n'y était pas habituée de toute façon, mais dans le sud, c'était différent. Elle referma soigneusement la porte de sa chambre qu'elle verrouilla avant de se déshabiller à la lueur du feu mourant, qu'elle s’empressa de ranimer avant de se glisser avec délice sous les fourrures de son lit. Demain, elle affronterait lady Eleanor, c'était un gentil combat, même pas un duel, un entraînement, mais pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait jeune, et en pleine forme. Comme si elle était encore libre, comme si elle n'avait pas d'enfant, et cela lui faisait plaisir, infiniment.
Dans la nuit noire et sombre, Rowena entendit les loups hurler, comme presque chaque nuit, et ce fut sur ces chants funestes qu'elle s'endormit rapidement. Elle savait que le lendemain, elle s'éveillerait à l'aube, en même temps que le soleil se lèverait, et que le ciel serait rose et orangée, le sol serait couvert d'une fine couche de givre. Tout serait magnifique, parfait, parce qu'elle était chez elle.
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Message Sam 31 Déc 2011 - 17:35

Manifestement, personne n'avait entendu parler de l'oncle Aerys. Eleanor en fut un peu déçu, mais pas vraiment étonnée non plus. Le Mur était immense, il était normal que les Glover ne connaissent pas tous ceux qui appartenaient à la Garde de nuit. Ou alors peut-être qu'Aerys était mort. Ce n'était pas impossible non plus. Sans parler des risques que comportait cet endroit, à savoir de glisser du haut de l'édifice, ou de se faire attaquer par des sauvageons, il y avait toujours la possibilité de se faire tuer par un des nombreux violeurs, meurtriers qui constituaient le gros des veilleurs. Aerys était aussi un criminel, si on allait par là, mais par dessus tout c'était un noble. C'était suffisant pour s'attirer la jalousie de tous les vauriens et gibier de potence qui avaient pris le noir pour échapper à la pendaison. Eleanor ne tenterait sans doute pas d'y aller. Rowena connaissait le Nord : aussi décida-t-elle de la croire lorsqu'elle lui dit que le Mur n'était pas un endroit pour elle. Mais savoir si son oncle y était serait pour elle déjà une source profonde de satisfaction. Après, peut-être, comme l'avait dit lady Rowena, qu'un des Glover pourrait y aller et demander des informations sur le frère cadet de lord Aedmon. L'hypothèse de s'adresser à lord Stark se tenait aussi, songea Eleanor en terminant de manger. Logiquement, lui saurait. Ou pas du tout. En tous les cas, il ne fallait surtout pas que Père apprenne cela.

Il était tard, cependant, et elle était épuisée. Lorsque lady Rowena lui suggéra l'idée d'aller se coucher, elle l'accueillit avec gratitude et monta à nouveau dans sa chambre, laissant Jasper, qui avait perdu son bras de fer, essayer de gagner la revanche contre Jon Glover. Les hommes étaient décidément bien tous les mêmes. Même Jasper qui pourtant était cultivé, un grand lecteur et un grand penseur, ne vivait réellement que pour cela. Dans le caractère, il était fonceur, et instinctif. Contrairement à Emmett, et dans une certaine mesure, à Eleanor, il raisonnait avec sa tête, pas avec son cœur. Ce n'était pas un reproche. Elle aussi agissait plus ou moins comme cela. Pas toujours, cependant : Eleanor savait que parfois, le coeur pouvait jouer des tours. La raison restait donc un précieux allié.

Elle se serait couchée toute habillée, tellement elle tombait de sommeil, mais une servante était là et l'aida à se dévêtir puis à passer une chemise de nuit, avant de quitter la chambre.
Dehors régnait une nuit noire : on aurait pas vu sa main devant soi. Eleanor frissonna, entendant le vent souffler et frapper aux carreaux. Elle posa la main sur la vitre, mais la retira précipitamment : le verre était glacé. Soudain, un loup hurla dans le lointain. Soudain, la chambre lui sembla hostile, et être seule lui pesa. Il faudrait qu'elle s'habitue à cela. Après tout, ce n'était pas pour rien que le Bois-aux-loups était nommé ainsi. Curieusement, Eleanor était sure que la présence des animaux ne faisait pas grand chose aux Glover. Même et surtout à lady Rowena. Eux en avaient l'habitude.

Etait-il possible d'imaginer deux femmes si proches et en même temps si différentes ? Rowena avait quelque chose de sauvage, propre au Nord, pourtant bien dissimulé derrière un verni de courtoisie acquis, selon Eleanor, dans le Val auprès de lord Rougefort. D'où la franchise qu'elle avait. Et aussi une certaine assurance, mais cela, c'était du, au moins en partie, à l'expérience. A la cour, Eleanor faisait mature. Mais le Nord n'était pas la cour Ici, elle était presque une enfant, par rapport à une femme mariée, déjà veuve, et ayant deux enfants. Un jour son tour viendrait aussi. Un mari, et des enfants, pourquoi pas ? Ce serait un honneur d'épouser un homme de son rang, bien sur, mais Eleanor voulait avant tout quelqu'un de bien à qui donner un héritier. Jamais elle n'épouserait quelqu'un qu'elle n'aurait pas choisi elle même. Même si pour cela il lui fallait désobeir à son père. De toute façon, elle n'avait jamais été une fille modèle.

Pourtant, elle avait certains points communs avec lady Rowena. Le maniement des armes, et le fait de savoir croiser le fer, par exemple. Ou encore une certaine franchise, que malgré tout Eleanor possédait aussi. Peut-être plus sous une forme d'humour cynique et grinçante, qu'avaient aussi Jasper et Emmett, et que leur Père détestait. Petite, Eleanor ne comprenait pas pourquoi. Il y avait en réalité deux raisons à cela : lord Aedmon n'avait aucune sympathie pour l'humour, n'en possédant lui-même aucune forme, mais aussi à cause du fait que l'ironie était l'apanage de son frère détesté, Aerys.

Lui aussi avait de drôles de relations avec ses frères, songea Eleanor en se couchant enfin. A croire que c'était de famille de ne pas bien s'entendre avec au moins un des membres de sa fratrie. Elle finit par s'endormir, rêvant toujours à son oncle, l'imaginant ressemblant à Père, puis totalement différent, avant de sombrer dans un sommeil profond accompagné uniquement par le hurlement des loups...

Le lendemain matin, elle se réveilla aux aurores. Elle ne dormait jamais bien dans un lit qui n'était pas le sien, aussi cela n'avait rien d'étonnant. Et puis elle avait froid. Le feu s'était éteint. Décidant qu'elle n'avait pas besoin d'une servante pour le ranimer, elle remua un instant les cendres : les braises ranimèrent en peu de temps un feu clair qui montait assez haut dans la cheminée. Elle regarda un instant par la fenêtre : l'aube avait une couleur sanglante, comme si le ciel était en train de brûler. Songeant que personne ne devait être levé, Eleanor s'habilla elle même d'un robe grise très simple, et attrapant un livre parmi tous ceux qu'elle avait apporté, commença un peu à lire pour patienter.


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Message Sam 31 Déc 2011 - 18:43

Elle s’éveilla brusquement, d’un coup, ouvrant les yeux et se redressant. Sans doute avait-elle fait un cauchemar dont elle ne gardait plus aucun souvenir? Elle résista à l’envie de se lever, et rajustant les fourrures sur elle, elle se laissa glisser dans la chaleur de son lit. La paresse n’était pas propre aux Nordiens, juste à Rowena. Mais elle lutta contre le sommeil, et contre son gré, elle repoussa quand même les fourrures qui tombèrent à bas du lit. Glacée elle se leva et s’approcha du feu dont il ne restait que quelques braises. Elle ne le ranima pas. Une servante passait chaque matin dans les chambres afin de s’en occuper elle-même. Elle s’habilla rapidement, se vêtant d’une tunique légère qu’elle ajusta à l’aide d’un corset dont elle resserra les lacets, devant, et enfila ses braies. Elle boucla une ceinture autour de sa taille où elle attacha sa dague. Ses frères seraient sûrement surpris de la revoir ainsi, mais elle s’en fichait. Dehors, l’aube était rouge sang, et le ciel commençait tout juste à s’éclaircir. Le soleil lui, était une sphère orangée, étincelante dont les rayons réussissaient à transpercer la frondaison des arbres. On aurait presque cru voir en vrai le blason des Martell dans le ciel. Quittant la fenêtre et la vue qui s’offrait à elle, Rowena se tressa rapidement les cheveux avant de descendre dans la Grande Salle. Une servante attendait pour la servir et d’une voix douce, elle lui demanda ce qu’elle voulait. Rowena demanda finalement une tranche de pain et un morceau de bœuf séché. Elle demanda également si quelqu’un d’autre était descendu mais au vu de l’heure matinale, personne n’était levé, mis à part Jaime qui était déjà non seulement levé, qui avait déjeuné, mais qui était déjà parti faire un tour à cheval. On lui apporta rapidement son assiette qu’elle avala tout aussi vite avant se lever.

« Lady Eleanor est-elle réveillée? » demanda t-elle à la même servante, celle-ci répondit qu’elle ne savait pas. Regardant une nouvelle fois le temps par la fenêtre, Rowena se dit qu’il était encore trop tôt, ce n’était pas une Nordienne, elle ne devait sûrement pas se lever aux aurores et il y avait des choses à faire. Rejoignant une nouvelle fois l’étage du dessus elle se glissa sans un bruit dans la chambre de Lysander et de Margaery. Ils dormaient dans le chambre de Jaime, celui-ci partageant celle d’Ethan tant que les Chelsted demeurerait à Motte-la-Forêt. Combien de temps resteraient-ils d’ailleurs? Elle l’ignorait. La chambre était plongée dans la pénombre et un bon feu y brûlait. Sans doute Jaime l’avait rallumé avant de partir, passant par sa chambre pour chercher un objet qu’il aurait oublié. Cela lui fit chaud au cœur de savoir que finalement, ses enfants avaient un véritable foyer. Pas comme Rougefort. Tout était froid là-bas. C’était presque en frémissant qu’elle revoyait les murs de pierres, les sols de pierres, les immenses salles gelées où des immenses tapisseries retenaient la chaleurs des innombrables cheminées. Elle n’avait jamais vraiment aimé ce lieu, préférant sa forteresse natale, et c’était parfaitement normal, mais pour ses enfants, elle se devait d’y rester au moins dix mois de l’années. Là c’était différent, Rowena ayant laissé les hommes de son fils partir à l’Ouest avec Maura Arryn. Elle n’avait pas eu le choix de toute manière, et elle n’avait pu s’y opposer. L’idée, à vrai dire, ne l’avait même pas effleurée. Elle les embrassa tendrement avant de quitter la chambre silencieusement, elle avait eu l’intention de les réveiller, mais finalement, elle décida de les laisser dormir, ils étaient si bien comme cela. Alors, elle regagna la Grande Salle et s’assit à une table, indécise.
La porte s’ouvrit soudain, laissant le passage à Jaime, revenu de sa promenade matinale. Celui-ci salua sa petite sœur en lui déposant un baiser sur le front et en riant légèrement avant de s’attabler devant elle.

« - Alors cher frère, ta promenade a t-elle été agréable? demanda Rowena en souriant.
- Elle a été des plus agréable je te l’assure, j’ai même fait la connaissance d’une charmante jeune fille, mais malheureusement je ne peux l’approcher sans risquer mes… Oublie la fin de ma phrase. Disons que si je l’approche, j’y laisse ma vie, conclut-il sous les rires de sa sœur.
- C’est la fille de Toren? Jenna. Elle est très très jolie je te l’accorde.
Jaime haussa les épaules avant de demander à son tour:
- Et toi? Tu as accepté de défier la fille Chelsted? Elle n’a aucune chance contre une vraie Nordienne. Mais elle sera sans doute ravie d’apprendre que Jasper a gagné sa revanche contre Jon. J’ai à faire, on se voit ce soir! » acheva t-il avant que Rowena n’ait eu le temps de le corriger. Lady Eleanor, pas la fille Chelsted. Enfin, peu importait, c’était son frère et elle savait qu’il n’était pas aussi bien élevé qu’un homme de la Couronne. En soupirant elle le regarda s’éloigner et dès qu’il eut disparu de sa vue, elle décida de remonter une nouvelle fois à l’étage. Le ciel avait déjà perdu de ses magnifiques couleurs, c’était un spectacle rapide juste avant que le soleil ne se lève complètement et pour aujourd’hui il était fini. Elle toqua à la porte de Lady Eleanor, enfin, de la chambre qu’on lui avait attribuée et à sa grande surprise, la trouva en train de lire. Elle était vêtue d’une robe grise très simple, et semblait concentrée sur sa lecture.

« Bonjour lady Eleanor! J'espère que vous avez passé une agréable nuit... Le matin est l’un des meilleurs moments pour s’entraîner, si vous tenez toujours à ce duel bien sûr. Je vous attendrai dans la cour, elle est déserte à cette heure-là. Changez-vous et déjeunez si vous voulez, je vous y attendrai quand vous serez prête. » fit-elle avant de sortir, refermant avec soin la porte derrière elle. Décidément, elle donnait beaucoup d’ordres, mais c’était sans doute mieux ainsi, Lady Eleanor n’était pas assez familière avec les lieux et les coutumes, une fois qu’elle ne serait, Rowena cesserait de faire cela. Après tout, elle était en train de l’aider à ne pas se sentir perdue. Dévalant les marches, elle faillit heurter Jon, à peine émerger du sommeil, qui visiblement, souffrait atrocement d’une bonne gueule de bois. Cela la fit sourire. Ethan devait être à peu près être dans le même état que son aîné. Seul Jaime semblait avoir été un peu près raisonnable, et c’était d’ailleurs étrange. Il suivait généralement ses deux frères avec plaisir, sans y être forcé. Bah, sans doute la jolie Jenna lui avait elle retourné la cervelle et la jeune fille occuperait sans doute ses pensées quelques temps avant de disparaître. Avant, ça avait été la fille d’un louvetier et une serveuse à l’auberge. Jaime était le plus discret sur ses relations amoureuses, contrairement à Jon et à Ethan. Mais eux, ne faisaient pas que regarder celles qui leurs plaisaient, contrairement à Jaime. Pour se moquer, ils disaient d’ailleurs qu’il finirait septon ou au mur.
Lorsqu’elle sortit, l’air frais du matin lui fouetta le visage, la réveillant totalement. Le sol de la cour s’était durci à cause d’une nuit fraîche. C’était dommage. Mais au cas où le sol serait trop dur, il restait la forêt dont le sol était couvert de feuilles qui adoucissait quelque peu une éventuelle chute. Mais dans la forêt, il y avait les arbres, des obstacles, et donc, plus de chance de se blesser et Rowena comptait bien renvoyer Eleanor à son père en parfaite santé. Il ne manquait plus que la jeune femme se blesse. Déjà que les Nordiens n’avaient une réputation très bonne… Avec un profond soupir, elle se saisit de sa dague, commençant à s'entraîner contre un adversaire invisible, et aussitôt, le monde autour d'elle, fut oublié, elle était concentrée sur ses mouvements et uniquement sur ça. Plus rien d'autre ne comptait. La jeune femme s'arrêta néanmoins lorsqu'elle entendit le long grincement de la porte qui s'ouvrit et des pas qui s'approchaient.
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Message Dim 8 Jan 2012 - 16:50

Il régnait vraiment un silence presque inquiétant. Eleanor, malgré le fait qu'elle lisait toujours son livre, le constatait indubitablement, et cela commençait à lui faire un peu peur. A Grand-Val, il y avait toujours du bruit, quelque soit l'heure à laquelle elle se levait. Ici, rien. Pas d'oiseaux, pas de bruit de servantes. Aussi fut-elle rassurée quand elle vit lady Rowena entrer dans la chambre. Elle n'était donc pas la seule personne vivante dans le château. Si on était réaliste, il fallait admettre qu'il y avait très peu de chance que cela arrive. Sauf s'ils s'étaient tous faits assassinés dans la nuit, ce qui n'était manifestement pas le cas puisque Rowena était là. Eleanor s'asséna une gifle mentale. Son nombre impressionnant de lecture en tout genre, mais surtout de légende, lui avait donné une imagination fertile et débordante qui convenait plus à une vieille conteuse qu'à une jeune fille de la noblesse des Terres de la Couronne. Cela dit, si on allait par là, il y avait des tas de choses qu'il ne convenait pas de faire pour une jeune fille noble. Aller dans le Nord à cheval et sans aucune escorte. Ne jamais obéir à son père. Se battre en duel, comme elle s’apprêtait à le faire.

« Bonjour lady Eleanor! J'espère que vous avez passé une agréable nuit... Le matin est l’un des meilleurs moments pour s’entraîner, si vous tenez toujours à ce duel bien sûr. Je vous attendrai dans la cour, elle est déserte à cette heure-là. Changez-vous et déjeunez si vous voulez, je vous y attendrai quand vous serez prête. »

Puis elle s’éclipsa. Eleanor eut un léger sourire en rangeant son livre. Bien sur qu'elle tenait toujours à ce duel. Pour qui la prenait-elle ? Elle était naturellement têtue, et en plus, elle était la fille de lord Aedmon Chelsted. Autant dire que si elle avait hérité d'un trait de caractère de son père, c'était bien l'obstination. Eleanor n'était pas comme les autres demoiselles des Terres de la couronnes. Elle détestait les colifichets, et elle se fichait éperdument de savoir quelle robe serait à la mode cette année. Il y avait des servantes pour cela. Il n'y avait que les choses qui duraient qui l'intéressaient réellement : les livres, la famille, les voyages et les gens. Et puis aussi se marier. Savoir, famille, peuple, honneur. Curieusement, elle se disait que cela aurait du être l'apanage des Targaryens plutot que le sien. Surtout que personne dans sa famille ne raisonnait comme elle. Lord Aedmon pensait : Argent, pouvoir, réputation. Jasper pensait : honneur, bataille, conquête. Emmett pensait : vin, fête, femme. Quant aux autres, ce n'était même pas la peine d'espérer deviner ce qu'ils pensaient. Daemon était trop plongé dans ses livres, Paul trop ivre et Gregor trop porté sur le rire pour répondre. Quelque soient les gens de sa famille interrogés, ils ne la comprenaient pas. Sauf sa mère, un peu. Enfin pas vraiment. Lady Margaery disait seulement qu'Aerys, son oncle, pensait un peu comme ça.

Une servante vint lui demander ce qu'elle prendrait pour son petit-déjeuner. Eleanor opta pour un peu de pain de seigle et de beurre, accompagné de thé. Puis elle reprit la tunique ample, bleu sombre et des braies claires, qu'elle portait pour affronter Jasper, et passa à sa ceinture une dague à la garde d'or, offerte par son oncle Gregor pour son anniversaire. Eleanor avait adoré ce présente dès qu'elle l'avait vu, mais lord Aedmon beaucoup moins. Ca avait été une source permanente de conflit pendant le repas.

En descendant dans la cour, elle croisa Emmett, qui avait, paradoxalement, plutot l'air reposé. Il faut dire aussi qu'il n'était pas facile de le saouler, vu ce qu'il buvait d'habitude. Et quand il se prenait une gueule de bois, il était aussi lucide qu'une poignée de porte.Jasper buvait moins. Là, il devait avoir une belle Fronçant les sourcils, il demanda :

"Tu comptes vraiment affronter lady Rowena ?
-Bien sur. Je n'ai qu'une parole, moi..."


Maugréant que jamais elle ne serait une vraie dame, il descendit avec elle. Eleanor le savait, quoiqu'ils disent tous deux, Emmett tenait à elle. Il ne la laisserait jamais tomber, et elle non plus ne le ferait pas pour lui. Après tout, même s'il était insupportable, c'était son frère...

Arrivant dans la cour, elle constata qu'il faisait un peu froid. Mais ça allait. Elle devait être en train de s'habituer aux dures températures du Nord. Ou alors il faisait moins froid qu'hier. Elle s'inclina légérement devant lady Rowena, dégainant sa dague sous le regard d'Emmett, disant :

"Quand vous voudrez."






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Message Jeu 12 Jan 2012 - 15:51

Lady Eleanor prononça trois mots, trois mots d’une voix ferme. Elle était prête. Elle avait revêtue une tunique bleu et des braies claires. Un léger sourire étira les lèvres de Rowena, elle, avait choisi ses vêtements couleurs terres. D’autant plus que si sa mémoire était bonne, la veille, Eleanor portait également une robe bleue. Sans doute était-ce sa couleur préférée. Son regard se posa sur la dague qu’Eleanor pointait vers elle. Une dague? Rowena aurait plutôt parié sur le fait que la jeune femme possédait une épée. Mais une dague. Quoi que, finalement, ce n’était pas si surprenant que ça. Dans le Sud, les femmes n’étaient pas autorisées à se battre, alors posséder une épée cela faisait bizarre. Une dague devait mieux passer.
Balayant le terrain d’un rapide coup d’œil, Rowena remarqua la présence de Ser Emmett. Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Elle ne l’aimait pas beaucoup, elle avait l’impression qu’il était faux, et la plupart du temps, Rowena ne se fiait à sa première impression, à ses instincts. Elle savait qu’il ne fallait pas juger à l’apparence mais la jeune femme parvenait à voir bien au delà des apparences au premier coup d’œil. Pas tout le temps. Mais la plupart du temps. Lorsqu’elle se trompait sur quelqu’un, elle se rendait compte qu’elle faisait des erreurs, comme tous le monde. Elle n’était parfaite après tout et elle le savait très bien. Elle ne sous-estimait jamais les personnes qui étaient en face d'elle, et même si, Eleanor était une femme du Sud, des Terres de la Couronne, et que savoir qu'elle pouvait se défendre avec une dague dans les mains étaient une chose surprenante, qui pouvait paraître même stupide, elle pouvait bien combattre. Au fond d'elle, Rowena en doutait, ce n'était pas une Nordienne, ni une Dornienne et encore moins une Fer-Née. Mais qui vivrait verrait.
Rowena s'avança lentement vers Eleanor, essayant d’interpréter le moindre de ses mouvements, ceux qu'elle ferait. Anticiper, c'était important. Il ne suffisait pas de savoir se battre, loin de là. En plus de savoir se battre, il fallait évaluer l'adversaire. La plupart du temps Rowena laissait l'autre attaquer en premier afin de l'évaluer, surtout si elle ne s'était jamais battue auparavant contre cette personne. Elle essayait aussi de déstabiliser son adversaire, en le provoquant, l'insultant, mais elle n'allait pas faire cela. Eleanor était une lady, pas un vulgaire soldat.
Rapidement, elle s'attaqua à Eleanor, au départ, Rowena ne fit que la tester, et les coups échangés furent simple, précis, rapide. Peu concentrée Rowena parvenait à entendre quelques personnes qui passaient, parler, s'arrêter quelques minutes avant de repartir. Des servantes qui devaient aller travailler sans doute. Les lames se croisaient, se séparaient. Rowena voyait un combat comme une danse, une danse mortelle bien qu'elle n'ait jamais tué personne. La jeune femme blonde se défendait plutôt bien, pour une étrangère qui avait sûrement eu tout ce qu'elle voulait depuis sa plus tendre enfance. Durant tout le temps que dura le combat Rowena se répétait sans arrêt de ne pas la laisser gagner, ni de la laisser perdre, cela aurait pu jeter un froid. Il fallait qu'elle trouve le bon moment pour stopper le combat. Avec un léger sourire, Rowena s'écarta pendant que la lame d'Eleanor fendait le vide, rompant ainsi leurs échanges, puis elle s'inclina légèrement en rengainant sa dague dans son fourreau.

« Vous êtes douée » fit-elle simplement avec une légère moue. Mais contre un combattant plus expérimenté, elle aurait sûrement perdu, tout comme Rowena d'ailleurs. « Je suppose que c'est votre maître d'arme qui vous a appris? Ou l'un de vos frères? » continua t-elle en s'approchant d'Eleanor. Elle, c'était ses frères et tous les soldats de Motte-la-Forêt qui lui avait appris. Sa mère avait été radicalement contre cette idée mais Rowena n'avait pas envie de se laisser faire, elle n'avait pas eu envie de passer pour une petite Dame. Non, elle voulait qu'on la respecte et qu'on la traite en égale et le seul moyen d'y arriver c'était en prouvant sa valeur. Elle avait prouvé sa valeur et elle en était fière.
Être élevée dans un milieu masculin l'avait également poussé à se démarquer, mais elle n'avait quand même pas envie qu'on oublie qu'elle était une femme, et si on la traitait trop comme un homme, elle le disait ou se comportait comme tel. Pourtant la jeune femme était aussi à l'aise dans une robe qu'avec une dague en main, vêtue de braies. Lorsqu'elle se battait contre ses frères, elle perdait toujours, c'était des brutes qui frappaient pour frapper, le plus fort possible. Elle finissait par lâcher sa lame. Elle n'était pas faite pour un combat de force, mais quand il s'agissait de précision, de délicatesse, c'était toujours elle qui gagnait.
Elle leva les yeux vers la forteresse de bois tout en frissonnant légèrement. Il faisait frais et le temps allait encore se rafraîchir, jour après jour. L'hiver arrivait, lentement mais sûrement. Et bientôt, il serait là, tandis qu'elle, elle serait déjà en route vers le Val. Tout avait une fin, et son séjour ici s'achevait. Elle reviendrait, bien sûr, elle n'était pas loin du Nord.
« Il commence à faire froid. Rentrons. » sourit-elle en marchant rapidement vers la porte d'entrée de bois massif qu'elle ouvrit. Elle fit toujours mine d'ignorer Emmett, et d'ailleurs, à sa vue, elle n'avait pu s'empêcher d'être surprise, non pas parce qu'il était là, mais parce qu'il semblait être étonnement en forme alors qu'au moins deux de ses frères étaient dans leurs chambres, à attendre que l'horrible gueule de bois qui les assaillaient passe le plus rapidement possible. Elle entra dans la grande salle où elle poussa un soupir de soulagement tant la chaleur la réchauffa agréablement. Elle était vide, encore. Rowena s'assit sur un banc le plus près possible du feu puis, d'une voix douce, demanda:
« Comptez-vous continuer votre voyage jusqu'au Mur ou est-ce que vous rentrez directement dans les Terres de la Couronne? » Elle recherchait son oncle, si Rowena se souvenait bien. C'était peine perdue d'y aller, si elle voulez le faire, mais la jeune femme se retint de le lui faire remarquer, elle faisait ce qu'elle voulait. Mais l'hiver arrivait, et dans le Nord, le grand Nord, il devait déjà être là. C'était du suicide de vouloir y aller sans être accompagner de Nordiens et rares étaient ceux qui voulaient y aller car lorsque l'hiver venait, beaucoup de personnes se ressemblaient dans les villes, les forteresses, dont Winterfell d'ailleurs qui doublait de population.
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Message Dim 22 Jan 2012 - 18:09

Le frisson de la lame, le tintement du métal contre le métal. Voilà ce qu'Eleanor aimait dans le combat. Elle était foncièrement raisonnable, et se répétait toujours que c'était elle qui devait controler l'arme, pas l'arme qui devait la controler. Le combat était une science précise dont le but premier était de donner la mort, pas un jeu sans conséquence. Pourtant, elle oubliait cette maxime, enseignée il y a bien longtemps par Jasper, qui prennait très au sérieux le maniement des armes, dès qu'elle avait une épée ou une dague en main. Ca devait être l'adrénaline, ou quelque chose comme ça. Elle ressentait tout. Elle entendait son frère, les gens qui passaient. Elle sentait la terre dure sous elle, et le froid grisant qui mordait ses lèvres. Elle sentait son propre corps bouger, et sa main qui tenait l'épée, mais rien n'était plus pareil. Elle ressentait sans ressentir. Une vision globale, mais sans détail. La possibilité de gagner, pas celle de perdre. Dans un véritable combat, ce n'était pas juste une défaite ou une victoire : c'était vivre ou mourir. C'est pour cela qu'il fallait envisager chaque combat, fut-il futile, ou juste un entrainement, de la même manière qu'une vraie passe d'arme. L'épée était l'extension de la main. Et elle servait à se protéger. Mais il fallait se détacher du réel, de ce qui existait réellement. Ne plus voir que l'adversaire, et la technique qu'il employait. C'était ce que Jasper répétait toujours, et c'était là la plus grande faille de son frère, lui même le reconnaissait volontiers : il avait tendance à frapper sans discernement. Certes, il avait généralement le dessus sur Eleanor. Mais elle parvenait toujours à lui asséner quelques coups bien placés, parce qu'il y avait toujours un moment où il ne se controlait plus, ou il cessait de la surveiller. Erreur fatale que de baisser sa garde : c'est dans ces moments là qu'Eleanor lui causait ses plus vives blessures...

Rowena était différente. Elle ne se laissait pas faire ; ça non. Et sa stratégie reposait sur le même fondement que celle d'Eleanor : attendre patiemment. Voir ce que valait réellement l'adversaire avant de frapper. Lovée comme un serpent, vive comme un aigle, et au moment ou l'adversaire s'y attendait le moins ; clac ! frapper au point où sa garde était baissée. Elles étaient cependant de niveau équivalent, à peu de choses près. Et elles eurent beau enchainer bottes, parades, feintes, frappe de taille et d'estoc, aucune d'entre elles ne prit le dessus sur l'autre. Et le combat se termina sur un match nul, lorsque Rowena arrêta le combat. Répondant avec un sourire à son compliment, Eleanor dit, le pensant sincèrement :

"Vous aussi."

Non, ce n'était pas ser Jarmen qui lui avait appris. Il n'avait consenti a la combattre que parce que Jasper lui avait demandé. Pas pour autre chose. Dans le Sud, c'était mal vu, même si des gens comme ses frères (même si Emmett critiquait vivement sa soeur, il restait admiratif devant ce qu'elle faisait) Eleanor, et l'oncle Gregor s'en fichaient éperdument. Mais ils étaient tous des exceptions à la règle établis de l'étiquette, immuable et sans merci à la cour de Port-Réal...

"Mon frère m'a appris. Ser Jasper, j'entends. Emmett a bien des qualités, mais certainement pas celle de l'ouverture d'esprit, ni de la pédagogie."

Comme leur père. Mais cela, si elle le pensait Eleanor ne le dit pas. Elle aimait profondément ce père si terrible et si tyrannique que lord Aedmon Chelsted, et jamais, même si ses défauts étaient forts nombreux et forts incommodants, elle ne se serait abaissée à dire du mal de lui. Ce genre de choses se pensaient, mais ne se disaient pas. Il en allait de l'honneur de leur maison, après tout.

Observant Emmett, elle le vit légèrement désappointé par le fait que lady Rowena ne lui adressa pas un regard. Il avait l'habitude du succès avec les femmes. Pas qu'on lui résiste, ou mieux, qu'on l'ignore. Emmett était un homme bien. Seulement il était jeune, et lui faudrait du temps pour maturer un peu et cesser d'être idiot. Elle lui adressa un léger sourire. Eh oui, il n'y avait pas que sa soeur à être insensible à son prétendu charme...

Rentrant à l'intérieur du chateau, elle apprécia la chaleur du feu. Lady Rowena demanda si elle pousserait jusqu'au Mur. Eleanor aurait bien été tentée, mais l'automne approchait, et elle ne voulait pas trop se risquer à s'aventurer plus avant dans le Nord avec l'hiver qui venait, comme disait les Stark...Non, elle retournerait à Winterfell, et là, si elle pouvait, peut-être demanderait à lord Beron Stark s'il savait où se trouvait son oncle, ser Aerys Chelsted. Peut-être qu'il ne saurait rien, mais dans ce cas, elle reviendrait par des temps plus cléments. Et puis le voyage jusqu'au sud était long. A vrai dire, elle n'avait l'intention de s'eterniser...

"Non. Peut-être que lord Stark pourra me prêter son concours pour localiser mon oncle. Nous ne devrions pas tarder à repartir, sans doute demain ou après demain, si le temps le permet..."

Eleanor aurait bien voulu rester voir son frère plus longtemps. Mais elle connaissait le caractère orgueilleux et protecteur de son père. Jamais il ne tolèrerait que sa fille soit loin de lui très longtemps...


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